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Régulateurs statiques

de tension alternative

par Jean BONFANTE


Maître ès Sciences
Chef de Travaux au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
et Francis GALLIN
Docteur-Ingénieur
Assistant au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)

1. Protection contre les perturbations ................................................... D 3 500 - 2


1.1 Perturbations de tension............................................................................. — 2
1.2 Choix et comparaison des systèmes de protection.................................. — 2
1.3 Conditionneurs de réseau........................................................................... — 2
2. Limiteurs de tension ............................................................................... — 4
2.1 Écrêteurs....................................................................................................... — 4
2.2 Filtres ............................................................................................................ — 5
2.2.1 Rappel.................................................................................................. — 5
2.2.2 Circuits RLC......................................................................................... — 7
2.2.3 Transformateurs à écrans .................................................................. — 7
3. Régulateurs de tension........................................................................... — 8
3.1 Régulateur à ferrorésonance ...................................................................... — 8
3.1.1 Principe................................................................................................ — 8
3.1.2 Principaux montages.......................................................................... — 11
3.1.3 Avantages et inconvénients............................................................... — 12
3.2 Régulateur à commutation électronique ................................................... — 13
3.2.1 Principe................................................................................................ — 13
3.2.2 Principaux montages.......................................................................... — 13
3.2.3 Avantages et inconvénients............................................................... — 14
4. Régulateurs asservis ............................................................................... — 14
4.1 Régulateur à curseur asservi ...................................................................... — 14
4.1.1 Principe................................................................................................ — 14
4.1.2 Principaux montages.......................................................................... — 14
4.1.3 Avantages et inconvénients............................................................... — 15
4.2 Régulateur à gradateur asservi .................................................................. — 15
4.2.1 Principe................................................................................................ — 15
4.2.2 Montage usuel .................................................................................... — 16
4.2.3 Avantages et inconvénients............................................................... — 16
4.3 Régulateur à ferrorésonance à durée de rémanence asservie ................ — 16
4.4 Autres dispositifs de régulation ................................................................. — 16
4.4.1 Montage à quatre gradateurs en pont .............................................. — 16
4.4.2 Montage à commutation électronique à quatre thyristors ............. — 17
3 - 1990

4.4.3 Régulateur à transducteur magnétique ............................................ — 17


5. Alimentations sans interruption.......................................................... — 18
5.1 Principe......................................................................................................... — 18
5.2 Différents dispositifs.................................................................................... — 18
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. D 3 500
D 3 500

et article concerne uniquement les régulateurs statiques dont la puissance


C est limitée à quelques centaines de kilovoltampères. Ainsi, les régulateurs
à groupe tournant et les dispositifs de réglage des grands réseaux de transport
et des grandes installations électriques en sont exclus.

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Un grand réseau de distribution d’énergie électrique délivre une tension


dont la qualité dépend à la fois :
— du producteur, qui s’engage contractuellement à maintenir l’amplitude et la
fréquence entre des limites, qu’il est cependant amené à dépasser lors de
manœuvres (mise sous tension, élimination automatique de courts-circuits,
délestage, etc.) ;
— de phénomènes aléatoires, d’origine atmosphérique ou accidentelle
(foudre, rupture de ligne, etc.) ;
— des abonnés qui, en manœuvrant à leur gré leurs appareils électriques
(marche, arrêt, variations de charge), génèrent des courants transitoires non
sinusoïdaux et qui, en utilisant des dispositifs à commutation électronique,
engendrent des harmoniques de courant.
La profusion des équipements électriques et des dispositifs à commutation
électronique entraîne un accroissement inévitable de la pollution de la
tension, alors qu’en même temps des équipements électroniques sensibles
(EES), tels que les ordinateurs, deviennent des centres vitaux de l’économie.
Il est donc indispensable de minimiser la dégradation des équipements, due
aux fluctuations de tension, en les protégeant par des interfaces d’alimentation
telles que les régulateurs statiques de tension.
La recherche du régulateur optimal nécessite la connaissance de la pollution
électrique locale, y compris celle due à l’utilisateur, et des tolérances d’alimen-
tation qui garantissent le fonctionnement des appareils.

1. Protection Ayant choisi une interface d’alimentation pour protéger un EES,


il faut alors s’assurer qu’elle puisse supporter les propres pertur-
contre les perturbations bations apportées par l’EES, pour les deux régimes, transitoire et
permanent.
La figure 1 montre, par exemple, l’évolution de la valeur instan-
1.1 Perturbations de tension tanée du courant d’appel d’un ordinateur que devra supporter le
régulateur choisi.
Les différentes perturbations rencontrées sur les réseaux de dis-
tribution d’énergie électrique d’EDF sont définies dans le tableau 1,
avec leurs principales origines et leurs effets prépondérants [1].
Des enregistreurs, appelés analyseurs de réseaux, permettent à
1.3 Conditionneurs de réseau
l’utilisateur de relever lui-même les perturbations affectant son
installation, afin de choisir correctement le système de protection Il est indispensable d’utiliser, en même temps, un écrêteur (§ 2.1),
adapté [2] [3]. un filtre (§ 2.2) et un régulateur (§ 3 et 4) pour obtenir une protection
globale. De tels dispositifs sont des conditionneurs de réseau
(figure 2).
1.2 Choix et comparaison des systèmes
de protection

À chaque type de perturbation correspond un (ou plusieurs)


système de protection (tableau 1).
On remarque que les régulateurs, seuls, ne corrigent, en fait, que
les variations lentes de tension et que le dispositif à ferrorésonance
peut, lui, éliminer plusieurs types de perturbations.
Le tableau 2 permet de comparer les performances des principaux
régulateurs commercialisés actuellement.
Les tolérances d’alimentation des appareils doivent être définies
par les constructeurs.
Parmi les équipements à protéger des fluctuations de tension, on
distingue les équipements électroniques sensibles (EES) et très
sensibles (EETS) ; dans les deux cas, les tolérances de fonctionne-
ment doivent être connues pour les régimes transitoire (à la mise Figure 1 – Valeur instantanée du courant d’appel
en marche, à l’arrêt) et permanent. Le tableau 3 [1] donne un à la mise sous tension d’un ordinateur
exemple de leurs tolérances d’alimentation.

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Tableau 1 – Perturbations de tension dans les réseaux de distribution à basse tension


et systèmes de protection correspondants
Perturbation Origine Effets Systèmes de protection
Surtensions transitoires Phénomènes impulsionnels, souvent Cause principale des pannes et des Écrêteur
locaux : erreurs Filtre
— foudre ; Détérioration de circuits Régulateur à ferrorésonance
^
Viellissement prématuré des compo- Alimentation sans interruption
V < 800 V — mise en ou hors circuit de conden- sants
∆t < 1 ms sateurs de compensation ; Émission de champs parasites
— déconnexion de charge à forte détectés par les équipements
puissance réactive ; sensibles
— photocopieurs, conditionneurs
d’air, court-circuit avec fusion de
fusible
Microcoupures Court-circuit ou commutation sur le Perturbation du fonctionnement des Régulateur à ferrorésonance
v=0 réseau à basse tension systèmes électroniques sensibles Alimentation sans interruption
∆t < 10 ms
Distorsion harmonique Circuits non linéaires (électronique Phénomènes de résonance (le plus Filtre
de puissance ; fours à arc ; éclairage souvent entre 150 et 1 500 Hz suivant Régulateur à ferrorésonance
k=∞ 2 fluorescent ; générateurs à haute fré- les caractéristiques du réseau local)
Vk
τ h = 10 2 ∑  -------
V 
1
- < 8% quence) Défaut de fonctionnement par dépla-
cement du passage par zéro
k=2
Dépassement de valeur crête ; cla-
quage, etc.
Échauffement supplémentaire des
composants, des appareils
Variations lentes Chutes de tension importantes en Vieillissement prématuré Régulateur à ferrorésonance
d’amplitude ligne (composants, lampes) Régulateur à commutation
Variations lentes de la charge locale Déréglage des systèmes asservis à Vn électronique
0,9 Vn < V < 1,1 Vn du réseau (relais, moteurs synchrones disposi- Régulateur à curseur asservi
Régleurs en charge tifs électroniques, etc.) Régulateur à gradateur asservi
Ces effets sont plus importants en Alimentation sans interruption
bout de ligne
Parasites Régimes transitoires : collecteurs de Perturbation du fonctionnement des Filtre
moteurs, enseignes lumineuses, systèmes électroniques sensibles Régulateur à ferrorésonance
amplitude < V n 2 antiparasitage défectueux des appa- Alimentation sans interruption
reils électroménagers, commuta-
∆t < 10 ms tions
ou fréquence > 0,1 kHz Ils peuvent être de mode commun ou
de mode différentiel
Creux de tension Appareils à charges variables Perte de contrôle des systèmes néces- Alimentation sans interruption
Grands courants d’appel sitant des séquences normales d’arrêt
V < 0,9 Vn Défauts d’isolement du réseau (disques et bandes magnétiques,
∆t < 50 s ordinateurs) avec détérioration
d’information et fonctionnement
erroné
Indisponibilité temporaire
Variations rapides Fours à arc Identiques à ceux dus aux variations Régulateur à ferrorésonance
d’amplitude Dispositifs de soudage de grande lentes Alimentation sans interruption
(flicker, à coups) puissance Gène physiologique oculaire (la varia-
tion du flux lumineux des lampes à
0,9 Vn < V < 1,1 Vn incandescence est trois fois plus
50 à-coups par seconde au grande que la variation de tension)
maximum
Déséquilibre triphasé Charges monophasées raccordées Freinage et échauffement des Régulateur triphasé
au réseau triphasé (dispositifs de machines triphasées
Vi soudage ; fours à induction)
τ d = -------- < 2 %
Vd

Variations de fréquence Réseau autonome (les impacts de Déréglage des systèmes Alimentation sans interruption
49 < f < 51 Hz charges entraînent une variation de
vitesse de l’alternateur)
Coupures Défaut entre phases (déclenchement Indisponibilité entraînant des pertes Alimentation sans interruption
v=0 et réenclenchement) ou entre phase d’informations et des erreurs lors de
∆t > 10 ms et terre la reprise du fonctionnement
Dégradation du matériel
f fréquence. Vd et Vi valeurs efficaces des composantes directe et inverse des tensions triphasées.
v valeur instantanée de la tension. Vk valeur efficace de l’harmonique k de la tension v.
V valeur efficace. ∆t durée des perturbations.
^
V valeur maximale. τd taux de déséquilibre.
Vn valeur nominale de V. τh taux de distorsion harmonique de V.

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Tableau 2 – Valeurs moyennes des caractéristiques des principaux régulateurs de tension


(puissance S  3 kVA ; fréquence de 50 Hz)
Régulateurs
Alimentation
Caractéristique
à commutation sans interruption
à ferrorésonance à curseur asservi à gradateur asservi
électronique
VE .............. (%) ± 15 ± 15 ± 25 ± 15 ± 15
Plages
de régulation VS (de 0
à ISn ) ......... (%) ± 5 ( λ  0,8 ) ±5 ±1 ±1 ± 5 (λ  0,8)

Fréquence ............................ (Hz) 50 ± 4 % 50 ± 4 % 45 à 65 50 ± 6 % 50 ± 4 %


Rendement............................ (%) 85 94 95 92 72 à 85
Durée de réglage ................ (ms) 30 20 par commutation 50 par volt 50
Distorsion harmonique
de VS...................................... (%) 3 0 0 5 5

Autonomie ................................. 20 ms 0 0 0 10 à 30 min


ISn valeur nominale du courant de sortie
VE tension d’entrée
VS tension de sortie
λ facteur de puissance de la charge

(0)

Tableau 3 – Exemple de tolérances d’alimentation


Variation Variation Durée
Distorsion
Équipement et régime de tension de fréquence des microcoupures
(%) (%) (%) (ms)

Équipement électronique sensible régime transitoire ± 20 ±6  5  20


(EES) régime permanent ± 10 ±6  5  10

Équipement électronique très sensible régime transitoire ± 10 ±1 < 5 <1


(EETS) régime permanent ± 2 ±1 < 5 0

2. Limiteurs de tension
2.1 Écrêteurs
Nota : le lecteur pourra se reporter, dans ce traité, à l’article Composants de protection
contre les perturbations [D 5 171].
Ce sont des résistances non linéaires, dont la valeur diminue
lorsque la tension augmente. Placés en parallèle sur l’équipement
à protéger, ces écrêteurs limitent la tension d’alimentation. Il en
Figure 2 – Conditionneur de réseau : schéma de principe existe deux types :
— les varistances (VDR Voltage Dependant Resistors ), à grains
d’oxyde de zinc (90 %), en forme de disque ou de bloc ;
Ils doivent délivrer une tension sinusoïdale, de valeur efficace — les diodes transil bidirectionnelles, à avalanche électronique
stabilisée par un régulateur, et éliminer les différentes perturbations (diodes Zener améliorées).
par un écrêteur et des filtres. Leur caractéristique courant-tension, relevée à température
Le régulateur à ferrorésonance sert aussi de filtre contre les sur- constante, montre bien leur qualité d’écrêteurs (figures 3a et b ).
tensions et les régimes transitoires, et élimine les microcoupures de En régime impulsionnel, l’énergie absorbée par l’écrêteur
tension de durée inférieure ou égale à 20 ms. provoque un échauffement adiabatique qui ne doit pas détériorer
Il importe de connaître parfaitement les tolérances d’alimenta- le composant. La température maximale admissible et la tempéra-
tion électrique des matériels pour choisir le conditionneur adapté. ture ambiante imposent la dissipation énergétique maximale
(figure 4).

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Les domaines d’utilisation des deux types d’écrêteurs sont superposition) la tension v δ 2 à la sortie du filtre. Un parasite de mode
indiqués dans le tableau 4. Les diodes transil assurent un écrêtage commun à l’entrée v γ 1 , est transmis en sortie par le filtre sous forme
plus franc que les varistances. de parasite de mode différentiel v δ2 ′′ (figure 8b ).
En régime sinusoïdal, pour une fréquence donnée, l’atténuation A
(en dB) est définie par le rapport logarithmique des valeurs efficaces :
2.2 Filtres — en mode différentiel (figure 8a ), par :
V δ1
2.2.1 Rappel A δ = 20 lg -------------
V δ2 ′
■ Pour atténuer la distorsion harmonique (surtout d’ordre 3), on
emploie des circuits LC (inductance-condensateur) série, accordés — en mode commun (figure 8b ), par :

 
1 Vγ 1
sur les fréquences harmoniques f = ------------------------ et disposés en
2 π LC A γ = 20 lg --------------
V ′′δ2
parallèle sur l’alimentation.
■ Pour protéger les équipements électroniques sensibles des
parasites de hautes fréquences (de 1 kHz à 10 MHz) comme les
radiofréquences, on emploie des filtres passe-bas, à éléments
passifs, ou des transformateurs à écrans, disposés en cascade sur
l’alimentation.
Les sources parasites apparaissent sous deux modes fonda-
mentaux (figure 5) : mode différentiel et mode commun.
Les courants de mode commun se propagent à travers les
liaisons capacitives (de faibles impédances en HF) entre l’équipe-
ment électrique et la terre, le neutre N du réseau public de distri-
bution étant généralement mis à la terre. La figure 6 présente les
différentes sources de parasites à l’entrée d’une installation mono-
phasée. Un exemple de tension parasite entre deux prises de terre
est donné par la figure 7.
Le filtre doit atténuer les parasites de mode différentiel, en évitant
d’introduire des parasites issus du mode commun à l’entrée. La
figure 8 c donne (en supposant applicable le théorème de
Figure 3 – Écrêteurs : caractéristiques courant-tension à 50 Hz
et à température constante

Figure 4 – Dissipation adiabatique maximale d’un écrêteur

(0)

Tableau 4 – Domaines usuels d’utilisation des écrêteurs


Caractéristique Varistance Diode transil bidirectionnelle
Tension d’écrêtage ........................................................................ (V) 15 à 1 200 5 à 500
Dissipation énergétique à 25 oC, en régime adiabatique........... (J) 1 à 200 0,1 à 2
Température de fonctionnement ................................................ (oC) – 30 à 110 – 30 à 145
Configuration en cas de détérioration ............................................... souvent circuit ouvert court-circuit
Coefficient de température de la tension d’écrêtage .............. (K –1) – 10–3 10–3
Durée du retard à l’écrêtage ........................................................ (ns) 25 5
Utilisation courante ............................................................................. protection d’un équipement protection d’un composant

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Lorsque l’on représente l’atténuation (A δ ou A γ ) en fonction de Pour le régime sinusoïdal, avec une charge fixée (figure 9), on a,
la fréquence, on doit préciser la nature et la valeur de la charge en en valeurs efficaces complexes ( G ij désignant des gains
sortie du filtre et l’impédance de la source amont servant à faire les complexes) :
mesures. V 21 = G 11 V 11 + G 12 V 12

et V 22 = G 22 V 12 + G 21 V 11
V δ1
avec V 11 = + ------------
- + V γ1
2
V δ1
et V 12 = – ------------
- + V γ1
2
La tension différentielle en sortie est :

V δ1
V 21 – V 22 =  G 11 + G 22 – G 12 – G 21  -------------
2
+  G 11 – G 22 + G 12 – G 21  V γ 1

La composante due au mode commun disparaît si :

G 11 = G 22 et G 12 = G 21

ce qui nécessite que le circuit soit parfaitement symétrique par


Figure 5 – Tensions parasites de mode différentiel ( v  ) rapport aux deux voies et par rapport à la terre.
et de mode commun ( v  ) sur une ligne monophasée

Figure 7 – Exemple de tension parasite entre deux prises de terre


Figure 6 – Sources de parasites HF à l’entrée d’une installation
électrique monophasée (une phase et le neutre)

Figure 8 – Parasites à la sortie d’un filtre

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2.2.2 Circuits RLC 2.2.3 Transformateurs à écrans

Le schéma du circuit généralement utilisé est représenté sur la Un transformateur apparaît comme un bon filtre passe-bas
figure 10, où les inductances L (environ 1 mH) sont bobinées sur un vis-à-vis du couplage électromagnétique entre primaire et
noyau de ferrite et où l’écran et les capacités C ′ en sortie permettent secondaire, mais mauvais vis-à-vis de leur couplage capacitif
d’écouler les courants de mode commun. La résistance R est de (figure 11).
l’ordre de 1 MΩ. On élimine cet inconvénient en disposant des écrans autour des
enroulements (feuillards de cuivre en circuit ouvert) (figure 12).
Ces écrans sont reliés à la terre. On constate sur la figure 12c que
les courants de mode différentiel et de mode commun sont dérivés
(via les capacités des écrans) sans pouvoir théoriquement atteindre
le secondaire.

Figure 9 – Filtre en régime sinusoïdal

Figure 11 – Transformateur : schémas équivalents simplifiés.


Pour les HF, la figure 11c montre que seules les capacités parasites
interviennent, alors qu’elles n’agissent pas à 50 Hz
Figure 10 – Filtre pour les parasites HF

Figure 12 – Transformateur à écrans

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3. Régulateurs de tension Avec ce montage, lorsque la tension v E à l’entrée est sinusoïdale,


la tension de sortie vS n’est pas sinusoïdale. La figure 15 représente
les valeurs instantanées de la tension de sortie et du courant dans
3.1 Régulateur à ferrorésonance l’inductance saturable. La figure 16 montre l’influence de la capacité
et de la charge sur la forme de vS pour une tension d’entrée
sinusoïdale.
3.1.1 Principe
3.1.1.1 Courants et tensions
■ La caractéristique courant-tension d’une inductance saturable
n’est pas linéaire. Lorsque la tension est sinusoïdale, de valeur
efficace V, le courant n’est pas sinusoïdal, mais présente des
harmoniques d’ordre impair, dus aux phénomènes de saturation et
d’hystérésis magnétiques. La figure 13 donne l’allure de la valeur
efficace des harmoniques de courant dans une inductance saturable
 soumise à une tension sinusoïdale v à une fréquence de 50 Hz ;
elle illustre que, pour les valeurs élevées de I, la tension varie très
peu.
Pour obtenir un grand courant dans l’inductance avec un faible
courant fourni par la source de tension, on utilise une compensation
capacitive, en disposant un condensateur C en parallèle avec l’induc-
tance saturable . Il y a résonance en courants, pour le fondamental,
lorsque :
I1 = C ω V
où ω est la pulsation de la tension v.
■ La séparation entre la tension d’entrée v E et la tension de sortie
régulée vS est obtenue en intercalant un composant passif (R, L ou C ) Figure 15 – Régulateur à ferrorésonance à vide :
en série. Ce composant doit présenter de faibles pertes, donc être peu valeurs instantanées pour une tension d’entrée sinusoïdale
résistif, et doit servir à filtrer les harmoniques de courant, donc être
inductif ; c’est pourquoi on introduit une inductance L dans le schéma
de principe du régulateur à ferrorésonance (figure 14).

Figure 13 – Valeurs efficaces du courant i et de ses harmoniques 1


et 3 en fonction de la valeur efficace V de la tension v (à 50 Hz)
aux bornes d’une inductance saturable 

Figure 16 – Régulateur à ferrorésonance : valeur instantanée


Figure 14 – Régulateur à ferrorésonance : schéma de principe de la tension de sortie pour une tension d’entrée sinusoïdale

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Lorsque la valeur efficace VE de v E varie à partir de zéro, la valeur Si LC ω 2 > 1, la variable U change de signe en passant par zéro.
efficace VS de vS peut présenter des phénomènes de sauts, suivant La construction graphique des courbes (figure 20a ) fait apparaître,
la valeur des composants et le sens de variation de VE (figure 17). pour certaines valeurs de VE , plusieurs intersections. Les points de
fonctionnement situés dans la zone AC étant instables, il en résulte,
3.1.1.2 Détermination graphique en fonction de VE , des discontinuités sur les courbes représentatives
de VS1 (figure 20b ) et du courant d’entrée I E1 (figure 20c ).
On peut déterminer graphiquement VS en fonction de VE par une
méthode approchée en considérant uniquement les composantes
fondamentales de la tension de sortie et des courants (pour la
pulsation ω ).
D’après la figure 18 on a, en valeurs efficaces complexes, et en
posant :
V S1 = V S1

et I 1 = – jI 1


V E = L ω I 1 – ( LC ω 2 – 1 ) V S1 + j --------- V S1
R
En prenant comme variable :
U = L ω I1 – (LC ω 2 – 1) VS1
U et VS1 sont alors reliées par l’équation :
2
V S1 U2
-------------------------- - = 1
- + ---------
 
R 2 2
--------- V E VE

Figure 18 – Régulateur à ferrorésonance : circuit équivalent
qui est celle d’une ellipse de demi-grand axe :
R
a = --------- V E

et de demi-petit axe :
b = VE
La figure 13 donnant I1 en fonction de VS , pour une inductance
saturable, permet de tracer U (VS1) à partir des valeurs de L, C et ω .
Les points de fonctionnement se trouvent à l’intersection de la
courbe U (VS1) et de l’ellipse paramétrée par VE (figure 19).
Deux cas sont alors à considérer suivant le signe de U.
Si LC ω 2  1 , la variable U est toujours positive ; pour chaque
valeur de VE , il n’y a qu’une intersection possible entre les deux
courbes (figure 19a ), et la composante fondamentale de la tension
de sortie VS1 ne présente pas de discontinuité lorsque VE varie
(figure 19b ).

Figure 17 – Régulateur à ferrorésonance :


représentation de la valeur efficace de la tension de sortie
en fonction de la valeur efficace de la tension d’entrée Figure 19 – Cas où LC  2  1 : détermination des points
de fonctionnement en fonction de la tension d’entrée VE

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Figure 21 – Régulateur à ferrorésonance : valeur efficace


de la tension de sortie en fonction du courant de sortie
pour une tension d’entrée VE fixée (pour L, se reporter à la figure 18)

Figure 22 – Régulateur à ferrorésonance à vide :


influence de la fréquence sur la valeur efficace de la tension de sortie

3.1.1.3 Calcul de la composante fondamentale


de la tension de sortie
Le calcul approché de la valeur efficace de la composante fonda-
mentale VS1 de la tension v S peut être effectué de la manière
suivante. On recherche une fonction approchée :
— pour la caractéristique I1 (VS1), sous la forme :
V S1

I 1 = k 1 + k 2 exp -----------
k3 
— pour le déphasage θ1 de la tension vS1 par rapport au courant i1
sous la forme :
V S1
sin θ 1 = 1 – k 4 exp – -----------
k5  
Figure 20 – Cas où LC  2 > 1 : détermination des points
de fonctionnement en fonction de la tension d’entrée VE Les valeurs des coefficients k i sont à déterminer par des méthodes
d’approximation, à partir des relevés expérimentaux relatifs à
l’inductance saturable.
■ Influence de la charge : lorsque la résistance de charge RC
Le schéma équivalent complet (figure 23) conduit à l’équation
diminue, la résistance équivalente R, définie sur la figure 17,
(en valeurs efficaces complexes) :
diminue ; pour VE fixé, le demi-grand axe de l’ellipse (R /Lω )VE
diminue et la tension de sortie décroît. La figure 21 montre la V E = ( r ′ + jL ω ) [ I 1 ( cos θ 1 – j sin θ 1 ) + j C ω V S1 + ( G C + j B C ) V S1 ] + VS1
caractéristique VS (IS ) d’un régulateur à ferrorésonance. En cas de
court-circuit franc permanent, l’impédance de l’inductance L limite la en posant V S1 = V S1
VE
valeur du courant de court-circuit à --------- . I 1 = I 1 exp ( – j θ 1 )

Cependant, le courant transitoire peut prendre des valeurs ins- et Y C = G C + jB C
tantanées importantes selon la charge électrique portée par le
condensateur juste avant le court-circuit. On recherche les solutions en VS1 de cette équation, pour une
valeur fixée de VE . Lorsqu’il y a trois solutions, la solution intermé-
■ Influence de la fréquence : lorsque la fréquence varie, la caracté-
diaire correspond toujours à un régime instable.
ristique I (V ) de l’inductance saturable se déplace, la variable U prend
des valeurs différentes et le demi-grand axe de l’ellipse, pour VE fixé, La figure 24 montre, pour une inductance saturable donnée,
varie également ; il s’ensuit que la caractéristique VS (VE) est très l’influence de la valeur des éléments sur les caractéristiques VS1 (VE).
différente (figure 22).

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3.1.2 Principaux montages ■ Le montage à autotransformateur (figure 26) offre plusieurs


avantages :
Nota : on ne considère, dans ce paragraphe, que les composantes fondamentales des — réglage de la mise en saturation du circuit magnétique, suivant
tensions et des courants (sans les affecter de l’indice « 1 »). la valeur minimale de VE à réguler, par utilisation de n spires ;
■ Pour abaisser le coût de fabrication, le circuit magnétique de — réglage de la valeur efficace de la tension de sortie par utili-
l’inductance saturable est réalisé avec des tôles de transformateur sation de n ′ spires ;
dont la saturation magnétique n’est pas franche. La caractéristique — diminution de la valeur de la capacité du condensateur (à puis-
VS (VE) présente, alors, une pente qui peut être annulée avec un sance constante), en élevant sa tension d’alimentation par utilisation
enroulement supplémentaire de n 2 spires, couplé à la tension de n ′′ spires.
d’entrée par le même circuit magnétique que celui de l’inductance L ■ Le montage à transformateur est le plus utilisé (figure 27a ). Le
de n1 spires (figure 25). secondaire est partiellement découplé du primaire par l’intermé-
diaire de shunts magnétiques. Le courant dans le condensateur,
placé en parallèle avec l’enroulement secondaire, étant en phase
avec le flux d’induction magnétique secondaire, participe, avec le
primaire, à l’augmentation de ce flux et assure la saturation du
circuit ferromagnétique secondaire.
À partir du schéma équivalent approché du circuit magnétique
(figure 27b ), on a, en valeurs efficaces complexes, pour le fonction-
nement à vide :
– s Φ = – n 2 I 2 + Φ 2  2

avec  2 fonction de Φ 2 , donc de VS :

Φ = Φ2– Φ1
V E = j n1 ω Φ 1
Figure 23 – Régulateur à ferrorésonance :
V S = – j n2 ω Φ 2
schéma équivalent complet
I2 = j C ω V S

Figure 25 – Régulateur à ferrorésonance


à enroulement de compensation

Figure 24 – Régulateur à ferrorésonance : influence de la valeur


des éléments sur la caractéristique de sortie

Figure 26 – Régulateur à ferrorésonance à autotransformateur


avec enroulement de compensation

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On obtient : ■ Dans le montage usuel, le condensateur est alimenté par une


n2 tension plus grande que la tension de sortie (figure 29a ), ce qui
--------V permet de diminuer la valeur de la capacité.
n1 E
VS = – ------------------------------------------------------
2
- Un filtre, accordé sur l’harmonique 3, peut être intercalé dans le
2 n2 C ω2 circuit (figure 29b ).
1 + --------- – -----------------------
s s

La construction graphique de la figure 27 c donne l’allure 3.1.3 Avantages et inconvénients


approchée de la valeur efficace de la tension secondaire VS en
fonction de la tension primaire VE . ■ Avantages des régulateurs à ferrorésonance :
Un enroulement de compensation, de n 1′ spires, bien couplé — leur conception est très simple et leur utilisation très fiable ;
magnétiquement avec le primaire du transformateur (figure 28), — ils éliminent les microcoupures de tension de durée inférieure
améliore la régulation, mais entraîne aussi un couplage capacitif en ou égale à 20 ms ;
haute fréquence (transformateur à écrans § 2.2.3). La caractéristique — ils servent de filtre, en éliminant les régimes transitoires et les
V S′ ( I S ) pour une valeur fixée de la tension d’entrée est identique surtensions (figure 30) ;
à celle de la figure 21b. — ce sont des limiteurs de courant.

Figure 28 – Régulateur à ferrorésonance à transformateur


avec enroulement de compensation

Figure 27 – Régulateur à ferrorésonance Figure 29 – Régulateur à ferrorésonance à transformateur :


à transformateur à shunts magnétiques schémas usuels

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Figure 30 – Régulateur à ferrorésonance : exemple de filtrage

■ Inconvénients des régulateurs à ferrorésonance :


— la valeur efficace de la tension régulée dépend de la fréquence,
de la charge et de son facteur de puissance ;
— ils introduisent une distorsion harmonique (qui peut être
réduite avec des filtres) ;
— leur rendement, de l’ordre de 85 %, diminue fortement pour
les faibles puissances.

3.2 Régulateur à commutation électronique


3.2.1 Principe
C’est un transformateur (ou un autotransformateur) à rapport de
transformation (mi ) variable par valeurs discontinues. L’enroule-
ment secondaire présente généralement une dizaine de sorties
(figure 31a ) contrôlées par des semi-conducteurs commandés
(thyristors tête-bêche ou triacs).
Le dispositif de contrôle et de commande sélectionne la sortie qui
assure le maintien de la valeur efficace de la tension entre les valeurs
extrêmes V S′ et V S′′ lorsque la valeur efficace de la tension d’entrée
varie (figure 31b ) ou lorsque la charge varie pour compenser les
chutes de tension dans le transformateur. Figure 31 – Régulateur à commutation électronique à 5 sorties
Pour deux prises consécutives, les rapports de transformation
(figures 31a et b ), sont tels que :
mi + 1 3.2.2 Principaux montages
- = α
---------------
mi
■ À partir du schéma de principe, les améliorations apportées au
V S′′ circuit de la figure 31a sont les suivantes :
avec α = -----------
-
V S′ — des résistances, de valeur inférieure à un ohm, sont mises en
série avec les semi-conducteurs, pour éviter les courts-circuits
et les nombres de spires des différents enroulements secondaires entre deux prises consécutives pendant les commutations ;
sont : — le seuil de régulation est abaissé à V S′′′ (figure 32), pour décaler
n i = αi – 1 (α – 1) n les commandes de commutation entre deux prises consécutives, afin
d’éviter les régimes oscillatoires dus aux commutations perma-
où n représente le nombre de spires secondaires non modulable.
nentes entre deux prises, pour les valeurs oscillant autour de celle
entraînant une commutation sur la figure 31b.
Le contrôle de la tension de sortie s’effectue sur les valeurs
maximale et minimale de la valeur instantanée.

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■ Montage à transformateur d’appoint (booster en anglais) : il Avec 2k enroulements de correction et 2k + 1 sorties, pour la
permet d’utiliser des composants de faibles puissances et comprend tension de sortie représentée sur la figure 31b, les nombres de spires
(figure 33) un transformateur d’appoint, de rapport de transforma- entre les prises sont :
tion m ′, et un autotransformateur de N spires, en parallèle sur la N
sortie, à prises multiples (une dizaine), commandées par des semi- n i = ( α – 1 ) k – i ----------
m′
conducteurs, qui peuvent être des triacs.
V ′′S
La valeur efficace de la tension de sortie est : où α = -----------
-
V S′
VS = mi VE
La caractéristique de sortie réelle est identique à celle de la
1 figure 32.
avec m i = -----------------------------------
Ni
1 + ε m ′ --------
N
3.2.3 Avantages et inconvénients
où Ni représente le nombre total de spires entre la sortie centrale
et la sortie de rang i ;
ε = + 1 pour les sorties de rang inférieur à celui de la sortie ■ Avantages des régulateurs à commutation électronique :
centrale ; — ils sont bien adaptés aux charges variables et aux puissances
et ε = – 1 pour les sorties de rang supérieur. élevées ;
— ils admettent des surcharges temporaires ;
— leur principe de régulation n’introduit pas de distorsion
harmonique.
■ Inconvénients des régulateurs à commutation électronique :
— ils n’éliminent pas les microcoupures de tension ;
— le changement de prise est lent (environ 20 ms) ;
— ils nécessitent des protections contre les courts-circuits en
sortie et un dispositif électronique de contrôle et de commande ;
— ils n’ont aucun pouvoir de filtrage.

4. Régulateurs asservis
4.1 Régulateur à curseur asservi

Figure 32 – Régulateur à commutation électronique : 4.1.1 Principe


caractéristique réelle de sortie à vide
Un transformateur d’appoint (de rapport m ′ ) est alimenté par la
tension de correction V ′, prise à la sortie d’un autotransformateur
de N spires, à point milieu et à curseur asservi (figure 34a ) par un
moteur (asynchrone diphasé, universel ou à courant continu).
Pour obtenir la régulation de la tension de sortie (à la valeur
efficace VSR), lorsque la valeur efficace de la tension d’entrée varie
entre V E′ et V ′′E (figure 34b ), le nombre maximal de spires, à placer
de part et d’autre du point milieu, est :
V E′
N

n max = ---------- 1 – ------------
m′ V SR 
La plage de régulation autour de la valeur de VSR est :
n max
∆V SR = ± m ′ --------------- V SR
N

4.1.2 Principaux montages

Un secondaire à deux enroulements, associés en série ou en


parallèle (par un jeu de barrettes), permet de doubler la plage de
régulation du montage de principe de la figure 34a.
Le contrôle de la valeur de la tension de sortie s’effectue géné-
ralement sur sa valeur moyenne redressée, comparée à une valeur
de consigne réalisée dans le bloc de contrôle et commande. Le signe
de la tension d’erreur détermine le sens de rotation du moteur. Le
curseur est déplacé tant que la tension d’erreur n’est pas nulle.
Figure 33 – Régulateur à commutation électronique
et à transformateur d’appoint

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Pour les moyennes et fortes puissances (supérieures ou égales 4.1.3 Avantages et inconvénients
à 30 kVA), le montage de la figure 35, à doubles éléments et à
commande unique, permet de diviser par deux leur puissance Pour les régulateurs à curseur asservi, les avantages et les
apparente si : inconvénients sont identiques à ceux des régulateurs à commutation
m′ électronique avec, cependant, une précision élevée (99 %) et un
m′′ = ---------
2 temps de régulation encore plus grand (qui peut toutefois éviter des
phénomènes de pompage), de l’ordre de 50 ms par volt.
Ce dispositif se prête bien à une régulation triphasée simple :
— avec un circuit unique de régulation dans le cas d’une charge
équilibrée ou faiblement déséquilibrée ;
— avec trois circuits indépendants de régulation, disposés en
étoile, pour une charge déséquilibrée.

4.2 Régulateur à gradateur asservi


4.2.1 Principe
La forme de la tension d’alimentation du transformateur d’appoint
(de rapport m ′ < 1) est déterminée par le retard à l’amorçage des
thyristors, montés tête-bêche en série avec l’enroulement primaire
(figure 36a ).

Figure 34 – Régulateur à curseur asservi

Figure 35 – Régulateur à curseurs asservis pour les fortes puissances

Figure 36 – Régulateur à gradateurs asservis

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Suivant le gradateur utilisé (GA ou GB ), la tension de sortie est : Un transformateur (de rapport k < 1), placé en amont, permet
d’obtenir la plage de régulation entre :
vS = vE ± m ′ v
V SR1
Le fonctionnement, à vide, est le suivant. V E′ = ----------------------------
-
k ( 1 + m′ )
■ Les thyristors débitant sur une charge purement inductive,
lorsque la tension v E est sinusoïdale (de valeur efficace V E) et que V SR1
et V E′′ = -------------
-
π k
l’angle α de retard à l’amorçage est compris entre ----- et π, la
2 Des filtres, accordés sur les fréquences harmoniques (3 et 5),
tension v est constituée de portions symétriques de sinusoïdes sont intercalés dans le circuit.
(figure 36b ) ; sa valeur efficace est :
Le contrôle s’effectue généralement sur les valeurs instantanées
V = a VE minimale ou maximale de la tension de sortie.
1
avec a = ----- [ 2 ( π – α ) + sin 2α ]
π
4.2.3 Avantages et inconvénients
■ La valeur efficace de sa composante fondamentale est
(figure 36c ) : ■ Avantages des régulateurs à gradateur asservi :
V1 = a V E — la précision de la régulation est grande (99 %) ;
et ses composantes harmoniques sont : — le temps de réponse est petit (1 à 2 périodes).
■ Inconvénients des régulateurs à gradateur asservi :
V E sin 2 ( k + 1 ) α sin 2k α
π 
V 2k + 1 = ------- ---------------------------------------- – ------------------------
k + 1 k  — ils nécessitent un circuit de commande compliqué ;
— ils introduisent une distorsion harmonique ;
■ La valeur efficace de la composante fondamentale de la tension — le facteur de puissance de la charge est limité (entre 1 et 0,7
de sortie v S est : pour une charge inductive) ;
VS1 = (1 ± m′a ) VE — ils n’éliminent pas les microcoupures de tension.

Lorsque VE varie, la composante fondamentale de tension de


sortie peut être maintenue à la valeur efficace (constante et régulée)
V SR1 entre les valeurs V E′ et V E′′ (figure 37). 4.3 Régulateur à ferrorésonance
à durée de rémanence asservie
4.2.2 Montage usuel
Nota : le lecteur pourra se reporter, en [Doc. D 3 500], à la référence [4].
Il comprend un autotransformateur et souvent un seul gradateur Un thyristor, placé en parallèle sur l’inductance saturable, permet
(figure 38). Si L1 est l’inductance propre de l’enroulement primaire, de la court-circuiter et d’obtenir ainsi un état rémanent de durée
on a comme rapport de transformation : variable. Deux enroulements à noyaux saturables, non couplés,
donnent une tension de sortie symétrique (figure 39).
n2 L1

m′ = -------- -----------------
n1 L1 +   Le contrôle des instants d’amorçage assure la régulation de la
tension de sortie qui devient moins sensible aux variations de
fréquence (pour ∆f = ± 5 % ; ∆VS < 1 %) et aux variations de la charge.

4.4 Autres dispositifs de régulation


4.4.1 Montage à quatre gradateurs en pont
Nota : le lecteur pourra se reporter, en [Doc. D 3 500], à la référence [5].
Le principe de ce montage (figure 40) est analogue à celui du
régulateur à gradateur asservi (§ 4.2).

Figure 37 – Régulateur à gradateurs asservis : plage de régulation


et variation de (V E ) lorsque la tension de sortie est VSR1

Figure 39 – Régulateur à ferrorésonance


à durée de rémanence asservie

Figure 38 – Régulateur à gradateurs asservis : montage usuel

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La tension de sortie est :


n2
v S = -------- v E ± v
n1

où la tension de correction v est contrôlée par un jeu de gradateurs


donnant de nombreuses combinaisons de fonctionnement et un
réglage plus continu de la tension de sortie, tenant compte du
facteur de puissance de la charge.
Nota : le taux de distorsion harmonique est abaissé d’environ 1,5 %, mais le dispositif
de commande est complexe.

4.4.2 Montage à commutation électronique Figure 40 – Régulateur à quatre gradateurs en pont


à quatre thyristors

Nota : le lecteur pourra se reporter, en [Doc. D 3 500], à la référence [6].


Le circuit (figure 41a ) comprend un autotransformateur à l’entrée
et un enroulement à point milieu. La tension de sortie est :
v S = v E′ + v BA

où la tension de correction v BA est obtenue par commande simul-


tanée de deux thyristors (figure 41b ).
Nota : la commande est indépendante du facteur de puissance de la charge et la distor-
sion harmonique est réduite d’environ 5 %.

4.4.3 Régulateur à transducteur magnétique

La valeur de la tension de correction v est contrôlée par un


transducteur magnétique, commandé par une tension continue Vc
(figure 42a). Le transducteur comprend deux transducteurs
identiques Tr montés en série et à circuits magnétiques indépen-
dants. Ce montage permet d’obtenir des alternances de tension
symétriques (les états magnétiques des noyaux étant différents pour
une même alternance) et d’annuler la tension résultante induite dans
le circuit de commande.
La tension continue Vc , réglable, fait varier la valeur du courant
et donc l’état magnétique des noyaux.
Si L1 est l’inductance propre constante du primaire de l’auto-
transformateur et si  est l’inductance propre équivalente variable
d’un transducteur, la valeur efficace de la composante fondamen-
tale de v est :
L1
V 1 = --------------------- V E
L 1 + 2

où  est une fonction de la tension continue Vc et de V E . Figure 41 – Régulateur à commutation électronique


à quatre thyristors

Figure 42 – Régulateur à transducteur magnétique série

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La figure 42b représente l’allure de la valeur efficace V de la


tension v (en fonction de Vc pour deux valeurs de V E) et montre bien
qu’il y a une plage utile de régulation entre V c′ et V c′′ .
La composante fondamentale de la tension de sortie est :

 1 – -------
n  L + 2 
n2 L1
V S1 = - --------------------- V E
1 1

Lorsque la valeur de V E est maximale l’inductance  doit être


minimale (donc, la valeur de Vc grande) et réciproquement, pour
assurer la régulation.
Nota : ce dispositif donne une très bonne régulation (à ± 0,1 %), une distorsion harmo-
nique réduite (3 %), un rendement de 85 % et un temps de réponse de l’ordre de 100 ms
(valeurs correspondant à des puissances d’environ 3 kVA).

5. Alimentations
sans interruption
Figure 43 – Structure d’une ASI à usage temporaire
Les alimentations sans interruption (ASI) sont appelées UPS
(Uninterruptible Power Supply ) en anglais. Celles considérées ici
sont uniquement statiques. Le lecteur pourra utilement se reporter,
dans ce traité, à l’article Onduleurs de tension. Structures. Principes.
Applications [D 3 176] et Onduleurs de tension. Mise en œuvre
[D 3 177] de la rubrique Électronique de puissance.

5.1 Principe
Les ASI doivent se substituer au réseau de distribution lorsque
celui-ci est défaillant. L’énergie électrique est fournie par une batterie
d’accumulateurs électrochimiques dont la capacité dépend de
l’autonomie désirée (généralement de 5 à 30 min) pour effectuer les
sauvegardes ou terminer les procédures en cours. On distingue deux
types d’ASI :
— les alimentations à usage temporaire, qui ne sont utilisées
qu’en cas de secours, les accumulateurs étant maintenus en charge
(figure 43) ; dans ce cas, l’onduleur n’a pas besoin d’être très
performant ; la commutation entre réseau et ASI s’effectue en
quelques millisecondes ; on place souvent à la sortie de l’onduleur
un régulateur à ferrorésonance qui filtre et élimine la microcoupure
de tension à la commutation ; Figure 44 – Structure d’une ASI à usage permanent
— les alimentations à usage permanent, où l’onduleur délivre
en permanence la tension d’alimentation (figure 44) ; l’onduleur
doit alors être très performant (rendement global supérieur à 80 %
et taux de distorsion harmonique réduit à 3 %). Ainsi, pour les équipements électroniques sensibles qui fonc-
tionnent sous tension continue, on trouve des alimentations sans
interruptions, à sortie continue, où l’onduleur est remplacé par un
hacheur, élévateur de tension [7] qui permet de réduire le nombre
5.2 Différents dispositifs d’accumulateurs nécessaires.
Enfin, pour les petites puissances (inférieures à 3 kVA), l’utilisa-
Avec les nouvelles performances des composants de l’électro- tion d’un convertisseur continu-continu, disposé en série en amont
nique de puissance et de l’informatique, la conception des ASI est de l’onduleur [8] permet d’améliorer le rendement, avec une réduc-
en pleine évolution pour améliorer leur rendement, abaisser leur tion massique importante.
coût et diminuer leur masse.

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P
O
U
Régulateurs statiques R
de tension alternative
E
N
par Jean BONFANTE
Maître ès Sciences
Chef de Travaux au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
S
et Francis GALLIN
Docteur-Ingénieur
A
Assistant au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
V
Références bibliographiques O
+

historique de la question
étude théorique de la question
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voltage regulator (Un régulateur de tension
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∆ comporte des résultats d’essais de laboratoire
▲ comporte des résultats pratiques ou industriels
[4] HUNTER (P.L.). – Variable flux-reset ferro-
resonant voltage regulator (Régulateur ferro-
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Transactions on magnetics, p. 564-567, 9 fig., [7] DANNER (J.P.), REISS (J.M.), BONNET (A.) et
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troniques sensibles. HN 53-R-01, p. 6-9, bibl.
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regulation using a thyristor bridge (Régulateur
de tension alternative à pont de thyristors et à [8]
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L
trique des installations industrielles : analyse
des perturbations basse fréquence. Journées
SEE, p. 7-12, bibl. (6 ref.), nov. 1988 (▲).
U
S
Constructeurs
Analyseurs de réseau Régulateurs de tension et conditionneurs de réseau
VERILEC VERILEC
IREM-ÉNERGIE IREM-ÉNERGIE
SOGAM SOGAM
Alimentations sans interruption GEORGIN
MERLIN GERIN MCB
3 - 1990

SAB NIFE VULCANIC


IMUNELEC
IREM-ENERGIE
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