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DCG – UE 1 – INTRODUCTION AU DROIT - Session 2017 - Proposition de CORRIGÉ– © 2017 dcg- lyon.

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Avertissement : ceci est un corrigé indicatif qui n’engage que son auteur
DOSSIER 1 – SITUATIONS PRATIQUES - 13 points
1. Quel est le statut juridique de Mme Dumont ?

Comment se caractérisent les professions libérales ?

Les professions libérales regroupent des personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et
sous leur responsabilité, une activité généralement civile. L’activité libérale exclut la spéculation, sur la
marchandise, le matériel et le travail d’autrui, qui caractérise l’activité commerciale.
Elles possèdent une qualification professionnelle, assurent des prestations principalement intellectuelles et
respectent une déontologie professionnelle.

En l’espèce, Mme Dumont exerce habituellement à titre individuel, de manière indépendante, l’activité
d’expertise comptable, activité intellectuelle. Elle a donc le statut de profession libérale.
Ainsi, elle ne sera pas soumise au droit commercial. Cependant, elle pourra bénéficier du droit des
entreprises en difficulté et pourra céder sa clientèle sous condition.

2. VB peut-il assigner immédiatement HD en justice ?

Le litige oppose Mme Dumont, profession libérale, et la société Casaq, son client, tous deux
professionnels. Une clause de conciliation est prévue dans leur contrat prévoyant le recours au Conseil de
l’ordre des experts comptables, en cas de litige.

Est-il possible d’ignorer l’existence d’une clause de conciliation ?

S’il existe une clause compromissoire dans une convention, alors la procédure est obligatoire pour les
deux parties, sauf si les deux parties décident d’y renoncer.

En l’espèce, Vincent Badet devra respecter la convention qu’il a signée avec la société Casaq. Ainsi, il
devra soumettre leur différent au président du Conseil de l’ordre régional des experts comptables
d’Aquitaine. En cas d’échec de la conciliation, Vincent Badet pourra ensuite porter l’affaire en justice.

3. VB peut-il interdire le passage sur son terrain aux salariés de la société LP TELECOM ?

Quelles sont les obligations du propriétaire du fonds servant dans le cas d’une servitude de passage ? Le
propriétaire du fonds servant peut-il s’opposer à une servitude ?

Une servitude est une charge pesant sur un immeuble (le fonds servant) au profit d’un autre immeuble (le
fonds dominant).
Elle se constitue par un titre (une convention), par la possession ou par la destination du père de famille.
Elle est transmise avec le fonds dominant et est en principe perpétuelle.

Le propriétaire du fonds servant a plusieurs obligations envers le propriétaire du fonds dominant, à savoir,
il a une obligation passive, il doit respecter la servitude, ne pas empêcher le passage, il ne peut pas
changer le lieu de la servitude.

En l’espèce, le propriétaire du fonds servant est Vincent Badet, celui du fonds dominant La société LP
Telecom. Il ne peut s’opposer à la servitude de passage instituée conventionnellement par l’ancien
propriétaire et la société Télécom.
Cependant, il pourrait demander le renonciation à Télécom de sa servitude.

4. Qualifiez la situation juridique de la SARL Pico.

Qu’entend-on par cessation de paiement ?


UE 1 2017 – INTRODUCTION AU DROIT 1/4 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017
La cessation de paiement correspond à la situation où l’actif disponible ne permet pas de combler le passif
exigible.

En l’espèce, La SARL Pico est en état de cessation de paiement car elle n’est plus capable d’honorer ses
dettes, de payer à l’échéance.

5. Quelles procédures pourraient être mises en œuvres pour aider la SARL Pico à assurer sa
pérennité ?

Lorsque l’entreprise n’est pas en cessation de paiement ou bien depuis mois de 45 jours et qu’elle éprouve
une difficulté juridique, économique ou financière, avérée ou prévisible, la conciliation est possible.

Elle est ordonnée par le TGI ou le tribunal de commerce, à la demande du dirigeant et est confidentielle
par principe. La nomination d’un conciliateur par le président du tribunal a pour objectif de déboucher sur
un accord amiable avec ses principaux créanciers, pour éviter le redressement ou la liquidation judiciaire.

Cette procédure est ouverte à toute personne exerçant une activité commerciale ou artisanale, toute
personne morale de droit privé, toute personne physique exerçant une activité professionnelle
indépendante.
Elle dure 4 mois, renouvelable une fois pour une durée de 1 mois supplémentaire. Le dirigeant continue
d’exercer tous ses pouvoirs.

Si la procédure échoue, l’entreprise devra se diriger vers une procédure collective de traitement des
difficultés, à savoir, dans le cas d’une cessation de paiement, le redressement ou la liquidation judiciaire.

Le redressement a pour objectif de permettre à l’entreprise de poursuivre son activité en impliquant


l’ensemble des créanciers. La liquidation, quant à elle, y met fin.

En l’espèce, étant donné que les impayés datent de moins d’un mois et que des délais de paiement
accordés par ses principaux créanciers pourraient suffire à rééquilibrer sa situation financière, la
conciliation semble le choix idoine. A défaut, dans l’idée de poursuivre son activité, il faudrait s’orienter
vers une procédure collective de redressement judiciaire.
La SARL Pico, entreprise commerciale, devra demander l’ouverture de ces procédures devant le tribunal
de commerce.

6. Quels sont les droits des créanciers professionnels de François Vidal sur ses biens et plus
particulièrement sur sa maison ?

Quels sont les droits des créanciers professionnels sur les biens personnels d’un commerçant, personne
physique ?

Tout dépend du statut juridique de son entreprise.

 Si le commerçant opte pour exercer son activité dans le cadre d’une entreprise individuelle,
alors son patrimoine personnel et celui de son entreprise sont confondus : il n’existe qu’un seul
patrimoine. En pratique tous les biens du commerçant répondent de ses dettes professionnelles ;
l’entrepreneur est indéfiniment responsable des dettes professionnelles sur l'ensemble de son patrimoine
personnel. Cela a une incidence forte sur le choix du régime matrimonial.

Cette situation présente donc un risque important pour le commerçant dans sa vie personnelle. Pour les
créanciers, cela représente des garanties financières.

Les lois du 1er août 2003 et du 15 juin 2010 limitent cependant le risque : il est désormais possible de
déclarer insaisissables, devant notaire et inscription au RCS, les biens immobiliers qui ne sont pas affectés
à son activité professionnelle. De plus, si un prêt est consenti par un banquier, il est possible d’établir un
ordre de priorité des biens à saisir.

UE 1 2017 – INTRODUCTION AU DROIT 2/4 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


 Si le commerçant opte pour une EIRL, il peut décider d’affecter ses biens professionnels à un
patrimoine séparé de son patrimoine personnel : c’est le patrimoine d’affectation. Ce dernier contient tous
les biens, droits, obligations, sûretés qui sont nécessaires à l'activité de l'EIRL.

Ainsi en cas de difficultés, le patrimoine personnel du chef d'entreprise n'est pas engagé.

De plus, une banque ne peut pas demander à l’entrepreneur sa caution personnelle pour garantir un prêt.
Cependant rien n'interdit à un prêteur de prendre une sûreté réelle (hypothèque, nantissement, gage) sur
un bien du patrimoine non affecté.

La création d’une EIRL nécessite un formalisme plus important qu’une entreprise individuelle, les
obligations comptables sont plus contraignantes et les coûts de constitution du patrimoine affecté et de
fonctionnement sont à prendre en compte.

En l’espèce, FV est prêt à prendre des risques, il est aujourd’hui célibataire. Pour des raisons de simplicité
et de rapidité, il peut opter pour une entreprise individuelle en déclarant devant notaire insaisissable sa
maison, non affectée à son activité commerciale. Dans ce cas, les créanciers impayés pourront saisir
l’ensemble des biens qui composent l’unique patrimoine, sauf la maison.
S’il opte pour une EIRL, l’ensemble de ses biens personnels seront à l’abri, y compris sa maison, sauf s’il
a constitué une hypothèque pour garantir le paiement d’une créance.

DOSSIER 2 – QUESTIONS - 4 points


1. Définition de la marque

La marque est le(s) signe(s) qui permet(tent) de distinguer un produit ou un service de ceux de la
concurrence. Elle peut revêtir différentes formes (dénomination, signes sonores, figuratifs, combinaison
de couleurs).

2. Effets du dépôt de la marque à l’INPI

Celui qui effectue le dépôt bénéficie d’un droit exclusif sur la marque pendant 10 ans, indéfiniment
renouvelables. Il pourra ainsi utiliser sa marque, la céder ou en concéder l’usage par le biais d’une
licence.

En contrepartie, il devra payer une redevance annuelle à l’INPI.

Il pourra également la protéger contre toute usurpation :


 par l’action en contrefaçon. Il a 5 ans pour agir, à compter de la connaissance des actes, auprès du
TGI pour obtenir réparation et la cessation du trouble. Il peut également agir devant le tribunal
correctionnel pour obtenir la sanction de l’auteur du délit.
 par l’action en concurrence déloyale sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle (faute
(la confusion) + préjudice + lien de causalité) dans un délai de 5 ans, à compter de la fin des
agissements, auprès du Tribunal de commerce ou du TGI.

DOSSIER 3 – ETUDE DE DOCUMENT - 4 points


1. Problème de droit :

L’obligation contractuelle de l’organisateur d’un saut à l’élastique envers ses clients doit-elle être
qualifiée d’obligation de sécurité, de moyen ou de résultat ?

2. Décision et motifs de la Cour de cassation

Ce qui distingue l’obligation de sécurité de moyen à celle de résultat est le rôle que joue la victime, actif
dans le premier cas, passif dans le second.

UE 1 2017 – INTRODUCTION AU DROIT 3/4 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017


En l’espèce, la Cour de cassation a estimé que le participant ne pouvait pas, par son comportement,
contribuer à sa sécurité ; sa seule initiative étant de décider de sauter et dans la force de l’impulsion
donnée. Il ne pouvait pas se prémunir du danger car n’avait aucun pouvoir de commande. Il n’a donc pas
joué de rôle actif ; c’est l’organisateur qui avait la maîtrise de l’activité.

Bien que la pratique du saut à l’élastique soit par nature dangereuse et suppose un fort aléa, la Cour de
cassation a choisi de qualifier l’obligation de sécurité, qui incombe à l’organisateur, de résultat.

3. Intérêt de la décision pour les participants

Les participants pourront agir contre l’organisateur sur le fondement de la responsabilité civile
contractuelle.

Pour cela, ils devront prouver :


 un dommage, en l’espèce des blessures ;
 une faute de l’organisateur
 un lien de causalité : les blessures sont directement dues au saut.

 L’obligation contractuelle de sécurité étant qualifiée de résultat, les participant n’auront pas à établir un
manquement contractuel de l’organisateur (comme cela aurait été le cas si qualification d’obligation de
moyen). Ils devront simplement montrer que le résultat n’a pas été atteint, à savoir la sécurité des
participants.

Il sera donc beaucoup plus facile d’engager la responsabilité de l’organisateur et ainsi d’obtenir un
dédommagement du préjudice.

UE 1 2017 – INTRODUCTION AU DROIT 4/4 © 2017 dcg-lyon.fr - 07/06/2017

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