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SOMMAIRE

INTRODUCTION
Chapitre I : l’importance d’audit interne dans le secteur public
Section I : généralités sur l’audit
Section II : les composantes du secteur public au Maroc
Section III : les raisons de la mise en place d’un audit dans le secteur public
Section IV : la place et le rôle d’audit dans le secteur public
Chapitre II: les institutions de l'audit publique, et /ou d'évaluation de la
performance des collectivités territoriales
Section I : les institutions de l'audit publiques

Section II: les spécificités de l'audit interne dans les collectivités territoriales
CONCLUSION
BIBILOGRAPHIE

1
INTRODUCTION

L’évolution qu’a connu le secteur public ces dernières décennies, a poussé les décideurs politiques à
réfléchir à des méthodes de plus en plus sophistiquées pour la gestion publique, il s’agit a fortiori du
fameux New Public Management.

En effet, les vagues de privatisation dans le entreprises publiques et les processus de


décentralisation dans l’administration publique d’une part, et les impératives de la bonne
gouvernance d’autre part, ont rendu nécessaire et urgent le recherche d’une transposition rationnelle
de certaines pratiques de management en vue de garantir la performance dans la gestion des
services publics.

Par ailleurs, la recherche de la performance dans la production et la gestion des services publics
nécessite une refonte totale et radicale du principe de contrôle dans le secteur public, celui-ci se
transforme de plus en plus d’un contrôle de moyens à un contrôle, d’efficacité. Cela dit, L’audit
devient de plus en plus un outil indispensable dans la garantie de l’efficacité et de l’efficience dans
la gestion des ressources publiques.

Les particularités du secteur public par rapport au secteur privé (L’entreprise de manière générale)
impliquent bien sûr la mise en place d’une organisation d’audit également particulière.
En fait, II n’existe pas de définition juridique précise du secteur public. De manière approximative,
on peut le définir comme le secteur regroupant toutes les activités économiques et sociales prises en
charge par les administrations, les organismes de sécurité sociale et les entreprises publiques.

Mais cela est de moins en moins vrai, leur fonctionnement se rapprochant de plus en plus de celui
des entreprises privées. Leur spécificité est moins apparente que jadis.
Les organismes chargés de la sécurité sociale. Ils ne constituent pas des administrations à
proprement parler, puisque le plus souvent leur statut est celui de personnes privées. Mais leur rôle
essentiel, consistant à mettre en œuvre les grandes politiques de l’Etat Providence, les range
naturellement dans ce secteur public. La situation des personnels de ces organismes n’est pas celle
de fonctionnaires, mais ils sont régis par des conventions collectives très favorables.
Dans ce cas, le type et la pratique d’audit vont différer en fonction de l’objectif fixé : Audit des
entreprises publiques, audit des finances publiques, audit des politiques économiques
gouvernementales, audit des administrations publiques, audit des collectivités locales territoriales

Dans le présent travail on va essayer de débattre la problématique suivante : pourquoi faut-il mettre
en place un audit public, comment celui-ci est pratiqué et quels sont les conditions de réussite d’un
bon audit public ? et comment l'audit publique peut contribuer a la performance des régions ?
La réponse à cette problématique se déroulera suivant trois chapitres : la première traitera
l’évolution et les raisons de l’audit dans le secteur public, la deuxième se focalisera sur les
institutions de l'audit publique, et /ou d'évaluation de la performance des collectivités territoriales.

2
Chapitre I :l’importance d’audit dans le secteur public
L’audit dans le secteur public a longtemps été assimilé à une vérification des comptes dans le but de
contrôle, d’abord de la régularité de la dépense, de la recette et de la comptabilité, le mot contrôle
vient du droit administratif français contre rôle : il consistait a comparer des listes de soldats, ou de
dettes fiscales notamment figurant sur des «rôles» (rouleaux de parchemins ou de papier) avec ce
que le contrôleur constatait dans la réalité. Si le contrôle repose sur l’idée de comparaison avec des
références en matières de contrôle de régularité, sur un texte juridique ou une limite financière, cette
référence de comparaison est définie avec plus de souplesse dans l’audit et s’identifie à une règle
expérimentale, à un calcule théorique de performances ou a une norme d’organisation .Pour aborder
un domaine aussi complexe que l’audit dans le secteur public, il s'avère important et même
nécessaire d'essayer de définir les concepts relatifs au thème de notre étude. Tout d'abord, qu'est ce
qu'un audit premier lieu et les composantes de secteur publique et en deuxième lieu le rôle et la
place de l'audit interne dans le secteur publique.

Section1 :généralités sur l’audit 1

Dans cette section nous tenterons de définir les différentes approches d’audit avant d’analyser les
raisons d'émergence l'audit dans le secteur publique et son place et rôle

I) Définition des concepts de l'audit

Le concept d’audit revêt des acceptions diverses, suivant que l’on se place dans le contexte de la
gestion des finances des organismes publics (Etat, collectivités locales, établissements et entreprises
publics, ou dans celui de leurs structures administratives et humaines.
Au Maroc, plus particulièrement, la Lettre Royale du 1 9 juillet 1993, adressée par SM le Roi feu
Hassan II au Premier ministre, concernant l’audit des établissements publics, encore propriété de
l’Etat, compte tenu de leur importance vitale dans l’économie nationale, a recommandé la nécessité
de soumettre aussi bien la direction que la gestion de ces établissements à un audit rigoureux et
efficace permettant de donner une image exacte sur leur situation financière, tout en proposant les
voies et les moyens susceptibles de leur assurer la meilleure gestion possible et la moins onéreuse.

cependant, L’audit est un concept composite et complexe. Il est entouré de beaucoup de


confusions, parce qu’on entend souvent par audit le contrôle financier, alors que celui-ci peut
s’étendre à plusieurs domaines et spécialités plus larges que ceux du contrôle financier tels que
l'audit interne et externe .

Aujourd’hui, il s’est construit autour de l’audit une image de modernité et d’efficacité qui provient
de quatre facteurs essentiels: la richesse et le caractère dynamique du concept, l’approche
pluridisciplinaire, la rigueur de la méthode et enfin le caractère critique de l’analyse.

1
Théorie & Pratique de l'audit interne de Jacques RENARD, Edition 2010. + Audit interne & contrôle de la fraude :
Guide pratique
3
Etymologiquement, l’audit provient du verbe “audire” qui signifie écouter. Cette acception est
familière pour les Français, parce qu’elle se retrouve, depuis plusieurs siècles dans le titre
d’auditeur à la cour des comptes”. L’audit a pour origine la pratique romaine de juger les plaintes
devant une juridiction à partir de l’audition des témoins.

On peut définir 1’audit par « toute évaluation indépendante des diverses opérations et du contrôle
interne d’une entreprise pour déterminer si des politiques et des procédures sont suivies et
maîtrisées, si les normes étatiques sont atteintes ou dépassées, si les ressources sont utilisées de
façon efficace et économique et si les objectifs à l’organisation sont atteints. »

Plus précisément, l’audit consiste à autoriser l’examen d’informations par une tierce personne, autre
que celle qui les prépare et l’utilise avec l’intention d’établir leur véracité et de faire un rapport
critique sur le résultat de cet examen, avec le désir d’augmenter l’utilité de l’information pour
l’utilisateur.

La théorie, moderne d’audit s’inscrit dans un processus cumulatif de connaissances, de pratiques et


des techniques. A cet égard, il s’agit de faire une distinction fondamentale entre deux conceptions
fondamentales d’audit : la conception classique et la conception moderne.

En premier lieu, la conception classique basée sur les principes de régularité, d’autorisation et du
contrôle de gestion se caractérise par sa vision étroite d’audit. Cette constatation peut s’appliquer
aussi bien à l’audit opéré par les organismes publics qu’à celui opéré par les cabinets privés.

II) LES AXES DE L'AUDIT :

De nos jours, le mot audit est employé pour désigner des missions fortes différentes, mais il est
possible de qualifier les audits selon leurs objectifs, selon l'entité, selon les intervenants. Les types
d'audit se distinguent ainsi :

-1.En fonction de l'entité auditée :

C'est l'audit autrefois mené seulement dans les sociétés commerciales, en particulier les sociétés
anonymes, l'audit est aujourd'hui exercé dans toutes les catégories d'entités y compris celles
relevant du secteur non lucratif (association...) ou du secteur public.

On peut citer des exemples d'audit qualifiés à partir du nom d'une entité particulière ou d'une
branche d'activité, et dont les objectifs sont liées à ceux de l'audit financière, de l'audit opérationnel
ou de la gestion comme : audit des centre de gestion agrées, audit des sociétés mixtes.

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2. En fonction de l'intervenant :

L'audit peut être interne à l'entreprise, ce qui nous amène à dire qu'il existe deux types d'audit,
l'audit externe et l'audit interne :

 L'audit interne :

La définition de l'Institut Français des Auditeurs et Consultants Internes (IFACI) dit que l'audit
interne est la révision périodique des instruments dont dispose une direction pour contrôler et gérer
l'entreprise. Cette activité est exercée par un service dépendant de la direction de l'entreprise et
indépendant des autres services. Les objectifs principaux des auditeurs internes sont donc, dans le
cadre de cette révision périodique,

de vérifier si les procédures en place comportent les sécurités suffisantes, si les informations sont
sincères, les opérations régulières, les organisations efficaces, les structures claires et actuelles.

 L'audit externe :

L'audit externe est une fonction indépendante de l'entreprise dont la mission est de certifier
l'exactitude des comptes, résultats et états financiers, et plus précisément certifier la régularité, la
sincérité et l'image fidèle des comptes et états financiers.

Pour mieux définir la différence entre l'audit interne et l'audit externe, on propose le tableau suivant:

AUDIT INTERNE AUDIT EXTERNE


Il est accompli par une personne de Il est accompli par un professionnel

l'entreprise indépendant de l'entreprise


L'objectif est de répondre aux besoins des
Il est par nature au service de la direction
tiers en ce qui concerne le degré de confiance
que l'on peut accorder aux documents
Général
financiers
L'examen des opérations et du contrôle
Le passage en revue des opérations et du contrôle
interne est fait principalement pour
interne est fait principalement pour
provoquer des améliorations et conduire à
déterminer l'entendue des contrôles et la
l'application stricte des politiques et des
fiabilité des documents financiers.
procédures institués dans l'entreprise et n'est
pas limité aux seuls aspects financiers

5
Le travail est subdivisé en fonction des différents Le travail est principalement reparti en fonction des
départements opérationnels selon les quels est postes du bilan et du compte de
organisé l'entreprise.
résultats.
L'examen des données qui prennent à
La revue de l'activité de l'entreprise
l'appui des documents financiers est
est permanente.
périodique, généralement une fois par an.
L'audition n'est accessoirement concerné
L'auditeur est directement concerné par la
par la détection des fraudes, sauf si les
documents financiers peuvent s'entrouverts
détection et la prévention des fraudes.
affectés de manière importante.
L'auditeur doit être indépendant du chef comptable et L'auditeur doit être indépendant de la direction à la
du trésorier et aux demandes émanant des fois sur le plan des apparences internes, mais
responsables de l'entreprise. également dans son attitude.

On peut citer trois types d'audit :

a) L'audit de la gestion :

C'est l'audit le plus connu du grand public, compte tenu des révélations qui le concluent.

L'audit de la gestion a pour objectif soit d'apporter les preuves d'une fraude, d'une malversation ou
d'un gâchis, soit de porter un jugement critique sur une opération de gestion ou les performances
d'une personne ou d'un groupe de personnes.

b) L'audit opérationnel :

C'est l'intervention dans l'entreprise sous la forme d'un projet, de spécialistes utilisant des
techniques et des méthodes spécifiques, ayant pour objectifs :

- D'établir les possibilités d'amélioration du fonctionnement et de l'utilisation des moyens, à partir


d'un diagnostic initial autour duquel le plus large consensus est obtenu.

- De créer au sein de l'entreprise une dynamique de progrès selon les axes d'amélioration arrêtés.

c) L'audit financier :

Il vérifie le respect des règles et principes comptables tels qu'ils résultent de la loi comptable et des
orientations des organismes à compétence nationale (conseil national de l'ordre des experts).

Il intéresse les actions ayant une incidence sur la préservation du patrimoine, sur les saisies et
traitements comptables ainsi que sur l'information financière publiée par l'entreprise.
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L'audit financier correspond soit à une mission contractuelle confiée à un professionnel et portant
sur la révision comptable, soit à une mission légale conduite par un commissaire aux comptes.

L'audit financier nécessite que l'auditeur soit un spécialiste de la fonction étudiée.


Connaissances pratiques de ces problèmes, expérience du processus que l'on va auditer.

L'audit opérationnel va s'intéresser à l'efficience de l'activité. (Max résultat obtenu par rapport aux
ressources utilisées ; efficacité : atteindre les objectifs). Indirectement, l'audit va faire une
évaluation des responsables opérationnels.

d) Autres types d'audit :

Longtemps activité a caractère comptable, l'audit s'est progressivement étendu à d'autres fonctions
telles que le marketing, l'informatique, l'organisation, les ressources humaines. On peut dire
qu'aujourd'hui l'audit couvre un domaine de plus en plus vaste, qui touche à plusieurs activités.

Section2 : les composantes du secteur public au Maroc.

1) Les Organismes publics :

- L’Etat : désigne la personne morale de droit public qui, sur le plan juridique, représente une
collectivité, un peuple ou une nation, à l'intérieur ou à l'extérieur d'un territoire déterminé sur lequel
elle exerce le pouvoir suprême, la souveraineté. Par extension, l'Etat désigne l'ensemble des
institutions et des services qui permettent de gouverner et d'administrer un pays : ministères,
services, directions, préfectures, délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées.

- Les établissements publics : c’est une personne morale de droit public, financée par les fonds
publics, disposant d'une certaine autonomie administrative et financière (contrairement à une
administration centrale de l'État par exemple) afin de remplir une mission d'intérêt général,
précisément définie. Ils se distinguent des entreprises publiques qui sont des personnes morales de
droit privé à capitaux publics qui ne remplissent pas nécessairement une mission d’intérêt général.
Exemple des établissements publics existant au Maroc :
- L’agence d’Aménagement de la Vallée de Bou Rgreg.
- L’agence Nationale de la Promotion de l’Emploi et des
Compétences (ANAPEC).
Les Agences Urbaines.
- Les Chambres d’Agriculture.
- Les Chambres d’Artisanat.
- Les Chambres de Commerce, d’industrie et de Service.
- Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale.
- Les écoles publiques et les universités du royaume

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- Les collectivités locales ou territoriales : ce sont des structures administratives, distinctes de
l’administration de l’État, qui doivent prendre en charge les intérêts de la population d’un territoire
précis. Ainsi une commune est-elle chargée des intérêts des personnes vivant sur son territoire. Elle
est dotée de la personnalité morale, qui lui permet d’agir en justice. Alliée à la décentralisation
(processus consistant pour l’Etat à transférer au profit des collectivités territoriales certaines
compétences et les ressources correspondantes.), elle fait bénéficier la collectivité territoriale de
l’autonomie administrative. Elle dispose ainsi de son propre personnel et de son propre budget. Au
contraire, les ministères, les services de l’État au niveau local ne sont pas des personnes morales. Il
s’agit seulement d’administrations émanant de l’État ; Elle détient des compétences propres, qui lui
sont confiées par le législateur. Une collectivité territoriale n’est pas un État dans l’État. Elle ne
détient pas de Souveraineté et ne peut pas se doter, de sa seule initiative, d’organes nouveaux ; Elle
exerce un pouvoir de décision, qui s’exerce par délibération au sein d’un conseil de représentants
élus. Les décisions sont ensuite appliquées par les pouvoirs exécutifs locaux.

- Sociétés d'Etat : Les sociétés dont le capital est détenu en totalité par des organismes publics mais
qui ne remplissent pas une mission d’intérêt général. A titre d’exemple on peut citer les sociétés
suivantes : Société Nationale de la Radio et de la Télévision (SNRT) ; Société Nationale de
Transport et de la Logistique (SNTL) ;Société Nationale de Promotion d’Habitat Locatif
(SOPHAL) ; Agence Spéciale Tanger Méditerranée…

- Filiales publiques : Les sociétés dont le capital est détenu à plus de la moitié par des organismes
publics, à titre d’exemple :
CIH: Crédit Immobilier ET Hôtelier
FMF: Fonds Maroc Forets.
Maroc leasing: Compagnie Marocaine de Location des Equipements
RAM: Royale Air Maroc…
4- Sociétés mixtes : Les sociétés dont le capital est détenu, au plus, à hauteur de 50% par des
organismes publics. Le capital détenu s'entend de la participation directe ou indirecte, exclusive ou
conjointe, détenue Par l’Etat, les Collectivités Locales et les Etablissements Publics2.
Section3 :les raisons de la mise en place d’un audit dans le secteur public
Il existe une série de facteurs qui militent en faveur de l’application et du développement des
méthodes modernes d’audit aux organismes publics3. On peut citer à cet égard :

1) Les raisons structurelle.

Elles comprennent les éléments caractéristiques suivants:

 Les mutations opérées au sein du système productif mondial

2
Mémoire L'audit dans le secteur public marocain ; 2010 ; p :5-7.
3
http://www.blog.saeeed.com/2009/10/les-raisons-de-lemergence-de-laudit-dans-le-secteur-public/
8
Elles se manifestent par la complexification des systèmes de financement, de transactions, de
fiscalité, de recherche, etc.

Parallèlement à cette évolution, les cabinets privés d’audit ont acquis une importance cruciale dans
les structures économiques internationales.

Aujourd’hui, beaucoup de mouvements et de dynamismes agitent les cabinets internationaux


d’audit et de conseil. Ceux-ci constituent un véritable secteur d’activité caractérisé notamment par:
- L’internationalisation de ses activités et l’élargissement de ses relations.
Son marché s’étend à tous types d’institutions (entreprises, Etat, collectivités locales, organisations
publiques, organisations internationales).
- Le caractère dynamique et pluridisciplinaire de ses activités (audit de la gouvernance, conseil,
stratégie, informatique, droit international, etc.).
- Le caractère très concurrentiel marqué notamment par les faibles barrières à l’entrée.

 La crise de la gestion des finances publique et le besoin croissant des ped de nouveaux
moyens et ressources de financement de leurs projets de développement en vue d’assurer
une bonne gouvernance de leurs affaires.

Ce facteur est fondamental parce qu’aujourd’hui on n’hésite pas à énumérer les mérites et
les vertus de la fonction d’audit dans les organismes publics surtout lorsque la crise
mondiale se manifeste par l’austérité et que les recommandations des organismes étrangers
de financement (Banque mondiale, FMI, CEE) optent en faveur de la transparence et de la
rigueur budgétaire.
Ainsi, les tâches d’audit ne sont pas aisées, les exigences de la bonne gouvernance les
rendent d’année en année plus complexes et plus difficiles à remplir.

 Le développement des dépenses et des recettes des organismes publics et émergence des
problèmes internes de gestion liés à la croissance de ces organismes (phénomènes
bureautiques, circulation de l’information, dysfonctionnement dans la gestion des ressources
humaines, contrôle interne, risque, etc.).
 La dissociation opérée dans le système productif entre les apports de fonds et lés
gestionnaires et la prise de conscience de ces derniers de l’importance stratégique de
l’information dans la prise de décision et la réalisation des projets.

II )Les raisons conjoncturelles :

elles sont liées aux multiples crises qui ont secoué profondément le système productif international
(crise de 1929, stagflation des années soixante-dix, redéploiement industriel des années quatre-
vingt, PAS, 11 septembre 2001, etc.).
Aujourd’hui, l’objectif des gestionnaires est de promouvoir un système d’information et de
contrôle, faible, stable et efficace. Parce que, si la performance des entreprises se basait après la
Deuxième guerre mondiale essentiellement sur des critères quantitatifs d’ordre externe (économie
9
externe) tels que la recherche des marchés et l’écoulement de la production, dans les années
soixante et soixante-dix, les préoccupations des gestionnaires portaient plus sur les économies
internes que sur les économies externes pour comparer la performance de l’entreprise avec celle de
ses concurrents en terme de parts de marché et de rendements d’investissement, etc.

III) Les facteurs institutionnels:

il s’agit de l’ensemble des aménagements apportés par les organisations internationales et


professionnelles d’audit aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé en matière de
codification et d’unification des techniques et des principes d’audit. En effet, l’apport de ces
organisations à la promotion de la théorie générale d’audit est fort enrichissant. Celles-ci ont
contribué largement à l’internationalisation des problèmes d’audit et à la prise en considération du
rôle stratégique des organismes d’audit dans la rationalisation de la gestion et du contrôle interne.

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Section4 : la place et le rôle d’audit dans le secteur public.

I) La place de l’audit dans le secteur public.

L’audit dans le secteur public s’inscrit dans une relation principal-agent avec : Le principal est le
propriétaire du capital et l’agent est son gérant. Les fonctionnaires à titre d’agents du public doivent
rendre compte périodiquement de l’utilisation qu’ils ont faite des ressources et de la mesure dans
laquelle les objectifs du principal ont été atteints. Un audit efficace atténue les risques inhérents à la
relation principal-agent. Le principal s’appuie sur l’auditeur pour lui fournir une évaluation
indépendante et objective de l’exactitude de la comptabilité de l’agent et lui remettre un rapport sur
la question de savoir si l’agent a utilisé les ressources conformément aux objectifs établis. La
nécessité d’une attestation produite par un tiers sur la crédibilité des informations financières, les
résultats des activités, la conformité et d’autres mesures découlent de plusieurs facteurs inhérents à
la relation entre le principal et son agent.

Bien que l’audit public ait élargi son champ d’action, passant des opérations individuelles aux
systèmes de contrôle et aux opérations de programmes, elle doit néanmoins remplir les conditions
essentielles au maintien de sa crédibilité son apport au processus de gouvernance, conditions
essentielles au maintien de sa crédibilité son apport au processus de gouvernance, notamment :
Focalisation impartiale sur l’objet de l’audit.
Utilisation de processus systématiques pour la collecte et L’analyse des informations.
Comparaison avec des critères pour l’établissement des conclusions.

Les critères peuvent être, par exemple, des normes, des


objectifs/cibles, des jalons ou des lois.
Utilisation de normes professionnelles d’audit largement reconnues.

II) Les rôles de l’audit dans le secteur public :

À titre de composante essentielle d’une structure de gouvernance publique solide, l’audit public
renforce les rôles de surveillance, d’information et de prévoyance de la gouvernance.

1) La Surveillance :
Les auditeurs aident les décideurs à exercer une surveillance en évaluant si les entités publiques font
ce qu’elles sont censées faire, dépensent les fonds aux fins prévues et ce conforment aux lois et à la
réglementation. Les audits axés sur la surveillance visent à répondre à des questions comme « La
politique a-t-elle été appliquée comme prévu? » et «Les gestionnaires ont-ils mis en place des
contrôles efficaces pour atténuer les risques?». L’audit renforce la structure de gouvernance par
l’examen des rapports émanant des organismes et des programmes gouvernementaux et portant sur
la performance financière et programmatique, et par le contrôle de la conformité aux règles et aux
objectifs de l’organisation. Les audits axés sur la surveillance favorisent la reddition de comptes au
public en donnant accès aux informations sur la performance aux parties concernées tant à l
intérieur qu’à l’extérieur de l’organisation vérifiée. Les représentants élus et les gestionnaires ont la
responsabilité de donner le ton approprié et de définir les objectifs de l’organisation. De plus, les
gestionnaires ont le devoir d’évaluer les risques et d’établir des contrôles efficaces pour atteindre
les objectifs et éviter les risques. Dans leur rôle de surveillance, les auditeurs du secteur public
évaluent dans quelle mesure ces initiatives ont réussi, et font rapport à ce sujet.
La surveillance englobe également la responsabilité qui incombe à de nombreux auditeurs du
secteur public de détecter et de prévenir la corruption publique, notamment la fraude, les
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irrégularités ou les abus et tout autre mésusage du pouvoir et des ressources confiées aux
représentants des organes gouvernementaux. Les auditeurs surveillent l efficacité de la structure de
contrôle interne de la direction afin de cerner et de juguler les conditions propices à la corruption.

Dans de nombreuses régions du monde, les auditeurs du secteur public sont également tenus de
prendre des mesures à l’égard des allégations de corruption soulevées contre les organismes
gouvernementaux qu’ils servent par la détection et la prévention.

2) La Détection :
La détection consiste à identifier les irrégularités, inaptitudes, illégalités, fraudes ou abus qui se sont
déjà produits et à réunir des éléments probants afin d’étayer les décisions à prendre en ce qui
concerne les poursuites au criminel, les mesures disciplinaires et autres recours. Les activités de
détection peuvent prendre de nombreuses formes :
Audits ou enquêtes fondés sur des circonstances suspectes ou des plaintes et qui comprennent
l’application de procédures et de tests visant spécifiquement à identifier les actes de fraude, de
gaspillage ou d’abus. De même, les signaux d’alarme mis en lumière au cours d’un audit effectué
pour des motifs entièrement distincts peuvent donner lieu à la mise en œuvre de procédés
supplémentaires visant expressément à identifier les actes de fraude, de gaspillage ou d’abus.
Audits cycliques, comme la paie, les comptes fournisseurs ou la sécurité des systèmes
d’information, qui portent sur les décaissements et / ou les contrôles internes connexes de
l’organisation.
Audits exigés par les responsables de l’application de la loi et visant à analyser et interpréter des
états financiers et des opérations complexes destinés à être utilisés dans le cadre d une enquête ou
de l établissement du dossier de la preuve contre les auteurs d infractions.
Examens des conflits d’intérêts potentiels au cours de l’élaboration et de la mise en œuvre des
lois, règles

et procédures.

3) La Dissuasion :
La dissuasion consiste à identifier et à juguler les conditions propices à la corruption. Les auditeurs
cherchent à dissuader les auteurs éventuels d’actes de fraude, d’abus de biens et autres abus de
confiance du public :
 En évaluant les contrôles exercés à l égard des fonctions existantes ou proposées;
 En évaluant les risques organisationnels ou spécifiques à l’audit;
 En examinant les changements proposés aux Lois, règles et procédures d’application
existantes;
 En examinant les contrats afin de relever tout conflit d’intérêts potentiel.
Des mesures de détection efficaces peuvent également avoir un effet dissuasif.

4) L’Information :
Les auditeurs facilitent la prise de décisions lorsqu’ils évaluent si les programmes et les politiques
fonctionnent ou non, communiquent les informations qu’ils ont acquises sur les meilleures pratiques
et les données de référence, et recherchent horizontalement au sein des organismes publics et
verticalement entre les divers niveaux des organes gouvernementaux les possibilités d’emprunter,
d’adapter ou de modifier des pratiques de gestion. L’audit favorise l’apprentissage dans l’ensemble
de l’organisation en fournissant une rétroaction continue qui permet de redresser les politiques. Les
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auditeurs effectuent leur travail de façon systématique et objective afin d’acquérir une
compréhension approfondie des activités et de tirer des conclusions fondées sur des éléments
probants. Par conséquent, l’audit peut fournir une description fidèle des problèmes, ressources,
rôles et responsabilités qui, conjuguée à des recommandations utiles, peut encourager les parties
prenantes à repenser les problèmes et les programmes.
En réglant les problèmes mis en lumière par l’audit, on peut non seulement améliorer la
performance du programme faisant l’objet d’un audit, mais également accroître la capacité du
gouvernement et du public à traiter des problèmes similaires. Les audits axés sur la communication
d’information contribuent grandement à répondre à une question plus vaste, soit la question de
savoir si la politique a permis d’obtenir les résultats escomptés. Concurremment à la fonction de
reddition de comptes, les audits permettent d’améliorer le fonctionnement de l’État.

5)La Prévoyance.

Les auditeurs aident également leurs organisations à regarder de l’avant en repérant les tendances et
en attirant l’attention sur les enjeux à venir avant qu’ils n’atteignent l’état de crise. L’audit peut
mettre en relief les enjeux à venir par exemple, les enjeux posés par les tendances démographiques,
la conjoncture économique ou les diverses menaces à la sécurité de l’État et identifier les risques et
les occasions découlant des progrès rapides de la science et de la technologie, des complexités de la
société moderne, et des changements touchant la nature de l’économie.
Ces éléments présentent souvent des risques à long terme qui persisteront bien au-delà du mandat
de la plupart des représentants élus, et qui peuvent parfois venir au dernier rang des priorités
lorsque, en contexte de rareté des ressources, les préoccupations à court terme retiennent toute
l’attention. En outre, une stratégie d’audit courante l’audit axé sur les risques met l’accent sur le
cadre de gestion des risques de l’ensemble de l’organisation, ce qui peut aider à dépister et à
décourager la prise de risques inacceptables. En procédant à un audit axé sur les risques, l’auditeur
peut fournir une information utile et pertinente à l’organisation pour l’aider à gérer ses risques.
En jouant ces rôles, les auditeurs protègent les valeurs fondamentales de l’État. En fournissant des
services de surveillance, d’information et de prévoyance, les auditeurs du secteur public aident à
s’assurer que les gestionnaires et les fonctionnaires mènent les affaires publiques de façon
transparente, juste et honnête, en faisant preuve d’équité et de probité, tout en effectuant leur propre
travail conformément aux normes d’intégrité les plus rigoureuses. Les auditeurs ne devraient pas
uniquement évaluer le risque d’abus de pouvoir; ils devraient être conscients de leur propre pouvoir
au sein de l’organisation.

Conclusion du chapitre I

En résume que Les attentes vis-à-vis des services publics en termes de qualité et de productivité
imposent à ceux-ci une maîtrise sans cesse accrue de leur fonctionnement interne. La crédibilité et
la légitimité de l’action administrative sont intimement liées à la performance de l’organisation.
Dans ce contexte, l’audit se voit attribuer de plus en plus une place de choix parmi les techniques et
les outils devant permettre une amélioration de la gestion des organisations publiques. alors quels
sont les structures de l'audit publique ? et comment peut contribuer a la performance des
collectivités territoriales.

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Chapitre II: les institution de l'audit publique , et /ou d'évaluation de
la performance des collectivités territoriales

l’audit fait partie du système permanent de contrôle et d’évaluation au sein des grandes
organisations. Longtemps cantonné au secteur privé, la fonction d’auditeur interne pénètre de plus
en plus le secteur des organismes publics. Après avoir situé la fonction de l’audit par rapport à
d’autres fonctions de management au sein de l’organisation et rappelé son intérêt dans le contexte
propre aux organisations publiques.
Notre travail suivant fut donc découvrir les institutions de l'audit publique et comment l'audit
interne peut aboutir a la performance des régions, cela a travers 2 sections
- Section1 sera consacré sur les institutions publique;
- Section 2 aborde l'audit dans les collectivités territoriales avec un cas portique;

Section 1 : les institutions de l'audit publiques

I) L’audit public exercé par les organes du contrôle relevant du ministère des finances :

Le ministère des finances tel qu'il existe aujourd'hui, contrôle en plus des recettes et dépenses de
l'Etat, les opérations effectuées par les collectivités décentralisées ou par tout organisme bénéficiant
du concours financier de l'Etat ou d'une collectivité publique. La puissance financière du ministère
des finances se mesure aussi au développement de ses moyens de contrôle parmi lesquels
l'inspection générale des finances. Il tient également sous son autorité le corps des comptables
publics et le contrôle des engagements de dépenses.

1. Le Contrôle Général des Engagements de Dépenses de l’Etat (CED) :

Le premier contrôle institué au sein de l'exécutif était le contrôle qui s'effectuait au moment du
paiement. La pratique a démontré par la suite que ce contrôle devrait être soutenu par un contrôle
préventif qui intervient avant l'engagement de l'Etat afin d'éviter les dérapages (les glissements) et
arrêter l'irrégularité à la source4.

Ce contrôle est assuré pour l'Etat par le contrôleur général des engagements de dépenses nommé par
dahir sur proposition du ministre des finances.
Le CED est l'une des premières institutions de contrôle des dépenses publiques créées au Maroc dès
1921.

a) Le contrôle du secteur public par le CED :

Le contrôleur général des engagements de dépenses a pour attributions :


 le contrôle de l'engagement, de l'ordonnancement et du paiement des dépenses publiques ;

4
Abdesselam ARHOUTANE « marchés publics de l’Etat et comptabilités publique au Maroc » p142.thése pour
l’obtention du grade de docteur de l’Université de Montpelleir.
14
 le contrôle des recettes publiques ;
 le contrôle de la clôture des comptes budgétaires ;
 le contrôle du placement des fonds publics et des opérations de trésorerie.

Le contrôle défini ci-dessus s'applique aux services administratifs de l'Etat, ainsi qu'aux
établissements publics autonomes. Il s'exerce sur les fondations, associations, sociétés ou
entreprises de toute nature qui bénéficient soit de subventions, soit de tout autre avantage d'ordre
financier de l'Etat.

Cet organe effectue un contrôle de régularité. Il vérifie les pièces et la conformité aux procédures
de la dépense. C'est un contrôle sur pièces qui s'effectue avant la dépense.
Il se focalise en premier lieu sur le contenant de la proposition d’engagement des marchés publics
notamment la présentation du projet du marché, les pièces constitutives du dossier et aussi sur son
contenu à savoir les cahiers des charges d’où on distingue trois sortes : cahiers des clauses
administratives générales,

des prescriptions communes et celui des prescriptions spéciales, puis en second lieu il devient plus
rigoureux en s'attelant à la régularité de ladite proposition.
b) Le contrôle de la régularité budgétaire du secteur public :

Comme toute proposition d'engagement, le marché de l'Etat doit être soumis au visa du CED. Ce
dernier veille au respect de la régularité budgétaire de la dépense. « La notion de régularité est
étroitement liée à celle de la sincérité. Les deux notions n'ont jamais été clairement et précisément
définies que ce soit par la loi, par la jurisprudence ou par la doctrine. Cependant, le contrôle de
régularité peut être défini comme étant un contrôle qui consiste à vérifier la conformité d'un acte à
une norme préétablie au sens strict ». Mais, au terme de l'article 11 du décret relatif au CED, le
contrôle de la régularité budgétaire consiste à s'assurer de :
 la disponibilité des crédits,
 l'exactitude de l'imputation budgétaire et des calculs,
 le respect des lois et règlements d'ordre financier,
 et de s’assurer aussi que l'engagement annuel est non fractionné et n'engendre pas des
répercussions sur les années ultérieures.

c) Résultats du contrôle par le CED :

Le CED intervient préalablement à tout engagement. Les contrôleurs centraux, régionaux,


provinciaux et préfectoraux disposent d'un délai de 15 jours ouvrables francs pour formuler leurs
observations sur les propositions d'engagement de dépenses relatives aux marchés soumises à leur
visa. Passé ce délai, ces propositions sont réputées « bonnes » et doivent être retournées à
l'administration le lendemain de la date d'expiration dudit délai.
La décision du contrôleur est traduite soit par un visa, un visa avec observation, ou encore par un
visa différé et aussi elle peut s’exercer par un refus de visa. Ces mécanismes sont pris par le
contrôleur en distinguant entre les observations liées à la régularité budgétaire de la proposition

15
d'engagement du marché qui constituent des motifs de suspension ou de refus, de celles qui
n'entament pas la régularité de l'acte d'engagement.

2- Le contrôle comptable :
L'exécution des opérations financières publiques au Maroc repose sur le principe de séparation des
fonctions d'ordonnateur et de comptable, énoncé par le décret royal du 21 avril 1967 portant
règlement général de comptabilité publique qui dispose que « les opérations financières publiques
incombent aux ordonnateurs et aux comptables publics ». Les fonctions d'ordonnateur et de
comptable public ne sont pas seulement distinctes et séparées, elles sont également « incompatibles,
sauf dispositions contraires ».
Cette séparation des fonctions d'ordonnateur et de comptable offre plus d'intérêt en matière de
dépenses qu'en matière de recettes, puisqu'elle permet d'éviter les risques de dérapage qui pourrait
avoir lieu si les deux fonctions étaient assumées par un même agent.
La séparation vise donc à obtenir une gestion saine des finances publiques, en ce sens que si
l'ordonnateur est seul habilité à prendre des actes administratifs générateurs de dépenses, il ne
dispose pas matériellement de fonds publics pour exécuter lui-même le paiement desdites dépenses.
Mais qu'en est-il de cette séparation et l'incompatibilité entre fonctions d'ordonnateur et comptable
en ce qui concerne l’audit du secteur public ?
 Le contrôle du secteur public par les comptables de la Trésorerie Générale :

Seuls les comptables du Trésor sont qualifiés par la réglementation de contrôler et régler les
marchés de l'Etat. Ce sont des comptables assignataires des ordonnateurs ou des sous ordonnateurs
accrédités auprès d'eux. Ainsi, le comptable assignataire a qualité pour contrôler et revêtir de son
visa « vu, bon à payer » les ordonnances et mandats de paiement émis par les ordonnateurs ou sous
ordonnateurs accrédités auprès de lui, sur les crédits dont ces derniers disposent. Donc, la dépense
ne peut être payée à la caisse de n'importe quel comptable. C'est ainsi que le Trésorier général est
un comptable assignataire des dépenses imputées sur le budget général, les budgets annexes et les
comptes spéciaux de l'Etat, lorsque les crédits ne sont pas délégués à des sous ordonnateurs.
De même, les trésoriers régionaux, préfectoraux et provinciaux sont des comptables assignataires
des dépenses imputées sur les crédits délégués aux sous ordonnateurs accrédités auprès d'eux.
Enfin, les receveurs de région, les percepteurs et les receveurs communaux sont des comptables
assignataires des dépenses imputées sur les budgets des collectivités locales.
Ces comptables sont tenus, en matière de marchés de l'Etat, de veiller au respect de la
réglementation, notamment les dispositions qui réglementent l'exécution desdits marchés après
engagement.
La mission primordiale du comptable est le contrôle de la validité du marché 5.
Ce contrôle s’effectue en veillant à ce que les clauses contractuelles facultatives et obligatoires du
marché public figurant dans un marché soient strictement observées et respectées.
Il paraît comme un double emploi puisqu'il va être entrepris au niveau du CED. Mais, seul le
comptable assignataire est qualifié pour vérifier le respect de certaines clauses du contrat, et
précisément les clauses facultatives ajoutées par l'ordonnateur pour se prémunir et se protéger
d'éventuelles défaillances des cocontractants de l'administration, en exigeant un certain nombre de
garanties et l'application des pénalités de retard.
Ces clauses facultatives insérées au niveau du contrat deviennent obligatoires et seul le comptable
peut s'assurer de leur application. En cas de non-respect de ces clauses, le marché sera rejeté et
toute inobservation est sanctionnée par l'engagement de la responsabilité du comptable. Après avoir
réalisé le contrôle des clauses contractuelles du marché public et bien évidemment avant de
procéder au paiement, l'article 11 du RGCP exige le comptable d'effectuer un double contrôle : le
premier porte sur la régularité de l'ordre de paiement, et consiste à s'assurer notamment de la qualité
5
L’article 11 du réglement général de la compabilité publique
16
de l'ordonnateur, de la disponibilité des crédits, de l'exactitude des calculs de liquidation et le
respect des règles de prescription. Le second contrôle porte sur l'identité et la capacité juridique du
créancier, ainsi que le caractère libératoire du paiement.

B- Résultats du contrôle comptable :


1. La confirmation de la validité de la dépense :

-Visa et règlement de la dette publique :


Le visa du marché à régler est accordé par le comptable payeur une fois que les contrôles qu'il a
effectués sur l'ordonnance et sur les pièces le justifient.

Ainsi, le comptable procède audit paiement par virement bancaire ou postal au compte du
cocontractant de l'Etat. Le marché est de ce fait, considéré comme réglé et les documents fournis
servent d'archives pour le comptable et de justifications en cas d'éventuels contrôles et inspections
qui peuvent le concerner.

Ainsi, le visa d'un marché n'est pas un simple acte pris par le comptable, car il pourra engager sa
responsabilité.

- La responsabilité du comptable :

La responsabilité du comptable public est définie par l'article 1 du dahir du 2/4/1955 tel qu'il a été
modifié par l'article 100 du dahir du 14/9/1979 qui stipule: « sauf le cas de force majeure et sauf
dérogations expresses prévues par arrêté du Premier Ministre ou du Ministre des Finances, tout
comptable public est personnellement et pécuniairement responsable de la conservation des fonds
et valeurs dont il a la garde et de la position des comptes externes de disponibilités qu'il surveille
ou dont il ordonne les mouvements, du contrôle de la validité des dépenses qu'il décrit de
l'exécution des dépenses ainsi que la justification de ces opérations ».

Vu cette responsabilité, le comptable est astreint, déjà avant l'entrée en fonction, à présenter
certaines garanties (la caution et le serment, promesse).

Ainsi, les comptables doivent être très attentifs lors de la liquidation des avances, acomptes et solde
des marchés. Leur responsabilité sera engagée pour toutes les violations des règles budgétaires et
comptables décelées lors de leur contrôle.

2. Refus de visa et ordre de réquisition :

- Le refus de visa :

Le comptable assignataire est habilité à refuser le paiement d'un marché entaché d'irrégularité
et en informe l'ordonnateur pour obtenir de lui les régularisations nécessaires.

17
Ce refus de visa du comptable assignataire a simplement pour effet de suspendre le paiement.
Cependant, l'ordonnateur n'est pas tenu de répondre favorablement, dans tous les cas, aux
suspensions de paiement du comptable.

En effet, l'ordonnateur a le pouvoir de réquisitionner le comptable assignataire en vue de passer


outre son refus de visa et procéder au règlement de la dépense dont il a suspendu le paiement.

- Ordre de réquisition :

Selon M. Mimoun LMIMOUNI, Directeur de la comptabilité publique et de la centralisation à


la Trésorerie Générale du Royaume, « la réquisition est un mécanisme utile, dans la mesure
où elle vise à dénouer une situation de blocage qui peut entraver le principe de la
continuité de service public et qui permet, en conséquence, d'assurer un équilibre entre
les pouvoirs reconnus aux ordonnateurs et aux comptables publics en matière d'exécution
des dépenses publiques ».

Elle constitue, toutefois, une limitation du pouvoir reconnu, en matière de contrôle de dépenses
publiques au comptable assignataire chargé de veiller au respect par les ordonnateurs, des
règles de comptabilité publique avant de faire sortir les fonds des caisses de l'Etat.

3- L’Inspection Générale des Finances :

Au lendemain de l'indépendance, les pouvoirs publics animés d'une volonté politique de


fondation de l'administration nationale, se sont employés et attelés à la charge de la création de
structure d'organisation, de gestion et de contrôle des finances publiques.

Dans ce contexte, le 14 avril 1960 a constitué un tournant historique avec l'émergence de trois
instrumentations de contrôle s'articulant et se complétant harmonieusement, à savoir :

-L'inspection générale des finances ;

-Le contrôle financier de l'Etat sur les établissements publics et semi-publics ;

-La commission nationale des comptes.

Le dahir du 14 avril 1960 a érigé l'IGF en un corps supérieur de contrôle rattaché directement
au ministère des finances. Au terme de l'article 2 du même dahir, elle est chargée :

 d’effectuer les vérifications6 des services de caisse et de comptabilité, deniers et


matières, des comptables publics et de façon générale, des agents de l'Etat et des
collectivités locales ;

6
Dahir N°1-59-2-269 du 17 chaoual 1379 rlatif à IGF
18
 de contrôler la gestion de ces comptables et s'assurer de la régularité des opérations
enregistrées dans les comptes des ordonnateurs de recettes et de dépenses publiques et
de tous administrateurs.

A- l’intervention de l’IGF :

a- Les spécificités de l'intervention de l'IGF :

- Un contrôle programmé :

Les démarches de cette intervention sont tracées par l'instruction relative aux activités de l'IGF en
matière de contrôle. Ainsi, elles sont prescrites dans le cadre d'un processus annuel soumis à
l'approbation du ministre des finances. Ce programme peut faire l'objet de modifications pour tenir
compte des demandes d'intervention adressées à l'IGF, aussi bien par les différentes directions du
ministère que par les membres du gouvernement. A cet effet, les inspecteurs des finances
interviennent seuls ou en équipe sous la responsabilité d'un chef de mission ou en plusieurs équipes
sous la responsabilité d'un coordinateur. Un contrôle indépendant et étendu : L'IGF dépend
seulement du ministère des finances. Conformément au premier article du dahir précité qui stipule «
les inspecteurs des finances sont placés sous l'autorité d'un inspecteur général des finances qui
relève directement du ministre ». Son rattachement direct au ministre des finances lui procure une
certaine indépendance, la met à l'abri de toute pression et lui attribue son caractère suprême
d'organe de contrôle dont le champ d'application de ses compétences et de ses attributions paraît
couvrir une dimension générale, large et polyvalente de nature à répondre aux besoins et attentes de
contrôle de gestion des finances publiques, et de surcroît à compléter, le cas échéant, les contrôles
organisés dépendants des administrations et services publics.

Ces facteurs font de l'IGF une source inépuisable d'informations pour le ministre des finances. En
effet, le contrôle sur place et sur pièce qu'elle assure et d'une façon inopinée, ainsi que les enquêtes
et les investigations auxquelles elle procède sur tout le territoire national, lui permet de collecter
l'information.
b- Contrôle de la gestion des intervenants en secteur public :

- Contrôle des ordonnateurs et comptables :

Les articles 60, 61, 62, 63, 131 et 132 du RGCP (Règlement Générale sur la Comptabilité Publique)
soumettent la gestion des ordonnateurs et comptables au contrôle de l'IGF. A cet effet, l'article 61
dispose que « le contrôle de la gestion des ordonnateurs est assuré, selon les règles propres à chaque
organisme public, par les corps et commissions de contrôle compétents et par le ministre des
finances ». Alors que l'article 62 soumet la gestion des comptables à un contrôle sur place et sur
pièce par l'inspection générale. L'article 63 a été plus explicite en ce qui concerne le contrôle des
ordonnateurs par l'IGF, en stipulant : « le ministre des finances exerce les contrôles prévus aux deux
articles précédents par l'intermédiaire de l'inspection générale des finances et des autres corps,
agents ou services habilités à cet effet par des textes particuliers ».

Vu que les ordonnateurs et les comptables s'investissent pleinement dans le processus d'un marché
de l'Etat, les premiers dans la phase administrative (engagement, liquidation et ordonnancement), et
les derniers dans la phase comptable ou de paiement qui entraîne la sortie des fonds de la caisse de
19
l'Etat, par conséquent, l'IGF sera très impliquée à l'occasion du contrôle de la gestion des
ordonnateurs et des comptables, dans le contrôle des marchés de l'Etat. Ce contrôle prendra divers
aspects, il sera un contrôle de régularité budgétaire et comptable et un contrôle d'opportunité.

En parallèle avec le contrôle classique, l'IGF a pris plus d'élan en s'orientant vers l'audit. En
corrélation avec notre thème, l'IGF audite les marchés lancés par le ministère des finances dont le
montant est supérieur à 5.000.000 DH, et contribue à auditer les projets financés par les bailleurs de
fonds, tels que la Banque mondiale, l'Union européenne...etc.

- L'audit des projets financés par les bailleurs de fonds :

A partir de 1985, l'IGF a commencé l'audit des projets financés par les organismes financiers
internationaux, notamment la BIRD et la BAD, et ce à la demande expresse des deux parties
cocontractantes des accords de prêt : la partie marocaine et le bailleur de fonds.

Le rythme d'audit s'est intensifié à partir de 1990 au point d'atteindre 40 audits par an en moyenne.
Ce volume va en s'amplifiant avec le programme de restructuration économique et sociale financé
pour un prêt de 250 millions de dollars,

par la banque mondiale et pour 348.755.000 dirhams par la banque africaine de développement. Par
ailleurs, il y a lieu de souligner que la pratique de l'audit a introduit une nouvelle dimension dans les
interventions de l'IGF. On parle dès lors de « la certification des comptes audités ».

Enfin, à la clôture des prêts, l'IGF procède à la post-évaluation des projets audités. C'est une
appréciation de la réalisation des objectifs assignés aux projets, du rythme de réalisation des
programmes et des retards constatés, évaluation des coûts et des surcoûts, de l'impact direct et
indirect sur le secteur. Bref, c'est une sorte d'audit de la politique sectorielle publique.

 les résultats du contrôle de l’IGF :

Tout contrôle ou audit effectué par l'IGF s'achèvera par l'établissement d'un rapport.

a- le contenu des rapports :

- Rapports faisant état de dysfonctionnement et de problème de gestion :

Concernant ce type de rapports, il importe de préciser qu'ils font l'objet d'un envoi systématique
aux ministres dont relèvent les services et les organismes contrôlés. Ces services doivent procéder
aux redressements et aux régularisations nécessaires, prendre en considération les recommandations
des auditeurs et répondre à l'IGF pour faire part des suites réservées à ces rapports.

20
- Rapports faisant état d'infraction ayant trait à la discipline budgétaire :

Au terme de la procédure contradictoire et en application des dispositions de l'article 57 de la loi


n°62-99 relative à la Cour des Comptes, les dossiers qui comportent des infractions ayant trait à la
discipline budgétaire et financière sont transmis à la Cour des Comptes.

-Rapports faisant état de détournement des deniers publics :

S'agissant des cas de détournement des deniers publics, ainsi que pour les cas de graves
irrégularités, la justice est saisie par l'entremise du ministre de la justice.

b- Les irrégularités constatées en matière de marchés de l'Etat par l'IGF :

Les principales irrégularités relevées à partir des rapports établis par l'IGF sont :

- Le non-respect des lois et règlements régissant la passation des marchés publics (recours à des
marchés de régularisation, recours non fondé à la procédure négocié, éviction injustifiée de certains
soumissionnaires, augmentations fréquentes et injustifiées dans la masse des travaux, manque de
rigueur dans l'évaluation technique des offres...etc.) ;

-Le manquement au principe d'appel à la concurrence, illustré par le recours abusif au


fractionnement des commandes et à leur orientation vers les mêmes fournisseurs

-L'acquisition de matériels à des prix manifestement exagérés comparativement à ceux pratiqués


habituellement sur le marché, pour les articles similaires ;
- L'établissement d'ordres d'arrêt injustifiés visant à soustraire l'attributaire aux pénalités de retard ;

- Le non-respect par les architectes des clauses contractuelles (absence de suivi des chantiers, visa
des décomptes non appuyés par des attachements, absence de contrôle de service fait) ;

-Le non-respect des règles d'engagement de dépenses, notamment par le fractionnement et le


recours abusif à la procédure de bons de commande ;

- L'absence de pièces justificatives à l'appui des dépenses engagées ;

-Défaillances de certains titulaires de marchés dues au mauvais choix en matière d'attribution des
marchés : non prise en compte du plan de charge des attributaires, ignorance de leur situation
financière...etc.

Sa mission essentielle est de contribuer par les enquêtes et audits qu’elle réalise à une gestion
rigoureuse et efficace des deniers publics, à la modernisation de l’administration et à l’amélioration
des outils de régulation de la vie économique. Cette mission n’a guère changé dans son esprit
depuis qu’elle a été définie en 1960.

21
II) L’audit public exercé par les organes du contrôle externes au ministère des finances :

Outre le contrôle exercé par les organes relevant du ministère des finances sur le secteur public,
d'autres corps de contrôle interviennent en la matière à savoir :

- La cour des comptes ;


- La cour régionale des comptes ;
-Le parlement.

Ces organes effectuent un contrôle a posteriori qui s'exerce après le paiement définitif des dépenses
« marchés de l'Etat ». Il ne peut, en principe ni modifier une opération en cours ni revenir à une
situation antérieure. Son objet est surtout de dénoncer les irrégularités passées, en vue d'en éviter la
répétition.

1- la cour des comptes :

Le contrôle juridictionnel du secteur public est assuré par la Cour des Comptes. Cet organe a été
institué le 14/12/79, en remplacement de la Commission nationale des comptes.

En vue de faire jouer pleinement son rôle à la Cour en tant qu’Institution Supérieure de Contrôle, la
Constitution du 13 septembre 1996 l’a érigée en Institution Constitutionnelle : Le titre X de la
Constitution précise que la Cour des comptes est chargée :

- D’assurer le contrôle supérieur de l’exécution des Lois de finances.


- De s'assurer de la régularité des opérations de recettes et de dépenses des organismes
soumis à son contrôle en vertu de la loi et en apprécier la gestion ;

- De sanctionner, le cas échéant, les manquements aux règles qui régissent lesdites
opérations ;

- D'assister le Parlement et le Gouvernement dans les domaines relevant de sa


compétence en vertu de la loi ;

- De rendre compte au Roi de l'ensemble de ses activités.

En 2002 et en application des dispositions constitutionnelles, la loi n° 62-99 formant Code des
Juridictions financières a été promulguée le 13 juin 2002.

Cette loi, composée de trois livres, a marqué une étape importante dans l’itinéraire de la Cour des
comptes du fait qu’elle a explicitement fixé les attributions, l’organisation et le fonctionnement de
la Cour (livre I), des Cours Régionales des Comptes (livre II) ainsi que le statut particulier des
magistrats de ces juridictions (livre III).

22
L'intérêt primordial de ce contrôle juridictionnel réside au moins, théoriquement, dans son
indépendance.

En ce qui concerne le secteur publique (les marchés de l’Etat), cet intérêt est concrétisé par
l'intervention de la cour, après l'achèvement du marché, ce qui lui permet de saisir la réalité et de
déceler les moindres irrégularités à n'importe quel niveau de l'opération à l'occasion de l'exercice de
contrôle juridictionnel sur les intervenants dans l'engagement, la régularité et l'exécution des
marchés en l'occurrence, les ordonnateurs, les contrôleurs et les comptables.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il s'avère souhaitable de traiter en premier lieu les rouages
structurels et organisationnels de cette institution, qui sont complexes, afin de se rapprocher de
l'environnement où se déroule ce contrôle juridictionnel des marchés de l'Etat.

2. L'organisation de la Cour des comptes :

La Cour des Comptes est une juridiction financière. Tout en gardant son autonomie, celle-ci s'insert
dans l'ordre judiciaire du Royaume. Elle est composée de magistrats qui sont régis par un statut
particulier similaire à celui des autres magistrats. Elle dispose à l'instar des autres juridictions d'un
parquet. La Cour est composée de7 :

- Un Président :

Il est nommé par dahir qui fixe en même temps sa situation administrative.

L'article 8 de la loi sur la Cour dispose que le président est responsable de la bonne marche de la
Cour. Il est assisté dans cette mission par un secrétaire général qu'il choisit parmi les conseillers et
le nomme par ordonnance.

- Les présidents de chambre :

Ils sont nommés conformément aux dispositions de l'article 30 de la constitution. Ils doivent être
classés au grade exceptionnel

Ces présidents sont chargés de présider chacun une chambre de la Cour.

Le vice président signe les arrêtés rendus, il corrige et vise les projets d'intervention administrative
préparés par les rapporteurs. En cas d'absence ou d'empêchement, le vice-président peut être
remplacé par le conseiller le plus ancien de la chambre ou de la section.

- Les conseillers :

On distingue les conseillers du premier grade et ceux du deuxième grade.

7
http://www.courdescomptes.ma/fr/Page-21/organisation-et-fonctionnement
23
- Les auditeurs :

Ils sont classés au 3ème grade.

- Les magistrats suppléants :

Ce sont des magistrats de 2ème et 3ème grade qui accomplissent un stage en qualité de magistrats
suppléants. Ils participent, sous la direction et la responsabilité des magistrats, aux activités de la
Cour sans pouvoir toutefois délibérer, ils peuvent notamment :
 Assister les magistrats de la cour chargés des vérifications des comptes ;
 Assister le ministère public au niveau des sections des chambres.

- Le procureur général du Roi :

Comme tout organe juridictionnel, la Cour des Comptes dispose d'un parquet représenté par un
procureur général, l'article 14 de la loi relative à la Cour précise « le ministère public est exercé par
le procureur général du Roi qui est assisté d'avocats généraux. En cas d'absence ou d'empêchement,
le procureur général du Roi est suppléé par l'un des avocats généraux qu'il désigne annuellement à
cet effet.
Le procureur général du roi exerce son ministère par le dépôt de conclusions ou de réquisitions. Il
n'exerce son ministère que dans les matières juridictionnelles dévolues à la Cour...».
3. le fonctionement et compétence

- Vérification et jugement des comptes8

La Cour Régionale des Comptes vérifie, instruit et juge, dans la limite de son ressort, les comptes
des collectivités locales et de leurs groupements ainsi que ceux des établissements publics placés
sous leur tutelle.
Les collectivités locales et leurs groupements produisent annuellement à la CRC concernée, leurs
comptes et trimestriellement les pièces justificatives des recettes et dépenses.
Les comptables des autres organismes soumis au contrôle de la CRC doivent produire annuellement
une situation comptable retraçant les opérations de recettes, de dépenses et de trésorerie tandis que
les pièces justificatives peuvent être consultées sur place.
La procédure d’instruction est similaire à celle suivie par la Cour des Comptes. Le Conseiller
rapporteur, après avoir accompli ses investigations, établit deux rapports.

Le premier présente les résultats de l’instruction du compte et relève s’il y a lieu des observations
sur des faits de nature à mettre en jeu la responsabilité, notamment de l’ordonnateur, du contrôleur
ou du comptable dans les matières juridictionnelles de la Cour Régionale.
Le deuxième reprend les observations sur la gestion de la collectivité locale, du groupement, de
l’entreprise ou l’établissement public concerné et qui ont trait à la compétence de la Cour Régionale
en matière de contrôle de la gestion.
Le premier rapport est remis à un Conseiller contre rapporteur désigné par le Président de la Cour
Régionale. Le Conseiller contre rapporteur doit dans un délai d’un mois donner son avis sur le
premier rapport et le transmettre au Procureur du Roi près la Cour Régionale qui le retourne,

8
http://www.courdescomptes.ma/fr/Page-20/competences
24
accompagné de ses conclusions, au Président de la Cour Régionale pour inscription au rôle des
audiences.
La Cour Régionale statue sur pièces et à huis clos après examen du rapport, des réponses du
comptable, de l’avis du contre rapporteur et des conclusions du Procureur du Roi.
La formation de jugement est composée de cinq magistrats, dont le Président. Elle se prononce à la
majorité des voix.
Si la Cour Régionale ne retient aucune irrégularité, elle statue sur le compte par un jugement
définitif. Lorsqu’elle établit l’existence d’irrégularités, elle enjoint au comptable par un jugement
provisoire de produire par écrit ses justifications ou de reverser les sommes qu’elle déclare comme
étant dues à l’organisme public concerné dans un délai de trois mois.
La Cour Régionale se prononce par un jugement définitif dans un délai ne dépassant pas un an à
compter de la date du jugement provisoire.
Le jugement définitif établit si le comptable public est quitte, en avance, ou en débet.

Il est à signaler qu’à l’instar de la Cour des Comptes, des passerelles sont établies entre le Jugement
des comptes, la discipline budgétaire et financière, la gestion de fait et l’action disciplinaire.

- Gestion de fait

Outre sa compétence en matière d’apurement et de jugement des comptes, la Cour Régionale des
Comptes exerce une fonction juridictionnelle à l’égard de toute personne qui effectue sans y être
habilitée par l’autorité compétente, des opérations de recettes, de dépenses, de détention et de
maniement de fonds ou de valeurs appartenant à un organisme public ou portant sur des fonds ou
valeurs n’appartenant pas auxdits organismes, mais que les comptables publics sont exclusivement
chargés d’exécuter en vertu des lois et règlements en vigueur.
Les opérations de nature à constituer des gestions de fait sont déférées par le Procureur du Roi, de
sa propre initiative, ou à la demande du Ministre de l’Intérieur, du Ministre chargé des finances, du
représentant légal de la collectivité locale concernée ou des comptables publics.
Lorsque la Cour Régionale déclare une personne comptable de fait, elle lui enjoint de produire son
compte dans un délai qu’elle lui fixe et qui ne peut être inférieur à deux mois. A partir de là,
l’apurement et le jugement des comptes produits par les comptables de fait obéissent à la même
procédure que celle appliquée aux comptables publics patents.
Le comptable de fait, s’il ne fait pas l’objet de poursuites pénales, peut être condamné à une amende
calculée suivant l’importance et la durée de la détention ou du maniement des fonds et valeurs, sans
que le montant de l’amende dépasse le total des sommes indûment détenues ou maniées.

- Discipline budgétaire et financière

Les Cours Régionales des Comptes exercent une fonction juridictionnelle en matière de discipline
budgétaire et financière, à l’égard de tout responsable, fonctionnaire ou agent des collectivités
locales et de leurs groupements ainsi que des entreprises et établissements publics qui sont sous leur
tutelle.
La Cour Régionale est saisie par le Procureur du Roi, de sa propre initiative ou à la demande de son
Président. Ont également qualité pour saisir la Cour Régionale par l’intermédiaire du Procureur du
Roi et sur

la base de rapports de contrôle ou d’inspection appuyés des pièces justificatives, le Ministre de


l’Intérieur ou le Ministre des Finances.
A l’instar de la Cour des Comptes et pour mieux appréhender les responsabilités, les infractions
relatives aux règles d’exécution des recettes, des dépenses ou de gestion des biens publics, ont été

25
individualisées au niveau des trois principaux intervenants dans le processus d’exécution des
opérations financières publiques, à savoir : les ordonnateurs, les contrôleurs et les comptables.
Le montant de l’amende qui sanctionne les infractions commises peut atteindre au maximum
l’équivalent d’une année de rémunération nette par infraction. En cas de cumul d’amendes, ce
montant ne peut dépasser l’équivalent de quatre années de rémunération nette.
En plus des amendes que les Cours Régionales des Comptes peuvent infliger aux personnes
condamnées, le Code habilite ces Juridictions à ordonner le remboursement des sommes qu’elles
déclarent comme étant dues aux organismes publics concernés.
Il est à noter enfin que le législateur a mis en place des passerelles entre la discipline budgétaire et
financière et l’exercice de l’action pénale et de l’action disciplinaire.
- Contrôle des actes budgétaires

Le contrôle des actes budgétaires est une attribution spécifique des Cours Régionales des Comptes
(CRC). Elle traduit le rôle de conseil et d’arbitrage qu’elles sont appelées à exercer en matière
d’exécution des budgets des collectivités locales.
Ainsi, la Cour Régionale peut être saisie par le Ministre de l’Intérieur, le Wali ou le Gouverneur, de
toute question concernant l’exécution du budget d’une collectivité locale ou d’un groupement ; en
particulier lorsque le compte administratif d’une collectivité locale n’a pas été adopté par l’organe
délibérant compétent.
La CRC rend un avis dans un délai maximum de deux mois à compter de sa saisine. Au vu de cet
avis, le Ministre de l’Intérieur, le Wali ou le Gouverneur décide des mesures à prendre et le cas
échéant, procède à la programmation du montant de l’excédent disponible de l’exercice concerné.
Sa décision doit être motivée, si elle n’est pas conforme à l’avis émis par la Cour Régionale des
Comptes.

- Contrôle de la gestion

Le Contrôle de la gestion : Les Cours régionales des comptes (CRC) contrôlent la qualité de la
gestion des services publics locaux ou décentralisés, des concessions et gestion déléguée de service
public local, et des entreprises dans lesquelles les collectivités locales, leurs groupements, les
établissements publics locaux possèdent une participation majoritaire au capital ou un pouvoir
prépondérant de décision.
Contrôle de l’emploi des fonds publics : Les CRC contrôlent l’emploi des fonds publics reçus par
les associations ou tout autre organisme bénéficiant d’apports au capital de la part d’une collectivité
locale ou de tout organisme soumis au contrôle de la CRC.
2- La cour régionale des comptes

Dans le cadre de la politique de décentralisation et déconcentration et en vue d’améliorer la


gestion des collectivités locales, en 1996 , la constitution a également prévu la création de CRC
qu’elle a chargées d’assurer le contrôle des comptes et de la gestion des collectivités locales et
de leurs groupements .
A. L’organisation de la CRC :

La cour régionale se compose des magistrats, régis par un statut particulier et qui sont :
- Le président de la cour régionale ;
- Le procureur du Roi ;
- Les conseillers
La cour régionale dispose d’un secrétariat général et d’un greffe.

26
- Président

Le Président exerce ses attributions par décision ou ordonnance. Il assure la direction générale de la
Cour régionale et l’organisation de ses travaux ; il exercice les attributions suivantes :
 Il préside les séances de la Cour régionale et peut également présider les séances des
sections de la Cour régionale.

 Il arrête le programme annuel de la Cour régionale avec la participation des Présidents de


section et en coordination avec le procureur du ROI, en ce qui concerne les affaires relevant
des attributions juridictionnelles de la Cour régionale.

 Il répartit les travaux entre les conseillers.

 Le ministère public prés la Cour régionale est exercé par le procureur du ROI, désigné parmi
les conseillers. Le procureur du ROI peut être assisté d’un ou de plusieurs substituts.

- Le procureur du ROI

Le procureur du ROI exerce son ministère par le dépôt de conclusions et de réquisitions. Il n’exerce
son ministère que dans les matières juridictionnelles dévolues à la Cour régionale.
Il exerce les attributions suivantes :
 Il reçoit communication des rapports concernant les matières juridictionnelles dévolues à la
Cour régionale.

 Il requiert du Président, en cas de retard dans la production des comptes, l’application de


l’amende.

 Il assiste aux séances des formations de la Cour régionale et peut y présenter de nouvelles
observations.

 S’il découvre des faits qui relèvent des compétences de la Cour régionale en matière de
gestion de fait ou de discipline budgétaire et financière, il en saisit la Cour régionale.

- Greffe

Le greffe enregistre les comptes et les autres documents comptables produits à la Cour régionale et
en assure la distribution selon le programme des travaux de la Cour régionale.

Le greffe procède ensuite à l’archivage desdits comptes et documents. Il notifie les arrêts et actes de
la Cour régionale et certifie les copies et extraits de ses actes juridictionnels.
Il existe au Maroc 12 CRC, répartit à l’échelons des régions.
B. Les compétences

Conformément aux dispositions de l’article 149 de la Constitution, les Cours Régionales des
Comptes(CRC) sont chargées d’assurer le contrôle des comptes et de la gestion des régions et des
autres collectivités territoriales et de leurs groupements.
Dans la limite de son ressort, la Cour régionale :

27
 Juge les comptes et contrôle la gestion des collectivités locales, de leurs groupements et des
établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements.

 Exerce également une fonction juridictionnelle en matière de discipline budgétaire et


financière à l’égard de tout responsable, tout fonctionnaire ou agent :

- des collectivités locales et de leurs groupements.


- des établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements.
- de toutes sociétés ou entreprises dans lesquelles des collectivités locales ou des groupements
possèdent séparément ou conjointement, directement ou indirectement une participation majoritaire
au capital ou un pouvoir prépondérant de décision. Le wali et le gouverneur sont soumis à la
juridiction de la Cour régionale lorsqu’ils agissent en tant qu’ordonnateur d’une collectivité locale
ou d’un groupement.
 Contrôle la gestion des entreprises concessionnaires ou gérantes d’un service public local et
des sociétés et entreprises dans lesquelles des collectivités locales, des groupements, des
établissements publics relevant de la tutelle de ces collectivités et groupements possèdent,
séparément ou conjointement, directement ou indirectement, une participation majoritaire au
capital ou un pouvoir prépondérant de décision.

 Contrôle également l’emploi des fonds publics reçus par des entreprises, autres que celles
citées ci-dessus, des associations, ou tous autres organismes bénéficiant d’une participation
au capital ou d’un concours financier quelle que soit sa forme de la part d’une collectivité
locale, d’un groupement ou de tout autre organisme soumis au contrôle de la Cour régionale.

 Concourt au contrôle des actes relatifs à l’exécution des budgets des collectivités locales et
de leurs groupements. A ce niveau, le ministre de l’intérieur, le wali ou le gouverneur, dans
la limite des compétences qui leur sont déléguées, conformément à la législation et à la
réglementation en vigueur, peut soumettre à la Cour régionale, toute question se rapportant
aux actes relatifs à l’exécution du budget d’une collectivité locale ou d’un groupement.

3- Le parlement :
Vu l'importance des crédits mobilisés pour les dépenses d'investissement qui sont exécutées par
voie du secteur public, il est évident que la manière avec laquelle sont consommés intéresse la
nation entière par l'intermédiaire de ses représentants au parlement, qui exercent sur les dépenses
publiques un contrôle qualifié de « politique » instauré par le fameux principe de « la séparation
des pouvoirs », qui génère par voie de conséquence la soumission de l'exécutif au contrôle et à la
surveillance du législatif. En effet, le parlement dispose, en principe, de plusieurs techniques et
moyens constitutionnels et légaux pour exécuter ce contrôle en matière de marchés publics à savoir
:
- Les commissions parlementaires, notamment la commission des finances ;
- Les commissions d'enquête créées sur des questions précises ;
- Les questions écrites et orales qu'adressent les députés (parlementaires) aux membres du
gouvernement sur les aspects déterminés de leur travail.

Enfin, la loi de règlement qui récapitule toutes les réalisations et dépenses effectuées lors d'une
année d'exercice.

28
a- Les commissions parlementaires :

Elles constituent l'antichambre où se confectionne le travail parlementaire avant d'être soumis à la


plénière. Les commissions informent, rapportent et proposent pour aider la décision qui appartient
en dernier ressort à l'assemblée.

- Les commissions permanentes :

La commission la plus importante et la plus connue parmi les commissions permanentes est celles
des finances, qui exerce son contrôle à travers une information considérable qu'elle doit, en principe
recueillir auprès de l'administration. Elle examine ainsi les projets de lois rectificatives.
En dehors des commissions permanentes, le parlement peut constituer des commissions provisoires.
- Les commissions d'enquête :

Les Commissions d'enquête constituent le second moyen de contrôle, institué par la Constitution
révisée de 1992. Une loi organique, promulguée par le dahir du 5 octobre 1995 a réglementé leur
fonctionnement.
Ces commissions d'enquête peuvent être créées à l'initiative du Roi ou à la demande de la majorité
de l'une des deux chambres, pour s'informer sur une affaire déterminée, notamment au sujet d'une
question douteuse qui met en péril les deniers publics, telle que des faux contrats et des marchés
fictifs, qui engagent des sommes d'argent colossales et dont les pratiques malveillantes sont à
déceler.
b- Les questions :

Dans la vie parlementaire en matière budgétaire et financière, le contrôle des deniers publics se
matérialise par l'usage des questions qui permettent d'interroger les ministres sur l'activité de leurs
services et sur la gestion de leurs crédits ou à propos de certains projets prévus dans le plan de
développement.
En effet, cette modalité d'interpeller un ou plusieurs ministres concernés par un projet déterminé est
un moyen de contrôle, mais aussi d'information.
- Les questions écrites :

Elles permettent certes et avant tout aux parlementaires d'avoir des explications sur la gestion des
crédits alloués. « Elle constituent une source d'information considérable pour le parlementaire et
l'opinion publique, car les réponses des ministres sont publiées au Bulletin Officiel ».

Si la réponse n'est pas parvenue au député intéressé, le président de la chambre peut demander à ce
dernier de la transformer en question orale.
Celles-ci sont donc devenues un véritable moyen de contrôle et de vérification.

- Les questions orales :

Elles se déroulent en séance plénière en présence de plusieurs membres du gouvernement, des


parlementaires, de la presse et le plus souvent retransmises en direct ou en différé sur les écrans de
télévision.
29
c- La loi de règlement et le contrôle a posteriori du parlement :

Il s'agit du moyen le plus efficace reconnu par le droit positif marocain à la chambre des
représentants pour contrôler la manière dont sont dépensés les deniers publics, ainsi que les projets
exécutés par voie de marchés dont la réalisation doit être conforme aux prévisions de la loi de
finances.
Le projet de loi de règlement doit être déposé sur le bureau de l'une des deux chambres du
Parlement au plus tard, à la fin de la deuxième année budgétaire qui suit l'année d'exécution de la
loi des finances. Il est accompagné d'un rapport de la Cour des Comptes sur l'exécution de la loi des
finances et de la déclaration générale de conformité entre les comptes individuels des comptables et
le compte général du Royaume.

Section II: les spécificités de l'audit dans les collectivités territoriales

I- Pourquoi l'audit dans les collectivités territoriales9

Comme nous l'avons mentionnée , les collectivités territoriales et les structures intercommunales
font face à de nouveaux enjeux, portés par le renouvellement des modes de gestion publique, la
volonté de modernisation des administrations et l'exigence croissante des citoyens (et plus
largement des parties prenantes) en termes de transparence et d'efficacité.
Pour atteindre les objectifs d'efficacité, d'efficience et d'amélioration des services offerts aux
citoyens, l'article 245 de la loi organique10 111.14 relative aux régions confie au président de la
région la compétence pour prendre les dispositions nécessaires afin d'adopter les mesures efficaces
dans la gestion de la région, notamment en ce qui concerne l'adoption du système de gestion par
objectifs.
La gestion par objectifs vise la déclinaison des rôles des collectivités territoriales en matière de
développement à travers des programmes et des projets réels exécutables, et ce en structurant le
budget autour de ces programmes et projets, ainsi qu'en adoptant une programmation à long-terme
et en prenant en considération le critère genre pour la définition des objectifs et des indices.
La gestion par objectifs vise également à faire des rôles de développement des collectivités
territoriales de véritables programmes et projets susceptibles d'être appliqués à travers la
restructuration du budget. Les lois organiques relatives aux collectivités territoriales ont ainsi fixé
cette nouvelle structure du budget, tout en définissant le programme, projet ou opération en tant
qu'une série cohérente de projets ou d'opérations associés à des objectifs fixés selon des visées
d'intérêt général et des indices chiffrés pour mesurer les résultats escomptés qui feront l'objet d'une
évaluation visant à s'assurer du respect des conditions d'efficacité et d'efficience et des normes de
qualité concernant les réalisations accomplies.
sur cette base, les collectivités territoriales qui disposent de compétences et de ressources
financières importantes sont soumises aujourd’hui à un arsenal juridique novateur de contrôle
privilégiant la concertation, l’information et la collaboration. Ainsi, la tutelle sera exercée sous le
contrôle du tribunal administratif et de l’audit global, garanti par l’intervention de la Cour régionale
des comptes.
L’audit s’insère ainsi au cœur du processus de régionalisation dans ses deux grands domaines
d’action : juger la régularité et la sincérité de l’information (contrôle budgétaire et financier) et
évaluer la performance (audit opérationnel).

9
http://www.leconomiste.com/article/laudit-des-collectivites-locales-un-pas-vers-la-transparence-et-la-bonne-
gestion-des-deniers
10
la loi organique des finance relative les collectivités territoriales
30
.

L'audit des collectivités ouvre aujourd'hui un champ d'action particulièrement vaste et exigeant aux
professionnels de l'audit.
La profession d'expertise comptable marocaine, malgré les obstacles et les difficultés en tous
genres, vient de relever un grand défit en se dotant d'un Ordre professionnel, prouvant ainsi son
unité, sa maturité et le sens de ses responsabilités. L'audit des collectivités locales constitue un autre
défit, qu'elle saura -j'en suis convaincu- relever si l'occasion lui est offerte.
Elle n'a certes plus rien de nouveau à "découvrir" concernant les concepts, les principes et les
techniques de ce type de mission.
Elle aura maintenant, en revanche, à en étendre la mise en ouvre, avec volontarisme et dynamisme,
au service de la gestion publique et de la nation.

II- l'audit interne dans des collectivités territoriales

1) Etude de cas : Commune urbaine de RIBAT AL KHEIR11

Le centre urbain de Ribat El Kheir se situe à 70 km environ au Sud-Est de la ville de Fès et à 40


km à l'Est de la ville de Sefrou sur le plateau surplombant la vallée de l'Oued Zloul.

Avec une superficie du périmètre urbain de 8 km2, la Commune Urbaine Ribat El Kheir
représente l'équivalent de 1% de la superficie de la province de Sefrou.

1.1 CADRE ADMINISTRATIF :

Erigé en Commune Urbaine en 1992, le centre de Ribat El Kheir relève du centre Pachalik Ribat
El Kheir, Province de Sefrou, région Fès-Boulemane.

Il y'a lieu de rappeler que ce centre a été renommé Ribat El Kheir au cours des années soixante-
dix au lieu et place d'Harmoumou.

Le centre de Ribat El Kheir est limité par la commune d'Ighezrane au Nord, à l'Est, à l'Ouest et au
Sud.

 POPULATION :

Selon les statistiques du dernier Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH -


2004), la population de la ville de Ribat El Kheir est de 12654 habitants repartie sur 2619
ménages. Cette population représente 5% de la population totale de la Province de Sefrou.

 LES ACTIVITES ECONOMIQUES :

Le centre urbain Ribat El Kheir constitue un pôle organisationnel des zones rurales environnantes
à travers la concentration des services, des équipements et des commerces. L'économie de la

11
mémoire master l'audit interne des collectivités locales cas Ribat El Kheir 2011
31
municipalité Ribat El Kheir est basée essentiellement sur deux principales activités, à savoir;
l'agriculture et le commerce.

 L'agriculture

L'activité principale est orientée vers le secteur agricole et plus particulièrement la céréaliculture,
l'arboriculture et l'élevage. L'encadrement des agriculteurs est assuré par le Centre des Travaux de
Ribat El Kheir, relevant de la Direction Provinciale de l'Agriculture, dont la zone d'action s'étend
sur les communes rurales avoisinantes : Ighezrane, Dar El Hamra, Adrej et Tafagighte. La SAU
de cette zone est de 12 000 ha.

 Le commerce

Le centre urbain Ribat El Kheir constitue un pôle commercial pour toute la zone rurale qui
l'entoure, et cela grace au commerce général, alimentaire et aux services qu'il fournit à la
population de la zone et au souk hebdomadaire qui permet la commercialisation des productions
agricoles et l'approvisionnement des populations.

 L'industrie

La diversité de la matière première agricole et forestière (bois d'industrie), l'existence d'un vaste
marché de consommation et d'une population active sont autant d'atouts pour le développement
d'une activité agro-industrielle. Mais l'installation d'unités à caractère agroindustriel reste
tributaire de l'aménagement de zones actives.

 l'Artisanat

L'artisanat dans la commune est une activité non structurée et peu développée malgré l'existence
d'un savoir-faire local diversifié.

Parmi les métiers répandus on peut citer le tissage, la menuiserie et la ferronnerie d'art.

La dynamisation de cette activité passera, entre autres, par la création de coopératives facilitant
l'approvisionnement en matière et la commercialisation des produits.

A ce titre, il convient de signaler l'expérience réussie de la coopérative ADOUAL de tissage


traditionnel créée en 2006.

 Le Tourisme

Ribat El Kheir et un village qui dispose de plusieurs atouts permettant le développement d'une
activité touristique importante. Il a une vue panoramique spectaculaire sur la vallée d'Oued Zloul
donnant sur la montagne de Bouyeblane couverte de neige pendant une longue période de l'année,
il est proche de plusieurs sites de chasse et on y organise des manifestations culturelles et
notamment le festival organisé annuellement dans la ville par l'association Bouyeblane pour le

32
développement culturel en partenariat avec la CU de Ribat El Kheir. Cependant, l'absence
d'infrastructure d'accueil (hébergement et restauration) limite le développement de ce secteur.

1.2 Le domaine de compétence de la collectivité :

Cette commune dispose d'un budget de 33 782 438,45 DH pour exercer des compétences variées :

 Transports collectifs urbains :

Aménagement et gestion, Malgré le rôle joué par la ville comme point de passage pour un grand
nombre d'autocars et de taxis, le service de transport public reste organisé autour du parking
central de la ville.

Le centre dispose de 20 grands taxis qui assurent le transport vers Fès, El Menzel et Séfrou, 3
véhicules de transport mixte pour les souks avoisinants dont 2 transitant.

 Voirie et signalisation :

Création et entretien de la voirie communautaire, Un programme de revêtement des voies


principales a été mis en place et financé sur les fonds propres de la commune depuis 2002.

 Urbanisme Plan d'aménagement du territoire,

Il convient de signaler qu'une convention a été signée, en 2006, entre la commune Ribat El Kheir
et l'Agence Urbaine et de Sauvegarde de Fès pour la révision de l'actuel plan d'aménagement en
vue de revoir l'organisation du tissu urbain de la ville, pour maîtriser la forte expansion spatiale et
répondre aux besoins de la ville en terme d'habitat, d'équipements publics et d'infrastructure
nécessaire pour le développement des activités économiques.

Cette révision est en cours de réalisation par les équipes de l'Agence Urbaine et de Sauvegarde de
Fès.

Le renforcement des équipements des quartiers du centre notamment en matière de voirie et


d'assainissement liquide.

- Eau et assainissement :

Traitement des eaux usées, production et distribution d'eau potable déléguée à


l'ONEP. Assainissement solide :

La collecte et l'évacuation des déchets solides sont assurées par le service technique municipal qui
effectue un ramassage journalier par camion benne. La collecte est généralement effectuée 6 jours

33
par semaine moyennant une tournée par jour.

Electrification :

La distribution de l'énergie électrique à Ribat El Kheir est assurée par l'ONE. - Foncier :

Constitution de réserves dédiées à l'habitat et au développement économique.

- Zones d'aménagement concerté, dont zones d'activités économiques Développement


économique.

- Equipements sportifs et culturels pour les manifestations sportives et culturelles d'intérêt


communautaire notamment le festival organisé annuellement dans la ville par l'association
Bouyeblane.

- Soutien et promotion des événements.

- Patrimoine naturel et paysager : création et gestion.

- Habitat :

Programme local d'habitat, résorption de l'habitat non réglementaire.

2) Suite à une mission d'audit effectué dans les locaux de la collectivité locale de Ribat El
Kheir :

Observations concernant la collectivité locales de Ribat El Kheir :

Les principaux agrégats financiers de la commune durant les exercices 2008, 2009,2010 sont les
suivants :

Année 2008 2009 2010


Budget total 23 889 996,41 29 810 586,81 33 782 438,45
Excédent ou Déficit 15 668 754,22 18 854 133,66 22 146 467,66

A-gestion des recettes :Observations

Faiblesse du produit communal privé :

34
Le domaine communal privé est constitué de locaux commerciaux au nombre de 51, cependant il
est caractérisé par la faiblesse des revenus, dans la mesure où les loyers mensuels, restent faibles
et n'ont jamais fait l'objet de révision, à cela s'ajoute la faiblesse de leur recouvrement due au non
émission des ordres de recettes concernant les locataires qui refusent de s'acquitter de leurs loyers.

(Reste à recouvrer =114633)

Situation anarchique du souk :

Depuis sa création, la commune n'est pas encore parvenue à disposer d'un espace adéquat pour
l'organisation du souk hebdomadaire. Actuellement, ce dernier se trouve dans une situation
anarchique, les produits exposés à la vente occupent les places publiques, les trottoirs et les rues.
Ainsi le blocage e la circulation, la présence des ordures et des déchets dans ces lieux et la non
maitrise des marchands et de l'espace qu'ils occupent, sont autant de problèmes qui caractérisent
cet état de fait. Il en découle que la régie des recettes n'arrive pas à maitriser le recensement des
vendeurs et partant, le recouvrement des taxes s'avère très aléatoire.

Le non recouvrement de la taxe sur les terrains non bâtis :

Malgré l'existence d'une assiette très large, la commune ne recouvre pas la taxe sur les terrains
non bâtis. De méme, on peut relever l'absence de coordination entre le service technique et la
régie d'une part, et entre cette dernière et le service de légalisation de signature d'autre part.

Recommandations :

Etablir ou actualiser les contrats de location concernant les locaux commerciaux et contraindre,
par toutes les voies de droit, les locataires défaillants à s'acquitter de leurs loyers dans les délais.

Recourir à toutes les voies administratives et judiciaires pour garantir la protection du patrimoine
communal.

L'aménagement d'un espace adéquat pour l'organisation du souk hebdomadaire pour répondre aux
aspirations de la population, cet espace doit être en mesure d'abriter toutes les activités
commerciales en tenant compte de la quiétude et de la santé des habitants et de la préservation de
l'environnement.

Cet espace permettrait également l'amélioration des recettes de la commune.

La commune doit prendre les mesures nécessaires pour le recouvrement de ladite taxe et
l'application des dispositions légales et réglementaires la concernant. B-gestion des dépenses
:Observations :

35
Absence d'économie dans certains achats :

Certains achats nécessitant le recours à un fournisseur spécialisé. Or, ils ont été exécutés d'une
manière récurrente par des négociants, ce qui explique l'absence d'étude des prix visant la
réalisation des économies dans l'achat communal.

Dépenses excessives.

Recommandations :

Il est dans le devoir de la commune d'oeuvrer dans le sens de la réalisation des économies dans
l'achat, en offrant la possibilité aux fournisseurs spécialisés d'accéder à la commande communale,
par le biais du libre jeu de la concurrence, y compris ceux qui sont basés hors du territoire
communal.

C-Organisation et gestion de l'administration communale

Absence d'une structure d'inspection, ou d'audit au sein de la collectivité. Manque de coordination


entre les services.

Absence des procédures de contrôle interne au niveau de la gestion

D-Gestion des ressources humaines :

La commune urbaine de Ribat el Keir emploie annuellement du personnel occasionnel pour


assurer l'exécution de certains travaux. Ce personnel a fait supporter au budget de la commune une
charge financière de l'ordre de :(en dh)

2008 2009 2010

332 000 400 000 430 000

Dans ce cadre, il a été relevé les observations suivantes :

· Le recrutement de cette catégorie de personnel s'effectue en l'absence des lettres d'engagement et


du contrôle des engagements de dépenses. Ces procédures ne sont entreprises qu'après exécution
des travaux par les recrutés comme agents occasionnels ;

· Difficulté de s'assurer du nombre exact des jours de travail vu l'intervention de plusieurs services

36
(Espaces verts, régie de recettes ...) ;

Insuffisance de l'encadrement au niveau de la commune.

E-Recommandations

Mise en place d'un système de contrôle et d'une séparation des taches.

La création d'une structure inspection et audit » chargée d'assurer cette fonction en la dotant des
moyens humains et logistiques pour mener à bien sa mission.

Renforcement de l'encadrement des élus et des gestionnaires.

F-Gestion de la fiscalité :

La gestion de la fiscalité de la commune connaît des défaillances liées à la liquidation et au


recouvrement de certaines taxes dues au budget communal, dont la majorité : des recettes
patrimoniales suivies des taxes locales.

Importance des restes à recouvrer :

2008 2009 2010


190 915 ,71 1 431 074,15 1 403 510,78

Recommandations :

Coordonner avec les administrations concernées et autres intervenants pour recouvrer ses créances,
pour éviter leur prescription et permettre leur exploitation dans des projets socioéconomiques.

F-Planification et gestion de projets :

Dans ce cadre, il a été constaté ce qui suit :

Le plan de développement économique et social :

La commune ne dispose pas de plan de développement économique et social accompagnant son


évolution urbanistique et démographique et ce contrairement à ce que prévoit l'article

37
36 de la charte communale qui considère cette mission parmi les attributions propres de la
commune.

Dysfonctionnements dans la programmation et l'exécution des projets :

Le conseil communal se base principalement sur l'excédent annuel du budget pour la


programmation de certains projets. Cependant, l'exécution de ces projets a connu certains
dysfonctionnements :

Absence d'études de faisabilité pour les projets exécutés ou en cours d'exécution, le conseil
communal a pris un ensemble de décisions concernant l'exécution de certains projets dans la ville.
Cependant, l'exécution de ces projets a connu des difficultés dues à l'absence d'études préalables
de faisabilité permettant de fixer les objectifs tracés ainsi que les moyens financiers nécessaires à
la réalisation de ces projets. L'exemple suivant illustre cette observation, projet de construction
d'un complexe d'attraction et de loisir, le conseil communal a décidé de réaliser un complexe
d'attraction et de loisir, pour ce faire, il a pris la décision de contracter un emprunt auprès de la
FEC d'un montant de 9 226 530 DH, y compris 1 025 170 DH de frais d'études, cependant en
l'absence d'études de faisabilité, la commune n'a pas pu le réaliser.

Le Non-respect des délais d'exécution prescrits dans le programme triennal de mise à niveau
urbaine de la ville pour la période 2010.

Ce programme qui comprend huit projets intégrés pour un montant de 101 020 125 DH y compris
les frais d'étude et foncier.

Recommandations :

Elaboration d'un plan de développement reflétant la vision stratégique du conseil communal à


moyen et long terme en prenant en considération ses moyens humains et matériels afin de réaliser
les projets d'investissement prioritaires.

Veiller à la réalisation des études de faisabilité qui prennent en considération toutes les étapes et
composantes des projets, d'une part et qui permettent de déterminer les besoins matériels et
techniques, ainsi que les sources de financement et les délais d'exécution, d'autre part. Honorer les
engagements pris dans le cadre des programmes arrêtés et éviter le recours à la révision de ces
programmes et la réaffectation de crédits sauf pour des cas exceptionnels dictés par l'intérêt
général.

Synthèse :

Dans ce contexte, la préservation des deniers publics devient non seulement une condition d'une
gestion optimale des ressources de l'Etat, mais aussi un gage de sa sécurité financière. Cependant,
il importe de souligner que ce souci n'est pas suffisamment pris en considération par l'ensemble
38
des gestionnaires publics. A cet égard, il convient de noter l'engagement inégal des organismes
publics sur la voie de la rationalisation des dépenses et de la qualité

des services publics rendus aux citoyens. Les résultats des différentes missions de contrôle
effectuées corroborent ce constat.

A la lumière des résultats de ces différentes missions de contrôle, il importe de souligner que les
insuffisances de la gestion des deniers publics peuvent se résumer dans quatre principales
problématiques :

- La problématique de la gouvernance dans la mesure où de nombreux dysfonctionnements relevés


ont trait soit au manque de transparence dans la gestion, soit à la marginalisation de fait des rôles
de certaines instances dirigeantes notamment les conseils d'administration pour les entreprises
publiques ou les conseils élus pour les collectivités locales. La problématique de la gouvernance se
manifeste également par la quasi-absence de la visibilité et la culture de performance dans les
organismes publics qui demeurent encore prisonniers de la logique de moyens au détriment de
celle de résultats. Cette insuffisance de la culture de performance persiste malgré tous les efforts
investis par les pouvoirs publics visant à ancrer cette valeur dans les moeurs de la gestion
administrative.

- La problématique de la qualité de la dépense publique car l'effort d'investissement consenti par


les pouvoirs publics dans les différents secteurs n'est pas accompagné par un effort de la part de
certains gestionnaires publics en termes d'amélioration de la qualité de la dépense publique.

En effet, l'évaluation de nombreux projets publics par les juridictions financières aussi bien au
niveau des collectivités locales qu'au niveau des services de l'Etat et des entreprises publiques a
permis de relever que le bénéfice économique et social attendu de certains de ces projets n'est pas
souvent atteint. La modestie d'impact desdits projets sur les citoyens est due soit à des défaillances
dans la réalisation, soit à leur inadéquation avec leurs besoins, soit à la négligence des ouvrages
publics en termes d'entretien et de maintenance.

- La problématique de l'efficience des commandes publiques en ce sens que les choix en termes de
passation et d'exécution des marchés ne sont pas toujours optimaux. Dans ce cadre, les retards
accusés dans la réalisation de certains projets publics peuvent être attribués soit à l'absence des
études préalables de faisabilité ou leur non fiabilité, soit aux insuffisances des entreprises
attributaires de commandes.

- La problématique des ressources humaines dans la mesure où de nombreux dysfonctionnements


constatés dans certains organismes publics contrôlés se ramènent au manque de visibilité, à la
faiblesse de l'initiative et à l'absence de la fonction de supervision. Cette insuffisance risque de
s'aggraver à cause de l'absence d'une culture managériale dans la plupart des organismes publics et
de la faiblesse des systèmes de contrôle interne.

39
Par ailleurs, ce problème de la qualité des ressources humaines se pose avec acuité au niveau des
collectivités locales et risque parfois de créer des situations de léthargie au niveau local. Cette
contrainte est doublée souvent de la recherche de privilèges privés au détriment de l'intérêt général.

Face à cette situation, les contrôles des juridictions financières se sont étendus et ont donné lieu à
de nombreuses poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs d'infractions aux lois et règlements
régissant les différentes matières budgétaires et financière.

Conclusion du chapitre II

en guise de conclut que La libre gestions portée par la constitution pour renforcer le rôle des
collectivités ne peut prendre son sens sans un cadre juridique renforçant la primauté de la loi, des
principes démocratiques, de la moralisation, de la transparence, de la probité, de l’efficacité et de
l’engagement à la protection du droit d’accès des citoyens à l’information. Ces principes doivent
trouver un contenu concret dans la gestion. Celle-ci doit être axée sur le résultat, sur la
programmation pluriannuelle et sur la mise en place d’un système de suivi des projets et des
programmes. L’audit et le contrôle interne deviendraient des outils indispensables à l’évaluation. Le
passage à un niveau de gestion reflétant le respect des principes de la bonne gouvernance s’étalerait
sur une période de six années et serait appuyé par l’Etat. Le renforcement des capacités serait
indispensable pour que les collectivités puissent atteindre le niveau de performance souhaité.

40
Conclusion générale
Conception nouvelle des dépenses publiques qui vise le renforcement du rôle de l’Etat devenu le moteur de
la vie économique, à amplifié des difficultés et des obstacles qui s’opposent à l’exercice de l’audit.

D’autre part la multiplicité des organismes d’audit public (Inspection Générale des Finances, Cour des
Comptes, contrôle des Engagements de Dépense…) n’a pas permis de maîtriser la situation
des établissements publics et d’assurer un Audit efficace et constructif, ni de mettre en jeu la responsabilité
des dirigeants de ces établissements publics. A travers l’analyse du système d’Audit public on remarque que
celui-ci demeure incohérent et insuffisant et qu’il comprend certaines failles qui l’empêche d’assurer
pleinement et efficacement son rôle. Cette carence résulte de l’absence quasi totale des organes d’Audit et
du contrôle interne au sein des établissements publics et de leur incapacité d’assurer convenablement leur
rôle d’Audit interne.

41
REFERENCE BIBLIOGRAPHIE

 Théorie & Pratique de l'audit interne de Jacques RENARD, Edition 2010. + Audit interne & contrôle
de la fraude : Guide pratique

 Mémoire L'audit dans le secteur public marocain ; 2010 ; p :5-7.


 Abdesselam ARHOUTANE « marchés publics de l’Etat et comptabilités publique au Maroc »
p142.thése pour l’obtention du grade de docteur de l’Université de Montpelleir.
 L’article 11 du réglement général de la compabilité publique
 Dahir N°1-59-2-269 du 17 chaoual 1379 rlatif à IGF
 la loi organique des finance relative les collectivités territoriales
 Audit interne des collectivités territoriales de Portelli Elodie, en collaboration avec l'IFACI. Préface
de Didier Migaud edition 2012
 Revue Marocaine d'audit et de développement <audit et contrôle interne des collectivités locales
Édition 1996
 les finances des collectivités locales au Maroc , Jilali Chabih ; édition 2006
 mémoire master l'audit interne des collectivités locales cas Ribat El Kheir 2011

WIBOGRAPHIE

 http://www.courdescomptes.ma/fr/Page-21/organisation-et-fonctionnement
 http://lematin.ma/express/2014/gestion-communale_l-audit-interne-un-mecanisme-
efficace/204068.html
 http://www.pncl.gov.ma/fr/News/Alaune/Pages/journee-DGCL-fes-audit-interne-gouvernance-
territoriale-.aspx
 http://www.wikiterritorial.cnfpt.fr/xwiki/wiki/econnaissances/view/Pages-
Associees/Lastructurationdelauditexterneencollectiviteunprocessusmethodologiqueettechnique

42
TABLE DE MATIERES

Introduction ---------------------------------------------------------------------------------------------- 3

Chapitre I :L’importance d’audit dans le secteur public ------------------------------------------ 4


Section1 :Généralités sur l’audit---------------------------------------------------------------------- 4
I) Définition des concepts de l'audit ------------------------------------------------------------ 4
II) Les axes de l'audit ------------------------------------------------------------------------------- 5
1.En fonction de l'entité auditée ------------------------------------------------------------- 5
2.En fonction de l'intervenant ---------------------------------------------------------------- 6
Section2 : Les composantes du secteur public au Maroc ----------------------------------------- 8
I) Les Organismes publics ------------------------------------------------------------------------- 8
Section3 :Les raisons de la mise en place d’un audit dans le secteur public ------------------- 9
I) Les raisons structurelle. ------------------------------------------------------------------------- 9
II ) Les raisons conjoncturelles------------------------------------------------------------------ 10
III) Les facteurs institutionnels ----------------------------------------------------------------- 11
Section4 : La place et le rôle d’audit dans le secteur public ------------------------------------ 12
I) La place de l’audit dans le secteur public --------------------------------------------------- 12
II) Les rôles de l’audit dans le secteur public ------------------------------------------------- 12
1) La Surveillance -------------------------------------------------------------------------- 12
2) La Détection ------------------------------------------------------------------------------ 13
3) La Dissuasion ----------------------------------------------------------------------------- 13
4) L’Information ----------------------------------------------------------------------------- 13
5) La Prévoyance ---------------------------------------------------------------------------- 14
Conclusion du chapitre I ----------------------------------------------------------------------------- 14

Chapitre II: les institution de l'audit publique , et /ou d'évaluation de la performance des
collectivités territoriales ----------------------------------------------------------------------------- 15
Section 1 : Les institutions de l'audit publiques -------------------------------------------------- 15
I) L’audit public exercé par les organes du contrôle relevant du ministère des finances 15
1. Le Contrôle Général des Engagements de Dépenses de l’Etat (CED) ------------ 17
2. Le contrôle comptable ------------------------------------------------------------------- 17
II) L’audit public exercé par les organes du contrôle externes au ministère des finances23
1.La cour des comptes ---------------------------------------------------------------------- 23
2. L'organisation de la Cour des comptes ------------------------------------------------ 24
Section II: les spécificités de l'audit dans les collectivités territoriales ---------------------- 31
I- Pourquoi l'audit dans les collectivités territoriales ---------------------------------------- 31
II- L'audit interne dans des collectivités territoriales ---------------------------------------- 31
Cas pratique ------------------------------------------------------------------------------------------- 41
Conclusion générale ---------------------------------------------------------------------------------- 42
Référence bibliographie ----------------------------------------------------------------------------- 43
Table de matières ------------------------------------------------------------------------------------- 44

43