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REPOBLIKAN'I MADAGASIKARA

Tanindrazana-Fahafahana-Fandrosoana

MINISTERE DES TELECOMMUNICATIONS


DES POSTES ET DE LA COMMUNICATION Programme des Nations Unies
pour le Développement

Politique Nationale
des Technologies de l'Information et de la
Communication pour le Développement
PNTIC-D

JUIN
2005
Politique Nationale
des Technologies de l'Information et de la
Communication pour le Développement
PNTIC-D
Résumé exécutif

Ce document de politique sectorielle élaboré par le Ministère des Télécommunications, des Postes
et de la Communication présente les grandes lignes de la politique nationale en matière de TIC pour
Madagascar et en appui à son propre développement.

Sept principaux objectifs stratégiques y sont définis globalement et sont répartis dans cinq
principaux axes stratégiques. Les démarches opérationnelles de mise en œuvre à court et moyen
terme y sont mentionnés à titre de cadrage général des activités à engager. L’ensemble des parties
prenantes a validé ce document le 18 décembre 2003 et le Premier Ministre l’a énoncé clairement
lors des présentations des activités du gouvernement aux parlementaires en juillet 2004.

Pour une concrétisation des actions visant à mettre en œuvre cette politique nationale, ce document
vient en annexe des différentes lois concernant les TIC. Il servira ainsi à donner des indications
et arrêter quelques principes clés dans la réussite des actions qu’il faudrait engager au niveau de
l’infrastructure, des applications et contenus, du renforcement des compétences nationales, de la
constitution et de la gestion d’un fonds, et de la promotion de l’entreprenariat.

En tant que document de référence qui requiert la contribution des différents Ministères et secteurs,
il est utile de rappeler succinctement l’essentiel des objectifs fixés, ainsi que les conditions
primordiales de ses réussites nécessitant une approche transversale entre les différents secteurs :
1 : Un réseau national numérique de qualité couvrant tous les fivondronana d’ici 2015.
Ceci nécessite une mobilisation générale et une coordination au niveau des promoteurs
d’infrastructure de l’Etat dans le secteur des routes, de l’énergie et des différents de moyens de
transport terrestre. La contribution des sociétés privées, des sociétés d’état libéralisées ou en cours
de privatisation est également essentielle.
2 : Mettre en place et rendre facilement accessible les applications de base en appui aux
secteurs prioritaires.
Les promoteurs des différents secteurs prioritaires doivent prendre en considération l’utilité des
applications TIC dans la mise en œuvre de leur propre politique sectorielle et accepte de mutualiser
les moyens à mettre en œuvre par souci d’économie de ressources nationales. Les priorités étant
celles qui sont définies par l’Etat.
3 : Mettre en place un système d’appui au secteur privé
Une politique fiscale en faveur des acquisitions dans les entreprises privées doit accompagner les
différentes campagnes de sensibilisation. A défaut, l’industrie TIC au service des besoins locaux
doivent bénéficier de mesures d’accompagnement fiscal dignes d’un secteur clé de l’économie
nationale pour devenir un des secteurs porteurs de notre économie.
4 : 10 millions d’usagers TIC et 30 000 techniciens et ingénieurs dans dix ans.
Une politique de l’éducation plus volontariste dans l’innovation, la recherche et l’insertion des TIC
dans l’éducation à la base est d’une extrême importance. Le secteur privé ayant déjà apporter ses
preuves doit y contribuer en grande partie.
5 : Renforcer dans chaque fivondronana les pôles de compétences TIC locales.
Toutes les initiatives au delà de la capitale ou des zones urbaines doit s’accompagner d’une
promotion des initiatives d’entreprenariat locales, y compris pour le secteur de la formation en
général.
6 : Mettre en place d’un nouveau dispositif réglementaire.
La réforme institutionnelle à engager doit permettre la mise en place à terme du schéma institutionnel
du présent document. Des lois doivent être promulguées pour faciliter la promotion des initiatives
TIC dans un cadre concurrentiel fondé sur l’impartialité et la transparence. L’existence d’une loi
nationale sur la concurrence est un atout. L’existence d’une loi sur les contenus et la communication
vient en tant que complément indispensable à cette politique.
7 : Mettre en place un fonds pour le développement des services TIC nationaux en faveur des
consommateurs (Fonds d’Accès au Service Universel : FASU).
Mettre en place au préalable un mécanisme clair répondant à la transparence des règles de gestion
du fonds au service des principaux contributeurs. Ce mécanisme doit optimiser l’utilisation du fonds
au profit des principaux secteurs bénéficiaires.

Un dispositif général de suivi, d’observation, de régulation et d’exécution qui verra la participation de


l’ensemble des parties prenantes doit se mettre en place en 2005 pour assurer la pérennisation des
actions engagées. Chaque Ministère engage ses propres responsabilités dans l’exécution de cette
politique nationale des TIC. La mise en place de l’E-gouvernance traduira cette première volonté.
PNTIC-D Juin 2005 3
Avant-propos

C ette version de la PNTIC-D est le résultat d’un processus ayant débuté en septembre 2002
pour arriver à son terme en décembre 2003. Ce document sera largement diffusé pour
atteindre un grand nombre de dirigeants du secteur privé et de l’administration ainsi que les
différents organismes de la société civile. Une version malgache sera également disponible
au second semestre 2004 pour une plus large diffusion et une meilleure compréhension
conformément à l’esprit du document lui-même.

L’évolution par rapport aux Drafts précédents -version 1.2 à 1.9- est fondamentalement l’apport
de certaines précisions sur la stratégie de mise en œuvre, aujourd’hui non encore exhaustive
par faute d’information précise sur le mode de financement et sur le coût réel des projets en
question. Un document de programme intitulé « Programme d’implémentation des stratégies
nationales des TIC pour le Développement » sera annexé à celui-ci au mois d’août 2004. La
plupart des remarques émises lors des différentes réunions, en province et dans la capitale, ont
été analysées pour être intégrées dans cette version.

Le processus de mise en œuvre a déjà commencé avec l’aide des institutions existantes. Les
premières missions du MTPC dans la mise en œuvre de cette politique sont décrites dans ce
document et les différentes étapes successives sont décrites dans le chapitre «stratégie de mise
en œuvre».

Le dernier atelier de validation au Hilton le 18 décembre 2003 a été l’étape ultime pour identifier
les acteurs clés de cette phase de mise en œuvre. Les conclusions tirées de ce dernier atelier
ont été prises en compte dans ce document, notamment l’internalisation et les rôles de chaque
acteur dans la mise en œuvre de cette politique. Ce document intitulé PNTIC-D constitue, pour
Madagascar, la référence sur la politique nationale des TIC pour le développement.

Toute évolution de ce document sera mise en ligne sur le site du CaeS : WWW.caes.mg . Il y
sera également possible de participer au forum sur les différents thèmes qui vont être abordés, à
savoir : La mise en place du FASU, la réforme des réglementations, l’arrangement institutionnel,
etc.

Remerciements
Aux membres volontaires du CaeS qui ont bien voulu
contribuer gratuitement à l’élaboration de ce document
dans le seul soucis de mettre en valeur l’importance
des TIC pour le développement de Madagascar, à tous
les participants aux différentes réunions et ateliers
organisés tout au long du processus, le Ministère des
Télécommunications, des Postes et de la Communication Comité d'Appui en e-Stratégies
ainsi que le PNUD vous adressent leurs remerciements
sincères.

Mpitarika sy fanoitran’ny fampiasana ny Teknolojian’ny fIfandraisana sy fifana-


KAlozana (TIKA) avo lenta sy tongalafatra eran-tany i Madagasikara, ary mana-
faingana ny firoborobon’ny harinkarena, ny sosialy ary ny kolontsaina amin’ny
fomba mirindra sy maharitra, indrindra eo anivon’ny Ranomasimbe Indiana sy
ny Kontinanta Afrikana.

Leader dans la fourniture de services TIC de haute qualité, Madagascar accé-


lère le développement économique, social et culturel de manière harmonieuse
et pérenne dans la région de l’Océan Indien et en Afrique.

5 PNTIC- D JUIN 2005


SOMMAIRE

CHAPITRE 1 PRÉAMBULE ............................................................................................ 7

CHAPITRE 2 VISION STRATÉGIQUE ........................................................................... 9

CHAPITRE 3 JUSTIFICATION ....................................................................................... 11


3.1 HISTORIQUE ............................................................................................................. 11
3.2 UNE PRISE DE CONSCIENCE NATIONALE ............................................................................ 11
3.3 VERS LA SOCIÉTÉ DE L’INFORMATION ................................................................................ 11

CHAPITRE 4 ETAT DES LIEUX ...................................................................................... 13


4.1 CADRE GEOGRAPHIQUE ................................................................................................ 13
4.2 CADRE SOCIOCULTUREL ................................................................................................ 13
4.3 CADRE ECONOMIQUE .................................................................................................... 15

CHAPITRE 5 CONTEXTE .............................................................................................. 18


5.1 CONTEXTE MONDIAL ..................................................................................................... 18
5.2 CONTEXTE REGIONAL ................................................................................................... 18
5.3 CONTEXTE NATIONAL .................................................................................................... 19

CHAPITRE 6 LES OPPORTUNITÉS, FORCES ET AVANTAGES, MENACES ................ 27


6.1 OPPORTUNITÉS ET MENACES ......................................................................................... 27
6.2 FORCES ET FAIBLESSES ................................................................................................ 27

CHAPITRE 7 POLITIQUE ET STRATEGIES ....................................................... 29


7.1 UNE POLITIQUE TIC ORIENTÉE VERS LE DÉVELOPPEMENT .................................................... 29
7.2 LES AXES STRATÉGIQUES ............................................................................................... 30
7.3 LES CONDITIONS DE RÉUSSITE ........................................................................................ 36

CHAPITRE 8 STRATÉGIES DE MISE EN ŒUVRE .................................................. 38

8.1 MISE EN ŒUVRE DE L’AXE 1 : LE DÉVELOPPEMENT DES INFRASTRUCTURES ............................. 38


8.2 MISE EN ŒUVRE DE L’AXE 2 : LA PROMOTION DU DÉVELOPPEMENT DES CONTENUS ET APPLICATIONS ....... 40
8.3 MISE EN ŒUVRE DE L’AXE 3 : LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS ......................................... 42
8.4 MISE EN ŒUVRE DE LA RÉFORME DU CADRE DE RÉGLEMENTATION ET FISCALITÉ ....................... 43
8.5 MISE EN ŒUVRE DE L’AXE 5 : LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENTREPRENARIAT ............................... 48
8.6 PRINCIPES PARTICULIERS À RETENIR POUR LES SECTEURS PRIORITAIRES .................................. 49
8.7 QUELQUES PROJETS À COURT TERME ............................................................................... 54
8.8 INITIATIVES DES PARTENAIRES DE DÉVELOPPEMENT ............................................................. 55

CHAPITRE 9 CONCLUSION .......................................................................................... 58

CHAPITRE 10 ANNEXES ................................................................................................ 60

PNTIC-D Juin 2005 6


Tables

Index des tableaux, figures et encadrés

Tables des encadrés

Encadré 1 : Principe....................................................................................................................8
Encadré 2 : Vision.......................................................................................................................8
Encadré 3 : Apport des TIC dans l’économie..............................................................................16
Encadré 4 : Coûts indicatifs entre les différents programmes d’aménagement du territoire.......19
Encadré 5 : Rôle de l’administration............................................................................................23
Encadré 6 : Notion de priorité à l’usage.......................................................................................24
Encadré 7 : Le secteur des TIC offre une réelle opportunité pour le renforcement des exportations.......30
Encadré 8 : Les enjeux stratégiques régionaux...........................................................................30
Encadré 9 : Tendances internationales de la réglementation dans l’intérêt du public..................31
Encadré 10 : Missions du FASU...................................................................................................33
Encadré 11 : Les TIC, une priorité nationale................................................................................56
Encadré 12 : Perspectives économiques de l’Inde.......................................................................57
Encadré 13 : Evolution potentielle du nombre d’accès Internet individuel en 2010.....................62
Encadré 14 : DVB-RCS à l’usage des points d’accès communautaires. ....................................65
Encadré 15 : Scénario du futur.....................................................................................................65

Tables des définitions

Définition 1 : accès universel.......................................................................................................27


Définition 2 : Evolution de l’infrastructure vers la notion de transport et service..........................42
Définition 3 : Les rôles d’un médiateur.........................................................................................49
Définition 4 : Définition d’une technopole.....................................................................................66

Tableaux

Tableau 1 : Répartition de la population par classe d’âges..........................................................12


Tableau 2 : Evolution des indicateurs économiques et sociaux entre 1998 et 2001....................13
Tableau 3 : Ventilation du PIB du secteur tertiaire par sous-secteur (en %)................................14
Tableau 4 : Ventilation du PIB du secteur tertiaire par sous-secteur (en %)................................14
Tableau 5 : Initiatives des partenaires de développement. (Octobre 2003).................................53
Tableau 6 : Evolution potentielle des lignes traditionnelles de téléphonie horizon 2010.............61
Tableau 7 : Potentiel d’évolution des lignes de téléphonie mobile horizon 2010.........................61
Tableau 8 : Les différents moyens de couverture.........................................................................63

Figures

Figure 1 : Infrastructure nationale dans un futur proche..............................................................17


Figure 2 : Schéma simplifié de l’interaction entre les entités du nouvel
arrangement institutionnel TIC-D 2003.......................................................................34
Figure 3 : Schéma détaillé de la réforme institutionnelle.............................................................44

7 PNTIC- D JUIN 2005


Préambule

Chapitre 1
Préambule

L es Nouvelles Technologies de l’Information et de la


Communication (NTIC) constituent un ensemble
d’outils qui dérivent du « concept » numérique.
Le numérique,
la révolution
technologique
L’expression a fait son apparition vers la fin des du troisième
années 80 et est devenue actuellement TIC ou les millénaire
Technologies de l’Information et de la Communication.
Sa puissance réside sur les possibilités, sans
précédent, qu’elles offrent en matière de partage
et d’échange d’informations et de connaissances.
L’Internet est sans doute l’exemple le plus connu de tous : c’est un réseau mondial
d’échanges d’informations de type texte, voix, données et vidéo, avec des possibilités
de dialogue en temps réel. C’est un réseau sur lequel une (quasi) infinité de bases de
données de toute nature est aujourd’hui disponible à tous.
Dans ses dimensions technologiques, on distingue particulièrement l’interactivité offerte par
les TIC. Les techniques numériques ne sont pas seulement porteuses de sens, mais aussi
génératrices de sens. On ne lit pas une image interactive, on l’interroge, on converse avec
elle, on la manipule, on travaille à l’intégrer dans sa structure mentale de connaissances.
Les processus interactifs donnent une plus grande latitude au récepteur dans la production
de sens. Non seulement, il décodifie le message, mais il le codifie. La hiérarchie entre
émetteur et récepteur dans le concept classique de la communication tend à devenir
obsolète. Les TIC apportent ainsi sa contribution dans la promotion de la créativité. Elles
deviennent de plus en plus prépondérantes dans la production de valeurs ajoutées. Elles
sont à l’origine du nouveau concept de «Société de l’Information» et en constituent son
principal support. Dans les pays développés, elles sont utilisées dans presque tous
les secteurs d’activité. Son appropriation tardive dans les pays en développement est
L’interactivité,
reconnue comme étant un facteur qui va renforcer encore plus le fossé déjà existant entre
nouvelle
le Nord et le Sud, exprimé souvent dans la littérature par « fracture numérique ». source de
L’intégration de Madagascar dans le processus actuel de mondialisation figure parmi les création
priorités du gouvernement malgache. Le degré d’appropriation nationale des TIC est un de valeurs.
facteur qui va peser sur la réussite de cette mission. Le Ministère des Télécommunications,
des Postes et de la Communication a estimé ainsi nécessaire la formulation d’une politique
nationale des TIC pour le développement. Ce document constitue son expression. Il a été
bâti à l’aide d’un processus participatif. Cette démarche a débuté par un forum national qui
a été suivi d’études et d’ateliers lesquels ont vu la participation de l’ensemble des acteurs
socio-économiques. Ce document s’articule ainsi naturellement autour du Document
Stratégique pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP). Il exprime une vision nationale
sur la place des TIC dans la société malgache de demain, une politique nationale pour la
construire ainsi qu’une stratégie de mise en œuvre.

Un état des lieux avec ses dimensions géographique, socioculturelle et économique s’est
avéré nécessaire pour mieux cerner les enjeux. Il est complété par un aperçu général
des opportunités offertes par les TIC, sans oublier les menaces qui sont réelles pour les
pays en développement comme Madagascar, ainsi qu’un résumé d’analyse des forces et
faiblesses de Madagascar pour l’appropriation des TIC.

Ce document définit les grands objectifs nationaux et sectoriels et les différentes stratégies
appropriées pour leur mise en œuvre. Elle précise par ailleurs les objectifs spécifiques
sans lesquels la mise en chantier des politiques sectorielles sera aléatoire.
PNTIC-D Juin 2005 8
Préambule

Cette mise en œuvre, d’une importance capitale pour la réussite de la politique, fixe les
axes prioritaires et les travaux urgents à réaliser pour atteindre les résultats escomptés.
Une volonté Les acteurs de premier plan et leur responsabilité dans la réalisation de cette politique
commune de nationale sont mis en exergue dans ce document. Il a été tenu compte de la libéralisation
changement progressive du secteur, étape nécessaire dans le contexte actuel de l’économie mondiale
vers la dans laquelle les TIC occupent désormais une position privilégiée.
modernité pour
une intégration Globalement, ce cadre comprend plusieurs structures associant l’Etat, les organismes
dans la qui lui sont rattachés, les OSCs et le secteur privé. Les fonctions associées sont
société de essentiellement : la définition et la mise en place d’un cadre réglementaire, les
l’information orientations et la veille stratégique, la mise en œuvre opérationnelle et le suivi évaluation.
et de la
mondialisation L’Etat joue le rôle d’impulsion pour assurer sa réussite. Le secteur privé et les OSCs en
sont les principaux partenaires et/ou acteurs.

Ainsi, le présent document de politique et stratégies nationales s’articule autour des points
ci-après :
- Une vision stratégique qui constitue les enjeux et le défi permanent pour un
développement durable et rapide par les TIC.
- La justification de la démarche.
- Un état des lieux faisant apparaître les forces et faiblesses, les opportunités et
menaces.
- La politique et les stratégies nationales adoptées.
- Les acteurs.

Il servira de document de référence au gouvernement et à tous les acteurs impliqués dans


le processus afin de préciser les règles du jeu, de faire converger les intérêts de chaque
partie, et de faciliter le partenariat public privé pour un développement harmonisé des TIC
à Madagascar.

9 PNTIC- D JUIN 2005


VISION STRATÉGIQUE

Chapitre 2
VISION STRATÉGIQUE

L e DSRP a fixé l’objectif fondamental de Madagascar :


réduire la pauvreté de moitié en dix ans. Une pauvreté
qui, en ce début de XXIè siècle, concerne principalement
le monde rural, mais aussi une pauvreté qui menace le
pays tout entier si on ne se donne pas les moyens de
rendre nos entreprises et notre administration aussi
compétitives, modernes et efficaces que celles des
Vers une
pays « concurrents » régionaux ou internationaux. C’est
standardisation
autour de ces principes globaux que cette vision sur la
des TIC
place des TIC dans la société malgache de demain est
comme outils
bâtie. Une vision en parfaite harmonie avec les aspirations des communautés de base,
de production
comme elles ont été exprimées lors d’une étude menée dans le cadre du suivi de la
de valeur
déclaration du Millénaire. A savoir :
ajoutée.
- Un niveau de vie décent pour chaque citoyen ;
- Un mieux-vivre social avec les valeurs traditionnelles et l’identité malgache ;
- Des citoyens instruits et éduqués ;
- Un Etat mieux géré ;
- Une plus grande longévité de vie et un meilleur accès aux services de santé ;
- La disponibilité d’infrastructures sociales et de production appropriées ;
- Des rapports égaux entre les hommes et les femmes ;
- Une meilleure sécurité des biens ;
- Un Madagascar redevenu “vert”.
(Cf. Culture et prospective, Perceptions du futur par les communautés de base, page 79,
PNUD)

D’emblée, le degré d’appropriation et d’usage des TIC sur le plan national doit atteindre
un niveau comparable a certains pays émergents dont on souhaite atteindre le niveau de Vers une plus
développement dans dix ans. Tous les bureaux des entreprises et des administrations forte
contiennent au moins un ordinateur. Le concept de réseau local ou distant, le concept de mobilisation
bases de données et de système d’information est entièrement vulgarisé. Les compétences des ressources
dans le secteur des TIC sont abondantes au bonheur des entreprises, en particulier celles nationales.
qui souhaitent devenir exportatrices de services TIC. Les sociétés productrices de produits
ou d’équipements numériques et les fournisseurs de services relatifs aux TIC remplissent
les annuaires. Les ménages et les entreprises accèdent facilement au réseau des réseaux
soit, par des accès communautaires soit, par des accès privés. En résumé, les TIC
prennent une place nettement plus importante qu’aujourd’hui dans les investissements
nationaux. Sa part directe ou indirecte dans le produit intérieur brut (PIB) et dans le produit
national brut (PNB) est nettement plus conséquente.

Dans cette société, avec l’usage des TIC :

• L’Etat se rapproche davantage du citoyen et des acteurs de développement en


améliorant ses services publics et sociaux par la dotation et l’appropriation d’outils de
gestion moderne ;
• Les entreprises renforcent leur position sur la scène nationale et internationale,
s’insèrent dans de nouveaux créneaux et contribuent fortement à la transition de
l’économie et à la croissance de l’emploi ;
• Des contenus de toute nature (informations, formations, documents, données, savoir-
faire, services, produits…) adaptés au besoin, à la capacité et au niveau d’éducation
de la communauté et des ménages sont produits et sont à la portée même de ceux qui
vivent dans les régions les plus isolées ;
• L’accès aux savoirs universels et l’accès aux formations s’obtiennent à moindre
coût réduisant ainsi l’écart entre les compétences nationales et celles des
paysdéveloppés.

PNTIC-D Juin 2005 10


Vision stratégique

• Des systèmes d’information, comme aide à la décision, se développent dans tous les
domaines rendant ainsi les organismes utilisateurs plus performants. Les entreprises et les
administrations sont toutes concernées. On distingue en particulier les secteurs éducation, santé,
environnement, défense et sécurité.

La réalisation de cette vision confère à Madagascar un statut le rapprochant d’une société


d’information. Cela contribuera sans ambiguïté à son intégration dans la société mondiale. Elle
induira sans aucun doute une amélioration des conditions matérielles et du bien-être social. Elle
incitera de nouvelles méthodes et relations de travail qui engendreront à terme de nouveaux
comportements socioculturels, base de toute évolution de la société. Cette évolution « par
la Technologie » ferait apparaître de nouveaux rapports entre les hommes, qui serviront de
détonateur pour un éveil social permanent au profit du développement et du progrès.
Pour parvenir à ces objectifs, une nouvelle stratégie doit être mise en œuvre. Au regard de l’histoire
de notre île sœur, l’île Maurice, qui a atteint aujourd’hui un niveau appréciable de développement
reconnu par la communauté internationale, au vu de nos potentiels humain, géographique et
économique, une forte volonté politique nationale devrait nous permettre d’atteindre cette vision.
Elle se traduira, au cours de sa réalisation, par une amélioration progressive de notre indice de
développement humain.

Encadré 1 : Principe

q Une forte volonté politique d’utiliser les TIC comme moteur de développement de tous les
secteurs socioéconomiques.
q Le leadership malgache dans la mise en place dans les meilleurs délais du backbone de
liaison internationale en fibre optique de l’Afrique de l’Est.
q Une volonté de faire de ces nouvelles infrastructures des opportunités pour Madagascar
de couvrir les services TIC de la région indien océanique et de l’Afrique de l’Est en faveur
de la croissance économique nationale et régionale.
q Une volonté de faire contribuer le réseau numérique national à haut débit au développement
rapide au service de toutes les contrées malgaches.

Encadré 2 : Vision

Leader dans la fourniture de services TIC de haute qualité, Madagascar accélère le


développement économique, social et culturel de manière harmonieuse et pérenne dans la
région de l’Océan Indien et en Afrique.

Mpitarika sy fanoitran’ny fampiasana ny Teknolojian’ny fIfandraisana sy fifanaKAlozana (TIKA)


avo lenta sy tongalafatra eran-tany i Madagasikara, ary manafaingana ny firoborobon’ny
harinkarena, ny sosialy ary ny kolontsaina amin’ny fomba mirindra sy maharitra, indrindra eo
anivon’ny Ranomasimbe Indiana sy ny Kontinanta Afrikana.

C’est pour ces nouvelles impulsions que cette politique nationale TIC a été élaborée.

11 PNTIC- D JUIN 2005


JUSTIFICATION

Chapitre 3
JUSTIFICATION

3.1 Historique

L e processus de libéralisation des télécommunications


a été engagé depuis 1997, époque où l’Internet
existait à peine à Madagascar. La réglementation a été
globalement configurée dans un esprit visant à préserver
les intérêts de l’opérateur historique jusqu’à la fin du
processus de sa privatisation.

Depuis, d’autres services sont apparus sur le marché.


C’est l’accès à l’Internet avec toutes les applications classiques associées. C’est la
téléphonie mobile avec un succès dépassant largement les espérances initiales. Enfin,
ce sont des services, encore illégaux à ce jour, comme la téléphonie par l’Internet ou la
téléphonie sous parasol, qui répondent à une forte demande de communication à moindre
coût.

Les services qui peuvent être fournis à partir des TIC ne cessent de croître avec l’évolution
de plus en plus rapide des technologies. Ils ne peuvent pas être ignorés sous peine de
marginalisation de la nation du mouvement de la société mondiale.

L’inexistence de stratégies clairement exprimées dénature et limite l’interprétation des


textes au détriment des investissements potentiels. Cette situation a conduit à des
démarches et initiatives ponctuelles, éparses et discrètes, non propices à un besoin
L’Information,
d’évolution réel du secteur au profit des usagers.
un produit
Une politique nationale est aujourd’hui nécessaire pour faire face à cette course
de première
technologique et accéder aux nouveaux services qui vont se créer au bénéfice d’une
nécessité
nouvelle vision du développement profitable à un grand nombre.
accessible
au plus grand
3.2 UNE PRISE DE CONSCIENCE NATIONALE
nombre,
condition
Le Forum du 05 septembre 2002 (cf. note de synthèse en annexe 2) a mis en exergue
de réussite
la nécessité de passer à une étape consistant à mettre en œuvre des stratégies mieux
dans la société
adaptées à l’évolution technologique et à l’accès élargi aux TIC dont :
mondiale
• Le besoin d’accroître et d’harmoniser les différents programmes de développement
de l’information.
humain et économique.
• L’importance de faire bénéficier le pays d’une croissance et d’un développement par
les TIC.
• L’incitation aux investissements privés.
• L’engagement vers une politique de libéralisation des télécommunications, source
d’attraction de nouveaux investissements privés et facteur de croissance et de
concurrence tournées vers la qualité.
• Les besoins de recadrage institutionnel au profit de notre développement pour
répondre à l’ambition d’une population qui a soif de progrès.
• La nécessité de l’insertion dans la nouvelle économie.
• La formulation d’une nouvelle politique nationale plus adaptée au contexte actuel.
• Le respect du droit et des libertés fondamentales pour l’égalité des citoyens devant
l’accès à l’information.

3.3 Vers la société de l’information

L’information est la matière première transformable en savoir, lequel savoir permet à


l’individu de s’affranchir.

PNTIC-D Juin 2005 12


JUSTIFICATION

Ce concept, largement approprié dans les pays développés et dans certains pays
émergents, est encore loin d’être perçu à sa réelle valeur à Madagascar. Le fossé
numérique souvent relaté dans la littérature n’est pas une vue de l’esprit. Il est flagrant sur
Une répartition le plan national, il est communément admis entre les pays développés et la plupart des
géographique pays en développement
plus uniforme
des
Le développement rapide des technologies ne peut qu’aggraver la situation si aucune
infrastructures
économique mesure n’est prise en conséquence. La créativité nationale serait affectée. Le savoir local
et sociale: ne serait pas valorisé comme il le devrait. Le rythme de développement rapide prôné par
- Facteur le gouvernement risque d’être atténué.
d’inclusion et
d’une synergie Sur le plan national, la fracture sociale risque de s’aggraver, conduisant à exacerber les
nationale.
inégalités de développement entre les régions, les inégalités de partage des fruits de la
- Développement
harmonieux. croissance, l’exclusion sociale, le déficit de dialogue social et partant à une menace pour
la paix et la stabilité sociale.

Actuellement, les TIC sont les meilleurs outils d’accès au bien communautaire qu’est
le savoir. Un savoir qui a été de tout temps considéré comme un outil essentiel pour
l’émancipation individuelle et pour la créativité. Un savoir qui, dans la société de
l’information, devient un « capital » collectif et conditionne la réussite d’un défi de
développement socioéconomique.

13 PNTIC- D JUIN 2005


JUSTIFICATION

Chapitre 4
ETAT DES LIEUX

4.1 CADRE GEOGRAPHIQUE

Q uatrième île du monde de par ses dimensions,


Madagascar est situé dans l’Océan Indien, à 400
km de la côte australe de l’Afrique. Il est le plus peuplé
des îles de la région qui sont l’île Maurice, l’île de la
Réunion, les Seychelles et les Comores.
C’est est un pays montagneux présentant un relief
accidenté caractérisé par des vallons très serrés
aux versants entaillés par des « lavaka », profonds ravins aux bords raides. Cette
caractéristique explique, en partie, les difficultés de création de voies de communication
Une
terrestre dans de nombreuses régions.
communication
Le pays est réparti en plusieurs zones géographiques : la savane et les plaines de l’Ouest,
difficile entre
les hautes terres intérieures, les falaises et les forêts tropicales de l’Est, et enfin les les régions
plateaux semi désertiques du Sud et du Sud Ouest. crée
Il dispose d’une grande diversité climatique tropicale. D’une manière générale, il y a d’une l’isolement et
part, une saison chaude et humide et d’autre part, une saison plus fraîche et beaucoup l’insécurité.
moins pluvieuse. Les températures varient fortement aussi bien en fonction de l’altitude
que des saisons.
Le climat des hautes terres est un climat tropical d’altitude plus frais et est caractérisé par
une saison sèche marquée dans l’année. Le climat de l’ouest est de type tropical sec, à
température élevée même pendant l’hiver, et une pluviométrie de plus en plus faible au
fur et à mesure qu’on descende vers le sud. Le sud et le sud-ouest sont alors des régions
semi-arides où l’été est caractérisé par des pluies faibles et courtes.
Le climat de l’Est est de type tropical humide : chaud et pluvieux toute l’année. L’abondance
des nuages cause des perturbations atmosphériques affectant l’usage de certaines
fréquences radios pour la communication.
De janvier à mars, en plein cœur de l’été, Madagascar est soumis aux dépressions et
cyclones tropicaux. Les zones les plus touchées sont les côtes et particulièrement la côte
orientale.

4.2 CADRE SOCIOCULTUREL

La population de la grande île est actuellement estimée à 15.600.000 individus avec 75 %


de ruraux vivant essentiellement de l’agriculture. La disparité de la densité démographique
est très nette et peut varier, par circonscription (fivondronana), de 5 à 10.000 habitants au
km2. Les zones rurales sont encore très faiblement dotées d’infrastructures. L’insécurité
constitue un problème crucial dans certaines régions, elle est accentuée par les difficultés
de communication interne. Un potentiel
humain encore
inexploré.
Le taux d’illettrisme est encore important (47% d’analphabètes) notamment dans les zones
rurales. Le système éducatif existant n’a pas pu répondre au besoin réel du développement. La
grande majorité (environ 75%) des enfants malgaches ne terminent pas le cycle primaire, avec
un déséquilibre marqué entre les zones urbaines et rurales. La situation tend aujourd’hui vers
une nette amélioration surtout en terme de taux brut de scolarisation. Différents programmes
d’éducation, de formation et de sensibilisation (Enseignement, population, autres programmes
sectoriels…) sont aujourd’hui mis en œuvre et sont essentiellement destinés aux jeunes. Un
progrès soutenu dans le secteur de l’éducation est prometteur compte tenu du poids des jeunes
dans la population malgache (cf. tableau 1). Une situation qui doit être renforcée par une place
privilégiée qu’on doit lui accorder dans la mise en œuvre de cette politique nationale.

PNTIC-D Juin 2005 14


JUSTIFICATION

Tableau 1 : Répartition de la population par classe d’âges

30
25
20
15
10
5
0
0à4 5à9 10 à 19 20 à 29 30 à 39 40 et plus

Une approche «genre» dans tous les programmes de développement est également pratiquée.
Des études ont montré la précarité des conditions de vie des femmes, en particulier les femmes
rurales. Une situation qui provient, en partie, de la tradition et qui est accentuée par l’enclavement
des régions et le manque d’infrastructures de base (système de santé, éducation, information…).
Les femmes jouent néanmoins des rôles importants dans la société, notamment en matière de
production, de distribution des biens et services et surtout en matière d’éducation et de santé. Cet
aspect fondamental doit être pris en compte dans la politique nationale pour faire contribuer les
TIC à la réduction de la pauvreté.

Sur le plan linguistique, La langue malgache est utilisée dans toute l’île. Il existe des déclinaisons
linguistiques dans les différentes régions mais la langue officielle est comprise par tous et facilite
la communication interrégionale.

Madagascar possède également une richesse et une diversité culturelle, basée en général
sur l’entraide, la «communion pour le bien collectif» et associée à une culture d’oralité, encore
fortement ancrée dans les mœurs, mais qui semblent en déperdition. Cette caractéristique se
traduit cependant par une vision pragmatique du développement pour un mieux-être matériel et
social.

Perception socioculturelle du futur

Pour les dirigeants malgaches et d’après une étude du PNUD intitulé «la vision du futur chez
les décideurs», il est apparu que « il faut utiliser les autoroutes de l’information pour accélérer la
croissance et gagner plus d’argent «.

Quant au rapport culturel de la société malgache vis à vis de sa langue nationale, il est souligné
dans l’étude «qu’il faut améliorer les performances littéraires et techniques de la langue malgache
pour l’adapter aux nouvelles technologies par une politique linguistique très solide et pour faciliter
l’accès aux livres, traductions, éditions, etc.»

Dans un cadre plus général, quelques citations malgaches accordent une importance particulière
à la culture d’oralité :

- La parole donne du pouvoir


- La parole enrichit l’écrit
- J’honore ma langue maternelle, je maîtrise celles des autres.
- La parole renforcera l’écrit tout en unifiant les Malgaches pour le travail

Cela démontre aussi les potentiels d’une culture qui sait s’adapter aux contextes du monde
extérieur en préservant sa cohésion sociale par la communication et le travail.
L’écrit est perçu comme un outil inévitable dont la maîtrise est essentielle pour maintenir une
communion nationale autour d’une culture commune mais c’est la parole qui a le plus de poids
dans toute forme de structure ou d’organisation sociale.

15 PNTIC- D JUIN 2005


JUSTIFICATION

4.3 CADRE ECONOMIQUE

Madagascar est encore classé parmi les pays les moins avancés avec des indicateurs
économique, humain et de pauvreté catastrophiques : PIB par habitant de 292 USD, IDH
de 0,484 et taux de pauvreté de 69,6 %.

Entre 1998 et 2001, l’économie malgache a montré une certaine stabilité avec un taux
de croissance positif en terme réel, allant de 3,9 % à 5,9 %. Cependant, cette croissance
économique n’est pas ressentie par l’ensemble de la population malgache. La répartition
est inégale entre la capitale et les Faritany, entre les zones urbaines et rurales. Elle a
surtout profité aux individus en milieu urbain et se caractérise par une baisse du taux de
chômage allant de 5,8% en 2000 à 5,3% en 2001 et par un taux de pauvreté (44,1 %) en
milieu urbain moins élevé qu’en milieu rural (77,1 %). En outre, Le profil de pauvreté varie Le secteur des
d’une province à une autre : des taux les plus élevés dans les provinces de Fianarantsoa télécoms a
(83,2 %) et de Toliara (76,1 %) contre des taux les plus faibles dans les provinces connu un
d’Antananarivo (48,3 %) et d’Antsiranana (69,2 %). bond
spectaculaire
Au cours des dernières années, l’inflation a été maîtrisée avec un taux de 8,7 % en 2000 et avec un taux
de 7,4 % en 2001. Par contre, les finances publiques présentent une faible performance : de croissance
Une baisse de la pression fiscale (9,7 % du PIB en 2001 contre 11,3 % en 2000) et un passant de 3,3%
accroissement du déficit budgétaire (8,1 % du PIB en 2001 contre 4,2 % en 2000). à 26% de
1995 à 1996.
Entre 2000 et 2001, le solde de la balance des paiements courants s’est amélioré en Il se distingue,
passant de 5,6 % à 1,3 % du PIB. Cette situation est due aux résultats de l’expansion comme dans
des exportations traditionnelles (matières premières,…) et surtout au doublement des la plupart des
exportations de la « zone franche » avec l’admission de Madagascar à l’African Growth pays en
and Opportunity Act (AGOA) depuis avril 2001. développement,
par un niveau
du trafic
international
Tableau 2 : Evolution des indicateurs économiques et sociaux entre 1998 et 2001 sortant très
élevé avec
une part
1998 1999 2000 2001 de 50% sur les
chiffres d’affaires
PIB au prix constant de 1984 (Milliards 2126 2225 2332 2470
de FMG) réalisés
annuellement,
PIB par habitant (USD courant) 249 248 258 292
traduisant
la faiblesse de
Taux de croissance 3,9 4,7 4,8 5,9
Secteur primaire 2,1 3,5 0,6 4,0 la pénétration des
Secteur secondaire 5,3 3,3 11,0 7,4 télécommuni-
Secteur tertiaire 5,1 5,7 6,0 6,0
Zone franche 20,0 13,3 19,8 25,0 cations sur le
marché intérieur
Ventilation du PIB constant 100 % 100 % 100 % 100 %
Secteur primaire 35,5 % 35,5 % 34,2 % 34,2 %
Secteur secondaire 12,8 % 12,7 % 12,9 % 13,4 %
Secteur tertiaire 51,3 % 51,9 % 52,9 % 52,4 %

Taux d’inflation 6,4 14,4 8,7 7,4

Taux de pression fiscale (en % du PIB) 9,8 11,0 11,3 9,7

Taux de chômage dans les grands


5,8 % 5,3 %
centres urbains

Taux d’incidence de la pauvreté 71,3 69,6

Source : INSTAT, SPPM

PNTIC-D Juin 2005 16


JUSTIFICATION

L’analyse par secteur de l’évolution de la ventilation du PIB entre 1998 et 2001 montre que
la croissance économique est principalement générée et tirée par le développement du
secteur tertiaire dont la part dans le PIB tourne en moyenne autour de 51,3 % à 52,9 %,
suivi du secteur primaire pour 34,2 % à 35,5 % et enfin du secteur secondaire pour 12,7%
à 13,4%.
Le secteur tertiaire est composé de sept sous-secteurs, à savoir : les transports, les
télécommunications, les banques, les bâtiments et travaux publics, l’assurance, le
commerce et le tourisme. L’expansion de ce secteur a été favorisée surtout par la mise
en œuvre des mesures telles que : l’assainissement et la privatisation des sociétés d’Etat,
la création et l’amélioration du cadre légal et réglementaire, le développement et la

Tableau 3 : Ventilation du PIB du secteur tertiaire par sous-secteur

Sous-secteurs 1995 1996 1997 1998 1999 2000


Transport 32,4 33,5 34,5 34,3 34,1 34,4
Banque 2,8 2,8 2,7 2,8 2,9 3,0
Télécommunication 2,1 2,6 2,7 2,9 3,2 3,3
BTP 2,9 3,0 3,2 3,3 3,5 3,5
Assurance 0,1 0,1 0,1 0,2 0,1 0,1
Commerce 23,5 23,7 23,4 22,8 22,4 22,2
source: INSTAT

Les sous-secteurs « Transport » et « Commerce » sont les branches qui contribuent les
plus à la formation du PIB (respectivement 34,4 % et 22,2 % en 2000). Les sous-secteurs
« BTP » et « Télécommunication » suivent avec des parts respectives de 3,5 % et de
Les TIC : 3,3 %. Il est aussi à noter que, ces dernières années, les autres sous-secteurs comme
- Outil de la « Banque » et le « Tourisme » ont tous connu une croissance positive. Leur part dans
valorisation la formation du PIB tend à augmenter. Seul le sous-secteur « Assurance » connaît une
des potentialités croissance stagnante. Sa part, en dix ans, restait toujours autour de 0,1% du PIB. Le
- Outil de la secteur des télécoms a connu un bond spectaculaire avec un taux de croissance passant
lutte pour la de 3,3% à 26% de 1995 à 1996. Il se distingue, comme dans la plupart des pays en
réduction de développement, par un niveau du trafic international sortant très élevé avec une part
la pauvreté. de 50% sur les chiffres d’affaires réalisés annuellement, traduisant la faiblesse de la
pénétration des télécommunications sur le marché intérieur.

Le secteur des télécommunications, à l’instar du secteur transport et commerce, a pu


bénéficier des impacts positifs de la mise en place d’un cadre juridique favorable et des
mesures de libéralisation. Jusqu’au milieu de l’année 2004, l’exploitation du secteur a
été le seul fait d’une seule entreprise d’Etat qui est la TELMA (Télécom Malagasy) et de
trois opérateurs privés : Intercel, Madacom et Orange. TELMA a alors fait l’objet d’une
privatisation (réduisant la part de l’état à 32%), et ce en vue d’accroître son efficacité.

De 1995 jusqu’en 2000, la valeur ajoutée créée par le secteur n’a cessé d’augmenter,
passant de 68,2 milliards de FMG à 140,4 milliards de FMG. Toutefois, c’est en 1997, que
le secteur a connu un essor considérable. De l’ordre de 86 milliards de FMG en 1996, la
valeur ajoutée est passée à 103,2 milliards de FMG, l’année suivante.

Tableau 4 : Ventilation du PIB du secteur tertiaire par sous-secteur (en %)

1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001


Valeur ajoutée Télécommunication 68,2 86,0 103,6 116,1 128,9 140,4
(en milliards de FMG)

Taux de croissance Télécommunication 3,3% 26,0% 15,4% 11,3% 11,1% 8,9% 5,6%

Part Télécommunication dans PIB 1,1% 1,3% 1,5% 1,6% 1,7% 1,8% 1,8%
Source: INSTAT, SPPM, Direction Générale de l’Economie.

17 PNTIC- D JUIN 2005


JUSTIFICATION

Cet essor est le résultat de la modernisation des services (réhabilitation des anciens équipements,
implantation de nouveaux, amélioration des prestations de services par l’ouverture de plusieurs
agences, et variation des services offerts,...) ainsi que de la mise en place de nouveaux réseaux
de distribution. En 2001, il a été recensé 48 166 lignes fixes, 147 500 lignes mobiles et 12 500
abonnés Internet. La perspective est encore importante, vu les opportunités offertes par les
Technologies de l’Information et de la Communication.

Dans les années à venir, la part de croissance des télécommunications dans le PIB va augmenter
par la diversification des services offerts, en plus de la téléphonie (cf. encadré 12).

En 2002, le pays a vécu une crise politique grave, pendant six (6) mois, ayant entraîné une
paralysie totale de l’activité économique. Cette situation a affecté les performances enregistrées
antérieurement. En 2003, des mesures ont été prises par le Gouvernement, pour relancer
l’économie :

• Réactualisation et finalisation du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté


(DRSP) qui retrace les politiques économiques et les axes stratégiques du Gouvernement,
• Allègement et détaxation fiscaux sur certains produits jugés stratégiques tels les matériaux de
construction, les engrais, les tracteurs, les appareils électroménagers, les matériels informatiques,
etc.

Ces mesures incitatives bien que n’ayant pas encore porté leur fruit, sont loin d’être suffisantes
pour assurer une réduction significative de la pauvreté de la population, surtout des couches
les plus défavorisées. Des efforts considérables sont à entreprendre pour soutenir l’économie
et maintenir un taux de croissance élevé pendant plusieurs années pour espérer atteindre
les objectifs de développement de l’horizon 2015. Pour ce faire, le schéma classique de
développement prenant l’agriculture comme base et l’industrie comme moteur, ne suffirait pas
à sortir le pays du sous-développement chronique dans lequel il s’est trouvé depuis plusieurs
décennies. Il faudrait conjuguer ce schéma avec des stratégies plus novatrices pour accélérer la
mise en œuvre d’un plan de développement durable.

Tous ces aspects ne doivent pas pour autant masquer les potentialités de richesse dont dispose
Madagascar. Ces dernières années ont pu mettre évidence l’importance des ressources minières
du pays. Madagascar est reconnue comme une destination touristique exceptionnelle, par la
diversité de ses sites, par sa diversité climatique, par sa biodiversité, unique au monde, par sa
diversité culturelle. L’agriculture constitue un potentiel énorme de développement du pays par
l’étendue de sa superficie, aussi grand que la France et le Benelux réunis et par une fertilité
exceptionnelle de certaines régions de l’île. Comparativement à ses îles sœurs, Madagascar
dispose également un fort potentiel de ressources humaines. Les agrégats économiques
de l’année 2003 confirment ces potentialités. Madagascar a déjà presque atteint son niveau
économique de 2001, juste avant la crise. Elle continue toujours à susciter l’intérêt des
investisseurs. Des grands projets privés d’industrie agroalimentaires, d’industrie du tourisme et
d’exploitations minières sont démarrés à la fin de l’année 2003.

Les TIC ont montré qu’elles peuvent jouer ont un rôle important dans la valorisation de ces
potentialités. Elles peuvent ainsi constituer un levier du développement du pays, sans parler de
la contribution non négligeable qu’elles peuvent apporter à d’autres secteurs tels que la santé et
l’éducation.

PNTIC-D Juin 2005 18


Chapitre 5
CONTEXTE

5.1 CONTEXTE MONDIAL

D es opportunités existent aujourd’hui pour que Madagascar


puisse tirer profit des TIC pour un développement
économique et social accéléré :

• La nouvelle donne de l’économie due à la mondialisation


se traduit par une intégration globale des échanges (capitaux,
technologies, marchés,…) en faisant fi de toutes les frontières traditionnelles.
• La fracture numérique Nord-Sud entraîne une prise de conscience dans les PED.
L’évolution spectaculaire des pays émergeants ayant misé sur les TIC peut servir de
référence aux autres pays en développement.
• La baisse vertigineuse des coûts, du fait de la forte intégration de l’électronique, permet
une meilleure accessibilité aux TIC et favorise le partage du savoir.
• Les TIC sont considérées comme une alternative pour améliorer, dans un délai
relativement réduit, les performances dans plusieurs secteurs (éducation, santé,
industries, commerce, etc.). Elles peuvent ainsi être un atout non négligeable dans la
lutte pour la réduction de la pauvreté.
Nécessité d’un • Les partenaires financiers, en matière de développement, sont de plus en plus mobilisés
pont digital pour accompagner les PMA dans leurs efforts pour s’insérer dans la société mondiale
entre le Nord de l’information.
et le Sud. La Francophonie, réseau mondial et intercontinental, support d’une diversité culturelle et
de savoir-faire à l’échelle mondiale, est l’un des tremplins pour attirer les investissements
dans les TIC et pour renforcer nos capacités

Encadré 3 : Apport des TIC dans l’économie

• L’économie mondiale repose de plus en plus sur les TIC.

• De nombreuses études constatent que les TIC ont un impact positif, voire notable, sur
le renforcement du capital, sur la productivité du travail et sur la productivité totale des
facteurs, et que ces technologies, et en particulier Internet, stimulent la hausse de la
productivité aux Etats-Unis et dans d’autres pays où elles sont bien implantées.

Rapport du CNUCED sur le commerce électronique et le développement 2003 : Extrait de


«aperçu général».

5.2 CONTEXTE REGIONAL

Au niveau régional, d’autres opportunités sont ouvertes pour renforcer une «dynamique»
de développement par les TIC, entre autres :

• Les grands projets de réseaux de câbles intercontinentaux peuvent apporter au pays


Un contexte une infrastructure permettant réellement de bénéficier à moindre coût des avantages
propice à que procurent les TIC.
de meilleures • Les zones d’intégrations économiques régionales (COMESA, COI, SADC) présentent
perspectives. un
marché élargi stimulant une croissance des investissements à Madagascar.
Par une stratégie d’approche régionale appropriée, les potentialités de Madagascar
comparées à ses îles sœurs de l’Océan Indien (Agriculture, TIC, AGOA, etc.) sont de
nature à lui permettre d’être le leader économique de la région

19 PNTIC- D JUIN 2005


CONTEXTE

5.1 CONTEXTE NATIONAL

Le contexte national fait apparaître des faiblesses dont il faut tenir compte dans la définition des
différentes stratégies. C’est une condition nécessaire pour réussir pleinement notre politique nationale
en matière de TIC.

�����������

Nosy Be
Andoany
Hell-Ville Ambilobe
Antsapano

Ambanja

�������
Bealalana

Andapa
��������
Antsohihy

Maroantsetra

��������� Madritsara

Mampikomy
Mananara

Ambondromamy Ile
Manompana
Sainte
Maevatanana Marie
Soanierana-Ivongo
Ambodifotatra

Fenoarivo
Amparafaravola
Mahavelona
Foulpointe
�������������
Ankazobe Anjozorobe
���������
Tsiroanomandidy ������������ Andasibe

Ampefy Arivonimamo
���������
Vatomandry
Miandrivazo

Betafo ���������
��������� Mahabo
Malaimbandy ���������

Ranomafana

������������ ���������
Ambalavao

Ihosy ��������
Ranohira

Sakaraha
�����������
Andranovory Betroka
Vangaidrano
�������

Ampanihy
Phase 1
�������� Transport FH
��������
Transport VSAT
Figure 1: Infrastructure nationale
dans un future proche Transport FO

PNTIC-D Juin 2005 20


CONTEXTE

Infrastructure

L’infrastructure nationale en téléphonie et en audiovisuel, repose aujourd’hui sur des


équipements de l’opérateur historique TELMA et des opérateurs de la téléphonie mobile.
Du centre à l’est, un faisceau TELMA numérique assure en grande partie les liaisons
hertziennes. Les autres opérateurs offrent sur cet axe des liaisons par VSAT et hertziennes
en tant que supports numériques de l’Internet et de la téléphonie mobile. Du centre au sud,
un axe numérique est déployé jusqu’à Antsirabe. Ensuite, quelques stations DOMSAT
relayées par des faisceaux hertziens analogiques couvrent l’axe Antsirabe-Toliara et une
partie du sud-est depuis Fianarantsoa.
A l’ouest et au nord, les grandes villes comme Morondava et Mahajanga sont couvertes par
des stations DOMSAT de TELMA et des infrastructures des opérateurs DTS et GULFSAT.
Vers une Le taux de couverture nationale est en progression ces dernières années, mais beaucoup
infrastructure reste à faire. Les programmes de déploiement des réseaux concernent principalement les
convergeant zones urbaines avec une priorité sur celles qui disposent de plus de revenus
vers le La coexistence de la technologie analogique et numérique, assortie dans certains cas
numérique d’une incompatibilité technique, constitue un obstacle dans une construction optimale
de plus en plus d’un réseau national convergent et performant. Cette situation engendre un coût excessif
accessible d’exploitation qui influe directement sur l’accessibilité et la compétitivité globale de la
nation. Il est également important de noter la forte dépendance, du coût d’exploitation du
réseau national, de prestations de service internationales. A titre d’exemple, un échange
de courrier électronique entre deux correspondants nationaux peut parfois nécessiter
l’utilisation d’une communication internationale.

En outre, les capacités disponibles du réseau sont loin d’être suffisantes. Il en résulte une
faible qualité des services. Cela décourage d’une manière générale l’utilisation des TIC.
L’apparition de nouveaux services de contenus n’est pas ainsi favorisée.

L’importance de l’opérateur historique dans l’évolution de l’infrastructure nationale est


néanmoins à relativiser. En effet, il a été constaté, dans les PED, des effets positifs
inattendus de l’entrée des mobiles dans le paysage de la télécommunication : la téléphonie
filaire classique est progressivement abandonnée et sert plutôt de support pour des
technologies telles que les xDSL1 pour pouvoir déployer de nouveaux services.

D’autres technologies qui ne nécessitent pas d’investissement substantiel en équipements


et infrastructures sont aujourd’hui disponibles, comme par exemple le DVB/RCS (Cf.
encadré 14). C’est une technologie non filaire accessible dans toutes les régions du globe.
Elle rivalise même avec l’ADSL2 dans les régions européennes câblées.

La progression des nombres d’usagers des TIC dépend fortement du taux de couverture
du réseau en général et du coût d’accès aux services offerts. Dans une première phase, le
déploiement d’un backbone 3 national, reliant les principales régions utilisatrices, apparaît
comme une solution qui permet une augmentation rapide du nombre d’utilisateurs. Ce
backbone peut être considéré comme la fondation du réseau national numérique à haut
débit. Par un choix technologique approprié, il devrait permettre de réduire de manière
significative le coût d’exploitation du réseau et en corollaire de réduire le coût d’accès et le
coût des communications. Il permettrait également d’inverser la tendance du moment qui
donne plutôt la part belle aux communications internationales.

Dans une société d’information, les infrastructures dans les domaines des TIC deviennent
aussi importantes que celles pour le transport ou l’énergie. Elles doivent être ainsi intégrées
dans un schéma directeur global d’aménagement du territoire.

1 xDSL : Digital Suscriber Line, famille de technologies d’échanges, à haut débit, d’échange de données
numériques sur des lignes téléphoniques traditionnelles en cuivre.
2 ADSL: Asymmetrical Digital Suscriber Line. Un élément de la famille xDSL avec un débit de réception
généralement plus élevé que le débit d’émission.
3 Backbone : Les artères principales du réseau national

21 PNTIC- D JUIN 2005


CONTEXTE

Un schéma directeur de l’infrastructure de transport national a été établi pour remettre


progressivement à niveau l’état actuel des voies de communication terrestre. Il peut
faciliter les échanges économiques nationaux, nerfs du développement.

Un plan d’infrastructure énergétique a été également défini pour alimenter tous les ans
150 nouveaux villages ruraux. Le but est de réduire l’insécurité et permettre l’introduction
de nouveaux moyens de production pour une augmentation de la productivité nationale à
moyen terme.

C’est sur ces bases d’aménagement que peuvent se greffer également les nouvelles
infrastructures de communication numérique. Cela permet un déploiement plus facile à

Encadré 4 : Coûts indicatifs entre les différents programmes d’aménagement du territoire

En prenant le cas de l’infrastructure routière et de l’énergie,


q le kilomètre de route vaut un milliard de francs malagasy en 2004.
A titre de comparaison,
q La moitié de cette somme peut alimenter en énergie électrique plus de 1000 habitants.
q Le coût du maillage intégral du backbone national est l’équivalent du coût de la construction
de 500 km de route et sa durée de mise en œuvre est plus courte.
q La connexion en service TIC de 1000 habitants vaut environ 250 millions de fmg.
Ce coût peut être réduit par la réutilisation des câbles « moyenne tension » pour
supporter les câbles transportant les signaux de communication et par la
baisse vertigineuse du coût des équipements électroniques.

D’une manière générale, les investissements TIC peuvent être réalisés à coût réduit,
même dans les zones enclavées à faible poids économique. Elles sont incitatrices
d’investissements au profit d’une valorisation des potentiels et savoir-faire locaux.
Des opérateurs ont déjà investi ces dernières années dans des zones où la densité
démographique ne dépasse même pas 15h/km2 grâce aux technologies sans fil. Il est
encore trop tôt pour se prononcer formellement sur les impacts de ces actions, mais des
expériences identiques, menées dans des pays comparables comme le Sénégal, laissent
Ressources humaines
L’engouement des jeunes pour les cybercafés est encourageant pour l’avenir de la
société d’information malgache. De plus en plus de jeunes, sans formation préalable,
se passionnent pour la création multimédia. Cette prédisposition des jeunes est un atout
énorme pour une appropriation rapide des TIC à Madagascar. Il faudra toutefois améliorer
les possibilités d’accès aux TIC sur tout le territoire national. Il faudra également multiplier
les centres, pour former des utilisateurs performants et des professionnels capables
d’exploiter les possibilités offertes par les TIC pour le développement économique et Une
social, et enfin, assurer une veille technologique indispensable dans le secteur. potentialité
En effet, la capacité générale de Madagascar est encore largement insuffisante humaine
aujourd’hui pour faire des TIC un levier du développement. Au niveau des utilisateurs, en encore
se référant uniquement au cas de l’administration, les agents qui maîtrisent plus ou moins sous-exploitée.
la bureautique ne dépassent pas 5 % des effectifs. Au niveau des professionnels, des
opportunités, d’exportation de services TIC, ne peuvent souvent pas être saisies faute de
ressources humaines adéquates. C’est une réelle dissuasion pour les investissements dans
le secteur. Madagascar n’échappe pas pour autant à la tendance mondiale croissante des
besoins en ressources humaines compétentes dans les TIC. Le secteur de l’audiovisuelle
en est une illustration concrète. Il en de même de la reconversion des techniciens et
des ingénieurs d’autres secteurs vers les TIC. Une mutation profonde de la société est
entrain de se produire par les TIC. Elle exige une nouvelle répartition des ressources dans
tous les processus de production. Les ressources humaines sont également affectées.
Pour réussir, Madagascar doit s’y conformer par une politique cohérente en matière de
formation, d’investissements et de gestion des ressources humaines. Des conditions
favorables et plus motivantes sont à mettre en place pour faire face à l’attrait des jeunes
ingénieurs nationaux vers l’étranger
PNTIC-D Juin 2005 22
CONTEXTE

Réglementation et législation

La législation est le cadre juridique dans lequel évolue un secteur donné. Elle reflète une
politique générale ou une absence de politique générale sectorielle d’un gouvernement. La
fiscalité est une partie intégrante de la législation. La loi 96-034 a fixé le cadre général de
Au vu des la libéralisation du secteur des télécommunications à Madagascar. C’est la loi qui a régi,
multiples d’une manière générale, le développement des TIC, en particulier de l’Internet.
possibilités
qu’offrent La réglementation est un ensemble de processus visant à réaliser une politique sectorielle
les TIC, la du gouvernement. Dans le cas des télécommunications à Madagascar, une autorité de
réglementation régulation, l’OMERT4, a été mise en place en 1997 pour accompagner la politique de
actuelle est libéralisation du secteur des télécommunications. Elle a été fortement impliquée dans la
perçue comme : privatisation de l’opérateur historique et également dans l’attribution des licences pour les
• Contraignante nouveaux opérateurs mobiles ainsi que pour les fournisseurs d’accès Internet.
pour un
développement Dans le domaine de la fiscalité, la politique générale considère encore les TIC comme un
réel des produit de luxe. C’est le cas, en 2001, des cartes à puces pour les téléphones mobiles où
services TIC une taxe supplémentaire de 5% au titre d’une redevance a été créée pour l’acquisition
• Inadaptée à d’une telle carte : une politique fiscale qui n’incite ni à l’investissement ni à la vulgarisation.
l’évolution On est encore loin de considérer les TIC au même titre que les matériaux de construction
technologique ou les intrants agricoles, nécessaires pour la création de richesse. On est encore loin de
rapide considérer l’information comme un produit de première nécessité, indispensable pour le bien-être de
• Non incitative, chaque individu.
bloquante et
pénalisante par Les TIC doivent bénéficier d’un régime fiscal plus incitatif pour faciliter son implantation.
ses difficultés Les retombées économiques, sociales et culturelles, pour la grande majorité, dans
d’application les prochaines années ne font plus aucun doute. L’atteinte d’une économie d’échelle
compensera un éventuel manque à gagner fiscal engendré par une baisse ou une
suppression de taxes sur les TIC.

Du point de vue de la réglementation, la neutralité technologique prônée par la loi 96 034,


engageant le processus de libéralisation du secteur des télécom-munications, a du mal à
être comprise dans son application. C’est le cas d’un fournisseur d’accès Internet qui ne
peut pas offrir un service de téléphonie. En matière d’Internet, on parle aujourd’hui de la
télémédecine et de la téléformation, avec tout ce que cela peut apporter à la santé publique
et à l’éducation. Cela porte atteinte également à la concurrence au détriment des usagers.
C’est le cas d’un opérateur mobile qui ne peut pas installer des cabines fixes (GSM) pour
exploiter son réseau. C’est alors devenu un réel obstacle aux investissements.
La rareté des D’une manière générale, les usagers sont aujourd’hui dans une situation d’insatisfaction.
ressources ne Les tarifs sont encore exorbitants par rapport aux offres internationales. Les textes régissant
constitue plus les télécommunications et les TIC en général, ne sont plus perçus comme incitateurs au
le motif principal développement du secteur. Par ailleurs, leur mise en œuvre n’est pas transparente,
d’un système notamment dans l’attribution des licences, comparée aux exemples de l’île Maurice, en
de régulation. matière de transparence des soumissionnaires devant le public, de tarification publiée,
d’accord final publié, etc. Une prise en considération plus marquée de la satisfaction des
usagers orientera positivement l’avenir des TIC.
Il est nécessaire de réviser le cadre législatif et réglementaire actuel. Il doit être conçu pour
stimuler les initiatives privées favorisées par les innovations technologiques incessantes
dans le domaine. Il doit préserver également une concurrence au bénéfice de la qualité
et du coût pour les usagers. Les réglementations doivent être transparentes pour la
promotion des investissements nationaux ou étrangers. Dans le cadre réglementaire des
services, la neutralité technologique (ou abstraction de la technologie utilisée) doit être la
règle de base afin de permettre aux opérateurs de s’adapter plus facilement aux évolutions

4 OMERT : Office Malgache d’Etude et de Régulation des Télécommunications

23 PNTIC- D JUIN 2005


CONTEXTE

L’esprit de « ressource rare » qui prédominait dans les réglementations, doit évoluer plutôt vers un
esprit d’«accès universel » compte tenu des possibilités offertes aujourd’hui par la technologie.
Contenus et Applications
La notion de secteur des « Contenus»5 est très large. Elle comprend les éditions écrites : Des initiatives
les livres, les journaux, les revues ou les périodiques. Elle comprend également les louables mais
éditions audio-visuelles : les films, la vidéo et le multimédia, les programmes interactifs de insuffisantes
loisirs et la radio. Les Bases de Données et/ou de connaissance sont aussi considérées pour répondre
comme des contenus. au besoin de
Les contenus peuvent être présentés sous forme numérique et diffusés sur différents développement
supports complémentaires tels que le papier, les produits d’antenne, le Web, les cassettes harmonieux
, les cédéroms, les DVD, etc. du Pays.
Selon une enquête menée au niveau des cybercafés de la capitale, les contenus
numériques nationaux et les sites concernant Madagascar sont quasi inexistants. Les rares
contenus disponibles sont parfois méconnus par le public. Ceci réduit l’intérêt du support
Web à une minorité ne dépassant pas 20% des Malgaches. Les informations consultées
à Madagascar sur la toile sont essentiellement en langues étrangères et particulièrement
en langue française. La majeure partie des contenus et applications disponibles est en
anglais, ce qui constitue encore un autre handicap aujourd’hui pour les malgaches.
Au niveau de l’industrie ou de l’administration, il n’existe que peu d’applications.produite
s. D’après une enquête, les logiciels piratés sont préférés aux logiciels libres. Certaines
applications sont réservées aux spécialistes ou universitaires et ne peuvent être vulgarisées
que difficilement.
Les besoins des entreprises et de l’administration sont néanmoins réels et sont loin d’être
couverts. Le concept de système d’information n’est pas suffisamment maîtrisé pour faire
contribuer l’informatique à l’amélioration des services ou de la production. Les risques
d’incohérence des applications existantes sont parfois très importants pour l’administration
et les entreprises. Ce sont souvent des applications développées sur mesure qui sont
utilisées. Le principe d’interopérabilité6 n’est pas toujours considéré à l’origine de leur
acquisition ou de leur conception.

Les salaires peu motivants proposés à nos ingénieurs ne contribuent pas à redresser la Une structure
situation. Ils sont souvent à l’affût d’une opportunité pour s’expatrier. Ils préfèrent exercer peu propice au
dans des entreprises qui développent des produits TIC pour des entreprises étrangères, développement
où les rémunérations sont plus alléchantes. de
Quant aux contenus audiovisuels, les initiatives sont aussi éparpillées. Le professionnalisme l’entrepreunariat.
n’est pas encore de rigueur. Le public, même des zones enclavées, préfère de loin les
contenus étrangers accessibles facilement grâce à la technologie numérique.
L’insuffisance des contenus endogènes est reconnue, dans le développement des TIC,
comme une menace sur les PED. L’accès d’un pays aux « savoirs universels » est de
nature à l’intégrer dans la société mondiale de l’information. Une intégration suppose
toutefois une participation active dans cette société de l’information.

Les acteurs (opérateurs, Etat, OSCs)


Les opérateurs gestionnaires des infrastructures figurent au premier plan. C’est
l’opérateur historique TELMA qui est le seul détenteur de licence pour la téléphonie fixe
avec environ 60 000 abonnés, il est également chargé de la gestion d’une partie des
infrastructures d’accès à l’Internet. Ce sont également deux opérateurs mobiles, à savoir
MADACOM et ORANGE avec environ 340 000 abonnés et deux principaux fournisseurs
d’accès Internet : DTS et GULFSAT.
L’opérateur de téléphonie fixe est encore aujourd’hui conforté dans sa position
monopolistique. La stratégie du nouvel acquéreur pèsera lourd sur l’avenir des TIC
à Madagascar d’autant plus qu’il est également l’actionnaire majoritaire de l’un des
opérateurs mobiles sur le territoire.
5 Le contenu est tout ce que véhiculent les services (téléphonie, émission télévisée thématique, information en ligne, etc.)
6 Pour apporter une cohérence à un système d’information d’entreprise, les informations ou données localisées sur un ordinateur
peuvent être partagées avec d’autres (aussi éloignés qu’ils soient) grâce à une meilleure conception des systèmes d’information
visant à faire interagir les données pertinentes entre elles (interopérabilité).
PNTIC-D Juin 2005 24
CONTEXTE

La DIT, Direction de l’Infrastructure de Télécommunication, est la seule à disposer d’une


infrastructure nationale couvrant la diffusion audiovisuelle sur tout le territoire (TVM, RNM)
via la location d’un segment satellitaire analogique. Celle-ci est également partagée avec
les opérateurs de services de téléphonie.

Le coût moyen des communications est aujourd’hui admis comme un facteur qui détériore
de façon notable la compétitivité nationale. Les tarifs d’interconnexion sont relativement
trop élevés. La réglementation actuelle ne favorise pas suffisamment la concurrence au
bénéfice de l’intérêt général.

Ensuite, on peut citer les fournisseurs de services de proximité relatifs aux TIC. Ce sont
en général des PME/PMI qui assurent le développement et l’appropriation des TIC auprès
de la population, à savoir les entreprises de distribution d’équipements, les entreprises
Un processus d’installation et de maintenance, les développeurs de logiciels, les développeurs de site
de libéralisation web, les gestionnaires des cybercafés et des télécentres, les structures de formation.
qui a peu
entraîné On distingue en particulier les fournisseurs de services Internet ou Internet Service
l’engagement Provider (ISP) en anglais. Ces derniers assurent généralement l’accès à l’Internet via les
de la société infrastructures de TELMA. La plupart des premiers ISP a disparu. La qualité de service qui
civile et des leur a été fournie par TELMA laisse à désirer. Une suspicion forte de pratique anticoncurrentielle, à
consommateurs tort ou à raison, a régné dans le secteur. TELMA est en effet un actionnaire majoritaire de DTS qui
n’exerce pas le seul métier de fournisseur d’accès Internet mais aussi de fournisseur de services.

Viennent ensuite les opérateurs fournisseurs de services spécifiques, comme les


centres d’appel, les centres d’hébergement de site Web, les distributeurs agréés de cartes
prépayées pour le téléphone ou l’Internet, ou de cartes à puce ou magnétiques. Ils ne sont
pas encore développés à Madagascar, probablement faute d’économie d’échelle. Une
situation qui peut changer rapidement grâce au développement du réseau national et à la
disponibilité d’une bande passante internationale conséquente.

Les opérateurs de radiodiffusion et de télévision. Les chaînes publiques TVM et RNM


sont les seules qui disposent de licences pour émettre sur tout le territoire national. Les
chaînes privées ont une couverture locale. Certaines appartiennent à un groupe représenté
dans plusieurs régions. La presse privée se met également au diapason des TIC. La plupart
des grands quotidiens nationaux sont aujourd’hui en ligne sans pouvoir encore en tirer des
revenus. Il existe également des opérateurs audiovisuels qui se contentent de distribuer
au niveau national des contenus internationaux (Canal satellite, TVF, autres radios). Leur
capacité technique à diffuser plusieurs chaînes internationales dans toutes les régions
de Madagascar laisse entrevoir d’immenses possibilités pour le développement à grande
échelle des contenus nationaux numériques.

La Poste mérite une attention particulière par la spécificité de sa mission et l’importance


de son réseau. C’est un établissement public à caractère administratif. En dehors des
correspondances administratives ou des correspondances ayant un caractère officiel,
elle se trouve fortement concurrencée sur le plan national. Les grandes entreprises
privilégient plutôt leur réseau interne pour leurs courriers. Les particuliers ont recours à
des services privés formels ou informels. La vulgarisation du courrier électronique empiète
également sur sa mission historique. Ces derniers mois, elle s’est également lancée dans
le développement de services TIC, de type cybercafé, appelés «cyberpaositra».

La société civile commence à prendre ses responsabilités. Des initiatives en faveur de l’usage
des TIC, prises par des associations et ONG sont à encourager. Elles peuvent être intégrées
dans des projets pilotes. Citons l’exemple initié par l’ONE pour le développement des centres de
ressources MECIE (CRM) en milieu rural. Ces centres ont été dotés d’équipements, de matériels et
d’outils spécifiques à leur mission. Des associations de consommateurs existent mais interviennent
peu dans la régulation du commerce en général. Elles ne sont pas souvent connues ou reconnues
par les usagers. Elles ne disposent pas de ressources pour des actions permanentes au service des
consommateurs.
25 PNTIC- D JUIN 2005
CONTEXTE

Le cadre législatif et réglementaire qui régit fondamentalement les TIC est celui qui a été
pris en 1996, dans le cadre de la libéralisation des télécommunications, et qui est en cours
de révision. Le gouvernement actuel a pris conscience de la nécessité d’une reforme en la
matière. Il a initié le processus d’élaboration du présent document qui a vu la participation
de tous les acteurs du développement. Une étape importante a été ainsi franchie. L’étape
suivante en cours est la réalisation concrète des stratégies préconisées.

Les élus des chambres basse et haute ou ceux des collectivités décentralisées ont
un rôle majeur dans le choix politique de faire des TIC un levier du développement. A
Madagascar, ils n’influent encore que modestement sur l’orientation politique de l’exécutif.
Le gouvernement reste le noyau fort de sa propre majorité. Il est cependant important qu’ils
participent d’avantage au débat. La réussite du futur cadre législatif et réglementaire relève
partiellement de leur responsabilité.

Encadré 5 : Rôle de l’administration

Parce qu’il dispose à lui seul d’une potentialité immédiate pouvant amorcer, voire relancer
l’économie nationale, le gouvernement, par son administration, doit jouer un rôle de leadership
et de facilitation entre ces différents acteurs. Les premières mesures fiscales à l’endroit des
équipements informatiques en sont les prémices.

Niveau d’appropriation
En matière d’information, l’appropriation par les Malgaches des différents médias reste
encore faible. La radio est plus ou moins répandue dans toute l’île. 60% des ménages en
Une
disposent grâce au moindre coût d’équipement. Le taux reste néanmoins faible pour la
administration
télévision. Les journaux arrivent difficilement dans les régions enclavées (les quotidiens
peu sensibilisée.
de la capitale sont tirés à 50.000 exemplaires environ par jour). Quant au téléphone et à
l’Internet, leur utilisation reste encore relativement marginale. La situation a légèrement
évolué en 2003 par l’extension des réseaux et la multiplication des accès communautaires,
cabines téléphoniques et cybercafés. Le degré d’appropriation se présente globalement
comme suit :
• Le téléphone, premier véhicule moderne de la communication, est apparu avec la
colonisation au début du 20ème siècle. A ce jour, la télédensité, relativement faible par
rapport à celles des pays dits développés, est évaluée à moins de 4 lignes pour 1000
habitants en téléphonie fixe et à environ 20 pour 1000 en mobile, malgré l’implantation
des opérateurs dans une cinquantaine de villes.

• L’Internet, le dernier arrivé grâce au projet Leland (USAID), regroupe cinq fournisseurs
d’accès opérationnels avec environ 15.000 abonnements. Les clients sont des
entreprises et des professionnels qui sont abonnés à une ligne téléphonique fixe
ou une liaison permanente filaire ou non. Ils représentent 80 % de l’ensemble des
abonnés.

• Le niveau d’’utilisation des médias comme moyens d’informations et d’enrichissement Les PME/PMI
culturel est très faible à Madagascar. Cette faiblesse est due à la conjugaison de peu engagés.
plusieurs facteurs, à savoir les coûts des postes récepteurs TV ou Radio, le faible degré
d’instruction, le problème de la diffusion et de la distribution, le manque d’infrastructure
électrique. Il est important toutefois de noter la faveur accordée par les lecteurs aux
quotidiens édités entièrement en malgache.

• L’appropriation dans les milieux ruraux reste également faible. La téléphonie et la


radio rurale commencent à se déployer et connaissent un réel succès. De même,
l’usage des TIC progresse lentement. Il se limite encore aux nécessités vitales (santé,
éducation, administration). Des expériences pilotes et privées sont menées dans des
villages à forte activité économique. Ce sont, en général, des villages qui longent une
route nationale. Les résultats sont nettement encourageants.
PNTIC-D Juin 2005 26
CONTEXTE

• Une faiblesse et un retard sont aussi constatés dans l’administration. L’ordinateur est
utilisé essentiellement en tant qu’outil de traitement de texte. L’accès sur Internet est
encore considéré comme un privilège. Le réseau est quasi inexistant. De simples mesures,
avec les ressources disponibles, permettent parfois à une administration d’améliorer son
fonctionnement interne. Ceci reflète son très faible degré d’appropriation. Cette situation
va évoluer rapidement grâce au programme d’intranet de l’Etat, lui-même faisant partie du
programme d’e-gouvernance en cours actuellement.

• Dans le secteur privé, seules des grandes entreprises disposent déjà d’une vision claire sur
ce que peuvent apporter les TIC dans leur productivité ou leur compétitivité. Dans la plupart
des PME/PMI, seuls les dirigeants et leurs assistants ont accès à l’ordinateur. L’expression
« système d’information » est inconnue de beaucoup de chef d’entreprise. La concentration
de l’économie dans la capitale en dit long sur le développement des TIC dans les autres
régions.
.
Pour résumer la situation, la numérisation des «contenus» adaptés à un plus grand nombre et
supportés par une infrastructure développée est encore à l’état embryonnaire à Madagascar. Les
initiatives sont limitées par l’absence de stratégies claires et par une réglementation difficilement
applicable. Pour les Malgaches en général, les TIC se réduisent aux médias traditionnels. La
communication interactive et les opérations ou services en ligne ne sont pas encore répandues.
Cette situation constitue une faiblesse dans la mise en œuvre du DSRP. La stratégie adoptée
doit en tenir compte. Les jeunes sont aujourd’hui identifiés comme moteur du développement.
L’intégration massive des TIC dans les écoles est une piste pour atteindre assez rapidement un

Encadré 6 : Notion de priorité à l’usage

Les techniciens doivent agir en promoteurs d’un instrument de communication au service des
usagers. Les TIC sont encore perçues comme un outil réservé aux seuls techniciens alors
qu’elles doivent être comprises comme un moyen de se rapprocher et de répondre sinon
d’anticiper aux attentes du plus grand nombre.

Politique
Au niveau de la politique de l’Etat, on assiste à une volonté de changement vers un développement
rapide et durable et l’instauration de la bonne gouvernance afin de parvenir à la création d’un
cadre incitatif à la croissance des investissements.
Dans le DSRP, et pour atteindre ces objectifs, les priorités économiques du Gouvernement sont
les infrastructures de communication et de Télécommunications ( Routes, ports et aéroports,
backbone) et la mise en œuvre d’une politique de relance dans le secteur agroalimentaire ainsi
que dans l’industrie.
Pour le secteur privé TIC, les stratégies adoptées reposent sur un ensemble d’idées difficiles à
atteindre sans la société civile et l’Etat. Les priorités doivent être réajustées dans un contexte où
une forte mobilisation en faveur du développement économique semble favorable au secteur.
Les priorités sociales concernent surtout la santé et l’éducation pour permettre une meilleure
redistribution des infrastructures et services, sources de richesse, par l’instauration d’une
politique économique plus équitable et mieux ressentie dans toutes les régions de Madagascar.
Des pas significatifs doivent être réalisés dans ces secteurs et dans la lutte contre la pauvreté en
général dans les prochaines années.
Au niveau international, Madagascar s’est engagé à atteindre des objectifs ambitieux définis et
traduits dans sa déclaration du millénaire (ODM). Et en décembre 2003, Madagascar a ratifié les
principes de la Société Mondiale de l’Information (Déclaration de principe WSIS/SMSI) et a signé
la charte (plan d’action) signifiant son adhésion aux efforts à mettre en œuvre pour sa propre
intégration dans cette société mondiale.

27 PNTIC- D JUIN 2005


LES OPPORTUNITÉS

Chapitre 6
LES OPPORTUNITÉS, FORCES ET AVANTAGES,MENACES

6.1 Opportunités et Menaces

C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité


qu’une technologie se répand et s’approprie aussi
rapidement. En moins de dix ans, l’Internet a couvert
toute l’Afrique. Dans le secteur des TIC, des entreprises
indiennes rivalisent avec les grandes firmes américaines
et européennes sur le marché international. C’est une
réelle opportunité pour les pays en développement
comme Madagascar. Une opportunité d’accéder Opportunité
simultanément aux mêmes informations que tous de saut
les citoyens du monde. Une opportunité de disposer technologique.
des mêmes outils de travail et de création que le reste du monde. Si on ne devient
pas mécanicien en six mois quand on est médecin, on peut devenir un expert junior en
développement de site Web en six mois après un cursus de formation d’ingénieur des
mines. Bref, il existe une opportunité pour renforcer le « capital » national dans un délai
relativement réduit : un saut qualifié de « saut technologique » pour rattraper le retard qui
nous confère le qualificatif de pays moins avancé.

Ces observations sont d’autant plus vraies que les TIC pèsent de plus en plus dans
l’économie mondiale. La tendance croissante des investissements mondiaux dans les TIC
est maintenue. Les TIC représentent jusqu’à la hauteur de 20% des investissements dans
la relance ou la création d’une entreprise. Un taux qui peut atteindre les 30 % lorsqu’on
recherche une qualité et une productivité identique à celles des pays émergeants.
L’attraction de ces investissements suppose l’existence minimale d’une infrastructure
pour des besoins standard de communication nationale et internationale et de gestion
de l’information. Les TIC peuvent ainsi créer une opportunité pour renforcer la politique
générale du gouvernement en tirant la croissance par les investissements. Les attraits
aux investissements seront renforcés par notre volonté politique d’intégration régionale et
mondiale. Une opportunité pour réduire le fossé numérique entre Madagascar et le reste Menace de
du monde. perte d’identité
culturelle
Il faut cependant tenir compte des menaces d’une non maîtrise du développement par une
des TIC dans un pays comme Madagascar. Les contenus disponibles ont été produits insuffisance
essentiellement par les pays développés. Ils sont généralement en anglais. Ils sont de contenus
incompréhensibles par une grande majorité des Malgaches, et n’intéressent pas nationaux.
nécessairement ceux qui les comprennent, sauf peut être à titre d’information. Cette
situation n’est pas favorable à la vulgarisation des TIC. C’est un facteur qui peut creuser
le fossé déjà existant entre le monde urbain et le monde rural : la grande majorité (75%)
des Malgaches participerait alors de moins en moins à l’économie. Cela engendrerait une
rupture sociale certaine mais elle affectera aussi sans ambiguïté la mise en œuvre du
DSRP, qui fixe comme priorité le développement du monde rural.

C’est également un facteur qui peut menacer notre identité culturelle. L’intégration dans
la société mondiale de l’information suppose une participation active de toutes les nations
qui la composent. Une société d’information où règne une certaine « pensée unique »
est vouée à l’échec comme l’a montré l’histoire. L’interactivité offerte par la technique
numérique est génératrice de sens. Elle permet « sans limite » la liberté d’expression et de
création, transformant ainsi les menaces en opportunités.
La promotion de la création des contenus endogènes doit prendre une place significative
dans politique nationale pour tirer plus profit des opportunités offertes par les TIC.

PNTIC-D Juin 2005 28


LES OPPORTUNITÉS

6.2 Forces et faiblesses

L’attrait des jeunes Malgaches aux TIC est un atout majeur pour le devenir de Madagascar
dans la société mondiale de l’information. On assiste aujourd’hui à une volonté politique
Attrait réelle d’apporter des changements dans l’éducation. Une volonté qu’il faudrait accompagner
des jeunes par des réformes qui permettent de valoriser et reconnaître les potentiels des jeunes. Les
aux TIC. savoirs TIC, et par les TIC, sont à la portée de leurs compétences. Ils ne demandent qu’à
être enrichis et canalisés pour une participation plus conséquente au développement de
la nation. La croissance de la conscience nationale sur l’importance grandissante des TIC
dans la vie économique et sociale est prometteuse. Elle contribuera à faciliter la mise en
œuvre de la politique nationale. Des expériences un peu partout dans le monde révèlent
que des politiques nationales ont été classées sans suite. Des handicaps majeurs restent à
dépasser. L’ampleur de cette conscience nationale n’est pas encore suffisante pour traduire
cette politique en action. Des décideurs dans les secteurs public et privé ne semblent pas
encore en être convaincus. Les ordinateurs sont encore parfois considérés comme des
gadgets. Cette situation résulte du cadre socioculturel dans lequel ces décideurs ont
évolué. Des dirigeants d’entreprises malgaches ne peuvent parfois admettre que leurs
employés ou leurs cadres disposent de plus d’informations ou de connaissances qu’eux-
mêmes. C’est réellement vers une culture d’entreprise adaptée à la nouvelle société de
l’information que nous devons tendre. Une société où la productivité et la compétitivité sont
fondées sur le partage des informations et des responsabilités. La complexité du marché
ne permet plus aux seuls dirigeants de tout faire. La délégation doit être le maître mot.

Le coût d’accès et le coût d’usage des TIC aggravent encore plus la situation. Un handicap
La faiblesse supplémentaire que doit considérer la politique nationale. Il est d’autant plus important
du revenu que la coordination entre les opérateurs est quasi inexistante. Le concept d’infrastructure
national. communautaire est loin d’être un acquis. C’est une piste à creuser pour faire face à
l’immense étendue géographique de Madagascar et au faible revenu de la grande majorité
des Malgaches.

Le succès « inattendu » des mobiles, même dans les zones rurales, nous permet d’être un
peu plus optimiste. La promotion des TIC n’en est qu’à ses débuts, elle doit être intensifiée
pour obtenir une adhésion massive de tous les acteurs économiques et sociaux. La
stratégie de mise en œuvre doit en tenir compte.

29 PNTIC- D JUIN 2005


POLITIQUE ET STRATEGIES

Chapitre 7
POLITIQUE ET STRATEGIES

7.1 Une politique TIC orientée vers le développement

La politique nationale détermine les grandes orientations


pour renforcer les actions dans les axes prioritaires
définis dans le DSRP. Ces axes sont rappelés pour
mettre en évidence la cohérence globale de la politique
du gouvernement. Trois axes principaux ont été définis
dans le DSRP.
- Le premier axe est la restauration d’un Etat de droit et d’une bonne gouvernance. Elle permet
à l’Etat d’assumer avec efficacité et dans la transparence son rôle de facilitateur et d’animateur
de l’économie.
- Le deuxième axe est la promotion d’une croissance économique à base sociale très élargie.
L’objectif est d’accélérer la croissance par les investissements et par l’ouverture économique. Il
est également stipulé l’intensification des moyens de production et leur répartition judicieuse pour
atteindre un plus large spectre social et géographique de la population. Enfin, il y est clairement
mentionné le rôle moteur du secteur privé ainsi que le Programme d’Investissement Public
comme levier de développement dans l’affectation des ressources.
- Le troisième axe est la promotion des systèmes de sécurisation humaine et matérielle et
de protection sociale. Elle porte sur la définition et la mise en œuvre de systèmes de gestion
spatialisée et solidaire, de programmes de sécurisation alimentaire, de santé, d’éducation,
d’habitat, d’environnement, etc. Il y est stipulé le rôle primordial de la commune comme principal
fournisseur des services de proximité.
Cette politique vise ainsi à définir les objectifs qui permettent aux TIC de contribuer fortement
à ces actions de développement. Elle tient compte des diverses observations décrites dans les
chapitres précédents. Elle tient compte en particulier, des opportunités offertes par les TIC qui ont
été largement relatées dans les chapitres précédents, ainsi que des expériences menées dans
d’autres pays.

Cette politique n’est pas figée. Elle peut s’ajuster dans le temps selon les expériences vécues
dans sa réalisation et selon les évolutions technologiques qui peuvent être source de nouvelles
visions et de nouveaux concepts.

L’accès universel est la toile de fond de cette politique nationale. Il place les Hommes au centre
de la réussite de toutes les actions. Sans accès universel, l’appropriation nationale des TIC restera
utopique. Sans l’appropriation des TIC par les agents de l’Etat ou des collectivités décentralisées, elles
ne peuvent pas contribuer à la restauration d’une bonne gouvernance, elles ne peuvent pas accélérer
l’amélioration de notre système de santé et notre système éducatif. Sans l’appropriation des TIC par
les salariés, les entreprises ne peuvent pas en tirer profit pour prospérer. Sans l’appropriation des
TIC par le monde rural, le fossé qui le sépare avec du monde urbain continuera à se creuser.
Définition 1 : accès universel

La notion d’accès universel est définie ici comme étant l’ensemble des possibilités techniques et
socioéconomiques favorisant, de manière inclusive, l’appropriation des TIC par tous.

L’accès universel comprend :


- la possibilité pour tous les usagers d’accéder au réseau,
- la disponibilité de tous les services TIC pour tout le public,
- un coût d’accès et de communication à la portée de la grande majorité,
- la promotion du développement de contenus et applications adaptés aux besoins et aux niveaux
d’instruction des usagers.
Cela a pour conséquence le développement de différents services dit «universels» répondant à
des critères d’accessibilité adaptés à tous les Malgaches.
Par ailleurs, le développement et la performance de l’infrastructure nationale, une politique de
renforcement des capacités soutenue et nos avantages comparatifs induiront le développement
certain d’un secteur TIC exportateur.
PNTIC-D Juin 2005 30
POLITIQUE ET STRATEGIES

7.2 Les axes stratégiques

Les axes stratégiques principaux retenus sont :

- Le développement des infrastructures


- La promotion du développement des contenus et applications
- Le renforcement des capacités
- La réforme du cadre réglementaire
- le développement de l’entreprenariat.

Ils forment un ensemble cohérent pour la réussite de la politique nationale. Les actions sont
cadrées par des objectifs pour chaque axe.

Axe stratégique 1 : le développement des infrastructures

Objectif 1 : Un réseau national numérique de qualité couvrant


tous les fivondronana en dix ans.

Ce réseau doit être de qualité (débit, sécurité). C’est un réseau numérique convergent utilisé pour
toutes sortes d’applications (voix, données et images). Il est connecté au réseau international.
Par ses potentiels comparés à ses îles sœurs, Madagascar sera le nœud de la communication
régionale.
Des simulations réalistes estiment le nombre d’usagers à plus d’un million en 2006.

Ce réseau permettra plus d’égalité entre les citoyens par rapport aux informations et aux services
de base.
Il contribuera à rapprocher davantage l’Etat et ses citoyens.
Il contribuera à la promotion du dialogue social, de la démocratie et de l’unité nationale par une
intensification des communications nationales.
Il permettra la valorisation des potentiels régionaux et l’expression de ses spécificités.
Il permettra aux entreprises d’étendre plus facilement leurs activités sur tout le territoire national
et à l’international.

Axes stratégique 2 : La promotion du développement des contenus et applications


endogènes.

L’intérêt de l’accès au réseau national dépendra des bases de contenus qui y sont connectées.
L’Etat et les collectivités décentralisées joueront le rôle de moteur en cherchant systématiquement
à améliorer leur qualité de services et atteindre le maximum de cibles par les TIC.

Objectif 2 : Mettre en place et rendre facilement accessible les applications


de base en appui aux secteurs prioritaires.

On peut citer comme exemples, pour chaque département ministériel :

• Informations minimales en ligne et sur d’autres supports numériques sur leur rôle, leurs
objectifs et les services offerts ;
• Diffusion en ligne et en temps réel de toutes les décisions destinées au public;
• Dialogue permanent en ligne avec les contribuables ;
• Offre de services d’appui en ligne.

En particulier, voici comment les applications et contenus doivent être pris en compte dans des
secteurs prioritaires.
Santé : Il faut adapter les contenus et applications TIC pour faciliter l’accès d’un plus grand
nombre à l’information de base sur la santé, appuyer le réseau de santé par des infrastructures
et applications favorisant la décentralisation des services de soins et le recours aisé à des
spécialistes nationaux et internationaux (système de référents).
31 PNTIC- D JUIN 2005
POLITIQUE ET STRATEGIES

Education et formation : Il faut privilégier la promotion de spécialistes TIC, adapter l’éducation


aux besoins d’une nouvelle génération plus apte à saisir les opportunités en TIC. Il faut
également introduire les TIC dans tous les aspects de l’éducation et de la formation, y compris
l’alphabétisation.

Commerce et industries : La mobilisation des institutions concernées (chambre consulaire,


ministère, etc.) est essentielle. La recherche et la normalisation du secteur du e-commerce
doivent être entreprises ou anticipées à partir des besoins ressentis et des expériences d’autres
pays.

Agriculture, Pêche et Élevage : Il faut mettre en place des applications destinées à une
population rurale pour renforcer les échanges d’information et d’expériences dans les secteurs
les plus productifs (riziculture intensive, production d’alevins, pêche industrielle et autres agro-
industries

Gouvernance et administration : Il faut poursuivre les actions de sensibilisation au niveau


de l’administration et mettre en place le réseau d’information décentralisé et transparent
de l’administration en faveur des citoyens. Cette mise en place est la première phase du
développement de l’e-gouvernance qui est l’utilisation généralisée des TIC pour la bonne
gouvernance du pays.

Les collectivités décentralisées : Il faut privilégier la promotion des potentiels régionaux ainsi
que l’administration de proximité.

Axe stratégique 3 : le renforcement des capacités

Le développement des contenus, leur mise à jour et la disponibilité des applications et des
réseaux nécessitent une appropriation nationale croissante et soutenue des TIC.

Objectif 3 : Mettre en place un système d’appui au secteur privé

Les entreprises seront appuyées, dans l’utilisation des TIC pour leur développement, par le
déploiement d’un Fonds dédié au développement de l’Accès au Service Universel (FASU). En
particulier, elles seront soutenues pour la mise à disposition d’une infrastructure de communication
et le développement ou l’acquisition d’applications utilisant les TIC. Le principe de l’appui doit
néanmoins être fondé sur une prise de risque importante des entreprises et sur leur volonté de
soutenir et de pérenniser leur projet.
Des exemples d’applications pour les entreprises sont : le système de gestion, le système de
production, la vitrine commerciale, le portail, etc.

Objectif 4 : 10 millions d’usagers TIC et 30 000 techniciens


et ingénieurs dans dix ans.

Tout programme de l’Education nationale, de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur,


doit contenir au moins un module TIC. On cherchera systématiquement à utiliser les TIC dans
les modules d’enseignement qui s’y prêtent. La formation continue en TIC sera favorisée par
la mise en place de centres de formations de proximité (par exemple : dans chaque chef lieu
de fivondronana). Les chambres consulaires, comme expression d’un partenariat public privé,
peuvent être le cadre de réalisation de ces centres.

Le fonds FASU permet également d’appuyer les entreprises pour la formation de personnels en
TIC.
L’Etat appuiera et facilitera toutes les démarches publiques ou privées favorisant le transfert de
technologie dans les TIC. L’Etat mettra en place un cadre de partenariat entre les entreprises et
les universités pour développer la recherche appliquée en TIC.

PNTIC-D Juin 2005 32


POLITIQUE ET STRATEGIES

Encadré 7 : Le secteur des TIC offre une réelle opportunité pour le renforcement des exportations

L’augmentation des exportations est une des priorités du gouvernement malgache. Les experts
malgaches devront être quantitativement suffisants et au même niveau que ceux des pays
développés ou émergeants pour pouvoir, à moyen terme, faire des TIC un secteur leader dans
l’exportation.

Les établissements privés et publics d’enseignement supérieur accroîtront progressivement leur


capacité d’accueil dans les cursus TIC.

Objectif 5 : Renforcer dans chaque fivondronana les pôles


de compétences TIC locales.

Les compétences en TIC doivent être mieux réparties au niveau national pour une meilleure
répartition des revenus induits. La concentration de l’économie sur quelques villes (Antananarivo,
Antsirabe et Toamasina) est un facteur qui tend à réduire les efforts de déploiement des TIC dans
les autres régions. Une forte volonté politique est indispensable pour résister à cette tentation.
La réglementation d’attribution du fonds FASU incitera l’établissement des entreprises TIC dans
les régions ou provinces.
Chaque province devra disposer au moins d’une technopole dans dix ans.

Encadré 8 : Les enjeux stratégiques régionaux

L’île Maurice est à la recherche de 16.000 techniciens et ingénieurs d’ici 2006. La région Océan
Indien et Afrique de l’Est en requièrent trois à quatre fois plus sur la même période. Le seul fait
de posséder autant de ressources humaines compétentes à l’horizon 2006 et l’existence d’un
réseau national suffisamment développé, constituent un atout économique et socioculturel pour
se positionner dans la région en tant que leader en matière de développement par les TIC.

Axe stratégique 4 : La réforme du cadre réglementaire

Les chapitres précédents ont suffisamment relaté la nécessité d’un nouveau cadre de
réglementation à Madagascar. C’est une condition nécessaire pour attirer les investissements
privés, pour promouvoir une concurrence saine en faveur des usagers et des consommateurs. Il
doit être surtout un outil pour accompagner cette politique fondée sur l’accès universel.

Objectif 6 : Mettre en place un nouveau dispositif réglementaire.

Les points qui guident ce nouveau cadre sont :


- Son efficacité pour faire face aux évolutions rapides des technologies (flexibilité);
- Son efficacité pour le renforcement de la concurrence en faveur des consommateurs et du grand
public;
- Son efficacité pour préserver l’intérêt général. L’intérêt général peut être ici traduit par l’accès au service
universel.
- Son efficacité pour faire respecter les normes techniques applicables sur le territoire national;
- La prise en compte de la convergence numérique.
- La finalisation du processus de libéralisation.

Un nouvel arrangement institutionnel est adopté pour asseoir efficacement cette nouvelle
réglementation et la mise en œuvre effective de cette nouvelle politique (schéma détaillé figure:3 P45)

33 PNTIC- D JUIN 2005


POLITIQUE ET STRATEGIES

Encadré 9 : Tendances internationales de la réglementation dans l’intérêt du public

Extrait de l’ouvrage de l’UIT intitulé «Tendances des réformes dans les télécommunications
2002.
Chapitre 9 Réglementer dans l’intérêt du public, P172

Vu que tous les pays dans le monde autorisent désormais la concurrence au moins pour certains
services de télécommunication et qu’un nombre grandissant de programmes de réforme sont
fondés sur les besoins des consommateurs, les gouvernements doivent répondre à trois
questions fondamentales en 2001 :
1) Quelle “réglementation” devrait être appliquée à des marchés se trouvant à différentes
étapes de transition vers la concurrence?
2) Quelle est, pour chaque gouvernement, la meilleure démarche institutionnelle à adopter
lorsqu’il doit faire face aux conditions de marché qui existent dans le pays?
3) Que devraient faire les gouvernements pour répondre aux besoins des consommateurs?

9.2 Organismes de réglementation

De plus en plus, les gouvernements trouvent les réponses à ces questions dans la législation qui
définit un nouvel organisme de réglementation ou qui modifie l’organisme existant. A l’évidence,
dans un pays qui vient de sortir d’un modèle de monopole des PTT et qui établit un opérateur
commercial, il peut être nécessaire de créer une toute nouvelle autorité de réglementation. Cela
étant, même les gouvernements déjà dotés d’un organisme de réglementation sont entrain de
réexaminer la structure et le mandat de cet organisme avec le souci de s’adapter aux mutations
du marché, telles qu’elles sont perçues, notamment la «convergence» des secteurs des services
vocaux, de données et multimédias.

Les gouvernements se tournent de plus en plus vers des institutions spécialisées, voire
technocratiques. Très souvent, il s’agit d’organismes ou de services distincts dirigés par des
commissaires ou des directeurs nommés.

Les entités qui composent ce nouvel arrangement institutionnel sont :


(Schéma simplifié, figure : 2)

• Un Haut Commissariat de la Société de l’Information (HCSI).

Plate forme réunissant le public, le privé et la société civile, c’est le résultat de la fusion
de la réglementation des contenus audiovisuels et celle de l’ensemble de l’infrastructure
nationale, compte tenu de la convergence numérique. Le HCSI est l’agence d’exécution
de la présente politique des TIC. Il a pour mission principale d’initier, de coordonner toutes
les actions de mise en œuvre de cette politique. Il assure également une mission de veille
stratégique et il formule les propositions d’orientation aux autorités compétentes. Ces
propositions peuvent faire suite à des constats de dysfonctionnement du système (système
de régulation en panne, révision des textes sur la réglementation selon les imperfections
constatées dans ses applications, etc.) ou à de nouvelles stratégies consécutives à une
évolution importante des technologies. Des experts sont mis à la disposition du HCSI pour
des besoins d’expertises ou d’analyse et pour étudier la pertinence de ses propositions. Le
HCSI est formé de commissions qui sont les structures d’accueil des experts et des acteurs.
Les commissions peuvent être permanentes. C’est le cas de la commission juridique et
de la commission média et contenu par exemple. Une commission permanente assure
également la gestion du FASU. L’indépendance du HCSI est requise pour sa crédibilité et sa
légitimité. Les propositions et les décisions du HCSI sont rendues public et sont élaborées
dans une transparence totale.

PNTIC-D Juin 2005 34


POLITIQUE ET STRATEGIES

• Un observatoire

dénommé Observatoire Malgache de la Société d’Information (OMSI). Il a pour


mission d’évaluer les impacts de la politique nationale dans tous les secteurs d’activités
économiques et sociales. Il diffuse régulièrement des rapports relatifs aux projets TIC
initiés sur le territoire national. Il a un droit de regard sur la gestion du FASU. Sa principale
mission est d’assurer une veille technologique et juridique de l’évolution du secteur des
TIC tant au niveau national que régional et international. Il aura également la charge de
collecter les données, d’assurer leur traitement pour cohérence, de publier les indicateurs
de performances (à partir d’indicateurs préalablement définis et labellisés). Il effectue
également des benchmarks au niveau national et régional. Il devra assurer la conduite
d’analyse et permettre la formalisation et l’alimentation d’une réflexion autonome malgache
sur l’impact socioéconomique et culturel du secteur TIC ainsi que son rôle dans le circuit
économique national. Il permettra par ailleurs d’assurer la visibilité du secteur malgache
des TIC au niveau national, par la publication de lettres et de divers rapports périodiques,
notamment par voie électronique

• Un Organe de Régulation des TIC

(ORTIC). Il a pour mission de veiller à l’application des textes dans une totale transparence
et basée uniquement sur les considérations techniques. Il rend compte de façon régulière
au HCSI et au OMSI des difficultés rencontrées dans l’ l’application des textes ou en raison
de l’insuffisance d’application. Face à un non-respect des textes en vigueur, il peut, en
parfaite coordination avec le HCSI, saisir la justice. Il peut aussi initier les modifications des
textes concernés pour les proposer aux autorités compétentes.

• Le Bureau des Normes de Madagascar

(BNM). Il est chargé de recenser les normes existantes en matière de TIC et officialise leur
application sur le territoire national, après une éventuelle adaptation au contexte national.
Le BNM doit renforcer ses compétences dans les domaines des TIC.

• Les organismes comme l’Office Malgache des Droits d’Auteurs (OMDA) et l’Office
Malgache
de la Propriété Intellectuelle (OMAPI)

Doivent également renforcer leurs compétences juridiques dans les domaines des TIC afin
de mettre en œuvre effectivement les engagements de Madagascar au niveau international
par rapport à l’avènement du numérique.

• Le NIC-MG

Garde ses fonctions actuelles mais oriente davantage ses actions vers la logique du marché
international tout en préservant et promouvant les noms d’extension nationaux. Il sera
également chargé de veiller à la normalisation du système de nommage afin de faciliter
l’accès des nationaux aux contenus endogènes.

• L’OTME

Organisme rattaché au Ministère de la Défense, développe ses compétences au profit de la


mise en œuvre effective d’un dispositif efficace de gestion des cryptages pour garantir à la
fois la confidentialité pour les usagers et la préservation de l’intégrité de la sécurité nationale
en conformité avec les règles internationales.

Les statuts juridiques du HCSI et de l’OMSI doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie. Les
statuts d’Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC) ou d’Etablissement
Public à caractère administratif (EPA) peuvent ne plus correspondre à leurs objectifs. Le cas
échéant, il faut entrevoir toutes les possibilités de pérenniser ce cadre.
35 PNTIC- D JUIN 2005
POLITIQUE ET STRATEGIES

Axe stratégique 5 : le développement de l’Entreprenariat

Le développement des TIC doit être accompagné de mesures adéquates pour le développement
des entreprises TIC. Elles sont indispensables pour assurer le développement des services, pour
accompagner les entreprises des autres secteurs, et pour renforcer l’administration et le service
public (santé, éducation, etc.). Le poids progressif du secteur dans l’économie doit répondre à
l’ambition nationale de faire des TIC un instrument du développement rapide et durable. Les
potentialités de Madagascar et ses avantages comparatifs permettent d’ailleurs d’en faire un
secteur exportateur. Le développement accéléré de l’entreprenariat doit ainsi impliquer tous les
acteurs avec le secteur privé au premier plan, l’Etat comme facilitateur mais également comme
acteur dans ses Programmes d’Investissements Publics, et enfin, les consommateurs.

Objectifs 7 : Mettre en place un fonds pour le développement


des services TIC nationaux en faveur des consommateurs
(Fonds d’Accès au Service Universel : FASU).

Encadré 10 : Missions du FASU

Le Fond d’Accès au Service Universel est créé en vue d’étendre les différents services TIC
auprès de toutes les catégories de consommateurs, y compris ruraux. La mission du FASU est
de :

- Collecter ce fond
- L’affecter par rapport aux besoins exprimés dans la politique nationale
- Formuler des besoins en vue de la réalisation des objectifs d’appropriation des TIC
- Appuyer la formation TIC à tous les niveaux
- Incuber des entreprises locales pour servir les intérêts des usagers locaux
- Vulgariser l’usage des TIC
- Alphabétiser les jeunes en milieu rural
- Former en TIC des groupes cibles en vue d’accroître et d’améliorer les services (langues,
informatique, Internet, développement des contenus, etc.)
- Informer les usagers sur la qualité des prestations TIC pour encourager le libre choix.

Ce fonds est géré en toute indépendance. Il est une extension du fonds existant appelé Fonds
de Développement des Télécommunications, géré par l’OMERT actuellement. La réglementation
d’usage doit être facilitée pour lui donner un impact certain dans la mise en œuvre de la présente
politique. Un observatoire dans lequel seront représentés, d’une manière significative, les
consommateurs évaluera les impacts des actions menées.
Cette modification se justifie par la mise en place du nouveau cadre induit par cette nouvelle
politique. Elle est conçue pour stimuler les initiatives privées favorisées par les innovations
technologiques incessantes dans le secteur. Ce fonds contribuera ainsi au développement et
au déploiement des meilleurs services qui dépassent le simple stade de développement des
infrastructures de télécommunication.

L’Etat jouera le rôle de facilitateur et de promoteur (projets pilotes, mobilisation, etc.).


Le secteur privé et les OSC seront à la fois acteurs et évaluateurs selon un mécanisme bien
défini.

Ces ressources, à elles seules, ne pourront permettre de réaliser l’ensemble des projets définis
à court terme. Ils pourront être soutenus par nos partenaires de développement. Un dispositif
plus global sera mis en place pour que les effets soient effectifs et qu’ils soient reproductibles « à
l’infini » afin de pérenniser et généraliser le mécanisme de régulation.

PNTIC-D Juin 2005 36


Figure 2 : Schéma simplifié de l’interaction entre les entités du nouvel institutionnel TIC--D 2003
Respect de la loi
Légiférer Agence d’exécution
Partenaires financiers Arbitrer Réalisation projets
Harmoniser Réflexion nationale
FASU
Ajuster les moyens Réflexion internationale
Consommateurs Adapter et anticiper Communication,vulgarisation
Conventions internationales ...
Normaliser
.......
Etat, secteur privé
- Communauté nationale Politique Haut Commissariat de la
- Gouvernement Société de l’Information Accès universel
Nationale
- Parlementaires HCSI
TIC-D Réalisation PNTIC-D
- Collectivités
ORTIC, application de la réglementation
TIC OMSI, information, observation

PNTIC- D JUIN 2005


BNM, normalisation
Min Justice, pouvoir de coercition, législation
OMDA, protection des contenus, droits et libertés
OMAPI, Protection des propriétés industrielles.
Mesurer l’atteinte des objectifs
NIC, nommage, IPV6.
Evaluer les impacts
OTME, cryptage, confidentialité

37
POLITIQUE ET STRATEGIES

La réglementation d’usage de ce fonds fera l’objet d’une étude approfondie. On peut néanmoins
citer des usages comme :
- Fonds de garanti ;
- Fonds de capital risque visant à accroître l’exportation de produits ou services TIC ;
- Fonds d’appui aux ONG pour les campagnes de vulgarisation des TIC.

D’autres acteurs sont également amenés à jouer des rôles importants :


• Les chambres consulaires, comme expression d’un partenariat public - privé, dans le cadre de
la réalisation des centres de formations professionnelles;
• Les universités dans le cadre de partenariats avec les entreprises pour développer les
recherches appliquées au profit des besoins nationaux.
• Des acteurs, privés ou publics, initiateurs de projets de centres d’incubation pour l’encadrement
et la professionnalisation des métiers TIC.

L’intégration de la diaspora dans le système doit faire l’objet d’une attention particulière. Elle peut
contribuer à favoriser les échanges internationaux comme elle peut aussi apporter ses propres
expériences.

7.3 Les conditions de réussite


L’interdépendance des axes stratégiques principaux retenus est rappelée. Les actions qui
seront menées doivent être coordonnées. Le développement des infrastructures doit être suivi
d’un développement des compétences nationales, et suivi d’un développement de contenus et
applications, et ainsi de suite.

L’implication de l’Etat au premier niveau est primordiale. Il en de même des hauts responsables
de l’administration, les Ministres, les Secrétaires généraux, les Directeurs généraux et les
Directeurs. L’administration a un important rôle à jouer comme moteur du développement
des contenus et applications au service de la bonne gouvernance. L’administration a aussi un
important rôle à jouer comme promoteur des Programmes d’Investissements Publics (PIP). Elle
a enfin un rôle, et non des moindres, de promotion de cette politique auprès des investisseurs
internationaux et auprès de nos partenaires de développement.

Le secteur privé étant le moteur du développement, une plus forte adhésion des dirigeants
d’entreprise est requise. Elle est encore jugée insuffisante, surtout au niveau des PME/PMI. Les
entreprises doivent être parmi les premiers bénéficiaires de cette politique. Un projet de système
d’information d’entreprises ne peut pas réussir sans une adhésion et une forte implication de son
dirigeant.

Enfin, la vigilance permanente des usagers et des consommateurs ainsi que l’expression de
leurs exigences en qualité de services sont capitales. Leur participation active dans les diverses
entités de l’arrangement institutionnel sera de nature à contribuer à l’amélioration des services
TIC à Madagascar.

PNTIC-D Juin 2005 38


Chapitre 8
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Ce chapitre définit les actions à court terme (2006), à


moyens termes (2009) et à long terme (2013) dans les
axes stratégiques et les objectifs définis dans le chapitre
précédent. Elle décrit également quelques principes sur
la réalisation de ses actions. Les actions relatives à des
secteurs prioritaires sont également abordées.
La mise en œuvre de cette politique est conduite par le HCSI.
Une des premières tâches prioritaires consiste à mettre en
place les entités de l’arrangement institutionnel : HCSI, OMSI
et ORTIC. Une loi qui valide cette politique devra être soumise
à l’Assemblée nationale et au Sénat le plus vite possible. Le
BNM doit élaborer une stratégie adéquate pour assurer pleinement son rôle. Il en de même que
l’OMDA et l’OMAPI qui devront davantage développer leurs activités dans le secteur TIC.

Dans l’attente de la mise en place des entités de l’arrangement institutionnel, le MTPC et le


CAES plus élargi continueront à assurer le pilotage et la coordination des actions entreprises ou
à entreprendre.
Des programmes sont déjà en cours d’étude ou de réalisation au sein des départements
ministériels, au sein du secteur privé ou de la société civile.
On cite en particulier, pour le MTPC, le démarrage de l’étude sur le Backbone7 (Fibre Optique reliée
à l’international par de la fibre sous-marine) en janvier 2004, celui des accès communautaires tels
que les télécentres, et ceux sur le renouvellement de la réglementation des télécommunications
et de la communication médiatisée.

8.1 Mise en œuvre de l’axe 1 : le développement des infrastructures

• A court terme :
- Etendre la couverture téléphonique et audiovisuelle numérique dans les différentes régions de
Madagascar et spécifiquement dans les 112 fivondronana.
- Début de convergence et d’interconnexion des réseaux numériques (téléphonie, Internet, VOIP,
Média et audiovisuel, interconnexion nationale des réseaux des FAI8).
- Mise en place d’un indicateur national de l’accès aux infrastructures à l’échelle nationale et d’un
indicateur d’impacts.
- Etude et début de réalisation du Backbone national.
- Etude et Réalisation de maillage en Fibre optique et/ou en BLR des métropoles (Antananarivo,
Antsirabe, Antsiranana, Fianarantsoa, Mahajanga, Toamasina, Toliara), impliquant les collectivités
décentralisées (communes, régions, et provinces autonomes).

• A moyen terme :
- Etendre et numériser le réseau interurbain entre les régions à fort potentiel économique (en
général à densité de population élevée) et établir les principaux maillages secondaires autour
des artères principales, en particulier, pour couvrir les nouveaux villages nouvellement reliés aux
routes et/ou électrifiés.
- Fin d’installation et Début du fonctionnement du Backbone national.
- Connectivité TIC de chaque fivondronana et des communes environnantes.

• A long terme :
- Assurer l’interconnexion et la convergence de tous les réseaux vers le RNNS9 (Backbone et les
stations de liaison par satellites)

7 Ossature principale ou épine dorsale


8 Fournisseur d’accès à Internet, connu aussi sous le nom de ISP ou Internet Service Provider.
9 Réseau National Numérique et Structurant, regroupant l’ensemble du réseau en fibre optique et les liaisons
satellitaires.

39 PNTIC- D JUIN 2005


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

- Accessibilité des applications et services de haut débit dans les différents nœuds de maillage du
RNNS au sein des 112 fivondronana et de leurs communes environnantes enclavées ou non.
- Accessibilité téléphonique à moins de 5 km.

Principes à retenir dans la réalisation des actions

1) Développer une infrastructure nationale convergente autour du RNNS.


• Relier un backbone FO national à un ou deux backbones internationaux.
• S’orienter vers des principes de mutualisation pour accélérer le maillage national.
• Normaliser l’infrastructure et les services selon des règles et normes inspirées du standard
international pour établir le maillage et réaliser les minima TIC (cf. annexe 4 : Critères
d’élaboration des minima TIC).
• Converger progressivement le maillage de l’infrastructure audiovisuel existant vers le réseau
numérique et structurant national.
• Développer en parallèle les maillages ou ramifications intermédiaires avec la réalisation du
RNNS et par la multiplication des boucles locales, en priorité pour les zones isolées.
• Faciliter toute initiative privée de maillage en boucle locale avec des infrastructures nationales
ou internationales existante en attendant la réalisation du RNNS. (cf. annexe 4 : schéma
directeur simplifié du RNNS)

2) Tendre vers une capitalisation progressive des grands investissements TIC dans le
patrimoine national pour préserver la pérennisation de la notion d’accès universel.
• Faciliter les investissements privés dans de grands travaux d’infrastructure.
• Réguler l’usage de cette nouvelle infrastructure de base au profit de l’accès universel.

3) Converger vers les services numériques non discriminatoires (texte, voix, vidéo,
monétique, etc.) à terme.
• Faire bénéficier le service numérique d’une généralisation au niveau de la réglementation.
• Faciliter le développement de nouveaux services d’échange et d’information.
• Redéfinir le cadre de prestation de services TIC.
• Généraliser l’accès à ces services par des formations de type continue et/ou permanente.
• Faire des infrastructures communautaires ou des technopoles, des centres d’excellence TIC
accessibles à un plus grand nombre par le biais de la production et de la numérisation des
contenus.

4) Envisager des solutions à technologies multiples et hybrides pour une infrastructure de


redondance, de complémentarité.
• Privilégier l’usage des stations satellites en faveur des zones enclavées et pour les diffusions
audiovisuelles.
• Harmoniser le RNNS pour en faire une infrastructure de transport sécurisée et redondante
à travers les supports (FO/FH/WI-FI/GSM/VSAT/DVB...) y compris les facilités pouvant être
incluses dans la réfection des routes et avec/par les transports d’énergie électrique MT et/ou
HT10 (possibilités techniques non exhaustives)
• Préserver jusqu’au plus faible maillon de l’infrastructure la notion de service universel par des
mises à jour régulières vers des technologies de moins en moins onéreuses favorisant, ou en
attendant, l’atteinte d’une économie d’échelle.

5) Scinder les stratégies de développement de l’infrastructure en deux secteurs : transport


et services (cf. définition 2)
• Faciliter la création de nouveaux services pouvant favoriser le développement de
l’infrastructure sur tout le territoire national.
• Développer l’infrastructure de transport au profit de la connectivité en vue d’une meilleure
accessibilité à de nouveaux services.

10 Il est possible d’utiliser les câbles HT haute tension pour supporter physiquement la fibre optique. Il est également
possible de faire passer, par une distribution filaire en MT moyenne tension, des fréquences véhiculant des signaux de
communication à haut débit.

PNTIC-D Juin 2005 40


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

8.2 Mise en œuvre de l’axe 2 : La promotion du développement des contenus et applications

Les contenus en malgache doivent être développés pour faciliter l’intégration du plus grand
nombre dans la société de l’information. De même, les applications doivent tendre vers la
compétitivité et
l’ouverture de l’industrie et du commerce aux échanges intra et extra nationaux. Le renforcement
de l’apprentissage des langues étrangères doit être également entrepris pour permettre l’accès
du plus grand nombre au savoir universel.

• A court terme :
- Initier et développer des contenus en langue malgache pour apporter des informations sur la
santé, l’éducation, le commerce et l’administration, et pour permettre une accessibilité élargie à
ceux qui ne maîtrisent que la langue nationale.
- Assurer un environnement favorable par une recherche systématique d’utilisation des TIC au
sein de l’administration (centrale, déconcentrée et décentralisée) : pour améliorer les services
publics et leur gestion interne (suivi de la gestion des crédits, logistique, ressources humaines,
etc.) et pour rendre plus accessibles et plus transparentes les informations et les décisions
administratives.
- Valoriser par les TIC les potentialités régionales et nationales par le biais des organismes
intermédiaires tels que les chambres consulaires régionales et leur fédération nationale.
- Mettre en place les dispositifs de soutiens aux entreprises, aux organismes intermédiaires, aux
ONG et aux associations dans leur projet de développement de contenus et/ou d’applications.
- Mettre en place des projets pilotes de télécentres communautaires et ruraux sous initiative
privée.
- Mettre en place une technopole pour créer une synergie nationale en matière de formation,
recherche et application afin d’appuyer les secteurs prioritaires.

• A moyen terme
- Mettre en place le cadre juridique régissant la confidentialité, le droit d’accès, le cryptage et le
piratage numérique et veiller à son application.
- Favoriser l’avènement d’un secteur de développement de contenus numériques à l’échelle
nationale.

• A long terme
- Favoriser l’exportation du savoir-faire national par la promotion du secteur TIC au niveau
des structures régionales (COI, COMESA, SADC, etc.) et internationales comme l’espace
francophone.

Principes à retenir dans la réalisation des actions


1) Encourager le développement des contenus avec le secteur privé selon les règles de
PPP afin de renforcer la structure et la compétence de ce dernier.
• Encourager la production TIC de contenus par les associations ou ONG dans les différentes
régions.
• Adopter le principe de convergence numérique des contenus pour faciliter la large diffusion
des informations (audio, vidéo, téléphonie).
• Faire du développement des contenus TIC un moyen de promouvoir les activités et les
compétences nationales en TIC.
• Développer en priorité les formations TIC créatrices de compétences nécessaires pour la
promotion et le développement des contenus locaux.
• Faire de l’industrie des contenus un tremplin pour lancer les activités TIC répondant au
besoin à l’échelle régionale.

2) Considérer le développement des contenus audiovisuels et services en ligne en


malgache comme étant une priorité pour la préservation de l’identité nationale.
• Développer en priorité et de manière systématique des contenus en malgache.
• Traduire les contenus afin de les rendre accessibles à un plus grand nombre.
• Encourager la numérisation et l’archivage pour capitaliser le patrimoine numérique national
afin de mieux le diffuser.
41 PNTIC- D JUIN 2005
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

• Privilégier les contenus multimédias au profit des analphabètes pour les applications d’ordre
social et culturel.
• Vulgariser les applications radiophoniques pour une large production et un échange de
contenus.
• Faire de la langue officielle un outil privilégié pour accéder au service public de
l’administration.
• Encourager l’accès aux contenus internationaux par l’apprentissage, dès le plus jeune âge,
de la langue anglaise et française.
• Favoriser la vulgarisation des contenus indispensables, libres d’utilisation, en langue
malgache dans le but d’un meilleur partage du savoir.
• Rendre plus dynamique la traduction linguistique en malgache de nouveaux mots techniques
(Exemple : TIC=TIKA) au sein de l’Académie nationale

3) Faire des TIC un moyen de recherche d’efficacité en présentant les applications


comme des outils qui activent les prises de décision au niveau central et décentralisé
dans toutes les structures.
• Intégrer les données dans les applications pour éviter toute redondance et/ou erreur et
faciliter leur mise à jour.
• Privilégier la syndication11 des contenus à leur duplication.
• Sécuriser les applications pour une intégrité des données.
• Intégrer les applications et données pour faciliter l’accès à l’information en vue des prises de
décisions.
• Mettre en place un schéma directeur du système d’information interopérant au sein de
l’ensemble de l’administration afin d’harmoniser et coordonner les différentes initiatives et
réduire les coûts de mise en œuvre.
4) Vulgariser les applications libres d’utilisation pour multiplier l’usage des TIC au profit
de la création d’emplois.
• Promouvoir davantage les logiciels dit « libres » pour apporter plus de liberté dans le choix
technologique.
• Privilégier l’approche genre dans les offres de contenus.
• Faciliter la production de contenus à tous les niveaux par une meilleure organisation des
services et une meilleure exploitation des applications.
• Rendre les applications accessibles, notamment pour le besoin de simples usagers, incluant
les minorités.

5) Faciliter la propagation de la connaissance par la multiplication des applications de


formation en ligne et à distance.
• Développer des outils didactiques pouvant faciliter le renforcement de nos capacités dans
tous les secteurs socio-éducatifs et industriels afin d’accroître notre capacité nationale à
produire et à partager le savoir.
• Promouvoir les outils collaboratifs dans l’enrichissement des contenus au profit de la diffusion
de connaissance.
• Développer des contenus pour les minorités (genres, analphabètes,...)

6) Promouvoir le secteur industrie par la standardisation de son système d’information


au bénéfice de la promotion du secteur primaire et l’accès aux marchés nationaux et
internationaux
• Faire du commerce électronique un outil d’accès à la normalisation et à l’amélioration de
l’échange national et avec l’extérieur.
• Encourager le libre accès et l’accessibilité des promoteurs ruraux à l’information sur le
marché national et international.
• Faire des applications administratives et bancaires des maillons forts de la chaîne de
promotion du commerce international.
• Encourager la mise en place de système d’information collaboratif et intégré dans la chaîne
industrielle pour augmenter la performance de l’économie nationale.

11 Le principe de syndication est un concept nouveau permettant, grâce aux TIC, de regrouper au même endroit différentes
informations éparpillées dans des applications distantes. Ceci évite toute forme de redondance au sein d’un système global.

PNTIC-D Juin 2005 42


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

7) Faire des applications TIC un moyen d’accompagnement et de renforcement de la


politique nationale de santé :
• Mettre en place un réseau national d’expertise pour vulgariser les applications de télémédecine.
• Fédérer l’ensemble des applications au lieu de les multiplier (base de données unique, portail).
• Faciliter la réplication d’expériences intéressantes au profit d’un plus grand nombre de personnes.
• Encourager la production de contenus multimédias interactifs d’information et d’autoformation.
• Privilégier l’information en faveur des couches les plus vulnérables.
• Inclure les pratiques traditionnelles de traitement dans les applications à mettre en œuvre
pour ne pas bouleverser inutilement les anciennes pratiques.
• Favoriser le droit à l’information de tout citoyen et éviter la sélection par rapport aux
compétences à utiliser les TIC.
• Faire des TIC des outils de sensibilisation, de formation et d’éducation sanitaires.
• Permettre aux partenaires de contribuer à l’alimentation en contenus informatifs pour la santé.
• Mettre en place une base de données statistiques sanitaires (indicateurs, etc.)

8.3 Mise en œuvre de l’axe 3 : le renforcement des capacités.

• A court terme :
- A très court terme, établir une stratégie et un plan pour atteindre les objectifs de 30 000 experts
et 10 millions d’utilisateurs TIC en 10 ans.
- Introduire systématiquement au moins un module TIC dans tous les niveaux de formation
académique et professionnelle.
- Mettre en place tous les dispositifs d’appui aux organismes publics, intermédiaires (chambres
consulaires) et privés de formation en TIC.
- Mettre en place des dispositifs d’appui aux organismes publics, intermédiaires (chambres
consulaires) et privés pour la formation de personnels en TIC.
- Inciter le développement des partenariats entre les établissements d’enseignement supérieur,
les entreprises et la recherche internationale pour les recherches appliquées en TIC.
- Renforcer l’acquisition d’ordinateurs dans les administrations comme base du renforcement
des capacités dans le secteur public et mise en réseau de tous les bâtiments administratifs pour
vulgariser le concept.
- Mettre en place un secteur privé ou une ONG TIC dans chacun des fivondronana grâce au
développement de l’entreprenariat.
- Continuer la campagne nationale de sensibilisation des dirigeants du secteur public et du secteur
privé sur le rôle de plus en plus prépondérant des TIC dans la vie économique et sociale.

• A moyen terme :
Le réseau d’excellence national en TIC est établi grâce à l’existence d’au moins une technopole
par province.

• A long terme :
Des industries nationales de production numérique participent à la croissance du PIB et répondent
à la demande régionale et internationale.

Principes à retenir dans la réalisation des actions

1) Mettre l’administration au centre des initiatives de formation et de promotion à l’usage des


TIC.
• Encourager la mise en réseau des informations administratives
• Vulgariser la formation à distance par les TIC pour la décentralisation des compétences,
encore trop concentrées dans la capitale.
• Renforcer la capacité de l’administration pour une meilleure exploitation des TIC mis à sa
disposition.
• Développer la culture de partage et de travail en réseau au sein de l’administration.

2) Promouvoir un nouveau système d’enseignement plus adapté à nos potentialités humaines.


• Initier les enfants aux TIC dès l’enseignement de base.
43 PNTIC- D JUIN 2005
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

• Faciliter l’échange de compétences et d’expériences entre les groupes d’usagers


• Encourager la formation des adultes par les jeunes.
• Promouvoir et vulgariser l’usage des TIC dans les différents secteurs.
• Renforcer la capacité du système éducatif par des dispositifs facilitant l’appropriation des TIC
à tous les niveaux.

3) Fédérer les ressources humaines au profit de l’usage des TIC dans les différents
secteurs.
• Redonner à l’outil TIC sa fonction de servir les usagers.
• Faire des TIC un moyen d’accompagnement du changement de mentalité par l’obligation
d’informer et d’échanger de manière plus directe dans toutes les structures de gestion de
l’administration et des entreprises.
• Généraliser l’approche par médiateur pour une meilleure exploitation des TIC par les usagers
des différents secteurs.
• Privilégier le principe de l’autonomie des utilisateurs dans l’usage des TIC par rapport aux
approches techniques, depuis la phase d’élaboration jusqu’à la mise en œuvre de tout projet
TIC.

4) Permettre à nos compétences de se conformer à des besoins standard


internationaux
• Privilégier la jeunesse dans les recherches d’initiatives TIC au profit de notre intégration
économique internationale.
• Renforcer la capacité des jeunes pour la promotion des TIC à l’échelle nationale.
• Orienter la recherche vers des applications adaptées au besoin de l’économie nationale.
• Mettre en place, au niveau de la recherche, des pôles d’excellence TIC pour appuyer les
différentes initiatives de normalisation en vue de l’insertion de Madagascar dans la nouvelle
économie.
• Introduire l’accès et l’échange d’informations dans notre mode de vie tout en s’appuyant sur
nos systèmes de valeurs traditionnelles.

8.4 Mise en œuvre de la réforme du cadre de réglementation et fiscalité

Pour la réalisation de la politique nationale des TIC, la réglementation est la clé de voûte qui
va permettre au secteur de se développer dans un cadre sain et concurrentiel. La nouvelle
orientation de cette réglementation doit aboutir à la poursuite des actions vers la libéralisation
des télécommunications. Elle doit également mettre l’accent sur l’importance du développement
des services par rapport à la gestion des fréquences.

• A court terme
- A très court terme, mettre en place les différentes structures stratégiques, opérationnelles,
financières et de suivi annoncées dans ce document (HCSI, OMSI, ORTIC).
- Redéfinir des règles transparentes et appropriées pour l’atteinte des objectifs d’accès
universel.
- Faire participer les usagers à la recherche d’amélioration de la qualité des services rendus.
- Mieux définir les rôles des entités du nouveau dispositif réglementaire et de l’Etat pour faciliter
la réalisation de cette politique et garantir l’indépendance des entités concernées.
- Mettre à jour un cadre réglementaire ainsi qu’un dispositif de régulation et de concurrence plus
ouvert aux évolutions technologiques et anticipant les mutations du marché.
- Anticiper la finalisation du processus de libéralisation, par le renforcement de la concurrence
des services TIC, pour instaurer l’accès universel à Madagascar.
- Etablir un dispositif transitoire ou pilote en matière de réglementation par le HCSI, dans l’attente
de la finalisation de l’étude sur une nouvelle réglementation et de son application.

• A long et moyen terme :


- Evaluer et mettre à jour périodiquement les objectifs en fonction des évolutions des
axes stratégiques définis par l’Etat.
- Evaluer de manière périodique les actions des différentes structures.

PNTIC-D Juin 2005 44


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Principes à retenir sur la réalisation des actions

Déclinaison de la politique nationale sur la réglementation.


En matière de réglementation, le secteur a pour principal objectif de mettre en œuvre les
dispositifs réglementaires appropriés. Il s’agit de réformer les différents textes réglementaires,
y compris la fiscalité, et le volet régulation. Sur ce dernier point, il faut signaler l’importance de
l’implication des acteurs engagés dans le processus.

• S’orienter davantage vers une typologie simplifiée des licences de “transport”, (cf. définition
2) et veiller à la simplification et à la transparence des procédures.
• S’orienter vers de simples délivrances d’autorisations pour le développement des “services”
(cf. définition 2).
• Veiller à la simplification des procédures de déclaration d’équipements et éviter les
redondances inutiles de contrôle.
• Créer un environnement législatif, politique et réglementaire qui favorise l’investissement, la
concurrence et l’innovation dans le secteur.
• Réduire les redevances à la consommation grevant la possession d’équipements, afin
d’intégrer les TIC dans la gamme des produits de consommation courante et indispensable.
• Mettre en place une réglementation et des outils de travail relatifs à la création d’institutions
privées ou organismes œuvrant spécifiquement pour la promotion et le développement des
contenus et applications,
• Accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire spécifique au développement des
échanges numériques et de tout type de transactions électroniques (cryptage, protection,
sécurisation, droit d’accès).

Définition 2 : Evolution de l’infrastructure vers la notion de transport et service

L’infrastructure est constituée de la technologie de transport (numérique ou non) qui permet de


véhiculer des signaux, et des services (audio, vidéo, data, transactions, etc..) par le biais de
terminaux spécifiques (téléphone, ordinateur, BLU, radio, TV, etc.).
Dans le cas de la convergence numérique, les technologies de transport sont toutes numériques.
Leur exploitation dépend en grande partie de la possibilité de développer différents services
basés sur la convergence des contenus numériques et la numérisation du transport, et ce
afin d’offrir de nouvelles possibilités indépendamment des terminaux utilisés (télémédecine,
téléenseignements, messagerie numérique, téléphonie numérique, radio et télévision numérique,
agenda électronique, commerce électronique, etc.).
La croissance de l’utilisation des TIC ne dépend plus de l’usage des terminaux mais de l’évolution
ou de l’amélioration des services offerts sur des terminaux, ou support multimédia à disposition,
et grâce aux infrastructures de transport numérique disponibles ou à créer.
Vu des usagers, le service se développe lorsqu’il a la possibilité d’y accéder à partir d’un terminal
ou d’un matériel quelconque. Et techniquement, ce service peut être fourni par un prestataire
lorsqu’il a la capacité de le mettre en œuvre (traitement) par la connexion ou non à un mode de
transport numérique quelconque.
Service et transport sont neutres technologiquement et peuvent être mis en cascade (cas des
boucles locales isolées et des cascades de services). Ils évoluent cependant et en général
simultanément. Le choix de l’attribution d’une licence ou autorisation relève de l’organe de
régulation selon les nécessités de l’étape à laquelle on se trouve dans la réalisation du plan
directeur TIC (réalisation des minima, libéralisation, construction du RNNS, établissement du
maillage).

45 PNTIC- D JUIN 2005


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

• Adopter une réglementation s’ouvrant davantage à de nouveaux services numériques de


moins en moins coûteux et de plus en plus performants, en particulier dans le cadre de la
réalisation d’investissements TIC pour les secteurs sociaux et les boucles locales éloignées
du RNNS.
• Veiller davantage à la qualité des équipements utilisés.
• Mettre en place les normes et standards requis pour la réalisation de cette politique en
veillant à être le plus proche des normes internationales.
• Harmoniser la réglementation par rapport au contexte régional afin d’attirer les investisseurs
potentiels.
• S’ouvrir progressivement à la concurrence entre les services au profit des usagers.
• Inclure le secteur privé dans une instance consultative et prospective nationale.
• Mieux définir les responsabilités des acteurs et des institutions (MTPC, HCSI, ORTIC, OMSI,
BNM, OMDA, OMAPI, NIC-MG, etc.) tout en préservant et en renforçant l’autonomie des
organes régulateurs par rapport à l’Etat.
• Favoriser les objectifs de couverture des minima lors de l’attribution des licences/
autorisations.
• Etablir des règles d’interconnexion claires, précises et applicables (entre opérateurs, sur le
backbone, entre les passerelles, etc.).
• Mettre en place un dispositif d’arbitrage plus efficace pour raccourcir les délais de résolution
de cas de litige.
• Faciliter les tâches du régulateur en matière de veille technologique par la contribution
nécessaire et effective du secteur privé.
• Prioriser l’acquisition de compétences techniques indispensables pour faciliter la mission du
régulateur.
• Mettre en place un dispositif de coercition impliquant la responsabilisation des différents
organes représentatifs, ainsi que les moyens de mise en œuvre.
• Mettre en place des règles en matière de sécurisation des contenus numériques (lois sur le
cryptage et la confidentialité, outils)
• Mieux définir les rôles et responsabilités des entités internes au régulateur (exécutif, CA) en
vue de la réalisation de leurs objectifs respectifs.
• Elargir la représentativité au CA du régulateur des représentants du secteur Privé et/ou des
ONG.

Par ailleurs, l’utilisation harmonisée des bandes à usage libre selon les directives internationales
(en faveur de la science, de l’industrie et des secteurs prioritaires, usages privés) sera
communiquée et davantage facilitée. De plus, le régulateur doit davantage déléguer ses
responsabilités aux organes compétents sans pour autant compromettre ni son autorité ni son
autonomie.

L’esprit de cette nouvelle réglementation doit prendre en compte les TIC pour favoriser
leur développement vers les zones rurales dans un système de libre concurrence.
Cependant, la transition vers la libéralisation définitive doit être gérée au mieux pour
assurer le bon déroulement des stratégies énoncées dans ce document.

PNTIC-D Juin 2005 46


Schéma détaillé de la nouvelle réforme institutionnelle. PN TIC-D 2003
Présidence, Assemblées parlementaires, Etat Grand public,
citoyens,
consommateurs
Ministère des Télécommunications, des
Postes et de la Communication
Cadre de mise en œuvre de la politique
nationale TIC pour le développement
Bureau des
de Madagascar
Normes (BNM)
Office de HCSI
Régulation des Haut Commissariat de la
Technologies de Société de l’Information
l’Information et de CA + exécutif
la Communication FASU (Fonds d’accès au
ORTIC service universel)
Office Malgache Liste des commissions permanentes :
des Droits d’Auteur - Législatif, réglementation et
OMDA normalisation, fiscalité, justice, droits,
éthique et libertés, collectivités
décentralisées.
- Infrastructure Observatoire
NIC-MG - Contenus et applications (médias, etc.) Malgache de
- Finance la Société de
- Formation l’Information
Office Malgache de la - Gestion et suivi des projets OMSI

PNTIC- D JUIN 2005


PropriétéIndustrielle - Veille stratégique
OMAPI - Communication
Liste des commissions non permanentes :
- Autres commissions ad hoc
Office de Transmission
Militaire de l’Etat,
OTME
Gouvernement - Société civile - secteur privé
Ministère de la justice

47
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Stratégies de régulation et de concurrence


Afin de permettre un développement harmonieux des TIC, le recentrage des objectifs en faveur
de la concurrence sur la qualité des services doit réguler l’économie TIC pour le bénéfice des
usagers. Ainsi, on doit :

• Faciliter par les TIC l’information et l’expression des usagers.


• Faciliter l’accès aux équipements publics d’interconnexion et de connexion vers le réseau
national numérique structurant.
• Informer les consommateurs des différentes structures de coût des différentes prestations et
en particulier le coût de l’interconnexion de services.
• Informer le public de la qualité des services rendus ainsi que du cheminement physique
pouvant apporter des indications sur la qualité des services.
• Prendre en compte le rôle des OSC dans le dispositif de suivi des stratégies.
• Orienter davantage la concurrence par des campagnes d’information en faveur de la qualité
des services.
• Attribuer les licences/autorisations de services selon la loi du marché et répondant aux
besoins exprimés non couverts par les offres existantes et/ou en l’absence d’une concurrence
suffisante, ceux exprimés par (i) des indicateurs fiables et objectifs et (ii) par l’avancement de
la réalisation du plan directeur.
• Attribuer les licences ou autorisations d’accès au réseau national numérique structurant ou
à ses ramifications selon les besoins de mise en œuvre du plan directeur national mis à jour
annuellement.
• Faciliter la réalisation des boucles locales à initiative et financement privés, dans l’attente de
leur connexion au RNNS.

Stratégies fiscales
Outre les mesures fiscales sur l’importation d’équipements informatiques, qui encourageront
l’achat d’ordinateurs, ainsi que les différentes mesures de détaxation accordées par l’OMERT,
de nouveaux réaménagements seront entrepris en vue de développer cette fois-ci les services
offerts aux usagers. Ces mesures visent à amorcer l’usage réel des TIC, en faisant contribuer
directement les consommateurs à travers des taxes de consommation, à l’instar des mesures
appliquées pour la consommation en énergie électrique.

Ainsi, on doit :

• Affecter une partie des taxes payées par les consommateurs pour financer l’accès et le
développement des services TIC.
• Collecter directement cette partie de la taxe auprès des différents prestataires (téléphonie,
télécentres, cybercafés, FAI, FSI, revendeurs d’équipements, fournisseurs de service
audiovisuel numérique, autres prestations de services numériques à définir).
• Gérer le FASU pour permettre l’accessibilité d’un plus grand nombre au service universel
selon des critères normatifs établis (coût unitaire, etc.).
• Mettre en œuvre cette mesure pendant une période limitée (environ 4 ans) jusqu’au rattrapage
d’un retard cumulé et selon des indicateurs comparés aux autres pays “émergents” (Cf.
annexe 1).
• Mettre en place des mesures fiscales favorisant les investissements en équipements de
transport et de création de services.
• Mettre en place des mesures fiscales identiques aux dernières mesures prises sur les
ordinateurs en faveur de la création d’emploi par des nouveaux services à valeur ajoutée.

L’objectif est en fait de lancer, par cette série de mesures fiscales, la croissance des services pour
favoriser un large usage des TIC bien au-delà de la croissance atteinte par le secteur Télécoms
dans les années 1996-1997. Ce fond est mis en place pour donner davantage de responsabilités
aux usagers dans la réalisation de cette politique indépendamment des priorités des prestataires
ou de l’Etat.

PNTIC-D Juin 2005 48


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

8.5 Mise en œuvre de l’axe 5 : le développement de l’Entreprenariat

La clé de la réussite de cette politique repose sur la mise en place d’un moyen de financement
mutuel pour améliorer les services actuels. Ce système de financement doit être étendu aux
secteurs sociaux afin d’assurer leur opérationnalité de manière durable. Pour cela, il faudrait
faciliter l’entreprenariat au niveau national pour que les compétences se répartissent mieux dans
toute l’île au bénéfice de l’économie locale. Cette répartition doit fournir le point de départ de la
conquête du marché régional et international.

• A court terme :
- Inciter au développement des services par un recadrage des prestataires du secteur (contenus,
applications, recherche appliquée, transport, télécoms,...)
- Redéfinir le rôle et les responsabilités de l’Etat dans le développement des TIC.
- Mettre en place le «fonds d’accès au service universel» ou FASU incluant la contribution des
consommateurs pour aller vers le développement et l’amélioration des services fournis.
- Développer un partenariat proactif Etat-Secteur privé-OSC pour atteindre les différents
objectifs.
- Mettre en place les règles de fonctionnement de l’OMSI afin qu’il puisse, en toute indépendance,
jouer son rôle d’observation et de suivi évaluation des stratégies.
- Renforcer, à l’aide du fond d’accès au service universel et avec le Secteur privé et les chambres
consulaires, le système éducatif, la formation professionnelle, au profit de la décentralisation des
compétences.
- Faire de la privatisation de l’opérateur historique un moyen de lancer les grands travaux
d’investissement définis dans la stratégie de développement de l’infrastructure.

• A moyen terme :
Intégrer dans le FASU un capital-risque national pour un développement plus soutenu du secteur
TIC.

• A long terme :
Faire de cette politique TIC un tremplin d’accès du secteur industriel aux marchés internationaux
(numérique, tourisme, etc.) grâce aux évolutions potentielles des acquis au niveau du marché
national.

Principes à retenir sur la réalisation des actions

1) Instaurer de nouveaux moyens de financement


• Mobiliser la diaspora pour inciter les investissements TIC au service du développement et de
la réduction de la pauvreté
• Mettre en place un système de financement public pour le démarrage des investissements
dans les secteurs sociaux et dans les zones enclavées tout en s’appuyant sur des
compétences locales ou étrangères.
• Instituer le principe du capital risque dans le prolongement du FASU.
• Etendre le champ d’application du fond de développement actuel ou du FASU vers
l’audiovisuel numérique et vers les structures décentralisées pour répondre aux besoins des
régions, compte tenu du passage progressif vers la convergence numérique.

2) Promouvoir le partenariat public privé comme règle de base du développement des


TIC et de leur financement.
• Privilégier le développement des contenus endogènes par la création et la promotion d’entreprises
locales.
• Faciliter le développement des boucles locales à l’intérieur du schéma directeur du RNNS par
le biais des initiatives du secteur privé.
• Partager le risque entre l’Etat et le secteur privé dans les projets peu rentables par la reforme
des méthodes de financement privé et pour le développement de nouveaux services.

49 PNTIC- D JUIN 2005


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

3) Favoriser l’esprit d’initiative et d’entreprenariat national surtout au niveau des


jeunes.
• Equilibrer le développement de l’entreprenariat dans toutes les régions grâce à la mobilité et
la prédisposition de nos jeunes.
• Etendre l’esprit du FASU en réponse au besoin de petits investissements sociaux et des
services.
• Faciliter la création d’entreprises TIC génératrices d’emplois dans les régions et en
collaboration avec d’autres initiatives déjà existantes, en attendant l’implantation des futures
technopoles.

1) Faciliter l’accès aux marchés internationaux du numérique


• Utiliser les TIC comme un moyen de fédérer les ressources d’accès aux opportunités
d’affaires TIC ou non.
• Appuyer le transfert de compétences et la recherche, par le biais de nouveaux partenariats
et alliances stratégiques.
• Promouvoir la participation du secteur privé dans les orientations stratégiques de l’Etat.
• Faire contribuer le secteur privé à la veille stratégique TIC nationale.
• Engager un partenariat durable avec le secteur privé par la mise en place de règles
transparentes favorisant les investissements.
• Renforcer et orienter l’éducation vers l’accès aux nouvelles opportunités d’affaires en TIC.
• Mettre en place des mesures incitatives et un cadre favorable pour l’utilisation et la répartition
de ressources humaines compétentes tant au niveau national que provincial ou/et régional.

8.6 Principes particuliers à retenir pour les secteurs prioritaires.

Administration
L’assise de la politique repose sur la volonté de l’administration à lancer réellement des initiatives
ambitieuses. En effet, l’Etat doit avoir le courage politique de procéder à l’innovation en matière
d’utilisation des TIC dans tous les domaines de l’administration générale depuis la base de la
pyramide. Il faut mettre en place une stratégie promouvant la transparence dans la gestion des
affaires de l’Etat, engager un véritable partenariat avec le secteur privé et améliorer le service
public.
Pour cela, l’administration doit :
• Promouvoir la gestion transparente des affaires publiques pour obtenir une meilleure
participation des citoyens grâce aux TIC (la démocratie et la bonne gouvernance).
• Réorganiser l’administration, à tous les niveaux, pour une meilleure efficacité et une qualité
des services publics au profit du secteur privé par l’utilisation optimale et accrue des TIC dans
toutes les procédures de gestion.
• Faciliter les dispositifs de suivi et d’évaluation par l’intégration des données au sein de
l’administration.
• Rendre les TIC indissociables des actions prônant la transparence et celles luttant contre la
corruption.

Pour y parvenir, il faut :


• Favoriser l’appropriation des TIC par le personnel de l’administration afin que celui-ci puisse
améliorer ses performances et mieux servir les usagers.
• Sensibiliser les dirigeants pour une adhésion totale à tout projet TIC.
• Informer de manière systématique les usagers par des méthodes traditionnelles ou
modernes.
• Organiser et mettre en réseau toutes les institutions de la République.
• Mettre en place un système d’information complet et intégré sur les activités de gestion et les
services offerts par l’administration générale, et ce jusqu’aux collectivités territoriales.
• Assurer le suivi de cette stratégie e-administration à l’aide d’un organe à forte représentativité
des usagers (internes et externes) et de la société civile.
• Renforcer les capacités du corps des fonctionnaires et assimilés à utiliser les TIC.
• Coordonner la mise en réseau et l’interopérabilité de l’Intranet de l’Etat pour supporter
l’ensemble des infrastructures sociales et administratives du territoire national.

PNTIC-D Juin 2005 50


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Education - formation - recherche


L’objectif, dans ce secteur, est de mettre en place un système d’éducation adapté aux besoins
de développement des TIC et innovant dans sa méthode pédagogique. Ce système permet de
mieux intégrer les nouvelles générations dans la société de l’information et de répondre aux
évolutions futures des besoins nationaux d’éducation, de recherche et de formation.
A cet effet, il faudrait une politique ambitieuse et volontariste de formation massive à l’informatique
et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, en intégrant des curricula
TIC dans le programme officiel. Il faudrait également étendre le concept de formation continue,
aux TIC et par les TIC, pour mettre à jour régulièrement les connaissances ou valider ses propres
expériences.
Enfin, il faut promouvoir l’usage des TIC comme un moyen de se former et de s’informer pour
toutes les catégories sociales. La mobilisation des médiateurs, dans les différents centres de
ressources TIC, constitue un atout pour cette promotion à grande échelle.

Le système global éducatif doit être vu sous ses différents angles afin de trouver une meilleure
adéquation entre les besoins et l’offre prévue par la mise en œuvre de cette nouvelle politique
TIC. Le FASU devient l’un des moyens d’accompagnement de la vulgarisation de l’usage des
TIC au niveau national.

Ce système doit comporter au moins les axes suivants :


• Rénovation du système d’éducation par une utilisation innovante des TIC dans l’apprentissage
à tous les niveaux de l’enseignement et dans la formation continue.
• Décentralisation du système de télé-enseignement afin de le rendre accessible à tous, par
l’utilisation des TIC, et pour renforcer les compétences en TIC.
• Adoption de réformes institutionnelles afin de centrer la demande au sein d’un dispositif
éducatif global.
• Multiplication des systèmes de reconversions, diplômantes ou non, correspondant aux
évolutions des besoins nationaux de développement de contenus et de l’infrastructure.
• Mise en place d’un dispositif de mobilisation de jeunes volontaires/ médiateurs (cf. définition 3)
pour accompagner l’usage et la promotion des TIC dans les différents milieux professionnels
et socioculturels.
• Renforcement des réseaux de coopération régionale, internationale, Sud-Sud et Nord-Sud
en matière de recherche TIC et grâce aux TIC.
• Création d’une politique incitative favorisant le recrutement prioritaire des techniciens et cadres
nationaux, en particulier pour la constitution d’un réseau de compétences nationales.
• Encouragement de partenariats entre organismes de formation et de recherche, nationaux et
internationaux (y compris les alliances et le transfert de compétences)

Pour ce faire, on doit :


1) Créer un modèle socio technologique évolutif et un cadre pédagogique innovant
§ Adopter des réformes institutionnelles et fonctionnelles permettant de placer la demande
au centre d’un dispositif global éducatif et de promouvoir les valeurs communes de la
mondialisation.
§ Promouvoir la démarche collaborative, comme outil pédagogique, de renforcement du
processus de décentralisation/déconcentration et de collaboration à distance.
§ Capitaliser les acquis des expériences des télécentres et des centres de ressources en TIC
pour les asseoir comme pôle de formation en TIC.
§ Généraliser la médiation en tant que seconde dimension de l’apprentissage dans tous les
secteurs. (Définition 3 : Les rôles d’un médiateur).
§ Prioriser la formation des enseignants pour une meilleure médiation au sein du système
éducatif.
§ Introduire les TIC et l’énergie dès l’enseignement primaire pour permettre aux enfants de se
familiariser aux TIC dès leur jeune âge.
§ Développer le dispositif de partenariat entreprises-universités en faveur du développement
des TIC.
§ Faire participer la recherche à l’établissement des normes en TIC.
§ Impliquer la diaspora dans le transfert de compétences.

51 PNTIC- D JUIN 2005


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Définition 3 : Les rôles d’un médiateur

Un médiateur est une personne ayant une expérience ou des connaissances dans un domaine/
secteur quelconque qui utilise régulièrement les TIC dans son métier. Sans être forcément un
informaticien, il œuvre pour en faciliter l’usage dans son domaine/secteur et/ou pour former ou
assister un groupe social cible.

2) Diversifier les structures de formation, renforcer la gestion des flux de compétences


en TIC et élargir l’accès national à l’information.
§ Renforcer les structures de formation et de gestion des flux de compétences.
§ Définir des normes, d’établissement de formation correspondant aux besoins de compétence
en TIC, et les faire appliquer.
§ Redéfinir régulièrement les nouvelles segmentations des métiers TIC selon l’évolution des
besoins.
§ Renforcer, diversifier et professionnaliser davantage les centres de formation professionnelle
et supérieure en TIC.
§ Multiplier les cursus courts et les modules spécialisés permettant d’augmenter les effectifs
des professionnels nécessaires à la convergence numérique.
§ Multiplier les reconversions pour constituer des réseaux d’experts ou de consultants
métiers12.
§ Développer la formation professionnelle à distance par les TIC et pour les TIC en faveur des
régions.
§ Développer une base de données de professionnels en TIC.
§ Développer une expertise nationale dans la maîtrise du dispositif d’apprentissage et de
formation à distance.
§ Faciliter et favoriser la culture associative et d’entraide à travers les TIC et renforcer la
médiation nationale.
§ Développer un cadre de recrutement de jeunes volontaires pour les TIC dans chaque
région.
§ Réguler les flux de compétence sortant et entrant au bénéfice des femmes et du
développement du réseau d’excellence national TIC.
§ Établir des mesures de rétention sur le marché local et régional.
§ Encourager et renforcer l’usage des TIC dans les PME-PMI.
§ Encourager la création d’entreprises innovantes dans les différentes régions.

3) Développer une politique de contenu adapté au contexte local et favorisant l’accès


universel.
§ Créer un environnement propice à la production locale de contenus numériques.
§ Développer une expertise linguistique nationale pour faciliter le transfert d’informations et de
compétences entre la capitale et les régions et entre zone urbaine et zone rurale.
§ Adopter des réformes pour faciliter la mise en réseau des projets de numérisation et
d’applications inter-institutionnelles.
§ Mettre à niveau les compétences TIC de l’administration en général.
§ Promouvoir et développer une politique de création, de réalisation et de diffusion des supports
matériels et didactiques numériques relatifs aux contenus et aux applications.
§ Rénover le système socioculturel et éducatif par une utilisation pédagogique innovante des TIC.
§ Favoriser l’appropriation, le développement et la distribution des logiciels d’application libres
d’utilisation (logiciels libres, annexe 6).
§ Promouvoir l’usage des TIC pour l’auto apprentissage (anglais, alphabétisation, etc.).
§ Faire de ces réformes un moyen de favoriser le développement des entreprises TIC dans
toutes les provinces et régions.

12 Un consultant métier est une personne, spécialiste d’un domaine, capable de reproduire par les TIC ses connaissances
à l’usage d’un plus grand nombre de non experts. Ceci aura pour effet de multiplier les effets d’une expertise dans un
domaine au service de simples usagers TIC.

PNTIC-D Juin 2005 52


STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

4) Renforcer la recherche-développement au profit de notre industrie


§ Développer sur le plan national un pôle de compétences dans le domaine des TIC pour servir
la demande intérieure et extérieure en collaboration avec les universités et les instituts privés.
§ Encourager l’appui des universités et de la recherche aux technopoles.
§ Faciliter la diffusion des résultats de recherche par les TIC.
§ Renforcer les différents modes de partenariat international.
§ Renforcer les réseaux de coopération interrégionale, Sud-Sud et Nord-Sud.
§ Impliquer la diaspora dans la constitution du réseau d’excellence national
§ Créer une base de données de connaissance issue de la recherche appliquée à l’usage des
médiateurs nationaux.
§ Renforcer la recherche sur les TIC et par les TIC, en particulier en matière de télécommunications.
§ Encourager le développement de produits issus de ces recherches, conformément aux besoins
exprimés en entreprise.

C’est sur ces nouvelles bases que se développeront les ressources nécessaires à l’essor réel des TIC
défini dans ce document.

Communication information culture

Le secteur joue un rôle de premier plan afin d’accompagner l’implantation, la vulgarisation et le


développement des TIC tant pour ses propres besoins que pour ceux des autres secteurs. A cet
effet, il faut :
• Mettre en place une stratégie nationale pour rendre l’information de plus en plus accessible
indépendamment de la situation géographique.
• Favoriser la liberté d’expression grâce à la convergence numérique des contenus.
• Faire des TIC un vecteur et un générateur d’emplois pour la diffusion des contenus
informatifs.
• Valoriser et promouvoir l’identité culturelle nationale par la diffusion et la multiplication des
échanges nationaux et internationaux.
• Définir et asseoir les mesures d’accompagnement appropriées à la convergence des
contenus (sortie des textes et réglementation en la matière et mise en application effective),
• Concrétiser la loi sur la communication intégrant la dimension TIC en tant que paramètre
facilitant la diffusion et l’accès de tout citoyen aux informations.
• Développer des espaces d’information, centres et télécentres communautaires pour
promouvoir les TIC à travers tous les canaux existants,
• Professionnaliser les nouveaux métiers consécutifs à l’arrivée de la convergence numérique
des contenus.
• Promouvoir une diffusion massive des TIC pour obtenir le maximum de retombées pour le
développement, la croissance et la démocratie.
• Favoriser l’émergence de nouvelles chaînes et stations de radiotélévision, grâce aux facilités
apportées par les TIC, et en faveur des zones enclavées.
• Contribuer au développement de la culture TIC par et pour toutes les couches sociales de la
population,
• Vendre et savoir vendre la culture malgache à l’extérieur grâce aux TIC,
• Accroître l’ouverture des marchés de la culture malgache et son intégration dans l’industrie
de la culture internationale,
• Développer les échanges culturels et commerciaux par le Net,
• Faire appliquer en permanence l’adage « andrianiko ny teniko, ny an’ny hafa feheziko » :
« Vénérer sa langue maternelle et maîtriser celles des autres

Industrie et commerce
Le secteur privé en général et le secteur de l’industrie et du commerce en particulier tardent à
s’approprier l’utilisation des TIC dans leur branche d’activité. Pour pallier ce retard, une politique
volontariste est à mettre en place pour favoriser la maîtrise d’une culture TIC et pour relancer le
développement du secteur par son exploitation rationnelle. La stratégie mise en œuvre en matière
de « contenus et applications » et d’ « entreprenariat » doit lui permettre de s’ouvrir davantage au
marché intérieur et de lui faciliter l’intégration dans les échanges régional et mondial. Pour aller
plus loin, il faut :
53 PNTIC- D JUIN 2005
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

marché intérieur et de lui faciliter l’intégration dans les échanges régional et mondial. Pour aller
plus loin, il faut :
• Définir une politique industrielle nationale en faveur de l’accroissement de la productivité et
par l’utilisation des TIC dans toute la chaîne de production.
• Définir une politique permettant l’intégration réelle de Madagascar dans le circuit de la
nouvelle économie par les TIC et par les échanges régionaux et internationaux des produits
industriels et de services.

On doit :
• Accroître l’ouverture des marchés et l’intégration des secteurs productifs dans l’économie
nationale, régionale et mondiale pour développer l’exportation,
• Amener les industriels à avoir une culture TIC
• Développer les échanges industriels et les transferts de technologie par le Net.
• Développer une culture TIC dans tous les maillons du secteur industrie et commerce.
• Favoriser la numérisation et l’interconnexion des échanges interbancaires.
• Définir et mettre en place une stratégie de e-commerce.
• Promouvoir des solutions innovantes lorsque les technologies et les applications numériques
existantes ne sont pas adaptées à notre contexte.
§ Encourager l’utilisation des TIC au sein des secteurs tertiaire et secondaire.
§ Développer les échanges commerciaux par le Net, à l’interne comme à l’externe.
• Promouvoir et développer des chambres de commerce et d’industrie modernes répondant
aux besoins d’échanges avec celles existantes dans le monde.
• Faciliter la communication Intranet au sein de chaque entreprise (même distant
physiquement).
• Faciliter l’interconnexion des services pour l’industrie entre le secteur privé et l’administration
(douane, etc.).

Agriculture, élevage et pêche

La politique du Ministère, chargé de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, vise actuellement à


augmenter la productivité nationale par des appuis techniques intenses auprès des producteurs
potentiels en milieu rural. Les TIC peuvent être un élément clé aussi bien dans le renforcement
des compétences que dans la circulation des informations permettant d’échanger les expériences
et de gérer de manière rationnelle la distribution des produits selon des règles respectant la
concurrence.

Pour faciliter le développement de ces nouvelles activités, on doit au préalable :


• Elargir aux TIC les financements par les institutions financières.
• Permettre aux exploitants d’améliorer leur rendement par la diffusion en ligne d’expériences
réussies (exemple du SRI : riziculture intensive).
• Permettre aux exploitants de bénéficier d’une visibilité sur les nouveautés de la recherche
nationale et internationale en vue de leur application.
• Permettre aux exploitants de mettre à jour leurs compétences à distance, notamment en
matière de transformation, afin d’augmenter leur productivité locale.
• Permettre aux producteurs d’accéder à l’information relative au marché national et
international afin d’ajuster leur offre en qualité et en quantité.
• Réduire au maximum les intermédiaires non productifs grâce aux TIC.
• Promouvoir les nouvelles activités productives en déployant les infrastructures et les services
TIC au même titre que les investissements productifs.

L’augmentation de la productivité nationale fait partie des enjeux nationaux dans les efforts de
réduction de la pauvreté. L’utilisation des TIC est l’une des voies qui permet de vulgariser les
activités productrices rurales.

Santé
L’objectif est de mettre en place un système de santé rénové avec une capacité de soins
multipliée, grâce à une décentralisation de la gestion et des compétences dans les infrastructures
existantes ou à créer.
PNTIC-D Juin 2005 54
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Pour cela, il faut :


• Mettre en place une politique pour le développement de l’usage des TIC dans ce
secteur.
• Adopter une politique visant à moderniser et autoriser l’usage reconnu des équipements
modernes pour faciliter les échanges internationaux.
• Intégrer les TIC dans les cursus médicaux et paramédicaux.
• Adapter ou créer une réglementation favorable à la pratique de l’expertise à distance et
protégeant la confidentialité des informations des patients.
• Prendre en compte le secteur santé dans le développement de l’infrastructure nationale
des TIC.

En plus des objectifs définis auparavant en matière de contenus et applications pour ce


secteur, on doit :

• Déployer le réseau administratif de santé pour fédérer les différentes informations


internes et publiques.
• Intégrer les indicateurs santé tout en encourageant la mise à jour des données avec les
partenaires.
• Relier les infrastructures de santé des Centres Hospitaliers Universitaires (CHU)
jusqu’aux Centres de Santé de Base (CSB) pour décentraliser les expertises par le biais
de la télémédecine.
• Mettre en place un réseau national d’échange, d’expertise et de recherche relié au reste
du monde.
• Développer et traduire les contenus internationaux en langue malgache pour faciliter la
promotion de la santé dans les zones rurales.

8.7 Quelques projets à court terme

1. Réforme du cadre réglementaire et institutionnel.


2. Continuation du programme de TIC en milieu rural (poursuite des projets pilotes de
télécentres et extension du service aux autres initiatives privées de développement de
services), jusqu’à sa vulgarisation à l’échelle nationale.
3. Lancement des premiers projets prioritaires de contenus pour les personnes qui utilisent
exclusivement la langue nationale.
4. Lancement de projets pilotes d’accès à la téléphonie et à l’Internet en utilisant différentes
infrastructures (Jirama, VSAT, BLR, GSM, DVB-RCS, etc.).
5. Démarrage de la mise en place du backbone international et du RNNS.
6. Lancement d’un portail de e-développement Madagascar pour stimuler les différentes
initiatives de TIC.
7. Mise en place de technopoles, incubateurs pour le développement des services et
applications TIC (Démarrage du projet d’Antanetibe).
8. Développement d’applications TIC destinées aux communautés orales.
9. Exploration de l’accès communautaire à haut débit par DVB-RCS et/ou d’autres
technologies sans-fil.
10. Multiplication des applications sociales sur la base d’une mutualisation d’infrastructure
mixte (VSAT, support électrique, Wi-Fi) des écoles, des centres de santé de base, de
l’administration, etc..
11. Développement du programme d’e-gouvernance.
12. Mise en place et suivi d’indicateurs TIC.

Un tableau descriptif détaillé et chiffré sera établi avec l’ensemble des partenaires, bien au-
delà des initiatives déjà répertoriées ci-après.
.

55 PNTIC- D JUIN 2005


8.8 Initiatives des partenaires de développement

Tableau 5 : Initiatives des partenaires de développement. (Octobre 2003)

Partenaires Lien possible avec la PNTIC-D


Projets Opportunités
Agence Universitaire -Formation à distance Contribution possible au niveau Disposée à examiner des propositions
de la Francophonie (AUF) de TIC et éducation de projets de recherche (ex: formation de
formateurs), conception de modules

- Centre d’incubation pour


encourager les jeunes
nouvellement diplômés à créer
leurs entreprises
Protocole d’accord avec le
Gouvernement : éducation,
recherche

- Appui à la recherche en
Logiciels libres
- Appui à la
gouvernance d’Internet

1. Volet éducatif et culturel :


- Appui au CITE (Centre
d’Information Technique et Lien et coopération possible
Coopération Française Economique) : 9 installations avec les télécentres :
régionales production de contenus
- DUCM (Diplôme Universitaire
Multimédia)
2. Composante 2 du MADSUP
:- Appui au développement des TIC
- Appui à la documentation
Projet en phase terminal, possibilité
scientifique TIC et enseignement supérieur
d’extension avec le projet ARES
- Appui à la communication en
Français à objectif spécifique
pour universitaires

PNTIC-D Juin 2005


3. Institut de santé publique - Formation en TIC
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

et communautaire : - Accès
Formation du personnel de santé

56
Partenaires Lien possible avec la PNTIC-D
Projets Opportunités
Agence Universitaire - 4. Projets régionaux : Formation à distance :
de la Francophonie (AUF) - CIDST (Centre d’Information renforcement des capacités
et de Documentation Sensibilisation
Scientifique et Technique)
- SIST (Système d’Information TIC et enseignement
Scientifique et Technique) : supérieur
portail scientifique à l’usage des
chercheurs et des enseignants
- ADEN (Appui au Liens avec les télécentres, Complément au programme des
Désenclavement Numérique) : formation et création d’outils télécentres, mutualisation des
association des centres d’accès expériences
communautaires
- Administration électronique Liens avec le e.gouvernement
USAID Connexion sans fils, POP Accès Appui à la formulation de la politique
(pointde présence) de libéralisation
Appui au secteur privé en Renforcement des capacités Projets de contenus dans
partenariat avec CISCO les domaines de la santé, de
Systems : 5 centres de l’environnement et de l’appui au
formation, formation des ONG et gouvernement
des officiels du gouvernement
Dons d’ordinateurs à des
Accès
institutions
Environnement
PPIAF : amélioration du cadre Tient compte de la politique nationale
Banque Mondiale Renforcement de la capacité
législatif et réglementaire des TIC
du régulateur
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

Beaucoup de ressources

PNTIC- D JUIN 2005


disponibles : 9è FED (2003-2007 :
267 millions d’Euros) pour les Possibilité d’inclure les TIC dans
PDSP2 : Appui au secteur privé routes, le développement rural, les projets en cours ou à venir en
et TIC en milieu rural la sécurité alimentaire, le cadre gouvernance
macro-économique, la bonne
gouvernance, l’appui budgétaire
(non ciblé)

57
Partenaires Lien possible avec la PNTIC-D
Projets Opportunités

PNUD Appui à la formulation de - Mise en place d’indicateurs


la politique nationale et de multisectoriels intermédiaires
stratégies de mise en oeuvre - Appui aux institutions de mise en
œuvre des stratégies sectorielles
- e-gouvernance

OMS Appui au Ministère de la Santé : TIC et santé TIC et surveillance épidémiologique


- Renforcement du site web Institut de santé publique
- Système de gestion de
l’information dans les
districts
- Informatisation des cartes
sanitaires
- Appui à la Faculté de Renforcement de capacité
Médecine
Soutien au projet de télémédecine :
connexion de tous les hôpitaux
FAO Pas encore de projet TIC - Information des producteurs
sur les prix et suppression des
intermédiaires
- Système d’alerte précoce
- PSSA : Programme Spécial de
Sécurité Alimentaire
- PSDR : Programme Spécial de
Développement Rural (BM)
Formation des techniciens agricoles

Priorités de la coopération
Coopération Japonaise Disposée à examiner une requête
Pas encore de projet TIC bilatérale :éducation,
Disponibilité de coopération tripartite
environnement, santé
Bourses de formation et d’échange
Partage d’expériences avec
Coopération Indienne Pas encore de projet TIC des firmes indiennes en IT
(ex : NASSCOM, cf. http://
www.nasscom.org)
Beaucoup de ressources
disponibles : 9è FED (2003-2007 :
267 millions d’Euros) pour les
routes, le développement rural,

PNTIC-D Juin 2005


Commission Européenne Pas de projet TIC en vue
la sécurité alimentaire, le cadre
macro-économique, la bonne
gouvernance, l’appui budgétaire
STRATÉGIES DE MISE EN OEUVRE

(non ciblé)

58
Chapitre 9

L’élaboration de ce document de politique nationale des TIC


Conclusion pour le développement est une première étape pour dans
le processus d’intégration de Madagascar dans la société
mondiale de l’information. Il a été élaboré dans un cadre de
processus participatif et a nécessité beaucoup de volonté de la part de tous les acteurs du
développement. Une intense action de vulgarisation reste indispensable pour atteindre une plus
large majorité de la population. C’est une condition nécessaire pour donner à la communauté
nationale une meilleure vision de son futur dans la société de l’information et du savoir de ce début
de XXIè siècle ainsi qu’une meilleure compréhension des actions qui doivent être entreprises.

Des expériences internationales, en particulier africaines, il est apparu que beaucoup de politiques
nationales n’ont pas dépassé le stade de la formulation. Les raisons essentielles évoquées se
trouvent surtout dans l’absence de ressources pour sa mise en œuvre. La nation doit se donner
les moyens et la volonté pour être à la hauteur de ses ambitions.

Encadré 11 : Les TIC, une priorité nationale

Les gouvernements des pays développés et des pays en développement sont invités à jouer
un rôle important en vue de favoriser et de faciliter l’essor de la société et de l’économie
de l’information. Ils devraient avant tout montrer l’exemple en adoptant des pratiques de
gouvernement électronique. L’expérience montre que dans de nombreux pays développés où
les TIC ont connu une croissance rapide, les pouvoirs publics ont été étroitement associés à la
promotion de leur développement. Les gouvernements jouent un rôle important en tant que chef
de file, surtout au début, en élaborant un projet, en sensibilisant la population et en faisant du
développement des TIC une priorité nationale.

Extrait du rapport CNUCED 2002 sur le Commerce électronique et le développement : Aperçu


général page 15.

59 PNTIC- D JUIN 2005


CONCLUSION

Encadré 12 : Perspectives économiques de l’Inde

Quelles sont réellement les promesses tenues par la nouvelle économie pour les pays en
développement? L’explosion, des technologies de l’information et des communications, ouvre
de nouvelles possibilités pour des créneaux d’activité. En Inde, ce secteur a généré un chiffre
d’affaires de 330 milliards de roupies (7,7 milliards de dollars) en 1999, soit une multiplication
par 15 par rapport à 1990 , et les exportations sont passées de 150 millions de dollars en 1990
à pratiquement 4 milliards de dollars en 1999. Une étude estime que ce chiffre pourrait atteindre
50 milliards de dollars d’ici 2008. Les technologies d’information représenteraient alors 30% des
exportations de l’Inde et 7,5% de son PIB. De 180.000 en 1998, le nombre d’emplois dans le
secteur informatique devrait s’établir à 2,2 millions en 2008, soit 8% de l’emploi formel dans le
pays.
Les technologies de l’information et des communications créent de nouvelles possibilités
d’externalisation, puisqu’elles permettent d’élaborer des services dans un pays et de les vendre
dans un autre. Ces services, qui passent par des réseaux de télécommunications ou de
transmissions de données sont notamment la gestion des opérations de carte de crédit, des
déclarations de sinistre aux sociétés d’assurance, des paies, de la clientèle et des ressources
humaines ou financières. Le marché mondial de l’externalisation pèse plus de 100 milliards
de dollars. Sur les 500 entreprises du classement du magazine Fortune, 185 entreprises
externalisent leur activité informatique en Inde, qui compte actuellement 1250 entreprises
exportant des logiciels.
L’Inde témoigne de l’importance des politiques publiques. En veillant à l’enseignement
des technologies de l’information (plus de 73.000 nouveaux diplômés sortent chaque années
des écoles techniques en langue anglaise du pays) et en investissant dans l’infrastructure
(en particulier dans les liaisons à haut débit et les passerelles internationales avec une bande
passante suffisante), l’Etat indien a permis à son pays de trouver sa place dans la nouvelle
économie. Ces efforts devraient donner des résultats durables en terme de développement
humain et de croissance économique équitable.
Extrait. Sources Reuters, 2001. Lu dans le rapport mondial sur le développement humain 2001 P57

PNTIC-D Juin 2005 60


Chapitre 10

Annexe 1 : Indicateurs de développement des TIC


Annexe 2 : Forum NTIC et développement du
Annexes septembre 2002 – Panorama
Annexe 3 : Potentiel de connectivité TIC en 2010.
Annexe 4 : Schéma directeur RNNS horizon 2006
Annexe 5 : Critère d’établissement des minima TIC
Annexe 6 : Définition et portée de l’open source ou logiciel libre

Annexe 1 : Indicateurs de développement des TIC

«La fracture numérique en Afrique» par Bernard Conte Maître de Conférences EMPIRES
(Equipe Mondialisation, Politiques de l’Information et Régulations Economiques et Sociales)
Centre d’Economie du Développement – Université Montesquieu - Bordeaux IV

Résumé :
La mondialisation s’accompagne d’une extension et d’une densification des réseaux. C’est par
l’Internet, le réseau des réseaux, que transitent les flux d’information qui seraient un nouveau
vecteur du développement. Pour cette raison, l’accélération de la diffusion de l’Internet au Sud
constitue une priorité stratégique pour les bailleurs de fonds. Dans ce contexte, la mesure de la
diffusion d’Internet apparaît essentielle. Les mesures « classiques » s’intéressant au
« nombre d’abonnés » ou au « nombre d’utilisateurs », ne sont pas satisfaisantes particulièrement
en ce qui concerne l’Afrique. Nous construisons un indicateur du développement d’Internet en
Afrique (IDIA) fondé sur cinq paramètres : le nombre d’utilisateurs d’Internet, la télédensité, le
nombre de fournisseurs de services Internet, le débit international et le nombre d’ordinateurs
connectés. Une analyse en composantes principales permet la construction dudit indicateur
sur la période 1997-2000. Les résultats révèlent notamment la présence d’une profonde
fracture numérique au sein du continent. Toutefois, nous mettons en lumière l’existence d’une
ε–convergence indiquant une tendance à la réduction dans le temps de la fracture numérique
entre les différents pays africains.

Notre démarche vise à construire un indicateur synthétique du développement de l’Internet en


Afrique (IDIA). Le choix de restreindre, pour l’instant, le champ de l’IDIA au continent africain
repose sur le constat de l’existence de spécificités africaines dans l’utilisation du réseau. Par
exemple, les termes d’« utilisateur » ou d’« abonné » (à Internet) ont parfois un sens différent
en Afrique, où le nombre de comptes partagés peut en effet être supérieur à celui de beaucoup
de pays développés ». De plus, on note sur le continent un développement rapide des accès à
l’Internet mutualisés (cybercentres, cybercafés …). La prise en compte exclusive de l’Afrique
permet de conserver aux données statistiques leur homogénéité relative.

L’IDIA est fondé sur cinq paramètres qui permettent d’embrasser différentes dimensions du
processus de développement de l’Internet. Ces paramètres mesurent essentiellement l’aspect
quantitatif du développement du réseau. L’inclusion d’autres paramètres notamment relatifs aux
usages pourrait renforcer la puissance explicative de l’indicateur. Mais les études sur ces aspects
du développement d’Internet sont rares et lorsqu’elles existent, ne couvrent que des zones
géographiques limitées. Les résultats de l’IDIA révèlent l’existence d’une fracture numérique3
intra africaine. Nous tenterons de déterminer l’évolution prévisible de cette fracture dans le
temps.

Choix des variables


Ce choix est dicté par le souci de prendre en compte le maximum de dimensions du développement
d’Internet. Néanmoins, l’éventail des options se trouve réduit par la disponibilité et la fiabilité des
données statistiques. Compte tenu des limitations précédentes, nous avons pris le parti de retenir
cinq variables sur une période allant de 1997 à 2000. Les variables sont les suivantes :

61 PNTIC- D JUIN 2005


ANNEXES

• Le nombre d’utilisateurs d’Internet (« estimated Internet users », au sens de l’Union internationale


des télécommunications) rapporté à la population. Ces chiffres sont généralement plus élevés
que ceux des souscripteurs d’Internet (Internet subscribers) au sens de Mike Jensen.
• La télédensité (nombre de lignes téléphoniques fixes rapporté à la population). La connexion
au réseau nécessitant généralement une ligne téléphonique, malgré le développement des
technologies sans fil, il apparaît que les technologies classiques ont encore de beaux jours
devant elles.
• Le nombre de fournisseurs de services Internet (FSI) rapporté à la population. Après la
connexion physique, il faut un accès au réseau fourni par un FSI. On peut penser qu’un nombre
élevé de fournisseurs d’accès peut signifier un accès plus facile et moins onéreux au réseau en
raison des lois de la concurrence.
• Le débit international (international bandwidth), en kilobits par seconde rapporté à la population.
Ce paramètre est un indicateur de facilité de contact avec l’étranger, sachant que l’Afrique est
extravertie dans le domaine de l’Internet. En effet, pour l’instant, la majorité des contenus se situe
encore à l’étranger.
• Le nombre d’ordinateurs connectés (Internet hosts5) rapporté à la population, est également un
critère important du développement de l’Internet. (FIN).

Annexe 2 : Forum NTIC Et Developpement

05 septembre 2002 – Panorama - Antananarivo

Note de Synthese
Contexte
• Réseaux insuffisants en terme de couverture géographique et de débit tant national
qu’international
• Les TIC restent encore trop une affaire de spécialistes
• Les contenus sont presque inexistants pour les besoins d’une population à majorité rurale
• Existence d’initiatives parallèles pour mettre en place des coordinations sectorielles ou pour
construire des visions
• Réglementations inadaptées pour le développement des TIC
• Existence de fossés numériques : entre zone urbaine et rurale, entre Madagascar et le reste
du monde
• Fiscalité contraignante pour le développement du secteur
• Coût des services et des équipements TIC exorbitant par rapport au niveau de vie de
l’ensemble de la population
• Une offre d’embauche largement supérieure par rapport à la demande
• Insuffisance de formateurs en quantité et en qualité à tous les niveaux
• Politique pédagogique inadaptée au développement dès l’enseignement de base
• Inadéquation entre besoins et formations
• Taux important d’analphabétisme
• Insuffisance de compétences en TIC.
• Volonté du gouvernement de coordonner le développement concerté du secteur

Finalités
• Accès universel aux services TIC (équipements, contenus, services, formation etc.)
• Faire des TIC un moyen d’insertion de Madagascar dans la mondialisation

Objectifs et axes stratégiques

1. Visions et politique nationale


• Développer de nouvelles formes de partenariat entre l’Etat, le secteur privé et la société
civile
• Elaborer une vision commune et adaptée au développement rapide et durable en
partant des visions existantes émanant de ces différents acteurs
• Faire des TIC un moteur de croissance majeur et de développement humain

PNTIC-D Juin 2005 62


ANNEXES

• Tendre vers une Cybersociété


• Considérer les TIC comme un secteur à part entière prioritaire
• Système éducatif et de formation permettant de relever les défis de la mondialisation
et de la lutte contre la pauvreté

2. Renforcement des compétences


• Développer la formation de formateurs en TIC
• Développer la formation en ligne
• Favoriser la formation de reconversion à tous les niveaux (primaire, secondaire et
supérieur)
• Recyclage des enseignants à tous les niveaux
• Promouvoir la recherche-développement en TIC

3. Réforme de la réglementation et de la régulation


• Adopter un cadre réglementaire :
o flexible et transparent favorable au développement des TIC
o conciliant la sécurisation des investissements, la qualité des service et la
professionnalisation du métier
o évolutif en tenant compte des avancées technologiques

4. Révision de la politique fiscale relative aux TIC : exonération/réduction de droits et taxes

5. Administration
• Rôle de leadership dans l’utilisation des TIC (e-governance, e-learning, etc.)

6. Couverture totale du territoire et interconnexion


• Backbone national à haut débit favorisant l’interconnexion (jusqu’au niveau rural) et
raccordé aux grands réseaux internationaux

7. Accessibilité des services


• Coûts abordables pour les utilisateurs
• Contenus adaptés
• Fabrication sur place d’équipements TIC
• Adapter le contenu des formations au contexte national

8. Promotion des logiciels « libres » permettant d’intensifier la vulgarisation des


services TIC à moindre coût

9. Favoriser les échanges d’expériences nationales et internationales


• Partenariat université-entreprises
• Partenariat public-privé
• Incitation à la participation de la diaspora

10. Développer les moyens technologiques par le biais d’alliances stratégiques

11. Mettre en place un fonds de développement des TIC

Plan d’actions
• Mise en place d’une entité indépendante chargée du développement des TIC à
Madagascar toujours en partenariat entre l’Etat, le secteur privé et la société civile et,
impliquant fortement les utilisateurs
• Mise en place d’une entité regroupant l’Etat, le secteur privé et la société civile, chargée
d’assurer le suivi du forum jusqu’au bouclage d’une politique nationale des TIC pour le
développement.
• Organisation d’ateliers spécifiques avec la participation des régions
• Synthèse des travaux de réflexion des différents ateliers en vue de produire le document final
de politique nationale du secteur qui doit servir de base à l’élaboration d’un cadre législatif et
réglementaire
63 PNTIC- D JUIN 2005
ANNEXES

Annexe 3 : Potentiel de connectivité TIC en 2010.

Tableau 6 : Evolution potentielle des lignes traditionnelles de téléphonie horizon 2010

Année Habitants Télédensité potentielle % Abonnés fixes pot.


2010 20 224 253 2,37 478 952
2009 19 654 614 2,29 422 256
2008 19 082 150 2,21 422 256
2007 18 526 359 2,14 396 477
2006 17 986 756 2,09 375 754
2005 17 462 870 2,01 350 778
2004 16 954 243 1,93 327 463
2003 16 460 430 1,86 305 697
2002 15 981 000 1,86 296 793
2001 15 515 534 2,13 330 067
2000 15 063 625 2,01 302 315

Potentiel d’évolution des lignes de téléphonie mobile horizon 2010

0
00
0
50
2

Croissance du mobile à Madagascar


0
00
0
00
2
Nombre d’abonnés

0
00
5 00
1
0
00
0
00
1

0
00
0
50

0
1998

2000

2002

2004

2006

2008

2010

PNTIC-D Juin 2005 64


ANNEXES

Encadré 13 : Evolution potentielle du nombre d’accès Internet individuel en 2010

L’UIT recommande pour sa part, pour les pays de l’Afrique sub-saharienne, un taux de pénétration
Internet de 5% en 2005, ce qui équivaudrait à 873 000 internautes pour Madagascar à cette date.
Ce chiffre est difficilement réalisable car il va au-delà même du nombre de lignes fixes installées.
Comme objectif, et en l’absence de prévisions fiables pour les pays en développement,
Madagascar peut se donner le même objectif de 5 internautes pour 100 habitants mais à horizon
2010 soit 1.000.000 d’internautes sur une population totale de 20 millions d’habitants. A supposer
qu’à cette date, (i) le RNNS soit établi ainsi que la FO internationale, (ii) les technologies fixes et
mobiles permettent d’accéder à Internet à des tarifs concurrentiels, (iii) le taux de lignes - fixes et
mobiles - avec Internet soit d’environ 40%.

Annexe 4 : Schéma directeur RNNS horizon 2006

Une étape proposée à l’issue des études sur l’infrastructure nationale et internationale

�����������

Nosy Be
Andoany
Hell-Ville Ambilobe
Antsapano

Ambanja

�������
Bealalana

Andapa
��������
Antsohihy

Maroantsetra

��������� Madritsara

Mampikomy
Mananara

Ambondromamy Ile
Manompana
Sainte
Maevatanana Marie
Soanierana-Ivongo
Ambodifotatra

Fenoarivo
Amparafaravola
Mahavelona
�������������
Foulpointe

Ankazobe Anjozorobe
���������
Tsiroanomandidy ������������ Andasibe

Ampefy Arivonimamo
���������
Vatomandry
Miandrivazo

Betafo ���������
���������
Mahabo Malaimbandy ���������

Ranomafana

������������ ���������
Ambalavao

Ihosy ��������
Ranohira

Sakaraha
�����������
Phase 5
Andranovory Betroka
Vangaidrano
�������
Les lignes rouges et bleues constituent le
RNNS à l’horizon 2006. Ce schéma sera
Ampanihy
définitif après une prochaine étude détaillée
sur les vraies possibilités de la fibre optique
�������� (nationale et internationale).
��������

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ANNEXES

Tableau 8 : Les différents moyens de couverture

VSAT seul VSAT & Cuivre VSAT & BLR VSAT & BLR
Sans fil Cellulaire
Usage type Communes Petites villes où Petites villes où le Villes isolées de
rurales où la population est coût du cellulaire province où le
l’installation d’une suffisamment ne se justifie pas à tirage du FH ou
ou de quelques concentrée et le cause du nombre du FO pose des
cabines publiques où le besoin en d’abonnés et de la difficultés
est justifiée à téléphone est taille de la zone à
cause de la faible suffisamment couvrir
utilisation. important (y
compris en besoin
de débit données)
pour justifier
l’installation filaire
Distribution de la Eparpillée Concentrée et en En grappes Répartition
population grappes uniforme
Très faible, < 0.1 Faible à moyenne Faible à moyenne : Moyenne > 0.1
lignes par km2 20 à 500 abonnés lignes par km2
en tout ou plus de 500
abonnés
Densité du trafic Faible Indifférent Indifférent Faible à moyenne.
Le GSM 1800
ou le GSM 1900
supportent des
densités de trafic
plus importantes
mais restent
surdimensionnés
pour un usage
rural
Mobilité Aucune Aucune Limitée Oui dans les
limites de la taille
de la cellule. Le
GSM 900 a une
cellule plus large
Couverture < 300 m : les < 5 km à cause < 5 km à cause < 30 km, taille
terminaux sont des limitations de la portée maximale d’une
soit autour de la habituelles de la des différentes cellule GSM.
station VSAT elle- paire torsadée technologies sans
même, soit à très cuivre fil telles que DECT,
faible distance. CT2 ou PHS.
Typiquement Noter toutefois
cabines publiques que les différents
et téléphones nœuds sans fil
payants. peuvent être tirés
par plusieurs
liaisons BLR point
à point.

PNTIC-D Juin 2005 66


ANNEXES

VSAT seul VSAT & Cuivre VSAT & BLR VSAT & BLR
Sans fil Cellulaire
Accès à un central Requis puisqu’il Pas Pas Pas
distant n’y a pas de nécessairement nécessairement nécessairement
communication si conversation (id.) (id.)
locale (pas de locale ; requis
réseau local pour l’interurbain
et l’international
Géographie Sans importance, Difficultés Faible importance. Pylônes souvent
le signal VSAT éventuelles de Les technologies requis, sinon,
voyage dans le génie civil et sans fil actuelles sensibilité à
plan vertical de durabilité échangent leur l’escarpement.
en fonction de faible portée
l’escarpement contre une relative
du terrain, de la insensibilité
nature du sol et aux obstacles
du climat. du terrain. Ne
nécessite pas de
pylônes.
Rapidité 2 à 3 jours par site Longs travaux à Ralenti par les
d’installation cause du génie 2 à 3 jours par site pylônes, sinon
civil. installation rapide
Puissance Faible, < 250 Moyenne, < 600 Moyenne, < 700 Forte, ~ 2000
requise par les watts. Une station watts watts watts.
installations VSAT peut
très bien être
alimentée par
des panneaux
solaires. Les
terminaux
abonnés n’ont pas
nécessairement
besoin de
sources d’énergie
supplémentaires.
Puissance requise Aucune Aucune Faible, < 5 watts Moyenne, < 30
côté terminal watts.
abonné
Maintenance Très faible Moyenne Faible Faible
requise
Risques Fragilité de Vol de fils Fragilité de Antenne et
l’antenne l’antenne pylône.
extérieure. extérieure

67 PNTIC- D JUIN 2005


ANNEXES

Encadré 14 : DVB-RCS à l’usage des points d’accès communautaires.

Le « Digital Video Broadcasting - Return Channel over Satellite « est une solution d’accès à
Internet par satellite. Le DVB-RCS est une connexion bidirectionnelle qui ne nécessite aucune
liaison terrestre, et ce, de n’importe quel point dans le monde. La voie de retour permet des
débits jusqu’à 2Mbps. La bande passante mutualisée est garantie ou à la demande. De surcroît
adoptant une technologie ouverte, le DVB-RCS permet des applications diverses : ISP, Réseau
privé corporatif, Télé-médecine, Education à Distance, Voix sur IP, Vidéoconférence... sans
déployer de nouvelles infrastructures.
A la différence des terminaux standards de réception de TV par satellite, cette technologie
repose sur des terminaux bidirectionnels (Satellite Interactive Terminal) et des hubs DVB-RCS
optimisés pour le haut débit permettant de fournir de la bande passante à la demande (72Kbps
en voie montante et 2Mbps en voie de retour).

Encadré 15 : Scénario du futur

Profitant de la prolifération des technologies d’accès, le gouvernement et l’autorité de régulation


mettent en œuvre une politique extrêmement agressive, de développement des réseaux locaux,
axée sur (i) la création de licences/autorisations locales et régionales de couverture ou de
desserte, (ii) l’encouragement pour l’apparition d’opérateurs de boucle locale et d’opérateurs
alternatifs, au delà des zones couvertes par le RNNS, (iii) la création et le développement de
nouveaux services.

En quelques années, le pays voit l’apparition de plusieurs dizaines d’opérateurs de boucle


locale sur des supports variés mais avec prédominance des technologies d’accès radio ou
satellitaire, rapides, faciles à mettre en place et moins coûteux. Plusieurs dizaines de villes
et villages malgaches, jusqu’alors délaissées par l’opérateur filaire historique et les premiers
opérateurs GSM seront courtisées par de nouveaux entrants proposant de la BLR et même par
des compagnies nationales/privées d’électricité qui font miroiter à ses usagers le haut-débit par
la prise électrique.

Face à cette nouvelle concurrence, les opérateurs établis du fixe et du cellulaire mettent
respectivement à jour leurs réseaux avec des technologies de leur choix. Pour les réseaux
filaires, l’opérateur historique met à jour ce qu’il peut vers l’ADSL tandis que pour les réseaux
cellulaires, les opérateurs développent le créneau (boucle locale) avant de faire passer leurs
réseaux aux générations suivantes. Une fois le RNNS établi, en l’espace de sept ans, le nombre
d’usagers des services TIC, tous supports confondus, passe de 250.000 à plus de 3.000.000.

(Cf. annexe 3 : projection de nombre d’abonnés téléphoniques et d’Internet).

Annexe 5 : Critère d’établissement des minima TIC

L’établissement de ces critères relève d’une étude spécifique lors de l’élaboration du plan
directeur national. Des normes d’accès nationales et internationales sont établies pour garantir
l’accès à des services allant progressivement vers un standard national évolutif.
Ce tableau présente les caractéristiques définissant ces minima en infrastructure et ressources
nécessaires pour une configuration de couverture nationale.

PNTIC-D Juin 2005 68


ANNEXES

Type de National Région Fivondronana Commune Fokontany


service
Internet haut FO à définir À définir A définir A définir/Nbre A définir/
débit POP local POP local habitant Nombre
Backup Backup POP éventuel d’habitants
pour les
communes
denses (à
définir
TV et radio en Bouquet Idem Idem Idem Idem
réception national et
international
en réception
Télévision et Capacité Capacité à Capacité à Capacité à Capacité à
radio nationale du établir établir établir établir
en émission bouquet à établir
Parc Selon marché Selon marché Selon nombre Selon nombre Un par
communautaire d’habitant d’habitant commune de
de services TIC plus de 200
habitants.
Téléphonie X lignes X lignes Capacité à Capacité à Capacité à
international interurbaines établir établir établir
en simultané Réseau local
existant

Pour la densité téléphonique en particulier, compte tenu des différentiels importants de densité
démographique, il faudrait élaborer le plan directeur sur la base des objectifs spécifiques à long
terme (accessibilité à une ligne publique tous les 5 km).

Définition 4 : Définition d’une technopole

Une technopole est une plate-forme logistique qui concentre technologies et ressources, en
particulier humaines, en appui à des pôles d’activités (développement et/ou recherche).

Annexe 6 : Définition et portée de l’open source ou logiciel libre

Qu’est-ce que l’Open Source ou logiciel libre ?...L’Open Source est un mode de
développement et de diffusion des logiciels qui repose sur un accès libre au code
source des programmes. Il constitue une véritable alternative au modèle propriétaire
des éditeurs traditionnels. Comme l’explique Bruce Perens dans sa définition de
l’Open Source, ce dernier implique beaucoup plus qu’une simple diffusion du code
source. Il s’agit d’une véritable philosophie de développement et de distribution
ouverts à tous qui rassemble une communauté de plusieurs milliers de contributeurs
à travers le monde. Les avantages sont immenses :

- Une forte réduction des temps et des coûts de recherche informatique grâce à la
mutualisation des développements
- Une optimisation rapide des systèmes en fonction des besoins des utilisateurs
- Une garantie de pérennité pour des solutions informatiques indépendantes des éditeurs

69 PNTIC- D JUIN 2005


ANNEXES

Le système d’exploitation gratuit Linux, créé dans les années 1980, était jusqu’à présent surtout
utilisé par les administrations et les universités. Mais il commence à séduire les entreprises. Plus
qu’un concurrent, c’est un modèle culturel opposé au sien que craint la firme de Bill Gates.
«Linux est un concurrent sérieux pour Microsoft. La question qui se pose à nous est de savoir
comment apporter de la valeur face à ce phénomène.» Venant de Steve Ballmer, PDG de
Microsoft, le propos, lancé à la fin du mois d’octobre, est inattendu. Plus qu’à un système
d’exploitation concurrent – il en existe d’autres –, c’est à une culture et à un modèle économique
à l’exact opposé des siens qu’est confronté l’éditeur dirigé par Steve Ballmer et Bill Gates.
Microsoft développe ses logiciels en grand secret et à coups de milliards de dollars ; Linux et
tous les logiciels baptisés «libres» sont élaborés dans la transparence par des communautés de
développeurs bénévoles. Le code source – la «recette» – des logiciels Microsoft est jalousement
gardé ; celui des logiciels libres est publié sur Internet et modulable à l’envi. Surtout, Microsoft
tire l’essentiel de ses revenus des licences d’utilisation, alors que dans le monde de Linux et de
l’informatique libre, l’utilisation des logiciels est en principe gratuite, seuls les services afférents
étant commercialisés. Très peu présent dans l’informatique grand public, le logiciel libre intéresse
en revanche de plus en plus les gouvernements et les entreprises. Selon le Club informatique
des grandes entreprises françaises (Cigref), le mouvement, vraiment perceptible depuis deux
ans, prend aujourd’hui de l’ampleur. Le cabinet d’études IDC le confirme : en 2000, plus de 27 %
des serveurs vendus dans le monde fonctionnent sous Linux, contre un peu plus de 40 % sous
Windows.

Né au début des années 1980 dans les milieux de l’enseignement et de la recherche américains,
le logiciel libre relève avant tout du mouvement militant. Fondé sur les valeurs de partage et de
diffusion des connaissances, notamment techniques, il a fortement bénéficié de l’émergence
d’Internet. Sur la Toile, des communautés de développeurs structurées se sont progressivement
constituées, qui créent et améliorent des logiciels, pour le simple plaisir du travail collectif et
de la prouesse technique, à l’image du Finlandais Linus Torvalds, le créateur de Linux. Ces
informaticiens (professionnels ou amateurs) sont généralement estimés à près de 300 000
personnes dans le monde. Le nombre de projets de logiciels, aboutis ou non, est de l’ordre de
30 000. Parmi ces produits, l’internaute trouve non seulement le système d’exploitation Linux,
mais aussi des suites bureautiques, des logiciels anti-pirates ou encore des programmes très
spécialisés.

Libre, l’utilisation de ces programmes n’en est pas moins encadrée. Elle est généralement
soumise à la General Public License (GPL), écrite par Richard Stallman, ancien chercheur au
MIT et père spirituel de l’informatique libre. La GPL garantit la liberté d’utilisation, de copie, de
diffusion et de modification de ces logiciels. A condition toutefois que les modifications apportées
soient soumises au même régime.

Si, aujourd’hui, le logiciel «libre» sort des universités et des centres de recherche pour toucher les
entreprises et les administrations, c’est, selon Bob Young, PDG de RedHat, le principal éditeur
de solutions Linux, parce que «les entreprises veulent reprendre le contrôle de leur système
informatique» face aux grands éditeurs.

Avec cette vague du «libre», l’industrie du logiciel voit de nouveaux acteurs émerger. Les éditeurs
du monde Linux, comme MandrakeSoft1 ou RedHat (respectivement cotés sur le marché libre
et au Nasdaq), collectent des suites logicielles qu’ils agrègent autour du système d’exploitation
libre. Ces solutions prêtes à l’emploi – appelées «distributions Linux» – sont commercialisées,
tout en laissant libres les utilisateurs de procéder à une copie et une diffusion des produits. La
survie, pour ces éditeurs, ne passe pas par la commercialisation de licences, mais par celle des
services liés à l’utilisation de ces logiciels. Mises à jour, support technique, conseil et formation,
forment pour eux l’essentiel des revenus. La viabilité d’une telle économie n’est pas évidente.
«Linux souffre d’un modèle qui oblige à vivre sur les services, analyse Alain Pétrissans, directeur
du pôle logiciel à IDC France et auteur d’un rapport sur le modèle économique du logiciel libre,
commandé par le secrétariat d’Etat à l’industrie et à paraître début janvier (2002). Or, les marges
sont générées au coup par coup en fonction des projets des clients. De plus, les sociétés de
service spécialistes de Linux se retrouvent en concurrence avec les géants du service.»
1
Devenu Mandriva en 2005.
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ANNEXES

Pour Frédéric Lau, chargé d’étude au Cigref, «le prix des licences n’est pas en soi un facteur
déterminant de migration vers Linux. C’est plus la qualité, des développements et de la sécurité,
et la stabilité de Linux, qui suscitent l’intérêt. Par exemple, lors de la découverte d’une faille
de sécurité, le programme correctif est disponible très rapidement après avoir été soumis à
l’approbation de la communauté des développeurs, ce qui est un gage de transparence et de
qualité».
Le système a cependant les défauts de ses vertus. Certes la communauté de développement
d’un logiciel libre n’y apportera de modifications qu’en cas de nécessité technique, et non pas
pour gonfler le compte d’exploitation d’un éditeur mais la pérennité de ces communautés, fondées
sur le volontariat, n’est pas garantie. Ce point, selon M. Lau, pourrait dissuader les entreprises de
choisir des solutions libres. Pour répondre à cette possible volatilité, RedHat ou MandrakeSoft,
mais aussi des jeunes sociétés de services liées à l’informatique libre font œuvre de «mécénat»
en salariant certains membres de ces communautés. Mais c’est surtout l’arrivée des grands du
service informatique (Cap Gemini, IBM) sur ce marché qui permettra vraiment au secteur du
logiciel libre de décoller.

Stéphane Foucart
• article paru dans «le monde» edition du 26.12.01

Annexe 7 : Exemples de mutualisation des coûts de l’infrastructure au bénéfice des zones isolées

Le satellite n’est pas sectaire

Loin d’être l’unique alternative à l’ADSL filaire, l’accès Internet par satellite peut s’allier à d’autres
supports pour irriguer toute une zone de chalandise.
Aux Rencontres d’Autrans, en décembre 2002, SatLynx a démontré la faisabilité technique d’un
accès mutualisé associant une station d’émission-réception DVB-RCS et un dispositif de boucle
locale sans fil mixte, mêlant liaisons Wi-Fi et laser optique.
Le dispositif a, paraît-il, vivement intéressé des représentants de La Poste. Ils y voient un moyen
économique et pratique d’élargir l’impact du Cyberkiosque, la borne IP satellitaire commercialisée
par l’entreprise auprès des collectivités locales.
Dans le même esprit, Aramiska a installé au Royaume-Uni plusieurs stations sur des
transformateurs électriques de l’EDF locale qui utilise ensuite son réseau moyenne tension pour
offrir l’accès aux habitants de villages isolés.

Article paru sur www.01net.com

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