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La grève est depuis le xixe siècle, une action collective consistant en une cessation

concertée du travail par les salariés d'une entreprise, d'un secteur économique,
d'une catégorie professionnelle ou par extension de toute autre personne
productive, souvent à l'initiative de syndicats. Cette action vise à appuyer les
revendications des salariés en faisant pression sur les supérieurs hiérarchiques ou
l'employeur (chef d'entreprise ou patron), par la perte de production que la
cessation de travail entraîne. Il s'agit d'une épreuve de force : le gréviste n'est pas
rémunéré2 alors que l'entreprise ne produit plus et perd de l'argent.

Le statut juridique de la grève est variable selon les pays, de l'interdiction pure et
simple (en particulier dans les dictatures), à l'encadrement réglementaire ou
législatif. Dans les pays où la grève est légale, elle est en général interdite à certaines
professions qui assurent les fonctions régaliennes de l'État ou des services publics
élémentaires
Le projet de loi organique no 97-15 définissant les conditions et les modalités
d’exercice du droit de grève

Ce projet de loi vise à organiser le droit de grève, de manière à contribuer à


encadrer et améliorer les relations entre les professionnels et garantir l’exercice du
droit de grève. Le texte assure un équilibre entre les intérêts des individus et des
groupes et concilie entre les droits et les devoirs, qui sont les fondements de l’Etat
de droit. Outre les expériences et les pratiques internationales, ce texte a été
élaboré sur la base des dispositions de la Constitution, notamment l’article 29, la
pratique nationale et la jurisprudence, les conventions collectives de travail et les
interprétations émanant de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le projet
de loi tient compte aussi de nombre de principes fondamentaux, dont l'éventualité
de recours à la négociation et à la réconciliation avant d’observer la grève. Parmi ces
principes, figurent aussi l’interdiction d’entraver l’exercice du droit à la grève et la
liberté de travail, l’établissement des droits et des obligations des parties lors de la
grève et la mise en place d’un délai de notification, outre le bannissement de toute
mesure discriminatoire en raison de l’exercice de ce droit ou le remplacement des
grévistes par des salariés n’entretenant aucun lien professionnel avec l’entreprise.
Est également considérée comme nulle et non avenue toute condition contractuelle
individuelle ou collective stipulant le renoncement au droit de grève.
Dès le début, le projet de loi souligne que le recours à la grève ne peut avoir lieu
qu'après échec des négociations internes, qui ne devront pas excéder 30 jours à
compter de la réception par l’employeur du cahier revendicatif adressé par la partie
appelant à la grève.
Sont considérés comme partie appelant à la grève: le syndicat le plus représentatif
ou celui représenté à l’échelle nationale, le syndicat le plus représenté au niveau de

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l’entreprise, le syndicat ayant récolté le plus fort pourcentage en termes de
délégués du personnel ou la majorité des salariés en cas d’absence d’une
représentation syndicale.
Obligations des uns et des autres
Parmi les principales dispositions du projet, on peut citer les suivantes:
-L’employeur ne peut procéder au remplacement des grévistes par des salariés
recrutés après la date de notification de la grève, que si les salariés de l’entreprise
ont refusé d’assurer le service minimum dans les services dits vitaux.
-Les salariés grévistes sont considérés en état d’arrêt temporaire de travail pendant
la période de grève et ne sont donc pas rétribués pour les jours non travaillés.
-Un délai de préavis de 15 jours est exigé. Ce délai est supérieur à la proposition de
la CGEM, soumise à la Chambre des conseillers le 26 janvier 2016 via son groupe
parlementaire et qui l’avait fixé à 10 jours ouvrables seulement. Ce délai est réduit à
5 jours si la grève est motivée par le non-paiement des salaires ou la présence d’un
danger pour leur santé ou leur sécurité.
-L’appel à la grève doit préciser les raisons qui la motivent, la date et l’heure
auxquelles débutera la grève et celles de sa fin, la durée et le lieu de la grève.
-En cas d’appel à une grève nationale, les autorités doivent être notifiées 7 jours
avant la grève.
-Si la grève est arrêtée ou annulée d’un commun accord, aucune grève ne peut être
déclenchée pour les mêmes motifs dans un délai d’une année suivant l’arrêt de la
grève.
-L’employeur ne peut procéder à une fermeture totale ou partielle de l’entreprise
que sur décision du juge en référé et cela si les grévistes portent atteinte aux biens
de l’entreprise.
Les personnes et catégories interdites de grève
- Les magistrats et les juges des tribunaux financiers;
- Les membres des forces armées royales et de la gendarmerie royale;
- Les agents de la sûreté nationale et des forces auxiliaires;
-Les fonctionnaires de l’administration territoriale,
- Les fonctionnaires et les auxiliaires de l’administration de la douane, porteurs
d’armes;
- Les fonctionnaires et les auxiliaires de l’administration pénitentiaire et de la
réinsertion;
- Les fonctionnaires et les auxiliaires de la protection civile;
- Les fonctionnaires et les auxiliaires des eaux et forêts, porteurs d’armes;
- Les personnes chargées d’assurer un service minimum;
- Les personnes chargées de veiller à la santé et à la sécurité professionnelle dans les
lieux de travail, durant la période de la grève.