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José-Philippe PÉKEZ

Christophe L A (î () U T E

Jean-Yves FOURNIOLS

Stéphane BOUHOURS

Electronique

Fondements et applications

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Avec 250 exercices

et problèmes résolus

2' édition

DUNOD
Tout le catalogue sur

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DUNOD

ÉDITEUR DE SAVOIRS

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Electronique

Fondements et applications

Avec 250 exercices et problèmes résolus

2e édition

José-Philippe FEREZ
Professeur émérite à l'université Paul-Sabotier de Toulouse

Christophe LAGOUTE
Professeur au lycée Bellevue de Toulouse

Jean-Yves FOURNIOLS
Professeur à l'INSA de Toulouse

Stéphane BOUHOURS
Professeur ou lycée Pierre de Fermât de Toulouse

DUNOD

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Le pictogramme qui figure ci-contre d'enseiqnement supérieur, provoquant une
mérite une explication. Son obiet est baisse orutale des achats de livres et de
d'alerter le lecteur sur la menace que revues, au point que la possibilité même pour
représente pour l'avenir de l'écrit, les auteurs de créer des œuvres
particulièrement dans le domaine DANGER EP nouvelles et de les faire éditer cor-
de l'édition technique et universl- * redement est aujourd'hui menacée.
taire, le développement massif du f r\ Nous rappelons donc que toute
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tuelledu 1er juillet 1992 interdit LEPHO HUGE interdite sans autorisation de
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s'est généralisée dans les établissements Grands-Augustins, 75006 Paris),

© Dunod, Paris, 2006, 2012 pour la nouvelle édition


ISBN 978-2-10-058115-3

Le Code de la propriété intellectuelle n'autorisant, aux termes de l'article


L. 122-5, 2° et 3° a), d'une part, que les « copies ou reproductions strictement
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et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et
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rail donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L. 335-2 et suivants du
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Table des matières

Avant-propos
Les grands noms de l'électronique

Constantes physiques, notations et symboles xviii


Description de Fouvragc xxii

L'électronique en vingt questions xxv

Introduction expérimentale : Oscilloscopes et multimètres xxvii


I. — Signaux xxvii
II. — L'oscilloscope xxix
IIÏ. —Les multimètres xxxv

1. Lois de base des circuits en régime stationnaire


I. — Dipôles en régime stationnaire 2
II. — Différents types de dipôles 7
III. — Lois de Kirchholï en régime stationnaire 15
IV. — Associations de dipôles 22
V. — Aspects énergétiques en régime stationnaire 29
Exercices et problèmes 33

2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire


I. — Lois de Kirchhoff en régime quasi stationnaire . . . .
II. — Signal sinusoïdal en notation complexe
IIT. — Lois de base en régime sinusoïdal
IV. — Puissance en régime sinusoïdal
V. — Circuits électriques en triphasé
VI. — Distribution d'électricité et problèmes de sécurité . . .
Exercices et problèmes

3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance


I. — Oscillateur harmonique en électricité .
II. — Oscillateurs amortis par un élément résistif
III. — Oscillations électriques forcées. Résonance
TV. — Amplitude de l'entrée indépendante de la pulsation
V. — Circuit résonnant parallèle
Exercices et problèmes 108

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vi Table des matières

4. Régimes transitoires
1. — Étude expérimentale 113
TI. — Établissement d'un régime stationnaire 116
III. — Établissement d'un régime variable 134
IV. — Applications 136
V. — Utilisation de la transformation de Laplace 139
Exercices et problèmes 143

5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires


I. — Théorèmes de base 149
II. — Cas des sources commandées
III. — Analyse des réseaux 164
IV. — Utilisation de la transformée de Laplace 170
Exercices et problèmes 175

6. Fonctions de transfert Quadripôles


I. — Systèmes électroniques linéaires 180
II. — Quadripôles et filtres passifs 185
III. — Association en cascade de filtres passifs 194
IV. — Caractéristiques des quadripôles 198
Exercices et problèmes 203

7, Composants électroniques
I. — Résistors, condensateurs et quartz 210
II. — Bobines et transformateurs 216
HT. — Diodes semiconductrices et thyristors 222
IV. — Piles et accumulateurs 231
V. — Transistors bipolaires 232
VI. — Transistors à effet de champ 243
Exercices et problèmes 252

8. Amplificateur opérationnel : montages de base


I. — Description et représentation de TAO 257
II. — Électronique non linéaire avec AO 263
III. — Électronique linéaire à base d'AO 270
IV. — Réalisation d'impédances à l'aide d'AO 286
V. — Imperfections de PAO en régime variable 288
Exercices et problèmes 295

9. Amplificateur opérationnel : compléments


I. — Amplificateur à très fort gain 302
II.—Amplificateur d'instrumentation 305
III. — Montages à rétroaction négative avec diodes 306
TV. — Influence des imperfections de PAO 314
Exercices et problèmes 319

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Table des matières vii

10. Filtres actifs


I. — Propriétés des filtres actifs 326
IT. — Filtres actifs d'ordre deux 332
III. — Synthèse de filtres 339
Exercices et problèmes 346

11. Oscillations couplées en électricité


I. — Circuits couplés en régime libre 353
II. — Modes propres ou normaux de vibration 360
III. — Modes de couplage 367
IV. — Système de deux circuits couplés en régime forcé 368
V. — Couplage entre plusieurs oscillateurs 371
Exercices et problèmes 376

12. Effets non linéaires en électronique


I. — Systèmes non linéaires 380
II. — Transfert non linéaire 389
III. — Génération d'harmoniques 398
TV. — Effets non linéaires sur un oscillateur 405
Exercices et problèmes 421

13. Rétroaction. Application aux asservissements


I. — Rétroaction 428
II. — Rétroaction négative 432
m. — Analyse en électronique et en automatique 436
IV. — Stabilité des systèmes à rétroaction négative 438
V. — Réalisation de la rétroaction négative 444
VI. — Applications physiques des asservissements 447
Exercices et problèmes 453

14. Oscillateurs électriques


I. — Différents types d'oscillateurs 459
II. — Oscillateurs quasi sinusoïdaux 463
III. — Oscillateurs de relaxation 475
TV. — Applications 481
Exercices et problèmes 485

15. Signaux déterministes


I. — Rappels sur les systèmes linéaires 491
II. — Systèmes causaux 496
III. — Propriétés énergétiques des signaux 500
IV. — Numérisation des signaux 503
Exercices et problèmes 508

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viii Table des matières

16. Modulation et démodulation


I. — Chaîne de transmission .
II. — Modulation et démodulation d'amplitude 514
III. — Modulation d'argument ou angulaire 526
IV. — Modulation et démodulation spatiales en optique 532
Exercices et problèmes 538

17. Signaux aléatoires et bruits


I. — Statistique des signaux aléatoires 542
II. — Différents types de bruit 545
IIT. — Bruit dans les systèmes 551
IV. — Bruit dans les composants 557
Exercices et problèmes 563

18. Notions d'électronique numérique


I. — Numération et algèbre binaires 569
II. — Opérateurs logiques 575
III. — Technologie des portes logiques 589
IV. — Applications 594
Exercices et problèmes 599

19. Conversions analogique-numérique


I. — Conversion analogique numérique ou CAN 604
II. —Conversion numérique analogique ou CNA 619
Exercices et problèmes 625

20. Théorie de la communication de Shannon


I. — Information manquante associée à une source 629
TI. — Information mutuelle de deux sources 636
m. — Canaux de transmission 645
Exercices et problèmes 654

Annexe 1. Outils mathématiques de base 660


I. — Rappels de trigonométrie 660
II.—Fonctions hyperboliques 661
ITT. — Développements limités au voisinage de zéro 663
IV. — Nombres complexes 665
V. — Matrices 667
VI. — Équations différentielles 672

Annexe 2. Analyse de Fourier 676


I. — Séries de Fourier de fonctions périodiques 676
II. — Transformation de Fourier 680
III. — Transformée de Fourier numérique 691

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Table des matières ix

Annexe 3. Transformée de Laplace 697


I. — Définition et propriétés 697
II. — Signaux électroniques usuels 704

Annexe 4. Fonction Gamma et fonctions de Bessel 708


I. — Fonction gamma 708
II. — Fonctions de Bessel 710

Annexe 5, Lois de probabilité 713


I. — Langage des probabilités 713
II. — Théorie des probabilités 714
III. — Variables aléatoires 715
FV. — Différentes lois de probabilité 718

Annexe 6. Simulation des circuits


I.—Simulations SPICE . .
II. — Conception d'un conformateur sinusoïdal 727
III. — Oscillateur à comportement chaotique 734

Réponses aux vingt questions 746

Solutions des exercices et problèmes

Glossaire

Bibliographie

Index

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La culture doit rester au-dessus de toute
technique, mais elle doit incorporer à son
contenu la connaissance et l'intuition des
schèmes véritables des techniques.

Gilbert Simondon, Du mode d'existence des objets techniques,


Paris, Aubier, 1958, page 227.

Avant-propos

Ce cours, intitulé Électronique, fondements et applications, correspond globalement à l'enseigne-


ment des circuits électriques et de l'électronique donné en licence et master de physique (Ll, L2, L3,
Ml) de l'Université Paul Sabatier, et en Classes Préparatoires aux Grandes Écoles scientifiques (CPGE)
pour les parties élémentaires.

Comme pour les autres ouvrages de la même collection de physique « Fondements et applications »,
il nous a paru intéressant de le découper en leçons progressives et quasi autonomes. On peut y distinguer
trois groupes de leçons.

Dans le premier, on trouve les thèmes classiquement étudiés en première année Ll, ou première
année des CPGE, c'est-à-dire les lois de base appliquées aux circuits, en relation avec l'électromagné-
tisme; il s'agit précisément des lois de Kirchhoff en régime stationnaire, en régime quasi stationnaire,
des oscillations électriques forcées, de la résonance, des régimes transitoires, des théorèmes fondamen-
taux des circuits linéaires (de Thévenin, de Norton, etc.) et des fonctions de transfert des circuits passifs.

Dans le deuxième, les thèmes sont ceux couramment enseignés en deuxième année L2 de la li-
cence de physique et en deuxième année des CPGE. On y développe les composants, les amplificateurs
opérationnels, les filtres actifs, les oscillateurs couplés et la rétroaction.

Enfin, dans le troisième groupe, on a rassemblé tous les thèmes généralement étudiés en troisième
et dernière année L3 de la licence, voire en master, c'est-à-dire les effets non linéaires dans les cir-
cuits, les oscillateurs électriques sinusoïdaux et de relaxation, les signaux déterministes, la modulation
et la démodulation. En outre, on y trouve des thèmes exigés dans des formations spécialisées ou appro-
fondies, notamment à la préparation à l'agrégation de physique, précisément l'électronique logique et
numérique, la conversion analogique-numérique, le bruit et la théorie de la communication de Shannon.
Cette troisième partie rend incontestablement les objectifs de l'ouvrage ambitieux. Cependant, elle
nous a semblé indispensable pour éviter qu'un ouvrage publié aujourd'hui sous le nom Électronique
n'apparaisse pas trop éloigné des préoccupations actuelles dans ce domaine.

Nous avons tenté de rendre compatible le respect des programmes d'enseignement de la nouvelle li-
cence de physique en trois ans et la nécessaire actualisation de l'électronique. Mises à part l'organisation

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Avant-propos xi

en leçons quasi autonomes (le renvoi à des formules éloignées est pratiquement inexistant), l'illustra-
tion par de nombreux exemples numériques et la volonté de ne proposer qu'un seul ouvrage, cet effort
a notamment porté sur les points suivants :

i) L'analyse physique des lois des circuits et la démonstration de tous les théorèmes dérivés
(Millman, Thévenin, Boucherot), le plus souvent à partir des publications originales ; on a ainsi vo-
lontairement rompu avec le point de vue des adeptes de la pédagogie du seul savoir-faire.

ii) La volonté de considérer l'électronique comme un excellent et efficace développement de la


physique, et non comme une spécialité autonome, peu rigoureuse, n'exigeant qu'un enseignement pra-
tique.

L'ouvrage s'adresse principalement aux étudiants : il doit donc être clair, efficace, peu coûteux, et
ne pas être un formulaire « sans physique » ou un recueil d'exercices calculatoires « sans intérêt ». Les
exercices proposés à la fin des chapitres décrivent des situations physiques concrètes. Leurs solutions
suffisamment détaillées, données à la fin de l'ouvrage, ou sur le site web :
http ://www.ast.obs-mip.fr/perez
permettront à l'étudiant, et plus largement à l'autodidacte, de tester sa propre compréhension du cours,
de prolonger sa réflexion et de développer son autonomie. Nous pensons ainsi avoir rassemblé, dans un
seul livre, les éléments indispensables à l'acquisition d'un savoir et d'un savoir-faire en électronique.

Ce livre doit beaucoup aux étudiants de la licence de physique, des Classes Préparatoires aux
Grandes Écoles, de l'INSA de Toulouse, aux agrégatifs de physique, ainsi qu'à tous nos collègues
enseignants. Nous les remercions pour leurs remarques et commentaires constructifs.

Les auteurs. Mai 2006

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Les grands noms de l'électronique

André Marie Ampère


Physicien français, né à Lyon en 1775 et mort à Marseille en 1836. A la fois mathématicien, mé-
canicien, chimiste, il enseigne également la philosophie à la faculté des lettres de Paris. Ses principales
découvertes concernent l'électricité : loi des actions électrodynamiques, hypothèse des courants dans
la matière ; on lui doit les termes de courant et tension pour désigner ces grandeurs électriques. Il de-
vient membre de l'Académie des Sciences en 1814, puis professeur au Collège de France en 1824.

John Bardeen
Physicien américain, né à Madison en 1908 et mort à Boston en 1991. Il contribue de façon déci-
sive à l'essor de deux grands domaines au milieu du XX e siècle : les semiconducteurs et la supracon-
ductivité, ce qui lui valut deux prix Nobel de physique, le premier en 1956 pour la mise au point du tran-
sistor à germanium avec W. Brattain et W. Shockley, et le second en 1972 qu'il partage avec L. Cooper
et J. Schrieffer pour la théorie de la supraconductivité dite désormais BCS en hommage à ses auteurs.

Heinrich Georg Barkhausen


Ingénieur allemand, né à Brème en 1881 et mort à Dresde en 1956. Après des études d'ingénieur,
il est nommé en 1911 professeur de physique à l'université de Dresde. Il est connu en électronique pour
avoir produit, avec son collègue K. Kurz, des micro-ondes en faisant osciller le courant dans une triode
à vide. En physique, il a étudié et mis en évidence, par voie acoustique, le processus d'aimantation des
corps feiTomagnétiques (cf. Électromagnétisme).

Alexander Graham Bell


•a
Physicien et inventeur américain, d'origine écossaise, né à Edimbourg en 1847 et mort au Canada,
û près de Baddeck, en 1922. Après un travail sur la phonétique et sur le langage des signes pour les sourds-
muets, il devient professeur de physiologie vocale à Boston et met au point une oreille artificielle, ce
qui le conduit naturellement à l'invention du téléphone en 1876. Cette invention lui rapporte une fortune
qu'il consacre à des actions humanitaires et à des projets scientifiques dans lesquels il fait preuve de
capacités inventives exceptionnelles.

Hendrik W. Bode
o
Électronicien américain, né à Madison dans le Wisconsin en 1905 et mort à Madison en 1982. Dès
1926, il entre au laboratoire de la compagnie Bell Telephon ; il passe sa thèse en 1935 à l'Université
de Colombia. Il est notamment l'auteur d'un ouvrage sur les circuits linéaires électriques qu'il décrit à
l'aide de deux graphes donnant le module et la phase du facteur d'amplification des circuits en fonction
de la fréquence.

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Les grands noms de Vélectronique xiii

Paul Boucherot
Ingénieur français, né en 1869 et mort en 1943. Il est connu pour ses travaux sur la distribution de
puissance électrique dans les circuits et réseaux électriques, notamment pour le théorème qu'il énonce
pour la première fois au Congrès International de l'Électricité en 1900 : dans un circuit, la somme des
puissances actives et la somme des puissances réactives sont nulles (cf. chapitre 2).

Edouard Branly
Physicien français, né à Amiens en 1844 et mort à Paris en 1940. À la sortie de l'École Normale
Supérieure, il exerce des fonctions de professeur de lycée. Après sa thèse en 1873, où il fait preuve
de grandes qualités expérimentales, il est nommé Directeur adjoint du laboratoire de Physique de la
Sorbonne. Catholique convaincu, il devient professeur de l'Institut Catholique de Paris en 1875. Il est
surtout connu pour le détecteur d'ondes électromagnétiques, le radioconducteur ou cohéreur à limaille,
qu'il invente en 1890 ; ce dispositif est un tube isolant en verre, rempli de limaille de nickel et d'argent,
dont la résistance entre ses extrémités en laiton varie sous l'action des ondes électromagnétiques. Ce
système fut utilisé par Marconi pour réaliser des liaisons par ondes électromagnétiques sur de grandes
distances.

Walter Brattain
Physicien américain, né à Amoy, en Chine, en 1902 et mort à Seattle en 1985. Après ses études
universitaires, il est recruté par la compagnie Bell Telephon, principalement pour effectuer un travail ex-
périmental. C'est là qu'il rejoint l'équipe de W. Shockley, où se trouve le physicien théoricien J. Bar-
deen, et qu'il montre des qualités exceptionnelles d'expérimentateur. Cette collaboration à trois aboutit,
en 1948, à l'invention du transistor, ce qui leur valut le prix Nobel en 1956.

Thomas Edison
Expérimentateur américain de génie, né à Milan (dans l'Ohio) en 1847 et mort à West Orange
(New Jersey) en 1931. Très jeune (à 17 ans), il réalise un télégraphe bidirectionnel alors qu'il n'est qu'un
simple opérateur télégraphiste. Il invente ensuite le phonographe, perfectionne la lampe à incandescence
et développe la production et le transport de puissance électrique. En industriel habile, il met en œuvre
l'électrification de New-York. Cependant, il se fâche avec son ingénieur Nicolas Tesla, lequel tente en
vain de le convaincre des avantages techniques du courant alternatif. On retient principalement d'Édison
qu'il est le premier des scientifiques à avoir su développer une exploitation industrielle de ses propres
découvertes scientifiques.
•a
Michael Faraday
Physicien et chimiste anglais, né à Southwark en 1791 et mort àHampton Court en 1876. Garçon de
courses chez un bibliothécaire, il devient autodidacte en lisant de nombreux ouvrages scientifiques, no-
tamment de chimie. Employé dans un laboratoire de chimie comme apprenti, il se révèle rapidement
expérimentateur de génie. Il devient alors directeur du laboratoire et professeur de chimie. Ses contri-
butions remarquables furent d'abord l'énoncé des lois de l'électrochimie et la découverte du benzène
en 1824. En 1854, il énonce la célèbre loi de l'induction puis la nature discontinue de la charge élec-
trique et la propriété de cette dernière d'être conservative, c'est-à-dire de ne pouvoir être ni créée ni
détruite.

John Fleming
Ingénieur électricien anglais, né à Lancaster (au nord-ouest de Leeds) en 1849 et mort à Sidmouth
(dans le sud-ouest de l'Angleterre) en 1945. Après ses études d'ingénieur, J. Fleming entre au labora-
toire Cavendish dirigé par Maxwell et devient professeur. Il est connu pour avoir inventé la diode à vide.

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xiv Les grands noms de Vélectronique

constituée d'une cathode, qui émet des électrons lorsqu'elle est chauffée (effet thermoélectronique dé-
couvert par Edison), et d'une anode qui les recueille. Son but était de mettre au point un dispositif de
détection des ondes radioélectriques. Il déposa un brevet sur la diode en 1904. Sur un plan pédago-
gique, c'est lui qui propose la règle des trois doigts de la main droite, équivalente à celle du bonhomme
d'Ampère.

Lee de Forest
Ingénieur américain, né à Council Bluffs dans l'Iowa en 1873 et mort à Hollywood en Californie
en 1961. Il invente la triode à vide en ajoutant, entre les deux électrodes de la diode de Fleming, une
troisième électrode, appelée grille. Cette dernière permet de commander le courant du circuit anode, ce
qui est à la base des tubes à vide amplificateurs de tension.

Joseph Fourier
Mathématicien et physicien français, né à Auxerre en 1768 et mort à Paris en 1830. Alors qu'il
est préfet de l'Isère, il remporte le prix de l'Académie des Sciences pour son traitement mathéma-
tique de la diffusion thermique, à l'aide des séries trigonométriques. Il est le premier à avoir souligné
le caractère fondamentalement irréversible de la diffusion thermique. La décomposition d'un signal va-
riable en ses composantes sinusoïdales est devenue essentielle dans toutes les branches de la physique ;
elle est aujourd'hui connue sous le nom d'analyse de Fourier.

Joseph Henry
Physicien américain, né à Albany en 1797 et mort à Washington en 1878. Spécialiste d'électroma-
gnétisme, il découvre en 1832 l'auto-induction. On a donné son nom à l'unité internationale d'induc-
tance.

Oliver Heaviside
Physicien britannique, né à Londres en 1850 et mort à Torquay (station balnéaire anglaise) en 1925.
II dut quitter l'école en raison d'une surdité précoce ; aussi est-ce en autodidacte qu'il publie quelques
contributions en électricité, dont la plus importante, la formulation vectorielle des équations de Max-
well. En 1902, il prédit l'existence de couches conductrices, dans l'ionosphère, lesquelles permettent
d'expliquer la propagation des ondes radioélectriques entre des point distants sur la Terre, grâce à la ré-
flexion sur ces couches. C'est lui qui a introduit, en électricité, la « fonction échelon » ; aussi cette der-
nière est-elle, ajuste titre, appelée souvent fonction d'Heaviside.

Heinrich Hertz
Physicien allemand, né à Hamburg en 1857 et mort à Bonn en 1894. II démontre en 1877 l'existence
des ondes électromagnétiques, prévues par Maxwell, et fonde le domaine des télécommunications.

John Bertrand Johnson


Ingénieur américain d'origine suédoise, né en 1887 et mort en 1970. Employé des laboratoires de
la compagnie Bell Telephon, il découvre en 1927 le bruit de la tension aux bornes d'un conducteur
ohmique, lequel fut interprété par H. Nyquist. C'est à lui aussi que l'on doit la découverte en 1925 du
bruit en 1//.

James Joule
Physicien anglais, né à Salford (près de Manchester) en 1818 et mort à Manchester en 1889. Expé-
rimentateur de génie, il fait connaître les idées de von Mayer en étudiant les conversions énergétiques
thermoélectriques (effet Joule) et thermomécanique (équivalent mécanique de la calorie).

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Les grands noms de Vélectronique xv

Arthur Edwin Kennely


Électronicien américain, né en 1861 à Coloba, près de Bombay, et mort à Boston en 1939. Entré
comme simple opérateur télégraphiste à l'Eastern Telegraph, il devient le principal assistant de Thomas
Edison. En 1902, il est nommé professeur d'électrotechnique à Harvard. Ses travaux concernent sur-
tout Télectrotechnique théorique. Il a donné son nom à un théorème sur l'équivalence des systèmes de
conducteurs disposés en étoile et en triangle, équivalence précieuse dans la distribution de puissance
électrique.

Gustav Robert Kirchhoff


Physicien allemand, né à Kœnisberg en 1824 et mort à Berlin en 1887. Il est surtout connu pour ses
travaux en électricité, précisément pour les lois des courants dérivés, qu'il établit en 1845 (à 21 ans !) et
qui depuis portent son nom. On lui attribue aussi l'établissement de l'équation des télégraphistes. Après
sa thèse en 1847, il devient professeur à l'Université de Brestlau. C'est là qu'il collabore avec Robert
Bunsen sur la théorie du corps noir. La construction d'un spectroscope lui permet de découvrir le césium
et le rubidium en 1860.

Pierre-Simon de Laplace
Astronome, mathématicien et physicien français, né à Beaumont-en-Auge en 1749 et mort à Paris
en 1827. Bien que professeur de mathématiques et homme politique, ses travaux en physique sont nom-
breux. Il signe diverses contributions sur la capillarité, la propagation du son dans l'air, l'évolution adia-
batique des gaz et le travail des forces électromagnétiques. Cependant, c'est sa publication sur la mé-
canique céleste, Exposition du système du monde, qui est la plus remarquée. On y trouve développée
notamment les fondements d'une physique totalement déterminisme.

Guglielmo Marconi
Physicien italien, né à Bologne en 1874 et mort à Rome en 1937. Passionné très tôt par l'expéri-
mentation en physique, mais peu intéressé par des études universitaires, Marconi tente de réaliser, dans
la propriété familiale, un oscillateur capable de transmettre des informations à distance par voie hert-
zienne. Il y parvient en 1895, en s'appuyant sur les travaux de Hertz et de Branly notamment. N'étant pas
soutenu par les autorités de son pays, il poursuit avec succès ses travaux en Angleterre ; en 1901, il par-
vient à réaliser une transmission radio entre Cornouailles en Angleterre et Terre-Neuve. II reçoit le prix
Nobel en 1909. Tout en améliorant la transmission hertzienne sur le plan technique, il oriente son ac-
tivité vers la réalisation industrielle et vers la création d'émissions radiophoniques. C'est ainsi qu'il
participe à la fondation de la BBC en Angleterre.

James Clerk Maxwell


c
Physicien britannique, né en 1831 en Écosse à Dumfrieshire et mort à Cambridge en 1879. En
1857 il publie un article sur la constitution probable des anneaux de Saturne, ce qui le fait connaître
de la communauté scientifique et l'incite à s'intéresser au système constitué d'un grand nombre de par-
ticules. Il établit alors les principaux résultats de la théorie cinétique des gaz. C'est ensuite comme
professeur d'université au King's Collège de Londres qu'il travaille sur l'électromagnétisme, chez lui,
assisté par son épouse. Il est ensuite nommé à Cambridge pour diriger la construction du célèbre Caven-
dish Laboratory.
u
Jacob Millman
Électronicien américain d'origine russe, né en 1911 et mort à Boston en 1988. Diplômé du MIT
(Massachussets Institute of Technology), il devint professeur d'ingéniérie électrique à l'Université
Colombia. Tout au long de sa carrière, entre 1941 et 1987, il écrivit plusieurs livres d'électronique.
II est surtout connu pour avoir établi le théorème qui porte son nom, dans lequel la loi des nœuds est ex-
primée en fonction des tensions.

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xvi Les grands noms de Vélectronique

Edward Lawry Norton


Ingénieur électronicien américain, né à Rockland (Maine, USA) en 1898 et mort à Chatham (New
Jersey, USA) en 1983. Il travailla durant toute sa carrière, pendant quarante et un ans, jusqu'en 1963,
aux laboratoires de la compagnie Bell Telephon. C'est en 1945 qu'il établit un théorème, analogue au
théorème de Thévenin, dans lequel les sources de tension sont remplacées par des sources de courant.
Curieusement, il ne publia que trois articles dont aucun ne mentionne ce théorème. Ce dernier ne figure
que dans un rapport technique de 1926.

Harry Nyquist
Ingénieur américain des laboratoires Bell Telephon, né en Suède en 1889 et mort à Harlingen
aux Pays-Bas en 1976. C'est lui qui, dès 1930, introduit le concept de rétroaction négative sur les
amplificateurs. Il participe activement au développement des asservissements pendant la seconde guerre
mondiale. Il est surtout connu pour ses travaux sur les critères de stabilité des systèmes à rétroaction. En
outre, il interprète le bruit de tension aux bornes d'un conducteur ohmique, découvert par Johnson.

Georg Simon Ohm


Physicien allemand, né à Erlangen en 1789 et mort à Munich en 1854. Alors qu'il est profes-
seur au collège de guerre de Berlin, il découvre la loi sur les circuits linéaires entre tension et courant,
qu'il publie en 1827 dans son ouvrage Die galvanische Kette. mathematish bearbeitet. En 1849, il de-
vient professeur de physique à l'Université de Munich. On a donné son nom à l'unité internationale de
résistance.

Claude Shannon
Ingénieur américain, né à Gaylord (Michigan) en 1916 et mort des suites de la maladie d'Alzhei-
mer à Medford (Massachusetts) en février 2001. Durant ses études au MIT (Massachusetts Institute of
Technology), il prouve que les règles de l'algèbre de Boole peuvent être appliquées à de simples circuits
électriques, un relais ouvert étant associé au chiffre 1 et un relais fermé au chiffre 0. En 1938, sa thèse,
intitulée « Analyse symbolique des relais et commutateurs », connaît un fort retentissement. Il s'ins-
pire alors de la théorie de Boltzmann en physique statistique. Il s'intéresse ensuite à la mise au point des
systèmes téléphoniques et des ordinateurs. Dans ce contexte, il a fortement contribué à la première vic-
toire au jeu d'échecs de l'ordinateur Deep Blue d'IBM sur le grand maître russe G. Kasparov.

Walter Schottky
Physicien allemand, né à Zurich en 1886 et mort à Pretzfeld en Allemagne en 1976. Professeur de
physique théorique à Rostock, il est connu pour ses recherches sur le mouvement des électrons dans les
conducteurs et dans les tubes à gaz. En 1920, il découvre l'effet de granulation des électrons qui porte
désormais son nom. Il inventa, indépendamment d'Edwin Amstrong, le récepteur superhétérodyne.
fM
William Shockley
Physicien britannique né à Londres en 1910 et mort à Palo Alto en Californie en 1989. Après sa
thèse au Caltech (California Institute of Technology), Shockley est employé à la compagnie Bell Tele-
phon dans le but de remplacer les tubes à vide encombrants, notamment la triode, par des composants
solides plus petits et plus fiables. Il y pâment en 1948, avec l'aide d'un théoricien J. Bardeen et d'un
expérimentateur W. Brattain ; il invente ainsi le transistor, ce qui lui vaut le prix Nobel en 1956. Il ter-
mine sa carrière sur un poste de professeur d'ingéniérie à Stanford qu'il occupe à partir de 1963. Ses
prises de position sur l'amélioration de la race humaine, notamment par la stérilisation des « faibles »
et le don du sperme des savants, surprennent et déçoivent une grande partie de la communauté scienti-
fique internationale.

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Les grands noms de l'électronique xvii

Nicolas Tesla
Ingénieur croate, né à Smiljan en 1856 et mort à New-York en 1943. Employé d'abord par les
compagnies d'équipements électriques de Budapest, puis par Edison aux USA, il invente plusieurs dis-
positifs, dont le moteur polyphasé et le moteur à courant alternatif. Il fonde aux USA une société de
construction de moteurs en courant alternatif ; ses résultats font de lui le fondateur de l'électrotechnique
moderne. Il est le premier à montrer l'intérêt du transport de la puissance électrique sous une tension va-
riable, en augmentant la tension avant le transport et en la diminuant après, à l'aide de transformateurs.
Cette invention fut largement utilisée par l'inventeur et industriel américain G. Westinghouse. Piètre gé-
rant de ses inventions, Tesla finit sa vie misérablement à New-York.

Léon Charles Thévenin


Ingénieur français de l'École Polytechnique, né à Meaux en 1857 et mort à Paris en 1926. Il est
surtout connu pour avoir établi un théorème très utile qui permet de considérer un réseau linéaire entre
deux points comme une source de tension entre ces points.

Alessandro Volta
Physicien italien, né à Corne en 1745 et mort aussi à Corne en 1827. Il est connu pour avoir introduit
la pomme de terre en Italie et pour ses recherches en électricité qui le conduisent à inventer la pile
électrique. Il fut fait comte par Bonaparte en 1801. L'unité SI de tension électrique dérive de son nom.

Balthasar van der Pol


Physicien hollandais, né à Utrecht en 1889 et mort en 1959.11 obtint son doctorat de physique en
1920, sous la direction de J. Fleming et J. Thompson. Intéressé par les aspects modernes de la phy-
sique expérimentale, il s'engage dans l'analyse de la stabilité des oscillations électriques, obtenues avec
des circuits comportant des tubes à vide. Il découvre alors les mouvements chaotiques de nature déter-
ministe, ce qu'il publie, dans le journal britannique Nature, en 1927, avec van der Mark. Il proposa aussi
différents modèles pour représenter le mouvement périodique du cœur, dans le but de soigner les pa-
tients atteints d'arythmie.

Charles Wheatstone
Physicien britannique, né à Gîoucester en 1802 et mort à Paris en 1875. Autodidacte passionné par
la technique, il s'intéresse d'abord à la propagation des sons produits par des instruments musicaux. Il
est surtout connu pour avoir perfectionné un dispositif, imaginé plus tôt par Samuel Christie, qui lui
permet de mesurer avec précision une résistance par la méthode du pont, laquelle porte désormais son
nom. C'est lui qui inventa le relais électrique ou interrupteur électrique commandé à distance.

Max Wien
Physicien allemand, né en 1866 à Konisberg et mort à lena en 1938. Nommé professeur à l'École
Technique de Dantzig en 1904, puis à l'Université d'Iena en 1911, il travaille sur les oscillateurs élec-
triques et sur la télégraphie sans fil ; son nom est associé à l'oscillateur bien connu et au filtre de parti-
cules utilisé en optique corpusculaire. Il ne faut pas le confondre avec son cousin Wilhem Wien, connu
lui pour avoir donné son nom à une loi sur le rayonnement du coips noir (cf. Thermodynamique).

Clarence Zener
Physicien américain, né à Indianapolis (Indiana) en 1905 et mort en 1993. Après sa thèse en phy-
sique quantique sur les molécules diatomiques, qu'il obtient à Harvard en 1930, il travaille dans les
laboratoires Bell ; là, il interprète la forte conduction qui apparaît lorsqu'une diode est connectée en in-
verse et soumise à un champ électrique intense : par effet tunnel, les électrons de la bande de valence
peuvent passer dans la bande de conduction. Cette diode, appelée depuis diode Zener, est utilisée pour
réaliser des tensions stationnaires stabilisées.

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Constantes physiques, notations et symboles

Les symboles utilisés sont généralement ceux recommandés par l'AFNOR et par l'UTE (Union Tech-
nique de l'Electricité)

e= 1,602176462(63) x 10-I9C charge élémentaire (charge du proton)

—e charge de F électron

eV= 1,602176462(63) x lO"19 J électron-volt

£o = 8,854 187 817 x lO"12 F - m-1 permittivité du vide (valeur exacte)

cfc = e2/(473-60 ) q2e = 230.707 705 6 x lO"30 SI

— 47r x 10"7 H ■ m-1 perméabilité du vide (valeur exacte)

c = 2,997 924 5 8 x 108 ^3x lO^ s-' vitesse de la lumière dans le vide
(valeur exacte)
me = 0,910938 188(72) x 10-30kg, masse de l'électron
2
(mec = 0,510998 MeV fy 0,511 MeV )
mp = 1,67262158(13) x lO"27 kg, masse du proton
(inpc- = 938,272 MeV)
h = 6,62606876(52) x lO"34 J • s constante de Planck

h = h/iliT) = 1,054571596(82) x 10"34 J-s constante de Planck divisée par 277- (h bar)

re = q2e/{inec2) = 2,817 93423 x lO^15 m rayon classique de l'électron ( re « 2,8 fm )

•d G = 6,673(10) x 10-11 m3 • kg-1 • s-2 constante de gravitation


o
c R = 8,314472(15) J-mol-' Kr1 constante molaire des gaz parfaits
3
Û
CM
iH Na = 6.022141 99(47) x 1023 mol"1 nombre d'Avogadro
O
fM kB = R/Na = 1,3806503(24) x lO"23 J-K"1 constante de Boltzmann
(0)
4-> F = NAe = 96485,34.1 5(39) C • mor1 constante de Faraday
s:
r~T-i
O'
's-
> = ehl(2me) = 927,400 899(37) x lO"26 J-T-' magnéton de Bohr
Q.
O
U pN = eh/{2}np) = 5,050783 17(20) x lO"27 J ■ T" [ magnéton nucléaire

^o = /i/(2£) = 2,067 833636(81) x IQ-'5 Wb quantum de flux magnétique


1
rk = h/e = 25 812, 807 572(95) fl constante de von Klitzing.

a = q2/(hc)l. 297 352533(27) « 1/137,036 constante de structure line.

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Constantes physiques, notations et symboles xix

loganthme népérien
logarithme décimal
logarithme binaire
exponentielle
sensiblement égal à
de l'ordre de
Symbole de la masse en électricité, origine des ten-
sions dans un montage, et symbole de la terre
valeur moyenne du signal.?(/) au cours du temps
signal analytique associé au signal réel s{t)
valeur moyenne du signal ^ sur un ensemble statis-
tique
signe de 5
valeur complexe associée à s
module de s
complexe conjugué de s
parties réelle et imaginaire du signal s
intensité d'un courant stationnaire et intensité effi-
cace d'un courant sinusoïdal
intensité d'un courant dans un conducteur dans le
sens A vers B
tension stationnaire et tension efficace d'une tension
sinusoïdale
tension entre les points A et B, aux potentiels respec-
tifs VA et VB
intensité d'un courant variable
tension variable
forces électromotrices stationnaire et variable (f.e.m)
courants électromoteurs stationnaire et variable
(c.e.m) ; prononcer iota
puissances électriques instantanée, moyenne ou ac-
tive, réactive, apparente, complexe
résistance et conductance d'un résistor
capacité d'un condensateur
inductance propre et inductance mutuelle
f.e.m et résistance interne d'un générateur de Théve-
nin en régime stationnaire
f.e.m et impédance interne d'un générateur de Thé-
venin en régime sinusoïdal
c.e.m et conductance d'un générateur de Norton en
régime stationnaire
c.e.m et admittance d'un générateur de Norton en ré-
gime sinusoïdal

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1KX Constantes physiques, notations et symboles

T,f, w période, fréquence, pulsation d'un signal sinusoïdal


i(t) = im cos{ù)t + 0/) — I\/2cos{cût + <^£-) intensité d'un courant sinusoïdal
i{t) = i,n exp[/(W + (fri)] expression complexe de l'intensité d'un courant si-
nusoïdal ou intensité analytique
u(t) = umcos{(ot + 0!() = t/\/2'cos(W4- (f>u) tension sinusoïdale
u{t) = umexp\j{o)t + (f)u)] expression complexe d'une tension sinusoïdale ou
tension analytique
cp = (fru- (fri déphasage de la tension sinusoïdale par rapport à
l'intensité du courant sinusoïdal
q charge électrique
Z = R+jX impédance Z, résistance R et réactance X d'un dipôle
Y = \ jZ = G + jB admittance F, conductance G et susceptance B d'un
dipôle
y conductivité d'un matériau, inverse de la résistivité p
îei iet Ge, Ue, Ue intensités et tensions à l'entrée d'un système
!.<!> 4" 5 Îj' M S, M y intensités et tensions à la sortie d'un système
Ze,Zs, Re, Rs impédance d'entrée et de sortie, résistance d'entrée
et de sortie
xe,xs matrices colonnes tension-courant à l'entrée et à la
sortie d'un quadripôle
Uz,Ud tension Zener et tension de seuil d'une diode
AO amplificateur opérationnel
e = w+ — M_ tension entre les bornes non inverseuse et inverseuse
d'un AO
tensions d'alimentation et de saturation d'un AO
//(/6>)=i(/)=2iW fonction de transfert en électronique, x étant la pul-
sation réduite ou la fréquence réduite
//(o) = i{0) = n(0) facteur d'amplification stationnaire en tension
Gu = 201g\T(f)\ gain en tension exprimé en décibel
TFWO} ou?{f) transformée de Fourier de la fonction s(t)
TL-jAiV)} ou S{p) transformée de Laplace de la fonction s{t)
•d î(f),W) spectres de Fourier de /(/) et de u{t)
o
c rect(t) fonction créneau, de valeur 1 pour |/| ^ 0, 5
Û sinc(ï) = sin(7rt)/(-7rï) fonction sinus cardinal
(M
iH Y(f) fonction d'Heaviside ou échelon
O
fN 5
W et
E^-oo ^ - nT
) distribution de Dirac et peigne de Dirac
(0)
4-J Au facteur d'amplification en tension
_Di IX coefficient d'atténuation linéique en intensité.
"s_
>
CL Sa{t) signal analytique associé au signal réel s{t)
O
U Cn{i) fonction d'intercorrélation entre deux signaux s\{t)
et 52W

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Constantes physiques, notations et symboles xxi

s(t) = a!Km[l + mgi(t)] cos{û)pt) expression canonique d une porteuse, de fréquence


fp = ojp/{27r), modulée en amplitude
coefficient de modulation de fréquence
coefficient de modulation de phase
s{r;A) expression d'un signal aléatoire, A étant la variable
aléatoire
variance d'un signal aléatoire
RSB rapport signal sur bruit
Is = -]bPs information associé au message de probabilité Pi-
H = -y2Ps\hp entropie de Shannon associée à un ensemble de mes-
sages s de probabilité Ps.

Alphabet grec

alpha A a H u nu N p

bêta B B upsilon ï v

gamma F y omicron O o phi é


A 8 kappa K k pi chi X x
x
epsilon E e lambda A A rho psi y é

zêta Z C M /x sigma oméga fî co

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Description de l'ouvrage

Cet ouvrage « Électronique, fondements et applications » comporte trois grandes parties qui cor-
respondent aux différentes étapes de l'enseignement de cette discipline dans les Universités ou dans les
Classes Préparatoires aux Grandes Écoles scientifiques. L'organisation du cours est la suivante :
i) Première année de la licence : fondements
Leçons 1 à 8 : lois de Kirchhoff en régimes stationnaire et variable sinusoïdal, oscillations forcées,
résonance, régimes transitoires, théorèmes de base sur les circuits linéaires, composants électroniques,
amplificateurs opérationnels.
ii) Deuxième année de la licence : développements
Leçons 9, 10, 11, 13, 14, 15 : compléments sur les amplificateurs opérationnels, filtres actifs, oscil-
lations couplées, rétroaction et asservissements, oscillateurs électriques, signaux déterministes.
iii) Troisième année de la licence et master : compléments
Leçons 12,16, 17,18,19,20 : effets non linéaires, modulation et démodulation, bruits, électronique
logique et numérique, conversion analogique-numérique, théorie de la communication de Shannon.
Les leçons 1, 2, 5, 6, 8, 13, 15, 17, ont un rôle central, car elles contiennent les éléments indis-
pensables (définitions, lois et principes) à l'étude des leçons qui suivent. Il faut donc les étudier avant
d'aborder les suivantes. Par exemple, si l'on souhaite étudier la leçon 14 sur les oscillateurs électriques,
il est recommandé de lire auparavant les leçons 1, 2, 5, 6, 8 et 13. Même si les autres leçons sont pré-
sentées dans un certain ordre, il est possible de les lire dans un ordre différent qui tienne compte des
préoccupations particulières du lecteur ; en effet, les leçons sont quasi autonomes et le renvoi à des for-
mules éloignées pratiquement inexistant.
■d
o
Méthode de travail
(M
Lecture des leçons
Dans une phase d'initiation, une leçon doit être lue une première fois, en insistant sur l'introduc-
tion, laquelle situe cette leçon dans l'ensemble du cours, et sur la conclusion qui répertorie l'ensemble
des résultats essentiels. Dans une deuxième phase, l'étudiant doit refaire avec soin tous les calculs in-
termédiaires. Enfin, une dernière lecture devrait lui permettre d'appréhender complètement la leçon,
notamment les résultats essentiels, les exemples significatifs et les ordres de grandeur.

Exercices et problèmes
L'étudiant doit ensuite passer à la phase d'application en faisant des exercices simples et courts,
directement liés au contenu de la leçon ; il doit tenter de résoudre ces exercices avec le seul support que
constitue le cours. En cas de difficultés, un coup d'œil rapide sur la solution, proposée en fin d'ouvrage
ou sur le site web correspondant, devrait l'aider. Il lui faut éviter une simple lecture rapide de la solution

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Description de l'ouvrage xxiii

proposée et la mémorisation de la démonstration : mieux vaut revenir sur les fondements de la leçon
pour résoudre l'exercice ; en cas de difficulté majeure, consulter la solution et tenter de la refaire, sans
aucune aide, un ou deux jours plus tard.
Une fois ces exercices de base rédigés, l'étudiant pourra affronter des épreuves plus longues inspi-
rées d'examens et concours.

Révision

Pour réviser, une ultime lecture devrait conforter l'apprentissage. Ne pas hésiter à souligner au
crayon les parties essentielles et à porter en marge des remarques personnelles, suggérées par la lecture
d'autres livres ou de documents annexes, tels que des revues scientifiques à grand public (La Recherche,
Pour la Science, Science et Vie, Électronique pratique, etc.).

Comment résoudre un problème sur les circuits

On résout correctement un problème sur les circuits, si l'on s'astreint à répondre successivement à
plusieurs questions, même lorsque le texte n'invite pas explicitement à y répondre.

Le régime du circuit est-il stationnaire quasi stationnaire ou transitoire ?

En régime stationnaire, on ne prend en compte que les générateurs et les résistors du circuit,
les condensateurs éventuels se comportant comme des interrupteurs ouverts, les diodes pratiquement
comme des interrupteurs fennés dans le sens passant et comme des interrupteurs ouverts dans le sens
inverse (cf. chapitre 1).
En régime quasi stationnaire sinusoïdal, l'analyse est analogue à la précédente, pourvu que l'on
utilise la notation complexe pour exprimer les impédances associées à une inductance et à une capacité,
respectivement jLco et 1 /{jC(à) (cf. chapitre 2). Soulignons que ce concept d'impédance n'a de sens
qu'en régime sinusoïdal ; en régime quelconque pour les circuits linéaires une analyse de Fourier est
indispensable.
En régime transitoire, la relation vérifiée par les grandeurs du circuit se présente sous la forme
d'une équation différentielle ; la résolution de cette dernière nécessite la connaissance des conditions
initiales du circuit.

Peut-on ramener le circuit à un diviseur de tension ou à un diviseur de courant ?

Très souvent, les circuits simples se présentent comme des diviseurs de tension ou de courant,
auxquels cas les expressions à retenir, duales l'une de l'autre, sont (cf. chapitre 1) :

Ui = —^-—U et /, = _ G' /
R\+R2 G, + G2
Dans tous les cas, on doit tenter de simplifier le circuit (associations de dipôles, théorème de Thé-
venin, etc.) autour du dipôle étudié.

N'est-il pas préférable d'appliquer la loi des nœuds sous la forme du théorème de Millman ?

Lorsque les grandeurs intéressantes sont des tensions ou leur rapport, il est préférable d'éliminer
directement les intensités et d'écrire la loi des nœuds en fonction des tensions. C'est précisément ce que
permet le théorème de Millman (cf. chapitre 1).

Le circuit présente-t-il des éléments de symétrie ?

L'analyse des symétries d'un circuit permet de vérifier la cohérence physique des résultats obtenus
et d'éviter des calculs fastidieux.

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xxiv Description de l'ouvrage

Le système étudié est-il linéaire ou non ?

Cette question est essentielle, car une faute fréquente consiste à appliquer, à des circuits comportant
des éléments non linéaires, des théorèmes fondés précisément sur la linéarité (cf. chapitre 5).

Doit-on effectuer un calcul en notation réelle ou en notation complexe ?

Rappelons que la notation complexe n'est qu'un intermédiaire technique commode, voire indis-
pensable, que l'on doit utiliser uniquement en régime sinusoïdal. En régime quelconque, une analyse de
Fourier s'impose. Concernant la puissance en régime sinusoïdal, comme il s'agit d'une grandeur qua-
dratique, le retour à la notation réelle est recommandé, à moins d'introduire le concept commode de
puissance complexe (cf. chapitre 2).

La caractéristique I{U) des dipôles est-elle tracée en convention récepteur ou non ?

Dans tout l'ouvrage, nous avons privilégié la convention récepteur (de puissance) des dipôles, à
la fois pour des raisons d'efficacité pédagogique et de conformité aux conventions adoptées en phy-
sique, précisément en thermodynamique : certains dipôles, tels que la photodiode, se comportent soit en
récepteur (photodétecteur) soit en générateur (photopile). En outre, les caractéristiques de tous les di-
pôles ont été mises sous la forme standard 1{U), car très souvent l'entrée du dipôle, considéré comme
un système, est la tension d'entrée alors que la sortie est l'intensité du courant qui le parcourt.

La loi d'Ohm s'applique-t-elle ? Comment ?

S'il s'agit d'un conducteur ohmique, la loi d'Ohm s'applique sous les formes simples U = RI o\x
I = GU, encore faut-il préciser que, si A el B sont les bornes du dipôle, cela suppose précisément
que :
U=UAB = UA-UB et f = IAB

Une façon mnémotechnique de retenir ce résultat est de noter que ces formules sont valables si les
flèches de courant et de tension sont de sens opposés.

Quel est le nombre de variables indépendantes dont dépend l'état électrique du système ?

Une fois écrites les équations exprimant les lois physiques (de Kirchhoff, d'Ohm, de Faraday, etc.),
effectuer le décompte du nombre de variables indépendantes, dont dépend l'état électrique du système,
est essentiel avant de tenter de résoudre le système d'équations obtenues.

Comment résoudre le système d'équations des circuits ?

Tout dépend du nombre de variables. S'il est faible, inférieur ou égal à deux, la méthode de subs-
titution est la plus rapide. S'il est de trois ou quatre, la méthode matricielle est intéressante. Au-delà, il
vaut mieux prévoir l'utilisation d'un logiciel, par exemple MATLAB.

Interpréter les résultats obtenus, notamment leur signe, et discuter la réalité des ordres de
grandeur ?

Cette phase finale est essentielle, car elle permet de déceler des erreurs de maladresse. Les résul-
tats obtenus sont algébriques : il convient donc d'estimer la crédibilité d'une intensité parcourant un
conducteur dans le sens opposé à celui adopté a priori ou d'une intensité trop grande pour être réa-
liste.

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L'électronique en vingt questions

1. Si on utilisait l'expression V = RI1 de la puissance reçue par un résister, aux bornes duquel une
pile impose une tension U, on serait conduit à conclure que la puissance est proportionnelle à ^, ce
qui est incorrect. Pourquoi ?

2. La mesure, à l'aide d'un obmmètre, de la résistance du filament d'une lampe à incandescence, sur
laquelle on lit les indications 100 W pour la puissance et 230 V pour la tension efficace, donne 40 fl.
Pourquoi la puissance inscrite n'est-elle pas 2302/40 = 1 322,5 W ?

3. Les distributeurs de puissance électrique utilisent préférentiellement des tensions sinusoïdales tri-
phasées et de forte amplitude, qu'ils transforment en tensions monophasées, de faible amplitude, près
de l'utilisateur. Pourquoi ?

4. On mesure les différentes tensions efficaces aux bornes du générateur, du résistor, de la bobine et du
condensateur, dans un circuit résonnant série. On constate que la première tension n'est pas la somme
des trois autres. Pourquoi ?

5. Une pile électrique, de f.e.m 1,5V, connectée aux bornes d'une diode, de tension de seuil 2,5 V,
ne rend pas cette dernière passante, contrairement à deux de ces mêmes piles placées en série. Pourquoi
le théorème de superposition ne s'applique-t-il pas dans ce cas ?

6. Pourquoi polarise-t-on une diode Zener en inverse ?

7. Un amplificateur peut fournir à sa sortie un signal variable d'une puissance supérieure à la puissance
du signal d'entrée. Pourquoi ce résultat n'est-il pas en contradiction avec le premier principe de la
thermodynamique, selon lequel on ne peut pas créer de l'énergie (cf. Thermodynamique) ?

8. La résistance ohmique d'un conducteur est toujours positive. Or, on entretient les oscillations élec-
triques produites dans un circuit oscillant en compensant la résistance ohmique de la bobine et du
condensateur par un système de résistance négative. Pourquoi cette dernière affinnation est-elle néan-
moins fondée ?
X5
O
9. Pourquoi exprime-t-on généralement le facteur d'amplification en tension d'un amplificateur ou
d'un filtre par son gain en décibel et définit-on la bande passante de cet amplificateur à —3 dB ?
CM
10. Pourquoi, dans les montages de base d'un amplificateur opérationnel, les résistances ne doivent-
elles être ni trop faibles, ni trop fortes ?
4—'
11. Les bobines ne sont pratiquement plus utilisées en électronique, les diodes Esaki (à effet tunnel)
non plus. Pourquoi ?
CL
12. Les filtres passifs sont le plus souvent délaissés au profit des filtres actifs. Pourquoi ?

13. L'espace des phases en théorie des circuits peut être de dimension impaire, alors qu'en mécanique
il est nécessairement de dimension paire. Pourquoi ?

14. Sur un oscilloscope convenablement synchronisé, on peut observer la trace parfaitement stable
des signaux délivrés par un oscillateur auto-entretenu, alors que ces derniers sont présentés comme des
systèmes instables. Pourquoi ?

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xxvi L'électronique en vingt questions

15. La fréquence d'un signal sinusoïdal est une grandeur physique définie positive, homogène à l'in-
verse d'une durée. Pourquoi le spectre de Fourier de ce signal fait-il apparaître des fréquences néga-
tives ?

16. Il est possible d'échantillonner des signaux analogiques, c'est-à-dire de ne considérer que cer-
taines valeurs, prises périodiquement, sans aucune perte d'information. Cette affirmation apparemment
paradoxale est cependant vérifiée. Pourquoi ?

17. Dans l'enregistrement numérique des sons sur CD, les principaux constructeurs se sont entendus
pour utiliser la fréquence d'échantillonnage de 44,1 kHz. Pourquoi ?

18. Pourquoi la transmission des ondes électromagnétiques à grande distance exige-t-elle la modula-
tion en amplitude ou en fréquence d'une onde porteuse de haute fréquence ?

19. Pourquoi un bruit blanc présentant une fréquence maximale de coupure est-il qualifié de bruit
rose ?

20. On dit qu'informer c'est surprendre. Pourquoi ?

•a
o
c
a
Û
(N
o
fM
(5)
-C1
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's-
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O.
O
(J

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Introduction expérimentale

oscilloscopes et multimètres

La réalisation expérimentale des montages présentés dans cet ouvrage nécessite l'usage d'instru-
ments de contrôle des signaux, tels que les oscilloscopes et les multimètres. Aussi, dans une introduction
expérimentale préalable, proposons-nous de décrire sommairement le fonctionnement de ces appareils
de mesure. Il convient avant tout de préciser le concept de signal.

I, — SIGNAUX

En électronique, un signal est une tension ou un courant qui peuvent soit transporter une infor-
mation, par exemple audio, d'horloge ou de commande d'un système, soit ne pas en véhiculer, comme
c'est le cas pour les tensions d'alimentation ou de polarisation.
On distingue deux types de signaux issus de deux technologies distinctes : le premier type est
analogique et le second numérique ou digital. Un signal est analogique si sa variation temporelle
est continue ; c'est le cas de signaux provenant de capteurs physiques. Il est numérique s'il varie entre
plusieurs niveaux discrets.
On classe habituellement les signaux, selon leur « forme » au cours du temps. Ainsi, les signaux
stationnaires ont une valeur qui n'évolue pas au cours du temps, par exemple la tension d'alimentation
fournie par une pile de 4,5 V , alors que les signaux variables varient au cours du temps, comme la
tension électrique efficace de 230 V fournie par le réseau électrique français ; ces derniers se classent
en deux catégories : les signaux périodiques et les signaux apériodiques.
o
c
1.1. — Signaux périodiques

Un signal périodique e{t) est caractérisé par sa période T et sa fréquence / définies selon :
(5)
4-J
e(t) = e(î + T) et f = ]-
>~ 1
CL
O
U
. ....
Le domaine de fréquence de 1 électronique est très étendu, de quelques mHz (10 Hz) à plusieurs
9
centaines de GHz ( 100 x 10 Hz). Le domaine des basses fréquences est défini par la validité de
l'approximation des régimes quasi-stationnaires (cf. Électromagnétisme) ; il s'étend jusqu'à la centaine
de MHz( 100 x 106 Hz).
Au-delà, la propagation des ondes électromagnétiques doit être prise en compte : c'est le domaine
des hyperfréquences.

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xxviii Oscilloscopes et multimètres

On reconnaît la caractéristique fondamentale des signaux périodiques par la forme de leur spectre
de Fourier qui est constitué de pics régulièrement distribués (cf. annexe 2).

a) Signaux harmoniques ou sinusoïdaux

Un signal harmonique ou sinusoïdal a pour expression :

e(t) = em cos{W + </») = em cos(27r/r + <$>)

dans laquelle em est l'amplitude, (f) la phase à l'origine des temps, (o la pulsation et / la fréquence.
Ces signaux sont fondamentaux en électronique, et plus généralement en physique, car ils permettent
d'exprimer un signal réel , périodique ou non, sous la forme d'une somme discrète ou continue de
signaux hannoniques (cf. annexe 2).

b) Signaux symétriques

Un signal est symétrique si :

e{t) = -e ^-0

c'est-à-dire que l'alternance positive a la même forme que l'alternance négative (Fig. 1).

<0

Fig. I.

La valeur moyenne dans le temps d'un signal symétrique sur une période est nulle. En effet, on a, en
surlignant la grandeur considérée pour désigner sa moyenne temporelle :

i rT/2
e(t) = i ' e(t)it=i j^- e{t)it+1 e{t)dt=11 e(t) + e{t+'^ dt = 0

puisque e(t + T/T) = e(t — T/2) = —e(t).


Un signal symétrique n'admet pas d'harmonique pair. Montons-le en calculant les coefficients de
Fourier C2n (cf. annexe 2) :

*-2/i rp exp
? L (~"/27r^) dr

i ^ e{t) exp 0y27r^^ dt + ^ ^ ^e{t) exp d,

En posant t' = t — Tf2, cette dernière intégrale devient :

1 rT'2 T ( . ^ -j2mr\
o a dr 1
J / = -- r'2 e{t ) exp \-]2ir—\
( -^ 2'"'\.,
e\f + - exp \-j2it— dr
T l

puisque e(t' + T/2) = —e{t'). On en déduit C2n = 0 .

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Oscilloscopes et multimètres xxix

c) Signaux dé formés canoniques

Les générateurs de signaux, dont font partie les Générateurs Basse Fréquence (GBF en abrégé),
permettent de produire des signaux sinusoïdaux, mais aussi des signaux symétriques de forme cano-
nique, carrée eu [t] et triangulaire e& (t), dont la décomposition en série de Fourier donne respective-
ment (cf. annexe 2), en désignant par ecc la valeur crête à crête des signaux :

.. si n( ■7r7r/2) / nt\ .. ^ v^l—cos(7rnj / nt\


eu{t) = eccY, ,2 cos(2^-j et eA{t) = 2gtT ^ coS (2^-]
;i=I 7i—1 ^ ^

d) Rapport cyclique

Si tp et t„ sont respectivement la durée de l'alternance positive et celle de l'alternance négative


d'un signal périodique, de période T, les rapports cycliques à « l'état haut » aj-, et à « l'état bas » ai,,
sont respectivement les facteurs suivants :

T et
T
ai, — -jt <*b = jr avec tp -y t,, — T et donc ap -y a,, — l

On les exprime souvent en pourcentage.


Exemple : un signal créneau, délivré par un GBF, de fréquence 50 Hz, est positif pendant 5 ms
au cours d'une période ; le rapport cyclique du signal relativement à l'état haut vaut donc ;

=
a/, — ~~ Tpf = 5 x lO-3 x 50 = 0,25 ou 25%

1.2. — Signaux apériodiques

Un signal est apériodique, c'est-à-dire non périodique, si son spectre de Fourier est continu (cf.
annexe 2). Les signaux aléatoires et le bruit (cf. chapitre 17), ainsi que les signaux chaotiques (cf.
annexe 6), sont des exemples de signaux apériodiques.
Notons que tout signal réel est apériodique, puisque limité dans le temps. Néanmoins, un signal
limité dans le temps, mais constitué d'une succession périodique de motifs identiques en assez grand
nombre, peut être considéré comme périodique avec une excellente approximation (cf. annexe 2).

II. — L'OSCILLOSCOPE
•a
o
L'oscilloscope est un instrument qui fut inventé en 1897 par le physicien allemand K. Braun, ce
qui lui valut le prix Nobel en 1909. On le considère comme l'ancêtre des téléviseurs construits dans les
années 1920 et 1930.
fM
II. 1. — Oscilloscopes analogiques et oscilloscopes numériques
-C
Avec cet instrument, on visualise l'évolution temporelle d'une ou plusieurs tensions dans un circuit,
la forme de ces signaux. Aussi est-il souvent appelé « l'œil » de l'électronicien.
Les oscilloscopes couramment utilisés sont principalement de deux types.
i) Les oscilloscopes analogiques
Les oscilloscopes analogiques possèdent une source, la cathode, qui émet des électrons, soit par
effet thermo-électronique en raison de sa température, soit par effet de champ (cf. Quantique). Les
électrons sont accélérés dans un tube à vide vers une anode trouée portée à une haute tension de l'ordre
de 30 kV . L'impact sur un écran photo-luminescent forme un point lumineux ou spot (point en anglais).

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XXX Oscilloscopes et multimètres

Deux séries de deux plaques parallèles, l'une portée à une tension proportionnelle à la tension à vi-
sualiser, l'autre orthogonale à la première série, soumise à une tension en dents de scie et proportion-
nelle au temps, provoquent la déviation du faisceau électronique et donc l'apparition d'une trace sur
l'écran d'observation.
La durée mise par les électrons pour atteindre le détecteur étant négligeable (de l'ordre de 10 ns ),
le signal est visualisé pratiquement en temps réel sur l'écran. Les oscilloscopes analogiques sont en-
combrants et lourds, en raison du tube à vide et de l'alimentation du canon à électrons.
ii) les oscilloscopes numériques.
Dans les oscilloscopes numériques, on échantillonne la tension à visualiser, c'est-à-dire qu'on ne
considère qu'un ensemble de valeurs discrètes régulièrement réparties au cours du temps. Ce n'est
qu'après cette opération que le signal est affiché sur un écran, ou moniteur, dont la technologie s'ap-
parente à celle des ordinateurs portables actuels ; le signal est donc visualisé en temps différé. Les os-
cilloscopes numériques se distinguent des analogiques par un encombrement et un poids moindre, car
ils utilisent largement les possibilités de miniaturisation des composants ; avec ce type d'oscilloscope,
on a aisément accès aux caractéristiques principales du signal : fréquence, période, valeur efficace, va-
leur moyenne ou valeur de crête, etc.
Malgré des différences technologiques importantes, les fonctions les plus courantes sont communes
aux deux types d'oscilloscope. Dans la suite, on approfondit l'analyse sur un exemple de façade d'os-
cilloscope « standard », (Fig. 2), ce qui facilite leur utilisation dans les divers montages.

14 13 8 9

Y ç> 16

□/ EXT. 11
NORMAL 12
/AUTO-
Y. 15
pos. I v
8 :yii 0- 5
s
GND AC-DC GND AC-DC
Test □ □ □ □ 4
composant CH.I/II DUAL CHO
□ CeO Yl □ □ □ O Yll

20 21 4 3 1 5 7 6 10 17 18 19 3 2
Fig. 2.

II. 2, — Branchement de Poscilloscope

a) Masse de Voscilloscope

La plupart des oscilloscopes possèdent deux entrées ou voies que l'on désigne par les lettres Y\
et Y2 (points 1 et 2 de la figure 2). Ces voies ont une borne commune, la masse (point 3), ou tension
de référence, généralement reliée à la prise de terre de l'instrument. Le branchement de la masse de
l'oscilloscope dans le circuit doit obéir à quelques règles essentielles.

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Oscilloscopes et multimètres xxxi

i) Si la masse d'un autre appareil utilisé dans le montage, par exemple un GBF, est par construction
reliée à la terre, le choix du point de masse est contraint. Il est alors nécessaire de relier la masse de
l'oscilloscope à la masse de l'autre appareil. Si cette précaution n'est pas prise, la liaison commune par
la prise de terre provoquerait un court-circuit, c'est-à-dire la mise au même potentiel de deux points
différents du circuit.
ii) Si au contraire, la masse est flottante, c'est-à-dire non reliée à la prise de terre, la masse de
l'oscilloscope peut être choisie librement en n'importe quel point du circuit.

b) L'entrée du signal

Sauf réglage spécifique, les impédances d'entrée de l'oscilloscope sont élevées ; aussi, l'application
d'une tension sur les voies Y\ et Y2 perturbe-t-elle peu le système. Un oscilloscope se branche donc
en parallèle dans un circuit. Chaque entrée est couplée (point 4 sur la figure 2) à la chaîne de traitement
interne de l'oscilloscope, selon le schéma de la figure 3. On distingue trois possibilités.
i) Le couplage DC, de l'anglais Direct Current (courant direct), est le couplage « standard » à
utiliser par défaut. La tension du circuit est directement transmise, sans traitement.
ii) La position GND, de l'anglais Ground (terre), permet d'appliquer une tension nulle sur la voie
sans débrancher aucun fil, afin par exemple de centrer verticalement l'origine des tensions en agissant
sur le curseur (5).
ni) Le couplage AC, de l'anglais Alternative Current (courant alternatif), supprime toute com-
posante stationnaire du signal d'entrée, par un filtre passe-haut du premier ordre, dont la fréquence de
coupure est de quelques hertz (cf. chapitre 6). Ce couplage est à utiliser lorsque la composante station-
naire d'un signal gêne sa visualisation. Citons par exemple la mesure du déphasage temporel entre deux
signaux synchrones dont l'un est décalé en tension, ou encore la visualisation de parasites sur un si-
gnal stationnaire d'alimentation. Le couplage AC permet alors de mieux repérer le passage par l'ori-
gine de la tension décalée. Attention néanmoins à ne pas l'utiliser à trop basse fréquence, car le filtre
peut modifier la forme des signaux.
DC

Signal d'entrée 0,1 (jlF AC


• CM) 1 MÛ
appliqué à
l'oscilloscope 10 pF

Fro. 3.

II. 3. — Mode balayage temporel

Un oscilloscope est capable d'afficher des signaux variables jusqu'à des fréquences de plusieurs
dizaines de MHz. Le coût de l'instrument est d'ailleurs directement lié à l'étendue de sa bande passante.
En mode balayage, l'axe horizontal est celui du temps et l'axe vertical celui des tensions à étudier.

a) Sensibilité verticale

Avec le sélecteur de calibre (6), on règle l'échelle verticale des tensions. Sur certains oscilloscopes
munis d'un réglage fin (7), on peut supprimer manuellement le « calibrage » de cette échelle et donc
ajuster l'amplitude d'une courbe sur l'écran. Il est alors possible de mesurer :
i) une durée de montée, c'est-à-dire la durée nécessaire pour atteindre, en régime transitoire, une
fraction déterminée de la tension établie,

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xxxii Oscilloscopes et multimètres

ii) une fréquence de coupure en recherchant la fréquence pour laquelle l'amplitude de la courbe est
réduite dans le rapport 7/5 = 1,4 « s/2 , dans la pratique de sept carreaux dans la bande passante à
cinq carreaux à la coupure.

b) Base de temps

Le sélecteur de calibre (8) permet de régler l'échelle horizontale temporelle, ou base de temps.
Comme précédemment, sur certains oscilloscopes dotés d'un réglage fin (9), on supprime le calibrage
de cette échelle, ce qui permet par exemple de mesurer, en mode bicourbe, le déphasage entre deux
signaux synchrones : on ajuste la période à l'écran du signal de référence sur neuf carreaux ; chaque
carreau de retard ou d'avance du signal déphasé correspond alors à 360/9 = 40° soit 0,7 rad.

c) Synchronisation

Le but de la synchronisation est d'afficher un signal stable sur l'écran de l'oscilloscope. Elle est
essentielle pour observer confortablement un signal, car une mauvaise synchronisation provoque un
déplacement plus ou moins lent du signal sur l'écran, appelé dérive. En effet, si les tensions en début et
en fin de balayage diffèrent, deux traces consécutives ne se superposeront pas ; le signal dérive.
Il existe plusieurs modes de synchronisation.
i) Mode normal (15) : la représentation temporelle d'une tension sur l'écran d'un oscilloscope est
celle donnée sur la figure 4. Une fois fixé un critère de déclenchement du balayage du spot, par exemple
le dépassement d'un niveau de tension réglable (16), une première trace se forme à laquelle succède une
durée d'attente, jusqu'à un autre déclenchement ; une nouvelle trace apparaît, et ainsi de suite.
ii) Mode automatique (15) : dans ce mode, un déclenchement forcé permet de visualiser le signal,
même si le critère de déclenchement n'est pas réalisé.
iii) Mode monocoup : sur les oscilloscopes numériques, le mode de balayage monocoup produit,
après son déclenchement et une fois l'instrument armé, une trace unique ; on l'utilise notamment pour
observer un régime transitoire (cf. chapitre 4).

l
uit)* lère trace 2ème trace
1 1
1 (
1
1
1
1
/~\ s~\ 1 //"\\ //~\\ 1
/
Niveau de / \ / \
déclenchement \\ // \\ 11 // \\ //
1
\\ 1 //
\ / V / \ / V / *"
0 \ / \ / î

\y / l\y / \y / \
' y /
1 1
Écran 1 Écran 1
1 1

FIG. 4.

d) Signal de déclenchement

Dans l'exemple précédent, le signal de déclenchement choisi était le signal affiché lui-même, c'est-
à-dire l'une ou l'autre des voies internes Y\ ou Y2 (choisie à l'aide du bouton 10). Il est possible
d'utiliser un signal externe pour déclencher le balayage du spot de l'oscilloscope (point 11) sur l'entrée
spécifique (12) ; on peut même choisir la tension délivrée par le « secteur 50 Hz » (13) pour des signaux
synchronisés sur le réseau électrique.

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Oscilloscopes et multimètres xxxiii

Sur certains oscilloscopes, il existe un mode de déclenchement alterné, pour lequel les signaux des
voies et Yj sont alternativement affichés. Ce mode est particulièrement adapté à la visualisation de
deux signaux de fréquences différentes. En revanche, si les signaux à visualiser sont synchrones, leur
déphasage temporel n'est plus apparent, les signaux semblent être en phase.
Le signal choisi est alors couplé à l'étage de déclenchement, appelé déclencheur ou trigger (gâ-
chette en anglais), selon les modes (14) :
i) DC pour Direct Couplage, c'est-à-dire sans traitement,
ii) AC pour Alternative Current grâce à la suppression de la composante stationnaire du signal,
iii) LF pour Couplage après Filtrage des « basses » fréquences {low frequencies), inférieures
à 50 kHz,
iv) H F couplage après filtrage des «hautes » fréquences {high frequencies), supérieures à 50 kHz.

e) Mode bicourbe

En mode bicourbe (17), on affiche simultanément les deux tensions sur les voies Fi et Y2 à
l'écran. Sur les oscilloscopes analogiques, on distingue deux modes d'affichage :
i) Le mode alterné, Alternate, ou mode par défaut, exhibe, à tour de rôle, l'une puis l'autre voie.
En raison de la persistance des impressions lumineuses sur la rétine, ce mode est adapté aux fréquences
élevées. En effet, aux vitesses de balayage importantes, l'alternance rapide des deux courbes produit
une impression de simultanéité.
ii) En mode découpé, Chop (hache en anglais), on divise la durée de balayage en petits intervalles
temporels que l'on utilise pour afficher, à tour de rôle, l'une puis l'autre voie (18). On visualise ainsi
simultanément les deux signaux basse fréquence.

II. 4. — Mode XY ou mode Lissajous

En mode XY (point 19 de la figure 2), ou mode Lissajous, du nom du physicien français


J. Lissajous, la voie Y\ est envoyée sur l'axe des ^ et la voie Yj sur l'axe des y. Ce mode est par-
fois utilisé pour déterminer le déphasage entre deux tensions synchrones sinusoïdales, par exemple :

U] (t) = Uijn COS(&)/j et Uof) = «2,»; COs{ù}t + (g)

Éliminons le temps entre ces deux signaux :

—— = cos(W A- (p) = cos(W) cos cp — sin(ca/j sin cp = cos ip — j 1


UOjn MI. m \

d'où:
«2 «1 V 11 "l \ • 2
cos (p I =11 sin ip
u u W
2,m \,m J \ l,/n /
Il vient en effectuant :

/ Ml \ / M2 \ _ Ml M2 . 2
1 + 1 —2 cos q? = sm (p
\tl\,}nj V^2,m ) M],m ^2,111
Plusieurs cas se présentent.
i) Lorsque = 0 ou n rad, la courbe décrite par le spot en mode XY est une droite passant par
l'origine du repère. En effet :
M2 M] «2 _ ± M|
= 0 soit
"2,m "1, fi

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xxxiv Oscilloscopes et multimètres

ii) Lorsque (p = tt/I rad ou —tt/I rad, la courbe est une ellipse dont les axes sont parallèles aux
axes de coordonnées puisque :
U\ Ul
+ = 1
ll
\,n M2,n

iii) Pour toute autre valeur de (p, c'est une ellipse dont les axes sont inclinés par rapport aux axes
( u\, 112 ) du repère. On obtient le déphasage cp dans l'intervalle ] — tt rad, tt rad[ en mesurant sur le
graphe le rapport NN'/MM' (Fig. 5). En effet, MM' = 2ii2,m et NN' = 2u2>m \ sin^j, ce que l'on
obtient en faisant u\ = 0 dans l'équation de l'ellipse :

NN' Nu 2,M
sin^c =
MM' NU2.0

Si le grand axe de l'ellipse se trouve dans le premier quadrant du système de coordonnées, alors
0 < |^| < -71/2 rad ; sinon, 7r/2 rad < |^| < tt rad.
Le signe de (p dépend du sens de parcours du spot sur l'ellipse. On le détermine en introduisant
l'angle polaire $ défini par :
f „ _ «2(0 _ «2,m COS(W+ (p)
tan a — —— — —-—
U\v) «l,m CO^[Cùt)

et en calculant sa dérivée temporelle 0 :

U2,m m[— sm(cot + ç) cos{û)t) + cos(w/ + ç) sin(«yf)] «2, sm cp


d{] + tan 9) — ù)
Ml, COS2{(Ot) u\,m cos2((yt)

Si e > 0, l'ellipse est parcourue dans le sens direct, ce qui correspond à sin ^ < 0. Si ^ > 0, elle est
parcourue dans le sens indirect ou rétrograde.

nU2
M

U]

*
N'

M'
Fie. 5.

II. 5. — Mode Test Composant

Si l'action des curseurs de centrage verticaux ne produit aucun effet, c'est probablement en rai-
son de l'activation du mode Test Composant (point 20 de la figure 2). Ce mode permet de visualiser
la caractéristique d'un dipôle, par exemple une diode, une résistance ou un condensateur, afin de véri-
fier son bon fonctionnement. Le dipôle se branche directement sur l'entrée spécifique (21), laquelle se
comporte comme un générateur de courant alternatif, de fréquence 50 Hz . La tension aux bornes du di-
pôle à tester est mesurée et portée en abscisse, alors qu'une tension proportionnelle à l'intensité du
courant délivré est représentée en ordonnée, afin d'afficher la caractéristique du dipôle.

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Oscilloscopes et multimètres XXXV

Un condensateur donne une courbe elliptique d'axes horizontaux et verticaux, un résister, une
droite passant par l'origine, etc.

Remarque : L'absence de dipôle produit à l'écran une trace horizontale caractéristique d'un conducteur
ohmique de résistance infinie.

III. — LES MULTIMÈTRES

Les multimètres sont des appareils de mesure regroupant plusieurs instruments au sein d'un seul
boîtier. Ils assurent de nombreuses fonctions dont la mesure de tensions, d'intensités de courant et
d'impédances ; les plus perfectionnés pennettent aussi de mesurer des températures, des fréquences et
de contrôler le bon fonctionnement de composants électroniques tels que les diodes ou les transistors.
Si la technologie analogique subsiste encore dans certaines applications, par exemple pour réaliser
des vue-mètres ou petits cadrans à aiguille, la technologie numérique s'est imposée au cours de la
dernière décennie. Moins fragiles et peu coûteux, les multimètres numériques peuvent aujourd'hui être
connectés à un ordinateur en vue d'un traitement informatisé des résultats de mesure. Dans la suite, nous
utiliserons le multimètre numérique Metrix MX54 (Fig. 6).

MX54 TfPÎïSiy

BAT AUTO REL MIN MAX AVG MEM AC+DC


1.
O,UQ0ia,::.M
A-fjS ^ UNE Q ^ SB "N- AU
RS?32
ZOOM
TRMS
SEt/ON ZOOM Hz SURV Q

PRINT RANGE REL PK +/- HOLD

IPÔ77

AC

DC ii.A mA

OFF
mv AC
DC DC
dB
A AC+D
MO"
CAT JI IOOOV_L ASY
A .
V ft -H- -►(- COM M-A mAFuSFn A

FIG. 6.

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xxxvi Oscilloscopes et multimètres

III. I. — Sélecteur de fonctions et calibres

a) Sélecteur de fonctions

En façade de l'instrument, un sélecteur permet de choisir la fonction désirée (Fig. 6) :


i) voltmètre stationnaire (point 1), entrées COM et V
ii) millivoltmètre stationnaire (2), entrées COM et V
iii) voltmètre alternatif (3), entrées COM etV

iv) milliampèremètre stationnaire (4), entrées COM et rnA


v) ampèremètre stationnaire (5), entrées COM et 10 A
vi) ohmmètre (6), entrées COM et fl.

b) Calibres

Un calibre est une échelle qui fixe un intervalle de mesure. De plus en plus d'instruments sélec-
tionnent automatiquement le calibre le plus approprié à la mesure, même s'il reste toujours la possibi-
lité de choisir manuellement un calibre spécifique. Selon le modèle de multimètre, le choix manuel se
fait en agissant sur un sélecteur ou par un bouton-poussoir qui provoque le défilement des différents ca-
libres.

III. 2. — Mise en oeuvre

Un ampèremètre, d'impédance faible, s'insère en série dans un circuit dont on veut mesurer l'in-
tensité du courant qui le parcourt. En revanche, un voltmètre, qui présente une grande impédance, se
branche en dérivation, entre deux points du circuit.
L'impédance d'entrée d'un multimètre numérique dépend du calibre de mesure. Par exemple, sur
le calibre « 5 V continu », la notice de l'instrument indique une résistance interne de 11 Mfi.
On mesure une résistance à Vohmmètre en connectant directement les bornes du résistor à celles
de l'instrument.

Remarque : Si le résistor est connecté dans un circuit, il faut au préalable l'en extraire, sinon la résis-
tance mesurée serait celle de l'ensemble du circuit aux bornes du résistor.

III. 3. — Affichage et précision

a) Affichage

Le cadran d'un multimètre numérique comporte des chiffres appelés digits. Chaque digit prend une
valeur entière comprise entre 0 et 9. Ainsi, un affichage sur 3 digits donne un nombre compris entre
0 et 999.
Actuellement, la plupart des multimètres disposent d'un digit supplémentaire capable de prendre
les valeurs 0 ou 1. Aussi, le digit supplémentaire est-il compté pour « I/2 » dans le nombre total de
digits. Par exemple, un afficheur 3 digits et 1 /2 peut donner tous les nombres entiers compris entre 0
et 1999.
Notons que le signe des grandeurs affichées ainsi que la virgule flottante, dont la position varie en
fonction du calibre sélectionné, font l'objet d'un affichage séparé.

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Oscilloscopes et multimètres xxxvii

b) Précision

Dans les notices techniques, la précision, c'est-à-dire l'incertitude e commise sur la lecture de
l'intensité d'un courant par exemple, est mise sous la forme :

e=xL nD = xUi + nUd

où L désigne la valeur pleine échelle, c'est-à-dire la tension maximale U/ susceptible d'être affichée
par l'appareil, et D la valeur Uj de la plus petite unité affichable, ou digit de poids faible ; j s'exprime
en pourcentage et n est un entier.
Exemple : l'incertitude 0,6% L + 30 D que l'on commet sur la lecture de l'intensité d'un courant
alternatif, de valeur 2 mA , sur le calibre 50 mA , où 1 digit représente 1 pA, se calcule selon :

x
e= ^ 50 + 30 x 10-3 = 0,33 mA

La même mesure, sur le calibre 2 mA , serait affectée d'une incertitude de :

6 = 5^ x 2 + 30 x 10~3 = 0,04 mA

Il est ainsi préférable de sélectionner le calibre le plus petit compatible avec la grandeur à mesurer.

m. 4. — Bande passante

La bande passante d'un multimètre numérique dépend de la fonction choisie et du calibre. Par
exemple, sur le calibre 5 V alternatif, la notice de l'instrument indique une précision sur la bande
passante qui est comprise entre 10 et 30 kHz : 1%, L + 30 D.

III. 5. — Mesure de tensions efficaces

On définit la valeur moyenne Um et la valeur efficace U ou Uef d'une tension variable périodique,
de période T, par :

1 fT r. .-i 1/2 \l fT , 1 l//2


2
Um = u{T) = -J^ u(t)dt et Uef = ^ (/)J = - u (/) d t

En séparant la tension «(r) en deux composantes, l'une stationnaire Um , et l'autre alternative de


valeur moyenne nulle ucl(t), on obtient les relations suivantes ;

u(t) = U,„ + avec ua{t) = 0

Uef — {[Um + M«W]2} — Uh + 2Umua(t) + ul{t) — u}n + u2a(t) - (u}n + ulef) 1

Uthef désignant la valeur efficace de la tension ua(t).

a) Voltmètre TRMS

Un voltmètre TRMS, de l'anglais True Root Mean Square pour vraie racine de la moyenne du
carré, est un voltmètre capable de fournir la valeur efficace Uef de n'importe quel signal périodique
u{t) . Le sélecteur doit être placé sur V^c+dc (points 1 ou 2 de la figure 6) et la fonction TRMS activée
par pression (7).

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xxxviii Oscilloscopes et multimètres

b) Voltmètre RM S

Un voltmètre RMS, de l'anglais Root Mean Square pour racine de la moyenne du carré, est un
voltmètre qui fournit la tension efficace du signal, une fois ôtée la composante stationnaire. Un voltmètre
RMS fournit donc la valeur efficace U(hef de la composante alternative iia{î) .

c) Voltmètre non RMS

En mode alternatif, un voltmètre bas de gamme ne peut pas fournir la valeur efficace d'une tension
non sinusoïdale. Il donne la tension de crête Uc et affiche la valeur Uc/\/2. Cette dernière valeur
correspondrait à un signal sinusoïdal, puisque, si u{t) = um cos(«yr), alors :

1/2 r 1 f-T -1 t/2 ^ ^


2 = W COs2 W d? car 2
Uef = U {1) fj m ( 0 = ^| COS {û)t) = -

III. 6. — Mesure d'intensités de courants efficaces

La technique de mesure des tensions efficaces se transpose à celle des intensités des courants effi-
caces. Ainsi, un ampèremètre TRMS fournit directement îej , tandis qu'un ampèremètre RMS donne
hi,ef •

•a
o
c
rs
Û
(M
,H
O
(N
(5)
A-)
JZ
.çn
"s_
>■
Q.
O
(J

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Lois de base des circuits

en régime stationnaire

La science des circuits électriques est une science jeune qui s'appuie fondamentalement sur les lois
de l'électromagnétisme de Maxwell. La résolution d'un circuit quelconque, c'est-à-dire la détermination
des courants qui parcourent les fils de connexion et celle des tensions entre deux points quelconques du
circuit, date de 1845, avec la contribution majeure du physicien allemand G. Kirchhoff, alors âgé de
seulement 20 ans.
Les lois qu'il a énoncées sont à la base de deux domaines importants, proches de l'électromagné-
tisme, sinon inclus :
i) l'électrocinétique, ou science des réseaux électriques, dans laquelle on s'intéresse particuliè-
rement au transport de la puissance électrique dans les fils conducteurs, entre les sources et la zone
d'utilisation (Fig. Lia);

+1 R a
Source de Charge
puissance
Rr
électrique
-L
Entrée Sortie
a) b)
Fig. 1.1.

ii) l'électronique, ou science des systèmes, laquelle traite des signaux qui contiennent une infor-
mation (Fig. 1.1b). On exclut ici l'analyse des lois constitutives, telles que la loi d'Ohm dans les maté-
riaux conducteurs (cf. Electromagnétismé), ainsi que la physique des composants, essentiellement celle
des semi-conducteurs, laquelle exige le cadre de la théorie quantique (cf. Qiiantique).
Dans ce chapitre, nous présentons les lois de Kirchhoff en nous limitant au régime stationnaire, dit
aussi continu, pour lequel les tensions et les intensités des courants sont indépendantes du temps.
L'étude des circuits en régime stationnaire est essentielle pour plusieurs raisons ; d'abord, elle est
plus simple qu'en régime variable ; ensuite elle se généralise facilement aux régimes sinusoïdaux, et
surtout elle constitue une étape incontournable car tous les circuits, y compris ceux destinés aux si-
gnaux variables, comportent des piles et alimentations stationnaires dont la fonction est notamment

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2 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

l'apport de puissance aux composants actifs tels que les amplificateurs opérationnels ou les transis-
tors. Enfin, les lois de Kirchhoff sont encore valables en régime variable, pourvu que cette varia-
tion ne soit pas trop rapide et satisfasse à l'approximation des régimes quasi stationnaires (cf. cha-
pitre 2).

I. _ DIPOLES EN REGIME STATIONNAIRE

1,1. — Définition

On appelle dipôle électrociné tique, un système accessible par deux bornes A et B, d'où son nom,
et caractérisé par deux seules grandeurs : l'intensité / = Fab du courant qui le traverse, et la tension
U = Uab ou différence de potentiel, entre ses bornes.
Rappelons que / s'exprime en ampère et se mesure à l'aide d'un ampèremètre ; U s'exprime en
volt et se mesure grâce à un voltmètre (Fig. 1.2).
La nature de la correspondance entre l'intensité du courant qui traverse un dipôle et la tension à
ses bornes caractérise ce dipôle. Plusieurs dipôles dont les bornes sont connectées, de telle sorte que
l'ensemble forme une ou plusieurs boucles ou mailles, constitue un circuit électrique et plus largement
un réseau électrique (Fig. 1.3).

Dipôle 1

Dipôle
/l B Dipôle 3
Dipôle 2 Dipôle 5
1 = 1AB
Dipôle 4
U = Uab

FIG. 1.2. FlG. 1.3.

1.2. — Le dipôle considéré comme un système

En physique, un système est un dispositif capable de faire correspondre, à une grandeur physique,
dite d'entrée, une autre grandeur physique, dite de sortie. On le caractérise par un opérateur S trans-
formant la grandeur d'entrée e en la grandeur de sortie s :

^ — é>{e}

Dans ce contexte, un dipôle est le système qui fait correspondre / à f/ et vice-versa. L'intérêt essentiel
de ce point de vue est qu'il n'est pas nécessaire de connaître la constitution interne du composant ;
la simple connaissance de la règle de correspondance entre l'entrée et la sortie suffit. En outre, une
telle analyse est indépendante de l'évolution des technologies, puisqu'elle s'appuie sur la seule relation
fonctionnelle.

1.3. — Puissance électrique reçue par un dipôle en régime stationnaire

La puissance électrique que peut dissiper un dipôle est un paramètre important de son fonction-
nement, puisque sa prise en compte permet d'éviter sa détérioration, voire sa destruction. En outre, la
plupart des appareils domestiques sont choisis en fonction de la puissance qu'ils consomment; rap-
pelons les ordres de grandeur des puissances consommées par quelques dipôles connus, respective-
ment une lampe de poche à incandescence, un téléviseur, une batterie de véhicule au démarrage et une

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 3

bouilloire électrique :

Vlampe ~ 0, 9 W Vtv ~ 100 W Vbatterie ~ 1 kW et VhouiUoire ~ 2 kW

La puissance électrique reçue par un dipôle électrocinétique AB, parcouru par un courant d'intensité
/ = Iab , mesurée dans le sens A vers B, aux bornes duquel la tension est Uab = La — Vg , Va et Vb
étant les potentiels pris à partir d'une référence commune, a pour expression (cf. Électromagnétisme) :

V = UabÉB — UI

En effet, le courant /, algébrique, correspond à un déplacement de charges. Pendant la durée élémentaire


d ?, la charge d ^ = / d r, pénètre en A dans le dipôle. Elle reçoit, lors de sa traversée de A vers B, le
travail 5W = {VA — VB)dq, soit la puissance V = <5W/ dî = UI.
Le choix adopté ci-dessus, qui consiste à travailler avec la tension Uab & l'intensité Iab , est
appelé convention récepteur, puisque Uab et Iab sont de même signe pour un dipôle recevant de la
puissance.
D'après ce qui précède, la puissance fournie par le dipôle est l'opposée de celle qu'il reçoit :

Vu = -V = -UabIab soit aussi Vll = UABIBA

Lorsqu'on écrit la puissance sous cette dernière forme, on dit que l'on s'est placé en convention géné-
rateur. Effectivement, la puissance reçue par un générateur électrique est négative puisque la vocation
de ce dernier est de fournir de la puissance électrique au circuit.
Par exemple, pour une lampe de poche, alimentée par une pile de force électromotrice £ = 4,5 V
et traversée par un courant d'intensité / = 0,20 A , la puissance que fournit la pile au circuit extérieur
est (Fig. 1.4) :
■p,, = £7 = 4,5 x 0. 2 = 0,90 W

Lampe
de poche

Fig. 1.4.

1.4. — Caractéristique d'un dipôle

a) Définition

Expérimentalement, on constate généralement que l'on ne peut imposer qu'une seule des deux
grandeurs, U on I. La relation entre elles, généralement écrite sous la forme I{ U), définit sa caracté-
ristique.
Pour être précise, cette caractéristique doit être accompagnée de la convention choisie. Cette pré-
cision sera ici superflue, car, sauf indication contraire, nous adopterons systématiquement, comme en
thermodynamique par exemple, la convention récepteur, c'est-à-dire que U désignera la tension Uab
et I l'intensité du courant Iab ■

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4 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

b) Point de fonctionnement

La caractéristique d'un dipôle représente l'ensemble des états électriques possibles du dipôle. Ce-
pendant, l'une des deux grandeurs, I ou U, est imposée par les conditions d'utilisation, ce qui fixe
l'autre. Le point correspondant sur la caractéristique est appelé point de fonctionnement. Il arrive sou-
vent que l'on fasse varier la tension ou l'intensité du courant autour d'une certaine valeur; le point de
fonctionnement varie alors sur la caractéristique, dans le voisinage d'un point de fonctionnement moyen.

c) Obtention des caractéristiques

Il existe deux montages simples qui permettent de déterminer expérimentalement la caractéristique


d'un dipôle, à l'aide d'un ampèremètre et d'un voltmètre.

Dans le premier, dit de courte dérivation, on mesure la tension aux bornes du dipôle, à l'aide d'un
voltmètre, et l'intensité du courant qui traverse l'ensemble dipôle et voltmètre, grâce à un ampèremètre
(Fig. 1.5a). Dans le second, dit de longue dérivation, le voltmètre donne la tension aux bornes du dipôle
et de l'ampèremètre, alors que l'ampèremètre fournit l'intensité du courant qui traverse le seul dipôle
(Fig. 1.5b).

Dipôle Dipôle
A A
I
V V

U U

R R
a) b)
Fig. 1.5.

Les deux schémas permettent de comprendre ces deux dénominations : dans le premier cas la dé-
rivation comportant le voltmètre est plus courte que dans le second. On trace point par point la caracté-
ristique I{U} en faisant varier la tension délivrée par le générateur.

Comme les instruments de mesure ne sont pas parfaits, les deux montages ne sont pas équivalents :
l'ampèremètre introduit une résistance RA , qui est faible devant toutes les autres, le voltmètre une
résistance Ry au contraire grande comparée à toutes les autres. Cette imperfection fausse évidemment
le relevé de la caractéristique, mais un choix judicieux du type de montage permet de minimiser cette
erreur expérimentale systématique. Ainsi, le montage courte dérivation sera choisi lors du relevé de la
caractéristique d'un composant de faible résistance interne, afin que le courant traversant le voltmètre
soit négligeable devant celui traversant le dipôle étudié. De même, pour un dipôle de forte résistance
interne, le montage longue dérivation conduit à une chute de tension aux bornes de l'ampèremètre
négligeable devant la tension aux bornes du dipôle étudié (cf. Exercices).

Remarque : Évidemment, si les deux appareils de mesure sont parfaits, c'est-à-dire si la résistance
interne de l'ampèremètre est nulle et la résistance interne du voltmètre infinie, la tension
aux bornes de l'ampèremètre est nulle, ainsi que l'intensité du courant qui traverse le
voltmètre ; les deux montages sont alors équivalents.

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Lois de base des circuits en régime staîionnaire 5

On rend automatique le relevé expérimental de la caractéristique à l'aide d'une interface d'acqui-


sition reliée à un ordinateur, l'ensemble permettant d'assumer, à la fois le rôle du générateur et celui
d'un multimètre (Fig. 1.6). Un logiciel de pilotage permet de paramétrer l'interface afin de détermi-
ner la forme du signal à envoyer sur le circuit électrique, ici une rampe de tension, et d'enregistrer la
tension aux bornes du dipôle, ainsi qu'une tension proportionnelle au courant qui le traverse. Avec ce
même logiciel, on traite quelques centaines de points de mesure, ce qui permet de tracer la courbe I{U)
et de déterminer ses paramètres ; par exemple, la pente de la tangente à une courbe. La figure 1.7 repré-
sente la caractéristique d'une diode obtenue avec un montage muni d'un ordinateur, de son interface et
d'un logiciel de pilotage.

Sortie 1 J? = 1 kfl / Dipôle


* J L -,

Entrée 1 f RI U
□□□□ □ □□□ a □oon
Entrée 2 1

Ordinateur Interface
Fig. 1.6.

/(mA)

30

20

10

(A V)
0,5 0,7

FIG. 1.7.

1.5. — Propriétés d'un dipôle

a) Dipôle passif

Un dipôle, et plus généralement un composant de circuit électrique, est dit passif n'échange de
l'énergie qu'avec le circuit auquel il est connecté (Fig. 1.8a). C'est le cas, par exemple, des résistors et
des diodes à jonction.
Par extension, on appelle circuit passif, un circuit uniquement constitué de dipôles passifs.

b) Dipôle actif

Un dipôle, et plus généralement un composant de circuit électronique, est actif s'il échange de
l'énergie avec le circuit et avec une source auxiliaire (Fig. 1.8b). C'est le cas des piles, alternateurs,
photodiodes, amplificateurs opérationnels et transistors par exemple. L'énergie de la source auxiliaire
peut donc être de nature diverse : chimique, mécanique, lumineuse, électrique, nucléaire, etc.

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6 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Dipôle passif I Dipôle actif Source


I auxiliaire
-I-

Reste du Reste du
circuit circuit

a) b)
Fig. 1.8.

La source auxiliaire d'un amplificateur opérationnel est son alimentation, laquelle n'est générale-
ment pas représentée sur les schémas électriques. Pour un transistor, la source auxiliaire est la source de
polarisation, le plus souvent représentée sur les schémas électriques (cf. chapitre 7).
Par extension, on appelle circuit actif, un circuit comportant au moins un dipôle actif.

c) Dipôle récepteur

Un dipôle se comporte en récepteur lorsqu'il reçoit de la puissance du circuit. Le produit V = UI


est positif et il fonctionne donc dans les quadrants 1 ou 3 de sa caractéristique (Fig. 1.9). Par exemple,
un résistor, dont la caractéristique est entièrement contenue dans les quadrants 1 et 3 (Fig. 1.1 la), fonc-
tionne toujours en récepteur.

I
U
"u
Zone générateur Zone récepteur Zone récepteur
2 1 U 1
0
3 4 U
4
Zone récepteur Zone générateur Zone récepteur Zone générateur

FIG. 1.9. FIG. 1.10.

d) Dipôle générateur

Un dipôle se comporte en générateur lorsqu'il fournit de la puissance au circuit. Le produit


V = UI étant négatif, son point de fonctionnement est situé dans les quadrants 2 ou 4 de sa carac-
téristique (Fig. 1.9).
Certains dipôles peuvent se comporter en récepteur ou en générateur, pouvant ainsi recevoir ou
fournir de la puissance électrique, d'où l'intérêt d'adopter une seule convention avec des valeurs algé-
briques.
Sur la figure 1.10, on a représenté la caractéristique d'une photodiode en indiquant ses différents
fonctionnements possibles. Dans les quadrants 1 et 3 , c'est un photorécepteur; dans le quadrant 4, la
photodiode se comporte comme un générateur électrique : c'est une photopile.
Dans ce même contexte, un dipôle actif peut dans certaines conditions se comporter en récepteur.
Ainsi, la batterie d'un véhicule est un générateur électrique au démarrage, mais se comporte en récepteur

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 1

lorsqu'on la recharge, par l'intermédiaire de l'alternateur au cours du déplacement, ou d'un chargeur de


batterie, si le véhicule est au repos.

e) Dipôle linéaire en régime stationnaire

En régime stationnaire, un dipôle est linéaire si l'intensité du courant qui le traverse est proportion-
nelle à la tension à ses bornes ; sa caractéristique est donc une droite passant par l'origine. C'est le cas
d'un résistor (Fig. 1.1 la).
Précisons que les dipôles dont la caractéristique est rectiligne par morceaux, c'est-à-dire constituée
d'un ensemble de segments, ne possèdent pas cette propriété ; il en est ainsi pour un modèle simplifié de
diode (Fig. 1.11b). De même, les dipôles, tels que ceux dotés d'une force électromotrice, par exemple
les accumulateurs, ne sont pas linéaires, même si la relation /([/) est affine, c'est-à-dire même si la
caractéristique est une droite qui ne passe pas par l'origine (Fig. 1.1 le).

1' /"

0 /
i-E U
U

a) b) c)
FIG. l.U.

Remarque : Nous verrons ultérieurement pourquoi un circuit composé de dipôles linéaires et de gé-
nérateurs à caractéristique affine peut se comporter comme un système linéaire (cf. cha-
pitre 5).

f) Dipôle symétrique

Un dipôle est symétrique lorsque sa caractéristique 1(11) est une fonction impaire de U. Un tel
dipôle n'a pas de sens de branchement, puisque son retournement ne modifie pas son comportement :
changer U en —U conduit à changer I en —/. Il en est ainsi pour un résistor (Fig. 1.11a).

II. — DIFFÉRENTS TYPES DE DIPÔLES

Nous présentons ici les principaux types de dipôles, sans toutefois donner les caractéristiques tech-
niques précises de chacun d'entre eux, lesquels feront l'objet d'une étude détaillée ultérieure (cf. cha-
pitres 7 et 11).

II. 1. — Dipôles linéaires résistifs

a) Résistors

Un résistor est un dipôle récepteur qui satisfait à la loi d'Ohm, selon laquelle l'intensité du courant
qui le traverse est proportionnelle à la tension à ses bornes (cf. Électromagnétisme) ; on l'appelle aussi
conducteur ohmique. C'est le dipôle le plus utilisé.

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8 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

La seule caractéristique d'un résister est son coefficient de proportionnalité entre l et U, appelé
conductance G ou son inverse la résistance R . Ainsi, pour un résistor de bornes A et 5, on a :

e
/ = GU ou U = RI avec / — /^g U = Vab t G= —
R

Soulignons que ces relations sont valables, en valeurs algébriques, selon la convention récepteur que
nous avons adoptée, et rappelons la règle mnémotechnique simple qui permet d'écrire la loi d'Ohm de
façon automatique sans risque d'erreur de signe : U = RI lorsque les flèches du courant et de la tension
sont de sens opposés.
Le graphe de la caractéristique I{U) est une droite passant par l'origine dont la pente est G et son
inverse R. Le résistor est donc un dipôle passif, linéaire et symétrique.
Plus la résistance est élevée, plus la conductance est faible et plus la caractéristique s'approche de
l'axe des tensions. Inversement, plus la résistance est faible, plus la conductance est grande et plus sa
caractéristique s'approche de l'axe des courants (Fig. 1.12).

/? = lOOQ R = 50 kQ

a) b)
FIG. 1.12.

Remarques ; 1) On confond souvent, par abus de langage, le composant résistor avec la résistance qui
exprime sa propriété ohmique.
2) En convention générateur, où U = Uab rnais / = Iba , on aurait évidemment :

U
1= ou U =-RI
R

Les flèches courant et tension sont alors de même sens.

Ordres de grandeur : en unités SI, la résistance électrique s'exprime en ohm, de symbole fl, et
la conductance en siemens, de symbole S ; les valeurs des résistances utilisées varient entre quelques
ohms et plusieurs mégohms ( 1 MO = 106 fl ).
La résistance minimale du corps humain, mesurée entre les deux mains, vaut environ 5 kfi. Sa-
chant qu'un courant stationnaire, d'intensité inférieure à 20 mA n'est pas mortel, déterminons la ten-
sion stationnaire maximale que l'on peut subir sans risque. D'après la loi d'Ohm, on a :

[/ = /?/ = 5 x 103 x 0,02 = 100 V

Ainsi, une tension stationnaire inférieure à 100 V est sans danger; par précaution, cette valeur est
souvent abaissée à 50 V .

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 9

b) Fils conducteurs et interrupteurs parfaits

Les fils de connexion entre dipôles sont des conducteurs ohmiques de résistance négligeable devant
les autres résistances du circuit. On peut les assimiler à des conducteurs cylindriques de longueur / et
de section 5 ; leur résistance est donnée par l'expression (cf. Électromagnétisme) :

l
R=
ys

y étant la conductivité du matériau.


Par exemple, la résistance d'un fil de cuivre, de longueur / = 30 cm et de section s = 1 mm2 ,
vaut, puisque la conductivité y du cuivre est environ 5,8 x 107 S • m-1 :

0.3
R= = 0,005 a
5,8 x 107 x 10 -6

On peut donc les considérer comme des conducteurs parfaits qui n'opposent aucune résistance au pas-
sage du courant : la tension entre leurs bornes est nulle, quelle que soit l'intensité du courant qui les tra-
verse. La caractéristique des fils conducteurs parfaits est très simple puisqu'elle est donnée par l'équa-
tion U = 0 ; le graphe correspondant coïncide évidemment avec l'axe des ordonnées.
Lorsqu'ils sont fermés, les interrupteurs se comportent comme de simples fils de connexion. On
peut alors les assimiler à des fils parfaits (Fig. 1.13a). Ouverts, ils ne laissent passer aucun courant
(Fig. 1.13b) et l'équation de leur caractéristique est alors 7 = 0 et le graphe correspondant est une
droite confondue avec l'axe des tensions.

I r
->—«■
u u

u u

a) b)
FIG. 1.13.

c) Thermistance

Alors que la résistance d'un conducteur ohmique métallique augmente faiblement avec la tempé-
rature (cf. Électromagnétisme), les thermistance s sont des dipôles passifs et symétriques, dont la résis-
tance diminue fortement avec la température absolue T, selon :

R — A exp ^ j

A et S étant deux constantes.


Ordre de grandeur : A = 1,2 x 10-5 XI, B = 5 500 K. Ainsi, à 7 = 300 K, /? = 1 100 fi et à
7 = 350K, /? = 80fi.

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10 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Pour une valeur déterminée de 7, la caractéristique d'une thermistance est une droite passant
par l'origine tant que les tensions ou les courants restent faibles. L'ensemble de ces droites, à diverses
températures, forment le réseau de caractéristiques de la thermistance (Fig 1.14a).
Le plus souvent, on utilise les thermistances pour mesurer et réguler des températures, car elles
permettent de compenser les dérives thermiques et ainsi d'éviter la surchauffe de composants fragiles.

//É
/A
>
r=400K Fort écl ai rement
U
r=350K u Éclairement ambiant

r=300K Obscurité

u U

a) h)
FIG. 1.14.

d) Photorésistance

Les photorésistances sont des dipôles passifs, linéaires et symétriques, dont la conductance aug-
mente avec F éclairement lumineux E (cf. Optique), auquel elles sont exposées, presque proportionnel-
lement :
G~KÉ

où K est un coefficient qui dépend de la photorésistance. Pour une valeur déterminée de F éclairement,
les caractéristiques sont des droites passant par l'origine (Fig 1.14b).
Ordre de grandeur : dans l'obscurité, la conductance G d'une photorésistance au sulfure de cad-
mium vaut 1 jjlS , d'où 7=1 MO ; lorsqu'on la soumet à un faible éclairement, par exemple celui
d'une lampe de poche placée à une vingtaine de centimètres ( É « 1 W • m-2 ), G augmente jusqu'à
40 fxS , soit 7 = 25 kfl.
On utilise les photorésistances pour détecter et mesurer de faibles éclairements.

II. 2, — Dipôles passifs non linéaires

a) Résistance dynamique

Les composants non linéaires sont souvent utilisés de telle sorte que le point représentatif sur leur
caractéristique varie dans le voisinage d'un point de fonctionnement. Une légère variation de tension
produit une faible variation d'intensité qui lui est proportionnelle ; on définit alors la conductance et la
résistance dynamiques selon :

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 11

b) Varistances

Ce sont des dipôles symétriques mais non linéaires, dont la résistance diminue en général avec
l'intensité du courant qui les traverse. Brièvement, on les appelle RNL, pour Résistance Non Linéaire,
(ou VDR, de l'anglais Voltage Dépendance Resistor). Leur caractéristique se met sous la forme :

I = k\U\a

où a est un facteur réel compris entre 2 et 10. On les utilise le plus souvent comme limiteur de tension.
Sur la figure 1.15, donnant le graphe de la caractéristique d'une varistance, on a fait apparaître la résis-
tance en régime stationnaire R = U/I ztl'd résistance dynamique Rj autour du point (U ,1).

1 j /
/■ l

U
Pente l/R /
/ Pente 1/7?^
— 1
w
7
o U

'
Fig. 1.15.

Exemple : établissons la relation entre la résistance en régime stationnaire et la résistance dyna-


mique d'une varistance. Pour cela, écrivons l'expression d'une variation d'intensité d/ consécutive à
une variation élémentaire de tension d U :

d/ = akUa~{ d U d'où — — = akUa~l = a— = —


Rd dU U R

Ainsi, la résistance dynamique d'une varistance est a fois plus faible que sa résistance R : Rci = Rla.
Pour une varistance de coefficient k = 15,6 x 10-6 SI et cr = 5, on trouve, autour des deux
points de fonctionnement / = 0,50 mA et / = 100 mA, respectivement :

/ = 0,50 mA U = 2,0V R = 4000 O et Rd = 800 O

/= 100 mA U = 5,8 V = 58 O et 7^ = 11,60

On voit que R et Rd de la varistance diminuent fortement lorsque U augmente. Une surtension ac-
cidentelle provoque donc une surintensité dans la varistance, ce qui permet de protéger tout dipôle en
dérivation d'une surintensité capable de le détériorer.

c) Diode à jonction

Une diode idéale est un dipôle qui ne laisse passer le courant que dans un seul sens, sans lui opposer
aucune résistance. C'est donc un composant non symétrique qui se comporte comme un interrupteur,
ouvert dans un sens et fermé dans l'autre (Fig. 1.16).
Lorsqu'elle est traversée par un courant, la diode est passante ou « branchée en sens direct ». Elle
est dite bloquée ou « branchée en sens inverse », dans l'autre cas, et oppose alors une résistance infinie
au passage du courant. Le symbole de la diode (Fig. 1.16), formé d'une flèche indiquant le sens passant
et d'une barre représentant le sens bloqué, traduit précisément la propriété de passage monodirectionnel
du courant.

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12 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

-J-OI- U
Pente 1 / Ri
u
Diode passante Diode passante
0 0

Diode bloquée U Diode bloquée ^ U

Diode idéale

FIG. 1.16. FTG. 1.17.

Les diodes à jonction de semiconducteurs, dont la caractéristique s'écarte de celle d'une diode
idéale, seront étudiées en détail ultérieurement (cf. chapitre 7). Citons cependant dès maintenant deux
inconvénients des diodes réelles :
i) branchées en sens direct, elles ne laissent passer un courant que si la tension à leurs bornes atteint
une tension de seuil Ud, laquelle est de l'ordre de 0,6 V pour les diodes au silicium ;
ii) branchées en sens direct et fonctionnant en mode passant, la tension à leurs bornes ne reste
pas constante mais augmente avec le courant qui les traverse ; elles présentent donc une résistance in-
terne Ri.
On tient compte de ces deux défauts en représentant la caractéristique d'une diode réelle par deux
portions de droite (Fig. 1.17), l'une relative au régime bloqué et l'autre au régime passant, ce que l'on
traduit ainsi :
T U-Ud
7 = 0 pour U < Ud et pour U > Ud
Ri

d) Diode Zener

Les diodes Zener, du nom de leur inventeur, le physicien allemand C. Zener, sont des diodes qui
deviennent passantes en sens inverse lorsque la tension à leurs bornes atteint une valeur seuil Uz,
appelée tension Zener, fixée qui est de l'ordre de quelques volts. Leur caractéristique (Fig. 1.18) est
constituée de trois segments de droite, modélisant respectivement le régime bloqué, le régime passant
en sens direct et le régime passant en sens inverse ; ce dernier est représenté par une portion de droite
pratiquement parallèle à l'axe des ordonnées. Ainsi, on a analytiquement 7 = 0 pour —Uz<U<Ud,
puis aux extrémités :

U + Uz U - Ud
7= pour
r
U < —Uz et I= — pour U > Ud
R't Ri

R'i étant la résistance dynamique très faible de la diode en fonctionnement Zener.

U
Diode passante
sens direct

U
Diode bloo uee
Diode passante
en sens inverse

Fig. 1.18.

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 13

II. 3. — Source de tension et source de courant

La fonction essentielle des sources électriques est de fournir, à des composants regroupés en cir-
cuits, la puissance électrique nécessaire à leur fonctionnement. Nous ne considérons dans cette intro-
duction que les sources indépendantes du reste du circuit. Les sources commandées ou liées, très utiles
dans l'étude d'éléments actifs tels que les transistors, seront analysées ultérieurement (cf. chapitre 5).

a) Source de tension

Une source de tension idéale est un dipôle qui maintient, à ses bornes, la tension délivrée, quelle
que soit l'intensité du courant débité.
Cette tension constante est la force électromotrice E, du générateur, f.e.m. en abrégé (cf. Électro-
magnétisme). La caractéristique d'une telle source est une droite, parallèle à l'axe des intensités d'équa-
tion U = —E (Fig. 1.19a) ; dans le coin supérieur droit de la figure, on a représenté le symbole d'une
source idéale de tension.

E /
/
Pente
l/i?;
U
1
2 1 2 0
0
-E 4 ^
3
a) b)
fig. 1.19,

Les points de la caractéristique, situés dans le troisième quadrant où l'intensité est négative, corres-
pondent au fonctionnement du générateur en mode récepteur : dans ces conditions, la pile se recharge.
Notons que si le générateur n'a pas été conçu pour être rechargé, ces conditions d'utilisation lui sont nui-
sibles au point de le détériorer.
La plupart des sources électriques stationnaires disponibles sont des sources de tension. En effet,
les appareils électroniques les plus répandus fonctionnent sous tension constante, par exemple avec des
piles « bâtons », de f.e.m 1,5 V, ou une batterie d'accumulateurs au plomb, de f.e.m 12V.
En réalité, lorsque la source de tension débite un courant, on constate que la tension à ses bornes
varie de façon affine selon :
U = RJ - E

Ri étant la résistance interne du générateur. La caractéristique réelle d'un générateur est donc la droite,
de pente l/R,, qui passe par le point 7 = 0. U = —E (Fig. 1.19b) :

U + E
/-
Ri

Un générateur de tension réel se rapproche d'autant plus d'une source de tension idéale que sa résistance
interne est faible comparée aux résistances des autres dipôles intervenant dans le circuit. Ainsi, une pile
de 1,5 V, de type R\4, possède une résistance interne de l'ordre de 1 H , alors qu'une batterie de
voiture possède une résistance interne beaucoup plus faible, de l'ordre de quelques centièmes d'ohm.
Exemple : une lampe de poche fonctionne avec une pile plate de 4,5 V . A vide, on mesure la f.e.m
£ = 4, 82 V . En fonctionnement, lorsque l'intensité du courant qui traverse la lampe est / = 0.30 A ,
la tension mesurée aux bornes de la pile est, en convention récepteur, U = —4,46 V (Fig. 1.20). On en

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14 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

déduit la résistance interne Ri de la pile, ainsi que la résistance R de la lampe, selon :


U+E -4,46 + 4,82 Ui U 4,46
Ri = = 1,2 0. et R= — = = 14,90
I 0,30 / / 0,30
U[ = —U étant la tension aux bornes de la lampe.

+
Pile
u Lampe U/
plate
-+i
Fig. 1.20.
b) Source de courant

Moins utilisés que les générateurs de tension, les générateurs de courant sont pourtant très intéres-
sants, à la fois sur les plans pratique et théorique.
Un générateur de courant idéal débite un courant T (grand iota), appelé courant électromoteur
c.e.m ou courant de court-circuit, quelle que soit la tension à ses bornes.
Sa caractéristique est donc une droite parallèle à Taxe des abscisses, d'équation 1 = 1
(Fig. 1.21a); dans le coin supérieur droit de la figure, on a dessiné le symbole d'une source idéale
de courant.
En réalité, lorsque la source débite, on constate que la tension à ses bornes varie. Si Rj est la
résistance interne du générateur, la caractéristique est une droite, de pente l//?(, qui passe par le point
U = 0, 1 = 1 (Fig. 1.21b):
U
/ +x
Ri

Comme pour les générateurs de tension, les points de la caractéristique situés dans la zone où f/ > 0
correspondent au fonctionnement du générateur de courant en mode récepteur et lui sont dommageables
s'il n'a pas été conçu pour être rechargé.

X
U hi

Pente \IRi
..- u
X X
2 0 1 2
0 1

3 4 U 3 4 U
a) b)
Fig. 1.21.
Un générateur de courant réel se rapproche d'autant plus d'une source de courant idéale que sa
résistance interne est élevée, comparée aux résistances des autres dipôles intervenant dans le circuit. Les
cellules photoélectriques, les ohmmètres et les antennes sont des exemples de sources de courant.

Remarque : Les générateurs réels de tension et de courant seront généralement modélisés par un gé-
nérateur idéal associé à une résistance.

c) Équivalence entre source de tension et source de courant

Les deux types de générateurs tension et courant sont équivalents, puisque leurs caractéristiques
s'écrivent ;
U -VE
/= ou en posant X=
~Rr Ri

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 15

Ainsi, un générateur de tension, de f.e.m E et de résistance interne /?/, est équivalent à un générateur de
courant de même résistance interne et de c.e.m X = E/Rj. Cette équivalence, bien que très commode
pour faciliter l'analyse théorique des circuits, n'a aucune signification pratique puisque les résistances
internes des générateurs de courant et de tension sont très différentes.
Exemple : le générateur de courant équivalent à une pile de 9 V, dont la résistance interne est
Ri = 2 El possède un c.e.m X = 9/2 = 4,5 A. Évidemment, une telle pile doit, en pratique, être
utilisée en générateur de tension et débiter des courants d'intensité très faible devant X, sous peine de
détérioration. Cependant, conceptuellement, pour le calcul des courants et des tensions dans un circuit
électrique, cette pile peut être remplacée par le générateur de courant équivalent.
En pratique, il est très facile de différencier une source de tension réelle, pour laquelle la résistance
interne est faible devant la résistance de charge, ce qui implique U = RJ — E m —E, d'une source
de courant réelle caractérisée par une résistance interne élevée devant la résistance de charge, ce qui
entraîne I = U/Ri + X œ X.

Remarque : Les sources idéales de tension (/?, = 0) et de courant {Ri = oc) ne sont pas réalisables
car la puissance qu'elles fournissent pourrait être infinie.

III. — LOIS DE KIRCHHOFF EN RÉGIME STATIONNAIRE

En associant plusieurs dipôles entre eux, on réalise un circuit ou réseau dont l'état électrique est
caractérisé par l'ensemble des tensions aux bornes des différents dipôles et par l'ensemble des courants
qui les traversent.

III. 1. — Nœud, branche, maille et potentiel de référence d'un réseau

Les différents dipôles constituant un réseau sont reliés par des fils de connexion, de résistance
négligeable devant toutes les autres résistances du circuit.
Un point de connection, relié à trois dipôles au moins, est appelé nœud du réseau. Toute portion du
réseau entre deux nœuds est une branche. Une boucle fermée, ne passant qX une seule fois par un nœud
donné, forme une maille.
Ainsi sur le circuit de la figure 1.22, A, B, C et D sont des nœuds, AB, AC, BD, AD sont des
branches et ABDA , ABC A et ABCDA sont des mailles.
A'-sV

u, u. V, V-
U.
Vi
hl 4- L
M B D

u,
u. ^6 . ^5 U*
p,
c
FIG. 1.22.

Une fois chaque composant d'un circuit identifié et son emplacement connu dans un réseau, on dé-
signe arbitrairement les intensités des courants dans chaque branche, ainsi que les tensions aux bornes
de chaque dipôle, en choisissant une orientation pour toute l'étude (Fig. 1.22). Les intensités des cou-
rants et les tensions sont alors des grandeurs algébriques : si, après analyse, la valeur de l'intensité dans

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16 1. Lois de base des circuits en régime statioimaire

une branche est positive, le courant circule bien dans le sens initialement choisi ; si cette valeur est né-
gative, le courant circule dans le sens opposé.
Le potentiel de référence ou masse d'un circuit est un point arbitraire du réseau, par rapport auquel
toutes les tensions sont exprimées. Concrètement, on adopte le plus souvent pour masse d'un circuit
la borne négative du générateur d'alimentation. Le potentiel de la masse M étant pris égal à zéro, on
écrira, entre les points A et S, puisque Vm = 0 (Fig. 1.22) :

Uab = Va — Vb = Uam — Ubm avec Uam — Va — VM = Va et Ubm — Vb — Vm = VB

III. 2. — Lois de Kirchhoff

Les deux lois de Kirchhoff sont à la base de l'analyse et de la détermination de l'état électrique des
circuits, lequel est déterminé par la connaissance de tous les courants dans les branches et de toutes les
tensions entre deux nœuds.

a) Loi des nœuds

Cette loi exprime la conservation de la charge, ainsi que son caractère conservatif (cf. Électroma-
gnétisme). En effet, entre deux dates infiniment voisines, la charge contenue dans un volume i n'en-
tourant que le nœud A , se présente sous la forme de la charge qui pénètre dans ce volume en traversant
la surface, augmentée de la charge éventuellement créée à l'intérieur de ce volume (Fig. 1.22) :

dQ. = SQ{r) + ÔQ(c)

Or, la charge est une grandeur qui ne peut être créée ; on dit qu'elle est conservative : 8QV) = 0 .
Comme, en outre, en régime stationnaire, Q ne varie pas au cours du temps, dQ = 0, il en
résulte :

5g(r) = 0

ce qui signifie que toutes les charges, qui pénètrent dans le volume F , en ressortent; il n'y a pas
d'accumulation de charges en tout nœud du circuit et par conséquent la somme algébrique des intensités
//_. des courants arrivant sur un nœud est nulle :

y>,A=o

Dans cette dernière expression, on compte positivement les courants orientés vers le nœud A ( — 1)

et négativement les courants orientés vers tout autre nœud ( sk = 1 ) ; soulignons que la somme porte
sur les n branches qui concourent en A . Ainsi, en ce nœud sur la figure 1.22, on a :

î\ — f — h = 0 ce qui donne I\ = h + h

et que l'on traduit par : la somme des intensités des courants entrant dans le nœud A est égale à la
somme des intensités des courants qui sortent de ce nœud.

h) Loi des mailles

La loi des mailles traduit, elle, l'additivité des tensions et la propriété du potentiel électrostatique
de ne dépendre que du point considéré (cf. Électromagnétisme).

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 17

Ainsi, la somme des tensions aux bornes des branches d'une maille, décrite dans un sens quel-
conque, est nulle, soit :

k=\

où £ = 1 si la tension algébrique est orientée selon le sens choisi pour la maille, et £ = — 1 sinon.
Par exemple, dans le réseau de la figure 1.22, cette loi, appliquée à la maille ABCA orientée dans
le sens des aiguilles d'une montre, donne :

-c/3 +1/6 - f/; - t/i = o

c) Application au pont de Wheatstone

On appelle pont de Wheatstone. du nom du physicien britannique C. Wheatstone, le circuit élec-


trique qui permet de déterminer avec précision la valeur d'une résistance. Ce circuit, représenté sur la
figure 1.23a, comporte quatre résistors de résistance R\ , R2 , R3 et R4 , formant un carré alimenté se-
lon une diagonale par un générateur de tension ; un ampèremètre, équivalent à une résistance Ra , est
connecté entre les bornes de l'autre diagonale. Afin de déterminer la résistance inconnue R4 , l'opé-
rateur modifie la valeur de la résistance réglable R\ , jusqu'à ce que le courant dans la branche cen-
trale soit nul ; le pont de Wheatstone est alors équilibré. La relation simple entre les résistances Ri avec
* = 1, 2, 3 ou 4, que nous allons établir permet alors de détenuiner la valeur de la résistance incon-
nue.

a.

Ux Rx «4
Rx Ra

A B h C
R
Ri «3
Uo Ri "3 U3
ï
hi D h J

a) b)
FIG. 1.23.

Introduisons les grandeurs électriques caractérisant l'état électrique du circuit : courants dans les
différentes branches et tensions aux bornes des différents dipôles (Fig. 1.23b). Pour établir les relations
entre ces grandeurs, utilisons la loi des nœuds et celle des mailles. La première appliquée aux nœuds
A , B et C donne les trois équations suivantes :

/ = /| + 74 /j = /2 + la h= Ia+ h

La seconde, appliquée aux trois mailles ACDA , ABDA et ACBA , fournit les trois équations suivantes :

£ - f/4 - f/3 = 0 £-£/]- f/2 = 0 f/| - f/4 + £/« = 0

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18 1. Lois de base des circuits en régime staîionnaire

Remarques : 1 ) La loi des nœuds appliquée au nœud D donne une quatrième équation qui n'est qu'une
combinaison linéaire des trois autres. Le nombre d'équations indépendantes données par
la loi des nœuds est donc inférieur d'une unité au nombre de nœuds du circuit (cf. cha-
pitre 5).
2) De la même manière, la loi des mailles appliquée à tout autre maille conduit à une équa-
tion que l'on peut obtenir par combinaison linéaire des trois équations précédentes puisque
les trois mailles choisies englobent l'ensemble des branches du circuit (cf. chapitre 5).

Il ne reste alors qu'à écrire les relations entre les tensions et les courants imposés par les dipôles :
Ui = RJi où z = 1, 2, 3 ou 4, et Ua = Raîa . Le système d'équations se résout progressivement et
donne finalement :

E — ^4/4 + Rz{la + U) E = R\l\ + Rii—Iu-L h) RJa — —R[h + ^4^4

On en déduit et J\ en fonction de l'inconnue Ja :

j _ E — Rjlq j _ E + #24
1
R3 + R4 R[ R2

d'où :
( RxRt
Lj
R2R4 \ R\5 R4
la \Ra + - + = -E +E
Ri+Ri R3 + R4J R1+R2 R3-LR4

E ^2^4-^1^3 D . ^1^2 , ^3^4


L, = — tt: —rrz; r avec a = Rn ^
« (i?, + R2){R3 + ^4) /?| + /?2 R3 + R4
Le coefficient a étant strictement positif, Ia ne peut s'annuler qu'à la condition suivante :

R1R2 = R2R4

Exemple : avec R2 = 1,0 kO , R^ = 10,0 kll et une valeur de R[ ajustée à 165 11, qui pennet
de réaliser l'équilibre du pont, on trouve R4 = 165 x 10/1 = 1.65 kll.

III. 3. — Lois dérivées pour les circuits linéaires

Dans le cas très fréquent, où le circuit peut se ramener à un ensemble de dipôles linéaires et de
générateurs de courant ou de tension, les lois de Kirchhoff prennent une forme simple.
û
(N a) Loi de Pouillet
o
La loi de Pouillet, établie par le physicien français C. Pouillet en 1884, est relative à des circuits
ne comportant qu'une seule maille et dont les générateurs réels de courant ont été remplacés par les
générateurs de tension équivalents. On détermine alors simplement la valeur de l'intensité du courant
dans la maille. En effet, sur l'exemple de la figure 1.24, la loi des mailles s'écrit :
o
(J
J?
Uab + UBc 4- Uca = 0 soit E\ + R\1 ~ E2 + R2I + R:J = 0 d'où l = ——/——' D
Ri E R2 E R3

d'où l'énoncé suivant : l'intensité du courant, dans un circuit ne comportant qu'une seule maille, est
égale au rapport de la somme algébrique des fe. m des générateurs de tension sur la somme des résis-
tances de la maille.

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 19

Remarque : Notons que l'application de la loi de Pouillet ne présente aucun intérêt si la maille com-
porte un générateur de courant parfait, ce dernier imposant par définition un courant dont
l'intensité est égale à son c.e.m.

Rn
B C

R. G, G.

R-. U.
X. L 1 ^3
À

A //// //// //// 7777"


1

1
FlG. 1.24. FlG. 1.25.

b) Théorème de Millman

C'est en 1941 que le physicien américain J. Millman proposa une réécriture de la loi des nœuds en
fonction des seules tensions, ce qui s'avère très commode et très efficace, notamment dans les montages
comportant des amplificateurs opérationnels (cf. chapitre 8).
Il est instructif d'établir ce théorème à l'aide de l'exemple choisi par Millman lui-même, dans sa
publication originale. Les nœuds A/, avec i = 1 , 2 ou 3 de la figure 1.25 sont portés à des potentiels
connus par les tensions Ui entre ces points et la masse.
Comme l'intensité du courant dans la branche i, de conductance , arrivant au nœud A a pour
expression // = G/(G/ — G^), la loi des nœuds donne ;

3
V /, = G, {Ut - Va) + GjSUj - UA) + G3(C/3 -Ua)=0
(=1

d'où la tension Ua :
G\U\ + G2 G2 + G3 G3
Ua =
G, + G2 + G3

Cette expression de la tension au nœud A constitue le théorème de Millman.


On généralise aisément ce théorème à des circuits quelconques comportant en outre des générateurs
de tension ou de courant. Il vient, dans le cas de la figure 1.26 :

/j + /2 + /s + /4 + /s — 0 avec I\ = Gj {G| — G,4)

h = 02(1/2 + E2 — Ua) h = ^(Gs — £3 — Ua) h = ^4 et I5 = —X5 + G5(G5 — Ua)


On trouve, en substituant :

G, G, + G2G2 + G3G3 + G5U5 + G2E2 - G3E3 + 24 - X5


UA =
G| -F G2 -)- G3 + G5

Retenons, l'expression suivante du théorème de Millman généralisé, donnant la tension au nœud


A , en fonction des conductances :

OkjUk + SkEk) + t'jU-k


Ua =

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20 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

G R

G
E
_L
24 R R
G
R
25
t M
5' 777T
FIG. 1.26. FIG. 1.27.

les sommations portant sur toutes les branches arrivant au nœud A ; dans cette expression, les facteurs
£k et e'k valent 1 si les flèches des f.e.m et des c.e.m sont orientées vers le nœud A , et —1 dans le cas
contraire. On l'écrit souvent en fonction des résistances :

+ £kEk)/Rk + 6'kIk
Ua =

Remarques : 1) Le théorème de Millman s'applique également au point de masse M du circuit ; il


convient, dans ce cas, de prendre en compte toutes les connexions du circuit à la masse
(cf. Exercices).
2) Ce théorème ne présente aucun intérêt lorsque l'une des branches connectées au nœud
A ne comporte qu'un générateur de tension parfait, puisque la tension est fixée par le
générateur, quels que soient les dipôles dans les autres branches.

Exemple : déterminons les tensions aux nœuds 1 et 2 dans le circuit simple, représenté sur la
figure 1.27, pour lequel £" = 10 V, /? = 1 kfî et 2 = 10 mA, sachant que le nœud 3 sert de masse.
Appliquons le théorème de Millman en 1 puis en 2 . Il vient :

U2IR + EIR Ux/R + T


f/i = et U2
l/R+l/R+l/R l/R+l/R

La résolution de ce système linéaire à deux inconnues est simple. Elle donne :

?>RTA-E 30+10
10 _ _ RX + 2E 10 + 20
U2 = — = ow
8V et r.
U\ = R1 + 2E 6V
5

III. 4. — Utilisation des symétries du réseau

Lorsque le circuit présente des symétries, l'analyse se simplifie puisque la distribution des tensions
et des courants présente également des symétries. Nous rappelons ici les résultats utiles que Ton établit
généralement dans le cadre de l'électromagnétisme (cf. Électromagnétisme).

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 21

a) Symétrie du réseau par rapport à un plan

Un réseau présente un plan de symétrie électrocinétique V si, à chaque branche du circuit, on peut
associer, par symétrie par rapport à ce plan, une branche identique. Notons que cela implique, pour des
dipôles non symétriques, une correspondance borne à borne, entrée ou sortie, avec leurs symétriques par
rapport au plan V (Fig. 1.28a). En outre, si la symétrie ne concerne qu'une portion du circuit, il faut
que les points d'alimentation de cette portion soient contenus dans V (Fig. 1.28b).

Plan de symétrie 'P Plan de symétrie P


T t
R
2R 2R 2R \2R
1 R'
R
:

R R R R

a) b)
Fig. 1.28.

Pour un réseau ou une portion du réseau qui présente un plan de symétrie P :


i) les points symétriques par rapport à P sont au même potentiel,
ii) la distribution des courants est symétrique par rapport à P ; aucun courant ne traverse alors P .
Exemple : cherchons à déterminer, à l'aide des symétries, la résistance du réseau de la figure 1.29a,
entre les points /4 et fi d'alimentation, sachant que chaque segment du réseau représente un conducteur
ohmique, de résistance R = 10011. En raison des symétries, le plan perpendiculaire au plan du réseau,
qui contient l'axe AJB, est un plan de symétrie. Comme aucun courant ne traverse ce plan, on a les
relations suivantes :
la = IJE et Îfj = bu
Le nœud J peut alors être dissocié en deux nœuds indépendants (Fig. 1.29b), ce qui simplifie l'analyse
car les différents résistors peuvent être associés de manière simple (cf. paragraphe IV).

D Plan d'antisymétrie D
Q C n j G E
? C"

V v

H H
H

c)
Fig. 1.29.

b) Antisymétrie du réseau par rapport à un plan

Un réseau présente un plan d'antisymétrie électrocinétique Q si, à chaque branche du circuit, cor-
respond, par symétrie par rapport à Q , une branche identique dans laquelle les dipôles non symétriques
sont inversés : à chaque borne d'entrée ou de sortie, est associée la borne de type opposé dans le di-
pôle image (Fig. 1.30a).

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22 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Si l'antisymétrie ne concerne qu'une portion du circuit, les points d'alimentation de cette portion
doivent être symétriques par rapport à Q (Fig. 1.30b).

Plan d'antisymétrie Q

Plan d'antisymétrie Q i

2R 2R A
I
4R
2R 2R .
4R
R/2 R/2
2R
R/l E R/2
2R

a) b)
Fig. 1.30.

Pour un réseau ou une portion de réseau présentant un plan d'antisymétrie électrocinétique Q :


i) les points de Q sont au même potentiel ;
ii) la répartition des courants est antisymétrique par rapport à Q.
Exemple : reprenons le réseau de la figure 1.29a et déterminons, à l'aide des antisymétries, la
résistance équivalente entre les points A et B d'alimentation. Le plan perpendiculaire au plan du réseau,
qui contient l'axe DJG, est un plan d'antisymétrie ; on en déduit que les nœuds D, / et G sont au
même potentiel. Il est alors possible de les relier entre eux par un fil de connexion sans modifier la
distribution des courants (Fig. 1.29c). Le circuit obtenu est plus simple à analyser car les différents
résistors peuvent être associés de manière simple (cf. paragraphe IV).

IY. — ASSOCIATIONS DE DIPÔLES

On associe très souvent les dipôles entre eux, soit pour simplifier l'analyse d'un réseau, soit pour
réaliser un circuit, lorsqu'on connecte les bornes d'un dipôle générateur à celles d'un dipôle récepteur.
La simplification d'un circuit s'appuie essentiellement sur deux types d'association : série et parallèle.

IV, 1. — Association en série

La manière la plus simple d'associer deux dipôles est de les brancher en série, c'est-à-dire d'impo-
ser qu'ils soient parcourus par le même courant, ce qu'on réalise en mettant en commun une borne de
chacun d'entre eux, et en considérant le dipôle résultant entre les deux autres bornes laissées libres.
Notons que deux dipôles sont encore en série si, malgré une connexion de la borne commune avec
une autre branche, aucun courant ne circule dans cette branche (Fig. 1.31); ceci est réalisé avec un
oscilloscope, un voltmètre ou un amplificateur opérationnel, tous trois ne prélevant qu'un très faible
courant.

a) Association en série de deux résistors

Les relations caractéristiques de l'association en série, c'est-à-dire l'addition des tensions et l'éga-
lité des intensités se déduisent directement de la définition :

U = U\ + U2 et /, = /2 = /

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Lois de base des circuits en régime stationnaire 23

V
v
V U,
/=0 /^o
U Ui ir~C

U2 V

s.) D] et D2 sont en série h) D^ et V2 ne sont pas en série


Fig. 1.31.

Appliquée à deux résistors, avec U\ = R]I] et U2 = Rih, l'association en série donne une
résistance équivalente Re égale à l'addition des résistances R\ et R2 :

U = ReI = R\I\ + R2I2 = (^1 + Ri)! soit finalement Re = R\ + /?2

b) Association en série de deux générateurs parfaits

Pour deux sources de tension parfaites, de f.e.m E\ et Eo respectivement, l'association en série


donne une source de tension parfaite de f.e.m équivalente :

Ee = £, + £2

Exemple : les piles plates de 4,5 V sont réalisées en associant en série de trois piles bâtons de
f.e.m 1,5V chacune.

Remarques : 1) Il est évidemment impossible de connecter en série deux générateurs de courant parfaits,
qui n'ont pas le même courant électromoteur, puisque, par définition, chacun doit imposer
la valeur de son c.e.m. On lève ce type de contradiction théorique en tenant compte des
imperfections de ces deux générateurs, c'est-à-dire de leurs résistances internes.
2) Un dipôle, constitué de l'association en série d'une source de courant parfaite avec
n'importe quel autre dipôle, est équivalent au générateur de courant parfait seul, puis-
qu'alors / = X, quel que soit U, et donc quel que soit l'autre dipôle placé en série.

c) Association en série de générateurs réels

L'association en série d'une source de tension parfaite, de f.e.m E et d'un résister de résistance Ri,
permet de représenter un générateur de tension réel (Fig. 1.32). En effet, l'équation de la caractéristique
de ce dipôle est : U = RJ — E.

E
R:

U
FIG. 1.32.

Pour deux générateurs de tension réels, de caractéristiques {E| ,R\} et {£2, ^2} » que l'on associe
en série, on a :
Ee = E| -|- E2 et Rj = Ri R?

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24 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Lorsque deux générateurs de courant réels X\, R\ et Xi.Ri sont en série, il faut préalablement les
transformer en générateurs de tension équivalents avant de les remplacer par le générateur équivalent :

Ee — R\X\ -(- R2X2 et Rj — R\ + R2

IV. 2. — Association en parallèle ou dérivation

Une seconde façon d'associer deux dipôles est de les brancher en parallèle, également appelé
branchement en dérivation, c'est-à-dire de les connecter bornes à bornes (Fig. 1.33) : les bornes A\ et
A2 des dipôles T)\ et X>2 sont reliées entre elles, ainsi que les bornes B] et Bj .
Il en résulte que la tension à leurs bornes est la même et que l'intensité du courant dans le dipôle
résultant est la somme des intensités :

Ul = U2 et / = /, + h

A.IA,

i V1 2
i
U, Vi U2

\B2

Fig. 1.33.

a) Association en parallèle de deux résistors

Établissons la règle d'association de deux résistors en parallèle, de résistances respectives R\ et


:

/ = /|+/2 = | + g = f
/
(l + l) puisque U = Ui = U2 d'où 1 = 1 = 1 + 1

où Re représente la résistance équivalente à l'association. Il en résulte :

111 p R1R2
0U
Re R, Ri ' Ri+Ri

On note que l'association en parallèle de deux résistors donne une résistance équivalente Re , plus petite
que la plus petite des deux résistances initiales. Ainsi lorsqu'on veut court-circuiter un résistor, il suffit
de connecter en parallèle avec lui un fil conducteur de très faible résistance.

Remarque : On note souvent la résistance équivalente à une association en parallèle sous la forme
symbolique Re = R\lIR2 .

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 25

Exemples :
1) Détenninons la résistance Re du résister équivalent à l'association en parallèle de n résistors,
de même résistance R :
11
l " l " 1 n
.
-=y-=y- . — d ou Re = —
R,, Ri. ^—4 R = R n

2) Revenons sur le réseau de résistors de la figure 1.29a qui, après analyse des symétries, est
équivalent à celui de la figure 1.29b. On peut facilement déterminer la résistance entre les nœuds A et
B ; en effet, le résister équivalent se réduit alors à l'association en parallèle de deux branches composées
de résistors en parallèle ou en série. Il en résulte que :
3
Rab = 3R//3R = 2R= 150 n car Rce = 2R
//2R = R

Il est possible de retrouver ce résultat à partir de la figure 1.29c obtenue après analyse de 1" antisymétrie.
On a alors :

r
ab= Rad + Rdb avec Rad =
Rdb =
A-{R//R)]//[R A-{R//R)] soit Rab = 2 x ( -R/] = -R
2

b) Association en parallèle de deux générateurs parfaits

Pour deux générateurs de courant parfaits, connectés en parallèle et débitant des courants d'inten-
sités respectives I\ et h, l'intensité du courant fourni par le générateur équivalent Ie est :

h — h + f2

Remarques : 1 ) Le montage en parallèle de deux générateurs de tension parfaits n'est possible que s'ils
ont les mêmes f.e.m.
2) Un dipôle constitué par l'association en parallèle d'une source de tension parfaite, avec
n'importe quel autre dipôle, est équivalent au générateur de tension parfait seul, puisque
U = —E, quel que soit I et donc quel que soit l'autre dipôle.

c) Association en parallèle de générateurs réels

Un générateur de courant réel peut être représenté par l'association en parallèle d'une source de
■a courant idéale, de c.e.m X et d'un résister de résistance i?, (Fig. 1.34), puisque l'équation de la carac-
o
c
téristique du dipôle ainsi obtenu est : I = U/Ri + X.
û
CM
1—1 ! X
O
(M
(5)
R:
ai
•*—
a U
o
(J Fig. 1.34.

Pour deux générateurs de courant réels, de caractéristiques respectives {X|,R|} et {X2, ^2} » que
l'on associe en parallèle, on a :

R R
\ 2
Xe — X\ + X2 et Ri —
R\ A Ri

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26 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Lorsque deux générateurs de tension réels, caractérisés respectivement par (E!, E|} et {£2-^2} , sont
en parallèle, il convient d'abord de les transfonner en générateurs de courant équivalents de c.e.m
X\ = E\lR\ et X2 = £2/^2 > avant de les remplacer par le générateur de courant suivant :

E\ Eo ^1^2
Te = — -\—- et Ri =
E, R2 R[ + Ri

IV. 3. — Application aux diviseurs de tension et de courant

a) Diviseur de tension

La connexion des bornes d'une source de tension à celles de deux résistors connectés en série
forme un montage simple et très utile, appelé diviseur de tension (Fig. 1.35). Il permet, en faisant varier
l'une, Ei , des résistances par rapport à l'autre E2, de modifier la tension d'utilisation U] aux bornes
du premier résistor. En effet, l'application des lois de Kirchhoff donne aisément :

E, U
U\ =E1/ = U puisque I=
E] + E2 Ei + E2

Ainsi, la tension aux bornes du résistor 1 est une fraction de la tension totale. Lorsque E] varie entre
0 et 00, la tension U\ passe de 0 à E. Le diviseur de tension est souvent appelé potentiomètre.

Remarque : Notons que cette relation ne vaut que si le diviseur de tension ne débite lui-même aucun
courant, c'est-à-dire si aucun courant n'arrive ni ne part de la borne commune aux deux
résistors.

Le cas où E! est négligeable devant E2 est celui où l'on introduit un ampèremètre dans un circuit :
la très faible résistance interne de l'ampèremètre ne modifie pratiquement pas la tension aux bornes du
dipôle avec lequel il est en série.

l7
E, Ui ii
Al f/2
I :
U
El E| E2 Ui
Ri U2

Fig. 1.35. FIG. 1.36.

b) Diviseur de courant

Il existe une version analogue au diviseur de tension, appelée diviseur de courant. La connexion
des bornes d'une source de courant à celles de deux résistors connectés en parallèle forme aussi un
montage simple (Fig. 1.36) qui permet, en faisant varier l'une, R\ , des résistances par rapport à l'autre
E2 , de modifier le courant d'utilisation /1 dans le premier résistor. En effet, il vient en appliquant les
lois de Kirchhoff :

7l 7:2
t r* TT r • rr TJ +72 I
''= G'U'= pulsque
' = 2 =
G'i =
(h =
G7+G2 =
Ch+Gi

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Lois de base des circuits en régime sîaîionnaire 27

Ainsi, le courant qui parcourt le résistor 1 est une fraction du courant total. Lorsque G| varie entre 0
et oo , l'intensité /| passe de 0 à / .
Le cas où G\ est négligeable devant Gi est celui où l'on introduit un voltmètre dans un circuit :
la très faible conductance interne du voltmètre ne modifie pratiquement pas l'intensité du courant qui
parcourt le dipôle avec lequel il est en parallèle.

Remarque : La correspondance entre les expressions du diviseur de tension et du diviseur de courant


est directe ; il suffit de permuter tension et courant d'une part, résistance et conductance
d'autre part. Aussi la qualifie-t-on de duale.

c) Exemple

Dans le circuit de la figure 1.37, où E = 5,0 V et E = 100 D. déterminons la tension Uab et


l'intensité / en considérant une succession de diviseurs de tension ou de courant. On trouve ;

UAB
= RTRUCB = "f

Or Ucb est la tension aux bornes d'une résistance équivalente Rt. = 2R//{R + R) = 2R//2R = R.
En utilisant un deuxième diviseur de tension, on obtient :

Ucb = ——E = x d'où UAti


Ab = % = 833 mV et î= — 8,33 m A
Re + 2R 2 6 R

On retrouve la valeur de / à l'aide d'un diviseur de courant ;

2R I E E E
I= î8 = -L avec L8 = — = — d'où / = — = 8, 33 mA
2R + R + R 2 Re + 2R 2R 6/?

h c R.
R:
y/
CD'
2R R Uab
u
s
2R U

B R
FIG. 1.37. Fig. 1.38.

IV. 4. — Point de fonctionnement d'un circuit

Associons deux dipôles afin de former un circuit, l'un des dipôles étant nécessairement actif.
Proposons-nous de déterminer l'intensité du courant dans le circuit, ainsi que la tension aux bornes
des dipôles.

a) Cas simple

Le circuit de la figure 1.38 représente un circuit simple obtenu en associant un dipôle générateur
réel et un résistor, dont les caractéristiques, toutes deux en convention récepteur, sont les suivantes :
i) celle du résistor est I = U/R et se trouve dans le premier quadrant (Fig. 1.39a),

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28 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

ii) celle du dipôle générateur satisfait à l'équation :

E + II,
1=
Ri

en convention récepteur E étant la f.e.m du générateur, /?, sa résistance interne et Ug la tension aux
bornes du générateur (Fig. 1.39b).

}■

0r w
u Un Ué u

a) b) c)
Fig. 1.39.

Comme Ug = —U, on détermine graphiquement le point de fonctionnement en portant les deux


caractéristiques sur un même graphique, celle du résistor et celle du générateur après changement de
Ug en -U (Fig. 1.39c) :
U E
Ir = — et Ir = -U
R Rl

Le point de fonctionnement est évidemment donné par l'intersection de ces deux droites, puisque les
tensions aux bornes des deux dipôles doivent être égales.
Exemple : avec un générateur de f.e.m E = 1,5 V et de résistance interne Rj = 10 fi, débitant
dans une charge de résistance R = 20 fi, on trouve :

U E-U R U 1,0
- = soit U = E = 1.0 V et / = - = ^- = 50 mA
R Ri R + Rj R 20

b) Cas d'une caractéristique rectiligne par morceaux

Lorsque la caractéristique d'un dipôle est rectiligne par morceaux, ou lorsque l'équation de sa
caractéristique n'est donnée que par morceaux, la détermination du point de fonctionnement exige que
l'on connaisse la zone concernée de la caractéristique.
On résout le système d'équations obtenues, en faisant une hypothèse a priori, et l'on vérifie que
la valeur trouvée est compatible avec cette hypothèse ; si ce n'est pas le cas, on se place dans l'autre
hypothèse.
Exemple : un générateur de courant, de c.e.m J = 20 mA et de résistance interne E, = 1 kfi,
débite dans une diode, de tension de seuil {/</ = 0, 6 V et de résistance interne r, = 20 fi (Fig. 1.40a).
L'équation caractéristique du générateur de courant est donc :

U» U
/=—ce qui donne I—T— — car U =—U8
Ri Ri

alors que la caractéristique de la diode est définie par morceaux (Fig 1.40b).

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 29

/■ l
l Pente 1 /r.

U 0 / ,
u
u d u
K]
a) b)
Fig. 1,40.

i) Hypothèse 1 : la diode est bloquée


L'équation de sa caractéristique est donc / = 0 , avec U < Ud ■ On en déduit :

f/ = /?f-X = 20V > Ud

ce qui absurde, puisque la diode est supposée bloquée ; cette hypothèse est donc incorrecte.
ii) Hypothèse 2 : la diode est passante
L'équation de la caractéristique est la suivante :

U-Ud
/=

Vérifions, par la résolution algébrique, que / > 0 ou que U > Ud :

T U-Ud „ U A, ^ Tr Rg-i (TUd\ . U-Ud Ril-Ud


î= =T d ou U = XH et / = =
r
i Ri Ri + n V n ) n Rt + r,

On trouve f/ = 0,98 V > et / = 19 mA > 0 ; c'est la bonne hypothèse.

V. — ASPECTS ENERGETIQUES EN REGIME STATIONNAIRE

V. 1. — Bilan d'énergie

Considérons un dipôle AB convertissant en travail électrique de l'énergie qu'il reçoit d'une source
d'énergie, d'origine électromagnétique, chimique ou autre. Soumis à une tension Uab entre ses bornes,
il est parcouru par un courant d'intensité Iab ■ Appliquons, aux porteurs de charge électrique du dipôle,
le théorème de l'énergie cinétique (cf. Mécanique). Il vient :

à.£k ?
—j-y = UabUB — RIAB + EIAB

où Uab^ab est la puissance électrique reçue par le dipôle, due à la présence d'un champ électrique dans
le conducteur, Vj = —RJ\b puissance perdue par effet Joule et EIAB la puissance reçue par le dipôle
en raison de la conversion (cf. Électromagnétisme). Comme la variation élémentaire d'énergie cinétique
d 6^ ^st nulle en régime stationnaire, il vient :

UabIab — RIab + ^ab — 0 d'où UabIab — RIab ^ab

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30 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

Pour effectuer le bilan énergétique sur un circuit ne comportant qu'une seule maille formée de plusieurs
dipôles, il suffit d'écrire de telles relations pour tous les dipôles et de sommer. Il vient, en utilisant
l'indice k pour étiqueter les différents dipôles, / étant l'intensité commune dans le circuit :

= RJ2 - Fr-/ = / t/A = O puisque ^ =o


k k k k
d'après la loi des mailles. Retenons donc que, dans un circuit, la somme des puissances reçues par
l'ensemble des dipôles est nulle, ce qui donne :

5>/ = 5>/2
k k

Exemple : effectuons le bilan énergétique dans le circuit simple de la figure 1.41 dans lequel une pile,
de f.e.m E = 1,5 V et de résistance interne r = 2,0 Xî , alimente une lampe électrique, de résistance
R = 20 H. En appliquant la loi des mailles, on obtient l'intensité du courant dans le circuit, et les
différentes puissances mises en jeu :

/= = 68.2mA d'où £7 = 1,5x68,2 = 102,3 mW i?/2 = 93 mW r/2 = 9. 3 mW


20 + 2
On voit que la puissance de conversion est dissipée par effet Joule, d'une part dans la résistance de la
lampe, d'autre part dans la résistance interne de la pile.

*■

Lampe
Pile U électrique

FlG. 1.41.

V. 2. — Puissance électrique maximale fournie par un générateur

Pour un générateur réel, de f.e.m E et de résistance interne Ri, débitant dans une charge résistive,
de résistance R, cherchons à connaître la valeur de R pour laquelle la puissance dissipée est maximale
(Fig. 1.42a). Cette question est essentielle lorsque le générateur est de faible puissance.
La puissance dissipée par la charge a pour expression :

^ r, r? RE2 ■ F
V = RE — — puisque
r
/=
{R + Rif " R + R,

Elle passe par un maximum pour :


2
dV 7 (R + Ri) - 2RiR + Rj) ./? + £,•-2/? y Ri - R
—— = E ————-7 ^4 ^ lJ =E2 , 1
3
=£ ^i tt = 0 soit R = Ri
dR {RE Ri) (R + R,) (R + R,)3
car V est une quantité positive qui s'annule pour R nul et pour R tendant vers l'infini. Sur la figure
1.42b, on a représenté le graphe ■p(R) ; on voit que la puissance dissipée maximale et la tension aux
bornes de la charge valent respectivement :

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 31

V(R)
I
HlL
ARi
E

Ô1 % R
a) b)
FIG. 1.42.

Lorsqu'une telle condition de transfert maximal de puissance est réalisée, on dit qu'il y a adaptation de
résistance. Notons que cette adaptation peut être un inconvénient, car la résistance interne du générateur,
une pile par exemple, dissipe alors la même puissance, ce qui peut conduire à un échauffement interne
pouvant limiter sa durée de vie.

Remarque : Comme nous le verrons, ce résultat s'étend aux régimes quasi stationnaires sinusoïdaux
(cf. chapitre 2). Il est souvent important de récupérer une puissance maximale lorsque les
générateurs sont de faible puissance comme dans un microphone ou une antenne de télé-
vision, car toute atténuation supplémentaire d'un signal déjà faible, dégrade considérable-
ment la qualité du signal de sortie. Dans ce contexte, les générateurs basse fréquence uti-
lisés en travaux pratiques possèdent en général une résistance interne de l'ordre de 50 H,
bien plus faible que celle de la charge dans laquelle on les fait débiter ; on évite ainsi une
trop grande dissipation d'énergie dans le générateur.

V. 3. — Transport de la puissance électrique

Analysons le transport de la puissance électrique fournie par un générateur, de f.e.m E et de résis-


tance interne r, vers une charge de résistance Rc , via une ligne ohmique de résistance R{ (Fig. 1.43).

FIG. 1.43.

La puissance fournie par le générateur et celle reçue par la charge ont pour expressions respectives :

V8 = Uî et Vc = Ucî avec UC = U - Rd

U étant la tension à la sortie du générateur, Uc la tension aux bornes de la charge et I l'intensité du


courant dans la ligne. Exprimons le rendement de l'installation en fonction de Ri, Vg et U :

= 'Pc = = Pg - Ri'1 Rtl1 _ , RVz


L
— = 1 -
~ vs Vg u*

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32 1. Lois de base des circuits en régime sîaîionnaire

Ainsi, pour une résistance de ligne fixée et une puissance électrique déterminée à transmettre, le rende-
ment du transfert est d'autant plus proche de l'unité que la tension de distribution est plus grande.

Remarque : On retrouvera ce résultat en régime quasi stationnaire sinusoïdal (cf. chapitre 2). C'est
la raison pour laquelle la puissance électrique est transportée par des lignes à très haute
tension (225 et 400 kV).

CONCLUSION

Retenons les points essentiels.


1) Dans les circuits électriques, les dipôles électrocinétiques sont qualifiés de récepteur ou de géné-
rateur électrique, suivant que la puissance électrique reçue est positive ou négative. En régime station-
naire, cette puissance s'écrit, pour un dipôle AB :

V = Uï avec U = Uab et / = IAb

Cette algébrisation n'est pas superflue, car certains dipôles peuvent se comporter en récepteur ou en
générateur, suivant les conditions de fonctionnement.
2) La caractéristique d'un dipôle exprime la relation entre la tension à ses bornes et le courant qui
le traverse. Elle met en évidence les propriétés du dipôle, notamment sa linéarité ou sa non-linéarité.
Nous l'avons écrite systématiquement sous la forme I{U), avec la convention récepteur, dans laquelle
on compte positivement la puissance électrique reçue.
11 est utile de reconnaître les graphes des caractéristiques idéalisées des principaux dipôles : résis-
tors, diodes, générateurs électriques, etc.
3) L'état électrique des circuits est déterminé par les deux lois de Kirchhoff, la première relative
aux nœuds, la seconde aux mailles d'un circuit :

^ £kh = 0 et ekUk = 0

La première sommation porte sur toutes les branches qui concourent an nœud considéré, avec = 1 si
le courant est orienté vers le nœud et = — 1 sinon. La seconde concerne tous les dipôles d'une même
maille, avec ek = 1 si le sens de Uk est le même que le sens d'orientation de la maille et £k = — 1

4) Le théorème de Millman, qui est une simple réécriture de la loi des nœuds en tenues de tension,
est très commode et très efficace, dès que l'on cherche un rapport de tensions. De même, les diviseurs de
tension ou de courant, qui se déduisent aisément des lois de Kirchhoff, sont très utiles pour une gestion
technique rapide de l'état électrique des circuits.
5) Sur le plan énergétique, la somme des puissances électriques algébriques reçues par les dipôles
d'un circuit est nulle. En outre, la puissance fournie par un générateur à un résistor est maximale lorsque
la résistance du second est égale à la résistance interne du premier.

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 33

EXERCICES ET PROBLEMES

PI-1. Caractéristiques d'une association de dipôles Cwëb>


(Solution : http ://www.ast.obs-mip.fr/perez)
Tracer la caractéristique des dipôles équivalents aux groupements de la figure 1.44, sachant que les
diodes sont idéales.

R R R
^>i--i H- -t>- -c

a) b) c) d)

R
-w- £o
^o. X R X
R
R -0-

e) f) g) h)

-W-
rCD'1 £o
Xo
-w-

i) j)
Fig. 1.44.

PI- 2. Mesure de la résistance interne d'un générateur

Afin de déterminer la résistance interne d'un générateur, on réalise une première mesure à l'aide
d'un voltmètre, de très grande résistance interne. On relève une tension U\ = 22,0 V . On ajoute alors
un résistor, de résistance de /? = 47 H, en parallèle, et on relève une tension Ui — 19,5 V.
Déterminer la f.e.m du générateur, ainsi que sa résistance interne en fonction de R, U\ et U2 ■
Application numérique.

PI- 3, Modélisation de diodes

Les dipôles, dont la caractéristique est rectiligne par morceaux, peuvent être remplacés, sur chaque
partie de leur caractéristique, par une association en série ou en parallèle de dipôles idéaux simples.
1. Pour une diode réelle, de tension de seuil Ud et de résistance interne Ri, déterminer l'asso-
ciation en série équivalente à cette diode en mode passant. Quelle est l'association en parallèle équiva-
lente ?
2. Reprendre la question précédente pour une diode Zener, caractérisée en mode passant direct par
une tension de seuil Ud et une résistance interne /?,, et en mode passant inverse par une tension Zener
Uz et une résistance interne X-.

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34 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

PI- 4. Batterie tampon

Dans le schéma de la figure 1.45, E\ > E2 et le dipôle étudié V a une résistance R.


1. Déterminer le type de fonctionnement des deux générateurs, en fonction de R .
2. On suppose que la f.e.m Eo du générateur 2 est constante, et que la f.e.m du générateur 1 varie
entre E\ im et ■ La résistance R étant fixée, trouver la valeur de R] telle que le courant débité par
le générateur 2 soit nul, lorsque Ei est maximal.
3. En calculant l'intensité I du courant dans le dipôle V, montrer que la présence du générateur
2 permet de diminuer l'influence des variations de E\ sur I. Application numérique pour E\ variant
entre 6,0 et 7,0V, R = 100 fi, E2 = 1,5V et R2 = 1.0 fl.
h E
-i—
E
R, R
o Ohramètre
mA
v
Rt
X
T
FlG. 1.45. FIG. 1.46.

PI- 5. Ohmmètre analogique

Un ohmmètre est constitué par l'association en série d'un résistor de résistance R. d'un générateur
de f.e.m £" = 9,00 V et d'un milliampèremètre de résistance interne Ra = 100 O. Ce dernier est
connecté sur le calibre 1m = 10,0 mA (Fig. 1.46) et son écran comporte 100 divisions. On le branche
sur un résistor de résistance X.
1. Trouver R afin que la déviation soit maximale lorsque X est nul.
2. a) Pour X 7^ 0, la déviation de l'aiguille du milliampèremètre est de n graduations. Donner X
en fonction de E, Îm et n .
b) Quelles sont les valeurs de X correspondant aux différentes valeurs de n (de 10 en 10 ) ?
3. Pour quelle valeur de X l'incertitude sur n est-elle minimale ?

PI- 6. Application simple du théorème de Millman

A l'aide du théorème de Millman, calculer, en volt, la tension entre le nœud N et la masse M dans
le montage de la figure 1.47.
Retrouver ce résultat en appliquant ce même théorème à la masse du montage.
£, = 12 V
R, = 1 kfi

/?3 = 3 ka R2 = 2 ka
N
H I--

£3 = 18 V R4 = 4 ka £2 = 24 V

FIG. 1.47.

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 35

PI- 7. Circuit comportant une diode

Dans le circuit de la figure 1.48. le générateur de tension a une f.e.m E et le générateur de courant
a un c.e.m constant J. La diode présente une tension de seuil Ua et une résistance interne R'.

1. Déterminer f/ et / en fonction de E, X ,Ri, R, Uj et R'.

2. Calculer U et I pour E — 1,5 Y, I — 100 mA, Ri = 10 Ù, R = 10 H , ^ = 0. 8 V et


r' = 15 n.

3. La puissance maximale que peut dissiper la diode est de 0, 1 W. Convient-elle pour le montage
précédent ?
C E

T/
X
B/
R U F
xz
D
Ri

4 / /
FlG. 1.48. FlG. 1.49.

PI- 8. Résistance équivalente à un cube de résistors

La résistance de chaque segment du cube de la figure 1.49 est égale à R .

1. Déterminer en fonction de /?, la résistance du dipôle équivalent, lorsque le cube est alimenté
entre les points A et F. Application numérique pour R = 220 O .

2. Même question lorsque le cube est alimenté entre les points A et H. Application numérique.

PI- 9. Résistance par carré d'une interconnexion

En électronique hyperfréquence, il est nécessaire de prendre en compte très précisément remplace-


ment de chaque composant ; en outre, on ne peut négliger la résistance du matériau sur lequel sont gra-
vés les composants. L'évolution des technologies conduit à des épaisseurs de conducteur de plus en plus
petites, de l'ordre de 0,25 ixm . Afin d'obtenir des résultats indépendants de la technologie, il est com-
mode de découper le support en portions dont la longueur est égale à la largeur ; la résistance Rp d'une
portion est appelée résistance par carré du matériau considéré.

1. Rappeler l'expression de la résistance d'un conducteur parallélépipédique, en fonction de la


conductivité y d'un matériau, sa longueur / et sa section rectangulaire, de côtés a et e (Fig. L50a). En
déduire Rp pour trois matériaux différents, d'épaisseur c = 0.25 jxm, aluminium, cuivre et tungstène,
de conductivités respectives :

y ai = 3,65 x 107 S-mr' rcM = 5,8 x K^S-m-' yw = 1,88 x 107 S-m"1


2. L'introduction des résistances par carré permet de déterminer la résistance d'une portion de
substrat en se ramenant à un réseau discret et symétrique de résistances identiques. Ainsi, une portion
de substrat peut se ramener au réseau de résistances de la figure 1.50 b, où chaque résistance vaut Rp .
a) Sachant que l'alimentation électrique s'effectue entre les points A et F, déterminer la résistance
du substrat.
b) Exprimer la résistance d'une bande de substrat, de longueur très grande devant sa largeur
(Fig. L50c).

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36 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

-c=^-

B B

a) b) c)
FIG. 1.50.

PI-10. Étude d'un circuit symétrique et d'un circuit antisymétrique -weta

Dans le circuit représenté sur figure 1.51a, les diodes sont idéales.

1. Trouver l'intensité du courant qui parcourt chaque diode.

2. Cette portion de circuit est maintenant alimentée comme le montre la figure 1.51b. Calculer la
nouvelle intensité dans chaque diode.

3. Reprendre la question précédente avec le circuit des figures 1.51c et 1.51d.

I " 1
. T T
R 2R
2R 2R 2R
R' R'
y
R E E R £| E E R
d)

n—
a) b)

î T 2R 2R
S 4R
2R 2R : :
4R
R/2 E E R/2
CD* 2R *
Rjl E E R/2
C)' 2R d) Ex
R

c) d)
Fig. 1,51.

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 37

PI-11. Montages courte et longue dérivations

Le montage, représenté sur la figure 1.52, permet de tracer la caractéristique d'un dipôle ; selon la
position de l'interrupteur K, le montage est courte dérivation (position C ) ou longue dérivation (posi-
tion L ). En général, l'ampèremètre possède une résistance Ra très faible et le voltmètre une résistance
Rv très grande.

L Le dipôle est un conducteur ohmique, de résistance R .

a) Déterminer pour chaque position de l'interrupteur K, la résistance mesurée Rm = U/I en


fonction de R, Ra et Rv où U est la tension lue sur le voltmètre et I l'intensité lue sur l'ampèremètre.

b) En déduire l'erreur systématique relative àR/R = (Rm — R)/R pour les deux montages.
c) Préciser, selon la valeur de R, le. meilleur choix pour l'interrupteur K .

I Vv*'
Dipole r —

e /t—1
u
FIG. 1.52.

2. On utilise ce montage pour déterminer la caractéristique d'une diode. Pour la diode branchée
dans le sens direct, on a rassemblé les valeurs mesurées dans le tableau 1.1.

I (mA) 0 0,2 1,0 4,0 10,0 13,0


KenC U{V) <0,5 0,54 0,57 0,67 0,87 0,97
KenL U (V) <0,5 0,55 0,65 0,97 1,62 1,95

Tab. 1.1.

a) Tracer les deux caractéristiques sur un même graphe. Quel est le montage le plus adapté à l'étude
de la diode passante ?
b) En assimilant la caractéristique à deux portions de droite, déduire la tension de seuil et la résis-
tance interne de la diode. Déterminer la résistance interne de l'ampèremètre.

3. Pour la diode branchée en inverse, on a relevé les valeurs rassemblées dans le tableau 1.2 ;

f/(V) -5 -10 -20


8
K en C 10 x / (A) -5 10 -20
8
K en L 10 x / (A) -0,01 -0,01 -0.01

Tab. 1.2.

Quel est le montage le plus adapté à l'étude de la diode connectée en inverse ? Trouver la résistance
interne du voltmètre.

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38 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

PI- 12. Alimentation d'un train 5®^

Les moteurs électriques de locomotrices fonctionnent en régime stationnaire, sous une tension de
1500 V pour le TGV-sud et 750 V pour les réseaux urbains. L'alimentation s'effectue grâce à des sous-
stations qui abaissent la tension fournie par une ligne haute tension ( 3 000 V ) à la tension d'utilisation
1 500 V ou 750 V. Ces sous-stations sont réparties régulièrement le long de la voie et leur espacement
dépend du trafic de la ligne considérée, de 8 à 15 km . Il existe deux alimentations possibles. Tune dite
bilatérale et l'autre en parallèle (Fig. 1.53).

B Fil de court-circuit
Caténaire

E U M
) ®' m ^
Xm»
1 Rail Rail
D D

a) b)
Fig. 1.53.

Nous nous proposons de comparer ces deux modes d'alimentation sur un modèle simple. Le moteur
de la locomotrice est branché entre les rails et la caténaire, qui est le fil aérien surplombant les rails.
L'intensité du courant stationnaire qui parcourt le moteur est Xm et est indépendante de la tension à
laquelle il est soumis ; aussi peut-on représenter le moteur par un générateur de courant idéal de c.e.m
Xm . La résistance linéique de la caténaire est Ri (une longueur x de caténaire a donc une résistance
xRi ) ; les rails ont, eux, une résistance négligeable en raison de leur grande section.

1. En alimentation bilatérale, les sous-stations sont assimilées à des générateurs de tension parfaits,
de f.e.m E, répartis régulièrement et distants de D (Fig. 1.53a). On ne s'intéresse qu'à la portion entre
deux générateurs successifs. On désigne par x la distance entre la locomotrice et le premier générateur.
a) Déterminer, en fonction de x, la tension aux bornes du moteur Um .
b) En déduire la chute de tension aux bornes du moteur, AL = E — , en fonction de x.
c) Trouver la valeur maximale Dm de D , sachant que la chute de tension maximale acceptable est
AUm • Application numérique pour AUm = 150 V et = 1 400 A ; la caténaire est constituée d'un
fil de cuivre, de 300 mm2 de section, dont la résistance linéique vaut R[ = 4,2 x 10-5 fl • m-1 .
d) Effectuer un bilan de puissance.

2. En alimentation parallèle, on utilise deux lignes court-circuitées au milieu du tronçon (Fig 1.53b).
a) Déterminer la tension fournie au moteur en fonction de x. On notera que les points A et S sont
au même potentiel ; il est donc possible de les relier par un fil de résistance négligeable, sans modifier
le circuit.
b) En déduire la nouvelle valeur DM . Application numérique.

PI-13. Mesure de température

Le pont de Wheatstone, représenté sur la figure 1.54, est alimenté par un générateur de tension
parfait de f.e.m E. L'ampèremètre a une résistance interne Ra .

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Lois de base des circuits en régime sîationnaire 39

h
T—■*—
"1

Ra

E A A V " B

R2 /?3

I
FlG. 1.54.

1. Déterminer l'intensité / du courant qui traverse F ampèremètre.

2. Etablir la condition d'équilibre du pont.

3. Sachant le dipôle 1 est une thermistance dont la résistance varie avec la température selon :

/?, = /?n —

et que est une résistance réglable que l'on peut modifier jusqu'à l'équilibre du pont, exprimer la
température T de /?] , en fonction de Rq , R2 , R3 , ^4 et Tq .

4. Initialement, le pont est équilibré pour T = Tq . On porte R\ à la température Tq + AT.


La valeur de R\ devient alors i?o(l + e) avec e -C 1 . L'intensité minimale détectable étant
/m = 0,1 fxA, détenuiner le plus petit écart de température décelable autour de 7" = 300 K. On
donne /?2 = /?3 = /?4 = 1 000 H, £ = 10 V et /?fZ est négligeable.

PI-14. Modulateur en anneau

La figure 1.55a représente un modulateur dit en anneau ; sur la figure 1.55b, qui en donne une vue
en perspective, on peut apprécier les symétries du circuit. Les quatre résistances R sont identiques ainsi
que les quatre éléments V\ , î>2 , X>3 et D4 ; ces derniers sont des dipôles passifs non symétriques
et non linéaires, par exemple des diodes. L'orientation de la pointe du triangle qui représente l'un de
ces dipôles, permet de préciser le sens de branchement des bornes. Un générateur, connecté entre Ai
et £1, impose une tension U[ . Un autre générateur, branché entre A2 et Bi, impose une tension Ui.
Les branchements extérieurs au modulateur sont représentés sur la figure 1.55c. On désigne par U la
tension qui apparaît entre a et /?. On réalise avec ce circuit les quatre opérations indépendantes A , B,
C et D suivantes :
i) opération A : on court-circuite les points A2 et B2 : U2 = 0 et U{ yé 0,
H) opération B : on court-circuite les points A] et Si : Uj = 0 et f/2 / 0,
iii) opération C : le modulateur étant invariant par rotation d'un demi-tour autour de l'axe A[—B\ ,
on fait subir aux intensités une rotation d'un demi-tour autour de l'axe de symétrie,
iv) opération D : le modulateur étant invariant par retournement de chaque dipôle et de chaque
résistance, suivi de la symétrie par rapport au plan A1S1A2S2 , on transforme les intensités comme
précédemment.

1. Dessiner le circuit après la transformation A . Que vaut alors U ?

2. Quel est le circuit après la transformation S ? En déduire U.

3. Détenuiner, après la transformation C, les valeurs des nouvelles tensions U\ , U'j et U', en
fonction des anciennes U\ , U2 et U.

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40 1. Lois de base des circuits en régime stationnaire

V
[>
2>z

^1 b .
. A

■V3 f/l
B\ Bi
V.
B2 >
Va

■à) b C)
Fi g. 1.55.

4. Exprimer, après la transformation D, les valeurs des nouvelles tensions U[', U'd et U" en
fonction des anciennes U\ , U2 & U ■

5. Pour de petites valeurs de U\ et U2, on suppose que U est bien représenté par le développe-
ment :
U — ci\U\ -f- <22^2 ~b "b /22C/1U2 d- ^3^2 C] L/J + C2U^ U2 c^Ui + C4U2

En utilisant les opérations A , B, C et D, montrer que certains coefficients sont nuls. Quelle est
la fonction d'un tel dispositif?

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2

Lois de base des circuits

en régime quasi stationnaire

Nous nous proposons dans ce chapitre de généraliser l'étude faite sur les signaux stationnaires aux
signaux lentement variables au cours du temps. Ces derniers sont essentiels, car, pour la plupart des
signaux considérés dans les circuits électroniques, seule la partie variable au cours du temps contient
l'information intéressante ; la composante stationnaire, définie par les alimentations, fixe seulement le
point de fonctionnement des composants.

I. — LOIS DE KIRCHHOFF EN RÉGIME QUASI STATIONNAIRE

I. I. — Approximation des régimes quasi stationnaires

La vitesse de variation des signaux sépare l'étude des circuits électroniques en deux domaines
distincts :
i) Si les signaux sont de variation lente, c'est-à-dire si la dimension l du circuit est très faible de-
vant la longueur d'onde A du rayonnement électromagnétique associé à leur fréquence (cf. EJectroma-
gnéîismé), il est possible de représenter les composants du circuit par une association de dipôles séparés
par des fils de connexion. C'est l'approximation des régimes quasi stationnaires, brièvement l'ARQS,
que l'on traduit aussi par une durée caractéristique de la variation d'une tension ou d'un courant, très
grande devant la durée de propagation du signal d'un point à l'autre du circuit.
Exemples : pour la fréquence 50 Hz de la tension sinusoïdale d'alimentation du réseau de distribu-
tion électrique qui alimente un montage, on a A = c/f ~ 6000 km et / ~ 1 m . Pour une fréquence de
100 MHz, typique d'un signal radioélectrique en modulation de fréquence, on trouve : A ~ c/f 3m,
alors que la longueur des circuits des postes récepteurs n'excède pas quelques centimètres.
ii) Si les signaux varient trop rapidement (domaine des micro-ondes ou des hyperfréquences), l'ana-
lyse est totalement différente, car elle exige la connaissance exacte de la position de chacun des éléments
du circuit, la longueur des conducteurs entre les éléments du circuit jouant un rôle décisif en raison de
l'influence non négligeable de la propagation des ondes électromagnétiques d'un point à l'autre du cir-
cuit. C'est ce que l'on observe dans les antennes qui se présentent comme des circuits ouverts parcourus
par des courants ! (cf. Électromagnétisme).
Exemple : pour les signaux reçus par les récepteurs paraboliques, dont le diamètre est de quelques
dizaines de centimètres, l'ARQS n'est plus valable, car les fréquences sont de l'ordre de plusieurs GHz :
A = c/f ~ 3 cm .
Dans la suite, nous limitons l'étude à celle des signaux lentement variables.

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42 2. Lois de base des circuits en régime quasi sîationnaire

Remarque : Notons que certains signaux, qui ne semblent pas vérifier l'ARQS, comme les échelons
de tension délivrés par un générateur de signaux carré, sont cependant traités dans cette
approximation. En effet, le saut de tension n'est pas instantané, puisque le passage de
0 à £0 s'effectue en une durée très courte. L'ARQS décrit bien la réalité si cette durée
de montée est longue devant la durée de propagation du signal. Dans la suite, nous nous
placerons dans l'ARQS, tout en négligeant la durée de montée, ce qui revient à assimiler
le signal carré réel au signal théorique.

1.2. — Lois de Kirchhoff

Comme tous les effets dus à la propagation d'un signal sont négligés dans l'ARQS, il est légitime
de conserver le concept de courant dans une branche ou dans un dipôle : l'intensité dans une branche
est la même en tout point de cette branche, à tout instant. De même, la notion de différence de potentiel
et de tension aux bornes d'un dipôle est conservée (cf. Électromagnétisme).
Pour les notations en régime variable nous nous confonnons à l'usage international : les lettres
minuscules i ou i{î) et u ou u{t) désignent l'intensité du courant et la tension à l'instant t.
Retenons donc que les lois des nœuds et des mailles en régime stationnaire, se transposent direc-
tement en régime variable dans l'ARQS.

a) Loi des nœuds

La somme algébrique des courants concourants en un nœud est nulle :

^2 £kik = 0

où F on compte positivement les courants orientés vers le nœud ( Sk — 1 ) et négativement les courants
orientés vers tout autre nœud ( = — 1 ). La sommation sur k porte sur toutes les branches arrivant au
nœud considéré.

b) Loi des mailles

La somme algébrique des tensions aux bornes des branches d'une maille décrite dans un sens
arbitraire est nulle :

^ E^=o
g ^
^5
Ici, £k = 1 si les tensions ont le même sens que celui choisi sur la maille et = — 1, dans le cas
contraire.
fM
(5)
1.3. — De nouveaux dipôles en régime variable

En régime variable, de nouveaux dipôles apparaissent (cf. Électromagnétisme) : les circuits com-
portent toujours des résistors, des diodes, mais aussi des générateurs variables (de tension ou de cou-
rant), des bobines et des condensateurs.

a) Générateurs variables

En régime variable, les générateurs sont représentés comme en régime stationnaire, mais il faut
préciser la nature du signal délivré, par exemple un signal sinusoïdal, un signal de fonne carrée, ou un
signal en forme de marche appelé échelon (Fig. 2.1).

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Lois de base des circuits en régime quasi sîationnaire 43

u(t) ; u(t) -©-


^
u(î> JT

t 0 0 t

FIG. 2.1.

Les générateurs utilisés dans 1" ARQS sont les GBF (Générateurs Basse Fréquence) dont la plupart
sont capables de délivrer des signaux de formes variées et de fréquence et d'amplitude réglables par
l'utilisateur.

b) Condensateurs

Un condensateur idéal est caractérisé par sa capacité C, qui est le coefficient de proportionnalité
entre la charge q de l'une de ses armatures, par exemple A , et la tension à ses bornes (cf. Electroma-
gnétisme) :
q,\ = Cuab ou q — Cu

Notons sur la figure 2.2 les conventions adoptées : l'extrémité de la flèche de tension pointe l'armature
A dont la charge est q. Dans ces conditions, on a, pour l'intensité du courant qui est orienté vers cette
armature :

— d ou r—
ét dr

Remarques : 1) En régime stationnaire, un condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert,


c'est-à-dire un coupe-circuit.
2) La charge de l'armature du condensateur est une grandeur continue, tout comme la
tension à ses bornes, ce qui se justifie par la continuité de l'énergie électromagnétique du
condensateur (cf. chapitre 4).

i{î) 4(0 -4(0


—>— 00
B —>—

"(0 «(0
FIG. 2.2. FIG. 2.3.

c) Bobines

Une bobine idéale est caractérisée par son inductance L, qui est le coefficient de proportionnalité
entre la tension à ses bornes et les variations temporelles du courant qui la traverse (cf. Électromagné-
tisme) :

Tdi
u = L—
ét

La convention adoptée pour la tension et le courant est explicitée sur la figure 2.3.

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44 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

Une bobine réelle est généralement bien représentée, jusqu'à des fréquences de quelques kHz,
par l'association d'une bobine idéale en série avec un résister représentant la résistance du bobinage
(cf. chapitre 7).

Remarques : 1) En régime stationnaire, une bobine idéale est équivalente à un court-circuit et une bo-
bine réelle à la seule résistance de son bobinage.
2) Tout comme la charge de l'armature d'un condensateur, l'intensité du courant dans une
bobine est une grandeur continue (cf. chapitre 4).

II. — SIGNAL SINUSOÏDAL EN NOTATION COMPLEXE

II. 1. — Importance du régime sinusoïdal

Les signaux sinusoïdaux basse fréquence ont une importance considérable dans la pratique, cela
pour plusieurs raisons :
i) ils sont faciles à réaliser (alternateurs, générateurs basse fréquence, etc.), transportables sur de
longues distances, sans grandes pertes, pourvu que l'amplitude de la tension soit suffisamment élevée,
y
ce que l'on réalise aisément à l'aide de transformateurs ; ainsi, le distributeur français EDF (Electricité
De France) fournit un courant sinusoïdal de fréquence 50 Hz, alors qu'en Grande Bretagne et aux USA,
la fréquence du réseau de distribution électrique est 60 Hz ;
ii) en outre, l'étude des circuits est particulièrement simple avec des signaux sinusoïdaux, puisque
ces signaux conservent leur forme, lorsqu'on les dérive par rapport au temps ou lorsqu'on les intègre ;
iii) enfin, un signal électrique quelconque est équivalent à une somme de signaux sinusoïdaux. Par
exemple, l'étude d'un circuit linéaire, siège d'un signal périodique carré, peut se ramener à celle de
signaux sinusoïdaux dont les fréquences sont des multiples entiers d'une fréquence fondamentale (cf.
annexe 2). La réponse obtenue est la somme des réponses relatives à chaque signal sinusoïdal.
Pour cette dernière raison, nous limitons notre analyse aux circuits constitués de résistors, de bo-
bines, de condensateurs et de générateurs sinusoïdaux (de courant ou de tension).

II. 2. — Du régime transitoire au régime établi

Observons, sur l'exemple concret simple d'un circuit associant en série, un générateur de signaux
sinusoïdaux, un résistor et un condensateur, l'évolution de la tension iicit) aux bornes du condensateur
(Fig. 2.4a).

eitlUfiî)
R

ii

Régime transitoire Régime établi

b)
Fig. 2.4.

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Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire 45

La figure 2.4b représente l'enregistrement de la tension uc{t) obtenue sur un oscilloscope à mé-
moire ; ce dernier a permis d'enregistrer uc{t), à partir de l'instant pris comme origine ( ? = 0 ) où l'on
ferme le circuit.
On constate que le signal devient sinusoïdal, avec la même fréquence que l'excitation, après une
durée relativement courte : la première phase durant laquelle le signal n'est pas sinusoïdal forme le
régime transitoire ; dans la seconde, le signal est sinusoïdal de fréquence identique à celle du générateur.
On dit que le circuit a atteint le régime établi (cf. chapitre 3).
Retenons le résultat expérimental suivant, que l'on justifiera ultérieurement (cf. chapitres 3 et 4) :
quel que soit le signal sinusoïdal fourni par le générateur, après la fermeture de l'interrupteur, les ten-
sions et courants, en tout point d'un circuit linéaire, sont aussi sinusoïdaux, avec la fréquence du signal
du générateur.

II. 3. — Notation complexe des grandeurs électriques sinusoïdales

a) Signal analytique associé à un signal réel

Pour étudier les circuits en régime variable, nous venons de voir que nous pouvons nous limiter à
l'étude des signaux sinusoïdaux. Pour ces signaux sinusoïdaux, il est très commode d'associer, à chaque
variable sinusoïdale s{t) = smcos(cot -)- (f)x), la variable complexe s{r) appelée signal analytique
correspondant (cf. chapitre 15) ;
s(t) = Re{*(/)} avec s{r) = sm exp(/(//) exp(/W) = s/tl exp(/W)
sm = sm exp(J(f)) étânt l'amplitude complexe et j le nombre imaginaire tel que j2 = — 1. Évidemment,
toutes les informations sur s{t) sont contenues dans s{t) : l'amplitude sm de .ç(ï) est le module de
5(if), sa phase cot + cf) est l'argument de jr(r) .

Remarque : Pour éviter toute confusion avec l'intensité i d'un courant, en électronique on désigne par
j le nombre complexe tel que y2 — — 1,

h) Intérêt de la notation complexe

Un premier intérêt de la notation complexe est la simplification des équations à résoudre pour
déterminer l'état d'un circuit en régime sinusoïdal. En notation complexe, une dérivation par rapport au
temps se traduit par une simple multiplication de la grandeur complexe par jto :
às _ d^expOO] _ ,
=
dt =joJsmexV(jcot)=jios et —
De même, une intégration se traduit par une simple multiplication par 1 /(Jco) :

f s dt = f s m expijcot) dt = -7-sm exp (jmt) + Cte = ^ + Cte


J J }(*>
Les équations différentielles linéaires se ramènent ainsi à des équations algébriques simples. Par
exemple :

d s 1 d,? d~ s 1 d .y
— — + ù)q s = em cos(ruf) donne —^ H — + coç, s = em expijcot)
Te dt drt Te dt
avec s = sm expijcot). Il vient, après simplification par expijcot) :

/ o •w 2
I ~or em soit s,n = ;— y
\ T« ^ -byru/r, + ru2
On en déduit facilement la solution s{t) du régime établi en prenant la partie réelle de s[t) :

s{t) = Re{.ç} = Re{.çw exp(/0) expijcot)} = sm cos{cot + cb) avec sm = et é = arg{^

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46 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

Un second avantage de la notation complexe est qu'elle permet de comparer très facilement deux
grandeurs dans un circuit. En effet, soit x{t) et y{t) deux grandeurs réelles, de même pulsation, que
l'on souhaite comparer en amplitude et en phase. Le rapport des amplitudes réelles est tout simplement
égal au rapport des modules et le déphasage (f> de y par rapport à x est l'argument de y/x :

yjn
et (}) = (j)y — (f)x
X/it

On note que si est positif, alors la grandeur y est en avance sur la grandeur x. Le nombre com-
plexe y/x fournit donc tous les renseignements nécessaires pour comparer y(f) à x{t) . Deux gran-
deurs particulièrement intéressantes à comparer sont précisément l'intensité i{t) du courant sinusoïdal,
qui traverse un dipôle, et la tension u(t) à ses bornes.

c) Représentation de Fresnel

La représentation de Fresnel d'un nombre complexe z = a + jb, attribuée au physicien français


A . Fresnel, est la représentation géométrique de ce nombre dans un plan cartésien Oxy, Ox étant l'axe
des réels et Oy l'axe des imaginaires. Le point A , qui représente le nombre complexe z, est tel que la
norme du vecteur OA est égale au module de z et l'angle ( Ox, OA ) à l'argument de z (cf. annexe 1 ).
Si le nombre complexe décrit une tension sinusoïdale, d'amplitude um, de pulsation oj et de
déphasage à l'origine </>,« — iimcos(ù)t + 4>), alors le vecteur de Fresnel, de longueur un,, tourne
autour de l'origine O à la vitesse angulaire w ; à / = 0, ce vecteur fait l'angle avec l'axe Ox
(Fig. 2.5).

y = Im {w U

Mt -y à)

a x— Re
{«m)
Fig. 2.5.

Il. 4. — Impédance d'un dipôle passif linéaire

Le concept d'impédance permet de comparer, en régime sinusoïdal, l'intensité du courant qui tra-
verse un dipôle à la tension à ses bornes.

a) Définition

En régime sinusoïdal, Vimpédance d'un dipôle linéaire passif est le rapport entre les nombres
complexes représentant la tension à ses bornes et l'intensité du courant qui le traverse : Z = u/i.

Remarques : 1) Conformément à l'usage international recommandé, l'impédance est un nombre com-


plexe que l'on ne souligne pas.
2) L'impédance n'a de sens qu'en régime sinusoïdal; ainsi, l'impédance offerte par un
dipôle, lorsque la tension à ses bornes est un signal carré périodique, n'a pas de sens.
Dans ce cas, on doit décomposer le signal en série de Fourier (cf. annexe 2) et définir une
impédance pour chacune de ses composantes (stationnaire ou sinusoïdale).

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Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire 47

En régime sinusoïdal établi, m et / ont même pulsation, mais des phases respectives généralement
différentes (pu et (p-,. Par conséquent :

Z = = = ^ = \Z\ exp j(p avec \Z\ = -p- et (p = (pu — (pi


l
l lm m

Notons que Tirapédance d'un dipôle est indépendante du temps et qu'elle est homogène à une résis-
tance ; elle s'exprime donc en ohm et (p , qui est le déphasage de la tension u par rapport à l'intensité i
du courant, s'exprime en radian dans le système international d'unités.
La partie réelle de l'impédance du dipôle est sa résistance R, la partie imaginaire est sa réac-
tance X :
Z = R+jX

On définit également Vadmiîtance Y d'un dipôle, inverse de l'impédance :

Y=l- = lz d'où Y= , 1
- = \Y\ exp(-7» avec |F| = ~
M Z \Z\ QXp{j(p} \Z\

Le module de Y est l'inverse de celui de Z et sa phase est opposée à celle de Z. Sa partie réelle est la
condiictance G et sa partie imaginaire la susceptance B :

Y = G+jB

Remarques : 1) Puisque Y = 1/Z, les relations suivantes s'imposent : G = R^R1 + X2) et


B= -X/(i?2 + X2).
2) Comme nous le verrons, la résistance R d'un dipôle passif est toujours positive, alors
que la réactance est de signe quelconque. Ce résultat est relié à l'interprétation physique
de X (cf. Électromagnétisme). De même, la conductance G est toujours positive, alors
que la susceptance est de signe quelconque.

b) Impédances des composants usuels

En régime établi sinusoïdal de pulsation co , on associe à la tension u{t) aux bornes du dipôle et à
l'intensité i(î) du courant qui le traverse, respectivement :

u = um exp(/(£„) exp(/&>/) et i = im exp(;V>(-) expijcot)

i) Résistor
Pour un résistor, la relation entre u{t) et i{t) s'écrit simplement :

u = Ri soit u = Z^i avec Zr = R

L'impédance complexe d'un résistor est réelle, car le courant et la tension sont en phase ( ^ = 0 ) ; cette
impédance est indépendante de la pulsation co.

Remarque : Comme l'oscilloscope ne permet de visualiser que des tensions, on étudie l'évolution d'un
courant variable dans un circuit à partir de la tension aux bornes d'un résistor parcouru
par ce courant ; la courbe obtenue est en phase et proportionnelle au courant.

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48 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

ii) Condensateur idéal


Pour un condensateur idéal, de capacité C, la relation entre u{r) et i{r) est:

dq du
i = = C —— car q = Cu
dt dt

Il vient, en régime sinusoïdal et en notation complexe :

1
i = jCtou d où u = Zci avec Zc =
JCÙ)

Ainsi, l'impédance complexe d'un condensateur idéal est un nombre imaginaire : le courant et la tension
sont en quadrature, précisément (p = — 7r/2 rad ; u est en retard de 7r/2 rad sur i.
Le module de l'impédance d'un condensateur idéal diminue quand la pulsation augmente. A très
basse fréquence, il devient très élevé : le composant se comporte comme un coupe-circuit. A très haute
fréquence, c'est l'inverse puisque le module de l'impédance est très faible : le composant est équivalent
à un court-circuit.
iii) Bobine idéale
Pour une bobine idéale d'inductance L, la relation entre u(t) et i(t) est :

di di , . .
u = L— d'où u = L-j-^ = jLcoi soit u = Zii avec Zi = jLco

L'impédance d'une bobine idéale est donc un nombre imaginaire ; le courant et la tension sont en qua-
drature : (p = tt/2 rad ; u est en avance de tt j2 rad sur i.
Le module de l'impédance d'une bobine idéale augmente avec la pulsation ; à très basse fréquence,
la bobine se comporte alors comme un court-circuit. En revanche, à très haute fréquence, c'est l'inverse :
le composant devient un coupe-circuit.
Sur la figure 2.6, on a dessiné les représentations de Fresnel des impédances des trois dipôles
passifs principaux : résistor, condensateur idéal et bobine idéale.

Im {/?} ImlZcl Im{ZL} '


ii
0 Re{Zc}

0 Re{ZL)

Re{R}

FIG. 2.6.

c) Caractéristique d'un condensateur ou d'une bobine idéale

En régime sinusoïdal, la caractéristique i{u) d'un condensateur ou d'une bobine idéale ne pré-
sente que peu d'intérêt, puisque la courbe obtenue dépend de la fréquence d'étude. En effet, pour un
condensateur :

i = imcos{ù)t) et u = umcos{cot + (p) avec um = \Zc\im = —et (p = arg(Zc) = —7r/2 rad

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 49

On reconnaît l'équation paramétrée d'une ellipse dont le rapport des axes vaut 1/CVu. La figure 2.7
représente cette ellipse pour un condensateur de capacité C = 1 /jlF soumis à une tension sinusoïdale
d'amplitude constante et de fréquences successives 50, 200 et 500 Hz . A la fréquence la plus basse,
la caractéristique se rapproche de celle d'un coupe-circuit, qui est précisément celle obtenue en régime
stationnaire.

d{î) I : 50 Hz
"x\
\\ II : 200 Hz
111/ \\ III : 500 Hz

n \
* ,• Sr. *
i
C~~- 1 N
1\ u{t)
iV
1« t*
«« 1« *
*\
\\ ti
\ s. **

FlG. 2.7.

Il est possible d'observer de telles courbes en utilisant la fonction « test de composants » de certains
oscilloscopes, lesquels fournissent une tension sinusoïdale de fréquence 50 Hz.
Au cours d'une période, on constate que le condensateur se comporte tour à tour en générateur et
en récepteur, puisque sa caractéristique explore les quatre quadrants. Le condensateur est néanmoins un
dipôle passif, puisqu'il n'échange de l'énergie qu'avec le circuit ; aussi l'énergie qu'il fournit n'excède-
t-elle jamais celle qu'il a reçue du circuit lors de la phase précédente où il s'est comporté en récepteur.
Il en est de même pour les bobines idéales qui ne peuvent que stocker de l'énergie sous forme
magnétique.

II. 5. — Association d'impédances

Les lois d'association des impédances complexes sont identiques à celles relatives aux résistors en
régime stationnaire (cf. Électromagnétisme).

a) Association en série

Comme les différents dipôles associés en série sont parcourus par le même courant et que la tension
aux bornes du dipôle équivalent est la somme des tensions aux bornes des dipôles qui le composent, on
trouve, en notation complexe :

1 = h =12 = ■■• = ik =
••• =
in et
M = M| + M2 + ••• + Mfc + ••• + M,,

Il en résulte :

U Ml . M2 . .Un Ml . M2 . M/i -7
Ze — — — —:—I—:—h...H—r — t——h...— — Z\ Z2 Zn soit Ze — > Z^
—2 hi k=\

Exemple : déterminons l'impédance complexe équivalente à l'association en série d'un résister, de


résistance /?, d'une bobine idéale, d'inductance L, et d'un condensateur idéal, de capacité C. D'après

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50 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

ce qui précède, on trouve :

Z = R -\-j { Loj — d'où |Z| = R2 + Lùj

On voit que [Z| passe par une valeur minimale qui vaut R, pour co = 1/(LC) 'Z2 (cf. chapitre 3).

b) Association en parallèle

Comme les différents dipôles associés en parallèle sont soumis à la même tension et que l'inten-
sité du courant qui traverse le dipôle équivalent est la somme des intensités dans chaque dipôle qui le
compose, il vient, en notation complexe :

? = il
?i -M
r £2 i,. + ... + z,, et u = u, = Uy — ... = m = ... = u,

Par conséquent :

y. = - = - + - + +- = — + — + = F, + 72 + ... -f F» soit Ye = y^ Yk
U U U U
un. M| «2
u. u

Exemple : calculons l'admittance complexe équivalente à l'association en parallèle d'un conducteur


de résistance /?, d'une bobine idéale d'inductance L et d'un condensateur idéal de capacité C. D'après
ce qui précède :

r 2 211 /2
Y= R+iCco+]L =
R+i{Ca'~èa) d oiI
' 171 =
(i) +
(Cû'"i)

Ce circuit oppose donc une admittance minimale qui vaut i/R à un courant de pulsation co = ojq avec
ù>o = l/(LC)i//2. Comme cette admittance est nulle lorsque R est infini, le courant entrant dans le
circuit dans ce cas est nul ; le circuit semble s'opposer à un tel courant, d'où son nom de circuit bouchon
(cf. chapitre 3).

II. 6. — Générateurs en régime sinusoïdal établi

En régime sinusoïdal établi, les générateurs délivrent un signal, tension ou courant, caractérisé
par l'amplitude, la fréquence / = ù)/(27r) et le déphasage éventuel (f) par rapport à une référence.
On écrira, respectivement pour un générateur de tension et un générateur de courant, qui fournissent
respectivement la f.e.m e(t) et le c.e.m t(r) (prononcer iota) :

e{t) = em exp(/*>? + 0,,) = em exp(/W) et L(t) = tm exp(Jojt + ^t) = Lm exp(/wt)

Le plus souvent, le circuit ne comporte qu'un seul générateur, lequel sert alors de référence pour les
déphasages ; (f)e ou (f)L sont alors nuls.
Les générateurs réels présentent en outre une impédance interne Z/ qui prend en compte l'écart de
leur comportement par rapport aux modèles de générateurs idéaux. Pour un générateur de tension, l'im-
pédance interne Z,- est en série avec la source de tension ; pour un générateur de courant, l'admittance
interne F,- = 1 /Z/ est en parallèle avec la source de courant (Fig. 2.8).
Les relations entre le courant i et la tension u sont donc les suivantes :

u = Zii- em et i = F; zz + L

pour un générateur de tension et de courant, respectivement.

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Lois de base des circuits en régime quasi sîaîionnaire 51

Yi = 1/Zf

Z/ <D

FTG. 2.8.

Tout comme en régime stationnaire, on passe d'une représentation à l'autre, en remplaçant la source
de tension par une source de courant selon la correspondance = em/Zi = em F/ et en associant
l'admittance interne F(-= 1 /Z2- en parallèle.
Les GBF les plus couramment utilisés présentent une résistance interne de 50 O et imposent que
l'une de leurs bornes soit la masse du circuit, car elle est reliée par une connexion interne à la prise de
terre. Il existe également des GBF, dits à masse flottante, pour lesquels aucune des bornes n'est reliée à
la terre et qui n'imposent pas de masse au circuit.

III. — LOIS DE BASE EN RÉGIME SINUSOÏDAL

III. 1. — Écriture des lois de Kirchhoff en régime sinusoïdal

Nous avons déjà vu que les lois de Kirchhoff restaient valables dans FARQS. Réécrivons-les en ré-
gime établi sinusoïdal, de préférence à l'aide de la notation complexe, cette dernière permettant l'utili-
sation habituelle des règles simples du calcul algébrique sur les nombres complexes.

a) Loi des nœuds

Comme les tensions et les intensités des courants sont de même pulsation co, tous les termes en
exp(/û>r) se simplifient ; aussi la loi des nœuds porte-t-elle uniquement sur les amplitudes complexes :

Ç ek 40) = Re |Ç e* 4.| = Re | exp(/&>/) Ç ek i^k| = 0 donne Ç ek i^k = 0

avec £k — \ pour les courants orientés vers le nœud considéré A et = — 1 pour les courants orientés
y
vers un autre nœud. Evidemment, la somme porte sur toutes les branches arrivant en A .

b) Loi des mailles

La loi des mailles, elle aussi, s'écrit uniquement en fonction des amplitudes complexes :

ÇefcMfcO) =Re|ç^Mfc| =Re|expOW)Ç£^a| =0 soit

avec £k = 1 si les flèches qui représentent les tensions sont orientées dans le sens de parcours de la
maille. La sommation porte sur toutes les branches formant la maille considérée.

c) Application à la détermination d'impédances

On a vu, en régime stationnaire, que le pont de Wheatstone permettait de déterminer la résistance


d'un résister inconnu. De façon analogue, un tel pont peut être utilisé en régime sinusoïdal établi pour

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52 2. Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire

déterminer l'impédance d'un dipôle linéaire inconnu. Le montage est alors appelé pont de Maxwell ;
on l'utilise pour déterminer les caractéristiques d'une bobine réelle que l'on modélise à basse fréquence
en associant en série une bobine idéale d'inductance Lj et un résistor de résistance R[ . Les résistances
/?2 et /?4 sont connues, R3 et C3 sont réglables. Lorsque le générateur délivre une tension emcos{ù)t)
entre les points P et l'ampèremètre de résistance Ra indique l'intensité i du courant dans la
branche AB (Fig. 2.9).

C3
~e

Fig. 2.9.

L'expression de l'intensité est obtenue en utilisant les lois de Kirchhoff en notation complexe. La
loi des mailles appliquée dans les trois mailles donne les trois équations suivantes :

Z\i] + Rai — Z$i_2 = 0 — £ 'L Z\i\ -f Z2(f j — /) — 0 —e Z4I2 "L 23(^2 "fî) — 0
On en déduit :
Z21: e — Z3/
il - et h —
Z, +Z2 " Z4 + Z3
D'où:
Z2Z4 — Z1Z3
= e
Ra (2| + Z2 ) (Z3 + Z4) + Z\ Z2 (Z3 + Z4) + Z2Z3 (Z 1 + Z2)
Le pont est équilibré si l'ampèremètre n'est traversé par aucun courant, ce qui implique une relation
entre les quatre impédances analogue à celle qui a été établie en régime stationnaire ;

P3
Z1Z3 — Z2Z4 soit (Pj -f- jL\co) — P2P4
1 + /P3 C^oj
Il en résulte que P1P3 + jLxR^ù) = P2P4 + jR2RARiC3CO, ce qui donne, en identifiant partie réelle et
partie imaginaire : R\ = P2P4/P3 et L| = P2P4C3.
Exemple : afin de déterminer les caractéristiques d'une bobine à air de 1000 spires, on réa-
lise le montage en prenant P2 = P4 = 1 kfl et un générateur de tension stationnaire. L'équilibre
est obtenu pour P3 = 72 kfi. Le générateur stationnaire est alors remplacé par un GBF et l'équi-
libre est de nouveau atteint pour C3 = 42 nF. On en déduit la résistance interne de la bobine,
Pi = P2P4/P3 = 13,9 fi, ainsi que son inductance Li = P2P4C3 = 42 mH .

III. 2. — Théorème de Millman

Le théorème de Millman reste également valable en régime sinusoïdal dans l'ARQS, pourvu que
l'on utilise les amplitudes complexes des tensions. Au nœud A d'un circuit, la tension a donc pour
expression :

11 ^ I2/c ; + £khn,k

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 53

la sommation portant sur toutes les branches qui aboutissent en A ; rappelons que Ton compte positi-
vement les f.e.m orientées vers le nœud A ( £* = 1 ) et les c.e.m dirigés vers le nœud A ( ^ = 1 ).
Exemple : déterminons la tension u{t) aux bornes du résister dans le circuit de la figure 2.10 où
les générateurs de tension et de courant fournissent des signaux de même fréquence /, déphasé de
7r/2 rad :

e(t) = emco$(cûî) et t(?) = tmcos ^ d'où e(l) = emexp(/<wt) et i(t) = jimtxpijojt)

Si on choisit une valeur nulle pour la tension au point M où les deux générateurs sont connectés, la
tension u{t) recherchée est égale à celle du nœud A reliant le résistor et le condensateur. En appliquant
le théorème de Millman en ce point, on obtient :

jeCcoA-i emC(o + Lm
M = TT: T—- = — —r exp(/û>r)
jCco-Ll/R Cco—j/R

On en déduit l'expression de u{t) = um cos(W + (f) avec :

emCo) ~f" r»! , f \ \


Um -p- et é = arctan ——
(C^^ + l/R2)'7- \RCui)

A
C

R
A ©

M
Fig. 2.10.

III. 3. — Symétries d'un circuit

Il est judicieux d'utiliser les propriétés de symétrie et d'antisymétrie des tensions et des courants
(cf. chapitre 1 et Elecîromagnéîisme). Rappelons les résultats essentiels :
i) si le réseau (ou une portion du réseau) présente un plan de symétrie V , aucun courant ne traverse
■p et les points symétriques par rapport à V sont à la même tension ;
ii) si le réseau présente un plan d'antisymétrie Q, la répartition des courants est aussi antisymé-
trique et les points de Q sont au même potentiel.

Remarque : Il existe d'autres théorèmes importants relatifs aux circuits linéaires (théorèmes de super-
position, de Thévenin et de Norton), que nous verrons ultérieurement (cf. chapitre 5).

III. 4. — Diviseurs de tension et de courant

Les expressions établies en régime stationnaire pour les diviseurs de tension ou de courant se
transposent aisément (Fig, 2.11 ) :

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54 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

I
Z, -2

1 R
—2
e{t) uc{î)
C
I
a) b)
FlG. 2.11. FlG. 2.12.

Exemple : un générateur de tension impose une tension sinusoïdale aux bornes d'un circuit RC
série, avec C = 2,2 jxF et R = 50011 (Fig. 2.12). Calculons l'amplitude et le déphasage de la tension
aux bornes du condensateur. En notation complexe, il vient, puisqu'il s'agit d'un diviseur de tension :
Zc .. . 1 1
Me,m = p
R-m d'où Me,mi = Y"
Zc R/Zc 1 + JRCoj
L'amplitude de la tension wc est alors égale à :
1 1
em — avec r = RC = 500 x 2,2x 10 6 = 1, lins
1 + jû)T 1 + (iur)2]1/2 _
Cette amplitude se réduit quasiment à em pour ru <C r et devient très faible pour tu r .On
déduit aisément de l'expression de uc m le déphasage de uc par rapport à la tension du générateur prise
comme référence de phase :

4> = arg = -arg(l +jcoT) = -arctan(wr)

Notons que ce déphasage varie entre 0 en régime stationnaire et tt j2 rad à haute fréquence.

IIT. 5. — Application à la mesure de l'impédance interne d'un GBF

Il est possible d'utiliser un diviseur de tension pour déterminer l'impédance interne d'un GBF. Il
s'agit de la méthode dite de la tension moitié. Après avoir relevé la f.e.m em du GBF, on branche sur
celui-ci une résistance variable que l'on ajuste jusqu'à ce que la tension u à ses bornes soit égale à
em/2 (Fig. 2.13).

GBF
_e

Ri
R
e

Fig. 2.13.

La résistance variable est alors égale à la résistance interne du GBF. En effet :


R fit J, V RI r> ri
u = e. = — d ou ——— = - et R = Ri
R + Ri 2 R +Ri 2

Exemple concret : = 10 V , i? = 50 O d'où Rj = 50 El.

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Lois de base des circuits en régime quasi sîaîionnaire 55

IV, _ PUISSANCE EN REGIME SINUSOÏDAL

IV. 1. — Puissance active ou puissance moyenne

En régime variable, la puissance instantanée V-, reçue par un dipôle s'obtient à partir de l'expres-
sion stationnaire, valable à tout instant (cf. Électromagnétisme) :

Vi(t) — u(t)i{t) soit Viit) — umim cos{ù)t + (f)u) cos(wr + <^)

puisque, en régime sinusoïdal, u{t) et i{t) s'écrivent respectivement :

u{t) = um cos(<y/' + (j),,) et i{t) = im cos(<y? + 4>i)

En raison des fréquences habituellement utilisées dans TARQS, le plus souvent supérieures à 50 Hz,
et de la durée Tc( d'une expérience généralement très supérieure à la période T = 1//, la grandeur
intéressante est la puissance moyenne reçue :

v = nf) = L VM dt

avec : Vi(î) = umim cos(wf + cos(^r + ^/) = ^umimlcos(2ùJt + + 0,-) + cos(0;( - ^(-)]

Ainsi, la puissance instantanée Vi{r) varie sinusoïdale ment avec la pulsation 2(o autour de la
valeur moyenne V :

1 1 fTd 1
d r
V = X^r [C0s(2û)r + 4>lt + 4-) + COS{(^ - ^)1 = ^rdnhn cos(^M - <j>i) X Td
^ Jd Jo d
puisque le premier terme sinusoïdal donne, par intégration, une valeur pratiquement nulle, ce qui justifie
la définition précédemment donnée (cf. Oscilloscopes et multimètres) dans laquelle on a remplacé Td
par T. La puissance moyenne ou puissance active V s'écrit donc simplement en fonction du déphasage
cp — (pi, ~ tpi de la tension par rapport à l'intensité : V = (nwzm/2) cos (p. On l'exprime souvent en
fonction des grandeurs, {/ et / , appelées respectivement tension et intensité efficaces :

V = -umim cos ç = Ulcos cp avec U = —7= et I= Ç = fpu- <Pi


2 ffi2

Par définition, la valeur efficace d'une tension ou d'un courant variables est la valeur qu'il faudrait
donner à cette grandeur, en régime stationnaire, pour dissiper la même puissance que dans un résistor.
La puissance V dissipée dans un résistor soumis à une tension sinusoïdale est V = iimi,n/2 = UI soit
V = u}n/(2R). En régime stationnaire, la puissance dissipée dans un résistor, soumis à une tension U,
est Vs = U2 jR ; en identifiant, on conclut que ces puissances sont égales si on a bien U = um/\f2 . Le
même raisonnement peut être conduit avec l'intensité et donne / = imj\i2.
Exemple : la tension efficace du réseau d'alimentation électrique sinusoïdale des particuliers est de
230 V , ce qui correspond à une tension d'amplitude iim = 230 x \/2 = 325 V .
La définition de la valeur efficace X d'une grandeur x{t) périodique, de période T, est donc telle
que (cf. Introduction expérimentale, oscilloscopes et multimètres) :
T
x2 = x2 dr
'f Jo ^
expression valable aussi pour des grandeurs périodiques non sinusoïdales.

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56 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

Le facteur coscp, qui apparaît dans l'expression de V, est le facteur de puissance ; il s'exprime
simplement à l'aide de l'impédance du dipôle :

Re{Z}
cos cp =

Ainsi, pour {/ et / fixés, la puissance moyenne reçue par le dipôle peut varier de 0 lorsque
(p — ±tt/1 rad, à U1 pour ^ = 0.
Pour un résister, dont l'impédance est réelle, le facteur de puissance est maximal ( cos = 1 ), et
la puissance active reçue vaut alors UI.
Pour un condensateur idéal ou une bobine parfaite, le facteur de puissance et la puissance reçue
sont nuls puisque (p = ±tt/2 rad ; pour de tels composants la puissance active V est nulle, alors que
la puissance instantanée ne l'est pas : elle est tantôt positive, tantôt négative, car le dipôle stocke de
l'énergie puis la restitue au cours d'une période (cf. Électromagnétisme).
Précisément, la puissance instantanée reçue par un condensateur s'écrit :

Vi(t) = u(t)i{t) = LlC^ = ^ (jc"2)

soit le taux de variation de l'énergie stockée par le condensateur.


De même, la puissance instantanée reçue par une bobine idéale a pour expression ;

Vé(t) = u{t)i{t) = ^ QL*2)

soit le taux de variation de l'énergie stockée par la bobine.


Seule la partie résistive d'un dipôle absorbe de la puissance active. En effet, pour un dipôle quel-
conque, d'impédance Z = /? +yX, la puissance reçue a pour expression ;

R R
^ Uinim tp — ^ Ri m — -, r,?2 car um - |Z| im et cos ^ ^ - J^Txïy/ï
2R +X2

Cette puissance s'annule, quelle que soit la valeur de X, pour R = 0. Notons que la réactance X influe
en général sur la valeur de um ou im et donc sur la puissance dissipée, bien que la dissipation ne se
produise qu'au niveau des parties résistives.

IV. 2. — Puissance apparente et puissance réactive


c
û a) Puissance apparente
(M
La puissance moyenne reçue par un dipôle, V = UJ cos (p, ne peut dépasser la valeur S — Ul,
laquelle fournit une estimation rapide de l'équipement indispensable en tension et en courant. Pour
distinguer cette quantité S de la puissance active 'P exprimée en watt, on l'appelle puissance apparente
et on l'exprime en volt-ampère (VA).
"l-
Exemple : un transformateur est un appareil permettant, grâce au phénomène d'induction entre un
circuit primaire et un circuit secondaire, une modification de la tension sinusoïdale sans variation de
puissance (cf. chapitre 7 et Électromagnétisme). Sur sa plaque signalétique sont inscrites les caracté-
ristiques suivantes : 230 V au primaire, 12 V au secondaire et 60 VA, ce qui correspond dans le
secondaire à Us = 12 X et Is — S/U = 5 A . Ce transformateur pourra donc débiter dans le circuit se-
condaire un courant maximal de 5 A. Dans ce cas, la puissance disponible dépendra de l'impédance de
la charge connectée aux bornes du circuit secondaire ; elle est généralement inférieure à 60 W et égale
à cette valeur lorsque la charge est purement résistive.

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 57

b) Puissance réactive

Il est utile d'introduire, en dehors de la puissance active et de la puissance apparente, une autre
puissance qui exprime les rôles des composants, tels qu'un condensateur ou une bobine. Ainsi, définit-
on la puissance réactive Q selon :

Q= sin (p = Uî sin (p

Pour la distinguer de la puissance active et de la puissance apparente, on l'exprime en volt-ampère-


réactif (VAR).
La puissance réactive d'un résister est nulle, car ce dipôle n'introduit aucune différence de phase
entre la tension et le courant. En revanche, celles d'une bobine d'inductance L et d'un condensateur de
capacité C valent respectivement :

7 . I2
Q = UJ sm ç = UI = LmI et Q = UI sin (p = —UI =
Cco

Ce concept de puissance réactive permet de caractériser le type d'installation :


i) si Q > 0, le système reçoit de la puissance réactive, puisque sin ç) > 0 ; l'installation est de
type inductif,
H) si Q < 0, le système fournit de la puissance réactive, puisque sin ç) < 0 ; l'installation est de
type capacitif.
Notons que les puissances active, apparente et réactive, sont reliées par la relation simple suivante :

S2 =V2 + Q2

ce que l'on retient sous la forme d'un triangle de puissances où les trois puissances sont les trois côtés
d'un triangle rectangle d'angle (p (Fig. 2.14).

"
I
IQ
_J
Lj
V

Fig. 2.14.

Exemple : sur le transformateur d'une guirlande de sapin de Noël, qui comporte 180 petites lampes
connectées en série, on peut lire les informations suivantes :

PR/Entrée : 230 V - 50 Hz SEC/Sortie 24 V - 850 mA - 20,4 VA

En outre, il est indiqué que chaque lampe consomme une puissance de 0.112 W.
Ainsi, le transformateur est constitué d'un circuit PRimaire aux bornes duquel la tension sinusoï-
dale du secteur de valeur efficace 230 V et de fréquence 50 Hz est appliquée. Aux bornes du SECon-
daire, la tension efficace est de 24 V, l'intensité de 0, 85 A, d'où la puissance apparente de 20,4 VA.

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58 2. Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire

On peut en déduire le cos cp de l'installation selon ;

180 f 112
COS(0 = ^ = ' = 0,988 d'où tan (p — t ] — 0,155
S 20.4 cos1 (p

Comme la résistance de l'ensemble des lampes est telle que V = U^jR , 'û vient :

U2 242
= 28.6fl
V 20,15

IV. 3. — Puissance complexe

La notation complexe, qui est un intermédiaire de calcul très commode, n'a pas été utilisée dans
l'analyse énergétique précédente, car cette dernière fait apparaître des grandeurs quadratiques. Cepen-
dant, on peut l'introduire en remarquant les égalités suivantes :

exp(/<£„) im exp(—y<£,■)} = ^umim cos (p

et :
-lm{umg} = -lm[uin expijéu) im expÇ-yV^-)) = -umimsin(p

désignant le complexe conjugué de im . Il vient donc :

V = Re{V} Q = lm{V} S = \V\ où V = V+jQ=

désigne la puissance complexe reçue par le dipôle considéré.


Pour un dipôle d'impédance Z — R+jX, ou d'admittance Y — G-LjB, on a:

2= = {z\u2 = zi1 = ri2 +jxi2

ou bien

2 = IeX, = = \y*\%„\2 = w2 = gu2-jbu2

Remarque : La partie réelle de la puissance complexe est la puissance moyenne réelle (puissance ac-
tive) et non la puissance instantanée réelle.

IV. 4. — Grandeurs efficaces complexes

Ce qui précède suggère de définir des grandeurs complexes efficaces, associées aux tensions et aux
intensités sinusoïdales :

U= = U exp (/(/»„) et / = = / exp(/^)

On écrira alors :

u{t) = U\/2exp(Jù)t) i{t) = [s/îexpijcot) et V — Rc{UI*}

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 59

IV. 5. — Théorème de Boucherot

Dans un circuit électrique, certains dipôles générateurs fournissent de la puissance électrique que
des éléments résistifs dissipent par effet Joule et que d'autres, tels les condensateurs et les bobines,
stockent sous des formes différentes.
Le théorème que le physicien français P. Boucherot a établi en 1900, s'exprime comme suit.
Dans un réseau électrique, parcouru par des courants sinusoïdaux, la somme des puissances ac-
tives est nulle, ainsi que la somme des puissances réactives.
Pour l'établir, commençons par l'exemple simple d'un réseau constitué de quatre nœuds, numérotés
1 , 2, 3 , 4, et disposés comme le montre la figure 2.15.

FlG. 2.15.

En régime quasi stationnaire sinusoïdal, la puissance complexe du réseau est la somme des puis-
sances complexes sur toutes les branches :

2 = E 2* = ^ E = E 2*2
b b b

ce qui s'explicite dans le cas considéré selon :

£ = [ILnCn + U-nLn + HuCu + U23Lh + + UUL»]

Si l'on introduit les potentiels électriques efficaces complexes aux nœuds, V, , • • • V4 , les différents
termes de puissance entre crochets s'écrivent respectivement, en introduisant les potentiels efficaces
complexes :

(Vi-EjUn iv^^LU (Yi-W-n [YI-YÙËA

En sommant ces quantités et en les regroupant par potentiel, on obtient :

£ = r, {Ln + £3 + £4) + £2(-£2 + £3 + £4) + £3(-£3 - £3 + £4) + £,(-£4 - £4 - £4)

D'après la loi des nœuds, les sommes sur les intensités sont nulles, d'où :

Vb = 0 ce qui donne Vb = J]] Ubh cos (pb = 0 et ^ Qb = ^ Ubîb sin (pb = Q


b b b b b

en séparant partie réelle et partie imaginaire.

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60 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

On peut établir ce résultat de façon générale en considérant un circuit contenant un nombre quel-
conque de branches, k et l étant les nœuds aux extrémités de la branche kl. On a :

Es, = = î E^s = 5 Efe


b kl kl k,l

Y.k et Yi étant les potentiels efficaces complexes aux nœuds â: et / ; le facteur 1 /2 provient de
la sommation sur les branches, car ces dernières ne doivent pas être comptées deux fois. Les deux
sommations précédentes s'écrivent aussi, respectivement :

et
Em = E^E& -E^^= -E^E^ = E^E^'
kj k I' k,l k l' k V

puisque //^ = —Jw '■> dans le premier terme, on a commencé par fixer une valeur de k puis on a fait
varier l'entier l' sur toutes les branches issues du nœud k : dans le second, on a permuté d'abord les
indices muets k et /. Il en résulte que ces deux sommations ont finalement la même expression, d'où :

EB.=E^ES'
h kl.'

On reconnaît, dans la sommation sur l', la loi des nœuds selon laquelle Yli' £ki'IXu =
0. Par consé-
quent :
0
E^ =
b
ce qui établit le résultat recherché.

yZ'ph=yzUhib cos ^=0 et


53 ^=53Uhib sm
vb=0
b b h h

Exemple : dans un local industriel, alimenté sous une tension efficace de 230 V, sont branchées en
parallèle cinq lampes, consommant une puissance de 100 W chacune, et deux moteurs de puissances
actives Vi = 5 kW et TE = 6 kW ; les facteurs de puissance de ces moteurs valent respectivement
cos i^i = 0,84 et cos cp2 = 0.75 .
Dans le but de déterminer le facteur de puissance de l'ensemble, calculons les puissances active Vg
et réactive Qg du générateur d'alimentation à l'entrée du réseau. D'après le théorème de Boucherot, on
a:
7E + 5 x 100 + 5 000 + 6000 = 0 d'où V0 = -ll.5kW

Qs + 5 x 0 + 5 000 x tanfarccos 0,84) + 6000 x tan(arccos 0,75) = 0 d'où Qg = —8,5 kVAR

On en déduit, à l'aide du triangle des puissances (Fig. 2.14), tan^ = Qg/Vg = 0.74 et
cos (pg = 0,80.

IV, 6. — Distribution de puissance électrique

Tout distributeur de puissance électrique, par exemple EDF en France, cherche à diminuer les
pertes de puissance le long des lignes conductrices en raison de l'effet Joule. Sur la figure 2.16, on
a schématisé cette distribution : on désigne par r la résistance des lignes, Z la charge, I l'intensité
efficace du courant dans la ligne et U la tension efficace aux bornes de la charge.

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 61

Ligne
C w
l Utilisateur
Distributeur il
de puissance u z
électrique (D
Ligne 1 I
T

FTG. 2.16.

Les installations électriques industrielles ne sont pas purement résistives mais possèdent un effet inductif
non négligeable dû aux enroulements des moteurs ( Im{Z} > 0 ). Aussi est-il judicieux d'étudier, pour
une puissance utile Vu fixée consommée par l'utilisateur, l'influence du facteur de puissance sur la
perte de puissance Vi occasionnée par les lignes de transport. On a :

V'
Vi = rl~ et Vu = UI cos (p d"où Vi — r
U COS2 cp
2

Ainsi, la puissance Vi perdue dans la ligne est inversement proportionnelle au carré de la tension fournie
à l'utilisateur et au carré du facteur de puissance de son installation.
Afin de minimiser les pertes en lignes, sans modifier la puissance reçue par l'utilisateur, le distributeur
impose à ses clients un facteur de puissance minimal de 0, 90. En cas de non respect de ce minimum, il
applique une tarification pénalisante. Si une installation électrique possède un facteur de puissance trop
faible, on connecte, en parallèle ou en série avec l'installation, un condensateur qui compense l'effet
inductif et amène le facteur de puissance à une valeur proche de 1.
Donnons les facteurs de puissance de quelques appareils usuels :
i) lampe à incandescence ; cos (p = l,
ii) four à induction compensé par condensateurs (prévus par le constructeur) : cos = 0, 85 ,
iii) lampes à fluorescence avec compensation : cos 9? = 0,93 ,
iv) poste de soudure à l'arc, sans compensation : cos = 0,5 .
Afin de diminuer les pertes en ligne, le distributeur augmente, à l'aide de transfonnateurs, la ten-
sion efficace sur les lignes de transport entre la source de production et l'agglomération à desservir;
cette tension peut atteindre 400 kV. À proximité du consommateur, la tension est abaissée, en plu-
sieurs étapes, jusqu'à environ 230 V , grâce à des transformateurs abaisseurs de tension. Ce procédé fut
proposé pour la première fois en 1887 par l'ingénieur électronicien croate N. Tesla.
V
A l'entrée des installations industrielles, le distributeur utilise des wattmètres pour mesurer la puis-
sance électrique active consommée ainsi que des VARmètres, précisément dans le but de contrôler le
facteur de puissance de l'installation.
Exemple : une installation électrique est équivalente à un dipôle d'impédance Z = R + jX avec
X > 0, en raison de son caractère inductif. Elle est alimentée par le réseau de distribution U = 230 V
et / = 50 Hz. Le courant efficace consommé est de 16 A pour une puissance disponible de 3 kW.
Déterminons le facteur de puissance cos (p ainsi que R et la capacité du condensateur qu'il faut placer
en parallèle sur l'installation pour obtenir un facteur de puissance de 1. Nous avons :

V 3 000
V= UIcoscp d'où cos (p = — = = 0. 82
^ UI 230 x 16

En outre, puisque V = RI2 et U = |Z|/, on trouve :

V
R 11,712 et 14,412 d'où X = (|Z|2-R2)1/2 = 8,412
I2 v-ï

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62 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

Pour que le facteur de puissance ait sa valeur maximale, il faut que la capacité C du condensateur,
connecté en parallèle, réalise une susceptance (partie imaginaire de l'admittance) de l'ensemble nulle :

1 R / X
\
ïm{Fe}
1 e/
=0 avec Ye = JjCco H = —2 2
+ J/ ( Cco 2
) 2
R+jX R +X \ R +X J

ce qui donne C = X/[ù}{R2 + X2)] = 129 p^F .

IV, 7. — Adaptation d'impédance en puissance

Comme en régime stationnaire, il y a adaptation d'impédance entre un dipôle générateur et un di-


pôle récepteur, lorsque le transfert de puissance du générateur vers le récepteur est maximal. Cherchons
donc à établir les conditions dans lesquelles la puissance, dont un utilisateur peut disposer sur une im-
pédance de charge Z = R+jX, est maximale lorsqu'elle est connectée à un générateur de tension si-
nusoïdale, d'amplitude em et d'impédance interne Z/ = Ri + jX-,. Exprimons pour cela la puissance
active disponible dans le récepteur :

P = Re{Z}/2 = Re{Z}^ = f

En annulant les dérivées partielles par rapport à et par rapport à X, on trouve :

' + Ri){Ri-R) + {X + Xi): R{X + K


2
[(R + Rif + iX + Xif] Ri)2 + (X -

d'où : X = —X, et R = Rj. Finalement, l'impédance de charge qui permet de récupérer le maxi-
mum de la puissance active fournie par le générateur et l'impédance interne de ce dernier doivent être
conjuguées :

z=zr d^ù vM^r-

Cette adaptation d'impédance est souhaitable lorsque les générateurs délivrent des signaux de faible
puissance comme un microphone ou une antenne de télévision, car toute atténuation supplémentaire
d'un signal déjà faible dégrade notablement la qualité du signal de sortie. Notons que l'impédance
interne du générateur dissipe la même puissance que la charge, ce que l'on évite de réaliser lorsque le
signal fourni par le générateur est suffisamment puissant, puisqu'une trop forte dissipation d'énergie
dans le générateur peut affecter son fonctionnement. C'est ainsi qu'à la sortie d'un amplificateur audio,
on évite souvent d'adapter son impédance interne sur celle du haut-parleur à la sortie.

Exemple : un générateur sinusoïdal, de résistance interne Ri, délivrant une tension d'amplitude em
et de pulsation co, doit fournir le maximum de puissance à un résister de charge R ^R,. On se propose
de réaliser l'adaptation d'impédance à l'aide du montage représenté sur la figure 2.17a pour lequel un
condensateur de capacité C est branché en série avec le générateur et avec l'association en parallèle de
la charge et d'une bobine idéale d'inductance L.

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Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 63

X Jl~ C
c
Ri Ri
L R L R

a) b)
FlG. 2.17.

En associant en série la résistance interne du générateur et le condensateur, on obtient un générateur


d'impédance interne Z, = R. + 1 /jCco . Ce générateur débite dans la charge constituée par le résistor de
charge associé avec la bobine en parallèle ; l'impédance de la charge est alors :

JRLco RL2oj + jR2Lco


Z = R/IZl =
" R+ jLto R2 + L2Ù)2

et la puissance qu'elle dissipe est maximale si :

RL20)1 1 R2Lco
7 = Z,
Z 7- >
soit P =
R, et
R2 + L2(o: Cco R2 + L2(x)2

II en résulte : L2o)2 = RiR2 j(R — Ri) et C = Lj(RRi). Cette solution n'a évidemment de sens, que si
R > Ri. Sinon, il faut envisager le montage de la figure 2.17b, pour lequel on a permuté la bobine et le
condensateur, ce qui conduit à : L2cu2 = R2R/{Ri — R) et C = L/(RRi). Dans chaque cas, la puissance
transmise, qui vaut e2n/ (8/?/), représente la puissance maximale que peut délivrer ce générateur. Cette
puissance est entièrement dissipée par effet Joule dans le résistor de charge, le condensateur et la bobine
ne dissipant pas d'énergie.

IV, 8. — Mesure de la puissance à l'aide d'un wattmètre

a) Fonctionnement d'un wattmètre

Un wattmètre présente quatre bornes d'entrée, deux pour la mesure de l'intensité du courant qui tra-
verse le dipôle considéré et deux pour celle de la tension à ses bornes (Fig. 2.18). Il indique la puissance
active UI cos (p dissipée dans le dipôle, et non la puissance apparente UI.
Dans les wattmètres électromécaniques, le courant pénètre dans une bobine et, en créant un champ
magnétique proportionnel à l'intensité, exerce un couple sur une seconde bobine, placée en parallèle
sur le dipôle. Cette dernière est donc parcourue par un courant proportionnel à la tension aux bornes du
dipôle ; un ressort en spirale la ramène vers sa position d'équilibre. En raison de l'inertie, la déviation
du cadre, et donc celle de l'aiguille d'affichage qui en est solidaire, est proportionnelle à la puissance
active.

- -C <w>

u"
Symbole d'un wattmètre
FIG. 2.18.

Dans les wattmètres analogiques, on multiplie deux tensions dont l'une est celle aux bornes du di-
pôle et l'autre est proportionnelle à l'intensité du courant qui le traverse. Le résultat de la multiplication
64 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

est ensuite envoyé sur un filtre passe-bas qui ne restitue que la valeur moyenne, laquelle est proportion-
nelle à la puissance active.

b) Branchement d'un wattmètre

La résistance interne du circuit entre les deux bornes permettant la mesure de l'intensité est faible,
alors que celle entre les bornes du circuit servant à mesurer la tension est très grande.
Lors du branchement, deux bornes sont mises en commun ; le wattmètre est alors équivalent à
un montage courte ou longue dérivation (Fig. 2.19a et b respectivement). Le critère pour le choix du
montage est la résistance du dipôle étudié : si elle est faible devant la résistance du circuit de mesure de
tension, c'est le montage courte dérivation qui est adopté (cf. chapitre 1).

Remarque : Les wattmètres électromécaniques ne sont sensibles qu'à des puissances élevées, c'est-à-
dire à celles qui sont supérieures à une dizaine de watts ; ils ne conviennent donc pas pour
les mesures de faible puissance qui sont les plus fréquentes.

a) b)
Fie. 2.19.

Y. — CIRCUITS ELECTRIQUES EN TRIPHASE

Dans le domaine de la distribution de la puissance électrique, le système triphasé est universelle-


ment utilisé ; c'est un ensemble de trois tensions sinusoïdales de même fréquence, de même amplitude
et déphasées l'une par rapport à l'autre de 2-7r/3 rad, soit 120° . Dès que la puissance à fournir est su-
périeure à 1 kW, la distribution en triphasé présente par rapport à celle en monophasé plusieurs avan-
tages :
0 à la production, un alternateur triphasé fournit une puissance supérieure de 50 % environ à celle
d'un alternateur monophasé de même volume et de même prix,
ii) dans le transport, la même puissance est transportée avec trois fils, alors qu'il en faut six en
monophasé,
iii) à l'utilisation, d'une part deux tensions sont disponibles avec la distribution en triphasé, 230 V
et 230 x \/3 ~ 400 V , d'autre part le moteur asynchrone qui est le moteur électrique le plus répandu
fonctionne en triphasé.

V. 1. — Description du système triphasé

Dans un système triphasé, les sources de tension fournissent, entre un fil conducteur commun, le
neutre, et trois autres fils conducteurs, les phases, trois tensions sinusoïdales dites tensions simples ou
tensions de phase :
Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 65

auxquelles on associe respectivement les tensions complexes suivantes :

ex
Ui = vm expijajt) v2 = vm exp P (/w?) et
^3 = vm exp ex
P (Jwt)

Ces trois tensions sont déphasées entre elles de 27r/3 rad. Dans le plan complexe, on les représente par
trois vecteurs, en prenant vi comme référence (Fig. 2.20). La somme de ces trois vecteurs est nulle,
ce qui signifie que la somme des valeurs instantanées des trois tensions v{ , ^2 et L3 est nulle à tout
instant :
tJ] + ^2 + ^3 = 0

''—3
ii3l

-277/3
1 —23 277/3/
\/ !
77/6 V ;
277/3

^ u
—2
—4 / ^

Fig. 2.20.

Remarque : Généralement le neutre est dans une gaine plastique bleue alors que les phases sont dans
des gaines noire, rouge et marron.

On appelle tensions composées, ou tensions de ligne, les tensions entre les différentes phases. Ainsi,
entre les phases 1 et 2, la tension de ligne s'écrit, en notation complexe :

2 77
11 - exp |1 -j— soit = vm v^3 exp exp(/a>/)
M12 = Li - L2 = exp (/Va/)

puisque :

1 — exp = \/3 exp (

De même, on trouverait :

«23 = vm\/3 exp (-7^) ex et


P M31 = Vm C3 exp ex
P(J(ot)

L'amplitude des tensions de ligne est donc :

um = V3vm soit U = Va/S


66 2. Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire

Comme V = 230 V dans la plupart des pays européens, on dispose de tensions de ligne sinusoïdales,
de valeur efficace :
f/ = V3 x 230 = 398 V « 400 V

Notons que les tensions de ligne forment aussi un système triphasé, puisqu'elles sont déphasées les unes
par rapport aux autres de 27r/3 rad (Fig. 2.20). En outre, elles sont déphasées de tt/ô rad par rapport
aux tensions simples. On retrouve donc une relation analogue à celle qui relie les tensions simples
(Fig. 2.20) :
=
U]2 M23 3" —31 ^

V. 2. — Courant dans une charge équilibrée

Il existe deux configurations symétriques pour connecter trois charges sur un réseau triphasé : celle
en étoile et celle en triangle.

a) Montage en étoile

Dans le montage en étoile, chaque charge est branchée entre un fil de phase et le fil neutre
(Fig. 2.21).

12 Z2
V\
Z3
V2
'3

Fie. 2.21.

Le courant circulant dans le conducteur neutre est la somme des courants de ligne, i, , [2 et *3, qui
circulent dans les dipôles d'impédances Z\ , Z2 et Z3 :

in = ii + ia + is

On dit que le système est équilibré, si les trois charges sont identiques ; l'intensité du courant circulant
dans le conducteur neutre est alors nulle. En effet, si Z| = Z2 = Z3 = Ze, alors :

U\ . v.2 ■ IZ3 . IZi + + ^3 ^


—i\1 = —-
'y u = —
—L ry et h = —
—J "y d ou 1,, = —
—il ry =0
r jçt /j r e . £?

L'équilibrage des trois phases présente de l'intérêt, d'une part parce qu'il est adapté au fonctionnement
normal d'un moteur dont les trois enroulements sont équivalents, d'autre part en raison de l'économie
qu'il permet, le fil neutre n'étant alors plus nécessaire.
Ce quatrième fil est parfois conservé sur des distances courtes afin d'assurer l'écoulement d'un
éventuel courant de neutre pouvant résulter de dissymétries accidentelles du système, la présence de ce
fil neutre ayant justement pour effet d'atténuer ces déséquilibres. Toutefois, sa section est plus faible que
celle des fils de phase. Le système à quatre fils est utilisé aussi dans le transport entre le transformateur
moyenne-basse tensions et les usagers d'un même quartier.
Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 67

b) Montage en triangle

Dans le montage en triangle, chaque charge est connectée entre deux fils de phase ; elle est donc
soumise à une tension composée (Fig. 2.22). Ce montage ne comporte pas de fil neutre et le courant
circulant dans chaque impédance est différent du courant circulant sur chaque ligne.
Lorsque le circuit est équilibré (Z12 = Z23 = Z31 = Zr ), les courants circulant dans les trois
impédances sont :
U1 o . Uti. . M-Î r
1 — —-=- 1 — —ri et / =
-12 Zf -23 Z, -31 Z,

ii k. -3
Lu
./3I h[\
U]2

-4 "31
V\ h A t ./23 J\1
"23 b
V2 Z23 —
•'31
'3 ïhi>
FIG. 2.22. Fig. 2.23.

Il est alors possible d'en déduire les courants circulant dans chaque ligne :

M|2 1131 vm s/Z 77 Itt


exp {jojt) exp \j exp -J-
-12 -31 Z; Zr

ce qui s'écrit aussi :

îi = exp expiait)\/3 exp (-;^) = ^ exp(/w/)

De la même façon, on obtiendrait :

32',, 2-ît 3?x 477


ex
h =J-23 7,.
-12 = P ( -7y I expOr) et ^ =7., -./„ = — exp ( -7—
J ) exp(/wf)
Zf -31 23 Z; ^ 3 /

L'amplitude des courants de ligne est donc liée à celle des courants parcourant les impédances :

am . 3?;m
3m l,n = d'où iw = jm\/3 et I = JV3
|Z/| |Zf| |Zr|

La figure 2.23 est la représentation de Fresnel des courants de ligne et des courants parcourant les
dipôles.
Exemple : sur la plaque signalétique d'un moteur triphasé équilibré, on peut lire les indications sui-
vantes : 230 V/400 V , 6,0 A/3,5 A . Ces chiffres indiquent les conditions normales de fonctionnement
du moteur pour lesquelles le rendement du moteur est le plus élevé. Connecté en triangle sur un réseau,
dont la tension de ligne vaut 230 V , le moteur impose un courant de ligne de 6,0 A , alors que bran-
ché en étoile sur un réseau, dont la tension de ligne vaut 400 V , le courant de ligne est de 3,5 A. Quel
que soit le réseau dont on dispose, il est possible d'alimenter ce moteur de façon optimale en choisis-
sant le montage adapté, triangle pour un réseau 230 V ou étoile pour un réseau 400 V . Le courant dans
chaque enroulement sera de 3,5 A et la tension aux bornes de chaque enroulement de 400 V .
68 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

V. 3. — Puissance en triphasé reçue par une charge

Dans l'exemple précédent du moteur triphasé, une question se pose naturellement : quelle est la
puissance reçue par le moteur, en fonctionnement normal ?

a) Expression générale de la puissance

La puissance complexe reçue par les charges dans un circuit est la somme des puissances com-
plexes :
J
H — £| + ^2 +^3 = r'p2+Vï +j{Q\ + Ql + Q3)
Dans un montage étoile équilibré, les trois tensions fi , V2 et V3 ont même valeur efficace V ; en outre,
le montage étant équilibré, les trois courants ont même valeur efficace I et le facteur de puissance est
le même pour les trois phases. II en résulte :

V = 3V7(cos (p jsin (p)

L'expression que l'on utilise généralement contient U et non V\ car V n'est pas accessible dans un
montage sans fil neutre. Il vient donc, puisque U = \/3 V :

V = \/3UI{cos (p j sin (p) d'où V = V3UIcos Q= s/3UIsi\ et S = V3U1

pour les puissances active, réactive et apparente respectivement.


Cette expression de V est encore valable dans le montage triangle. En effet, on obtient de façon
analogue, puisque J = \/31 :

V_ = 3UJ(co$(p-\-j&[n(p) soit P = v^f//(cosç»-fjsin <?)

d'où les mêmes expressions pour P et Q. Cependant, soulignons que (p ne représente pas le dépha-
sage entre m et z, mais celui entre v et i, précisément l'argument de Zc, et qu'en outre cette expres-
sion suppose que le montage est équilibré.
Notons que le montage triangle et le montage étoile ne donnent pas les mêmes puissances actives
dans trois charges identiques.
Exemple : considérons le cas simple de trois lampes, de résistance R = 500 fi, branchées sur le
secteur triphasé pour lequel V = 230 V . Dans une association en étoile, chaque lampe est soumise à
une tension de phase V = 230 V . On en déduit l'intensité du courant qui la parcourt et la puissance
active qu'elle reçoit :
V 230
I = ~ = —— = 0,46 A d'où ^ = 3 x 230 x 0,46 = 320 W
R 500
Dans une association en triangle, chaque lampe est soumise à une tension de ligne U = 400 V ;
l'intensité et la puissance valent donc, respectivement :

/ = ^ = ^ = 0,80 A et V( = 3 x 400 x 0,80 = 960 W

On voit que la puissance reçue par chaque lampe est le triple de celle reçue dans un montage étoile.

Remarque : Pour le relèvement du facteur de puissance d'une installation triphasée équilibrée, il suf-
fit de brancher en triangle trois condensateurs identiques avant le récepteur, indépendam-
ment de son type de branchement. D'après le théorème de Boucherot, la capacité des
condensateurs doit être telle que la puissance réactive soit nulle :

^. r ri , rrr „• . r r2 , ti + a J'E Xât] (p


—3Cù)U + UI sïn<p =—3CcoU~ + Vtancp = 0 d'où C =
jmU2
Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 69

b) Puissance fluctuante

On sait que, pour un récepteur alimenté par une tension sinusoïdale, la puissance instantanée Vj a
pour expression :
V-, = v(t)i(t) = vV2cos(cot + (f)u) x lVïcos[cot + ^>/) = VIcos(</»„ — </»,-) + VIcos(2wf + + 0f-)
Elle présente ainsi deux contributions : l'une est la puissance active et l'autre une puissance fluctuante
qui varie sinusoïdalement avec une fréquence double de celle du générateur ; elle se retranche ou s'ajoute
à la puissance moyenne selon l'instant. Bien que de valeur moyenne nulle, elle est gênante dans certaines
applications telles que l'alimentation des moteurs où elle crée un couple fluctuant (freinage ou non), qui
se superpose au couple utile.
Dans ce contexte, le système triphasé présente un avantage, car la puissance fluctuante, qui est
la somme des trois puissances fluctuantes déphasées de 27r/3 rad, est nulle. Il s'agit là d'une pro-
priété importante des systèmes triphasés équilibrés : leur puissance instantanée est égale à la puissance
moyenne.
Soulignons que les relations précédentes ne sont valables qu'avec une charge équilibrée constituée
de trois impédances identiques. Un déséquilibre de la charge se traduit, selon le montage utilisé, par une
surtension sur une phase ou une surintensité dans un fil de connexion. Dans tous les cas, le déséquilibre
est indésirable, voire dangereux. Son origine peut être accidentel (mise en court-circuit de deux fils,
rupture d'un fil, etc.) ou résulter d'un mauvais équilibrage des charges. En outre, le réseau triphasé doit
le plus souvent alimenter des charges de natures différentes (résistives dans le cas de l'éclairage et du
chauffage, inductives pour les moteurs électriques, etc.) qu'il n'est pas toujours possible d'équilibrer.
Retenons que, dans toute installation, on doit s'efforcer d'équilibrer au mieux les différentes charges.

c) Mesure de puissance

En pratique, la mesure de la puissance active s'effectue à l'aide d'un ou de plusieurs wattmètres.


Si le circuit est équilibré, il suffit d'un wattmètre qui donne la puissance sur une phase et de la
multiplier par trois. La mesure nécessite la présence du fil neutre (Fig. 2.24). La nature du branchement
du dipôle, triangle ou étoile, n'a pas d'influence sur le résultat.

FIG. 2.24. FIG. 2.25.

Lorsque le circuit est déséquilibré mais comporte un fil neutre, la mesure exige l'utilisation de trois
wattmètres branchés entre chaque fil de phase et le fil neutre (Fig. 2.25).
Si le circuit n'a pas de fil neutre, deux wattmètres 4 et S suffisent (Fig. 2.26). Ici aussi, la nature
du montage est sans importance. Cette méthode convient évidemment si le circuit est équilibré.
Les wattmètres A et 5 donnent les puissances respectives :
70 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

=
Or, pour un montage en étoile, on a : £3 = —i{ — h, — «3, et «2 ^3 + M23 > d'où :


P — 2 RejlZi ii + ^2 i2 + ^3 ^3} 9 MMIS ^ d" -23 )

= — et =
De même, pour un montage en triangle, on a : «12 ^13 M23 > Â3 = 12 + in Â, 13 + i„ , d'où
-12 -31 -23

P = ^ Re{wi2 j;2 + u23j_*3 + Msiig,} = ^RejMniî +££2312}

Ainsi, quel que soit le montage, triangle ou étoile, la puissance s'écrit : V = Va + Vb ■

il /- N
W
a.

"23 z

WA z N
i1 11— 1
V[ .
"13 | Montage
| triangle ou Z
I1 étoile sans 1*2 •
in = 0
neutre T
i "23
| "3

Fig. 2.26. Fig. 2.27.

Pour un circuit équilibré, la mesure de la puissance réactive est réalisée directement avec un seul
wattmètre branché afin de connaître l'intensité du courant sur un fil et la tension entre les deux autres
(Fig. 2.27). En effet, la lecture fournit le produit f/23/1 cos((/>23 — </>/,! ). Cette mesure donne Ulsin (p ,
puisque (Fig. 2.20) :

■7T
— —
4>23 - 4*1,1 — (4*23 - 4>v,\) + {4>v,\ - 4*1,1) 2" ^

Pour obtenir la puissance réactive Q, il suffit de multiplier la lecture du wattmètre par a/B • Cette
puissance peut aussi être déterminée à l'aide du montage à deux wattmètres (Fig. 2.26) :

VA = UIcos(4*n - <^,1) = UIcos(^i3 - 4*v,i + 4*v,\ - 4*i,i.

soit (Fig. 2.20) :


/ 77 \ 77
Va = Uîcos ( car ^13 - (f)v^ = —— rad

On a de même :
(77 \ 77
— + car 023 - 4*v,2 = rad

On en déduit que : Va — Vb = —2f//sin <psin(—77/6) = Uîsm ç = Q/v^, d'où Q = \/2){Va — Vb) •


Si le circuit est déséquilibré, la mesure de Q doit être effectuée à l'aide de varmètres dont la
construction est identique à celle des wattmètres avec un déphasage supplémentaire de 77/2 rad pour
la tension. Il est aussi possible de mesurer la puissance apparente 6" à l'aide d'un voltmètre et d'un
ampèremètre et d'en déduire Q par l'expression Q = (<S2 — p2)1/2 .
Lois de base des circuits en régime quasi sîationnaire

VI. _ DISTRIBUTION D'ELECTRICITE ET PROBLEMES DE SECURITE

VI. 1. — Production de puissance électrique

La consommation quotidienne moyenne d'énergie électrique de la toute la France est de l'ordre de


1,33 térawattheure ( 1 TWh = 1012 Wh ), c'est-à-dire environ 3,6 x 10'^ J . Comme le travail électrique
est difficilement stockable (les meilleurs accumulateurs ne pouvant stocker plus de 600 kj - kg-1 ), le
travail électrique doit être disponible au moment de sa consommation. La puissance totale dont dis-
pose le distributeur français EDF (Électricité De France) dépasse les 100 GW , alors que le record de
consommation s'établit légèrement en dessous de 102 GW (pic atteint le 8 février 2012).
Tout distributeur électrique prévoit la puissance à fournir en fonction des données statistiques qui
indiquent la consommation probable en fonction de l'heure, de la saison et des températures observées.
Si la consommation dépasse la production prévue, la tension et la fréquence du réseau baissent légè-
rement et la réaction du distributeur est immédiate : ce dernier augmente la puissance électrique des
centrales ou importe de la puissance électrique des pays voisins. En cas de sous-consommation, c'est
l'inverse, on exporte de la puissance et on diminue la production.
Comme les sources de production de puissance électrique, que sont les centrales hydrauliques,
thermiques et nucléaires, sont généralement éloignées des lieux de consommation, le transport de cette
puissance joue un rôle essentiel dans la limitation des pertes occasionnées.

VI. 2. — Distribution de puissance électrique

a) Différents types de lignes de transport

Afin de limiter les pertes énergétiques, lors du transport de la puissance électrique, l'utilisation de
tensions sinusoïdales de basse fréquence s'impose. En effet, à haute fréquence, lorsque que l'approxi-
mation des régimes quasi stationnaires (ARQS) n'est plus satisfaite, l'effet de peau provoque réchauf-
fement des câbles, par réduction de la section effective, et la nature inductive des lignes induit une
augmentation des pertes (cf. Electromagnéîisme).
Historiquement, c'est le développement du chemin de fer en Europe qui a joué un rôle décisif
dans le choix de la fréquence de 50 Hz. En effet, cette fréquence correspond à celle utilisée par les
constructeurs de locomotrices allemands AEG et Siemens, au début du XXe siècle ; les performances
des moteurs synchrones triphasés, inventés par AEG, étaient optimales à 50 Hz. Aux USA et dans le
Royaume Uni, cette fréquence est de 60 Hz.
"ri
En France, les pertes énergétiques sur les lignes de transport, qui sont inversement proportionnelles
à la tension de distribution ( 230 V ), s'élèvent à plus de 12 TWh par an, soit 3 % de la consomma-
tion, ce qui correspond à un coût de plus de 300 millions d'euros. On distingue plusieurs réseaux de
° distribution.
i) Le réseau Très Haute Tension (THT), à 400 kV et 225 kV, et celui Haute Tension (HT),
à 90 kV et 63 kV, assurent le transport de la puissance, sur des distances de plusieurs milliers de
kilomètres, entre les centrales de production et les postes de transformation principaux. Il alimente
aussi les transformateurs implantés dans les quartiers des grandes villes, ainsi que dans les très grosses
entreprises.
Il est composé de lignes aériennes constituées de fils conducteurs nus, en cuivre ou en aluminium,
entourant un câble intérieur, l'âme, en acier qui permet d'augmenter sa résistance mécanique ; ces câbles
tressés, d'un diamètre total d'environ 30 mm, ont une masse linéique de 2 kg par mètre.
ii) Le réseau Moyenne Tension (MT), à 20 kV et 5,5 kV, relie les postes de transformation
principaux à ceux qui alimentent les villes, ainsi que les petites et moyennes entreprises.
72 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

iii) Enfin, le réseau Basse Tension (BT), à 230 V ou 400 V, est destiné aux particuliers, le plus
souvent en monophasé, et aux entreprises qui consomment peu de puissance, en général en triphasé.
Notons que l'alimentation d'un quartier s'effectue en triphasé ; le neutre et l'une des phases sont
distribués à chaque habitation ; si le réseau est bien équilibré, les charges sur chaque phase sont équiva-
lentes et le courant dans le fil neutre quasiment nul (Fig. 2.28).

Réseau
230/400 V

Atelier □ □
Usine
Fig. 2.28.

Remarques : 1) La lampe à incandescence, inventée par T. Edison, qui permit l'illumination des pre-
mières villes, fonctionnait bien à 110 V stationnaire qui est le standard américain actuel
de la valeur efficace de la tension sinusoïdale utilisée. Un peu plus tard, Edison déposa
un brevet de distribution de l'électricité à faibles pertes sous des tensions stationnaires de
220 V, valeur un temps adoptée en France pour le réseau basse tension sinusoïdale EDF,
actuellement augmentée à 230 V .
2) Bien que quatre conducteurs (le neutre et les trois phases) assurent le transport de la
puissance électrique dans les villes, la plupart des poteaux électriques en ville portent
un cinquième fil; ce dernier, relié à l'une des phases, assure l'éclairage municipal (Fig.
2.29a).

b) Protection des lignes

On protège les installations électriques de la foudre, capable de provoquer de très fortes surtensions,
en surmontant les lignes THT d'une ligne de garde qui sert à intercepter la foudre avant que celle-ci
n'atteigne les conducteurs sous tension. Ces fils anti-foudre, qui ne sont parcourus par aucun courant,
en situation normale, sont évidemment reliés à la terre, à chaque pylône, afin d'évacuer sans dommage
les courants parasites de forte intensité.
Malgré les fils anti-foudre, les lignes conductrices sous tension sont parfois touchées directement
ou souvent chargées par influence, lorsque la foudre frappe le fil de garde ou un objet situé dans le voi-
sinage de la ligne. La charge électrique reçue produit une onde de tension, de forte amplitude (plusieurs
centaines de kV ), qui se propage le long de la ligne, à la vitesse de la lumière (cf. Electromagné-
tisme). Cette onde peut détériorer les isolateurs en porcelaine qui fixent les lignes aux pylônes, ainsi que
les transformateurs situés en bout de ligne.
Les isolateurs, dont le nombre permet de connaître la tension de la ligne (9 pour 63 kV, 14 pour
225 kV et 18 pour 400 kV) sont protégés par des éclateurs qui canalisent la décharge électrique, lors
d'un coup de foudre (Fig. 2.29b).
Les lignes sont équipées de disjoncteurs et de parafoudres.
i) Les premiers ouvrent le circuit, en cas de surintensité, en jouant le rôle de fusible mais n'ont
pas besoin d'être remplacés après utilisation. L'arc électrique qui se produit est éteint par de l'huile ou
Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire 73

par un gaz, en général de l'hexafluorure de soufre SFf,. Ils ouvrent la ligne en quelques centaines de
millisecondes, puis la refennent dès que la charge électrique du coup de foudre a été évacuée vers la
terre.
ii) Quant aux seconds, ils sont constitués d'une série de disques qui se comportent comme des
varistances dont la résistance diminue lorsque la tension s'élève. Ils assurent la liaison entre la ligne
à protéger et la terre. En fonctionnement normal, la résistance totale est très importante et la ligne est
isolée de la terre. Lorsque la tension augmente et dépasse la valeur maximale autorisée, les disques ne
présentent qu'une faible résistance et la décharge vers la terre peut se produire. Une fois la décharge
terminée, quelques dizaines de millisecondes après, les disques présentent à nouveau une résistance très
élevée et la ligne est de nouveau isolée de la terre.
Une manière de protéger les lignes et les personnes consiste à enterrer les fils de transport. Même si
ce procédé est très coûteux et si la chaleur dégagée ainsi que la nécessité d'accéder aux câbles conduisent
à aménager une large zone dépouillée de toute végétation, les distributeurs augmentent progressivement
la proportion de lignes enterrées.
Actuellement, en France, un quart des lignes 63 kV sont enterrées ; leur coût est alors multiplié
par 3 ou 4. Pour les lignes en 225 kV , seules les portions en agglomérations sont enterrées, car le coût
est, dans ce cas, multiplié par 10.

a) b)
FlG. 2.29.

VI. 3. — Sécurité d'une installation électrique domestique

a) Effets physiologiques en électricité

L'effet d'un choc électrique sur le corps humain dépend de plusieurs facteurs : la durée du pas-
sage du courant dans le corps, son intensité, sa nature stationnaire ou alternatif, ainsi que des organes
traversés.
Lorsque l'intensité du courant est inférieure à 10 mA, les effets du courant ne sont pas dangereux,
quelques picotements seulement.
Au-delà de 10 mA , l'intensité et la durée doivent être pris en compte : 20 mA pendant 10 s a
le même effet que 100 mA pendant 1 s ou encore que 500 mA pendant 50 ms . De telles intensi-
tés provoquent la tétanisation des muscles traversés : les doigts se crispent et n'arrivent pas à lâcher le
conducteur électrique touché. En outre, le diaphragme, qui permet de comprimer ou de dilater les pou-
mons, au cours de la respiration, risque de se bloquer et ainsi provoquer l'asphyxie ; le cœur lui ne subit
pas de tétanisation mais, lorsque l'intensité dépasse 50 m A , son rythme est troublé (c'est la fibrilla-
tion).
74 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

Le courant alternatif de basse fréquence est plus dangereux que le courant stationnaire, précisément
en raison de ses variations au cours du temps, lesquelles favorisent les contractions répétées des muscles
et la tétanisation ; aussi les normes imposent-elles des tensions maximales utilisables moins élevées en
régime alternatif qu'en régime stationnaire.
Pour une tension déterminée, l'intensité du courant qui traverse le corps humain dépend évidem-
ment de sa résistance. Cette dernière n'est pas constante et dépend de l'humidité de la peau : elle varie
de 1 kfl pour une peau humide à 50 kfl entre deux mains sèches. En outre, il faut tenir compte de la ré-
sistance de contact entre la peau et les conducteurs, laquelle varie de quelques kfi au niveau des mains
à plusieurs centaines de kfl entre le sol et les pieds dans des chaussures isolantes.
Pour ces raisons, dans les conditions habituelles, la valeur limite de la tension éliminant tout risque
d'électrocution est de 50 V en régime stationnaire et de 25 V efficace en régime sinusoïdal. Cette
dernière valeur est obtenue à partir de la résistance électrique du corps humain évaluée en moyenne à
2 500 H et du seuil d'intensité du courant admissible qui est de 10 mA :

f/ = ^/ = 2500 x 0,01 =25 V

b) Sécurité domestique

Les normes de sécurité française imposent le schéma de liaison à la terre nommé TT (terre-terre) :
le fil neutre de l'installation doit être relié à la terre, ainsi que la carcasse métallique des appareils
domestiques. La reconnaissance du fil de terre est aisée puisque son enveloppe plastique est de couleur
jaune et vert.
En général, les installations domestiques sont munies d'un disjoncteur différentiel dont la fonc-
tion est d'ouvrir tout circuit dans lequel l'intensité du courant dans le fil neutre est différente de celle
dans le fil de phase ; en effet, cette différence de valeur traduit généralement un défaut d'isolement
(Fig. 2.30a). Certains disjoncteurs différentiels sont très sensibles : ils provoquent l'ouverture des cir-
cuits dès l'apparition d'une différence d'intensité de 30 mA. Ils sont techniquement constitués d'un
circuit magnétique en forme d'anneau (cf. Électromagnétisme), autour duquel on a enroulé trois fils
conducteurs (Fig. 2.30b) ; l'un relié est au neutre, le deuxième à la phase et le troisième commande un
interrupteur. Si une différence d'intensité apparaît brutalement, un courant induit dans le fil de com-
mande actionne l'interrupteur.

Disjoncteur Commande de
différentiel l'interrupteur
Neutre CA l\
Neutre

Phase V/ h
Rupture Phase
Terre d'isolant

a) b)
Fig. 2.30.

Dans une installation domestique, les causes d'accidents électriques sont multiples.
i) Le corps humain, qui est en contact avec la terre, peut toucher un fil électrique soit directement
soit par l'intermédiaire de la carcasse métallique d'un appareil électroménager défaillant.
Si le fil touché est le neutre, il n'y aura aucun dégât. En revanche, s'il s'agit du fil de phase, le
courant traversant le corps n'est limité que par sa résistance : l'intensité peut alors être mortelle.
Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 75

Le disjoncteur différentiel se déclenche lorsque l'intensité dans le fil neutre n'est plus égale à
celle dans le fil de phase; c'est précisément le cas lorsqu'une partie du courant de phase traverse la
personne électrocutée. Le disjoncteur peut être différemment réglé : 30 mA pour les prises de courant
et pour l'éclairage des salles d'eau, 100 mA ou 300 mA pour les chauffages ou les gros appareils
électroménagers.
ii) Line autre cause est le contact direct avec les deux conducteurs neutre et phase. Aucun système
de sécurité n'est ici possible, car le corps humain se comporte comme un dipôle électrique quelconque.
Aussi est-il indispensable de couper systématiquement l'alimentation d'une partie du réseau électrique
avant toute intervention, même pour le simple changement d'une lampe sur une douille ; cette dernière
peut en effet présenter un défaut d'isolation.

CONCLUSION

Retenons les points essentiels.


1) Dans l'approximation des régimes quasi stationnaires, les lois de base des circuits ont, à chaque
instant, la même expression qu'en régime stationnaire.
2) En régime sinusoïdal, les lois de Kirchhoff relatives aux nœuds et aux mailles se transposent
directement à l'aide de la notation complexe :

^£^ = 0 et 5>^ = 0

La première sommation porte sur toutes les branches qui concourent au nœud considéré, avec 6^=1
si le courant est orienté vers le nœud, et ^ = — 1 sinon. La seconde concerne tous les dipôles d'une
même maille, avec = 1 si le sens de Uf. est le même que le sens choisi pour parcourir la maille et
Et — — 1 sinon.
3) En régime sinusoïdal, les composants passifs sont caractérisés par leur impédance Z, qui est le
rapport tension sur courant en notation complexe. Ainsi, l'impédance complexe d'un condensateur de
capacité C est 1 /jCù) alors que celle d'une bobine d'inductance L est jLco ; le facteur j dans ces
expressions traduit un déphasage de ±7r/2 rad de la tension par rapport au courant.
4) En régime sinusoïdal, la puissance moyenne reçue par un dipôle, ou puissance active, a pour
expression :
V = Uî cos (p

17 et / étant les grandeurs efficaces, cp le déphasage de la tension par rapport au courant. On introduit
la puissance complexe V_ = ui*/l dont la partie réelle est précisément la puissance active V et la
partie imaginaire la puissance réactive Q = Ulsïn ç
5) Selon le théorème de Boucherot, la somme des puissances actives et la somme des puissances
réactives sont nulles dans tout circuit.
6) La puissance électrique est distribuée en régime sinusoïdal triphasé, en raison de plusieurs avan-
tages techniques, notamment la facilité de production dans les alternateurs et le moindre coût du trans-
port.
76 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

EXERCICES ET PROBLEMES

P2-1. Circuit RL

Un circuit associant un résister, de résistance R = 50 fl, en série avec une bobine idéale,
d'inductance L = 100 mH, est alimenté par un générateur qui délivre la tension sinusoïdale
e{t) = Es/2cos{(x)î) avec E = 10 V .

1. a) Trouver l'expression de l'intensité du courant dans le circuit. Quelle est sa valeur efficace et
son déphasage, d'abord pour la fréquence / = 50 Hz , puis pour / = 100 Hz ? Pour quelle valeur de /
le courant est-il en retard de phase de tt/A rad sur la tension ?
b) Tracer les graphes donnant l'amplitude et le déphasage de i(t) par rapport à e{t) en fonction
de la fréquence /.

2. Déterminer la tension aux bornes de la bobine. Tracer le graphe représentant son amplitude en
fonction de /.

P2- 2. Mesures de tension à l'aide d'un voltmètre

Dans le circuit représenté sur la figure 2.31, un voltmètre fonctionnant en régime sinusoïdal est
connecté successivement aux bornes du résister, de la bobine et du condensateur : il indique respective-
ment 15 V, 10 V et 30 V.

1. Quelle est l'indication du voltmètre aux bornes de la source de courant ?

2. Calculer la puissance fournie par cette source pour R= 100 fi.

FIG. 2,31.

P2- 3. Nature de dipôles inconnus

On désire identifier trois associations (en série ou en parallèle) de deux dipôles choisis parmi les
trois suivants : une bobine idéale, un condensateur et un résistor. Les dipôles obtenus sont notés D\ ,
D2 et Z>3 . En régime stationnaire, la mesure des résistances donne respectivement : R\ — Ri = 50 fi
et /?3 — 00 . En régime sinusoïdal, on observe que :
i) quelle que soit la fréquence /, la tension u\ aux bornes de D\ est en avance sur l'intensité i\
du courant qui le parcourt ; en revanche, pour £>2 , 112 est en retard sur Ï2 -
ii) aux basses fréquences, la tension M3 aux bornes de D3 est en retard sur Ï3 ; aux hautes fré-
quences, c'est l'inverse.

1. Déterminer la nature de chaque association et les dipôles qui la constituent.

2. Quels résultats obtiendrait-on avec les autres associations possibles ?


Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 77

P2- 4. Lecture à Toscilloscope

Un circuit comportant une bobine réelle (inductance L en série avec un résistor r) et un résistor,
de résistance R = 20 Ll, est alimenté par un générateur de tension : e{t) = em cos{ojt). Un oscillo-
scope, connecté comme l'indique la figure 2.32a, fournit les courbes de la figure 2.32b. Les calibres sé-
lectionnés sont de 1 V ■ carreau-1 pour l'échelle verticale et de 2,5 ms • carreau-1 pour le balayage
horizontal.

1. a) Déterminer la fréquence et la valeur efficace de la tension appliquée. Même question pour le


courant.
b) Calculer la valeur du déphasage observé entre les deux tensions. En déduire les valeurs de r
et L.

2. a) On intercale, entre les points A et C, un condensateur de grande capacité C = 112 jjlF ; on


obtient les courbes de la figure 2.32c, sans modifier les réglages de l'oscilloscope. Calculer l'intensité
efficace dans le circuit.
b) Retrouver les valeurs de r et L.

Voie B Voie A B

L R = 2011 carreaux
mm sh

7777

a) b) c)
FIG. 2.32.

P2- 5. Réseau en régime sinusoïdal - web-

Dans le circuit de la figure 2.33, la tension e = emcos{o)î) est imposée par un générateur de
tension parfait. Avec un voltmètre, on mesure la tension us aux bornes du résistor R .

1. a) Trouver la relation entre us et e, en fonction de R, Z et Z'.


b) Établir la relation entre les intensités ^ et ^ , en fonction de R , Z et Z'.

2. a) Que deviennent les relations précédentes si Z est une résistance R' et Z' l'impédance d'une
capacité C ?
b) Déterminer le rapport des amplitudes us^mjem et pour R = 1.5 kfi, C = LOjjlF,
R' = 2,2 kfi et / — 1,0kHz.

T "1

R'
B
M
Z' UA
R
R'

FIG. 2.33. FIG. 2.34.


78 2. Lois de base des circuits en régime quasi staîionnaire

VI- 6. Circuit déphaseur

Le circuit de la figure 2.34, dans lequel e = em cos{ù)t), représente un circuit déphaseur. Le GBF
étant à masse flottante, on adopte comme masse du circuit le point M .

1. Comparer, en amplitude et en phase, les tensions ua et ub . À quoi peut servir un tel circuit ?

2. Représenter graphiquement l'avance de phase de ub sur uA. Pour quelle valeur de R les ten-
sions ug et Ua sont-elles en quadrature, lorsque C = 0,22 jjlF et / = 1,2 kHz ?

P2- 7. Impédances équivalentes '

On alimente un moteur, composant inductif représenté par une bobine, d'inductance L et de ré-
sistance R, par un générateur sinusoïdal qui maintient la tension e{î) = em cos(<yf) à ses bornes. On
connecte, en parallèle, un condensateur de capacité C en série avec un résister de même résistance R
(Fig. 2.35a).

L Exprimer l'impédance Zab en fonction de co .

2. Pour quelle capacité C ce montage est-il équivalent à celui de la figure 2.35b ? Calculer sa
valeur pour R = 220 O et L = 330 mH . Déterminer alors la valeur numérique de l'impédance entre
A qî B. Quel est l'intérêt de ce choix de capacité, relativement à l'ouverture de l'interrupteur K ?

mmn
A R B
L
c
e
e R
rs->

a) b)
Fig. 2.35.

P2- 8. Absence de variation de courant à la fermeture d'un interrupteur

Dans le circuit de la figure 2.36, on souhaite que l'indication donnée par l'ampèremètre ne varie
pas lorsqu'on ouvre ou lorsqu'on ferme l'interrupteur.
Quelle valeur de la capacité C faut-il choisir ? Calculer C sachant que L = 22 mH, R = 330 fl,
r = lOO et que la fréquence du GBF est de 50 Hz .

Xmm, ^QQOowo^ooooooo. ^

C C C C
U2 «3

7777" 7777 7777 7777"


FlG. 2.36. Fig. 2.37.
Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire 79

P2- 9. Cellules à retard de phase

La figure 2.37 représente une ligne infinie, constituée de cellules identiques LC. On impose, avec
un générateur parfait, la tension uo{t) = em cos(W) .

1. Établirlarelation de récurrence existant entre un+i , un et un_l ; on introduira coq = 1/(LC)1//2

2. On cherche une solution de cette équation sous la fonne un = m0 d' avec i/0 = em expijcot).

a) Déterminer q pour co > Imq .


b) Pour co < Iojq , montrer que a est de la forme a = exp[/<£{û>)] et déterminer la phase 4>{o)).

c) On suppose que co coq et on pose r — , sachant que cj) est négatif. Établir l'expression
de r en fonction de L et C . Application numérique pour L = 0.68 mH et C = 22 pF . Donner une
interprétation physique de l'expression obtenue pour u„ .

P2-10. Impédance itérative

Le circuit représenté sur la figure 2.38 est alimenté par un générateur de tension sinusoïdale :
e = em cos(W).

1. Exprimer l'impédance Z^b , en fonction des impédances Z\ , Zo et Zc .

2. Déterminer la valeur de Zc pour laquelle Zc = Z^b ■ Pourquoi cette valeur de Zc est-elle


qualifiée d'impédance itérative ?
s w
3. On conserve la valeur précédente pour Zc . Etablir la relation que doivent vérifer Z\ , Z2 et Zc
afin que im = ïm .

4. a) Si Z| est un condensateur, de capacité C = 68 nF et Z2 une bobine, d'inductance


L = 1,5 mH , quelle impédance Zc faut-il prendre ?

b) Même question avec Z\ , bobine d'inductance L = 1,5 mH et Z2 , condensateur de capacité


C = 68 nF ?

A
Z, '-É ■^n

Z2 z,

il R L
FIG. 2,38. FIG. 2.39.

P2-11. Puissance dans deux branches en parallèle •web

Dans le circuit de la figure 2.39, on désire que les deux branches absorbent la même puissance
moyenne lorsqu'on connecte un générateur de tension sinusoïdale entre A et B : e = em cos{cot).
Détenniner l'inductance L en fonction de la résistance R et des capacités C et C . Calculer L
pour R = 11 kO, C = 15 jxF, C' = 22 jxF, à la fréquence / = 1 kHz.
80 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

VI-12. Mesure de puissance à l'aide d'un voltmètre

On dispose d'un voltmètre et d'un résister, de résistance R connue, pour mesurer la puissance
dissipée dans une impédance Z inconnue. On effectue les mesures indiquées sur la figure 2.40.

1. Déterminer la puissance dissipée dans l'impédance Z , en fonction des tensions U\ , U2 et t/3


lues sur les trois voltmètres.

2. Calculer cette puissance pour f/| = 20 V, f/2 = 147 V, f/3 = 162 V et /? = 10 O.

3. En déduire la résistance et la réactance de l'impédance Z.

R Z
^ I- ^ I-
U\ U2
Û3 ^
FlG. 2.40.

vveb 1
P2-13. Puissance consommée dans un circuit industriel -

Le circuit de la figure 2.41 est alimenté par le réseau basse tension d'EDF : fréquence / = 50 Hz ,
tension efficace U = 230 V .

1. Exprimer, en fonction des données sur la figure, la puissance dissipée par ce circuit.

2. On constate que la puissance fournie par le générateur atteint une valeur maximale Vm pour
i? = 20 El. En déduire la valeur de L' et celle de Vm .

3. Pour une valeur de R supérieure à 20 O , le facteur de puissance devient égal à 1 et la puissance


consommée est de 500 W. En déduire les valeurs de i? et C , sachant que L = 100 mH .

L' 1 r*
230 V L R 230 V R
50 Hz 50 Hz C
C

Fie. 2.41. Fie. 2.42.

P2-14. Facteur de puissance d'une installation et relèvement

Dans une installation alimentée par un réseau basse tension (/ = 50 Hz et tension efficace
U = 230 V ), on fait fonctionner simultanément un moteur de puissance Vm ■> dont le facteur de puis-
sance vaut 0,65 , et une rampe d'éclairage de résistance R, de puissance Vr , branchée en parallèle et
de facteur de puissance égal à 1 (Fig. 2.42).

1. Calculer les valeurs efficaces complexes des intensités des courants dans les différentes parties
du circuit, en fonction de U, Vm , Vr et du déphasage (p de la tension par rapport au courant qui
parcourt le moteur.

2. En déduire le facteur de puissance de l'ensemble. Application numérique pour Vm = 5 kW et


Vr = 3 kW. Retrouver ce résultat à l'aide du théorème de Boucherot.
Lois de base des circuits en régime quasi sîaîionnaire 81

3. Quelle est la valeur de la capacité du condensateur qu'il faut placer en parallèle sur l'installation
pour relever le facteur de puissance jusqu'à 1 ? Rappeler l'intérêt d'avoir un facteur de puissance proche
de l'unité.

P2-15. Exemple tiré de la publication originale de Boucherot

Dans sa publication originale, Boucherot illustre le théorème qui porte son nom, avec l'exemple
suivant. On alimente, à l'aide d'une tension sinusoïdale, de valeur efficace Ue , une ligne d'impédance
Z; = 20 + y 30 en ohm, au bout de laquelle se trouve l'enroulement primaire d'un transformateur. La
tension efficace aux bornes de cet enroulement étant U\ = 4 kV, sont branchés en série, aux bornes de
l'enroulement secondaire du transformateur (Fig. 2.43) :
i) un moteur synchrone A de puissance apparente 10 kVA et de cos cp — 0,8, dans lequel le
courant est en avance sur la tension,
ii) deux moteurs asynchrones, B de 20 kVA et de cos ^ = 0,9, C de 5 kVA et de cos «p = 0, 8 ,
dans lesquels la tension est en avance sur le courant,
iii) une série de lampes D, de puissance 10 kW,
iv) un condensateur E de puissance réactive 2 kVAR.

1. Effectuer les bilans de puissances active et réactive dans le circuit comportant l'enroulement
secondaire du transformateur et déterminer les puissances active et réactive fournies par le secondaire.

2. Sachant que les pertes du transformateur sont de 2,5 % pour la puissance active et de 5 % pour
la puissance réactive, calculer l'intensité efficace dans le primaire.

3. Trouver la valeur de la tension efficace Ue .


Moteurs asynchrones
Moteur synchrone

Primaire Secondaire
FIG. 2.43.

P2-16. Importance du fil neutre en triphasé

On alimente, en triphasé (/ = 50 Hz et tension efficace de phase 230 V ) les trois enroulements


d'un moteur que l'on assimile à trois bobines idéales, d'inductance L. Initialement, le branchement
présente la configuration en étoile (Fig. 2.44a).

1. Déterminer l'intensité io du courant dans le fil neutre ; en déduire l'intérêt de l'alimentation en


triphasé.

2. Suite à une erreur de branchement, l'enroulement 1 se retrouve en parallèle avec un résister, de


résistance R. Le montage en étoile n'est plus équilibré. Déterminer l'intensité ig du courant dans le
fil neutre ainsi que les tensions aux bornes de chaque enroulement. Calculer la valeur efficace de Lq
pour R = 100 ù et L = 0,22 H.
82 2. Lois de base des circuits en régime quasi stationnaire

3. Suite à un incident, le fil de neutre est coupé (interrupteur K ouvert). L'enroulement 1 étant
toujours en parallèle avec le résister R, détenniner les tensions aux bornes de chaque enroulement.
Quel est l'intérêt de la présence du fil neutre sur un montage en étoile équilibré ?
4. La connection est maintenant en triangle et le résistor R n'est pas branché (Fig. 2.44b).
a) Trouver la tension aux bornes de chaque enroulement, l'intensité jki du courant dans chaque
enroulement ainsi que dans les fils de phase 4 .
b) Calculer les valeurs efficaces des grandeurs déterminées précédemment.
5. L'enroulement 1 est de nouveau en parallèle avec le résistor R . Quel est alors le courant dans
chaque fil d'alimentation ? Application numérique.

T—
12
1J
Z, «12 *731
Zn
Z2
m. Z «31
Vi Ji 1/23 31
V\ '2
Z3 «23 Z23
V2 V2
'3
JL X
I V3
10
a) b)
FIG. 2.44.

P2-17. Mesure de puissance en triphasé

Le réseau triphasé de la figure 2.45a alimente, sans fil neutre, sous 230 V de tension efficace de
phase, trois récepteurs inductifs identiques montés en étoile.

WA w
X X

«13
>2
W*
X n
J
R
«23 «23
J 13

a) b)
FIG. 245.

1. Exprimer la puissance active totale V et la puissance réactive totale Q, en fonction du fac-


teur de puissance et du module |Z| de l'impédance de chaque dipôle. Application numérique pour
|Z| = 80 O et cos = 0,5 . Quelle est l'indication de chaque wattmètre ?
2. On ajoute alors un résistor, de résistance R = 100 fi entre la phase 2 et la phase 3 (Fig. 2.45b).
Déterminer la nouvelle expression de la puissance active totale V et la puissance réactive totale Q'.
Quelles sont alors les indications des deux wattmètres ?
Lois de base des circuits en régime quasi sîationnaire 83

P2-18. Séquence des phases en triphasé

Sur un réseau triphasé, il est parfois nécessaire de connaître l'ordre successif des phases, lorsque
l'on veut fixer le sens de rotation d'un moteur ou que l'on souhaite brancher en parallèle des lignes
triphasées. Avec les notations habituelles, on a :

Ul = U] U2 = U{ exp (-j^Y et U3 = U\ exp = U i exp

les trois phases passent par leurs valeurs maximales, dans l'ordre chronologique 1,2.3. Les numé-
ros affectés sont arbitraires, car les phases se succèdent indéfiniment avec un déphasage de 27r/3 . Afin
de déterminer l'ordre des phases, on branche en étoile, sans neutre, les trois dipôles suivants ; un conden-
sateur, de capacité C, et deux lampes, de même résistance R , comme sur la figure 2.46. On observe
que l'une des lampes brille plus que l'autre.
Déduire du calcul de la puissance dissipée dans chacune des lampes l'ordre des phases,
condensateur-lampe brillante-lampe faible ou condensateur-lampe faible-lampe brillante.

C
R
y-
lb
R
le
C >-
Fig. 2.46.
Oscillations électriques harmoniques,

amorties, forcées. Résonance

Les oscillations harmoniques, amorties, forcées ont déjà été vues en mécanique à partir de
l'exemple concret d'un pendule élastique (cf. Mécanique). Nous nous proposons ici de considérer des
oscillations analogues, dans le cadre purement électrique où elles jouent un rôle au moins aussi impor-
tant.
Pour cela, nous commençons par l'oscillateur électrique harmonique, lequel est constitué d'une
bobine d'induction et d'un condensateur. Nous étudions ensuite l'influence des phénomènes dissipa-
tifs associés au caractère partiellement résistif des composants. Enfin, nous analysons les oscillations
électriques forcées dans un dipôle RLC, excité par une tension sinusoïdale, et donc le phénomène de
résonance.

I. — OSCILLATEUR HARMONIQUE EN ÉLECTRICITÉ

1.1. — Définition

Un oscillateur électrique harmonique, ou sinusoïdal, est un système dont l'un des paramètres x{t),
qui est soit l'intensité du courant i(t) dans le circuit soit la tension u(t) aux bornes de l'un des compo-
sants, varie au cours du temps suivant une loi sinusoïdale :

.xfr) = xm cos{o)Qt + ^) = xm cos(27r/of + ^>)

Dans ces expressions, xm, wq , /o, et Tq = 1 //o sont des constantes appelées respectivement
l'amplitude, la pulsation, la fréquence, la phase à l'origine des temps et la période (Fig. 3.1).

, i *(0

Fig. 3.1.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 85

Comme en mécanique, toute l'importance des oscillations harmoniques repose sur la possibilité de
représenter une oscillation quelconque par une somme d'oscillations harmoniques de pulsations diffé-
rentes (cf. annexe 2).

1.2. — Mise en évidence expérimentale

Le circuit électrique fermé de la figure 3.2a est constitué d'un condensateur de capacité C, d'une
bobine d'inductance L et d'un conducteur ohmique de résistance R , placés en série.
Si le condensateur est initialement chargé, c'est-à-dire si son armature A a une charge q et son
armature B une charge opposée —q, on constate qu'il se décharge dans le reste du circuit, de façon
oscillante : q varie au cours du temps suivant une loi sinusoïdale amortie. On met en évidence une telle
variation en visualisant sur un oscilloscope la tension uc = qjC aux bornes du condensateur. On rend
possible cette visualisation en utilisant un générateur de signaux carrés qui reproduit périodiquement
l'excitation initiale du condensateur.

R R

n_ n_
Résistance
A A négative
uc q uc
% 'c"' L 1 C ' L
I—n 1
—wœr
■à) b)
Fie. 3.2.

On supprime l'amortissement observé en ajoutant au circuit série RLC une « résistance négative »,
ce qui permet de compenser le terme résistif (cf. chapitre 8 et 14). Une telle résistance peut être obte-
nue, par exemple à l'aide d'un composant à résistance dynamique négative comme une diode à effet
tunnel ou un tube à décharge. On préfère utiliser aujourd'hui un système actif tel un amplificateur opé-
rationnel comme le montre la figure 3.2b ; conformément à l'usage, la source auxiliaire d'énergie n'a pas
été représentée sur le schéma équivalent. On obtient approximativement un oscillateur harmonique élec-
trique dont on peut vérifier l'expression de la période Tq = Itr jcoQ = 27r(LC)1/2 .
■a
o
c Ordre de grandeur : dans un circuit électrique typique, où L = 0,1H, C — IOjxF, R= 100 H,
û
3
muni de la résistance négative d'environ —100 fl, on trouve :
(M
i—l
fo»o = 103 rad - s-1 d'où /o = 159.15 Hz et Tq = 6,28 ms
©
4-1
.C
1.3. — Equations différentielles caractéristiques
D.
0
a) Loi des mailles : équation différentielle du second ordre

La loi des mailles, appliquée à un tel circuit en régime quasi stationnaire, donne (cf. chapitre 2) :

q Tdï „. . df q „ . . dq
— = —L Ri soit L \- Ri -]— = 0 puisque
F 4
i = —
C dt dt C dr
86 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

q étant est la charge de l'armature A du condensateur vers laquelle est orienté le courant d'intensité i.
Il en résulte l'équation différentielle canonique, en utilisant la notation habituelle pour toute dérivée par
rapport au temps (cf. Mécanique) :

.. q 0 r. il-\ ^
^o)^q = ri avec coq = \ — et Te = -
Tp V / iv

Ce système électrique est dynamiquement équivalent à l'oscillateur mécanique amorti : la correspon-


dance entre les différentes grandeurs est donnée dans le tableau 3.1. Le rôle de la charge q est tenu par
celui de la position x, celui de i par la vitesse v ; dans ce contexte l'inductance L remplace la masse
m , la capacité C apparaît à la place de l'inverse l/K de la raideur, enfin la résistance R se substi-
tue au coefficient d'amortissement a .

Electricité q i L C R
]
Mécanique x v m K~ a

Tab. 3.1.

L'oscillateur est hanuonique, lorsque le terme dissipatif, qui est proportionnel à l'intensité du cou-
rant, est nul ou négligeable. L'équation différentielle se réduit alors à :

d2qq ... 9 n v f ^ \1^2


L dr1 +
C S01t
^ ^= 0 ou Ù)Q=
\ ïfc]

est la pulsation propre. La solution d'une telle équation est bien connue (cf. annexe 1). Elle peut prendre
les différentes formes suivantes :

q{î) — A cos(û)ot) + Bsw(coot) = qm cos(tuot + f)

qm = (A2 H- jÇ2)1/2 et tan f = ——


A

Remarque : Il convient de souligner que, pour un tel oscillateur, les conditions initiales n'ont d'in-
fluence que sur l'amplitude et la phase et non sur la fréquence.

b) Conservation de l'énergie : équation différentielle du premier ordre

On passe de l'équation différentielle du second ordre à l'équation du premier ordre correspondante,


en multipliant la première par q et en intégrant :

q2 co
q2 =
qq + ojQqq = 0 donne ~2 ^ ^^2 ^'t:e

Pour interpréter cette dernière équation, il suffit d'expliciter <Wq et ainsi faire apparaître l'énergie
électromagnétique du condensateur et de l'inductance, respectivement q2/{1C) et Lq2/l = Li1 /2
(cf. Électromagnétisme) :

— + ^=£em
2 2C
Ainsi, dans l'oscillateur harmonique électrique, l'énergie électromagnétique se conserve en changeant
périodiquement de nature, électrique dans le condensateur puis magnétique dans la bobine, comme
l'énergie mécanique d'un pendule simple change périodiquement de nature, potentielle puis cinétique.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 87

Explicitant q(t), l'énergie électromagnétique de l'oscillateur s'écrit :

L< 2
^ —
t'em _ ^? i ^^ — Lù)lql
sin2(fc»or + ^) + ^ cos2(^o/ + 0) =
2 2C 2 2 2

Ainsi l'énergie £em de l'oscillateur harmonique est une constante qui est proportionnelle au carré t?2
de l'amplitude. Le graphe de la figure 3.3 montre bien qu'au cours du temps, il y a transformation
d'énergie magnétique en énergie électrique et vice-versa.
Notons que l'écriture directe de la conservation de l'énergie électromagnétique dans un tel système
conservatif permettrait de restituer l'équation différentielle du second ordre en dérivant par rapport au
temps et en simplifiant par q, la solution ^ = 0 ne présentant aucun intérêt.

* \ 2C
L2/2

FTG. 3.3.

II. _ OSCILLATEURS AMORTIS PAR UN ÉLÉMENT RÉSISTIF

Au cours de la décharge d'un condensateur dans une bobine, on constate généralement que l'am-
plitude des oscillations de la charge q du condensateur, que l'on visualise par la tension uc = q/C
aux bornes du condensateur, n'est pas constante, mais décroît constamment, ce que l'on attribue au ca-
ractère partiellement résistif des composants; s'introduit alors naturellement la tension Ri = Rq aux
bornes d'un élément résistif équivalent.

s
II. 1. — Equation différentielle de la décharge du condensateur

Rappelons l'équation différentielle canonique de la décharge du condensateur que fournit la loi des
mailles :
■■ Q y o I ^
q-\- — + (oQq = 0 avec co0 = — et re = -
T (/ i\
Le terme d'amortissement étant proportionnel à q, cette équation différentielle est, elle-aussi, linéaire :
toute combinaison linéaire de solutions est aussi une solution.

II. 2. — Nature de la décharge

En cherchant des solutions de l'équation différentielle en exp(rr), on trouve l'équation caractéris-


tique du deuxième degré suivante ;
O f Os-,
r~ H h û>q = 0
fe
dont les solutions sont :
88 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

La solution q(t) la plus générale se met donc sous la fonue d'une combinaison linéaire des deux
solutions exp(r|t) et expf/^t) (cf. Mécanique) :

q{t) = Di expfn t) + D2 exp{r2t)

Suivant les valeurs du produit sans dimension :

Q = (ooTe

appelé facteur de qualité, on distingue trois types d'évolution.

a) Oscillateur faiblement amorti (Q> 1/2)

Lorsque O > 1/2 , ce qui est le cas le plus fréquent, on a, en introduisant j1 = —\ :

r=
^±>- où
=6,0 f1 ^ i)

est la pulsation en présence d'amortissement ou pseudo-pulsation. On en déduit :

q(t) = Dexp fj cos((oaî + (j)a)

On détermine les constantes D et à l'aide des conditions initiales sur la charge et sur l'intensité du
courant. Supposons qu'à l'instant / = 0 on ait <? = 0 et £? = *0 ; d vient alors :

^(0) = 0 = D cos fa et ^(0) = Iq = D sin (f)a — -— cos (f)aj

car q = Dexp [—//(2Te)] [—o)a sin(û>rt/ + ff) — 1/{2Te) cos{a)at + 4>a)]. Il en résulte :

fa = ic rad D = —— et ^(r) = — exp ) sin(w0r)


2 (On COn \ 2t„

Remarque : Contrairement à l'exemple mécanique du pendule élastique (cf. Mécanique), ces condi-
tions initiales, q = 0 ei q = f , sont plus difficiles à réaliser que q = qo et ^ = 0 , mais
la solution mathématique est un peu plus simple, d'où notre choix.

Sur la figure 3.4a, on a représenté le schéma du dispositif électrique : aux bornes du condensateur,
on connecte un générateur d'impulsions ; entre deux impulsions, la tension aux bornes du condensateur
et donc sa charge varient bien comme le prévoit la théorie précédente (Fig. 3.4b). L'allure de la courbe
q{t) est caractéristique d'un mouvement oscillatoire amorti, de pseudo-période Tcl :

On voit que Te est la durée au bout de laquelle l'amplitude de la charge est divisée par e1^2 « 1,5.
Comme cette amplitude est pratiquement nulle après quelques valeurs de re, on dit que Te caractérise
la durée de vie de ces oscillations amorties et on l'appelle la durée de relaxation en énergie (Fig. 3.4b).
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 89

Q> ^
exp
2r
o Oscillateur peu amorti

l
z/ o t
/ exp - —
(Ûa \ 2Te

a) b)
FlG. 3.4.

On note aussi que la durée de relaxation de la charge q{î) vaut le double de celle définie ici : Ta = 2Te .
La pseudo-sinusoïde est en contact avec les courbes d'équations :

^0 ex
f W = r" exp _
(\ 2T" et ^2(0 = P "
(On 2.T. (Or 2r.:

qui délimitent la zone au sein de laquelle q{t) évolue. Déterminons les instants tc pour lesquels ^ = 0 :

sin(^L)
«KG = 7rexP ù)a cos(ù}atc) =0
(On \ 2T o 2tp

d'où :
1 nT
itm(o)atc) = 2ù)aTe et donc tc — — arctan(2&>are) H——^ avec n entier
(On 2
Le rapport coa/coq , qui est toujours inférieur à l'unité, est supérieur à 0.97 pour Q > 2 . Pour Q = ,
ce qui est une valeur typique d'un oscillateur électrique suffisamment amorti, (oa/mq « 0,999 . Lorsque
Q est très grand, précisément Q^> 1 /2, on peut utiliser les expressions approchées suivantes :

1 1
(Or wo I 1 — et donc 7^ « Tq ( 1 +
8£L 8£p

L'expression précédente de tc calculée dans les conditions initiales précédentes se réduit alors à :

1 tt nTa Ta nTa
(oa 2 2 4 2

Remarques : 1) Le choix de Te, plutôt que Ta = 2Te, revient à privilégier le concept d'énergie d'un
oscillateur par rapport à celui d'amplitude ; il est fortement suggéré par la définition de la
durée de relaxation introduite dans les oscillateurs en physique moderne.
2) Le facteur de qualité d'un oscillateur harmonique est infini.
3) La lecture du nombre umax de maxima d'oscillation, au-dessus d'un certain seuil, per-
met d'estimer le facteur Q. En effet, considérant un seuil de 5% de l'amplitude maxi-
male, on a, d'après l'expression de q{r) :

eX = 0 05 = avec ts = nmmTa +
P V ïr~) ' 2^
90 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

Il en résulte :

1 2re, _ In 20
=
t In 20 = ù)aTe
4 Tn TT
d'où f7max « 0,95 <2 — 0- 25 , si 0 > 10, ce qui est souvent le cas.

i) Décrément logarithmique
On caractérise aussi la décroissance de l'amplitude d'un oscillateur électrique amorti par son dé-
crément logarithmique A défini comme suit :
1
a = -
A In T — 1
n lq{t + nTcl)_
q{t) et q{t + nTa) étant les charges du condensateur à des instants séparés par un nombre entier de
périodes. On a ainsi :
1 f D &xp{—t/2Te) cos{coat + \
A = - in < r 7 ^ .
n [ D exp[—(ï + nTa) j2Tt\ cos[ù)at + fa,
d'où:

2Te

Retenons que A est le rapport de la durée de la pseudo-période du mouvement sur la durée de relaxation
en amplitude Ta = 2Te .
Exemple : la durée de relaxation re d'un oscillateur électrique, de pseudo-péri ode Ta = 1 ms,
dont la charge q a une amplitude qui est divisée par quatre au bout de cinq oscillations, est obtenue
selon :
T 1
re = —A avec A = - In 4 ^ 0.28 d'où ^ 1,8 ras
2A 5 '
ii) Facteur de qualité et perte d'énergie relative
On caractérise souvent l'amortissement de l'oscillateur par le facteur de qualité Q . Montrons que
Q est relié à la perte d'énergie relative d'un oscillateur très peu amorti. Il vient, pour 1 et donc
Ma ~ û>0 :

(Lil\ ( t \ ( T / , sin(&)ar)l2 7.7. s


eXP C0S Wn + û>0sin
2 2C \2ùjï) V 7/ I ( ^ 2T—

Or, le tenne entre accolades vaut pratiquement co^ . Par conséquent :

|)exp(7)^=-"(0)exp(7)
On en déduit la perte d'énergie relative par unité de temps :

1 d£em _ J_
Egfft d t ra
ce qui donne, pendant une durée égale à la pseudo-période Ta :

-àSem f, 277
— « — = — et Q = 2'tt
£em Te Q -&£em

Ainsi, le facteur de qualité de l'oscillateur fournit une mesure de l'inverse de sa perte d'énergie relative
pendant une durée égale à une pseudo-période.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 91

Ordre de grandeur : le facteur de qualité d'un oscillateur électrique, dont le décrément logarith-
mique est A = 0,28, vaut Q = tt/A = 11,2.

b) Oscillateur très amorti (Q < 1/2)

Pour Q < 1/2, la solution de l'équation caractéristique du deuxième degré est :


1/2
r = -^±P avec ^ =-o (^ - 1

La charge se met donc sous la forme :

q{î) = exp f - — j [Dj exp(/3r) + LL exp(-/3/)]

Avec les mêmes conditions initiales que précédemment, on trouve (Fig. 3.5) :

4W = | exp ^"27 j sinhO)

Notons que la décroissance des courbes sans oscillation est d'autant plus lente que /S est grand et donc
Q plus petit.

Q <
Oscillateur très amorti
Cas critique

FIG. 3.5. FIG. 3.6.

c) Amortissement critique (Q = 1/2)

Lorsque Q = (ooTe = 1/2, l'équation caractéristique du deuxième degré admet une racine double
r = — l/(2Te) ; D\ exp[—r/(2Te)] est une première solution de l'équation différentielle. Cependant
q{t) = D2t exp[—t/{2Te)] est aussi une solution, puisqu'en injectant cette expression dans le premier
membre de l'équation différentielle canonique q q/Te + co^q = 0 , on trouve bien :

D2 exp co; =0
2r. 1
2t +
(1"2/ lTe Te l1 lTe

Il en résulte que q{t), qui est une combinaison linéaire des deux solutions, se met sous la forme suivante,
pour £>=1/2 :

q(t) = exp (-^7) Pi +^2?)

Dans les mêmes conditions initiales que précédemment, on trouve (Fig. 3.6) :

r
q{t) = îq t exp
2r.
92 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

L'amortissement est qualifié de critique, car il définit la frontière des deux cas précédents. Dans la
pratique, on règle souvent l'amortissement près de sa valeur critique afin que la décharge soit la plus
rapide possible.

II. 3. — Diagramme de phase

Par analogie avec l'espace des phases en mécanique, l'espace des phases ou l'espace des états
d'un oscillateur électrique est le plan cartésien {q,q) dans lequel q désigne la charge du condensateur
(cf. Mécanique).

a) Oscillateur harmonique dans Vespace des phases

D'après l'équation de conservation de l'énergie électromagnétique, on a (Fig. 3.7) :


1/2
'■2 Lr „ „ cf a2 . /2£,
il Sem = Cte soit = 1 avec a = {2C 8em)^2 et h — .
2C o~ \ Lj

Dans l'espace des phases bidimensionnel, le point représentatif de l'oscillateur harmonique décrit donc
une trajectoire elliptique.

col Amortissement
faible

/Amortissement
critique (parabole)

O
Amortissement
fort
If Te

FIG. 3.7. FIG. 3.8.

b) Oscillateur amorti dans l'espace des phases

On a vu que, lorsque l'oscillateur était amorti par un résistor, la résolution de l'équation caractéris-
tique du deuxième degré donnait les solutions suivantes :
1/2
1 1
r= ± - (O?
2t, 4T2

On répertorie parfois les différents cas dans le plan cartésien ( l/Te, coq ) (Fig. 3.8) ; comme l/Te et
coq sont positifs, seul le premier quadrant convient ; dans ce plan, la courbe donnant û)q en fonction de
1 jTe, à l'amortissement critique, est une parabole puisque :

1 1
COr, —
4T^ 2T.

Sur l'axe des ordonnées, pour lequel l'amortissement est nul, on retrouve le cas harmonique : r = ±jojo .
Les points situés entre l'axe des ordonnées et la parabole correspondent à des oscillateurs faiblement
amortis. Ceux qui sont situés au-dessous de la parabole représentent les oscillateurs fortement amortis.
Il est instructif de représenter la courbe des points figuratifs dans l'espace des phases {q, q) . C'est
une spirale convergente, lorsque l'amortissement est faible (Fig. 3.9a); si l'amortissement est fort, la
spirale se réduit à un nœud (Fig. 3.9b), lequel est qualifié de critique pour Q = (OoTe = 1/2 .
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 93

Q> Q<
2
î\

a) b)
FlG. 3.9.

III. — OSCILLATIONS ELECTRIQUES FORCEES. RESONANCE

La question à laquelle nous nous proposons de répondre maintenant est la suivante : comment se
comporte un oscillateur électrique amorti tel qu'un circuit RLC, lorsqu'on applique à ses bornes une
tension excitatrice sinusoïdale (Fig. 3.10)? Cette question est essentielle car, à l'aide de l'analyse de
Fourier, on peut ramener le cas d'une excitation quelconque à celui d'une somme d'excitations sinusoï-
dales (cf. annexe 2).

Fig. 3.10.

III. 1. — Source de tension sinusoïdale aux bornes d'un dipôle RLC

Maintenons, aux bornes d'un dipôle RLC, la tension sinusoïdale e{t) = emcos{ù)t + fg)
(Fig. 3.10). La loi des mailles appliquée au circuit donne, si q(t) désigne la charge de l'armature A
du condensateur (cf. chapitre 2) :

dï , s . dq
L——h Ri + = eit) avec i = —
dt dt

Il en résulte que :

soit, en introduisant ol = \/{LC) et Te = L/R

q -\ \- (oï, a = am cos{ + a>„ ) avec an, = —

Notons que l'amplitude em de l'excitation peut a priori être constante ou fonction de la pulsation m
94 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

III. 2. — Réponse linéaire

En théorie des systèmes, on considère l'oscillateur électrique non excité comme un système qui
fait correspondre une réponse ou « sortie » à une excitation ou « entrée » (Fig. 3.11). La question initiale
posée peut alors s'exprimer autrement sous la forme suivante : quelle est la réponse du système lorsqu'on
le soumet à une excitation sinusoïdale ?

Entrée Sortie
Système

Fig. 3.11.

Pour y répondre, on teste d'abord la linéarité du système. On sait que l'oscillateur amorti par frot-
tement résistif est linéaire ; si on le soumet à une combinaison linéaire de deux excitations ou entrées,
ei(r) et ^(V), de sorties respectives s\{t) et sjit), le système admet, comme sortie, la même combi-
naison linéaire des réponses :

e(t) = ei{t) + e2(t) —^ s{t) = s{(t) + S2{t)

Dans ce cas, l'intérêt de l'analyse ne se réduit pas à la seule détermination du mouvement de l'oscillateur
sous l'action d'une tension sinusoïdale. L'étude concerne toute la théorie de la réponse linéaire d'un
circuit électrique, lorsqu'on le soumet à une excitation quelconque. Cette dernière est décomposée en
signaux sinusoïdaux dont on étudie les réponses qu'en donne le système. En recomposant linéairement
ces sorties élémentaires, on obtient la réponse à l'excitation initiale.
Le système se comporte différemment suivant la valeur de la pulsation to de la vibration excita-
trice. Le phénomène d'exaltation de certaines grandeurs, que l'on observe lorsque co = coq, est appelé
résonance ; on le retrouve dans plusieurs domaines de la physique.

III. 3. — Régime transitoire et régime établi

La solution de l'équation différentielle précédente :

q + — + (olq = am cos{cot + fe)


Te
est la somme de deux termes :
i) la solution générale de l'équation sans second membre du paragraphe précédent :

q(t) = Dexp cos{oj(lt + (f)a)

ii) une solution particulière de l'équation totale :


qm cos(ù)t + 4>q)
Entre l'instant initial et une certaine durée, qui dépend de Te , au-delà de laquelle le premier terme est
négligeable devant le second, le régime est transitoire :

q(r) =£>exp (-jr) cos(o)at + (f)fl) + qmco&{o)t + (})q)

Une fois le régime transitoire achevé, on observe le régime établi, caractérisé par l'expression :

q(t) = qmcos(o}t + (})q)

Dans la suite, nous n'étudierons que le régime établi, réservant à une étude spécifique ultérieure le
régime transitoire (cf. chapitre 4).
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 95

III. 4, — Charge du condensateur en régime établi

Utilisons la méthode complexe pour détenniner la solution particulière de l'équation différentielle


canonique précédente. On sait que cette méthode consiste à associer, à cette dernière, l'équation diffé-
rentielle suivante à laquelle satisfait la grandeur complexe q = q+jK avec j1 = — \ (cf. Mécanique) :

q + ^ + o}0q = am exp[/(wf + ^)]


-Te

La solution réelle q{î) s'obtient alors en prenant la partie réelle de q{t) . Cherchons une solution
de la forme :
q{t) = qm exp[/(*tf + (^)] = q^ z\p{jo)t) où = qm exp(/^)

est Vamplitude complexe de la charge. Comme q — —(o2q et q = jojq, il vient :

+j— + (o0J qm = am exp\j{ùjt + ^e)] = ain expijojt)

qm = am exp{j(f>e) étant Vamplitude complexe de l'excitation. On en déduit, en introduisant la pulsation


réduite x = (ojcùq , qui est aussi la fréquence réduite, et le facteur de qualité Q = ù)QTe :

am exp(j(f)e) am Qxp{j(f)e) Qam expijffce)/Wq


-m {-(o1 + ojD + jù)/re jxioUg + ( 1 - x2) x\j -PQ(\/x- x]

Il en résulte que q{t) = qm cos(W + (jtq) avec :

&m 7
. / , t \ OifTe
— 77 2 i 2 / 2'Ml/ tâtiycpg — (pe) - 7
[{(O- - (O )- + /T ]1/2 (O2 - co2

ce que nous retiendrons sous la forme :

Q aml &>g
et tan (<£4 — (f)e) = avec a,.
^[i + e2(^-i/.Y)2]l/2 Q(x- 1 /x)

III. 5. — Intensité du courant dans le circuit en régime établi

Comme l'intensité du courant dans le circuit est donnée par q , écrivons q sous la forme :

q = im exp [/(&>/ + 4>fi\ = expijcot) où ini = im exp(/0/)

est l'amplitude complexe de l'intensité du courant, im son amplitude et 0,; sa phase à l'origine. Or,
d'après ce qui précède :

q{t) = q expijcot) d'où q = jcoq expijcot)

En identifiant, on obtient :

Qam expijé,,) /oj() Qqm!coo


im =JXù)oq,„ = x 1
i +jQ{ - i A) +JQ{X - 1 A)
96 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

On en déduit :

Qam/ojQ x— i
im ù) qm et tanÇ^i - (j)e) = -Q
[l + Q^x-l/xf]"2 x

Le courant i(t) — q est ainsi en avance de phase de 7r/2 rad par rapport à la charge q{t) et donc à la
tension aux bornes du condensateur ii{t) = qif/C :

7T . 7T
(f>i '■— <f>q + — SOit (f>i <pe — (f)q (pç + —

III. 6. — Admittance maximale : résonance

a) Impédance électrique du circuit RLC

L'impédance du circuit RLC est le rapport de la tension sinusoïdale complexe, imposée par le
GBF, sur l'intensité complexe du courant sinusoïdal qui parcourt le circuit :

z = emcxp(jo)t) =^L z=|Z|eXR/V où

L exp(/'w?) i

est la différence de phase entre la tension d'excitation et l'intensité du courant.


Exprimons l'impédance du circuit, en fonction de R, x = cof ù)q et Q . Il vient

\ ! iM
Z—R j \ Lo) - R i+jôU--
C(o } =
V x .

avec Q = cooTe = Lcoq/R = {/(CcooR), puisque LCcol = 1 . On en déduit :

1/2
|Z| =R l + Q2
et tan (p = Q (x
{x~l)

Sur la figure 3.12, on a représenté l'impédance Z dans le plan complexe dans les deux cas, > 0 et
cp < 0 : R est sa partie réelle et Lto — 1 /{Coj) sa partie imaginaire.

jLio JLûj
jCa) 1
jCù)

Z
R
a) b)
FlG. 3.12.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 97

b) Admittance électrique du circuit RLC

L'admittance est l'inverse de l'impédance :

1
F=i =
Z R[l+jQ{x-l/x)]

On en déduit le module et sa phase, respectivement l'inverse et l'opposée de ceux de l'impédance

1 1
F = |F| exp(—jjp) avec |F| = et =
jj2 ~V arctan Q\ x
R 1 + Q2 {x - 1 /.y) '

c) Résonance

Sur la figure 3.13, on a représenté |F| et —(p en fonction de x pour une valeur détenuinée de Q.
On voit que, pour x = 1 , c'est-à-dire pour une pulsation de l'excitation égale à la pulsation propre du
système, le module de l'admittance passe par un maximum \ Y\max, qui vaut \/R ; l'intensité du courant
est alors en phase avec l'excitation.

~<p(x)
max

A
co
*~x =
Û)()

co
X= — -7r/2
x, 1 x2 (oo
a) b)
FIG. 3.13.

On appelle résonance le phénomène physique d'amplification que l'on constate lorsqu'il y a égalité
de la fréquence de la tension excitatrice et de la fréquence propre du circuit oscillant :

CO = (Oq ou / = /o

On estime l'importance de la résonance par la finesse du pic représentant le graphe |F(x)|. Pour cela,
on calcule les valeurs de x pour lesquelles, conventionnellement :

IFI
iFl

ce qui correspond à un rapport des puissances associées égal à 1/2, comme nous le justifierons plus
loin. Il en résulte :

Q2 (x — -] =1 soit x— - = — avec e = ±1
\ xJ x Q

On doit alors résoudre l'équation du deuxième degré x2 — ex/Q —1=0, dont les racines positives
sont :
^, = -— + —K(1 +4e2)1/2 et y. = -L + -L(i + 4e2)J1/2
2Q 2Q ' 2Q 2QK *
98 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

Par conséquent, X2 — x\ — 1/£>■ En posant Awi/2

<*>0 ^ fo
Q= ou Q=
1/2 A/i/;

en fonction de la fréquence. Ainsi, le facteur de qualité Q s'identifie au rapport de la pulsation propre


coq sur la largeur spectrale A&q/2 du pic de l'admittance généralisée à la résonance.
Lorsque Q est grand, c'est-à-dire Awj/2 faible devant coq , la résonance est qualifiée cVaiguë.
Dans des systèmes oscillants électromagnétiques comportant un quartz piézoélectrique, Q peut at-
teindre des valeurs de l'ordre de 106 (cf. chapitre 14).
Au contraire, si Q est faible, la résonance est dite floue.
Notons que le module de l'impédance |Z| passe, lui, par un minimum pour oj = ùjq , quelle que soit
la résistance R (Fig. 3.14a). A la résonance, l'impédance que présente l'oscillateur au milieu excitateur
est minimale et vaut R. Évidemment, la finesse de l'effondrement de l'impédance est la même que celle
de l'exaltation de l'admittance. Sur la figure 3.14b, on a représenté la phase cp de l'impédance Z.

<p

co
X=
coq

ù)
X=
(Oo
a) b)
Fig. 3.14.

Remarques : 1) On aura probablement compris que la notation Awi/2 a été choisie pour rappeler que
le rapport des puissances, qui correspond au rapport 1 /-Jl. des admittances, est 1/2.
2) Le choix de privilégier l'admittance et non l'impédance a été motivé par le souci d'une
définition de la résonance qui implique l'exaltation d'une grandeur plutôt que son effon-
drement, conformément à l'idée intuitive que l'on se fait de ce phénomène.

IV. — AMPLITUDE DE L'ENTRÉE INDÉPENDANTE DE LA PULSATION

Supposons que l'amplitude de l'excitation, en entrée, soit indépendante de la pulsation m , ce qui


est fréquemment réalisé ; c'est le cas d'un dipôle électrique aux bornes duquel un générateur maintient
une tension sinusoïdale e{t) dont l'amplitude em est indépendante de oj .

IV. 1. — Intensité du courant au voisinage de la résonance

a) Amplitude de l'intensité. Résonance d'intensité

L'amplitude de l'intensité du courant s'écrit, en fonction de x et Q :


Qojjij o)o em
1/2 1/2
i + Q2 {x-i/xy R i +Q2{x-\/xy

avec am = em/L, Te = L/R et Q = o)oTe .


Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 99

Ainsi pour ^ = 1 , im est maximal et vaut im,max = Cm/R (Fig. 3.15a). Comme l'admittance,
l'amplitude de l'intensité du courant passe par un maximum im,max , pour oj = coq , quelle que soit la
résistance R et donc 0. Il en résulte qu'un moyen d'analyser le phénomène de résonance est d'étudier
la variation de l'intensité du circuit considéré en fonction de la pulsation excitatrice co : on dit qu'il y a
résonance d'intensité.
Cette variation de l'intensité du courant en fonction de la fréquence peut être mise en évidence à
l'aide de l'expérience initiale. Il suffit de considérer la tension Ri{t) aux bornes du résister. On constate
bien que l'amplitude de l'intensité du courant est maximale pour co = coq, quelle que soit la résistance.

fi — fc = —(p
.//?]--

TT / 2

to
0 X=
COQ
Cm/Rl-- f/\\
ù) — TT jl
X—
CÙO
b)
Fig. 3.15.

La finesse du pic d'intensité est la même que celle de l'admittance :

Q ce qui s'écrit ^\/2 Te = 1 puisque <2 — ^0^


Ùsù) 1/2

b) Phase de l'intensité

On obtient directement la différence de phase entre l'intensité du courant et la tension excitatrice à


partir de (p , puisque :

4>i -fe = -<P

Ainsi, l'intensité du courant et la tension excitatrice sont en phase à la résonance. Lorsque x varie de 0
jusqu'à l'infini, la différence de phase passe de 77-/2 à —7r/2 (Fig. 3.15b).
Si la résistance est nulle, l'amplitude de l'intensité du courant devient infinie ; la phase, elle, vaut
alors tt/I pour w < <yo et —tt/I pour co > ojq .

Remarques : 1) Du point de vue de la théorie du filtrage spectral d'une excitation par un système, on
peut dire que le circuit se comporte comme un filtre passe-bande, puisqu'il transmet l'ex-
citation avec une efficacité maximale, lorsque celle-ci a une pulsation égale à sa pulsation
propre (cf. chapitre 6).
2) La condition = 0 permet de déterminer expérimentalement la fréquence de réso-
nance, avec une meilleure précision qu'en recherchant le maximum de l'admittance. En
effet, en mode Lissajous sur un oscilloscope, la tension aux bornes de la résistance, qui est
proportionnelle à l'intensité du courant, et la tension aux bornes du GBF donnent une el-
lipse qui se réduit à un segment de droite à la résonance. Sur le plan pratique, il faut noter
la contrainte sur la masse, car cette dernière doit être évidemment commune afin d'évi-
ter de court-circuiter le GBF (Fig. 3.16a).
100 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

Voie X Voie X>\

—nwm-
L
c
e{t)

R
Voie Y Voie Y
7777 7777

a)
Fig. 3.16.

IV. 2. — Tension aux bornes du condensateur et charge au voisinage de la résonance

a) Amplitude de la tension et charge

La charge du condensateur étant directement reliée à la tension à ses bornes par q[t) = Cuc{t), il
suffit d'étudier l'évolution de l'une des deux grandeurs, par exemple la tension lorsqu'on veut visualiser
le phénomène sur l'écran d'un oscilloscope (Fig. 3.16b).
L'amplitude réelle qm de la charge du condensateur, s'écrit, en fonction de v et Q :

QOinj o: CQe,,
q. i //> soit q,n — .
x [1 + Q2{x - l/x)1]111 [x1 + Q^x2 - 1)2]1/2

puisque am = em/L et LCwq = 1 . Pour analyser la variation de qm , étudions la fonction suivante qui
a la signification d'un facteur de transmission :

1
m =
[jr2 + Ô2U2- i)2]'/2
Il vient, en dérivant :
1/2
df 1 +2Q2 (.y2 — 1 ) • . , A t, '
^ = ^[,2 + 62(,2_1)2]3/2 ce qm s annule pour ,v = 0 e, .= = (^1 - —

Ainsi, l'amplitude réelle de la tension uc,m = qc,mlC vaut em lorsque x = 0, Qem si x = 1 et


s'annule pour x infini.
Deux cas se présentent :
i)Si Q < l/\/2 ^ 0,7, ce qui arrive rarement, l'amplitude de uc,m est maximale pour x = 0,
puis décroît lorsque x augmente. Pour x = 1 , uc,m = Qcm < em .
ii) Si Q > 1/V2, ce qui est souvent le cas, ucym passe par un maximum pour x = xm < 1,
c'est-à-dire pour une pulsation û)m inférieure à la pulsation amortie û)a et donc à la pulsation propre
coq , puisque :
1/2 1/2
1 1
com < (oa < coq avec iûm = f 1 — et û)a = coq { 1 —
2Q2 J - ^ 4Q2

Notons que xm « 1 lorsque Q /§> 1 (Fig. 3.17a). Précisément, pour Q = 5 on a o)m/o)Q = 0,99 .
On met en évidence expérimentalement ce maximum à l'aide du montage de la figure 3.16b : en
faisant varier la pulsation du générateur électrique, on observe aisément, pour une résistance faible, une
forte augmentation de la valeur maximale uc,m de la tension aux bornes du condensateur.
V
A la résonance ( tu = fo»o ), la tension précédente vaut Q em , précisément Q fois la valeur de em ,
d'où le nom de facteur de surtension souvent donné à Q .
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 101

Soulignons que, contrairement à l'admittance et à l'amplitude de l'intensité du courant, l'amplitude


de la charge qm ne passe par un maximum que si £) > 1/^2, et qu'en outre ce maximum, lorsqu'il
existe, ne se produit pas rigoureusement pour co = ojq . C'est pour cette raison que nous avons évité de
parler de résonance à propos de la charge ou de la tension aux bornes du condensateur.

Remarques : 1) Évidemment, dans le cas limite où il n'y a pas de résistance, l'amplitude Mc> de la
tension devient infinie pour co = mq .
2) La forte surtension précédente n'est pas incompatible avec la nature passive du dipôle
RLC, car cette amplification, supérieure à l'unité, concerne la tension et non la puissance.

ne, m ' fit, — fie = cp - rrjl


Qe*
1 co
| wo

4v - K/2'

"-^ôi1 ^. r-— JT
TT-
J Û>0
a) b)
Fig. 3.17.

b) Phase de la charge ou de la tension

Concernant la différence de phase — 4>e , entre la tension aux bornes du condensateur et l'in-
tensité du courant dans le circuit, on l'obtient immédiatement en retranchant 7r/2 rad à la différence de
phase du — (f)e :

- d>e = - f ^

Cette différence de phase varie donc entre 0 et —tt rad, lorsque x passe de 0 à l'infini. Ainsi la
tension et la charge du condensateur sont toujours en retard sur l'excitateur, et ce retard vaut tt/I rad
à la résonance (Fig. 3.17b). Lorsque la résistance est nulle, le maximum est infini et se produit pour
a) = (Oq \ la phase vaut alors 0 si tu < wq et — rad si co > ojq .

Remarques : 1) Ici aussi, du point de vue de la théorie du filtrage spectral d'une excitation par un sys-
tème, le circuit RLC se présente comme un filtre passe-bande (cf. chapitre 6). Cepen-
dant, pour la tension, le filtrage peut être moins efficace si la résistance est trop grande.
Par exemple, Q < \/s/ï, il n'y a pas de maximum dans le voisinage de la pulsa-
tion propre ; c'est alors un filtre passe-bas.
2) On pourrait s'intéresser aussi à la tension aux bornes de la bobine, mais l'analyse reste
formelle, car la résistance de la bobine n'est pas négligeable. Théoriquement, cette tension
s'écrit :
X
Ml,m jLML =JQer.
i +7Ô0-1 A)

On voit qu'elle est en avance de phase de 7r/2 rad par rapport à l'intensité ; en outre,
l'allure du graphe de son module, en fonction de x, ressemble à celle de la tension «c.m >
mais les comportements aux faibles et aux fortes pulsations sont permutés.
102 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

IV. 3. — Analyse énergétique

a) Puissance électrique reçue par le circuit

A chaque instant, la puissance électrique V[î) reçue par le circuit oscillant, de la part du généra-
teur, par l'intermédiaire du terme em cos{cot + ff), a pour expression (cf. chapitre 2) :

<?2
V{t) = e(t)i{t) = em cos(cot + im cos{(ot + fj) = —[cos{2ru/ + + f f) + cos cp\
2|Zj
puisque im = emj\Z\. La puissance varie donc sinusoïdalement avec le temps autour de la valeur
moyenne V suivante :

V = —r^r COS (p = R-y^ = R —


2\Z\ * 2|Z|2 2
d'après la relation coscp = R/\Z\, ce que l'on établit aisément à l'aide de la représentation de Fresnel
de l'impédance (Fig. 3.12). En remplaçant im par son expression, on trouve :

1
2R 1 + Q2ix - 1 /x)2
Cette puissance moyenne reçue par l'oscillateur sert à compenser la variation de la puissance du circuit,
en raison de l'effet Joule ; en effet, en moyenne, cette variation a pour expression :

Ri~
=
~~Y Puiscllie = -^2W = -R%v COS2(wt + fi)

Elle s'écrit aussi, en introduisant l'intensité efficace Ief = im(\/2 (cf. chapitre 2) :

vj=

h) Variation de la puissance électrique reçue par l'oscillateur en fonction de la pulsation

Étudions, en fonction de x: = co/coq = f/fo- pulsation ou fréquence réduites, l'expression de la


puissance moyenne V transférée au circuit oscillant par la tension excitatrice. Cette puissance s'annule
pour les valeurs extrêmes de x et passe par un maximum lorsque x = 1 (Fig. 3.18a) :

avec Vmnr =
1 + <22 (x - 1/x)'

Si l'on représente cette puissance moyenne en fonction, non de x, mais de V = Igx, on obtient
une courbe symétrique (Fig. 3.18b) d'équation :

i+Q2 [10A' - 10(-A)]

On voit que le transfert de la puissance moyenne de l'excitateur vers l'oscillateur est maximal à la
résonance. Du point de vue énergétique, la résonance est définie, dans ce cas, par le transfert maximal
d'énergie moyenne entre l'excitateur et l'oscillateur.
La largeur spectrale du pic de résonance en énergie s'obtient directement à partir de celle de l'in-
tensité ; rappelons que cette largeur, définie par les pulsations pour lesquelles cette puissance est égale à
la moitié, est telle que :
Aco 1/2 1
— = — ce qui s'écrit aussi Aù)\/2 Te = 1
Q
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 103

v/v V/Vn

x— — X — Ira-

a) b)
FIG. 3.18.

Remarque : Pour observer, avec le montage initial de la figure 3.16a, le pic de puissance transférée
en moyenne à l'oscillateur, une méthode consiste à multiplier le signal d'excitation par le
signal aux bornes de la résistance, à l'aide d'un multiplieur, et à filtrer le produit en ne
laissant passer que le terme stationnaire, lequel est proportionnel à V .

IV. 4, — Applications

a) Réception d'un signal radio

La surtension observée aux bornes d'un condensateur est utilisée dans la réception des signaux
électromagnétiques des postes radio, afin de sélectionner la fréquence d'une onde porteuse déterminée
(cf. chapitre 16). Le circuit se présente comme sur la figure 3.19a : la tension excitatrice est celle induite
par une antenne, laquelle est représentée par e{t) dans le circuit équivalent de la figure 3.19b.

Antenne
► "r

■O iL Radio _ Radio
<3L C récepteur récepteur
HP
e(t)

a) b)
FIG. 3.19.

À la résonance, lorsqu'il y a égalité des fréquences ou syntonie, la tension aux bornes du conden-
sateur, qui est connecté à l'entrée du radio-récepteur, a une amplitude sensiblement égale à Q fois la
tension induite par l'antenne. En modifiant l'un des paramètres du circuit oscillant, par exemple l'induc-
tance, à l'aide d'un noyau de fer doux que l'on introduit dans l'enroulement cylindrique (cf. Électroma-
gnétisme), ou la capacité, en faisant varier la surface de ses anuatures, on sélectionne la fréquence de la
porteuse choisie.

b) Circuit bouchon résonnant

Un simple diviseur de tension constitué d'un résister, de résistance Ri , et d'un ensemble RLC
placé en série, permet de réaliser le blocage de l'une des fréquences que contient le signal d'entrée
non sinusoïdal (Fig. 3.20). Pour l'une des composantes sinusoïdales e{t) du signal d'entrée, la tension
104 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

sinusoïdale de sortie us{t), aux bornes du circuit résonnant RLC, a pour expression :

uAt) = eit) avec Z = R + j (Lco — —— j


-çW Z + /?! -w ^ V COJ)

En choisissant les valeurs L et C telles que la pulsation co\ soit pulsation propre du circuit, on obtient,
puisqu'alors LCù)\ = 1 :

^ = r-ÎR^
Ainsi, pour i?i = 990 O et /? = 10 H, la tension u^it) ne représente que 1% du signal d'entrée. En
revanche, les autres fréquences seront transmises, pratiquement sans altération, pourvu que le facteur de
qualité Q soit suffisamment élevé.

Ri
L

e{t)
R

hc

FIG. 3.20.

y, _ CIRCUIT RESONNANT PARALLELE

Le circuit résonnant parallèle RLC est formé d'un ensemble bobine-résistor (inductance L et
résistance totale R ), en parallèle avec un condensateur de capacité C. Le générateur impose à ses
bornes la tension d'excitation, comme le montre la figure 3.21a : le résistor auxiliaire, de résistance Ra ,
pennet de maîtriser l'intensité i du courant que débite le générateur.

l
n &R-
L

M
C

Ra R

a) b
FIG. 3.21.

V. 1. — Équation différentielle du circuit

Désignons par q l'intensité du courant dans la branche comportant le condensateur et par i celle
où est connecté le générateur; l'intensité du courant qui traverse la bobine est donc i — q . Il vient, en
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 105

appliquant la loi des mailles au circuit RLC (cf. chapitre 2) :

ÎL=R{i^U)+LiJ^fl SO* L^+Rh + îi=Ri + Lf


C df at C dr

Comme q = dgj/d?, on trouve, en introduisant Te = L/R et ù)q = 1/(LC) :

q\ 9 di i ./ % . / . ,
q\ H h û>o <?i — — -4 avec i{t) = im cos(wr + (pi)
Te dî Te

L'équation différentielle à laquelle satisfait la charge q\ du condensateur est donc de la même forme que
dans un circuit résonnant série ; seule l'excitation fait apparaître une somme de deux termes directement
reliés à i. La solution établie qui s'impose, du fait du terme d'amortissement, s'obtient alors en injectant
une solution de la forme :

(0 = qi,m exp./(W + (pq) dans l'équation §, + — + ^ = T7 + —

V. 2. — Impédance du circuit résonnant parallèle

Calculons l'impédance qu'offre le circuit résonnant parallèle RLC au générateur. Elle s'obtient
aisément selon :
Z = —1 - 2 avec Z] = -7— et Z? = i? + jLo
Zj d Z2
d'où;
R -LjLù) ^ ] +jQx
1
1 — LCù) + JRCùj 1 — a;2 + jxj Q
en fonction de R, x = (o/ojç) ti Q = Loy^/R = 1 /[RCcoif). On en déduit le carré du module de Z :

2 1 + <22*2
|Z|2 = R
(1 -a2)2-KY2/<22

Cherchons les maxima ou minima de [Z|2 , lorsque la fréquence réduite x varie. Il vient :

d|Z|2 = ....2K1 -X2)2 +x2/g2]62 - (1 + gV)(l/e2 - 2(1 — x2) =

dx [(1-x2)2+x2/Ô2]2
d'où, en effectuant :
Q2{1 - 2x2 + x4) + x2 ~ ^ - x2 H- 2 + 2ô2x2 - 2x2 - 2C2x4 = -Q2xA - 2x2 + 2 + g2 - ^2 = 0

On doit donc résoudre l'équation du deuxième degré suivante en x2 :

a4+
^"i"Iï+^-0
dont les solutions sont :

2 J_
x =^±l^+1 ë2 "ë4 ô2 ±
V1 +
ô2

Comme x2 ^ 1 , ces dernières n'existent que si :

soit e4+2e2-i^o
106 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

ce qui implique
,2 - ^2
Ô2 =£ ôi ou Q'^Qi

Q'I et £>2 étant les deux racines en Q2 de l'équation du deuxième degré précédente. La seule solution
acceptable étant = ~1 + x/S, la condition pour laquelle l'impédance passe par un minimum ou un
maximum est :
Q2 ^\/2-~î soit Q2 2> 0,64

En général Q2 1 ; aussi développe-t-on (1 + l/Q2)" — 1 + nx n(n — \)x2/2 avec n — 1/2. Il


vient :

2 1 2 1
(\ 1
M -1 1
2 + 2
Ô V <2 2g4/ — 204

Comme le module |Z| de l'impédance varie entre et 0, lorsque la fréquence passe progressivement
de 0 à oo, l'extrémum est un maximum, qui se produit pour :

M 1
x— — ^- fi! r
«o v 2e4

Pour x œ 1, l'expression de l'impédance se réduit à :

l jQ iO o n
Z^R—^^R^- = Q2R d'où \Zmax\^Q1R
j/Q J/Q

Sur la figure 3.21b, on a représenté la variation du module de l'impédance, en fonction de x, pour


0 = 20 :

1 + Q1x1 11/2
|Z| = R
1 -x2)2^xllQ2_

Notons que, pour ^ = 1 et g2 1 :

=
Z] — ——— — ——— — —-jlaiQ et Z? R ri- jhco — R ri~ JLojq ~ JLojq
jCù) jCùJQ

Les deux impédances Z\ et Zj sont donc en opposition de phase. Il en résulte que les intensités q et
*2 des courants dans les branches le sont aussi ; |Z| devient alors très grand.
Ordre de grandeur : pour /?=10n, C=1|jlF et L = 40 mH , on trouve :

Wo = = 5 000 rad ■ s"1 /o = 796 Hz g = ^2 = 20 et |Z(mr| = 4 kO


\ LC ) R

V. 3. — Circuit bouchon. Antirésonance

Lorsque l'excitation est constituée d'un générateur de tension, qui maintient à ses bornes une f.e.m
sinusoïdale, de la forme e{t) = emcos{û)t + fie), l'intensité /(/) du courant débité par le générateur,
que l'on mesure à l'aide de la tension aux bornes de Ra , passe par un minimum pour co « coq .
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 107

Aussi un tel circuit est-il appelé circuit bouchon ou circuit antirésonnant. L'amplitude im de l'intensité
de ce courant minimal vaut alors :
- Q2R + Rii

Ordre de grandeur : pour em = 5Y, \Zmat\ = Q2R = 8 kfl et Ra = 100 H, vaut 0, 62 mA.

V. 4. — Excitation par une source de courant

On peut exciter le circuit par une source de courant, laquelle fournit un courant d'intensité détermi-
née i{t) — im cos(wr + 4>i) . On réalise aisément une telle source de courant à l'aide d'un amplificateur
opérationnel (cf. chapitre 8). L'amplitude um de la tension aux bornes du condensateur du circuit paral-
lèle, qui vaut Zim , passe alors par un maximum um>max , lorsque l'impédance offerte par le circuit est
maximale, c'est-à-dire pour ruo .
Ordre de grandeur : pour im = 1,5 mA et \Zmax\ = 8 kfi , ununax = Zim = 12 V .

CONCLUSION

Énumérons les points essentiels.


1) Lors de la décharge d'un condensateur dans une bobine, l'intensité du courant, la tension aux bornes
du condensateur et sa charge oscillent avec une pulsation <wo qui ne dépend que des caractéristiques de
l'oscillateur, la capacité du condensateur et l'inductance de la bobine :

a,0 = (LC)-''2 fa = et r„ = l^LC)1/2

2) Le caractère partiellement ohmique des composants est à l'origine de l'amortissement de l'ampli-


tude des oscillations, selon une décroissance exponentielle, et modifie la valeur de la pulsation : on peut
caractériser cet amortissement soit par la durée de relaxation en énergie re , soit par le décrément loga-
rithmique A, soit par le facteur de qualité Q :

avec co, et O — coqt e —


4^
3) L'équation linéaire :

q -\ \- co^q — 0
fe
caractérise la variation de la charge d'un condensateur dans un circuit électrique RLC série, en régime
quasi stationnaire ; elle détermine l'évolution temporelle de la tension uc{t) aux bornes du condensa-
teur, puisque q = Clic ■ En raison de la linéarité, ces oscillateurs satisfont à des équations simples et
leur évolution est prévisible.
4) Lorsqu'une tension sinusoïdale est appliquée aux bornes du circuit RLC, la charge satisfait à l'équa-
tion d'évolution suivante :
Cj -j- — + COq Cl = ùm COS^COt (ffe)
Te
L'excitation impose sa fréquence en raison de la dissipation par effet Joule dans les conducteurs oh-
miques. Pour déterminer l'amplitude et la phase de l'oscillateur, il suffit de chercher une solution parti-
culière de cette équation, sinusoïdale et de même pulsation que celle de l'excitation.
5) Lorsque la pulsation de l'excitateur est égale à celle de l'oscillateur, on constate que le module de
l'admittance est maximal, ou que le module de l'impédance complexe est minimal. C'est la résonance.
108 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

Pour une amplitude de l'excitation indépendante de la pulsation, on observe, à la résonance :


i) un maximum de l'amplitude de l'intensité du courant,
ii) une puissance moyenne transférée de l'excitateur vers le circuit qui, elle aussi, est maximale,
iii) une amplitude de la charge du condensateur proche de sa valeur maximale, laquelle n'existe
que pour des systèmes peu amortis ( <2 > 1 / v^) •
6) Avec un circuit résonnant parallèle, les résultats sont inversés.
Enfin, la résonance en électricité peut être un avantage, lorsqu'on veut augmenter la sensibilité d'un
circuit, comme lors de la réception de signaux hertziens ; le circuit se comporte alors comme un filtre
passe-bande (cf. chapitre 6).

EXERCICES ET PROBLÈMES

P3-1. Diagrammes de l'impédance et de l'admittance d'un circuit RLC

Un générateur maintient, aux bornes d'un circuit série RLC, une tension sinusoïdale, de pulsation
o). Ses caractéristiques sont les suivantes :R= 100 fi, L = 25 mH et C = 33 nF.

1. Déterminer la fréquence propre de ce circuit, la durée de relaxation en énergie Te, le facteur de


qualité et la fréquence des oscillations amorties.

2. a) Rappeler l'expression de l'impédance Z du circuit. Calculer le module de Z ainsi que son


argument ç pour une fréquence de 5 kHz.
b) Représenter géométriquement Z , dans le plan complexe. Quelle est la courbe décrite par l'ex-
trémité I du vecteur OI, associé à l'impédance complexe Z, lorsque co varie de 0 à l'infini ?

3. a) Rappeler l'expression de l'admittance Y du circuit. Calculer son module, ainsi que son argu-
ment, pour une fréquence de 5 kHz.
b) Représenter géométriquement Y dans le plan complexe. Quelle est la courbe décrite par l'ex-
trémité A du vecteur OA , associé à l'admittance complexe F, lorsque m varie de 0 à l'infini?

P3- 2. Modèles série et parallèle d'une bobine

On schématise une bobine d'induction par les deux modèles représentés sur la figure 3.22.

1. Donner les expressions de l'admittance de la bobine dans les deux modèles. En déduire, en
régime sinusoïdal, de pulsation w , la relation donnant /?' et L' en fonction de R, L et co .

2. Que deviennent ces expressions si Lù)jR 1 ? Sachant que R = 5 Ll, L = 25 mH, calculer
R' et L' pour les deux valeurs suivantes de la fréquence : / = 100 Hz et / = 10 kHz . Commenter.

L R R'

FIG. 3.22.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 109

P3- 3. Facteur de qualité d'une bobine en forme de solénoïde

Une bobine est constituée de 500 spires, en fil de cuivre enroulé autour d'un mandrin cylindrique,
de rayon r = 3 cm et de longueur / = 10 cm. Le champ magnétique qu'elle produit, en son intérieur,
est celui d'un solénoïde infini. On donne le diamètre du fil et on rappelle la conductivité du cuivre,
respectivement : D = 1 mm et y = 5,8 x 107 S • m-1 .

1. Calculer l'inductance L et la résistance R de la bobine.

2. La bobine forme avec un condensateur, de capacité C = 0, 5 jjlF , un circuit oscillant. Quel est
le facteur de qualité du circuit ?

P3- 4, Décharge d'un condensateur à travers une bobine

Sur la figure 3.23, le condensateur, de capacité C = 0,3 /xF, est d'abord chargé à travers un
résistor (résistance /? = 8 fî ) par une source de tension stationnaire. 11 se décharge ensuite dans une
bobine, d'inductance L = 50 mH et de résistance r = 5 ù.

1. L'interrupteur est en position 1


a) Établir l'équation différentielle à laquelle satisfait la tension u{t) aux bornes du condensateur.
En déduire la loi d'évolution u{t) et calculer la constante de temps r du circuit.
b) Représenter graphiquement uit) avec soin. Au bout de quelle durée la charge du condensateur
diffère-t-elle de sa charge limite de 0,01% ?

2. L'interrupteur est en position 2


a) La charge du condensateur étant considérée comme achevée, on bascule l'interrupteur dans la
position 2. Établir l'équation différentielle à laquelle satisfait la tension u{t). En déduire les caractéris-
tiques de cet oscillateur, c'est-à-dire la fréquence propre /o et la durée de relaxation en énergie re.
b) Quel est le régime de la décharge du condensateur dans la bobine ? Exprimer u{t), sachant qu'en
début de décharge la tension vaut Uq . Calculer la valeur de la pseudo-fréquence f, du phénomène.
c) Au bout de quelle durée l'amplitude des oscillations est-elle divisée par 10 ? Comparer cette
durée à la pseudo-période Ta .

—[

FIG. 3.23.

P3- 5. Résonance d'intensité

Un condensateur (capacité C = 0,22 pJF) et une bobine (inductance L = 150 mH et ré-


sistance r = 15 fi) sont connectés en série aux bornes d'un générateur, de force électromotrice
e{t) = E\/2cos{ù)t) avec £ = 2 V et d'impédance interne négligeable.
110 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

1. Donner, en la justifiant, l'expression de l'intensité du courant, en régime sinusoïdal établi. En


déduire l'intensité efficace /, en fonction de E, L, r C et û) . Tracer l'allure du graphe /(&>) et dé-
terminer la valeur maximale Imax de / lorsque la fréquence varie, ainsi que la fréquence correspon-
dante.
2. Exprimer la tangente de l'angle du retard de la phase ç de i(î) par rapport à e[î), en fonction
de L, r, C et . Calculer cp pour les valeurs suivantes de la pulsation :

1 \
Ù) = (ÛQ I - et CÛ2 — fc>0 ( 1 +
20/ 4

P3- 6. Q-mètre ''"5©

Le ^-mètre est un appareil qui pennet de mesurer le facteur de qualité Q d'une bobine, d'in-
ductance L et de résistance R. Il est constitué d'un générateur sinusoïdal, dont la haute fréquence
/ est connue, d'un condensateur dont la capacité C est variable et d'un voltmètre d'impédance infi-
nie connecté aux bornes du condensateur (Fig. 3.24). Les pertes du condensateur sont négligeables.
1. On place la bobine entre les bornes A et S, et on ajuste la capacité pour obtenir la valeur
maximale de la tension efficace U, aux bornes du condensateur, lue sur le voltmètre. On constate que
ce maximum varie beaucoup, lorsque l'on fait varier légèrement C. Calculer l'inductance, sachant que
/ = 20 MHz et C = 76 pF.

2. En modifiant la valeur de la capacité C de 2 pF, on constate que la tension U est réduite au


cinquième de sa valeur maximale ; en déduire la valeur de R ainsi que celle de Q .

q
<z>
<o

-/vl-

FIG. 3.24.

P3- 7. Condensateur de syntonisation

Dans un récepteur audio, la sélection de l'onde porteuse sinusoïdale (cf. chapitre 16) est réalisée
à l'aide d'un circuit résonnant série, dans lequel la capacité C du condensateur peut varier entre les
valeurs extrêmes suivantes : Cm = 25 pF et Cm = 400 pF. L'inductance de la bobine vaut L = 20 mH
et sa résistance est r = 20 .

L Calculer la bande spectrale sur laquelle le circuit peut être accordé.

2. Quelles sont les valeurs extrêmes du facteur de qualité du circuit ? Sachant que l'amplitude de la
tension induite par l'antenne dans le circuit est de 0,2 mV , trouver les valeurs extrêmes des tensions
aux bornes du condensateur, lorsque le circuit est accordé.
Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance 111

i web
P3- 8. Premier étage d'un récepteur audio

Le premier étage d'un récepteur audio peut être schématisé par la figure 3.25. La f.e.m e[t) de
la source de tension variable est produite par l'antenne du récepteur qui reçoit les signaux hertziens.
La bobine a une inductance L = 3 mH , la résistance vaut i? = 50 fl et la capacité du condensateur
C = 330 pF.

1. Déterminer la fréquence fm pour laquelle le module du facteur d'amplification en tension Au{f)


du circuit, rapport de la tension aux bornes du condensateur sur la f.e.m, est maximal.

2. Dans quel intervalle spectral Au est-il supérieur à Aiumaxl V2, An^nax étant la valeur maximale
de ?

3. Aux bornes du condensateur, on mesure une tension efficace de 4,2 mV pour le signal sinusoï-
dal capté, de fréquence fm . Quelle est la valeur efficace de la tension de ce dernier ?

Antenne
♦ r

7777
FlG. 3.25.

wet)
P3- 9. Numérisation de signaux hertziens -

Un système reçoit un signal d'entrée e{t) et fournit à sa sortie un signal .ç(/) satisfaisant à l'équa-
tion différentielle suivante :

s(î) + + colsf) = o)le(t)


Te
Un convertisseur analogique-numérique (CAN) effectue ensuite le codage suivant (cf. chapitre 19) : si
e{t) < E, avec £" = 2 V, pendant la durée T, le caractère 0 est transmis, alors que si e{t) > E,
pendant la même durée, c'est le caractère 1 qui l'est.

L Après une longue suite de caractères 0, apparaît le caractère 1. Sachant que le régime est
apériodique critique, quelle est la valeur de re, sachant que fo = (Oo/(27r) = 5 kHz ? Calculer l'écart
relatif [E — s{t)]/E au bout d'une durée de 150|jls.

2. Comment s'effectuerait le passage d'une longue suite de caractères 1 au caractère 0 ? Calculer


le rapport s{f)/E au bout d'une durée de 150 |xs.

P3-10. Mesure de l'inductance d'un circuit RLC parallèle

On se propose de mesurer l'inductance L d'une bobine, de résistance négligeable, en réali-


sant un circuit REC parallèle (Fig. 3.26) avec un condensateur de capacité C variable et un résis-
ter de résistance R = 1 kO. Le générateur impose aux bornes du circuit une tension sinusoïdale
e{t) = emcos{ù)t) , de fréquence / = 1,2 kHz et d'amplitude em = 5 V. On constate que l'inten-
sité du courant débité par le générateur est la même pour les deux valeurs suivantes de la capacité :
Ci = 0,28 {jlF et Ci = 0,72 p,F.
112 3. Oscillations électriques harmoniques, amorties, forcées. Résonance

1. Calculer l'inductance de la bobine.

2. Quelles sont les intensités efficaces î\ et h ainsi que les phases associées aux intensités des
courants i\{f) et iif) correspondant aux deux valeurs de C ?

3. Pour quelle valeur Cm de C l'intensité du courant est-elle minimale ? En déduire la valeur de


cette dernière.

FIG. 3.26.

P3-11. Circuit bouchon dans un récepteur audio

L'inductance d'une bobine, dans un circuit résonnant parallèle accordé d'un récepteur audio, vaut
L = 45 pJH , alors que sa résistance est R = 250 fi . Le condensateur en parallèle avec la bobine a une
capacité C = 220 pF.

1. Pour quelle valeur f. en MHz de la fréquence de l'onde reçue, l'impédance du circuit est-elle
uniquement résistive ? Comparer cette valeur à la fréquence propre /o du circuit et à la fréquence fm
pour laquelle l'impédance est maximale.

2. Calculer l'impédance Z à cette fréquence fr. Comparer |Z| à \Zmax\ et à |Z(/o)|.

P3-12. Comportement électrique d'un quartz piézoélectrique -5?^

Du point de vue électrique, on peut représenter un cristal de quartz par un circuit électrique pa-
rallèle, dont l'une des deux branches contient un condensateur de capacité C\ = 0,5 pF et l'autre un
second condensateur, de capacité C2 = 10 pF en série avec une bobine non résistive de forte induc-
tance L = 50 H (Fig. 3.27). Le système est excité par une tension sinusoïdale, de fréquence /, aux
bornes des deux branches.

1. En étudiant la variation du module de l'impédance qu'offre le circuit à l'excitation sinusoïdale,


montrer que le circuit se comporte comme un circuit résonnant pour une certaine fréquence f\ et comme
un circuit antirésonnant pour une seconde fréquence fi. Calculer f\ et fi.

2. On désigne par F et Z l'admittance et l'impédance du quartz. Calculer d |F|/d/ autour de


/ = 0 et de / =/2. De la même façon, calculer d |Z|/ d/ dans le voisinage de f =f\ . Commenter.

C,

Y
Fig. 3.27.
Régimes transitoires

La mise sous tension d'un circuit alimenté par des sources électriques stationnaires provoque l'ap-
parition de courants et de tensions aux bornes des différents dipôles. Evidemment, l'établissement du
régime stationnaire n'est pas instantané, mais précédé d'un régime transitoire que nous nous proposons
d'analyser en appliquant les lois de base des régimes quasi stationnaires (cf. chapitre 2). De même, lors-
qu'on alimente un circuit en régime sinusoïdal, un régime transitoire précède le régime établi. Nous
nous proposons dans ce chapitre d'analyser en détail ces régimes transitoires.

I. — ETUDE EXPERIMENTALE

1.1. — Réponse d'un circuit RC à une excitation sinusoïdale

Considérons un circuit constitué d'un résistor et d'un condensateur en série, alimenté par une
source de tension sinusoïdale, de force électromotrice ue{t) = cos(fur) (Fig. 4.1). Initialement,
l'interrupteur iC est ouvert et le condensateur déchargé. En pratique, on utilise le bouton poussoir Ki,
qui permet de court-circuiter les armatures du condensateur, pour le décharger.

Ue uc

Fig. 4.1.

La figure 4.2a montre l'évolution de la tension aux bornes du condensateur, après la fermeture
de Ah . On observe que le régime sinusoïdal s'établit, après une certaine durée de transition T0f,.
Expérimentalement, on constate que la durée du régime transitoire est indépendante de l'amplitude
iie>m et de la fréquence / = co/ilTr) de la source (Fig. 4.2b).
En revanche, elle dépend des valeurs /? et C des composants. Analysons les dimensions de ces
grandeurs afin d'en extraire une durée caractéristique r. Puisque u est une tension, Cu2 possède la
dimension d'une énergie (cf. Electromagnétisme) et ir jR celle d'une puissance, le rapport de ces deux
quantités est homogène à une durée :
Cu2
= RC = t
u2 jR
114 4. Régimes Transitoires

Dans le cas concret considéré, où R = 5 kD et C = 0,2 [xF, on obtient par le calcul r = 1 ms. Cette
durée est du même ordre de grandeur que la valeur ^ 3 ms observée expérimentalement pour le
régime transitoire, même si elle en est sensiblement différente.

MCO)
«c(r)T Régime transitoire
A/VWAAAAAA
-H
Régime établi «C(0

ms "c(t)

3 ms
■à) b)
FIG. 4.2.

1.2, — Régime forcé et régime libre

Lorsqu'un système évolue en présence de sources extérieures d'énergie électrique, il est dit forcé
alors qu'en l'absence de ces sources, on le qualifie de libre.
Selon que les sources délivrent des tensions ou des courants respectivement stationnaires ou va-
riables dans le temps, le régime forcé est stationnaire ou variable.
Ainsi, le circuit de la figure 4.1 fonctionne en régime sinusoïdal forcé dès la fermeture de l'inter-
rupteur K\ .
En revanche, à l'ouverture de K\ , son régime est libre. Les phénomènes dissipatifs dus à l'effet
Joule provoquent une diminution de l'énergie du circuit. Il en résulte que, en l'absence de source interne
d'énergie, c'est-à-dire de composants actifs, tels qu'un transistor polarisé (cf. chapitre 7), un amplifica-
teur opérationnel (cf. chapitre 8) ou un dipôle à résistance négative par exemple, les tensions et courants
s'amortissent au cours du temps.

1.3. — Régime établi et régime transitoire

a) Régime établi

En régime forcé stationnaire, le régime est qualifié d'établi si l'on n'observe aucune évolution des
grandeurs électriques.
En régime forcé variable et périodique, le régime est établi lorsque que l'évolution des grandeurs
électriques est devenue périodique. Ainsi, le circuit de la figure 4.1 atteint le régime établi au bout de la
durée r,,/, 3 ms .

Remarque : Le régime établi est parfois appelé régime permanent, expression ambiguë, notamment en
régime forcé variable, puisqu'elle suggère que les grandeurs n'évoluent pas au cours du
temps.
Régimes transitoires 115

b) Régime transitoire

Le régime transitoire est le régime qui précède le régime établi. Notons que le régime transitoire
correspond à l'effacement progressif des conditions initiales, c'est-à-dire à la disparition de l'influence
du passé du système sur son évolution.
Signalons que sa durée est déterminée par la précision recherchée. Sur l'exemple précédent, le
régime établi est atteint à environ 5% près au bout de 3 ms ; la précision est de 1% après une durée
d'environ 5 ms.

1.4. — Circuits linéaires dans l'ARQS

Considérons le cas fréquent où le circuit est constitué d'éléments linéaires. En outre, plaçons-nous
dans l'approximation des régimes quasi stationnaires, ce qui permet de négliger les phénomènes de
propagation (cf. Electromagnétisme) et donc d'admettre que l'intensité du courant électrique dans le
circuit est, à tout instant, identique en tout point d'une même branche du circuit (cf. chapitre 2).

a) Dipôles linéaires

Rappelons qu'un dipôle est linéaire si la tension à ses bornes et l'intensité du courant électrique qui
le traverse sont liés par une relation linéaire (cf. chapitre 1).
Exemples :
i) dipôle purement résistif, uab = R i
ou
ii) dipôle purement capacitif, Uab = Qa/C * = C d Uab / d t
iii) dipôle purement inductif, uab = Lài/ dt
La courbe caractéristique d'un dipôle purement résistif est une droite qui passe par l'origine du
repère. Pour les dipôles purement capacitifs ou inductifs, la caractéristique dépend des variations tem-
porelles de la source, c'est-à-dire du régime. Lorsque ce dernier est sinusoïdal, la caractéristique d'un
condensateur est une ellipse dont les axes coïncident avec ceux du repère, puisque :

ii{t) = umcos{cot) et i{t) = —Ciimco sm(cot) = iin cos (^cot + avec L, = Cu,,,co

donnent, en éliminant la variable t :

La fonction test composant d'un oscilloscope donne en effet une ellipse de demi-axes im et um , à la
fréquence de 50 Hz .

h) Équation d'un système linéaire

Dans un système linéaire, c'est-à-dire constitué de dipôles linéaires, l'application des lois de base
des circuits conduit à combiner, entre elles, des relations linéaires. Ainsi, l'évolution d'une grandeur
électrique de sortie s{t) prélevée dans le circuit, en régime forcé, sous l'action d'une source e(t), obéit
à une équation différentielle linéaire de la forme :

+ ... + aos(t) — bi -j-p- -t- bi-i e{t)

où les coefficients et bi sont indépendants de s{t) et e(t) . Les termes contenant la grandeur de
sortie à gauche et ceux contenant la grandeur d'entrée à droite sont bien séparés. Le membre de droite
est à l'origine du régime forcé.
116 4. Régimes Transitoires

La solution générale s{t) de cette équation différentielle linéaire, se présente sous la forme d'une
somme de deux fonctions :
s{t) = s,{r) + se{t)

si{t) étant la solution générale de l'équation homogène, c'est-à-dire sans second membre :

dk s dk~] s
ak + ak
d7 ~] dT37 + + a{iS
^ =

et se{t) une solution particulière de l'équation avec son second membre (cf. annexe 1).
Physiquement, la solution si[t), obtenue en l'absence de source extérieure, correspond au régime
libre. Si une partie de l'énergie est dissipée, ce qui est toujours le cas pour un circuit réel, le régime libre
tend vers zéro; la réponse se{t), caractéristique du régime établi, demeure alors la seule. Le régime
transitoire est donc la somme des deux réponses si(t) et se{t).

Remarque : En pratique, on obtient directement la solution particulière qui correspond au régime éta-
bli en recherchant une solution de forme sinusoïdale, de même pulsation que le signal
d'excitation en régime harmonique (cf. chapitre 3), et en recherchant une solution station-
naire si l'excitation est elle-même stationnaire.

c) Amortissement du régime libre

Pour un système linéaire, l'établissement du régime forcé suppose l'amortissement de la réponse


libre. Certains systèmes, instables, ont un régime libre qui se développe au lieu de s'amortir. Cela se
traduit par l'existence de solutions exponentiellement croissantes. Dans ce cas, une racine au moins du
polynôme, caractéristique de l'équation différentielle, est réelle positive, ou imaginaire à partie réelle
positive. Comme nous le verrons ultérieurement, certains critères fixent les conditions nécessaires et
suffisantes sur les coefficients de l'équation différentielle, qui pennettent de conclure sur la stabilité du
système (cf. chapitre 13).

II. _ ÉTABLISSEMENT D'UN RÉGIME STATIONNAIRE

II. 1. — Réponse indicielle

La réponse indicielle d'un circuit est la réponse qu'il donne lorsque la source électrique exté-
rieure qui l'alimente passe d'une valeur nulle à une valeur finie stationnaire. Aussi les anglo-saxons la
désignent-ils par "unit step response". Le qualificatif indicielle vient probablement de Vindication que
donne cette réponse sur le comportement du système lorsqu'on le soumet soudain à une excitation.
Dans la suite, nous supposons cette source parfaite, c'est-à-dire capable de délivrer instantanément
le courant ou la tension demandée sans présenter de régime transitoire. La commande de l'établissement
du régime forcé stationnaire, ne nécessite que l'utilisation d'un interrupteur. On choisit fréquemment un
interrupteur électromécanique dont le rôle est de mettre en contact des lames conductrices. Les contacts
mécaniques peuvent entraîner de petits rebonds à la fermeture du circuit sur une durée pouvant atteindre
1 ms . Par ailleurs, ils introduisent des résistances supplémentaires dans le circuit, de l'ordre de quelques
milliohms, ainsi que des petites capacités ; dans la suite, nous négligerons ces imperfections.
Dans ces conditions, on peut représenter la source de tension commandée par un interrupteur à
l'aide de Và.fonction d'Heaviside ou échelon , du nom du physicien britannique O. Heaviside (Fig. 4.3).
Cette fonction est généralement notée Y(r) (lettre grecque upsilon majuscule) définie par ;

Y{t) - 0 si / < 0 Y(0 = 1 si f> 0


Régimes transitoires 117

Si E désigne la f.e.m de la source, la tension qu'elle délivre se met sous la forme : ue{t) = EY{t). La
réponse du système à ce signal échelon est appelée réponse indicielle. Dans la suite nous préciserons ce
concept sur l'exemple simple et concret du circuit RC .

Y(t)

0
Ftg. 4.3.

Remarques : 1) La fonction d'Heaviside est discontinue en r = 0. Cette singularité n'a aucune réalité
physique, puisqu'un signal réel est toujours continu. La valeur de Y(0) n'a en fait aucune
influence sur l'évolution du système, en raison de sa durée nulle ; la valeur en zéro de la
fonction d'Heaviside est donc arbitraire. Notons que certains auteurs la fixent à 1 /2.
2) La fonction d'Heaviside est reliée à la fonction signe sgn{r), laquelle vaut 1 pour
f > 0 et —1 pour ? < 0 (cf. chapitre 15) ;

YW = \ [1 + sgn(r)]

3) En informatique, on choisit la valeur à l'origine sgn(O) = 0 pour des raisons pratiques


d'algorithmique. On a alors Y(0) = 1/2 .

Il. 2. — Circuit RC
s
a) Equations du circuit

Injectons, dans l'analyse du circuit de la figure 4.1 l'expression de la nouvelle source de tension :

RCd^ + uc = EYir) ou i
^ + u£ = EY(r)
dt dtrr

en faisant apparaître la constante de temps r = RC du circuit. Avec les valeurs standard R = i kfi et
C = 1 jxF, cette constante vaut r = 1 ms .

b) Régime libre

Le régime libre uCj permet de caractériser le système, car il est indépendant de la source. L'équa-
tion différentielle à laquelle il satisfait s'en déduit simplement en annulant le second membre :
d Uç i Uç/ „ , . , , / t\
——^ H =0 de solution uc lyt) = Cte x exp —
dt r ' \ r/
puisque, cherchant une solution de la forme ucj{t) = exp(rt), on trouve l'équation caractéristique
r + 1 /r = 0, soit r = — 1/r (cf. annexe 1).

c) Régime établi

On obtient le régime établi en recherchant une solution particulière stationnaire de l'équation dif-
férentielle d'évolution avec la source externe, après fermeture du circuit :
u
dUce Ce E . . . ... . ,
' H — = — de solution immédiate lie e\t) — Cte = E
d/ r r
118 4. Régimes transitoires

d) Régime transitoire

Le régime transitoire est la superposition de la réponse libre et de la réponse établie. Par consé-
quent :
E
«c(0 = "c./W + «C,e{0 = Cte x exp +

L'existence du courant électrique provoque l'accumulation des charges sur les armatures du condensa-
teur. La charge totale du condensateur varie donc sans subir de discontinuité :

q{t) -q{0) = q(t) = f i{t')dt'


Jo
Il en résulte que la tension uc{t) = q{t)/C est, elle aussi, continue. Comme, initialement uc{0) = 0 ,
alors :
uc{0) = Cte + £" = 0 d'où Cte - —E
Ainsi, la réponse indicielle du circuit RC a pour expression :

uc(t) = E 1 - exp

L'exponentielle décroissante, qui apparaît dans cette expression, ne devient négligeable au bout d'une
durée égale à plusieurs fois la constante de temps r , ce qui est bien conforme à ce que l'on observe ex-
périmentalement. Pour t = 3t , l'exponentielle est inférieure à 5% de sa valeur initiale : si la précision
recherchée est de 1%, alors il faut r > 5t .
Précisons que la tangente à la courbe en r = 0, coupe l'asymptote en t = r. Les autres grandeurs
électriques du circuit se déduisent de uc selon :

ex et W/? =; = Eex
i(t) - ^ P (~~) W R* P (~~)

Sur la figure 4.4, on a récapitulé ces résultats. Remarquons que la tension aux bornes du condensateur
est continue (Fig. 4.4a), alors que l'intensité /(/) = iiR(t)/R du courant est discontinue (Fig. 4.4b).

it uR(t)

l/
// /
j/

/'
/■
/!
W-
0 i t
a) b)
Fig. 4.4.

e) Bilan d'énergie

Calculons le travail électrique total We:S fourni par la source au circuit, au cours du seul régime
transitoire puisque la source ne débite pas en régime établi. Il vient :
/oo poo rCE
= EY{t)idt = E idt = E dq = CE
-oo JQ Jù
Régimes transitoires 119

Ce travail est en partie dissipé dans le résister par effet Joule :

f00 o , f00 E1 f 2t\ A E2t CE2


W' = l -Rldt =
l = -—

Une autre partie de ce travail fourni par la source, est stockée sous forme d'énergie électromagnétique
dans le condensateur. Elle a pour expression (cf. Électromagnétisme) :

Se = ^C4(oo) - ^C4(0) =

Le bilan énergétique s'écrit donc :

+ Wj avec Ee =-Wj

Ainsi, par effet Joule, le circuit dissipe la moitié de l'énergie fournie par la source, quelle que soit la
valeur de la résistance. Le condensateur, lui, emmagasine l'autre moitié, sous forme électrostatique,
qu'il est susceptible de restituer.
Exemple : pour un condensateur, de capacité C = 2 pp, soumis à une tension de 10 V , l'énergie
emmagasinée par le condensateur, qui est aussi celle dissipée par effet Joule, vaut 0,1 mj .

f) Décharge libre du circuit

Lorsqu'on ouvre l'interrupteur Ki, l'état électrique du circuit n'est pas modifié. L'intensité i du
courant et la tension uR aux bornes du résister restent nulles. Le condensateur chargé impose, à ses
bornes, la tension uc — E ■ Si la source de tension est remplacée par un fil de connexion et si K\ ferme
à nouveau le circuit, le système évolue en régime libre en satisfaisant à l'équation différentielle :

d Ur Ur
—r— H—- = 0
dt r

Seule change la condition initiale mc(0) = E. En adoptant comme nouvelle origine des temps l'instant
de fermeture du circuit, on obtient l'évolution suivante des grandeurs électriques (Fig. 4.5) :

c = ex
uc(t) = Eexp = P (_~) = Ri =
-^exP (_~)

uc{t) ■ ur{î) '


L
r
E V. 0
\\\\
/
\\\
\\
\\ /
\\
\\
\\
\ R//
1 -Et'

a) b)
Fig. 4.5.
120 4. Régimes Transitoires

Le travail dissipé par effet Joule dans le résister, lors de la décharge libre du circuit, a pour expres-
sion :

E
( î
\\ E2t CE1
W/,= / —Ri2 d t = R A t = ——
d - = =
exp
-* ( R 2

Ainsi, lors de la décharge libre du circuit, l'énergie emmagasinée dans le condensateur est entièrement
dissipée par effet Joule. Lorsque la décharge libre est pratiquement achevée, mc{oo) = 0 ; le condensa-
teur ne stocke plus d'énergie.

g) Continuité de la tension aux bornes d'un condensateur

Nous avons vu que, lors d'une charge ou d'une décharge, la tension aux bornes d'un condensateur
évoluait continûment (Fig. 4.4a et 4.5a). Ce résultat très général doit être attribué à l'énergie électroma-
gnétique d'un système physique macroscopique qui ne peut subir de discontinuité (cf. Électromagné-
tisme). Ainsi, comme l'énergie électrostatique d'un condensateur, Cu2cl2, la tension uc à ses bornes
évolue sans discontinuité.

h) Perte de mémoire du circuit

Le condensateur étant initialement chargé sous différentes tensions, il est intéressant de noter la
rapidité de la progression exponentielle vers la tension E d'alimentation. Au bout d'une durée égale à
quelques r seulement, la tension uc aux bornes du condensateur devient pratiquement E. Il est alors
impossible de retrouver l'état électrique du circuit avant la fermeture de l'interrupteur; on dit que le
système perd rapidement la mémoire de son état initial.
Autant pour la réponse indicielle que pour le régime libre, on constate que la tension E n'apparaît
pas dans la durée du régime transitoire ( ?« 3t ). En effet, cette dernière est indépendante de la différence
de tension entre l'état final et l'état initial. Ceci est dû à la nature exponentielle de l'évolution : quelle que
soit la tension à atteindre, la durée de charge est une grandeur intrinsèque du circuit. Notons la différence
avec les évolutions proportionnelles au temps que nous rencontrons souvent dans la vie courante.

Remarque : La disparition exponentielle du régime transitoire est une caractéristique des systèmes
linéaires (cf. annexe 1 ).

II.3. —Circuit RL

Analysons le circuit représenté sur la figure 4.6, constitué d'un résistor (résistance /? ) et d'une
bobine idéale (inductance L ) en série.

Ur
K

E L UL

Fig. 4.6.
Régimes transitoires 121

a) Equations du circuit

Écrivons la loi des mailles, sachant que l'interrupteur K est fermé à l'instant pris comme origine :

Ri + L— = EY(t) soit — + - = - Y{r)


dt ât 7 L

en faisant apparaître la constante de temps du circuit t = L/R.


Exemple : Avec /?=100n etL = 03lH3on obtient r = 1 ms .

b) Régime libre

Le régime libre // est caractérisé par l'équation différentielle homogène :

^ + - = 0 de solution ii{t) = Cte x exp f——1


àt t \ tJ

comme pour le circuit RC.

c) Régime établi

Le régime établi est donné par la solution particulière, stationnaire, de l'équation complète, laquelle
admet comme solution évidente :

d) Régime transitoire

On obtient le régime transitoire en superposant la réponse libre et la réponse établie :

/ t\ E
i{t) = ii + ie = Cte x exp j + ^

L'auto-induction dans la bobine s'oppose à toute variation brutale de l'intensité du courant ; ce dernier
évolue donc sans subir de discontinuité :

udt') df/
i{t) - i{0) = i(t) = 1
JQ L

Initialement, /(0) = 0. La constante est donc déterminée selon :

E E
0 = Cte H— soit Cte =
R R

d'où l'expression suivante de l'intensité dans le circuit RL :

,(r) =
f f1 " eX
P (~t).

ainsi que celle des autres grandeurs électriques :

et = =
uR(t} = Ri = E 1 — exp L'exp

Sur la figure 4.7, on a rassemblé les résultats obtenus pour i{t) et Ui{t).
122 4. Régimes transitoires

KO uiit)
E R EJ-

a) b)
FlG. 4.7.

e) Bilan d'énergie

Contrairement au circuit RC, la source de tension dans le circuit RL fournit constamment de


l'énergie.
En régime établi, la source débite le courant d'intensité I = E/R sous la tension d'où la
puissance électrique Ve^ délivrée par la source et la puissance Vj dissipée par effet Joule :

= EI Vj = -RI2 = -El

On voit qu'en régime établi la somme des ces puissances est nulle.
En régime transitoire, Ve,s ti Vj ont pour expressions respectives :

— I exp et Vj = - 1 exp
R R
Calculons la somme des travaux correspondants :
■pi fOO p-2 TE2
I [Pe,s + VJ]dt=- exp 1 — exp [ — dr —
R R ~ÏR = 2L = 2L'

Ce travail est précisément la variation d'énergie magnétique de la bobine entre l'instant initial où i = 0
et l'instant final où i = E/R .Le bilan d'énergie du circuit s'écrit donc :

= W. VF/

Ainsi, en régime établi, toute l'énergie fournie par la source est dissipée par effet Joule dans le ré-
sister; en revanche, durant le régime transitoire, la bobine emmagasine, sous forme d'énergie magné-
tique, une partie de l'énergie électrique fournie par la source.

f) Ouverture du circuit

À l'ouverture du circuit, le courant dans la bobine diminue et provoque l'apparition d'une force
électromotrice qui s'oppose à l'extinction brutale du courant. Une étincelle de rupture peut se former au
niveau de l'interrupteur. Si le courant est important, il est nécessaire de lui permettre de s'écouler dans
une autre branche du circuit. On peut alors utiliser une diode, montée en parallèle sur le circuit RL (Fig.
4.8). Dans ce cas, à la fermeture du circuit, le courant évolue en régime libre. Si l'on suppose la diode
idéale, le circuit obéit à l'équation différentielle :
Régimes transitoires 123

Initialement ?(0) = E/R = /.


K UR

e S L UL
î(B

FIG. 4.8.

En adoptant comme nouvelle origine des temps l'instant d'ouverture du circuit, les grandeurs élec-
triques évoluent selon (Fig. 4.9) :

iif) = /exp ^^ ui{t) = L— = —Eexp ^^ "/?(?) = Ri = Eexp ^^

On en déduit le travail dissipé par effet Joule dans le résister, lors du passage du courant :

W'j = f -Rfdt = f -RI2 exp ("Y') df


= -■R/24 =
"ii/2 =
~£m

Ainsi, l'énergie emmagasinée dans la bobine est entièrement dissipée par effet Joule lors du passage du
courant dans le circuit.

i(t)% ulU)

E R

0 b)
Fig. 4.9.

g) Continuité du courant dans une bobine

Lorsqu'on met sous ou hors tension une bobine, le courant qui la parcourt évolue continûment (Fig.
4.7 a et 4.9 a). Ici aussi, on attribue ce résultat très général à l'énergie totale d'un système physique qui
ne peut subir de discontinuité. Il en résulte que, comme l'énergie magnétique Li2(2 emmagasinée dans
la bobine, l'intensité du courant i qui la traverse évolue sans discontinuité.

II. 4. — Circuit RLC série

Sur la figure 4.10, on a représenté le circuit RLC constitué d'un résister, d'une bobine et d'un
condensateur en série (cf. chapitre 3).

a) Équations du circuit

On ferme l'interrupteur K à l'instant origine. Ecrivons la loi des mailles pour ce circuit en série
en veillant à l'orientation du courant afin que les charges s'accumulent sur l'armature de charge q du
124 4. Régimes Transitoires

cz>
o
o
o

«c
FlG. 4.10.

condensateur. Il vient :

=<
Ri + L^- + uc = EY{t) avec uc = ^ et i ~rL
Cl T Qt
Cette équation linéaire du deuxième ordre se met sous la forme canonique suivante :

u
ïïc-\- — ùc + c = (*>lEY(î) en posant COf et t* = —
Tp LC

b) Régime libre

Le régime libre iicj est solution de l'équation différentielle homogène :

d2Mc,/ , 1 , 2u n
+ c,i — 0
d t1 t„ d/

La solution dépend des racines de l'équation caractéristique que l'on obtient en cherchant des solutions
en exp(rr) :
r2 4- — + (4 = 0
Te
dont le discriminant a pour expression :

1
A 4
-1 OÙ Q — 0))T t
= 4- ^H4±!-lUW0 'O ' e / \4<22
est facteur de qualité du circuit (cf. chapitre 3). On est conduit à envisager trois cas suivant la valeur
du discriminant (cf. annexe 1).
1) C>l/2 (A<0): régime libre pseudo-périodique
L'équation caractéristique admet deux racines complexes conjuguées :

1 1 1/2
. 1 .
r, =-^ - -t-V]o)
iù)„a et r2 =
— -—-j(o
io)..a avec /»,.
o)a —= /wn
(o0 I[ lI - r I
2r, 2ts 4Q*

La solution de l'équation différentielle homogène peut se mettre sous les formes suivantes :

uc,i(t) = Z)exp cos(û>«r + 4>(l) ou Mc,/(0 = exp [Di cos(war) + D2 sin(^?)]

en désignant par D, (f)a,D\ et D2 les constantes d'intégration. L'évolution est dite


car l'amplitude des oscillations n'est pas constante au cours du temps mais décroît proportionnellement
au facteur exp(—^/2Te). Sur la figure 4.1 la, on a représenté le cas correspondant à la condition initiale
«c,/(0) = uq et i(0) = 0, c'est-à-dire [d«cy/ d /] (0) = 0 .
Régimes transitoires 125

Uc{t)' Q > 1/2 Uc{t)' ;

uc{0) uc{0)

Y\e< 1/2

\ \ I/2
0

/y 0 t
//

a) b)
FlG. 4.11.

2) Q < 1/2 (A>0): régime libre sous-critique ou apériodique


Les racines r\ et ig sont réelles et négatives :

1
1 1 / ^l/2
n = -—+p et •■, = -—-P avec 0=

La solution de l'équation différentielle homogène se met alors sous la forme (cf. annexe 1) :

«c,/(0 = exp(ri/:) + Dt exp(r2/) ou Mc,/(0 — ex


P 2—) cos
h(/S0 + D'2 sinh{/Sr)]

En pratique, on obtient ce régime en augmentant la valeur de R pour des caractéristiques données de la


bobine et du condensateur.
3) Q = 1/2 ( A = 0 ) : régime libre critique
L'équation caractéristique admet une racine double cq = —coq .La solution de F équation différentielle
homogène se met sous la forme (cf. annexe 1) :

«c,/ = {Dit+ D2) exp(—fuo?)

Le régime critique impose une relation précise entre R, L et C. Puisque Q = 1/2, alors
^0 = l/{2Te) = R/IL.
Les régimes critique et sous-critique sont apériodiques, comme le montre la figure 4.11b, dans les
mêmes conditions initiales que 4.1 la.
En électronique, on introduit souvent, au lieu du facteur de qualité Q, le facteur m appelé para-
mètre critique ou facteur d'amortissement, relié à Q par l'équation :

1 1
"î = :r~r =
2Q 2ù)oTe

Notons que la valeur singulière (2=1/2 correspond alors à m = 1 .


Exemple : pour un circuit RLC avec C = 2p.F, L = 0,5H eti? = 50fi,on trouve Te = 10 ms,
û>o = 1 000 rad.s-1 soit /o ^ 160 Hz , Q = 10 ou m — 0,05 . Le régime libre est pseudo-périodique.
On obtiendrait le régime critique avec R = Rc = 1 kfl.
126 4. Régimes Transitoires

c) Régime établi

Le système étant linéaire, lorsque l'interrupteur est ferané, le régime établi est la solution particu-
lière stadonnaire de l'équation avec son second membre ;

d llr e 1 d Ur e 0 o „ . _ „
' + OJ0 lie,6 = Ol>qE SOlt Uc.e = Cte = E
df Te d /

d) Régime transitoire

Le régime transitoire est la superposition de la réponse libre et de la réponse établie :

uc{t) = UcA1) + wc,eW = E>]_ exp(r]r) + D2exp(r2r) + E

Initialement, le courant dans le circuit est nul et le condensateur déchargé. A la fermeture de l'interrup-
teur, le courant dans la bobine et donc dans le circuit ne subit pas de discontinuité. Il en est de même
pour la tension aux bornes du condensateur. Les conditions initiales sont alors :

duç
wc{0) = 0 et /(O) = 0 soit (0)=0
dr
En explicitant ces conditions initiales, on trouve :
0 = Di + Dt + .E et 0 = r|Di+/*2D2

d'où les expressions suivantes de Dj et D2 :


f2 f'i
D\ = -E- et Dj = E-
r
2 - ri ri - ri

La nature du régime transitoire dépend de re et donc de Q . Sur la figure 4.12. on a représenté la tension
uc{t) et l'intensité i{t) du courant au cours du temps pour différentes valeurs de Q.
1) Régime transitoire pseudo-périodique
Pour Q> 1 /2, on a :
1
: joia et ro
''1 J^a
2r. 2r,
d'où:
E ( 1
et D5 = 1+
2ù)aTe -2 fe

"D Il en résulte :
O
C sm{(oat)
3 uc = E < \ — exp cos{cûat)
O 2r, 2Te(i)(l
(M
O
(M
uclr) Ô> 1/2 K*)
Q> 1/2
's_
>- ,0=1/2
CL
O /A
(J / Q<1 2
r\Q < 1/2

0=1/2

a) b)
FIG. 4,12.
Régimes transitoires 127

2) Regnne transitoire sous-critique ou apériodique


Pour Q < 1 /2, il vient :

-I- b et ro = — p avec B = coq

d'où:

Di = 1 et Dt = -Ç
2 V 2Br

Par conséquent :

sinh(/3r)
uc = E <1 — exp — cosh{/3t) +

3) Régime transitoire critique


Pour Q = 112, ri = ri = tq = —\ /(2r^) = —coq . Comme dans ce cas singulier :

uc = iD\î + Dj) expf-woO + E


les conditions initiales donnent :
0 = Do + £" et 0 = — omDo + D

les expressions de D) et Dj sont les suivantes :

D\ = —coqE et Di = —E
On en déduit :
lie = E[l — (loqî 4- 1) exp (—wqC]

e) Bilan d'énergie

Effectuons un bilan d'énergie en faisant apparaître les puissances instantanées consommées dans
chaque dipôle. On peut obtenir directement ce bilan d'énergie en multipliant l'équation différentielle
issue de la loi des mailles, par l'intensité i du courant :

« .9 di.
Ri E——i -p lie i — Ei
at

En tenant compte des relations uc = q/C et i = dq/dt, l'équation se met sous la forme explicite
suivante :

dr \2 C 2 J

Cette forme fait apparaître la puissance instantanée fournie par la source Ve,s = Ei, la puissance instan-
tanée dissipée par effet Joule dans le résistor Vj = —Ri2, ainsi que les énergies électrique £e = q112C
et magnétique Sm = Zi2/2, stockées respectivement dans le condensateur et dans la bobine. On a alors :

— (£e -P £m) — Ve^ + Vj soit A {Ee + £,„) — + Wj

en intégrant. Lorsque le régime stationnaire est établi, le courant dans le circuit est nul. La source
électrique ne fournit alors plus d'énergie. L'énergie magnétique de la bobine est nulle et le condensateur,
chargé, emmagasine l'énergie électrostatique £e = CE212.
128 4. Régimes Transitoires

Évaluons le travail total fourni par la source :

f00 f00 dur f o


Wes= Eidt = EC —±dt = EC duc = CE2
Jo Jo d/ Jq

On en déduit le travail total dissipé dans le résister :

CE2 CE2
Wj = £e- = - CE1 =

Ainsi, la moitié de l'énergie apportée par la source est dissipée dans le conducteur ohmique, le reste est
stocké dans le condensateur.
L'énergie électromagnétique du circuit évolue au cours du temps selon :

,duc
£em = Se + £m = -Cu2c + -Lr avec i= C
dt

En régime pseudo-périodique, l'énergie du circuit oscille entre la forme électrique et la forme magné-
tique. Les phénomènes dissipatifs amortissent cet échange au bénéfice de l'énergie électrostatique du
condensateur, au fur et à mesure que le courant s'atténue dans le circuit. Lorsque le courant commence
à circuler, le condensateur et la bobine emmagasinent de l'énergie ; quand l'intensité du courant dimi-
nue, l'énergie du condensateur continue d'augmenter, tandis que l'énergie magnétique de la bobine, elle,
décroît.
Dès que le courant s'inverse, l'énergie magnétique de la bobine augmente à nouveau. Le conden-
sateur se décharge, mais pas totalement, car la dissipation d'énergie dans le résister amortit le courant
retour (Fig. 4.13).

£em{t) em

- CE

f \y ,

Fig. 4.13.

II. 5. — Circuits linéaires quelconques

a) Méthode d'analyse

Pour un circuit linéaire quelconque, la recherche du régime transitoire s'effectue en plusieurs


étapes :
i) établissement des équations du circuit, à l'aide des lois de Kirchhoff,
ii) recherche des conditions initiales en précisant les grandeurs électriques de chaque dipôle, im-
médiatement après la fermeture du circuit,
iii) résolution des équations,
iv) vérification des solutions obtenues par comparaison avec l'état du circuit pour t infini.
Régimes transitoires 129

b) Exemple

Dans le circuit de la figure 4.14, aucun courant ne parcourt le circuit avant la fermeture de l'inter-
rupteur, et le condensateur est initialement déchargé. Intéressons-nous à l'évolution de la tension ««(r),
lorsqu'on ferme l'interrupteur.

'C
* T
1

UL

FlO. 4.14.

La loi des mailles donne ;


ur + ^ — EY{r) et ur = L—— + rii
C at
Avec la loi des nœuds :
. , . • • • dq Ur
le = + iR qui s écrit aussi iL = —
dt R
on obtient :
^ R
q = CEY{t) — Cu et. ,d2^
„R = L—-+
Ldu r
R , r---„ R

d'où, en dérivant la première équation pour / > 0 et en la combinant avec la seconde :

dq diiR d2 ur LduR „duR r


—— = —C—— et Ur = —LC ——r2 rC — —UR
dî dt dr R dt dt R

Finalement, on obtient, en ordonnant les différents termes :

d2 ur f r\ r-\-R Ur _
2
dr \RC Ljdt R LC~

Recherchons les conditions initiales M/?(0) et [dM«/d?](0). Immédiatement après la fermeture du cir-
cuit par l'interrupteur K, la tension aux bornes du condensateur reste nulle et aucun courant ne circule
dans la bobine :
Mc(0) = 0 et iL{0) = 0
On a alors :
uR{0) =-uc{0) + E = E et ,R(0) = /c(0) = C^(0) = C^7^(0) = -C^(0)=0
Il en résulte :
=
"/?{0) = E et ^

Compte tenu des conditions initiales, l'équation différentielle étant homogène et du deuxième ordre, en
régime pseudo-périodique, la solution se met sous la forme (cf. annexe 1) :

uR(t) = Eexp j) cos(^r) + —J— sm{û)at)


\ ^e) [ éTeCOa
130 4. Régimes Transitoires

avec ;
/ 1 rV1 1 [ A{r + R) ( 1 ^\211/2
Te ~ +
Zj et (i)a
~l RLC V.Zc +
Zj

La solution précédente conduit à ur(oq) = 0. On vérifie aisément que ce résultat est physiquement
acceptable. En effet, en régime stationnaire, le condensateur se comporte comme un coupe-circuit ; on
obtient alors un circuit RL qui s'amortit en régime libre, ce qui implique :

11
Z/?(oo) = 0 = SOit Ur{oo) = 0

II. 6. — Identification des systèmes linéaires


a) Contenu de la réponse indicielle
À première vue, la réponse indicielle renseigne sur la nature pseudo périodique ou apériodique du
régime d'évolution libre. Comme nous le verrons ultérieurement (cf. chapitre 15), son contenu est plus
riche encore, puisqu'il permet de reconstituer l'ensemble du comportement fréquentiel du système.
Pour identifier un système linéaire, on peut chercher à déterminer les n-\-\ coefficients de l'équa-
tion différentielle d'ordre n . Lorsque n = \ ou /? = 2, il est possible de détenniner graphiquement
les constantes de temps du système et de remonter ainsi aux coefficients de l'équation différentielle.
Les ordres plus élevés, mettent en oeuvre des méthodes plus complexes ayant recours aux transforma-
tions de Fourier (cf. annexe 2) ou de Laplace (cf. annexe 3), mais aussi à la modélisation.

b) Durée de réponse
La durée de réponse à x% est la durée tx% nécessaire à un signal pour atteindre (100 — v) % de
sa valeur finale d'équilibre à x% près.

s{OO)-s{Tx%) =

s (oo) — s (0)

Exemple : la durée de réponse à 5% d'un circuit RC, excité par une tension échelon, est la durée
nécessaire pour que la tension aux bornes du condensateur initialement déchargé, atteigne 95% de la
tension finale, c'est-à-dire 75% 3r = 3RC .

c) Durée du régime transitoire


On appelle durée du régime transitoire à x% , r!r, la durée de réponse à x% de la réponse indi-
cielle. C'est la durée au bout de laquelle la réponse libre du système est négligeable. Sans autre préci-
sion, nous désignerons ainsi la durée du régime transitoire à 5% .

d) Durée de montée
La durée de montée rm est la durée nécessaire à un signal pour passer de 10% à 90% de sa
valeur finale d'équilibre. On la relie simplement aux durées de réponse :

T — t
m — T10% 90%

De nombreux oscilloscopes analogiques présentent, sur leur cadran d'affichage, une échelle verticale
marquée de repères gradués 0%, 10%, 90% et 100% . Ces repères permettent de mesurer la durée de
montée. Pour cela, on décalibre la sensibilité verticale de manière à remplir l'échelle 0 — 100% . Avec les
repères horizontaux 10% et 90% on mesure Tm comme indiqué sur la figure 4.15. Les oscilloscopes
numériques disposent généralement d'une fonction de mesure de la durée de montée d'un signal.
Régimes transitoires 131

100
90

FlG. 4.15.

e) Systèmes du premier ordre

L'équation générale d'un système du premier ordre qui donne la réponse s{t) à une excitation
e(t), est la suivante :

T + =Aoe
^7 W

r est la «constante de temps» ou durée caractéristique du circuit et Aq le facteur d'amplification


On comprend pourquoi : pour s et e stationnaires, Aq est le rapport s/e.
Notons que les circuits RC et RL précédemment étudiés sont des circuits du premier ordre.
D'après ce qui précède, sachant que .v(0) = 0, la réponse .v(/) à un échelon e[î) = emY{t) est
donnée par :

s(î)=A0em l-exp^--^

La mesure de 5(00) permet d'accéder au facteur d'amplification stationnaire :

A0 = ^

Quant à la constante de temps r, elle est reliée à la durée de montée selon :

^15?9=0,9=I-exp(-^) et = q, 1 = 1 -exp
5 (oo) \ r / s (oo) V r /

On a donc Tio% = —t In 0,1, = —r In 0, 9 et finalement :

Tm — T 10% - t90% = t In 9 ^ 2,2 t

En pratique, il est préférable de mesurer la durée de montée à l'aide d'un oscilloscope et d'en déduire la
constante de temps, en divisant par 2,2. La méthode qui consiste à tracer la tangente à l'origine de la
courbe et d'en déduire r par intersection avec l'asymptote horizontale est déconseillée, car peu précise.
Elle conduit généralement à une surévaluation de r .
Enfin, remarquons que la constante de temps r s'identifie à la durée de réponse à 27% « 1/e, le
signal atteignant 63% de sa valeur finale.
132 4. Régimes Transitoires

Exemple : si la durée de montée d'un circuit RL est de 2,4 ms, la constante de temps correspon-
dante est r « 2.4/2.2 « 1,1 ms. La durée du régime transitoire (Fig. 4.16) est donnée par :

t =
5% In 0,05 = r In 20 « 3 r

C'est précisément ce que nous avons observé lors de l'étude expérimentale du circuit de la figure 4.1 :
T0h = 3 ms et r = 1 ms . Évidemment, si une précision de 1% est recherchée, la durée du régime
transitoire devient :
ri% — r In 100 « 4,6 r « 5 r

s{î)/s{oo)

0,90

0,63 -

3r
2,2r
Fig. 4.16.

f) Systèmes du deuxième ordre

L'équation générale d'un système du deuxième ordre, qui fait correspondre la réponse 5(4) à l'ex-
citation d'entrée e[i), est la suivante :

ld5 7 / \ 2 / \
—7 + -— + W5i(r) = (OoAoeit)
Cl t- Te d t

Aq étant le facteur d'amplification sîaîionnaire. Si la grandeur Te , homogène à une durée, est positive,
■a l'amortissement du régime libre est assuré : le système est stable.
o
c La réponse s{t) à l'échelon e{t) = emY{t) dépend de re et donc de Q .
û
fM 1) Si g > 1/2 (réponse indicielle en régime pseudo-périodique), s{t) s'écrit, sachant que
1—1 5(0) = 0 et 5(0) = 0 :
O
(N
© sin(<ua?)
s{t) = Aq em \ 1 - exp ( - cos(ct)n/') +
ai 2r. 2cf>(1T(j

a. avec :
o 1/2
u
^ — ^>0 ( 1 — et Q = CÛQTe
4Ô2
L'oscilloscope permet de mesurer la pseudo-période Ta . Il est souvent commode d'introduire le décré-
ment logarithmique A , défini expérimentalement comme suit :

s(t) — 5(00) 1 eXP


A = - In ^ In [ \ =
n 5(t + nTa) — 5(00) n \ exp [-(r + nTa)/(2re)] J 2re
Régimes transitoires 133

Les notations sont celles de la figure 4.17. On en déduit :


27r Tn
ùj„ — et tpe —
77 2A

s{t)
Q > 1/2
/¥\
Ai',
52
s(oo) h /t\A

0 t)

FIG. 4.17.

2) Si Q <1/2 (réponse indicielle en régime sous-critique), alors :

sinh(^r)
s(t) = Aq ein ^ 1 - exp - cosh(/3r)
2r, 2Tefi

3) si <2 = 1 /2 (réponse indicielle en régime critique), on trouve :

s(t) = Aq em [1 - {wot + 1) exp {-(OQt)]

En régime critique, la concavité de la courbe s(t) s'inverse au point d'inflexion rc = l/o>o qui définit
la constante de temps, en régime critique.

g) Systèmes d'ordre n supérieur à 2

La réponse indicielle d'un système d'ordre n > 2 est plus difficile à analyser. La solution se met
sous la forme d'une combinaison linéaire de réponses d'ordre 1 et de réponses d'ordre 2 (cf. annexe 1).
Deux observations peuvent être faites néanmoins :
i) le système est pseudo-périodique ou apériodique,
ii) le régime transitoire présente une durée caractéristique.
Par exemple, la figure 4.18 représente la réponse indicielle d'un système d'ordre 5 , superposition
de deux ordres 2 et d'un ordre 1 ; deux pulsations propres différentes sont présentes, ce qui se traduit
par une modulation de l'amplitude du signal.

s{t)

s{oq)-

Fig. 4.18.
134 4. Régimes transitoires

III. — ETABLISSEMENT D'UN REGIME VARIABLE

III. 1. — Circuit du premier ordre en régime harmonique

Dans le circuit de la figure 4.1, supposons l'interrupteur Ky fermé, à un instant pris comme origine. La
loi des mailles donne alors :
Ri-\-~ = iie{t)

ue désignant la tension sinusoïdale délivrée par la source : ue{t) — um cos(wr).


TI vient, en exprimant l'intensité i = Aq/d^ du courant dans le circuit en fonction de la tension
uc = q/C aux bornes du condensateur, et en introduisant r = RC :

duc , 1uc Um [ -,
— h — = -— COSicot )
dt T T

Le circuit est du premier ordre, puisque l'ordre de dérivation le plus élevé dans l'équation est un. La
solution de l'équation homogène ucj , c'est-à-dire le régime libre, s'écrit (cf. annexe 1) ;

«c,/(0 = Cte x exp

où Cte est une constante fixée par les conditions initiales. Le régime libre s'amortit donc d'autant plus
rapidement que la constante de temps r du circuit est faible, c'est-à-dire que R est faible.
Quant au régime établi, on l'obtient en recherchant une solution particulière de forme sinusoïdale.
En notation complexe (cf. annexe 1) :

d ur uc u . um
_j—x — —t avec u = um soit encore iir =
dt r r ~~m 1 + jù)T

On obtient finalement le régime établi uc,e (t) '■

Um sin
Uc,e(t) = Re{Mcexp ijcot)] = - — UmCOs{ù)t) + - +^t^2 (^0

On en déduit la solution générale de l'équation différentielle :

Cte x ex
uc{t) = Uc,i{t) + UcA*) = P + -—-7—7X Um cos{ù)t) + ^ - um sm{cot)
\ t/ I + I -H

Notons que la charge du condensateur et la tension à ses bornes évoluent sans subir de discontinuité :

q(t)-q{$)= f i^dt'
Jo

Le condensateur étant initialement déchargé, la condition initiale Mc{0) — 0 conduit à :

0 = Cte -t- 7—77 soit Cte - — 7—77


1 + {(OT)2 1 + (cot)2

Finalement, on obtient :

«c(0 = r-—7—77 um [cos(<ut) - exp f--)] + . , ^ ,7 u,n s\n(ù)t)


l + ((otV l V r/- i + {(otY
Régimes transitoires 135

III. 2. — Circuit du premier ordre alimenté par des signaux carrés

Reprenons le circuit RC de la figure 4.1 en l'alimentant par une source de tension qui délivre des
signaux carrés symétriques (de rapport cyclique 1/2 ), c'est-à-dire dont la durée r/2 des alternances
positives est la même que celle des alternances négatives, T étant la période. On suppose qu'initiale-
ment le condensateur est déchargé.
La tension uc aux bornes du condensateur évolue au cours de chaque demi-période selon un arc
d'exponentielle. L'intensité i du courant électrique, proportionnelle à la tension ur — rdwc/dt aux
bornes du résistor est, elle, discontinue.
En pratique, plusieurs cas se présentent, selon la fréquence / = l/T des signaux carrés d'entrée,
comme le montrent les figures 4.19 et 4.20. Ces dernières correspondent au cas concret où R = 2 kfi et
C = 100 nF, d'où la constante de temps r = 0,2 ms qu'il convient de comparer à différentes périodes
du signal délivré par la source d'alimentation : 6 ms , 0. 8 ms et 67 (jls respectivement inverses des
fréquences 167 Hz, 1,25 kHz et 15 kHz.

uc{t) f = 167 Hz f= 1,25 kHz / = 15 kHz


Um

Un
3r
15r
a) b)
FIG. 4.19.

167 Hz i{t) / = 1,25 kHz i(t) / = 15 kHz

Um
~R
L.

4 -►
15r 21
a) b) c)
FIG. 4.20.

1
i) Basse fréquence (/ -C (2r) ou J,/2 >■ r )
Le régime établi est atteint au cours de chaque demi-période. La réponse du système est une suc-
cession de réponses à des signaux échelons. Le condensateur se charge et se décharge entièrement dans
le résistor. La tension aux bornes du condensateur est proche de celle imposée par le générateur de si-
gnaux carrés à sa sortie. Le courant électrique circule par alternances impulsionnelles, pendant la durée
d'une charge ou d'une décharge du condensateur, soit environ 3t .
136 4. Régimes Transitoires

1
ii) Fréquence intermédiaire (/ ~ (2r) ou 7/2^7)
Une demi-période est trop courte pour établir un régime forcé ; comme les arcs d'exponentielles ne
sont pas achevés, le condensateur ne se charge que partiellement. Le signal est fonné d'une succession
de régimes transitoires et devient périodique après quelques r.
iii) Haute fréquence (/ (2r)_1 ou 7/2 C t )
Les arcs d'exponentielles n'ont pas le temps de se développer et sont proches de droites, dont
les pentes sont alternativement positives et négatives. La tension lic ressemble à des signaux triangu-
laires et l'intensité du courant à des signaux carrés. Le condensateur se charge très peu, la tension à ses
bornes tic = q/C est donc d'autant plus faible que la fréquence est grande. On retrouve le compor-
tement en court-circuit du condensateur en haute fréquence. Le régime variable ne s'établit qu'après
amortissement du régime libre, c'est-à-dire sur environ 3t , ce qui représente plusieurs périodes de la
source. On observe un régime transitoire au cours duquel la composante stationnaire de la tension trian-
gulaire uc s'amortit progressivement.
V
Remarque : A basse fréquence, la tension aux bornes du résistor est proportionnelle à la dérivée de
la tension d'alimentation du circuit. À haute fréquence, la tension aux bornes du conden-
sateur est proportionnelle à l'intégrale de la tension d'alimentation du circuit. Nous pré-
ciserons ultérieurement ce comportement lors de l'étude des filtres du premier ordre (cf.
chapitre 6).

III. 3. — Circuit du deuxième ordre alimenté par des signaux variables

Dans un circuit du deuxième ordre, la forme des signaux dépend de la valeur du facteur de qualité
Q. La figure 4.21 représente graphiquement l'évolution de la tension uc aux bornes du condensateur
d'un circuit RLC série, pour deux régimes :
i) en signaux carrés, basse fréquence, pour un régime pseudo-périodique Q = 1,92.
ii) en signaux sinusoïdaux pour un régime apériodique Q = 0,45 .

uc{t) ô= 1,92 0 = 0,45

a) b)
FIG. 4.21.

IY. — APPLICATIONS

IV. 1. — Réalisation de tensions en dents de scie

Il est possible de réaliser une tension en dents de scie, à partir d'un générateur délivrant des signaux
carrés, à l'aide d'une cellule RC convenablement calculée, travaillant, sur chaque période, en régime
transitoire (Fig. 4.22).
Régimes transitoires 137

Le condensateur subit une succession de charges et de décharges. Le circuit du premier ordre


est caractérisé par la constante de temps r = RC. Si r est grand devant la période T des signaux
carrés, les arcs d'exponentielles n'ont pas le temps de se déployer. On observe en sortie des signaux
triangulaires.
Le calcul des valeurs R ei C dépend de la fréquence f = 1/7' des signaux d'entrée iie. En pratique,
t > 2T convient. Pour / = 10 kHz, C = 220 nF et r = 27, on trouve la valeur suivante de la
résistance :
_ r _ 27 _ 2 2
R
~C~~C~Cf~ 220 x 10-9 x 10 x 103 ^

Ue C Us

7777 7777
FlG. 4.22.

IV. 2. — Circuit détecteur de crêtes

On sait qu'un circuit électrique linéaire perd la propriété de linéarité s'il comporte une diode. La
recherche de régime transitoire fait apparaître plusieurs cas qui correspondent aux états passant et bloqué
de la diode.
Considérons le circuit de la figure 4.23a dans lequel la diode est supposée idéale, c'est-à-dire
sans tension de seuil ni résistance dynamique. La source électrique délivre une tension sinusoïdale,
de fréquence / = &>/{27t) — 1/7, à partir de l'instant fo = —7/4, ce qui s'écrit à l'aide de la fonction
d'Heaviside :
ue — Y (V — /q) um cos (tôt)

i) Lorsque la diode est passante, la tension à ses bornes est nulle, et la tension aux bornes du circuit
RC parallèle est identique à celle de la source :
due ue
llC — ue l — le é- Ir — C-
dt R

.Ue,Uc

■r . ■
r i "c iK^c /
i q ' /
UR R uc 11 \ M
G 1 ^ »
C
0 t\ \ fîl \ t
\ Ue / \
T
\ / \

a) b)
Fig. 4.23.

ii) Lorsque la diode est bloquée, c'est-à-dire polarisée en inverse, la tension aux bornes du circuit
RC parallèle est supérieure à la tension de la source. Aucun courant ne traverse la diode. Le circuit
évolue en régime libre et la loi des mailles fournit l'équation :
d lie
uc > u. avec RC h «r = 0 et i=0
dt
138 4. Régimes transitoires

Analysons le comportement du circuit au cours du temps. À l'instant r = ro, le condensateur est


déchargé, uc = 0. Lors du premier quart de période, la tension ue de la source est croissante. La diode
est passante et l'intensité i du courant est positive ; une partie ic = Céucj d / = C duel dt charge le
condensateur et l'autre îr = iie/R s'écoule dans le résistor. À l'instant r = 0, la tension ue décroît.
Le condensateur commence à se décharger et ic < 0. Lorsque Ïr ic = i = 0, h l'instant q , la
diode se bloque et la tension de la source continue de décroître. La tension uc devient supérieure à ue.
Le condensateur se décharge en régime libre, jusqu'à ce que la tension de la source, à l'instant ^ » soit
suffisante pour qu'il se charge à nouveau. La diode se bloque à l'instant t\ tel que :

diie
i = C- 0
~â7 f =
ce qui donne :

rwsin (ruq) = cos (wii) soit tan{wri) = —


TCO
La tension aux bornes du condensateur évolue alors en régime libre :
d Uc „ . . . t — t\
r— uc — 0 soit ucit) = um sxp cos {toti ) avec r = RC

L'annulation du courant impose à l'instant f| des tangentes identiques pour les courbes ue(t) et uc{t).
Puisque rusin {cot\) = cos {W|) /r , il vient :
d Uc / \ Ufll y . d Ug y . • / \ tlfjl y •.
——(q) = cos(w/i) et ——[ti) =—umù)sm{û)t\) = cos(aif|j
d/ r dr r
Le condensateur recommence à se charger à partir de l'instant t2 , pour lequel les tensions sont à nouveau
égales uc(t2) = ^(/h) -
Une application intéressante de ce montage est souvent utilisée lorsque t T, c'est-à-dire lorsque la
pente de décharge du condensateur est faible (Fig. 4.23b). Le signal en sortie épouse alors l'enveloppe
du signal d'entrée, d'où le nom de circuit détecteur d'enveloppe ou de crêtes (cf. chapitres 9 et 16).

IV. 3. — Lissage d'une tension redressée

Les régimes transitoires sont utilisés dans le lissage d'une tension redressée afin d'obtenir une ten-
sion proche d'une tension stationnaire. Supposons la diode parfaite dans le montage de la figure 4.24a.
La tension d'entrée du circuit est une tension redressée en double alternance de forme ue = uin \ s\n{cot) \
(Fig. 4.24b).

Ue, Wç
B
dZ
r A D
R C I Uf

7777"
a) b)

FIG. 4.24.

Supposons que le condensateur soit en charge, ic > 0, d'où la tension croissante us à ses bornes
dï/y
lC — C—;— > 0
dr
Régimes transitoires 139

La diode débite le courant d'intensité i = ic+ô?, et donc us = ue (portion AB). Lorsque us commence
à décroître, le condensateur se décharge. On a alors ic < 0 (portion BC). La diode cesse de suivre et
se bloque dès que le courant d'intensité —ic, fourni par le condensateur, est suffisant pour alimenter la
résistance, c'est-à-dire lorsque i s'annule :
n
i=0 soitt ■ = —ic
in • et» donc
i — = — C-.dw^
-
R dr
ce qui se produit, sur la première alternance, à l'instant tc tel que :
1
um sin{(otc) = RC umcocos{(otc) soit tc — — arctan (tco) avec r = RC
O)
Une fois bloquée, la diode ouvre le circuit et le condensateur se décharge transitoirement dans la ré-
sistance R (portion CD). La diode redevient passante lorsque us = ue et le condensateur se charge à
nouveau. Un lissage s'opère donc grâce à une succession de régimes transitoires.

IV. 4. — Allumage des moteurs à explosion

Le fonctionnement du système d'allumage des moteurs à explosion est donné sur la figure 4.25.
L'objectif est d'obtenir, à partir de la tension stationnaire de 12 V fournie par la batterie du véhicule,
une tension suffisamment élevée, afin de produire une étincelle dans les bougies et ainsi de provoquer la
combustion du mélange carburant-air.

Bougie
Batterie

FlG. 4.25.

Initialement, l'interrupteur Ai est fermé ; le courant dans le circuit 1 est stationnaire, i{jS)=E/r.
Lorsqu'on l'ouvre, le courant s'écoule dans le condensateur qui se charge, et son intensité dans le cir-
cuit du second ordre oscille. Pour obtenir une tension élevée dans le circuit 2, aux bornes de la bougie,
on utilise un transformateur élévateur de tension, en pratique un solénoïde plongeur (cf. Elecîromagné-
tisme).

V. — UTILISATION DE LA TRANSFORMATION DE LAPLACE

V. 1. — Méthode

L'utilisation de la transformation de Laplace pour la résolution des équations d'un circuit linéaire
se révèle d'une grande efficacité technique. Les opérateurs de différentiation se transforment en multi-
plication par la variable symbolique p . Pour les signaux fondamentaux, tels qu'un échelon, une sinu-
soïde, une impulsion, l'équation du circuit se ramène à une fraction rationnelle. La décomposition en
éléments simples permet d'obtenir la transformation inverse, en utilisant la table de transformation des
fonctions usuelles (cf. annexe 3).
Pour un système initialement au repos, les conditions initiales d'une grandeur qui ne subit pas de
discontinuité s'expriment simplement. En effet, si à l'instant initial /o+ = Qui succède immédia-
+
tement à l'établissement du régime, le signal ^(0 ) reste nul, la transformée de Laplace de sa dérivée
140 4. Régimes Transitoires

s'obtient par simple multiplication par p de sa transformée de Laplace S(p) :

TL
{^w} =;?%)-^0+) soit tl{^W}=^{P)

V. 2. — Application à la réponse indicielle

Considérons un système linéaire, d'ordre n , initialement au repos et supposons les dérivées succes-
sives du signal s{t) continues jusqu'à l'ordre w—1. Si le signal d'entrée est un échelon, e{t) — emY (t),
l'équation de ce système se réduit à :

dk s d5 ....
a
k + ■ ■ • + ai — + rïo s{t) — emY(T)

La transformation de Laplace de cette équation donne, avec des conditions initiales nulles :

akPk S{p) + \-alp S{p) + ao S{p) = —

S{p) =
p(pkcik H ai + «o)

a) Systèmes d'ordre 1

L'équation d'un système du premier ordre, excité par un échelon, s'écrit :

ds
r— +s(/) = Aq em Y(f)

En prenant la transformation de Laplace de ses deux membres, on obtient :

s(p) SW=Aoe puisque p(/?r + 1) p pr + 1


= ^ "'G"^Ti)

par décomposition en éléments simples. On retrouve alors, par transformation inverse, le résultat déjà
établi :
S(t)=Aoem 1 — exp

h) Systèmes d'ordre 2

De même, l'équation d'un système, du deuxième ordre, excité par un échelon, s'écrit :

à~ s 1 Q.
d iSs
2
+ + 0)1 s{t) = Ao 0)1 em Y(/)
dt rP dt

ce qui donne, en prenant la transformée de Laplace :

S{p) = Aoem
P (P2 +p/Te + col)
Régimes transitoires 141

En décomposant en éléments simples le membre de droite, on obtient, selon la valeur du facteur de


qualité Q = ù)QTe , avec les notations habituelles :

1 l/(2Te) l/(2r.)
pour Q > ^ S{p)= Aoc,
2
P ^+1/(2T,)] + W2 1^+I/(2T,)]2 + ^

S = A e 1 P + l/rg
pour ô ^ ip) ^ m
P [P + l/(2re)]2 — P2

1 1
pour Q = - S{p) = A^e,
p p+ (j? + ù)0y

La transformation inverse permet de retrouver les relations déjà établies relatives au régime transitoire
(Fig. 4.26) :
1 t 1
pour Q >
.(/) COS (ùJat) sin {coat)
2 2re 2Teù)a
1 t 1
pour Q <
s{t) cosh (/3f) + sinh [fit)
2 2t.
1
pour Q s{t) = Aoem [l - (1 + ^o?) exp (-wq?)]
s(t)
~ 2

s(î)
«2=1

0=1/4

0=1/2

(Ont
FIG. 4.26.

V. 3. — Réponse impulsionnelle

a) Signal impulsion

Physiquement, une impulsion est un signal dont la durée r est très courte devant les constantes
de temps du système et dont l'amplitude est inversement proportionnelle à r . On la représente à Laide
d'un pic de Dirac noté d(t) (cf. annexe 2) et relié à la fonction d'Heaviside par l'équation :

dY
5(r) =
df

Remarques : 1) Il est impossible de réaliser physiquement un pic de Dirac ; cependant, il est possible
de s'en approcher, par passage à la limite de fonctions, par exemple la fonction rect(r)
(cf. annexe 2) :
8{t) — lim - rect (
r—*0 T \TJ
\ T.
2) Le dirac S(t) a la dimension de l'inverse d'une durée.
142 4. Régimes Transitoires

b) Application aux systèmes

La transformation de Laplace permet de calculer simplement la réponse impulsionnelle, c'est-à-


dire le régime transitoire de ce circuit lorsqu'il est excité par une impulsion. En effet, on a, au sens des
distributions :

TL {5(0} = TL { ^|i= pTL {Y(0} = P X 1

Un système linéaire soumis à l'impulsion e{t) = S{t), où d? est une constante homogène à un flux
électrique, produit d'une tension par une durée, a pour équation :

dks d.? .. , s
+
^ d/* H «i — + «o-<0 = ^ 8{t)

En prenant la transformation de Laplace des deux membres de l'équation, le système devient :

akpkS{p) ai pS(j.i) +aoS{p) = <£> d'où S{p) = —


pKa + h p<3| + «o

c) Circuit du premier ordre

Pour un circuit du premier ordre, par exemple un circuit RC série, alimenté par une impulsion de
tension d>5(r), l'équation précédente donne, si le signal de sortie est la tension «cW ^ux bornes du
condensateur :

u
c(p) = y^-t

Le régime transitoire, c'est-à-dire la réponse impulsionnelle du circuit, s'obtient par transformée de


Laplace inverse :

«cW = fexp (-t)

Remarques : 1) La discontinuité de uc{t) en r = 0 est due au modèle théorique de l'impulsion qui


suppose l'apparition d'un courant infini, ce qui est physiquement exclu.
2) Dans le cas simple du système linéaire précédent, il est possible de calculer aisé-
ment le régime transitoire, sans recourir au formulaire de la transformation de Laplace
(cf. annexe 3). En effet, on sait que, pour f > 0, l'équation différentielle linéaire du pre-
mier ordre admet pour solution iis{î) — Cte x exp(—f/r). Pour calculer la condition
initiale, il suffit d'intégrer l'équation différentielle de ce système autour de l'instant ori-
gine :

^ 5(r) donne J dr = J d?8{t)dT

soit, en effectuant :

r dw, = dW —df = <E) / d Y = <I>


Jo- Jo- ^r Jo-

Comme Mj(0 ) ^ 0 , on en déduit «5(0+) = <&/r .


Régimes transitoires 143

CONCLUSION

Retenons les points essentiels.

1) Le régime transitoire est la superposition de la réponse libre et de la réponse établie. La réponse


libre est solution de l'équation différentielle homogène et la réponse établie une solution particulière de
l'équation différentielle avec son second membre. Les constantes qui interviennent dans l'expression de
la réponse libre sont déterminées par les conditions initiales.

2) La tension aux bornes d'un condensateur évolue sans subir de discontinuité en raison de la
continuité de l'énergie électromagnétique. De même, le courant électrique qui traverse une bobine évo-
lue sans subir de discontinuité.

3) La réponse indicielle d'un système permet d'évaluer ses constantes de temps. Un signal carré de
tension [0 — «,?,] peut être considéré comme une répétition de signaux échelons si sa période est grande
devant les constantes de temps du système.

4) L'équation différentielle d'un système linéaire stable du premier ordre se met sous la fonne :

r + 5= Aoe
57 ^

La constante de temps r du système est reliée à la durée de montée par r « tm/2y 2 .

5) L'équation différentielle d'un système linéaire stable du deuxième ordre s'écrit :

d2 s 1 d.v 9 . , 2 , . ,
+ w
TT/T
ci r ^ Te 77
Qt 0'ç(r) —

Le régime libre est pseudo-périodique si Q = coo^e > 1/2 et apériodique si 0 < 1/2,

6) La transformation de Laplace présente un intérêt technique dans la recherche du régime transi-


toire d'un circuit linéaire.

EXERCICES ET PROBLÈMES
c
Û
(M
T—1
P4-1. Durée de montée d'un circuit RC
(5)
Un condensateur, de capacité 1 pP, monté en série avec un résistor, est alimenté par une source
de tension stationnaire de 6 V . La figure 4.27 représente l'écran d'un oscilloscope à mémoire, obtenu
après la mise sous tension du circuit, avec un balayage de 1 ms • div~1 .
u
1. Calculer la valeur de la résistance du circuit ?

2. Quelle est l'énergie emmagasinée dans le condensateur à l'issue du régime transitoire ?

3. Comment mesurer la durée de montée si l'on ne dispose pas d'un oscilloscope à mémoire ?
144 4. Régimes Transitoires

100
90

10
0

Fig. 4.27.

P4- 2. Réponse indicielle d'un circuit RL

Une bobine, d'inductance 50 mH, est alimentée par une source de tension stationnaire de f.e.m
12 V et de résistance interne 50 Û. L'enroulement de la bobine présente une résistance de 5 0. On
ferme le circuit à l'instant initial / = 0.

1. Etablir l'équation différentielle donnant l'intensité i du courant électrique.

2. Comment évolue la tension ue aux bornes du générateur ?

3. Effectuer un bilan d'énergie et calculer l'énergie dissipée, lors du régime transitoire, pendant
une durée égale à trois fois la durée caractéristique du circuit.

P4- 3. Décharge d'un condensateur dans un autre condensateur

Un condensateur, de capacité Ci = 20 nF, a été chargé sous une tension stationnaire de 3 V par
le biais d'un interrupteur à deux positions (Fig. 4.28).

1. L'interrupteur est en position 1. Calculer la charge Qi du condensateur et F énergie électrique


£i qu'il emmagasine, lorsque le régime est établi.

2. On bascule l'interrupteur en position 2 . Le premier condensateur se décharge dans un second


condensateur, de capacité C2 - Comment évoluent les tensions u\ et 112 aux bornes des condensateurs ?

3. Quelle est l'énergie 82 du second condensateur, de capacité 0,1 jxF ? Calculer l'efficacité
rj = £2/Es du transfert d'énergie de la source Es vers le second condensateur.

4. Quelle aurait été l'efficacité du transfert d'énergie dans ce condensateur, si les deux condensa-
teurs avaient été de même capacité ?

P4- 4. Oscillations de relaxation avec un tube au néon

Un tube au néon s'allume lorsque la tension à ses bornes dépasse «/, = 60 V ; sa résistance est
alors r — 90 11. Le tube s'éteint si la tension descend en dessous de Lih = 50 V, car sa résistance
devient alors très importante. Le tube est incorporé dans le circuit de fonctionnement de la figure 4.29,
dans lequel E = 100 V , i? = 1 kO et C = 2 jjlF .

1. Établir les équations différentielles qui traduisent l'évolution de la tension aux bornes du tube.
On considérera successivement le tube au néon éteint puis allumé.
Régimes transitoires 145

1 2 Tube au néon
•- r
5)
c
u\ C,
E V c2 U2
1
R
UR R
UR

FIG. 4.28. FIG. 4.29.

2. Montrer que la tension lie aux bornes du condensateur oscille avec la période :

T = TR]n
\E-uhJ \ET/TR-UbJ
tr et r étant deux durées que Ton déterminera. Calculer la valeur de la période de ces oscillations de
relaxation.

: vje
P4- 5. Décharge d'un condensateur dans un circuit RLC ^é

Dans le circuit de la figure 4.30, le condensateur 1, de capacité Ci , porte initialement la charge


Qi = 10-5 C . Le condensateur 2 de capacité C2 est déchargé ; en outre, C| = 100 nF, C2 = 220 nF,
L = 50 mH et R est réglable de 100 fi à 1 kfi.

1. Établir l'équation différentielle d'évolution de la charge qi (t) du condensateur 1.

2. Résoudre l'équation précédente pour R = 400 fi . Étudier l'évolution de l'intensité i du courant


dans le circuit.

3. Comment éviter les oscillations ?


UR

r"C lL
ic \ r
C, C2 \ o
c L

UL
FlG. 4.30. Fig. 4.31.

P4- 6. Circuit RLC parallèle

Sur la figure 4.31, le condensateur est initialement déchargé et aucun courant ne circule dans les
branches du circuit. A l'instant initial, on ferme l'interrupteur ; la source délivre une tension stationnaire
£, C — 10 nF, L = 40 mH, R — 5kÙ et r= IkO.

1. Quelles sont les valeurs de Îr , ic , ii, h et ur, immédiatement après la fermeture de l'inter-
rupteur ? Que deviennent-elles en régime établi ?

2. Déterminer l'équation différentielle d'évolution de la tension ur. Calculer le facteur de qualité


Q et la constante de temps du circuit.

3. Résoudre l'équation différentielle précédente.

4. En déduire l'évolution temporelle de toutes les grandeurs électriques, intensités et tensions, du


circuit.
146 4. Régimes Transitoires

P4- 7. Trains d'impulsions rectangulaires dans un circuit RC

Un circuit RC série est alimenté par une source de tension qui délivre des signaux rectangulaires,
de période T = 0,1 ms. La tension délivrée est E = 10 V, en début de période sur la durée ah T,
ah = 0,3 étant le rapport cyclique, et 0 V le reste de la période. On suppose la durée caractéristique
r = RC = 10 ms du circuit très grande devant la période T de la source de tension. Le condensateur
est initialement déchargé.

1. Calculer les valeurs de la tension tic aux instants q = ahT et ^ — T . Le régime est-il établi
à l'issue de la première période ?

2. Établir une relation entre les tensions minimale et maximale, aux bornes du condensateur, res-
pectivement, n étant un entier, = uc{nT) et Umaxin) = uc{nT + o^T),

3. Exprimer et umax(n) en fonction de n , T, r et £ . On remarquera que le terme général


de la suite = aiik + b s'écrit = akUQ + è(l — cik)/{l — a).

4. Quelle est la durée du régime transitoire ? Commenter.

5. Calculer le taux d'ondulation {umax — «,„,„)/£.

P4- 8. Inductance alimentée en simple alternance

Une bobine, de résistance interne r, est alimentée, à travers une diode supposée parfaite, par une
source de tension sinusoïdale d'amplitude um et de pulsation a) : u-e = umsm{o)t) (Fig. 4.32).

1. Étudier l'évolution du courant dans le circuit.

2. Quelle est la durée du passage du courant par période? La calculer à l'aide d'un micro-
ordinateur, pour L = 100 mH, r = 10 Q et / = 50 Hz .

FIG. 4.32. Fig. 4.33.

: vveb
P4- 9. Diode de délestage ou diode de « roue libre » ^

Dans le circuit de la figure 4.33, les diodes sont supposées idéales et la source délivre une tension
sinusoïdale d'amplitude iim et de pulsation m : iie — umûïi(o)t).

1. On désigne par /'o l'intensité du courant dans la bobine, à l'instant initial. Quelle est l'intensité
du courant à l'instant t = T = 2tt jco ?

2. Calculer îq en régime établi pour L = 100 mH , r = 100 O,, f = 1 kHz et um = 24 V .

3. En s'appuyant sur une analogie mécanique de roue de bicyclette entraînée par un pédalier, justi-
fier l'appellation de diode de « roue libre ».
Régimes transitoires 147

P4-10. Circuit RC parallèle

Le circuit de la figure 4.34 est alimenté par une tension sinusoïdale ue = um cos{cot). Initialement,
le condensateur est déchargé et aucun courant ne circule dans le circuit.

1. Quelles sont les conditions initiales sur les grandeurs électriques du circuit immédiatement après
la fermeture de l'interrupteur?

2. Établir et résoudre l'équation différentielle d'évolution de la tension uc ■

3. La fréquence de la tension d'alimentation est / = 2 kHz et son amplitude vaut 6 V. Sachant


que /? = 10 kQ et C = 100 nF, sur combien de périodes s'étend le régime transitoire ?

ic
'1
R c: Uc

Fie. 4.34.

P4-11. Impulsions dans un circuit RLC

Un circuit RLC série est alimenté par des impulsions de tension <3><5(r) et de fréquence
/ = 1 kHz ; en outre, C = 0,2 pF, L = 2 mH et R = 5 kfi.

1. Déterminer l'équation différentielle d'évolution de la tension uc aux bornes du condensateur.

2. Résoudre l'équation précédente. Le régime établi est-il atteint entre deux impulsions succes-
sives ?

P4-12. Sonde d'un l'oscilloscope

La voie d'entrée d'un oscilloscope peut être représentée par l'association en parallèle d'un conden-
sateur Cos = 25 pF et un conducteur ohmique de résistance Ros = 1 Mfi . Introduit dans un circuit,
l'oscilloscope peut en modifier significativement les caractéristiques. On observe alors des signaux dé-
formés. Pour pallier cet effet indésirable, on utilise une sonde de compensation qui prélève le signal du
circuit, et dont les caractéristiques sont données sur la figure 4.35.

H Oscilloscope

C*

Ros

Sonde

FlG. 4.35.

1. Etablir l'équation différentielle d'évolution de la tension u0 en fonction de ue .


148 4. Régimes Transitoires

2. Quelle condition doit être réalisée pour avoir uox(t) — Kue{t) ? Préciser la valeur de K. On
désigne alors par Cso la valeur de la capacité de la sonde.

3. On règle la sonde compensatrice, à l'aide d'une tension échelon. En pratique, on utilise un gé-
nérateur de signaux carrés. Quelle gamme de fréquence doit-on choisir ?

4. Établir la relation entre les transformées de Laplace TL {w(W} et XL {we} ■

5. On dit que la sonde est sur-compensée lorsque Cos > Cso . Quelle est alors la valeur de u0
immédiatement après le début du régime transitoire. Même question pour une sonde sous-compensée
r ^
^OS < C^SO '

6. Donner l'allure du signal uos(t) observé à l'oscilloscope, pour une sonde sur-compensée, une
sonde compensée et une sonde sous-compensée.

T!
O
C
3
Û
rsi
O
(N
(5)
4-1
JZ
"s_
>-
CL
O
U
5

Théorèmes de base dans

l'analyse des réseaux linéaires

L'analyse des circuits par application directe des lois de Kirchhoff s'avère souvent très laborieuse,
surtout lorsqu'on ne s'intéresse qu'à l'état électrique d'une seule branche, précisément à la tension entre
ses deux nœuds et à l'intensité du courant qui y circule. Lorsque les circuits sont linéaires, il est possible
et commode de remplacer le reste du réseau soit par un générateur de tension soit par un générateur de
courant. Si l'on souhaite déterminer l'état électrique de l'ensemble du réseau, c'est-à-dire l'ensemble
des courants et des tensions, la linéarité du système d'équations à résoudre suggère fortement d'utiliser
le calcul matriciel, en s'aidant de méthodes numériques (cf. annexe 6).

I. — THÉORÈMES DE BASE

Le premier des théorèmes de base des circuits linéaires est le théorème de supeiposition. Il permet
d'établir tous les autres.

1.1. — Théorème de superposition

a) Relation linéaire

La mise en équation d'un réseau, constitué de dipôles linéaires, par application des lois de Kir-
chhoff, conduit à un système d'équations linéaires dont les seconds membres sont des combinaisons
linéaires des termes de source, forces électromotrices (f.e.m) ou courants électromoteurs (c.e.m) sta-
tionnaires et 2* (iota majuscule) ou variables et i(t) (iota).
Nous supposons ces sources indépendantes, c'est-à-dire que leurs caractéristiques ne dépendent
d'aucune intensité ou tension du réseau. Ainsi, l'état électrique du circuit représenté sur la figure 5.1a,
qui est alimenté par les sources stationnaires de tension E et de courant X, satisfait aux deux équations
de mailles suivantes :

E = RyJ\ + R{J\ -f L) et 0 = R(J{+h)+R2h-Rï{X-h)

ce qui donne, en regroupant les différents termes ;

£={/?,+/?)/,+i?/2 et R^X = RI] +{R+R2+R3)h


150 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

Ce système peut se mettre sous la forme matricielle suivante :

[S] = [R][I]

où les matrices « source », « résistance » et « intensité » ont pour expressions respectives

E R\+R R
[S] [*] = et [/] =
R3I R R R2 R3

-^1 A ^2 E R\ A ^2

/1 h

R R
R3 R3
B B }-

-CD- X ■Ox

a) b)
Fig. 5.1.

L'état électrique de ce réseau peut être considéré comme la superposition de deux états :
i) le premier a admet 1les courants l\a) et , lorsque les générateurs se réduisent à la f.e.m E,
soit [S^j = [R] [/^-)] avec :
ria)
[S^] = et [/(")] =
r(«)

H) Le second (3 admet les courants et , lorsque les générateurs se réduisent au c.e.m X,


soit [S^] = [X] [T'bbj avec :

0 rih)
[s(/3)] et [7^] rU)
R3I

En sommant les deux équations matricielles [5'^^] = [R] [/^] et [S^] = [7?][/^] on restitue l'équa-
tion matricielle initiale :

[s'"'] + [S<«] = [«]([/<"'] +[/<«]) qui donne bien [S] = [/?] [7]

h) Énoncé du théorème de superposition

En raison des équations linéaires qui relient les courants dans les différentes branches d'un réseau
linéaire, comportant des sources de tension et de courant, le théorème de superposition s'énonce ainsi ;
le courant produit dans une branche par un ensemble de générateurs indépendants est la somme des
courants produits par chacun d'eux, les autres étant éteints.
Éteindre un générateur de tension signifie ramener sa f.e.m à zéro et donc à le remplacer par un
court-circuit ; éteindre un générateur de courant signifie ramener son c.e.m à zéro et donc à le remplacer
par un coupe-circuit.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 151

Exemple : calculons l'intensité du courant qui parcourt la branche AB, avec la résistance R, dans
l'exemple précédent, pour R] = 30, R2 = 12 H, i?3 = 6n, R = 6 fl, E = \2W et X = 3 A.
i) L'état a est celui dans lequel la source de courant est passivée, c'est-à-dire remplacée par un
coupe-circuit (Fig. 5.2). On reconnaît ici un diviseur de tension avec deux résistances, l'une Ri et
fa)
l'autre la résistance équivalente à i? en parallèle avec (R2 /?3 ). L'intensité /^e du courant dans la
branche AB, avec la résistance R, vaut :

(a) _ UAB R//{R2A-R3) 9/2


IAB avec UAb = x 12 = 7,2 V d'où Xb = 1,2 A
R Ri XR/I{R2A-R3) 3 + 9/2

R\ Ri
R^ Ri

/(+ (iS)
/(a) a)
I
!i R
R
R3
R3 B
X
B
Ox
FIG. 5.2. Fig. 5.3.

ii) L'état (3 est celui dans lequel la source de tension est passivée, c'est-à-dire remplacée par un
court-circuit (Fig. 5.3). On reconnaît là un diviseur de courant avec deux conductances, l'une G3 et
l'autre la conductance G'2 équivalente à G2 en série avec G et G\ en parallèle. L'intensité du courant
dans la branche où se trouve G2 vaut donc :
G' 1 1 R3
I (X) X x= X X x3 = 0,9 A
G2 + G3 I + G3/G2 \ A-R2/R3 R3R2 A-R//R\ 6 + 12 + 2

L'intensité s'écrit alors :

r(^) _ G rGS) _ /?.


MB z
ri/3) = - x 0,9 = 0,3 A
G + G, R + Ri
=
On en déduit : Ïab = ri? + ri? F5A.

1.2. — Théorème de Thévenin

Dans le circuit linéaire de la figure 5.1a ouvrons la branche AB, et calculons alors la tension
(Uab)<j entre les points A et S (Fig. 5.1b). Il vient :

(UAB)0 = E-RIII

avec I\ satisfaisant à la loi des mailles E = {R\ + R2)Ii + i?3(/i + X). On en déduit :
E-R3X 12-18 2
71 = = = =
3^—TT—TT
R\ + R2 + R3 3 + 12 + 6 -7
7 -0'286 A

La tension {Uab)o vaut donc : 12 + 6/7 = 90/7 V. C'est bien ce que l'on mesure avec un voltmètre
numérique, de très forte impédance.
La question qui se pose alors est la suivante : comment retrouver l'intensité du courant qui circule
dans la branche extérieure de connexion AB comportant le résistor, de résistance R = 6 fl, sans
recalculer tout le réseau, à partir de la seule tension {UaB)o que l'on vient de calculer ?
Le théorème de Thévenin permet d'y répondre.
152 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

a) Démonstration de L. Thévenin

Reprenons le raisonnement que fit le physicien français L. Thévenin dans sa publication originale
en 1883. Il appliqua le théorème de superposition à un réseau linéaire actif, en ne s'intéressant qu'à la
branche extérieure AB reliant deux points A et 5 du réseau et en considérant les deux états suivants.
i) Dans la branche extérieure AB, on insère, en opposition avec la tension {Uab)o entre A et S,
mesurée lorsque la branche extérieure AB est ouverte, un générateur de tension de f.e.m Eti, égale à
(Uab)o ■ Comme ces deux tensions sont en opposition, aucun courant ne parcourt la branche extérieure :
= 0.
ii) On passive le réseau initial, c'est-à-dire que l'on supprime tous les générateurs, en remplaçant les
sources de tension par des courts-circuits et en ouvrant les branches contenant des sources de courant. La
tension entre les points A et S est donc nulle et le réseau se comporte comme un résistor, de résistance
Rfh ■ On insère alors dans la branche extérieure AB un générateur de tension, de f.e.m Ejk , de même
sens que la tension initiale {Uab)o ■ L'intensité du courant dans la branche extérieure AB de résistance
R vaut alors :
Et
/(« = ''
Rn + R

La superposition de ces deux états donne l'intensité du courant qui circule dans la branche exté-
rieure AB (Fig. 5.4) I = /O) + 7^) soit :

1 = avec ETh =
K m -r K

En = (Uab) ETh= [Uab)o


An
A
Réseau Réseau
linéaire linéaire
actif B passivé
A
a)
l\ = 0 0
a) b)
Fig. 5.4.

Exemple : retrouvons l'intensité du courant qui parcourt la branche AS, la résistance R = 6 El


étant connectée. Pour cela, déterminons la résistance interne Rm du réseau entre A et S passivé. Entre
ces deux derniers points, cette résistance Rm s'identifie à R\ en parallèle avec Rj et R \ en série, soit :

90/7
RTh = i| = i? = 2,57 O d'où 1= = 1,5 A
7/1
3 + 18 7 ' 18/7

b) Énoncé du théorème

Étant donné un système linéaire quelconque de conducteurs reliés, et renfermant des générateurs
répartis d'une manière quelconque, on considère deux points A et S appartenant au système, entre
lesquels la tension est Uab = La — Le ■ Si l'on vient à réunir les points A et iî par un résistor de
résistance R, ne contenant pas de générateur, la tension Uab devient nulle et l'intensité I du courant
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 153

qui parcourt ce résister est donnée par l'expression :

{Uab)o
/=
R'Th + R

dans laquelle Rth représente la résistance du système initial, mesurée entre les points A et 6 , une fois
passivés tous les générateurs. Soulignons bien que VA — Vg est la tension (Uab)o , avant que l'on ne
relie les deux points A et B par le dipôle de connexion de résistance R.
Retenons comment, en pratique, appliquer le théorème de Thévenin :
i) on ouvre d'abord la branche AB dans laquelle on veut calculer l'intensité,
ii) cette branche étant ouverte, on détermine successivement la tension (Uab)<> et la résistance
équivalente Rn entre A et 5 en passivant toutes les sources.
Il suffit alors d'utiliser la formule précédente pour en déduire le courant dans la branche.

c) Extension au régime quasi stationnaire sinusoïdal

Cette extension au régime quasi stationnaire sinusoïdal est immédiate. Il suffit de considérer, en
régime sinusoïdal, en plus des résistances, les impédances offertes par les bobines et les condensateurs
(cf. chapitre 2), ce qui implique d'utiliser la notation complexe. L'intensité complexe du courant dans la
branche extérieure AB d'un réseau linéaire est donc donnée par l'expression :

_ {iLab)O
Ztu + Z

dans laquelle (uAB)0 est la tension entre les deux points A et 5 et Zth l'impédance du réseau mesurée
entre ces points avant que l'on ne les relie par un dipôle de connexion d'impédance Z.
Exemple : dans le circuit représenté sur la figure 5.5, on souhaite détenniner la puissance dissipée
par la charge résistive = 8 O.

-12/

12 a

24 V 8a

/12 a

FIG. 5.5.

Déterminons, à l'aide du théorème de Thévenin, l'intensité complexe i du courant qui parcourt


cette charge. Il vient ;
. _ (M.4g)o
Zn + Rc
Le circuit de charge étant ouvert, la tension {uAB)0 vaut, en reconnaissant un diviseur de tension :

(«4B)„ = x 24 = 24(1 +j)


154 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

Quant à l'impédance interne ZTh du générateur de Thévenin, on l'obtient en passivant la source de


tension ; elle se présente comme le résultat de deux impédances en parallèle :

„ 12(1 + j){—\2j)
ZT 12(1
" - 12(1 - 12/ "

Il en résulte pour F intensité en ampère ;

24(1 +i-) = 6(1+^^6(1+4;) =

" 12(1-j) +8 5-3/ 17 ^^+7^

On en déduit la puissance dissipée par la charge :

/y i|2 8 x 36(1 + 16)


_
8.5 W
2 2 x 172

Remarque : Dans un circuit constitué de deux sous-systèmes dont l'un est linéaire et l'autre non, le
théorème de Thévenin permet de remplacer le premier par un simple générateur. On utilise
cette propriété pour déterminer le point de fonctionnement d'un dipôle non linéaire, telle
qu'une diode, connecté aux bornes d'un sous-système qui lui est linéaire.

1.3. — Théorème de Norton

a) Démonstration

Le théorème de Norton, du nom de l'ingénieur américain L. Norton qui l'établit en 1926, permet
lui aussi de calculer l'intensité du courant qui circule dans une branche extérieure d'un réseau linéaire
entre deux points A et B ; cependant, dans ce cas, on considère que le réseau se comporte, entre ces
deux points, non comme un générateur de tension, mais comme un générateur de courant (Fig. 5.6).
On l'établit aisément à partir du théorème de Thévenin. En effet, ce dernier s'écrit aussi, en régime
stationnaire (Fig. 5.6a) :
Rrii En
x —
Rn + R n+R Rn

soit, en introduisant le courant de court-circuit Icc ou courant de Norton :

R Th
T- T Zv — trr —
N
R^+R

Le schéma correspondant est celui représenté sur la figure 5.6b.


II est instructif d'écrire le théorème de Norton sous une forme, dite duale de celle du théorème de
Thévenin, dans laquelle on souligne la correspondance entre tension et courant, impédance et admit-
tance, série et parallèle. Pour cela, il suffit d'exprimer la tension UAb aux bornes de la charge R :

RRTh 1
UAb = RI= IN = — — Zv soit Uab = ———
Rn + 7? 1 /Rn l/R Gn + G

où Gn st G représentent les conductances l/Rn & 1/7? (Fig. 5.6c).


Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 155

Xn Xn
«77i
En Grh Vab
© ©
En

Fig. 5.6.

b) Énoncé

Étant donné un système linéaire quelconque de conducteurs reliés, et renfermant des générateurs
répartis d'une manière quelconque, on considère deux points A et S appartenant au système. En réunis-
sant les points A et S par un simple fil conducteur, l'intensité du courant qui le parcourt est l'intensité
de court-circuit ou de Norton lcc = X^ . Si l'on insère entre A et fi , à la place du fil de court-circuit,
un dipôle de conductance G, ne contenant pas de générateur, le courant entre A et fi prend une va-
leur différente de Icc, mais la tension UAb est donnée par l'expression :

X,N
Uab —
G Th G

dans laquelle Gn représente la conductance du système initial passivé, mesurée entre A et fi.
Notons que l'intensité du courant de court-circuit ou de Norton est directement reliée aux caracté-
ristiques du générateur de Thévenin par l'équation Icc = X;v = {UAb)oGti!
Exemple : sur le montage de la figure 5.7, cherchons la tension aux bornes des points A et fi,
lorsqu'on les réunit par un conducteur de résistance fi = 10 fi :

Uab = „In, „ avec G = 0,1 S


Gn + G
On obtient Gth en remplaçant le générateur de tension par un fil et en ouvrant la branche comportant la
source de courant. Les conducteurs sont alors en parallèle :

G
™ =
è +
è =
l) =
A= 0 083 S d où
' R
"' = 12n

Quant à T/v , on l'obtient rapidement en calculant l'intensité de court-circuit, c'est-à-dire en connectant


directement les points A et fi par un fil de résistance nulle :

In = Icc = ^ - 5 = —4,25 À

Remarque : On peut retrouver Xv en effectuant ErhGm , ETh étant la tension entre A et fi, la charge
fi = 10 H n'étant pas connectée. La résolution du circuit initial donne l'équation :

15 = 207 + 30(7- 5) d'où 1 = 3,3 A et LUg = 30(3, 3 - 5) =-51 V

Il vient donc :
= = —
XN = UABOth ~~\2 ^^ ^
156 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

20 n 7
^ 30 a j 40 a
+ A
n
15 V 2v
30 il 10 Ù -j 50 fi

5A
B
FlG. 5.7. FÏG. 5.8.

c) Extension au régime quasi stationnaire

Comme pour le théorème de Thé venin, l'extension au régime stationnaire est immédiate. Il suffit
de considérer, en régime sinusoïdal, en plus des conductances, les admittances offertes par les bobines et
les condensateurs (cf. chapitre 2), ce qui implique d'utiliser la notation complexe. La tension complexe
recherchée est donc donnée par l'expression :

= aveC =
—,4S _|_ Q % (MAB)oGTh

dans laquelle G est l'admittance du dipôle de connexion et Gj/j Fadmittance du système initial, mesu-
rée entre les points A et B.
Exemple : déterminons les caractéristiques du générateur de Norton équivalent aux bornes des
points A et B, dans le montage étudié sur la figure 5.8. Calculons Fadmittance équivalente en passivant
le circuit :
1 1 1 w 3 + 4; —5/ = 1 3 — j _ 3 +7
Gril = + X X
-;50 ' 30+740 ~ 10 57(3 + 4/) ~ 50 4 - \i ~ 250

Quant à %, on l'obtient aisément en cherchant le courant de court-circuit. Comme le condensateur est


court-circuité, on trouve :
2 0,2 4
% N = — — = „ ' . soit iN = 0.04 exp{/(/>) avec tan ô = —-
- 30 + 407 3 + 4j -N ' ^ 3

Un réseau linéaire entre deux de ses points A et 5 peut donc être représenté indifféremment par
un générateur de tension ou par un générateur de courant ; le passage d'une représentation à une autre
est illustrée sur la figure 5.9.

A A
-N
Zr/i
en
Yn =
Zn © Zn

'77;
B B

FlG. 5.9.

1.4. — Représentation de Thé venin et représentation de Norton

a) Représentation d'un système linéaire

D'après ce qui précède, un système linéaire peut être représenté, entre deux de ses nœuds A et B,
relativement à son extérieur, soit par une source de tension, de f.e.m ejh et d'impédance Zjh , soit par
une source de courant, de c.e.m qv = £77,/Zj/, et d'admittance Yn = l/Zj/,.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 157

On a alors les deux équations suivantes reliant la tension u entre les bornes A et B et l'intensité
i du courant de A vers B (Fig. 5.10) :

u = e-fh — 2/77, i ou i = tpj — Yti/M

Le choix de l'une ou l'autre de ces représentations relève uniquement de la commodité. Lorsque Zn


est faible devant les autres impédances du circuit, le modèle de Thévenin sera privilégié car les effets de
Zn seront négligeables (Fig. 5.10a). En revanche, on adoptera le modèle de Norton dans le cas inverse,
où c'est Yti, = l/Zn qui est faible devant les autres admittances du circuit (Fig. 5.10b), car ce sont les
effets de Yj/, qui seront négligeables.

A i A
_L

Zn
Yn

evi
'(B
B
a)
b)
Fig. 5.10.

b) Application à la simplification d'un réseau

Le passage d'une représentation à l'autre permet souvent de simplifier un réseau. C'est le cas
du montage de la figure 5.11a, lequel comporte, en régime stationnaire, deux résistances R[ et R2
alimentées par une source de tension, de f.e.m E et de résistance interne r, et par une source de
courant, de c.e.m T et de résistance R .

B
K
Rl R', I R', R'i
I

Ri R Ri R'2I
A ù ù
E

a) b) c)
Fig. 5.11.

Pour déterminer l'intensité I\ du courant qui parcourt i?i , on commence par remplacer les en-
sembles r, R{ en série et /?, R2 en parallèle par, respectivement (Fig. 5.11b):

R2R
R\ =R[+r et R'2= Ri//R =
Ri A- R

Ensuite, on se ramène à une seule maille en remplaçant la source de courant par une source de tension
équivalente (Fig. 5.1 le). On en déduit ;
E-R'2I
/. =
R\ + R'2
158 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

L'application du théorème de Thévenin entre les points A et B du montage donne évidemment le


même résultat :

/ = —{Uab}o— = {Vab)o r = R ,,R = R, et .JJ , = E_Xx(R2llR) = E-XR'2


2 V
RThA-R{A-r RThAR\ ' ' \ m >

Exemple concret : £" = 48 V , J = 12 mA ,R\ — \ kfi. R2 = 2,2 kfl, r — 250 CL, R = 10 kli.
On trouve :

=
i?'l = l,25kl2 /?22 l-8kO d'où l — ——X =8,6 mA
' 1250+ 1803

1.5. — Effet de fermeture d'un interrupteur dans un circuit linéaire

a) Fermeture d'un interrupteur

Considérons deux points + et <2 d'un réseau linéaire entre lesquels il existe, en régime station-
naire, une différence de potentiel Upq (Fig. 5.12), en raison des sources de tension ou de courant exis-
tant dans le réseau.

P P

Réseau Réseau E=Upq


linéaire / K linéaire

Q-
a)

P P
E
Réseau K Réseau
linéaire linéaire
E
y
b)
Fig. 5.12.

Réunissons les bornes P eî Q à celle d'un interrupteur K ouvert. La branche PKQ est donc carac-
térisée par la tension Upq et par un courant nul. L'état de cette branche ne change pas si l'on insère
entre P et Q une source idéale de tension, dont la f.e.m E est précisément égale à Upq , le pôle posi-
tif en P et le pôle négatif en Q.
L'effet de fermeture de K revient à ajouter, en série avec la source idéale de tension précédente, une
seconde source de tension identique mais en opposition. La différence de potentiel entre les deux points
est alors nulle, comme lorsqu'on ferme K.
Ainsi, la fermeture d'un interrupteur est équivalente à l'adjonction, au réseau comportant l'inter-
rupteur ouvert K, aux bornes duquel la tension est Upq , d'une source de tension idéale en opposition
avec Upq .
Ce résultat se généralise aux signaux variables dans l'approximation des régimes quasi station-
nâmes.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 159

b) Application à la mesure de la résistance interne d'une pile par la méthode de Mance

Considérons le pont représenté sur la figure 5.13a dans lequel les résistances et Rj sont
connues avec précision, Rv est une résistance variable, E est la f.e.m de la pile et R-, sa résistance
interne. On réalise l'équilibre du pont, entre les points -4 et S, en cherchant la valeur de Rv qui an-
nule le courant dans la branche AB. Désignons par Upq la tension aux bornes de l'interrupteur et in-
sérons une source de tension idéale de f.e.m Ek = f/pg . Un tel système est équivalent au pont, avec K
ouvert.

P e P e
Ri
(a)
/ >< i 2K p}

A Q = P ô + P A

^2 Ri Ri

b)
FIG. 5.13.

D'après le théorème de superposition, un tel montage peut être considéré comme la superposition
de deux montages :
i) dans le premier (Fig. 5.13b), on maintient la pile et on passive la tension idéale en connectant
directement les points P et Q. Ce montage est équivalent au montage initial avec interrupteur fermé.
L'intensité du courant qui circule dans la branche AB est .
ii) Dans le second (Fig. 5.13c), on maintient la tension idéale Ek et on passive la pile en la rem-
plaçant par sa seule résistance interne. Ce montage est équivalent à un pont de Wheatstone. L'intensité
du courant qui circule dans la branche AB est . On sait qu'elle est nulle lorsque le pont est équili-
bré, c'est-à-dire lorsque :
R
i Ri ,, .
d ou Ri = Rv^-
Ri Rv Ri

On en déduit que l'intensité / est égale à , que l'interrupteur soit ouvert ou fermé.
Une telle détermination de la résistance interne d'une pile, insérée dans l'une des branches d'un
pont de Wheatstone équilibré (dans la branche AB ), avec un interrupteur K dans la branche PQ, est
connue sous le nom de méthode de Mance .
Application : P| = P3 = 2 kO et Rv = 14,5 fi ; on trouve P, = 14,5 fi.

c) Extension au régime quasi stationnaire

Le résultat précédent s'étend sans précaution particulière aux circuits variables dans l'approxima-
tion des régimes quasi stationnaires. Par exemple, considérons le circuit de la figure 5.14a dans lequel,
lorsque l'interrupteur K est ouvert (Fig. 5.14b), on mesure entre les points P et Q une tension effi-
cace Upq = 12 V , en présence des sources de tension, de f.e.m efficaces Pi et £2 inconnues, mais
avec les valeurs d'impédances données sur la figure.
160 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

24 ù 24 il
K 12 V
48 n
£
Q 48 il
E2 c
70 n ^ 70 i>.
B B

a) b)
FlG. 5.14.

On se propose de déterminer la variation de la tension entre les bornes A et B de la bobine,


lorsqu'on ferme l'interrupteur.
Pour cela, ajoutons entre P et Q une source de tension de f.e.m 12 V , mais en opposition avec la
tension avant fermeture de K .La variation de tension recherchée est obtenue en calculant l'intensité du
courant que fait circuler cette nouvelle source de tension, lorsqu'on passive le circuit initial. On trouve
aisément cette intensité en appliquant le théorème de Thévenin. Il vient :

{Hab)"
[r + jLù))i où i
r + JLoj + Zrh

La tension complexe est, en choisissant r = 14 fi et Lco = 20 fi (Fig. 5.14b) :

2
= -12\/2 24 *4Si cos{ù)t) = -4V2cos{(ot) d'où i= - 1Qq ^2Q cos(^)

Quant à l'impédance interne Zjy,, elle vaut, puisque le condensateur est court-circuité :

24x48
ZTh 70 86 fi
24 + 48
On en déduit la surtension mesurée lorsqu'on ferme K :

4+2
= —(14 + /20)y —— — cos(wr)
^ 100+j20 " '

dont la valeur efficace est :


1/2
14+720 53
At/AB 4 -4( ) = 2, 85 V
100+720 [104)

II. — CAS DES SOURCES COMMANDEES

Jusqu'à maintenant les sources de tension ou de courant considérées étaient indépendantes. Or les
composants actifs, tels que les transistors sont représentés par des schémas électroniques dans lesquels
des sources de tension ou de courant ont des caractéristiques qui, elles, dépendent des autres paramètres
du réseau. Par exemple, sur le montage de la figure 5.15, représentant un transistor (cf. chapitre 7), le
c.e.m de la source de courant dans la deuxième maille est proportionnel à l'intensité £, dans la première ;
il s'écrit précisément : i.2 — 13 i\ .
Lorsqu'on applique les théorèmes de Thévenin ou de Norton, la détermination de ej^ , qui est la
tension entre les points A et S d'une branche ouverte, ne pose pas de problème particulier.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 161

-[ A
/?!
Ud Ri 012

B
FIG. 5.15.

En revanche, celle de Zm par la passivation des sources d'un réseau, qui consiste à court-circuiter une
source de tension et à « coupe-circuiter » une source de courant, ne peut plus convenir. En effet, la sup-
pression d'une f.e.m indépendante dans une branche impliquerait automatiquement celle de l'intensité i
dans une autre branche, ce qui reviendrait à annuler la f.e.m commandée. On évite cette difficulté en uti-
lisant les deux méthodes suivantes de détermination de l'impédance de Thévenin, moins simples mais
valables, elles, dans tous les cas.

II. 1. — Détermination de Pimpédance de Thévenin

En présence de sources commandées, on peut déterminer l'impédance de Thévenin du réseau entre


les points A et fi, de deux façons différentes plus ou moins commodes, selon la nature du réseau
considéré.

a) Méthode du courant de court-circuit

Le courant de court-circuit entre les points A et fi est, comme on le sait, le courant qui parcourt
la branche Afi lorsqu'on court-circuite ces deux points par un simple fil de connexion. En régime quasi
stationnaire sinusoïdal, le rapport de la f.e.m de Thévenin eTh sur son intensité icc donne précisément
l'impédance interne (Fig. 5.16) :
y Ç-Tk
^Th — —

' R Ih A
e
Th
■a
o
c
a
û
(M
1—1
O FIG. 5.16. FIG. 5.17.
CNI
© Exemple : déterminons la f.e.m de Thévenin entre les points A et fi du circuit, représenté sur la figure
ai 5.17, dans lequel les éléments passifs sont des résistors ; le c.e.m de la source de courant est commandé
par l'intensité i de courant qui parcourt la résistance R\ . La branche Afi étant ouverte, on trouve
a.
o aisément que e-fh = ^ • Quant au courant de court-circuit, il a pour expression, avec les notations de la
(J
figure :
icc - i(l + «)

avec i est tel que e — R\i Rih . Il en résulte :

fii e(l + «0
e = lr Ro d'OÙ Lr =
a fi2 + fii/(l+«) fi2(l + cr)+fi|
162 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

On en déduit la résistance de Thévenin :

n _eTh _ R\
Kn — — —RrCl
Te 1 +«

b) Méthode du générateur auxiliaire

Neutralisons les f.e.m indépendantes et connectons un générateur de f.e.m eg entre les points A
et 5. Si l'intensité du courant débité par le générateur est L , l'impédance de Thévenin est (Fig. 5.18) :

Zn = %
k

Th
en

Fig. 5.18.

Exemple : reprenons le circuit de la figure 5.17. Le courant i satisfait aux deux équations suivantes

[g = -(1 + oi)i

avec z tel que eo = R2Lo — R\ î- H en résulte :

Ri . „ v Ri
e — R2 Ls + t-:— L ^ 011 Zw — +
1 + rr ^ 1 +a

Remarques : 1) On retrouve évidemment l'intensité zcc en résolvant le circuit simple considéré, avec
A et B reliés par un fil de connexion. En effet, on a alors :

R
\ . r . • _ ^
icc — (1 + odji et £ = /?iz + /?2 icc = Ri icc
' 1 + a ïcc a011 ?cc
~/?2+ /?,/(!+«;

2) La méthode de passivation de toutes les sources, ici inadaptée, aurait donné pour Z77,,
les résistances étant en série : ZTh = R\ -\- Ri et donc icc = e/{R\ + Ri) comme valeur
de l'intensité, ce qui est inexact.

II. 2. — Applications

a) Générateur de Thévenin associé à un transistor

La figure 5.19a représente le schéma équivalent simplifié d'un transistor. La f.e.m du générateur
équivalent de Thévenin, que Ton obtient en l'absence de branche AB extérieure, a pour expression :

Zip
Çn = -ZiPlb avec ib = ^ d'où eTh = u,
-M z,
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 163

Quant à l'impédance Zn , on la trouve en déterminant l'intensité du courant de court-circuit. Pour cela,


on relie les bornes A et S par un simple fil de connexion (Fig. 5.19b). Il vient :

Le = -PL = -fiTr
Z
d'où zTh = — = Zj
l lec

Ordres de grandeur : avec le transistor bipolaire NPN 2N2219, pour lequel :

/3 = 180 Z2 = 5 kfi Z\ = 2,5 kO et ue = 25 mV

on trouve :
e-ru = —360 m. = — 9 V
vr/î et Zn, = 5 kll

-r-c
l l A
" b z. b Z,

Z2 Z2

b)
FIG. 5.19.

b) Générateur de Thévenîn associé à un réseau avec bobines couplées

Un exemple de circuit à sources commandées est fourni par le couplage de deux bobines (cf.
chapitre 11). Proposons-nous de déterminer les caractéristiques du générateur de Thévenin entre les
points A et 5 du réseau représenté sur la figure 5.20.

/, L\, ri l
2 \ Li.n
A

v / >
ei Zi 1 2 |

I B
FIG. 5.20.

Dans la maille 1 (respectivement 2 ) apparaît une f.e.m supplémentaire proportionnelle à la varia-


tion de l'intensité du courant qui circule dans le circuit 2 (respectivement 1 ) et au coefficient d'induc-
tance mutuelle M, lequel est positif ou négatif selon le sens des enroulements (cf. Elecîromagnéîisme).
Les deux équations du réseau s'écrivent donc :

e
\ — nO + Li + M+ Z| (q — 12) et 0 — r2i2 + ^z2'2 —
Z\ (q — ij)

ce qui donne, en régime sinusoïdal et en notation complexe :

^1 = (r\ EjLxCû)^ -\- jMù)i2 + Zi(f, - i2) et 0 = (^ + +jM(oi_x + Zi^ - Zi(f, - i2]
et
La résolution laborieuse de ces équations fournit l'intensité ^ donc la f.e.m de Thévenin selon :
164 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

On trouve Zti, en déterminant icc , lequel s'identifie k [2 si Z2 = 0 :

ei = (n +JLiù))il +jM^4c + Z, (z, - 4C) et 0 = (r2 +JMûjij - Z, ([, - i^)

Exemple : plaçons-nous dans le cas concret où la pulsation est telle que :

L, w = Lo w = 5 O Mù) = -4 H Zj = (3 — 4/) O et Z2 = 5 fi

En outre, r\ = r2 ~ 0 et = 10 V . Le système numérique à résoudre est alors le suivant :

ô,m(3 + j) — 3*2,m — 10 3zi;r„ — (8 -\-j)i2,m — 0

On trouve :
l2,m — Ct CT-;, ,,, —
14 -f 1 ij -Th'm 14 +1 y

Pour déterminer le courant , il faut résoudre le nouveau système :


0
ô,m{3 +7) - = 10 3zj,ni - (3 +7)icc:m =
On obtient :

150 w -I + 67 _ -1 +67
et Zr X _
^ - ^TTÔj "-/, 14 + 117 30 ^ 14 + 11/

Ainsi, le générateur équivalent de Thévenin est caractérisé par :

^«=<^^'=(^2-75,2^ et Zr/i = 5I^_| = (0,8+7 1,5) fi

III. __ analyse des reseaux

Analyser un réseau, c'est-à-dire un circuit comprenant un nombre suffisant de mailles, c'est mettre
en œuvre une méthode qui permet de connaître son état électrique, présent et futur.

III. 1. — Variables d'état d'un réseau électrique

a) Inconnues du réseau

Considérons un réseau tel que celui représenté sur la figure 5.21, lequel est un pont de Wheatstone
modifié, qui comporte six branches (b = 6 ), contenant chacune un résister, et quatre nœuds N\,./V2, A3
et A4 (n — 4).
La connaissance des intensités des courants, dans les h branches du réseau, détermine l'état élec-
trique du réseau, puisque les tensions entre deux points quelconques du réseau s'en déduisent, en appli-
quant les relations entre courant et tension aux bornes de chaque dipôle.
En fixant arbitrairement un potentiel de référence, origine des tensions dans le circuit, que l'on
appelle la masse, le nombre total Af de variables inconnues du réseau est la somme des b intensités
iki des courants qui circulent dans les branches A/CA/, délimitées par les nœuds et Nj, et des n — \
tensions de nœud :
Nt = b + n-\

Le circuit de la figure 5.21 comporte Af = 6 + 4—1 = 9 variables inconnues, 6 courants et 3


potentiels de nœud.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 165

x
i\ N2
~ i

Rs

n4
R3
Rs ! 3"

FIG. 5.21.

b) Variables d'état

Les h variables d'intensité du réseau ne sont pas indépendantes, car elles sont reliées entre elles
par les lois de Kirchhoff relatives aux nœuds et aux mailles.
Appliquée aux n nœuds du circuit, la loi des nœuds fournit n équations, dont seulement n — \
sont indépendantes. En effet, aux deux extrémités d'une même branche N^Ni, le courant 4/ converge
en Ni et diverge de A4 . Par conséquent, en considérant les courants externes à cette branche, au nombre
de j au nœud A4 et de / au nœud Ni, la loi des nœuds en ces points s'écrit, respectivement :
j f
=
ikl "F ^ ^ ~mhn 0 Ct 4/ "F ^ ^ Xw'm — 0
w=\ m=\
où £m traduit l'orientation des courants im . La somme, membre à membre, des n équations de nœuds,
donne l'égalité 0 = 0, puisque chaque courant apparaît deux fois avec des signes opposés, ce qui retire
une équation au décompte initial.
Ainsi, le nombre Ne de variables indépendantes d'un circuit électrique, appelés variables d'état,
qui déterminent toutes les autres grandeurs électriques, est relié aux h branches et n nœuds du système
par la relation :
Ne = b — {n — })= b — n + ^

Dans le réseau de la figure 5.21 le nombre de variables d'état est donc : A4 = 6 — 4+1=3.

III. 2. — Analyse des réseaux linéaires

a) Réseaux linéaires

Dans les circuits linéaires, qui sont constitués uniquement de dipôles linéaires et de générateurs de
tension ou de courant, les relations courant-tension aux bornes des dipôles du circuit se réduisent à des
relations affines, en présence de f.e.m ou de c.e.m, ou à des relations de proportionnalité :
i) entre grandeurs stationnaires en régime établi, {U — RI) -,
ii) entre grandeurs complexes en régime sinusoïdal forcé dans l'ARQS ( u — Zi),
iii) entre les transformées de Laplace des courants et des tensions, en régime variable quelconque
dans l'ARQS ( TL{u} = Z(p) TL{ï} ).
Dans ces conditions, les équations issues des lois de Kirchhoff deviennent des combinaisons li-
néaires des grandeurs inconnues. Le formalisme matriciel est alors particulièrement adapté au traite-
ment des réseaux linéaires.
166 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

b) Méthodes d'analyse

Les méthodes d'analyse des réseaux visent soit à trouver l'ensemble des b courants de branche,
soit à connaître l'ensemble des n — 1 potentiels de nœud ; les grandeurs inconnues restantes, tensions
de nœud ou courants de branche, se déduisent évidemment des relations tension-courant aux bornes des
dipôles du circuit.

Il existe principalement trois méthodes d'analyse équivalentes qui, par des écritures spécifiques des
lois de Kirchhoff, permettent d'obtenir toutes les grandeurs électriques d'un réseau :

i) l'analyse par les courants de branche, qui cherche à accéder aux b intensités des courants dans
les branches du circuit,

ii) l'analyse par les tensions de nœud qui conduit à déterminer les n — 1 tensions de nœud, un
nœud étant choisi comme référence des tensions,

iii) l'analyse par les courants de maille qui, en introduisant Ne = b — n + 1 courants fictifs
indépendants, de maille, permet d'accéder aux courants dans les branches du circuit.

Nous nous proposons dans la suite de mettre concrètement en œuvre ces méthodes sur l'exemple de
la figure 5.21, avec les valeurs suivantes des caractéristiques des composants : = 1 kfl, R] = l kfi,
r2 = 10 kO, = 10 kfi, /?4 = 10 kfi ,^5 = 1 kfi, £î = 5 V, £3 = 12 V, la = 10 mA et
R2J2 = 100 V .

Notons que les sources, réelles, sont représentées par un générateur de tension ou de courant avec
sa résistance interne.

III. 3. — Méthode des courants de branche

Pour déterminer les intensités des h courants de branche, on exprime d'abord les n — 1 relations
indépendantes issues de la loi des nœuds, écrites en fonction des courants de branche. On complète
ensuite le système d'équations par b — n -\- \ relations, issues de la loi des tensions appliquée à un
même nombre de mailles dans le circuit. Afin que les équations obtenues ne soient pas redondantes, le
choix des mailles doit inclure toutes les branches qui comportent des sources, ces dernières ne pouvant
évidemment pas être sans effet sur le réseau.

Notons qu'il est impossible d'appliquer la loi des tensions à une branche du circuit constituée d'une
source parfaite de courant, puisque la tension à ses bornes dépend du reste du circuit. En revanche, le
courant dans la branche est connu, ce qui réduit d'une inconnue le système d'équations. Il suffit donc
de choisir b — n mailles qui ne comportent pas cette source de courant pour compléter le système
d'équations (cf. Exercices).
(NI
(3)
£ a) Mise en équations
"l-
La loi des nœuds, en iVi , A? et A4 par exemple, donne trois ( n — l = 3), équations indépen-
dantes :
—il + h + i6 = 0 en N\
il + h + /s = 0 en N2
h + U + *5 = 0 en A4

Appliquons alors la loi des tensions dans trois (h-n-yi = 3), mailles choisies parmi les sept que
compte le réseau. Les mailles A1A2A3/M , A1A2A4 et A2A3A4 conviennent puisqu'elles englobent
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 167

toutes les sources. En veillant à Torientation algébrique des courants, on trouve :

E[ ~ R]i] + Riih ~ Zi) + £3 — Rek = 0


E\ —R[i\ 'E R5I5 —£3'3 — 0
Rii}! ~ Tô) + £4/4 — £5/5 — 0
ce qui donne, en séparant les termes de source :

R{i\ — Rih + Reie = E\ + £3 — R-iT-i


R\i\ + R3I3 ~ Rsis = E\
Rih + Râ,U — Rsh — R%Ei

Le système linéaire précédent, constitué par les six équations de branche, peut ainsi se mettre sous la
forme matricielle :
[Z]['l = [5]
dans laquelle [/] est le vecteur colonne des courants de branche, [S] le vecteur colonne des sources et
[Z] la matrice impédance. Cette équation s'explicite selon :

-1 0 1 0 0 i\ 0
1 l 0 0 1 h 0
0 0 1 1 1 h 0
R\ -Ri 0 0 0 U £1 +£3 -
Ri 0 £3 0 -Rs is £1
0 Ri 0 £4 -Rs A R2Z2

b) Résolution du système

Les méthodes de résolution du système d'équations linéaires précédent sont nombreuses. En pra-
tique, il est efficace d'utiliser une calculatrice scientifique, ou mieux un logiciel de calcul qui inverse la
matrice des impédances et donne :
[^[zr'is]
On trouve les valeurs suivantes des intensités en mA :

i[ se —4,38 *2 ^ 7,36 13 se 0,64 ?4 se 2, 34 -2,98 -5,02

III. 4. — Méthode des tensions de nœud

Une fois choisi le nœud de référence, on détermine les valeurs des n — 1 tensions de nœud, en
exprimant les n — 1 relations issues de la loi des nœuds en fonction des tensions de nœud.

a) Mise en équation

Choisissons l'origine des potentiels en N] .La loi des nœuds en N2 , A? et donne :

Yl[Et~U2) + Y5{Ui~U2) + Y1(U^U2)+X2 = 0


Y4{U4-U3)~Y2{U3~U2)~l2-Y6{U3 + E3) = 0

F3{C/4-0) + 75(£/4-f/2) + F4(f/4-£/3) = 0


ce qui s'écrit aussi, en séparant les termes de source :

(Fl+y2 + y5)C/2-JW3-î'5£/4 = lî + FlO


-Y2U2 1 {Y2 \ v.i + Y^)U3 — Y4u4 — —X2 — y
-yst/î-ya^ + fFs + ya + ys)^ = o
168 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

s
b) Ecriture matricielle

Le système linéaire constitué par ces trois équations peut se mettre sous forme matricielle :

IY][U] = [S]

dans laquelle [£/] est le vecteur colonne des tensions de nœud, [,5] le vecteur colonne des sources et
[Y] la matrice admittance :
-y| + y2 + y5 _y2 _y5 ir^l F X2 + YyE]
Y2 L2 + 74 + L6 -74 f/3 = -l2-Y6E3
0
-Y5 -74 73 + 74 + 75J L^J [

Comme la matrice des admittances est simple et symétrique, cette méthode est remarquablement
efficace. Notons les points suivants :
i) un élément diagonal 7^ de la matrice des admittances est la somme des admittances reliées au
nœud ,
ii) l'élément non diagonal 7/c/ est égal à l'admittance de la branche N^Ni changée de signe,
iii) la ligne k du vecteur colonne des sources est la somme des c.e.m qui aboutissent au nœud
Nk , avec la convention habituelle consistant à compter positivement les courants dirigés vers le nœud et
négativement les courants qui en sortent.

Remarque : Si une branche comporte un générateur de Thévenin, il est nécessaire de convertir ce


dernier en son générateur de Norton équivalent.

c) Résolution du système

La résolution numérique donne : f/2 ^ 9,38 V , F/s ^ —17,02 V et t/4 ry 6,40 V . On déduit
l'intensité des courants de branche à l'aide des relations courant-tension dans chaque branche :

il = ~ —4,38 m A z2 = J2 + « 7,36 m A *3 — ~i 0,64 mA


inA
K] /\2
_ U4—f/s ^ ^^ —2,98 m A iç, = « —5.02 m A
-5,02 mA
7?4 R5 ' Rq

III. 5. — Méthode des courants de maille

Cette méthode consiste à effectuer, directement sur le circuit, un changement de variables, en in-
troduisant Ne variables d'état, homogènes à des intensités, appelées courants de maille. Ces derniers,
qui ne correspondent à aucun courant réel, sont construits en choisissant Ne mailles, parcoumes par ces
courants de maille d'intensité im^ .
L'application de la loi des mailles aux branches communes de deux mailles adjacentes, permet de
calculer les courants de maille. Aussi cette méthode est-elle dite des mailles adjacentes.
Enfin, avec le théorème de superposition, on relie les courants de maille aux courants de branche.

a) Mise en équation

Les mailles choisies sont représentées sur la figure 5.22. La loi des tensions, appliquée aux mailles
/VjAAA/j, N2N2N4 et NiNiN^BA parcourues respectivement par les courants de maille /mj , èn,2 et
im,3 , donne :
.30

F Rs (hn,2 hn,l) F R3 (^»,3 i/n, 1 ) - 0


1
s

Ejiim,! + Zj) 'F ^4 ('m,3 " Ci,2) -F R5 {hn, 1 Imy) = 0


E3 Rèhn.S F R3 (h?;, 1 _
*111,3) ~F R4(hn,! *m,3) = 0
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 169

ce qui s'écrit, en séparant les termes de source :

{Ri + /?3 + Rs) inifi — Rsim,! — ^3im,3 =



^5^,1 + (^2 + + ^5) 'm,2 — = —RT^l
— —
+ {^3 + -^4 + hi,3 = ^3

Notons sur la figure 5.22 que q — im,\ ■> I2 — 'm,2 ? '3 — 'm, 1 'j«,3 » ^4 — im,3 hn,2 » '5 — hn,2 ,
et z<5 = ZW)3 .

^1
J#
7V2 ^2

1.
1 4 2 12
' )
>3 i?4
13 ^
Ni N3
4 3 :
16 /?6
A B

£3
Fie. 5.22.

b) Écriture matricielle

Le système linéaire précédent peut aussi se mettre sous la forme matricielle [Z] [zm] — [5], dans
laquelle [im\ est le vecteur colonne des courants de maille, [5] le vecteur colonne des sources et [Z] la
matrice des impédances. En explicitant, on obtient :

1 + i?3 + /?5 —i?5 —i?3 hn, 1 Ei


—/?5 /?2 + /?4 + R5 —R4 hn,2 = —R2T2
—R3 ~R4 i?3 + /?4 + Rf, *m,3_ E3

La forme des matrices obtenues est ici aussi remarquablement simple. Notons les points suivants :
i) l'élément diagonal Z^ de la matrice des impédances est la somme des impédances de la
maille k,
et
ii) l'élément non diagonal est égal à l'impédance de la branche commune aux mailles JA^
Mi, affectée d'un signe positif si les courants des deux mailles parcourent la branche dans le même
sens, et négatif dans le cas contraire ;
iii) la ligne k du vecteur colonne des sources est la somme des Le.m de la maille M^, affectées
d'un signe positif si le courant de maille z'^Jc sort par la borne positive, d'un signe négatif dans le cas
contraire. Notons alors que, si une branche comporte un générateur de Norton, il devient nécessaire de
le convertir en son générateur de Thévenin équivalent.

c) Résolution du système

La résolution numérique donne les intensités suivantes des courants de maille :

im,i = —4, 38 mA z,„;2 = —7,36 mA ilt,^ = —5.02 mA


170 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

On en déduit, à l'aide du théorème de superposition, les courants de branche selon :

h = imj = -4, 38 mA A = -hn,2 = 7,36 mA i3 = zmj - im)3 = 0,64 m A

U = int ,3 - ht.2 = 2. 34 m A i5 = im,\ - = -2, 98 mA k = 'm,3 = -5,02 mA

III. 6. — Comparaison des méthodes d'analyse des réseaux

L'analyse par les courants de branche a l'avantage de conduire directement à la détermination de


tous ces courants, mais au prix d'une résolution d'un système d'ordre élevé {h — 6). L'utilisation des
tensions de nœud ou des courants de maille présente, elle, l'avantage d'introduire un nombre plus faible
d'inconnues indépendantes {h — n h 1 = 3 ) ; les courants de branche sont alors calculés en combinant
les tensions de nœud ou les courants de mailles obtenus.

IY. — UTILISATION DE LA TRANSFORMEE DE LAPLACE

En appliquant les propriétés de la transfonnée de Laplace (cf. annexe 3) aux équations définis-
sant les relations tension-courant des dipôles passifs, résistor, condensateur et bobine, s'introduisent na-
turellement les impédances symboliques de ces composants, avec lesquelles les théorèmes précédents
d'analyse des circuits s'appliquent sans modification essentielle.

IV. 1. — Impédance symbolique d'un résister

La relation uR = IUr , entre la tension ur aux bornes du dipôle et l'intensité Ir du courant qui le
traverse, donne, en prenant la transformée de Laplace des deux membres :

t/fiW = Rh(p) d'où zR(p) = = R


Ir\P)

IV. 2. — Impédance symbolique d'un condensateur

De la même manière, la valeur de l'impédance symbolique Zc{p) d'un condensateur de capacité


C, s'obtient à partir de la relation entre la tension lie et l'intensité ic du courant qui la traverse. On
sait que l'on a :

uc{t) - uc{0) = — [ icit^àr'


^ Jo
Or la transformation de Laplace d'une fonction est reliée à celle de sa dérivée g{t) par l'équation
(cf. annexe 3) :

TL{jAt)} = ^ + ~- avec G(p) = TL^f)}

ce qui donne dans l'exemple d'un condensateur, de charge initiale (à r = 0) Cwc(0) :

u
c{p) = ^7^ + ou Icip) = CpUc(p) - Cmc(0)
hp p

En introduisant l'impédance symbolique du condensateur :

= z-
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 171

les relations précédentes deviennent respectivement :

wc(0)
Uc{p) — Zplcip) + et Ic{p) = CpUcip) - Cmc(O)
P
Sur la figure 5.23a on a dessiné le schéma symbolique équivalent du condensateur, avec la condition
initiale uc{Q)/p représenté par un générateur en série dont la tension indicielle correspondante s'écrit
uc{0) Y(f) . En b, le schéma s'appuie sur la deuxième équation ; la condition initiale Cmc(O) est traduite
par un générateur de courant impulsionnel d'expression Cuc{0) 8(t) (cf. annexe 2).
l/Cp
u
l/Cp c{0)/p
Ic(p) lc(p)

Cuc{0)
(D-
Uc(p)
Vcip)
a) b)
Fie. 5.23.

Remarque : On peut vérifier l'homogénéité des équations précédentes en notant que p a la dimension
de l'inverse d'une durée, U{p) celle du produit d'une tension par une durée et/(/?) celle
du produit d'un courant par une durée, c'est-à-dire d'une charge.

IV. 3. — Impédance symbolique d'une bobine

On sait que la relation entre la tension ni aux bornes d'une bobine, d'inductance L, et l'intensité
il du courant qui la traverse s'écrit :
, diL
UL L
= d7
Comme la TL d'une fonction est reliée à celle de sa dérivée par l'équation (cf. annexe 3) :

TL = aVeC = TL
{ ~d^ } ^ ~ {gW }

Il vient, en prenant la TL de l'équation de départ :

UL{p) = L[plL(j?) - ?L(0)] = LpfL(p) - LiL(0) ou IL{p) = + l^l


Lp p

En introduisant l'impédance symbolique Zi(p) d'une bobine :

Zl(p) = Lp

les équations précédentes s'écrivent :

Ul{p) = ZL{p)IL{p) - Lil{0) et IL{p) =


Zlip) p

On en déduit deux représentations de la bobine : sur la figure 5.24a, on prend en compte le courant initial
en introduisant un générateur de tension impulsionnel, de f.e.m —Lii{0) ô{t) ; en b, on représente ce
courant par un générateur de courant indiciel de c.e.m ïl(0) Y (?).
172 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

Lzl(O) h{p)
Lp
h(p)
■mm-
<Xh^(0)
Vdp) Vdp)
a) b)
FlG. 5.24.

IV. 4. — Application au filtre passe-bas RC

On sait que l'équation différentielle linéaire et du premier ordre, à laquelle satisfont de nombreux
systèmes électroniques, dont le filtre passe-bas type RC de la figure 5.25 (cf. chapitre 4), se met sous la
forme :
ds{t) , , , ,
tc ^ + s(t) = e(t) avec rr = RC

En prenant la transformation de Laplace des deux membres de cette équation différentielle, on obtient,
avec les notations habituelles :

E{p) Uo
Te [pS{p) - .v(0)] + 5(p) = E{p) soit S{p) = — + où Uq = s(0)
1 + pTc
PTr p-\-\/Tc

représente l'influence de la charge initiale du condensateur.

R R

Cp
e(f) C s(/) R(p) s(p)
Uc,0
p

FIG. 5.25. Fig. 5.26.

Remarque : On retrouve ce dernier résultat en remplaçant la résistance et le condensateur par leurs


impédances symboliques. Le circuit de la figure 5.25 se transforme selon la figure 5.26, où
la tension {/qY(r) traduit la charge initiale du condensateur. En effet, avec des diviseurs
des tensions E{p) et t/o(p), on obtient :

i/(cw Uo R E{p) | Uo
s{p) m soit S{p)
R+l/[Cp) p R+l/{Cp)

puisque tc = RC.

a) Réponse transitoire à un échelon de tension

À un signal d'entrée, de type échelon de tension e(t) = eniY{t), le circuit donne la réponse sui-
vante :
p/ \ , Uo . r/ s em
S( ? =
J) "7
p{pTc +Tn
1) + p +. i1/t
/ c puisque E{p) = — p
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 173

Il vient en décomposant S(p) en éléments simples :

S( ) = (dl (-+ B
\ rA(p+ 1/tc) + Bp
Te \P p + l/Tc) p -y \/rc tc [ p{p + 1/tc) P+Ï/Tc

ç( ) — P(A + ^) + A/rr
Tc [ p0+ 1/tc) \ p -y l/rc
On obtient, par identification, A = —B = tc , et donc :

fl 1
\ , u
o
S(p) = em ——— + —
\p p-yl/TcJ p + l,

on en déduit le signal s{t) pour / > 0 , en prenant la TL inverse (cf. annexe 3) :

s{t) - em l - exp + f/o exp ^ ^r

h) Réponse transitoire à un signal sinusoïdal

Appliquons à l'entrée du système défini par la fonction de transfert H(jco), à un instant pris comme
origine, un signal sinusoïdal e{t) = em cos(<ur). Cherchons à déterminer le signal de sortie correspon-
dant. Il vient, en utilisant les résultats précédents ;

c/ \ Cm P jr,/ \ P
S{iv = —1——TT v 72 ,—st + , , , puisque E(/7 = em——y
Tc [P + 1 Tc){p + a>2) p + l/rc p- + co2

ce qui s'écrit aussi :


e
ç/ \ = jy( A BpjyC\ Up
2 2
Tc\P+i/Tc p + (x) ) P+1/Tf
On détermine les trois coefficients A , S et C en réduisant au même dénominateur et en identifiant :

A Bp + C _ A (p2 + to2) + {Bp -y C)(p + 1/tc)


p -h 1 /rc p2 + m2 (p + 1 /rc) (p2 + co2)

soit :
, = (A + g)p2 + Aco1 + CItc -y p(C + B/tç) Uq
KP)
(p+l/Tc)(p2 + ^ P+1/tc
On en déduit :
A+5—0 Aù)~ H —0 et C -f- — — 0
Tr rr
d'où :
A = —B = — C C
^+ = f7i2+lN)=1 61 C
= 1 + (û2T]

Finalement, en exprimant A et S en fonction du seul facteur C qui ne dépend que de {tor^)2, on


obtient :

û>2T2 V p+l/rc p2 + (02J p + l/Tc


ce qui se simplifie selon :

p+
1 + ùj2t2 \ p + 1/tc p2 + co2 J p + 1/r
174 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

Il vient alors, en revenant au signal s{t) (cf. annexe 3) :

^ cos(^r) + (yrcsin(wf) — exp + f^oexp ~


1 + (O

En faisant tendre t vers l'infini, on restitue évidemment le régime établi, (cf. chapitre 4) :

s{t} = cos(£a/) + ù)tc sin


1 + co2T^

On voit que le calcul opérationnel permet d'obtenir globalement la réponse complète du circuit, en
régime transitoire et en régime établi.

CONCLUSION

Rappelons les résultats essentiels que sont les théorèmes de superposition, de Thévenin et de Nor-
ton, ainsi que les méthodes d'analyse des réseaux linéaires.
1) Le courant produit dans une branche par un ensemble de générateurs est la somme des courants
produits par chacun d'eux, les autres étant remplacés par des courts-circuits pour les sources de tension
et par des coupe-circuit pour les sources de courant.
2) Selon le théorème de Thévenin, le courant dans une branche a pour expression, en régime stationnaire
ou quasi stationnaire :
. _ (ijUgX'
Zn + Z
dans lequel Zj/, est l'impédance du système initial, mesurée entre les points A Qi B, une fois les
générateurs passivés.
3) Selon le théorème de Norton, on a en régime stationnaire ou quasi stationnaire :

avec LN = icc = {uAB)0 Yth et Yn =


YTH + Y

dans laquelle Y est l'admittance du dipôle de connexion et Yn 1 admittance du système initial passivé,
entre les nœuds A et B .
4) La fermeture d'un interrupteur dans un circuit linéaire est équivalente à l'adjonction, dans la branche
comportant l'interrupteur ouvert K aux bornes duquel la tension est Upq , d'une source de tension
idéale en opposition avec Upq .
5) Avec des sources commandées, les théorèmes de Thévenin et Norton sont toujours valables pourvu
que les systèmes soient linéaires. Cependant la méthode de détermination de l'impédance de Thévenin
par passivation des sources ne convient plus ; on doit lui substituer soit la méthode du courant de court-
circuit, soit celle du générateur auxiliaire :

7 — -—
7.77, -Th nu
OU 7 —
7.r/i ~g
- —

6) Concernant la détennination de l'état électrique d'un réseau, l'analyse est conduite à l'aide de trois
méthodes qui s'appuient largement sur l'efficacité du calcul matriciel.
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 175

EXERCICES ET PROBLEMES

P5-1. Théorème de superposition

Le circuit de la figure 5.27 comporte deux sources de tension, de f.e.m respectives E\ = 12 V ,


£2 = 24 V, et une source de courant de c.e.m X = 10 m A .

1. a) Calculer l'intensité du courant qui parcourt la branche AB, de résistance R, lorsque


seule la source de f.e.m £1 est activée.
b) Même question pour l'intensité /(^, du courant qui parcourt la branche AB, lorsque seule la
source de f.e.m £2 est activée.
c) Même question pour l'intensité /X) du courant qui parcourt la branche AB, lorsque seule la
source de c.e.m X est activée.

2. En déduire l'intensité du courant qui parcourt la branche lorsque les trois sources sont activées.
Trouver sa valeur sachant que R = l kll.

3. Retrouver l'intensité du courant qui circule dans la branche AB en déterminant la f.e.m £77, et
la résistance Rth du générateur équivalent de Thévenin.

4. Toutes les sources étant activées, calculer la puissance reçue par chacun des dipôles. Commenter.

x
-CD-

Q
A
R R

B
Fig. 5.27.

P5- 2. Réseau en régime statîonnaîre

On considère le réseau en régime stationnaire représenté sur la figure 5.28.

1. Calculer, à l'aide des lois de Kirchhoff, les intensités des courants dans les différentes branches,
sachant que la f.e.m de la source de tension est £ = 6,4 V .

2. Quels sont les générateurs de Thévenin et de Norton correspondants, entre les nœuds A et B du
réseau ?

3. Entre A et B, on connecte une charge résistive. Quelle doit être la valeur de sa résistance R
pour que la puissance dissipée dans la charge soit maximale ? Calculer la puissance correspondante.
176 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

C
/j 40 fl y, 160 fi A
El
"1 ™ R2
1 1
D
6,4 V 160 O R A
320 n

R
B
FÏG. 5.28. FIG. 5.29.

P5- 3. Courant stationnaire dans un ampèremètre

Le réseau de la figure 5.29 associe un montage potentiométrique, de f.e.m Zsi , et un montage


diviseur de tension, de f.e.m £2 • On connecte le curseur C et le point D aux bornes d'un ampèremètre
de résistance interne r.

1. Trouver, en appliquant le théorème de Thévenin, l'intensité J du courant qui parcourt l'ampè-


remètre, en fonction de E\ , E2, R\ , £2 > R et x, rapport de la résistance du conducteur AC sur
-

2. Pour quelle valeur de x, / s'annule-t-il ? Effectuer l'application pour £1 = 3 V, £2 = 6 V ,


R = 100 fi et £2 = 400 fi. Retrouver ce résultat directement, sans prendre en compte la première
question.

P5- 4. Bolomètre à pont de Wheatstone

Un bolomètre à pont de Wheatstone est un instrument qui permet de mesurer la température T


d'un corps, à partir de la variation de la résistance du conducteur ohmique que l'on met en contact avec
ce corps. Initialement, les quatre résistances sont égales à £ et le pont, alimenté par une source de
tension de f.e.m £, est équilibré.

1. En utilisant le théorème de Thévenin, trouver l'intensité du courant qui circule dans le milliam-
pèremètre, de résistance r, placé dans la branche AB de recherche d'équilibre, lorsque la valeur de
l'une des quatre résistances varie faiblement : ( A£ <C £) .

2. Les conducteurs ohmiques étant en platine, la résistance varie avec la température absolue T
selon la loi :
R{T) = £o[l + A{T - TV)] avec To = 273,15 K

Dans le montage, £ = 12 V, £ = 100 fi et r = 2 fi, à la température ambiante Ta = 293,15 K.


Expérimentalement, en plaçant l'une des résistances en contact avec le corps considéré, à la température
T, le milliampèremètre détecte un courant de 0,1 m A . Sachant que A = 4 x 10-3 K-1 , quelle est la
température recherchée ?

P5- 5. Rôle d'un interrupteur dans un pont de Wheatstone

On se propose d'analyser l'ouverture et la fermeture d'un interrupteur K dans la branche diagonale


AB d'un pont de Wheatstone, comportant trois résistors, de résistances £1 , £2 et £3 connues avec
précision, et un quatrième composant, de résistance inconnue £4 (Fig. 5.30); £1 et £2 sont fixées,
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 177

alors que l'on peut faire varier /?3. Le pont est alimenté, entre les points P oi Q, par une source de
tension stationnaire, de f.e.m E et de résistance interne négligeable.

Fig. 5.30.

1. a) Établir, en fonction de £, /?i , 7^2 , ^3 et R4 , l'expression de la tension entre les points A


et B, mesurée avec un voltmètre de très grande résistance interne. K étant ouvert.
b) Dans ce montage R\ = R2 = 2 kO. On fait varier i?3 jusqu'à réaliser l'équilibre du pont ; on
obtient cet équilibre pour la valeur {Rije = 804 fi . En déduire la valeur de R4 .

2. a) Dans le montage précédent, avec K ouvert et E = 1,23 V, on donne à la résistance du


troisième composant, une valeur R^, différente de la valeur d'équilibre (Rp^e, sans modifier les autres
éléments. On constate alors expérimentalement que la tension Uab vaut 0.5 V . Calculer les courants
qui circulent dans les différentes branches du pont, ainsi que la valeur de R3.
b) En appliquant le théorème de Thévenin, calculer l'intensité /q du courant qui parcourrait le
conducteur reliant les points 4 et i?, si on fermait K .

c) En présence du générateur, on insère, dans la branche AB, en série avec K fermé, une source
de tension supplémentaire idéale, de f.e.m E' = 0,5 V , le pôle positif en A et le pôle négatif en B .
Les intensités calculées à la question 2.a sont-elles modifiées. Si non pourquoi, si oui comment?
d) On maintient le générateur, de f.e.m E = 1, 23 V , ainsi que la source de tension idéale, de f.e.m
E' = 0,5V, mais on ajoute en série, entre A et B , une troisième source de tension, de même f.e.m
0,5 V et en opposition avec la précédente. Quelle est alors l'intensité / du courant dans la branche AB
lorsqu'on ferme K ? Comparer / à /q ? Commenter. En déduire la représentation d'un interrupteur
ouvert ou fermé à l'aide de sources de tension idéale.

w b l
P5- 6, Rôle d'un interrupteur en terme de source de courant ®

Dans le circuit représenté sur la figure 5.31a, avec les trois sources de tension, de f.e.m respectives
E\ , £2 et £3, on mesure, à l'aide d'un ampèremètre, de résistance interne négligeable, l'intensité du
courant qui traverse l'interrupteur K fermé. On obtient, de D vers B, une valeur de 1,0 A .
1. On supprime les trois sources de tension dans le réseau précédent, mais on connecte, entre les
points B et D, une source de courant d'intensité 1 A , orientée de B vers D (Fig. 5.31b). Calculer
l'intensité du courant dans la branche BC.
2. Quelle est la variation de tension entre les bornes B et C du réseau initial, avec les trois sources
de tension, lorsqu'on ouvre K ?
178 5. Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires

D K
20 a 20 a
A
-
40 a 60 a D

40 a 60 a

50 a

50 a
&
c

Fig. 5,31.

P5- 7. Puissance dissipée dans une impédance de charge adaptée

Déterminer le générateur de Thévenin équivalent au circuit représenté sur la figure 5.32, entre
les points A et 5 , en régime sinusoïdal. L'amplitude de la f.e.m est 12 V . Un tel circuit générateur
débite dans une impédance de charge adaptée, c'est-à-dire que la puissance dissipée dans la charge est
maximale.

1. Calculer l'impédance de charge adaptée.

2. Quelle est la puissance dissipée dans la charge ?

' 20 a ' ^ i 30 a A
j
K w5mv- A -20; a -50; a
30 a 40/ a
20; a r = 10 al
-50; a

s B

FIG. 5.32. fig. 5.33.

vveb
P5- 8. Puissance dissipée dans un conducteur ohmique, en régime quasi stationnaire -

Entre les bornes A et 5 du circuit représenté sur la figure 5.33, on connecte un conducteur oh-
mique de résistance R = 10 O. La valeur maximale de la f.e.m de la source de tension sinusoïdale est
90 V.

1. À l'aide du théorème de Thévenin, déterminer le courant qui circule dans ce conducteur, la valeur
maximale de son intensité, ainsi que son déphasage par rapport à la source.

2. Quelle est la puissance dissipée dans le conducteur ?

P5- 9. Mesure d'une tension par la méthode d'opposition

À partir d'une source de tension connue (£"1 ), il est possible de déterminer la tension d'une autre
source inconnue (£2) par la méthode d'opposition (Fig. 5.34). Cette dernière consiste à régler la valeur
du facteur a du potentiomètre, de résistance R, constitué des résistances en série aR et ( 1 — a)R
dans le but d'annuler le courant h .
Théorèmes de base dans l'analyse des réseaux linéaires 179

1. Déterminer les intensités des courants /| et h .

2. À partir de la condition Ï2 = 0, donner l'expression du rapport des f.e.m. E2/E1 .

3. Retrouver les courants I\ et f2 en utilisant la méthode des mailles adjacentes et en orientant les
deux mailles dans le sens horaire.

h
>

(1 - a)R

£1 -y h
A
1 ""-1=
aR E.

Fig. 5.34.

P5-10. Triple réseau RC

La figure 5.35 représente un réseau électrique itératif dans lequel /? = 10 kfl et C = 39 nF. On
désigne par r la constante de temps de l'une des cellules.

1. À l'aide de la méthode des mailles adjacentes, établir l'expression du facteur d'amplification en


tension usjue.

2. Pour quelles valeurs de la pulsation m , le rapport uslue est-il réel ?

R R R
C c: c:
Uc
7777 7777 7777" 7777" ////
Fig. 5.35.
Fonctions de transfert. Quadripôles

Le concept de fonction de transfert joue un rôle essentiel en physique, surtout en électronique, mais
aussi en mécanique et en optique. En effet, chaque fois qu'un instrument fait correspondre une réponse
en sortie à une excitation en entrée, se pose le problème de son influence dans la relation entre l'entrée
et la sortie.
Le cas de l'électronique présente un intérêt particulier, en raison de la facilité technique avec la-
quelle on peut illustrer concrètement ce concept à l'aide de circuits simples. En effet, si l'on applique
à l'entrée d'un circuit RC (Fig. 6.1), une tension ue{r), on constate qu'en général la tension à la sor-
tie iis{t) est différente de ue(t). L'étude de la relation entre us{t) et ue(t) relève précisément de la
théorie du transfert.
Plus généralement, on peut caractériser tous les systèmes linéaires en électronique par une fonction
de transfert. Aussi convient-il d'abord de rappeler la définition des systèmes linéaires en électronique.

•-C ei S\
ue{t)
R LC
e2 S2
X
FIG. 6.1. Fig. 6.2.

I. — SYSTEMES ELECTRONIQUES LINEAIRES

Considérons un système électronique faisant correspondre les tensions de sortie .çj (/) et .^(V) aux
tensions d'entrée e\(t) et ^(V) (Fig. 6.2),

1.1. — Définition d'un système linéaire

Un système électronique est linéaire si toute combinaison linéaire des tensions à l'entrée admet
comme réponse la même combinaison linéaire des tensions de sortie correspondantes :

A| e\ + A2 ^2 —> Ai si + A2 ^2

Ai et A2 étant deux constantes réelles ou complexes (Fig. 6.2). Cette propriété justifie l'importance
de la décomposition du signal d'entrée en une superposition de signaux sinusoïdaux selon l'analyse de
Fourier (cf. annexe 2). En effet, on peut considérer tout signal d'entrée, fonction du temps, comme une
superposition discrète ou continue de signaux sinusoïdaux dont l'amplitude complexe est une fonction
de la fréquence.
Fonctions de transfert. Qiiadripôles 181

Remarque : Les signaux sinusoïdaux sont simples car, relativement aux opérateurs qui apparaissent
dans l'expression des lois physiques, ils gardent leurs formes, lorsqu'on les dérive ou les
intègre par rapport au temps. Par exemple :

^ cos{(ot) = —o) sin(W) = wcos (mî + ^

La forme complexe de ces signaux donne un résultat techniquement plus intéressant,


puisque l'opération de dérivation d / dt se traduit par une simple multiplication :

^ exp(/û>r) = jco exp(jojt)

En langage plus élaboré, on dit, dans ce dernier cas, que le signal sinusoïdal, sous sa forme
complexe, est une fonction propre de l'opérateur dérivation.

1.2. — Fonction de transfert

Appliquons à l'entrée d'un circuit RC, tel que le précédent (Fig. 6.1), une tension sinusoïdale ue ,
de pulsation co = Irrf :
l
Ie{t) -Me,,„expOr)
On sait que la tension de sortie aux bornes du condensateur s'écrit ;

M.W = MVMexp(>r)

La relation entre les tensions d'entrée et de sortie est simple à établir puisque le système est un diviseur
de tension (cf. chapitre 2) :

, , Zc , x 1 /{jC(o) . ,
(r) = lIÀ,)
evJ
^ R+-ZC
R+Zc^ = R+l/ijCù))^'''
RTmc^) ^ = T 1 + jRCco ^

On en déduit le rapport u^{t)/ue(T) :

u^t) 1 1
= :— en posant con = —-
ue(t) \+jio/ù)o RC
Il est souvent commode d'introduire le nombre sans dimension suivant :

f
x=~ = -
/o
qui est une pulsation réduite ou \me fréquence réduite.
Ordre de grandeur : dans le cas concret ou /? = 5 kfl, C = 20 nF , on trouve :

ojo = = 104 rad s 1


et /o = — —
J
^ = 1. 59 kHz
RC 2-77 IttRC
Pour tout système linéaire, tel que le précédent, le rapport de la tension de sortie sur la tension d'entrée,
qui dépend de la pulsation oj , est Xz. fonction de transfert du système ; on la note très souvent H (Jco) en
électronique (cf. chapitre 13) :

1 Cjù)/ù)o

Le cas singulier où = 0 correspond évidemment aux signaux stationnaires.


L'équation précédente est facile à interpréter : le système affecte chaque composante sinusoïdale,
en la multipliant par la fonction de transfert H {jco) .
182 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

1.3. — Diagrammes de Bode

Pour des raisons pratiques, on utilise généralement comme variable, non la pulsation co exprimée
en rad ■ s-1 , mais la fréquence f = coj (2-7r) en Hz. On pose alors :

H(jto)=T{f) = \T(f)\exp[j4>(f)]

En outre, le domaine de variation de la fréquence, dit spectral, étant très étendu, puisque compris entre
quelques hertz et quelques centaines de mégahertz, on utilise en abscisse, non la variable /, mais son
logarithmique décimal 1g/, ce qui permet de resserrer l'extension du domaine significatif.

a) Gain en tension

On appelle gain en tension d'un système, exprimé en décibel, la quantité suivante :

G,(dB) = 201g|I(f)|

Cette définition fut introduite par l'ingénieur américain A.G. Bell pour deux raisons :
i) le module de Tff) pouvant lui aussi varier fortement, une échelle logarithmique permet, ici
aussi, de resserrer le domaine significatif de variation,
ii) la loi expérimentale du physiologiste G. Fechner montre que la sensation sonore d'un signal
acoustique est proportionnelle au logarithme de la puissance mécanique reçue par le tympan de l'oreille
et donc au logarithme de la puissance électrique fournie au haut-parleur (cf. Mécanique).
Comme l'unité logarithmique qui en résulte s'avère en pratique trop grande, on introduit le décibel
en multipliant le logarithme par 10. Le facteur 20 qui apparaît dans l'expression du gain en tension G;,
se justifie aisément, car la puissance est proportionnelle au carré d'une tension, ce qui se traduit par un
facteur 2 supplémentaire lorsqu'on prend le logarithme.
On appelle diagrammes de Bode, du nom de l'électronicien américain H. Bode, les représentations
du gain en tension G„(dB) et de la phase </> de la fonction de transfert en fonction de 1g/.

Remarque : Pour des raisons pratiques, on utilise parfois du papier semi logarithmique dont l'échelle
des abscisses, qui est celle des fréquences, est logarithmique et l'échelle des ordonnées,
qui est celle du gain, linéaire.

b) Détermination expérimentale

Expérimentalement, on détermine le diagramme de Bode relatif au gain comme suit : pour chaque
fréquence, on mesure les amplitudes des tensions d'entrée et de sortie à l'aide d'un oscilloscope. On en
déduit leur rapport et donc le gain que l'on porte sur le diagramme relatif au gain.
Notons que le module de Tff ) est évidemment non négatif, mais que le gain en décibel est lui
négatif dès que |r(/)| < 1 ; en outre, pour |r(/j| = 0, G,, = — oo .
On trace le diagramme de Bode relatif à la phase en comparant la phase de la tension de sortie à
celle de la tension d'entrée, ce que permet un oscilloscope utilisé en mode de Lissajous (cf. Introduction
expérimentale) :

0(/) = M)-(f>e{f) avec ue = ue,m ex p [/"(/»,(/")] exp(/27r/r) et m, = us,m exp[/"^(/")] txpijlTrf t)


On utilise de plus en plus des décibelmètres qui sont des voltmètres numériques gradués en dB ; dans
ces appareils, la tension efficace de référence est 0,775 V, ce qui correspond à une puissance de 1 mW
dissipée dans un conducteur ohmique, conventionnellement de résistance R = 600 fl. Pour la phase,
on préfère utiliser aujourd'hui un phasemètre, lequel donne une valeur plus précise que celle obtenue
avec un oscilloscope.
Fonctions de transfert. Quadripôles 183

Remarques : 1) Les filtres passifs sont caractérisés par un facteur d'amplification en puissance toujours
inférieur ou égal à l'unité, et donc un gain en puissance non positif, puisque par définition
ils n'utilisent pas pour leur fonctionnent de sources auxiliaires (cf. chapitre 1 ). Cependant
leur gain en tension peut, lui, être positif; c'est ce que l'on observe par exemple dans
l'étude de d'un circuit RLC lorsque la tension de sortie est la tension aux bornes du
condensateur (cf. chapitre 3) : si le facteur de qualité Q est supérieur à 1 , alors le gain
en tension sera positif pour une fréquence égale à la fréquence propre du circuit.
2) Une autre façon de détenniner expérimentalement la fonction de transfert consiste à
utiliser un générateur d'impulsions qui fournit en sortie la réponse impulsionnelle dont la
transformée de Fourier est précisément la fonction de transfert (cf. chapitre 15).

1.4. — Exemple du filtre RC

a) Diagramme de Bode

De la fonction de transfert Hijco) du circuit RC (Fig. 6.1), on déduit :

1 1
!(/) = d'où \T(f)\ =
1 +Jf/fo [l + Cf/Zo)2]1/2
Par conséquent :

O» = 201g = — 101g et é = —arctan


[i + 07/o)2]1/2 foj /o

Sur la figure 6.3, on a représenté le gain en tension G,, et la phase cô en fonction de X = Igx
(^ = 10* ), x = ///o étant la fréquence réduite ; on porte directement x en abscisse, sur une échelle lo-
garithmique. Il vient :

Gh = —101g (l + x2) = —101g (l + 102*) et f = —arctan(10A)

On voit que la valeur maximale du gain en décibel est 0, lorsque x = 0, soit X = —oo, ce qui n'est
pas surprenant puisque la valeur maximale de |Z(/) | est 1 . Les valeurs de Gu et 0 pour la valeur
singulière x = 1 ou X = 0 sont respectivement :

TT
0„(1) =201g — 101g2 « —3 dB et 0(1) =--rad

i ^(rad)
0 ,
0 . " - - - X = Igx
^ --H X = Igx \
-3^ \
Vv
\
V — tt/A- -
\
\
\
-20- "-s
\ — TT jl -
a) b)
Fig. 6.3.
184 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

b) Représentation asymptotique

Le tracé point par point des diagrammes de Bode étant laborieux, on lui substitue généralement
une représentation asymptotique. Dans l'exemple du filtre RC, on décompose l'espace des fréquences
en deux zones délimitées par la fréquence /o ( x = 1 ), et on introduit la fonction de transfert normali-
sée H :

T(f) = n{x) = = -L d'où G„ = 20lg 1 - 20lg{2l/'2) = 0 - 10Ig2 = -3 dB

é = —arctanx = —arctan 1 = —- rad


4

Les deux zones sont donc les suivantes :


i) Pour x =///o <C 1, on a :

H « 1 d'où G,, = 201g |2i| ~ 0

L'asymptote du gain est une droite horizontale et la phase est nulle.


ii) Pour x =flfn 1, on trouve :

— -j- d'où G„ 201g \H\ « 201g ( - j = -201gx = -20X


jx x \ -^ /

L'asymptote du gain est une droite qui passe par G = 0 pour x = 1 et dont la pente vaut —20 dB par
décade, puisque qu'une décade correspond à XX = 1 , soit une multiplication par 10 du rapport ///q .
La phase est constante et égale à —-77-/2 rad .
Notons que ce même gain diminue de 6 dB , lorsque la fréquence / est multipliée par 2 :

Gu = -201g2 ^ -20 x 0,3 = -6 dB

On dit aussi que la chute de gain est de 6 dB par octave, car l'octave musicale est définie par un rapport
de fréquence égal à 2 .
On peut constater, sur la figure 6.3, que le tracé asymptotique donne l'allure des vrais diagrammes
avec une très bonne approximation.
Retenons que le gain en tension de ce circuit électronique s'effondre pour les hautes fréquences.
Aussi est-il utilisé pour privilégier le transfert des faibles fréquences au détriment des hautes fréquences
présentes dans le signal d'entrée.

c) Bande passante « — 3 dB

La fréquence caractéristique /o , correspondant à x = 1 , symbolise une rupture dans la courbe de


gain et de phase. Aussi l'appelle-t-on fréquence de coupure à —3 dB , car 20 Ig iZC/o)! = —3 dB et la
note-t-on souvent fc.
Comme fc —fo — 1/{27tRC) délimite la limite supérieure de la bande passante à —3 dB du filtre
et que la limite inférieure est la valeur nulle, la fréquence de coupure fc détermine la bande passante
du système. Dans cette bande, le déphasage entre les signaux d'entrée et de sortie est pratiquement
constant ; il est nul pour / </o et vaut —7rf2 rad pour / >/o ; pour / =/o sa valeur est —-77/4 rad .
Fonctions de transfert. Quadripôles 185

1.5. — Diagramme de Nyquist

Dans le diagramme de Nyquist, du nom du physicien américain H. Nyquist, on représente la fonc-


tion de transfert H(Jo}) dans un plan complexe : on porte sur l'axe réel Re{/^} et sur l'axe imaginaire
en fonction, par exemple, de la pulsation réduite x. Le point figuratif M décrit, dans ce plan,
une courbe lorsque x varie. Dans l'exemple précédent, l'élimination de x entre :

= =|ilï2 et l-{"l

donne ;

Hj = H^x1 = H2r(jj- -lSj=Hr- H; ce qui s'écrit (Hr - 0, 5)2 + = 0,25

Ainsi, le diagramme de Nyquist est, dans ce cas, le cercle de centre C de coordonnées (0.5 :0) et
de rayon /? = 0,5 (Fig, 6.4). Lorsque / augmente, le point représentatif M décrit le demi-cercle
inférieur AIO, A étant le point de coordonnées ( 1 ; 0 ) et O l'origine du diagramme. Dans la pratique,
ce diagramme est moins utilisé que le diagramme de Bode, car la lecture des fréquences est moins
commode. En revanche, il présente un intérêt pour analyser la stabilité des circuits (cf. chapitres 12, 13
et 14).

ijj —

0,5 1 X = Rel//}
Quadripôle us
M

FIG. 6.4. FIG. 6.5.

II. — QUADRIPÔLES ET FILTRES PASSIFS

Le circuit simple de la figure 6.1 peut être considéré comme un quadripôle, c'est-à-dire un système
à quatre bornes, deux à l'entrée, entre lesquelles on applique une tension ue, et deux à la sortie entre
lesquelles on mesure la tension de sortie us, même si une borne de sortie est reliée à une borne d'entrée
(Fig. 6.5).
Si le gain en tension varie, lorsqu'on fait varier la fréquence, on dit qu'on a réalisé un filtre en
fréquence. Comme, en outre, la puissance à la sortie est nécessairement inférieure à la puissance à
l'entrée, puisque le système ne reçoit pas d'énergie d'une source auxiliaire, le filtre est passif

II. 1. — Classification des filtres passifs

a) Selon leur fonction

Dans cette classification, on distingue les filtres passe-bas, les filtres passe-haut, les filtres passe-
bande et les filtres coupe-bande (ou réjectecteur de bande). On les désigne parfois, de façon plus précise,
par le nom de la fonction qui les caractérise ou par celui d'un auteur historiquement lié à leur étude.
186 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

Ainsi, en électronique, le filtre passe-bas exponentiel et le filtre passe-bas de Butterworth ont pour
fonctions de transfert respectives, en fonction de la fréquence réduite x :

n{x) = exp( -x) et H{x) = (1

Remarque : En optique incohérente, le filtre spatial de Butterworth est souvent défini par la fonction
de transfert en puissance, laquelle est donnée par le carré du module de F expression pré-
cédente (cf. Optique).

b) Selon leur ordre

De façon technique et spécifique à l'électronique, on classe les filtres selon leur ordre, c'est-à-dire
selon le degré le plus élevé des polynômes qui apparaissent dans la fonction de transfert H(jco). Ainsi,
les fonctions de transfert :

Aco-\-B B
H(j.co. ou Hijio) —
Coj + D Cco -f D

A , B y C, D étant quatre coefficients constants, sont des filtres d'ordre î. En revanche :

A i (o~ -(- 5 -f- C| B\ o) F C\ C,


H{j(o) = et H{jo)) —
-|- B2O) -f- C2 A2àfi -|- B2à) C2 A2&^ "h B2O) -f- C2

caractérisent des filtres d'ordre 2.

II. 2. — Gabarit d'un filtre passif

On appelle gabarit d'un filtre passif la zone géométrique qui le caractérise dans le diagramme
de Bode.
Pour un filtre passe-bas, cette zone peut être définie par la fréquence de coupure /1 , à G\ dB , en
dessous de laquelle tous les signaux sont transmis, et par la fréquence /2(> /î) à G2(< G]) dB, qui
donne l'atténuation minimale dans la bande de fréquence à rejeter (Fig. 6.6a).
On montre que les gabarits des autres filtres peuvent se déduire du gabarit d'un filtre passe-bas ;
par exemple pour un filtre passe-haut, la zone est symétrique par rapport à la fréquence moyenne, com-
prise entre f\ et /2 (Fig. 6.6b). Les gabarits des filtres passe-bande ou réjecteurs de bande sont des
juxtaposition de gabarits passe-bas et passe-haut.

Gu G,,

«1 «1

@2— «2—

Fig. 6.6.
Fonctions de transfert. Quadripôles 187

II. 3. — Filtres passe-bas d'ordre 1

a) Filtre RC

L'exemple le plus simple de filtre passif passe-bas est celui du dipôle RC précédent (Fig. 6.1).
Son étude expérimentale est simple à conduire. On a vu que, pour R — 5 kfl et C = 20 nF, on avait
/o = l,59 kHz.
Le choix pratique d'une valeur de R de l'ordre de quelques kO n'est évidemment pas hasardeux,
car l'impédance interne du GBF (générateur basse fréquence), de l'ordre de 50 lî , a ainsi une influence
négligeable ; on peut donc se fier à la tension affichée par le GBF. Sinon, il faudrait ajuster l'amplitude
de cette dernière, afin que la tension réelle à l'entrée du filtre ne change pas lorsque la fréquence varie.
De façon qualitative, c'est-à-dire sans calcul, il est facile de montrer qu'un tel système se com-
porte comme un filtre passe-bas. En effet, l'impédance offerte par le condensateur, qui est \/{jC(o),
s'effondre pour les hautes fréquences ; la tension à ses bornes devient donc très faible. C'est évidem-
ment l'inverse à très basse fréquence.
Un filtre passe-bas, tel que le circuit simple précédent, est utilisé lorsqu'on veut privilégier les
basses fréquences dans un signal électrique; c'est ce que l'on réalise à la sortie d'un amplificateur
audio, en connectant, aux bornes du haut-parleur (HP), un condensateur (Fig. 6.7).

C
P
Fig. 6.7.

b) Filtre LR

La fonction de transfert Hifco) du diviseur de tension LR , représenté sur la figure 6.8a, est facile
a exprimer ;
R 1 (o f R
= ^ = :— = — avec x= — — — et coq = —
M s? R jLco 1 -f jx ù)o f) L
On en déduit :
1 O) 1 R
H(x) = ou H{x) = avec /0 = —-
1 +jx i + O)-' 27r L
Il vient, comme précédemment :
1
m = {\+x2yn Gu = —201g|21| = — 101g(1 +a-2)| et f = —arctan.*

Le résultat est donc le même que celui obtenu avec le circuit RC. Dans la pratique, l'utilisation des
bobines est moins commode, car ces composants sont plus encombrants et souvent mal représentés par
une seule inductance ; on doit prendre en compte une résistance supplémentaire. On tend de plus en plus
à les remplacer par des montages équivalents avec amplificateurs opérationnels (cf. chapitre 8).

L L
R
H
a) b)
FIG. 6.8.
188 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

Application : filtrage des basses fréquences à la sortie d'un baladeur


On sélectionne les basses fréquences à la sortie d'un baladeur à l'aide d'un filtre LR, L étant
l'inductance d'une bobine et R la résistance du haut-parleur (Fig. 6.8b). Les ordres de grandeur sont
£ = 0,5 mH et /? = 8 D. Par conséquent :
1 8
= = = 2 540 Hz soit /o = 2,54 kHz
/o 2-77 L 277 0,5 xlO-3

Remarques ; 1) Avec un condensateur au lieu d'une bobine, il aurait fallu une forte capacité, puisque :

20 jjlF
277/??

2) Soulignons que tous les filtres passe-bas d'ordre 1 sont décrits par la même fonction
de transfert, laquelle est complètement définie par la valeur d'une seule caractéristique, la
fréquence de coupure fa .

II. 4. — Filtres passe-haut d'ordre 1

a) Filtre CR

L'exemple le plus simple et le plus répandu de filtre passif passe-haut est le dipôle CR (Fig. 6.9a).
Une analyse qualitative préalable permet d'obtenir rapidement le comportement d'un tel filtre. Pour une
fréquence / faible, la tension aux bornes du condensateur est bien plus grande que la tension de sortie
aux bornes du résistor; cette dernière est donc négligeable devant la tension d'entrée. La fonction de
transfert s'obtient facilement puisqu'on a toujours un diviseur de tension :

, .s i±s iV L
soit H(j(o) = —— avec wq = ^
= = 1 —JÙJQ/Ù) RC
^ R+l/(JC(o) 1 + \/ijRCù))

On en déduit, en fonction de x =///o :

O)
1 -j/x 1 4- (jx)- 1+ (/■*)

d'où :
Gu = —101g ( 1 + -^ et f = arctan -
Vx
En fonction de X = 1g x:, il vient ;

G„ = -ioig(i + i(r2X; et é — arctan 10"

Remarque : Notons que l'on passe d'un filtre passe-bas du premier ordre à un filtre passe-haut du
premier ordre en procédant au changement de variable : {jx) en (jx)~[ .

Sur les figures 6.9b et 6.9c, on a représenté les diagrammes de Bode en gain et en phase d'un tel
circuit avec /? = 10 kO et C = 10 nF. On voit que le gain croît lorsque la fréquence augmente ; le
filtre est passe-haut avec une fréquence de coupure fa = fa = 1,59 kHz.
On déduit aisément Gu et f , relatifs au filtre passe-haut CR, des mêmes grandeurs relatives au
filtre passe-bas RC, en procédant au changement X en —X. En effet, le gain et la phase sont des
fonctions respectivement paire et impaire de X :
2X x
= — 101g (1 + 10 ) et (f) = arctan 10
Fonctions de transfert. Quadripôles 189

G„(dB) . ^>(rad)
0 ^= tt/2

C
- -7r/4
R
\
-20 \
7777 4. 0 X = \gx

a) b) c)
Fig. 6.9.

b) Applications

1) Filtrage des hautes fréquences à la sortie d'un baladeur


Pour sélectionner les hautes fréquences de la tension à la sortie d'un baladeur, on utilise un filtre
passe-haut en ajoutant un condensateur en série avec le haut-parleur. Par exemple, si /? = 8 fi et
C = 5 |jlF , la fréquence de coupure est :

1
fc = 4 kHz
2ttRC

2) Utilisation de la voie AC d'un oscilloscope


Dans un oscilloscope, la voie AC se distingue de la voie DC par un condensateur en série à l'en-
trée (cf. Introduction expérimentale) ; ce dernier, associé à la grande résistance d'entrée de l'instrument
de mesure, forme un filtre passe-haut (Fig. 6.9a) qui étouffe les fréquences faibles, notamment la fré-
quence nulle.
Calculons la capacité C nécessaire pour que la fréquence de coupure d'un oscilloscope, de résis-
tance d'entrée R = 1 MO, soit de 1 Hz :

1 1
C 0,16 |jlF
27rfcR 27r x 106

Remarque : On peut réaliser des filtres passe-bas ou passe-haut plus sélectifs en plaçant en cascade
plusieurs filtres d'ordre 1 identiques, comme on le verra plus loin. On obtient ainsi des
filtres d'ordre 2 ou plus élevé, suivant le nombre de cellules. Cependant il existe aussi des
systèmes électriques globalement caractérisés par des fonctions de transfert d'ordre 2 ou
plus élevé (cf. Exercices).

II. 5. — Filtres passe-bande d'ordre 2

a) Circuit RLC série

Le circuit oscillant RLC série peut être considéré comme un système qui fait correspondre, à la
tension d'entrée aux bornes du circuit, la tension de sortie, aux bornes du résistor, proportionnelle à
l'intensité du courant (cf. chapitre 3). Il se comporte comme un filtre, puisque, lorsqu'on fait varier la
fréquence de la tension sinusoïdale à l'entrée, l'amplitude de la tension de sortie varie (Fig. 6.10). On
sait que cette dernière passe par un maximum pour une pulsation to du GBF égale à la pulsation propre
ojq du circuit :
/j_V/2
a) (Oo
KLCJ
190 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

c
o
o

o
R
Oscilloscope
7777
Fig. 6.10.

Le calcul de la fonction de transfert H(j(o) ne présente pas de difficulté :

RCù)
HCco) = ^ = - =
^ ue R F jLoj +1/ (jCoj) RCù) + j(LCù)2 — 1 )

Le filtre est donc du deuxième ordre. Il est commode d'exprimer H{jco) en fonction de wq et du facteur
de qualité Q — Loyo/R :
. . 1
Hijco) = ; ; 7—-
1 +jQ{(o/(O0 - COQ/M]
On en déduit, en introduisant la fréquence réduite x = co/coq =f/fo :

i i
n{x) =
1
i +jQ{x - i A) + Ql(J ) + (/^)_,]
x

d'où:
1/2
Gu = 201g \H\ = 201g -101g 1+0
[1 + Q2(X — i/x)2]1/2 [x~x

et ;
d> = — arctan eu--

En fonction de la variable X = Igjc, on obtient :

Gu = —101g 1 + Q2{\0x - 10-x)l/2] et f = -arctan [Q (10x - lO^

Sur la figure 6.11, on a représenté les diagrammes de Bode relatifs au gain et à la phase, en fonction
de X = \gx = lg(/7/o) • H s'agit ici d'une autre représentation que celle donnée habituellement (cf.
chapitre 3) du pic de résonance qui apparaît pour X = 0 , soit x = 1 ou / = ^ .
Lorsqu'on réalise un tel montage, on doit prendre en compte la résistance r de la bobine, dans le
calcul de Q, ainsi que la résistance interne du GBF, de l'ordre de 50 fl.
Ordres de grandeur : si L = 0,1 H , /? = 90 fl, C = 0,2 pE, on trouve :

1/2
L(OQ
= 1,13 kHz et Q= = 7.9
/o = è(è ~R~

On peut utiliser un tel filtre pour sélectionner une fréquence déterminée dans la tension d'entrée ; il suffit
de modifier la valeur de la capacité jusqu'à obtenir un gain maximal aux bornes du résistor. On rend le
circuit sélectif en augmentant Q , concrètement en diminuant R.
Fonctions de transfert. Quadripôles 191

G,, <9(racl)

X=\gx tt 2

X=\gx

0=5
0 = 20
— TT 2
0= 5

(9 = 20

a) b)
FlG. 6.11.

Remarques .■ 1) On s'affranchit de la résistance interne du générateur en utilisant un amplificateur opé-


rationnel monté en suiveur (cf. chapitre 8).
2) Entre la tension de sortie prise aux bornes d'un condensateur et la tension d'entrée, la
fonction de transfert est évidemment différente : le gain en tension passe par une valeur
maximale non nulle, alors que le filtre est passif (cf. Exercices).

b) Filtre de Wien

Le filtre de Wien, du nom du physicien allemand C. Wien, à ne pas confondre avec son cousin
W. Wien à qui l'on doit des travaux sur le corps noir (cf. Thermodynamique), est un filtre passe-bande
d'ordre deux constitué de deux résistors et de deux condensateurs identiques, disposés comme le montre
la figure 6.12.

R
X
C
R

7777 7777"
Fig. 6.12.
Établissons l'expression de sa fonction de transfert, en nous appuyant sur le diviseur de tension ainsi
constitué :
Z2 1
H(JÛ))
ue Z, +Z2 1 + Z1/Z2
avec :
R
Z|=*+ 1 et Z2= /^o) _ «
jCù) jCù) " R-F 1/ {jCù)) 1 + jRCco
Il vient, en effectuant :

Zj 1 + jRCo) 1 + jRCù) 1 — R2C2ù)2 j2RCû)


x 2+9 "' 6,0 OU 0){)
Z2 jCco R jRCù) \^o ù) RC

On en déduit :

H(Jco) = ———^ —— soit lLix) = 77 ~—n-T


3+7(a)/&)o — 3+j{x—l/x)
192 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

en introduisant la fréquence réduite x = oj/coo —f/fo . Ainsi :

Q i
n{x)
l F Q[(jx) + (jx)-1] aVeC
^ 3

d'où:
1 ' x — X/x
\U{x)\ = 2 1 2
et f = — arctan
[9 + (x — 1/x) ] / " " V 3
Sur les figures 6.13a et 6.13b, on a représenté les diagrammes de Bode du gain G,, et de la phase f en
fonction de X = Ig^:.

-X\2\ iox-io-x\
Gu = 20\g\n\ = —101g |9 + (10 - 10 et é = —arctan

On voit que Gu passe par sa valeur maximale — 9,54 dB , correspondant à |r| = 1/3 , lorsque X = 0 ,
soit x = 1 ou f = fo . Pour R = 5 kfi et C = 10 nF, fa vaut ;
1
/o 3,18 kHz
ITTRC

G„(dB) firaâ)
x
0 = ]ëx
- tï (2

0 X = \gx

— 7r/2

a) b)
Fig. 6.13.

II. 6. — Filtres coupe-bande d'ordre 2 en double T

Le filtre, en double T, représenté sur la figure 6.14, est constitué de deux filtres en T, l'un formé de
deux condensateurs identiques, de capacité C, séparés par un résistor, de résistance R/2 , l'autre formé
de deux résistors, de résistance R, séparés par un condensateur de capacité 2C.

C N C

K
R R Us
2C R/2

Fig. 6.14.

Notons, avant tout calcul, que us ^ Me à haute fréquence (o) « oo), ainsi qu'à basse fréquence
(û> « 0). Dans le cas concret où R = 10 kfi et C = 15 nF, coq et /q valent respectivement :

cûq = =6,61 x 10 ' rad ■ s-1 et /o = —= 1,062 kHz


RC Itt
Fonctions de transfert. Quadripôles 193

On obtient rapidement le facteur d'amplification en tension, en appliquant le théorème de Millman aux


nœuds ^et 5, le filtre ne débitant sur aucune charge. Il vient, respectivement :

_ Ile/R + Hs/R .. _iCcoue+jCo)us ^ _UK/R+jCo}UN


MKv — _ ,_ _ ll\r — __ et —
- 2/R + j2Coj -N jlCoj + l/R 1 !R JCco
ce qui s'écrit, en introduisant la fréquence réduite x = RCco = oj/cûq =f/fo :
_ + ei rr _ Hk+MN
Uy — UN = Jx Us —
-K 2(1 F jx) ^ ^2(1+jx) - - \+jx
Ainsi, remplaçant dans cette dernière équation uK et uN par leurs expressions respectives , on trouve :

_ fe + - x2) . ue + ul; _ 2(1+jx)2


soit
2(1 +jx)2 1-x2

On en déduit :

ue _ 2{] jx)2 2(1 + jx)2 - l+.v2 1 — x + /4x h. 1 -x2


1 = 1 - : 4— et — =
u
—o \ — x2 1 - x2 1 -x2 1 — x2 + j4x

Finalement :
1—X2
n(x)
—w
— — 0
1 - x2 + ;4x

ce qui s'écrit aussi, en divisant les deux membres par jAx :

(1-x2)/{47x) Q[ijx) + (ix)-


n(x) = 2
avec Q=
i + (i - .v )/4/.v i+eio'A-) + (/.t)-1:
Ainsi :
1 — x2 4x
Gu = 201g 2
et f = —arctan
1 - x + ;4x 1 -x2
Sur la figure 6.15, on a représenté les diagrammes de Bode relatifs au gain et à la phase, en fonction de
X = lgx :
^ 11-102X| , 4 x 10A
11 ~ g
[(1 - lO2^)2 + 16 lO2^]'/2 et
^" arctan
i _
Les fréquences voisines de /o sont étouffées. Le système se comporte bien comme un filtre
coupe-bande.

. 1 G„(dB) > 0(rad)


TT j2 -

0 % = ]ëx 0 — 1g x

f
— 7r/2
a) b)
FlG. 6.15.
194 6. Fonctions de transfert. Quadripôîes

III. — ASSOCIATION EN CASCADE DE FILTRES PASSIFS

Très souvent, les filtres passifs réels se présentent comme des associations en cascade de quadri-
pôîes, tels que ceux qui ont été étudiés précédemment. Il est alors commode de décrire le comportement
linéaire de ces systèmes par une matrice de transfert, laquelle permet de passer des caractéristiques
tension-courant, à l'entrée, à celles tension-courant, à la sortie (Fig. 6.16). Notons que le courant de sor-
tie is, qui traverse l'impédance de charge Zc , sort de la borne 3 du quadripôle.
Désignons par Xe la matrice colonne formée par les données tension et courant à l'entrée et par
Xs la matrice colonne correspondante à la sortie. Il vient :

a b
X, = [T] avec [T] = car hf et cu^-i-df
c d

1 3 •-
a b
Us Zc
c d
2
FIG. 6.16.

III. 1. — Matrices de transfert élémentaires

Les matrices de transfert des systèmes électroniques peuvent être obtenues à partir de deux matrices
de transfert élémentaires de quadripôîes simples Qi et Q{ représentés sur la figure 6.17 : le premier
Qi est constitué d'une impédance ^ longitudinale entre les bornes 1 et 3 du quadripôle et le second Qt
d'une impédance 2 transversale entre les bornes 1 et 2.

-[ —>■ >
. 'e i l.s
ue z Us
*
a) Q, b) Q,
Fig. 6.17.

a) Matrice de transfert de Qi

Les relations entre l'entrée et la sortie sont très simples à établir (Fig. 6.17a)

Ht = Ue - ZÎe et f —f

ce qui se met sous la forme matricielle suivante :

1 —z
X^lTjiXe avec [7^ =
0 1

Notons que le déterminant de la matrice [T]i vaut 1.


Fonctions de transfert. Quadripôles 195

b) Matrice de transfert de Q,

De même, pour le quadripôle Çf (Fig 6.17b) :

et
M* = He 'v — H le
Z
d'où, matriciellement :

1 0
Xx = [T]tXe avec [7],
-l/z 1

Le déterminant de [7], est, lui aussi, égal à 1.

III. 2. — Matrice de transfert d'une association de quadripôles en cascade

Les matrices de transfert élémentaires permettent d'en déduire simplement la matrice de transfert
du quadripôle Q formé par l'association en cascade de quadripôles élémentaires. En effet, en procédant
de proche en proche, on voit que la relation entre Xe et Xs s'obtient en multipliant entre elles les
matrices élémentaires.
Notons que l'ordre dans l'écriture des matrices élémentaires est l'inverse de celui dans lequel les
quadripôles se suivent (Fig. 6.18). Ainsi, on écrira, pour n quadripôles, qui se suivent en cascade dans
le sens Q\ , Qi > •■•Qk • • • > de matrices de transfert respectives [T)], [To],[T^] .,. [7,,] :

[T] = [r]„x...[r]tx...[r]2x[T]1

Le déterminant de [7] vaut 1 puisqu'il est le produit de déterminants tous égaux à 1 .

02 Qn
« ... «

Fig. 6.18.

Pour trouver la fonction de transfert de Qf\\ suffit de rappeler les relations linéaires suivantes :

My = a ue b ie et is = cu^-^-d i_e

et de noter que l'on doit avoir iy = 0. Il en résulte que :


hc u hc ad — hc 1
us = aue-—ue d ou — = a- — = — = -
d ue d d d

puisque le déterminant ad — bc de la matrice vaut 1 . Ainsi, la fonction de transfert FKjto) = Tif)


s'identifie finalement à l'inverse de l'élément de matrice d :

Remarques : 1) On aura probablement noté l'analogie de traitement avec l'analyse matricielle en op-
tique géométrique (cf. Optique).
2) Les électroniciens définissent souvent la matrice de transfert par l'inverse de la ma-
trice précédente, c'est-à-dire la matrice qui détermine l'entrée à partir de la sortie, proba-
blement pour éviter l'ordre inverse dans l'écriture des matrices successives. Notre choix
est conforme à celui que l'on a déjà adopté en optique, précisément « la sortie en fonc-
tion de l'entrée ».
196 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

III. 3. — Exemples

a) Matrice de transfert du quadripôle passif en T

Pour le quadripôle passif en T (Fig. 6.19a), on a :

soit Xs = [T]Xe avec [F] = [rj/fe) [r]?fe) [F]/(z,)

Il vient, en explicitant :

1
1

1
0
1 -23 1 + Zl/zo -(z\Z2 + Z\Z3 + zizfjlzi

1
[71
0 1 -1/Z2 1 . 0 1 -1/Z2 1+Zl/Z2

H
r zi Z3 ^ A
Zl
12 Zi Z3

b)
Fig. 6.19.

b) Matrice de transfert du quadripôle passif en H

De façon analogue, avec le quadripôle en II (Fig. 6.19b), on obtient :

soi: x, = [r]zf avec [r] = [r],^) [r],(4) [r],(ai)

On trouve, en explicitant :
1

1
1

0 T-H
0

" 1 -4 ' i + 4 Al -4
m
T—1
1
0 1 -{z\ + 4 + 4)/(44 ) + 4 As
(Tl
1

"

III. 4. — Théorème de Kennely ; conversion triangle-étoile

Ce théorème, qui porte le nom de Félectrotechnicien américain du début du XXe siècle A. Kennely,
donne les relations auxquelles doivent satisfaire les impédances pour que les quadripôles en T et en II
soient équivalents. De façon plus imagée, le quadripôle T est dit en étoile et II en triangle.
En identifiant les éléments des matrices précédentes, on obtient respectivement ;

Z\Z2 + Z1Z3 + Z2Z3 , J_ _ 2l + 4 + 4


— Z2 1+^ = 1+4
22 Z\ 22 22 44 22 23

On retient généralement cette équivalence sous les deux formes suivantes :

Zk = et 4 =
Eiï Zk

selon que l'on passe du montage en triangle (Il d'impédances 4) vers celui en étoile (T d'impé-
dances Zk ), ou l'inverse. La conversion triangle-étoile est largement utilisée en électrotechnique, préci-
sément pour économiser un fil conducteur dans le transport de la puissance électrique, en triphasé (cf.
chapitre 2).
Fonctions de transfert. Quadripôles 197

III. 5. — Association de deux cellules identiques RC

On détermine la matrice de transfert de l'association de deux cellules identiques en portant à la


puissance deux la matrice de transfert Trc d'une seule cellule (Fig. 6.20) :

1
o
1 -R 1 -R
[7V = [r],(c) [r];(«) =
-jCo) 1 0 1 —jCco 1 + jRCco

La fonction de transfert d'une cellule, H(Jco) = , s'en déduit à l'aide de l'inverse du qua-
trième élément de la matrice :
. . i 1
H(jio)7 = — =
^ d 1 + jRCco

R
Ue C —'— C——

FIG. 6.20.

Pour obtenir la fonction de transfert de l'ensemble, effectuons la multiplication matricielle Trc Trc 5
en introduisant la fréquence réduite x = RCco :
1 -R 1 -R 1 + jx —R — /?(1 + jx)
[T] x
-jx/R 1 +jx -jx/R 1 -Fjx —jlx/R -(- x2/R jx + (1 + jx)2
Ainsi :
1-fjr'x —R{2 -\-jx)
m =
—jlx/R + x2/R 1 — x2 + j3x
d'où l'on déduit :
1
U{x) =
1— x2 + j3x

On trouve alors aisément le gain en tension Gu et la phase cf? :


3x
Gu = 201g \H{x)\ = — 101g[(l — x2)2 + 9x2] et é = arctan 2
x - 1
Ce filtre est donc du deuxième ordre. Pour / <C/c, Gu ~ 0 dB , alors que, pour / ^> /c , Gu s'effondre ;
lorsque f = fc , Gu = —101g 9 « —9,54 dB . Sur la figure 6.21, on a représenté les diagrammes de
Bode correspondants.

' G,, (dB) > » ^>(rad)


0 X - Igx 0 X - Ig.i
>-
-934^

— 7r/2-

— TT -

a) b)
Fig. 6.21.
198 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

IV. _ CARACTERISTIQUES DES QUADRIPOLES

Nous venons de voir que les quadripôles se comportaient comme des filtres dont la caractéristique
essentielle était leur fonction de transfert en tension Tff) = u^li±e, d'où leur nature passe-bas, passe-
haut ou autre, selon la variation du gain Gu = 201g |T| en fonction de 1g/.
Comme le gain en tension de ces filtres est souvent positif, c'est-à-dire que le module du rapport
des tensions est supérieur à l'unité, on les qualifie d'amplificateurs en tension.
Un quadripôle se comporte généralement comme un filtre passe-bande. Le diagramme de Bode
donnant le gain en fonction de la fréquence permet de déterminer la bande passante à 3 dB , à l'aide des
fréquences f\ et fi pour lesquelles le gain Gu satisfait à l'inégalité :

Gu ^ Gu>max - 3 dB

On obtient expérimentalement ce diagramme en appliquant à l'entrée une tension sinusoïdale et en


déterminant le facteur d'amplification en tension Au et donc du gain Gu correspondant pour chaque
fréquence / (Fig. 6.22). La bande passante à —3 dB est l'intervalle spectral :

A/=/2-/l

f\ et /2 étant respectivement la fréquence de coupure basse et la fréquence de coupure haute.

Gu (dB)
1 (Cjômax
3 vr: TN
r

4 \

f /2
Fig. 6.22.

En dehors du gain en tension et de la bande passante des quadripôles, il existe d'autres grandeurs
caractéristiques.

IV. 1. — Impédance d'entrée d'un quadripôle

Schématiquement, un quadripôle reçoit un signal d'entrée d'un GBF, lequel peut être assimilé à une
f.e.m eg et une impédance interne Z? . Ce générateur débite un courant d'intensité ie dans {'impédance
d'entrée Ze de l'amplificateur (Fig. 6.23). À la sortie, l'amplificateur se comporte comme un générateur
de Thévenin, de f.e.m Auue et d'impédance interne Zs, appelée impédance de sortie du quadripôle ; il
débite un courant d'intensité is dans une c/iarge d'impédance Zc .
L'impédance d'entrée Ze est définie par le rapport (Fig.6.23) :

En général, Ze dépend de l'impédance de charge Zc .


Fonctions de transfert. Quadripôles 199

_L n
Auuc u*

FlG. 6.23.

Exemple : mesure de l'impédance d'entrée d'un oscilloscope


Le schéma représenté sur la figure 6.24a permet de mesurer la résistance d'entrée Re de l'oscillo-
scope ; on applique, à l'entrée verticale 7 de l'appareil, une tension stationnaire délivrée par un dipôle,
lequel est formé d'un générateur de tension, de f.e.m £, et d'un résistor de résistance réglable Rv .
Pour Rv = 0, la déviation verticale du spot est yo î on fait alors varier Rv jusqu'à la valeur R^/j
telle que la déviation devienne )'o/2 - On a alors Re = Rv = R\/2 \ on trouve généralement une valeur
de l'ordre de 1 MO.

Remarque : En toute rigueur, on devrait tenir compte de la résistance interne du générateur, mais cette
dernière est négligeable devant Re.

■Y Y
R, oscilloscope R. oscilloscope
R.
Rr -TL R. Ce uc

a) b)
FIG. 6.24.

L'impédance d'entrée ne se réduit pas à Re ; elle présente aussi un caractère capacitif que Ton
traduit par un condensateur, de capacité Ce en parallèle avec Re . Pour le vérifier et mesurer Ce , il suffit
de remplacer, dans le montage de la figure 6.24a avec Rv = R\/2 > la tension stationnaire précédente par
une tension carrée, de hauteur E égale à quelques volts et de fréquence quelques kHz (Fig. 6.24b). Lors
de la charge du condensateur, la tension aux bornes du condensateur satisfait à l'équation différentielle
suivante (cf. chapitre 4) :

d qç uc_ àuç Uc
E = Rvi + iic avec i= C
df Rfi ~àT

Comme Rv — Re , il vient :

^ ^ âiic . duc E ReCe


E = RPCp— h 2uc soit r— h uc = en posant r = —-—
dt dt 2 2

Ce type d'équation différentielle est bien connu (cf. chapitre 4). Sa résolution donne :

, , —
, t\ E . , , E
Cte x exp ( —J — soit uc{t) = — 1 — exp ( — —
T
200 6. Fonctions de transfert. Quadripôles

Ainsi, pour t = r :

Uc(f) = |(l-«■■') «0 316E

On accède à Ce en mesurant r.
Ordre de grandeur : avec i? = 6 V , on a obtenu une tension égale à 1, 9 V pour / = r « 8,5 [jls . On
en déduit la capacité suivante :
Ce = — ^ 17 F
pF
R
Une autre façon de déterminer Ce consiste à ajouter, en parallèle avec Rv = Re , un condensateur de
capacité variable Cv . Le circuit admet alors comme fonction de transfert :

Ze _ Re R,- Re
H(Jù)) = — = avec Ze = ;——— et Z=
ue Ze Z 1 -)- JReCeù) 1 -f- jRvCvù) 1 4"}ReCvo)

On trouve, en effectuant :

1 1 4" jRgCyiO
H{JOJ) =
1 4- Z/Ze 2 F jRe{Cv 4- Cfjo)

On voit que la fonction de transfert est indépendante de co si Cv = Ce et vaut alors 1/2 . En envoyant
un signal carré à l'entrée, on fait varier Cv jusqu'à la valeur Ce pour laquelle la tension de sortie est
aussi un signal carré sans distorsion.

IV, 2. — Impédance de sortie

Entre les deux bornes de sortie d'un quadripôle (Fig. 6.23), ce dernier se comporte, relativement à
la charge, comme un générateur de Thévenin de f.e.m Auue et d'impédance Zs. L'impédance de sortie
du quadripôle est précisément Zv,
On calcule Zs en passivant la tension d'entrée «g = 0 et en remplaçant l'impédance de charge
par un générateur auxiliaire idéal de tension de f.e.m eg ; ce dernier permet d'exciter les sources liées
et donc de déterminer correctement l'impédance de sortie selon :

zS — —
■ 1

in étant l'intensité du courant débité par ce générateur.


Exemple : mesure de l'impédance de sortie d'un filtre RC passe-bas (Fig. 6.25a)
En passivant la tension d'entrée et en connectant un générateur idéal de f.e.m eg, on obtient
(Fig. 6.25b) :
R
d'où Zs — — Zc//R —
ZJ/R h 1 4" JRCùj

a) b)
Fig. 6.25.
Fonctions de transfert. Qiiadripôles 201

IV. 3. — Facteurs d'amplification en courant et en puissance

Lorsque le quadripôle débite dans une charge, on introduit, comme pour la tension, les facteurs
d'amplification en courant et en puissance respectivement, selon :

et
P VP

Le plus souvent, on exprime les facteurs d'amplification en courant et en puissance, en décibel, selon :

G, = 201g A,- et Gp = 101g A,,

Dans le langage courant de l'électronique, on désigne par amplificateur, ou plus brièvement am-
pli, sans autre précision, un quadripôle dans lequel la puissance électrique à la sortie Vs, asso-
ciée à la tension de sortie us, est supérieure à la puissance électrique à l'entrée Ve, associée à la
tension d'entrée ue (Fig. 6.26). Évidemment, l'énergie étant une grandeur conservative (cf. Ther-
modynamique), le facteur d'amplification en puissance Vs/Ve n'est supérieur à l'unité que grâce
à des sources auxiliaires d'énergie, lesquelles sont regroupées dans l'alimentation. Un tel quadri-
pôle est donc nécessairement actif-, son gain en puissance 10 ^(7^/7^) peut être positif, contrai-
rement au quadripôle passif. L'intérêt d'un gain positif vient de l'objectif généralement visé pour
un amplificateur qui est d'augmenter la puissance électrique d'un signal. Par exemple la puis-
sance électrique à la sortie d'un microphone est faible, de l'ordre de 1 nW, alors que celle qui
est nécessaire pour faire vibrer une membrane de haut-parleur est bien plus grande, de l'ordre
de 1 W.

«^=1 Ampli
Microphone HP

Fig. 6.26.

IV. 4. — Classification des amplificateurs

On classe les amplificateurs selon leur fonction amplificatrice ou selon leur domaine spectral.

a) Fonction amplificatrice

L'amplification en puissance est généralement l'objectif d'une chaîne amplificatrice constituée de


plusieurs étages connectés en cascade (Fig. 6.27). Cependant, les fonctions amplificatrices de cha-
cun des étages ne concernent pas nécessairement la puissance. Parfois, on souhaite transmettre une
tension maximale, ce qui exige que l'impédance de sortie d'un étage soit négligeable devant l'impé-
dance d'entrée de l'étage suivant. Si c'est l'intensité maximale que l'on souhaite transmettre, c'est Fin-
verse; l'impédance de sortie de l'étage doit être grande devant l'impédance d'entrée de l'étage sui-
vant.
En fin de chaîne, c'est la puissance maximale que l'on désire généralement transmettre; dans
ce cas, on sait que la résistance de sortie du dernier étage doit être égale à la résistance de la
charge. Signalons que, dans la pratique, on n'hésite pas à s'écar