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Principales dispositions fiscales de la loi de finances

2019

La présente note synthétise les principales dispositions fiscales introduites par la loi
de finances 2019 (LF 2019) en matière des impôts et taxes régis par le Code Général
des Impôts ainsi qu’en matière des droits de douane et des taxes intérieures de
consommation, à savoir :

I- En matière d’IS

- Révision du barème progressif de l’IS ;


- Relèvement du taux normal de la cotisation minimale de 0,5% à 0,75% et
réduction de ce taux à 0,25% pour les médicaments ;
- Non déductibilité des dépenses, réglées en espèces, qui dépassent 5 000 DH
par jour et par fournisseur dans la limite de 50 000 DH par mois et par
fournisseur ;
- Application d’un abattement de 60% aux dividendes servis par les OPCI ;
- Déductibilité, dans la limite de 2‰ du chiffre d’affaires, des dons accordés à
certaines associations ;
- Imputation de l’impôt étranger ;
- Non déductibilité de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices ;
- Suppression du régime fiscal des banques offshore ;
- Suppression du régime fiscal des sociétés holding offshore ;
- Suppression du régime fiscal des centres de coordination.

II- En matière de contribution sociale de solidarité sur les bénéfices

- Personnes imposables ;
- Base imposable et taux ;
- Déclaration et versement ;
- Recouvrement, sanctions et règles de procédures ;
- Durée d’application.

III- En matière d’IR

- Instauration de la cotisation minimale sur la cession d’immeuble d’habitation


principale exonérée dont le prix de cession excède 4 000 000 DH ;
- Relèvement de 20 à 30 DH par salarié et par jour de travail du montant des
bons de nourriture exonérés ;
- Relèvement de 24 à 36 mois de la durée d’exonération des rémunérations
accordées aux étudiants inscrits au cycle de doctorat ;
- Changement des modalités d’imposition des revenus fonciers ;
- Suppression de l’annexe à la déclaration du revenu global traitant des
immeubles donnés en location ;

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- Dispense du dépôt de la déclaration du revenu global au titre du cumul des
pensions de retraite dont le total du montant net imposable n’excède pas
30 000 DH ;
- Elargissement de la liste des indicateurs de dépenses retenus dans le cadre de
l’examen de l’ensemble de la situation fiscale du contribuable ;
- Exonération du capital décès versés aux ayants droit des fonctionnaires civils
et militaires et agents de l’Etat, des collectivités territoriales et des
établissements publics ;
- Exonération de la solde et des indemnités versées aux appelés au service
militaire ;
- Réduction des taux d’imposition des auto-entrepreneurs ;
- Suppression du régime fiscal applicable aux rémunérations servies par les
banques offshore et les sociétés holding offshore.

IV- En matière de TVA

- Limitation de la récupération de TVA en cas de règlement en espèces ;


- Clarification de la TVA transférée en cas de fusion, de scission ou de
transformation ;
- Exonération sans droit à déduction de la vente de certaines pompes à eau
(fonctionnant à l’énergie solaire et à toute énergie renouvelable) ;
- Exonération avec droit à déduction et à l’importation des médicaments
destinés au traitement de la méningite et de certains médicaments dont le prix
fabricant hors taxe dépasse 588 DH ;
- Clarification des conditions de bénéfice de l’exonération de la TVA pour
l’acquisition des logements sociaux par les établissements de crédit et
organismes assimilés pour le compte de leurs clients dans le cadre du contrat
« Ijara Mountahia Bitamlik » ;
- Suppression des exonérations octroyées aux banques offshore et aux sociétés
holding offshore.

V- En matière des droits d’enregistrement

- Définition des règles de territorialité ;


- Elargissement du champ des opérations imposables ;
- Exclusion de l’habitation principale du de cujus de la base imposable au titre
des inventaires après décès ;
- Suppression des exonérations octroyées aux banques offshore et aux sociétés
holding offshore ;
- Généralisation aux avocats agréés près la cour de cassation de certaines
obligations qui pèsent sur les notaires et les adoul.

VI- En matière des droits de timbre

- Clarification du champ d’application des droits de timbre de quittance ;

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- Exonération des quittances de vente des médicaments par les officines de
pharmacie ;
- Exonération des quittances des ventes des produits pétroliers réalisées dans
les stations de distribution du carburant en détail ;
- Exonération des certains actes de l’autorité publique.

VII- En matière de taxe annuelle sur les véhicules

- Clarification du délai de paiement de la taxe en cas de mise en circulation en


cours d’année ;
- Paiement fractionné de la taxe pour les véhicules dont le poids total en charge
ou le poids total maximum en charge tracté est supérieur à 9.000 kilos ;
- Exonération des véhicules utilisés pour le transport mixte dont le poids total
en charge ou le poids total maximum en charge tracté est inférieur ou égal à
3 000 kilos ;
- Clarification de la situation des véhicules de type quatre roues motrices (4x4).

VIII- En matière de contribution sociale de solidarité sur les livraisons à soi-même


de construction d’habitation personnelle

- Institution de la déclaration du coût de construction ;


- Clarification des documents devant accompagner la déclaration de la
contribution sociale de solidarité.

IX- En matière de taxe sur les contrats d’assurance

- Actes assujettis ;
- Actes non assujettis ;
- Exonérations ;
- Assiette et liquidation ;
- Tarif de la taxe ;
- Déclaration ;
- Recouvrement ;
- Contrôle et contentieux ;
- Solidarité.

X- En matière de sanctions

- Sanctions afférentes aux revenus fonciers ;


- Révision à la baisse du minimum du montant des sanctions applicables à
l’auto-entrepreneur ;
- Sanctions afférentes à la taxe sur les contrats d’assurance ;
- Sanctions pour défaut ou retard dans le dépôt de la déclaration du coût de
construction.

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XI- En matière de procédures

- Communication de la documentation sur les prix de transfert ;


- Régularisation de l’IR retenu à la source sur les revenus fonciers ;
- Extension de la procédure préalable pour l’application des sanctions en cas de
déclaration des revenus fonciers ne comportant pas certaines indications ;
- Extension de la taxation d’office (i) au défaut de dépôt de la déclaration des
revenus fonciers (articles 82 ter et 154 bis du CGI) et (ii) au défaut de
versement de la retenue à la source y afférente ;
- Instauration d’une dérogation à la prescription en cas de construction d’une
habitation personnelle ;
- Introduction d’une prescription quadriennale en matière de taxe sur les
contrats d’assurance ;
- Extension de la procédure de restitution prévue par le CGI à la taxe sur les
contrats d’assurance ;
- Echange automatique d’informations avec d’autres administrations et
organismes publics.

XII- Principales mesures douanières

- Augmentation de la TIC sur les tabacs manufacturés ;


- Augmentation de la TIC sur les boissons non alcoolisées contenant du sucre ;
- Révision du tarif du droit d’importation.

XIII- Autres mesures

- Mesures concernant les promoteurs immobiliers construisant des logements


sociaux.
- Annulation de certaines créances dues à l’Etat.

La teneur de ces mesures est détaillée dans ce qui suit.

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I- En matière d’IS

1- Révision du barème progressif de l’IS

Avant la LF 2019, le barème progressif de l’IS se présentait comme suit :

Montant du bénéfice net (en dirhams) Taux


Inférieur ou égal à 300 000 10%
de 300 001 à 1 000 000 20%
Supérieur à 1 000 000 31%

Par ailleurs, étaient imposés au taux réduit de 17,5% :

- Les entreprises exportatrices de biens ou de services, et ce à partir du 6ème


exercice suivant celui de réalisation de la première opération d’exportation ;
- Les entreprises hôtelières, les sociétés de gestion des résidences immobilières
de promotion touristique et les établissements d’animation touristique, et ce à
partir du 6ème exercice suivant celui de réalisation de la première opération
d’hébergement en devises ;
- Les entreprises minières exportatrices, et ce à compter de l'exercice au cours
duquel la première opération d'exportation a été réalisée ;
- Les entreprises artisanales dont la production est le résultat d'un travail
essentiellement manuel, et ce pour les 5 premiers exercices consécutifs suivant
la date du début de leur exploitation ;
- Les établissements privés d'enseignement ou de formation professionnelle, et
ce pour les 5 premiers exercices consécutifs suivant la date du début de leur
exploitation ;
- Les sociétés sportives, et ce pour les 5 premiers exercices consécutifs suivant la
date du début de leur exploitation ;
- Les promoteurs immobiliers qui donnent en location des cités, résidences et
campus universitaires, et ce pour une période de 5 ans à compter de la date
d’obtention du permis d’habiter ;
- Les exploitations agricoles imposables, et ce pendant les 5 premiers exercices
consécutifs à compter du premier exercice d’imposition.

Quant aux établissements de crédit et organismes assimilés, Bank Al Maghrib, la


Caisse de dépôt et de gestion, les sociétés d'assurances et de réassurances, ils étaient
soumis au taux de 37%.

La LF 2019 a :

- Réduit de 20% à 17,5% le taux applicable à la tranche du bénéfice net fiscal


comprise entre 300 001 DH et 1 000 000 DH ;
- Plafonné à 17,5% le taux applicable aux entreprises qui étaient soumises à ce
taux (voir la liste ci-avant rappelée), et ce pour la tranche du bénéfice net fiscal
dépassant 1 000 000 DH.

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Ainsi, le nouveau barème se présente comme suit :

Montant du bénéfice net (en dirhams) Taux


Inférieur ou égal à 300 000 10%
de 300 001 à 1 000 000 17,5%
Supérieur à 1 000 000 31%

NB : Les établissements de crédit et organismes assimilés, Bank Al Maghrib, la Caisse


de dépôt et de gestion, les sociétés d'assurances et de réassurances restent soumis au
taux de 37%.

Conformément aux dispositions de l’article 163-II-A du CGI, le nouveau barème


progressif s’applique aux déclarations de résultat fiscal et du chiffre d’affaires prévus
aux articles 20, 150 et 155 du CGI, déposées à compter du 1er janvier 2019.

Réf : articles 6 et 19 du CGI.

2- Relèvement du taux normal de la cotisation minimale de 0,5% à 0,75% et


réduction de ce taux à 0,25% pour les médicaments

Avant la LF 2019, le taux normal de la cotisation minimale était fixé à 0,5%. Par
ailleurs, le CGI prévoyait un taux réduit de 0,25 % pour les opérations effectuées par
les entreprises commerciales au titre des ventes portant sur :

- les produits pétroliers ;


- le gaz ;
- le beurre ;
- l'huile ;
- le sucre ;
- la farine ;
- l’eau ;
- l'électricité.

La LF 2019 a :

- Relevé le taux normal de 0,5% à 0,75% ;


- Réduit le taux applicable au titre des ventes de médicaments à 0,25%.

Conformément aux dispositions de l’article 163-II-A du CGI, les nouveaux taux de la


cotisation minimale s’appliquent aux déclarations de résultat fiscal et du chiffre
d’affaires prévus aux articles 20, 150 et 155 du CGI, déposées à compter du 1er janvier
2019.

NB : A titre transitoire, les sociétés bénéficiant du taux spécifique de 8,75% pendant


20 exercices, ayant conclu une convention avec l'Etat prévoyant la prise en charge du

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différentiel entre le montant de l’IS dû et celui de la cotisation minimale payée,
continuent à bénéficier du taux de la cotisation minimale applicable avant la date de
l'entrée en vigueur de la LF 2019, jusqu’à expiration de la période du bénéfice du
taux spécifique précité.

Réf : articles 144 du CGI et article 7-V-13° de la LF 2019.

3- Non déductibilité des dépenses, réglées en espèces, qui dépassent 5 000 DH par
jour et par fournisseur dans la limite de 50 000 DH par mois et par fournisseur

Avant la LF 2019, n’étaient déductibles du résultat fiscal que dans la limite de 10 000
DH par jour et par fournisseur sans dépasser 100 000 DH par mois et par fournisseur,
les dépenses afférentes à certaines charges1 dont le règlement n'est pas justifié par
chèque barré non endossable, effet de commerce, moyen magnétique de paiement,
virement bancaire, procédé électronique ou par compensation avec une créance à
l’égard d’une même personne, à condition que cette compensation soit effectuée sur
la base de documents dûment datés et signés par les parties concernées et portant
acceptation du principe de la compensation.

De même, n’étaient pas déductibles du résultat fiscal les dotations aux


amortissements relatives aux immobilisations acquises dans les conditions visées ci-
dessus.

Toutefois, ces dispositions n’étaient pas applicables aux transactions concernant les
animaux vivants et les produits agricoles non transformés, à l’exclusion des
transactions effectuées entre commerçants.

La LF 2019 limite le montant déductible des dépenses susvisées à 5 000 DH par jour
et par fournisseur sans dépasser 50 000 DH par mois et par fournisseur lorsqu’elles
ne sont pas réglées par les moyens de paiement admis fiscalement.

Cette mesure est applicable aux charges se rapportant aux exercices ouverts à
compter du 1er janvier 2019.

Réf : article 11-II du CGI.

4- Application d’un abattement de 60% aux dividendes servis par les OPCI

Avant la LF 2019, le CGI ne prévoyait l’application d’aucun abattement aux produits


des actions, parts sociales et revenus assimilés (Dividendes) perçus par les sociétés

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Il s’agit des charges suivantes :
- Les achats de marchandises revendus en l’état et les achats consommés de matières et
fournitures;
- les autres charges externes engagées ou supportées pour les besoins de l'exploitation ;
- les autres charges d'exploitation.

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soumises ou exonérées de l'IS et provenant des bénéfices distribués par les OPCI, et
ce contrairement aux dividendes distribués par les autres sociétés.

Pour pallier cette situation, la LF 2019 a introduit un abattement de 60% lorsque


lesdits produits proviennent de bénéfices distribués par les OPCI.

Cette mesure est applicable aux OPCI au titre des exercices ouverts à compter du 1er
janvier 2019.

Réf : article 6-I-C-1° du CGI.

5- Déductibilité, dans la limite de 2‰ du chiffre d’affaires, des dons accordés à


certaines associations

La LF 2019 admet la déduction du résultat fiscal des dons en argent ou en nature


octroyés aux associations ayant conclu avec l'Etat une convention de partenariat pour
la réalisation de projets d'intérêt général, et ce dans la limite de 2‰ du chiffre
d’affaires.

Les modalités d’application de cette déduction seront fixées par voie règlementaire.

Réf : article 10 du CGI.

6- Imputation de l’impôt étranger

Avant la LF 2019, le CGI ne prévoyait pas de règles d’imputation de l’impôt subi à


l’étranger.

La LF 2019 a instauré le principe d’imputation de l’impôt subi à l’étranger. En effet,


lorsque les produits, bénéfices et revenus de source étrangère ont été soumis à un
impôt sur les sociétés dans le pays de la source avec lequel le Maroc a conclu une
convention tendant à éviter la double imposition en matière d’impôt sur les sociétés,
l’impôt étranger, dont le paiement est justifié par la société, est imputable sur l’IS dû
au Maroc, dans la limite de la fraction dudit impôt correspondant aux produits,
bénéfices et revenus étrangers.

Les produits, bénéfices et revenus de source étrangère concernés sont :

- les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés ;


- les produits de placements à revenu fixe et les revenus des certificats de
Sukuk ;
- les revenus des prestations de services ;
- les bénéfices.

Si les produits, bénéfices et revenus précités ont bénéficié d'une exonération dans le
pays de la source avec lequel le Maroc a conclu une convention tendant à éviter la

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double imposition prévoyant d’accorder un crédit d’impôt au titre de l’impôt qui
aurait été dû en l’absence d’exonération, celle-ci vaut paiement.

Dans ce cas, l’imputation prévue ci-dessus, est subordonnée à la production, par le


contribuable, d'une attestation de l'administration fiscale étrangère donnant les
indications sur les références légales de l'exonération, les modalités de calcul de
l'impôt étranger et le montant des produits, bénéfices et revenus qui aurait été retenu
comme base de l'impôt en l'absence de ladite exonération

Réf : article 19 bis du CGI.

7- Non déductibilité de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices

La LF 2019 exclut des charges déductibles du résultat fiscal, la contribution sociale de


solidarité sur les bénéfices qu’elle institue.

Réf : article 11-IV du CGI.

8- Suppression du régime fiscal des banques offshore

Avant la LF 2019, le CGI prévoyait le régime suivant :

- Imposition pendant les 15 premières années consécutives suivant la date de


l'obtention de l'agrément soit au taux spécifique de 10%, soit à la contre-
valeur en dirhams de 25 000 dollars US par an (imposition forfaitaire
libératoire de tous autres impôts et taxes frappant les bénéfices ou les
revenus).

Après expiration du délai de 15 ans, imposition dans les conditions de droit


commun.

- Exonération de la retenue à la source des dividendes distribués à leurs


actionnaires par les banques offshore ;

- Exonération de la retenue à la source des intérêts servis aux titulaires des


dépôts et tous autres placements effectués en monnaies étrangères
convertibles auprès des banques offshore.

La LF 2019 a supprimé ce régime fiscal.

Réf : articles 6 et 19 du CGI.

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9- Suppression du régime fiscal des sociétés holding offshore

Avant la LF 2019, le CGI prévoyait le régime suivant :

- Imposition, pendant les 15 premières années consécutives suivant la date de


leur installation, à un impôt forfaitaire égal à la contre-valeur en dirhams de
500 dollars US par an, libératoire de tous autres impôts et taxes sur les
bénéfices ou les revenus.

Après expiration du délai de 15 ans, imposition dans les conditions de droit


commun.

- Exonération de la retenue à la source des dividendes distribués à leurs


actionnaires par les sociétés holding offshore, et ce au prorata des bénéfices
correspondant à l’activité éligible à l’impôt forfaitaire de 500 US dollars (sous
réserve du respect de certaines conditions).

La LF 2019 a supprimé ce régime fiscal.

NB : A titre transitoire, demeurent applicables jusqu’à l’expiration de leurs délais


d'application les avantages fiscaux accordés aux sociétés holding offshore existantes
avant l’entrée en vigueur de la LF 2019.

Réf : articles 6, 7 et 19 du CGI et article 7-V-12° de la LF 2019.

10- Suppression du régime fiscal des centres de coordination

Avant la LF 2019, la base imposable des centres de coordination était égale à 10 % du


montant de leurs dépenses de fonctionnement. A cette base s'ajoutait, le cas échéant,
le résultat des opérations non courantes.

La LF 2019 supprime ce régime et applique le traitement de droit commun à tous les


établissements des sociétés non résidentes ou des groupements desdites sociétés.

Cette mesure est applicable au titre des exercices ouverts à compter du 1er janvier
2019.

Réf : articles 2 et 8 du CGI.

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II- En matière de contribution sociale de solidarité sur les bénéfices

La LF 2019 a institué la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices.

1- Personnes imposables

La contribution est mise à la charge des entités soumises à l’IS, à l’exclusion :

– des sociétés exonérées de l’IS de manière permanente (article 6-I-A du CGI) ;


– des sociétés exerçant leurs activités dans les zones franches d’exportation;
– des sociétés de services ayant le statut « Casablanca Finance City ».

Réf : article 267 du CGI.

2- Base imposable et taux

La contribution est calculée au taux de 2,5% sur la base du même montant du


bénéfice net fiscal servant pour le calcul de l’IS et qui est égal ou supérieur à
40 000 000 DH, au titre du dernier exercice clos.

Réf : articles 268 et 269 du CGI.

3- Déclaration et versement

Les entités concernées doivent souscrire une déclaration, par procédé électronique,
selon un modèle établi par l’administration fiscale, précisant le montant du bénéfice
net fiscal et le montant de la contribution y afférente, et ce dans les 3 mois qui suivent
la date de clôture de chaque exercice comptable.

Le montant de la contribution doit être versé spontanément en même temps que la


déclaration visée ci-dessus, à compter de l'année 2019.

Réf : articles 270 et 271 du CGI.

4- Recouvrement, sanctions et règles de procédures

Les dispositions relatives au recouvrement, au contrôle, au contentieux, aux


sanctions et à la prescription, prévues en matière d’IS, s’appliquent à la contribution
sociale de solidarité sur les bénéfices.

Réf : article 272 du CGI.

5- Durée d’application

La contribution sociale de solidarité sur les bénéfices s’applique au titre des années
2019 et 2020 (Réf : article 273 du CGI).

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III- En matière d’IR

1- Instauration de la cotisation minimale au titre de la cession d’immeuble


d’habitation principale exonérée dont le prix de cession excède 4 000 000 DH

Avant la LF 2019, le CGI exonérait de l’IR le profit réalisé sur la cession d'un
immeuble ou partie d'immeuble occupé à titre d'habitation principale depuis au
moins 6 ans au jour de ladite cession, par son propriétaire ou par les membres des
sociétés à objet immobilier réputées fiscalement transparentes.

Toutefois, une période maximum d’une année à compter de la date de la vacance du


logement était accordée au contribuable pour la réalisation de l’opération de cession.

Cette exonération était également accordée au contribuable ayant cédé un immeuble


ou partie d’immeuble acquis par voie de « Ijara Mountahia Bitamlik » et occupé à
titre d’habitation principale. La période d’occupation dudit bien par le contribuable,
en tant que locataire, est prise en compte pour le calcul de la période précitée pour le
bénéfice de l’exonération susvisée.

Cette exonération était également accordée au terrain sur lequel est édifiée la
construction dans la limite de 5 fois la superficie couverte.

La LF 2019, tout en maintenant l’exonération de l’IR détaillée ci-dessus, impose une


cotisation minimale en cas de réalisation des opérations de cession d’immeuble ou
partie d’immeuble, bénéficiant de l’exonération de l’IR, dont le prix de cession excède
4 000 000 DH. La cotisation est égale à 3% au titre de la fraction du prix de cession
supérieure à 4 000 000 DH.

Cette mesure est applicable aux opérations de cession d’immeuble ou partie


d'immeuble occupé à titre d'habitation principale, réalisées à compter du 1er janvier
2019.

Réf : articles 63-II-B et 144-II-2° du CGI.

2- Relèvement de 20 à 30 DH par salarié et par jour de travail du montant des bons


de nourriture exonérés

Avant la LF 2019, le montant des bons représentatifs des frais de nourriture ou


d'alimentation, délivrés par les employeurs à leurs salariés afin de leur permettre de
régler tout ou partie des prix des repas ou des produits alimentaires était exonéré de
l’IR et ce, dans la limite de 20 DH par salarié et par jour de travail.

Toutefois, le montant de ces frais ne pouvait en aucun cas être supérieur à 20% du
salaire brut imposable du salarié.

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Cette exonération ne pouvait être cumulée avec les indemnités alimentaires
accordées aux salariés travaillant dans des chantiers éloignés de leur lieu de
résidence.

La LF 2019 a relevé la limite du montant exonéré desdits bons de 20 DH à 30 DH par


jour (les autres conditions restent applicables).

Cette mesure est applicable aux bons représentatifs des frais de nourriture ou
d’alimentation délivrés à compter du 1er janvier 2019.

Réf : article 57 du CGI.

3- Relèvement de 24 à 36 mois de la durée d’exonération des rémunérations


accordées aux étudiants inscrits au cycle de doctorat

Avant la LF 2019, le CGI exonérait de l’IR les rémunérations et indemnités brutes,


occasionnelles ou non, versées par une entreprise à des étudiants inscrits dans le
cycle de doctorat et dont le montant mensuel ne dépasse pas 6 000 DH, pour une
période de 24 mois à compter de la date de conclusion du contrat de recherches.

Cette exonération était accordée dans les conditions suivantes :

- les étudiants susvisés doivent être inscrits dans un établissement qui assure la
préparation et la délivrance du diplôme de doctorat ;
- les rémunérations et indemnités susvisées doivent être accordées dans le cadre
d’un contrat de recherches ;
- les étudiants susvisés ne peuvent bénéficier qu’une seule fois de cette
exonération.

La LF 2019 a relevé la durée d’exonération de 24 mois à 36 mois.

Réf : article 57 du CGI.

4- Changement des modalités d’imposition des revenus fonciers

Avant la LF 2019, les revenus fonciers étaient imposables aux taux du barème
progressif. La base imposable était obtenue en appliquant un abattement de 40%sur
le montant du revenu foncier brut.

Il appartenait au contribuable de souscrire sa déclaration de revenu global et de


payer l’IR.

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La LF 2019 a introduit les mesures suivantes :

a- Imposition au taux de 10% ou de 15%

La LF 2019 applique les taux de :

- 10% pour le montant brut des revenus fonciers imposables inférieur à 120 000
DH.

- 15% pour le montant brut des revenus fonciers imposables égal ou supérieur
à 120 000 DH.

Ces taux sont libératoires de l’IR.

Réf : article 73 du CGI.

b- Suppression de l’abattement de 40%

La LF 2019 a supprimé l’abattement de 40% anciennement appliqué pour la


détermination du revenu net imposable.

Réf : article 64 du CGI.

c- Exonération des revenus fonciers annuels bruts imposables qui n’excèdent pas
30 000 DH

La LF 2019 exonère le montant des revenus fonciers annuels bruts imposables qui
n’excède pas 30 000 DH.

Le bénéfice du seuil exonéré susvisé n’est pas cumulable avec l'exonération du seuil
dont a bénéficié le contribuable au titre d'autres revenus en application du barème de
l’IR prévu à l’article 73-I du CGI.

Réf : article 63-I du CGI.

d- Imposition par voie de retenue à la source et déclaration

Cette imposition s’applique aux revenus fonciers versés par des personnes morales
de droit public ou privé ainsi que par des personnes physiques dont les revenus
professionnels sont déterminés selon le régime du résultat net réel (RNR) ou celui du
résultat net simplifié (RNS).

- Institution d’une retenue à la source

La LF 2019 a institué une retenue à la source au taux de 10% ou de 15% sur le


montant des revenus fonciers versés à des personnes physiques.
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Cette retenue doit être opérée pour le compte du Trésor, par les personnes
morales de droit public ou privé ainsi que par les personnes physiques dont
les revenus professionnels sont déterminés selon le régime du RNR ou celui
du RNS, qui versent des revenus fonciers à des personnes physiques.

La retenue à la source doit être versée, à l’administration fiscale, avant


l’expiration du mois suivant celui au cours duquel la retenue à la source a été
opérée.

Ce versement s’effectue par bordereau-avis indiquant la période au titre de


laquelle les retenues ont été opérées, la désignation, l’adresse et l’activité de la
partie versante qui les a opérées, le montant brut imposable des loyers, le
montant des loyers versés ainsi que celui des retenues correspondantes.

Toutefois, les personnes morales de droit public ou privé ainsi que les
personnes physiques dont les revenus professionnels sont déterminés selon le
régime du RNR ou celui du RNS sont dispensées de l'obligation de la retenue
à la source susvisée, lorsque les propriétaires personnes physiques optent
pour le paiement spontané de l'IR afférent aux revenus fonciers.

Dans ce cas, les propriétaires précités doivent en formuler la demande auprès


de l'administration fiscale, avant l'expiration du délai de déclaration annuelle
des revenus fonciers, c'est-à-dire avant le 1er mars. Toutefois, nous
recommandons, pour des raisons pratiques, que les propriétaires concernés
fassent leur choix immédiatement afin de permettre au locataire d’être informé
de ce choix et d’agir en conséquence.

Réf : articles 174 et 160 bis du CGI.

- Déclaration des revenus fonciers par les locataires

La LF 2019 instaure l’obligation pour les personnes morales de droit public ou


privé ainsi que par les personnes physiques dont les revenus professionnels
sont déterminés selon le régime du RNR ou celui du RNS, qui versent des
revenus fonciers à des personnes physiques, de souscrire auprès de
l’administration fiscale, avant le 1er mars de chaque année, une déclaration au
titre desdits revenus.

Cette déclaration doit comporter, pour chaque propriétaire ou usufruitier


d’immeuble, les indications suivantes :

i. le prénom et nom ;
ii. le lieu de situation de chaque immeuble donné en location, sa
consistance ainsi que le numéro d’article d’imposition à la taxe de
services communaux ;

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iii. les loyers annuels pour leur montant brut ;
iv. le montant annuel des loyers versé ;
v. le montant de la retenue à la source correspondante.

Réf : article 154 bis du CGI.

e- Imposition par voie de recouvrement spontané

Cette imposition par voie de recouvrement spontané concerne les revenus fonciers
autres que ceux soumis à la retenue à la source visée ci-dessus.

En effet, les contribuables disposant de revenus fonciers, soumis à l’IR par voie de
recouvrement spontané, sont tenus de souscrire auprès de l’administration fiscale,
une déclaration annuelle des revenus fonciers avant le 1er mars de l’année suivant
celle au cours de laquelle lesdits revenus ont été acquis, sur laquelle sont mentionnés
les renseignements suivants :

o les prénoms et noms de chaque locataire ;


o le lieu de situation de chaque immeuble donné en location, sa consistance
ainsi que le numéro d'article d'imposition à la taxe de services communaux ;
o les loyers annuels pour leur montant brut ;
o le montant de l’impôt retenu à la source au titre des revenus fonciers, le cas
échéant.

Réf : article 82 ter, 63 et 173 du CGI.

f- Obligation de déclaration en cas de plusieurs revenus fonciers

La LF 2019 précise que lorsque le contribuable dispose de plusieurs revenus fonciers,


dont le montant brut imposable dépasse le seuil exonéré de 30 000 DH, il est tenu de
souscrire la déclaration annuelle des revenus fonciers, prévue à l’article 82 ter du
CGI, et de verser spontanément l’IR dû au titre desdits revenus avant le 1er mars de
l’année suivant celle au cours de laquelle lesdits revenus ont été acquis tenant
compte bien entendu des retenues à la source opérées par les locataires.

Réf : articles 63-I et 173 du CGI.

Ces mesures sont applicables aux revenus fonciers acquis à compter du 1er janvier
2019.

16
5- Suppression de l’annexe à la déclaration du revenu global traitant des
immeubles donnés en location

Avant la LF 2019, le CGI faisait obligation aux propriétaires ou usufruitiers


d’immeubles de joindre à la déclaration du revenu global une annexe-modèle sur
laquelle sont mentionnés les renseignements suivants:

1°- le lieu de situation de chaque immeuble donné en location, sa consistance ainsi


qu'éventuellement le numéro d'article d'imposition à la taxe de services communaux;
2°- les nom et prénoms ou raison sociale de chaque locataire ;
3°- le montant des loyers ;
4°- l'identité de chaque occupant à titre gratuit et les justifications motivant
l'occupation à titre gratuit ;
5°- la consistance des locaux occupés par le propriétaire et leur affectation;
6°- la consistance des locaux vacants, ainsi que le montant des loyers acquis entre le
1er janvier et la date de la vacance.

En cas de changement d'affectation d'un immeuble soumis à la taxe d’habitation au


1er janvier de l'année au titre de laquelle la déclaration est souscrite, l'annexe devait
mentionner en outre :

a) le numéro d'article d'imposition à la taxe d’habitation ;


b) la date du changement intervenu dûment justifié.

La LF 2019 a supprimé l’obligation de dépôt de cette annexe.

Réf : article 82-II du CGI.

6- Dispense du dépôt de la déclaration du revenu global au titre du cumul des


pensions de retraite dont le total du montant annuel net imposable n’excède pas
30 000 DH

La LF 2019 dispense du dépôt de la déclaration annuelle du revenu global les


contribuables disposant uniquement de pensions de retraites, payées par plusieurs
débirentiers domiciliés ou établis au Maroc et tenus d’opérer la retenue à la source,
lorsque le total du montant net imposable au titre desdites pensions n’excède pas le
seuil exonéré de 30 000 DH.

Cette mesure est applicable aux pensions de retraite dont le délai de déclaration
annuelle du revenu global intervient à compter du 1er janvier 2019. Elle concerne
donc les pensions de 2018.

Réf : article 86 du CGI.

17
7- Elargissement de la liste des indicateurs de dépenses retenus dans le cadre de
l’examen de l’ensemble de la situation fiscale du contribuable

Avant la LF 2019, les dépenses dont le montant est supérieur à 120 000 DH par an
retenues pour l’examen de la situation du contribuable étaient :

- Les frais afférents à la résidence principale dont la superficie couverte est


supérieure à 150 mètres carrés ainsi qu'à chaque résidence secondaire ;
- Les frais de fonctionnement et d'entretien des véhicules de transport des
personnes ;
- Les frais de fonctionnement et d'entretien des véhicules aériens et maritimes ;
- Les loyers réels acquittés par le contribuable pour ses besoins privés ;
- Le montant annuel des remboursements en principal et intérêts des emprunts
contractés par le contribuable pour ses besoins autres que professionnels ;
- Le montant des sommes versées par le contribuable pour l'acquisition de
véhicules ou d'immeubles non destinés à usage professionnel y compris les
dépenses de livraison à soi-même des mêmes biens immeubles ;
- Les acquisitions de valeurs mobilières et de titres de participation et autres
titres de capital et de créance ;
- Les avances en comptes courants d'associés et en compte de l’exploitant et des
prêts accordés aux tiers.

La LF 2019 a étendu cette liste à tous les frais à caractère personnel, autres que ceux
visés ci-dessus, supportés par le contribuable pour son propre compte ou celui des
personnes à sa charge (l’épouse, les propres enfants, les enfants légalement
recueillis).

Cette mesure est applicable aux procédures de contrôle engagées à compter du 1er
janvier 2019.

Réf : article 29 du CGI.

8- Exonération du capital décès versés aux ayants droit des fonctionnaires civils et
militaires et agents de l’Etat, des collectivités territoriales et des établissements
publics

La LF 2019 exonère de l’IR salarial le capital décès versé aux ayants droit des
fonctionnaires civils et militaires et agents de l’Etat, des collectivités territoriales et
des établissements publics, en vertu des lois et règlements en vigueur.

Réf : article 57 du CGI.

18
9- Exonération de la solde et des indemnités versées aux appelés au service
militaire

La LF 2019 exonère de l’IR salarial la solde et les indemnités versées aux appelés au
service militaire conformément à la législation et la réglementation en vigueur.

Réf : article 57 du CGI.

10- Réduction des taux d’imposition des auto-entrepreneurs

Avant la LF 2019, le CGI soumettait les auto-entrepreneurs aux taux suivants :

- 1% du chiffre d’affaires encaissé dont le montant ne dépasse pas 500 000 DH


pour les activités commerciales, industrielles et artisanales ;
- 2% du chiffre d’affaires encaissé dont le montant ne dépasse pas 200 000 DH
pour les prestataires de services.

La LF 2019 a réduit les taux de 1% et 2% respectivement à 0,5% et 1%.

Réf : article 73 du CGI.

11- Suppression du régime fiscal applicable aux rémunérations servies par les
banques offshore et les sociétés holding offshore

Le CGI prévoyait le régime suivant :

- Application de l’IR au taux de 20% aux jetons de présence et à toutes autres


rémunérations brutes versés aux administrateurs des banques offshores.

- Application de l’IR au taux de 20% aux traitements, émoluments et salaires


bruts versés par les banques offshore et les sociétés holding offshore à leur
personnel salarié.

Toutefois, le personnel salarié résidant au Maroc bénéficiait du même régime


fiscal à condition de justifier que la contrepartie de sa rémunération en
monnaie étrangère convertible a été cédée à une banque marocaine.

La LF 2019 a supprimé ce régime.

Réf : article 73 du CGI.

12- Relèvement du taux normal de la cotisation minimale de 0,5% à 0,75% et


réduction de ce taux à 0,25% pour les médicaments

La LF 2019 prévoit une mesure similaire à celle rappelée en matière d’IS.

19
NB : le Taux de 6% continuera à s’appliquer pour les professionnels suivants :

a) avocat, interprète, notaire, adel, huissier de justice ;


b) architecte, métreur-vérificateur, géomètre, topographe, arpenteur, ingénieur,
conseil et expert en toute matière ;
c) vétérinaire ;
d) médecins, médecins-dentistes, masseurs kinésithérapeutes, orthoptistes,
orthophonistes, infirmiers, herboristes, sages-femmes, exploitants de cliniques,
maisons de santé ou de traitement et exploitants de laboratoires d’analyses
médicales.

Réf : Articles 89-I-12°, 91- VI-1° et 144-I-D du CGI.

20
IV- En matière de TVA

1- Limitation de la récupération de TVA en cas de règlement en espèces

La LF 2019 instaure une mesure similaire à celle prévue en matière d’IS.

NB : La limitation concerne tous les achats, les travaux et les prestations de services.

Réf : article 106 du CGI.

2- Clarification de la TVA transférée en cas de fusion, de scission ou de


transformation

Avant la LF 2019, dans les cas de concentration, de fusion, de scission ou de


transformation dans la forme juridique d'un établissement, la TVA réglée au titre des
valeurs d'exploitation était transférée sur le nouvel établissement assujetti ou sur
l'entreprise absorbante à condition que lesdites valeurs soient inscrites dans l'acte de
cession pour leurs montants initiaux.

La LF 2019 a amélioré la rédaction de cet article en faisant référence à la TVA inscrite


au bilan qui doit être reprise pour son montant au niveau de l’acte de fusion, de
scission ou de transformation.

L’article 105 du CGI tel que modifié par la LF 2019 précise en effet qu’en cas de
fusion de sociétés, le montant de la TVA inscrit au bilan de la société absorbée est
transféré au bilan de la société absorbante, à condition que ce montant soit identique
à celui figurant dans l’acte de fusion.

En cas de scission ou de transformation de la forme juridique d'un établissement, le


montant de la TVA est transféré dans les mêmes formes et conditions citées ci-
dessus.

Réf : article 105 du CGI.

3- Exonération sans droit à déduction de la vente de certaines pompes à eau


(fonctionnant à l’énergie solaire et à toute énergie renouvelable)

La LF 2019 exonère de la TVA sans droit à déduction la vente des pompes à eau qui
fonctionnent à l’énergie solaire ou à toute autre énergie renouvelable utilisée(s) dans
le secteur agricole.

S’agissant d’une exonération sans droit à déduction, la TVA ayant grevé le stock au
31 décembre 2018 des pompes à eau concernées n’ouvre pas droit à déduction.

Réf : article 91 du CGI.

21
4- Exonération avec droit à déduction et à l’importation des médicaments destinés
au traitement (i) de la méningite et (ii) de certains médicaments dont le prix
fabricant hors taxe dépasse 588 DH

La LF 2019 exonère de la TVA avec droit à déduction :

- Les médicaments destinés au traitement de la maladie de la méningite vendue


localement, étant précisé que ces médicaments étaient déjà exonérés à
l’importation ; et
- Les médicaments dont le prix fabricant hors taxe fixé par voie règlementaire
dépasse 588 DH. Cette exonération s’applique aussi bien localement qu’à
l’importation.

Il s’agit des médicaments qui relèvent des tranches T3 et T4 telles que définies
par le décret n°2-13-252 du 18 décembre 2013. L’administration des douanes a
également publié une liste des médicaments concernés (voir circulaire
5887/210 du 27 décembre 2018).

A titre transitoire, les sommes perçues à compter du 1er janvier 2019, en paiement des
ventes des catégories de médicaments précitées, facturées avant cette date, sont
soumises au régime fiscal applicable à la date de facturation de ces opérations.

Ainsi, la taxe due par les contribuables, au titre des opérations de vente précitées,
pour lesquelles le fait générateur est constitué par l’encaissement, sera acquittée au
fur et à mesure de l’encaissement des sommes dues.

Les contribuables concernés doivent dresser une liste nominative des clients
débiteurs au 31 décembre 2018, en indiquant pour chacun d’eux, le montant des
sommes dues au titre des ventes desdits médicaments soumises à la taxe sur la
valeur ajoutée avant le 01/01/2019. Cette liste est à déposer à titre d'information à
l'administration fiscale avant le 1er Mars 2019.

Réf : articles 92 et 123 du CGI.

5- Clarification des conditions de bénéfice de l’exonération de la TVA pour


l’acquisition des logements sociaux par les établissements de crédit et organismes
assimilés pour le compte de leurs clients dans le cadre du contrat « Ijara
Mountahia Bitamlik »

La LF 2019 précise que la TVA afférente au logement social est versée aux
établissements de crédit et organismes assimilés dans les conditions suivantes :

1°- Le compromis de vente, la promesse unilatérale de location, le contrat de vente et


le contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » doivent être établis par notaire ;
2°- Le contrat de vente doit indiquer le prix de vente, le montant de la TVA
correspondant et l’engagement de l’établissement de crédit ou l’organisme assimilé

22
de consentir au profit de l’Etat une hypothèque de premier rang en garantie du
paiement de la TVA versée par l’Etat ainsi que des pénalités et majorations exigibles
en cas de non respect des conditions d’exonération ;
3°- Le contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » doit indiquer l’engagement de l’acquéreur
à affecter le logement social à son habitation principale pendant une durée de 4
années à compter de la date de conclusion de ce contrat ;
4°- Le notaire est tenu de déposer au service local des impôts dont dépend le
logement social objet de l’exonération, une demande du bénéfice de la TVA au profit
de l’acquéreur éligible accompagnée des documents suivants :

- Une copie de la convention conclue avec l’Etat ;


- Une copie du contrat de vente précité, conclu entre le promoteur immobilier et
l’établissement de crédit ou l’organisme assimilé ;
- Une copie de la promesse unilatérale de location ;
- L’engagement de l’établissement de crédit ou l’organisme assimilé de
produire une copie du contrat définitif du transfert de propriété ;
- Une attestation bancaire indiquant son RIB.

Au vu de ces documents, le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par


lui à cet effet, procède à l’établissement d’un ordre de paiement au nom du notaire
du montant équivalent à la TVA indiquée dans le contrat de vente, et au virement du
montant correspondant avec envoi audit notaire d’un état individuel ou collectif
mentionnant l’établissement de crédit ou l’organisme assimilé concerné et le ou les
noms des bénéficiaires ainsi que les montants y afférents ;

5°- Le notaire est tenu d’établir le contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » dans un délai
maximum de 30 jours à compter de la date du virement du montant équivalent à la
TVA.

Lorsque le contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » n’est pas conclu, le notaire est tenu
d’adresser au service local des impôts une lettre avec accusé de réception, attestant
de la non conclusion du contrat précité, accompagnée du chèque de récupération du
montant de la TVA, établi au nom du receveur de l’administration fiscale.

Au vu de cette lettre, le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par lui
à cet effet, établit un ordre de recette au nom du notaire accompagnée du chèque cité
ci-dessus permettant au receveur de l’administration fiscale la récupération du
montant de la TVA.

6°- La mainlevée de l’hypothèque ne peut être délivrée qu’après production par


l’intéressé :

- Du contrat définitif du transfert de propriété ;


- Des documents justifiant que le logement social a été affecté à l’habitation
principale pendant une durée de 4 ans.

23
7°- Dans le cas de résiliation du « contrat Ijara » pendant les 4 premières années,
l’établissement de crédit ou l’organisme assimilé peut conclure dans un délai de 60
jours maximum, un contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » avec un autre bénéficiaire
éligible à l’exonération, à condition d’indiquer dans ledit contrat, l’engagement de ce
bénéficiaire à affecter le logement social à son habitation principale pendant une
durée de 4 ans, à compter de la date de conclusion du contrat précité.

8°- Lorsque le « contrat Ijara » est résilié, le contrat de transfert définitif de propriété
n’a pas été conclu ou les conditions de cette exonération n’ont pas été respectées,
l’établissement de crédit est invité par l’inspecteur des impôts à produire les
documents précités, dans un délai de 30 jours sous peine de mettre en recouvrement,
par état de produits, le montant de la TVA précité ainsi que des pénalités et
majorations y afférentes.

Réf : article 93 du CGI.

6- Suppression des exonérations de TVA octroyées aux banques offshore et aux


sociétés holding offshore

Avant la LF 2019, étaient exonérées de TVA avec droit à déduction :

a)- les banques offshore pour :

 les intérêts et commissions sur les opérations de prêt et de toutes autres


prestations de service effectuées par ces banques ;
 les intérêts servis par les dépôts et autres placements effectués en monnaies
étrangères convertibles auprès desdites banques ;
 les biens d’équipement à l’état neuf nécessaires à l’exploitation acquis
localement par lesdites banques ;
 les fournitures de bureau nécessaires à l’exercice de l’activité desdites
banques.

b)- les sociétés holding offshore pour les opérations faites par ces sociétés au profit
des banques offshore ou de personnes physiques ou morales non-résidentes et
payées en monnaies étrangères convertibles.

Aussi, les opérations effectuées par les sociétés holding offshore bénéficiaient du
droit à déduction au prorata du chiffre d’affaires exonéré, dans les conditions
prévues par le CGI.

La LF 2019 a supprimé ces mesures.

Réf : article 92-I-27° du CGI.

24
7- Réaménagement de la rédaction de l’article 91-I-D- 3° du CGI

Suite à l’introduction de la taxe sur les contrats d’assurance au niveau du CGI, la


rédaction de l’article 91-I-D- 3° du CGI est revue pour faire référence aux dispositions
du CGI au lieu de celles de l'annexe II au décret n° 2-58-1151 du 12 joumada II 1378
(24 décembre 1958) portant codification du timbre.

Réf : article 91-I-D-3° du CGI.

25
V- En matière des droits d’enregistrement

1- Définition des règles de territorialité

Avant la LF 2019, le CGI ne prévoyait pas expressément de règles régissant la


territorialité en matière des droits d’enregistrement.

La LF 2019 soumet à la formalité de l’enregistrement :

– les actes et conventions établis au Maroc ;


– les actes et conventions passés à l’étranger portant sur des biens, droits ou
opérations dont l’assiette est située au Maroc ;
– tous autres actes et conventions passés à l’étranger et produisant leurs effets
juridiques au Maroc.

Sont considérés ayant une assiette au Maroc :

1 – les biens et droits qui sont situés ou exploités au Maroc ;


2 – les créances dont le créancier est domicilié au Maroc ;
3 – les valeurs mobilières et autres titres de capital ou de créance dont le siège social
de l'établissement émetteur se situe au Maroc ;
4 – les actes de sociétés ou groupements dont le siège social se situe au Maroc.

Réf : article 126 bis du CGI.

2- Elargissement du champ des opérations imposables

La LF 2019 soumet obligatoirement à la formalité de l’enregistrement :

 Toutes conventions, écrites ou verbales et quelle que soit la forme de l’acte qui
les constate, sous seing privé, à date certaine y compris les actes rédigés par
les avocats agréés près la cour de cassation ou authentique (notarié, adoulaire,
hébraïque, judiciaire ou extrajudiciaire) portant :

- renonciations au droit de chefaâ ou de retrait en cas de vente sefqa ;


- retraits de réméré ;
- mainlevées d’oppositions en matière immobilière ;
- obligations, reconnaissances de dettes et cessions de créances ;
- procurations, quelle que soit la nature du mandat ;
- quittances pour achat d’immeubles.

Avant la LF 2019, ces opérations étaient soumises à la formalité


d’enregistrement uniquement lorsqu’elles sont constatées par actes d’adoul ou
de notaires hébraïques.

26
 Les marchés publics ainsi que les actes et conventions ayant pour objet la
réalisation de travaux, fournitures ou services par des entreprises pour le
compte des services de l’Etat, des établissements publics ou des collectivités
territoriales conformément à la législation et la règlementation en vigueur.

Réf : article 127 du CGI.

3- Exclusion de l’habitation principale du de cujus de la base imposable au titre


des inventaires après décès

Avant la LF 2019, la base imposable des inventaires après décès était constituée par
l’actif brut, à l’exclusion du linge, des vêtements et des meubles meublant les
maisons d’habitation.

La LF 2019 a exclu également de cette base l’habitation principale du de cujus.

Réf : article 131 du CGI.

4- Exonérations

a- Contrats d’assurance soumis à la taxe sur les contrats d’assurance

Suite à l’introduction de la taxe sur les contrats d’assurance au niveau du CGI, la LF


2019 a exonéré les contrats d’assurances passés par ou pour le compte des entreprises
d'assurances et de réassurance, qui sont soumis à la taxe sur les contrats
d'assurances.

b- Marchés publics

La LF 2019 exonère les marchés publics ainsi que les actes et les conventions ayant
pour objet la réalisation de travaux, fournitures ou services par des entreprises pour
le compte des services de l’Etat, des établissements publics ou des collectivités
territoriales conformément à la législation et la règlementation en vigueur.

Ces marchés doivent être présentés à l’enregistrement (enregistrement gratis).

c- Transfert des biens meubles et immeubles de la CNOPS à la CMAM

La LF 2019 exonère les actes et écrits portant transfert à titre gratuit et en pleine
propriété des biens meubles et immeubles propriété de la Caisse Nationale des
Organismes de Prévoyance Sociale en faveur de la Caisse Marocaine d’Assurance
Maladie.

27
d- Opérations effectuées par la BERD ainsi que ses acquisitions

La LF 2019 exonère les actes concernant les opérations effectuées par la Banque
Européenne de Reconstruction et de Développement (BERD) ainsi que les
acquisitions réalisées à son profit, lorsque la banque susvisée supporte seule et en
définitive la charge de l’impôt.

Réf : articles 129 et 136 du CGI.

5- Application du tarif fixe de 200 DH aux actes portant promesse de vente ou


d’achat ainsi que les écrits constatant les montants versés au titre desdits actes

La LF 2019 applique le tarif de 200 DH aux actes de promesse de vente ou d’achat


établis par les notaires, les adoul ou les avocats agréés près la cour de cassation ainsi
que les écrits constatant les montants versés au titre desdits actes.

Réf : article 135 du CGI.

6- Suppression des exonérations octroyées aux banques offshore et aux sociétés


holding offshore

Avant la LF 2019, étaient exonérés les actes de constitution et d’augmentation de


capital des banques offshore et des sociétés holding offshore.

Bénéficiaient également de l’exonération, les acquisitions par lesdites banques et


sociétés holding d’immeubles nécessaires à l’établissement de leurs sièges, agences et
succursales, sous réserve du respect de certaines conditions.

La LF 2019 a supprimé ces exonérations.

Réf : article 129-IV-6 du CGI.

7- Généralisation aux avocats agréés près la cour de cassation de certaines


obligations qui pèsent sur les notaires et les adoul

La LF 2019 généralise aux avocats agréés près la cour de cassation certaines


obligations qui pèsent sur les notaires et les adoul.

Il s’agit en l’occurrence de :

- l’interdiction de dresser ou de recevoir des actes relatifs à certaines


opérations immobilières portant sur les propriétés agricoles non
accompagnés de l’autorisation administrative ;
- l’interdiction de dresser ou de recevoir des actes afférents aux opérations
de vente, de location ou de partage sans fournir le procès-verbal de
réception provisoire ou l’attestation délivrée par le président du conseil

28
communal certifiant que l’opération ne tombe pas sous le coup de la loi n°
25-90 relative aux lotissements, groupes d’habitation et morcellements ;
- l’obligation de se faire présenter une attestation des services de
recouvrement justifiant du paiement des impôts et taxes grevant
l’immeuble ;
- l’indication selon un modèle établi par l’administration, joint à l’acte
constatant la mutation ou la cession, l’identifiant commun de l’entreprise
ou le numéro d’article de la taxe d’habitation et de la taxe de services
communaux ;
- l’interdiction de dresser les actes portant sur des propriétés agricoles se
trouvant dans un périmètre d’irrigation et dans un périmètre de mise en
valeur en « BOUR ».

Réf : article 139 du CGI.

29
VI- En matière des droits de timbre

1- Clarification du champ d’application des droits de timbre de quittance

Avant la LF 2019, étaient soumis aux droits de timbre les quittances pures et simples
ou acquits donnés au pied des factures et mémoires, reçus ou décharges de sommes
et tous titres qui emportent libération ou décharge, réglés en espèce.

La LF 2019 exclut de ce champ :

- les contribuables n’ayant pas la qualité de commerçant ;


- les professionnels non soumis à l’obligation de tenue de la comptabilité
d’après le régime du RNR ; et
- les stations de distribution du carburant en détail en ce qui concerne les
quittances des ventes des produits pétroliers qu’elles réalisent.

Réf : article 252 du CGI.

2- Exonérations

a- Quittances de vente des médicaments par les officines de pharmacie

La LF 2019 exonère les quittances de vente des médicaments par les officines de
pharmacie.

Réf : article 250 du CGI.

b- Quittances des ventes des produits pétroliers réalisées dans les stations de
distribution du carburant en détail

La LF 2019 exonère des droits de timbre les quittances des ventes de produits
pétroliers réalisées dans les stations de distribution du carburant en détail.

Réf : article 250 du CGI.

c- Reçus constatant certains dépôts d’espèces (paiement électronique par téléphone


mobile)

La LF 2019 exonère des droits de timbre les reçus constatant le dépôt d’espèces
effectué par les agents de paiement électronique par téléphone mobile dans un
compte bancaire ou un compte de paiement.

Réf : article 250 du CGI.

30
d- Certains actes de l’autorité publique

La LF 2019 exonère des droits de timbre les actes de l’autorité publique ayant le
caractère législatif ou réglementaire, les extraits, copies, expéditions ou brevets
desdits actes délivrés aux collectivités territoriales, les minutes des arrêtés, décisions
et délibérations, les registres et documents d’ordre intérieur des collectivités
territoriales.

Réf : article 250 du CGI.

3- Modification de la rédaction relative à l’exonération des contrats d’assurance

Avant la LF 2019, le CGI exonérait des droits de timbre les contrats d’assurance
passés par les sociétés d’assurances, les sociétés mutuelles et tous autres assureurs
ainsi que tous actes ayant exclusivement pour objet la formation, la modification ou
la résiliation amiable desdits contrats.

La LF 2019 exonère les contrats d’assurances passés par ou pour le compte des
entreprises d’assurances et de réassurance, ainsi que tous actes ayant exclusivement
pour objet la formation, la modification ou la résiliation amiable desdits contrats.

Réf : article 250 du CGI.

31
VII- En matière de taxe annuelle sur les véhicules

1- Clarification du délai de paiement de la taxe en cas de mise en circulation en


cours d’année

Avant la LF 2019, la taxe sur les véhicules mis en circulation en cours d'année devait
être payée dans le mois courant à compter de la date du récépissé de dépôt du
dossier pour la délivrance de la carte grise, justifiée par l'apposition sur ledit
récépissé, d'un cachet dateur des services compétents du centre immatriculateur.

La LF 2019 précise que le paiement de cette taxe est effectué dans les 30 jours qui
suivent la date du récépissé de dépôt du dossier.

Réf : article 261 du CGI.

2- Paiement fractionné de la taxe pour les véhicules dont le poids total en charge
ou le poids total maximum en charge tracté est supérieur à 9.000 kilos

La LF 2019 permet le paiement de la taxe, pour les véhicules dont le poids total en
charge ou le poids total maximum en charge tracté est supérieur à 9.000 kilos, en
deux versements égaux à acquitter au plus tard respectivement à la fin du mois de
février et à la fin du mois d’août de chaque année.

Pour les véhicules mis en circulation au cours du premier semestre de l'année, le


premier versement de la taxe doit être effectué dans les 30 jours qui suivent la date
du récépissé de dépôt du dossier pour la délivrance de la carte grise, et le deuxième
versement au plus tard à la fin du mois d’août de la même année.

Pour les véhicules mis en circulation au cours du deuxième semestre de l'année, la


taxe doit être acquittée dans les 30 jours qui suivent la date du récépissé de dépôt du
dossier pour la délivrance de la carte grise.

Il en est de même en ce qui concerne les véhicules qui cessent, en cours de période
d'imposition, d'être en situation de bénéficier de l'exonération de la taxe.

Réf : article 261 du CGI.

3- Exonération des véhicules utilisés pour le transport mixte dont le poids total en
charge ou le poids total maximum en charge tracté est inférieur ou égal à 3 000
kilos

La LF 2019 exonère les véhicules utilisés pour le transport mixte, dûment autorisés,
dont le poids total en charge ou le poids total maximum en charge tracté est inférieur
ou égal à 3 000 kilos.

Réf : article 260 du CGI.

32
4- Clarification de la situation des véhicules de type quatre roues motrices (4x4)

Avant la LF 2019, les véhicules de type quatre roues motrices (4x4), quelque soit leur
poids et indépendamment de leur usage, étaient soumis à la TSAV en fonction de la
puissance fiscale selon le tarif suivant :

Puissance fiscale
Catégorie de Inférieure à 8 c.v De 8 à 10 c.v De 11 à 14 c.v Egale ou
véhicule supérieure à 15
c.v
Véhicules à 350 DH 650 DH 3 000 DH 8 000 DH
essence
Véhicules à 700 DH 1 500 DH 6 000 DH 20 000 DH
moteur gasoil

La LF 2019 précise que ce tarif en fonction de la puissance fiscale est limité aux
véhicules de type quatre roues motrices (4x4) non destinés à un usage professionnel,
quelque soit leur poids.

Réf : article 262 du CGI.

33
VIII- En matière de contribution sociale de solidarité sur les livraisons à soi-même
de construction d’habitation personnelle

1- Institution de la déclaration du coût de construction

La LF 2019 institue l’obligation de dépôt de la déclaration du coût de construction.


En effet, les personnes (personnes physiques, sociétés civiles de famille, associations
et coopératives d’habitation) qui édifient des constructions à usage d’habitation
personnelle, sont tenues de déposer une déclaration annuelle, selon un imprimé-
modèle, avant la fin du mois de février de chaque année, et ce à partir de la date de
début des travaux jusqu’à la date de l’obtention du permis d’habiter.

Sont exclues de cette obligation de déclaration les personnes physiques lorsque ces
constructions sont d’une superficie couverte inférieure ou égale à 300 m2.

Cette déclaration est accompagnée d’un état détaillé contenant les informations
suivantes :

- La référence de la facture ou des états comptables lorsque la construction


est édifiée dans le cadre d’un marché clé en mains ;
- Les nom et prénom si le fournisseur est une personne physique, et sa
raison sociale s’il est une personne morale ;
- L’IF ;
- L’ICE ;
- La désignation des marchandises, travaux et services ;
- Le montant hors TVA ;
- Le montant de la TVA mentionné dans la facture ;
- Le mode et référence de paiement.

Lorsque les travaux ne sont pas effectués dans le cadre d’un marché clé en mains, les
personnes susvisées doivent obtenir une attestation délivrée par un architecte
spécialisé comportant le coût des travaux.

Ces personnes sont tenues également de produire une copie du marché ou


l’attestation précitée avec la déclaration déposée au titre de la première année du
début des travaux.

Réf : article 277 du CGI.

2- Clarification des documents devant accompagner la déclaration de la


contribution sociale de solidarité

La LF 2019 précise que la contribution sociale de solidarité sur les livraisons à soi-
même de construction d’habitation personnelle doit être accompagnée d’une copie :

- de l’autorisation de construire ;

34
- du permis d’habiter ;
- du plan et de toute pièce précisant la superficie couverte construite en m2
pour chaque unité de logement individuelle ou en copropriété.

Réf : article 277 du CGI.

Ces mesures sont applicables aux opérations de constructions d’habitation


personnelle pour lesquelles l’autorisation de construire est délivrée à partir du 1er
janvier 2019.

35
IX- En matière de taxe sur les contrats d’assurance

Avant la LF 2019, la taxe sur les contrats d’assurance était régie par l’annexe II au
décret n° 2-58-1151 du 12 joumada II 1378 (24 décembre 1958), telle que modifiée et
complétée.

La LF 2019 a intégré la taxe sur les contrats d’assurance au niveau du CGI dont les
principales dispositions sont reprises ci-après :

1- Actes assujettis

Les contrats d'assurances passés par les entreprises d'assurances et de réassurance


ainsi que tous actes ayant exclusivement pour objet la formation, la modification ou
la résiliation amiable desdits contrats, sont soumis cette taxe.

Réf : article 280 du CGI.

2- Actes non assujettis

La taxe n'est pas exigible sur :

1° – les contrats d'assurances sur la vie ou de rentes viagères souscrits par des
personnes n'ayant au Maroc ni domicile ni résidence habituelle ;
2° – tous autres contrats, dans la mesure où le risque se trouve situé à l'étranger ou se
rapporte à un établissement industriel, commercial ou agricole situé à l’étranger.

A défaut de situation matérielle certaine ou de rapport certain avec un établissement


industriel, commercial ou agricole, les risques sont réputés situés au lieu du domicile
ou du principal établissement du souscripteur. Il en est de même des contrats de
réassurance dont lesdits contrats font l'objet.

Toutefois, il ne pourra être fait usage au Maroc desdits contrats d'assurances et de


réassurance, soit par acte public, soit en justice, soit devant toute autorité constituée,
s'ils n'ont pas été préalablement soumis aux formalités de l'enregistrement et de
timbre, lesquelles sont accomplies moyennant le paiement d'une somme forfaitaire
représentative des droits appliqués auxdites formalités, égale à la moitié de la taxe
sur les contrats d’assurances qui serait due sur le montant des primes, surprimes ou
cotisations restant à courir.

En ce qui concerne les contrats de réassurance, la perception de la taxe forfaitaire en


cas d'usage public n'aura lieu que si ladite taxe n'a pas été acquittée au préalable au
titre des contrats d'assurances correspondants.

Réf : article 281 du CGI.

36
3- Exonérations

Sont exonérés de la taxe :

1° – les contrats d’assurances contre les risques résultant d'accidents ou de maladies


survenus par le fait ou à l'occasion du travail, régis par la loi n° 18-12 relative à la
réparation des accidents du travail, promulguée par le dahir n° 1-14-190 du 6 rabii I
1436 (29 décembre 2014) ;
2° – les contrats d'assurances passés avec leurs membres, par les sociétés ou caisses
d'assurances mutuelles agricoles constituées selon le dahir du 17 safar 1339 (30
octobre 1920) ;
3° – les contrats d'assurances garantissant les risques de guerre ;
4° – les versements faits auprès de la Caisse nationale de retraite et d'assurance
conformément à l'article 7 du dahir n° 1-59-301 du 24 rebia II 1379 (27 octobre 1959) ;
5° – les opérations d'assurances comportant des engagements dont l'exécution
dépend de la vie humaine, autres que les opérations d’assurances temporaires en cas
de décès souscrites au bénéfice des organismes prêteurs ;
6° – les opérations d’assurances couvrant les risques de maladie et de maternité
souscrits par les travailleurs indépendants, les personnes exerçant une profession
libérale et toutes autres personnes exerçant une activité non salariée.

Cette exonération est appliquée selon les conditions et les modalités fixées par arrêté
du ministre chargé des finances.

7° – les opérations d’assurances nuptialité-natalité ;


8° – les opérations effectuées par les entreprises faisant appel à l'épargne en vue de la
capitalisation et comportant, en échange de versements uniques ou périodiques
directs ou indirects, des engagements déterminés ;
9° – les opérations d’assurances ayant pour objet l'acquisition d'immeubles au moyen
de la constitution de rentes viagères ;
10° – les opérations effectuées par des entreprises faisant appel à l'épargne dans le
but de réunir les sommes versées par les assurés en vue de la capitalisation en
commun, en les faisant participer aux bénéfices des sociétés gérées ou administrées
directement ou indirectement par les entreprises précitées ;
11° – les opérations tontinières.

Réf : article 282 du CGI.

4- Assiette et liquidation

A – La taxe est établie sur le montant des primes, surprimes ou cotisations.

37
B – La taxe est liquidée, pour chacune des catégories de contrats, sur le total des
primes, surprimes ou cotisations échues au cours de chaque mois, après déduction
des primes, surprimes et cotisations afférentes aux :

1° – contrats d'assurances ou de réassurance non assujettis;


2° – contrats de réassurance quand la taxe est payée par l'assureur initial ;
3° – contrats d’assurances exonérés de la taxe ;
4° – contrats d’assurances ayant fait l’objet d’annulation ou de résiliation que les
entreprises d'assurances et de réassurance ou intermédiaires d'assurances justifient
ne pas avoir recouvrées.

Toutefois, la déduction des primes, surprimes ou cotisations n’est admise que durant
les 3 mois qui suivent celui de leur échéance.

5° – contrats d’assurance maritime en exécution des clauses relatives au chômage des


navires qui auront été remboursées à l’assuré ;
6° – contrats d’assurances incendie qui ont fait l’objet de ristournes pour
régularisation de stocks.

C – Au cas où le montant total des primes, surprimes et cotisations échues au cours


d’un mois ne permet pas l’imputation de la totalité des primes, surprimes ou
cotisations déductibles en vertu du B ci-dessus, le reliquat est reporté sur le mois
suivant.

D – En présence de contrats d’assurances comportant à la fois une opération


assujettie à la taxe et une autre exonérée, la taxe est due sur la totalité de la prime, à
moins que le contrat ne prévoie une prime distincte pour l’opération exonérée.

Réf : article 283 du CGI.

5- Tarif de la taxe

Le tarif est fixé comme suit :

1° – 7% pour les opérations d'assurances des corps de navires et les opérations


d'assurances contre les risques de responsabilité civile résultant de l'emploi de
véhicules fluviaux et maritimes y compris la responsabilité du transporteur et la
défense et recours.

2° – 10% pour les opérations d'assurances temporaires en cas de décès souscrites au


bénéfice des organismes prêteurs.

38
3° – 14 % pour :

a) les opérations d'assurances contre les risques du crédit, y compris les opérations
d'assurances contre les risques de responsabilité civile soumises aux mêmes règles
techniques ;
b) les opérations d'assurances des corps des véhicules terrestres et les opérations
d'assurances contre les risques de responsabilité civile résultant de l'emploi de
véhicules terrestres à moteur y compris la responsabilité du transporteur et la
défense et recours.
c) les opérations d'assurances des corps d'aéronefs et les opérations d'assurances
contre les risques de responsabilité civile résultant de l'emploi d’aéronefs y compris
la responsabilité du transporteur et la défense et recours.
d) les opérations d'assistance ;
e) les opérations d'assurances contre les risques d'accidents corporels non compris
dans ceux qui sont mentionnés ci-dessus et contre les risques d'invalidité et de
maladie ;
f) les opérations d'assurances contre l'incendie et les éléments naturels ;
g) les opérations d'assurances contre les risques de responsabilité civile non visés aux
a, b, c et f ci-dessus ;
h) les opérations d'assurances contre les dégâts causés par la grêle ;
i) les opérations d'assurances contre les risques de la mortalité du bétail ;
j) les opérations d'assurances contre tous autres risques non compris dans ceux qui
sont mentionnés ci-dessus et qui sont pratiquées, à titre habituel, par les entreprises
d'assurances et de réassurance ;
k) les opérations de réassurance de toute nature afférentes aux opérations visées ci-
dessus.

Toutefois, les opérations de réassurance sont dispensées de la taxe lorsqu'elle est


acquittée par l'assureur initial.

Réf : article 284 du CGI.

6- Déclaration

A l’appui du versement de la taxe, les redevables doivent produire par procédé


électronique :

– une déclaration conforme au modèle établi par l’administration ;


– un relevé certifié conforme aux écritures comptables de l’entreprise ou de
l’assureur, faisant ressortir, pour chaque catégorie d’assurance ci-dessus visée :

1° – le montant des primes, surprimes et cotisations échues au cours du mois ;


2° – le montant des déductions à opérer (se référer au point Assiette et liquidation),
ventilé par motif de déduction.

39
La comptabilité des assureurs doit permettre de justifier à tout moment de ces
déductions.

Réf : article 285 du CGI.

7- Recouvrement

La LF 2019 précise que la taxe est acquise au Trésor à la date d'échéance des primes,
surprimes ou cotisations.

La taxe due au titre d’un mois doit être versée, par procédé électronique avant
l’expiration du mois suivant, auprès de l’administration fiscale. Elle est acquittée par:

– les entreprises d'assurances et de réassurance, leurs représentants légaux ou


les intermédiaires d’assurances ;
– les intermédiaires d'assurances pour les contrats souscrits par leur entremise
auprès d'entreprises étrangères qui pratiquent des opérations d'assurances
non assurables au Maroc ;
– les assurés dans tous les autres cas.

Réf : article 179-IV du CGI.

8- Contrôle et contentieux

Les modalités de contrôle et de contentieux de la taxe sur les contrats d’assurances


sont celles prévues par le CGI.

Réf : article 287 du CGI.

9- Solidarité

La LF 2019 institue une solidarité. En effet, les parties chargées d’acquitter la taxe
restent tenues, solidairement, du paiement de la taxe qui n'aurait pas été versée
auprès de l’administration fiscale par l'assureur aux échéances prévues par le CGI.

L'obligation des assurés est limitée au montant de la taxe due sur chaque contrat
passé dans leur propre intérêt.

L'obligation des intermédiaires d'assurances est limitée au montant de la taxe due sur
chaque contrat passé par leur entremise.

Enfin, l’assuré est tenu solidairement au paiement des pénalités et majorations, au


même titre que les entreprises d’assurances et de réassurance ou les intermédiaires
d’assurances s'il ne leur verse pas le montant de la taxe.

Réf : article 183-D du CGI.

40
Les mesures concernant la taxe sur les contrats d’assurance sont applicables à
compter du 1er janvier 2019.

Pour la taxe sur les opérations d'assurances temporaires en cas de décès souscrites au
bénéfice des organismes prêteurs, soumises au taux de 10%, elle est applicable aux
contrats conclus à compter du 1er janvier 2019.

10- Modalités d'application

Les modalités d'application de la taxe sur les contrats d’assurances, notamment en ce


qui concerne la comptabilité à tenir par les entreprises d’assurances et de
réassurance, les intermédiaires d’assurances et tous autres assujettis à l'encaissement
et au reversement de la taxe, l'inscription des contrats à un répertoire, les
déclarations et les conditions de versement de la taxe au Trésor, sont fixées par voie
réglementaire.

Réf : article 286 du CGI.

41
X- En matière de sanctions

1- Sanctions afférentes aux revenus fonciers

- défaut ou retard dans le dépôt de la déclaration des revenus fonciers souscrite


par les loueurs

La LF 2019 applique les majorations suivantes :

- 5% :
o dans le cas de dépôt de la déclaration dans un délai ne dépassant
pas 30 jours de retard ;
o et dans le cas de dépôt d’une déclaration rectificative hors délai,
donnant lieu au paiement de droits complémentaires ;

- 15%, dans le cas de dépôt de la déclaration après ledit délai de 30 jours ;


- 20%, dans le cas d’imposition d’office pour défaut de dépôt de
déclaration, déclaration incomplète ou insuffisante.

Ces majorations sont calculées sur le montant soit des droits correspondant
aux revenus fonciers, soit des droits complémentaires dus.

Réf : article 184 du CGI.

- défaut ou retard de déclaration des revenus fonciers par les locataires


(personnes morales de droit public ou privé ou personnes physiques dont les
revenus professionnels sont déterminés selon le régime du RNR ou du RNS)

Le défaut de dépôt de cette déclaration ou son dépôt hors délai entrainent les
majorations suivantes :

o 5% dans le cas de dépôt de la déclaration dans un délai ne dépassant


pas 30 jours de retard ;
o 15% dans le cas de dépôt de la déclaration après ledit délai de 30 jours ;
o 20% dans le cas d’imposition d’office pour défaut de dépôt de la
déclaration, déclaration incomplète ou insuffisante.

Ces majorations sont calculées sur le montant des droits correspondant aux
revenus fonciers, objet des infractions susmentionnées.

Réf : articles 184 et 203 bis du CGI.

42
- rectification de la base imposable des revenus fonciers chez les locataires
(personnes morales de droit public ou privé ou personnes physiques dont les
revenus professionnels sont déterminés selon le régime du RNR ou du RNS)

La LF 2019 précise que la majoration de 20% est portée à 30% en cas de


contrôle fiscal des locataires ayant l’obligation de prélever la retenue à la
source, mais qui ne respectent pas cette obligation.

Réf : article 186 du CGI.

- non versement au Trésor de la retenue à la source sur les loyers

La LF 2019 rend personnellement redevables de l’IR les locataires (les


personnes morales de droit public ou privé ainsi que les personnes physiques
dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime du RNR ou
du RNS) s’ils ne versent pas spontanément, dans les délais impartis, l’IR sur
les loyers servis.

Réf : article 198 du CGI.

- versement en retard de la retenue à la source sur les loyers

La LF 2019 applique une pénalité au taux de 20% en cas de défaut ou de retard


de versement de la retenue à la source sur les loyers.

Réf : article 208 du CGI.

Ces mesures sont applicables aux revenus fonciers acquis à compter du 1er janvier
2019.

2- Révision à la baisse du minimum du montant des sanctions applicables à l’auto-


entrepreneur

Avant la LF 2019, le défaut ou le retard dans le dépôt de la déclaration du chiffre


d’affaires entraine l’application d’une majoration de 5%, 15% ou 20% sur le montant
des droits correspondant audit chiffre d’affaires. Cette majoration ne pouvait être
inférieure à 500 DH.

Aussi, en cas de en cas de déclaration incomplète ou insuffisante, une amende de 500


DH était appliquée lorsque les éléments manquants ou discordants n’ont pas
d’incidence sur la base de l’impôt ou sur son recouvrement.

La LF 2019 a réduit (i) le minimum de la majoration de 500 à 100 DH et (ii) le


montant de l’amende de 500 à 100 DH.

Réf : article 184 du CGI.

43
3- Sanctions afférentes à la taxe sur les contrats d’assurance

- défaut ou retard dans le dépôt de la déclaration de la taxe sur les contrats


d’assurance

La LF 2019 applique les majorations suivantes :

- 5% :

o dans le cas de dépôt de la déclaration dans un délai ne dépassant pas 30


jours de retard ;
o et dans le cas de dépôt d’une déclaration rectificative hors délai,
donnant lieu au paiement de droits complémentaires ;

- 15%, dans le cas de dépôt de la déclaration après ledit délai de 30 jours ;


- 20%, dans le cas d’imposition d’office pour défaut de dépôt de déclaration,
déclaration incomplète ou insuffisante.

Réf : articles 184 et 207 ter du CGI.

- rectification de la base imposable (cas de contrôle fiscal)

La LF 2019 précise qu’en cas de rectification de l’assiette de la taxe sur les


contras d’assurance, la majoration est appliquée au taux de 20%.

Réf : articles 186 et 207 ter du CGI.

- Défaut de versement ou versement en retard

La LF 2019 généralise à la taxe sur les contrats d’assurance la pénalité et les


majorations de droit commun applicables aux versements en retard.

Réf : articles 208 et 207 ter du CGI.

4- Sanctions pour défaut ou retard dans le dépôt de la déclaration du coût de


construction

La LF 2019 précise que le défaut ou le retard dans le dépôt de la déclaration du coût


de construction, prévue en matière de contribution sociale de solidarité sur les
livraisons à soi-même de construction d’habitation personnelle, entraine l’application
des sanctions suivantes :

- Amende de 500 DH si le dépôt est effectué dans un délai ne dépassant pas 30


jours de retard ;

44
- Une majoration de 2% du coût de la construction. Cette majoration est
appliquée aux personnes soumises à l’obligation de dépôt de la déclaration du
coût de construction, et ce dans le cas de défaut de dépôt de la déclaration
précitée ou de dépôt de déclarations qui indiquent un montant global inférieur
au coût de revient contenu dans le marché ou l’attestation de l’architecte.

Ces sanctions sont émises conformément aux dispositions de l’article 209 du CGI
(exigibilité immédiate sans procédure).

Réf : article 279 du CGI.

45
XI- En matière de procédures

1- Communication de la documentation sur les prix de transfert

Avant la LF 2019, l’administration fiscale pouvait demander aux contribuables


marocains réalisant des opérations avec des entreprises situées hors du Maroc,
communication des informations et documents relatifs :

- à la nature des relations liant l’entreprise imposable au Maroc à celle située


hors du Maroc ;
- à la nature des services rendus ou des produits commercialisés ;
- à la méthode de détermination des prix des opérations réalisées entre lesdites
entreprises et les éléments qui la justifient ;
- aux régimes et aux taux d’imposition des entreprises situées hors du Maroc.

En plus du droit susmentionné de demander communication de ces éléments, la LF


2019 instaure, pour les entreprises ayant des liens de dépendance directe ou indirecte
avec des entreprises situées hors du Maroc, l’obligation de :

- communiquer à l’administration fiscale, par procédé électronique, la


documentation permettant de justifier leur politique de prix de transfert selon
les modalités prévues par voie réglementaire, comportant :

o les informations relatives à l'ensemble des activités des entreprises


liées, à la politique globale de prix de transfert pratiquée et à la
répartition des bénéfices et des activités à l'échelle mondiale ;
o les informations spécifiques aux transactions que l'entreprise vérifiée
réalise avec les entreprises ayant des liens de dépendance précitées.

- mettre à la disposition de l'administration fiscale la documentation permettant


de justifier leur politique de prix de transfert, tel que rappelé ci-dessus, et ce à
la date de début de l'opération de vérification de la comptabilité.

NB : les documents non communiqués au cours de la vérification de la


comptabilité ne peuvent être présentés pour la première fois devant la
commission locale de taxation ou la commission nationale de recours fiscal.

Ces mesures sont applicables aux procédures de vérification engagées à compter du


1er janvier 2020.

Réf : articles 210 et 214 du CGI.

2- Régularisation de l’IR retenu à la source sur les revenus fonciers

La LF 2019 instaure la procédure de régularisation de l’IR sur les revenus fonciers


imposés par voie de retenue à la source.

46
En effet, l’administration fiscale notifiera aux contribuables chargés de la retenue à la
source, par lettre d’information, les redressements effectués et établira les
impositions sur les montants arrêtés par elle.

Ces impositions ne peuvent être contestées que dans les conditions régissant le droit
de réclamation.

Cette mesure est applicable aux revenus fonciers acquis à compter du 1er janvier
2019.

Réf : article 222 du CGI.

3- Extension de la procédure préalable pour l’application des sanctions en cas de


déclaration des revenus fonciers ne comportant pas certaines indications

La LF 2019 a étendu la procédure préalable à l’application des sanctions au cas où la


déclaration des revenus fonciers déposée par les locataires (article 154 bis du CGI) ne
comporte pas des indications qui n’ont pas d’incidence sur la base imposable ou sur
le montant de l’impôt.

En effet, le locataire (une personne morale de droit public ou privé ou une personne
physique dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime du RNR
ou du RNS qui versent des revenus fonciers à des personnes physiques) sera invité
par lettre à compléter sa déclaration dans un délai de 15 jours suivant la date de
réception de ladite lettre.

Si le locataire ne complète pas sa déclaration dans le délai précité, l'administration


fiscale l’informe de l'application des sanctions prévues par le CGI.

Les sanctions précitées sont émises par voie de rôle.

Cette mesure est applicable aux revenus fonciers acquis à compter du 1er janvier
2019.

Réf : article 230 bis.

4- Extension de la taxation d’office au défaut (i) de dépôt de la déclaration des


revenus fonciers (articles 82 ter et 154 bis du CGI) et (ii) de versement la retenue à
la source y afférente

La LF 2019 a étendu la procédure de taxation d’office au défaut de dépôt, dans les


délais prescrits, des déclarations suivantes :

- la déclaration des revenus fonciers à souscrire par les loueurs (visée à l’article
82 ter du CGI) ;

47
- la déclaration de revenus fonciers à souscrire par les locataires (visée à l’article
154 bis du CGI).

La même procédure s’applique en cas de production d’une déclaration incomplète


sur laquelle manquent les renseignements nécessaires pour l’assiette, le
recouvrement de l’impôt ou sa liquidation.

Enfin, cette procédure s’applique dans le cas où la retenue à la source n’est pas
effectuée ou n’est pas versée au Trésor par les locataires (les personnes morales de
droit public ou privé ainsi que les personnes physiques dont les revenus
professionnels sont déterminés selon le régime du RNR ou du RNS) qui versent des
revenus fonciers à des personnes physiques.

Cette mesure est applicable aux revenus fonciers acquis à compter du 1er janvier
2019.

Réf : article 228 du CGI.

5- Instauration d’une dérogation à la prescription en cas de construction d’une


habitation personnelle

La LF 2019 précise que les pénalités et la majoration dont sont redevables les
personnes ayant procédé à la construction d’une habitation personnelle et qui n’ont
pas déposé la déclaration du coût de construction seront établies et exigibles même si
le délai de prescription a expiré. Toutefois, ce délai ne peut pas dépasser 10 ans.

Réf : article 232 du CGI.

6- Introduction d’une prescription quadriennale en matière de taxe sur les contrats


d’assurance

La LF 2019 précise que la taxe ainsi que les pénalités, amendes et majorations y
afférentes sont prescrites à l’expiration de la 4ème année qui suit celle au titre de
laquelle la taxe est due.

Lorsque le crédit de taxe afférent à des exercices prescrits a été imputé sur des taxes
dues au titre d’un exercice non prescrit, le droit de l’administration fiscale de vérifier
la sincérité des déductions opérées s’étend aux 5 derniers exercices prescrits.
Toutefois, le redressement ne peut excéder le montant des crédits imputés sur la taxe
exigible au titre de l’exercice non prescrit.

Cette mesure est applicable à compter du 1er janvier 2019.

Réf : article 232-X du CGI.

48
7- Procédure de restitution à la taxe sur les contrats d’assurance

La LF 2019 précise que les excédents de perception au titre de cette taxe ne sont pas
imputés sur la taxe due au titre du mois en cours ou des mois ultérieurs et doivent
faire l’objet d’une demande de restitution.

Est également restituable dans les mêmes conditions, la taxe versée au titre des
primes, surprimes ou cotisations relatives aux contrats d’assurance ayant fait l’objet
d’annulation ou de résiliation que les entreprises d’assurance et de réassurance ou
intermédiaires d’assurances justifient ne pas avoir recouvrées et qui n’ont pas pu être
déduites de la base taxable dans le délai prescrit par le CGI.

Dans le cas de cessation d’activité, le crédit de taxe résultant des déductions prévues
en matière d’assiette est restitué dans les mêmes conditions susvisées.

L'annulation judiciaire des contrats d'assurances donne lieu à la restitution, à


l'assuré, des taxes afférentes aux primes, surprimes ou cotisations encaissées par
l’assureur au titre desdits contrats.

La résolution ou la résiliation, amiable ou judiciaire, de contrats d’assurances ne


donne pas lieu à la restitution de la taxe acquittée sur les primes, surprimes ou
cotisations encaissées par l’assureur.

Les demandes de restitution sont sujettes à la déchéance prévue par l’article premier
de la loi n°56-03 relative à la prescription des dettes dues par l’Etat et des collectivités
locales, promulguée par le dahir n° 1-04-10 du 1er rabii I 1425 (21 avril 2004).

Ces mesures sont applicables à compter du 1er janvier 2019.

Réf : article 241 du CGI.

8- Echange automatique d’informations avec d’autres administrations et


organismes publics

La LF 2019 donne à l’administration fiscale le droit de recourir à l’échange


automatique des informations avec les autres administrations et organismes publics,
et ce pour les besoins de délivrance d’attestations et autres services demandés par les
contribuables.

Dans ce cadre, l’administration fiscale est tenue au secret professionnel


conformément aux dispositions de la législation pénale en vigueur.

L’échange d’informations sera effectué selon les formalités fixées par voie
règlementaire.

Réf : article 169 bis du CGI.

49
XII- Principales mesures douanières

Il s’agit des principales mesures douanières ayant un impact financier découlant des
modifications des tarifs douaniers (TIC, droit d’importation). Les autres mesures sont
détaillées au niveau de la circulaire n°5887/210 du 27 décembre 2018 et portent
principalement sur les procédures douanières.

1- Augmentation de la TIC sur les tabacs manufacturés

La LF 2019 prévoit l’augmentation :

- du minimum de perception au titre de la TIC sur les cigarettes de 567 à 630


dirhams/1000 cigarettes ;
- du minimum de pression fiscale appliqué aux cigarettes de 53,6% à 58% du
prix de vente toutes taxes comprises et hors coût du marquage fiscal ; et
- du minimum de perception au titre de la TIC sur les tabacs pour pipe à eau
(Muassel) de 350 à 450 dirhams/1000 grammes.

2- Augmentation de la TIC sur les boissons non alcoolisées contenant du sucre

La LF 2019 prévoit une augmentation de 50% des quotités de la TIC applicables aux
boissons aux extraits de malt et aux boissons non alcoolisés, aromatisées et contenant
du sucre comme suit :

- De 30 à 45 DH/hl pour les eaux aromatisées et les limonades, contenant du


sucre et reprises au niveau du I-a) et I-d) du tableau ci-dessous ;
- De 10 à 15 DH/hl pour les eaux aromatisées et les limonades, contenant du
sucre et reprises au niveau du I-b) et I-e) du tableau ci-dessous ;
- De 83 à 124,5 DH/hl pour les boissons aux extraits de malt reprises au niveau
du I-f) du tableau ci-dessous.

En outre, les quotités de la TIC applicables aux boissons énergisantes ont été
augmentées de 500 à 600 DH/hl.

UNITE DE QUOTITE
DESIGNATION DES PRODUITS
PERCEPTION (DH)

I.- Eaux gazeuses ou non gazeuses, eaux minérales, eaux


I -Hectolitre
de table ou autres, aromatisées ou non aromatisées, volume
limonades préparées avec du jus de citron :

50
a) -eaux gazeuses ou non gazeuses, eaux minérales,
eaux de table ou autres, aromatisées par addition de
moins de dix pour cent (10%) de jus de fruits
comestibles ou de son équivalent en jus concentré :
-id – 45,00
- - contenant du sucre ………………………………
.................... ..................
- - autres......................................................................

b)-Eaux gazeuses ou non gazeuses, eaux minérales,


eaux de table ou autres, aromatisées par addition de
dix pour cent (10%) ou plus de jus de fruits
comestibles ou de son équivalent en jus concentré :
-id – 15,00
- - contenant du sucre ………………………………
.................... ..................
- - autres......................................................................

c)-………….....………………………………………….... .................... ..................

d)-Limonades préparées avec moins de six pour cent


(6%) de jus de citron ou de son équivalent en jus
concentré :
- - contenant du sucre ……………………………… -id – 45,00

- - autres...................................................................... .................... ..................

e)-Limonades préparées avec six pour cent (6%) ou plus


de jus de citron ou de son équivalent en jus concentré :
- - contenant du sucre ………………………………
-id – 15,00
- - autres......................................................................
.................... ..................

f)- « boisson aux extraits de malt » n’ayant subi aucune


fermentation, préparée à l’aide de l’eau potable et du
sucre, contenant également des arômes naturels de
fruits, gazéifiée ou non au moyen d’acide carbonique
pur, édulcorée ou non de saccharose, dextrose,
-id – 124,50
glucose, fructose, de maltose ou de leur mélange…..

g)- « boissons énergisantes », contenant de la caféine, de


la taurine et du glucuronolactone ou au moins deux
-id – 600,00
de ces ingrédients........................................................

51
II- ………………………………………………………..….. ……………….. .................
…………………………………………………………….. ……………… ..................

3- Révision du tarif du droit d’importation

Les modifications concernent notamment :

- L’application du droit d’importation au taux minimum de 2,5% sur les œufs


stériles, l’énoxaparine et les compteurs d’électricité non montés, moyennant
l’individualisation de ces produits au niveau du tarif des droits de douane.
- La réduction de la quotité du droit d’importation applicable au café lyophilisé
de 25% à 17,5%, moyennant l’individualisation de ce produit au niveau du
tarif des droits de douane.

52
XIII- Mesures concernant les promoteurs immobiliers construisant des logements
sociaux

Les promoteurs immobiliers, personnes morales ou personnes physiques relevant du


régime du RNR, sont exonérés pour l’ensemble de leurs actes, activités et revenus
afférents à la réalisation de logements sociaux, des impôts et droits ci-après:

- l’IS ;
- l’IR ;
- les droits d’enregistrement et de timbre.

Ne peuvent bénéficier de ces exonérations que les promoteurs immobiliers qui


réalisent leurs opérations dans le cadre d’une convention conclue avec l’Etat, assortie
d’un cahier des charges, ayant pour objet la réalisation d’un programme de
construction d’au moins 500 logements sociaux, réparti sur une période maximum de
5 ans à compter de la date de la délivrance de la première autorisation de construire.

La LF 2019 :

- donne la possibilité, à ces promoteurs immobiliers, de conclure avec l’Etat,


dans les mêmes conditions précisées ci-dessus, une convention pour la
réalisation d’un programme de construction d’au moins 100 logements dans le
milieu rural.
- proroge jusqu’au 31 décembre 2019 les délais des conventions conclues entre
l’Etat et les promoteurs immobiliers qui n’ont pas pu réaliser les programmes
de logements dans les délais prescrits, lorsque ces conventions n’ont pas fait
l’objet de régularisation fiscale de la part de l’administration fiscale.

Réf : article 247-XVI du CGI.

53
XIV- Annulation de certaines créances dues à l’Etat

1- Annulation de certaines créances dues à l’Etat

I. – Les créances dues à l’Etat visées à l’article 2 de la loi n° 15-97, formant Code de
recouvrement des créances publiques, mises en recouvrement antérieurement au 1er
janvier 2000 pour un montant égal ou inférieur à 50.000 DH sont annulées.

II. – Les créances dues à l’Etat visées à l’article 2 de la loi n° 15-97, formant code de
recouvrement des créances publiques, mises en recouvrement antérieurement au 1er
janvier 2000 ayant fait l’objet d’un paiement partiel et dont le reliquat restant à payer
est égal ou inférieur à 50.000 DH sont annulées.

III. – Sont également annulés, les amendes, les pénalités, les majorations, les intérêts
de retard et les frais de recouvrement afférents aux créances visées ci-dessus.

IV. – Les annulations susvisées sont effectuées d’office par le comptable du Trésor
compétent sans demande préalable de la part des débiteurs concernés.

V. – Les créances concernées sont celles demeurées impayées au 31 décembre 2018.

Réf : article 8 de la LF 2019.

2- Annulation des créances relatives aux prêts accordés par l’Etat aux jeunes
promoteurs

I. – Les créances de l’Etat afférentes aux prêts accordés aux jeunes promoteurs, objet
de la loi n° 13-94 relative à la mise en œuvre du Fonds pour la promotion de l'emploi
des jeunes et de la loi n° 36-87 relative à l’octroi de prêts de soutien à certains
promoteurs, demeurées impayées au 31 décembre 2018 ainsi que celles exigibles au
cours des années ultérieures, sont annulées.

II. – Sont également annulés, les intérêts, les intérêts de retard et les frais de
recouvrement, afférents aux créances visées ci-dessus.

III. – Les annulations susvisées sont effectuées d’office, sans demande préalable de la
part des débiteurs concernés.

Réf : article 9 de la LF 2019.

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