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1

Université Libanaise
Faculté de Génie
Branche I

Génie Mécanique
Année Quatrième – Semestre huit

Machines
Synchrones
2

Préparé par : Dr. H. Hussein

II – Machines synchrones

1. Principe de fonctionnement et construction

2. Systèmes d’excitation des MS

Pour alimenter l’enroulement d’excitation d’une MS, on a besoin d’une


source de courant continue. Cette source s’appelle excitatrice. On
distingue 2 types :

1) Le système direct d’excitation où l’excitatrice est accouplée


directement sur l’arbre de l’alternateur synchrone.

2) Le système d’excitation indirect où l’excitatrice est indépendante de


l’arbre entraîné par un moteur auxilliaire (excitatrice statique).

D’autre part, on distingue différents types de modes d’excitation :

1 – Système d’auto-excitation :
3

Rotor
Stator

Redresseur Transformateur

Fig.1

Excitatrice : C’est une génératrice à courant continu, shunt ou


compound qui fournit au rotor la puissance dont il a besoin. Cette
génératrice est le plus souvent au bout de l’arbre de l’alternateur. Les
variations du courant d’excitation de l’alternateur sont obtenues par le
réglage du courant d’excitation de la génératrice.

Rreg n
G.S 3 phases

Fig.2
4

Ex : Alternateur triphasé :

u  5000V , I  100 A , S N  87000KVA  87MVA

excitatrice principale :

u  200V , I  300 A , P  60 KW
Sous excitatrice :

u  120V , I  15 A , P  1,8KW

Excitation statique :

a) Alternateur shunt :

G.S

Fig.3

b) Alternateur compound :
5

enroulement
shunt G.S

Transformateur
enroulement série

Fig.4

c)Alternateur sans bagues ni balais :

N
génératrice à
courant continu
redresseur
N stator

aimant N N
permanent S rotor
S
S

MS

Fig.5

3. Vitesse de rotation d’une MS


La vitesse de rotation du rotor de la machine synchrone est donnée
60  f n p
par l’expression : n  p
 f 
60
6

f  fréquence électrique du stator, Hz


n vitesse de rotation du rotor, tr / min
p  nombre de paires de pôles.

4. Force électromotrice d’une MS

L’amplitude de f.é.m du stator d’une machine synchrone est donnée


par : E A  2    N P  K P  K d  f   m  4,44  K  f   m  K    
K   NP  KP  Kd  / 2
  2    f : pulsation , rad / s
K : coefficient cons tan t dependant de la construction de la machine

5.Circuit équivalent de générateur synchrone (MS)

EA
EA IA


 Vph

Br Br

Bres

Bs

Rotor Estat
Stator

Fig.6
7

EA  force électromotrice de l’enroulement statorique dans une


phase
V ph  tension de phase du stator
Br  induction magnétique du rotor
Bs  induction magnétique de réaction d’induit du stator
Bres  induction magnétique résultante
I A  courant d’enroulement statorique (courant d’induit)
E Stat  tension de réaction d’induit du stator

Le circuit équivalent d’une MS est representé par la figure :

jX
IA

Estator

EA Vph

Fig.7

  
V ph  E A  E Stator
  
Bres  Br  B s

La tension de reaction d’induit est : E Stator  jXI A

L’application de la loi de mailles donne :


8

E A  V ph  E Stat  V ph  E A  E Stat  V ph  E A  jXI A

V ph  E A  jXI A  jX A I A  RA I A
La tension de phase est : V ph  E A  j   X  X A   I A  RA I A
V ph  E A  jX S I A  RA I A

Où X S  X A  X : réactance de la MS.

R A et X A : résistances propres active et réactive de l’enroulement


statorique.

Le circuit équivalent total d’un MS triphasé est représenté par :

jXs RA
IA1

EA1 Vph1

jXs RA
iexc IA2
+
Rreg

EA2 Vph2

-
jXs RA
IA3

EA3 Vph3
Fig.8

Si la connection d’enroulement statorique est en étoile, la tension


composée sera : U  3  V et le courant compose sera : I L  I ph .
9

A
R
A

s
jX

jX
s
EA

1
EA
2
EA3
jXs

RA
Fig.9
Si la connection est en triangle, on aura : U  V ph et I L  3  I ph
A
R
s
jX

jX
EA

s
1

R
A
3
EA

RA jXs
EA2

Fig.10

Le circuit équivalent d’une phase est :


10

jXs RA
iexc IA
+
Rreg

EA Vph

Fig.11

5. Diagramme vectoriel d’une MS

Comme la tension aux bornes d’une MS est alternative, il faut


construire le diagramme vectoriel d’une phase d’après l’équation
fondamentale : V ph  E A  jX S I A  R A I A

1èr cas : la charge est purement résistive (cos   1)

EA

jXs.I A

IA Vph RA.IA

Fig.12

2ème cas : la charge est inductive (cos   0.8)


11

EA
RA
.IA

.I A
Vph

s
jX
IA

Fig.13

3er cas : la charge est capacitive (cos   0.8)

EA jXs
.I A
IA

.IA
A
R

Vph

Fig.14

6. Puissance et couple de MS

Bilan énergétique :
12

Rotor
Moteur Pexc
Pel
d'entrainement Pmag

excitatrice

Pel
Stator

Fig.15 Pélectrique

La puissance mécanique du moteur d’entrainement est : Pmec  C  


La somme des pertes est :  pertes  Pexc  Pmag  Pf  PelR  PelS

Pexc  R  iexc
2

3
PelS   r  I A2  3  R A  I A2 (r  2 R)
2

La puissance électromagnétique est : Pe.m  C e.m    3  E A  I A  cos 


La puissance électrique à la sortie de la machine est :
P  3  V ph  I A  cos  3  U  I A  cos 
La puissance réactive est : Q  3  V ph  I A  sin   3  U  I A  sin 

En pratique, la résistance active R A de l’enroulement statorique est


négligeable par rapport à X S : X S  R A .

Le diagramme vectoriel d’une phase du stator devient :


13

EA
 jXs.I A


 Vph
IA

Fig.16

X S  I A  cos  E A  sin 
3  V ph  E A  sin 
Comme X S  R A , Pe.m  Pel  3  V ph  I A  cos 
XS

Cette relation s’appelle caractéristique angulaire de la MS, ceci


implique que la puissance électrique et la puissance électromagnétique
dépendent de l’angle  entre E A et V ph
La puissance est maximale quand :
3  V ph  E A
  90 0  E A  V ph  Pmax 
XS
Mais en régime nominal, la MS fonctionne en pleine charge quand
  15 0 `a 20 0 .
Si la tension V ph est constante, la puissance active est proportionnelle
aux I A  cos et E A  sin  et la puissance réactive proportionnelle à
I A  Sin .
Le couple électromagnétique est l’interaction entre le champ
magnétique du rotor et le champ magnétique du stator :
   
  
       
C e.m  K  Br ^ BS  K  Br ^  Bres  Br   K  Br ^ Bres  K  Br ^ Br  K  Br ^ Bres
  Comme
 
C e.m  K  Br  Bres  sin 
l’induction magnétique du rotor induit une f.é.m E A dans l’enroulement
statorique et l’induit magnétique résultante induit une tension V ph ,
l’angle  est le même entre E A et V ph .
14

D’autre part, le couple électromagnétique est donné par :


3  V ph  E A  sin 
C e.m  .
 XS

Ce.m

Fig.17

Le bilan énergétique sera :


15

Pel = 1.73 U.IA.cos


Pmec

Pel
(stator)
Pfrott

Pexc Pmag
(rotor)

Fig.18 : Bilan d'énérgie

Pel
Le rendement de la MS est :  
Pmec

8. Puissance et couple de MS
a) Caractéristique à vide

C’est la relation entre la tension aux bornes de l’alternateur et le


courant d’excitation pour un courant d’induit nul est une vitesse de

I A  0
rotation constante : V  E  f  i  pour
ph A exc 
n  const
16

Vph EA

VphN

Erem
iexc
iexc

Fig.19

Cette caractéristique devient linéaire à cause de la saturation.

b) Caractéristique en court-circuit

C’est la relation entre I A et iexc pour V ph  0 et n  const .


Vph  0
I A  f  iexc  pour 
n  const
17

jXs RA
iexc IA
+
Rreg

EA Vph=0

Fig.20

Si on court circuite les bornes de l’alternateur, le courant qui passe



 EA EA
dans le circuit d’induit est donné par : I A   .
R A  jX S R  X S2
2
A

Le diagramme vectoriel sera :

.
EA

.
IA
.
RA . s.I A
.IA jX

Fig.21
18

Icc Vph Xs

Vph

Xs

iexc iexc

Fig.22 Fig.23

     
V ph  E A  I A   R A  jX S   E A  V ph  I A   R A  jX S 
 
 EA EA
pour V ph  0 : R A  jX S  
ou R X
2
A
2
S  
IA IA

EA
or X S  R A  X S  
IA
c) Caractéristique de réglage

U  const
C’est la relation : i  f  I  avec
exc A 
n  const
19

iexc Charge
inductive


=9
Charge purement résistive

e)

tiv
uc
ind
e
rg
ha
(C

Charge
capacitive

(Charge capacitive)  = - 90°


IA

Fig.24

L’augmentation de la charge  I A  s’accompagne d’une augmentation


du courant d’excitation : charge inductive.
Lors de la charge capacitive, d’abord il faut diminuer le courant
d’excitation. Si la charge est purement capacitive, la caractéristique de
réglage a une forme linéaire   90 
0
.
Si la charge est purement inductive, la caractéristique de réglage est
linéaire   90  . 0

d) Caractéristique externe

iexc  const
U  f  I A  pour 
n  const
20

La courbe représentant la tension aux bornes de l’alternateur en


fonction du courant d’induit s’appelle caractéristique externe.

capacitive
Ua

résistive

inductive

IA
IACC
Fig.25

Si la charge est inductive, la chute de tension et la reaction d’induit


augmentent. Les caractéristiques passent au dessous de la
caractéristique de charge résistive.
Les caractéristiques passent au dessus de la caractéristique de charge
résistive.

d) Caractéristique externe
21

I A  const
U  f  iexc  pour 
n  const

charge capacitive

Ua caractérisitique à vide

charge inductive

iexc
B C

Fig.26

Expérimentalement, la caractéristique en charge permet de déterminer


AB 
la réactance de fuite X   .
IA
22

9. Effet de la variation de la charge sur les


alternateurs

Charge

MS
iexc
+

Fig.27

Supposons que la flux magnétique est constant, ceci implique que la


f.é.m E A  const . S’il y a une variation de charge, c.à.d I A varie, la
valeur de I A dépend de l’angle entre la tension aux bornes de
l’alternateur et le courant d’induit I A .
Avec la variation de la charge, la réaction d’induit varie.

a) Si la charge est inductive, le diagramme vectoriel sera :


23

V ph  E A  jX S I A (RA  X S )

'A
E

EA

A.I
jXs
V 'ph Vph
IA
IA

Fig.28

Avec l’augmentation de la charge, la chute de tension augmente


c.à.d la tension aux bornes de l’alternateur diminue d’après
l’expression : V ph  E A  jX S I A

b) Si la charge est purement résistive, le diagramme vectoriel sera

'A
E jXs .I 'A

jXs .IA
EA


IA V 'ph Vph

Fig.29
c) Si la charge est capacitive, le diagramme vectoriel sera :
24

'A
E jXs .I 'A

A
I'
IA EA
jXs .IA

Vph V 'ph

Fig.30

Conclusion :

 Si la charge du générateur est inductive ou résistive, les tensions


simple et composée diminuent.

 Si la charge est capacitive, les tensions simple et composée aux


bornes du générateur augmentent.

10. Marche en parallèle des alternateurs synchrones

1) Nécessité de la marche en parallèle

a - La marche en parallèle des alternateurs synchrones débitant sur un


réseau commun permet de réaliser une puissance beaucoup plus
grande que celle d’un alternateur synchrone isolé à grande
puissance.

b - La marche en parallèle des alternateurs synchrones permet de varier


la puissance dbitée suivant la variation de la charge c.à.d d’obtenir le
meilleur rendement possible du système en déclanchant la puissance
du système chaque temps.
25

c - Le déclanchement d’un ou plusieurs alternateurs pour un certain


temps permet de répartir et de maintenir ces alternateurs sans
problème pour le consommateur.

2) Conditions de couplage en parallèle des alternateurs

a - La f.é.m de l’alternateur à connecter doit être égale à la tension du


réseau.

b - La polarité de l’alternateur à connecter correspond à celle du réseau.

c - La fréquence de l’alternateur doit être égale à celle du réseau.

d - L’ordre de séquence des phases au point à connecter doit être le


même.

E
A K As

. .
Es Us

 s
E
K
C
B BS Cs

E
K
Supposons qu’on a connecté l’alternateur avec le réseau en parallèle,
Fig
la puissance du réseau est beaucoup plus grande que celle de
l’alternateur . Le couplage en parallèle se fait à l’aide de l’interrupteur K .
Considérons le sens alternateur
+ comme indiqué sur la figure. réseau à puissance
La différence de >>> Pa
  
potentiel aux bornes de l’interrupteur K sera : E  E S  u S .
26

Si l’alternateur possède une fréquence de courant    S , les 2


   
vecteurs E S et u S tournent à la même vitesse et le vecteur E sera E  2  u  cos
2

ES  uS

 
  dephasage entre E et u S

E


=0 =

Fig.32

Es

.
E

s .
Us
Fig.33
Pour    , E  0

Quand l’interrupteur K est ouvert, l’alternateur fonctionne à vide. Si au


moment où    , on ferme l’interrupteur K , l’alternateur continu à
27

fonctionner à vide et aucun courant de circulation n’aura lieu entre


l’alternateur et le réseau .
Ce mode de couplage s’appelle synchronisation exacte.

ES  uS 
  
   S   ES   u S et    S
   

3) Réalisation du couplage en parallèle des alternateurs

a) Il faut mettre en marche l’alternateur à l’aide de sa machine motrice


( moteur d’entrainement : diesel , turbine , ….) et il faut porter la
vitesse angulaire  du rotor jusqu’à la valeur de la vitesse de
synchronisme ou jusqu’à une vitesse très voisine d’elle.

b) Il faut relier à l’aide de l’interrupteur automatique d’excitation


l’enroulement d’excitation de l’alternateur au balai de l’induit de
l’excitatrice et régler le courant d’excitation jusqu’à avoir une f.é.m à
la sortie de l’induit égale à la tension du réseau c.à.d E S  u S .

c) En agissant sur l’organe de régalge de la machine motrice, on


augmente ou on diminue légèrement sa vitesse de rotation  pour
obtenir    S .

d) Avant de faire le premier couplage, il faut s’assurer de l’ordre de


succession des phases de façon qu’il soit le même pour l’alternateur
et le réseau . Ceci se fait à l’aide des lampes connectées
parallèlement à l’interrupteur K .
Quand les 3 lampes s’allument et s’éteignent, il faut fermer
l’interrupteur K . L’orde de succession de phases est correct.

Considérons le cas où     
28

jXs .
I K

. . .
ES U US

Fig.34

.
Es

.
Us Fig.35

  
 E E  u S
I 
jX S jX S


L’apparition du courant I a pour effet d’égaliser les tensions de
l’alternateur et du réseau et de mettre la tension de l’alternateur en
opposition avec la tension du réseau.
  
En effet, pour des faibles valeurs de   sin   :
 2 2
29


E uS


2E 
I  2  I  E 
jX S jX S jX S

Le courant I est proportionnel à  . Ce courant engendre un


champ magnétique . L’interaction de ce courant avec le champ
magnétique d’excitation produit un couple électromagnétique
appliqué au rotor dans le sens opposé à la rotation.
Puisque le couple de la machine motrice est compensé par le couple
de frottement et le couple correspondant de pertes magnétiques, le
couple ainsi engendré se trouve non équilibré et il tend à ralentir le
rotor jusqu’à ce que la vitesse angulaire de l’alternateur tend vers
 S ce qui provoque une diminution de l’angle  et par consequent
du courant I .

11. Régimes transitoires d’une machine synchrone

Le régime transitoire total est représenté dans la figure :

iA

DC
phase A
composant

Fig.36
30

iB

DC

phase B

Fig.37
iC

DC phase C

Fig.38
Icc

Période Période Période


sub-transitoire transitoire statique

Fig.39
31

Après le régime transitoire, on peut determiner le courant statique

i  t    I   I   e   I  IS  e
t t 
d’après le courant total : T T
 IS

E
I   X S  réactance sub-transitoire de la MS
X S où

E
I  X S  réactance transitoire de la MS
X S où

E
I : courant statique où X S  réactance de synchronisme
XS

T   constante de temps du régime sub-transitoire.


T   constante de temps du régime transitoire.

12. Fonctionnement d’un moteur synchrone

IA jXs RA

Vph EA

Fig.40
La construction d’un moteur synchrone est la même que l’alternateur .
Le rotor fournit un champ principal tournant. Le stator alimenté en
triphasé lui oppose uen réaction tournante d’induit.
Le schéma équivalent du moteur synchrone est représenté dans la figure
à-haut.
D’après la loi de maille, on peut écrire :
32

     
V ph  E A  I A   R A  jX S   V ph  E A  I A   R A  jX S 

 Lorsque le moteur fonctionne à vide, il absorbe un courant réactif


suivant la valeur du courant d’excitation. Ce type de
fonctionnement est celui d’un compensateur synchrone.

 Lorsque le moteur est en charge, la tension aux bornes est


évidement en avance de la f.é.m interne.
La puissance active absorbée par le moteur est donnée par :
3  V ph  E A  sin 
P
XS

Cette expression conditionne la stabilité du moteur synchrone qui


 3  V ph  E A 
ne peut fournir un couple supérieur à   .
 XS  
 La caractéristique mécanique n  f  C  est :

n (tr/min)

n0

C (N/m)
Cn Cmax

Fig.41
C’est une droite parallèle à l’axe du couple C.
Le couple d’un MS est donné par :

3  V ph  E A  sin  3  V ph  E A
C et C max 
XS  XS 

13. Caractéristique d’une machine synchrone en U


33

La courbe en U traduisant la variation du courant d’induit en


fonction du courant d’excitation à puissance active constante et

Pa  const
tension constante : I  f  i  pour
A exc 
u  const
Le minimum de courant de toute la famille des caractéristiques U se
trouve sur la courbe de réglage de la machine synchrone.

IA

P3 > P 2
machine
sous-excitée machine
P 2 > P1 surexcitée

P1 > 0

P=0
iexc

Fig.42