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SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL, MÉDECINE DU TRAVAIL ET

PRÉVENTION
ORGANES EN PRÉSENCE DANS L’ENTREPRISE MAROCAINE
DISPOSITIF LÉGISLATIF
M. Abderrahmane IBRAHIMI

Hôtel Tour Hassan, les 19 et 20 Mars 2019

Demos Maroc - 12, Avenue Patrice Lumumba. 10000 Rabat – Maroc Tél : +212 5 37 72 76 15/24 – Fax : 05 37 70 55 67 1
INTRODUCTION

Qu’est ce que le Droit social ?

C’est l’ensemble de règles qui s’appliquent aux


différents acteurs du monde du travail.
Il se divise en deux grandes branches du Droit :
• Le Droit du Travail
et
• La Sécurité Sociale.

2
Le droit social a une finalité, c’est de:
Réglementer les relations entre salariés et employeurs
(depuis l’embauche jusqu’à la fin de la relation de
travail et même après).

Ainsi, le droit social a un rôle :


• Juridique
• Économique
• Social

Il a pour but d’organiser tous les aspects des relations


de travail :
contrat, conditions de travail, salaire, durée, accidents
de travail et maladies professionnelles, grève, relations
individuelles et collectives…

3
Au sein de l’entreprise, le pouvoir de l’employeur est un
pouvoir réglementaire.

• Il se manifeste par l’édiction ou l’adoption de règles


qui vont s’appliquer dans son entreprise.

Exemple : Règlement Intérieur, mesures de sécurité et


d’hygiène, horaire de travail, circulations dans
l’enceinte de travail, pauses, déjeuner, pointage…

• Toutes ces règles édictées pas l ’employeur doivent


respecter la réglementation en vigueur, et ne pas
prévoir de mesures moins protectrices que cette
dernière.

4
Obligations du salarié

C’est l’obligation de respecter :


• Les textes et la déontologie
• La réglementation en vigueur : textes
juridiques, règlement intérieur, contrat de
travail, conventions collectives…

5
QUELQUES DEFINITIONS

Sécurité au Travail

C’est la science visant la protection


des travailleurs contre les facteurs
d’incidents et d’accidents sur les lieux
de travail

6
Hygiène du Travail

C’est la science et l'art de détecter,


d'évaluer et de maîtriser les nuisances et
les facteurs de
l'environnement professionnel qui
peuvent
altérer la santé et le bien-être des
travailleurs

7
Accident du travail :

C’est l’accident survenu soudainement,


quelle qu’en soit la cause, par le fait ou à
l’occasion du travail à toute personne
salariée ou travaillant, à quelque titre ou
en quelque lieu que ce soit, pour un ou
plusieurs employeurs ou chefs
d’entreprise

8
Le Dahir n°1-14-190 du 6 rabii I 1436 (29 décembre 2014) portant
promulgation de la loi n° 18-12 relative à la réparation des accidents de
travail stipule dans son article 3 :

« Est considéré comme accident du travail, quelle qu'en soit la cause


et entrainant un dommage, l’accident survenu par le fait ou à
l'occasion du travail à toute personne bénéficiaire des dispositions de
cette loi qu’elle soit salariée ou travaillant à quelque titre ou en
quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs même si
cet accident résulte d'un cas de force majeure ou si les conditions du
travail ont activé ou aggravé les effets de cette force, à moins que
l'employeur ou son assureur ne rapporte la aux règles générales de
la loi , qu’une maladie de la victime est la cause directe de la
survenue de l’accident »

9
L’article 4 du dahir précité stipule:

« Est assimilé à l'accident du travail, l’accident survenu à un


travailleur pendant le trajet d'aller ou de retour, entre :
-Le lieu du travail et sa résidence principale ou une résidence
secondaire présentant un caractère certain de stabilité ou tout
autre lieu où le travailleur se rend d'une façon habituelle ;
-Le lieu du travail et le lieu où le travailleur prend habituellement ses
repas, et entre ce dernier et sa résidence ;
L'assimilation faite ci-dessus ne vaut que dans la mesure où le
parcours n'a pas été interrompu ou détourné pour un motif dicté par
l'intérêt personnel et étranger aux nécessités essentielles de la vie
courante ou indépendant de l'emploi »

10
Maladie professionnelle :

C’est la conséquence négative sur la


santé, de l’exposition plus ou moins
prolongée à un risque qui existe lors de
l’exercice habituel de la profession

11
Le dahir du 31 mai 1943 qui étend aux
maladies professionnelles les dispositions de
la législation sur la réparation des accidents
du travail stipule dans son article 2 :
« sont considérées comme maladies
professionnelles les manifestations morbides,
infections microbiennes et affections dont la
liste est fixée par arrêté du ministre du travail
et des questions sociales, pris après avis du
ministre de la santé publique (...)»

12
L’arrêté retient à cet effet sous la forme de tableaux :

-Les manifestations morbides d’intoxication aigues ou chroniques


présentées par les travailleurs exposés d’une façon habituelle à
l’action des agents nocifs, en raison de l’exécution de travaux
comportant la manipulation ou l’emploi de ces agents nocifs, et dont
les principaux sont mentionnés, à titre indicatif
-Les infections microbiennes dont sont atteintes les personnes
occupées d’une façon habituelle aux travaux limitativement énumérés
par ces tableaux
-Les affections résultant d’une ambiance ou d’attitudes particulières
entraînées par l’exécution des travaux limitativement énumérés par
ces mêmes tableaux.

En application du dahir de 1943 plusieurs arrêtés ont fixé la liste des


maladies engendrées par certains agents d’intoxication, le délai de
responsabilité à observer et la liste indicative des travaux susceptibles
de provoquer ces maladies. Par la même voie, il a été procédé à
l’énumération des maladies professionnelles et des travaux
susceptibles de les provoquer.
13
En 2014 Un arrêté du ministre de l'Emploi et des Affaires
Sociales n° 160-14 du 19 rabii I 1435 (21 janvier 2014) a
abrogé et a remplacé les tableaux de maladies
constituant l’annexe 1 fixant la liste des maladies
professionnelles de l’arrêté de l'emploi et de la
formation professionnelle n° 919-99 du 14 ramadan
1420 (23 décembre 1999) pris pour l'application du
dahir du 26 joumada I 1362 (31 mai 1943) étendant
aux maladies professionnelles les dispositions de la
législation sur la réparation des accidents du travail.

La version arabe dudit Arrêté a paru au bulletin officiel n° 6303 du


27 octobre 2014 et la version française a paru au bulletin officiel
n° 6306 du 06 novembre 2014.

14
Incident :

évènement dangereux, lié au


travail ou survenu au cours du
travail, n’ayant pas entraîné de
lésions sur une personne

15
Lésions, dégradations de la santé et
maladies liées au travail :

Effets nocifs sur la santé découlant de


l’exposition, pendant le travail, à des
facteurs chimiques, biologiques,
physiques et psychosociaux

16
Fiche de données de sécurité (FDS) :

fiche d’information sur le produit dangereux et


les risques liés à son utilisation, transmise à
l’employeur par le fournisseur.
Une copie est adressée au service de santé au
travail.
La fiche de données de sécurité étendue (FDSE)
est élaborée pour les produits classés comme
dangereux

La FDSE contient également en annexe les


scénarios d’exposions.

17
Habilitation :

document par lequel l’employeur atteste


de la compétence du travailleur à
exercer une fonction spécifique, après
avoir consulté le service de santé au
travail et formé le travailleur à cette
fonction.

18
Matière dangereuse:

C’est une substance qui, par ses


propriétés physiques ou chimiques, ou
bien par la nature des réactions qu'elle
est susceptible de mettre en œuvre,
peut présenter un danger grave pour
l'homme, les biens ou l'environnement.
Elle peut être inflammable, toxique,
explosive, corrosive ou radioactive.

19
Accident nucléaire (employé pour crise
nucléaire)

-Centrale nucléaire
-Contamination
-Déchet nucléaire
-Radio activité

20
les risques naturels :

- avalanche
- feu de forêt
- inondation
- mouvement de terrain
- cyclone
- tempête
- séisme et éruption volcanique

21
les risques technologiques:

d'origine anthropique (par


l’intervention de l’homme), ils
regroupent les risques industriel,
nucléaire, biologique, rupture de
barrage...

22
les risques de transports collectifs (personnes,
matières dangereuses)

sont des risques technologiques. On en fait


cependant un cas particulier car les enjeux
varient en fonction de l'endroit où se développe
l'accident

23
les risques de la vie quotidienne

(accidents domestiques, accidents


de la route...)

24
le risque majeur :
C’est un risque qui a une faible fréquence: l'homme et
la société peuvent être d'autant plus enclins à
l'ignorer que les catastrophes sont peu fréquentes.
Il a une énorme gravité : nombreuses victimes,
dommages importants aux biens et à l'environnement.

Les risques liés aux conflits sont apparentés aux


risques majeurs : en effet, dans les sociétés
développées, ils sont caractérisés par ces deux
critères.

25
Un Alea

C’est un événement potentiellement


dangereux ; il n'est un RISQUE MAJEUR
que s'il s'applique à une zone où des
enjeux humains, économiques ou
environnementaux sont en présence.

26
Pour fixer les idées:
une échelle de gravité des dommages a été produite en
France par le Ministère de l'Écologie et du
Développement Durable.
Le tableau suivant permet de classer les événements
naturels en six classes, depuis l'incident jusqu'à la
catastrophe majeure.
Dommages Dommages
Classe
humains matériels
0 Incident Aucun blessé Moins de 0,3 M€
1 ou plusieurs
1 Accident Entre 0,3 M€ et 3 M€
blessés
2 Accident grave 1 à 9 morts Entre 3 M€ et 30 M€
Accident très
3 10 à 99 morts Entre 30 M€ et 300 M€
grave
Entre 300 M€ et 3 000
4 Catastrophe 100 à 999 morts
M€
Catastrophe 1 000 morts ou 3 000 M€ ou plus
5
majeure plus
27
LES SOURCES DE DROIT
Il existe :
- Conventions, recommandations de l’OIT et traités internationaux
-la constitution (elle organise les principes fondamentaux)
-la loi (elle émane du pouvoir législatif qui provient du parlement);
Le Droit du travail est un ensemble de règles juridiques qui régissent la vie en
société
-le règlement (émane du pouvoir exécutif, sous forme :de décrets qui
servent à l’application des lois ou d’arrêtés ministériels )
-la coutume (répétition prolongée d’un acte qui finit par devenir une
règle)
-la jurisprudence (ensemble des décisions prises par des tribunaux)
-la doctrine (ce sont les opinions des juristes)
-les règles conventionnelles (ce sont des règles basées sur la
négociation : accords , conventions…)
-Le règlement intérieur: Rédigé par l’employeur et soumis pour avis aux
délégués du personnel et au comité de l’entreprise.
-Le contrat du travail

28
Quelques conventions internationales du travail relatives aux principes fondamentaux
de santé et sécurité au travail, il s’agit notamment de :
La convention n°155 sur la sécurité et la santé des travailleurs, 1981
La convention n°161 sur les services de santé au travail, 1985
La convention n°187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et la santé au travail,
2006
La convention n°120 sur l'hygiène (commerce et bureaux), 1964
La convention n°152 sur la sécurité et l'hygiène dans les manutentions portuaires, 1979
La convention n°167 sur la sécurité et la santé dans la construction, 1988
La convention n°176 sur la sécurité et la santé dans les mines, 1995
La convention n°184 sur la sécurité et la santé dans l'agriculture, 2001
La convention n°013 sur la céruse (peinture), 1921
La convention n°136 sur le benzène, 1971
La convention n°139 sur le cancer professionnel, 1974
La convention n°148 sur le milieu de travail (pollution de l'air, bruit et vibrations), 1977
La convention n°162 sur l'amiante, 1986
La convention n°170 sur les produits chimiques, 1990
La convention n°174 sur la prévention des accidents industriels majeurs, 1993
La convention n°045 sur les travaux souterrains, 1935
La convention n°119 sur la protection des machines, 1963
La convention n°115 sur la protection contre les radiations, 1960

29
Conventions de l’Organisation Internationale du Travail
(OIT)

Le Maroc a rejoint l’organisation internationale du Travail et il a :


-ratifié des conventions internationales en santé et sécurité au travail
-œuvré dans la mise en conformité de sa législation vis-à-vis des
normes internationales.
Ci-dessous quelques principales conventions ratifiées par le Maroc,
touchant au domaine de la santé et de la sécurité au travail.
1- La convention n° 155 de l’OIT sur la sécurité et la santé des
travailleurs et le milieu du travail (1950)
2- la convention n° 161 sur les services de santé au travail (1958)
3- la convention n° 187 sur le cadre promotionnel pour la sécurité et
la santé au travail (2006)

30
La convention n° 155

Selon cette convention le terme santé, en


relation avec le travail, ne vise pas
seulement l’absence de maladie ou
d’infirmité ; il inclut aussi les élément
physiques et mentaux affectant la santé
directement liés à la sécurité et à l’hygiène
du travail

31
Selon l’ Article 11 de la convention 155 les autorités compétentes
devront assurer les fonctions suivantes :
1- les degré des risques, les conditions régissant la conception, la
construction et l’aménagement des entreprises, leur mise en
exploitation, les transformations importantes devant leur être apportées
ou toute modification, ainsi que la sécurité des matériels techniques
utilisés au travail
2- les procédés de travail qui doivent être interdits, limités ou soumis à
l’autorisation ou au contrôle des autorités compétentes, ainsi que la
détermination des substances limitée ou soumise à l’autorisation ou au
contrôle de l’autorité ou des autorités compétentes
3- les procédures de la déclaration des accidents du travail et des cas
de maladies professionnelles par les employeurs et l’établissement de
statistiques annuelles
4- l’exécution d’enquêtes lorsqu’un accident du travail, un cas de
maladie professionnelle ou toute autre atteinte à la santé survenant au
cours du travail
5- la publication annuelle d’informations sur les mesures prises sur les
cas d’accidents du travail, les cas de maladies professionnelles et les
autres atteintes à la santé
32
constitution marocaine
Article 31 : « L’état, les établissements publics et
collectivités territoriales œuvrent à la mobilisation de tous
les moyens disponibles pour faciliter l’égal accès des
citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant
de jouir du droit : aux soins de santé, à la protection
sociale, à la couverture médicale et à la solidarité
mutualiste ou organisée par l’Etat, à une éducation
moderne accessible et de qualité, ... ».
Article 71 : « Sont du domaine de la loi, outre les matières
qui lui sont expressément dévolues par d’autres articles
de la constitution : les principes et règles du système de
santé, les relations de travail, la sécurité sociale, les
accidents de travail et les maladies professionnelles, le
régime des banques, des sociétés d’assurances et des
mutuelles, … »
33
la loi 65-99 relative au code du travail de
décembre 2003

C’est une ressource clé; elle organise en 4


sections:
• Les dispositions concernant les salariés
victimes d’accident de travail ou de maladie
professionnelle (articles 265 – 267)
• Les dispositions générales (articles 281 –301)
• Les services médicaux du travail (articles 304
– 331)
• Les Comités de sécurité et d’hygiène et
comités d’entreprise (articles 336 -344)
34
la convention collective
Champ d’application
La convention collective de travail est applicable, soit
dans l’ensemble de l'entreprise, soit dans un ou plusieurs
établissements qui en dépendent . Si les parties ne
prévoient pas le champ d’application, la convention
collective est applicable dans le ressort du tribunal
compétent dont le greffe a reçu le dépôt.
Sont soumises aux obligations de la convention collective
:
-les organisations syndicales de salariés signataires ou
adhérentes
-les personnes qui en sont ou en deviendront membres
-le ou les employeurs qui l'ont signée personnellement ;
-les organisations professionnelles des employeurs
signataires ou adhérentes.
35
Le contenu

L’article 105 du code du travail dispose que les


conventions collectives doivent prévoir des
clauses spécifiques concernant les relations de
travail :
08-la couverture sociale
09-l'hygiène et la sécurité professionnelle
10- les conditions de travail
11- les facilités syndicales
12 -les affaires sociales…

36
Le règlement intérieur

Tout employeur occupant habituellement au minimum


dix salariés est tenu, dans les deux années suivant
l’ouverture de l’entreprise ou de l’établissement,
d’établir, après l’avoir communiqué aux délégués des
salariés et aux représentants syndicaux dans
l’entreprise, le cas échéant, un règlement intérieur et de
le soumettre à l’approbation de l’autorité
gouvernementale chargée du travail.
Toute modification apportée au règlement intérieur suit
la même voie (consultation des partenaires sociaux
avant transmission à l’inspection du travail et donc le
ministère de l’emploi)

37
Le règlement intérieur doit comporter entre autres:
– Des dispositions particulières relatives à la protection de la santé et
à la sécurité des salariés.
– Des dispositions relatives à l’organisation de la réadaptation des
salariés handicapés à la suite d’un accident de travail ou à une
maladie professionnelle.

L’employeur est tenu de l’afficher dans un lieu habituellement


fréquenté.
Il est délivré copie du règlement intérieur au salarié à sa demande.
L’employeur doit fixer dans le règlement intérieur: les conditions, le
lieu, les jours et heures pendant lesquels il reçoit individuellement
tout salarié qui lui en fait la demande, accompagné ou non d’un
délégué des salariés ou d’un représentant syndical dans l’entreprise,
le cas échéant, sans qu’il puisse y avoir moins d’un jour de réception
par mois.

38
Le modèle du règlement intérieur se doit d’être établi en trois
exemplaires avec une traduction en arabe puis son dépôt au
niveau de l’inspection du travail qui donnera son avis avant de le
diriger vers le ministère de l’emploi.

Remarque importante : les amendes varient entre 2 000 et 5 000


dirhams si les dispositions du Code du travail en matière de
règlement intérieur ne sont pas appliquées à la lettre, telles
que par exemple :
– le non-établissement du règlement intérieur dans le délai imparti
par la loi
– le défaut de porter le règlement intérieur à la connaissance des
salariés ou le défaut d’affichage ou l’affichage non conforme
– le défaut de fixation par l’employeur du jour où il reçoit chaque
salarié ou la fixation d’un jour où le tour du salarié ne vient
qu’après une période supérieure à celle fixée par la loi.

39
une culture santé et
sécurité d’une
organisation ?

40
La culture d’une organisation est le reflet de la
façon dont elle fonctionne.
La culture de santé et sécurité au travail est
l’ensemble de croyances, valeurs et
comportements partagés par les membres d’une
même organisation; elle consiste également en la
perception qu’ont les employés de leur entreprise
quant à sa gestion de la santé et la sécurité au
travail.
Avoir un bon système de gestion de la santé et de
la sécurité ne suffit pas pour avoir une bonne
culture santé et sécurité.
Le rôle des managers et des comités est essentiel
dans la promotion d’une culture positive de santé et
sécurité et dans la performance d’une entreprise.
41
Une bonne culture de La santé et la sécurité au travail présente des
avantages, notamment :
1- Elle prouve que l’entreprise est socialement responsable
2- Elle contribue à l’image positive de l’entreprise, vis à vis des
partenaires, assureurs et des employés…
3- Elle contribue à optimiser la productivité des travailleurs
4- Elle encourage l’engagement des employés au sein de l’entreprise
5- Elle contribue à la réduction des coûts directs et indirects de
l’entreprise en lien avec les accidents et les maladies
6- Elle contribue à réduire le nombre des accidents du travail et
les maladies professionnelles
7- Un faible turnover, les employés sont encouragés à rester plus
longtemps au sein de l’entreprise
42
Introduction à l’étude des
COMITES D’HYGIENE ET DE
SECURITE –CHSCT-

43
À l’instar des dispositions afférentes au comité
d’entreprise, toute société employant 50
salariés doit créer un comité d’hygiène et de
sécurité à défaut, l’employeur s’expose à une
amende de 2 000 à 5 000 dirhams.

44
Au niveau de l’entreprise

Le comité de sécurité et d’hygiène


Conformément aux dispositions des articles 336 à 343 relatives au code du
travail, un comité de sécurité et d’hygiène est créé dans les entreprises
industrielles, commerciales et d’artisanat, et dans les exploitations agricoles
et forestières et leurs dépendances qui occupent au moins 50 salariés.

Lacomposition de ce comité est comme suit:


– l’employeur ou son représentant, président
– le responsable du service de sécurité, ou, à défaut, un ingénieur ou cadre
technique travaillant dans l’entreprise, désigné par l’employeur
– le médecin du travail dans l’entreprise ;
– deux délégués des salariés, élus par les délégués des salariés
– un ou deux représentants des syndicats dans l’entreprise, le cas échéant.

Le comité peut convoquer pour participer à ses travaux toute personne


appartenant à l’entreprise et possédant une compétence et une
expérience en matière d’hygiène et de sécurité professionnelle, notamment
le responsable RH ou le directeur de la production
45
La réunion du comité de sécurité et
d’hygiène se fait sur convocation de son
président une fois chaque trimestre et chaque
fois qu’il est nécessaire.
Il doit également se réunir à la suite de tout
accident ayant entraîné ou qui aurait pu
entraîner des conséquences graves.
Les réunions ont lieu dans l’entreprise dans un
local approprié et, autant que possible, pendant
les heures de travail.

46
Ses missions sont comme suit :
– détecter les risques professionnels auxquels sont exposés les salariés de
l’entreprise
– assurer l’application des textes législatifs et réglementaires concernant la
sécurité et l’hygiène
– veiller au bon entretien et au bon usage des dispositifs de protection des
salariés contre les risques professionnels
– veiller à la protection de l’environnement à l’intérieur et aux alentours de
l’entreprise – susciter toutes initiatives portant notamment sur les méthodes
et procédés de travail, le choix du matériel, de l’appareillage et de
l’outillage nécessaires et adaptés au travail
– présenter des propositions concernant la réadaptation des salariés
handicapés dans l’entreprise
– donner son avis sur le fonctionnement du service médical du travail
– développer le sens de prévention des risques professionnels et de sécurité
au sein de l’entreprise.
– donner son avis sur le fonctionnement du service médical du travail
– développer le sens de prévention des risques professionnels et de sécurité
au sein de l’entreprise.
47
Le comité doit procéder à une enquête à l’occasion de tout
accident du travail, de maladie professionnelle ou à
caractère professionnel.
Ladite enquête est menée par deux membres du comité:
-l’un représentant l’employeur
-l’autre représentant les salariés
qui doivent établir un rapport sur les circonstances de
l’accident du travail, de la maladie professionnelle ou à
caractère professionnel, conformément à un modèle fixé par
l’autorité gouvernementale chargée du travail.

L’employeur doit adresser à l’inspection du travail et au


médecin chargé de l’inspection du travail, dans les 15 jours
qui suivent l’accident du travail ou la constatation de la
maladie professionnelle ou à caractère professionnel, un
exemplaire du rapport.
48
Eléments d’aide au rapport:
- Les protections individuelles (EPI) :
Questions à se poser: * Sont-elles obligatoires ?,
* Sont-elles disponibles ?,
-Quels sont les faits ou les •Sont-elles en adéquations avec les
circonstances inhabituels, survenus au risques ?
moment de l'accident ? •Quelle est la tenue des locaux ou
- De quelles informations disposait s'est produit l'accident ? :
la victime ? : . Propreté,
* Procédures de travail, . Éclairage,
* Mode opératoire, . Aération, ventilation ;
* Consignes de sécurité, - Les machines et appareils sont-ils
* Savoir faire de la profession conformes aux règles de sécurité ? :
* Signalisation de chantier ; - Les produits dangereux sont-ils
- Quelle est la formation de la victime correctement ? :
?: * Identifiés,
* Professionnelle, * Stocks,
* Au poste de travail, * Les risques connus,
* A la sécurité, * Les modes d'utilisation écrits ;
* Formation particulière dans le cadre - Les procédés de travail sont-ils
du connus ? ;
travail ; * Informations verbales,
* Instructions écrites
* Consignes écrites ; 49
Le comité de sécurité et d’hygiène doit établir un rapport
annuel à la fin de chaque année grégorienne sur l’évolution
des risques professionnels dans l’entreprise.
Ce rapport, dont le modèle est fixé par la loi, doit être adressé
par l’employeur à l’inspection du travail et au médecin chargé
de l’inspection du travail au plus tard dans les 90 jours qui
suivent l’année au titre de laquelle il a été établi.
Sont enfin consignés sur un registre spécial qui doit être tenu à
la disposition de l’inspection du travail et du médecin chargé
de l’inspection du travail :
– les procès-verbaux des réunions du comité de sécurité et
d’hygiène en cas d’accidents graves
– le rapport annuel sur l’évolution des risques professionnels
dans l’entreprise
– le programme annuel de prévention contre les risques
professionnels

50
Récapitulatif des obligations individuelles de l’employeur
Mettre en œuvre des mesures de prévention et de protection ?
Fournir des machines et des équipements sûrs ?
Utiliser des substances non dangereuses ?
Estimer les risques et les surveiller ?
Enregistrer les risques et les accidents ?
Signaler les accidents du travail et les maladies professionnelles aux autorités
compétentes ?
Veiller à la surveillance de la santé des travailleurs ?
Informer les travailleurs sur les dangers et les moyens de protection ?
Consulter les représentants des travailleurs sur les SST ?
Eduquer et former les travailleurs ?
Etablir des comités de SST conjoints ?

L’employeur a une obligation générale : selon l’article 24, du code du travail, il


est tenu de prendre toutes les dispositions afin de préserver la sécurité, la santé
et la dignité des salariés, dans l’accomplissement des tâches qu’ils exécutent
sous sa direction (…). L’employeur a l’obligation d’informer le travailleur sur «
les dispositions légales et les mesures de protection mise en place concernant
la préservation de la santé et de la sécurité vis-à-vis des risques il doit prendre
toutes les mesures appropriées pour assurer la sécurité
et protéger la santé des salariés. 51
Responsabilité pénale
La responsabilité pénale de l’employeur repose sur le
chef d’entreprise ou ses préposés dotés d’une
délégation de pouvoir. Les infractions au code du
travail sont sanctionnées par des peines d’amende
qui peuvent être assorties d’une fermeture temporaire
de l’établissement.

Responsabilité civile
L’employeur est civilement responsable des
dommages à autrui causés par sa faute ou par la
faute des personnes dont il répond.
Les accidents du travail et les maladies
professionnelles sont pris en charge selon un système
d’indemnisation spécial qui prévoit une réparation
non intégrale et forfaitaire.
52
Récapitulatif des droits et devoirs des travailleurs
Le devoir de travailler de manière sûre, sans mettre les autres en danger ?
Le droit d’être indemnisé en cas de travail dangereux (par exemple, prime de
risque, temps de travail réduit, retraite anticipée, nourriture et boissons
gratuites pour combattre les effets de l’exposition aux substances
dangereuses) ?
Parfois Le droit d’être informé des dangers sur le lieu de travail ?
Le droit de recevoir un équipement et des vêtements de protection
individuelle En partieOui
Le droit de ne subir aucun coût personnel pour la formation à la SST,
l’équipement de protection individuelle, etc.
Le droit d’utiliser l’équipement de protection individuelle de façon adéquate ?
Le droit de choisir les représentants de la SST parmi les travailleurs ?

Les responsabilités du salarié


Bien entendu, le travailleur a droit à des conditions de travail qui respectent sa
santé et son intégrité physique. En contrepartie, il doit se conformer au
règlement interne et aux consignes de sécurité et utiliser les équipements de
protection collective et individuelle mis à sa disposition.
Une non observation de ces obligations par un salarié dûment informé peut
être considérée comme faute grave donnant lieu à un licenciement sans
préavis, ni indemnité de licenciement, ni dommages intérêts
(Arts 293 du code du travail).
53
Récapitulatif des droits et devoirs des représentants des travailleurs en
matière de SST
Les représentants des travailleurs en matière de SST ont le droit de:
-Inspecter le lieu de travail pour identifier les dangers potentiels ?
-Rechercher les causes des accidents ?
-Enquêter sur les réclamations des travailleurs dans le domaine de la SST ou
du bien-être ?
-Participer aux estimations des risques et accéder aux informations
concernant les estimations des risques ? parfois
-Contacter les autorités chargées des inspections de SST ?
-Participer aux observations et les soumettre aux inspecteurs pendant les
visites d’inspection du lieu de travail ?
-Accéder à la liste des accidents et des maladies, ainsi qu’à leur
signalement au sein de l’entreprise ?
-Recevoir des informations et des conseils préalables de la part de
l’employeur concernant les mesures qui peuvent affecter la SST de façon
substantielle ? Envoyer des propositions à l’employeur dans le but de
minimiser les risques et/ou supprimer les sources de danger ?
Parfois recevoir une formation pendant les heures de travail ?
-Avoir des arrangements et des congés sans perte de revenus pour pouvoir
exécuter leur mission de représentants de la SST ?
-Assister aux réunions du comité de SST ?
-Avoir recours à des experts extérieurs ?
54
EXEMPLE D’UNE POLITIQUE D’HYGIENE, DE SANTÉ ET DE SÉCURITÉ

Les politiques d’hygiène , santé et sécurité d’entreprise varient d’une entreprise à


l’autre, toutefois, ils existe des points communs notamment en matière de :
-rédaction de ladite politique par la haute direction et les représentants
-conformité aux objectifs de fonctionnement efficient et prévisible du milieu de travail
-pertinence par rapport aux besoins réels du milieu de travail (elle ne doit pas
provenir d’un autre milieu de travail)
- importance par rapport aux objectifs des autres politiques du milieu de travail.

L’énoncé de politique doit indiquer clairement les objectifs et les plans liés à l’HSST de
l’entreprise, et doit porter sur les questions suivantes :
-Conformité à la législation sur la santé et la sécurité au travail
- Engagement au maintien d’un milieu sécuritaire par tout le personnel
-Responsabilité de tous les niveaux de direction face à la santé et à la sécurité
-Consultations et collaboration entre la direction et les employés pour une mise en
œuvre efficace de la politique
-Engagement à réviser la politique et à surveiller son efficacité
-Engagement à fournir les ressources et moyens nécessaires pour la mise en œuvre
de la politique STT.

55
Quelques exemples d’indicateurs de conditions de travail comme
demandé par l’OIT :
Problème grave Problème Problème
pour certains modéré mineur
travailleurs
Exposition au bruit supérieure à la +
limite
Mauvais éclairage +
Exposition aux radiations +
(ionisantes)
Exposition aux pesticides +
Exposition à des températures +
basses
Exposition à des températures +
élevées
Exposition régulière aux rayons du +
soleil (par exemple, dans le
bâtiment)

56
Au niveau national

Conformément aux dispositions des articles 332 et


333 de la loi 65-99 relative au code du travail, un
conseil consultatif dénommé « conseil de médecine
du travail et de prévention des risques professionnels
» a été créé sous la tutelle de l'autorité
gouvernementale chargée du travail.
Il est chargé de présenter des propositions et avis afin
de promouvoir l'inspection de la médecine du travail
et des services médicaux du travail.
Il s'intéresse également à tout ce qui concerne
l'hygiène et la sécurité professionnelles et la
prévention des accidents du travail et des maladies
professionnelles.
57
C’est une instance qui comprend:
+son président (le ministre chargé du travail ou son représentant)
+les membres suivants représentants de l'autorité gouvernementale :
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de la santé
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'intérieur
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'agriculture
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée du commerce et
de l'industrie
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée des finances
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'artisanat
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'énergie et des
mines
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'équipement
•Représentant de l'autorité gouvernementale chargée de l'administration
de la défense nationale
•Représentant l’autorité gouvernementale chargée de l’enseignement
supérieur
•Représentant l’autorité gouvernementale chargée de la fonction
publique
•Représentants des organisations professionnelles des employeurs les plus
représentatives, mandatés par ces organismes
•Représentants des organisations syndicales des salariés les plus
représentatives, mandatés par ces organisations.
58
L’Institut National des Conditions de Vie au Travail
(INCVT)

C’est un groupement d’intérêt public doté de la


personnalité morale et de l’autonomie financière.
Il a été créé par arrêté conjoint du Ministre du
Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles Technologie
et du Ministre de l’Economie et des Finances n°3007-10
du 8 novembre 2010 (BO n°5896 du 2 décembre 2010).

Cet organisme est constitué :


-d’une part par l’Etat représenté par un certain nombre
de départements ministériels concernés
-d’autre part par l’Agence Nationale pour la Promotion
de la Petite et Moyenne Entreprise (ANPME).

59
Ses missions consistent principalement à :

* Améliorer les conditions de vie au travail


* Améliorer la prévention des risques professionnels
*Collecter, analyser et exploiter les statistiques d’accidents du travail et de
maladies professionnelles pour orienter les actions de prévention des
risques professionnels ;
*Conseiller les autorités publiques, les représentants des employeurs et des
travailleurs ou tout organisme s’intéressant à la promotion de la sécurité et
la santé au travail
*Délivrer des prestations d’expertise et d’assistance à tout organisme
s’intéressant à la prévention des risques professionnels
*Participer à l’élaboration des lois, des règlements et des normes relatives à
la prévention des risques professionnels
*Mener des actions de sensibilisation, d’éducation et de formation des
acteurs de prévention des risques professionnels
*Mettre en place des actions de communication, de publication et de
diffusion d’informations sur les risques professionnels
*Coopérer sur le plan international avec toute institution ou tout organisme
dont l’objet est de promouvoir les conditions de vie au travail.

60
L’Agence Marocaine de Sûreté et de Sécurité Nucléaires et Radiologiques
L’AMSSNuR

Cette agence effectue des opérations d’inspections dans les domaines


médical et industriel, couvrant environ 344 installations et activités au
Maroc.
En 2017, l’Agence, à travers un programme d’inspection a permis la
réalisation de :
-97 opérations dans le domaine médical
-22 dans le secteur de l’industrie
-7 dans d’autres secteurs.
Ce programme vise à:
. établir un état des lieux sur la situation en matière de sûreté et de sécurité
radiologiques et nucléaires des activités et des installations des sources de
rayonnements ionisants (SRI)
. assurer la radioprotection des travailleurs, des patients, du public et de
l’environnement.
Il a également concerné:
. l’opération de transit de matières radioactives au port de Casablanca
. Un importateur d’équipements radiologiques
. le réacteur nucléaire de recherche opéré par le Centre national de
l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN). 61
Une analyse SWOT du système au Maroc

Forces
- Consensus entre Les pouvoirs publics et les partenaires sociaux et
économiques sur la nécessité de développer la santé et la sécurité au
travail.
- Ratification de la convention 187 de la Convention (no 187) sur le cadre
promotionnel pour la sécurité et la santé au travail.
(néanmoins la notification de la ratification de cette convention n'a pas
encore été faite auprès du BIT)
- la nouvelle liste des maladies professionnelles harmonisées avec la
nomenclature prescrite par le Bureau international du travail.
-La plupart des obligations afférentes aux conventions internationales sont
intégrées soit en totalité soit en partie dans la législation nationale.
- Institutionnalisation de services de santé et de sécurité au travail au
niveau des neuf directions régionales du travail dans la perspective du
renforcement de l’effectivité du droit à la santé et à la sécurité au travail.
- Arsenal important de normes marocaines homologuées de santé et
sécurité au travail
62
FAIBLESSES
- La fonction publique, les administrations publiques et les collectivités
locales ne sont pas soumises aux dispositions des textes législatifs et
réglementaires relatifs à la sécurité et la santé au travail.
- Non couverture de maladies professionnelles par l’assurance.
- La culture du management des systèmes de santé et sécurité au travail est
faiblement développée dans l’entreprise.
- La couverture très faible de la population active par la médecine de travail
notamment les TPME.
- Le Faible nombre de professionnels et techniciens de l’HSST.
- L’absence de système de collecte de données et informations statistiques
relatives aux accidents de travail, maladies professionnelles et conditions de
travail ;
- L’absence de cartographie relative aux accidents du travail et maladies
professionnelles
- L’absence de fond pour le financement des actions de prévention.
- L’insuffisance des moyens humains et logistiques au niveau de l’inspection
du travail.
- Peu de certification SST et OHSAS 18001 ;
- Système de déclaration des maladies professionnelles non actualisé ;
63
Opportunités
- Redémarrage effectif de l’INCVT.
-Adoption de la loi sur la santé et la sécurité
au travail dans les secteurs public et privé.

64
MENACES
- Absence de statistiques fiables sur les accidents de
travail et maladies professionnelles pour focaliser le
contrôle sur les activités à risque.
- Emergence de nouveaux risques professionnels qui
sont liés aux innovations technologiques telles que les
vibrations, les ondes électromagnétiques, les nuisances
sonores et thermiques etc.…
- Absence de couverture SST du secteur informel.
- Absence d’études et de cartographie des risques
professionnels par secteur d’activités

65
Introduction à l’étude des
DELEGUES DU PERSONNEL

66
En droit marocain, (Art. 430 à 463) toute société employant au
moins dix salariés de façon habituelle doit procéder à l’élection de
délégués des salariés. (Possible si accord dans les sociétés de
moins de 10).

En pratique, l’autorité gouvernementale publie un calendrier annuel


afférent aux élections des délégués des salariés.

La loi sanctionne à la fois:


-le non-respect du calendrier établi par l’autorité gouvernementale
-le défaut de réalisation des élections des délégués des salariés.

Par conséquent, la société encourt deux sanctions pénales, à


savoir :
.une amende de 2 000 à 5 000 dirhams lorsque les dates et les
modalités d’organisation des élections n’ont pas été respectées,
.et une amende de 25 000 à 30 000 dirhams lorsque l’organisation
des élections n’a pas été réalisée.

67
Election des délégués du personnel :

C'est au chef de l‘entreprise qu'il appartient


d'organiser les élections et s'il y refuse, les
salariés peuvent saisir l'inspecteur du travail
qui peut le contraindre.

68
Attributions des délégués du personnel :

-Porte-parole des salariés et leurs revendications:


Présenter à l’employeur les réclamations individuelles ou
collectives des salariés (salaire, durée de travail,
qualification professionnelle….)
-Garant de l'hygiène et la sécurité sociale: Exercent un
droit de regard sur l'ensemble des obligations qui pèsent
sur l'employeur et peuvent saisir l'inspecteur du travail si
elles ne sont pas respectées
-Organe de liaison avec les inspecteurs de travail: saisir
l'inspecteur du travail sur :
Le respect des dispositions de sécurité, Les conditions
de travail, La formation professionnelle…

69
Mandat des délégués du personnel : ART 434
La durée du mandat des délégués est fixée par texte
réglementaire.
•Le mandat des délégués est renouvelable.
•Il prend fin par le décès, le retrait de confiance, la
démission, l’âge de retraite, la cessation du contrat
de travail ou la condamnation irrévocable
•Le retrait de confiance peut avoir lieu une seule fois,
après l’expiration de la moitié du mandat, et par
décision signée et légalisée des 2/3 des électeurs.
Lorsqu’un délégué titulaire cesse ses fonctions, son
remplacement est assuré par un membre suppléant
de la même catégorie, et appartenant à la même
liste électorale.
70
ELECTIONS PARTIELLES :ART 451

Lorsque dans un établissement, le nombre de


délégués titulaires et suppléants d'un collège
est réduit de moitié, il est procédé à des
élections partielles dans les 3 mois qui suivent.
Il est de même lorsque le nombre des salariés
dans un collège est tel (en augmentation) qu'il
nécessite un nombre plus important de
délégués, les délégués ainsi élus siègent aux
coté des anciens délégués jusqu'à expiration
de leur mandat

71
MISSIONS CLASSIQUES

La mission des délégués du personnel a été définie par


l'article 432 du code.

•Présenter des réclamations individuelles non satisfaites


directement relatives:
-aux conditions du travail, et découlant de la législation
du travail,
-au contrat du travail, à la convention collective, ou au
règlement intérieur

•Saisir de ces réclamations, en cas de désaccord,


l'agent chargé de l'inspection du travail

72
Actions au sein de l’établissement

•Les délégués exercent leurs fonctions à


l'intérieur de l'établissement.
•Leur compétence peut être limitée à un
atelier, succursale ou chantier où ils ont été
élus.
•Un délégué peut n'avoir compétence que
pour transmettre les réclamations de l'atelier où
il a été élu.
•On peut envisager la spécialisation des
délégués dans une branche déterminée, telles
les questions d'hygiène et de sécurité.
73
Mission des délégués du personnel:

-Font partie des membres du Comité d’Entreprise et du Comité


de Sécurité et d’Hygiène
-Présentent des réclamations individuelles: conditions de travail
découlant du contrat de travail, du règlement intérieur, de la
convention collective
-Soumettent les réclamations à l’inspecteur du travail en cas de
désaccord
-Sont obligatoirement informés, au moins un mois avant, du
licenciement total ou partiel des salariés
-Sont informés de toutes les données sur le licenciement (raison
,effectifs concernés date, durée)
-Sont consultés sur la récupération des heures perdues et sur
l’établissement de l’ordre des départs en congé
-Donnent leur avis sur le fonctionnement du service médical du
travail et sur le règlement intérieur.
74
Objet des réclamations

-Les Réclamations relatives aux salaires, à la classification


professionnelle, à l'hygiène et sécurité des travailleurs.

-Les protestations, les doléances que le personnel peut


être amené à formuler à propos de ses conditions de
travail.

Pour ce qui est des réclamations relatives aux salaires, il


faut entendre non seulement le taux des salaires, mais
également tout ce qui concerne les primes, indemnités et
heures supplémentaires.

Ces notions exigent bien entendu des délégués certaines


connaissances en matière de salaire et de la législation
en général.
75
Procédure: art 461
•Les délégués doivent remettre au chef d'établissement 2 jours avant la
date de réunion une note sommaire précisant l'objet de la réclamation.
•La note doit être transcrite sur un registre, et la réponse doit être donnée
dans un délai de 6 jours.
•Ce registre doit être tenu à la disposition des salariés 1jour par quinzaine
•Conformément à l'article 460 du code, les délégués du personnel sont
reçus collectivement au moins une fois par mois, sauf en cas d'urgence.
•Ils peuvent être reçus soit par atelier, service, spécialité professionnelle
selon les questions qu'ils ont à traiter.
•Les délégués suppléants peuvent assister aux réunions avec les titulaires.
•Les délégués ne peuvent présenter que des réclamations individuelles
non satisfaites.
•Ils ne sont pas compétents pour signer une convention collective ou un
accord relatif aux améliorations apportées aux conditions du travail.
•Ils ne sont compétents que pour présenter les réclamations des membres
du collège électoral qui les a élus.

76
Facilités accordées aux délégués
-Affichage
-Tout autre moyen d’information en accord avec
l’employeur
-Local pour le réunions
-Crédit d’heures : Maximum 15 heures / mois / délégué
Le temps consacré à l'exercice des fonctions des
délégués du personnel à l’intérieur et à l’extérieur de
l’établissement, doit être payé comme temps de travail.
-Peuvent servir à étudier les réclamations dont il est saisi.
-Peuvent être utilisées à des réunions communes entre les
délégués.
-Liberté de déplacement: le délégué doit pouvoir se
déplacer librement à l'intérieur de l'établissement
-Un délégué peut pénétrer dans l'établissement en dehors
des heures de travail.
77
Moyens d’action

Autorisation d'absence.
.Le délégué du personnel doit pouvoir quitter son
travail pour aller à l'inspection du travail avec
l'autorisation de sa hiérarchie et à condition que
ces absences n'entraînent pas de perturbation
dans le fonctionnement de l'établissement.
.L’accord entre la direction et les délégués est
souhaitable

Le crédit d’absence qui est de 15heures par mois


s'applique uniquement aux seuls délégués
titulaires
78
Le local: art 455

• Il doit être aménagé de manière à leur


permettre de se réunir.
En principe il doit être au sein de
l'établissement.
•Les délégués ont le droit d'afficher des
informations qu'ils ont pour rôle de
communiquer au personnel.
•Ils peuvent également utiliser tout autre
moyen d’information, mais avec l’autorisation
de l’employeur.

79
Protection et garanties
•Les sanctions projetées contre les délégués
sont sujettes à l’accord ou le refus de
l’inspecteur de travail.
•La protection concerne:
-Anciens délégués 6 mois après la fin de leur
mandat
-Candidats dés le dépôt des listes électorales
et 3 mois après l’annonce des résultats

En cas de faute grave, l’employeur peut


suspendre le délégué et informer l’inspecteur
de travail (le délai de réponse est de 8 jours)

80
En cas d’absence d’une instance dans
l’entreprise

- Lorsqu'il n'a pu être constitué de CHSCT


(absence de candidat, par exemple), les
délégués du personnel exercent les missions
attribuées à ce comité.

- Dans les entreprises occupant au moins 50


salariés, les délégués du personnel exercent
collectivement les attributions économiques et
professionnelles de ce comité (CHSCT ).

81
Les délégués du personnel sont élus pour 4 ans
et rééligibles.
Leurs fonctions prennent fin par : le décès, la
démission, la rupture du contrat de travail ou la
perte des conditions requises pour l’éligibilité. Un
délégué du personnel peut également être
révoqué en cours de mandat, sur proposition de
l’organisation syndicale qui l’a présenté,
proposition approuvée au scrutin secret par la
majorité du collège électoral auquel il
appartient.

82
Le nombre des délégués du personnel (Art 433)

Nombre de salarie Titulaires


Suppléants
10 à 25 1 1
26 à 50 2 2
51 à 100 3 3
101 à 250 5 5
251 à 500 7 7
501 à 1000 9 9

Remarque : un délégué titulaire et un délégué suppléant s’ajoutent


pour chaque tranche supplémentaire de 500 salariés

83
Protection des représentants du personnel

La procédure du licenciement d'un représentant du


personnel requiert l’autorisation préalable du Comité
d’Entreprise et de l’inspecteur du travail
La sanction est pénale:

. Une amende 25000 à 30000 dh


et/ou
. Une peine d'emprisonnement de 6 jours à un an.

En cas de récidive dans le délai d’un an,


l’emprisonnement sera
toujours prononcé.

84
« Dialogue social à la française :« Après les images du DRH et du
directeur général adjoint d'Air France agressés par des salariés en colère,
les éditorialistes dénoncent "la loi du plus fort » .
«Le cas Air France symbolise toutes les tares et impasses du dialogue social à la
française», déplore Libération.
«Quelques centaines d'excités ont fait sauter un verrou symbolique, celui qui
sépare une société moderne dans laquelle les conflits se règlent par le dialogue
d'avec une civilisation où prévaudrait la loi du plus fort.» s'indigne Les Échos

85
Introduction à l’étude
du
COMITE D’ENTREPRISE

86
Toute société employant au moins 50 salariés doit
créer un comité d’entreprise.

Le Code n’explicite pas les modalités


d’appréciation dudit seuil de 50 salariés.

À défaut, l’employeur s’expose à une amende de


10 000 à 20 000 dirhams.

Toutefois, est ce que les salariés occupés par la


société, entre autres les titulaires de contrats à
durée déterminée et ceux en intérim, sont-ils pris en
compte?

87
Composition:
-Des membres élus du personnel.
-Le chef d'entreprise ou son
représentant.
-Deux délégués des salariés élus par
les délégués des salariés de l’entreprise
-Un ou deux représentants syndicaux
reconnu(s) au sein de l'entreprise.

88
Attributions
Le comité d’entreprise est un organe consultatif; il est concerné par les
questions en rapport avec :
-La production et la productivité
-L'organisation, la gestion et la marche générale de l'entreprise
-les transformations structurelles et technologiques à effectuer dans
l’entreprise
-le bilan social de l’entreprise lors de son approbation ;
-la stratégie et les moyens d’augmenter la rentabilité de l’entreprise
-les programmes d’apprentissage, de formation-insertion, de lutte
contre l’analphabétisme et de formation continue des salariés.

Le comité d’entreprise est un organe de gestion ; il a des attributions


d’ordre social:
-Les œuvres sociales relatives à la prévoyance et à l’entraide
-Les œuvres à caractère éducatif et culturel, les différents prêts
financiers
- l’élaboration de projets sociaux au profit des salariés et leur mise à
exécution ;
89
Fonctionnement:
-L’employeur doit fournir aux membres du comité tous les
documents nécessaires pour leur permettre d’accomplir
les missions qui leur sont dévolues. (les comptes
financiers leur sont-ils accessibles?)
-Les membres du comité d’entreprise sont tenus au
secret professionnel.
-Le comité d’entreprise se réunit une fois tous les six mois
et chaque fois que cela s’avère nécessaire.
-Le comité d’entreprise peut inviter à participer à ses
travaux, toute personne appartenant à l’entreprise ayant
de la compétence et de l’expertise dans sa spécialité.

90
Le crédit d’heures

Le comité d’entreprise dispose d’un crédit


d’heures pour l’exercice de son mandat; ce
crédit d’heure de
20 heures; rémunérées par l’employeur

91
Article 464
Il est créé au sein de chaque entreprise
employant habituellement au moins cinquante
salariés un comité consultatif dénommé " comité
d'entreprise ".

Article 465
Le comité d'entreprise comprend :
l'employeur ou son représentant
deux délégués des salariés élus par les délégués
des salariés de l'entreprise
un ou deux représentants syndicaux dans
l'entreprise, le cas échéant.
92
Article 466
Le comité d'entreprise est chargé dans le cadre de sa
mission consultative des questions suivantes :
les transformations structurelles et technologiques à
effectuer dans l'entreprise
le bilan social de l'entreprise lors de son approbation
la stratégie de production de l'entreprise et les moyens
d'augmenter la rentabilité
l'élaboration de projets sociaux au profit des salariés et
leur mise à exécution
les programmes d'apprentissage, de formation-
insertion, de lutte contre l'analphabétisme et de
formation continue des salariés.
Sont mis à la disposition des membres du comité
d'entreprise toutes les données et tous les documents
nécessaires à l'exercice des missions qui leur sont
dévolues. 93
Article 467
Le comité d'entreprise se réunit une fois tous les six mois
et chaque fois que cela s'avère nécessaire.
Le comité peut inviter à participer à ses travaux toute
personne appartenant à l'entreprise ayant de la
compétence et de l'expertise dans sa spécialité.

Article 468
Les membres du comité d'entreprise sont tenus au secret
professionnel.

Article 469
Est punie d'une amende de 10.000 à 20.000 dirhams
toute infraction aux dispositions du présent titre.

94
Le comité d’entreprise agit en lieu et place des
délégués des salariés dans les entreprises
occupant plus de cinquante salariés.

En matière de réduction de la durée normale du


travail, le comité d’entreprise se substitue aux
délégués des salariés et les représentants des
syndicats dans les entreprises employant plus de
cinquante salariés.
En matière de répartition du régime annuel des
heures de travail selon les besoins de
l’établissement, la nature de son activité, ses
conditions techniques et ses ressources humaines
95
L’avis du comité d’entreprise est sollicité et ce,
conformément au décret n° 2-04-569 du 29
décembre 2004 relatif à la fixation de la durée
normale du travail.

L’avis du comité d’entreprise est demandé par


exemple en matière d’organisation du repos
hebdomadaire concernant certaines catégories
du personnel et ce, conformément au décret n°
2-04-513 du 29 décembre 2004 organisant le
repos hebdomadaire.

96
Le Maroc a instauré en 2004 un nouvel organe de
représentation collective élue au sein de l’entreprise
appelé:
le Comité d’entreprise
suite à une concession de l’Administration et du
patronat dès la veille de l’indépendance, le Dahir du 16
septembre 1955 a reconnu l’existence de la «Jmâa
ouvrière» dans les entreprises de plus de 50 salariés afin
d’y assurer une certaine paix sociale.

Et ce n’est qu’en 1945 (en pleine guerre) que les


comités d'entreprise ont été créés en France, dans le
but d'associer les travailleurs à la gestion des
entreprises.

97
S'agissant d'un régime facultatif nouveau au Maroc, il
est difficile à ce jour d’évaluer au juste l’accueil qui lui
a été réservé dans la pratique.

C’est pourquoi le sujet revêt un intérêt tout particulier


puisqu’il est question de mesurer la portée des
dispositions qui lui sont consacrées par le code
marocain.

98
Débat:

En instaurant ce régime, bien qu’il ne lui ait consacré que six


articles, le législateur vise le renforcement du mode de gestion de
l’entreprise.
Mais au fait :
-Est ce que la mise en place de cette institution traduit
effectivement la volonté de renforcer la participation des salariés
dans la gestion de leur entreprise?
-Quelle est l’étendue des attributions dont il l’a doté ?
L'ampleur de l'activité d'un comité d'entreprise est étroitement liée
à l'importance de ses ressources, le législateur l’a-t-il doté des
moyens à même de mener à bien ses missions ?
Peut-il y avoir un changement de mentalité ?
Le comité d’entreprise fera-t-il sa place dans l’entreprise
marocaine?

Qu’en pensez-vous?

99
En tout cas, puisque le code du travail l’a rendu obligatoire
dans les établissements de plus de 50 salariés, sa mise en
place introduira un changement de taille dans les relations
professionnelles.

“C’est un comité d’information’’; le but donc à travers sa


création est la généralisation de la concertation au niveau
des entreprises.

Mais si cette culture est développée dans les grandes


structures, et dans les petites et moyennes entreprises (PME),
tout reste à faire.

De nombreux patrons de PME n’ont pas l’habitude de tenir


leur personnel informé de la marche de l’entreprise et encore
moins de prendre leur avis.

Le changement nécessitera en tout cas des efforts de part et


d’autre.
100
Pour éviter toute interprétation, le texte précise que ce comité a un
rôle uniquement consultatif. Il n’est pas co-gestionnaire et
l’employeur dispose de toute la liberté de décision.

Toutefois le comité d’entreprise peut constituer un moyen pour


améliorer la productivité, car les salariés ont aussi plus de visibilité
puisqu’ils sont informés.
Du côté des syndicats, on applaudi cette introduction de CE. Pour
eux, c’est une force de proposition sur la marche de l’entreprise,
d’autant plus que l’employeur est tenu de consulter les salariés sur
les programmes de production et tout ce qui peut aider dans la
gestion; ce qui suppose un changement de mentalité.

le comité d’entreprise permettrait d’améliorer les relations


professionnelles et de prévenir les conflits.
le comité d’entreprise serait un moyen d’apprentissage de la
démocratie dans l’entreprise

101
L’inspection du travail

102
L’inspecteur du travail est un des fonctionnaires recrutés sur
concours
Il est soumis aux obligations de discrétion, d’impartialité et de
secret professionnel

L’article 535 précise que : Son rôle est:


contrôler l’application du droit de travail et de veiller à
l’application des lois et règlements relatifs au travail, notamment
en matière d’emploi, de contrat de travail, hygiène et
sécurité….

Ses habilitations sont:


Droit de visite : il peut entrer à n’importe quel moment dans les
entreprises où
travaillent les salariés
Il peut éventuellement porter des observations sur le registre des
mises en demeure , voire transmettre un procès-verbal au
procureur du Roi.
103
Introduction à l’étude
de la MEDECINE DE
TRAVAIL (Articles 332 – 334)

104
La médecine du travail est une médecine préventive, ce
n’est ni une médecine de soins, ni une médecine de
contrôle
C’est une spécialité médicale à part entière reconnue au
Maroc depuis 1985
( B.O n°63-779 du 03/09/85)
C’est la 1ère spécialité au Maroc
La loi N° 131-13 relative à l’exercice de médecine et
publiée au Bulletin officiel du 19 mars 2015 énonce que:
« L’exercice de la médecine du travail doit faire l’objet
d’un contrat entre le médecin spécialiste en médecine
du travail et l’entreprise concernée. La validité de ce
contrat est subordonnée au visa du président du conseil
national de l’ordre des médecins qui s’assure de la
conformité des termes du dit contrat aux dispositions
réglementaires et au Code de déontologie
105
Obligations pour l’employeur:
La loi précise que la médecine du travail est préventive et que
l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses
salariés.
-La loi impose l’organisation de services médicaux autonomes
du travail pour toutes les entreprises ou établissements exposant
des salariés aux risques de maladies professionnelles ou
employant au moins 50 salariés.
-Celles employant moins de 50 salariés et sans activité à risque
doivent adhérer à un service interentreprises ou avoir un service
autonome .

-Obligations pour le médecin:


-Le temps minimum consacré par le médecin du travail aux
salariés est d’au moins une heure par mois pour 20 salariés non
exposés à un risque professionnel, pour 10 salariés exposés
nécessitant une surveillance médicale spéciale et pour 10
salariés de moins de 18 ans.
106
Principales activités de la médecine du travail

-Enquêtes sur le lieu de travail, visites du lieu de travail, évaluation des


expositions
-Estimation et gestion des risques
-Examens de médecine préventive (surveillance générale)
-Surveillance médicale basée sur les risques
-Enregistrement des données de santé, signalement des maladies
professionnelles et des accidents du travail
-Promotion de la santé sur le lieu de travail, éducation en matière de
santé, accompagnement
-Premiers secours, prise en charge des accidents (.. Services curatifs
NON)
-Education, formation, campagnes d’information
(..Assurance qualité pour les processus de santé au travail, audits NON)
-Inspections de sécurité
-Initiatives et conseils pour la gestion de la sécurité et la santé sur le lieu
de travail, conception d’un lieu de travail sûr

107
La médecine du travail demeure une spécialité peu
attrayante car le médecin du travail a un statut de
salarié mal rémunéré et peu protégée.
Le nombre de médecins du travail est en deçà des
besoins.
Les conditions difficiles d’exercice et la précarité de
l’emploi ne les encouragent pas dans l’exercice exclusif.
Néanmoins, elle est à l’ordre du jour ces dernières
années. Elle a fait partie des thèmes principaux du28e
congrès international méditerranéen de médecine du
travail, tenu à Marrakech en novembre 2015 et a fait
l’objet d’une journée de réflexion en mars 2017 à l’Ordre
national des médecins du Maroc.

108
Le comité mixte:
+Organisation internationale du travail
et
+Organisation mondiale de la santé

a défini les buts de la médecine du travail:


«promouvoir et maintenir le plus haut degré de
bienêtre physique, mental et social des travailleurs
dans toutes les professions; prévenir tout dommage
causé à leur santé par les conditions de travail; les
protéger dans leur emploi contre les risques résultant
de la présence d’agents préjudiciables à leur santé;
placer et maintenir le travailleur dans un emploi
convenant à ses aptitudes physiologiques et
psychologiques»
109
Le médecin du travail
Il a un rôle de conseiller en particulier au sein de la direction parmi ses
attributions:
-la surveillance des conditions d’hygiène dans l’entreprise
-la protection des salariés contre les accidents et contre les nuisances
-la surveillance de l’adaptation du poste de travail à l’état de santé du
salarié, l’amélioration des condition du travail.

Outre la surveillance médicale des salariés, le médecin du travail est,


d’une manière générale, le conseiller du chef d’entreprise, des salariés
et des représentants du personnel, notamment dans les domaines de
l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’entreprise, la
surveillance des conditions générales d’hygiène, la protection des
salariés contre les accidents et contre l’ensemble des nuisances qui
menacent leur santé, la surveillance de l’adaptation du poste de travail
à l’état de santé du salarié, ainsi que l’amélioration des conditions de
travail,
110
Le médecin du travail a un rôle préventif:
(art 318 du code du travail);

-Procède aux examens médicaux nécessaires, notamment à


l'examen médical d'aptitude ;
-Veille à éviter toute altération de la santé des salariés du fait de
leur travail :
- Surveille les conditions d'hygiène dans les lieux de travail ;
-surveille les risques de contamination ;
-surveiller l'état de santé des salariés

composantes de ce rôle préventif (Articles 322 – 328) :


.Conseiller:
. Consultant
. Gestionnaire
. Auditeur et expert
. Clinicien

111
Conseiller

. la surveillance des conditions générales d'hygiène


dans l'entreprise ;
. la protection des salariés contre les accidents et
contre l'ensemble des nuisances qui menacent leur
santé ;
. la surveillance de l'adaptation du poste de travail à
l'état de santé du salarié ;
. l'amélioration des conditions de travail, notamment
en ce qui concerne les constructions et
aménagements nouveaux, ainsi que l'adaptation des
techniques de travail à l'aptitude physique du salarié,
l'élimination des produits dangereux et l'étude des
rythmes du travail.

112
Consultant

. les questions d'organisation technique du service


médical du travail ;
. les nouvelles techniques de production ;
. les substances et produits nouveaux.

113
Gestionnaire

. Le service médical du travail ;


. la gestion des dossiers médicaux ;
. la déclaration, dans les conditions prévues par la
législation en vigueur, de tous les cas de maladies
professionnelles ou à caractère professionnel.

114
Auditeur et expert

. contrôler le respect des conditions de travail dans


l'entreprise
. veiller à l’application des prescriptions spéciales
relatives à la sécurité et à l'hygiène
. tenir une fiche d'entreprise (Le médecin du travail tient
une fiche d'entreprise qu'il actualise de manière
régulière. Cette fiche comprend la liste des risques et
maladies professionnels, s'ils existent, ainsi que le
nombre de salariés exposés à ces risques et maladies.
Ladite fiche est adressée à l'employeur et au comité
d'hygiène et de sécurité.
Elle est mise à la disposition de l'agent chargé de
l'inspection du travail et du médecin chargé de
l’inspection du travail)
. animer le comité d’hygiène et de sécurité .
115
Clinicien (Examens médicaux)
.tout salarié, avant l'embauchage ou, au plus tard, avant
l'expiration de la période d'essai ;
.tout salarié, à raison d'une fois au moins tous les douze mois, pour
les salariés ayant atteint ou dépassé 18 ans et tous les six mois pour
ceux ayant moins de 18 ans ;
.tout salarié exposé à un danger quelconque, la femme enceinte,
la mère d'un enfant de moins de deux ans
. lors de la reprise de travail.

Examens complémentaires lors de la reprise de travail


. après une absence de plus de trois semaines pour cause
d'accident autre que l'accident du travail ou de maladie autre que
professionnelle
. après une absence pour cause d'accident du travail ou de
maladie professionnelle
. en cas d'absences répétées pour des raisons de santé.
116
Approche Prévention

117
Prévention des risques professionnels et aménagements
des locaux de travail :

Conscient de l'importance de la prévention des risques


professionnels, le législateur a mis en place un certain
nombre de dispositions juridiques déjà citées
auparavant, mais la réalité se heurte à un certain nombre
d'obstacles de nature juridique ou comportementale en
raison principalement de l'absence quasi-totale de
culture de prévention des risques professionnels chez
l’employeur et chez le salarié.

118
La prévention de certains risques professionnels :

Le code du travail stipule dans son article 281 la nécessité de :


-veiller sur la propreté des lieux du travail
-assurer les conditions de la santé préventive et les exigences de sécurité
nécessaires pour la préservation de la santé des salariés, surtout en ce qui
concerne les dispositifs de prévention des incendies, l'éclairage, le
chauffage, la ventilation, la réduction du bruit, etc.
Il stipule également :
-la nécessité d’approvisionner les ateliers en eau potable
-la nécessité d’assurer des logements propres et des conditions d’hygiène
appropriées aux salariés.
Cependant, le législateur :
-n'a pas abordé les grands principes qui encadrent la prévention des risques
professionnels que les normes internationales ont soulignés
-subsiste la confusion entre les aspects fondamentaux et les détails
organisationnels ainsi que l'adoption d’une vision presque partielle.

119
-certains risques professionnels ont été ignorés notamment : la
prévention contre les explosions et les risques associés aux produits
chimiques, aux rayonnements ionisants, aux machines
dangereuses, etc.
--Le reste des mesures de prévention qui doivent être fournis dans
les chantiers de construction et de travaux publics ont été
négligées.
-- les mesures de prévention particulières dans l'agriculture ont été
négligés.
Certaines mesures, prévues par certaines conventions
internationales n’ont pas été abordées par la partie du code de
travail relative à la prévention des risques professionnels. Il s’agit
notamment :
-d’élaborer une politique, un système et des programmes
nationaux en matière de santé et de sécurité au travail, tel qu'il est
stipulé dans la Convention n°187 de l'Organisation internationale du
Travail ratifiée par le Maroc ;
-d’obliger les établissements à évaluer les risques et à élaborer des
programmes de prévention des risques professionnels, tel qu'il est
stipulé dans la Convention n°187;
120
-d’obliger les établissements à designer des personnes parmi les
salariés qui s’occuperont des questions relatives à la santé et à la
sécurité et comme exemple un "Superviseur de sécurité au travail"
dans les établissements qui n’ont pas de comité de sécurité et
d'hygiène ;
-d’obliger les établissements à donner à l'employé le droit de se
retirer de son poste de travail dans le cas de danger imminent qui
menace sa vie et sa santé, tel qu'il est stipulé dans la Convention
n°155 de l'Organisation internationale du Travail ;
-de déterminer les conditions selon lesquelles des organismes
particuliers seront habilités à mesurer les nuisances présents dans
le lieu de travail ;
-de déterminer les conditions selon lesquelles des organismes
particuliers procéderont au contrôle des appareils utilisés en
milieu de travail comme les appareils de levage et les installations
électriques

121
Aménagement des locaux de travail
Le code du travail prévoit plusieurs dispositions (articles 282, 283 et 287), qui
incitent à aménager les locaux de travail de manière à garantir la sécurité
des salariés et de faciliter la tache des salariés handicapés y travaillant. Elles
stipulent aussi que des équipements doivent être munis de dispositifs de
protection et tenus dans les meilleures conditions possibles de sécurité.

Le législateur a interdit à l’employeur d'acquérir ou de louer des machines ou


des pièces de machines présentant un danger pour les salariés et qui ne
soient pas munis de dispositifs de protection d’une efficacité reconnue .

Il lui a interdit aussi de permettre à ses salariés l’utilisation de produits ou de


substances, d’appareils ou de machines qui sont reconnus par l’autorité
compétente comme étant susceptibles de porter atteinte à leur santé ou de
compromettre leur sécurité.

NB: L'analyse de ces dispositions montre que le législateur s’est focalisé uniquement sur les
machines et les pièces des machines et a omis une partie du matériel utilisé dans le travail tel les
équipements, outils et installations.

122
Fourniture de moyens de protection collective
Le code du travail a stipulé dans l’article 285 :
-la nécessité de doter de dispositifs de prévention
collectifs certains endroits comme les puits, les trappes
ou les ouvertures de descentes qui doivent être entourés
par des clôtures.
-Les moteurs doivent être isolés par des cloisons ou des
barrières de protection, les escaliers doivent être solides
et équipés de fortes rampes et les échafaudages doivent
être munis de garde-corps rigides d'une hauteur d'au
moins 90 centimètres.

Il est donc clair que le code du travail a prévu des


dispositifs de protection collectifs dans certains locaux
alors qu’il fallait traiter les dispositifs de prévention
collectifs dans toutes les activités liées au travail et dans
tous les locaux de travail.
123
Fourniture des moyens de protection individuelle

Le code du travail a stipulé dans l’article 284 que :


les salariés travaillant dans les puits, les conduites de
gaz, les canaux de fumée, cuves ou appareils
quelconques pouvant contenir des gaz délétères
doivent être attachés par une ceinture ou être protégés
par un autre système de sureté y compris les masques
de protection.

Le code du travail a donc prévu les dispositifs de


protection individuels dans certains locaux de travail
alors qu’il fallait prévoir les dispositifs de prévention
individuels dans tous les locaux de travail tels que
stipulés dans les principes généraux de prévention des
risques professionnels universellement reconnus.
124
Information des salariés dans le domaine de la santé et la
sécurité professionnelle
L'article 289 du code du travail prévoit :
-la nécessité d’informer les salariés sur les dispositions légales relatives à la
protection contre les dangers que peuvent engendrer les machines
-l’affichage sur les lieux de travail, dans un endroit approprié habituellement
fréquenté par les salariés, d’un avis facile à lire indiquant les dangers
résultant de l'utilisation de machines, et les précautions à prendre à cet
égard.

Ainsi, le législateur a obligé l’employeur à informer les salariés sur les


dispositions légales relatives à la protection contre les dangers que peuvent
engendrer les machines, tandis que les salariés doivent être informés sur
toutes les dispositions légales relatives aux risques professionnels associés au
travail exercé par le salarié lui-même en particulier et ceux associés à la
nature des activités pratiquées au sein de l’entreprise en général.

Il est à signaler aussi l'omission de la nécessité de fournir une formation afin


d'éviter les accidents du travail et les maladies professionnelles.
125
Quelques mesures de prévention
Supprimer les causes possibles d’incendie, c’est prendre des mesures
concernant :
-en utilisant, si possible, des produits moins inflammables et en limitant leur
quantité
-le matériel:
. en choisissant du matériel électrique “de sûreté”; en supprimant les flammes
et les sources de la chaleur
. en compartimentant les bâtiments pour éviter l’extension de l’incendie; en
choisissant des matériaux de construction résistant au feu
-L’organisation du travail
. en établissant des procédures d’intervention en cas d’incendie
. en organisant la collecte des déchets combustibles
. en établissant une surveillance pendant et après les travaux par “point
chaud” (utilisation de fers à souder, chalumeau…)
-Le personnel
. en le sensibilisant au risque d’incendie, en l’entraînant au maniement des
extincteurs
. en formant les agents qui occupent des postes où des risques d’incendie
sont élevés ;
-Le milieu du travail, en ventilant les ateliers, en installant des détecteurs de126
LE TRAVAIL DEVANT UN ECRAN DE VISUALISATION
- L’utilisation d’écran peut présenter certains troubles.
- On en distingue 3 grands types : - fatigue visuelle - troubles
posturaux - stress.
Quelques aménagements suffisant à rendre les conditions meilleurs
- J’éloigne l’écran des fenêtres et je le dispose de façon à ce qu’il ne
soit, ni dos, ni face aux fenêtres.
- J’oriente l’écran de façon à éviter les reflets pouvant provenir:
.Des fenêtres, . Des luminaires, . Des murs, des cloisons, des
armoires…
- Je règle la luminosité pour assurer un bon contraste;
- Je nettoie régulièrement l’écran avec le produit approprié.
- Je règle le siège :
.Mes avant-bras horizontaux, . Mon dos appuyé sur le dossier, . Mes
cuisses horizontales,
. Mon regard légèrement en dessous de l’horizontale (0° à 30°)
(j’utilise un repose-pieds si je suis de petite taille).
- Je dispose les documents à la même hauteur et distance que
l’écran.
- Je dispose le clavier (plat et mobile) à ma convenance. 127
Un éclairage suffisant
- Pour savoir si la quantité de lumière est suffisante, on mesure le niveau
d’éclairement, à l’endroit où s’exerce l’activité visuelle (Plan de travail,
documents, machine), à l’aide d’un luxmètre. La valeur obtenue est à
comparer à des valeurs de référence spécifiées dans les normes,
recommandations et textes réglementaires.
-Pour un travail de bureau, le niveau minimal recommandé est de 200 lux
et pour un travail de précision, il est de 600lux.

Un bon éclairage des lieux de travail est indispensable afin de permettre


au plus grand nombre d’individus d’accomplir leur travail sans fatigue ni
gêne.
Le bon éclairage concerne tant la quantité que la qualité de la lumière.
Les spécialistes dans ce domaine s’entendent pour dire qu’un éclairage
insuffisant ou de mauvaise qualité exige un effort visuel et mental
supérieur à la normale, ce qui a pour effet d’entraîner un accroissement
de la fatigue ainsi que des risques d’erreurs et d’accidents.
La couleur des murs et des plafonds peut devenir un supplément très
important dans le domaine de l’éclairage, ainsi les murs et les plafonds
de couleur blanche amplifient la lumière.
128
- les effets d’un mauvais éclairage: La fatigue visuelle

-Les mécanismes de la vision, qui se règlent par un jeu


d’automatismes inconscients, sont tous régis par une
partie musculaire et une partie nerveuse. Leur
sollicitation excessive, occasionnée par les défauts de
vision, un travail trop exigeant ou un mauvais
éclairage, fait naître la fatigue visuelle.
On distingue trois types de symptômes:
- les effets oculaires : globes oculaires lourds et
douloureux, larmoiements, brûlures, picotements,
rougeurs
- les effets visuels: vision trouble, présence d’un voile,
taches sombres, difficulté à percevoir les détails
-les effets généraux : maux de tête, fatigue générale
Ils se manifestent lorsque les yeux ont à s’adapter à des
situations différentes 129
LE BRUIT

Le décibel (dB)
Le décibel est l’unité qui permet de mesurer physiquement les niveaux
sonores. Mais notre oreille a une façon toute particulière de percevoir les
sons selon leurs fréquences.
Le “décibel physiologique”, est adapté pour évaluer les niveaux sonores
perçus .
Lorsque le niveau de bruit n’est pas stable dans le temps on mesure une
moyenne appelée “niveau continu équivalent” lorsque cette moyenne est
évaluée sur huit heures, elle prend le nom de “niveau d’exposition sonore
quotidienne”.
Même faible, le bruit peut provoquer l’inconfort : il entrave la
communication, gêne l’exécution des tâches délicates, peut aller jusqu'à
provoquer la surdité irréversible.
La nuisance du bruit
« C’est l’ensemble confus de sons non désirés. »
le bruit représente un véritable fléau pour la France avec 6 millions de
français qui sont exposés à des émissions phoniques supérieures à 65
décibels qui sont à l’origine du quart des maladies professionnelles et de
70 OOO accidents du travail et de 15% de l’absentéisme.
NB: la surveillance médicale des personnes exposées est obligatoire à 130
Quelques règles d’isolement

131
Soulever une charge

-Dans une mauvaise position


(dos rond, charge éloignée du
corps), la charge exercice sur NO
le N
dernier disque intervertébral
est
cinq fois plus grande que dans
une bonne position. OUI
-Pour une charge de 25 Kg, la
contrainte que subit ce
dernier
disque est de 375 Kg dans une
mauvaise position, de 75 Kg
dans une bonne position.
-Une bonne position requiert
de fixer la colonne vertébrale
(garder le dos droit) et de
rapprocher le plus possible le
centre de gravité du corps de
celui de la charge à soulever. 132
Travailler assis

- Même sans effort


Physique important, la
colonne vertébrale peut
souffrir d’une mauvaise
posture.
- Garder le dos droit reste
toujours la règle
permettant d'éviter les
douleurs.
- De plus, la pratique de
pauses régulières permet
à un opérateur de
relâcher sa posture.

133
ANALYSE DES ACCIDENTS PAR LA METHODE DE L'ARBRE DES CAUSES -ADC-
L'accident est souvent considéré comme le résultat d'un concours de
circonstances, sur lequel les personnes concernées ont toujours une
opinion bien arrêtée : c'est la faute à ….ça aurait pu être pire… ! quelle
malchance....

La méthode vise à se situer au delà des polémiques et des opinions:


-d'offrir un moyen d'analyses fines des circonstances ayant conduit à
l'accident
-de transformer les causes d'un accident en faits prévisibles
-permettre de dégager des axes de prévention.

C'est à un groupe de travail constitué pour la circonstance, que l'on


confiera l'analyse de l'accident. Cette analyse repose sur le principe de
la comparaison entre la situation de travail ayant donné lieu à l'accident
et un modèle de référence, c'est à dire la même situation de travail si
l'accident ne s'était pas produit.

L'analyse de l'accident consiste donc à reconstituer le processus


accidentel, en identifiant les facteurs ayant concouru à sa survenance.
134
Rechercher un outil d'analyse des accidents permettant
de:

La méthode vise à pallier les difficultés que rencontrent


les partenaires à la suite d'un accident pour:
-rechercher les causes objectives, et profondes de
l'accident
-agir vite pour qu'il ne se reproduise pas
-tirer les enseignements nécessaires pour prévenir le
risque en d'autres lieux ou autres circonstances.
Seule une enquête méthodique et minutieuse permet de
définir des mesures efficaces et durables de prévention.
L'ADC recherche les causes d'accident, tandis que
l'arbre de défaillances, il est destiné à rechercher les
points sensibles des installations techniques ou de
processus et d'y intégrer la sécurité. 135
Les objectifs
-la sensibilisation des gens du terrain à tous les niveaux hiérarchiques,
pour traiter directement les problèmes de sécurité ; Elle vise à ouvrir le
dialogue entre :
.Le personnel d'exécution
. L'encadrement
. Le CHSCT
-une description objective de l'accident
en excluant les jugements induisant des effets secondaires :
. De déceler des risques nouveaux ;
. De connaître des risques inédits.
et mettant en évidence des causes effectives pour apporter :
- Des corrections immédiates ;
- De traiter les causes profondes ;
- De supprimer les risques potentiels similaires dans les autres secteurs
de l'entreprise.

136
La méthode

L'analyse de l'accident relève d'un travail collectif


consistant à :
- Mener l'enquête ;
- Recueillir les faits et uniquement les faits identifiés ;
- Construire l'Arbre Des Causes (ADC) ;
- Rechercher les mesures correctives adaptées ;
- Rechercher s'il subsiste des risques semblables dans
l'établissement ;
- Proposer des mesures adaptées ;
- Vérifier leur application.

137
Le groupe de travail
L'analyse d'un accident par la méthode repose sur un travail de
groupe, dont la structure doit être constituée de la façon suivante :
- L'encadrement de l'atelier
- Des délégués du CHSCT
- Des membres du personnel de l'atelier
- La victime si cela est possible
-Le service sécurité
-Certaines entreprises forment des personnes chargées de vérifier la
conformité et la bonne application de la méthode.
Ceci représente le groupe type qui permet de motiver le plus
efficacement les partenaires de la sécurité. Il n'est pas souhaitable
que le service sécurité soit systématiquement impliqué dans la
démarche. En effet sa position d'expert en ferait automatiquement
l'élément moteur, et c'est sur lui que reposeraient toutes les
initiatives à prendre, ce qui desservirait le concept de la sécurité
intégrée affaire de chacun.

138
LE RECUEIL DES FAITS
-Le recueil des faits doit être mené sur les lieux mêmes de l'accident
-avec tout le groupe de travail qui devra entendre toutes les personnes
qu'il estimera susceptibles de l'éclairer dans ses recherches, il doit être
méthodique à la manière d'un audit, ne pas retenir de faits ou de
situations non vérifiés ou inexpliqués :
- Observation des lieux pour noter les situations à risque :
.Encombrement . Accès . Actions ou opérations dangereuses
- Qui est la victime (statut dans l'entreprise) ?
- Quelle est l'organisation de l'atelier ou du travail ? : . Répartition du
travail ?
. Qui donne les ordres ? . Sous quelle forme sont-ils donnés ? .
Comment les moyens sont-ils mis à disposition ?
- Quel est le contenu du poste de travail ?
- Quel est l'objectif recherché ?
- Quelle est la chronologie des opérations ayant précédé l'accident ?
- Que s'est-il passé après l'accident ?

139
Exemple d'analyse d'accident
L’analyse commence en posant pour chaque événement les
questions suivantes :
- Pourquoi l'événement s'est produit (ce qui désigne
automatiquement le ou les faits précédents) ?
-Y a-t-il d'autres faits qui ont initié l'événement en question ?
- les causes retenues mettent-elles en évidence le facteur humain ?
- les facteurs retenus sont-ils essentiellement d'origine matérielle ou
technique ?
-les problèmes organisationnels sont-ils incriminés ?

En face de chacun des événements reportés le groupe d'analyse (-


L'encadrement de l'atelier
- Des délégués du CHSCT - Des membres du personnel de l'atelier -
La victime si cela est possible
-Le service sécurité ) recherchera des mesures propres à éviter le
retour d'un accident semblable. Il retiendra les mesures
raisonnablement applicables.
C'est en cela que l'analyse systématique des accidents permet de
développer le réflexe de la prévention, affaire de chacun. 140
Quelques réflexions sur la méthode
Pour être efficace la méthode doit reposer sur un travail
de groupe, mais elle doit également impliquer tous les
acteurs et éviter que cela ne devienne le travail d'un
spécialiste (du service Sécurité par exemple)
Les causes matérielles sont faciles à traiter, car elles ne
dépendent que d'une volonté affirmée et de moyens
pour la réalisation.
C'est beaucoup plus difficile pour les causes qui
touchent à l'organisation de l'entreprise, les méthodes de
travail et le facteur humain, ce qui demande souvent des
délais plus longs et l'implication de la Direction.
La méthode amène un changement d'attitude à l'égard
de la sécurité : - Sensibilisation ; - Dialogue ; - Solidarité.
La méthode est fiable car plusieurs groupes obtiennent
pratiquement les mêmes résultats pour une même
analyse. 141
Sécurité de l’utilisateur

Les mesures de sécurité prises par l’utilisateur:


Dans tous les cas, les pratiques de travail de l’utilisateur
doivent être rigoureuses:
- Formation adéquate;
- procédure de travail sûres;
- inspections régulières;
- permis de travail;
- fourniture d’équipements de protection individuelle (
casque, gants, chaussures; ….)
Ces dispositions relèvent de la responsabilité des
utilisateurs.

142
Un exemple d’attitudes préventives

L’opérateur évite les risques d’accidents en observant


les règles de sécurité suivantes.
-Avant le travail : il s’assure que la machine est en bon
état, que les protecteurs sont mis en place et que les
abords de la machine sont bien dégagés. Il utilise ses
équipements de protection individuelle.
-Pendant le travail : il garde en permanences ses
équipements de protection individuel ; il veille à
l’utilisation et au réglage des protecteurs, il trouve le
bon équilibre devant la machine pour assurer ses
gestes; il reste attentif et ne se laisse pas distraire.
-Après le travail : il s’assure que la machine est bien
arrêtée, il nettoie l’aire de travail et range ses outils.
143
CONCLUSION

144
La sensibilisation sur les questions relatives à la
représentation du personnel, au dialogue social à la
sécurité et la santé au travail au sein des entreprises est
en amélioration grâce aux nombreuses manifestations
et colloques et grâce également à une certaine prise
de conscience du personnel des autorités compétentes
;

Cependant, il est à noter un faible engagement des


syndicats et des représentants des salariés et l’absence
d’une véritable volonté patronale malgré sa
responsabilité légale en matière de la protection de la
santé des salariés (articles 749 et 750 du Code des
obligations et contrats et article 281 du Code du travail)

145
FIN

146