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C'est l'un des débats les plus délicats et

brûlants du moment. L'un des sujets les


plus intimes et politiquement sensibles.
Sans doute l'un des plus polémiques, aussi.
Comment mourir dans la dignité lorsque
qu'on souffre d'une maladie incurable ?
Comment accompagner la fin de
vie d'un être en état de conscience minimale
?
Candidat, François Hollande voulait
« ouvrir pour toute personne majeure en
phase avancée d'une maladie incurable »
un droit à « bénéficier d'une assistance
médicalisée pour terminer sa vie dans la
dignité ». Devenu président, il a réaffirmé,
le 14 janvier, son souhait de voir aboutir
une nouvelle loi qui viendrait compléter
celle du 22 avril 2005 relative aux droits des
patients en fin de vie.
ENTORSE À LA LOI
Cette dernière, dite loi Leonetti car elle fut
portée au Parlement par le
député UMPJean Leonetti, qui permet à
tout malade, même celui qui n'est pas en fin
de vie, dedemander l'arrêt de tout
traitement, présenterait des « ambiguïtés »
qu'il faudrait «lever », assure la ministre de
la santé Marisol Touraine. Saisi en 2012 sur
cette question de l'euthanasie, le Comité
consultatif national d'éthique (CCNE)
préconise quant à lui le maintien de
l'interdiction de « provoquer délibérément
la mort ».
Une nouvelle affaire a récemment relancé le
débat. Vincent Lambert, 38 ans,
tétraplégique en état de conscience
minimale depuis un accident de la route en
2008, est hospitalisé au CHU de Reims.
Autour de lui, sa famille se déchire. Son
père et sa mère ainsi que d'autres membres
de sa famille s'opposent à l'arrêt de son
alimentation et de son hydratation
artificielle. Son épouse et une autre partie
de la famille, qui y sont favorables, ont
indiqué qu'avant son accident, Vincent
Lambert aurait déclaré ne
pas souhaiter d'acharnement
thérapeutique. L'équipe médicale devait
l'interrompre.
Mais le tribunal administratif de Châlons-
en-Champagne a jugé que cette
interruption constituerait « une atteinte
grave et manifestement illégale du droit à la
vie », donnant ainsi tort à l'hôpital. Saisi
par cette affaire, le Conseil d'Etat
doitrendre un avis très attendu par la
communauté médicale et par tous les
citoyens touchés par des situations
semblables.
LA LIBERTÉ SUPRÊME
Alors que la révision de la loi Leonetti est à
l'ordre du jour et que les partisans du droit
à mourir dans la dignité ainsi que les
militants « pro-life » se mobilisent chacun
de leur côté, Le Monde a
souhaité confronter les positions d'André
Comte-Sponville et de Corine Pelluchon.
Philosophe, André Comte-Sponville est
favorable depuis de longues années à
l'euthanasie. Matérialiste et humaniste, il
ne va pas jusqu'à considérer comme
Montaigne, que « le plus beau cadeau que
nature nous ait fait, c'est de
nous avoirlaissé la clef des champs ».
Car pour lui, la liberté suprême, « c'est la
liberté de vivre ». Néanmois, André Comte-
Sponville estime que la légalisation de
l'euthanasie serait un progrès dans
l'extension des droits de l'homme. Membre
du Comité national d'éthique, il s'est
opposé à l'avis que celui-ci a rendu sur le
sujet. Il franchit même un pas
supplémentaire et se déclare favorable –
dans des cas extrêmes – à l'euthanasie
involontaire.
Spécialiste de philosophie politique et
d'éthique appliquée, Corine Pelluchon est
radicalement opposée à l'euthanasie
involontaire, parce que la mort est «
inappropriable » et qu'« on ne choisit pas le
jour et l'heure de la mort d'un autre ». Elle
réfute également la plupart des arguments
destinés à légaliser le suicide assisté,
notamment parce que la dépénalisation
risquerait d'induire une demande de mort
chez des patients qui vivent dans des
conditions misérables.
Malgré certaines oppositions marquées, il
s'agit d'un dialogue mesuré entre deux
libéraux attachés aux libertés individuelles.
Mais aussi parce que Corine Pelluchon fut
l'élève d'André Comte-Sponville. Et que
celui-ci permit à toute une génération
d'apprentis philosophes de « penser sa vie
et de vivre sa pensée » dans le respect et la
déprise de la maîtrise.
Que nous apprend le cas Vincent Lambert
sur la situation actuelle des grands malades
en fin de vie ? En quoi peut-
il conduire l'Etat à faireévoluer la loi ?
Corine Pelluchon Le cas Vincent Lambert
pointe les difficultés du dispositif juridique
en place. La loi Leonetti fait reposer la
décision de limitation et d'arrêt de
traitement sur le médecin, notamment
quand il s'agit de patients hors d'état
d'exprimer leur volonté, comme les
personnes dans le coma ou en état de
conscience minimale, appelées aussi pauci-
relationnelles. Qui d'autre
pourraitapprécier le caractère inutile ou
disproportionné d'un traitement
et analyser les outils d'imagerie cérébrale
puis établir un pronostic de récupération
par le malade de ses fonctions
neurologiques ? Cette responsabilité est liée
à leur compétence.
La loi soumet toutefois le professionnel
médical à deux conditions : la décision
doitêtre collégiale et il doit obtenir l'accord
de la famille, en l'absence de directive
anticipée et quand il n'y a pas de personne
de confiance. Or, dans le cas de Vincent
Lambert, la famille est divisée, les parents
contestent que les traitements soient
disproportionnés et que leur fils aurait
souhaité qu'on le laissât mourir. Ils ont
tort, car même si Vincent Lambert ouvre
les yeux, peut pleurer, le soin n'a plus de
sens. La relation elle-même n'est plus
signifiante pour lui. Les parents veulent
que l'on s'acharne dans
l'accompagnement. Or, ce n'est pas
bénéfique au patient.
Ces situations de désaccord familial
risquent de se produire régulièrement.
L'idée est donc de soustraire le malade à
l'ingérence d'autrui, fût-ce à celle de ses
parents. Et pour faire basculer le dispositif
juridique actuel en faveur de la volonté du
patient, nous devons rendre les directives
anticipées du patient contraignantes et
obligatoires. Pour le moment, les médecins
tiennent seulement compte de ces directives
et, quand elles existent, ce qui est rarissime,
elles n'ont pas de valeur juridique
contraignante et ne sont valables que trois
ans.
De plus, chacun devrait dire ce qu'est, pour
lui, « l'obstination déraisonnable ».Tout le
monde devrait rédiger une déclaration avec
son médecin traitant afin dedire quelles
sont pour lui les limites au-delà desquelles
un traitement n'a plus de sens et n'est plus
bénéfique, mais maléfique.
On éviterait une situation comme celle de
Vincent Lambert. Dans cette affaire, le juge
des référés a considéré qu'il n'y avait pas
d'obstination déraisonnable, le patient
n'étant pas dans le coma. Le tribunal a
donné une réponse juridique de
l'obstination déraisonnable qui relève
pourtant de l'ordre prudentiel.
En effet, l'appréciation du caractère
disproportionné des traitements renvoie au
cas par cas. Elle s'appuie sur le pronostic,
qui suppose que l'on se demande si les
traitements ont encore du sens, mais la
situation spécifique de la personne est
également prise en considération ainsi que
les examens cliniques qui témoignent
chaque jour que Vincent Lambert est dans
l'inconfort.
Chaque année, près de 100 000 personnes
meurent après une décision de limitation ou
d'arrêt de traitement. C'est un progrès ! On
ne laisse plus les gens dix ans dans le coma.
Les soignants ont pris conscience que
la médecine est devenue tellement puissante
qu'elle peut créer des cas de handicaps
insupportables.
C'est pourquoi, dans un premier temps,
tout est mis en oeuvre pour sauver le
patient, mais si l'on constate par la suite
que les traitements ne servent plus à rien,
alors, suivant un raisonnement a posteriori,
on juge qu'on est allé trop loin et on les
arrête.
André Comte-Sponville Depuis la loi
Leonetti, et sous réserve de son application
effective, la fin de vie, en France, a cessé
d'être scandaleuse. Cette loi autorise le
patient à refuser tout traitement, impose au
médecin de respecter ce refus, et donne au
malade le droit de demander qu'on
combatte la douleur, y compris si sa vie
risque d'en être abrégée. Ce n'est pas
l'euthanasie, mais c'est un progrès
considérable.
Cela dit, la loi Leonetti, pour positive
qu'elle ait été, ne règle pas tout. C'est ce
que montre le cas Vincent Lambert. La
situation de cet homme est atroce : cinq ans
sans pouvoir communiquer ni bouger !
Imaginez une journée dans cet état… Alors,
cinq ans ! Les experts sont incapables
de statuer sur son degré de conscience. Plus
il est conscient, plus c'est atroce ! Et quand
une situation est atroce, nous devons
la combattre.
Les juristes du Comité consultatif national
d'éthique (CCNE) s'accordent à direque le
tribunal a fait correctement son travail.
Corine Pelluchon regrette qu'il ait eu une «
réponse juridique ». Et alors ? On ne peut
pas demander à un tribunal defaire autre
chose que d'appliquer la loi !
Pourquoi le cas Lambert n'est-il pas résolu
par la loi Leonetti ? Parce que, soutient
l'avocat des parents, Vincent n'est ni
malade ni en fin de vie ; il peut vivre ainsi
quarante ou cinquante ans. Or, la loi
Leonetti ne porte que sur la fin de vie et sur
la maladie. Le cas Vincent Lambert prouve,
après bien d'autres, qu'il faut la modifier.
Le CCNE, sans recommander une
légalisation de l'euthanasie, a proposé deux
avancées importantes : donner aux
directives anticipées un poids contraignant,
obligeant les médecins à les respecter ;
et donner aux patients le droit
dedemander une sédation terminale
pour éviter la souffrance et l'angoisse liées
à une trop longue agonie.
Pour Vincent Lambert qui n'a pas laissé de
directives et ne peut rien demander, la loi
doit autoriser la famille et les médecins
à prendre une décision. Ce qui me choque,
dans cette affaire, c'est que l'avis des
parents l'ait emporté sur celui de la
compagne. Cet homme est adulte ; il ne
dépend donc plus de ses parents, qu'il n'a
pas choisis et dont il ne partage pas
l'idéologie. Il a choisi sa compagne, il vivait
avec elle : c'est son avis à elle qu'on aurait
dû privilégier !
Comment changer la loi Leonetti alors ?
Faut-il dépénaliser ou légaliserl'euthanasie
?
André Comte-Sponville Il faut une loi qui
légalise ou du moins dépénalise l'euthanasie
dite volontaire, celle qui est expressément
demandée par le patient. Il faudra
également autoriser une assistance au
suicide, avec toute une série de contrôles,
comme c'est le cas en Suisse. Et
aussi réfléchir à l'euthanasie dite
involontaire, pour les personnes qui ne sont
pas en état de demander quoi que ce soit,
comme c'est régulièrement le cas pour
certains nouveau-nés atrocement
handicapés.
Même le CCNE, pourtant majoritairement
opposé à l'euthanasie, reconnaît qu'on ne
peut pas nier l'existence de ces cas, ni
les condamner. Mais cette réflexion autour
de l'euthanasie dite involontaire peut
se faire dans un second temps.
En revanche, légaliser dès maintenant
l'euthanasie volontaire, qui n'est qu'une
assistance médicalisée au suicide,
constituerait une véritable avancée pour les
droits de l'homme. Ce n'est pas une
question de dignité, mais de liberté. De
même que je suis maître de ma vie, je dois
l'être, si je le souhaite, de ma mort. Les
Français y sont très majoritairement
favorables. Moi aussi. Le droit
de mourirfait partie du droit de vivre.
Corine Pelluchon La question du droit
de mourir ne concerne pas seulement le
suicide , que personne ne criminalise, mais
elle implique également une structure de
soins. Pour pouvoir ouvrir la question du
suicide assisté, il faudrait circonscrirele
sujet aux patients ayant eu accès aux
soins palliatifs et n'en voulant plus.
Sinon, les demandes de mort risquent de
n'être que le triste reflet des injustices
subies par ceux qui n'ont pas accès aux
soins palliatifs. Il ne faudrait pas que la
proposition éventuelle d'un suicide assisté
occultât la question centrale de l'accès aux
soins palliatifs.
Beaucoup de gens meurent mal
aujourd'hui, c'est l'une des raisons pour
lesquelles ils demandent le suicide. Nous
nous accordons, avec André Comte-
Sponville, sur plusieurs points, la sédation
profonde, les directives anticipées, mais là
où nous sommes en désaccord, c'est sur le
fait que la légalisation du suicide assisté
serait la réponse à ces problèmes qui sont
liés au fait qu'on meurt encore mal en
France et qu'il y a des inégalités
insupportables en fin de vie. Il
fautcompléter la loi qui ne suffit pas,
mais légaliser le suicide assisté ne réglera
pas les vrais problèmes.
Renforcer le droit des malades et de tout
individu à être soustraits à l'acharnement
thérapeutique et à l'ingérence d'autrui est
une nécessité. Mais il ne faut pasfragiliser le
travail des médecins et toute la réflexion
qui a abouti à encadrer les décisions de
limitation et d'arrêt de traitement.
Pour les cas de coma, en réanimation
anesthésie, les médecins sont obligés
d'être dans une médecine de pronostic. Il ne
faut pas éroder la confiance que placent les
personnes dans ceux qui délivrent ces
pronostics que ni vous ni moi ne
pouvons établir. Il s'agit donc de trouver un
équilibre entre le renforcement du droit des
malades et des personnes et le maintien
d'une relation de confiance avec les
soignants. Celle-ci est d'autant plus
nécessaire que la médecine est très
technique et que le choix des stratégies
thérapeutiques est vaste !
Par ailleurs, on ne peut pas blesser les gens
dans l'exercice de leurs fonctions sans
s'attendre à un grand désordre. C'est
pourquoi, si le législateur optait pour
l'assistance au suicide, il pourrait à la
rigueur s'inspirer de l'Etat d'Oregon,
outre-Atlantique : on donne au patient qui
est en fin de vie et qui le demande un
médicament lui permettant de mettre un
terme à sa vie, et il est ensuite libre de
leprendre ou pas. Et, à mon avis, le suicide
doit se faire en dehors des lieux de soins.
Mais on ne peut décemment proposer cette
assistance au suicide qu'aux personnes
malades et en fin de vie ayant eu accès aux
soins palliatifs et n'en voulant plus ou
même à celles qui n'en veulent pas (cela ne
fait pas beaucoup de monde), et non aux
personnes souffrant de la vie. Au-delà, la
dépénalisation de l'euthanasie et du suicide
assisté risque d'induire une demande de
mort chez les personnes qui sont dans des
conditions de vie ou de fin de vie
misérables, c'est-à-dire injustes.
André Comte-Sponville Je me bats depuis
trente ans pour une légalisation de
l'euthanasie, et je constate que les positions
sont aujourd'hui moins tranchées. La
pensée des uns et des autres s'est nuancée.
Tant mieux. Je partage la modération de
Corine Pelluchon. On entend souvent, chez
les militants opposés à l'euthanasie, que sa
légalisation entraînera la fin de la
civilisation ; ou au contraire, chez quelques
militants du droit de mourir dans la
dignité, que le droit de mourirest la liberté
suprême.
Les deux discours sont excessifs ! La liberté
suprême, c'est celle de vivre. Il ne faut
pas accorder à la mort plus d'importance
qu'elle n'en a. Voter une loi
pourlégaliser l'euthanasie, ce n'est pas une
révolution, juste un progrès de plus dans
l'édification des droits de l'homme.
Vous nous dites « on meurt mal en France
». C'est vrai. Mais ne rêvons pas :
l'amélioration des soins palliatifs ne fera
pas disparaître toutes les demandes de
suicide assisté, lesquelles n'émanent pas
uniquement de personnes malades ou en fin
de vie, mais également de très grands
vieillards, par exemple, ceux qui vivent
dans les établissements d'hébergement pour
personnes âgées dépendantes (Ehpad).
J'ai beaucoup fréquenté ces endroits. Ils
sont atroces, pas à cause des soignants, qui
font preuve de compétence et de
dévouement, mais parce que beaucoup de
résidents y sont objectivement privés de
liberté. Le Contrôleur des lieux de
privation de liberté a d'ailleurs demandé à
se saisir des Ehpad. Il a raison.
Tous les résidents n'y sont pas entrés
volontairement, et beaucoup voudraient
ensortir. On les en empêche, d'ailleurs pour
d'excellentes raisons médicales. Or parmi
ceux qui sont conscients, qui ne supportent
plus d'être enfermés, incontinents,
dépendants, sourds ou paraplégiques,
certains demandent à mourir.
Alors, oui, encore heureux, le suicide en
France n'est pas un délit ! Mais la vraie
question est : comment fait-on pour
se suicider dans un Ehpad ? Comment fait-
on pour se suicider quand on est
tétraplégique ? Tant que je suis en état de
mesuicider, je peux me passer de l'aide de
la médecine (même si j'en voudrai toujours
à la législation d'avoir obligé Gilles Deleuze
à sauter par la fenêtre pourmettre fin à ses
jours). Mais ceux qui ne sont pas en état de
se suicider ? Ils ont le droit
de demander à mourir, et je ne vois pas de
quel droit on interdirait à leur médecin de
les y aider.
Corine Pelluchon On dénie à ces patients le
droit d'accès au jeu, à une vie émotionnelle,
relationnelle… Oui, ce sont des prisonniers,
mais l'euthanasie et le suicide assisté ne
constituent pas la réponse à ce problème
d'injustice qui porte ici sur les conditions
de vie des personnes âgées. Quelle que soit
la position proposée par le législateur,
l'essentiel est de promouvoir plus
de justice envers les personnes âgées,
dépendantes et en Ehpad.
Il faut soutenir leur droit à l'existence en
veillant à ne pas induire chez elles une
demande de mort. Il n'est pas étonnant que,
vivant mal, certaines personnes en Ehpad
veuillent se suicider ou demandent le
suicide assisté.
Légaliser le suicide assisté pour les
personnes âgées qui ne seraient pas en fin
de vie ne serait qu'une manière
d'entériner cette misère de la vieillesse. Le
gouvernement devra travailler sur ces
points, même s'il autorise l'assistance au
suicide pour les personnes malades qui sont
en fin de vie et qui ne veulent plus des soins
palliatifs.
L'euthanasie involontaire est-elle, selon
vous, une ligne rouge à ne pasfranchir ?
Corine Pelluchon Elle ne doit surtout
pas être franchie. Parce que dans le cas des
personnes hors d'état d'exprimer leur
volonté, a été mis en place un cadre
législatif lié à une réflexion éthique qui était
mûre. Tout cela permet aux médecins
de prendre des décisions de limitation et
d'arrêt de traitement qui ne sont pas
arbitraires.
Or, légaliser l'euthanasie involontaire
donnerait un pouvoir abusif aux médecins
et à autrui : ils s'arrogeraient le droit
de décider que la vie d'autrui est trop
misérable pour être vécue. Au contraire, les
décisions d'arrêt de traitement n'ont rien
à voiravec un arrêt de vie ou de mort, mais
elles découlent d'une appréciation des
limites des traitements et de leur caractère
disproportionné.
L'idée est, encore une fois, de soustraire les
personnes à l'acharnement thérapeutique,
mais aussi à l'ingérence d'autrui. Une
précision : certains considèrent les
personnes en état pauci-relationnel ou
végétatif comme des personnes handicapées
qu'il faut maintenir en vie jusqu'à la fin.
Je ne partage pas cette position pro-life.
Car on ne peut pas confondre les pauci-
relationnels avec les personnes handicapées
qui peuvent avoir un projet de vie et dont
on doit soutenir le sentiment d'existence en
évitant qu'elles ne soient condamnées, en
raison de leur dépendance, à une vie
diminuée, à une simple survie.
Les pauci-relationnels ne sont pas en fin de
vie, mais ils survivent et ne peuvent
plus exister. En outre, à propos des efforts
relatifs aux conditions de fin de vie des
personnes âgées, il faut bien voir que,
souvent, il n'y a pas d'accompagnement.
Le passage de la vieillesse à la fin de vie
n'est pas parlé. Parfois la personne meurt
aux urgences. C'est traumatisant. Dire que
la solution au mal mourir, c'est l'injection
létale, c'est refuser de voir où sont nos
responsabilités. Enfin, pour moi, on ne
choisit pas le jour et l'heure de la mort d'un
autre, la mort est inappropriable, donc s'il
y avait une assistance au suicide parce que
les médecins donnaient le produit, il
faudrait que cet acte reste malgré tout un
acte privé.
André Comte-Sponville Il n'est bien sûr pas
question d'euthanasier quelqu'un qui ne l'a
pas demandé, s'il est en état d'exprimer un
avis ! Mais quand il est dans le coma depuis
des années ? Ou quand quelqu'un, pour de
très estimables raisons, demande
expressément à mourir ? Qu'il faille des
contrôles, des garde-fous, c'est clair. Mais
pourquoi l'interdire absolument ?
Une république laïque n'a pas de
philosophie, ni donc d'avis sur la mort. A
chacun de se prononcer, pour son propre
compte ! Je ne demande pas à Corine
Pelluchon de demander une injection létale
; mais de quel droit peut-elle m'interdire de
la demander, et empêcher mon médecin de
me l'accorder ?
Souvenez-vous du cas de Vincent Humbert,
il y a dix ans, ce jeune tétraplégique,
parfaitement conscient, qui ne pouvait
s'exprimer qu'en clignant des yeux, et qui
avait expressément demandé à sa mère de
l'aider à mourir. Sa mère avait accédé à sa
demande, et j'aurais fait la même chose.
Je ne peux pas comprendre qu'une loi
puisse envisager de la condamner. Celui qui
est paralysé des quatre membres, s'il
souhaite vivre, il a toute mon admiration, et
il va de soi que la société doit lui donner les
moyens de vivre le mieux possible. Mais s'il
demande de mourir, au nom de quoi le
lui refuser ?
Sur le plan intellectuel,
pourquoi demander une modification de la
loi Leonetti ?
André Comte-Sponville Quatre raisons : la
première, c'est que je suis un républicain ;
or la loi Leonetti est violée des centaines de
fois par an, par des médecins et des gens de
coeur qu'aucun d'entre nous
n'oserait condamner. Une loi inapplicable,
violée par d'honnêtes gens, c'est une
mauvaise loi, qu'il fautchanger.
La deuxième raison, c'est que je suis un
libéral : je ne vois pas de quel droit l'Etat
peut empiéter sur ma liberté quand celle-ci
n'empiète pas sur celle des autres.
Troisièmement, je suis un homme de
gauche, et je constate qu'il y a aujourd'hui
une mort à deux vitesses, avec d'un côté
ceux qui peuvent aller mourir en Suisse
dans de bonnes conditions, dans des
cliniques très confortables et très chères, et
de l'autre, ceux qui meurent
lamentablement dans des Ehpad ou des
hôpitaux.
Une loi qui préserve le droit des riches
à mourir confortablement et en prive les
plus pauvres est une loi socialement injuste.
Enfin, je suis un laïque. Que
desreligions condamnent le suicide et
l'euthanasie, c'est leur droit. Mais un Etat
laïque n'a pas à en tenir compte.
Il ne s'agit pas de faire du suicide la liberté
suprême ! Je ne pense pas comme
Montaigne que « la plus volontaire mort,
c'est la plus belle » ; mais juste qu'elle fait
partie des droits de l'homme. La loi actuelle
condamne toute euthanasie active. Il faut
donc la changer.
L'objectif n'est pas
de systématiser l'euthanasie, de tuer des
gens pour faire faire des économies à la
Sécurité sociale, mais simplement
d'aider ceux qui le veulent, quand ils sont
en situation de détresse, à assumer cette
liberté minimale et ultime : celle
de mourir lorsqu'ils n'en peuvent plus.
Corine Pelluchon. Moi aussi, je suis libérale
et en faveur du progrès pour plus de
justice, et ce progrès ne passe pas
forcément par l'euthanasie, encore moins
par l'euthanasie involontaire.
Il faut de toute urgence développer les soins
palliatifs et améliorer les conditions de vie
et de fin de vie des personnes âgées. Si le
cas Vincent Humbert, celui de 2003, se
produisait aujourd'hui, il pourrait
simplement demander un arrêt de
traitement qu'il obtiendrait sans difficulté
dans le cadre de la loi Leonetti.
Oui, il faut compléter cette loi, mais en
trouvant un équilibre entre le renforcement
des droits des individus et l'importance de
la confiance dans ceux et celles qui nous
soignent.
 Nicolas Truong
Journaliste au Monde

André Comte-Sponville
Né en 1952, cet ancien élève de l'Ecole
normale supérieure de la rue d'Ulm, agrégé
de philosophie, fut longtemps maître de
conférences à l'université Paris-I
(Panthéon-Sorbonne), dont il se mit en
congé (à partir de 1997) puis démissionna
(en 2003) pour consacrer davantage de
temps à l'écriture et aux conférences qu'il
donne en dehors de l'université. Philosophe
matérialiste et humaniste, il a publié de
nombreux livres, traduits en 24langues,
dont «Dictionnaire philosophique» (PUF,
2013). Coauteur de «Peut-on légaliser
l'euthanasie?» (L'Atelier, 2004), avec Marie
de Hennezel et Alex Kahn, il est membre du
Comité consultatif national d'éthique.
Corine Pelluchon
Née en 1967, agrégée de philosophie et,
depuis 2013, professeure à l'université de
Franche-Comté à Besançon (Doubs), cette
spécialiste de la pensée du philosophe
politique américain Leo Strauss (1899-
1973) a orienté ses travaux vers les
questions d'éthique en publiant
«L'Autonomie brisée. Bioéthique et
philosophie» (PUF, 2009). A partir d'une
«éthique de la vulnérabilité» inspirée
notamment par la pensée du philosophe
Emmanuel Levinas (1906-1995), elle aborde
entre autres la question de la fin de vie dans
son dernier ouvrage, «Tu ne tueras point.
Réflexions sur l'actualité de l'interdit du
meurtre» (Le Cerf, 2013).
Конец истории: философ Борис Гройс
о человеке, животном и бюрократах
утопического государства
В конце марта в Haus der Kulturen der
Welt в Берлине прошла конференция
Former West, посвященная
критическому переосмыслению
устройства мира после 1989 года
и проблеме определения Запада.
По просьбе «Теорий и практик»
участники конференции Оксана
Тимофеева и Борис Гройс поговорили
о конце истории, ликвидации культуры
и бюрократах утопического государства.
— Начнем с темы этой конференции —
«Бывший Запад», отсылающей, конечно
же, к «Бывшему Востоку». Сейчас
и «капиталистический» Запад,
и «социалистический» Восток —
в прошлом, да и сами мы какие-
то «бывшие». И именно эта идея
«бывшести», конца представляется мне
очень интересной. Поэтому сразу начну
с важного. Я знаю, что вы, помимо
прочего, много занимались творчеством
французского философа русского
происхождения Александра Кожева,
придумавшего идею конца истории,
которая в 30-е годы XX века породила
довольно серьезную дискуссию. Отзвуки
этой дискуссии в интеллектуальном
и художественном пространстве мы
слышим до сих пор, и мне хотелось
услышать, что вы думаете о ней сегодня.
Верите ли вы в конец истории? Ведь
вопрос о конце истории — это вопрос
о возможности перемены. Когда Кожев
говорил, что история закончена
и ничего нового не может произойти под
луной, он, в частности, подразумевал
невозможность какой-либо радикальной
перемены существующего режима,
статус кво. Ничего нового не может
произойти, будущего не будет, и теперь
мы будем иметь дело только с вечно
расширяющимся и длящимся
настоящим. Но в какой именно момент
и в какой точке земного шара
локализовать этот конец — так
и не ясно. То ли он связан с идеями
французской революции, то ли
со сталинским государством, то ли
с либеральным американским образом
жизни, то ли с Японией. Кожеву было
ясно, что история закончилась,
но по поводу того, где берет начало этот
конец, он, кажется, не был уверен.
— Насколько я понимаю, Кожев, во-
первых, повторил или, скажем,
конкретизировал идею Гегеля о конце
истории. Для него, как и для Гегеля,
конец истории — это возникновение
государства, в котором все граждане,
их интересы и желания признаны
в достаточной степени, где господствует
принцип законности и где нет
неудовлетворенных желаний. Такое вот
идеальное государство. Более того,
важно, чтобы мы знали и понимали, что
история закончилась. Конец истории
заключается в том, что мы поняли, что
такое конец истории. Предыдущие
поколения не знали, что такое конец
истории, не знали, чего они на самом
деле хотят и к чему на самом деле
стремятся. Они не знали, что это —
секулярное государство, которое
предоставляет всем гражданам равные
права, включая право
на удовлетворение всех их желаний. Они
этого не знали, а после того, как узнали,
конец истории наступил.
Однако то, что они это узнали,
не означает, что они живут в таком
государстве и что такое государство
существует. Для философа в таком
государстве нет больше работы.
Философия приходит к своему концу,
но в этот момент начинаются политика,
администрация, экономика. Маркс,
как известно, также считал, что
в философии Гегеля уже совершен
некий теоретический синтез, который
теперь должен быть практически
реализован пролетариатом. Кожев
в свою очередь считал, что этот синтез
может реализовать бюрократия,
исторически сложившийся класс,
которому самой историей вручена
задача построить государство после
конца истории. Причем построить
государство гомогенное
и универсальное — иначе говоря, это
должно быть одно мировое государство.
— То есть историческую роль
пролетария берет на себя бюрократ?
Если у Маркса философ как бы передает
эстафету пролетарию (вспомним 11-й
тезис о Фейербахе: философы до сих пор
только объясняли мир, а дело в том,
чтобы его изменить), то у Кожева он
уступает эту роль бюрократу, чья задача
не совсем ясна, но уж точно не совпадает
с изменением мира — скорее, наоборот,
бюрократ должен заботиться
о сохранности универсального
государства.
— Однако если мы посмотрим
на реальность нынешней политической
ситуации, то можем сказать, что, во-
первых, такого универсального
государства нет, во-вторых, все
государства не гомогенные. То есть даже
если мы знаем, что такое конец истории,
это не означает, что мы в нашей
практике достигли его, и непонятно —
достигнем ли когда-нибудь. Так что
постисторический бюрократ
не сохраняет государство, а создает его.
— А хорошо это или плохо, что мы его
не достигли?
— Я думаю, что для нас
как интеллектуалов это безразлично,
а вот для бюрократов — важно. В этой
паузе между пониманием, что такое
конец истории, и реализацией конца
истории нет места интеллигенции, зато
есть огромное поле деятельности для
администратора. Кожев, безусловно,
находился под влиянием книги
Жюльена Бенда «Предательство
клерков», и он хотел развернуть это
предательство обратно — превратить
идеологов в администраторов. Такие
разные люди, как Джулиан Ассанж или,
например, Эдвард Саид, апеллировали
к Бенда и Кожеву, представляя себя
в качестве бюрократоров
несуществующего гомогенного
универсального государства. То есть
государства нет, но каждый может стать
бюрократом этого государства. Это
на самом деле утопическая форма
политики. Утопическая философия
сменилась утопической политикой.
Кожев был человеком, который породил
этот административный утопический
идеал. Здесь администрация
и бюрократия не противоречат утопии,
а являются как раз ее медиумами.
— В этом смысле, на мой взгляд, очень
интересна фигура куратора. С одной
стороны, он администратор, а с другой
стороны, работает во многом
с утопическим материалом, который
производят художники
и интеллектуалы.
— Безусловно, куратор — это тоже
функционер несуществующего
государства. Все говорят, что
существует интернациональная
художественная сцена, но на самом деле
ее нет: есть национальные музеи,
национальные школы искусства.
Интернациональная художественная
сцена является фикцией.
Соответственно, и фигура куратора
фиктивна. Он тоже является
утопическим администратором
несуществующего государства. Если бы
существовало всемирное государство,
то у него были бы всемирные
университеты, музеи, и тогда куратор
был бы частью этой всемирной
бюрократии. Но универсального
государства нет, а частью
универсальной бюрократии куратор
является. Получается такой
утопический администратор.
— А почему бы не связать
универсальное гомогенное тотальное
государство с капиталистической
глобализацией? Их объединяет вера
в то, что есть какая-то генеральная
линия, которой придерживаются
некоторые страны, а все остальные
исторически подтянутся в какой-
то момент, когда преодолеют свою
«отсталость». Своеобразное
воронкообразное движение: идея конца
истории, постепенно
распространяющаяся на весь мир,
постепенное принятие условной
либерально-демократической модели,
в том числе теми, кто по каким-
то причинам оказался в хвосте
исторического прогресса… В России,
в частности, носителем такой идеи
является либеральная интеллигенция.
— Я думаю, что это не модель Кожева.
Кожев был далек от либеральной
демократии. Его идеалом правителя
были Сталин, Наполеон. Его путь
к универсализации — это путь
к уничтожению прошлого. Что такое
революция для Кожева? С какого
пункта начинается новая жизнь? Она
начинается с того, что все прошлое, все
привилегии, все традиции
уничтожаются. Образец — французская
революция. Всех аристократов вместе
с их семьями убивают, их имущество
конфискуют. То же самое было,
например, в Германии в 1933 году
(не зря Йошка Фишер говорил, что
Холокост — это немецкая французская
революция), то же самое было в России,
то же самое происходило во время
культурной революции в Китае. Но если
мы посмотрим на остальной мир — он
не прошел этих революций.
Глобализация, с которой мы имеем
дело, — это неправильная глобализация,
это глобализация рынков,
но не администрации и бюрократии.
Нужен кровавый период, должны
произойти мощные глобальные войны,
радикальные революции для того,
чтобы отрезать все прошлое
и уничтожить традиционные
привилегии. Это займет очень много
времени, и я думаю, что мы пока даже
не стоим на пороге этого периода.
Возможно, он уже не за горами, но мы
его еще не видим.
— Что значит уничтожение прошлого?
Если речь идет о культуре, все богатство
прошлого — это достояние архивов.
Неслучайно тема архивов так
популярна — прошлое как бы
инвентаризируется и приватизируется,
настоящее предоставляет ему своего
рода материальный носитель.
— Кожев писал, что люди становятся
животными после уничтожения всех
архивов. А если даже эти архивы
остаются, они не понимают, что
там написано. Они могут их сохранить,
но их голова занята актуальными
материальными интересами
и удовлетворением актуальных
желаний, поэтому они не понимают, что
живут в постистории. Вопрос, есть ли
архив или нет, — никакой роли
не играет. Например, сейчас есть
архивы, и никто их не понимает. Мы
сейчас пользуемся гуглом: вот можете
прогуглить того же Кожева, вы
получите миллион с чем-то каких-
то сайтов. Ну и что? Ну прогуглили, ну
и закрыли. Все, что было в прошлом,
что связано с интеллектуальной
работой, либо исчезло, либо стало
никому не нужным
— По поводу животного. Меня,
конечно, больше всего интересует эта
тема. Тот же Кожев поначалу говорил,
что в в конце истории человек снова
становится животным. Человек уже был
животным — до того, как история
началась. Но он был таким животным,
которому вечно чего-то не хватало. Так
он стал человеком — чтобы
через историю, революции, войны,
борьбу достичь удовлетворения своих
желаний и из несчастного животного
превратиться в счастливого. Но затем
Кожев поехал в Японию, и наблюдение
за японскими ритуалами перевернуло
его представление о человеке
и о животном. Настоящий
постисторический человек — это совсем
не животное, так как ни одно животное
не может быть «снобом», не может
покончить с собой из чистого
«снобизма», во имя красоты ритуала.
Что сохраняется после конца истории —
так это именно нечто очень
человеческое, это «снобизм», точнее
формальный подход человека
как субъекта ко всему остальному его
окружающему миру, или, можно
сказать, чистое, формальное искусство.
— Я сошлюсь на другого автора —
Джорджо Агамбена, который
совершенно правильно пишет в своей
книге «Открытое: человек и животное»,
что для Кожева эта ремарка по поводу
снобизма была просто иронической
реакцией на Жоржа Батая. Батай ведь
в свое время критиковал Кожева: мол,
как же так, если история закончилась,
и человек теперь стал не нужен, и весь
его пафос не имеет никакого смысла,
то как же ему быть? Негативность
человеческого существа, которая
находила свое выражение в труде,
войнах и революциях, сохраняется,
но оказывается как бы безработной,
пустой. Батай был готов принять эту
безработную негативность как свою
судьбу. И Кожев заметил, что такие
люди есть и в Японии.
Конечно, Кожев был ироником. Если
говорить о формуле «Бывший Запад»
и «Бывший Восток», я бы сказал, что
мы находимся сейчас в более бывшем
состоянии, чем бывший Запад или
бывший Восток. То есть мы сейчас
откатились дальше от того
исторического периода, который был
современным Кожеву. Ведь холодная
война была очень близка к реализации
кожевских идей, потому что тогда был
единый политический центр.
Собственно, этим центром была сама
холодная война. Это была как бы одна
империя, состоящая из двух частей,
которая делала вид, что они находятся
друг с другом в каком-то напряженном
состоянии. На самом деле это было
просто средство держать напряжение
в мире под контролем. Как писал
Оруэлл, это фиктивное разделение мира
есть просто форма его объединения.
Но сейчас это все распалось, происходит
ренационализация. И вместо
коммунизма появился русский
коммунизм, китайский коммунизм. Все
эти коммунизмы вписываются
в традиционную мировую историю
национальных государств, и распад
Запада как политического единства
также очевиден. Все как бы скатывается
обратно к XIX веку, к периоду
между наполеоновскими войнами
и Первой мировой войной: свободный
рынок, либеральная идеология,
национализм. Если вы посмотрите ритм
европейской истории, то были
реакционные периоды и периоды
революций: революционный XVIII век,
регрессивный XIX-й, революционный
XX-й и регрессивный XXI-й. В конце
XXI века начнется какое-то движение,
а может, даже и раньше.
— А до XXII века мы и не доживем.
— Идея Кожева заключается еще
и в том, что доживать не надо, потому
что мы уже сейчас знаем, чем все это
кончится. Прелесть этой теории
заключается в том, что необязательно
доживать до ее реализации. Это как бы
конец истории для нас, мы пережили
в своем воображении этот конец, мы уже
живем после конца истории. А другим,
которые будут к нему идти еще пару
тысяч лет, в этом надо помочь. Но это,
скорее, вопрос их биографии, чем
предмет каких-то наших волнений.
— Мне все же интересно, что
происходит с современным человеком?
Какого рода антропологические
трансформации мы переживаем сейчас?
Кем мы становимся? Животными,
художниками, кураторами,
утопическими коммунистами?
— Произошла абсолютно полная
ликвидация культуры, которая
обвально началась в 1980-х годах
и которая привела к тому, что все
интеллектуальные, культурные
традиции просто исчезли. То есть люди
не имеют более никакого культурного
запаса, они все забыли. Соответственно,
люди определяют себя по минимуму.
Например, это может быть религия,
религия минус теология или
секулярный национализм. Недавно
была дискуссия по поводу генетический
манипуляции в США — разрешать ее
или нет. Там приняли какие-
то решения, меня это волновало мало,
но я обратил внимание на преамбулу,
в которой было написано:
«Как известно, Бог создал человека
с телом и душой, то есть он состоит
из двух частей, рассмотрим сейчас
телесную». Иначе говоря, для
американского конгресса, который
выбирают американские граждане, всех
этих тысячелетий, Платона, Гегеля,
Маркса и прочего не существует. То же
самое происходит, когда идут дискуссии
о падении морали. Раньше это все было
только в Америке, теперь в Европе:
в студию приглашают представителя
идеализма — священника
и представителя материализма —
предпринимателя. Иначе говоря, все
интеллектуальные, философские
традиции стерлись, утратились.
Я интересовался исламом, и есть такой
очень хороший автор Абдель Якхаб
Меддеб, который преподает в Париже
ислам. Он говорит так: «Все эти люди а)
ничего не знают об исламе и б) ничего
не хотят о нем знать». То есть
современный ислам сейчас базируется
на абсолютном забвении какого бы
то ни было знания о нем. Это же
относится к русскому православию:
с одной стороны, говорят
«православие», а с другой —
ни Флоренского, ни Бердяева. Иначе
говоря, современный человек
определяется по минимуму. Он,
конечно, не определяется как животное,
потому что животное — это слишком
тонко, изощренно. Скажем так:
современного человека определяют
этничность и внетеологическая
религиозность.
— А почему религия так
привлекательна до сих пор, помимо того
что она дает человеку какую-то точку
опоры, какую-то идентичность?
— В рамках этой ликвидации культуры
произошел еще и слом всех социальных
механизмов медиации. Раньше были
какие-то дворянские собрания,
купеческие собрания, пролетарские
партии. Теперь все это исчезло, есть
только экономика, работа и семья. Нет
никакой социальной системы,
социальной медиации, то есть человек
ни во что не включен. А люди хотят
быть во что-то включены, они хотят
иметь платформу, где они могут
встречаться с какими-то людьми или
не встречаться с другими. То есть они
должны иметь какую-то формальную
основу для объединения, потому что
фактическая отсутствует: гражданское
общество разрушено. Когда они
определяют «свой/чужой» — этот
момент выбора является моментом
вступления на политическую арену.
Но для этого выбора сегодня нет
никаких оснований. Карл Шмитт еще
в 1930-х годах сказал, что основания для
этого приобрели субъективный,
иррациональный характер. Это
различение происходит
по минимальному признаку — знак
принадлежности или непринадлежности
к какому-то этносу, к какой-то религии.
Это, конечно, фикция. Но эта фикция
важна, потому что, если ее не будет,
люди не будут способны
к политическому поведению. Но люди
все еще хотят себя идентифицировать
как политических животных.
— Я бы сказала, что это подтверждает
прогноз Маркса, который утверждал,
что культура и все эти богатства
и ценности нашего культурного
наследия исчезают вместе
с традиционными институциями.
И ответственность за это Маркс
возложил на капитализм, который,
как известно, уничтожает все святое.
И это очень амбивалентный момент —
с одной стороны, это грустно, но,
как говорил Хайдеггер, где опасность,
там и спасение.
— Это просто так. Я думаю, что идея
конца истории Кожева заключается
в том, что так произошло и уже больше
никогда ничего не изменится. Все, что
будет потом, уже будет так, как оно есть
сейчас, но в более универсальных
и очевидных формах, чем сейчас.
— Последний вопрос о смерти. Меня
очень заинтересовало ваше рассуждение
о Малевиче и его утопии: всех мертвых
надо сжигать и прах не развеивать,
а делать из него лекарство, которое
будет помогать нам продлевать свою
собственную жизнь и здоровье.
— Я считаю, что произошел серьезный
сдвиг. Традиционное постплатновское
представление о смерти было связано
с ожиданием, что душа вечна, а тело нет.
Мы считаем наоборот — душа гибнет,
а тело продолжает жить.
Соответственно, ставка делается
на тело, и если говорить о Федорове,
то его работы были напечатаны
примерно в то же время, что
и «Дракула» Брэма Стокера. На самом
деле это одна и та же линия мысли. Она
связана с привилегированием тела
по отношению к душе, ведь вампир —
это человек, у которого нет души,
но есть тело, и для него это хорошо.
Я писал об изменении образа вампира —
начиная с Брэма Стокера до нашего
времени. Вампир Стокера пытается
соблазнить каких-то девушек,
но девушки от этого мучаются
и умирают, и сам он непривлекателен.
Но если мы возьмем современные
фильмы, то вампир становится все более
сексуальным, все более
привлекательным и единственным
среди всех — с хорошими манерами
и хорошим образованием. Почему?
Потому что он — так же как и все
остальные люди — не читает книг,
но зато встречался с их авторами
лично — с Декартом и так далее. Он
живет в мире, где все впечатления
только личные, поскольку культура
уничтожена, но у него большее
количество личных впечатлений.
Наконец, в сериале «Сумерки» вампир
все время отказывается от девушки,
которая пытается его соблазнить, он
на протяжении всех трех серий
отказывается от нее, то есть происходит
полное переворачивание. И вампир
фактически — это идеал современного
человека, потому что он полностью
достиг состояния жизни без души. Эта
абсолютная бездушность и чистая
телесность представляют собой
культурный идеал нашего времени,
которого, конечно, не каждому удается
достичь

(Un-)Freedom in the Age of Social Media


By Christian Fuchs

Immanuel Kant defined


the liberal concept of freedom in the
context of the autonomy of the human will
that he saw as “the supreme principle of
morality” (Kant 1785, 109). He
conceptualised freedom as humans’
understanding of how to make “public use
of man’s reason” for “addressing the entire
reading public” (Kant 1784, 4), whereby
enlightenment would become possible as
“man’s emergence from his self-incurred
immaturity” (Kant 1784, 7). Jürgen
Habermas (2011, 14) has pointed out that
Kant’s concept of freedom and his
categorical imperative that is grounded on
it form the foundation of the liberal
principles of human rights. The principle of
the Universal Declaration of Human
Rights that all “human beings are born free
and equal in dignity and rights” and “are
endowed with reason and conscience and
should act towards one another in a spirit
of brotherhood” (§1) reflects Kant’s
philosophy.
Karl Marx and Max Horkheimer criticised
the individualism characteristic for Kant’s
concept of freedom. Marx wrote: “Kant
was satisfied with ‘good Will’ alone, even if
it remained entirely without result, and he
transferred the realisation of this good will,
the harmony between it and the needs and
impulses of individuals, to the world
beyond” (Marx and Engels 1845, 208).
Horkheimer (1933, 24) pointed out that
Kant’s philosophy has an “idealist trait,
according to which all would be right in the
world so long as all were right in Spirit”.
On a practical and political level, the
legitimation of the individualistic concept of
freedom that proclaims unlimited freedom
of private property expresses itself in an
antagonism between the freedom of private
property on the one hand and social
freedom as well as social justice on the
other hand. In the Universal Declaration of
Human Rights this circumstance manifests
itself as an antagonism between §17
(Everyone has the right to own property
alone as well as in association with others)
and §22 (Everyone, as a member of society,
has the right to social security). The
increase of distributive injustice at national
and global level in the context of 35 years of
continuous neoliberal regulation of
capitalism shows this foundational
antagonism between liberal ideology and
capitalist reality (Therborn 2013).
How do the conditions and possibilities of
freedom look like in the age of so-called
“social media“ such as Facebook, YouTube,
Twitter, Weibo or Wikipedia (see Fuchs
2014b)? Tabloid media, populist politics
and one-dimensional academia often argue
that social media caused Twitter and
Facebook revolutions in the Arab Spring,
result in more democracy, freedom of
expression and a diversity of opinion, as
well as an increase of general wealth. These
liberal promises of freedom are however
confronted with an antagonistic reality of
unfreedom and control on the Internet.
Apple promises the users of iPads, iPhones
and MacBooks “wireless freedom“,
whereas this “freedom“ is grounded in the
actual material unfreedom of hardware
assemblers in Chinese Foxconn factories,
where they manufacture Apple and other
technologies under inhumane working
conditions, including long working hours,
poor pay and military controls (Fuchs
2014a). Facebook says that it gives users
“the power to share and to make the world
more open and connected”. Google praises
itself by claiming that it makes “money
without doing evil”. At the same time both
companies have outsourced their financial
structures to tax havens so that in 2011 they
respectively paid only 1.5% (Google)
and 0.1% (Fabeook) of their annual British
revenues in corporation tax, although the
corporation tax rate was 26%. Neoliberal
states reacted to the global crisis of
capitalism by ”socialism“ for banks and the
rich that used working people’s taxes for
bailouts to rehabilitate the financial system.
States’ main reaction to the resulting
budget holes have been austerity measures
that hit the poorest and weakest, whereas
global Internet companies (and other
corporations) hardly pay taxes and
legitimate this circumstance with the
argument that they do not operate within
nation states, but in the placeless space of
the Internet.
Right-wing politicians demand on the one
hand privacy and secrecy for military and
secret service operations, in which civilians
and journalists are killed and millions of
citizens are being spied on, and criminalise
those who strive to make such
circumstances public with the help of the
Internet (WikiLeaks, Julian
Assange, Bradley Manning, Edward
Snowden, The Guardian). On the other
hand they treat privacy with a class moral
that wants to restrict its protection for
those in power, whereas the personal data
of millions of Internet users are controlled
by a military-industrial surveillance
complex (Prism), in which secret services
collaborate with private security companies
such as Booz Allen Hamilton and
communication corporations such as AOL,
Apple, Facebook, Google, Microsoft,
Paltalk, Skype and Yahoo!. Facebook,
Twitter and Google exploit users’ digital
labour by commodifying their personal
data as part of new capital accumulation
models that use targeted advertising.
Whereas the Internet’s dominant ideology
promises freedom, the reality is that
capitalist and state actors are in the online
world “freer“ than others, which shows this
space’s actual unfreedom. But we can also
hear the protest voices of actors such as
Anonymous, hacker organisations, the
movement for free software and open
access, investigative journalists, consumer
protection organisations, media reform
movements such as Free Press or the Media
Reform Coalition, human rights
organisation, pirate parties, watchdog
organisations and WikiLeaks. They call for
more Internet freedom and privacy.
These actors illustrate the negative reality
of the dialectic of Enlightenment and
liberalism’s limits: the practices of data
commodification, capitalist media control,
corporate and state surveillance limit the
liberal freedoms of freedoms of thought,
speech, press and assembly as well as the
security of the people’s persons, houses,
papers and effects. When the Internet and
“social“ media are, as Horkheimer and
Adorno (2002, 73f) say, “harnessed to the
dominant mode of production”, the
enlightenment that these modes of
communication promise, “nullifies itself”.
So when for example the Anonymous
movement questioned how police violence
limited Occupy activists’ freedom of
opinion and assembly, it strictly affirmed
liberal values, but showed at the same time
how state institutions violate liberal values
in the land of unlimited “freedom”. A
liberal critique of the unfreedom implied by
the control systems that liberalism has
created is however insufficient. A
comprehensive system of participatory
democracy is needed to overcome the limits
of freedom cause by capitalist and state
control of the media, the attention
economy, power, reputation structures and
the public.
Profitable global corprorations control the
Internet and social media. Whereas in
Europe there is a tradition of public service
broadcasting and of acknowledging public
service’s importance for the flourishing of
democracy, we are so accustomed to
Google, Facebook, Apple and Microsoft’s
control of the Internet and digital media
that the idea of a public service Internet
seems completely alien to us. At the same
time Prism and the continuous public
criticisms of Google and Facebook show the
need for alternatives. There are just 2
alternative models among the 100 most
accessed web platforms in the world:
the BBC’s website and the non-commercial
online encyclopaedia Wikipedia.
It is about time that we start thinking about
re-inventing the Internet, decolonising it
and transforming it into a true public
sphere. Based on Mahatma Gandhi, who
when asked what he thinks about Western
civilisation answered “I think it would be a
good idea”, we can today say: Social media
would be a good idea if it were truly free
and public. Social media is possible, but for
the time being remains a Blochian not-yet.
Christian Fuchs is professor of social media
at the University of Westminster and
author of the book “Social Media: A
Critical Introduction“. The topic of
Internet freedom, social media and the
public sphere will be subject of his
inauguration lecture “Social Media and the
Public Sphere“ on February 19, 2014, and
his keynote talk at the conference Freedom
of Information under Pressure: Control –
Crisis – Culture (Vienna, February 28-
March 1, 2014).
*This essay was originally published on
Christian’s blog, which you can find here
Notes & references
Fuchs, Christian. 2014a. Digital Labour and
Karl Marx.New York: Routledge.
Fuchs, Christian. 2014b. Social Media: A
Critical Introduction. London: Sage.
Habermas, Jürgen. 2011. Zur Verfassung
Europas. Ein Essay. Frankfurt am Main:
Suhrkamp.
Horkheimer, Max. 1933. Materialism and
Morality. InBetween Philosophy and Social
Science, 15-47 .Cambridge, MA: MIT
Press.
Horkheimer, Max and Theodor W.
Adorno. 2002.Dialectic of Enlightenment.
Stanford, CA: Stanford University Press.
Kant, Immanuel. 1784. An Answer to the
Question: What is Enlightenment? In The
Idea of the Public Sphere. A Reader, ed.
Jostein Gripsrud, Hallvard Moe, Anders
Molander and Graham Murdock, 3-8.
Lanham, MD: Rowman & Littlefield.
Kant, Immanuel. 1785. Groundworks of the
Metaphysics of Morals. A German-English
Edition. Cambridge: Cambridge University
Press.
Marx, Karl and Friedrich Engels.
1845. The German Ideology. Amherst, NY:
Prometheus.
Therborn, Göran. 2013. The Killing Fields
of Inequality.Cambridge: Polity Press.

Cînd Soci se mută în SUA sau de ce


Olimpiada trebuie închisă
43
de Vasile Ernu 35

Cînd Soci se mută în SUA


Se aduc o mulţime de critici Olimpiadei de
la Soci şi puterii de la Kremlin. Cele mai
multe şi colorate critici vin pe filiera
liberală a presei ruseşti şi mai ale a celei
occidentale: „stat de drept”, „regim
totalitar”, „drepturile omului”, „corupţie”
etc. Toată presa liberală mainstream are
grijă să ne amintească zilnic de miliardele
de euro cheltuiţi, adică „furaţi”, şi să ne
ofere poze cu déjà faimoasele wc-uri duble
(nişte falsuri se pare) sau să ne amintească
despre arestări abuzive precum Pussy Riot.
Sau şi mai rău, de Hodorkovski, cel mai
mare bandit devenit icoana liberalismului
rus la care se închină cancelariile lumii.
Sînt aceste critici adevărate? Oh da, sînt
foarte adevărate, însă ele ţin nu de esenţa
problemei, ele doar deturneaza discuţia de
la problemele cu adevărat importante şi
semnificative.
Zilele trecute, în presa poloneză, culmea, a
apărut un text destul de curios care pornea
de la o întrebare aparent nevinovată: cum
ar fi reflectat presa occidentală Olimpiada,
dacă ea ar fi avut loc, nu la Soci în Rusia, ci
undeva, în SUA, în Aspen – Colorado?
(„Zarzuty dotyczące Rosji są poniekąd
słuszne, ale gdyby igrzyska były w USA …”
de Mariusz Zawadzki, în Gazeta
Wyborcza).Trucul simplu al ziaristului
polonez era de a încerca să ne scoată în
evidenţă toată aceste scheme false ale
abordării „civilizatorii”, ale „falsei
democraţii”, şi a obsesiei „statului de
drept” cînd e vorba să le aplicăm pe zone
mai „barbare”. Mariusz Zawadzki lua pe
rînd toate elementele centrale ale acestui
discurs şi venea cu exemple din SUA. El
zice: da, întrebările sînt bune, dar ele pot fi
foarte uşor transformate în propagandă şi
totul devine mult prea subiectiv. Altfel
spus, în ziua de azi, presa devine prea uşor
un instrument de propagandă şi îşi
îndeplineşte prea puţin funcţia sa centrală
de cîine de pază.
Ce ar fi, sugerează jurnalistul polonez, să
inversăm situaţia şi să punem întrebările
incomode pentru un ipotetic Soci din USA?
Şi întrebările curg. Cum e posibil să facem
Olimpiada în ţara în care pedeapsa cu
moartea, sub formele cele mai primitive,
este încă o soluţie obişnuită? Unde este
umanismul nostru? Unde sînt drepturile
omului? Cum e posibil să organizăm
Olimpiada, acest simbol al pacii, în ţara cea
mai militarizată din lume, care cheltuie pe
înarmare cît toate celelalte ţări împreună?
Cum e posibil să organizăm aceste jocuri
ale solidarităţii în ţara cu cel mai mare
număr de puşcăriaşi, adica ţara care deţine
25% din puşcăriaşii întregii lumi? Cum e
posibil să facem aceste jocuri în ţara în care
abuzurile serviciilor secrete au depăşit cu
mult frontierele acestei ţări şi s-a ajuns
pînă acolo încît sînt interceptaţi şi ascultaţi
pînă şi cei mai puternici oameni ai lumii?
Cum poţi să faci Olimpiada într-o ţară în
care peste 300 de milioane de arme de foc
se află în mîinile cetăţenilor, iar utilizarea
lor în spaţiile publice, cu omoruri
spectaculoase, a devenit un lucru comun?
Cum e posibil să faci Olimpiada cînd în
Guantanamo ai peste 200 de cetăţeni străni
arestaţi şi torturaţi, fără respectarea
drepturilor minimale internaţionale?
Etc.etc. etc. Întrebările pot continua. Sînt
aceste întrebări legitime? Da, sînt aşa cum
sînt şi întrebările adresate Rusiei la fel de
legitime. Ce este pervers în toată această
poveste e faptul că presa mainstream pune
aceste probleme şi discută aceste teme în
mod disproporţionat devenind prea usor o
măciucă propagandistică în interesul unor
ţări, grupuri de ţări sau trusturi financiare.
Naţionalism vechi şi nou
Să revenim la problemă. Din punctul meu
de vedere, acest tip de gălăgie mediatică
imensă, precum şi modul de problematizare
al presei mainstream, ţin mai degrabă de
tactică şi strategie, şi mai puţin de conţinut.
Ele nu fac decît să uităm să punem corect
întrebările şi să nu mai vedem miezul
problemei.
Nu mai este pentru nimeni un secret că aşa
cum debutează şi e relansată Olimpiada
modernă la sfîrşit de secol XIX nu este decît
un soi de sinteză emblematică a marilor
transformări care au loc în acea perioadă.
Se trece de la jocuri sportive văzute ca
apanaj al unei mici elite aristrocratice, la
sportul de masă, şi mai ales, la construcţia
unui „corp naţional” al statelor naţiune.
Sportul şi educaţia fizică devin un fenomen
de masă care trebuie să slujească statul-
naţiune în vederea crearii unor cetăţeni
sănătoşi gata să-şi slujescă Patria, gata să
lupte pentru ea. Acest naţionalism sportiv
va sluji cu devotament statele naţiune şi va
deveni o emblemă puternică pentru toate
statele fasciste. Comunismul va prelua şi el
acest model şi-l va folosi în lupta sa cu
duşmanul anunţat. Statele comuniste vor
investi imens în dezvoltarea sportului de
masă, construind infrastructuri şi
mecanisme organizatorice militar-sportive
care vor avea o bază de selecţie umană
imensă. În perioada războiului rece,
Olimpiada devine locul confruntării celor
două regimuri ideologice. Paradoxul face că
regimul comunist nu diluează elementul
naţionalist al sportului, ci-l întăreşte.
Olimpiada nu mai are nimic de a face cu
spiritul primar grecesc; devine un spaţiu
unde se duce o luptă crîncenă a unor
sportivi care luptă sub flamura Patriei.
Citiţi în acest sens George Orwell – The
Sporting Spirit.
Ceva a început să se schimbe fundamental
în sport, în perioada anilor 70-80 din
secolul trecut. La acest capitol,
neoliberalismul împinge cumva lucrurile
spre un soi de arhaizare a politicului:
sportivii îşi diversifică flamura, sigla,
„blazonul” şi „principele” pentru care
luptă. Apare maşinăria financiară care
începe să schimbe radical datele problemei.
Naţionalismul nu dispare, ci se diversifică.
Apare un soi de „naţionalism corporatist”,
unde sportivul poate lupta cu aceeaşi
pasiune sub sigle-flamuri foarte variate. În
fotbal şi în sportul profesionist aceste
mutaţii sînt cele mai vizibile.
Privatizarea sportului de masă
Odată cu neoliberalismul are loc un soi de
privatizare a sportului de masă. Practic,
este un proces invers celui care a avut loc în
sec. al XIX-lea: de la sportul de masă,
accesibil unui mare număr de oameni, la
sportul profesionist, accesibil sau
subordonat unei „aristocraţii financiare”.
Acesta se va simţi mai ales după căderea
comunismului, care cumva făcea o presiune
imensă asupra sportului privat occidental.
Doar cîteva state puternice precum SUA,
Anglia sau Germania, promotoare ale
sportului privat, puteau rezista în faţa
maşinăriei sportului de stat al spaţiului
comunist. De ce? Sînt multe cauze. Ce este
însă evident e următorul fapt: odată cu
dispariţia comunismului şi intrarea în
epoca capitalismului financiar neoliberal
global în care „totul trebuie să fie privat”,
sportul îşi modifică substanţial structura.
Sportul de performanţă, şi în general
sportul, nu mai este un fenomen de masă, ci
unul ce ţine de apanajul unor grupuri
privilegiate financiar sau care
subordonează diverse grupuri sărace cu
potenţial sportiv pe care le transfoma în
marfă sau le include în mecanismul
„aristocraţiei financiare sportive”.
Fotbalul este un exemplu evident: urmăriţi
traseul echipelor de fotbal, de la echipe ale
muncitorilor din fabrici şi uzine, găşti de
cartier, la echipe de mercenari sportivi care
învîrt sume colosale. Fotbalul, după cum
ştim, nu se mai face pe maidan, ci doar în
cluburi private, cu alimentaţii şi
medicamentaţii speciale, cu antrenamente
coordonate de „ingineri sportivi” etc.
Uitaţi-vă, de exemplu, la sporturile de
iarnă. Au devenit atît de scumpe încît nici
măcar practicarea lor banală nu mai este
accesibilă decît unei mici elite. Faceţi un
calcul să vedeţi cît costă practicarea la nivel
de hobby a unui sport precum e schiul. Am
făcut un calcul pentru copilul meu şi îmi
dau seama că este foarte costisitor. Cîţi
oameni îşi permit acest lucru la noi? 5%-
7%? Iar dacă vorbim de sport de
performaţă deja vorbim de sume imense.
Am ascultat zilele trecute polemica dintre
echipele de sanie. Ameţitoare sînt sumele şi
discuţiile în jurul tehnologiei folosite.
Disputele în jurul medicamentaţiei şi al
rolului companiilor farmaceutice în acest
domeniu presupune deja implicaţii
financiare colosale. Simplu spus: sportul de
masă e pe cale să dispară iar sportul de
performaţă tinde mai nou să aparţină unui
grup ultraelitist predeterminat financiar.
Satele lui Potemkin: corupţie sau capitalism
real
Se vorbeşte mult de corupţie la Olimpiada
de la Soci. Indiscutabil e foarte multă
corupţie. Dar oare la Pekin a fost altfel?
Sau la Londra sau Vancouver? Sau la
campionatele Mondiale de fotbal e altfel?
Oare nu sînt acestea adevăratele sate ale lui
Potiomkin? Ce sînt satele lui Potemkin
ştim. La originea acestei poveşti stă un înalt
demnitar al Imperiului ţarist rus, unul
dintre cei mai influenţi oameni ai acelor
vremuri şi un favorit al ţarinei Ecaterina a
II-a a Rusiei, cneazul Grigori Potemkin.
Istoria spune că la sfîrşitul secolului al
XVIII-lea, cu ocazia vizitei în Rusia a
împăratului Iosif al II-lea şi a reginei
Poloniei, cneazul Potemkin, vrînd să arate
imaginea strălucitoare şi înfloritoare a
investiţiilor din teritoriile proaspăt cucerite
ale Ucrainei, a construit de-a lungul
drumului pe care avea să-l parcurgă ţarina
cu invitaţii săi sate şi orăşele din uriaşe
decoruri. În drumul dinspre Petersburg
spre Crimeea, „satele lui Potemkin“, care
aveau să impresioneze delegaţia străină, nu
erau decît simple butaforii, ele în realitate
neexistînd. Era un simplu joc de imagini, o
simplă manipulare. Aceasta este
interpretarea care a făcut mare carieră
internaţională, povestea „satelor lui
Potemkin“ devenind exemplu emblematic
pentru acest tip de manipulare. A doua
interpretare dată este cea care spune că de
fapt „satele lui Potemkin” erau nişte
proiecte care încercau să configureze
viitorul. Potemkin construia sate
butaforice, în dimensiuni reale, pentru a-i
arăta ţarinei cum va arăta viitorul Rusiei.

 DE ACELASI AUTOR
 Maidan – dicţionar politic pe înţel ..
 Evroluţia: EuroMaidanul, EuroViolenţ� ..
 Poker geopolitic UE-Ucraina-RU. Cine va ..
 În faţa noastră stă 1907. Cum proced ..
 Lupta Kliciko – Povetkin și ”strat ..
Cele două interpetări mi se par
paradigmatice pentru ce se întîmplă astăzi
cu evenimente sportive precum Olimpiada
sau un Campionat Mondial de fotbal. Ele
nu sînt decît o sinteză perfectă a viitorului
apropiat despre care vorbesc mai jos. Însă
de data asta „satele lui Potemkin” nu mai
sînt ieftine şi simple butaforii ci devin nişte
butaforii de lux reale, exorbitant de
scumpe, care au ca scop doar direcţionarea
unor sume colosale de bani publici şi
privaţi sub garanţia şi supravegherea
statului. Banii sînt direcţionaţi spre o mică
elită, producînd efecte dezastruoase pentru
restul populaţiei folosită mai degrabă pe
post de sclavi în aceste proiecte
grandomane. Butaforia de lux devine locul
privilegiat nu al poporului care vrea „pîine
şi circ”, etapă demult depăşită, ci al unor
grupuri privilegiate şi atent supravegheate
şi protejate. După terminarea show-lui
mult prea costisitor, butaforia de lux şi
toată infrastructura nu se mai întorc „spre
binele poporului” pentru că poporul are cu
totul alte nevoi, iar marea parte a ţărilor
sînt mult prea sărace pentru a întreţine şi
folosi aceste proiecte faraonice mai departe.
Vizitaţi locurile olimpiadelor şi
campionatelor mondiale de fotbal din
ultimii 20 de ani şi vă veţi convinge.
Colegul meu Floprin Poenaru sintetizează
perfect această tendinţă, privind spre
Brazilia: „Din acest punct de vedere, cel
mai semnificativ eveniment din 2014 se
anunţă a fi Cupa Mondială la fotbal,
găzduită de Brazilia. Încă din 2013, Cupa
Confederaţiilor ce prefigurează această
competiţie a fost primită cu valuri de
proteste ce denunţau conivenţa dintre
capitalul transnaţional corporat, statul
ţinut captiv de o minoritate politică cu rol
de intermediar şi însărcinată doar cu
represiunea şi pavarea drumului către
realizarea obiectivelor de business, şi o
clasă salariată transnaţională (de la oficiali
FIFA, la jurnalişti, fotbalişti şi sponsori)
care organizează efectiv astfel de
evenimente. Scenariul de acum patru ani
din Africa de Sud – unde Cupa Mondială a
adâncit doar inegalităţile de clasă şi rasă şi
a sporit subdezvoltarea ţării gazdă – se va
repeta acum într-un context mai amplu.
Brazilia este totuşi parte din BRIC, sumele
şi interesele sunt mult mai mari, iar nevoia
de câştig pe măsură. Prin urmare, Cupa
Mondială va oferi o imagine destul de clară
a situaţiei contemporane: distracţie pentru
clasele superioare impusă cu forţa,
subdezvoltare pentru restul şi suspendarea
tuturor drepturilor şi libertăţilor (istoric
burgheze) ce stau în calea profitului. Iar ce
se întâmplă acum în Brazilia în vederea
pregătirilor pentru Cupa Mondială
(exproprieri abuzive, deturnări de fonduri,
distrugerea unor zone protejate pentru a
face loc la stadioane, etc), păleşte în
comparţie cu ceea ce se întâmplă deja în
Qatar în vederea cupei mondiale de acolo
din 2022: ţinerea în sclavie a muncitorilor
imigranţi (în special a celor din Nepal, cu
ajutorul statului), militarizarea totală a
relaţiilor de muncă, dispariţia pieţei, totul
fiind făcut direct prin comandă de stat.”
Dar satele lui Poremkin trebuiesc apărate.
Toată elita şi tot capitalul trebuie securizat,
controlat şi apărat cu toate instituţiile
statului: securitate, servicii de tot felul,
armată. Acesta este unul din elementele
centrale al noilor evenimente de tipul
Olimpiadă sau Campionat Mondial de
fotbal. Sistemul draconic de securitate ne
arată că nimic din ce-şi propune oficial
Olimpiada nu mai are vreo legătură cu
ideea olimpică anunţată iniţial. Acum
apărăm „satul lui Potemkin” de terorişti.
Dar în Brazilia, peste cîteva luni, de cine
vom apăra stadioanele de fotbal? De
„teroriştii din favele” care au construit
aceste stadioane? Armate imense ale
statului plătite din banii contribuabililor
amărîţi vor apăra o mică elită de
„pericolul” săracilor care nu-şi permit să
plătească un bilet pe stadionul construit de
ei. Tragic. Urmează…
Final de poveste
De fapt ce se întîmplă cu sportul? Acelaşi
lucru care se întîmplă şi cu toată societatea
noastră, de la Vladivostok la New-York, de
la Helsinki la New Delhi. Capitalul şi
controlul devin elementele centrale.
Olimpiada sau campionatele mondiale de
fotbal sînt sinteza politicii economice şi
sociale duse de neoliberalism. Sportul
devine privilegiul unei elite tot mai bogate,
fiind aproape inacesibil publicului larg,
pentru că întreg procesul de pregătire şi de
acces la infrastructură s-a privatizat şi a
devenit prea scump, iar marea parte a
populaţiei este tot mai săracă. Participarea
directă la show devine şi ea prea scumpă:
costurile participării la Olimpiade şi
Mondiale nu e la îndemîna oricui. Iată
rezultatul politicii economice globale din
ultimii 40-30 de ani: hăul dintre cei bogaţi
şi cei săraci creşte iar profitul şi resursele
sînt monopolizate de o mică elită. Şi totuşi
sărăcimea majoritară mai poate participa
la show doar mediată de televiziune. De ce?
Pentru că pe lîngă elementul economic
(„ieftin pentru cei mulţi”) folosit pentru cei
săraci, intervine şi un alt element central:
securitatea. Sărăcia şi săracii vor fi mereu
sursă a violenţei, nesiguranţei, exploziilor
sociale necontrolate. Dar acestea sînt efecte
nu cauze cum ar vrea să ne spună teologii
actualei puteri. Ei, săracii, trebuie ţinuţi cît
mai departe, preferabil în case sau la
locurile de muncă, pentru a nu pune în
pericol „liturghia şi catedrala” celor aleşi.
Problema – dar totodată şi speranţa – e că
bateriile telecomenzii se mai termină şi, din
cînd în cînd, sîntem nevoiţi să mai ieşim
după baterii sau după un pet de bere.
Sîntem în preajmă.

← Drept la replică din partea Eco-Rom


Ambalaje
Dincoace de Bine și Rău →
35 răspunsuri la Cînd Soci se mută în SUA
sau de ce Olimpiada trebuie închisă
1. sorin spune:
13 februarie 2014 la 8:37
in curand aceste mari competitii se vor
transforma in singura varianta posibila,
descrisa bine de Suzanne Collins : Hunger
Games.
Răspunde
2. Tudor spune:
13 februarie 2014 la 9:31
Credeam ca sunteti mai subtil in a cautiona
stanga, domnule Ernu. M-am inselat. Cu
tipul asta de discurs heirupist nu veti atinge
decat emotionalul, nicidecum rationalul
(cum ar trebui sa o faceti).
Si, va rog, spuneti-mi ca nu ati facut
apologia Rusiei lui Putin printr-o
comparatie necinstita cu SUA si Vestul?
Pentru ca daca ati facut-o, eu refuz sa va
mai citesc.
Răspunde
3. S.Alex spune:
13 februarie 2014 la 9:45
“Simplu spus: sportul de masă e pe cale să
dispară iar sportul de performaţă tinde mai
nou să aparţină unui grup ultraelitist
predeterminat financiar.”
Nu e chiar aşa de simplu. Masele nu pot fi
excluse aşa de uşor, pentru că ele au în
continuare un rol de jucat. Iar asta era clar
încă de la Adorno, din anii 50!
“Thus, although the culture industry
undeniably speculates on the conscious and
unconscious state of the millions towards
which it is directed, the masses are not
primary, but secondary, they are an object
of calculation; an appendage of the
machinery. The customer is not king, as the
culture industry would have us believe, not
its subject but its object (…)
The culture industry misuses its concern
for the masses in order to duplicate,
reinforce and strengthen their mentality,
which it presumes is given and
unchangeable. How this mentality might be
changed is excluded throughout. The
masses are not the measure but the
ideology of the culture industry, even
though the culture industry itself could
scarcely exist without adapting to the
masses.”
Răspunde
4. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 9:52
@Tudor
Cred ca ai citit gresit. Nu e o apologie. Din
contra. Spun doar ca discursul aceste este o
pista falsa. Sint un antiputinist convins
doar ca nu de pe pozitii liberale.
Răspunde
o Tudor spune:
13 februarie 2014 la 9:57
Ok, domnule Ernu. Poate ca am fost si eu
prea radical, dar am o motivatie in
dezgustul pe care un om ca Putin mi-l
provoaca. Si ar fi pacat sa va vad iesind in
public cu un discurs pro-Kremlin. Dar
merg pe cinstea cuvantului dvs., dat fiind
ca textele pe care le semnati imi plac.
Răspunde
 Gabi spune:
13 februarie 2014 la 16:41
Putin si Rusia sunt de stânga?!
Răspunde
 vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 17:02
@ Tudor
am scris de nenumarate ori ca sint anti-
putin. dar nu sint nici pro-eltin nu cred ca
Putin e un dictator. Cred ca mai degraba e
un conducator slab (adevarat cu o
verticalitate a puterii, dar cu mari
probleme de functionare). critica mea este
legata in principal de faptul ca merge pe o
varianta neoloberala extrema. textele mele
sint publlice si la o singura cautare pe
google se poare verifica.
Răspunde
5. Maxa spune:
13 februarie 2014 la 10:07
Cam forţat efortul de a echivala Rusia cu
SUA. Din câte mi-am dat seama din
traducerea articolului din Gazeta
Wyborcza, spiritul articolului respectiv
este, ca şi la acesta, critica JO de la Soci de
pe poziţia criticii olimpismului modern şi
contemporan în general. Dacă articolul de
faţă respectă în mare acelaşi spirit al
ducerii criticii până la capăt şi al păstrării
discuţiei în cadrul criticii olimpismului,
articolul din Gazeta Wyborcza, spre
deosebire de acesta, nu porneşte de la
încercarea de a arăta asemănările sau
posibilele echivalări între Rusia lui Putin şi
SUA, ci le tratează pe fiecare separat, nu în
oglindă.
Cel din Gazeta Wyborcza ia cazul JO de la
Soci şi cel ipotetic din SUA ca pe două
posibile exemple ale olimpismului si ale
manipularii presei. Doua exemple,
emblematice, e drept, dar unele dintre
altele. In articolul de mai sus, in schimb,
poziţia e aceea că trebuie să înţelegem şi
Rusia, că nu tot din ceea ce se spune despre
ce se întâmplă acolo e adevărat, că
Hodorkovski e un bandit (o fi, dar nu
despre asta e vorba). Adică de pe o poziţie
mai empatică. Articolul lui Mariusz
Zawadzki e mult mai rece din punctul ăsta
de vedere şi tocmai de aceea şi tonul şi
critica par din start întemeiate. În vreme ce
în articolul de faţă, trebuie să treci cam
fără prea multă convingere prin primele 3
paragrafe, ca să reuşeşti să-l urmezi pe
autor fără prea multe rezerve în restul
articolului.
Altfel, articolul mi se pare necesar.
Răspunde
6. maria cernat spune:
13 februarie 2014 la 10:38
Cat de trist! Eu chiar nu inteleg cum pot
“suporterii” actuali sa guste butaforia de pe
stadioane. Imi amintesc cu placere de
perioada de aur a fotbalului autotohton
cand ma uitam cu tata la toate meciurile.
Ce e dezgustator acum este scaderea
calitatii jocului. E o mimare a sportului:
cand un sportiv e atins putin de altul se
tavaleste, sare si se zbate in niste chinuri de
zici ca atunci isi da duhul. Meciul e
intrerupt de zeci de ori pentru asemenea
reprezentatii penibile. Eu nu mai pot, de o
vreme, sa ma uit la asa ceva. E pur si
simplu caraghios! Teatru de prost gust. Dar
se inscrie perfect in observatiile recente pe
marginea a ceea ce a devenit acum sportul
si in special fotbalul.
Răspunde
7. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 14:47
@S.Alex da e mai complicat.
dar nu pot sa nu vad chestiuni simple. La
mine in cartier (1 mai) in decurs de 10 ani
s-a intimplat asa… Parcul si centrul sportiv
Ciresari (apartinea de CFR si care are
citeva tereuri de sport, tenis, hambal, etc)
unde tot cartierul batea minge acum e
inchis cu un gard imens de sirma. Aici au
batut mingea si se jucau generatii de copii
& maturi… acum e pustiu si vin numai
niste nene cu masini scumpe si copii
acestora. In rest pustiu. Sau: 2 scoli care
aveau citeva terenuri deschise acum sint
amenajate frumos si inchise publicului larg.
A aparut doar 1 teren privat unde trebuie
sa vii in gasca sa platesti. In rest… mie mi
se pare ca aceasta tendinta e periculoasa si
duce spre ceea ce ziceam “aristocratie
financiara”. ce fac restul copiilor?
Răspunde
o S.Alex spune:
14 februarie 2014 la 10:34
Cum ce le rămâne copiilor? Televizorul,
transmisia meciurilor în direct, escapadele
cu fotbaliști și vedete, glamour-ul sportului
rege și pasiunea stupidă pentru o echipă
mai degrabă decât alta, în condițiile
fotbalului complet profesionalizat, biznizat
și spectacularizat. Cu ce mai ții, atunci
când ții cu Dinamo (se întâmplă să stau la
Iancului, în București) din moment ce
mâine toată echipa de la Dinamă, jucători,
antrenori, acționariat poate fi cumpărată și
vândută aiurea, iar la Dinamo să vină 50%
Steaua și 50% Rapid? Cu ce fantasmă
stupidă țin cei care se pretind câini până la
moarte? O da, culorile clubului și valoarea
de brand … adică exact ce spunea Adorno
– microbistul rămâne un simplu obiect de
calcul, dar de care e dependentă
vizibilitatea clubului.
Răspunde
8. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 14:52
@Maxa
cred ca ai inteles gresit sua nu ai citit
texxtul pina la capat. Eu spun ca
interpretarea de tip liberal: coruptie, stat
de drept etc (indiferent ca e rusia sau sua)
nu ne ajuta sa intelegem problema. aici e o
capcana mediatica. ce spun e sa incercam
sa vdem mecansimul in ansamblul sau.
apar eu undeva rusia lui putin? vai de
mine… NU. nici nu compar ca nu am ce
compara. zic doar ca ne indreptam, cum
spune acineva mai sus, spre “jocurile
foamei”
Răspunde
o Maxa spune:
13 februarie 2014 la 15:28
N-am avut nevoie sa citesc textul pana la
sfarsit ca sa-l inteletg Glumesc.
Remarcam doar ca daca faci o comparatie
intre cele doua articole (traducerea Google
pare destul de buna), al tau are un ton
diferit cand vorbesti de Rusia.
Exemplu: “Sau şi mai rău, de Hodorkovski,
cel mai mare bandit devenit icoana
liberalismului rus la care se închină
cancelariile lumii. Sînt aceste critici
adevărate? Oh da, sînt foarte adevărate.” –
Păi cum sunt “foarte adevărate” dacă prin
ele e apărat, de fapt, “cel mai mare bandit
devenit icoana liberalismului”?
Mariusz Zawadzki nu intră-n asemenea
discuţii, pentru el nu e esenţial dacă criticile
la adresa Rusiei sunt sau nu adevărate sau
în ce măsură. El spune doar: şi ce-ar fi dacă
am face exerciţul ăsta cu SUA, oare ce ar
da? O diferenţă de ton, după cum am zis, şi
impresia de atingere a unei coarde un pic
mai sensibile.
Răspunde
 vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 15:48
@Maxa
poate nu am fost eu de stul de clar. Miza
comparatiei este urmatoarea: critica adusa
Rusiei e ok, as acum o posibila critica adusa
SUA e ok stilistic. insa apar 2 probleme. 1.
ce zice polonezu: cind e vorba de Rusia
presa occidentala e nemiloasa si tace cind e
vorba de “ai nostri”. Adica presa devine
propaganda. Cred ca e vizibil asta deseori
in aceste batalii mari. 2. si aici eu fac un pas
mai departe: galagia acestui tip de presa e
sa deturneaze atentia de la peoblemele cu
adevarat importante. si aici vine pareta a 2-
a a textului. Incerc sa spun ca nu in
“coruptia de tip est” e baiul. baiul cel mare
e in insasi masinaria neoliberala…
Răspunde
9. Dan H. spune:
13 februarie 2014 la 15:02
“Şi totuşi sărăcimea majoritară mai poate
participa la show doar mediată de
televiziune. De ce?” Mai este o explicatie:
transmisiile evenimentelor sportive la tv
sunt prilejuri excelente pentru publicitate.
Vezi Champions League, care are un
format (si o reteta) perfect unse din punct
de vedere al reclamelor. In fond, ne putem
gandi ca toate corporatiile media tind spre
reclama de 4 milioane de dolari din pauza
SuperBowl… (asta daca tot vorbim despre
cum vor sta lucrurile in viitor, sau spre ce
vor cei puternici sa ne indreptam…)
Răspunde
o vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 15:49
@Dan H. dada si asta e important
Răspunde
10. corina g spune:
13 februarie 2014 la 15:17
Aveti o gresala de ortografie, probabil o
scapare, “ai arata tarinei” corectati-l in “a-i
arata tarinei”.
Răspunde
o vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 15:21
se mai intimpla mersi
Răspunde
11. Victor spune:
13 februarie 2014 la 16:54
Ar fi interesant de văzut câți participanți
erau la început și câți sunt acum (sportivi și
spectatori) ca sa vedem cand era sportul
mai de masa. Atunci sau acum. Face
capitalismul sportul mai de masa? Cata
lume schia in comunism? Cata schiaza
acuma? Sa ne uitam pe Valea Prahovei???
Să dea naiba în internetul ăsta care ne
strică
propaganda:http://www.infoplease.com/spo
rts/olympics/2014/http://www.policymic.co
m/articles/81687/9-facts-you-probably-
didn-t-know-about-the-winter-
olympics susi10.hubpages.com/hub/Interest
ing-Facts-About-Sochi-2014-Winter-
Olympics
Răspunde
o Maxa spune:
13 februarie 2014 la 17:12
Buna intrebarea. Cred ca ar merita facute
niste studii pe tema asta.
Răspunde
12. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 17:07
@Victor
am dat mai sus exemplul cu infrastructura
din fotbalul si stadioanele de cartier.
exemplul cu schiul nu merge pentru ca e o
moda de masa mult prea recenta. la
sporturi precum fotbal, hambal, gimnastica
etc se vede destul de bine. nici macar boxul,
sportul amaritilr din cartier, nu mai merge
asa usor…
Răspunde
13. Maxa spune:
13 februarie 2014 la 17:23
“Sportul şi educaţia fizică devin un
fenomen de masă care trebuie să slujească
statul-naţiune în vederea crearii unor
cetăţeni sănătoşi gata să-şi slujescă Patria,
gata să lupte pentru ea. Acest naţionalism
sportiv va sluji cu devotament statele
naţiune şi va deveni o emblemă puternică
pentru toate statele fasciste. Comunismul
va prelua şi el acest model şi-l va folosi în
lupta sa cu duşmanul anunţat. Statele
comuniste vor investi imens în dezvoltarea
sportului de masă, construind
infrastructuri şi mecanisme organizatorice
militar-sportive care vor avea o bază de
selecţie umană imensă. ”
[...]
“Odată cu neoliberalismul are loc un soi de
privatizare a sportului de masă. Practic,
este un proces invers celui care a avut loc în
sec. al XIX-lea: de la sportul de masă,
accesibil unui mare număr de oameni, la
sportul profesionist, accesibil sau
subordonat unei „aristocraţii financiare”.
Din cele două paragrafe de mai sus deduc
că e o problemă cu sportul de masă în
general. Că nu e un fenomen natural şi nici
neutru. În primul caz, e vorba de o
activitate la a cărei largă răspândire
concură în primul rând statul, care are
nevoie de soldaţi şi soldate pe care să-i
mobilizeze (plus patronii marilor
întreprinderi care au nevoie ca angajaţii lor
să aibă mintea ocupată şi să rămână
sănătoşi şi loiali, dar asta nu e în text). În al
doilea caz, e vorba de o nouă categorie de
consumatori. Deci, de masă.
Cred că nu e greşit să privim cu suspiciune
sportul de masă ca practică sau ca
spectacol pentru că nu e chiar aşa de
ingenuu. Ca să nu mai spun că necesitatea
practicării unor sporturi în mod regulat
ascunde dispariţia muncii fizice şi faptul că
omul nu prea-şi mai întebuinţează corpul în
viaţa de zi cu zi, cu consecinţe pentru
sănătate.
Răspunde
14. Acer spune:
13 februarie 2014 la 17:35
Intr-adevar, liberalismul de tip occidental
este rau, dar din pacate nu s-a inventat inca
un sistem mai bun care sa motiveze si sa
rasplateasca munca si initiativa. Poate
modelul chinezesc, pt ca au scos din saracie
600 milioane oameni in ultimii 25 de ani.
Totusi, putina lume stie ca in China nu
exista sistem de pensii de stat. Cand nu mai
poti munci, te bazezi pe cat ai economisit si
pe copii. Aici chiar si cei mai extremisti
liberali din vest nu ar fi de acord.
http://nextbigfuture.com/2014/02/global-
income-distribution-in-detail.html
Cat despre sport, e putin exagerat zis
“Sportul devine privilegiul unei elite tot
mai bogate” – corect ar fi “Sportul de mare
performanta”. Echipamentele se gasesc
acum la preturi acceptabile chiar si pt
romanii mai saraci. Ma uit prin magazine,
o pereche de patine acceptabile le cumperi
cu 300 lei, acum 25 de ani mi-amintesc ca ai
mei dragi parinti au cheltuit 1700 pe o
pereche de patine , adica mai mult de
jumatate dintr-un salariu mediu de atunci.
Bicicletele la fel. Nu ai bani de patine cu
lama din diamant, rachete de tenis din
carbon sau bicicleta cu cadru din titan si
totusi vrei sa faci sport pentru sanatatea
ta? – te-apuci de jogging. Vara, chiar si
acum, parcurile sunt pline de oameni care
alearga. Daca vrei sa faci sport faci, daca
nu vrei, poti gasi o multime de motive sa nu
o faci.
Răspunde
15. Marin C. spune:
13 februarie 2014 la 17:39
Sportul şi educaţia fizică devin un fenomen
de masă care trebuie să slujească statul-
naţiune în vederea crearii unor cetăţeni
sănătoşi gata să-şi slujescă Patria, gata să
lupte pentru ea.
Acestea erau rolurile initiale ale sportului si
spiritului olimpic – in Grecia antica era o
pregatire continua pentru razboi si o
datorie a fiecarui om liber, pe picior de
egalitate cu filozofia (stiintele). Intr-un
anume sens nimic nu s-a schimbat de
atunci.
Statele comuniste vor investi imens în
dezvoltarea sportului de masă, construind
infrastructuri şi mecanisme organizatorice
militar-sportive care vor avea o bază de
selecţie umană imensă.
Nu stiu cum era in alte tari din blocul
comunist dar in Romania sportul nu era un
fenomen de masa. Spiritul olimpic a fost
pervertit de comunisti – au creat in felul lor
simplu o casta de sportivi profesionisti care
nu faceau altceva decat sa se antreneze si sa
obtina rezultate. Or fi investit ele (statele
com.) masiv dar au facut-o pentru
propaganda pura nu pentru a da
posibilitate populatiei sa practice un sport
la nivel de amatori (ideea de baza a unei
infrastructuri sportive), pentru
imbunatatirea sanatatii sau cresterea
combativitatii. Ideea de baza de selectie este
aceea practicata de tarile occidentale –
foarte multi oameni practica un sport la
nivel de amatori (vezi Finlanda, de ex., tara
cu cateva milioane de oameni), faci un
concurs si-i trimiti la olimpiada pe cei mai
buni. In Ro era exact pe dos – selectionau
de la inceput elementele promitatoare si le
antrenau iar ceilalti nu se mai puteau
apropia-n veci de-un complex sportiv ca nu
era sa cheltui bani pe amarati care voiau sa
se distreze. Nu inteleg cum o asemenea
perversiune poate starni admiratia cuiva.
Olimpiada sau campionatele mondiale de
fotbal sînt sinteza politicii economice şi
sociale duse de neoliberalism. Sportul devine
privilegiul unei elite tot mai bogate, fiind
aproape inacesibil publicului larg, pentru că
întreg procesul de pregătire şi de acces la
infrastructură s-a privatizat şi a devenit prea
scump, iar marea parte a populaţiei este tot
mai săracă.
Domnule Ernu, lucrul acesta este pur si
simplu fals. In partea noastra de lume
sportul a fost si o sa fie o afacere de oameni
bogati. In tarile occidentale aproape toata
lumea practica un sport. Sunt si sporturi
costisitoare, e drept, dar pentru alergat,
inot, bicicleta etc exista infrastructura
(publica si privata) si ea este ieftina. Copiii
chiar fac la scoala la ora de sport un sport
olimpic si toata lumea trage de ei sa fie mai
activi. Dumneavoastra aveti senzatia ca
peste tot e ca la noi dar nu-i asa. Tarile
civilizate au spatii publice imense, parcuri,
patinoare deschise, piste publice pentru
biciclete asa de numeroase ca poti sa pleci
de oriunde si sa ajungi la slujba, n-am auzit
pana acum de privatizari sau abordari
neolib, dati un exemplu, va rog! Mie-mi
suna textul acesta ca gluma aceea cu
persoana varstnica din mediul rural care
vede un negru in autobuz si, dupa ce afla ca
este din Kinshasa, il intreaba ca al cui din
Kinshasa.
Sunt de acord ca ziaristii au fost cam aspri
cu rusii, s-a cam facut misto etc. E un semn
ca nu sunt populari in occident dar asta nu-
i mare noutate. Totusi, cincizeci de miliarde
de euro pentru un eveniment de cateva zile,
domnule Ernu, cum e posibil asa ceva? Aici
in zona asta am auzit cele mai multe si mai
credibile critici.
Răspunde
o S.Alex spune:
14 februarie 2014 la 11:16
Infrastructură ieftină, publică și privată,
pentru înot?
Am doi băieți, de 3 și 5 ani, mă ajutați vă
rog cu niște recomandări pentru înot ieftin
în București? Prin ieftin, pentru resursele
mele, înțeleg 200 Ron / lună pentru fiecare
copil, cu antrenor inclus.
Răspunde
 S.Alex spune:
14 februarie 2014 la 11:20
Scuze, n-am citit cu atenție …
Răspunde
16. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 20:40
@Marin C.
1. In Grecia Olimpiada era a. legata de
divinitate (aveau loc in Olimp si Delphi.. in
cinstea zeilor) b. erau treburi obstesti,
publice… deci luptatorii nu erau
“profesionisti” ci veneau din grupurile
sportivilor, luptatorilor din polis…. iar
jocurile & sportul nu erau “private”. asta e
foarte imporntant
2. s-a investit imens in sport in perioada
comunista si asta se vede bine si in
rezultate. aruncati o privire pe olimpiadele
din anii 70/80 si vedeti cum sint distruibuite
rezultatele. eu am constatat, nu am elogiat
acel sistem. nu-mi sta in fire. am scris negru
pe alb ca si comunismul a jucat ideologic la
acest capitol.
3. aici cred ca confundam sportul cu noua
ideologie a intretinerii corporale in mare
moda in tarile mai bogate. e ca si povestea
cu mincarea eco. acelasi traseu: micarea
pentru 80% devine una de plastic si ieftina.
pentru elita mai bogata facem mincare eco
foarte scumpa ambalata bine ideologic….
se scrie deja mult pe acest domeniu nu
inventez eu roata.
e adevarat ca efectul asta se vede mai bine
la noi decit in tarile mai bogate
Răspunde
17. vasile ernu spune:
13 februarie 2014 la 22:32
Info de verificat: O. Morariu (pres.
Com.Olimpic) azi dimineata pe Radio
Romania Actualitati pe tema Olimpiadei:
“Romania nu are nici un ziarist
acreditat…” stie cineva daca e adevarat?
Daca e adevarat asta cam spune tot…
Răspunde
o Alex spune:
14 februarie 2014 la 8:48
Din ce mi-a spus chiar un om de la redactia
sport a RRA, e adevarat. Nici de la ei nu a
fost trimis nimeni. La o prima vedere tine
de competitie in sine – nu dam bani daca nu
exista macar sansa unei clasari in primi
zece la vreuna intre discipline. Dar de fapt
e un semn de retragere in propria cochilie a
presei romanesti in general. Uitati-va cite
subiecte externe exista in presa generalista.
Se mai pleaca eventual cu sponsorizari (vezi
RMGC si Noua Zeelanda), dar in rest e
dezastru. Jurnalism de calitate costa, iar la
noi nici radio-tv publice n-au bani. Ma
uitam cum mdr, o tv publica din Germania,
a trimis o echipa intreaga la Satu Mare
pentru un filmulet de citeva minute pe
pornografie infantila.
Daca tot am intrat – apropo de ce scrieti voi
aici lucrurile sint mult mai simple. Nu e o
conspiratie, nu e un masterplan. E doar
efectul goanei desantate si generalizate
dupa profit. De ce ar face sportul exceptie.
Oricum, daca facem abstractie de citeva
singularitati, imensa majoritate a
cluburilor sportive sint financiar vorbind in
galeata. Inclusiv in fotbalul mare, de CL.
Nu e grandoare, doar iluzia ei.
Anecdoctic: prin anii 60, Sepp Maier
primea contract de profesionist la Bayern.
Era fericit ca in sfirsit isi permitea sa-si ia
un scooter ca sa nu mai mearga cu
autostopul la antrenamente.
Răspunde
 vasile ernu spune:
14 februarie 2014 la 8:54
Alex
corect…
Răspunde
18. Sorin Muncaciu spune:
14 februarie 2014 la 7:18
Domnule Ernu, activitatile sportive au fost
intodeauna favorizate de propaganda, fie
cea fascista sau comunista , fie cea a
capitalismului neoliberal de astazi. Despre
primele doua stim foarte bine “obiectivele ”
propagandei, pe cea comunista am
cunoscut-o nemijlocit. Propaganda
neoliberala in domeniul sportiv este mai
sofisticata. Astfel, unul din obiective tine de
preocuparea propagandei de distragere a
atentiei tineretului de la problemele
societatii generate de structura de putere,
minoritatea superbogata versus vasta
majoritate a populatiei. Deasemeni, atentia
data sportivilor multimilionari cu scopul de
a creea o mitologie si un glamour menit sa
creeze idealuri false in rindul tinerilor, mai
ales cei ai minoritatilor.
In cea ce priveste comparatia propagandei
“imperiale” SUA versus Rusia de azi , in
esenta, este destinana sa mascheze aceiasi
tip de dictatura “soft” , plutocratia
americana si oligarhia rusa KGB-ista.
By the way , Orwell a scris o prefata la
celebra” Ferma animalelor” pe care
propaganda capialista a ascuns-o timp de
30 de ani. Desi, Ferma animalelor era
conceputa ca o alegorie la dictatura din
statele comuniste, in prefata Orwell arata
ca democratia capitalista a Marii Britanii
evolueaza spre aceiasi dictatura, a unei elite
minoritare impotriva vastei majoritati. Cu
alte cuvinte, nu conteaza cum a fost
instalata dictatura : lovitura de stat,
revolutie sau alegeri libere democratice
rezultatul final , dictatura minoritatii
asupra vastei majoritati este , in esenta,
similara.
Subiectul armelor detinute de cetatenii
americani, ” the second amendment” , a
fost introdus in Constitutia americana cu
scopul de a preveni instalarea tiraniei
oligarhiei. Faptul ca astazi, America este o
plutocratie, o dictatura mascata ” soft” este
tocmai datorita armelor detinute de
populatia americana. De fapt, este singurul
obstacol in calea oligariei internationale
care doreste ” the new world order” sau
guvern mondial.
Răspunde
19. cristi spune:
14 februarie 2014 la 10:35
fain text. de fapt traim zorii erei descrise
mai sus iar societatea merge in directia
descrisa. nu va ocoli si nu va vira in ultim
moment. uni traiesc iluzia momeli. ani 70
’80 sunt dusi si nu se vor mai intoarce. visul
ciocolatei milka aduse de unchiul din
germania ca acolo e democratie a murit.
uni nu vor so recunoasca si mai stau in
camera de reanimare, chiar si reanimat
acea democratie e batrana si cu fiecare zi
sanse mai mari sa moara. e inevitabil. acum
neoliberalismul face transplant cu organele
democratiei. pana la urma tot va muri.
@ mai sus cineva se mira de idiotenia
suporterilor la facatura sportiva. nu va
mirati subiectii actuali au fost antrenati sa
reactioneze la propaganda sportiva. cel mai
propagandistic sport e wreslingul. acolo
spectatorul stie ca lupta e facatura dar se
exalteaza la maxim. e ca si cum vizitatorii
stiu de casele lu potemkin asta si in loc sa
zica e facatura striga mai aratane mai
uimestene. asta e noul sport de masa livrat
de capitalism. rezultatele acestui
experiment sunt exceptionale. iar cu asta
nu poti sa te mai pui. experimentele
comuniste erau pe unici cu efecte in masa,
experimentul capitalist e pe mase cu efect
in viitor. care lati descris mai sus.
erata: puncte ghilimele virgule si liniute la
discretie pt profesori de romana.
Răspunde
o vasile ernu spune:
14 februarie 2014 la 13:57
@cristi nu am vrut sa ajung pina la
wrestling dar corecta observatia ta. mersi
Răspunde
20. IMB (Ion) spune:
14 februarie 2014 la 16:31
Ca de obicei foarte bine punctat, in SUA se
vorbeste despre Sochi-bashing, iar recent
citeam un articol-postare in Der Spiegel in
aceeasi
cheie:http://www.spiegel.de/politik/ausland/
winterspiele-in-sotschi-die-einfaeltige-
haeme-des-westens-a-952300.html … este
adevarat ca nemtii vorbesc de
Schadenfreude si mai putin de
neoliberalism …
Răspunde
21. Vitalie Sprinceana spune:
14 februarie 2014 la 17:01
E adevarat ca in comunism si fascism
sportul a fost folosit ca unealta de
propaganda, dar la fel de adevarat, cum
spunea cineva mai sus, ca si in tarile
capitaliste exista o infrastructura sprotiva
extinsa… Si ca sportul are o valoare
politica enorma si acolo.
Ceea ce ne duce la gandul ca sportul e un
instrument/medium pe care statul modern
il foloseste in diferite scopuri: realizare a
unitatii nationale (echipa franceza de fotbal
din 1998 trebuia, prin diversitatea ei, sa
sugereze diversitatea natiunii franceze),
consolidarea unor identitati, mod de
afirmare pe scena internationala etc.
Sportul e in mod clar, mai mult decat sport.
Cu referire la campania anti-Soci, na, e
regretabil, dar Putin si-a aprins singur paie
in cap prin scandalul Pussy Riot, prin legile
impotriva “propagandei homosexuale”,
Hodorskovski, eliminarea finantarii externe
pentru ong-uri etc … Nu avea cum sa se
astepte la o atitudine favorabila.

Vous rêvez d’être artiste ou philosophe, de


donner libre cours à la plénitude de vos
talents ? Fuyez l’amour conjugal. Si vous
avez un(e) conjoint(e), il vous faut
envisager de toute urgence une séparation.
Pourquoi ? Parce que le célibat
est « producteur d’intensités ». C’est Gilles
Deleuze qui l’exprime en ces termes, dans
son essai consacré à Kafka. Bien sûr, le
célibat a ses mauvais côtés, il est guetté par
le risque de « tourner en rond », par la peur,
par « la tentation œdipienne de sortir de la
vie d’ermite ». Il côtoie la déraison, voire la
schizophrénie. Mais peu importent ses
moments de faiblesse, le célibataire est
avant tout« le Déterritorialisé, celui qui n’a
pas de centre ni de grand complexe de
possessions ». Il atteint au plus haut niveau
du désir, personne davantage que lui n’est
susceptible de créer. D’ailleurs, délivré de
cette institution sociale intermédiaire qu’est
la famille, il est capable d’un affrontement
direct avec la société dans son ensemble,
avec la politique, bref, il joue son existence
dans l’Histoire. N’ayant pas à défendre les
siens, le célibataire peut prendre la parole
au nom de l’universel.
Vous levez le sourcil ? Cette vision enjolivée
de la solitude ne vous convainc pas ? Peut-
être avez-vous raison. Marié, père de deux
enfants, incapable, aux dires de ses proches,
de régler les problèmes d’intendance
matérielle et nécessitant une assistance
constante, Gilles Deleuze ne s’est pas
appliqué à lui-même cet éloge du célibat,
réitéré plusieurs fois dans son œuvre.
Lorsqu’il fantasme la solitude, le
philosophe s’inscrit en outre dans une
tradition qui remonte, en Occident, au
christianisme. Ne pas avoir de famille, faire
vœu de chasteté, c’est bel et bien la
stratégie du prêtre. Quant au moment
inaugural de la philosophie moderne, c’est-
à-dire les Méditations métaphysiques, René
Descartes les écrit dans le silence de sa
pièce d’étude, après avoir pris soin de se
procurer « un repos assuré dans une paisible
solitude ». Tel est, en effet, l’axiome caché
de la philosophie occidentale : pour être
intelligent, il faut être seul. Délié. Sans
amour sinon pour la vérité ou la
transcendance. Gilles Deleuze, penseur
subversif s’il en fut, ne s’est pas libéré des
préjugés religieux ou cartésiens sur ce
point. Ce qu’une telle perspective néglige,
c’est que l’individu seul n’a aucune raison
de penser, tandis que l’eros et
la philiatissent les liens de désir et
d’intelligence nécessaires à l’éclosion de
l’œuvre d’art ou du concept. À se
considérer lui-même comme une sorte de
Dieu qui devrait créer le monde ex nihilo, le
sujet court le risque de se vouer au néant,
de se stériliser. Une passion
autodestructrice de l’isolement à laquelle il
est impossible de remédier, sans faire
l’éloge de l’amour.

So, who are the smartest scientists?



COLLEEN FLAHERTY

INSIDE HIGHER ED

FEBRUARY 14, 2014 12:00PM
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Finnish and Irish researchers have


concluded physical scientists have higher
IQs than social scientists and are less likely
to believe in God. Source: Supplied
SOCIAL science professors at elite
institutions are more likely to be religious
and politically extreme than their
counterparts in the natural sciences, argues
a new paper. Why? Natural scientists are
just smarter.
“There is sound evidence of a negative
correlation between intelligence and
religiosity and between intelligence and
political extremism,” reads the paper in
theInterdisciplinary Journal on Research
and Religion which examines existing data
on academic scientists’ IQs by field, and on
religious beliefs and political extremism
among science professors in the US and
Britain. “Therefore the most probable
reason behind elite social scientists being
more religious than are elite physical
scientists is that social scientists are less
intelligent.”
The paper, written by Edward Dutton,
adjunct professor of cultural anthropology
at the University of Oulu, in Finland, and
Richard Lynn, a retired professor of
psychology from the University of Ulster, in
Northern Ireland, who is known for his
work on race and IQ, continues:
“Intelligence is also a factor in
interdisciplinary differences in political
extremism, [with] physicists, who have high
IQs, being among the least extreme and
lower-IQ scholars being among the most
extreme.”
In an interview, Dutton said social scientists
aren’t stupid, or necessarily extreme in
their politics or overly religious. But,
statistically speaking, they have lower IQs
than their colleagues in biological and
physical sciences and are likelier to be
extremely conservative or liberal or
religious, or both.
Dutton said that there are many similarities
between political extremism and religious
fundamentalism; in other research, he uses
the term “replacement religions” to
describe the phenomenon.
“[Physical] scientists are overwhelmingly
atheist,” Dutton said. “This is predicted by
their high IQ, which allows you to rise
above emotion and see through the
fallacious, emotional arguments.”
Arguments about God are all emotional
arguments, he added.
The paper is a meta-analysis of existing
data showing several things: that natural
scientists have higher IQs than social
scientists; that low intelligence “predicts”
political extremism and religiosity; and that
physical scientists at elite institutions are
less likely to believe in God or be politically
extreme than their counterparts in the
social sciences.
The connection between all three research
areas has never been made until now,
Dutton said. But — in just one example of
potentially problematic methodology — the
logic can’t be extended to academe in
general. Several studies cited in the paper
drawing from a wider mix of colleges and
universities than simply the most elite show
that life sciences professors are more likely
to attend church than their peers in the
social sciences, not less. The paper assumes
this is because professors at elite
institutions are smarter than their peers
elsewhere.
The researchers also use IQ as the sole
measure of intelligence (they mention
Howard Gardner’s multiple forms of
intelligence, but argue that they could also
be considered personality traits).
The researchers acknowledge some of their
limitations, including that some older data
in the analysis involve a very small sample
size. Dutton and Lynn say that future
research involving larger academic samples
would be “extremely useful” in exploring
these areas in greater depth.
Dutton said he knew his paper would upset
some readers, but that he invited feedback
from fellow scholars. The point of research,
even when controversial, is to “get closer to
the truth of human life,” he said.