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Volume LxxxvIi n°23

- Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa -

ICI POUR
RESTER

www.larotonde.ca LaRotonde @LaRotonde La RotondeVideo la_rotonde1932


08 avril 2019
ÉDITORIAL : Rester debout, encore et toujours

Premier comité du Syndicat étudiant.................................................. P. 5


ENTREVUE AVEC paige booth................................................................................. P. 6-7
actualités

ENTREVUE AVEC JACQUES FRÉMONT........................................................................ P. 8-9


Sondage harcèlement à caractère sexuel........................................ P. 10
RÉCAPITULATIF 2018-2019.................................................................................... P. 11
3 QUESTIONS / FRANCOSPHÈRE.............................................................................. P. 12

L'art en prison................................................................................................ P. 13
QUE FAIRE CET ÉTÉ ?............................................................................................... P. 14-15
Arts

CHRONIQUE.............................................................................................................. P. 16
La vie d'une peintre monoparentale................................................... p. 17

expérience unique................................................................................ P. 18
ENTREVUE DE BASKET-BALL........................................................................ P. 19
sports

2018-2018 CHEZ LES GEEGEES................................................................... P. 20-21


CHRONIQUE ET ÉTOILES............................................................................... P. 22

UNES DE L'ANNÉE......................................................................................... P. 23
LA ROTONDE AU PRÉSENT............................................................................. P. 24-25
autres

LA ROTONDE AU PASSÉ................................................................................. P. 26-29


LES COULISSES DE LA ROTONDE.................................................................... P. 30
HOROSCOPES ET BD...................................................................................... P. 31
section

éditorial Mathieu Tovar-Poitras


redaction@larotonde.ca
Rédacteur en chef

Rester debout, encore et toujours


une réalité, mais cela n’en fait pas gage d’ode à la presse étudiante. Soyez indul- Et c’est ça La Rotonde. Ce n’est pas une
MATHIEU TOVAR-POITRAS
de réalisation garantie. Au contraire, s’il gent, faut bien que quelqu’un le fasse et édition papier. Ce n’est pas un site web
RÉDACTEUR EN CHEF
est possible de continuer l’impression du comme on le dit, on n’est jamais mieux et des comptes sur des réseaux sociaux.
Il est fort probable que cet éditorial journal, vous pouvez être certain que ce servi que par soi-même. Parce que oui,
soit le dernier à être publié dans une sera l’option avec le plus de préséance – la presse étudiante est généralement C’est des gens.
édition papier de La Rotonde. Depuis et que cet éditorial n’aura plus aucune laissée à elle-même.
C’est du monde qui ose. C’est du monde
1932, cet hebdomadaire a un mandat de valeur, ce qui dans ce scénario serait un
Les médias traditionnels ont la fâcheuse qui tente, au risque de se planter. C’est
porte-parole revendicateur qui n’hésite sacrifice qui en vaut la peine.
manie de souvent la regarder de haut du monde qui, même des années après
pas à brasser les choses. Pas seulement
ou encore pire, la négliger. Mais soyons avoir quitté le journal, a toujours la fierté
dans le but de faire râler le monde, mais À votre tour de poser des questions
quand même honnête, il arrive, parfois d’y avoir été.
la vérité ne plaît parfois pas à tous.
Sacrifice, c’est un terme à connotation même entre les journaux étudiants, que
Vous lirez à partir de la page 24 de la pré-
Au fil des années, cette institution s’est quasi-héroïque. Est-ce un sacrifice que les crédits ne soient pas reconnus. À
développée. À ses débuts, La Rotonde cause de la diminution de la capacité de sente édition des chroniques signées par
de travailler et de contribuer à ce jour-
était assez conservatrice, mais elle a en- ces institutions, ce sont des phénomènes des membres de l’équipe actuelle ainsi
nal ? Non quand même, gardons une pe-
suite changé son fusil d’épaule de façon qui risquent de perdurer. que par des rotondiens et rotondiennes
tite gêne. C’est d’abord et avant tout un
drastique. On ne devient pas le journal qui ont gradué de cette école de forma-
privilège et une opportunité en or.
Mais il faut continuer. Tant et aussi tion de facto. Prenez le temps de lire
le plus censuré au Canada en restant ti-
Pensez-y. À une époque où l’expérience longtemps qu’il y aura des personnes chacune d’entre elles. Vous en appren-
mide. Eh oui, c’est en 1956 que la Presse
est un facteur clef pour les débouchés voulant écrire ou contribuer à leur jour- drez énormément sur La Rotonde et sa
universitaire canadienne a décerné cet
professionnels, faire partie d’une insti- nal étudiant, celui-ci existera. C’est aussi famille.
honneur journalistique à La Rotonde.
tution est d’un appui considérable. Non simple que ça. Certes l’argent est non
Pourtant, elle est restée debout.
seulement il est possible d’y développer négligeable, mais tout l’argent du monde Vous comprendrez pourquoi elle n’ac-
Aujourd’hui, son futur est incertain, mais des habiletés, mais en plus on y apprend ne peut remplacer la réelle motivation de ceptera tout simplement pas de baisser
pour des raisons financières, comme à la dure en mettant tout de suite la main jeunes adultes qui s’impliquent. les bras.
quoi c’est encore et toujours l’argent à la pâte. C’est bien beau la théorie, mais
qui guide le monde. Les changements c’est l’application qui fait la différence.
annoncés par le gouvernement Ford vi-
sant les frais pour les services qualifiés Maintenant, allez parler à quelqu’un qui
de non-essentiels dirigent la majorité a évolué au sein d’un journal étudiant.
des regards vers les syndicats étudiants. Posez des questions sur son expérience
Mais les médias universitaires indépen- et écoutez, mais vraiment. Oui, vous al-
dants mangeront aussi toute une volée. lez entendre des commentaires sur les
horaires surchargés par les cours et les
Les fonds qui par le passé étaient inclus
articles. On vous racontera des histoires
dans les cotisations étudiantes devien-
de nuits blanches carburées à la caféine
dront optionnels. C’est-à-dire que le
devant un écran où ne s’y trouve qu’une
budget de ces institutions sera non seu-
page garnie que d’un curseur clignotant.
lement plus précaire qu’en ce moment,
mais qu’à moins d’être un oracle, il sera Mais retenez surtout la fierté de leur ton
impossible de pouvoir prédire la capaci- lorsqu’ils vous relatent leurs expériences.
té financière à l’aube de chaque session. Remarquez bien le sourire espiègle qui
À cause de cette réalité qui s’abattra fait toujours un caméo lorsqu’on les
bientôt, des changements s’imposeront questionne sur leurs anecdotes. Parce
pour assurer la survie des journaux. La que oui, c’est périlleux comme engage-
Rotonde n’y fait pas exception. ment, mais faire partie de La Rotonde, et
de n’importe quelle presse étudiante in-
Mais il faut rester optimiste. Il est pro-
dépendante, est une expérience unique.
bable que ce soit la dernière édition
papier, mais ce n’est pas un fait confir-
Tenir tête
mé pour l’instant. Ce scénario est celui
ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
ayant le plus de probabilité de devenir Bon, cet éditorial a pris une tournure

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section

ACTUALITÉS Gabrielle Lemire


actualites@larotonde.ca
Cheffe de pupitre

Premier comité du Syndicat étudiant

82,8 % des étudiant.e.s votent pour le transfert des frais au SÉUO


Le financement ne sera assuré que si les
MAEVE BURBRIDGE étudiant.e.s consentent à garder ces frais
JOURNALISTE auxiliaires dans leurs frais de scolarité.
Selon le recteur Jacques Frémont, « il
va falloir voir le comportement des étu-
Les étudiant.e.s posent leur sceau d'ap-
probation sur le Syndicat étudiant de diants, s’ils vont s’extraire ou vont com-

l’Université d’Ottawa (SÉUO) afin qu'il prendre que parfois d’ajouter quelques
assure dorénavant la gestion financière dollars, ça peut faire une grande diffé-
des services sur le campus. Les résultats rence à la vie communautaire et à l’im-
du référendum qui se déroulait du 3 au plication sociale ». C’est l’avenir de cette
5 avril confirment que le SÉUO accueille vie communautaire qui sera entre les
son tout premier comité exécutif comp- mains des étudiant.e.s en septembre.
tant quatre candidats élus par vote de
Revivifier la vie étudiante
confiance. La Rotonde révèle les pre-
mières priorités et projets d’avenir du Bien que le syndicat prévoit une baisse
comité en devenir. importante de son budget, les candidats
à l’exécutif restent motivés à réaliser
Un moment déterminant des projets ambitieux. Jason Seguya,
C'est avec 82,8 % des voix que la popu- commissaire à la vie étudiante, propose
lation étudiante de l'Université d'Ottawa l’organisation de plusieurs événements
a voté en faveur de la collecte de frais de collaboratifs entre les corps fédérés et
cotisation par le SÉUO. Malgré ses pro- le Syndicat. « La Semaine 101 est le seul
jets ambitieux, le financement de cer- événement collaboratif. J’aimerais or-
tains de ses services demeure précaire ganiser au moins un autre grand événe-
vu l’initiative de liberté de choix mise en ment collaboratif par année, à but phi- ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
place par le gouvernement provincial. lanthropique », explique-t-il.
qu’« il faut juste faire plus d’efforts pour turbulence qui a caractérisé la politique
Cette réforme prévoit le financement de Après son élection, les premières actions
planifier en fonction du budget ». étudiante au cours de l’année. Pour ce
29 % des services sur le campus jugés es- seront en lien avec la Semaine 101. Il
faire, Rony Fotsing, commissaire aux
sentiels par le gouvernement provincial. désire rédiger des règlements équitables Chaque dollar compte opérations, propose d'envoyer les rap-
Ceux-ci comprennent « les programmes assurant la sécurité des participants et ports financiers mensuels du syndicat
d'accompagnement à pied, les services fournir une formation aux guides de la La réduction du financement menace
à tous les étudiant.e.s via courriel, afin
de santé et de counselling, les sports et Semaine 101 en matière d’équité et de également l’existence de services et de
de faire preuve de transparence sur la
les loisirs ainsi que le soutien scolaire », prévention des agressions sexuelles. commerces sur le campus. La première
conduite financière. Fotsing voudrait
selon un communiqué émis le 17 janvier étape de Sam Schroeder, commissaire à
Réaliser des événements ambitieux tout également organiser des tables rondes
2019 par le ministère de la Formation et la revendication, s’agit du maintien des
en faisant face à une réduction poten- publiques, où les étudiant.e.s pourront
des Collèges et Universités. services pendant la période de transi- indiquer directement aux membres de
tiellement paralysante du budget sera
tion. Tenant compte du budget réduit, l’exécutif comment ils voudraient que
Les étudiant.e.s pourront sélectionner un défi de taille pour l’éventuel comité
il a l’intention d’optimiser l’utilisation leurs cotisations soient dépensées.
précisément, parmi les services jugés exécutif. Seguya prévoit que la vie étu-
des ressources pour limiter le gaspillage.
non-essentiels par le gouvernement, diante l’an prochain sera caractérisé
« La possibilité de maintenir les services Le SÉUO et le dossier francophone
ceux qu'ils veulent financer. Ceux-ci in- par de nombreuses levées de fonds pour
dépendra de l’efficacité, et ça risque de ne
cluent le Syndicat, les clubs, les corps fé- financer les événements sur le campus. Pour Natasha-Lyne Roy, commissaire
pas être facile », confie-t-il.
dérés, les médias étudiants, les conseils Il s’engage également à obtenir un finan- aux affaires francophones, la première
juridiques et les quatorze services mis cement externe le plus souvent possible. Regagner la confiance étudiante étape sera de s’assurer que les commu-
sur pied par la Fédération étudiante de Davantage d’événements collaboratifs nications du syndicat paraissent d’abord
l'Université d'Ottawa (FÉUO). La passe entre corps fédérés permettront de Le financement n’est pas le seul défi de en français, et ensuite en anglais. Roy
d'autobus U-Pass sera quant à elle prise mettre en commun les budgets selon taille que le SÉUO devra relever. Ce der- veut s’assurer que les services sur le
en charge par le service des cartes de Seguya. Il souligne la faisabilité des nier devra également tâcher de regagner campus soit tous offerts dans les deux
l'Université d'Ottawa. événements d’envergure en expliquant la confiance du corps étudiant après la langues officielles.

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Dire adieu à la FÉdération tenir le droit à ces espaces. Ça va être FÉUO, des procédures internes et de la SÉUO risque de perdre encore plus
MAEVE BURBRIDGE
difficile parce que je pense que l’Uni- constitution. On a entamé ces change-
JOURNALISTE de services au cours de sa transi-
versité veut reprendre beaucoup de ces ments mais c’était déjà trop tard.
Le moment des adieux est venu pour
tion ?
espaces-là.
la Fédération étudiante de l’Université LR : Croyez-vous que le SÉUO va être
PB : J’espère que non. J’espère aussi que
d’Ottawa (FÉUO). Paige Booth a débu- LR : Comment s'est déroulée, et va en mesure de créer un environne-
le référendum pour l’initiative Liberté
té l’année en tant que vice-présidente continuer de se dérouler, la tran- ment de travail plus sain ? de choix obtienne un oui pour pouvoir
aux affaires externes de la FÉUO et l’a
sition ? continuer à offrir ces services. Si le ré-
terminée comme présidente par inté-
PB: Je pense qu’il y aura toujours un
férendum ne passe pas, il ne va pas y
PB : Je pense que ça avance bien, mais certain niveau de désaccord, mais il
rim. S'étant retrouvée au centre d'une
avoir de syndicat ni de services. Rien
c’est difficile parce qu’il y a beaucoup faut faire de notre mieux en tant qu’in-
période tumultueuse en matière de
ne va rester. Le transfert des services
d’incertitudes. Le SÉUO devra signer dividus pour essayer de trouver des
politique étudiante, Booth se prononce
va dépendre de si on va pouvoir obte-
solutions aux désaccords. C’est impos-
par rapport au démantèlement de la une entente avec l’Université pour per-
sible de plaire à tout le monde, et c’est nir un financement pour les services ou
Fédération, aux politiques controver- mettre à la FÉUO de transférer ses ac-
un travail qui est vraiment difficile. Il non. Je pense qu’il faut faire preuve de
sées de Ford, et à la transition vers tifs au SÉUO. En ce moment, le SÉUO
faut être à l’écoute des commentaires créativité et d’innovation pour assurer
un nouveau syndicat étudiant. Pour n’est pas dans une position où il est ca-
et des critiques pour agir en fonction la continuité de tous les services parce
effectuer un retour sur l’année qui a vu pable de prendre en charge les actifs de
de ceux-ci. Il faut toujours garder de qu’on va avoir moins de financement.
la fin de l’institution, la dernière pré- la FÉUO. On attend aussi que le SÉUO
bonnes intentions pour assurer qu’on De la part de la FÉUO, on va contribuer
sidente de la FÉUO, Paige Booth, rend signe une entente pour reprendre les
ne se trouve pas dans une situation avec toutes les ressources qu’on peut
les comptes. employés syndiqués, mais avec le réfé-
toxique, mais je pense que le fait d’avoir pour s’assurer que les services puissent
rendum, il y a encore beaucoup d’incer-
La Rotonde (LR) : À plusieurs mo- des opinions fortes et des désaccords, continuer d'exister sur le campus, mais
titudes.
ça fait partie de l’environnement du il y a une limite à ce qu’on peut faire.
ments au cours des derniers mois,
LR : L'année a été particulièrement syndicat étudiant. Sans ça, on ne peut
vous avez exprimé des doutes LR : Qu’espérez-vous que le nouveau
pas prendre des décisions informées.
mouvementée avec des allégations
quant à la faisabilité de la tran- nouveau syndicat accomplisse pour
Je pense que c’est impossible d’avoir
allant de la fraude à un environ-
sition des services de la FÉUO au un syndicat parfait où il n’y a pas de la population étudiante ?
nouveau syndicat. Que pensez-vous nement de travail toxique, pou- désaccords.
vez-vous revenir sur ces moments PB : On a besoin de plus de ressources
de l’état actuel de cette situation?
LR : Est-ce que vous travaillez avec pour la santé mentale. C’est aussi une
et les défis qu'ils ont représenté ?
Paige Booth (PB) : Ça va être difficile le SÉUO ? Si oui, de quelle manière ? très bonne idée qu’il y ait un commis-

de faire la transition de tout, notam- PB: La chose la plus importante qu’il saire aux affaires francophones pour
PB : Oui, on a des rencontres chaque
ment des entreprises, mais je sais fallait que la FÉUO fasse, c’était d’être à faire plus pour les étudiants franco-
semaine. Personnellement, j’espère
que moi et les autres membres de la l’écoute des critiques. Je pense que cela phones sur le campus. Les étudiants
vraiment qu’il puisse réussir, donc si
FÉUO, présentement, on fait de notre a été une tâche particulièrement diffi- francophones souffrent beaucoup en
jamais il a besoin de quelque chose,
mieux pour aider le Syndicat étudiant cile pour la FÉUO, et la communication matière des études, de l’accès aux res-
moi personnellement et la FÉUO, on
de l’Université d’Ottawa (SÉUO). On par rapport à ces situations était aussi sources de santé mentale, et de la repré-
va s’assurer qu’il a les ressources néces-
a reçu un avis de vacances pour nous un point faible. Oui, c’était très difficile, sentation lors d’événements. J’espère
saires. Personnellement, je ne veux pas
avertir de quitter les lieux de l’Univer- mais il y avait clairement des points où voir le nouveau syndicat accomplir
m’impliquer officiellement dans l’orga-
sité. L’espace appartient à l’Université, la FÉUO devait agir. Je suis fière qu’on beaucoup sur ce plan-là. J’espère aussi
nisation.
donc le nouveau syndicat doit entrer en ait vraiment essayé de faire des chan- qu’il sera en mesure d’entretenir une

négociation avec l’Université pour ob- gements au niveau de la structure de la LR : Est-ce que vous pensez que le relation saine avec l’Université.

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actualités la rotonde numéro 23 7

entrevue avec Paige Booth


LR : Les élections du SÉUO sont en que je peux au nouveau syndicat pour
leur permettre d’accomplir le plus pos-
cours présentement. Comment ré-
sible. Ceci n’est pas la situation que
agissez-vous face au manque de
j’avais en tête quand j’imaginais mon
candidats ?
mandat au début de l’année, mais c’est
une expérience unique et j’ai beaucoup
PB : Je suis un peu déçue parce que j’ai
vu beaucoup de mobilisation de la part appris.

des étudiant.e.s pour avoir un nouveau


LR : On l'oublie mais vous aviez été
syndicat. Alors, ce serait bien s’il y avait
plus de candidats. Mais je comprends élue en tant que V.-P. aux affaires
que c’est un travail qui est difficile et externes, comment évaluez-vous
incertain, vu le référendum Liberté de votre mandat dans ce dossier ?
choix.
PB : Ce n’était pas parfait, pas du tout,
LR : Vis-à-vis le référendum sur les parce que j’avais beaucoup d’autres
services, pensez-vous que le résul- préoccupations. En termes de la col-

tat va pencher vers le oui ou vers laboration avec les corps fédérés, je
pense qu’on a beaucoup accompli. J’ai
le non ?
travaillé beaucoup avec l’Université, les
PB : J’espère que ça penche vers le oui, corps fédérés sur ses politiques et avec
parce que même si on obtient un oui, le Centre des droits des étudiants pour
la plupart des services restent des paie- créer des politiques justes. Je pense que
ments optionnels. Mais je ne peux rien j’ai beaucoup accompli sur ce plan-là,
prédire. Peut-être que les étudiants mais il y avait beaucoup plus d’objectifs
vont voir le montant qu’ils paient en que j’avais comme V.-P. externe.
cotisation, les 200 et quelques dollars,
et tout simplement dire non. Donc, j’es- LR : Si vous pouviez donner un
PHOTO : MATHIEU TOVAR-POITRAS
père qu’ils vont voter pour le oui, mais conseil aux nouveaux membres de
je pense qu’on doit continuer à commu-
PB : C’était difficile au niveau person- relations-là. On a beaucoup collaboré l'exécutif, que serait-il ?
niquer avec les étudiants pour les infor-
nel. C’était difficile de continuer avec avec les corps fédérés et les clubs. J’ai
mer des conséquences potentielles de PB : Ce serait de toujours garder des
mes études et de prendre soin de ma beaucoup travaillé avec les syndicats
ce référendum. bonnes intentions à l’esprit, que c’est
santé mentale, mais en fin de compte sur le campus comme le Syndicat ca-
nadien de la fonction publique, l’Asso- impossible de plaire à tout le monde, de
LR : vous prononcez-vous contre j’ai beaucoup appris et je suis contente
ciation des étudiant.e.s diplômé.e.s de travailler fort et de prêter l’oreille aux
l'initiative de Liberté de choix d’avoir vécu cette expérience. C’est une
l’Université d’Ottawa et l’Association critiques.
expérience dont je me souviendrai pour
du gouvernement progres-
toujours. des professeurs de l’Université d’Ot-
siste-conservateur ? LR : Que ferez-vous l'an prochain ?
tawa. Je suis vraiment fière des bonnes
LR : De quoi êtes-vous le plus fière relations que j’ai entretenues avec eux. PB : Je vais compléter mes études. Je
PB : Oui, parce que je pense que tous
les services sont essentiels. Le Centre
dans votre rôle de présidente par veux travailler dans la communauté
LR : Vous êtes la dernière prési-
de la fierté est un service essentiel, la intérim de la FÉUO ? Qu’est-ce que pour des causes entourant la santé
Banque alimentaire est essentielle, les dente de la FÉUO, comment pou- mentale. Je veux aussi déménager pour
vous auriez pu mieux gérer ?
médias étudiants sont essentiels. Tous vez-vous décrire la situation dans être plus près de ma famille. Je veux
ces services sont essentiels. PB : Je ne peux pas me rappeler d’un laquelle vous vous trouvez ? juste continuer avec une vie plus calme.
temps où les relations entre la FÉUO J’ai vraiment mis ma vie personnelle et
LR : De manière générale, comment et les corps fédérés étaient bonnes. Il PB : Unique. Je ne trouve pas les mots mes études de côté pour m’occuper de
s'est passé votre année en tant que y a toujours eu un écart. Cette année, pour la décrire. Je suis heureuse que la FÉUO cette année, mais je pense que
membre de l'exécutif de la FÉUO ? j’ai eu l’impression qu’on a rétabli ces j’aie l’opportunité de donner tout ce c’était nécessaire.

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UN Retour sur l’année avec le recteur


essayer de rendre nos programmes les cident de ne pas venir à l’université à ajouter quelques dollars peut faire une
GABRIELLE LEMIRE plus pertinents et les plus attrayants cause de ça. grande différence pour la vie commu-
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS possibles. nautaire et l’implication sociale.
En cette fin d’année scolaire, La
LR : Même si certains services
Rotonde s’est entretenue au télé-
LR : Dans le cadre de la politique pourront être maintenus, certains LR : On parle souvent d’apathie,
phone avec le recteur et vice-chance- provinciale de Doug Ford, qu’est-ce tombent sous le principe de liberté de manque d’engouement pour la
lier de l’Université d’Ottawa Jacques qui vous inquiète le plus par rap- vie sur le campus. Comment trou-
de choix mis en place  par le gou-
Frémont. En escale à Montréal entre
port à ces changements populistes vernement progressiste-conser- vez-vous l’état des lieux par rap-
deux voyages à l’étranger, celui-ci a
pris le temps de répondre à nos ques-
? vateur. Est-ce qu'on peut vraiment port à l’implication des étudiants ?
tions sur les défis qu’a comportés l’an- apposer l'étiquette de facultatif
JF: C’est une nouvelle façon de faire et JF : Ce qui est sûr c’est que l’implication
née 2018-2019.
moi, ce qui m’inquiète beaucoup, c’est sur certains frais connexes aux des étudiants se fait de toutes sortes de
l’impact sur les étudiants. Est-ce qu’on droits de scolarité ? façons. C’est important pour la vie du
La Rotonde (LR) : L’année scolaire a
va réussir à sauver la mise ? Il y a eu une campus et pour l’expérience étudiante.
été chargée, mouvementée. Quels réduction des frais de scolarité de 10 %, JF : Je pense qu’on a sauvé les meubles Il semble qu’il y ait un peu d’apathie.
ont été les plus grands défis à ce qui est un manque à gagner certai- pour certains frais, relatifs à la santé, Maintenant, est-ce que c’est anormal ?
surmonter depuis la rentrée pour Est-ce que ça vient avec la génération
vous, en tant que recteur de l’Uni- de nos étudiants ? Je ne le sais pas. Il
« Il va falloir voir [...] si les étudiants vont comprendre que
y a plusieurs clubs et initiatives que les
versité d’Ottawa ? parfois d’ajouter quelques dollars ça peut faire une grande étudiants prenaient, et s’ils venaient à
disparaître faute d’argent, on aurait un
Jacques Frémont (JF) : Un des défis différence à la vie communautaire et à l’implication sociale. »
campus beaucoup moins riche.
particuliers cette année a été le chan-
gement de gouvernement à Queen’s
nement pour l’Université. Mais ce qui aux assurances, aux sports. C’était ex-
LR : Comment s’assurer en tant
Park à Toronto et donc l’arrivée d’un
nouveau gouvernement avec de nou- m’inquiète le plus, c’est davantage l’im- trêmement important que ça demeure qu’écosystème universitaire que
velles façons de faire, de nouvelles prio- pact sur les étudiants, pas de la diminu- obligatoire. Moi, je dois vous avouer les allégations de fraude visant
rités politiques. Sinon, il y a toujours tion des droits, mais des changements que j’étais très confortable dans la si-
des membres de l’exécutif de la
les défis financiers et budgétaires. Un sur le programme de prêts et bourses tuation antérieure, mais les règles ont
RAFÉO, c’est difficile de voir quel va changé alors il va falloir voir le com-
Fédération étudiante de l’Universi-
autre défi a été la mise à jour de tous
nos programmes d’enseignement, il y a être l’impact réel sur les étudiants. C’est portement des étudiants, s’ils vont s’ex- té d’Ottawa ne se reproduisent pas
de grandes manœuvres qui se font pour un souci considérable que certains dé- traire ou vont comprendre que parfois avec le nouveau Syndicat ?

PHOTO: FÉUO

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actualités la rotonde numéro 23 9

ET vice-chancelier Jacques Frémont


JF : Nous allons négocier un contrat JF : Ce sont des gens qui occupent des stratégique et rejoint le plan qu’a JF : On en aura jamais assez. Si les
avec la nouvelle association où nous fonctions différentes. En salle de cours, émis la professeure Linda Cardinal jeunes ne le font pas, ce n’est pas le reste
allons exiger que des normes de saine les fonctions sont semblables : en- de la société qui va le faire. Sans faire
gouvernance soient adoptées. On ne seigner, amener les étudiants à déve-
en février. Concrètement, qu’est-
de l’âgisme, ce ne sont pas les vieux qui
peut pas se permettre de retomber dans lopper leurs habiletés. Les écarts font ce que l’Université va faire pour le feront. Les discours défaitistes, les
des situations comme dans celle où on partie de ce qu’on considère juste et assurer de continuer à faire discours identitaires, les moins de 25
était. Il faut aider la nouvelle associa- équitable par rapport aux autres fonc- ans ne marchent pas là-dedans. Vous
rayonner le bilinguisme au niveau
tion à reconstruire le lien de confiance tions exercées par les professeurs. Pour avez de longues décennies devant vous
et s’assurer que cette situation déplo- ceux à temps plein, l’enseignement est local, provincial, national et in-
et c’est vous qui allez payer le prix s’il
rable ne se reproduise pas. Mais, la une partie de leurs tâches mais ils rem- ternational ? n’y a pas de changements qui sont faits
partie doit se jouer entre les étudiants. plissent d’autres tâches importantes,
Ce sont eux qui ont à faire des choix, en recherche et rayonnement de l’éta-
à investir leur vie associative. Ce serait blissement. Pour les professeurs à « Vous savez, avoir des manifestations devant mon bureau, ça fait
réprouvable si le recteur se mêlait des temps partiel, ces autres volets ne sont
partie de la game aussi, ça va me faire plaisir. »
choix des étudiants à ce niveau-là. pas nécessairement présents. Certains
profs à temps partiel sont embauchés
LR : Quelles démarches sont entre- sur contrat à temps plein et enseignent
six cours par année. Ils ont des revenus au niveau du climat et de la protec-
prises pour entretenir des rela- JF : C’est une série de mesures qu’il va
plus stables, plus conséquents. On va tion de l’environnement. De pousser
tions non seulement harmonieuses falloir prendre pour s’améliorer, même
vers là de façon résolue et il faut négo- les problèmes vers les générations fu-
si plusieurs choses remarquables se font
mais qui vont bénéficier aux deux cier les choses avec les syndicats, c’est tures, il faut que ça cesse. À l’Université
déjà sur le campus. L’Université d’Ot-
entités entre l’administration de normal. d’Ottawa, on fait des efforts depuis des
tawa a un rôle de leader dans la franco-
années, on est un des campus les plus
l’Université et le Syndicat ? phonie canadienne. Le seul bémol à ce
LR : La sélection des professeurs et verts. Mais il y a encore bien des efforts
plan, c’est qu’on ne peut pas tout faire
JF : Il va falloir apprendre à vivre en- les priorités quant à la pédagogie à faire, il ne faut pas s’asseoir sur nos
dans les premiers mois. C’est un plan
semble (rires). Jusqu’à présent, on me lauriers.
font partie d’une grande séance sur cinq ans et nous en sommes donc
dit que ça s’est très bien passé. Il y a
de consultation participative pour rendus à qui va exercer le leadership. LR : Au sujet de la politique provin-
une volonté de tourner la page, de faire
imaginer l’an 2030 dans le cadre du Être bilingue, ce n’est pas seulement
mieux. Je me réjouis si on a un nouveau ciale et des changements dans les
parler une autre langue, c’est d’avoir
syndicat étudiant qui est prêt à travail- plan stratégique. Où en êtes-vous idéologies politiques, est-ce que ce
accès à une autre civilisation. C’est sûr
ler pour les affaires académiques, parce dans les démarches ? que l’anglais est une langue tout à fait sont des choses qui vous alarment
privilégiée de communication interna- en tant qu’universitaire ?
tionale. La langue française a une per-
« Si on parlait tous d’une même voix sur un campus, je pense qu’il y tinence indéniable quand on dit que le JF : Le terrain politique, l’espace po-
aurait lieu de s’inquiéter. » prochain siècle, la prochaine décennie litique doit être rempli de discours
sera celle de l’Afrique. Les Africains différents et ce que je redoute, c’est
entre pays parlent anglais ou français. la polarisation des discours. Si tu n’es
Mais ne vous contentez pas de deux pas complètement d’une opinion,
qu’on a eu beaucoup de difficultés ces JF : On respecte les délais. L’affaire des tu es complètement contre. Alors
langues, allez en chercher une troi-
dernières années. Il n’y avait pas une consultations vient de se terminer il y a on en arrive dans des monologues.
sième. La formation universitaire n’est
présence étudiante aussi fidèle qu’on quelques jours. On collige tout ce qui a Actuellement, on voit des commu-
pas complète sans avoir la dimension
aurait pu le souhaiter. Il faut apprendre été entendu et tout ce qui a été mis sur nautés qui monologuent au lieu de
internationale, linguistique. Ce n’est
à travailler ensemble et ça me fera plai- la table. Beaucoup d’idées innovantes, dialoguer. S’il y a un lieu où les francs
pas parce que le monde se ferme et le
sir de rencontrer la nouvelle direction pas toutes convergentes et c’est sou-
monde est en repli qu’il faut se fermer, dialogues doivent se produire, c’est en
du Syndicat. haitable. Si on parlait tous d’une même
au contraire. Les universités se doivent milieu universitaire. Il faut qu’il y ait de
voix sur un campus, je pense qu’il y au-
d’encourager les jeunes à s’éclater, à al- l’action, il faut que ça brasse un peu. Il
LR : L’année a encore une fois été rait lieu de s’inquiéter. Ce qu’on a en-
ne faut pas céder au cynisme ambiant.
tendu sera publié dans les prochaines ler voir le monde, parce que la planète
marquée par des négociations avec en entier leur appartient.
Il faut rebâtir la confiance avec la com-
semaines et diffusé à la communauté
l’Association des professeurs à munauté universitaire qui a été un peu
pour voir la profondeur et l’amplitude
LR : En parlant d’engagement échaudée ces dernières années. La di-
temps partiel de l’Université d’Ot- de l’exercice. On espère retourner en
rection de l’Université va être là pour
tawa avec qui les relations conti- consultation vers le mois de mai pour citoyen chez les étudiants, plu-
soutenir tout dialogue pour que les
avoir des orientations stratégiques sieurs revendications ont lieu
nuent d’être tumultueuses. Qu’est- étudiants réinvestissent l’espace. Vous
claires.
ce qui justifie les écarts entre les présentement sur le climat et sur savez, avoir des manifestations devant
professeurs à temps plein et les LR : Le rayonnement du bilinguisme le réchauffement climatique. Que mon bureau, ça fait partie de la game
aussi, ça va me faire plaisir (rires).
professeurs à temps partiel ? est d’ailleurs au cœur du plan pensez-vous de ces mobilisations ?

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10 actualités l laar ro ot to onnd de e l e lmuanrddi i 82 av
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Résultats du sondage sur le harcèlement à caractère sexuel

Rappel de l’existence d’une culture du viol


résultats quant à la connaissance des pelle notamment par voie de communi-
GABRIELLE LEMIRE services qui viennent en aide aux vic- qué l’existence d’un Comité de préven-
Services sur le campus
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS
times. Plus de 60 % des répondant.e.s tion des agressions à caractère sexuel Bureau des droits de la per-
Deux tiers des étudiant.e.s universi- de l’U d’O ont dit posséder une connais- ainsi que les formations fréquemment sonne
données par son Bureau des droits de la
(613) 562-5222
taires ayant répondu à un sondage à sance pauvre des groupes de soutien,
respect@uottawa.ca
l’échelle provinciale indiquent avoir des services et des procédures de signa- personne.
Soutien, références vers des
vécu une forme de harcèlement à ca- lement d’agression à caractère sexuel services spécialisés, assistance
La coordonnatrice des services souligne
ractère sexuel depuis le début de l’année sur et hors campus. « Ça m’a fait réflé- pour la mise en place de me-
que « certaines victimes choisissent sures d’accommodements, plans
scolaire. L’Université d’Ottawa (U d’O) chir au fait qu’on se concentre souvent
d’aller chercher des services à l’exté- de sécurité, informations sur les
n’échappe pas à cette statistique : 62,4 sur les étudiant.e.s en sciences sociales options d’intervention et ges-
rieur des campus, donc c’est important
% des répondant.e.s uottavien.ne.s s'en et parfois, on oublie plusieurs autres
que les campus s’allient aux services ». tion de la procédure de plainte
disent victimes. La Rotonde fait le point domaines. On offre aussi seulement des
Le CALACS souhaiterait donc être solli-
services en français, alors parfois on se
Service de la protection
sur les chiffres que révèle l’étude. cité davantage par l’Université d’Ottawa (613) 562-5411 (Urgence)
demande si le même travail est fait du afin de sensibiliser le corps étudiant et (613) 562-5499
Il faut tout d’abord se pencher sur la
côté anglophone », indique Dubé. professoral aux services offerts hors protection@uottawa.ca
validité du rapport émis par la firme Intervention, information,
campus.
CCI Research, mandatée par le minis- Celle-ci souligne l’importance de conti- plans de sécurité et références
tère de la Formation et des Collèges et nuer ce processus de sensibilisation vers des services spécialisés re-
Pousser l’intervention latifs à la sécurité sur le campus
Universités de l’Ontario. Bien qu'elle auprès de la population étudiante, mais
n’ait pas répondu aux demandes d’en- également auprès de l’administration La deuxième priorité du Centre est
SASS Counselling et coa-
trevue à date de publication, son rapport et du corps professoral des universités. d’encourager l’intervention des témoins ching
indique que la population « doit faire Le Centre désire « apporter la commu- lors d’un événement de harcèlement ou (613) 562-5200
preuve de prudence avant d’appliquer nauté à reconnaître qu’il y a des agres- d’agression. Près de 70 % des répon- couns@uottawa.ca
dant.e.s de l’Université d’Ottawa à avoir Soutien émotionnel pour les
les conclusions de ces résultats à l’en- sions à caractère sexuel, qu’on vit dans
étudiant.e.s et références vers
semble de l’effectif étudiant ». Puisque une société qui nie encore l’existence de participé au sondage affirment avoir
des services spécialisés
la culture du viol », affirme Kim Dubé. intervenu lors d’une situation à carac-
ce n’est que le quart des répondant.e.s
éligibles qui se sont prêtés à l’exercice. Bien que celle-ci souligne l’existence de tère sexuel. Ce haut taux d’intervention Programme d’aide aux em-
cette culture, elle nuance en prévenant pourrait s’expliquer par la compréhen- ployés et à la famille
Certains groupes démographiques
sion qu’ont les répondant.e.s du concept (1-844) 880-9143
pourraient donc être sur-représentés que les constats de l’étude ne font pas en
Gestion du soutien émotionnel
sorte qu’un campus soit moins sécuri- de consentement. 90 % des répon-
ou sous-représenté, selon la volonté des pour les employés
taire qu’un autre. dant.e.s de l’U d’O en possèdent ainsi
étudiant.e.s à participer au sondage.
une excellente compréhension. « On se
Justement, bien que la majorité évalue demande pourquoi il y a encore autant
Besoin de sensibilisation
négativement sa connaissance des ser- de harcèlement à caractère sexuel dans Partenariats
Les chiffres restent évocateurs et sou- vices, c'est plus de la moitié des répon- ce cas-là », s'interroge Dubé. Elle ajoute
lignent l’importance de se préoccuper du dant.e.s uOttavien.ne.s qui a indiqué toutefois qu’il faut garder un œil critique
Le CALACS francophone
climat entourant les campus ontariens. être satisfaite ou très satisfaite de la sur le sondage qui est peu représentatif d’Ottawa
Kim Dubé, coordonnatrice des services gestion des cas d’agression à caractère de la population totale des campus on- (613) 789-8096 (25)
au Centre d’aide et de lutte contre les sexuel de la part de l’administration de tariens et ne prend pas en considération soutien.sur.campus@calacs.ca
agressions à caractère sexuel (CALACS) l’Université. Suite à la publication des les différences des genres dans les résul-
Ottawa Rape Crisis Centre
d’Ottawa, se dit surprise devant de tels résultats du sondage, cette dernière rap- tats.
(613) 761-2334
support.on.campus@orcc.ca

Plusieurs autres services sont


offerts pour les survivants et
survivantes sur et hors campus
et il est possible de trouver ces
informations sur le site web
Violence sexuelle : Soutien et
prévention, dans la section
Ressources.

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actualités la rotonde numéro 23 11

Récapitulatif de l’année 2018-2019


9 août 2018 - Allégations de fraude à la FÉUO
L’année 2018-2019 a eu plusieurs moments forts
La Rotonde révélait en août dernier qu’une enquête avait été mais a, sans aucun doute, été l’année de la Fédé-
ouverte par la police d’Ottawa concernant des actions frau-
duleuses de la part de membres de l’exécutif à la FÉUO. L’an- ration étudiante de l’Université d’Ottawa (FÉUO).
cien président Rizki Rachiq et la directrice générale Vanessa La Rotonde vous dresse un portrait des moments
Dorimain auraient, d'après l'ancien président de la Fédéra- qui ont marqué l’actualité étudiante au cours de
tion Hadi Wess, détourné de l’argent de la Fédération à des cette année scolaire.
fins personnelles.

24 septembre 2018 - Résiliation de l’entente entre


l’Université et la FÉUO
Le Bureau des gouverneurs décide d’annuler son entente
avec la FÉUO en septembre dernier suite aux allégations de
25 septembre 2018 - Surplus budgétaire de 70 millions fraude et de conflits internes au sein de la Fédération. Cette
annulation interdisait ainsi l’accès à la FÉUO à l’argent des
dans les coffres de l’Université frais de cotisation.
Suite à une analyse du budget de l’Université d’Ottawa, la
firme financière KPMG affirmait que l’Université d’Ottawa
(U d’O) possédait un surplus de près de 70 millions en 2017-
2018, soit 55 de plus que ce qui avait été annoncé par l’U d’O.
Les surplus des dix dernières années s’élèveraient à un total
de 429,46 millions de dollars.
17 octobre 2018 - Légalisation du cannabis au Canada
Le Canada entre dans l’histoire le 17 octobre dernier en de-
venant le second pays au monde à entièrement légaliser la
consommation de cannabis. Sur le campus, la consommation
de cannabis est permise à condition d’être dans un espace
dans lequel fumer est autorisé par la loi.
15 novembre 2018 - Jeudi noir en francophonie
ontarienne
Le gouvernement Ford annonçait le 15 novembre qu’il aban-
donnait le projet de l’Université de l’Ontario français et qu’il
abolissait le Commissariat aux services en français. Ces deux
annonces ont poussé l’ancienne députée progressiste-conser-
vatrice Amanda Simard à démissionner quelques jours plus 16 janvier 2019 - Baisse des frais de scolarité en Ontario
tard. La ministre de la Formation, des Collèges et des Universités,
Merrilee Fullerton, avait annoncé que les frais de scolarité
baisseraient de 10 % l’an prochain pour les étudiant.e.s post-
secondaires. L’annonce faite en janvier va également suppri-
mer la gratuité scolaire pour certains élèves en plus de rem-
placer la majorité des bourses par des prêts.
11 février 2019 - Élection du SÉUO comme nouvelle asso-
ciation étudiante
Après une période de vote en ligne de trois jours, les étu-
diant.e.s de l’U d’O ont élu le Syndicat étudiant de l’Univer-
sité d’Ottawa (SÉUO) avec une majorité de 74,4 %. Au total, 7 février 2019 - Scandale d’ingérence politique entre Jus-
ce sont plus de 17 % des 33 000 étudiant.e.s de premier cycle tin Trudeau et SNC-Lavalin
qui ont participé au vote référendaire. Le nouveau syndicat
entre officiellement en fonction le 1er mai 2019. À quelques mois des élections, le Globe and Mail révèle que
Justin Trudeau aurait demandé à son ancienne ministre de
la Justice, Jody Wilson-Raybould, d’intervenir en faveur de
SNC-Lavalin dans le but d’éviter un procès à la multinatio-
nale. Le scandale a donné lieu à plusieurs démissions au sein
du cabinet Trudeau et à l'expulsion de l'ancienne ministre du
caucus libéral.
22 février 2019 - Fermeture des clubs et services de la
FÉUO
Suite à sa défaite au référendum, la FÉUO décide d’annu-
ler son financement aux différents clubs et services. Elle af- PASCAL VACHON
firme, par le biais d'un courriel, ne pas être « dans la capacité
JOURNALISTE
de continuer avec le financement des clubs ». Cette incapa-
cité financière forcera ainsi la FÉUO à fermer des services
comme le Café Alt et la librairie Agora.

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12 actualités l laar ro ot to onnd de e l e lmuanrddi i 82 av
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Trois questions pour comprendre  par Miléna Frachebois La


le harcèlement sexuel Francosphère
MILÉNA FRACHEBOIS
Marie-Lou Villeneuve Hobbs Chaque semaine, La Rotonde interroge un des
1200 professeurs de l’U d’O sur un sujet d’actualité. Suisse
Intervenante en droits de la personne et L’occasion pour vous d’en apprendre davantage, La Suisse accepte de représenter les
prévention de la violence sexuelle (Bu- et pourquoi pas, de briller dans les États-Unis au Venezuela. L’homme po-
soupers de famille et autres lieux propices aux litique suisse Ignazio Cassis et l’ambas-
reau des droits de la personne uOttawa) débats. sadeur américain Edward T. McMullen
ont rendu cela officiel en signant le man-
Qu’est-ce que le harcèlement et que comprend-t-il ? dat ce vendredi 5 avril à Berne, capitale
de la Suisse. Ce n’est pas la première
Le harcèlement sexuel est d’abord une forme de violence sexuelle. Outre cette forme, la vi- fois que la Suisse intervient en tant que

1
olence sexuelle comprend aussi, entre autres, l’agression sexuelle, le harcèlement criminel, médiateur de la paix afin de défendre les
l’attentat à la pudeur, le voyeurisme et l’exploitation sexuelle. Selon le Règlement 67 sur la intérêts diplomatiques. Sa neutralité est
prévention de la violence sexuelle de l’Université d’Ottawa, le harcèlement sexuel consiste actuellement présente dans les relations
à adopter une ligne de conduite caractérisée par des remarques ou des gestes vexatoires, à États-Unis-Iran, Géorgie-Russie et 4
caractère sexuel, commis sans consentement. Le harcèlement sexuel inclut, par exemple, autres mandats.
une promesse de récompense pour acquiescer à une demande ou une menace face à un re-
fus, une relation qui constitue un abus de pouvoir dans un rapport d’autorité et l’échange Belgique
de photos à caractère pornographique sans consentement. La Belgique s’est officiellement excusée
suite aux injustices infligées aux milliers
Quelles sont les recours pour les victimes sur le campus ? Quelle est l’importance d’avoir d’enfants métis nés en Afrique pendant
ce genre de ressources à l’université ? la période coloniale. Ces enfants de
pères belges et de mères congolaises,
Les survivants et survivantes de violences sexuelles peuvent faire appel à divers services pour rwandaises et burundaises ont été vic-

2
les soutenir suite à un incident. Il est important que ces ressources soient facilement accessi- times de ségrégation. Le premier mi-
bles pour assurer la sécurité, le bien-être (physique et émotionnel) de tous les membres de la nistre Charles Michel a déclaré devant
communauté universitaire, ainsi qu’une réponse adéquate aux incidents. la Chambre des représentants : « Au
Voici les services sur campus : le Bureau des droits de la personne, le Service de la protection, nom du gouvernement fédéral belge, je
le SASS et le Programme d’aide aux employés et à la famille. présente nos excuses aux métis issus de
L’Université entretient un partenariat avec deux organisations communautaires d’Ottawa : la colonisation belge et à leurs familles
le CALACS francophone d’Ottawa (pour femmes francophones) et l'ORCC. Plusieurs autres pour les injustices et les souffrances
services sont offerts pour les survivants et survivantes sur et hors campus et il est possible qu’ils ont subies ».
de trouver ces informations sur le site web Violence sexuelle : Soutien et prévention, dans la
section Ressources. République Démocratique du Congo
En moins de 3 semaines, le virus Ebola a
Pourquoi le harcèlement sexuel est-il un phénomène de plus en plus discuté et présent ? pris la vie de plus de 100 congolais. De-
Plusieurs facteurs pourraient expliquer pourquoi la question de la violence sexuelle est de puis 1976, il s’agit de la dixième grosse

3
plus en plus présente depuis les dernières années. Par exemple, on peut penser aux efforts du épidémie de fièvre hémorragique en sol
mouvement féministe pour la lutte contre les violences faites aux femmes, les cas médiatisés, congolais. Elle constitue la plus grave
le mouvement #MoiAussi et la mise en place de politiques et de ressources pour intervenir et épidémie après celle de 2014 qui avait
prévenir la violence sexuelle sur les campus universitaires. fait plus de 10 000 victimes. Selon les
Enfin, même si la violence sexuelle n’est pas une problématique nouvelle, nous assistons autorités sanitaires, les victimes sont au
présentement à une discussion plus ouverte, dans notre société, et il est à espérer que cette nombre de 702 depuis la déclaration de
discussion restera bien présente et que les efforts seront continus, afin que les survivants et l’épidémie en août. 339 personnes ont
survivantes soient entendus et soutenus. été soignées de la maladie depuis cette
annonce.

La Rotonde organisera son assemblée

R
générale annuelle le 11 Avril prochain
au local FSS7035, à 17h30.

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section

Arts et culture Emmanuelle Gingras


culture@larotonde.ca
Cheffe de pupitre

L'art en prison

S'exprimer derrière les barreaux dans la société civile. D’après leurs expé- dangereux que lorsqu’ils y sont entrés ». aux hommes la possibilité de contes-
MAEVE BURBRIDGE & riences, Shah et Brooks affirment néan- Sa vidéo Fly in the Ointment (disponible ter les points de vue de la société et les
VIKTORIA MIOJEVIC moins que ces programmes brisent le sur YouTube), qu’il avait écrite pendant conceptions erronées concernant les pri-
cycle de criminalité. une période prolongée en cellule d’isole- sonniers ».
Faire peindre, danser et composer des ment, narre la profondeur de la solitude
Rebâtir sa confiance Ces programmes sont souvent critiqués,
criminels en milieu carcéral : voilà une du prisonnier et l’exposition à la violence
jugés dérisoires ou annexes par la socié-
méthode de réformation des détenus qui D’après Brooks, « les détenus déve- quotidienne. Son récit est un appel à la
té, le personnel de prison ou les détenus
s’éloigne de l’idée de la prison comme loppent un sens de fierté et de respect prise de conscience collective pour re-
eux-mêmes. Brooks explique la stigmati-
lieu de punition. La méthode permet- d'eux-mêmes qui les aide à briser [leurs] créer, par l’art, un lien sensible entre les
sation entourant ces programmes ; selon
trait de développer une meilleure image comportements destructifs ». C’est cette barreaux de la cellule et la société qui
elle, « le système est conçu sur un prin-
du détenu, tout en changeant son image estime de soi nouvellement acquise qui détourne le regard de ce milieu opaque.
cipe de punition, et donc le personnel de
à l’extérieur des murs de la prison. L’art leur permettrait de « vivre dans un état
permettrait-il au détenu de redevenir La compagnie de théâtre WHoS, William prison peut parfois penser que les déte-
plus calme et plus heureux, en dedans et
plus individu que criminel ? Head on Stage, en Colombie-Britannique nus ne méritent pas la chance de faire
en dehors de la prison », pour reprendre
est un cas unique au Canada avec ses 57 de l’art ». Malgré cela, les programmes
les mots de Shah.
Le paradoxe de la pratique artistique en représentations au compteur. Depuis se multiplient partout en Amérique du
milieu carcéral est que celle-ci promeut Cette facette du système paraît particu- plus de trente-sept ans, cette compa- Nord et même en France où le gouverne-
l’expression de soi dans une institution lièrement puissante lorsqu’on considère gnie invite le public en prison. Ancienne ment contribue directement au finance-
qui cherche à effacer l’individu. Ces pro- que « les gens arrivent en prison avec étudiante en criminologie à l’Université ment de ces programmes de réinsertion.
grammes commencent à faire du bruit un bagage psychologique [et qu’]ils ont d’Ottawa, Ridha Thana a réalisé son mé- Pour Frigon, ces programmes devraient
pour leurs bienfaits psychologiques souvent eu des histoires de vie assez moire sur cette compagnie en 2018. Elle être encouragés par le gouvernement
même s’ils font toujours l’objet de stig- difficiles », d’après Sylvie Frigon, profes- y explique que « grâce à la présence et à canadien et à la charge financière du fé-
matisation. seur de criminologie à l’Université d’Ot- la participation d’un public, WHoS offre déral.
tawa qui participe aux
L’art de la maîtrise de soi programmes d’art en
prison en tant qu’inter-
L’incarcération est un défi psychologique
venante. Dans ce sens,
de tous les instants : violence, peur, las-
l’art permet de rebâtir
situde et solitude sont le plat quotidien
une confiance en soi qui
des détenus. Shreya Shah, directrice du
a été érodée dès le jeune
programme canadien de l’organisation
âge d’après Frigon, qui
Art de vivre qui offre des programmes
qualifie l’art en prison
axés sur la spiritualité et l’art, explique
d’un « baume » qu’on
que « les détenus n’ont aucun contrôle
appliquerait à la plaie
sur la manière dont ils se font traiter en
d’un passé douloureux.
prison, et nous non plus d’ailleurs. Mais
ce qu’on peut faire, c’est de guider leur
Impact non négli-
réaction ». En effet, ces programmes
réussissent à réapprendre aux détenus geable... selon cer-
comment aborder leurs sentiments né- tains
gatifs. Shah dit observer que « cela per-
met une meilleure maîtrise de soi ». Les trente années d’in-
carcération de Peter
Laurie Brooks, directrice générale au Collins et sa connais-
William James Association Prison Art sance du milieu carcé-
Project, organisation qui offre des cours ral mettaient au jour,
et ateliers artistiques dans les prisons quelques mois avant
californiennes, a observé en intervenant sa mort, les conditions
directement dans les prisons que les pro- d’emprisonnement
grammes d’art dans celles-ci tendent à à Hull. Il répondait
réduire les comportements violents. Peu au micro du Ottawa
d’études ont été réalisées pour prouver Citizen que les déte-
l’efficacité de ces programmes, en termes nus libérés « sont plus ILLUSTRATION: ANDREY GOSSE
de prévention de récidive et réinsertion frustrés, instables et

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14 A R T S e t C U LT U R E l al ar or toot no dn ed e l e mlaurnddi i 289 av
m arri ls 22001196

Que faire pour animer


L’été arrive à grands pas, le trimestre d’hiver se termine… Fini la déprime. La Rotonde MAEVE BURBRIDGE &
prend l’initiative de vous proposer une sélection d’activités à faire cet été sans faire pleu- MILÉNA FRACHEBOIS
rer votre portefeuille. JOURNALISTES

Pour les amateurs d’arts visuels


L’été 2019 s’annonce être une saison forte pour la scène artistique d’Ottawa. Les nombreuses galeries de la ville dévoilent une pro-
grammation qui touche à divers thèmes et styles d’art : collections conceptuelles, art numérique, collaborations interculturelles et
bien plus. La Rotonde vous permet de rester à l’affût en offrant un sommaire de la saison en expositions.

La Galerie d’art d’Ottawa Âjagemô


La Galerie d’art d’Ottawa (GAO) présentera cet été 5 nouvelles expositions : La galerie d’art Âjagemô, moins connue que la GAO et le Musée des beaux-
Pour ce qui en est de Carbone + lumière (9 mars au 18 août), « quand les arts, figure également parmi les galeries d’art les plus intéressantes de la
gens [entrent] dans la salle, ils jouent avec les œuvres et interagissent avec région… et il est gratuit d’y accéder.
[les aspects interactifs] pour changer les œuvres d’art par leur présence »,
comme le souligne Véronique Couillard, de l'équipe des relations média- Premièrement, l’exposition Seuils d’Adam de Broin ouvrira ses portes dès
tiques. la fin avril. Amy Jenkins, cheffe de la Banque d'œuvres d'arts du Conseil
Culture enveloppante (12 avril au 15 septembre) est une collaboration des arts du Canada décrit l’exposition, conçue à partir d’une douzaine
qui« présentera le travail d’artistes autochtones de l’Australie et du Canada de portes des anciennes voitures du métro de Montréal, comme faisant
qui ont travaillé ensemble pour produire des vêtements basés sur des tra-
« vivre une véritable expérience aux visiteurs qui peuvent y entrer, pro-
ditions, mais avec un twist contemporain », selon Couillard.
voquant du même coup une succession de mouvements ». Seuils est en
Connexion (12 avril au 11 août) est une exposition qui s’insère dans une galerie dès maintenant et restera ouverte au public jusqu’au 9 juin.
vague de création qui vise à critiquer la façon dont on consomme l’infor-
mation niveau réseaux sociaux par Cheryl Pegurek. De plus, la galerie mettra en vedette une collection d’œuvres inspirées d’un
Les écuyers de l’anarchie (12 avril au 15 septembre), de Howie Tsui « est périple maritime autour des côtes du Canada, qui fera la mise au point
un travail d’animation qui vise à inciter la dissidence politique, et avec des d’enjeux qui touchent le Canada de manière particulière, en « [abordant]
références à la culture populaire », explique Couillard. le processus de réconciliation culturelle ainsi que la vulnérabilité de l’en-
La débâcle (9 au 23 juin) de Jesse Stewart vise à faire la mise au point vironnement face aux changements climatiques », selon Jenkins. Cette
sur la crise environnementale actuelle. À travers l’art fabriqué à partir de collection paraîtra à Âjagemô en début été, mais la date exacte n’est pas
matériaux récupérés, l’exposition démontre l’impact des activités indus-
encore connue.
trielles sur l’environnement, et met un accent sur l’importance des sources
d’énergie renouvelable.

Pour les amateurs de nature et bien-être


La neige fond, les oiseaux commencent à chanter, voilà de quoi donner envie aux plus frileux de penser aux activités extérieures pour profiter du beau
temps cet été. Quoi de mieux pour son apport en vitamine D que de faire du yoga ou jouer les aventuriers et faire du camping ?

Réserve faunique Papineau-Labelle Randonnées


Si vous souhaitez échapper de la ville et prendre l’air en pleine nature alors Que vous soyez des randonneurs éphémères ou des spécialistes dans l'art
n’hésitez-plus : la réserve faunique de Papineau-Labelle propose du cam- de mettre un pied devant l'autre, la région d'Ottawa-Gatineau regorge de
ping à partir du prix modeste de 21,75$ la nuit. En plus du camping, il est pistes pour tous les niveaux. Que ce soit sur des pistes cyclables - allô les
possible de faire du kayak, canoë ou de la pêche dans un des 763 lacs de
cyclistes - ou au cœur de la nature au Parc de la Gatineau, sortez prendre
la réserve, de faire de l’escalade grâce à son paysage montagneux, et de
de l'air. Parfois, les choses les plus simples sont les plus bénéfiques.
profiter des trois plages bornant les multiples étendues d’eau de Papineau-
Labelle. La cerise sur le sundae ? Vous trouverez tous cela à environ une
heure au nord d’Ottawa!

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A R T S e t C U LT U R E la rotonde numéro 23 15

son été dans la région?


Pour les revendicateurs 
Pour les êtres sociaux et les fervents de mobilisations, La Rotonde vous recommande deux activités attendues concernant des causes

sociales.

Festival Capital Pride Le Mud Run


Le festival Capital Pride est une marche qui occupera les rues de la ca- Le Mud Run est un événement qui risque d’intéresser les féministes dans
pitale du 19 au 26 août. Avec la promesse d'une ambiance énergisante, il la salle, hommes comme femmes. Il s’agit d’une course à obstacles qui se
sera possible de revendiquer les droits et la visibilité pour la communauté fait dans la boue. Le but : célébrer une image de la femme forte, positive et
LGBTQ+ tout en s’amusant. dynamique tout en levant des fonds pour la Fondation du cancer du sein.
La course aura lieu le 24 août au parc Wesley Clover.

Pour les fêtards


La Rotonde vous propose de vous laisser emporter par des ambiances festives… et un verre ou deux ? Vous n’avez pas le budget pour les passes
Bluesfest, Osheaga ou Escapade ? La région Ottawa-Gatineau est parsemée de bars, cafés et boîtes, plus petits que les festivals et à des prix abordables.

Le Minotaure Babylon 27 Club


La Rotonde vous suggère de passer une soi- Non, nous ne faisons pas référence à la ville méso- Le 27 Club est une boîte de nuit et bar dans le
rée au Minotaure qui se décrit comme un pub
potamienne, mais bien à un bar et club. Situé au 317 marché Byward, au 27 rue York, d’où son nom.
avant tout et qui « voit des artistes de tout
Bank, des fêtes et concerts divers et variés y sont régu- Comme le Babylon, le 27 Club est un endroit très
genre passer sur son stage et peut créer une
ambiance super intime, autant qu’une am- lièrement organisés. Par exemple, une soirée à thème thématique. Vous pourrez par exemple profiter
d’une soirée à thème Bohemian Rhapsody, qui
biance festive et disjonctée », d’après Dieu années 90 s'y tiendra le 19 avril.
Roy, copropriétaire. Le pub gatinois, situé au sera organisée le 19 juillet.

3 rue Kent, se décrit comme étant « ton deu-


xième sofa », selon Roy.

Pour les amateurs de musique


Le jour de la Fête de la musique tombe le même jour que celui du début de l’été, le 21 juin. Est-ce une coïncidence ? Si la météo est clémente, quoi de mieux
que de profiter de l’air accompagné de musique ?

West Fest 2019 Glowfair


Ce festival aux airs de fête de rue est complètement gratuit et prendra place Ce festival d’art, de musique, de danse et de yoga envahira les rues du

à l’aréna Tom Brown, à l’ouest de la capitale. Seront au rendez-vous de centre-ville ottavien du 14 au 15 juin, les transformant en une galerie d’art
interactive à l’air libre. Encore une fois, il s’agit d’un événement qui per-
nombreux artistes, la présence de plusieurs étant déjà annoncée sur le site
mettra de s’épanouir, d’être créatif et de profiter du beau temps sans même
internet, et d’autres restent à venir. Parmi eux, le groupe de rock canadien
sacrifier un dollar. À l’affiche : le groupe Stars le 14 juin et Cœur de Pirate
Yamantaka // Sonic Titan offrira une performance le vendredi 7 juin. S’en
le 15 juin.
suivra le samedi de Charlie Major, artiste canadien de musique country. Le
dernier jour, soit le dimanche 9 juin, se présentera sur la scène Aspects, un
musicien canadien originaire de la Colombie-Britannique.

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16 A R T S e t C U LT U R E l al ar or toot no dn ed e l e mlaurnddi i 289 av
m arri ls 22001196

Chronique

Un appel à la nouveauté
dans ce résumé de l’année. Je crois C’est un enjeu, certes, mais pourquoi ce tumulte de déjà-vu, une issue de dis-
EMMANUELLE GINGRAS que cette simple action n’a eu d’autre les coupures de Ford ont-elles dû avoir tinction. Quand je parle de distinction,
CHEFFE DU PUPITRE ARTS ET CULTURE conséquence que d’unir les artistes lieu pour qu’on parle enfin des Franco- je ne la soulève pas qu’à de purs intérêts
francophones de la région. La Rotonde Ontariens ? Les gens peuvent s’unir, esthétiques, mais parce que je crois que
Alors que l’année chemine vers sa fin, je
abordait, entre autres, il y a quelques loin de Ford, et être ingénieux sans les scandales artistiques sont des reflets
crois que deux débats ont particulière-
semaines, le nouveau recueil tumul- « excuses » pour être reconnus. de ce qui se produit out there. Et ce out
ment animé les médias concernant les
arts. Des discussions qui selon moi ont tueux unissant des poètes franco-on- there, c’est la politique, l’économie, le
Les communautés artistiques existent
omis de considérer certains angles... tariens révoltés, La Lumière de notre social. J’ai cette vague impression de
à Ottawa, mais elles semblent ti-
colère. Lors d’une soirée de récitation stagnation. Certes, quelques audaces ici
mides. Voilà, le local d’ici est silen-
imites de la liberté d’expression intitulée Oser la Résistance, le bis- et là viennent insurger, mais où est l’art
cieux. Je n’ai rien contre l’humilité,
tro-bar Gainsbourg accueillait, dans le qui scandalise un monde ? J’aimerais
Robert Lepage se faisait taire cette mais le désir de se faire reconnaître ne
cadre du Salon du livre de l'Outaouais, bien la folie, l’impardonnable ; cela
année avec son spectacle Kanata. Un semble pas si présent dans la région.
des poètes avec le même embalement voudrait dire qu’il y a discussion et
« recul de la liberté artistique [qui Ce n’est que par la distinction qu’une
que Michèle Lalonde et son fameux réflexion, qu’il y a mouvement dans le
est] intolérable », comme s’est révol- réelle écoute sera faite à la culture et
poème Speak White. J’ai pu sentir une monde. Peut-être est-ce le plus grand
té le chef du parti québécois, Jean- surtout que celle-ci se répandra. Je
énergie, un désir d’être entendu. Alors problème de l'actuel ? Il se refuse à la
François Lisée, sur Twitter en juillet n’arrive plus à compter le nombre de
qu’attendent les gens pour l’être ? nouveauté et se bâtit et se forge de roc
dernier. Une lettre envoyée au journal fois que j’ai entendu dire : « le Québec
« Nous sommes, nous serons » ? Nous tel un grand nœud impossible à défaire
Le Devoir de la part d’un regroupe- prend toute la place ». Et bien, osez être
serons lorsque du changement se pro- pour qu’on le laisse enfin tranquille.
ment autochtone soulignait à nouveau reconnus ! Que les gens se réunissent,
duira. Faut-il attendre un autre scan- Une petite survie de surface avec ça ?
avoir été représenté sans eux et ce, en qu’ils idéalisent, qu’ils explorent, qu’ils
dale comme le spectacle MILF, dans Bon, il est vrai que l’art n’est pas timide,
dépit de leur capacité à culturellement commettent, qu’ils réfléchissent, qu’ils
une mise en scène de Pierre Antoine il connaît ses controverses, mais peut-
enrichir la scène. La discussion a donc osent ! Qu’ils soient la voix d’une nou-
Lafon-Simard, pour faire parler les être connaît-il un peu trop les mêmes
été initiée : quelles sont les limites de velle forme d’audace.
Franco-Ontariens ? Remède rafraîchis- ? Je me demande simplement quand
la représentation culturelle sur scène ?
sant côté nouveautés, selon moi, pour se présentera la porte de sortie à cette
Ce n’est pourtant qu’après avoir écouté révolution artistique requise ?
une communauté artistique qui s’inté- salade de crise existentielle sur le plan
la mise en lecture d’Al Jar'at Ingrates,
resse bien trop à sa crise linguistique. Pour revenir à un avis plus général sur artistique. Cette panoplie excessive de
reprise de la pièce Les Belles-sœurs
l’art en soi, je dirais que c’est toujours courants mène à un tumulte encom-
selon un dialogue culturel maghrébin,
Je crois qu’il faut créer au-delà de ça. un appel à la révolution que nous sem- brant et il devient difficile de savoir où
que le débat s’est compliqué pour moi.
Être reconnu pour autre chose que cela. blons nécessiter. Je ne vois plus, dans porter l’œil.
À la Nouvelle Scène Gilles-Desjardins,
Éric Beevis nous présentait une dou-
zaine de femmes, elles-mêmes ma-
ghrébines, sur scène. Particularité : pas
une d’elle n’était actrice. N’y avait-il pas
moyen de recruter des actrices arabes
dans la région ? Semblerait qu’elles
se font relativement rares ! Ce qui en-
gendre la question suivante : et si les
minorités visibles se faisaient moins
voir sur scène puisqu’elles sont moins
nombreuses en terme de chiffres dans
la communauté artistique ? Je pense
qu’il est ainsi à considérer une couche
que plusieurs semblent oublier dans
un tel débat : qu’est-ce qui crée ce
phénomène ? Comment atteindre des
communautés qui se battent pour leur
survie économique et pour leur adap-
tation ? L’art ne devient qu’occasion et
élitisme. Pourrions-nous ici discuter
d’une lacune de ce côté-là qui est, selon
moi, quand même très politique ?

Ottawa, let’s go réveille !


Il est impossible de ne pas souligner ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
les dernières coupures fordiennes

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A R T S e t C U LT U R E la rotonde numéro 23 17

La vie d'une peintre monoparentale

Une vie aux multiples tableaux cabulaire plastique ». L’art est devenu Un défi-clé de sa vie d’artiste : se « enfants étaient éveillés : c’était un sacri-
MILÉNA FRACHEBOIS tellement important dans sa vie que c’est réinventer constamment, [...] se sur- fice à faire. « Il fallait trouver le temps
JOURNALISTE « un besoin qui peut faire peur, créer passer », être en compétition avec en 24 heures d’arriver à accomplir tout
beaucoup d’angoisses ». soi-même. Il faut que chaque pièce ce que je voulais faire », souligne-t-elle.
Certains choisissent d’être pompiers, soit unique et « plus forte que la pré-
d’autres avocats… Et certains prennent Enfin, elle a pris 5 ans pour finir ses
Les défis d’une vie d’artiste cédente ». L’artiste avoue avoir peur
l’heureux défi d’être artistes. Défi qui études qu’elle a menées à temps partiel.
de ne pas arriver à produire de pièces
plus est quand il s’accompagne d’un défi Julie Beauchemin est une artiste cana- Elle a fait de nombreuses concessions
assez fortes, ou bien de se dire que
parental : élever ses enfants seuls. Est- dienne qui  relève de nombreux défis afin de pouvoir jongler avec les différents
c’était sa dernière bonne pièce, la fin
ce vraiment possible ou est-ce réservé dans son métier. Elle alterne entre son tableaux de sa vie. Elle a notamment dû
de sa carrière.
emploi à temps plein pour la compagnie abandonner la location d'un studio de
aux Wonder Women ?
Hexo et sa passion qu'elle exerce à temps peinture afin d’être plus présente pour
Concilier art et vie familiale
Être artiste, employée, mère et de- partiel. Anciennement employée pour le ses enfants. Un autre accomplissement
voir élever ses enfants toute seule : gouvernement, Julie avoue ne pas avoir Julie Beauchemin est une artiste et mère difficile à atteindre : « rester saine
voilà la route qu’a empruntée Julie apprécié l’environnement très archaïque de deux enfants. Après avoir vécu 3 ans d’esprit ». Heureusement, Julie a eu la
Beauchemin, artiste-peintre originaire que lui imposait sa vie professionnelle. au Mexique dans sa vingtaine, elle a ren- chance de côtoyer un bon groupe d’amis
de Gatineau. Diplômée de l’UQO, la Elle explique tout de même la nécessité contré le père de ses enfants. Ils ont dé- et a bénéficié du soutien de sa mère.
peintre a toujours eu ce côté artistique, d’avoir un emploi en parallèle, crucial cidé de venir s’installer au Canada après
Avant d’être enceinte de son premier
qui s’est défini dans sa vingtaine lors- pour s’assurer d’avoir un revenu fixe. Si une visite. Ils se sont séparés et le père
enfant, Julie bougeait beaucoup. Après
qu’elle a voyagé au Mexique. Elle a tra- sa passion n’est qu’à temps partiel, cela est retourné dans son pays natal de ma- la naissance de son enfant, elle a dû être
vaillé dans une galerie, et rêvait d'y voir lui permet toutefois « d’arrondir les fins nière permanente. À ce moment-là, Julie plus sédentaire et a ressenti le besoin
ses œuvres. Quand elle revient, Julie dé- de mois ». Elle ne touche aucune aide Beauchemin a dû élever seule ses enfants de voyager, s’évader, mais ne pouvait
cide de commencer à créer. Plus jeune, financière. Le métier d’artiste est irrégu- de 2 et 5 ans. Suite à cela, elle enchaînait pas partir de chez elle. Dès lors, elle s’est
elle aimait beaucoup dessiner, mais ne lier en ce qui concerne les revenus, mais une vie rythmée entre couches, cahiers mise à peindre régulièrement, consciente
comprenait pas à quel point cela la pas- il est également « difficile physiquement et travail. Au début, il a été extrêmement du talent qu’elle avait. Sans cela, elle
sionnait jusqu'à ce qu'elle se rende aux et mentalement », selon la peintre. difficile pour elle d’être une mère mo- n’aurait pas commencé à peindre et n'au-
études universitaires, après lesquelles Surtout en tant que femme, être artiste noparentale, artiste et étudiante. Elle a rait pas cherché à assouvir sa curiosité
elle a décidé de devenir une profession- est très difficile et très peu reconnu. souvent pensé abandonner, car elle était artistique à l’université. Sa fille, la plus
nelle en 2015. Elle est dorénavant re- Récemment, Julie a vendu 5 tableaux à bout, fatiguée. Les nuits de l’artiste se jeune, l’aide aussi dans son imagination.
présentée à la galerie St-Laurent+Hill. qui lui ont permis de partir en voyage, résumaient à deux ou trois heures, car Elle lui donne des idées, intervient sur
Cette amoureuse d’art abstrait considère chose qu’elle n’avait pas faite depuis 15 elle devait finir ses travaux et ses pein- ses tableaux. Elle a été très présente avec
celui-ci comme un « langage », « un vo- ans. tures. Elle ne pouvait le faire quand ses sa mère aux ateliers.

PHOTOS : JULIE BEAUCHEMIN

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section

sports et bien-être Maxime Jolicoeur


sports@larotonde.ca
Chef de pupitre

expérience unique

La Rotonde se prend un coup de jus


gulier. Pour déjeuner, un simple smoo- différent, à part une fringale phénomé- 16h30, j’ai craqué. Pour des amandes.
L'ÉQUIPE DE LA ROTONDE thie a parfaitement fait l’affaire, ce qui nale pour tout ce qu'on pourrait qua- C’est toujours mieux qu’un muffin, ou
est le seul point positif de ce challenge. lifier de malbouffe. Tout ça pour rien… une barre chocolatée. Mais j’avais quand
Lorsque le temps est venu de manger J’aimerais bien récupérer mes 30 $. Et même cette impression d’avoir échoué.
Je dois l’admettre, je n’ai pas écrit beau-
mon dîner, ce n’était pas la même his- dire que je voulais tester le juice cleanse
coup d’articles dans la section bien-être Absence d’énergie et estomac gargouil-
toire. Après avoir consommé ce smoo- de 3 jours.
cette année. Je me suis donc dit que pour lant se sont relayés tout au long de la
la dernière édition de l’année, je ferais thie, j’avais encore très, très faim.
L'expérience de Caroline journée, me plongeant dans un profond
du journalisme participatif en essayant inconfort total, surtout en classe.
quelque chose de nouveau : un juice L'expérience de Molly
Ne pas manger durant une journée com-
cleanse. Ne boire que du jus pendant une jour- plète, en substituant la nourriture solide Pour quel résultat ? Aucun. Certes, j’ai eu
née… Lorsqu’on m’a lancée ce défi, j’étais par des jus ; voici le pari intéressant que un ventre plat en me levant, et j’ai per-
Le coût convaincue que ça serait du gâteau. je me suis lancée avec mes collègues. du 2 lb. Bravo. Mais était-ce réellement
Le juice cleanse est supposé stimuler lié au juice cleanse ? Ou simplement au
Chaque petit smoothie de 450 ml coûte Excitée de commencer, je prends une fait que je n’avais (presque) rien mangé
le système immunitaire, aider à perdre
3,99 $. Oui, le faire soi-même est pro- gorgée du premier jus, un superbe mé- de la journée ? Surtout sachant que j’ai
du poids, détoxifier le corps, et donner
bablement moins cher, mais je suis un lange de légumes verts et de pomme… tout repris le lendemain, après quelques
un regain d’énergie. Tout ce dont j’ai
danger public chaque fois que je mets j’ai un haut-le-cœur. Armée de courage, excès.
besoin avant la saison des examens fi-
les pieds dans une cuisine, donc l’option je parviens à le finir en 2h. Le deuxième
d’acheter des smoothies déjà préparés naux. Si mes attentes concernant cette
jus a l’air prometteur, à la carotte et à cure n’étaient pas bien hautes, j’en avais L'expérience de Gabrielle
était la meilleure pour moi. Lorsqu’on
parle des jus, c’est une histoire très dif- Des annonces de jus pressés à froid
férente. Nous avons acheté nos jus chez s’alignaient partout sur Internet depuis
Freshii. Pour un total de 5 petits jus, le le début de mes recherches sur le sujet.
coût total était de 30 $. Oui, vous avez Même les algorithmes m’encourageaient
bien lu. Pour une semaine, le tout coûte à essayer le fameux juice cleanse.
environ 100 $ sans les taxes. Cependant,
les effets des jus sont censés être très « Les symptômes de détoxification
différents de ceux des smoothies (vu le peuvent inclure la nausée, des étourdis-
prix, je l’espère bien). À part cela, il n’y sements et ou des maux de tête ». Moins
a aucun coût, mais il ne faut pas oublier simple, tout à coup. De 8h à 15h, tout
que le but est de ne pas manger du tout. allait comme sur des roulettes, armée de
mes bouteilles colorées et de mon sou-
L’expérience smoothie de Maxime rire de pub. Puis, j’ai ressenti les symp-
tômes de mes choix alimentaires. J’ai
Premièrement, il faut mentionner que de cédé, sans culpabilité. Ma journée s’est
faire un vrai juice cleanse requiert beau- PHOTO : GABRIELLE LEMIRE terminée devant un pichet de bière entre
coup de temps et d’argent et je n’ai bien collègues de classe pour fêter la fin de
évidemment aucune de ces deux choses- session au Café Nostalgica, accompagné
là. J’ai donc décidé de faire un smoothie de son célèbre macaroni au fromage. Ça
l’orange. Il est plus potable que le pre- quand même, ne serait-ce que pour le
cleanse. m’aura au moins permis de comprendre
mier, mais… non merci. Vers 16h30, la regain d’énergie.
faim apparaît. J’imaginais déguster des que, bien que le juice cleanse ne dure
Bon, je dois l’admettre, je ne me sentais
pizzas, burgers, gâteaux… Ils avaient Mais je m’attendais tout de même à qu’une journée, il est primordial de se
pas prêt à attaquer le challenge des jus
été remplacés par le troisième jus, à la voir quelque chose, ou du moins, à me préparer à l’avance ! Il faut réduire sa
que mes collègues m'ont lancé. J’ai en-
sentir mieux. Que nenni. La seule chose consommation d’alcool, de caféine, de
tendu des histoires d’horreur à ce sujet, pomme et à l’ananas et son arrière-goût
que j’ai réellement ressenti, c’est la faim. sucres raffinés et de gras trans dans les
j’ai donc pris le chemin des smoothies horrible de concombre, ainsi que par les
Et la frustration aussi. Celle de ne pas jours qui précèdent la détox.
pour une journée au complet, sans man- amandes de Caroline. Jusqu’à l’heure
ger quoi que ce soit. Pour quelqu’un du souper, absolument affamée, je ne manger. De voir l’enseigne Shawarma
Bien que ce ménage printanier de mon
comme moi qui aime beaucoup manger, sentais plus rien sauf l’impression d’être & Poutine clignoter toute la journée face
système digestif ouvre les yeux sur les
ce n’était pas une tâche facile (on dirait une coquille de moi-même, sans éner- à mon bureau. D’entendre ma collègue
failles de mon alimentation en fin de
que j’ai escaladé le mont Everest, je n’ai gie. Vers minuit, je me suis dit qu’il était mâcher à mes côtés. De sentir l’odeur
session et du besoin de m’hydrater, il
simplement pas mangé pendant 24h, temps de boire le quatrième et dernier de la friture dans la rue. De devoir ré-
souligne surtout les dangers associés à
mais bon). J’ai débuté ma journée avec jus, à la betterave. Surprise : c’était le sister à la tentation. Heureusement que
une diète élevée en sucres mais basse en
un smoothie aux fraises et bananes, ma meilleur de tous. Bilan de la journée : Molly était avec moi ; je pense que j’au-
calories, fibres, protéines, fer et glucides.
saveur préférée de bouffe de bébé donc 550 calories, aucune nourriture solide et rais craqué autrement. Techniquement,
je ne pouvais tout simplement pas m’en des jus très peu appétissants. Ce genre dans un juice cleanse, il est possible de La détox porte aussi à réfléchir sur l’ob-
empêcher. Je dois l’admettre, le tout m’a de cleanse n’est pas fait pour moi et je manger des fruits, des légumes, et des session ironiquement malsaine pour la
quand même rempli assez vite, de plus, n’ai absolument aucune envie de reten- noix crues. Mais voulant pousser le défi saine alimentation qui provient d’une
et ça ne m’a pas pris longtemps à boire ter l'expérience. En plus, à mon réveil au maximum, je refusais de manger aseptisation que nous vend le mode de
ou à préparer comme un déjeuner ré- le lendemain, je n’ai rien remarqué de quoi que ce soit de solide. Pourtant, vers vie nord-américain.

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Sports et Bien-être la rotonde numéro 23 19

entrevue de basket-ball

Une année d’apprentissage selon Derouin


L’année 2018-2019 aura été une année d’apprentissage pour l’équipe de basket-ball masculine alors que quatre de leurs neuf
joueurs les plus utilisés étaient des joueurs de première année. La Rotonde s’est entretenue avec l’entraîneur-chef James PASCAL VACHON
Derouin, dont l’équipe a cumulé une fiche de 15-8, bon pour le 3e rang dans l’Est et le 6e rang de la ligue. JOURNALISTE

La Rotonde (LR) : Comment évalue- quand je dis qu’on avait l’air d’une jeune importe les mauvais ou les bons mo- on va avoir les retours de Stoqua et Muise
équipe qui manquait d’expérience. ments, le focus est sur les 3 matchs en et je m’attends à ce que les deux soient
riez-vous la performance de votre
3 jours à Ottawa durant le championnat. à 100 % pour le début de la prochaine
équipe cette année ? LR : À quoi peut-on s’attendre de Toute l’année va être une préparation saison. On croit qu’avec eux, on va avoir
votre équipe l’an prochain ? pour être prêt pour ce week-end. deux joueurs qui vont être prêts à rem-
James Derouin (JD) : On a fait bien
placer Brandon. Comme Mackenzie a
considérant que c’était un peu une année LR : Est-ce que ça sera un défi pour
JD : On veut bâtir sur la fondation qu’on joué le rôle de cinquième homme dans
de reconstruction avec la perte de plu-
a en ce moment. Avec Calvin Epistola vous de s’assurer que les joueurs ne un alignement de type small ball, du
sieurs joueurs clés de l’année 2017. On
qui revient, Gage Sabean qu’on croit genre Draymond Green, on regarde plu-
a fait jouer de jeunes joueurs dans notre soient pas distraits par le fait qu’ils
qu’il est un des meilleurs joueurs de sieurs options pour le remplacer comme
alignement, ce que le programme n’avait seront automatiquement qualifiés
troisième année dans le pays. On a aussi le recrutement de nouveaux joueurs.
pas fait depuis longtemps. Si l’on consi- pour le championnat national ?
Guillaume, qui est l’une des meilleures
dère les départs, notre jeune équipe, le recrues au pays et Kevin Civil, qui a LR : Vous allez prendre la route du
fait d’avoir été dans le top 10 au Canada eu une saison recrue fantastique. Alex JD : J’imagine qu’il y’a un risque que les Costa Rica pour votre camp d’en-
toute l’année et d’avoir été éliminé par Muise et Sean Stoqua vont revenir de joueurs n’aient pas la pédale au fond à
Ryerson, l’équipe numéro deux au pays, traînement, expliquez-nous un peu
blessures qui les ont tenus à l’écart toute 100 % à chaque rencontre, mais je n’an-
notre saison a été un succès. la saison dernière. Quand on additionne ticipe pas vraiment ça avec ce groupe- de quoi va avoir l’air ce périple en
toutes ces pièces que l’on n’avait pas l’an là, je serais surpris. Je ne suis pas trop Amérique Centrale ?
LR : Guillaume Pépin a peut-être dernier et l’expérience acquise par Gage, concerné par ça [...], mais c’est quelque
connu la meilleure saison pour Kevin et Guillaume, ça va faire en sorte chose sur lequel je vais garder un œil. JD : Nous allons être au Costa Rica du
que les attentes vont être plus élevées Pour moi, c’est plus quelque chose [la 1er au 10 août pour jouer contre des
une recrue dans l’histoire du pro-
l’an prochain. qualification automatique] de positif que clubs de la NCAA. On a fait ce voyage il
gramme. Avez-vous été surpris de sa y a trois ans et on est excité d’y retour-
négatif.
saison ? LR : Vous êtes assurés de partici- ner. L’opportunité de recevoir le cham-
LR : Brandon Robinson et Mackenzie pionnat national à la maison permet à
JD : Je pouvais voir son potentiel, il était per au championnat canadien l’an
Morrison vont quitter l’an prochain. l’équipe d’entraîneurs d’aller là-bas pour
sur l’équipe d’étoiles du championnat prochain, à quel point allez-vous jouer contre de la bonne compétition,
canadien au cégep Jean Brébeuf, l’an changer votre préparation durant Quels joueurs voyez-vous prendre de donner du temps de jeu à certaines
dernier, mais je mentirais si je disais que la saison en fonction de cela ? un plus grand rôle l’an prochain de nos jeunes recrues et à nos joueurs
je n’étais pas un peu surpris de comment pour combler leurs départs ? blessés. La décision de faire ce voyage est
il a fait cette année. Il n’y a pas de plus JD : Je crois que le message aux joueurs due au fait qu’on regarde la saison diffé-
grand admirateur de Guillaume que moi sera le plus grand changement, car peu JD : Brandon était un de nos ailiers, mais remment avec ce laissez-passer assuré.
et je savais qu’il serait un joueur spécial
dès la minute qu’on l’a recruté.

LR : Vous aviez une jeune équipe


quand même cette année, y’a-t-il des
moments cette année où le manque
d’expérience de votre équipe vous a
fait mal ?

JD : Oui, ce n’est même pas une ques-


tion ! Surtout notre fin de semaine sur la
route contre Queen’s (8 février) et York
(9 février) où l’on a perdu nos deux par-
ties ainsi qu’une chance d’obtenir une
place dans le wild card. C’était un mo-
ment de l’année qui était aussi très diffi-
cile avec la fin de saison et la mi-session,
alors c’est dans des moments comme ça
que t’as besoin du leadership de tes vé-
térans. La semaine d’avant, on a perdu
contre Carleton alors c’était peut-être la
première fois en 6-7 ans qu’on avait subi
trois défaites de suite. Alors pour moi, PHOTO : COURTOISIE
cette période sort vraiment de l’ombre

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20 A RSTpSo re t sC eU tLTBUi Re En - ê t r e llalaarrorotototonondndedee l e mlaurnldudini 2d89i av
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2018-2019 : l'année du gris et grenat


Hockey Masculin
Les hommes de Patrick Grandmaître ont connu leur meilleure année depuis le retour du programme
en 2016-2017, mais ont vu leur parcours prendre fin en deuxième ronde des séries éliminatoires.
L’équipe ottavienne est passée de la 6e place en 2017-2018 au 1er rang de la ligue, et ce en modifiant
très peu son alignement. Une saison qui s'explique par la continuité des deux premières années.
« Je pense que chaque année, on a eu de bons résultats avec un bon noyau de joueurs et on a conti-
nué à s’améliorer chaque saison […]. Notre fierté et le fait qu’on a ajouté de la profondeur à notre
alignement chaque saison ont aidé au résultat de cette année », jugeait l’entraîneur-chef. À la fin
de l’année, Grandmaître s’est vu remettre le trophée d’entraîneur-chef de l’année. Brendan Jacome, PHOTO : COURTOISIE
quant à lui, a reçu le titre du joueur le plus gentilhomme de l’année au niveau national. Les Gee-
Gees ont eu quatre joueurs avec une moyenne de plus d’un point par match et leurs deux gardiens
ont eu une moyenne inférieure à 2,50. Le gris et grenat s’est classé au deuxième rang en défense et
Fiche
en attaque dans la ligue en plus d’être les champions de la saison régulière.
22-2-4
Hockey féminin
Fiche La troupe de Yanick Evola a connu sa pire saison depuis l’année 2012-2013, où elle avait récolté 6
victoires. Le gris et grenat s’est incliné en deux rencontres en séries éliminatoires face aux Carabines

6-14
de l’Université de Montréal. L’offensive n'a marqué que 1,55 but par match et, pour sa part, la défen-
sive a alloué 64 buts, soit près de trois par rencontre et le deuxième pire total de la ligue. Mélodie
Bouchard, avec 13 points, et la gardienne Maude Lévesque-Ryan avec une moyenne inférieure à 2,5
et un pourcentage d’arrêts de près de 0,93 ont été les men

Soccer
L’expression « une saison de rêve » s’applique bien à l'année qu’a connue l’équipe de soccer féminin
de l’U d’O en 2018-2019 avec seulement deux défaites en saison régulière. L'équipe de Steve John-
son a par la suite remporté les séries éliminatoires de la ligue SUO, avant de finir la saison en beauté
Fiche
14-1-1
en remportant le championnat canadien à domicile.
« C’est une immense victoire pour le programme, ça nous a permis d’atteindre notre dernier niveau.
On a été en finale cinq fois en finissant avec une médaille d’argent, alors pour nous, d’avoir atteint
ce dernier niveau en remportant l’or était quelque chose de vraiment important », affirme Johnson,
sur la première victoire du programme de soccer féminin depuis 1996. Il s’agissait de la troisième
fois en sept ans que la troupe de Johnson remportait le championnat de la ligue SUO.

Basket-ball Féminin
La saison de rêve des joueuses d'Andy Sparks s’est soldée par une fin quasi parfaite alors qu’elles
sont revenues à la maison avec une médaille de bronze au niveau canadien. La formation de l’U
d’O a également remporté le titre de championne de la saison régulière en plus d’être finaliste de la
Coupe Critelli. L’année prochaine, la troupe de Sparks accueillera les championnats nationaux en
basket-ball masculin et féminin conjointement avec l’Université Carleton. Par contre, le gris et gre-
nat n’aura pas le laissez-passer automatique ; ce privilège ira plutôt aux hommes. L’entraîneur-chef
assure que leur but sera d’arriver fin prêts pour se qualifier au championnat canadien. « On veut
PHOTO : COURTOISIE
atteindre notre sommet de la fin mars de cette année et construire l’an prochain autour de ça [...].
On va faire tout en notre possible pour construire notre équipe dans le but d’être à notre meilleur

Fiche en séries ». Sparks s’est vu remettre le titre d’entraîneur-chef de l’année en plus de voir trois de ses
joueuses être nommées sur chacune des trois équipes étoiles.

21-2
w w w. l a r o t o n d e .c a
Sports et Bien-être la rotonde numéro 23 21

Basket-ball Masculin
La troupe de James Derouin s’est inclinée en deuxième ronde des séries après avoir fini au 3e rang
de la section Est. La saison 2018-2019 a surtout été celle de Guillaume Pépin qui a inscrit un record
avec 354 points, soit le plus grand nombre de points inscrits en saison régulière par une recrue dans
l’histoire du programme. Ces 15,4 points et 7,5 rebonds par match lui ont valu le titre de recrue de
l’année dans la SUO. Derouin croit qu’il peut être le type de joueur sous lesquels le gris et grenat
pourrait se bâtir. « Cette année pour moi, il était la meilleure recrue au pays et dans le futur, il sera
la pièce clé de notre équipe. On croit, qu’il a tous les outils pour devenir notre pièce centrale, mais
PHOTO : COURTOISIE
la question maintenant, est qu’il peut faire ce saut-là de devenir cette pièce centrale ». Ottawa s’est
classé au 3e rang en défensive, mais a fini dans le dernier tiers de la ligue pour les rebonds et les
contres. La formation de l’U d’O est également restée dans le top 10 du classement canadien tout au
Fiche
long de l’année.
15-8
Rugby
L’équipe de Jen Boyd a réussi une cinquième saison parfaite en concluant la saison régulière sans
défaite et en remportant les séries éliminatoires du RSEQ. Le gris et grenat a récolté le bronze au
Fiche championnat canadien, soit une déception pour celles qui avaient remporté l’or en 2017. « On est un
peu déçues de notre troisième place, après avoir gagné le championnat en 2017, le standard était de
finir numéro 1 au pays, mais on avait perdu 9 partantes de 2017 », selon Boyd. Malgré cette défaite,

7-0 les joueuses de Boyd sont probablement la meilleure équipe de l’Université au cours des cinq der-
nières années, et ce tous sports confondus. Une reconnaissance qui flatte l’entraîneuse-chef. « On
est très fières de notre succès, que ce soit les joueuses ou les entraîneurs. On retire beaucoup de
fierté dans la façon dont nous travaillons et si les gens croient que nous sommes la meilleure équipe
sur le campus, bien wow, c’est un très gros honneur pour nous ». Claire Gallagher s’est vu remettre
le prix de recrue de l’année en plus de voir cinq de ses coéquipières sur la première équipe d’étoiles
du RSEQ.

Football
La fiche de 6-2 de la troupe de Jamie Barresi était leur meilleure depuis la saison 2010-2011.
L’équipe de football ottavienne s’est inclinée en demi-finale des séries éliminatoires, lors de leur
première apparence en demi-finale en cinq ans. C’est surtout leur défensive qui leur a permis de
Fiche
6-2
connaître une bonne saison alors qu’ils se sont classés dans le top 5 de presque toutes les statis-
tiques en défensives. Ottawa a aussi remporté le match Panda, ce qui a permis de ramener Pedro
à l’U d’O. Il s’agissait de la première fois en quatre ans et d’une deuxième fois en six ans, que les
hommes de Barresi sortaient gagnants contre leurs rivaux de Carleton. Carter Matheson avec ses six
touchés, 40 réceptions et 83 verges par match, s’est classé dans le top 10 de la SUO dans chacune de
ces catégories.

Natation
L’année 2018-19 a surtout été marquée par les performances spectaculaires de Montana Cham-
pagne et de David Casarin. Champagne a récolté 8 médailles dont 6 d’or cette saison, portant ainsi
son total en carrière universitaire à 20, soit le plus grand nombre de médailles dans l’histoire du
programme de natation. De son côté, Casarin a récolté 8 médailles d’or et 2 d’argent au cours de
la saison 2018-2019. Il a aussi été nommé athlète masculin par excellence dans le RSEQ. Les deux
étudiants ont aussi battu des records aux championnats canadiens et dans le RSEQ. Les hommes de
Dave Heinbuch ont terminé au quatrième rang du RSEQ avec un total de 392,9 points. Les nageurs
ottaviens ont conclu le championnat d'U Sports en 5e place avec une récolte de 230 points. À chaque
compétition, Ottawa a vu au moins un de ses nageurs se classer dans le top 5 en plus d’obtenir l’or.
En plus de Montana et Champagne, trois autres nageurs de Heinbuch ont été nommés sur la pre-
mière équipe d’étoiles.
Les nageuses de l’U d'O ont conclu la saison au deuxième rang du RSEQ avec 374,8 points, loin
PHOTO : COURTOISIE derrière les 759,9 de l’UQAM. Les meilleures performances des femmes de Heinbuch sont survenues
lors du championnat provincial alors qu’elles ont récolté 20 médailles et en novembre à domicile,
lorsqu'elles en ont récoltées 10. Delphine Vandal, avec 3 médailles de bronze et 1 d’argent et d’or, a
été la meilleure des siennes au cours de la dernière saison. Les Gee-Gees ont fini 7e sur 24 lors des
championnats nationaux canadiens avec 110 points.

w w w. l a r o t o n d e .c a
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chronique

Une année d’actualité sportive intéressante les 67’s, l'une des meilleures forma- nier n’a aucun intérêt à investir dans maire a indiqué très tôt dans le pro-
MAXIME JOLICOEUR tions du pays. Le scénario que l’on vit son équipe et décide de blâmer ses cessus que les taxes des citoyens de la
CHEF DU PUPITRE SPORTS présentement ici décrit très bien la propres partisans, en les appelant des ville d’Ottawa n’allaient jamais payer
réalité du hockey junior. Il est impos- « fake fans ». Ah oui, ce ne sont pas pour ce nouvel aréna. Les partisans
Pour cette dernière chronique, je sible pour une formation d’être une de vrais partisans, ceux qui suivent des Sénateurs d’Ottawa n’auront
voulais essayer quelque chose de force pendant plus de deux saisons, cette équipe affreuse depuis 2017, donc pas d’aréna au centre-ville dans
nouveau. Il est difficile de trouver à moins d'être les Knights de London vous avez raison, M. Melnyk. Ce pro- un futur proche.
un sujet spécifique chaque semaine, et d'attirer magiquement toutes les priétaire a été en mesure de ruiner
car admettons-le, il n’y a pas tant vedettes américaines. Les dirigeants une franchise de la LNH et a l'au- L’année du gris et grenat
d’actualités en sports. Pour cette der- des équipes junior n’ont pas le choix dace de dire que les partisans de son
nière chronique, je vais donc adres- d’aller all in, car le succès junior ne équipe ne sont pas de vrais partisans. Cette saison fut l'une des meilleures
ser plusieurs sujets qui ne sont pas dure pas longtemps. De plus, avec Ridicule, non ? Melnyk se demande dans l’histoire des Gee-Gees. Un
dignes d’une chronique complète, toute l’histoire des Sénateurs d’Ot- ensuite pourquoi les partisans ne se championnat national au soccer fé-
mais qui méritent d'être discutés. tawa cette saison, les partisans de déplacent pas jusqu'à Kanata pour minin, une troisième place nationale
hockey d’Ottawa ont pu diriger leur aller voir jouer un club de hockey au basket-ball féminin et un cham-
la piqûre du hockey junior attention vers cette équipe pleine de avec le talent de la Ligue américaine. pionnat de saison régulière pour
talent. Le propriétaire des Sénateurs a aussi l’équipe de hockey masculin. Nous
Les deux équipes junior de la région été en mesure de ruiner l’opportuni- avons réellement été gâtés en tant
de la capitale nationale sont présen- Le fiasco des Sénateurs té de déménager l’aréna des Sens au que partisans de sport à l’Université
tement à deux stages complètement centre-ville d’Ottawa. Dans le monde d’Ottawa et heureusement, le tout
différents. Pour les Olympiques de La situation à Kanata est très diffé- utopique de ce propriétaire, les taxes pourrait se répéter l’an prochain. Les
Gatineau, c'est présentement une rente de celle au parc Lansdowne. de la ville auraient payé pour l’aréna deux équipes de basket-ball auront la
période de reconstruction après avoir Pour une deuxième année consécu- et Melnyk en serait l’unique proprié- chance de participer au tournoi na-
échangé plusieurs choix lors des der- tive, les Sénateurs ont fini dans le taire. Pendant ce processus, le maire tional, l’équipe de hockey masculin
nières années. Ces derniers ne seront sous-sol de la LNH (Ligue nationale de la ville d’Ottawa, Jim Watson, et ne peut que s’améliorer et l’équipe
pas compétitifs pour au moins une de hockey). L'équipe ottavienne a ain- Eugene Melnyk ont développé une de soccer féminin pourrait rempor-
autre saison, mais les partisans de si échangé ses trois meilleurs joueurs certaine haine l’un envers l’autre. Il ter un autre championnat national.
hockey junior de la région peuvent en raison d’un manque d’argent du faut féliciter Jim Watson d’avoir tenu Plusieurs records pourraient encore
se déplacer à la Place TD pour voir propriétaire Eugene Melnyk. Ce der- son bout contre Melnyk. En effet, le être battus l’an prochain.

Étoiles de l'année
2018 2019
Par Maxime Jolicoeur

Montana Champagne - Natation Emma Lefebvre - Soccer féminin Cody Drover - Hockey masculin

La saison 2018-2019 de Montana Champagne L’équipe de soccer féminin de l’U d’O a non seule- Même si les Gee-Gees se sont inclinés lors du
a été spectaculaire. Il s’est mérité un total de 8 ment remporté le championnat de l’OUA, mais bel cinquième match à domicile en deuxième ronde
médailles, dont 6 médailles d’or. En carrière, et bien le championnat national ici même à Ottawa. face aux Gaels de l’Université Queen’s, Cody
Champagne a accumulé un total de 20 mé- Emma Lefebvre fut un morceau important de la for- Drover a accumulé un total de 40 points en 28
dailles. Il est aussi le nageur le plus titré dans mation cette saison, en amassant 11 buts et 7 passes matchs en saison régulière. Il a terminé la sai-
l’histoire de l’Université d’Ottawa (U d'O). décisives lors de ses 16 rencontres cette saison. son au 5e rang des marqueurs dans l'OUA.

w w w. l a r o t o n d e .c a
- Le journal indépendant de l’Univers

Année
2018-2019

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La Rotonde
Quand vient le temps de tourner la page
J’achève ma troisième année à La me souviens de mes premiers articles Au fond, je n’aime pas écrire, mais
MATHIEU TOVAR-POITRAS
Rotonde ; un joyeux foutoir avec le- comme journaliste. Après les avoir j’adore ce que j’écris. Pas mon style
RÉDACTEUR EN CHEF quel j’entretiens une relation sem- lus, Yasmine, ma cheffe actu, m’avait d’écriture, qui me fera assurément
Jeudi, 9 août 2018. 17h08, pour être blable au syndrome de Stockholm. pris de côté et m’a dit : « Je veux sa- grincer des dents lorsque je me relirai
plus précis. Au 109 Osgoode qui sert Une première année comme journa- voir quand tu prépares tes questions dans quelques années. Ce que j’adore,
de bureau à La Rotonde, je m’apprête liste, puis deux mandats comme ré- d’entrevue, quand t’écris ton lead,
ce sont les histoires que j’ai eu l’op-
à publier un autre. Ça fait environ dacteur en chef. Beaucoup de choses quand tu respires ». Le message est
portunité de raconter et la vérité que
ont changé durant ces années. Mais passé très vite.
deux ans que mon nom figure sur des nous avons transmis au public. On ne
une est restée la même : je n’aime tou-
papiers. Mais cette fois, c’est diffé- Aujourd’hui, elle me sermonne le fait pas pour nous, mais pour tous.
jours pas écrire.
rent. Cet article va faire réagir, je le chaque semaine en lisant l’éditorial.
sais. Ne méprenez pas mes paroles. J’adore Que voulez-vous ? On peut changer de Dans notre salle de production, nous
fouiner, trouver des informations, al- cheffe, mais la cheffe ne changera pas. avons un mur des citations pronon-
J’ai travaillé tout l’été sous le radar, à
ler à la rencontre de sources. Je brasse cées par des membres de l’équipe.
parler à des sources, ici et là, pour ob- C’est une réalité qui touche tout ceux
la marde et j’aime ça. On me demande C’est loufoque. Mais cela incarne pour
tenir des documents qui pourraient et celles qui ont fait partie de ce jour-
comment je jongle entre les études, le moi l’essence de La Rotonde. Des
potentiellement, peut-être, exister… nal. La Rotonde est à la fois syno-
travail et la vie sociale. Chaque fois, je jeunes qui ont développé des rela-
mais off the record m’avait-on dit. nyme d’émotions allant du plus bas
réponds que je ne sais pas. tions humaines extraordinaires et qui
Quelques minutes avant de publier, au plus haut, tout ça en l’espace d’une
je me prépare aux réactions qui vont sont unis par la volonté de s’investir
Mais c’est un mensonge. Je carbure à semaine. Puis, on recommence le lun-
déferler sur les réseaux sociaux. pour ce journal, ce foutu journal.
la pression et j’adore ça. Je n’ai pas de di suivant. La Rotonde devient partie
problème à passer une nuit sur trois intégrale de nos vies, même après Je ne sais pas comment conclure
L’article en question ? Il porte sur des
sur des canapés délabrés du bureau si l’avoir quittée.
allégations d’activités frauduleuses au cette chronique, ce dernier texte que
ça me permet d’améliorer le produit
sein de la FÉUO, déposition au ser- C’est éreintant. On pourrait décider je signe. Ce dont je suis certain par
final. C’est ce que je fais en ce moment
vice de police d’Ottawa par un ancien de tout sacrer là et se dire qu’on a eu contre, c’est que je suis fier d’avoir
pour l’écriture de ce texte. Et maudit
président comme appui. Clairement, notre voyage. D’ailleurs, on y a tous fait partie de ce journal. Je suis recon-
que ça renforce la réalisation que je
ça fera jaser. En revanche, l’ampleur pensé plus d’une fois. Mais on conti- naissant d’avoir pu croiser le chemin
déteste écrire.
que ça a pris m’a surpris ; suspension nue, parce qu’on y croit à ce foutu de personnes uniques.
du transfert de fonds, résiliation de L’utilisation à outrance du condition- journal. J’ai signé plus d’une centaine
l’entente entre la FÉUO et l’Univer- nel présent, le casse-tête des tournures de textes, mais il n’y en a qu’un seul Ce fut un voyage fantastique, mais
sité, défaite de la Fédération lors du de phrase et les titres – mes pires en- qui, je sais, a réellement eu un impact, c’est le temps de tourner la page.
référendum sur son existence. nemis – hantent mes semaines. Je qui a vraiment changé quelque chose. Merci pour tout.

La Rotonde : agir au cœur d'une génération fade


un corps qui décrépit. C’est une lutte blanches. C’est des rires à des heures lu. C’est penser sans savoir si on est
EMMANUELLE GINGRAS entre la grande raison et le grand bien trop tardives. C’est des cernes et écouté. C’est une grande humilité.
CHEFFE DU PUPITRE ARTS ET CULTURE cœur. C’est une petite voix constante un gros sourire. C’est une devise. C’est
dans la tête. Ce n’est jamais un retour se donner corps et âme. C’est peser Enfin, c’est un rappel que le journalisme
C’est s’éduquer. C’est apprendre à
en arrière. C’est un chaos à accepter. ses mots. C’est élever. C’est s’élever. étudiant pourra changer les choses.
compter. C’est apprendre à recon-
Ce n’est pas une sanité d’esprit. C’est C’est des chakras mal alignés. C’est Car l’audace est un frein qui viendra
naître les cons. C’est apprendre à
une belle maladie mentale. C’est lais- être fucking woke. C’est ne plus être quand nous serons adultes. Et nous,
reconnaître qu’on est con. C’est une
ser derrière des relations pour en un heureux imbécile. C’est la neutra- nous ne sommes pas des adultes.  Oui,
voix dans une autre qui nous rend
renforcer d’autres. C’est apprendre à lité, mais quand même la gaieté. C’est nous sommes des « enfants », sans li-
plus forts. C’est des liens tordus et
bien faire les choses… et apprendre à manger du popcorn au cheddar blanc. mitations et avides. Nos voix ne sont
à fleur. C’est des doigts grugés, des bien mentir. C’est un rappel à l’ordre. C’est crisser l’égo aux poubelles. C’est
ongles onduleux. C’est une langue pas plus petites, car il y en a tant eu
C’est tenter de comprendre le pro- apprendre à connaître ses faiblesses.
tournée en nœuds impossibles et à derrière nous. Merci La Rotonde, de
fessionnalisme, le réussir ou non. Ce C’est apprendre à connaître ses capa-
la fois un maudit gros cri. C’est un m’avoir laissé avoir une parole et de
n’est pas du Bob Marley. Ce n’est pas cités. C’est devenir prolifique. C’est
saut en bungee sans bungee. C’est apprendre à prioriser. C’est ne plus m’avoir permis de me révolter contre
The Sound of Music. C’est la plus belle
être ivre, ensemble, dans nos corps des tortures. C’est une révolte. C’est la se comprendre, mais apprendre à le silence d’une société bien trop portée
crispés des mêmes angoisses. C’est la liberté sous structure. C’est des dents tout comprendre. C’est apprendre la sur les apparences. Que vérité soit sue,
maladie ALS ; une gang de Stephen serrées, des coudes croisés. C’est communication. C’est être reconnais- que notre fade génération s’élève. À bas
William Hawking, une tête s’élevant, du sadomasochisme. C’est des nuits sant. C’est parler sans savoir si on est la paresse intellectuelle.

w w w. l a r o t o n d e .c a
Au présent
Oser écrire jusqu’au bout de la langue prendre, aller au fond des choses, voi- désireux de sortir de l’apathie collec- sur Facebook, au-delà de la note sur
GABRIELLE LEMIRE là le véritable objectif d’un passage à tive du campus. La Rotonde est, tout Amazon ou Uber Eats qui réduit notre
CHEFFE DU PUPITRE ACTUALITÉS l’Université. Sinon, l’institution reste comme l'université, une manufacture rôle de citoyen à celui de consomma-
une manufacture à diplômes, une usine de papier (pas pour bien longtemps teur. Rédiger son cheminement de pen-
Penser. Quelle faculté incroyable quand
de pâtes et papier transformant en va- vu les décisions supposément progres- sée. Et en fâcher plus d'un au passage.
on y réfléchit. Nous sommes de vraies
lidation sociale des milliers d’heures sistes de Ford).
machines à assimiler du savoir. Mais Pas besoin d’être Charlie Hebdo pour
en laboratoire ou entre les rayons des
aussi à en produire. À moins d’avoir un Production production production ! faire des mécontents. À plus petite
archives. Une imprimerie géante qui
esprit passoire comme ceux préférant Création création création ! Chaque se- échelle, mais tout de même des mi-
témoignerait de manière indélébile des
ne pas savoir. Certains aiment mieux maine au 109 Osgoode, c’est le sprint à cro-rébellions. Et je suis fière de ces
soirs à rester à écrire jusqu’à l’aube.
qu’on leur dise quoi penser. l’information, suivi d’un second sprint
Notre passage à l’université repré- rébellions. Tout crayon acerbe ne se
À l’Université, on a la possibilité de se sente-t-il vraiment une volonté d'aller pour imprimer tout ce qui se bouscule formalise pas de devoir prendre le
documenter. De toucher à autant d’ou- au fond des choses ? Un réel pas hors dans nos crânes. temps d'affûter son plomb pour se jeter
vrages qu’on le désire, par autant d’au- de la caverne ? de plus belle dans la mêlée. Écrire, c’est
teurs. Comme autant de plats dans un Crier à pleins poumons un geste politique, dans un Ontario qui
buffet à volonté. Est-ce la volonté de tous de pousser veut tuer à la racine la presse tradition-
Écrire, c’est beaucoup plus épuisant
le concept de la vérité au maximum ? nelle au profit des relations publiques.
Qu’il figure à l’Annexe ou non, tout ce qu’on ne le croit. Écrire, c’est tenter de
Sapere Aude comme diraient les philo- Écrire en français, en plus, c’est un
savoir confiné entre les millions de do- presser un citron humain dont toute la
sophes des Lumières et les Horace de ce acte de résistance. Une Résistance
cuments, entre les milliards de pages, pulpe aurait déjà servi pour penser aux
monde. (Non, ce n’est pas du latin pour « sans crieur public. Une résistance de la
et tout autant de marges où se côtoient ingrédients de la limonade. Ok, ce n’est
élitisme », mais bien pour « ose savoir »). francophonie jusqu’à se la faire tatouer
notes griffonnées à l’encre et gouttes pas la meilleure analogie, mais reste
sur la fesse. Résister, dans ma langue,
de sueur chargées d’angoisse intellec- Pour être journaliste, il faut cette étin- qu’on commence la semaine la plume
pas de manifeste. Juste mon geste.
tuelle… ce savoir nous appartient. celle. Celle d’oser comprendre. déjà éreintée et qu’on la termine com-
Juste ma plume qui court vers une cen-
plètement asséchée.
Ensuite, reste de traduire ses dé- sure potentielle, une mort annoncée.
Oser se servir de son entendement
couvertes en mots en espérant qu’ils Écrire, c’est aussi un geste de rébellion. Manifester jusqu’au bout de la langue.
Se documenter, se ressourcer, ap- tombent dans l’œil de quelque passant D’aller au-delà du commentaire râleur Apprendre, écrire, créer. S’écrier.

Une expérience inoubliable ai donc appliqué avec une piña colada Personne ne voit Mathieu, notre rédac- de journaliste intérim à cheffe d’une
MAXIME JOLICOEUR dans les mains à Cancún sans attentes. teur en chef, arriver au bureau à 7h du section d’un moment à l’autre. Une
CHEF DU PUPITRE SPORTS
À mon retour au Canada, j’ai passé pour matin le dimanche pour la production tâche qu’elle a aussi réussie sans pro-
« La vie est remplie de hauts et une deuxième année de suite l’entrevue du journal. Personne ne voit les nom- blème. Il faut aussi souligner le travail
de bas » : je ne crois pas qu’il y ait pour obtenir ce poste qui me tenait tant breuses fois où notre directrice de pro- du journaliste Pascal Vachon, qui s’est
une expression quétaine qui résume à cœur. Spoiler alert, je l’ai eu. duction Caroline Fabre a dû arranger amené dans la mêlée début janvier. Le
aussi bien la vie d’un employé de InDesign parce que le logiciel décide mot « non » n’est tout simplement pas
Lors de la première réunion de l’année, d’arrêter de fonctionner, tout en pre- dans son vocabulaire et son autonomie
La Rotonde. Un jour tout va bien,
la vie est belle et ta section semble il y avait quelques visages familiers et nant en compte les attentes des trois est incomparable. Je n’ai aucun doute
plusieurs nouveaux. À ce point-là, je chefs et du rédacteur en chef. Personne qu’il sera tout un journaliste dans le
parfaite, puis d’un instant à l’autre,
n’avais aucune idée à quel point ces n’a vu notre cheffe de la section d’ac- futur.  
la section au grand complet tombe
gens deviendraient non seulement mes tualité Gabrielle Lemire créer sa liste de
en morceaux. Lorsque j’ai été engagé
sujet de 8 pages tout en gérant ses jour- Il se peut même que cette édition soit
pour être chef de la section sports, collègues, mais de bons amis. Oui, le
nalistes, son école et ses activités hors la dernière édition papier pour La
j’était excité, non seulement parce but premier de La Rotonde est de pro-
de l’école. Il faut aussi mentionner que Rotonde, en raison des décisions ques-
que je pouvais finalement me sau- duire un journal de 16 pages chaque
Gabrielle a changé de rôle en décembre, tionnables de notre ami Doug Ford.
ver de InDesign, mais aussi parce dimanche soir avant 23h. Mais il y a
passant de cheffe arts et culture à cheffe Si cela se produit, j’aurai vécu une ex-
que j’avais l’opportunité de travailler beaucoup que nos lecteurs ne voient
de la section d’actualité, une tâche ex- périence inoubliable à La Rotonde.
dans mon domaine de rêve, le sport. pas, derrière les coulisses. Comme
trêmement difficile qu’elle a accomplie J’aimerais remercier tous mes collègues
Nous sommes en juillet 2018. Je suis mentionné plus haut, La Rotonde est à merveille. Il n’y a pas beaucoup de aussi, je ne vais jamais vous oublier. Le
sur la plage à Cancún au Mexique remplie de hauts et de bas. Oui, il y a gens qui seraient en mesure de faire la futur est incertain non seulement pour
lorsque je reçois un texte d’un certain des malentendus entre nous, mais en transition aussi bien qu’elle. Personne moi, mais pour tout le monde à La
Mathieu Tovar-Poitras. « La position fin de compte nos problèmes sont tou- ne s’est aperçu du travail acharné de Rotonde. Je suis cependant sûr et cer-
de chef sport est encore ouverte pour jours résolus (sauf notre dépendance au notre nouvelle cheffe arts et culture tain que tous mes collègues auront de
cette année, tu devrais appliquer ! » J’y Circle K, mais on travaille là-dessus). Emmanuelle Gingras qui a dû passer merveilleuses carrières.

w w w. l a r o t o n d e .c a
La Rotonde
Il faut plus qu’un diplôme
tas à faire de la chronique, métier que La Rotonde fut pour moi un havre ce qu’elle fait présentement à La
PATRICK LAGACÉ je fais encore aujourd’hui. De 1993 à où apprendre et m’épanouir, tout en Rotonde : elle aimerait que l’adhésion
LA ROTONDE 1991-1995 1995, j’ai continué la chronique tout ayant du plaisir. Pour d’autres, c’était à un syndicat — et le paiement de la
en étant rédacteur en chef du journal. la Fédération étudiante, la radio étu- cotisation syndicale qui vient avec —
De 1991 à 1995, j’ai participé à la pu- Ce fut une expérience inestimable, le diante, le club d’échecs ou d’environ- ne soit pas obligatoire. Cela affaibli-
blication de La Rotonde. J’y ai trouvé socle de ce que je suis devenu profes- nement, ou alors GRIPO… rait fatalement le mouvement syndi-
une école de vie, j’y ai confirmé ma sionnellement. cal. Qui en profiterait ? Le Pouvoir, au
vocation : le journalisme. J’y ai connu des amis que j’ai encore, sens large.
C’est ce que je veux vous dire au- des amis chers qui comme moi vou-
Le premier texte que j’ai publié dans jourd’hui, en reprenant la plume dans laient changer le monde en faisant du En sapant le financement des jour-
le journal était je crois une recension mon vieux journal : il faut plus qu’un journalisme. Quand nous avons in- naux étudiants, c’est exactement ce
de livre, un truc épouvantablement diplôme. vesti le marché du travail, nous nous que le gouvernement Ford fait : il
ronflant et présomptueux, si je me sommes tous auto-pistonnés partout s’assure que les contrepoids de la vie
souviens bien. À 19 ans, on a le droit À mon entrée à l’Université d’Ottawa, où nous le pouvions : les premiers démocratique soient plus faibles. Ce
je croyais que ce qui ouvrait les portes, jobs sont toujours les plus difficiles à qui ne profite qu’aux forts.
d’être ronflant et présomptueux.
c’était le diplôme. J’avais tout faux. Si obtenir.
Je suis rapidement passé à la section vous visez un métier où le diplôme Longue vie à La Rotonde. J’espère que
nouvelles, où je me suis fait les dents. est obligatoire, c’est en partie vrai. *** vous allez survivre à cette mauvaise
Je ne me souviens plus sur quoi j’écri- Ingénieur, avocat, médecin : vous passe.
n’accèderez pas à ces professions Petit aparté politique.
vais à l’époque, sur les affaires de la
sans le bon diplôme. Mais il y a tout ***
Fédération étudiante, j’imagine. Je J’ignore tout de la réalité du campus
me souviens très bien en revanche de un spectre de métier qui n’exigent de l’Université d’Ottawa en 2019. Je ne Impliquez-vous. Faites autre chose
ce sentiment de vertige en lisant mon aucun diplôme précis. Le journalisme prétendrai pas la connaître non plus. qu’étudier, sur ce campus. C’est une
« byline », ce petit espace où le nom fait partie de ces métiers. On ne m’a Mais je suis stupéfait d’apprendre que forme d’investissement dans votre
du journaliste est écrit, en haut de jamais demandé une copie de mon di- le financement de cette institution est carrière, ce qui est une forme d’inves-
l’article. plôme (heureusement, je ne l’ai reçu en danger. Si je comprends bien, les tissement dans votre bonheur, quand
qu’il y a quelques années) ou de mes étudiants pourront désormais cocher on y pense : le travail compose le tiers
La Rotonde fut le lieu de toutes les notes (une mesure complètement quels organismes étudiants ils dé- de nos vies, sinon plus. C’est long,
expérimentations, de toutes les folies. inutile pour juger du potentiel d’un sirent appuyer, au début de l’année... passer le tiers de son temps à faire
Ce fut le sel et le poivre et la sauce pi- jeune journaliste). quelque chose qu’on n’aime pas.
quante de mon bac. En théorie, cela est formidable. Qui
Ce qui m’a ouvert des portes, c’est peut être contre ça ? En vous impliquant dans un orga-
Ce fut un lieu sérieux, aussi : nos ce que j’ai fait hors de mon bac, sur nisme comme La Rotonde, ou quelque
textes sonnaient les cloches du pou- le campus. C’est La Rotonde. Je m’y En pratique, ça ne fait que favoriser autre organisme, mouvement, club,
voir étudiant et du pouvoir de l’admi- suis fait les dents, j’ai écrit, écrit, écrit, l’individualisme en plus d’affaiblir le fédération, etc., sur le campus, vous
nistration du campus, parfois. Nous écrit et j’ai réfléchi au métier. Quand collectif. Bien sûr que des étudiants allez ouvrir vos horizons et dévelop-
suscitions des réflexions qui n’au- j’ai commencé à travailler, j’avais vont juger que donner 5$ à un orga- per des muscles qui ne se développent
raient pas pu exister autrement. un moignon d’expérience, mais j’en nisme comme La Rotonde est une pas autrement, disais-je.
avais. J’avais l’expérience d’écrire, de perte d’argent, mais ce faisant ils af-
Un exemple ? Un de nos journalistes couvrir des événements, de gérer la faibliront la qualité de l’information Et vous allez découvrir des intérêts
a enquêté sur une forme ou une autre controverse. Inestimable. et la diversité des sources d’informa- qui ne se découvrent pas forcément
de malversation commise par un prof, tion à propos de leur milieu de vie. en classe, dans les livres, dans les exa-
j’ai oublié la crosse en question. Mais Même si vous visez un métier où il faut mens.
je n’ai jamais oublié le nom du journa- un diplôme, s’impliquer dans la vie La droite militante rêve depuis des
liste : Daniel Leblanc. Des années plus étudiante est un plus, un atout impor- années de faire au syndicalisme Ce fut mon cas.
tard, c’est lui qui a sorti les articles tant. Je connais peu d’employeurs qui
dans le Globe and Mail qui ont révélé vont embaucher des robots asociaux
ce qu’on allait appeler le scandale des dont la grande qualité est d’avoir obte-
commandites, qui embarrassa sérieu- nu des A+ dans chacun de leurs cours.
sement le gouvernement Chrétien. Si vous avez décroché des A+ dans
tous vos cours, mais que vous n’avez
J’oubliais : quant au prof, il fut forcé aucun sens de l’initiative, aucun juge-
de démissionner après l’enquête de ment, aucun sens du travail d’équipe
Daniel dans La Rotonde. C’est aussi à et aucune énergie, bonne chance pour
ça que servent les journaux étudiants, faire progresser votre carrière.
en plus de permettre aux étudiants en
poésie de se faire publier et aux étu- C’est le meilleur conseil que je peux
diants en génie de faire jeux de mots donner aux personnes qui lisent cet
dans les titres des résultats sportifs article : impliquez-vous sur le cam-
: à garder un œil sur les institutions, pus. Vous allez apprendre des choses
pour les forcer à mieux se comporter. que vous ignoriez, vous allez déve-
lopper des muscles que vos cours ne
*** développeront pas. Ces muscles sont
aussi importants que décrocher un A+
En 1992-93, suis devenu chroniqueur à votre examen final…
à La Rotonde, en plus d’être chef de PHOTO : ARCHIVES
la section Nouvelles. J’ai appris sur le Peut-être même plus importants.

w w w. l a r o t o n d e .c a
Au passé
La Rotonde mène à tout
JEAN-FRANÇOIS PLANTE
LA ROTONDE 1993-1994
J’avais 11 ans et je savais déjà ce que je
voulais faire dans la vie.

J’en ai la preuve écrite dans l’album de


mes souvenirs d’école. Au verso de la
pochette qui contenait mes trucs sco-
laires, il y avait une section de choix de
carrière. Sans hésiter, j’avais coché les
cases faciles: « vedette, joueur de hoc-
key, joueur de baseball». À la mitaine,
j’ai ajouté « statisticien et journaliste PHOTO : JEAN-FRANÇOIS PLANTE
des sports ».

Je n’ai pas été un joueur de hockey prentissage, il a été fait dans les locaux Le lendemain de la publication de année et il est souvent question de nos
professionnel ni un joueur de base- de La Rotonde. Nous avions une su- cette bombe, on ne pouvait plus trou- histoires de Rotonde.
ball. Une carrière de vedette ? Qu’est- perbe équipe. Nous avons appris sur ver une seule copie de La Rotonde
Les liens que nous avons tissés là-
ce que ça insinue exactement ?! On le tas. Nous étions passionnés. Nous sur le campus. Paraît que les gens de
bas sont forts. Richard Dufour, mon
s’en fiche un peu puisque depuis 25 voulions nous faire entendre. Nous l’équipe de football se promenaient
collègue des sports de l’époque, est
ans, j’ai le privilège d’écrire dans les voulions changer le monde. Nous pour les enlever des présentoirs et
les jeter à la poubelle. Gilles Proulx, à devenu journaliste à l’économie à
pages du quotidien Le Droit. Depuis avions une tribune. Celle-ci nous don-
Montréal, avait été saisi de l’histoire. La Presse+. Il est devenu mon meil-
12 ans, j’occupe aussi l’un des quatre nait l’impression de jouer dans la cour
Son recherchiste m’avait joint pour leur ami à l’université. Notre chef de
postes de journalistes sportifs du seul des grands. Pour nous, c’est tout ce
en discuter. J’étais trop gêné pour lui pupitre, Dominique Fugère, est pré-
quotidien francophone en Ontario ! qui comptait.
accorder une entrevue en direct à la sident et directeur général du Grand
Et les statistiques ? Elles ont été ma
Nous n’avions peut-être pas la no- radio provinciale... Prix de Trois-Rivières, mais il a aus-
porte d’entrée au journal avant d’ob-
toriété de La Presse ou du Devoir, si oeuvré au Journal de Montréal
tenir une permanence au journal de
mais un simple regard à ma première Quelques jours après la sortie de mon pour couvrir des « courses de chars
ma ville natale.
signature-photo imprimée dans un article, l’entraîneur en question avait » avant le lock-out qui a fait mal à
Aujourd’hui, si j’ai l’occasion de vivre journal m’a procuré des frissons. J’ai été congédié. L’histoire a été reprise plusieurs journalistes de Québecor.
mon rêve tous les jours en pratiquant conservé la découpure de ce premier dans Le Droit. À la fin de mes études, Martin Landreville, l’éditorialiste que
le métier que j’ai toujours voulu faire, papier. Nous avions tout à apprendre, quand je suis allé cogner à la porte du nous surnommions affectueusement
c’est grandement attribuable à mon mais nous voulions produire du maté- quotidien de la rue Clarence en 1995, « virgule », a commencé sa carrière
passage à La Rotonde. riel digne d’un grand quotidien. Nous ils me connaissaient déjà. J’ai été en journalisme avant de bifurquer
savions que nous faisions du bon embauché sur-le-champ. Les temps vers le monde de l’immobilier. Le
Je dois tout à La Rotonde et à mon ami ont changé depuis l’âge d’or des mé-
travail quand les médias de la région sens inné pour la nouvelle a mené
Patrick Lagacé. À l’été 1993, à force dias écrits ! Les postes sont beaucoup
d’Ottawa/Gatineau reprenaient les Bruno Genest à un poste de chef de
d’insister, il a fini par me convaincre moins nombreux, surtout pour les pi-
nouvelles de notre journal étudiant. pupitre au réseau TVA où il est aus-
d’accepter le poste de chef des sports gistes. si le recherchiste principal de Denis
lorsqu’il est devenu rédacteur en chef. La Rotonde m’a fait connaître au Lévesque. Et Pat n’a pas besoin de
J’hésitais parce que j’étais jeune. Patrick Lagacé était un chef fier. Sa
Droit. En 1993, j’avais publié une présentations...
Je jouais encore au hockey. J’avais Rotonde, c’était sa Presse. Il tenait à ce
histoire sur un entraîneur de foot-
un autre travail à temps partiel. Ma que notre journal soit plus pertinent Quand on se rencontre, nous reve-
ball controversé qui s’était présenté à
blonde habitait à Masson. Je n’étais que celui de notre « compétiteur » du nons toujours au même refrain : « La
une séance vidéo avec un t-shirt por-
pas certain de vouloir sauter dans le Fulcrum ! Il nous rassemblait chez lui, Rotonde mène à tout ».
tant l’inscription « Québec : Da Stink
dans sa chambre. Sur un tableau, il
bain tout de suite. Society ». Les 23 joueurs francophones
écrivait nos plans, nos idées. Sa pas- Ses artisans ne devront pas l’oublier
et 33 joueurs québécois n’avaient
Je n’ai jamais regretté la décision de sion était contagieuse. Il conduisait même si leur édition papier approche
pas apprécié, d’autant plus qu’à cette
me joindre à l’équipe de La Rotonde. l’autobus et il nous amenait sur les peut-être la fin de son cycle.
époque, seulement quatre Québécois
lieux de l’action.
À l’époque, au début des années ‘90, le faisaient partie du « 24 partant ». Les La Rotonde mène à tout et j’en serai
programme de journalisme à l’Univer- joueurs avaient l’impression que le ra- Mes amis de La Rotonde font toujours éternellement reconnaissant. Je lui
sité d’Ottawa était surtout constitué cisme de cet entraîneur était à l’origine partie de ma vie aujourd’hui. On se dois ma joie de vivre d’aujourd’hui.
de cours de communications. Mon ap- de ce déséquilibre dans l’alignement. rencontre encore deux à trois fois par Bonne continuité.

w w w. l a r o t o n d e .c a
La Rotonde m’a offert une leçon de vie
que mon premier texte sur la politique
DANIEL LEBLANC fédérale. Il y avait une élection partielle
LA ROTONDE 1994-1995 dans Ottawa-Vanier à l’époque, et j’avais
interrogé les candidats des différents par-
Un de mes regrets dans la vie, c’est d’avoir tis pour aider les étudiants qui habitaient
passé une année à La Rotonde. la circonscription à se faire une idée.

En rétrospective, j’aurais dû y œuvrer J’ai développé confiance en mes moyens.


pendant chacune de mes six années à Le rédacteur en chef de l’époque, Patrick
l’Université d’Ottawa. Lagacé, avait déjà assez d’expérience au
journal pour me diriger, me critiquer et
Dès un jeune âge, j’ai été un grand m’encourager.
consommateur de nouvelles. Je lisais
Le Droit, un journal pour lequel j’ai été Approchant la fin de mes études en
camelot à l’adolescence. À la maison, il science politique, j’ai commencé à me
y avait toujours des journaux et des ma- poser des questions sur mon avenir pro-
gazines dans le salon. Les nouvelles de fessionnel. Une conseillère à orientation
Radio-Canada et de CBC ponctuaient nos m’a fait remarquer que j’avais toujours
soirées en famille. trouvé plaisir dans le monde des journaux
étudiants et que je pourrai me diriger en
Au secondaire, j’ai contribué à notre pe- journalisme. C’était une évidence, mais
tit journal en dessinant des caricatures elle n’aurait pu arriver à cette constatation
de profs. Durant mon année au Cégep de si je n’avais pas accepté l’invitation de me
l’Outaouais, j’ai fait d’autres caricatures et joindre à La Rotonde quelques mois plus
écrit des textes de nouvelle pour un hebdo tôt.
qui s’appelait L’Entremetteur.
A la fin de mes études, j’ai commencé à tra-
En entrant à l’Université d’Ottawa en vailler dans le bureau d’un député fédéral.
1989, toutefois, j’ai plutôt décidé de me Mes études en science politique m’avaient
concentrer sur mes cours de science po, bien préparé pour ce travail, mais j’ai ra-
de communications et d’histoire, ainsi que pidement compris que ce n’était pas ma
mon travail au Centre national des Arts. place.

Ce n’est qu’à ma dernière année d’univer- Quelques mois plus tard, j’entrais en
sité, alors que j’amorçais la rédaction de journalisme à l’Université Carleton. Mon
ma thèse de maîtrise, que j’ai décidé de parcours m’a ensuite mené du Canadian
couper dans mes moments d’oisiveté à la Geographic au Ottawa Citizen, avant que
salle de musique pour me lancer de nou- je n’atterrisse au Globe and Mail en 1998.
veau dans le journalisme étudiant. Quand j’ai écrit un livre sur le scandale
des commandites en 2006 (« Nom de
L’invitation est venue de Martin Code : MaChouette »), le premier journa-
Landreville, qui était chef de la section liste à écrire un texte sur le sujet était ce
Actualités et qui, sans le savoir, a contri- même Patrick Lagacé, rendu au Journal
bué à lancer une carrière dans le monde de Montréal. Lors de ma première entre-
du journalisme qui continue encore plus vue télévisée sur la sujet à LCN, le réali-
de 20 ans plus tard. sateur en charge du dossier était un autre
ancien collègue, Bruno Genest.
C’est à La Rotonde que j’ai découvert le
plaisir que je pouvais retirer à interviewer La Rotonde m’a offert une leçon de vie : il
et rencontrer des gens qui ont des his- faut profiter des occasions qui s’offrent à
toires à raconter, de même que d’écrire nous pour poursuivre nos passions.
des articles qui tentent de se démarquer.
Surtout, j’ai vu qu’une salle de nouvelle, Ce genre d’expérience est toutefois en
c’est un milieu de travail agréable où péril à cause de la menace financière qui
règnent la collégialité et la camaraderie et noircit les perspectives d’avenir des jour-
où je pourrais me voir évoluer plus tard. naux étudiants. Ces médias existeront-ils
pour les futurs journalistes et tous ces étu-
Je suis arrivé au journal avec une exclusi- diants pour qui une telle tribune offrirait
vité – l’histoire d’un prof qui avait falsifié une expérience qui pourrait s’avérer en-
les évaluations étudiantes à la fin d’une core plus marquante que certains de leurs
session pour se donner un meilleur score. cours?
S’ensuivirent les démarches pour obtenir
d’autres détails et prouver l’histoire, aller Un hebdo comme La Rotonde est essen-
chercher des réactions et des commen- tiel pour assurer une vie démocratique
taires officiels, le tout agrémenté d’une à l’université et soulever des enjeux cru-
bonne dose d’adrénaline. ciaux, comme ceux liés aux rites d’initia-
tion des nouveaux étudiants.
Une fois qu’on fait la « une » d’un journal,
on y prend goût, semble-t-il. C’est aussi un instrument qui donne un
sens accru à la vie sur un campus et fait
PHOTO : ARCHIVES Je me souviens par la suite de dossiers sur en sorte que les étudiants peuvent sortir
le manque de quiétude dans les résidences de l’université avec plus qu’un simple di-
ou d’articles sur la vie étudiante, de même plôme.

w w w. l a r o t o n d e .c a
Un formidable cafard
première manifestation, première confé-
YASMINE MEHDI rence de presse, premières élections, pre-
LA ROTONDE 2015-2017 mier scandale. C’est à La Rotonde qu’on
débusque ses premières grosses histoires,
Ceci n’est pas un éloge panégyrique. Un
qu’on reçoit ses premières menaces, qu’on
éloge panégyrique, c’est ce qu’on rédige
rencontre ses premiers collègues. J’y ai
quand un vieux de l’Académie française
écrit des textes sur la zoothérapie, des
meurt, lorsqu’on transfert cérémonieuse-
enquêtes sur la culture du viol, des ho-
ment ses cendres au Panthéon. Un éloge
roscopes satiriques. Chaque semaine, je
panégyrique, c’est quelque chose qu’on
redécouvrais la même fébrilité en ouvrant
écrit pour louanger un mort, c’est quelque
le journal.
chose qu’on écrit quand on est en deuil.
C’est à La Rotonde – plus que nulle part
Moi, je refuse le deuil ; je refuse de dire
ailleurs – que je me suis sentie réellement
qu’une partie de La Rotonde puisse
journaliste. C’est là que cette identité de
mourir ; je refuse encore plus de penser
diseuse de vérité est véritablement de-
que La Rotonde puisse être anéantie par
venue mienne. La seconde où j’ai mis les
quelqu’un comme Doug Ford, quelqu’un
pieds au 109 rue Osgoode, j’ai compris
qui n’aurait pas tellement sa place à l’Aca-
démie française. Je refuse le deuil et de que je ne pourrais (et ne voudrais) ja-
toute façon, La Rotonde a la peau trop mais faire autre chose. J’ai su que rien ne
pourrait jamais à la cheville de ce métier.
Actualités la rotonde numéro 19 7

dure pour ça.


Tu as 18 ans ? Quand est ton anniv’ ?
Fièrement, je suis devenue une des bi-
Mars ! *** bittes de La Rotonde. Et je le suis restée
La plus jeune avec qui t’as été bien après mon départ.
avait quel âge ?
La Rotonde, ce formidable cafard qui ré-
Pa
Yasmine rMeh
27, je dirais

siste à tout. Avec son sous-sol contaminé à ***


di Tu serais ma plus jeune si on s’entend
bien

Mon âge pose problème ?


l’amiante, ses murs remplis de souris, ses
étagères poussiéreuses et ses planchers Comme un cafard, plusieurs ont essayé
Non, pas du tout. Au contraire, je vais
être honnête, c’est super excitant...
qui craquent, elle affronte vaillamment d’écraser La Rotonde, de la pulvériser
les tentatives de censure, les menaces de hors d’existence. Les exterminateurs se
Il faut tout de même préciser qu’au-de
ment sexuel de la chose, certains
là de l’aspect pure-
hommes semblent éga-
Simon Lapierre est professeur en
service social à l’Univer- poursuite et les abus de pouvoir. sont succédés, armés de bombes en aé-
lement être à la recherche d’une sité d’Ottawa et membre de FemAnv
i, un collectif contre la
rosol, de poush-poush toxique, venus as-
oreille attentive. Un soir, violence faite aux femmes. Pour
je me retrouve au téléphone avec lui, Seeking Arrangement
C. pendant plus d’une est sans contredit une plateforme
heure, qui me raconte ses frustrati de prostitution.
ons professionnelles – il
voudrait pouvoir s’adonner à sa passion,
temps plein. Apparemment, la vie
la photographie, à
est dure lorsqu’on a une
valeur nette de 5 millions de dollars
et qu’on conduit une
Je suis un peu perplexe. Assise dans
lon, je n’avais pas l’impression de
le confort de mon sa-
contribuer de quelconque
Les cafards peuvent vivre une semaine phyxier La Rotonde et son esprit contesta-
façon à l’industrie du sexe. Après
Corvette Z51. tout, cachée derrière mon

La rencontre
écran, j’étais bien loin de la réalité
nètes et des réseaux mafieux. C’est
du trottoir, des proxé-
justement ce que le pro-
sans tête. Ils peuvent passer un mois sans taire. Comme un cafard, elle a résisté à ces
fesseur Lapierre critique le plus de
la plateforme : sa capacité
Les semaines passent et il me semble
le simple fait de clavarder avec des
de plus en plus que
Sugar Daddies ne me
à banaliser, voire à glorifier, la prostitut

« On remarque que ce site fait très


ion.
nourriture et retenir leur respiration pen- tentatives d’annihilation. Notre journal
donne guère un véritable aperçu attention, au niveau de

dant quarante minutes. Rares sont ceux


de la réalité des 200 000 son marketing, à ne pas se présente
bien-aimé a toussé un coup, s’est servi un
étudiantes et étudiants inscrits sur r comme étant de la
la plateforme. prostitution. On donne bonne conscien
ce aux hommes qui
Je me décide donc à prendre un utilisent le service, on leur donne
café avec un de mes pré- bien, qu’ils l’impression qu’ils font le

qui apprécient les cafards, mais personne


aident
verre d’eau, puis a continué à servir l’inté-
tendants. RespectfulGuy42 a un salaire des jeunes femmes à se sortir de
annuel de 125 000 carité financièr la pré-
$ et travaille dans le domaine des e, alors ça reste une forme d’achat
sciences informatiques. de femmes du corps
Le 27 janvier, donc, un homme qui par des hommes », m’explique-t-il.
n’a pas grand-chose à
voir avec sa photo de profil me rejoint
du centre-ville d’Ottawa.
dans un Starbucks Si les propos de Lapierre semblen
périence personnelle, je ne peux
t en phase avec mon ex-
conclure mon incursion
ne remet en question leur prodigieuse ré- rêt public et – accessoirement – à envoyer
dans le monde des Sugar Daddies
silience.
Au cours des trente minutes que sans parler avec une
chier le pouvoir.
l’on passe ensemble, les Sugar Baby.
sujets de discussions sont divers Je contacte le service médias de
: études, emploi, voyage, rangeme Seeking Ar-
famille et même religion. Il m’expliq nt et un relationniste est plus que
ue qu’il a deux enfants de me mettre comblé à l’idée
en bas âge et ne souhaite pas s’embarq en contact avec un success story
uer dans une rela- forme. de la plate-
tion sérieuse, d’où son inscription
sur SA.
Après un moment, R. m’indique qu’il
notre conversation à l’extérieur.
Je lui transmets mes questions
préférerait continuer vingt ans, étudiant par courriel. C’est Sasha,
e en biologie à l’Université de Calgary
La Rotonde, cette petite maison en Notre journal bien-aimé a la peau dure.
Très vite, la conversation qui me
répond. Elle m’explique s’être inscrite
briques, cet endroit figé dans le temps,
prend une tournure plus pragmat
e qu’il était possibleen janvier
Depuis 1932, La Rotonde a survécu à une
ique. « Combien coûtent 2016, après l aentendu
r o t o n ddire
tes6 frais de scolarité? » « As-tu avoir le Lundi 21 novembre 2016
déjà eu des relations son diplôme d’obtenir
sexuelles auparavant? » « You’re sans s’endetter. « Je voulais être
ok with kissing and oral filles », écrit-elle une de ces
.
cette rédaction atypique où de curieux
and all that stuff? » Il m’explique

guerre mondiale, à des crises financières,


aussi qu’il n’aime pas les
préservatifs et s’attend donc à ce
que je partage avec lui les Aujourd’hui, elle peut compter
résultats d’un test de dépistage. Voilà sur un chèque mensuel de
pour le romantisme. 3 000 $ de la part de son Sugar
Daddy, qui paie égale-
Le soir même de notre rencontr
m’annonçant qu’il a désactivé son
ment ses frais de scolarité. Si elle
e, il m’envoie un texto ports sexuels
compte dans l’espoir travailleuse
concède qu’elle a des rap-
avec son bienfaiteur, elle ne se considèr
e pas
spécimens se retrouvent chaque semaine à des catastrophes naturelles, à l'avène-
que notre arrangement irait de l’avant. du sexe : « Nous ne sommes pas payées
avec la ferme intention d’envoyer chier le
Il réitère son offre du sexe. Nous avons pour
de 1 000 $ par mois. Devant mon
revient à la charge : « Le montant
augmenté si tu es toujours intéressé
absence de réponse, il hommes prospère
que j’ai offert peut-être notre âge peuvent
simplement choisi de fréquenter
s qui nous gâtent plus que les garçons
le faire. »
des
de
ment d’Internet et à la mode des panta-
pouvoir. Les journalistes de La Rotonde
e. »
Prostitution, oui ou non?
Le matin du 25 février, alors que
Seeking Arrangements de mon
je supprime l’application
téléphone, je réalise que
lons éléphants. Elle a vécu le nazisme, le
sont rarement conventionnels, souvent
toute cette expérience n’a permis
fascisme, le communisme, a traversé tous
Dans le projet de loi C-36 du gouverne de répondre qu’à une
ment fédéral, la pros- fraction de mes nombreu
titution est définie « comme un échange ses questions sur le phénomène.
de services sexuels À défaut d’avoir appris
moyennant paiement, […] plus particuliè ce qui pousse tant de jeunes femmes

irrévérencieux, toujours passionnés. Ce


rement, un contrat à recourir à des plateform

les ismes en restant fidèle au plus noble


ou une entente, exprès ou implicite es comme SA, j’ai désormais la
, pour un service sexuel conviction qu’il
précis en retour d’une forme quelconq existe autant de réponses à cette
La vie d’étudiant.e, ou quand
ue de rétribution ». que d’inscriptions sur question
24 heures ne semblent jamais suffire pour
la fameuse plateforme.
et lectures obligatoires tout en gardant compléter tous les travaux, examens, dissertation
s

sont des drôles de bibittes, de formidables


un semblant de vie saine. Si tous les étudiant.e.s vous avoueront

d’entre eux : le journalisme.


ont du mal à concilier études, emploi à temps probablement qu’ils
partiel et vie sociale, certains endossent
w w w. etl aporte-bébé
parent. Université r o t o n dpeuvent-ils
e .c a faire bon ménage? toutefois un rôle additionnel : celui de
La Rotonde tente de répondre à cette question
point sur la situation des parents étudiants en faisant le

cafards.
sur le campus.

Ceci n’est pas un éloge panégyrique.


Témoign ages de
Isabelle M. Pulkinghorn, ges-
tionnaire aux relations avec les
« À l’époque, les femmes devaient
choisir entre leur carrière et leur
*** Depuis la création de La Rotonde, 26 gou-
famille : je voulais avoir les deux
parents débordé s médias : « L’Université ne tient
[…]. On s’est débrouillés, mais ça
Après avoir appelé les étudiant.e.s
pas de registre du nombre d’étu-
a été très difficile et très fatigant vernements fédéraux ont été formés ; 25
parents à partager leur témoi-
diants parents. »
», a-t-elle expliqué. C’est à La Rotonde qu’on fait nos griffes,
gnage, La Rotonde s’est entrete-
nue avec Geneviève Latulippe,
Un constat que semble partager
Manola Joazil, coordonnatrice
En ce qui concerne la situation gouvernements ontariens. Ce journal en
Roger Girard-Leavoy et Fannie au Centre de mentorat du Service
actuelle des parents étudiants
sur le campus, Dr Lee s’est ex-
qu’on mange nos croûtes, qu’on déve-
Saint-Cyr, trois parents également
étudiants à la Faculté de droit civil
d’appui au succès scolaire (SASS)
destiné aux étudiants adultes,
clamée qu’ils étaient « invisibles a vu de toutes les couleurs et continuera
de l’Université d’Ottawa qui affirme que l’Université ne
» et a appelé l’Université à re-
cueillir des données concernant
loppe notre esprit critique. On y apprend
Bien que leur parcours soient dif-
dispose d’aucune information
concernant « la situation fami-
leur nombre, mais surtout quant d’en faire voir de toutes les couleurs, que
férents, les trois sont de retour
aux études et ont au moins deux
liale des étudiants ».
à leurs besoins : « Ce qui est im-
portant, c’est que les parents
l’art du titre accrocheur, de l’entrevue
enfants chacun. Comment par- Questionnée sur la pertinence de aient accès à l’information et à ce soit sur le papier ou en ligne. Je refuse
viennent-ils à gérer leur temps? recueillir des données quant à ce
phénomène, Joazil a répondu : «
l’appui de ceux qui sont dans la
même situation. Si on ne sait pas
coup de poing, de la chronique cinglante.
« Il faut être discipliné. Chaque
minute compte », déclare Gene- Ça nous aiderait certainement. qui est parent, ça devient moins d’être en deuil, parce que La Rotonde est
viève. « Je ne dors pas beaucoup On pourrait par exemple savoir facile à faire. »
On y développe la faculté de poser des
», explique pour sa part Roger
en riant. « J’ai très peu de vie so-
si ces enfants sont en bas âge ou
non, s’ils fréquentent la garderie La garderi e Bernade tte et sa trop têtue pour mourir, trop fougueuse
ciale, moi qui en avais beaucoup Bernadette. Ça pourrait ouvrir de liste d’attent e intermi nable questions difficiles, d’échanger avec des
», conclut Fannie. belles opportunités. »
Pour tenter de répondre à un pour crever et que de toute façon, per-
Si les trois ont d’emblée déclaré
qu’ils avaient la chance de pou-
Pour l’instan t, Joazil et son des nombreux besoins des
équipe tentent de remédie r étudiants parents se trouve,
à relationnistes peu coopératifs, de protéger
voir compter sur le soutien de au sentime nt d’isolem ent quelques pas du pavillon Fau- sonne n’a jamais entendu parler de funé-
leur famille et de leur Faculté,
il n’en demeure pas moins que
que peuvent ressenti r les pa- teux, la garderie Bernade
rents étudiants en lançant un Fondée en 1998, elle accueille
tte.
ses sources à tout prix.
leur expérience en tant qu’étu-
diant.e diffère grandement de
groupe d’étude et de soutien aujourd’hui 49 enfants, dont
nommé « Étudiants-parents, parents sont pour la plupart
les
étu-
railles de cafard. À notre journal bien-ai-
d’O.
celle de leurs camarades de vous comptez! » Ce dernier diants ou professeurs à l’U
classe. Ainsi, Roger expliquera se réunira chaque mardi, de
10 h à 12 h, et permettra aux Si cette
garderie représente une
C’est le lieu de toutes les premières fois : mé, merci. Et longue vie.
qu’il a souvent été contraint de
d’air frais pour les pa-
rater des cours lorsque son en- concernés de se retrouver au- bouffée
rents qui y ont accès, Karen
fant était malade, alors que Ge- tour d’une tasse de café.
Brown, sa directrice, a tenu à rap-
neviève fera part de la difficulté dont plus
de fixer des horaires pour réali- Afin de tenter de mieux com- peler que 800 enfants,
auté
ser ses travaux d’équipe. prendre leur réalité, La Rotonde de 350 issus de la commun

Aux yeux de l’Univer sité, « ils


a également contacté Cathe- universitaire, étaient
rine Lee, professeure à l’École la liste d’attente.
toujours sur
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de psychologie spécialiste des
sont invisibl es » En effet, lorsque Roger a voulu
questions parentales. La profes-
inscrire son enfant, aujourd’hui
seure a elle-même confié qu’elle
Combien d’étudiants partagent le son enfant sur le âgé de deux ans et demi, dans
avait dû amener
quotidien de Geneviève, de Ro- cette garderie, on lui a expliqué
campus pendant de longs mois, à
ger et de Fannie? Étonnamment, qu’il devrait attendre au moins
l’époque où les congés de mater-
il se trouve que l’Université n’en deux ans, un délai beaucoup trop
nité ne duraient que 16 semaines.
a aucune idée, comme en atteste
Les coulisses de
La Rotonde

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Rédacteur en chef WEB
Les horoscopes de la semaine! Mathieu Tovar-Poitras
redaction@larotonde.ca
Maria Princene Dagba
web@larotonde.ca

Par Madame Badroulbadour Secrétaire de rédaction


Molly de Barros
journalistes
correction@larotonde.ca Miléna Frachebois
informations@larotonde.ca
Directrice de production Pascal Vachon
Capricorne – 21 déc. au 20 janv. Cancer – 22 juin au 23 juil. Caroline Fabre
production@larotonde.ca reportage@larotonde.ca
Surprise ! Vous vous rappelez avoir candi- Maeve Burbridge
Bonne nouvelle, votre crush acceptera fina- daté pour un stage au bureau du premier Actualités
lement votre invitation à sortir vendredi soir nouvelles@larotonde.ca
ministre en première année de baccalau- Gabrielle Lemire
! Vous l’emmenerez au cinéma dans l’espoir réat ? On vient de vous rappeler et de vous actualites@larotonde.ca
de voler un baiser (consenti). Seul problème : offrir le poste de... Gérald Butts. Votre em- Correctrice
vous oublierez de consulter la grille horaire... ploi au McDonald's vous semble toutefois Arts et culture Mélanie Chénier
Et finirez par aller voir un film d’auteur sur Emmanuelle Gingras texte@larotonde.ca
moins précaire. Le choix sera facile. culture@larotonde.ca
l’Holocauste. Pas jojo, dirait l’autre.
Vidéaste
sports Quentin Reinhart
Maxime Jolicoeur videaste@larotonde.ca
Verseau – 21 janv. au 19 fév. Lion – 24 juil. au 23 aout sports@larotonde.ca
Photographe
Dans une tentative désespérée d’obtenir un Directeur artistique Emilie Azevedo
beach body avant l’été, vous entreprendrez Savez-vous ce qui rime avec aimant ? Il Andrey Gosse photographe@larotonde.ca
un juice cleanse. Trois diarrhées, un éva- vous ment ! Eh oui, vous découvrirez bien- direction.artistique@larotonde.ca
nouissement et 1 375 $ plus tard, votre mère tôt l’infidélité de votre partenaire. En même Direction générale
trouvera toujours une façon vous dire que temps, il fallait s’en douter... Jonathan n’al- Ghassen Athmni
vous avez pris « un peu de poids dans les lait clairement pas au gym SI souvent que ça. direction@larotonde.ca
hanches ». Merci maman.
La Rotonde est le journal étudiant de l’Université d’Ottawa, publié chaque
lundi par Les Publications de La Rotonde Inc., et distribué à 2 000 copies dans
Poisson – 20 fév. au 20 mars Vierge - 24 août au 23 sept. la région d’Ottawa. Il est financé en partie par les membres de la FÉUO et ceux
de l’Association des étudiants diplômés. La Rotonde n’est pas responsable de
l’emploi à des fins diffamatoires de ses articles ou éléments graphiques, en
Choquée par les compressions en éducation
Scandale : votre voix figurera sur le dernier du gouvernement Ford, vous irez manifester
enregistrement fuité par Jody Wilson-Ray- aux côtés de jeunes qui seront plus brillants
bould. Votre amourette d'un été avec le fils que vous au même âge. Jalouse et heurtée
aîné Kadhafi sera révélée au grand jour. Il par votre propre infériorité intellectuelle,
est temps de vous poser de questions sur vous vous demanderez : « Et si le gouver-
vos fréquentations. nement avait raison ? Et si ces jeunes âmes
brillantes étaient déjà trop éduquées ? »

Bélier – 21 mars au 20 avril Balance – 24 sept. au 23 oct.

Vous tomberez sur le profil Bumble de votre


Coincé dans une file d'attente pour vous professeur de science politique – oui, celui
procurer du cannabis légal pour la première sur lequel vous avez un crush plus gros que
fois, vous croiserez votre ex-premier chum les trois volumes du Capital. Votre engoue-
du secondaire. Il portera la même casquette ment se dissipera néanmoins lorsque vous
et boira de la même canette de Monster. À ce verrez sa photo de profil : un selfie awkward
moment précis, vous comprendrez la signifi- dans un miroir de gym. Certaines choses
cation de l'expression dodged a bullet. sont meilleures dans le pavillon Simard.

Taureau – 21 avril au 20 mai Scorpion – 24 oct. au 22 nov.

En Colombie-Britannique, les écoles pu-


bliques doivent rendre disponible des pro-
duits sanitaires gratuits à leurs étudiantes.
Vous vous en souviendrez lorsque vous Prédiction à très long terme : un jour, vous
vous menstruerez dessus en plein examen montrerez à bord du O-Train. Choquant, je
de microéconomie. Gênant, mais naturel. sais.
#breakthestigma

Gémeaux – 21 mai au 21 juin Sagittaire – 23 nov. au 20 déc.


Vous croiserez Céline Dion dans une bou-
Les semaines à venir seront extrêmement
tique de lunettes de soleil huppées. Elle vous
difficiles pour vous, tant sur le plan familial
confondra avec un de ses multiples stalkers.
que professionnel, amoureux et financier.
Vous finirez par passer la nuit en prison
Rassurez-vous cependant, votre situation
(sans que des accusations ne soient portées,
pourrait être bien pire : vous pourriez être
mais bon, le système judiciaire est en crise).
une femme voilée au Québec ! (On rit, mais ILLUSTRATION : ANDREY GOSSE
Cette mésaventure aura quand même valu la
c’est quasi anticonstitutionnel).
peine : enfin, Céline vous connaît !

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La Rotonde
Embauche !
Visitez larotonde.ca pour consulter les descriptions de postes. Tous les postes sont rémunérés à 15.5 $/heure

Rédaction en chef - 40 h
Envoyez votre plateforme avant le 20 avril à direction@larotonde.ca

Directeur général - 35 h
Envoyez votre candidature avant le 31 mai à president@larotonde.ca

Équipe de production Été


Envoyez vos candidatures
avant le 15 mai
à embauches@larotonde.ca
Postes à pourvoir
Journaliste – 10 h
Chef web – 10 h
Directeur artistique – 10 h *Portofolio requis

Les postes de production à pourvoir pour l'année de publication 2019-2020


ser0nt annoncés sur larotonde.ca durant le mois de mai.

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