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Titre 3.

La responsabilité pénale
C’est l’obligation pour une personne de répondre de ses actes ; les hommes libres et conscients
doivent répondre de leurs actes. Lorsqu’une infraction est commise, elle doit être imputée à la
personne ou aux personnes qui ont participé à sa réalisation. Il va falloir trouver quelles sont les
personnes qui doivent être déclarées pénalement responsables de l’infraction commise. Le fait
qu’une infraction ait été commise n’engage pas la responsabilité automatique de l’auteur car il
existe certaines circonstances, causes d’irresponsabilité pénale ou d’atténuation de la responsabilité
pénale.

Chapitre 1. La détermination de la personne pénalement


responsable

Il existe deux catégories de personnes qui peuvent être déclarés responsables pénalement : personne
physique et personne morale.

Section 1. La responsabilité pénale des personnes physiques

Notre droit pénal ne connait que deux manières d’être responsable pénalement : soit en en étant
l’auteur, soit en en tétant le complice. Ces deux manières d’imputer une infraction pénale à une
personne déterminée obéissent à des règles différentes mais elles sont gouvernées par un principe
général commun qui est le principe de la responsabilité personnelle.
Sous section préliminaire. le caractère personnel de la responsabilité pénale
Responsabilité individuelle : principe inscrit à l’article 121-1 CP : nul n’est pénalement responsable
que de son propre fait. Cela signifie qu’une personne ne pourra pas voir sa responsabilité pénale
engagée si elle n’a pas participé à l’infraction. Ce principe exclu toute responsabilité pénale du fait
d’autrui contrairement à ce que prévoit le code civil. De même, ce principe exclu toute
responsabilité pénale collective. Ex : 4 jeunes gens qui font une randonnée à bicyclette, ils s’arrêtent
pour s’abriter et dans la nuit le bâtiment prend feu et est détruit. Une enquête est ouverte et montre
que le feu avait prit dans un tas de sciures dans lequel avait été jeté un mégot : incendie
involontaire. Ils sont condamnés par le tribunal puis relaxés en appel au motif qu’il n’est pas
possible de déterminer avec exactitude le responsable de l’incendie, dans le doute on ne saurait les
condamner tous les 4. La partie civile forme un pourvoi en cassation qui est rejeté : le défaut de
pouvoir établir une faute personnelle à la charge de l’un des prévenus, le doute doit bénéficier à
tous.
Sous section 1. L’auteur de l’infraction

Paragraphe 1. Définition de l’auteur

Elle est donnée à l’article 121-4 CP : c’est la personne qui commet les faits incriminés ou bien qui
tente de commettre l’infraction en cas de tentative. L’auteur principal de l’infraction est la personne
qui a accomplit personnellement les actes constitutifs de l’infraction. Dans la plupart des cas, c’est
un auteur matériel. Ex : l’auteur va être la personne qui va tirer le coup de feu, qui va voler… mais
certaines infractions sont définies de telle façon que leur auteur peut ne pas avoir commis lui-même
les actes matériels. On parle alors d’auteur intellectuel ou moral. Ex : génocide art 211-1 CP. On
peut aussi participer à une infraction comme co-auteur.

Paragraphe 2. Définition du co-auteur

C’est la personne qui a accomplit tous les éléments constitutifs de l’infraction en collaboration avec
une autre personne. L’infraction est le fait de plusieurs personnes. Il arrive que lorsqu’il y a
coaction, cela engendre une aggravation de la peine, c’est le cas par exemple en matière de vol (art
311-4 1).

Paragraphe 3. Les incidences du fait d’autrui sur la responsabilité de l’auteur de l’infraction

Cette responsabilité est susceptible d’être plus ou moins directement affectée par le fait d’un tiers
dans 2 hypothèses : les infractions collectives et les infractions imputables aux dirigeants. La
responsabilité pénale des chefs d’entreprises a donné lieu à de vives controverses doctrinales. Pour
certains auteurs, il s’agit d’une responsabilité pénale du fait d’autrui car elle permet de déclarer le
dirigeant pénalement responsable en raison des actes matériels commis par une autre personne, le
préposé. Ici, le dirigeant est qualifié par la doctrine comme auteur indirect. Pour d’autres auteurs, la
majorité d’entre eux, la responsabilité pénale du dirigeant n’est qu’une application des règles
normales de la responsabilité pénale. L’examen du domaine et des conditions de cette responsabilité
montre bien qu’elle ne porte pas atteinte au principe de la responsabilité individuelle : il pèse sur le
dirigeant une obligation qui est de faire respecter dans la gestion quotidienne de son entreprise,
l’ensemble de la législation applicable, et, le fait qu’un salarié ne respecte pas cette prescription qui
est imposé par la loi, revient à imputer une faute au chef d’entreprise, qui, en quelque sorte, à perdu
la maitrise sur les employés qu’il dirige.

Les conditions sont au nombre de 2 :


- Faute commise par le préposé : l’infraction doit être commise par une personne qui est
sous l’autorité du dirigeant. Cette infraction doit consister dans la violation d’une
prescription à la législation ou bien à la règlementation auxquelles l’entreprise est soumise.
Ensuite, le chef d’entreprise ne devrait être condamné que si l’infraction commise par le
préposé est une infraction non intentionnelle. Pourtant, a chambre criminelle a a plusieurs
reprises, fait supporter à des chefs d’entreprises, des conséquences d’infractions
intentionnellement commises par leur salariés.

- Existence d’une faute personnelle imputable au dirigeant : le dirigeant va pouvoir être


déclaré pénalement responsable que si une faute lui est imputable. La jurisprudence
considère que l’existence de cette faute est présumée : a partir du moment où un salarié a
violé une prescription légale, cela implique une négligence fautive de la part du dirigeant
puisqu’il avait un devoir de contrôle, de surveillance. Rien n’empêche au dirigeant de
prouver qu’il n’a commit aucune faute mais cela est dur a prouver. Pour réagir contre cette
automatisme jurisprudentiel, le législateur a, certes dans un domaine limité (hygiène et
sécurité) , modifié l’article L 263-2 du code du travail : la responsabilité pénale ne doit peser
sur le dirigeant que si sa faute personnelle est démontré par la partie poursuivante. Le
dirigeant va utiliser la technique de délégation de pouvoir, technique qui n’est pas inscrite
dans la loi mais qui résulte de la jurisprudence qui l’admet : peut déléguer son pouvoir de
surveillance et de contrôle à un subordonné. Mais, la délégation ne doit pas devenir un
moyen d’exonération systématique, c’est la raison pour laquelle les tribunaux exigent que
des conditions restrictives. Elles peuvent être regroupées en 3 catégories : conditions
relatives au dirigeant (le chef d’entreprise ne peut pas veiller par lui-même au respect de la
règlementation), conditions qui sont relatives au délégué (il doit appartenir à l’entreprise et
doit être qualifié : compétence, autorité et qualité nécessaire pour veiller efficacement aux
mesures. La chambre criminelle a estimé qu’un chef de chantier n’a pas cette compétence.
De plus il doit avoir la capacité de donner des ordres et tenir ses pouvoirs du chef
d’entreprise lui-même). Depuis 1883, la chambre criminelle admet la subdélégation du
pouvoir. Enfin, il y a les conditions de l’acte de délégation (il ne peut pas être général, il ne
doit pas être fait le jour même de l’infraction. D’un point de vue formel, la délégation n’est
pas forcément écrite, elle peut résulter du contrat d’embauche, de l’organigramme de
l’entreprise… la preuve de la délégation incombe au chef d’entreprise). Si la délégation de
pouvoir est admise, le chef d’entreprise est exonéré de sa responsabilité et se sera la
personne déléguée qui verra sa responsabilité pénale engagée.
La responsabilité du chef d’entreprise a réduit.

Sous section 2. La complicité

Le complice coopère à l’infraction en commettant un acte matériel (différent de l’élément matériel


de l’infraction) de manière volontaire. La complice va apporter son concours à l’auteur de
l’infraction ex : fournir l’arme, surveiller les alentours d’un immeuble… Ce n’est pas lui qui
commet les éléments constitutifs de l’infraction mais il aide l’auteur à accomplir l’infraction. Le
rôle du complice est sur la plan technique, un rôle accessoire : il va faciliter la réalisation de
l’infraction. Lorsqu’on est en présence d’un complice par instigation, son rôle est plus important
Pour que la complicité soit imputable, il faut certaines conditions.

Paragraphe 1. Les conditions de la complicité

La complicité se trouve à l’article 121-7 du CP pour les crimes et les délits et à l’article r 610-2 pour
les contraventions. Pour que la complicité soit imputable il faut qu’une infraction principale soit
commise. De plus, le complice doit avoir commit certains actes limitativement énumérés par la loi.

A.L’existence d’une infraction principale punissable

Il n’existe pas de complicité punissable si l’on a pas d’infraction principale punissable ; Le système
retenu par le droit français, pour réprimer les actes de complicité utilise le système de la criminalité
d’emprunt. L’acte complice n’a pas de criminalité propre mais il prend son caractère pénal par
rapport au fait principal auquel il se rattache. On dit que l’acte de complicité emprunte sa
criminalité au fait délictueux de l’auteur principal. Cela ne signifie pas pour autant que l’auteur du
fait principal doit être obligatoirement condamné, il suffit que l’on ai un fait principal.

1. Conditions nécessaires

Le fait principal auquel s’attache l’acte de complicité doit constituer une infraction pénale. L’acte de
complicité n’est pas punissable si le fait principal n’est pas punissable, c'est-à-dire s’il n’est pas
prévu par un texte de qualification. Les juges, avant de sanctionner un complice, vont devoir
constater les éléments du fait principal punissable. L’exemple traditionnel est celui de la
provocation ou de l’aide au suicide : un individu incite un tiers à mettre fin à ces jours en lui
indiquant par exemple les médicaments a prendre, en lui offrant une corde… cet individu ne peut
pas être considéré comme complice car le suicide n’est pas punissable. Cependant on peut être
poursuivi pour non assistance à personne en danger, homicide involontaire ou bien de l’acte
autonome de la provocation au suicide. Ex : ouvrage « le mode d’emploi du suicide ».
Si le fait principal est abstraitement incriminé, c'est-à-dire tombe sous le coup de la loi mais pour
diverses raisons, est insusceptible d’être incriminé, dans ce cas, l’acte de complicité qui doit être
rattaché à un fait principal, n’est pas punissable. Ex : un vol commis par la femme de la victime :
l’acte de vol est abstraitement incriminé : le vol est dans le texte de qualification, mais, en raison de
la qualité de l’agent, l’acte est couvert par une nullité prévue par l’article 311-12. Pour la même
raison, la répression du complice est impossible si le fait principal est prescrit. De même, lorsque
l’auteur du fait principal n’a commit qu’une tentative dont il s’est désisté volontairement le
complice n’est pas punissable. La complicité dans l’acte préparatoire échappe également à la
répression. C’est ce qui s’est passé dans l’affaire Lacour. La complicité dans la tentative, elle, est
punissable.
Il ne suffit pas que le fait principal soit réprimé, il faut également qu’il soit qualifié de crime ou de
délit. Si le fait principal est une contravention, le code pénal admet la complicité et distingue selon
qu’il s’agit d’une complicité par instigation ou d’une complicité par aide ou assistance. La
complicité par instigation est toujours réprimée même si elle n’est pas prévue par le texte de
qualification (art 121-7 ali 2 et r 110-2). La complicité par aide ou assistance n’est généralement pas
punissable, elle n’est réprimée que si elle est prévue expressément dans les textes règlementaires
d’incriminations. Ex : tapage nocturne.
La thèse de la criminalité d’emprunt aboutit également à ce que la poursuite de la complicité
dépende d’un point de vue procédural de celle du fait principal. Chaque fois que le fait principal ne
pourra faire l’objet d’aucune poursuite en raison de circonstances procédurales, les actes de
complicité demeureront impunis. Ex : quand la victime retire sa plainte.

2. Conditions suffisantes

Cela ne signifie nullement que le complice ne peut être condamné que si l’auteur principal est lui-
même punit. Si l’auteur principal n’est pas punit en raison de circonstances personnelles, le
complice, lui, reste pénalement responsable. Ex : l’auteur principal n’a pas été poursuivi parce qu’il
est inconnu ou décédé.

1.1 L’existence d’un acte de complicité

Cet acte de complicité suppose un élément matériel décrit par l’art 121-7 CP et, un élément moral.
Le complice doit avoir participé sciemment à l’infraction.

1. L’acte matériel de la complicité


Pour être punissable, l’acte matériel doit obligatoirement prendre l’une des deux formes de
participation mentionnées à l’article 121-7 CP :
- Aide ou une assistance : complicité par collaboration
- Instigation
Dans le cas contraire, on va se trouver en présence d’un comparse et la responsabilité pénale d’un
comparse ne peut pas être engagée. Ex : conseil à un ami de tuer sa maitresse.

a) Aide ou assistance
C’est la forme de complicité la plus rependue. Elle peut revêtir plusieurs formes. L’assistance
suppose la présence sur place du complice. Ex : immobilisation d’une personne en cas de viol,
neutralisation d’un gardien pour permettre un vol… L’aide concerne toutes les hypothèses où il y a
fourniture de moyen. Ex : fournir une arme, prêter une maison,… La complicité par collaboration
n’est punissable que s’il s’agit d’un acte positif, elle ne peut pas consister en une simple abstention.
La personne qui assiste passivement à la commission de l’infraction n’est pas complice. Ensuite,
l’aide ou l’assistance pour être punissable doit consister en un acte antérieur ou concomitant à
l’infraction. Cela signifie que l’acte de complicité doit se situer soit au stade des actes préparatoires,
soit pendant la réalisation de l’infraction. Lorsque l’acte de complicité intervient après la
consommation de l’infraction, il n’y a pas de complicité. Ex : celui qui charge les objets volés ne
peuvent pas être poursuivis pour complicité. De même, l’individu qui a fournit une balance pour
faciliter le partage du gain. Cependant, si l’aide a été promise avant la commission de l’infraction,
la jurisprudence admet que l’assistance postérieure à l’infraction est punissable. Ex : personne qui
attend dans la voiture pour prendre la suite avec les voleurs.

b) La complicité par instigation

La complicité du fait de l’instigation est prévue à l’article 121-7 du Code Pénal et présente :
« Est complice d'un crime ou d'un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en
a facilité la préparation ou la consommation.
Est également complice la personne qui par don, promesse, menace, ordre, abus d'autorité ou
de pouvoir aura provoqué à une infraction ou donné des instructions pour la commettre. »
La provocation est le fait d'inciter une personne à commettre une infraction. Pour que la
provocation soit consitutive d'un acte de complicité, il faut d'une part qu'elle se réalise par l'un des
moyens énumérés à l'article 121-7A2 du CP "par don, par promesse, par menace, par ordre" .
L'ordre doit émaner d'une personne qui dispose d'un réelle autorité. D'autre part la provocation doit
être personnelle et directe c'est à dire qu'elle doit etre adressé à un personne particulière.
En ce qui concerne la fourniture d’instructions, cela va consister à donner à l’auteur de l’acte des
indications visant à faciliter la réalisation du crime ou du délit.
La fourniture d’instruction se distingue de la provocation par le fait qu’elle n’implique pas de
contraintes spécifiques sur la volonté de l’auteur des actes délictueux.
Il ne pourra y avoir complicité par instructions que dans le cas où les renseignements donnés
présentent une utilité certaine pour l’auteur principal.
Seront exclues les vagues indications s’avérant inutiles.
De même, la complicité doit supposer un élément moral.

2 – Elément intellectuel de la complicité

Le complice doit avoir agit en tout état de cause et de son propre chef, intentionnellement.
Cet élément moral se décompose en deux, à savoir une connaissance certaine des actes délictueux
de l’auteur principal ainsi qu’une volonté non contrainte de participer à cet infraction.
Cela est explicite à l’article 121-7 du Code Pénal mentionnant que l’aide ou assistance doit être
apportée sciemment et que les instructions doivent être donnés pour commettre l'infraction alors que
la provocation ne suppose nécessairement chez son auteur que la volonté de voir réaliser
l’infraction.

La preuve intentionnelle à charge de preuve va relever du ministère public afin que soit établie la
qualification des éléments constitutifs de l’infraction.

L’élément moral va soulever toutefois trois difficultés :

• La première de ces difficultés consiste en le repentir du complice avant la commission


des actes, laquelle doit être concomitante à l’aide assistance ou fourniture de moyens. La personne
qui va se rendre compte après coup qu'elle a trop parlé ne sera pas complice de l'infraction.
En telle circonstance, son impunité(changement d'avis sur la commission de l'acte avant que celui ci
se réalise) ne lui sera assurée que par la commission d’un acte positif visant à tenter d’empêcher la
commission de l’infraction.

• La seconde des difficultés est la discordance de l’infraction envisagée et celle


commise.

En telle circonstance, le complice sera-t-il sanctionnable ?


Si l''infraction commise est moins grave que celle prévue initialement la question est règlée.
Mais Il le sera si l’acte s’avère plus grave que l’acte initialement prévu mais il faut surtout dégager
deux situations dégagées par la jurisprudence.
Il faut donc distinguer si l’infraction réalisée s’avère absolument sans rapport avec celle
initialement prévue, auquel cas la complicité ne sera pas punissable.
Il faudra aussi distinguer si l’infraction commise telle que prévue au départ mais se réalisant dans
des conditions toutes autres que les conditions envisagées au départ pouvant constituer des
circonstances aggravantes réelles intervenues à l’acte originalement prévu, auquel cas la complicité
sera ici punissable.

• La troisième de ces difficultés va résider en des infractions commises non


intentionnellement soit par imprudence, soit par négligence.

Il faudra discerner qu’il ne pourra pas y avoir de complicité retenue malgré une éventuelle
incitation, l’acte de complicité devant comprendre un élément moral intention.
Ex : une incitation par un client à un chauffeur de taxi ayant entrainé un accident à brulé un feu de
signalisation au rouge fixe. Le client est appelé coauteur de l'infraction mais non complice.
En vertu de l'article 121-3A4, si le dommage n' a pas été causé directement, il sera plus difficile de
retenir la responsabilité pénale d'une personne commme auteur ou comme complice.

Paragraphe 2 : La sanction de la complicité

La sanction de la complicité est mentionnée à l’article 121-6 du Code Pénal et celui-ci précise que
le complice sera sanctionné comme l’auteur.
Le législateur assimile un complice à un auteur.
Il encourt donc les mêmes peines que celles encourues par l’auteur : peines accessoires et
complémentaires..

Section 2 : La responsabilité pénale des personnes morales

La responsabilité pénale des personnes morales est une des grandes innovations de l’entrée en
vigueur du Nouveau Code Pénal en date du 1er mars 1994.
Avant cette date, seules les personnes physiques pouvait être reconnues responsables, mais à
compter de cette date, le droit pénal reconnait la responsabilité des personnes morales, renouant
ainsi avec des principes classiques.

Cela implique que des personnes morales peuvent être condamnées par des tribunaux répressifs.
L’article 121-2 du Code Pénal prévoit cette responsabilité pénale des personnes morales en
disposant ce que suit : « Les personnes morales, à l'exclusion de l'État, sont responsables
pénalement, selon les distinctions des articles 121-4 à 121-7 (Abrogé par L. n° 2004-204 du 9
mars 2004, art. 54, à compter du 31 déc. 2005) «et dans les cas prévus par la loi ou le règlement»,
des infractions commises, pour leur compte, par leurs organes ou représentants.
Toutefois, les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont responsables pénalement que
des infractions commises dans l'exercice d'activités susceptibles de faire l'objet de conventions de
délégation de service public (L. no 2000-647 du 10 juillet 2000) «La responsabilité pénale des
personnes morales n'exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes
faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l'article 121-3.»

Paragraphe 1 : Le champ d'application de la responsabilité pénale des


personnes morales

Depuis la loi du 31 décembre 2005, la responsabilité pénale des personnes morales s'applique à
l'ensemble des infractions à l'exception des délits de presse et infractions assimilées.

A – Une responsabilité générale quant aux personnes morales :

Il résulte que seuls les groupements détenant la personnalité juridique sont susceptibles d’être
reconnus et déclarés pénalement responsables.
Sont exclus, tous les groupements en raison de leur forme juridique dépourvue de la personnalité
juridique, comme par exemple une société créée de fait, en participation, une association non
déclarée.
On va tout de même différencier les personnes morales de droit public et les personnes morales de
droit privé.

• Ces personnes morales de droit privé ne souffrent exception en aucune circonstance et


seront
reconnues responsables en toutes circonstances, que leur activité soit à but lucratif ou non, la
responsabilité pénale sera retenue en cas d’infraction.

• Pour les personnes morales de droit public, la responsabilité sera également reconnue
pour toute personne morale de droit public disposant de la personnalité juridique en matière pénale
en cas d’infraction, sauf en ce qui concerne l’Etat en tant que personne morale de droit public.

En ce qui concerne les collectivités territoriales, elles peuvent être reconnues pénalement
responsables en tant que personnes morales de droit public mais de manière restrictive comme
l’indique l’article 121-2 alinéa 2 du Code Pénal en ces termes :
« Toutefois, les collectivités territoriales et leurs groupements ne sont responsables pénalement que
des infractions commises dans l'exercice d'activités susceptibles de faire l'objet de conventions de
délégation de service public ».

Les activités susceptibles de faire l’objet d’une délégation de service public sont celles qui ne
mettent pas en œuvre des prérogatives de puissance publique mais relèvent du pouvoir de gestion
des collectivités, comme par exemple les servies de transport d’enfant, les éboueurs, le service de
distribution de l’eau…
Ces activités peuvent être soit gérées directement par la collectivité territoriale, soit déléguées à une
entreprise privée sous contrat.
Si la collectivité territoriale décide de gérer elle-même ce service, et que dans le cadre de cette
gestion elle commette une infraction pénale, elle pourra être reconnue et déclarée responsable par
une juridiction répressive qui pourra la condamner, comme l’aurait été une entreprise privée en cas
de délégation.

En revanche, les collectivités territoriales et leur groupements, sont pénalement irresponsables


lorsqu’ils commettent des infractions pénales à l’occasion d’activités mettant en œuvre des
prérogatives de puissance publique telle des activité de maintien de l’ordre, de la tenue des registres
d’état civil, de la délivrance d’actes.
L’exercice de ces activités ne pouvant disposer de délégation ces actions ne peuvent être reconnue
comme pénalement sanctionnable.

B – Une responsabilité générale quant aux infractions.

Lorsque le Code Pénal a été réformé, cette responsabilité n’était applicable que dans les cas où elle
avait été expressément prévue dans des cas spécifiques.
Cependant, ce principe de spécialité a été abrogé par la loi du 09 mars 2004 entrée en vigueur le
31 décembre 2005.
Cette loi a tout bonnement généralisé la responsabilité pénale des personnes morales et est mise en
application quelle que soit l’infraction commise.
Lorsqu’il y avait spécificité, la peine applicable à l’infraction était indiquée pour une personne
morale.
Or, ne disposant plus de texte spécifique, il faudra nécessairement se reporter aux textes généraux
131-37, 131-38 et 131-40 du Code Pénal.
Paragraphe 2 : Les conditions de mise en oeuvre de la responsabilité
des personnes morales

Une personne morale est une fiction juridique, ce qui revient à dire qu’elle ne peut commettre
physiquement et matériellement un acte délictuel ou criminel comme par exemple un vol.
C’est la raison pour laquelle l’article 121-2 du Code Pénal pose le principe du fait que les
personnes morales sont pénalement responsables des infractions pénales commises pour leur
compte par leurs représentants ou organes. Cet article pose les conditions qui permettent d'imputer
une infraction à une personne morale.

A – Les conditions d’imputabilité d’une infraction à une personne morale.

L’article 212-2 du Code Pénal prévoit deux conditions cumulatives, à savoir relatif à l’auteur
et relatif au prête-nom.

En première condition, la personne morale ne sera tenue pour responsable que lorsqu’un de
ses organes ou représentant aura commis une infraction pénalement sanctionnable et si cette
dernière a été commise pour le compte de la personne morale, en l’espèce que les personnes
physiques aient agi dans l’intérêt de la personne morale.
En outre, si une infraction est commise par un organe ou représentant de la personne morale
mais n’agissant pas pour son intérêt, pour son compte, sa responsabilité ne pourra être retenue et
engagée.

B – Les modalités d’imputation d’une infraction à une personne morale.

Cela signifie que toutes les règles relatives à la tentative, complicité et commission sont
applicables à une personne morale, tant en matière délictuelle que criminelle.
Il n’y aura pas forcément exclusion de la responsabilité pénale individuelle des personnes
ayant agit pour le comptes d’une personne morale reconnue pénalement responsable, comme
l’indique l’article 121-2 alinéa 3 du Code Pénal.
Il y aura cumul des responsabilités ne s’excluant pas entre elles.