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PREMIERE PARTIE :

REGIME INTERNATIONAL
DES DIFFERENTS
RAPPORTS DE DROIT
PRIVE

TITRE I. LES OBLIGATIONS :


• Les obligations forment un lien de droit en vertu duquel en sujet
le débiteur est tenu envers un autre, le créancier, de faire ou de
ne pas faire.
Le créancier dispose des moyens de rappeler à l’exécution ou du moins à
une action en justice. La perspective d’exécution forcée vient donner le
caractère obligatoire, impératif => PERSPECTIVE DE CONTRAINTE
ORGANISEE.
Les obligations sont les instruments essentiels de l’échange social.

• Multiplicité des obligations : opposition traditionnelle entre


obligation contractuelle et non contractuelle :
o Cette classification ne recoupe pas toutes les obligations
o Cpdt, elle prend tout son sens avec l’élément clé du DIP, à savoir :
LA VOLONTE
 A l’égard de certaines obligations, la volonté est le facteur
décisif en ce qui concerne le contenu : domaine contractuel.
 D’autres obligations naissent d’une volonté, mais le contenu
se trouve dans ce cas déterminé par la loi : domaine non
contractuel.

SOUS-TITRE I.
LES OBLIGATIONS
CONTRACTUELLES :
Lagarde préfère parler d’obligation volontaire, Audit parle de contrat. L’appellation
« obligation contractuelle doit être entendue avec une certaine souplesse.

• Règlement 44 2001 sur la compétence des tribunaux sur l’exécution des


décisions contractuelles européennes, faisant suite à la convention de
Bruxelles : vise le pouvoir d’interprétation de la CJCE. La CJCE, le 17 juin
1992, a eu l’occasion de définir ce qu’était une obligation contractuelle :
« il ne peut y avoir obligation contractuelle quand il n’y a aucune
obligation librement consentie d’une partie envers une autre. »
o NB : cette formule vise aussi bien les contrats qui reposent sur une
volonté, qu’un engagement unilatéral dont une déclaration
unilatérale engendre l’obligation. La conception européenne est
donc plus large que la française.
• Le contrat est un acte de prévision : instrument au moyen duquel on
peut gérer son propre avenir. La volonté détermine le comportement futur,
raison pour laquelle le k est devenu l’instrument essentiel au niveau
international.
Le contrat est donc un programme d’action coordonné établi d’un commun
accord par les parties dans la vue de réaliser XXXXX.

• Il existe deux critères d’internationalité du contrat :


o Le critère économique repose sur l’idée du passage
transfrontalier des valeurs économiques. L’idée de mise en
cause des intérêts internationaux a été reprise par la CdC pour
valider la clause arbitrale.
Phénomène de frontière entre les marchés nationaux, de flux des
valeurs économiques transfrontalier.
o Le critère juridique : fiat que la situation s’inscrit dans une
situation comportant un conflit de loi. Le règlement prochain
ROME 1 (11 janvier 2009 ?) en fait l’objet.
Situation qui, par leurs sujets, objets, ou sources, sont au contact de
plusieurs actes juridiques nationaux. Il y a donc existence d’un
conflit de loi et il faut donc pouvoir choisir les prescriptions
applicables.
Hypothèse d’école (BERTON GOHENMAN) : un épicier italien,
travaillant sur Paris, se fournit en melon à Cavaillon. Il utilise donc
le chemin de fer français pour transporter la marchandise jusqu’à
Paris. Selon le critère économique, il n’y a pas de frontière.
Cependant, selon le critère juridique, il s’agit d’une situation
internationale. En effet, l’épicier est italien, or la nationalité joue un
rôle puisqu’est un facteur pertinent en matière de capacité. Pour
faire une lettre de change, il faut être capable. La capacité se lit
selon la nationalité.
o On peut affecter chacun des critères à des catégories
différentes :
-> On affectera le critère juridique au domaine des conflits de
loi, c.à.d. les lois déterminant les droits respectifs des contractants
par renvoi à un ordre juridique.
-> Le critère économique quant à lui conditionnerait la mise en
œuvre de règles procédant directement à la détermination des
droits respectifs, c.à.d. les règles matérielles de DIP. Elles
apparaissent comme une protestation aux règles de conflit de loi
puisque ces dernières sont toujours des règles internes. C’est
pourquoi le critère économique a suscité l’application de règles
contractuelles, notamment concernant la licéité des clauses
monétaires qui déterminent la monnaie qui sera utilisée dans les
relations contractuelles [les parties fixent une monnaie, en générale
stable, déterminant ainsi le risque d’inflation ou déflation auquel
elles s’exposent]. Cette clause monétaire était interdite en France
pendant longtemps, alors qu’autorisée par le JP depuis le 21 juin
1950, arrêt Les Messageries Maritimes.

o Il y a des règles de conflit de juridiction en matière


contractuelle :
Article 1er de la Convention de Bruxelles : « sont exclus du
domaine de ces textes, les litiges concernant les personne….et
l’arbitrage ». Malgré ces restrictions, ce texte est considéré comme
le vrai droit français en matière des conflits dans les contrats, en
raison d’une donnée quantitative et qualitative.
La convention de Rome de 1980 donne une solution de droit
commun en matière de conflit contractuel, mais non
exclusive (sera remplacée par le règlement Rome I) puisque l’
article 1er donne une liste conséquente d’exclusions dont le
contentieux fiscal, du droit public et certaines matières de droit
privé (état et capacité des personnes ; successions ; rapports
internes des personnes morales ; droit des trusts ; procédure). De
plus, il y a des matières privées gérées par d’autres conventions,
comme la Convention de la Haye du 2 octobre 1973 concernant le
droit à une pension alimentaire ; celle concernant les Pays-Bas, Italie
et France sur les régimes matrimoniaux….
NB : l’article 21 de la Convention de Rome ne veut pas que soit
établi une supériorité alors que le Règlement Rome I édicte que les
Etats sont liés par les conventions internationales et le restent, et
doivent donc appliquer à condition que ceux sont 2 Etats membres
qui soient concernés.

NB 2 : La convention de 1968 montre qu’il faut s’interroger sur le


droit applicable, pour que, quelque soit le juge statuant, il applique
la même loi. Mise en place ‘un comité pour créer un avant projet,
mais suite à l’adhésion de la GB au marché commun en 1973,
l’avant projet reste bloqué pendant 3 ans et n’aboutira finalement
que sur une convention concernant les obligations contractuelles :
convention de Rome de 1980 (en vigueur depuis 91).

• On essaie de combiner 2 options applicables en matière


contractuelle :
o Le subjectivisme : exaltation de la volonté des parties dans
le contrat. Les parties ne sont liées par aucune loi particulière.
Bien que la conception ne doive pas être interprétée à cette
extrême, les parties doivent pouvoir prévoir els issues pour les
différentes éventualités. Cependant, compte tenu de la cherté des
services, il y aura souvent un choix pour une loi modèle qui
correspond à la volonté des parties.
Conséquences :
 Si on a choisi une loi, celle-ci n’a pas forcément de
rapport avec la relation contractuelle. On pourrait même
se référer à une loi pour une partie du contrat et à une autre
loi pour une autre partie.
 Si on choisi une loi et que celle-ci a été modifiée (avec
portée rétroactive ou différée), ces modifications restent
sans effet.
 Si les parties ont choisi une loi qui annule le contrat,
c’est le choix de la loi qui est nul (et non le contrat) : on
considère que les parties n’ont pas choisi la loi applicable et
on cherche alors à quoi aurait pu penser els parties comme loi
applicable : reconstitution d’une volonté non eue.
Cette orientation n’a jamais été appliquée dans toutes ses
conséquences (le dr angl et all ont cette vision mais pas entièrement
quant aux conséquences).

o L’objectivisme : cette conception s’est créée du fait du problème


d’inexécution : comment réagir et effectuer une exécution forcée si
un contrat n’est pas valable ? Il existe en effet une limite à la
volonté des parties : le caractère obligatoire de la loi
(induisant une exécution forcée des obligations) donne envie
aux parties de se retourner vers les institutions établies.
Il y a des conditions à respecter pour pouvoir effectuer une
exécution forcée : nécessité de savoir si un échange de
consentement est obligatoire ou non dans uen perspective
d’exécution forcée.
Ici, le contrat est un instrument économique qui obéira à la loi
national pour voir quel est le marché qui l’intéressera. On admet
donc que les parties puissent indiquer au juge la loi à laquelle il
devra se référer, sous réserve du pouvoir de rectification du juge.
 Idée qu’il n’y a pas de contrat sans loi (cf. arrêt 21 juin 50,
Les messageries maritimes)
 Il n’y a pas de choix arbitraire de la loi, il s’agit
nécessairement de la loi nationale
 La loi qui s’applique peut très bien annuler le contrat
(arrêt Du 19 mars 1986, Géoservices International c. Surget)
 Il n’y a pas de métissage possible au sein du contrat
 Si le contenu de la loi est modifié par le législateur, le
contrat reste soumis à cette loi et devra suivre les
modifications.

o La jp française pourrait être objectiviste, mais devient de plus en


plus subjectiviste, comme le montre un arrêt du 6 juillet 1956,
Fourrures Renel (n°35 des grands arrêts) selon lequel la loi
applicable aux contrats est celle choisie par les contractants.
A défaut d’un choix express, le juge déterminera la loi applicable, tel
que les parties l’auraient fait.
L’arrêt de la CdC, Marcator press, du 25 mars 1980, précise le rôle
du juge qui repose sur une théorie modérément objectiviste : si la
location du contrat dépend de la volonté des parties, c’est
au juge d’interpréter cette volonté.

=>Il y a donc un esprit de faveur pour la volonté des parties et un souci de


maintenir l’autonomie de dr des Etats puisque c’est au moyen des instruments
de dr étatique que l’on règle les pb de dr international privé.
CHAPITRE Ier. LE POUVOIR DES
PARTIES
->Le pouvoir des parties procède de l’autonomie de la volonté appliquée à la
détermination de la loi régissant les dr et obligations respectifs des parties.

->Problématique d’inégalités entre les parties : ex des k mixtes (entre


consommateurs et fournisseurs). La position de faiblesse d’un des contractants-
assurances, banque et finance.

SECTION 1ERE LE PRINCIPE DAUTONOMIE


S SECTION 1. AFFIRMATION DU PRINCIPE :

A. LE PRINCIPE DE LIBERTE DE CHOIX :

• Article 3 de la convention de Rome : le contrat est régi par la loi


choisie par les parties. C’est donc la loi qui s’impose aux parties. Le k
fait l’objet d’un choix portant sur un système juridique qui sera applicable
=> respect de l’ensemble des disposition impératives de ce syst juridique/
r supplétives.

• Terme « Loi » veut dire que le contrat est SOUMIS A LA LOI D’UN
ETAT (« loi » renvoie au législateur, par opposition à tout organisme
extérieur aux autorités étatiques) ou à des conventions.
o On peut donner à la loi un sens plus large non limité au sens
étatique :
-la lex mercatoria : ens. de r émanant de la pratique, suivi dans le
CI (voir sanctionné par la jp arbitrale ou étatique),
-les principes UNIDROIT comme normes de référence commune,
-les principes Lando.
o Cpdt, il semble que les Etats aient résisté à cette conception
(qui par contre était partie pris de la convention rgmt ROME I).
En réalité, il est difficile de maintenir une position aussi fermée que
celle adoptée.

• Il faut que cette loi soit CHOISIE PAR LES PARTIES :


o en général les Etats admettent que leurs lois soient choisi pour
régir les contrats internationaux, elles ont disponibles.
o Peut-on choisir n’importe quelle loi ? Oui. Ainsi, il est assez
fréquent en pratique de choisir une loi neutre.
o Cependant le contenu de la loi doit traiter du projet
contractuel. C’est le contenu de la loi qui est donc déterminant.

B. LES LIMITES : LA LIBERTE DES PARTIES N’EST PAS


ABSOLUE, IL FAUT QU’ELLE SOIT JUSTIFIEE.
• Ainsi, il existe à l’article 3 § 3 des réserves concernant les
contrats purement internes : Refus d’une « internationalisation
volontaire du contrat » : lorsque tous les éléments de la situation
sont localisés au moment de ce choix dans un pays autre que le pays
dont la loi est choisie, le choix des parties ne doit pas porter atteinte
aux dispositions auxquelles les lois de ce pays ne permettent pas de
déroger d’un commun accord => ce sont les lois purement impératives.
Ainsi, si on choisit une loi étrangère comme loi du contrat, celle-ci ne
peut pas déroger aux lois impératives de l’Etat.
=>L’intérêt de cette disposition c’est qu’elle laisse le contrat
objectivement interne être soumis à des dispositions impératives
de la loi du pays objectivement concerné.
• Il y a eu une volonté de transposer cette solution au niveau
communautaire mais pb du choix de l’instrument de
communautarisation. Ainsi, le pb se poserait quand le contrat voudrait
être régi par une loi d’un pays hors communauté puisque le contrat
devrait alors se soustraire aux lois communautaires impératives.
Article 3 §4 du règlement ROME I : Le choix d’une loi applicable,
autre que l’Etat membre, ne doivent pas porter atteinte aux
dispositions de droit communautaire auxquelles il n’est pas
permis de déroger.
=>Le choix de la loi applicable réserve toutes les dispositions qui
transposent le dr communautaire. Il y a aussi nécessité de choisir
entre les transpositions des différents Etats en cas de conflit.

SOUS-SECTION 2. MISE EN ŒUVRE DU PRINCIPE

-Soumission aux art 8, 9 et 11 de la convention concernant les éléments de


validités du k : c’est la loi du k qui va contrôler la validité du choix dont
elle a été l’objet.

-La clause de choix peut ne pas être valable => situation donc où les parties
n’ont rien choisi. Renvoi à l’article 3 et principe objectiviste s’applique :
recherche de la loi du k. Article 4 : choix de la loi objectivement désigné.

A. LA MANIERE :

1. FORME DU CHOIX :
• Si le choix est expresse, il n’y a pas d’ambiguité, on s’en tient à se
choix. « Le choix résulte expressément…. ».
• Il y n’y a pas de choix tacite : ceux qui se taisent ne choisissent
pas.
• Cpdt, il y a aussi des choix implicites dus à des comportements
particuliers. Le dr communautaire exige que le choix implicite soit
suffisamment clair malgré tout pour qu’on ne s’y trompe pas :
« résulter de façon certaine des dispo du k ou des circonstances du
k ». C’est notamment le cas quand les comportements sont
concordants. Le juge devra donc interpréter les circonstances de la
cause.
NB : Théorie selon laquelle la désignation du juge (et non de la loi)
compétent équivaut à un choix de loi : « celui qui choisit le juge,
choisit la loi ». Refus de retenir cette disposition.
2. L ETENDUE DU CHOIX
• Dépeçage du contrat possible : loi qui s’applique qu’à une
partie du contrat. Cette thèse de Lagarde veut une pleine
étendue de la volonté des parties.
• Il y a toutefois une exigence de cohérence ce qui vient limiter
la fantaisie des parties.

B. LE MOMENT DU CHOIX
L’article 3.2 de la Convention donne effet à un choix de la loi
applicable par les parties effectuées postérieurement à la
conclusion du contrat=> manifestation du principe de liberté de
choix. Un choix postérieur peut toujours se manifester de manière
implicite lorsqu’un litige s’élève et que les parties plaident
spontanément selon une loi donnée.
Pratiquement, 2 situations peuvent se présenter :
-les parties n’avaient effectué aucun choix au moment de la conclusion
du contrat. La loi applicable devrait donc être déterminée par le juge
selon l’article 4. On ne voit donc aucun inconvénient à ce que les
parties fixent a postériori la loi.
-les parties avaient effectué un choix mais décident de le modifier en
désignant une autre loi, soit pour l’ensemble du contrat, soir pou telle
de ses parties.
Dans tous les cas, lorsqu’un tribunal a été saisi, la loi de procédure
pourra fixer les conditions ou les limites à la possibilité de désigner ou
de modifier la loi applicable.

La convention ne précise pas la forme d’un choix tardif, d’où


une possibilité d’exigence.

La possibilité d’une désignation de la loi applicable postérieurement


au contrat est assortie d’une précision et d’une réserve :
-un tel choix ne doit pas affecter la validité formelle du
contrat.
-le droit des tiers : même si la loi nouvelle ne permet pas que le
contrat crée des droits en faveur de tiers, il ne faut pas que le
changement remette en cause des droits valablement conférés
selon la loi qui s’appliquait antérieurement au contrat. (question des
droits acquis résolu selon les ppes de DIP du for).

Entre parties, la désignation ou la modification du droit


applicable peut être rétroactive ou ne prendre effet qu’à sa
date selon la volonté des parties. A défaut de choix, le
changement ne doit pas conduire à remettre en cause l’effet d’actes
accomplis par les parties. De plus, les parties n’ont pas le pouvoir de
placer sous l’empire d’une loi donnée une opération ou une clause
qui ne seraient pas valides selon cette loi.

SOUS.SECTION 2 LE DOMAINE DU PRINCIPE


§1. DOMAINE DE LA LEX CONTRACTUS :

Article 10 de la conv. de Rome (devenue art 12 dans le futur règlement).

A. Alinéa 1er
Enumération de différentes questions relevant de la loi du contrat. 5
questions.

a. L’interprétation du contrat :
L’interprétation tend à préciser la portée contenue des engagements des
parties. Pour connaitre la volonté des parties, il faut se référer à la loi des
contrats et aux techniques d’interprétation des contrats (par exemple, il y a
des manières d’interprétation dans le code civil, pour els juges du fond // en
GB ou ALL, il y a des règles d’interprétation plus stricte).
La solution reste un peu de pratique.
Il n’y a qu’une seule loi du contrat. Là où devrait régner un esprit de
coopération, c’est un esprit de suspicion qui risque de s’établir (du fait du
‘forum shopping’).

b. L’exécution des obligations


Elle relève de la loi des parties puisque l’exécution doit correspondre aux
prévisions des parties, fixées dans le contrat. Doit donc être conforme à la
loi applicable au contrat.
Cet article 10§1er B ne résolve pas la question de la monnaie de compte :
cette question a donc, pour les trib fr, aurait intégré en 89 le projet de loi et
donc la loi des contrats, alors que l’arrêt Les Messageries. Il y a donc une
modification de la solution française car l’article 10 ne fait pas de réserve.
Le contrat fixe le programme d’action qui s’impose au débiteur mais ne
prévoit pas la mise en œuvre de l’accomplissement de ces opérations. Cet
accomplissement peut intéresser la loi du lieu d’exécution. La mise en
œuvre ne relève pas forcément de la loi du contrat.
=> inclut les règles de diligence requis, le lieu et le moment de l’exécution,
les modalités des obligations, les conditions de paiement.

c. Les conséquences de l’inexécution


C’est à la loi du contrat de fixer le caractère obligatoire du contrat,
procédant de la loi qui lui est applicable : nécessité ou non d’une mise en
demeure, causes d’exonération (FM), solutions ouvertes au créancier de
l’obligation inexécutée (exception d’inexécution, exécution forcée,
possibilité d’un délai de grâce, résolution du contrat, dommages-intérêts,
réduction du prix).
La convention formule une restriction selon laquelle l’application de la loi du
contrat ne peut se faire que dans les limites des pouvoirs attribués au
tribunal par sa loi de procédure. Cette précaution a été prise car en matière
contractuelle, le juge n’a pas le pouvoir d’organiser l’exécution forcée en CL.
Il se résout par la voie d’allocation de dommages et intérêts. Ainsi, si c’est
le juge angl qui est saisi, on ne peut pas lui demander de prononcer une
exécution forcée, car il n’y ait pas habilité : on s’incline devant la loi du juge
saisi.
Pour évaluer le préjudice du contractant lésé : montant des do-î fixé selon la
loi du contrat. Mais en général, cela n’est pas dans le contrat, c’est donc au
juge de fixer le montant du préjudice.
d. L’extinction des obligations :
« Les divers modes d’extinction des obligations, ainsi que les prescriptions
et déchéances fondées sur l’expiration d’un délai ».
C’est la loi des contrats qui est applicable.

e. Les conséquences de la nullité du contrat :


L’annulation d’un contrat est la sanction attachée à la violation de certaines
conditions de la forme d’un contrat. La définition de la sanction appartient à
la loi de la condition violée : ce n’est pas forcément la loi des parties. C’est
la loi sur la capacité par exemple qui aura vocation à appartenir.
L’article 10 §1 e ne vise que les conséquences : ce sont tous les
tempéraments apportés à la nullité, la responsabilité encourue du fait de
l’annulation.

B. ALINEA 2 :
« En ce qui concerne les modalités d’exécution et les mesures à prendre par
le créancier en cas de défaut dans l’exécution, on aura égard à la loi du
pays ou l’exécution a lieu ».
La lex contractus prévoit la loi d’exécution mais cet Etat peut avoir lui-
même des dispositions quant à l’exécution : il faut prendre en compte les
dispositions locales.
La disposition n’écarte pas la loi du contrat concernant l’inexécution. Les
opérations d’exécutions se situent en général sur le territoire d’un Etat, de
même que les mesures à prendre se font par les autorités de l’Etat.

Par exemple, il y a des règlementations locales où on ne peut pas travailler.


Si la livraison doit se faire un jour férié dans l’Etat en question, elle ne
pourra pas se faire, et dans ce cas on ne pourra pas parler d’inexécution :
cas de prise en considération pour l’application de la loi désignée, d’une loi
non désignée.
On intègre dans la lex contractus des considérations sans pertinence dans
les cas interne : phénomène d’internationalisation de la loi applicable :
modifie le comportement de la loi applicable lorsqu’elle intervient au niveau
international.

§2. SOLUTIONS PARTICULIERES

A. QUESTION DE FOND :

1. LA FORMATION DES CONTRAT


Un certain nombre de condition doit intervenir : consentement, validité au
fond….

a. CONSENTEMENT ET VALIDITE AU FOND


Dans la convention, article 8 : on soumet le consentement et les conditions
de validité à la loi choisie par les parties.

Question de la valeur du silence :


L’acceptation tacite d’une proposition vaut-elle engagement ?
Exemple d’une relation contractuelle avec choix de la loi allemande. Les
conditions générales de vente ont été adressée après la conclu du contrat à
son client résidant en France. Ces conditions prévoient que le vendeur se
donne une marge d’approvisionnement (il fera tout pour obtenir la qualité
voulu, mais si impossible, le prix sera réduit). Il adresse ces conditions
générales au client fr avec une lettre de confirmation, où figure le choix de
la loi allemande et sa précaution prise. Le client ne répond pas à cette
lettre. Quand il reçoit les matériels commandés, il s’aperçoit que ce n’est
pas la qualité conclue => opposition d’intérêt entre vendeur et acheteur.
Les conditions de vente s’imposaient-elles au client français alors qu’il ne
les a pas contestés.
La solution est que pour établir que la partie fr n’a pas consentie, peut se
référer à la loi où il a son domicile principal (ici la France) s’il ne parait pas
raisonnable d’imposer la solution de la loi du contrat. Ainsi, selon la loi
allemande, la condition s’impose, mais pas selon la loi française.
Donc en principe, selon l’article 8 §1 c’est la loi du contrat qui s’applique,
sauf quand plus raisonnable d’appliquer à la loi du pays où le contractant a
sa résidence habituelle. (art. 8§2)

b. La capacité : article 11 (13 pour le règlement) :


Lors d’un arrêt de la Cdc, celle-ci a énoncé que les commerçants fr ayant
traité sans imprudence et de BF doivent voir s’appliquer la loi fr.
La convention a repris la règle de l’ignorance excusable de la règle
étrangère applicable : quelque soit la loi applicable, concernant la
capacité elle risque d’être écartée, du moment que ce n’est pas la loi du
lieu.

2. LE TRANSFERT DES OBLIGATIONS


a. Toutes les opérations de cession de créance, il y a un créancier, un
débiteur et un tiers cessionnaire de la créance-nouveau créancier-. Il faut
s’assurer que les paiement exécutés par le débiteur soient libérateur (il doit
payer au cessionnaire et non au créancier). En DI, on a décidé que la
cession était distincte de la créance. Il y a autonomie (dans la loi) de la
cession par rapport à son objet, selon l’article 12. En revanche, les rapports
entre le cessionnaire et le débiteur continue à être régis par la loi de la
créance cédées.
Il y a d’autres rapports, notamment tout ce qui concerne les créanciers de
celui qui a cédé sa créance : l’actif de ces créanciers a disparu donc ils
peuvent être déçus. L’article 12 ne dit rien à ce sujet, en revanche le
règlement disait auparavant que la solution était celle de la résidence
habituelle du cédant (cédant qui est leur débiteur à eux).

b. Quant à la subrogation légale : article 13


Solution que la jp avait adoptée en 1970, rev. Crit 70 p.688 (Paul Lagarde) :
loi de l’institution pour le fonctionnement de laquelle la
subrogation a été créée.
Arrêt rendu dans une affaire d’accident d’automobile : passagés américains,
militaires affectés à une base fr. La victime a été soignée : frais médicaux
pris intégralement en charge par le gvmnt des US à travers l’institution
militaire. Le gvmnt a essayé de recourer en partie auprès du conducteur : le
gvmnt am a exercé les dr que la victime avait contre le conducteur (il y
avait donc subrogation). Quelle est la loi applicable ? Celle du lieu
d’accident ou autre ? On a estimé que la subrogation fonctionné dans le
cadre de l’institution militaire, et donc c’est la loi américaine qui devait
s’appliquer.

c. Cas où le créancier est payé apr un de ses débiteur sur l’ensemble. C’est
la loi de la relation entre els différents codébiteurs qui devra être suivie
selon la convention (article 16 du règlement).

B. QUESTION DE FORME ET DE PREUVE

1. QUANT A LA FORME : ARTICLE 9 (article 11 du règlement) :


Il met en œuvre le caractère facultatif de la règle locus regit actum.
D’un côté la loi du territoire est la plus simple, mais on admet aussi la loi du
fond puisque parfois la forme n’est q’un accessoire au fond.
Dans la convention de rome : en dr fr, il faut que les parties choisissent la loi
de forme qui doit s’appliquer ; alors que dans la convention il y a une
compétence partagée : c’est le juge qui vérifie s’il y a conformité soit vis-à-
vis de la loi du lieu ou de la loi du fond.

2. QUESTION DE LA PREUVE : (article 14)


Relève plus de la procédure que de la forme. Il y a tout de même un cert
nombre de règle qui touche à la preuve qui sont justifiées par des raisons de
fond (pésant sur la détermination du risque de la preuve). Cela fonctionne
sur des présomptions, déplaçant la charge de la preuve. C’est la lex
contractus qui s’appliquera.
Quant aux modes de preuve, article 14 de la convention prévoit une option
entre la loi du juge saisi et la loi de la forme : on admet tous les modes de
preuves prévu par la loi qui règle la forme de l’acte (renvoi article 9) + ceux
retenus par la loi du juge saisi. Encore faut-il que les modes de preuves
admis par la loi de la forme puissent être administrés devant le juge saisi
(distinction admissibilité et admission).

SECTION 2. LES LIMITES A LA LIBERTE DE CHOIX

Limites car dans les relations qui se nouent, il y a quelque fois des
rapports de faible à fort. On a donc identifié des parties faibles : les
salariés face aux employeurs, les consommateurs (là c’est la fonction de
consommation que l’on veut protéger). On a oublié l’assuré (catégorie
protégée pourtant dans le cadre Bruxelles 1), l’article 7 du futur règlement
Rome I en parlera en revanche.

SOUS SECTION 1. LE CONTRAT CONCLU PAR LE


CONSOMMATEUR :
On s’est aperçu que la liberté opprimait la partie faible.
Pour protéger le consommateur, on a choisi un système raisonnable. En
décidant d’orienter l’autonomie reconnue au contractant, en établissant une
intangibilité de la protection impérative du pays de la résidence habituelle du
consommateur.
§1. DOMAINE DE L’AUTONOMIE RESTREINTE :
On a au départ adopté une position non généreuse. On a accumulé les
critères. (article 5)

A. CRITERE PERSONNEL :
Celui de la qualité de consommateur (final) : celui qui contracte pour un
usage pouvant être considéré comme étranger à sa compétence
professionnelle.

B. CRITERE MATERIEL :
C’est le type de contrat : l’objet de contrat doit être un bien mobilier ou
un service.
Ce peut être aussi le financement du bien mobilier ou d’un service.
Exclusions dans la convention de Rome: contrats de transport et
services fournis hors du pays de la résidence habituelle.
Exclusions dans le règlement : baux d’immeuble, contrat sur le biens
réels, les opérations de bourse.

C. CRITERE CIRCONSTANCIEL :
L’opération doit faire suite à une démarche du fournisseur : i l faut une
immixion active du fournisseur dans le cadre de vie du consommateur :
-le consommateur a répondu à une sollicitation du fournisseur
-réception de la commande dans le pays de la résidence habituelle
-le contrat est une vente de marchandise et que le conso se soit rendu du
pays de sa résidence à un pays étr à la condition que le voyage ait été
programmé par le vendeur dans un but d’incitation à une vente.

Rome I abandonne cette condition d’immixtion active et retient une vision


plus générale : quand le professionnel exerce une activité dans l’Eta membre
ou dirige ses activités vers l’Etat membre du consommateur (ou dans
plusieurs Etats membres dont celui du consommateur). Cette dernière
proposition a pour but de régler le problème du commerce électronique.
Réserve : il se peut que le fournisseur ait contracté avec un conso dont il
ignorait la résidence habituelle : exonération de la protection.

§2. LOI DE PROTECTION OPTIMALE :


Elle pose cependant un problème de performance.
Il est délicat de savoir exactement quelle a été l’inspiration de l’auteur de la
convention dans ce domaine : on peut envisager le cas où les parties
choisissent une loi, différente de celle du pays du consommateur. La loi de la
résidence habituelle du consommateur va fixer le plancher de la protection.
L’article 5.2 dispose que le choix de la loi applicable « ne peut avoir pour
effet de priver le consommateur de la protection que lui assurent les
dispositions impératives » de la loi de sa résidence habituelle aux conditions
précédemment décrites. Ainsi, si la loi qui est choisi par les parties
librement, fait perdre une partie de la protection qu’imposent les
dispositions impératives de la résidence habituelle, ce sont ces dispo
qui vont s’appliquer au détriment de la loi choisie par les parties. Il y
a donc une thèse qui sanctionne le déficit de protection ( et non la différence
de protection) qui voulait que ce soit la loi la plus favorable qui
s’applique.

-Autre possibilité de raisonnement (non retenu par la convention) : Le choix


de la loi applicable ne peut pas porter atteinte aux dispositions impératives
de la loi de la résidence habituelle : autrement dit, elles collent à la peau du
consommateur, même si elles sont moins favorables ! En réalité, l’objectif est
que le consommateur connaisse ses moyens de défense et sa loi : ainsi il
n’hésitera pas à se défendre (rattachement psychologique évince le
rattachement volontaire lorsque la loi choisie ne coïncide pas avec la loi
impérative).
Thèse qui sanctionne la différence de protection.

La Cdc a dit qu’il fallait une appréciation globale, mais rapportée au cas
particulier.

SOUS-SECTION 2. PROTECTION DANS LE CONTRAT


INDIVIDUEL DU TRAVAIL
On laisse les parties choisir la loi qui lui est applicable. Le patron ne peut pas
priver le salarier de la protection : lex protectionis qui est en principe celle du
lieu d’exécution du contrat de travail : c’est la loi du lieu d’établissement
d’embauche qui doit être suivie s’il y a plusieurs lieux d’exécution.

CHAPITRE 2. LE POUVOIR DU
JUGE
Si les parties n’ont pas choisi la loi applicable, il y aura alors intervention du juge.
Un rôle de police du contrat du juge exercé par des règles impératives que le
juge va mettre en œuvre.
Le juge a un rôle moteur dans l’application.

SECTION 1. LA SUPPLEANCE DES PARTIES


A la base, c’était le principe « lex regit actum » (= le lieu de conclusion du
contrat) qui déterminait la loi du contrat.
Si l’automaticité de la règle a disparu aujourd’hui (les parties déterminent la loi
du contrat), cela n’enlève pas toute marge au juge. Il faudra en effet parfois
identifier où la conclusion est intervenue.

Le rattachement unique n’est en effet pas approprié à l’ensemble des relations


contractuelles puisque ne prend pas en compte l’existence de contrats spéciaux
(contrats nommés). Donc avoir une loi unique est rudimentaire + ne s’accorde
pas avec la liberté contractuelle. La CdC en France avait décidé que le juge
devait se fonder sur l’économie du contrat et les circonstances de la cause.

Il faut rechercher une loi appropriée au contrat. 2 orientations :


-thèse subjectiviste : faut se rapporter à la volonté. Thèse de la volonté
hypothétique (plus la vision allemande)
-thèse objectiviste : on ne peut pas se rapporter à la volonté puisque ne se sont
pas exprimés. Faut regarder ce qu’ont fait les parties et dans quel Etat le contrat
s’inscrit. Thèse de la localisation objective (plus la vision française).
-incompatibilité théorique : d’où jp allemande n’admettait pas le renvoi en
matière de contrat, contrairement à la jurispridence français.

Solution de la Convention de Rome :

§1. LA REGLE GENERALE ARTICLE 4 :


« quand il n’y a pas de choix de loi dans le contrat, il sera régi par la loi de l’Etat
qui possède les liens les plus étroits ».

A. CONTACT ENTRE UN ETAT ET UN ACTE JURIDIQUE :


-contacts qui passent par les contractants : nationalité, domicile des contractants
-le lieu de conclusion est aussi un contact ( privilégié avant)
-la forme de l’acte (emprunté à une loi)
-l’objet du contrat
-les caractères de l’acte et les liens qu’il entretien avec d’autres contrats
-le contenu des obligations
-lieu du règlement des différents, lieu d’exécution des obligations

B. LA VALEUR DES CONTACTS


On parle assez souvent à propos de cette règle de l’article 4 de principe de
proximité. C’est l’ordre juridique le plus proche qui sera déclaré applicable.
Il y a au moins 2, voire 3 acceptations de cette notion de proximité :
-elle peut être purement géographique (rattachements locaux)
-elle peut-être juridique ou matériel : la valeur de chaque contact se mesurera à
son aptitude à désigner une loi conforme à la nature des rapports.
Ex : la nationalité est un contact qui a une importance pour le statut personnel ;
sur le plan des relations patrimoines qui n’ont pas d’intérêts personnels, le
rattachement à la nationalité n’a pas grand intérêt, ni pour relation contractuelle.
C’est le juge qui va faire peser tous ces contacts.

§2. LE LIEN PRESOMPTIF ARTICLE 4§2

La convention de Rome a mis en place un rattachement présomptif qui semble se


concilier avec le principe de proximité. C’est une prestation caractéristique.
L’article dit qu’il est présumé que le contrat présente le lien le plus étroit
avec le pays où la partie qui doit fournir la prestation caractéristique a,
au moment de la conclusion du contrat, sa résidence habituelle. S’il y a
plusieurs endroits, on recherchera le principal établissement.

A. QU’EST-CE QUE LA PRESTATION CARACTERISTIQUE :


<=>Prestation réelle par opposition à la prestation pécuniaire,
contre laquelle on versera une somme d’argent. On dit qu’elle est caractéristique
car déterminante de l’économie du contrat (intérêt commun portant sue la chose
vendue), exprime la finalité de la pratique de l’opération. Elle réalise la fonction
socio-économique du contrat. C’est à parti d’elle que seront pris tous les
engagements du contrat.
En Allemagne et en Suisse, jusque dans les années 50, on pratiquait la
théorie de contrat non comme acte global, mais come acte de circonstance :
chaque obligation aurait sa loi. La prestation avait donc pour fonction de
regrouper toutes ces obligations. Cela s’est fait ensuite par l’arrêt Chevallet.

B. COMMENT LOCALISER LA PRESTATION CARACTERISTIQUE ?


-On a choisi la résidence habituelle
-On aurait pu choisir le lieu d’exécution : semblait plus logique mais connait des
inconvénients pratiques : Il y a des prestations caractéristiques complexes (cas
du mandat d’exécution dans plusieurs lieux).
-Il faut rappeler que s’agissant de la localisation, la théorie des gares principales
s’applique (les personnes morales peuvent être assignées au lieu ou se situe
n’importe quelle de ses succursales en rapport avec le litige).

C. LA PRESOMPTION

1. LA NATURE DE LA PRESOMPTION
a. FAUSSE PRESOMPTION qui s’inscrit dans le domaine de la preuve.
C’est une désignation qui va permettre d’éviter la quête des indices. Désignation
d’éléments qui assure l’insertion du contrat dans le marché international.

b. LA VRAI METAPHORE
C’est seulement si on estimait que la résidence habituelle n’exprime pas les liens
les plus étroits que l’on pourra s’en défaire. A ce moment là, on passe à l’examen
des circonstances.
Cette interprétation avait facilement été adoptée par les juristes français.
Allemands et italiens ont interprété différemment l’article 4 : ils se lancent
directement dans la recherche de liens les plus étroits. Ils procèdent donc à
l’inverse d’une réduction du travail des juges puisqu’ils pensent que la
présomption n’est qu’une aide.
C’est pourquoi une modification a été apportée par el règlement (plus clair) qui
se trouve plus attentif aux difficultés que rencontre le juge.

• Combinaison §2 et § 5 : combinaison qui fait que les juridictions ont


considéré qu’il y avait 2 § qui donnaient la règle. Le §2 donne
rattachement : il fau vérifier si le juge ne parvenait pas à trouver le
rattachement en vertu du §1, il pouvait alors appliquer le §2. 2ème shéma
de l’application de l’article 4 de la convention.
ARTICLE 4§5 : « Les présomptions des §2, 3 et 4 sont écartées lorsqu’il
réuslte de l’ensemble des circonstances que le contrat présente des liens
plus étroits avec un autre pays ».

• L’embarra d’interprétation a conduit à de nombreuses modifications


dans le Règlement Rome I.
o Les formules générales ont disparu : rattachement spécifique pour
certains contrats. Idée de présomption est plus effacée « La loi
applicable aux k suivants et déterminée comme suit… ». Il y a un
rattachement particulier pour chaque type de contrat.
o Globalement, il y a une consécration de l’idée de prestation
caractéristique dans la convention : Article 4§2 n’établit qu’un
rattachement présomptif . En revanche, dans le règlement les
rattachements n’ont pas de caractère présomptif, mais il existe tout
de même une clause échappatoire : désignation avec réserve des
liens les plus étroits.(§3) Réserve pour les droits réels immobiliers –
lex rei sitae- rattachement inexplicable retenu + réserve des liens
les plus étroits pour les contrats de location de courte durée qui
echapperont à la lex rei sitae.
o D’autres contrats s’écartent de l’idée de prestation caractéristique :
comme, par exemple, le contrat de franchisage et de ditribution, les
rapports franchisés-franchiseur. Article 4§4 : « Si la loi applicable ne
peut être déterminée sur la base du §1 ou 2 ».
o Quoi qu’il en soit, la réserve des liens manifestement plus étroits
subsistent dans le Règlement.

=>L’idée de proximité du contrat par rapport à l’OJ n’est plus qu’un


tempérament et ce sont d’autres idées qui ont conduit à tel ou tel rattachement.

2. LIMITES DE LA PRESOMPTION :
Il y a bien des hyppothèses où il ya défaillance de la rpestation caractéristique,
que c soit dans le cadre de la convention ou dans le cadre du règlement :
-Dans la convention : renvoi au ppe général des liens les plus étroits (article 4§5,
clause échappatoire)
-Dans Règlement, article 4 dit que le contrat n’est pas régi par le §1 : répartition
à titre subsidiare de l’idée de prestation caractéristique.
S’il résulte de l’ensemble des circonstances que le contrat devrait être régi par
une autre loi que celle désignée par le §1, le contrat sera régi par la loi du lien le
plus étroit.

SOUS SECTION 2. LES SOLUTIONS PROPRES A CERTAINS


CONTRATS :
Dans la convention de Rome on soustrait certains contrats à la règle générale,
mis à part les contrats sur les drs réels immibiliers et les baux d’immeubles.

Les contrats de transport de marchandises qui apparaissent à l’article 4§4


fontl’objet de l’application de l’article 5 du règlement : la convention de Rome
utilisait un rattachement présomptif-le lieu d’établissement du transporteur (lieu
présumé avoir les lien els plus étroits)- mais ce rattachement étant trop faible, il
fallait que ce lieu soit aussi soit le lieu de chargement soit le lieu de
déchargement. Solution retenue par Rome I, article 5§2 du règlement ;

Le contrat de transport de passagers : option fermée limitée à plusieurs


rattachements en casacade : normallement c’est la loi du pays de la résidence du
passager, renforcée par le lieu du départ/ d’arrivée du passager. Si ça n’est pas
le car =>lieu d’établissement du transporteur.

Contrat de travail : loi d’exécution principale de la prestation du travail, sinon


établissement de l’employeur, le tout sous réserve des liens les plus étroits avec
un autre pays.

SECTION 2. LA POLICE DU CONTRAT

§1.
Définition de loi de police a été empruntée à la CICE interprétant la convention
de Rome. Inspirée par la doctrine française.
Définition : Article 9 du règlement Rome I : Une loi de Police est une
disposition impérative dont le respect est jugé crucial par un pays pour la
sauvegarde de ses intérêts publics –tel que son organisation so, éco ou politique-
au point d’en exiger l’application à toute situation entrant dans son champ
d’application quelle que soit par ailleurs la loi applicable en vertu du présent
règlement.
« Dispositions impératives dérogatoires » pourrait être substitué à « loi de
police » dans le projet final.
C’est donc la priorité des intérêts généraux de la collectivité sur les intérêts
particuliers.

Nous avons déjà rencontré cette notion de disposition impérative à l’article


3§3 Cas pour les consommateurs ou contrat de travail.

Il y a donc 3 catégories de dispositions impératives :


• règles impératives de droit interne (article 3§3) appellées « lois
simplement impératives ». Lorsque le contrat est purement interne, il
est soumis à la loi du pays avec lequel il a lieu, mais les parties peuvent
choisir une loi étrangère, sous réserves des disposions simplement
impératives. Ainsi, il faut admettre le choix des parties mais elles ne
peuvent pas écarter les dispositions simplement impératives du pays
concerné.
• Règles impératives de protection de la partie faible qui ont
vocation à contrarier le choix des parties (consommateur et salariés).
Ces lois sont internationalement impératives mais de façon
conditionnelle. Si le choix par les parties ne les contredit pas, c’est la loi
du contrat qui s’applique.
• LP : règles internationalement impératives et pas conditionnel.

L’existence de ces 3 catégories ne simplifient pas les choses car il peut y avoir un
conflit d’impérativité. Cas de dispositions de protection qui sont aussi des LP…

Application des LP :
-les LP du juge saisi doivent s’appliquer
-il y a des LP aussi dans la lex contractus : il faut les appliquer tel qu’on les
interprète
-difficulté des LP qui devraient s’appliquer, mais qui sont des LP d’un Etat tiers
(pas loi désignée par le contrat et pas loi d’une des parties). Il y a une idée de
coopération au sein de l’UE.
NB : le règlement et la convention ont une portée universelle (hors UE). Or, dire
que le juge doit faire application des LP étrangères c’est prendre un risque
considérable (ex : LP iraniennes… doivent être prises en compte). Le juge va
donc rechercher l’importance du lien entre le contrat et le pays
émetteur de la loi de police, et apprécier les objectifs de la LP. On ne dit
pas donc que le juge doit appliquer les LP étrangères, par prudence, on
dit juste qu’il pourra y donner effet.
Cela a inquiété les anglais qui ont demandé la suppression des dispositions
concernant les LP étrangères.
Finalement, l’article 9 du règlement retient que si ce n’est pas les LP du pays
d’execution du contrat, on n’appliquera pas les LP d’un Etat tiers (ce qui revient à
appliquer l’idée de lien étroit entre le contrat et la LP du pays).
CHAPITRE 3. CONFLITS DE
JURIDICTION EN MATIRE
CONTRACTUELLE :
Droit commun de la reconnaissance avec énumération de conditions
quant aux conditions de validité de la décision.

En matière contractuelle, on est en présence de droits disponibles : le


juge pourra alors conclure qu’il n’a pas à s’inquiéter de telle ou telle
condition. Dans l’énumération qui subsiste, il y a des conditions qui
sont d’OP ce qui oblige le juge à les vérifier et une condition qui n’est pas d’OP,
c’est la compétence internationale du juge. Cette dernière condition ne s’impose
pas lorsque les droits sont disponibles.
Lorsque le règlement communautaire est applicable (Bruxelle I) en revanche,
l’ensemble des conditions doivent être respectées (mais n’y figure pas la
compétence internationale du juge).

o COMPETENCE DIRECTE DU JUGE QUI DOIT SE PRONONCER : liberté des


parties autour de la compétence : les parties peuvent choisir le juge qui
leur convient. On peut ainsi avoir des clauses attributives de juridiction
(élection de for) et des clauses d’arbitrage.
o Tous les contrats ne contiennent pas de telles clauses. Il y a donc des
règles de compétence posées par le législateur français et la convention
Bruxelles I.
Partage entre ce qui appartient au champ Bruxelles I et ce qui n’y
appartient pas (règle de comépétence du droit français) : Bruxelles I
s’applique lorsque le litige est intégré à l’espace judiciaire européen.
Normallement cette intégration au litige se fait du chef du défendeur au
procès. Lorsque le défendeur est domicilié dans l’Etat membre, le
règlement détermine le tribunal compétent. Il y a cependant des critères
complémentaires : quand les parties désignes l’intégration à un Etat
membre + autres cas qui ne prennent pas en compte le domicile au sein
de l’UE : cas de compétence exclusive, article 22 du règlement (en matière
immobilière : si B immobiler sur un Etat membre, les juridictions de l’Etat
membre sont compétentes même si les contractants ne sont pas
domiciliés dans un Etat membre).
Pour les litiges non intégré, ce sera le régime national qui s’appliquera.

RAPPEL DES ARTICLES :


-article 14 du code civil : « l’étranger, non résidant en France, pourra être cité
devant les tribunaux français, pour l’exécution des obligations par lui contractées
en France avec un français ; il pourra être traduit devant les tribunaux en
France ; pour les obligations par lui contractées en pays étranger envers les
français ».
-article 15 du code civil : « Un français pourra être traduit devant un tribunal de
France, pour des obligations par lui contractées en pays étranger, même avec un
étranger ».
-article 48 : « Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles
de compétence territoriale est réputée non écrite à moins qu’elle n’ait été
convenue entre des eprsonnes ayant toutes contractées en qualité de
commerçant et qu’elle n’ait été spécifiée de façon très apparente dans
l’engagement de la partie à qui elle est opposée ».

SECTION I. LES LITIGES NON INTEGRE A L’ESPACE


EUROPEEN :

§1.CHEFS DE COMPETENCE :
A. COMPETENCE ORDINAIRE :
En général, on est obligé de recourir à l’extension des chefs de compétence
nationale au niveau international : ex : pour les salariés, c’est le lieu de
l’exécution du contrat.
Arrêt Cheffel, 30 octobre 62, CdC : reconnait qu’on peut utiliser les chefs de
compétence interne.
D’ailleurs, NCPC, article 46 le reconnait aussi.
Cela fonctionne seulement dans le cas où le défendeur n’est pas domicilié en
France. S’il est domicilié en France, on utilisera Bruxelle .

Mais, en principe, la compétence terr interne est fixée par l’article 42 NCPC
établissant que c’est le tribunal du lieu où réside le défendeur qui est compétent.
Or cet article n’aura jamais invocation dans notre cas, puisque lorsque le
défendeur est domicilié en France, c’est Bruxelle I qui s’applique. L’article 46
prend donc un caractère autonome.

Cette extension des chefs de compétence vaut aussi pour des chefs de
compétence spéciaux. En matière d’assurancearti L114-1 du code des
assurances : le défendeur est assigné devant le tribunal du domicile de l’assuré.
Lorsque l’assuré est demandeur, il bénéficie ainsi d’une faveur particulière en
tant que « partie faible ».
On trouve ce même genre d’extension avec article R517-1 du code de travail qui
organise lorsque l’emplyeur n’est pas établi dans un E européen, possibilité pour
l’employé (partie faible) de saisir les Prud’hommes de son lieu de travail ou de
domicile.

B. COMPETENCES PRIVILEGIES :
Article 14 et 15 du C.civ : tout français a le droit d’être jugé par une juridiction
française. Il s’agit d’un privilège de juridiction auquel on pouvait renoncer comme
utiliser. Disposition extrèmement avantageuse, difficile à justifier.
La CdC en 2005 a supprimé la compétence indirecte (ARTICLE 15) puis l’a
étendu à l’article 14 : ces chefs de compétence n’ont désormais qu’un caractère
subsidiaire et facultatif. Ainsi, s’il y a un autre chef de compétence applicable,
c’est lui qui s’appliquera. De même, même s’il n’ y a pas d’autre chef de
compétence, le tribunal peut décider de ne pas appliquer ces articles.
En réalité, la suele justification que l’on eput trouver à ce principe est qu’il est
souvent difficile pour un français de trouver un juge plus accessible : cela garanti
la protection de ses droits.
Article 14 et 15 applicables pour peu qu’on soit en dehors du Règlement
comunaitiare.
§2. CLAUSE D ELECTION DU FOR / CLAUSE ARBITRALE

A. CLAUSE D ELECTION DU FOR


Celles par lesquelles les parties conviennent avant tout litige qu’une fois un litige
né, ce sera tel tribunal qui sera compétent. On se met d’accord sur le juge à
saisir ; Il ya donc un avantage de sécurité juridique puisque la compétence
devient alors exclusive.
Il y a un effet positif (effet d’élection) et un effet négatif (effet d’exclusion des
autres juridictions).
Les parties peuvent par ces clauses élargir la liste des tribunaux qui sont
objectivement compétent pour connaitre de leur litige.
Compétence multiple peut être convenue entre les parties : Cela peut avoir un
intérêt lorsqu’elle est consentie à l’avantage de la partie faible. A ce moment là,
l’exclusivité de la clause devient une exclusivité collective : au lieu d’avoir 3
tribunaux accessibles, il y en a 5. En revanche, l’avantage sur el plan de la
sécurité juridique est médiocre puisqu’on ne sait pas alors quel tribunal (entre
ces 5) sera saisi et donc quelle règle de conflit sera applicable (jusqu’à ce que le
juge soit choisi). Dans ce système on perd donc la sécurité juridique.

Question de la validité de ces clauses d’élection du for : difficile car par leur
source elles sont conventionnelle et par leur objet elles sont juridictionnelles =>
caractère hybride de la clause. Peut être faut-il soumettre la validité à la règle
concernant la cause du contrat. En général la clause est incluse dans le
contrat donc elle suivra la loi du contrat principal par le lien de
d’accessoire au contrat.
Arrêt de la cour de cassation 17 décembre 86, arrêt compatible xxx (Gds arrêts
N°72).
Les clauses prorogeant la compétence internationale sont en principe
licites. Il n’ya pas de restrictions particulières. L’article 48 doit s’interpréter dans
ce sens que les clauses qui modifient….Elle évince donc l’application
traditionnelle de cet article.
En droit interne, la solution est inverse, mais l’article 48 Ncpc vise les litiges
internes.
La cdc n’a pas pris soin de définir ce qu’était un litige international. Il faudra
prendre en compte l’objet du litige. => la première condition de licéité est
donc que le litige soit international.
Il y a donc une faveur pour les contrats internationaux car il peut y avoir de très
grandes différences d’un juge d’un Etat à un autre (alors qu’au niveau national,
la solution sera la même) ce qui entrainera un résultat différent.
Ainsi, en France, chacun des contractants a intérêt à être le premier à saisir car
c’est lui qui choisira le juge compétent.
La relation contractuelle présente cette particularité qui demande un minimum
de collaboration entre les parties. Or, le droit interne instaure un climat de
suspicion, contrairement au niveau international.

PORTEE : Un pareil motif reconnait les clauses qui désignent une juridiction de
manière générale (ex : les tribunaux suisses). On peut aussi préciser qu’on
préfère tel tribunal spécialement à l’intérieur d’un ordre juridictionnel (ex :
tribunal de Moscou, changeant ainsi les règles de conflit). Il se peut aussi que
l’ordre juridique visé n’était pas compétent du tout à la base, mais l’est
seulement par le choix des parties.
La formule de la CDC donne donc de très grandes possibilités : les raisons
qui interdisent els clauses attributives au niveau national n’existent pas au
niveau international.
Les parties en raison sont prêtes à assumer le risque d’internationalité
puisqu’elles ont prévues elles-mêmes cette internationalité.

Réserve importante dans cet arrêt : les règles de compétence


impérative (2nde condition)
Difficulté d’identification des compétences impératives. On a des indices dans
des textes internes qui énoncent qu’ils ne tolèrent pas un choix autre que cette
attribution de compétence. C’est la cas en matière d’assurance, parfois aussi en
matière de droit du travail. Il faudra regarder la qualité de rattachement dans le
règlement d’attribution de compétence (parfois ça variera).
Parfois, la matière en jeu suffit à déterminer que les compétences sont
exclusives : cas des actions réelles immobilières. Justification traditionnelle : les
immeubles sont sur le territoire or le territoire implique la souveraineté nationale.
Critiquable. Explication rationnelle : idée de souveraineté.

B. LA CLAUSE D’ARBITRAGE
Certains considèrent que l’arbitrage est le mode normal de règlement dans le
cadre du DCI. C’est vrai qu’il s’est développé, mais en réalité ce n’est qu’en
parallèle du développement des contentieux devant les juridictions étatiques.

Dans la mesure où ces clauses viennent soustraire une compétence, elles


intéressent les clauses d’attribution.

Clause d’arbitrage ou accord : convention par laquelle les parties à un contrat


s’engagent à soumettre à l’arbitrage les litiges qui pourraient naitre relativement
à ce contrat (article 442 code de procédure civil).
C’est une institution qui a une vocation bcp plus large que le domaine
contractuel.
Ici c’est l’arbitrage international qui nous intéresse (essentiellement commercial).
Pour définir l’arbitrage international, il faut se référer à l’article 2492 du CPC :
est international l’arbitrage qui met en cause
La Cdc s’est montré d’un libéralisme inattendu envers ces clauses : consacre la
volonté des parties, au nom de l’autonomie de l’arbitrage. Ainsi, la clause
aurait un régime qui lui serait propre, distinct de celui du contrat. La clause
compromissoire est indépendante du contrat, et son existence
s’apprécie, sous réserve de l’OP international et des règles impératives
du droit français (question de l’arbitrabilité de certains litiges) d’après
la commune volonté des parties, sans qu’il soit nécessaire de se référer
aux lois étatiques. Il n’y a donc aucune condition de validité autre que l’accord
des parties.

SECTION 2. LES LITIGES INTEGRES DANS L’ESPACE


COMMUNAUTAIRE EUROPEEN :
Convention de Bruxelles + convention sur l’espace communautaire européen (qui
incluse la Norvège … bien que pas partie de l’UE)
Problème : savoir quels sont les litiges qui appartiennent à l’espace judiciaire
européen. En principes ce sont les litiges concernant les personnes
domiciliés sur un Etat de l’UE ou membre d’accord européens. De plus, il
y a certains litiges quant à leur objet qui sont intégrés à l’espace judiciaire euro :
droits immobiliers dans l’UE.

En matière contractuelle, il y a des règles spécifiques, à coté de la règle


générale( article 2 Bruxelles => domicile du défendeur) : clauses attributives de
juridiction et clauses d’élection de for.

§1. LES CLAUSES D’ELECTION AU FOR :


On ne peut ici inclure l’arbitrage car ces questions font l’objet d’une
exclusion dans le règlement Bruxelles 1 ou dans la convention de Lugano ou
dans la convention de Rome.

On a admis ces clauses d’élection même si depuis quelque temps, on a


un système de désignation de juridiction applicable qui est commun dans l’ordre
juridique. Finalement les questions de compétences peuvent être moins
importantes. Malgré le choix des parties, le juge risque d’arriver au même
résultat qu’un juge d’un autre Etat de l’union. En revanche dans le passé se
posait bien le problème de la sécurité juridique.
Article 17 convention Rome (article 23 Rome I) ; clauses attributives.
La réglementation doit s’appliquer dès lors que la clause désigne
un tribunal européen, de telle sorte que même si le défendeur est extérieur à
la communauté, néanmoins le règlement pourra s’appliquer. Effet de la clause :
soit il y a désignation d’un tribunal européen (ex : tribunal français), soit il y a
désignation exclusive de la compétence d’un tribunal en particulier (ex : TGI de
Rennes) (alors qu’il y avait une concurrence). Idée d’offre universelle de
compétence adressée à tous les plaideurs.
Néanmoins, distinction entre les plaideurs domiciliés l’un et/ou
l’autre dans la communauté (1ère catégorie) et ceux qui n’y sont pas
domiciliés (2ème catégorie). L’effet ne sera pas tout à fait le même.
-Pour la catégorie 2 : en principe, aucun chef de compétence établi par le
règlement conventionnel n’est accessible à ces plaideurs. En revanche la
convention va protéger ces parties, s’il y a un choix de tribunal : le tribunal non
désigné va attendre que le tribunal désigné statue sur sa propre compétence.
C’est une simple priorité d’examen de sa propre compétence au tribunal élu. S’il
ne se reconnait pas compétent, rien ne s’oppose à ce que ce tribunal saisi statue
en violation de la clause.
=>Si les contractants ne sont pas domiciliés sur l’espace judiciaire européen, la
convention n’a rien à dire donc c’est seulement par la volonté qu’un tribunal des
Etats membres est compétent.
Le tribunal européen saisi au mépris de la clause jusqu’à ce que le tribunal élu
décide s’il est compétent ou non.

-Pour la catégorie 1 : quand la clause a été contractée entre personnes


demeurant sur le territoire de la communauté (il suffit qu’une seule y réside),
l’art 17 de la convention fixe le régime de la clause et dit que la désignation est
exclusive, les autres tribunaux européens doivent se déclarer
incompétent.
Les parties peuvent convenir que le tribunal désigné n’aura pas compétence
exclusive.
Pour produire cet effet, il faut que ces clauses remplissent des conditions.

A. CONDITIONS DE FOND
-Il faut que les juridictions désignées soient des juridictions des Etats
membres.
-Objet déterminé ou déterminable : la clause limitée au différend née ou à
naitre en considération de relations contractuelles déterminées :
-Ne soit pas contraire au régime de compétences inégales mises en place
par section 3, 4 et 5 du règlement à l’avantage des consommateurs, contrats
d’assurance, ou travailleurs salariés.
-Exclusivité de certaines compétences (article 22 de la convention ou 16 du
règlement) qui sont impératives.
-Il n’y a rien sur le consentement de la clause. Que faire dans le silence des
parties ? On l’appréciera donc soit par rapport à la loi du contrat (majoritaire) soit
de manière implicite par les conditions de forme (doctrine minoritaire).

B. CONDITIONS DE FORME
La CJCE a eu l’occasion d’affirmer que ces conditions de forme étaient destinées
à garantir la réalité du consentement (existence et qualité du consentement).
Les parties peuvent choisir entre ces différentes conditions de forme :
-la forme écrite (clause dans un document signé des deux parties)
-confirmation par écrit d’un accord verbal. Il faut aussi faire attention au cas
où il y a des modifications apportées par la lettre de confirmation. La CJCE a dit
que s’il y avait une altération des conditions, il fallait que celle-ci soient
confirmées par écrit
-forme qu’ils ont l’habitude d’utiliser : usages particuliers.
-dans le CI, les parties peuvent recourir à un usage qui soit conforme dont elles
avaient connaissance ou auraient du avoir connaissance, dans un secteur
particulier : usages commerciaux dans certaines professions.
Quelle capacité ont ces formes de garantir la qualité et de l’existence du
consentement ? Ne devrions-nous pas plutôt soumettre ces conditions de forme à
la lex contractus ?

§2. LES CHEFS DE COMPETENCE EN MATIERE CONTRACTUELLE


COMPETENCE GENERALE (article 2 de la convention) : Compétence aux
Tribunaux de l’Etat dans lequel le défendeur a son domicile. La
détermination précise du tribunal à saisir appartient aux règles territoriales.
C’est au demandeur d’aller se déplacer vers le tribunal de l’Etat du défendeur. Il
y a donc un risque d’internationalité qui pèse d’abord sur le demandeur.
Cette compétence est tout de même vulnérable
-en matière contractuelle : compétence alternative à l’article 5 (peut donc être
écartée)
-écartée lorsque le défendeur est la partie faible

A. COMPETENCE SPECIALE ALTERNATIVE DE L’ARTICLE 5-1


Lorsqu’est en cause un engagement librement assumé par une partie due à
l’autre, intervient une compétence dualiste du tribunal du lieu où
l’obligation qui sert de base à la demande a été ou doit être exécutée.

1. REGIME SPECIFIQUE MATERIEL :


-« engagement librement assumé d’une partie envers l’autre » : champ
contractuel
- « lieu… exécutée » : chef alternatif.
Règlement spécial donc.
Le lieu de l’obligation qui sert de base à la demande est « pour les
marchandises : le lieu où, selon le contrat, doit être exécutée la vente de
marchandise =la livraison. Donc on fait comme si toutes les obligations
devaient être exécutées au lieu de la livraison de la marchandise, or ce n’est pas
le cas.
Pour la fourniture de service : au lieu de la fourniture de service.
- « Lieu où selon le contrat, doit être exécuté la marchandise » : on recherche
donc la loi applicable au contrat pour déterminer la juridiction compétente.
Règlement est supplétif et dépend de la volonté des parties qui peuvent
l’écarter.
Comment interpréter la formule ? Parfois le contrat ne dit rien et c’est la loi qui
dira où a lieu la livraison.

2. REGIME GENERAL :
C’est ce régime qui adopte une solution qui dit que pour chaque litige,
le juge doit interroger la loi qui gouverne le contrat afin de déterminer
le chef de compétence offerte aux parties. C’est à dire c’est la loi au contrat
qui détermine le lieu d’exécution du contrat. On examine la loi applicable pour
déterminer la juridiction.
Le régime général a d’autres vices : on ne considère pas le
contentieux contractuel comme le contentieux du contrat globalement
mais le contentieux de l’obligation particulière. Mais la CJCE s’y est tenue
pour la vente de fourniture et de marchandise.
Distinction en jp entre les obligations primordiales (naissent directement de la
volonté des parties, propres au contrat) et les obligations de substitution (quand
défaillance d’une condition à l’égard de ses conditions). La CJCE a décidé que les
obligations de substitution devait suivre les primordiales.
Enfin, il existe une autre distinction : entre obligations primordiales et de
substitutions d’une part, et obligations autonomes (qui naissent à l’occasion
d’une inexécution mais ne substitue pas) d’autre part.
=>Il en résulte un éclatement du contentieux.
La CJCE a essayé de réagir pour le contrat de travail : fait naître toutes
les obligations autour de la prestation de travail.
Il y a des cas où le contentieux contractuel

Remarque : A l’article 2, le domicile du défendeur désigne globalement la


compétence (après nécessaire de s’adresser aux règles nationales de
compétence interne), alors que l’article 5 (le lieu d’exécution…. ) désigne
localement/spécialement le tribunal compétent.

B. LES COMPETENCES INEGALES

I. ECONOMIE DU SYSTEME DE LA PROTECTION DE LA PARTIE FAIBLE

1. LA DISSYMETRIE DES COMEPTENCES :

A.L’ECONOMIE DU SYSTEME DE PROTECTION DE LA PARTIE FAIBLE


Dissymétrie : Les possibilités pour la partie forte sont moindres que
celles pour la partie faible. La partie forte ne peut assigner la partie faible que
devant les tribunaux de l’état membre sur le territoire duquel la partie faible est
domiciliée. En revanche, la partie faible dispose d’une option qui lui permet
d’assigner la partie forte soit devant le tribunal de l’état où la partie forte est
domiciliée, soit devant le tribunal du domicile de la partie faible.
D’autre part, autonomie orientée : les clauses d’élection de fort ne
sont pas interdites mais doivent tourner à l’avantage de la partie faible,
du moins si elles sont conçues ante litem natam (avant que le conflit soit né).
Une fois que le litige est né, il n’y a plus cet avantage (post litem natam).

b. L’APPLICATION
Pour ce qui est du contrat conclu avec un consommateur : article 15. Le
consommateur peut saisir soit l’établissement du défendeur (professionnel) soit
le tribunal de son propre domicile qui correspond à sa résidence habituelle. En
revanche, le professionnel ne peut saisir que le tribunal du domicile du
consommateur

De même, dans le contrat d’assurance, article 8, il ya une compétence


inégale.
La partie faible est le preneur d’assurance, soit auprès de la compagnie
d’assurance, soit auprès d’un tiers. La partie faible peut aussi être le bénéficiaire
stipulé dans le contrat d’assurance.
La partie faible a l’option qui lui permet de saisir le tribunal du lieu où le fait
dommageable s’est produit (c'est-à-dire le lieu de situation des biens si
responsabilité meubles/immeubles). Il peut aussi saisir soit le tribunal de la
compagnie d’assurance soit le sien.
Une clause attributive de juridiction ne peut qu’être favorable à l’assuré.

Enfin, le contrat individuel de travail : section 5 du règlement de Bruxelles I


(mais non dans la convention => c’est la jp qui a créé un régime).
S’ouvre la possibilité de saisir au lieu de la prestation de travail.
L’employeur ne peut attraire le salarié que devant le tribunal du domicile du
salarié, mais le travailleur a l’option d’assigner au lieu de prestation habituelle de
travail, ou le lieu d’embauche (établissement) s’il n’y a pas d’endroit de
prestation habituelle.
En 1987, la CJCE ajoute que cela ne vaut que pour les contrats de travail, qu’il
faut donc qu’il y ait un lien de subordination.
En 1989 : si acte accompli dans plusieurs pays, il faut que ce soit dans le lieu
principal.
Bruxelles 1 a un peut modifier la solution de la jp : salarié comme
l’employeur peut assigner soit devant le tribunal du lieu de prestation,
soir au lieu de son établissement habituel 1982). Cependant, il y a un
chef de compétence ajouté à l’avantage du salarié : le travailleur peut
saisir au lieu où il a accompli « habituellement » son travail.
Enfin, la convention élargie l’option de l’employé quand travailleur détaché : le
salarié a un contrat de travail avec le premier qui l’a employé et l’a envoyé
ailleurs. Le salarié détaché bénéficie de la protection sociale (congés payés,
protection de la santé, durée du travail…) qui incombe dans le pays de
détachement ou dans le pays d’accueil si les dispositions lui sont plus favorables.
Mais ces avantages peuvent donner lieu à une contestation si c’est avantages
locaux sont beaucoup plus avantageux. Les conflits sont assez fréquents. En cas
de litige, il peut être porté devant les tribunaux de ce pays de détachement.
SOUS TITRE 2. LES OBLIGATIONS
NON CONTRACTUELLES :
Dénomination utilisée dans le règlement ROME II. Avant on parlait d’obligation
« extracontractuelle ».
Sous cette désignation, pourraient être placées beaucoup d’obligations qui en réalité ne
sont pas visées.
3 figures d’obligations prises en charge par le règlement : obligations délictuelles, quasi
délictuelles ou celles nées du quasi-contrat.
Actuellement, c’est le droit commun qui s’applique tel que la jurisprudence l’a élaborée,
car Rome II ne rentrera en vigueur que le 11 janvier 2009.
Ex : obligations non contractuelle découlant d’une atteinte à la protection de la vie privée
et au droit de la personnalité. Le règlement n’efface pas totalement le droit commun car
n’ont pas tout à fait le même champ.

Délit simple : tous les éléments objectifs se localisent dans un même ordre
juridique.
Délit complexe : les éléments se dispersent sur le territoire de plusieurs Etats
(dommage sur plusieurs pays à la fois, dissociation fait générateur-dommage, ou pluralité
des sources du dommage).

CHAPITRE 1. LES DELITS SIMPLES


Principe : Rattachement au lieu du fait dommageable.
Ce rattachement de principe est un peu sommaire et a connu des critiques.

SECTION 1. RATTACHEMENT DE PRINCIPE PAR LE LIEU DU


FAIT DOMMAGEABLE
Solution donnée en 1948 par l’arrêt Lautour, généralisée par un arrêt en 1976
Luc Anthony: « sauf conventions internationales contraires, les
obligations extra contractuelles sont régies par la loi du lieu où est
survenu le fait qui leur a donné naissance ».
Ce principe est l’objet de contestations.

§1. L’APPARITION DU PRINCIPE :


A. DETERMINATION DE LA LOI APPLICABLE
Dans le code civil, on a quelques dispositions qui peuvent servir aux relations
extracontractuelles. La JP s’est servi de l’article 3§1 du Code civil : « les lois
de police et de sureté obligent tous ceux qui habitent le territoire ».
Mais l’utilisation des lois de police n’est pas toujours un bon choix. Si on réserve
l’application des lois de la responsabilité civile aux personnes résidant en France,
les étrangers eg. touristes, peuvent venir en F et ne pas respecter nos règles, ils
seront exonérer du respect des règles F.
De plus, la qualification de loi de police (dispositions dont l’application est jugée
cruciale par les pays, cf Rome I) est troublante. Les règles de responsabilité extra
contractuelle ne sont pas impératives.
Les obligations extra-contractuelles sont un problème de droit privé, d’établir un
équilibre effectif entre personnes privées, et ce n’est pas une question d’intérêt
public. Il est douteux que l’objectif soit un objectif de police, et certains de ces
règles ne sont pas impératives, eg. le montant de la rémunération peut être
renoncé, ce n’est pas impératif, tandis que les lois de police ont un intérêt
collectif et sont impératifs. C’est pour tout cela qu’en 1948, la référence à l’art
3.1 était un artifice et a été abandonné.

L’article 3.3 soumet la responsabilité civile à la loi de la personne de celui


qui a produit un dommage subi par un tiers. C’est une vielle histoire qui date du
Moyen-Âge où il y avait le système où chacun était soumis à la loi de son groupe
ethnique. Cette histoire a été combattue par les canonistes, qui n’aimaient pas
cette solution sur le plan juridique, ils préféraient la loi de la collectivité au sein
de laquelle il évoluait/vivait, cad la collectivité territoriale. C’est le lex loci delicti.
La juris laique/civile, a finit par adopté la solution du lex loci delicti, sur la
justification que le délit porte atteinte à l’équilibre des intérêts que le
droit de la collectivité où vivait l’auteur de délit voulait assurer. La
collectivité veut assurer une coexistence paisible pour tous ceux qui sont
présents sur le territoire.

Cette solution a été consacrée par l’arrêt Lautour : il y avait un accident de


la circulation routière entre 2 français en Espagne. La cour de cassation aurait pu
approuver la Cour de Caen qui a appliqué la loi française, mais la cour a cassé
l’arrêt, en disant que la Loi Applicable était le la loi du lieu de l’accident.
En 1967 : l’arrêt Kieger ajoute que quelle que soit la nationalité des parties,
la Loi Applicable pour la responsabilité extra contractuelle est la loi du lieu ou le
fait dommageable c’est produit. C’est une formule qui donne un champ
d’application plus large à la responsabilité extra contractuelle que l’arrêt Lautour.

B. DOMAINE DE LA LOI APPLICABLE

Art 15 du règlement Rome II « La loi applicable aux obligations non


contractuelles régit notamment : liste » énumère les différentes questions
auxquelles doit s’appliquer la loi de l’obligation non-contractuelle.

Depuis le 19 e siècle il y avait une loi Anglaise aujourd'hui abrogée qui disait
que le doit à réparation devait être soumis à un système de double
actionnabilité: pour qu'un tort soit soumis à réparation, il fallait que ce délit soit
sanctionné par la loi du lieu du délit où il était survenu mais également par la loi
anglaise. Si désaccord entre les deux lois le système était bloqué. On a écarté la
solution traditionnelle anglaise et on a retenu la loi du lieu du fait
dommageable.

On a réglé toute une série de points particuliers en jouant sur les


pouvoirs du juge. C'est ce à quoi s'efforce l'art 15 qui laisse la part belle au
droit procédural du juge: la lex fori va encadrer cette r. On fait prévaloir la loi de
procédure sur celle du fond.

On rattache la prescription à la loi de l'obligation en tant que caractère


fondamental de l'obligation.

Les conditions : il faut un préjudice, un fait de l’homme qui cause un préjudice,


un lien de causalité.

L’étendue de la responsabilité : la responsabilité encourue est pour les actes


commis : la capacité délictuelle : est-ce que les êtres peuvent être responsables
ou non ? Un être qui n’est pas capable de discernement de sa faute ne peut être
tenu d’une resp civile.

Les causes d’exonération : partage de responsabilité, existence et la nature des


dommages relève du lieu du délit.
Procédure : transmissibilité des droits a la réparation : c’est déterminer par la loi
de l’OB non contractuelle. Avec la transmissibilité de réparation il y a aussi la
transmissibilité d’action, qui est dans la tradition du common law. Dans les
limites du trib dans la mesure de la procédure, le juge doit obéir la loi de l’OB
non-contractuelle C’est un autre cumul de lois., et c’est le même pour
l’évaluation de la sévérité du dommage.

Les modes d’extinction et les prescriptions et échéances de délais : la


prescription en droit F relève de la loi de l’obligation.

La responsabilité du fait d’autrui ou le dommage par ricochet : donne souvent


lieu a un délit complexe.

Action directe de l'assureur contre le responsable (Avait déjà été admis en droit
français) :
Art 18 du règlement Rome II nous dit que la personne lésée peut agir
directement contre l'assureur de la personne responsable si la loi de
l'obligation ou la loi du contrat d'assurance le prévoit. La charge de
choisir la loi applicable n'incombe pas au demandeur. Le juge doit
déterminer si la loi de l'une ou de l'autre prévoit cette action directe. C'est le
juge qui fait cette vérification.
La jp français adopte un système distributif: soumet l'application de l'action
directe à la loi de l'obligation et si elle l'autorise il faut aussi que le Contrat
d'assurance le prévoit aussi. Avantage: limite l'étendue due par l'assureur au
montant de son engagement.

§2 LA CONTESTATION DU PRINCIPE
Le principe de la lex loci delicti doit être adapté voire même écarté dans
certaines circonstances.

La première constatation : on a du mal à identifier le lieu ou le fait


dommageable s’est produit, ou si on arrive à l’identifier, l’ordre
juridique de ce lieu n’a pas un système pour régler le problème, par
exemple dans des espaces sans souveraineté, eg. l’espace aérien
n’appartenant pas a un état, ou un navire. Dans ce cas, la solution est la loi du
pavillon, cad la loi de l’immatriculation du véhicule. C’est une adaptation du
rattachement qui désigne la loi de la collectivité au sein de laquelle le
comportement dommageable a eu lieu.
Mais il y a des situations ou cela ne marche pas, eg. l’abordage de 2
navires en haute mer pour faute de pilotage. Comment régler le problème de la
responsabilité ? Le droit maritime ne traite pas ces problèmes. Les choses sont
compliquées, car les 2 navires n’ont pas nécessairement le même pavillon. La
solution retenue est que la règle en conflit ne peut pas jouer en raison de
l’absence de rattachement. La juris s’oriente vers la vocation générale subsidiaire
du juge saisi.
Le cas s'est présenté devant les juridictions françaises qui ont alors appliqué la
loi française, faute de loi applicable quand un navire endommagé en haute mer
s'est arrêté dans un port français et a saisi les juridictions françaises. La loi
française avait une vocation subsidiaire à s'appliquer dans cette situation.
Des auteurs américains ont prôné cette solution: quand pas de R, on applique la
loi du juge saisi. Solution qui avait été consacrée par le DIP américain.

La loi du juge saisi est la loi que le juge connaît le mieux, donc ça sera
une bonne application du droit, c’est l’avantage. Mais la doctrine du lex
foris a l’inconvénient : pour savoir quelle est la Loi Applicable, il faut saisir le
juge. Mais les règles de compétence internationale n’ont pas nécessairement été
conçues pour cette fin. On connaît la Loi Applicable après qu’on ait agit, on
connaît le droit applicable qu’après la saisine, donc c’est en sorte rétroactive, on
permet les parties de régler leur conduite selon leurs démarches, cela cause du
forum shopping et l’insécurité juridique. Le droit devient aléatoire. La loi
doit normalement régler la conduite et régler les jugements, mais cette première
fonction disparaît si les parties peuvent choisir la loi applicable en fonction de
leur comportement.

Pourtant, il faut tenir compte de ces questions de compétences judiciaires


car les juges n’ont pas tous les mêmes systèmes et règles de conflit dans les
situations internationales.Chaque E a ses propres R de conflit.
DIP français: possibilité pour la victime de choisir:
− le tribunal du domicile du défendeur s'il a sa résidence dans l' UE: Bruxelles I
Art 2 Bruxelles I: domicile du défendeur
Art 5.3: lieu du fait dommageable: lieu de l'évènement causal ou lieu où
dommage est souffert. A titre subsidiaire, voir les dispos du droit national: 46
NCPC et 14 & 15 CCIV
− art 46 NCPC: si le défendeur est domicilié hors UE, Tribunaux français peuvent
être saisis quand fait dommageable en France. Cela inclut si le dommage est
subi, ou si le fait générateur est en France.
− Art 14 et 15 du code civil : les tribunaux français peuvent être saisis si le
demandeur ou le défendeur sont français.
Idée: favoriser la réparation de la victime.
 critique de la lex loci delicti: solution qui souffre d'un excès d'abstraction
et d'indifférence au résultat auquel elle va conduire. Le
rattachement par le lieu du fait dommageable n’est pas tout a fait
satisfaisant, car cela ne correspond pas aux droits de la victime à la
réparation. On ne se préoccupe pas aux droits concrets de la loi du fait
dommageable en ce qui concerne la réparation.
 Critiques américaines matérialisées dans l'Arrêt Babcock v Jackson 1963.
Un automobiliste New-Yorkais s'était rendu avec un ami dans l'Ontario. Ils
ont un accident et une action en responsabilité civile pour la réparation du
préjudice subi par le passager. Dans la province de l'Ontario, Règle qui
interdisait l'indemnisation de passagers transportés à titre bénévole. Alors
que dans l'Etat de NY, pas de disposition semblable.

A. UN EXCES D’ABSTRACTION
-En effet, la règle de conflit Française désigne un ordre juridique, celui
du lieu du fait dommageable sans s’inquiéter à ce qui en résultera pour
la victime, c’est une erreur de perspective selon le prof. S’il y a une raison
d’hésiter entre 2 lois en contacte avec la situation, c’est car elles ne déterminent
pas l’existence et l’étendue de la responsabilité de la même manière. On
reproche à la règle de conflit Française son indifférence à son résultat concret. Il
y avait une orientation dans la doctrine américaine orienté vers la loi la plus
puissante et la plus utile : la règle de DIP doit être une règle qui choisit le résultat
pour avoir une justice matérielle et les caractéristiques propres du cas particulier.
Pour apprécier la valeur de chaque solution dans chaque loi, il faut tenir compte
de la qualité et l’intensité des liens que la situation a avec ces lois. C’est la
meilleure loi matérielle qui devrait appliquer.

-Un exemple de cette doctrine est l’arrêt Babcock v. Jackson, 9 mai 1963, NY
Court of Appeal. Cette décision concernait un accident en Ontario entre deux
New Yorkais pendant un court séjour au Canada, tous les éléments de
rattachement étaient avec New York. A NY la législation prévoyait que la victime,
passager bénévole, avait un droit à la réparation automatique. En Ontario, on
estimait que ce même passager voyageait à ses risques et ne pouvait pas
bénéficier de l’assurance du conducteur, donc pas de réparation pour le passager
bénévole (c’était fait dans un souci de fraude). Le juge à NY a décidé qu’il fallait
appliquer la loi de New York car l’application de la loi du lieu de survenance du
délit n’aurait pas abouti à une solution juste et satisfaisante. Les assurances
calculent leurs primes en fonction des risques, si on privait la victime du droit
d’agir en réparation, cela donnerait un avantage aux compagnies d’assurances
qui recevraient des primes sans devoir réparer des américains voyageant en tant
que passagers bénévoles au Canada.

Une autre critique doctrinale (provenant de Curry) de la règle de conflit


du lieu de dommage ne se préoccupe pas de la justice matérielle des
parties, mais il s’intéresse à appliquer la loi qui réalise les objectifs
qu’elle se donnait. Dans Babcock v. Jackson, la loi de l’Ontario ne s’intéressait
pas à la situation en l’espèce, il s’agissait pour cette loi de prévenir la fraude à
l’assurance et de ne plus faire passer pour un transport bénévole un transport qui
était réellement à titre onéreux, qui affectait les primes d’assurance en Ontario.
Cette loi a été prise en considération d’une pratique locale, ça n’avait rien à voir
avec les touristes américains assurés pour les compagnies américaines. Donc la
loi de l’Ontario n’avait pas vocation à appliquer à l’espèce. On s’intéresse au
« policy », une politique juridique de la loi qui vise une situation sociale
particulière en vue d’un objectif poursuivi. Le champ d’application d’une loi se
détermine en fonction de ces objectifs. Les inconvénients de cette approche : on
pourrait interpréter cette approche comme étant l’imposition des lois de police
favorables aux objectifs politiques du législateur et non aux intérêts privés de
parties. On traiterait toutes les lois comme étant des lois de police. Autre
problème : chaque juge va être obligé de rechercher les objectifs de chaque loi
susceptible de s’appliquer, mais c’est un travail très difficile et parfois impossible.
Le résultat sera aléatoire dépendant de l’interprétation du juge. Il y a aucune
prévisibilité et aucune sécurité juridique.
B.UN EXCES DE GENERALITE

La règle de conflit de loi de lieu du fait dommageable n’est pas toujours


satisfaisante, car les parties sont totalement intégrées à un système
juridique, mais cette règle désignerait l’application d’une autre loi pour des
considérations générales, sans s’adapter aux particularités de cette situation.
C’est la méthode du groupement de points de contactes qui devrait s’appliquer,
et non la loi du fait dommageable. Cette méthode mène à la loi appropriée au
délit, le « proper law of the tort », une pensée rédigée en premier par l’auteur
anglais Morris (from Dicey and Morris) qui travaillait à Harvard. L’intérêt de
Babcock v. Jackson, c’est que le juge dans la Cour d’Appel a examiné ces 3
théories (la justice matérielle, celui de Curry et les objectifs de la loi et celui de
Morris et le groupement de points de contactes) et les a cumulé pour rejeter la loi
du fait dommageable. Mais la jurisprudence Française n’aime pas ces règles car
elles causent une grande insécurité juridique. Dans les arrêts Lautour et l’arrêt
Kieger, la Cour de Cass a rappelé que la Loi Applicable était la loi du lieu du
survenance du dommage, et elle marque un tempérament aux doctrines
américaines.

Mais la doctrine de Morris va penetrer dans la juris Française a travers le


Règlement Rome II.

SECTION 2. L’AMENAGEMENT DU RATTACHEMENT DE


PRINCIPE :

Dans l’arrêt Lautour, tout était français sauf le lieu de l’accident. La cour de
cassation a néanmoins cassé l’arrêt de la cour d’appel qui préférait retenir la loi
française. La Cdc a fait prévaloir le lieu du délit.
Si la jp résiste, le droit conventionnel et communautaire ne sont plus
favorables à ces idées.

§1. LE DROIT CONVENTIONNEL :


Il y a 2 conventions : la convention de la Haye du 4 mai 1974 sur les
accidents de circulation et la convention de la Haye du 2 octobre 73 sur la loi
applicable en matière de responsabilité du fait des produits.
La convention sur les accidents de circulation ne parvient pas à rejeter le
principe de la loi du lieu du délit. Cette convention reconnaît que le lieu du fait
dommageable, entendu comme le lieu de l’accident, comme étant le
rattachement de principe : art. 3 Mais ce principe n’a qu’une vocation subsidiaire
lorsque que le dispositif sophistiqué de la loi la plus appropriée est mise en place
(art 4). Donc la vocation de principe est consacrée, mais peut être écartée par
la loi appropriée. Elle prend donc néanmoins en considération une loi non
applicable, en raison de l’effectivité de cette loi vis-à-vis d’une conduite
observée. L’article 7 dit ainsi que quelque soit la loi applicable, il doit
être tenu compte des règles de prudence applicable au moment de
l’accident ». Ainsi, pour apprécier les droits respectifs des parties, il faut
prendre en compte les règles de sécurité exclusives pour les automobiles. Cette
loi doit alors être intégrée, peu importe si on choisit la loi du fait dommageable
ou la loi appropriée
Nuance : La loi de l’Etat de l’immatriculation du véhicule impliqué va être retenue
pour régler les conséquences de responsabilité lorsqu’elle est consolidée par
d’autres rattachements (article 4) : ex : lorsqu’un seul véhicule est impliqué et
que le passager ne réside pas au lieu de l’accident ; ou qu’un tiers accidenté agit
contre l’automobiliste et réside dans le même Etat que celui de
l’immatriculation ; ou enfin que les deux véhicules soient immatriculés au même
Etat. Il y a ici donc prise en compte de la loi personnelle.
La convention sur les produits :
-On prend on compte les points de contact avec un Etat. La loi du lieu du
fait dommageable pourra être déclarée applicable si elle est aussi la loi de la
résidence habituelle de la victime ou la loi du lieu où la victime a acquis le
produit ou la loi du lieu d’établissement du défendeur. Cette loi ne s’impose donc
pas d’elle-même.
Il y a un rattachement concurrent : la loi de la résidence habituelle de la victime,
pourvu qu’elle coïncide avec le lieu d’établissement du défendeur ou avec le lieu
où la victime a acquis le produit.
On a ainsi différentes combinaisons mais jamais de mécanisme automatique.
Il arrive qu’on se situe en dehors de tous ces hypothèses : option pour le
demandeur entre la loi d’établissement du défendeur ou la loi du lieu du fait
dommageable.
.-Il y a une exemption du producteur dans l’art 7 : l’art disqualifie la loi du fait
dommageable et celle de la résidence habituelle de la victime si la
personne dont la responsabilité est invoquée (ie. producteur ou
distributeur) établie qu’elle ne pouvait pas raisonnablement prévoir que
le produit serait mis dans le commerce dans l’état considéré (lieu du
dommage ou résidence habituelle de la victime), et il sera soumis qu’a la loi de
sa propre établissement, car il doit respecter les normes de production de ce
pays. C’est un contrepoids a la faveur résiduelle fait au consommateur.

§2. LE REGLEMENT ROME 2 :


A.LES OBLIGATIONS DELICTUELLES
C’est la loi du lieu où le dommageable est subi qui est applicable (article
3). A moins que le demandeur et le défendeur aient leur résidence
habituelle dans le même pays (§2 : assouplissement). On ajoute une réserve
des liens manifestement plus étroits (§3) : la loi de ce pays s’appliquera
alors. Il y a donc une possibilité de moduler ce rattachement en fonction des
circonstances.
Enfin, il y a une possibilité pour les parties d’élire le droit applicable, une
fois le dommage subi. Cette possibilité est même ouverte avant que le dommage
soit subi entre les personnes commerçantes. Le règlement a aussi prévu de
décliner toute une série de rattachements spécialisés :
-cas des produits défectueux : loi de la résidence habituelle de la personne lésée
au jour du dommage si le produit a été commercialisé dans ce pays. Ce
rattachement n’est pas définitif : on peut faire jouer par exemple la réserve des
liens manifestement les plus étroits.
-cas de la concurrence déloyale : loi du marché affecté par ce comportement.
-cas des atteintes à l’environnement : article 7 : la loi applicable est celle qui
résulte de l’application de l’article 4 §1 (loi du lieu du fait dommageable) , à
moins que le demandeur en réparation ait choisi de fonder ses prétentions sur la
loi du pays de l’origine du dommage. C’est l’hypothèse du délit complexe.
-cas d’atteinte aux propriétés intellectuelles : loi du pays où la protection est
demandée
-cas de la responsabilité du fait de grève ou du lock out : loi du pays dans lequel
cette action est engagée.
B. LES OBLIGATIONS QUASI-CONTRACTUELLES :
2 dispositions pour les quasi-contrat et 2 pour la culpa in contracto.
-pour les quasi contrats (article 10 et 11) : les obligations quasi-
contractuelles sont régies par la loi de la relation préexistante entre les
parties. Cas où une partie a une dette envers une autre : verse une somme de
l’argent. Or cette somme n’est pas due, il y a donc enrichissement sans cause.
S’il y avait une relation préexistante entre ces parties, c’est la loi de celle-ci qui
s’appliquera.
Or, dans beaucoup de cas, pas de relations préexistantes. C’est pourquoi le
règlement rajoute que dans ce cas, s’il ya résidence commune, ce sera la loi du
pays de cette résidence commune. Enfin, s’il n’y a pas de résidence commune,
ce sera la loi dans lequel il y a eu enrichissement sans cause.

-pour la culpa in contracto : article 12. Faute commise lors des pourparlers du
contrat. Cette obligation est exclue du règlement Rome I. Récupéré par Rome II.
La culpa in contracto doit obéir à la loi du contrat qui était en cours de
conclusion. On se réfère donc à la solution du rattachement accessoire.

Le droit conventionnel et communautaire ont donc cherché à mettre en œuvre


des solutions prévisibles. On a donc pas totalement abandonné la sécurité au
profit de la flexibilité.

CHAPITRE 2. LES DELITS


COMPLEXES
Hypothèse de dissociation géographique du lieu du fait générateur du dommage
(évènement cuasal) et le lieu où le dommage est subi (section 1). Il y aussi le cas
où le délit va éclater : chacun des éléments se disperse dans plusieurs pays
(section 2).

SECTION 1. LA DISSOCIATION DES ELEMENTS DE


RESPONSABILITE :
Ex : cas de grande distribution (coca-cola), des concurrences déloyales ou
diffamation ayant lieu sur différents Etats (diffusion d’articles à travers les Etats)

§1. LA COMPETENCE INTERNATIONALE :


1. SYSTEME BRUXELLES I :
-Le système délictuelle comporte une double alternative dans l’hypothèse
de dissociation des éléments. Cette alternative oppose l’art 2 fondée sur le
domicile du défendeur contre l’art 5.3 qui déclare compétent le trib du lieu
dommageable.
Ainsi, on peut toujours saisir un tribunal dans un Etat européen si défendeur est
domicilié dans un Etat européen : article 2
Article 5.1 : possibilité de saisir le tribunal du lieu du fait
dommageable : soit lieu du tribunal du fait générateur, soit du lieu du
dommage (selon interprétation de la CJCE : l’arrêt Mines de Potace d’Alsace
de 1973).
Solution de bonne administration de la justice.
-Lorsque le préjudice est indirect, il faut s’en tenir au lieu du préjudice
direct puisque le préjudice indirect n’en est que la conséquence.
2. DROIT COMMUN :
Le droit français adopte des solutions parallèles. L’alternative qui existe sur
le plan de la compétence territoriale interne est neutralisée car cette
alternative qui oppose l’art 42 et l’art 46 NCPC comprend le domicile en
F (art 42) mais dans ce cas le défendeur sera soumis au règlement
Bruxelles et l’art 42 n’interviendra pas. Le droit commun se limitera au
français ou a l’étranger domicilié en France par l’utilisation de l’art 14, mais qu’a
titre subsidiaire contre le défendeur non domicilié en Europe. Si l’évènement
causal ou le dommage est survenu en France, le tribunal Français sera
compétent.

§2. LA LOI APPLICABLE :


-La jurisprudence française est compliquée car n’a pas été très franche : elle
résiste difficilement à simplifier ce qui est complexe en masquant sa démarche.
On trouve dans les 80’s des décisions faisant référence à « la loi du lieu du
dommage où il s’est réalisé ». Pb car emploi de ces termes dans des cas où il n’y
avait pas hypothèse de dissociation.
Finalement, le 14 janvier 1997, Gordon and Breach elle adopte la position qu’il
faut prendre en compte non seulement du lieu du dommage et du lieu
du fait causal.
Un arrêt du 11 mai 1999, Mobil Borth Sea Ltd concernant l’installation
d’une plateforme pétrolière, certifiée en GB. Il y a eu des malfaçons = >la
plateforme s’effondre et fait naufrage dans la mer du Nord. La CdC rappelle la
forme de choix entre les 2 lois (loi du lieu du dommage ou du lieu du fait
générateur du dommage), choix qui appartient au juge qui devra
écarter l’élément le moins significatif. Chaque fois, on observe que c’est la
loi du lieu du dommage qui l’emporte.
Cas aussi de l’arrêt du 28 octobre 2003, cdc 1ère civile, Pays Fourvel :
accident au Cambodge lors d’un voyage effectué par une agence de voyage
française. Voyageur = français. Les proches des victimes demandent réparation.
La Cdc décide qu’il n’y avait pas à séparer le dommage accessoire (par
ricochet) au dommage principal.
Dans un arrêt du 27 mai 2007, Bureau Veritas : cargo baignant dans
l’océan indien qui coule à Madagascar. La Cdc rappelle le principe de loi du fait
dommageable comme loi du lieu du fait générateur et loi du lieu du dommage. Le
lieu de réalisation du dommage étant fortuit, il convient de rechercher le lieu du
fait générateur. Il y a donc peut être une tendance favorable au lieu de
réalisation du dommage, mais il y a tout de même des cas où c’est le
lieu du fait générateur qui est pris en compte.

-Le règlement Rome II : article 4. « La loi applicable à une obligation non


contractuelle résultant d’un fait dommageable est celle du lieu du pays
où le dommage survient, quelque soit le pays où le fait générateur se
produit (plus de prise en compte du fait générateur donc) et quelque soit le
ou les pays où les conséquences du dommage surviennent (enterre de la
jurisprudence sur le dommage par ricochet : le rattachement vaut aussi) ». Il y a
donc un rattachement fixe.

SECTION 2. CAS DE DOMMAGE DISPERSE :

§1. LOI APPLICABLE


-Dispersion du dommage : Il faut dans ce cas fractionner la responsabilité
dans chaque Etat où survient le dommage. Territorialisation du
dommage.

-Dispersion du fait générateur : cas dans l’arrêt Mobil North Sea ltd : la cour de
cassation avait alors écarté le fait générateur car non significatif. Ceci
dit, il n’est pas sur que la dispersion soit à elle seule un cas de
disqualification du fait générateur.
-La Cdc retient le cas du fait générateur pour des questions de commodité : en
matière de délit de presse, elle avait retenu que le fait générateur était la
diffusion, et que le dommage était subi pour la plupart des cas là où est diffusé le
journal : elle parvient donc à une fusion fait générateur – dommage. Sauf qu’en
matière de presse, la diffusion peut être faite dans différent pays : on fractionne
donc le dommage entre les différents Etats.

§2 . COMPETENCE INTERNATIONALE :
L’éventualité de fractionnement a été réalisé dans un cas d’atteinte de la
personnalité : CJCE 7 mars 1995, Affaire Fiona Shevill : «l’expression « lieu où le
fait dommageable s’est produit », en cas de diffamation au moyen d’un article de
presse diffusé dans plusieurs Etats contractants, être interprété en ce sens que
la victime peut intenter contre l’éditeur une action en réparation soit devant les
juridictions de l’Etat contractant du lieu d’établissement de l’éditeur de la
publication diffamatoire, compétentes pour réparer l’intégralité des dommages
résultant de la diffamation, soit devant les juridictions de chaque Etat
contractant dans lequel la publication a été diffusée et où la victime prétend
avoir subi une atteinte à sa réputation, compétentes pour connaître des seuls
dommages causés dans l’Etat de la juridiction saisie ». Double possibilité : action
globale devant le tribunal du lieu d’exécution de l’entreprise d’édition ; soit une
multitude d’action portée dans les différents pays d’atteinte par la diffusion.
La première approche fusionne le lieu du domicile du défendeur (éditeur) et le
lieu de l’évènement causal.
La seconde branche concerne la réalisation du dommage : là où le dommage est
ressenti du fait de la diffusion.
TITRE 2. LE DROIT
INTERNATIONAL DES BIENS
Assiette de droits procurant aux individus un certain nombre d’utilités. Le bien
est constitué d’un support quelconque, matériel ou immatériel, objectivement
perceptible, et qui développe des utilités économiques dont le système juridique
organise l’exploitation en les érigeant en droits subjectifs qu’il définie et répartit
entre les individus au moyen de règles. Le support peut être corporel comme
incorporel.
Couramment, le terme bien désigne souvent le corporel, perceptible dans sa
matérialité. Cas des biens immobiliers dans le Code civil article 3 alinéa 2 : « les
immeubles même possédés par des étrangers sont régis par la loi
française ».
De cette disposition, on a tiré la lex rei sitae, la loi du lieu de situation de
l’immeuble.
->Cette règle se retrouve dans tous les pays : il y a une bilatéralisation de
la formule de l’article 3 alinéa 2.
->Cette solution a été étendue aux biens mobiliers par un arrêt du 19
mars 1972, arrêt Craven. On avait tendance auparavant à rattacher le meuble à
la personne : les meubles suivent la personne (rattachement accessoire à la
personne). Problème quand le meuble est disputé entre 2 personnes qui ne sont
pas domiciliées sous la même coutume.
Puis développement de l’idée de lien entre tous les meubles possédés par une
personne : de plein droit les meubles sont affectés aux dettes. On rattache la
totalité des meubles à la personne considérée.
En revanche, si on considère les meubles individuellement, c’était la loi de la
situation qui tendait à l’emporter. C’est cette dernière solution qui a été retenue
dans l’arrêt de 1972, sans faire de distinction entre els meubles considérés ut
singuli et les meuble ut universi. Cependant, cette distinction subsiste dans le cas
de succession, où la partie mobilière est soumise à la loi du lieu de dernière
résidence du défendeur.
Ce type de rattachement avec le lieu géographique du bien n’est possible que
pour les biens corporels car pour les biens incorporels, il y a une difficulté de
localisation.
-Le fond de commerce étant parfaitement localisé, on peut utiliser la règle de
conflit du lieu de localisation de ce bien et l’assimiler à une chose corporelle.
-En revanche d’autre biens, tels les droits de créances, les parts sociales, qui ont
une valeur économique mais pas de localisation dans l’espace pose plus
problème. Ces biens n’ont utilité que grâce au concours du débiteur (droit de
créance) ou au concours de la personne morale (cas de la part sociale). Ce ne
sont donc pas des droits in rem (sur la chose), mais in personam. Ces droits
obéissent donc à la loi du contrat ou à la loi du fait juridique créateur de la
créance (pour les droits créances) ou à la loi de la société (pour parts sociales).
Ces droits ne sont donc pas incluent dans les droits réels.
-Pour les droits de la propriété intellectuelle, c’est la loi du pays dans lequel la
protection est demandée.
Cela s’explique par le fait que chaque ordre juridique a constitué un système de
protection de propriété intellectuelle sur une base intellectuelle. De plus, pour
être efficace, il faut que cette protection soit commune entre les différents pays.
Cette solution dite de ‘l’indépendance du droit’ est celle du droit français comme
celle du droit communautaire.
A exclure du champ des droits réels.

-COMPETENCE JUDICIAIRE :
- Le NCPC connaît des règles particulières pour les biens immobiliers : art 44 : la
juridiction du lieu de situation de l’immeuble est compétente La convention de
Bruxelles détermine la compétence des tribunaux français : compétence
exclusive au tribunal du lieu de situation de l’immeuble.
-Pour les actions réelles mobilières : pas de dispositions spécifiques. L’article 14
peut servir : privilège de juridiction qui fonctionne.
Cas où le défendeur est domicilié sur le territoire français : article 2 de Rome I
intervient et rend les tribunaux français intervient.
Un arrêt de 1972 XX
Arrêt Chez, CJCE 2006: problème de trouble du voisinage, quant à l’utilisation
d’un immeuble situé en république tchèque. Action concernant les droits réels
immobiliers ou action précontractuelle (préventive) dans le cas où dommage
aurait pu souffrir de la centrale. La Cdc dit que e n’est pas un dommage réel.

CHAPITRE 1. LE STATUT REEL


SECTION 1. LE DOMAINE DE LA LOI REELLE :
Quelles matières sont soumises à la lex situs ?
Il s’agit des règles que l’on trouve dans le code civil.
Remarque : Dans le projet initial, il n’y avait que les obligations (contractuelles et
extra contractuelles). Les anglais ont par la suite demandé une renégociation : on
a abandonné les obligations extra contractuelles. Contractuel = Rome I. Extra
contractuelle aboutira finalement à Rome II.
Live 2 du code civil : Des biens et différentes modifications de la propriété.
Titre 1 porte sur la distinction des biens. Opposition biens mobiliers et biens
immobiliers. Cette distinction, si elle relève du droit français, relève du droit
interne applicable. En droit français, il y a une opposition pour le droit des
successions : celle aux immeubles est soumise à la loi de situation ; celle aux
meubles est soumise à la loi du dernier domicile du défunt. On demandera au DIP
français quelle est la définition de l’immeuble/meuble qu’il faut retenir. C’est
essentiellement celle que l’on trouve dans le code civil que l’on appliquera.
Décision du TGI de Paris, 12 janvier 1966, l’affaire Stroganoff : œuvres d’art par
nature avaient été donné au prince Stroganoff par le Tsar. Ces œuvres d’art sont
elles des meubles par nature ou sont-elles des immeubles par destination du fait
de son attachement au château. Le TGI dit qu’il faut recourir à la loi française
pour distinguer meuble/immeuble. Qu’il n’est pas possible de demander à la loi
russe la distinction alors qu’on ne sait pas si la loi russe est applicable = >cercle
vicieux. Les biens étaient des meubles par nature, non des immeubles par
destination, selon la distinction française.

La propriété est un ensemble qui peut être démembré en plusieurs utilités


eg. usufruit et nu-propriété. Il y a des droits réels principaux et accessoires. En
principe, on soumet l’élément accessoire au même régime que l’élément
principal. Or ici, quand il en va d’une sureté réelle, le principal c’est quasiment
l’obligation de garantie, et l’accessoire c’est
Mais en DIP, tel n’est pas toujours le cas. Les droits réels accessoires seront
traités de la même manière que les droits réels principaux, mais il y a des règles
re : l’acquisition des biens dans le livre 2 du code civ.

§1. LE CONTENU DU DROIT REEL :


Affirmation jurisprudentielle pour les immeubles dans un arrêt Stewart du
14 mars 1857 (hypothèse de succession): l’article 3 alinéa 2, soumettant a
la loi F les immeubles situés en F, embrasse dans sa généralité tous les
droits de propriété et autres droits réclamés sur les immeubles. Rien
n’échappe au lex situs.

Pour les meubles : 24 mai 1933, arrêt : la loi française est seule
applicable aux droits réels dont sont l’objet les droits mobileirs situés
en France. L’hypothèse sur lequel il a été prononcé est moins clair. Il faut
attendre l’arrêt DIAC du 8 juillet 1979 qui généralise la solution qui soumet les
droits réels à la loi du lieu de situation.
Cette solution se justifie par le fait que le titulaire pourra se reconnaitre
une prérogative de la chose, quelque soit les prétentions des tiers. Ce
monopole justifie la solution de la loi de la situation, car c’est à ce lieu que
normalement, ce monopole s’exerce sur le bien et peut rencontrer la
contestation des tiers. Il revient à l’ordre juridique local de prendre en charge
cette contestation et de régler les intérêts concurrents sur la chose pour assurer
la paix sociale sur son territoire. Il y a aussi l’idée de sécurité juridique qui exige
que le régime des biens soit uniforme. Il serait déconcertant si les priorités
variaient à l’intérieur du territoire, du sort qu’on ne pouvait pas savoir quel sera
applicable.

§2. L’ACQUISITION DU DROIT REEL :


A. Mode d’acquisition spécifique aux droits réels
Ils relèvent de la loi du lieu de situation.

I. MODE D’AQUISITION DU DROIT COMMUN :


Accessession, possession, occupation, …. Se matérialisent à raison de
l’objet sur lequel il porte. Sont déterminés par la nature du droit qu’ils font naitre.
Cette dépendance les soumet à la loi du lieu de location : elle a vocation à dire si
le droit réel existe ou non. C’est bien cette solution qui avait été retenue en
1972.
Il faut ajouter à ces modes d’acquisition la transcription ou la publication
foncière car elle concrétise les droits par rapport aux tiers. C’est en réalité un
mode complémentaire d’acquisition du droit réel. Il faudra donc soumettre à la loi
du lieu de localisation car c’est dans le lieu où se trouve le bien qu’il y a
publication.

II. MODE EXORBITANT DU DROIT COMMUN


Modes d’acquisition dont la mise en œuvre résulte d’une décision de
l’autorité publique : elle peut procéder à l’adjudication sur saisie, expropriation,
nationalisation. Cette décision de l’autorité publique ne peut intervenir que sur
son propre territoire.

1. LA REGULARITE DE L’EXPROPRIATION :
Quant aux expropriations et aux nationalisations, elles ont suivies de très
grandes difficultés. D’abord car elles sont récentes. Ce ne sont pas peut-être des
questions de DIPrivé. Finalement oui. Le principe en la matière est le principe de
la territorialité. Arrêt SMC du 20 février 1969 : le principe de souveraineté a
pour conséquence que les mesures de nationalisation ne peut avoir
effet que sur le territoire de celui qui la prend. Corrélativement qui serait
prononcé par une autorité étrangère ne pourrait pas invoquer des biens réputés
situés en France. Toute autre autorité serait incompétente et au contraire la
nationalisation par l’autorité territoriale est régulière et doit être reconnue.
La Cdc n’a pas tranché sur le choix : Loi du lieu de situation du bien et loi de
l’autorité qui intervient. L’arrêt SMC pense pouvoir se dispenser d’évoquer la loi
de situation du bien en évoquant la souveraineté étatique. La conséquence de la
territorialité est qu’on est obligé de déterminer où se trouve le bien au moment
que la nationalisation entre en vigueur. Si c’est un bien corporel, ce n’est pas
difficile, mais si la nationalisation est plus générale et porte sur les droits de
créance ou des parts sociales, c’est plus difficile.
La cdc a opté pour une solution disant que la créance est située dans le lieu de
la loi qui s’applique à la créance (de l’obligation contractuelle).
Cette solution permet de régler un problème général mais ces
nationalisations ont parfois porté sur les entreprises. Si la nationalisation vise la
Personne Morale, les associés perdront leurs parts sociales et la loi applicable
sera celle qui régit la société. En parallèle, il y a une possible nationalisation des
actifs. A ce moment là, il faut que ces biens se localisent sur le territoire de l’état
qui vise la nationalisation. On peut donc se trouver en présence double
nationalisation.

2. L’EFFICACITE INTERNATIONALE DE LA NATIONALISATION


(pour cette sous-partie 2 jusqu’au B. a) compris, j’ai repris à partir du poly étant arrivée
en retard)
Il faut que la nationalisation ne heurte pas à l’OP de l’état qui est demandé de
reconnaître la nationalisation.
Eg. le gouvernement soviétique a nationalisé plusieurs biens royaux et les
navires, puis les a vendus sur le marché occidental. Leur compétence n’était pas
discutable, mais ces nationalisations ont été faites sans indemnités aux anciens
propriétaires, et la Cour de Cassation a jugé que c’était contraire à l’OP. Mais il a
fallu fixer un seuil de non-conformité à l’OP et la cour a utilisé l’art 545 code civ
qui énonce qu’il faut une « juste et préalable indemnité versée dès que la mesure
d’expropriation prend effet ».
Ceci a été jugé dans plusieurs arrêts, dont un : l’arrêt 5 mars 1928 (#13 grands
arrêts).

Parfois, la Cour se montre plus flexible dans la reconnaissance des expropriations


étrangères :
Ainsi, dans quelques arrêts on n’exige qu’une indemnité équitable et
préalablement fixée (non préalablement versée).
Eg. en 1981, une nationalisation étrangère a pu être reconnue dès lors que
l’expropriation était prévue en principe, même si l’indemnité n’a pas encore été
fixée.

Remarque :
1. Si les biens sont réintroduits en F après leur nationalisation, l’état étranger a une
immunité d’exécution, même si aucune indemnité n’a pas été payée, et les trib F ont du
mal à forcer une restitution.

2. Ces principes ont des vices, comme le montre des arrêts de 1969 : les nationalisations
algériennes qui résultaient des décrets affectant la gestion des biens des rapatriés en
France qui avaient laissé leurs biens en Algérie. Ces nationalisations n’ont pas été
reconnues car il n’y avait aucune indemnité payée. Les propriétaires ont alors tenté
d’utilisé la nationalisation pour échapper au paiement de leurs créanciers. Mais
juridiquement, ces personnes qui n’avaient pas leurs biens en fait étaient toujours les
propriétaires en droit français, et ne pouvait pas prévaloir de la nationalisation pour
échapper le paiement des dettes. C’est une décision horrible ! Les propriétaires restent
débiteurs sans leur propriété.

B. Modes d’acquisition communs aux droits réels et aux droits de


créances
Ces modes inclus les contrats, les successions, et les lois.
Il y a un acte juridique qui obéit à sa propre loi. Le contrat obéit à la loi
d’autonomie, la succession obéit à la lex situs ou a la loi du domicile du défunt.

Le problème est de régler le champ d’application de la loi de la situation et de la loi du


rapport juridique. La proposition initiale a été formulée au 16ieme siècle, et elle est
reprise par la juris au 19ieme siècle lorsqu’elle applique et interprète l’art 3-2 code civ.
La généralité de cet article permet une application large de la loi de la
situation, même pour admettre que toute opération concernant un immeuble devait
obéir à la lex situs.
Mais il y a un problème de répartition : eg. les biens dans une succession : faut-ils
obéir à la loi du domicile du défunt ou a la loi du lieu de situation, quand ces 2 règles
mènent à 2 lois différentes ?

L’acquisition relève de 2 questions : l’opposabilité aux tiers, l’étendue de l’acquisition et


le mécanisme de transfert.

a) l’opposabilité au tiers : Si la lex situs ne correspond pas avec la loi de transfert


du droit, la lex situs conserve sa priorité =>l’opposabilité du transfert.

b) La consistance du transfert : la question est celle de savoir dans quelle


mesure les contractants ou disposants peuvent agir sur le contenu du droit
crée ou transféré. Question du départage de la loi du transfert de la loi des
droits réels.
Eg. Le disposant a voulu constituer un trust, inconnu en droit français, pour
des biens situés en France. Eg. Le D a consenti un gage ou sûreté inconnu
en F mais pour des biens situés en France. Dans quelle mesure un bien
situé en F peut-il être l’assiette d’un droit réel non connu en France ?
C’est la loi du lieu de situation qui détermine si les droits réels portant sur
ce bien sont compatibles ou non avec le droit français. La formule de
l’arrêt de 1933 et de DIAC affirme ainsi le monopole de la loi française. Si
le bien est introduit en France, la loi F devient applicable. Il y a une
hostilité de maintenir la loi du lieu de situation, à cause de la théorie des
droits régulièrement acquis et de la loi d’autonomie. . Seuls les droits
admis par la loi française restent constitués. Fragilisation de la sûreté
donc.

SECTION 2. LA DETERMINATION DE LA LOI APPLICABLE :


Comment déterminer cette loi du lieu de situation. Certes, pour els
immeubles, il est facile de repérer le lieu de situation, si on met de côté les
hypothèses marginales dans lesquelles les immeubles chevauchent la frontière.
De même, parfois, l’immeuble par nature se trouve d’un côté de la frontière et
l’immeuble par destination se situe de l’autre côté de la frontière.
Tout tourne autour de 2 concepts latin : »la plus grande partie attirerait la
plus petite quand le tout est indivisible » et « l’accessoire suit le principale ». On
essaie ainsi de réunifier cet immeuble que la frontière avait partagé.
Les problèmes sont plus importants pour les meubles en raison de leur
nature même (les meubles sont fait pour se « promener »). On envisage 2 séries
de problèmes : celui des choses en transit (les choses qui sont le support du
transport de marchandises) et celui du conflit mobile.

§1. LES CHOSES EN TRANSIT


A. LES MOYENS DE TRANSPORT :
2 catégories sous régime différents :

1. LES MEUBLES SOUS PAVILLON :


Cas des navires, bateaux de rivière et aéronef. Ils font l’objet d’une
immatriculation qui leur confère un pavillon, une « nationalité ». Ils sont ainsi
juridiquement rattaché au pays d’immatriculation et seront soumis à la loi du
pavillon. L’arrêt Craven Du 19 mars 1872 concernait un navire anglais donnait
une solution autre qui n’est plus celle en vigueur aujourd’hui.

2. LES MEUBLES SANS PAVILLON


Les wagons de chemin de fer : font l’objet de convention internationale.
Les automobiles : il y a bien une immatriculation mais n’a qu’une valeur de police
donc ne confert pas de pavillon. Dès lors, l’automobile se retrouve soumise à la
loi de sa situation. Cf arrêt DIAC 1969.

B. LES CHOSES TRANSPORTEES


Si la chose est transportée par un meuble sous pavillon, elle obéira à la même loi
que le moyen de transport : « Le pavillon couvre la marchandise. » En réalité,
cette loi ne s’applique que quand on ne parvient pas à appliquer le lieu de
situation. Si on parvient à déterminer la situation effective, la loi de ce lieu
s’applique.
Pour les choses transportée par un meuble sans pavillon : si la situation effective
est déterminable, on applique la loi de ce lieu. En revanche, si elle n’est pas
déterminable, on applique la loi du lieu de destination.

§2. LE CONFLIT MOBILE :


Difficulté qui résulte du déplacement international facteur de
rattachement. Ce facteur de rattachement se réalise dans 2 ordres distincts.
S’agissant des droits réels, il ne concerne que les biens corporels, seuls
susceptibles de traverser les frontières.
Il y a 2 moments t. Quand appliquer la loi initiale et quand appliquer la nouvelle
loi ?
La solution est d’utiliser les ppe généraux du droit transitoire interne : la
loi nouvelle loi désignée régit toutes les questions de droit nées après
le déplacement de l’immeuble. En revanche, elle s’efface devant la loi
initiale lorsqu’il s’agit de traiter les questions de droit sur les
circonstances réunies avant le déplacement du meuble. C’est en somme
ce que dit l’article 2 du code civil disant que la loi nouvelle n’a pas d’effet
rétroactif.

A. L’ACQUISITION DE DROITS :
Elle est régit par la loi du lieu du meuble au moment où ce meuble est acquis.
Exemple : un bien a été vendu par quelqu’un qui n’avait pas la propriété. Le bien
se situait dans un pays ou le véritable propriétaire dispose d’une action en
revendication. Cette action, inconnue en principe au droit F, peut être exercé une
fois que le bien est introduit en F devant les trib F car il revient a la loi désignée
au moment de l’acquisition de dire si le bien vendu est acquis ou non a
l’acheteur. Si l’acheteur après l’entrée du bien en F s’est constitué une
possession, il pourra se prévaloir de l’art 1179 s’il est de bonne foi, et donc faire
échec à l’action en revendication.
CF ARRET POTASSE DU 14 MARS 1939 et l’arrêt du 12 janvier 1978.

B. LE CONTENU DES DROITS :


Le contenu des droits acquis est défini par la loi ou le bien est situer. Si le bien
est acquis en Allemagne, c’est le droit allemand de la propriété qui s’applique. Si
le bien est acquis en France, on exercera le droit de propriété en droit français.
Pb des suretés du droit réel : lorsqu’on introduit un bien en France qui était
exposé à une sureté allemande, ce bien n’est exposé qu’aux suretés reconnues
en France. Nuit fortement à la sécurité des transactions. Cette solution repose
sur la nécessité d’uniformité locale de façon à ce que chacun sache quels droits
sont sur ce bien. La Cdc maintient toujours cette position mais elle est très
contestée.
D’autres solutions sont posées :
Pourquoi ne pas faire confiance à la loi du contrat, où les effets de la sûreté
seront régit par la loi du contrat, qui ne change pas même si le bien change de
pays. Le désavantage est que cela produira des surprises aux tiers dans le pays
local.
M. Mayer : On pourrait aussi appliquer les dispositions du droit F qui ont un
caractère de police. Ca permettrait de réintroduire dans une certaine mesure le
jeu de la loi de situation.
M. Keirala : fait jouer à la loi du contrat le rôle de la sureté, mais si elle est
étrangère, les tiers en France peuvent se prévaloir de leur ignorance si elle est
légitime.

TITRE 3. LE DIP DES PERSONNES :


On parle aussi de statut personnel ou loi personnelle. Il fixe le rôle que l’individu
peut être amené à jouer.
La conception du statut personnel est plus ou moins large :
A l’article 3 alinéa 3 du code civil, on parle de l’état et la capacité des français.
Alors que l’ancien droit intéressait essentiellement la capacité.
En revanche, l’empire colonial avait une conception beaucoup plus large : état
ou capacité + droit patrimonial de la famille (technique pour ménager les
populations locales en conservant leur statut).
La loi nationale pendant longtemps n’a pas existé : invention prenant corps
le 14 juillet 1790, fête de la fédération qui célébrait l’égalité entre tous les
individus. C’est dans le terme nation (corps homogène et unique) que s’est
forgée l’idée de nationalité. Celle-ci s’est développée au cours du 18ème siècle.
Ce concept de nationalité a été utilisé par le droit français dès 1804. C’était alors
le domicile qui déterminait la loi personnelle. Cela est du au fait que la question
se pose qu’en rapport avec le voisinage. C’est ce que l’on a pratiqué aussi en
dehors de la France après le code civil. A cette époque, il n’y avait de nationalité
que française (grâce au code civil). Le passage du domicile à la nationalité n’a
pas semblé important par els juristes de cette époque au départ. Ce n’est qu’au
moment du développement du nationalisme que ce concept de nationalité a pris
de l’importance.

La nationalité a un double fondement :


-la nationalité appartenance : lien des individus avec ses semblables.
Fondement principal.
-lien vertical : la nationalité allégeance : lien avec le pouvoir politique.
Fondement utilisé par exemple pour le droit de prélèvement en matière de
succession.
Il y a des gens qui peuvent se prévaloir de plusieurs nationalité simultanément ce
qui pose problème. Si les nationalités sont toutes les 2 étrangères, c’est la
nationalité la plus effective qui prévaudra. Cette nationalité traduit une
appartenance d’un individu, bien qu’il ait une allégeance double.
Cela pose plus problème quand la double nationalité comprend la nationalité
française : les autorités françaises considèrent alors que l’individu est
exclusivement français car dans l’ordre juridique français, il n’y a qu’une
catégorie de français : les français à part entière.
Ceci dit, la nationalité a perdu de son importance aujourd’hui.

La nationalité est attribuée par la loi. C’est un rattachement stable, facteur de


simplicité. Le rattachement à la nationalité assure une certaine permanence et
sécurité du statut personnel.
Cependant, ce rattachement a aussi un certain nombre de faiblesses :
-à l’époque où le rattachement a été créé, les français voyageaient peu et il n’y
avait pas beaucoup d’immigation. La loi française pouvait donc fonctionner sans
grandes difficultés. Alors que quand les français sont hors du territoire,
l’application de la loi française suppose l’intervention d’une autorité publique (or
ces autorités étaient peu présentes à l’époque). L’application extra territoriale de
la loi française était donc délicate et eu effective.
-de plus en plus on rencontre des cas de double nationalité.

C’est pourquoi, le domicile tend à s’approprier différents secteurs. Or le


domicile est défini à l’article 102 du code civil : il est situé « au lieu de son
principal établissement ». Il y a une composante objective et une composante
subjective. Il y a aussi des cas de domiciles « légaux » qui n’ont pas la même
signification : mineurs rattaché au domicile de ses parents par exemple. Mais ils
sont un peu artificiels. C’est pourquoi, on préfère utiliser le critère de la
résidence habituelle : il y a une compétence matérielle (lieu effectif) et en plus
l’élément subjectif est important : intention de résider dans cet endroit. Dans le
domicile, certes l’élément subjectif est existant mais il est estompé. Dans
résidence, on a un sentiment de précarité : L’élément factuel est prépondérant.
L’un et l’autre de ces critères se recommandent par la proximité qu’ils
assurent : appliquer la loi du domicile c’est appliquer la loi de la
communauté au sein de laquelle l’individu évolue.
La faiblesse de ces rattachements c’est leur mobilité, surtout s’il s’agit de
la résidence habituelle (déménagement suffit).

Maintien de la prépondérance du rattachement de la nationalité mais il y a


de plus en plus d’exception.

Sous-titre 1. LE DIP DES LIENS DE FAMILLE


Nationaliste : concerne le mariage et la filiation.
Problème du PACS : où le placer ?

CHAPITRE 1. LE MARIAGE
SECTION 1. L’ETABLISSEMENT DU LIEN CONJUGAL
§1. LES CONDITIONS DE FORMATION DU MARIAGE :
A. LES CONDITIONS DE FOND :LOI NATIONALE DE L’INTERESSE
Article 3 alinéa 3 du code civil : soumet l’état et la capacité des français à la
loi française.
Le législateur ne s’est pas prononcé sur l’état des étrangers.
Cela est inconfortable pour la jp qui n’a pas de règles pour le sort des étrangers.
Elle a pensé qu’il fallait appliquer la loi de l’Etat auquel il était ressortissant.
L’arrêt du 13 juin 1814, Busquetta procède à la bilatéralisation de l’article 3
alinéa 3. L’arrêt s’agissait d’un moine espagnol qui est venu en F, il a épousé une
femme et a commencé à dépenser son argent. La femme ne voulait plus être mariée,
donc elle a tenté une action en erreur de la personne, on a appliqué la loi espagnole au
mari, que les moines ne pouvaient pas se marier. Annulation du mariage.
Les étrangers obéissent aussi ainsi à la leur loi nationale.
En l’absence de droit étranger de la nationalité, on utilisait les fondements même de la
nationalité française que l’on transposait aux étrangers. On faisait la preuve de la
nationalité étrangère au moyen des critères de nationalité française selon la doctrine.
C’est d’ailleurs ce qui est énoncé à l’article 170 du code civil qui répond au cas où le
français s’est marié à l’étranger: si les formes étrangères sont accessibles, il faut que le
français n’ait pas contrevenu aux conditions de fond.
Les conditions de fond comprennent : Consentement (existence), âge du mariage,
consentement des parents, condition de monogamie et la différence de sexe.

Cette solution de principe connait des aménagements :

SECTION 2. LES EFFETS DU LIEN CONJUGAL

CHAPITRE 2. LE DIVORCE

CHAPITRE 3. LA FILIATION