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Le
rendez‐vous
de
l'Éducation


L'accès à l'éducation a toujours été au cœur des préoccupations des Québécois et des
Québécoises. C'est dans cette optique que le gouvernement implanta le réseau de l’Université du
Québec et instaura des frais de scolarité unique les plus bas possible. Or, depuis quelques années,
force est de constater que cette préoccupation d'accessibilité a cédé le pas à une supposée
nécessité d'augmenter la contribution étudiante et d'accorder plus d'autonomie aux universités qui
voient là une porte de sortie à leur difficulté financière actuelle.

Le récent budget du Québec s'inscrit dans cette tendance et c'est dans la même foulée que fut
annoncée la Rencontre des partenaires de l'éducation. Une telle rencontre est demandée depuis
longtemps par les différents acteurs du milieu de l'éducation qui désirent s'exprimer sur l'avenir
de l’éducation québécoise. Or, le peu d'information disponible au sujet de cette rencontre et les
précédentes consultations en la matière laisse croire que les conclusions de cette consultation, s'il
y en a, seront écrites à l'avance et ne seront pas nécessairement celles que cautionnent les
véritables acteurs du milieu. En plus, le gouvernement ne cache pas sa ferme intention de hausser
massivement les frais de scolarité, faisant fi des atteintes graves à l’accessibilité qu’engendrerait
une telle mesure.

C'est face à ce constat que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération
étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont mis sur pied le Rendez-vous de l'éducation. Cet
événement citoyen se veut un off-forum qui permettra aux différents acteurs du milieu de
l'éducation de discuter des orientations que devrait prendre l'éducation québécoise tout en mettant
la table pour l’année mouvementée qui s’annonce.

Ce guide du participant comprend les différents ateliers de la journée ainsi que les principales
pistes de réflexion. On y retrouve également plusieurs faits intéressants permettant d’alimenter la
discussion.

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ATELIER
 1
:
 LES
 VALEURS
 DES
 RÉSEAUX
 D’ÉDUCATION

POSTSECONDAIRES

Animé
 par
 Jean
 Trudelle
 (CSN),
 Mario
 Beauchemin
 (CSQ)
 et
 Carole

Neill
(FTQ)


Mise en contexte

Le système québécois d’éducation partage un ensemble de valeurs qui le guident depuis


maintenant plus de 40 ans. Mais quelles sont plus précisément ces valeurs et les retrouve-t-on
dans les agissements du gouvernement?

Le réseau des cégeps, ce réseau unique, parfois louangé, parfois critiqué, s'est taillé une place de
choix sur laquelle il est pertinent de discuter. Le réseau collégial est souvent mentionné comme
un exemple en matière d’accessibilité aux études.

L’accessibilité géographique aux études est également une préoccupation importante du réseau
universitaire grâce au réseau de l’Université du Québec.

Quelques faits

• Le système québécois d'éducation moderne est entre autres issu du Rapport Parent, écrit
en 1963. L'accessibilité aux études y prend une place importante.

«[...]les universités reçoivent environ 7% des garçons de 17 à 24 ans et 1,5 %


des filles du même âge; mais la proportion des jeunes qui sont aptes à y faire
des études est beaucoup plus grande. L'objectif à atteindre est de rendre
accessibles à tous les étudiants les cours qui conviennent à leur talent.1»

• Le réseau des cégeps est composé de 48 cégeps publics répartis dans l'ensemble des
régions administratives à l'exception du Nord-Du-Québec qui est desservi par le centre
d'études collégiales de Chibougamau.

• Le réseau de l’Université du Québec a été créé en 1969 pour assurer une éducation
universitaire uniforme sur l'ensemble du territoire québécois. Il regroupe 9 constituantes
réparties dans 54 villes différentes.

Pistes de réflexion

• Quel est le rôle des cégeps et des universités dans la société québécoise?

• Est-ce que le cadre d'étude et d'enseignement actuel correspond aux valeurs que le

1 Mgr Alphonse-Marie Parent, (1963) Commission Royale d'Enquête sur l'enseignement dans la province de
Québec, Tome 1, p. 96.

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Rapport Parent souhaitait véhiculer?

• Est-ce que les valeurs du Rapport Parent, accessibilité universelle aux études et réseau
public fort, sont toujours d'actualité?

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Atelier
2
:
Être
étudiant
en
2010


Animé
par
Guillaume
Houle
(FEUQ)



Mise en contexte

Qu’est-ce que signifie être un étudiant en 2010? La situation financière des étudiants fait
régulièrement jaser. Que ce soit pour dire que ceux-ci sont choyés ou dans une situation précaire,
beaucoup de mystère plane autour de la situation des étudiants. La réalité est parfois bien
différente des mythes véhiculés.

La FEUQ a récemment effectué la plus vaste enquête jamais réalisée quant aux sources et modes
financement des étudiants de premier cycle universitaire (baccalauréat). Cela permettra aux
participants d’être à jour en matière de statistiques et de mieux comprendre les problématiques
entourant le financement des études universitaires.

Quelques faits

• 80 % des étudiants de premier cycle font moins de 20 000 $ par année, soit en deçà du
seuil de faible revenu fixé par Statistique Canada.

• En 1995, 49 % des diplômés avaient contracté un prêt pour terminer leurs études, en
2005, ils étaient 57 %.

• En 1995, 67 % des diplômes ayant contracté un prêt l'avaient fait auprès du


gouvernement, en 2005, ils n'étaient que 52 %.

• 50 % des étudiants de premier cycle ne reçoivent aucune contribution parentale.

• 63% des étudiants de premier cycle estiment que leur endettement retardera l'achat d'une
maison, 41% la fondation d'une famille, 44 % le démarrage d'une entreprise et 41 % la
poursuite des études supérieures.

Pistes de réflexion

• Est-ce que la situation de l'endettement étudiant est problématique?

• Est-ce que l'endettement étudiant constitue un obstacle majeur à la poursuite des études?

• Que faire avec l'endettement privé (carte de crédit, marge de crédit, prêt personnel)?

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Atelier
3
:
Que
faire
avec
le
programme
des
prêts
et
bourses


Animé
par
Mathieu
Morin
(FECQ)


Mise en contexte

Le programme des prêts et bourses ou aide financière aux études (AFE) est un élément central
lorsqu’il est question d’accessibilité financière aux études. L’objectif des prêts et bourses est de
garantir que tous et toutes, peu importe leur revenu, auront accès aux études collégiales et
universitaires.

D’un programme embryonnaire dans les années 1960, il offre aujourd’hui des prêts et bourses à
près de 130 000 étudiants chaque année. Pourtant, de nombreuses lacunes semblent persister.

Quelques faits

• Dès qu’une famille (2 parents, 2 enfants) gagne plus de 30 000 $ par année, le
gouvernement considère que celle-ci peut commencer à contribuer aux études de leurs
enfants. Un revenu conjoint de 30 000 $ est inférieur de 10 000$ à celui de deux parents
qui travaillent au salaire minimum.

• Les prêts et bourses accordent 7 $ par jour pour manger aux étudiants bénéficiaires

• Les pensions alimentaires pour enfant sont considérées comme des revenus pour les
mères bénéficiaires de l’aide financière. Ces mêmes pensions ne sont plus considérées
comme des revenus auprès de l’impôt depuis les années 1990.

• Le Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études évalue à 260 M$ le manque
à gagner pour que le programme d’aide corresponde aux besoins réels des étudiants.

Pistes de réflexion

• Est-ce que le programme des prêts et bourses a toujours sa raison d'être?

• Est-ce que le programme actuel des prêts et bourses répond aux besoins des étudiants?

• Quelles modifications devraient être apportées en priorité aux prêts et bourses?

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Atelier
4
:
Contribution
étudiante
et
frais
de
scolarité
universitaire
:
où

allons‐nous?

Animé
par
Léo
Bureau‐Blouin
et
Louis
Philippe
Savoie
(FECQ
et
FEUQ)


Mise en contexte
Nous terminerons par un sujet d'actualité : les frais de scolarité universitaire.

Certains proposent de les augmenter, d'autres suggèrent de les maintenir à leur niveau actuel.
Mais que veulent réellement les acteurs du milieu de l'éducation? Quels effets constatons-nous
dans le reste du Canada et ailleurs dans le monde?

Plusieurs universités aimeraient fixer des frais différenciés selon les programmes et les
universités. Par là, on veut dire qu'un programme de médecine pourrait coûter de deux à trois fois
plus cher qu'un programme de littérature et que l'Université McGill pourrait imposer des frais
plus élevés que l'Université du Québec à Rimouski. Ces avenues rompent avec le modèle actuel,
mais ont néanmoins fait leur chemin.

Quelques faits

• Les frais de scolarité augmentent de 6 % par année depuis 2007.

• Par rapport à 1989, les frais de scolarité ont augmenté d’environ 250 %

• Une étude de la revue Medical Education révélait que c’est au Québec que les facultés de
médecine comptent le plus d’étudiants provenant de famille modeste et que la principale
cause était les bas frais de scolarité.

• Hausser les frais du Québec à la moyenne canadienne représente une hausse de 250 %.

• Les frais de scolarité ont été gelés de 1967 à 1989, pour ensuite tripler jusqu’en 1994, ils
ont ensuite été gelés jusqu’en 2007.

• Chaque dollar investi dans un diplômé en rapporte environ 5,30 $ en taxes et impôts.

• 70 % des nouveaux emplois créés au Québec entre 2006 et 2015 nécessiteront un diplôme
d’études postsecondaire.

Pistes de réflexion

Que faire avec la contribution étudiante et les frais institutionnels obligatoires?

Quelles sont les options pour assurer un financement adéquat du réseau d'éducation
postsecondaire?

7
Est-ce qu'une modulation des frais de scolarité selon les programmes et les universités est
envisageable?