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Constructions métalliques

Halls en rez-de-chaussée
par Louis FRUITET
Ingénieur de l’École Centrale de Paris
Ingénieur-Conseil en Construction Métallique
Conseil à l’Office Technique pour l’Utilisation de l’Acier (OTUA)

1. Conditions d’établissement d’un projet ............................................ C 2 635 - 2


1.1 Conditions liées à l’environnement du bâtiment...................................... — 2
1.2 Conditions liées à l’utilisation intérieure du bâtiment.............................. — 3
1.3 Entretien. Maintenance. Évolutivité ........................................................... — 4
2. Composants............................................................................................... — 4
2.1 Composants de toiture................................................................................ — 4
2.2 Porteurs et contreventements verticaux.................................................... — 6
2.3 Éléments de contreventement horizontal.................................................. — 8
2.4 Ossatures secondaires ................................................................................ — 8
2.5 Remarque ..................................................................................................... — 9
3. Faibles portées dans les deux directions du plan........................... — 9
3.1 Simples parapluies ...................................................................................... — 9
3.2 Structures supports d’équipements lourds............................................... — 10
3.3 Systèmes d’ossatures par éléments industrialisés................................... — 10
4. Grandes portées dans une direction du plan ................................... — 11
4.1 Simples parapluies ...................................................................................... — 11
4.2 Structures supports d’équipements lourds. Banalisation........................ — 12
5. Grandes portées dans les deux directions du plan ........................ — 12
5.1 Simples parapluies ...................................................................................... — 12
5.2 Structures supports d’équipements........................................................... — 14
5.3 Structures industrialisées ........................................................................... — 14
Références bibliographiques ......................................................................... — 14

ous examinons ici les différentes conditions d’établissement d’un projet,


N non dans sa généralité, mais eu égard à l’incidence de chacune dans le
choix d’une ossature métallique, d’abord, puis des types de solutions parmi
toutes celles, très nombreuses, qui utilisent l’acier.
8 - 1991
C 2 635

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1. Conditions d’établissement 1.1.3 Charges climatiques. Évacuation des eaux


pluviales. Température extérieure
d’un projet Dans les cas où les charges de neige et vent sont seules à solliciter
la structure de toiture (bâtiments « parapluies »), la charpente métal-
1.1 Conditions liées à l’environnement lique est favorable par sa légèreté propre, à condition de
du bâtiment l’accompagner d’éléments eux aussi légers, en couvertures,
plafonds, etc., sous peine de perdre cet avantage. De grandes portées
s’avèrent alors peu onéreuses, jusqu’à devenir économiques si le
1.1.1 Accès extérieurs sol est mauvais, en évitant ou réduisant les fondations profondes.
Les accès qui imposent de grandes ouvertures, permanentes ou Les calculs appliquant à la lettre les normes et règlements français
occasionnelles, sont en principe favorables à la solution métallique, ne tiennent pas compte de l’orientation par rapport aux vents
dans la mesure où elles nécessitent de grandes portées, des parties dominants ; cependant, il peut être intéressant d’en tenir compte si
démontables... Un exemple caractéristique est celui des hangars l’on craint des déformations importantes dans certaines directions
d’avions. plutôt que dans d’autres (par exemple pour des bâtiments à
portiques transversaux, de grande hauteur, etc.).
En dehors des accès normaux d’exploitation, il peut être inté-
ressant de prévoir en façades des facilités d’accès exceptionnels, par Les accumulations de neige peuvent conduire à des précautions
des panneaux légers démontables par exemple, soit pour l’introduc- spéciales. Par exemple, on choisira une solution dans laquelle les
tion ou le départ de matériel de grandes dimensions que l’on évitera bas de pentes se trouvent au droit de poutres de grande hauteur,
ainsi de démonter, soit pour l’accès des secours en cas de sinistre. donc plus rigides (dans les sheds, par exemple).
Les structures et équipements légers se prêtent bien à de telles Les faibles pentes, souvent exigées par l’économie de hauteur
solutions. (dont dépendent les coûts des façades, des isolations, du chauf-
Les éléments de structure principale situés au voisinage des fage...) et l’architecture, conduisent toutefois à des précautions
entrées d’engins ne doivent pas être vulnérables à des chocs acciden- spéciales, surtout dans le cas de grandes portées. L’accumulation
tels, ou doivent être protégés (ce qui peut conduire à un agrandis- d’eaux pluviales peut entraîner l’effondrement « explosif » des struc-
sement des dimensions de l’ouverture). Une solution favorable tures très flexibles ; on doit prendre en compte, dans les calculs, le
consiste à disposer ces ouvertures à une distance raisonnable des poids du supplément de charge dû à cette accumulation, en relation
éléments principaux qui participent à la stabilité générale. avec les « trop-pleins » ménagés dans les acrotères.
Les pentes peuvent être obtenues par le tracé des ossatures
porteuses elles-mêmes, plutôt que par des calages compliqués des
1.1.2 Sol : nature et relief couvertures, surtout avec des poutres à treillis.
Les couvertures sont en général plus économiques avec des
Les mauvais sols (en gros, ceux qui n’autorisent qu’une pression pentes accentuées (plus de 10 % si possible) ; se reporter à la norme
admissible inférieure à 3 bar) ne sont pas favorables aux solutions NF P 30-201, aux DTU 40 et aux Avis techniques.
nécessitant des « encastrements » en pieds de poteaux dans les
fondations, sauf naturellement si la structure métallique est fondée Les commentaires des Règles de calcul CM 66 indiquent que les
sur une infrastructure continue en béton armé qui répartit facilement dilatations n’interviennent pas pour les « constructions courantes »
les efforts d’encastrement. On adopte alors des pieds de poteaux jusqu’à des longueurs de 50 m environ. Il convient cependant de
articulés (article Composants d’ossatures. Composants tendus et n’appliquer cette tolérance qu’avec précautions pour des
comprimés [C 2 550] dans cette rubrique) : constructions modernes (assemblages soudés, boulons HR, etc.)
pour lesquelles aucune liberté de jeu n’est laissée aux assemblages
— articulations vraies pour les poteaux fortement chargés (axes, successifs, surtout dans le cas de structures extérieures, qui peuvent
grains en acier, plaques d’élastomères...) ; se trouver soumises à de fortes variations de température (± 27 oC
— fausses-articulations pour les autres (platines minces). en France métropolitaine). Pour les structures intérieures, il appar-
tient au maître d’ouvrage de préciser quelles peuvent être les varia-
Remarque : il convient de prendre garde, dans les appels tions, normales et exceptionnelles, de la température ambiante, et
d’offres aux entreprises des corps d’état différents (charpente et dans quelle mesure elles peuvent être concomitantes avec d’autres
génie civil), de bien préciser les mêmes conditions de liaisons ; hypothèses de charges. Par ailleurs, il est intéressant de réduire le
la solution encastrements en pieds sera généralement moins nombre de joints de dilatation, en tenant compte de l’effet des dilata-
onéreuse pour le lot charpente métallique, mais toujours plus tions dans les calculs, suivant les Règles. Les déformations qui en
coûteuse pour le lot génie civil ; un bilan global est nécessaire résultent doivent être tolérées par les autres parties de la
dans les cas limites. construction. En construction métallique, on obtient facilement les
joints de dilatation sans dédoublement des poteaux et des poutres,
ce qui évite les fausses trames, à l’aide d’attaches adaptées utilisant
Les constructions métalliques s’adaptent bien à des reliefs diffi- par exemple les trous oblongs. Il faut prendre garde de ne pas oublier
ciles, par exemple en montagne, même quand le projet ne prévoit l’existence de ces joints dans l’installation des autres parties
pas de niveler le sol sur l’emprise du bâtiment. Elles rendent aussi d’ouvrage.
moins difficiles les conditions de travail et d’accessibilité sur le En ce qui concerne les conditions de travail sur le chantier, les
chantier. Il faudra cependant toujours prendre en compte ces condi- entreprises de construction métallique souffrent moins que d’autres
tions particulières dans la conception, en se rappelant que les de conditions climatiques défavorables (pluie, basses
charpentes sont toujours préfabriquées. températures) ; les arrêts pour intempéries sont rares pour elles.
Toutefois, des précautions spéciales sont à prendre pour les
soudages à basse température (dès 0 oC) : les soudages sur le site
devraient d’ailleurs être exceptionnels.

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1.1.4 Éclairements et vues profilés (poutrelles normalisées, profils creux, profils reconstitués
soudés) peuvent avoir des sections résistantes très variables pour
L’ossature métallique présente, en général, des encombrements des encombrements voisins, par augmentation des épaisseurs ;
faibles qui facilitent l’introduction de la lumière naturelle et les vues celles des profils creux du commerce augmentent progressivement
sur l’extérieur. Ainsi, des poutres à treillis placées derrière des parois vers l’intérieur, les diamètres et dimensions extérieurs restant les
vitrées de sheds, par exemple, ne réduisent pratiquement pas mêmes. On peut aussi renforcer des profils creux ou des caissons
l’éclairement tant que les épaisseurs des barres restent faibles, ce par remplissage de béton, armé ou non.
qui ne sera pas le cas des poutres de faible hauteur très chargées, Des gaines et canalisations peuvent traverser les poutres de
particulièrement en profils creux minces, ou d’attaches par grands planchers ou de toitures, soit à des positions fixées par le programme
goussets. À l’inverse, il n’est pas utile d’imposer des largeurs de (ouvertures dans les âmes des poutres), soit par des ouvertures
barres très réduites lorsqu’elles doivent, en fin de compte, être banalisées (poutrelles ajourées, poutres à treillis, poutres échelles
placées derrière des menuiseries plus épaisses. ou Vierendeel) (article Composants d’ossatures. Composants fléchis
[C 2 555] dans cette rubrique). Les ouvertures importantes dans les
poutres nécessitent parfois des renforcements (bordures soudées ou
1.1.5 Architecture extérieure renforts d’âmes) ; elles seront placées de préférence vers le milieu
des portées, dans les zones d’efforts tranchants les plus faibles.
Le parti architectural qui consiste à sortir les ossatures à l’extérieur
du bâtiment permet de dégager les volumes internes de l’encombre-
ment de ces ossatures, qui se trouvent, de plus, moins exposées aux 1.2.3 Coordination avec les autres parties
atteintes d’un éventuel incendie, plus accessibles aux interventions d’ouvrage
des pompiers.
Elles nécessitent toutefois des précautions spéciales aux Dès sa conception, une ossature métallique doit tenir compte des
traversées d’étanchéités et d’isolations thermiques, dont les détails ouvrages qu’elle devra supporter ou simplement côtoyer. Par
doivent être très soigneusement étudiés. exemple, les portées admissibles pour la couverture déterminent les
écartements de pannes, qui à leur tout conditionnent le panneautage
des fermes et des poutres principales, puis dans une certaine mesure
1.2 Conditions liées à l’utilisation les positions des poteaux. La structure métallique étant assez rigou-
reuse, une modulation systématique par trames et sous-trames
intérieure du bâtiment régulières facilite toujours ce travail, qui bien entendu ne peut se
faire sur un seul élément de second œuvre, mais doit concilier toutes
1.2.1 Charges d’exploitation les exigences. La systématique n’est pas indispensable (la charpente
« sur mesure » est traditionnelle), mais elle est toujours utile et
Les ossatures métalliques sont le plus souvent étroitement économique, même si la malheureuse habitude de calculer les prix
adaptées aux conditions d’utilisation fixées par le programme, qu’il au kilogramme d’acier n’en tient pas compte.
n’est pas rare de voir lui-même évoluer au cours des études de la Il faut tenir compte des déformations des structures dues aux
construction et aussi dans toute l’existence du bâtiment. Le métal charges variables et aux dilatations prévisibles, qui pourraient
se prête à des transformations, renforcements, par des soudures, entraîner des désordres dans des ouvrages de second œuvre et
perçages, adjonctions diverses, etc., largement mis à profit dans les d’équipement. Les limites indiquées par les règlements ne
bâtiments industriels. Cependant, ces interventions en cours dispensent pas de prendre garde aux liaisons de ces différents
d’exploitation sont coûteuses et gênantes pour l’exploitant, plus éléments ; inversement, elles peuvent être transgressées sans
encore que les extensions extérieures. Une évolutivité interne peut inconvénient si les précautions nécessaires sont prises. La solution
être préparée dès la construction sans nécessiter des investisse- sera moins souvent de renforcer les structures que d’autoriser ces
ments considérables ; une certaine « banalisation » d’éléments est déformations par des dispositifs de joints appropriés. Par exemple,
souvent utile. les flèches des poutres ne devront pas conduire à la mise en charge
De plus, les programmes spécifient souvent les conditions de de cloisons, tout en permettant le maintien latéral de ces cloisons.
charges des toitures ou des planchers sous forme de charges forfai- De même, les déplacements horizontaux des portiques d’ossature
taires uniformément réparties, qui ne correspondent pas en général devront être tolérés par les panneaux de remplissage des façades
aux conditions précises d’utilisation. Par exemple, appliquer la (on accepte dans les bâtiments à simple rez-de-chaussée des
même charge par mètre carré à de grandes surfaces et à de petites déplacements horizontaux égaux au 1/200 de la hauteur, et même
n’est pas correct (la norme NF P 06-001 donne des indications quelquefois au 1/150, sous réserve de précautions nécessaires). Le
raisonnables pour certains types de bâtiments, avec des formules plus souvent, c’est la variation du déplacement qui est à craindre,
de charges dégressives ou progressives, dont il conviendrait de et surtout la différence des déplacements d’éléments voisins, par
s’inspirer). Il faut aussi indiquer des cas de charges isolées, de posi- exemple, celui de la travée d’extrémité de l’ossature et du pignon
tions fixes ou variables, avec un jeu clair pour le concepteur et le voisin s’il est très rigide. Ici encore, la bonne solution pourra être,
calculateur ; par exemple, une charge isolée pouvant solliciter en un non de renforcer le portique, mais d’installer un contreventement
point quelconque une maille de plancher ou de toiture. On est alors horizontal de grande rigidité (soit par des croix de Saint-André sous
amené à constater que des systèmes jugés habituellement coûteux rampant, soit en utilisant la raideur de la paroi d’une couverture en
seraient souvent plus économiques dans des conditions de bacs d’acier, technique aujourd’hui parfaitement maîtrisée [6].
programme réalistes (voir des exemples dans les paragraphes Le coût d’une construction doit se juger sur l’ensemble des
suivants). ouvrages qui la composent et non séparément sur le prix de chacun
des lots, une économie sur l’un d’eux risquant d’entraîner des sur-
coûts plus important sur d’autres. Par exemple, une ossature métal-
1.2.2 Circulations intérieures lique sera presque toujours moins coûteuse lorsque les pieds de
poteaux sont « encastrés » dans les fondations, mais les efforts ainsi
Les circulations horizontales et verticales des personnes et des introduits dans celles-ci peuvent les renchérir de manière excessive
équipements (gaines, canalisations, engins de manutention) si le sol est médiocre ; la position de ces encastrements dans le bâti-
obligent à tenir compte des épaisseurs des constructions. Les ment n’est pas non plus indifférente pour chacun des corps d’état
poteaux en acier peuvent présenter des encombrements faibles qui (§ 2.2.1 et article Composants d’ossatures. Composants fléchis
permettent de réduire les dimensions des trames entre axes. Les [C 2 555] dans cette rubrique).

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1.2.4 Sécurité incendie. Séismes Les partis constructifs (systèmes de stabilité générale) peuvent
également en dépendre ; par exemple, des palées de stabilité facile-
La sécurité contre l’incendie fait l’objet d’une réglementation ment démontables seront aisément déplacées d’une travée dans une
spéciale [4] pour les établissements recevant du public et pour les autre, avec les précautions nécessaires et en général une reprise des
habitations. Les bâtiments industriels et privés ne sont pas soumis calculs de résistance. De même, des systèmes autostables offriront
à cette réglementation, mais les concepteurs s’en inspirent souvent. les mêmes avantages.
Les primes d’assurances peuvent, dans certains cas, dépendre des Les structures métalliques peuvent souvent être mises à profit
conditions d’exploitation et de protection. Dans tous les cas, les pour servir de supports aux interventions de nettoyage des parois
bâtiments à simple rez-de-chaussée ne nécessitent pas de protection vitrées et des façades (à l’intérieur et à l’extérieur) et à l’entretien
spéciale des ossatures métalliques, dans la mesure où l’évacuation des constructions elles-mêmes.
peut être assurée très rapidement ainsi que l’intervention des
secours et des moyens de lutte contre le feu, ce qui s’obtient toujours
par des dispositions correctes du plan et des installations (évitant
en premier lieu l’« effet de piège » : impossibilité d’évacuation). Pour
ce qui concerne spécialement la structure, il faut :
2. Composants
— éviter qu’un feu localisé puisse entraîner l’effondrement « en
chaîne » de toute la structure ; par exemple, les contreventements 2.1 Composants de toiture
isolés ne devraient pas être placés dans des locaux à haut risque
(contenant un fort potentiel calorifique) ou bien être fortement Nota : on se reportera à l’article Composants d’ossatures. Composants fléchis [C 2 555]
isolés ; mieux, des systèmes de structures autostables, ou de stabi- de la présente rubrique.
lités indépendantes par petites zones, seront encore préférables ;
— ménager les possibilités de dilatation des éléments métalliques
à leur liaison avec des constructions en autres matériaux plus rigides 2.1.1 Pannes
et relativement « fragiles » (murs porteurs en maçonnerie ou en
béton, par exemple). Les pannes sont les éléments secondaires recevant directement
la couverture. Leur espacement (et en conséquence le panneautage
La résistance aux séismes est en principe plus facilement et plus
économiquement assurée par une ossature métallique, ce qui ne des fermes à treillis, dans une conception de bonne coordination)
signifie pas qu’il soit possible de s’en désintéresser dans le projet dépend du système de couverture ; il peut atteindre 4 ou même 5 m
et dans les calculs [3]. avec des bacs en acier. C’est par le choix d’un système de couverture
et de bardage, ou de panneaux de façades, que commence le
tramage en plan d’un bâtiment.

1.3 Entretien. Maintenance. Évolutivité 2.1.1.1 Profilés laminés à chaud

Le « coût dans le temps » ne s’arrête pas au coût de construction, Ce sont des IPN, des IPE, exceptionnellement des profilés U ou H
mais prend en compte les frais d’entretien et de maintenance, ainsi (article Produits sidérurgiques de première transformation [C 2 510]
que ceux des transformations éventuelles. Les ossatures métalliques dans cette rubrique), ou des profils creux carrés ou rectangulaires.
doivent généralement recevoir un entretien périodique, pour la La figure 1a est valables pour des portées de 4 à 6 m environ, la
propreté et l’aspect, sinon pour éviter la corrosion qui ne présente fixation se fait par échantignoles en cornières ou plats pliés. Des
par elle-même guère de risques pour les épaisseurs moyennes (en liernes ou liens de pannes peuvent être nécessaires pour des pentes
intérieur : 3 mm au moins, 2 mm pour les profils creux fermés ; à importantes et suivant la rigidité transversale du profil choisi. On
l’extérieur 6 mm, 3 mm pour les profils creux fermés), sous réserve économise du poids d’acier en assurant la continuité des pannes par
d’éviter les rétentions d’eau aux assemblages exposés. Un exemple des « éclisses » (figure 1b ) ou en décalant les joints, disposition en
classique est celui de poteaux dont la base est noyée dans le sol Cantilever (figure 1c ) ; les attaches sont plus simples, mais moins
ou le massif en béton ; des rétentions d’eau au niveau de l’intro- accessibles aux monteurs.
duction attaquent rapidement le fût du poteau, ce qui doit être évité
(§ 2.2.1 et figure 8, point A). 2.1.1.2 Profils pliés
Les possibilités de transformations au cours de la vie du bâtiment En Z (figure 2a ), en C (figure 2b ), pour portées L = 6 à 12 m
sont très grandes en construction métallique (c’est sans doute l’une environ, produits industriellement par des fabricants spécialisés
des raisons de son succès auprès des industriels). Elles peuvent dans le pliage en continu : épaisseurs courantes 1 à 2,5 mm, en acier
encore être facilitées par des aménagements de faible coût des galvanisé. Conditions impératives de fixation et entretoisement [5]
dispositions initiales, par exemple des attaches préparées pour des et notices des fabricants.
extensions futures (des perçages supplémentaires coûtent peu au
moment de la fabrication en usine, beaucoup s’ils doivent être réa- 2.1.1.3 Poutrelles ajourées
lisés sur le site). Des surdimensionnements raisonnables peuvent
aussi être consentis au moment de la construction, surtout si cela D’une esthétique appréciée, elles ne sont guère économiques que
permet en outre d’augmenter les séries de pièces identiques (par pour des portées importantes (plus de 8 m environ) et des charges
exemple, un portique d’extrémité identique aux portiques courants importantes. Les ouvertures facilitent le passage de petites gaines
permettra de prolonger le bâtiment sans renforcements). Certains et canalisations.
types constructifs peuvent alors s’avérer particulièrement inté-
ressants, comme les nappes tridimensionnelles, qui permettront de 2.1.1.4 Pannes à treillis
modifier la répartition des charges d’utilisation (monorails, poutres
roulantes suspendues, grils d’équipement, etc.) sans renforcements Pour des portées supérieures à 8 m environ. Le plan moyen des
autres que des chevêtres amovibles reportant les charges aux nœuds treillis est toujours en position verticale, contrairement aux pannes
de structure. Les ossatures apparentes permettent des transforma- des paragraphes 2.1.1.1 et 2.1.1.2.
tions et des renforcements assez peu onéreux, ne nécessitant pas Il existe différentes sections de membrures de pannes à treillis
d’intervenir sur des éléments d’habillage ou de décoration toujours (figure 3) :
coûteux ; l’absence de protections dures de surfaces favorise aussi — à simples cornières (pour faibles charges) ;
ces possibilités. — à doubles cornières ;
— à demi-profilés I ou H ;
— en profils creux carrés ;
— en profils creux ronds.

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Dans les solutions classiques (figures 3a, b et c ) les treillis sont Le dessin des triangulations peut être (figure 4) :
en cornières assemblées avec goussets (figures 3a et b ) ou directe- — en N, solution ancienne, peu intéressante lorsqu’il y a risque
ment sur les âmes des membrures (figure 3c ) ; dans les solutions de soulèvement sous l’effet du vent ;
tubulaires (figures 3d et e ), les treillis sont en profils creux carrés — en X, solution ancienne ;
ou ronds. — en V, solution moderne, surtout pour les profils creux.
Ce dessin de treillis dépend des dimensions des passages
souhaités (gaines, tuyauteries) dans la hauteur des pannes.

2.1.2 Fermes à treillis


Les fermes supportent les pannes.
Les fermes à treillis simples ne participent pas à la stabilité trans-
versale de la structure. Le modèle classique à 2 pentes symétriques
est la ferme Polonceau (figure 5a ) qui tend à laisser place aux
dessins à plus larges mailles (figures 5b et c ), surtout dans les solu-
tions tubulaires. Les variantes (figures 5a’, b’ et c’) à « retombées »
sur appuis permettent un effet d’« encastrement » (liaisons rigides)
sur les poteaux et de participer ainsi au contreventement (§ 2.2.3).
L’entrait des fermes à treillis est souvent « retroussé » (figures 5a’
et b’) pour mieux dégager le gabarit sous fermes et pour des raisons
esthétiques.

Figure 1 – Pannes courantes

Figure 4 – Triangulations

Figure 2 – Pannes en tôles pliées

Figure 3 – Sections de membrures de pannes à treillis

Figure 5 – Fermes

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Lorsque les fermes sont de grande portée (15 m et plus) et les 2.2 Porteurs et contreventements verticaux
pannes de faible portée (§ 2.1.1), il est souvent avantageux de
disposer une ferme intermédiaire prenant appuis sur des pannes
sablières (figure 6a ), ou des demi-fermes prenant de plus appuis
2.2.1 Poteaux
sur une panne faîtière (figure 6b ) ou encore des profilés appelés
« empanons » (figure 6c ). Les éléments de toiture reportent au sol les charges verticales
(charges climatiques sur la toiture, équipements suspendus...) par
Dans les toitures sheds, les fermes sont dissymétriques l’intermédiaire de poteaux, sollicités principalement en compression
(figure 7a ). Dans le cas de toitures-terrasses, les fermes sont à simple, mais éventuellement en flexion composée sous l’effet de
membrures parallèles (figure 7b ). charges horizontales (vent, engins mobiles...). Ces poteaux doivent,
Nota : les barres figurées en pointillé produisent l’encastrement sur poteaux (§ 2.2.3). dans tous les cas, présenter une raideur transversale procurant la
résistance au flambement (article Composants d’ossatures.
Composants tendus et comprimés [C 2 550] dans cette rubrique), à
moins d’être maintenus par des entretoisements horizontaux, par
exemple en façades. Ces conditions expliquent le choix usuel de sec-
tions ayant un rayon de giration important suivant chacune des direc-
tions principales d’inertie : profilés H, profils creux, profils
reconstitués soudés en croix ou en caisson.
Les bases de poteaux ou de montants de portiques sont fixées
sur leurs fondations de deux manières :
■ à encastrement (figure 8) :
— par platines épaisses (figure 8a ) ;
— à goussets (figure 8b ) ;
— à sommier (figure 8c ).

Remarque : lorsque le fût du poteau est noyé dans le sol ou le


massif en béton (comme sur la figure 8c ), la corrosion risque
d’attaquer la section la plus sollicitée du poteau, ce qui va néces-
siter des précautions spéciales, par exemple : peinture
bitumineuse (inesthétique et d’entretien difficile) ou « fausse-
platine » soudée à ce niveau, de sorte que ce soit cette platine que
la corrosion attaque et non le fût du poteau.

■ à articulation (figure 9) :
— à platine mince, pour des poteaux faiblement chargés ; dans
cette solution les boulons de scellement sont placés dans l’axe du
poteau ;
— à « grain » en acier mi-dur ;
— à plaques d’élastomère.
Nota : dans le cas des figures 9b et c, des précautions spéciales sont à prendre s’il y a
risque de soulèvement : par exemple, des crapauds qui s’opposeront au soulèvement sans
empêcher la rotation d’appui, ou des boulons de scellement placés dans l’axe du poteau.
La transmission d’efforts horizontaux importants peut nécessiter d’autres précautions
particulières : bêches soudées sous la platine, par exemple.

Figure 6 – Ferme intermédiaire, demi-ferme, empanon

Figure 8 – Bases de poteaux à encastrement

Figure 7 – Fermes de sheds et de toitures-terrasses

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2.2.2 Contreventements verticaux 2.2.3 Portiques

La stabilité transversale et longitudinale de la structure du bâti- Des portiques remplaçant les fermes entre poteaux assurent, outre
ment (et de chaque corps de bâtiment limité par des joints de dilata- le support des pannes, le contreventement vertical dans leur plan.
tion) doit être assurée par des éléments rigides situés dans des plans Ils peuvent être constitués par les fermes elles-mêmes encastrées
verticaux, au nombre minimal de trois (tous trois non parallèles, ni en tête des poteaux (§ 2.1.2), ou par l’assemblage de traverses sur
concourants). Ces plans verticaux de contreventement peuvent être ces poteaux :
réalisés : — figure 11a, la rigidité de l’ensemble ferme + poteau est
— par des triangulations (croix de Saint-André ou autres) obtenue par la continuité des poteaux aux assemblages sur la ferme
(figure 10a ) ; on considère généralement que chaque diagonale et éventuellement par « encastrement » sur les fondations (articles
d’une croix de Saint-André travaille seule en traction simple pour Composants d’ossatures. Composants tendus et comprimés
chacune des directions de la sollicitation horizontale ; [C 2 550], Composants fléchis [C 2 555] et Composants de
— par des contrefiches (figure 10b ) susceptibles de travailler en contreventement [C 2 565]) ;
compression, ou en traction seulement si elles sont associées à — figure 11b, le portique est en profilé I ou H (pour les assem-
d’autres de sens inverse dans la même file de poteaux (figure 10c ) ; blages rigides, se reporter à l’article Composants de
— par des remplissages rigides (voiles en béton, maçonneries, contreventement [C 2 565]) ;
bardages en acier...) qui doivent être calculés pour résister aux efforts — figure 11c, le portique est à traverse en treillis ;
appliqués, y compris leurs liaisons à l’ossature ; — figure 11d, le portique est à 3 articulations, en éléments
— par des portiques transversaux ou longitudinaux (§ 2.2.3) ; reconstitués soudés à âmes pleines ;
— par simple encastrement au sol des poteaux (ou de certains — figure 11e, le portique est à encastrement sur fondations, à
d’entre eux) : cette solution est exceptionnelle en construction treillis ;
métallique. — figure 11f, le portique est à 3 articulations, à treillis.
On notera qu’un seul panneau de contreventement suffit à rigidi- Les portiques longitudinaux (dans le plan des longs pans ou des
fier toute une file de poteaux réunis par des éléments les reliant files intérieures de poteaux qui leur sont parallèles) sont obtenus
horizontalement en tête. Cependant, le renforcement homogène de en renforçant ces poteaux suivant ce plan et en associant des
toute la file peut être une solution économique, bien que multi- sablières renforcées par assemblages rigides sur les poteaux
pliant le nombre d’assemblages souvent complexes. (figure 12). Cela peut être obtenu par adjonction de barres
complémentaires, constituant des portiques semi-triangulés :
— figure 13a, c’est la continuité de la traverse qui assure la
rigidité ;
— figure 13b, c’est la continuité des poteaux qui assure la
rigidité ;
— figure 13c, les continuités des poteaux et de la traverse sont
toutes deux utilisées ;
— figure 13d, cas des semi-portiques, la contrefiche (barre
diagonale) doit résister au flambement.

Figure 9 – Bases de poteaux à articulation

Figure 11 – Portiques
Figure 10 – Contreventements verticaux triangulés

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Figure 12 – Portiques longitudinaux

Cet éventail très large de solutions (nous n’avons donné que des
exemples types) permet d’adapter l’ossature projetée aux conditions
particulières de fonctionnement (passages...), d’esthétique, etc., du
bâtiment. Il offre aussi des possibilités de transformations lorsque
ces conditions doivent changer ; c’est l’avantage essentiel des
Figure 13 – Portiques semi-triangulés
constructions métalliques.

Remarque : la combinaison, dans un même bâtiment, de


différents modes de contreventement peut être intéressante,
mais impose de veiller aux déformations relatives et aux consé-
quences prévisibles sur leurs rôles respectifs, ainsi que sur les
conditions de dilatation imposées aux autres parties d’ouvrage.

2.3 Éléments de contreventement horizontal

Les différentes charges horizontales (vent sur façades, sollicita-


tions dues à des engins d’équipement comme les ponts roulants,
etc.) doivent être reportées horizontalement au droit des contre-
ventements verticaux. Ce report est effectué par des éléments de
divers types :
— contreventements horizontaux en croix de Saint-André dans les
plans des versants de toitures ; ces barres de grande longueur ne
peuvent, en général, travailler qu’en traction ; elles sont maintenues
au passage des pannes pour éviter leur fléchissement vertical sous
leur poids propre ;
— plaques de couverture en acier galvanisé, qui peuvent
remplacer les croix de Saint-André ci-dessus, en respectant les condi-
tions de calcul et les dispositions constructives suivant [6] (épais-
seurs de tôles et fixations sur les ossatures) ;
— poutre au vent, généralement à treillis, capable de reporter les
charges du vent au droit des portiques transversaux ou des files de Figure 14 – Pans de fer
poteaux contreventées verticalement ; des poutres horizontales
analogues sont nécessaires pour transmettre les charges horizon-
tales d’engins mobiles, au niveau des chemins de roulement. Les lisses sont placées en général à l’extérieur des montants, ce
qui permet de tenir compte de leur continuité (figures 14a et b ), mais
peuvent aussi être placées à l’intérieur (figure 14c ), ce qui procure
2.4 Ossatures secondaires un gain de place.
Les montants de grande portée (verticale) sont de préférence en
2.4.1 Pans de fer de façades et cloisons treillis (figure 14b ), en cornières classiques ou profils creux.
Ils peuvent aussi être réalisés en poutres armées, les câbles ou
Ces éléments reportent sur les éléments d’ossature principale les ronds pleins formant tirants placés vers l’intérieur (figure 15a ) pour
charges horizontales dues au vent sur façades ou aux pressions inté- se trouver tendus sous l’effet maximal du vent frappant la façade ;
rieures des locaux (figure 14) : cependant, ils sont sollicités en compression par l’effet de succion
— lisses horizontales en profilés I ou U (l’âme placée horizontale- du vent, ce qui conduit à les réaliser en profils creux (figure 15b ),
ment), éventuellement soutenues par des suspentes qui s’opposent ou à tenir compte de prétensions, ou encore à les doubler par des
à leur flexion verticale sous le poids propre ; tirants extérieurs (figure 15c ).
— montants (ou raidisseurs verticaux) qui ne supportent pas en
général de charges verticales mais travaillent en flexion recevant les
réactions des lisses ; ces montants peuvent éventuellement être sus-
pendus à l’ossature des combles, ce qui permet de les affiner.

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Figure 15 – Montants en poutres armées

2.4.2 Supports d’appareils ou d’équipements

Ce sont, par exemple :


— des chevêtres en toiture pour supporter des ouvertures
d’éclairement zénithal ou d’évacuation de fumées ;
— des ossatures de vitrages, en versants de toiture ou en façade ;
— des précadres et dormants de fenêtres et portes.

Remarque : lorsque ces ossatures secondaires sont en alliages


légers, il convient de les isoler de l’acier aux faces en contact,
pour éviter les couples électrolytiques.
Figure 16 – Chemins de roulement

2.4.3 Poutres et chemins de roulement. Monorails

On peut généralement considérer l’ossature d’un bâtiment comme


3. Faibles portées
une « structure outil », lorsqu’elle est métallique ; elle permet de dans les deux directions
recevoir des équipements divers, comme des grils de salles de spec-
tacles, des machines ou mobiliers accrochés ou suspendus, etc. Les du plan
bâtiments industriels sont particulièrement intéressés par ces
possibilités d’adaptation, tant au moment de la construction qu’en
cours d’exploitation. La figure 16 donne des exemples de chemins
3.1 Simples parapluies
de roulement de ponts roulants.
Les seules sollicitations de la structure sont climatiques.
Les poutres de ces chemins de roulement sont le plus souvent à
âmes pleines. Dans le cas de poutres reconstituées soudées (PRS), Avec ces faibles portées, les composants à treillis n’offrent plus
des précautions spéciales doivent être prises pour les soudures des aujourd’hui d’intérêt, en général, au moins du point de vue écono-
semelles supérieures sur les âmes, afin d’éviter des fissurations sous mique. L’emploi de profilés poutrelles, associés éventuellement à
le passage répété des galets fortement chargés. des profils creux simples pour les éléments comprimés et à des
tirants en plats ou ronds pleins pour les éléments toujours tendus,
Dans le cas de la figure 16d, poutres roulantes ou monorails, le est le plus indiqué. Les avantages de mise en œuvre (assemblages
chemin de roulement est suspendu aux fermes. simples) et d’autostabilité conduisent souvent à des solutions
« semi-triangulées », évitant les nœuds rigides.

2.5 Remarque 3.1.1 Autostables dans une direction

Concernant l’ensemble du paragraphe 2, la coordination de ces La figure 17 représente schématiquement des exemples types ;
éléments et de l’ossature principale est d’une grande importance pour les détails, se reporter au paragraphe 2 (composants).
économique et esthétique. Elle sera facilitée par l’adoption d’un La stabilité transversale est assurée dans chaque travée par des
quadrillage de trames et sous-trames, dans le plan horizontal et portiques simples ou multiples, la stabilité longitudinale par des
chacun des plans verticaux. Il est également utile d’étudier dans le palées isolées (les figures 17a et b sont valables pour toutes les
détail les liaisons, ainsi que celles des autres parties d’ouvrages solutions c à g ) :
(couvertures, panneaux de façades, équipements...), que des sec-
— figure 17a : dans les travées extrêmes du bâtiment ou du
tions appropriées des structures peuvent rendre plus faciles à
tronçon compris entre deux joints de dilatation, ce qui assure le
réaliser, plus sûres et d’entretien plus aisé.
contreventement dès le début du montage, mais peut conduire à des
efforts importants dus aux dilatations entre les deux palées rigides ;

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— figure 17b : dans une travée centrale, ce qui permet des dilata- La « banalisation » de la structure (disposition systématique
tions libres de part et d’autre de la palée, mais il faut alors maintenir permettant l’installation libre en tout point de charges importantes)
l’ossature au début du montage par un haubanage ou des n’est guère indiquée dans ce cas de faibles portées, pour lesquelles
contreventements provisoires ; des renforcements locaux à la demande sont faciles en construction
— figure 17c : portiques articulés en pieds ; les fondations ne métallique, surtout si l’on sait aménager leur éventualité à la
subissent pas de moments d’encastrement, mais les poteaux sont construction : par exemple, des perçages en attente coûtent peu dans
plus sollicités (favorable en mauvais sol) ; l’usine de préfabrication et pourront être utilisés plus tard avec
— figure 17d : portiques « encastrés » en pieds ; les poteaux économie.
subissent des efforts de flexion moindres, mais les fondations sont
plus coûteuses (favorable en cas de bon sol) ;
— figure 17e : la stabilité transversale est assurée dans une seule
travée (l’indépendance des stabilités subsiste d’une travée à l’autre) ; 3.3 Systèmes d’ossatures
l’avantage est de concentrer les difficultés d’encastrement sur fonda- par éléments industrialisés
tions aux points d’appui les plus chargés, mais les fermes latérales
ne bénéficient pas des continuités sous charges verticales ;
— figure 17f : dispositif analogue au précédent où l’encastrement On a pu imaginer un grand nombre de systèmes structuraux
des fermes latérales sur le portique central les soulage en flexion permettant les fabrications en (petites) séries d’éléments identiques,
sous charges verticales et diminue les charges sur les poteaux exté- combinables de multiples façons, plutôt que par ensembles types
rieurs, ce qui permet de les affiner en façades et de simplifier leurs standards. On se reportera aux exemples donnés dans l’article
fondations ; Constructions industrialisées [C 2 595] de la présente rubrique, à des
— figure 17g : disposition analogue à la précédente, avec palée publications d’architecture et également à l’exemple de la figure 18.
centrale triangulée, ce qui simplifie les assemblages (ici tous
articulés), mais il est intéressant d’assurer la continuité des fermes
sur l’appui central, comme précédemment.

Remarque : on peut imaginer beaucoup d’autres dispositions


qui dépendront des considérations évoquées ci-avant et
naturellement des conditions d’exploitation, du programme et de
l’architecture en général.

3.1.2 Autostables dans les deux directions


Dans le cas de faibles portées dans les deux directions du plan,
on trouve un grand nombre de solutions offrant l’indépendance des
stabilités de chaque maille, par exemple pour de grandes surfaces
commerciales, des ateliers traitant des pièces de petites dimensions,
des groupes scolaires, etc. Les éléments de contreventement sont
alors du type « portiques » ou semi-triangulés, de manière à laisser
libres les circulations dans toutes les directions. Les petites portées
rendent alors particulièrement économiques des solutions semi-
triangulées telles que celle de la figure 18, par exemple. On en
trouvera de nombreux exemples dans les revues techniques et
d’architecture.

3.2 Structures supports d’équipements


lourds Figure 17 – Stabilité longitudinale par palées isolées

Il s’agit ici d’appareils de manutention, d’appareils de chauffage,


etc.

Figure 18 – Solution semi-triangulée

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4. Grandes portées Figure 20b, ce sont des portiques (nœuds rigides), avec poutres
treillis et vitrage dans le plan incliné du petit versant. Cette solution
dans une direction du plan n’est économique que pour de très faibles portées  .

On cherchera, dans ce cas, à franchir la grande portée par des 4.1.2 Autres dispositions triangulées
éléments de grande hauteur (par économie et pour réduire les
déformations), le plus facilement à treillis. Les poutres reconstituées On peut imaginer d’autres dispositions analogues aux sheds, avec
soudées à âme pleine, rendues aujourd’hui moins coûteuses par pentes symétriques, par exemple la structure parapluie (figure 21),
l’utilisation de machines à souder automatiques, sont surtout mais qui ne procure pas l’avantage d’éclairement du shed et pose
intéressantes dans les cas de fortes charges. des problèmes particuliers pour l’évacuation des eaux pluviales.
Une solution classique est celle des sheds (§ 4.1.1) où la hauteur
disponible en haut de pente est utilisée parfaitement pour ce 4.1.3 Systèmes semi-triangulés
franchissement, tout en permettant des éclairements zénithaux
orientés. Le franchissement de la grande portée peut être facilité par
l’emploi de haubans extérieurs, par exemple :
— hauban d’extrémité ancré dans un massif isolé (figure 22a ) ;
4.1 Simples parapluies — hauban ancré en pied de poteau (figure 22b ).

4.1.1 Sheds
Le contreventement vertical dans la direction des grandes portées
est facilement obtenu par la continuité des poteaux dans la hauteur
des poutres à treillis, par simple fixation des membrures haute et
basse. Dans l’autre direction, on peut aussi réaliser l’encastrement
systématique des fermettes sur les mêmes poteaux, plus facilement
lorsqu’elles sont en treillis, ou à l’aide de bracons dans le cas de
profilés.
On peut être tenté d’adopter des poutres Vierendeel (sans
diagonales) derrière le vitrage ; le gain d’éclairement est souvent illu-
soire, cette solution conduisant à renforcer les membrures et les
montants.
■ Fermettes à treillis
Le dessin du treillis est adapté à l’espacement des pannes (§ 2.1.1)
et aux conditions de passage dans la hauteur des fermes. Dans la
solution a1 (figure 19), ce n’est vrai que si la membrure inférieure
est attachée (barre figurée en pointillé dans la travée a 2).
■ Fermettes en profilés
Il existe plusieurs solutions :
— figure 19b1 : solution portique (ou semi-portique) par
encastrement fermette/poteau en A et B (ou seulement en A) ;
— figure 19b 2 : solution semi-triangulée, avec bracon assurant
la rigidité de l’assemblage fermette/poteau, tous deux continus ;
tous les assemblages sont alors de type articulé ;
— figure 19c : la coupe dans le plan des poutres à treillis (de
grande portée) est applicable aux diverses solutions a et b. Le dessin
du treillis est adaptable aux conditions de passage (canalisations...)
et d’éclairement. Le treillis en N permet d’affiner les diagonales, qui
sont tendues ou peu comprimées. Dans le cas de treillis en profils
creux, le dessin en V est plus indiqué.
■ Sheds à vitrage incliné
Figure 20a, la disposition est analogue à l’une des précédentes
(figure 19), mais avec ossature secondaire de vitrage inclinée ; les Figure 19 – Sheds
poutres principales restent dans le plan vertical.

Figure 20 – Sheds à vitrage incliné

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Figure 21 – Structure « parapluie »

Figure 22 – Systèmes semi-triangulés à haubans

Le franchissement de la petite portée peut être obtenu par l’une


des solutions précédentes. Les haubans sont en câbles ou plus 5. Grandes portées
économiquement en ronds pleins, d’ailleurs moins déformables. dans les deux directions
du plan
4.2 Structures supports d’équipements
Les grandes portées se situent à partir de 20 × 20 m environ.
lourds. Banalisation

Toutes les solutions données au paragraphe 4.1 restent valables 5.1 Simples parapluies
pour supporter des équipements lourds et des charges roulantes sus-
pendues, surtout celles qui franchissent la grande portée à l’aide de On trouvera des solutions analogues aux précédentes (§ 4.1) avec
poutres treillis de grande hauteur. quelques modifications, ou des solutions originales.
On évitera les flexions locales en plaçant rigoureusement les
charges isolées au droit des nœuds de treillis, ou en reportant ces
charges à des nœuds voisins par des chevêtres adaptés à la 5.1.1 Sheds autoportants
demande.
Dans le cas (fréquent en bâtiment industriel) où les charges L’addition de barres horizontales, dites barres de compression
d’exploitation et surtout leurs positions sont mal connues au (figures 19 et 20) permet de supprimer des poteaux intermédiaires
moment de la conception ou sont susceptibles de modifications en en constituant ainsi une poutre treillis de grande hauteur dans le
cours d’exploitation, il est courant de les remplacer dans le plan des sheds (figure 23). Dans la solution donnée figure 23b, il
programme initial par des charges forfaitaires uniformément faut de plus ajouter une barre horizontale inférieure pour parfaire
réparties, mais les ossatures ainsi réalisées peuvent s’avérer locale- la triangulation des poutres transversales. Dans la solution de la
ment insuffisantes pour les charges isolées réelles. Il est préférable figure 23a, cette barre existe déjà, mais doit être renforcée pour
de prendre la peine d’envisager plusieurs systèmes alternatifs de résister à des efforts de compression dans la zone voisine des
charges, par exemple : poteaux.
— soit une charge ponctuelle de x tonnes en un point quelconque On remarquera que la barre de compression est extérieure à la
d’une maille L ×  précisée ; toiture, les précautions d’étanchéité aux traversées de couverture
— soit une charge uniformément répartie de y tonnes sur une étant cependant facilitées parce que se plaçant en point haut de
surface A (m2) ; pente.
— soit une charge générale uniformément répartie z (daN/m2), le Comme dans les exemples du paragraphe 3 et de la figure 20, le
dimensionnement de chaque élément ou assemblage étant effectué vitrage peut être placé en position verticale ou inclinée.
pour le cas le plus défavorable.
Les barres de compression (figure 23c ) peuvent encore être
utilisées dans la solution parapluie de la figure 21.

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5.1.2 Systèmes haubanés 5.1.3 Nappes tridimensionnelles

Comme dans le paragraphe 4.1.3 et la figure 22, des haubans exté- Nota : on se reportera à l’article Structures réticulées spatiales [C 2 575] de la présente
rubrique pour les structures spatiales à 2 nappes.
rieurs soulagent efficacement les poutres de grande portée, y
compris celles qui se trouvent à l’intérieur de la maille de grande Ces systèmes sont particulièrement indiqués lorsque trois condi-
surface sans point d’appui intérieur (figure 24). tions de programme sont réunies :
Ce dispositif peut être appliqué à des nappes tridimensionnelles — grandes portées dans les deux directions du plan ;
ou de poutres croisées (§ 5.1.4). On peut alors franchir de très — charges isolées placées en un point quelconque de la maille
grandes portées (plus de 50 m) dans les deux directions. horizontale limitée par les files de poteaux (voir les observations
sur ce sujet dans le paragraphe 4.2) ;
— utilisation de l’espace intérieur à la structure, par exemple pour
des réseaux de gaines, tuyauteries, appareils d’équipements, etc.

Figure 23 – Sheds autoportants

Figure 24 – Système haubané spatial

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5.1.4 Poutres triangulaires 5.2 Structures supports d’équipements


Nota : on se reportera à l’article Structures réticulées spatiales [C 2 575] de la présente Comme pour les structures traitées au paragraphe 3, les solutions
rubrique.
à treillis de grande hauteur (au moins le dixième de la portée en
Lorsque les portées des deux directions du plan sont très appuis simples, le vingtième en continu) supportent bien des condi-
différentes, il peut être intéressant d’utiliser pour franchir la grande tions de charges d’exploitation importantes, ce qui rend plus favo-
portée (35 m et plus) des poutres triangulaires, constituées par trois rables les structures spatiales (§ 5.1.3), surtout lorsqu’il s’agit de
membrures parallèles horizontales ou légèrement cintrées reliées charges ponctuelles dont la position n’est pas définie à l’avance, ou
par des treillis sur les trois faces (la face horizontale, quand elle est est susceptible de varier (charges isolées, suspendues, mobiles, par
faiblement sollicitée, peut être traitée en poutre Vierendeel, sans exemple). Comme il a été dit au paragraphe 4.2, l’emploi de
diagonales). chevêtres reportant les charges aux nœuds de treillis évite les
La poutraison de l’autre direction est en poutres planes à treillis flexions locales.
ou en fermes à deux pentes, ou en arcs dont les poussées peuvent
être reprises par les poutres triangulaires très rigides latéralement
et en torsion. 5.3 Structures industrialisées
Pour être économiques, les poutres triangulaires doivent être
largement espacées (au moins 12 m) ; elles sont souvent utilisées Les séries de fabrication sont de moindre incidence sur les grandes
comme supports de lanterneaux vitrés (éventuellement orientés ossatures (de grandes portées précisément). Elles restent néanmoins
comme dans les sheds), ce qui peut justifier des espacements plus avantageuses pour toutes les ossatures secondaires qui les
réduits. accompagnent (et les composants de second œuvre), ce qui conduira
de préférence à organiser un maillage tramé des ossatures princi-
pales pour une construction donnée, allant même jusqu’à la modula-
tion de l’industrialisation ouverte, qui doit faciliter l’emploi
d’éléments standardisés pour les composants de second œuvre
(façades, cloisonnements, etc.).

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