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Groupes cycliques

Table des matières

1 Groupes monogènes et groupes cycliques 2

2 Sous-groupes d'un groupe cyclique 3

3 Indicateur d'Euler 4

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1 Groupes monogènes et groupes cycliques

Dénition Un groupe inni est dit monogène si il est engendré par un de ses élé-
ments.
Cet élément est appelé générateur de ce groupe.
Un groupe ni est dit cyclique si il est engendré par un de ses éléments.
Cet élément est appelé générateur de ce groupe.

Remarques 1)Tout élément d'un groupe monogène G=<g> est de la forme g n où


n est un entier.
2)Tout élément d'un groupe cyclique G=<g> d'ordre n est de la forme g m où m est
un entier compris entre 0 et n-1.
Montrons que g n =1 : si g n = g i avec i6=0 alors g n−i =1 avec n-i compris entre 1 et
n-1. Or l'élément neutre est unique dans un groupe, on a donc une contradiction.
D'où g n =1 et par conséquent, si k et m sont compris entre 0 et n-1 alors g k+m = g s
où k+m≡s mod n.
3)Un élément d'un groupe cyclique G d'ordre n est un générateur de G ssi son ordre
est égal à n.

Exemple 1)Z est un groupe monogène.


2)Tout sous-groupe de Z est monogène
3)Pour tout entier strictement positif n, Z/nZ est un groupe cyclique.

Propriété 1.0.1 Tout groupe monogène ou cyclique est abélien.

Démonstration Soient G=<g> un groupe monogène ou cyclique et g n et g m deux


éléments de G.
Alors, g n g m = g n+m = g m+n = g m g n .
D'où G est abélien. ♦

Proposition 1.0.2 Soient G et G' deux groupes et f : G → G' un homomorphisme


de groupes surjectif.
Si G est cyclique engendré par g alors G' est cyclique engendré par f(g).

Démonstration Comme G est ni, G' est ni car f est surjective (Card G'<Card
G).
Soit g le générateur de G. Comme f est surjective, tout élément de G' s'écrit sous la
forme f(g n ) où n est un entier compris entre 1 et |G| − 1. Comme f est un homomor-
phisme, f(g n )=f (g)n .
D'où G' est un groupe cyclique engendré par f(g). ♦

Corollaire 1.0.3 Soient G et G' deux groupes isomorphes.


Alors, G est cyclique ssi G' est cyclique.

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Démonstration Soit f l'isomorphisme de G vers G'. D'après la Proposition précé-
dente, comme f est surjective, si G est yclique) alors G' est cyclique.
Comme f −1 est surjective, si G' est cyclique alors G est cyclique.
D'où G est cyclique ssi G' est cyclique. ♦

Proposition 1.0.4 1)Un groupe monogène est isomorphe à Z.


2)Un groupe cyclique d'ordre n est isomorphe à Z/nZ.

Démonstration 1)Soit G=<g> un groupe monogène.


Alors, l'application ϕ de G dans Z dénie par ϕ(g n )=n est clairement un isomor-
phisme.
2)Soit G=<g> un groupe cyclique d'ordre n.
Alors, l'application ψ de G dans Z/nZdénie par ψ(g m )=m est clairement un isomor-
phisme. ♦

Proposition 1.0.5 Soient G et G' deux groupes cycliques d'ordre m et n respective-


ment. Si m et n sont premiers entre eux alors G×G' est un groupe cyclique d'ordre
mn.

Démonstration Soient g le générateur de G et g' le générateur de G'.


g est donc d'ordre m dans G et g' d'ordre n dans G'. Soit k l'ordre de (g,g') dans
G×G'.
(g, g 0 )k = (g k , g 0k )=(1,1) donc g k = 1 et g 0k =1.
D'où m et n divisent k.
Par suite, comme m et n sont premiers entre eux, mn divise k.
Or G×G' est d'ordre mn donc k est inférieur à mn.
D'où mn=k et donc (g,g') engendre G×G'.
G×G' est cyclique. ♦

2 Sous-groupes d'un groupe cyclique

Proposition 2.0.6 Tout sous-groupe d'un groupe monogène (respectivement cyclique)


est monogène (respectivement cyclique).

Démonstration Soit G un groupe monogène.


D'après la Proposition 1.0.4, G est isomorphe à Z par un isomorphisme ϕ.
Soit H un sous-groupe de G.
Comme ϕ est un homomorphisme, ϕ(H) est un sous-groupe K de Z. Or tout sous-
groupe de Z est cyclique donc, comme H=ϕ−1 (K), H est monogène d'après la Propo-
sition 1.0.4.
Soit G un groupe cyclique d'ordre n.
D'après la Proposition 1.0.4, G est isomorphe à Z/nZ par un isomorphisme ψ .

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Soit H un sous-groupe de G.
Comme ψ est un homomorphisme, ψ (H) est un sous-groupe K de Z/nZ. Or tout
sous-groupe de Z/nZest cyclique donc, comme H=ψ −1 (K), H est monogène d'après la
Proposition 1.0.4.

3 Indicateur d'Euler

Soit n un entier strictement positif.

Dénition On appelle indicateur d'Euler de n, et on note ϕ(n), le nombre d'entiers,


compris entre 1 et n, premiers avec n.

Exemples 1)ϕ(6)=2.
2)Si p est un nombre premier, ϕ(p)=p-1.

Proposition 3.0.7 Z/nZ admet ϕ(n) générateurs.

Démonstration On a vu dans la Section consacrée au groupe Z/nZ qu'un élément


x de Z/nZ génère un sous-groupe d'ordre n/pgcd(n,x).
D'où, x génère Z/nZ, groupe d'ordre n, si et seulement si pgcd(n,x)=1.
Par conséquent, Z/nZ admet ϕ(n) générateurs. ♦

Corollaire 3.0.8 Z/nZ possède ϕ(d) éléments d'ordre d.

Démonstration Un élément x de Z/nZ est d'ordre d si et seulement si il engendre


un groupe d'ordre d c'est à dire si et seulement si il est générateur de l'unique (cf
section sur le groupe Z/nZ) sous-groupe H de Z/nZ d'ordre d. D'après la Proposition
1.0.4, H est isomorphe à Z/dZ.
D'où, d'après la Proposition 1.0.2, les générateurs de Z/dZ sont en bijection avec les
générateurs de H.
Par conséquent, le nombre d'éléments de Z/nZ d'ordre d est égal au nombre de géné-
rateurs de Z/dZ c'est à dire ϕ(d) d'après la Proposition précédente. ♦

P
Proposition 3.0.9 n= d|n ϕ(d).

Démonstration Regroupons les éléments de Z/nZ selon leur ordre.


On a vu Pdans la section sur le groupe Z/nZ, que l'ordre d'un élément divise n. On a
donc n= d|n Card {éléments d'ordre d}.
P
Mais, d'après le Corollaire précédent, Card {éléments d'ordre d} = ϕ(d) donc n= d|n ϕ(d).

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Proposition 3.0.10 Si f est un automorphisme de Z/nZ alors f(1) est un générateur
de Z/nZ.

Démonstration Soit f un endomorphisme de Z/nZ .


Pour tout entier s compris entre 1 et n,
f(s)=f(s.1)=f(1+ ... +1)=f(1)+ ... +f(1)=sf(1).
D'où, f est déterminé par f(1).
Supposons maintenant que f est un automorphisme. f est donc surjective.
Alors, comme 1 engendre Z/nZ, f(1) est un générateur de Z/nZ d'après la Proposition
1.0.2. ♦

Corollaire 3.0.11 Le nombre d'automorphismes de Z/nZ est égal à ϕ(n).

Démonstration Le nombre d'automorphismes de Z/nZ est égal au nombre de gé-


nérateurs de Z/nZ c'est à dire ϕ(n). ♦

Remarque Si n et m sont des entiers distincts, il n'y a pas d'isomorphismes entre


Z/nZet Z/mZ puisque ces deux groupes ont des cardinaux diérents.