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Cognitivisme

Le cognitivisme (ou rationalisme) naît en même temps que


l'Intelligence Artificielle, en 1956. Il est proposé par Miller et
Bruner en réaction au béhaviorisme. Il est centré sur les
manières de penser et de résoudre des problèmes.
L'apprentissage ne peut être limité à un enregistrement
conditionné, mais doit plutôt être envisagé comme nécessitant
un traitement complexe de l'information reçue. La mémoire
possède une structure propre, qui implique l'organisation de
l'information et le recours à des stratégies pour gérer cette
organisation (Crozat, 2002).

La psychologie cognitive considère qu'il y a


fondamentalement trois grandes catégories de connaissances :
les connaissances déclaratives, procédurales et conditionnelles.
Elle invite l'enseignant à développer des stratégies différentes
pour faciliter l'intégration de chacune d'elles parce qu'elles sont
représentées différemment dans la mémoire ; les connaissances
déclaratives répondent en effet au QUOI, les connaissances
procédurales au COMMENT et les connaissances
conditionnelles au QUAND et au POURQUOI (Legault, 1992).

Pour les cognitivistes, l'apprenant est un système actif de


traitement de l'information, semblable à un ordinateur : il
perçoit des informations qui lui proviennent du monde
extérieur, les reconnaît, les emmagasine en mémoire, puis les
récupère de sa mémoire lorsqu'il en a besoin pour comprendre
son environnement ou résoudre des problèmes (Bibeau, 1996).
L'enseignant est gestionnaire des apprentissages, il guide,
anime, dirige, conseille, explique, régule, remédie. Les
connaissances deviennent une réalité externe que l'apprenant
doit intégrer à ses schémas mentaux et réutiliser plutôt qu'à
acquérir des comportements observables (Bibeau, 2007). De
plus, la méthode d'enseignement favorisée laisse place à de
multiples cheminements d'apprentissage afin de tenir compte
des différentes variables individuelles pouvant influencer la
manière dont les élèves traitent l'information. L'enseignant
cognitiviste sera invité à utiliser des TIC qui favorisent une
grande interactivité avec les élèves, telles que des simulateurs,
des expériences et des tutoriels intelligents. Toutefois, le
modèle cognitiviste a une limite importante, liée au fait qu'un
matériel bien structuré n'est pas suffisant pour assurer un
apprentissage. La motivation des élèves est un facteur
déterminant puisqu'il fournit l'énergie nécessaire pour effectuer
les apprentissages.

Les théories mécanistes : le behaviorisme


Le behaviorisme, associé à Skinner, a eu une grande influence en
psychologie dans les années 20. La démarche consiste à observer des
faits notamment l’étude des pratiques d’enseignement. L’acquisition du
langage se fait par un processus d’imitation et de renforcement, ce qu’on
appelle le « stimulus-réponse-renforcement », l’approche a fait apparaître
les exercices structuraux dans l’élaboration de programmes divisés en
étapes et en fonction d’objectifs d’apprentissage très précis selon une
progression qui va du plus simple au plus complexe. En classe, les
élèves automatisent une situation-type par répétition. L’apprentissage
est envisagé comme une situation optimale pour la production de
réponses automatisées, comme exemple dans l’enseignement de la
grammaire et de la conjugaison du français, « il faut que » qui entraîne
le subjonctif, la répétition de ce processus crée un renforcement.
L’appropriation d’un élément linguistique permet de le réintroduire
sans effort.
Mais cette théorie a montré ses limites du fait qu’elle ne prenait pas en
compte l’aspect novateur des productions langagières, l’apprentissage est
réduit à l’imitation.

Les théories interactionnistes


Elles se développent dans les années 70 et 80 avec les travaux de
Jean Piaget et de Lèv Vygotski pour les notions de constructivisme et
socioconstructuvisme.
La théorie piagétienne montre la relation entre le développement
cognitif de l’enfant et le développement langagier. Pour Piaget, le
langage de l’enfant n’est ni inné, ni acquis mais résulte de l’interaction
entre le développement cognitif et le développement linguistique, c'est-à-
dire que l’évolution des connaissances est en relation avec l’âge et la
maturation de l’enfant. La didactique des langues s’est nourrie de cette
théorie pour mettre en place la progression des contenus et des choix
didactiques en fonction du point de départ de chaque sujet.
Quant à Vygotski, il préconise l’apprentissage social. Il met l’accent sur la
dynamique de l’interaction sociale dans les processus d’acquisition, les structures
s’acquièrent en fonction du niveau cognitif atteint par l’enfant et en fonction de la
motivation basée sur l’interaction sociale. Le statut social d’une langue influe sur
l’apprentissage, des schèmes représentatifs se bâtissent chez l’enfant dans
l’interaction avec le milieu physique tout comme des schèmes communicatifs se
bâtissent au contact du milieu social. Pour lui, être mûr ne suffit pas.