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Bagnolet, le 28 Octobre 2010

21 Rue Jules Ferry

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93177 Bagnolet
Cedex

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uff@unsa.org

N/REF. JLB/CD Circ. 2010-24

Le projet de loi portant réforme des retraites voté

Chères amies, chers amis,

Malgré les fortes mobilisations des récentes manifestations, malgré l’opposition de


l’ensemble des organisations syndicales et le désaccord objectif d’une majorité de français (divers
sondages publiés), le Gouvernement s’est entêté à faire voter ce projet de loi de réforme des retraites
contre lequel l’UNSA s’est battu depuis le début, car il comprenait des mesures particulièrement
injustes pour les salariés.

Outre le fait qu’il n’y a eu aucune véritable négociation avec les organisations syndicales,
contrairement à ce que voudrait faire croire aujourd’hui la propagande gouvernementale, ce qui donne
une triste image de l’Etat des relations sociales dans notre pays, l’UNSA Fonction publique constate
que a loi votée le mercredi 27 octobre, sous prétexte d’une convergence public-privé, malmène une
fois de plus les fonctionnaires.

Le gouvernement entend faire des économies, cette réforme touchera particulièrement la


fonction publique et ses agents car certaines des mesures de cette loi vont provoquer à terme une
dégradation des pensions des femmes et de toutes les personnes ayant eu des carrières incomplètes.
Sans résoudre pour autant les problèmes d’équilibre financier identifiés, qui sont liés principalement à
des phénomènes conjoncturels (la crise économique et financière, notamment la situation actuelle de
l’emploi et l’augmentation du chômage) ainsi qu’à des aspects générationnels d’ordre démographique.

Le taux de cotisation des fonctionnaires a été réévalué dans la loi (il va passer de 7,85%
à 10,55% en dix ans). Dans un contexte de gel du point d’indice, cela se traduira inévitablement par
une baisse du pouvoir d’achat.

Les bornes d’âge (l’âge légal du droit au départ en retraite et l’âge du « taux plein »,
voyant l’annulation de la décote) ont été comme dans le privé reportées, tant pour les personnels en
service actif que pour les sédentaires. Il est à noter que l’âge d’annulation de la décote va ainsi passer
progressivement à 67 ans pour les agents en service sédentaire.

Tout débat de fond sur la notion de pénibilité et la dangerosité de certains métiers a été
refusé.
Les règles d’obtention du « minimum garanti » sont changées, les agents devront
désormais, pour l’obtenir, avoir les trimestres de cotisation exigés ou attendre l’âge du « taux plein ».

…/…
Le droit à un départ anticipé accordé (sous certaines conditions) aux parents de trois
enfants ayant quinze ans de service sera supprimé à compter de 2012.

Les agents pouvant déjà y prétendre conserveront certes ce droit mais les modalités de
calcul de la pension seront modifiées en profondeur, rendant à partir de 2011 le départ anticipé
difficile, pour ne pas dire impossible.

Nous devons rappeler à ce sujet que, pour conserver le mode de calcul actuellement en
vigueur, plus favorable, il faudra absolument se décider et déposer sa demande de départ anticipé en
retraite avant le 31 décembre 2010, pour un départ à envisager impérativement avant le 1er juillet
2011.

Par ailleurs, l’UNSA Fonction publique était intervenue en septembre dernier contre un
amendement de Mr Heinrich, député UMP, qui visait l’extinction de la CPA (Cessation progressive
d’activité). Vous pouvez relire à ce sujet la circulaire N° 2010-20.

Nous trouvions particulièrement absurde, alors que l’on voulait visiblement faire travailler
plus longtemps les agents, de supprimer la seule mesure permettant d’adapter la fin de vie
professionnelle. Cette option n’avait jamais été évoquée de plus par le Cabinet, en amont des travaux
parlementaires.

Suite à notre intervention, l’amendement n’avait pas été retenu, ni défendu en séance.
Mais nous venons de constater, comme il fallait le craindre, qu’il est revenu subrepticement dans la loi
votée. L’article 54 (page 45 du texte de loi) abroge en effet les décrets de 1982 relatifs à la CPA.
Seuls les personnels admis en CPA avant le 1er janvier 2011 conserveront l’accès à ce dispositif.

De telles méthodes sont condamnables et ne peuvent que rendre plus difficiles les futurs
débats qui vont s’engager prochainement dans la fonction publique (sur la santé et la sécurité au
travail, les agents non titulaires ou la rénovation du dialogue social). Comment pouvoir restaurer
désormais le climat de confiance nécessaire à ces échanges ?

Cette façon critiquable d’agir, dans un dossier aussi sensible que celui de la réforme des
retraites, a créé beaucoup de colère, d’incompréhensions et de frustrations, chez les agents des
services publics. Car chacun d’entre eux est conscient que cette réforme imposée par la force s’est
faite par le bas, au détriment des plus faibles pensionnés, qui en seront les premières victimes.

Bien cordialement.

Jean-Louis BLANC Elisabeth DAVID


Conseiller National Secrétaire Générale

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