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Savoir entreprendre

En termes de savoir-faire managérial ou de connaissances entrepreneuriales, nous avons pu dégager


la leçon suivante : les femmes interviewées possèdent des qualités particulières d’initiative, de prise
de risque, de courage et de créativité. Cependant, malgré ces valeurs, elles semblent souffrir de
manque d'expérience en gestion, de formation technique initiale, et de difficultés d’accès aux
formations continues. Ces femmes ont conscience que ces manques les handicapent dans la gestion
quotidienne de leurs activités et fragilisent leur potentiel de développement. Il n’empêche qu’avec
une telle longévité de leurs affaires, elles semblent être arrivées à combler le manque de culture
managériale ou le manque de qualification, par un certain volontarisme qui est couronné de succès.
Il convient d’exposer ci-après les clés de réussite dans telles circonstances.

Elles ont des connaissances linguistiques intéressantes. En étendant l’analyse à l’aspect


linguistique des enquêtées, on découvre que la majorité d’entre elles maîtrisent le français et
certaines se débrouillent en anglais. Celles qui ont un manque dans ce sens, disent suivre ou désirer
suivre des cours de perfectionnement en langues étrangères. Elles ont conscience que la langue est
désormais un outil primordial de communication des femmes entrepreneures.

4.2. Vouloir entreprendre L’entrepreneuriat féminin

est devenu un excellent dispositif d’intégration de la femme dans la vie active, en lui offrant un statut
social très important. En effet, nos rencontres avec ces femmes nous ont permis de déceler une forte
personnalité chez elles et une grande disponibilité à faire face aux défis quotidiens. Le nombre élevé
d’heures consacrées au travail, comme noté précédemment, va dans le même sens, même s’il pose
en parallèle la question de la conciliation vie privée vie professionnelle. Une interviewée a fait une
déclaration riche d’enseignement : « tout le travail managérial est effectué par moi-même ; je
m’appuie sur des perceptions ou des intuitions personnelles pour gérer mes projets. Je passe des
nuits à travailler pour pallier à la défaillance managériale ou au manque de qualification de mes
subordonnés. Les diplômés de l’université ou même des instituts de formation professionnelle que
j’ai embauchés, ne sont pas qualifiés ; ils n’ont que des connaissances théoriques, et ne disposent
d’aucune compétence professionnelle ».

Elles adoptent des stratégies multiples. La compétitivité de leurs entreprises est parfois mise à
mal, du fait de l’envahissement, sur leur marché, de la contrefaçon spécialement chinoise, et en
raison de l’augmentation des coûts de production, consécutive au recours à des matières premières
ou des équipements de qualité importés le plus souvent de l'étranger. Pour diminuer ces coûts,
quelques femmes chefs d’entreprises recourent généralement à l’externalisation d’une partie de
leurs activités vers l’informel25 (généralement des femmes au foyer).

Très ambitieuses, elles expriment la volonté d’être seul maître de leur activité
professionnelle.
4.3. Pouvoir entreprendre « La création d’entreprises est devenue depuis une trentaine d’années, la
pierre angulaire des politiques publiques des pays développés. Elle doit à la fois permettre de créer
des emplois, d’innover, lutter contre la pauvreté, réduire les inégalités sociales et restructurer les
régions en déclin » (Boutillier et Uzinidis, 2012). Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à
se lancer par nécessité dans la création d’entreprise. Cette situation peut être qualifiée par le terme
« entrepreneuriat de nécessité », par opposition à l’« entrepreneuriat de croissance », plus répandu
chez les hommes (OCDE, 2012 ; GEM, 2010). Ce constat a conduit les chercheurs et les décideurs à
définir des programmes et des politiques pour la promotion de l’entrepreneuriat en tant que moyen
pour renforcer les économies et améliorer le bien-être de la femme (Karlsson et Andersson, 2009).
Cependant, Levy-Tadjine (2004) précise que ces politiques sont pensées trop souvent pour les
hommes, et oublient les besoins spécifiques des femmes entrepreneures. Selon l'auteur, cette
spécificité fait que les programmes de soutien actuels à l'entrepreneuriat dans différents pays,
influencent la tendance internationale de ce phénomène, vu le potentiel humain pendant longtemps
négligé que représentent les femmes.

1.1.2.3 Les motivations des femmes entrepreneurs

1.1.2.4 Les principaux obstacles rencontrés