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Audit Intégré :Définitions, comparaison et dimensions

Introduction :

La pratique de l’audit, d’abord dans le domaine financier et comptable,


puis par extension, dans les autres fonctions de l’entreprise (audit opérationnel),
a connu ces dernières années un développement considérable. Il s’est construit
autour de l’audit une image de modernité et d’efficacité qui provient de trois
principaux facteurs : la richesse du concept, l’exigence de compétences étendues
des auditeurs, la rigueur de la méthode.
L’audit est un métier et une fonction, désormais à part entière, dans un
grand nombre d’entreprises et d’organisations de par le monde.
• C’est une profession organisée ;
• C’est un outil structuré, au service d’une direction générale ou d’un
comité d’audit représentant les intérêts des actionnaires ;
• C’est une fonction de contrôle, au départ, qui s’oriente de plus en plus
vers un rôle de généraliste et évolue désormais vers celui de
consulting.
Au même titre que d’autres professions ou fonctions voisines, souvent
plus répandues ou mieux connues, telles que le contrôle de gestion,
l’organisation, le conseil économique, etc., l’audit est un outil dont la vocation
essentielle est d’améliorer l’efficacité dans l’entreprise, c'est-à-dire, d’une façon
générale, atteindre les objectifs fixés.

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Audit Intégré :Définitions, comparaison et dimensions

Historique de l’évolution de l’audit :


L’objectif du travail de l’auditeur a pourtant évolué progressivement d’une
recherche spécifique des fraudes dans les écritures comptables jusqu’à une
appréciation globale de la fidélité des rapports émis par une agence économique
et une analyse critique de la fiabilité des procédures et des structures de celle-ci.
Pour illustrer cette évolution de l’audit, nous présentons ci-dessous un tableau
récapitulatif qui fait ressortir les étapes les plus significatives (voir tableau).
Les étapes identifiées dans ce tableau sont liées aux repères historiques
suivantes :
1/ Jusqu’au 17ème siècle, les états, royaumes et églises étaient, sauf
exception, les seules entités dont le patrimoine avait une masse méritoire d’un
contrôle protecteur.
2/ Le contrôle de l’Etat se formalise par la création de la Cour des
Comptes (1807). Les ordonnances et codes commerciaux cherchent à protéger
les faillites frauduleuses au début de la période du capitalisme populaire.
3/ Les lois sur les sociétés par actions (actionnaires) cherchent à protéger
les actionnaires contre la malhonnêteté des aventuriers capitalistes.
4/ Cette période connaît la publication des premiers textes sur les
techniques de l’audit fin du 19ème siècle et début du 20ème siècle (Dicksée
« auditing » 1895 ; Savigny « le contrôle des comptes » 1901).
5/ En 1941, les rapports d’audit, surtout externe, aux Etats-Unis
commencent à faire mention des principes comptables généralement admis. La
plupart des autres pays avancés renforcent les obligations de contrôle légal.
6/ The Foreign Corrupt Practices Act (USA) de 1978 impose des noms de
contrôle interne pour lutter contre les actes illégaux.
7/ Le débat international sur la relation et la distinction entre audit et
conseil est lancé depuis la fin des annèes 1980 et le début des années 1990.

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Synthèse de l’évolution de l’audit

Période Prescripteur de Auditeurs Objectifs de l’audit


l’audit
Rois, empereurs, Clercs ou Punir les voleurs pour
1) 2000 avant églises et états écrivains les détournements de
Christ à 1700 fonds. Protéger le
patrimoine.
Etats, tribunaux Comptables Réprimer les fraudes
commerciaux et et punir les fraudeurs.
2) 1700 à 1850
actionnaires Protéger le
patrimoine.
Etats et Professionnels de Eviter les fraudes et
3) 1850 à 1900 actionnaires la comptabilité ou attester la fiabilité du
juristes bilan.
Etats et Professionnels Eviter les fraudes et
actionnaires d’audit et de les erreurs et attester
4) 1900 à 1940
comptabilité la fiabilité des états
financiers historiques.
Etats, banques et Professionnels Attester la sincérité et
5) 1940 à 1970 actionnaires d’audit et de la régularité des états
comptabilité financiers historiques.
Etats, tiers et Professionnels Attester la qualité du
actionnaires d’audit et de contrôle interne et le
6) 1970 à 1990 comptabilité et de respect des normes
conseil comptables et normes
d’audit.
Etats, tiers et Professionnels Attester l’image fidèle
actionnaires d’audit et du des comptes et la
conseil qualité du contrôle
7) À partir de
interne dans le respect
1990
des normes.
Protection contre la
fraude internationale.

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Essais de définition de « l’audit » :


Le mot « audit » du latin audire, qui veut dire « écouter », est entré dans le
langage courant et spécialement au niveau du management. Cependant, ce terme
est victime d’un souci excessif d’originalité qui conduit chaque auteur à donner
une définition personnelle à ce terme.

 Selon Germond et Bonnault, 1987 :


« L’audit se définit comme étant l’examen technique rigoureux et
constructif auquel procède un professionnel compétent et indépendant en vue
d’exprimer une opinion motivée sur la qualité et la fiabilité de l’information
financière présentée par une entreprise au regard de l’obligation qui lui est faite
de donner en toutes circonstances, dans la respect des règles de droit et des
principes comptables en vigueur, une image fidèle de son patrimoine, de sa
situation financière et de ses résultats ».

 Selon l’A.A.A (Association Américaine de Comptabilité) :


« L’audit est le processus qui consiste à réunir et à évaluer de manière
objective et systématique les preuves relatives aux assertions visant les faits et
les évènements économiques de manière à garantir la correspondance entre les
assertions et les critères admis à communiquer le résultat de ces investigations
aux utilisateurs intéressés ».

 Selon J. Raffegeau :

« L’audit est défini comme un ensemble de techniques d’informations et


d’évaluation mises en œuvre au sein d’une démarche cohérente par un
professionnel afin de porter un jugement par référence à des normes et formuler
une opinion sur une procédure ou les modalités de réalisation d’une opération ».

 Selon J. Casta :

« L’audit est défini en général comme étant l’examen d’une information


par un professionnel indépendant utilisant une méthodologie spécifique
d’investigation mise en œuvre par référence à des normes de travail dans le but
d’émettre une opinion sur cette information ».

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 Selon M. Gervais :

« L’audit est l’activité qui applique, en toute indépendance, des


procédures et des normes d’examen en vue d’évaluer l’adéquation et le
fonctionnement de toute ou partie des actions dans une organisation par
référence à des normes ».

Typologie de l’audit :
Pour pouvoir donner une typologie de l’audit, nous essayerons de préciser
les critères qui peuvent être retenus pour classer les différents types de l’audit.

1/ Classement selon le statut de l’auditeur : Audit légal et Audit contractuel :


1.1 Audit légal ou commissariat aux comptes :
L’audit légal, qui est le commissariat aux comptes, est rendu obligatoire
au Maroc par le dahir du 11 août 1922.
Les missions d’un commissaire aux comptes peuvent se résumer comme
suit :
Certification proprement dite : les commissaires aux
comptes certifient que les comptes annuels sont réguliers, et donnent une image
fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulée ainsi que la situation
financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice ;
Contrôle de légalité : les commissaires aux comptes
signalent à l’assemblée générale les irrégularités et inexactitudes relevées par
eux au cours de leur mission ainsi que les infractions dont ils ont eu
connaissance ;
A côté de ces misions permanentes, les commissaires aux comptes
accomplissent d’autres missions (augmentation du capital …).

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1.2 Audit contractuel :


La révision légale des comptes n’est obligatoire que pour certaines
entreprises, or, toute entreprise a la faculté si elle le veut de s’adresser à un
professionnel indépendant pour que celui-ci révise ses comptes ou audite sa
situation. On parle donc d’audit contractuel.

2/ Classement selon la nature de l’audit : Audit interne et Audit externe :


2.1 Audit interne :
L’audit interne est maintenant une fonction d’assistance au management.
Issue du contrôle comptable et financier, la fonction audit interne recouvre de
nos jours une conception beaucoup plus large et plus riche, répondant aux
exigences croissantes de la gestion de plus en plus complexe des entreprises.
Donc, selon l’I.I.A (The Institute of Internal Auditors) : « l’audit interne
est à l’intérieur d’une entreprise (ou d’un organisme), une activité indépendante
d’appréciation du contrôle des opérations ; il est au service de l’entreprise. C’est,
dans ce domaine, un contrôle qui a pour fonction d’estimer et d’évaluer
l’efficacité des autres contrôles ».
Son objectif est d’assister les membres de l’entreprise dans l’exercice
efficace de leurs responsabilités. Dans ce but, l’audit interne fournit des
analyses, des appréciations, des recommandations, des avis et des informations
concernant les activités examinées.

2.2 Audit externe :


Il se définit selon C. Herbert comme étant « une fonction indépendante de
l’entreprise dont l’objectif est d’examiner une opinion motivée sur la régularité
et la sincérité des comptes annuels, son rapport de certification est généralement
destiné aux tiers. L’auditeur externe émet parfois des rapports à l’attention de la
direction sur la qualité du contrôle interne de l’entreprise car celui-ci, quand il

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est conçu et appliqué, constitue une sécurité quant à la fiabilité des informations
financières ».
!! Différences entre les deux audits :
Le champ d’application de l’audit : l’audit interne s’intéresse à
l’entreprise dans son ensemble. L’audit externe s’intéresse surtout à la fonction
comptable et/ou financière.
Le statut de l’auditeur : l’auditeur interne est un personnel de
l’entreprise. Or, l’auditeur externe appartient à un cabinet (prestataire de service
juridiquement indépendant).

 Complémentarités :
L’audit interne est un complément de l’audit externe puisque là où existe
une fonction d’audit interne, l’auditeur externe peut se baser sur certains travaux
de l’audit interne pour asseoir un jugement ou étayer une démonstration.
L’auditeur interne peut renforcer ses travaux par ceux de l’auditeur
externe.

3/ Classement par objectifs : Audit de conformité et Audit d’efficacité :

3.1 Audit de conformité (ou de régularité) :


Pour J.P.Ravelec : « l’audit de régularité consiste à vérifier la bonne
application des règles, des procédures, description de postes, organigrammes,
systèmes d’information … ».
Il s’agit donc de comparer la règle à la réalité, c'est-à-dire, ce qui devrait
être et ce qui est.
L’audit de régularité porte essentiellement sur la conformité des
documents, situations, structures par rapport à des normes ou référentiels
internes et externes à l’entreprise. Sa mission est d’informer sur tout ce qui
devrait être.

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3.2 Audit d’efficacité :

Il sert à examiner la pertinence des organisations et des méthodes,


l’adéquation des moyens mis en œuvre par rapport aux objectifs fixés, et la
rigueur de la gestion et la qualité du management.
L’auditeur ne doit pas seulement émettre une opinion sur la bonne
application des règles mais également sur leur qualité : telle méthode est-elle
efficace ?....

4/ Classement selon le domaine d’application : Audit comptable et/ou


financier, Audit opérationnel, Audit de performances :
4.1 Audit comptable et/ou financier :

Selon l’OECCA (Ordre des Experts Comptables et Comptables Agrées) :


« l’audit a pour objectifs de permettre à l’expert comptable d’attester de la
régularité et de la sincérité des comptes annuels et de l’image fidèle du
patrimoine, de la situation financière et du résultat de l’entreprise à la fin de
l’exercice ».
Selon l’U.E.C (Union Européenne des Experts comptables) : « l’objet de
l’audit des comptes annuels est d’exprimer une opinion sur le fait de savoir si
ceux-ci traduisent fidèlement la situation de la société à la date du bilan et de ses
résultats pour l’exercice examiné, en tenant compte du droit et des usages du
pays où l’entreprise a son siège ».
Selon l’IFAC (International Federation of Accountants) : « contrôle de
l’information financière émanant d’une entité juridique (le but lucratif ou non
lucratif de l’organisation, sa taille et sa forme juridique n’entrent pas en ligne de
compte), effectué en vue d’exprimer une opinion sur cette information ».

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4.2 Audit opérationnel :


Cet audit qui s’applique à toutes actions, sans privilégier leur incidence
sur la tenue et la présentation des comptes, a pour objet de juger la manière dont
les objectifs sont fixés et atteints, ainsi que les risques qui pèsent éventuellement
sur la capacité de l’entreprise ou d’une entité à définir des objectifs pertinents et
à les atteindre, à apprécier leur opportunité.
Cependant, plusieurs définitions sont données à l’audit opérationnel :
Pour H. ELLSWORTH et J. MORSE (1971) : il s’agit d’un audit de
l’efficacité des opérations, qui ne s’applique qu’à quelques aspects de
l’organisation et de son activité.
Pour D. FLESHER (1980) : c’est aussi un audit de l’efficacité et des
fonctions.
Pour J. RAFFEGEAU, F. DUBOIS et D. DE MEMONVILLE (1989) :
c’est un audit des performances et de l’efficacité de l’organisation. C’est aussi
un audit des contrôles opérationnels, audit de gestion, audit de stratégie.

4.3Audit de performances (audit de gestion) :


Il s’agit d’une notion relativement neuve, née de la volonté de dépasser les
objectifs étroits des audits comptables et opérationnels.
Selon J. C. Burton : « l’audit de gestion peut se définir comme celui de la
performance globale de l’entreprise, qui prédit un accroissement des besoins
d’évolution de la gestion chez les actionnaires ».
Pour H. Morse : « l’audit de performances est celui de l’économie, de
l’efficacité et de l’efficience d’une fonction ou d’une organisation. Il propose de
partir de critères de performances existants et définis par l’entreprise elle même
d’en juger la pertinence et si nécessaire des critères plus opératoires ».
Rappelons que l’audit de performances dépasse l’audit comptable et
l’audit opérationnel. Il les intègre tous en évaluant les performances globales de
l’entreprise.

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Champs d’action de l’audit :


Le champ d’intervention de l’audit :
L’audit a vocation pour évaluer toutes les opérations, tous les rouages,
tous les systèmes, toutes les fonctions de l’entreprise. Cette notion d’universalité
qui est l’essence même de l’audition s’exerce toutefois, dans un cadre spécifique
qui est celui de l’évaluation de l’efficacité du système de contrôle.
L’objectivité des auditeurs :
Les auditeurs doivent effectuer leurs travaux avec objectivité.
Cette objectivité n’est pas compromise lorsque l’auditeur est amené à
recommander la mise en place de procédures et de systèmes de contrôle ou à
examiner des procédures avant leur mise en application.
Par contre, la conception, la mise en place, l’exploitation de systèmes ne
sont pas du ressort du service d’audit. De même, le service d’audit ne doit pas
rédiger des procédures. De telles activités risquent en effet de compromettre
l’indépendance et l’objectivité de l’audit.
Déclaration, code d’éthique, normes constituent des références
incontournables pour l’auditeur. Ils donnent à la profession sa véritable
dimension et renforcent sa crédibilité.
Mais il faut bien voir que ces documents et notamment les normes de
management ont été faites par les Américains, pour des Américains, et qu’elles
ne sont pas nécessairement adaptées à la culture des autres pays. Elles doivent
donc être adaptées dans une certaine mesure aux spécificités de chacun.

Rôle du responsable de l’audit :


Le rôle du responsable de l’audit dans la conduite des missions consiste
généralement à :
• Évaluer le contrôle ;
• Promouvoir la fonction de l’audit ;

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• Gérer l’activité ;
• Faire aboutir les actions correctives ;

Performance et efficacité de l’audit :


La performance et l’efficacité de l’audit peuvent être appréciées à travers
les besoins de l’entreprise et les normes d’efficacité des fonctions.
Cette appréciation peut émaner de plusieurs organes :
• la direction peut donner son appréciation en fonction de l’atteinte des
objectifs fixés, de leur cohérence avec la politique tracée par
l’entreprise, de couverture des activités et également en fonction du
ratio coût-bénéfice ;
• les audités peuvent apporter leur appréciation sur le rapport d’audit ;
• quand aux auditeurs externes, leur recours aux travaux et aux
consultations de l’audit, surtout interne, constitue un facteur
d’appréciation ;
• le service de l’audit lui-même, peut apprécier l’efficacité et la
performance en formulant des jugements sur la méthodologie et
l’efficacité réelle des prestations ;
• l’appréciation par le comité d’audit s’effectue à travers le contrôle du
suivi de la politique d’audit de l’entreprise, l’établissement des
standards de contrôle, le contrôle des éléments essentiels de gestion de
l’audit, etc.
Il importe de signaler aussi que le système d’appréciation doit être adapté
aux besoins réels de l’entreprise ainsi qu’à la taille de son équipe.
Quand aux choix des indicateurs, il doit tenir compte de l’environnement et doit
intégrer une approche « d’amélioration » qui permettra de sélectionner les
indicateurs dans le cadre des axes de progrès.

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L’Audit Intégré
1)Définitions et différenciation :

L’audit :
« c’est l’activité qui implique, en toute indépendance, des procédures
cohérentes et des normes d’examen en vue d’évaluer l’adéquation et le
fonctionnement de toute ou partie des actions menées dans une organisation par
référence à des normes »M.Gervais

le contrôle interne :
C’est une organisation structurelle de l’entreprise qui a pour mission
d’assurer dans la mesure du possible, la gestion saine et efficace des affaires, la
conservation du patrimoine, la fiabilité des informations comptables et
financières et leur publications en temps opportun..

le contrôle de gestion :
C’est l’ensemble des procédés et pratiques dont le personnel a besoin pour
atteindre les objectifs de l’entités.

L’audit opérationnel :
C’est la manière dont l’entreprise ou certaines de ses entités définissent et
respectent leurs objectifs et leurs politiques, obtiennent, préservent, allouent et
consomment tous les moyens nécessaires pour ces finis. Gervais

L’audit intégré ou vérification intégrée :


C’est un examen des contrôles existants, qui permet de s’assurer que les
ressources humaines, financières, matérielles et informationnelles sont protégées
adéquatement et gérées conformément aux lois, règlement et directives qui les
réagissent et que ces mêmes ressources sont utilisées de façon économique,
efficiente et efficace. L’audit intégré porte à la fois sur les contrôles de gestion, y
compris les systèmes d’information, et sur les pratiques des comptes.

2) Principaux concepts liés à l’audit intégré :

Les critères de vérification :


Ce sont des normes raisonnables au moyen desquelles on procède aux
évaluations et aux appréciations. On s’en sert pour déterminer dans quelle
mesure l’entité vérifiée s’est conformée aux attentes explicitement formulées et
sanctionnées.
Ils correspondent aux normes d’une gestion saine.

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Les trois « E » :

Économie : c’est l’acquisition de ressources en quantité et en qualité


appropriée au coût le plus bas possible.
Efficience : rapport entre les biens et services produits d’une part et les
ressources utilisées d’autre part.
Efficacité : c’est la mesure par laquelle un programme atteint les objectifs
visés et les autres effets recherchés.
Pistes de vulnérabilité :
L ’auditeur devrais être en mesure de déterminer les domaines vulnérables
de l’activité auditée, leurs causes ainsi que les mécanismes de contrôles
spécifiques qui devraient être mis en place par les gestionnaires pour limiter les
risques. Qu’il s’agit de mécanismes préventifs, défectifs ou qu’il s’agisse de
contrôles financiers ou opérationnels.

Preuve :
C’est la confrontation entre la norme utilisée et la réalité. Elle est utilisée
comme moyen de renseignement permettant de situer l’entité par rapport aux
critères de vérification.

Centres d’intérêts :
Ce sont les domaines significatifs qui sont examinés dans une entité
vérifiée et qui son dégagés pendant l’étape de l’analyse préliminaire de la
planification.

La raison :
L’auditeur doit agir en homme raisonnable, muni d’un bon sens afin de
mesurer, de manière réfléchie, l’appréciation ou l’évaluation d’un phénomène
donné.

3) Processus de l’audit intégré :

Ce processus comporte quatre étapes :


1) La planification
2) L’exécution
3) La préparation du rapport
4) Les activités de suivi

Première phase : La planification

Afin de pouvoir prendre des mesures appropriées, on procède à la


connaissance approfondie de l’entité à vérifier : cadre institutionnel et

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organisationnel, mission, tarification, organigramme, système d’information et


de gestion, environnement…
Cette étape aboutie à l’élaboration d’un rapport d’enquête et d’un aperçu
du plan de vérification.

Deuxième étape : Exécution

Cette étape comprend cinq volets :


1) La préparation de plans de projets de vérification et de programmes de
vérification détaillés.
2) La recherche et l’obtention de preuves de vérification.
3) L’évaluation des constatations découlant de la vérification.
4) L’élaboration de recommandations pratiques.
5) La préparation du schéma de rapport.

Troisième étape : Préparation du rapport

La manière de présenter le rapport revêt un caractère particulier dans la


mesure ou il doit contribuer à inciter la direction à prendre des mesures positives
permettant le contrôle des deniers (capitaux) publics.

Quatrième étape : Activité de suivi

Elle consiste à informer les instances ayant mandaté l’audit de la manière


dans laquelle la direction s’est convenablement occupée des questions soulevées
dans le rapport.
Durant toutes ces phases, le groupe d’auditeurs est tenu de communiquer avec la
direction et avec l’organe qui mandaté l’audit.

Organisation de l’audit intégré


1) Composition du groupe d’auditeurs ;

Les audits intégrés sont souvent effectués par des équipes multidisciplinaires
composées de membres dont les spécialités et aptitudes correspondent
étroitement aux spécificités de l’organisme intégré.

2) Rôle du directeur principal ;

Pendant la préparation de l’audit, le directeur est chargé des taches


suivantes :

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• Évaluer le coût du travail de l’audit.


• Veiller au lien logique des procédures d’audit.
• Coordonner entre projets.
• Donner des conseils sur les programmes d’audit uniformes/
spéciaux.
• Critiquer les critères d’audit.
• Approuver les programmes.

3) Rôle du chef de projet ;

• Responsable des projets particulier d’audit.


• Coordonne le travaille des experts, élabore ou aide à élaborer des
programmes d’audit.

Application de l’audit intégré à un cas pratique

L’audit intégré se présente concrètement comme :

1) Connaissance de l’entité et identification des centres d’intérêts

Dans cette partie, les auditeurs procèdent à l’examen de l’aspect


institutionnel et organisationnel de l’entité. Ils formulent ensuite un certain
nombres de d’hypothèses, selon les premiers tests, sous forme de centres
d’intérêts.

2) Critères de vérification
Ces critères sont préétablis, soit par l’entité elle-même, soit par rapport à une
norme sectorielle, soit par rapport à u optimum en cas d’absence de normes.

3) Détermination et classification des pistes de vulnérabilité

On procède a ce niveau a l’identification de certaines hypothèses qui sont


affinées en fonction des critères de vérification. ces hypothèses appelées « pistes
de vulnérabilité » sont classées par ordre de priorité.

4) Justification des opérés


Au niveau de chaque piste de vulnérabilité, l’équipe d’audit intégré explique
pourquoi ces pistes ont été choisies et comment elle compte procéder pour
apporter la preuve de ses constatations et appréciations.

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5) Résultat de la vérification et recommandation

Deux points essentiels sont à souligner lors de cette phase :


1) L’identification des causes et l’évaluation des effets de dysfonctionnement
constatés ;
2) La formulation des constations et des recommandations ;

6) Activité de suivi

Cette opération est également importante dans la mesure ou elle


permet une évaluation de l’impact des recommandations formulées par
l’auditeur.

Niveau d’intégration de l’audit


La classification ou la typologie d’audit présentée dans les sections
précédentes ne rend pas compte de la diversité des audits. On peut dire qu’il y a
autant d’audit que de fonction ou de système. Ainsi, pour dépasser ce problème
de classification, et en faisant recours à l’approche intégré, nous pourrons
distinguer trois types d’audit :
1 : Audit à niveau d’intégration faible ;
2 : Audit à niveau d’intégration assez élevé ;
3 : Audit à niveau d’intégration élevé ou audit intégré ;

A)Audit à niveau d’intégration faible

L’audit à niveau d’intégration faible est généralement un audit qui


s’intéresse à l’évaluation d’une fonction ou plusieurs sans prendre en
considération les interactions et les interrelations entre les composantes du
système en question.

A.1) Au niveau spatial : audit d’une ou de quelques fonctions

L’audit fonctionnel ou traditionnel est un audit des fonctions. Il porte sur


une ou deux fonctions particulières de l’entreprise. Il s’agit d’un audit limité à
cette fonction et seulement à celle-ci. Aucun effort n’est fourni pour mesurer le
degré d’intégration de cette fonction au sein du système ni sa participation à la
performance globale de l’entreprise.

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A.2) Au niveau téléologique : audit de régularité

L’audit traditionnel a pour objectif de juger les performances techniques


du sous-système définit préalablement.

A.3) Au niveau temporel : audit a posteriori

L’audit traditionnel s’intéresse à la sûreté, la régularité et la conformité de


quelques fonctions. Ils sont orientés vers les recherches a posteriori. Il s’agit de
détecter les erreurs déjà intervenues et d’en identifier les responsables.

B) Audit a niveau d’intégration assez élevé

L’audit n’a pas cessé d’évoluer, d’abord confiné à l’examen de fonctions, des
procédures et des comptes, il s’est progressivement intéressé aux interactions
entre fonctions, aux méthodes, à l’organisation et aux opérations de l’entreprise.

B.1) Au niveau spatial : audit des systèmes

L’audit s’intéresse à l’examen des systèmes de l’entreprise et à


l’entreprise en tant que système. Ainsi, l’auditeur prend en considération les
interactions et dimensions de l’opération donnée car :
- Aucune opération à l’intérieur d’une société ne peut être
indépendante.
- Toute opération comporte de multiples facette.
Aussi s’intéresse - t- il à la cohésion, à la cohérence, à l’harmonie et à
l’efficacité des systèmes, des fonctions, des méthodes et des procédures internes.

B.2) Au niveau téléologique ; audit des systèmes de gestion

L’audit à ce niveau est une évaluation périodique, continue et


indépendante des opérations et des systèmes de l’organisation en vue d’aider les
gestionnaires à améliorer le rendement de leurs unités administratives par
l’appréciation objectives des opérations et la formulation des recommandations.
Ainsi, l’objectif de l’audit à ce niveau n’est pas d’apprécier directement la
qualité des performances opérationnelles, mais de s’assurer de l’adéquation, de
l’application et du caractère effectif des dispositions prises par la direction pour
être assuré que les standards appropriés des performances sont fixés et réalisés.

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B.3) Au niveau temporel :audit du présent

Au contraire de l’audit traditionnel, ce type d’audit se focalise sur le


présent en évaluant les processus et les actions en cours, cet audit peut être à un
audit du passé et surtout du présent.

C) Audit intégré

C.1) Au niveau spatial : audit exhaustif ou sélectif

Objectifs des Objectifs de l’audit intégré


audits traditionnels

Partie de l’entreprise
L’entreprise

Source : Thèse de Mme.S Boungab

L’auditeur doit prendre en considération toutes les interactions et


dimensions de l’opération et du système audité.

C.2) Au niveau téléologique : audit des performances

L’audit intégré a généralement comme objectif d’évaluer et de critiquer


les performances d’une organisation. Cependant, avant d’apprécier les résultats
ou performances, il est opportun de comprendre et d’évaluer d’abord les
processus de gestion qui les ont générés.

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