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Pertes dans les machines tournantes

par Guy GRELLET


Ingénieur de l’École Centrale de Lyon
Docteur ès Sciences
Professeur à l’Université Claude Bernard Lyon

1. Pertes dans les circuits électriques.................................................... D 3 450 - 2


1.1 Pertes normales en basse fréquence ......................................................... — 2
1.2 Pertes supplémentaires à fréquence élevée.............................................. — 3
1.2.1 Cas des courants sinusoïdaux ........................................................... — 3
1.2.2 Cas des courants non sinusoïdaux ................................................... — 3
1.2.3 Application aux courants induits des machines à courant
continu................................................................................................. — 3
1.3 Pertes supplémentaires à fréquence fondamentale dans les
conducteurs parcourus par un courant alternatif ..................................... — 4
1.3.1 Origine ................................................................................................. — 4
1.3.2 Pertes supplémentaires dues au flux principal ................................ — 5
1.3.3 Pertes supplémentaires dues aux flux de fuite ................................ — 5
1.3.4 Résumé................................................................................................ — 10
1.4 Pertes supplémentaires dues aux flux de fuite harmoniques
et d’inclinaison dans les conducteurs rotoriques ..................................... — 10
1.4.1 Pertes dues aux flux différentiel de phase ....................................... — 10
1.4.2 Pertes dues au flux différentiel d’encoche ....................................... — 10
1.4.3 Pertes dues à l’inclinaison des encoches et aux contacts
barre-tôlerie......................................................................................... — 11
1.5 Pertes par chute de tension aux balais ...................................................... — 12
2. Pertes dans le circuit magnétique ...................................................... — 12
2.1 Pertes par courants de Foucault et par hystérésis.................................... — 12
2.2 Paramètres et complexité du calcul ........................................................... — 13
2.3 Méthode analytique du calcul des pertes fer ............................................ — 14
2.3.1 Pertes fondamentales......................................................................... — 14
2.3.2 Pertes dues aux harmoniques d’espace ........................................... — 17
2.3.3 Remarque générale concernant les pertes fer supplémentaires.... — 21
2.3.4 Pertes dues aux harmoniques de temps .......................................... — 21
2.3.5 Réduction des pertes fer .................................................................... — 21
2.4 Méthodes numériques de calcul des pertes fer ........................................ — 22
2.4.1 Généralités .......................................................................................... — 22
2.4.2 Modèle de Preisach-Néel ................................................................... — 22
2.4.3 Méthode de calcul des pertes............................................................ — 25
2.4.4 Critique de la méthode de Preisach-Néel ......................................... — 25
3. Pertes mécaniques .................................................................................. — 25
12 - 1989

3.1 Pertes par frottement .................................................................................. — 25


3.1.1 Pertes par frottement dans les paliers .............................................. — 25
3.1.2 Pertes par frottement dans les roulements ...................................... — 26
3.1.3 Pertes aérodynamiques ..................................................................... — 27
3.1.4 Pertes aux contacts balais-collecteur et balais-bague..................... — 28
3.2 Pertes par ventilation .................................................................................. — 28
D 3 450

4. Conclusion ................................................................................................. — 29
Références bibliographiques ......................................................................... — 30

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PERTES DANS LES MACHINES TOURNANTES ________________________________________________________________________________________________

es pertes d’une machine tournante peuvent être divisées en trois grands


L groupes. Par ordre d’importance usuelle décroissante, on peut distinguer
la classification qui suit.
■ Pertes dans les circuits électriques : ce sont les pertes par effet Joule dans les
enroulements d’induit, d’excitation et, plus généralement, dans toutes les parties
conductrices d’une machine traversées par des courants, y compris les balais.
■ Pertes dans le circuit magnétique : elles sont appelées aussi pertes fer du fait
que les matériaux utilisés pour ce circuit sont, habituellement, à base de fer.
Ces pertes regroupent les pertes par hystérésis et les pertes par courants de
Foucault. Ces dernières correspondent à un déplacement des électrons libres
du matériau sous l’effet d’une variation de flux magnétique, alors que les pertes
par hystérésis correspondent à une modification locale du mouvement des
électrons liés (au noyau), qui modifie l’orientation des moments magnétiques
des atomes associés, sous l’effet de la variation de champ magnétique appliqué.
■ Pertes mécaniques : ces pertes prennent en compte tous les frottements dus
à la rotation de la partie tournante de la machine, que ce soit des frottements
entre solides ou entre solide et fluide.
Les pertes dues aux phénomènes principaux, en particulier celles qui
correspondent aux courants et flux à fréquence fondamentale, sont appelées
pertes normales.
Les pertes dues à tous les phénomènes parasites, en particulier celles qui
correspondent aux flux de fuite, même à la fréquence fondamentale, et aux
courants et flux aux fréquences harmoniques sont appelées pertes supplémen-
taires. Selon les conditions d’existence du phénomène correspondant, ces pertes
supplémentaires sont présentes à vide ou en charge.

M. GRELLET tient à remercier M. LEBŒUF, maître de conférences à l’École Centrale de Lyon,


et MM. FLAMAND et BOU-SAID, maîtres de conférences à l’Institut National des Sciences
Appliquées de Lyon, pour leur aimable collaboration en ce qui concerne les pertes mécaniques.
Cette nouvelle rédaction de l’article doit également beaucoup à la précédente rédigée par
M. BELOT.

1. Pertes dans les circuits La résistance d’un enroulement, réalisé à l’aide de fils fins de
résistivité ρ, de section nue s et constitué de N s spires en série,
électriques chacune de longueur moyenne  moy et formant a voies en parallèle,
vaut (à fréquence nulle) :
 moy N s
R 0 = ρ ----------------------- (1)
1.1 Pertes normales en basse fréquence as
La résistivité ρ doit être celle qui correspond à la température de
fonctionnement θ 2 de l’enroulement selon la loi :
Tout conducteur de résistance R parcouru par un courant continu
ou alternatif de valeur efficace I est le siège de pertes par effet Joule 1 + α θ2
qui valent : ρ ( θ 2 ) = ρ ( θ 1 ) ---------------------- (2)
1 + α θ1
PJ = R I 2
avec α coefficient caractéristique du matériau,
En basse fréquence et pour les conducteurs de sections filiformes,
la densité de courant est uniformément répartie dans toute la section ρ (θ 1 ) résistivité à la température θ1 .
du conducteur. Exemple : on a, à 0 oC :
— pour le cuivre classique : ρ (0) = 1,72 · 10 –8 Ω · m et
α = 4 · 10 –3 K –1 ;
— pour l’aluminium : ρ (0) = 2,67 · 10 –8 Ω · m et α = 4,2 · 10 –3 K –1.

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1.2 Pertes supplémentaires ■ Conducteur à section rectangulaire plate : pour un tel conducteur,
lorsque la largeur est nettement supérieure à l’épaisseur h cd
à fréquence élevée (figure 3), on introduit l’épaisseur réduite :

1.2.1 Cas des courants sinusoïdaux h cd


h cd r = ----------
δ e
Lorsque le courant, qui parcourt un conducteur, est sinusoïdal à
fréquence f élevée, la densité de courant dans une section droite du On obtient alors :
conducteur n’est plus uniforme (effet Kelvin). Cela est dû à l’action
du flux propre interne du conducteur qui rejette le courant vers la ( sh 2 h cd r + sin 2 h cd r )
R = R 0 ------------------------------------------------------------------ (6)
périphérie de celui-ci. La résistance du conducteur se réduit à celle ( ch 2 h cd r – cos 2 h cd r )
d’une couronne d’épaisseur δ e , dite de peau, qui est définie par
l’équation : Les variations correspondantes sont représentées sur la figure 1.
ρ
δ e = ------------- (3) ■ P. Bunet, dans son ouvrage [38], donne des formules empiriques
π µf simplifiées pour un calcul rapide.
avec µ = µ 0 = 4π · 10 –7 H/m perméabilité égale à celle du vide pour On s’y reportera également pour des conducteurs de section de
les conducteurs non magnétiques habituels. forme quelconque et, en particulier, pour les tubes. De même, le
Par rapport au fonctionnement en basse fréquence, il en résulte calcul de la résistance effective de conducteurs en parallèle à sections
un accroissement de sa résistance et de son inductance et donc un non jointives, qui ne peuvent plus être assimilés à un conducteur
accroissement des pertes Joule pour un même courant transporté. unique, y est développé.
La résolution des équations de Maxwell conduit aux expressions
simplifiées suivantes pour des conducteurs dans l’air. 1.2.2 Cas des courants non sinusoïdaux
■ Conducteur à section circulaire de diamètre D 0 : on introduit le
diamètre réduit : Pour les courants alternatifs non sinusoïdaux, les conducteurs
D0 étant généralement des matériaux à caractéristiques linéaires, il
d = -------------- suffit de calculer la résistance R i correspondant à chaque fréquence f i
4 δ e des termes de la série de Fourier composant le courant et
d’additionner les pertes dues à chaque harmonique sous la forme :
Si R 0 est la résistance du conducteur en courant continu, la
résistance effective R est donnée, de façon approchée : n n

 
R I 2
∑ ∑
2 2
— si d < 1, par : R = R 0 [1 + (d 4/3)] (4) PJ = Ri I i = R0 I 1 -------i- -----i- = P J1 K f (7)
R0 I1
i=1 i=1

1 3
— si d > 1, par : R = R0  d + ----- + -------------
4 64d
(5)
avec P J1 pertes dues au fondamental I 1 du courant,
Les variations correspondantes sont représentées sur la figure 1. K f coefficient dû aux harmoniques (pour des courants en
créneaux, K f est de l’ordre de 8 à 10 %).

1.2.3 Application aux courants induits


des machines à courant continu

Dans les machines à courant continu, l’inversion du courant


dans les encoches se produit au moment de la commutation de la
section correspondante. Cette variation rapide du courant, d’une
valeur positive à une valeur négative, est la cause de pertes sup-
plémentaires en charge.
Si l’on suppose la commutation linéaire, la courbe de variation
du courant en fonction du temps a une forme trapézoïdale (figure 2).

Figure 1 – Variation de la résistance effective réduite


en fonction du diamètre réduit, pour les conducteurs Figure 2 – Variation du courant d’induit d’une machine
de section circulaire, et de l’épaisseur réduite, à courant continu avec commutation linéaire
pour les conducteurs de section rectangulaire, dans l’air

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La fréquence fondamentale (en Hz) du courant a pour valeur : longueur du paquet de tôles et  moy celle d’une spire, ces pertes
s’expriment par l’expression :
pN 1
f = ---------- = -----
60 τ 2L
P J SC = R 0 I 2 -------------- k (12)
 moy
avec N (tr/min) vitesse de la machine,
p nombre de paires de pôles, et s’ajoutent aux pertes normales R 0 I 2.
τ (s) période du courant.
On peut décomposer en série de Fourier la forme trapézoïdale du
courant et calculer, pour chaque harmonique, la valeur des pertes 1.3 Pertes supplémentaires à fréquence
supplémentaires. fondamentale dans les conducteurs
Introduisons, pour alléger l’écriture, l’angle β, tel que 2β représente parcourus par un courant alternatif
la durée angulaire de la commutation (t c étant le temps de
commutation) : 1.3.1 Origine
2 β = 2 π f tc
tc Un conducteur de machine électrique, logé dans une encoche, est
soit β = π ------
τ traversé par les lignes d’induction et donc soumis à de nombreux
flux, les uns à fréquence fondamentale, les autres à fréquences mul-
On trouve pour valeur instantanée du courant d’une section : tiples du fondamental. Ces flux, comme le flux propre du conducteur,
modifient, par la création de courants de Foucault parasites, la dis-
sin β 1 sin 3 β
4
π 
i s = ----- I --------------- sin ω t + ----- ------------------- sin 3 ω t + ...
β 3 3β  (8) tribution résultante de la densité du courant en charge et provoquent
une augmentation apparente de la résistance du conducteur et donc
des pertes dissipées dans celui-ci.
avec I valeur du courant dans une section,
Si l’on ne regarde d’abord que les flux à fréquence fondamentale,
ω pulsation fondamentale du courant instantané. on est en présence de deux flux dont les lignes d’induction corres-
Il faut tenir compte de ce que toutes les sections contenues dans pondent à des trajets très différents (figure 3) :
une encoche ne sont pas commutées simultanément. Si n s est le — le flux principal  P qui, dans l’encoche, intéresse pour une
nombre de sections par encoche, n e le nombre d’encoches, les part la surface du conducteur située au voisinage de l’entrefer ;
courants dans les n s sections sont donc décalés les uns par rapport — le flux de fuite d’encoche  fe , qui concerne les surfaces
aux autres d’un angle : latérales du conducteur.
p
2 ψ = 2π ----------------- Les effets de ces deux flux peuvent être traités séparément, si
ne ns l’on admet qu’il n’y a pas saturation du circuit magnétique.
qui permet de calculer les coefficients de distribution. Il est évident a priori qu’une réduction des dimensions du
conducteur amenuise ces courants parasites par diminution des
Le courant total déterminant le flux transversal à l’encoche prend sections offertes à ces flux.
donc la valeur :

sin β sin n s ψ
4
π 
i = ----- n s I --------------- ------------------------ sin ω t
β n s sin ψ
(9)
1 sin 3 β sin 3 n s ψ
+ ----- ------------------- ----------------------------- sin 3 ω t + ...
3 3β 3 n s sin ψ 
Dreyfus [39] a mis sous une forme commode les pertes supplé-
mentaires introduites par chacun des termes de i. En notant λ la
hauteur réduite du conducteur, égale au rapport de l’épaisseur de
celui-ci à l’épaisseur de peau, pour la fréquence fondamentale f, et
en désignant par n le nombre de conducteurs superposés dans
l’encoche, le rapport k de l’augmentation apparente ∆R de résis-
tance, due aux pertes supplémentaires, à la résistance R 0 en courant
continu, s’exprime par :
∆R
k = ---------- = 0,42 n 2 λ 2 k c (10)
R0

k c étant un coefficient fonction de la durée de la commutation et


égal à 1 si cette commutation est instantanée (t c = 0).
Dreyfus a trouvé pour k c l’expression :

0,116 λ 2
k c = ----------------------------------------
- (11)
0,13 λ 2 + 2 f t e

t e désignant la durée de commutation totale des n s sections


contenues dans l’encoche.
On remarquera que l’expression de ∆R/R 0 s’applique uniquement
aux parties des conducteurs logés dans l’encoche.
La commutation introduit donc, dans les machines à courant
continu, des pertes supplémentaires en charge PJ SC . Si L est la
Figure 3 – Flux à fréquence fondamentale dans une encoche

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Nous n’indiquerons ici que les résultats des études correspon-


dantes, assez longues, et qui sont déduits de l’intégration des
équations de Maxwell en deux dimensions sur une section
d’encoche. La bibliographie indiquée permettra au lecteur de
retourner aux sources pour les détails ou la reprise d’hypothèses.

1.3.2 Pertes supplémentaires dues au flux principal

■ Oberretl [28] a été conduit à exprimer, avec les notations de la


figure 3, ces pertes parasites dans les conducteurs logés dans des
encoches par la formule :
2 2 2
P P = 3 ⋅ 10 5 n e B ε1 max t d b 1 σ C P L f 2 (13)

pour des rapports b1/c 1 = 1,22


b1/ h cd = 7,35
et b1 / h 1 = 4,4
avec b1 largeur d’encoche,
c1 largeur du conducteur nu,
h1 hauteur de la cale d’encoche,
h2 hauteur d’encoche au-dessus du conducteur de tête
d’encoche,
h cd épaisseur du conducteur élémentaire nu,
B ε 1 max valeur maximale du fondamental de l’induction B ε ,
dans l’entrefer ε,
C P (F) capacité pour le calcul des pertes par courants de
Foucault,
L longueur de fer de la machine,
ne nombre d’encoches de l’armature considérée,
td pas dentaire, Figure 4 – Capacité C P pour le calcul des pertes par courants
ε entrefer simple, de Foucault dues au flux principal
σ (s/m) conductivité du conducteur.
2
La valeur C P (en F) de la capacité, fonction du produit b 1 σ f , est
déduite des courbes de la figure 4 pour b 1 /t d = 0,5 et pour un
conducteur par largeur d’encoche, pour diverses valeurs des
rapports b 1/ ε et b 1/ h 2 ; pour d’autres valeurs de b 1/ t d ou deux
conducteurs par largeur d’encoche, on se reportera aux références
bibliographiques.
— Ces pertes supplémentaires atteignent généralement 10 %, au
plus, des pertes normales dans les conducteurs lorsque les encoches
ouvertes contiennent un seul conducteur par largeur d’encoche, si
l’on respecte un rapport b 1 /h 2  3 , ce qui est courant.
— Lorsqu’il y a deux conducteurs par largeur d’encoche, comme
pour les barres Rœbel, ces pertes sont négligeables.
On remarque que l’épaisseur des conducteurs n’a pas d’influence
sur ces pertes.
■ Si le rapport b 1/ c 1 est différent de 1,22, C P doit être multiplié par
le coefficient de correction k ′ donné par la figure 5.
Figure 5 – Coefficient de correction k ′ fonction de l’épaisseur
■ Pour des valeurs de b 1/ t d autres que 0,5, on peut interpoler la d’isolant d’encoche
valeur de C P selon une loi de la forme :
b1 b1
   
2 3
C P = C a -------- + C b -------- Les calculs supposent essentiellement :
td td
— que la perméabilité du fer est infinie (lignes d’induction du
flux de fuite normales aux parois de l’encoche et champ nul dans
1.3.3 Pertes supplémentaires dues aux flux de fuite le fer) ;
— que la température des conducteurs est uniforme ;
1.3.3.1 Conducteur élémentaire rectangulaire — que les pertes supplémentaires sont limitées à la partie des
dans une encoche (effet Field) conducteurs située dans l’encoche ;
— enfin, que les courants parasites radiaux aux extrémités du
1.3.3.1.1 Généralités brin produisent des pertes négligeables.
Considérons une encoche où la hauteur h c du conducteur AB
(figure 6) est subdivisée en brins élémentaires isolés les uns des
autres ; nous négligeons les épaisseurs d’isolant vis-à-vis de celles
du cuivre.

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■ Le théorème d’Ampère, appliqué au contour Γ, donne le champ


magnétique, dont le module H (x ) dans le cuivre à la hauteur x Si ces trajets étaient uniquement résistants, i F serait en quadra-
s’écrit :
ture avec I puisque I produit le flux de fuite Φ f (x ), lui-même
I 2 x
H ( x ) = --------------- -------- origine de E (x) ; le diagramme vectoriel se réduirait aux triangles
b1 hc OAB et OAC (figure 9), où :
avec I valeur efficace du courant, supposé sinusoïdal, dans le
conducteur. AO = I
Ce champ, qui correspond au flux de fuite, varie donc linéairement OB et OC
avec x .
Soit une section du conducteur, de hauteur d x, entourant le en phase avec E ( x ) , figurent les courants i F d’aller et retour.
point P , d’ordonnée x . Le flux qui agit sur cette section est le
flux Φ PB (x ) à travers l’encoche au-dessus du point P, entre P et B. Les courants résultants I 1 et I 2 seraient égaux et d’ailleurs
Désignons par H B le champ en B. Le flux considéré s’écrit, pour une
longueur unité de conducteur : peu différents de I , la densité de courant aurait pratiquement la
même valeur en tous les points d’une section droite du conducteur.


h cd
En réalité, les trajets considérés présentent une certaine réac-
Φ PB ( x ) = µ 0 H P ( x ) dx
x
tance, introduisant un déphasage Ψ de i F ( x ) sur E ( x ) . Les extré-
Or, on a :
mités B′ et C′ des vecteurs – i F ( x ) et + i F ( x ) se déplacent donc
x I 2 x
H P ( x ) = H B -------- = --------------- -------- sur les demi-cercles de diamètre OB et OC. Les courants résultants
hc b1 hc

La valeur de Φ PB (x ) s’écrit donc : I 1′ ( x ) = AB′ et I 2′ ( x ) = AC′ deviennent alors différents, ce qui


crée une forte augmentation des pertes.

 
1 I 2 x2
Φ PB ( x ) = ----- µ 0 --------------- h c – --------
2 b1 hc

Ce résultat se retrouve également en remarquant que le flux


considéré correspond (toujours pour l’unité de longueur) à l’aire du
trapèze PP′B′B (figure 6).
■ Le flux Φ PB (x) induit, dans le conducteur lui-même, une force
électromotrice (fém) déphasée de π/2 par rapport à lui et, par
conséquent, sur le courant qui lui donne naissance. Cette fém a pour
valeur efficace :

 
1 1 I x2
E ( x ) = ----------- ω Φ PB ( x ) = ----- µ 0 ω ------ h c – -------- (14)
2 2 b1 hc
Figure 7 – Variation de la fém E dans une encoche
E (x ) varie donc paraboliquement en fonction de x (figure 7). La
parabole donne la distribution de la force électromotrice dans le
cas d’un conducteur massif. En réalité, du fait de la subdivision du
conducteur, la différence de potentiel (ddp) entre bords extrêmes
des divers éléments correspond à la courbe en escalier.
■ On voit aussi que la ddp par brin croît depuis le fond de l’encoche
jusqu’à son bord, chacune de ces ddp élémentaires faisant circuler
dans le conducteur les courants de Foucault i F représentés sur la
figure 8 et qui, pendant la plus grande partie de leur trajet, sont Figure 8 – Circulation des courants de Foucault dans un conducteur

parallèles au courant de charge I (nous négligerons donc les


retours aux extrémités).

Figure 9 – Composition du courant de charge I

et des courants de Foucault i F


Figure 6 – Variation du champ magnétique H dans une encoche

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La densité de courant est beaucoup plus élevée au voisinage de Cette épaisseur de peau permet alors de calculer la hauteur
l’entrefer. L’étude complète [18] montre que les densités de réduite du conducteur, soit :
courant J (x ), en fonction de la distance x au fond de l’encoche, h cd
présentent l’allure indiquée, sur la figure 10a, dans le cas d’un seul λ = ---------- (17)
δ cd
conducteur dans l’encoche et, sur la figure 10b, dans celui, usuel,
de deux conducteurs superposés, J0 représentant la densité de Comme on vient de le voir, les pertes supplémentaires dépendent
courant dans le cas d’une répartition uniforme. De plus, les courants du rang occupé par le conducteur élémentaire considéré, compté
en divers points des conducteurs ne sont pas en phase. à partir du fond de l’encoche (figure 7). Supposons qu’il y ait ainsi
n conducteurs élémentaires (ou n couches de conducteurs) super-
On peut donc dire que ces pertes supplémentaires sont posés dans l’encoche et soit :
produites par la non-uniformité, en grandeur et en phase, de la • I la valeur efficace du courant, somme géométrique des courants
densité de courant, dans les différents filets longitudinaux du circulant dans les (m – 1) conducteurs situés au-dessous de m ;
conducteur. • Im la valeur efficace du courant traversant le conducteur m ;
Les considérations précédentes montrent bien que les pertes • m le rang d’un des conducteurs ;
supplémentaires dans un conducteur augmentent avec la • Θ le déphasage entre I et I m .
hauteur de ce dernier. On les réduit en diminuant cette hauteur
par subdivision du conducteur en brins élémentaires isolés les Emde [19] montre alors que la valeur particulière de K, pour le
uns des autres. conducteur m, s’écrit :

2
■ On peut exprimer les pertes Joule totales de la partie d’un
conducteur située dans les encoches sous la forme :
Km = A ( λ ) +
  I
--------
Im Im
I
+ -------- cos Θ B ( λ ) (18)

(R 0 + r S ) I 2 = K R 0 I 2 (15) en posant :
avec rS résistance fictive correspondant aux pertes supplémen-

taires r S I 2, sh 2 λ + sin 2 λ 
A ( λ ) = ------------------------------------------- 
K coefficient d’augmentation des pertes supérieur à 1 (sans ch 2 λ – cos 2 λ
 (19)
précautions spéciales, K pourrait dépasser 10 dans de sh λ – sin λ 
et B ( λ ) = 2 λ ---------------------------------- 
grandes machines). ch λ + cos λ 
Le calcul de K a tout d’abord été effectué par Field [18], puis repris
par Emde [19], Roth [20] [21] et Dreyfus [22]. Nous nous Les valeurs de ces deux fonctions sont données par les courbes
contenterons de rappeler les résultats trouvés par ces auteurs. de la figure 11.
L’épaisseur de peau, due au flux de fuite, d’un tel conducteur, dans
une encoche, a pour valeur, dans le système SI : Pour des valeurs de λ comprises entre 0 et 1, on peut remplacer
ces fonctions par les premiers termes de leur développement en
b 1 h cd 2 ρ série :
δ cd = --------
- ------------ -------------- (16) 4 λ4
c 1 h cd ′ ω µ0 A ( λ ) = 1 + -------- λ 4 et B ( λ ) = --------
45 3
avec b1 largeur d’encoche,
Dans le cas général, on peut donc calculer le coefficient K m pour
c1 largeur d’un conducteur élémentaire, chaque couche de conducteurs et par conséquent trouver les pertes
h cd épaisseur d’un conducteur élémentaire (nu), 2
totales (Joule et supplémentaires) en ajoutant les termes K m r m I m

h cd épaisseur d’un conducteur élémentaire isolé.
ainsi déterminés ( rm représentant la résistance en courant continu
du conducteur ou de la couche de rang m ). Mais les choses se
simplifient dans les cas usuels.

Figure 10 – Répartition de la densité de courant dans une encoche

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Figure 11 – Variation des fonctions A (  ) et B (  )

1.3.3.1.2 Cas d’un conducteur unique à section


rectangulaire
■ L’expression de K [relation (18)] se simplifie, dans ce cas, et
devient égale à A (λ), avec [d’après (16) et (17)] :

ω µ0 c1
λ = h cd --------------------
2 ρ b1 Figure 12 – Géométrie d’encoche en L et T inversé

■ Dans le cas d’un conducteur en L ou en T inversé, logé dans une


encoche de rotor, l’expression de K se complique. Avec la géométrie
donnée sur la figure 12 et si l’on admet : 1.3.3.1.3 Cas où les courants dans tous les conducteurs
d’une même encoche sont en phase
c1 c2 C’est notamment le cas d’un enroulement triphasé avec pas
--------
- = --------
-
b1 b2 diamétral, tous les conducteurs d’une encoche appartenant à la
même phase ; on a alors Θ = 0 ; de plus :
on pose :
I = (m – 1) Im
h2
α 1 = --------
-
h1 puisque chaque conducteur est parcouru par le même courant ; la
relation (18) devient donc :
b1
β 1 = -------
- Km = A (λ) + m (m – 1) B (λ)
b2
A (λ) et B (λ) étant toujours donnés par les expressions (19).
ω µ c1
ξ = hc ------------0- -------
- En faisant la sommation pour les n couches de conducteurs de
2 ρ b1
l’encoche, on calcule le coefficient moyen pour l’ensemble des
2ξ conducteurs :
a = ------------------
1 + α1

c = a α1 m=n 
1 
On obtient, alors, l’expression [23] :
K moy = -----
n ∑ [A (λ) + m (m – 1) B (λ)] 
m=1  (21)

( α1 + β1 ) ξ n2 – 1 
K = ------------------------------ F (20) = A ( λ ) + ------------------ B ( λ ) 
( 1 + α1 ) β1 3 
avec :
Il suffit alors d’affecter du coefficient K moy la résistance de toute
2 la partie des conducteurs située dans les encoches pour trouver
 β 1 ( ch c + cos c ) ( sh a + sin a ) + 2 β 1 ( sh c ch a + sin c cos a )
facilement les pertes correspondantes. Il reste encore à ajouter à
+ ( ch c – cos c ) ( sh a – sin a )  celles-ci les pertes dans les têtes de bobine (§ 1.3.3.2).
F=
2
 β 1 ( ch c + cos c ) ( ch a – cos a ) + 2 β 1 ( sh c sh a + sin c sin a )
+ ( ch c – cos c ) ( ch a + cos a ) 

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1.3.3.1.4 Cas des enroulements triphasés Dans les grandes machines, on effectue une permutation à l’inté-
à deux étages avec pas raccourci rieur même de l’encoche. Pour cela, chaque conducteur (c’est-à-dire
On sait que, dans cette disposition, les deux étages de conducteurs chaque spire) est subdivisé en 2 n lamelles élémentaires disposées
peuvent appartenir à des phases différentes. Dans le calcul de K m en deux colonnes dans l’encoche. On obtient ainsi la barre Rœbel
il faut faire Θ = 2 π /3 pour les conducteurs de l’étage inférieur. Un (figure 15) universellement utilisée.
calcul analogue au précédent conduit, alors, à une valeur moyenne D’une façon générale, les pertes Joule globales ont alors pour
pour l’encoche : valeur :
13n 2 – 16 pertes Joule globales = ( K moy + K moy
′ ) R0 I 2
K moy = A ( λ ) + ---------------------------- B ( λ ) (22)
48
K moy représentant le coefficient d’augmentation des pertes, calculé
Le reste du calcul est identique à celui effectué dans le cas par la relation (18) pour chaque lamelle individuelle ;
précédent.

K moy correspondant aux pertes dues aux courants de circulation
1.3.3.1.5 Hauteur critique d’un conducteur entre lamelles ; il faut donc le calculer.
Dans ces enroulements parcourus par des courants alternatifs, la ′
■ Dans le cas des barres Rœbel, K moy = 0 puisque, par le jeu des
réduction des pertes totales ne peut s’obtenir en augmentant, sans
précautions spéciales, la section des conducteurs. permutations, chaque portion de lamelle occupe dans l’encoche
toutes les places possibles ; les fém induites dans les lamelles sur
En effet, la largeur des encoches limitant celle des barres utilisées, toute la longueur d’une encoche n’entraînent aucun courant de
on serait conduit à accroître la hauteur de ces barres. Or, l’expression circulation.
(18) et les courbes de la figure11 montrent qu’alors les pertes sup-
plémentaires augmenteraient rapidement avec la hauteur réduite λ.
Dans l’expression (15) des pertes, l’augmentation de la hauteur hcd
diminuerait R 0 , mais accroîtrait r S . On conçoit que les pertes sup-
plémentaires passent, alors, par un minimum pour une hauteur
déterminée du conducteur h C appelée hauteur critique.
Elle est évidemment fonction de δ cd [relation (16)], c’est-à-dire des
dimensions du conducteur, de sa résistivité et de la largeur de
l’encoche, mais aussi de la place de ce conducteur dans l’encoche ;
la hauteur critique est plus faible au voisinage de l’entrefer. En réalité,
on prend la même hauteur pour tous les conducteurs.
On démontre [8] que si λ C représente la hauteur critique réduite
du conducteur, c’est-à-dire celle conduisant aux pertes minimales
pour l’ensemble des n conducteurs d’une encoche, on a une relation
de la forme :
ch λ C + cos λ C n2 – 1
f ( λ C ) = -----------------------------------------------
- = ------------------ (23)
( ch λ C – cos λ C ) 2 3

La fonction f (λC) est représentée par la courbe de la figure 13.


Connaissant n, on peut ainsi en déduire la hauteur critique h C .
Figure 13 – Hauteur critique des conducteurs
en fonction du nombre de conducteurs dans l’encoche
1.3.3.1.6 Pertes supplémentaires par courants
de circulation entre conducteurs élémentaires
Dans le calcul précédent (§ 1.3.3.1.1, 1.3.3.1.2, 1.3.3.1.3, 1.3.3.1.4
et 1.3.3.1.5), nous avons supposé que chaque conducteur élémen-
taire est placé en série avec les autres. C’est le cas lorsque le courant
circulant dans la machine est suffisamment faible pour que l’on
puisse utiliser un seul conducteur de section réduite pour constituer
un côté de spire.
Supposons, au contraire, que la section de cuivre soit telle qu’elle
conduirait à des conducteurs de grande hauteur. Nous venons de
voir que cela entraînerait des pertes prohibitives. On subdivise alors
Figure 14 – Croisement des conducteurs dans les têtes de bobines
chaque conducteur en un grand nombre de brins élémentaires isolés
les uns des autres, réunis cette fois en parallèle. Mais, si l’on opérait
une mise en parallèle simple, à chaque extrémité de l’encoche par
exemple, cela ne servirait à rien de subdiviser le conducteur. Les
forces électromotrices (fém) induites, différentes pour chaque brin,
créeraient des courants de circulation entre eux, d’où des pertes sup-
plémentaires très sensiblement identiques à celles produites dans
la barre massive équivalente. C’est pourquoi on n’effectue la mise
en parallèle à chaque extrémité de l’enroulement qu’après avoir per-
muté entre eux les conducteurs.
Dans les machines peu puissantes, on se contente de réaliser un
croisement à l’intérieur des têtes de bobines (figure 14). D’autres
procédés ont aussi été décrits dans la littérature [18] [19] [20] [21]
[22].
Figure 15 – Géométrie d’une barre Rœbel

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Cependant, la relation (21) doit être modifiée et devient : 1.4 Pertes supplémentaires dues aux flux
4 n2 – 1 de fuite harmoniques et d’inclinaison
K moy = A ( λ ) + ----------------------- B ( λ )
3 dans les conducteurs rotoriques
■ Dans le cas de croisement des lamelles dans la tête de bobine, les Les discontinuités géométriques d’une machine au niveau de
phénomènes sont plus compliqués. On peut montrer [20] [21] que le l’entrefer créent des flux de fuite harmoniques de phase et d’encoche

terme complémentaire K moy se réduit à : (§ 2.3.2) qui engendrent des pertes dans les conducteurs rotoriques

K moy = A (λ′ ) – 1 des machines asynchrones dont l’entrefer est particulièrement
faible. Ces harmoniques sont appelés harmoniques d’espace.
où λ ′ représente une hauteur réduite obtenue en prenant n fois la
hauteur d’une des lamelles pour valeur de h C .
1.4.1 Pertes dues au flux différentiel de phase
■ Enfin, dans le cas général, avec des transpositions quelconques,

il faut déterminer K moy en calculant la valeur des fém induites dans Le fait que le nombre de phases soit fini entraîne une distribution
les divers circuits élémentaires et en déduire les courants de de la force magnétomotrice (fmm) dans l’entrefer qui diffère de la
circulation. répartition sinusoïdale (figure 32), celle-ci supposant un nombre
infini de phases et d’encoches par phase. A cet écart correspond un
1.3.3.2 Têtes de bobine flux différentiel de phase qui engendre des pertes, non négligeables
dans les rotors à cage [25] [26] [27] [29] [30] [33] [37], de la forme :
Tout ce qui vient d’être dit au paragraphe 1.3.3.1 concerne unique-
ment la partie des conducteurs située dans les encoches, puisque q I 2 R 2′
∑ Ki k di
2
les pertes supplémentaires calculées correspondent au flux de fuite P dp = ----------------------
2
(24)
d’encoche. k d1 i

Il est bien certain que les têtes de bobines, placées dans le flux avec q nombre de phases du stator,
de fuite d’extrémité de la machine, sont le siège de pertes, qui
peuvent être très élevées dans les grands turboalternateurs. Or le I courant du stator par phase,
flux aux extrémités de la machine a une allure complexe qui rend R 2′ résistance en continu d’une phase du rotor, ramenée au
extrêmement difficile un calcul précis. Les méthodes actuellement stator,
en usage sont empiriques et peu convaincantes, et l’on recherche Ki coefficient d’augmentation des pertes dues à l’effet
encore des procédés d’analyse donnant des résultats corrects. pelliculaire pour l’harmonique d’espace de rang i
Nous ne nous arrêterons donc pas à ces pertes ; signalons seule- (de l’ordre de 1 à 2 %),
ment qu’une des meilleures méthodes consiste à extrapoler des k di coefficient de distribution du stator pour l’harmonique
résultats d’essais sur machines construites. de rang i (de l’ordre de 3 à 4 %).

1.3.4 Résumé 1.4.2 Pertes dues au flux différentiel d’encoche


En pratique, on traite toutes ces pertes Joule supplémentaires de
Le fait que le nombre d’encoches par phase soit fini entraîne une
la façon suivante : tout d’abord, dans le but de les réduire, on sub-
distribution de la fmm dans l’entrefer qui s’écarte de la répartition
divise, s’il y a lieu, le conducteur en lamelles de hauteur variable
précédente (figure 33). Le nombre fini de phases entraîne la création
faible (3 à 3,5 mm au maximum) ou en fils ronds (diamètre inférieur
d’un flux différentiel d’encoche (appelé aussi zigzag) qui engendre
à 3,0 ou 3,5 mm) isolés les uns des autres.
des pertes qui s’expriment de façon analogue aux précédentes par
On calcule ensuite le coefficient K pour les conducteurs individuels la relation :
à l’aide des formules indiquées. En général, on se contente de P de = q I 2 R 2′ K i C (25)
déterminer K moy , coefficient moyen. Puis, s’il y a lieu, c’est-à-dire
dans le cas de lamelles en parallèle, on calcule le terme complé- où le coefficient C remplace les coefficients de distribution de la
mentaire K moy′ dû aux courants de circulation. formule (24).
Si R e est la partie de la résistance en courant continu d’un enroule- En fait, les harmoniques en présence sont ceux de perméance
ment situé dans l’encoche, on a : (§ 2.3.2.1) et ceux de fmm zigzag proprement dits.
pertes Joule totales dans les encoches = ( K moy + K moy
′ ) Re I 2 ■ Les pertes créées par les harmoniques de perméance ne dépen-
dent pas de la charge et entrent dans le calcul des pertes à vide pour
R e étant bien entendu déterminé pour la température convenable la valeur I0 du courant à vide de la machine et pour une valeur C 0
du matériau. de C fonction du nombre d’encoches par pôle ne2 / 2p au rotor et
On ajoute, d’une part, les pertes calculées au paragraphe 1.3.2 ne1 /2p au stator et du rapport de l’ouverture b des encoches statori-
et, d’autre part, les pertes normales dans les têtes de bobine, si ques à l’entrefer simple ε . Alger [25] a déterminé ces rapports dont
l’on ne les a pas déjà déterminées (§ 1.1), majorées, si l’on dispose la variation est donnée sur la figure 16 pour le cas de 12 encoches
d’un modèle connu, des pertes supplémentaires dans cette partie par pôle au stator.
de la machine.
■ Les harmoniques de fmm sont fonction de la charge et sont donc
calculés pour le courant de charge I. Le coefficient C n’est, alors,
plus fonction que des nombres d’encoches par pôle et correspond
aux pertes dues aux harmoniques principaux de rang :
n e1
n i = ----------- ± 1
p

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Sa valeur C C , pour le cas particulier précédent, de 12 encoches 1.4.3 Pertes dues à l’inclinaison des encoches
par pôle au stator est portée en tiretés sur la figure 16. et aux contacts barre-tôlerie
■ Les pertes dues au flux zigzag et aux variations de perméance
s’écrivent : Pour réduire le bruit et les couples parasites dus aux variations
2
de perméance d’entrefer, on incline parfois les encoches du rotor
Pd e = q K i moy R ′2 ( C 0 I 0 + CC I 2 ) (26) d’un ou plusieurs pas dentaires. Cette technique n’est intéressante
que pour les moteurs de faible puissance (< 15 kW) en raison des
K i moy étant la valeur moyenne des coefficients correspondant aux pertes supplémentaires qu’elle entraîne, dues aux différences de
fréquences harmoniques de rang n i . potentiel (ddp) harmoniques qui apparaissent entre les barreaux et
au défaut d’isolement de ceux-ci par rapport aux tôles magnétiques.
L’intérêt d’annuler C 0 et C C , pour n e1 = n e2 , correspondant à De nombreux auteurs ont étudié ces pertes et donné des formules
des coefficients de distribution nuls, est contrebalancé par l’aug- utilisables dans la plupart des cas pratiques usuels. La complexité
mentation du bruit et l’apparition de couples de maintien de per- de leurs expressions nous fait renvoyer le lecteur à leurs publications
méance qui peuvent rendre le démarrage difficile. [31] [32] [34] [36].
Ces pertes peuvent être réduites par l’emploi de cales magné- On peut cependant en extraire les principales conclusions, à savoir
tiques d’encoche qui diminuent les modulations de flux de que l’impédance transversale entre barreaux est réductible à une
denture. résistance pure et que l’influence de la partie fer est négligeable
vis-à-vis de la résistance de contact barre-tôle. La valeur de cette
résistance R T est assez fortement variable en valeur absolue et elle
est proportionnelle à la racine carrée de la fréquence de l’harmonique
considéré.
Lorsque la résistance de contact est faible, il se produit une
modification apparente de l’inclinaison des barreaux qui accroît
fortement les pertes avec cette résistance, ce qui conduit à un effet
contraire à celui recherché par l’inclinaison.
La figure 17 montre, pour une machine donnée, l’allure de la
variation de ces pertes en fonction de la résistance de contact R T
pour diverses inclinaisons. Il est clair que, selon la valeur de cette
résistance, on a plus ou moins intérêt à incliner les encoches du
rotor par rapport à celles du stator.

Figure 16 – Coefficients C 0 et C C en fonction de la géométrie


pour n e1 /2p = 12 encoches par pôle au stator
Figure 17 – Pertes dues au contact conducteur-tôle,
en fonction de la résistance de contact R T ,
pour divers valeurs de l’inclinaison ′ en pas dentaire

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La figure 18 donne, pour une inclinaison α′ = 0,8 pas dentaire Notons que les fabricants de balais donnent fréquemment la chute
statorique, l’influence du nombre des encoches du rotor pour un de tension globale pour le balai positif et le balai négatif, cette chute
nombre d’encoches du stator donné. Il apparaît donc un optimum de tension étant légèrement différente pour les deux balais. Cette
de l’inclinaison et de ce rapport pour minimiser ces pertes. valeur globale remplace alors 2 U b dans la relation (27).
Il est aussi logique de chercher à isoler parfaitement les barreaux
des tôles. En fait, il suffit de les isoler dans leur partie supérieure
et sur une hauteur égale à l’épaisseur de peau des harmoniques de
plus grande amplitude. 2. Pertes dans le circuit
magnétique
1.5 Pertes par chute de tension aux balais
2.1 Pertes par courants de Foucault
et par hystérésis
Elles varient suivant la nature des balais. Si U b est la chute de
tension au contact pour une ligne de balais, on a immédiatement : Les alliages ferromagnétiques utilisés dans les circuits magné-
Pb = 2 Ub I (27) tiques sont communément appelés fer, étant donné le fort pourcen-
tage de fer dans ceux-ci.
en courant continu et en monophasé, et :
■ Les pertes par courants de Foucault dans ces alliages résultent,
Pb = q Ub I (28) selon la loi de Faraday, des variations temporelles des flux qui
induisent des forces électromotrices dans leur masse. Ces fém
en courant polyphasé, à q phases. générées dans ces alliages conducteurs, de résistivité voisine
On a les valeurs suivantes : de 50 · 10–8 Ω · m, donnent naissance à des courants qui se ferment
U b = 0,75 V, pour les charbons graphitiques tendres ; dans la masse du fer dans des plans normaux à la direction du flux.
U b = 1,2 V, pour les charbons graphitiques durs ; Le phénomène est analogue à celui qui génère des courants dans une
U b = 0,25 à 0,4 V, pour les charbons métallisés. boucle fermée conductrice traversée par un flux variable, la masse
du fer pouvant être décomposée, par la pensée, en un ensemble de
Ces derniers sont utilisés sur les bagues des moteurs asynchrones
boucles fermées conductrices. Ces courants sont constitués par le
ou sur les collecteurs de très petites machines à basse tension.
mouvement des électrons libres du matériau magnétique, du fait de
l’action du champ électrique local, que l’on peut déduire des
équations de Maxwell à partir du champ magnétique d’excitation,
comme dans tout conducteur excité par une fém.
■ Les pertes par hystérésis résultent, sous l’effet de la variation en
intensité et/ou en direction du champ magnétique appliqué, de trans-
formations de l’organisation de la matière en domaines de Weiss
dans lesquels l’aimantation est uniforme en direction et module, les
moments magnétiques des atomes d’un domaine étant colinéaires.
La variation de la magnétisation provoque des déplacements, des
suppressions ou des créations de parois entre domaines qui tendent
à orienter leurs moments dans le sens du champ appliqué. Ces trans-
formations irréversibles se font avec apparition d’hystérésis et
absorbent de l’énergie.
Les électrons concernés ici sont les électrons liés du matériau et
le phénomène est totalement différent du précédent.
Il est évident que ce phénomène d’hystérésis est discontinu à
l’échelle microscopique des domaines. Mais, à l’échelle macro-
scopique de l’électrotechnique, les tôles les plus minces ayant encore
une épaisseur de 50 µm (soit environ 103 longueurs de domaines),
il est permis également de considérer les matériaux magnétiques
comme homogènes et continus et de leur appliquer les lois
classiques.
■ À l’aide des grandeurs locales que l’on calcule à partir des
équations de Maxwell, il est possible de donner une expression
intégrale générale des pertes et de garder la séparation en deux
termes correspondant aux deux phénomènes originels.
Les pertes par hystérésis pour un volume V de matériau soumis
localement au champ H et à l’induction B peuvent se mettre sous
la forme :

PH =  τ 
V
1
----- 
H dB dV (29)

avec τ période de l’onde d’excitation.


Si le champ est le même en tout point du matériau, l’expression
Figure 18 – Pertes dues au contact conducteur-tôle, se simplifie en :
en fonction de la résistance de contact R T , P H = VfA
pour divers nombres n e2 d’encoches au rotor
avec A énergie volumique par période, égale à l’aire du cycle
décrit dans le plan B, H.

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Les pertes par courants de Foucault prennent la forme plus La température d’utilisation du matériau influe, en sens inverse,
simple : sur ces deux paramètres sans que la variation de la perméabilité

ρ
τ soit d’ailleurs linéaire.
1
P F = ----- J 2 dV dt (30) Par ailleurs, la géométrie cylindrique tridimensionnelle des circuits
τ 0 V
et les discontinuités dues à la présence des encoches font que la
avec J densité locale de courant, distribution du champ magnétique est non seulement loin d’être
uniforme, mais, encore, que ce champ n’est pas alternatif à direction
ρ résistivité locale.
fixe partout. En effet, si cela est vrai dans les dents, cela ne l’est pas
dans les culasses où le champ est elliptique, comme l’a très bien
Remarque : les deux termes de pertes ne sont pas indépen- étudié Kapoor [48]. Cela entraîne que l’hystérésis est alternative dans
dants du fait qu’il s’agit du même champ appliqué et de la même les dents mais tournante dans les culasses, ce qui conduit à des
induction locale à laquelle les deux phénomènes participent, pertes plus élevées.
chacun à sa manière. Enfin et surtout la perméabilité µ d dépend du champ et donc du
point de fonctionnement magnétique. Sur une période, elle varie,
dans le cas d’une onde sinusoïdale par exemple, selon l’allure
En onde sinusoïdale, pour une induction uniforme de valeur
donnée sur la figure 19.
maximale imposée et un matériau donné, on met très facilement en
évidence cette séparation en deux termes en faisant apparaître Cette non-linéarité magnétique du matériau, avec apparition de
l’influence de la fréquence. En effet, dans de larges plages de la saturation et de l’hystérésis, rend le calcul de la perméabilité très
fréquences industrielles, le graphe de la variation, en fonction de difficile.
la fréquence, des pertes totales divisées par la fréquence s’identifie Il l’est encore plus si l’onde d’excitation n’est pas sinusoïdale et
assez bien à une droite d’ordonnée non nulle à l’origine. Cela suggère si la fréquence fondamentale est relativement élevée. Il peut
la présence d’un terme proportionnel à la fréquence correspondant apparaître des boucles mineures dans un cycle principal et le
aux pertes par hystérésis et d’un terme proportionnel au carré de phénomène de diffusion fait que le champ n’est pas le même en tout
la fréquence correspondant aux pertes par courants de Foucault. point de la section de la tôle à un instant donné. Chaque point du
matériau évolue alors sur un cycle particulier, plus ou moins
complexe, comme il est indiqué sur la figure 20.
2.2 Paramètres et complexité du calcul

En tout point du matériau, la détermination du champ, en


fonction du temps, à l’aide des équations de Maxwell, demande la
résolution d’une équation qui s’écrit, dans les hypothèses
classiques et avec les valeurs instantanées du champ h et de

l’induction magnétique b :

1 ∂b 1 ∂b ∂h
∆ h = ----- ----------- = ----- ----------- ----------- (31)
ρ ∂t ρ ∂h ∂t
■ Elle fait apparaître les paramètres intrinsèques du matériau,
considéré comme homogène et isotrope macroscopiquement :
— résistivité ρ ;
— perméabilité différentielle :
∂b
µ d = ----------
∂h
Ces paramètres ne sont donc que deux, si l’on se restreint aux
problèmes électromagnétiques. Mais ces paramètres fondamentaux
dépendent en fait de nombreuses autres grandeurs dont, principa-
lement, la température, la pression et les états métallurgique et Figure 19 – Variation de la perméabilité différentielle
magnétique des matériaux, qui rendent leur détermination très sur une période
complexe, voire impossible avec une très bonne précision.
En effet, ces paramètres sont d’abord modifiés par le processus
de fabrication des circuits magnétiques qui nécessite de nombreuses
opérations sur le matériau (découpage, encochage, ébavurage
éventuel, empilage sous pression, traitement thermique, etc.). Ils
sont ensuite fonction du point de fonctionnement de la machine
elle-même.
Le découpage et l’encochage des tôles écrouissent les bords de
celles-ci sur une profondeur voisine de l’épaisseur de la tôle et
altèrent localement les deux paramètres par modification de l’état
métallurgique.
De même, la perméabilité varie avec la pression de serrage, par
magnétostriction, et le maintien du serrage n’étant pas uniforme
(déformation en parapluie des induits de machines synchrone et
asynchrone par exemple), la variation des paramètres ne l’est pas
non plus.
Figure 20 – Cycles mineurs et cycle principal
en onde non sinusoïdale

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■ C’est pourquoi le calcul, d’abord, du champ et, ensuite, des On peut donc déterminer les pertes massiques par hystérésis (en
pertes par hystérésis est d’une rare complexité et personne ne W/kg), pour un matériau homogène, isotrope et à champ uniforme,
sait encore aujourd’hui le déterminer exactement. par l’expression simple :
Il est donc fait appel à des hypothèses simplificatrices pour per- 2
P H = K H f B max (32)
mettre un calcul approché au mieux.
Pour les pertes par courants de Foucault, le matériau est toujours avec KH coefficient de pertes par hystérésis, spécifique du
considéré comme homogène et isotrope. Mais, pour les pertes par matériau (fourni ou non par le fabricant de tôle),
hystérésis, la complexité du problème a fait naître de multiples B max induction maximale à la fréquence f.
modèles fondés, les uns, sur l’hypothèse d’un matériau homogène L’application brutale de cette relation à une machine conduit à
et isotrope, les autres, sur la réalité d’un matériau divisé en domaines une forte sous-estimation des pertes par hystérésis, même en
et utilisant la statistique. décomposant la tôlerie en éléments à induction uniforme (tête de
En fonction des hypothèses posées sur le matériau (saturé ou non, dent, isthmes, parties de corps de dent, partie de culasse, etc.).
domaines à 180o, grains orientés ou non, etc.), de la géométrie du En effet, on a vu (§ 2.2), d’une part, que, dans les culasses, il existe
domaine étudié (tôle plane infinie, section de tôle finie, etc.) et des un champ elliptique et que, d’autre part, la mise en œuvre du
conditions d’excitation (flux sinusoïdal, champ sinusoïdal en surface, matériau joue un rôle très important, en particulier sur les pertes
induction carrée ou trapézoïdale, champ quelconque en surface, par hystérésis qu’elle augmente beaucoup, notamment dans les
etc.), on obtient des modèles analytiques ou numériques plus ou dents ou les culasses étroites.
moins sophistiqués, dont aucun n’est parfait.
Pour sortir du dilemme posé par le choix, on peut proposer ■ Il est possible, selon Alger et Eksergian [40], de considérer une
aujourd’hui deux méthodes d’évaluation à l’opposé l’une de l’autre : culasse comme un seul élément où l’induction uniforme est prise
égale à la valeur maximale moyenne et de multiplier les pertes
— une première méthode (§ 2.3), analytique, classique, est simple
calculées pour cette valeur par un coefficient k H donné par le réseau
et rapide et fait appel à des coefficients de correction pour tenir
de courbes de la figure 21 pour tenir compte de la non-uniformité
compte des multiples sources d’écart par rapport aux hypothèses
du champ en amplitude et direction.
faites ;
— une seconde méthode (§ 2.4), numérique, plus élaborée, néces- Cependant, ce calcul suppose une perméabilité uniforme et l’effet
site un recours aux puissants programmes de calcul de champ et de saturation conduit à une légère surestimation.
au modèle statistique d’hystérésis qui donne actuellement les
■ Avec cette même hypothèse, mais une meilleure approche
meilleurs résultats dans un domaine assez étendu en fréquence ;
théorique et expérimentale, on peut calculer aussi un coefficient
cette méthode tend à se substituer de plus en plus à la première
pour l’hystérésis elliptique dans les culasses, selon Kapoor
sans, pour autant, supprimer toute correction due à la mise en œuvre,
[48], à l’aide des formules qui suivent.
inchiffrable encore avec précision.
■ Il faut signaler que les valeurs des paramètres fondamentaux du
matériau, modifiés par la mise en œuvre et les conditions complexes
d’utilisation dans les machines, sont très différentes de celles qui
interviennent dans un appareil d’Epstein utilisé pour caractériser le
matériau. En effet, dans cet appareil, le champ peut être considéré
comme uniforme, l’hystérésis uniquement alternative et l’onde
imposée est sinusoïdale à basse fréquence (50 ou 60 Hz). Cela fait que
les valeurs caractéristiques normalisées ne peuvent être employées
telles quelles et ne peuvent constituer qu’une référence relative, à
corriger avec précaution, pour chaque type d’utilisation. Le facteur
moyen de correction global peut atteindre couramment la valeur 2.
Les méthodes présentées concernent toutes les machines, du
moins leurs parties où le champ magnétique n’est pas purement
continu.

2.3 Méthode analytique


du calcul des pertes fer
2.3.1 Pertes fondamentales
2.3.1.1 Pertes par hystérésis
On sait expérimentalement que les aires A des cycles majeurs en
ondes sinusoïdales et à basse fréquence sont proportionnelles au
carré de l’induction maximale B max tant que celle-ci reste inférieure
ou égale à l’induction à saturation Bs (au-delà de Bs , le cycle à
saturation se confond pratiquement avec la courbe de première
aimantation). Figure 21 – Coefficient k H de pertes par hystérésis
en fonction du nombre p de paires de pôles
et du rapport des rayons externe R e et interne R i de la couronne

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Pour une culasse statorique de rayons intérieur R i et extérieur R e , ■ Pour les dents, le facteur de correction doit être compris entre
les pertes par hystérésis elliptiques P He , avec excentricité du champ 2,5 et 3, selon la nature de la tôle et la largeur des dents.
variable d’un rayon à l’autre de la culasse, sont données en fonction Pour les dents très fines, il peut être intéressant de recuire les tôles
des pertes par hystérésis alternative P H précédentes, calculées pour après découpage pour abaisser fortement ce coefficient, comme on
le champ maximal (grand axe de l’ellipse) supposé uniforme, par : le fait pour les grosses machines.
P He = PH K KH = (1 + A H) PH (33)
Remarque : il faudrait tenir compte des pertes par hystérésis

In ( 1/ γ )
0,7 th ( 2p y ) dans les plaques de serrage des canaux de ventilation, les
avec A H = ----------------- -------------------------- dy
1–γ2 0 exp ( 2y ) tirants d’assemblage, etc. Toutes ces pertes, très difficilement
estimables, sont considérées comme incluses dans les majora-
Ri tions précédentes. Les pertes dans les plaques de serrage et les
y = In --------
r tôles d’extrémité dues au flux de fuite des têtes de bobines et
Ri d’extrémité ont fait l’objet de calculs complexes en deux et trois
γ = -------- dimensions pour les grosses machines. Les programmes de
Re calcul de champ par éléments finis ou différences finies n’ont
jusqu’ici donné lieu qu’au calcul des pertes par courants de
2p nombre de pôles
Foucault correspondantes.
Ri  r  Re
2.3.1.2 Pertes par courants de Foucault
Le coefficient K KH est représenté sur la figure 22 pour différentes
polarités. En onde sinusoïdale toujours, les pertes massiques par courants
Pour un stator inversé ou un rotor on a : de Foucault (en W/ kg), avec les mêmes hypothèses que celles
utilisées pour la formule (32), peuvent être calculées par la relation


In γ approchée :
0,7 γ 2 th ( 2 p y )
A H = – -----------------
- --------------------------- d y
exp ( 2 y ) P F = K F (e f Bmax )2 (34)
1–γ2 0
avec e épaisseur de la tôle,
R f fréquence de l’induction,
avec γ = -------e-
Ri K F coefficient caractéristique de la tôle.
Re Mais, comme dans le cas de l’hystérésis, cette formule donne,
y = In -------- pour les mêmes raisons, une sous-estimation des pertes dans la
r
tôlerie d’une machine.
L’intégrale étant négative, A H est encore positif ; le coefficient K KH
correspondant est représenté sur la figure 23. ■ Il est possible, comme au paragraphe 2.3.1.1, de considérer, pour
une culasse, une induction uniforme égale à la valeur maximale
Il est possible, enfin, de calculer une correction globale unique moyenne et de multiplier le résultat de la formule précédente par le
des pertes dans la culasse, considérée comme un élément à induc- coefficient k F , donné sur la figure 24 déduite des travaux d’Alger
tion B max uniforme égale à la valeur maximale moyenne dans [40], et tenant compte de la non-uniformité du champ.
cette culasse, et de multiplier les pertes calculées par la formule de
base par un facteur moyen global de l’ordre de 1,5.

Figure 22 – Coefficient K KH de pertes par hystérésis au stator


en fonction du nombre de pôles 2p et du rapport des rayons interne R i Figure 23 – Coefficient K KH de pertes par hystérésis au rotor
et externe R e de la couronne en fonction du nombre de pôles 2p et du rapport des rayons interne R i
et externe R e de la couronne

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Figure 25 – Coefficient K Ke de pertes par courants de Foucault


au stator en fonction du nombre de pôles 2p
et du rapport des rayons interne R i et externe R e de la couronne
Figure 24 – Coefficient k F de pertes par courants de Foucault
en fonction du nombre de paires de pôles p
et du rapport des rayons externe R e et interne R i de la couronne

Une autre méthode consiste à multiplier la formule précédente


par le coefficient de Kapoor K Ke [48] qui tient compte de la forme
elliptique du champ.
Kapoor suppose que les pertes par courants de Foucault P Fe
sous champ elliptique sont données, en fonction de celles sous
champ alternatif, exprimées par la relation (34) et calculées pour le
champ maximal (grand axe de l’ellipse) supposé uniforme, par :
P Fe = PF K Ke = (1 + A e) P F
On a, pour une culasse statorique :


In ( 1/ γ )
2 th 2 ( 2p y )
A e = + ----------------2- ---------------------------- dy
1–γ 0 exp ( 2y )

Les paramètres sont définis de manière identique à ceux utilisés


pour le calcul des pertes par hystérésis (§ 2.3.1.1) ; K Ke est représenté
dans ce cas sur la figure 25.
De même, pour une culasse rotorique, on a :


In γ
γ2 th 2 ( 2p y )
A e = – ----------------2- ---------------------------- dy
1–γ 0 exp ( 2y )

Le coefficient K Ke correspondant est donné sur la figure 26.


Figure 26 – Coefficient K Ke de pertes par courants de Foucault
Les mêmes réserves que précédemment s’appliquent. La déter-
au rotor en fonction du nombre de pôles 2p
mination des pertes par courants de Foucault présente, comme celle
et du rapport des rayons interne R i et externe R e de la couronne
des pertes par hystérésis, des éléments très difficiles à maîtriser. Par
exemple, lorsque les tôles ne sont pas ébavurées après découpage,
les bavures, dont la longueur peut atteindre une valeur égale à
l’épaisseur de la tôle, constituent un court-circuit entre tôles qui peut équations en trois dimensions. Cet effet de réaction d’induit des
accroître considérablement les pertes, particulièrement dans les courants de Foucault confine le champ au voisinage de la surface
dents où l’induction est la plus élevée et les longueurs de circuit les de la tôle et le réduit considérablement en son centre. Cet effet
plus courtes. On sait, dans ce cas, qu’il existe des solutions un peu pelliculaire permet de définir une épaisseur de peau magnétique :
brutales, mais efficaces, de grillage des bavures par attaque super-
ficielle chimique ou thermique. 2ρ
δm = ---------- (35)
Un autre phénomène augmente encore la difficulté du problème. ωµ
Lorsque la fréquence fondamentale d’utilisation est élevée, il profondeur à laquelle correspond une atténuation de 63 % du champ
apparaît une réduction des pertes due à une pénétration moindre par rapport à celui qui existe en surface.
du champ dans la section des tôles. Une induction non uniforme
s’établit dans celles-ci, rendant obligatoire la résolution des

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Cette épaisseur dépend de la perméabilité ; elle varie donc selon On trouve ainsi :
le point considéré de la tôlerie et rend sa prise en compte très difficile
2 2
analytiquement.
 
1,58 f q n s D ε A1
Comme pour l’hystérésis, il est possible d’utiliser une correction P ex = 0,3 I 2 ------------------------------------- lg 1 + --------------------- (38)
10 6 p 4 Y1 Y2
globale unique des pertes calculées avec la formule de base, en
utilisant des inductions maximales moyennes pour la culasse et avec A1 entraxes des conducteurs périphériques des têtes
pour les dents, et de multiplier le résultat obtenu par un coefficient de bobines statoriques et rotoriques (figure 27),
moyen de l’ordre de 1,5 et 3 respectivement. Dε (m) diamètre de l’entrefer,
I valeur efficace du courant statorique,
2.3.1.3 Pertes globales
ns nombre de spires en série par phase,
Finalement, les pertes fer fondamentales, dissipées dans un stator
par exemple, s’obtiennent globalement, si Md et Mc désignent q nombre de phases,
respectivement les masses de fer des dents et de la culasse, par les Y 1 et Y 2distances entre les conducteurs périphériques des
expressions : têtes de bobines statoriques et rotoriques et la
tôlerie (figure 27).
2 
P fd = 3 [ K H f + K F ( ef ) 2 ] B max M d  Les résultats donnés sont extrêmement variables avec la dispo-
 (36) sition des extrémités de la machine. En particulier, la proximité des
2
P fc = 1,5 [ K H f + K F ( ef ) 2 ] B max M c  ventilateurs ou des déflecteurs d’air, des flasques, et, en général, de

toute pièce métallique peut accroître les pertes ainsi trouvées.
Les fabricants de tôles magnétiques donnent, en général, les
pertes massiques totales, à 50 Hz, en fonction de B max , pour les
divers types et épaisseurs de tôles, ce qui permet de déterminer les 2.3.2 Pertes dues aux harmoniques d’espace
coefficients K H et K F s’ils ne sont pas fournis.
En plus des pertes fer fondamentales, il en existe d’autres, dues
Certains fabricants donnent directement les courbes de pertes
aux variations d’induction à fréquences beaucoup plus élevées,
totales mesurées à l’aide de l’appareil d’Epstein pour B max = 1 T en
produites par les discontinuités géométriques de la machine,
fonction de la fréquence ou mieux un réseau de courbes en coor-
même lorsque celle-ci est alimentée en onde sinusoïdale.
données logarithmiques de pertes massiques totales en fonction de
la fréquence pour un certain nombre de valeurs de B max . En effet, la présence des encoches dans l’entrefer implique,
d’une part, des variations de perméance de celui-ci et, d’autre part,
On peut en tirer une expression globale unique des pertes
une distribution discontinue de la force magnétomotrice. Ces deux
massiques du type :
causes d’harmoniques d’espace de flux entraînent des pertes par
c
P fer = a f b B max (37) pulsation dans les dents et à la surface des pôles lisses, massifs ou
non.
où, pour les tôles courantes, b et c sont voisins respectivement de 1,5
Les pertes dues aux variations de perméance existent même à
et 2,2 ; le coefficient a s’élimine pour les pertes garanties par le
vide, alors que celles dues aux harmoniques de fmm sont fonction
constructeur, par exemple (P 50) à 50 Hz et 1 T, si bien que :
des courants et donc des pertes en charge. Bien que ces deux causes
ne soient pas indépendantes, nous les traiterons de façon séparée.
 
f b
c
P fer = P 50 -------- B max Les flux d’interaction, étant à fréquences très élevées (1 kHz) et
50
donnant des pertes négligeables, ne seront pas considérés.
Cela revient à utiliser une sorte de formule de Steinmetz expéri-
mentale, à laquelle il faut appliquer aussi les coefficients de correc- 2.3.2.1 Pertes à vide
tion globale [3 pour les dents et 1,5 pour les culasses, relations (36)].
2.3.2.1.1 Pertes de surface
2.3.1.4 Pertes supplémentaires d’extrémités Ces pertes sont dues aux variations de perméance de l’entrefer
Les plaques de serrage, ou les tôles d’extrémités, et une partie induisant des variations locales d’induction à la surface d’un pôle
de la culasse sont baignées par les flux de fuite des têtes de bobines ou d’une denture par son déplacement relatif vis-à-vis d’une autre
statoriques, et rotoriques si elles existent. Ces flux produisent des denture. Il s’agit essentiellement de pertes par courants de Foucault.
pertes par courants de Foucault non négligeables, surtout pour les On peut négliger les pertes par hystérésis ; elles sont proportion-
machines à très forte charge linéique de courant. nelles seulement à la fréquence : de plus, du fait de la pénétration
réduite des flux à fréquences élevées, ces pertes se développent dans
La détermination de ces flux de fuite est très difficile, compte tenu un faible volume de fer.
de la géométrie. Nous renvoyons aux auteurs spécialisés [51] à [60]
pour les développements complexes correspondants qui font inter- ■ Considérons d’abord la surface lisse d’un pôle massif, supposée
venir soit le calcul des champs par éléments finis, soit un réseau concentrique à l’alésage de l’induit (entrefer simple ε ), et une
d’impédance, soit la théorie des images magnétiques. encoche d’ouverture b (figure 28).
On peut cependant utiliser une expression analytique approchée,
proposée par Alger [1], qui a supposé que les pertes correspon-
dantes sont proportionnelles au carré des flux de fuite, et donc, aussi,
proportionnelles à la puissance réactive consommée par les têtes
de bobines.
Le coefficient de proportionnalité apparaît alors comme un facteur
de puissance ; l’expérience montre que sa valeur est voisine de 0,3.

Figure 27 – Géométrie de l’extrémité d’une machine

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En posant :
1 10 7 31,45
K s = ------------- ------------ ≈ ----------------- (40)
32 π µ r ρ µr ρ

appelé facteur caractéristique de la tôle, on obtient :


1⁄2
P s = K s ( ∆B ) 2 v 3 ⁄ 2 t d (41)

Enfin, il ne faut pas oublier que le calcul précédent suppose que


la variation d’induction s’étend à tout le pas dentaire, alors qu’en
réalité elle n’intéresse que l’ouverture b de l’encoche. Il en résulte
une augmentation de la vitesse de variation de l’induction, donc
une réduction de la pénétration de celle-ci.
Tous calculs faits, on trouve, après avoir exprimé ∆B en fonction
de l’induction dans l’entrefer B ε , à l’aide du coefficient de
Carter K C [1] :
td
∆B = ( K C – 1 ) B ε ------ (42)
b
et des pertes surfaciques (en W/m2) :
2 3⁄2
Ps = K s ( KC – 1 ) 2 B ε v t d b –1 ⁄ 2 (43)
td
avec K C = -------------------------------
-
b2
t d – -------------------
b+5ε
Figure 28 – Variation de l’induction au droit des encoches La qualité de la tôle influe peu sur la valeur des pertes superficielles
et on peut prendre pour K s une valeur de 1,3 · 103 à 1,9 · 10 3 pour
des tôles à faibles pertes massiques normales et 2,4 · 103 pour des
Du fait de l’augmentation de la perméance au droit de l’encoche, tôles à fortes pertes massiques normales.
l’induction dans l’entrefer B ε est localement réduite à une valeur ■ L’expression des pertes superficielles donnée par l’équation (43)
B εmin alors qu’elle vaut B εmax au droit des dents. Appelons 2 ∆B la suppose le pôle massif. Or, les pôles peuvent être aussi feuilletés.
diminution de B ε : Il en résulte une augmentation importante de la résistance offerte
2 ∆B = B ε max – B εmin aux courants de Foucault, donc une réduction des pertes. Pour tenir
et supposons que la répartition spatiale de cette variation de compte de ce fait, on introduit un nouveau coefficient K s′ , fonction
l’induction soit sinusoïdale, de période égale au pas dentaire t d . non seulement de l’épaisseur e des tôles, mais aussi de δ m , car la
Le balayage, à la vitesse tangentielle de la machine, de la surface valeur efficace du courant est également réduite.
du pôle par cette variation d’induction va créer les pertes super- La réduction apparaît sur les figures 29a pour un pôle massif et
ficielles considérées. 29b pour un pôle feuilleté. La composante longitudinale des
En écrivant que la valeur moyenne de l’induction est égale à courants Ι  s’annule aux extrémités du bloc polaire dans le cas de
l’induction moyenne B ε dans l’entrefer, nous pouvons calculer les pôles massifs et prend rapidement une valeur constante au milieu
pertes surfaciques, c’est-à-dire les pertes par unité de surface du de l’épanouissement. Cette composante ne peut atteindre la même
pôle. Le volume de fer où se développent ces pertes a donc une amplitude dans le cas des pôles feuilletés car, en supposant les tôles
hauteur égale à la profondeur de pénétration des courants de parfaitement isolées, elle repasse par 0 aux limites de chaque tôle.
Foucault. Or ces courants décroissent exponentiellement avec la
Finalement, nous adopterons, pour les pertes superficielles sur-
profondeur ; un résultat classique montre qu’il suffit alors de tenir
faciques des pôles feuilletés, l’expression :
compte d’une pénétration égale seulement à la moitié de l’épaisseur
de peau δ m telle que : 2 3⁄2
P s = K s K s′ ( K C – 1 ) 2 B ε v t d b –1 ⁄ 2 (44)
2ρ 1 10 7 ρ
δm = --------- = --------- ---------------- La courbe de la figure 30 donne la variation de K s′ en fonction
ωµ 2π µ r fe
du rapport de l’épaisseur des tôles e à la profondeur δ m de péné-
avec µr perméabilité relative de la tôle, tration des courants de Foucault.
fe fréquence d’encoche (= v/t d ; v désignant la vitesse On voit que cette épaisseur joue un rôle prépondérant. Cela n’est
tangentielle de la machine). toutefois vrai que pour des tôles très bien isolées, ce qui n’est pas
En outre, la fréquence f e étant élevée (de l’ordre du kilohertz), la toujours le cas en raison des bavures dues au découpage.
masse polaire provoque un effet de spire en court-circuit, réduisant En outre, il est bon de noter que les pertes superficielles
très sensiblement l’amplitude des variations ∆B de l’induction dans augmentent très vite avec le coefficient de Carter ; si celui-ci passe
le fer ; pratiquement cette réduction est de 50 %. En tenant compte de 1,1 à 1,2 elles sont multipliées par 4. Cet effet sera donc très
de ces divers facteurs [8] [9], on trouve, pour la profondeur fictive important dans les machines à faible entrefer (0,1 à 0,2 mm), en
δ m /2, des pertes surfaciques (en W/m2) : particulier dans les moteurs asynchrones.
Il est d’ailleurs possible d’expliciter l’influence de l’ouverture des
1 10 7 1⁄2
P s = ------------- ------------ ( ∆B ) 2 v 3 ⁄ 2 t d (39) encoches sur la valeur des pertes superficielles. Posons en effet :
32 π µ r ρ
Γ = ( KC – 1 )2 t d /b

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L’expression (44) s’écrit alors : Cependant, si l’on est contraint à une forte ouverture d’encoche
(de l’ordre de la largeur d’encoche ; figure 3), il convient de prendre
1⁄2
Ps = K s K
2
′s B ε v 3⁄2 td Γ (45) un rapport t d / ε le plus faible possible, c’est-à-dire finalement
d’accroître l’entrefer.
Les deux premiers coefficients ne dépendent que de la qualité et Si S est la surface totale (en m2) des pôles feuilletés, les pertes
de l’épaisseur des tôles employées ; B ε et v sont définis par le superficielles (en W) ont, d’après la relation (44), pour valeur :
dimensionnement général de la machine. Pour un type de machine
2
et un diamètre donnés, les nombres d’encoches possibles varient P sup = S P s = S K s K s′ ( K C – 1 ) 2 B ε v 3 ⁄ 2 t d b –1 ⁄ 2 (46)
1⁄2
peu, il en est par conséquent de même de t d et donc de . On td
Dans le cas d’un entrefer variable sous un pôle, on peut, en tenant
voit ainsi que, toutes choses égales par ailleurs, les pertes sont compte des symétries, diviser la surface en plusieurs parties
proportionnelles à Γ. En développant KC , on trouve alors : d’entrefer constant et effectuer autant de calculs que de parties
distinctes.
( t d /b ) 1 ⁄ 2
Γ = ----------------------------------------------------
-
ε td 2
 5 ----b- + 1  ------ b
–1 Dans le cas des machines asynchrones ou, plus généralement,
des machines à stator et rotor dentés, il faut calculer successive-
Ce facteur ne dépend que de ε /b, rapport de l’entrefer à l’ouverture ment les pertes superficielles produites par le stator à la surface
des encoches, et de t d /b, rapport du pas dentaire à cette même des dents du rotor, et réciproquement. La surface S intervenant
ouverture (figure 28). alors est la surface des têtes de dents.
L’étude des variations de Γ en fonction de ε /b pour diverses valeurs
de t d /b montre l’intérêt qu’il y a à prendre des valeurs de b voisines 2.3.2.1.2 Pertes dans les dents
de ε et un rapport t d /b aussi grand que possible. Il s’agit cette fois des pertes créées dans les dents du rotor par
les pulsations périodiques de l’induction dues au passage des dents
statoriques, et des pertes créées dans les dents du stator par le
passage des dents rotoriques. Ces pertes n’existent que dans les
machines à rotor et stator dentés (machines asynchrones et turbo-
alternateurs).
La méthode de calcul consiste à considérer, comme au paragraphe
précédent, la valeur maximale de la variation ∆B de l’induction
correspondant aux deux valeurs extrêmes de la perméance :
— perméance maximale (figure 31a) lorsqu’il y a coïncidence des
axes d’une dent statorique et d’une dent rotorique ;
— perméance minimale (figure 31b) lorsqu’une dent statorique
se trouve en face d’une encoche rotorique ou vice versa.

Figure 29 – Composante longitudinale des courants de Foucault


dans un pôle

Figure 30 – Coefficient K s′ en fonction de l’épaisseur réduite


des tôles
Figure 31 – Détermination de la perméance sur un pas dentaire

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Les parties tramées représentent la tranche de perméance que 2.3.2.2 Pertes en charge
l’on calcule. Le calcul des perméances s’effectue donc dans chaque
En charge, à cause de la présence des encoches et du nombre
cas particulier.
fini de phases, la fmm n’est plus à répartition sinusoïdale dans
En désignant par  max et  min les valeurs des perméances ainsi l’entrefer. En effet, une telle distribution suppose un entrefer lisse
trouvées, on calcule aisément ∆B, demi-amplitude crête à crête de ou, ce qui revient au même, un nombre d’encoches n e infini et un
la variation d’induction en fonction de l’induction moyenne B d dans nombre de phases q infini. Or, en réalité, n e et q sont finis.
la dent : ■ Lorsque l’on suppose n e infini et q fini, la différence entre la fmm
 max –  min obtenue et la fmm sinusoïdale, représentée sur la figure 32 en fonc-
∆B = B d ----------------------------------- tion de l’abscisse curviligne dans l’entrefer sur une demi-période,
 max +  min
engendre un flux dit flux différentiel de phase ou flux de fuite de
La fréquence f e st de cette variation est égale à la fréquence de phase. Ce flux est d’amplitude très faible en triphasé et ne produit que
passage des dents rotoriques devant la dent statorique, soit, si de faibles pertes supplémentaires que nous négligerons. Ce n’est pas
n e rot est le nombre de dents du rotor et N (en tr/s) la vitesse : le cas en diphasé où l’amplitude de ce flux est cinq fois plus forte.

f e st = n e rot N ■ Lorsque n e et q sont finis, la différence entre la fmm réelle et celle


obtenue avec n e infini et q fini, représentée sur la figure 33, engendre
Les pertes par pulsation de denture P p dues à l’hystérésis sont un flux appelé flux différentiel d’encoche ou encore fux de fuite
négligeables, f e st n’intervenant qu’au premier degré. Il suffit donc zigzag, du fait de son allure. Les lignes de champ passent d’une dent
de considérer seulement les pertes par pulsation ou de denture à la suivante à travers la seconde partie de la machine en traversant
dues aux courants de Foucault, qui se calculent facilement pour les deux fois l’entrefer.
n e st encoches statoriques ; en supposant bien entendu un circuit Ce flux produit des pertes par courants de Foucault de surface
feuilleté (épaisseur des tôles e), on obtient (en W) : non négligeables du fait de leurs fréquences élevées f [(n e /p ) ± 1].
P p = (1,8 à 2) K F (ef e st ∆B )2 Md st (47) Il est possible de les calculer en exprimant la fmm ξ zz produisant
ce flux :
Md st désignant la masse des ne s t dents. td – b
Le coefficient (1,8 à 2) de majoration de K F tient compte de ( ξ zz ) max = G u 2 ----------------
2
l’augmentation des pertes due au découpage de la tôle.
avec G u charge linéique utile (= k b G ),
Le calcul de  max et  min permet d’expliciter, dans le cas de la
G charge linéique,
figure 31, l’expression de ∆B pour le stator. On trouve ici, avec ε
pour l’entrefer et en désignant par t d st le pas dentaire statorique, k b coefficient de bobinage.
par b rot l’ouverture d’encoche rotorique et par K C st le coefficient
de Carter du stator :
–1


2t d st
1 5
∆B = B d b rot ----- + ------------------------
ε 5 ε + b rot  ε K C st 1
ε 5 ε + b rot
5
------------------ – b rot ----- – ------------------------

Cette expression montre bien l’influence de la diminution de b rot
dans la réduction des pertes par pulsation de denture, puisque ces
pertes augmentent comme le carré de ∆B, donc sensiblement
comme b rot .
Ces pertes doivent, en principe, comme les pertes superficielles,
être calculées deux fois : au stator et au rotor. Toutefois, il convient
de remarquer que les flux pulsatoires dans les dents des rotors à
cage sont très fortement atténués par les courants induits dans les
barreaux de cette cage (effet de spire en court-circuit), à condition
cependant que les encoches ne soient pas inclinées par rapport à
l’axe. Figure 32 – Force magnétomotrice générant le flux différentiel
de phase sur une demi-période
Dans les rotors à cage à encoches non inclinées, les pertes par
pulsation dans les dents seront donc très réduites, parfois même
négligeables. Avec les rotors bobinés, une telle réduction existe
également, mais elle est nettement plus faible en raison de l’impé-
dance beaucoup plus importante de ce type d’enroulement pour les
harmoniques considérés ici. On trouvera dans l’ouvrage de
Liwschitz [8] des indications sur la valeur de ces coefficients.

En conséquence, dans les rotors à cage, nous négligerons les


pertes par pulsation de denture ; elles se trouvent remplacées
par des pertes dans les barres, dues aux courants induits par les
flux harmoniques. Par contre, pour les rotors bobinés, nous
calculerons les pertes supplémentaires dans les enroulements.

Figure 33 – Force magnétomotrice générant le flux différentiel


d’encoche sur une demi-période

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On en déduit la valeur de l’induction différentielle maximale Ensuite, et surtout, les pertes de surface peuvent être considérable-
(∆B zz)max en un point : ment accrues, principalement avec des pôles lisses, en particulier
lorsque l’alimentation se fait en courant ou bien que les réactances
td – b de fuite sont faibles et autorisent de forts harmoniques de courant.
( ∆B zz ) max = µ 0 G u 2 ---------------- (48)
4ε La composition des harmoniques m de temps,  de perméance et r
de fmm fait que les fréquences à prendre en compte sont fort
en tenant compte du fait que le flux zigzag traverse deux fois nombreuses et telles que :
l’entrefer.
La répartition spatiale de B zz étant triangulaire, comme le montre
 
k1
la figure 33, avec une valeur moyenne représentée par la ligne f h = f m ± r ±  ------- (50)
ABCDE, la valeur efficace de ∆B zz vaut donc : k

1
( ∆B zz ) eff = ----------- ( ∆B zz ) max avec k = π/tp ,
3
k1 = 2 π/td ,
Or, si ∆B zz était sinusoïdal, nous aurions : t p étant le pas polaire.
1 Il est possible, avec quelques hypothèses simplificatrices, de
( ∆B zz
′ ) eff = ----------- ( ∆B ′zz ) max donner une expression analytique des pertes correspondantes ;
2
nous renvoyons aux références bibliographiques pour plus de
Nous voyons donc que, par rapport aux pertes données par une détails [62] à [67] [75].
induction sinusoïdale, les pertes dues au flux zigzag seront réduites
dans le rapport 2/3. Les pertes de surface P sc cherchées se calculent
alors très facilement en remplaçant dans l’expression donnant les 2.3.5 Réduction des pertes fer
pertes superficielles pour la variation de flux due aux encoches ∆B
par (∆B zz)max et en affectant l’expression du facteur 2/3 [rappelons La réduction des pertes principales ne peut résulter que d’un bon
en effet que ∆B était supposé sinusoïdal pour établir l’expression choix de la tôle et de la géométrie, compte tenu du fait que la
(43)]. fréquence fondamentale et l’induction maximale dans l’entrefer sont
On obtient donc en définitive (en W/m2) : imposées par les performances visées.
Les pertes harmoniques peuvent être réduites à condition de bien
2 1⁄2 choisir les matériaux et la géométrie de l’entrefer. Certaines règles
P sc = ----- K s [ ( ∆B zz ) max ] 2 v 3 ⁄ 2 t d (49)
3 élémentaires sont connues depuis longtemps [27].
où la valeur de K s est donnée par la relation (40). ■ Dans le cas de pôles massifs, où le problème est particulièrement
crucial de ce point de vue, il est possible d’utiliser un rainurage
circonférentiel des pôles. De nombreux articles traitent de cette
2.3.3 Remarque générale question difficile de l’évaluation des pertes dans ce cas et du
concernant les pertes fer supplémentaires coefficient de réduction par rapport au cas de non-rainurage. Sans
donner les détails complexes des méthodes et formules, on peut
L’expérience montre que les machines présentent, après un cependant en extraire quelques règles simples qui permettent le
stockage de quelques mois, des pertes fer supplémentaires de 30 dimensionnement des rainures et l’estimation du coefficient de
à 40 % inférieures à celles présentées aussitôt après leur fabrication. réduction correspondant :
Le phénomène semble dû à une stabilisation et à une diminution — la première règle à respecter est de s’assurer de l’efficacité de
des tensions internes produites dans la tôle au cours de la fabrication rainures éventuelles ; pour cela, il faut que le rapport de la largeur
de la machine. des dents du stator à l’entrefer simple réel soit plus grand que 1,5,
sous peine de risque d’augmentation de ces pertes ;
Il en est de même après quelque temps de fonctionnement,
— la seconde règle est d’utiliser un matériau polaire de résistivité
c’est-à-dire après quelques cycles d’échauffement. On peut penser
la plus élevée possible, le rainurage ayant, d’ailleurs, un effet
aussi à une modification des contacts barre-tôle dans le cas des
équivalent à une augmentation fictive de la résistivité de la couche
moteurs asynchrones à cage coulée.
superficielle du pôle ;
— de même, il est inintéressant de choisir une profondeur h de
rainure supérieure au demi-pas dentaire td /2 du stator ;
2.3.4 Pertes dues aux harmoniques de temps — enfin, il est possible de prendre une largeur maximale de
rainure égale au demi-entrefer simple, ce qui évite d’accroître
Lorsque la machine est alimentée en tension ou en courant non l’entrefer effectif de plus de 2 % ; cet entrefer n’est que peu influencé
sinusoïdal, il apparaît, compte tenu de ce que nous avons vu pré- également par la profondeur des rainures qui est généralement plus
cédemment, de multiples causes supplémentaires de pertes fer. grande que leur largeur a.
Tout d’abord, le champ principal n’étant plus sinusoïdal, l’évolu- Il est possible d’estimer le coefficient de réduction par la formule
tion magnétique du fer peut présenter des boucles mineures dans approchée :
le cycle d’hystérésis, ce qui augmente ce type de pertes, de même k red = u/(u + 2 h)
que les courants de Foucault. Il n’existe pas d’expression analytique
des pertes correspondantes. Toute tentative de calcul à partir d’une où u est le pas de rainurage.
décomposition en série de Fourier de l’onde d’alimentation serait Le coefficient est cependant un peu optimiste. Les formules de
vouée à l’échec en raison de la forte non-linéarité introduite par le Gibbs [68] [69] [70], qui prennent en compte la saturation du pôle,
matériau. donnent une meilleure approximation.
On peut s’attendre à une réduction maximale de près de 50 % de
ces pertes dans les meilleurs cas. Les rainures améliorent aussi le
refroidissement de la surface des pôles, en faisant office de brasseurs
d’air dans l’entrefer.

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■ L’utilisation de cales magnétiques pour les encoches du stator d’estimation des pertes totales, dans des conditions assez éloignées
permet d’obtenir une réduction du même ordre de grandeur. Ces de la réalité, la plupart du temps, et ne permettent pas de prévoir
cales, de forte résistivité, peuvent être en poudre de fer, en fils de fer l’évolution du matériau.
axiaux noyés dans une résine ou en ferrite. Leur perméabilité relative Seule la théorie de Preisach [94], reprise par Néel [95], fondée sur
transversale ne doit pas être trop élevée, de l’ordre de 20 à 40, pour l’analyse expérimentale d’une répartition statistique de cycles
éviter des flux de fuite d’encoche importants. d’hystérésis élémentaires idéaux des domaines magnétiques, est
Dans le cas des machines asynchrones, ces flux détérioreraient capable de prévoir l’évolution de la magnétisation du matériau pour
beaucoup les caractéristiques de démarrage. une évolution temporelle quelconque du champ d’excitation, à partir
Le vieillissement de ces cales pose souvent un problème auquel d’un état donné. C’est pourquoi elle a donné lieu à l’émergence de
il faut veiller sous peine de risque de détérioration de la machine, méthodes numériques capables de déterminer l’induction b (t ) à
lorsque des morceaux de cale passent dans l’entrefer. Le dimension- partir d’un champ extérieur h (t ) donné. La résolution de l’équation
nement et les effets de ces cales sont très bien définis dans de du champ en tenant compte de cette théorie permet l’accès, d’une
nombreux articles [71] [72] [73] [74] et en particulier dans celui de part, aux courants de Foucault et, d’autre part, aux cycles d’hysté-
Chalmers. résis, ce qui fournit l’ensemble des pertes.
Il faut préciser qu’actuellement cette équation est résolue en
■ Une autre technique de réduction de ces pertes, particulièrement pseudo trois dimensions seulement. En effet, le champ principal
efficace pour des alimentations en courants non sinusoïdaux, dans une section droite de la machine est calculé par éléments finis,
consiste en un cuivrage électrolytique superficiel des pôles avec une caractéristique magnétique biunivoque non linéaire à partir
massifs. En fonction de la géométrie de l’entrefer, de la nature des des courants dans la machine, qui peuvent être quelconques. Ce
matériaux et de l’onde d’excitation, il existe ou non une épaisseur champ sert, ensuite, de donnée en surface de la tôle, dans l’épaisseur
optimale de cuivre qui minimise les pertes de surface. Cette de laquelle la distribution du champ est déterminée par éléments
technique est à manipuler avec soin, car un mauvais choix de cette finis, également, en tenant compte de l’hystérésis par la méthode
épaisseur peut aller à l’encontre du but visé et accroître considéra- de Preisach-Néel. Par ailleurs, le mouvement n’est pas considéré,
blement les pertes initiales. Pour plus de détails on se référera aux de même que l’ellipticité du champ quand elle existe ; il s’ensuit donc
articles de Darnand et Grellet [67] [75]. Cette technique est d’autant que ce calcul n’est pas encore complet.
plus efficace et utilisable pour une géométrie donnée que la
fréquence fondamentale est élevée et la réduction des pertes est Il n’est pas impensable de voir ces deux derniers phénomènes pris
d’autant plus forte que la résistivité de la couche déposée est faible. en compte à l’avenir, puisque le mouvement s’intègre déjà quelque
peu aux méthodes et qu’une théorie de Preisach-Néel vectorielle
Cette méthode est parfois utilisée, également, pour diminuer les peut succéder à la théorie scalaire actuelle.
pertes d’extrémités par affaiblissement des flux de fuite axiaux.

2.4.2 Modèle de Preisach-Néel


2.4 Méthodes numériques
de calcul des pertes fer Ce modèle est issu d’une représentation graphique des phéno-
mènes d’hystérésis.
2.4.1 Généralités
2.4.2.1 Principe
Le calcul des pertes fer dans une machine électrique tournante Le matériau ferromagnétique est considéré comme un ensemble
est rendu très complexe pour les quatre raisons principales déjà d’éléments infiniment petits (ou dipôles) dont le cycle d’hystérésis
vues au paragraphe 2.2 et qui sont : (magnétisation M en fonction du champ H ) est rectangulaire
— la géométrie tridimensionnelle ; (figure 34). Ce cycle est caractérisé par Ms qui est la magnétisation
— le mouvement relatif des deux parties actives principales ; macroscopique à saturation du matériau ; c’est la valeur au-delà de
— la forme d’onde de l’alimentation ; laquelle le comportement du matériau peut être simulé uniquement
— la très forte non-linéarité de la caractéristique magnétique du par sa courbe de première aimantation.
matériau. La largeur du cycle est définie par les paramètres Ha et H b .
Actuellement, on ne sait pas résoudre le problème dans toute sa Deux éléments pris au hasard dans le matériau ont a priori des
complexité par les méthodes numériques, pas plus qu’on ne savait cycles différents, caractérisés par des couples (Ha , H b) distincts.
le faire analytiquement.
On sait associer le mouvement à une géométrie bidimensionnelle
et à une alimentation sinusoïdale, mais celle-ci est encore à très
basse fréquence et la caractéristique non linéaire B (H ) du matériau
reste biunivoque.
Les méthodes tridimensionnelles de calcul de champ ne prennent
en compte encore ni le mouvement, ni une onde quelconque, ni
l’hystérésis. Il sera sans doute possible dans un proche avenir, mais
avec beaucoup de temps de calcul, d’introduire tout ou partie de ces
conditions. Mais, même en admettant que l’outil mathématique
adéquat et le programme informatique opérationnel existent, il n’en
resterait pas moins qu’on ne saurait toujours pas prédéterminer
exactement l’état magnétique du matériau en régime dynamique,
même avec un état initial démagnétisé.
Diverses théories ont été proposées à partir de considérations sur Figure 34 – Cycle d’hystérésis d’un élément de matériau
les domaines magnétiques pour déterminer les pertes fer ferromagnétique dans le modèle de Preisach-Néel
volumiques dans des conditions restrictives simplificatrices bien
précises. Ces théories conduisent à des formules approchées

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■ Si l’on considère maintenant l’ensemble des éléments, Le matériau peut donc être caractérisé par une fonction
c’est-à-dire l’ensemble des couples (Ha , H b), chaque élément peut statistique j (Ha , Hb ), ou distribution de Preisach-Néel, telle que
être représenté par un point du plan (H a , H b). Seul le demi-plan tel j (Ha , H b ) dHa dH b représente la probabilité de trouver un élément
H a  H b correspond à des cycles réels, car l’énergie associée est dont le cycle rectangulaire a ses valeurs caractéristiques comprises
une perte. En outre, si l’on suppose que, au-delà d’un champ de entre Ha et (Ha + dHa), d’une part, H b et (H b + dH b), d’autre part. En
saturation Hs , le matériau n’évolue plus du point de vue de l’hysté- d’autres termes, j (Ha , Hb ) dHa dH b est la fraction du volume total
résis, les cycles élémentaires existent donc tant que : comprenant des éléments dont les cycles sont définis par le
couple (Ha , H b ).
– Hs  H  Hs
Pour une variation quelconque ∆H de H, la variation, par unité de
c’est-à-dire : volume, de la magnétisation M associée est donnée par :


– Hs  Ha  Hs
∆M = 2M s j ( H a , H b ) dH a dH b (51)
et : S
– Hs  Hb  Hs avec S surface correspondant à cette variation de H.
Finalement, les points figuratifs (H a , H b) se situent à l’intérieur du Suivant le sens de variation de H par rapport à l’état précédent
triangle ABC (figure 35). (M1 , H1), on a :

■ Dans l’état démagnétisé, le matériau peut être considéré comme


ayant autant de dipôles dans l’état positif (+ Ms ) que dans l’état M = M1 ± 2 Ms  S
j ( Ha , Hb ) d Ha d Hb
négatif (– Ms ). Compte tenu des remarques précédentes, l’état du
matériau est alors représenté par la figure 36a. Le signe est positif lorsque H augmente, et négatif dans le cas
Si, partant de cet état, un champ magnétique positif H est appliqué contraire (figure 36c ).
au matériau, tous les éléments magnétisés négativement tels que :
Ha  H

vont se magnétiser positivement. L’état du matériau est donc


représenté par la figure 36b.
Si on applique ensuite un champ H 1 tel que H 1 < H, tous les
éléments magnétisés positivement tels que :
Hb  H1

vont se magnétiser négativement (figure 36c).


L’état du matériau, à un instant donné, peut donc être parfaite-
ment défini par cette représentation graphique, qui tient compte de
l’évolution antérieure de l’état magnétique global du matériau.
L’évolution du matériau se résume de la manière suivante :
— si le champ H augmente, la droite figurative se déplace suivant
le sens croissant de la variable Ha ;
— si le champ H diminue, elle se déplace suivant le sens
décroissant de la variable H b .
■ La magnétisation globale du matériau à une étape donnée est
caractérisée par le nombre de dipôles qui ont changé d’état par
rapport à l’étape précédente, c’est-à-dire par la surface balayée à
partir de cette étape.

Figure 35 – Domaine d’évolution des couples (H a , H b )


Figure 36 – Représentation de l’état du matériau

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La connaissance de la fonction j (Ha , H b ) est donc suffisante pour


prédéterminer le comportement ferromagnétique du matériau, quel
que soit son état antérieur.
L’évolution de l’induction B s’obtient par la formule classique :
B = B 1 + µ 0 (∆ H + ∆ M ) (52)

2.4.2.2 Détermination de la fonction j (Ha , H b )


On montre que cette fonction est déterminée par la connaissance
de la courbe de première aimantation du matériau et de la partie
descendante du cycle majeur à saturation .
Pour cela, nous supposons que cette fonction existe et qu’elle
est unique.
■ Le long de la courbe de première aimantation, le champ H
augmente. La variable indépendante H a est égale à H. La surface S
caractérisant cette variation est le triangle OPQ (figure 36b ).
La magnétisation, considérée comme fonction de H a , s’exprime
sous la forme :

M ( H a ) = 2M s  OPQ
j ( H a , H b ) dH a dH b

Les lignes OP et OQ ayant pour équations respectives :


H b = Ha et Hb = – Ha Figure 37 – Représentation de l’état du matériau
pour une diminution de H à partir de l’état saturé
il s’ensuit :

 
Ha + Ha
M ( H a ) = 2M s dH a j ( H a , H b ) dH b La connaissance de la courbe de première aimantation et du cycle
0 – Ha
à saturation conduit au système d’équations intégrales (53) et (54),
Si l’on pose : où f ( H a ) et j ′ ( H b ) sont calculés à partir de ces grandeurs
macroscopiques.
d M ( Ha )
f ( H a ) = ------------- ---------------------- Si l’on sépare les variables dans j (Ha , H b), en écrivant :
dH a 2M s
j (Ha , H b) = j 1 (Ha) j 2 (H b)
on obtient :
la fonction j peut être déterminée en résolvant le système

+ Ha
d’équations précédent.
f ( Ha ) = j ( H a , H b ) dH b (53)
– Ha ■ D’un point de vue pratique, la courbe de première aimantation et
la partie descendante du cycle à saturation sont subdivisées respec-
■ À partir de la saturation (Hs , Ms ), considérons maintenant la partie
tivement en N et 2N intervalles égaux, ce qui conduit à exprimer les
descendante du cycle du matériau en faisant décroître le champ H
deux équations intégrales sous la forme d’un système de 3N équa-
(figure 37).
tions discrètes à 3N inconnues. Ces inconnues ne sont pas indépen-
Dans ce cas, H b est la variable indépendante identifiée à H ; nous dantes, puisqu’il faut ajouter l’équation suivante correspondant à la
aurons (figure 37a ), en posant : saturation globale du matériau :
M ′ = Ms – M
 1
j ( H a , H b ) dH a dH b = -----
M ′ ( H b ) = 2M s  CRT
j ( H a , H b ) dH a dH b
OBC

La résolution de ces équations permet de prédéterminer


2

Posons : numériquement j (H a , H b) sous la forme discrète :

 j (H ai , H bj ) = j 1 (H ai ) j2 (H bj )
Hs
j ′ ( Hb ) = – j ( Ha , Hb ) d Ha (54)
Hb où j 1 (H ai ) et j 2 (H bj ) s’expriment en fonction de l’un d’entre eux,
soit j 1 (H aN ) = 1 par exemple.
d M ′ ( Hb )
j ′ ( H b ) = ------------- ----------------------- pour H b  0 Le calcul des valeurs de j 1 et j 2 nécessite des courbes de première
d Hb 2M s aimantation et de cycle à saturation très bien définies jusqu’à des
valeurs maximales de champ égales à celles rencontrées dans la
d M ′ ( Hb ) machine. Étant donné les inductions très élevées (2,2 à 2,4 T) inter-
j ′ ( H b ) = ------------- ----------------------- – f ( H b ) pour H b < 0 venant dans les machines modernes, il se pose alors la question de
dH b 2M s
leur modélisation mathématique sur une très grande plage de
d M ( Hb ) champ. L’utilisation de fractions rationnelles du premier ordre, ou
avec f ( H b ) = ------------- --------------------- mieux de fonctions splines (article Polynômes. Études algébriques
dH b 2M s
[AF 37] dans le traité Sciences fondamentales) qui assurent la
monotonie des courbes, résout assez bien le problème.

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2.4.3 Méthode de calcul des pertes Allano [81] propose de considérer un champ interne h i relié au
champ appliqué h par une relation de la forme :
■ Le calcul des pertes fer s’établit en deux temps. db
h i = h – α a ---------
Dans la première étape, on détermine, par une méthode classique dt
statique en deux dimensions, le champ en tout point d’une section
droite de la machine sur une période fondamentale du champ. pour calculer la variation de magnétisation par le modèle de
Preisach-Néel. Cette voie paraît intéressante ; malheureusement, le
Dans la seconde étape, on calcule le champ dans l’épaisseur de
paramètre αa nouveau n’est pas un invariant caractéristique du
la tôle en prenant le champ statique précédent comme donnée en
matériau comme la proposition le suppose, mais dépend, entre
surface. La tôle est décomposée en éléments de volume où le champ
autres, du point de fonctionnement maximal, ce qui ne permet pas
de surface peut être considéré comme constant. Ces éléments sont
une utilisation générale.
choisis rectangulaires en surface et supposés de longueur infinie
pour se ramener, de nouveau, à la résolution d’un problème à deux Par ailleurs, ce terme correctif perd de son intérêt au fur et à
dimensions. Leur plus grande dimension est orientée dans la direc- mesure que la fréquence augmente car, au-delà de 500 Hz, ce sont
tion du champ de surface, si bien qu’ils sont radiaux dans les dents surtout les pertes par courants de Foucault qui prédominent et
et tangentiels dans les culasses. La résolution de l’équation l’augmentation des pertes par hystérésis par grossissement des
d’évolution du champ, par une méthode d’éléments finis pour cycles ne joue que relativement peu.
l’espace et de différences finies pour le temps dans les sections de
ces éléments, donne ainsi le champ h (t ) et l’induction b (t ) via le
modèle d’hystérésis, en tout point de la tôle, en fonction du temps.
On en déduit facilement les courants de Foucault et les pertes 3. Pertes mécaniques
correspondantes d’après la formule générale (30).
Les pertes par hystérésis s’en déduisent également par l’applica-
tion de la formule générale (29) à chaque élément de volume de la
3.1 Pertes par frottement
tôle pour lequel le cycle B (H ) a été déterminé.
3.1.1 Pertes par frottement dans les paliers
■ Pour les basses et moyennes fréquences industrielles, il est
possible de gagner du temps de calcul en séparant la détermination Les pertes par frottement lubrifié dans les paliers ont fait l’objet
des pertes par courants de Foucault de celle des pertes par hysté- de nombreuses études [4] [90] [91] [92]. Ces études ont pour base
résis. Il suffit alors de calculer le champ et les pertes par courants de l’équation des films minces visqueux qui permet, compte tenu des
Foucault dans la section des éléments de tôle en utilisant la courbe conditions géométriques et cinématiques, de déterminer les carac-
de première aimantation, au lieu des cycles attachés à chaque point téristiques d’un écoulement en film mince, en particulier, sa portance
de calcul, et d’en déduire seulement, ensuite, les pertes par hysté- ainsi que la force ou le couple de frottement.
résis à l’aide du modèle de Preisach-Néel.
Les principales hypothèses émises pour l’établissement de cette
À titre d’exemple, il est intéressant de rappeler un des résultats équation sont les suivantes :
obtenus [80] pour un petit moteur asynchrone triphasé expérimental — le milieu est continu ;
sans cage et entraîné à sa vitesse synchrone. — le fluide est newtonien ;
Sous tension nominale sinusoïdale, les pertes fer totales du stator — l’écoulement est laminaire et isotherme ;
mesurées sont de 165 W et calculées de 140 W. — les forces d’inertie sont négligeables ;
Sous une tension sinusoïdale de 50 % plus forte que la précédente, — il y a adhérence du fluide aux parois ;
les valeurs sont, respectivement, de 585 W et 530 W. — l’épaisseur du film mesurée est toujours très faible devant les
autres dimensions du contact.
Introduisons les notations suivantes :
2.4.4 Critique de la méthode de Preisach-Néel C a couple de frottement sur l’arbre ;
C a′ couple relatif de frottement sur l’arbre :
■ Ce modèle d’hystérésis très séduisant, qui ne nécessite que des
données expérimentales d’accès facile à l’aide d’appareils Ca 1
classiques, présente cependant le défaut de ne pas prendre en C a′ = ---------------------------------
- = ---------- N f
η LDNR p /J
2 Sn
compte le temps et donne une représentation quasi statique de
l’évolution des matériaux. Seules les amplitudes d’incrémentation
ou de décrémentation du champ appliqué interviennent dans le D diamètre du palier ;
calcul des variations d’aimantation, mais pas la vitesse de variation e x excentricité ;
de celui-ci. Cette non-dépendance de la fréquence du champ e x′ excentricité relative :
appliqué se traduit graphiquement par le fait que tous les cycles ex
d’évolution possibles sont nécessairement inclus dans le cycle e x′ = -------
J
statique à saturation. Or l’expérience montre qu’il n’en est pas ainsi
lorsque l’on fait varier la fréquence sur une large plage. fa coefficient de frottement sur l’arbre :
Donc, a priori, une telle modélisation des cycles n’est valable que
dans le domaine des basses fréquences. En fait, des calculs et Ca
f a = ---------------
-
mesures sur des échantillons Epstein jusqu’à une fréquence de 5 kHz Rp W
ont montré [82] que, à condition de calculer le champ dans la section
de tôle avec prise en compte de l’hystérésis, on obtenait des résultats J jeu radial ;
satisfaisants, ce qui couvre déjà une large plage d’utilisation des L longueur du palier ;
machines. Et il n’est pas interdit de penser que cette méthode est N vitesse de rotation de l’arbre ;
valable bien au-delà. Nf nombre de frottement sur l’arbre :

■ Une amélioration possible réside dans le couplage de cette Ca


méthode avec un modèle dynamique. Ces modèles dynamiques N f = -----------
-
JW
mettent en effet en évidence l’influence dans les pertes totales, en
plus du terme d’hystérésis, d’un terme proportionnel à B max (db /dt ). R p rayon du palier ;

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Sn nombre de Sommerfeld : La puissance dissipée par le frottement dans le palier lubrifié est,
alors, donnée par la relation :
η LDN R p
 
2
Sn = -------------------- -------- P = 2 πN C a (55)
W J
Lorsque le palier est alimenté par une source de pression
W charge appliquée ;
extérieure p ex , il convient d’ajouter à l’expression précédente le
W ′ charge appliquée relative :
terme :
W ′ = WJC a′ /C a Q (p ex – p 0)

η viscosité dynamique. avec p 0 pression d’arrivée dans le palier,


On peut représenter, d’une part, l’évolution de la charge relative Q débit de l’alimentation.
et, d’autre part, celle du couple relatif de frottement sur l’arbre en Ce terme traduit la perte de charge entre l’amont et l’aval de
fonction de l’excentricité relative : l’écoulement. Il devient négligeable pour une chute de pression
— pour des conditions de fonctionnement données (charge, faible par rapport à la pression hydrodynamique générée dans les
vitesse de rotation, longueur et diamètre du palier, rapport du rayon contacts. La puissance perdue, due à la perte de charge, est déter-
du palier au jeu radial), on peut déterminer l’excentricité relative de minable à l’aide de la figure 38.
fonctionnement sur la figure 38 ;
— pour cette excentricité et une valeur donnée du rapport de la
longueur au diamètre du palier, le couple relatif de frottement sur 3.1.2 Pertes par frottement dans les roulements
l’arbre est donné par la figure 39, et on en déduit le couple de frotte-
ment sur l’arbre. Les pertes mécaniques, dues au frottement dans les roulements,
ont des origines très diverses ; elles proviennent :
— des contacts corps roulants-chemin de roulement, corps
roulants-cage, cage-bagues ;
— du barattage du lubrifiant ;
— des joints intégrés aux roulements.

Figure 39 – Variations du couple relatif de frottement


Figure 38 – Variations de la charge relative en fonction de l’excentricité relative
en fonction de l’excentricité relative

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Ces frottements dépendent de nombreux facteurs : 3.1.3.1 Cas d’un entrefer constant
— type de lubrification (graisse, barbotage ou injection d’huile) ; Soit :
— viscosité, voire rhéologie du lubrifiant ;
D ex le diamètre extérieur du rotor ;
— type de géométrie interne du roulement ;
L rot la longueur du rotor ;
— charges et vitesse de rotation auxquelles les roulements sont
t la variable temps ;
soumis.
v la vitesse périphérique ;
ε l’entrefer simple ;
Dans le bilan des pertes, il faut également tenir compte de ν′ (en m2/s) la viscosité cinématique du gaz (= η ′/ρ ) ;
celles dues aux joints d’étanchéité, qui sont largement égales à ρ la masse volumique du gaz ;
celles dues aux roulements. η′ (en Pa · s) la viscosité dynamique du gaz ;
Ω en (tr/min) la pulsation de rotation correspondant à v.

L’évaluation des pertes par frottement dans les roulements ou ■ Régime laminaire : la contrainte exercée sur le fluide est :
les joints peut être effectuée de deux manières :
vt
— par l’utilisation de formules simples issues de l’expérience et σ = --------
ε
largement diffusées par les constructeurs de roulements ;
— par le calcul des pertes élémentaires pour chaque contact et la force élémentaire d’entraînement du rotor, par unité de surface,
interne ; cette démarche est encore du domaine de la recherche et est :
est employée lorsque les roulements sont sollicités sous des dF dσ v η′
conditions très sévères, par exemple dans l’aéronautique ; cette ---------- = η ′ --------- = ------------
dS dt ε
méthode, très lourde à mettre en œuvre, ne sera pas abordée, mais
la démarche simplifiée présentée ci-après donne de bons résultats η ′vS
d’où F = ---------------
pour des sollicitations en régime permanent. ε
■ Démarche simplifiée : pour des conditions habituelles de Les pertes aérodynamiques sont alors :
fonctionnement, c’est-à-dire une bonne lubrification, une huile de
viscosité dynamique de l’ordre de 0,01 Pa · s à la température de η ′v 2 S
P a = -------------------
fonctionnement, une charge radiale environ dix fois plus petite que ε
la capacité dynamique de base, une vitesse de rotation inférieure
à 80 % de la vitesse limite donnée par le catalogue pour le roulement En utilisant le nombre de Reynolds :
utilisé, on peut calculer le couple de frottement C f par la formule vε vε
suivante : Re = ρ --------- = ---------
η′ ν′
C f = k r R rF r (56)
et avec S = πDex L rot
avec Fr (N) charge radiale transmise,
kr coefficient variant selon le type de roulement, il vient :
1
R r (m) rayon moyen du roulement. P a = --------- π D ex L rot ρ v 3 (58)
Re
On peut retenir les valeurs suivantes pour le coefficient k r :
k r = 0,001 pour les roulements rigides à billes, à rouleaux On définit généralement un coefficient de friction :
cylindriques ou à rotule sur billes ;
k r = 0,002 pour les roulements à billes à contacts obliques, les 2
Re i = ---------
butées à billes, à rouleaux coniques ou à rotule sur rouleaux ; Re
k r = 0,003 à 0,004 pour les roulements à aiguilles ou les butées à et la relation (58) devient alors :
aiguilles et à rouleaux.
Par exemple, pour un rotor de poids 50 daN, utilisant deux roule- Re i 4
P a = ----------- π D ex L rot ρ v 3 = 2,255 ⋅ 10 – 4 Re i ρ L rot D ex Ω 3 (59)
ments rigides à billes, de rayon interne 60 mm et de rayon externe 2
110 mm, le couple de frottement total pour les deux roulements est :
Le régime peut être considéré comme laminaire tant que
2C f = 0,001[(60 + 110)/2] 10–3 × 250 × 2 Re  1 000 .
= 0,042 N · m ■ Régime turbulent : lorsque Re > 1 000, le régime n’est plus
La puissance dissipée est alors : laminaire, mais la formule (59) peut être conservée à condition de
changer la loi Re i (Re). Si l’on admet, en première approximation,
P = 2C f × 2πN (57) que la théorie de l’écoulement turbulent entre deux plans parallèles
peut s’appliquer, c’est-à-dire que 2 ε  D ex et que les effets de la force
Dans l’exemple, si le rotor tourne à 3 000 tr/min, on obtient : centrifuge sont négligeables, alors, d’après J.E. Vrancik [93], Re i
P = 0,042 × 100 π = 13,3 W et Re sont liés par la relation :

On pourra, pour plus de détails, se reporter aux catalogues des 1


----------------- = 2,04 + 1,768 In ( Re Re i )
constructeurs, aux références bibliographiques [84] [86] [87] [88] [89]. Re i

Cette relation est traduite sur la figure 40.


3.1.3 Pertes aérodynamiques
3.1.3.2 Cas d’un entrefer variable
Le fluide gazeux, confiné dans le volume de l’entrefer d’une
machine, frotte sur la surface du rotor en mouvement. Lorsque la Si le rotor est muni de pôles saillants tels que ceux représentés
vitesse périphérique du rotor est importante, ce frottement est sur la figure 41, l’expérience prouve que la formule précédente est
source de pertes non négligeables à la surface du rotor, d’autant plus encore utilisable à condition de multiplier les pertes par un facteur K
que la pression dans l’entrefer est élevée. tel que si hp /R > 0,06 (ce qui est le cas habituel) :
Selon la géométrie du rotor, on peut distinguer plusieurs cas. K = (8,5 hp /R ) + 2,2

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PERTES DANS LES MACHINES TOURNANTES ________________________________________________________________________________________________

La masse volumique ρ est fonction de T et de la pression p . On


peut admettre la loi des gaz parfaits :
pM
ρ = -------------
R0 T

avec M masse molaire du gaz,


p pression du gaz,
R 0 constante des gaz parfaits, soit 8,2 J/(K · mol).
Pour l’air, avec p en bar et c = 120 K–1 pour T  373 K :
p
ρ = 353 -----
T
T 3 ⁄ 2 1 + ( 120/273 )
ν ′ = 3 ⋅ 10 –9 --------------- ---------------------------------------
p 1 + ( 120/T )

On voit qu’il est très avantageux de diminuer la pression pour


diminuer les pertes, puisque celle-ci influe à la fois sur ρ et, pour
une moindre part, sur Re i .
Pour les vitesses périphériques très élevées, de l’ordre de 300
à 400 m/s, l’expérience prouve que cette formule donne une sur-
estimation de ces pertes voisine de 100 %.

3.1.4 Pertes aux contacts balais-collecteur


et balais-bague

Ces pertes ont une expression analogue à (57), mais on les


exprime de préférence en fonction de la pression d’appui des
balais p b , de la surface S b et de la vitesse tangentielle du
collecteur vC (en m/s) ou des bagues. On obtient (en W) :
P b = 1,11 f b p b Sb vC (60)
Figure 40 – Relation Re i (Re ) en régime turbulent
avec p b (N/cm2) donné par le fabricant (1,8 à 2,2 N/cm2 pour les
balais des machines à collecteur et 1,5 N/cm2
pour les balais sur bagues),
S b (cm2) surface de toutes les lignes de balais,
fb coefficient de frottement, donné par le fabricant
de balais, et de valeur moyenne égale à 0,2.

3.2 Pertes par ventilation

Ces pertes sont difficiles à évaluer avec précision avec des moyens
simplifiés. Les écoulements, en principe laminaires, sont ici
perturbés par les têtes de bobines, les encoches, etc., ce qui entraîne
Figure 41 – Géométrie d’un rotor à pôles saillants localement des mouvements tourbillonnaires. Cette situation est
favorable au refroidissement, mais rend le calcul délicat. Les
méthodes de calcul actuelles des écoulements, qui résolvent les
équations de Navier-Stokes complètes, peuvent en principe appré-
On peut diminuer K par addition de deux disques placés aux hender des géométries complexes à l’aide des techniques
extrémités du rotor et qui emprisonnent le gaz dans les espaces d’éléments finis. La nature turbulente de l’écoulement complique
interpolaires ; K vaut alors 1,5. très fortement l’étude. Cependant, des modèles qui décrivent les
La valeur K = 1 correspond au rotor lisse. tensions turbulentes, avec des viscosités turbulentes (hypothèse de
Boussinesq) donnent des résultats intéressants [5] [6] [7] [11] à [17].
3.1.3.3 Influence de la température et de la pression La situation est moins complexe dans les grandes machines où
La viscosité dynamique η ′ est fonction de la température absolue T les obstacles à la circulation de l’air sont relativement moins
et on peut admettre une loi de la forme : importants que dans les petites (dans ce traité, articles Refroidisse-
ment des machines électriques tournantes [D 3 460]).
T 1 + ( c /273 ) Les constructeurs utilisent encore souvent les résultats de mesures
η ′ = η 0′ ----------- --------------------------------
273 1 + ( c/T ) effectuées sur de nombreuses machines, présentés soit sous forme
d’abaques en fonction de la vitesse et de la puissance utile ou du
avec η ′0 viscosité dynamique à 0o C, diamètre du rotor, soit sous forme de formules approchées qui
c facteur dépendant de la nature du gaz et de T [93]. donnent, au moins, un ordre de grandeur des pertes cherchées.

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_______________________________________________________________________________________________ PERTES DANS LES MACHINES TOURNANTES

À titre d’exemple, on peut citer l’expression suivante, qui donne Le tableau 1 récapitule les pertes dans une machine électrique
la somme des pertes par ventilation et par frottement aux paliers tournante.
(en W) : À titre indicatif, le tableau 2 donne un ordre de grandeur des
2
P v + p = 0,3 à 0,7 ( P u v t 10 –5 ) (61) pertes de quelques machines types. (0)

avec P u (W) puissance utile de la machine,


v t (m/s) vitesse tangentielle du rotor. Tableau 1 – Tableau récapitulatif des pertes
On peut encore utiliser une autre formule, qui donne les mêmes dans une machine électrique tournante
pertes, pour des machines sur roulements à billes ou à rouleaux
sans balais : ■ Pertes Joule
2 ● Pertes normales en basse fréquence
p v + p = 8 D rot ( L rot + 0,15 ) vt (62)
● Pertes supplémentaires à fréquences élevées :

avec D rot (m) diamètre du rotor, — dues à l’effet Kelvin ;


— dues aux harmoniques de temps.
L rot (m) longueur du rotor.
● Pertes par effet Field :
Pour des petites machines (Drot < 0,2 m et L rot < 0,1 m), on peut
réduire à 0,08 la majoration attribuée à L rot . — dues au flux principal ;
— dues au flux de fuite ;
En plus de ces formules simplifiées, on pourra trouver des infor-
mations très intéressantes dans les mémentos qui traitent des pertes — dues aux courants de circulation ;
de charge dans les circuits fluides [15] [17]. — dans les têtes de bobine.
Pour les machines refroidies à l’hydrogène, on se reportera, dans ● Pertes dues aux flux harmoniques :
ce traité, à l’article Machines synchrones. Fonctionnement en régime — différentiel de phase ;
permanent [D 480] qui traite des turboalternateurs de grande — différentiel d’encoche ;
puissance.
— d’inclinaison.
■ Cas des machines fermées ou à ventilation extérieure : ces ● Pertes au contact barre-tôlerie
machines utilisent un double circuit de ventilation : ● Pertes aux balais
— un circuit interne de brassage de l’air, à l’intérieur de la
carcasse, chargé de transférer la chaleur de l’intérieur de la machine ■ Pertes fer
vers la carcasse ; ● Pertes à fréquence fondamentale :
— un circuit externe qui est chargé de refroidir la carcasse via sa
— par hystérésis ;
surface externe, généralement augmentée par des ailettes ; ce
second circuit comprend un ventilateur en bout d’arbre qui souffle — par courants de Foucault ;
sur la carcasse, l’air étant canalisé par un capot adapté qui assure — aux extrémités.
également la protection humaine contre le contact avec les pales ● Pertes harmoniques d’espace :
du ventilateur. — à vide en surface ;
Les pertes du premier circuit se déterminent comme indiqué — à vide dans les dents ;
précédemment ; celles du second correspondent à la puissance
— en charge.
absorbée par le ventilateur. La détermination de ces dernières pertes
se fait à partir du débit d’air nécessaire au maintien d’une tempé- ● Pertes harmoniques de temps
rature interne acceptable. Si Q (m3/s) est le débit nécessaire, ∆p (Pa)
la chute de pression totale, statique et dynamique, à fournir et η Ve ■ Pertes mécaniques
le rendement du ventilateur, les pertes du second circuit seront ● Pertes par frottement :
données (en W) par : — dans les paliers ;
Q∆p — dans les roulements ;
P Ve = -------------- (63)
η Ve — aérodynamiques.
● Pertes par ventilation
Le rendement du ventilateur peut être voisin de 0,6 à 0,7.
Dans le cas des machines, ouvertes ou fermées, mais moto-
ventilées où le ventilateur est entraîné à vitesse constante par un (0)
moteur indépendant, le rendement des ventilateurs centrifuges
utilisés est plus élevé et atteint 0,8. Tableau 2 – Exemple de pertes pour des machines types
On trouvera une détermination plus précise des performances
Moteur Moteur
propres des ventilateurs dans les références [2] [6] [7] [15]. Moteur
asynchrone asynchrone
à courant
monophasé triphasé
Définition continu
à cage à cage
de la machine
4. Conclusion 1 460 W ; 7,5 kW ; 350 kW ;
2 850 tr/min 720 tr/min 1 250 tr/min

Les machines électriques tournantes présentent, en général, des Pertes Joule 252 W 978 W 15 kW
pertes fer faibles, donc un excellent rendement, d’autant plus élevé Pertes fer 30 W 320 W 6 kW
que leur puissance utile croît. On peut grossièrement le considérer
comme compris entre 0,70, pour des puissances voisines de 1 kW, Pertes mécaniques 67 W 80 W 2 kW
et 0,98 pour les machines de très grande puissance. Rendement 80,7 % 84,4 % 93,8 %

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