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ACADEMIA ROMANA

TRAVAUX DE L'lNSTITUt DE

ÉfWÜLE RACOViTZA"

TIEAGE Á PAET

TOME XXX1J, 1993

EDITUEA ACADEMIEI EOMÍHB


TIANSCHANOBATHYNELLA JANK0W8KAJAE N.G., N.SP.
ET TIAN8CHAN0BATHYNELLA
PARAI88YKKULEN8I8 N.SP.

(BATHYNELLIDAE, BATHYNELLACEA,
PODOPHALLOCARIDA)

EUGÉNE SERBAN

On présente la diagnosc chi gcnre TianschanobalhijneUa n.g. (Tien'-Chan' du Nord)


et les descriptions des espéecs Tiamd-anobathyndla jankowskajae n. g., n. sp. et
Tianschanobathyneüa paraissykkulensis n. sp. On discute les caracteres les plus
importants du nouveau genre ct la maniere d'individualisation des deux espé-
ces par rapport á Tinnschanobulhynella issykkulensis (Jankowskaja).

ÍNTRODUCTION

T, :D!lrant ré,taPe 1954-1966, les recherches taxonomiques concernant


les Batnynellidós ont été dominóes par les suivants points de vue emis
par Ja ko bi (1954) :
— l'Europe est peuplée par une seule espéce, Baihynella natans Vejd
diversiftee en races ; l'argument le plus important de ce point de vue a été
la supposition selon laquelle B. chappuisi Delachaux est synonyme de
B. natans Vejd. sensu Chappuis, 1914 de Bale (Jakobi, 1954);
— la plupart des caracteres utilisés dans la taxonomie présentent
une variabilité extreme;
— le seul caractére utüe á l'identification des races est la partie
masticatrice mandibulaire.
En raison de cette conception taxonomique qui a nié toutes les
recherches precedentes, bien sommaires et sporadiques d'ailleurs, J a-
Icobi décnt 4 races d'Allemagne — B.n. stammeri, B.n. freiburgensis,
B.n. Jiamae, B.n. notti — dont Taire de répartition géographique a été
delimitée strictement.
La nouvelle maniere de résoudre la diversification des Bathynelli-
des d'Europe a eu un succés inattendu, des races nouvelles de B natans
etant trouvées en plusieurs pays (S t e r b a, 1956 ;BotosaneanucÉ
Damian^ 1956; Pony, 1957 ; D el a m a r e Deboutteville,
Sans discuter les résultats qui ont prouvé l'invalidité de la conception
taxonomique de Jakobi (Delamare Deboutteville, 1960 ■
5iUlíu."v.?'' 1961;sterba, 1963 ; H u s m a n n, 1964;Serban &
Or 1 e d h 111, 1965 ; S e r b a n, 1966, 1966 a), il est absolument néces-
saire de reteñir qu'elle a oífert la justification idéale aux erreurs les plus
graves de la taxonomie des Bathynellidés. II s'agit de la présence de
Baihynella non seulement en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique
du bud et de l'mutilité de la connaissance minutieuse de tous les caracteres.

Trav. Inst. Spéol. * Émile Racovitza », t. XXXII, p. 19-41, Bucarest, 1993


l'espéceVpe duTén^Attfobllh^t^10^ S£r n?tT& contment> est devenue
race freiburgensif aToutestlflTnít 7^ (8 e r b a n' "66^ et
bathmella S¿rban (S ertl ¡? ,&^[- 5 a?paríenií.au 8«?™
Serban,

de B. natansan la décou-
les sous-espéces £ J ?) et consideren! que
l'espéce B. stammeri • íe fsyhkulensis appartiennent á
senté par les 4 épines du ^ ^ P°mt de vue a été rePré-
de l'^opode, nombre séparant sthm-

(S e r b a n, 1975), ü í ne structoe constante


nécessaire de reteñir les données qui

trouvé,
(1919), son espéce B.

&
8 mále;
SS^Vas
et surtout celle du péréiopode

^ ou, d'aprés
genre nouieau que
G

tenant l'espéce
, caracteres
de pS aient
on

S385
structure qui

pour le
3 Tianschanoballujnella jankowskajae et T. paraissykkulensis 21

DESCIUPTION DU MATÉRIEL

Genre Tianschanobathynella n.g.

(synonyme : Baíhynella partim)

Diagnose: Maitdibule : la cliétotaxie du palpe, différenciée ches le


mole, comporte une griffe externe 2 fois plus courte que la griffe interne ;
pars molaris, formée d'une petite dent située au voisinage du processus inci
sivas accessorius et d'un grand lobe dont la región distale, recouverte de den-
ticules, porte une dent apicale. Antenne, plus longue que Vantennule, á Ven-
dopodite de 6 articles. Péréiopode 8 mále : región pénienne formée de 2
lobes égaux en longueur ; vu de face, le lobe interne, muni d'une épine apicale,
est 2 fois plus large que le lobe externe -V'exopodite, 2 fois plus long que Vendo-
podite, a la moitié proximale pourvue d'une protubérance dorsale qui porte
2 épines situées dans le méme plan transversal. Péréiopode 8 femelle ayant
Vexopodite environ 2 fois plus long que Vendopodite. Región apicale de Vendo-
podite de Vuropode a un poil et une griffe uropodiale ; cette derniére prend
la place du deuxiéme poil rencontré Tiabituellement.

Espéce type : TianscJumobatiiynella janTcowsTcajae n. sp.

Bien que le péréiopode 8 mále présente une structure qui individua-


lise nettement le genre, nous avons pris la mandibule comme le premier
caractére de la diagnose a cause du pauvre matériel que nous avons eu a
notre dispositión et qui n'a pas permis une étude plus poussée. C'est pour
la méme raison que nous avons choisi la femelle comme l'holotype des
deux espéces.

Tianschanobathynella jankowskajae n. sp.

Derivatio nominis : espéce dédiée á Madame A. I. Jankowskaja en


respectueux hommage et en signe de reconnaissance.

Matériel : un mále et une femelle provenant de Tian'-Chan' du ISford,


región du Lac Issyk Koul, legf A. I. Jankowskaja, 1961.
Holotype : femelle, Collection de l'Institut de Spéologie «Emile
Bacovitza ».
Longueur : 1,2 mm.
Antennule (fig. 1 A). Le pédoncule, triarticulé, est un peu plus long
que la rame externe, formée de 4 articles; chacun des 2 derniers articles
de la rame externe porte 3 bátonnets hyalins.
Antenne (fig. 1 B). Ayant l'endopodite de 6 articles, elle est plus lon
gue que 1'antennule; la différence de taille entre ees deux extrémités est
égale á la longueur du dernier article antennaire. Le basipodite et les 3
premiers articles de l'endopodite portent 2 poils ; articles 4 et 5 munis
de 3 poils ; article 6 á 4 poils, deux bien plus allongés que les autres. L'exo-
podite a une longueur comparable a celle du deuxiéme article de l'endo
podite ; il porte, outre le poil sensoriel, encoré 2 phanéres de taille tres
réduite; le poil sensoriel est pourvu de plusieurs longues ramiñeations
apicales.
ciée <»tte piéce buccale soit difMren-

í la chét°taxie différen-
que l'autre ; cette derniére CUnb 2 foÍS Plus co^e
griffe externe rencontrée dZT¡T Se,mblable a <*Ue de la
bathynella. Pars incisiva (PrSnc) á ^a et JDelamarei-
(Prc-inc) comportant une deS ef mcisivus accessorius
Pars molaris (Prs-mLr) KdW qn de cette P^ie.
ayant la región distale reverte T d'UH gl'and lobe
présence d'une dent apicale ; notons également la

de
SaíilMafreLt^oilf-?^ fproximale a * Poüs. Endite distal
de la zone apieale eíexter/e de í- rtíSf d;épÍneS- Les 3 P^^ts
Péréiopodes ambulaMres (fil \\ i^ ' s°nt.presenta,
podite coxal (EPP-cx)absent iíf"l2'^ epiP°íte "«0Pi»tal» ou l'épi-
région Pwixii^WroK^^tfeP0^.1' se distingue par Psa
habituellement.Lachétotaxien'estpfsífhT? ^' ne Se renco^e pas
podite des péréiopodes I porte 4 poils ' demier article de V™¿°-
**n>«£^¿^^ -ftituée par deux
méme longueur et l'extréinitó ^Üe aíí« ^ ( }' ÜS °nt la
mveau de la face du basipodite. Sur ía'face roíS, ^ ÍXT?iat au méme
le lobe interne est 2 fois plus lar« nt 7p fl !* dü pénis' on voit
de l'appendice (fíg. 4 B) montre la T"J lele premier
Jans sa partie distale et exteme*¿?eSímíVíÍT"J premier P°^te'
? ?5/11 La.face
Lf latero-externe
le
externe dont la feSe antSe est m°11,tlé distale du lo^
la base du lobe externe, bien plus Celle du lobe interne ;
nexion ayec la Proóm'inenceP du SSt distale, entre en con-
presente une face latéro-interne t Sí ^ ; le lobe interne
proemmence distale qui porte l'épine rectangulaire et une

distale et interne etarrivantdans la zonpSr^!611 partant de la zone


la región la plus développee de ?a créte I t? et eXteme (fi^' 4 A)'
txon deL'expodite
Pexopodite.(Exp),
ProeienceI exteme (Pnín Ixt^TT
2 fois plus ínmr m,fíi }
de ra?tÍCUla-
°Tá externe droit.
par la protubérance dorsale> d¿fsa ÍH X end(?P°dite, est caractérisé
2 épines (Bp) situées dans le mé¿ pfrT^0*^ ^ > eelle-ci P°rte
donné cette disposition, il est Z cüe d^CTZlJ^' 4 A' D) ' ét^
d'une analyse de la face antérieuredu penis ífSí A 6PmeS a la suite
Peréiopode 8 femeUe (fíg. 5 A B) íf )

■a
Tianschanobalhynella jankowskajae et T. paraissykkulensis 23

F¡g, i _ Tianschanobalhynella jankowskajae n. g-, n. sp.: A, antennule; B, antenne; C,


maxillüle; D, dent maxillulajre á épines.
; B
mandibu1^ !

taMis que l'autre

6 phanérea : £ 3 gri r ^ **
Tianschanobaihynella jankowskajae et T. paraissykkulensis 25

IV

Fig.3 — Tianschanobaihynella jankowskajae n. g., n. sp. Le protopodite des péréiopo-


des ambulatoires: A, péréiopode I, vue rostrale; B, péréiopode I, vue latéro-externe;
C, péréiopode III, vue cándale; D, péréiopode III, vue rostrale; E, péréiopode IV,
vue latéro-externe.
latéro-externe. * e de l'exopo-
Tianschanobalhyndla jankowslaijac et T. paraissykkuknsis

pode 8 femelle: C, vue latéro-externe; D, vue rostrale.


0,05mm

proximale; la et la griffe
iff distale;
Tianschanobathgnella jankowskajae et T. paraissijkkulensis

les autres griffes (fig. 6 B). L'exopodite porte 5 phanéres ; les 2 poils apicaux
sont bien plus robustes que les autres.
Furca (fig. 6 D, E). Le poil dorsal (Pl-drs), les poils 2, 3 et 4, de
tailles similaires, ont une longueur égale aux 3/4 de la longueur du poil 1.

Tianschanobathynella p a raí ss y kkul ensis n. sp.

Derivatio nominis : para, élément du grec signifiant « á cote de »


et issykkulensis, nom du taxon décrit par Jankowskaja.
Matériel : un mále et une femelle provenant de Tian'-Chan' du ííord,
región du Lac Issyk Koul, leg. A. I. Jankowskaja, 1961.
Holotype : femelle, Collection de l'Institut de Spéologie «Emile
Bacovitza ».
Longueur : 1,4 mm.
Antennule, antenne, mandibule, maxillule, péréiopode 8 male, pe-
réiopode 8 femelle (fig, 5 C, D), uropode et furca (fig. 8 B-D) ne presen-
tent aucune différeneiation notable par rapport aux méme extremites
de l'expéce T. jankoivskajae n. sp.
Péréiopodes ambulatoires (fig. 7). Hs ont une chétotaxie tres nche;
- celle-ci comporte 4 poils sur l'article apical de l'endopodite des paires I—IV
nombre présent aussi sur les autres 3 articles endopodiaux des péréiopo
des I (fig. 7 A).
Pléopode (fig. 8 A) La chétotaxie de l'article distal, constituee par
7 poils, est identique a celle décrite chez issykkulensis.

DISCUSSIONS

Sur certains caracteres du genre Tiansehanobathynella n.g.


Si la structure de la pars molaiis est suffisante pour definir le taxon
nouveau, si l'endopodite de l'antenne, á 6 articles, est un caractére tout a
íait pártículier dans la famille et si le péréiopode 8 mále a une morphologie
qui elimine n'importe quel doute quant á la validité du genre, tous ees
caracteres, pris ensembles, conférent á Tiansehanobathynella n.g. une posi-
tion singuliére dans 1'enseñable évolutif des Bathynellidés. En soutenant
ce point de vue, nous pensons autant aux Bathynellidés d'Europe qu'a
ceux d'Asie. Malheureusement, en ce qui concerne les derniers, nous ne
possédons pas de données satisfaisantes sur la structure intime de la partie
masticatrice mandibulaire et du péréiopode 8 mále. Done, dans ce qui
suit, on faira appel surtout aux représentants d'Europe, étudiés coñfor-
mément á la derniére conception taxonomique s'appuyant sur la recherche
exhaustive de tous les caracteres sur la qualité de jalón du péréiopode 8
mále dans toutes les décisions d'ordre systématique:
Mandibuie. Une pars molaris comportant deux éléments constitu-
tifs se rencontre chez les Bathynellidés d'Europe; Antrobaíhynella stam-
meri (Jakobi), Clammsella deíayi (Serban, Coineau & Delamare), Meri-
diobathynella rouchi Serban, Coineau & Delamare, Hispanpbathyhetta
catalanensis (Serban, Coineau & Delamare) et VejdovslcybathynélM. le-
clerci Serban sont les exemples les plus significatifs. Mais, dans tous ees cas
E. Serban

Péréiopode V; D, péréiopodeTU III; ¿J


13 Tianschanobathynclla jankowslcojae et T. paraissyklcuhn&is 31

Fig. 8 — Tiaaschanobalhynella paraissykkulensis n. sp.: A, pléopode; B, uropode; C, furca,


vue ventrale; D, furca, vuc latéro-externe.

les deux éléments sont representes par des dents plus ou moins individua-
lisées (fig. 9 A-E).
Si nous nous rapportons aux especes du genre Délamareibatliynella
Serban, on trouve deux situations. Chez D. debouttevülei Serban, la pars
molaris est formée d'un lobe á denticules échelonnés sur son bord, lobe
aceompagné d'une dent de taille réduite et suivi d'une grande dent; cette
derniére porte 2—3 denticules. (fig. 9 F). Ohez 1). motasi Serban, la pars
molaris est constituée par 2 lobes, ayant la structure genérale du lobe
décrit chez l'espéce precedente (fig. 9 G); a présent, cette morphologie est
la plus complexe dans la famille.
Quant á la pars molaris caractéri sant Tianschanobathynella n.g.,
elle se détache de tous les cas mentionnés par deux traits : l'unique lobe
constitue presque toute la structure de cette partie, la petite dent qui
le precede ayant une taille comparable á celle des éléments du processus
incisivus accessorius; les petits denticules, recouvrant le tiers dista! du
lobe, sont sitúes sur toutes les faces de celui-ci. Etant donné ees traits,
(Serban, Coinés*
; C' His
Serban&Leclerc;E
toííZeí Serban; G, ¿
Tianschanobathynella jankowskajae et T. paraissxikkulensis 33
15

cette pars molaris est la seule dans la íamille qui íappelle la formation
similaire des autres Malacostracés. En méme temps, la dent apicale, la
seetion transversale éliptique du lobe et la dent voisine du processus ínci-
sivus accessorius sont des caxactéristiques propr.es a la mandibule des
Bathynellidés. .
En ce qui concerne le dimorphisme sexuel au nrveau de la chetotaxie
du palpe, processus présent aussi dans les genres Pseudobathynélla Serban,
Coineau ' & Delamare, Delamareibathynella Serban et Sardobathynella
Serban, tous appartenant ala sous-famule des Gallobathynellinae Serban,
Coineau & Delamare, il individualise Tianschanobathynella n.g. par rap-
port aux trois cas mentionnés. Chez Pseudobathynélla et. Delamarciba-
ñynélla on rencontre une griffe externe, assez semblable ala griffe interne
de Tianschanobathynella n.g., et un poil robuste, situé du cóté interne de la
griffe. (fig. 9 H). Chez Sardobathynella, on trouve 2 griffes, celle située
du cote interne ayant la face latérale semblable a celle de la griffe externe
de Pseudobathynélla (fig. 9 I) et la face dorsale lancéolée (fig. 9 J). Si dans
les trois genres la taille des 2 phanéres est similaire, chez Tianschano
bathynella la griffe externe est 2 fois plus courte que la griffe interne (fig.
2 F). ,
Endopodite antennaire. Généralement, l'endopodite antennaire est
constitué par 5 articles, soit que l'antenne est un peu plus courte (cas
habitael), soit un peu plus longue que l'antennule (Vandelibathynélla
vandeli (Delamare). Chez les espéces B. pacifica Ueno, B. inlandiea Ueno
et B. canalis Morimoto du Japón, l'antenne, ayant une structure commune,
est 2 fois plus courte que l'antennule. Dans les genres Meridiobaihynella
et Hispanobathynella, l'endopodite antennaire est triarticulé (Serban,
Coineau & Delamare Deboutteville, 1972). Dans le
cas de B. tsushimana Morimoto du Japón (M o r i m o t o, 1970) dont
l'endopodite a 5 articles, Morimoto (1970 a) décrit une sous-espéce,
B, tsushimana lavicola, ayant l'endopodite antennaire de 4 articles. Enfin,
présentant l'espéce B. uenoi Morimoto, l'auteur soutient que les deux
populations capturées en Coree du Sud, l'une ayant l'endopodite de 5
articles et l'autre de 6 articles, appartiennent á l'espéce mentionnée (M o-
r i moto, 1970 b). Comme l'on voit, selon les spécialistes nippons, la
taille tres differente de l'antenne et le nombre d'articles de l'endopodite
ne sont pas pris en considération. Etant donné cette maniere d'agir, le dit
Baihynella du Japón a un endopodite antennaire comprenant 4, 5 et 6
articles ; précisons que la premiére et la derniére structure ne se rencontrent
pas chez les vrais Bathynélla d'Europe.
En ce qui nous concerne, l'endopodite antennaire de 6 articles, pro-
pre aux 2 especes décrites, est un caractére majeur du genre Tianscliano-
baihynélla n.g.
Péréiopode 8 mole. Cet appendice — dont la connaissance exhaustive
chez Tianschanobathynella reclame un matériel plus riche — présente
des traits originaux et des traits qui nous font penser au péréiopode 8 mále
de certains representarás de la sous-famille des Gallobathynellinae.
Dans la catégorie des traits originaux s'inscrivent la protubérance
dorsale de l'exopodite avec ses 2 épines et la créte antérieure du basipodite.
Quant á la deuxieme catégorie, il s'agit de la morphologie genérale de la
región pénienne.

3 - c. 3933
34 „ c ,
■ . E. Sorban

{Íail^0trIub(rríl:ncf. dorsale de l'exopodite, qui s'observe facilement,


L £ ¡I^catión rapide de ce type de penis. Ketenons que la
nce de eette formation est associée a celle d'une pativre chétotaxie
de 1 exopodite eomprenant 3 poils sitúes dans la región (lístale de la rame
ña™ i,'1 ^ f-T^'i51 CI'éte antérieure on la créte rostíale se développe
e íart X ríf 6 dU bfsiP°dite e^parallélement a l'axe longitudinal
nnt i» \¿ >• r í ?°Ur cette raison que Ies faces itérales du blsipodite
ont la moitié distale un peu plus large que la moitié proximale. A ce cas
qui n implique pas la créte antérieure dans la description du penis ou dais
a diagnose des divers taxa, s'ajoutent certaines situations paít culiére?
la créte devenant l'une des plus importantes formations péniennes
famille'Xs
íamille des Í9)& Í^W''1
Gallobatliynellmae, Serban (Crt-rst),
la créte rostrale & Leclerctresdebien
la déve-
s™s-
loppée, fait, que a largeur de la moitié distale de la face laterale du basi-
podite soit égale a la longueur de Partióle (fig. 10 B) Vue de face (t\e 10 A
la erete est tres étroite et porte une fonnation triang^aiS o^entée du
cote atéro-interne vers le cóté latero-externe;
oxterne; nous
nous l'avons
lavons dénommée
dénommée
77 / cr^e
7 de/a ^ r(fraL?
f? (Ep-crt-rst).
(Epcrtrt) La
L créte'rostrale
ét'l á éperon,
é pSte
S
tZ va^T'-leTh&n & Le^rc et cliez V. espattyenmf Serban & Le-
clere d'Ardeche (France), n'est pas propre á toutes les espéces du -enre ■
certams representante, dont l'étude n'est pas finie, ont le bord déla créte
térenLanneiSTr
teie peimettant lef groupement
Ü n'6St P£lS 6XCÍU qUe <** éléme¿t P-ien SAn Ca ac
des espéces.
Chez Transvaalthynella coineaui Serban & Goineau d'Afrinue du
esí mieneCe,S'dVa SOUS-famille d'Austrobathynellinae, la cié e aníSfeure
est mieux developpee que chez Vejdomkybathyndla, ce qui fait que son
\ZM°t Plus,av?ncé q^ la face antérieure des lobés pénien^figTl CA
Scusée?,? r0Str+alefde 1>aPPendice (fig. U A), la créte présente une largeur
Sur ía faS ^íistantet<lui esJ setdement 2 fois plus réduite que sa longueu?
bOTd deí» írír?TX Tnf- dU/1niS {ñg- U B^' on remarque la forme du
dam íesüí f P°R?r d? * ex°P°dite> ra^e qui a la posibilité d'agir
dans 1espace se trouvant du cóté postérieur du boi d de la créte.
vnit nnVll°ACOnSldere+ a créte,antérieure de T. jankowskajae n. sp.. on
vmt qu e le a une position sur le basipodite qui ne correspond pas a relie
genérahsee dans la famille, que son déVeloppement ^iit ¿Pd agonale de £
des ^WaST ti 6t qU?lle a Une f01me dont l
des problemes. Si nous avons admis que le point de S
SSTííS dÍStal 6t ínteine
míi T 5
d l f" d S
PartÍe suPérie™e de cette formation est
par la región de contact des 2 lobes péniens (fie 4 A) Vr,
^; faCe P0StérÍfre dU P-énÍS (fi- 4 °) on observe ^ue la erS
en connexion ayec la proéminence externe du basipodite (Pmn-ext)

díte ^L f
rrL0 í réglr, 6ile a UM largeUr acCTsée" Ces Particularités,tu
f 1^ rapportg habituéis entre la créte et le ba ipo-
*;SUggereft qiíf dans le S^nve Tianschanobathynella n. g. nous nous
trouvons en face d'un type nouveau de créte antérieure.
En passant á la deuxiéme catégorie de traits celle se

ñcielleT'r généia!1
ScfelleTe'rfgénéia!_1
de la face ^ la régÍOn
antérieure ^^
du penis l'blti
conduitl'obserlation
au point de ¿ p?£P8^
vue qui sS -
le degre d'mdividualisataon des 2 lobes et la forme de ceux-ci sont des
Tianschanobalhynella jankowskajae ct T. paraissijkkulcnsis 35
17

Plq-rst

Exp

E o

E o

o
o 3
Pmn-exl

Fig. 10— Vejdovskybathynella balazuci Serban & Leclerc. Péréiopode 8 mále: A, vue
rostrale; B, vue latéro-externe; C, vue latéro-interne; D, vuc caudale (d'aprés Serban
& Leclerc, 1984).

attribxits structuraux qui rapprochent le penis caracléiisart le genre


nouveau de ceux piopies aux genre Pseudobatliynella et Del amareibathy-
nélla. Mais á la suite d'une analyse plus attentive en trouve des différen-
ces notables.
lobe interne (Lb-int) qui aép3SBe visiblemtnt eÍTaígSrie !„£
19 Tianschanobathynella jankowskajae et T. paraíssykknlensis 37

Sor

Lbl-inl y.
Lbl-e>d
0,01mm

Fig. 12 — Delamareibathynélla déboútteviÜéi Serban. Péréiopode 8 mále: A, vue ros-


tralc; B, vue latéro-externc; G, vue ;latéro-jntcrne; D, vue roslrale (d'aprés Serban,
■:!.': 1992).

externe (I/b-ext) (figs. 4 A et 12 A). Dans le premier cas, le lobule interne


se trouve dans un plan plus supérficiel que celui du lobule externe, tandis
que dans le deuxiéme cas la sittiation est inverse (figs. 4 A, B et 12 A, C).
s2íSSS
daigne) (Serban, 1973) • elle
Morimoto (Oorée dn siirtí » f Plésente chez

Labrum. Bien que dans le a' 1970 b>-


ait une structure pjffiS e n' g"le labrum
caractéristique dans la dignóse duHxín pas inséré cette
permis une description atiSsante de? ' ' matériel n'a Pas
antérieure de la piéce buce™ X ! Presentes sur la face
Mité de voir si dans Te ¿s ¿t a paS eu la P°ss¡-
particuliére. Done, ü est posstl íes t Sm?. a Une molP^logie
mveau du labrum soient presentes Se TdíCatlons intervenues au
cas de Pseudobathynella St; che chez les ^1^, comme dans le
genre Delamareibathyndia S8xes' si^ation propre au

, ^ ******
s des 20 demiersanai Allstralie. certaines
trois ensembles majeurs • la ius\ Í de laGrobbén,
famille ™
sous-famiUe des GallobathyneSS la
sous-famille des AustrobathUi & DeIamare «t la
reuni ^ ^
eider á présent, On connait SL Sííí S rn probléme impossible d'élu-
dés d'Asie, une bonne ^^^^^^^^^^
tinent ayant la chance d'étre t 5 athynella »> de ce con-
ST sommes ^ 8 deS genres nouveaux.
des

dans

4^
-ure ou le lobe
21 Tianschanobathynella jankowskajae ct T. paraissykkulensis 39

nous permettent pas de rattacher Tianschanobathynella n. g. a la sous-fa-


mille des Bathynellinae. Comme nous avons niontré, les 2 lobes péniens
du genre en question sont sitúes dans un seul plan.
Enfin, bien que certaines similitudes structurales et processus. rap-
prochent Tianschanobathynella n. g. de la tribu des Pseudobathynellini
Serban (sous-famule des Gallobathynellinae), son encadrement dans cet
ensemble est une action ha-sardée. Entre l'Europe occidentale, péuplée
par les représentants de cette sous-famille et les Tian'-Chan' ü y a un terri-
toire immense qui jusqu'au Caucase appartient á Taire de répartition géo-
graphique de Bathynella, taxon rencontré le plus iréquemment.
A notre avis, la seule action qui nous permettra d'arriver á la solu-
tion du probléme de la place du genre Tianschanobathynella n. g. dans le
systéme de la famille est la reelierche rigoureuse des représentants d'Asie,
la connaissance de la structure de leurs péréiopodes 8 males, les seuls per-
mettant la mise en évidence des vrais rapports entre les espéces, tenues
comme appartenant au genre Bathynella.

Les trois especes du genre Tianschanobathynella n. g.

En considérant les différences trouvées au niveau de la chétotaxie


des péréiopodes ambulatoires et des pléopodes, nous sommes arrivés á la
conclusión que dans le matériel ótudié il y a 2 espéces nouvelles. Méme si
cette maniere d'agir souléve des doutes, méme si nous n'avons pas de
données concernant la diversification dans le genre et méme si nous n'a
vons pas identifié une différenciation notable des áutres caracteres; (an-
tenne, mandibule, uropode, furca), nous croyons que les 2 especes sont
valides. Présentons les donnóes soutenant ce point de vue.
La présence des 4 poils dans la chétotaxie de l'article apical de
Tendopodite des péréiopodes ambulatoires sur la paire 1 — T. jankows
kajae n. sp. et sur les paires I—IV — T. paraissykkulensis n. sp. — est
une différence qui doit étre évaluée dans la taxonomie. La chétotaxie
trouvée chez T. paraissykkulensis n. sp. est rare dans la famille ; nous
Pavona rencontré seulement chez B. boteai Serban, espéce de grande
taiúe (1, 2 mm — 1,5 mm), et qui avec B. vaducrisensis Serban, capturé
de la méme región de Eoumanie, constituent le groupe boteai du genre
Bathynella. Eappelons que chez B. vaducrisensis on trouve 4 poils sur le
dernier article de Tendopodite des paires I—III, situation aussi rare dans
la famille. Oes observations gagnent de plus en importance si on rappelle
aussi que dans le genre Bathynella la partie masticatrice mandibulaire
a une structure constante, caractéristique qui est propre aux 2 espéces
décrites. Quant a la chétotaxie des pléopodes, diversiíiée autant par le
nombre des poils que par la disposition de ceux-ci sur Taiticle distal,
elle a une double signification :
— elle separe nettement T. jankowskajae n. sp et T. paraissykku
lensis n. sp., ce caractére s'ajoutant a la chétotaxie des péréiopodes amlra-
latoires ;
— elle raproche . T. paraissykkulensis n. sp. de issykkulensis, ét&nt
la méme chez les 2 espéces.
En conséquence, selon nous le genre Tianschanobathynella n. g.
réuni 3 espéces, T. jankowskajae n. sp., T. paraissykkulensis n. sp. et T.
40 „ . _ . .
■ h.. oerban oo

VonftoSZ{^t??^h blGn ^e la description de la derniére ne corres-


pond totalement a la diagnose du genre. Aaalysons ce dernier probléme
/ t^i dlffefence la ^8 notable entre nos espéces et T. issyMulensh
iSS^Jíw,Téseftée
; d apres Jankowskaia par le nombre
(1964 -d articles de "2S52SS

^ U'
ado tff"i6d«™le1^
i bl qUÍ Í 6Stt égale
él ^ estl0n^
caractéristique
-SlSe Sí
assez curíense, car chez la
an SKSfj ttÍCle bafJ de ^dopodite «* l'un des'pms courte.
dan
T 3S f ?- %f*? Morimoto (Coree du Sud). l'antenne ayant
^V aitlCleS °^ 1'article basal court (Morimoto,
~i -^ &upP°Ser 1ue l'endopodite antennaire est de 6 articles
¡eñíSr,rT ^ Tl'^,St Une ChoSe imPossible sans voir le matériel; dans
dé Tenl3ftr, í1 ex°P°dite ^ennaire, la chétotaxie et 1'article basal
de 1 endopodite ce dernier a une longueur comparable ácelle de l'exopo-
dite, environ 0,05 mm (Jankowskaja, 1964, fig 1) P
¿H^-Fn* ^tre,caractéi'e qui nons a empeché d'attribuer les exemplaires
SaSle 1tSFéCeTÍS?^.sif est la chétotaxie de Pendite £Zl dfS
Suíi^A k, ^?^&' Cet endite P°rte 2 d«ats maxillulaires et
fig. 3L 7)Phaneies de taiUe bien Plus réduite. (J a n k o w s k a j a, 1964,
Quant au péreiopode 8 mále (Jankowskaia 1964 ffcr 2• '*\
fr£eiaiof?ueu
í , Pnce ddorsale
ir^V& SS3¿
sur l'exopodite sont des traits qui
ií J« ,atnta,chementde issykhulensis au genre nouveau. En méme
iH e1,' qU. le Contour latéra-externe du basipodite a une
n líJÍLde-CeUe tr°UVée CheZ T- J^^sJcajae n.sp., cette £
Z í^íw^61106 eXteme dU -T^Podíte pouYant conkituer un
qui separe les deux espéces.
tn • T i, T c™ceie <1U1 reste propre á T. issykkulensis est la chéto
taxie de 1 endopodite de l'uropode, formée de 7 phanéres. au poil-aUon^é
' %l JEnrSJtfv°7? B-?3?PÍ?aiíi encore 5 éléinents ayant la structure d'une
lie uropodiale (JankoAvskaja, 1964, fig. 2 : 6).

ABRÉVIÁTIONS

^f? tS8lp í í °rí"a^' créte ánWriexire; Crt-rsí, créte rostrale •


SVf ^ dUCtUS ^aculatorü^ ; Ep, épine ; Jjplor^rrt, éperon de la
P~C% eP1?°dlte C°Xal B dit E
?' ^í 6 exteme 5 ^"^ g^ffe interne ; Lb-ext, lote ex-

pénienne ; Spl, spennathophore° 1™,' 3, í, pSTde lal£«i?


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Bucarest
Recu le 10 mars 1993