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Rendez à César...

Les 53 sermons du Seigneur < Gottfried Mayerhofer

SERMON N° 48

( Le Sermon du 22° dimanche après Pentecôte)


« Du paiement de l’impôt »
- Matthieu XXII – 15 / 22 -

Les Romains, en tant que maîtres du pays, se souciaient seulement


de leur suprématie politique dans la Judée, et non des questions
religieuses, des réformateurs, des prophètes, et pas non plus du
Messie promis, naturellement tant que tout cela se limitait au pur
domaine ecclésiastique et n’envahissait pas celui du politique.
Sur la terre il y a toujours eu des hommes qui en leur qualité de
gouverneurs ont abusé de leur pouvoir ; et aussi d’autres qui n’ont
jamais voulu reconnaître au-dessus d’eux aucune autorité qui aurait
pu mettre des empêchements à leur volonté, et ceci est tout aussi
naturel en ce qu’il y a eu, et qu’il y a encore des hommes et des
peuples auxquels un Dieu unique ne suffit pas, mais qui s’en
imaginent plusieurs qui, parce qu’affligés eux-mêmes des passions
humaines, voudraient être approuvés par des décrets avec le sceau de
la divinité ; puis il y en a encore qui ne veulent reconnaître
absolument aucun autre Dieu à l’exception de leur propre moi.
Et malgré cela, les hommes doivent toujours payer le tribut ; ils
peuvent faire ce qu’ils veulent, mais ils sont toujours obligés de
sacrifier au dominateur terrestre une partie de leurs gains ; et à Dieu,
qui est le gouverneur spirituel, ils devraient sacrifier en partie, ou
mieux encore, même entièrement leurs passions, s’ils veulent être vus
du bon oeil dès le début, et s’ils veulent près de Dieu atteindre cette
fin qu’il leur a fixée, c’est-à-dire, la réunification avec lui-même.
Partout, quand on ne paye pas le tribut, il s'en suit comme
conséquence la punition, ici celle terrestre, et au-delà, celle
spirituelle; et c’est précisément pour cette raison que je dis aux
pharisiens : « Donnez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à
Dieu ». Dit autrement :
« Remplissez vos obligations envers l’état et la société, de même que
celles que vous avez envers Dieu. Reconnaissez votre position
d’hommes envers vos semblables et envers vos gouverneurs
terrestres, mais n’oublie pas non plus les devoirs que vous avez
envers celui qui vous a créés et qui vous a confié des talents dont un
jour il vous demandera soit la dîme soit le tribut.
Vous pouvez tout aussi peu vous dispenser des obligations du monde
que de celles de l’esprit ; cependant vous ne devez pas les confondre ;
efforcez-vous bien vous-aussi de donner à l’empereur ce qui est sien,
et à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire : il n’est pas dit que vous
deviez être tout Esprit, tant que vous demeurerez encore avec un
corps physique sur cette terre, mais faites aussi attention que votre
dignité spirituelle, lors du paiement du tribut terrestre humain, n’ait
pas à y perdre.
En tout temps il est nécessaire, tant dans la vie matérielle terrestre
que dans la vie spirituelle plus élevée, de connaître et de suivre la voie
médiane, car à exagérer d’un côté ou de l’autre, on ne trouve jamais
de véritable profit, mais on ne cause au contraire que du dommage à
soi-même et aux autres.
Réfléchissez donc vous aussi comme il faut sur ces paroles adressées
aux pharisiens, paroles qui éclairent à nouveau toute votre vie
terrestre et celle future, afin qu’une fausse interprétation n’ait pas à
entraîner de mauvaises conséquences.
Même l’amour en soi, voyez-vous, n’aboutirait qu’à un dommage tant
pour celui qui aime que pour celui qui est aimé, s’il n’était pas guidé
et tenu dans les limites voulues de la sagesse ; et ainsi en est-il de
toutes les propriétés spirituelles innées en vous, chaque fois que vous
voulez dépasser les limites du possible.
Donnez au monde ce qui est au monde, et ce qu’il a droit d’exiger de
vous, mais donnez aussi a Dieu ce qui est de Dieu ! Autrement dit :
Remplissez les obligations qui vous incombent envers l’état et envers
la société humaine, de même qu’envers vos supérieurs.
L’argent est le moyen avec lequel vous satisfaisez vos nécessités
terrestres ; le spirituel au contraire s’élève sublimement au-dessus de
toute monnaie, et a une autre origine et une autre fin. De cette façon
je séparai rigoureusement et distinctement le tribut dû au pouvoir du
monde de celui dû au spirituel.
Ma réponse avait pour but de faire comprendre ce qui suit : « Avec les
impôts que vous payez à l’empereur, vous achetez l’ordre terrestre, la
paix et la sécurité extérieure dans le monde, tandis qu’avec les impôts
spirituels vous acquérez l’ordre divin dans votre intérieur, la paix de
la conscience et la sécurité dans l’action pour le salut de votre âme ;
et ainsi pour les deux voies vous atteignez le même but, l’un dans le
domaine du monde matériel, l’autre par contre dans celui du monde
spirituel.
Cela vaut pour les temps présents et pour tous ceux à venir, tant que
les hommes vivront ensemble, et qu’une religiosité et une foi en un
être suprême, demeureront encore dans leurs coeurs.
Et aussi bien en ce qui concerne ce qui est du monde, qu’en ce qui
concerne ce qui est spirituel, il doit toujours y avoir un chef suprême
comme législateur, fondateur et conservateur de l’ordre. Quelles que
soient les institutions d’un état, on devra cependant toujours tout
concentrer sous une seule très haute autorité ; et ainsi également,
pour ce qui se rapporte à l’esprit, il y a UN SEUL REGENT, et c’est
Moi.
Le tribut que vous devez au monde consiste en ce que vous devez
employer les biens matériels pour l’acquisition de biens spirituels, en
pratiquant l’amour, et en faisant en sorte de vous acquérir une idée
claire de la valeur de ces deux sortes de biens ; c’est pourquoi, le
tribut au monde doit donc affluer en abondance, afin que beaucoup
de trésors spirituels puissent être acquis ; car, de même que le tribut
dû à césar sert à procurer aux sujets cet ordre et cette nécessaire
tranquillité pour le paisible travail quotidien, afin qu’ils puissent
prendre soin de leur bien-être et de leurs familles, de même aussi
l’âme, avec le tribut qu’elle présente à Dieu, c’est-à-dire avec l’amour
qu’elle pratique, se procure la tranquillité et la paix indispensable au
progrès spirituel ultérieur.
Je vous ai placés dans le monde de la matière, et vous ai fourni les
possibilités de percevoir les bonnes impulsions qui proviennent de
moi, de même que les mauvaises impulsions qui proviennent de
directement la matière, afin que dans la lutte contre les mauvaises
impulsions, celles bonnes se renforcent et croissent, et qu’ainsi
spiritualisés vous puissiez un jour devenir l’image de Moi-Même.
Ce but pour lequel vraiment et en général, esprit et matière furent
créés par Moi, et où je plaçai l’esprit, bien qu’enveloppé dans la
matière, mais séparé dans les espaces de Ma Création.
Efforcez-vous donc, en cherchant à suivre toujours la voie médiane,
de contribuer à la spiritualisation toujours plus grande de l’âme, et
par répercussion, de la matière, afin que les fruits de Mon pèlerinage
d’autrefois sur votre terre, se montrent à mon prochain retour tant
dans votre spiritualisation, que dans celle de l’humanité ; et alors il
apparaîtra ce que vous aurez offert à césar, ce que vous aurez conquis
pour le royaume de Dieu, et aussi si tout cela est arrivé d’une façon
sage et équilibrée et dans sa juste mesure.
Une union avec Moi et avec Mon Monde Spirituel ne sera possible que
lorsque vous serez devenus capables de concevoir même la plus petite
parmi Mes Paroles dans sa vraie signification profonde et spirituelle ;
à la suite de quoi vous apparaîtra toujours plus clair ce que l’on peut
concéder vraiment au monde, ou bien à César, et en même temps on
arrivera à comprendre quel est le dû que Dieu peut demander à son
enfant, en tant que Sa Propriété, c’est-à-dire de Dieu, et comment ces
deux tributs, bien que séparés, peuvent toutefois être réunis, lorsque,
à la compréhension droite, se joint aussi une juste application
pratique.
AMEN !

Source: http://www.scribd.com/doc/21196332/Les-53-Sermons-Du-Seigneur-
Gottfried-Mayerhofer