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Université Hassan II

FSJES –Ain Sebaa


Master 1 : Management des risques
(2015-2016)

Synthèse de l’article:
The Basic Analytics of Access to
Financial Services

Travail réalisé par :

 KHALIL Loubna
 LADRI Meriem
 MAADNI Salma
 MEJDOUBI Soukaina
Présentation de l’article

 Titre de article: The Basic Analytics of Access to Financial Services


 Auteurs : Thorsten Beck et Augusto de la Torre
 Intérêt de l’article : les deux auteurs ont tenté d’analyser et d’identifier les facteurs
limitatifs de l’accès aux services financiers en partant du principe de l’offre et de la
demande.
 Problématique : Dans quelle mesure les contraintes liées à l’offre et à la demande des
services financiers entravent l’accès à ces services ?
 Hypothèses
 H1 : Les risques figurent parmi les contraintes qui affectent l’offre et la
demande des services bancaires.
 H2 : La fiabilité des informations financières augmente la probabilité d'octroi
de crédit.
 Mots clés
 Frictions du marché : Les frictions classiques du marché, dont l'interaction influe
sur le processus d’approfondissement du secteur financier, sont associés à
l'information, à l'application des règles ou aux coûts des transactions (Levine, 2004;
Merton et Bodie, 2004; de la Torre et al. 2011). Ainsi, on entend par frictions du
marché l’ensemble des obstacles aux flux financiers entre les agents qui disposent
de fonds et ceux en besoin de financement. Par exemple, l’information imparfaite
sur l’emprunteur peut inciter le prêteur à proposer une quantité réduite de crédit à
un taux d’intérêt élevé.
 Exclusion financière : on dit qu’« une personne se trouve dans une situation de
marginalisation ou d’exclusion financière quand elle ne peut plus normalement
vivre dans la société qui est la sienne parce qu’elle subit un fort handicap dans
l’accès à l’usage de certains moyens de paiement ou règlement, à certaines formes
de prêts et de financement, aux moyens de préserver son épargne et de répartir dans
le temps ses revenus et ses dépenses comme dans la possibilité de s’assurer contre
les risques touchant sa propre existence et ses biens et dans celle de transférer des
fonds et des revenus » (Servet, 2006). L’exclusion financière traduit alors une
situation où un individu éprouve des difficultés d’accès aux services financiers.

1
 Auto-exclusion financière : Pour des raisons morales, religieuses ou historiques,
ou tout simplement de jugements à priori, des individus peuvent s’auto exclure de
la vie financière de leur société (Gloukoviezoff, 2004).
 Bancarisation : elle représente le pourcentage de la population ayant accès au
service bancaire. Une population bancarisée à 70% signifie que les 30% restant
n'ont pas accès au service bancaire. C'est donc une caractéristique qui traduit du
développement d'un pays. Plus un pays est développé, plus il sera bancarisé.

2
Tables des matières

Introduction .................................................................................................................... 4
I. Concept des frontières des possibilités d'accès ...................................................... 4
1. Facteurs limitatifs de l'offre de services de paiement et d'épargne .................... 4
2. Facteurs limitatifs de la demande de services de paiement et d'épargne .......... 5
3. Facteurs limitatifs de l'offre et la demande de services de crédit ....................... 5
II. La frontière des possibilités d'accès des services de paiement et d’épargne ......... 7
III. Options envisageables pour améliorer l’accès aux services financiers ............... 8
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................... 10
V. Critique de l’article ................................................................................................. 10
VI. Complément de la recherche ............................................................................. 10
1. Qu’est-ce que l’inclusion financière ................................................................... 11
2. Chantiers de l’inclusion financière ..................................................................... 11
3. L’inclusion financière au Maroc .......................................................................... 11
4. Résultats de l’étude de Bank Al Maghrib ........................................................... 12
5. Actions mises en œuvre par le Maroc pour l’inclusion financière ..................... 12
6. Inclusion financière et risque de surendettement ............................................. 13
7. Facteurs de surendettement .............................................................................. 14
8. Diminution du risque de surendettement .......................................................... 14
Conclusion ..................................................................................................................... 15
Bibliographie/ Webographie ........................................................................................ 16

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Introduction

Par accès aux services financiers, l’on entend la disponibilité de services financiers, sous
forme de dépôts, de crédit, de paiements ou d’assurance, pour les individus ou les entreprises.
Le plus souvent, l’accès aux services financiers dans de nombreux pays et surtout dans les
pays en développement est entravé par un certain nombre de facteurs.

C’est dans cette perspective que les deux auteurs ont essayé d’analyser le problème d’accès
aux services financiers et bancaires en identifiant les différentes contraintes liées à l’offre et à
la demande de ces services.

I. Concept des frontières des possibilités d'accès

Le concept des frontières des possibilités d’accès a été développée en 2006 par les deux
auteurs Thorsten Beck et Augusto de la Torre, ils ont analysé et identifié les problèmes
d’accès aux services financiers à travers une identification des contraintes liées à l’offre et à la
demande de ces services que sont d'une part, les services d'épargne et de paiement et d'autre
part, les services de crédit.

Le concept des frontières des possibilités représente le point de l’extension maximale


possible et commercialement viable du système financier formel compte tenu de la
technologie et du cadre institutionnel et macroéconomique existants (Beck et de la Torre
2007). Ce concept permet donc d'identifier le niveau optimal d'accès aux services bancaires et
financiers dans un pays, et de déceler les problèmes qui pourraient expliquer un niveau
inférieur d’accès. Il permet également de faire la distinction entre la population bancarisée, la
population bancable et la population non bancable.

1. Facteurs limitatifs de l'offre de services de paiement et d'épargne

Les principaux obstacles auxquels se heurtent les institutions financières pour tenter de
toucher des segments de la population non bancarisés sont les coûts de transaction fixes.

 Coûts de transactions fixes

Les coûts de transaction constituent une friction de marché décisive dans le cas de l’offre
de service de paiement et d’épargne. Dans un marché de libre concurrence, les coûts de
transactions sont déterminés suivant les caractéristiques et la nature des services offerts.

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Lorsque les coûts des transactions financières sont fixés soit par l'établissement, soit par les
autorités de régulation, les économies d'échelle réalisées ne sont plus répercutées sur le
marché. Cela maintient les coûts à la hausse et constitue ainsi un important point de blocage
de l'accès aux services financiers.

2. Facteurs limitatifs de la demande de services de paiement et d'épargne

Pour les deux auteurs, les facteurs qui peuvent influencer la demande des services de
paiement et d’épargne sont de deux types :

 Les facteurs économiques : que sont le revenu moyen des populations et le prix
auquel les services peuvent être acquis. Elle est une fonction croissante du revenu et
décroissante du prix.
 Les facteurs non économiques : tels que l'illettrisme (financier) et les barrières
culturelles et religieuses. Ces facteurs conduisent souvent à l'auto-exclusion.

3. Facteurs limitatifs de l'offre et la demande de services de crédit

L’étendue de l’offre de services de crédit est limitée par les risques. Ils peuvent être
systémiques ou idiosyncratiques.

3.1 Risques systémiques


Le risque systémique peut être défini comme un risque qui ne peut être diversifié au sein
d’une économie donnée. Il est fonction du marché ou du pays et il s'impose à tous les agents
économiques sous forme de contraintes à gérer.

Le risque systémique provient généralement d’un certain nombre de variables d’état, c’est-
à-dire les facteurs qui ne changent pas à court terme et qui ont une incidence sur l’activité de
l’ensemble du secteur financier. Il peut s’agir de la taille du marché, des fondamentaux
macroéconomiques (une inflation élevée ou une volatilité des taux de change par exemple), de
la technologie disponible, du niveau moyen et de la répartition du revenu par habitant, etc.
Quelle que soit son origine, ce risque entrave la fourniture de services financiers car il accroît
la probabilité de défaut.

Le risque systémique induit le plus souvent un coût élevé du capital et donc un plancher
supérieur pour le taux d’intérêt requis pour un prêt. À mesure qu’il s’intensifie, il fait

5
augmenter le nombre d’emprunteurs et de projets pour qui le coût du crédit devient
inabordable et qui se trouvent donc exclus du marché du crédit.

Par ailleurs, les établissements de crédit sont généralement interdépendants les uns par
rapport aux autres, une perte survenue dans un établissement donné, elle est automatiquement
supportée, par effet de contagion par un autre établissement.

3.2 Risques idiosyncratiques

Les risques idiosyncratiques sont liés à chaque institution, appelés également risques
intrinsèques ou risques spécifiques, ils résultent uniquement d'éléments particuliers, ils
peuvent résulter d’une mauvaise gestion, d’une invention technologique qui rend obsolète
son offre de service, etc.

Les risques de crédit idiosyncratiques sont spécifiques aux emprunteurs ou aux projets
individuels. Par conséquent, la disponibilité des services de crédit diffèrent selon les débiteurs
et les projets en fonction des différences liées au risque idiosyncratique. Il importe toutefois
de préciser que la capacité de l’emprunteur à gérer le risque idiosyncratique est influencée par
l’environnement relatif au risque systémique.

Deux facteurs sont particulièrement importants pour expliquer les différences d’écart de
taux d’intérêt entre les débiteurs (pour un type de prêt donné) qui sont induits par le risque
idiosyncratique. Les deux auteurs ont cité les problèmes d’agence et les limites de la
diversification des risques non liés aux problèmes d’agence.

En effet, les problèmes d’agence résultent des asymétries d’information existantes entre
débiteurs et créditeurs, lorsqu’un débiteur a accès à des informations le concernant lui ou son
projet auxquelles le créditeur ne peut avoir accès ou uniquement à un coût prohibitif ; cette
situation peut aboutir à deux sources de risque de crédit : l’anti-sélection et l’aléa moral.

L’anti sélection ou la sélection adverse est liée à l'impossibilité pour le principal (la
banque) de distinguer les bons projets des projets risqués parmi ceux proposés par les agents
(les clients). La sélection adverse apparait lorsque certaines informations pertinentes sur la
situation du client ne sont pas connues par la banque. Par contre, l’aléa moral se pose à la
suite de l'octroi de crédit. La banque se trouve dans un cadre d'insuffisance d'information à
propos des actions prises par le client et en particulier la situation exacte du projet.

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La hausse des taux d’intérêt peut conduire à une anti sélection (les emprunteurs risqués
accepteront les prêts offerts alors que les emprunteurs solvables préféreront s’abstenir plutôt
que de ne pas rembourser.)

Par ailleurs, selon l’importance du risque, la banque exigera de l’emprunteur une prime de
risque pour les prêts ce qui renchérit le coût de crédit et bloquera par conséquent l’accès au
crédit surtout dans le cas des petits entrepreneurs qui ne supportent pas des couts très élevés.

La banque peut également recourir au rationnement du crédit qui désigne le refus d’octroi
du crédit à des individus ou à des entreprises, même si ceux-ci sont prêts à supporter des
charges d'intérêts élevées pour couvrir les frais supportés par la banque. Ceci se produit dès
lors que les banques ne sont pas capables d'identifier parfaitement les caractéristiques de leurs
clients et ne peuvent donc pas tarifer correctement le crédit au regard du risque.

II. La frontière des possibilités d'accès des services de paiement et


d’épargne

Pour mieux appréhender le concept de frontière des possibilités d’accès, nous évoquerons
comme exemple la frontière des possibilités d’accès aux services de paiement et d’épargne.

Les deux auteurs ont défini la frontière des possibilités d'accès aux services de paiement et
d'épargne comme étant « la part maximale de population (ménage et entreprise) qui pourrait
être servie par les institutions bancaires et financières en fonction d’un ensemble donné de
variables d'état ». Pour décrire cette frontière, ils définissent quatre fonctions représentées sur
la figure 1:

Figure 1 : Frontières de possibilités d'accès aux services de paiement et d’épargne

Source : Beck et De la Torre (2006)

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 Offre réelle: S = f{Coûts de transactions, variables d'état}
 Offre potentielle: S* fruit d'un marché financier efficient.
 Demande réelle: D = f{revenu, prix, illettrisme financier, barrière culturelle et
religieuse}
 Demande potentielle: D* qui ne considère pas les facteurs non économiques.

 Hypothèses

Les deux auteurs émettent les hypothèses suivantes:

 H1: Le prix est indépendant du volume des transactions;


 H2: Les clients qui utilisent les transactions les plus chères sont ceux qui
consomment plus de transactions;
 H3: Dans une période de temps d'observation, la valeur et le volume de transactions
consommées par chaque agent sont fixes et indépendants du prix.

 Identification des frontières

Les frontières des possibilités d'accès sont déterminées par les points de rencontre entre les
différentes offres et demandes. La projection du point I (offre et demande efficientes) sur l'axe
horizontal donne la part de la population qui est bancable « A ».

Tous les trois points intérieurs indiquent qu’il y a des problèmes d’accès plus ou moins
importants dont la résolution permettra d'accroître l'accessibilité.

 Premier problème d'accès: le point II caractérise un problème de demande lié à


l'auto-exclusion qui est due à des facteurs non économiques;
 Deuxième problème d'accès: les points III et IV caractérisent un problème de
demande et d'offre. Ils traduisent une offre peu efficiente (point III) doublée d'un
problème d'auto-exclusion des populations (point IV).

III. Options envisageables pour améliorer l’accès aux services


financiers

Afin de lever les principaux obstacles à l’accès aux services financiers, plusieurs options
peuvent être envisagées selon les deux auteurs, citons notamment :

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 L’utilisation des nouvelles technologies : la technologie peut contribuer à atténuer
les frictions liées tant aux questions d’échelle que de risque. La banque
électronique peut changer les activités des banques de détail. Elle peut aider à
repousser nettement la frontière des possibilités d’accès car elle réduit les coûts
fixes liés à l’offre de services financiers. Cependant, pour améliorer l’accès vers la
nouvelle frontière, il faut également surmonter d’autres obstacles, comme le
manque de connaissances financières, et éventuellement adopter une nouvelle
approche réglementaire.
 L’encouragement de la concurrence : la concurrence est un domaine important de
l’action gouvernementale, il est essentiel d’autoriser l’entrée de prestataires de
services sains et dignes de confiance dans le système financier pour stimuler
l’innovation et élargir l’accès à la finance. Stimuler la concurrence implique un état
d’esprit plus ouvert de la part des instances de régulation.
 La réglementation : elle est importante pour la sauvegarde de la finance et au final
la protection des bénéficiaires et des utilisateurs des services financiers. Une
réglementation lourde, cependant, peut limiter la portée des institutions financières.
 Le recours à la méthode de « scoring » qui consiste à estimer la solvabilité d’un
emprunteur à un prêt, elle permettra d’estimer la probabilité de celui-ci à
rembourser un prêt.
 La création d’institutions de microfinances : les institutions de microfinance
peuvent être un outil incontournable pour favoriser l’accès aux services financiers.
L’un des avantages de la microfinance réside dans sa souplesse, sa réactivité et sa
capacité à s’adapter aux divers environnements.
 La création des registres de crédit : ils se présentent comme un outil politique
majeur pour pousser les systèmes financiers vers la frontière en intensifiant la
concurrence et en permettant à davantage d’entrepreneurs et de ménages de faire
partie de la population bancable. Les registres de crédit permettent de fournir un
accès facile et fiable à l’historique de crédit des clients, ainsi que des informations à
la fois négatives et positives, ce qui réduit fortement le temps et les coûts
nécessaires à l’obtention de ces informations auprès de sources séparées, et diminue
ainsi le coût total de l’intermédiation financière.

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IV. Vérification des hypothèses

L’ensemble des éléments présentés tout au long du présent travail nous permettent de
valider les deux hypothèses définies au début à savoir :

 H1 : Les risques figurent parmi les contraintes qui affectent l’offre et la


demande des services bancaires.
 H2 : La fiabilité des informations financières augmente la probabilité d'octroi
de crédit

V. Critique de l’article

La théorie de l'offre et de la demande permet de dissocier le problème d'accès de celui de


l'utilisation des services bancaires en général. Ce n'est pas parce qu'un service est accessible
qu'il sera forcément consommé.

Dans un marché de concurrence pure et parfaite, les agents économiques n'étant


confrontés ni à un problème d'asymétrie de l'information, ni aux coûts de transactions ou à
l'incertitude liée aux résultats des projets, satisfont leurs besoins de façon égalitaire. Il n'existe
donc aucun problème d'accès, mais malgré ceci, on ne peut pas porter le taux de bancarisation
ou d'utilisation des services bancaires et financiers à 100%. Tout dépend des besoins des
agents, même parfaitement informés.

Si en plus, le marché est de concurrence imparfaite tel que le monde réel, l'existence des
obstacles dus aux coûts de transactions, à l'incertitude et à l'asymétrie de l'information réduit
davantage le taux d'accès.

VI. Complément de la recherche

Comme complément de recherche par rapport au thème « problème d’accès aux services
financiers » traité dans l’article, nous avons jugé utile d’aborder le thème de l’inclusion
financière qui s’est développé dernièrement comme une politique mondiale pour pallier aux
problèmes d’accès aux services financiers. Nous évoquerons le cas du Maroc et nous
présenterons le risque de surendettement qui peut être associé à cette politique.

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1. Qu’est-ce que l’inclusion financière

Conscients de ce que 2,5 milliards d’adultes dans le monde sont privés de services
bancaires et que près de 200 millions de très petites, petites et moyennes entreprises dans les
pays en développement n’ont pas accès à des services financiers et au crédit à un coût
abordable, les dirigeants du monde ont formulé ce jour une vision pour l’accès universel aux
services financiers d’ici 20201, il s’agit de l’inclusion financière.

L’inclusion financière (ou finance inclusive) est l’offre de services financiers et bancaires
de base à faible coût pour des consommateurs en difficultés et exclus des services
traditionnels.

2. Chantiers de l’inclusion financière


L’ONU a défini les grands chantiers de l’inclusion financière comme2 :

 Accès, à un prix raisonnable pour tous les ménages et entreprises, à une large gamme
de services financiers : épargne, crédit à court et long terme, crédit-bail et affacturage,
hypothèques, assurances, pensions, paiements, virements en devises locales et envois
de fonds internationaux ;
 Institutions saines guidées par des systèmes de gestion interne adéquats, normes de
performance du secteur, suivi des performances, transparence institutionnelle,
redevabilité et réglementation prudentielle saine ;
 Viabilité financière et institutionnelle, comme moyen d'accès aux services financiers
sur une longue période de temps ;
 Prestataires de services financiers multiples, là où c'est possible, afin de proposer un
ensemble d'alternatives variées et un bon marché aux clients.

3. L’inclusion financière au Maroc

Dans le cadre des actions de promotion de l’inclusion financière au Maroc, Bank Al


Maghrib (BAM) a livré le 28 novembre 2014, les résultats de son enquête menée en
collaboration avec la Banque Mondiale qui dresse le diagnostic de l’inclusion financière au
Maroc.
1
L’accès universel aux services financiers : communiqué de presse du 11 octobre 2013. [En ligne]. Disponible
sur : http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2013/10/11/universal-financial-access-vital-
reducing-poverty-innovation-jim-yong-kim
2
L’inclusion financière à l’ONU. [En ligne]. Disponible sur : http://republic.pink/inclusion-
financiere_9057471.html

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4. Résultats de l’étude de Bank Al Maghrib

L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 3000 adultes représentatifs de la population
active marocaine. Les principales conclusions de l’enquête se présentent comme suit :

 On retient que 41% des adultes marocains utilisent un produit ou un service financier
formel. Les auteurs de l’étude font remarquer que ce taux est bien supérieur à la
moyenne observée dans les pays de la région MENA, qui est de 18%.
 Les adultes financièrement exclus sont majoritairement des femmes, des personnes à
très faible revenu et ceux qui vivent dans les zones rurales.
 Les citadins sont plus à même d’être inclus financièrement (53%) que les ruraux
(19%).
 Le manque d'argent, le manque de besoin, et la perception des comptes étant coûteux
sont les principales raisons invoquées pour être non bancarisés.

5. Actions mises en œuvre par le Maroc pour l’inclusion financière

Depuis Juin 2011 le Maroc est devenu membre de l‘Alliance pour l’Inclusion Financière
(AFI) qui est un réseau de décideurs des pays émergents regroupant plus de 85 pays, ils ont
pour mission de développer des solutions politiques efficaces afin de fournir l’accès aux
services financiers aux 2,5 milliards de personnes qui en sont exclues.

Pour assurer l’inclusion financière, plusieurs efforts ont été déployés par le Maroc.
L’année 2014 a été marquée par le démarrage effectif du Centre marocain de médiation
bancaire, qui vise, selon BAM, à contribuer à asseoir le développement de l’inclusion
financière sur des bases saines. Afin de promouvoir l’accès des TPME au financement, Bank
Al-Maghrib a mis en place également, en coordination avec les parties concernées, un fonds
de soutien financier des entreprises viables.

En outre, les banques se sont engagées dans une dynamique d’inclusion financière visant
particulièrement le segment des jeunes à travers des projets comme Tawfir Al Ghad, le
compte d’épargne de la banque postale destiné aux jeunes de 18 à 25ans.

Par ailleurs, le nombre de points d’accès aux services bancaires a été porté à près de 10.200
unités réparties dans toutes les régions du Maroc avec une présence prépondérante au niveau
des zones urbaines. Des politiques de low-income banking à l’attention des personnes à faible

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revenus et des services innovants et adaptés aux besoins des différents segments de clientèle
ont vu le jour. (Exemple de : Hissab Bikhir de Attijari Wafabank, mobile banking d’Al Barid
Bank).

A la fin de 2014, le nombre d’associations de micro-crédit est maintenu à 13 associations,


elles ont été mises en place pour fournir un ensemble de services financiers aux personnes à
faibles revenus qui n’ont pas accès au secteur financier formel.

Des actions pour promouvoir l’éducation financière ont été mises en œuvre pour permettre
une meilleure connaissance des questions financières de la part des consommateurs. En effet,
permettre un accès aux services financiers de base sans éducation financière ne peut que
conduire à une mauvaise utilisation des services financiers et par conséquent à une prise de
risque non maitrisée.

Grâce aux efforts déployés, le Maroc a réussi à porter le taux de bancarisation de la


population à 64% au terme de 2014.

6. Inclusion financière et risque de surendettement

Certaines tentations pour favoriser l’inclusion financière en particulier celle du crédit facile
peut engendrer un risque de surendettement qui fait référence à un problème d’excès de
dettes. Le surendettement est généralement, la situation ou le ménage se trouve dans
l’impossibilité de faire face à ses dettes. Cette impossibilité ne peut être que source
d’exclusion financière.

En effet, il n’existe pas de définition universelle pour le terme « surendettement ».


Certaines définitions précisent qu’il s’agit des emprunteurs en faillite ou en défaut de
remboursement. D’autres se réfèrent à la capacité de remboursement. Le seuil de
surendettement se déduit du ratio du service des dettes comparé au revenu : 3

 Mensualités de dettes d’un ménage


 (Revenu mensuel brut total – dépenses mensuelles totales).

Une fois que la valeur résultante a dépassé un certain seuil, l’endettement se transforme en
surendettement. Le risque d’un ménage de devenir surendetté est déterminé par des facteurs

3
Centre pour le développement rural. Inclusion financière et surendettement : Une étude à Kinshasa,
République démocratique du Congo [En ligne]. 2015. Disponible sur : https://www.kfw-
entwicklungsbank.de/PDF/Download-Center/Materialien/Nr.-1_Finanzielle-Inklusion-DR-Kongo_FR.pdf

13
qui affectent soit les montants de remboursement soit le revenu net du ménage (Kappel et al.
2010)

7. Facteurs de surendettement

Il existe plusieurs facteurs qui peuvent mener au surendettement citons : la conduite


adoptée par les prêteurs peut exposer les emprunteurs à des risques excessifs (les préteurs
mettent l’accent sur un marketing agressif et qui a tendance à encourager l’accroissement
progressif de la taille des prêts ce qui expose les clients à des risques de surendettement), les
clients eux-mêmes peuvent prendre de mauvaises décisions, et certains facteurs exogènes
peuvent aggraver les problèmes. Le surendettement est en effet un résultat de plusieurs
facteurs interdépendants tel qu’illustré dans la figure suivante :

Figure n°1 : chaine de causalité du surendettement4

8. Diminution du risque de surendettement

La minimisation du risque de surendettement figure parmi les actions permettant


l’amélioration de l’accès aux services financiers, et par conséquent l’encouragement de

4
Centre pour le développement rural. Op.Cit.

14
l’inclusion financière. Pour ainsi minimiser le risque de surendettement plusieurs options
peuvent être envisagées. Il conviendrait de :

 renforcer les contrôles des dispositions en matière de publicité et de conditions


d’octroi des crédits ;
 publier une liste des prêteurs ayant enfreint la loi ;
 diffuser, vers le grand public, les informations quant au règlement de dettes ;
 favoriser l'éducation budgétaire et financière du public dès son plus jeune âge.
 veiller à une analyse minutieuse des capacités de remboursement du débiteur au
moment de l’accord du crédit ;
 élaborer et contrôler un système d’arbitrage pour assurer un recouvrement de dette
adéquat pour les créanciers ;

Conclusion
En somme, l’accessibilité financière est le pivot de la réduction de la pauvreté et du
développement économique et social du pays. Les gouvernements ont un rôle important à
jouer pour l’amélioration de l’offre et de l’accessibilité des services financiers et ce par la
mise en place des cadres réglementaires solides fixant des conditions propices à l’octroi de
ces services.

Il faut noter aussi qu’en aval des problèmes liés au surendettement, toutes les parties
prenantes sont appelés à s’inscrire dans une dynamique commune, animée d’un même
objectif, le rétablissement d’un équilibre entre prêteurs et débiteurs.

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Bibliographie/ Webographie

 Gatfaoui Hayette. Une histoire du risque de défaut. Editions Publibook : 2008.161


pages.
 Nsabimana André. Organisation, régulation et efficacité économique du système
d’intermédiation financière en Afrique. Presses univ. de Louvain : 2002 - 343 pages.
 Bank Al Maghirb : Exercice 2014. [En ligne]
 Center for Microfinance, University of Zurich. Over-indebtedness and Microfinance :
constructing an Early Warning Index. [En ligne]. Disponible sur:
http://www.responsability.com/funding/data/docs/en/1464/Microfinance-and-OID-
Executive-Summary-EN.pdf
 Duhaime, Gérard. La vie à crédit: consommation et crise. Presses Université Laval,
2003 - 344 pages
 Gansinhounde Agossou Jacques. Les déterminants de la faible bancarisation dans
l'UEMOA. [En ligne]. 2007. Disponible sur :
http://www.memoireonline.com/12/07/808/m_determinants-faible-bancarisation-uemoa6.html
 L’accès universel aux services financiers : communiqué de presse du 11 octobre 2013.
[En ligne]. Disponible sur : http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-
release/2013/10/11/universal-financial-access-vital-reducing-poverty-innovation-jim-yong-kim
 L’inclusion financière à l’ONU. [En ligne]. Disponible sur : http://republic.pink/inclusion-
financiere_9057471.html
 Nadine Fraselle, « Crédit, endettement et surendettement des ménages », Courrier
hebdomadaire du CRISP 1998/25 (N° 1610), p. 1-35.

 Sossa, Théophile. La microfinance au bénin. [En ligne]. Graduate Institute


Publications : 2011. Disponible sur : http://books.openedition.org/iheid/334

 Thorsten Beck, Samuel Munzele Maimbo et al. La finance en Afrique: au-delà de la


crise. [En ligne]. 21012. Disponible sur :
https://www.mfw4a.org/fileadmin/data_storage/documents/MFW4A-
documents/La%20finance%20en%20Afrique%20au-del%C3%A0%20de%20la%20crise.pdf

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