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School of

Languages, Linguistics and Film

BA French and Linguistics

Dissertation

La représentation des minorités linguistiques et ethniques et leur place dans la


société française - Reflète-t-elle vraiment les principes célébrés de liberté, égalité et
fraternité ?

Ste Richardsson

Student number: 020742159


Date of Submission: 27/05/2005
Dissertation Tutor: Jenny Cheshire, PhD
Word Count: 6611

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Ste Richardsson
ACKNOWLEDGEMENTS - REMERCIEMENTS

Many thanks to the library staff at the Pompidou Centre for providing me with
microfiches, photocopies, magazine articles and guiding me to useful books and other
material.

Je remercie profondément le personnel de la Bibliothèque Centre Pompidou de m'avoir


fourni des microfiches, des photocopies, des magazines et de m’avoir guidé aux livres et
aux autres matériaux utiles.

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Ste Richardsson
CONTENTS - TABLE DES MATIERES

Titre Page

Introduction. 4

Identification des langues minoritaires en France. 5

Histoire de l’immigration dans l’Hexagone. 8

L’intégration des minorités – fortifiante ou affaiblissante ?


– mes observations personnelles 9

L’idéologie française à l’égard de minorités – salutaire ou nuisible ? 12

Une observation sur la télévision - le CSA agit. 15

Le cas d’Audrey Pulvar – mais est-ce qu’il est trop peu trop tard ? 21

Les fléaux de la politique 22

La discrimination positive – une vraie solution ? 23

Conclusion 24

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Ste Richardsson
La représentation des minorités linguistiques et ethniques dans la société française,
reflète-t-elle vraiment l’idéal célébré d’égalité?

Introduction

Liberté, égalité, fraternité ! Ces idéaux fondamentaux de la République Française


incite à tenir tête à la justice et de revendiquer les droits. Ils évoquent les souvenirs des
hommes et des femmes courageux qui ont lutté contre un ancien système de
gouvernement oppressif et démodé... mais, bien que ces idéaux aient changé le climat
politique de la France et même du monde, l’unité et l’indivisibilité de la République
sont actuellement menacée par une agitation dans l’Hexagone. Au cours d’une
conférence de presse à Pantin, en représentant l’organisation Collectif Egalité, une
organisation qui lutte contre « l’exclusion des minorités visibles », le comédien Luc
Saint-Eloi a exprimé, « nous doutons à présent des grandes valeurs républicaines de ce
pays et à partir de maintenant, nous ne demandons plus, nous exigeons »1. Qu’est-ce
qui a mené cet homme à faire un tel commentaire ?

Pour s’attaquer à la question des minorités et de leur intégration et représentation, il faut


d’abord considérer quelques questions. Qu’est ce que c’est qu’un minorité? Quelles
sortes de minorités existe-t-il?

Un minorité peut être défini comme ‘le groupe le moins nombreux de deux (ou plus)
groupes’. Selon la Recommandation-1201 adoptée le 1er février 1993 par l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe : ‘L'expression « minorité nationale » désigne un
groupe de personnes dans un État qui :

• résident sur le territoire de cet État et en sont citoyens ;


• entretiennent des liens anciens, solides et durables avec cet État ;
• présentent des caractéristiques ethniques, culturelles, religieuses ou
linguistiques spécifiques ;

1
Le Figaro du 29/04/2000 (Jean-Michel Décugis) « Une ‘marche des Noirs’ pour les minorités »

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• sont suffisamment représentatives, tout en étant moins nombreuses que le
reste de la population de cet État ou d'une région de cet État ;
• sont animées de la volonté de préserver ensemble ce qui fait leur identité
commune, notamment leur culture, leurs traditions, leur religion ou leur
langue.’2

Dans cette dissertation, on va considérer deux sortes de minorités en particulier, les


minorités linguistiques et les minorités ethniques. Au premier regard, il pourrait paraître
que ces minorités n’ont rien à voir avec l'un l'autre, mais tous les deux sont touchés par
la politique française relativement aux minorités. On va d’abord définir les facteurs qui
mène à la création des diverses minorités, puis on va analyser d’où vient la politique
française à l’égard des minorités et si cette politique concorde avec les célèbres idéaux
de « liberté, égalité, et fraternité ». Finalement on va citer les exemples où les
institutions françaises ont l’occasion de représenter ses minorités ou sont dans une
position d’avoir un effet sur leur image et perception publique ; et en le comparant avec
les autre pays (notamment le Royaume-Uni) on va exposer et analyser si cette politique
et sain ou toxique pour la société française en général. Mais d’abord, quelles sont les
langues minoritaires qui existent en France à présent ?

Identification des langues minoritaires en France.

Les langues autochtones de la France appartiennent aux plusieurs catégories. La famille


oïl (dont le français et plusieurs autres langues appartiennent), les langues d’oc (connu
collectivement comme l’occitan), des langues germaniques, une langue celtique (venant
du vieux gallois et du cornouaillais, une langue disparue aux îles britanniques), Corse et
Basque (dont il n’y a pas de relatives). Une liste basée principalement sur un rapport
d'avril 19993 du Professeur Bernard Cerquiglini, inclut les langues suivantes en ordre de
nombres de parlants:

2
La Recommandation 1201 adoptée le par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (1er février
1993)

3
Rapport d’avril 1999 (Professeur Bernard Cerquiglini)

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Français (51.000.000)
Occitan / Provençal (Auvergnat, Gascon) (1.815.000)
Alsacien (1.500.000)
Italien (1.000.000)
Portugais (750.000)
Espagnol (750.000)
Breton (532.000)
Corse (341.000)
Picard (200.000)
Franco-provençal (77.000)
Basque (76.200)
Luxembourgeois (40.00)

A Paris la langue minoritaire le plus répandu est l’arabe. Le statut des langues
nationales comme l’Italien, l’Espagnol et le Portugais est garanti par leurs nations
respectives, et le Luxembourgeois bénéficie d’un statut de recognition en Luxembourg.
A l’autre côté, toutes les autres langues dans la liste sont en danger. Qu’est ce que le
gouvernement français fait-il pour ces langues ? Selon l’article 2 de la Constitution
Française, « la langue de la république est le français 4». Le gouvernement, par loi, est
obligé de communiquer principalement en français. En opposition avec la constitution,
la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires consacre « le droit
imprescriptible de pratiquer une langue régionale dans la vie privée et publique »5 et
demande aux toutes les états membres de préparer une liste des langues qui pourrait
bénéficier de la protection que le traité offre. Mais la Constitution française est clair et
constate que la seule langue officielle de la France, et la seule langue à bénéficier du
soutien du gouvernement, est le français. Cette chartre est donc anticonstitutionnelle et
la France est donc le seul pays de l’Union Européen qui a signé mais n’a pas ratifié la
chartre.

4
La Constitution Française de 1858 (Texte incluant les modifications depuis 1958)
5
La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (ETS 148)

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Une liste de langues régionales de France n’était établie que quand la France était en
train de se préparer pour une signature et ratification éventuelle de la Charte
européenne des langues régionales ou minoritaires. Dans les années 50, plus d'un
million de personnes ont parlé breton en tant que leur langue principale. Les habitants
de la campagne Bretagne occidental parlaient toujours breton. Aujourd'hui, il n’y a
qu’environ 250.000 personnes qui peuvent parler breton (1 sur 6 personnes en
Bretagne) ; mais la plupart d'entre elles sont les personnes âgées, ceux qui ont plus de
60 ans. Les autres langues ont suivi la même tendance, le Alsacien et le Corse ont
mieux résisté, mais on remarque une plus mauvaise tendance chez l’Occitan. Professeur
Bernard Cerquiglini, directeur de l’Institut National de la Langue Française (une
branche du CNRS), dans le rapport d’avril 1999 au Ministre français de l'Éducation
nationale, de la recherche et de la technologie ainsi qu'à la Ministre française de la
culture et de la communication sur les langues de la France, a constater que : « L'écart
n'a cessé de se creuser entre le français et les variétés de la langue d'oïl, que l'on ne
saurait considérer aujourd'hui comme des « dialectes du français » ; franc-comtois,
wallon, picard, normand, gallo, poitevin-saintongeais, bourguignon-morvandiau,
lorrain doivent être retenus parmi les langues régionales de la France ; on les
qualifiera dès lors de « langues d'oïl », en les rangeant dans la liste [des langues
régionales de la France]. »6 Alors, néanmoins, toutes les autres langues de la France
bénéficient des actions menées par la Délégation Générale à la Langue Française et aux
Langues de France du Ministère de la Culture. L'information précise sur l'état
d'utilisation des langues est compliquée par la non reconnaissance des langues
régionales par l’état français et l'incapacité de l'état de poser des questions sur
l'utilisation de langue dans le recensement, mais ce qui est clair est que bientôt ces
langues vont peut-être disparaître si on ne fait rien.

Mais l’attitude du gouvernement français à l’égard de ces langues est un sentiment


d’apathie. Une phrase qui a gagnée l’infamie dans les années 1800 et 1900 est celui qui
était longtemps affichée dans certaines écoles primaires : « Il est interdit de cracher par

6
Rapport d’avril 1999 (Professeur Bernard Cerquiglini, directeur de l’Institut National de la Langue
Française)

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terre et de parler breton ». Cette phrase juxtapose deux interdictions de nature
différente et illustre bien le sentiment que la France a eu dans le passé pour les langues
minoritaires et la nature des moyens utilisés par les défenseurs de cette politique
linguistique. Quoique cette expression ait été pendant longtemps avouée comme
discriminatoire, les principes qu’elle souligne, sont-elles toujours pratiquées
clandestinement dans la société française ?

Un exemple qui montre effectivement le sentiment que la France porte pour ces
minorités linguistiques c’est le cas du statut de Breton. Les langues indigènes de la
France comme la Breton, le Picard, la Provençal, la Basque, l’Occitan etc. ne sont pas
du tout reconnu officiellement même quoiqu’ils constituent une minorité considérable
en France. Le progrès des chaînes télévisées pour les minorités linguistiques est des
kilomètres derrière cela de la Grande-Bretagne. La première tentative de soutenir une
chaîne de langue minoritaire en France était la chaîne Breton « TV Breizh » qui n’était
lancée qu’en septembre 2000. C’était un échec commercial. A l’autre côté, « Sianel
Pedwar Cymru » (S4C) la première chaîne d’une langue minoritaire au Royaume-Uni
était lancé dès novembre 1982 pour la population Galloise. Elle a eu un succès
retentissant depuis son lancement. Pourquoi existe-il une telle différence entre ces deux
pays ? Il faut remarquer que la promotion de la nouvelle chaîne était hésitant, et ce
n’était pas juste à cause de son impopularité chez les Bretons. La position de la France
sur cette situation met les langues minoritaires dans une position précaire.

Histoire de l’immigration dans l’Hexagone.

La France, avec ses départements et territoires d’outre-mer et ses anciennes colonies, a


aussi toujours été une cible pour l’immigration. En 1789, la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen inaugurait une nation fondée sur l’idéal d’égalité entre tous les
hommes. Cette révolution sociale, main à main avec la Révolution Industrielle qui
provoquait une formidable accélération de la mobilité, créait un environnement idéal

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pour l’immigration en France. « Un Français sur dix est issu de l’immigration non
européenne »7 constate Fernand Nouvet.
Il y avait plusieurs sortes d’immigration en France. Selon Gerard Noiriel, un historien,
et professeur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, il y a trois termes
principaux pour décrire la situation d’immigration en France. On utilise le premier mot,
« étranger », pour établir une opposition entre le national, et l’étranger, qui appartient à
un groupe national différent; effectivement, ceux qui ne sont pas français d’origine. Le
deuxième mot « immigré » quand à Noiriel, désigne « tout individu habitant en France
mais qui n’y est pas né’. Ici, on met une emphase sur leur déplacement d’un pays en
France et pas sur leur nationalité. Mr. Noiriel ajoute que dans cette perspective, « un
immigré n’est pas forcément un étranger et réciproquement ». Le troisième terme
« immigrant » a été peu employé en français jusqu’à présent, et désigne ceux « qui se
sont installés en France8 en soulignant le rôle essentiel qu’ils ont joué dans l’histoire
contemporaine de la nation française. »
Initialement, l’immigration vers la France était plutôt d’autre pays européens, d’Italie,
de Belgique et de Pologne par exemple. Après la première guerre mondiale, on a
commencé à recevoir les immigrants d’Espagne et de Portugal. Dans les années 1950
l’immigration du Maghreb (la Tunisie, le Maroc, l’Algérie) et de l’Afrique sub-
saharienne s’est beaucoup augmentée. Entre 1962 et 1975 les Italiens constituaient la
plus grande population d’immigrants (32%) suivi par les Espagnols, les Polonais et les
Algériens, mais depuis 1975, les Portugais ont été le plus grand groupe étranger en
France suivi par les Algériens. Récemment, la population est devenue plus diversifiée
avec une augmentation des nationaux sud-est asiatiques, des Turques et des gens
d’Europe centrale et orientale.
Cependant, en comparaison avec la communauté des nord africains dans son ensemble
(les Tunisiens, Marocains et les Algériens alias les Maghrébins), les autres groupes sont
actuellement moins nombreux. En plus, l’augmentation le plus rapide a été celle de la
population africaine, sub-saharienne qui a triplée entre 1982 et 1990, et s’est presque
doublée dans la dernière quinzaine d’années.

7
L’Humanité du 14/02/04 (Fernand Nouvet) « La semaine télé Intégration. Black, blanc, beur, à
l’antenne »
8
Noiriel, Gérard, Atlas de l'immigration en France : Exclusion, intégration...

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Selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) les
origines géographiques des étrangers sont devenues plus diversifiées entre 1990 et
1999 : les gens d'origine européenne se sont comptés seulement à 1.600.000, c’est-à-
dire un déclin de 9.3% en comparaison avec le chiffre en 1990. Ce déclin a continu
pendant plus de 25 années : Les ressortissants européens ont représenté 57% de la
population étrangère en 1975, 49% en 1990 et 45% de 1999.

On voit ici que la société est suffisamment diversifiée avec plus de dix pourcent de la
population venant de l’immigration. Samuel Thomas, vice-président de l’organisation
‘SOS Racisme’ affirme «La société est déjà métissée, affirme-t-il. Elle est prête à suivre
des politiques qui affronteraient les discriminations.»9 Comment la loi française fait-
elle face à ces grands flots de gens de différents milieux culturels, religieux et ethniques?

L’intégration des minorités – fortifiante ou affaiblissante ?

Mes observations personnelles

Dans la vie quotidienne à Paris on remarque qu’il y a une grande variété de gens de
toutes sortes d’origines culturelles, religieuses et ethniques. Après avoir vécu dans la
banlieue de Paris pendant 3 mois je me suis déménagé et je m’installais dans le 10ème
arrondissement de Paris où je restais 5 mois. J’ai eu l’occasion de voyager autour de
Paris, d’observer les communautés dans tous les arrondissements de paris en plus de
visiter quelques quartiers dans la proche banlieue et l’Ile de France. J’ai remarqué un
grand afflux de touristes dans la plupart des arrondissements centrales, l’affluence des
gens surtout dans le sud-ouest de Paris et dans le proche banlieue sud-ouest du Bois de
Boulogne, la grande quantité de gens sans domicile fixe à Paris, la majorité de
disproportionnément des minorités ethniques près des gares de Châtelet et Les Halles, la
communauté gay dans le Marais et le 3 ème arrondissement. J’ai vu aussi les
démonstrations de la culture française et immigrante par exemple les marchés en plein
air (notamment celui à Jaurès dans le 8éme arrondissement qui vendent les spécialités

9
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !’

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culinaires venant du DOM TOM), plusieurs mosquées musulmanes (délabrées en
comparaison avec ceux à Londres), et plusieurs variétés de nourriture traditionnelle
vendu sur la route. Il est donc très difficile à déclarer dogmatiquement, qu’il n’y a pas
beaucoup d’intégration dans la région parisienne en comparaison avec la situation dans
la région londonienne. Cependant, j’ai remarqué qu’il n’y a pas beaucoup de gens
d’origine minorité ethnique dans les positions d’estime, d’autorité ou de responsabilité,
par exemple, les hommes/femmes d'affaires, les assistants dans les banques, les
opticiens, les pompiers, les agents de police et les professeurs. La situation est moins
perceptible chez les minorités linguistiques évidemment parce que, même si quelques
minorités linguistiques correspondent aux minorités ethniques (arabe par exemple) la
majorité entre eux ne porte pas leur différence sur la peau.

La question des minorités ethniques a toujours été un problème épineux, voire taboue,
en France. L’afflux des immigrants a déclenché nombreuses questions à propos des
difficultés de l’intégration, du droit d’asile et de la violence dans les banlieues. Mais
l’intégration est-elle vraiment une solution pour ces malheurs de la société ? Le mot
intégration a été décrit, dans un article venimeux de l’Internet, comme « la version
politiquement correcte de ‘l’assimilation’ 10 ». En assimilant, les minorités perdent leur
sens d’identité et dans le cas des langues minoritaire une partie considérable de leur
culture. Mais l’intégration peut-elle arriver aux gens sans les assimilant, en étant
encouragé à accepter les valeurs de la culture ciblée mais sans être forcé à abandonner
les traits distinctifs de sa propre culture ? Oui. Surtout parmi la jeunesse française on
chérit la culture, la musique et les valeurs de ses parents, tout en se formant une identité
française. Mais comment la société française réagit-t-elle aux minorités, assimilées ou
pas ?

L’idéologie française à l’égard de minorités – salutaire ou nuisible

10
« La Communauté noire n’existe pas » Par Belinda Tshibwabwa Mwa Bay 26/04/2005
(http://www.grioo.com/info4566.html)

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Dans la société occidentale moderne, il est devenu un méfait très sérieux de discriminer
contre les gens à cause de la couleur de leur peau ou de leur religion. Au niveau de
l’individu, cette sorte de discrimination mène à être stigmatisé voire emprisonné, mais,
au niveau des institutions et des gouvernements, la discrimination passe la plupart du
temps sans remarque. A l’autre côté, la discrimination contre les langues minoritaires
est presque toujours inaperçue. Samuel Thomas le vice-Président de « SOS Racisme »
une organisation qui lutte contre le racisme en France, a commenté : «On arrive à faire
condamner des petits patrons, des petits commerçants. Mais quand on touche aux
grands, il y a un blocage.» De toute façon, le déséquilibre de la représentation des
minorités en général est une question digne d’être considéré, même si c’est un débat
nouveau en France. On va considérer la situation en France pour déterminer la
prolifération de cette sorte de discrimination. On va examiner plusieurs domaines ou il y
a un potentiel pour la discrimination par exemple la loi, les médias (surtout la télévision)
et l’éducation et on va s’adresser aux issues entourant par exemple l’intégration des
minorités, l’idéalisme français, la discrimination positive, et l’éducation interculturelle
et comment ces facteurs . Au cours de cette analyse, on va poser et répondre à plusieurs
d’autres questions par exemple : Existent-t-ils vraiment les minorités ethniques?
Pourquoi la question de leur intégration et représentation en France est-elle importante?
Qu’est-ce qui est la regarde que la société française porte sur les minorités? Est-elle
exceptionnelle? Est-elle unique? Quelle est l’idéologie française, et comment influence-
t-elle la loi française à l’égard des minorités ? Qu’est-ce qui est la sentiment vers les
minorités en France ? Est-ce qu’il y a une différence entre la traitement des langues
minoritaires et des personnes minoritaires ?

Une phrase qui a gagnée de plus en plus de popularité comme moyen de décrire la
politique officieuse française est « je ne veux voir qu'une seule tête, n'entendre qu'une
seule langue ». Bien que cette phrase soit démodée, le principe de l’unicité favorise les
blancs et ceux qui parle le français (préférablement sans accent).

En France, même le mot « minorité » est généralement désapprouvé. Patrick Simon, un


chercheur à l’Institut national d’études démographiques constates que « dans ce pays,

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personnes n’ose employer le mot ‘arabe ou ‘maghrébin’ 11». et dans la magazine Le
Monde, l’auteur dit que « dans la France républicaine, utiliser les mots
« noir », « arabe » ou « minorité ethnique » est jugé discriminatoire. N’existe que des
« Français ». »12

En fait, par contraste avec les constitutions des autre pays, qui admettent les différences
culturelles et prennent des mesures constitutionnelles ou législatives à certains groupes,
l’article 2 de la Constitution Française constate que la République « assure l'égalité
devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion.»13

En article 3 elle ajoute : « La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux
mandats électoraux et fonctions électives. », mais nulle part trouve-t-on une référence
aux minorités et leur rôle dans la société. Le principe de « l’unicité » implique l’égalité
des citoyens français quelle que soit son origine ethnique ou culturelle. En effet,
l’existence des minorités dans la République est niée en faveur d’égalité pour tous les
« français ». Il semblerait d’être pure surpuissance de travailler à défendre les droits des
minorités, quand ces minorités font partie d’un pays où tout le monde est naturellement
égal.

Mais la bonne volonté du discours officiel, sur l’absence des minorités dans la société et
la citoyenneté française, elle semble d’être en conflit avec la réalité qu’on aperçoit dans
différents niveaux de la société française. Il y a certains qui pensent que la République a
longtemps perdue ses bases concernant certaines affaires. Le vice Président de ‘SOS
Racisme’, déjà cité, « regrette qu’elle [la France] ait renoncé à faire appliquer ses
principes – y compris dans ses institutions ».14 On a vu dans la dernière section que la

11
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !’
12
Le Monde du 24/01/2004 (Francis Cornu, Martine Delahaye et Catherine Humblot) « La télévision
prend des couleurs »
13
La Constitution Française de 1858 (Texte incluant les modifications depuis 1958) Articles 2 et 3

14
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !’

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France est un pays connu pour son immigration, alors, cette ignorance des minorités,
n’est elle pas en conflit avec la richesse des cultures qui existe actuellement en France ?

La principe de l’unicité existe-il comme méthode offensive, (une déteste de tout qui
n’est pas français), ou méthode défensive ? (Un désir de protéger la langue française qui
est en danger) ? Il est peut être difficile a déterminer laquelle de ces raisonnements est la
vraie, mais on va considérer quelques aspects de la société où il existe un occasion de
refléter la diversité culturelle et linguistique de la république.

Il faut pendre en compte qu’une des raisons pour laquelle la France en générale est
muette sur l’issue des minorités ethniques est à cause de l’idéologie sur laquelle la
République Française est basée. Mais, cette idéologie est-elle dangereuse ? Porte-elle
des mauvaises conséquences pour la société française en générale ? Est-ce qu’il existe
des problèmes sociaux qui surgissent à cause de cette politique ?

Cette absence de minorités montre-t-elle peut-être un sentiment défensif ? Un article


dans un magazine récent avoue « l’existence d’une xénophobie latente dans
l’Hexagone »15,

On va examiner plusieurs autres situations où la société française montre ce qui paraît


d’être le préjudice envers les minorités et on va aussi essayer de voir s’il est possible à
déterminer la raison pour laquelle cette situation existe en France.

Est-ce qu’il y a une problème sociale digne d’être traitée ? Alors, n ligne avec ce qu’on
a déjà discuté, qu’est ce qui est l’effet de cette politique sur la société française ?

15
Jaune Africain/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 « France : la télé prend des couleurs »

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Une observation sur la télévision - le CSA agit.

Cette partie de la recherche est basée sur une observation que j’ai fait à propos de la
relation que la télévision porte avec les minorités ethniques. Généralement sur la
télévision française les personnes d’origine extra européenne sont rares. Cette situation
est digne d’une considération marquée, surtout parce que ce manque de représentation
porte des mauvaises conséquences pour la population nationale (qu’on va considérer
plus tard).

On peut soutenir que, pendant le 20ème siècle, la télévision était la source la plus
importante et influente d’information. Même dans le 21ème siècle avec l’invention de
l’Internet, la télévision porte toujours une influence sur la perception et la formation des
opinions. La chaîne France 3 lui-même admet dans une série d’émissions du 24 au 30
janvier 2004 que « la télévision est responsable»16. La télévision, la radio et les médias
imprimés sont dans une position de former les opinions des minorités. La télévision en
particulier occupe une position idéale de refléter la diversité de la société française, mais
un numéro récente de magazine ‘Le Monde’ demande le question « pourquoi est-il si
difficile de proposer sur les écrans, en France, des fictions et les documentaires
s’enrichissant de toutes les composantes de la société alors qu’en Grande-Bretagne ou
aux Pays-Bas, ce type de programmes est devenu quasi-quotidien ? » 17

Selon Zaïr Kédadouche, un membre du Haut Conseil à l’Intégration, « Nos écrans pâles
donnent une image fausse de la réalité de la société française »18. Certaines questions
surgissent ; si la télévision est sensée d’être, en effet, un miroir de la société,
« pourquoi en France, reflète-t-elle l’image d’une France « blanche » sans
différences ? » Pourquoi ignore-t-elle la vraie France, une France multiethnique,
multiculturelle ? Pourquoi les quelques présentateurs minoritaires reçoivent-ils une telle

16
Le Monde du 24/01/2004 « Une semaine sur France 3 »
17
Le Monde du 24/01/2004 (Francis Cornu, Martine Delahaye et Catherine Humblot)
« La télévision prend des couleurs »
18
Le Nouvel Observateur du 13/05/2004, p.98

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réaction d’étonnement ? Peut-on mesurer la quantité des minorités ethniques sur le petit
écran pour vérifier définitivement si les minorités sont vraiment sous représentées ?

Le Centre d'information et d'études sur les migrations internationales (CIEMI) a fait la


première recherche sur le sujet en 1991. A l’époque, la recherche passait presque
inaperçue par les médias. Mais les conclusions de cette recherche étaient graves, et
digne de considération.

Dans cette recherche, on a analysé minutieusement, 15 jours d’émissions sur les grandes
chaînes hertziennes (TF1, France2, France3, Canal+, France5 M6) pour déterminer la
place et l’image que les minorités portent sur la télévision. On a concentré surtout sur la
présence des « Français d’origine maghrébine, africaine, asiatique et les ressortissants
des DOM TOM ». Cette recherche a fait sortir plusieurs issus et questions importants :
Quelle est l’image que la télévision donne à l’immigration ? Les chaînes publiques et
privées contribuent-elles à l’intégration ou l’exclusion des personnes non européennes ?
La télévision, contribue-t-elle à créer, renforcer ou détruire les préjugés ?

La recherche arrivait aux observations suivantes :

• Les minorités ethniques semblent faire partie intégrante de la réalité sociale


française parce qu’elles sont présentes dans les programmes d’information
générale et dans l’actualité.

• La présence des minorités ethniques est visible dans les émissions qui s’agissent
d’information, mais cette présence se limite à une simple visibilité. On leur
donne rarement la parole, et ils ne s’expriment pas souvent.

• Très peu de professionnels d’origine hors européenne, par exemple animateurs,


présentateurs, journalistes sont visibles sur télévision.

• Les minorités ethniques sont très remarquées dans les programmes musicaux.
Beaucoup sont présentes dans les émissions de sport et de mode.

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En regardant ces chaînes hertziennes moi-même, j’ai atteint la même conclusion. Mais
la question de leur représentation n’est pas juste du côté quantitatif. Il est très difficile
voire impossible de montrer que les « minorités visibles » sont sous représentés à
propos de leur quantité, dans les médias françaises. D’abord, le recensement national ne
compte pas les minorités donc leur nombre est inconnu. Il serait incorrect
idéologiquement de faire un recensement national des gens selon leurs origines
ethniques. En plus, il est inconstitutionnel d’avouer la présence des minorités dans un
pays ou le principe d’unicité est le principe gouvernant. Donc, le côté qualitatif mérite
aussi la considération. Depuis le dernier trimestre des années 1990, la télévision a connu
des changements notables. La question a enfin été entendue, et ses répercussions prises
en compte. Après avoir été longtemps la seules chaîne hertzienne à avoir un animateur
noir, M6 était rejoint par plusieurs professionnels issus des minorités ethniques qui ont
été recrutés tant sur les chaînes hertziennes que sur les chaînes câbles, par exemple,
Rachid Arhab d’origine arabe, qui depuis 1998 a présenté le journal télévisé de 13
heures sur France 2 ou le journaliste camerounais, Patrick Fandio recruté en 1998 par
France 2, et qui a couvert l'après guerre en Irak pour la chaîne française et qui en 2003,
a décidé de rejoindre TF1. « Les émissions étaient bigarrés, des fictions ont mis en
scène des personnages d’origines diverses ».

Mais ces avancements étaient modestes parce que beaucoup entre les professionnels ont
eu « l’effet d’un feu de paille » et n’ont pas vraiment changé les choses dans d’un point
de vue qualitatif : la plupart des professionnels embauchés ont eu des carrières très
éphémères et ont plus été recrutés sur le câble et dans les émissions de divertissement.
Pour ce qui est des documentaires et des fictions, les thématiques restent encore très
négatives et stéréotypées : délinquance, quartiers difficiles, sans papiers, mariage forcés,
sorcellerie. Louis-Karim Nabati raconte que « Ce qui m’intéresse c’est que je vais
mettre dans un rôle. Mais j’ai en face de moi des gens qui me réduisent à n’être que ce
que je suis : Un Noir. 19» Bien qu’il existe les héros récurrents de couleur : « un
médecin noir dans ‘Fabien Cosma’ une femme pompier noire dans ‘SOS 18’ un beur

19
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !

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responsable d’une DDASS, dans ‘Famille d’accueil’ » 20 les rôles principaux pour les
minorités soit ethniques soit linguistiques sont encore trop rares.

Qu’est-ce qu’elles étaient les conclusions de l’enquête sur la représentation des


minorités ethniques au niveau qualitatif ?

• La juxtaposition des minorités ethniques avec les problèmes sociaux comme le


chômage, la délinquance, la pauvreté et le racisme, contribue à l’image négative
des minorités.

• La présence des minorités ethniques dans les publicités se limite à une image
stéréotypée. Ils sont plus visibles dans les publicités exotiques et gastronomiques.

• Les fictions françaises donnent une vision principalement « blanche » de la


société française et les minorités qui y sont mises en scène n’ont que des rôles de
figurants et de délinquants. A l’autre côté, les fictions américaines illustrent
beaucoup de minorités ethniques.

La question a resurgi en 1999 quand la et présidente du Collectif Egalité, Calixthe


Beyala, un romancière d’origine camerounaise est allé « jusqu’à porter plainte contre
l’Etat français pour discrimination. A l’heure d’une télévision omniprésente et
omnipotente, la diversité des origines et des cultures de la société française est
occultée »21 elle se plaignait. Elle ajoutait que l’intégration des minorités ethniques ne
sera pas être assuré aussi longtemps que la télévision continue à les limiter aux
banlieues et ‘aux bureaux de l’Agence nationale’.

20
Le Monde du 24/01/2004 (Francis Cornu, Martine Delahaye et Catherine Humblot) « La télévision
prend des couleurs »
21
JA/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 « France : La télé prend des couleurs » p. 67

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Ste Richardsson
Collectif Egalité, mené par Beyala et ses collèges du Collectif le musicien Manu
Dibango et le comédien Luc Saint-Eloi, ont encouragé le Conseil Supérieur de
l’Audiovisuel (CSA) de faire une étude presque pareil à celle du CIEMI. En admettant
que « la monochromie du paysage audiovisuel français (PAF) participe d’une certaine
pensée unique d’une vision tronquée du monde en général et de la France en
particulier » 22 , mais tout en s’opposant à la proposition du Collectif sur les quotas
ethniques, jugés inconstitutionnels, le président du CSA, Hervé Bourges a reçu les
doléances du Collectif avec beaucoup d’intérêt, et une nouvelle vaste étude était lancée.
Son objectif était de réactualiser l’étude du CIEMI et de voir si il y a eu des
changements depuis cette époque là. L’enquête CSA a atteint des conclusions aussi
consternantes que celles du CIEMI :

• Toujours aussi peu de professionnels issus des minorités étaient présents à


l’antenne.

• Les minorités avaient été plus aperçues dans des rôles de figurants que de
protagonistes. Elles étaient bel et bien là, dans nos écrans, en tant que partie
intégrante de la société française mais elles restaient transparentes, comme
fondues dans le décor : elles avaient été principalement aperçues dans les publics
des émissions de plateaux, comme passants furtifs dans le cadre d’un reportage
ou comme figurants ou personnages ultra secondaires d’un film. Effectivement,
leur présence à l’image est si furtive et éphémère qu’elle échappe pour beaucoup
à l’attention des téléspectateurs. Du coup, l’impression dominante est celle
d’une télévision désespérément « blanche ».

Les minorités avaient plus été vues dans les reportages des journaux télévisés ou
des magazines que sur les plateaux d’émission, comme professionnels ou invités.
Elles étaient donc absentes du « monde » clos de la télévision mais restaient
présentes dans ce qui tentait de refléter la réalité. Elles sont des éléments

22
Jaune Africain/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 p.66

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indéniables du puzzle qui constitue la vie mais elles n’y occupent pas une place
de choix parce qu’elles restent à la périphérie du jeu, toujours en touche.

• En comparant la présence des différentes minorités, on constatait que les plus


présentes à l’antenne étaient les minorités noires, comparées aux Asiatiques et
aux Maghrébins dont la représentation était réduite quasiment à néant. Cela ne
signifiait pas du tout que les Noirs étaient bien lotis mais que les personnes
d’origine maghrébine et asiatique étaient encore moins bien représentées. La
représentation des Noirs était due essentiellement à la présence des programmes
américains (fiction, vidéo-clip, publicité) qui occupaient une place importante au
sein des grilles et qui mettaient en scène beaucoup de personnes noires. Ainsi,
les téléspectateurs français, aujourd’hui, voient principalement des Noirs
américains sur leurs écrans.

• La représentation des minorités à l’antenne ne peut se limiter à une question


purement quantitative. La dimension qualitative est essentielle, voire capitale.
Ce travail d’observation a pu montrer que les personnes issues des minorités
n’étaient que rarement représentées comme des Français à part entière. Leurs
origines ethniques ou culturelles étaient constamment mises en avant faisant
d’eux, de façon implicite, d’éternels étrangers, non intégrables à la société
française. Par ailleurs, les stéréotypes d’antan étaient toujours bien présents. Par
exemple, les Noirs étaient la plupart du temps cantonnés dans des thématiques
liées au sport, à la danse, à la musique et à la fête.

• On peut donc parler d’une évolution sur le plan de la visibilité mais les chaînes
ont encore beaucoup à faire sur le plan de l’image et de la représentation pour
sortir enfin des stéréotypes et des caricatures.

Malheureusement, on a trouvé qu’il n’y a pas eu beaucoup de progrès positif depuis


l’étude du CIEMI, à propos de la situation, mais l’enquête CSA a connu, « bien plus
d’écho que celle du CIEMI mais elle n’a pas toujours été bien accueillie. Certains
détracteurs lui ont même reproché de friser l’illégalité l’accusant de faire de la

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discrimination raciale parce qu’elle avait « repéré » des personnes en fonction de leurs
origines ethniques ! Cet accueil mitigé ne fait que démontrer le malaise qui tourne
autour de ce sujet. Ce qui dérange, c’est finalement toute la question politique qui se
cache implicitement derrière. Dénoncer la représentation « blanche » que nous renvoie
la télévision du corps social, c’est en fin de compte remettre en question notre système
d’intégration universaliste à la française qui peine à accepter et à reconnaître toutes les
composantes de la société. » 23

L’étude a poussé la chaîne privée TF1 à réévaluer sa position et à « prendre en


considération, dans la représentation à l’antenne, la diversité des origines et des
cultures de la communauté nationale »24.

Le cas d’Audrey Pulvar – mais est-ce qu’il est trop peu trop tard ?

En août 2004, Audrey Pulvar était nominée la premier femme noire à présenter un
« JT » national sur l’une des grandes chaînes hertziennes françaises. Muriel Signouret
ajoute que « La nouvelle de cette nomination alimente depuis plusieurs semaines les
pages médias des magazines français ». Pourquoi la France a-t-elle eu une telle
réaction de surpris ? Au Royaume-Uni, Trevor MacDonald, originaire de Trinité-et-
Tobago, a été le présentateur le plus populaire depuis 1989 « sans que personne ne s’en
étonne ».25 Si plus de dix pourcent de la population française sont d’une origine non
européenne, pourquoi la France est-elle secoué quand on voit une minorité ethnique
« jouer un rôle important sur le petit écran » ? Certains directeurs des chaînes de
télévision affirme que la publique française n’est pas prête à accepter le présence des
noirs et arabes sur l’écran ; mais m^me dans les régions où le Front national ont une
large quantité de votes Audrey Pulvar « n’a pas suscité d’hostilité liée à la couleur de
sa peau », et elle jure de « ne pas avoir reçu qu’un seul courrier raciste » entre le début

23
Marie-France Malonga, doctorante à l’Institut Français de Presse, Université de Paris 2, auteur de
l’étude du CSA sur la représentation des « minorités visibles » à la télévision française (2000)
24
JA/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 « France : La télé prend des couleurs » p. 67
25
JA/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 « France : La télé prend des couleurs » p. 66

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du mois de juillet 2004 (quand elle a commencer à faire des remplacements à Soir 3), et
le fin de septembre 2004.

Si les pays comme le Royaume Uni, qui n’a pas leurs idéales écrit définitivement dans
une constitution, peuvent achever une égalité semblant sur leurs écrans, pourquoi la
France recule-t-elle de montrer la diversité dans leur société? La question n’est pas si
facile à répondre.

Audrey Pulvar elle-même refuse d’être « le porte drapeau des communautés de


couleur », mais certains lui considèrent comme exemple à être suivi. « La nomination
d’Audrey Pulvar est une petite victoire, selon les militants du Collectif Egalité. « A
condition qu’elle n’oublie pas d’où elle vient » prévient Calixthe Beyala ». Audrey
suscite qu’elle est bien consciente des attentes en disant « Je sais qui je suis, j’assume
parfaitement ma créolité, mais je ne veux pas être reconnue pour cela 26».

Les fléaux de la politique

Quels sont les bienfaits d’une France plurielle, (y compris à la télévision) ? Comment la
politique qui nie l’existence des minorités peut-elle être nuisible à la société ?

Joss Rovelas, un responsable du Collectif Egalité précisé « Nous devons actuellement


57 dossier de violences policières en cours dont deux concernant des policiers noirs
victimes de leurs collègues. Si ceux qui renforcent la loi sont coupables de telle actions,
est-ce qu’il y a un espoir pour les jeunes habitants ethniques des banlieues ?

Il y a ceux qui soutiennent l’idée des « exemples à suive » dans les médias, mais si la
télévision, la plupart du temps, donne aux les minorités ethniques une mauvaise image
quelle exemple la jeunesse va-t-elle suivre ?

26
JA/ L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 p.67 « France : la télé prend des couleurs »

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La discrimination positive – une vraie solution ?

Il y a un autre politique extrême qui a devenu très populaire surtout aux Etats-Unis pour
combattre les mauvais effets de la discrimination. Cette technique prendre quelquefois
le nom du « l’action affirmative » ou « l’action positive ».

L’argumentation est basée sur l’idée que l’égalité n’est pas toujours le chemin de la
justice. Dans le livre ‘Egalité et équité - Antagonisme ou complémentarité ?’ l’auteur
constate que « le principe d’égalité énonce le plus souvent dans le droit positif, affirmer
par la doctrine après de longs débats consacré par la jurisprudence, semble céder le
pas devant le concept d’équité souvent affiché mais au contenu rarement défini »27. Les
concepts de l’égalité et de l’équité sont souvent en désaccord l'un avec l'autre. Le
concept d’égalité et celui d’équité sont-ils complémentaires ou antagonistes ?

« Faut-il instaurer des règles de discrimination positive pour assurer « la diversité »


dans l’économie et l’administration ?»28, demande le Nouvel Observateur, le système
actuel en France pourrait être frustrant pour les minorités qui, selon l’auteur sont les
« sous-citoyens de fait, rebondissant sur un mur invisible, laissés en marge des postes
de commandement, des emplois valorisants. »

Yazis Sabeg, un porte-parole pour les minorités françaises exprime le frustration que
ressent beaucoup de jeunes aujourd’hui en disant : « On peut faire des études, on reste
un Arabe dans le regard des gens et dans la réalité sociale ». 29 Il croit que la

27
Thierry Lambert et al. Egalité et équité. Antagonisme ou complémentarité ? p.1

28
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !’
29
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités
visibles » !’JA/L’Intelligent du 19 au 25 Septembre, N° 2280 « France : la télé prend des couleurs »

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discrimination positive peut « redonner leur chance à ceux qui ma méritent : ces
Français moins blancs et moins égaux que les autres ».

Incité par le Collectif Egalité, le président de France Télévisions, Marc Tessier, même
s’il a refusé à parler de quotas, a souligné son programme de discrimination positive
« destiné à favoriser la présence des communautés ethniques dans le contenu des
programmes et le recrutement de l’entreprise »30.

Est-ce que la discrimination positive est efficace en promouvant les minorités à l’écran ?
Bien sûr que oui, quoique la politique de la discrimination positive soit bien voulue,
beaucoup refusent d'en être des exemples. Audrey Pulvar, à propos de ses sentiments
personnelles à l’égard de la politique a constatée que lui, elle fait « un travail de fond
moins visibles mais plus efficace ».

Mais l’idée de la discrimination positive est aussi taboue que l’idée des minorités en
France. Jaques Chirac, le Président de la république réclame des politiques de
recrutement volontaristes pour les minorités, mais il s’abstient toujours d’utiliser la
phrase « discrimination positive ».

Conclusion

En conclusion, on reviens à la question posée dans le titre, la représentation des minorités


linguistiques et ethniques dans la société française, reflète-t-elle vraiment l’idéal célébré
d’égalité? Les principes de la République française étaient conçus avant l’époque
d’immigration, mais à cette époque, il y a avait déjà les minorités linguistiques qui
habitaient en France. Le principe de l’égalité est donc applicable aux toutes les sortes de
minorités, mais les politiques de l’unicité, l’unité et l’indivisibilité nient en effet
l’existence des minorités en France. Ces politiques renforcent l’identité nationale du pays
dans son entier mais elles sont nuisibles aux identités des individus qui le composent.

30
Stratégies du 05/02/2004 (Amaury de Rochegonde) « France Télévisions intègre »

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On a vu que le principe d’égalité est en général suivi passivement en France, qui a été
endommageant pour les minorités, mais on a aussi vu que si on suive une politique active
de discrimination positive, ça peut être aussi injuste qu’une politique passive. A niveau
des langues, on a vu qu’il a y eu quelques tentatives à respecter l’égalité, par exemple la
chaîne Breton « TV Breihz ». Mais, la plupart avaient été des échecs commerciaux.

Du côté positive, la Président de la République, Jaques Chirac, a avoué que « la


discrimination ruine la cohésion nationale »31, et on a vu qu’il y a des organisations et
institutions comme, France Télévisions et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui
sont prêts à s’engager le problème de la représentation des minorités dans la société.

On voit une amélioration au niveau de l’écran. Sur les chaînes câbles au niveau des
journaux télévisés, il y a suffisant de représentatifs des minorités ethniques, et sur les
chaînes hertziennes publiques et privés, il y en a une tendance de plus en plus améliorée.
Sur a plupart des chaînes les personnages principaux ou secondaires sont désormais
prévus pour représenter la diversité française

Bien que dans le passé, la représentation des minorités linguistiques et ethniques ait été
taboue, ces jours là, on remarque une épanouissement de discutions et de discours sur le
sujet. La France revient aux idéaux fondamentaux de « liberté, égalité et fraternité » !

31
Le Nouvel Observateur du 14/10/2004 (Claude Askolovitch) ‘SOS « minorités visibles » !’

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Ste Richardsson
REFERENCES – RÉFÉRENCES

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