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MEMOIRE

Présenté en vu de l’obtention du
MASTER EN INGENIERIE DE L'EAU ET DE L'ENVIRONNEMENT
OPTION : EAU

THEME D’ETUDE

CONTRIBUTION DES SIG ET TELEDETECTION A LA CONNAISSANCE


DES AQUIFERES DU SOCLE DANS LE SOUS BASSIN DE LA SIRBA :
EXTRACTION DU RESEAU DE FRACTURES MAJEURES

Par

SAWADOGO WEND-YAM ANTOINE

Travaux dirigés par :


M. SOME CORENTIN Dr, Enseignant-Chercheur à 2iE, GVEA Directeur de Mémoire

M. KOÏTA MAHAMADOU Dr, Enseignant-Chercheur à 2iE, GVEA Encadreur

M. ILBOUDO MARCELIN, Ingénieur, Conseiller technique en

Infrastructures hydrauliques à GWI-Burkina Maître de stage

Jury d’évaluation du stage :

Président : M. MAHAMADOU KOÏTA

Membres et correcteurs : M. DA SILVERA

M. FOWE TAZEN

M. MARCELIN ILBOUDO

Promotion 2011 / 2012


Contribution des SIG et Télédétection à la connaissance des aquifères du socle du sous-bassin de la Sirba

REMERCIEMENTS

Au terme de ce présent mémoire, j’aimerais tout d’abord remercier grandement le bon DIEU,
tout puissant, de m’avoir accordé toute sa grâce tout au long de cette épreuve réussie.

Je témoigne ma profonde gratitude à l’ensemble du personnel de GWI, de l’UICN, de CRS, de


2iE et à toute l’équipe d’encadrement pour la réussite de ce travail.
Je tiens à remercier particulièrement :

Mr SANOU Nouhoun coordinateur du projet GWI-Burkina, initiateur de cette étude, qui n’a
pas hésité un seul instant à m’accepter dans la structure. Je lui réitère mon infinie
reconnaissance et mon profond respect.
Mr ILBOUDO Marcelin pour sa disponibilité et son dévouement, son soutien et son souci du
bon résultat, pour les investissements matériels qu’il a concédé pour aboutir cette étude.

L’équipe d’assistance technique de 2iE dont Dr SOME Corentin, Dr KOÏTA Mahamadou, Dr


BIAOU Angelbert, Mr DA Silvera et Dr NIANG Dial, pour leur précieuse disponibilité et
appui immense pour la coordination scientifique de ce document.

Merci également Mr DIEBRE Régi, Expert en SIG, Mr KOUNDOUNO Jérôme à l’UICN


siège, Mr TAPSOBA Aimé de la DGRE, et Mr ZONGO Abel, géophysicien, pour leurs
précieuses contributions en données techniques au cours de ce travail.
Merci à toute l’équipe de géophysique et géologie pour l’immense travail abattu, et
également merci à mes camarades de classes, particulièrement à Priva et Vitrice leur
convivialité et leur soutien.
Enfin, je témoigne ma profonde reconnaissance à ma Famille ; particulièrement à Papa et
Maman, à Oncle Boureima BADINI pour ses immenses soutiens de tout genre au cours ma
formation, à Tante Alima BADINI, à Oncle Oumar BADINI et à Oncle Désiré SAWADOGO
pour leur précieuse contribution.
Et à toutes les personnes chères de la Famille qui nous ont quittées, particulièrement Grand-
pères SAWADOGO Joanny et BADINI Youssouf, Grand-mère OUEDRAOGO Azèto et à mon
arrière Grand- mère BARGO Wendingoudi, que j’ai cotoyer pendant ma tendre enfance.
Merci à mes amis et à tous ceux qui, de loin ou de près, ont participé à la réalisation de cette
étude.

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Contribution des SIG et Télédétection à la connaissance des aquifères du socle du sous-bassin de la Sirba

RESUME
La Sirba avale, où intervient l’ONG « GWI », représente une zone de socle dont le système
aquifère est constitué d’importantes réserves en eau souterraine. Cependant, des problèmes
d’approvisionnement en eau se posent dans la région. Cette étude a contribué à une meilleure
connaissance des aquifères de socle pour améliorer la production en eau souterraine dans la
zone. Le traitement des images Landsat (scènes 193-051 et 194-051) de 1989 a permis
d’élaborer la carte de fractures majeures. Cette carte comporte 68 fractures dont la taille varie
de 2,1 à 33 km qui présentent trois directions préférentielles N–S, NE–SW, NW–SE. Ces
directions coïncident avec celles des fractures relevées sur les affleurements du site. Les
résultats de la tomographie électrique réalisée à Gayéri et à Bartiébougou ont confirmé
l’existence de ces fractures majeures sur le terrain. Ces résultats ont montré aussi, un sol
composé successivement de couches d’argile et parfois de cuirasse latéritique en surface (15
m et 4 m), d’altérites (20 m), de granité fissuré (12 à 20 m) supporté par du granite sain à
Gayéri. Le sol à Bartiébougou présente successivement des couches d’argile en surface (5
m), d’altérites (18 m), de granite fissuré (35 m) reposant sur du granite sain. On note une forte
présence d’espèces hydrophiles (Piliostigma reticulata et Diopiros mespiliformis) et de
termitières le long du profil de Bartiébougou. Ces résultats ont confirmé l’existence réelle de
ses failles sur le terrain et du même coup ont permis de valider cette carte de fractures
majeures. Cette étude contribuerait à une meilleure exploitation des aquifères de socle dans
cette région.

Mots-clés : Télédétection, SIG, aquifère de socle, fracture, Sirba avale.

ABSTRACT
Sirba downstream, where GWI operates, represents a bedrock area whose aquifer system is
formed of large groundwater reserve. However, water supply problem arise in the region. This
study contributed to a better knowledge of bedrock aquifers to improve the groundwater
production in the site. Landsat image processing (193-051 and 194-051 scenes) of 1989
allowed to develop the map of major fractures. This map contains 68 fractures whose size
ranges from 2.1 to 33 km which show three main directions N-S, NE-SW, NW-SE. These
directions coincide with those fractures founded on rock outcrops on site. The results of
electrical tomography performed to Gayéri and Bartiébougou have confirmed these major
fractures in the field. These results also showed, composite soil wich clay layers of clay and
sometimes lateritic on Surface (15 m and 4 m), alterites (20 m), fractured granite (12 to 20 m)
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supported by healthy granite in Gayéri. The soil in Bartiébougou has successively layers of
clay on surface (5m), alterites (18 m) of fractured granite (35 m) resting on bedrock granite.
There are abundant species hydrophilic plants (Piliostigma reticulata and Diopiros
mespiliformis) and termite mounds along the profile of Bartiébougou. These results confirmed
the real existence of these fractures on the site and at the same time have validated this map of
major fractures. This study would contribute to a better operating of bedrock aquifers in this
region.

Keywords: Remote sensing, GIS, bedrock aquifer, fracture, Sirba swallows.

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Contribution des SIG et Télédétection à la connaissance des aquifères du socle du sous-bassin de la Sirba

Liste des sigles et abréviations

ACP : Analyse des Composantes Principales

BUNASOL : Bureau National des Sols

CRS : Catholic Relief Service

DGRE : Direction Générale des Ressources en Eau

GIRE : Gestion Intégrée des Ressources en Eau

GPS : Global Positioning System

GWI : Global Water Initiative

IGB : Institut de Géographie du Burkina

MIR : Moyen Infrarouge

MNT : Modèle Numérique de Terrain

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PAC-GIRE : Plans d’Action Communautaire de Gestion Intégrée des Ressources en Eau

PAGIRE : Plan d’Action pour la Gestion Intégrée des Ressources en Eau

PIR : Proche Infrarouge

RECOPA : Réseau de Communication sur le Pastoralisme

REM : Rayon Electromagnétique

RMP : Résonnance Magnétique des Protons

SIG : Système d’Information Géographique

SRTM : Shuttle Radar Topography Mission

TM : Thematic Mapper

UICN : Union Internationale pour la Conservation de la Nature

UTM : Universal Transverse Mercator

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Contribution des SIG et Télédétection à la connaissance des aquifères du socle du sous-bassin de la Sirba

Sommaire
I. Introduction générale ....................................................................................................... 3

1. Contexte du projet ........................................................................................................... 3

2. Problématique de l’étude ................................................................................................. 4

II. Caractéristiques du milieu d’étude ................................................................................. 5

1. Localisation de la zone d’étude ....................................................................................... 5

2. Cadre physique ................................................................................................................ 6

III. Introduction a l’étude de la fracturation ...................................................................... 13

1. Notion de fracture.......................................................................................................... 13

2. Origine des fractures ..................................................................................................... 13

3. Fracturation et circulation d’eau souterraine ................................................................. 14

IV. Apport des technologies utilisées dans l’étude ............................................................. 19

V. Matériels et méthodes d’étude ....................................................................................... 20

1. Matériels ........................................................................................................................ 20

2. Méthodologie ................................................................................................................ 21

VI. Résultats et discussion .................................................................................................... 25

1. Carte de fractures majeures de la zone d’étude (Sirba avale) ....................................... 25

2. Carte de couplage des fractures majeures et des forages positifs ................................. 26

4. Validation géophysique de la carte : données de résistivité .......................................... 29

5. Validation de la carte de selon type de végétation ........................................................ 35

VII. Recommandations .......................................................................................................... 37

VIII. Conclusion et perspectives ........................................................................................... 38

IX. Bibliographie ................................................................................................................... 39

Annexes ................................................................................................................................... 42

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Liste des figures

Figure 1 : Carte de localisation de la zone d’étude .................................................................... 6

Figure 2 : Carte topographique (modèle numérique de terrain) de la zone d’étude ................... 8

Figure 3 : Carte hydrographique de la zone d’étude ................................................................ 10

Figure 4: Carte géologique de la zone d’étude ......................................................................... 12

Figure 5 : Structure schématisée d’un aquifère de fissures (Engalenc, 1978) ......................... 17

Figure 6 : Modèle conceptuel géologique d’un aquifère fracturé en milieu de socle selon
Wyns et Dewandel ................................................................................................................... 18

Figure 7: Principe d’un panneau électrique à l’aide du dispositif Wenner-Alpha ................... 24

Figure 8 : Pseudo section de résistivités................................................................................... 25

Figure 9 : Carte de fractures de la zone d’étude (Sirba avale) ................................................. 26

Figure 10 : Carte de couplage des linéaments et des forages de la zone d’étude ..................... 27

Figure 11 : Fracturations observées dans la zone de Bartiébougou ......................................... 27

Figure 13 : Histogrammes circulaires en nombre de linéaments et fracturations. ................... 29

Figure 14 : Carte de positionnement des profils réalisés dans la zone d’étude ........................ 30

Figure 15 : Profil de résistivités n°01 : Site 1 de Gayéri .......................................................... 30

Figure 16 : Profil de résistivités n°02 : Site 2 de Gayéri ......................................................... 32

Figure 17 : Profil de résistivités n°03 : Site de Bartiébougou .................................................. 33

Figure 18 : Positionnement des espèces hydrophiles et termitières le long du profil ............. 35

Figure 19 : Espèces végétales hydrophiles et termitière à Bartiébougou ................................ 36

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I. Introduction générale

1. Contexte du projet

Au Burkina Faso, un certain nombre de textes fondamentaux ont été élaborés pour renforcer
la politique de gestion des ressources naturelles de l’Etat. Le décret du 10 septembre 1998
portant adoption du document de politique et stratégies en matière d’eau, etc. Ces textes ont
été appuyés au plan international par la signature d’un certain nombre de conventions dont la
Convention Africaine pour la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles signée à
Alger le 15 septembre 1968 ; etc. Ces conventions ont servi, en particulier en Afrique, de
socle institutionnel, juridique et règlementaire au processus de mise en œuvre de la GIRE. Le
Burkina Faso s’est engagé dans un processus de recherche d’une gouvernance effective de ses
ressources en eau. Cet engagement se traduit par la mise en place d’un Plan d’action de
gestion intégrée des ressources en eau (PAGIRE), décret n°2003-220/PRES/PM/MAHRH le 06
mai 2003. Conscients des efforts consentis par le gouvernement et la faiblesse des moyens
pour aborder les problématiques clés dont l’insuffisance d’eau, certains partenaires comme
GWI-BF, accompagnent l’Etat. Cette initiative mondiale pour l’eau GWI-Burkina Faso
intervient comme une contribution à la mise en œuvre du PAGIRE dans la région de l’Est :
Mise en place du projet « Conservation des ressources en eau pour une gestion durable des
moyens d’existence des populations de la partie Est du Burkina ».
De nos jours, le Burkina est confronté à d’énormes problèmes environnementaux
(désertification, sécheresse, etc.) qui constituent considérablement un frein pour son
développement. Par ailleurs, le climat a une grande influence sur les systèmes écologiques et
socio-économiques en région sahélienne; sa modification peut avoir des incidences plus ou
moins prononcées sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, la diversité biologique, les
ressources en eau, la santé et donc sur les moyens d’existences des populations. Au vu de ces
différents enjeux, le Global Water Initiative au Burkina a focalisé son attention sur la zone en
queue de bassin versant de la Sirba qui illustre le mieux les problématiques suscitées.
Le projet Global Water Initiative (GWI) a pour objectif principal d’améliorer la qualité de vie
des populations vulnérables du Burkina Faso à travers une gestion intégrée des ressources en
eau, une situation exacerbée par la détérioration sans cesse croissante de l’environnement.
Le projet GWI-Burkina a démarré depuis Septembre 2009 sa première des trois phases de long
terme qui dure chacune 3 ans. Cet démarrage réussi du projet ont permis de nouer des
partenariats stratégiques avec tous les intervenants de la zone d’intervention. L’étude

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diagnostique et celle sur les acteurs et espaces d’échanges de la gestion intégrée des
ressources en eau du Burkina Faso ont permis de faire une photographie exacte des besoins
réels des acteurs dans la zone du projet (Sawadogo P. M André, 2010). L’élaboration des
plans d’action communautaire pour la gestion intégrée des Ressources en Eau (PAC-GIRE) ont
permis de cerner les besoins et les priorités des populations.

2. Problématique de l’étude

Selon le rapport GWI-Burkina de 2008 (UICN/CRS, 2008) et une étude réalisée par Pouyaud.
(1987), le bassin versant de la Sirba subit considérablement les effets du changement
climatique. De cette analyse diagnostique du GWI-BF en 2008, il ressort que ces changements
climatiques ont entrainé une fragilisation des écosystèmes du sous bassin de la Sirba. Cela se
matérialise par une absence d’abri faunique due à la diminution incessante du couvert végétal
et au manque de points d’eau (seules les quelques retenues d’eau faites et protégées pour les
besoins de la faune dans les aires protégées ou dans les zones de concession constituent
d’abreuvoir pour les animaux) et la hausse de la température. Les tendances régionales des
pluies sont en baisse, selon les experts dans diverses études (GIEC, 2005) et cette situation de
baisse pluviométrique n’épargne guère le bassin de la Sirba dont le rapport GWI-BF de 2008
vient confirmer. En effet, on décèle une baisse de la pluviométrie dans la zone de Fada
N’Gourma à environ 80 km de notre zone d’étude; de 1923 à 2004 il a été constaté que la
pluviométrie (données de la station pluviométrique de Fada) a baissé de 11 % soit 0.13% par
an (Rapport final GWI; 2008). Cette situation alarmante a entrainé une pression accrue sur les
ressources en eau souterraine pour les besoins des communautés. Le rapport technique de
forages de la DGRE (2003) présente 180 points d’eau réalisés dans la zone et montre un taux
élevé (31 %) (55 sur 180) de forages négatifs et de forages positifs de faible débit (15 %) (19
sur 125). Selon le rapport 2001 de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques / Burkina Faso, la région de l’Est est la zone par excellence de
production halieutique, de protéine animale, surtout de la viande sauvage des parcs et réserves
de faune. On évalue en moyenne à 20% la superficie réservée annuellement pour l'agriculture
(UNFCCC, 2001). L’influence considérable du pastoralisme, combinée à l’accroissement
démographique et aux effets du changement climatique engendreront sans nul doute des
difficultés d’approvisionnement en eau dans la zone. Cependant, aucune étude approfondie
n’a été faite pour déterminer les véritables causes liées à cette fragilisation de l’écosystème.

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Parlant d’eaux souterraines, la province est caractérisée par des aquifères alluvionnaires peu
profonds (1 à 5 mètres) dans les bas-fonds au sud et plus profonds au nord où les profondeurs
des puits traditionnels et modernes avoisinent respectivement 12 mètres et 15 mètres
(Sawadogo Paul Marie André, 2010). Selon le Projet Bilan d’Eau (1993), la région de l’Est
(contenant la zone d’étude) est la troisième plus importante réserve d’eau souterraine du
Burkina : Ses réserves totales en eaux souterraines sont estimées à 16,19 milliards de m3
(113,2 milliards de m3 au Burkina Faso) dont 2,2 milliards de m3 de réserves (9,5 milliards
de m3 au Burkina Faso) renouvelables estimées sur la base des recharges par infiltration
donc exploitables à long terme. Les ressources en eau annuellement renouvelables du Burkina
Faso représentent 10 % des ressources totales (Programme GIRE, 2000). Dans ces conditions,
il est indispensable de mettre en place des techniques avancées en matière de recherche d’eau,
notamment la télédétection, pour pouvoir exploiter de façon optimale ces ressources d’eau du
sous-sol disponibles dans la zone et pouvoir palier à ces insuffisances d’eau de la population
concernée. C’est ce qui a amené GWI-BF à initier la présente étude dont le thème est
« Contribution des SIG et télédétection à la connaissance des aquifères du socle dans le sous
bassin de la Sirba : Extraction du réseau de fractures majeures ». Cette étude vise globalement
à contribuer à une meilleure connaissance des aquifères de socle à l’avale de la Sirba pour
améliorer la production en eau souterraine. Cela pourrait palier aux difficultés
d’approvisionnement en eau des populations. Spécifiquement elle vise à :
 Réaliser la cartographie de fractures majeures à l’aide d’imagerie satellitaire Landsat.
 Réaliser la carte de couplage entre fractures majeures et forages positifs
 Effectuer une corrélation entre les fractures établies et celles observées sur affleurement
 Vérifier l’existence des photo-fractures sur le terrain par la géophysique et par la
présence d’espèces végétales hydrophiles.

II. Caractéristiques du milieu d’étude

1. Localisation de la zone d’étude

La zone d’étude est située dans la partie aval du bassin de la Sirba (un des affluents du fleuve
Niger au Burkina ) entre les latitudes 12°30 et 13°13 de Nord, et les longitudes 0°29’ et 1°00’
de Est. Elle couvre une superficie d’environ 2100 km2 dont 800 km2 pour la rive gauche et

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1300 km2 pour la rive droite. elle s’étend sur trois provinces : Komandjari, Yagha et Gnagna
et couvre 45% de la commune de Mansila, 10% de la commune Boundoré, 80% de la
commune de Foutouri, 60% de la commune de Gayéri, 20% de la commune de Bartiebougou
et 45% de celle de Liptougou. Le bassin de la Sirba fait partie de l’espace de gestion du
Gourma et répartie en cinq (5) espaces de compétence (d’intervention) du Comité Local de
l’Eau de CLE : Sirba-amont, Sirba-amont-sud, Sirba-médian-sud, Sirba-médian-nord et la
Sirba-aval. La Sirba-aval, comportant les 2 rives, constitue la zone de la présente étude. La
zone d’étude a été cadrée dans la figure 1.

Figure 1 : Carte de localisation de la zone d’étude

2. Cadre physique

2.1. Le climat
La zone du projet est caractérisée par un climat de type soudano-sahélien à faibles
précipitations. La pluviométrie moyenne varie entre 600 et 700 mm. Les travaux présentés par
Sawadogo Paul Marie André (2010) ont avancé une baisse générale de la pluviosité de l’ordre
de 11% pour toute la région de l’Est entre 1971 et 2008. La température moyenne annuelle est
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de l’ordre de 29 °C avec des écarts très importants. La température minimale est d’environ
10°C et elle s’observe pendant le mois de Décembre tandis que les plus fortes températures
sont enregistrées pendant le mois d’Avril et peuvent atteindre 42°C. L’évaporation sur nappe
libre mesurée dans un bac de classe A atteint annuellement 2 900 à 3 000 mm ( GWI, 2010).
Cette zone est balayée par deux types de vent : l’harmattan en saison sèche et la mousson en
saison hivernale. La vitesse du vent est très faible généralement inférieure à 8 m/s ; elle peut
néanmoins atteindre 35 m /s en début et en fin de saison hivernale et au cours des orages
(Yobouet et al, 2011).

2.2. Le relief
Le relief de l’ensemble du bassin versant est faiblement accidenté et est marqué par la
présence de vastes plaines alluviales et de buttes cuirassées avec par endroits des
affleurements rocheux. Ces buttes sont reliées aux plaines par des glacis cuirassés ou non et
dont la pente varie entre 2 à 3% occasionnant de forts ruissellements des eaux de pluie et le
déplacement des solides (Ouédraogo et Béré, 2008). D’après les travaux du BUNASOL en
2009 (Yobouet et al, 2011), on distingue trois (3) types de sol dans la zone : Les sols argileux,
les sols sablonneux et les sols gravillonnaires. Les sols dans la zone du sous bassin sont
dégradés à environ 70 % de la superficie mais l’existence de nombreux bas-fonds offrent
environ 30 % de sols riches propices à l’agriculture (Rapport GWI-Burkina, 2011).

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Figure 2 : Carte topographique (modèle numérique de terrain) de la zone d’étude - Sirba avale

2.3. La végétation
La zone est marquée par une végétation constituée de forêt galerie, de savane et de steppes.
Elle est dominée par la savane et de steppe arbustive. Au Nord, la végétation est marquée par
la domination de la savane arbustive. Les espèces ligneuses dominantes sont : Combretum
nigricans, Acacia senegal, Acacia gourmaensis et Balanites aegyptiaca. Au Sud de la
province de la Komondjari, la flore reste assez diversifiée. La végétation ligneuse est
dominée par des espèces ligneuses caractéristiques de la savane arborée et arbustive dense :
Combretum glutinosum, Acacia macrostachya Combretum micranthum, Acacia nilotica,
Acacia laeta, Combretum nigricans, Acacia senegal, Commiphora africana, Bauhinia
rufescens, Pterocarpus erinaceus, Capparis tomentosa. (Ouédraogo, 2001 ;
DPECV/Komondjari, 2010). La strate herbacée est dominée par Loudetia togoensis et
Andropogon spp. Les produits ligneux et non ligneux sont d’une importance vitale aussi bien
pour les humains que pour le bétail et la faune sauvage.

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2.4. Le réseau hydrographique

Les ressources hydrographiques de la province sont constituées essentiellement de deux (02)


cours d’eau non permanents, à savoir la Sirba et le Goulbi tous affluents du fleuve Niger. La
plupart des tronçons de ces deux affluents s’assèchent au mois de janvier. Toutefois quelques
chapelets de mares restent permanents au niveau de la Sirba. Le parcours du lit principal de la
Sirba est orienté du sud-ouest vers le nord-est sur une longueur totale estimée à 250 km
(Ouédraogo et Béré, 2008). Le cours d'eau de la Sirba subit le régime torrentiel dû aux
précipitations intenses de la saison pluvieuse avec un débit interannuel de l, 80 m3 /s (Iwaco,
1993). Au titre des eaux de surface, la province compte deux barrages qui s’assèchent
rapidement. Le plus grand est celui de Gayéri et le second de moindre importance est localisé
dans le village de Oué. Les ressources hydrographiques de cette région sont considérables.
Les nombreux travaux de recherches réalisées par Sawadogo (1982) sur la morphologie de ces
zones tropicales révèlent d’abord que la densité du réseau hydrographique est fonction de la
pluviométrie : En région de socle, le réseau hydrographique peut jouer un rôle important dans
la recherche de fractures. Ces études révèlent que le cours d’eau du Nazinon (ex-volta rouge)
ont montré que le tracé de cette rivière est souligné par un linéament de direction NW-SE.
D’autres études effectuées par Hottin et Ouédraogo (1975) sur la Sirba révèlent également
que le tracé de son cours d’eau est orienté par un linéament de direction NE-SW. De ces
résultats, ces auteurs ont conclu qu’en zone de socle il y avait une liaison étroite entre le
réseau hydrographique et la fracturation et que les linéaments qui sont soulignés par les cours
d’eau indiquent les directions de la fracturation du socle. La carte hydrographique de la zone
d’étude est présentée par la figure 2.

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Figure 3 : Carte hydrographique de la zone d’étude

2.5. Le contexte humain

 La démographie

La structure spatiale du peuplement est dominée par de petits villages et des campements. La
densité moyenne est estimée à 25 habitants/km², relativement faible comparée aux régions du
Centre Nord, Centre Est et du Plateau Central, estimées respectivement à 154 habitants/ km²,
63 habitants/km² et 43 habitants/Km². Le taux de croissance est estimé à 3,51 %. Les
populations sont majoritairement les Gourmantché; les Peulh et les Mossi.

 L’agriculture et l’élevage
L’agriculture constitue l’activité socio-économique la plus pratiquée, elle génère plus de 40%
des revenus de ménages. Elle emploie plus de 80% de la population (Rapport GWI-Burkina,
2008). L’agriculture pratiquée est du type extensif avec utilisation des intrants (pesticides).
Les principales cultures sont le sorgho, le mil, le maïs pour les céréales, l’arachide, le niébé et
le soja pour les cultures de rente. Les cultures maraichères et fruitières sont à un stade

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embryonnaire faute de connaissance de technique culturale et de cours d’eau non pérenne.


L’élevage est la deuxième activité socioéconomique. Il contribue pour 19% dans le revenu
des ménages. Les principales espèces élevées sont : les bovins ; les ovins ; les caprins ; les
porcins ; les asins ; les équins et la volaille.

2.6. Contextes géologique et hydrogéologique

 Contexte géologique

La partie Est du Burkina, où se situe la zone du projet, est incorporée dans la région du
Liptako-Gourma qui constitue la partie Nord Est de la dorsale de Man dans le craton Ouest
Africain. Ce craton est constitué essentiellement de formations d'âge Protérozoïque inférieur
(2,2 Ga - 1,8 Ga) selon Séta Naba (1999). L'ensemble de la géologie de la région de l’Est se
présente comme une zone de socle ancien de migmatites et de granitoïdes (migmatisé et
granitisé), découpée par trois (3) unités birrimiennes volcano-sédimentaires, plus ou moins
continues, d'allongement Nord 60° (Iwaco, 1993) : l’unité de la Sirba (zone d’étude), l’unité
de Fada N'Gourma, et celle de Diapaga-Pama. La zone d’étude est constituée (Séta Naba,
1999) d’abord par un très grand massif de granitoïde de composition variée. Ce massif
contient un alignement étroit et allongé SW-NE de plutons granitiques, des lambeaux de
ceintures de roches vertes de même orientation. Ensuite, on a les massifs plutoniques
circonscrits plus ou moins arrondis à l'affleurement qui sont entièrement inclus dans les
massifs de granitoïdes foliés. Au point de vue structural, le birrimien de la Sirba a une
direction NE-SW correspondant aux directions des sillons (Sawadogo, 1982). Les accidents
dans cette zone peuvent s'étendre sur plusieurs dizaines de kilomètres (Feugas et al, 1980).
L'altération sur ces formations est souvent supérieure à 20 m et favorise la formation de
cuirasses latéritiques (Iwaco, 1993). La figure suivante présente la carte géologique de la zone
d’étude (Figure).

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Figure 4: Carte géologique de la zone d’étude

 Contexte hydrogéologique

La zone d'étude est constituée de deux(2) grands ensembles hydrogéologiques correspondant


aux deux (2) unités géologiques principales (Iwaco, 1993):
i) Un ensemble à dominante granito-gneissique ou migmatique (socle antébirrimien). C’est le
plus étendu du point de vue géographique et est majoritairement représenté au centre.
ii) Un ensemble à dominante schisto-gréseuse (séries birrimiennes). Celui-ci se caractérise par
une frange d'altération très épaisse et argileuse supérieure à 20 m et une forte hétérogénéité
lithologique (Alternance de schistes avec des arkoses, des conglomérats ainsi qu'à l'existence
de filons quartzeux). Cet ensemble peut constituer de grands réservoirs du fait de l'acquisition
d'une porosité de fracture, mais les ressources sont limitées par la présence de matériau à
faible perméabilité. Cependant, la présence d'intercalations détritiques ou de filons de quartz
qui agissent comme des drains, contribuent grandement à améliorer la qualité du réservoir
aussi bien dans la tranche superficielle altérée qu'en profondeur.
Les résultats de nombreux forages réalisés par le projet d'Hydraulique Villageoise de l'Est
montrent que l'épaisseur d'altération apparaît comme un facteur déterminant du taux de
succès. Le taux de succès approche en effet 80% dès que l'épaisseur d'altération dépasse 25
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mètres et tombe a 50% lorsque l'épaisseur d'altération est inférieure à 10 m. Les latérites
couvrent 80 à 90% du terrain. Elles sont fréquemment cuirassées et forment probablement
d'anciennes surfaces morphologiques (Iwaco, 1993).

III. Introduction a l’étude de la fracturation

1. Notion de fracture

Selon les travaux de Sawadogo Silminoaga (1982), une fracture est une discontinuité
d’origine mécanique et tectonique apparaissant dans les niveaux structuraux moyens et
supérieurs de l’écorce terrestre. Il ajoute que la notion de fracture vue sous cet angle englobe
les diaclases, les fentes ou fractures d’extension, les joints stylo-lithiques et les failles de
différentes dimensions. Plusieurs études effectuées (Goguel, 1965 ; Mattauer, 1973 ; Bles et
Feuga, 1980) nous montrent que ces éléments (diaclases, les fentes, etc.) sont fonction de la
taille de la fracture et selon qu’il existe un rejet ou non entre les deux (2) bords :
 Il y a faille quand les deux (2) compartiments séparés par la fracture montrent un
déplacement l’un par rapport à l’autre ; et ce déplacement peut aller de l’ordre du mètre à
quelques dizaines de kilomètres ;
 On parle de cassure lorsque ces déplacements sont faibles ;
 Et de diaclases ou joints lorsque le déplacement relatif est très petit ou nul.
Selon Sawadogo Silminoaga (1982), cette notion de fracture s’adapte bien dans les régions de
socle comme le Burkina, où les affleurements sont rares et de mauvaise qualité qui rendent
leur analyse en surface difficile voire impossible. Pour mieux appréhender cette notion de
fracture il est indispensable de préciser leur origine.

2. Origine des fractures

Il faut noter que l’existence des fractures dans les régions de socle comme le Burkina à
l’instar de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest a été confirmé par de nombreuses
études (Cloos, 1936 ; Larson, 1963-1967 ; Engalenc, 1978 ; Bles –Feugas - Gros, 1980).
L’origine de ces fractures est vue sous deux (2) angles :
 Premièrement on distingue les fractures qui proviennent de la mise en place des magmas
granitiques que l’on nomme fractures précoces ou primaires. Elles sont causées d’une part
par le refroidissement du magma entraînant une relaxation des contraintes (Blak, 1937), et

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d’autre part par l’augmentation de la pression des fluides libérés lors de la cristallisation ou
encore par la réaction des terrains encaissants à l’intrusion granitique (Price, 1966).
 En deuxième plan, on a les fractures qui proviennent des phénomènes tectoniques qui se
sont produits après la mise en place et le refroidissement des magmas. Ces phénomènes ont
occasionné d’abord d’autres fractures secondaires sur ces roches magmatiques existantes
mais ont provoqué aussi des fractures dans les formations sus-jacentes du granite.

3. Fracturation et circulation d’eau souterraine

Selon les travaux de Cloos (1936) ; de Larson (1963-67) ; de Engalenc (1978) et de Bles –
Feugas-Gros (1980), il ressort que dans les régions de socle comme au Burkina Faso et plus
particulièrement dans le sous bassin de la Sirba, il existe certes des fractures mais il faut
préciser que ce n’est pas toutes les roches fracturées qui contiennent de l’eau et surtout en
quantité suffisante. Il faut noter aussi que les travaux de Lemieux (2002), confirment que ces
fractures mêmes identifiées ne participent pas nécessairement toutes à l’écoulement. Au cours
de cette étude, on s’intéressera particulièrement aux fractures capables de renfermer de l’eau
et en quantité suffisante pour l’approvisionnement de la zone. Alors, quelles sont les
conditions d’existence d’eau dans ces fractures et quelles sont celles susceptibles d’en
contenir en quantités importantes ?

3.1. Conditions d’existence des eaux souterraines et fractures favorables

Selon l’origine dynamique de la fracturation, on distingue trois (3) types de fractures : les
fractures de tension, les fractures de compression et les fractures de cisaillement. Et selon la
direction d’application des contraintes, on observe deux(2) catégories de fractures : les
fractures ouvertes, causées principalement par la décompression superficielle ; cas du socle
Ouest Africain (Avias, 1967 ; Agaledes-Guerin, 1973) et les fractures fermées. Les travaux
de Larson (1972) montrent que seules les fractures de tensions semblent être ouvertes et
peuvent fournir de bons débits d’eau. Ces fractures sont donc susceptibles de drainer de
grandes quantités d’eau. Par contre, les fractures de cisaillement, d’après ce même auteur,
semblent être fermées et contiennent peu d’eau. Ces fractures dans une zone donnée, peuvent
constituer un réseau de fractures comportant des caractéristiques particulières. Alors à quel
moment peut-on dire qu’un milieu est fissuré et quelles peuvent être les caractéristiques de
ces milieux fissurés en zone de socle comme la Sirba ?

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3.2. Caractéristiques des milieux fissurés en zone de socle

Selon Vaubourg (1980), le milieu sera considéré comme milieu fissuré si on peut localiser
principalement des surfaces de cheminement bien délimitées et immuables, les fissures.
Notons que le milieu fissuré diffère du milieu poreux par son caractère discontinu. En effet,
un milieu parfaitement poreux comporte un aquifère qui est homogène et isotrope ; par contre
le milieu fissuré se caractérise par l’hétérogénéité et l’anisotropie de son aquifère. L’eau
circule dans les interruptions de la roche qui sont multiples et très variées en nature et en
volume. Il est difficile de maitriser le comportement de ce type de milieu car chaque réseau de
fractures est unique en son genre, en ce sens qu’il possède des caractéristiques
hydrodynamiques qui lui sont propres et dépendantes principalement de la longueur des
fissures, du degré du colmatage et de la profondeur.

 Perméabilité du milieu fissuré

La perméabilité K d’un réservoir caractérise la facilité avec laquelle l’eau le traverse sous
l’effet d’un gradient hydraulique. Etant donné que ce milieu n’est pas continu (homogène et
isotope), l’équation générale de l’hydraulique souterraine de Darcy (K = Q/A.i), n’est pas
applicable. Sa conductivité hydraulique K est fonction non seulement de la largeur des
fissures, de leur remplissage mais aussi de l’espacement moyen entre les fissures. Vaubourg
(1980) définit la perméabilité intrinsèque des fissures qui est donnée par la formule :

Kf : perméabilité intrinsèque en darcy (m/s)


b : épaisseur de la fissure (mm)
l : largeur de la fissure (m)
n : nombre de fissures
Cette formule montre que la perméabilité de ces milieux peut être extrêmement variable selon
que l’on ait une ou plusieurs fractures et que leur ouverture est plus ou moins grande.

 Porosité du milieu fissuré

La porosité de fissures est le rapport du volume du vide des fractures sur le volume total de la
roche définit. La formule de la porosité en milieu fissuré, en supposant que la fracturation
découpe la roche en blocs cubiques de côté a et d’épaisseur b, a été énoncée par Vaubourg
(1980) :

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. Où Ø représente la porosité.
En termes de porosité, selon les études hydrogéologiques effectuées par Seguin J.J (2005)
sur l’Afrique, il apparaît une prédominance des aquifères de socle en région Ouest Africaine
notamment au Burkina et leurs formations rocheuses (granites, syénites, gabbros, diorites,
gneiss, migmatites, schistes, …) qui sont caractérisées par une porosité très faible (inférieure à
1% en général, au plus de 1 à 2%). L’emmagasinement et la circulation d’eau n’y est donc
possible que s’il existe d’une part, une zone d’altération suffisamment épaisse, de bonne
porosité, à rôle capacitif et d’autre part, un réseau de fissures ou de fractures non colmatées, à
rôle conducteur.

3.3. Structure de l’aquifère fissuré

Le modèle de la structure de l’aquifère fissuré a évoluée de nos jours. L’ancien modèle


proposé par Engalenc (1978) a été remplacé par d’autres modèles à l’instar de celui présenté
par Wyns et al (2004) et Dewandel et al (2006).

 Modèle de l’aquifère fissuré selon Engalenc (1978) :

D’après la structuration effectuée par Engalenc (1978) en région de socle, un aquifère de


fracture comporte divers niveaux productifs en fonction de la profondeur :
 Un premier niveau est observé entre 0 et 30 mètres de profondeur. Il souligne que ce
niveau est le plus poreux parce que les fissures verticales dans cette zone sont bien
connectées par les joints horizontaux : Cette zone constitue la zone d’infiltration, de
circulation et d’emmagasinement des eaux.
 Un deuxième niveau est observé entre 30 et 40 mètres environ et correspond à la limite de
fermeture des joints secondaires (40 mètres). A ce niveau, il précise que les ouvertures des
nombreuses fissures principales, particulièrement celles inclinées, se resserrent
progressivement jusqu’à se refermer après cette zone.
 Un troisième niveau se situe vers 60 mètres de profondeur où la quasi-totalité des fissures
qui s’y trouvent sont jointives et deviennent virtuelles.
 A l’issu de ces travaux, Engalenc conclut qu’au delà de cette couche, on observe
principalement la zone des fractures majeures qui correspondent à des accidents majeurs
ou à des zones broyées.
La figure 4 illustre cette description de l’ancien modèle de l’aquifère fissuré.

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1- Zone broyée

2- Accident majeur

3- Joint principal

multikilométrique

4- 6 –Joints secondaires

5 - Joints horizontaux

Figure 5 : Structure schématisée d’un aquifère de fissures (Engalenc, 1978)

Cette zone est particulièrement intéressante. En effet, des nombreuses études effectuées dont
celle de Engalenc (1978), ont confirmé que les fractures dans cette zone broyée en région de
socle comme la Sirba, si elles sont ouvertes, induisent des circulations importantes d’eau qui
sont préservées des fortes évaporations à causes des grandes profondeurs. Par ailleurs, il faut
noter que les ouvrages qui exploitent les nappes superficielles n’ont pas toujours un débit
continu et l’évaporation entraine une baisse importante et généralisée du niveau des nappes
qui y sont localisées : C’est pourquoi l’exploitation des niveaux plus profonds (notamment les
nappes de fracture) est devenue une nécessité pour l’alimentation en eau des populations.

 Modèle de l’aquifère fissuré selon Wyns et al (2004) et Dewandel et al (2006):

Il faut noter que dans les formations de socle à dominante granito-gneissique, les processus
d’altération ont engendré le développement, à partir de la roche mère et selon un profil
vertical, de différents horizons possédant des propriétés physiques (mécaniques et
hydrauliques) spécifiques. Selon le modèle de Wyns et al (2004) et Dewandel et al (2006)
énoncé dans les travaux de Nathalie et al (2010), en évoluant progressivement de la surface
jusqu’à la roche saine, on distingue :
- La cuirasse latéritique (qui peut être érodée localement) ;
- Les altérites, formations riches en argiles, de quelques dizaines de mètres d’épaisseur, dont
la porosité peut être significative (3 à 10%), et présentant généralement une conductivité
hydraulique relativement faible ;

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- L’horizon fissuré, généralement caractérisé par une fracturation horizontale dense sur les
premiers mètres, et une densité de fractures subhorizontales et subverticales qui diminue avec
la profondeur. La partie supérieure de cette couche assure la fonction transmissive des
aquifères de socle ;
- La roche saine, qui n’est perméable que localement, quand des discontinuités sont présentes.
La figure 5 suivante illustre cette description du nouveau modèle de l’aquifère fissuré.

Figure 6 : Modèle conceptuel géologique d’un aquifère fracturé en milieu de socle selon (Wyns et al.
2004 ; Dewandel et al, 2006).

Dans ce modèle, l’ensemble altérites / socle fracturé se comporte comme un aquifère de type
bicouche : D’une part, le substratum rocheux fracturé, à forte perméabilité locale, assure une
fonction transmissive qui permet d'obtenir un bon débit instantané. D’autre part, les altérites
sus-jacentes, grâce à leur capacité de rétention d'eau, permettent l’alimentation à long terme
du forage en étant drainées par le réseau de fractures. Selon Somé (2009), de nombreux
forages réalisés en zones de socle ont confirmé que l’exploitation des eaux souterraines dans
ces zones pouvait être significativement améliorée en captant directement les secteurs
fracturés de la roche saine avec des possibilités de débits de l’ordre de 5 à 15 m3/h, parfois
inférieurs à 5 m3/h, rarement supérieurs à 15 m3/h.

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IV. Apport des technologies utilisées dans l’étude

 La Télédétection

Selon Lillesand et Kiefer (1994), la télédétection est définie comme l’ensemble des
techniques permettant d’obtenir de l’information sur un objet, un territoire ou phénomène
géographique à travers l’analyse des données acquises à distances sans contact direct avec cet
objet, ce territoire ou ce phénomène géographique. Cette méthode fournit des images satellites
qui permettront d’effectuer une cartographie rapide et détaillée des linéaments qui
s’identifient souvent au réseau hydrographique traduisant la fracturation du socle. Il faut noter
que ces linéaments constituent un guide important dans la recherche des fractures et des
traitements numériques leur seront appliqués pour améliorer leur qualité. Duplan (1973),
abondant dans le même sens que Hobbs (1904), définissait les linéaments comme étant des
traits topographiques observés à l’échelle régionale, rectilignes ou peu courbés et
généralement interprétés comme le reflet de la structure crustale.

 Système d’information géographique (SIG)

Selon Thériault (1992), les SIG sont un ensemble de principes, de méthodes, d’instruments et
de données à référence spatiale, utiliser pour saisir, conserver, transformer, analyser,
modéliser, simuler, et cartographier les phénomènes et les processus distribués dans l’espace
géographique. Ils fournissent une information précieuse sur la plupart des thématiques :
pédologie, climat, topographie, etc. Ils aident donc à améliorer la précision de l’interprétation
des produits de la télédétection. A l’opposé, la télédétection peut être utilisée comme un outil
d’acquisition et de mise à jour de données pour les SIG : il existe donc une complémentarité
réciproque entre ces deux (2) éléments.

 La géophysique

L’application de la géophysique en particulier la prospection électrique se révèle d’une


importance capitale dans notre étude. Sawadogo (1982) souligne que cette méthode apparaît
comme un complément indispensable et déterminant de la photo-interprétation surtout dans
les zones difficiles (zones de cultures, etc.). En effet, elle permet de :
 Déterminer sur le terrain le passage de l’accident photo-aérien,
 Préciser la nature de la photo-fracture (simple, complexe ou contact géologique, etc.),

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 Choisir la zone la plus favorable le long de la fracture ou de la zone fracturée,


 Préciser éventuellement l’épandage de la zone fracturée.
Par ailleurs, l’application de cette méthode fournit des résultats précis concernant le
positionnement des ouvrages sur les zones fracturées et la détermination des épaisseurs
d’altération.

V. Matériels et méthodes d’étude

1. Matériels

 Données et logiciels :

Plusieurs données ont été mobilisées pour cette étude : les 180 données de forages (débits,
profondeur des forages, etc.) provenant de la DGRE; les cartes géologique, topographique,
hydrographique et du réseau routier du Burkina à l’échelle 1/500 000 (BNDT), les images
satellitaires TM du satellite Landsat (scènes 193-051 et 194-051) acquises le 20 /11 / 1989
(ftp://ftp.glcf.umiacs.umd.edu/glcf/Landsat/WRS2/). Enfin, il y a eu la collecte de données
SRTM (Shuttle Radar Topography Mission). Le traitement des images satellitaires a été
effectué à l’aide du logiciel ENVI 4.5. Le logiciel Arcview Gis 3.2a a servi à l’élaboration
des cartes. Pour les prospections géophysiques, la combinaison des logiciels suivants a été
utile : Electre II (Iris Instruments) pour la création des séquences de mesure, Prosys II (Iris
Instruments) pour la récupération des mesures et leur traitement, Res2dInv (Geotomo
Software) pour l’interprétation des mesures. Enfin, le logiciel Rose a servi aux rosaces
directionnelles des linéaments et des fractures relevées sur affleurement.

 Matériels de terrain :

Un matériel complet de géophysique a été déployé pour effectuer la réalisation des panneaux
électriques: Le Syscal R1 plus Switch 72 avec ses câbles multi électrodes, des électrodes et
les différents câbles de connexion (électrodes /câbles et Syscal /PC), une chaine, 4 marteaux
pour la mise en place des électrodes, une batterie externe de 12 volts, de l’eau pour arroser les
électrodes, du sel, un carnet de terrain et des fiches de mesures. Deux(2) GPS ont servi à
repérer les points d’intervention (forages proches de linéaments, croisements de linéaments,
etc.). Une boussole géologique a permis sur le terrain de faire des profils perpendiculaire aux
direction des linéaments a vérifier et de mesurer les directions des fractures identifiées sur les

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affleurements rocheux dans la zone. Un appareil photo a servi à des prises de vue (fractures
visibles sur affleurement, espèces hydrophiles trouvées sur le site, etc.).

2. Méthodologie

L’approche méthodologique comporte deux (2) volets : la phase préliminaire et la localisation


du réseau de fractures majeures dans la Sirba avale.

2.1. Phase préliminaire

La méthodologie comporte d’abord une phase préliminaire qui englobe la visite de terrain,
l’étude bibliographique et la documentation. Cette approche initiale est fondée d’abord sur la
visite de terrain qui a permis de visiter le site d’étude, d’entrer en contact et d’échanger avec
les différents acteurs impliqués dans la mise en œuvre du projet GWI-Burkina (IUCN, CRS,
Association TIN TUA, RECOPA, etc.) et de s’imprégner des réalités du projet. Ensuite, elle
est fondée sur la recherche, puis l'exploitation des données existantes de toute nature
(géographie physique et humaine, climatologie, géologie, hydrogéologie...) collectées auprès
des structures de GWI, de 2iE, de la DGRE, l’IGB, SP-PAGIRE, etc. Cela a permis de faire
une description des caractéristiques physique, humaine, climatologique, géologique,
hydrogéologique, etc. de la zone d’étude. Une sortie d’étude géophysique et géologique a été
effectuée en dernier ressort pour valider la carte de linéaments établie.

2.2. Localisation du réseau de fractures majeures

Dans cette partie, il a été question d’effectuer une cartographie du réseau linéamentaire de la
zone à partir d’un traitement effectué sur les images satellitaires Landsat TM. Une fois la
carte des linéaments établie, les linéaments majeurs sont repérés selon la taille et on a procédé
à des investigations sur le terrain pour vérifier s’ils traduisaient réellement des fractures
majeures dans le sous bassin. Il faut noter que ces fractures si elles existent ne sont pas
visibles à l’œil nu dans la majeure partie de la zone car le socle est surmonté d’une épaisse
couche d’altérites (supérieur à 20 m) (IWACO, 1993). Dans ces conditions, la prospection
géophysique notamment la tomographie électrique sur le terrain a permis d’identifier ces
linéaments majeurs sous formes d’anomalie. En effet l’interprétation des anomalies sur le
pseudo séquences de résistivités donnera les caractérisations de la fracture recoupée. A la
prospection géophysique s’ajoutent identification de certaines failles à partir d’indices
indirects comme l’alignement des végétaux. Enfin, l’identification et la détermination des

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directions des fractures sur affleurement rocheux permettront de comparer les directions des
linéaments à celles des incidents tectoniques. Ces vérités terrain permettront la validation de
la carte linéamentaire préétablie. Ce pendant, quel type d’images utilise-on dans cette étude ?
Et comment se fait l’extraction des linéaments à partir du traitement de ces images ?

 Les images optiques : Utilisation d’images Landsat TM

Cette étude concerne la télédétection passive. Elle opère dans le domaine optique : il s’agit du
domaine spectral du rayonnement solaire réfléchi (visible, proche infrarouge : PIR, moyen
infrarouge : MIR). Dans ce système, le capteur (TM) embarqué à bord du satellite Landsat
(Américain) mesure la luminance (W.m-2.sr-1), c’est à dire le rayonnement solaire (REM) qui
est réfléchi par les surfaces terrestres et par l’atmosphère. Ces informations sont ensuite
transmises à une base qui les convertit en images numériques. Ces images Landsat TM sont
choisies du fait de leurs caractéristiques spectrales et spatiales permettant une bonne
cartographie structurale à petite échelle. Elles présentent néanmoins quelques inconvénients :
difficulté d’accès aux images, résolution spatiale (30 mètres) faible. À travers des études
comme celle de Ducrot et al. (2005), l’atmosphère apparaît comme l’une des principales
sources de détérioration de la qualité de ces images optiques. Un traitement de ces images par
des techniques appropriées s’avère donc nécessaire pour améliorer leur visibilité.

 Technique de traitement des images Landsat TM

Ces techniques de traitement appliquées aux images Landsat TM sont d’ordre multiple. On
procède d’abord au géo-référencement et au mosaïcage de ces images. Le système de
projection utilisé est celui retenu officiellement par l’IGB, c’est-à-dire projection UTM
(Universal Transverse Mercator), zone 30. La seconde étape consiste au rehaussement des
images (compositions colorées, combinaison de bandes, analyse en composantes principales,
filtrages directionnels, etc.) et elle vise à une meilleure discrimination des linéaments pour
leur cartographie. Ces différentes approches ont déjà été utilisées dans le cadre de nombreux
travaux dans le monde (Oberg, 1992 ; Bonn et Rochon, 1992 ; Yésou et al, 1993 ; Savané,
1997 ; Kouamé, 1999 ; Koita et al, 2010). Dans le souci d’améliorer le contraste des images,
des compositions colorées ont été réalisées avec les bandes 2, 4, 5 et 7 (Koita et al). Dans le
système RGB, la combinaison 7, 5,2 a été retenue pour mieux percevoir les contrastes. Les
combinaisons de bandes sont des opérations arithmétiques (addition, soustraction et division)
appliquées sur les différents canaux. Les combinaisons additives des canaux (TM7+TM6),

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(TM4+TM6), et (TM6-TM7)/ (TM6+TM7) permettent de mieux identifier les linéaments. La


compression des images par la transformée de Hotelling (ou ACP) a été réalisée avec toutes
les bandes de TM pour éliminer les répétitivités et améliorer aussi le contraste d’image. Cette
technique a permis de réduire le nombre de bandes à traiter en comprimant les informations
selon une hiérarchie. Elle permet de condenser sur un nombre réduit de néo-canaux un
maximum d’informations sur l’image de la zone d’étude. Après analyse dans cette étude, le
premier néo-canal CP1 donne 98,20 % de corrélation. Il en résulte que 98,20 % des
informations sur l’image (Landsat) sont réparties sur le seul premier néo-canal CP1. La
technique de l’étalement linéaire a été ensuite appliquée à ces néo-canaux pour une
amélioration du contraste. Les filtres directionnels de type Sobel sont utilisés pour mettre en
évidence la majorité des structures linéaires sur les images ACP (Kouamé, 1999). Ces filtres
peuvent être des matrices de types 3×3, 5×5, 7×7 ou11×11. Concernant cette étude d’après
Koita et al (2010), les filtres de types 3×3 et 11×11 sont plus adaptés pour mieux identifier
les linéaments.

 Extraction des linéaments

Avant l’extraction de ces linéaments, on superpose la carte du réseau routier aux différentes
images traitées afin de supprimer les structures liées aux activités anthropiques (routes,
chemin de fer). Ensuite on élabore la carte linéamentaire par vectorisation à l’écran des
discontinuités. Les discontinuités et les changements brusques de tonalité observés sur les
images sont représentés par des segments de droite. Les linéaments, d’origine anthropique,
ayant été supprimés de l’ensemble, on obtient en définitive les linéaments traduisant les
discontinuités structurales qui seront confirmés par les vérités terrain.

2.2.1. Prospection géophysique

Une fois l’extraction numérique de la carte des linéaments terminée, les prospections
géophysiques, notamment les méthodes électriques, sont mises en œuvre. Elles permettent
d’étudier le sous-sol à partir des variations de certaines de ses propriétés physiques. La
procédure utilisée a été énoncée dans de nombreuses études dont celles de Toé et al (2004), de
Hoareau et al (2009) : il s’agit de la tomographie de résistivité électrique ou panneau
électrique. Le choix de la méthode géophysique appropriée revient à la recherche de méthode
pour laquelle : l’environnement de la roche étudiée est la plus stable possible, l’anomalie
recherchée est bien marquée, et tient compte de la considération de coût et mise en œuvre de

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la méthode en fonction des exigences de l’étude à réaliser. Cette méthode est classiquement
utilisée pour définir les structures et la géométrie du milieu souterrain. Sa simplicité et son
faible coût la rend populaire en milieu de socle (Hoareau, 2009). Enfin, cette technique est
basée sur une injection de courant dans le sol à partir d’un contact entre une électrode et le
milieu étudié. Ceci peut s’avérer problématique dans le cas où le milieu est fortement résistant
(sable sec) ou très dur (roche saine affleurant). Dans ce cas, l’utilisation de techniques de
prospection électromagnétiques peut s’avérer plus pratique (Hoareau, 2009). Cependant,
comment cette méthode de Panneau électrique est-elle réalisée ?

 Principe

Le panneau électrique (appelée également imagerie de résistivité électrique ou tomographie


de résistivité électrique) correspond à une succession de sondages électriques réalisés les uns
à côté des autres. Pour cela, un réseau d’électrodes est installé le long d’un profil rectiligne
avec un espacement constant a choisi de façon à optimiser la longueur du profil, la profondeur
d’investigation et la résolution désirée (Chapellier, 2000). Les mesures sont présentées sous
forme de pseudo-section de résistivité apparente en fonction de la position le long du profil et
de la pseudo-profondeur (Hoareau, 2009). La figure 6 illustre ce processus.

Figure 7: Principe d’un panneau électrique à l’aide du dispositif Wenner-Alpha

 Mise en œuvre

La réalisation d’une section nécessite donc un grand nombre d'électrodes(72,36) connectées à


un câble multiconducteur. Un résistivimètre possédant un disque dur sélectionne ensuite selon
une séquence prédéfinie les électrodes utilisées pour l'injection du courant et la mesure du
potentiel. L’acquisition est programmée de façon à faire varier la position et la distance entre
les électrodes utilisées. Les résultats après inversion des données de résistivité apparente

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collectées donnent une coupe des résistivités des terrains en présence, ce qui permet une
interprétation quantitative des données (Hoareau, 2009).

Figure 8 : Pseudo section de résistivités

VI. Résultats et discussion

1. Carte de fractures majeures de la zone d’étude (Sirba avale)

Cette partie a consisté au traçage de linéaments qui sont associés aux fracturations
recherchées. Dans la zone d’étude, 68 linéaments ont été repérés dont 25 % de ces
linéaments ont une taille inférieure à 5 km. Un nombre important de linéaments (31 %) ont
une taille comprise 5 et 10 km, 10 % des linéaments ont une taille comprise entre 20 et 25 km
et environ 1 % des linéaments dépassent 30 km de longueur. Le constat est que les linéaments
diminuent en nombre lorsque leur taille devient plus importante. Les linéaments de taille
supérieure à 20 km sont rencontrés dans les 4 communes de la zone (Bartiébougou, Boundoré,
Gayéri et Mansila). Le plus grand linéament repéré dans la zone a une longueur d’environ 33
km et possède une direction E - W (N95) : Ce linéament part du Centre- Ouest de Mansila
jusqu’au Nord-Est de Bartiébougou. Les communes de Mansila et de Bartiébougou présentent
un nombre relativement important de linéaments par rapport aux autres communes de la
zone. L’observation de cette carte montre que le lit du cours d’eau de la Sirba suit une
direction de linéaments qui sont identifiés sur celle-ci. Cette étude vient confirmer celle de
Hottin et Ouédraogo (1975) dans Sawadogo (1982), qui avaient souligné que ces linéaments
traduisaient réellement des fractures qui dévient ce cours d’eau vers le bassin du Niger. Enfin,
on remarque aussi que peu de linéaments ont été identifiés à Boundoré (volcano-
sédimentaires et méta-sédiments argileux), à Liptougou (Amphibolo pryroxenite, métagabro,
leptynite) et à Foutouri (migmatite à biotite amphibol, granite indifférencié). Cela peut en

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partie, être dû à la présence de faciès métamorphiques des roches de la zone d’étude qui sont
peu propices à la fracturation. Cette carte des fractures est présentée par la figure 8.

Figure 9 : Carte de fractures de la zone d’étude (Sirba avale)

2. Carte de couplage des fractures majeures et des forages positifs de la zone

La carte de couplage de linéaments et de forages positifs (Figure 9) n’a présenté qu’une


vingtaine de forages comportant des débits intéressants (débits ≥ 2 m3/h) dans la zone. À
Bartiébougou, un forage de 12 m3/h (débit maximal atteint) se situe à proximité du plus grand
linéament observé (33 km). Cependant, l’insuffisance des données de forages n’a pas permis
d’établir des corrélations entre le débit de ces forages et leur distance au linéament le plus
proche. En effet, les travaux de Fernand Kouamé et al (1999), les conclusions de travaux de
Saley (2003) et Jourda et al (2006), Biémi et al (1992), Savané (1997) évoquées par Sorokoby
et al (2010), ont montré que les forages les plus productifs se trouvaient proches ou à
l’intersection de fractures. Ce qui pourrait permettre de confirmer en partie l’existence réelle
de ces fractures sur le terrain.
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Figure 10 : Carte de couplage des linéaments et des forages de la zone d’étude

3. Validation géologique de la carte : données de fracturation relevées sur affleurement

Au cours cette sortie géologique à Bartiébougou, on a identifié des affleurements rocheux


comportant des fracturations diverses qui sont bien visibles en surface (Figure 10).

a. Fracturation en relais b. Fracturation longitudinale c. Fracturation transversale

Figure 11 : Fracturations observées dans la zone de Bartiébougou

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Les orientations (directions) de ces différentes fractures par rapport au nord géographique
ont été relevées grâce à la boussole géologique. La validation du réseau de linéaments
cartographiés dans cette étude est basée sur la comparaison des directions des grandes
familles de linéaments issus du traitement d’images (a) et les données de fracturation relevées
à l’affleurement (b). Le critère retenu pour la discrimination des familles est l’orientation des
fractures et des linéaments. Les directions des linéaments ont été calculés sous Excel à partir
des coordonnées géographiques X et Y des extrémités des linéaments selon l’équation: Tan Ø
= (X final – X initial) / (Y final – Y initial). Ø = angle exprimée en radian puis convertie en
degré. Les roses ont été construites en pourcentage de nombre linéaments avec les différentes
directions rangées en classe de 10° en 10°.
La Figure 12 présente les histogrammes circulaires, en nombre, des linéaments issus du
traitement d’images Landsat et de la fracturation relevée sur affleurement rocheux. Les
directions principales de linéaments identifiées par traitement d’images sont: N–S (N0–10 et
N170–180), NE– SW (N30–40), NW – SE (N140– 150 et N150–160) et NNW – SSE (N160–
170) qui pourrait être associée à NW – SE. L’analyse de l’histogramme de la fracturation
issue des affleurements rocheux montre que les directions N –S (N0–10 et N170–180), NE –
SW (N40–50), E – W (N80–90), NW – SE (N120–130 et N130–140) sont les plus
représentées. Selon Séta Naba (1999), en se basant sur les données de géophysique aéroportée
de Paterson et al (1985), révèle que les fractures NE-SW (N 40 – 50), les mieux marquées, au
niveau des affleurements, sont souvent dues aux contacts entre les ceintures volcano-
sédimentaires et les granitoïdes le long de la zone du Liptako-Gourma. D’après l’auteur, ces
fractures sont subparallèles, disposées de manière discontinue et parfois en relais (figure 10).
Les principales directions présentes sur les histogrammes circulaires des linéaments et des
fracturations sur affleurement sont presque identiques (N – S, NE – SW et NW – SE). Une
différence apparaît néanmoins au niveau de la direction E – W (N80–90) (histogramme des
fractures sur affleurement). En effet, la classe N80–90 présente sur l’histogramme des
fracturations sur affleurement est inexistante sur celui issu des linéaments. Il est probable que
cette absence de la classe (N80 - 90) dans le traitement d’images soit due à des traces
fractures locales sur affleurement qui ne traduisent pas des phénomènes profonds.
L’adéquation entre les directions principales de linéaments identifiées par traitement d’images
et les directions principales de fracturation relevées à l’affleurement, confirme que les
linéaments identifiés sont très vraisemblablement associés à la fracturation. Ceci permet de
valider la méthodologie de cartographie des fractures majeures, basée sur une analyse des
images optiques.
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a. Rosace directionnel des linéaments b. Rosace directionnel de fracture sur affleurements

Figure13
Figure 12: Histogrammes circulaires en nombre: (a) des linéaments issus du traitement d’image et (b)

des fracturations relevées sur affleurement.

4. Validation géophysique de la carte : données de résistivité mesurées sur le site

Les prospections géophysiques ont été réalisées sur 3 sites dans la zone d’étude. La carte de
linéaments majeurs et forages GWI a servi de base au choix du site. Les profils sont réalisés
de façon perpendiculaire aux linéaments choisis. Le logiciel Res2dinv, après inversion des
données à l’aide du modèle standard « least-square », donne une solution de résistivités
interprétées ou modèle du sous-sol suivant une échelle de profondeur vraie. Au cours du
traitement, pour le profil du site 2 de Gayéri nous avons été obligés de stopper les itérations
pour éviter d’avoir des résultats qui ne reflèteraient pas la réalité sur terrain (22,3 % d’erreur).

La figure 13 présente la carte de positionnement des différents profils réalisés.

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Figure 14 : Carte de positionnement des profils réalisés dans la zone d’étude

Profil 1

Ce profil a été réalisé (figure 14) dans la zone de Tiargou – marché dans la commune de
Gayéri. Ce profil a été effectué au droit d’un forage positif (5 m3/h) situé à l’électrode 29 et
ce forage est situé à environ 102 m du linéament n° 63 recherché.

Figure 15 : Profil de résistivités n°01 : Site 1 de Gayéri (RES2Dinv)

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Interprétation

Les mesures sur le profil 1 de Gayéri présentent des valeurs de résistivité allant de 0 à plus de
2000 Ω.m dans le sous-sol. Ces valeurs de résistivités évoluent de façon croissante et
ordonnée quand on progresse en profondeur. En progressant successivement de la surface
jusqu’en profondeur, on y distingue 4 gammes de résistivités traduisant 4 couches distinctes
du sous-sol: la couche 1, d’environ 15 m d’épaisseur, présente des valeurs de résistivités très
faibles qui partent de 0 à moins de 80 Ω.m. La couche 2, d’environ 20 m d’épaisseur, affiche
des valeurs de résistivités relativement supérieures à la première. Ces résistivités évoluent de
80 à environ 300 Ω.m. La couche 3, d’environ 19 m d’épaisseur, comporte des valeurs de
résistivités relativement élevées qui évoluent de 300 à environ 2000 Ω.m. Enfin, on a la
couche 4 qui présente des valeurs de résistivités très élevées qui sont supérieures à 2000 Ω.m.

Les mesures de résistivités ont permis également d’identifier la nature géologique de ces
couches. Ainsi, la couche 1 qui se situe en surface représente de l’argile. La couche 2
rencontrée à environ 20 m de profondeur constitue de granite altéré comportant des arènes.
Celle-ci est suivie d’une couche (couche 3) de granite fissuré qui repose sur un socle de
granite sain (couche 4) qui apparait à environ 52 m de profondeur.

Sur le plan hydrogéologique, la zone altérée (couche 2) peut constituer un bon réservoir. En
effet, elle est caractérisée par une porosité d’interstice significative et une perméabilité
relativement faible. Lorsqu’elle est saturée, elle assure une bonne capacité de stockage des
eaux souterraines au sein du système aquifère (fonction capacitive). La zone fissurée (couche
3) constitue un couloir de circulation des eaux souterraines. Elle assure la fonction
transmissive au sein du système aquifère. La fracture (n°63) recherchée semble apparaitre à
partir de 240 m (environ) de distance horizontale qui entraine probablement une remontée de
la zone fissurée.

Profil 2 :

Ce profil a été réalisé (figure 15) dans la zone de Tiargou – Kalimama dans la commune de
Gayéri à proximité d’un forage positif (2 m3/h) situé à environ 430 mètres du linéament n° 65
concerné. Un profil qui serait effectué au droit du forage ne coupait pas le linéament, pour
parvenir à le couper nous avons décalé (côté linéament) la position du profil de 500 m et
parallèlement au linéament.

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Figure 16 : Profil de résistivités n°02 : Site 2 de Gayéri (RES2Dinv)

Interprétation

Il faut noter que ce profil 2 de Gayéri comporte des erreurs de traitement considérables (22,3
%). De ce fait, il peut ne pas refléter les réalités du terrain mais néanmoins nous allons
l’analyser. Les mesures sur ce profil présentent aussi des valeurs de résistivité allant de 0 à
plus de 2000 Ω.m dans le sous-sol. En évoluant successivement de la surface jusqu’en
profondeur, on y distingue 4 gammes de résistivités traduisant 4 couches distinctes du sous-
sol: la couche 1, d’environ 4 m d’épaisseur, présente des valeurs de résistivités variées allant
de 300 à plus de 2000 Ω.m. La couche 2, d’épaisseur variable, affiche des valeurs de
résistivités relativement très faibles. Ces résistivités évoluent de 0 à moins de 80 Ω.m. La
couche 3, d’environ 20 m d’épaisseur, comporte des valeurs de résistivités relativement moins
élevées qui évoluent de 80 à environ 300 Ω.m. Enfin, on a la couche 4, d’environ 12 m
d’épaisseur visible, qui présente des valeurs de résistivités variées qui évoluent de 300 à
environ 2000 Ω.m.

La nature géologique de ces différentes couches varie de façon significative. La couche 1


située en surface est constituée de cuirasse latéritique. La couche 2 rencontrée à environ 4 m
de profondeur représente de l’argile. Celle-ci est recoupée par une épaisse couche d’altérites
(couche 3) qui se situe à environ 18 m de profondeur. Enfin, apparait la couche 4 non
négligeable de granite fissuré à environ 50 m de profondeur. On remarque ici que cette
couche fissurée apparait partiellement et le socle de granite sain sur lequel elle est repose
n’apparait n’est pas visible.

Sur le plan hydrogéologique, la zone altérée (couche 3) comporte des arènes, qui lorsqu’elle
est saturée, améliorent la capacité de stockage des eaux souterraines au sein du système
aquifère (fonction capacitive). La zone fissurée (couche 4) présente une concavité à environ
de la plage 170 m - 185 m de longueur horizontale. Ceci pourrait matérialiser la fracture

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recherchée et elle pourrait constituer un important couloir de circulation des eaux souterraines
dans la zone. Elle améliore la fonction transmissive au sein du système aquifère. (Figure 12)

Profil 3 :

Ce profil a été réalisé (figure 16) dans la zone de Bartiébougou Gourma dans la commune de
Bartiébougou à proximité du croisement de 2 linéaments majeurs. Il est réalisé
perpendiculairement au linéament n° 56 et sécant au linéament n° 36. Le forage positif (6
m3/h) qui était supposé se situer à environ 51 mètres du linéament 56 n’a pu être retrouvé car
on s’est rendu compte que les coordonnées GPS du village de Bartiébougou Gourma ont été
attribuées au forage.

Figure 17 : Profil de résistivités n°03 : Site de Bartiébougou (RES2Dinv)

Interprétation

Les mesures sur le profil 3 de Bartiébougou présentent des valeurs de résistivité allant aussi
de 0 à plus de 2000 Ω.m dans le sous-sol. Ces valeurs de résistivités évoluent de façon
croissante et ordonnée quand on évolue en profondeur. En progressant successivement de la
surface jusqu’en profondeur, on y distingue 4 gammes de résistivités traduisant 4 couches
distinctes du sous-sol. Ces 4 couches s’amincissent considérablement sur environ 70 m de
distance horizontale (de l’électrode 21 à l’électrode 35). Excepté cette tranche, la couche 1
d’environ 5 m d’épaisseur, présente des valeurs de résistivités très faibles inférieures à 80
Ω.m. La couche 2, d’environ 18 m d’épaisseur, affiche des valeurs de résistivités relativement
faibles allant de 80 à 300 Ω.m. Elle repose sur une couche très épaisse (couche 3) d’environ
35 m. Cette couche comporte des valeurs de résistivités relativement élevées qui évoluent de
300 à environ 2000 Ω.m. Enfin, on a la couche 4 qui présente des valeurs de résistivités très
élevées qui sont supérieures à 2000 Ω.m.

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La nature géologique du sous-sol varie également d’une couche à l’autre. On observe de


l’argile en surface (couche 1). Celle-ci repose sur une couche de granite altéré (couche 2)
située à environ 5 m de profondeur. La couche 3 est composée d’une épaisse couche de
granite fissuré qui repose sur un socle de granite sain (couche 4) qui apparait à environ 25 m
de profondeur.

Sur le plan hydrogéologique, la zone altérée que constitue la couche 2 (fonction capacitive),
lorsqu’elle est saturée, peut constituer une zone de réserves importantes d’eau souterraine (18
m d’altérites). La zone fissurée (couche 3) est caractérisée par de très grands couloirs de
circulation d’eau souterraine (35 m d’épaisseur de fissuration) qui améliorent la productivité
(Fonction transmissive) au sein du système aquifère. On remarque une convexité à environ
210 m (électrode 43) de distance horizontale qui entraine probablement une remontée de la
zone fissurée. Ceci pourrait traduire la fracture 1 (n° 56). Aussi, le même phénomène est
observé à environ 80 m de distance horizontale (électrode 17) mais le profil n’a pas permis de
le mettre en évidence. Il pourrait s’agir de la deuxième fracture (n°36). (Figure 12)

En termes d’altération, les 2 profils effectués à Gayéri présentent des couches


d’altérites plus importantes (20 m) qui sont observées en profondeur (18 et 20 m). Par contre,
le profil 3 effectué à Bartiébougou possède une couche d’altérites légèrement inférieure (18
m) qui est observée en moindre profondeur (5 m). Ce qui veut dire qu’en termes de stockage,
les zones altérées de Gayéri emmagasinent des volumes d’eaux plus importantes que celles de
Bartiébougou.
En termes de fracturation, les profils de Gayéri comportent des couches fracturées
moins importantes (19 et 12 m) qui sont observées en profondeur (40 et 50 m). Par contre, le
profil 3 de Bartiébougou possède une couche fracturée plus importante (environ 35 m) qui est
observée en moindre profondeur (25 m). En plus de cela, la zone de Gayéri possède en
surface des couches d’argile plus importantes que celle de Bartiébougou (aussi en surface).
Ces couches argileuses rendent difficile l’infiltration d’eau dans le sous-sol. En termes de
circulation d’eau, la zone de Bartiébougou occasionne des recharges d’eaux de nappe plus
importantes que celle de Gayéri qui, elle aussi est non négligeable.
Pour finir, les résultats des prospections géophysiques (tomographie de résistivité électrique)
ont permis de mettre en évidence les discontinuités relevées sur la carte. En plus de cela, les
profils réalisés traversent des linéaments majeurs situés proche de forages à grands débits (5
et 6 m3/h). Les travaux de Biémi et al (1992), Savané (1997), Kouamé (1999), Saley (2003) et
Jourda et al (2006) dans Sorokoby et al (2010), ont montré que les forages les plus productifs
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se trouvaient proches ou à l’intersection de fractures. Ces linéaments identifiés sur la carte


correspondent donc probablement aux fractures sur le terrain.

5. Validation de la carte selon type de végétation : espèces hydrophiles

Plusieurs chercheurs à l’instar de Sawadogo (1981), ont énoncé certaines espèces végétales
indiquant l’existence de zones de fractures ou d’accidents tectoniques divers à l’endroit des
sites où on les rencontre. Selon l’auteur, ceci s’avère plus probable du fait que ces espèces
s’alignent presque toujours selon une direction qui déterminerait l’orientation de la fracture.
Les espèces concernées sont le Fucus guafalocarpa (Kankanga en mooré), le Diopiros
mespiliformis (Ganka en mooré), le Piliostigma reticulata (Bangandé en mooré), et le
Mytragyna Inermis (Yilga en mooré). Sur notre site, dans la commune de Bartiébougou et aux
alentours du profil géophysique effectué coupant 2 linéaments majeurs, nous avons repéré
d’une part : une présence massive de Piliostigma reticulata (Bangandé en mooré), de
Diopiros mespiliformis (Ganka en mooré). D’autre part, nous avons constaté une forte
présence de termitières dans la zone, et celles repérées le long de ce profil sont quasi-alignées
de part et d’autre de celui-ci. La figure ci-après présente le positionnement de ces espèces
végétales le long du profil.

Figure 18 : Positionnement des espèces hydrophiles et termitières le long du profil (vue en plan)

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Des photos sur les espèces présentes le long du profil à Bartiébougou ont été effectuées
(figure 18).

Piliostigma reticulata Diopiros mespiliformis Termitière au pied d’un


jujubier

Figure 19 : Espèces végétales hydrophiles et termitière à Bartiébougou

La taille de la végétation, sa répartition en fonction de la zone climatique rendent ces


observations sur le terrain vraisemblablement valables mais à une échelle assez locale. Il faut
noter que les linéaments soulignés par ces espèces végétales hydrophiles correspondent à des
axes de drainage superficiels, qui eux-mêmes peuvent suivre l’orientation de la fracturation
(Sawadogo, 1981). La présence massive des termitières vient une fois de plus confirmer
l’existence probable de fracturation dans la zone.

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VII. Recommandations

 Les différentes opérations de validation des fractures (Géophysique, mesures de


directions de failles, etc.) ont été réalisées seulement dans deux communes (Gayéri et
Bartiébougou) de la zone d’étude. De ce fait, les résultats obtenus, considérés à une
échelle locale, pourraient traduire partiellement les caractéristiques de la zone d’étude.
Il serait souhaitable d’effectuer d’autres implantations pour couper le maximum de
fractures majeures dans la zone. Cela fournirait des caractéristiques plus représentatives
de la Sirba avale.

 Cette étude a montré que la zone d’étude présente de nombreuses fractures de taille
importante (atteignant parfois 33 km) pouvant occasionner de grandes recharges d’eau
souterraine. L’application (géophysique) de la méthode de résonnance magnétique des
protons (RMP), permettraient de cibler avec précision les zones de recharges
potentielles et de préciser la qualité du réservoir.

 Pour les futures campagnes de forages de GWI-Burkina dans les communes de Gayéri
et Bartiébougou, les implantations effectuées au droit des fractures identifiées
fourniraient de meilleurs débits.

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VIII. Conclusion et perspectives

Il faut noter que cette étude, initiée par GWI-Burkina, visait globalement à contribuer à une
meilleure connaissance des aquifères de socle dans la Sirba avale.
Le traitement des images Landsat TM (scènes 193-051 et 194-051) a permis d’identifier 68
fractures majeures dont la taille varie de 2,1 à 33 km de longueur dans la Sirba avale. Du
point de vue tectonique, Les principales directions des fractures majeures sur la carte établie
sont N–S, NE– SW, NW – SE et NNW – SSE. Ces directions préférentielles sont conformes
à celles des fracturations observées sur affleurements sur le site. Concernant la géophysique,
la méthode du panneau électrique a été appliquée. Cette méthode, à travers les résultats des 3
profils réalisés à Gayéri et Bartiébougou, a confirmé l’existence de ces fractures sur le terrain.
En terme d’indices de végétation, on note une forte présence de deux (2) espèces hydrophiles
(Piliostigma reticulata et Diopiros mespiliformis) et de termitières le long du profil réalisé à
Bartiébougou. Ce qui confirme davantage l’existence réelle de ses discontinuités sur le site.
Ces résultats ont permis de valider la carte de fractures majeures de la Sirba avale basée sur
l’analyse d’images optiques. L’interprétation géophysique a permis aussi d’avoir une idée sur
les caractéristiques des aquifères de la zone (socle) : À Gayéri, les couches d’altérites sont
épaisses (20 m) et se situe entre 18 et 20 m de profondeur. Par contre, à Bartiébougou elles
tournent autour de 18 m et sont observée en moindre profondeur (5 m). Les couches
fracturées de Gayéri ont une épaisseur variant de 12 à 20 m et se situent entre 40 et 50 m de
profondeur. Par contre, à Bartiébougou, les couches fracturées beaucoup plus épaisses (35
m) et se sont rencontrées à 25 m de profondeur. En plus, Gayéri présente des couches d’argile
plus importantes que celle de Bartiébougou.
Ces résultats obtenus dans la Sirba avale constituent en soi une contribution importante à
l'amélioration des connaissances et à une meilleure exploitation des aquifères de socle de la
région de l’Est du Burkina.
En perspectives, l’utilisation de l’imagerie Radar qui, avec une résolution spatiale moins fine
(50 m contre 30 m pour l’image Landsat), permettrait de localiser davantage des fracturations
de tailles plus importantes dans cette zone.

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IX. Bibliographie

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Danielle Ducrot, Mémoire de recherche, INP Toulouse, 2005 : « Méthode d’analyse et


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ANNEXES

Annexe 1: Présentation de la zone d’étude sur les deux scènes d’images après mosaïcage

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Annexe 2: Présentation de l’imagerie satellitaire extraite de la zone d’étude (masque)

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Annexe 3 : Taille et directions des linéaments repérés dans la zone d’étude

Intervalle de distance Nombre linéament Fréquence en nombre


0 à 5 km 17 25%
5 à 10 km 21 31%
10 à 15 km 11 16%
15 à 20 km 8 12%
20 à 25 km 7 10%
25 à 30 km 3 4%
30 à 35 km 1 1%
Total 68 100%

Direction par rapport au Direction par rapport Direction par rapport au


N° Linéament N° Linéament N° Linéament
Nord en degré (°) au Nord en degré (°) Nord en degré (°)
1 163.04 24 53.43 47 30.94
2 113.96 25 124.19 48 3.83
3 162.26 26 71.99 49 54.43
4 75.32 27 100.79 50 120.09
5 21.42 28 71.75 51 79.57
6 120.18 29 49.22 52 26.45
7 158.5 30 57.23 53 0.87
8 31.14 31 131.35 54 84.55
9 94.57 32 138.39 55 179.88
10 62.54 33 60.83 56 88.05
11 85.93 34 141.44 57 179.68
12 164.47 35 40.03 58 22.91
13 54.93 36 138.22 59 101.72
14 64.49 37 50.64 60 90.46
15 40.01 38 2.91 61 167.79
16 101.71 39 121.4 62 87.45
17 63.5 40 72.32 63 46.87
18 39.53 41 71.88 64 144.96
19 55.47 42 102.61 65 66.11
20 29.92 43 74.7 66 70.48
21 75.69 44 128.51 67 56.64
22 159.52 45 141.66 68 68.09
23 88.29 46 134.63

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Annexe 4: Directions des fractures repérées sur affleurement à Bartiébougou

N ° Faille Direction / Nord (°) N ° Faille Direction / Nord (°)


1 170 16 320
2 90 17 30
3 40 18 90
4 80 19 60
5 50 20 170
6 150 21 90
7 130 22 30
8 20 23 300
9 30 24 40
10 120 25 310
11 130 26 310
12 180 27 350
13 220 28 340
14 220 29 240
15 140

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Annexe 5: Carte géologique simplifiée du Burkina Faso d’après Hottin et Ouédraogo (1975).

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Annexe 6 : Prospection géophysique à Gayéri par la tomographie de résistivité électrique

Annexe 7 : Identification de fracturations sur affleurements rocheux à Bartiébougou

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