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Vincent Bounoure

L'événernent
surréaliste
Prenez la plus belle idée du monde et cachez-vous derriére : vous qu'il doit partir, c'est le sens aigu de la fragilité des idées qui fondera
verrez si elle ne vous donne pas notion des accidents probables qui désormais la parole surréaliste. Aurions-nous oublié qu'en 1942 déjá,
en limitent la portée, des détours qui l'attendent, des malversations le surréalisme n'en était plus á « pouvoir couvrir tout ce qui s'entre-
auxquelles vous l'exposez. Vous étes la faillibilité méme et votre nez prend en son nom » ? Nous qui avons eu la chance d'ignorer assez
est peut-étre trop court pour l'histoíre des idées. Les idées auront longtemps en approchant Breton qu'il y ait á préférer le systéme ou
été. elles auront mené l'existence un peu froide des étoiles dont l'homme dont il est issu. nous avons á rendre compte du choix
l'éclat n'est d'ailleurs que par accident percefit¡ble et qui ne composent qu'implique aprés Breton la permanence d'une collectivité surréaliste,
á votre barbe des constellations que selon des lois hasardeuses. nous avons á déclarer les limites corrélatives qu'implique aujourd'hui
Vous étes le signe de la discontinuité des choses et tous vos grains l'usage de l'étiquette surréaliste et méme du vocabulaire surréaliste.
de sable ne font pas encore un páté sur la gréve. Et cette existence ll en va lá d'un peu plus que des rsmes de l'art dont parlait Arp si,
ténue qu'ont les idées, cette présence inactuelle qui les fait subsister comme je le crois, l'histoire récente du surréalisme renvoie á l'histoire
hors de toute histoire et á l'abri de tout accídent. est-ce une vie? qui se déroule devant Iui. Méme, il n'est pas á exclure que le surréalisme
Je me suis souvent demandé comment les historiens s'y retrouvent, soit affecté dans ses centres moteurs par les reflux et les régressions
observant qu'ils n'assoient les certitudes dont ¡ls font profession que qu'il voit couper les processus historiques auxquels il tente de
sur des comparaisons fluctuantes et vagues. Les courcnts histoiques contribuer dans son action publique. ll accomplirait alors par un
débouchent dans une mer d'huile oü les yeux en vain chercheraient phénoméne obscur, aveugle et généralement inconscient ses veux
une ondulation ou un ressac. Le déroulement uni des heures d'hor- de parfaite disponibilité; il remplirait ce róle de miroir parfaitement
loge absorbe indistinctement toutes les minutes; l'histoíre engloutit uni oü glissent des ombres d'hommes en armes qui pour obtenir
les idées fausses, les idées neuves, les idées généreuses et les aligne l'épanouissement humain sont décidés ¿ tout. Donner corps á ces
en éphémérides de méme format, comme si toute la science historique ombres, les voir jaillir de la nuit blanche d'oü elles nous parlent, tel
devait en rester aux charmants almanachs des siécles passés. Com- est toujours notre espoir. Mais désespérant durant de longues années
ment déc¡de-t-elle que les idées meurent? Assurément elles meurent de l'idée de révolution, á laquelle les victoires remportées en son
aussi bien á s'effacer qu'á se répéter, quand elles ont la fortune nom ne tardaient guére á substituer sa dérision, le surréalisme a
d'éviter les détournements et les trahisons. opposé sans cesse aux désaveux que lui infligeait l'histoire, aux
sinistres farces qu'elle s'obstine á jouer, la certitude de possibilités
C'est ainsi que l'histoire des idées, au vu du calendrier de l'an passé, toujours ouvertes, l'exaltation toujours probable des pouvoirs humains
laisse indéfiniment ouverte toute la question de l'avenir surréaliste. aujourd'hui frappés d'étouffement. La totalité n'est toujours pas dite.
Elle la pose aujourd'hui á ceux qui n'ont pas cru Mandiargues sur Mais préserver cette volonté intacte et nourrir en soi volontairement
parole quand il écrivait que nul n'a le droit, aprés Breton, de parler cette chance n'allait pas sans préjudice pour une spontanéité sans
au nom du surréalisme. Ce qui n'éta¡t que résoudre par Ia révérence cesse dégue, sans cesse jouée, sur laquelle pesaient les qüotidiens
littéraire (je n'aurai plus le plaisir de lui dédicacer mes livres, etc.) camouflets que les journaux laissaient tomber de leurs manchettes.
le probléme posé par Breton dans les Prolégoménes auxquels le Le moins qu'on puisse dire est que nous n'avons pas eu souvent le
tour d'actualité qu'ils ont pris m'oblige á faire référence : « Plus le vent en poupe et que nul ne se soit laissé accabler rend compte aprés
pouvoir de cet homme est grand, plus il est borné par l'inertie résultant tout de la vigilance qu'á défaut de point d'insertion historique la
de la vénération qu'il inspire aux uns et par I'inlassable activ¡té des dévorante idée de révolution nous a imposée.
autres, qui mettront en @uvre les moyens les plus retors pour le
ruiner. lndépendamment de ces deux causes de dégénérescence; L'idée de révolution est á tel point constitutive de la volonté sur-
il reste que peut-étre toute grande idée est sujette á gravement réaliste, elle en commande si précisément les formules que les mésa-
s'altérer de l'instant oü elle entre en contact avec la masse humaine, ventures de la premiére ont condu¡t la seconde á se nouer sur elle-
oü elle est amenée á se composer avec des esprits d'une toute autre méme dans une posture d'affút, toute de tension intérieure et d'autant
mesure que celui dont elle est issue... Les hommes méme les plus plus avare de démonstrations sur la place publique qu'y pullulent
marquants doivent s'accommoder de passer moins nimbés de rayons les escamoteurs et les faussaires. Ainsi se retirant en son centre, elle
qu'entrainant un long sillage de poussiére. » parut assez dépourvue de la générosité de trait qui fut caractéristique
Ce long sillage de poussiére. tant pis pour ceux qui n'attendent de sa haute époque. Bien loin de trouver refuge dans l'art ou dans la
que de nous y voir disparaitre, je dis que le surréalisme de demain Iittérature, le surréalisme a regu chacune des sinistres nouvelles par
doit y reconnaitre symboliquement son lieu de naissance, C'est delá lesquelles l'histoire infirmait ses espoirs comme une avalanche de

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onb arel lned su uolu 'quelJ?dnls op sdnoc e tuoDeq os nogel la lneA anO 'olcadsns ¡teua^ap aulgtx uotssatdxa,¡ ,9pnea1:i = : , :
uepl ap arlne,l p lnoq un,p lnb e¡sda¡e¡ec sp srnalcnpu! suotugp sol ne a6e6ue¡ ol 'sgd¡d luatelg sop se1 ¡lsedepng ralnuue :..:_:-: :
s9slc¡oxo luos onbsJol anb laJja alpuerd lnod ou anbrurqc¡e aJ^no,l rnb ¡ueqc un suep ¡ue9u ¡enb sreyl¡ .sarpbessed se¡u=i.--._ ..
suep orou rnalnoc el ouuloc gdrssrp er¡g.s s?Jde tleueJ la gl!^tltsod uorluolle gane eutuexa ue ¡¡ 'aur6rro uos srndap ]testnd .r -: =_.- -; .
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du premier dans le second. C'est aux approches de ce dernier póle plus tenable la forteresse du positivisme de type thom¡ste ou maur-
que se développent toutes les formes de la répression intérieure, rassien. Le fusil a nettement changé d'épaule et ce sont les idéologues
lesquelles ne tardent guére á présenter leurs preuves publiques : de gauche qui dénoncent aujourd'hui la subjectivité et l'inconscient
celles-ci articulent-elles le dernier mot? L'Espagne anarchiste prend comme l'origine de tous nos maux. Opinion fondée sur une évidente
les armes en 1936. Aujourd'hui Cuba sous Ia menace sinon sous le erreur de jugement puisque seule ce qu'on pourrait appeler la collec-
feu des armes américaines donne l'exemple de ces déconcertantes tivisation du surmoi permet la cristallisation des énergies profondes
résurrections par lesquelles l'idée de révolution annule d'un coup suivant le modéle monstrueux dont le fascisme, le nazisme et
son passif, renvoie Saturne aux célébres poubelles et reparait avec le stalinisme ont fait voir le sens fatal. Opinion fondée sur une
l'insolence d'une fleur née de la nuit, comme au premier jour. erreur tactique s'il s'agit de faire prévaloir la praxis á l'exclusion des
mouvements du ceur, l'action réfléchie aux dépens du mouvement
De telle sorte que les mots de révolution permanente do¡vent
spontané, de substituer en fin de compte un apriorísme schématique
s'entendre non seulement d'une activ¡té révolutionnaire ininter- á l'appréciation concréte des situations et de la température de
rompue, mais de la permanence d'un esprit révolutionnaire contre
l'esprit public. Opinion enfin qui dans les pays de l'est, en condamnant
lequel ne peuvent prévaloir les crimes et les détournements de
l'émigration intérieure, conduit á réclamer de tous le pur et simple
Moscou ou de Pékin, non plus que n'en rendent compte de maniére
alignement sur les dírectives des caporaux de la littérature et des
intemporelle et essent¡elle les événements de l'histoire authenti-
beaux-arts.
quement révolutionnaire ; car l'esprit révolutionnaire n'est proprement
qu'une volonté actuelle;il ne s'intéresse aux accidents de son histoire Ouand elles ont cours forcé et que le souci de la chose publique,
que pour y trouver des méthodes qui ont fait leurs preuves; il ne pour pouvoir agir, oblige á une adhésion sans réserve aux idées
s'intéresse qu'á l'avenir. Une pareille ligne d'aimantation permanente regues, l'espoir d'infléchir le cours historique s'amenuise á tel point
du surréalisme, toutes les attaques du doute, ce dissolvant universel, que les puissances de refus et toutes les répugnances se liguent
ne tendent qu'á la faire courir á l'état pur en la séparant de tous les pour défendre les provinces intérieures et leur assurer une autonomie
parcours anciens oü rien ne peut se lire de notre avenil et, parmi les Iourdement compromise. L'idéologie d'obligation rend vaines toutes
faits divers de l'histoire du surréalisme dont chacun décéle un mou- les idéologies; celles-ci prennent leur numéro d'ordre parmi tous les
vement, mais non son sens, á la faire briller seule. Le projet d'éman- autres réglements de voirie, ceux qui ont cours, ceux qui.sont inappli-
cipation intégrale qui constitue la visée essentielle et transpersonnelle cables, ceux dont la désuétude est flagrante, ceux qui se préparent
du surréalisme n'est pas á la merci de nos erreurs. Nous en sommes dans la grav¡té et l'ennui, au c@ur de trés vieux monuments. Encore
toulours á attendre, pour nous y rallier, un mouvement plus émanci- doit-on s'estimer heureux si l'éloge de la gestion municipale n'est
pateu. pas le prix á payer pour garder le droit á la parole. Du silence absolu
Le canard du doute a disparu sous les eaux toujours noires qui á la parole sous condition formelle d'autocensure, l'étouffement de
maintenant m¡ro¡tent autour de la certitude. Dans les grands lierres l'expression recouvre et ne laisse apparaitre que f ugitivement le
qui la dissimulent en partie, surtout par gros temps, nous le savions, spoctre des diverses att¡tudes intellectuelles dont Ie cornmun déno-
passent des cris trés brefs d'oiseaux. lls sont ce qu'il y a de plus minateur est la protestation. Méme abstraction faite des privations
transitoire au monde et font á certaines heures une couronne á ces de tout ordre qu'il entraine, des risques auxquels il a exposé ses
pierres, habilleuses de salles closes oü la jeunesse qu¡ s'est prornoteurs dans la Russie stal¡n¡enne, des années de « rééducation »
réservée en nous s'engage maintenant toute seule. Les écriteaux que subit Brodsky, enfin de tous les cadavres qu'il a laissés sur sa
disent qu'il est défendu de faire tourner les tables et que les route, cet isolationisme spirituel devrait-il aller jusqu'á assumer un
amants ne doivent poser nulle question sur la merveilleuse aventure idéalisme radical n'en const¡tuera¡t pas moins dans les pays de l'est
qui leur advint au pont-levis quoique les échos en résonnent encore. une valeur révolutionnaire essentielle, l'antidote qu'appellent le
Ou'ils tiennent, sans s'interroger, sous leur regard, ce qui les déter- positivisme bovin et les airs sérieux de la vie bourgeoise. Rien n'est
mine sans retour. plus bouleversant que de voir la jeunesse y passer par profits et
pertes l'idéologie de ses péres, cette idéologie grandiose dont ils
Dans /es Disciples á Sais, l'épisode du dévoilement de la déesse ont mésusé á tel point qu'elle a pris entre leurs mains des couleurs
comporte deux conclusions : c'était lui-méme que découvrait le de serpilliére.
disciple, une fois le voile arraché, ou bien n'était-ce pas plutót la
On ne voit pas comment les « autorités » auraient pu éviter de
bien-aimée, fuie depuis longtemps, redécouverte et retrouvée ? prendre en chasse ces évadés magnifiques, et de confondre dans le
Novalis a hésité. La révélation ne dévoile-t-elle que le fruit hypos-
méme réquisito¡re l'opposition pacifiste de l'émigration intérieure et
tasié des maturations intérieures, l'idée, la formule en son /rea pour-
l'opposition décidée de la subjectivité toujours en quéte de la déesse
suivis parmi les orages roulant sur eux-mémes d'un bord á l'autre
mais préte incessament á dévoiler d'un coup le réel et la bien-aimée.
de l'histoire individuelle, ces fant6mes jetés dans un miroir par les
yeux de l'espritT C'est la seconde version que préfére Novalis et La premiére attitude en raison de la seule existence d'une censure
je ne doute pas qu'il ait voulu par lá résigner une activité qu¡ n'eüt institutionalisée et des limites qu'elle assigne á l'expression revét
dans les pays á prétention socialiste une signification toute différente
renvoyé qu'á elle-méme ou qui se f0t satisfaite de son propre exercice.
de celle qu'il faut assigner á un égal refus de l'histoire [caractéristique
La vérité n'est pas atteinte dans le conte. Mais la fiction romantique,
de l'évolution actuelle de la pensée dans les pays du camp occidental
qui n'est qu'un grand pan de ciel oü s'élévent les battements d'ailes
et auquel les Mots et les Choses de Foucault ont conféré ses titres
de tous les oiseaux de l'intériorité, en vient ici á passer condamnation
universitaires. Dans le marais trés vaste qu'on voit s'aménager á l'abri .

sur l'idéalisme. La bien-aimée est la seule vérité, celle qui signe des eaux vives, il s'en faut que toutes les flaques s'alimentent aux
l'accord du désir et du monde objectif. Cette réconciliation philoso-
mémes déversoirs. Du subjectivisme pratiqué par quelques auteurs
phique condamne au silence le conteur et frappe de nullité les
allemands du groupe 47 et qui devait en provoquer l'éclatement, au
cheminements intérieurs, toujours cont¡ngents et coupés par les parti-pris des choses, puis á la rhétorique actuellement cultivée á
hasards de la subjectivité, á partir du moment oü parait le sceau de
Paris, l'appréhension du monde objectif varie du tout au tout, ma¡s
lumiére qui en formait l'enjeu et en spécifie aujourd'hui l'aboutis-
s'il advient qu'il soit pris en considération, c'est sur le mode intem-
sement.
porel, comme s'il éta¡t urgent de l'enfermer par la vertu du langage
Aussi la vérité proposée par Novalis n'a pas trouvé moins de dans une immobilité définitive. Aux mouvements qui menacent
détracteurs á droite qu'á gauche parmi tous ceux qui redoutent de d'agiter toutes ces belles intelligences, elles préférent, entre autres
voir quelque alliance se conclure entre le désir et la nécessité exté- amusements mathématiques, cette drÓle de montre, la montre
rieure et par lá se modifier leur rapport de malheur. Oue I'esprit arr6tée qui est á l'heure plus souvent qu'une montre qui retarde ou
conservateur ait tout á perdre dans une pareille révolution, il s'en qui avance. La diff iculté de se mettre á l'heure de I'histoire, c'est-á-dire
est avisé il y a longtemps. mais force est de convenir qu'il ne croit d'amener en coincidence le temps de la subjectivité et l'échelle

l4
9I
ros os^leue ouac onb Jssoddns p'rer]lrg^ ¡so,3'e^rlcsfqo gl!lel s|,nb xnoc lo sorreig¡lrl slnalcorp sal sop ? sop ro^o^uar sp aluPs --!
-odual el oa^e anbuolsrr] tuauau?Ag,l suep oprcuroo lo a?^ud ar^ el sQrl uosrel oun lso,uj rnb ac 'anbursed ecualslxaoc el ap a¡eltde: =
ep sluourou?Ag sap o6p6gp os aulueun gluolo^ aun no 'uu es p lo suep ossarglur uo'auglA'orurueun pJooop,l luoral rnb ?]tlncps::
agJnp ardord es P eprocce unceqc anb suas al'sasJed? seroJaug sal sa¡6pr sanueu ^,s
: soursrnc xne nal el sed luo.ruau au rnb glrnrl3alqa :
'saJQrlncrued sgtuolo^ s3l oqrosqP crlqnd ludsa,l Qo ateuuonryo^?l salla3ar ap aurol el snos arergull acuolcs el ap ¡noued-ossed s:
uo\enus Pl anb uossrun lo3 norl ,ouuop tnad sollanbxne salelnrq 'sres op a¡dure¡ np sglc sap narl ne 'ounJas u€ srtu luos puenb as.:
suortesrllelsr¡3 sap anbuolsrr.l orpro,l suPp'alduaxo rnellr€ul ep -rns e¡ renoflneJ ll,s lueualureur opueuJop a['uot¡n¡or9t ap ogpt.] 3:
sed lsa,u il 'arnorrglur glrlelodual el ap la ,r]oafqo opuou np souJsru sluaulaurnolgp xne la soaqog xnB,nb rsure ¡uasser uo alla,nb a3La:
-TLUJO¡9p Sap arluosuar ap lurod al raurJoJ ? sagurlsap secue$uoctc -srndur,¡ q 'auuarsued ersluaEr¡¡a¡ur,¡ red rqns acuonllur,p urlc?p -:
sef rns uorxelJgr Pl P }lelr^ur ialsnqss "'no/ np atptos?p nv sue1 luauenbrrotsil.l puodgr arolsrq,l op snlar rnal sallonbsap ouJrol ne ::
auslletnpruls al p steáuer! qenpelprut se7 lns .lel¡od lleJ (¿9 sauaa-
¡ rolres?p lonb 'sogrpuollo 'seAnat¿) ¡arn3 anb sas^leue sal sa^rsrogp rnod lupuaf'doll ap ¡tos
luos as uorlesJe^uoc el ap sglrpourLuoc sa-l '^erqoo sr6gu ep sQcord acue¡r6rn arlou anb orqnles rs sed lsa,u rcr olllnos tnb tn¡e3'tua,',
np sodotd P atluessal luoualergu?o uorlour?,| p ranquue lnBJ llnb al arpualua rnod ta xneasro sap acrJ?u?q ne,nb slrelue^nod? sac ac
suas ol orl? llerBd au lal 'oreuuorlnlo^g.l al acuoils ne rauurepuoc soqcueuJ sal suep sgqoec slorcas slr¡ed sap adncco,tu au af cuog
ap no lanlsallalur,l rnl ua uour E a¡uaul ap anb ocJnossor ollne,p 'surlue¡ou6l sap la surlnour sep sdual xne
l!erne,u a¡euuollnlo^gr lonlcallalur,'l'srnassrer6 sonbrojgq,p lpd auruloc 'serq ar¡enb auodruoc rnb 'uor¡cuo¡ olqelu?A ,nol luor^no3
snuolarlua'suossar saJdoJd sas red ou.loJsuel] as rnb aulqssu, apuer6 -?por sJnalne sep rnod ¡assed suroru ne luorelnon rnb lo uotltpuo:
oun,p olcelcads ne,nb agsuad e¡ s.¡ole lrpJauQur ou orxsrxJeur np ,tnol ap s?rpunq srnassa¡ord sap rsurV'o.rnlcal op sepoLl¡9ur sap
uo#a,l lnol 'sed lua¡luocual as ou rnb suluaqc sop Jns asrnoc rnal glrueunq otqqeqd¡eue,¡ op lno^pl ua luesodt-uoc se.rls¡6e¡ srnol sed ]l
luanrns;nod arlnp,l lo un,¡ anb slol s?p ']ueurougng,l rns slrolp sos au uo,nb s?sr^e ]uel?,s lano lal ap sue6 sal 'ocueuodul auncnv
fllqetgr q asslssngr rc-rnloc enb '¡uenbgsuoc red 'la orlqnd urdse,l 'salqurasua spuer6 lnod arntelg]lrl aun uarq lnel ll 'llnlq op nad
co^e uorlecrunururo3 ua ]uolsar sglrlrlce[qns sa¡ onb Jo]nop ]ngd uo sQrl lsa,c 'sa6ed se¡ raurnol pualuo uO 'uorleuoqd el ap ?lreJ1 np
'unuruoc ur¡sap un,p e¡ne¡ ¡rlcefqns sdual np suorlelnpour sep aredgs aJnlcal el luernp aouelsrsse,l ap octldtuoc ecuolts ne,nbsnI alqtsuas
es ¡r¡cefqo dueqc np glllerodLua] el rs 'arnauglu! ?llssacau el ce^e npuoj lre,ur |Lnb'xro^ ap uorlcurlxa,p s?ddeJt uos np slnalug6ut sac
lar?lolu¡,p ossas'sorplo snol ap suorleururJolgp sop Q arl as lafqo,l ']ll!u!j?p uot-u lurod uos g^noll P tnb lnoloul un snos lo^tq,p sagttos
[o 'anbr]o]srq glllegr pl rs srelA 'alqe]u?^ olro]srq,l op asnaqonocoe sanEuo¡ s¡nal luassed rnb la)oru ap s¡tno,p sgulre sJnolne sac ap
lsa afeqolb glrssacgu allaJ'aruoouat ap ?ilssacgu eun lnes uoddeJ xnor]?]sÁur solsoB sal rorx lue^ap ¡t6Jns treJ ¡re,u ¡t,nb ossoc ap P,u
uncne e A,u ¡r'apuotu np ¡e]9 un la acuarcsuoc el ap le]? un ojlu3 13-lnla3 ¿ soqcueujrp sal snol luoru0ptsse oled?J al tnb attelgttdo.td uos
¿assalrn ap sr"rd sed e snou ou alla rs lres rnb ¡a resr¡er9u96 es ep ap rnoquoq ol rnod soguue sosnaJqlr¡ou ap lueuoluleu e ll gslllq
llessoc au ¡afqo,¡ ep esuc e¡ 'uor¡e6rlselur,p sopor.llgr.u sou luareurllp,s -ourur lsa,s 'sojl?uo] sour snos onbsoJd 'uolLlec oc anb sdtlot uotü
anb srpuel sreur.: uorsr^ e¡ ap g1rnr¡cetqo olqelrr?^ gun gnlrlsur e,u ap ile,l Jstunq ap sed ¡ueugprc?p relo¡t^?,u af anb oJculenuoc otll
solla allua,p aunone 'er6o¡eue red uorsgqpe,¡ ep no anbr¡r¡uarcs edÁl ap Jnod oo-lrelas 'olrolsnl ardord rne¡ sp luoüo^tsnlcxa sllduJal rsaJ^tl
uaurexo,l op gpgcord 'srol srndap no 'pl anbsnf luare sollo,no 'nefue,¡ soc q,nbsnf le gltsorug6ut a]ueuocuoc?p el onbt¡sld eu taEesn ¡nu
ttelg ¡ luop saqcordde sap ?llredslp el ap rrlJnos ars¡ al q 'sotsrl luop apsr¡ercgds s?rl aurgur la osro?rd uorlouo] e srafqo sa3'ltalgJ un
-egrns slafqo sreruerd xne,nbsnf 'lueunod lres4¡ns rnb gUlrqouut a¡q69n ¡nas Qo rno[gs ap salles soc'sarnJlas sups sau¡btug soc'soprn
alueJnsser altac 'allarsse uos nprad e 'anbrsselc erqdoso¡rqd e¡ sa6essaul sac 'sasnrlsqe sorqderBod^l sog ¡uelsut un suoltctllos
e¡grd rn¡ anb uorldecce,l suep grgprsuoo'lofqo,-l 'auJgur-ollo p alnos
'ace¡6 ap saqnc sap ¡ue¡rdua ua reuuoóel p tuosnure,s
luareJ¡Anocgp e¡ rnb xnac onb srorr.u sarlne,p a¡rn¡lsuo9 q 'lafqo,l
ap asUO atuelsrsrod oun uo aururoc 'a¡rodue,s 'tcr 'glt^tloafqns el rnLl,prnofne,p srnalcnrlsuoc sal anb sa?]rqequr saJnlsolr.lcrp soc
'ausrle?lns np slrouJ sdruol sal red a¡rnrlsu¡ 'sa^t¡nJ sasseJq sapuelb suep aururoc sanbr]ruoeu luos ¡uoLuaouPr ap socedsa sol : aLlcolc
led ?pr^?p otuocg, alrolsrq uos op ill ol ?lgrre luelsut un ISo,s lenbol el q ulJ puard sanbr¡rluarcs saqcJoqoar sap sdua¡ ol oJQrueur olnot
Jns pnou ac ap alonoq aun3ne Jaddeqo?,s iasstel R osnloJ os lt,nb ep írabueqc srnal[B,p ]ua^nad salla'flor] un suep o.lplo uo luos
'ollqelg proqp,p re,f anb elpgpt g¡ssacgu es op plap-ne'enbr¡dr.ur sallo 'salqrl luos suorurdo sal 'trnu el sued q saglglol 'satlojlg uoJ
ousrlegrns np ?lrlrqrssod e1 'arBo¡ougtuougqd el ep la aust^ttcafqns rern )se ¡ 'salrurl sal suep ur¡g¿ rnod ¡uollreAEJl slr,nb eurgtu l¡p uO
np sarlgual sassnel sal red ralol os oÉ ]uelquas arel sonbuotgqt 'rournol eA aflolsrq,l luatuuoc ro^es op nad srndap lua]?rnbur,s
sluarpgdxa,p s¡luoAU! sn¡d sa¡ luauJalqtsted luesstel'¡uauloporuuoccp suosrer sarncsqo,p Jnod 'rnb 'sar¡ne no lano laI uoÓP, 'arEJ9]l!l
erosnJor auJsrle?lrns 6l allonbel ep uorlnlosgr el q aslrc eun,p acualcs el ap surlueroqel sal led'salqerJel snld sop Jnoquoq un calp
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rnq,prnofne eu6rourgl 'rre,p s¡adde spuel6 p ]uoLUaJJnoI?,1 ledrsslp onbronb egug.rd surolu sed lse,u ']llcatqo sdLlal np anbtEoloqc^sd
uo rnod uorlualle e¡grd A uo,nb nod ts 'leluaul ces-op-lnc a3 sduel a¡ aledgs rnb ?ssol ol sreujef Q alqPssrqouerlut puar e¡¡a,nb
acred lnol¡ns sreu¡ 'eouarcs ep etxal?Jd snos pJoqB,p ¡uasruocg]d
'¡udsa,¡ anof elgr sollne,p anb anbr60lou?ruou?rtd apnlrllp,l sre[ 'sed suossaJuoc el au
^,nb
el lo erlols!r-l,l .lns uorxell?r allo^nou eun q layod sal 'acuesstndut,p í aouarcsuoc rnol raOElnos rnod s€uJLUer6ord sep erro¡srq,¡ reuuddns ep
axa¡duroc rná¡ suep raulrlu03 se¡ ap anb rglnld'0p l0a allo,nb ¡uerpgdxa g6nf luo arolsrq,p sed luo,u xnarnaq saldnad sa¡ anb sgsrne
-¡onb 'anbr¡r¡od reucua lnsl aluor.l op luesstldua"r ua g¡r¡ercgds rna¡ urepnos lue]9,s sun sol '9]rPrl op ouos aun xno arlua ¡rel aqsrllP,l luop
p slanlcallalur sal aro^uor ¡e se6epieneq sol ollnol? a¡¡a '9¡rn¡e.r6 e¡ e¡ce¡cads np anb ¡ue¡red au s¡r,nbronb sosrolrp luos suolluolur slnel
aJluour?p ue a¡¡e'sanbr60lo?pt saslanoJluoc sol so¡cadsns pua: e¡¡rr9n6
'srnoloa sal la so6euuos/od srnal 'erp?uoc el ap srnatne sa¡ '9t¡eb ep
el 'suorlecr¡lsnf srnel ra¡nofe ¡ua¡quas au tnb alteuuotlnlongl annrnodgp dor¡ uarq srna¡¡re red ¡reras rnb 'gfllllsor.l,p uorlelelogp auguJ
aUnl el ap s¡ueuaddola^gp sratulop xne,nbsnl sed lsa,u lt 'austletJ aun suep orpuoJuoc op suorlualur soru suep luauounsne olluo,u ll
-?letu ap osrn6 uo ausr^rlrsod o6es s?ll un latluosuoc Q s?sodstp .lagr np
lnot xneluauo s9qcJeu sop 'sguuotleoluoc luauup^es sttnpoJd 'elqellloJd spre69 srerrrp g anbronb 'olprgle¡un ¡uatuasnare6uep ann
sos lue^ap 'aJnua^no,l gp la s^ed ac ap allonlca¡¡e¡ur alnle.rgdrua¡ ap esud aun raouougp A .¡nod salua¡?qoo luaros sapnlr¡e sac anb
e¡ ap sgn6nfuoc sla]lo xne 'alelsuoc e[ enb autslulLula]?p alqnop ]!#ns ll '.rodsa uos p la anbuolsrq ouLuor.l,l p nlosqe ouJral un urlua
nV'ure, el oole unuJtuoo ap uotr luo,u lnb slnclec 'uotlonp?p ap no ]uaubrsse 'sarlne xnp saun sal arlar au luoureuleqoua un3ne,nb soJtpJ
¡ua6ar¡ue,p a¡reJle ]uos salll 'salúolg]]lput luos sallo'sorq¡l spd luos ou -odluol sallaJn¡lnc saurol sap supp sollo,p auncellc ¡uelucsuocrc
suorurdo sal 'alsruetljnq la anbtllluatcs 'stoutqo '¡e¡cafqo,nbronb ,uou 'sa¡6o¡o9pr sap urJ el ]uauuepuoqe luoluauJuroo ¡e uor¡ecr¡dde cane
no alsrleroos or,usrle?l-snos un,p slnaloulord se¡ rurred sonbtsselO lualelsuoc rnb s¡ue¡uasgrdar salolou sos ap sun-sanb¡anb ¡uos ec
sos Jnof anblanb pJouracstp « etqe¡¡ uotlnlo^gl » e¡ anb suoa6eg 's?losuoc tuaualduro¡d ¿ aqcne6 ap rcr aup ers¡ua6r¡¡a¡u¡,¡ suep
'xnau?s sed ]so,u leq?p Jnol 'salstlEruJo] ap stolJed oJocuo lualtpl¡ lnauuor.l ua « solsrlsrnlcnrls » socuepual sol ello-]-anbrldxo'anbuotsrq
juste, cet apparent tru¡sme que l'h¡stoire n'a pas de sens hors de sa les événements qu'¡l nous est possible de tenir pour satisfa¡sants.
rencontre avec les individus historiques. Ou, ce qui n'est qu'une Il faut donc accorder á l'histoire que nous vivons, comme aux temps
autre formulation, que le temps est un mode de la vie collective. que nous ne vivrons pas, le bénéfice de la nuit en y clouant les étoiles
La notion d'événement telle qu'elle se dégage des derniéres recherches fixes que nous tentons d'extraire du royaume de l'immobilité. La
surréalistes est selon moi, de nature á promouvoir, tout au moins temporalité subjective alors s'actualisant dans l'histoire autour de
pour notre propre usage, une historicité nouvelle qui fera des signes fugitifs instants, au milieu du fleuve ilots oü régne l'intemporel,
de la transformation du monde les signes de la pensée méme. cessera de frustrer l'illimité du désir. Fenétres du merveilleux,
ouvrez-vous I

Dit-elle. Et je ne devais pas en savoir davantage. Oui me parlait


et de quoi ? Ouel message s'était égaré entre les sollicitations du Le surréalisme s'est att¡ré trop de gloses depuis une vingtaine
réveil et les allées et venues de cette mat¡née? Depuis lors, je me d'années pour qu'il soit utile de rappeler que les récits de réves, les
rends á l'évidence, je n'ai pas su en obtenir la confidence : turbulence, expériences de sommeil provoqué et les formes innombrables de
excés d'indiscréte curiosité á une heure oü beaucoup d'ombres l'automatisme psychique correspondent au premier temps de cette
encore se disputent la parole. A pas une de celles qui sont surgies, opérat¡on qui resterait incompléte si elle devait indéfiniment multipl¡er
assez lourdes ce jour-lá, soit empreintes d'une vague majesté, soit le produit de subjectivités particuliéres interprétant une méme nature
menagantes et verseuses d'accablemenf, issues des derniers r6ves profonde de l'esprit á travers des prismes différents dont les images
de la nuit, je ne puis attribuer les paroles informulées dont je sais pour se recouper quant á la grammaire ne raccorderaient aucunement
seulement qu'elles poursuivent autour de mes tempes leurs vols Ieurs angles, bien loin de restituer une totalité objective par leur
d'oreillards. Je me flatte encore d'atteindre cette silhouette dans son assemblage. C'est pour tenter de réduire Ie vagabondage auquel
balancement de voiles. Je m'imagine que je rejoins l'inconnue et conduit la liberté automatique qu'ont été pratiqués divers moyens
qu'elle m'abandonne un bras sur lequel elle ne cesse pas de peser. de contróle qui sont au vrai les moyens d'une actualisation plus
Preuve de réalité, non, elle ne parle pas, j'ai beau l'en presser, l'inter- efficiente de la liberté indéterminée régnant dans la pensée en degá
roger. Ce qui n'est de sa part qu'une humiliante maniére de me du discours. Mais il est plus significatif des recherches actuellement
renvoyer á cette autre voix, lá voix d'autrefois, qui, j'y songe, n'était pratiquées parmi nous que cette surveillance á laquelle est soumise
pas la sienne et qui s'abstenant de me répéter ses mots s'est bornée la voix automatique s'exerce dans le sens d'une collectivisation de
á faire surgir á mon cóté la muette. Celle dont les injonctions m'ont I'expérience poétique et que, l'esprit de jeu s'en mélant, les pentes
été si obscurément transmises et son malhabile interpréte, comment 1ue peuvent se connaitre des esprits trés dissemblables vers un foyer
Ies mettre en présence, les réduire á se montrer au grand jour, á dire unique fixé au départ, tracent une carte passable (et passablement
leur nom et les contraindre á étaler leur jeu ? La tentation de sauter sur objective) d'un lieu de rencontre commun. C'est au moins, á mes
le premier commutateur venu n'implique pas que les lumiéres. elles- yeux, ce qu'ont d'essentiel les expériences entreprises au printemps
mémes grandes faiseuses d'ombres, soient tenues pour suffisantes. dernier sur l'initiative de Cabanel, lesquelles assignaient á l'interpré-
ll en va lá du sens de l'énigme, de l'obscure conscience qu'elle ne tation automat¡que qu'en livreraient les individus un champ d'inves-
saurait se dénouer sans que du m6me coup se révélent les liens qui tigation commun, en I'espéce, un poéme connu de tous. Je puis
font de nous des étres si parfaitement immobiles et, autour de nos dire sans anticiper sur les conclusions qu'appellera cette expérience
axes essentiels, si légers et si obéissants aux courants de la vie qui se poursuit encore en ce moment, que le timbre de voix immé-
publique : il en va du besoin reconnu ou non pour une nécessité diatement pergu d'un grand poéte, Rimbaud par exemple, semble
vitale de régir nous-mémes notre adhésion au temps et de déloger avoir joué pour plusieurs d'entre nous un róle paralysant et détourné
les machinistes. quelque peu l'écriture de I'automatisme de la vailante pour l'astreindre,
dans un persistant sentiment d'infidélité honteuse, aux durs travaux
de l'assonance. Mais cet écueil vite contourné, prenez au hasard
Fléche empennée des plumes de la nuit, la muette, je sais bien que
tout texte écrit, usez d'une coupure de presse ou d'une prescription
c'est la voix surréaliste la plus obscure, celle qui se cherche á travers de votre médecin pour installer votre regard dans un systéme de
nous passage dans ce temps qui ne se coupe pas au couteau. Elle lapsus généralisé, pour multiplier l'erreur de lecture, pour lire chaque
se profére á couvert dans la chaudiére de la simultanéité absolue, mot comme le support auditif d'une réalité nouvelle dont vous aurez
bouillonnante de désir contradictoires dont la satisfaction met en la révélation par voie automatique. A ce compte, la cabale phoné-
cause la logique du jour et Ie sens des choses effectives. Mais elle
tique, bien loin de subvenir á la laborieuse industrie de marchands
éclate en ínoubliables paraphes jetés dans la temporalité qui astreint
de contrepéteries, renoue son alliance avec la parole spontanée,
nos réves á l'ordre successif, comme s¡ la réalité effective et Ie temps
comme il apparait dans la derniére en date de nos expériences, qui
naissaient au contact de deux géométries incompatibles (celle du
consiste á faire circuler un message que chacun interpréte avant
ca et celle du moi) au niveau des racines par lesquelles le moi s'érige
d'en transmettre le nouvel état, comme au jeu du téléphone. Ce que
sur l'ordre indifférencié de la nature. Cette nature impersonnelle, j'ai pu dire de la fragilité de tout message dans la premiére partie
qui n'entretient que des rapports d'homonymie avec la nature de cette étude pourrait rendre compte a posteriori de la nécessité
humaine de la philosophie classique. nous n'avons pas fini de qui
s'est exprimée á travers nous lorsque nous avons décidé de
1'rnterroger, car le mouvement par lequel la subjectivité donne un remettre
en honneur, quoique par écrit, un jeu dont les participants
caractére d'unité vivante aux émotions issues du 9a collectif ne apparaissaient á Breton tremblants
« d'étre les introducteurs de la
saurait les particular¡ser d'une maniére telle qu'elles perdent toute variante, d'avoir un peu plus tard á se tenir pour les responsables
valeur publique; il s'ensuit que la temporalité du moi plonge dans
du désordre, d'apparaitre á leurs propres yeux les garants de l'extra-
« l'éternité » de la nature et s'inscrit d'autant plus dans la temporalité
ordinaire précarité du témoignage humain. » Ce qui distingue de sa
historique que « le moi déloge le qa ».
forme orale la forme écrite du jeu du téléphone est la volonté d'inter-
vent¡on qui y préside, le souci d'une fidélité qui serait á l'opposé de
La temporalité subjective est l'aliénation. Énoncer le désir est le la littéralité et qu¡ ne peut s'effectuer que par appel réitéré aux forces
frustrer, c'est lui imposer les délais du langage et I'ordre du discours. indifférenciées du désir.
Énoncer le désir est en embrasser la cause et le seul moyen de le
promettre á l'exaltation. Aucune énonciation n'est satisfaisante si Et pourtant je recours á cette voix toute en murmures, le message
elle ne démontre, en soumettant á l'ordre successif de la pensée de cette éveillée qui me parlait était-il destiné á tous ? Pourquoi
individuelle toutes les velléités explosives du ga, la possibilité de maintenant étaler ses privautés, user de ce silence méme qu'elle a
les inscrire dans les projets de la temporalité historique. Le monde laissé peser ? J'en ai décidé et c'est pourquoije signe. Mais qui signe,
n'étant qu'un emploi du temps mal chargé, il faut le bouleverser. ll á quel titre, de quel droit? Les voies de communication sont-elles
faut donc rendre le temps á la nuit, oui, oü scintillent c1te á cóte exclusivement soutorra¡nes et lgs pu¡ssances du ga, cette efferves-

16
LI
s?prcnl? luoreros rno[ np sluorroug^? sol Qo uetprlonb un ¡otlqnd ep 'alrolsr..l uos op suorlernleu sanBuo¡ sol gsodul luo r^ .-: :-
aluoueurad uo!¡eluol ollou puodgl sollanbxne sapoLllgru xnap sa3 a6e6ue¡ ac suep roul aJ Jed so?lgrdrolur sapuo]:.: ;:: .
'?unl ppA un.p p eury eurald xne 'uor¡eudoJdde,p elsa6 lnol suep eururoc '¡edde :- : --;
el ap nss! 'neassnoa !ruaH Jnod a!6oleue,p saupc sap sduol np ]reJ oilo 'atuesro^alnoq no anbrleu6rug au?os aun c -
ralle ua tlB^nod lt oullJoc'nof ol suep slnoquoq solqpstnd?ut,p alqtl ena ap e¡6ue un,p xror.lo ne auroq os rcr allanpr^rpur u.:-
-dacsns ]lered aLu aila 'elletnpu eto$tH suep loJ?d led rnSuuoq ue 'luauaug^g,l ap leqlo^ sQcoJd np aruosse erqde:6o1ouc :-
asruou 'nel np eur6r.ro,¡ tns luolnc?ds rnb se6ennes se¡dnad sap la ap ourezrp oun,p aluaue aun sQlde Jauauel ua,p:=
arre¡ndod o?suod el ap enbrlejd el uolos's¡l¡rsod slte] sal oJnau?]u! acuer¡ru6rsur aun,p ar?qdsoule uos rnod rsror-lc 'na', :*:- - -
?l!lesnec el e ar¡ournos .¡nod a.lnelsul,s elueltJgp er6o¡orl9 aun .al¡g,p algJ ap rnol q llpuar as snou ap unceqc onb ]uer?66n-. -: ;-,- -
suosleJ sa¡os stnol onb uotq tssnp elrnpo.rd sol nd luoteJne tnb Jts?p ¡relrnur,nb sluauaqcuolcgp sla) ap .¡enbo¡rord q lsa. : - ;: :
ne seuroluoc s?lrlesnec sap luoltelcg,s 'xnalepuecs no acua¡edde lroJp al au?u rapueuop rnol ap'socuelsuocrc sap a.i3-:-: --:
ue salqpuaroar luaulgpuo]ord sro¡led 'stool sluauroug^g sap anb lurod ne arnorJ?txa gussaogu el ap suorlcuoluoc x.a s:::-:':
'auq¡qord np sor.rJral sol lesJa^uol p lupuJoq as ,onbtluap! eqcrpLugp -luareras aulgur uarq puenb'Jnof np sarolsr.l sal salnot 3: :--: ' ::
aun red tsa,C'glrlrqrsnBld el ap uouts 'ofleutplo sn¡d e¡ anbts^qd el np srnenof sop sro^erl p ralncrue,s p irluasuoc ]rop !::- -: :
op srol sap luor.uour uncne p auecg,s au aulstutullolap rnol onbtonb al snos puoJojd ol6uo,l ernl ¡re¡ rnb slsrle?rrns ?lrgue:-::: :
se¡qeqordtur lueuuraredde'salqelteqnos sluaurougl?,p,alatd gsof arlou ap gtrnrlcafqo,¡ op luare6 artg lnas lnl Q treJnes .- -':-t -
p rnosupl¡l ac^of op 'aldtuoo o:puol stol ef enb elsr¡eg¡lns eso:d sarerluoc sluernoc xnap sac ¡uerpue6ua,nb suollrqrn--: :: : -::
el op sallanloe suorlcnpoJd sap ¡led ouuoq oun q ¡apts?ld llerpd aul
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par les véritables raisons que leur découvre l'imagination, ou d'y h¡stoire qu'eux, je parle de l'histoire que les hommes se préparent.
rapporter les événements imaginaires qu'auraient du produire les Sans m'abuser sur d'éventuels (or: d'impossibles) moyens d'inter-
causes observables, ces deux méthodes, par la mise en @uvre, sur vention, je dis que l'événement surréaliste, dans l'acception trés
une scéne historique aménagée dans le moi, des ressorts de l'in- générale qu'il devient possible de lui affecter, reproduit le schéma
conscient le plus profond. me paraissent mettre en échec I'opposition de l'événement révolutionna¡re tel que nous l'entendons. A portée
classique du contenu latent et du contenu manifeste. Elles tendent, de toutes les mains, cet instant clos, d'allure privée, oü se croisent
selon moi, á constituer une temporalité non aliénante et á réínvestir de maniére inespérée, au c@ur venant une liberté soudaine, les
l'individu de la plénitude de ses pouvoirs publics : je me hasarde á chaines de tant de petites causes et de petits effets, nous ne l'isolons
prétendre qu'elles permettent á quelques uns de réaliser en eux-mémes que pour le faire plus durablement briller. ll ne s'immobilise que dans
fugitivement les conditions d'une réalisation objective eie l'utopie la visionneuse de la subjectivité; de l'autre c6té le fleuve ne s'arréte
ou, pour reprendre le vocabulaire de Marcuse. d'une sublimation pas. A jouer avec tant d'espiéglerie de notre émoi, l'événement n'en
non répressive. Des recherches auxquelles nous avons pu nous suit pas moins son cours, serait-ce entre les sinistres berges de la
livrer á cet égard témoignent notamment au cours des derniers vie courante. N'oublions pas de décrocher puisque nous savons
mois le catalogue de l'exposition surréaliste en Tchécoslovaquie oü aller.
(prihtemps 68) et le dialogue Matta-Schuster sur les rapports de
l'art et de Ia pensée révolutionnaire : je me serais fait scrupule d'y Les propositions de Guyon, recoupant en effet les recherches
revenir ou d'insister sur notre étiologie délirante, s¡ ces méthodes, auxquelles s'adonnent électivement des esprits aussi d¡ssemblables
entre les techniques que nous nous sommes appropriées. n'ouvraient que Dax et Silbermann par exemple, tendent á accréditer l'événement
carriére á notre volonté, non seulement de disputer au principe de comme une généralisation de I'objet, par lá replacé dans le mou-
réalité, comme á notre geolier, la clé des champs, mais d'intégrer vement historique, et á fa¡re ainsi prévaloir sur le plan de I'expression
l'un á l'autre le monde de la poésie, domaine privilégié oü se formule tout mode d'intervention qui déplace l'ordre des choses et qui
le désir, et le monde successif oü s'inscriront les seuls succés qui renverse les piéces d'échec dont dispose notre constant adversaire.
nous importent. En interfé¡ant avec les déterminismes extérieurs, Lequier disait que
tout geste libre assume l'incontrólable de ses conséquences ultimes.
La nature optative de l'écriture déconcerte. Oue de veux pieux, C'est moins á contróler les contre-coups de nos gestes que nous
jugez s'ils sont constamment dégus, vous ne vous y ferez pas. Et visons, qu'á vérifier, qu'á élargir une possibilité permanente oü
si l'erreur était de leur assigner une échéance, si le temps oü ils s'inscrit d'un point de vue idéal tout ce que nous attendons de
prennent naissance différait de celui des agendas au point d'en l'histoire. ll n'y a pas d'objectivité sans projet h¡storique. Aussi
arracher par avance pour les brouiller toutes les pages, tous ces contemplons-nous d'un regard serein l'écume et les vagues de
feuillets indistinctement lus de la voix claire de l'oracle ? Ouelle notre sillage á la créte desquelles sont roulés divers baigneurs;
confiance lui faire, tant d'années aprés le premier manifeste? Est-ce sillage individuel, sillage du surréalisme, sillage de l'action révolu-
olacle. ce que je dis? Je crois que les doutes qu'élevait Breton quant tionnaire aussi bien; ces trois histoires n'en font qu'une. Non pas
aux vertus de la parole naissaient d'une conviction intellectuelle et la conter ni l'exploiter, mais la faire, ce qui sera toujours infiniment
expérimentale, celle de l'intemporal¡té essentielle du registre pro- risqué m6me á l'échelle des relations individuelles et des mouvements
phétique. L'índétermination de toute date dans les paroles de l'oracle du corps propre. A cet égard, l'aventure rapportée par Silbermann
renvoie l'une á l'autre, pour les nouer en un seul bloc, la cohérence dans Prince errcnt me parait exemplaire de l'événement surréaliste
logique et les conséquences historiques. C'est un probléme pour tel que le délimite, dans les circonstances de la spontanéité, la
physiciens. Ce qui m'intéresserait s'ils savaient parler. ce serait conscience des répercussions objectives auxquelles il conduit et
d'apprendre quand le temps intervient dans leurs équations et s¡ des motivations intérieures auxquelles il répond. Prince errant,
c'est en degá ou au-delá d'une certaine vitesse critique. Comment d'un autre point de vue, témoigne de l'attitude interventionniste
s'explique que j'aie donné rendez-vous á une femme pour qui illustrée par le Décaméréve placardé sur les murs de Lyon par Caburet
j'éprouve un sentiment constant? Méme, il m'est arrivé de lui écrire, et Guyon, ainsi que par le poéme-prospectus distribué sur les bou-
ríant du souci de dater mon humeur et jouant des affreuses patiences levards par Silbermann, ou par l'annonce que Joyce Mansour a
auxquelles la vérité me subordonne. en attendant que je me recon- publiée dans France-Soir : Cherche réves pour cottecíion.
naisse dans mes gestes. Leur vérité n'est pas affaire de jugement,
mais d'expérience quoiqu'á la poésie ne suffisent pas nécessairement La provocation surréaliste ef l'objet surréaliste doivent maintenant,
l'expéríence ni la vérité : selon moi, la vitesse critique const¡tut¡ve si j'en crois Ia multiplication de tous ces signes, se résoudre dans
de la vérité poétique est celle qui rend ses droits á une spontanéité l'événement oü la premiére dissipe son peu de conséquence dans
sans entraves dont les formules intemporelles dévoilent la nécessité Ia vérité objective et oü le second trouve la mobilité. Dés leur nais-
unique gui commande á tout événement, serait-il apparemment sance, nombre d'objets surréalistes cherchaient á s'incorporer une
fortuit, c'est-á-dire engendré par le croisement de chaines causales parcelle de temps, de ce temps nul, il est vrai, des horlogers qui
indépendantes, comme I'est au reste tout geste personnel ; écrire animérent les objets-machines, ou de ce temps abstrait (il est vrai)
méme : le contróle le plus exact ne fait pas taire le hasard. des objets á fonctionnement symbolique, á la merci des coups de
pouce ou de l'impassibil¡té du regardeur. Ouel bonheur préter aux
Ces paroles d'emportement, ces paroles portées par la frénésie godemichés quand la supposition d'un tel bonheur est seule garante
romantique, on dirait le vent des Trois Glorieuses battant dans les des plaisirs de l'amour ? Supposition absurde, mais elle renvoie
lettres de Guyon qui nous somme magnifiquement de « vérifier sans aux débats qui pourraient s'élever, non pas entre les machines que
retard si la vie ne pourrait pas
variables prés - á ajustement de quelques faits
se dérouler á hauteur de nos discours, » ajoutant
I'on a construites et leurs performances, mais entre ce qu'on fait et
les répercussions de tout ordre qui seront. La mécanique n'est pas
que « la grande - affaire de ce temps pourrait bien étre de passer du l¿ vie. Nous sommes les étudiants d'un discours plus grand. Voir
C'est oracle, ce que je dis au C'est oracle, ce que je fais. » A l'intem- les possibitités irrationnelles de vie á une date quelconque. Je cite
poralité prophét¡que répondrait alors l'instant seul. l'instant de Eluard : « La connaissance des temps n'est pas limitée par la durée
l'action, lui qui parait coupé de I'histoire comme il nous coupe le du temps vécu. L'oubli ou les souvenirs internes modifient cons-
souffle, comblant tous nos v@ux et formulant dans leur réalisation tamment cette durée. Mon imagination dispose de tout un monde
méme ceux que nous n'avions pas eu Ia témérité d'affirmer au grand enfoui de sensat¡ons et d'images merveilleusement nouées, de toutes
jour. Vérifions, oui, il s'en faut d'une guigne, de trés peu de disponi- les sensations et de toutes les images qui n'ont pas trouvé jusqu'ici
bilité subrepticement aménagée, pour que l'intégration dont je leur place dans le temps et l'espace. » lrréconciliables avec ce temps
parlais reléve du constat. déclic formant sa propre preuve. Un docu- et cet espace, nous bornons notre présomption au renouvellement
ment de plus pour les historiens ? Mais je ne parle pas de la méme du feu. Le catalogue des événements suivra, 31-12-67

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