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2016

Economie de Santé et Politique


Sanitaire

ISMAIL BOGHAROUINE
I.S.P.I.T.S. option tronc Commun des
Soins Infirmiers (S2)

01/01/2016
Filière: Soins infirmier
Option : tronc commun infirmier polyvalent et infirmier en
urgence et réanimation
Intitulé du module (M6) : Système national de santé et économie de
santé, politique de santé
I. OBJECTIFS PEDAGOGQIUE DU MODULE :

Sous Module 1 : système national de santé:

 Définir les concepts suivants : santé, service de santé, système sanitaire

 Décrire le système national de santé,

 Décrire l'organisation de l'administration centrale du Ministère de la Santé,

 Décrire l'organisation sanitaire périphérique

 Décrire le réseau hospitalier,

 Décrire les le réseau d'E.S.S.B,

 Décrire les structures d'appui au réseau de S.S.B.

Sous Module 2 : Economie de la sante et politique de santé

 Définir certains termes relevant du jargon économique : Economie, Economie de


Santé, PIB, PNB, Recettes, Dépenses, Consommation, Investissement…

 Enumérer les ressources du système de santé au Maroc.

 Décrire les sources de financement du système de santé au Maroc et la structure du


budget du Ministère de la Santé.

 Expliquer la relation entre les principes d’équité, d’accessibilité et de qualité de


l’offre des soins.

 Expliquer les différents systèmes de couverture pour les soins de santé ou


d’assurance maladie.

 Identifier les facteurs qui influencent la consommation des soins.

 Expliquer l’approche pour l’estimation du coût de la maladie et des soins.

 Déterminer le coût d’une prestation des soins.


 Estimer le coût des complications secondaires aux prestations de soins (sur le plan
économique, social et sanitaire)

II. COMPOSITION DU MODULE

VOLUME HORAIRE GLOBAL


MATIERES
Cours TD TP

Système national de santé 40 H 10 H

Economie de santé et Politique sanitaire 20 H 10 H

TOTAL 60 H 20 H

TOTAL GENERAL 80 H

III. ACTIVITES PRATIQUES


 Le groupe classe va se répartir en des groupes de quatre étudiants, chaque groupe est
appelé à élaborer un exposé. Les groupes seront répartis sur les différents chapitres du
cours.
 Des exemples chiffrés sous forme de petits exercices pour saisir les nouveaux
concepts étudiés.
 Des séries d’exercices à corriger au cours des séances de travaux dirigés TD
programmées.
IV. DIDACTIQUE DU MODULE
 La démarche didactique :

Ce cours s'inscrit dans une approche interactive où l’étudiant (e) prend une part active
dans son apprentissage. L’enseignant l’accompagne dans des activités variées, tantôt
individuelles, tantôt de groupe. Ces activités sont élaborées dans le but de soutenir
l’apprentissage. Elles sont énoncées dans le tableau suivant :
ACTIVITES EN CLASSE ACTIVITES HORS CLASSE

 lecture préalable
 Exposés/Discussions
 Recherche documentaire
 Réflexions personnelles et en groupe
 Rédaction des travaux
 Rétroaction
 Travaux de groupe
 Synthèses : partielle et finale

Une explication détaillée des notions et des concepts, accompagnée d’une illustration
chiffrée et schématisée, tout en se basant sur des exemples concrets tirés de la vie quotidienne
des stagiaires, afin d’assurer la tangibilité des notions.

L’enseignement de ce module nécessite l’utilisation des données, des tableaux et des


graphiques publiés dans les Comptes Nationaux de Santé, qui nécessitent à leur tour une mise
à jour permanente.

La réalisation des objectifs nécessite des séances de travaux dirigés, dédiée à la maîtrise
pratique des concepts.

V. EVALUATION

7.1. Modalités d’évaluation

L’évaluation de l’Enseignement /Apprentissage est à la fois formative et sommative et


comporte deux modes :

 L’évaluation de type formatif est réalisée sous forme de feed-back entre étudiants et
de la part des enseignants.
 L’évaluation sommative est effectuée à l’aide d’une évaluation écrite qui porte sur les
connaissances en matière du cours et d’une note attribuée aux travaux de groupes.

Elément 1 : Contrôles continu (CC) + Examen final (EF)

Elément 2 : Contrôles continu (CC) + Examen final (EF)

7.2. Notes des éléments du module (matières ou activités pratiques)


Elément 1 : Contrôles continu (40 %) + Examen final (60 %)

Elément 2 : Contrôles continu (40 %) + Examen final (60 %)

7.3. Note du module

 Elément 1 : (60%)

 Elément 2 : (40%)

7.4. Validation du module

 Le module n’est validé que si sa note est supérieur ou égale à 10/20 et si aucune
notes des éléments le composant n’est inférieure ou égale à 5/20
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

Table de matière
Introduction
Concept :
1) Economie,
2) Economie de Santé,
3) Consommation, Investissement…
Chapitre I : Ressources du système de santé au Maroc.
1) Système national de santé
2) Ressources matériels (établissement et équipement) :
(Document traités : Décret 34-09 relatif à l’organisation de l’offre de soins ;
santé en chiffre 2014) :
3) Ressources humains :
4) Les ressources financières :
5) Les sources de financement du système de santé au Maroc 7
6) Les systèmes de couverture pour les soins de santé ou d’assurance
maladie.
a. La couverture des soins
b. Assurance maladies
c. AMO
d. RAMED et Autres (AMI, etc)

Chapitre II : Les principes de l’offre de soins


2.Les principes d’équité, d’accessibilité et de qualité de l’offre des soins :
1. Equité
2. Accessibilité
3. Qualité
4. Analyses
3.La relation entre équité, d’accessibilité et de qualité de l’offre des soins.
Chapitre III : La consommation des soins.
1) Consommation de soins
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
a. Consommation / Agents économiques
b. Consommation de soins
c. Les facteurs qui influencent la consommation des soins.
2) Couts des maladies et des soins :
a. Approches pour l’estimation du coût de la maladie et des soins.
b. Le coût d’une prestation des soins.
i. Estimer le coût des complications secondaires aux prestations
de soins :
 Sur le plan économique ;
 Sur le plan social ;
 Sur le plan sanitaire.
Chapitre IV : Stratégies et Politiques sanitaires :
A. Planification sanitaire
B. Stratégies
C. Planification de l’offre de soins
a. La carte sanitaire
b. Le Schéma Régional de l’Offre de Soins
D. Politiques sanitaires
8
i. Stratégies 2008-2012
ii. Stratégies 2012-2016
Chapitre V : Analyses globales
Conclusion
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

ENSEIGNANT :

 NOM et PRENOM : M. ISMAIL BOUGHAROUINE

 QUALITES :
 EX Infirmier Polyvalent
 Lauréat du 2me cycle filière : surveillant des services de santé
 Membre du pôle des soins infirmiers
 Chef de projet d’accréditation hospitalière

 CONTACTE : samuel.cherif1984@gmail.com
9
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

PLAN D’AVANCEMENT DES ETUDES DU SOUS-MODULE :

TIMING OBJECTIF ACTIONS ACTIVITES


Séance 1  définir le diagnostic éducatif Evaluation des connaissances  Charte d’enseignement-apprentissage
(2h) actuel  Répartition des équipes
15/02/16  Brise glass  Dispatching des travaux
 Evaluation des pré-requis  planning
 Expose: Prise de parole en publique
(interactions/réflexion)
Séance 2  Définition des concepts Définir: Economie, Economie de santé,  Expose:
(2h)  Importance et utilité de  PIB, PNB, o Une bonne présentation
17/02/16 l’économie de santé dans le  Recettes, dépenses,  Expose : déterminant de la santé 1
système de santé  Consommation, investissement  Expose : Introduction à l'économie de santé ;
Séance 3
(2h) TARAVAILLE DE GROUPE  PREPARATION DES EXPOSEES
19/02/16
Séance 5 Les ressources du système de santé Enumérer les ressources du système de  Expose (groupe 1/2 ) : l'offre de soins aux Maroc
(2h) au Maroc. santé au Maroc. ( Décret de l'offre de soins 34-09 ; santé en chiffre
22/02/16 2014)
séance7-6 Sources de financement Décrire les sources de financement du
(4h) système de santé au Maroc et la structure
23/02/16 du budget du ministère de la santé.  Expose (groupes 3/4): les sources de financements (santé
en chiffre 2014 ; compte de santé 2010)
séance 8 Expliquer la relation entre les principes  Expose: la qualité des soins
(2H) LA QUALITE des SOINS d’équité, d’accessibilité et de qualité de  Expose : relation entre équité / accessibilité / qualité de
24/02/16 l’offre des soins. l'offre de soins
séance 9 Système de Couverture Médicale de Expliquer les différents systèmes de  Expose : la couverture médicale de base
(2H) Base-CMB couverture pour les soins de santé ou o Groupe 5 : AMO loi 65-00 de la couverture
25/02/16 d’assurance maladie. médicale de base
o Groupe 6 : RAMED (feuille de route 2014-2018
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
de L’ANAM ; RAMED-résultat de 3 ans de la
généralisation). AMI
séance 10 Identifier les facteurs qui influencent la  Exposés 7 : Facteurs qui influencent la consommation
29/02/16 consommation des soins. des soins
Estimation de coût de soins  Les approches d’estimation des couts
expliquer l’approche pour l’estimation du  calcule des couts des prestations de soins
coût de la maladie et des soins.  couts secondaire :
3H o Economique
Déterminer le coût d’une prestation des o Social
soins. o Sanitaire
Estimer le coût des complications
secondaires aux prestations de soins (sur le
plan économique, social et sanitaire)
1H TRAVEAU DE GROUPE : EXERCICE ET CORRIGES

2
Objectifs et stratégies de la politique  Planification stratégique ;
du ministère de la santé.  Plan d’action
 Stratégie sectorielle 2012-2016
8H - Etat de santé de la population
- Priorité national
- Plan d’action spécifique
- Evaluation

2H TRAVAUX DE GROUPE : EXERCICES ET CORRIGES –


 PLAN D’ACTION DE GROUPE
o Travaille noté
o A restitué au facilitateur avant midi du 07/03/2016
 par le biais de format Word sur samuel.cherif1984@gmail.com
 Et en format physique (papier) auprès du bureau du coordonateur de la section des Infirmier en Urgence et Réanimation
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

INTRODUCTION

La santé n'a pas de prix aux yeux des malades, mais elle a quand même un coût. C'est
dans la perspective de rationaliser les ressources engagées dans le processus de production de
biens et services, que l'économie de santé s'est développée.

Dans un contexte Marocain, caractérisé par la rareté des ressources, de la croissance des
besoins de la population et des dépenses de la santé, l'introduction du cours de l'économie de
santé dans le cursus de formation des professionnels de santé au ; niveau des ISPITS trouve sa
place.

Ce cours dont les finalités est d'amener à être soucieux de l'utilisation rationnelle des
ressources tout en prodiguant des soins de qualité. Il s'articule autour des axes suivants:

 Ressources du système de santé au Maroc et son financement ;

 Les systèmes de couverture médicale de base

 Facteurs influençant la consommation des soins

 Approche pour l'estimation du coût des soins/coûts fixes/coûts variables

 Impact des complications secondaires aux prestations de soins

 Politique de santé du Maroc


ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
DEFINITION DES CONCEPTS:
 Economie:
Etymologiquement : Le terme économie vient du grec oïkos (maison) et nomos
(administrer) ; soit l'art de bien administrer une maison, de gérer les biens d'un particulier
ou de l'État.

La science économique peut être définie comme la science de l’administration des


ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans
l’aménagement de ces ressources, elle analyse et explique les modalités selon lesquelles
un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins
nombreux et illimités. » (Raymond Barre )

L'économie est souvent divisée en deux grandes catégories :

la micro-économie : qui traite des comportements et des interactions entre les agents
économiques (ménages, entreprises, administration, associations) ;

la macroéconomie, qui examine une économie comme un ensemble, en tentant de


comprendre les interactions entre les différents agrégats que sont le revenu, l'emploi,
l'investissement, l'épargne, etc..

 Economie de santé
C'est une branche appliquée de l'économie, qui s'intéresse dans le domaine de la santé,
à la production des biens et des services médicaux, à leur distribution et la formation de
leurs prix. (Bertrand Dominique, Bérard Alain)

L’économie de la santé est :

1. L’étude de la production de soins (offre) :


En répondant aux questions suivantes :
a. Qui produit ?
b. Qu’est-ce qu’on produit ?
c. Comment on produit ?
d. A quel coût on produit ?
e. Quelles sont les fonctions de production ?
2. L’étude de la consommation de soins (demande)
a. Quels sont les besoins de santé ?
b. Quelle est la demande de santé ?
c. Quels sont les facteurs déterminants de la demande de santé ?
3. L’étude du financement de la santé :
a. Quel niveau de financement de la santé ?
b. Quelles sont les sources de financement (Etat, Assurance maladie,
ménages)?
c. Comment sont utilisées les ressources de la santé ?
d. Comment est organisée la couverture du risque maladie ?
e. Quels sont les critères d’évaluation d’un système de financement de la
santé ?
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
f. Quels sont les mécanismes de rémunération des professionnels de la santé?

Bref, l’économie de la santé n’a pas pour objectif de:

 Faire des économies,


 Diminuer les dépenses,
 Contrôler les agents économiques.

Elle vise plutôt à:

 Rechercher l’utilisation optimale des ressources,


 Atteindre les objectifs du développement humain dans un cadre de ressources
limitées.
 Besoins:
Conceptuellement, c'est une condition caractérisée par le manque total ou partiel d'une
chose nécessaire ou requérant une aide ou un complément extérieur. Souffrance et
besoin sont souvent confondus. En santé publique, les besoins sont "l'estimation de l'avis
des professionnels et d'après l'état de la science médicale, des effectifs et de la quantité
de prestations nécessaires pour assurer un niveau optimal de soins de santé".

 L'offre de soins :
"Dans un système de soins, c'est l'ensemble des professionnels de santé, des
établissements de soins à la disposition des malades pour satisfaire leurs besoins. On
admet généralement que l'offre entraîne la demande, c'est pourquoi plusieurs pays
s'efforcent d'instaurer un Numerus Clausus pour les professions de santé et de limiter le
nombre et la capacité des établissements de soins". Dictionnaire français de santé
publique: J.C SOURNIA,1991.

"Ensemble des services et des biens mis à disposition par les producteurs de soins
de santé". Dictionnaire comité d'économie de la santé.

 Système d'offre de soins:


"Dans un pays, c'est un ensemble de dispositions législatives et
réglementaires destinées aux soins, aux malades, ainsi que des administrations,
personnels et équipements qui contribuent aux soins. Un système de soins fonctionne à
l'intérieur d'un système de santé".

Source : Dictionnaire français de santé publique: J.C SOURNIA,1991

 Système de santé:
Définition de l’OMS (OMS, 2000) : « Un système de santé inclut toutes les activités
[personnes et actions] dont le but essentiel est de promouvoir, restaurer ou entretenir la
santé.»

« … le système de santé est l’ensemble des institutions, des ressources et des


actions organisées pour la réalisation des objectifs de santé. Les actions de santé portent
sur les domaines de la prévention des risques menaçant la santé et de l’éducation pour
la santé, de la promotion de mode de vie sains, du contrôle sanitaire et de la prestation
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
des soins préventifs, curatifs et de réhabilitation. Ces actions peuvent être individuelles,
collectives, sectorielles ou intersectorielles ».
Projet de loi relatif au système de santé et à l’offre de soins – Carte Sanitaire (DRC/MS, 2005
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

CHAPITERE I
I- RESSOURCES DU SYSTEME DE SANTE AU MAROC:
En se basant sur la définition du système de santé, les ressources de ce dernier sont
composées des :

 Ressources matérielles (établissements et équipements)-RM


 Ressources humaines-RH-
 Ressources financières.-RF-
1. LES RESSOURCES MATERIELLES:

Conformément à l'article 9 de la loi cadre n°34-09 relative au système de santé et à


l'offre de soins, promulguée par le dahir n° 1.11.83 du 29 rejeb 1432 (2 juillet 2011); l'offre de
soins est composée des infrastructures et des installations de santé fixes ou mobiles, relevant
du secteur public et du secteur privé, des ressources humaines qui leurs sont affectées, ainsi
que des moyens mis en œuvre pour produire des prestations de soins et de services en réponse
aux besoins de santé des individus, des familles et des collectivités.

A) INFRASTRUCTURE :
Le secteur privé:
Article 14 Loi N° 34-09 (susmentionné )

Les établissements de santé prestataires de soins et services dans le secteur privé, à but
lucratif ou non, sont constitués notamment des:

 Cabinets médicaux (de médecine générale et de spécialité) ;


 Cabinets de radiologie et d'imagerie médicale;
 Installations d'assistance médicale urgente;
 Cabinets de médecine dentaire;
 Cliniques et établissements qui leur sont assimilés;
 Etablissements médico-sociaux assurant une prise en charge médicalisée des
personnes âgées et, de manière générale, des personnes à besoins spécifiques;
 Etablissements de soins de suite et de convalescence;
 Laboratoires d'analyses de biologie médicale;
 Officines de pharmacie et dépôts de médicaments;
 Cabinets paramédicaux.
Le secteur Traditionnel :
Certaines couches de la population (rurales et urbaines) recourent aux herboristes, aux
guérisseurs traditionnels, aux dentistes, aux Kablas, aux fkihs pour recevoir des conseils
ou des traitements nécessaires à leur état de santé.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

AUTRES :

D’autres services font partie du système d’offre de soins tels que:

 Les services de santé des Forces Armées Royales : Il s’agit de structures destinées à
servir la population ciblée (les militaires et leurs familles).
 Les bureaux communaux et municipaux d’hygiène : Ils dépendent des collectivités
locales.
 Les unités médicosociales
 Les autres départements administratifs : Il s’agit par exemple des unités de
prévention sanitaires collectives, des unités de transport sanitaire, des services de
médecine pénitentiaire.
Le secteur public :
 L'offre publique de soins en mode fixe est composée des quatre réseaux d'établissements
de santé suivants:

a) Le réseau hospitalier (RH) ;


b) Le réseau des établissements de soins de santé primaires (RESSP) ;
c) Le réseau intégré des soins d'urgence médicale (RISUM) ;
d) Le réseau des établissements médico-sociaux (REMS).

L'offre publique de soins comprend en outre des structures spécialisées d'appui aux
réseaux précités ainsi que des installations de santé mobiles.

 Les établissements de santé publics et privés peuvent dispenser d'autres prestations de


soins et services en mode mobile au moyen de :
 Visites à domicile (VD);
 Unités médicales mobiles (UMM) ;
 Caravanes médicales spécialisées (CMS) ;
 Hôpitaux mobiles (HM).

a)- Le réseau hospitalier (RH) :


Définition :
Les établissements relevant du réseau hospitalier sont des établissements de santé
ayant pour mission de dispenser, avec ou sans hébergement des prestations de diagnostic, de
soins et de services aux malades, blessés et parturientes.
Ils concourent aux actions:
 De médecine préventive et d'éducation pour la santé ;
 D'assistance médicale urgente, en partenariat avec les acteurs concernés ;
 De formation pratique des étudiants en médecine, en pharmacie et des élèves
des instituts et écoles de formation professionnelle et de formation des cadres
en rapport avec le domaine de la santé ;
 De formation continue des professionnels et des gestionnaires de santé.

Lorsque la superficie d'une province est étendue, son réseau hospitalier peut être
renforcé par la création d'hôpitaux de proximité.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
Lorsque la taille d'une préfecture est importante, son réseau hospitalier peut être
renforcé par la création de cliniques de jour.
Le réseau hospitalier comprend en outre des structures spécialisées d'appui.

Classification :
o Les centres hospitaliers provinciaux ou préfectoraux :Dispensent des
prestations de soins hospitaliers de premier niveau.
o Les centres hospitaliers régionaux : dispensent des prestations de soins
hospitaliers de deuxième niveau.
o Les centres hospitaliers interrégionaux : dispensent des prestations de
soins hospitaliers de troisième niveau. à vocation universitaire.
o .

Panier de soins : annexe 1, décret 2-14-562

 Les CHP:20 spécialités


 Les CHR: 28 spécialités
 Les CHI: 40 spécialités
 Les hôpitaux de proximité : 5 spécialités

Les structures spécialisées d’appuie au RH :


 Le centre national et les centres régionaux de transfusion sanguine et
d'hématologie ;
 Les laboratoires de l'institut national d'hygiène ;
 Le centre national antipoison et de pharmacovigilance

Evolution et analyse de la production:


Nombre des Etablissements Hospitalières :

Le nombre des hôpitaux est passé de 52 en 1960 à 143 en 2013 avec une capacité
litière de 27746 (Santé en chiffre 2012), dont 105 des hôpitaux généraux et 38 des hôpitaux
spécialisés (MS, 2013).

Le tableau ci-dessous montre l’évolution du nombre des EH entre 2007 et 2013 :

144
143
142
141
140 141
138
137
136 137
134
133
132
130
128
2007 2008 2009 2010 2011 2013
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
Capacité litière :

Le graphique suivant présente l’évolution de la capacité litière entre 2007 et 2013 :

22800
22600 22616
22400 22487
22200 22276
22000 22050
21800 21734
21600
21400
21200
21490
21000
20800
2007 2008 2009 2010 2011 2013

Quant à la capacité litière, elle est passée de 15500 à plus de 27746 lits pour l’année
2013. Le ratio lits/ population est de 0.9 lits pour 1000 habitants en moyenne(2014), ce
ratio reste faible comparativement à des pays à développement équivalent. À titre
d'exemple, l’Algérie et la Tunisie qui ont des ratios de 2.1 lits pour 1000 habitants, la
Turquie avec 2.5 lits/1000Hab en 2014.

Etat :
Également, le vieillissement caractérise encore le réseau hospitalier, la moitié des
hôpitaux existants au Maroc ont plus de 40 ans et près de 30% ont plus de cinquante ans.
Le patrimoine immobilier du Ministère de la Santé se trouve dans un réel état de vétusté.
Les bâtiments, les installations techniques et les équipements souffrent d’une absence de
maintenance organisée.

Evolution des indicateurs de productivité du réseau hospitalier du secteur public

Quant au niveau de la production hospitalière, le réseau hospitalier rencontre de


nombreux problèmes qui influent sur sa productivité. L’analyse des quelques indicateurs
du tableau ci-dessous montre en effet une sous utilisation globale importante des
établissements hospitaliers publics.

Les admissions :

Le graphique en bas montre l’évolution des admissions des hôpitaux entre 2007 et
2013, en passant de 966747 en 2077 à 1197778 en 2013. Un nombre important mais reste
très faible.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

1400000
1197778
1200000
1000000 1098575 1151077
966747
800000
600000
400000
200000
0
2007 2008 2009 2010 2011 2013

Source : santé en chiffre 2013 (Ministère de la Santé)

Le Taux d’Occupation Moyenne :

Cet indicateur à connu quand à lui une nette amélioration en passant du 53% en 2007 à
62.2% en 2013, une amélioration très considérable mais qui nécessite beaucoup
d’interventions pour s’approcher de l’indicateur objectif fixé à 80%.

Tableau : Evolution du TOM en % entre 2007 et 2013 :

Taux d'occupation moyen (TOM) en %


64 62,6
62
60 61,6
58 58,4 60
56 56,1
54
52 54
50
48
2007 2008 2009 2010 2011 2013

Source : santé en chiffre 2013 (Ministère de la Santé)

En 2002, 18 hôpitaux avaient un taux d’occupation moyen (TOM) inférieur à 35%, le


taux moyen global étant de 58%. En 2013, le taux moyen à atteint 62.2%.

La Duré Moyenne de Séjour : DMS

La durée moyenne de séjour (DMS) est courte (4 jours en 2013), et parfois très courte
et ne peut être qu’un seul jour dans le cas d’une maternité. Alors que, globalement,
l’hôpital ne fait pas face à une pression de demande d’hospitalisation que ses capacités en
lits ne lui permettraient pas de soutenir.

De ce fait, en 2004, l’analyse de l’efficacité du secteur hospitalier confirme que les


établissements de soins hospitaliers ne répondent pas aux besoins réels de la population et
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
dispensent des services qui ne satisfont pas les normes minimales de qualité. Ceci
explique en grande part leur sous-utilisation.

Nombre des accouchements :

Sur le plan de la production des maternités, une nette amélioration qui peut s’expliquer
par la priorité et le plein engagement du gouvernement dans le cadre de l’amélioration de
la prise en charge de la femme et de l’enfant dans le cadre de la maternité dans risques
comme plan prioritaire dans les politiques sanitaires 2008/2012 et 2012/2016.

Evolution du nombre total d' accouchements entre 2007 et 2013


500000
380947 406627
400000
398602
300000 354393
310337
200000
278514
100000

0
2007 2008 2009 2010 2011 2013

b)-Le réseau des établissements de soins de santé primaire (RESSP) :

Le système de santé marocain est basé sur deux mode de couverture une fixe appuyé par
un mode mobile, ceci dans une optique de garantir l’équité et l’accessibilité des soins.

La répartition de la population au tour des établissements de soins de santé primaire quand


à elle, a connu une amélioration, ceci s’explique par le changement de mode de vie et l’exode
rural.

Composition :

Il est composé des structures suivantes:

ESSP en milieu rural (art 21 D2-14-562)


o Centre de santé rural de 1er niveau
o Centre de santé rural de 2ème niveau
o +/-Dispensaire rural au besoin (DR)
ESSP en milieu urbain (art 21 D2-14-562)
o Centre de santé urbain de 1er niveau
o Centre de santé urbain de 2ème niveau
Structures spécialisées d’appui du RESSP (art 26 D2-14-562)
o Les centres de référence pour la santé reproductive (CRSR);
o Les centres de diagnostic et de traitement des maladies respiratoires
(CDTMR);
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
o Les laboratoires de santé publique (laboratoires de diagnostic épidémiologique
et d’hygiène du milieu)

Evolution et Analyse

La couverture sanitaire par les ESSB s’est nettement amélioré depuis l’indépendance,
le nombre de ces établissements est passé de 394 en 1960 à 2759 en 2013.

La desserte de la population qui était de 29000 habitants par ESSP en 1960, est passée
en 2013 un indice de 11943 habitant/ESSP.

Au milieu rural le ratio habitant par ESSB est passé de 27300 en 1960 à 1 pour 6775
en 2013 contre 1 ESSB pour 37000 habitants en 1960 à 25173 habitants en 2013 en milieu
urbain.

Malgré ce développement dans l’offre de soins ambulatoires, des fortes disparités


persistent entre les régions et entre les provinces, à cela s’ajoute, les déséquilibres entre la
programmation des constructions et l’affectation des ressources humaines. De ce fait, un
certains nombre d’établissements construits et équipés restent fermés à défaut du déficit
des ressources humaines.

En milieu rural, même si le ratio habitant par ESSB est inférieur à celui du milieu
urbain, le problème de l’accessibilité physique se pose avec acuité vu les caractéristiques
géographiques de notre pays et la dispersion des localités en milieu rural.

En effet le tableau suivant explique la disperse par Rayon entre 1996 et 2003 de la
population Marocaine.

45 41
40
35 31
30 28
25
25 23
20 18 17 18
15
10
5
0
moin de 3Km 3-6 Km 6-10 Km plus de 10 Km
Dispers Rayon 1996 28 18 23 31
Dispers Rayon 2003 41 17 18 25

L’utilisation des services de santé de base reste très limitée en dehors de certains
programmes prioritaires. Le recours à la consultation médicale au niveau des ESSP est
très faible. Puisque le nombre moyen des consultations médicales par habitant et par an
n’a augmenté que de 0.1 point durant la période allant de 2000 à 2013, en effet, il est
passé de 0.4 contact en 2000 à 1.7 en 2013.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

c)-Le réseau intégré des soins d’urgence médicale (RISUM) :

Accomplit sa mission selon les trois modes suivants (Art 38 D2-14-562)


A. Les Urgences Médicales de Proximité (U.M.P), assurées par les centres de santé de
deuxième niveau implantés dans les chefs-lieux de cercles;
B. Les Urgences Pré-hospitalières (UPH), assurées par
 Les moyens de transport de secours de base.
 Les services médicaux d’urgence et de réanimation (SMUR)
 Les services médicaux héliportés (HELISMUR);
C. Les Urgences médico-hospitalières (UMH), qui comprennent
 Les urgences médico-hospitalières de base (UMHB) assurées par les centres
hospitaliers préfectoraux ou provinciaux,
 Les urgences médico-hospitalières complètes (UMHC) assurées par les centres
hospitaliers régionaux
 Les urgences médico-hospitalières spécialisées (UMHS) assurées par les centres
hospitaliers interrégionaux.

d)- Le réseau des établissements médico—sociaux :

Le réseau des établissements médico-sociaux est composé des : Article 40 (art 21 D 2-14-
562)

 Des centres dits espaces «santé-jeunes» ;


 Des centres de rééducation physique, d’orthoptie et d’orthophonie;
 Des centres d’appareillage orthopédique ;
 Des centres d’addictologie ;
 Des centres médico-universitaires;
 Des centres de soins palliatifs.
Schéma récapitulatif du système de l’offre de soins : système Pyramidale
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

2. LES EQUIPEMENTS:
Pour mener à bien leur mission de prestation de soins et services qui constituent la
raison d'être de ces établissements, ils ont besoins au quotidien d'un éventail de biens
médicaux et équipements lourds. Ces équipements constituant le plateau technique, surtout
des hôpitaux, ne cessent d'évoluer et constituent une charge onéreuse aussi bien pour la
population que les pouvoirs publics.

La création et l'implantation des équipements biomédicaux lourds sont décidées dans


le cadre de la carte sanitaire et des schémas régionaux de l'offre de soins selon des normes et
des critères relatifs notamment au découpage sanitaire, à la taille de la population et à
l'attractivité socio-économique. Article 43 du décret 34-09 de l’offre de soins
Ces équipements de pointe (IRM, scanner, imagerie médical, appareils de dialyse,…)
exigent d'énormes investissements quant à leur achat, ainsi que leur entretien et maintenance.

En 2004, le royaume dispose de 104 scanners dont 84% se trouve dans le secteur privé
à but lucratif. En 2013, le secteur public a enregistré une nette amélioration du nombre des
scanners qui d’ordre de 45 scanners(public)

Dans un total de 2022 équipement les appareils de dialyse représente le premier rond
par 1225, suivi des appareils standard par 207. Quant aux équipements de radiologies, le
secteur public et privé bénéficie de 63 appareils.

Le tableau ci-dessous illustre la liste des équipements lourds en 2013 :

Types Nombres
Appareil de dialyse 1225
Appareil standard 207
Echo-doppler pulse 137
Appareil mobile 100
Amplificateur de briance 89
Appareil télécommandé 67
Mammographie 54
Scanner 45
Angiographie numérisé 11
Accélérateur 7
IRM 4
Cobalt 60 2
Scintigraohie cardiaque 1
Total 2022
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

3. LES RESSOURCES HUMAINES :


La population du Maroc à passée de 30.850.000 en 2007 à 32.950.000 en 2013
marquant ainsi une croissance annuelle moyenne de 1,10 %. Cette progression s’accompagne
avec une demande de soins et service excessive. Pourtant l’évolution de la population des
professionnels de santé n’a pas suivi cette évolution démographique de la même manière.
Les ressources humain du ministère de la santé est composé des :
 Personnel médical
 Personnel paramédical
 Personnel administratif et de gestion
 Personnel de soutien
On va se limiter à étudier les deux catégories ( médicale et paramédicale) pilier de ce système
- La disponibilité du personnel médical:
Des efforts très considérables ont été déployés en matière de production du personnel
médical, en effet, le nombre de médecins public et privé, n’a cessé de croître depuis
l’indépendance du pays. De 1 096 médecins en 1960, ce chiffre a dépassé les 2 144 en 1980
pour se situer des environs de 17000 médecins( 8965 médecins privés et 8156 médecins au
public) en 2013, répartie en 43.1% médecins spécialistes dans le secteur public et 61.1% au
secteur privé).

Evolution du nombre :

Les 7854 médecins du secteur public sont répartis en 3833 au niveau hospitalier et
3517 au niveau des SSP. En plus on note une prédominance des médecins généralistes avec
4509, suivi des de la chirurgie générale avec 224, la cardiologie avec 139, les réanimateurs
anesthésistes (174), des gynéco 279, les traumatologues 202, pédiatrie 228, radiologue 147, la
chirurgie thoracique n’est représenté que par 2, les toxicologues avec 1, alors que la spécialité
de microbiologie à enregistré un nombre de 2 médecins, et la traumato-orthopédie au nombre
de 125 spécialistes. Cette situation est tributaire aux priorités nationales en matière de la
couverture des besoins en soins et service offertes à la population Marocaine.

Répartition :

Leur répartition entre milieu hospitalier et SSP enregistre une quasi-égalité avec 3733
au RH et 3517 RSSP. Par ailleurs, le ratio habitant par médecin a évolué de 10 600 en 1960 à
1891 en 2013.

La répartition du personnel médical connait une forte disparité entre les régions et au
sein de la même région, marquant la faiblesse de la couverture au niveau rural. En effet, le
graphique ci-dessous montre qu’en 2013, les régions grand-Casablanca avec Rabat-Zmour-
Zair et Marrakech Tansifr-Lhouz accaparent la part la plus importante des ressources
médicale.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

Indicateur de couverture : Habitant/médecin:

Malgré, l’évolution positive d’effectif des médecins depuis l’année 1960, le nombre de
médecin par habitants reste insuffisant par rapport aux besoins du pays et à la densité
médicale des pays à revenu égal. A titre d’exemple, la Tunisie a une densité de 12.2
médecin/10000 habitants par médecin en 2014 alors qu’au Maroc, elle est d’environ 6.27
médecin pour 10000 habitant en 2014 et en Egypte la démographie médicale a été la plus
forte ; le nombre de médecin dépasse les 28.3 médecin /10000, comme le montre le tableau
suivant :

Évolution de la couverture Habitant par médecin entre 2007 et 2013

1950
1900
1925
1850 1850
1800
1775
1750 1756
1700
1650
1630 1630
1600
1550
1500
1450
2007 2008 2009 2010 2011 2013

- La disponibilité du personnel paramédical :

Un grand effort a été effectué dans la production du personnel paramédical depuis


l’indépendance. Cependant, le nombre des infirmiers toute catégorie à atteint 24609 en 2013
répartie en 12202 au réseau hospitalier et 9905 au RSSP, alors que cette augmentation n’a pas
suivi l’évolution de la population, puisque la densité pour infirmier/sage femme à atteint 8.9
inf/10000habitants, une couverture qui reste très médiocre en comparaison avec l’Algérie qui
enregistre 19.5 et la Tunisie par 32.8, l’Egypte 35.2 et la Jordanie avec 40.5 inf
/10000habitants.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
Evolution de la couverture habitant par infirmier (public) entre 2007 et 2013 :

1600

1400
1339
1200
1173 1109
1000 1134
1122 1109

800

600

400

200

0
2007 2008 2009 2010 2011 2013

Evolution de l’effectif des infirmiers entre 2007 et 2013 et par réseau :

35000

30000
29025
26532
25000 24609
Effectif des infirmiers du
20000 Ministère de la santé
16604 Effectif des infirmiers exerçant
15000 dans le RSSB (toutes catégories)
14221
12202 Effectif des infirmiers exerçant
10000 9527 9905 dans le RHOSP

5000

0
2007 2008 2009 2010 2011 2013
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
Effectif du personnel paramédical par catégorie et par région :

hospitalier ESSP autres


Régions sanitaire IDE ASB IDE ASB IDE ASB
Meknes-Tafilalet 999 309 866 370 178 54
Souss-Massa-Darâa 967 229 759 283 199 39
Région Orientale 1036 180 541 216 183 39
Doukkala-Abda 498 293 266 280 77 39
Chaouia-Ouardigha 542 244 339 281 101 30
Rabat-Salé-Zemmour-Zaër 531 137 514 218 156 25
Tanger-Tetouan 1013 195 500 185 181 25
El Gharb-Chrarda-Bni Hssen 390 106 329 137 78 24
Grand Casablanca 880 252 265 247 232 22
Marrakech-Tensift-El Haouz 639 255 686 346 287 21
Tadla-Azilal 371 109 390 250 57 21
Laâyoune-Boujdour-Sakia Lhamra 288 40 83 38 71 20
Taza-Al Hoceima-Taounate 578 159 518 130 98 20
Fes-Boulemane 462 116 383 189 126 18
Oued Eddahab-Lagouira 59 8 26 14 12 12
Guelmim-Smara 290 27 206 50 49 8
TOTAL 9543 2659 6671 3234 2085 417
total hospitalier 12202
Total SSP 9905
Total des autres 2502
total des infirmiers toute catégories 24609

4. LES RESSOURCES FINANCIERES

La question du financement de la santé est cruciale pour tous les pays, en raison de ses
enjeux politiques, économiques et sociaux.

La couverture médicale universelle (CMU) constitue le mécanisme principal de


financement d’un système de santé qui se veut équitable.

L’OMS a identifié trois problèmes fondamentaux à résoudre pour progresser vers une
CMU :

1. La disponibilité des ressources,

2. La dépendance excessive aux paiements directs par les ménages et

3. L’utilisation inefficiente et inéquitable des ressources.


ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

1. Budget du Ministère de la Santé :


Le Ministère de la Santé intervient dans le financement de la santé à travers son budget, qui a
connu ces dernières années une évolution considérable par rapport au budget général de l’Etat et par
rapport au PIB ; cependant, ce financement reste toujours insuffisant.

En tant que garant de la santé au Maroc, le Ministère de la Santé est le plus important fournisseur
de soins en 2010 : 77% de la capacité litière hospitalière nationale, 60% des médecins, l’écrasante
majorité des paramédicaux, 16% des chirurgiens-dentistes et 3,6% des pharmaciens.

1.1. Niveau du budget du Ministère de la Santé :


La préparation du budget du Ministère de la Santé au titre de l’année 2010, s’est effectuée
dans le cadre des priorités fixées dans le plan d’action 2008-2012 d’une part, et selon les
orientations et engagements du gouvernement pour le développement du secteur de santé
d’autre part.

Ainsi, l’enveloppe globale du Ministère de la Santé a atteint un peu plus de 10,4 milliards
de Dirhams en 2010 ; soit 328 Dirhams par habitant, 5,5% du budget général de l’Etat et
1,37% du PIB.

Ce budget, est répartit à raison de 8,6 milliards de Dirhams au titre du budget de


fonctionnement (67% pour le chapitre du personnel et 33% pour le chapitre du matériel et
dépenses diverses), et de 1,8 milliards de Dirhams au titre du budget d’investissement. Cela,
montre que le budget de fonctionnement accapare la part importante du budget du Ministère
de la Santé, qui représente 83% de l’enveloppe globale en 2010.

1.2. Evolution du budget du Ministère de la Santé


Considéré comme un secteur prioritaire dans la politique de gouvernement marocain, le Ministère
de la Santé a été doté dans la dernière décennie d’un budget annuel qui a connu une évolution plus
rapide que celle du budget de l’Etat et celle du PIB.

En effet, et d’après le graphique ci-après, on constate que l’évolution de l’indice du budget du


Ministère de la Santé a dépassé celle des indices du budget de l’Etat et du PIB entre les années
1997/98 et 2010. Aussi, on constate la forte progression de l’indice du budget du Ministère de
la Santé à partir de 2006.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

Aussi, le budget du Ministère de la Santé par habitant est passé de 133 Dirhams en
1997/98 à 173 Dirhams en 2001, 199 Dirhams en 2006 et 328 Dirhams en 2010, soit une
augmentation annuelle moyenne de 13% sur la période 2006-2010, contre une augmentation
annuelle moyenne de 3% seulement sur la période 2001-2006 et de 8% sur la période
1997/98-2001.

Il est à noter que l’évolution du budget du Ministère de la Santé traduit la volonté de


gouvernement d’appuyer ce secteur pour répondre à la demande accrue de la population en
matière des services de santé.

L’analyse du graphique ci-dessous montre que, durant la période 2006-2010, les


indices des différents chapitres du budget du Ministère de la Santé, ont connu une évolution
importante par rapport aux années précédentes. Cela se traduit par le maintien d’appui continu
au Ministère de la Santé dans le processus de mise en œuvre effective de sa stratégie sanitaire
et de ses actions prioritaires du plan d’action 2008-2012, visant l’amélioration de l’accès de la
population à des soins de santé de qualité.

Ainsi, on constate qu’au titre de l’année 2010, le budget du Ministère de la Santé a connu
une augmentation de 72% par rapport à celui de l’année 2006, soit une augmentation
moyenne annuelle de 14,5%. Et à titre indicatif, les budgets du personnel, du matériel et
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
dépenses diverses et celui de l’investissement ont évolué respectivement de 56%, 135% et de
54% entre 2006 et 2010.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

5. LE FINANCEMENT DU SYSTEME DE SANTE AU MAROC :

A. Définition
 Financement
Le financement est l'action par laquelle un organisme ou une personne privée alloue
des fonds à un tiers dans l'objectif de soutenir un projet.
 Produit national brut (PNB):
Agrégat le plus souvent retenu pour caractériser la puissance économique d'un pays, qui
additionne au produit intérieur brut (PIB) le solde des revenus de facteurs de productions
transférés par l'étranger et ou à l'étranger.

 Produit intérieur brut (PIB):


Est la somme des revenus crées par toutes les branches d’activité au cours de leurs
processus de production (de biens et services)

C’est aussi la somme des valeurs ajoutées réalisées par tous les producteurs ayant la
qualité de résidents sur le territoire national, plus les droits et taxes sur les importations.

 Dépense de santé
Sommes dépensées par des individus, des groupes, des nations, ou des organismes privés
ou publics pour la santé. Ces montants peuvent être ou ne pas être équivalents aux coûts
effectifs (coût des soins médicaux) et peuvent être ou ne pas être partagés entre le patient,
les assureurs, et/ou les employeurs.

 Investissement :
Valeur de remplacement ou d'ajout d'immobilisations telles que les usines,
l'équipement et les stocks.

Investissement privé :

Dépenses des ménages ou des entreprises en vue d'augmenter la quantité ou


d'améliorer la qualité des facteurs (ressources naturelles, main-d'oeuvre et capital)
utilisés dans la production de biens et de services.

Investissement public :

Dépenses publiques en vue d'améliorer ou d'accroître la capacité de production.

 Recettes
En comptabilité de caisse, ce terme s'applique aux sommes reçues.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

B. Facteurs déterminant du financement du système de santé


Le financement approprié de la santé est lié à plusieurs facteurs :

 La structure de l’économie : les pays comme le Maroc, dans lesquels le niveau


d’emplois informels est élevé, font face à la difficulté d’établir l’impôt sur le
revenu, à celle de prélever des cotisations (salaires non déclarés d’une part, mais
aussi salaires bas), et celle de prendre en considération leur répercussion sur le
pouvoir d’achat ;
 La place faite à la solidarité : solidarité entre riches et pauvres et solidarité
intergénérationnelle ;
 La mutualisation des risques entre les populations à risque élevé de maladie et
celles à risque plus faible ;
 La responsabilisation des ordonnateurs de soins : fournisseurs et prestataires de
soins
 La capacité à gérer de manière performante et pérenne l’assurance maladie
obligatoire ;
 L’efficience des structures et du système de santé.
C. Modalités du financement d’un système de santé

Le financement d’un système de santé peut être assuré selon trois modalités, qui sont
généralement conjuguées mais dans des proportions variables selon les pays :

 Le financement direct par les ménages, privilégiant le principe de responsabilité


individuelle ;

 Le financement mutualisé, privilégiant le principe de la solidarité ;

 Le financement par la fiscalité, privilégiant le principe du droit à la santé en tant que


créance des citoyens sur l’Etat.

D. Financement de la sante et flux financiers entre institutions :


1. Niveau de la dépense de santé :

En 2010: 47,8 milliards de Dirhams (Près de 1 498 Dirhams par habitant), contre en 2006
: 30,6 milliards de Dirhams. Il représente 6,2% du PIB en 2010 contre 5,3% en 2006, 5% En
2001 et 4,5% en 1997/98, soit une augmentation de 0,9 point par rapport à 2006. Cette
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
importante évolution a permis au Maroc de gagner de place sur l’échelle des pays de la région
pour ne plus être dernier comme par le passé.

La dépense globale de santé A enregistré une évolution annuelle de 11,8% entre 2006 et
2010 Contre 10,1% entre 2001 et 2006 et 6,8% entre 1997/98 et 2001, rapportée à la
population le DGS n’a évolué que de 10,6% entre 2006 et 2010 contre 8,6% entre 2001 et
2006.

2. Sources de financement de la santé :

2.1. Sources de financement par type d’institution


Sur les 47,8 milliards de Dirhams que le Maroc consacre à la santé, 61,9% sont
principalement financées par les ménages dont 53,6% sont des paiements directs nets des
remboursements des assurances et mutuelles.

L’Etat, par le biais du budget, contribue également au financement du système de


santé. Il finance 26,2% de la dépense globale de santé (23,7% destinés aux Ministères et 2,5%
en tant que participation patronale au financement de l’assurance maladie de ses agents). Les
parts respectives des entreprises privées et des Entreprises et Etablissement privés (EEP) sont
de 2,5% et 4,7% et celle des Collectivités Locales (C.L) est à peine 1,8% de la dépense totale
de santé. La coopération internationale, quant à elle, a contribué à hauteur de 1,1% de la DGS.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

part de financement par type d'institution en 2010


Autre
2%
Etat
26%

Coop Internat. 1%
C.L. 2%
Entrep. Priv.
2% Ménages
E.E.P. 62%
5%

Le financement public des dépenses de santé a connu une augmentation de 2,2 points
puisque la part de l’Etat est passée de 24% en 2006 à 26,2% en 2010. En termes de valeur
absolue, la part de l’Etat a connu un accroissement annuel moyen de 14,3% entre 2006 et
2010.

2.2. Sources de financement par nature du financement


Selon la nature des sources de financement, on constate que la part la plus importante
demeure celle des paiements directs des ménages (53,6%), les ressources fiscales nationales et
locales viennent en deuxième position et représentent 25,2% des dépenses globales de santé.
L’assurance maladie, qui couvre 33,7% de la population marocaine (contre 25% en 2006 et
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
16,4% en 2001), ne représente que 18,8% de ces mêmes dépenses (contre 17% en 2006 et
16,2% en 2001).

Par conséquent, le financement collectif de la santé à travers des mécanismes


solidaires (au sens large) a connu une légère amélioration par rapport à 2006, soit 44% de la
dépense globale de santé en 2010 contre 40% en 2006 et 44% en 2001.

Les autres sources de financement restent modestes : 0,9% pour les employeurs (hors
contributions à la couverture médicale) et 1,1% pour la coopération internationale.

3-Répartition des ressources financières entre les prestataires du système


national de santé :

Sur les 47,8 milliards de Dirhams mobilisés par le système national de santé en 2010:
1. La part la plus importante bénéficie toujours aux Pharmaciens et aux Fournisseurs de
biens médicaux qui absorbent 31,7% des DGS.
2. Le Ministère de la Santé, ne bénéficie que de 27,9% du financement du système
national de santé:
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
A. 51,8% au profit des hôpitaux,
B. 31,5% au réseau de soins de santé de base (RSSB),
C. 12,3% pour l’Administration Centrale et Locale
D. 4,4% pour les Instituts, Centres et Laboratoires Nationaux (ICLN);
3. Le secteur privé (à but lucratif ou non lucratif) a bénéficié de plus de 31,5% des
ressources mobilisées :
A. 16,6% pour les cabinets privés
B. 12,5% pour les cliniques privées,
C. 2,4% pour les cliniques et cabinets mutualistes (y compris les polycliniques de
la CNSS).
4. La part restante qui est de 8,8% des dépenses en santé, profitent aux agents de la
médecine traditionnelle à raison de 2,8%, les ONG 0,2% et 1,5% profitent aux autres
prestataires de soins (généralement les prestataires à l’étranger).

4. Classification fonctionnelle des dépenses des prestataires


Les ressources mobilisées par le système national de santé sont consacrées :

a. 31,7% en 2010, contre 33,6% en 2006, à l’achat de médicaments et biens


médicaux (en tant que bien de consommation finale par le patient et non pas en
tant qu’intrant utilisé par les professionnels de santé dans le cadre des soins).
b. Les soins ambulatoires bénéficient de 29,4%, contre 35,2%3 en 2006,
c. Les soins hospitaliers avec 25,4% en 2010, contre 19,1% en 2006 (les soins
hospitaliers ont connu la plus forte augmentation devant les soins ambulatoires
et les médicaments et biens médicaux)
d. La part des dépenses allouées à la prévention sanitaire collective (Contrôle de
la qualité de l’eau potable, Information, éducation et communication, etc.)
reste quasiment inchangée et atteint à peine 2,1% de la DGS contre 1,9% en
2006.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

5. Sources de financement des dépenses du Ministère de la Santé


Le budget de l’Etat est considéré comme la source principale de financement des activités
du Ministère de la Santé. En effet, au titre de l’année 2010, ce budget représente 75% de
l’ensemble de dépenses de ce département, contre 66% en 2006.

La deuxième source de financement en termes d’importance revient aux ménages qui


financent à raison de 8,8% du montant total, alors que cette part était de 19% en 2006. Cela
peut être expliqué principalement par l’accroissement important du budget de Ministère de la
Santé durant la période 2006-2010, et la gratuité de certains services notamment
l’accouchement depuis 2009 (dont les tarifs appliqués dans le secteur public étaient de 500
Dirhams pour un accouchement normal et 1 200 Dirhams pour une césarienne).

Les autres sources de financement des activités du Ministère de la Santé demeurent


négligeables et pratiquement inchangées depuis 1997/98.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

5.1. Structure des dépenses du Ministère de la Santé par niveau


Comme le montre le graphique ci-dessous, les dépenses du Ministère de la Santé en 2010,
sont ventilées comme suit : 47% allouées aux hôpitaux (17,5% aux CHU et 29,5% au reste
des hôpitaux) contre 34% au réseau de soins de santé de base (RSSB). Les Instituts, Centres et
Laboratoires Nationaux (ICLN), qui représentent essentiellement des activités de soutien aux
programmes et à la formation, bénéficient de 5% seulement de ces allocations.
L’administration centrale et locale, quant à elle, accapare 14% des dépenses du MS.
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »

L’analyse du graphique, montre que les crédits budgétaires dépensés par le Ministère de la
Santé en 2010 par structure comparés à l’année 2006, sont comme suit :

 Les dépenses du MS au niveau du réseau de soins de santé de base ont connu une légère
baisse en termes de représentativité du budget du MS, soit une baisse de 3 points entre
2006 et 2010, au profit des crédits alloués aux « Instituts et Laboratoires Nationaux », et à
« l’Administration » qui sont majorés respectivement de 2 points et d’un point pour la
même période.
 La part des dépenses du MS au niveau des autres structures est maintenue avec une légère
évolution de la part des crédits alloués aux hôpitaux hors CHU entre 2006 et 2010.
5.2. Classification des dépenses du Ministère de la Santé
5.2.1. Classification économique :
La classification économique de l’ensemble des dépenses du Ministère de la Santé en 2010
par type ou catégorie de dépenses fait ressortir les résultats suivants :

 Le poids des rémunérations salariales demeure très élevé et représente 64,5% contre
66,9% en 2006.
 Le MS a mobilisé près de 13,5% de ses ressources à l’acquisition d’immobilisations
diverses (terrains, constructions, véhicules, équipements…). Comparé à l’année 2006, la
part de ce poste a connu une évolution de 4,1 points. Il est à noter qu’en valeur, ce poste
est celui qui a enregistrée la plus importante évolution soit 131% entre 2006 et 2010.
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Cette situation peut s’expliquer notamment par la construction et l’équipement des
nouveaux hôpitaux régionaux, provinciaux et locaux, et la continuité de l’appui aux CHUs et
à l’Institut Pasteur.

 Le reste des dépenses, qui est de 22% des dépenses du MS, représente celles des biens et
services que le département s’est procuré durant l’année 2010. Ainsi, on enregistre que les
médicaments représentent 6,5%, les services 6,5%, les autres biens médicaux 4,4%. Tandis
que les biens hors « médicaments et biens médicaux » ne représentent que 4,6% des
dépenses du MS et qui concernent essentiellement les biens d’alimentation, les produits
énergétiques et les gaz médicaux.
 Il est important de signaler que malgré la stagnation de la part des médicaments, les fonds
destinés à l’achat des médicaments ont augmenté de 59% entre 2006 et 2010. La stagnation
de leur part est due à l’évolution importante des fonds dédiés aux autres catégories de
dépenses, entre 2006 et 2010, par rapport à l’évolution des dépenses en médicaments, à
savoir : 131% pour les immobilisations, 80% pour les services et 67% pour les autres biens
médicaux.
5.2.2. Classification fonctionnelle :
L’analyse fonctionnelle des dépenses du Ministère de la Santé, comme indiqué dans le
graphique ci-dessous, fait ressortir les constats suivants :

- L’Administration du MS, dans laquelle on intègre les administrations des prestataires tels
que les hôpitaux et les Instituts et Laboratoires Nationaux, accapare 17,7% de l’ensemble des
dépenses du Ministère.

- Les dépenses en soins hospitaliers représentent 40,1% de l’ensemble des dépenses du


Ministère de la Santé contre 32,8% en 2006. Il est à noter que ces soins hospitaliers ne
concernent que l’activité hospitalière pure et complète (in patient), c’est-à-dire des soins
hospitaliers, stricto sensu qu’on ne retrouve que dans les hôpitaux ou assimilés. Ceux qui sont
liés à l’hospitalisation partielle (urgence principalement) et aux consultations externes qu’on
peut appeler les « soins ambulatoires à l’hôpital » (out patient) ne sont pas retenus dans les
soins hospitaliers mais ambulatoires.

- Les soins ambulatoires qui viennent en deuxième position après les soins hospitaliers, ont
constitué 35,2% des dépenses contre 42,2% en 2006. Et si on considérait toutes les prestations
ELEMENT 1 : « Economie de Santé et Politique Sanitaire »
externes à l’hôpital comme des soins hospitaliers, la part des soins ambulatoires ne serait que
de 26,5% alors que celle des soins hospitaliers serait de 49,6%.

- Les activités relatives à la formation, recherche et enseignement (F/R/E) bénéficient de 4%


des ressources mobilisées par le Ministère de la Santé contre 5,3% en 2006. Il s’agit surtout
des salaires des enseignants et formateurs dans les IFCS et dans les CHUs. Cependant, malgré
la diminution de cette part, les dépenses du MS dans la F/R/E a augmenté de 15% entre 2006
et 2010.

D’après la constatation de l’évolution de la classification fonctionnelle des dépenses du


MS, on peut voir que cette répartition n’a pas beaucoup changé entre 1997/98 et 2010.
Toutefois, il est nécessaire de noter que la part des soins ambulatoires a chuté de 42,2% 2006
à 35,2% en 2010, en faveur des soins hospitaliers qui ont évolué de 32,8% à 40,1% pour la
même période. Cette évolution est justifiée notamment par la mise à niveau des hôpitaux et
leur équipement en vue d’améliorer la qualité des services rendus et promouvoir l’attractivité
des hôpitaux publics.