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18 exercices corrigés

exos lmd droit pénal général


S’entraîner
aux épreuves
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EXos lmd
EXOS lmd
1 re édition
Le contenu du livre thèmes abordés
——La tentative
Composé de 18 exercices corrigés, ce livre
——La peine
d’entraînement vous permet de pratiquer le

Droit pénal
Droit pénal ; il vous met en situation d’appliquer
——La récidive
——Le harcèlement
1re
les principes et les mécanismes fondamentaux ——Le libre arbitre
appris dans votre cours puis de vérifier leur ——La victime

général
——L’auteur

18 exercices corrigés droit pénal général


bonne application.
——L’aménagement des peines
Il vous permet de vous entraîner sur les sujets ——Les atteintes aux personnes
couvrant les différents types d’exercices ——Les atteintes aux biens
(dissertations, cas pratiques et QRC) et traitant

18 exercices pratiques
des grandes thématiques du cours magistral.
L’ensemble de ces sujets corrigés et rédigés
Chez le même éditeur,
vous permet de visualiser ce que le professeur
attend de vous et de vous entraîner sur des
le livre
pour acquérir avec corrigés entièrement rédigés
exemples concrets. les connaissances

Le public
– Étudiants en Licence et Master Droit
– Candidats aux concours de la Fonction publique Juliette sygut
– Étudiants au CRFPA et candidats à l’ENM
– Professionnels des milieux judiciaire et juridique
1 re édition
l’auteur
Pour s’entraîner et réussir ses épreuves de droit pénal
Juliette Sygut est docteur en droit, maître de conférences associé à l’université de Reims, enseignante à
Juliette Sygut

l’IEJ de Reims, membre du CEJESCO et Avocat au Barreau de Reims.

Prix : 14,50 €
ISBN 978-2-297-07124-6
www.lextenso-editions.fr
THÈME 6 – La victime 53

Sujet : Dissertation
Le consentement de la victime

La commission d’une infraction, qu’il s’agisse d’une infraction aux biens ou une atteinte
à la personne, suppose très souvent l’existence d’une victime. Aussi, même si l’atteinte
portée aux intérêts de la société motive les poursuites pénales, la victime intervient dans
le paysage répressif. Le rôle tenu par la victime au cours de la commission est important,
il le sera également après la commission des faits.
Le Code pénal tient également compte de certaines qualités de la victime dans la consti-
tution de l’infraction ; celles d’ascendant ou de mineur apparaissent comme des circons-
tances aggravantes. Par ailleurs, le Code pénal confère certains effets au consentement
de la victime.
Un comportement peut-il être réprimé pénalement alors même que la victime a permis
la réalisation de l’infraction ? Ainsi, la question est de savoir comment le consentement
de la victime intervient dans le processus de la répression pénale.
Le Code pénal prévoit parfois que l’absence de consentement est un élément constitutif
de l’infraction (1), tout en affirmant que le consentement de la victime ne saurait être
une cause d’exonération de la responsabilité pénale (2).

1 • LE CONSENTEMENT DE LA VICTIME AU CŒUR


DE LA RÉPRESSION PÉNALE

Le consentement de la victime colore le parcours judiciaire. Une personne peut-elle


consentir à tout et ainsi faire échapper l’auteur des faits à toute poursuite pénale, soit
parce que cette acceptation empêcherait de rendre les faits incriminables (I), soit parce
que le Ministère public tiendrait compte de ce consentement pour ne pas poursuivre
l’auteur des faits (II) ?

A - L’incidence du consentement sur la qualification pénale


L’absence de consentement de la victime est parfois érigée en élément constitutif de
l’infraction, de sorte qu’il ne saurait y avoir infraction lorsque la victime a donné son
accord à l’acte. Ainsi, le caractère d’ordre public qui s’attache aux textes répressifs
permet d’expliquer l’absence d’effet des volontés individuelles sur l’incrimination
lorsque celle-ci est indifférente au consentement de la victime.
Cela n’interdit pas de subordonner l’existence de l’incrimination au défaut de consente-
ment de la victime. L’incrimination reste d’ordre public, mais seulement si le consente-
ment de la victime fait défaut.
Faute de consentement, on ne peut qualifier pénalement les faits commis. C’est le cas,
par exemple, du viol puisque l’acte sexuel ne devient viol qu’en l’absence de consente-
ment de la victime. Un acte sexuel librement consenti et accepté ne saurait être constitutif
54 DROIT PÉNAL GÉNÉRAL

d’une infraction pénale. Ainsi, le consentement peut être déterminant de la qualification


pénale, puisque, si consentement il y a, la qualification pénale ne saurait être retenue
concernant la situation de fait.
Le consentement apparaît alors comme un élément essentiel de la qualification pénale. Il
doit toutefois revêtir certains caractères pour pouvoir être pris en compte. Dès lors, le
consentement doit être libre, ce qui exclut les consentements sous la menace, la peur
ou obtenu à l’aide de manœuvres dolosives.
Le consentement doit être éclairé, ce qui suppose une personne douée de discernement
et donc capable de mesurer l’importance de son consentement à ce qui est en train de
se passer. Il faut donc être vigilant pour les mineurs, les personnes âgées, vulnérables ou
en état d’ivresse, par exemple. Le consentement doit être antérieur à la consommation
de l’infraction ce qui exclut le simple repentir.
Par ailleurs, il peut arriver que la victime imagine que, lorsqu’elle est consentante, des
poursuites pénales ne sauraient être engagées à l’encontre de l’auteur de faits.

B - L’incidence du consentement de la victime


sur les poursuites pénales
Le consentement de la victime apparaît indifférent dans la plupart des cas de qualifica-
tions pénales, mais pas systématiquement pour les poursuites pénales.
En effet, une victime qui serait consentante aux actes qui lui sont commis, tels que des
actes de torture et de barbarie, tout aussi surprenant que cela puisse paraître, n’empê-
cherait pas que les poursuites pénales aient lieu.
De même qu’une victime qui regretterait d’avoir déposé plainte à l’encontre de l’auteur
de faits et qui retirerait sa plainte, cela restera indifférent et le Parquet restera saisi des
faits et continuera à disposer de l’opportunité des poursuites.
Le consentement de la victime apparaît donc indifférent quant aux poursuites pénales
données aux faits reprochés.
Le consentement de la victime apparaît exclu des faits justificatifs (2).

2 • LE CONSENTEMENT DE LA VICTIME,
EXCLU DES FAITS JUSTIFICATIFS

L’impératif de sauvegarde de l’ordre public (A) prime sur la volonté de réparer morale-
ment l’atteinte commise à l’encontre de la victime (B).

A - La primauté de la sauvegarde de l’ordre public


La gravité des faits empêche toute incidence du consentement de la victime sur la
responsabilité pénale. Ce n’est pas parce qu’une personne a consenti ou a semblé
consentir aux faits reprochés, par exemple en ne s’opposant pas clairement à ce qu’elle
subissait, que la responsabilité pénale de l’auteur des faits sera diminuée.
THÈME 6 – La victime 55

Même si depuis les années 1990 nous assistons à une véritable victimisation du procès
pénal, l’indemnisation de la victime, le chagrin, la peine, le préjudice quel qu’il soit de la
victime, aussi important soit-il, n’ont, dans le procès pénal, que peu de place.
L’opportunité des poursuites appartient au Ministère public, quand bien même la
victime elle-même aurait dénoncé les faits. L’affaire lui échappe totalement par la suite.
C’est pour cette raison que, si la victime retire sa plainte, cela n’aura aucune incidence
sur les suites que le Parquet entend donner aux faits dénoncés. Celui-ci n’est pas lié par
la plainte de la victime ni dans un sens ni dans un autre.
En réalité, les prérogatives de la victime en matière pénale sont quasi-inexistantes. C’est
la raison pour laquelle on l’appelle « partie civile » dans le procès pénal.
Ainsi, le consentement de la victime apparaît encore moins comme un fait justificatif
consacré par le Code pénal (B).

B - Le consentement de la victime au regard


des faits justificatifs consacrés par le Code pénal
Parfois, c’est la permission de la loi qui conduit à prendre en compte le consentement de
la victime. Ainsi, en matière médicale, ce qui apparaît comme l’hypothèse la plus
fréquente, le consentement aux soins, est désormais érigé en principe. Le consentement
empêche ainsi de qualifier pénalement l’atteinte portée à l’intégrité physique.
Toutefois, ce consentement ne peut être pris en compte qu’à partir du moment où l’acte
présente un caractère thérapeutique (Cass. crim., 9 nov. 1961 : JCP G 1962, II 12777,
note Savatier R.).
Dans l’hypothèse où le patient aurait donné son consentement à un acte qui n’aurait
pas d’intérêt thérapeutique, la qualification de violence volontaire doit continuer à
s’appliquer. C’est ce qui a d’ailleurs été retenu dans les opérations de modification de
sexe chez les personnes transsexuelles. Le consentement, dans ces hypothèses, ne peut
pas être qualifié de cause justificative légitimant les actes. Il convient davantage de
considérer que l’infraction n’est pas constituée car il manque un élément essentiel qui
consiste dans l’absence de consentement.
On se rend ainsi compte que si le consentement a une réelle place dans le paysage
pénal, il ne saurait permettre une exonération totale de la responsabilité pénale de
l’auteur. Le législateur n’a pas souhaité l’ériger en fait justificatif au même titre que
ceux consacrés par le Code pénal.
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