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Aote 1959 Fendateurs © Nouvelle série ‘A. BRISSON. Ne 196, LES Y. SARCEY. ANNALES CONFERENCIA ° Directeur : FRANCIS AMBRIERE OCTAVE MIRBEAU HEROS DE SON THEATRE GERARD BAUER de 'Acadimle Goncoure Pred ericains ont aussi libromentprojeté qu Octave Mirbeau leur caractire et leurs convictions dans leur ceuvre. Homme Phumour, infiniment mobile et complexe, il a prité d ses person- nages ses propres contradictions et ses emportements. Notre éminent collaborateur Gérard Bauér, dans sa jeunesse, a bien connu Mirbeau. Il évoque ici, avec une pénétrante subtilité, la figure d'un puissant dramaturge injustement oublié, qui mérite pleinement @’étre comparé aux personnages hauts en couleurs de son thédtre. viens vous entretenir d'un éerivain ont on ne parle plus, d'un uatre qu'on no joue plus. Pourquoi rompre Ge silence? Pour cette raison per- sonnelle que cet écrivain, je Pai aimé, Je aime encore, que ce thédtre, tout au Thoins dans lune de ses ceuvres, je appre die. Pour cette raison aussi que je me A interrompre Youbll & Iutter vonie les injustes olacements da temps. Le temps Yoll notre eanemi, le seal. iavincld Nous sevons qu'il nous prendra tout, la longue; mais nous savons aussi que Rolls potivons remporier sur luk quelques avantages, Goethe a dit | «Le chef-W’cuvre de homme est de durer. » Je me permets @ajouter : de durer ot de faire durer... Cot homme, cette couvre, pendant une eure je vals. les placer’ aucdessus, de Youbli, les rendre & votre attention, est Adire a la vie. Ce_me sera assez facile, Plsque cet “derivain est eonstamment présent dans son acuvre et que je 1'ai Gua me souvenir pour Je re reoindre. Quand on avait va Mirbeau, on ne Youbliait plus. Bel homme, puissant, aéré, Ie fcont bien dessiné marque de silos légers, des sourells un peu roux, mobiles, les” narines ouvertes an vent des batailles, dea yeux bleu-vert comme la mer normandé auprés de laquelle il est né, un godt excellont pour so vétir, sobrement, et pour orner som interieur, Qui fat 4 la campagne qu'il a soavent GERARD BAUER (prove sen wou) OCTAVE MIMREAU ASA TABLE DE TRAVAIL. mais Mirbeau avait rejoint le ton excessif, ms Mita vt nl Io on on, fee mami pean ap te eg eon oe etme mony es Me a, ee et Sn ee cere anc ae leonora Ele Mirbeau, of n'eurast pas été ost iene pes ome. plutét changé d’opinion que de a’en eee rae Un amour lui supra en 1886 son pre- ie omen le a ame oo ee Eel pope ee Grea nement dans Je naturalismee de confessions dhommes éprovés par Tamour, Aupa- ravant, depuis Madame Bovary, la femme Gait Je plus souvent Whéroine de ces onheurs ‘manqués qui s'achevaient on ragiques désillusions, Les. circonstanees, le hasard des meeurs et d'une olsiveté favorable sux passions auront donne 2a littérature duu xix siecle ce roma- nesque ot Tamour atteint les hommes vee une intensité presque extermina- rive. Le Caloaire, éerit sous la forme de souvenirs déhutant avec la naissance du heros: « Je sis né un soir d'octobre, 4. StMfichel-les-Hetres, petit bourg, du département de P'Omo... » Et Mirbeau y décril son pere, sa mere, sa jeunesso, dont il ne sort que pour reucontrer la guerre ef Ia detester. Cos, pages parm! s meilleures du livre, rejoignaieat celies publides six ans anparavant dans les USoirdes de Médan » par Zola, Maupassant et leur groupe. Mirbean y' contait son