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LA ROME ANTIQUE

SOMMAIRE

I. AVANT L’EMPIRE ROMAIN .....


1. En Gaule
2. En Italie

II. LA FONDATION DE ROME


A. La légende
B. Les origines

1. LA REPUBLIQUE ROMAINE
A. Patriciat & Plèbe
B. Contexte International
C. La conquête du monde méditerranéen
D. Transformation de la civilisation romaine

2. L’ EMPIRE ROMAIN
A. La crise économique et sociale
B. La naissance de l’impérialisme et le triomphe de l’hellénisme
C. L’Impérialisme

V. LA CHUTE DE ROME
L’antiquité tardive – L’effondrement irésistible
Le Christianisme, religion officielle de l’Empire.

VI. COMPARAISON ENTRE LA CITE GRECQUE ET LA CITE


ROMAINE

VII. COMMENT VIVAIT-ON A ROME ?

VIII. LA LITTERATURE DE LA ROME ANTIQUE

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La Civilisation Romaine, fille de la Grèce,
couvre plus de 12 siècles de notre histoire,
de la fondation de Rome en 753 av. JC au Vè siècle apr. JC.

A son apogée, l’Empire Romain s’est étendu de


l’Angleterre au désert d’Arabie.

Immensité, modèle d’organisation politique, la Cité et la


notion de citoyenneté, une langue universelle : le latin, une
architecture, un art, un mode de pensée, une puissance
unificatrice de civilisations proches et lointaines.

De nos jours, 1500 ans après la chute de Rome, son


héritage fait partie intégrante de la civilisation occidentale : il a
façonné le mode de pensée et intégrer ses idées, les institutions
et le langage du monde occidental.

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AVANT L’EMPIRE ROMAIN ...

1. EN GAULE

Les Gaulois sont issus de la fusion :

 des populations néolithiques (10.000 à 7.000 av.JC) implantées depuis des siècles ,
 des peuplades arrivées d’Europe Centrale (de Hallstatt en Autriche) vers 750 à 450 av.
JC, par vagues successives depuis l’âge du bronze, et
 des Celtes, du 5è au 3è siècle av. JC, se dirigeant vers la Gaule méridionale, arrêtés par le
monde antique méditerranéen (Etrusques, Grecs puis Romains).

Les Gaulois du 1er s. av JC sont répartis en 60 peuples.

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La conquête de la Gaule par les romains se fera vers 125 et 118 av. JC, d’abord à
Marseille (Massalia), Aix en Provence (Aquae Sextiae), Narbo Martius (Narbonne). En – 118,
les Romains contrôlent la région qu’ils baptisent “Provincia” (= Provence+Vallée du
Rhône+Languedoc) et ouvrent une route commerciale terrestre, la via Domitia, reliant l’Italie
à l’Espagne. Le reste de la Gaule est conquis de – 59 à – 51 par le fameux Jules César (100 à
44 av.JC).

L’Empereur Auguste précipite le processus de romanisation : l’urbanisme et l’habitat


sont repensés selon un schéma grandiose, exemplaire et romain --> construction de nouvelles
voies romaines, urbanisation, apport de nouvelles cultures (olives + la vigne), construction de
prestigieux monuments publics toujours visibles à Nîmes, Arles, Lyon, Orange, Vienne,
Valence. A partir de ces centres de rayonnement, les soldats et vétérans diffusent le latin,
les moeurs, les goûts et le Droit de Rome. Les commerçants profitent de nouveaux lieux
d’échange et d’un réseau très dense de communication, jouant un rôle essentiel dans le
rapprochement des populations gauloises du Sud et les Romains . Les Gaulois adoptent
définitivement les moeurs des romains.

Attentive à ne rien brusquer, la politique romaine commença par donner à chacun des
60 peuples de la Gaule chevelue : une capitale, une administration stable ; le contact des 2
cultures a très rapidement conduit à l’effacement de la langue indigène. Peu écrite avant la
conquête , le gaulois cède la place au latin, véhiculé par l’armée et les marchands, diffusé par
les écoles et les représentations théatrâles. Aucune Cité importante ne manque d’un théâtre
ou d’un amphithéâtre. La citoyenneté romaine a séduit et nombre de gaulois sont devenus
romains avec les 1er empereurs.

Pourtant, tout esprit national ne disparait pas, et Rome ne cherche pas à l’étouffer.
Chaque année à Lyon, on célèbre une grande fête du calendrier celtique : l’assemblée présidée
par un prêtre gaulois élu chaque année par les députés des 60 peuples gaulois, dispose
d’attributions religieuses, financières, et surtout politiques. Elle porte une appréciation sur
l’administration des gouverneurs romains, les gratifiant d’une statue ou d’une mise en
accusation portée à Rome. Pendant tout le haut-Empire, ce pouvoir d’éloge et de blâme se
maintient.

2. EN ITALIE

Les Romains auraient une origine indo-européenne, avec peut-être des racines en Asie
centrale.
Autour de l’an –1000, après une migration qui les conduit d’abord en Europe centrale, un
certain nombre de tribus indo-européennes, désignées du nom d’ Italiques, atteignent le
sommet de la péninsule apennine et commencent leur marche vers le sud, , conquérant les
peuples indigènes qui se trouvaient sur leur chemin et se sont venues se mêler à une couche
antérieure, de caractère méditerranéen, formée par de très anciens occupants du sol. Leur
langue s’apparenterait au celtique, ce qui a fait supposer entre l’italique commun et l’indo-

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européen, une unité intermédiaire probable : l’italo-celtique. De ces présences et ces venues,
sont issus d’importants faits culturels et linguistiques qui ont marqué les époques suivantes.

Le groupe le plus important des nouveaux arrivants étaient celui des Latins. Ils
s’établirent dans la plaine volcanique du Latium. Sur ce sol rocheux mais fertile, les
immigrants purent prospérer grâce à une grande variété de récoltes et de cueillettes, et ainsi
commença le processus lent de la croissance.
Pendant quelques siècles, Rome a eu la chance d’être assurée contre tout danger d’une
domination étrangère. Habituée aux victoires, Rome acquit une énorme confiance en soi et on
comprend comment ce peuple a pu évoluer depuis les triomphes locaux jusqu’à la domination
mondiale, comment il a pu marquer le monde si profondément que son influence est encore
ressentie.

Vers –800, arrivée d’une vague d’envahisseurs dans le Latium, les Villanoviens,
apportant les techniques du Fer. Vers la 2ème partie de ce siècle, tandis que le reste du pays
en est encore à un âge demi-barbare, une vaste région des côtes du Sud de l’Italie devient
une terre de prédilection pour les navigateurs venus de l’Hellade et s’ouvre ainsi à une culture
et une prospérité dont l’essor est rapide. C’est la Grande-Grèce. Au Nord, en Toscane, les
Etrusques apportent leur savoir en sculpture, peinture et orfèvrerie : c’est l’Etrurie.
Ce double apport culturel, également prestigieux, marque une rupture essentielle dans
l’évolution de l’ancienne Italie qui entre ainsi en contact avec les formes de pensée et d’art
issues de l’Hellade et de l’Orient.

A cette même époque, -800, en Sardaigne et en Sicile arrivent des marchands et


colons sémites originaires de Phénicie. Les 1ers comptoirs établis passent vite sous la
domination de Carthage ; le commerce phénicien apporte des objets de luxe en provenance
d’Orient. Les colonies puniques1 de Sicile et de Sardaigne ont été très vite fortement
hellénisées.

1
Punicus = 1er colons de Carthage
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A- LA COLONISATION GRECQUE (-800 –700)

Jamais les multiples cités qui constituaient la Grèce antique ne surent s’unir
politiquement et cela explique leurs destins mouvementés et leur ruine précoce. Grâce à cela,
l’hellénisme transplanta sur le sol italien ses formes de pensées, de religion et d’art. Bien
avant la conquête au –2è s. de la Grèce par Rome, la colonisation grecque du Sud de la
péninsule et de la Sicile encore barbares, fut un facteur de civilisation d’une extrême
importance. Elle influa profondément par ses voyageurs et ses marchands sur le peuple
Etrusque qui fut l’ennemi redoutable des Grecs, mais aussi, en bien des domaines, leur élève.

B- LES ETRUSQUES

Ses origines et sa langue sont encore mystérieux. Il y a trois théories :


 envahisseurs indo-européens venus du Nord
 autochtones
 immigrants venus d’Asie mineure, de Lydie, par la mer.

L’alphabet étrusque est dérivé de l’alphabet grec. Il a été emprunté aux hellènes sans
doute avant la distinction des types d’alphabets orientaux et occidentaux. Il y a eu sans cesse
des échanges de formes d’art et de pensée entre Italiques, Romains, Grecs et Etrusques.
Les Etrusques s’installèrent solidement d’abord en Toscane, y développèrent une série de
puissantes cités ; les richesses minières, la fertilité du sol assura leur prospérité. Ensuite, ils
conquièrent le Latium et Rome. Vers –700 est l’époque glorieuse de leur histoire. Ils se
rendent ensuite vers le Sud et prennent à revers les grecs établis sur la côte, mais ne
passeront pas. Sur mer, les Phocéens leur tiennent tête ; les Etrusques s’allient à Carthage et
vers –535, la bataille navale d’ Aléria met fin à la domination phocéenne. A la même époque,
l’empire Etrusque s’étend vers le Nord. En moins de 2 siècles, un empire s’est créé, conquête
grandiose et rapide, mais reste mal assurée. Le Latium et Rome se détachent de leurs
maîtres et peu avant –500, c’est le début des revers et de la décadence. Ces cités n’avaient
pas d’unification politique entre elles, seulement des liens religieux. Ce fut leur grande
faiblesse.

Les Etrusques ont introduit sur le sol italien, en architecture, les techniques de l’arc, de la
voûte et de la coupole que les romains reprendront à leur compte avec force usage. L’art de
fonder les villes et d’en tracer le plan, orientées d’après les points cardinaux sera repris par
les romains. Ils n’étaient pas bons dans le travail de la pierre, mais excellaient dans celui de
l’argile et du bronze. Leur art n’est pas un art du nu comme celui des Hellènes, les formes
volontairement dépouillées n’en sont que plus expressives. Le portrait n’est pas idéalisé ;
d’origine funéraire, il vise à rendre les traits du défunt avec la plus exacte fidélité. L’effet
produit est souvent violent, parfois même brutal. Il ne faut pas chercher ailleurs l’origine du
portrait romain et du réalisme profond qui le caractérise.

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Ainsi, l’Italie antique a vu s’épanouir sur son sol deux civilisations également raffinées,
tandis que dans bien d’autres régions, la vie était encore à un stade primitif, à peine sortie de
la barbarie. Les Grecs de l’Italie du Sud et de la Sicile n’ont pas su passer de la cité à l’Etat.
Les Etrusques ont fondé un empire que leurs désaccords ont empêché de maintenir. Des
peuples italiques moins évolués et plus jeunes s’opposaient aux uns et aux autres, les
affaiblissant. Carthage menaçait les Hellènes et les invasions celtiques terrifiaient les
Etrusques. Finalement Rome en sortira vainqueur. Le pays qu’elle allait unifier demeurait
imprègné de la pensée et de l’art qu’avaient apportés avec eux ces marins et ces colons venus
de l’Orient et de la Grèce.

Le départ des Etrusques :


Au –Vè s. les rapports de force changent sur le sol italien et le peuple étrusque a déjà
perdu toute chance d’unifier l’ensemble de la péninsule. L’alliance des Grecs de Cumes et des
Latins a provoqué la défaite toscane en –506 à Aricie (en –509 déjà, les Tarquins ont été
expulsés de Rome par une révolte populaire). La perte du Latium est grave pour l’Etrurie qui
se trouve coupée de ses possessions campaniennes. En –474, les marins de Cumes et de
Syracuse infligent une lourde défaite aux flottes réunies des Carthaginois et des Etrusques.
L’Etrurie commence à se replier sur elle-même. Le trafic avec Athènes se ralentit
considérablement menacé par la puissance maritime de Syracuse. Le départ des Etrusques a
rendu aux latins leur indépendance. Ils forment une confédération de 30 petites villes, l’appui
militaire qu’elles se prêtent mutuellement lui permet de résister aux assauts des redoutables
populations montagnardes qui les entourent.

Rappelons la situation géographique de l’Italie, qui est capitale dans son histoire :

 Cette longue péninsule s’allonge entre l’Europe et l’Afrique, et divise la Méditerranée en 2


bassins distincts, oriental et occidental, et est par conséquent largement ouvert aux
influences extérieures. La Sicile, qui en est son prolongement naturel, touche presque
l’Afrique. Ce voisinage favorisera guerres et colonisations.

 L’extrême division du pays lui-même est d’importance capitale :


 au Nord : le massif alpin le protège des invasions
 la chaîne compliquée des Apennins détermine une grande division du sol. Elle sépare
sans cesse et isole les uns des autres les côtes de l’est et de l’ouest ; elle divise aussi
les seules plaines fertiles de l’Italie, celles de la Sicile, de la Campanie, du Latium et du
Pô.

 Un seul grand fleuve, le Pô, qui ne traverse que la région du Pô ; l’autre le Tibre n’est
navigable que dans sa partie inférieure.

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LA FONDATION DE ROME

A- LA LÉGENDE

La légende raconte que le plan de Rome avait été conçu par les dieux, qui après la chute
de Troie, avaient donné l’ordre à l’un des fils de Vénus, le prince vaincu Enée, de conduire ses
compagnons fugitifs vers une terre promise en occident. Au –IIIè s., selon la légende, la
princesse latine Rhéa Silvia, vouée à la chasteté, donne naissance à des jumeaux, Romulus et
Rémus ! Pour la punir d’avoir violé le serment de chasteté la fit emmurer et donna lordre
d’abandonner Romulus et Romus sur les rives du Tibre en cru pour qu’ils meurent. Mais les
garçons furent trouvés par une louve qui les a nourrit, puis recueillit par un berger qui les a
trouvé. A l’âge adulte, ils décidèrent de construire une nouvelle ville sur le bord du Tibre, et
Romulus traça les limites de Rome avec sa charrue.

B- LES ORIGINES DE ROME (7è s. Av JC : ~-620 à –509)

A la fin du 7è s. av.JC, les 2 morceaux de la puissante confédération des Cités


étrusques, celui du Nord autour de la Toscane, celui du Sud autour de la Campanie, font leur
jonction et absorbent le Latium. Dés lors, l’Italie centrale de la plaine du Pô à la région de
Naples, est le foyer d’une civilisation nouvelle, celle des Etrusques. Cette occupation étrusque
du site de Rome durant 1 siècle (-620 à –509) sera décisive. Une Cité est fondée.
Les étrusques utilisaient l’alphabet grec. Des milliers d’inscriptions sont aujourd’hui
conservées, lues parfaitement. C’est cet alphabet que les latins apprendront à leur tour.
Les étrusques s’imposent par leur audace et leur habilité, bien plus que par leur
nombre. Pendant un siècle, ils apportent, enrichis par leurs contacts avec l’Orient et la Grèce,
l’éclat de leur civilisation. C’est d’eux que les romains apprendront à écrire, à bâtir en dur des
maisons à atrium, à construire un temple, à borner les parcelles, dans un autre domaine : le
“nom de famille héréditaire” sera adopté ; la religion étrusque inspira beaucoup les dévotions
et cultes romains, sans compter le formidable essor que Rome connut grâce à l'’artisanat et
au commerce étrusque, au 6è s. av JC.

C’est de l’Etrurie que Rome est née !

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Rome est un carrefour de plusieurs voies naturelles, en relation facile et directe avec
les contrées environnantes et tout particulièrement les deux provinces de civilisation
précoce : l’Etrurie et la Grande Grèce. Là est l’origine première du destin futur du Latium, qui
devait se développer sur 7 collines, les Monts Albains, au bord du Tibre, à 15 km de son
embouchure, dont les pentes servaient de positions facilement défendables.

La première occupation du site de Rome remonte à –750. On y a trouvé des vases grecs
qui provenaient soit de la Grande Grèce, soit de l’Etrurie, cliente importante des Hellènes qui
servaient d’intermédiaire. L’art hellénique fait son entrée sur le sol romain dés le début du –
7è s.
Rome subit l’influence toscane et l’expansion prochaine de l’Empire Etrusque va
confirmer cela. La période étrusque de Rome va de –550 à –509. La Rome toscane fut une
grande cité ou l’art et le luxe étaient devenus familiers (ils mangeaient dans de la vaisselle
d’or et d’argent). Après le départ des Etrusques, il a fallut à Rome de longs efforts pour
lutter victorieusement contre les villes latines. Le haut degré de culture qu’elle avait atteint
auparavant laissera des traces profondes sur son sol et dans sa vie religieuse et politique. La
langue latine constituait le parler de la population et la langue étrusque disparut avec eux
(-509).
L’alphabet latin est issu de l’alphabet étrusque et non de l’alphabet grec de Cumes,
comme on l’a longtemps supposé, et remonte à –VIIè s. Peut-être le mot « urbs », qui n’a pas
d’étymologie connue, est-il un legs des Etrusques grands fondateurs de villes. Certains mots
de produits ou de plantes inconnues des indo-européens (vin, cyprès, figuier, lis…) sont
d’origine étrusque. Quelques termes latins techniques ont une orrigine toscane. Le nom de
Rome et une part importante des noms de personne Romains connus de cette époque sont de
provenance toscane.
Les emprunts du latin au grec sont très nombreux et confirme que dés le début de –
VIIè s., Rome s’est ouverte à la culture de la Grande Grèce (ex. machina -> invention, engin –
amphora-> amphore – gubernare -> gouverner…).

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LA RÉPUBLIQUE ROMAINE

(- 509 à – 30 av. JC)

Rome a détruit et absorbé toutes les cultures italiques. Son évolution politique et
institutionnelle s’est faite au contact de ses brillants voisins étrusques dont elle s’est peu à
peu émancipée. L’avant-dernier roi de Rome, l’Etrusque Servius Tullius, passe pour avoir fondé
le régime politique romain. L’expulsion de Tarquin le Superbe marque le début de la
République.
La fin de la monarchie toscane marque une profonde rupture dans la vie de Rome. Du
rang de ville étrusque puissante et cultivée, elle passe au stade de cité latine, menacée par
ses voisines et par les peuples à institutions monarchiques (rois étrusques : dynastie toscane
des Tarquins -> Tarquin l’Ancien et son fils Tarquin le Superbe).
Le départ des Tarquins signe la fin d’une monarchie qui signifiait la domination d’un
seul, la servitude des citoyens (« Dominatio » et « Servitus ») disparaissent donc vers –509
et l’Etat, passé aux mains et au pouvoir du peuple romain, devient la « republica populi romani
quiritum ».
Mais 500 ans plus tard, sur les ruines des guerres civiles, s’élève un nouveau pouvoir
personnel, celui d’un César ou d’un Auguste.

A- PATRICIAT ET PLÈBE

La République s'organise en classant ses citoyens en 2 grands groupes : le Patriciat et


la Plèbe. L’histoire de la République est dominée par des luttes incessantes entre le patriciat
et la plèbe.

 Les patriciens se groupaient en « gentes », larges familles descendant d’un même ancêtre.
Eux seuls avaient accès aux honneurs publics et aux sacerdoces ; seuls, ils pouvaient
interroger les dieux et prendre les auspices. Ils étaient puissants et riches, et
s’appuyaient sur les petites gens, qui recevaient assistance des Grands et en revanche
devaient leur apporter toute l’aide dont ils sont capables à la demande du patricien.

 Les plébéiens sont des hommes libres, des citoyens romains. Ils constituent avec les
patriciens, le « populus romanus ». Ils ne peuvent pas se marier avec des patriciens, sont
exclus des honneurs publics et des sacerdoces, et dépendent souvent économiquement des
patriciens, Maîtres de la fortune foncière. Ils leur empruntent, s’endettent et risquent
alors l’esclavage, car le créancier peut vendre sont débiteur insolvable. Les plébéiens
seraient des descendants de populations vaincues, des affranchis, des étrangers, hommes
extérieurs aux lois et à la religion, ou bien encore des paysans tombés dans une demi-
servitude vis-à-vis des grands propriétaires. La constitution de la Plèbe s’explique pour

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des raisons ethniques, religieuses et économiques. La lutte entre les deux ordres
commence dés la fondation de la République. Les Rois veillaient à empêcher la suprématie
de la noblesse de peser trop lourdement sur les petites gens. Mais les pouvoirs de la
royauté par les mains des patriciens, et la plèbe qui n’a plus de droits, ni de défenseur, ne
peut survivre qu’en s’organisant et en passant au combat. Les patriciens se ferment de
plus en plus hermétiquement à la montée des plébéiens. Au nom de la Liberté, Rome avait
expulsé les tyrans étrusques qui ont été remplacés par les grandes familles – s’ensuit une
dure bataille qui dura 2 siècles pour l’obtention de l’ Aequa libertas (l’égalité des droits
pour tous les citoyens). La puissance royale a été remplacée par la puissance du Consulat
qui conserve presque toutes les attributions de la royauté (avec 2 consuls pour 1 an,
recrutés parmi les patriciens). Mais petit à petit, la plèbe obtient la publication du droit
romain (-445) puis l’accès aux collèges en devenant tribuns militaires (-430) et à la
magistrature en devenant gardiens du Trésor Public (-409). Cette lutte opposant la plèbe
et le patriciat a entrainé une lente évolution de ses institutions.

L’Italie antique connut sa dernière transformation importante avec les invasions


celtiques qui, depuis –450 déferlent dans les riches plaines de la vallée du Pô, et ce
jusqu’au –IIIè s., à travers toute la péninsule. Les « tumultes gaulois » ont compté parmi
les plus dramatiques de l’histoire de Rome (ils sont entrés dans Rome en –381, l’ont pillé et
incendié. Ils n’en sont repartis qu’après obtention d’une rançon). La colonisation celtique se
borna à la plaine du Pô qui s’appela la Gaule Cisalpine. Ils y ont développé la civilisation de
La Tène. Ils ont été de bons cultivateurs, fermement attachés au sol conquis.

En –338, guerre de trois ans entre Rome et les Latins. Le Latium est annexé à Rome.
En –310, l’armée romaine ose pour la 1ère fois franchir la redoutable forêt cimimienne et
soumettent l’Etrurie puis la Campanie de –343 à –340.
A la fin du –IVè s. la situation change. Les victoires de Rome furent connues jusque
dans le monde grec. Un flot nouveau d’art et de croyances fait son apparition en Italie et
dans Rome même. Le contact enrichissant avec l’hellénisme reprend et se développe.

B- CONTEXTE INTERNATIONAL
En occident, à la veille des guerres puniques, on distingue essentiellement 2 ou 3
groupes de populations :
 En Europe, le monde celtique (et son annexe ibérique)
 En Afrique, le monde berbère
 En Méditerranée, l’empire carthaginois.

Le monde Celtique :
Au –IIIè s. on peut dire que l’intérieur du continent européen est dominé par les
celtes, de l’Atlantique à la mer Noire. Vie sociale de paysans, fixés au sol. On ne peut pas
parler d’empire celtique puisque les peuplades étaient indépendantes, avec ses rois à la fois
prêtres et guerriers. L’apogée de la domination celtique date du –IVè s. et début –IIIè s.
Il y avait des courants d’expansion, de « descente » de tribus entières vers les pays
du soleil (Italie, Grèce, et même en Asie). Les méditerranéens avaient une terreur de ces
barbares celtes, à caractère batailleur, versatile, anarchique, mais qui manquaient de
tenacité et d’organisation. Aucune unité sauf une communauté morale (internationale)
druidique.
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Le monde Berbère :
Les Berbères restèrent dans « l’île » du Maghreb, protégés par la mer et le désert de
toute invasion massive : ils conservèrent dans ce pays sec et chaud le mode de vie qui
restera le leur à travers les siècles : le nomadisme. Ils étaient pasteurs transhumants de la
plaine à la montagne ou éleveurs de troupeaux dans les steppes, et refusaient de se fixer au
sol. Même sédentarisés, ils gardent les traditions des nomades ; les romains les appelaient
les Numides. Vie sociale : ils vivent en clan, fondé sur la parenté en ligne paternelle et dont
le patriarche est un chef absolu. A sa mort, la succession passe, non pas à son fils, mais au
plus âgé. Ces clans se regroupent en tribus ou « royaumes », tel le royaume des Maures, des
Massyles…
Les facteurs géographiques et le tempérament anarchique de la race ont favorisé le
morcellement. Au cours des siècles suivants, le peuple berbère s’avèrera toujours incapable
de s’organiser comme de se plier à une sujétion. Ils subiront des dominations étrangères et
même l’influence de civilisations supérieures : les Celtes et les Ibères d’Europe, et les
Phéniciens de Carthage.

L’empire carthaginois
En Méditerranée, cet empire de Carthage se fonde au détriment des Grecs. Elle dut
les combattre en Corse, en Sicile ; finalement, Carthage resta maîtresse de toutes les îles,
sauf de la Sicile, qu’elle dut partager avec Syracuse. En Espagne, Carthage a refoulé les
Grecs vers le Nord, les Ibères dans l’intérieur et tous les comptoirs phéniciens sont devenus
ses colonies. Elle est maîtresse d’un territoire rural destiné à assurer sa sécurité et son
ravitaillement, Carthage est essentiellement un port, une place de commerce, la métropole
d’un empire maritime. L’apogée de sa puissance se situe vers –IIIè s. Carthage était la plus
grande ville de l’occident.
La civisilation punique a subi des influences étrangères, égyptiennes et grecques, et
marqué de son empreinte l’occident méditerrannéen où elle est prédominante. Mais Carthage
déclinera au fur et à mesure que Rome se montrera son adversaire victorieuse.

C- LA CONQUÊTE DU MONDE MÉDITERRANÉEN


(-340 – 150 av. JC)

La Romanisation de l’Europe

L’Espagne et la Gaule finirent par devenir les provinces les plus romaines en dehors de
l’Italie. La Gaule était moins urbanisée que l’Espagne, mais elle était très romaine dans ses
façons d’être. Le commerce avec la Gaule devint tellement actif, que sa branche la plus
importante (le commerce du vin avec la Gaule du sud) dût être limité pour protéger les
viticulteurs italiens.
En –55, les Romains envahissent pour la 1ère fois la Bretagne (=l’Angleterre). L’empereur
Hadrien fit construire une immense muraille (près de l’actuelle frontière de l’Ecosse) sur 117
km reliant 14 forts (6 m de haut-2,5 m d’épaisseur) qui limitait l’empire romain aux frontières
septentrionales, face aux barbares. A l’intérieur des limites de l’empire, plus de 50 millions
d’hommes jouissaient de la paix et les coutumes romaines se maintenaient pendant des siècles.
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Jusqu’en -340 av.JC, absorbée par la lutte de la plèbe et du patriciat, Rome consacre
ses forces à des guerres locales et purement défensives. Ensuite, l’esprit des combats
change. La conquête impérialiste démarre.
Ses progrès d’abord mesurés, puis foudroyants, ne connaitront pas de pause. En moins
de 2 siècles, le territoire dominé par la ville, Rome passe d’un cercle exigu de quelques km de
diamètre à un empire qui soumet la Méditerranée d’Est en Ouest.
Le soulèvement des Cités du Latium contre Rome, en –340, justifie l’intervention des
Légions. La totalité des Cités latines est annexée (habitants & territoire) et incorporée dans
la “citoyenneté romaine complète”. Ces villes qui étaient autonomes sont devenues
dépendantes de “municipes”.
En même temps, l’aristocratie des Cités de la riche Campanie appelle Rome à l’aide pour
contenir des revendications populaires menaçant ses privilèges. L’occasion est saisie au vol :
la Campanie, hommes & terres, rejoignent la “citoyenneté romaine sans suffrage”. Entre le
Latium & la Campanie, la plaine côtière est absorbée par Rome en –334, la classe dirigeante
est déportée et leurs propriétés distribuées à des romains. En moins de 5 ans, Rome s’est
rendue maîtresse d’un territoire de l’Etrurie du Sud aux portes de Naples. Petit à petit, tous
les peuples de l’Italie du Sud tombent dans l’alliance de Rome. Les Etrusques eux-mêmes
perdent leur indépendance et signent entre –290 et –265 des traités de soumission.
Puis c’est le tour de la Grande Grèce en –272, puis celui des Gaulois du Sud du Pô qui
refoulent au-delà du Pô, que Rome franchira pour la 1ère fois en –223. D’immenses territoires
sont saisis et distribués à des “colons latins”. La pacification d’ l’Italie du Nord ne sera
achevée qu’après la seconde guerre punique , entre –197 et –175.
Puis, c’est la conquête du monde méditerranéen qui commence avec les 3 guerres
puniques :

LES TROIS GRANDES GUERRES PUNIQUES

1. Contre Carthage en Sicile : en –241. Livrée principalement sur mer. Rome désavantagée.
Mais les Romains les surpassent au combat et chassent les carthaginois de Sicile.
Carthage en Sicile : 1ère province romaine en –241.
la Sardaigne et la Corse : 2ème province romaine en –227.

2. Contre la Macédoine : En –218. Livrée sur terre. Provoquée par Carthage. Les troupes
romaines vaincues par le brillant Gal Hannibal qui attaque l’Italie par le Nord. Il fait
traverser les Alpes à ses troupes et ses éléphants. Les Romains, pris par surprise, étaient
en déroute, et les carthaginois marchèrent le long de la péninsule, mais il fut battu en –
202 à Zama, près de Carthage.

3. Contre la Syrie, en Afrique : En –190. En –190, en même temps que la Macédoine, Rome
entreprit de neutraliser un 2ème monarque : Antiochus III de Syrie et y réussit. Carthage
rasé : -149 à – 146.

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Ensuite, ce sera le royaume de Macédoine qui sera converti en province en –148, puis
Corinthe en –146, le génocide de Carthage en –146, puis Chypre, la Crète, la Syrie jsuqu’à
Gaza, et bientôt l’Egypte.

Polybe (écrivain grec) a écrit : “Telle est la politique ordinaire de Rome : elle tire
habilement parti des fautes des autres peuples pour étendre et renforcer sa propre
domination, et cependant elle procède avec une telle adresse qu’elle paraît en être la
bienfaîtrice et en obtient encore des remerciements”.

Après avoir dompté Carthage, soumis la Macédoine et la Syrie, Rome était devenue
énormément puissante. Elle exerça son pouvoir parfois avec violence, en supprimant sans
merci. Quand Corinthe et d’autres villes grecques refusèrent de respecter un ordre de Rome,
les Romains commencèrent par battre les alliés, puis ils mirent Corinthe à sac et la brûlèrent
jusqu’au sol. Autre ex. en –146, lors de la 3ème guerre punique, Carthage refusa de se
soumettre aux conditions romaines. Rome rasa la ville, fit passer la charrue sur le site et
sema du sel dans les sillons, transformant le terrain en un désert. Les carthaginois furent
vendus en esclavage.
Sylla, consul romain, dictateur, partit vers –88 pour l’orient où Mithridate, roi de Pont
empiétait sur les territoires romains. Il attaqua : succès. Mais ses méthodes étaient
brutales : il saccagea les villes grecques alliées de Mithridate et pilla leurs temples. Parlant
de son attaque d’Athènes, Plutarque écrivit qu’on ne pouvait dénombrer les morts, mais
estimé la surface du sol inondé de sang. Il mourut en –78.
Vers –67, César reçut le commandement de la Gaule en qualité de Général. Il poursuivit
son rival, Pompée, en fuite en Espagne, en Grèce, puis en Egypte. Là, Pompée fut tué en
débarquant du bateau sur la demande de Ptolémée, l’enfant-roi. Quand César arriva, il tomba
sous le charme de la sœur de Ptolémée, Cléopâtre, qu’il installe comme Maîtresse. Elle règnera
sur l’Egypte après la mort de son frère dans une bataille contre les Romains. César revint à
Rome, plus puissant que jamais et en est devenu le Maître unique. Il pardonna à plusieurs de
ses anciens ennemis, tel Ciceron, et les intègrera dans son gouvernement.
César élabora un système administratif plus fort et plus efficace, entreprit de vastes
plans de colonisation, fournit du travail aux pauvres, renforça les lois qui punissaient le crime.
Il dressa les plans pour une route à travers l’Italie et dota Rome et le monde civilisé
occidental du calendrier Julien, précurseur immédiat du calendrier actuel.
En –44, César fut poignardé par des conspirateurs. Ce fut son petit neveu, Octave qui
règna quelque temps après une lutte au pouvoir.

Les mobiles de la guerre

1. “pro salute et pro fide” pendant 2 siècles de guerre ininterrompues, Rome ne prit jamais
les armes que pour assurer sa défense (pro salute) et venir au secours de ses alliés
injustement agressés (pro fide).

2. Le butin et la gloire :
- l’attrait du butin est indéniable. Tous y ont leur part. Guerre et pillage ne font
qu’un !

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- cupido gloriae : la guerre est indispensable à la gloire des aristocrates qui
placent dans les succès militaires la condition d’une brillante carrière politique
et la comble de profits et prestiges.
- Maiestas populi Romani : la volonté de puissance est un des caractères profonds
de la mentalité collective romaine.

D- TRANSFORMATION DE LA CIVILISATION ROMAINE –200 À –133

La 2ème guerre punique a ébranlé profondément la structure sociale et la mentalité


même du peuple romain. Beaucoup de perte sur les champs de bataille ; en outre, les
survivants s’étaient appauvris, ou ruinés par une longue absence du domaine familial laissé en
friche. Un fossé encore plus profond s’est creusé entre pauvres et riches. La classe moyenne
a disparu et déserte la Campanie où la culture du blé est remplacée par les pâturages. Les
pauvres sont donc au service des riches, sur les plans politique et économique. Le parti
démocratique qui s’appuyait sur la classe moyenne a disparu avec elle. Le pouvoir est à la
« nobilitas », toute puissante au Sénat. Les magistratures se recrutent dans cette noblesse
qui accapare la richesse foncière. Pendant la guerre, ils ont prêté largement à l’Etat. En –200,
le Sénat ne pouvant rembourser le dernier tiers à ses créanciers, leur offre des concessions
de terres publiques. Au sein de cette aristocratie dirigeante, quelques chefs ambitieux et
influents vont marquer profondément la politique romaine. Parmi eux, le plus prestigieux est
Scipion (Publius Cornelius Scipion), élu « Consul » en –205. Dans ses campagnes, il jouissait
d’une autorité personnelle, il est l’imperator et s’attribuait une ascendance divine (il imitait
Alexandre le Grand). Scipion incarne la nouveauté qui vient de pénétrer à Rome : la culture
hellénique. C’est en gouvernant la Sicile que Scipion a découvert l’hellénisme. Mais c’est par la
Grande Grèce que Rome l’a connu pour la première fois, soit avant –264.

Les influences culturelles se font sentir : une littérature latine est née au contact des
milieux grecs d’Italie. Plus ou moins originaux, plus ou moins maladroits dans leur style, ces
premiers auteurs introduisent d’emblée à Rome tous les genres littéraires de l’hellénisme
classique (poésie, théâtre, satires, comédies…).
Dans le domaine des idées et des mœurs, la réaction hellénique se renforce. Les
triomphes de Lucius Scipion et d’autres vont déverser à Rome des richesses inouies. Tite-
Live affirme que l’ « apparition du luxe à Rome a commencé avec le retour de l’armée d’Asie ».
Elle introduisit les lits à pieds de bronze, tapis précieux, couvertures et autres étoffes,
guéridons et consoles, qui représentaient alors l’élégance suprême de l’ameublement. A cette
date, les festins étaient égayées de joueuses de cithares, d’amuseurs. Les repas étaient
préparés avec davantage de soin et de dépense, et on faisait désormais cas des cuisiniers.
Autres nouveautés : les luttes d’athlètes, les combats de fauves, introduits à Rome en
–186. Fait grave, l’attrait des richesses était encré chez les soldats pour qui le pillage était la
règle. Le butin alourdissait la marche des armées.

16/41
L’EMPIRE ROMAIN

(- 30 av. JC à 3ème s. ap. JC)

Les guerres contre les autres pays italiques fondèrent l’Impérialisme romain ; elles
transformèrent l’armée romaine : sa composition, sa stratégie, son armement et son mode de
commandement.
500 ans après la République Romaine, sur les ruines des guerres civiles, s’élève un
nouveau pouvoir personnel, celui d’un César et d’un Auguste, empereur.

A- LA CRISE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE


(-150 à –30 av. JC)

La République a succombé sous le poids de ses victoires. Ses possessions démesurées,


sa citoyenneté sans cesse recherchée et finalement sans cesse concédée, firent voler en
morceaux la constitution trop étriquée de la Cité-Etat. Quelques éclats de Grandeurs parmi
beaucoup d’aveuglement ! Quelques élans généreux parmi beaucoup d’égoïsmes ! le
gouvernement de la Liberté s’effondra ...
La paix sociale à Rome était fondée sur une classe de petits propriétaires, âme des
assemblées et support de l’armée, et sur une masse servile, aidant à l’exploitation du sol. Ce
double équilibre ne survit pas à la conquête.
La naissance d’un capitalisme financier, aliène politiquement la classe moyenne et la
détourne de la culture. Les effets dévastateurs de la conquête précipitent sa ruine. Par les
richesses qu’elles drainent, ces Cités ont répandu à Rome le luxe et provoqué le déclin de
moeurs restées jusque-là saines dans la frugalité paysanne.

Le passage de la Cité à l’Empire s’est fait dans la douleur. L’évolution était pourtant
invévitable. Tôt ou tard, la conquête rendrait inadaptées les structures du pouvoir républicain.

B- LA NAISSANCE DE L’IMPÉRIALISME ET LE TRIOMPHE DE


L’HELLÉNISME (-160 À –30)

Vers –160, on voit progressivement triompher une politique nouvelle, favorable à


l’hellénisme et à l’impérialisme. Ce sont les chevaliers de plus en plus organisés au service de
leurs intérêts financiers – importateurs, exportateurs, armateurs, banquiers, hommes
d’affaires – surtout des italiens du Sud en liaison constante avec les mers orientales. L’esprit
de spéculation se généralise. Le capitalisme engendre l’Impérialisme.

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Les victimes de cette politique se révolteront contre les excès des généraux et des
trafiquants romains, mais en vain, car le Sénat va désormais prononcer l’annexion de tout pays
vaincu.

C- L’ IMPÉRIALISME (-30 av.JC au 3ème siècle apr.JC)

Rome, déchirée par les guerres civiles pendant près d’un siècle, voit apparaitre Octave,
héritier de Jules César, comme chef incontesté du gouvernement. Il a écarté son co-consul
Marc Antoine et repris les provinces orientales d’Antoine. Octave retourne à la capitale et en
–27, annonce au Sénat que la République était restaurée. Octave Auguste est nommé « 1er
citoyen » et diverses charges d’Etat lui reviennent. Il évite de se faire appeler Empereur ; la
République s’effondra, les provinces étaient mal gouvernées, les armées manquaient de
discipline, le Sénat était incompétent et corrompu. Rome avait grandi et était devenu un
Empire. Elle avait besoin d’un empereur pour conduire ses affaires. Auguste le savait et savait
aussi que les Romains ne renonceraient jamais aux traditions de la République, consacrées par
le temps. Il fit face à ces exigences contradictoires en préservant les formes des institutions
anciennes et créa ainsi une construction entièrement nouvelle : le Sénat accorde à Auguste
des pouvoirs à base constitutionnelle. Il fut officiellement Consul, puis proconsul, puis lui
accorda les pouvoirs de tribun, ce qui fait qu’il était à même de remplir les fonctions les +
importantes de chef de l’Etat et de gouverneur des provinces et d’exercer le droit de véto au
Sénat.

C’est ainsi que pendant trois siècles, des empereurs allaient gouverner sur Rome, avec
sagesse comme Auguste, en despotes comme pour Néron et Domitien.
Auguste organisa son administration, en sorte de « ministères » ; il encouragea la religion en
construisant des temples et renforça la morale en imposant à Rome un ensemble de lois
sévères régissant les comportements personnels. Il instaura une ère de paix qui dura tout son
long règne. Il mourut en 14 apr JC.

Son successeur, son beau-fils Tibère, alors âgé de 55 ans, était un monarque dépravé
et brutal, bien qu'un administrateur efficace. IL passa les 11 dernières années de sa vie à
Capri, dans toutes sortes de débauches. Son petit neveu, Caligula, lui succèda. Sa cruauté et
ses lubies frisaient la folie et tout Rome était outragé. Il fut assassiné en 41, à 30 ans. Ce fut
son oncle Claude, 50 ans, paralytique, disgrâcieux et pauvre d’esprit. C’était un souverain
sensé et ferme. En 48, il admit des chefs gaulois comme membre du Sénat. Il mourut en 54,
empoisonné par sa 4ème femme, Agrippine. Néron, fils d’Agrippine d’un précédent mariage
devint empereur à 16 ans. Un an plus tard, il empoisonne Britannicus, le propre fils de Claude,
puis décidé d’empoisonner sa propre mère Agrippine.
En 64, grande incendie à Rome. Néron fut suspecté de l’avoir allumé pour reconstruire
Rome à sa propre gloire. Les excès de Néron mécontentèrent tout le monde et il se suicida en
68.
Pendant un millénaire, Rome forgea le plus grand Empire vu dans le monde. Son étendue
et sa stabilité en ont fait sa grandeur. Son génie tenait aussi du fait qu’elle a su entretenir et
embellir le legs culturel et intellectuel du monde grec, qu’elle avait conquis et diffusé à
travers l’Europe.

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L’architecture, la peinture, la sculpture, la littérature et la religion romaines toutes
marquées de l’influence grecque portent très haut la puissance et la hardiesse romaines.
Cet héritage survit dans les vestiges d’édifices tels que le Panthéon et le Colisée de
Rome, les puissants aqueducs disséminés sur trois continents.
Rome a transformé un monde fragmenté en une seule communauté, créa les modèles
des institutions publiques, établit les bases pour la liberté individuelle et pour le respect des
lois qui sont encore en vigueur.
L’empire de Rome fut édifié par les armes et par la diplomatie et maintenu grâce à la
manière intelligente que Rome avait de gouverner les peuples conquis. Il y eut peu de
soulèvement nationaux, beaucoup d’habitants des provinces trouvèrent leur vie nouvelle mieux
que tolérables. Ils obtinrent, pour beaucoup, la citoyenneté romaine. De même, les meilleures
écoles de l’empire n’étaient pas toutes à Rome. Les écoles de la Gaule, avec leur programme
d’études en latin surpassaient celles de Rome.

Rome offrait beaucoup en échange du tribut de l’empire : règne de la loi à l’intérieur


des frontières, la protection contre les invasions des Barbares de l’extérieur, la facilité
d’échanger les biens et les produits ; la tolérance pour les différences culturelles, et avant
tout insufflait à tous les Romains des provinces et de la métropole, une foi réelle en la
destinée de Rome.

Quelques mots sur Jules César

Elu Consul en –59, César se fait donner le gouvernement des 2 Gaules (cispadane et
transpadane). C’est modeste, mais cela lui permettra de mettre la main sur la Gaule Barbare,
la conquérir et en rapporter ce qui lui manque : une armée, le prestige, l’argent! ( rappel : prise
d’Alésia, César vainqueur contre Vercingétorix en-52).
En –48, César est seul maître à Rome en battant Pompée qui sera assassiné dans sa
fuite en Egypte. Il se marie avec Cléopâtre, reine d’Egypte, et ont eu des enfants. César est
mort assassiné en –44.
Ses successeurs :
- Marc-Antoine, 1er collaborateur de César et Consul en -44,
- Octave-Auguste, héritier civil, petit-neveu, fils adoptif de César.
Ils vont gourverner ensemble de –44 à –29. L’Egypte est annexée à l’Empire. Octave-
Auguste qui n’a que 32 ans est le seul maître. Sa monarchie durera car il mettra tout son
génie politique à donner l’illusion de rétablir la République. Octave, dans l’immédiat, installe et
fait durer la paix. Dés –27, Octave change de nom “Imperator Caesar divi filius Augustus” =
filiation divine avec son père adoptif dont il prend le surnom, Caesar, pour en faire son nom de
famille et se nommera Auguste. Il mourra en 14 ap. JC.
Dans la Gaule, apparemment soumise, les révoltes ont commencé dés –53. Le 13 février
–52, une révolte quasi générale mène au massacre des Romains de Genabum (Orléans), qui
devient un mouvement national dont Vercingétorix est le chef. Mais le génie militaire de César
le mènera à la victoire. Vercingétorix capitula et se livra à Jules César. En –51, la Gaule
épuisée était totalement annexée. En –49, Jules César marche sur Rome avec ses légions et
fait un coup d’état . Il devient Empereur.

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LA CHUTE DE ROME

Entre la grande époque de Marc Aurèle et l’écrasement de Rome par les Barbares au
Vè s., se sont écoulés 3 siècles. Mais les Romains qui vécurent durant ces siècles ne savaient
pas qu’ils assistaient à l’écroulement de l’Empire. Les soldats romains continuaient à partir en
guerre contre les Barbares, même si maintenant, ils le faisaient davantage pour l’amour de
l’argent que pour la gloire de Rome.

Quand Marc Aurèle mourut en 180 (de la peste qui sévissait en Europe), il eut pour
successeur le premier d’une longue série de tyrans, son fils Commode, vaniteux et frivole, qui
fut « une grande malédiction ». Il fut assassiné après 12 ans de mauvais gouvernement.
Ensuite, la charge impériale fut mise aux enchères et Julianus, le + offrant, obtint cette
charge. Mais le commandant des armées sur la frontière du Danube, Septime Sévère, marcha
sur Rome et fut proclamé nouvel empereur par ses armées. Il fut un habile administrateur et
un excellent soldat.

Dans le nord, les tribus germaniques menaçaient les frontières de l’Empire ; les rois
parthes menaçaient les frontières de Rome en Orient. Les caisses de l’Empire avaient été
vidées par les campagnes militaires antérieures de Marc Aurèle. L’ère de paix avait valu à
Rome une belle prospérité, mais l’époque des guerres annonça des difficultés économiques et
sociales qu’aucun empereur ne pouvait résoudre. Ils augmentaient les impôts qui aboutissaient
à une baisse des revenus ; le nombre des pauvres augmentait. Septime Sévère devait
naturellement assurer la défense des frontières. Il ajouta trois nouvelles légions à l’armée
régulière en faisant entrer beaucoup de barbares dans ses troupes. Il améliora la solde de ses
légionnaires, leur ration de blé, leur permit de porter des anneaux d’or (insignes de l’Ordre
Equestre) et de vivre avec leurs femmes… tout ce qui était jusque-là incompatible avec la
discipline militaire et avec la nécessité d’être toujours prêt à la guerre. Il fut le premier à
saper leur courage célèbre… en leur enseignant à convoiter l’argent et les détournant vers la
vie de luxe. C’est ce que décrit l’historien Hérodien, comme une des causes des troubles
futurs.

Septime Sévère parlait le latin avec un accent punique. Sous son règne, l’usage de
termes puniques et celtiques fut autorisé dans les documents légaux. Dans les Gaules et les
provinces rhénanes, une mesure de longueur celtique remplaça le mille romain sur les bornes
des routes nouvellement réparées. Septime Sévère mourut à York en 211, alors qu’il dirigeait
la défense de la frontière britannique. Son fils Caracalla, continua dans la lignée de son père.
Le dernier de la lignée des Sévère, Alexandre Sévère, mourut en 235, assassiné par ses
propres troupes sur la frontière du Rhin : ses soldats avaient été outrés par ses tentatives à
corrompre les Barbares qui menaçaient d’envahir l’Empire, alors qu’eux préféraient les
combattre. Pour le remplacer, les troupes proclamèrent Maximin, paysan vite monté en grade,
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qui deviendra empereur. C’était les légionnaires romains qui assuraient la succession de
l’Empire. Commença alors ½ siècle de guerres civiles, mêlées d’incursions de Barbares, de
famines, d’épidémies.

La politique des Sévères, en se conciliant l’armée avait conduit Rome à un état


d’anarchie militaire. Maximin s’empara petit à petit des trésors publics. Il ne règna que 4 ans.
Pendant les 50 ans qui vont de la mort d’Alexandre Sévère à l’avènement de Dioclétien, il y a
eut 20 empereurs, qui règneront chacun en moyenne 2 ans ½. Tous empereurs et usurpateurs,
ils moururent de mort violente, selon les caprices des soldats romains, qui les proclamaient et
les assassinaient pour leurs propres intérêts.

Pendant ces sombres années, l’ennemi arrivait sur presque toutes les frontières de
l’Empire : à l’Est, les perses menaçaient la Syrie, l’Egypte et toute l’Asie mineure ; les Francs
et les Alamans sur le Rhin envahissent la Gaule et l’Espagne. Les finances de l’Empire
s’effondrent complètement.
En 284, Dioclétien reçoit le sceptre. Il rétablit dans l’Empire un certain ordre
politique, réorganise le gouvernement de l’Etat, introduit une discipline, assure les frontières,
ce qui caractérise la vie romaine jusqu’à la fin de l’Empire. Pour pouvoir surveiller
l’administration de plus en plus importante, Dioclétien réorganise la structure entière de
l’Empire : les provinces sont regroupées en « diocèses » administrées par un « vicaire ».
Dioclétien gouverne avec l’aide d’un co-empereur portant le titre d’Auguste, tous deux
chargés du gouvernement de l’Empire, et de 2 héritiers présomptifs portant le titre de César,
destinés à lui succéder.
En 305, il fut le 1er empereur à abdiquer, et à obliger le co-empereur à en faire autant en
même temps que lui. Dioclétien pensa que ses deux successeurs désigneraient à leur tour deux
successeurs, et ainsi de suite.

Or en 311, il y eut 4 Augustes rivaux. L’un d’eux, Constantin (règne 312-337), une des
personnalités les plus marquantes des dernières années de Rome, devint en 324 le premier
empereur chrétien. Sa conversion aboutit à la fusion de l’Eglise et de l’Etat, détournant les
fonds romains vers les coffres de l’église et amenant des évêques au service du gouvernement
et introduisant des règlements impériaux dans les affaires de l’église.

Par les édits de Constantin, l’artisan fut lié à son établi, l’agriculteur à sa terre, le
magistrat à son conseil municipal, le marchand à sa corporation, de père en fils.

Dés la fin du 3ème siècle, des lézards apparaissent. Trop vaste, l’Empire ne peut résister
à de multiples forces divergentes : la révolte des Bagaudes en Gaule, la Bretagne
(=l’Angleterre) soulevée par un usurpateur, les invasions sur le Rhin et le Danube, des émeutes
en Egypte, la suprématie des razzias des Bédouins... un siècle plus tard, la situation s’est
empirée !
Les Alamans pillaient la Gaule ; les Pictes, les Saxons, les Scotti pillaient les Bretons
(=anglais). L’absence de cohésion de l’Empire apparait au grand jour. L’Occident, dont les axes
commerciaux sont coupés par les Barbares, se replie sur une économie locale ; l’Orient, qui a
conservé sa richesse, sa monnaie, ses échanges, garde une civilisation urbaine et
commerçante. L’idée d’une décision en 2 parties apparait : un empereur pour l’Occident, un
autre pour l’Orient. L’esprit romain lui-même a disparu !
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Constantin ne put arrêter la détérioration économique de l’Empire. La partie
occidentale de l’empire romain était mise à sac. La ville de Rome, autrefois grande, n’était plus
qu’un symbole. Son déclin fut encore accéléré quand en 334 Constantin décide de construire
une nouvelle capitale impériale en Orient : Constantinople !

L’ ANTIQUITÉ TARDIVE 284 À 565 AP. JC - L’EFFONDREMENT IRRÉSISTIBLE


Depuis 364, deux empereurs, deux empires s’isolent :
- L’empire latin autour de Rome,
- L’empire grèco-oriental autour de Constantinople.

Constantin abandonne donc Rome pour fonder à Byzance cette “seconde Rome” (altera
Roma). Constantinople édifiée sur le site de l’ancienne cité grecque de Byzance ( = Istanbul
en Turquie) fut conçue pour être une réplique de Rome. Dans Constantinople, des empereurs
romains règnèrent encore pendant 11 siècles, c-à-d longtemps après que l’Empire romain
d’occident fut tombé aux mains des Barbares.
C’est à Constantinople que les deux grands Codes de Droit romain furent promulgués
par l’empereur Théodore en 438, et l’empereur Justinien entre 529 et 534. Ces deux Codes
apportaient la somme de plusieurs siècles de gouvernement romain : c’est un résumé des édits,
des lois et des règlements dont certains remontent aux temps de la République, faisant la
synthèse entre les traditions romaines et la morale chrétienne ; ils représentent la dernière
grande réalisation de l’Empire.
En 565, meurt le dernier empereur à Constantinople, après avoir tenté par ses armes
et par ses lois de rétablir l’Empire de l’Espagne à l’Asie.

Mais revenons à Rome : il devint de plus en plus difficile de contenir le flot des
Barbares. En 376, quelques tribus germaniques menaçaient la frontière du Danube, d’autres
allaient suivre peu de temps après. Les Wisigoths, les Suèves et les Vandales édifièrent leurs
propres royaumes à l’intérieur de l’Empire. Rome fut mise à sac par les Wisigoths d’Alanic en
410, puis par les Vandales en 455..
En 476, Odoacre, roi germain et chef barbare de l’armée des mercenaires d’Italie
prend Rome à son tour et porte le 1 er coup à l’empire d’occident : l’Italie est devenue un
royaume germanique : C’EST LA CHUTE DE ROME !
Ensuite, les Ostrogoths (Théodoric) prendront l’Italie et la Provence. Clovis, roi des
Francs, réunira la Gaule sous son autorité vers 500, sauf le royaume des Burgondes.
Mais Rome continua à vivre comme siège de l’église et comme grand monument,
jusqu’aux jours de la Renaissance
Rome vivait de ses importations et les importateurs étaient parmi les hommes les plus
riches de l’Empire. D’énormes chargements de marchandises venant des provinces étaient
débarquées au port maritime d’Ostie et acheminées tous les jours par de petits bateaux qui
remontaient le Tibre, à des entrepôts de la capitale – des marchandises telles que briques,
ambre, granit et bois, ce qui donnait à Rome l’impression d’être constamment en cours de
construction et de reconstruction.
Dans l’Empire d’Orient (ou Empire Byzantin) les éléments romains subirent le mélange
des civilisations helléniques et orientales. Des édifices massifs de style romain furent
décorés de mosaïque byzantine chamarrée et coiffés de coupoles orientales.

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Le latin était la langue officielle, mais la langue parlée était le grec dérivé de la langue
classique, en version moderne. Avec le temps, les communications entre l’orient et l’occident
furent rompues et l’église d’orient se sépara de l’ Eglise de Rome (en 1053). Jusqu’au XVè s.
les habitants de Constantinople continuaient à se désigner en tant que « Romains ».

De Byzance, le romanisme et le christianisme se répandirent plus loin à l’est. L’église


byzantine patrona l’église de Russie. Quand les turcs prirent Constantinople (en 1453), les
Grands-Ducs de Moscou se proclamèrent successeurs du grand Constantin.

LE CHRISTIANISME, RELIGION OFFICIELLE DE L’EMPIRE

Les Romains du 1er s. de notre ère regardaient le Christ comme un rebelle politique
d’ordre secondaire, qui fut « crucifié sous Tibère par le procurateur Ponce Pilate ». Tacite.
Bien qu’il ait prêché pendant moins de trois ans dans la lointaine Palestine, ses disciples
étaient nombreux et bientôt parcoururent les routes romaines, se rendant dans des villes
distantes et des provinces lointaines. Le Christ était représenté imberbe, car les romains
voyaient dans la barbe un signe distinctif des Barbares.
Au bout d’un certain temps, l’Empire entier devient un germoir pour la nouvelle religion.
Pendant trois siècles, les autorités romaines firent des chrétiens leurs boucs émissaires en
matière politique. Cela dura jusqu’au règne de Constantin, qui se convertit en 312. A partir de
cette date, les formes romaines de gouvernement, les principes légaux et architecturaux de
Rome se reflètèrent de plus en plus dans l’administration de l’Eglise, dans ses lois, ses
édifices, et la ville de Rome assuma le double rôle de siège de l’Empire et de centre de
l’Eglise.
Constantin se converti donc au christianisme en 312, et fonde le monothéisme chrétien,
une monarchie absolue. Il favorise une politique pro-chétienne. Les églises peuvent recevoir
dons & legs. Le patrimoine écclésiastique peut naître. Les autres religions sont condamnées et
les biens des temples païens sont confisqués. Le culte païen est interdit à Rome, puis dans
tout l’Empire. Au moment des invasions, les évêques prennent la place des autorités
défaillantes, défendent leur Cité, ou parlementent avec les chefs barbares pour détourner
avec succès leur menace. Le Pape évoque la puissance impériale, s’entoure d’une chancellerie,
exerce une juridiction d’appel. Localement, les évêques prennent la défense des faibles
contre les abus des puissants, organise des oeuvres de charité et d’assistance, entreprennent
l’évangélisation des campagnes... le concept d’une organisation hiérarchisée et centralisée
subsistera grâce aux institutions écclasiastiques après l’effondrement de l’Empire d’Occident.
Sans ce leg, l’Empire Carolingien n’aurait pas vu le jour. “Quand l’Empire disparut en Occident,
le Pape apparut en quelque sorte à Rome comme le successeur des Césars”.
L’Empire Byzantin avec son régime politique et ses structures sociales héritées de
l’Antiquité, survit ! Il maintient une civilisation brillante jusqu’à la conquête turque (prise de
Constantinople en 1453).
La concession de Constantin n’a pas trahi , celle que le clergé transmettra au Moyen-Age.
Pendant tout le Moyen-âge, l’église catholique fut la seule force unificatrice effective
dans les anciens territoires de l’empire d’occident. Conservant Rome pour capitale, l’Eglise
maintient vivantes les traditions romaines par son organisation, ses lois, sa langue, son côté
universel.

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COMPARAISON ENTRE LA CITE GRECQUE
ET LA CITE ROMAINE

LA CITE GRECQUE

On parle surtout d’Athènes (à quoi est opposé souvent le régime sparte).


Le monde grec forme un ensemble géographiquement limité et homogène. Les
frontières naturelles en sont :

- Au coeur : la péninsule (= la Grèce) avec Corinthe + la Boétie+l’Attique du Nord+la


Péloponnèse sud.
- Une couronne extérieure : les îles, éparpillées autour de la mer Egée, et au bord de la mer
Ionienne, avec la Crète.
- Plus loin, la “Grande Grèce” (=Italie méridionale) + la Sicile, la côte Ionie en Asie mineure.
- A l’Est : l’Anatolie (=Turquie) +chaîne des Balkans (=Bulgarie).
- Les mers : --> à l’ouest, au large de la Sicile
--> au Sud, entre la Grèce et l’Egypte, et la Libye.

Ce monde physiquement limité, est marqué de plusieurs facteurs d’unité : la vie


politique, les structures sociales... Le cadre économique des Cités grecques en seront
fortement marqués et détermineront pour une grande part leur originalité.

La mer partout, sauf à Sparte isolée à l’intérieur des terres, stimule le commerce
maritime, favorise la circulation des hommes et, par là, des idées. Le grec, curieux de tout,
court le monde : 1er historien : Hérodote – 1er comparatiste : Aristote (-384 – 322 av.JC).
L’ouverture sur la mer, pour y trafiquer ou combattre, donne une très grande importance à la
flotte et aux marins qui l’arment.

Le sol est pauvre. La culture du sol est au sommet de la hiérarchie. Pour les grecs, le
petit paysan propriétaire de sa terre, jouit seul de la véritable liberté, car seul dans la Cité, il
peut vivre sans dépendre d’autrui. Alors que toute forme de travail salarié, soumet à autrui,
donc aliène. Le travail solitaire d’une terre aux dimensions modestes exclut le développement
de la grande propriété, avec un recours systématique à un mode de production de forme
esclavagiste. L’autonomie du petit paysan a développé le sens des responsabilités. Le petit
paysan propriétaire restera l’idéal civique, gage de liberté et de stabilité, que les penseurs
politiques ne perdront jamais de vue (en opposition : le soulèvement local, en Egypte, qui peut
compromettre l’éxistence de milliers d’hommes, si l’irrigation du Nil est mal répartie par

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exemple, ou si l’entretien des canaux est mal assuré dans tel endroit, d’où mécontentement de
certains, rebellions,etc...).
A cela s’ajoute la valeur morale du travail qu’exige un sol avare : le goût de
l’indépendance au prix d’un labeur qui condamne l’oisiveté et le confort matériel !
Le nombre de citoyens doit, par force, rester limité. Ne pouvant étendre leur
territoire (barrières naturelles), les Cités grecques se sont toutes montrées particulièrement
avares de leur citoyenneté (naissance père & mère appartenant tous les deux à la Cité) d’où
expulsions programmées du surnombre, sous forme de colonies. Ce qu’elle perdait en
efficacité extérieure, la Cité le gagnait dans l’approfondissement du bien intime qui unit les
citoyens et définit à lui seul, politiquement et phylosophiquement la Cité grecque.
Une multitude d’îles, de plaines côtières minuscules, barrières montagneuses, font que
le nombre de Cité-Etat est incroyablement élevé pour la Grèce classique (6è – 4è s. av.JC) et
sont de véritables Etats indépendants jouissant de tous les attributs de la souveraineté.

La Cité grecque est une sorte de communauté avec participation commune des citoyens
à un système de gouvernement.

La Cité, c’est - le territoire


- la population

Aristote rajoute :
- la soumission de la population à une loi commune afin de vivre en
communauté ; cette volonté collective est essentielle ; elle donne sens &
vie au groupe.

La collectivité est au 1er plan. On parle des athéniens, pas d’Athènes ! des corinthiens,
pas de Corinthe ! La vocation de la Cité grecque est fondamentalement communautaire. La
Cité ignore par définition l’idée de droits individuels. Pour Aristote, l’homme est fait pour
vivre au sein d’une organisation politique, ou une communauté civique. L’homme est fait pour la
Cité, et non la Cité pour l’homme, car l’homme n’a d’éxistence et de raison d’être qu’en tant
que membre d’une organisation politique.
Ces conceptions qui valent pour la Cité antique en général, permettent parfois une
sphère privée ou intime. In ne peut y avoir conflit entre l’intérêt collectif et l’intérêt privé
puisque l’on est subordonné à l’autre. Les droits privés sont perçus comme les éléments d’une
construction dominée par l’intérêt collectif et placés au service de celui-ci.

Jalouse de la puissance d’Athènes, envieuse de son empire, Sparte, en –431 à –421


engage les combats qui dureront 25 ans et ruineront l’économie de l’Attique. Les campagnes
sont pillées, la population est décimée par la peste qui fait disparaître le tiers des
combattants. La revanche navale n’aura pas lieu. Sparte s’installe au N de l’Attique et ravage
la terre qu’elle ne lâchera qu’après sa victoire en –404. En –405, les forces navales
s’effondrent, puis c’est la capitulation d’Athènes. En –403, la démocratie est restaurée et
subsistera jusqu’à la fin de l’indépendance de la Grèce en –322.
La ruine de la petite propriété est certaine en –403. La guerre, les raids, les pillages,
les exils politiques ont dépeuplé les campagnes, dévasté les cultures (vigne et oliviers surtout
dont la reconstitution a été longue et coûteuse), désagrégé la classe moyenne des paysans-
propriétaires (garantie de stabilité et contrepoids à la masse populaire). Un élément
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d’équilibre entre riches et pauvres a disparu. Il ne sera pas reconstitué. Les pauvres, séparés
des riches par un fossé qui ne cesse de se creuser, grossis de toutes les victimes de la
guerre, sont frappés en pleine face par la ruine de l’Empire : les charges de la Cité sont
considérables et le peuple ne peut les supporter. Un bureau d’aide sociale distribue des
subsides aux plus démunis, sans cesse en augmentation. Crise sociale !
Remède à la crise sociale --> la colonisation ! (Asie mineure, Italie). Dés le début du
4è s. on envoie en Thrace (= Bulgarie) les pauvres. Toutes les Cités soudées par leur langue,
leur sang et leur culture, doivent s’unir contre la Perse, son Grand Roi et ses possessions :
c’est sur ces terres que devront s’installer les pauvres (et non chez les alliés). Erreur !
Il n’y a pas eu de colonies : Philippe II de Macédoine appelé au secours et en renfort
pour conquérir la Perse a certes apporté son soutien, mais plus encore !! il dominait... Mais la
domination macédonienne se trouva précipitée et fournit à Alexandre le Grand, son fils, le
support idéologique pour conquérir le monde et la Grèce.
L’éducation d’Alexandre, adolescent, fut confiée à Aristote. Les macédoniens, de langues
et de moeurs différentes, étaient profondément séparés des grecs par la structure du
pouvoir. Mais ils sont attirés par la civilisation grecque et s’y convertissent rapidement. Ils
sont parvenus à se faire admettre dés le 5è s. aux Jeux Olympiques. Ils rappellent descendre
du même dieu Héraklès, et cultivent l’art des poètes, des philosophes, des artistes grecs qui
ont trouvé aurpès des rois macédoniens une chaleureuse hospitalité. Ces ½ grecs se sentent
investis de la haute mission de défendre l’héllénisme. Ce sont eux qui pêcheront la croisade
contre les Perses, de plier sous leurs autorités des grecs divisés, les vrais grecs vraiment
divisés. Après avoir libérés les Cités d’Ionie soumis à la Perse depuis 2 siècles, enthousiastes,
+ grecs que les grecs, le roi de Macédoine Philipe II ruse : il veut le ralliement du monde grec
derrière un étendard commun et l’obéissance à une autorité unique :
1. Elle isolera Athènes
2. Puis l’absorbera au sein d’une ligue.

Philippe II fut poignardé en –336 (la reine Olympias ? son fils ?).
Son fils Alexandre lui succède (Alexandre Le Grand), reprend le pouvoir de son père et sa
mission trop tôt interrompue. Il soumet plusieurs Cités comme Thèbes, raye de la carte la
Boétie, et Athènes , sous le choc, devient obéissant. Ils partent en Perse en –334 : conquête
foudroyante ! Partout vainqueur il ne s’arrêtera qu’en –325 sur les bords de l’Indus. De retour
à Babylone, il meurt brusquement en –323.

La “Cité” disparut, avec lui le “citoyen”, sa raison d’être, et la fin suprême de son
existence. Abandonné, il laissa sa place à l’ “Individu”.
L’”Homme”, isolé, chercha les voies d’un réconfort. Les nouvelles sagesses, dont la
philosophie stoïcienne, lui apprendront à triompher de lui-même, à vaincre ses passions. De
multiples formules d’associations, funéraires, corporatives, religieuses, culturelles, viendront
au secours de l’individu que les monarchies n’écraseront pas.

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LA CITE ROMAINE

Le site de Rome : une longue et étroite plaine côtière court sur toute la longueur de
l’Italie avec une épine dorsale en son milieu, la chaîne de l’Apenin.

- La plaine occidentale est coupée par le Tibre


- Au Nord : confédération des Cités étrusques
- Au Sud : colonisation grecque.

Or, qui tient le Tibre est le Maître de l’Italie occidentale ! Ce site vital est destiné à
être soit l’enjeu de luttes répétées, lieu de batailles incessantes entre les puissances du N et
du S, soit le lieu d’implantation d’une Cité qui dominerait la totalité de l’Italie.

Par nature, ce site est un lieu de passage permanent, un lieu d’échanges ouvert, au
coeur d’une terre féconde (la plaine du Latium), au pied de la chaîne de l’Apenin.
Rome est une Cité de laboureurs-éleveurs, un peuple de la terre, et non de marins. Sur ces
terres susceptibles d’extension, en perpétuelle progression, les liens de dépendance
personnelle (liens de clientèle) s’épanouissent. La grande propriété peut s’y développer, source
naturelle d’inégalités et d’une hiérarchie des fortunes.
La structure inégalitaire de la société romaine, divisée en strates rigides et stables
(selon la stabilité financière) est très loin du ferment égalitaire d’une flotte de marins.
La plaine du Latium est soumise à des menaces d’invasion perpétuelles à la démographie
excessive que les terres arides ne peuvent nourrir. Entre ces populations à l’habitat dispersé
et Rome enrichie du contact civilisateur de l’Etrurie et de la Grèce, c’est une lutte sans merci
qui se déroulera : l’un des 2 adversaires doit disparaître au profit de l’autre, ce qui se
produira progressivement au profit de Rome. Par nécessité, la Cité de Rome, pour survivre,
devra lutter contre le N, le S et l’Est, ce qui se termine par l’absorption de l’ennemi déchu.
Pour défendre sa position stratégique, Rome a besoin de forces. Dés ses origines, la Cité
s’affirme comme un lieu d’asile, accueillant tous ceux, même étrangers, qui sont attirés par le
site, sa citoyenneté, le commerce.
A la différence des Cités grecques, Rome a recouru à tous les procédés pour s’étendre
numériquement : le mariage, la résidence prolongée, les concessions massives à des étrangers,
l’absorption de territoires et populations conquis, l’affranchissement des esclaves. La
citoyenneté romaine tolère une grande autonomie locale : les peuples incorporés, bien que
devenus romains, conservent leur administration locale, leurs cultes indigènes, leur langue
(étrusque, grec, italique...). La “civitas Romana” peut devenir universelle.

Les citoyens du monde antique


Il y a les citoyens et les autres. Les “autres” sont les exclus : femmes, esclaves,
étrangers, à Athènes comme à Rome.

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COMMENT VIVAIT-ON A ROME ?

Qu’est ce qui a fait des Romains ce qu’ils étaient ?

Les premiers Romains étaient des agriculteurs dans une terre hostile. De leurs
ancêtres pionniers, les Romains héritèrent le respect de la force et de la discipline, de la
loyauté, de l’assiduité au travail, de la frugalité et de la tenacité. Les valeurs anciennes ont
toujours dominé leur façon de voir. Le Romain devait fidélité aux Dieux, à l’Etat et à la
Famille. En droit, le pater familias ou chef de famille, avait le pouvoir absolu sur les membres
de sa maison. Pour le Romain, il n’est pas difficile de passer du concept pater familias à celui
d’un Etat autoritaire, et finalement à celui d’un empereur tout puissant.

Dans les récits des Romains, le Romain apparaît avec une cruauté impitoyable, tels les
combats sanglants de gliadiateurs, ou nous le montre pratiquant la débauche…
Suétone, Juvénal et Tacite ont décrit en termes crus la dépravation et la corruption de la vie
romaine. Suétone parlait des cercles les + décadents qui gravitaient autour de la Cour
Impériale ; Juvénal pratiquait la satire sur des cas exceptionnels ; Tacite, républicain non
réadapté, regrettait les temps passés.
En revanche, d’autres sources nous montrent la majorité des Romains menant une vie
repectable, conscients de leurs responsabilités. Le Romain était convaincu qu’il faisait partie
d’une élite dotée par les dieux d’un mandat de grandeur, appuyé sur les légendes retraçant les
prouesses de ses ancêtres ; il connaissait très bien ces récits transmis oralement, pour lui –
comme Virgile, Horace, Tite-Live. Tite-Live raconte l’histoire romaine en insistant sur le fait
que les romains étaient invincibles. Il raconte qu’il est aussi naturel pour les Romains de
gagner des batailles qu’il est normal pour l’eau de couler en aval. Quand le contraire se produit
à l’occasion, une explication est demandée. On l’interprêtera comme un châtiment divin pour
avoir transgresser les lois, et donner une leçon destinée à maintenir les Romains alerte et
fortement disciplinés ; les chroniques des succès romains étaient conçues comme une charte
destinée au culte du patriotisme. Toute cette littérature inspirée et nationaliste ne faisait
qu’illustrer les vertus chères aux Romains : la bravoure, la simplicité, la moralité.

Rome, la ville universelle

La ville de Rome s’étendit depuis les 7 petites collines sur le bord du Tibre jusqu’à
englober un empire de plusieurs millions de km2. Dans le village des légions romaines, venaient
des gouvernements et des fonctionnaires civiles, des architectes et des marchands. Ils
remodelaient le monde à l’image de Rome : dans les villes grouillantes de l’orient
méditerranéen et des rudes provinces germaniques, des citoyens de tous les coins de l’empire
déambulaient le long des voies romaines. Mais Rome aussi changeait. Dans ses boutiques, on
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vendait de l’esturgeon de la mer Noire, des plumes d’autruche d’Afrique… Rome devenait la
ville la + cosmopolite, alors que les villes de Syrie, d’Afrique du Nord et de Gaule devenaient
des Rome à échelle réduite, reliées entre elles par le lien d’un gouvernement commun et par un
vaste réseau de grandes routes. Des itinéraires donnaient la liste de 300 voies principales à
travers l’Europe.

Les empereurs romains firent de leur capitale une ville de monuments. Des ouvrages
publics massifs, contrastant violemment avec les habitations croulantes, étaient le signe
extérieur du pouvoir impérial. Auguste restaure 82 temples. Verpasien construit le Colisée,
Trajan édifie une colonne d’une hauteur démesurée, et son propre forum, le Forum Romanum,
qui devint le centre de Rome, le carrefour principal, parcouru toute la journée par les
sénateurs, prêtres, hommes d’affaires, acheteurs et colporteurs, tous à pied. L’architecture
monumentale du Forum fut copiée partout où parvenait la domination de Rome, les villes de la
Grande Bretagne jusqu’à l’Egypte, étaient centrées autour de structures similaires.
Dans le domaine de l’architecture, les Romains reprirent à la Grèce les colonnes
doriques, ioniques et corinthiennes et aux Etrusques, l’arc. Ils visaient à dépasser les Grecs
et les Etrusques. Les Romains furent des constructeurs grandiloquents et vantards.
Les architectes de Rome furent les premiers à utiliser le ciment, matériau bon marché,
malléable. Ainsi, ils étendirent l’arc étrusque jusqu’à en faire des viaducs, des acqueducs, des
arcs de triomphe et des coupoles gigantesques comme celle du Panthéon.
Pour faire place à la beauté, le ciment était masqué par un revêtement de marbre,
briques, tuiles, cailloux, stuc ou plâtre. La coupole du Panthéon était couverte de bronze
doré, de manière à ce que son éclat put être vu de tous les coins de Rome.

Bien-être et splendeurs dans les faubourgs

Juvénal laissait entendre qu’aucune maison à Rome n’était à l’abri des bruits de la ville.
Les riches cherchèrent le calme dans des propriétés de campagne ou des villas à l’extérieur
de Rome. Les habitations devinrent souvent des centres florissants de la vie patricienne. Des
sénateurs apportèrent des œuvres d’art dans leurs villas, dînaient dans de la vaisselle d’or et
offraient à leurs hôtes des spectacles dispendieux.
L’empereur Hadrien, assidu des manières grecques, contruisit près de Tivoli une villa
somptueuse avec des théâtres imposants, des bibliothèqes et des bains. Il façonna le paysage
par des jardins, des bosquets, des bassins et des copies de statues célèbres, grecques et
égyptiennes. Il fit même creuser un canal pour imiter le Nil. Dans les villes de l’est
méditerranéen (que les romains appelaient l’ « orient ») plusieurs villes avaient déjà un vernis
de civilisation grecque. C’est sur cette couche que Rome vint superposer ses édifices
impériaux, ses constructions publiques et ses cirques. A Antioche, capitale de la Syrie et ville
d’étape pour les généraux romains qui faisaient une tournée en Orient, la rue principale était
pavée de marbre et ses arcades étaient éclairées la nuit.

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Du village à l’Empire

« Va ! annonce aux Romains que c’est la volonté du ciel que ma Rome soit la capitale du
monde ! » parole de Romulus, fondateur légendaire de Rome – d’après Tite-Live, historien
romain.

En 500 ans, un peuple rude, tenace, établit une république, conquit la péninsule
italienne et étendit sa domination à l’est et à l’ouest au point d’englober la plupart des pays
autour de la Méditerranée. Après quoi, il fut le Maître d’un empire qui dura 5 autres siècles.
Le site de Rome était probablement occupé par des tribus préhistoriques vers la fin du
IIème millénaire avant JC. Vers –800, le peuple des Etrusques (venu d’Asie mineure)
débarqua sur la côte italienne et pénétra à l’intérieur des terres. Ils ont laissé des vestiges,
qui ont montré qu’ils étaient hautement civilisés, aimant la musique et la danse, experts dans
l’art de la guerre et doués d’une certaine aptitude à gouverner. Ils étaient marchands et
négociants et dominaient des Alpes du Nord jusqu’à Salerne au sud. Là, ils furent arrêtés par
les colons grecs qui s’étaient établis dans le sud et en Sicile. A cette époque, Rome, d’une
communauté de tribus devint une ville, puis une république. L’« imporium », autorité suprême,
était mis entre les mains de 2 consuls. Système de droit très élaboré.
Vers –287, Rome commença à étendre son influence sur toute l’Italie. Rome cherchait à
se protéger, le fit en neutralisant ses voisins, puis leurs nouveaux voisins et ainsi de suite…
Ainsi Rome s’allia ou soumit d’abord les villes proches dans la plaine du Latium, puis les tribus
italiotes plus distantes et les Etrusques. Au début –Ivème s. Rome était devenue la ville la +
importante de l’Italie centrale.

En –390, des Gaulois barbares avaient mis la ville à sac et il a fallut ½ siècle pour que la
ville se rétablisse. Puis les Romains reprirent leur politique de neutralisation sur leurs
frontières, avançant vers le Sud, jusqu’au moment où ils se heurtèrent aux colonies grecques,
au pied de la péninsule, et une guerre importante s’engagea contre Pyrrhus, puissant roi
d’Epire, qui leur infligea une terrible défaite où Rome perdit 7000 hommes et Pyrrhus 4000.
2ème bataille : Pyrrhus vainqueur ! Finalement, les Romains finirent par battre Pyrrhus qui s’en
retourna chez lui, laissant Rome maîtresse de toute la péninsule apennine.
Cette victoire donna à Rome une puissance de 1er plan et inévitablement la mit en
conflit avec Carthage, puis par la suite avec les 3 grands royaumes hellénistiques issus des
dépouilles de l’Empire mondial de Alexandre de Grand, royaume des Ptolémées en Egypte,
royaume des Sélencides en Syrie, et royaume de Macédoine, fief d’Alexandre. Rome,
trouvant qu’il était impossible de vivre dans un monde d’égaux, pensait que les 4 autres grands
Empires constituaient des dangers pour elle, et employa les siècles suivants à tenter de les
neutraliser.

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Les Spectacles

Des spectacles brutaux étaient organisés par le gouvernement :

- au Colisée : combat de gladiateurs contre des bêtes sauvages, ou contre d’autres


gladiateurs

- au Circus Maximus, encore plus grand : jeux de conducteurs de chars, les combats
traditionnels cités ci-dessus.

Le but principal de ces jeux état de divertir les foules menaçantes des chômeurs
romains, très nombreux. Ces chômeurs désoeuvrés ne s’intéressaient qu’à deux choses : aux
allocations publiques et aux jeux du cirque. Les empereurs trouvaient des occasions pour des
fêtes, si bien que + de la moitié des jours de l’année étaient fériés. Les pauvres trouvaient
dans ces spectacles (gratuits) un dérivatif pour des passions qui, autrement auraient pu se
tourner contre l’Etat.

Un grand nombre d’animaux sauvages luttaient et mouraient dans des arènes romaines.
Le massacre était immense. Pour assurer la fourniture aux arènes, les chasseurs parcouraient
les “provinces”. Les colons romains chassaient en Afrique du Nord. Les bêtes capturées
étaient enfermées dans des caisses à claire-voie pour le long voyage à Rome. La quantité
d’animaux capturés fut si grande que des espèces entières furent menacées de disparition :
le lion disparut de Mésopotamie, l’éléphant d’Afrique du Nord, l’hippopotame de Nubie.
Des gouverneurs coloniaux luttaient pour pouvoir répondre à la demande. Cicéron, qui
fut un moment gouverneur de Cilicie (une partie de la Turquie) protesta finalement quand il
reçut une commande de nouvelles panthères : ses chasseurs se plaignaient « d’être les seuls
êtres dans sa province à être persécutés ».

En Gaule, l’amphithéatre d’Arles comportait 26000 places. On construisait des arènes


partout dans l’empire car les gouverneurs trouvaient que la splendeur et la violence des jeux
étaient un moyen efficace d’impressionner les provinciaux. Il y avait des tournois d’animaux :
ours contre buffles, taureaux contre rhinocéros, etc… ou des combats inégaux : une armée
d’archers affrontant une horde de panthères, un gladiateur contre un lion, ou des courses de
chars tirés par des panthères…
La plupart des gladiateurs étaient des prisonniers de guerre, des esclaves, des
criminels qui passaient par un entraînement sévère, et la nuit qui précédait le combat, ils
avaient droit à un banquet plantureux au cours duquel des passionnés venaient contempler
leurs favoris, estimer les chances des uns et des autres. Un combattant superbe devenait une
idole populaire et pouvait même gagner sa liberté. Mais si un gladiateur fournissait un
spectacle, l’empereur tournait son pouce vers le bas et s’en était fini de lui.

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Le Rituel de la vie Quotidienne

Le 1er siècle de notre ère, pivot entre l’ancienne Rome et époque du début de l’empire
(1 empereur Auguste). Les citoyens romains étaient égaux devant la Loi, les couches sociales
er

étaient fortement marquées.

Trois classes parmi les romains libres :


- classe supérieure, les « nobiles » : détenteurs de charges héréditaires,
- les membres des Ordres Equestres : chevaliers, hommes dans les affaires.
- Les esclaves libérés : les plébéiens, les affranchis, ne jouissant pas de tous les droits de la
citoyenneté, formaient la majeure partie de la population.

La famille formait l’unité de base. Les Romains attachaient une grande importance à la
parenté. Le « pater familias » sera remplacé par le « Conseil de Famille ». Les garçons
recevaient une éducation, les filles une autre. Elles étaient parfois même + instruites que
leurs maris. A 16 ans, le jeune Romain se rendait au forum avec famille et amis pour y revêtir
la « togia virilis », le vêtement de l’homme ; on lui coupait les cheveux à la façon des hommes
et on le rasait pour la 1ère fois. Le garçon devenait adulte et citoyen romain.

Il continuait à s’instruire en apprenant la composition et l’art oratoire, au niveau


universitaire. L’école terminée, les Romains qui pouvaient s’offrir ce luxe, voyageaient au
centre de l’ancienne civilisation grecque, à Athènes particulièrement. Pendant le restant de
leur vie, ils continuaient à élargir le champs de leurs connaissances par des lectures assidues.
Un commerce intense de livres anciens avait lieu à Rome. Beaucoup de Romains possédaient
des bibliothèques privées, et il y avait un commerce florissant de livres rares. Il y avait
également des bibliothèques publiques au 1er s., mais les 2 fondées par Auguste étaient les +
magnifiques et les mieux fournies avec leurs sections séparées de livres grecs et d’ouvrages
latins. Les ouvrages, écrits en colonnes sur des rouleaux de papyrus étaient rangés dans des
étagères avec des étiquettes permettant de les identifier. Au IVème s. la ville avait 29
bibliothèques publiques.

Il faut parler de la relation entre le patronat et la clientèle, c-à-d une relation qui
demandait à un grand nombre de Romains de classe provilégiée d’assurer une obligation visant
au bien-être de certains de leurs inférieurs nécessiteux mais utiles, telles que protection
légale et défense devant les tribunaux, voire même une contribution à la dote de sa fille. En
contre-partie, le patron recevait le soutien politique du client, ainsi qu’une manifestation de
gratitude et de respect chaque fois que les 2 se rencontraient. Certains amateurs riches
patronaient des artistes et des auteurs.
Les femmes étaient exclues de cette relation comme de beaucoup d’autres institutions.
Bien que + affranchie que la femme de la Grèce antique, elle faisait « partie » de la maison.
C’est tout. La femme romaine de haut rang était surtout une surveillante et avait des esclaves
pour les travaux journaliers.

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L’Habitat

La pièce d’apparat dans l’habitation d’un Romain était l’atrium ; elle avait une ouverture
dans le toit nécessaire à l’entrée de la lumière et de l’air, et permettait à la fumée du foyer
de s’échapper. Puis le foyer fut remplacé par un bassin recueillant l’eau de pluie.
C’est l’aspect intérieur d’une maison, non son apparence extérieure, qui importait aux
Romains. Il n’y avait pas de fenêtres donnant sur la rue, et beaucoup de Romains
augmentaient leurs revenus avec les loyers perçus des locations d’échoppes et petits
appartements construits contre les murs extérieurs, qui, sinon n’auraient pas été utilisés.
L’intérieur de l’espace qu’il occupait pour lui-même était décoré avec des mosaïques au
sol et des peintures de scènes mythologiques grecques aux murs. De même, les peintres
décoraient des villas, basiliques, auberges, selon des techniques enseignées par des artistes
grecs. Les mythes grecs fournissaient des sujets à beaucoup de peintures romaines. Ils
représentaient des dieux avec des visages romains et dans une mise en scène romaine.
Le mobilier était rare : lit, chaises, table, candélabres, armoires… simple mais
richement décoré d’or et d’ivoire.
Le dîner était l’événement le plus important dans la vie sociale romaine. Dans la salle à
manger d’apparat, il y avait 3 lits de repos, assez grands pour recevoir 3 hôtes accoudés.
Pendant les repas somptueux, les invités étaient divertis par des amuseurs professionnels.
Chaque invité avait son propre serviteur qui veillait à son confort. On changeait les tables
transportables qui apportaient de nouveaux plats. Le serviteur lui lavait les mains entre les
différents plats ; A la fin de la réception, le serviteur aidait l’invité à remettre ses
chaussures et lui éclairait la rue quand il rentrait chez lui ; il était de bon ton que l’invité qui
s’en allait, importait avec lui quelques friandises.

Les Romains ne prenaient pas de petit-dèj. Ils prenaient leur repas principal à midi. Par
la suite, ils déjeunèrent des restes du dîner de la veille puis prenaient leur repas principal en
soirée. Ils mangeaient peu de viande (mouton ou porc), aimaient les légumes et les fruits ; les
généraux en service dans les pays lointains mettaient un point d’honneur à introduire de
nouveaux fruits et nouvelles espèces.

Les jeux  dés, jeux du cirque, théâtre, courses aux animaux, gladiateurs. Les
spectacles de gladiateurs étaient fréquents et duraient longtemps de l’aube au crépuscule et
étaient gratuits. Il n’y avait pas de sports par équipe.
Autres divertissements : les bains publics (lire Sénèque). Dés -2ième s. les
établissements balnéaires étaient de plus en plus soignés et perfectionnés. On y trouvait des
bains, mais aussi des jeux, conférences, concerts, des endroits où l’on pouvait flâner et
discuter. Les bains étaient un des centres de la vie sociale à Rome et un des grands triomphes
de la science architecturale du IIIè s. de notre ère. Ils formaient un vaste ensemble
d’établissements d’affaires et de divertissements. Il y avait des bains froids ( frigidarium),
des bains chauds (tepidaria) et des bains de vapeur (calidarium). Des aqueducs amenaient des
milliers de litres d’eau depuis les montagnes jusqu’à cet ensemble. L’eau pour les tepideria et
le calidarium était chauffé par des foyers à bois souterrains ; les terrains étaient décorés de
jardins, de péristyles et de statues.

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La ville
La plupart des rues résidentielles ne portaient pas de nom et aucune maison n’avait de
numéro. Un guide était nécessaire à tout étranger. Il n’y avait pas de trottoirs ; les rues
étaient étroites et grouillaient de monde. Les détritus étaient jetés par la fenêtre ! La nuit,
les rues n’étaient pas éclairées. Les chars, les voitures de commerçants et autres véhicules
lourds les remplissaient.
Les voyageurs hors de la ville, accompagnés de leurs esclaves et serviteurs
préféraient dormir dans leurs voitures ou sous une tente dressée sur le bord du chemin,
plutôt que dans une auberge sans confort et sale. Où bien chez un ami se trouvant sur la
route. Il existait un système social d’ « hospitium » (= amitié hospitalière) qui ressemblait à
l’appartenance à des loges maçonniques ; elles se sentaient obligées de s’offrir mutuellement
la protection et l’hospitalité quand elles étaient en voyage.

Les Maîtres de la guerre


« Qui désire la paix doit se préparer à la guerre ». Végèce. Traité de l’art militaire.
L’armée permanente de Rome fut inégalée pendant plusieurs siècles. Ils s’inspirèrent des
macédoniens, des carthéginois, des espagnols. Mais la force réelle de l’armée résidait dans
ses hommes. Les Romains étaient nés pour la guerre. L’aristocratie fournit de brillants
généraux comme Jules César et Pompée ; le peuple fournissait l’infanterie intrépide ; Ils
étaient experts dans la guerre du siège (ex ; Avaricum = Bourges) et l’art de manœuvrer leurs
troupes sur le champ de bataille.

La Religion

Complexe et formée d’apports multiples et divers : latins, grecs, étrusques. Tout au


long de son histoire, Rome est demeurée largement ouverte aux courants religieux les plus
divers et les croyances n’ont jamais eu l’exclusivisme d’une religion révélée. Les divinités et
les rites grecs et étrusques vont entrer en foule dans la cité romaine. Il sera souvent
difficile de savoir si les cérémonies et les dieux de l’Hellade sont venus directement de
Grande Grèce ou passés par les Etrusques. Les diverses cérémonies du culte, prières,
offrandes et sacrifices ont pour but essentiel de maintenir la paix et l’entente entre la cité
et les dieux. Le mort, pensait-on, continuait à mener une vie ralentie dans l’outre-tombe, et il
fallait, pour alimenter cette flamme affaiblie, le vin des offrandes et le sang des sacrifices.
La piété à l’égard des disparus imposait donc des soins et un culte funéraire attentifs, sinon
les morts pouvaient devenir redoutables pour les vivants et leurs ombres errer sur terre,
insatisfaites et dangereuses. C’est le chef de famille et le roi pour l’Etat, qui assumait le
service des dieux. Le droit romain a commencé par être empreint de caractères religieux et
magiques. Le roi est souverain juge dans l’Etat, le père de famille a une autorité absolue sur
les siens. La cité est divisée en trois tribus qui portent des noms d’origine étrusque ; chaque
tribu comprend dix curies et chaque curie dix décuries. Cette répartition facilitait la levée
des troupes (legio). Chaque tribu fournissait 1000 fantassins et 100 cavaliers à l’armée.

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De grands chefs barbares, Alaric, Attila, Clovis et Théodoric,
déferlent sur l’Italie et sur d’autres parties de l’Empire en
Occident qui sombra dans le chaos d’une époque qui est celle du
Haut Moyen Age.

La phase suivante est la Renaissance avec ce renouveau de


l’étude et de la culture qui se développa en Italie et en d’autres
pays à partir de 1400.

La redécouverte de la littérature et de l’art de l’Antiquité


grèco-romaine, restés enfouis pendant tant de siècles sous les
ténèbres de l’ignorance, marqua la fin du Haut Moyen Age.

Entre le vieil Empire de Rome (chute au VI è. siècle) et la


Renaissance (16è siècle), s’intercale la grande aventure de Byzance
qui, pendant près de 10 siècles, constitue un trait d’union capital
entre l’Antiquité et le monde moderne, basé sur l’évolution de
l’Empire Romain et la naissance du christianisme.

L’Empire d’Occident a succombé. La cause est à l’extérieur.


Ce sont les invasions qui ont entretenu l’insécurité, accru la
pression fiscale, alourdi les contrôles, écrasé les faibles, bloqué les
échanges et poussé au repli. Un Etat s’est écroulé.
Mais sur ces ruines renaîtra une nouvelle monarchie
universelle, oeuvre des Carolingiens.

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LA LITTERATURE DE LA ROME ANTIQUE

Tous les romains instruits ont été influencés par la littérature grecque jusqu’au
IIIème siècle av. JC. Ensuite, ils ont développé un style littéraire qui leur était propre,
donnant une littérature superbe, une des meilleures que le monde ait jamais connues. Ils
furent de brillants innovateurs dans la poésie didactique, l’histoire et la satire. Ils laissèrent
un héritage dans lequel l’Europe a pu puiser pendant plusieurs siècles.

Le premier à employer la langue latine dans les arts littéraires a été un grec, Licius
Andonicus, ancien esclave devenu dramaturge et poète. Il a traduit « l’Odyssée », et autres
drames grecs. Ciceron, lui, écrivait des discours qui sont les plus beaux spécimens de l’art
oratoire romain. Ses traités sont des modèles de lucidité et de maîtrise de la langue. Ses
lettres offrent une vue fascinante sur la politique romaine au 1er siècle av.JC. Ses lettres
(env.800) son sages, spirituelles, drôles, ambitieuses, égocentriques, habiles, patriotiques.

A la mort de Jules César en 44 av.JC, Cicéron lutta contre son successeur Marc
Antoine qui décréta sa mort. Cicéron, 63 ans, dû se réfugier à la campagne ; il voulut quitter
l’Italie, et se laissa assassiner avant d’embarquer. Jules César aussi était excellent écrivain,
dans un style de rapport militaire, très clair et puissant. César et Cicéron se renvoyaient des
compliments sur ce qu’ils écrivaient.

Il y avait aussi :

- Lucrèce, philosophe, terne et plein de grandeur, qui influença profondément son


successeur direct, Virgile.
- Catulle, romantique, tout en sensibilité et passion retenue.

- Ensuite, Horace, Tite-Live et Virgile marquent le début du demi-siècle le plus


éblouissant dans l’histoire de la littérature romaine.

L’empereur Auguste, instruit et de bon goût, avec un de ses amis, Mécène, riche
protecteur des arts, aidaient et protégeaient des artistes dont Virgile et Horace. Mécène
encourageait les poètes à écrire sur des thèmes qui étaient agréables ou utiles à Auguste.
Virgile, Horace, Tite-Live produisirent donc des œuvres destinées à remplir les Romains de
fièreté patriotique et à les ramener à l’ancienne moralité romaine.

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Virgile, a écrit les « Géorgiques », 4 livres de vers techniquement parfaits sur
l’agriculture, en accord avec le désir d’Auguste d’en faire une occupation plus attrayante. Puis
il travailla pendant 10 ans sur l’ « Enéide » (12 livres), chant épique racontant la fondation de
Rome qu’il ne terminera jamais. Il mourut sur le chemin de retour d’un voyage de Grèce.
L’Enéide raconte le voyage plein d’aventures d’Enée et de son groupe de Troyens, de Troie
jusqu’en Italie (6 premiers livres) puis relate la conquête du Latium par les Troyens et la
fondation de la nation (6 derniers livres).

Tite-Live retrace aussi l’histoire de Rome de sa fondation en 753 av.JC à la mort de


Drusès en 9 av.JC, au cours de sa campagne en Germanie. Récit brillant mais pas exact ni
précis.

Horace , l’écrivain le plus proche de Mécène, vanta les traditions romaines et les vertus
d’Auguste : style de la conversation, ton jovial, satire incisive – « Dis-leur la vérité avec un
sourire » était sa devise. Sa meilleure œuvre sont ses 4 livres d’ « Odes » couvrant une
variété presque infime de sujets : l’amour, l’amitié, les conseils aux jeunes, etc…

Il y avait d’autres poètes, qui ne chantaient pas les louanges de la Rome impériale, mais
qui se consacraient surtout à l’exploration de leur propre sensibilité = Ovide, Gallus, Tribulle
et Properce.

Le plus prolifique, émouvant et spirituel est Ovide. Ses 3 premiers livres sont :

- « Héroïdes » série de lettres en vers,


- « Métamorphoses », son œuvre ; il raconte à sa façon les histoires de la mythologie
classique. Jeu admirable d’imagination et de gaïté qui commence à l’aube de la création
et finit par la métamorphose de Jules César en une étoile.
- Les « Tristes » et les « Pontiques » écrit en éxile pendant 10 ans à Tomi sur la mer
Noire.

La dernière période importante dans la littérature romaine dura 124 ans du règne de
Tibère jusqu’à celui d’Hadrien. Elle fut caractérisée par des écrits d’auteurs qui s’occupaient
davantage du style que du contenu, se passionnaient pour la phrase inhabituelle, le trait
d’esprit calculé, ce qui était tout à fait artificiel et encourageait la médiocrité.

Sénèque, stoïcien, appelé le « philosophe », illustre le mieux cette époque en ce qu’elle


avait de meilleure et de pire. Ils inspirèrent les auteurs dramaturges de l’Angleterre
élisabéthaine qui se sentirent attirés par de grandes passions et les morts violentes (les
tragédies de Shakespeare doivent beaucoup aux drames torturés et macabres de Sénèque
(ex. Agamemnon). Sénèque était aussi juriste, vigneron, prêteur d’argent ; il était millionnaire.

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Sénèque servit l’empereur Néron en occupant des postes clés dans le gouvernement). Il
a écrit les « Dialogues », sujets philosophiques, et plusieurs volumes de « Lettres à Lucilius ».
Accusé par Néron de complicité contre le trône, il dût se suicider en s’ouvrant les veines et
laissant sa vie s’écouler avec son sang.

A cette époque, il y eut aussi Pétrone, conseiller de Néron sur les Arts, sorte de
bellâtre qui se mouvait dans les cercles riches de la Cour ; il a écrit « Satiricon », roman
picaresque, curieux mélange de réalisme, de pornographie et de critiques raffinées d’art et
de littérature. Le passage le plus connu « le festin de Trimalcion » récit cocasse et désopilant
racontant les efforts d’un ancien esclave enrichi en vue de devenir un personnage élégant.

Martial et Juvénal
Martial se montrait mordant et détaché.
Juvénal était indigné, obsédé par l’immoralité de la société romaine, et intolérant à
l’égard de l’imbécilité humaine en général.
A la même époque, Pline, savant remarquable, publia une étonnante « Histoire
naturelle » en 37 vol. sur les hommes et les bêtes, les pierres et les étoiles, la médecine et la
magie. Il mourut d’asphyxie en observant de trop près l’éruption du Vésuve.
Pline-le-Jeune, se trouvait près de Pompéi le jour d’éruption du volcan le 24 août 79
ap.JC et a décrit l’événement.

Les historiens Tacite et Suétone furent les derniers écrivains importants de cet âge
d’argent :
- Tacite avait un souci intense de la moralité. Il a écrit les « Annales » qui couvrent la
période qui va de la mort d’Auguste au règne de Néron, et les « Histoires » qui vont de la
mort de Néron à la mort de Danitien. Il idéalise la République et accuse le régime impérial
de tous les méfaits. Il détaille extraordinairement les atrocités commises par les
personnages qui avaient ou convoitaient le pouvoir impérial : plusieurs empereurs nous
apparaissent comme des monstres : Tibère y est un libertin morose, Claude un instrument
entre les mains de sa femme, Néron un dégénéré cultivé.

- Suétone, de 14 ans le cadet de Tacite, était secrétaire de Hadrien et avait accès aux
registres officiels pour ses « Vie des douze Césars », recueil de biographies des
souverains, de Jules César à Domitien. Ses récits cancaniers accordaient plus d’attention
aux manies personnelles et aux intrigues d’antichambre qu’à la politique et aux
programmes.

Au cours du 1er siècle de notre ère, la qualité de la littérature romaine baissa


brusquement ; un seul auteur mérite d’être mentionné, Apulée. Son livre « L’âne d’or » est un
curieux mélange de phylosophie, d’aventures, d’amour et d’obscénités.
Par la suite, à de rares exceptions près, la littérature latine allait dégénérer dans
l’ennui.

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ANNEXES

1. L’EMPIRE A SON APOGEE

2. LISTE DES EVENEMENTS AYANT MARQUES DANS L’HISTOIRE


ANCIENNE DE ROME

3. LES HOMMES QUI GOUVERNERENT L’EMPIRE

4. LES ROMAINS IMMORTELS

5. LES ROUTES DES INVASIONS BARBARES

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LEXIQUE

LES GUERRES PUNIQUES


Guerres contre Carthage. “Punique”, nom dérivé de Punicus, nom des 1ers colons fondateurs de
Carthage.

HANNIBAL
Dans la 2ème guerre punique, Hannibal traverse l’Espagne et les Pyrénnées, la Gaule et les Alpes
à dos d’éléphants avec son armée pour entrer et conquérir l’Italie (Hannibal ne voulait
combattre que sur terre !).

LA GAULE CISALPINE
L’Italie de Bologne aux Alpes : possession gauloise.

LA GAULE TRANSALPINE
La Gaule au-delà des Alpes : nous !

SOURCES

- “Nos ancêtres les Romains” de Roger Hannoune et John Scheid – Ed. Découvertes
Gallimard.
- “La Rome Impériale” série les Grandes Epoques de l’Homme. Ed. Time Life.
- “Byzance” série les Grandes Epoques de l’Homme. Ed. Time Life.
- “Institutions politiques et sociales de l’Antiquité” de Michel Humbert. Ed. Dalloz.
- “Les Etrusques – La fin d’un mystère” de Jean-Paul Thuillier - Ed. Découvertes Gallimard.

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REMERCIEMENTS

Je souhaite remercier en premier lieu, et tout


particulièrement, Papa et Maman qui m’ont permis, lors de
mes dernières vacances à Pertuis, de bénéficier de toute la
tranquilité, de tout le calme et de tout le temps qui
m’étaient nécessaires pour pouvoir enfin lire et mettre à
profit les notes que je prenais pendant que Maman peignait
et que Papa faisait sa sieste méditerranéenne bien méritée !

Je remercie encore une fois Maman de toute


la patience dont elle a fait preuve à m’écouter lui “raconter”
ce que je venais de lire sur les Romains de l’Antiquité, sans
que cela la perturbe pour autant, ce à quoi je m’inquiétais au
plus haut point, parcequ’elle réalisait pendant ce temps, un
“Boudin” magnifique que je lui avais commandé, d’un format
exceptionnel pour le sujet, et que j’ai l’extrême plaisir de
contempler tous les soirs avant de m’endormir.
Maman merci !

Je remercie Amanda de m’avoir écoutée


attentivement lors de la conception de mon projet et de
m’avoir aidé en m’approvisionnant de livres extrêmement
intéressants, et qui correspondaient exactement à ce que
je cherchais. J’ai eu enfin les réponses aux questions que je
me posais ...
Amanda merci !

Je remercie enfin Audrey de m’avoir


judicieusement conseillée dans la réalisation de ce projet
(elle fourmille toujours d’une foule de bonnes idées) pour les
aspects esthétiques et techniques, où elle est devenue
Expert, grâce à l’IMHI.
Audrey merci !

Ce fut un réel plaisir pour moi de réaliser ce


petit fascicule très succinct, et j’espère vous faire partager
ce plaisir en vous en adressant un exemplaire.
Merci encore à Vous tous !

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