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Financement des PME au MAROC: moyens, enjeux et

contraintes

Université Mohamed I

Faculté des Sciences Juridiques

Economiques et sociales

Mémoire de licence en Science Economiques et de gestion

Option : Gestion Comptable et Financière

Financement des PME au Maroc :

Moyens et enjeux

Sous la direction de :

Mme EL AMRI Khadija

Réalisé par :

BOUKHROUF Abdellah (5663

Année Universitaire 2006-2007

Remerciements

Aucune oeuvre humaine ne peut se réaliser sans la contribution d'autrui.


Ce mémoire est le résultat d'un effort constant. Cet effort n'aurait pu
aboutir sans la contribution de nombre de personnes. Ainsi se présente
l'occasion de les remercier : Tout d'abord, Mme EL AMRI Khadija, pour
sa patience, la pertinence de ses conseils et l'extrême richesse de son
enseignement.

En outre, nous remercions tous ceux qui nous ont aidé quotidiennement
ou ponctuellement et qui nous ont encouragé dans notre travail.

Introduction générale
Les petites et moyennes entreprises constituent la base du tissu
économique du Maroc. Numériquement de loin les plus nombreuses,
elles participent de manière positive à la croissance économique, à la
création d'emplois et au développement régional et local. Néanmoins,
leur contribution reste largement en delà des potentialités que cette
catégorie d'entreprises peut faire valoir.

La Petite et Moyenne Entreprise, toute entreprise gérée et/ou


administrée directement par les personnes physiques qui en sont les
propriétaires, copropriétaires ou actionnaires, et qui n'est pas détenue
à plus de 25% du capital ou des droits de vote par une entreprise ou
conjointement par plusieurs entreprises ne correspondant pas à la
définition de la P.M.E.

L'objet de ce mémoire c'est contribuer à étudier le financement des


PME au Maroc.

Ce modeste travail sera présenté sous forme de deux parties:

Dans la 1ère partie, nous allons traiter dans un 1er chapitre les
différentes approches et définitions des PME. Ainsi que son
importance et son rôle dans l'économie nationale, et dans
2ème chapitre on va imposer les dispositions générales de la nouvelle
charte relative aux PME, ainsi que les contraintes au développement
des PME.

La 2ème partie sera consacrée au système de financement des PME

Premiere partie : les PME et la


nouvelle charte (reglement)

Introduction de la 1èr partie

Actuellement, l'importance de la PME, considérée comme le moteur


de la croissance économique, se situe dans le fait qu'elle soit capable
par sa structure à supporter les effets de la mondialisation, de
s'implanter dans toutes les régions et essentiellement qu'elle soit
forte pour voyeuse de l'emploi.

Toutefois, au Maroc la PME bien son rôle soit important, elle soufre
de beaucoup de problèmes. En effet, bien que la PME/PMI
représente 95% du tissu productif, sa part dans la création de la
valeur ajoutée est très faible. Elle ne dépasse pas 20% de l'ensemble
de la valeur ajoutée engagée.

Donc en vue de dynamiser cette entité et de lever les handicaps qui


empêchent son développement, plusieurs rencontre, séminaire et
débats ont été organisés et qu'ont donné naissance à la nouvelle
charte de la PME, qui créé le cadre réglementaire de cette entité.

L'adoption de cette charte, constitue donc une avancée importante


pour la promotion, le développement et renforcement du tissu des
PME.

Chapitre 1 : Différentes approches et définitions


de la PME

Il n'est pas facile de définir la PME qui se rapporte à la fois à une


notion économique et à une notion de structure, et d'organisation. Sur
le plan économique, la petite entreprise marocaine se caractérise par
son incapacité à exercer une influence significative sur son marché.
Sur le plan de la structure, elle est marquée par la prépondérance de
la personnalité de l'entrepreneur « propriétaire gérant ».

Plusieurs définitions de la PME ont été proposées, mais toute


tentative d'une définition universelle fut abandonnée au profit de
définitions élaborées en fonction des données propres à chaque
pays.

On distingue traditionnellement deux types de critères d'identification.


D'une part, les critères quantitatifs, ils sont nombreux et portent sur
les différents éléments constitutifs de l'activité de l'entreprise. Il s'agit
de l'effectif, du chiffre d'affaires, de la valeur ajoutée, du capital
social, de l'implantation et du marché. D'autre part, des critères
qualitatifs qui sont utilisés non seulement pour compléter les
premiers, mais aussi pour donner une idée précise de la PME,
puisqu'ils renseignent sur sa structure interne, son organisation et ses
méthodes de gestion.

Au Maroc, il n'existe pas de définition légale de la PME mais


plusieurs définitions. Dans les années 1983, le code des
investissements industriels limitait l'octroi des avantages fiscaux aux
seules PMI, définies comme « toute entreprise dont le programme
d'investissement comporte des équipements de production pour une
valeur minimale de 100.000 DH et maximale de 5 millions de DH et
dont le coût d'investissement par emploi stable est inférieur à 70.000
DH ». Il faut souligner que cette définition ne tient pas compte du
nombre des emplois créés puisqu'elle insiste sur le coût par emploi.

Au cours de la même période, la Banque Mondiale, qui octroyait des


crédits au Maroc pour la promotion de la PMI (petite et moyenne
industrie), avait aussi retenu comme critère 5 millions de dirhams
d'actif net. Depuis 1988, la Banque Mondiale avait porté ce montant à
8 millions de dirhams, actualisables tous les six mois.

Le Ministère de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, dans le


cadre de ses enquêtes annuelles sur les entreprises, définit la PMI
comme celle qui emploie moins de 200 salariés.

La Charte de l'investissement, entrée en vigueur en 1995, ne


précisait pas non plus la notion de PME. Elle prévoyait des incitations
à caractère fiscal au profit de toutes les entreprises indépendamment
de leur taille.

Section1- Image de la PME marocaine

La définition de la PME au Maroc a évolué en fonction des


dispositions contenues dans les différents textes ayant cherché à
encourager cette catégorie d'entreprises en raison de sa taille réduite
et de sa fragilité relative. Parmi ces textes, on peut citer : la
procédure simplifiée accélérée de 1972, le code des investissements
de 1983, la définition de Bank Al Maghrib de 1987, .... Tout
récemment, et lors de la préparation du Plan de Développement
Economique et Social, la sous- commission en charge de la PME a
retenu les critères suivants pour la définition de celle-ci :

Moins de 200 personnes comme effectif employé

Un chiffre d'affaires inférieur à 5 millions de DH en phase de création,


à 20 millions de DH pour la phase de croissance et à 50 millions de
DH pour la phase de maturité.

La PME est présente dans tous les secteurs de l'activité économique


marocaine : l'industrie, l'artisanat et le BTP (Bâtiment et Travaux
Publics), les commerces et enfin les services qui englobent le
tourisme, les communications, les transports, les services
financiers,...
Dans le domaine industriel en particulier, parmi les 500.000 emplois
que compte aujourd'hui le secteur, la PMI représente près de la
moitié répartie comme suit : textile et habillement (35%), chimie et
para-chimie (26%), agro-alimentaire (24%), mécanique et la
métallurgie (12%), électrique et électronique (3%).

Dans le secteur artisanal, la PME prédomine encore plus dans la


pêche, la sylviculture, l'élevage,et surtout dans les métiers
traditionnels à forte valeur ajoutée culturelle et sociale (tapis, produits
de terre, métaux, cuir, couture traditionnelle, etc.).

La PME accuse également une présence très remarquée dans le


secteur du BTP où mis à part la production des matériaux de
construction (sidérurgie, cimenteries,fabrication de conduites) la
grande majorité des entreprises marocaines de construction entrent
dans cette catégorie. Ainsi, l'ensemble de ce secteur artisanal qui
compte près de 2 millions d'emplois est constitué dans sa plus
grande majorité de PME.

Le secteur du commerce qui compte 888.000 emplois (hors informel)


est constitué dans presque son intégralité de PME. Dans le secteur
des services, et tout d'abord dans le tourisme qui compte près de
600.000 emplois, la PME constitue un outil privilégié dans la
promotion de l'hôtellerie, de la restauration et des agences de
voyages.

Par ailleurs, les grandes mutations liées aux technologies de


l'information qu'a connues le secteur des communications,
combinées à sa privatisation, ont engendré une apparition de PME
nouvelles dans les services de l'Internet, des publiphones, de la
téléphonie sans fil, de l'audio-visuel et de la réception par satellites, ...

La PME a également accusé une présence de plus en plus


remarquée dans le domaine des transports urbains et inter-urbains
depuis leur privatisation au milieu des années 90.

Enfin, la réforme du marché financier et la dynamisation de la bourse


ont, aussi, engendré la création de PME nouvelles tel que
intermédiaires boursiers, sociétés de crédit à la consommation,
intermédiaires d'assurances,... Sur la base de l'enquête réalisée par
la Direction de la Statistique à travers le dépouillement du fichier
fiscal, et si l'on adopte la définition de la PME retenue lors de
l'élaboration du Plan Economique et Social, une image de celle-ci
peut être esquissée de la manière suivante
Section 2- Poids des PME dans le tissu productif national

En terme de nombre d'entreprises, le poids de la PME représente


98% de l'ensemble du tissu productif national. La part des PME est
de plus de 90% dans toutes les branches d'activité sauf celle du
production et distribution d'électricité, gaz et eau, où cette
participation est uniquement de 50%.

La participation des PME dans la création de la valeur ajoutée


globale est de 21%. Cette participation est très variable allant de
0,2% pour la branche de la production et distribution d'électricité, gaz
et eau, à 73% pour la branche de l'immobilier et services aux
entreprises. Elle s'élève à 20% dans le cas des industries
manufacturières.

Section 3- Répartition des PME par branche d'activité


économique

En terme de nombre d'entreprises, le tissu des PME est composé


d'abord par les activités de commerce et réparations (30%), suivies
des activités de l'immobilier et services aux entreprises (22%), et des
industries manufacturières (15%).

Malgré leur part de 15% dans la population des PME, Les industries
manufacturières génèrent la plus grande valeur ajoutée avec une
contribution de 37%. Elles sont suivies des activités de commerce et
réparations (19%) et de l'immobilier et services aux entreprises
(13%).

Section 4- Evolution de La PME Au Maroc

Section 5- L'inégale répartition sectorielle et géographique


des PME

I- L'inégale répartition sectorielle des PME

Les données de la Direction des statistiques révèlent que sur les


39.200 PME recensées en 2000, 1% seulement exerce dans le
secteur primaire. Cela tient sans doute au fait, pour des raisons
culturelles et individualistes, que la constitution de société au sens
formel du terme n'est pas encore enracinée dans les moeurs rurales.
Cela tient aussi au fait que la majorité des exploitations agricoles sont
de petites superficies en raison du morcellement dû aux successions,
et que l'exploitation s'effectue soit à titre individuel, soit dans le cadre
familial.

En revanche, les PME sont très fortement concentrées dans les


activités commerciales et de services. Si 72% des PME travaillent
dans le secteur tertiaire et 27% dans le secteur secondaire, on peut
considérer que le développement du secteur tertiaire au Maroc suit la
tendance générale observée au cours de l'évolution des pays
industrialisés.

Selon les données de la Direction de la statistique - Ministère de la


prévision économique et du plan, l'analyse sectorielle de 1999 permet
de conclure que les activités primaires (agriculture, sylviculture et
pêche) ont représenté 16,6% du PIB, 29,7% pour les activités
secondaires (mines, énergie et industries), 37,4% pour le secteur
tertiaire (commerce, droits et taxes à l'importation, transports et
télécommunications, services des institutions financières,
hébergement et autres services) et enfin 17% pour les
administrations publiques.

A un niveau plus détaillé, on précisera que les mines ont contribué


pour 2,1%, l'énergie et l'eau pour 8,2%, l'industrie pour 17,2%, les
bâtiments et travaux publics pour 4,5% et les transports et
communications pour 5,9%. Dans l'industrie, l'agro-alimentaire
occupe 35%, les textiles et cuir 17%, la chimie et para-chimie 33%,
l'industrie mécanique et métallurgique 12% et l'industrie électrique et
électronique 3%.

II- L'inégale répartition géographique des PME

Celle-ci tient aux conséquences de la politique d'aménagement du


territoire mise en place par Lyautey qui mettait l'accent sur la
distinction entre le « Maroc utile et le Maroc inutile » en privilégiant
l'aménagement de la région du Centre Atlantique.

Le nouveau découpage territorial, intervenu en 1996, a donné lieu à


l'institution de 16 régions économiques. Il a tenté de corriger les
disparités héritées du découpage administratif antérieur, mais faute
de ressources financières locales suffisantes, la décentralisation au
niveau communal comme au niveau régional demeure impuissante
pour assumer les nouvelles charges que l'Etat lui a transférées.
L'examen de la faible répartition des PME par région économique
s'explique par la persistance de grandes inégalités inter et intra
régionales.

Ces disparités se traduisent par une très forte concentration des PME
dans la région du Centre. Les données de la Direction des
statistiques de 1998, révèlent que le Grand Casablanca regroupe
41% des PME-PMI, les régions de Tanger-Tétouan 9%, de Rabat-
Salé-Khémisset 8%, de Meknès-Fès 9% et que les 33% restants se
répartissent sur les 14 dernières régions. Ainsi, près de la moitié des
établissements oeuvrant dans le secteur industriel, commercial et des
services est implantée dans la région du Grand Casablanca qui
représente également la part prépondérante dans la majorité des
grandeurs économiques relatives à ces secteurs.

En somme, pour réduire les inégalités sociales, relancer la


croissance et créer du travail, il faut mettre en place une politique
d'aménagement du territoire qui incite à la délocalisation des
entreprises et une stratégie qui favorise l'investissement et incite les
PME à se regrouper pour constituer des grappes.

Chapitre 2 : La nouvelle charte de la PME

Section1: les principes et les objectifs fondamentaux de la


charte

I- Les principes

Les petites et moyennes entreprises constituent la base du tissu


économique du Maroc. Numériquement de loin les plus nombreuses,
elles participent de manière positive à la croissance économique, à la
création d'emplois et au développement régional et local. Néanmoins,
leur contribution reste largement en delà des potentialités que cette
catégorie.d'entreprises.peut.faire.valoir.

Les pouvoirs publics, conscients de l'importance et du rôle que joue


l'initiative privée dans le développement économique et social, n'ont
pas manqué de lui apporter l'appui nécessaire, tant sur le plan du
financement et
de*la*formation*que*des*infrastructures*d'implantation.et.des.incitatio
ns .fiscales.à.l'investissement.

La PME doit être différenciée dans son traitement par rapport à la


grande entreprise et un soutien spécifique, mieux adapté à ses
besoins doit lui être apporté. En raison de la fragilité de ses structures
et la faiblesse de ses moyens, la PME demeure en effet plus exposée
aux contraintes de son environnement général dont elle subit, plus
que la grande entreprise, les aléas et les incertitudes. Cela se traduit
par un taux d'échec élevé pour les nouvelles entreprises et par un
niveau de compétitivité et des performances
insuffisants*pour*les*PME.existantes.

Aussi une nouvelle politique de promotion spécifique à la PME doit-


elle être initiée. La loi formant charte de la PME constitue à cet égard,
le cadre de référence de l'action que compte mener l'Etat, en
partenariat avec les acteurs privés*dans*les*années*venir.

Le succès de cette politique ainsi que son efficacité exigent qu'elle


soit élaborée, mise en oeuvre et coordonnée en relation avec toutes
les parties concernées, sur la base des principes de la concertation,
de.la.participation.et.de.la.transparence.

L'Etat s'engage ainsi à favoriser la mise en place d'un cadre


institutionnel de promotion des PME basé sur des structures et des
mécanismes de concertation, de dialogue et de partenariat avec les
opérateurs et les institutions représentatives des PME. Il encouragera
leur participation, à côté des instances publiques à l'échelon local,
provincial, régional et national dans la mise en oeuvre des mesures
d'aide et de soutien qui seront
prises*dans*différents*domaines*intéressant.la.PME.

Pour leur part, les PME sont tenues, pour être en mesure de
participer à cette action commune, de s'organiser dans des structures
représentatives dynamiques. Elles doivent fournir un effort important
en matière de création d'emplois, de modernisation et de
compétitivité, par la formation, l'amélioration de l'encadrement et le
développement des ressources humaines, par la promotion de la
qualité, la recherche développement, l'utilisation de technologies
modernes, la préservation de l'environnement, ainsi que par une
gestion saine et transparente, conformément aux règles
morales*régissant.une.entreprise.citoyenne.

A son rôle classique de création d'emplois et de valeur ajoutée,


s'ajoute celui de répartition des richesses, de formation et d'insertion.
La PME devient ainsi un centre sur lequel se cristallisent plusieurs
fonctions : économique, sociale et culturelle, qui caractérisent une
économie performante et solidaire.
Les objectifs

Les P.M.E. doivent répondre aux conditions suivantes :

pour les entreprises existantes, avoir un effectif permanent ne


dépassant pas deux cents personnes et avoir réalisé, au cours des
deux derniers exercices, soit un chiffre d'affaires annuel hors taxes
n'excédant pas soixante-quinze millions de dirhams, soit un total de
bilan annuel n'excédant pas*cinquante*millions*de*dirhams;

Lorsqu'il s'agit d'une P.M.E. qui détient directement ou indirectement


plus de 25% du capital ou des droits de vote dans une ou plusieurs
entreprises, il est fait addition des effectifs permanents et des chiffres
d'affaires annuels hors taxes ou des totaux des bilans annuels de
ladite P.M.E. et des autres entreprises précitées, sans toutefois que
le total de chacun de ces critères dépasse*les*seuils*fixés..ci-dessus.

pour les entreprises nouvellement créées, engager un programme


d'investissement initial global n'excédant pas vingt-cinq millions de
dirhams et respecter un ratio d'investissement par emploi de moins
de deux.cent.cinquante.mille.dirhams.

On entend par entreprise nouvellement créée, toute entreprise ayant


moins de deux années d'existence.

La qualité de PME est reconnue, sur sa demande, à l'entreprise qui


remplit les conditions prévues à l'article premier ci-dessus.

La qualité de PME donne lieu à une identification dont la procédure


est fixée par voie réglementaire. Cette identification doit être produite
pour bénéficier des avantages prévus aux articles 22 et 24 de la
présente loi.

Au sens de la présente loi, l'appui à la création de PME comprend::

- l'assistance au promoteur dans la conception et la réalisation du


projet.;

- le soutien pour le démarrage et le développement des activités au


cours des trois premières années de vie de l'entreprise.

Section2: Cadre institutionnel de promotion de la PME

1/Agence Nationale pour la Promotion de la PME


Il est créé, sous la dénomination "Agence Nationale pour la
Promotion de la PME", un établissement public doté de la
personnalité morale et de l'autonomie financière ci-après désigné par
l'agence.

L'agence est placée sous la tutelle de l'Etat, laquelle a pour objet de


faire respecter par les organes compétents de l'agence les
dispositions de la présente loi, en particulier celles relatives aux
missions qui lui sont dévolues.

L'agence.est.chargée.de.:

Participer à la mise en oeuvre, en coordination avec les


départements ministériels concernés, de la politique de l'Etat en
matière de promotion et de soutien*de*la*PME;

Encourager par son assistance technique, les programmes de


promotion de création d'entreprises initiés par les collectivités locales,
les chambres et les organisations professionnelles, les
établissements d'éducation et de formation publics et privés et les
organisations.privées.à*but*non*lucratif*;

promouvoir au profit des PME, la prestation de services d'information,


de conseil, d'assistance technique, d'expertise et de formation en
matière de
gestion*et*d'administration*de*l'entreprise,*par*les*organismes*public
s*et*privés*spécialisés*;

appliquer les orientations et les normes relatives aux programmes


d'action en matière de prestations de services et en matière
d'aménagements fonciers ; conclure pour le compte de l'Etat les
conventions visées aux articles 23 et 24 de la présente. loi et
s'assurer.de.leur.exécution.;

assister les PME, en relation avec l'administration et les organismes


publics concernés, dans les domaines de l'accès aux marchés
extérieurs, de l'acquisition des nouvelles technologies et du
développement de l'innovation et*de*la*qualité;

promouvoir au profit des PME la prestation de services d'expertise et


de formation*en*matière*de*management*de*l'environnement.;

entreprendre toute action de sensibilisation, d'information et


d'assistance auprès des administrations, des collectivités locales et
des organismes publics concernés, en vue de promouvoir et faciliter
l'accès des PME aux marchés publics soutenir et appuyer l'action des
PME.dans.ce.domaine.;

apporter son assistance pour la constitution et le fonctionnement des


associations,*groupements*et*réseaux*de*PME*;

donner son avis sur les demandes de reconnaissance d'utilité


publique*présentées*par*les*associations..;

entreprendre toute action de sensibilisation, d'information et


d'assistance en matière de simplification et d'allègement des règles
juridiques et des procédures administratives applicables aux PME ;

diffuser par tous moyens appropriés, la législation et la


réglementation*applicables*aux*PME*;

collecter et diffuser l'information relative au rôle de la PME, à sa


contribution à l'économie nationale et à l'évolution de son activité ;

suivre et évaluer les actions et programmes visant la promotion


de*la*PME*;

établir un rapport annuel sur l'état de la PME.

L'agence peut se faire communiquer par l'administration, les


organismes publics, les collectivités locales, les entreprises
concessionnaires de services publics, les associations et les PME,
tous documents ou informations
nécessaires*à*la*réalisation*de*ses*missions.

L'agence peut conclure toute convention dont l'objet est la


promotion.et*le*développement*des*PME.

Pour l'exécution de ses missions, l'Agence peut conclure des accords


de partenariat avec les administrations, les collectivités locales, les
établissements publics, les chambres et organisations
professionnelles, les organisations à but non lucratif, les
établissements d'éducation et de formation publics et privés et les
associations*de*soutien*des*PME.

Ces accords ont pour objet de désigner lesdits administrations,


organismes, collectivités et associations en tant que représentants de
l'agence chargés de promouvoir et suivre les actions de celle-ci au
niveau local, provincial et régional. Ils prévoient des mesures de
nature à renforcer leurs capacités
d'intervention*en*matière*de*soutien*et*d'assistance*des*PME.

L'agence établit périodiquement un cahier des charges et sélectionne


ses représentants en fonction de la qualité de leurs propositions de
services et de ses besoins à l'échelon local, provincial ou régional.

L'Agence est administrée par un conseil d'administration et un


directeur.

Le conseil d'administration est composé, outre le président :

de*quatre*représentants*de*l'Etat;

des présidents des fédérations des chambres professionnelles ;

du président du Groupement Professionnel des Banques du Maroc ;

du président de l'Ordre des Experts Comptables ;

et de quatre représentants désignés par voie réglementaire parmi les


présidents des associations professionnelles et des organisations à
but non lucratif oeuvrant dans le domaine de la promotion de la
PME ;

Le conseil peut convoquer à ses réunions, à titre consultatif, toute


personne physique ou morale du secteur privé ou public dont la
participation est jugée utile.

2- Les associations de soutien à la PME

Peuvent être reconnues d'utilité publique, les associations


régulièrement constituées, fonctionnant conformément à leurs statuts
pendant au moins un an après leur constitution et ayant pour objet de
promouvoir au niveau local,
régional*ou*national,*la*création*et*le*développement*des*PME,*not
amment*par:

1 - la mise à la disposition des PME, des services d'assistance


technique, de conseil spécialisé, d'information et de formation pour la
création, le démarrage et le développement*de*l'entreprise;

2 - le soutien à la constitution de groupements ou de réseaux de


PME, en vue d'exploiter en commun les moyens et d'améliorer les
conditions d'accès des PME aux
nouvelles*technologies*et*à*de*nouveaux*marchés*;
3 - la mise en oeuvre des moyens pouvant faciliter le financement
des PME, notamment sous forme de fonds de garantie ou de
cautionnement*mutuel;

4 - la mise en oeuvre des moyens pour l'aménagement de terrains et


locaux professionnels, la création de pépinières d'entreprises et de
parcs*technologiques.

Les associations prévues à l'alinéa premier ci-dessus sont reconnues


d'utilité publique conformément aux dispositions du dahir n° 1-58-376
du 3 joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit
d'association, tel qu'il a été modifié et complété, sous réserve de la
consultation des chambres professionnelles concernées et de
l'Agence nationale pour la promotion de la P.M.E. dans les deux mois
suivant le dépôt de la demande de reconnaissance d'utilité publique.

Section3 : Mesures d'aide à la PME

1- Mesures d'ordres financier, foncier et administratif

Peuvent bénéficier d'une prise en charge par l'Etat d'une partie des
dépenses afférentes aux prestations de services qui leur sont
rendues en matière d'information, de conseil, d'assistance technique,
d'expertise et de formation en gestion de l'entreprise, les PME en
cours de création ainsi que celles qui justifient de trois années
d'activité au plus et qui remplissent les conditions*suivantes*:

a) Lorsqu'il s'agit de création d'une entreprise, le promoteur doit


présenter une étude préliminaire du projet qui doit être retenue parmi
les programmes visés*à*l'article*23*ci-après*;

b) Pour les entreprises nouvellement créées : le programme


d'investissement initial global ne doit pas excéder cinq millions de
dirhams et le ratio d'investissement par emploi doit être inférieur ou
égal*à*cent*mille*dirhams;

c) Pour les entreprises existantes : l'entreprise doit avoir pour les


deux derniers exercices un effectif permanent employé ne dépassant
pas cinquante personnes et justifier pour lesdits exercices :

- soit d'un total de bilan annuel n'excédant pas dix millions de


dirhams;
- soit d'un chiffre d'affaires annuel hors taxes n'excédant pas quinze
millions*de*dirhams.

Peuvent également bénéficier d'une prise en charge d'une partie des


dépenses afférentes aux actions qu'elles engagent en vue de :

- l'amélioration de la qualité de leurs produits et services par un


processus de certification de la qualité, de normalisation ou
d'acquisition*de*nouvelles*technologies;

- la recherche-développement et l'innovation dans le but de mettre au


point de nouveaux produits ou de nouveaux procédés ;

- la constitution de groupements ou d'associations de PME dont


l'objet est l'accès à la commande publique et aux marchés extérieurs
ou l'approvisionnement*en*produits*et*services.

Les PME qui justifient de plus de trois années d'activité après leur
constitution et qui remplissent les conditions suivantes :

justifier pour les deux derniers exercices, soit d'un total de bilan
annuel compris entre dix et cinquante millions de dirhams, soit d'un
chiffre d'affaires annuel hors taxes compris entre quinze millions de
dirhams et soixante-quinze millions de dirhams ;

employer au cours des deux derniers exercices un effectif permanent


compris entre vingt et deux cents personnes.

2- Dispositions relatives au financement des PME

a- Fonds collectifs d'investissement en capital

La Société d'Investissement en Capital (SIC) est une société


anonyme qui a pour objet exclusif la gestion d'un portefeuille
composé pour une part supérieure à la moitié de son actif total, de
valeurs mobilières sous forme de prises de participations dans le
capital de sociétés de capitaux ayant la qualité de PME au sens de
l'article premier de la présente loi, non inscrites à
la*cote*de*la*bourse*des*valeurs.

Cette prise de participations ne peut dépasser un pourcentage du


capital de la société émettrice et de l'actif total de la société
d'investissement.

Les conditions d'émission, de souscription et de rachat des actions de


la SIC par ses souscripteurs ou actionnaires sont fixées par ses
statuts conformément à la législation qui lui est applicable.

b- Sociétés régionales de financement

Des sociétés régionales de financement des PME peuvent être


créées en application de l'article 10, 3e alinéa du dahir portant loi n°
1-93-147 du 15 moharrem 1414 relatif à l'exercice de l'activité des
établissements de crédit et de leur contrôle et de la présente loi.

Les sociétés régionales de financement des PME exercent leurs


activités dans le cadre de la région, telle que définie par la loi n° 47-
96*relative*à*l'organisation*de*la*région.

Elles ont pour objet exclusif l'octroi de prêts destinés au financement


des besoins d'investissement et d'exploitation des PME.

Les sociétés régionales de financement des PME qui réalisent au


moins 75% de leur activité, dans des provinces ou préfectures dont le
niveau de développement justifie une aide particulière de l'Etat,
peuvent être autorisées à émettre des emprunts avec la garantie de
l'Etat.

c- Organismes de crédit mutuel et coopératif

Est considéré comme établissement de crédit mutuel et coopératif,


toute coopérative constituée conformément à la loi n° 24-83 fixant le
statut général des coopératives et les missions de l'Office du
développement de la coopération, par dérogation aux dispositions de
ses articles premier et 13, par des PME répondant à la définition de la
présente loi et dont l'objet est l'exercice au profit exclusif de ses
membres de l'activité d'établissement de crédit telle que définie par le
dahir portant loi n° 1-93-147 du 15 moharrem 1414..

Les conditions d'exercice de l'activité d'établissement de crédit par les


établissements de crédit mutuel et coopératif sont fixées
ultérieurement.

d- Organismes de capital risque

Sont considérés comme organismes de capital risque, les sociétés de


capital risque et les fonds communs de placement à risque.
Chapitre3: Les contraintes au développement Des
PME

Représentant près de 95% de l'ensemble des entreprises, les PME-


PMI apparaissent comme le type d'unité de production le mieux
adapté à la dimension de l'économie marocaine. Elles pourraient
contribuer pour une part importante à la croissance et à l'emploi si
elles faisaient l'objet de plus de soutien de la part de l'ensemble des
acteurs économiques.

En effet, si le Maroc dispose d'un secteur privé dynamique qui


contribue à plus de 80% de la valeur ajoutée, l'absence d'un cadre
juridique spécifique à la PME entrave son développement dans la
mesure où les réformes des mesures ne peuvent pas cibler
spécifiquement ces unités.

L'ensemble des observateurs admet que les hommes d'affaires sont


sans cesse confrontés à de multiples contraintes de natures diverses.
Les unes tiennent à des facteurs extérieurs à l'entreprise et sont
d'ordre (I) financier et (II) législatif, administratif et judiciaire, les
autres sont (III) intrinsèques à la PME et tiennent à leur compétitivité,
c'est-à-dire tiennent à des contraintes liées à leur capacité d'affronter
la concurrence sur les marchés, ce qui constitue une menace
importante à leur viabilité.

Section 1- Les contraintes financières

Le problème du financement des PME est intimement lié au marché


des capitaux. Comme les grandes et moyennes entreprises (GME),
les PME acquièrent des facteurs et des inputs pour réaliser leur
production, l'accès au capital constitue donc une étape importante.
De plus, bien que les PME soient essentiellement utilisatrices de
main-d'oeuvre (fonction de production intense en travail), elles ont
besoin d'un équipement minimum pour démarrer leur activité.

Avant de présenter la perception du fonctionnement des banques par


les gestionnaires de PME, il convient de décrire l'évolution et les
effets des réformes du marché des capitaux au Maroc.

A/ Description du marché marocain des capitaux

Ce paragraphe cherche à savoir si les réformes du marché des


capitaux au Maroc comportent des distorsions qui défavorisent les
PME, en accroissant leurs coûts, comparativement aux GME.
1- Les réformes du marché financier et le soutien aux
investissements

Le Maroc a toujours opté pour l'économie de marché. Cependant, au


cours des années 1960 et 1970, la place et le rôle de l'Etat s'est
accru, d'une part du fait de la création d'entreprises publiques et
d'offices et d'autre part, du fait de réglementations nombreuses et en
particulier au niveau des prix et des échanges extérieurs.

Cependant, l'inefficacité de ces structures et des interventions ont nui


à l'ensemble de l'appareil productif. Conjugué avec des conjonctures
internationales défavorables, ces facteurs ont entraîné une
exacerbation des déséquilibres macro-économiques et une crise
d'endettement. Les tensions qui ont en résulté ont conduit le Maroc à
adopter des réformes pour un ajustement des structures
économiques.

Les mesures entreprises par le Ministère de l'Economie et des


Finances dans le secteur financier font suite à une politique
d'ajustement structurel entre 1983 et 1992. Les mesures adoptées
visaient à :

Assainir les finances publiques et réduire les déficits intérieurs et


extérieurs;

Restructurer les entreprises publiques (programme PERL soutenu


par la Banque Mondiale) en vue de réduire leur déficit de gestion et
par-là, la contribution de l'Etat à leur financement. (pour certaines de
ces entreprises, il fallait les préparer à être privatisées);

Réformer le système fiscal en vue de le rendre plus efficace et de


l'harmoniser avec les standards internationaux : introduction de la
taxe sur la valeur ajoutée (TVA), de l'impôt sur les sociétés (IS) et de
l'impôt général sur le revenu (IGR). L'objectif était de simplifier le
système fiscal et de réduire les taux pour favoriser un élargissement
de l'assiette fiscale;

Libéraliser l'économie : prix intérieurs, échanges extérieurs et


mouvements des capitaux;

Réformer et moderniser le secteur financier au Maroc en réduisant


l'intervention du Gouvernement dans le secteur bancaire et en
renforçant le rôle du marché dans l'allocation des ressources
financières.
Ainsi, le contrôle quantitatif du crédit, instauré en 1976, a été
supprimé en janvier 1991. La libéralisation des taux d'intérêt a
commencé en 1990 (pour le crédit à moyen et long terme) et en 1991
(pour le court terme), avec le maintien de taux plafonds débiteurs
(avec leurs effets pervers) jusqu'en 1995.

Ce n'est que depuis 1996 que les taux d'intérêt sont libres. De plus,
depuis septembre 1996, les banques sont autorisées à calculer leurs
réserves, non plus sur une base mensuelle ou hebdomadaire, mais
quotidienne ; cela leur confère davantage de flexibilité dans la gestion
de leur liquidité et encourage les opérations d'open market. C'est en
1995 que les derniers guichets de réescompte de Bank Al Maghrib
ont fermé et que la régulation est effectuée par l'open market qui
comprend quatre opérations, explicitées dans une circulaire du 24
mai 1995.

Parallèlement à ces réformes à caractère général, les institutions


financières spécialisées comme le Crédit immobilier et hôtelier (CIH)
ou la Caisse nationale de crédit agricole (CNCA) ont vu leur activité
élargie et interviennent maintenant librement comme les autres
banques. On soupçonne cependant le système bancaire d'être
insuffisamment concurrentiel.

Les préoccupations posées par le chômage et la persistance d'un


pourcentage élevé de la population vivant en dessous du seuil de
pauvreté incitent les décideurs à chercher le moyen de créer une
dynamique de production, d'épargne et d'investissement.

Selon un ancien rapport de la Banque mondiale, 10% seulement des


entreprises figurant dans le portefeuille des banques ont un ratio «
fonds empruntés sur fonds propres » inférieur à 5% (83% de fonds
empruntés, 17% de fonds propres), ce que les banquiers considèrent
comme le minimum pour qu'une structure de capital soit saine. Les
règles prudentielles suivies en Amérique du Nord et en Europe
retiennent un ratio de 1,8 (65% de fonds empruntés pour 35% de
fonds propres).

Ce paradoxe (sous endettement de l'économie et surendettement des


entreprises « bancables ») est plus frappant par le fait que les
banques sont en surliquidités. Il apparaît ainsi qu'une grande partie
des entreprises marocaines y compris celles du secteur formel, n'a
pas accès au capital, pourtant disponible. Les raisons de ce paradoxe
semblent de tenir à L'insuffisante circulation de l'information.
Il semble que si les banques « ne sont pas de réels partenaires »
(aux dires des promoteurs et bureaux d'études), c'est parce qu'elles «
ne disposent pas de visibilité et d'information sur les secteurs ».
Parmi les mesures d'accompagnement nécessaires à la portée des
réformes, signalons à ce propos, la future création de l'Observatoire
des industries. Les traitements des données qu'il réunira permettront
de fournir des informations de synthèse, comme le rendement moyen
par secteur, par dimension des unités de production, etc.

2- Les effets des réformes du marché financier : des distorsions


défavorables aux PME

Au Maroc, le marché du capital a été à la fois rationné et segmenté.


Cette réalité ne lui est pas propre ; dans les pays en développement
(PED), la plupart des études insistent sur la segmentation des
marchés . Dans le cas du Maroc, le rationnement provient de
l'encadrement du crédit qui a été en vigueur pendant longtemps,
jusqu'à la fin du PAS en 1992. Pour être bref, on signalera que ce
rationnement a épargné certaines activités telles que les activités
exportatrices ou encore celles de l'immobilier. La politique monétaire
a ainsi « légalement » instauré une segmentation du marché.

Avec la libéralisation progressive, des taux plafonds débiteurs ont été


en vigueur jusqu'en 1995. Cette faiblesse des taux d'intérêt débiteurs
décourage la rémunération des dépôts et donc l'épargne.

Face à un excès de demande de crédits, les banques et les autres


institutions financières ont répondu par un rationnement ` des crédits
(fonds peu abondants). Elles donnaient la priorité aux entreprises de
grande dimension et les PME étaient défavorisées, leurs demandes
étant considérées en dernier lieu.

Plusieurs études montrent qu'une partie du différentiel de taux auquel


font face les PME comparées aux GME, représente le risque plus
élevé des prêts aux PME et des coûts de transaction plus importants
pour instruire leur dossier.

Les méthodes utilisées par les banques commerciales pour faire face
aux risques d'impayés ne sont pas adaptées au financement des
PME. Selon une étude de Rhyne E. et Otero M., ces méthodes
comprennent :

l'étude du dossier de demande de crédit et la recherche d'un


maximum d'informations sur les caractéristiques du client potentiel ;
L'évaluation du projet pour lequel le prêt est demandé ;

La nécessité de contreparties demandées à la PME pour garantir le


prêt.

Ainsi, les GME ont pu emprunter auprès des banques et d'autres


institutions du secteur financier, alors que les PME comptent presque
exclusivement sur leurs fonds propres ou le crédit-bail.

Au Maroc, le crédit-bail a été doté par le législateur et les autorités


monétaires, d'un régime juridique et fiscal approprié. La profession se
félicite de la concurrence qui prévaut. Cependant, dans les
financements extérieurs des PME-PMI, les sociétés de crédit-bail
sont insuffisamment présentes, comme c'est le cas en Espagne, au
Portugal et même en France. En conséquence, le financement par le
leasing ne représente actuellement que 5% de la FBCF, 15 à 20% en
Europe.

L'explication nous semble résider dans le fait que les PME-PMI au


Maroc qui ne disposent pas des garanties nécessaires pour accéder
à un financement extérieur, ont quelques marges de manoeuvre et
recourent au crédit bancaire traditionnellement moins cher (autour de
12% actuellement, contre 15,63% pour les sociétés de crédit-bail ;
mais pendant longtemps, ces sociétés étaient à 24% alors les
banques pratiquaient des taux entre 15 et 18%). Il semble qu'il y ait
un phénomène d'inertie qui s'estompera au fur et à mesure que le
différentiel de taux va diminuer. L'information des opérateurs est
peut-être insuffisante également.

L'introduction d'une « culture » de l'information est un moyen efficace


de dynamiser l'activité économique. A côté de l'effet sur l'octroi de
crédit par les banques ou les sociétés de crédit, il y a également un
effet sur l'amont. L'obligation de publier les comptes certifiés
permettra au marché de reconnaître les performances réelles de
celles-ci et la mobilisation de fonds (via le lancement d'obligations)
sera facilitée.

Les besoins de financement des PME concernent soit les


investissements lors de la création ou l'extension, soit le fonds de
roulement en cours d'activité, cela rejoint les travaux de Liedholm qui
a décrit les besoins de financement des PME au cours de leur « cycle
de vie ». Durant la première phase, il s'agit de besoins à long terme
pour financer les équipements. Ensuite, les besoins en fonds de
roulement sont les plus pressants. Si la PME se maintient, des
besoins de financement à moyen et long terme vont se faire à
nouveau sentir, pour permettre une extension des capacités de
production. Dans la même logique, Mc Cleod a lié l'âge et la
réputation de la PME à l'origine de son financement.

On observe ainsi que plus la PME donne une image de pérennité,


plus l'accès au financement par des tiers devient possible : les crédits
fournisseurs d'abord, les banques ensuite, quand l'entité est une «
petite entreprise ». .

B/ La perception des banques par les gestionnaires des PME

Les résultats des études faites à la base d'une enquête ont montré
qu'à propos des relations avec les banques font valoir que les
problèmes posés aux PME concernent plus l'accès au financement
(garanties excessives exigées par les banques, retard dans les
études de dossier) que le niveau des taux d'intérêt, et que les
gestionnaires souhaitent aussi des délais de grâce, le temps que leur
activité prenne une « vitesse de croisière ».

Section 2- Les obstacles d'ordre législatif, administratif et


judiciaire

I- Le droit des sociétés

Les normes législatives qui régissent le droit des sociétés et les


règles qui organisent les rapports de travail au sein de l'entreprise ne
reconnaissent aucune particularité à la PME.

La réforme du Code de commerce, et surtout celle du droit des


sociétés, innove en introduisant la possibilité de la constitution de la
société unipersonnelle. Cependant, la réforme du droit des sociétés
ne tient pas compte de la taille de la société considérée.

Le droit des sociétés prescrit des sanctions pénales pour le non


accomplissement d'un certain nombre de règles de procédures, tant
en ce qui concerne les formalités à remplir lors de la constitution des
sociétés que celles à effectuer au cours de leur fonctionnement ou
lors de leur dissolution.

Les sanctions pénales peuvent par exemple être appliquées lors de


l'absence de procès verbaux des délibérations des assemblées. Or,
si la société anonyme constitue le type par excellence des sociétés
de capitaux avec tous les attributs qui s'y attachent et justifie un tel
encadrement juridique, ce n'est pas le cas de la société à
responsabilité limitée, ni des sociétés de personnes, qui fonctionnent
généralement dans le cadre familial et qui sont dotées d'une structure
administrative légère, à la dimension de leur activité. A la suite de la
réforme du Code des sociétés, un nombre significatif de sociétés ont
préféré prendre la forme de SARL pour éviter les contraintes que leur
faisait peser leur statut antérieur de société anonyme.

II/ Le Code des douanes

Si la procédure de la « Déclaration unique de marchandise »


améliore considérablement la lourdeur des formalités douanières,
celles qui organisent les modalités des exportations et des
importations sont souvent interprétées de façon restrictive par les
agents douaniers quant à la classification et l'évaluation des
marchandises, ce qui freinent les initiatives.

III/ La législation comptable et fiscale

Le Plan comptable est considéré par les professionnels comme un


document complexe et inadapté pour les PME. Les obligations en
terme de production d'informations financières sont globalement
lourdes pour les PME. Plus de trente formulaires contenant les
mêmes informations et devant être accompagnés des mêmes pièces
doivent être remis par les chefs d'entreprises pour leurs déclarations
fiscales. Les investisseurs estiment que la complexité du système
fiscal
marocain mène souvent à la confusion et à de nombreuses erreurs
dans les déclarations .

Il en résulte que le processus complexe des déclarations fiscales


impose aux investisseurs de recourir aux services des fiduciaires et
de cabinets de conseils. Pour les PME, le coût de ces conseillers est
très élevé et grève considérablement leurs capacités financières.
Ceci incite bon nombre d'entre elles à l'évasion fiscale, engendrant
d'importantes pertes dans les recettes publiques.

IV/ Les procédures administratives et judiciaires

Selon les conclusions de l'étude initiée par le MAGG, « le problème le


plus fréquemment mentionné par les investisseurs au cours de
chaque étape du processus de démarrage de l'investissement est le
manque de transparence des procédures ».

Une telle situation est due à l'enchevêtrement des compétences entre


les différentes administrations, mais parfois au sein d'une même
administration. Ce phénomène est perceptible dans l'ensemble des
administrations et il surgit entre les différents départements
ministériels et entre leurs services extérieurs (les délégations
régionales). Là où le problème de l'enchevêtrement des compétences
prend le plus d'ampleur, c'est à l'occasion du jeu de navette auquel
se livrent les autorités communales et leur autorité de tutelle
(province ou préfecture) dans l'étude d'un dossier ou l'octroi d'une
autorisation pour la réalisation ou l'extension d'un projet de PME.

A l'enchevêtrement des compétences, il faut ajouter les


interprétations divergentes des procédures légales, parfois
subjectives voir même abusives de la part des agents de
l'administration. Ceci incite les entrepreneurs, et particulièrement les
PME, soit à faire valoir leur demande par des moyens occultes, soit à
poursuivre leur projet en marge des normes et procédures légales,
c'est-à-dire de manière informelle, ce qui n'est pas favorable à la
croissance de leur activité, car cela leur interdit de répondre à des
appels d'offres ou de fournir des biens ou des prestations de services
à des clients qui demandent des factures.

En somme, les problèmes qu'engendre la complexité des procédures


administratives ne sont pas propres au Maroc, ce phénomène existe
même dans les pays les plus avancés. En revanche, ce qui persiste
encore au Maroc et constitue un véritable obstacle à la liberté
d'entreprendre, c'est l'abus et l'excès de pouvoir que les autorités
administratives commettent dans l'interprétation et l'application des
lois et règlements qui fixent leurs compétences.

On retiendra que toute l'histoire du recours pour excès de pouvoir,


depuis la mise en place de la Chambre administrative de la Cour
suprême en 1957, jusqu'à la mise en place des tribunaux
administratifs en 1993, vise à en faire « un instrument mis à la portée
de tous, pour la défense de la légalité méconnue ». Cependant, le
recours pour excès de pouvoir contre les décisions administratives
entre à peine dans les moeurs des citoyens marocains et la lenteur
du système juridictionnel continue à peser négativement sur la
promotion des affaires.

La liberté du commerce et de l'industrie est une liberté publique qui a


une valeur constitutionnelle. Cela signifie que la loi qui aménage les
modalités d'exercice de cette liberté reste soumise à cette liberté
constitutionnelle. Cela signifie aussi que l'administration chargée par
la loi d'exercer un contrôle de légalité ou de conformité lors d'une
demande d'autorisation, ne dispose d'aucun pouvoir d'appréciation
discrétionnaire. Autrement dit, la consécration jurisprudentielle du
principe constitutionnel de la liberté du commerce et de l'industrie
implique que chaque fois que l'administration exerce un contrôle de
légalité ou de conformité sa compétence reste toujours une
compétence liée.

D'une manière générale, l'organe juridictionnel marocain, composé


de juridictions civiles, pénales, commerciales et administratives, est
doté de codes et de règles de procédures très convenables. Il
appartient donc aux juges de faire valoir leur fonction pour que
l'organe dont ils font partie assume sa mission et contribue ainsi avec
les autres pouvoirs publics au renforcement de l'Etat de droit.

C'est dans cet esprit et cette logique que s'inscrivent toutes les
réformes amorcées depuis la dernière décennie. Il s'agit de «
réformes qualitatives post-ajustement structurel »

Section 3- Les contraintes intrinsèques aux PME face à une


concurrence accrue

Parmi les contraintes intrinsèques à la croissance des PME, certaines


tiennent aux techniques de gestion de l'entreprise, d'autres, liées aux
premières, tiennent à la capacité des entrepreneurs à relever les
défis de la compétitivité, face à l'ouverture des marchés et qui
conditionnent le devenir et la viabilité de l'entreprise.

I/ Les méthodes de gestion des PME marocaines : la qualité du «


gérant propriétaire »

Parmi les obstacles majeurs qui limitent le développement des PME,


on relèvera d'une part, le taux d'analphabétisme particulièrement
élevé parmi les dirigeants de PME, et d'autre part, une gestion de
l'entreprise très fortement marquée par la personnalité du gérant qui
en est généralement le propriétaire.« Les caractéristiques des
gestionnaires », cependant, les pourcentages sont biaisés en raison
de l'échantillon des entreprises touchées.

En effet, pour des raisons culturelles, les entrepreneurs sont assez


réticents à partager leur pouvoir et à répartir les tâches entre divers
centres de décisions. Il en résulte que les dirigeants ont souvent une
appréciation erronée du risque à prendre, et que parfois l'extrême
prudence les amène à prendre des décisions déraisonnables. De
plus, faute de moyens financiers, les gérants de PME ne s'entourent
pas de cadres compétents pour renforcer leur capacité de gestion ou
compenser leurs lacunes techniques en matière de marketing,
comptabilité, finance, approvisionnement, production ou gestion des
stocks.
Pour des raisons encore culturelles, mais aussi financières, les
dirigeants sont réticents à faire appel au conseil externe. Refusant
d'admettre ou n'ayant pas conscience de leur méconnaissance des
techniques de gestion, ils s'obstinent à ne pas percevoir l'intérêt du
conseil, souvent par crainte de révéler le secret de leurs affaires. A
ceci, il faut ajouter les divergences entre associés quant aux
méthodes de gestion de l'entreprise et des perspectives de son
développement, qui souvent dégénèrent en conflit et sont à l'origine
de la dissolution de certaines PME.

Enfin, pour des raisons toujours culturelles, ils n'ont pas conscience
que les différents stades de vie de l'entreprise sont intimement liés à
leur capacité d'organisation et que la croissance de l'entreprise doit
s'accompagner d'une gestion des ressources humaines et d'une
meilleure répartition fonctionnelle des tâches. Ils ne perçoivent pas
encore les bénéfices d'une délégation d'une partie de leur pouvoir de
décision aux personnes compétentes et le fait qu'un investissement
en formation du personnel constitue un capital qui implique à terme
des retombées bénéfiques pour l'entreprise en termes de qualité et
de compétitivité.

Tous ces facteurs combinés nuisent aux capacités des PME


marocaines à suivre les progrès des méthodes de gestion et à
innover pour mieux s'adapter aux contraintes du marché et aux
besoins des clients.

II/ La compétitivité des PME marocaines

Les mesures prises pour la libéralisation de l'économie ont très


largement contribué à valoriser les activités exportatrices. Elles ont
eu aussi un impact favorable sur la compétitivité des entreprises
marocaines qui, exposées à la concurrence, sont amenées à
améliorer la qualité et l'efficacité.

La mondialisation des économies et la stratégie d'ouverture du


marché marocain sur l'extérieur nécessitent impérativement la mise
en place d'une politique en faveur des PME. Or à la faveur de cette
ouverture, les exportateurs marocains (de textiles, d'habillement ou
de l'agroindustriel) vers le principal client du pays (l'UE), doivent
s'attendre à faire face à une concurrence étrangère accrue que ce
soit au niveau de leurs débouchés traditionnel ou sur leur propre
marché interne .

Etant moins équipées, moins organisées et ne bénéficiant d'aucune


politique spécifique de l'Etat, les PME marocaines risquent d'avoir
peu de chance de relever les défis de la compétitivité face aux
entreprises européennes et celles des autres pays émergeants.

Toutefois, une stratégie de promotion des PME et de croissance


orientée vers les exportations peut leur être bénéfique en raison de
l'environnement commercial international plus libéral si, d'une part,
l'accord de libre-échange avec l'Union Européenne est accompagné
d'une réduction non discriminatoire de la protection commerciale, afin
de maximiser les gains du Maroc, et si, d'autre part, compte tenu de
la dépendance vis-à-vis des droits de douanes, la poursuite du
processus de libération de l'économie marocaine est accompagnée
de réformes fiscales, afin de maximiser les gains au niveau de
l'emploi avec la réforme du marché du travail. La réforme du marché
du travail aidera probablement le secteur privé à équilibrer l'offre et la
demande de la main d'oeuvre entre les entreprises exportatrices qui
se développent par le biais de la promotion des exportations, et celles
qui sous-traitent suite à la concurrence accrue des importations.

Deuxieme partie : Systèmes de


financement des PME

Introduction de la 2ème partie

Partout dans le monde, il s'est toujours trouvés des raisons objectives


et historiques pour ériger la PME en outre des politiques et stratégies
de développements.

Les raisons de cet intérêt ont particulièrement trait au rôle de cette


catégorie d'entreprises dans le développement socio-économique, si
l'entreprise pense à l'innovation, elle rentre dans un cercle de
renouvellement qui assure son existence ,car elle cherchera toujours
de nouvelles stratégies,de part leur capacité à générer les richesses
et l'emploi ,la faiblesse relative des investissements requis pour leur
lancement, leur aptitude à s'adapter aux évolutions technologiques,à
répondre de façon souple aux besoins de certains marchés et à
valoriser les ressources locales voire à favoriser l'intégration
progressive du tissu industriel.

Une panoplie de plus en plus diversifiée de moyens de financement


est mise en oeuvre par les établissements bancaires et les
organismes financiers spécialisés.
Sauf des cas exceptionnels d'autofinancement à 100% de son projet
d'investissement, une entreprise (PME ou grande entreprise) surtout
en création, ne réalise son projet par les seuls fonds propres.

Elle recourt souvent à un dosage d'emprunt bancaire et de leasing


promoteur sur les différentes formules de crédits d'investissement et
de fonctionnement actuellement en vigueur.

Chapitre 1: Les recours aux financements internes


et au marché financier

Toutes les entreprises peuvent recourir à leurs moyens propres et à


ceux de leurs associés ou dirigeant pour financer partiellement ou
totalement leurs besoins en équipements ou en fonds de roulement
toutes ne peuvent s'adresser au marché financier. Celui-ci est en
effet réservé aux seules sociétés par actions remplissant certaines
conditions.

Section I : Les financements internes

Les moyens propres d'une entreprise sont ceux que lui procurent :

· L'autofinancement;

· Les cessions d'actifs;

· Les prélèvements sur le fonds de roulement;

1/ L'autofinancement

L'autofinancement représente les capitaux que secrète une entreprise


au cours d'une année d'exploitation (amortissements, provisions à
caractère de réserves et bénéfices nets non distribués).

a - Avantages de l'autofinancement

Les avantages de l'autofinancement sont représentés par les


ressources annuelles ainsi dégagées, dont l'accumulation au sein
d'une entreprise peut permettre:

· La reconstitution, la modernisation, voire même l'accroissement des


capacités de production;
· La substitution progressive des capitaux propres à l'endettement
externe onéreux;

· L'atténuation des frais financiers en même temps que le


renforcement de l'autonomie financière.

b- Inconvénients de l'autofinancement

Parmi les reproches relevés à l'encontre de l'autofinancement, on


notera que la notion de l'amortissement linéaire, sur laquelle elle
repose essentiellement, ne tient pas compte de la dépréciation
monétaire et de l'évolution des techniques dont la conjugaison :

· provoque des évaluations importantes et quasi-permanentes des


prix;

· rend insuffisants les capitaux secrétés sur une longue période;

· entraîne implicitement l'impossibilité des renouvellements


envisagés.

2 /Les cessions d'actifs

Les cessions de certains actifs apportent un appoint financier


appréciable quand elles s'opèrent soit dans un contexte de
modernisation ou de renouvellement de biens d'équipement, soit lors
d'une extension dans le cadre d'une nouvelle unité.

3/ Les prélèvements sur le fonds de roulement

Lorsque le fonds de roulement d'une affaire est supérieur à ses


besoins d'exploitation, celle-ci peut en prélever certaines sommes
pour réaliser des investissements.

Ces retraits de fonds doivent être opérés sans préjudice de l'équilibre


financier en n'entraînant pas, notamment, un déficit de trésorerie au-
delà de ce qui est raisonnable et également admis c'est-à-dire :15 à1
mois de chiffre d'affaires.

Section 2 : Le recours aux associés :

L'intervention des associés dans le financement d'une affaire peut


revêtir plusieurs formes:

· Apports de constitution;
· Augmentation de capital;

· Apports en comptes courants associés.

1/Le capital de départ

Nous nous contenterons de rappeler que c'est le moyen de


financement le plus stable compte tenu:

· de sa durée (correspondant généralement à celle de la constitution).

· de sa faculté de n'être affecté que dans des cas exceptionnels:

* augmentation;

* réductions effectuées en amortissement de pertes;

*dissolution de la société.

2/ L'augmentation de capital

L'augmentation de capital revêt plusieurs formes qui n'ont pas toutes


les mêmes implications en terme de ressources et de structure
financière .On distingue:

a- L'augmentation par apports en numéraire

L'augmentation de capital en numéraire représente la forme la plus


intéressante parmi les différents types d'augmentation de capital et
présente un intérêt stratégique pour le financement de l'entreprise
précisément, elle:

· assure l'autonomie financière de l'entreprise et augmente le fonds


de roulement par des apports en trésorerie;

· améliore la capacité d'endettement à terme (en augmentant le ratio


fonds de roulement /dettes financières)

· transmet un signal fort au marché et renforce la crédibilité de


l'entreprise vis-à-vis des tiers et des pourvoyeurs de fonds.

b- L'augmentation de capital par apports en nature

Il s'agit d'apport d'actifs en nature sous forme d'immobilisations


incorporelles (brevet, apports en industrie,...) d'immobilisations
corporelles, financières ou enfin d'actifs circulants (créances clients,
stocks). Ces apports peuvent suppléer d'une façon appréciable aux
apports en numéraire réalisés dans le cadre d'investissement. S'ils ne
permettent pas le renforcement des liquidités monétaires d'une
société, ils lui confèrent en contre partie l'avantage d'éviter des
décaissements importants.

c- L'augmentation de capital par incorporation de réserves, de


créances sur la société ou de réévaluation d'actif

Ces différentes augmentations ont des effets juridiques importants


mais n'ont guère d'incidence sur le financement de la société car
elles ne lui apportent aucune ressource nouvelle.

d- Volumétrie des augmentations de capital des sociétés marocaines

A titre d'illustration, donnons quelques indications sur l'importance


des augmentations de capital pratiquées par les sociétés marocaines
sur la base des statistiques globales établies par Bank Al Maghrib et
de données spécifiques aux seules sociétés cotées.

L'évolution des augmentations brutes de capital opérées

par les sociétés marocaines (millions de DH)

1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000

Augmentations de capital 9112 8524 6732 8139 8475 9107 14946 17600

Dont Apports en trésorerie 8129 6073 4707 3538 2394 2881 3841 309

Source:Rapport Bank Almaghrib 94 à 2001

3/ Les apports en comptes courants associés

Juridiquement ces apports correspondent à des prêts accordés par


les associés à leur société .Ces dettes financières sont rémunérées
et leur mode de rémunération ne dépend pas de l'évolution de la
rentabilité de l'entreprise.

Ces apports sont plus avantageux pour les actionnaires


comparativement au capital.
· Ils demeurent liquides sauf stipulation de blocage;

· Il n'implique pas de coût d'image des droits d'enregistrement, des


coûts explicites d'augmentation de capital;

· Ils n'exigent pas de formalités particulières, ni de délai pour leur


mise en place;

· Ils sont rémunérés et leur rémunération est déductible fiscalement.

SECTION3 Le rôle du système bancaire dans le financement


des PME

Le capital d'investissement s'adresse à des entreprises ayant des


besoins des fonds pour financer leur création, leur croissance ou
encore leur restructuration. La relation entre la PME et la banque
diffère selon l'activité de l'entreprise. Les industriels obtiennent plus
facilement les crédits que les sociétés de service.

1/ lignes nationales de financement des investissements

Pour promouvoir, l'investissement, le système bancaire marocain a


mis en place une panoplie diversifiée de moyens de financement.

Les formules de crédit présentées ci-après, ne sont pas exhaustives


mais constituent l'essentiel que doit connaître tout dirigeant de Petite
ou Moyenne Entreprise.

Le promoteur trouvera auprès de sa banque les renseignements


complémentaires ou détaillés relatifs à ces diverses formules. De
même qu'il pourra demander des précisions sur d'autres formules de
financement, non reprises par ce guide.

La circulaire de Bank Al M Ghrib stipule que les taux d'intérêt


débiteurs applicables aux opérations de crédit sont librement
négociés entre les banques et leurs clients.

a-. CREDIT JEUNES PROMOTEURS

Eligibilité : Les personnes physiques de nationalité marocaine,


âgées de 20 ans au moins et de 45 ans au plus à la date de leur
demande d'octroi de prêt; ces personnes doivent être titulaires d'un
diplôme d'enseignement supérieur ou de formation professionnelle,
ou avoir une qualification professionnelle.
Par ailleurs, ces personnes doivent présenter un projet pour l'exercice
d'une activité correspondante à leur qualification.

Les bénéficiaires de prêt peuvent s'associer dans le cadre d'une


société de personnes ou d'une coopérative à des promoteurs non
éligibles au bénéfice de ce crédit.

Objet : Il s'agit d'un prêt conjoint de l'Etat et des établissements


bancaires. Ce prêt ne peut financer que les frais de réalisation du
projet retenu.

Quantum: 90% du montant du projet avec un plafond de 1 million de


DHS. Ces 90% sont financés pour 45% par 'Etat et pour 45% par les
banques commerciales.

Dans le cas où la quotité de financement n'atteint pas 90% du


montant du projet, les crédits se répartissent à parts égales entre
l'Etat et la banque.

En cas de société, les personnes éligibles qui ne doivent pas


dépasser 3, peuvent demander, chacune en ce qui la concerne, un
prêt pour financer sa part dans ladite société : le montant de ces
prêts ne peut dépasser 3 millions de DH pour un même projet.

Durée : 12 ans minimums et 15 ans maximum pour les prêts de 'Etat.


7ans minimums pour les prêts des banques.

Taux: 5% pour les prêts de l'Etat. 9% pour les prêts des banques.

Garantie : Fonds de garantie, Eléments d'actif, Assurance vie.

b-FONDS POUR LA PROMOTION DE L'EMPLOI DES JEUNES

Eligibilité : Jeunes entrepreneurs marocains âgés de 20 à 45 ans qui


ne remplissent pas la condition de diplômes d'enseignement
supérieur ou de qualification professionnelle.

Objet : Prêt accordé conjointement par le " Fonds pour la promotion


de l'emploi des jeunes" et les banques.

2 / Les crédits octroyés par certains établissement

a- "IZDIHAR" CREDIT BANQUE POPULAIRE

Objet de Financement : Financement de la création l'extension ou la


modernisation des entreprises.
Critères d'éligibilité :Toute entreprise de production de biens et de
services opérant dans les secteurs de l'industrie, l'agriculture1 le
transport, le tourisme, les professions libérales et autres activités de
service. Ne sont pas finançable les entreprises immobilières.

Durée : 12 ans maximums dont le différé est de 3 ans maximums


pour la création et 2 ans maximums pour l'extension ou la
modernisation.

Montant Finançable : 70% en cas de création, 800/o en cas


d'extension ou de modernisation d'entreprise.

Taux d'intérêt : taux de référence bancaire (TRB) + 3 points Si la


durée est inférieure ou égale à 7 ans. TRB+4 Si la durée est
supérieure à 7 ans.

Remarques : Le coût d'acquisition du terrain et des locaux


d'exploitation ainsi que le montant des BFDR ne doivent pas excéder
globalement 50% du PI sauf cas exceptionnel.

Quantum : 90% du projet d'investissement avec un plafond de


1.000.000 DH.

Durée et Taux : Les mêmes que ceux prévus pour le crédit jeunes
promoteurs

b-CREDITS MOYEN TERME REESCOMPTABLE PAR BANK AL


MAGHREB

Objet de financement:Financement des projets d'investissement


concernant la création, l'extension ou la modernisation des
entreprises produisant des biens et services.

Critères d'éligibilité : Toute PME dont le total bilan n'excède pas 15


millions DHS avant investissement et le programme d'investissement
(PI) doit être égal ou inférieur à 7,5 millions DHS avec possibilité
d'inclure la valeur du terrain pour un maximum respectivement de
25% et 20% du PI.

Quantum de financement : 70% du programme d'investissement.

Durée du crédit : 7ans au maximum y compris la période de différé


de 2 ans maximum.

Taux : Négociable entre 9 et 12%.


c-SOCIETE DE PARTICIPATION ET DE PROMOTION DU
PARTENARIAT (SPPP- MOUSSAHAMA)

Objet de Financement : Prise de participation dans des sociétés


marocaines ou étrangères crées ou à créer. Assistance technique et
conseil des sociétés sus visées ainsi que l'élaboration d'études
destinées à servir de base aux prises de participation.

Critères d'éligibilité : Toute entreprise en démarrage ou en


développement et à fort potentiel de croissance à l'exclusion des
activités de services liés à l'industrie, du secteur de l'immobilier et des
entreprises en difficulté.

Durée : La sortie du capital s'effectue dès que l'entreprise est en


vitesse de croisière.

Taux d'intérêt : Participation de la SPPP dans les bénéfices et les


pertes.

Montant Finançable : 49% maximum du capital de l'entreprise sans


que cette participation n'excède 10% des fonds propres de
Moussahama.

Chapitre 2 : Le rôle de la bourse dans le


financement des PME

Le marché financier ou plus couramment le marché boursier peut être


défini comme un système de mise en relation entre offreurs de
ressources épargnants et demandeurs de ressources à besoins de
financement.

Les premiers acceptent de mettre à la disposition des seconds leurs


excédents de ressources disponibles contre acquisition de titres de
participation et (ou) de créances porteurs d'un certain potentiel de
rémunération mais aussi d'un certain niveau de risque.

Agents à besoin de financement

Institutions financières

Marché financier
Souscripteur de titres

Emetteur de titres

Dépôts

Crédits

Titres acquis

Titres émis

1/ Le rôle de la BVC (Bourse de Valeur de Casablanca)

a -Historique récent du marché boursier

La BVC créée en 1929 fut de 1967 à 1993, un établissement publique


placé sous la tutelle de ministère de finance et dirigée par un conseil
d'administration et un directeur, ce dernier était nommé par Dahir.

La loi de septembre 1993, relative à la bourse de valeur modifie le


statut juridique de la BVC, et l'érige en société anonyme de droit privé
dont la gestion est concédée au collectif des sociétés de bourse de la
place, qui en détiennent le capital à parts égales. La Société de
Bourse des Valeur de CasaBlanca (SBVC) est alors née. Cette loi a
réformé en profondeur le marché, son organisation et son
fonctionnement.

b-Les produits financiers de la BVC

On distingue généralement deux produits financiers, parmi autres, qui


sont cotés à la bourse de CasaBlanca : les actions et les obligations.

Les actions

Il s'agit des valeurs à revenu variable, l'action est un titre négociable


représentatif d'un droit de propriété sur une fraction du capital social
d'une société.

Ce titre ouvre droit à rémunération appelée dividende et à


participation au pouvoir de décision. Le dividende distribué varie en
fonction du niveau de résultats et de la politique suivie par
l'entreprise. Les décisions sont prises en assemblée générale
d'actionnaires, chaque action donnant droit à une voix.
Ce titre donne aussi le droit préférentiel de souscription lors d'une
augmentation de capital, le droit d'attribution lors d'une augmentation
de capital par incorporation de réserves, ainsi que le droit de
communication des documents sociaux.

Les obligations

Ce sont des valeurs émises nécessairement sous forme de titres


négociables. Elles représentent des créances sur l'émetteur qui
donne à leur détenteurs le droit à la perception d'un intérêt et au
remboursement du capital à échéance.

Au Maroc, les obligations ne sont pas encore couramment utilisées


par les sociétés privées. L'émission d'obligation est essentiellement le
fait de l'Etat, à travers les bons de trésor, ou de certaines entreprises
publiques bénéficiant de la garantie de l'Etat. Comme le CIH, par
exemple, la part des transactions sur les obligations enregistrées à la
bourse de CasaBlanca, n'a présenté en 2004 que 4% de l'ensemble
des transactions.

c/ Le rôle économique de la bourse

La bourse assure trois fonctions essentielles :

ý Financer l'économie nationale

En collectant directement des capitaux auprès des agents


économiques qui disposent d'une capacité de financement, le marché
boursier procure des ressources à long terme à l'Etat, aux
administrations publiques et aux entreprises.

Ainsi, les privatisations effectuées par l'Etat marocain en ayant


recours à des introductions en bourse lui ont permis, depuis 1993, de
générer des recettes de près de 3,5 Milliards de Dirhams.

ý Organiser la liquidité de l'épargne

La seconde fonction de la bourse, complémentaire de la première,


consiste à lutter contre le risque d'immobilisation d'une épargne qui
hésiterait à s'engager si elle n'était pas rassurée sur sa faculté de
redevenir liquide.

ý Valoriser les actifs des entreprises

En affichant un cours chacune des actions cotées, le marché boursier


constitue un instrument de mesure irremplaçable pour estimer la
valeur d'une entreprise ayant une certaine dimension et ayant une
liquidité normale.

Cette mesure est d'autant plus importante qu'elle reflète les


anticipations des investisseurs sur les perspectives de croissance de
l'entreprise.

d - La BVC un rôle sommaire dans le financement de l'économie

Le marché financier marocain a été pendant longtemps marqué par


un manque de dynamisme et d'efficacité dans l'allocation des
ressources.

Ceci reflète fidèlement l'état d'une situation économique et financière


détériorée, mais aussi une réglementation inadaptée et dépassée
faisant du trésor public le principal acteur au niveau de ce marché.
L'éviction financière que causaient les titres de l'Etat au secteur privé,
combiné au caractère familial des moyennes et grandes entreprises,
candidates à la cotation boursière, a rendu le fonctionnement de ce
marché archaïque et inadapté pour assurer le financement de
l'économie dans les conditions d'efficacité et d'efficience.

e- Les caractéristiques de ce marché

ü C'est un marché peu développé:ceci apparaît à travers le niveau


des émissions et d'autres indicateurs tels la capitalisation boursière et
le chiffre d'affaire de la bourse.

ü la prédominance des investisseurs institutionnels faisant de la BVC


un marché très étroit et cloisonné.

ü l'importance de l'effet d'éviction des titres publiques et semi-publics.

ü comparé à d'autres pays de même envergure économique, le


Maroc est loin d'atteindre les normes internationales en la matière.

2/ L'introduction en bourse

L'introduction en bourse consiste dans la vente ou l'émission d'une


partie du capital de la société par ses actionnaires d'origine auprès
d'investissements extérieurs à l'entreprise.

a- Les conditions de l'introduction en bourse

Ces conditions concernent l'admission à la cote ainsi que les


conditions d'émission de titres d'actions ou de créances.
Le marché des actions à la BVC comporte aujourd'hui trois
compartiments de cotations pour les entreprises, dont les conditions
d'accès des PME, sont facilitées sur le troisième compartiment

Marché officiel Second


ou premier compartiment ou Troisième compartiment
compartiment second marché

Niveau de capital
15 M DH 10 M DH 5 M DH
social

40% du capital après


augmentation de capital de 3
Taux de diffusion
20% 15% M DH minimum au moment
du capital
de l'introduction réalisé pour
moitié auprès du public

Documents
comptables Sur 3 ans minimum
certifiés

Donner une information contrôlée par les autorités de bourse


Communication
permettant aux investisseurs de se forger une opinion fondée sur la
financière
valeur du titre

b - Le contexte économique des émissions des valeurs mobilières

Le marché financier joue un rôle essentiel dans la politique


économique, car il constitue une source de financement dont le
caractère non monétaire est assuré. Dés lors, le marché des valeurs
mobilières, marché des capitaux, a cinq fonctions principales :

· C'est un circuit sain de financement de l'économie nationale;

· C'est un moyen d'organiser la liquidité de l'épargne investie à long


terme;

· C'est moyen de mesure de la valeur des actifs;

· C'est un outil concurrent à la mutation des structures industrielles;


· C'est un lieu de négociation du risque.

Conclusion du 2ème partie :

Dans le cadre d'une stratégie de mobilisation de l'épargne, le Maroc à


l'instar de maints pays en développement est engagés dans un vaste
programme de dynamisation, d'ouverture et d'amélioration du
fonctionnement du marché boursier.Or le marché boursier est
considéré comme un moyen extrêmement coûteux : Les coûts de
transactions (les ressources engagées pour le fonctionnement des
marché financier montant à 25% de tout l'investissement nouveau).

L'introduction des entreprises en bourse procure une importance


masse de fonds qui lui permet de ne réaliser ses investissements
sans aucun engagement et d'assurer ainsi une rémunération sous
forme de dividendes à ses actionnaires.

Donc c'est une bonne orientation pour les entreprises désirantes être
cotées en bourse .L'inconvénient majeur à cette démarche est le
caractère très sélectif concernant l'introduction des entreprises en
bourse et cela en raison des contraintes du marché financier d'une
part et des conditions des emprunts contractés auprès des
établissements bancaires d'autre part .Les intérêts élevés sur les
emprunts viennent également entraver la croissance de l'entreprise
,sans oublier que la majorité des sociétés familiales refusent d'être
cotées en bourse pour éviter leur ouverture aux publics.

Enfin, le marché financier reste inefficient avec un marché de l'action


étroit et un marché secondaire des bons du trésor peu profond. De
même, les instruments financiers à court terme sont insuffisamment
diversifiés. Cette absence d'allocation optimale des ressources
financières avec une courbe réelle de taux gène considérablement la
croissance des entreprises