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Cours de mathématiques

élémentaires. Exercice de
géométrie comprenant
l'exposé des méthodes
géométriques et 2000 [...]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Cours de mathématiques élémentaires. Exercice de géométrie
comprenant l'exposé des méthodes géométriques et 2000
questions résolues par F. G.-M. 6e édition. 1920.

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EXTRAIT DU CATALOGUE

OUVRAGES POUR LA PRÉPARATION AUX DIVERS RACCA LAURÉATS

OURS D'ALGÈBRE ÉLÉMENTAIRE. ÉLÉMENTS DE COSMOGRAPHIE.

» DE GÉOMÉTRIE ÉLÉMENTAIRE. » DE MÉCANIQUE.


ÉLÉMENTS D'ARITHMÉTIQUE. TABLES DE LOGARITHMES.

» D'ALGÈBRE. EXERCICES D'ARITHMÉTIQUE.


»
DE GÉOMÉTRIE. » D'ALGÈBRE.

» DE TRIGONOMÉTRIE. » DE GÉOMÉTRIE.

» D'ARPENTAGE ET DE NIVELLE- » DE TRIGONOMÉTRIE.


MENT. » DE GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE.

» DE GÉOMÉTRIE DESCRIPTIVE. » DE MÉCANIQUE.

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do Science»phyilque» et naturelle»,etc. etc.
COURS DE MATHÉMATIQUES ÉLÉMENTAIRES

EXERCICES

PAR F. G.-M.

SIXIEME EDITION

TOURS PARIS
MAISON A. MAME ET FILS J. DE GIGORD
IMPRIMEURS-ÉDITEURS RUE CASSETTE, 15

ET CHEZ LES PRINCIPAUX LIBRAIRES

1920
Tous droits réservés.
AVERTISSEMENT
DE LA CINQUIÈME ÉDITION

La cinquième édition des Exercicesde Géométrie complète


celle de 1907, en y ajoutant un certain nombre de questions
intéressanteset de nombreusesindications biographiqueset
bibliographiques.
Les Théorèmeset Problèmesnouvellementintroduits ont eu
beaucoupmoins pour but d'accroîtrele nombredes Exercices
proposés,que de développercertainsgroupesnaturels,en com-
blant les lacunesqu'ils présentaient,ou en leur donnantl'ex-
tension qu'ils semblaient réclamer.
Des notes, parfois très étendues, réunissent et résumentdes
renseignements disséminésdansde nombreuxrecueils.
Notre travail s'adressantà ceux qui cultivent avecprédilection
les éludesde Géométrieélémentaire,il nousa paru utile de leur
épargnerdes recherchesqui ne sauraientaboutir; par suite,
nous indiquons un assez grand nombrede questions, très
simples en apparence,mais dont la solutionéchappeaux élé-
mentsde Géométrieet d'Algèbre.
Les diversestablesqui accompagnent les Exercicesde Géomé-
trie élémentaireet de Géométriedescriptive,ayantété fort appré-
ciées,nousdévelopponscettesourcefécondede renseignements ;
ainsi, danscettecinquièmeédition,nousindiquons les questions
nouvellementintroduiteset' un assezgrandnombrede références
complémentaires.
Complémentde Géométrie.— Nos Élémentsde Géomé-
trie sont complétéspar un Livre d'Exercices,comprenantdes
théorèmesà démontrer,des lieux géométriquesà trouver et des
problèmesà résoudre.
Utilité des Exercicesde Géométrie.— Nous croyons
qu'il est nécessaired'exercerles élèvesà traiter par eux-mêmes
un assezgrandnombrede questions,et l'on peut justifier cette
assertionpar deux raisonsprincipales:
1° L'exposition synthétiquedes théorèmesd'un coursélémen-
taire ne développepas l'esprit de recherche,car rien n'estlaissé
à l'initiative de l'étudiant; il faut donc provoquerses propres
réflexionsen lui proposantdesexercicesà résoudre,et le porter
ainsi à faire usagede toutesles notions qu'il a acquises.
2° L'extrêmevariété desexercicesgéométriques,l'absencede
toute méthodeassezgénérale,ou du moins assezpratique,qui
conduise d'une manière certaineà la solution d'unequestion
nouvelle,exigentquel'élèvese livre à do nombreuses recherches,
s'il veut se préparersérieusement à tenir tète à l'imprévuquelui
réserventles Examensà subir.
Après avoir rappelé l'importance qu'il faut attacherà la
recherchedes questionsgéométriques, indiquons rapidement
l'esprit qui a présidéà la rédaction de notre ouvrage,les prin-
cipales divisions de ce volumineux recueil et l'usage des
diversesparties qui le constituent.
PREMIÈRE PARTIE

Des Méthodes.— Le recueilque nouspublionscommence


par l'exposédesMéthodes; nous donnonsaussisousce titre cer-
tainessolutionsgénéraleset desexemples de discussion.
Les Méthodesconstituent lapartie la plusimportantede tout
l'ouvrage,commeellesen sont d'ailleursla plus originale.Tout
professeur,et mêmetout élève sérieux,devraitposséderparfaite-
mentce complémentde géométrie;car l'exposition des méthodes
fait naître et développeles idées générales; elle permetde ratta-
cher des milliers d'exercicesvariésà quelquestypesprincipaux,
que l'on retientsanspeineet que l'on appliqueavecfacilité.
Afin de contraindrele lecteur,autantqu'il dépendde nous,à
s'assimilercomplètementcettepremièrepartie, nousavons pro-
posécommeExercices,dans nos Élémentsde Géométrie(dès la
8° édition), tous les théorèmeset problèmes donnés en exemples
dans l'exposémême desMéthodes; puis dans le Livre d'Exer-
cices, au numéroqui correspondà telle ou telle question,nous
nous bornonsle plus souventà renvoyerà la premièrepartie;
par ce moyen, ontrouve non seulementla démonstrationou la
solution cherchée,mais on voit à quel genreil est possible de
les rattacher,et quels sont les Exercicesque l'on pourrait traiter
d'unemanièreanalogue.
ClassementdesMéthodes.— Donnonsquelques détails
méthodes,sur leur importancerelative et
sur le classement des
sur leur emploi.
Analyseet Synthèse.— L'Analyseet la Synthèse(I, p. 4
à 24) sont les seulesméthodesgénérales; mais par le fait même
qu'elles s'appliquentà toutesles questions,il en résultequ'elles
ne dispensentpoint de chercherdesméthodesparticulières,des
procédésspéciaux pour traiter rapidement certains groupes
d'exercices.
Lieux géométriques.— Les Lieux géométriques(II, p. 24
à 59) sont si utiles, que nul no regretterales développements
que nous avonsdonnésà leur rechercheet à leur emploi ; les
quelquespagesconsacrées aux enveloppesprésententdes notions
intéressantessur des questionsnon traitéesdans les Éléments,
mais qui ont conduitau principesi fécond de la dualité.
Emploi desfigures auxiliaires.— L'emploi des figures
auxiliaires (III, p. 60 à 87) est presqueindispensable; car la
plupart desquestionsexigentle tracéde certaineslignes, la con-
structionde quelquesfigures ou la considérationde surfacesou -
de volumesauxiliaires.
Nous devons ajouter que la duplication et les projections
donnentassezsouventdes démonstrationsaussi simplesqu'élé-
gantes.
Transformationdes figures.— La Transformationdes
figures (IV, p. 87 à 116), mêmeen se bornantà ce que nousen
avonsdit, est le moyen le plus puissantd'investigationque les
Élémentsde Géométriepuissentnous fournir pour découvrirde
nouveauxthéorèmes,ou pour trouverd'heureuses solutions.
Discussion.— La Discussionet l'Extension(V, p. 116 à 150)
ont bien des pointscommuns,malgré les différencescaractéris-
tiquesqui les distinguentl'une de l'autre. La discussiondespro-
blèmesentrede plus en plus dans les habitudesclassiques ;.car,
en réalité,une questionn'esttraitée d'unemanièrecomplèteque
lorsqu'on a étudié les cas de possibilité, les variations que
peuventsubir certainesgrandeurs,et, s'il y a lieu, leur maxi-
mum ou leur minimum.
Extension.— L'Extension(p. 129 à 141) est rarementindi-
quéeet plus rarementpratiquée; cependantelle contribueplus
que toute autre étude géométriqueà développerles forces de
l'esprit, et à produirecet enthousiasme quirend le travail facile.
Il noussemblequ'onrendraitun grandserviceaux élèvessi l'on
cherchaità faire naîtreen eux cettefaculté créatrice.
L'extensionpeut être complétéepar les Déductionssuccessives
(p. 141) et" par la Généralisationhypothétique decertainsthéo-
rèmes(p. 145).
Méthodealgébrique.— La Méthodealgébrique(VI, p. 150
à 179) offre desressourcesqu'on aurait grandtort de négliger;
elle fournit, pour un grand nombre de questions,dessolutions
parfoispeuélégantes,il estvrai, mais toujoursfaciles à imaginer.
En effet, quel quesoit le problèmeproposé,si l'on parvientà lier
les inconnuesaux donnéespar deséquationsdes deuxpremiers
degrésou par une équationbicarrée,on peut regarder laques-
tion commecomplètement résolue : car l'algèbrenous donnedes
règlescertaineset invariablespour déterminerles inconnues.
Maximaet Minima. — LesMaximaet les Minima (V, p. 179
à 210), traitéspar des moyensà peu prèsexclusivementgéomé-
triques, présententsansdoute une véritable nouveauté; car le
petit nombred'exemplesqu'on pourraiten trouver dansd'autres
ouvrages neconstituentni une méthodeni mêmeun simple pro-
cédésusceptiblede s'appliquerà quelquesexercices; tandis que
l'inscription d'unefigure d'aire maxima,celle d'un volume maxi-
mum,de mêmeque la circonscriptiond'unefigure d'aireminima
ou d'un volume minimum, n'exigent la connaissance que d'un
seulproblème: celui de la tangente(n° 310).

DEUXIÈME PARTIE

Recueil d'Exercices.
— Après avoir ainsi fait connaître
l'utilité de la premièrepartie de l'ouvrage actuel, relative aux
Méthodes,il nous sera bien permisde passerrapidementsur le
reste,consacréaux Exercicesproprementdits. Voici néanmoins
quelquesindicationsassezimportantes.
Choix des Exercices.—
i
Dans chaquelivre, on trouve
d'aborddes théorèmes,puis des lieux géométriques,et enfin des
problèmes; chacunede ces trois grandessectionsest à son tour
subdivisée,et chaquegroupeainsi formé présente,au début,des
exercicestrès faciles et se terminepar desquestionsoffrant plus
d'intérêt et plus de difficultés ; il est donc important que le Pro-
fesseurse rende compte, par avance,des questionsqu'il veut
proposerà ses élèves, afin que les exercicessoient en rapport
avecles connaissances déjàacquisespar ceux qu'il instruit.
Nousavouonssanspeineque plusieursquestionsréputéesdiffi-
ciles ont trouvé placedansnotrerecueil,parce quel'emploijudi-
cieux desMéthodes(p. '1 à 211 ) conduit à desdémonstrations ou
à dessolutions remarquables parleur simplicité ; d'ailleursil nous
a sembléutile de ne pasnous borner aux questionsqu'on ren¬
contre partout, et de laisser à un ouvrageplus élémentairele
i soin de fournir de nombreuxexercicesfaciles et d'intéressants
problèmesd'application.
Démonstrationsou solutionsmultiples.— Plusieurs
théorèmes ont étédémontrésde diversesmanières; quelquespro-
blèmesont étéde mômerésolusparl'emploi successifde plusieurs
procédés différents.En agissantainsi, nousavonsvoulu montrer
l'avantageque peutprésentertelle marchesurtelle autre,donner
quelquesexemples del'admirableféconditéde certainesméthodes, .

et surtoutencourager les chercheurs,on leur prouvantqu'on peut


arriver, par bien des voies, au résultatdemandé.
Problèmesnumériques.— Les problèmesnumériques,
qui se trouvaientdansles premièreséditions,n'ontpasété repro-
duits danscelle-ci, parceque la Géométriedu cours supérieur,
pour l'enseignement primaire donne un grandnombrede ques-
tions numériques,empruntées,pour la plupart, aux examensdu
brevetsupérieurde ce mêmeenseignement.
Le baccalauréat èsscienceset le baccalauréat moderne (mathé-
matiques)proposentaussiassezfréquemment desquestionsnumé-
riques,mais il faut presquetoujourschercher préalablement une
solutiongénérale; il est donc nécessaired'étudiertout ce qui est
relatif aux relationsnumériques: aussiavons-nousmultiplié les
exercicesqui s'y rattachent,et les livres III, IV, VI et VII coh-
tiennentun assezgrand nombrede formulesà démontreret de
relationsà trouver.
Désignation(le certainsExercices.— Plusieursques-
tions sont désignéespar desnoms ou des appellationsdevenues
historiques; par exemple,le Théorèmede Ménélaùs,le Théorème
de Çuldîn, le Problèmede Pappus,le Problèmede la Section
déterminée,etc. ; nous en avonspublié un assezgrandnombre
d'autressousle nom de leur auteur,ou bien nousavonsindiqué,
après l'énoncé,le nom de l'auteurprésumédu théorèmeou du
problème;puis une courte notice historiquevient satisfairela
louablecuriositédu lecteur.De même,nousavons cité très fré-
quemmentles ouvragesauxquelsnousavionsempruntédesExer-
cices, sans pouvoir affirmer néanmoinsque la questionest due
à l'auteur même du livre rappelé;car on sait qu'un trèsgrand
nombred'ouvragesmathématiques ne donnentaucuneindication
sur la provenancedesmatériauxmis en oeuvre.
Citation des auteurs.— Nous avonscité les grandsgéo-
mètres,parce queleur nom relève,ennoblit, en quelquesorte,
les questionsqu'ils ont traitées;nousregardons d'ailleurs
comme
un devoir de reconnaissance enversces illustres mathématiciens
de rappelerleur souvenir à tous ceux qui bénéficientde leurs
travaux.
Beaucoupde savantsmoins célèbres,sansnul doute,qu'Ar-
chimède, Apollonius, Pascal,Descartes,Newton, Desargues,
Poncelet,Chasles,etc., méritentd'autantplus d'êtrementionnés,
qu'ils trouvent rarementplace dansles dictionnairesbibliogra-
phiques.En effet, la plupartde ces ouvrages,dus à deshommes
de lettres, ne veulent point oublier le moindre romancier, le
moindre utopistede quelquerenom;mais ils ne se préoccupent
pas aumêmedegréde ceuxqui ont voué leur existenceauxlabo-
rieusesrecherches mathématiques.
Enfin, à côté des plusgrandsnoms,setrouventaussi lesnoms,
parfois très modestes,de certainsauteursque nous avons néan-
moins consultésavecprofit ; nousn'avonspashésitéà mettreces
hommesestimablesdansle cortègedes plus illustresgéomètres,
et nouspouvonsmêmedire que si nous sommesfier de citer les
plus grands mathématiciens,nous sommesencore plus heu-
reux de rendrejustice à ceux quela gloire ne viendrajamais
couronner.
Tablesdiverses.— L'ouvrageseterminepar diversestables
de référence; on y trouve : un Lexique géométriqueavecrenvois
aux numéroscorrespondants ; l'énoncéde quelquesProblèmes et
Théorèmeshistoriques; une Table desnotes et des remarques
principales; l'indicationdesexercicesintroduitsdansla cinquième
édition; une sériede questionsqu'on ne sait pasconstruireavec
la règle et le compas ; enfin un Index bibliographiqueet un
Index biographique,destinésà faciliter les rechercheset à rap-
pelerles sourcesoù nousavons puisé.
TROISIÈME PARTIE

HistoriquedesExercicesde Géométrie.— La pre-


mière édition des Exercicesde Géométriea été publiée en 1875
(in-12 de 440 pages).Elle constituaitun recueil bien graduéde
questions élémentairesde Géométrie.
Un complémentde 52 pages,destinéà êtredéveloppéultérieu-
rement,avait pourtitre : des Méthodespourdémontrerou résoudre
les Exercices élémentairesde Géométrie, suivi d'un Appendice
pourévaluerles volumes,terminaitcettepremièreédition. C'était,
en germe,l'exposédes Méthodes(210 p.) qui distingueles Exer-
cices de Géométrieédités par MM. MAME et POUSSIELGUE, et
Y Appendiceaux Exercicesde Géométrie(170 p.) publié en 1877.

Deuxièmeédition.— La deuxièmeédition a paruen 1882


(in-12 de 1125pages,F. I. C.) ; c'étaiten quelquesorteun ouvrage
nouveau,non seulementparce qu'elle contenait beaucoupde
questionsqui ne se trouvaientpoint dansla premièreédition,
mais surtout parce qu'elle débutait par un travail original inti-
tulé : Méthodespour démontrerles théorèmeset résoudreles pro-
blèmes de Géométrie. Aucun auteur français, croyons-nous,
n'avait encorepublié de méthodologiepour l'enseignement élé-
mentairedela Géométrie1. On saitquel'ouvragede PaulSERRET:
Des Méthodesen Géométrie, est d'un ordre plus élevé, et n'a
presque aucunrapportaveccelui que nous avonsfait connaître
en 1875, et développéen 1882. Nous n'avionsguère alors que
l'ouvragede Julius PETERSEN: Méthodeset théoriespour la réso-
lution des problèmeset constructions géométriques, dont la tra-
duction françaisevenait d'être publiée (1880).Nous avonscon-
sultéavecplaisir et profit l'ouvrage remarquable du savantgéo-
mètre danois, tout en conservantnotre travail déjà préparé;
d'ailleursce derniera son originalité propre,soit dansle classe-
ment et l'exposédes méthodes, soit dans le choix desquestions
étudiées.Quantaux nouveauxexercices,nosmodestesrecherches
ont trouvé place à côté des questionsempruntéesaux meilleurs

1Il en est tout autrementdepuiscette époque,et nous citons môme plu-


sieursdes ouvragesqui ont paru assez,récemmentsur ce sujet.
auteurs, surtout dansle paragraphedesMaxima et Minima ; on
chercheraitvainement ailleursl'emploi de la tangente pour
résoudre géométriquement des problèmesqu'on ne traitait que
par l'algèbreet la trigonométrie.
Troisièmeédition.— La troisièmeédition, publiéeen1896
(in-8° de 1135 pages,F. J.), a fourni son contingentde ques-
tions nouvellesou peu connues,et a donnéen 118 pagesunesérie
d'Exercicesélémentairestrès intéressantssur la Géométrie du
triangle.
Ce travail a sa physionomiebien particulière; il ne fait pas
doubleemploi avec l'Etudesi remarquablepubliée par le savant
M. NEUDERG dansle Traitéde Géométriede M. ROUCHÉ, ni avec
l'ouvragede JohnCASEY ( n° 2261,9°).
Quatrièmeédition. — Publiée en juillet 1907 (in-8° de
1228 pages,F. G. M.) La quatrièmeédition différait de la précé-
denteparles modificationset améliorationssuivantes: Les rensei-
gnementsbibliographiquesavaient été notablementdéveloppés
et complétésjusqu'ànos jours,surtoutà l'aide de MATHESIS et de
l'Intermédiaire des mathématiciens.Ces mêmes périodiques,
diversesautrespublicationset quelquesrecherchespersonnelles
avaientfourni des questionsnouvelles en assezgrand nombre;
mais afin de ne pasaccroîtrenotablementun ouvragetrèsvolumi-
neux, nousavionssupprimé fréquemment lessolutionsdesques-
tions les plus élémentaires et les calculsles plusétendus; d'autant
plus qu'il est facile de les trouver dans les éditions précédentes.
L'énoncédes questionsdont la solution complèten'est point
dans nos Exercicesne se trouve pasdansles Élémentsde Gèo-
métric ; néanmoinsnous indiquonsavecsoin les ouvrageset les
publications périodiques quidémontrentle théorèmeénoncé,
ou donnentla solution du problèmeproposé.
Cinquièmeédition. — La cinquième éditionest précédée
d'un Avertissementqui rend suffisammentcomptedes modifica-
cationsquelle contient,et qui permettentde la caractériser.
HISTORIQUE

Dès le commencementdu monde,les hommesont eu besoin d'évaluer


les grandeurset ont choisi, à cettelin, desunitésconvenables; il n'y a donc
pas lieu de rechercherl'origine des idées d'étendue,de mesure, de
nombre,et il est impossibled'assignerla date des premièresdécouvertes
relativesaux propriétésdes ligures; néanmoinson croit communément
que la Géométrieproprementdite prit naissance chezles Chaldéenset les
Egyptiens.Hérodote,le père de l'histoire, fait remonterl'origine de celte
science àl'époqueoù Sésostrisfit unerépartitiongénérale des terresentre
les habitantsde l'Égypte; Aristote place demême dans cette contréele
berceaudes mathématiques.
On doit dire cependantque la Grèceest la vraie patrie de la Géomé-
trie, car c'est là qu'elle a été cultivéeavec ardeur,que de nombreuses (
découvertesont été faites, et que les résultatsobtenusont étécoordonnés
de manièreà former un corpsde doctrine.
Au vi° siècle avant J.-C., Thalès, né en Phénicie, va s'instruire en
Égypte,y mesurela hauteur des pyramides par leur ombre, porte la
Géortiétrieen Grèce,fonde à Milet l'école Ionienne et enrichit la science
de divers théorèmessur le triangleisocèle, l'angleinscrit et les triangles
semblables.
Pythagore,né à Samosvers 580 avantJ.-C., estle plus illustre disciple
de Thalès; commeson maître, il voyageen Egypte. Aprèsavoir parcouru
l'Inde, il se retire en Italie, y fonde une école célèbre; on lui doit la
démonstration del'incommensurabilité de la diagonaledu carré compa-
rée au côté de cette figure, la théorie des corps réguliers,le théorème
du carréde l'hypoténusedu triangle rectangleet le premiergermede la
doctrinedesisopérimètres.
Anaxagorede Clazomène,mort vers l'an 430 avant J.-C., s'occupele
premierde la quadraturedu cercle.
Hippocratede Chio (vers450 av. J.-C.)s'adonneaux mêmesrecherches,
ainsi qu'à l'étude du problèmede la duplication dit cube, et se rend
célèbrepar la quadraturede ses lunules.
Platon(430-347av. J.-C.) va d'abord s'instruire en Égypte, puis chez
les pythagoriciens. De retour à Athènes,le fondateurdu Lycée introduit
dansla géométrie la méthode analytique,les sectionsconiques,la doc-
trine des lieux géométriques,et donne une solution graphiquedu pro-
blèmede la duplication ducube; il appelleDieu l'Éternel Géomètre,et
inscrit sur la porte de son école de philosophie: « Que nul n'entreici,
s'il n'estgéomètre.»
Le phytagoricienArchytas,né à Tarentevers 430 avantJ.-C., s'occupe
le premierd'unecourbeà double courbureà l'occasiondu problèmedes
deuxmoyennesproportionnelles,auquelHippocrate avait ramenécelui
de la duplication ducube.
A la même époque,Dinostrate,disciple de Platon, résoutle problème
de la trisection de l'angle à l'aide d'unecourbe qu'il nomme quadra-
trice.
Perseusrechercheles propriétésdes spiriques,c'est-à-diredeslignes
obtenuesen coupantpar un plan la surfaceannulaireappeléetore.
Euclide (vers 285 av. J.-C.) enseigne àAlexandrie, et rédige les Elé-
mentsde Géométrie,en y introduisant la méthodede réduction à l'ab-
surde.
Les Élémentscomprennenttreize livres, auxquelson joint deux autres
livres, attribuésà Hypsicle, géomètred'Alexandrie,postérieurà Euclide
de 150ans. Les six premierslivres traitentdesfigures planes ;les quatre
Suivants sont nommésarithmétiques,parcequ'ils traitent des propriétés
des nombres,et les cinq dernierss'occupentdes plans et des solides.On
n'a fait passerdansl'enseignementque les six premierslivres, le onzième
et le douxième.
On doit aussi à Euclide un livre des Données ; il avait écrit sur les
Sections coniques, et laissétrois livres de Porismesqui ne noussont point
parvenus.
Archimède(287-212av. J.-C.) s'occupeparticulièrementde la Géomé-
trie de la mesure;il opèrela quadraturede la parabole,étudie les spi-
rales,donnel'expressiondes volumes dessegmentsdesellipsoïdeset des
hyperboloïdes,la proposition de la sphèreet du cylindre circonscrit,le
rapport de la circonférenceau diamètre; il lègue aux générationssui-
vantesnon seulementun grand nombrede théorèmesnouveaux,mais la
méthoded'exhaustion qu'ilavait si bien employée.
Apollonius (vers 247 av. J.-C.) traite do la Géométriede l'ordre, de la
forme et de la situation des figures. On lui doit un Traité des coniques
en huit livres; sept nous sont parvenus,et le huitième a été rétabli
on 4646 par l'astronomeHalley, d'aprèsles indications de Pappus. Le
Traitédesconiquesfit donnerà son auteurle nom de géomètreparexcel-
lence; on y trouve les principalespropriétésdes foyers, la germe des
théoriesdespolaires,des dévelopjiées,des maximaet desminima.
Après les grandsnoms d'Archimède et d'Apollonius,il faut se borner
à citer rapidementquelquesautresgéomètres.
Nicomède(150 av. ,T.-C.) est connu par la conchoïde,courbequi permet
de résoudrepar un procédémécaniquele problème desdeux moyennes
proportionnelleset celui de la trisectionde l'angle.
Hipparque(vers 150 av. J.-C.) considèrela projectionstéréographique
et s'occupedestriangles sphériques.
Ménélaüs(vers80 ap. J.-C.), dansson Traité dessphériques,découvre
plusieursdespropriétés destriangles sphériqueset donnecommelemme
le théorèmefondamental dela théorie des transversales.
Ptolémée(vers125 ap. J.-C.), danssa Syntaxe mathématique, nommée
Almageste,c'est-à-direTrès grande,par les Arabes,donne lepremier
traité de Trigonométrierectiligne et sphériquequi nous soit parvenu.
Pappus(sur la fin du VIe siècle del'ère chrétienne)rassemble dans ses
Collections mathématiques les découvertes desmathématiciensles plus
célèbres,et une multitudede propositions curieuses et de lemmesdesti-
nés à faciliter la lecture de leurs ouvrages.On lui doit le célèbrethéorème
de Guldin et la premièremention durapportanharmonique.
Dioclès invente la cissoïde pour résoudre le problème des deux
moyennesproportionnelles,mais le tracé mécaniquede cettecourbe est
dû à Newton.
Aux grands géomètressuccèdentquelquescommentateursplus ou
moins ingénieux,et l'on arrive à une périodede stagnation quiduré jus-
qu'auXVIe siècle.
Vîète, de Fontenay-le-Comte (1540-1643),ouvre l'ère modernede la
science;il complètela méthodeanalytiquede Platon par l'invention de
l'Algèbre, il construitgraphiquementles équations dusecondet du troi-
sième degré, préparantainsi la voie à Descartes,et il perfectionnela
trigonométrie sphérique.
Kepler (1571-1631), danssa Nouvelle stéréométrie,introduit le pre-
mier la notion de l'infini dans la géométrie,fait remarquerla nullité
d'accroissement d'unevariable au maximumou au minimum, et donne
une méthodegraphiquepour déterminerles circonstancesd'une éclipse
de soleil.
Cavafieri (1598-1647)public sa Géométrie desindivisibles; il considère
les solidescomme formés d'une infinité de plans, et les plans, par la
réunion d'une infinité de lignes; cette idée féconde, malgré l'inexac-
titude du fait qu'elle exprime,permetdes évaluations nouvellesde sur-
faces et do volumes,et la déterminationgéométriquedes centresde gra-
vité.
Guldin (1577-1643)découvre lesthéorèmes célèbres qui portent son
nom, et que plus tard on a aperçusdansPappus.
Grégoirede Saint-Vincent(1584-1667)perfectionnela méthode d'ex-
haustion d'Archimède, et l'on peut dire avec raison que le petit triangle
différentiel qui apparaîtentrela courbe et deux descôtésconsécutifs de
l'un desdeux polygonesinscrit ou circonscrit,a conduitBarrow, Leibniz
et Newton au calcul infinitésimal.
Roberval (1602-1673)donneune méthodepour menerles tangentes,
baséesur la doctrine desmouvementscomposés,introduite dansla méca-
nique par Galilée.
Fermat(1590-1663) publiela belle méthodede maximis et minimis,
en introduisant pour la premièrefois l'infini dans le calcul, comme
Kepler l'avaitintroduit dans la géométriepure; il est sans égal dans sa
théorie desnombres.
Desargues(1593-1662) étend aux coniques lespropriétésdu cercle qui
sert de baseau cône, dont il étudie les sections; il considèreles droites
parallèlescommeconcourantà l'infini, et donnele théorèmefondamental
de l'involution de six points, en considérantune sécantequi coupe une
coniqueet un quadrilatèreinscrit dans cette courbe.On lui doit aussi le
théorème fondamental desdeux triangleshomologiques.
Pascal(1623-1662) écrità seizeans son Traité des sectionsconiques;
à dix-huit, ses découvertessur la Roulette ou Cycloïde, et donne le
célèbre théorème de l'hexagrammemystique relatifà la propriété de
l'hexagoneinscrit dans une conique.
Deaoartes(1596-1650),par son inappréciableconceptionde l'applica-
tion de l'algèbreà la théorie des courbes,change véritablementla face
des sciences mathématiques. La physiqueet l'algèbre elle-même retirent
de grandsavantagesde la doctrine des coordonnées, et l'analyses'enri-
chit de la méthode descoefficientsindéterminés.
La méthodeanalytique de Descartesest dès lors cultivée par un si
grandnombre de géomètres,qu'il faut se borner à en citer quelques-uns.
De Wîtt (1625-1672),le grandpensionnairede Hollande, donne une,
descriptionorganique desconiques.
Wallis (1616-1703) écrit le premier un Traité analytiquedes sections
coniques.
Viviani (1622-1703)proposele problème do la voûte sphériqueexacte-
ment carrable.
Huygens(1629-1695),célèbreà bien des litres, donne la théorie des
développées,établit le principe de la conservationdes forcesvives, et»
public son Traité de la Lumière.
La Hire (1640-1718),continuateurdes doctrinesde Desargueset de
Pascal, donnelu Nouvelle Méthodeen géométriepour les sections des
superficiesconiqueset cylindriques,un Mémoire sur les épicycloïdes,et,
en 1685, son grand Traité dessectionsconiques.
Newton ( 1612-1727),le grandgéomètre,public l'Arithmétiqueuniver-
selle, modèle, parfait de l'application de la méthodedo Descartesà la
résolutiondes problèmesde géométrieet à la construction desracines
des équations.Le grand ouvragedes Principescontient de nombreuses
propositionsde géométriepure et la rectification des épicycloïdes;mais
tout sembledisparaîtredevantl'inventiondu calcul des fluxionsou calcul
infinitésimal, dont Newton disputela gloire à Leibniz.
Leibniz (1646-1716)est le principal auteurdes méthodesmerveilleuse-
ment puissantesqu'on nomme calcul différentielet calcul intégral; la
premièreest surtout employéepour la détermination destangenteset des
maxima ou minima; la secondepour les quadratures,les cubatures,
les rectifications.
Halley (1656-1742)est non seulementastronomecélèbre,mais géo-
mètre distingué.On lui doit la traductionet la restitutionde plusieurs
ouvragesd'Apollonius.
Maclaurin (1698-1746)montre,dans son Traité des fluxions, le grand
•parti qu'on peut tirer des considérationspurementgéométriquespour
étudierles questions relatives à l'attraction des ellipsoïdes.
R. Simson(1687-1768)publie, dansson Traité des coniques, lesthéo-
rèmes célèbresde Desargueset de Pascal,ainsi que le problème ad
quatuorlineas de Pappus,et s'occupede découvrir les porismesd'Eu-
clidc.
Les Bernoulli emploientsurtoutle calcul infinitésimal.
JacquesBernoulli (1654-1705)est l'un des premiersà faire usagedu
calcul intégral; il étudie la spiralelogarithmique.
Le marquis de l'Hôpital (1651-1704) donnel'analysedes infiniment
petits.
Jean Bernoulli (1667-1748),émule de son frère Jacques,proposele
problèmede la brachistochrone,ou de la plus courte descente,et étudie
le problèmedes isopérimètres.
Il faut se bornerà nommerRolle (1652-1749)et sonthéorèmed'algèbre;
Riccati (1676-1754),dont une équationporte le nom ; Taylor (1685-1731)
et sa série;Moivre (1667-1756),Cotes(1682-1716)et leurs théorèmes;
Cramer (1704-1752)et son Introduction à l'analysedes courbesalgé-
briques,pour passerà un des plusgrandsanalystes.
Euler (1707-1783)publie l'Introduction à l'analyse des infinis et un
grand nombrede mémoires sur les différentesparties des mathéma-
tiques.
Clairaut (1713-1765)écrit à seize ansle Traité des courbesà double
courbure,et exposepour la premièrefois, d'une manièreméthodique,
la doctrinedescoordonnées dansl'espace,appliquéeaux surfacescourbes
et aux )ignesà double courburequi résultentde leur intersection.
D'Alembert (1716-1783)est surtout connu parson Traité de dyna-
mique.
Lambert (1728-1777)publie son Traité de perspectiveet son Traité
géométriquedes comètes.
Bezout(1780-1783),bien connu par son Cours complet de mathéma-
tiques.
Logrange(1736-1813),auteurde la Mécaniqueanalytiqueet du Calcul
desvariations.
Laplace (1749-1827),auquelon doit de nombreuxtravaux d'analyseet
la Mécaniquecéleste.
La puissanceet la fécondité desMéthodesanalytiquesexercentdèslors
un tel attrait sur les intelligences,qu'on ne cultive plus, pour ainsi aire,
la géométrieproprementdite ; mais un réveil se produit vers la fin du
dix-huitième siècle, et reporte l'attention sur les méthodespurement
géométriques.
Monge (1746-1818) coordonne les élémentsde construction dispersés
dansles oeuvresde Desargues,de Frézieret de divers praticiens,et crée
la Géométriedescriptive; il réduit ainsi à un petit nombre de principes
invariableset à des constructionsfacileset certainestoutesles opérations
géométriques qui peuvent se présenterdansla coupedes pierres,la char-
pente,la perspective, lagnomonique; il développeen outre la faculté de
percevoirles figures dansl'espaceet de découvrirleurs propriétés.
Carnot (1753-1823)donne la Méthode des transversales et la Géomé-
trie de position, qui permet de déduire d'un cas donné d'unproblème
proposé,les diversautrescasqui peuventse présenter.
Legendre(1762-1833),devenupopulairepar sesÉlémentsde Géomé-
trie, publiés en 1794, s'adonneaussi à la plus haute Analyse et à la
Théoriedes nombres.
Dupin (1784-1873),dans ses Développementset sesApplicationsde
géométrie, traitepar de simples considérationsgéométriquesquelques-
unesdesquestions lesplus difficiles de l'analyse.
Brianchon(1785-1864)fait connaîtreles propriétésde l'hexagonecir-
conscrit à une conique,et publie son Mémoiresur les lignes du second
ordre.
Ponoelet(1788-1857)devientle principal auteurdesméthodesde trans-
formation des figurespar les fécondes doctrines de l'homologie et des
polairesréciproques; son Traité des propriétésprojcctivcs des'figures
montre la puissanceextraordinairedes instrumentsqu'il a crééset qu'il
met en oeuvre. Il est possible, sans nul doute, de trouver, dans des
ouvragespubliés antérieurement, quelques germesdes méthodesqu'il
donne;mais il y a loin d'un théorèmeisolé, quelque intéressant qu'il
puisseêtre,à une doctrinecomplèteconduisantà de nombreusesappli-
cations.
Poinsot (1777-1859),si connu parsa théorie des couples,étudieles
polyèdresétoilés.
Cauchy(1789-1857)traite la mêmequestionet ne resteétrangerà aucune
desbranches des mathématiques.
Möbius (1790-1868)et Steiner(1796-1863)appliquentavec succèsles
méthodesde transformationdes figures, et le dernier surtout fait con-
naîtreun très grand nombrede théorèmesnouveaux.
Gergonne(1771-1859),dans sesAnnales mathématiques,propageles
nouvelles doctrines; il formule le principe de dualité,en généralisant
les résultatsdonnéspar la méthodedespolairesréciproques.
Chasles(1793-1880)reprendtoutesles nouvellesdécouvertes,les étend
par sespropresrecherches; puis il les présented'une manière élégante
et rigoureuse,en employant les transformations qu'ildésigne sous le
nom d'homographieet de corrélationdes figures, et dont le rapport
anharmoniqueest la basefondamentale.Sa Géométriesupérieure,le
Traité des coniques et le rétablissementdes porismesd'Euclide, font
époque dansl'histoire de la géométrie.
Cremona(1830-1903),dans sa Géométrieprojective, résumeles prin-
cipes de la géométriemoderne établispar Poncelet, Steiner,Chasles;
il trouve le moyen, trop négligépar la plupart des auteurs,de rendre
justice aux savantsqui l'ont précédé.
L'inversiondes figures a sespropriétésparticulièreset obtient des tra-
vaux spéciauxdes géomètresStubbs,Thomson, Liouville,etc. Pendantce
temps,Bellavitis créela théorie des équipollences,et Mannheimdéveloppe
la Géométriecinématique,dontRobervalavaitdonnéune premièrenotion
par sa méthodedestangentes,et que Poinsotavait continuéepar la théo-
rie du centreinstantané derotation.
La transformationdesfigures, appliquéeaux arts mécaniques,donne
lieu à d'intéressantstravaux : Peaucellier,par son Inverseur,ouvre une
voie féconde,que suiventavec succèsKempe,Hart, Sylvester,Liguine,
Darboux.
De nos.jours, la Géométrie s'est enrichie d'un chapitre très intéres-
sant, grâce aux travaux d'un grand nombre de géomètresdistingués,
parmi lesquels il convient de citer d'abord MM. Lemoine, Brocard et
Neuberg.
On doit nommer ensuite J. Casey,G. Tarry, M. d'Ocagneet G. do
Longchamps.
Dans diverscongrèsscientifiques,M. E. Vigarié a été l'historiographe
desrecherches relativesà la Géométriedu Triangle.
En 1904,M. Gaston Darboux a publié un travail remarquable,Étude
sur ht développement di ' uts an XI\r siècle.
METHODES

I. METHODES GENERALES

Introduction
§ méthodes.
I. Classification des
1
4
§ II. Classification des Exercices de Géométrie et démonstration des
théorèmes par l'analyse 5
S III. Synthèse et réduction à l'absurde 13
§ IV. Problèmes graphiques 15
Méthodes particulières 22

II. LIEUX GÉOMÉTRIQUES

§ I. Recherche des lieux géométriques 24


Lieu composé 35
§ II. Emploi des lieux géométriques 38
Emploi de deux lieux géométriques 46
§ III. Enveloppes 53

III. EMPLOI DE FIGURES AUXILIAIRES

§ I. Constructions auxiliaires 60
§ 11. Figures symétriques 65
ç 111. Composition ou décomposition ' 69
§ IV. Surfaces auxiliaires 73
§ V. Volumes auxiliaires 78
§ VI. Projections ou sections 83

IV. TRANSFORMATION DES FIGURES

§ I. Déplacement parallèle 87
§ II. Modification des ordonnées 93
S III. Similitude et homothélic 96
99
§ V. Inversion 101
Inversion dans l'espace 110
V. DISCUSSION ET EXTENSION

§ I. Discussion d'un problème 116


Manières diverse^ d'envisager un problème 128
§ II. Méthode par extension 129
Extension aux figures de l'espace 134
§ III. Déductions successives 141
§ IV. Généralisation 1-13

VI. METHODE ALGEBRIQUE

§ I. Construction des formules 150


§ II. Emploi de la méthode algébrique 155
Relations et lieux à utiliser 160
§ III. Problèmes sur la tangente 163
Nombre de solutions d'un problème 170
§ IV. Relations numériques 172
Problèmes d'Apollonius 176

VII. MAXIMA ET MINIMA

§ I. Solution limite 179


§ 11. Emploi des principes 182
§ III. Variable regardée comme constante 188
§ IV. Emploi de la tangente (à la moitié) 190
§ V. Volume maximum et minimum 195
g VI. Emploi de la tangente (au tiers) 202
Note sur les méthodes en Géométrie 210

EXERCICES

LIVRE I
Choix des exercices 211

THEOREMES

212
Perpendiculaires et obliques 215
Parallèles 217
Trois droites concourantes 223
Triangle quelconque 220
Triangle isocèle 232
Triangle rectangle 237
Parallélogramme 239
215
Quadrilatère quelconque 218

PROBLEMES

Maxima et minima 250


LIVRE II
THÉORÈMES

Distances et cordes 2G3


Tangente 268
Mesure des angles
Figures inscrites au cercle
Polygones curvilignes .... 274
279
293
Cercle circonscrit à un polvgone
Polygones circonscrits au cercle ... 293
313
Lignes concourantes 322
Points en ligne droite 327
Figures inversement égales 338

LIEUX GÉOMÉTRIQUES
Lieux à proposer 340
Emploi d'une relation linéaire 341
Emploi d'une relation angulaire 354

PROBLEMES

Distances diverses 300


Sécantes 3lifi
381
Droites et circonférences sécantes 394
Tangentes et raccordement des lignes 398
Construction des triangles isocèles ou rectangles 405
Construction des triangles quelconques 408
Construction des quadrilatères 419
Maxima et minima 430
Questions diverses 444

LIVRE III
THEOREMES

Lignes proportionnelles 455


Similitude et homothétie 408
Figures planes inversement semblables 4M)

Situation.
Relations numériques dans le triangle 485
Relations numériques dans le quadrilatère 500
Transversales 532

inverses
Circonférences. — 501
Circonférences. — Relations numériques
Figures 003
Inversion symétrique 009
Note sur l'inversion 015

LIEUX GÉOMÉTRIQUES

Relation de rapport et point de concours 010


Relation de produits ou de carrés 033
PROBLEMES

Lignes proportionnelles
Recherche des relations numériques . , ... 647

Circonférences tangentes
Droites et circonférences sécantes . .
660
673

Figures inscrites ou circonscrites


Construction des triangles
Construction des quadrilatères
........... 681
687
609
709
Applications des relations numériques 714
Questions diverses 721
Problème de Malfatti 726

LIVRE IV

THÉORÈMES

Aires des figures 735


Relations déduites de la considération des aires 756

PROBLÈMES

Construction des figures 769


Division des figures 793
Note sur la division des polygones. 797
Maxima et minima. — Polygones . 798
Figures inscrites ou circonscrites au cercle 808
Relations à déterminer 823
Quadrilatère à la fois inscriptible et circonscriplible 837
Surfaces à périmètre curviligne ..." 839
Questions diverses 852
Théorème et figure de VECTEN 860

LIVRE V

THEOREMES

Droite et plan, Trièdres 864


Quadrilatère gauche 873
LIEUX GÉOMÉTRIQUES 878
PROBLÈMES 8S2

LIVRE VI

THÉORÈMES

Géométrie de position 887


Volume des polyèdres 897
Relations numériques 908

PROBLÈMES

Maxima et minima
Recherche des formules
Polygones et polyèdres étoiles 929
LIVRE VII
THEORÈMES

Méthodes pour évaluer les volumes 1)31


. .
Volumes et relations 932
Inscription et position 947
Triangles sphériques 958
Inversion dans l'espace.
. .
Cônes, Conoïdes, domoïdes.
LIEUX GÉOMÉTRIOUES 9G8

PROBLEMES
Constructions graphiques. 974
Problèmes littéraux.
— Relations 977
Maxima et minima 994

LIVRE VIII
THEOREMES

4015
Hyperbole 1042
Parabole 1049
LIEUX GÉOMÉTRIQUES ET ENVELOPPES 1056

PROBLEMES

Ellipse et hyperbole 1078


Problèmes relatifs à la parabole 101)2
Problèmes sur l'hélice 1099
Maximum et minimum 1101
Questions diverses 1111
Note sur la conique sphérique 1114

PROBLEMES NUMERIQUES

Indications et exemples 1118


Segment circulaire 1122
1125
Itectilicntion approximative d'un arc de cercle 1120
Longueur de l'ellipse 1128

GEOMETRIE DU TRIANGLE

Historique et biographie 1130


Coordonnées trilinéaires 1131
Résumé et complément 1138
Coordonnées angulaires 1141
Antiparallèles 1146
Inversion isogonale 1154
Symédianes 1165
Point de Lemoine •1175

Lieux géométriques
Cercles de Lemoine, etc

Points et cercle de Brocard


1184
1196
1214
Droites isoclines 1230
Centre permanent de similitude 1237
Deux figures semblables 12n0
Trois figures directement semblables -
1257
Questions de l'Intermédiaire des Mathématiciens 1258
. . .

TABLES DE RÉFÉRENCE

Lexique géométrique 1260


Problèmes et théorèmes historiques •1270
Table des notes principales 1276
Questions nouvellement introduites (5e édition) 1281
Problèmes à constructions non géométriques 1285
Index bibliographique 1287
Index biographique 1291
MÉTHODES

MÉTHODES GÉNÉRALES

Introduction.
t. Il
est utile de faire précéderl'exposé desméthodesde quelquesindi-
cationsrelatives aux diversespropositionsque l'on peut avoir à démon-
trer. /
2. Manière d'énoncerle» théorème».L'énoncéd'un théorèmeSe com-
pose essentiellement d'unehypothèseet d'uneconclusion.
Exemple. Tout point de la bissectriced'un angle est cquidistanldes
deux côtésde cet angle.
L'hypothèseconsisteà supposerque le point appartientà la bissec-
trice ; la conclusionconsiste à dire que le point est équidistantdes deux
côtés.
3. Remarque.L'hypothèses'énonceordinairementau début de la pro-
position; mais on peut aussi commencerpar la conclusionet dire, par
exemple:
Deux trianglessontégauxlorsqu'ils ont les trois côtésrespectivement
égaux.
4. Diver»e» aorte» de proposition».Deux propositionscomparéesentre
elles peuventêtreréciproques,contraires,contradictoires.
Propositionsréciproques.Deux propositions sont réciproqueslorsque
l'hypothèseet la conclusionde la première deviennentrespectivementla
conclusionet l'hypothèsede la seconde.
Proposition» contraires.Deux propositionssorit contraireslorsqueles
conditions de la secondesont l'inverse ou la négativedes conditionsde
la première ; ainsi l'hypothèsede la propositioncontraireest l'opposéde
l'hypothèsede la propositiondirecte,et la conclusionde cettemêmepro-
position contraire est aussi l'opposéde ia conclusionde la proposition
énoncéedirectement.
Deux propositions sont contradictoires
Propositions contradictoires.
lorsqu'ellesont même hypothèseavec une conclusion opposée,ou des
hypothèsesdifférenteset mêmeconclusion.
5. A toute propositiondonnée directe-
Propositionscorrespondantes.
ment correspondent :
1° La propositionréciproque; »
2° La propositioncontraireet sa réciproque;
3" Les deuxpropositionscontradictoireset leurs réciproques.
Exemples. Proposition directe.Tout point de la bissectriced'un angle
est équidistantdes côtésde cet angle.
Propositionréciproque. Tout point équidistant descôtés d'un angle
appartientà la bissectricede cet angle.
Propositioncontraireet sa réciproque. 1° Tout point pris hors de la
bissectriceest inégalement éloignédescôtés de cet angle.
2° Tout point inégalement éloignédescôtésd'un angle n'appartientpas
4 la bissectrice decet angle.
Propositionscontradictoires.1° Tout point de la bissectriceserait iné-
galementéloigné des côtés de l'angle ; 2° tout point pris hors de la bis-
sectrice seraitégalement éloignédescôtés de l'angle.
6. Remarques.1° La réciproqued'un théorèmepeut être une propo-
sition fausse.Afnsi, du théorèmeconnu : tous les anglesdroits sont
égaux,on ne peut pas conclure que tous les angleségauxsont droits.
2» La propositioncontraired'un théorèmepeut être fausse; telle est la
suivante : tous les anglesqui ne sont pas droits sontinégaux.
3° 11 est évident que si une propositionest vraie, sa contradictoireest
fausse,et réciproquement.
4° La propositioncontradictoireest employéelorsqu'ondémontre,par
la réductionà l'absurde,la réciproque d'unthéorèmedonné.
7. Dépendancede» proposition».I. Si le théorèmedirect et le théorèmo
contrairesont vrais, il en est de même de la propositionréciproquede
chacun deces théorèmes.
Exemple. Dans le même cercle, ou dansdes cercleségaux,les arcs
égauxsont sous-tenduspar des cordes égalescl les arcs inégauxsont
sous-tendus par des cordesinégales.
On peuten conclureque descordes égales sous-tendentdesarcségaux
et que des cordesinégalessous-tendent des arcs inégaux.
II. Si le théorèmedirect et la proposition réciproquesont vrais, il en
est de mêmede la propositioncontrairede chacunde ces théorèmes.
Exemple. Toute droite perpendiculairefi l'extrémitéd'un rayon est
tangenteà la circonférence,et, réciproquement,toute droite tangenteà
la circonférenceest perpendiculaireau rayon qui aboutit au point de
contact.
Il en résulte nécessairementque toute droite non perpendiculaireà
l'extrémitéd'un rayon n'est pas tangenteà la circonférence,et que toute
droite qui n'est pas tangenten'estpasperpendiculaireà l'extrémité d'un
rayon.
8. Résumé.En représentantpar A et A' une proposition et sa réci-
proque,par B et B' les propositionscontrairesde A et A', par C et C' les
propositionscontradictoiresde A, on peut démontrerdirectementA et B
pour en déduireA' et B', ou bien démontrerA et A' pour en déduireB
et sa réciproqueB'.
Enfin on peutdémontrerdirectementqueA étantune propositionvraie,
si l'on prouve quel'une des propositions contradictoires C ou C de la
réciproque A' est une proposition fausse,on en conclural'exactitude
de A', et par suite de B et B'.
On peut dire aussi : « La réciproqueet la contraired'une proposition
quelconquevraie ou fausse, sont toujours vraies ou faussesen môme
temps. » (L. Gérard.)

Hypothèsessimultanées.Un mêmethéorèmepeut énoncerou conte-


nir plusieurshypothèsesdevant exister ensemblepour aboutir à une
conclusionunique.Dans ce cas, il y a autant de propositionsréciproques
qu'il y a d'hypothèses.
Exemple.Deuxangles adjacents dont les côtésextérieursformentune
ligne droite sont supplémentaires.
La condition d'êtreadjacentsforme une premièrehypothèse,et celle
d'avoir les côtésextérieursen ligne droite en forme une seconde.
On a les deuxréciproquessuivantes:
1° Si deux angles supplémentaires sont adjacents,les côtésextérieurs
sont en ligne droite.
2° Si deux anglessupplémentaires ont les côtésextérieursen ligne
droite, ces anglessont adjacents.
La première réciproqueest vraie; elle correspondaux angles a et b
(fig. 1). La secondene l'est pas; car si l'on prend l'angle c égal à b, les
angles a et c sont supplémentaires,ont deux côtés en ligne droite, et
néanmoinsils ne sont pasadjacents. "
;
.

Dansla figure 2, les anglesa et b sont supplémentaires


et ont les côtés
extérieursen ligne droite; néanmoinsils ne sont pasadjacents.
10. Remarque.Les indicationsque l'on vient de donnersont impor-
tantes,et môme nécessaires, pour prévenirles conclusionset les consé-
quencesinexactesqu'onserait tentéde tirer d'un théorèmedont on négli-
gerait d'étudierdirectementla proposition réciproqueou la proposition
contraire.Ainsi « il est bon que les élèvesaient desidéesgénéralespré-
cisessur les méthodesde démonstration ; ils suivent plus facilement
les
détailsd'un théorème,et ils peuventabrégerle travail relatif aux propo-
sitionscontraires,réciproques,etc... »
(J. BOÙRGET, Journal de mathématiquesélémentaires ,1877,p. 37.)
Note. * J. BOURGET, ancienprofesseurà la Facultédes sciences de
Clermont,
puis recteurde la mêmeFaculté.(Voir ci-après, n» 55, note.)
Journalde mathématiques
élémentaires,
fondéen 1877, publiésousla direc-
tion de MM. BOURGET et KOEIII.ER. — Depuis 1880, cette utile publicationa
pour titre : Journal de mathématiques élémentaires et spéciales.M. G. DE
LONGCHAMPS(1842-1906),professeurde mathématiques spécialesau lycée Saint-
Louis, en a pris la direction en 1888 et l'a continuéejusqu'enoctobre1897.
* M. L. GÉRARD, auteurd'unenotebibliographiquesur les Exercices de géo-
métrie, par F. J., 3e édition, dans leBulletin de mathématiques élémentaires,
année1896-1897,p. 109.
Cette intéressante publication,commencéele 1er octobre1895, porte aujour-
d'hui le titre de Bulletin de SciencesMathématiqueset Physiquesélémen-
taires, fondé par M. B. NIEWENGLOWSKI, inspecteurde l'académiede Paris,
sous la direction de MM. L. GÉRARD, professeurau lycée Charlemagne,et
CH. MICHEL, professeurau lycée deDouai.

§ I. — Classification desméthodes.
11. But des méthodes.Les méthodesindiquent la marche qu'ilfaut
suivre pour démontrerun théorème,ou pour résoudreun problème.
En géométrie,il n'estpaspossibled'indiquerune mêmevoie qui, dans
tous les cas, conduise inévitablementau but; mais on peut diriger les
rechercheset faire trouverplus facilementles résultatsdemandés.
12. Principalessortes de méthodes.On classe les méthodesen deux
groupesprincipaux.On distingueles méthodesgénéraleset les méthodes
particulières.
Les méthodesgénéralespeuvents'appliquerà toutesles questions.
Les méthodesparticulièresne peuventêtre utilisées que dansun cer-
tain nombre de questions.L'emploi de plusieursd'entreelles est si res-
treint, qu'on doit considérerces méthodescomme neconstituantque de
simplesprocédés.
Les méthodesgénéralessont l'analyseet la synthèse.
13. Analyse. L'analyse est la méthode par laquelle une proposition
inconnueA se ramèneà une autre proposition inconnueB, puis cette
secondeB à une troisièmeG, et celle-ci à une quatrièmeD, etc., jusqu'à
ce que l'on tombe sur une propositionconnue.
Entre la proposition d'où l'onpart et celle où l'on arrive, il peut se
trouver un nombrequelconquede propositionsintermédiaires.
14. Synthèse.La synthèseest la méthodepar laquelleon passed'une
proposition connue 1) à une autre proposition connue C, puis de cette
secondeC à une troisièmeB, de celle-ci à une quatrième,etc., jusqu'àce
que l'on arrive ainsi à la propositionA que l'on devait étudier.
L'analyseet la synthèsesuivent des voies opposées: tandis que lu
premièrepart de la questionà traiter pourarriver à une questionconnue,
la secondepart d'unequestionconnue pour tomber sur la questionpro-
posée.
18. Déduction.Quel que soit l'exercicegéométriqueà étudier et quelle
que soit là méthodeque l'on veut employer,il l'aut que les propositions
se déduisentrigoureusementles unes des autres,et que deux proposi-
tionsconsécutivesquelconques soientréciproques,au point de vue logique.
16. Propositionsréciproques.Deux propositionssont réciproques,au
point de vue logique, lorsquechacuned'elles entraînel'autre et toutesses
conséquences.
Exemple. Lorsque les anglesd'un triangle sont respectivementégaux
à ceux d'un autre triangle, les côtés du premier triangle sont à ceux
du seconddans un rapportconstant,et il en est de mêmedes hauteurs
correspondantes, etc.
Réciproquement,de la proportionnalitédes côtés on déduit l'égalité
des angleset toutesles propriétésqui en découlent. ,
Ainsi l'égalitédes anglesde deux triangleset le rapportconstantdes
côtéshomologuesdonnentlieu à deux propositions réciproques.
L'égalité descôtés de deux triangleset l'égalité des anglesopposésne
donnentpas lieu, au point de vue logique, à'deuxpropositionsréci-
proques; car dé l'égalité des côtés on déduit bien l'égalité des angles
opposés,mais l'égalité des angles n'entraînepas celle descôtés.
16 a. Note. Dans le numéro précédent,l'expressionpropositions réciproques
n'a pas la signification qu'on a indiquée au n» 4. Il est regrettableqile les
mêmesternies soientemployésen géométrieavec deux sons différents.
Pour la rédactionde ce paragraphe,nous avons surtoutmis à profit les pre-
miersvolumesde l'ouvrage: Desméthodesdans les sciencesde raisonnement,
par DUHAMEL.
Méthode analytique.En géométrie,la méthode analytique indiquéedans
l'ouvrage ci-dessusn'est pas la méthode analytiquedes Anciens,due à PIA-
TON. A ce sujet, il est bon delire un article publié dansMathesis,1902, p. 266
 273.
Cette étudeestdue à M. P. MANSION.
* DUHAMEL, né à Saint-Malo en 1797, mort à Paris en IS72, professeurà
l'École Polytechnique,membrede l'Institut.
* PLATON (430-317av. J.-C.) alla s'instruire des mathématiques
en Égypte,
puis en Italie. De retour à Athènes,le célèbrephilosopheintroduisit dansla
géométriela méthodeanalytique; il étudia les sectionsconiques,et fit con-
naître les cinq polyèdres réguliers convexes. On connaît l'inscription qu'il
avait fait mettreà l'entréede son école philosophique: Que nul n'entre ici,
s'il n'est géomètre.
P. MANSION, professeurà l'Universitéde Gand, deconcertavecM. J. NEU-
nuiu;, professeurà l'Université de Liége, a fondé un recueil mathématique,
nomméMathesis,que nousauronsà citer fréquemment,car nous lui avons
fait d'asseznombreux emprunts. 1
>

§ II.—
Classificationdes Exercicesde Géométrie
et Démonstrationdes théorèmespar l'analyse.
17. Exercice» de Géométrie.Les exercicesou questionsde géométrie
comprennenttics théorèmes,des lieux géométriques al des problèmes.
Il convientdo parler en premier lieu des théorèmes,parce qu'on les
utilise pour la résolutiondes problèmes.
Lu détermination des lieux géométriquesdoit venir ensuite,car leur
emploi constitueune des méthodesles plusfécondespour résoudreles
problèmes degéométrie.
18. Emploi de l'analyse.Pour démontrerun théorèmepar l'analyse,on
procèdeordinairementcommeil suit :
Du théorèmeà démontrer,regardécomme vrai, on déduit une
deuxièmeproposition; de celle-ci on passeà unetroisième,etc.,jusqu'à
ce que l'on arrive à une propositionconnue.Mais il faut que les propo-
sitionsconsécutives, considérées deux à deux,soient toujoursréciproques
au point de vue logique(nos 13 et 16).
Voici quelques exemples de théorèmes démontrés par l'analyse.

Théorème.

19. Par un point quelconquede la based'un triangle isocèleon mène


des parallèlesaux côtés égaux;prouver que le parallélogramme ainsi
formé a un périmètreconstant.
Soient OM, ON deux parallèlesaux côtés égauxCB, AB.
Il faut prouver que le périmètredu parallélogramme OMBN est con-
stant.
Il suffit de le démontrerpour le demi-périmètreOM + ON.
1° Pour reconnaître s'il est constant, on
peutporterles deux partiessur la mêmedroite
et prendre OL = ON.
Les anglesl, m sont égaux comme opposés
par le sommet; m = n comme étant respec-
tivement égaux aux angles A et G; donc les
triangles COL, CNO sont égaux commeayant
un angle égal compris entre des côtés égaux;
donc l'angle OCL=OCN=A, les deux droites
CL, AB sont parallèleset MLCB est un paral-
lélogramme; donc OM ON ou ML = BC,
+

longueurconstante; donc...
2° Pouravoir la sommeOM-f-ON, on peut remplacerchacunede ces
formulespar une droite égale.
Ainsi OM = BN, commecôtés opposésd'un parallélogramme.
Le triangle ONC est isocèle, car l'angle n = A= C; par suite,
ON = CN ; donc...
Quantitéconstante.

Théorème.

20. La somme des perpendiculaires abaisséesd'un point quelconque


de la base d'un triangle isocèle sur les côtés égaux, est une quantité
constante.
I« Une analyseanalogueà la précédentenous conduità prolongerOM
d'unequantitéOL égale à ON, et à prouver que CL est parallèleà AB;
+
donc la somme OM ON est constante,car elle est égale à la dis-
tance des parallèles AB,CL. Ainsi OM + ON égale
la hauteurCH, quantité constante.
2" En menantOIC parallèleà AB, on a :
OM = HK, ON = CK,
car les deux triangles rectanglesCNO et CKO sont
égaux(G., n° 54) ; donc OM + ON = CH.

Théorèmede Miquel.

21.. Quatre droites, se coupant deux à deux,


forment quatretriangles; les circonférencescirconscritesà ces quatre
trianglespassentpar un mêmepoint.
Les quatredroites, se coupantdeux à deux, donnentsix sommetsA,
B, C, D, E, F. Circonscrivonsdes circonférences àdeux desquatre
triangles, par exempleaux triangles ACE, ADE ; soit M le secondpoint
où les circonférencesse coupent,et joignons ce point aux six sommets;
il faut prouver que les circonférencescirconscritesaux triangles BDF,
BCE, passentaussi par le point M.
En admettantque cela ait lieu, on reconnaîtque le quadrilatèreCBME
serait inscrit,et, par suite, que l'angle BCM égaleraitBEM (G., n° 148);
mais l'égalité de ces deux angles peut
s'établir directement. En effet,
angle BCM ou FCM FAM,=
comme ayant même mesure, 1/t FM,
car le quadrilatèreFAGM est inscrit;
=
angleBEM ou DEM DAM ou FAM,
commeayant même mesure,(/t DM ;
=
donc angleBCM angleBEM.
Or, les anglesBCM, BEM étant égaux,il est démontré(G., nos 154-155)
que la circonférencecirconscrite au triangle BGE passe parle point M.
Il en est de même de là circonférencecirconscrite au triangle BDF ;
donc...
note. Le point de concoursdes quatre circonférencescirconscritesa été
nommépoint de Miquel, par M. KANTOR de Vienne. Le théorèmeest proba-
blementde STEINER (voir ci-aprèsn°' 689 et 711, notes).

Théorèmede Simson.

22. Si d'unpoint pris sur la circonférencecirconscriteà un triangle,


on abaissedes perpendiculairessur chaquecôté du triangle, les.trois
pointsainsi obtenussont en ligne droite. \
Ce théorèmes'énoncequelquefoiscommeil suit :
Les projectionsd'un point quelconquede la circonférencecirconscrite
n un triangle,sur chaquecôté de ce triangle,sont en ligne droite.
Soit M un point quelconque dela circonférencecirconscriteau triangle
ABC; abaissonsles perpendiculairesMD, ME, MF sur les côtés; il faut
prouver que les trois points D, E, F
sont en ligne droite.
Si les segmentsDE, EF ne formaient
qu'une même droite, les angles AED,
CEF seraientégaux commeopposéspar
le sommet.
Les quadrilatèresADME, CFEM sont
inscriptibles: le premier,parceque les
anglesopposésD et E sont supplémen-
taires(G., n° 157) ; le deuxième,parce
que les deux triangles rectanglesMEC
et MFC ont même hypoténuse MC ;
donc, de l'égalité des anglesAED, CEF,
on conclurait l'égalitédes anglesAMD,
Lair respectivementégaux aux premiers. Il suffit donc de démontrer
directementl'égalité des angles AMD, CMF, ou bien l'égalité de leurs
complémentsMAD, MCF.
Or l'angle exinscrit MAD, supplémentde l'angleMAB, a pour mesure
moitié de l'arc MAB ; ainsi il égale l'angle MCF, qui a aussipour mesure
moitié de l'arc MAB.
Donc l'hypothèsequi a servi de point de départ est vraie, et les trois
points D, E, F sont en ligne droite.
23. Remarques.1° Les propositionsconsécutivesdont nous nous
sommesservis dansla précédente démonstration sont évidemmentréci-
proquesau point de vue logique (n° 10), car tout reposesur l'égalité
desangles; les exercicessuivants offrirontquelquesnouvelles particu-
larités.
2° La droite DEF, qui passepar les trois projectionsdu point M, est
appeléedroite de Simson,parceque le théorèmelui-mêmeestattribué à
RobertSimson.
3» Le cercle circonscritest le lieu des points dont les projectionssur
les trois côtésd'un triangle sqnt en ligne droite.
23 m. Hote. 1° Voir ci-après,n"5 702 à 705.D'aprèsX'IntermédiairedesMathé-
maticiens,1894, p. 174, la droite de Simsonporteraità tort le nom de ce géo-
mètre,car il ne s'enest point occupé; on devraitla nommerdroitede Wallace,
parce que ce mathématicienl'a mentionnéepour la première fois en 1799,
ou 1800.
L'IntermédiairedesMathématiciens rendde réelsservicesà tous les savants
qui ont à demanderdes renseignements sur des questions mathématiques. Ce
recueil si intéressantest dû à MM. LAISANT et LEMOINE ; il a commencéen 1894;
puis en 1901, M. MAILLET, ingénieurdes luuts et Chaussées,a collaboréacti-
vementà cette importante revue. Nous aurons fréquemmentà citer l'Inter-
médiaire.
* ROBERT SIMSON (1687-1768), mathématicienécossais, professa à Glasgow.On
a de lui un Traité des sections coniques.11 rétablit plusieurs porismesd'Fu-
CLIDK, ainsi que la sectiondéterminéed'Apot.I.ONU's.
11 ne faut pas confondre R. SIMSON avec THOMAS SIMPSON (1710-1701). Ce
dernierest surtout connu par les formulestrigonométriquesqui portentson
nom (Trigonométrie,n° 57) et par une formule do quadrature(Géométrie,
n» 983).
Théorème.

24. Lorsque la demi-circonférencedécritesur le côté oblique d'un


trapèze rectant/le coupe le côté opposé, chaque point d'intersection
divise la hauteuren deuxsegmentsdont le produit égalele produit des
basesdu trapèze.
Supposonsque la demi-circonférenceayant AD
pour diamètrecoupela hauteur BC aux points M
et N.
Il faut prouverque l'on a, par exemple:
DM MC = AB CD. (f)
. .
En admettant cette relation comme vrjiie, on
peut écrire :
BM_CD
AB — MC •
w
Alors les trianglesrectanglesAMB, MCD seraientsemblablescomme
ayantun angle égal compris entre côtés proportionnels(G., n° 225); il
suffit donc dedémontrer directement la similitude de ces trianglés; or
les anglesAMB, DMC sont complémentaires, car l'angle AMD est droit.
Donc l'angle AMB égale MDC comme ayant même complément DMC.
Ainsi les trianglessont semblables,et l'on peut en déduirela propor-
tion (2), et par suite la relation (1).
Remarques.1° On a de même : '
BN NC AB CD.
. = .
2° Quand la demi-circonférenceAD est tangenteà BC, le point de
contact est au milieu de la hauteur;le carré de
la moitié de BC égaleAB . CD.
3° Lorsque la demi-circonférencene coupe
point BC, on ne peut pas diviser BC en deux
segmentsadditifs dont le produitsoit égal au pro-
duit AB. CD.
4» Lorsque les'perpendiculaires AB, CD sont
dirigées en sens contraire(fig. 8), il y a tou-
jours intersection; mais les points M, N sont
sur le prolongementde BC, et l'on a commepré-
cédemment: BM CM — AB CD BN. CN.
. . =
Théorème.

23. Lu distanceMI' d'un point quelconque.M d'une circonférenceà


une corde donnéeAB est moyenneproportionnelleentre les distances
ME, MO du mêmepoint M aux tangentesAC, BC, menéespar les extré-
mités de la corde donnée.
11 laut prouverque l'on a :
MP2= ME . MC. (1)
Regardantcette relation comme étant démontrée,nous pouvons en
déduireles rapportségaux

Mais les angles EMP,PMG sont égaux, car ils égalentrespectivement

supplémentaires, =
puisqu'ilssont droits; donc l'angleMPE MAE comme
correspondantau mêmearc dansla circonférence circonscrite au quadri-
latèreAPME.
=
De même,l'angle MGP MBP. Or les anglesMAE, MBP ont pour
mesurela moitié de l'arc AM ; donc ils sont égaux,et il en est de même
desanglesMPE, MGP.
Le théorèmeest donc démontré,et l'on peut écrire:

26. Remarque.Dans le raisonnementci-dessus,deux propositions


consécutivessont toujours réciproques.
Ainsi, de mêmeque, de la similitude des triangles établiepar l'égalité
de trois angles,on déduit :

de même,de l'égalitéde ces rapports etde l'égalité des anglesen M, on


=
déduitque l'angle MPE MGP, etc.

Théorème.
27. Cercle de» neuf point». Dans un triangle, les milieux des eûtes,les
pieds des hauteurset les milieux des droites qui joignent les sommets
au point de eoncoursdes huuteurs,sont situéssur une même,circonfê-
renee.
Soient D, E, E les points milieux des côtés; AK, CG deux des hauteurs,
et L le point milieu de AU.
Circonscrivonsune circonférenceau triangle DEF des points milieux
descôtés.
Pour démontrerle théorème,il suffit de prouver quecette circonfé-
rencepassepar le pied K, d'une hauteurquelconque,et par le point L,
milieu de Ail.
d« La droite FK, qui joint le sommetIv
de l'angle droit au point milieu F de l'hypo-
ténuseAC, égale la moitié de cette hypoté-
nuse;donc FK = FC = donc DE.
Ainsi lé trapèze EDFK est isocèle; par
suite, la circonférencequi passepar E, D,
F, passeaussipar le quatrièmesommetK.
2° La droite FL, qui joint les points
milieux F, L des côtés dii triangle ACH,
est parallèle à la base CH ; d'ailleurs FE
est aussiparallèle à AB ; donc l'angle EFL
égalel'angle AGC, égaledonc 90 degrés.
Le quadrilatèreEKFL est inscriptible à
causedes anglesdroits EKL, EFL; donc la circonférencequi passepar
les trois sommetsF, K, E, passeaussipar le quatrièmesommetL.
28. Remarques.1° Le centre du cercle desneufpoints est au milieu
de la droite qui joint le point de concoursdes hauteursau centredu
cerclecirconscrit à ce triangle.
Eu effet, le centre se trouve sur les perpendiculaires
élevéesau milieu
de FG et de KE (fig. 11) ; or ces perpendiculaires
passentpar le point M,
milieu de OH.
La droite OII qui contient le centre du cercle des neufpoints et qui
joint l'orthocentre,ou point de concours des hauteurs,au centre du
cerclecirconscrit,a reçu le nom de droite d'Euler.
2° Le rayon du cercledes neufpoints est la moitié du rayon du cercle
circonscrit.

Car
Cela résulte aussi des triangles sem-
blablesEOM, AHO.
3° La tangenteEJ, du cercle d'Euler,
au point milieu d'un côte,et ce mêmecôté
sont anliparallèlespar rapportaux côtés
de l'angle opposé.
Les tangentesEJ, AT sont parallèles,
car elles sont perpendiculairesaux rayons
parallèles EM, AO ; de plus, l'angle
=
CAT CBA.
Donc AT et CB ou EJ et CH sont antiparallèlespar rapportà l'angle A.

Note. Le théorèmedu cercledes neuf points est dû à EULER ; il a été donné


en d705, dans les mémoiresde Saint-Pétersbourg.
* EULER, né à Bâle en 1707, mort à Saint-Pétersbourg, en 1783, célèbreana-
lyste; il perfectionnale calcul intégral et fit connaître les cinq surfaces du
seconddegré,nomméesaussi quadriques.
Pour l'emploi du mot orthocentre,voir ci-aprèsn° 663, note.
Remarques.
29. 1° C'est par l'emploi judicieux de l'analyse que l'on découvreles
relationsles plus simplesqui rattachententre ejles les diversesparties
d'unemême questionet que l'on trouve, par suite, le meilleur mode de
démonstration.
2° L'analyseest aussi très utile lorsqu'il s'agit de la géométriedans
l'espace.Dans bien des cas elle permet de se passerde figure, ou du
moins de remplacerpar une construction simpleune figure compliquée
peu facile à étudier. En voici quelquesexemples(n«s 30 et 31).

Théorème.
30. On donne une sphère et un point fixe P; par ce point on mène
trois plansrectangulairesdeux à deuxet qui déterminenttrois cercles;
prouver que Ici sommede ces trois cerclesest constante.
Soient a, b, c les rayons de ces cercles,r le payon de la sphèreet a',
b', c' les distances ducentrede la sphèreaux cercles;il faut prouverque
l'on a : ~a- -j- zb2 -j- ^c3 = constante,
ou , ce qui revient au même, a2 + b2 + c2 = une valeur constante; mais
=
o'- r2 — a'"2 ; b2 = r2 — b- ; c5 = r- — d-;
on a donc : =
a- -j- b"- -j- c- 3r'2 — (a'2 -j- b'2 c'3).
Il suffit de prouver quela quantitéà soustraireest constante.
Or les trois distancesa', b', c, perpendiculairesdeux à deux, menées
du centre0 sur les trois plans rectangulaires,dont P est le point com-
mun, sont les trois arêteslatérales d'un parallélipipède rectangleayant
PO pour diagonale; par suite, la somme des carrésde ces arêteségale
PO2, et le théorèmeest démontré.
31. Remarque.La déterminationde la valeur constanten'offre aucune
difficulté.
Ainsi
donc
La sommedes trois cerclesdéterminéspar le trièdre tri-rectangledont
P est le sommet,égale trois grandscerclesmoinsle cercle qui aurait TO
pour rayon.
Théorème.

32. Lorsque les arêtesopposéesd'un orlaèdrèinscrit dansune sphère


sont dansun mêmeplan, les trois diagonalesde l'octaèdrese coupent
au même point. En menant un plan tangentà la sphèrepar chaque,
sommetde l'octaèdre,ou forme, un hexaèdre,circonscrit dontles faces,
jirises quatreù quatre,concourenten'unmêmepoint (G., n" 4'2'J).
1° Les arêtesopposéesétant dansun mêmeplan les deux diagonales
qui joignentles extrémitésdes arêtes opposées
se coupent,car elles sont
deux à deux dans un même plan.Les trois diagonalesde l'octaèdrene
peuventêtredansun même plan; car, si cela avait lieu, lès six sommets
seraientainsi dansun mêmeplan, et il n'y aurait pas de solide : or les
trois diagonalesn'étant pas dans un même plan, et se coupantdeux à
deux, doivent passer parun même point.
2» Les quatre sommets qui correspondentà deux quelconquesdes dia-
gonalesde l'octaèdresont dans un même plan. Les plans tangents,en
ces quatre points, déterminentquatre faces consécutivesde l'hexaèdre
circonscrit. Or le plan des quatre sommetsconsidéréscoupe la sphère
suivant un cercledont la circonférencepeut être considéréeçomme la
courbe de contact d'un cône circonscrità la sphère; mais les planstan-
gentsmenéspar les quatresommetssont en même temps tangentsà la
sphèreet au cône circonscrit; donc ces quatreplanspassentpar le som-
met du cône, et par suite se coupentau mêmepoint.
33. Remarque.Les six faces del'hexaèdre,prises quatreà quatre,
donnentlieu à trois groupes,ét par suite, à trois points de concours;le
point de rencontredes diagonalesde l'octaèdre inscritest le pôle du plan
des trois points de concoursdesfaces del'hexaèdre.

§ III. — Synthèseet Réductionà l'absurde.

34. Emploi de la synthèse.Pour démontrerun théorèmepar la syn-


thèse,on part d'une véritéconnue,on en déduit une deuxièmepropo-
sition connue,de celle-ci une troisième,etc.,jusqu'àce que l'on tombe
sur la propositionà démontrer.
Comme enchaînementde propositions, la synthèse suitune marche
inversede celle del'analyse.
Appliquonsla synthèse àl'exemple
déjà donné(n« 25).
38. Théorème.La distanceMP, d'un
point quelconqueM d'une circonfé-
rence à une corde donnée AB, est
moyenne proportionnelle entre les
distancesMG, ME du mêmepoint M
aux tangentesAC, BC, menéespar
les extrémitésde la corde donnée.
Le quadrilatèreAPME est inscrip-
tible, parce que deux de ses angles
opposés sont droits; donc l'angle
MPE = MAE, comme anglqs inscrits
dansun mêmesegment.
=
De même, l'angle MGP MBP.
D'ailleurs,les anglesMAE, MBP sont égaux;
donc l'angle =
MPE MCP,
et puisqueles anglesEMP, GMP sontégauxcommeétant respectivement
égauxaux angles en m, il en résulte que les trianglesMPE, MGP sont
équiangles,et par suite semblables.
Donc
d'où
Remarque.Mais commentest-onconduit à considérerle quadrilatère
APME?... pourquoi s'occuperde l'égalité des angles MBP, MAE... et
autresquestions analogues ?
Aucune réponsecomplètementsatisfaisantene peut être donnée; en
réalité, l'intuition la plus heureusen'estque la conséquence
d'une ana-
lyse rapide,parfois inconsciente,mais néanmoins trèsréelle : pour
rechercherla vérité, il faut doncrecourir à l'analyse.
36. Réduction k l'absurde. La démonstrationd'un théorèmepar la
réduction à l'absurdeconsisteà admettreprovisoirementcommevraie
la propositioncontradictoiredu théorèmeénoncé,à en déduireunesuite
de conséquences,jusqu'àce quel'on parvienneà un résultatévidemment
incompatibleavec les véritésconnues.
Exemple.Pour démontrerle théorèmesuivant:
Si deux droitessont parallèles,toute droite
perpendiculaireù l'une d'elles AB est aussiper-
pendiculaireà l'autredroite CD (G., n« 76),
On admet, ou plutôt l'on raisonne comme si
l'on admettait la proposition contradictoire: Si
deux droitesAB et CD sontparallèles,une droite
AC, perpendiculaire à l'une d'ellesAB, n'estpas
perpendiculaire àl'autreCD.
' Par suite, on pourrait élever une perpendicu-
laire CE sur AC; mais les droites AB et CE seraient parallèles d'après le
théorèmedirect déjà démontré(G., n° 72) ; il en résulteraitque par le
point G on aurait deux parallèlesà une même droite. Or cette consé-
quenceest évidemmentinadmissibled'aprèsle Postulatum(G., n° 74) ;
il faut doncque CD soit perpendiculaireà AC.
37. Remarque.Il faut avoir soin d'étudier lescas différentsque peut
présenterla propositioncontradictoire; car, sanscela, de l'absurditéde
l'un d'eux on ne pourraitpas conclure lavérité du théorèmeproposé.
Exemple. On sait que toute parallèle DE, menée à la base d'un
triangle, détermine un second triangle ADE
semblable au premier; c'est-à-dire détermine
un triangle ayant même angle au sommet que
le premier et dont les côtés, qui comprennent
l'angle commun, sont respectivementproportion-
nels.
Ea proposition réciproque serait fausse si on
l'énonçaitcommeil suit :
Lorsquedeux triangles ont un angle commun
compris entre des côtés proportionnels,les bases
de ces trianglessont parallèles.
=
En effet, une droite telle que DE' obtenue en prenant AD' AD,
=
AE' AE donnedeux trianglessemblablesAD'E', ABC, qui remplissent
toutesles conditionsde l'énoncéde lapropositionréciproque ;néanmoins
D'E' n'estpas parallèle àBG. Ces deux autresdroites sont antiparallèles.
38. Emploi de la réductionà l'absurde.La démonstrationpar la réduc-
tion à l'absurdeconvainc,mais n'éclairepas; elle contraintà reconnaître
l'exactitudede la propositionénoncée,néanmoinselle satisfaitpeul'esprit,
parcequ'elle ne traite pas directementle théorèmedemandé;aussi on a
rarementrecoursà cette méthodeaujourd'hui(d'aprèsDUHAMEL).
38 a. Note. La méthodepar réductionà l'absurdeest due àEUCLIDE; elle a
été employéefréquemmentpar LEGENDRE.
*EUCLIDE, né vers 315 av. J.-C., mort vers 255, se fixa à Alexandrie,auprès
de PtoléméeI. Ses Éléments de géométrie,composésde treize livres, ont
l'inappréciableavantagede réunir en un corps de doctrine les vérités géomé-
triques plus ou moins éparsesjusqu'àcelte époque,et, tout en ajoutant aux
découvertesdes ouvrages antérieurs,de donner des démonstrations rigou-
reuses.
Les Elémentsd'EUCLIDE sont encore classiquesen Angleterre; on doit citer
le Manuel deTODHUNTER,celui de JOHN CASEY, les ÉlémentséditésparML COL-
LINS, et surtoutl'édition magistralede ROBERT POTTS.Ce dernierouvragecon-
tient un grand nombred'exerciceset des notestrès importantes.
* LEGENDRE, né à Paris, et non à Toulouse, en 1752, mort à Auteuilen 1833,
fut membredu Bureaudes Longitudes.On lui doit plusieurssavantsouvrages:
ses Élémentsde géométrie,publiés en 1794, ont rendu son nom populaire
parmi les étudiantsau xixe siècle. (Enseignement mathématique,1907,p. 219.)

§ IV. — Problèmes graphiques.


f

39. Analyse. Pour traiter par l'analyseun problèmegraphique,on


le supposerésolu; puis on considèreles rapports des donnéeset des
inconnues,et l'on en déduit des conséquencesjusqu'àce qu'on arrive à
des résultatsconnus.
On doit avoir soin que les propositionsdéduitesles unes des autres
soientréciproquesau point de vue logique (n° 16) ; sans quoi on pour-
rait omettreou perdre des solutions,ou en introduire d'étrangèresà la
questionproposée.
40. Synthèse.Pour traiter par synthèseun problèmegraphique,on
indique immédiatementles constructionsà ejfectuer pour arriver au
les constructionsainsi
résultatdemandé,et l'on justifie successivement
faites.
Nous allons appliquer successivementl'analyse et la synthèseà un
mêmeproblème.
Problème.
41. Construireun carré,connaissantla somme1 de la diagonaleet du
Coté.
1° Analyse. Supposonsle problème résolu, et soit ABGD le carré
demandé.
Menonsla diagonaleAG, prolongeonscette ligne, et prenons unelon-
gueur CE égaleà AB ; nous auronsAE = l.
Si l'on mèneBE, on reconnaîtque le triangle BCE est isocèle; l'angle
BCA. extérieur à ce triangle, étant de 45 degrés,chacun des angles
B, E du triangleisocèle BCE égale la moitié de
45 degrés. Ainsi, dans le triangle ABE, on
connaît la baséAE ou l et les anglesadjacents
A, E.
On peut donc construirele triangle, et le petit
côté AB serale côté du carrédemandé.
L'ordre le plus pratique, pour ces construc-
tions, est celui que nousallons indiquer dans la
Synthèse.
2° Synthèse.Sur le milieu d'une droite AE,
égale à la longueurdonnéel, il faut élever une
perpendiculaire; porter MA de M en N ; tracer
NA et NE; mener EB bissectricede l'angle E, puis BC perpendiculaire
à AB, et enfin AD et CD qui complètentle carré.
En effet, dans le triangle ABC, l'angle B est droit, l'angle A égale
45 degrés,et par suite, C égale aussi45 degrés; ainsi BG=;AB.
=
L'angleAEN égale45 degrés; donc AEB la moitié de 45 degrés.
Dans letriangle BCE, l'angle B égalel'angle extérieurG moins l'angle
intérieurE,
ou
=
donc le triangle BCE est isocèle; CE CB ou AB, et Ja ligne AE ou l
égale la diagonaleAG, plus la longueurdu côté.
Le problèmeest donc résolu.
Remarque.Nousallons donnerquelquesautresexemplesde résolution
de problèmes,mais en nousbornantà les traiter par l'analyse.

Problème.

42. Diviser un arc de cercle en deux parties,de manièreque les


cordes des arcs ainsi déterminessoient entre elles dans un rapport
m
donne —.
Soit ACB l'arc donné. Supposonsle problème résolu et admettons
qu on ait :

Pour être conduit à la solution, il suffit d'em-


ployer le théorèmede la bissectrice(G., n° 215),
car on sait que la base est divisée en segments
proportionnelsaux côtés.
On a donc :
On peut dès lors déterminer le point E;
car la bissectrice de l'angle D doit passerpar
lepoint milieu de l'arc AFB. On est donc conduit à la construction
suivante.
Construction.Sur une droite quelconquemenéepar le point A, il faut
prendreAM = m, MN = n ; joindre B au point N; par M mener à NB
la parallèleME et joindre le milieu F de l'arc au point E; la droite FED
déterminele point D.
Remarque.Le point D', symétriquede D par rapportau diamètreCF,
correspondà

Problème.
43. Construireun triangle, connaissant deux côtés et la bissectrice
de l'angle compris entreces deux côtés.
Soient ABC le triangle demandé,les côtés BC, BA respectivement
égaux aux longueursdonnéesa, c, et la bissectriceBD, égaleà une autre
longueurconnueb.
En menantune parallèle AE à la bissec-
trice, on forme un triangle isocèle ABE
(G., n° 215), dont on,peutdéterminer la
base.
En effet, les trianglessemblablesCAE, CDB
donnentla relation

ou car

d'où
Ainsi, aprèsavoir déterminé,par une quatrième proportionnelle, la
longueurde AE, il faudra construireun triangle isocèleABE, ayant AE
pour baseet c pour longueurdes côtés égaux.
Par le sommetB du triangle isocèle, mener une parallèleà la base,
=
prendreBD b et menerdes droites EB, AD jusqu'àleur point de con-
cours.
Problème.

44. Étant donné un triangle ABC, ayant trois côtés inégaux, on


demandede menerdes droites OM, ON par un point quelconquede la
ba'se.de manièreque ces droitesOM, ON, limitées
aux deux côtés, aient pour somme une longueur(
donnée), et que,pour tout autrepoint de la base,\
les parallèlesmenéesaux dnpites OM, ON aient
constammentpour somme1.
Admettons que la questionproposéepuisseêtre
résolue,et soit OM + ON l. =
Puisque la somme doit être constantepour un
point quelconquede la base, il faut que BE, pa-
rallèle à ON, égale l; car, pour le point B, la
parallèle menée à OM est nulle. De môme CG,
menéeparallèlementà OM, doit égalerl. Nous sommesdonc conduitsà
la constructionsuivante:
Du point B, avec l pour rayon, décrire un arc qui coupe AC en E;
avec le même rayon, de C comme centre, déterminer G sur AB ;
puis, par un point quelconque0 de la base,mener des parallèlesaux
droitesBE, CG.
Il suffit de prouverque OM + ON l.=
En effet, les trianglessemblablesOGN, BCE donnent:

d'où
Les trianglessemblablesOBM, CBG donnentde même :

Parsuite,

45. Remarque.Dans les problèmes précédents,le rappel d'un seul


théorèmea conduit à la solution ; mais il n'en est pas ainsi pour la plu-
part des questions; on peut procéderalors commeil suit :
On chercheà ramenerle problème proposé à un problèmeplus simple,
puis ce secondà un troisièmeencoreplus facile à résoudre,et ainsi de
suite, jusqu'à ce que l'on parvienne à une question connue, ou du
moins à un problèmequi puisseêtre résoluimmédiatement.
Voici quelquesexemples:

Problème.
46. Décrire une circonférencetangenteà trois. circonférencesdon-
néesA, B, C.
Soienta, b, c les rayonsrespectifsde ces circonférences,et D le centro
de la circonférencedemandée.

En décrivant une circonférencedu centre D, avec le rayon AD, on


reconnaîtqu'elleseratangenteà la circonférence décrite
du centreBavec
le rayon b — a, et à celle que l'on décrirait du centre C avecle rayon
c — a; donc le problèmeest ramenéau suivant :

Problème.
• 47. Décrire une circonférencequi passepar un point A et qui soit
tangenteà deux circonférencesdonnéesBF et CG (fig. 19).
En supposantle problème résolu, menantla tangentecommuneEGF
et joignant le centrede similitude E au point A, on sait que l'on a :
EA EH = EF.EG; (G., n° 819)
.
donc, pour déterminerle point H, il suffit de faire passerune circonfé-
rence par les pointsA, F, G ; puis, le cercledemandé devant passer par
deux points connusA, H, la questionest ramenéeà la suivante:

Problème.
48. Décrire unecirconférencequi passepar deuxpointsdonnésA, II,
et qui soit tangenteà une circonférencedonnée.
Ce troisièmeproblème se ramèneà ce quatrième: faire passerune
circonférencepar trois points donnés.
49. Remarque.La marcheindiquéeestcomplètement analytique ; mais,
comme les questionssuccessivesne sont pas réciproquesles unesdes
autres,il faut étudier chacuned'elles avec soin, afin de ne pas omettre
certainessolutions. Ainsi le quatrièmeproblème, faire passerune cir-
conférencepar trois points, n'a qu'une solution;le troisième,faire pas-
ser une circonférencepar deux pointset tangenteà une autre circon-
férence,en a deux; le deuxième,faire passerune circonférencepar un
point et tangenteà deux autrescirconférences,en a quatre,et le pre-
mier, déérire une circonférencetangenteà trois autrescirconférences,
a huit solutions.
La méthode synthétiqueexpose enpremier lieu le problèmele plus
simple. Dans l'exemplecité, c'estle quatrième ; puisviendrontsuccessi-
vementle troisième,le deuxièmeet le premier.
49 a. Note. La première solution géométriquedu problème: construireun
cercle qui en touche trois autres,est due à VIÈTE; elle se trouve dansson
Apollonius Gallus : c'est la solution mêmeque nousdonnons;mais ce savant
procèdedu simple au composé,il traite des cas particuliers et termine par le
problèmegénéral, tandisque dansle mode d'expositionci-dessus,on procède
à l'inverse, afin d'amenerla questionproposéeà un problèmede plus en plus
simple : telle a été probablementla marcheque Viète lui-mêmea suivie pour
trouver la solution remarquableque nouslui devons(voir ci-aprèsla note du
n° 1463).
Le bel exemplede simplificationssuccessicesque nousvenonsde donnerse
trouve dans les Problèmesde géométrie,de ItlTT.
* FRANÇOIS VIÈTE, né en 1510 à Fontenay-le-Comte (Vendée),devint maître
des requêtes,mais cultiva les mathématiques avec beaucoupd'ardeuret de
succès.Il est le premier qui ait construit géométriquementles formules algé-
briques. Il mourut à Paris en 1(108.
GEORGES RITT, né à Toulon en 1800, mort à Paris en 1864, ancienélèvede
l'Ecole normale supérieure,inspecteurgénéral de l'instruction publique dès
1816, est surtoutconnu par son Arithmétique élémentaire et pap les recueils
de problèmes relatifsà l'Algèbre, aux élémentsde géométrieet ,à la Géométrie
analytique.
Ces divers ouvragessont remarquablespar le choix des problèmes,le mode
d'expositionet les aperçusnouveauxqu'ils contiennent.C'est dans ses Pro-
blèmesde Géométrieque nousavonspris l'idéede faire précéderles Exercices
de Géométrie d'unevéritable Méthodologie appliquéeaux théorèmeset pro- .

blèmes.
Problème.
i
80. Dansune ellipse, quelle est la distanceOL du centreà une corde
MN parallèleà AA', et dont la longueur est la moitié du grandaxe?
(Baccalauréatès sciences,Toulouse.)
1° Considéronsle cercle principal de l'ellipse. (G., n° 626.) La corde
correspondante mit égale a, rayon de ce cercle; en joignant les extré-
mités au centre, on forme un triangle équilatéral nOm. La hauteurde ce
triangleégale ^ ) (G.,
n° 316.) Or cette distanceest réduite pour la
cordede l'ellipse, dansle rapport (G., n° 636); donc la distancedu
centreà la cordede l'ellipse égale:

2° On peut arriver plus rapidementà ce résultat. Par rapport au


cercle décrit sur le petit axe, la demi-
corde est l'abscisseDE d'un point D ;
pour le petit cercle, la demi-corde corres-
=
pondantedE T,-. (G., n° 635.) Mais dc b =
est la base d'un triangle équilatéral; donc

3" Le moyen général pour traiter ces


questions,c'est d'employer l'équationde la courbe a2y2 b2x2 a2b2.
(G., n° 645.)
+
=
et
Remplaçonsx par ML ou -tj-, d'où x2 l'équation devient suc-

cessivement:

Problèmede Castillon.
81. On donnetrois pointsA, B, G, et unecirconférence;inscrire dans
cette circonférenceun triangle DEE, tel que chaquecôtépassepar un
despoints donnés.
Soit le problèmerésolu et DEF le triangle demandé.Il suffit qu'un
seul sommetsoit déterminé.Pourétabliraisémentcertainesrelationsentre
les donnéeset les Inconnues,menonsFG parallèleà BC et menonsGEH.
Les angles inscrits D, G sont égaux, donc l'angle EHB D; les
triangles BHE, BDG sont semblables,car ils ont un angle B commun
=
et un angle H égal a D ; on a par consé-
quent :
d'où
Les longueursBE et BD ne sont point
connues,mais leur produit égale le carré
de la tangenteBT ;
d'où
Ainsi le point H peut être déterminé,et
le problème proposéserait résolu, si l'on
savait déterminerun point E, tel qu'enle joignant aux points A et II, la
cordeGF fût parallèle àBC. On est donc conduità résoudrele problème
suivant(n° 52).
51
a. Note. Ce problème, proposé par CRAMER, a été résoluen 1776 parCAS-
TILI.ON, géomètreitalien (1708-1791).Le problèmeavait été résolu par PAPPUS
dansle cas particulier où les trois points A, B, C, sont en ligne droite. (Nou-
velles Annalesmathématiques', année1844,p. 464.)
* CRAMER, né à Genèveen 1704, mort à Bagnols-sur-Cèze en 1752. On lui
doit Y Introductionà l'analysedes courbesalgébriques,et les formules d'éli-
mination qui portent son nom.
* PAPPUSvivait à Alexandrievers la fin du IVe siècle de l'ère chrétienne.Ses
collections mathématiques contiennent les principalesdécouvertes faites jus-
qu'alorsen géométrie,et les recherchespersonnellesde l'auteur.On y trouve
mêmeune questionanalogueau théorèmede Guldin, et le théorèmefonda-
mental relatif au rapport anharmonique.

Problème.
82. On donne deux points A, II, une circonférenceet une droite
BC. Déterminer sur cette circonférenceun point E, tel qu'en le joi-
gnant aux deuxpoints donnésA, H, la corde FG soit parallèle àla
droite BC.'
Soit le problèmerésolu et FG parallèleà BC.
Par analogie à la question précédente,menons
FL parallèle à AH, puis la ligne LGM, et déter-
minons la positiondu point M.
Les triangles MGH, EAH sont semblables. En
effet, l'angle H est commun et l'angle M égale
l'angle E, car ces deux anglesont pour supplé-
ment le mêmeangle L.
On a donc :

d'où
Ainsi le point M est connu de position; d'ailleurs, l'angle LFG = A1IB
angle donné; donc il suffit de menerpar le point M une sécanteMGL
telle que l'angle inscrit correspondantLFG soit égal à l'angle formé par
les droitesdonnéesAH et BC.
La résolutioncomplète duproblèmede Castillon n'exige plus que la
résolutionde l'exercicetrès simple que voici :

Problème.

83. Par un point donné M, mener une sécantetelle que l'angle


inscrit LFG, qui correspondà la corde inter-
ceptéeGL, soit égaleà un angle donnéAHB.
Tous les angles inscrits égaux correspondentà
desarcségaux,et par suite à des cordes égales.
Il suffit donc de faire un angle inscrit C égal à H,
de mener une circonférence concentrique à la
premièreet taDgenteà la corde DE, puispar le
point M de menerà cette deuxièmecirconférence
une tangenteMGL. Tout angle inscrit tel que F
égaleraH.

Résumé.

84. La synthèsepermet à celui qui sait, d'ex-


poserce qu'il connaît; il est d'usagede l'employer,dansles élémentsde
géométrie,à la démonstrationdes théorèmes; mais la synthèsene peut
guèreêtre utilisée dans la résolution desproblèmes,car rien n'indique,
à priori, les constructionsà effectuer.
L'analyseest, par excellence,la méthodepour découvrir;par suite,
on en fait constammentusagedansla solution des questionsque l'on n'a
.pas encoreétudiées.

Méthodesparticulières.

88. Pour faciliter la démonstrationdes théorèmeset la résolutiondes


problèmesgraphiques,il estaproposd'indiquerplusieursméthodespar-
ticulièresqui se rapportenten réalitéà l'analyse.
La classificationdes méthodesparticulièresn'a rien d'absolu,car un
grand nombre d'exercicespourraientêtre rapportésA plusieurs de ces
méthodes.Souventaussi la démonstrationou la résolution d'une ques-
tion proposéepeut exiger l'emploi simultanéde plusieursdes procédés
spéciauxqui vont être indiqués.On ne doit jamaisperdrede vue l'obser-
vation suivante:
Il faut, danschaquecas,employerla méthodequi mènepromptement.
et le plus facilement au but, mais toujoursen conservantl'inexorable
rigueurlogiquequi est l'âmede la science.(TERQUKM , NouvellesAnnales
mathématiques, 1852, p. 4.-47.)
55 a. Note. Le journal connu sous le nom de NouvellesAnnalesmathéma-
tiques a été fondé en 1812, par MM. TERQUEM et GÉRONO.
M. TERQUEM, mort en 1862, a été successivementremplacépar MM. E. PROU-
IIET, J. BOURGET, CH. BRISSE. L'honorableet savantM. GERONO a continué
jusqu'en1887; à cette époque,il se fit remplacerpar M. E. ROUCHÉ.
Plus tard, en 1896, les NouvellesAnnalesfurent rédigéesparMM. LAISANT et
ANTOMARI. Ce dernierfut remplacépar DUPORCQ; celui-ci, à son tour, décédé
en 1903, après une courte carrière, a eu pour successeurs MM. BOURLET et
BRICARD.
Nous aurons à citer fréquemmentles NouvellesAnnales, car cet ouvrage
nous a fourni de nombreuses
et intéressantesquestionset d'utiles renseigne-
ments bibliographiques.Les renvois seront indiqués par N. A., année
page...
TERQUEM, né à Metz en 1782, mort à Paris en 1862, fut admis à l'École
Polytechniqueen 1801 ; il occupa la chaire de mathématiques transcendantes,
au lycée de Mayençe,de 1804 à 1814. A partir de cette époque, ilfut bibliothé-
caire au dépôtd'artillerie à Paris, publiadivers ouvrages,et collaboraassidû-
mentau Journalde M. GÉRONO.
* GÉRONO, né à Paris le 30 décembre 1799,décédéen1892,aprèsavoir dirigé
les Nouvelles Annalespendantplus de 45 ans et publié diversouvrages,notam-
ment des Traités de Géométrieanalytiqueet de Géométriedescriptive (voir la
Notice publiée par M. BOUCHÉ, Nouvelles Annales,1892, p. 538).
* E. PROUHET, décédéen 1867, répétiteurà l'École Polytechnique.
* J. BOURGET, décédéen 1887, recteurà Clermont-Ferrand, aprèsavoir été
recteurà Aix, directeur des études à Sainte-Barbe,et antérieurementprofes-
seur à la Faculté des sciencesde Clermont-Ferrand.
* CH. BRISSE,professeur à l'ÉcoleCentrale,répétiteurà l'École Polytechnique.
* E. ROUCHÉ, mort le 19 août 1910, à Lunel, professeurau Conservatoire
des Arts et Métiers,auteurdes Appendicessi estimés,du Traitéde Géométrie
qui porte son nom et celui de M. DE COMBEROUSSE.
* C.-A. LAISANT, répétiteurà l'École Polytechnique, directeur de l'Intermé-
diaire des Mathématiciens.
* X. ANTOMARI (1860-1902),professeurdo mathématiques spécialesau lycée
Carnot.
* E. DUPORCQ (1873-1903),ingénieurdestélégraphes.
* C. BOURLET, professeur au ConservatoiredesArts et Métiers.
* R. BRICARD, répétiteurà l'École Polytechnique.
II

LIEUX GÉOMÉTRIQUES

§ I. — Recherchedes lieux géométriques.


56.Définition. On appelle lieu géométrique l'ensemble despoints qui
jouissentd'une môme propriété.
Les Éléments de géométrieindiquent un assezgrandnombrede lieux
géométriques; ainsi :
La perpendiculaireélevéeau milieu d'une droiteest le lieu despoints
équidislantsdes extrémitésde celte droite. (G., n° 42.)
La bissectriced'un angle est le lieu desjjoints équidislantsdes deux
côtésde cet angle. (G.,n° 66.)
On connaîtaussi le lieu des points distantsd'une longueur donnée
d'une droiteou d'unecirconférence.(G., nos 84, 115, 2°.)
Le lieu des points distantsd'une longueurdonnéed'un plan ou d'une
sphère,est un plan parallèleau premier ou une sphèreconcentriqueà la
sphèreproposée.
57. Détermination du lieu. Pour reconnaîtrela nature du lieu des
points qui jouissent d'une propriété donnée, et pour reconnaître la
position de ce lieu par rapport aux grandeursconnues,on considère
quelquespoints spéciauxdu lieu et l'on cherche quelleest la ligne qui
peut passerparlespoints ainsi trouvés,puis on suit un des deux modes
ci-après.
Premiermode.1° On démontreque tousles pointsde la ligne jouissent
de la propriétéénoncée.
2" On prouve quetout point pris hors de la ligne considéréen'a pasla
propriété demandée. '
Secondmode. 1° On démontre qu'unpoint quelconque,jouissantde la
propriétévoulue, se trouve sur la ligne.
2» On prouve que toute la ligne appartientau lieu, ou on reconnaît
quelle est la partie de cette ligne qui appartient réellement
à ce lieu.
Remarques.1° A causede l'importancede la déterminationdes lieux-
géométriqueset des difficultésque présentel'application desconsidéra-
tions généralesci-dessus,nous allons traiter quelquesexemplesavec
tous les détails nécessaires.
2° La doctrine des lieux géométriques,de même que l'analyse,est
attribuéeà Platon. (Aperçu historique,page 5.)
Problème.
y8. Par chaquepoint d'unecirconférence,on mènedes droitesparal-
lèles sur lesquelleson prendune longueur constante1 ; quel est le lieu
des points ainsi obtenus?
Soit CN égaleet parallèleà BM.
Par le centre A menonsune parallèle AO
égaleà l.
La figure ABMO est un parallélogramme
comme ayant deux côtés opposéségaux et
parallèles; donc

De même
Le lieu est donc une circonférenceégaleà la première.
59.Remarques.1° En appliquantles conditionsde l'énoncéci-dessus
à une figure quelconque,on obtiendraitaussiune figure égale.
La démonstrationgénéraleest la suivante.
Les droites BD et ME sont égaleset parallèles,car BM et DE sont
égaleset parallèles,et de mêmeDC et EN sont égaleset parallèles,et les
anglesBDG, MEN sont égauxcommeayant les côtés parallèleset de même
sens.
Ainsi les figures BDCF, MENG sont égalescommeayant les côtés res-
pectivementégauxet les angleségaux.
Les figures courbessont égalescomme limites de polygoneségaux.
2" Dans les applications,on peut considérer lafigure MENG comme
ayant été obtenuepar le déplacementde la figure BDCF, dont tous les
sommetsont glissé sur des parallèles.Ainsi on peut dire que la figure
MENG a été obtenueà l'aide de BDCF, en employantun déplacementou
une translation,tous les pointsglissantsur desdroites parallèles.
Problème.
(10. Quel est le lieu despoints dont le rapport des distancesà deux
droites égaleun rapportdonné
SoientOX, OY les droitesdonnées.
Le point U appartientau lieu; soit A un
point tel qu'on ait :

La droite. AO est le lieu demandé,car


pour tout autrepoint A', on aura:

La droite OB appartientaussiau lieu, car on peut avoir :


Problème.

01. Quel est le lieu géométriquedes points dont les distancesà deux
points donnés A et B sont
dans un rapport constant
m 9
n
Sur la droite AB et sur
son prolongement, détermi-
nons les points M et N tels
qu'on ait :

(G., n° 307.)
Ces deux points M et N appartiennentau lieu demande.
Pour un autrepoint quelconqueC du lieu, on a par hypothèse:

donc

' Mais la bissectricede l'angle ACB et celle de l'angle supplémentaire


BCD donneraient,sur la base,deux points dont le rapport des distances

aux points A et B égalerait -çg- ou donc les droitesCM et CN


sont elles-mêmes lesbissectricescherchées.
Les bissectricesde deux anglessupplémentaires sont perpendiculaires
l'une à l'autre; donc l'angleMCN est droit, et le point C appartientà la
circonférencedécritesur le diamètreMN.
On prouve ensuiteque tout point de la circonférenceappartientau
lieu. (G., n° 307, 2°.)

62. Note. 1° En tenantcomptedes signes,on écrit :

Lesquatrepoints A, B, M, N, formentunedivision harmonique.Dansla Géo-


métrie récentedu triangle(n°s 22(52 et suivants),on écrit de préférence:

afin que le rapportqui correspondau point compris entreM et N soit positif.


2° Le lieu des points dontle rapport des distancesà un point et à une droite
est constantest une conique.
On obtient une ellipse pour (G., n° 846.)

— une parabolepour (G., n° 848.)

— une hyperbolepour (G., n° 850.)


Problème.

63. On joint les divers points M d'une droite à un point donné0,


et l'on prendsur chuque ligneainsi menéeune distanceON, telle que
Quel est le lieu des
pointsN?
Soient N et N' deux points du
lieu.
Les trianglesMOM', NON' sont
semblables, comme ayant un
angle égal compris entre côtés
homologues,proportionnels,car

donc les droitesMM' et NN' sont parallèles.


64. Remarque,Le point O (fig. 27) est le centre de similitude directe.
Le point O (fig. 28) est le centrede similitude inverse.(G., nos 305 et
813.)
Problème.

On joint les divers points M d'une circonférenceà un point


615.
donné0, et l'on prend sur chaqueligne ainsi menéeune distanceON,
telle que égale un rapport donné Quêl est le lieu des
points N?
Soit'N un point quelconque dulieu.
Sur la ligne AO prenons une longueur OB, telle
qu'on ait :

Les triangles AOM, BON sont semblablescomme


ayantun angleégal compris entre côtés proportionnels;
donc

d'où quantité constante.

Donc lo.lieu des points N est une circonférencedécrite du point B


w n pourrayon.
. —
comme centre avec AM
»

66. Remarques.1° Quand lepoint 0 est entre M et N, la similitude est


inverse; elle est directe dansle cas contraire.
2° Le théorèmes'appliqueà une figure quelconque; le lieu des pointsN
est une figure semblableà la première.
Problème.
67. Par un point donné0, l'on mène une droite quelconque;elle
rencontreune droite donnéeAB en un point N, et l'on prend sur la
sécanteune longueurOM telle que le produit OM ON ait une valeur
.
constantek*. Quel est le lieu du point M?

k2.
Le lieu est évidemmentsymétriquepar
rapport à la perpendiculaireOB, abaissée
du point 0 sur la droite donnée; détermi-
nons doncle point D tel que l'on ait :
OB OD =
.
Soit M un point quelconquedu lieu; on
aura: OM ON = lfl.
.
Les produitségaux OB OD et OM ON
. .
donnent:
Donc les triangles OBN, OMD sont semblables,car ils ont un angle
égal compris entre côtés homologues proportionnels;donc l'angleM est
droit, car il égale B. Ainsi tout point M du lieu appartientà la circonfé-
rencedécrite sur le diamètreOD.
68. Remarques.1° Il serait facile de prouver quetous les points dela
circonférenceappartiennentau lieu.
2° En donnantun point 0 sur une circonférenceayant OD pour dia-
mètre,et déterminantON' par la relation
=
OM. ON' k2
le lieu despoints N' est la perpendiculaireN'B', menéeau diamètre par
un point B', tel qu'on ait:
=
OB'. OD k 2. (G., n° 825.)
3° Lorsquele point 0 n'est pas sur la circonférence des points M, le
=
lieu des pointsN', tels que OM ON' k2, est unesecondecirconférence;
les deux courbesont le point 0. pour centrede similitude. (G., n° 828.)
Problème.
60. Quel est le lieu despoints dontla sommedes carrésdes dislances
à deux pointsdonnéségaleun carrédonnék2'?
SoientA, B les points donnés,G un point du
lieu tel quel'on ait:
+ BC2
A C2
Puisqu'ona la somme
=
des carrésde deux côtés
du triangle ABG, on est conduit à appliquer le
théorèmedu carré de la médiane. (G., n° 254.)
Joignonsdonc le point G au point milieu O de lu
base; on aura:

donc
Ainsi CO est une longueurconstante.
Le lieu est donc la circonférencedécrite du point milieu 0 comme
centre,avec OG pour rayon.
70. Remarques,1° Toute la circonférenceappartientau lieu.
2° Pour déterminerle rayon, on peut élever une perpendiculaireau
point 0 sur AB (fig. 31), et du point A comme centre, avec un rayon
égal au côté du carré équivalentà Ja moitié de k-, couper la perpendicu-
laire au point D.
3° Il faut que k- égaleau moins 2A02 ou

Problème.
71. Quel est le lieu des points dont la di/Jérencedes carrés des dis-
lancesà deux points donnés égaleun carrédonnék-?
Soit : AC - 2
BG2
=
k2.
Puisqu'il s'agit de la différencedes carrés des
deux côtésd'un triangle, on est conduit à étudier
les projectionsde cescôtéssur AB. (G., n° 255, 2°.)
Abaissonsdonc la perpendiculaireCD; on a:
A G- = AD- -f CD ;
2 BC2 = BD2-j- CD2;
d'où AC2
— BC2 = AD2 — BD2.
.

Ainsi, quel que soit le point du lieu, la diffé-


rence AD2—-BD2 ne varie point, elle égalek^; donc le point D est déter-
miné, et la perpendiculaireCD appartientau lieu demandé.
Le lieu complet comprendencorela perpendiculaireCD' telle que

Remarques. 1° Les doux perpendiculairessont équidistantesdu mi-


lieu 0.
2° La différencepeut varier de zéro à -)- oc.
Lorsqu'elle est nulle, les deux droites DG, D'C se réduisentà une
seuleperpendiculaireau milieu de AB au point 0.

Problème.

72. Quel est le lieu des points dont la sommedes carrésdes distances
à deux droites rectangulairesest égale à un
carrédonnéa2?
Soit:
On a:
OB étant une longueur constante,le lieu
du point B est la circonférencedécrite du
centre0 aveca pour rayon.
73. Remarques.1° Pour la différence des
carrésou B'D'2 — B'C'2 a2, le lieu est une
=
hyperbole équilatère =
ayantAA' 2« pour axe transverse.(G., n° 676.)
2° Lorsque lesaxes nesont pas rectangulaires,le premier lieu est une
ellipse et le secondune hyberboleà axesinégaux.
3° Le lieu des points dont la somme ou la différence des carrésdes
distancesà un point et à unedroite est constante,çst aussiune conique.

Problème.

74. Quel est le lieu des points dont la somme des distancesà deux
droitesconcouranteségaleune longueurdonnée1?
Soient deux droites concourantesBX,
BY.
Sur chacunede ces droites il y a un
des points du lieu; pour BY c'est un
point C tel que la hauteur CH = l, car
là distance dumôme point C à la droite
BY est nulle.
Pour déterminer C, on prend une per-
pendiculaire M'L' égale à la longueur
donnéel, et l'on mène une parallèle L'L.
On déterminede mêmeun point A tel
que AG — l.
=
Il suffit d'ailleursde prendre BA BC,
car le triangleABC est isocèle commeayant deux hauteurségales,
•1» On est donc conduit à regarder hypothétiquement la droite AC
commeétant le lieu demandé.
En effet, pour tout autrepoint 0 de la baseon a (n° 20) :
OM + ON = ML= l,
2° Il resteà examinersi tobs les points de la ligne déterminéepar les
points A et C appartiennentau lieu.
Or, pour tout point 0' pris sur le prolongementde la haseAC. du tri-
angle isocèle,on a:
Ainsi l'on doit regarderune des perpendiculairescommeétant négative
ou modifier l'énoncé,car les pointssituéssur le prolongementde la base
appartiennentau lieu des points dont la différence des distancesaux
droitesdonnéeségale l.
^

Extension.Mais les droitesBX. BY sont illimitées ; il y a donc lieu de


considérerles quatre angles que ces droites forment en se coupant
(fig. 35). On trouve ainsi la solution complètequi suit.

71».Théorème.Le lieu despoints dontla sommedes distancesà deux


droitesconcourantesest égaleà 1, est formépar le périmètred'un rec-
tangleAGDK; et le lieu des points dont la différence des distancesest
égale« 1, est formépar lesprolongement» desquatrecôté»de ce rectangle.

Figures complémentaires.On nomme figures complémentairesles


figuresqui répondentaux mêmesdonnéeset à la mâmequestion,maisavec
un changementde signe dans la relation:elles
constituent l'ensemblecomplet d'un lieu géo-
métrique. Ainsi le rectangle ACIIE, qui cor-
respondà .une somme (n° 75), et les prolon-
gements des côtés de ce même rectangle,qui
correspondentà une différence,sont des figures
complémentaires.Il en est de môme du cercle
et de l'hyperbole(n° 72).
Remarque.Le lieu des points dont la somme
ou la différence des distances àdeux points
donnés égale une longueur donnée 2a, est
une ellipse ou une hyperbole. (G., nos 618
et 653.)
Note. Le mot complémentaireest employé dans la Géométrierécentedu
triangle, dans un sens différent, mais ici nous prenonsle terme même dej
l'ONCELET, avec le sensqu'il y attachait.

Problème.
70. Quel est le lieu des points dontla somme oula différence des dis-
tancesà une droite et à un point donnésest constante?
Soient F le point et-BC la droite donnée.
SoientM, M1... despoints du lieu; on a donc:
MF + MN= l.
Pour ajouter les deux droités, il suffit de
prendreMP égal à MF, M'P' égal à M'F;
donc =
PN = P'N' l.
Le lieu des points P est une droite parallèle
à BC; et les points M, M', étant équidistants
d'un point F et d'une droite DP, appartiennent
à une paraboleayant F pour foyer et DP pour di-
rectrice. (G., n° 681.)
Les points de-la parabole compris à droite de I1C
correspondent à la différence;
car =
FI 1K,
et FI — IJ JK = l.
=
77. Remarques.1° Lorsquel est < FE, tous les pointsde la parabole
correspondentà une différence; la courbe ne coupe point la droite
donnée.
2° Si l'on retranchaitle rayon vecteur de la distancedu point consi-
déré à la droite donnée,la directrice se trouverait entre la droite et le
point donnés.
Problème.
Quel est le lieu des points dont le produit des distancesà deux
711.
axesrectangulaireségaleun carrédonnék1?
Soit; MP MN
. —
Le lieu est une hyperbole équilatère rapportée à ses asymptotes.
(G., n° 678.)
Tous les rectanglestels que ceux q ui
ont pour sommetsles points M, M' sont
équivalentsentreeux.
La tangente DE, à la courbe, est
divisée en deux parties égales par le
point de contact(voir n° 175, ci-après);
par suite, le triangle DOE, double du
rectangle OPMN, est équivalent au
triangle D'OE'.
79. Note. 1° Lorsque les droites OX, OY
ne sont pas rectangulaires, le lieu despoints
dont le produitdesdistancesaux deuxdroites
estconstantest une hyperboleà axesinégaux.
2° En géométrieélémentaire,il n'y a point à s'occuperdu lieu despoints
dont le produit des distancesà un point et à une droite est constant,car ta
courbeest du quatrièmedegré.
3° Le lieu des pointsdont le produit des distances à deux points donnésest
constantest du quatrièmedegré; il est connu sousle nom de courbe cassi-
nienne et comprendplusieurs variétés,entre autres l'ovale de Cassiniet la
lemniscatede Bernoulli.
Pour l'étude de ce lieu géométrique,on peut consulterdivers Traités de
Géométrieanalytique: BRIOT, n° 339 ; SONNET et FRONTEIU, n° 20; PRUVOST,
n» 175, exempleIt; M. G. DE LONGCIIAMPS, n<» 27-29. On peut aussi voir nos
Exercicesde Géométrie'descriptive, 4e édition, n05 934 à 940.
Les CASSINI ont été surtout astronomes,et ont travaillé de père en fils,
pendantquatre générations,soit au tracé de la méridienne,soit à celui de la
grandecarte de France,commencéen 1744 et terminéeen 1793.
* Les BEr.NOULLr, voir ci-après,n° 770, note.

Problème.

80. Quel est le lieu des points milieux des cordesmenuesà une cir-
conférencepur un mêmepoint A ?
1" Le lion doit passer par le centre O,
milieu du diamètre,et par le point A, car
ce point est le milieu de la corde GH, per-
pendiculaire au diamètre LK; d'ailleurs le
lieu estsymétriquepar rapportà AO.
2° Pour le point milieu D d'unecorde quel-
conque CB, on sait que la droite OD est
perpendiculaire à la corde BC, ; donc lo
point D, sommet de l'angle droit ADO, ap-
partient à la circonférencedécrite sur AO,
commediamètre.
3" Lorsque le point A est intérieur(fig. 38), toute la circonférenceAO
appartientévidemmentau lieu; mais il n'en est pas de mêmesi lo point
14 est extérieur (fig. 39).
Lorsqu'onse placeau point de vue de la géométrieélémentaireet des
constructionsultérieures qu'onpourrait avoir à effectuer,l'arc MDON,
limité aux tangentesAM, AN, ap-
partient seul au lieu, puisque, en
dehorsde ces tangentes,il n'y a pas
de droite menéepar le point A qui
puisserencontrerla circonférence0.
Néanmoins,afin de serendrecompte
de la présencede l'arc MAN comme
lieu, il suffit de remarquerque l'angle
ADO est droit et de poserla question
commeil suit:
Quel est le lieu géométriquedu
sommetde l'angledroit d'un trianglerectangle dontAO est l'hypoténuse?
Car, dans ce cas, le point E appartient évidemmentau lieu; mais il
y a une maniéré plus generalede se
rendrecomptede la présencede l'arc
MAN.

81. Note. L'équationdu cerclerapportée


à deux axesrectangulaires menésparson
centreest:
x2 + y2 = r2. (G., n° 646.)
L'équation d'une sécante quelconque
menéepar le point A est de la forme
y = ax '+ b.
b est une longueurconstante,a un coefficient angulairevariablepour carac-
tériserla position de la droite par rapportà AO.
En éliminant y, on trouve l'équation du seconddegré

ou
Les deux valeursde x correspondent aux abscissesAG, Ail des deux points
d intersection; la demi-sommede ces lignes est l'abscisseAP du point milieu
de la corde; de même que CP est la demi-sommedes ordonnéesBH et DG.
Or, on sait que la sommedes racineségale le coefficient dex, pris en signe
contraire; donc l'abscisse
AP du point milieu est toujours réelle,mêmelorsque
les rapinessont imaginaires,c'est-à-direlorsquela sécantene rencontrepas la
circonférence.11 en est de même de l'ordonnée; dans ce cas, on dit que les
points de rencontresont imaginaires.Ainsi:
Une sécante quelconque menéepar le point A rencontrela circonférenceen
deux points réels ou imaginaires,mais le point milieu de la distancedes
deux points d'intersectionest toujours réel et appartientau lieu.
On peut consulterles Élémentsd'algèbre,F. I.-C., ou le Cours d'algèbre,
E. G.-M.

Problème.
On donneune circonférenceet un diamètrefixe AU. D'un point
112.
quelconqueC, pris sur le prolongement dudiamètre,on mèneune tan-
genteC.T, puis la bissectricede l'ilngle ACT ; quel est le lieu du piedde
la perpendiculaireabaisséedu centre sur la bissectrice?(Énoncé de
BLANCHET.)

1°Étudionsles positionsparticulièresde la tangente.


Pour la tangenteau point 1), la bissectriceest parallèle à la tangente
et au diamètreAB; elle passepar le point milieu E de OD.
La tangenteau point B donneune bissectriceBD qui coupe le diamètre
sousun angle de45°. La perpendiculaire OG détermineun triangle OGB,
rectangleisocèle;
donc
Les quatre points G, G', G'', G'" sont les sommetsd'un carré ayant
le point 0 pour centre. Le côté GG passepar le point E déjà déterminé.
1

2° Pour une tangentequelconqueCT, le point M est la projectiondu


centre sur la bissectriceCM. Prouvons que le point M appartientà la
droite GEG'.
Menonsle rayon NM do la circonférenceOTC qui déterminele point
de contact;soit H le point où ce rayon coupela corde OT;

on a:
Or lestrianglesrectanglesOMP, OMH sontégauxcommeayantl'hypo-
ténusecommuneet l'angle MON OMN. =
Donc

83. Remarque.Le lieu complet,pour le diamètrefixe AB, se composo


de deux parallèlesillimitées. Les segmentsGG', G"G'" correspondent à la
bissectrice IJ de l'angle aiguque la tangente fait avec le diamètre,
tandisque les prolongements correspondent à la bissectriceIK de l'angle
obtus.
83 a. Note. Le problèmea été proposédansla Géométriede Legendre,revue
par A. BLANCHET, ancien directeurdes étudesà Sainte-Barbe.
Les théorèmes,lieux géométriqueset problèmesproposésdanscet ouvrage,
ont intéresséde nombreuxélèves. La solutionde toutesces questionsest con-
tenue dansun ouvragepublié en 1870. *
Applications de Blanchet,par M. NEEL, ancien élève de l'École militaire
belyo.
Problème.

84. Deux côtésopposésAH cl CD d'un quadrilatèresont donnés : ils


se coupent en un point 0. Un des
côtésAB estfixe, l'autre CD tourne
autour du point 0. Quel est le lieu
du point M où se coupent les deux
autrescôtés AC, BD, et le lieu du
point d'intersectionM' des diago-
nalesAD, BC ?
Par le point M menons MN pa-
rallèle à OCD, et cherchonsla re-
lation qui existeentre AN, NM et les
longueurs données.
Soient OA = a ; OB = b ;
AB=b — a=l; = c; OD = d.
ÔG
Les trianglessemblablesNBM, OBD, puis NAM, OAC donnent :

d'où

mais donc

d'où

quantitéconstante;

puis, de on tire : quantité constante.


Donc le lieu du point M est une circonférence dontle centreN est
sur OAB.
Le lieu de M1 est la circonférencedont N' est le centre et N'M' le
rayon.
L'ensembledes deux circonférences,ayantpour centresrespectifsN
et N', constituele lieu complet.
85. Lieu composé. Le lieu géométriquedemandépeut être formé par
plusieurslignesd'espèces différentes : par exemple, d'unedroite et d'un
cercle,ou bien d'un cercle et d'une hyperbole. Dans ce cas, l'étude en
est plus difficile, car on est exposéà omettrequelquepartie du lieu.
Cette particularité s'est présentéedans un problème de concours
(n» 86); mais avant de l'examiner, nous étudieronsun cas très simple
de la mêmequestion(n° 85 b). Traitonsd'abordd'un lieu composéd'une
droite et d'un cercle.
Problème.
Ciî a. Du sommet. A (l'un triangle isocèle BAC, on décrit un cercle
quelconque,(le 13 et C on mène des tangentesau cercle variable de

centreA ; quel est le lien des points de concours des tangentesainsi


menées?
Les tangentesse coupenten quatrepoints E, F, I, J.
.
1° Le lieu des points E, F est évidemmentla droite EAF perpendicu-
laire à la baseBG.'
2° Le lieu des points I, J est le cercle circonscrit au triangle BAC.
En effet, si l'on mène les rayons de contact AM, AN, on reconnaîtque
les triangles rectanglesAMB, ANC sont égaux; donc ABM égale ACN,
=
l'angle BIC BAC, et le point I appartientau cercleBAC.
Remarque.Ainsi le lieu complet desquatrepointsde concourssecom-
posede deux partiesdistinctes: d'une droiteAli et d'un cercle ABC.

Problème.

03 b. On donneune droite XX' et deux perpendiculairesY Y', ZZ' à la


première.D'un point M on abaisse
des perpendiculairesMP, MQ,
MR sur ces droites. Quel est le
lieu du point M lorsque MP est
moyenne proportionnelle entre
MQ et MR?
1° Soit
MP2 = MQ. MR.
On a donc :
MP2 =
PA PA';
.
donc le lieu du point M est la
circonférencedécritesur AA' pris
pour diamètre.
2» Mais on peut avoir aussi:
M'P'2 = M'Q'. M'R' ou M'P'2 =P'A P'A'.
.
Or, si l'on représentel'ordonnéeM'P7 par y, la distanceOP' par x et le
rayon du cercle par a, on a :
?/2 = =
(x — a) (x~-f a) x- — a- (G., n» C7G c),
équation d'une hyperbole équilatère, ayant AA' pour axe transverse:
ainsi le lieu complet se composed'un cercle et d'une hyperboleéquila-
tère facile à déterminer.
Remarque.La circonférenceet l'hyperbolesont des courbescomplé-
mentaires,dansle sensindiqué par PONCELET (n° 75).

Problème.
86. Un triangle isocèleest donné; on demandele lieu des points tels
que la distancede chacun d'eux à la base du triangle soit moyenne
proportionnelleentre les distancesdu même point aux deux autres
côtés. (Concours des lycées, 1865 ; cours de logique, section scienti-
fique.)
On reconnaîtimmédiatementque le centre0 du cercle inscrit et les
centresII, I, J descerclesexinscrits appartiennent au lieu demandé,car
chacun d'euxest équidistantdes trois côtés.
Les points A et B appartiennentaussiau lieu. En effet, la distancede
chacunde ces points à la baseet à l'un des côtésest nulle, ce qui suffit
pourannulerle carreet le produit.
Les six pointsainsi trouvés di-
rectementne peuventévidemment
appartenirni à une mêmedroite,
ni à une mêmecirconférence; les
meilleurs élèves ont été arrêtés
par cette considération, tandis
que ceux qui n'avaient songé
qu'aux points A, O, B, H, ont
donné pour réponseune circon-
férence,et telle était bien la solu-
tion demandée.
C'est aussi la seule solution
qu'indiqueun ouvrage,d'ailleurs
remarquableà bien despointsde
vue (Voir noteci-après,n° 86 a).
Mais le lieu complet comprend
lesdeuxpartiesindiquéesci-après:
4" La circonférencetangenteaux deux côtés en A et B ; celte courbe
passepar les centresII et 0. On sait que tous les points de cette circon-
lérence appartiennent au lieu (n° 25).
La géométrieanalytiquedonneen outre, commesolution :
'> Une hyperboleJA J', IBI', tangenteaux côtésen A et II, et par suite
tangenteà la premièrepartie du lieu. Cette seconde courbe contient les
centres I et J des cercles exinscrits aux côtés égaux du triangle
isocèle.
86 a. Note. 1° La première partiede la solution se trouve dans l'ouvrage sui-
vant : Théorèmeset problèmesde G contétrie élémentaire, par CATALAN,
G'- édition, 1879, problèmeXLI, page 243.
La premièreédition a pour titre : Théorèmes.etc., par H.-CH. DE LAFRÉ-
MOIRE, ancienélève de l'École Polytechnique,répétiteurde mathématiques au
collège Louis-le-Grand.— TERQUEM a rendu comptede cet ouvrage(N. A. 1843,
p.-515); puis on a : Théorèmes,etc., par H.-CH. DE LAFRÉMOIRE.Secondeédi-
tion, entièrementrevue et corrigée par E. CATALAN, docteurès sciences,etc.
— E. PROUHET en a fait le compte rendu (N. A. 1852, p. 113).
Enfin l'on
arrive au titre ci-dessus: Théorèmes,etc., par EUGÈNE CATALAN.
2° Nous donnons quelques autres exemplesde lieux composés(nos 1407 o
et 2166 a), parceque la plupart des recueils élémentairesn'en donnentpas, et
qu'il est utile de prévenir les débutantsdes cas exceptionnels quipeuvent se
présenterdans les examens.
Une remarqueanaloguepeut être faite pour les étudesplus élevées(Voir ci-
après,n° 2166 c).
* EUGÈNE CATALAN (1814-1894), professeurémérite à l'Université de Liège,
auteur de plusieursouvragesestimés: Manuel du candidatà l'Ecole Polg-
technique,Élémentsde géométrie,Théorèmeset problèmesde géométrieélé-
mentaire.— Nouvelle correspondancemathématique,de 1874-75à 1880; on
lui doit de nombreuxet savantsmémoiresmathématiques. On peut lire à son
sujet le Discourssur les travaux mathématiquesde M. E. C. Catalan, par
M. MANSION, professeurà l'Université de Gand,membrede l'Académie royale
de Belgique(Mathesis,1885).
§ II. —
Emploi des lieux géométriques.
8T. Lieux'à employer.Les principaux lieux géométriquesà utiliser
dansla recherchedes problèmessont les suivants:
(a) Lieu des pointsdont la somme oula différencedes distances à deux
droites données égaleune longueurdonhée;
(b) Lieu despoints dont les distancesà deux droitessont dansun rap-
port donné;
(o) Lieu des points dont les distancesà deux points donnéssont dans
un rapportdonné;
(d) Lieu des pointsoù les droites menéesd'un point à une droite ou à
circonférence diviséesdans donné ÎH
une sont »
un rapport —;
(e) Lieu des pointsN où une droite OM, menéed'un point O, à une
droite ou à une circonférence,est divisée en deux partiestelles que le
x
produit OM ON est constant;
(f) Lieu des points dont la sommeou la différencedes carrésdes dis-
tancesà deux points donnéségale une. valeur donnée.
88. Détermination d'un point. Dans la plupart descas, la résolution
d'un problèmegraphique revientà déterminerla position d'un point.
Or, en ne tenantpascompted'une des données de la questionproposée,
on trouve une. ligne, contenantle point cherché;puis, en prenantla con-
dition négligée, maisen faisant abstractiond'uneautredonnée,on obtient
encoreune ligne à laquelle appartientle point à déterminer; donc l'in-
tersection desdeux lieux géométriquesdoçnele point demandé.
Emploi d'un seul lieu géométrique.
88. La déterminationd'un point n'exige parfoisquela constructiond'un
seul lieu ; cette circonstancese présentelorsque le point doit appartenir
à une ligne donnée. Envoici quelquesexemples.
Problème.
00. Sur une ligne AB, déterminerun point L tel que ses distances
LM, LN à deux droites OX, OY, soient dans
un rapportdonné
Il faut détermienr le lieu OZ des points
dont les distancesEF, EG sont dans le rap-
port donné(n° 60).
Remarque.Pour la construction,on peut
m, OD = n et menerles pa-
prendre OC =

rallèles CE, DE, car on a :

Problème.
91. Sur un ligne AB déterminerun point L Ici qu'enle joignantaux
extrémités de deux segmentsm et n, les
trianglesobtenussoient équivalents.
On détermine le lieu OLE des points
dont le rapport des distances à PM, QN
soit inverse des longueurs m, n de ces
segments.
Pour cela sur OC, perpendiculaireà PM,
on prend n' n ; sur OD, perpendiculaire
=
à QN, on prend m' m, et l'on mèneles
=
parallèlesCE, DE; les triangles.LMP, LNQ
sont équivalents.

Problème.
02. On donneun point sur une circonférenceainsi qu'unecorde;par
le point, menerune secondecorde qui soit diviséeen deuxpartieségales
par la première.
1re Solution. Soient A le point donnéet BG
la corde donnée.
Si ADE est la corde demandée,le point D
doit se trouversur BC et sur le lieu despoints
milieux des cordesmenées par le point A
(n» 80). Il suffit donc de décrire une circonfé-
rencesur le diamètreAO.
Les points D et û' déterminentles cordes
demandées.
2e Solution. Le point E doit se trouver sur
la circonférence donnée et sur le lieu, tel que
toute ligne menéepar le point A se trouve divisée en deux partieségales
par BG.
Donc, sur une ligne droite quelconqueAIJ, il suffit de prendreIJ = Al
et de menerune parallèleEE' à BC.

93. Remarques.10 Lorsqu'unesolution dépendde l'intersection d'une


droite et d'un cercle, il peuty avoir deux réponses,uneseule,ou aucune.
Nous nous dispenseronsparfois de répétercette observation.
2° La secondesolution peut être employéemême lorsque la circonfé-
renceest remplacéepar une courbequelconque.
La question proposéen'est qu'un cas particulier de l'exercice sui-
vant. %

Problème.

94. On donneun point 0 et deux droites quelconques; par le point


donné, mener une sécante MQN limitée aux deux lignes données,
et telle que les segmentsinterceptésOM, ON soient dans un rapport
donné ~.
Soient lesdroitesXY, XZ et MON divisée dansle rapportvoulu.
Le point N doit appartenirà XZ et
au lieu des points tels que toute
droite menéepar le point 0 se trouve
divisée dans lerapport Il faut
donc construire ce lieu. Pour cela,
menonsune droite quelconqueA OR;
prenons et par le point B
menonsune parallèleà XY.
On aura:

98. Remarque.Pour une droite XY et unecirconférence,le mêmelieu


donne :

Tour une droite et une courbequelconque,on procèdecommeci-des-


sus; pour une circonférenceet unecourbequelconque,on procèdecoinmo
ci-après(n° 96).

Problème.

96. Même question(n» 94), mais on donnedeux circonférences.


SoieiA les circonférencesayant respectivementpour centres les
points A et B.

Il faut trouver le lieu des pointstels que -- ™.


On a vu (n° 65) que ce lieu est une circonférencede centreC, telle que
le point donne O soit le centre de similitude
des circonférencesA et C; donc sur la droite AO
prenons:

puis un rayon c, tel qu'on ait :

Les droites MN et M'N' répondentà la question,


car on a :

Problème.
!)". Par an point 0, donné dansun angle YXZ, mener une sécante
MON, telle que le produit OM ON ait une valeur donnéek5.
.
Il suffit, comme précédemment,de déterminerdirectement une des
extrémités de la secante,N par exemple.
Or le point N doit se trouver sur XZ et sur
le lieu despoints tels que
OM ON
. = k' 2.

Or, pour déterminer ce dernier lieu


(n» 67), il faut abaisserla perpendiculaire
OA, prendreOB tel que OB OA k 2, et
sur OB comme diamètre .
décrire
=
une circon-
férence. Lès points d'intersectionN et N'
avec XZ répondentà la question.
98. Remarque.Une des droites peut être
remplacéepar une circonférence,ou par
une courbe quelconque.
On peutdonnerdeux circonférences,ou bien une circonférenceet une
courbe quelconque.
Problème.
00. Par un pointde l'hypoténused'un triangle rectangle,mener
des parallèles aux côtés de l'angle
droit, de manière que le rectangle
obtenu réalise certainesconditions im-
jiosées.
(a) Le périmètre du rectangle doit
égalerune longueurdonnée2p.
Soient ABC, le triangle rectangle
donné; AI'MN un rectangle tel que le
demi-périmètre
MN + MP = p (fig. 52).
Le point M doit appartenirau côté BU et au lieu des pointsdont'la
des distancesaux droitesrectangulaires AB, AC égale p (n° 75) ;
somme
=
donc il suffit de prendre AD AE = p et de menerDME.
On doit avoir : AB < p < AC.
(b) La différence de deux côtés ad-
jacents du rectangle doitégaler une
longueurdonnée d.
Il faut employer le lieu des points
dont la différence des distanceségale
une ligne donnée(n° 75), et prendre:
AD = =
AE d (fig. 53).
Le point M étant sur lé prolonge-
ment de la base DE du triangle iso-
cèle ADE, on a :
MN — MP = d.
Remarques.1° E'M' donne une secondesolution : M'P' — M'N' d. =
2" La différencepeut être nulle ; on obtient alors le carré inscrit; la
ligne AO, à 45», correspondà ce cas.
Il y a deux solutionslorsqued est moindreque le plus petit descôtés.
Une seulepour AB<d<AC.
Aucune pour d > AC.
(c) Le rapport des côtésdu rectangledoit égaler
Ou bien : le rectangledoit être semblable
à un rectangledonné.
Le point M doit appartenirau lieu des
points dont le rapport des distancesaux
côtés AB et AC égale —
n .
Pour construire ce lieu (fig. 54), il faut
déterminer un point M1 dont, les 'dis-
tances soient dans le rapport voulu. Pour
AP'
cela, il suffit de prendre
, <•/ = yyi
et de
menerdes parallèlesP'M', N'M' ou biende construireun rectangleAP'M'N'
égal au rectangledonné.
11 y a deux solutions, car on peut disposerle rectangleAP'M'N' de
manièreque la petite basesoit sur AC.
(d) La somme des carrésdes côtés adjacentsdu rectangledoit égaler
un carrédonnék2.
Du point A comme centre, avec une longueurAK = k, on décrit un
arc de cercle(fig. 54).
Il peut y avoir deux solutions,une seule,ou aucune.
(e) Dans un triangle rectangleisocèle,inscrire un rectangledont la
surfacesoit équivalenteù un carré donnék3.
Il faudrait chercherl'intersectionde l'hypoténuse BC (fig. 55) et do l'hy-
perboleéquilatère,lieu despoints M de produit constant(n° 78); mais,
lhyperbolene pouvantêtre tracéepar des pro-
cédésgéométriques,il faut recourirà d'autres
constructions.
Le rectangleseradéterminélorsquele point
I' seraconnu.
Or le triangle étant isocèle, la sommedes
côtés MP, MN est constante; elle égaleAC
(n° 74). Or tous les rectanglesqui ont AC pour
sommedescôtés,ont pour surfacele carrédes
diverses ordonnéestelles que PE, du demi-
cercle AEG décrit sur AC comme diamètre
(G., n° 256) ; donc il faut prendre AD — k et
menerune parallèleDE. (G., n° 340.)
. =
On aura: AP PC EP2 ou AP PM =
.

Problème.

100, Bans un cerclq donné,inscrire un rectangledont le périmètre


égaleune longueurdonnée1.
(B) I) suffit évidemmentde s'occuperdu quart du périmètre et do

poser: MP + MN = 1/4.
Le point M doit appartenirà l'arc BMC (fig. 56) et au lieu des points
dont la sommedes distancesaux droitesAB, AC égale donc il faut

prendre AD = AE = / et menerDE (n° 99, a).


,
Remarque.Il peuty avoir deux solutions,uneseule,ou aucune(n» 93).
(b) La différence des côtés adjacentsdu
rectangledoit égalerd (fig. 56).
On prend: AF = AG =; £ 2

et on mène: FGM.
On trouve: MN — MP ~ ; =
d'où MM'

MM" =
d.
adjacentsdu rcc-
(o) Le rapportdes côtés
yn
tangle doit égaler —..
On procède comme pour le triangle
(n° 99, o).
(d) La surface durectangledoit égaler
un carrédonné(fig. 57).
Puisqu'il suffit de s'occuperdu quart APMN du rectangle demandé,
représentonsla surface.totale par 4/»*.
On aura :
. = k2;
AP MP
d'ailleurs AP + MP = AM5=r!.
1 2 (G., n« G4G.)
Donc AP + 2AP MP + MP
2 2
.
ou (AP + MP) = r2 + 2k2.
2

Nous pouvons donc connaître la


somme des deux côtés adjacents
,
et re-
tombersur une questionconnue(a).
Soit AFGH le carrédonné;
AG2 = 2k2.
Portonscette longueurAG de A en I,
et menonsles perpendiculairesIL, CL.
On a: AL2=r2+ 2k2;
donc AL = AP + MP.
Puis portons AL de A en E et en D,
ci menonsle lieu DE.
(e) La différence des carrés de deux côtés adjacentsdu rectangle
doit égalerun carrédonné (fig. 58).
Il faudrait, comme au n° 99 (e), construire
une hyperboleet prendreson intersectionavec
le cercledonné;mais on préfèreremplacercette
courbepar une droite.
En représentantla différence des carres
par 4k-, on aura:

Il suffit donc de construirecettelongueur.


11 faut prendre CL
= = +
k; alors AL 2 r2 k2; puis élever une per-
pendiculaireI1G au milieu de AL, jusqu'àla rencontrede la demi-circon-
férenceAGL.

On aura :

Enfin, en portant AG de A en P, la droite PY, parallèle à Ail, est le


lieu des points distantsde AI1 de la longueurvoulue MN ; donc M est le
sommetdu rectangle.
Remarque.Les exercices déjà résolus conduisentà faire les remarques
suivantes.
Pour certains problèmes,on utilise immédiatementles lieux géomé-
triques(nos 90, 91, 92, 94...), tandisque pour d'autresquestionsil faut
préparerla solution.
Los exemplesdonnés (99, e; 100 d, e) peuvent se rapporter à la
Méthodealgébrique(n° 301), tandisque les deux suivants réclament des
constructionsauxiliaires(n<> 135); le problème101 peut être rapportéà
la Méthodede translation(n<> 194).
Problème.
101. On donne deuxpoints A et B sur une circonférence,ainsi qu'un
diamètreEF fixe de position; trouver sur la circonférenceun point C,
tel que les cordesCA, CB déterminentsur le diamètrefixe un segment
MN de longueurdonnée1.
Supposonsle problèmerésolu, et MN l.
Nous connaissons
=
la position despoints A, B, et par suite la grandeur
de I angle inscrit C. On connaît aussi
la longueur donnée.
Or, en menant des parallèles ND,
AD aux droites AM, MN, nous for-
mons un parallélogrammedans lequel
AD = MN=l; de plus, les anglesDNB et
O sontégauxcommecorrespondants.
Mais le point D peut être déter-
miné directement; donc nous sommes
conduitsà la construction suivante:
Par le point A, il faut menerune pa-
rallèle au diamètrefixe, prendreAD == l;
sur BD décrireun segmentcapablede
l'angleconnu C, puis tracer BNC et CA.
=
On aura : MN l; le point G' donneune seconde solution.
Problème.
102. On donne deuxpoints A et B sur une circonférenceainsi qu'un
diamètreEF fixe déposition;trouver sur la circonférenceun point G,
tel que les cordesCA, CB déterminentsur le diamètrefixe, à partir du
centreO, des segmentségauxOM, ON.
Supposonsle problèmerésolu et OM ON. =
En menantle diamètreAOD et joignant le point N au point D, nous
formons deux triangles AOM,
DON qui sont égaux, comme
ayant un angle égal, au point
O, compris entre deux côtés
égaux; donc la droite ND est
parallèle à AG, et nous pou-
vons connaître la valeur de
l'angle BND.
=
En effet, l'angle DNC C.
Or ce dernier angle est
connu, car il a pour mesure
la moitié de l'arc AB. Puis
l'angle BND, supplémentde
DNC, est aussi le supplémentde C; nous sommesdonc conduits a la
construction suivante:
Il faut menerle diamètreAOD ; sur BD décrire un segmentcapabledu
Supplémentde l'angle connuC.
Le point N se trouveainsi déterminé; on mèneBNG, et l'on joint G au
point A.
Remarque.Le point N' correspondà une secondesolution.
L'angleBN'D, supplémentde BND, égaleC.

Emploi de deux lieux géométriques.

Lorsque le point à déterminerne doit pas se trouver sur une ligne


donnée, il faut recourir à l'emploi simultanéde deux lieux géométriques
(n» 88); maisil faut chercherles lieux les plus faciles à construire,en
se rappelantqu'on ne peut tracerdirectementque des droiteset des cir-
conférences.
Voici quelquesexemples:

Problème.

103. Dans un triangle,déterminerun point, dont les distancesx, y, i.


aux trois côtésa, b, c du triangle, soient entreelles dansle mêmerap-
port que les côtés correspondants.
Pour deux dessommetsA et B, il suffit de déterminer ladroite qui
est le lieu despoints dont les distancesaux deux côtés correspondants
sont dansle môme rapportque ces côtés(n°60).

Pour A, élevonsaux extrémités descôtés b et c des perpendiculaires


CD, BE qui soient dansle rapport de ces côtés; par exemple,la moitié;
puis par D, E des parallèlesDM, KM aux côtés correspondantsb et c;
le point M appartientau lieu AM.
On procède demême pour le sommet B, et l'on trouve BN; donc le
point K répond à la question,car l'on a :
x a i/ b
"s ~c ' z
_ c'
ou =
x : y : z a : b : c.
Le point K est nommé point de Lemoine (Voir ci-après,m,s 2352 et
suivants).
Problème.

104. Construire un rectangle, connaissantle périmètre 2p et la


sommek- des carresdes côtésadjacents.
Soit un angle droit XAY.
En ne considérantque la premièrecondi-
tion, on est conduit à prendre:
=
AE AD p. =
Le sommetM doit se trouver sur DE.
En ne tenant compte que de la seconde,
on décrit un arc de cercle ducentreA aveck
pour rayon.
L'intersectiondes deux lieux fait connaître
le point M.
En effet, MN + MP = AE = p, (n° 74.)
MN² + MP² = AM 2 = h². (n° 72.)

Problème.

10;î. Construire antriangle, connaissantla base AB, l'angle au


sommetet la hauteurh abaissée dece dernier
point.
En ne tenant pas compte de la hauteur, le
sommetpourrait être en un point quelconquede
l'arc ACB, capable del'angle donné.
Mais tous les triangles ayant AB pour base
et h pour hauteur ont leur sommet sur une
parallèle FC,distantede la baseAB d'une lon-
gueur donnéeh.
Donc le sommet 0 est au point dinter-
section dusegmentcapablede l'angle donnéet de la parallèleFC.

Problème.

100. Construireun triangle, connaissantla base,l'angle opposéet le


produit ns des deux eûtesqui comprennentcet angle.
1° Le sommetdoit se trouversur l'arc du segmentcapablede l'angle
donné.11 en résulteque l'on connaîtle diamètred du cercle circonscrit.
Or le produit a* des deux côtésdu triangleégalele produit du diamètred
par la hauteurh. (G., n° 270.)
Donc b = d .
2° Le sommet se trouverasur une parallèleà la base,la distance des
a'
deux parallèlesayant pour valeur '-j (n° 105).
Problème.

107. Construireun triangle, connaissantla base AB, la hauteurli


et la valeur k2 de la sommedescarres
des deuxautrescôtés.
En ne tenantpas comptede la hau-
teur, il ne resteque la relation
a2+ b2 k2;
=
.donc le sommet M doit se trouver
sur le lieu des points dont la somme
des carrésdes distances à deux points
fixes A et B a une valeur constantek 2.
Ce lieu est une circonférencedécrite du point milieu G, pris pour
centre,avec un rayon

Puis, en négligeantla condition a2 + b2


= k 2, et en considérantla
hauteurdonnée h,oh voit que le sommetdoit se trouver sur une paral-
lèle à AB menéeà une distance hde AB. Donc le sommet M sera déter-
miné par l'intersectionde la circonférenceet d'une droite parallèleà la
base.

Problème.

103. Construireun triangle,connaissantla longueurde la base,une


droite sur laquelle cette basedoit se trouver, l'angle opposé,et sachant
que les côtésqui comprennentcet angledoiventpasserpar deux points
fixes A et B.
Le sommetG doit se trouver sur l'arc
du segmentcapable de l'angle donnéG
et décrit sur la corde AB.
La considérationde cet arc AGB suffit
pour ramenerle problèmeproposéà une
question déjà connue (n° 101), mais où
la droite donnée remplace le diamètrefixe.
En réalité, on pourra donc so borneraux
constructions suivantes:
Par le point A, mener une parallèle
à EE. Prendrela ligne Al) égaleà la lon-
gueurque la base doit avoir; sur BD dé-
crire un segmentcapable del'angle donné,
joindre le point 11 au point N, où l'arc de segmentcoupe la droite
donnéeEF; menerla droite BNG, et par le point A mener une paral-
lèle à DN.
Le triangle MCN est le triangle demandé.
109. Remarques,1° Ce problème peut s'énoncerautrement : Une
droite EF et deuxjioinls extérieursétant donnés,ainsi qu'une longueur
I, placercette ligne sur EF, de manièreque l'angle G, formé par les
droitesAM et BN, égaleun angle donné.
2° Le nouvel énoncéconduit à poser une questiontrès intéressante,
qui seratraitée au paragrapherelatif aux maxima et aux minima. Voici
le problème : Comment varie l'angle C, lorsque le segmentMN se
déplacesur EF? (Voir ci-aprèsn° 253.)

Problème.

110. Construireun trapèze,connaissantles angleset les diagonales.


(Elémentsde Géométriede Legendre,revus par BLANCHET, n° 28, des
problèmesà résoudre.)

Dans un trapèze,à partir du point de concours des diagonales,


les segments AO, OB sont dans le même rapport que les diago-
nales.
Soientd et d' les diagonales. Surune droite quelconqueAB je fais les
angles donnésA et B ; je décris le lieu DD' des points dontles distances
aux points A et B sont dansle rapport -^r ; et je mènela médianeMG,
qui généralement coupe le lieu en deux points. MenonsAOC, BOE ; la
ligure obtenueest un trapèze,comme il est facile de le démontrer; de
plus, il est semblableau trapèzeproposé. Portons d! de A en C', menons
les parallèlesCE', C'B' ; et AB'C'E' est le trapèzedemandé.Le point 0 a
été déterminépar la rencontrede deux lieuxgéométriques.

111. Remarque.On ne peut employerdirectementà la résolutiondes


problèmesque les lieux géométriquesconstituéspar des droites ou des
circonférences(n° 103) ; car on ne sait pas construired'une manière
continue, par des moyens suffisammentrigoureux, ni l'ellipse, ni les
deux autrescourbes du second degré. Lorsque le point à déterminerse
rapporteà un lieu qu'on ne traceraitpas géométriquement, il faut cher-
cher une solution particulièrequi n'exige point la constructiondu lieu ;
c'est ainsi qu'ona procédé(nos 99 e, 100 d); en voici quelquesautres
exemples.

Problème.

112. Construireun triangle,connaissantla baseFF', la hauteurh cor-


respondanteet la somme2a des deux autrescôtes.
Soit MP =
h, MF + MF' 2a. =
Le sommet M est sur la parallèle distantede la base d'une longueur
h, et sur l'ellipse qui aurait F, F' pour
foyers et A A' =2a pour grandaxe. Le
problème proposé revient donc au pro-
blèmeconnu :
Sans construire la courbe, trouver
les points d'intersectiond'une ellipse
et d'unedroite MM'. (G., n° 642.)
Sur AA' comme diamètre,décrivons
le cercle principal; cherchonscruelle
est la droite NN' qui correspondà MM'. Pour cela, déterminonsle rap-
port des ordonnéescorrespondantes de l'ellipseet du cercle. Du centreF,
avec a pour rayon, couponsla perpendiculaireOD au point B ; cette
ligne OB est le demi-petitaxe de l'ellipse; puis traçantAG, DG, BE et
les droites OG, OE, il suffira de menerl'ordonnéedu point 1. Son inter-
section J, avec OG, fait connaîtrela ligne JL, qui corresponda HI.
L'intersectionde la circonférenceet de JL donne les points N et N', et
par suite M et M'.
Le point M appartientà l'ellipse, car on a :

donc MF +
MF' = 2a, et FMF' est le triangle demandé.

Problème.

H3. («) Construireun triangle dont la baseest donnée,connsanlais


la différence ddes autrescôtes et sa-
chant que le sommetinconnudoit se
trouversur une droite donnée.
SoientA et B les pointsdonnés,xy
la droite sur laquelle doit se trouver
le troisièmesommet. >

Supposonsle problèmerésolu et
AC-BC=d.
On reconnaîtque le point C appar-
tient à l'hyperbolequi aurait A et B
pour foyers et d pour axe trans-
verse.
Le problèmerevient doncà la question suivante
;
(b)Déterminerles points où une droite xy coupeune hyperboledont
on connaîtles foyersA, B et la différenceconstanted desrayonsvecteurs.
En décrivantune circonférencedu point A commecentreavec d pour
rayon, on trouve : CB = CH.
Donc on est ramenéau problème suivant:
(c) Décrire une circonférencequi ait son centre sur une droite xy,
qui passepar un point B et soit tangenteà une circonférenceAH.
Mais le cercle qui a son centre sur xy et passepar le point B passe
nécessairement par le point D, symétriqûede B.
Donc la questionpeut s'énoncer:
(d) Décrireune circonférencequi passepardeuxpointsdonnésB, D et
qui soit tangenteà un cercle Ail.
Or cette questionest connue.(G, n° 299.)
Par B et D on fait passerun cercle qui coupe le cercle AH, on mène
EFG, DBG; puis les tangentesGH, GL, et l'on fait passerune circonfé-
rencepar les trois points B, D, H, ce qui donneune premièresolution C;
et une autrecirconférencepar B, D, L, ce qui donneune secondesolu-
tion 0 ; car OB — OA= d.
114. Remarque.Dans les exemplesci-dessus(nos 112 et 113), la
considérationdu lieu que l'on ne peut tracerconduit néanmoins àla
solution.
Dans les exemplessuivants(n°s 115 et 117), la solution trouvéedirec-
tementrésoutun problèmerelatif aux coniques.

Problèmes.
113. Construireun triangle, connaissant la baseAB, l'angleopposéet
la somme2a descôtésqui comprennentcet angle.
lo Le sommetG appartientà l'arc de seg-
ment capablede l'angle donné.
2» Le même sommetappartientaussià l'el-
lipse qui aurait-A et B pour foyers et 2a pour
longueur du grand axe; mais comme on ne
peut utiliser directementcette ellipse, il faut
chercherune autre solution.
Supposonsle problèmerésolu, et soit
AC + CB 2a.
=
En portant CB de C en D, sur le pro-
longement de AC, nous formons un triangle
isocèle BCD ; or l'angle extérieur ACB égale la somme des angles
égaux GBD, CDB ; donc l'angle D est constant,car il égale la moitié
de l'angle donné G; donc, sur AB décrivons un segmentcapable de
l'angle et du point A comme centre, avec une longueur2a, cou-
pons en D et D' l'arc decrit, puis menonsDA et BC; ACB est une des
réponses.
l^e problèmerésoludonnela solution du suivant :
116. Sanstracer une ellipse, dont on connaît les foyers A et B, la
longueur2a du grand axe, déterminerles points où cette courbe est
coupéepar unecirconférenceACB, dont le centreest sur le petit axe de
l'ellipse.
Remarques.1° Pour décrire l'arccapablede l'angle on prend
le point 0 pour centreet OB pour rayon.Ou bien on se borne à décrire
G
directementle segmentcapable del'arc C/2, et l'on élève une perpendi-
culaire au milieu de BD jusqu'àla rencontrede AD.
2» Si la différence descôtés était donnéo,on porteraitCA de C en E.

A = E= 90o— donc AEB = 90» -f- •

^90°
Sur AB on décrirait un segmentcapablede -j- et du point B,
avec la différencedonnée,on couperaitl'arc du segment.

Problème.

117. Couperles côtés d'un angledroit par une droite d'unelongueur


donnée, de manièreque le triangle rectanglerésultant aitune airé
donnée.
Soit le triangle ABC, tel que sa surfaceégale 1kl, aire donnée,et que
=
BC la longueur 2l.
Par M, point milieu de l'hypoténuse,me-
nons des parallèlesaux côtésAB, AC.
Le rectangle APMN est la moitié du
triangle,il égale et

Donc le point M appartientau cerpledécrit


du centre A, avec l pour rayon; il faut
ensuiteinscrire un rectangle APMN ayant
une aire donnéek2 ; c'est une question con-
=
nue (n° 100, d) ; enfin il faut prendre PB Al 1 et joindre BMC.
118. Remarque.Le lieu des points M, tels que le produit des dis-
tances MP, MN à deux axes rectangulaires,égale une quantité cons-
tante /t2, est une hyperbole équilatère ayant fc' pour puissance,et
AX, AY pour asymptotes(G., n° 678) ; donc on a résolu la questionsui-
vante :
Une hyperboleéquilatère.étant donnéeparses asymptoteset par sa
puissanceks, menerune tangentesansconstruirela courbe,de manière
que ta droite interceptée o.lre les asymptotesait uni: longueur don-
née 21.
§ III. — Enveloppes.
119. Définition. On nommecourbe enveloppe, ou simplement enveloppe
d'unedroite mobile,la courbetangenteà la droite danschaque position
que cettedernièreligne peut occuper.
Exemple. L'enveloppedes droites équidistantes d'un pointdonnéest
une circonférenceayantce point pour centre.
L'enveloppese réduit au point donné,lorsquela distancedes droitesà
ce point devientnulle.
L'enveloppepeut être considéréecomme formée par la suite despoints
d'intersectionde ses tangentes,prisesdeux à deux, dansdes positions
qui diffèrent infiniment peullune de l'autre.
120. Droite mobile. La droite qui engendrela courbe enveloppeest
assujettieà se mouvoir suivant une certaine loi; en d'autrestermes,
chaquetangentejouit d'une même propriété,et l'ensemblede ces lignes
constitueune famille de droites,analogueau lieu géométriqueformé par
l'ensembledespoints qui jouissentd'unemêmepropriété.
121. Emploi desenveloppes.De mêmequ'un point peut être déterminé
par l'intersection de deux lieux, une droite peut être déterminéepar
deux enveloppes,car elle est tangenteà chacune deces courbes. Ilsuffit
que l'on connaisseune enveloppe decette droite et une autrecondition à
laquellela ligne demandéeest assujettie.
Remarque.La connaissance des propriétés des courbesenveloppes
facilite non seulementla résolutionde quelquesproblèmes,mais elleest
indispensablepour arriver à comprendreet à utiliser la théorie des
polairesréciproques.Il faut reconnaîtrenéanmoinsque les Élémentsde
Géométrie n'offrent que de faibles ressourcespour traiter des enve-
loppes.Nous devons doncnous borner à-citer quelquesexemplestrès
simplesqui, d'ailleurs,serontsuffisantspour les questionsà traiter ulté
rieurement.
Problème.

122. Un des côtés AX d'un angle droit XAY roule sur une circonfé-
rence, pendantque le sommet A glisse sur
une circonférenceconcentriqueà la première;
quelle est l'enveloqjpe du second côté AY de
l'angledroit ?
Soit 0 le centre commun aux circonférences
donnéesOB,' OA.
Quelle que soit la position ABX, la perpen-
diculaire OG forme un rectangle ABOG dont
les dimensions ne varient pas, car OA, OB
ont des longueursdonnées,et l'angle ABO est
droit; donc la perpendiculaireOG est constante; par suite, le côte ACY
sora constamment tangent OG ; donc l'enveloppede A Y
à la circonférence
est la circonférencedécrite du centreO, avec OG pour rayon.
Remarque.Quel que soit l'angle A, le côté AY reste à une distance
constantedu centre 0, et l'enveloppe demandée est une circonférence
concentriqueaux premières.
Problème.

123. Quelle est l'enveloppe de la base BC d'un triangle BAC.


dont le périmètre est constant, et dont
l'angle A est donné de grandeur et de
position?
Proposons-nous
de trouver un triangle
isocèle EAF dont la sommedes côtés AE,
AF égale le périmètre ABC; menons les
bissectricesdes angles extérieurs B et C.
On aura AE + AF = AB + + AC,
BC

et = =
OG OE OF.
Donc la baseBC est tangenteà la circon-
férence exinscrite; en d'autres termes,
l'enveloppede la droite BC est l'arc EGF.
Remarque.L'arc EG'F est l'enveloppede
la droite B'G' telle que AB' + AC' — B'C est une quantité constante,
égaleau périmètrede ABC.

Problème.

124. Par un point fixe A pris sur une circonférence,on mbie deux
cordesAB, AC dont le produit k2 est constant,quelle est l'enveloppede
la baseBC du triangle BAC'? (lY. A. — 1868, p. 187.)
En abaissantla perpendiculaireAD, on reconnaît
que sa longueur est constante,car le produit des
deux côtésd'un triangle égalela hauteurde ce triangle
multipliée par le diamètre ducercle circonscrit. (G.,
n» 270.)
-'-JY
Donc AD = .

Ainsi l'enveloppede BC est une circonférence décrite


k-
du point A commecentre,avec la valeur -,)([ pour
rayon.
Remarque.L'enveloppeest la niôuie pour toutes les circonférences
ayant11 pour rayon et passantpar le point donné A.

Problème.
123. On décrit deux circonférences
tangentesentre elles, et tangentes
respectivementà une droite en des points donnés A et lî. Quel est le
lieu du point de contact0 des circonférencesentre elles., et t'enveloppe
de la droite des centresMN ?
LIEUX GÉOMÉTRIQUES 55
Menonsla tangentecommuneOD.

Problème.

420. Le côtéCX d'un angledroit XCY passepar un point fixe F, tan-


dis que le sommet C de l'angle droit glisse sur une droite AG; quelle
est l'enveloppedu côté CY ?
En prolongeantFC d'une grandeur CF,, égaleà CF, le lieu despoints
F, sera une droite DF, parallèle à AC et
telle que AD =AF.
Or on sait que toute perpendiculaire
CY, élevée au milieu de FF,, est tangente
à la parabole dont F est le foyer et DF,
la directrice; donc l'enveloppede CY est
une paraboleayant F pour foyer et AG
pour tangenteau sommet.
Remarque.Il est possible d'arriverplus
rapidementà la conclusion, car il suffit
de se rappelerque le lieu des projections
du foyer d'uneparabole,sur les tangentes
à celle courbe, est la tangenteau som-
met (G., n° 697); mais si les théorèmes
relatifs à la directrice et à la tangenteau
sommet (G., nos 695 et 697) n'étaient
pas connus, les Éléments de Géométrie
ne conduiraient pas à la connaissancede la courbe enveloppe.

Problème.

127. Le côté CF d'un angle droit


FCT passepar un point fixe F ;
quelle est l'enveloppe de l'autre
côté CT, lorsque le sommet C
glisse sur une circonférencedon-
née ACA' ?
Quand le point F est dansle cor-
de, l'enveloppede CT estune ellipse
ayant AA' pour grand axo et F
pour foyer; car lo lieu de la projection G du foyer F sur les tan-
gentesà l'ellipse est le cercle principal décrit sur le diamètre AA'.
(G., n° 626.)
Lorsquele point fixe est extérieurau cercle,l'enveloppeest unehyper-
bole ayantF pour un de ses foyers et le diamètreAA', qui passe parle
point fixe pour axe transverse.
(G., n° 667.)
127 a. Note. Ce théorèmeest DÛ à MACLAURIN, Traité despropriétéspro-
jectives des figures, tome I, n° 447. Il est attribué souventà LA HIRE. Voir
Aperçuhistorique,page125.
* MACLAURIN OU MAC-LAURIN, né en 1698, mort à York en 1746, donna divers
procédéspour le tracéorganiquedescourbes,et publia son Traité des fluxions.
Cet ouvragecélèbrea été traduit en françaispar le PèrePÉZENAS.
* LA HIRE, né à Paris en 1640,mort en 1718, publia, en 1685, un grand traité
sur les coniques.Danscet ouvrage,il étudiait les propriétés ducercle,consi-
déré commeétantla based'un cône,et en déduisaitdes propriétéscorrespon-
dantes pour les sections coniques. 11 fit un grand emploi de la proportion
harmonique,et établit les théorèmesprincipauxde la théorie des polaires.
Dansson Traitédesplaniconiques,il donne la premièreméthodesuffisam-
ment générale,pour transformerdes figures donnéesen d'autres figures de
mêmegenre.

Problème.

128. Quelleest l'envelopped'unedroite AG qui


divise deux droitesDM, DN, donnéesde longueur
et de position, en parties inversementpropor-
tionnelles?
AM CD
On a : AD — CN '
L'enveloppeest une parabole, car un théo-
rème connu(G., n° 710) prouve que la parabole
tangenteen M, N aux lignes données,est tan-
gente à toute droite AG qui divise les côtés
DM, DN en parties inversementproportion-
nelles.
Problème.
129. On coupe les côtés d'un angle
droit XOY par une droite DE, de ma-
nière que le triangle DOE ait une aire
constantea'; quelle est l'enveloppedu
côté.DE ?
01). OE
Soit ^ =
a3.
Du point M milieu de DE, abaissons
les perpendiculairesMN, MP; on aura
.
()l- Ç.
MN MP
. = =
Or le produit MN MP des coordon-
.
néesdu point milieu M étant constant,le lieu du point M eBt une hyper-
bole équilatèreayant OX, OY pour asymptoteet pour puissance.
(G., n° 677.)
On sait d'ailleursque la tangente,limitée aux asymptotes,est divisée
en deux parties égalespar le point de contact(n° 75) ; donc DE est tan-
genteau lieu obtenu;par suite, l'enveloppede DE est l'hyperbole, lieu
despoints M.
Remarque.Quel que soit l'angle donné,l'enveloppede la baseDE d'un
triangleà aire constanteestunehyperboleayantOX, OY pourasymptotes.

Problème.
130. Les hauteurs d'untriangle ABC, inscrit dans un cercle de
centre 0, se coupent en un point H. Ce dernier pointpeut servir de
point de concoursdes hauteursd'une infinité de trianglesinscritsdans
le même cercle; quelle est l'enveloppedes côtésde tous ces triangles?
(Paul SERRET.— N. A. —1865,p. 428.)
lo En prolongeantchaquehauteurjusqu'à la circonférence,Chaque
côté BC, par exemple,est perpendiculaireau milieu de HL, car l'angle
CBL
= CAL ; mais l'angle CAD = =
CBE; donc DH DL, etc.
De même, =
HE EM, HF FN. =
2» Il y a une infinité de triangles dont les hauteursse coupenten
un point donné H. En effet, admettonsqu'on
ne donne que le cercle et le point H; prou-
vons qu'à toute corde menée par H corres-
pond un triangle dont ce point est le point
de concoursdes hauteurs.Menons une corde
quelconque BHM, élevons une perpendicu-
laire AG au milieu de HM : les trois hau-
teurs de ABC se couperontau point H, car
EU = EM ; donc...
3" La propriété connuedu cercledirecteur
(G., n° 624) prouve queles côtés AC perpen-
diculaire au milieu de HM, AB perpendicu-
laire au milieu de UN, etc., sont tangentsé une ellipse ayant pour foyers
les points 0 et II» et le cercle circonscrit pour cercle directeur;donc
l'enveloppedes côtésest l'ellipse OH.
Remarque.— Lorsquele point de concoursdeshauteursest hors du
cercle, l'enveloppeest une hyperbole.(G., n° 660.)
130 a. Note. 1° Le théorèmeproposé par PAUL SERRET,en 1865, a été résolu
par PICQUET (N. A. 1866, p. 153, IX) ; puis par divers auteurs,p. 168 et 170.
L'idée premièrede la questionappartientà M. E. LKMOINE(N. A. 1858, p. 240).
2" La dénomination defoyers, pour l'ellipse et l'hyperbole,se trouve dans
les ouvragesd'APOLLONIUS.
* APOLLONIUS de Perge (vers 247 av. J.-C.) vivait à Alexandriesous le régne
de PtoléméePhilopator; il publia un traité célèbresur les Sectionsconiques.
Ce grand ouvrage,dans lequel se trouventles propriétésles plus remarquables
des coniques, avait fait donner à son auteur le surnom de géomètrepar
excellence.
131. Envelopped'une courbevariable.L'envelopped'une courbe qui
varie suivant une loi donnéeest une secondecourbetangenteà la pre-
mière danstoutesles positionsque celle-ci peutoccuper.
Exemple. L'envelopped'un cercle de rayon constant-dontle centre
décrit une circonférencedonnée,est l'ensemblede deux circonférences
concentriquesà celle que décrit le centredu cerclemobile.
Lorsquer est le rayon de la circonférencefixe et s le rayon de la cir-
conférence mobile,l'un desrayonsde l'enveloppeégale >•-|-s et l'autre
r — s.
Problème.

132. Quelle est l'enveloppedes cerclesdont le


centreest suruneparaboleet qui so7it tangents
à une corde perpendiculaireà l'axe de cette
courbe?
La parabole est le lieu des points dont la
somme ou la différence desdistancesau foyer
F et à la droite BG est constante(n« 7G).
Donc FM -|- MN
ou FL = =
FA + AE FD,
de même FM' — M'N'
ou =
FL' FD.
Ainsi l'enveloppeest la circonférenceDLL', décrite du foyer F pris
pour centreavec FA + AE pour rayon.
Remarque.La courbepassepar les pointsB et G.

Problème.

133. Quelle est l'enveloppedes cercles dont le centre est sur une
ellipse et qui sont tangentsà une
circonférencedécrite d'un foyer
commecentre?
Soit MN un cercle quelconque;
décrivonsle cercledirecteurrelatif
au foyer F'.
Pour tout centre M, pris sur
l'ellipse, la circonférence qui
passe par le foyer est tangente
au cercle directeur au point O.
(G., n° 625.)
Donc l'enveloppedes cerclesdé-
crits du centre M, et tangentsau
cercleLF, est une circonférenceconcentriqueau cercle directeur;F'N on
est le rayon. '
Les circonférencesauxquellesle cercle F seraittangentintérieurement
auraientpour enveloppele cercle dont F'N' seraitle rayon.
Problèmes.

134. Construire un triangle, connaissantle péri-


mètre, un angleet la hauteurabaisséedu sommetde
cet angle.
Formons un angle A égal à l'angle donné; déter-
minons l'enveloppe de la base du triangle à péri-
mètre constant 2p (n° 124). Pour cela, prenons
AD = AE = p ; élevons les perpendiculaires DO, EÔ,
et décrivons le cercle exinscrit au triangle demandé.
Du sommetA, il faut décrire une autre circonférence
avech pour rayon, puis menerune tangentecommune
aux deux circonférencesA, 0.
134 a. Construireun triangle,connaissantle périmètre,un angle et
le rayon du cercle inscrit.
Gomme précédemment (n° 134) faisonsun angle A égal à l'angledonné,
déterminonsle cercle exinscritde centre 0 qui sera l'enveloppe dela
base,puis le cercle inscrit de centre I et de rayon donné r, puis menons
la tangenteintérieurecommuneaux cerclesinscrit et exinscrit.
134 b. Note. La dénominationde cercles exinscrits est due à LHUILIER, de
Genève,en 1810 (Annalesde Gergonne,1810-1811,p. 149).
* SIMON LHUILIER, né à Genève en 1750, eut pour professeurLOUIS BER-
TRAND, connu parla démonstrationdes parallèles (n° 425). LHUILIER résida
longtemps à Varsovie, puis fut professeurde mathématiquesà l'académie
impérialede Genève; il y publia la Polygonométrieet mourut en 1840, après
avoir comptéSTURM au nombre de ses élèves.
III
EMPLOI DE FIGURES AUXILIAIRES

§ I. —
auxiliaires.
Constructions

135. Le recoursà des constructionsauxiliaires, soit pour démontrer


un théorème,soit pour résoudreun problème,est moins une méthode
qu'un procédé dont l'emploi est réclamépar la plupart des questionsà
traiter. Les exercicesdéjà proposésen fournissentplusieursexemples
(nos 46, 47, 51).
Il est impossibled'indiquer d'unemanièregénérale lesconstructions
qu'il convient de faire ; mais parfois uue seule ligne donne des rapports
inattendusd'où dérive directementla solution.
Dans les exemplesque nousallons donner,les lignes auxiliairesseront
tantôt une ou plusieursdroites, et tantôt une circonférence.

Théorème.

136. Les côtés opposésd'un quadrilatèreinscriplible, dont une des


diagonalesest un diamètre,se projettent sur l'autre diagonalesuivant
des longueurségales.
SoientABCD un quadrilatère inscrit,AOC le dia-
mètre, CE, AF les perpendiculaires abaissées sur
la diagonaleBD.
11 faut prouver que BE= DF.
En effet, en traçantcomme ligne auxiliaire le
diamètre parallèle à BD, prolongeantCE, et me-
nant la perpendiculaire OU,on obtient deux tri-
anglesrectangleségaux : OAN, OCM
donc OM OX,

d'où BE = FD.
De même BF = ED.
Problème.

137. Unerivière, dont le coursestrectiligne dansla partieconsidérée,


passeentredeux localitésinégalementéloignéesdu coursd'eau.Où faut-
il construireun pont perpendiculaireà la rivière, pour que les deux
localités soientà des distanceségales de l'entrée correspondante
du
nnw/9 7

Supposonsle problème résolu; soit AMNB


la ligne brisée telleque MN soit perpendiculaire
=
à RM et que AM BN.
En menant une droite auxiliaire BG égale et
parallèle à MN, on reconnaît immédiatement
que le point M sera déterminé par la perpen-
diculaire DM élevée au milieu de AC ; car la
ligure BCMN est un parallélogramme ; donc
BN

CM = AM.
Remarque.Cet exemple, comme plusieursautres,peut être rapporté
à la Méthodede translation(n° 194).

Problème.

138. Étant donnéesdeux circonférencessécantesA et B, menerpar


Vun despoints d'intersectionE une sécantequi soit diviséepar ce point
dansun rapport donné
Pour résoudre laquestion proposée,
on pourrait recourir à un lieu géomé-
trique déjà étudié (no65); mais le pro-
blèmecomporteune solution particulière
très simple, qu'il est utile d'indiquer.
Soit le problèmerésolu et

ou

en ne prenantque la moitiédes cordes.


Si l'on mène par le point E une perpendiculaireEF a GH, la ligne AB
seradiviséedansle rapport donné,et le point F fera connaîtrela direc-
tion de FE; donc il faut diviser AB dansle rapport —,
joindre le point F au point E, puis au point E éleverune perpendiculaire
CD à la droite EF.

Problème.

139. Par l'un des points d'inter-


section de deux circonférencesqui se
coupent, mener une sécantequi ait
une longueurdonnée21.
En supposantle problème résolu,
et CED = 2l, on est conduit comme
précédemment(n° 138) à ne consi-
dérerque la moitié Cil de la sécante.
Il suffit de considérerune droite auxiliaire BF parallèle a CD pour
reconnaîtreque le problème revientà construire un triangle rectangle
AFB dont on connaît l'hypoténuseAB et la longueurl d'un côté BF de
l'angle droit. On est donc amenéà faire la constructionsuivante:
Sur AB commediamètre, il faut décrire une demi- circonférence; du
point B comme centre,avec un rayon BL égal à l, décrireun arc LF,,
enfin menerune droite CED parallèleà BF.
Remarque.La longueurdonnée21 peut au plus être égaleà 2AB; ainsi
la sécantemaximaest parallèleà la ligne des centres.

Problème.

140. Une droite DF étant donnéede longueuret de position, trouver


sur un cercle aussi donnéun point C tel qu'en le joignant aux points
D, F, la cordeinterceptéeAB soit parallèleà DF.
Supposonsle problèmerésolu et AB parallèleà DF. Il suffit de déter-
miner un des pointsA ou B.
Pour rattacherle point
inconnu A aux données du
problème, menons la tan-
gente AE. Tout serait dé-
terminé si le point E était
connu de position. Or les
triangles ADE, FDC sont
semblablescomme ayant un
angleD commun, et l'angle
A égale F ; car l'angle A, ou
son opposépar le sommet,
a pour mesurela moitié de
l'arc ATC, et il en est de
même de l'angle B, auquel
l'angle F estégal.
Les triangles semblables
donnent:
DE DA
DG — _ DF'
DA.DC
d ou DE = - .
Nous ne connaissonsni DA
ni DC, mais leur produit

DE
est connu; car en menantla tangenteDT, on a : DA DC DT2 ;
donc
Il suffit donc de
— -yp .
. =

construire une troisièmeproportionnelleaux lignes


connuesDT et DF.
Construction.Sur DF décrivons une demi-circonférence;portonsDT
de D en II, abaissonsla perpendiculaireHIC; menonsla tangente EA,
puis les lignes DAC et CF.
11 y a deux solutions.
140 a. Note. Cette questiona été choisiepar BOURDON dansson Application
de l'algèbre à la géométrie(nos 20 et 21), pour montrer toute l'utilité qu'on
peut retirer de l'introduction de certaineslignesauxiliaires,telles que la tan-
genteAE.
* BOURDON, ancienexaminateur d'admission à l'École Polytechnique,estsur-
tout connu par l'admirableclarté qui règnedans tout sesouvrages: Arithmé-
tique, Algèbre, Applicationde l'algèbreà la géométrie.

Théorème.
141. Lorsqu'un parallélogrammeABCD de grandeurinvariable se
meut dans son plan de manière que deux côtés adjacentsAB, AD
par deux pointsfixes M
passentrespectivement,
et N, la diagonaleAG passeaussipar un point
fixe.
L'angle DAB est constant,donc le sommet A
du parallélogrammese meut sur l'arc du seg-
ment MAN capablede l'angle donnéA.
La considérationde la circonférence MANO
conduit très simplementà la démonstration du
théorème.
En effet, l'angle NAO ou D'A'G' est constant,le
premier côté A'D' de l'anglepassepar le point N ;
donc le secondcôté A'C' passera par un point fixe O.
141 a. Note. Cette question si élémentaire conduità un théorèmeremar-
quable de statique : Lorsqu'onfait tourner deux forces concourantesd'une
mêmequantitéangulaireet dansle même sensautour de leurspoints res-
pectifsd'application, larésultantetourne de la mêmequantitéet passepar
un point fixe.
Le théorèmen° 141 a été énoncépar M. MAURICE D'OCAGNE, alors élèveà l'École
Polytechnique(N. A. 1880, page116), plus tard ingénieurdespontset chaussées,
auteurde nombreuxarticlesdans diversrecueilsscientifiqueset de plusieurs
ouvragesestimés.Voir ci-après(n° 963).
Le théorèmede statique avait été citéantérieurementcomme étant déjà
connu (N. A. 1863, p. 142). AUEL TRANSON le donne à démontreret en indique
la généralisation.
Lieu.
142. Quel est le lieu des points M tels que la droite AB qui joint les
piedsdes perpendiculaires MA, MB abaissées de cepoint surdeux droites
fixes OX, ÔY, ait unelongueurconstante17
Soient M un point du lieu, MA perpen-
diculaire sur OX, MB sur OY et AB l. ^
La considération du cerclecirconscrit
au quadrilatèreAMBO, dont deux angles
sont droits, conduit immédiatement à la
réponse.
En elfet, i cause des angles droits A
et B, le cercle circonscrit a pour dia-
mètre MO. Mais AB ayant une longueur
constante,on peut dire que l'arc AOB est
l'arc de segmentdécrit sur AB et capablede l'angle donné XOY. Ainsi
changede position, niais non de grandeur;
la circonférence circonscrite
donc le diamètreMO a une longueurconstante; et le lieu du point M est
une circonférencedécritedu point 0, avecOM pour rayon.
Remarque.Pour l'étudecomplète,on peut voir ci-aprèsn° 801.
Lieu.
443. Les sommetsA et B d'un triangle ABC glissent respectivement
sur les deux droitesfixes OX, OY, dont l'angle XOY est le supplément
de l'angle G; quel est le lieu décrit par ce troisièmesommetC'.'
Soit l'angle C supplémentairede l'angleO.
Comme précédemment, la considérationdu
cercle circonscrit amène facilementà la con-
naissancedu lieu.
En effet, quelle que soit la position du
triangle donnéABC, le cercle circonscritpasse
par le point 0, car le quadrilatèreAOBC est
inscriptible; or l'angle BOC égale A; donc
l'angle BOC est constant; le point C, quelle
que soit la position du triangle mobile, se
trouve sur une droite ZOZ' formant avec OY
un angleégal à l'angle donnéA.
Remarque.Pouravoir les positionsextrêmesdu sommetG, il faut por-
ter sur OZ et sur OZ' des longueurs égalesau diamètre OD du cercle
circonscrit.
Lieu.
144. Les sommetsA et B d'un triangle ABM glissent respectivement
sur deux droites fixes OX, OY. Quel est le lieu décrit par le troisième
sommetM?
Le problème précédentnous conduit à
déterminerdes points liés au triangle, et
dont le lieu soit une droite passantpar'lc
point 0.
Or tous les points de l'arc EDF se meu-
vent suivant desdroites; car pourle point
D, par exemple, l'angleADB est le supplé-
mentde 0.
Les points de l'arc AOB donnentaussi
des droites, car
=
l'angle ACB O.
Menons le diamètre CM qui passepar
le sommetM ; soit D le point où l'arc LE est coupépar CM.
La ligne GDM resteinvariablementliée au triangle.
En effet, l'arc ADB, capabled'un anglesupplémentairede l'angleXOY,
a un rayon constant et une position invariable, par rapport au triangle
donné.Il coupo MB en un certain point E tel que le segmentBE ne varie
pas de longueur; de même, le centre du cercle AOBD reste à une dis-
tance invariablede la base AB; ainsi le diamètreMDGC a une position
déterminéeet passeconstammentpar un même point 11 de la base AB;
donc MDGC participeau mouvementdu triangle donnéABM, et le qua-
drilatère inscriptible ACBD est mobile dansson plan, mais il ne varie
point de forme ni de grandeur.
Or l'angleDOC est droit ; donc les extrémitésC et D de la droite CD
glissentsur deux droitesrectangulairesOX',OY'; par suite, tout point M
de cette droite décrit une ellipse. (G., n° 643.)
Remarque.O est le centre de la courbe, les axessont dirigés suivant
OX' et OY'. Les longueursMC, MD font connaître lesdemi-axesa et b.

144 a. Note. La recherche analytique du lieu demandén'offre aucunediffi-


culté, elle est connuedepuis longtemps ; mais la déterminationgéométrique
des axesde l'ellipse ne remontequ'à 1859; elle estdue àMANNHEIM, alors élève
à l'École Polytechnique, plustard professeurà la mêmeécole,auteurd'aperçus
nouveauxet remarquables sur la Géométriecinématique.

§ II. — Figures symétriques.


143. L'emploi desfigures symétriquesconstituelaméthodepar dupli-
cation ou par retournement.
Danscertainscas ondétermine,par rapport à un axe donné,le point
symétrique d'un point donné; en d'autres circonstances, on remplace
une ligne droite ou courbe par la ligne symétrique.
On trouve une applicationde cette méthodedansla résolutiondu pro-
blème duchemin briséminimum (G., n« 176), et aussidans Je suivant :
Prouverqu'on peut circonscrireunecirconférence àtout polygonerégu-
lier. (G., n° 163.)
145 a. Note. Les mots méthodepar duplicationse trouventdansun ouvrage
de M. PAUL SERRET: Des Méthodesen Géométrie,1855. Celivre remarquable
nousa été fort utile.
* M. PAUL SERRET, né à Aubenas en 1827, a publié diversarticles dansles
Nouvellesannalesde M. Gérono.Il professait, de nosjours, à l'Institut catho-
lique de Paris.

Théorème.
146. Dans un triangle isocèle,
la somme des distances d'un
point quelconquede la baseaux
deux autrescôtés est constante,
de la différencedesdistancesd'un
point pris sur le prolongement
et la base estaussiconstante.
Dans le rabattement,à cause
des angles égaux en M, ME de-
vient ME' sur le prolongement
de DM.
=
Or DE' CG, quantité cons-
tante.
De même NL devient NL',
=
et NLNII — L'H = CG.
Problème.
147. Sur une droite donnéexy, dé-
terminer un point G tel que les tan-
gentesmenéesde ce point à deux cir-
conférencesdonnéesA et B fassentdes
angleségauxavec xy.
Je cherche B' symétrique de B; je
mène une tangentecommune aux cir-
conférences A et B'.
Le point C est le point demandé.
Il y a généralementquatresolutions.

Problème.
147 a. Sur une droite OY, déterminerun point M, tel que la somme
des distancesMA -f- MB de ce point a
un point donné A et à une droite
donnéeOX soit minima.
Menons la droite OX' symétrique
de OX, par rapportà OY, et abaissons
la perpendiculaireAMB' sur OX'.
On aura :
MA +MB < NA +NC;
donc...
Problème.
148. Dans un triangle, déterminer ladroite symétriqued'une mé-
diane,par rapport à la bissectricequi
part du même sommet. Prouver que
les distancesde chacun de ses points
aux deux côtés sont proportionnelles
à ces mêmescôtés.
1» Il suffit de prendre CA' =
CA,
=
,CB' CB et de menerla médiane CM'
du triangle A'CB'.
2<> Les distances d'un point quel-

conque d'une médiane aux côtés qui


partent du même sommet, sont in-
versementproportionnellesà ces côtés
(voir ci-après,n° 163) ; donc on a :
MP CA' MP CA
MQ = CB ' ou MQ = CB

RemarqueLa droite CS, symétrique


de la médiane CM, par rapport à la
bissectriceCI, a reçu le nom de symédiane;elle jouit de nombreuses
propriétés.(On peut voir ci-après,n° 2331.)
Le nom de symédianeest dû à M. MAURICE D'OCAGNE.
Théorèmede FUSS.

149. Quelle que soit lu baseAB du trianglesphériqueAGB, le lieu du


troisième sommet G est un grand cercle, lorsque la somme des arcs
latéraux est une demi-circonférence.(Aperçu historique, page 326,
note 1.)
Soit =
arc AG 4- arc BG TTR.
La somme constantedes arcs étant une
demi-circonférence, nous sommesconduits
à considérerune figure double de celle qui
est donnée. Pour cela, déterminons les
points symétriquesde A et B, par rapport
au diamètre parallèle à la corde AB, ou
bien menonsles diamètresAOA', BOB'.
L'arc AG arc BG = TIR
égalearc AC + arc CA' ;
donc =
arcBG arcCA'.
Ainsi, quelle que soit la longueur de la
baseAB et la position des demi-cerclesACA', BCB', le triangle sphé-
rique BCA' est isocèle, lacorde BA' est perpendiculaireà la cordeAB;
donc le sommetC a pour lieu géométriquele grand cercleDCD', dont
le plan est perpendiculaireau diamètre EE' quipassepar le milieu de la
baseAEB.
,
149 a. Note. Aperçu historique sur l'origine et le développementdes
Méthodesen géométrie,par M. CHASLES.
Ndus avons eufréquemmentrecoursà cet ouvragesi completet si riche en
renseignements.
* M. MICHEL CHASLES (1793-1880)est sans contredit un des plus féconds
géomètresdu XIXe siècle.On doit à cet auteurde nombreux mémoiresmathé-
matiques,la Géométriesupérieure,l'Aperçu historique,les Porismesd'Eu-
clide, un Traité des coniques.
* NICOLAS FUSS (1755-1826),secrétaireperpétuelde l'Académie dessciences
de Saint-Pétersbourg. (Voir n° 1183, note.)
149 b. Remarque.A la méthodepar duplication,on peut rattacherle
procédé qui consisteà disposer les diversesparties d'une figure, de
manièreà ramenerla questionproposéeà une questiondéjq connue.En
voici deuxexemples.

Théorème.
1150. Lorsque deux trianglesont
deux angles
respectivementégaux et deux anglessupplé-
mentaires,les côtés opposésaux angleségaux
sont proportionnelsaux côtés opposés aux
anglessupplémentaires.
Plaçonsles deux triangles on ABC et ADE,
de manièrequelesangleségauxsoientadjacents,
et quo le côté commun soit adjacentaux anglessupplémentaires
B et D.
A la seuledispositionde la figure, on reconnaîtle théorèmede la bis
sectrice.(G., n° 215.)
AC AF
On a :
CB — BF'
AC AE AC BC
donc GB — DE ' ou AE — BE •

Problème.

11SI. Construireun quadrilatère inscriptible,connaissantles quatre


cotés. (STURM.)
Supposonsle problèmerésolu,
et a, b, c, d, les quatre côtés
donnés.
La propriété caractéristique du
quadrilatèreinscriptible d'avoir
les angles opposés supplémen-
taires,et l'étude de l'exercicepré-
cédent(n° 150), conduisentà pla-
cer le triangle BGD en BEF, afin
de découvrir quelque relation
simple entre les lignes données.
EF est parallèle à DA, et le problème serait résolu si l'on pouvait
construirelp triangle DBG.
Or les trianglessemblablesABG et EBF ou CED donnent:
AG AB
CB ou
ou AG
CD ' " c ~ b'
a

d'où
Ainsi DG est connu.
On peut détermineren outre le rapport des côtésBD et BG..
BD BE b
En effet, W^BÂT = «',
donc, par rapportaux points D et G, dont la distanceDG est connue,il
faut décrire le lieu des points B tels que le rapport îles distancesaux
deux premiers égale Puis du point A commecentre,avec la lon-
.
gueura pour rayon,couper le lieu, et l'on trouve ainsi le point Iî.
Enfin circonscrireune circonférenceau triangle ABD, et prendreune
corde BG égale à b. La cordeCD seraégale à la longueurdonnéec.
151 a. Note. * STURM, né A Genève,en 1803, a passéla plus grande partie do
sa vie à Paris; il est mort professeurà l'Ecole Polytechniqueen 1855. On con-
naît son Traité de calcul infinitésimalet son Traité de mécaniquerationnelle.
Son élégante démonstration du parallélogramme des forces se trouve dans
la plupart des traitésde mécanique; on cite surtout le célèbrethéorèmealgé-
brique connusousle nom de théorèmede Sturm.
§ III. — Compositionou décomposition.

152. Composition.La méthode par composition consiste àcompléter


une figure donnée,en ne la considérantque commeune partie d'une
ligure déjà connue.
Exemples. Pouravoir l'aire du triangle, on considère leparallélo-
gramme,dont la premièrefigure n'estquela moitié. (G., n° 314.)
Pouravoir le volumecTu prismetriangulaire,on considèrele parallélé-
pipède devolume double. (G., n° 443.)
Pour obtenir le volume dela pyramidetriangulaire, on prouve que
cettepyramideest le tiers du prisme de même baseet de mêmehauteur.
(G., n° 469.)

153. Décomposition.La méthodepar décompositionconsiste àpartager


la figure à étudieren plusieursfigures connues.
Exemples. Pour trouver la somme des angles d'un polygone, on
décomposece polygoneen triangles.(G., n° 94.)
On procèdede la même manière pour trouver l'aire d'un polygone.
(G., nos 317 et 319.)
Pour déterminerle volume du tronc de pyramidetriangulaire ou du
tronc dè prisme, on décompose letronc en trois tétraèdres.(G., n° 475.)
Dans la Méthode desommation(G., n° 943), la surface à étudierest
décomposéeen rectangles,et le solideà évaluerestdécomposé enprismes.
154. Résumé. Par la compositionou par la décomposition,la figure
donnéeest considéréecomme étant la différence ou la sommede plu-
sieursfigures connues.
(Voir n° 556, construction de polygones,comme application de cette
méthode.) ' '

Théorème.

183. Lorsque deux droites AC, BD de longueur donnéese coupent


sousun angle constant,le quadrilatèreABGD, formé enjoignant deux
à deuxles extrémitésde ces droites,a une surface
constante.
On peutdonner plusieursdémonstrations élémen-
taires de ce théorème,maisla plus simple se rap-
porte à la méthodepar composition.
Par le3 sommetsA et C, menonsdes parallèlesà
la diagonale BD ; et par les sommetsB et D, me-
nons desparallèlesà AG.
I.c parallélogrammeainsi forméest constant,car
l'angle G ou 0 est donné, et il en «est de même
des côtésGF, GH. Or le quadrilatèreest la moitié du parallélogramme,
car le triangle AOB égale ABE, etc.; donc le quadrilatèrea une surface
constante.
Théorème.

1S6. Lorsquetrois droitesde longueurdonnéeAB, CD, EF se coupent


en un mêmepoint 0 et sous des anglesconstants,l'octaèdrequi aurait
pour sommetsles extrémitésdes trois droites,a un volume constant.

En effet, le quadrilatèreCEDF qui divise l'octaèdreen deux pyramides
quadrangulaires, est la moitié du parallélogrammeinvariableLMNP, que
l'on forme comme à l'exercice précédent.Or, en menant par les som-
metsA et B des plans parallèlesau parallélogrammeLMNP, et en
menantpar MN, NP, etc., des plans latéraux pa-
rallèles â AB, on forme un parallélépipèdeinva-
riable, car les arêtessont égales et parallèlesaux
trois lignes donnéesAB, CD, EF, et ceslignes ont
des longueursdonnéeset se rencontrentsous des
anglesconstants.
Mais la pyramideA,CDEF n'est que la sixième
partie du parallélépipèdede même hauteuret do
basedouble LMNP, car le volume dela pyramide
s'obtient en multipliant la baseCEDF par le tiers
de la perpendiculaireabaisséedu point A sur la
base.De même,la pyramideB,CDEF est le sixième
du parallélépipède correspondant;donc l'octaèdrea un volumeconstant,
car ce volume est le sixièmede celui du parallélépipèdetotal.
Remarque.Dans le cas particulieroù les droitesdonnéessont rectan-
•1
=
gulairesdeux à deux, on a : V -y- AB CD EF.
. .

Problème.

137. Parles arêtesopposéesd'un tétraèdre,on mènedesplansparal-


lèles; on forme ainsi un parallélépipède circonscrit
; quel est le rapport
desvolumesdes deux corps?
Par les deux arêtesopposéesAB et DC, on peut mener deux plans
parallèles. En effet, si, lon mène CX pa-
rallèle à AB, le plan DCX sera parallèle ù
la droite AB, et par cette dernièreligne on
pourra mener un plan parallèle au plan
DCX. (G., n° 378.) De même, par les arêtes
opposées AD,BG on peut menor deux plans
parallèlesentre eux. Enfin, par AC et BD,
ou peut aussi mener deux plans parallèles,
et former ainsi un parallélépipèdecircon-
scrit au tétraèdredonné.
Le volume du tétraèdreégalecelui du parallélépipède diminué de celui
do quatrepyramides équivalentes, dont chacuneest lo sixième duparal-
lélépipède.
En effet, la pyramideB,DC11 a mêmehauteurque lo parallélépipède,
et
sa baseDCH n'estquela moitié du parallélogrammeLD11G.
En représentantpar P le volume du parallélépipède,on a donc :
=
pyramide B,DCH -(y P.
Il en est de même pour chacunedes pyramides A,CDL, C,AEB,
4 î
D,ABF; donc le tétraèdreégale P — -y P — P.
Aiiisi le tétraèdreest le tiers du parallélépipède
circonscrit.
Note. Le théorèmeestde MONGE (d'aprèsM. J. NEUBERG).

Théorèmede Steiner.
188. Sur deux droites XX', YY' non situées dans un même plan, on
prend respectivementdeux longueursdonnées AB,CD ; prouverque le
tétraèdrequi aurait pour sommetsles quatrepoints A, B, C, D, a un
volumeconstant,quelle quesoit la position de AB sur XX', et celle de
CD sur YY'.
Construisonsle parallélépipède circonscrit, il suffit de prouverque le
volume de ce corps est constant,
car celui du tétraèdre en est le
tiers (n° 157).
Or la diagonale HLest égale et
parallèleà AB; donc, quelle que
soit la position des segmentsdon-
nes AB et CD, le parallélogramme
de baseCHDL a une surfacecons-
tante, car ses deux diagonalesont
deslongueursdonnéeset secoupent
sousun angle égal à celui que forment entre elles les droitesXX' et YY'.
La hauteurou perpendiculaireabaissée dupoint B, par exemple,sur
la baseCHDL, est la longueurde la plus courtedistancedes lignesXX',
YY' (G., n° 441); donc elle ne varie point. Par suite, le volume du paral-
lélépipèdeest constant,et il en est de même du tétraèdre.
158
a. Remarque.Dans le cas particulier où les droites CD et LH
seraientperpendiculaires l'une à l'autre,et représentées commelongueurs
la base serait —g -. Si d représentela plus
par m n,et la surface de YY111

courte distancedesdroites XX', YY', on aurait, pour le parallélépipède:


mnd
,. ,
Volume =—;
donc le tétraèdreserait :
Si les diagonalesforment entre elles un angle a, on a :

Tetraèdre= mn .sin & d


ç, -
.-jy, ou
mnd .sin &
(Trig., n° 76.)
Cette expressiondu volume du tétraèdreétant connue peut servir à
démontrerle théorèmede Steiner.
La formule
est due à P. T ENTHÉRIC et à TIMMERMÀNS ( Annales de athématiques,
1828, p. 250, d'aprèsLE COINTE, Fonctionscirculaires,p. 380).
158 b. Note. * STEINER, né à Soleureen 1796, mort à Berne en 1863, profes-
seurà Berlin, auteurde nombreusesquestionsproposéesdansles Annalesde
Gergonne,ou dansle Journalde Crelle, a publié, en 1832,l'ouvrageintitulé :
Développementsystématiquede la dépendance des formesgéométriques.
Les Annalesmathématiques de GERGONNEont été publiées de1810 à 1831 ;
elles comprennentvingt et un volumes,et contiennenfde nombreuxarticles
de LHUILIER, de PONCELETet de STEINER. On y trouve la première exposition
de la méthodesi fécondedes Polairesréciproques.(Voir aussin° 251 f.)
Le Journalde mathématiques pureset appliquéesdu docteurCRELLE a été
fondé en 1826. Il a rendu en Allemagne des services analoguesà ceux qu'ont
rendusen Franceles Annales de Gergonneet les NouvellesAnnalesde Ter-
quemet Gérono.
* P. LENTHÉRIC, professeurà la faculté des sciences de Montpellier.
* TIMMERMANS, professeur à l'athénéeroyal de Tournay.
* CRELLE (1780-1855),ingénieurdes ponts etchaussées en Prusse.

Théorème.
139. En prenantdeux à deux les arêtesopposéesd'un tétraèdre,on
obtient trois groupesd'arêtes.
1» Un tétraèdrepeut avoir un, deux ou trois groupesd'arêteségales.
2" Un tétraèdrepeut avoir un seul groupe d'arêtesperpendiculaires
l'une à Vautre, ou trois groupesd'arêtesperpendiculaires.
1° Pour que deux arêtes opposéesAB et DG ou LH et DG soient
égales,il faut et il suffit que la baseCHDL
soit un rectangle.Dansce cas, le parallélé-
pipèdeseraità baserectangle,mais les deux
autresfaces BHCE,BHDF seraientdes pa-
rallélogrammesquelconques.
Le parallélépipèdedroit a deux groupes
de faces rectangulaires ; donc le tétraèdre
correspondantaura deux groupes d'arêtes
égales.
Enfin le tétraèdreaura trois groupesd'arêtes égales, si le parallélépi-
pèdeestrectangle.
2" Pour que deux arêtesopposéesAB et DG ou LH et DG soient per-
pendiculairesl'une à l'autre, il faut que la face CHDL soit un losange.
Si dansdeux groupesles arêtesopposéessont rectangulaires, il en est
de mêmedansle troisièmegroupe.
En effet, si AD est perpendiculaireà BC, la figure BHCE est un
losange; donc HB = = HC HD.
Ainsi la face IIBFD est aussiun losange,et l'arête BD est perpendicu-
laire à AC.
Remarque.On nomme tétraèdreorthogonalle tétraèdredont les trois
groupes d'arêtessont formés par des lignesperpendiculairesl'une à
l'autre.
Le tétraèdreorthogonaljouit de nombreusespropriétés pour l'étude
desquelleson peut consulterles ouvragessuivants:
NouvellesAnnales,année1854, pages290et385; année1871, page451.
Questionsde Géométrie,par M. DESBOVES,3E édition, pages218 et 219.
Journalde Mathématiques élémentaires et spéciales,par J. BOURGET
et KOEHLER, année1881, pages337 et suivantes.

Théorèmede Guéneau d'Aumont.

ICO. La sommede deux angles opposésd'un quadrilatèresphérique


inscrit est égale àla sommedes deuxautresangles.(Aperçu historique
de CHASLES, page238.)
Soient 0 le centrede la sphère,ABCD le quadrilatèreformé par quatre
arcs de grand cercle, dontles sommetsA,
B, C, D se trouventsur une même circon-
férenceayant P pour un de ses pôles.(G.,
n° 544.) Il faut démontrerque les angles
dièdresqui correspondentaux arêtesAO,
GO, ont unesommeégaleà celle des dièdres
qui correspondent aux arêtesBO, DO.
Parle pôleP et parchaquesommetfaisons
passerdesgrandscercles;chaquecôté AB,
par exemple,est la based'un triangle iso-
cèle APB,car l'arc
=
PA P,B;
donc l'angle BAP = ABP;
ou 1 = 1 ; 2 = 2, etc.
Or la sommede deux anglesdièdresopposésse composede
1 + 2+3 4; +
donc A C + =
B + D.

160 a. Note. GUÉNEAU D'AUMONT, professeurdurantde longuesannéesau


collège royal de Dijon, puis à la Faculté decette ville, s'estdistinguépar son
zèle pour l'enseignement. Le théorèmequi porte son noma étépublié dansle
tome XII, année1821-1822,des Annales deGergonne. '

§ IV. — Surfacesauxiliaires.
161. Surfacesauxiliaires. La méthodedes Surfacesauxiliaires con-
siste à faire intervenir des surfaces,lorsqu'il s'agit d'établir certaines
relationsentredeslignes données.
En voici quelquesexemples:

Théorème.

1G2. La bissectricede l'angle d'un triangle divise le côté opposéen


segmentsproportionnelsaux côtés adjacents.
En effet, les triangles BCI, ACI, ayant mêmesommetC et leurs bases
respectivessur la même droite, sont dans le même rapport que leurs
basesm et ».
Ces mêmestrianglesont des hauteurségales h ; ils sont donc entre
eux commea et b; donc

De mêmepour la bissectriceextérieure.

Théorème.

163. Bans un triangle isocèle, la somme


<les dislances d'un point quelconquede la
baseaux deux autrescôtés est constante,et
la différence des distancesd'un point pris
sur le prolongementde cette baseest aussiconstante.
MenonsAM, AN et CG perpendiculaireabaisséedu point C sur AB.

Le doublede l'aire du triangleisocèle peut être exprimépar


AB.CG,
ou par AB MD+AC ME,
. .
; mais = AB.
Donc AB
lorsquel'on considèreles deux trianglesABM,
. =
CG AB(MD +ME) ;
AMC AC

d'où MD plus ME égalela perpendiculaireCG abaisséedu point C sur le


côté AB.
Pourle point N on a :
AB.CG AB.NH — AC.NL ;
=
d'où CG= NH — NL.
Remarque.La question précédentea déjà été traitée par une autre
méthode(n° 146).

Théorème.

164. Les distancesd'un point quelconqued'une médiane aux côtés


qui partentdu mêmesommet,sont inversementproportionnellesà ces
côtés.
En effet,
Or les trianglesCBM', ABM' sont équi-
valents; donc

d'où

Théorème.

16d. Lorsque trois droites issues des


sommets d'un triangle se coupent au
mêmepoint 0, on a la relation

En effet, les triangles BOC et BAC sont entreeux commeleurs hau-


teurs, ou commeles lignesOD et AD, propor-
tionnellesa ceshauteurs:
de même

et
En ajoutantces égalitéson trouve :

ou
On trouverait,par une marcheanalogue,que

Théorèmede Ménélaus.

166. Lorsqu'unetransversalecoupe les trois côtés d'un triangle, le


produit des trois segmentsn'ayantpas d'ex-
trémité commune,égale le produit des trois
autressegments.
Désignonspar A, B, G les triangles ADN,
BLM, CMN.
A B C
On peut écrire: ~ÏT ' "(T ° "A =
Or les triangles qui ont un angle égal ou
supplémentaire,sont entreeux commeles pro-
duits dos côtésqui comprennentcet angle;
donc (G.,n° 329) A

B
AL LN
.

BM.LM
G — CM.MN '
C CN.MN
' A — AN LN"'
.
En multipliant ces égalitésmembreà membreet simplifiant, on a :

on
166 a. Note. * MÉNÉLAUS (vers l'an 80 aprèsJ.-C.) a vécu à Alexandrie; il
parait êtrele premierqui se soit occupé detrigonométrie.On lui doit le théo-
rème fondamentaldes transversales. Néanmoins ce théorèmeest fréquemment
attribuéà PTOLÉMÉE.
* PTOLÉMÉE (vers 128 à 168 aprèsJ.-C.) résida à Canobe,près d'Alexandrie.
Il estsurtoutconnu commeastronome,et c'estparsonAlmagesteque le théo-
rème de MÉNÉLAUS est venu jusqu'à nous. On lui doit aussi les premières
notionsde la doctrinedesprojections.

Théorèmede Céva.

167. Les droitesqui joignent les sommetsd'un triangle àun même


point 0, déterminentsix segmentstels que le produit de trois d'entre
eux n'ayant pas d'extrémité commune, égale le produit des trois
autres.
Désignonspar a, b, c... les triangles AOL,
BOM, etc.
Les triangles qui ont même sommet sont
entre eux commeleurs bases ; on a donc:

d'où

Il suffit de prouver que ~Jjj- — 1-

Or

à membre,on trouve:
En multipliant ceségalités membre
Autre démonstration: On peut dire plus simplement:

Produit= 1.
167 a. Note. On peut nommerceviennetoule droite qui part du sommetd'un
triangle pour se limiter au côté opposé.Voir ci-après,nos 2262 et suivants.)On
dit aussitransversale angulaire.
L'appellation de cévienneest utile dansla Géométriedu triangle ; elle est
due à M. À POULAIN, professeurà la Faculté catholique d'Angers.
* JEAN CÉVA, de Milan, publia diversouvragesde mathématiques e ; ntreautres,
en 1678, De lineis redis se invicem secantibus staticaconstructio.
Son frère, THOMAS CÉVA (1648-1737),construisitun instrumentpour opérer
mécaniquement la trisectionde l'angle.
Voir l'Intermédiairedes Mathématiciens, 1895, p. 182, n° 585, et 1899, p. 177.

Théorème.

168. La droite la plus courte que Von puisse menerpar un point


donné E dans un angle donné, est définie par cette condition, que la
perpendiculaireEG à cette droite, menéepar le point donnéE, et les"
perpendiculairesBC, DC aux côtés de l'angle,
menéespar les extrémitésde la droite BED, con-
courent en un môme point C. (NEWTON, Opus-
cules,tome I, page87.)
En admettantque les droites concourantesCB,
CD, CE soient respectivementperpendiculaires
aux côtés du triangle ABD, on reconnaît"que le
quadrilatèreABGD a deux anglesopposésB et D
qui sont droits; par suite, AC serait le diamètre
du cerclecirconscrit,et comme on a déjà prouvé
que les côtés opposés BG, AD ont des, projections
BE, FD égalesentre elles (n° 136), le théorème
revientau suivant :
La droite la plus courte qu'on puissemenerpar un point donnéE
dansun angle donnéXAY (lig. 112) est une droite BEG telle que le seg-
ment BE égale la projection FG du côté AG. (De môme, le segmentCE
égalealors la projection BF du côté AB.)
,
Démonstration.Soit BE =
FG.
En élevant une perpendiculaireEG à BC et prenant EG AF, on
forme un parallélogrammeABGG.
=
Bar le point E menonsune autredroite MEN ; il faut prouvér que BG
C3t <MN.'
Comparonsles trianglesBGG, MGN.
Si nous démontronsque BGG est plus petit que MGN, nous aurons
prouvéque BC est < MN, car la hauteurGE du premierest plus grande
que la hauteurGH du second.
Or, à causedes parallèlesAG et BG, les trianglesBGC, BGN sont équi-
valents, car ils ont meme base BG et
même hauteur.
Il suffit donc de comparerBGN et
MGN ; pour cela menons une paral-
lèle BO au côté NG pris pour base. Le
point 0 se trouve entre M et 'G, car
l'angle GBO, égal à BGN, est plus petit
que les angles égauxBGC, GBM ; donc
la perpendiculaireabaissée dupoint B
sur GN est plus courte que la perpen-
diculaire abaisséedu sommet M sur la
même base GN ; ainsi ,1e triangle BGN
est plus petit que MGN. '
Donc le triangle BGC est plus petit
que MGN,
d'où BC < MN.
168 a. Note. Le théorèmeprécédentn'estqu'un cas particulier du théorème
généralde NEWTON : La droite laplus courte qu'on puissemener entre deux
courbesdonnées, demanièreque cette droite BEC passepar un point donné
ou soit tangenteà une troisièmecourbe, est celle qui remplit les conditions
suivantes Les normalesmenéesaux courbespar les extrémitésB et C de la
.
droite doivent concouriren un mêmepoint avec la normalemenéeà la troi-
sièmecourbepar le point de contactE.
On peut consulter les ouvragessuivants: Annalesde Gergonne,tome II
(1811-1812),p. 17, art. de LIIUILIER de Genève.— Principlesof modem Geo-
melrg, by JOHN .MUI.OAIIY, n° 104, page 106; Questions deGéométrie,par
M. DESBOVES, pages 126 434; et Des méthodesen Géométrie, par PAUL
,
SERRET, nu 56, page104. (Voir ci-aprèsn° 1615 a.)
* NEWTON (1642-1727)naquit dans le comté de Lincoln, en Angleterre.Un
de sesprincipauxouvragesa pour titre : Philosophioenaturalis principiama-
thematica.NEWTON inventa le calcul desfluxions, qui ne diffère du calcul
différentiel de LEIBNIZ que patle point de départ et par la notation. On doit
aussiau géomètreanglaisune premièreélude de la classificationdes courbes
du troisièmedegré.
* LEIBNIZ, né à Leipzig en 1616, mort à Hanovreen 1716, est l'inventeur
du calcul différentiel,nommé aussi calculinfinitésimal; il avait trouvé ce
nouveaucalcul dès 1674 ou 1075, maisce n'estqu'en1684 que parut sa Nova
Methoduspro maximis et minimis.

§ V. — Volumes auxiliaires.
169). Volumesauxiliaires.L'emploi desvolumesauxiliairesest analogue
t\ celui des surfacesauxiliaires,mais il est beaucoup plus
étendu.A l'aide
des volumesauxiliaireson peut chercher:
1° Des relationsentrecertaineslignes (n° 170) ;
2° L'aire d'uneligure (n° 173)
;
3» Les propriétés d'une ligure plané considéréecomme sectiond'un'
solide (n° 174).
PremierCar. llelationt linéaires. '
Théorème.

170. Lorsqu'untétraèdrea trois faceségales,la sommedes distances


d'unpoint quelconquede la quatrièmeface à chacunedes trois autres
est constante.
La démonstrationest analogueà celle d'un théorèmeconnu (n° 163).
On joint le point donnéaux quatre sommets,ce qui décomposele solide
donnéen trois pyramidesayant pour baseune des faceslatérales,etc.
De même, le théorèmerelatif aux droites issues d'un même point
(n° 165) conduit au théorème suivant, facile à démontrerà l'aide de
volumesauxiliaires:
Lorsquedesdroitesissuesde chaquesommetd'un tétraèdre se coupent
en un mêmepoint 0 dansl'intérieur du solide, l'unité est la valeur
de la somme des quotientsobtenus en divisant, par la ligne entière
correspondante, chaquesegmentcomprisentre le point 0 et la face de
la pyramide.

Théorème.
171. Étant donnéun point à l'intérieur d'un polyèdre régulier, la
sommedesperpendiculaires abaissées de cepoint sur les facesdupolyèdre
est une quantitéconstante.
On prendChaque facepour base,d'unepyramideayanten premierlieu
le point donnépour sommet,puis on considèreun autre groupede pyra-
midesayantpour sommetle centredu polyèdre.
Le volume s'obtient tantôt en multipliant le tiers d'une face par la
sommedes perpendiculaires,et tantôt en multipliant le tiers d'uneface
par la sommedes apothèmes dupolyèdre; donc la sommedes perpendi-
culaires est constante,car elle égalécelle des apothèmes.
172. Remarque.La méthode par les surfaces ou les volumes auxi-
liaires est parfois moins élégantequ'une solution directe;mais elle
s'appliqueà un assezgrand nombre de questions.Au point de vue des
méthodesque l'on peut employerpour démontrerLe théorèmeconnu:
La sommedesperpendiculaires abaisséesd'un point quelconquede la
based'un triangle isocèlesur les côtéségauxest unequantitéconstante,
on peut faire les remarquessuivantes:
La démonstrationdonnée(n» 20) est ingénieuse,mais ne s'applique
qu'è cette question.La méthodepar duplication(n» 74) est plus générale,
mais ne convient qu'aux figures planes; et l'emploi des surfacesauxi-
liaires (n° 163) de bien plus nombreuses
a
applicationset conduit à des
démonstrationsanaloguespour la géométriedansl'espace.
2" Ca«. On considèredes volumesconnus, pour obtenir l'aire d'une
surfacedemandée.
Problème.
173. Trouver lu surfaceconvexe d'un cône de révolution coupépar
une section oblique.
La section BC est une ellipse donton peut mesurerou calculer les
axes. Du point D, où l'axe rencontre la section, abaissons une per-
pendiculaireDE sur une génératrice; abaissons
la perpendiculaireAH sur la section.
Le volume du cône ABC égale: .

ellipse BC
X ;

mais le point D est à égale distancede toutes


les génératrices.Le cône peut donc être re-
gardé comme la limite vers laquelle tend la
somme des pyramides triangulaires qui au-
raient le point D pour sommet,et dont le tri-
angle de baseaurait pourcôtés deuxgénératrices
voisineset unecordede l'ellipse. Donc le volume
nF.
peuts'obteniren multipliant la surfacelatéralepar -y- ; donc aussi
ellipseCBx AII
surfaceconvexeBAC =
Voir Appendiceaux Exercices de Géométrie, nos 875 et 876, et ci-après
la note du n» 199.
Cet exercice173 permet d'étudier la sinusoïde, connaissant le volume
de l'onglet cylindrique.
30 Cas. On emploieun volumeauxiliaire,,afind'étudierles propriétés
d'unefigure plane,quel'on jieut considérercommeétantune sectiondu
solide.

Théorème.

174. Sur une sécante quel-


conque,l'hyperboleet sesasymp-
totes interceptentdes segments
égaux.
Considéronsle cône formé par
la rotation de ON autourde Ou\
Un plan sécant perpendicu-
laire au méridien principal, et
dont la trace serait NN', coupe-
rait le cône suivant une ellipse,
puisquetoutesles génératricesde
la môme nappe seraient ren-
contrées. a" 844.)
Soit N11N' le rabattementdo
la moitié de l'ellipse : le plan
qui donne l'hyperboleest éloi-
gné de l'axe du cône de la lon-
gueur OB; donc sa trace sur
l'ellipse est une corde HH' parallèleà NN' et telle que EU OU. Mais,
=
NN' étant le grand axe de l'ellipse, la perpendiculaireélevée au milieu
de NN' divise toutecorde parallèleen deuxpartieségales: ainsi GH GH';=
=
donc MN M'N'.
Si la sécantecoupaitles deux branches,la sectionserait une hyperbole
dont RR' serait l'axe transverse,M'M1 serait la projection d'unecorde
parallèle; donc encore M1R=M'R'.
Application. A l'aide de la propriétédémontrée,on construit très faci-
lementune hyperbolelorsqu'onconnaît les asymptoteset un point de la
courbe.
173. Corollaire. Toute tangentelimitée aux asymptotesest divisée en
dèuxpartieségalespar le point de contact.
Note. On trouve facilementla plupart des propriétésde l'ellipse lorsqu'onla
considèrecommeétantobtenuepar la section obliqued'un cônede révolution.
MAC-LAURIN, dès 1742, en donne de nombreuxexemplesdansson Traité des
fluxions, tome II, chap. XIV, page96.

Théorèmede d'Alembert.

170. Trois circonférences,considérées deuxà deux, ont six centresde


similitude; les trois centresextérieurssont en ligne droite; il en est de
mêmede deux centresintérieurset d'un centreextérieur.
Démonstrationde MONGE. Considérons dessphèresayantpour grands
cercles les cercles donnésA, B, C. Les cônes, circonscritsà ces sphères
,
prisesdeux àdeux, ont respectivementpour sommetsles centresde simi-
litude.

Pour démontrerque les trois centresextérieursL, M, N sont en ligne


droite, il suffit de considérerles deux plans tangentsqui laissent les
trois sphères d'unmême côté. Ces deux plans contiennentles trois som-
mets L, M, N des cônes circonscrits ; or deux plans se.coupentsuivant
une droite; donc les trois points L, M, N sont en ligne droite.
Remarque.Pour F, D, N, on considère les deuxplans tangentsqui
laissentles sphèresB et C d'un mêmecôté, tandisque la sphèreA est de
l'autre côté, etc.
Note. * D'ALEMBERT, né à Parisen 1717, mort en 1783. On lui doit un Traité
de dynamique,le Traité de l'équilibre et du mouvementdes fluides, et un
grand nombre d'autres écrits.
* MONPE, né à Beauneen 1746, mort à Paris en 1818, élève, puis répétiteur
à l'école militaire de Mézières,est le principal créateurde la géométriedes-
criptive. Après avoir accompagné Bonaparte en Égypte, il eut à son retour la
direction del'École Polytechnique.

Théorèmede Desargues.
177. Lorsque les côtés de deux
triangles ABC, abc se coupent
deux à deux en trois pomts situés
en ligne droite, les droitesAa, Bb,
Ce, qui joignent les sommetscor-
respondantsse coupentau même
point.
Admettons que abc soit la base
d'unprisme triangulaire,dontA'B'C
serait la section par un plan mené
par la droite LMN.
Les droites AB, A'B' concourent
au ppint L, car LA'B' est l'inter-
section du plan sécantet du plan
conduit par Lai».
Il est évident que les droites
AA', BB', CC' concourent en un
mêmepoint S; car si par les lignes
concourantesLAB, LA'B' on fait
passerun premier plan, puis un
secondpar MAC, MA'C, un troi-
sième par NBC, NB'C', les trois
plans se coupent en un même
point S. ,
Donc les trois droitesAa, Bb, Cc
concourent eu un même point s,
projection du sommetS de la pyra-
mide sur la baseABC.
Note. * DESARGUES,né à Lyon en 1593, mort en 1602, s'occupasurtoutde la
partie pratiquedes mathématiques.PASCAI,, DESCAKTES, EEHMAT,LA LLINN ont
profité des idées decet auteur.On doit à DESARGUES le théorèmerelatif à deux
trianglesdont les sommetssont deux à deux sur trois droitesconcourantes,
théorèmeque PONCELET a pris pour hase de sa théorie des figures homolo-
giques. (Voir ci-aprèsn,,s 1247-1249.) i

Théorème.
177 *, Lorsqueles sommetsde deux trianglesAQC, abc sont deux à
deuxsur trois droites qui concourenten un mêmepoint s, les côtésdes
trianglesse coupentdeux à deux, eu trois points L, M, N situés en
ligne droite.
Considéronsune pyramide dont saA, sbB, scC seraientles projections
des arêteslatérales.Les projetantesqui correspondentaux sommetsa,
b, c donneraientA', B', C', sur les arêtescorrespondantes.
Or le plan de la section A'B'C' coupe celui de la basesuivant une cer-
taine droite, et les côtéscorrespondants AB, A'B' se coupentsur cette
droite, en L, par exemple;donc ab passeaussipar ce point, car ab est la
projectionde A'B'.
177 b. Note. Les deux théorèmesde Desarguessont fondamentauxdans la
théorie de l'homologie.
L'homologie,commecorps de doctrineet procédégénéral detransformation
des ligures, est dueà PONCELET.Pour se rendrecomptede la féconditéde cette
méthodeet de l'esprit investigateur ducréateurde l'homologie, il faut lire son
Traité despropriétésprojectivesdesfigures, et les Applications d'analyseet
de géométrie,du mêmeauteur.
Traité despropriétésprojectivesdesfigures,2 vol. in-4°. La premièreédition
est de 1822,et la secondede 1865. Les premièresrecherchesdatent de 1813,
pendantla captivité de l'auteuren Russie; elles furent communiquéesdès 1814
à MM. FRANÇOIS et SERVOIS, professeursaux écoles d'artillerie et du génie à
Metz.
Quelquesfragmentsde ces recherchesont été publiés en 1817-1818dansle
tome VIII des Annalesde Gergonne.
* SERVOIS (1767-1847),officier d'artillerie,quitta le serviceactif à trente-trois

ans, pour étudieret professerà Metz; il publia, en 1812, les Solutionspeu


connuesde différentsproblèmesde géométriepratique.

§ VI. — Projectionsou Sections.


178. La méthodedesprojectionsou dessectionsest, en quelquesorte,
la contre-partiede la méthode quiemploie dessurfacesou des volumes
auxiliairespour étudierdes questionsde géométrieplane. En effet, par
la méthode des projections,on se proposed'obtenir une figure plus
simple que la figure proposée,ou bien on ramèneune question degéo-
métrie dans l'espaceà un exerciceplan, se bornantà étudierla section
obtenueen coupantle solidepar un plan convenablement choisi.
Nous ne considéronsici que la projection cylindrique,c'est-à-direla
projectionobtenuepar des droites parallèlesentre elles, mais dans une
direction d'ailleursquelconquepar rapport au plan de la section.Ainsi,
étudier la projectionplane d'une figure donnéerevient à considérerla
sectiondu cylindre formépar les projetantesde cette figure donnée.

Théorème.

170. La bissectricede l'angle d'untri-


angle divise le côté opposeen segments
proportionnelsaux côtésadjacents.

b
Projetonsles sommets A et B sur la
bissectriceextérieureOJ.
Les côtés a et b, étant également incli-
nés sur 01, sont proportionnelsà leurs
projectionsc et d.
Il en estde mômedessegmentsm et n;

donc a d
c
= = n.
m
Remarque.Pour les segmentsdéterminéspar la bissectriceextérieure,
on projette ces segmentset les côtés adjacentssur la bissectriceinté-
rieure. La démonstrationest toutaussisimple que la précédente.

Théorèmede Ménélaüs.
180. Lorsqu'une transversalecoupe les trois côtés d'un triangle, le
produit des trois segmentsn'ayant pas d'extrémitécommune,égale
le produit des trois autressegments(n° 166).
Sur une droite quelconque, projetons les' trois sommetsdu triangle
par des lignesAa, Bb, Cc, parallèlesà la transversale.Le point o est la
projection des trois points L, M, N.
Les parallèles divisent les sécantes
en parties proportionnelles; on peut
donc remplacerle rapport BL par
ao etc-
~W>
Mais AL BM CN
. . = BL .
CM
.
AN,
AL BM CN
ou BL CM AN peut être
remplacépar
ao bo co
bo ' co ' ao '
Or cette dernière égalité est évidente; la relation demandéeest par
suite démontrée.
Théorèmede Carnot.

481. Lorsqu'unetransversalecoupe les côtés d'un polygone plan,


chaquecôté est divisé en deux segments;le produit de tous les seg-
mentsn'ayantpas d'extrémitécommune,égale le produit de tous les
autressegments.
Soit, par exemple,un pentagoneABCUE dont lescôtés successifsAB,
CD, sont coupéspar une transversaleen des points H, K, L, M, N.
...
Projetonsla figure sur une droite quelconquexy située dansson plan,
par des droitesparallèles à la transversale,et soit o le point où cette
ligne rencontrexy.
Il faut prouverqu'on a :
AH BK CL DM EN
BH ' CK' DL ' EM ' AN '
ao bo co do co
ou bo ' co ' do eo ' ao '
Or cette dernièrerelation est évidente. La premièreest donc démon-
trée.
181 a. Remarque.On démontreaussi d'une manièrefort simple lu
généralisationsuivante:
Lorsqu'unplan coupeles côtésd'un polygonegauche,chaquecôté est
divisé en deuxsegments ; le produit de tous les segmentsn'ayantpas
d'extrémitécommune,égalele produit de tous les autressegments.
Il suffit de projeter la figure sur un plan parallèleau plan sécant,en
recourantà desdroitesparallèlesà ce mêmeplan sécant; car onretombe
sur le théorèmede Carnot.
181 b. Note. * CARNOT né à Nolay (Côte-d'Or)en 1753, mort à Magdebourg
,
en 1823, élève de MONGE à l'école de Mézières,publia un Essaisur les trans-
position.
versales, Dela corrélation dans les figures de géométrie,la Géométriede
On ne cite généralementque la Géométriede position,publiéeen 1803; mais
le théorèmeci-dessus,ainsi que sonextensionà un polygonegauche,se trouve
déjà dans l'ouvragepubliéen 1801 .• De la corrélationdesfiguresde géométrie,
n05 220 et 221, page162.

Lieu.

182. UnepyramidetriangulaireSABC estcoupéepar un planqui ren-


contre le plan de base suivant LMN, et déterminedans lapyramide
une sectionA'B'C'. On fait tournerla sectionA'B'C autourde l'axe MN,
et l'on joint AA', BB', CC'; quel est le lieu décrit par le sommetde la
pyramideainsi obtenue?

Par la hauteurSH menonsun plan SIIOR perpendiculaireà l'axe de


rotation ; ce plan déterminedeux droitesDE, D'E' dont il suffit d'étudier
la position respective,car elles sont invariablementliées à la baseet à
la section.Le problèmerevientdonc à une questionconnuede géométrie
plage. On demandele lieu décrit par le point de concoursS des droites
DD', EE' (n°84).
Le sommetS décrit une circonférencedont le plan est perpendiculaire
à MN ; R en est le centre etRS le rayon.
Remarque.On peut considérerle point S comme le point de vue de
deux figures perspectives
A'B'C', ABC, et la questions'annonce fréquem-
mentsousla forme dethéorème:
Lorsqu'unefigure ABC restefixe et que saperspectiveA'B'C' tourne
autourde la tracedu tableauLMN, le lieu du point S est un cercledont
le plan estperpendiculaireà l'axe LMÎT.
182 à. Note. Le théorème précédent,
n° 182, a été indiqué parPONCELETdans
l'étudede l'homologie; mais il est attribué ordinairementà STEINER qui l'a
,
formulé explicitement dansle Journalde Crelle.
La démonstrationque nousdonnonsest très simple; néanmoinson lira avec
fruit la solution de BOBILLIER, dans les Annales de Gergonne,tome XVII
(1826-1827), p. 335, et celle de A. AMIOT, Leçons nouvellesde géométrieélé-
mentaire,2E édition, p. 570. — L'édition de 1897 a été revue par M. VINTÉ-
JOUX, professeurhonorairede mathématiques spécialesau lycée Saint-Louis.
* A. AMIOT, ancien professeur de mathématiquesspécialesau lycée Saint--
Louis, est surtoutconnupar les nombreuxélèvesqu'il a préparéspour l'École
Normale supérieureet pour l'École Polytechnique.On lui doit divers ouvrages
classiques,entre autresdesÉlémentsde géométrieet desLeçons nouvellesde
géométriedescriptive.

Théorème.

183. Dansun trièdre, les trois plansmenéspar une arêteet la bis-


sectrice del'anglede la faceopposéesecoupentsuivantunemêmedroite.
Prenonsdes grandeurségales SA, SB, SC sur chaque arête; nous
auronsune pyramideayant pour baseABC et pour faces latéralestrois
trianglesisocèles. La bissectrice del'angle au sommet de chacund'eux
passeau milieu du côté opposé; donc les tracessur le plan ABC destrois
plansmenésdans le trièdre sont les médianesdu triangle ABC ; or ces
lignes se coupenten un même point M; par suite, les trois plansse
coupentsuivantSM.

Problème.

184. Circonscrireun cône de révolutionà un trièdre donné.


D'aprèsle théorème précédent, on voit qu'il suffit de circonscrireune
circonférenceau triangleABC, obtenuen prenant:
= =
SA SB SC.
Les arêtesétant égales,le côneserade révolution.
I

Remarques.1° On peut circonscrirequatrecônesde révolution à dpux


nappes,à trois droitesqui passentpar un même point.
De même
on peut inscrirequatrecônesde révolutionà deux nappes,à
trois plansqui passentpar un même point.
2° La Géométriedescriptivepermet d'effectuerles constructionsrela-
tives & ce problème.(Voir Élémentsde Géométriedescriptive,par if. J.,
et les Exercicesde Géométriedescriptive,4e édition.)
IV

TRANSFORMATION DES FIGURES

185. Définition. La méthode ditepar Transformation desfigures con-


siste à remplacerune figure donnéepar une figure plus simple, liée à la
premièrepar des relationsde position et de grandeur.
Dansl'exposédes méthodesélémentaires,nous emploieronsles trans-
formationsqui résultentdes modifications suivantes:
1" Le déplacementet la translationparallèles;
2» La réductionet l'inclinaisondes ordonnéesd'une figure ;
3° La similitude et l'homothétie;
4? Le problèmecontraire;
5° L'inversion, ou transformationpar rayonsvecteursréciproques.

§ I. — Déplacementparallèleou Translation.

186. Déplacementd'un sommet.Les théorèmesfondamentauxrelatifs à


co modede transformationsont les suivants:
Deux trianglesqui ont mêmebaseet mêmehauteursont équivalents.

(G., n°467.)
(C., n° 315, 2°.)
Deuxpyramidesqui ont mêmebaseet mêmehauteursontéquivalentes.

On emploiefréquemmentle premierde ces théorèmes dans toutes les


questionsoù il s'agit de transformerun polygonedonnéen un triangle
équivalent, et de partagerun polygone en parties équivalentes, ou en
partiesproportionnellesà desgrandeursdonnées.
On emploiele secondpour démontrer des théorèmes relatifs au volume
du tronc de prismeet du tronc de pyramide. (G.,nos 473 et 475.)
Voici la propriétédont nous ferons le plus fréquemmentusage:

Théorème.

187. Lorsque le sommetd'un triangleglisse sur une parallèle à la


base,le segmentdéterminépar les deux autrescôtés du triangle sur
• une sécanteparallèleà cette basea une longueurconstante,quelle que
soit la positiondu sommetmobile.
Soit le triangle ABC, dont le sommet est transportéen C. On doit
avoir : MN M'N'. =
MN d
On a : AB ~ A >'

d M'N'
mais A AB '
donc M'N' = MN.
188. Remarque.Les rectanglescorrespon-
dantsMNPQ et M'N'P'Q' sont égaux.
Les parallélogrammesqu'on obtiendraitm
menant par N et N' des droites respective-
ment parallèlesaux côtés AG et AC', seraient
équivalents.
Voici une application:
Problème.
189. Dans un triangleABC, menerune parallèle à labase,de ma-
nière que le rectangleinscrit correspondantait
une valeur donnéer3 pour somme des carrés
des deux côtésadjacents.
Transportonsle sommetC en D, de manière
à obtenirun trianglerectangleABD.
On doit avoir : EG3 + EH2 = r2 ;
donc AE r. =
Ainsi du point A commecentre, avec r pour
rayon, il faut décrire une circonférence.Cette
courberencontreBD aux points E, F.
Par le point E, menons une parallèle ENM
à la basedu triangle, puis abaissonsles perpendiculairesMP et NQ :
MN = HE (n° 187);
donc +
MN 2 MP2 =
Remarque.Le minimum de la sommedescarrescorrespondau pied K
de la perpendiculaireAK.
Problème.
190. Dansun triangledonnéABC,
inscrire un rectangle dont le pé-
rimètre égale une longueur don-
née 21. '
En supposant le problème ré-
solu et MPNQ le rectangle,tel que
MN + MP =l, on reconnaît que
la questionrevient ù inscrire le rec-
tangleAUGI dansle trianglerectangle
CAD, de même base et de mémo '
hauteurque le triangle proposé.
On a:
Or il suffit de prendre:
et de menerFE (n° 99 a).

donc aussi
AE — AF =

GH + = l;
GI
MP + MN = l.
l,

191. Remarques.1° On peut éviter la construction dutriangle CAD,


car il suffit de menerune parallèleFJ jusqu'àla rencontrede ABJ, et de
joindre le point J au point E.
On a, en effet : d'où

d'où

donc
2° Cette secondeconstructionconduit immédiatementà la solution du
problèmesuivant, quide primeabord sembleplus difficile.

Problème.

192. Dans un triangle quelconque,mener une parallèleMN à la


base, et par les points M et N des
droites MP, NQ parallèlesà une ligne
donnéeXY, de manièreque le parallé-
logrammeinscrit MNQP ait un péri-
mètredonné2p.
La solution développéedu problème
précédent,et l'emploi desmêmeslettres,
permet de nous borner à l'indication
desconstructionsà effectuer.
Par le sommetA menonsune paral-
lèle à XY ; prenons:
=
AF AE = p.
ProlongeonsAB jusqu'à la rencontrede la parallèleFJ ; la droite EJ
déterminele sommetM du parallélogramme.
On aura : MN + MP p. =
Problème.

193. Dans un triangle donné, inscrire un


rectangleayant pour diagonaleune longueur
donnée.
On a déjà traité cette questionsousun énoncé
différent (n° 189).
Considéronsle triangle rectangleBAD.
Du point A comme centre, avec la longueur
donnée AL pour rayon, décrivons un arc de
cerclequi coupera l'hypoténuseen deux points
E et F.
Ces points d'intersection donnent
la réponse
QM = =
AE l.
Remarque.La perpendiculaireAK ferait connaîtrete rectangleà dia-
gonaleminima : IJ seraitla basesupérieurede ce rectangle.
194. Translationd'unefigure. La translationparallèle,ou simplement
la méthodede translation,consisteà transporterune figure ABGD... d'une
position donnéeà une autre position A'B'C'D de manièreque les
..,
droites AA', BB', CC', etc., soientégaleset parallèles.
Cette méthode donne souvent des solutions fort simples; en voici
quelquesexemples:
t
Problème.

194 a. Construire un quadrilatère,connais-


sant les angleset deux côtés opposés.
Soit le problème résolu; AB et DC les côtés
donnés: opérons latranslationdu côté DC en AE.
L'angle DAE est le supplémentde l'angle D,
donc l'angle BAE est connu, car il égalel'angle A
moinsle supplémentde D ; on peutdonc construire
=
l'angleBAE, prendreensuite AE DC, longueur
connue, et par le point E mener une parallèle
à AD jusqu'àla rencontrede BY ; ce qui détermine
le sommetG.

Problème.

194 b. Entre deuxcirconférences données,inscrire une droite de lon-


gueur 1, et qui soit parallèle à une
ligne XY.
Soient A et B les circonférences,
données;il faut recourir au lieu géo-
métriquequ'on obtient par une trans-
lation parallèle(n° 59, rem. 2°).
Par le centre A menonsla droite
AC égale à l et parallèle àXY ; puis,
du point C comme centre, décrivons
une circonférenceégale au cercle A.
En d'autrestermes: transportonsla circonférenceA en C, de manière
que AC égale l et soit parallèleà XY.
Les points d'intersectionM, M' donnent les solutions, puisqueles
figuresANMÇ et AN'M'C sont des parallélogrammes.
Remarques.La circonférenceA peut être remplacéepar un polygone
quelconque;alors le déplacementpourra être effectué en n'employant
que la règle et le compas.
La circonférenceB peut être remplacéepar une courbe quelconque.
Dans le cas général,il y a quatresolutions.
Problème

194 c. On donnedeux circonférencesextérieuresA et B, ainsi qu'une


droite XY ; menerune sécanteparallèleà XY, de manièreque la somme
des cordesinterceptées
égaleune longueur1.
Employonsunetrans-
lation parallèle, et,
comme à l'exercice
précédent, menons la
droite AC parallèle à
XY et égale à la lon-
gueur donnée l, et du
point C décrivons une
circonférencede même
rayon que A. Toute
parallèleà XY telle que
EG égale l.
Par un seconddépla-
cementparallèle,amenonsle cercleB a avoir son centreen D sur la per-
pendiculaireélevéeau milieu de AC.
Les points d'intersectiondonnentla solution.
En effet, EG AC l ; FG MN ; donc EF MN=L
= = = +
On voit, sur la figure, une secondesolution plus rapprochée
de XY.

Théorème.

194 d. Lorsqu'unquadrilatèrea deux côtés opposéségaux, la droite


A.

qui joint les points milieux des deuxautres


côtés est parallèle à la bissectricede l'angle
formé par les deux premierscôtés.
=
Soient AD BC et M le point milieu de AB.
Par une translation, amenonsAD en ME et
BG en MF. MenonsEF et prouvonsque le point
N d'intersectionest le milieu de DG.
Lés triangles équiangles DNE, CNF sont
égaux,car DE = CF, donc DN = CN; par suite,
MN est la droite despoints milieux ; or le tri-
angle EMF est isocèle,et puisque NE=NF,
la hauteur MN est bissectricede l'angle au
sommetM, et se trouve parallèle à la bissec-
trice (AD, BC).

Théorème.

194 e. Lorsqu'ona deux trianglesdirectementsemblablesABC, A'B'C',


et qu'on divise en parties proportionnellesen a, (, y, les droites qui
joignentles sommetshomologues,on obtient un triangleafSv semblable
aux deuxpremiers.
En opérantune translationde A'B'C' en AB"C", puis divisant BB1' et
CG dans lemême rapportque BB et CC', on obtient un triangle Alî'y',

semblableaux deux premierset égal à apy; donc ce dernier est sem-


blable aux triangles donnés.
195. Note. La Méthodede translation,déjà mentionnée(n° 59 a), "a été indi-
quée par M. PÉTERSEN, et souventappliquée par ce savant danois. Voir à ce
sujet : Méthodeset théoriespour la resolutiondespro-
blèmes de constructions géométriques, pages50 à 60,
La Méthode detranslationest aussi mentionnéepar
M. IVAN ALEXANDROFF, dans ses Problèmesde Géomé-
trie élémentaire,groupés fi'après les méthodes à
employerpour leur résolution (pages94 et 98). Cet
auteurindiquele moyensuivantpour résoudreun grand
nombrede problèmessur le quadrilatère quelconque
ABCI).
Par le sommetC, on prend CE égal et parallèleà
AD; de même CF à AB.
1» La figure BDEF est un parallélogramme, dont les
côtés égalentles diagonales duquadrilatère donné.
2° Les quatre angles du quadrilatèresont reportés
en C.
3° La diagonaleDF est double de la droite MN qui
joint les milieux de AD, BC.
Nous avonsfait un usagefréquentde la Translation,dins l'étudedesfigures
inversementégales,danscelle des figuresdirectementsemblableset desfigures
inversementsemblables.(Voir Eléments deGéométrie,par F. J., édition,9e

nu» 1062, 1074, 1088. — Exercicesde Géométrie,n»1 771, 1150.)


IVAN ALEXANDROFF (en 1899), professeurau lycée de Tambov (Russie).
* D. AITOFF a traduit en français (en 1899) la sixième édition des problèmes
de Géométrieélémentairedont nous venonsde parler.
§ II. — Modification des Ordonnées.

196. Définition. On sait qu'on nommeordonnées d'une


figure les per-
pendiculairesabaisséesdes divers points d'un
périmètre sur une droite fixe prise pour axe.
(G., n° 357.)
L'abscissed'un point est la distance du pied
de l'ordonnéeà un point fixe, nommé origine,
et pris sur l'axe choisi.
On prend plus généralementpour axesdeux
droites concourantes OX, OY, formant un
angle quelconque.Par chaque point du péri-
mètrede la figure étudiée, on mène lesparal-
lèles aux axes. Les parallèles à l'axe OY sont
les ordonnées,et les parallèlesà OX sont les abscisses.Ainsi MP est
l'ordonnéedu point M; MQ, ou sonégaleOP, en est l'abscisse.

197. Remarque.Les modes de transformationque l'on va indiquer
sont connus sousle nom de réduction desordonnéesou inclinaisondes
ordonnées; mais la modificationpeut être opéréesur les abscissesaussi
bien que sur les ordonnées.
On peut indifféremmentréduireon amplifier les ordonnées,c'est-à-
dire que l'on peut multiplier chaqueordonnéeou chaqueabscissepar un
nombreconstant,entier, expressionfractionnaireou fraction.

Problème.

"198. Étudierles modificationsqui résultentde la réductiondesordon-


néesd'unefigure.
Il faut distinguer ce qui se rapporteà la géométriede positionet ce
qui est relatif aux aires ou aux vo-
lumes.
1° Pour les mêmesabscissesOE,
OE\ OP.
Les sécantescorrespondantes CC,
GG coupentl'axe au même point L.
(G., n° 640.)
Les tangentesMT, NT rencontrent
aussil'axe en un même point T. (G.,
n« 640.)
2° Les surfaces sont réduites ou
amplifiéesdans le rapport des ordon-
néescorrespondantes. (G., n° 637.)
3» Les volumessont réduits ou am-
plifiés dansle même rapportque les lignes correspondantes.(G., n° 911.)
Note- Le célèbrepeintre ALBERT DURER (1474- 1528) transformait lecercle en
ellipse en faisant croître proportionnellementtoutes les ordonnéesde la pre-
mière courbe. (Aperçu historique,pages216 et 529.)
Problème.
199. Étudierles variations quirésultentde l'inclinaisondesordonnées.
1° Les sécantes correspondantes concourentau mêmepoint du diamètre
communà la figure donnéeet à sa transformée; il en est de mêmedes
tangentescorrespondantes.
2° L'aire de la surfacequ'on obtient en inclinant les ordonnées d'une
figure données'obtienten multipliant l'aire de cette figure par le sinus
de l'angle d'inclinaison.(G., n° 910.)
3° Il en est de mêmedes volumes. (G., n° 913.)
199 a. Note. Les élémentsde géométrie,et surtout les exercicesproposés
dans l'appendice,Offrent un grand nombre d'exemplesrelatifs à l'ellipse
obtenuepar l'inclinaison des ordonnées du cercle; mais nous ne pouvons
point insister ici sur ce mode de transformation,parce que nousn'y aurons
pas recours dans ce travail. (Voir Appendiceaux Exercices deGéométrie,
nos 724, 726, 734, 737, etc.)
Appendiceaux Exercicesde Géométrie,F. I. C. 1877, Cet ouvrage donne
la solution des questionscomplémentaires proposéesà la fin de l'Appendice
aux Élémentsde Géométrie,3e édition. Il contient quelquesdéveloppements
relatifs aux coniques; il donne le volume des segmentsdes corps qui sont
limités par une surfacedu seconddegré,et traite plusieursquestionsdont la
connaissanceest utile en géométrie descriptive.— Cet ouvragen'est plus en
librairie.
i
Théorème.
200. Quand on modifie les ordonnéesou les abscissesd'une figure
donnée,les figures inscrites correspondantessont entre elles dans le
môme rapportque les figures circonscritescorrespondantes.
Considéronstrois trianglesayantmêmehauteur,et dont les basessont
sur une mêmedroite ; couponsces trianglespar une droite NP parallèle
à la base,et menonsPM parallèleà AG; P'M' parallèle àA'G', etc.

On a évidemment ;

doue
Théorème.
201. Les figures inscritesde surfacemaoeimasont correspondantes.
C'est une conséquence immédiate du théorème précédent ; mais le
grandparti que nous tireronsde ce corollaire nousconduit à le présen-
ter directement.
Dans un triangle rectangleisocèleABC, on démontretrès simplement
que le rectanglemaximum inscrit AFDE (fig. 433) a son sommetau
milieu de l'hypoténuse,car la sommeDE + DF est constante,elle 'égale
PM + PN CA or, pour le point milieu D, les facteurssont égaux.Le
=
rectanglemaximumestla moitié du triangle circonscrit.
;

On a donc:

et ce rapport du rectangle inscritau triangle rectangle circonscritest


maximum.Or on a de même:
afde A'F'D'E' 4
abc A'B'C 2'
donc,pour un triangle quelconque,le parallélogramme inscrit maxi-
mum est celui qu'on obtient en menant,par le point milieu du côté
donné,desparallèlesaux deux autrescôtés.

Problème.

202. Bans un triangle quelconque,inscrireun rectangle dontla sur-


face soit équivalenteà un carrédonnék-.
Nous pouvons remplacerle triangle donnéABC par un triangle rec-
tangle ADC de môme base et de môme
hauteur(n° 187).
Soit AJHK = NMPQ =k 2.
Si le triangle ADC était rectangleiso-
cèle, la questionserait résolue(n° 99, e).
Or, en prenant:
AG = AD = h',
A.1EF JE
on a : AJHK = JH
JE AG h
Or 7IT = AC =V
d'où = d'où. l'on déduit: AJEF= y.
.
Nous pouvons chercher un carré l1 qui soit au carré 72 dans le
h (G., 345), puis •
l de A en L, mener.
1
rapport -g- n° porter le côtétrouvé
une parallèleLI à AD et abaisserune perpendiculaire 1JNM; On a succes-
sivement:
Mais

ou
RemplaçonsAJEF ou AJ JD par sa valeur fc 2.
. .
On aura:

203. Parallélépipède inscrit.Lorsque par un point quelconque deIn


baseABC d'un tétraèdreS,ABC on mène des plansparallèlesaux faces
latérales,on forme un parallélépipèdedont trois faces sont sur les faces
de l'angle S et dont un sommetest sur ABC.

Théorème.

204. Quelle que soit la modificationapportéeà une ou à plusieursdes


arêtesde l'angle S, le parallélépipède inscritest au tétraèdreprimitif
dansle rapportdu nouveauparallélépipède au tétraèdretransformé.
Bornons-nousà examiner le cas le plus simple. Admettonsque dans
le tétraèdreS,ABC, dont P est le sommetdu parallélépipèdeinscrit, on
réduise l'arête SA de moitié, par exemple, la distancede P' à la face
B'S'C' ne seraque la moitié de la distancede P à la face BSC, tandisque
les deuxautresdimensionsdu parallélépipèdene varient point; donc, en
désignantles solidesinscrits par P et P', on aura :
P P'
S,ABC = S',A'B'C'
205. Corollaire. Au maximum du parallélépipèdeinscrit dans le
tétraèdreS, correspondrale maximum de celui qui serait inscrit dansle
tétraèdreS'.
/
Ainsi, après avoir démontré que dans le trièdre tri-rectangleà trois
arêteségales,le maximumest obtenuquandP est au point de concours
des médianesdu triangle équilatéralABC, et qu'alorsle parallélépipède
est les 9 du tétraèdre,nous en concluronsque pour un tétraèdre
quelconque,le sommetIv doit être au point de concoursdes médianes
de A'B'C', et que le solide inscrit maximum est les
2
9
du tétraèdre
considéré.

§ III. — Similitude et homothétie.

200. Similitude. L'étudedes figures semblablesreposeprincipalement


sur le théorème deThalès,relatif aux trianglessemblables.(G., n° 221.)
Pour résoudreun problèmeà l'aidede la similitude ou de l'homothétie,
on construitune ligure semblableà la ligure demandée,et on compare
une dimensionà son homologue donnée. On opèresurtoutainsi lorsque
le problèmeproposé,ou le problèmeplus simple auquelon a pu le rame^
ner, ne dépendque d'uneligne donnée.
206 a. Note. Le nom d'homothétieest dù à CHASLES,mais l'étudedes figures
homothétiquesest de PONCELET.
Actuellementl'étudede V homothélieprécèdecelle de la similitude, ou des
figures semblables.
* THALÈS, un des sept sagesde la Grèce (639 à 548 av. J.-C.).alla s'instruire

en Egypte; il mesurala hauteurdes pyramidespar le moyen de leur ombre;


aussi lui attribue-t-onles théorèmes relatifsaux triangles semblables. THALÈS
S'établitensuiteà Millet, et y fonda l'Écoleionienne.11 eut la gloire de compter
PYTHAGORE au nombre de sesdisciples.

Problème.

207. Construireun carré, connaissantla somma ou la différence do


sa diagonaleet de son côté.
Tous les carrés sont des figuressem-
blables; ainsi toutes leurs dimensionsho-
mologuessont dans un même rapport. Or
la somme oula différence du côté et de la
diagonale,dans un carré quelconque,est
homologue à lasommeou à la différencedu
côté et de la diagonaledansun autre carré.
De là on conclut la constructionci-après:
Construireun carré quelconqueABCD ;
tracer et prolonger la diagonale AC; du
point C, avec CD pour rayon, décrire la
demi-circonférence FBE, ou du moins mar-
quer les points F et E.
Porteren AE ou AF la longueurdonnée
pour la sommeou pour la différence du côté et de la diagonale; mener
EB ou FB, puis E'B' ou FB parallèleà EB ou FB. On détermineainsi le
côté AB du carrédemandé.
,

208. Remarques.1° L'emploi desfigures semblablesfournit des solu-


tions faciles à trouver, mais peu élégantes.Ce procédéest' utile dans
l'inscription d'unefigure semblableà une figure donnée.
2" Dans certainscas,il faut combiner l'em-
ploi des constructionsauxiliairesà celui des
figuressemblables.

Problème.
F

200. Dans un triangle ABC, inscrire un


rectanglesemblableà un rectangle donné.
Sur AC il faut construireun rectanglesemblableau rectangledonné,
joindre le sommetB aux points P'et Q' ; puis élever lesperpendiculaires
PM. ON.

210. Remarques.1° On peut construireun rectangle sur chaquecôté,


ce qui donnetrois solutions.
2° Comme sur le côté AC, on peut construireun secondrectanglesem-
blable au rectangledemandé,on obtiendrasur AC. une seconde solution,
et, en considérantles trois côtés,on aurait six solutions.
=
3° Pour inscrire un carré, il suffit de prendreAP' AC. Il n'y a alors
que trois solutions.

Problème.

211. Dans un cercle donne,inscrire un triangle isocèle, connaissant


la somme1 de la baseet de la hauteur.
Supposonsle problème résolu, et soit
ABC le triangledemandé,tel que
AC + BD =l.
Portonsla base AC de D en L à la suite
de la hauteur;alors
BL =1.
Pour tout triangle semblableà LAC, la
hauteurégale la base; donc en prolongeant
LA, LC jusqu'àla tangenteen B, on aura :
FE = BL ou BE = ~.
Do là on déduitla constructionsuivante:
Sur une tangente, il faut prendre
BE=-^-, puis BL=Î, et
menerLE.
Le point A est déterminé; on a en effet :

Il y a généralement une secondesolution A'BC.


Remarques,1° Ce problèmeseradéveloppéet discuté(n° 1503).
2° On procéderait d'une manière analogue pour inscrire un triangle
isocèle, connaissantô-f/i, dans un polygone régulier quelconque,et
mêmedanstoute ligure ayantun axede symétrie, pourvu quele sommet
du triangle dût se trouver à l'un des points où l'qxe de symétrie coupe
le périmètre.
Théorèmede d'Alembert.

212. Ti •ois circonférencesconsidéréesdeux à deux ont six centres


A'homothétie: les trois centresextérieurssont en ligne droite, il en est
de mêmede deux centresintérieurset d'un centreextérieur.
SoientL, M, N les centresextérieurs;D, E, F les intérieurs: prouvons
que lés trois premierssont en ligne droite.

Toute droite menéepar un centred'homothétiede deuxfigures est Un


axe de similitude pour ces figures, c'est-à-direconstitueun couple de
lignes homologues superposées réciproquement,
; tout axe d'homothétie
de deux figures passepar le centre correspondantd'homothétie.Ainsi
considéronsla droite LM ; il suffit de prouverqu'elle passepar le troisième
point N ; or, passantpar L; elle estaxe d'homothétiepourles circonférences
A et B ; passantpar M, elle l'est pour les circonférences A et C ; donc
cettedroite est axe d'homothétiepour B et G, et, par conséquent,elle doit
passerpar le centred'homothétieN de ces mêmescirconférences.

g IV. Méthodedu problèmecontraire.

213. Problèmecontraire.La méthodedu problème contraireconsiste


à s'occuperd'abord d'un problème opposéà celui qui est proposé,et à
revenir ensuiteà ce dernier,en construisantune figure égaleou semblable
à celle qu'on a d'abordobtenue.
On emploie le problème contraire dans la plupart des cas relatifs à
l'inscription des ligures.Par exemple,pour inscrireune figure A dansune
figure donnée B, on circonscrit à la figure A une figure égaleou sem-
blable à la figure B, et l'on chercheles relations de positionqui per-
mettentde faire la constructiondansun sensinverse.
Note. Lu méthodedu problème contraire a été nomméeparfoisméthodepar
inversion : mais il est préférablede réservercelte dernière appellationà une
méthodetrès importanteque nous feronsconnaîtreplus loin (nu217).
Problème.
2ld. un arc donnéAB mener une langenteMNC, limitée aux
.-1

rayons OAM, OBN, de manière


que le segment CM soit triple
de CN.
Nous pouvons construire une
,figure
omn semblableà celle que
l'on demande ;pour cela :
Prenonsmc = 3cn. Sur mn dé-
crivons un segment capable de
l'angle donné AOB. Élevons la
perpendiculaireco, et du point o
comme cenlre décrivonsl'arc acb.
Il ne resteplus qu'à revenirà la figure donnée.Nous pouvonsdécrire,
=
avec on pour rayon, un arc A'C'B', puis prendre l'arcA'C' ac, mener
OC'C, et par le point C1 menerune perpendiculaireMNG au rayonOC.
A causedes figures semblables,on à MC = 3CN.

Problème.

218. Dans un triangle donné ABC, inscrire un triangle égal à an


triangle donnéDEF.

Circonscrivonsau triangle DEF un triangleégal à ABC.


Sur DÉ décrivons un segmentcapablede l'angle B ; sur DF un seg-
ment capablede l'angle A ; par le point C menonsune sécanteab égale
AB (n° 139).
Les triangles abc,ABC sont égaux,comme ayant un côtés égal adjacent
à deux angles égaux ; donc la figuro de droite est égale à celle qu'on
=
cherché.PrenonsAd aD, etc., et def serale triangle demandé.
Remarque.Dans bien des cas, onse borneà traiter le problèmecon-
traire ; car de ce dernieron passefacilementà la questionproposée.

Problème.
21(1.Deux parallèlesèi AO et DB sont cloignfes d'une longueurdon-
née d; d'un point fixe O, distantde h de la première,on mènela per-
perpcndiculaire.communeOAB. A quelle distancey de cette droite une
autreperpendiculaire,communeCl) scra-t-elle vue du point O sous tin
angle maximumCOD ?
Résolvonsle problèmecontraire.
Par le point 0 menons une parallèle aux droites AC, BD; et, DC
étant donnée de position,
cherchonssur OE le point
0 qui donne l'angle maxi-
mum COD.
Pour un cercle quel-
conque de centre N, qui
passe parD et C, et qui
rencontre la parallèle,
=
l'angle E N.
Donc il sera maximum
lorsque le rayon sera le
plus petit possible. Ainsi
par DC, faisonspasser uncercle M tangentà la parallèle,l'angle O = M ;
et, puisqueCM est < CN, on a : angleM > N.
Remarque.On peut facilement calculerles élémentstrigonométriques
de l'angle maximum COD :
angleO = angle M.
Le triangle rectangleCLM a pour côtés :

donc
Ainsi

Sinus 0 ou sinus

donc

TangenteM ou tangente

§ V. Inversion.

217. Définition. On appelle figures


inverses deuxfigures tellesque toute
droite OMM' (fig. 142), menéepar un
point donné0, et coupantl'une d'elles
en M et l'autre en M, donne un pro-
duit OM . OM' dont la valeur est cons-
tante.
On nomme origine ou centre d'in-
version le point fixe donné. Les points
correspondantsM et M' sont appelés
points réciproquesou points inverses.
Les distancesOM, OM' sont connues sousle nom de rayonsvecteurs
réciproques.On appelle puissance d'inversionle produit constantdes
rayonsvecteursdes deux pointscorrespondants.
La puissanceest positive, lorsque lest points M et M' sont d'un même
côté de l'origine O ; elle est négative,lorsque ces points sont de part
et d'autre de l'origine. La puissancese représenteassez fréquemment
par+ k1.
La transformation d'une figure MNP... en une autreM'N'P'..., à l'aide
de l'inversion, se nomme: transformationpar rayons vecteurs réci-
proques.Nous dirons simplement: transformationpar inversion.
Note. La dénomination : puissanced'un point par rapport à un cercle
(G., n° 829), d'où estvenuepuissanced'inversion,a été introduite par STEINER.

Théorème.

218. Deux couples depointsinversesappartiennent à une même cir-


conférence. Les cordes correspon-
dantesMN, M'N' sont antiparallclcs.
Soit k2 la puissance; on a :
OM OM' = k2
. =
ON. ON' ;
donc les quatrepoints appartiennent
à unemêmecirconférence.(G., n° 261.)
Les angles M' et ONM sont égaux;
il en est de même deN' et de OMN ;
donc les cordes correspondantes sont
antiparallèlespar rapport aux rayons
vecteursOMM', ONN' qui aboutissentà leurs extrémités.

Théorème.

219. La longueurd'une corde MN s'obtient en multipliant la corde


correspondante par la puissance,et en divisant ce résultatpar le pro-
duit des rayonsvecteursqui aboutissentaux extrémitésde cetteseconde
corde.
Les cordesMN, M'N' (fig. 143) sont antiparallèles; les trianglesOMN,
ON'M' sont donc semblables,d'où

»
Il suffit d'exprimerON en fonction de la puissance
,
et de ON'.
Or de ON. ON' = k2, on tire : ON - ,

donc
MN
On aurait
. de
, méme : M'N'
,„VT[ =k 2 (2)
Théorème.
220. Les tangentesmenéesà deux courbesinverses,par deux points
correspondants, forment des angles égaux avec le rayon vecteur des
points de contact.
En effet, pour deux rayons quel-
conquesOMM', ONN' (fig. 144), lequa-
drilatère MM'N'N est inscriptible, les
cordesMN, M'N' sont antiparallèles ;
l'angle PMM'= P'N'O.
A la limite, quand lesrayonsserap-
prochentindéfiniment l'un de l'autre,
lés cordesdeviennent des tangentesen
M et M' ; on a donc : angleTMM' TM'M.

Scolie. Deux tangentesTM, TM', et le segmentMM' du rayon vecteur
des points decontact,formentun triangleisocèle.

Théorème.
221. L'angle de deux lignes d'une figuredonnéeégalel'angledesdeux
lignes réciproquesde la fi-
gureinverse.
L'angle de deux courbes
qui se coupent est l'angle
des tangentesmenées àces
courbes par le point com-
mun."
Soient les courbes MD,
ME qui appartiennentà une
première figure ; M'D', M'E
les courbesinverses despre-
mières.
Il faut prouverque l'angle
=
AMC destangentes AM'C'.
Or l'angle CMM' = C'M'M, (n° 220)
l'angle AMM' = AM'M,
donc l'angle AMC = AM'C'.

222. Remarques.1° Les deuxcouplesde tangentesdonnerftun quadri-


latère symétrique,par rapportà la droite AB des pointsde concours.
2» Danscertainscas, la figure inversed'une circonférence MD est une
droite M'C (n° 223). Le théorèmen'en subsistepas moins.
L'angle destangentesAMC égale l'angle que la tangenteAM'- fait avec
la droite M'C', inversede l'arc MD.
3° 11 ne faut pas comparerl'angle formé par deux couplesde cordes
correspondantes, car ces droites no sont pas inverses,mais bien l'angle
do doux couplesdo tangentes.
Théorème.

223. L'inverse d'une circonférence,lorsque le centre d'inversion est


sur cette courbe,est une droite perpendiculaireau diamètrequi passe
par l'origine donnée.(G., il 0 825.)
224. Réciproquement: L'inverse d'une drpite donnéeest une circon-
férencequi passepar l'origine; le diamètremenépar ce point est per-
pendiculaireà la droite donnée.(G., n 827.)
11

22». L'inversed'unecirconférence,lorsquele centre d'inversionn'est


passur la courbe donnée,est une circonférencehomothétiquede la pre-
mière, par rapportà l'origine donnée.(G., n" 828.)
Voici quelquesapplications:

1er Théorèmede Ptolémée.

226. Dans tout quadrilatèreinscrit, le produit des diagonaleségale


la sommedes produitsdes côtésoppo-
sés.
Considéronsun quadrilatèreinscrit.
Menons une droite quelconqueB'D',
perpendiculaireau diamètre quipasse
par le sommetA : la puissanceégale
AE AF x =
Les segments déterminés par les
droites AD, AC, AB donnentla rela-
tion D B'= D'C'+C'B'. (1)

Mais (n° 210) D'B' = DB.


D'C = M • 'KUTKC C'B' = CB XC-AT-
' *

DR./.-* DC.A- CB./;'


ADTaC +
;
, . . : XD 7AB
L égalité(1), devient = ,
AG~Alf •
En réduisantau mêmedénominateuret simplifiant, on trouve :
DB. AC = DC.AB + CB.AD. (2)
Donc le produit des diagonaleségalela sommedes produits des côtés
opposés. '
RemarqueQuand le triangle ADB est équilatéral, AD
l'égalité(2) devient AC = DC -)- CB, ce qui démontrece
= BD=AB ;
théorème connu :
La distanced'un point du cercle circonscrità un triangleéquilatéralà
l'un des somme/s >e ce triangle, égalela sommedes distances dumôme
point aux deux muressommets(n" 080).
226 a. Autre démonstration.Prenonspourorigine un point quelconque
du cercle;désignonspar a, b, c, d les rayons vecteursAO, BO, CO, DO.
On sait que pour quatresegmentsconsécutifs,on a l'identitésuivante:
A'B'. CD' -f A'D' B'C' B'D'. A'C'.
=
.

Car, en remplaçantles lignes A'D', B'D' et A'C par les segmentsqui


les composent,chaquemembrede l'égalité (1) a pour valeur :
A'B'. C'D' + A'B'. B'C' + B'C'. B'C' + C D'. B'C'. "(2)

Mais
A'B'=^-, C'D'=-^-, etc.
ab ' cd'
En mettantces valeursdans(2), on trouve :

Et, en supprimantle dénominateurcommun,on a :


AB CD
.
+ AD = BD • AC.
.
BC
.
226 b. Remarque. LorsqueAB CD = AD. BC, on a aussi
.
R'C' D'C'
-S^7- -^TT-.
.C'D' = A'D' .B'C' ou
B A' = D A
A B'

Dansce cas la droite A'C' est dite divisée harmoniquement


aux points B'
et D' (G., n° 786); réciproquement,B'D' estdiviséedelà mêmemanière
aux points A' et C. Des droites qui concourentau point 0 forment un
faisceau harmonique.Toute droite qui traverse un tel faisceau est
toujours divjsée liarinoniquement(G., n» 704); on a donc le résultat
suivant :
Théorème.
227. Lorsque lesrectanglesformés par les côtésopose'sd'un quadri-
latère inscrit sont équivalents,toute droite qui coupe le faisceauformé
en joignant les quatressommetsdu quadrilatèreà un point quelconque
de ta circonférencecirconscriteest divisée harmoniquement par ce fais-
ceau.
Remarque.On nommequadrilatèreharmoniqueun quadrilatèreins-
criptible, dans lequel le produit de deux côtés opposéségale le produit
des deux autrescôtés; par suite, chacunde ces produitsest la moitié du
produit des diagonales.
Le quadrilatèreharmoniquea été l'objet d'étudestoutes récentes;il
jouit de nombreuses propriétés.(Voir ci-aprèsn° 2154.)
Problème.
228. Par deuxpoints A et B, faire passermie circonférencequi coupe
une circonférence donnée C, sows un angle donném.
Soit le problème résolu et l'angle des tangentes,au point D, égal à
l'angle donnéLMN ou m.
Transformonspar inversionla ligure donnée,par rapportà l'origine A.
Afin de conserverle cercle donné
CM, prenons AK 2 pour puissance.
L'inversede la circonférence deman-
dée0 sera unedroite telle que FG,
qui couperala circonférenceG sous
un angle égal à l'angle donné. Il
suffit donc de déterminercette sé-
cante FG.
Or prenonsl'inverse du point B,
par rapportau point A ; c'est-à-dire
=
prenons AB . AH AK 2.
Par le point II il suffira de mener
une tangenteà la circonférence quiest elle-mêmetangenteà MN, puis le
centre0 setrouverasur la perpendiculaireabaisséedu point A sur FG.
Le diamètreest donnéepar
=
AE AF AK 2.
.
Remarque.Il y a deux solutions,et deux seulement,bien que chaque
point H et II', inverse de B, en donne deux; mais si l'on fait varier la
circonférencepassantpar A et B, son angle ne passeque deux fois par la
valeur m.
En réalité, H' correspondà la puissancepositive AK 2, tandis que II
correspondà — AK 2 : il faut se borner à considérerun seul de ces deux
points II ou II'.
Lieu.
220. Quel est le lieu du point de contactdes circonférencestangentes
deux à deux et tangentesà deux cerclesdonnes? .

Considéronsune suite de circonférencestangentesdeux à deux et tan-


gentes aux côtés d'un angle A. En prenantdans le plan un point quel-
conque 0 pour origine, et une puissancequelconque/c' 2, les côtésde
l'angle et la bissectricequi contient les centres ontpour figure inverse
des circonférencesqui passent par le mémo point. On doit avoir :
x = x
OB OB' OC OC = x =
OD' /;'J. Les circonférencestangentes
deux à deux ont pour inversesdes circonférencestangentesdeux à deux
et tangentesaux inversesdes côtés del'angle : on arrive donc au théo-
rème suivant :
229 a. Lorsqu'oninscrit une suite de circonférences
tangentesdeux à
deux, entredeuxcerclesB et C, les pointsde contactsont sur'unemême
circonférenceD.
230. Rémaques.1° Le lieu des pointsde contact,c'est-à-direle cercle
OD, étant la ligure inverse de la bissectriceAD', est le cercle bissecteur
des cerclesqui se coupentaux points 0, E. La tangenteOa, qui lui cor-
respond,est bissectricede l'angle mOn.
2" En vue destransformationsà l'aire, il est utile d'indiquer les théo-
rèmessuivants.

Théorème.

231. Toutes les circonférencesqui coupent orthogonalementdeux


cerclesdonnésA et B passentpar deux mêmespoints situéssur lu ligne
des centresdes cerclesA et B.
L'axe radical CD est le lieu descentresdes cerclestels que G et D qui
coupentorthogonalementdeux cercles donnés A et B. (G., n° 835.)

Et même,d'une manière plus générale,l'axe radical est le lieu des


centresdes cerclesqui coupentorthogonalementtous les cerclesqui ont
ce même axe radical GD ; car les tangentesCE, CF1', CF',sontégaleset
perpendiculaires aux rayonsAE, BF, B'F'...
Mais doux cerclesdu secondsystème,ayant pour centresG et D, ont
pour axe radical la ligne des centresAB des premiers,car le point A est
d'égalepuissancepour ces deux cercles; et il en est de même^u point B,
car AE2 = AG2 et BF2 = BII2.
Or la cordecommunedes cerclesC et D est l'axe radical desdeux pre-
miersA et B ; donc les cerclesG et D se coupenten deux points I et J de
la ligue des centresAB; car les points d'intersectionde deux cercles
sont des points d'égalepuissance.
232. Remarques.1° PONCELET,à qui l'on doit la considérationde ces
pointsremarquables,les nommepoints limites. (V. Traitédespropriétés
projectivesdes figures, tome I, n° 76.)
2° Les points limites sont réels,quandles cercles donnésA, B, B' ne
se coupentpoint ; mais pour les cerclesorthogonauxC, D du secondsys-
tème,ils sont imaginaires,parce queles cerclesA et B de l'autre sys-
tème ne rencontrentpoint la ligne descentresCD.
232 a. Note. PONCELET, né À Metz en 1788, mort à Paris en 1867, fut fait
prisonnierpendantla campagnede Russie,et s'occupadés lors desMéthodes
rte transformationdes figures. On lui doit la doctrine del'homologie et celle
des polairesréciproques.Il est en réalité le principal créateurdes méthodes
modernes.Au point de vue géométrique,il faut citer avant toutson Traité des
propriétésprojectivesdesfigures,puis ses Applicationsd'analyseet de géo-
métrie.
Un jugil
.
bien compétent,M. P. MANSION, a dit : « Le vrai créateurde la géo-
métrie supérieureest PONCELET, ainsi que SALMON le fait remarquerdansses
Coniques. » (Compte rendu de la G" édition du Traité de géométrie,par
MM. ROLCHÉ et DE COMBEROUSSE; voir ilathesis,1892, à la lin du volqme,
page3.)

Théorème.

233. Deux cerclesqui ne se coupentpoint se transformentpar inver-


sion en cerclesconcentriques,lorsqu'onprendpourorigine un despoints
limites.
En effet, en prenant,par exemple,le point I (fig. 150) pour origine,
tous les cerclesorthogonauxdu secondsystèmese transformenten ligne
droite, car ils passentpar l'origine (G., n° 825) ; mais les droites, qui
sont les transforméesdes cerclesC, D.'.., doivent couperorthogonalement
tous les cercles obtenuspar l'inversion des cerclesA, B, B'...; donc ces
cerclesse transformenten de nouveaux cercles ayant le point I pour
centrecommun.
234. Remarque.Tous les cercles qui ne se coupentpoint et qui ont
mêmeaxe radical CD, peuventse transformeren cercles concentriques.

Théorème.
233. Deux cercles qui se coupent,se. transforment,en cercles égaux
lorsqu'onprendpour origine un point quelconqued'un des cercles bis-
secteursdes cerclesdonnés.
En effet, le cercle bissecteur,passantpar l'origine, se transformeen
une droite qui devient l'axe radical desligures inversesdes cerclesdon-
nés; mais cescerclesinversescoupentl'axe radicalsousdesangleségaux,
donc ils sont égaux-; car deux cercles qui coupentsous le même angle
leur corde Communeont nécessairement des rayons égaux.
236. Remarque.Le théorème s'applique même lorsqueles deux cercles
ne se coupentpas. Dans ce cas, le cercle qui correspondau cercle bis-
secteurde deux circonférencessécantesest le cercle qui passepar les
points de contactdescirconférences tangentes entre elles deux à deux et
tangentesaux deux circonférences données (n° 229).

Théorème.
237. Entre deux cerclesA et B non concentriques,et qui n'ont pas de
point commun,on inscrit un cercleG tangentaux deuxpremiers,puis
i
un cercle D tangentau cercle G et aux deux premiers; ensuiteun cercle
E tangentà D et à A et B, etc.
1" Les points dp contactqu'ontentreeux les cerclesinscritsC, D, E...
sont sur unemêmecirconférence ; 2° si un derniercercleN, de rang n,
ferme la sérieen se 'trouvant tangent au cercleC, une nouvelle série,
commençanten un point quelconque,se termineraaprèsn cerclescon-
sécutifs.
Il suffit de transformerpar inversionles cerclesA et B en deux cercles
concentriquesA' et B'.
Tous lescerclesC', D'... serontégauxentre eux ; les points de contact
seront sur un cercle concentrique à D' et G. Si n cercles fermentle cir-
cuit, on peut les considérercomme inscrits dans n secteurségaux.Et
quel que doit le point de départ d'unenouvellesérie, on n'aura qu'àfor-
mer n secteurségauxpour revenir au point de départ.
Théorèmede Feuerbach.
238. Le cercledes neufpoints est tangentau cercleinscrit et auxtrois
cerclesexinscrits.

Soient ABG le triangle donné,M, N les centreset m, n les rayonsdu


cercleinscrit et d'un cercleexinscrit; H, I, J les milieux des côtés.
Menons les rayonsdes points de contactet projetonsle point G en G,
sur AB.
On sait qu'on a :

d'où
(G., nos 305 et 300.)
On peut remplacerchaque lignepar sa projection sur AD.; on a donc :
GE DE
_
G F — DF '
Ainsi les pointsD, G divisent harmoniquementle segmentEF. (G.,
n» 786.)
Mais la moitié du segmentdivisé est une moyenne proportionnelle
entre les distancesde son point milieu aux deux conjugués(G., n° 787) ;
= =
d'ailleursAE —BE (G., n« 351), d'où I1E IIF ; donc HE2 HD . HG ;
=
soit HE2 k2.
Ceci établi, transformonsla figure par inversion, en prenantH pour
pôle et k2 pour puissanced'inversion.Les cerclesM et N se reproduisent
puisque le carré de leurs tangentesrespectives HE,HF égale k'2. Le
cercle des neuf points, passantpar l'origine H, point milieu de AB, se
transformesuivant une droite ; mais le cercledes neuf points passepar
le pied G de la hauteur CG, or Dest le point inverse de G, car
=
HD. HG k2; donc la droite passepar ce point D.
La droite obtenuepar la transformationdu cercle des neuf points
coupela baseAD sous le mêmeangle que la tangenteHL, car HL et AB
sont antiparallèlespar rapportà l'angle C (n° 28, 3°). Or la ligne antipa-
rallèle menéepar le point D n'est autre que la secondetangenteinté-
rieure DT, et puisquecette droite est tangenteaux cercles M et N, il en
est de même du cercle des neuf points.
238 a. Remarque. Pourdéterminer les points de contact R et S du
cercle des neuf points et des cerclesinscrit et exinscrit, il suffit de
joindre le point milieu H aux points de contact des cercles M et N et de
la secondetangenteintérieure; ainsi HT déterminele point S, et HPR
déterminele point de contactR. (Voir aussin° 1341.)
238 b. Note. Le Cercle des neufpoints, d'abordsignalé par EULER pour six
points (pieds des hauteurset des médianes),est parfois nommé Cercle de
Feuerbach,à causedu théorèmeprécédent.Le cercle des neuf points est
assezmal nommé à causedu très grand nombrede points du cercle que l'on
connaîtactuellement.
On nommepoint de Feuerbach,le point de contactdu cercle inscrit et du
cercle des neufs points (n» 1341 a).
* FEUERBACH, professeur de mathématiques au gymnased'Erlangen,est né
en 1800 à Iéna, et mort en 1834. On a de cet auteur: Propriétésde quelques
points remarquables du triangle rectiligne et de plusieurslignes et figures
qu'ils déterminent.
Inversion dansl'espace.
239. Considéronsles figures inverses dans l'espace,niais en nousbor-
nant à la sphèreet au plan.
En faisant tourner une droite et un cercle autourdu diamètreperpen-
diculaire à la droite, on obtient une sphèreet un plan.
Deux cerclestournantautourde la ligne des centresengendrentdeux
sphères;on a donc les résultatssuivants:
Théorème.
240. La figure inversed'unesphère pur rapport à un point de celle
,
surface pris pour origine, est un plan pcrpcndicxtluiic uu diamètre
menépar l'origine.
La figure inverse d'un plan par rapport à un point extérieur à ce
,
plan, est une sphèrequi passepar l'origine, cf. dont le diamètrecorres-
pondantest perpendiculaireau plan donné.
La figure inversed'unesphère,par rapport à un point extérieurà
cette surface,est une autresphèreet l'origine est un centre de simili-
tude pour les deux sphères.

Théorème.

241. Bansdeux figures inverses,les angles correspondantssontégaux.


Soient dans l'espacela courbe M'N' inverse de MN et M'L' inverse de
ML. Ces courbesMN et M'N' sont dans un même plan passantpar l'ori-
gine; il en est de même desdeux autres.Dans chacun
de ces plans, on mène les tangentes ; il faut prouver
que ces lignes se coupentsousdes angleségaux.
ConsidéronsMA, MB et les prolongementsM'A', M'B'
dirigés en senscontraire.
Les anglestrièdresM, OAB et M', OA'B' sont égaux
commeayantun angle dièdre égal compris entre deux
angles plansrespectivementégaux.
En effet, lesdièdresqui ont pourarêtecommuneOMM'
=
sont opposésau sommet. L'angleplan AMO A'M'O,
ainsi qu'on l'a démontré(n° 221). De même l'angle
BMO = B'M'O.
Donc le troisièmearrgle plan
AMB = A'M'B'.
Remarque.On étudie les angles opposés
afin que les trièdresconsi-
déréssoientégaux, maisles angles opposés
par le sommetsont égaux;
=
donc angle AMB C'M'D'.

Théorème.
242. L'inversed'uncercle,par
rapportà uneoriginesituée hors
de son plan, est un cercle.
SoientAB un cercle,O un point
extérieurpris pour origine. Abais-
sonsla perpendiculaireOM sur le
plan du cercle. Prenonsle plan
OMC pour plan principal de la
déterminons
"figure à. représenter,
l'inverse M' du point M.
La sphèredécrite sur le dia-
mètre OM sera l'inversedu plan
P qui contient le cercle donné
(n° 240). Donc tous les points in-
versesdu cercle AU se trouvent sur la sphèreS. En menant un rayon
=
vecteurquelconqueDOD' limité à lu sphère,on aura; OD . UD' k2.
Dans le plan OMG faisons passerun cercle par les pointsA et B et
leurs inversesA', B'. La sphèreV, qui aura pour grand cercle la cir-
conférencedécrite ABA'B', doit passerpar tous les points inversesti ls
que D', E', car chaque corde menée par le point 0 donne un produit
constant.
L'inverse ducercle AB est donc un cercle A'D'B'E', car cette figure est
l'intersectionde deux sphèresS et V.
243. Remarques.1° Les cerclesinversesAB, A'B' sont les sections
antiparallèlesdu cônedont 0 est le sommet.
2° Tout plan parallèle au plan du cercleAB donne un autre cercle
inversede A'B', mais avecune puissance différente d'inversion.
3° Le plan tangent à la sphèredu sommet0 au cône donneun cercle
infiniment petit. Sa direction suffit pour déterminerles sectionsantipa-
rallèlesd'un côneobliqueOA'B', à basecirculaire, inscrit dansune sphère.
4» En considérantla sphèreY, on peut dire : tout cônede sommetquel-
conque0, ayantpour baseun cercle AB de la sphère,coupeencorecette
sphèresuivantun autre cercle A'B'.
5° Avec une puissance positive k- égaleà 2r-, le planpassepar le centre
de la sphèreinverse.
244. Projection stéréographique.On nomme projection stéréogra-
phique d'une figure sphériquela projection conique obtenuesur un
plan diamétral de la sphère,lorsqu'onprend, pour sommetdu cône pro-
jetant, une des extrémités du diamètre perpendiculaire
au plan de pro-
jection.
Conséquences.Tout ce qui a été démontrépour les figures inverses
dansl'espaces'appliqueau casparticulier qui constituela projectionsté-
réographique.
Ainsi un cercle AMI1 a pour projectionun cercleA'M'B'.
Les anglessont conservésen vraie grandeur.
244 a.Note. La dénominationde projectionstéréographîque,
que l'on a donnée
à la projectionemployéepar PTOLÉMÉE danssonplanisphère,est assezrécente,
carelle est due au P. AQUILLON, de Bruxelles, et se trouve dansson Optique,
publiéeen 1713. (Aperçu historique,p. 510.)

Théorèmede Chasles.

2415. Le centreN' de la circonférenceobtenuepar In projection d'un


cercle AMB de la sphèreest lu projection du sommet N du cènecir-
conscrità la sphère,suivant le cercle considéréAMB.
En effet, pour un point quelconqueM, menonsle plan MON qui passe
par l'origine O et par le sommetN du cônecirconscrit.
La droite NN'O est la projetantedu sommetN, et la ligne M'N' est la
projection de la tangenteMN.
l'our démontrerle théorèmeproposéet pour fournir en même temps
une autre démonstrationd'un théorèmeconnu (n° 242), il suffit de prou-
ver que M'N' a une longueurconstante.
En effet, l'angle OMN formé par le rayon OM et la tangenteMN mesure
l'angleque fait le mêmerayon OM avec l'arc de cercle que déterminele
plan OMN.
L'inverse de cet arc est la droite M'N'
(nos 220 et 223) ; donc les angles OMN et
OM'N' sont supplémentaires. Or les côtés
opposésaux angleségaux ou supplémen-
,tai>es sont proportionnels(n° 150); donc

Ainsi la longueurde M'N' est constante;


donc...

245 a. Note. Le théorèmede CHASLES a été


donnéen 1816. L'énoncé précédent (n°245)
est devenu classiqueet ne doit pas être mo-
dilié; mais il ne s'agit point de projection orthogonale,mais bien de projec-
tion conique ou projection centrale,c'est-à-diredu point d'intersectionN'
de l'a droite ON et du cercle.VU'.

Remarquegénérale.

240. Quelle que soit la position dq plan P qui a pour inverse une
sphèredonnée,l'origine est à une des extrémités du diamètre perpendi-
culaire au plan, et l'on peut faire les remarquessuivantes,en désignant
par M' le point du plan que déterminele diamètreOM mené par l'ori-
gine.
Tout grandcerclede la sphèrequi passepar l'origine 0 se transforme
en une droite quipassepar le point M'.
Tout petit cercle qui passepar l'origine a une droite pour inverse,
mais cette ligne ne passepoint par M'. v

Tout cercle qui ne passepas par l'originea un cercle pourinverse.


Les cercles qui passentpar M, dans le plan P, sont les inversesdes
petits cerclesqui passentpar l'extrémitédu diamètreopposéeà l'origine.
Toute propriété d'une figure sphériquedonne lieu à une propriété
correspondante d'unefigure plane.
Réciproquement,toute propriétéd'une figure plane donne une pro-
priété correspondante pour une figure sphérique.

Exemples.

247. Théorème.(a) Dans un même Théorème» corrélatif»,(a) Sur une


plan, toutesécantemenéepur un des sphère,tout grand cercle mené par
centresde similitudede deux circon- un descentresde similitude de deux
férencescoupe ces deux courbessous petits cerclescoupe ces deux courbes
le mêmeangle. sous le mêmeangle.
(b) Deux points antihomologues (b) Deux points antihomologues
peuventêtre considéréscommeétant peuventêtreconsidéréscommeétant
lespointsite contactd'uncerclelangent les points de contactd'un cercle tan-
aux deux premiers.(C., n° 818, 1°.) gent aux deux petits cerclesdonnés.
(c) Quatre points antihomologues (c) Quatre points antihomologues
à une mêmecirconfé- appartiennentà une mêmecirconfé-
appartiennent
rence.(G., n° 818, 2°.) rence.
(d) Le lieu despoints d'où l'on peut (d) Le lieu despointsd'où l'on peut
menerà deuxcirconférences destan- menerà deuxpetits cerclesdes arcs
genteségalesest uneperpendiculaire de grand cercle tangentset égaux
à la ligne des centres (G., il" 830.) est un grand cercle perpendiculaire
Cettedroite se nomme axe radical à celui qui passepar les centresdes
des deux circonférences. deuxpetitscercles.
Ce grand cercle se nomme cercle
radicaldes deux petits cercles.
(e)Tout cercle ayant pour centre (e) Tout cercleayantpourcentreun
un point de l'axe radical, et pour point du cercleradical,et pourrayon
rayonla tangentemenéede ce point polairela cordede l'arc tangentmené
à deux circonférences données,coupe de ce point aux deux cerclesdonnés,
orthogonalement ces deux circonfé- coupeorthogonalementces deux cer-
rences.(G., n° 835.) cles.
(f) Lorsquepar deux points fixes (f) Lorsquepar deux points fixes
on fait passerune suite de circonfé- d'unesphèreon fait passerune suite
rencesqui coupent un cercle donné, de circonférencesqui rencontrentun
toutes les cordes communespassent petit cercle donné, tous les grands
par un mêmepoint. cercles,qui tiennentlieu de cordecom-
mune,passent parun mêmediamètre.
248. Remarques.i"L'hexagramme.de Pascal(G., n° 747), l'hexagone
de Brianchon(G., n° 807) ont leurs analoguessur la sphère,et l'on peut
énoncerles théorèmessuivants:
Dans tout hexagone sphérique inscrit à un petit cercle, les points de
concoursdes côtés opposésse trouventsur un grand cercle.
Les arcs diagonauxqui joignent les sommetsopposésd'un hexagone
sphérique circonscrità un petit cerclese coupentaux mêmespoints.
En d'autre termes,les trois grandscercles qui passentpar les som-
mets opposésd'un hexagonesphériquecirconscrit à un petit cerclese
coupentsuivantun mêmediamètre.
Voici un exempled'un théorèmesphérique,conduisantà un théoyéme
de géométrieplane.
Le Théorèmede Guéneaud'Aumont (n<> 160) devient :
La sommede doux anglesopposésd'un quadrilatèreplan inscrit, et
dont les côtés sont des arcs de. cercle de rayon quelconque,égale la
sommedes autresangles.(BALTZER, § IV, n" 4.)
Il est d'ailleurs facile, ainsi que nous l'établirons(Exercicesdu livre II,
n® 086), de démontrer directement ce dernier théorème et plusieurs
autres,qui ont été déduits, par inversion, de théorèmesrelatifs aux
polygonessphériques.(E. de G., 2e, 3e, 4e éditions, livre II, n° 686.)
2° La projection stéréographique est usitée en cartographie.En prô-
nant un grand cercle comme tableauet l'un de ses pôles pour contre do
projection, tous les cercles tracés sur la sphèrese projettentsurce tableau
suivantdes cercles;par suite, les méridiensde la sphèreet lés cerclos
parallèlesde latitude sont représentés sur la carte par dos arcscirculaires
faciles à tracer.La conservationdos angleslait quetoute figure sphérique
est assezfidèlementreprésentée ; mais les surfaceséquivalentes,inégale-
ment éloignées dupôle, ne se projettentpas suivantdes surfaceséquiva-
lentes.
3° La loxodromie est une courbe sphériquequi coupe les méridiens
sousun angle constant;pour la tracer,on peutdessinerunespiraleloga-
rithmique sur le plan d'un grandcercle, et, du pôle de ce cercle, pro-
jeter la courbe plane sur l'hémisphèreopposé(Exercicesde Géométrie
descriptive,nos 1217 à 1223). D'après une propriété connue,la spirale
logarithmiquecoupe les rayons vecteurssous un angle constant;par
suite, il en serade même de la loxodromiepour les méridiens.
4° Le théorèmede Villarceau : le plan bitangentau tore coupecette
surface suivant deux cercles égaux, a conduit MANNHEIM au théorème
analoguepour la sphèrebitangenteau tore. (Exercicesde Géométriedes-
criptive, nos 942, 943,et '1202 à 120o.)
248 a. Note. La projectionstéréographique parait due à HIPPARQUE (150.av.
J.-C.). Elle nous a été transmisepar PTOLÉMÉE. (Aperçu historique,pages24
et 28.) La méthodede transformationpar inversiona étéproposéepar STUBBS
en 1843, puis appliquéepar WILLIAM THOMSON sous le nom de Principedes
images.— M. LIOUVILLE a généraliséce principe en 1849; il l'a traité par
l'analyseet l'a désigné sous le nom de Transformationpar rayonsvecteurs
réciproques.— Le nom de Surfacesinversesa été employéparBRAVAIS lorsque
la puissancek2 égale — 1. (N. A., 1854, pages227 et suivantes.)
La méthodede transformationpar inversionesttrès féconde; on peutmême
l'appliquer utilement à l'étude de la Trigonométrie sphérique. (VoirPAUL
SEHRET, Des Méthodes en géométrie,page 30.)
* PASCAL, né à Clermont-Ferrand en 1623, mort en 1602,donna,dès l'âge le
plus tendre,des marquesd'un esprit extraordinaire. A l'âge de seize ans, il
publia un Essaisur les coniques,ouvragequi contientl'hexagramme mystique
et le theorèmefondamentalde l'involution. 11 fit connaîtrele trianglearithmé-
tique et étudia les propriétésde la cycloïde.
* BRIANCHON, né à Sèvres en 1785, ancienélève de l'École Polytechnique,
était capitained'artillerie en 1817, lorsqu'il publia son Mémoiresur les courbes
du secondordre. BRIANCHON est mort à Versailles en 1864. Le théorèmequi
porte son nom est le 36e de cetouvrage; mais il l'avait publié en 1810, dansle
XIIIe cahier du journal de l'École Polytechnique.
* WILLIAM THOMSON, rédacteurdu Cambridgeand Dublin mathemalical
Journal.
* LIOUVILLE, 1809-1882,membrede l'Académie des scienceset du Bureau
des Longitudes,fondateurdu Journalde Mathématiques,cité fréquemment
sous le nom de Journalde M. Liouville.
* A. BRAVAIS. On lui doit divers théorèmes relatifs.à la symétrie.(G., n»3 489-
496.) Le Journalde M. Liouville a publié plusieursde sesmémoires.
* HIPPARQUE, environ 150 av. J.-C. Astronome célèbre, « un des hommes
les plus étonnantsde l'antiquité» d'aprèsDEI.AMBRE (Histoire des Sciences
Mathématiqueset Physiques,par MAXIMILIEN MARIE (tome 1, p. 208 à 217).
V

EISCUSSION ET EXTENSION

§ I — Discussiond'un Problème.
249. Définition. Discuterun problème,c'est étudier les divers cas qui
peuventse présenterlorsquecertainesdonnées varient.

Problème.
2 i0. Mener uneparallèle aux basesd'un trapèze,de manièreque le
segmentcoinprisentreles diagonalesait une longueurdonnée1.
=
Construction.On prend BE Z, et on mèneEM parallèle à CD; la
droite MN parallèle aux bases
est la ligne demandée.
(a) Soit l >BA.
=
On prend BE' Z, puis on
mène E'M' parallèle à OB; par
cette construction, l'on obtient
une droite M'N' extérieure au
trapèze;mais il y a une solu-
tion, quelleque soit la longueur
de l.
(b) Soit l =: BA.
Dans ce cas,AB répond à la question.
AB — CD
(c) Soit l
y .
Lorsque t est la demi-différencedes bases,le segment IJ est sur la
basemoyenne.
En effet,

donc
(d) Si l zéro, on n'a plusque le point de. concoursdes diagonales.
=
(e) Enfin, pour une valeur négative,on porterait I de B en Eet l'on
obtiendrait M"N", dont la direction do droite à gaucheest contraire à
celle de MN.
Résumé.Le problèmeadmet toujours une solution, et une seule; la
longueur donnée peut varier de oc à zéro, et de zéro à — oc.
Si l'op ne tenait pas compte de la direction de MN, et le point M
devant se trouver sur AC, la longueur l ne recevraitque des valeurs
positives: à chacuned'elles correspondraientdeux solutions; l'une d'elles
seraitsituée dansl'angle AOB, et l'autre dansl'angle COD.
Problème.
2151. Soit à décrira une circonférencetangenteà trois cercles donnés
A, B, C.
Le contact peut être extérieurou intérieur.Dans lé premiercas,repré-
sentonsles cerclespar A, B, C; et dansle second,par a, b, c. On a les
huit solutionssuivantes:
(1) A, B, G A, b, c
( A, B, c (3) a, B, c
\ et
(2) A, b, c a, b, C
(a, B, C (4) a, b, c.
Mais, en réalité, il n'y a que quatreconstructionsdifférentes.
En effet (1) donnetrois contactsextérieurs.
Le groupe(2) correspondà deux contactsextérieurset un intérieur.
Le groupe(3) donneun contactextérieuret deux intérieurs.
Enfin.(4) a les trois contactsintérieurs.
Remarque.Les huit solutionsse correspondentdeux à deux commeil
suit :
A, B, C A, B, c A, b, G l a, B, G

a, b, c a, b, C ( «, c ( A, b, c.
Cas particuliers.Un ou plusieurscerclespeuventseréduireà un point,
car un point peut être considérécomme un cercledont lé rayon est nul ;
on peut avoir successivement :
1» Deux cercleset un point;
2° Un cercleet deux points;
> Trois points.
Un ou plusieurscerclespeuventêtre remplacéspar une droite,car une
droite peut être considéréecomme un cercle de rayon infini. On peut
donc avoir :
4° Deux cercleset une droite;
5" Un cercle et deux droites;
6° Trois droites.
On doit encoreconsidérerles trois combinaisonssuivantes:
7° Un cercle, un point et une droite;
8" Deux points et une droite;
9" Un point et deux droites.
Variétés. Le cas général de trois cercleset chaque cas particulier
peuventoffrir des variétésrelativesà la position desdonnées. Ainsi,pour
trois cerclesdonnésA, B, U, on peut faire les remarquessuivantes:
fa) Trois cerclesextérieursdeux à deux,et dont les centresne sont pas
en ligne droite, donnentlieu à huit solutionsdifférentes.
(b) Trois cerclesextérieursdeux à deux, mais dont lescentressont en
ligne droite, donnenthuit solutions symétriques deux à deux par rapport
à la ligne descentres.
(c) Trois cercles,dont deux, A et B, se coupent,tandisque C est exté-
rieur, n'offrent plus que quatresolutions.En effet, A et B seronten même
tempsou tangentsextérieurement,ou tangentsintérieurementau .cercle
demandé; on n'a donc que les groupesci-après:
A, B, C a, b, C
et
A, B, c ( a, b, c.
(d) A et B sont extérieursl'un à l'autre, mais intérieursau cercle C.
Quatresolutions.Le contact avec C sera toujours intérieur, mais on
peut avoir les groupessuivants:
A, B, c A, b, c
et
a, b, c et, B, c.
(e) A et B se coupentet sontintérieursà C.
Deuxsolutions: A, B, c et a, h, c.
RemarqueLes indications précédentes suffisent pour montrer l'éton-
nantevariété desaspectsdifférentsquepeut présenterun problèmedonné;
maison auraitàexaminerbien d'autresparticularités,si l'on voulait recher-
cher toutesles circonstancespossibles.
251 a Note. On peut voir lu belle solution due à GERGONNE, en 1814 (Annales
de mathématiques, tome IV). Elle est reproduite dans
la Géométriede Bobillier,
page 37-2; ainsi (pie dans les premières éditionsdu Traité de Géométriede
Rouchéet Comberousse, n" 38'J. — I'ONCEI.ET, dans son Traité des propriétés
projectilesdes figures, tome I, page 137, etc., indique diversessolutions. —
M. FOUCHÉ a donnéunetrès belle solution,en 1892, dansles Nouvelles Annales
de mathématiques. A son insu, le savantprofesseura retrouvéune des solu-
tions de PONCELET, mais il l'a développéeet complétée.
* GERGONNE, professeur, puis recteurà Montpellier, mort en 1859, fondateur
d'un journal célèbre,connu sousle nom d'Annales de Gergonne,et ou l'on
trouve des articles remarquables de LIIUII.IER, FRANÇAIS, SERVOIS, AVRONSKI,
PUISSANT, LAMÉ, BIUANCIION, DURRANUE, CH. DUPIN, FRÉGIER, PONCEI.ET,
VALLÈS, GUÉNEAU n'AI'.MONT, STLTLM, AMPÈRE, AHEL, CAUCHY. MAGNIIS, FLÉCHER,
BOBILLIER, GÉIIONO, LENTIIÉRIC, STEINER, QUÉTELET, DANDELIN, CIIASI.ES,
GALOIS, SARRUS, etc.
* BORILLIER (1797-1832), professeur à l'école d'artset métiersde Chiilons,
auteurdu Cours de Géométrie,des Principes d'algèbre,destinésaux élèves
des écolesd'arts et métiers.
Problème.
21J2. Examinerte nombrede solutionsque peut avoir la questionsui-
vante: Avec un rugondonnéc, décrire une circonférenceC, tangenteà
deux circonférencesA et B.
Soienta et b les rayonsde A et B, d la distance descentros.
La plus grandedistance des circonférences donnéeségale a + b + d;
-
et la plus petite distanceégale d (a + b). (G., n°138.)
Admettons en outre que a soit plus grand que b et que les deuxcir-
conférencesA et B soient extérieures,c'est-à-direqu'on ait d'unemanière
générale: d > a -|- b.
1° 2c > d + a + b.On a huit solutionssymétriquesdeux à deux par
rapportà la ligue des centresdes cerclesA et B.
=
2° 2c d + a + b. On obtient septsolutions; car les deux circonfé-
rencessymétriquesqui enveloppaientA et B dans le cas précédentse
réduisentà une seule.
<
3° 2c d + a b, mais + >
d a — b, et a fortiori >d-\-b— a.
On a six solutions.
=
4° 2c d + a b. - Cinq solutions.
<
5° 2c d + a b, mais
=
-- > -
d + b a. Quatre solutions.
Trois solutions.

b).Une
6° 2c d + b a.
7° 2c < + b — a, mais — (a b). Deux solutions.
+

-
d

8° 2c = d (a + solution.
9° 2c<d— (a+b). Point de solution.
Cas particuliers.Il y aurait ensuite à examinerles réponsesque l'on
obtient suivantla position relative desdeux circonférencesdonnées
et les
diversesvaleursque c peut recevoir.
Ainsi, quandla circonférenceB est dans la circonférenceA, on peut
avoir, suivant la grandeurrelative desrayonset la distancedes centres,
soit quatresolutions, trois,deux, une ou aucune.

Problème.

2133. Sur une droite illimitée


XY se meut un segmentMN de longueur
constante.Deux points fixes A et B sont donnes;on mène AMC, BNG;
étudierles variationsde l angle C
ainsi déterminé.
Soit MN le segmentdans une
position quelconque.
Pour simplifier la question,il
suffit de menerla droite AD égale
et parallèle àMN. Le point D sera
ainsi déterminé,et l'angle DNB
seraégal à l'angle variable C. Or
l'angle N est d'autantplus grand
que le rayon du cercle qui passe
par les points fixes B et D est plus
petit (n° 216); donc le maximum
G est donné par le cercle tan-
gent BDF. Le cercle BDF' donne
un secondmaximum.
Entre les deux maximums, l'angledevientnul pour le cercle de rayon
infini, c'est-à-direpour la corde communeBD. En effet, les droites BDI,
A.J sont alors parallèles.

Variations. Lorsque N est situé à l'infini, vers la droite, l'angle est


nul ; puis lorsquele point vient en N', l'angle a une certaine valeur, et
cette valeur augmentejusqu'à la position oi'i il y a un maximum G ;
ensuiteil diminue en N, jusqu'enO, où il est nbl. Depuis le point 0 jus-
qu'à l'infini, vers la gauche, l'angle,d'abordnul, augmente,passepar le
maximumF, diminue et revientà zéro.
Remarque.Au point de vue de la continuitéde la fonction,il n'y a pas
deux maximums,car l'angle changede signe; mais il y a, en réalité,un
maximum et un minimum.

Problème.

234. Diviser un trapèzeen deuxpartieséquivalentes, par une droite


menéepar un point donné.
La droite MN, qui joint les points milieux des bases(fig. 157), divise
le trapèzeen deux partieséquivalentes;par suite,toute droite EF, menée
par le milieu 0 de MN, et qui rencontreles deuxbases,divise le trapèze
en deux parties équivalentes.Il n'en est plus ainsi lorsque le point F
tombesur le prolongementde la petite base;on est doncconduità déter-
miner les positionsextrêmesde la ligne de division.
(a) MenonsGOC', DOD' (fig. 157). La droite EFpassepar le point 0 et
coupeles deux bases dutrapèze, lorsquele point P est situé dans l'angle
COD ou dansson opposépar le sommet.

(b) Déterminonsles positions limites dela droite de division,lorsqu'elle


coupe la grandebaseet un descôtés latéraux.
Graphiquement. Il suffit de joindre le point A au point C (fig. 158), de
menerla parallèleG'G, puis AG.
Le triangle ABG est équivalentà G'IîG.
»
Numériquement.On peut calculer la hauteur h'du triangle AliG en
fonction dela hauteurh du trapèzeet de sesbasesb et b
^ ''
On doit avoir. : bit'

.h; d'où h' =

Le point II est à la même hauteurque G. Les droitesAG, DU se coupent


sur MN en un point 1. En outre, AG coupeCG au point K et BH coupe
1)1)' au point L ; donc
La droite de division coupe la grande baseet le côté BG, lorsque le
point P est comprisdansl'angle CKG ou dansson opposéau sommet.
La droite coupeAB et AD, lorsquele point P estsituédansl'angle DIIL
ou dans opposé.
(c) Enfin la droite coupeles deux côtésnon parallèles,lorsque le point
P est dans l'angleAIH ou dansson opposépar le sommet.
(d) Soient Ret S les points où BH rencontreCC et où AG rencontreDD'.
Pour tout point compris dansle quadrilatère non convexe OKIL,
il y a trois solutions,car le point appartientà trois despositionsconsi-
dérées.
Pour ORIS, la droite peut couper CD et C'D', o CG et AC, ou bien
DR et BD'.
Pour un point P compris dans le triangle RIK, la droite coupeDC et
C'D', ou AH et GB ou bien CG et AC ; remarqueanaloguepour SIL. On
aura : DC et C'D', ou BG et AH, ou bien DH et BD'. '
(e) Pour tout point du périmètre du quadrilatèreOKIL, il y a deux-
solutions.
(F) Tout point pris hors du quadrilatèreOKIL ne donne qu'unesolu-
tion.
Remarque.Le périmètredu trapèzeest partagéen huit segmentsasso-
ciés deux à deux. La droite de division doit toujours rencontrer deux
segmentscorrespondants.

Problème.

2i>o. On donne une circonférenceet une droite; mener une corde


telle que le carréqui aurait cette cordepour un de ses côtés,ait le côté
opposésur la droite donnée.
Discuter le problème, en admettantque la droite varie de position
par rapport au centrede la circonférence.
Soit XY la ligne donnée.
Puisqu'il s'agit d'inscrire une figure semblableà une figure donnée,
on peut recourir à la similitude (n° 206).
Sur XY construisonsun carré de côté
quelconque,mais dont P, milieu du côté
des carrés,soit aussi le milieu de IIL,
et menonsl'M, PN.
La figure ABCD estun carré, puisqu'elle
est semblableà LMN1I.
La corde A'B' donne un secondcarré.
Remarque. Il suffit de mener le dia-
mètre perpendiculaireà XY, de prendre
une perpendiculaireUN, égaleau double
de PII', et de mener NBPB'. Les perpendiculairesBC et BC sont les
côtésdescarrés.
On peut aussi mener par le point P une droite PN, faisant avec XY
l'angle constanta d'un triangle rectangle PHN, dontle côté UN est
double dePli.
La droite PN détermineles sommetsB'ct B', et par suite les côtésBC,
et ll'C' desdeux carrés.
Discussion. Il suffit de déplacerla droite XY, parallèlementà elle-
même, à partir du centre et d'un seul côtédo ce point, car les deux
positionssymétriquesde XY, par rapport au point 0, donnent desrésul-
tats analogues.
(a) XY passepar le centre(fig. 160).
Il y a deux solutionségalesAD, BC ; d'ailleurs,

donc

(b) Dés que XY s'éloignedu centre, on obtient deux carrésinégaux


AD, BC (fig. 161).
(c) Lorsquela droite X'Y' est tangenteau cercle, un des carréss'an-
nule; il ne resteplus que B'C' (fig. 161).
(d) Lorsquela droite XY devientextérieure(fig. 162), il y a deux carrés
de mêmesens,pourvu que la droite PAB coupela circonférenceen deux
points.
(e) LorsqueOP égalele diamètre, la droite P B' passepar l'extrémité
du rayon OB', parallèleà X'Y' (fig. 102) ; alors BC donnele carré maxi-
mum. Il égale4r5.

(f) XY, s'éloignant encore du centre O, atteint une position pour


laquelle la droite PB se trouve tangenteà la circonférence(fig. 163).
Les deux solutions coïncident; et, au point de vue géométrique,il n'y a
q'uun seul carré. Pour calculerla superficie de ce carré, peut on consi-
dérerles triangles rectanglessemblables,BEO PBE
D'abord BE = 2. OE, puisque BC = 2. CP,
—^ BEa=-^-rs.
= BE2 *x
DE- -f- OE2 -f- = r- ; d'où 5BE2 = 4rî; d'où
O
Or BE est la moitié du côté du carré; donc
-"l-
BC- = r2.
Le triangle restangleOBP est semblableà BEP;
donc =
BP 2r, et OP2 5rs. =
=
Ainsi, à la position limite, OP rv/5
.
(g) Pour une valeur de OP plusgrandeque r pour P' par exemple
(fig. 163), il n'y a plus de solution. ,

Note. Il est utile de comparerla discussion géométrique


précédenteà la
discussionalgébriquedu mêmeproblème.(Voir Exercices d'algèbre,n° 1460.

Problème.
238. Dans un triangle quelconqueABC, inscrire un rectangled)
périmètredonné2p.
Construction.Élevons une perpendiculaireAF sur AC, menonsla
parallèleBD.
On sait qu'on résout le pro-
blème pour le triangle rec-
tangleCAD, en prenant
=
AE AF p =
et menantFE. Le point 0 fait
connaîtreM (n° 99, a).
On peut se borner à mener
FG et GE (n° 191).
On a: MN MP = p.
+

Lorsque le demi-périmètre
variera, il suItira de menerdes
parallèlesà GE.
1° Soit la base AC plus
grande que la hauteur BH
ou AD.
(a) Supposons >
p AC ; par exemple,p AE'. =
La droite E'M' parallèleà GE, coupele prolongement inférieurde BC.
La hauteur M'P' est de sens contraire à MP, elle doit être regardée
comme négative,et en ne tenant compte que des valeursabsolues,on a
en effet
(b)
: -
M'N' M'P; A E p ;

=
p AC.
=
La hauteurest nulle; le demi-périmètrese réduit à la longueurAG.
(o) <
p AC mais AD. >
Le point M est donnépar unedrbite GE,qui coupeBC entreles point3
B et C.
On a la sommeproprementdite MN + MP = p.
Remarque.En vue des applicationsultérieures,posonsl = 2S ; on a :
et

Huitième principe.
348. Lorsque deux variables,affectées decoefficients,ont une somme
constante,le minimum de la sommedes carrésde ces variablesa lieu
quandces dernièresquantitéssont proportionnellesà leurs coefficients
respectifs.
Soit ax + by l. = (1)
Le minimum de x2 + y2 a lieu quandon a :

En effet, posonsx2 y2
+
= puis éliminons une des inconnues,en
procédantcomme ci-dessus; on reconnaîtque le radical s'annulepour
alors

d'où
Vérification. En prenantdes valeursqui vérifient la relation (1), par
exemple et
on trouve, toutesréductionsfaites :

donc le minimum a bien lieu quandc est nul et que l'on prend :

Remarque.Pour les applicationsultérieures,on peut poser l = 2S.


Dans ce cas, et

Problème.
349. Dansun triangle isocèlerectangle,inscrire le rectanglede sur-
face maxima.
1o On sait que pour chaquepoint de la base
d'un triangle isocèle,la sommedes perpendi-
culairesabaisséessur les autrescôtésestcon-
stante; donc
MP + MQ = DE + DF;
donc, d'aprèsle premier principe,le rectangle
MPAQ est maximum lorsqueles côtésMP, MQ
sont égaux; par suite, le rectangle maximum
a pour sommetle milieu M de l'hypoténuse.
Ce théorèmea d'ailleursété déjà donnécomme applicationde la mé-
thode de modification des ordonnées(no 201), et déduit aussi d'un pro-
blèmerésolupar la Méthodealgébrique(n« 203 d, Remarque).
Mais l'emploi très fréquentque nousen ferons exige quelquesnou-
veauxdétails.
Problème
352. Dansun trianglequelconquéinscrirele rectanglemaximum.
Deux des sommetsdu rectangledoivent être sur la basedu triangle,
et les deux autressommetssur les côtés.
1° Fig. (a). Pour un triangle rectangleBAC, dont les côtés AB, AC
pourraientêtre inégaux,le rectanglemaximum est donné par le point
milieu M de BC.
Surface
2° Fig. (b). D'aprèsle théorèmerelatif à la modificationdes ordonnées
(n° 201), le parallélogrammemaximum ALMQ est donné par le point
milieu M de BC ; d'ailleurs, comme on peut le vérifier directement,on a
4
ALMQ = ½ ABC, ainsi qu'on le déduirait du n° 201. Or le rectangle
RPMQ est équivalentau parallélogramme;donc, pour un triangle quel-
conque,le rectanglemaximum a deux de sessommetsaux pointsmilieux
des deux côtés.
Sa surfaceest la moitié de celle du triangle.
En menantla hauteur,on aurait pu dire, d'aprèsle premiercas,le rec-
tangle RHIQ est maximum pour AHB, et il égale sa moitié; de même
HI'MI est maximum pour HCB et égalésa moitié; donc RPMQ est maxi-
mum pour ABC et égalesa moitié.

3° Fig. (c). On peut encore arriver au résultatprécédentpar unevoie


qui sera très utile pour l'étude desfigures inscrites dansles courbesà
diamètresrectilignes. Menons la médianeBN (fig. c) et les parallèlesME
et QF. Chacundes parallélogrammesNEMG, FNGQ, égauxentre eux, est
maximum pour le triangle correspondant ; mais le rectangleRPMQ est
équivalentau parallélogrammeFEMQ; donc le rectangleest maximum.
Remarques.1° Pour un triangledonnéABC, en prenantsuccessivement
chaquecôté pour base,on obtient trois rectangleséquivalentsentreeux,
car chaquerectanglemàximumest la moitié du triangle.
2" Tous les triangles circonscritsau rectangle(fig. a) et ayant même
hauteuront aussimômebase,car cette ligne égale2MQ ; ils sont équiva-
lents entreeux et correspondentau triangle minimum circonscrit.
Théorème.
361. Lorsqu'on a deux courbes AB, CD qui tournent leurconcavité
vers un même point O du segment
rectiligne AC qui joint deuxpoints de
ces courbes,le rectangle maximum ins-
crit PMNQ est celui qui est déterminé
par des tangentesEMF, FNG, divisées
en deuxpartieségalespar les pointsde
contactM et N.
En effet, le rectangle PMNQ est le
plus grand qu'on puisse incrire dans
le triangle EFG; donc tout autre rec-
tangle inscrit dansles courbesdonne :
IJKL < ITK'L'< NMPQ.
Problèmede Newton.
302. Bans un segmentdonné d'une courbe quelconque,inscrire un
rectangled'aire maxima.
A la courbedonnée,il faut circonscrireun angleEFG,tel que les points
de contact M, N soient les milieux des côtésEF, FG.
Remarques.1° On peut arriver à la solution de ce problèmeen recou-
rant à des considérationsinfinitésimalesassezélémentaires.
(Voir Paul SERRET, Des méthodesen Géométrie,page105.)
2» Voici quelquesapplicationsde l'emploi de la tangente:

Problème.
363. A une circonférencedonnée,inscrire le triangle isocèle d'aire
maxima.
On sait quele triangle d'airemaximaest équilatéral(n° 354, Remarque
3"). On arrive a la même conclusionen em-
ployant la tangente.
Il suffit de considérerla moitié de la figure
comprise entrela tangenteAX et la perpen-
diculaire AY.
=
La tangenteMCN telle que MC CN ré-
pond à la question, APCQ est maximum
(n° 360), mais les tangentesMA, MG sont
égales comme issuesdu même point ; donc
LM= MN.
Puis le triangle ABC est maximum en
même tero.psque le rectanglePCBR ; d'ailleursAC, médianedu triangle
rectangleMAN, égale CM= AM = BC.
Donc, pour les trianglesinscrits, le triangle équilatéralABC est maxi-
mum.
Remarque.La tangenteMCN, que le point de contactC divise en doux
partieségales,donneaussile triangle circonscrit minimum,ainsi qu'on
le démontrerabientôt (n° 367).
Problème.
364. Dansion secteurAOB ou dansun segmentEGF, inscrire le rec-
tangle maximum.
Il suffit de s'occuperde la moi-
tié de la figure.
1°Pour le secteur,il suffit de
prendrela moitié G de l'arc AD,
car la tangenteMGN seradivisée
en deux parties égales.
RPCQ est maximum pour le
triangle RMN.
RPHL est maximum pour
RMO.
Donc LHCQ est maximumpour
OMN ; d'ailleurs, C est le seul
point du périmètre du triangle
qui appartienneà l'arc ; donc,
a fortiori, tout autre rectangle
appuyésur rare et sur OA seraitplus petit que LHCQ.
2° Pour le segment,il faut menerIHJ de manièreque H soit le milieu.
Le calcul du rectangledépendde la longueurOJ qui déterminela tan-
gente(n° 312).
= =
Soient OA r et OS a; on a :

(n° 312, formule 1)

(formule 2)

Problème.
363. Dansun segmentdonné, inscrirele trapèzemaximum.
Le trapèze doit avoir pour basela corde quilimite le segmentet une
parallèleà cette corde.
La solution très simple que
nousallonsdonners'appliqueavec
facilité à toutes les courbes qui
ont un diamètre rectiligne pour
lieu géométriquedes points mi-
lieux des cordes qui sont paral-
lèles à la basedu segment.
Soit le problèmerésolu,OL le
diamètrequi divise en deux par-
ties égales toute parallèle à AB,
et AGN une parallèleà OL. On a
=
donc AO OB, DH = HC. par
=
suite AF EB. Donc les trianglesAGD, GBE sont équivalentscomme
a
3 + + 4 +
Problème 206.
s
84o. Trouver un point qui soit à une distance donnée a, de deux
lignes données,droites ou circulaires.
Pourchacune des deux lignes données,on construitle doublelieu des
points situésà la distance donnée a ; les rencontresde ces lieux peuvent
fournir huit points remplissantla condition demandée.
Remarque.Chacun des pointsobtenuspeut servir de centre à une
circonférencedécrite avec le rayon a tangentiellementaux deux lignes
données.

Problème 206.— I.

846. Avec un rayon donnér, décrireune circonférencequi passepar


un point donnéA, et dont la plus courte distanceà une circonférence
donnéeB soit d'une longueurdonnéee.
La distanceBD desdeux centresdoit êtreégaleà la sommedesrayons
augmentéede la distancedonnéee.
Donc le centre D doit se trouver sur
la circonférence décritedu point B,
avec un rayon égal à cette longueur
totale. ,
Puisquela circonférence demandée
doit passer parle point A, son centre
doit se trouver sur la circonférence
décrite du point A avec le rayon r.
La rencontrede ces deux lieux géo-
métriquesdonne généralementdeux
points D et E, et ce sont les centresdes circonférencesqui répondentà
la question.

Sécantes.
847. Les problèmessur les sécantessont nombreux et intéressants.
Pour les résoudre,il faut utiliser non seulement lesthéorèmesdu second
livre des Élémentsde Géométrie,mais encoreplusieursde ceux que
l'on a proposéspour exercices; voici les théorèmes qu'on emploiele plus
fréquemment:
Les partiesde parallèlescomprisesentreparallèlessont égales.
Les cordeségalessontéquitlistantesdu centrede la circonférence.
Lorsquedeux circonférencesse coupent,la sécantecommunela plus
longueest parallèleà la ligne des centres(n° 616).

Problème207.
848. Liant donnésun, point fixe A et deux droites parallèles, mener
par le point A une sécante telleque la partie comprise entre les deux
parallèlessoit d'unelongueur donnée1.
D'un point quelconqueB pris sur l'une des parallèles,et avec un rayon
égal à la longueurdonnée l, on décrit un arc qui coupe l'autre parallèle
en C et D ; puis par A, on mènedes parallèlesà BG et BD.

Problème208.
\
849. Étantdonnesun cercleB et un point fixe A, menerpar ce point
une sécantetelle que la partie CD com-
prise' dansle cercle soit d'une longueur
donnéem.
D'un point quelconqueG pris sur a
circonférencedonnée,et avec ,
un rayon
égal à la longueurdonnéel, on décrit
un arc qui coupe en H la circonférence
donnée; on décrit, du point B, une
circonférencetangenteà la corde GH,
et l'on mène tangentiellementà cette
circonférenceauxiliaire les droites AD
et AF, qui satisfontau problème.
Car les cordesCD, EF et GH sont égales,comme égalementéloignées
du centre.

Problème 208.— I.

880. Par un point donné dansun cercle menerune corde telle que
,
la somme oula différencedes segmentségale une
longueurdonnée1.
1° Pour la somme, on procède comme ci-dessus
(n° 849).
2° Pour la différence,supposonsle problème ré-
solu.
Soit BAC la corde demandée telle que
AB- AC = l.
Pour retrancher AC de AB, on peut porter AC de B en D; alors
AD = l; mais A et D appartiennentà la circonférencedécrite du centre
O avec OA pour rayon;donc il faut décrire la circonférenceOA ; du
point A avec l pour rayon, couperla circonférenceauxiliaire en D : la
corde CADB répondà la question.
Discussion.Il y a généralementdeux solutions.
La différencel peut au plus égaler 2AO ; alors la sécanteEOF passe
par le centre.La différencepeut devenir nulle, alors la sécanteMN est
tangenteà la circonférenceauxiliaire. '
Dansles' deux dernierscas, il n'y a qu'uneseule solution.

Problème208. — II.

881. On donneun point A et deux circonférencosconcentriques; par


le point donné,menerune sécante telleque la partie compriseentreles
deux circonférencesait une longueur1.
Remarque.La droite MN passepar le point O, milieu de la distance
AH, qu'on obtienten prenantBH égal au petit côtéAC.

1091 a. Note. La droite MNO est la droite des milieux, ainsi nomméepar
CHASLES. Les côtés de l'angle A sur lesquelson prend des grandeurségales
deux à deux, tellesque BH = AC, BD = CE, etc., peuventêtre considérés
comme deux figures inversementégales(n° 771 b), et les points milieux M, N,
0 des droitesDE, BC, HA, qui joignentdeux à deux les pointscorrespondants,
sont sur une droite MNO parallèleà la bissectricede l'angleA.

Théorème311.

1002. 1« Dans tout triangle,la distancede l'orthocentre à un côté


donnéégalele prolongementjusqu'au cercle circonscrit,de la hauteur
abaisséesur ce même côté
;
2° La distanced'un sommetà l'orthocentreest le double de la dis-
tancedu centredu cerclecirconscritait côté opposé.
=
1° Il faut prouver quePH PL (fig. 654).
Voir Méthodes, n° 292 o; d'ailleurs a =p comme ayant les côtés
respectivementperpendiculaires;puis a et y ont même mesure,donc
=
ss
=
y et PH PL.
2» Le centreK est au milieu de OH, et le point D milieu deAH appar-
=
tient au cercled'Euler;donc OE DH AD. =
Théorème311. — I.

1093. 1" Les cerclescirconscritsà un triangledonne,et aux triangles


qui ont pour sommets l'orthocentreet deux des sommetsdu triangle
donné,sont égauxentreeux. (CARNOT.)
2° Le triangle ayantpour sommetsles centresdes trois cercles symé-
triques ci-dessusest égal au triangle donné, et admet même cercle
desneufpoints.
3° Le triangle anticomplémentaire du triangle donné(triangle obtenu
en menant par chaque sommet d'un triangle une parallèle au côté
opposé)admetl'orthocentredu premier pour centre de son cercle cir-
conscrit; ce cercleest tangentaux trois cerclessymétriques.
1» On peut voir Méthodesn° 292 e ; d'ailleurs il suffit de se rappeler
que les triangles égaux CHB, CLB (fig. 654) admettentdes cercles cir-
conscritségaux.Le cerclecirconscrità CHB est symétrique,par rapport
à CB, du cerclecirconscrità CLB, c'est-à-direà GBA.
2<> Les points A', B', C', symétriquesdu centreO par rapportaux côtés,

sont les centresrespectifs des trois cercles symétriques tels que CHA ; or
EF est parallèleà A'B' et en égale la moitié; donc A'B' égaleAB, et lui
est parallèle.
Le centreK du cercledes neuf points est le centre d'homothétiedes
triangleségauxABC, A'B'C'.
Les triangleségauxont mêmecercle des neuf points.
directementsemblables; en effet, les angles AOA', BOB', sont respecti-
=
vementégauxà l'angle D, donc l'angle AOB A'OB' ; en outre, les sup-
plémentsdesanglesobtus BAO, B'A'O, ont mêmemesuredemi-arcDO.
1146 b. Remarque.Pour déterminerle point 0 avec plus de précision,
on peut menerla bissectriceMEO de l'angle BOB' ; il suffit de diviser BB
en segmentsproportionnelsà BO et B'O, c'est-à-direaux segments
donnésAB et A'B' ; le segmentest déterminépar l'intersectionde la cir-
conférenceBDB' et de la bissectriceME; on sait queM est le point milieu
de l'arc BMB'.
Problème330. — II.
1146 c. Amener deux figures planesdirectementsemblablesà être
homothétiques.
On déterminele point double0; puis, par une rotation convenable,
on amèneA' en A" sur OA, B' en B, etc.
L'homothétieest directe, si A" est sur OA ; elle est inverse, si A" est
sur le prolongementdu segmentrectiligneOA.
Théorème330. — III.
1146 d. Lorsqu'on a deux figures directement semblables dans un
mêmeplan, et qu'on divise dans le même rapporten A", B", G", etc.,
les droitesAA', BB', CC', etc., qui joignentdeuxà deux les points homo-
logues,on obtient une figure A"B"G"... semblableaux deux premières.
Il suffit de considérerdeux trianglessemblablesABC A'B'C'.
A l'aide d'unetranslation,amenonsA'B'C' en AB'1C'1, divisons BB et

BB',, puis, CC et C'C,' dans le rapport voulu, et joignons les points


homologues,le triangle A"B"C" égale AB"1C"1 ; or celui-ci est semblable
aux trianglesdonnés,donc il en est de mêmede A"B"C".
1146 e. Remarques.1° La questionprécédenteconduit au théorème
suivant, fortremarquable:
lkux figures directementsemblables, situées dans un même plan,
peuventêtre considéréescomme étant deux positions différentesd'une,
mêmefigure, invariablede forme, mais variablede grandeur,et dont
tous les points glissentsur des droites.
Ce théorème,qu'onpeut étendreà un polygonecirconscrit,d'unnombre
quelconquede côtés et au polygoneinscrit, obtenu en joignant deux à
deuxles points de contactdu premier,se démontred'une manièreana-
logue au théorèmede l'Exercice 344, mais en utilisant le théorèmede
l'Exercice345 (nos 1176 et 1178).
Soient a, b, c les distancesdu point de la circonférenceaux trois
points d'intersectionde la sécanteet des côtésdu triangleinscrit; d, e, f
les distancesdu mêmepoint aux points où la sécanterencontreles côtés
du triangle circonscrit; enfin représentonspar l, m, n des valeurscons-
tantes; on aura :

1181. Remarques.1° La constantedépendà la fois du triangle donné


et de la directionde la sécante.
2» En représentantpar a', b', c', d', e', f' les distancesdes mêmes
points d'intersectionau second pointoù la sécante coupe la circonfé-
rence,on aura,quelle que soit la direction de cettesécante:
abc a'b'c'
def. d'e'f'

Théorèmed'Euler 346.

4182. Dans tout triangle, la distanced du centredu cercle circonscrit


au centredu cercleinscrit est donnéepar la relation
d2 R (R = 2r). -
(Voir Méthodes,n° 327 ; voir aussile JournaldeM. É. de M. DE LONG-
CHAMPS, 1895, p. 198.)

1182 a. Autre démonstration.La bissectrice AID passe par le


milieu de l'arc BDG, et l'on sait
= =
que DI DB DC (n° 701 R et
n° 816 R).
On a :
R2 — d2 =AI. ID AI. BD.
=
Or si l'on mènele diamètre DE
et le rayon IK, les triangles rec-
tangles semblables AIK, BDE
donnent:
r_
AI 2R
BD '
ou AI. BD = 2Rr,
et par suite,
R2 — d2 = 2Rr,
ou d2= R2
— 2Rr.
ThéorèmeR. 346. — I.
1182 b. Lorsqu'ona la relation d- = R2 — 2Rr, on peut circonscrire
au cercleI une infinité de trianglesqui soient inscrits au cercle0.
Par un point quelconqueA du cercleO, menonsles tangentesAB, AC.
Le centreI est sur la bissectricede l'angle BAC.
- =
La relation d2=R2 2Rr prouve que AI. ID 2Rr ; or les tri-
=
anglesAIK, BED sont semblables,et par suite on a AI. ID 2Rr ; donc
ID = BD et par conséquentI est le centre du cercle inscrit au triangle
ABC; en d'autrestermes,BC est tangentau cercle decentreI, et cela a
lieu quel que soit le point A ; donc...
1182 c. Note. 1° La démonstrationci-dessusdu théorèmed'Euler et de sa
réciproquea été empruntéeau Bulletin dessciencesmathématiques et physi-
quesélémentaires, fondé par M. B. NIEWENGLOWSKI, inspecteurde l'Académie
de Paris; rédigépar MM. L. GÉRARD, professeurau lycée Buffon, et CH. MICHEL
alors professeurau lycée de Douai (année1903, p. 194, 2°). Ce Bulletin a eessé
de paraîtreen octobre1910.
On peut lire aussi une belle étude élémentairesur le théorèmed'Euleret sa
généralisation dans le Journalde Mathématiquesélémentaires de M. H. Vui-
BERT (année1902-1903,p. 57).
2° On peut poser la question suivante: De tous les triangles inscritsau
cercle O et circonscrits au cercle I, quel est le
triangle dont l'aire est maxima et celui dont
l'aire est minima ?
D'aprèsune remarqueantérieure(n° 573), on
est conduit à considérer les triangles isocèles
ayant respectivementpour sommetsles extré-
mités du diamètreAOIA'.
Le maximum correspondau triangle ABC ; le
minimum correspondau triangle A'B'C'.

(A. BOUTIN.)
(Intermédiairedes Mathématiciens,1904, pages248 à 252; solutions diver-
ses par MM. WEINMEISTER, MATHIEU, MALO, BOUTIN.)
3" Les triangles qui sont inscrits à un même cercle et circonscrits à un
_
mêmesecondcercle, jouissentde diversespropriétés ; diverses quantités sont
constantes ;il en est ainsi notammentdes suivantes:

Le centre du cercle des neuf points, l'orthocentreet centre de gravité


décriventdescirconférences.
(Mathesis,1901, page271, n° 22.)
4° Les limites du périmètred'un triangle inscrit à un cercle et circonscrità
un cercledonné sont les suivantes:
Théorème346. — IV.
1188. Si l'on mine un diamètrecommunMN aux circonférencesins-
crite et circonscrite à un triangle ABC,
le rayon de la circonférenceinscrite est
moyen proportionnel entre les segments
MP, NQ comprisentre les deux circonfé-
rences.(N. A., 1850, page210.)
=
Soient ON OM R ; OD d ;
= =
DQ = DP = r.
= =
MP OM — OD — DP R — r — d,
=
NQ ND — DQ = R r d,- +
=
MP NQ (R — r)2 — d2.
.
Or, d'aprèsle théorèmed'Euler,
d2 =z R(R — 2r) ou R2 — 2Rr ;
donc =
MP.NQ R2 — 2Rr + r2 — (R2 — 2Rr),
ou =
MP. NQ r2.
Remarques.1<> MQ NP 4Rr -f- r2.
=
.
2» En représentant par ^ et S' la puissance des points
P et Q du cercle
inscrit par rapport au cercle circonscrit,on obtient la relation due à
GRUNERT : =
SS' r3 (4R + r).
(NouvellesAnnales,1858, p. 447.)
1185 n. Note. Relationsnumériques.La sixième édition desThéorèmeset
problèmes deCatalancontientun assezgrandnombre de relations; il en est
que nousavonscités ; mais tout ce qu'il y a
de mêmedes recueils scientifiques
de plus intéressant,pour la Géométrietraditionnelle ou classique,se trouve
réuni dansl'ouvragesuivantde M. VUIBEUT : Relations entreles élémentsdu
triangle(1893). L'ouvragecomprend110 relationsentreles Elémentslinéaires,
59 entre les Elémentsangulaires,104 entre les Eléments linéaires et angu-
laires,en tout, 273 formulesavec leurs démonstrations.
Divers articles du Journal de mathématiques élémentairesde M. G. DE
LONGCHAMPS donnentde nombreuses relationspour la Géométrierécentedu
triangle; il en est de même deMathesiset des ouvragesde MM. CASEY et
of Euclid, by JOHN
EMMERICH. (A sequelto the first six Books of the Eléments
GASUY, et Die Brocardschen Gebilde,von Dr A. EMMERICH.)

Théorème346. — V.
1103 h. On peut construire une infinité de triangles ayant même,
cerclecirconscritet une des conditions suivantes
:
1« Même cercle inscrit; 2° même orthoqentre;3° même centre de
gravité; 4° mêmepoint de Lcmoine.
1° Si l'on donnedeux cercles telsque ceux de centres0 et D (fig. 716,
n° 1185), dont les rayonsR, r et la distancedescentressoientliés par lu
relationd'Euler;
d2 = R(R — 2r),
toute tangenteAB au cercle intérieur donne lieu à un triangle ABC ins-
crit daii9 le cercleO (n° 1182 a).
donc a2 + c2 = b2 + d2. (1)
de (1) on déduit :
Réciproquement,
c2 — d2=
— a2;
b2
donc la droite BD est perpendiculaire
sur AG.
Théorème351.
Dans un quadrilatèreABCD, les diagonalesAC, BD se coupent
4 108.

d2.
à angle droit. Si l'on déforme le quadrilatèreen gardantles quatre
mêmescôtés, mais en rapprochantdeux sommetsopposésA et G, les
diagonalesde la nouvelle figure se couperont aussi à angle droit
(fig. 725).
Les diagonalesse coupantà angle droit, on a :
b2 =
— a2 n2 — m2 c2 — =
quatre côtés
=
Mais la relation b2 a2 c2 d2 subsiste constamment,car les
— —
ne varient pas de longueur;donc les points B et D appar-
tiennentà une mêmedroite perpendiculaire à AC (n° 1197).
1198 a. Remarques.1° Les carrésdesquatresegmentsdes diagonales
donnentune sommeconstante:
m2 + + + =
«2 p* + + +
ql '/s (a2 62 c2 d2).
2° On nomme quadrilatère àdiagonalesorthogonales,ou mêmesim-
plementquadrilatèreorlhodiagoual,le quadrilatère dontles diagonales
sont à angle droit.
3° On nommepseudo-carré le quadrilatèreorthodiagonaldont les dia-
gonalessont égales.(Mathesis,1894,p. 208.)
4" On nommerhomboïdeun quadrilatèreorthodiagonal symétrique par
rapportà une de sesdiagonales.
Théorème351. — I.
1198 b. Lorsque deux rhomboïdessemblablesABGD, CDEF ont un
côte CD etun angle C com-
muns,la droite AEH est per-
pendiculaireà BC.
1° Prolongeonsles droites
égalesAD, DE.
Les trianglesABM, CDN ont
deux angles respectivement
égaux, donc l'angle M N ;=
par suite, la bissectrice, de
l'angle D du triangle isocèle
ADE est parallèleà MN, et la
base AE, perpendiculaireà la
bissectrice,l'est donc aussià
BG.
2° On pourrait dire aussi dans le quadrilatère ABCD, l'angle
2( ).
:
ADE =
360°— +
-
Les angles AED + DAE ou 2DAE =
180° — ADE 2(a = +
Pj — 180®.

= +
Angle DAE a b — 90°.
= +
Ainsi l'angle BAE a 90° — (a + B) 90° — B ; =
par suite, =
angleBAH + B 90°.
D'où résulteque la droite AEH est perpendiculairesur BC.

Théorème352.
1199. En désignantpar a et b
les basesd'un trapèze,par d la
longueur de la parallèle menée
aux basespar le point de con-
cours des diagonales,on a la
*"^r-
relation d =a (n® '1109).
+ b

En désignantpar d' la lon-



gueurde HLK, on a là relation
d'= 2ab
a— b
Théorème352. — I.
1200.En désignantpar d la longueurd'uneparallèleDL aux basesdu
trapèze,par le rapport dans lequel cette parallèle divise les
deux autrescôtés,on a la relation

Trois cas peuventse présenter:


1® Les basesAM, BN sont d'un mêmecôté de MN (fig. 728).
MenonsBM. On a :
ou

d'où

De même,

d'où

2° Une baseest nulle (fig. 729).


La formule (1) se réduit à

La figure donne immédiatement ce résul-


tat.
3» Les basesAM, BN sont de sens contraire(fig. 730).
d ou DG
- CL an " bm
= m -f- n . (3)
Remarques.1" Pour que la formule (1)
convienneà tous les cas,il suffit de regarder
les basescommeétant de mêmesignedansle
1er cas, et de signes contraires dans le 3"
(nos 412 et 436).
2° A causede l'importancede cettequestion,
il convient de la proposeraussi comme pro-
blème.(Voir ci-après,n° 1436.)

Théorème352. — II.
1201. En parcourantle périmètred'un triangledansun mêmesens,
on divise les trois côtés dans un même rapport.Le triangle qui a pour
sommetsles trois points de division a même point de concours des
médianesque le triangle donné.(PAPPUS.)

Soit

Il faut prouver que les trianglesABC, DEF ont même point de con-
cours des médianes.
Par le point G de con-
cours des médianes de
ABC, menons unedroite
quelconque XY et abais-
sons les perpendiculaires
Aa, Bb, Cc, et Dd, Ee,
Ff. Représentons ces perJ
pendiculairespar a, b, ...
On sait que pour toute
droite XY - menée par le
point G, on a :
a b + c (n° 462).
=
+
La sommealgébrique a + b c est nulle, lorsqu'on regarde comme
négativesdes perpendiculaires 6 et c.
,
1201 a. Réciproquement. Si l'on a la valeur absolue a=b
+ c, la

droite XY doit passerparlepoint de concoursdesmédianes; donc,pour


démontrerle théorèmeproposé,il suffit do prouverque d = c + f.
Or

d'où d=c + f,

car
ou an +am= bn + bm + bm
cm,
a(m + n) = b(m + n) +
c (m + cn

+
n),
ainsi a= b + relation bienconnue; donc...
c
1201 b. Note. Le théorème précédent
peut donnerlieu à diversesobservations.
Ainsi :
1° Le lieu du point milieu L de EF est la droite MN gui joint les points
milieux des côtés CA, CB
Car DGL est médianedu triangle DEF, et puisqueles médianesdes deux
triangles concourent au même
point, et que ce point divise cha-
cune d'elles aux deux tiers de sa
longueur à partir du sommet,
on a :
AG _DG _2_
CM _ GL _ 1 '
Ainsi les triangles AGD, MGL
sont semblables; par suite, ML
est parallèle à AD. Ainsi MI.N
est la droite qui joint les points
milieux des côtés CA,,CB.
2° Toute droite EF qui divise
les côtés CA, CB en partiesinver-
sementproportionnelles,a partir
du sommet C, est tangenteà une parabolequi se raccorde elle-même aux
droites CA, CB, aux points donnésA et B. (G., n° 712.) La droite MN est elle-
même tangenteà la même courbeau point I ; MN est la tangenteau sommet
lorsqueCA = CB.
Ainsi l'enveloppedu côté EF est la paraboleA1B.
Chacun desautres côtés DE, DF a aussi pour enveloppeune parabole. Ces
trois paraboles,que nousavonsindiquéesdés 1882, sont nomméesparaboles
de Artzt, du nom du professeurqui les a signaléesen 1884. On lira avec
grand intérêt les articles de M. BROCARD, commandantdu génie en retraite,
et G. DE LONGCHAMI'S. (Journalde mathématiques élémentaires et spéciales,
1885, page76, et 1890, page 149.)
3" On prouvera,au livre IV, que parmi tous les trianglesDEF, le triangle de
surface minimaest celui qu'on obtienten joignant deux à deux les points
milieux J, M, N des côtésdu triangle donné.
4" Le théorème ci-dessus (n° 1201) est l'énoncé géométrique
du théorèmesui-
vant de I'AITUS. Si trois mobileségauxplacésan sommetd'un trianglepartent
en mêmetempset parcourentrespectivementles trois côtés,en allant danste
mêmesenset avec des vitessesproportinnnellesà ces trois côtés, leur centre
de gravitéresteraimmobile. (.V. A., 1881, p. 337.)
D'aprèsle théorèmede la compositiondes forcesparallèleset la détermina-
tion du centrede gravité d'un triangle (Mécanique,F. J., n®» 48 et 72), il est
très facile de démontrerle théorèmede Pappus.En effet, admettonsque trois
poids égaux,p, soient simultanémentaux points D, E, F qui divisent les eûtes
dans le rapport m ; on peut remplacerle poids p placé en D par des poids
Tn^'IT ~m"+ en A cl B et inversement proportionnels
I,'ac*-'s aux dis-
' n
tancesAl) et BD. De même,le poids p placé en E peut être remplacépar un
poids placéen B et 1111 poids placéen C; remarqueanalogue

pour le poids placéen F; or chaquesommetB, parexemple,a les poids-. n''1

m + n
et _j_ chaque
ou p, donc le systèmecorrespondaux premières données,
m n
sommeta un poids p, par suite G est bien le centrede gravité.
1201 c. Autre démonstration.La considérationdes solidesauxiliairesqu des
projections conduit à une méthode très utile pour démontrerfacilement
certains théorèmes. Aux exemples déjàdonnés (nos 174, 176, 177) on peut
joindre le suivant:
On sait qu'un triangle quelconquepeut être projeté suivantun triangle
équilatéral,ou, ce qui revient au même, qu'un prisme triangulairequi aurait
pour sectionun triangledonné,peut être coupé suivantun triangleéquilatéral
(n° 1844 a, note)] donc nous pouvons remplacerle triangle donnéABC par
un triangle équilatéralcorrespondant,que nous désignonspar abc.
Or les rapportsse conserventen projection; donc on aura:

mais

Or, dansle triangle équilatéralabc, les côtés ab, bc, ca sont égaux; donc
ad= be cf, et le triangle def est équilatéral,car les trois trianglesadf, bed,
= =
cfe sont égaux; donc de = ef fd. Mais il est évidentque les médianesdes
triangleséquilatérauxabc, def, dont le secondest inscrit au premier,passent
par un mêmepoint; donc il en est de mêmedes médianesdes triangles ABC,
DEF ; car à la médianedl correspondDL, etc.
M. N. AGROMONOF de Reval (Russie)a donné un complément très intéres-
santdu théorèmeprécédent(Mathesis,1907, p. 98, n° 9).
M. GOHIERRE DE LONGCHAMPS, né à Alençon en 1842, mort à Parisen 1906,
pendantlongtemps professeurde mathématiquesspéciales au lycée Charle-
magne.Depuis 1882, \e Journalde mathématiques élémentaireset spéciales
fut sous sadirection. Dans nos Exercices de Géométriedescriptive(4e édi-
tion), nousavonseu à citer plusieursfois la Géométrieanalytiquede ce savant
auteur.
* M. BROCARD, commandantdu génie. Un desprincipauxauteursde la Géo-
métrie du triangle; il a publié de nombreux articlesdansle 9. M. E. et S.,
dansMathesiset dansl'IntermédiairedesMathématiciens.

Théorème352. — III.

1201 d. Sur chaquecôtéd'un triangleABC, on construitdes triangles


semblablesAA'B, BB'C, CG'A, ayant même orientation, tous à l'exté-
rieur, ou tous à l'intérieur du triangle donné; prouver que les mé-
dianesde A'B'C se coupentau mêmepoint que celles de ABC.
=
JoignonsA' au point milieu M de AB, et prenonsMD MA' ; le tri-
angle ADB est égal à BA'A : prouvonsque DB'CC est un parallélo-
gramme.
1« Les trianglesDBB' et CAB sont semblablescomme ayant un angle
égal, compris entre côtés proportionnels,car angle ABC = DBB' et
= BB' à cause des triangles semblables ABD et CBB' ; il en
résulteque l'inclinaisondes côtés homologuesDB, AC est égale à l'angle
DBA, égal lui-même à C'CA ; ainsi les droites GC, DB' sont parallèles;
Théorèmede S. Roberts 353.
1202. Dansun trapèzeisocèle articulé dont les deux côtés égauxet
1rs diagonalesont des longueursinvariables,une droite PMN, menée
i
parallèlementaux basespar un point fixe de AB, donneun produit
PM PN qui est constant,quel que soit le trapèzeformé par les quatre
.
droitesdonnées.(Nouvelle Correspondance de M. CATALAN, 1877,p. 132.)
Soient =
AP m ; BP n; =
AB = =
CD b ; AC = =
BD a.

On a :

d'où

AD. BC = a2 — b2;
donc PM PN
. = —(a² b²) quantitéconstante.
Remarques.1° MP ML
. = PM. PN.
On peut doncprendre Pou M pour pôle d'inversion(n° 1203 a).
=
2° Le quadrilatèrenonconvexeABDC,danslequelAC BD etAB = CD,
se nomme contre-parallélogramme (voir DOSTOR, N. A., 1807, (2) VI,
p. 57, et NEUBERG; Mathesis,1887, p. 227).
3° Soit E le point de concoursdes diagonaleségales,AE+EB AC =
= constante; donc, dansla déformation duquadrilatèrearticulé, lorsque
AL est fixe, le point de concoursE desdiagonalesdécrit une ellipse,
dont A et B sontles foyers.
1203. Noie
iur les lnver»eum.L'inverseurde M. l'eaucelliera résolupour la
premièrefois la transformationrigoureused'un mouvementcirculaireen mou-
vement rectiligne. Cette découvertea été énoncéeen termesgénéraux,et sous
forme dequestion,en 1864,dans lesNouvellesAnnales demathématiques, p. 414.
L'auteuren a donnéun exposédétaillé, dansle mômejournal, en 1873, page71 ;
mais M. LIPKINE, de Saint-Pétersbourg, ayanttrouvéla mêmesolution en 1870,
en avait présentéla descriptionet la théorie à l'Académiede Saint-Pétersbourg
en 1871.
Depuiscetteépoque,les étudeset les découvertessur les inverseursse sont
Enfin dans les Nouvelles Annalesde mathématiques (1302, p. 127). M. .J.
RÉVEILLE, professeurd'hydrographie,a publié une élude géométriquetrès
intéressantesur le systèmearticuléde Hart à cinq tiges, qui' permetde décrire
unedroite ou une circonférence,et que MM. DARROUX et KOENIGS avaientétudié
par le calcul.
Dans la troisièmepartie des Récréations mathématiques et Problèmesde
W. ROUSE-BALL, traduits par M. FITZ-PATRICK, le savantet très érudit M. A.
AUBRY a donné une fort belle étudesur la Géométriedes systèmesarticulés
(1909, p. 240 à 260.) Antérieurement,en 1900, le mêmeauteuravait publié un
travail remarquable: Estudiosobre los cononicôgrafios,dans El Progressa
matematicode Saragosse(1900, p. 337 à 363).

Théorème353. — I.
1203 B. Si sur deux côtés opposésAB, CD d'un quadrilatère,on cons-
truit extérieurementet sur les deux autres côtés BC, DA intérieu-
rement,les trianglesAA'B, CCD, CB'B, AD'D, semblablesà un triangle
donné, la figure A'B'C'D' sera un parallélogramme.(II. VAN AUREL.
Mathesis,1881, p. 167.)
Démonstrationanalogueà la premièrepartie de 1201 d.

Note. * H. professeurà l'Athénéed'Anvers, a proposéou résolu


VAN AUBEL,
d'intéressantes la Nouvellecorrespondance
questions dans mathématique (1874
à 1880).

Théorème353. — II.
1203 c. On donneun quadrilatèrequelconqueABCD. Sur chaquecôté
pris commehypoténuse,on construit un triangleisocèle rectangle; les
diagonales A'C', B'D' du
quadrilatère des sommets
A'B'C'D' sont égales et rec-
tangulaires.
1« Ellessontrectangulaires
car elles sont les diagonales
du carré EFGH circons-
crit au quadrilatèreABCD
(n° 1021).
2° Elles sont égales. Soit
a le côté du carréEFGH.
La diagonaleA'C égale :
+
A'E GC' oV2,+ (1)
et la diagonale D'B' égale :
D'F +
HB'— a^; (2)
or dans le quadrilatère ins-
crit AEBA' on a :

et
de môme,

et ou

ou
En remplaçant leslignes desquantités(1) et (2) par leur valeur, on a :

Note. L'énoncéest de M. Ed. COLLIGNON, Inspecteurdes ponts et chaussées


(A. F., Marseille, p. 53).

Théorime 354.
1204. Dansun quadrilatèrequelconqueABCD, la sommedes carrés
des diagonalesî et g est double de la sommedes
carrés des deux droites r et s qui joignent les
milieux des côtés opposés.
Les milieux des côtés sont les sommets d'un
parallélogramme,dont les côtés sont moitié des
diagonalesdu quadrilatère(n° 542) ; et dans ce
parallélogramme,la somme des carrés des côtés
égale la somme des carrés des diagonales(1490).
On a donc : 2m2 + 2n2 — r2 + s2,
et 4m2+4n2 = 2(r2+s2). (1)
Mais 4m2 = (2m)2 = f2, et 4n2 = (2n)2 =g 2.
L'égalité(1) devient donc: 2(r2 + s2).
+ g2
f2

=
Note. Ce théorème, proposé dans les Annales de Gergonne,tome II, 1811-
1812, page196, a été résolupage310, par ENCONTRE, ROCHAT, etc., dont les
nomsfigurent fréquemmentdans les Annales. L'étude de cettequestiona con-
duit à divers autresthéorèmes,notammentaux suivants: Dans tout tétraèdre
la sommedes carrés de deux arêtesopposées,plus le doubledu carréde la
droite qui joint leurs milieux, est une quantitéconstante(loc. cit., p. 314);
puis au Théorèmed'Euler. (E. de G., n» 1205.)
Théorèmed'Euler 355.
120i>. Dans un quadrilatère ABCD, la
sommedes carrés des côtéségale la somme
des carrés des diagonales,plus quatrefois
le carré de la droite EE qui joint les mi-
lieux des diagonales.
Joignonsle point E, milieu de l'une des
diagonales, aux sommetsopposésB et D.
La droite BE sera unemédianedu triangle
ABC, DE une médianedu triangle CDA, et
FE une médianedu triangle BED.
Les trianglessemblablesDEA et DC.B donnent:
-^5-
= -^; d'où bd = BD.AE. (1)

Ces memes triangles jdonnentencore-jjg-


1
= » comme li> angle
; et 1

+ =
total t s t + r, les deux triangles CDE et BDA sont semblables,
commeayanten D un angle égal comprisentre descôtésproportionnels,
et l'on a :
-EQ=-^-, d'où ac = BD. CE. (2)

En additionnantles résultatsobtenus(1) et (2), on trouve :


ac + bd = BD(AE + CE).
Et si l'on remplaceAE + CE parla valeur moindre AC, on aura :
BD AC
.
< ac + bd.
Remarques.1° Le sommetB peut être indifféremmentà l'intérieur ou
à l'extérieurdu cercle,et l'énoncén'estpas modifié.
2° Des deux premiersthéorèmesde Ptolémée,on conclut quesi le pro-
duit des diagonalesd'un quadrilatèreest égal à la sommedesproduits
des côtés opposés,le quadrilatèreest inscriptible.

Théorème358.
1211. Les diagonalesd'un quadrilatère inscrit sont entre elles
comme les sommesdesproduitsdescôtés qui aboutissentà leurs extré-
mités:
(La démonstrationqui suit supposeconnue
la formulequi exprimela surfaced'un triangle:
l'aire du triangle ADC égaleil^ny, et l'aire du
triangle ABC égale1/2 nz; de sorte que l'aire du
nu 4- nz \
quadrilatère
, ., est
Appelons2R le diamètredu cercle circon-
scrit.
On sait que le produit des deux côtésd'un
triangle égale la hauteurrelativeau troisième
côté, multipliée par le diamètre du cercle cir-
conscrit.(G., nos 270 et 316, III.)
On a donc, dansles trianglesADC et ABC :
vu
cd = 2Ri/, d'où cdn= 2Rt/n= 4R - ^ i

ab = 2Ilz, d'où abn = 2Rzn = 4R Ztl


.

Et en additionnant, n{ab -f cd) — 4R X quadrilatèreABCD.


= x
On trouveraitde même: m {ad -j- bc) 411 quadrilatèreARCI).
m ab + cd
Ou a donc : m(ud -f- bc) — n(ab -J- cd); d ou "ut( _j_ oc •
d'où AC AL
. = AB .
AM + AD .
AN.
Remarque.Les trianglessemblablesABC, NLM donnentaussi:
-£& §£-,
= d'Où AB.LM = AD.LN.
Le théorèmeconnu (n° 1189) n'est qu'un cas particulier de celui que
nousvenonsde démontrer.

Théorème358. — IV.

1213 a. Si sur les côtésd'un angle A, on prenddeux pointsM et N,


liés par la relation(3 AM -}- 8 AN 1, où $ et o sont des constantes,
. . —
le cercle circonscrit au triangle AMN passepar un point fixe. [J. de
M. de VUIBERT, 1905, p. 87.)
En prenantAB = p, AD = 8, le théorème précédent
donne:

doncle point L est fixe sur la diagonaleAC.

Théorème dePappus359.
t
1214. Le produit des distancesd'unpoint quelconqueM d'unecircon-
férenceà deuxcôtés opposésd'un quadrilatèreinscrit ABGD, égalele
produit des distancesde ce mêmepoint aux deuxautrescôtés.
=
Il faut prouverque l'on a : ME MG MF MH ou eg fh.
. . =
1re Démonstration.Joignonsle point M à deux sommetsopposés,B et
D, par exemple,par les droitesMB ou r, et MD ou s.
Les trianglesMBE et MDI1 sont rectangles
en E et II, et leurs anglesen B et D ont l'un
et l'autre pour mesurela moitié de l'arc
AM; ainsi ces triangles sont semblableset
donnent:

Les trianglesMDG et MBF sont rectangles


en G et F, et leurs anglesen B et D ont l'un
et l'autre pour mesure la moitié de l'arc
CBM; ainsi ces trianglessont semblableset
donnent:

En multipliant membreà membreles deux égalitésobtenues,on a :

donc eg = fh.
2e Démonstration.On sait que le produit de deux côtésd'un triang
égale la hauteurabaisséesur le troisième côté, multipliée par le di
mètredu cercle circonscrit.(G., n° 270.)
Prenons chaque côté du quadrilatèredon
pour troisième côté d'un triangle qui aurait
pour sommet.
=
On aura : ab 2re et cd 2rg,

bc = 2rf et da= 2rh ;
donc =
abcd 4r2eg,
bcda= 4r2fh ;
d'où eg = fh.
1213. Cas particulier.Deux sommetsC et D sont au mêmepoint.
Le quadrilatèreest remplacépar un tr
angle, et le côté CD est une tangente ;o
a encore:
=
eg fh.
Ainsi on obtientle théorèmesuivant:
1213a. Lorsqu'unecirconférenceest ci
conscriteà un triangle, le produit des di
tancesd'un point du cercleà deux côt
du triangleégale le produit des dislanc
du même point au troisième côté et à
tangentemenéepar le sommetopposé.
2° Deux côtésopposésdu quadrilatèreAB et CD coïncident(fig. 746
On retrouvele théorèmeconnu suivant:
1213 b. La distanced'unpoint quelconqued'unecirconférenceà un
corde donnéeest moyenneqmoportionnelleentre les distancesdu mê
point aux tangentesmenéespar les extrémitésde la corde.
=
En effet, eg fh (fig. 746) revient à e2 fh.

3" Trois sommetsB, C, D coïncident(fig. 747).


La question n'offre plus d'intérêt, mais il est évidentqu'on a encore
eg — fh.
1210. 3e Démon Le théorème de Pappuspeut être démontré
à l'aide d'un de ces cas particuliers(n° 1215 a, 2°) établi directement.
(Méthodes, n° 25.) Cette nouvelle démonstrationsera appliquéeà une
question beaucoupplus généraleque celle du quadrilatère inscrit, et
cette dernière elle-même deviendra ainsi un simple corollaire du
théorèmegénéralquenous donneronsplus loin (n° 1222).
Théorème359. — I.
1217.Le produit des distancesd'un point quelconqueM d'une circon-
férenceà deuxcôtés opposésd'un quadrilatèreinscrit, égalele produit
desdistancesdu mêmepoint aux deux diagonales.
Démonstrationanalogueà celle qu'on a déjà donnée(n° 1214).
D'ailleurs,il suffit de considérerles diagonalescommeétantdeux côtés
opposésd'un quadrilatère.
Théorème359. — II.
1217 a (nos 1214 èt 1217). Par un point quelcon M on mèneune
droite e' qui coupe AB sous un angledonnéa, une droite f qui coupe
BC sousun angtêdonnéf), une droite g' qui coupe CD sous un angle
donnéy, et h' qui coupe DA sous un angle 3. Le rapport du produit
des lignes qui coupentdeux côtés opposésau produit des lignes qui
coupentles deux autrescôtés (ou les diagonales)est constant.
La démonstrationest identiqueà celle du théorèmede Desargues, ci-
après,relatif à l'involution (n° 1219).
Théorème359. — III.
1218. Théorème corrélatifdu Théorèmede Pappus.Dans tout quadri-
latère circonscrità un cercle, le produit des distancesd'une tangente
mobile à deux sommetsopposés est au produit de ses distancesaux
deux autressommetsdansun rapportconstant.(CIIASLES.)

Soienta, b, c, d les distances respectives


des sommetsA, B, C, D à la
tangenteEF.
Il faut prouverque = constante.
On a :
donc
Or, les anglesCOB et FOE étant égaux (n° 739), il en résulte:
COF BOE.=
De plus, les anglesFOE et AOD étant supplémentaires,il en résulte :
AOE + DOF 180°; =
les sinus disparaissentdeux à deux, et il reste:

Théorèmede Desargues360.
1219. Lorsqu'unesécantecoupeune circonférenceen deux pointsM,
M', deux côtésopposésd'un quadrilatèreinscrit en A. et A', les deux
autrescôtés opposésen B et B', le rapport des produits des distances
de M aux points déterminéssur les côtés,opposéspris deux à deux
égalele rapportdesproduitsdes distancesde M' aux mômespoints.

Du point M, abaissonsles perpendiculairesMC, MC', MD, MD' sur les


côtésdu quadrilatère.On a (n° 1214) :
MC MC'
. = MD . MD' ou = 1. (1)

Or nous allons prouver que,pour une môme direction dela sécante,


le raPPort""MB^MBr est constant><ïue' 9ue s0't 'e P°'nt M.
Chaque triangle, tel que MD'B', reste semblableà lui-même; ainsi,
pour un point N, on a le triangle NFE semblableà MD'B'; donc
MB' = MD' multiplié par un rapport constant qui ne dépend que do
MB' NE NE
l'angle B' ; on aurait, en effet, "MD' ="Ï<FF' d'où MB'= MD'. j^pr •
NF,
(D'ailleurs, lerapport n'estautrechoseque l'inversedu sinusB
1 \) Représentons NE rapport
1
égal -^r;
ou 8jn jj'~- par un on aura:
Mit -1
•—7=-jr; d'où MD' = MB'. I',
c'est-à-dire: MD' = MB'sin B'.
On obtiendraitde même :
MO = =
MB. b, MC MA. a, et MC' MA'. a'. =
Dans(1), remplaçons. MC, MC, etc., par leurs valeursrespectives;
MA a x MA' a'
on trouve : M,, . b >< w ^ -. y- — 1, ; d„ ou
MA MA' bb'
.
| ( ftJ,,, . _
bb'
Or est une quantitéconstantequi ne dépendque de la direc-
tion de la sécante; on aurait donc aussi:

donc
•1220. Corollaires.Le théorèmede Desarguesa un grand nombrede
corollaires;il faut se borner à
citer les plus importants:
1° Deux côtés opposés
peu-
vent être remplacéspar les
deuxdiagonales.
Les quatrecouplesde points
A, A' ; B, B' ; C, C' ; M, M',
étant pris trois à trois, don-
nent six points en involution ;
on obtientquatrecombinaisons
différentes.
2» Lorsque la transversaleEE' passepar un point commun à deux
côtés opposésou aux diagonales,le point D est Un point double.
9° Dans le casparticulier où le point D serait au milieu de la corde
EE', les points L, IV seraientéquidislantsde D ; il en serait de même
despoints où la transversale couperait les deux autrescôtés opposés.
-i" La tangenteHH' donneun point doubleN.
5» Jm transversale qui passeraitpar le point de concours D des
gonaleset par le point de concoursA de deux côtésopposéset qui ren-
contrerait la_ circonférenceen M et M', donneraitune involution de
quatrepoints, dont deux,A et D, seraientdespoints doubles.
On aurait :

car A et A' se confondent,et il en est de même de D et D.


La propositionrevient à
Ainsi M et M' sont les pointsconjuguésqui divisent harmoniquement
la droite AD.
1221. Note Hur 1'involution. Le théorèmede Desarguesest dans
la théoriede l'involution.
M'A'
...
L,'gjlllc "Ml!
MA
.
MA'
MU' '
M'A
MB
. ()
, .
~~~

M 1!
qui a lieu entre huit quantités,peut se transformeren relation à six ternieset
donner: AB' BM' MA' i- A'B B M . M'A. (2)
. . .
Pourpasserde la formule (1) à la formule(2), on peut recouriraux propriétés
du rapportanharmonique. (Voir CIIASI.ES, Géométriesupérieure,ch. IX, n° 184.),
On dit que six points, situés en ligne droite, sont en involution, lorsquele

produit de trois segmentsrectilignes, n'ayantpas d'extrémitécommune,égale


le produit des trois autressegments.
L'involution est une méthodetrès féconde,surtoutpour l'éludedes coniques.
DESARGUESa établi le théorèmefondamental; PASCAL l'a cité dans son Essai
sur les coniques.CHASLESa rattaché l'involutionà la théoriedu rapportanhar-
monique.
Les principaux ouvrages quel'on peut consultersont les suivants:
CIIASI.ES, Géométriesupérieure ; HOUSEL, Introductionà ta Géométriesupé-
rieure. — CREMONA, Géométrieprojective; ,I. LENTIIÉRIC, Expositionélémen-
taire de la Géométriemoderne.Ces deux derniersouvragesse complètentl'un
par l'autre: le premier est surtoutdescriptif, tandisque le second utiliseprin-
cipalementles relations algébriques.
On connaîtaussi le bel Appendiceau livre VIII du Traité de Géométriede
MM. ROUCHÉ ET DE COMBEROUSSE(7e édition).
Aucun ouvragen'est plus élémentaireque l'Introductionà l'élude de l'ho-
mographiede M. RAYNAUD, professeurà Toulouse.
* LENTHÉRIC, nom porté par trois honorables membres d'une même famille,
successivement professeurs de mathématiques à Montpellier. Le premier, Pierre
LENTHÉRIC (1793-1810),protégépar ENCONTRE, professeurà la faculté deMont-
pellier, auquel il succéda plus lard,a eu pour élèves: OssianBONNET, l'abbé
AOUST, E. ROCHE, son successeurà la faculté, et son neveu J. LENTHÉRIC,
auteurde divers articlesdu N. A. (d'après'0.TEIUJCEM, N. A., 1850, p. 419).
De nos jours, on connaît les ouvragesremarquables : Les Villes mortes du
golfe de Lion, le Rhône,etc., par M. CH. LENTHÉRIC, ingénieuren chef des
ponts etchaussées.
* CREMONA, né à Pavie en 1830. On lui doit divers mémoires importants,
ainsi que la Géométrieprojective. Il professaà Crémone,Milan, Bologne et
Rome, où il mourut en 1903.

Théorème 360.— I.
1222. Lorsqu'un polygone d'un
nombre qtair 2n de côtés est inscrit
à une circonférence,le produit des
distancesd'unjioint quelconquede la
circonférenceà n côtés, n'ayant pus
d'extrémitécommune,égalele produit
point aux n
des distances, du même
autrescôtés.
Considérons des hexagones.
Soient a, b, c, d, e, f les distances
de M aux côtés de l'hexagoneinscrit,
et g, h, i,j, k, l les distancesde M aux côtés de l'hexagonecircons-
crit, a étant la perpendiculaireabaisséesur la corde quicorrespondaux
tangentesdont g, h sont les distancesau point M.
Un sait que la distance d'un point M à une corde quelconqueest
moyenneproportionnelleentre les distancesdu même point aux deux •
tangentescorrespondantes
=
(n° 25) ; donc
a2 gh ; b2 = hi ; ij ;
c2
=
donc

donc
d2 = jk ; c2

ace bdf.
=
.
b2d2f2 = hi. jk
=
.

.
lg
kl ; f2 = lg ;
a2c2e2 = gh ij kl,

1223. Remarque.Lorsque le polygonea un nombre impair de côtés


-
(2n 1), on le considèrecomme étant un polygone de2n côtés,en
menantune tangentepar l'un des sommets,ainsi qu'on l'a déjà indiqué
(n° 1215).

Théorème360. — II,
1224. Lorsqu'unpolygonea pour sommetsles points decontactd'un
polygonecirconscritd'un nombre quelconquede côtés, le produit des
dislancesd'un pointquelconquede la circonférenceaux côtés du poly-
goneinscrit égalele produit des distancesdu mêmepoint aux côtés du
polygonecirconscrit.
Soienta, b, c, d, e les distancesde M aux côtés du polygone inscrit ;
g, h, i, j, k les distancesdu mêmepoint
aux côtés du polygone circon-
scrit.
Gommeprécédemment, on aura :

b2 = hi; = ij; di=jk;
c1 c"

kg;
d'où abcdè= ghijk.

Théorème360. — III.
12215. 1° Même énoncépour les polygonesinscrit et circonscrit(n° 1224).
Si l'on mèneune sécantedans une direction donnéeet qu'on désigne
par a, b, etc., g, h, etc., les distancesd'un, point d'intersectionM de la
srranteet de la circonférenceaux divers pointsoù la sécantecoupeles
côtés, on aura :
abede
ghijk =constante;
2" En désignantpar a' b' g', les distances dusecond
11'
point M' d'intersectionde la circonférenceaux points où la sécante
coupeles côtés,on aura,quellequesoit la directiondessécuntesmenées:

Remarque.La propriété fondamentale du quadrilatère inscriptible


(nos 1219 et 1221), relative à l'involution, est donc ainsi étendueà un
polygoneinscriptiblequelconque (n°1225, 2°).
Transversales.
1226. Pour prouver quetrois points donnéssont en ligne droite, ou
que trois droites concourentau même point, il est parfois très utile de
recouriraux théorèmesde Ménélaüset de Céva. D'ailleurs la démons-
tration de ces deux théorèmesfondamentauxest si simple, qu'il serait
très fâcheuxd'en priverles élèves.

Théorèmede Ménélaüs361.

1227. Lorsqu'unetransversalecoupe les trois côtés d'un triangle, le


produit de trois segments,n'ayantpas d'extrémitécommune,égale le
produit des trois autressegments.
La démonstrationdonnéedans lesÉlémentsde Géométrie(n° 743) est
baseesur les lignes propor-
tionnelles.
Dans lesMéthodes(n° 166),
on a recoursaux surfacesauxi-
liaires. Au n° 180, la démons-
tration, extrêmementsimple,
est baséesur les projections,
et se trouve indiquée dans le
Traité des propriétésprojec-
tives de Poncelet.
Enfin, la démonstrationsui-
vantene le cède en simplicité
et en éléganceà aucune des
précédentes.
Par les trois sommets,me-
nons trois droites parallèles
entre elles; par exemple,des perpendiculairesa, b, c à la transversale.
On a :

donc la relation à démontrer,ou

revient à prouverqu'on a :

Or cetterelation est évidente; donc...

ThéorèmeR. 362.
1228. Si trois points déterminentsur les côtés d'un triangle six seg-
ments tels que le produit de trois segmentsnon consécutifségale le
produit des trois autressegments,les trois twints sont en ligne droite.
Un seul des trois points doit se trouver sur le prolongementd'un
côté, ou les trois pointsdoiventse trouversur les prolongements.
On a recoursà la réductionpar l'absurde.(G., 745.)

Théorèmede Carnot. 362. — I.

4229. Lorsqu'une transversale,coupe les côtés d'un polygone plan,


chaque côté est divisé en segments;le produit de tous les segments,
n'ayantpas d'extrémitécommune,égale le produit de tous les autres
segments.
(Méthodes,n° 181.)

Théorème363.

4230. lo Les bissectricesextérieuresdes anglesd'un trianglerencon-


trent les côtés opposésen trois pointssituésen ligne droite.

La bissectriceextérieure de l'angle C coupe le côté opposéAB au


point L, etc. Il faut prouverque L, M et N sont en ligne droite.
Désignonsles trois côtésdu triangle par a, b, c.
Les segmentsAL, BL, déterminéspar la bissectriceCL, sont propor-
tionnelsaux côtésAC et BC ; on a donc:

Donc les trois points L, M, N sont en ligne droite.


2° Deux pointsD, E déterminés par les bissectricesintérieureset le
point. M de la bissectriceextérieuredu troisièmeangle, sont en ligne
droite.
Môme démonstrationque précédemment (n° 1230).
On obtient trois nouvellesdroites; ainsi les bissectricesintérieureset
les bissectricesextérieures,en coupant les côtés opposésd'un triangle,
donnentlieu à six points d'intersection.
RemarqueOn peut voir pour ces théorèmesla Géométriesupérieure
de CHASLES, n° 394.
Théorème363. — I.

1231. Transversales réciproques. Une transversale


coupeles côtéss, h, c,,
d'un triangle en trois points L, M, N; on prend les points symétriques
de ces points par rapport au point milieu du côté considéré;prouver
que L', M', N' sont en ligne droite.
La relation

donne aussi:
donc les trois nouveauxpoints sont en ligne droite.

1231 a. Note. Les points L, L' symétriquespar rapport au point milieu du


côté a, etc., ont été nomméspoints isotomiques; les droites AL, AL sont des
droitesisotomiques.(Voir ci-après,n° 2329.)
Les transversales LMN et L'M'N' sont nomméestransversales réciproques.
La théorie des transversales réciproques est due à M. G. DE LONGCHAMPS
en 1866 ; le savant auteur en a donné depuisd'intéressantes et nombreuses
applications: à ce sujet, on peut voir le Journalde Mathématiques élémen-
taires, 1880, page 272 ; le J. de M. spéciales,1882, page 25 ; Tranformation
réciproque,même année,pages49, 77, 97 et 121.
Puis en 1885, Essai sur la Géométrie dela règle et du compas; en 1886,
Généralitésde la Géométriedu triangle.

Théorème363. — II.

1231 b. Une transversaledonnéeDEF coupe les côtés a, b, c d'un


triangle ABC; elle divise le côté a au point D dansun certain rapport
tel qu'on a :

de même

si E' divisa le côté CA dans le rapport ,


F' le côté AB dans le rap-

port et D' le côté BC dans un rapport les trois points D', E',
'1
»
s
F' sont en ligne droite.
En effet, en exprimantchaquesegmenten fonction du côtécorrespon-
dant et du rapport donné par le point de division, on peut remplacer
DB am
Un'
EC bp et
FA cr
DC I'»r EA I'ar bq FB ',ar
La relation connuedevient :

Dans le second cas, c'est le côté b qui est divisé par E' dansle rap-
Yït
port —, c dans le rapport
1}
et a dans le rapport — ; donc on a :

car le premier membre de( l) et de (2) sont identiques,puisquechacun


d eux se réduit a m p r~
n
—— • „
q s
1231 c. Remarque.Avec des rapportsdonnés, en suivantle périmètre
du triangledansun sensdéterminé,on obtient trois transversales,et en
suivantle périmètreen senscontraire, on obtient lestransversalesréci-
proquesdestrois premières.
~()n a donc en tout six groupesde trois points collinéaires.
Extensionanaloguepour le théorèmede Ceva; ce qui permetd'avoir
en tout six pointsde concours,lorsque l'un d'eux est donné.
Théorème363. — III.
1232. La médianeAI) d'un triangle quelconquel'.AC. coupela corda
EF d'un arc décrit du sommetA,
et limité aux cotés du triangle en
deux parties,dont le rapport est
inverse de celui des côtésAB, AC.
(IIOUSKL, Introduction à la Géo-
métrie supérieure,p. 175.)
ProlongeonsEF et BC jusqu'à
leur rencontre; considérons les
deux triangles BEH, CFH et la
transversaleAD; on a :
HD. BA. EG = BD. EA. HG,
C.D. FA. HG =
HD. CA. FG,
Multiplions ces deux égalitésmembreà membre, supprimons lesfac-
teursHD, HG communsaux deux termesde l'égalitéet les facteurségaux
AE, AF et BD, CD ; on trouve:
. =
BA EG CA FG,
.

d'où

Remarque.Lorsqu'onmène AD de manièreque la
, on a

relation

Théorème364.

d'un quadrilatèrecompletsont
1233. Les milieux des trois diagonales
en ligne droite. (GAUSS, en 1810.)

Pou que L, M, N sont trois points en ligne droite, considé-


rons le triangle GIIK formé en joignant deux à deux les points milieux
du triangleBCE.
Le côté HK passepar le point L milieu de AC, GK passepar M milieu
de BD, et GH par N.
Il suffit donc de démontrerqu'on a la relation

(n° 1228)
Or chacundes six segmentsci-dessusest la moitié du segmentcorres-
pondantque la transversaleADF détermineraitsur les côtés du triangle
BCE. En effet, GM = 1/i®'D, KM = '/i ''f> e'c- Donc la relation
écrite est exacte,car les segmentsde longueurdouble, déterminéspar la
transversaleADF, donnentune relation analogue.
Ainsi, L, M, N sonten ligne droite.
1233 a. Note. La démonstration ci-dessus a été donnéepar J. MENTION dans
les N. A. de 1853, p. 420 ; elle est plus éléganteet plus rapide que celle de
BOBILLIER ; celte dernièrea été reproduitepar BLANCHET dans son Appendice
aux Elémentsde Géométrie.
La droite qui passeparlespoints milieux des trois diagonalesd'un quadrila¬
tore complet est appeléeparfois Droite de Newton. On trouveaussi ligne de
Caussdu quadrilatère.
(Mathesis,1902, page 170. Question1188bis, 1906, p. 143, n° 1278.)
Voir aussi Die Elémenteder Malhematik, von DR BALTZER, OU Elementidi
Mathematicadel Dr B., § 7, n° 5.

Théorème deRochat364. — I.
1233 b. Danstout quadrilatère complet,les trois diagonalespeuvent
être prisesdeux à deux detrois manièresdifférentes,ce qui permetde
considérertrois quadrilatèressimples; en appelantcentre du quadrila-
tère, le centre des moyennesdistances deses quatresommets,on a le
théorèmesuivant:
1" Le milieu des trois diagonalessont sur une même droite (n« 1233).
2» La droite qui contient les milieux des diagonales
contient aussiles
centresdes trois quadrilatèressimples,en sorteque six pointssontsur
une mêmedroite.
3° Les distancesentreles milieux de deux quelconques des diagonales
sont doubles dela distance entre les centres des deux quadrilatères
simplesauxquelsces diagonalesappartiennent.

Note. Le nom de Théorème deRochatest dù à GERGONNE. (Annales, t. I,


1810-1811,p. 314.)
La première partie, due à GAUSS, a été démontrée ci-dessus (n° 1233).
* ROCHAT, professeur de navigation àSaint-Brieuc,a donnéle théorèmequi
porte son nom, à l'occasionde l'exercice dun° 548 ; ce même auteura répondu
fréquemmentaux questionsproposées dans les premiersvolumesdes A. deG.

Théorème365.

1234. Si d'un point quelconquedu cercle circonscrità un triangle,


on mènedes droitesqui fassent,dans le même sens, des angleségaux
avec les côtésdu triangle, les pieds de ces droites serontsur une même
ligne droite.
= =
Soit l'angle CEO CFO BDO.
=
;
Les triangles COE, AOD sont semblables,car E D, et les angles
DAO, ECO sont égaux, comme sup-
pléments l'un et l'autre de l'angle
BAO donc
Les triangles OBE, AOF sont aussi
semblables, car les angles en A et
en B sont égaux,et il en est de même
dans les anglesen E et en F.
DE BO
Donc
AF = AO'
Les triangles COF, BOD sont aussi
semblables,car les angles Fet D sont égaux entre et les angles
OCF, OBD ont même mesure.
Donc
En multipliant membreà membreles trois égalités,on trouve:

Donc les trois pointsD, E, F sont en ligne droite (n° 1228).


1235.Remarques.1° Le théorèmede Robert Simsonou de Wallace
(n° 22) n'estqu'un cas particulierdu précédent.
L'extensionci-dessus(n° 1234) est de CARNOT.
2° Le théorème(n° 1234) est intuitif lorsqu'onconnaîtles propositions
relatives aux lignes isoclines (nos 2457 et suivants); c'est-à-dire aux
lignes qui, partantd'un mêmepoint 0, coupentles côtés d'un polygone
sousle même angle et dans la mêmedirection, en suivant lepérimètre
du polygoned'un mouvementcontinu.
Il suffit de dire :
Les normales issues d'un même point 0 du cercle circonscrit donnent
lieu à un triangle podaire,qui se réduit à une droite ; il en est donc de
même des isoclinesmenéespar le même point, sous une inclinaison
quelconque.(Voir ci-après,n° 2464.)
3° Le théorèmeattribué à SALMON (n° 766) peut recevoir l'extension
suivante. Lorsquesur trois cordesAO, EO, CO (fig. 758)-, issuesd'un
même point 0, on décrit dès arcs de segment capablesd'un angle
donnéa, on obtientsix cerclesqui se coupentdeuxà deuxen six autres
pointsplacéstrois à trois sur deux droites.
Théorème365. — I.
1236. On donneune circonférenceet deux points fixes A et B; par
ce dernier on mène une corde quel-
conqueCDD et les sécantes
A.CC', ADD'.
Prouver que la corde'C'D' passepar
un point fixe. (PONCELET, Applica-
tion d'analyseet du Géométrie.)
1re Démonstration. En appliquant
l'homologie (n° 1249) on fait passer
le point A à l'infini ; les droitesDD',
EC deviennentparallèleset sont menées dansune direction constante;
dès lors la figure obtenueest un trapèzeisocèle, et le côté CD' passe
évidemmentpar Un point fixe B', symétriquede B par rapport au dia-
mètre perpendiculaire aux bases(n° 607).
Donc, dans la figure donnée,le côté CD' passeaussi par un point fixe.
2» Démonstration (fig. 750). Le Théorèmede Desargues,relatif à l'in-
volution (n° 1219), donnela démonstrationsansqu'il soit nécessairede
recourir à l'homologie.
En effet, A, étant le point de concoursdes côtésopposés duquadrila-
tère, est un point doublede l'involution ; on a :
M'B'- M'A*. MB
dou _
-Mjj( — M'B MA 1 *
.
droite M'B'
Le membre de est const le rapport MB' est connu,
et le point B' est déterminéde position (G., n° 208).
1237. 3e Démonstration(fig. 760). Soient 0 le point de concoursde
GD et C D', puis Ple point où la polaire de A coupeAB'. Cettepolaire HP

passe parle point de concours O des droites CD, C'D', et isceau•


(OA, ODBC, OP, OD'B'C') est harmonique. Par conséquent, les quatre
points A, B, P, B' communsà ce faisceauet à la droite AB forment une
division harmonique.Les pointsA, B, P étant fixes, il en est de mêmedu
quatrièmeB'. (D'après/. M. E., 1890, page208. SOLLERTINSKY.)
Théorème 365.— II.
1237 a. Lorsqu'unquadrilatèreABCD est inscrit, les couples detan-
gentesmenéesau cercle circonscrit par les sommetsopposés coupent
sur la troisièmediagonale.
Les tangentesBL, DL,
se coupentsur MN. Il
en serait de même des
tangentesFAE, GCII.
C'estun simple corol-
laire del'hexagrammede
Puscal.(G., nos 747, 748,
2°, et E. de G., n° 1117 o.)
Remarques. 1° Le point
de concours P des dia-
gonales du quadrilatère
circonscrit, ou point de
Brianchon(G., n° 807),
est le pôle de la PascaleMN
du quadrilatèreinscrit.
2° Les cordesdo contactAC, BD passentpar P.
1237 b. Extensio A un quadrilatèrequelconque,on peut circonscrire
une infinité de coniques;les couplesdes tangentesmenéesà la conique
circonscritepar les sommetsopposésdu quadrilatèrese coupentsur la
troisième,diagonalede attefigure, parce queles théorèmesde Pascal
et de Brianchonsont applicablesà une coniquequelconque.

Théorème366.

1238. cordesAD et BC se coupentau milieu 0 d


ordeEF. Prouverque les segmentsOM, ON, interceptéssur EF par les
droites AC et BD, sont égaux.
1re Démonstration.Il est possible de démontrerle théorèmeen se
bornantà recouriraux Elémentsde Géométrie,mais la marcheà suivre
estlente et pénible : inutile de la reproduireici, caron peut consulterles
précédentes éditions des Exercicesde Géométrie(2e et 3e).
2e Démonstration.On peut utiliser le théorèmede Ménélaüs, relatif
aux transversales (n° 1227).
Le triangle MON, coupé par BC et par AD,
donne :

Multiplions membreà membreon trouve :


OM 2 BN DN CG AG
. .
ON2 CM AM BG DG '
. .
Nous pouvons pprimer la dernière fracti
car CG . AG = BG . DG,

d'où
Nous retrouvonsl'égalité connue(6) de la premièredémonstration,
donc OM = ON.
3e Démonstration(fig. 762). La question cas par-
ticulier du théorèmede Desarguessur l'involution (n° 1219). Envertu de
ce théorème,en prenantAG et BD comme côtés opposésdu quadrilatère
inscrit ABCD et AD, BC commediagonales,on a :

Mais le point O est le point milieu de EF ; ainsi lesdénominateurssont


égaux, et par suite il en est de mêmedes numérateurs;
EM. EN = FM.FN,
d'où
Or celte proportion ne peut être vérifiée que par EM = FN ; donc...
4e Démonstration.On a recours aux pol et faisceauxharmo-
niques.(G., n° 803.)
1239. Remarques.1° On peut énoncerle théorèmecomme il suit :
Les anglesopposésd'un quadrilatèreinscrit interceptentdessegments
égaux sur la perpendiculairemenée du
point de concoursdes diagonales,sur la
droite qui joint ce point au centre du
cercle.
2° En employant le théorème de Des-
argues,on reconnaîtque le théorèmepro-
posé subsiste,lorsque les points I et J
(fig. 763), au lieu de coïncider, sont équi-
distantsdu milieu 0 de la corde.
3° Les côtés opposésAB, CD donnent
=
aussi OG OH. Il suffit que les deux
points d'un destrois couplesIJ, MN ou GH
,
soientéquidistantsdu milieu de la corde,
pour qu'il en soit de mêmedes points des deux
autrescouples.
1239 a. Note. 1° L'exemple donnémontre combien il est important d'étudier
quelquesthéorèmesfondamentaux,tels que ceux de MÉNÉLAÜS sur les trans-
versales(n° 1227); de DESARGUES, pour les trois couples depoints en involu-
tion. (n° 1219); et il en est de mêmede celui de CÉVA, pour les droitesconcou-
rantes(n° 1240), car rien n'estplus facile que de prendreun des cas particu-
liers de ces théorèmeset de le proposercommequestion élémentaire ; mais il
est souventdifficile de traiter la questionà l'aide des seulesressourcesque
fournissentles Elémentsde Géométrie.Ainsi la 1re démonstration,unique-
ment baséesur les théorèmesles plus connusdos Eléments,est extrêmement
laborieuse; la 2e démonstration,qui utilise les transversales,est encoreassez
longue ; tandis que la 3e démonstration,qui se rapporte à l'involution, est
d'une très grande simplicité; il en est de même de la 4e, donnéedansles Élé-
ments(G., n° 803), et qui se basesur la théoriedespolaires.
2° L'IntermédiairedesMathématiciens, 1907,p. 3266, demande lethéorème
dualistique du précédent(E.-B. ESCOTT). M. H. BROCARD renvoie à divers
ouvrages,notammentaux Exercicesde Géométrie,pages523-525.
Voir aussiE.-A. MAJOI. et M. I.ERCII, dans l'Intermédiaire,1908, pages20 À
22, 3266 140, par M. PLANCHEREL.

Théorèmede Céva367,

1240. Les droites quijoignentles sommetsd'u un même


oint déterminentsur les côtés six segmentstels que le produit de trois
d'entreeux, n'ayantpas d'ertrérnitecommune,égalele produitdestrois
autres.
(G., n° 749 ; Méthodes,n°
Autres démonstrations.1° A cause du quadrilatèrecomplet OMAN,
les points L et P sontconjuguésharmoniquespar rapportà BG.
On a :
donc les relations

2° Menons BD, CE parallèles à AL


;
on a :

d'où
1240 a. Note. 1° La 2e démonstrationest de M. MONSALLUT, professeurau
lycée de Limoges. (Journalde Math. élém. de Vuibcrt, 1" janvier 1901.)
2° On peut nommer céviennesles droites qui partent du sommet d'un
triangle (n° 167 R) ; alors le théorèmes'énoncecommeil suit : Trois céviennes
concourantesdéterminent,etc.
Le termecéviennea été proposéparM. POULAIN (voir J. M. E., 1888, p. 278).
POULAIN, S. J., professeurà la Faculté catholique d'Angers, auteur de
nombreux articles dans le J. M. E. et S., ainsi que du remarquabletravail
intitulé: Principesdelànouvelle Géométriedu triangle.

Théorème 368.
1241. Si trois points situessur les cotés d'un triangle divisent les
côtesen six segmentstels que le produit de trois segmentsnon consécu-
tifs égale le produit des trois autres,les trois, droites, qui joignent
chacunde ces points au sommetopposé,passentpar un mêmepoint.
Les trois points sont sur les côtés, ou Oieg un seul est sur un côté et
les deux autressur les prolongements.
Pour ce théorèmeréciproque,on a recours à la démonstrationpar
l'absurde.(G., n° 751.)

Théorème368. — I.
1211 a. Trois droitesissues dessommetsd'un triangle se coupent en
un mêmepoint, si elles partagentles côtés opposéseu partiespropor-
tionnellesauxanglesadjacents.
Le théorèmepeut être généralisé: il suffit que les grandeurssoient
proportionnellesaux mêmesfonctionsdes anglesadjacents,ou même
à trois grandeurs quelconques,
chacuned'elles correspondant à un des
côlés. (GénéralDE COATPONT; voir N. C. M., 1879, pp. 384 et 438.)
Exemple : Si l'on divise les côtés en parties proportionnellesaux
nombresde degrésdes anglesadjacents,on peut représenterles deux
segmentsde a par ci.B° et a.O, etc.
On a :

1241 b. Remarque.La questionprécédenteoffre l'exemple, fort rare,


d'une relation directe entre des angleset des lignes, et c'c6t avec raison
que l'auteur de la question appelle l'attentionsur cette parti
(Nouvelle Correspondance mathématique,1879, p. 438.)
Théorème369.
1242. 1° Les droites quijoignentles pointsde contactdu cercleinscrit
à un triangle, aux sommetsopposes,se coupentau mêmepoint.
2° Il en est de mêmepour les joints de contactde chaquecercle ex-
inscrit.
1° On a : BE = BD,
CE = CE,
AD = AF.
En multipliantmembreà membre,on tro :
=
BE. CF. AD BE CE AF.
. .
Donc, d'aprèsle théorèmede Céva
(n° 1240), les droites se coupent en
un mêmepoint 0.
2° Les céviennesAE', BF', CD', re-
latives au même cercle exinscrit, se
coupenten un mêmepoint O.
3° Même démonstration pour les
trois droites analogues à la ligne
AE', qui joignent chaquesommet au
point de contact du cercle exinscrit
opposé.
1242 a. Note. 1° Le point de concours
desdroites qui joignent chaquesommet
au point de contactdu cercle inscritest appelépoint de Gergonne,parceque
ce mathématicienavait proposéconnuequestion, dans sesAnnales,le théorème
ci-dessus.
2» Les trois points tels que O, relatif à un même cercle exinscrit, sont les
pointsadjointsau point de Oergonne.(Mathesis,1887, p. 59, n° 0.)
3" Le point de concoursdes droites qui joignent chaquesommetau point
de contactdu cercle exinscrit opposéest nommépoint de Nagel.
4° Les points de Gergonneet de Nagel d'un triangle A11C des points
réciproquesde Longchamps(voir n» 1242 d).
Pour le point de Nagel,on peut voir J. M. 1886, page 158,
M. VIGARIÉ, et Mathesis,1887, p. 57 ; puis 1900, p. 93, n° 10. Ou le nomme
parfois : Point isopérimétrigue.
5° Le point de Gergonnea été signalé par JEAN CÉVÀ (Aperçu historiquede
Chastes,note VII. page290 ; d'après17. desM., 1900, pageSi, n° 1787).
6° Le lieu des points de Gergonne,quand la base BC (fig. 766) varie, est
une ellipse tangenteen D, F. (/. M. E., 1893, page225. BOUTIN.)
Théorème369. — I.
J242b. Les droites qui joignent les sommetsd'un triangleABC aux
pointsde contactA, B , U descôtes opposes
et du cercleinscrit se coupenten un point Iv,
tel que

(Mathesis,1884, p. 245. THIRY.)


Le triangle ABA' coupépar CC donne:

d'pù

%.
de même: % .
d'où

1242 o. Les trois dro le point milieu


de chaquecôté d'un triangle au point milieu de la hauteurcorrespon-
dantese coupentau mêmepoint.
ont une propriétécommune qui permet de les grouperdans le nombre
illimité des points de Franke.
4° La droite d'Eulerd'un triangle ABC est aussi le lieu de certains
points bien déterminés: ainsi le centre du cerclecirconscrit au triangle
tangentieldu triangle donné ABC se trouve sur cette droite. Voir Notes
de Géométrierécente,parM. A.GOB, professeuragrégéde l'enseignement
moyen. (Supplémentde Mathesis,t. IX, 1889.)
1242 p. Note. 1° Le théorèmeprécédentest de M. A. BOUTIN. Il l'a donné
dès1890(J.M. S., page266: « En considérant...,
etc. »). Mais cettebelle,question,
traitée en quelqueslignes, est passéeinaperçue.Il en a été tout autrement
lorsque M. FRANKE de. Berlin, quatorze ans plus tard, a indiqué ce même
théorèmedans VEnseignementmathématique(1904, p. 407, V).
Nous proposonsnéanmoinsde continuer à appelerpoint de Franke, le
point qui avait reçu ce nom; ce sera une sorte de dédommagement pour le
géomètrequi s'estlaissé devancer.
2° Lorsque l'on prendsur les médiatricesOD, OE, OF, des longueursOD',
OE', OF' inversementproportionnellesaux médiatrices,c'est-à-diretelles que
l'on ait : OD OD' = OE ÔE' = OF OF' = Ka, les droites AD', BE', CF' se
coupenten un. même point . .
Q. Le lieu du point Q, lorsque la puissancelt 3
varie, est une hyperboleéquilatèrecirconscriteau triangle.
Les trianglesABC, D'E'F' sont homologiques,Q est le centred'homologie.
(A. F., 1889, pages202 et 203, E. LEMOINE.) L'énoncédu savantauteura lieu
quel que soit le point que l'on projettesur les cqtés dutriangle ; mais nous
nous bornonsau casqui se rapporteà la droite d'Euler; c'est la contre-partie
du théorèmede Boutin. — L'hyperbolepassepar le point de LemoineK, ce
qui permetde l'identifier avec l'hyperbole deJerabeck.
3° La transforméeisogonale(inversion du capitainèMATHIEU, N. A., 1865,
pages393, 481 et 529) de toute droite du triangle ABC est une conique cir-
conscriteau triangle : c'estune ellipse, si elle ne coupepas le cercle circons-
crit à ABC ; c'est une parabolesi la droite est tangente, etune hyperbole si
elle coupe le cercle. En outre, l'hyperboleest équilatèresi la droite passepar
le point 0 centredu cercle circonscrit,parce quedans ce cas l'hyperbolepasse
par l'orthocentreH, point inversede 0 ; or l'hyperbole équilatère circonscrite
au triangleABC doit passeren effet par II, d'aprèsun théorèmede Brianchon
et Poncelet(n° 2183 b).
4» La transforméede la droite d'Euler OGH est L'hyperbole de Jerabeck
(Mathesis,1888, p. 81, J. NEUBERG, et J. M. B., 1890, p. 260, A. BOUTIN).
L'hyperbolepassepar point deLemoineK, point inversede G.
le

La transforméede OK a été nomméehyperbole de Kiepert. (Voir ci-après,


n° 1773 o.)
La transforméedo OI est Vhyperbolede Feuerback. (Pources diverseshyper-
boles, voir A. F., 1889, p. 203, E. LEMOINE ; J. M. S., 1890, pages105 et 124,
A. BOUTIN ; Mathesis,1887, p. 208, M'CAY, du Trinily Collègede Dublin ; 1891,
pages191 et 192 ; 1892, p. 241, J. NEUBERG ; 1893, p. 81, NEUBERG et MANDART ;
1893, p. 265, Si'ECKMAN d'Arnhem; 1905, p. 118, J. NEUBERG; N. A., 1887,
P. 231, n° 15, E. CESARO. — Voir aussid'asseznombreuxarticles du J.M. S.,
1884, 1885, 1886, 1889,1890.
5" Les transforméesisogonalesqui joignent le centre O, soit au point de
Gergonne,de Nagel ou de Brocard, sont aussi des hyperboleséquilatères
circonscritesau triangle ABC.
Le lieu des centresdes hyperboleséijuilalères circonscrites est le cercledes
neuf pottils du triangle donné (il" 2183 o.) (N. A., 1863, pages475 et 476,
J.-J.-A. MATHIEU, alors capitained'artillerie, et Mathesis,1891, p. 192).
6° Pour obtenir les asymptotesd'une hyperbole équilatèrecirconscriteau
1» La relation AL 2 -f13M- -f CN2 BL 5 -f CM 2
= +
AN- (nn 1243) a
lieu évidemment,lorsqu'on élève des perpendiculairesau milieu de
=
chaque côté d'un triangle: car, dans ce cas, AL BL, BM = CM
=
et CN AN par construction; donc les trois
perpendiculairesconcourent au même point
(n° 1244).
' 2" Considéronsles hauteurs;a, b, c désignant
les côtés du triangle, on a (n° 1162) :
=
AL 2 — BL 2 AC2 — BC2,
ou =
AL 2 — BL 2 b2 — a2,
BM2
— CM2
= c2 — b2,
CN2
— AN 2 = a2 — c2 ;
+
d'où AL 2 -f BM2-f CN2—(BL2+CM2 AN2)=0.

Théorème371. — I.
1246. Les perpendiculairesélevéessur les côtés d'un triangle, aux
trois points où les cerclesexinscritssont tangentsà ces côtés,se coupent
au mêmepoint.
1re Démonstration(n° 757).
2e Démonstration.Soient L, M,N
les points de concours des bissec-
trices extérieures; il faut prouver
que les perpendiculaires LD, MB, NF
se coupentau mêmepoint.
Il suffit de prouverque
+ =
BD2+CE2 AF2 DC2 + AE2 BF2. +
Or les six segments sontégaux à
ceux que déterminent les points de
contact du cercle inscrit, et ces der-
niers sont égaux deux à deux, ce qui
vérifie la relation du théorèmede Car-
not (n° 1244); donc les perpendiculaires se coupenten un mêmepoint P.
3e Démonstration.Les trois points de contact D, E, F des cerclesex-
inscritssont les points isotomiquesdes trois points de contactdu cercle
inscrit; donc les trois perpendiculairesconsidéréesse coupenten un
mêmepoint P, puisqu'il en est ainsi des trois rayons du cercle inscrit
qui leur correspondent.Le théorème proposé(n° 1246) peut être consi-
déré comme un cas particulier d'un théorèmeprécédent(n° 752). Le
point P et le centre0 du cercle inscrit (fig. 777) sont symétriquespar
rapport au centredu cercle circonscrit.
1246 a. Note. 1° Si l'on prendsur PD, PE, PF deslongueursPD', PE'. PF'
inversementproportionnellesà ces mêmeslignes, les droitesAD', BE', CF' se
coupenten un mêmepoint. (LEMOINE, n° 1142 n, historique.)
Ce théorèmeestanalogueà ceux de KARIYA (n° 1242m) et de FRANKE (n° 1242o).
LE point de Nagel, l'orthocentre et le point P, point isotomique du centre
du cercle inscrit, appartiennent au lieu des points ainsi obtenus.
2" On peut se poserla questionsuivante: Quel est le lieu d'un point Q, tel
que ses projectionsA', B', C sur les côtés BC, CA, AB d'un triangle ABC
soient les piedsdes trois céviennesAA', BB', CC' qui concourenten un même
point P ?(E.LUCAS, N. C.,1876,p. 94, question83, et N. A., 1876, p. 240, n° 1207.)
La questiona été traitéepar différentsauteurs; nous citons d'abord H. VAN
AUBEL, à causede la figure dont il a accompagné sasolution.(Correspondance
mathématique,t. IV, 1878, pages261 à 272.)
Le lieu est une cubiqueremarquablequi passepar les trois sommetsA, B,
C, par l'orthocentre H, le
centre0 du cercle circons-
crit, par les centresI, 1', I",
1 des cercles inscrit et
exinscritset par les points
symétriques des sommets,
par rapportau centre 0, ou
plus simplement,le point 0
est le centre de la courbe;
elle a pour asymptotesles
trois médiatricesdu triangle.
Si le triangle donnéest
isocèle, le lieu se compose
de la bissectricede l'angle
au sommet et d'une hyper-
bole qui passepar les extré-
mités de la base,et dont les
médiatricesdes côtéségaux
du triangle sont les asymp-
totes.
Le lieu des points P de
trois céviennes tellesque
leurspieds A', B', C' soient
les projections orthogonales
d'un même point Q, est
une cubique indiquée par GRÉER, dès 1865-66; elle a quatrepoints communs
avec la précédente: ainsi elle passeraitpar les trois sommetset l'ortho-
centreH ; puis par G (et non par 0) et par les points d'intersectiondes
droites qui joignent les sommetsdu triangle aux points de contact des
côtés opposésavec le cercle inscrit, ou avec un des cercles exinscrits.
(N. A., 1876, pages 550 à 555, E. DKWUI.F, et N. C., 1880, p. 56, VAN
AUBEI..)
Pour plus de développementset pour les notes bibliographiques,voir le
Journalde mathématiques spécialesde Longchamps,1890, pages63 à 69, art.
de M. E. VIGARIÉ ; citation de l'étude de H.-R GRÉER, page66. Voir aussile
bel article de M. BOUTIN, 1889, pages265 à 268.
Théorème371. — II.
1246 b. Dans un trapèze rec-
tangle circonscrit au demi-cercle
décrit sur le côté perpendiculaire
aux bases,pris pour diamètre,
les diagonalesse coupentau point
milieu de la parallèlemenéeaux
bases,par le point de contact du
quatrièmecôté.
Soit F le point où BE rencontre
AU ; il suffit de prouver que
AF=FII
On a: OM ON
. = OD .
OF, (1)
OM ON' = OE OC. (2)
. .

Prouvonsque les produitsOD . OF et OE . OC sont égaux.


Le demi-cercleAFEB donne :
(3)
OB OE OA OF.
. . =
Les parallèlesAB, CD donnent:

d'où OB OD = OA OC. (4)


. .
Divisons (3) par (4) ; on trouve :

d'où OE OC
.
Ainsi, en comparant(1) et (2), on a
= OD . OF.
:

OM ON
. = OM . ON',
d'où ON = ON

Théorèmede Newton 386.,

4274. Les diagonalesd'un quadrilatèrecirconscrit à un cercle et les


cordes des points de contact des côtés opposésse coupentau même
point.
Ou bien : Lorsqu'unquadrilatèreinscrit à un cercle a pour sommets
les points de contact d'un quadrilatère
circonscrit à ce même cercle, les diagonales
dés deux quadrilatèresse coupent au même
point.
,
Démonstrationde L. Anne. On sait que
lorsque deux triangles ont deux angleségaux
et deux angles supplémentaires,les côtés
opposésaux angles égaux sont proportionnels
aux côtésopposésaux anglessupplémentaires
(n° 150).
Soit 0 le point d'intersectionde AC et HF.
Les trianglesAOII, CFO ont des angleségaux au point 0, et les angles
en F et H sont supplémentaires,comme formés par des tangentesaux
extrémitésd'unemêmecordeFil; donc
AH —AO
CF — C0" '
,

Soit 0' la rencontrede AC et de EG; on aura :


AE AO'
CG — — CO'
Zurich, dans Y Intermédiairedes Mathématiciens,et la réponsede M. E. '
LEMOINE, 1894,pages151 et 223 ; on y signalemêmeun travail de M. S. KANTOR,
sur le mêmesujet.
Il conviendraitd'appelerpoint de Mathot d'un quadrilatèreinscriptible,le
point symétriquedu centre du cercle circonscrit, par rapport au point de
concoursdes bimédianesdu quadrilatère,c'est-à-diredes droites quijoignent
les points milieux des côtés opposés et des diagonales; car le quadrilatère
harmoniquea sonpoint de Lemoine.
3° On pourrait citer de nombreusespropriétésdu quadrilatèreinscriptible
voici quelquesindications : N. A., 1901, page374, par M. E. LEGRAND ; 1904,
page400, M. T. LEMOYNE ; 1908, p. 442, A. DETEUF, ingénieurdes Ponts et
Chaussées ; Mathesis,1904, p. 77, question1442; page 79, n° 1141.
Le journalde G. DE LONGCHAMPS donnede nombreusesformulesrelativesau
quadrilatèreinscriptible, par LECOCQ, ancien professeurau lycée d'Avignon
(J. M. E., 1897, pagesil, 32, 53, 78, 111, 134, 151, 174.La table manque).Cè
même volume contient desarticles très intéressantsde M. A. AUBRY, sur la
Géométriede la Mesure.

Théorème388. — III.
1277 c. Le quadrilatèreayantpour sommets les centresde gravité
des quatretriangles d'un quadrilatèredopnéABCD, est homothétique
à ce mômequadrilatèreABCD. (Journalde Mathématiquesde VUIRERT,
1905-1906,p. 44, n° 6079.)

Théorème389.
1278. Si deuxpolygonesréalisentles conditions suivantes: 1» sont
semblables, 2° ont les côtés homo-
logues parallèles, 3" ont des inter-
valles égaux entre les côtés homo-
logues, ccsi deux polygonessont cir-
conscriptiblesà descercles.(BORDONI,
professeurà Pavie. — N. A., 1860,
p. 306.)
Les deux polygones sont homothé-
tiques,c'est-à-dire semblableset sem-
blablementplacés.
Soit 0 le centre de similitude ou
d'homothétie.
Abaissonsles perpendiculaires p et
p' sur deux côtés homologues AB
et A'B', et les perpendiculaires
q, q' sur les côtés BC, B'C'.
Cesperpendiculairessont des ligneshomologues,ainsi

donc lescôtéssont tangentsà descirconférences


=
Mais les différencessont égalespar construction;doncp' q'elji — q;
ayant O pour centre.
Remarques.1° Les polygonesdonnés(n° 1278)sontinscriptibleslorsque
AB =
BC, etc.
les deux autreset par le point A en deux segmentsdont le rapportest
constant.
Si une droite mAn est tangenteà la circonférenceOO'O" (fig. 805), le
point A tiendralieu du point 0, et l'on aura :

Si la droite est tangenteà la circonférenceMM'M", le point A tiendra


lieu du point M, et l'on aura,par exemple:

d'où
Enfin la droite pourrait être tangenteà la circonférenceNN'N".

Théorème 390.— III.


1281. Lorsqu'undriangle LMN se meut dans son plan en restant
semblableà lui-même,tandis que deux sommetsM, N se meuventsur
deux circonférences ayant
une corde communeAB,
et que le côté AMN passe
par un des points d'in-
tersectionA, le troisième
sommet L décrit une cir-
conférencequi passepar
le point B.
Joignons le point B au
point L; soit 0 le point où
la ligne BL coupeMN.
Le quadrilatère LMBN
reste semblable à lui-
même, car tous les angles
sont constants,et il en est
BM
de mêmedu rapport *

(n° 1279). Donc la diagonaleBL divise MN en deux segmentsdont le

rapport est constant donc le point 0 décrit une circonférence


;
AGI! qui passepar les points d'intersectionA et B des deux premières
ainsi qu'on l'a démontré(n° 1279).
Le quadrilatèreLMBN restant semblableà lui-même, le rapport -j^—
estconstant; donc les points L, 0 décriventdes circonférencesayant le
point B pourcentreextérieurde similitude (n° 1279 b).

Théorème390. — IV.
1282. Pur un des points d'intersectionde deux circonférencesqui se
coupent,on mène des sécantesABC; sur chucunéd'elles on construit
Théorème 393.— I.
1287. Lorsqu'unedroite est divisée en moyenneet extrêmeraison, la
sommedu carréde la ligne entière et du carrédu petit segmentégale
trois fois le carrédu, grandsegment.
En effet, soit a la ligne entière,m le grand segmentet n le petit; m est
la différencede a et de n; donc
m2 = a2 + n2 — 2an.
Mais, par définition m2 = an;
donc 3m2= a2+n2.
Remarque.On a aussi: a2 + n2 = 3an.

Note. On lira avecintérêt un bel article de M. CLÉMENT THIRY


sur Quelques
propriétésd'une droite divisée en moyenneet extrêmeraison. (Voir Ma-
thesis, 1894, page22.)

Théorème394.
1288. La corde qui sous-tendun arc
triple de celui qui correspondau côté
du décagoneinscrit, égalela sommedu
rayon et du côté du décagone.
Il faut prouverque
AD = AO + CD.
Les anglesDCM et DMC sont égaux,
comme ayantmême mesure,de même
pour les anglesen M et en O; donc les
trianglesCDM, MAO sont isocèles; ainsi
AD = AO + CD.

Théorème395.
1289. Dans la méthodedes isopérimètres,si on représentepar r et a
le rayon et l'apothème dupolygone
de n côtés et par r' et a' le rayon et
l'apothèmedu polygone de 2n, on a
_ -
r' a'<'/,(r a). (N. A., 1847, p. 27.)
Soit AB le côté du polygoneinscrit
ayant AO pour rayon, OD pour apo-
thème. En joignant les milieux A' et
II des cordes égalesAC, GB, on ob-
tiendra A'B' pour côté du polygone,
isopérimètred'un nombre double do
côtés,car A'B' =
½ AB, et l'angle A'OB'
=
½ AOB.
Or =
r' A'O et a' OD' ; =
donc r—a CD, r' — a' C'D'.
= =
Mais CD' ½ CD ; ainsi CD' = DD'. Il suffit de prouverque C'D' est
=
< CC'. La droite A'C' est bissectricede l'angle du segmentCA'D', et,
commeA'D' est < A'C, il en résulteC'D' < CC' (n° 182); donc
C'D'< 1/2CD'<1/4CD.
On aurait de même: r"— a" < 1/4 (r' — a'),
donc r" — a" < l/iti{r — a), etc.,
et généralement rn — a„ < ^(r — a).
1

' La différence du rayon et de l'apothèmetend doncvers zéro.


méthodedes isopérimètres,attribuée à SCHWAB, est due
1289 a. Noie. La
À DESCARTES; elle a été reproduitepar EULER dansun de sesmémoires.(Cita-
tion de M. CATALAN, N. A., 1864, page545.)
* J. SCHWAB est né en 1765 à Mannheim; mais quand il a publié la Méthode
des figures isopérimétriques,il était citoyen français; car des 1793 il avait
quitté définitivementl'Allemagne pour venir habiter la France.Sa Géométrie
plane a été publiée à Nancy en 1813; l'auteur mourut dans celte ville lç 23
novembre dela même année.
r
Théorème396.
1290. La différencedes périmètresdespolygonesréguliersde 2n cédés
inscrit et circonscrit à un cercle, est moindreque le '/4 de la diffé-
rencedes périmètres,des poly-
gonesréguliersde n côtésinscrit
et circonscrit au même cercle.
(N. A., 1843, p. 188.)
SoientAB, CD deux demi-côtés
des polygonesde n côtés,et AD,
EF les côtésdes polygones de 2»
côtés.
Menonsle rayon OG perpendi-
culaire à EF, AP parallèle àce
rayon, AJM parallèle à OD, et
PML parallèleà AD.
EJ est la différence descôtés des polygones 2n, CR la différencedes
demi-côtésdes polygones n.
Il suffit doncde prouverqu'on a :
EJ < 1/4CR.
A causedes triangleségaux OGF, ODK, la ligne DF égaleGK, mais la

car
donc HG <
PK
perpendiculaireGII est plus courte que l'oblique DF ; d'ailleurs
HK
=LK,
— DK ;
GK, d'où HG < ½ HK ou HG < 1/4 AP.
Mais les triangles semblablesEAJ, NAM ont des basesproportion-
nellesà lours hauteurs; donc
EJ < 1/4 NM.
D'ailleurs la perpendiculaireMI'N, menée à la bissectriceAP. est
plus petite que CR ; donc, a fortiori, EJ <
Or N est le complémentde 1.
AOM 1 + = 1 droit, car les angles au point 0 valent deux droits;

donc ' d'où AM-BN = A02.


Théorème399. — I.

J297. Par an point L pris sur an diamètreAB, on mène une corde


quelconqueCLD et les droites BCE, BDF jusqu'àla rencontrede la
tangenteEAF menéepar le point A; prouver que le produit de AE
par AF est constant.
MenonsMLN parallèleà la tangente.
Les droites CM, DN sont antiparallèles.
=
En effet, l'angle M 1/2 (BJ — CI) 1/BC, =
mais angle D 1/2 BC, =
donc angle M D. =
Ainsi le quadrilatère CMND est inscriptible,
et l'on a :
LM. LN LC. LD LI2 ;
= =
donc AE AF AG2,
. =
quantitéconstante.

Théorème 400.

1298'. On donneune droite XY, une circonférenceet deux pointsA


et B sur cette courbe; on joint
chaquepoint M de la circonférence
aux points A et B, l'on détermine
ainsi despoints C, D sur la droite ;
prouver qu'il existe sur XY deux
points fixes I, J, tels que le pro-
duit CI. DJ soit constant.(Concours
de 1876, Mathématiquesélémen-
taires.)
On ne peut être conduit à la dé-
terminationdes points I et J, qu'en
présupposant l'existenced'une certainesymétriedansles élémentsde la

-
figure. En menantles parallèlesAA', BB' et les sécantesA'B'I, A'BJ, on
obtient deux triangles semblablesAIC, DJB ; car l'angle I = J, l'angle
A = MBB', parce qu'ils ont le même supplémentMAB'; donc l'angle
CAI = D.
On a : d'où CI. DJ = AI. BJ.
Or le produit AI BJ est constant;donc il en est de même de CI DJ.
. .
1298 a. Sote sur l'homographie.Les côtésd'un angleconstantM, qui passent
par deux points fixes A et B, déterminentsur une mêmedroite XY deux divi-
sions homographiques, c'est-à-diredeux suites depointssecorrespondant deux
à deux, et tels que le produit des distances CI, DJ, de deuxpoints correspon-
dants C et D à deux points fixes I, J, est constant.Les divisions homogra-
phiquespeuventappartenirà deux droites différentes.
L'homographieest due à M. CHASI.ES (Géométriesupérieure,chap. IV et
VII). L'illustre auteur définit l'homographiepar la propriété que présentent
quatrepoints quelconques d'une division d'avoir mêmerapportanharmonique
que les quatrepoints correspondants de la seconde division.Il traite l'involu-
tion comme cas particulier de l'homographie(chap. IX), et établit un grand
nombrede propriétésnouvelles relativesà une suite de points en involution.
Puis, à l'aide du puissant instrument qu'ila créé,il s'emparedes travaux
de sesdevanciers,et rattacheles unsaux autresles théorèmesles plus célèbres
relatifs aux coniques: c'estainsi que l'hexagramme de Pascal(G., n» 747), le
quadrilatèrede Pappus(n° 1214), l'involution de Desargues (n° 1219), le théo-
rèmede Carnot, relatif au triangle et à une conique(n° 1250), le théorèmede
Brianchon(G., nu 807), le théorèmedeNewton,relatifaux sécantes parallèles,etc.,
sedéduisentfacilementlesunsdesautres.(CIIASLES,ÎVaitc des sections coniques,
chap.II et in.)
Dans sesÉlémentsde Géométrieprojective, M. CiiEMONAfait dériverl'homo-
graphiede la projection centrale.Pour cet auteur, une suite de points en
ligne droite estune ponctuelle; les divisions homographiques sur deux droites
différentesconstituentdeux ponctuellesprojectives; deux divisionssur la même
droite donnent lieu à deux ponctuelles projectives superposées. Avec cette
nomenclature,les théorèmespeuventêtre énoncésavec plus de concision.
Les Élémentsde Géométrie projectivede M. CIÎEMONA ont été traduitspar
M. ED. DEWULF, alors chefde bataillon du génie, plus tard généralde bri-
gade en retraite. L'ouvragecontientde nombreuses citations ; on y rencontre
lesnomsdes plusillustresgéomètres,et la Francey est dignementreprésentée
parDESARGUES,PASCAL, LA HIRE, CARNOT, BRIANCHON, ,PONCEI.LT,CHASLES,etc.

Théorème400. — I.

4299. Par un point L pris sur un diamètreAB ou sttr sonprolonge- '


ment, on mèneune sécanteCD, on élève une perpendiculaireLM sur le
diamètre,et l'on mèneles droitesBCM, BDN jusqu'àla rencontrede la
perpendiculaire; prouverque le produit LM . LN est constant.(N. A.,
1844, page 502.)

Le quadrilatèreCDNM estinscriptible.