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Machine synchrone

1 Constitution
1.1 Rotor = inducteur

Il est constitué d’un enroulement parcouru par un courant d’excitation I continu


e
créant un
champ magnétique 2p polaire. Il possède donc p paires de pôles.

Remarques :
• il faut apporter le courant à l’inducteur par l’intermédiaire de bagues et de balais.
• le rotor peut être constitué par un aimant permanent.

1.2 Stator = induit

Les enroulements du stator sont le siège de courants alternatifs monophasés ou triphasés.


Il possède le même nombre de paires p de pôles.

1.3 Champ tournant

Les courants alternatifs dans le stator créent un champ magnétique tournant à la pulsation :

ω ΩS : vitesse de rotation du champ tournant en rad.s -1;


Ω = p
S
ω : pulsation des courants alternatifs en rad.s -1. ω = 2.π.f ;
ou nS : vitesse de rotation du champs tournant en trs.s -1;
f ƒ : fréquence des courants alternatifs en Hz ;
nS =
p p : nombre de paires de pôles.

1.4 Synchronisme

Le champ tournant du stator accroche le champ inducteur solidaire du rotor.


Le rotor ne peut donc tourner qu’à la vitesse de synchronisme Ω . S

1.5 Schémas

• Répartition du champ magnétique dans l’entrefer d’une machine synchrone.

bipolaire (p = 1) tétrapolaire ou quadripolaire (p = 2)

13/II
Remarque : un champ magnétique à toujours deux pôles, un nord et un sud. C’est pourquoi on
parle en terme de paire de pôles.
• Représentation de deux types de machines synchrones.

Machine à pôles lisses Machine à pôles saillants

2 Symboles

Machine monophasée Machine triphasée

3 f.é.m. induite
Un enroulement de l’induit (stator) soumis au champ magnétique tournant de l’entrefer est le
siège d’une f.é.m. e(t) de valeur efficace E.

E = KNΦ f = KNΦpnS = K' Φn S finalement : E = K ' Φns

E : f.é.m. induit (V)


K : coefficient de Kapp (caractéristique de la machine)
N : nombre de conducteurs d’une phase de la machine (1 spire = 2 conducteurs)
Φ : flux maximum à travers un enroulement (Wb)
f : fréquence du courant statorique
p : nombre de paires de pôles
nS : vitesse de rotation (trs.s ) -1
K’ = KNp : constante globale (caractéristique du moteur)

Remarques :
• les enroulements sont disposés dans le stator de telle façon que la f.é.m. e(t) soit le plus
possible de forme sinusoïdale ;
• en triphasé le stator comporte trois enroulements ou phases. On obtient trois f.é.m. e (t)1e (t) 2
et e3(t) de même valeur efficace E et déphasées de 2π/3.

14/II
4 Modes de fonctionnement
La machine synchrone est réversible.

4.1 Fonctionnement en moteur


Le champ tournant du stator « accroche » le champ lié au rotor à la vitesse Ω =S ω/p.

4.2 Fonctionnement en alternateur (génératrice)


Le rotor et son champ sont entraînés par une turbine. Les bobines de l’induit sont alors le siège
de f.é.m. alternative de pulsation ω = p.Ω .S

Rappel : toute variation de champs magnétique à travers une bobine créée aux bornes de la
bobine une f.é.m. induite.

5 Réaction magnétique d’induit


En charge, le courant dans l’induit crée un champ magnétique qui modifie les caractéristiques de
la machine. C’ est ce que l’on nomme la réaction magnétique d’induit.

6 Modèle équivalent d’un enroulement


6.1 Schéma dans le cas de l’alternateur

E : f.é.m. à vide (V)


V : tension aux bornes d’un enroulement de
la machine (V)
R : résistance de l’enroulement (Ω)
X : réactance synchrone (Ω)

Remarques :
• l’inductance L du schéma tient compte de l’inductance réelle de l’enroulement et de la
réaction magnétique d’induit ;
• le courant est orienté en convention générateur.
• l’inducteur est équivalent à une résistance Toute l’énergie absorbée à l’inducteur
est perdue par effet joule :
Painducteur = Pjeinducteur

6.2 Loi des mailles

Loi des mailles avec les grandeurs instantanées : e = v + uX + ur

soit : e = v + L di + Ri
dt
r r r r
Loi des mailles avec les grandeurs vectorielles : E = V + UX + Ur
r r r
avec : V (V, ϕ ) ; U X ( LωI , + π / 2 ); U r (rI, 0)

15/II
Loi des mailles avec les grandeurs complexes : E = V + jLω I + RI

6.3 Diagrammes de Fresnel

Remarques :
• très souvent r.I est négligé ;
• en traçant le diagramme à l’échelle, il est possible d’en
déduire certaines grandeurs ;
• si la charge est résistive ϕ = 0.
Remarque : le diagramme ci-dessus est en fait le plus simple pour une machine à pôles lisses et non saturée.

Il peut être utile de connaître deux angles :


• le déphasage ϕ entre le courant et la tension. ϕ et I
varient en fonction de la consommation ;

• le décalage interne θ entre V et E .

6.4 Commentaires : alternateur couplé au réseau

Pour un alternateur couplé au réseau, V est imposé à 220 V et ƒ à 50 Hz.


Les grandeurs variables du réseau sont le courant I et le déphasage ϕ.

Observons l’allure du diagramme de Fresnel pour la variation de ces deux grandeurs :

Diagrammes superposés pour Diagrammes superposés pour


deux valeurs du courant deux valeurs du déphasage

On constate que pour ces deux situations la f.é.m. E doit varier.

E est donnée par la relation : E = KNΦ f

On constate que le flux Φ est le seul terme pouvant être modifié par l’intermédiaire du courant
d’excitation I e.
Conséquence :
• en utilisation normale, un groupe électrogène doit fournir une tension dont la valeur efficace
est la plus constante possible. La charge pouvant varier dans des proportions importantes, un
dispositif électronique de régulation (asservissement), agissant sur l’intensité du courant
d’excitation, est donc nécessaire.

16/II
6.5 Caractéristique à vide d’une machine synchrone

Le point de fonctionnement P se trouve généralement entre


les points A et B.
Sous le point A, la machine serait sous exploitée.
Au-dessus du point B, une forte augmentation de I ne e
produit qu’une faible augmentation de E v. L’asservissement
devient impossible.

7 Bilan des puissances d’un alternateur


7.1 Puissance absorbée

La turbine, ou le moteur à essence pour un groupe électrogène, entraîne l’arbre de l’alternateur.


La puissance absorbée est mécanique.

Pa = Ω S.T M = 2πnS TM ΩS : pulsation de rotation en rad.s -1

nS : vitesse en trs.s -1
TM : couple utile sur l’arbre en N.m

Si l’alternateur n’est pas auto-excité il faut Pa = Ω S .TM + Ue Ie = 2πnS TM + Ue Ie


encore tenir compte de l’énergie électrique
absorbée par l’excitation (rotor).

7.2 Puissance utile

En triphasé avec une charge équilibrée de facteur de PU = 3UI cosϕ


puissance cos ϕ

7.3 Bilan des pertes

Pertes par effet joule dans l’inducteur : p je = Ue Ie = re Ie2

3 2
Pertes par effet joule dans l’induit : pj = RI (voir le cours sur le triphasé)
2

Où R est la résistance vue entre deux bornes de


l’alternateur. Ces pertes dépendent de la charge.

Pertes dites « collectives » p c: pertes mécaniques et pertes fer qui ne


dépendent pas de la charge.
Remarque :
• comme les pertes mécaniques et les pertes fer dépendent de la fréquence et de la tension U,
elles sont généralement constantes (50 Hz - 220V).

17/II
7.4 Rendement
Pu UI 3 cosϕ Pu Pu
η = Pa = 2πnS TM + Ue Ie ou η = Pa = P + U I +3 RI + p
u e e c
2
8 Moteur synchrone
Remarques :
r r r r
• loi des mailles : V = E + U X + Ur ;
• le courant est en convention récepteur ;
• il faut inverser le bilan des puissances de
l’alternateur.

Pa = 3UI cosϕ + UeIe et Pu = Ω S Tu

Pour varier la vitesse d’un moteur synchrone,


il faut varier la fréquence des courants
statoriques :

9 Compléments sur le moteur synchrone


9.1 Avantages
La machine synchrone est plus facile à réaliser et plus robuste que le moteur à courant continu.
Son rendement est proche de 99%.
On peut régler son facteur de puissance cos ϕ en modifiant le courant d’excitation I . e

9.2 Inconvénients
Un moteur auxiliaire de démarrage est souvent nécessaire.
Il faut une excitation, c’est-à-dire une deuxième source d’énergie.
Si le couple résistant dépasse une certaine limite, le moteur décroche et s’arrête.
9.3 Utilisations

9.3.1 Moteurs
• Ils sont utilisés en forte puissance (1 à 10 MW - compresseur de pompe, concasseur);
toutefois pour faire varier la vitesse, il faut faire varier la fréquence des courants statoriques.
Il a donc fallu attendre le développement de l’électronique de puissance pour commander des
moteurs autosynchrones ou synchrones auto-pilotés (T.G.V. - 1981).
Redressement et lissage

N
1
Réseau 2 Lissage MS
50 Hz
3 3
Redresseur Onduleur
commandé à fréquence variable Capteurs
de vitesse et
Commande de position
Asservissement

18/II
• Dans le domaine des faibles puissances, les rotors sont à aimants permanents. L’intérêt de
ces moteurs réside dans la régularité de la vitesse de rotation (tourne-disque, appareil
enregistreur, programmateur, servomoteur).
• Le moteur synchrone peut également être utilisé comme source de puissance réactive Q pour
relever le facteur de puissance cos ϕ d’une installation électrique.

9.3.2 Alternateurs
Ils fournissent une partie de l’énergie du réseau . On les trouve dans les barrages sur les
fleuves ou les lacs.

Exemple : centrale électrique .


-1
La centrale comporte quatre alternateurs de 42000 kVA chacun : vitesse, 75 tr.mn avec turbines
3 -1
à axe vertical, débit 350 m .s .

Exemple : autre centrale


Vitesse de synchronisme : 428,6 tr.mn -1
Puissance active nominale : 153 MW
Tension nominale : 15,5 kV
Intensité nominale : 6333 A
Masse du rotor : 235 t
Masse du stator : 166 t
Excitation statique par soutirage au stator
Puissance d’excitation : 323 kW
Rendement en régime nominal : 98,5%

10 Vo cabulaire
synchrone coefficient de Kapp
nombre de paires de pôles réversible
champ tournant alternateur
vitesse de synchronisme alternateur auto-excité
entrefer réaction magnétique d’induit
pôles lisses phase de la machine
pôles saillants
f.é.m. induite

19/II
Moteur asynchrone triphasé

1. Constitution et principe de fonctionnement


1.1. Stator = inducteur

Il est constitué de trois enroulements (bobines) parcourus par des courants alternatifs triphasés
et possède p paires de pôles.

Champ tournant
r
Les courants alternatifs dans le stator créent un champ magnétique B tournant
1
à la pulsation de
synchronisme :
Ω S : vitesse synchrone de rotation du champ tournant en rad.s . -1
w
Ws = p w : pulsation des courants alternatifs en rad.s . -1w = 2.p.f
p : nombre de paires de pôles.

1.2. Rotor = induit

Le rotor n’est relié à aucune alimentation. Il tourne à la vitesse de rotation Ω.

Rotor à cage d’écureuil


Il est constitué de barres conductrices très souvent
en aluminium. Les extrémités de ces barres sont
réunies par deux couronnes également conductrices.
On dit que le rotor est en court-circuit.
Sa résistance électrique est très faible.

Schéma de principe d’une cage d’écureuil

20/III
1.3. Rotor bobiné

Les tôles de ce rotor sont munies d’encoches où sont


placés des conducteurs formant des bobinages.
On peut accéder à ces bobinages par l’intermédiaire de
trois bagues et trois balais. Ce dispositif permet de modifier
les propriétés électromécaniques du moteur.

1.4. Courants induits

Des courants induits circulent dans le rotor.

1.5. Entrefer

L’entrefer est l’espace entre le stator et le rotor.

1.6. Glissement

Le rotor tourne à la vitesse Ω plus petite que la vitesse de synchronisme Ω . s


On dit que le rotor «"glisse"» par rapport au champ tournant.
Ce glissement g va dépendre de la charge.

ns : vitesse de rotation de synchronisme du champ tournant (tr.s ). -1


n - n Ws - W
g= s = n : vitesse de rotation du rotor (trs.s ). -1
ns Ws
Ω S = 2pn S
(rad.s ) -1 et Ω = 2pn (rad.s ) -1

2. Symboles

3. Caractéristiques
3.1. Fonctionnement à vide
A vide le moteur n’entraîne pas de charge.
Conséquence : le glissement est nul et le moteur tourne à la vitesse de synchronisme.

A vide": g=0 et donc n0 = nS

Autres observations :
- le facteur de puissance à vide est très faible (<0,2) et le courant absorbée reste fort (P est petit et
Q est grand).On parle alors de courant réactif ou magnétisant (ils servent à créer le champ
magnétique).

21/III
3.2. Fonctionnement en charge
Le moteur fournit maintenant de la puissance active, le stator appelle un courant actif.

Remarque : le moteur asynchrone est capable de démarrer en charge.

3.3. Caractéristique mécanique T u= f(n)

3.4. Modélisation de la partie utile de la courbe


On veut déterminer l’équation de la droite qui modélise la partie utile de la caractéristique
mécanique.
Ên ˆ
Il faut deux points": - 1er point évident": A 1Á S ˜
Ë0 ¯
Ê n2 ˆ
- 2 e point": il faut un essai de la machine A2Á Á ˜˜
Ë T2 ¯
Equation d’une droite": y = a.x + b soit Tu = a.n + b

y2 - y 1 T2 - 0
Coefficient directeur (pente)": a= soit a=
x2 - x 1 n2 - nS
!a!est grand (droite presque verticale) et a est négatif.
Ordonnée à l’origine : point A 1
0 = a.nS + b soit b = -a.n S
Remarque!: le point A 2peut aussi être fourni par les informations figurant sur la plaque
signalétique de la machine (couple nominal T et
n
vitesse nominale n ).n

3.5. Caractéristique mécanique en fonction du glissement

3.5.1. Changement d’axe


L’axe des abscisses de la caractéristique mécanique peut être représenté par le glissement
n -n
En effet": n = nS fi g= S =0
nS
n = nS / 2 fi g = 0, 5
n=0 fi g=1

22/III
L’axe en n et l’axe en g sont inversés.

D’où la même caractéristique avec l’axe en g.

Cette fois ci le modèle est une droite passant


par l’origine, donc d’équation":

y = k.x soit Tu = k.g

Finalement :
Au voisinage du point de fonctionnement nominal, le couple utile est proportionnel au
glissement.

Tu = k.g k est une constante de proportionnalité (coefficient directeur) en N.m.

3.5.2. Relation entre a et k


Au paragraphe 3.4, nous avons vu que": Tu = a.n + b avec b = -a.n S
Ce qui donne": Tu = a.n - a.n S = -a(n S- n )
ns - n
En remarquant que": g= soit nS - n = nS .g
ns
On obtient": Tu = -a.n S.g = k.g avec k = -a.n S

3.6. Résumé des caractéristiques


• A vide, le courant est non négligeable, mais la puissance absorbée est surtout réactive (Q) ;
• le couple et le courant de démarrage sont importants ;
• l’intensité du courant absorbée augmente avec le glissement ;
• la machine asynchrone peut démarrer en charge.

On retiendra que :

f
• la vitesse du champ tournant est": n s= (f la fréquence du courant et p le nombre de paires de pôles)";
p
ns - n
• le glissement est le rapport entre la vitesse du champ et celle du rotor": g = ";
ns
• à vide g = 0 et n 0 = n S ;
• quelle que soit la charge la vitesse de rotation varie très peu (n ª n ) S;
• en fonctionnement nominal le moment du couple utile est proportionnel au glissement T = uk.g

23/III
4. Démarrage du moteur
Nous venons de dire que le courant de démarrage est très important (4 à 8 fois I ). nPour ne pas
détériorer le moteur, il convient de réduire cet appel de courant.

Il existe deux procédés : - utilisation de résistances de démarrage ;


- démarrage sous tension réduite.

Nous allons voir deux solutions pour démarrer sous tension réduite.

4.1. Démarrage étoile - triangle

Cette méthode consiste à diminuer, le temps du démarrage, la tension d’alimentation.


Montage étoile : Montage triangle :
la tension aux bornes
d’un enroulement est U’ = U
plus faible que la
tension entre phase du
réseau.
U’ = U / ÷3

La tension aux bornes d’un enroulement est plus faible en étoile qu’en triangle.

4.2. Démarrage par auto-transformateur

On augmente progressivement la tension aux bornes des phases du moteur à l’aide d’un auto-
transformateur triphasé.

5. Bilan des puissances

5.1. Puissance électrique absorbée : P a

U : tension entre deux bornes du moteur


Pa = 3UIcos I : courant en ligne
j
5.2. Pertes par effet joule au stator : p js

3 2
p js = RI R : résistance entre deux bornes du stator
2

24/III
5.3. Pertes fer au stator : p fs

Elles ne dépendent que de la tension U et de la fréquence f et sont donc constantes si le moteur


est couplé au réseau.

5.4. Puissance transmise : P tr

Ptr = Pa - pjs - p fs C’est la puissance que reçoit le rotor.

5.5. Moment du couple électromagnétique : T em

Les forces qui s’exercent sur les conducteurs du rotor tournent à la vitesse Ω : elles
S glissent sur
le rotor qui, lui, ne tourne qu’à la vitesse Ω.
L’action de l’ensemble des forces électromagnétiques se réduit à un couple électromagnétique
résultant de moment T em.

T em (N.m)
P
Tem = tr Ptr (W)
WS
Ω S (rad.s -1)

5.6. Puissance mécanique totale : P M

Le couple électromagnétique de moment T em entraîne le rotor à la vitesse Ω. Il lui communique


donc la puissance mécanique totale P .M
W
PM = TemW soit PM = TemW = Ptr = Ptr (1 - g )
WS

PM = Ptr(1 - g) Cette puissance comprend la puissance utile et les pertes mécaniques.

5.7. Pertes par effet joule et pertes dans le fer au rotor : p et


jr
p fr

Ces pertes représentent la différence entre P tret P M. Elles sont dues aux courants induits.
Elles ne sont pas mesurables car le rotor est court-circuité. On les calcule.
Donc : p jr + p fr = Ptr - PM = Ptr - Ptr(1 - g) = gP tr

p jr ª gPtr Les pertes fer du rotor sont négligeables.

5.8. Pertes mécaniques : p m

pm = Pu - PM La vitesse de rotation variant peu en marche normale, ces pertes sont


pratiquement constantes.

25/III
5.9. Pertes «!collectives!» : p c
Ces pertes ne dépendent que de U, f et n. Comme ces grandeurs sont généralement constantes,
les pertes fer au stator et les pertes mécaniques le sont aussi.
pc = pfs + p m
On définit le couple de perte":
p Le couple de perte est une grandeur constante quelle que soit la vitesse
Tp = c
WS et la charge de la machine

5.10. Puissance utile : P u

Puissance utile : Pu = PM - p m
Couple utile : Pu
Tu =
W
Rendement : Pu
h=
Pa

5.11. Bilan des puissances à vide

Le bilan total, quelque soit la situation, est": Pa = Pu + p js + p jr


+ pc
A vide": Tu = 0 fi Pu = 0
g=0 fi p jr = 0 (voir § 3.7)
Pa0 = 3UI0 cos 0
3 2 j
js0 0
p = RI
c
2 c
p à vide ª p en charge
a0 js0 c
Bilan"à vide": P =p +p
a0 c
En simplifiant": P ªp (les pertes joules à vide sont négligeables)
Un essai à vide permettra de déterminer les pertes collectives.

6. Point de fonctionnement du moteur en charge


C’est le point d’intersection des
caractéristiques T = f(n) du moteur et de la
charge.
u
T : couple utile du moteur
r
T : couple résistant

La courbe du couple résistant dépend de la


charge.

6.1 Méthode de résolution graphique

26/III
Tracer à l’échelle sur du papier millimétré les deux caractéristiques et relever les coordonnées du
point d’intersection.

6.2 Méthode de résolution par le calcul

Il faut résoudre": Tu = Tr soit": a.n + b = Tr

Exemple!: cas d’une charge ayant un couple résistant proportionnel au carré de la vitesse.
Tr = c.n 2
Tu = Tr fi a.n + b = c.n 2

Finalement, il faut résoudre une équation du second degré":


c.n2 - a.n - b = 0
Une solution sur les deux trouvées sera la bonne.

7. Branchement du moteur sur le réseau triphasé


Il n’est pas toujours possible de brancher un moteur asynchrone en étoile ou en triangle.
Exemple :
- sur une plaque signalétique d’un moteur on lit : 380 / 220
- le réseau est en 220 / 380 V
De la plaque signalétique on déduit que la tension nominale d’une phase du moteur est de
220"V.
Si on branche ce moteur en triangle, la tension au borne d’une phase sera de 380 V ce qui est
trop élevé.

U = 380 V U = 380 V
U’ = 380 / ÷3 = 220 V U’ = U = 380 V

Ce montage est possible Ce montage n’est pas


possible

Conclusion : ce moteur peut être branché uniquement en étoile sur le réseau 220 /"380"V

Remarque : il s’agit en fait d’un vieux moteur. Actuellement tous les moteurs supportent 380V
par phase. Ils supportent même souvent 400 V et 415 V, car le réseau évolue
progressivement vers ces tensions.

27/III
Exemple d’une plaque
signalétique d’un
moteur asynchrone :

8. Moteur asynchrone monophasé


En monophasé le moteur peut tourner dans un sens ou
l’autre. De ce fait il a également du mal à démarrer tout
seul. Il faut prévoir un dispositif supplémentaire qui lui
permettra de démarrer tout seul dans un sens déterminé.
Il s’agit souvent d’un enroulement ou de spires
auxiliaires.

Exemple : moteur à spires de Frager.

9. Utilisation du moteur asynchrone


Le moteur asynchrone triphasé, dont la puissance varie de quelques centaines de watts à
plusieurs mégawatts est le plus utilisé de tous les moteurs électriques. Son rapport
coût/puissance est le plus faible.
Associés à des onduleurs de tension, les moteurs asynchrones de forte puissance peuvent
fonctionner à vitesse variable dans un large domaine (les derniers TGV, le Tram ).
....
Toutefois l’emploi de ce type de moteur est évité en très forte puissance (P">"10"MW) car la
consommation de puissance réactive est alors un handicap.

Remarques : en électroménager (exemple : lave-linge) la vitesse des moteurs asynchrones n’est


pas réglée par un onduleur, mais ces moteurs possèdent plusieurs bobinages. Il est alors
possible de changer le nombre de paires de pôles et donc la vitesse.

10. Réglage de la vitesse d’un moteur asynchrone


La vitesse de synchronisme n Sdépend de la fréquence f des S
courants statoriques.
Et comme la vitesse n reste très proche de la vitesse de synchronisme, pour varier la vitesse du
moteur il faut en fait varier la fréquence f S.
Vs
En réalité pour faire varier la vitesse sans modifier le couple utile il faut garder le rapport
fs
constant (V S est la tension d’alimentation d’un enroulement).
Si on augmente la vitesse, il faut augmenter la fréquence et la tension d’alimentation dans les
limites du bon fonctionnement de la machine.

28/III
On obtient le réseau de caractéristiques. La
zone utile est l’ensemble des segments de
droites parallèles. Sur le plan technique, cela
permet un très bon réglage de la vitesse.

Un moteur asynchrone pouvant fonctionner sous 220V / 50Hz n’est pas sous-alimenté si, à
l’aide d’un onduleur, on ne lui applique qu’une tension de 110V à 25Hz. Il peut ainsi
développer, à vitesse réduite, le même couple maximal que celui qu’il peut fournir à vitesse
élevée.

11. Réversibilité
Toutes les machines tournantes sont réversibles. Dans le cas de la machine asynchrone, étant
donné que son rotor n’est pas excité, elle ne peut être autonome. Mais elle est réversible dans le
sens où elle peut fournir de la puissance au réseau en fonctionnant en charge.

12. Vocabulaire
asynchrone courants induits démarrage rotorique
champ tournant glissement puissance transmise
synchrone courant réactif ou magnétisant puissance mécanique totale
cage d’écureuil démarrage étoile - triangle pertes constantes
rotor bobiné démarrage statorique

13. Complément : caractéristiques T=f(n) de quelques charges


Le démarrage d’un système (charge) par un moteur ne peut avoir lieu que si à chaque instant le
couple moteur est supérieur au couple résistant plus l’inertie du système.

Machine à puissance
constante (enrouleuse,
compresseur, essoreuse)

Machine à couple
constant (levage,
pompe)

29/III
Machine à couple
proportionnel à la
vitesse (pompe
volumétrique,
mélangeur)

Machine à couple
proportionnel au carré
de la vitesse (ventilateur)

14. Bibliographie
Physique Appliquée, électrotechnique - collection R. Mérat et R. Moreau - édition
Nathan technique 1994.
Electrosystème, - H. Ney - édition Nathan technique 1996.
Physique appliquée, génie électrotechnique - Delva, Leclercq, Trannoy - édition
Hachette éducation 1994.

30/III