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CPR du 11 février 2019 : 250 suppressions d’emplois!

CPR après CPR, la litanie des suppressions d'emplois se poursuit : 250 suppressions d'emplois
annoncées en février...Combien en mars ?

Pourquoi étaler les annonces sur plusieurs CPR ? Comment parler de reclassement alors que des
nouvelles suppressions d’emplois vont être annoncées ?

La Chambre tire rapidement les conséquences de la loi de finances 2019 (CCIT d'Essonne et de
Seine et Marne), de la loi pacte (disparition des CFE) et de la loi sur l'avenir professionnel (fin de la
collecte et de la répartition de la taxe d'apprentissage).

1) Actualité consulaire
Le directeur général a fait un bref tour d'horizon de l'actualité consulaire.

Il a indiqué que le contrat d'objectifs et de performance, dont le contenu sera déterminant, devrait
être signé « dans les prochaines semaines ». L’élaboration de l’offre nationale unifiée (services aux
entreprises) a également pris beaucoup de retard.

Concernant la CCIR, il a relevé que malgré la nouvelle rédaction du texte sur la mission
consultative nationale, le champ d'action de la DGA-VIE demeurait « incertain ».

Il a ensuite indiqué qu'il n'était pas possible, à ce jour, d'être plus précis sur la situation des
fonctions support. Il a cependant annoncé que plusieurs réunions seraient organisées avec les
représentants du personnel en mars pour présenter les options soumises aux élus à l'Assemblée
générale d'avril.

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En ce qui concerne la loi pacte, il a souligné que le texte adopté par le Sénat différait sur de
nombreux points de celui de l'assemblée nationale, ce qui nécessitait la réunion d'une commission
mixte paritaire, voire un nouvel examen du projet de loi.

Sur le plan social, il a noté que la convention collective nationale fixera les thèmes qui pourront
faire l'objet d'une négociation régionale. Cette rédaction constitue un compromis entre la volonté
de CCI France de conserver le monopole de la création de règles au niveau national et celle de la
CCIR d'élargir le champ de la négociation locale.

Enfin, le rapport de l'IGF sur l’évaluation des actifs des CCI a été remis à CCI France. L'IGF conclut
– sans surprise - que les CCI ont un patrimoine, notamment immobilier, suffisant pour faire face au
coût des restructurations (lire : des licenciements et des allocations chômage). L'observation vaut a
fortiori pour la CCIR de Paris Ile de France. Ce constat conduit l'IGF à écarter toute préconisation
de solidarité inter-consulaire.

La direction générale communiquera le rapport aux représentants du personnel.

Nos observations :

D'autres apports du Sénat sur le statut des agents méritent d’être signalés :

Le Sénat a adopté des dispositions transitoires pour les nouveaux personnels de droit privé, qui
seront recrutés entre la publication de la loi « pacte » et l'agrément de la future convention
collective nationale.

Surtout il a fixé à 12 mois (au lieu de 6) le délai d'option pour un contrat de droit privé qui sera
ouvert aux actuels salariés (agents publics), à compter de l'agrément de cette convention
collective.

Les nouvelles instances de représentation du personnel -issues du code du travail-, qui auront
compétence pour l'ensemble des salariés des CCI – agents publics et salariés de droit privé, ceux
recrutés après la publication de la loi pacte ou ceux qui auront opté pour ce contrat - seront élues
dans les 6 mois qui suivront l'agrément de la convention collective nationale.

Enfin, un amendement du Sénat introduit un mécanisme de transfert pour les agents des CCI qui
exercent une activité reprise par une autre personne publique ou privée (par exemple, les agents
des CFE ou ceux chargés de la collecte de la taxe d'apprentissage).

En cas de refus de l'agent d'accepter ce transfert, et donc un engagement (public) ou un contrat de


travail (privé) avec le nouvel organisme, la CCIR peut licencier l'intéressé pour suppression d'emploi,
selon les règles du Statut du personnel des CCI (et non selon les règles de l'organisme qui reprend
l'activité).

2) Institut Friedland et IFA Chauvin : licenciements à venir


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Trois mois après la décision de l'Assemblée générale, la CPR a été informée du bilan de la
procédure statutaire de reclassement : sur les 6 collaborateurs de l’Institut Friedland, un seul a
pu être reclassé.
Avec le formateur de Chauvin, six agents au total seront probablement licenciés – même si la
DGARH rappelle que la recherche de reclassement se poursuit pendant le préavis-

Nos observations :

Ce triste bilan suscite à la CFE-CGC une vraie colère :

D’une part, parce que notre conviction - exprimée à de multiples reprises et notamment à la CPR
d'octobre 2018 - est que le contexte financier des CCI n'est pas la véritable raison de la suppression
d'une entité de 6 personnes ;

D’autre part, parce que nous considérons, sur un plan général, que la méthode adoptée par la
CCIR vide de sa substance l’obligation de reclassement : la Chambre identifie et communique des
postes vacants aux agents concernés mais elle les met en concurrence avec d'autres agents, dont la
plupart ne sont pas en situation de reclassement !

Que reste-t-il dans ces conditions de la priorité de recrutement inhérente à l'obligation de


reclassement ? Imagine-t-on la CCIR mettre un agent qui doit être reclassé en raison d’une
inaptitude physique à son poste de travail en concurrence avec d'autres agents ?

La CFE-CGC a dénoncé avec force cette méthode singulière - inusitée dans les institutions
publiques et privées -, que nous contestons, sur le plan juridique comme sur le plan humain.

Et le saucissonnage des annonces de suppressions d’emplois nuit à la visibilité des postes


réellement offerts au reclassement : qui sait si un poste vacant ouvert au recrutement dans une
école ne sera pas supprimé dans quelques semaines ?

3) Une nouvelle vague de 250 suppressions d'emplois

a) Dans les CCI territoriales d'Essonne et de Seine et Marne :

Les directeurs généraux de chacune des CCIT ont présenté des projets de nouvelle organisation
resserrée qui vont conduire à supprimer :

– « une soixantaine d'emplois permanents » sur 120 en Essonne


– « une cinquantaine » sur 225 en Seine et Marne

Dans les deux CCIT, la création de postes commerciaux est à l'étude. Le CFA pluridisciplinaire de
l'UTEC (Seine et Marne) pourrait connaître un développement et accueillir plus d'apprentis- à
effectif d'enseignants constant- en augmentant le nombre d'élèves par classe.

Nos observations :
La CFE-CGC a demandé communication des organigrammes actuels des deux CCIT, qui ne
figuraient pas dans le dossier des membres de la CPR.
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Le pourcentage moins élevé de suppressions d’emplois en Seine et Marne s’explique probablement
par la présence d’un CFA, l’Essonne n’ayant plus de personnel enseignant sous statut consulaire.

Le taux de 50% dans une entité qui se consacre uniquement à l’appui aux entreprises peut
interpeler l’ensemble du secteur de l’appui…

b) Dans les CFE relevant de la CCIR :

« Une soixantaine d'emplois permanents », sur 78, seront supprimés.

c) A la DFCTA :

Les 77 postes permanents seront supprimés.

La CFE-CGC s'est étonnée de ne voir aucune traduction concrète – en maintien de postes - des
projets d'offre de services (contrats d'apprentissage) et de force de vente.

Le DGAERF a assuré qu'il s'agissait bien de projets, qu'il y « réfléchissait encore » et que « rien
n'était abandonné ».

4) Convention relative à la mise à la disposition de HEC Paris et d’ESCP Europe


d’agents de la CCIR de Paris Ile de France

a) Eléments de contexte

Lorsque la CCIR a décidé de filialiser HEC Paris (2016) puis ESCP Europe (2018), elle leur a donné le
statut d’établissement d’enseignement supérieur consulaire (EESC), créé par l’article 43 de la loi du
20 décembre 2014.

Ce texte prévoit une mise à la disposition, collective et obligatoire, du nouvel établissement des
agents de la CCIR qui y étaient affectés pendant une durée maximale de 15 ans.

Les conditions de déroulement et de cessation de la mise à la disposition, ainsi que la répartition


des coûts, sont fixées par une convention conclue entre la CCIR et l’établissement d’enseignement.

Pendant la durée de la mise à la disposition, l’agent reste un agent public, soumis au statut du
personnel des CCI.
Pendant la durée de la mise à la disposition, lui seul peut choisir d’opter pour un contrat de droit
privé avec le nouvel établissement.
Au terme de la période de mise à la disposition, l’établissement doit lui proposer un contrat de
droit privé et en cas de refus de l’agent, il est réintégré à la CCIR (et donc affecté sur un poste ou
licencié pour suppression d’emploi en cas d’absence de poste vacant correspondant au sien).

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Comme elle l’a toujours affirmé à ses élus, aux représentants du personnel et aux agents d’ESCP
Europe et d’HEC Paris, la CCIR a décidé que la mise à la disposition aurait une durée de 15 ans,
soit la durée maximale prévue par la loi.

b) Le projet de modification de la convention

A la CPR du 11 février 2019, la DGARH a présenté à la CPR pour avis un projet de modification de
la convention permettant à la CCIR de décider « dans l’intérêt du service » une fin anticipée de la
mise à la disposition de l’agent titulaire (donc avant l’expiration de la période de 15 ans) :

- soit de sa propre initiative


- soit à la demande de l'établissement.

Une fois réintégré, l'agent est affecté à un poste vacant de niveau au moins équivalent et à défaut
de poste vacant la rupture de la relation avec l'agent « peut être envisagée ».

La DGARH a expliqué que la CCIR souhaitait préciser et harmoniser les conditions de fin de mise à la
disposition, en cas de mobilité ou de restructuration d'un EESC1.

Nos observations :
La CFE-CGC s’oppose résolument à ce projet pour deux raisons :

- La CCIR revient sur un engagement formel qu’elle avait pris, notamment vis-à-vis des
agents concernés d’HEC Paris et d’ESCP Europe : garantir à tous ceux qui le souhaitent le
maintien du statut d’agent public pendant une durée de 15 ans à compter de la filialisation ;

- Ce projet fait planer une menace pour les agents : la CCIR veut pouvoir interrompre à tout
moment la mise à la disposition, quitte à se substituer à sa filiale, pourtant dotée de
l'autonomie juridique liée à la personnalité morale.

Et la note communiquée aux membres de la CPR indique que

« Le délai de deux mois prévu entre l'information du projet et la décision de mettre fin à la mise à
la disposition pourra être utilisé par les collaborateurs concernés pour faire valoir leurs
observations et le cas échéant, demander la conclusion d'un contrat de droit privé avec l'EESC ».

La CFE-CGC voit dans cet avenant un moyen de faire pression sur les collaborateurs
pour l'abandon du statut public : quand on sait que le statut d'EESC va être utilisé
pour d'autres écoles de la CCIR, le message envoyé par la Chambre à ses salariés
est pour le moins inquiétant.

5) Bilan de l’élargissement des mesures transitoires RSAV

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Les deux établissements ont des difficultés à atteindre l’équilibre financier.

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Le DGARH a indiqué que 69 agents (dont 12 étaient déjà éligibles avant la modification intervenue
lors de la CPR d’octobre 2018) ont choisi de quitter la CCIR d’ici la fin 2019 dans le cadre de ce
dispositif, sur un total de 138 identifiés comme bénéficiaires potentiels.

Sur ces 69 collaborateurs, 15 travaillent dans les deux EESC et 9 dans des établissements où les
postes seront supprimés (Novancia, DFCTA, CFE).

Les 45 autres postes ont donc vocation à être ouverts au recrutement et pourront accueillir des
collaborateurs à reclasser.

6) Novancia
La situation de 21 enseignants et 6 administratifs n’est toujours pas réglée, même si la DGAERF a
des « espoirs de mobilité pour 9 d’entre eux »

Nos observations :

La CFE-CGC a interrogé le président de la CPR sur la date à laquelle l’Assemblée générale de la CCIR
supprimera les postes de Novancia.

Ce qui éviterait d’entendre dire, contre toute évidence, qu’à quelques semaines de la fermeture de
l’école - décidée en 2016 -, les collaborateurs encore présents ne sont pas en situation de
reclassement.

La Chambre a décidément bien du mal avec le reclassement : même le mot lui fait peur…

7) Informations diverses

- Jouy en Josas : Les discussions sur l’avenir des formations de L’EA se poursuivent et des
contacts ont été pris avec une fédération professionnelle.
- Placement des apprentis : Entre septembre et décembre 2018, la CCIR a perdu, faute de
placement, 800 apprentis, chiffre jugé troublant par le DGAERF. Ce qui représente environ
8 % de l’effectif annuel.
- Ruptures conventionnelles : depuis la réactivation du dispositif en janvier, 14 demandes
ont été formulées (et 13 acceptées). La DGARH communiquera aux représentants du
personnel la répartition par établissement.
NB : Malgré nos demandes, la version à jour du Statut du personnel des CCI (pour les
suppressions d’emploi et les ruptures conventionnelles) n’est toujours pas disponible sur
l’intranet régional.

Rejoignez-nous ! Dans le contexte actuel, votre engagement est essentiel pour la défense de
tous !
Vos représentants élus : Dominique Toujas (DGAERF) et Dominique Richez (DGAF)

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