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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI

(UAC)
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FACULTE DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES


(FASHS)
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DEPARTEMENT DE GEOGRAPHIE ET AMENAGEMENT DU TERRITOIRE


(DGAT)
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CENTRE UNIVERSITAIRE D’ADJARRA


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MEMOIRE DE MAITRISE DE GEOGRAPHIE


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Option : Aménagement du Territoire

DEVELOPPEMENT LOCAL ET GESTION


FONCIERE DANS LA COMMUNE
D’AKPRO-MISSERETE

Réalisé par :
DJOSSOU Fidèle G. D.

Sous la direction de :
Dr. Toussaint VIGNINOU
Maître de Conférences des Universités
DGAT/FLASH/UAC

Soutenue le 08/02/2017
1
Sommaire
Dédicace ................................................................................................................ 3
Remerciements ...................................................................................................... 4
Sigles et acronymes ............................................................................................... 5
Résumé/Abstract ................................................................................................... 6
Introduction ........................................................................................................... 7
CHAPITRE I
CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE ET APPROCHE
METHODOLOGIQUE ...................................................................................... 9
1.1. Etat des connaissances .............................................................................. 9
1.2. Approche méthodologique ...................................................................... 16
CHAPITRE II
CONTEXTE GEOGRAPHIQUE ET LA GESTION FONCIERE DANS
LA COMMUNE D’AKPRO-MISSERETE .................................................... 22
2.1. Présentation du secteur d’étude............................................................... 22
2.2. Cadres réglementaire et institutionnel de la Gestion foncière dans la
Commune d’Akpro-Missérété................................................................. 30
CHAPITRE III
DEVELOPPEMENT LOCAL ET GESTION FONCIERE DANS LA
COMMUNE D’AKPRO-MISSERETE .......................................................... 38
3.1. Gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété ......................... 38
3.2. Construction des infrastructures de développement à Akpro-Missérété 46
Conclusion ........................................................................................................... 60
Bibliographie ....................................................................................................... 61
Annexes ............................................................................................................... 64
Table des matières ............................................................................................... 66

2
Dédicace

Judicaël Olamidé Finagnon

Mes parents Anselme et Aïtchémé DJOSSOU

3
Remerciement
Au terme de la réalisation de ce mémoire, je tiens, en premier lieu, à remercier le
Docteur Toussaint VIGNINOU, Maître de Conférences à l’UAC pour avoir
accepté de diriger ce mémoire malgré ses multiples occupations. Ses
observations et ses contributions scientifiques ne m’ont nullement fait défaut.
Qu’il reçoive ici, mes sincères et profonds remerciements pour ses grandes
qualités scientifiques.

Je rends hommage à tout le corps professoral du Département de Géographie et


Aménagement du Territoire du centre universitaire d’Adjarra.

Je remercie tous les membres du jury de soutenance, qui ont accepté d’évaluer
ce document et de contribuer à l’amélioration sa qualité scientifique.

Toutes mes reconnaissances à l’endroit du Docteur Akibou AKIDELE, de


Monsieur Djidénou DJOSSOU, pour leurs partages scientifiques.

Je remercie tout particulièrement Madame Victoria QUENUM pour ses soutiens


moral et financier et ces partages scientifiques qui ne m’ont nullement fait
défaut.

Je remercie tous les membres du Laboratoire d'Etudes des Dynamiques Urbaines


et Régionales pour leurs soutiens et conseils sans cesse renouvelés.

Que mes frères et sœurs Catherine, Firmin, Reine, Carole, Caroline et


Epiphanie DJOSSOU acceptent mes remerciements pour leur contribution
fraternelle et leur sympathie.

Je remercie Collecte Y. DOURODJOLA pour son soutien moral que j’espère


sera continuel.

A tous, infiniment merci !

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Sigles et acronymes

ABE : Agence Béninoise pour l’Environnement

AMCB : Atlas Monographique des Commune du Bénin

ANCB : Association Nationale des Communes du Bénin

BU : Bibliothèque Universitaire

CENATEL : Centre National de Télédétection

DAT : Délégation à l’Aménagement du Territoire

DEPONAT : Déclaration de Politique Nationale d’Aménagement du


Territoire

DFRN : Direction des Forêts et des Ressources Naturelles

DST : Direction des Services Techniques

FASHS : Faculté des Sciences Humaines et Sociales

FLASH : Faculté des Lettres et Sciences Humaines

INSAE : Institut National de la Statistique et de l’Analyse


Economique

MAEP : Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de la Pêche


:
MCA Millenium Challenge Account

MCVDD : Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PADRO : Projet d’Appui au Développement Rural de l’Ouémé-


Plateau

PDC : Plan de Développement Communal

PFR : Plan Foncier Rural

RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitation

5
Résumé
Dans les pays en développement, la terre constitue une importante source de richesse.
La présente recherche est une contribution au développement local à travers la gestion
du foncier dans la Commune d’Akpro-Missérété.
La démarche méthodologique utilisée dans le cadre de cette étude a consisté à la
recherche documentaire, aux enquêtes socio-anthropologiques auprès de 288
personnes, aux observations directes, et à la collecte des données démographique à
l’INSAE. Par ailleurs, le logiciel Excel 2007 a été utilisé pour le traitement des
données et le modèle PEIR a servi à l’analyse des résultats.
L’analyse des résultats a révélé que les opérations de lotissement procurent à la
commune des ressources pour la mise en place des infrastructures
sociocommunautaires.
Cette urbanisation a engendré des problèmes d’aménagement liés à la gestion des
ordures ménagères, des eaux pluviales et des litiges domaniaux selon 77,3 % des
enquêtés. Pour 87,1 % des enquêtés, ces problèmes entravent l’aménagement de
l’espace, ce qui constitue un frein au développement de la commune.
Pour pallier à ses problèmes, il urge que plusieurs actions soient menées aussi bien au
plan national que local pour garantir à la population de la commune d’Akpro-
Missérété, la sécurité foncière et un bon cadre de vie.
Mots clés : Commune d’Akpro-Missérété, gestion foncière, développement local

Abstract
In developing countries, land is an important source of wealth. The present research is
a contribution to local development through the management of land in the commune
of Akpro-Missérété.
The methodological approach used in this study consisted of documentary research,
socio-anthropological surveys of 288 people, direct observations and the collection of
demographic data at the INSAE. In addition, the Excel 2007 software was used for
data processing and the PEIR model was used to analyze the results.
The analysis of the results revealed that subdivision operations provide the
municipality with resources for the setting up of socio-community infrastructures.
This urbanization led to management problems related to the management of
household waste, stormwater and land disputes, according to 77.3% of the
respondents. For 87.1% of the respondents, these problems hamper spatial planning,
which hinders the development of the municipality.
To remedy its problems, it is urgent that several actions be carried out both nationally
and locally to guarantee the population of the commune of Akpro-Missérété, security
of tenure and a good living environment.
Key words: Municipality of Akpro-Missérété, land management, local development

6
Introduction
Les pays sous-développés se battent pour sortir du sous-développement. Mais
tout développement passe par une croissance économique, et la protection de
l’environnement. La croissance économique dépend du développement des
activités économiques (Houedjissin, 2004).
Domestiquer la nature, en faire un espace humain de résidence et de culture,
pour y vivre de façon durable et s’y reproduire, tel est le sens profond que le
paysan donne à sa principale activité, la mise en valeur et la sauvegarde du
milieu naturel. La terre est ressentie comme la matière première de population
qui ne vivait que de la cueillette. Le rôle de la terre est essentiel et fait
développer en eux un sentiment de mariage dans un amour éternel. Leur
attachement à la terre nourricière réside dans la satisfaction matérielle tirée par
les habitants dont l’organisation de travail, permet à leur famille d’être soulager
(Boukar, 2002). Aussi un accès plus équitable aux terres et à d’autres facteurs
de production peut contribuer à stimuler une croissance économique plus rapide
et plus générale. (Couton, 2010).
Ces activités ne peuvent prospérer que si la terre est sécurisée. Les pouvoirs
publics représentent une source de sécurité dans la mesure ou ils peuvent assurer
la reconnaissance de certains droits, l’Etat peu en général fournir une sécurité
foncière en affirmant une validité des droits détenus par les particuliers ainsi
qu’en prenant des mesures spécifiques comme assurer une protection contre
l’accès non autorisé (Couton, 2010).
Donc le foncier est très capital dans tous les secteurs économiques. Par
conséquent la gestion foncière mérite une attention particulière.
Les conflits liés au foncier constituent une préoccupation majeure au Bénin.
(MCA, 2009). Ainsi, face à la compétition sans cesse croissante pour l’accès à la
terre, cette ressource est devenue aussi capitale qu’elle transparait dans les
stratégies nationales de développement dont les «Etudes Nationales de

7
Perspectives à Long Termes, Bénin 2025 ALAFIA » et la stratégie de croissance
pour la réduction de la pauvreté (MCA, 2009).
La gestion foncière au Bénin est l’œuvre de nombreux acteurs aux intérêts
parfois contradictoires. Il en découle le dérèglement du foncier et une insécurité
foncière chronique aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural.
(MUHRFLEC, 2011).
Dans la Commune d’Akpro-Missérété, la stratégie de gestion foncière mise en
place pour pouvoir assurer la sécurité des terres est confrontée à de nombreux
problèmes. Ce qui freine l’urbanisation et donc le développement de la
commune.
Cette recherche est structurée en trois chapitres :
 le premier est consacré au cadre théorique de l’étude et approche
méthodologique ;
 le deuxième porte sur la déterminants physiques, humains et dynamique
foncière dans la Commune d’Akpro-Missérété ;
 le troisième porte sur le développement local et la gestion foncière dans la
Commune d’Akpro-Missérété.

8
CHAPITRE I
CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE ET APPROCHE
METHODOLOGIQUE
Ce chapitre présente l’état des connaissances, la clarification des concepts, la
problématique et la méthodologie suivie dans conduite de cette étude.

1.1. Etat des connaissances


Dans le domaine de la gestion de l’environnement, de nombreux travaux de
recherches ont déjà été effectués. Au nombre de ces travaux, quelques-uns
portent sur la gestion du foncier et ses effets dans nos communes. Ceux par
contre spécifiques au développement local et la gestion du foncier sont peu
nombreux.
Pressat (1973) repris par Vissoh (2002), la croissance démographique rapide
dans les pays sous-développés est le facteur essentiel limitant les chances de
développement socio-économique. Ainsi, l’accroissement démographique est le
principal facteur de changement. Une relation entre les facteurs
démographiques, techniques et environnementaux s’impose. L’auteur, affirme
que l’augmentation de la population dans une région donnée est l’élément
important qui détermine des changements dans le système foncier et induit à son
tour des changements dans les techniques et les instructions sociales.

Azon (2009) a constaté que la dynamique urbaine de la commune de Djidja est


liée à la poussée démographique qui s’explique par les mutations
socioculturelles et le rayonnement de certains marchés comme Agouna,
Oungbégamey, Dan et Setto. D’après l’auteur, la non maîtrise de l’urbanisation
engendre d’énormes problèmes à l’aménagement des villes au Bénin en général
et à Djidja en particulier au nombre desquels il retient l’occupation anarchique
de l’espace, la gestion des déchets et le développement des vices sociaux. Au
terme de sa réflexion, il propose l’élaboration des outils de planification spatiale,
afin de gérer au mieux le développement de la commune.

9
Pour Agbo (2012), l’absence d’une planification rigoureuse et la non-maîtrise
des mécanismes de gestion foncière pendant longtemps ont ralenti le
développement normal de certaines localités de la commune de Grand-Popo
occupés par les expatriés togolais au sud-ouest du Bénin. D’après cet auteur,
l’une des conséquences inquiétantes dans les pays en développement comme le
Bénin en général et Grand-Popo en particulier réside dans la gestion des déchets
de toutes sortes pour l’épanouissement des populations. Au terme de sa
réflexion, l’auteur souligne que la gestion du foncier dans cette commune pose
de nombreux défis qu’il faut à tout prix relever pour le développement de cette
cité pleine d’histoire.

En effet, Dahito (2008) et Bodéhou (2014), ont constaté que l’absence d’une
planification rigoureuse et la non maîtrise des mécanismes de gestion foncière
ont compromis le développement harmonieux de certains quartier périurbains de
Cotonou. D’après ces auteurs, le phénomène de périurbanisation qui s’est
développé à un rythme très accéléré a englobé presque tous les marécages et des
secteurs d’accès très difficiles. Ces zones sont ainsi soumises aux inondations
saisonnières dont les conséquences socio-économiques aggravent les conditions
de vie déjà précaires des populations résidentes. Ils mettent donc en relief les
aspects que soulèvent les problèmes de gestion du foncier et d’aménagement
desdits quartiers en général et du développement local en particulier.

Tchaou (2011), montre que la Commune de Ouidah connait plusieurs types de


conflits dont les plus importants sont liés aux crises du droit de propriété. Pour
les résoudre, les populations font recours aux conseils de familles ou aux
autorités locales pour la conciliation des protagonistes. En cas d’échec de
conciliation, c’est le tribunal de première instance de Ouidah qui est sollicité
pour le règlement des conflits fonciers. Mais toutes ces mesures de résolution
sont marquées par des insuffisances dont la correction passe par des mesures

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d’amélioration de la gestion foncière dans le but d’amorcer le développement à
la base.

Pour Sabo (2013), la mauvaise gestion du foncier génère d’importants


problèmes environnementaux, d’insécurité, d’insuffisance de services essentiels
de base (écoles, centres de santé, eau potable, etc.) et de pauvreté accentuée
auxquels doivent faire face les municipalités. Le problème de logement se pose
également de plus en plus dans les métropoles du Bénin et cela a pour corollaire
la flambée du prix du terrain urbain et périphérique.

Pour Oloudé (2000), la question foncière est devenue depuis quelques années
une préoccupation majeure aussi bien pour les populations que pour les autorités
locales. Ainsi, dans le souci de remédier au problème d’installation anarchique
des populations, de leur garantir un cadre de vie adéquat et attrayant, et
d’assurer la sécurité de leurs constructions et propriétés foncières, plusieurs
actions sont menées par les autorités communales à savoir entre autres, les
opérations de lotissement, la constatation des transactions foncières, la
délivrance de certains actes fonciers, la réglementation de certains
comportements etc.

En somme, les différents ouvrages ont abordé de façon générale la question du


développement local et la gestion du foncier. Ils ont permis, d’une part, de
cerner davantage les concepts clés et les contours du sujet et, d’autre part,
d’approfondir les connaissances sur les questions de la gestion du foncier et les
perspectives de développement à la base.

1.1.1- Problématique
Elle prend en compte la justification du sujet, présente les hypothèses et les
objectifs de recherche.

11
1.1.1.1- Justification du sujet
Dans les pays en développement, la terre constitue une importante source de
richesse. Elle joue un rôle capital dans l’épanouissement socio-économique de la
population (Dave, 2003). En effet, les enjeux politiques, économiques et sociaux
liées à l’accès à la terre n’épargne ni les centres urbains, ni les milieux ruraux
(Compaoré, 2008). Le développement de l’économie de marché a donné à la
terre une valeur marchande qui s’est imposé dans les sociétés africaines. Ainsi
l’attribution de la terre, son utilisation, sa vente, son achat ou sa taxation sont
devenus un enjeu important (Diagana, 2001).

D’après Gbedo (2000), les villes africaines fonctionnent en matière


d’équipement, comme des systèmes de carence avec tous les risques que cela
implique dans le domaine de l’hygiène et de la santé. Cette situation devrait
connaître une amélioration au Bénin et en particulier dans la commune de
Akpro-Missérété avec la loi n°97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation
des communes en République du Bénin qui implique dans son article 87 que « la
commune initie les actes liés aux travaux d’aménagement d’infrastructures et
d’équipements qui relèvent de son patrimoine ». Cette disposition donne
désormais toutes les compétences à la commune d’assurer la gestion de ces
territoires à travers la création d’infrastructures et d’équipements.

D’après Laourou (2008), les infrastructures, les équipements


sociocommunautaires et les services qui font partie des compétences des
communes ont été beaucoup améliorés depuis le milieu des années 1990 bien
que les services restent insuffisants pour répondre aux besoins des habitants. Le
constat dans les communes du Bénin est que les constructions deviennent plus
en plus modernes, les quartiers connaissent une extension sans cesse, l’espace
agricole qui existait auparavant au périmètre de l’agglomération est
progressivement envahi par les habitations. Mais l’extension spatiale et
l’exploitation des terres restent incontrôlées entraînant, entre autres, le blocage

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de la libre circulation des eaux de ruissellement par les habitations, les conflits
fonciers, la mauvaise gestion des déchets, etc.

Pour faire face aux exigences de la gestion urbaine, les villes béninoises comme
la plupart des villes africaines, doivent améliorer et consolider leurs ressources
financières. (Houedjissin et al., 2009). Ceci passe inévitablement par la
résolution des problèmes liés à la gestion foncière. Or le constat aujourd’hui est
que le mode d’acquisition des terres et les différentes stratégies de gestion du
foncier dans nos centres urbains sont inadéquates et entravent gravement le
développement socio-économique des populations. Les problèmes fonciers
résultent donc d’une part de la coexistence de plusieurs régimes fonciers dans la
localité et sont dus à des phénomènes d’absence d’actes légaux par rapport à la
propriété foncière, la délimitation de cette dernière et du métayage. De même les
modes d’accès à la terre qui sont très diversifiés et non réglementés permettent
une prolifération des litiges fonciers (Houedjissin et al., 2009).
Pour pallier ces problèmes, le lotissement apparait comme la dernière opération
à laquelle ont recours les collectivités locales pour une gestion efficace du
foncier et pour l’élaboration d’un tissu urbain aéré et exempte de tout problème.
Cependant, tout n’est pas rose, que ce soit à la réalisation ou après le lotissement
des situations conflictuelles se présentent.
Force est de constater que dans la Commune d’Akpro-Missérété il y a beaucoup
de parcelles qui ne sont pas sécurisées et d’énormes litiges fonciers. Les voies à
l’intérieur de la commune ne sont pas tracées et beaucoup de villages n’ont pas
l’électricité, ni l’eau potable. Le lotissement dans la commune est confronté à
une opposition farouche de la population.
Ces constats soulèvent trois questions essentielles :
 quels sont les différents modes de gestions foncières dans la commune
d’Akpro-Missérété ?
 quels sont les problèmes liés à la gestion foncière dans la commune
d’Akpro-Missérété ?
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 quel est l’impact d’une bonne gestion foncière dans le développement
local de la commune d’Akpro-Missérété ?
C’est pour répondre à ces interrogations que la présente étude intitulée
« Développement local et gestion foncière dans la Commune d’Akpro-
Missérété » a été choisi.
Pour répondre à ces interrogations des hypothèses sont formulées.

1.1.1.2- Hypothèses de travail


Les hypothèses de travail qui sous-tendent cette recherche sont :
 les modes de gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété sont
multiples.
 la gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété est confrontée à
plusieurs problèmes.
 la gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété permet
d’amorcer son développement.
1.1.1.3- Objectifs de recherche

L’objectif global de cette étude est de contribuer au développement de la


commune de d’Akpro-Missérété à travers une bonne gestion foncière.
De façon spécifique il s’agit de :
 identifier les différents modes de gestion foncière dans la comme
d’Akpro-Missérété ;
 analyser les différents problèmes de la gestion foncière dans la commune
d’Akpro-Missérété ;
 proposer des suggestions pour améliorer le développement de la commune
à travers une bonne gestion foncière.
1.1.2. Définition opératoire
Certains concepts méritent d’être définis pour préciser le sens de leur utilisation
dans la présente étude.

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Développement local : Selon Olivier de Sardan (1995) cité par Bodéhou
(2014), le développement local est un processus qui prend naissance à travers les
initiatives des habitants des territoires organisés pour opérer des choix
responsables, pour créer une dynamique d’amélioration des conditions locales
de vie et pour défendre leurs intérêts face aux pouvoirs publics. C’est un
processus déclenché par une volonté politique au profit des acteurs locaux pour
changer la situation du territoire communal sur lequel ils vivent ou auquel ils
s’identifient (Agossou-vè, 2012). Le développement local, dans le contexte de
ce travail, est un processus dynamique dans lequel les acteurs organisés et
mobilisés initient et mettent en œuvre des actions sur un espace donné en vue de
l’amélioration de leurs conditions de vie.

Développement durable : Le développement durable est un processus de


planification et de gestion à la fois spatiale et temporelle, dont le but est de
satisfaire au mieux les besoins des populations présentes et futures, tout en
veillant à l’utilisation le mieux possible des ressources naturelles qu’elles
exploitent (Dossou, 2005). Cette utilisation des ressources naturelles implique
des principes d’aménagement et donc de gestion des espaces (terre, eau et air).
Ainsi, le développement local durable ne peut se faire sans une prise en compte
des ressources du milieu (Beaurain, 2004). Dans le cadre de cette étude, le
développement durable est une stratégie qui intègre la dimension
environnementale à celle du développement économique et social. Il assure de
ce fait la satisfaction des besoins des générations actuelles sans compromettre
celle des générations futures.

Foncier : ce qui est relatif à la propriété terrienne. Le foncier est l’ensemble


constitué non seulement par la terre mais aussi par les ressources qui lui sont
directement attachées, et l’ensemble des relations entre individus, groupe
d’individus pour l’appropriation et l’utilisation de ses ressources (Bourgois,
2009).

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Gestion foncière : Activités liées à la gestion de la terre. Concerne le processus
grâce auquel sont prises les décisions ayant trait à l’accès aux terres, à leur
utilisation, la manière dont ces décisions sont appliquées, et la façon dont les
intérêts fonciers conflictuels sont conciliés. Les éléments clés de cette définition
englobent la prise de décision, la mise en œuvre et la résolution des conflits, en
mettant l’accent à la fois sur le processus et sur ses résultats. (GLTN, 2008)
1.2. Approche méthodologique
La démarche méthodologique présente les matériels et les différentes méthodes
utilisée pour la collecte des informations, le traitement de ces données et
l’analyse des résultats qui sont obtenus.

1.2.1. Données collectées


Les données collectées sont qualitatives et quantitatives. Il s’agit des :

 données démographiques portant sur l’effectif de la population et son


évolution, les mouvements migratoires, la structure de la population et ses
activités économiques ;
 données sur le foncier et l’habitat notamment l’état des lotissements, les
transactions foncières, les conflits domaniaux, les modes d’occupation du
sol, la densité du bâtiment ; l’état des infrastructures et équipements
administratifs ;
 statistiques climatologiques (pluviométrie) extraites de la base de données
de l’ASECNA, qui portent sur la période allant de 1982 à 2012 ;
 données socio-anthropologiques sur la perception des populations sur la
gestion du foncier et le développement local.

1.2.2. Outils de collecte des données


Les outils utilisés dans le cadre de la réalisation de cette étude sont : les guides
d’entretien et d’observation, des questionnaires, un GPS, un appareil
photographique numérique et un enregistreur de son. L’utilisation de la carte
topographique de la commune de Akpro-Missérété extraite du fond de la carte

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topographique de l’IGN (1/600 000è) a permis de mieux délimiter le secteur
d’étude.

La réalisation des investigations en milieu réel a nécessité l’utilisation de


différentes techniques de collecte des données.

1.2.3. Techniques de collecte des données


Les différentes méthodes et techniques utilisées sont :

 la méthode des itinéraires, qui a permis d’identifier les principaux acteurs


que sont les populations et toutes personnes pouvant fournir des
informations en rapport avec les objectifs de l’étude ;
 le focus group et les entretiens individuels qui ont permis de recueillir les
informations auprès de la population cible ;
 les observations effectuées en fonction du but poursuivi. Ces observations
ont été basées sur les différents infrastructures sociocommunautaires, les
méthodes et les stratégies de gestion du foncier mise en place par les
autorités dans la commune.
En définitive, la collecte des données a été fondée sur : l’observation, l’entretien
direct, l’interview et la consultation publique (focus-group) pour l’acquisition
des données et informations grâce à la mise à contribution des différents outils.
Ces techniques ont été utilisées pour obtenir auprès des populations cibles, les
informations relatives au sujet de recherche.

1.2.4. Collecte des données


La recherche documentaire et les investigations en milieu réel constituent les
principales étapes de la collecte des données.

1.2.4.1- Recherche documentaire


La recherche documentaire a été la première étape de la collecte des données.
Elle est faite dans plusieurs structures dont les activités sont en liaison avec
l’objet de cette recherche. La lecture de quelques ouvrages généraux et

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spécifiques, des thèses, des mémoires, des revues et articles traitant de la
question de la gestion du foncier, du mode d’occupation des espaces urbains et
périurbains de la commune a permis de faire le point de la documentation
relative à cette problématique. Le tableau I présente la synthèse de la recherche
documentaire.

Tableau I : Synthèse de la recherche documentaire


Centres de Nature des documents Types d’informations
documentation et recueillies
structures de recherche
Centre de documentation Mémoires, rapports, Informations générales à
de la FLASH articles caractère méthodologique
Institut National de la Rapport d’études Statistiques démographiques et
Statistique et de l’Analyse informations sur la croissance
Economique (INSAE) urbaine
Archive Nationale Mémoires, revues Informations générales sur les
scientifiques, livres, faits urbains au Bénin
etc.
Laboratoire d’Etudes des Thèses, mémoires, Informations d’ordre
dynamiques Urbaines et revues scientifiques, méthodologiques et notions sur
Régionales (LEDUR) etc. les faits urbains et périurbains au
Bénin.
Laboratoire Mémoires, thèses, Méthodologie et techniques de
d’Aménagement Régional rapports, articles, rédaction
de Développement (LARD) revues
Ministère du Cadre de Vie Mémoires, livres et Informations générales sur les
et du Développement rapports d’études facteurs de l’urbanisation en
Durable République du Bénin
Centre de documentation PDC, livres, Données socio-économiques et
de la mairie d’Akpro- prospectus physiques du secteur d’étude
Missérété
Source : Enquête de terrain, août 2016

L’analyse du tableau I montre que plusieurs centres de documentation ont été


visités et plusieurs types d’informations ont été recueillis.

Les informations documentaires ainsi mobilisées ont été complétées par les
travaux de terrain.

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1.2.4.2- Travaux de terrain
Au regard de la problématique de l’étude, les critères de choix suivants ont été
définis pour déterminer l’échantillon utilisé et se présentent ainsi qu’il suit :

 être un propriétaire terrien ou un autochtone ;


 avoir sa résidence dans la commune ;
 être âgé d’au moins 30 ans.
La taille de l’échantillon a été déterminée par la formule de Schwartz (1995) qui
se présente comme suit :

avec :

= taille de l’échantillon ;

= niveau de confiance à 95 % (valeur type de 1,96) ;


= marge d'erreur à 5 % (valeur type de 0,05) qui donne la précision
recherchée ou l’intervalle de confiance ;
= est la proportion de la population répondant aux critères fixés et

avec avec : l’effectif des personnes ayant entre 30 ans et plus dans

l’ensemble des arrondissements ciblés ;


: l’effectif des personnes ayant au moins 30 et plus dans tous les secteurs
d’étude (N).

Le tableau II présente la répartition des ménages enquêtés pendant les travaux de


terrain.

19
Tableau II: Répartition des personnes enquêtées par arrondissement
Commune Arrondissements Projection de Effectif des Proportion en
l’effectif total de personnes %
la population en enquêtées
2014
Akpro-Missérété 31906 64 19,43
Gomè-Sota 12034 37 15,16
AKPRO- Katagon 17269 47 19,02
MISSERETE Vakon 29140 50 20,24
Zoungbomè 12716 48 26,15
Total 05 103065 247 100

Source : INSAE, 2013 et résultats de calculs, septembre 2016

Le tableau II montre que 247 personnes soit 24, 05 % de la population totale ont
été enquêtées lors des travaux de terrain qui ont été conduits dans les cinq
arrondissements de la commune.
En plus de cette population cible, les questionnaires ont été adressés aux
autorités locales, aux chefs d’arrondissements (CA), aux chefs du village (CV),
aux chefs de terre et notables, aux conseillers du village, aux agents de la Mairie
surtout ceux spécialisés dans les affaires dominicales, aux responsables des
ONG et aux personnes ressources. Ces catégories d’acteurs enquêtés sont
répartis dans le tableau III ci-dessous.

Tableau III: Répartition par catégorie des personnes enquêtées


N° Catégories Nombre de personnes
1 Agents de la mairie 7
2 Agents de développement rural 4
3 Elus locaux 13
4 Chefs de terre et notables 9
5 Démarcheurs 5
6 Géomètre 3
Total 41
Source: Enquêtes de terrain, septembre 2016
Au total dans le cadre de la réalisation de cette étude 288 personnes soit 28,01 %
de la population totale ont été interviewés dans tout le secteur d’étude. Les
différentes informations collectées à l’aide de ces techniques et outils ont été
soumises aux méthodes de traitement et d’analyse.

20
1.2.5. Traitement des données et Analyse des résultats par le modèle PEIR
Le traitement des données et informations a concerné principalement la
codification et le dépouillement des fiches d’enquêtes, des guides d’entretien et
des grilles d’observation. Les questionnaires sont traités manuellement. Les
statistiques ont été regroupées dans des tableaux. Ceux-ci ont permis de réaliser
des graphiques d’illustrations à l’aide du logiciel Excel 2007.

Le modèle PEIR (Pression, Etat, Impact, Réponse) est retenu pour analyser et
déterminer les effets de la gestion foncières sur le développement de la
commune de Akpro-Missérété ; notamment sur ses diverses composantes
(sociales, économiques et environnementales) et proposer des mesures
correctives (des réajustements et des stratégies d’atténuation). La figure 1
présente l’articulation du modèle PEIR.

Pression

Etat

Impacts

Réponses

Figure 1: Modèle conceptuel d'analyse PEIR

Ce chapitre présente le cadre conceptuel et la démarche méthodologique adoptée


pour cette étude. Cette démarche méthodologique utilisée repose sur
l’acquisition des données, le traitement et l’analyse de ces données.
L’application de cette démarche méthodologique a permis d’obtenir des
résultats.

21
CHAPITRE II
CONTEXTE GEOGRAPHIQUE ET LA GESTION FONCIERE DANS
LA COMMUNE D’AKPRO-MISSERETE
Il est évoqué dans ce chapitre la situation géographique et administrative ainsi
que les aspects de la gestion foncière dans la Commune de Akpro-Missérété

2.1. Présentation du secteur d’étude


Dans la présente section, le cadre géographique et administratif spécifiques
ainsi l’environnement physique de la Commune de Akpro-Missérété est abordé.

2.1.1. Situations géographique et administrative


La commune d’Akpro-Missérété est située dans le département de l’Ouémé et
couvre une superficie de 79 km². Elle est située entre 2° 34’ et 2° 38’ de
longitude est et entre 6° 31’ et 6° 34’ de latitude nord. La commune d’Akpro-
Missérété est limitée au nord par les communes d’Adjohoun et de Sakété, au sud
par les communes de Porto-Novo et d’Aguégués, à l’est par la commune
d’Avrankou et à l’ouest par la commune de Dangbo. Elle est regroupe cinq
arrondissements à savoir : Akpro-Missérété centre, Gomè-Sota, Katagon,
Vakon, Zoungbomè, répartis en quarante villages et quartiers de ville. La figure
2 présente la situation géographique de la commune d’Akpro-Missérété.

22
Figure 2: Situation géographique de la commune d’Akpro-Missérété

23
Les conditions climatiques favorables, la densité du réseau hydrographique et la
fertilité des sols sont les éléments déterminants qui ont facilité l’installation des
populations. Ces populations ont donc développé divers types d’activités
économiques en fonction de leurs besoins sur les terres.

2.1.2. Condition climatique


La commune d’Akpro-Missérété partage avec le département de l’Ouémé, un
climat subéquatorial à deux saisons de pluie et deux saisons sèches. La figure 3
présente la variation mensuelle des hauteurs de pluie dans la commune d’Akpro-
Missérété.

Figure 3: Régime pluviométrique moyen mensuel à Akpro-Missérété (1982 à


2012)
Source des données : ASECNA, 2015

Le régime pluviométrique moyen mensuel sur la période (1982 à 2012) présente


généralement un aspect bimodal à Akpro-Missérété. Ainsi, deux saisons
pluvieuses s’observent dont la plus grande s’étend de mars à juillet. Elles sont
alternées par deux saisons sèches de novembre à mars d’une part et d’août à
septembre d’autre part. Au cours des deux saisons de pluie, il est généralement
enregistré une moyenne pluviométrique annuelle voisine de 1100 à 1300 mm.
C’est pendant le mois de juin que sont enregistrées les hauteurs de pluie les plus
élevées. Ce type de climat est favorable aux activités agricoles, ce qui entraine
une diversité de cultures et l’exploitation des terres à des fins agricoles.

24
2.1.3. Hydrographie
La commune d’Akpro-Missérété est arrosée par dix (10) kilomètres de cours
d’eau constitués de 04 rivières telles que : rivière de Vakon, de Gomè Sota, de
Katagon et d’Akpro-Missérété sans oublier la présence de quelques marigots.
On note également l’existence de marécages et de bas-fonds propices aux
activités piscicoles dans l’arrondissement d’Akpro-Missérété. Ces différents
cours et plans d’eau constituent des moyens de communication et d’échange
entre la population de la commune d’Akpro-Missérété et celle des communes
environnantes surtout avec les populations de la commune d’Avrankou puisque
le réseau routier est dégradé.

2.1.4. Relief, sol et végétation

La commune d’Akpro-Missérété est située sur le plateau de Sakété-Pobè. Elle


présente une unité morphologique très importante dominant le territoire
communal, de vallons en berceau et de dépression fermée.

Les eaux d’infiltration réapparaissent en de nombreuses sources au pied du


plateau. Ces résurgences offrent des possibilités de pêche et donnent naissance
à des marécages permanents. Ce plateau abrite des sols ferralitiques caractérisés
par une dominance des actions physicochimiques et une altération des minéraux
de la roche mère (Le barbé et al., 1993). Ce sont des sols assez homogènes et de
couleur rouge. Le couvert végétal de la commune présente une variété d’espèces
végétales. Il se compose essentiellement de formation marécageuse à palmier,
bananier qu’on rencontre dans les dépressions méridionales surtout de Katagon.
Le paysage est constitué d’espace en jachère, d’ilots forestiers, de bas-fonds et
de palmeraies naturelles (Le barbé et al., 1993).

2.1.5. Evolution démographique


La commune d’Akpro-Missérété connaît une croissance démographique
remarquable. En effet, cette croissance est due au fait que Akpro-Missérété
constitue l’une des périphéries qui désengorgent la ville de Porto-Novo en
25
accueillant un grand nombre de ménages. La figure 4 présente l’évolution
démographique de la commune lors des différents recensements de la population
et de l’habitation.

Figure 4: Evolution démographique de la commune d’Akpro-Missérété


Source : INSAE, 2014 (RGPH, 1, 2, 3 et projection)
L’analyse de la figure 4 montre que la population de la commune est passé de
39291 habitants en 1979 à 72652 habitants en 2002 (INSAE : RGPH-3, 2002)
soit une augmentation de 33361 habitants en une période de 23 ans. De la même
manière la population du chef-lieu d’Akpro-Missérété passe de 12066 en 1979 à
22491. Ceci montre qu’à partir de 1992, la population s’accroît.

Selon 73,2 % des enquêtés, la position géographique par rapport à Porto-Novo et


par la traversé de la route inter-Etat (Porto-Novo -Kétou), la commune d’Akpro-
Missérété attire de plus en plus des ménages locataires en quête d’un loyer
moins cher et accueille d’autre habitants à la faveur de l’installation de nouvelles
maisons issues des lotissements. Cette croissance du niveau de la population de
cette ville s’observe également depuis l’installation des différentes collectivités
sur ce territoire mais aussi à cause du déménagement des personnes d’autres
localités venant acquérir des parcelles à prix abordables.

Par ailleurs, l’inexistence des voies de communication adéquates, de certains


services déconcentrés et des équipements tels que l’électricité et l’eau courante

26
amène les populations à se concentrer dans l’arrondissement d’Akpro-Missérété
centre.

2.1.6. Activités économiques


Elles sont liées aux potentialités naturelles de la commune d’Akpro-Missérété.
Ainsi les principales activités pratiquées par les populations du secteur d’étude
sont : l’agriculture, la pêche, la pisciculture, l’élevage, la transformation, la
vente des produits, et l’artisanat. L’agriculture demeure la principale activité de
la commune et occupe plus de 75 % (Mairie Akpro-Missérété, 2016) de la
population active. Elle est dépendante des facteurs climatiques et édaphiques.
Les cultures varient en fonction de l’espace mis en valeur. Ainsi les principales
produits cultivés sont : le maïs, le haricot, la patate douce, le manioc, l’arachide.
Par contre les cultures maraîchères comme piment, tomate, gombo sont moins
cultivées. L’agriculture pratiquée est de type traditionnel utilisant des outils
rudimentaires (houe, coupe –coupe, machette etc.) et les techniques de
production traditionnelles sont plutôt extensives (pré-labour et labour en billons,
semis en lignes, en poquets, sur brulis.) avec l’utilisation d’engrais organiques,
minéraux et des produits phytosanitaires. La figure 5 présente quelques
productions à Akpro-Missérété.

Figure 5: Evolution de quelques productions à Akpro-Missérété.


Sources des données : SCDA, juillet 2016
27
L’analyse de la figure 5 montre que la production agricole des trois principales
cultures (maïs, manioc et niébé), a connu une croissance de 2006 à 2009. Mais à
partir de la campagne agricole 2009 – 2010, la production de la commune de ces
trois cultures évolue en dent de scie. Ces variations de la production agricole
sont dues aux fluctuations des paramètres climatiques et des superficies
emblavées. Les étangs naturels, les bas-fonds, les marécages et le lit des cours
d’eau sont exploités à travers les activités de pêche. Les outils et techniques
utilisés sont : les filets, les nasses, les hameçons, les trous à poisson, les acadja.
Cependant l’élevage est peu développé et les espèces élevées sont des bovins,
ovins, caprins, porcins, volailles etc. Notons que ces activités sont pratiquées
par certains paysans comme activités secondaires, mais il existe quelques
éleveurs semi-modernes de porcins et de bovins dans l’arrondissement d’Akpro-
Missérété (planche 1).

Planche 1 : Elevage en cage de porcins et de bovins à Akpro-Missérété


Prise de vue : Djossou, juillet 2016

Le commerce quant à lui est une activité exercée par les hommes et les femmes
porte sur les produits alimentaires, manufacturés et surtout pétroliers en
provenance du Nigéria (photo 1).

28
Photo 1 : Transport de l’essence en provenance du Nigéria
Prise de vue : Djossou, juillet 2016

Ainsi malgré l’importance relative des échanges menés au marché, les activités
commerciales à Akpro-Missérété sont dominées par le trafic avec le Nigéria.
Notons aussi que la transformation des produits agricoles est faite par les
femmes et par quelques rares hommes qui transforment la sève du palmier en
boisson locale appelée « sodabi ».
En effet deux types d’artisanat se développent dans la commune. Il s’agit de
l’artisanat d’art et de l’artisanat de service qui est plus pratiqué dans la
commune. Cet artisanat de service regroupe une importante frange de la
population constituée de forgerons, de coiffeurs, de maçon, de tisserands de
tailleurs etc. tandis que l’artisanat d’art qui occupe quelques artisans porte sur la
vannerie (fabrication de paniers, de fauteuil en rotin, des tabourets en bambou à
Ganmi, Gomè, Ouiya et Vakon) et la sculpture sur bois à Katagon. Les activités
touristiques ne sont pas développées. Cette situation résulte de l’inexistence de
sites touristiques potentiels en dehors de quelques forêts et reliques sacrées à
Vakon et Katagon.

La pratique de toutes ces activités économiques dans la commune d’Akpro-


Missérété permet aux différents acteurs d’exercer des pressions sur le foncier.

29
2.2. Cadres réglementaire et institutionnel de la Gestion foncière dans la
Commune d’Akpro-Missérété

2.2.1. Cadre réglementaire

La législation foncière béninoise a donné lieu à de nombreux textes depuis la


période coloniale jusqu’à nos jours. Ces textes à caractère législatif ou
réglementaire régissent la gestion du foncier au Bénin. Sans être exhaustif, il
s’agit entre autres de :

La loi n° 60-20 du 13 juillet 1960 portant régime des permis d’habiter en


République du Bénin. Le permis d’habiter est l’acte par lequel l’administration
autorise son détenteur à occuper une parcelle de terrain issue du morcellement
d’un domaine préalablement immatriculé au nom de l’Etat.

La loi n° 65-25 du 14 août 1965 portant régime de la propriété foncière au


Bénin. C’est le régime de l’immatriculation qui permet au détenteur de la terre
d’en devenir réellement propriétaire avec le titre foncier qui est et demeure un
titre définitif et inattaquable offrant ainsi une grande sécurité foncière.

La constitution du 11 décembre 1990 qui reconnait la propriété individuelle,


celle des collectivités et des étrangers en ce sens qu’elle stipule en son article 22
que : « toute personne a droit à la propriété. Nul ne peut être privé de sa
propriété que pour cause d’utilité publique et contre juste et préalable
dédommagement »

La loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes en


République du Bénin notamment en son article 84 alinéa 1 qui stipule : « La
Commune élabore et adopte son plan de développement. Elle veille à son
exécution en harmonie avec les orientations nationales en vue d’assurer les
meilleurs conditions de vie à l’ensemble de la population ». Dans ce cadre elle
élabore les documents de planification nécessaires tels que le schéma
d’aménagement de la Commune, le plan de développement communal, les plans

30
d’urbanisme dans les zones agglomérées, les règles relatives à l’usage et à
l’affectation des sols, les plans de détail d’aménagement urbain et de
lotissement.

L’arrêté 0023 MEHU /DC/DU du 22 octobre 1996, définissant les prescriptions


minimales à observer en matière de lotissement en République du Bénin. C’est
cet arrêté qui règlement les opérations de lotissement au Bénin. Il définit la
procédure à suivre, les structures impliquées et leurs rôles respectifs.

La loi n° 2007-03 portant régime foncier rural en République du Bénin du 30


janvier 2007 qui stipule en ces articles 42 et 43 que la gestion du domaine privé
rural de la commune relève de la compétence du maire qui prend l’avis de la
commission de gestion foncière. Il est créé dans chaque commune une
commission de gestion foncière ; elle a un rôle consultatif et assiste le maire
dans la gestion des questions foncières touchant au territoire de la commune. La
commission de gestion foncière a des sous-commissions d’arrondissement et des
sections villageoises. Elle est l’émanation de ces organes à la base.

A ces documents de base, s’ajoute le Code Général des Impôts qui comporte des
dispositions fiscales auxquelles sont soumises les transactions immobilières. Il
s’en suit que le régime foncier béninois distingue trois (03) catégories
d’immeubles :

1- Les immeubles ruraux, relevant du droit coutumier : Les transactions dont ils
font l’objet ont pour support, les conventions dites indigènes, lesquelles reposent
normalement sur le respect de la parole donnée et des traditions familiales. On
estime à, environ 70 %, les transactions portant sur les immeubles de cette
catégorie (Adéchy, 2010).

2- Les immeubles relevant du domaine privé de l’Etat, au nom duquel ils sont ou
devraient normalement être immatriculés. Ces immeubles sont régis par la loi
60-20 du 13 Juillet 1960 et du décret numéro 64-276 du 02 décembre 1964. Ces
31
immeubles peuvent être occupés par des particuliers ou des collectivités ayant
obtenu une autorisation de jouissance temporaire matérialisée par la délivrance
du Permis d’Habiter. En principe, les transactions portant sur cette catégorie
d’immeubles, doivent faire l’objet, non seulement de contrats écrits, mais les
contrats dont il s’agit, doivent revêtir la forme authentique.

3- Les immeubles immatriculés au nom des particuliers ou des collectivités et


qui font l’objet de titre foncier. Ces immeubles sont régis par la loi 65-25 du 14
Août 1965 portant régime foncier au Bénin. Les transactions portant sur cette
catégorie d’immeubles doivent également faire l’objet d’actes authentiques.

De tout ce qui précède, il ressort que le droit foncier béninois est caractérisé
par la coexistence de deux (02) systèmes; l’un coutumier et l’autre moderne. Ce
dualisme n’est pas de nature à favoriser la gestion foncière. Il constitue plutôt
l’une des principales sources de l’insécurité et de la spéculation foncière.

2.2.2. Régimes fonciers


Il existe au Bénin deux régimes de droit foncier : les régimes coutumier et
moderne.

 Régime coutumier
Le régime de la propriété foncière coutumière est l’expression de l’organisation
de nos sociétés traditionnelles qui a su substituer à la période coloniale. En effet,
prises dans leur contexte, les sociétés traditionnelles béninoises vivaient dans
une atmosphère religieuse qui faisait de la terre un objet de culte ; ceci justifie
l’inexistence de la notion de propriété privée, car la terre béninoise appartient
traditionnellement à la collectivité des morts, des vivants et des générations à
venir. L’occupation constitue la forme originelle sous laquelle naissent les liens
sociojuridiques de l’homme à la terre. Il est constaté dans la pratique que les
transactions entre ayants droit coutumiers et acquéreurs sont sanctionnés par une
convention de vente sous seing privé ou notariée selon la volonté des parties.

32
Ces transactions sont ensuite certifiées par l’administration moyennant le
payement des timbres fiscaux ; ce qui confère une garantie relative. Par ailleurs,
la forme de l’acte sous seing n’est pas réglementée, la description et la situation
du terrain sont toujours sommaires et de nombreux litiges naissent soit parce que
le terrain a fait l’objet de plusieurs ventes soit parce que des descendants
remettent en cause la capacité réelle du vendeur.

 Régime moderne

Le droit moderne conduit à la délivrance de deux documents : le permis


d’habiter ou le titre foncier.

Le permis d’habiter est régi par la loi N°60-20 du 13 juillet 1960 et son décret
d’application en date du 2 décembre 1964. Ces deux textes fixent les principes
fondamentaux ci-après :

- Le permis d’habiter ne concerne que les zones consacrées à l’habitation


dans les centres urbains dotés d’un plan de lotissement ou d’aménagement
régulièrement approuvé ;
- La compétence pour délivrer le permis d’habiter est conférée aux « chefs
de circonscription » (aujourd’hui remplacés par les Maires du fait de la
décentralisation qui consacre la suppression des postes de sous-préfet et
de chef de circonscription urbaine).

Pour bénéficier du permis d’habiter, il faut être citoyen béninois ou étranger


possédant des moyens de vie suffisants, ne pas être titulaire ni d’un permis
d’habiter, ni d’un titre foncier. Il ne peut être octroyé plus de deux permis
d’habiter par requérant.

Au regard des dispositions de la loi et de son décret d’application, le permis


d’habiter est l’acte par lequel l’administration autorise son détenteur à occuper
une parcelle de terrain issue du morcellement d’un domaine préalablement
immatriculé au nom de l’Etat. L’objectif recherché était de faire accéder au
33
foncier les couches sociales économiquement faibles (SERHAU SA, 2000). Les
permis d’habiter confèrent un droit d’habitation essentiellement personnel,
précaire et révocable ne comportant pas de droit de disposition : ce n’est pas en
réalité un titre de propriété ; ce n’est qu’une autorisation donnée par l’Etat à un
particulier pour qu’il construise son bâtiment.

En fait, le titulaire du permis d’habiter bénéficie d’un droit d’usufruit pour la


parcelle sur laquelle la résidence est située. Les permis d’habiter ne concernent
que les immeubles construits sur la parcelle et non la parcelle elle-même. Le
permis d’habiter peut être révoqué par les autorités gouvernementales si son
détenteur perd ses droits liés à la parcelle et ne reçoit aucune compensation. Les
autorités locales peuvent aussi révoquer le permis d’habiter pour des raisons
d’ordre public, tels que l’élargissement d’une route, l’installation d’un système
sanitaire ou autres infrastructures sociocommunautaires.

Dans une telle situation, le détenteur reçoit une compensation ou un autre permis
d’habiter pour une nouvelle parcelle dans la même zone. Mais force est de
constater que les titulaires de permis d’habiter y voient un titre de propriété,
l’Etat n’exerçant aucun contrôle sur la mise en valeur des terrains.

Le titre foncier est régi par la loi N° 65-25 du 14 août 1965 portant régime de la
propriété foncière en république du Dahomey (aujourd’hui République du
Bénin). C’est le seul document qui confère le droit de propriété foncière.

- Dans le cas d’aliénation ou de concession des terres domaniales ;


- Dans le cas où un immeuble, détenu jusque-là dans les formes admises par
les coutumes doit faire, pour la première fois, l’objet d’un contrat écrit,
rédigé en conformité des principes du droit civil.

Les titres fonciers sont conservés et gérés par la Direction des Domaines du
Ministère des Finances. Ils constatent un réel droit de propriété en principe
définitif et inattaquable. Dans la pratique, lors des opérations de lotissement, les

34
terrains bénéficiant d’un titre foncier sont considérés comme « intouchables » et
ne doivent pas être soumis au coefficient de réduction comme les autres
parcelles.

La systématisation de la délivrance des titres fonciers devrait permettre de


corriger les lacunes et les insuffisances du régime coutumier et du permis
d’habiter.

Mais comme on peut le constater ci-dessus, la procédure de délivrance des titres


fonciers est longue et complexe. Visant à s’entourer de toutes les garanties
nécessaires rattachées à la valeur juridique du titre, le processus prend
généralement plus d’un an à compter du jour où la demande est soumise au jour
où le titre est délivré (MCA, 2009). Par ailleurs, les dépenses liées à
l’établissement d’un titre foncier sont évaluées à 494 218 F CFA en moyenne
(MCA, 2009). Ce qui paraît élevé au regard des revenus des populations.

Les réformes en cours, dans le cadre du projet « accès au foncier » du Millenium


Challenge Acount (MCA) devraient permettre, à moyen et long termes, de
réduire les étapes, le délai et le coût d’obtention du titre foncier.
Malheureusement, ces réformes ne sont pas encore en vigueur dans la commune
d’Akpro-Missérété.

 Logique foncière de l’Etat

Héritier du système colonial de gestion foncière, l’Etat béninois s’est positionné


en « nouveau maître des terres ». Cela s’est traduit par l’édiction de textes et lois
visant à assurer son contrôle total de l’accès à la terre aussi bien dans les villes
que dans les campagnes. En sa qualité de gardien du droit et de la légalité, il
entend, à travers ses institutions, se faire respecter dans l’application de son
arsenal juridique en matière foncière. Toutefois, se fondant sur les résultats de
nos investigations, nous pouvons affirmer que cette volonté de l’Etat ne s’est pas
traduite par des actes concrets sur le terrain. Car sur plusieurs aspects, même si

35
son autorité n’est pas remise en cause, elle est toute de même contournée. Or, en
raison de la place stratégique qu’occupe le foncier en matière d’urbanisation,
l’Etat en tant que garant de l’épanouissement des citoyens doit pouvoir jouer un
rôle clairement établi, connu et respecté par tous y compris ses propres services.
L’analyse de la littérature consacrée et des résultats de nos échanges avec les
acteurs font apparaître plusieurs options par l’Etat :

- il peut jouer un rôle neutre en se contentant de réglementer les marchés


conclus entre les parties et en leur offrant une structure, un cadre leur
permettant de résoudre leurs conflits ;
- il peut jouer un rôle plus actif en créant un système de registres des terres
et de leurs propriétaires dont les personnes et une grande partie des fonds
proviennent du secteur public ;
- il peut également jouer un rôle régulateur en imposant les modalités selon
lesquelles peuvent s’effectuer les transactions foncières.

Dans le contexte béninois caractérisé par un double processus de


démocratisation et de décentralisation, il ne serait pas judicieux de choisir l’une
de ces trois options et de s’y en tenir. Les actions à mener doivent procéder
d’une combinaison intelligente de ces trois options. Il s’agira pour l’Etat
d’élaborer des textes et lois souples et consensuels qui tiennent compte des
réalités actuelles en matière foncière (pratiques sociales des populations), d’une
part et de l’autre, se doter d’une administration forte, efficace, dynamique et
proactive capable non seulement de trouver solutions aux problèmes enregistrés
dans le secteur mais aussi anticiper sur ceux à venir. Une conséquence positive
qui pourrait résulter de cette proposition d’approche serait la mise sur pied d’un
système d’enregistrement qui rend les recherches et le transfert des titres de
propriété foncière plus faciles, plus rapides et meilleur marché.

36
Cette approche de la part de l’Etat central doit pouvoir s’articuler avec les
actions menées par les autorités locales pour faciliter son appropriation par les
populations et augmenter ainsi ses chances de succès sur le terrain.

En outre, trois institutions clé permettent à l’Etat béninois de conduire ses


interventions dans le domaine foncier. Ce sont : le Ministère du Cadre de Vie et
du Développement Durable (MCVDD), le Ministère de la Décentralisation, de la
Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire
(MDGLAAT) et le Ministère des Finances et de l’Economie (MFE). Si les deux
premières structures (MCVDD et MDGLAAT) ont des démembrements qui leur
permettent de remplir leurs missions dans les communes, le MFE, en particulier
sa direction dénommée, Direction des Domaines, de l’Enregistrement et des
Timbres (DDET), ne dispose d’aucun relais au niveau départemental voir
communal pouvant permettre aux citoyens de bénéficier des services qu’elle est
supposée leur offrir.

Par ailleurs, la mairie en tant qu’institution locale, est responsable de la


planification et de la gestion foncière sur son territoire. Elle est chargée de la
définition des politiques de gestion foncière et d’urbanisme au niveau de chaque
Commune. A ce titre, elle donne l’orientation politique et approuve les
documents de planification, donne son avis par rapport aux projets de
lotissement, délibère sur les questions du foncier liées aux documents de
planification dont les plans de lotissement et d’aménagement du territoire.

Au niveau de la mairie d’Akpro-Missérété, il existe un service des affaires


domaniales dont les activités concourent à la gestion du foncier dans la
commune. Il s’occupe entre autres du suivi des opérations de lotissement, de la
certification des transactions foncières, du règlement de certains conflits et
litiges domaniaux etc. La combinaison des activités de ces différentes structures
concourt à la gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété.

37
CHAPITRE III
DEVELOPPEMENT LOCAL ET GESTION FONCIERE DANS LA
COMMUNE D’AKPRO-MISSERETE
Le présent chapitre aborde le développement local de la commune d’Akpro-
Missérété à travers la gestion du foncier. Il présente également les problèmes et
propose des solutions pour un meilleur développement de la ville d’Akpro-
Missérété à travers une bonne gestion du foncier.

3.1. Gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété


Cette partie s’intéresse à la pratique de la gestion foncière et son implication sur
le développement de la Commune.

3.1.1. Acteurs impliqués dans la gestion foncière et leurs pratiques


La gouvernance foncière est le produit d’interactions sociales entre plusieurs
acteurs et institutions. Il s’agit de l’Etat central représenté par le Ministère du
Cadre de Vie et du Développement Durable, de l’administration locale et des
services compétents comme l’IGN, la DDHU, les associations de présumés
propriétaires et autres acteurs du privés.

3.1.1.1. Acteurs publics


L’organisation administrative de la gestion domaniale est relativement
déconcentrée, puisque l’essentiel des actes domaniaux est émis par les
Communes. De même, l’initiative des lotissements appartient au conseil
communal.

L’Etat béninois ne joue pas un rôle prépondérant dans la production foncière. Il


a toujours dû accepter les activités foncières des communautés. Il se contente de
réagir lors de son intervention dans le cadre de la restructuration du parcellaire
et de la législation des occupants. Cependant il définit les grandes orientations
en matière foncière et d’urbanisme. A travers ses directions départementales, et
services déconcentrés, l’Etat joue un rôle d’assistance conseil et d’approbation.
En effet, en tant que représentant de l’Etat dans le département, le préfet

38
approuve obligatoirement les actes liés au lotissement notamment les études
urbanistiques. Il intervient également dans le règlement de certains conflits et
litiges liés au foncier. La DDHU veille à la conformité des plans de lotissement
avec le plan de développement urbain, tandis que le service départemental de
l’IGN assiste la mairie dans le domaine de délimitation des terrains.

Parallèlement à ces différents rôles, l’Etat est aussi consommateur d’espace pour
les infrastructures sociocommunautaires et unités de productions. C’est fort de
cela que la Commune au cours des opérations de lotissement œuvre pour le
dégagement de certains espaces pour de telles actions. Par exemple dans le
lotissement des quartiers et villages de l’arrondissement d’Akpro-Missérété, la
superficie totale des différentes réserves administratives s’élève à 219.015 m².
Le tableau IV présente le point des réserves administratives et leurs superficies
dans le lotissement d’Akpro-Missérété.

Tableau IV : Point des réserves administratives dans le lotissement d’Akpro-


Missérété
N° d’ordre Equipements Superficie en m²
1 Marché 12.725
2 Gendarmerie 11.640
3 Secours et calamités (Sapeur- 4.769
Pompier)
4 Maisons des jeunes 18.970
5 Placettes 1 4.047
6 Placettes 2 5.603
7 Voirie 7.160
8 Terrains omnisports 37.970
9 Cimetière 40.025
10 Aire de jeux 1 6.202
11 Aire de jeux 2 18.183
12 CEG 9.712
13 Réserves administratives 1 7.242
14 Réserves administrative 2 6.002
15 Espace vert 1 6.165
16 Gare routière 7.018
17 Espace vert 2 2.578
Total - 219.015
Source : Mairie d’Akpro-Missérété, septembre 2016

39
Au niveau local, le maire et son conseil communal décident des opérations de
lotissement, formalisent les transactions, délivrent certains actes liés au foncier,
tentent le règlement de certains litiges y afférents et perçoivent des taxes et
impôts relatifs au foncier.

3.1.1.2. Pratique de lotissement


Avec la décentralisation, le lotissement est devenu la prérogative des Communes
et un enjeu central de mobilisation de ressources locales dans l’économie
communale. C’est un instrument très puissant de conversion d’espaces ruraux «
coutumiers » en espaces urbains « immatriculés », producteur de « morceaux de
ville » en contribuant fortement à la marchandisation du foncier (Sado, 2013).
La pratique de lotissement dans la commune d’Akpro-Missérété se déroule en
plusieurs phases et fait intervenir également plusieurs acteurs. Le tableau V
présente les différentes phases d’une opération de lotissement dans la commune
d’Akpro-Missérété.

40
Tableau V : Processus d’une opération de lotissement à Akpro-Missérété
N° Phases Principaux Principales tâches
d’ordre Acteurs
1 Initiation Maire  Requête adressée au maire
Associations de  Soumission du dossier au Ministre chargé du Cadre de Vie et du Développement Durable
présumés  Délivrance de l’autorisation de lotissement par le DDHU
propriétaires  Mise sur pied d’un comité de lotissement composé d’autorités locales et de propriétaires
terriens pour le suivi des opérations.
2 Etat des lieux Maire  Relevé et recensement des propriétés terriens sur la base de conventions de vente, ou des
Géomètre, témoignages pour les propriétés des collectivités
IGN,  Elaboration des répertoires et plans d’état des lieux
CL  Soumission des dits documents à l’enquête publique dite de commodo et incommodo
 Correction des documents
 Contrôle de l’IGN et établissement de documents définitifs pour la phase d’étude
3 Etude Préfet  Détermination du coefficient de réduction avoisinant 35 % afin de dégager des espaces
Maire pour les infrastructures sociocommunautaires et le réseau routier.
Urbanisme,  Elaboration du plan parcellaire et le plan de voirie
DDHU  Contrôle de la DDHU
 Approbation du Conseil communal et de la Commission départementale d’urbanisme.
4 Application Maire
IGN
DDHU  Implantation des bornes des différents terrains et de la voirie.
Géomètre
CL
5 Recasement Maire  Etude de dossiers déposés par les présumés propriétaires candidats au recasement
(attribution des IGN  Vérification de payement des différents frais
parcelles) DDHU  Programmation du recasement
Géomètre  Attribution de parcelles aux propriétaires programmés
CR  Rapport de clôture.

Source : Recherche documentaire et travaux de terrain, septembre 2016


Le tableau V montre les différentes phases, les acteurs et les rôles que jouent
chaque acteur dans la réalisation d’un lotissement. La réalisation d’un projet de
lotissement est une source de mobilisation des ressources financière pour la
commune d’Akpro-Missérété.

En effet, chaque propriétaire terrien, pour être recaser doit satisfaire à un certain
nombre d’exigence définie par le maître d’ouvrage du lotissement qui est le
maire. Ainsi chaque propriétaire terrien doit présenter un dossier comportant une
convention de vente ou acte de donation signé de l’autorité communale s’il
s’agit d’un terrain acheté ou donné ; en cas d’héritage, un simple témoignage du
délégué appuyé de celui du chef de la collectivité suffit et payer une somme
totale de cent mille six cents (100.600 F) francs. Il est à noter que cette somme
varie d’un projet de lotissement à un autre. Le tableau VI présente les différents
frais payé lors du lotissement du village Blèhouan en 2013 dans la commune
d’Akpro-Missérété.

42
Tableau VI : Différents frais à payer pour le lotissement à Blèhouan
N° Acteurs/ Montants Observations
d’ordre structures
1 Géomètre 40.000 F  Prestation du service du cabinet pour les travaux d’état des
lieux, d’application et de recasement.
 Payé au trésor public contre quittance.
2 Urbaniste 5.000 F  Prestation du service du cabinet pour les travaux de conception.
 Payé au trésor public contre quittance.
3 Voirie 10.000 F  Ouverture des voies par les niveleuses.
 Payé au trésor public contre quittance.
4 Viabilisation 25.000 F  Participation de la municipalité pour l’installation des réseaux
d’adduction d’eau, d’électricité, de téléphone etc.
 Payé au trésor public contre quittance.
5 Affaires 10.000 F  Frais de fonctionnement du comité de contrôle, et autres.
domaniales  Payé sans quittance au service des affaires domaniales.
6 Géomètre 3.000 F  Entretien des agents du cabinet sur le terrain au cours du
recasement. Payé sur le terrain ou au bureau du géomètre contre
reçu ordinaire
7 Trésor/Mairie 5.000 F  Frais d’attestation de recasement.
 Payé au bureau contre reçu ordinaire.
8 Comité 2.000 F  Frais de soutien du comité de recasement.
recasement  Payé main en main contre reçu ordinaire.
9 Piquets 600 F  Frais pour les piquets délimitant la parcelle recasée.
 Payé sur le terrain contre reçu ordinaire.
10 Total 100.600 F -
Source : Mairie d’Akpro-Missérété, septembre 2016

Le tableau VI montre la multitude de frais qu’il faut payer pour le recasement de


sa parcelle. Ces différents frais participe à payer le service des différents acteurs
intervenants dans le processus de lotissement ainsi que à la mobilisation de
ressource pour le fonctionnement de la mairie. De même, les frais payés
permettent à la mairie de disposer de ressources pour le financement des projets
de développement à la base.

Outre ces frais, l’acquéreur ou le propriétaire de parcelle est appelé à payer


d’autre frais pour formaliser les transactions et la délivrance des actes liés au
foncier.

43
3.1.1.3. Formalisation des transactions foncières et délivrance d’actes
fonciers
La mairie d’Akpro-Missérété et ses services interviennent activement dans le
processus de « sécurisation » des terres acquises et dans la délivrance des actes y
relatifs.

La procédure administrative pour l’établissement d’une convention de vente


commence par l’achat à l’arrondissement de la demande d’agrément et du
certificat de non litige. Ces deux pièces sont signées respectivement par le chef
quartier et le chef d’arrondissement. Le vendeur et l’acquéreur ainsi que leurs
témoins respectifs déposent leur signature pour enregistrement au niveau de
cette administration. A l’aide d’une copie de la demande d’agrément signée,
l’acquéreur paye au service des impôts trois années d’arriéré d’impôt sur le
foncier non bâti, celui de l’année en cours et 4,6 % du prix d’achat de la
parcelle. Les quittances obtenues donnent accès à la mairie à l’achat d’imprimés
de conventions de vente que signent respectivement les parties prenantes, leurs
témoins, le chef de village ou de quartier et le chef d’Arrondissement. Les dites
conventions sont ensuite transmises au service des affaires domaniales pour
contrôle, traitement et signature par le chef service. La signature du maire vient
clôturer la procédure et le requérant pourra retirer son acte à l’Arrondissement.
Le tableau VII présente les différents frais qu’il faut payer pour formaliser
l’achat d’une parcelle et délivrance des actes fonciers dans la commune
d’Akpro-Missérété.

44
Tableau VII: Procédure de certification de la convention de vente et frais
perçus à chaque niveau
N° Acteurs Principaux actes posés Frais payés
d’ordre
Vérification du droit de propriété du vendeur
1 CQ Signature de la demande d’agrément et du certificat Au moins
de non litige 10.000 F
Ouverture de dossier (Achat d’une chemise dossier,
de timbres, d’imprimés, de demande d’agrément et
de certificat de non litige) 12.500 F
2 CA
Dépôt de signature des deux parties ainsi que de deux 600 F x 6 =
témoins de part et d’autre 3.600 F
Signature de la convention de vente 10.000 F
Payement de quatre années d’impôt sur le foncier 11.200 x 4 =
3 SI non bâti 44.800 F
Payement des 4,6 % du prix d’achat 46.000 F
Contrôle de l’authenticité des signatures, du droit de
4 SAD propriété du vendeur et signature du chef service 12. 000 F
5 Maire Signature de la convention de vente 5.000 F
Total - 143.900 F
Source : Travaux de terrain, septembre 2016

A la lecture de ce tableau VII, il convient de constater qu’il existe une


multiplicité d’étapes pour la certification des actes de cession. Au niveau de
chaque autorité, des frais sont perçus et s’élèvent à quarante-trois mille neuf
cents francs (143.900 F) avant de faire signer sa convention de vente par le
Maire.

Les différents frais participent au budget de la commune. Le tableau VIII


présent le taux de participation des recettes issus des différents lotissements dans
la commune d’Akpro-Missérété de 2010 à 2014.

45
Tableau VIII: Evolutions de recettes liées au foncier par rapport aux recettes
de fonctionnement de la Commune
Evolution des réalisations de recettes liées au foncier
2010 2011 2012 2013 2014
Recettes de 171 530 010 197 553 236 182 235 358 452 649 302 316 257 969
lotissement
Total recettes de 375 190 326 751 680 275 618 739 321 849 211 383 713 650 828
fonctionnement
Pourcentage 42,0 % 28,8 % 23,9 % 47,1 % 50,5 %

Source : Travaux de terrain, septembre 2016

L’analyse du tableau VIII, montre que les recettes issues des différents
lotissements constituent la principale source des recettes de fonctionnement de
la mairie d’Akpro-Missérété. Ces recettes contribuent aux financements de la
construction des infrastructures sociocommunautaires qui participent au
rayonnement de la commune. Au regard de son importance dans la mobilisation
des ressources financières, la municipalité d’Akpro-Missérété attache du prix à
la gestion du foncier à travers le lotissement.

3.2. Construction des infrastructures de développement à Akpro-


Missérété
Dans le but de bien disposer les ressources issues des activités de gestion
foncière dans la commune d’Akpro-Missérété, le conseil communal a opté pour
la construction des infrastructures sociocommunautaires qui participe au
développement de la commune. Ainsi, pour chaque année budgétaire, des
activités de développement sont réalisées pour l’épanouissement de la
population de la commune d’Akpro-Missérété. Il s’agit en autre de l’ouverture
de nouvelles voies, de l’édification des équipements et de l’extension des
infrastructures sociocommunautaires. La planche 2 présente quelques
infrastructures mise en place par la mairie sur budget propre.

46
Planche 2 : Infrastructures construits sur fond propre à Akpro-Missérété
Prise de vue : Djossou, septembre 2016

Les différentes photos de la planche 2 montres des infrastructures construites par


le conseil municipal pour assurer le développement de la commune. La photo 1
montre une série de boutique construite et la photo 2 une série de hangars
construits dans le marché d’Akpro-Missérété pour assurer les translations
commerciales dans la commune. Les photos 2 et 3 montrent respectivement la
place publique de Katagon et la maison des jeunes de la commune. Ces
infrastructures sont construites pour l’épanouissement des populations et pour
assurer le développement de la commune.

3.2.1. Etat des lieux des infrastructures de développement à Akpro-


Missérété
La commune d’Akpro-Missérété dispose sur son territoire plusieurs
infrastructures de développement qui permettent à la population de la commune
de satisfaire ses besoins administratifs et sociaux.

47
En effet, sur le plan sécuritaire, la commune d’Akpro-Missérété dispose d’une
gendarmerie, d’une Recette perception et d’une Recette auxiliaire pour les
finances publiques. Au plan sanitaire elle dispose d’un centre de santé
communal et des centres de santé d’arrondissement dans tous les
arrondissements de la commune. Au plan éducatif, la commune d’Akpro-
Missérété dispose au moins d’un CEG dans chaque arrondissement et d’une
soixantaine d’écoles primaires publiques et maternelles avec un Bureau
d’alphabétisation de l’ONG PADRO. Elle dispose aussi d’une maison des
jeunes et un terrain de sport qui participe au divertissement de la population au
plan culturel et de loisirs. Au plan économique, la commune dispose d’un
marché central et des marchés secondaires qui assurent les échanges de services
à caractère économique entre les populations des différentes localités de la
commune et des communes environnantes.

Le tableau IX présente la synthèse des différentes infrastructures disponible dans


la commune d’Akpro-Missérété.

48
Tableau IX : Synthèse des infrastructures de développement à Akpro-
Missérété.
Secteurs Infrastructures Nombre d’infrastructure
Akpro-Missérété
Administration Bureau de la Mairie 01
communale Bureau d’arrondissement 05
Sécurité Gendarmerie 01
Finance publique Recette perception 01
Recette auxiliaire 01
Education et Circonscription scolaire 01
alphabétisation CEG 05
Ecole primaire publique et maternelles 56
Bureau d’alphabétisation de l’ONG PADRO 01
Santé Centre de santé communal 01
Centre de santé d’arrondissement 05
Infrastructure Pompe SONEB 01
hydrauliques et SBEE 01
électricité
Agriculture SCDA 01
Microfinance CLCAM 01
Communication Bureau de poste 01
Culture et loisirs Maison des jeunes 01
Terrain de sport 01
Economie Marché 07
Restaurant 12
Buvette 37
Hôtel 06
Transport Gare routière 01
Source : Enquête de terrain, septembre 2016

Ces différentes infrastructures sont inégalement répartir dans la commune


d’Akpro-Missérété. En effet, en dehors des infrastructures d’éducation et
d’alphabétisation, de santé et d’économie qui sont installées dans les cinq (5)
arrondissements, les autres équipements de services sont implantés dans
l’arrondissement centre.

Ces différentes infrastructures sociocommunautaires et de services participent au


rayonnement de la localité et constituent des atouts majeurs dans son
développement. Mais l’inégale répartition des infrastructures de développement
dans la commune exprime le niveau de développement de chaque localité. La
planche 3 montre quelques infrastructures installées dans la commune.

49
3.1 3.2

3.3

Planche 3 : Infrastructures installées à Akpro-Missérété


Prise de vue : Djossou, septembre 2016

L’observation des photos de la planche montre l’enseigne du CEG 1 (3.1), les


hangars du marché principal (3.2) à Akpro-Missérété centre et l’enseigne du
centre de santé d’arrondissement de Gomè-Sota (3.3).

3.2.2. Assainissement dans la commune d’Akpro-Missérété


Le développement de la commune passe par l’assainissement du cadre de vie de
la population dans toutes les localités de ladite commune. La mauvaise gestion
des ordures ménagères, des déchets liquides, et des déchets issus du
fonctionnement des activités socio-économiques à une incidence sur le
développement de la commune.

En effet, dans la commune d’Akpro-Missérété, les problèmes d’assainissement


et d’hygiène se posent avec acuité, selon les personnes ressources (responsables
de marché, cadres de la mairie et agents d’hygiène) et 75,2 % des ménages
interrogés.

50
3.2.2.1. Mode d’évacuation des eaux usées
Le rejet des eaux de cuisine, de vaisselle et de douche se fait dans la cours ou sur
les espaces non encore occupés et sur les lieux publics. Ces eaux y stagnent
parfois et constituent ainsi des sources de pollutions et de nuisances. Le manque
d’équipement d’hygiène pose de graves problèmes d’hygiène et de pollution,
puisque seulement 38 % des personnes enquêtées disposent de latrine. Ainsi, des
excréments humains se rencontrent sur les tas d’ordures, dans la brousse et sur
les parcelles non habitées. La figure 6 présente les différentes modes d’aisance
dans la commune d’Akpro-Missérété.

Figure 6 : Différentes modes d’aisance à Akpro-Missérété


Source des données : Enquêtes de terrain, septembre 2016

L’analyse la figure 6 montre que la nature est le principal dépotoir des


excréments humains (55,13 % des ménages enquêtés), les latrines privées sont
pratiqués par 41,02 % des ménages enquêtes et seulement 3,85 % des ménages
enquêtés fréquentes les latrines publiques. Cet état de chose s’explique par le
fait que la population en majorité rurale est habituée à se mettre à l’aise dans la
nature.
En outre, la commune ne dispose que quelques mètres linéaires de caniveaux à
Akpro-Missérété centre. La photo 2 présente l’état du caniveau à la hauteur du
marché principal de la commune.

51
Photo 2 : Caniveaux à ciel ouvert remplis des déchets solides et liquides à
Akpro-Missérété
Prise de vue : Djossou, septembre 2016

L’observation de la photo 2 montre l’état insalubre du canal d’évacuation des


eaux de pluie dans l’arrondissement d’Akpro-Missérété centre. Mais, le mauvais
entretien de ces caniveaux aggrave les cas d’inondation dans l’arrondissement.

3.2.2.2. Mode de gestion des ordures ménagères


Dans la commune d’Akpro-Missérété, la gestion des ordures pose problème. Par
ailleurs, la prolifération des dépotoirs sauvages dans la commune est due à
l’absence d’un plan d’aménagement et d’assainissement et de la mauvaise
gestion du foncier dans la commune. Une situation qui influence de façon
négative le développement de la commune.

Dans la commune d’Akpro-Missérété, presque tous les ménages (77,73 % des


enquêtés) jettent les ordures ménagères dans la nature. La figure 7 présente les
modes de gestion des ordures ménagères dans la commune.

52
Figure 7 : Mode de gestion des ordures à Akpro-Missérété
Source des données : Enquêtes de terrain, septembre 2016

L’analyse figure 7 montre que 4,5 % des ménages enquêtés sont abonnés à
l’unique structure de pré-collecte des ordures ménagères dans la commune. Le
brûlage des ordures ménagères est pratiqué par 13 % des ménages,
l’enfouissement par 6,79 %. Le rejet des ordures dans la nature est pratiqué par
75,71 % des ménages. Ces ordures sont transportées par les eaux de
ruissellement qui les déposent sur les voies publiques et dans les cours d’eau.

La commune d’Akpro-Missérété ne dispose pas d’un seul point de regroupent


des ordures ménagères sur son territoire. Ainsi, la seule ONG de pré-collecte des
ordures ménagères ne dispose pas de site de regroupement approprié. Elle
déverse donc les ordures collectées dans les ménages sur des espaces non bâtis,
notamment dans les marécages, créant ainsi des dépotoirs sauvages. Cette
situation crée des problèmes liés à l’assainissement, la prolifération des insectes,
vecteurs de certaines maladie. La planche 4 présente des dépotoirs sauvages
dans la commune.

53
4.2 4.2

Planche 4 : Dépotoirs sauvages à Akpro-Missérété


Prise de vue : Djossou, septembre 2016

La photo 4.1 présente un dépotoir sauvage dans le marché principale et la photo


4.2 montre un dépotoir sauvage crée dans les marécages à Vakon.

L’inexistence d’un réseau d’assainissement et l’implantation anarchique des


maisons créent de nombreuses nuisances à la population qui se retrouve souvent
sous l’eau après de fortes pluies. De même, les parcelles non bâties, même en
pleine agglomération, servent pour la plupart de dépotoirs des ordures
ménagères et de lieu d’aisance pour la population, signe d’une pollution
certaine.

En outre, selon le chef service environnement de la mairie d’Akpro-Missérété, la


commune dispose d’un plan d’aménagement et d’assainissement qui peine à être
mise en œuvre pour le défaut de lotissement des villages et quartiers de villes de
la commune.

En somme, l’insalubrité de la commune est liée au manque d’un plan


d’aménagement du territoire, de l’incivisme des populations et d’une volonté
politique des autorités en charge de la gestion de la commune. La résultante de
ces éléments influence le développement de la commune.

3.2.3. Application du modèle PEIR à la gestion foncière


La combinaison des résultats quantitatifs et qualitatifs obtenus par les
traitements statistiques a permis de nourrir le modèle PEIR qui est une approche
utilisée dans le domaine de l’évaluation intégré des composantes sociales,

54
économiques et environnementales. La figure 8 présente le modèle d’analyse
des résultats dans le cadre de la gestion foncière et du développement local dans
la commune d’Akpro-Missérété.

 Croissance démographique
 Politique d’aménagement et de développement local
Pressions  Développement des fonctions rurales et urbaines
 la rentabilité de la thésaurisation
 Insécurité de la mise en location des biens disponibles

Sur le foncier : augmentation de la valeur foncière et spéculation


 Augmentation des enjeux fonciers et contestation des
Etats aménagements fonciers
 Insécurité foncière et émergences des problèmes fonciers
 Augmentation des mises en valeurs des terres
 Quête d’une meilleure condition sociale et environnementale

 Réduction des terres agricole et baisse de la production vivrière,


 augmentions des prix des terres et l’exode rural et migration
agricole,
Impacts
 naissances des conflits fonciers
 Lotissement des villages
 Mobilisation des ressources pour le budget
 Construction des infrastructures sociocommunautaires
 Aménagement des espaces

Sur le plan foncier :


 Réorganisation du secteur du lotissement
 Elaboration d’un plan d’urbanisme
 Sensibilisation des populations sur les procédures d’achat de
Réponses parcelle
 Renforcement coopération service des impôts et Mairie
 Elaboration du schéma directeur d’aménagement,
 Sécurisation des terres agricoles,
 Zonage des surfaces à vocation agricole

Figure 8: Modèle d'analyse des résultats


Source : Enquête de terrain, décembre 2015

L’analyse de la figure 8 permet de constater que la commune d’Akpro-Missérété


dispose des atouts naturels, humains, institutionnels et économiques favorables à
son développement. Cependant, l’insuffisance des infrastructures
sociocommunautaires et l’absence des outils de planification ou d’aménagement

55
provoquent l’occupation anarchique des terres entrainant la dégradation de
l’environnement. L’appui de l’Etat et des partenaires extérieurs, l’existence de la
loi déterminant les compétences de la commune en matière de l’aménagement
du territoire, constituent des opportunités que les autorités doivent saisir pour
assainir la commune.

3.3. Perspectives de développement de la commune d’Akpro-Missérété


Les perspectives envisagées pour un développement harmonieux de la commune
d’Akpro-Missérété nécessitent les actions conjuguées des autorités locales, des
populations et de l’Etat central. Pour cela, les mesures suivantes sont proposées.

3.3.1. A l’endroit des autorités locales


Les véritables problèmes qui handicapent les actions des autorités locales pour
un développement de commune d’Akpro-Missérété sont liés à la gestion
foncière et à l’assainissement du cadre de vie des populations.

 Proposition pour une meilleure gestion foncière

La bonne gouvernance foncière implique le respect des textes et procédures, la


sanction des contrevenants et l’obligation de compte rendu à tous les niveaux.
En ce qui concerne la délivrance des actes fonciers par exemple, il convient que
toutes les autorités à divers niveaux jouent correctement leur partition en
percevant uniquement les droits précisés par les textes. Le chef quartier ou de
village doit faire le maximum de vérification sur une parcelle avant de délivrer
un certificat de non litige. Au cas contraire, il doit subir des sanctions aussi bien
administratives que judicaires. De même, le chef service des affaires domaniales
doit pouvoir procéder à toutes les investigations nécessaires dans sa base de
données et sur le terrain pour faire délivrer des actes crédibles insusceptibles de
remise en cause.

En matière de gestion des lotissements, pour plus de transparence et d’efficacité


des opérations, il est nécessaire que les marchés soient attribués par appel

56
d’offre aux cabinets spécialisés conformément aux dispositions du Code des
marchés publics en République du Bénin. De même, les membres des différents
comités de lotissement doivent être élus parmi des personnes de bonne moralité
et doivent être sanctionnés administrativement et pénalement en cas de
malversations avérées. Les autorités locales doivent accroître la mobilisation de
leurs ressources propres en misant sur la maîtrise de leur potentiel financier et la
mise en place d’outil efficace tel que le Registre Foncier Urbain (RFU) pour
mieux appréhender le potentiel fiscal lié au foncier.

La recherche de solution au recouvrement des impôts a conduit les autorités de


plusieurs communes béninoises à élaborer et mettre en application, avec le
concours de la SERHAU-SA, le Registre Foncier Urbain (RFU). Cet outil, qui
n’est pas encore une réalité dans la commune d’Akpro-Missérété a pour
objectifs principaux :
- d’élargir la base de l’assiette fiscale ;
- d’élever le niveau de recouvrement des taxes ;
- de mettre à jour la cartographie de la commune ;
- de procéder à une gestion rationnelle des équipements marchands (gares
et marchés).

Cet outil permettra de mieux gérer l’affirmation des conventions de vente, de


suivre le recouvrement des impôts et taxes, de gérer le patrimoine foncier, les
infrastructures, de planifier la croissance urbaine et de faire l’adressage de la
commune.

 Création de service d’assainissement urbain

La commune d’Akpro-Missérété ne disposant d’aucune structure adéquate pour


la gestion des déchets solides et liquides, la création ou l’installation des
services d’assainissement serait salutaire par les populations de la commune.

Les autorités locales doivent renforcer la seule structure de pré-collecte en


matériels de travail et aussi encourager d’autres ONG locales à s’intéresser à la
57
pré-collecte des ordures ménagères. Ces ONG verseront les ordures dans les
barques à ordure qui seront installées dans chaque l’arrondissement. Ces ordures
seront transportées à l’aide de camions sur le site de décharge finale, qui sera
créé à cet effet, pour être traitées. On aurait souhaité que les ordures soient, dans
ce lieu, traitées de manière que celles qui ne sont pas biodégradables soient
triées et brûlées puis, celles qui le sont soient compactées afin d’être utilisées au
bout du rouleau comme fumiers. Ces engrais naturels peuvent être utilisés dans
le maraîchage. Cette valorisation des ordures pourrait générer du travail et
résorber un tant soit peu le problème de chômage dans la commune.

Les déchets liquides produits dans la commune d’Akpro-Missérété sont


constitués des eaux usées domestiques (eaux usées ménagères, eaux de toilettes,
de lessive et de nettoyage) et des eaux vannes. Pour une bonne gestion des eaux
usées, les autorités locales doivent sensibiliser les populations à la construction
et à l’utilisation des puisards. Pour ce faire, les autorités pourraient solliciter
l’aide du pouvoir central et des ONG compétentes.

En ce qui concerne les eaux vannes, elles nécessitent une gestion précieuse et
conséquente à cause des germes pathogènes qu’elles renferment. Pour cela, une
politique de vulgarisation de l’usage des fosses et de la lutte contre la défécation
dans la nature. Cette lutte doit être accompagnée de la construction des latrines
publiques. La sensibilisation des populations sur la nécessité de disposer de
latrine est un moyen de lutte contre la défécation.

De nos jours, la façon la plus courante de gérer les eaux usées est de les évacuer
par un réseau d’égouts hors des agglomérations, soit directement dans un
exutoire naturel pour les eaux de pluie, soit vers un centre d’épuration. Dans
commune d’Akpro-Missérété, le réseau de caniveaux est insuffisant et ces
derniers sont remplis d’ordures.

58
3.3.2. A l’endroit de la population

La population de la commune d’Akpro-Missérété a un grand rôle à jouer dans


l’aménagement et le développement de la commune. Elles peuvent :

 accompagner les actions des autorités en place en mettant en œuvre les


solutions adoptées lors des séances de sensibilisation ;
 contribuer à l’amélioration de son cadre de vie en adoptant des bonnes
pratiques en matière d’hygiène et d’assainissement ;
 s’inviter à la participation plus active de la gestion de l’espace ;
 créer des associations destinées à veiller sur le bon fonctionnement des
dispositifs mis en place et à signaler toute détérioration de ces derniers.
3.3.3. A l’endroit de l’Etat central

Pour un développement harmonieux de la commune d’Akpro-Missérété, les


autorités locales et les populations ont besoin d’être appuyées par l’Etat central.
A cet effet, il souhaité que l’Etat :

 transfère toutes les compétences aux communes ;


 forme les élus locaux et les services techniques de la mairie sur les enjeux
de l’aménagement afin de renforcer leur collaboration dans le contexte de
la décentralisation ;
 accompagne les élus locaux dans les actions de partenariat avec les ONG
et partenaires techniques ;
 aide la population dans la gestion de leur patrimoine ;
 aide la commune dans la réalisation des outils d’aménagement du
territoire ;
 appuie les élus locaux dans le financement des projets d’aménagement et
d’assainissement.

59
Conclusion
Au terme de la présente recherche, il ressort que le foncier est un facteur clé
pour les actions de développement dans la Commune d’Akpro-Missérété. Il
constitue aujourd’hui l’objet de convoitise de tous les acteurs de développement
qui développent chacun ses stratégies pour s’en approprier et assurer une
sécurité après son acquisition. Mais, le comportement des acteurs et les
insuffisances relatives aux textes ne favorisent pas une bonne gestion foncière
dans cette Commune.

Certes, la gestion du foncier permet à la commune de disposer des moyens


financiers pour la construction de plusieurs équipements et infrastructures à
caractère urbain (centre de santé, établissements scolaires, marchés, alimentation
en eau, etc.).

Par ailleurs, la commune d’Akpro-Missérété est confrontée à beaucoup de


problèmes d’assainissement notamment en relation avec la voirie, l’évacuation
des eaux pluviales et des ordures ménagères. Les opérations de lotissement
donnent lieu à de fréquentes contestations, des remises en cause permanentes et
des blocages. Les quelques aménagements initiés par les populations elles-
mêmes en terme de voirie et d’installation de certaines infrastructures sont
précaires et sans normes.

Certes, les autorités locales et les populations ne sont pas restées inactives face
aux divers problèmes. Mais, le manque d’outils adéquats, de politique de gestion
de l’urbanisation et de moyens financiers rendent peu efficaces les diverses
mesures prises pour faire face aux difficultés rencontrées. Ces situations
constituent des freins pour le développement de la commune d’Akpro-Missérété.

Face à ces problèmes, il faudra de la part des collectivités locales, de l’Etat et


des ONG, des actions concertées dans le cadre de la gestion foncière qui
méritent d’être soutenues par un programme adéquat d’information, d’éducation
et de communication en matière d’aménagement et d’assainissement.

60
Bibliographie

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62
Liste des figures
Figure 1: Modèle conceptuel d'analyse PEIR .......................................................................... 21
Figure 2: Situation géographique de la commune d’Akpro-Missérété .................................... 23
Figure 3: Régime pluviométrique moyen mensuel à Akpro-Missérété (1982 à 2012) ............ 24
Figure 4: Evolution démographique de la commune d’Akpro-Missérété ................................ 26
Figure 5: Evolution de quelques productions à Akpro-Missérété. .......................................... 27
Figure 6 : Différentes modes d’aisance à Akpro-Missérété ..................................................... 51
Figure 7 : Mode de gestion des ordures à Akpro-Missérété..................................................... 53
Figure 8: Modèle d'analyse des résultats ................................................................................. 55

Liste des planches


Planche 1 : Elevage en cage de porcins et de bovins à Akpro-Missérété ................................ 28
Planche 2 : Infrastructures construits sur fond propre à Akpro-Missérété ............................... 47
Planche 3 : Infrastructures installées à Akpro-Missérété ......................................................... 50
Planche 4 : Dépotoirs sauvages à Akpro-Missérété ................................................................. 54

Liste des photos


Photo 1 : Transport de l’essence en provenance du Nigéria ................................................... 29
Photo 2 : Caniveaux à ciel ouvert remplis des déchets solides et liquides à Akpro-Missérété 52

Liste des tableaux


Tableau I : Synthèse de la recherche documentaire ................................................................. 18
Tableau II: Répartition des personnes enquêtées par arrondissement ...................................... 20
Tableau III: Répartition par catégorie des personnes enquêtées ............................................. 20
Tableau IV : Point des réserves administratives dans le lotissement d’Akpro-Missérété........ 39
Tableau V : Processus d’une opération de lotissement à Akpro-Missérété ............................. 41
Tableau VI : Différents frais à payer pour le lotissement à Blèhouan ..................................... 43
Tableau VII: Procédure de certification de la convention de vente et frais perçus à chaque
niveau ....................................................................................................................................... 45
Tableau VIII: Evolutions de recettes liées au foncier par rapport aux recettes de
fonctionnement de la Commune .............................................................................................. 46
Tableau IX : Synthèse des infrastructures de développement à Akpro-Missérété. .................. 49

63
Annexes
Questionnaire à l’endroit des présumés propriétaires de parcelles et autres acteurs
Statut de la parcelle et formalisation des transactions
Profession……………………………………………………………………….
Age…………………………………………………………………………...
1. Nombre de parcelles dont vous êtes propriétaire. Comment l’avez-vous acquise ?
Héritage_ achat _don_ autre à préciser…………………………………
2. Arrondissement, tranche et quartier où se trouve chaque parcelle……………..
3. Auprès de quel type de propriétaire avez –vous acquis votre parcelle ? Héritier sans
papier_ revendeur_ détenteur de titre foncier autre à préciser……...
4. Statut de la parcelle au moment d’acquisition. Recasée état des lieux_ Rien
5. Année d’acquisition et prix d’achat……………………………………………….
6. Statut actuel de la parcelle. Lotie_ état des lieux_ rien du tout…………………
7. Prix estimatif aujourd’hui si elle devrait être vendue……………………….
8. Quelles sont les formalités administratives faites au niveau du chef quartier de chef
d’arrondissement, de la mairie et le montant payé pour chaque prestation.
9. Quelle est votre appréciation par rapport à ces différents frais payés. Exorbitant_
normal_ insignifiant………………………………………………….
10. durée de la procédure administrative: Trop longue et tracassante_ normale (dites le
nombre minimum de jours pour l’affirmation de la Convention de vente par
exemple)………………………………………………………………………
11. La parcelle est-elle litigieuse ou à telle fait l’objet de litige une fois ? Oui_
non………………………………………………………………………………...
12. Si oui qu’est –ce qui était à la base du litige ? Limite de la parcelle_ contestation de
droit de propriété_ problème lié au lotissement_ autre à préciser.
13. Quelles sont les structures qui sont intervenues pour régler le litige ?
14. Avez-vous eu satisfaction ? Oui_ non…………………………………………
15. Avez- vous bâti déjà cette parcelle ? Oui_ non. Si oui, en quelle année ? Si non
pourquoi ? Manque de moyen_ attente de recasement_ les deux_ autre à
préciser……………………………………………………………………………
Lotissement
16. Depuis quand le lotissement a commencé dans cette zone ?............................
17. Existe-t-il un comité de lotissement ? Oui_ Non. Si oui, quel est son rôle ?
18. Combien coûte les frais de lotissement par parcelle ?.......................................
19. Comment ce montant est reparti entre les différents acteurs à savoir, géomètre,
urbaniste, comités et mairie?..................................................................
20. Que reprochez- vous aux différents comités ?.................................................
21. Quels sont les problèmes qui naissent en cours de lotissement ? Disparition de
parcelles_ casses de maison, de lieux de cultes etc_ problèmes de coefficient de
réduction_ autre à préciser……………………………………………………
22. qui règlent souvent ces problèmes et comment ?..............................................
23. avez-vous souvent satisfaction ? Oui_ non ………………………………….
24. Avez-vous accès facile aux documents de lotissement à la mairie, auprès des
géomètres et urbanistes ? Oui_ non_ nuancé……………………………………..
25. Combien vous payez comme frais de consultation et à quel niveau……..
26. Connaissez-vous les règles en matière de lotissement ? Si oui citez-les………
27. Selon vous qu’est ce qui explique le retard dans l’exécution des opérations de

64
lotissement ?............................................................................................................
28. Que préconisez-vous pour des opérations rapides et
transparentes ?......................................................................................................
29. Les différents lotissements prévoient ils suffisamment de réserves pour des
infrastructures et équipements sociocommunautaires ? Si oui citez quelques-unes dans
votre localité…………………………………………………………...
30. ces réserves abritent t- elles toujours les infrastructures pour lesquelles elles sont
prévues ou sont souvent détournées à d’autres fins ?......................................
31. quel sort est réservé aux sinistrés?…………………………………………..

Guides d’entretien
Guide d’entretien avec le chef service des affaires domaniales, les autorités locales et les
personnes ressources

1- Quelle est la manière dont les terres sont occupées dans la commune ?
2- Quels sont les problèmes liés aux terres que vous rencontrez ?
3- Comment ses problèmes sont réglés ?
4- Quels sont les acteurs intervenant dans la gestion des terres ?
5- Quels sont les rôles de chaque acteur ?
6- Quelle est la politique mise en œuvre par la mairie pour une meilleure gestion des
terres de la commune ?
7- Quelles sont les contraintes de la mise en œuvre de cette politique ?
8- Quel est l’objectif du lotissement ?
9- Depuis quel moment le lotissement a commencé dans la commune ?
10- Quelles sont les différentes étapes du lotissement ?
11- Les populations s’intéressent-elles aux opérations de lotissement ?
12- Si non, quelles sont les raisons ?
13- Quels sont les problèmes rencontrés à chaque étape du processus ?
14- Quelle est l’origine de ses problèmes ?
15- Comment les problèmes sont –ils réglés ?
16- Quels sont les villages et quartiers qui sont entièrement lotis ?
17- Quels sont les villages et quartiers de ville dont le lotissement est en cours ?
18- Qu’est ce qui explique le retard du lotissement dans ces quartiers ?
19- Quels sont les villages et quartiers de ville qui ne sont pas encore lotis ?
20- Quels sont les facteurs de blocage du lotissement dans ces quartiers ?
21- Quel a été l’apport du Millenium Challenge Account (MCA) Bénin dans ce secteur ?

65
Table des matières
Sommaire ................................................................................................................................... 2
Dédicace ..................................................................................................................................... 3
Remerciement ............................................................................................................................. 4
Sigles et acronymes .................................................................................................................... 5
Résumé/Abstract ........................................................................................................................ 6
Introduction ................................................................................................................................ 7
CHAPITRE I
CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE .......... 9
1.1. Etat des connaissances ................................................................................................. 9
1.1.1- Problématique ............................................................................................................ 11
1.1.1.1- Justification du sujet................................................................................................... 12
1.1.1.2- Hypothèses de travail ................................................................................................. 14
1.1.1.3- Objectifs de recherche ................................................................................................ 14
1.1.2. Définition opératoire .................................................................................................. 14
1.2. Approche méthodologique ......................................................................................... 16
1.2.1. Données collectées ..................................................................................................... 16
1.2.2. Outils de collecte des données ................................................................................... 16
1.2.3. Techniques de collecte des données ........................................................................... 17
1.2.4. Collecte des données .................................................................................................. 17
1.2.4.1- Recherche documentaire ............................................................................................ 17
1.2.4.2- Travaux de terrain ...................................................................................................... 19
1.2.5. Traitement des données et Analyse des résultats par le modèle PEIR ....................... 21
CHAPITRE II
CONTEXTE GEOGRAPHIQUE ET LA GESTION FONCIERE DANS LA
COMMUNE D’AKPRO-MISSERETE ............................................................................... 22
2.1. Présentation du secteur d’étude .................................................................................. 22
2.1.1. Situations géographique et administrative ................................................................. 22
2.1.2. Condition climatique .................................................................................................. 24
2.1.3. Hydrographie.............................................................................................................. 25
2.1.4. Relief, sol et végétation .............................................................................................. 25
2.1.5. Evolution démographique .......................................................................................... 25
2.1.6. Activités économiques ............................................................................................... 27
2.2. Cadres réglementaire et institutionnel de la Gestion foncière dans la Commune
d’Akpro-Missérété ..................................................................................................... 30
2.2.1. Cadre réglementaire ................................................................................................... 30
2.2.2. Régimes fonciers ........................................................................................................ 32
CHAPITRE III
DEVELOPPEMENT LOCAL ET GESTION FONCIERE DANS LA COMMUNE
D’AKPRO-MISSERETE ...................................................................................................... 38
3.1. Gestion foncière dans la commune d’Akpro-Missérété ............................................. 38
3.1.1. Acteurs impliqués dans la gestion foncière et leurs pratiques ................................... 38
3.1.1.1. Acteurs publics ........................................................................................................... 38
3.1.1.2. Pratique de lotissement .............................................................................................. 40
3.1.1.3. Formalisation des transactions foncières et délivrance d’actes fonciers .................... 44
3.2. Construction des infrastructures de développement à Akpro-Missérété.................... 46
3.2.1. Etat des lieux des infrastructures de développement à Akpro-Missérété ................. 47
3.2.2. Assainissement dans la commune d’Akpro-Missérété .............................................. 50

66
3.2.2.1. Mode d’évacuation des eaux usées ............................................................................ 51
3.2.2.2. Mode de gestion des ordures ménagères .................................................................... 52
3.2.3. Application du modèle PEIR à la gestion foncière .................................................... 54
3.3. Perspectives de développement de la commune d’Akpro-Missérété ......................... 56
3.3.1. A l’endroit des autorités locales ................................................................................. 56
3.3.2. A l’endroit de la population ....................................................................................... 59
3.3.3. A l’endroit de l’Etat central........................................................................................ 59
Conclusion ................................................................................................................................ 60
Bibliographie ............................................................................................................................ 61
Liste des figures ....................................................................................................................... 63
Liste des planches ..................................................................................................................... 63
Liste des photos ........................................................................................................................ 63
Liste des tableaux ..................................................................................................................... 63
Annexes .................................................................................................................................... 64
Table des matières .................................................................................................................... 66

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