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Bobine à noyau de fer en régime variable

par François LEPLUS

Docteur - Agrégé de l’Université

1.

Bobine parfaite

D 3 010 - 2

1.1

Inductances propre, principale et de fuites

2

1.2

Équations. Schéma équivalent

2

1.3

Calcul approché d’une bobine parfaite

3

1.3.1 Catégories de matériaux magnétiques

3

1.3.2 Exemple de calcul

3

2.

Bobine réelle

6

2.1

Bobine sans pertes par courants de Foucault

6

2.1.1 Bobine alimentée par une tension sinusoïdale

6

2.1.2 Bobine alimentée par un courant sinusoïdal

7

2.1.3 Schéma équivalent

7

2.1.4 Influence d’une composante continue

8

2.2

Bobine avec pertes par courants de Foucault

9

2.2.1 Influence des courants de Foucault

9

2.2.2 Schéma équivalent

9

2.2.3 Pertes fer

10

2.3

Influence de la tension d’alimentation

10

2.3.1 Évolution des pertes fer en fonction de la fréquence

10

2.3.2 Influence de la valeur efficace de la tension d’alimentation

11

2.3.3 Influence de la composante continue

11

2.4

Calcul d’une bobine à noyau de fer

11

3.

Modélisation numérique

12

3.1

Équations. Schéma équivalent

12

3.2

Résolution des équations

13

3.2.1 Alimentation par une source de tension

13

3.2.2 Alimentation par une source de courant

13

3.3

Identification des éléments du schéma équivalent

14

3.4

Exemples de modélisation de la caractéristique b (h)

14

3.4.1 Caractéristique b (h) sans hystérésis

14

3.4.2 Modèle pour champs faibles

15

3.4.3 Modèle prenant en compte l’hystérésis et la saturation

15

3.4.4 Exemple de modélisation

17

4.

Conclusion

17

Pour en savoir plus

Doc. D 3 010

L ’importance de l’étude de la bobine à noyau de fer en régime variable est considérable en électrotechnique. Les bobines sont d’usage fréquent en

électronique de puissance et elles constituent la base de toutes les machines électriques (transformateurs, alternateurs, machines asynchrones et machines à courant continu). L’étude de la bobine passe par la mise en équation de l’ensemble des phéno- mènes dont elle est le siège. Or, dans le cas d’une bobine à noyau de fer, la tension à ses bornes et le courant qui la traverse ne peuvent pas être simultané- ment sinusoïdaux.

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

Donc, il n’est pas possible d’appliquer les résolutions classiques ; aussi, pour analyser le comportement de la bobine, deux méthodes sont envisagées.

— La première méthode consiste à linéariser le problème et à remplacer la bobine réelle par une bobine équivalente où toutes les grandeurs sont sinusoïdales ; on peut, alors, utiliser les outils habituels de calcul.

— La deuxième méthode consiste à prendre en compte les phénomènes non

linéaires ; les équations obtenues sont alors traitées par ordinateur. Nous allons présenter ici la méthode de résolution des équations et quelques modèles permettant de décrire les phénomènes non linéaires qui régissent le fonctionne- ment de la bobine à noyau de fer.

1. Bobine parfaite

Nous appellerons bobine parfaite une bobine où les phénomènes d’hystérésis, la saturation et les courants de Foucault peuvent être négligés. Il s’agit, par exemple, d’une bobine sans noyau de fer ou d’une bobine réalisée à partir de tôles isolées dont la caractéristique magnétique b (h) est linéaire.

Dans cet article, nous utiliserons les symboles des normalisa- tions française (AFNOR) et internationale (CEI). Toutefois, signalons que, en Physique, le vocabulaire le plus utilisé actuelle-

ment est

vecteur excitation magnétique.

pour le

le plus utilisé actuelle- ment est vecteur excitation magnétique. pour le B pour le vecteur champ

B

pour le vecteur champ magnétique et

H

1.1 Inductances propre, principale et de fuites

Considérons une bobine alimentée par une tension u (figure 1a) comportant N spires parcourues par un courant instantané d’intensité i, qui crée, dans chaque spire, un flux magnétique ϕ t :

— une partie des lignes d’induction, correspondant à un flux ϕ,

est entièrement canalisée par le circuit magnétique ;

— l’autre partie, correspondant au flux de fuites ϕ f , présente un trajet partiellement en dehors du circuit magnétique.

Remarque – Le circuit magnétique est un circuit fermé pouvant être constitué de matériaux de natures différentes [matériaux ferro- magnétiques ou non (entrefers)]. – Il est difficile de déterminer avec précision le trajet des lignes de champ associé au flux de fuites. On suppose, pour simplifier l’étude, que les fuites sont localisées uniquement au niveau de l’enroulement.

sont localisées uniquement au niveau de l’enroulement. Figure 1 – Bobine parfaite Les inductances sont définies

Figure 1 – Bobine parfaite

Les inductances sont définies par les formules suivantes (figure 1b) :

— l’inductance propre L de la bobine par :

Nϕ t

-------------

L

=

i

— l’inductance principale L p par :

L

p

=

Nϕ

N 2

---------- = ----------

i

représente la réluctance du circuit magnétique,

— l’inductance de fuites L f par :

Nϕ f

-------------

N 2

= ----------

L

f

=

i f

f

représente la réluctance du trajet du flux de fuites.

La loi des nœuds appliquée au point M s’écrit (figure 1) :

(1)

L’inductance propre est donc la somme des inductances principale et de fuites :

L = L p + L f

étant

constants, les coefficients L, L p et L f le sont également.

ϕ t = ϕ + ϕ f

Dans le cas du circuit magnétique non saturable,

et f

1.2 Équations. Schéma équivalent

Supposons que la bobine (figure 1) est, maintenant, alimentée par une tension sinusoïdale d’expression :

u = U max sinωt

avec

ω

pulsation de u,

t

temps.

Chaque spire est le siège d’une fém (force électromotrice) auto-induite :

e a

d ϕ t

= ------------ d t

ce qui correspond, pour l’ensemble du bobinage, à une fém :

e t = N e a

En utilisant la convention récepteur, la tension s’écrit :

avec

r

u

==

ri

e

t

ri

+

dϕ N ------------ dt

t

=

ri

+

di

L -------

dt

résistance du bobinage.

(2)

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

Compte tenu de (1), la relation (2) devient :

ou encore

u

=

u

ri

+

=

ri

dϕ f N ------------ dt

+

L

f

di

-------

dt

+ N --------- dϕ dt

+ N --------- dϕ dt

(3)

Pour un circuit non saturable , dans le cas d’une alimentation par une tension sinusoïdale, le flux ϕ et le courant absorbé i sont sinusoïdaux. On peut donc utiliser la notation complexe, ce qui conduit à :

(4)

U

=

r I

+

jL

f

ω I + jNω Φ

avec

et où

I

I =

[I

; – ψ ]

U

= -----------------------------------

r 2 2 + (Lω)
r
2
2
+ (Lω)

et

ψ

= arc tan --------- Lω

r

E = – jNω Φ

La relation (4) permet de tracer le diagramme de Fresnel (figure 2 ) et d’en déduire le schéma équivalent de la bobine (figure 3 ). La figure 3 montre que la bobine parfaite est équivalente à une

en série avec un circuit de résistance r , traduisant

les pertes par effet Joule, et d’inductance L f , traduisant les fuites

de cette bobine.

inductance pure L

p

1.3 Calcul approché d’une bobine parfaite

1.3.1 Catégories de matériaux magnétiques

On peut distinguer deux grandes catégories, qui sont :

— les alliages ferromagnétiques ;

— les ferrites.

Les alliages ferromagnétiques sont réalisés à partir de fer associé

à du nickel, du molybdène ou du silicium. Les circuits sont constitués :

— soit de tôles empilées en forme de E, de C ou de I ;

— soit de rubans enroulés et assemblés, réalisant des circuits coupés en forme de E ou de C.

réalisant des circuits coupés en forme de E ou de C. Figure 2 – Bobine parfaite

Figure 2 – Bobine parfaite : diagramme de Fresnel

ou de C. Figure 2 – Bobine parfaite : diagramme de Fresnel Figure 3 – Bobine

Figure 3 – Bobine parfaite : schéma équivalent

Ils permettent de travailler à induction maximale élevée (de 1 à 1,6 T), mais à fréquence faible ( f max de quelques centaines de hertz à 10 kHz) à cause des courants de Foucault qui deviennent vite importants.

Les ferrites sont fabriqués à partir de poudres d’oxyde de fer

associé à du manganèse, du nickel ou du zinc, assemblés par frittage (agglomération par chauffage). Ils permettent de travailler à fréquence plus élevée (jusqu’à quelques centaines de kilohertz), mais l’induction maximale est relativement faible (de 0,25 à 0,4 T). Il faut noter que l’induction de saturation décroît lorsque la température augmente.

Les ferrites se présentent sous forme de circuits en E ou en C, de tores ou de pots.

1.3.2 Exemple de calcul

Considérons le circuit magnétique de la figure 4 , réalisé à partir

de ferrite ou de tôles isolées (en alliage ferromagnétique) en forme de E. Les données du problème sont l’induction magnétique maximale B max dans la bobine, l’inductance propre L de cette bobine, le courant maximal I max et la densité maximale de courant J max dans les spires, ces grandeurs pouvant être ou non sinusoïdales. On se propose de déterminer le nombre de spires N ainsi que les dimensions du circuit magnétique et de l’entrefer.

Il n’existe pas une solution unique correspondante à un ensemble de données. Nous allons essayer d’optimiser les dimensions de la bobine, c’est-à-dire d’obtenir un bobinage se logeant parfaitement dans la fenêtre de surface :

fen =

Les tôles constituant le circuit magnétique sont choisies parmi celles proposées par les constructeurs [1]. Les diverses dimensions sont généralement reliées entre elles par les relations suivantes :

=

=

=

2

3

Nous imposons une section carrée pour le noyau central, c’est-à-dire,

=

Ainsi, le circuit magnétique est entièrement défini par le choix

d’une dimension :

.

Nota : pour certaines tôles, le rapport des dimensions peut être différent ; la méthode proposée reste valable.

La longueur de la ligne de champ moyenne dans le circuit

magnétique vaut

CM =

13

.

moyenne dans le circuit magnétique vaut C M = 13 . Figure 4 – Circuit magnétique

Figure 4 – Circuit magnétique en E : dimensions

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

Le circuit magnétique est supposé non saturable, donc de perméabilité relative µ r constante, sans fuites et sans pertes magné- tiques. On peut donc écrire :

B max = µ r µ 0 H max

avec µ 0 perméabilité du vide.

Pour que cette relation reste valable, il est nécessaire que l’on ait :

B max < 1,1 T pour des tôles de fer au silicium à grains orientés ;

B max < 0,25 T pour les ferrites. Au niveau de chaque entrefer, pour tenir compte de l’épanouis-

sement latéral des lignes d’induction, on choisit une section

importante que la section du circuit magnétique. Ainsi, on

plus

e

CM

obtient :

CM

=

K

f (2 ) 2

(5)

K f représente le coefficient de foisonnement des tôles

(

et

(6)

0,8

K

f

1) ,

e

=

( 2

+

4

e

) 2

Les valeurs maximales B e max de l’induction dans l’entrefer et B max de l’induction dans le circuit magnétique sont reliées par :

e

est la largeur de l’entrefer.

B e max e

=

B max CM

La loi des mailles, appliquée au schéma équivalent de la figure 5 , permet d’écrire :

N

I max

=

H

max

CM

+

2 e H e max

ou, encore

N

I max

=

B

max

----------------

µ

µ

r

0

B max

CM

CM + 2 e --------------- --------------

µ

0

e

(7)

M + 2 e --------------- -------------- µ 0 e (7) Figure 5 – Schémas magnétiques équivalents

Figure 5 – Schémas magnétiques équivalents du circuit magnétique de la figure 4

L’inductance L du circuit s’écrit :

et compte tenu de (7) :

L

L

NB max CM I max

= ----------------------------------

µ 0 N 2 CM

= ----------------------------------------------

CM

------------

µ r

CM

+ 2 e -------------- e

(8)

(9)

µ r CM + 2 e -------------- e (8) (9) Figure 6 – Organigramme de calcul

Figure 6 – Organigramme de calcul d’une bobine parfaite à noyau de fer

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On tire de (7) :

et de (9)

N

=

CM

B

max

---------------------

µ 0

I

max

=

L

-----------------

µ 0 N

2

CM

------------

µ r

CM

------------

µ r

+ 2 e --------------

CM

e

+ 2 e --------------

CM

e

(10)

(11)

En remplaçant N par son expression donnée par (10), il vient :

Rappelons que

2 µ 0 L I max = -------------------------------------------------------------------- CM 2 CM B CM ------------
2
µ 0 L I
max
= --------------------------------------------------------------------
CM
2
CM
B
CM
------------
+ 2 e --------------
max
µ r
e
est relié à
par la relation (5) :
CM
1
CM
= -----
--------------
2
K f

(12)

(13)

Le calcul se fait en plusieurs étapes car l’expression de fait

intervenir

Nous donnons figure 6 l’organigramme de calcul.

),

et e qui sont, a priori , inconnus.

CM

CM

(donc

CM

On choisit d’abord :

= 0 et

CM

-------------- = 1

e

ce qui permet de donner une première valeur de

tion (12)]. On peut, alors, estimer

[d’après la relation (6)] et, ensuite, affiner le calcul de

de plusieurs boucles de calcul en réinjectant dans

la dernière valeur obtenue pour

La relation (12) montre que la section est proportionnelle à l’énergie emmagasinée :

au prix

[avec la rela-

CM

[d’après la relation (13)] et

CM

CM

e

[relation (5)]

et e .

W =

1

----- L I

2

2

max

On a intérêt à choisir B max et

e

les plus grands possibles pour

réduire la section du circuit magnétique.

BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

La relation (11) permet, ensuite, de calculer N :

N

=

L

CM

------------

+ 2 e --------------

CM

µ r

e

----------------------------------------------------------

µ 0 CM

(14)

Il reste enfin à vérifier s’il est possible de loger les N spires dans la fenêtre du circuit magnétique. En appelant K u le coefficient de

foisonnement du bobinage

(

0,3

K u

I max

0,9) , K i le rapport -------------

I eff

(

I eff

étant la valeur efficace du courant i et

la surface du bobinage est inférieure ou égale à la surface

K i 1

), il faut s’assurer que

fen

Cu

de la fenêtre, c’est-à-dire :

Cu

=

N I

max

----------------------------

J max K u K i

3 2

(15)

Si cette relation est vérifiée, on pourra chercher à augmenter

l’entrefer, ce qui aura pour effet de diminuer et donc l’encombre-

CM

ment de la bobine. La bobine sera optimisée en encombrement lorsque :

Cu

=

fen

Il n’est pas nécessaire de mener les calculs jusqu’à obtenir l’égalité

et la section s du fil de

cuivre parmi les valeurs normalisées disponibles. Ces calculs itératifs, très fastidieux, sont grandement facilités par l’emploi d’une calculatrice programmable ou d’un microordinateur.

parfaite puisqu’il faudra ensuite choisir

Les courbes de la figure 7 montrent l’évolution de la valeur de

l’entrefer

fonction de l’inductance L , pour différentes valeurs de I max .

e

et de l’encombrement

du circuit magnétique, en

Pour ces calculs, nous avons choisi :

K f = 0,9 ;

K u = 0,5 ;

K i = 1,414

J max = 3,5 A/mm 2 ;

B max = 1T ;

µ r = 2 000

3,5 A/mm 2 ; B m a x = 1T ; µ r = 2 000

Figure 7 – Bobine parfaite : évolution des dimensions de la bobine et de l’entrefer en fonction de l’inductance pour différentes valeurs du courant

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

2. Bobine réelle

La bobine réelle est le siège de phénomènes non linéaires qui compliquent énormément les calculs. Il existe, en particulier, des pertes dans le circuit magnétique que l’on décompose en deux types :

— pertes par hystérésis ;

— pertes par courants de Foucault.

Nous supposerons, dans un premier temps, que les pertes par courants de Foucault sont négligeables (§ 2.1) ; nous étudierons, dans un deuxième temps, l’influence de ces pertes dans le cas d’une alimentation respectivement par un courant (§ 2.2) ou par une tension 2.3). Il faut noter que les deux types de pertes existent toujours simultanément, mais cette séparation artificielle présente deux avantages :

— on peut montrer les paramètres influant sur chaque type de

pertes ;

— la modélisation numérique se base sur cette même décomposi-

tion pour traduire l’évolution de l’ensemble des pertes. Pour étudier ces phénomènes, nous nous plaçons dans le cas du circuit sans entrefer, puisque ces pertes n’existent que dans le fer du circuit magnétique. Nous verrons, au paragraphe 2.4, comment tenir compte des pertes fer pour dimensionner une bobine comportant un entrefer.

2.1 Bobine sans pertes par courants de Foucault

L’équation (3), établie au paragraphe 1.2, reste valable. Dans le cas d’un circuit magnétique réel, ϕ t et i ne sont plus proportionnels. Il est toujours possible de définir l’inductance propre et l’inductance principale de la bobine, mais ces grandeurs ne sont plus des constantes. Contrairement à la bobine parfaite, si u (ou i ) varie sinusoïdalement, il n’en est pas de même pour i (ou u). Nous allons nous intéresser aux deux possibilités d’alimentation :

— alimentation par une tension sinusoïdale ;

— alimentation par un courant sinusoïdal.

2.1.1 Bobine alimentée par une tension sinusoïdale

La tension est de la forme :

u = U max sinωt

2.1.1.1 Bobine réelle, avec résistance et inductance de fuites négligeables

Pour simplifier l’étude, nous supposons d’abord que r et L f sont négligeables. Dans ces conditions, l’équation (3) devient :

u

=

U

max

sinωt

== N --------- dϕ dt

N CM

db

---------

dt

(16)

b représente la valeur instantanée de l’induction magnétique. En intégrant (16), il vient :

U max

b = ----------------------- cosωt

N

CM ω

L’induction magnétique est donc également sinusoïdale.

Pour obtenir l’allure de i (t), il faut connaître la caractéristique b (h) du matériau utilisé. Cette courbe (figure 8) met en évidence deux phénomènes :

— la saturation : b augmente moins rapidement que h ;

— l’hystérésis : on n’obtient pas la même valeur de h pour b croissant ou b décroissant.

même valeur de h pour b croissant ou b décroissant. Figure 8 – Construction du courant

Figure 8 – Construction du courant absorbé par une bobine réelle à noyau de fer alimentée par une tension sinusoïdale

Le théorème d’Ampère s’écrit :

h CM =

Ni

Le champ h est donc proportionnel au courant i absorbé par la bobine. On obtient i (t) par construction graphique (figure 8) :

— tout d’abord, b s’obtient par intégration de la tension u [relation (16)] ;

— puis, la courbe b (h) permet de calculer h ;

— enfin, le passage de h à i s’effectue par simple changement

d’échelle puisque les deux grandeurs sont proportionnelles. Le courant i (t) absorbé par une bobine à noyau de fer alimentée par une tension sinusoïdale n’est pas sinusoïdal. C’est une fonction périodique de même fréquence que la tension u (t ) et le courant i (t) contient, outre le fondamental, les harmoniques de rang 3, 5, 7 La valeur de ces harmoniques est d’autant plus grande que la saturation du circuit magnétique est importante.

La puissance absorbée par la bobine est non nulle :

avec

T

CM

P

=

1

-----

T

T

0

uidt

=

--------------

CM

T

c

Hdb

période de ω, volume de matériau magnétique.

Cette puissance P correspond aux pertes par hystérésis P H . Ces pertes sont proportionnelles à la surface du cycle d’hystérésis c.

2.1.1.2 Influence de la résistance et de l’induction de fuites

Il n’est pas possible de construire directement b (t ) et donc de déterminer graphiquement le courant i (t ), car il faut retrancher, à la tension d’alimentation, la chute de tension dans r et L f :

N CM

db

---------

dt

=

U

max

sinωt r i

L f

di

-------

dt

La méthode consiste à calculer, dans un premier temps,

ri +

(17)

L

f

di

-------

dt

à partir de la courbe i (t ) précédente (figure 8), puis à tracer b (t ) et

la nouvelle courbe i (t ) qui s’en déduit. On répète ainsi plusieurs fois l’opération jusqu’à obtenir la convergence de i (t ). Un exemple est donné sur la figure 9 ; on constate que l’induction magnétique b (t ) n’est plus sinusoïdale.

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE Figure 9 – Courant absorbé par une bobine

Figure 9 – Courant absorbé par une bobine réelle à noyau de fer alimentée par une tension sinusoïdale

2.1.2 Bobine alimentée par un courant sinusoïdal

Le courant est de la forme :

i = I max sin ω t

Dans ce cas, il est possible de tenir compte directement de la chute de tension dans la résistance r et dans l’inductance de fuites L f . La variation de b ( t ) est déduite de i ( t ) et de la courbe b ( h ) (figure 10 ). On constate que, dans le cas d’une alimentation par un courant sinusoïdal, l’induction b ( t ) n’est pas sinusoïdale. La tension aux bornes de la bobine :

u

=

ri

+

L

f

di

-------

dt

+

N CM

db

---------

dt

(18)

n’est évidemment pas sinusoïdale. C’est une fonction périodique de même fréquence que le courant d’alimentation. La tension u ( t ) comporte, outre le fondamental, les harmoniques de rang 3, 5, 7

2.1.3 Schéma équivalent

Dans une bobine à noyau de fer saturable, le courant et la tension

ne peuvent pas être simultanément sinusoïdaux. Dans ces conditions, il n’est plus possible d’utiliser la notation complexe, ni le diagramme de Fresnel. L’étude des circuits comportant des bobines à noyau de fer est donc difficile. On peut définir le schéma équivalent de la figure 11 à partir de l’équation (3), mais l’étude

.

reste délicate à cause de la présence de l’élément non linéaire L Or, les bobines à noyau de fer se rencontrent dans pratiquement toutes les machines électriques. On a donc cherché à définir un schéma équivalent où toutes les grandeurs sont sinusoïdales afin de faciliter les calculs.

par

un dipôle linéaire absorbant un courant sinusoïdal fictif appelé courant sinusoïdal équivalent.

Le courant sinusoïdal équivalent doit vérifier les propriétés suivantes :

celle du courant réel,

— sa valeur efficace c’est-à-dire :

p

La méthode consiste à remplacer l’inductance non linéaire L

I eq

est

égale

à

p

I eq

=

I

2

1

+++

3

5

I

2

I

2

à p I eq = I 2 1 +++ 3 5 I 2 I 2 Figure

Figure 10 – Tension aux bornes d’une bobine réelle à noyau de fer alimentée par un courant sinusoïdal

à noyau de fer alimentée par un courant sinusoïdal Figure 11 – Bobine à noyau de

Figure 11 – Bobine à noyau de fer saturable : schéma équivalent

représentent les valeurs efficaces des harmoniques

de i ( t ) ; — la puissance absorbée par le dipôle linéaire doit être égale aux pertes par hystérésis P H . Toutes les grandeurs sont maintenant sinusoïdales. Le courant sinusoïdal équivalent est donc déphasé en arrière par rapport à :

r I

I 1 , I 3 , I 5 ,

E

eq

=

U

eq

jL f ω I eq

d’un angle ψ 1 légèrement inférieur à

E eq I eq cos ψ 1 = P H

Le dipôle linéaire est constitué d’une inductance constante L H associée à une résistance R H traduisant les pertes par hystérésis. Théoriquement, les deux associations (série, parallèle) sont

possibles. On préfère toutefois la représentation parallèle de la

figure 12 a qui présente l’avantage de bien montrer la proportion- nalité des pertes par hystérésis au carré de la tension. On a donc :

π

----- , tel que :

2

R H

2

E eq

= ------------

P H

L’inductance L H est le siège d’un flux sinusoïdal ϕ eq tel que :

et

E eq

L

H

=

– jNω Φ eq

E

= ----------------------------------

I eq ω

eq

cos

α H

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

Le diagramme de Fresnel de la figure 12 b traduit les différentes relations. L’angle :

α H = π /2 – ψ 1

entre Φ eq et I eq est appelé angle d’avance hystérétique . Nous allons maintenant tracer le cycle b ( h ) du dipôle équivalent. Supposons que la fém e eq ait pour expression :

e eq

= E

eq

fém e e q ait pour expression : e eq = – E eq 2 sin

2 sinω t

L’induction s’exprime donc par :

b eq

=

E 2 eq ----------------------- cosωt N CM ω
E
2
eq
----------------------- cosωt
N
CM ω

=

B

eq max

cosωt

(19)

Le courant équivalent a pour expression :

i eq

=

I eq

2
2

sin (

ωt

ψ

1 )

et le champ correspondant s’écrit donc :

h

eq

=

NI

eq

--------------

CM

=

H

eq max

sin (

ωt

ψ

1 )

(20)

En éliminant t entre (19) et (20), on obtient l’équation cartésienne d’une ellipse (figure 13 ) :

b

--------------------- 2 +

B

eq

eq max

h

eq

----------------------

H

eq max

2

2h

eq

b

eq

------------------------------------------

H

eq max

B

eq max

sin

ψ

1

cos

2

ψ

1

=

0

Les pertes par hystérésis de cette bobine valent donc 2.1.1.1) :

P H

=

CM

f πH

eq max

B

eq max

cos

ψ 1

avec f = ω /2 π . L’angle d’avance hystérétique α H vérifie :

sin

α H

=

cos

ψ 1

= -------------------------------------------------------------- P H

CM f πH eq max B eq max

P H CM f π H eq max B eq max Figure 12 – Approximation du

Figure 12 – Approximation du courant sinusoïdal équivalent

Or, la formule de Steinmetz donne une expression approchée des pertes par hystérésis :

P H

=

k H CM f B

(

eq max

) η

η est un coefficient dépendant du matériau Il s’ensuit que :

sin

α H

k H B

η 1 eq max

= ------------------------------

π H eq max

(21)

(1,3 η 2,2) .

(22)

Cette formule montre que l’angle d’avance hystérétique α H est indépendant de la fréquence à B eq max donné.

2.1.4 Influence d’une composante continue

Lorsque la tension (ou le courant) appliquée à la bobine présente une composante continue, il est possible d’obtenir la forme d’onde du courant absorbé (ou de la tension aux bornes), en effectuant la même construction qu’au paragraphe 2.1.1 (ou 2.1.2) (figure 14). Il

faut alors connaître la caractéristique b (h) correspondant à ce type

de fonctionnement. Il s’agit d’un cycle inscrit dans le cycle b (h) précédent. On constate, encore une fois, que :

u et i ne peuvent être simultanément sinusoïdaux ;

— la bobine à noyau de fer absorbe une puissance active corres-

pondant aux pertes par hystérésis et aux pertes par effet Joule dans

la résistance r.

et aux pertes par effet Joule dans la résistance r . Figure 13 – Cycle d’hystérésis

Figure 13 – Cycle d’hystérésis de la bobine équivalente

13 – Cycle d’hystérésis de la bobine équivalente Figure 14 – Courant absorbé par une bobine

Figure 14 – Courant absorbé par une bobine réelle à noyau de fer en présence d’une composante continue

D 3 010 8

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

La présence de la composante continue entraîne une saturation rapide du circuit magnétique. En effet, en calculant la valeur moyenne de chaque membre de l’équation (3), on obtient :

U 0 = r I 0

U 0 et I 0 représentent les valeurs moyennes, c’est-à-dire les composantes continues, de u et de i . La présence d’une faible composante continue de tension, comme dans le cas de la figure 14 , entraîne une composante continue de courant importante, puisqu’elle n’est limitée que par la résistance r du bobinage. La forme d’onde du courant (ou de la tension) n’est plus symétrique. Il y a donc, en plus des harmoniques de rang impair, des harmoniques de rang pair. On peut décrire un comportement approché de la bobine à noyau de fer dans le cas de la présence d’une composante continue de tension par un schéma équivalent où toutes les grandeurs sont linéaires en respectant les propriétés énoncées au paragraphe 2.1.3.

On obtient des valeurs

dépend des pertes par hystérésis et donc de l’état de saturation du

circuit magnétique, tandis que

précédente à cause de la saturation.

R H

et L

H

différentes des précédentes ;

R

H

L

H

a une valeur inférieure à la

En effet, l’inductance b

---------

h

L

H

est proportionnelle à la perméabilité

qui décroît lorsque le circuit se sature.

dynamique moyenne

2.2 Bobine avec pertes par courants de Foucault

2.2.1 Influence des courants de Foucault

Nous avons, dans le paragraphe précédent, négligé les courants de Foucault. Il s’agit de courants induits, par variation de flux, dans les tôles du circuit magnétique. Leur direction est normale à la direction des lignes d’induction. Ils se ferment dans les tôles et provoquent une dissipation d’énergie par effet Joule, donc une élévation de la température du circuit magnétique. Un modèle consiste à assimiler les tôles parcourues par les courants de Foucault à des spires en court-circuit couplées au bobinage principal (figure 15 ). En appelant r F la résistance de l’ensemble des tôles pour le trajet des courants de Foucault, L F l’inductance de fuites par rapport à l’enroulement principal, N F le nombre de spires en court-circuit et i F la valeur instantanée des courants de Foucault, on peut écrire :

0

=

r

F

i

F

+

L

F

di F

-----------

dt

+

N F

dϕ

---------

dt

(23)

et, pour l’enroulement principal, on a toujours l’équation (3) :

u

=

ri

+

L

f

di

-------

dt

+ N --------- dϕ dt

: u = ri + L f d i ------- d t + N --------- d

Figure 15 – Bobine avec pertes par courants de Foucault : principe

À ces équations, il faut ajouter l’équation de couplage obtenue en écrivant le théorème d’Ampère :

(24)

N F i F + Ni = h

CM

Les spires en court-circuit couplées au bobinage principal et modélisant les courants de Foucault ont pour effet d’accroître les puissances active et réactive consommées par la bobine.

2.2.2 Schéma équivalent

Pour obtenir un schéma équivalent, nous supposerons que toutes les grandeurs sont sinusoïdales. Nous allons donc repartir de l’équation (4) à laquelle nous ajoutons la transcription des équations (23) et (24) caractérisant les courants de Foucault :

0

U

=

=

r I

+

jL

f

ω I + jNω Φ

r

F

I

F

+

jL

F

N F I F + N I

ω I

=

F

+

jN

F

H CM

ω Φ

(25)

(26)

On trace le diagramme de Fresnel (figure 16 ) correspondant à

ces équations en commençant par le flux

Φ

, puis en portant :

On trace ensuite :

E = jNω Φ

et jN F ω Φ

j N

F

ω Φ

I F

= ----------------------------

+

r F

j L F ω

le champ

tique), ce qui nous permet de construire le courant :

H

est en avance sur

Φ

de α H (angle d’avance hystéré-

H CM

N F I F

I = -----------------------------------------

N

et enfin la tension

U

.

I

Les courants de Foucault ont pour effet d’accroître l’avance de

I . L’angle α F représente

sur

Φ

et d’augmenter le module de

l’avance due aux courants de Foucault.

le module de l’avance due aux courants de Foucault. Figure 16 – Bobine avec pertes par

Figure 16 – Bobine avec pertes par courants de Foucault :

diagramme de Fresnel

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D 3 010 9

BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

2.2.3 Pertes fer

Généralement, on regroupe les pertes par hystérésis P H et par courants de Foucault P F . Leur somme s’appelle pertes fer P fer et on modélise l’ensemble par un dipôle linéaire R µ , L µ de valeurs plus faibles que R H et L H .

R µ

L µ

= --------------------- E 2

P H

+

E

P F

= -------------------------

I ω cos α

avec α = α F + α H . On obtient alors le schéma équivalent de la figure 17 . Comme précédemment (§ 2.1.3), il est possible de tenir compte des pertes par courants de Foucault en plaçant une résistance en série, mais on préfère utiliser la représentation parallèle qui traduit bien la proportionnalité des pertes au carré de la tension.

2.3 Influence de la tension d’alimentation

Nota : le lecteur pourra se reporter en [Doc. D 3 010] aux références [2] [3].

Le diagramme précédent possède l’avantage de faciliter les calculs grâce à une linéarisation du problème. Cette méthode suffit dans de nombreux cas, mais ne rend évidemment pas compte des phéno- mènes non linéaires. Nous allons préciser l’évolution :

— des pertes fer en fonction de la fréquence ;

— des harmoniques du courant en fonction de la valeur efficace de la tension d’alimentation et de la composante continue.

2.3.1 Évolution des pertes fer en fonction de la fréquence

Il n’existe pas de théorie permettant de donner la valeur exacte des pertes. Les électrotechniciens ont cherché des formulations empiriques valables pour certaines applications.

L’évolution des pertes par courants de Foucault est bien traduite

par la formule :

avec

k

F

e T

P F

=

et k F

k

F

CM

(

e

T

)

2

f

2

B

2

max

= k F CM f 2 B

2

max

coefficients dépendant du matériau, épaisseur des tôles.

(27)

Il faut noter que ces pertes ne dépendent pas, en première approximation, de la forme du noyau, mais seulement de l’épaisseur des tôles qui le constituent.

Pour les pertes par hystérésis , on distingue deux cas suivant la

valeur de B max .

on distingue deux cas suivant la valeur de B m a x . Figure 17 –

Figure 17 – Bobine avec pertes fer : schéma équivalent

— Pour les valeurs de champs faibles ( B max < 0,2 T), on retient la représentation de Rayleigh qui conduit à la formulation :

avec

k R

H max

P

H

=

k R CM f H

3

max

coefficient caractérisant le matériau, valeur maximale du champ.

– Pour les inductions moyennes et fortes (0,2 < B max < 1,5 T), on calcule les pertes par hystérésis par la formule de Steinmetz [relation

(21)] :

P

H

=

k

H CM f B

η

max

Pour identifier les coefficients k F et k H , on mesure les pertes fer

P H

+ P F

au moyen de l’appareil d’Epstein. On trace

CM f (figure 18 ). Le tracé de cette caractéristique permet de vérifier la validité des formulations (27) et (21). La courbe montre toutefois que le modèle n’est plus applicable au-delà d’une certaine fréquence (environ 300 Hz).

Si on souhaite que le schéma équivalent de la figure 17 rende compte de l’évolution des pertes avec la fréquence, il est nécessaire d’adopter pour R µ une valeur dépendant de f et de B max . En effet, dans le modèle du paragraphe 2.2.3, on a :

--------------------- en fonction de f

P H

+

P F

E 2

= ---------

R µ

Si on travaille à B max constant, E augmente proportionnellement à f et donc :

avec

P fer

=

P H

+

P F

K

2 B

2

max

f 2

= -------------------------------

R µ

E

K = ------------------

B max f

Si on choisit pour R µ une valeur constante, les pertes seront proportionnelles au carré de la fréquence, ce qui ne traduit pas exactement l’évolution de ces pertes.

qui ne traduit pas exactement l’évolution de ces pertes. Figure 18 – Évolution des pertes fer

Figure 18 – Évolution des pertes fer en fonction de la fréquence

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2.3.2 Influence de la valeur efficace de la tension d’alimentation

Lorsque l’on augmente la valeur efficace de la tension sinusoïdale d’alimentation, le circuit magnétique se sature et les harmoniques impairs du courant deviennent de plus en plus importants. La bobine à noyau de fer se comporte comme un générateur de courants harmoniques. Ceux-ci traversent l’impédance interne de la source et créent une chute de tension ainsi qu’une déformation de la tension appliquée aux bornes de la bobine. La figure 19 montre l’évolution des harmoniques en fonction de la valeur maximale de l’induction pour les tôles au silicium à grains orientés. Pour cet exemple, il y a lieu de tenir compte de l’effet des harmoniques sur la source d’alimentation pour des valeurs de B max supérieures à 0,8 T.

2.3.3 Influence de la composante continue

Nous avons vu, au paragraphe 2.1.4, qu’une composante continue entraînait l’apparition d’harmoniques de rang pair qui peuvent défor- mer la tension appliquée aux bornes de la bobine. La figure 20 pré- cise l’évolution des harmoniques en fonction de la composante continue B 0 de l’induction magnétique pour une évolution crête à crête B de 1,2 T.

pour une évolution crête à crête ∆ B de 1,2 T. Figure 19 – Évolution des

Figure 19 – Évolution des harmoniques de courant en fonction de l’induction maximale

harmoniques de courant en fonction de l’induction maximale Figure 20 – Évolution des harmoniques de courant

Figure 20 – Évolution des harmoniques de courant en fonction de la composante continue

BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

L’amplitude des harmoniques de rang impair est relativement moins sensible à la présence de la composante continue que celle des harmoniques de rang pair. B influe également sur l’amplitude des harmoniques ; par ailleurs, ceux-ci augmentent avec B 0 .

2.4 Calcul d’une bobine à noyau de fer

Nous avons vu, au paragraphe 1.3.2, une méthode de calcul d’une bobine en l’absence de pertes fer et de saturation du circuit magné- tique. Il est, bien entendu, difficile de tenir compte de manière très précise de l’ensemble des phénomènes, mais nous allons montrer comment modifier les calculs afin de dimensionner correctement une bobine où les phénomènes d’hystérésis, de saturation et de courants de Foucault sont inévitablement présents. Les constructeurs donnent généralement les courbes représentant l’évolution des pertes fer en fonction de B max et de la fréquence (B max est parfois exprimé en gauss ; 1 T = 10 000 G). Ces pertes, massiques ou volumiques, sont données en watts par kilogramme ou en watts par centimètre cube. Il est nécessaire de connaître la valeur de ces pertes ainsi que l’angle α afin de calculer la composante magnéti- sante du courant. Dans cette approche, on suppose toutes les grandeurs sinusoïdales et les données du problème sont les valeurs maximales de l’induction B max et du courant I max , ainsi que l’induc- tance propre L et la densité de courant J dans les spires. L’organi- gramme de la figure 21 précise le déroulement des calculs. La tension d’alimentation (avec la formule de Boucherot) s’écrit :

U =

N ω Φ

=

4,44B

max

N

CM

f

D’après la relation (7), on a :

N I

=

B

max

-----------------

2
2

µ 0

CM

------------

µ

r

+ 2 e --------------

CM

e

La puissance apparente S de la bobine (exprimée en VA) s’écrit donc :

S

=

U I

=

2,5 · 10

6

CM

f B

2

max

CM

------------

µ

r

+ 2 e --------------

CM

e

(28)

On remarque que, pour accroître la puissance d’une bobine, on peut :

— augmenter la section

— augmenter l’induction magnétique maximale B max ;

.

— augmenter l’entrefer

CM

e

du circuit magnétique ;

Les deux premières solutions ont pour effet d’augmenter le volume de la bobine et les pertes fer. La dernière solution est la plus avantageuse.

Les pertes fer s’écrivent [d’après les relations (27) et (21)] :

P fer

=

k

En notant que

CM

H

H

=

CM

CM

f B

CM

η

max

+ k F CM f 2 B

et en prenant

l’équation (28), il vient :

2

max

CM f B max

2 dans

P fer

=

4 · 10

7

(

k

H

B

2

max

η

+

k

F

CM

f )U I ----------------------------------------------

CM

------------

µ

r

CM

+ 2 e -------------- e

Cette relation montre que les pertes fer diminuent lorsque l’on augmente l’entrefer. D’autre part, les pertes fer correspondent presque entièrement à la puissance active P = U I sin α absorbée par la bobine.

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BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE

BOBINE À NOYAU DE FER EN RÉGIME VARIABLE Figure 21 – Organigramme de calcul d’une bobine

Figure 21 – Organigramme de calcul d’une bobine en tenant compte des pertes fer

On a donc :

sin α

=

4 · 10

7

(

k

H

B

max

η

2

+

k

F

CM

f ) ----------------------------------------------

CM

------------

µ

r

CM

+ 2 e -------------- e

(29)

Les coefficients k H et k F se calculent à partir des courbes données par le constructeur.

Exemples

Pour des tôles au silicium à grains orientés 0W6 (0W6 signifie

que les pertes fer valent 0,6 W/kg pour B max = 1 T et f = 50 Hz),

d’épaisseur 35/100 mm. Les valeurs typiques sont :

k F = 0,78

,

Pour le ferrite 3C8, on a :

k F = 1,6 · 10 3

k H = 55

et

η = 1,6

,

k H = 12 et η = 1,3

Seule la composante réactive de I :

I r = I cos α

intervient pour le calcul de

choisit d’abord α = 0, on détermine

successives comme il est montré au paragraphe 1.3. On calcule ensuite α et on modifie alors la valeur de I r . On reprend plusieurs fois l’opération jusqu’à obtenir la convergence de α . On poursuit ensuite les calculs comme au paragraphe 1.3. Le dimensionnement du fil de cuivre se détermine toujours à partir de la valeur efficace de i . Il faut noter que α reste faible ( α < 10 o ) si on demeure dans le domaine d’utilisation normale du matériau. Les valeurs numériques que l’on obtient en tenant compte des pertes fer sont donc peu différentes des résultats du paragraphe 1.3.2.

; α étant a priori inconnu, on

par approximations

CM et

CM et

3. Modélisation numérique

3.1 Équations. Schéma équivalent

L’étude d’une bobine à noyau de fer saturable est délicate à cause du circuit magnétique et de ses non-linéarités. Le calcul, le dimensionnement et l’analyse du comportement s’effectuent donc, souvent, en linéarisant le problème (schéma équivalent de la figure 17 ). Il est possible d’étudier plus finement la bobine à noyau de fer en simulant son comportement. Grâce à la puissance de calcul des ordinateurs, on peut réduire les hypothèses simplificatrices et prendre en compte l’ensemble des phénomènes. Plaçons-nous dans le cas général du circuit (en C) constitué d’un

matériau magnétique, de longueur

. La méthode consiste à

entrefer, de longueur

CM

et de section

e

CM

, et d’un

e

et de section

reprendre les équations initiales et à résoudre ces équations en incluant la caractéristique b ( h ) du matériau. Le fonctionnement de la bobine à noyau de fer est décrit par deux équations :

— l’équation électrique :

u

=

ri

+

L

f

di