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Géophysique Pétrolière

Hervé Perroud
Université de Pau et des Pays de l’Adour

January 15 2012
revision February 5, 2013
Contents

1 Traitement du signal sismique 4

1.1 Introduction, rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1.1.2 Signal et bruit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1.1.3 Signaux périodiques et quasi-périodiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

1.1.4 Exemples de signaux en Sciences de la Terre . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

1.1.5 Analyse fréquentielle des signaux, notion de spectres . . . . . . . . . . . . . 5

1.1.6 Critère pour l’échantillonnage, signaux numériques . . . . . . . . . . . . . . 6

1.2 Opérateurs pour le traitement sismique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

1.2.1 Transformée de Fourier rapide, théorème de la convolution . . . . . . . . . . 8

1.2.2 Transformée en Z d’une séquence numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.2.3 Définition des filtres, déconvolution, filtre inverse . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.3 Pré-traitement des données sismiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

1.3.1 Traitement des amplitudes, édition des traces . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

1.3.2 Filtrage passe-bande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

1.3.3 Filtrage f-k, separation d’ondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16

1.3.4 Trace synthétique, modèle convolutionnel 1D . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

1
1.3.5 Notion de fantômes, réverbérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

1.3.6 Déconvolution, égalisation spectrale, anti-réverbération . . . . . . . . . . . . 18

1.3.7 Corrections statiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

2 Imagerie sismique 21

2.1 Principes de l’imagerie sismique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2.1.1 Les différentes approches possibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

2.1.2 Les différentes notions de vitesses, impédance acoustique . . . . . . . . . . 22

2.1.3 Les grands principes pour l’imagerie sismique . . . . . . . . . . . . . . . . 23

2.1.4 La section à offset nul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

2.1.5 Résolution verticale et latérale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

2.1.6 Différents types de multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

2.2 Analyse en Point-Milieu-Commun (CMP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

2.2.1 Milieux Dixiens, modèle NMO, milieu effectif . . . . . . . . . . . . . . . . 28

2.2.2 Couverture en point-milieu commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

2.2.3 Analyse de vitesse, critère de semblance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

2.2.4 NMO, stretch NMO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

2.2.5 Section somme, déconvolution multidimensionnelle . . . . . . . . . . . . . 30

2.2.6 Statiques résiduelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.3 Prise en compte du pendage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.3.1 Pendage vrai, pendage temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

2.3.2 Impact du pendage sur le modèle NMO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

2.3.3 Opérateur DMO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

2.3.4 Migration temps, migration profondeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

2
3

2.3.5 Modèle de vitesse pour la migration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33

2.3.6 Artefacts de migration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34


Chapter 1

Traitement du signal sismique

1.1 Introduction, rappels

1.1.1 Définitions

Les signaux sont définis comme des supports physiques d’une information, et représentés mathé-
matiquement par des fonctions d’une ou plusieurs variables. L’information transportée se manifeste
par les variations spatiales ou temporelles de cette fonction. On distingue différentes catégories de
signaux:

- signal analogique (fonction continue de variables continues), discret (variable échantillonnée), numé-
rique (valeur aussi discrétisée).

- signal déterministe (caractérisé par une évolution prédictible) ou aléatoire (dont les variations n’obé-
issent qu’à des lois statistiques).

Exemples de signaux analytiques: Dirac, peigne, signe, porte, sinusoı̈de, exponentiel, . . .

Un système de traitement du signal est un système qui traite des signaux pour en extraire l’infor-
mation transportée. On introduira ici quelques notions de traitement du signal, avec comme objectif
de séparer le signal utile des autres, et de l’optimiser pour les opérations d’imagerie sismique.

1.1.2 Signal et bruit

Définitions:

4
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 5

Bruit: strictement, fluctuations ”aléatoires” des quantités mésurées, liées à l’environnement du


site de mesures ou au système d’enregistrement.

Signal: variation recherchée de ces quantités mesurées

Mesure = superposition du signal et du bruit. Le rapport S/B (Signal/Bruit)


√ indique la qualité et
la fiabilité de mesure. On l’augmente en répétant les mesures d’un facteur n, si n est le nombre de
mesures répétées (opération dite de sommation).

1.1.3 Signaux périodiques et quasi-périodiques

Rappel des notions de période, fréquence, longueur d’onde, nombre d’ondes, amplitude, pour les
signaux périodiques. Relation fréquence-longueur d’onde.

Extension aux notions de période, fréquence, longueur d’onde,... dominante pour les signaux
transitoires ou quasi-périodiques.

1.1.4 Exemples de signaux en Sciences de la Terre

Exemples de signaux réels:

- 1D, 2D
- temporel, spatial
- géologique, géophysique, . . .

1.1.5 Analyse fréquentielle des signaux, notion de spectres

Fonctions périodiques

Théorème de Fourier: Toute fonction périodique peut être décomposée en une somme infinie de
termes trigonométriques harmoniques, soit


X
h(t) = An sin(2πnt/T + φn ) (1.1)
n=0

ou T est la période de la fonction h(t). L’indice n est le degré de l’harmonique, n = 0 correspond


au terme constant, n = 1 au mode fondamental, de période T (et donc de fréquence f0 = 1/T ), et
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 6

n > 1 aux modes harmoniques, de période T /n ou de fréquence f = n/T = n.f0 . Les coefficients
An et φn diffèrent pour chaque fonction h(t), et détermine le rôle de chaque fréquence.

Notion de spectre d’amplitude et de phase

Une fonction périodique est donc totalement caractérisée par les jeux de coefficients (An )n=0,∞ et
(φn )n=0,∞ . On appelle spectre d’amplitude et de phase ces deux jeux de coefficients. On les représente
graphiquement par deux graphes Amplitude/fréquence et Phase/fréquence. Ces graphes sont discrets
pour une fonction périodique (des valeurs non nulles n’apparaissent que pour les fréquences multiples
de f0 ). L’écart minimal entre deux harmoniques donne le mode fondamental (c-a-d la fréquence f0 ).
La fréquence maximale contenue dans le signal est donnée par le dernier coefficient An non nul.

On a donc deux modes possibles (et duaux) de représentation d’une fonction périodique quel-
conque: le domaine temporel (ou spatial) et le domaine fréquentiel. On pourra utiliser l’un ou l’autre
en fonction du problème à traiter.

Généralisation aux fonctions non-périodiques

Pour une fonction h(t) à support borné, on peut généraliser le théorème de Fourier en périodisant
le signal en dehors de son support (on le répète à l’infini). On obtient alors un signal périodique de
période égale à la durée de h(t), et donc de fréquence fondamentale l’inverse de sa durée. Le pas
de discrétisation en fréquence sera donc d’autant plus petit que le support est étendu. Par passage à
la limite, on montre qu’une fonction non périodique à support infini admet un spectre en fréquence
continu. Pour une analyse fine du contenu fréquentiel d’un signal, on a donc besoin de l’observer sur
une durée importante.

On appelle bande passante d’un signal la largeur à mi-hauteur de son spectre d’amplitude.

1.1.6 Critère pour l’échantillonnage, signaux numériques

Les signaux géophysiques sont généralement des fonctions réelles continues. Ils sont donc définis
par une infinité de valeurs, elles-mêmes définies par une infinité de décimales. Pour pouvoir traiter
ces signaux dans des systèmes construits à l’aide d’outils informatiques, il est nécessaire de réduire
ces deux infinités à des nombres finis bornés. On va donc considérer deux opérations dites de
numérisation des signaux, l’échantillonnage et la discrétisation du signal. Ces opérations devront
être conduites suivant certaines règles pour éviter de corrompre les signaux (aliasing, saturation).
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 7

Théorème de l’échantillonnage

Critère de Shannon: Pour qu’un signal soit correctement échantillonné, il faut un minimum de 2
points par cycle de la fréquence la plus élevée contenu dans le signal.

Si fe est la fréquence d’échantillonnage, égale à 1/∆t (pas d’échantillonnage en temps) ou 1/∆x


(pas d’échantillonnage en distance), et fmax la fréquence maximale du spectre du signal, on doit donc
avoir fe ≥ 2fmax

Pour un pas d’échantillonnage fixé fe , on définit donc une fréquence limite, appelée fréquence de
Nyquist fN , égale à fe /2. Cette fréquence ne doit pas être dépassée dans le signal à échantillonner
pour que le critère de Shannon soit respecté.

Aliasing

L’”aliasing” ou repliement de spectre, est un phénomène qui apparait lorsque le critère de Shannon
n’est pas respecté. Ce phénomène est universel, dès lors que l’on a affaire à un signal échantillonné,
même si cela n’est pas explicite (cf effet stomboscopique, ou images de mouvement en video ou
cinema).

Tant que le signal ne contient aucune fréquence supérieure à fN , la fréquence apparente du signal
échantillonnée est identique à celle du signal analogique. En revanche, toute fréquence supérieure à
fN donnera lieu à une fréquence apparente repliée dans l’intervalle [−fN , +fN ], qui pourra donc être
confondue avec une fréquence réelle de cet intervalle.

Pour éviter l’aliasing, il y a deux solutions:

- choisir une fréquence d’échantillonnage supérieure à deux fois la fréquence maximale contenue
dans le signal, ce qui suppose que cette dernière est connue.

- éliminer (filtrer) du signal les composantes de fréquence supérieure à fN avant échantillonnage


(filtre anti-aliasing). Ce filtrage est donc nécessairement analogique.

Dynamique

La dynamique d’un signal ou d’un système est le rapport entre l’amplitude maximale et l’ampli-
tude minimale mesurable. La fonction analogique sera d’autant mieux représentée par la fonction
numérique que la dynamique est élevée.

La dynamique est donnée par l’expression 20 log10 (Amax /Amin ) en dB (decibel).

On dénomme souvent par lsb (least significant bit) la valeur minimale mesurable. Elle représente
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 8

la précision des mesures. Toutes les valeurs discrétisées seront des multiples de lsb, c-a-d f (t) =
k.lsb, avec k entier. Pour discrétiser la valeur d’un signal, il suffit donc de déterminer le coefficient
entier k.

La représentation des nombres entiers par les systèmes informatiques fait appel à la notion de bit
(binary digit) et de mots (ou vecteur de bits). La taille d’un mot (n bits) défini directement le nombre
de valeurs codables en binaire (2n ). La dynamique de ce type de codage est donnée par 20 log10 (2n ),
c-a-d 6n dB.

Un tel système admet des valeurs minimales (lsb) et maximales codables (2n .lsb). Toute valeur
du signal en dehors de cette intervalle sera tronquée (mise à zéro ou saturée). La précision nominale
des valeurs numérisées est de ±lsb/2.

Pour utiliser correctement la dynamique d’un numériseur (convertisseur analogique-numérique),


il est généralement utile de préparer le signal pour que ses amplitudes minimales et maximales soient
adaptées: on parle de pré-amplification. Le gain de cet amplification peut être fixe, ou automatique-
ment ajustable: contrôle automatique de gain (AGC en anglais). Il est alors adapté en permanence
en fonction de l’amplitude du signal entrant. Ceci permet d’augmenter la dynamique globale du
numérisateur, même si la dynamique vraie ou instantanée est inchangée.

1.2 Opérateurs pour le traitement sismique

1.2.1 Transformée de Fourier rapide, théorème de la convolution

Transformée de Fourier

La notion de transformée de Fourier est une généralisation aux fonctions quelconques de l’analyse
de Fourier des fonctions périodiques. Elle permet de passer de la description d’une fonction dans le
domaine temporel t (ou spatial x) à sa description dans le domaine fréquentiel f (ou nombre d’ondes
k). La transformée de Fourier inverse réalise le passage inverse.

La transformée de Fourier s’écrira avec une intégrale pour les fonctions analogiques (continues)
ou avec une sommation pour les fonctions discrétisées. C’est une quantité complexe, même pour des
signaux réels. En analogique, avec t le temps et f la fréquence, pour h(t) et H(f ) des fonctions
complexes:

Z +∞
T F (h(t)) = H(f ) = h(t)e−2iπf t dt (1.2)
−∞
H(f ) = |H(f )|.eiΦ(f ) (1.3)
Z +∞
T F −1 (H(f )) = h(t) = H(f )e+2iπf t df (1.4)
−∞
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 9

En numérique, avec t = nt ∆t, nt = 1, Nt et f = nf ∆f, nf = 1, Nt , h(t) devient h(nt ∆t) =


h(nt ), H(f ) devient H(nf ∆f ) = H(nf ), avec ∆f = 1/Nt ∆t. On a alors:

t −1
NX
H(nf ) = h(nt )e−2iπnt ∆tnf ∆f (1.5)
nt =0
t −1
NX
= h(nt )e−2iπnt nf /Nt (1.6)
nt =0
t −1
NX
h(nt ) = 1/Nt H(nf )e2iπnt nf /Nt (1.7)
nf =0

Remarques:

- On a T F −1 (T F (h(t))) = h(t), ce qui rend compte du caractère inverse de ces 2 transformations.


A un signe près, la TF inverse est similaire à la TF.

- si h(t) est une fonction réelle (cas des signaux mesurés), alors H(−f ) = H ∗ (f ), c-a-d la partie
réelle de la TF est paire (Re(H(−f )) = Re(H(f ))), la partie imaginaire est impaire (Im(H(−f )) =
−Im(H(f ))). Ceci signifie qu’on peut déterminer la TF pour les fréquences négatives par symétrie
à partir de la TF aux fréquences positives.

t −1
- H(0) = N
P
nt =0 h(nt ), c-a-d Nt fois la moyenne de la fonction h. La TF à fréquence nulle donne
donc la composante continue de la fonction. L’énergie du signal s’obtient par la somme des carrés des
échantillons de h(t), ou par la somme (identique) des carrés des modules des échantillons de H(f ).

- pour les fonctions discrétisées, la TF et la TF inverse sont périodiques, et de période Nt (car


−2iπnt nf /Nt
e = 1 si nt ou nf est un multiple de Nt ). Du fait de la périodicité et de la symétrie, il n’y a
donc que Nf = Nt /2 + 1 valeurs indépendantes pour caractériser la TF discrète.

- La TF d’une fonction retardée en temps s’obtient par déphasage de la TF en fréquence: T F (h(t−


a)) = H(f ).e−2iπf a . Le spectre d’amplitude (c-a-d le module de H(f )) est inchangé, le spectre de
phase (argument de H(f )) est décalé de −2πf a.

- pour Nt = 2m , il existe un algorithme rapide de calcul de la TF discrète (FFT).

- On obtient la TF2D d’un signal 2 dimensions (par exemple une section sismique) en appliquant
successivement la TF aux deux variables, ce qui correspond au passage du domaine (temps t, distance
x) au domaine (fréquence f , nombre d’onde k).

Exemple:

TF de la fonction porte de durée T : ΠT = 1 si −T /2 ≤ t ≤ +T /2, 0 sinon.


Z T /2
T F (ΠT ) = e−2iπf t dt = T.sin(πf T )/πf T = T.sinc(πf T ) (1.8)
−T /2
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 10

La TF de la fonction porte est donc la fonction sinus cardinale, de pseudo-période double de


l’inverse de la durée de la porte. On a un résultat similaire si on considère la TF inverse d’une porte
en fréquence.

Produit de convolution

Le produit de convolution décrit la transformation d’un signal par un système linéaire de fonction
caractéristique r(t). On obtient alors la réponse du système au signal d’entrée e(t):

En analogique:
Z +∞
(e ∗ r)(t) = e(t) ∗ r(t) = e(s).r(t − s)ds (1.9)
−∞

En numérique (avec e(n) défini par N valeurs):


N
X −1
(e ∗ r)(n) = e(n) ∗ r(n) = e(m).r(n − m) (1.10)
m=0

Dans ce dernier cas, on vérifie aisément que si e(n) est un Dirac (1, 0, 0, 0, . . .), on a bien e(n) ∗
r(n) = r(n), c-a-d que r(n) est bien la réponse du système à une impulsion de Dirac. Le Dirac est en
fait l’élément neutre de la convolution.

Le produit de convolution est commutatif (e∗r = r∗e) et distributif (e∗(r1+r2) = e∗r1+e∗r2).


Si e est de durée N et r de durée M , alors e ∗ r est de durée N + M − 1. La TF et la convolution sont
des opérations linéaires.

On montre le théorème important suivant: La TF de la convolution de deux fonctions est égale au


produit des TF de ces fonctions (T F (h(t) ∗ g(t)) = T F (h(t)).T F (g(t))). La TF transforme donc
un produit de convolution dans le domaine temporel en simple produit dans le domaine fréquentiel.
Ce produit de quantités complexes correspond au produit des spectres d’amplitudes (module) et à
la somme des spectres de phase (argument). De façon duale, la TF du produit de 2 fonctions est la
convolution de leurs TF.

Retour sur le Dirac: Considérons ci-dessus la convolution de la fonction h(t) par un Dirac (noté
δ(t)). On a T F (h(t) ∗ δ(t)) = T F (h(t)) = T F (h(t)).T F (δ(t)), d’où T F (δ(t)) = 1. La TF d’un
Dirac (signal infiniment court) est donc une fonction constante, c-a-d infiniment longue. On dit que
le Dirac a un spectre plat et infini, c-a-d qu’il contient toutes les fréquences, avec la même amplitude,
et toutes à phase nulle. On a un résultat similaire avec un Dirac retardé (T F (δ(t − a)) = e−2iπf a ).
R +∞ 2iπf t
L’expression du Dirac en analogique s’obtient par δ(t) = T F −1 (1) = −∞ e df .

Inversement, un Dirac en fréquence correspond à un terme constant s’il est à fréquence nulle, ou
à une sinusoı̈de pure à cette fréquence s’il est à fréquence non nulle.
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 11

Corrélation

La corrélation est un opérateur permettant de mesurer la ressemblance entre deux signaux, même
si décalés en temps (cf corrélation statistique de deux variables). Pour des signaux numériques, elle
est obtenue par l’équation suivante:

N
X −1
cx,y (n) = x(m).ȳ(m + n) = x(n) ∗ ȳ(−n) (1.11)
m=0

On appelle énergie d’interaction la TF du signal corrélation. Elle est égale au produit de la TF du


signal x par le conjugué de la TF du signal y. Son spectre d’amplitude est donc obtenu par le produit
des spectres d’amplitude de x et y. Son spectre de phase est obtenu par la différence de leur spectres
de phase.

L’autocorrélation correspond au cas particulier où x et y sont identiques. Son spectre d’amplitude
est le carré du spectre de x, son spectre de phase est nul (elle est donc symétrique). Elle permet
d’évaluer la largeur d’un signal en temps, ou d’identifier des répétitions dans le signal et leur période
(par exemple pour les réflexions multiples).

1.2.2 Transformée en Z d’une séquence numérique

On considère une séquence finie de nombres réels, tel qu’un signal échantillonné, notée (hn )n=0,N .
La transformée en Z de cette séquence est le polynôme de la variable complexe Z de degré N défini
par:
PN
H(Z) = 0 hn Z n

Cette transformée permet de représenter le traitement du signal par des opérations sur des polynômes.
En particulier, la convolution de deux séquences correspond au produit de leur transformée en Z. La
Transformée de Fourier est un cas particulier de transformée en Z, pour lequel on a Z = e−2iπf ∆t .

1.2.3 Définition des filtres, déconvolution, filtre inverse

Définition des filtres

Les filtres sont des systèmes qui agissent sur un signal d’entrée e(t) (ou excitation) pour produire
un signal de sortie s(t) = F (e(t)) (ou réponse du système F ). Par exemple, en sismologie, ou
pourra dire que l’ensemble Terre + enregistreur est un filtre qui transforme un séisme (excitation) en
sismogramme (réponse).
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 12

Un système est dit causal si la réponse ne précède jamais l’excitation:

e(t) = 0, t < t0 ⇒ s(t) = 0, t < t0

Cela signifie que le filtre F est indépendant de l’entrée e; ce sont les seuls systèmes physiquement
réalisables.

Un système est dit linéaire si la réponse dépend linéairement de l’excitation, c-a-d

F [αe1 (t) + βe2 (t)] = αF (e1 (t)) + βF (e2 (t))

C’est le principe de superposition, qui nous permettra de construire de nouveaux filtres en combi-
nant des filtres élémentaires.

Un système est stationnaire (ou invariant dans le temps) si

s(t) = F (e(t)) ⇒ s(t − t0 ) = F (e(t − t0 ))

Un filtre est dit stable si un signal d’entrée borné est transformée en un signal de sortie borné:

|e(t)| < A, ∀t ⇒ |s(t)| < B, ∀t

Réponse impulsionnelle, fonctions de transfert

La réponse impulsionnelle est le signal de sortie d’un filtre excité par un Dirac. Soit un filtre F
invariant et linéaire, et une impulsion d’entrée δ(t). On note R(t) = F (δ(t)) la réponse impulsion-
nelle.

Connaissant cette réponse impulsionnelle, on peut déterminer la réponse de ce filtre pour tous
signaux numériques d’entrée e(t) = +∞
−∞ e(u)δ(t − u):
P

P+∞ P+∞
F (e(t)) = −∞ e(u)F (δ(t − u)) = −∞ e(u)R(t − u) = e(t) ∗ R(t)

La sortie du filtre correspond donc à la convolution du signal d’entrée par la réponse impulsion-
nelle du filtre.

Si on considère maintenant une fonction h(t) périodique, décomposée en série de Fourier, et sa


réponse au filtre F :
P∞
h(t) = n=0 An sin(2πnt/T + φn )
P∞
F (h(t)) = n=0 An F (sin(2πnt/T + φn ))

On voit qu’il suffit de connaitre la réponse du filtre pour les entrées trigonométriques harmoniques,
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 13

pour déterminer la réponse à toute entrée périodique.

Propriété: La réponse d’un filtre à une fonction d’entrée harmonique (monochromatique) est une
fonction harmonique de même fréquence, mais d’amplitude et de phase différente. On appellera
fonction de transfert du filtre la fonction qui transforme l’ensemble des fonctions harmoniques en
l’ensemble de leur réponses. On la représentera sous forme de spectres d’amplitude et de phase en
fonction de la fréquence (courbes de réponses en fréquences), donnant l’amplitude et la phase de
sortie pour une amplitude 1 et une phase 0 en entrée. Cette fonction de transfert correspond à la TF
de la réponse impulsionnelle, qu’on désigne aussi par ”gain complexe”.

Pour appliquer un filtre en fréquence, il suffit donc de multiplier la TF du signal d’entrée par la
fonction de transfert du filtre (produit des amplitudes, addition des phases). Un filtre phase nul ne joue
que sur les amplitudes, mais ne peut être causal, pour raison de symétrie. Un filtre phase minimal est
causal, et minimise l’effet sur le spectre de phase.

Exemples de filtres

Filtres dans le domaine temps/distance, 1D ou 2D: lissage par fenètre glissante, correspondant
à la convolution du signal avec une fonction définie par un nombre de points et un coefficient pour
chaque point. Fonctionnement assez intuitif, mais temps de calcul assez lourd. Il y a des problèmes
pour traiter les échantillons au bord (prévoir un peu de marge).

Filtre dans le domaine fréquentiel: Le filtre est déterminé par sa fonction de transfert, et sa bande
passante. On obtient la sortie par TF de l’entrée, multiplication par la fonction de transfert, et TF
inverse. Cette approche est efficace si on utilise une TF rapide (FFT). On défini ainsi des filtres
passe-bas, passe-haut, passe-bande, coupe-bande, . . .

Combinaison de filtre: En série, la sortie d’un premier filtre est dirigée vers l’entrée d’un second.
Alors, il y a convolution des réponses impulsionnelles, et donc produit des fonctions de transfert. En
parallèle, une même entrée est envoyé sur deux filtres et les sorties réunies. Cette fois, il y a addition
des réponses impulsionnelles, et donc aussi des fonctions de transfert.

Déconvolution

L’opération de déconvolution est l’opération inverse de la convolution. Pour l’application d’un


filtre, la déconvolution consiste à retrouver le signal d’entrée, connaissant la réponse impulsionnelle
et le signal de sortie. Ou alors de trouver la réponse impulsionnelle, connaissant le signal d’entrée et
le signal de sortie.

En terme de Transformée en Z, la convolution correspond au produit de polynômes et la déconvolution


donc au quotient de polynômes, ou fraction rationnelle. La difficulté vient du fait que même pour des
polynômes de degré fini, le calcul du quotient conduit en général à un degré infini, ce qui pose des
problèmes pratiques.
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 14

Filtre inverse

Le filtre inverse est le filtre qui correspond à l’opération de déconvolution, c-a-d le filtre qu’il faut
appliquer au signal de sortie pour retrouver le signal d’entrée. Alors la combinaison en série du filtre
et du filtre inverse revient à une opération neutre, c-a-d une convolution par un Dirac. On obtient donc
aisément le résultat que la TZ du filtre inverse est l’inverse de la TZ du filtre initial. Là encore, on
rencontre le problème du degré infini du filtre inverse exact. On est donc amené à substituer au filtre
inverse exact mais infini, un filtre inverse approché mais fini, dit filtre de Wiener. Il est approché au
sens des moindres carrés, c-a-d en choisissant le filtre h−1 (t) tel que la quantité N 0 (δ(nt ) − h(nt ) ∗
P

h−1 (nt ))2 soit minimale, une fois choisie la longueur N du filtre. L’obtention de ce filtre de Wiener
se fait par résolution d’un système linéaire constitué grâce à la matrice d’autocorrélation du filtre à
inverser d’une part, et l’intercorrélation de ce filtre avec la sortie désirée d’autre part.

1.3 Pré-traitement des données sismiques

1.3.1 Traitement des amplitudes, édition des traces

Dans un milieu homogène, l’énergie de l’onde sismique (de volume) se répartit de façon égale
sur l’ensemble de la surface du front de l’onde, qui a la forme d’une sphère, centrée au point source,
ou d’une hémisphère pour une source en surface. Dans les deux cas, la surface du front d’onde est
au carré de son rayon, produit du temps de propagation par la vitesse. On en déduit que l’énergie
s’atténue en fonction du carré du temps, et donc l’amplitude de l’onde en fonction du temps, (puisque
racine carrée de l’énergie). Ce phénomène porte le nom de divergence géométrique de l’onde, et
conduit à une diminution rapide de l’amplitude de l’onde avec le temps de propagation, qui vient
éventuellement s’ajouter à l’effet d’atténuation intrinsèque du milieu, surtout pour les fréquences
les plus élevées de la bande passante sismique. De ce fait, une représentation brute des données
sismiques ne va montrer du signal que au voisinage de la source et pour des temps courts. Pour
visualiser l’ensemble des signaux enregistrées, il sera nécessaire de traiter les amplitudes, et on a
différentes façons de le faire:

- contrôle par l’opérateur du gain de l’affichage (percentiles, clipping, conversion en db,. . . )

- compensation de la divergence géométrique (mutiplication par un tα , . . . ), ou de l’atténuation

- égalisation latérale (division de chaque trace par son amplitude moyenne)

- contrôle automatique du gain (division de l’amplitude de chaque échantillon par l’amplitude moyenne
dans une fenêtre centrée de taille choisie)

Certains des moyens ci-dessus (égalisation, agc) impliquent la perte des valeurs réelles des am-
plitudes. Ceci n’empêche pas l’obtention d’une image sismique fiable du point de vue de sa géométrie.
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 15

On parle alors d’une approche cinématique, c-a-d respectant les temps de propagation. Pour l’interpré-
tation plus poussée en termes de propriétés physiques du milieu, il est nécessaire de préserver les am-
plitudes, on parle alors d’une approche dynamique; dans ce cas, les procédés d’égalisation et d’agc
sont à proscrire.

A noter que les ondes de surface ont une divergence géométrique cylindrique (et non sphérique),
ce qui conduit à une moindre atténuation de l’énergie, si bien que leur amplitude devient rapidement
supérieure à celle des ondes de volume quand on s’éloigne de la source. Etant lentes, elle arrive avec
un certain retard par rapport aux ondes de volume, mais peuvent interférer avec des ondes de volume
réfléchies en profondeur.

Il apparait généralement dans les données sismiques que certains récepteurs, en petit nombre,
sont déficients, et ne produisent que des traces bruités. Ce n’est pas un problème grave en sismique
multitrace du fait de la redondance des données, dès lors que le nombre de telles traces reste réduit.
Afin d’éviter que ces traces gênent le traitement ou l’affichage des traces valides, elles font l’objet
d’une mise à zéro (en anglais trace killing). De la même façon, on peut être amené à mettre à zéro
une portion des traces qui ne contient que du bruit, par exemple avant l’arrivée des premiers signaux
enregistrés sur chaque récepteur. On parle alors de ”trace muting”. Pour éviter des artefacts de
traitement, il est préférable de réaliser le ”mute” de façon progressive plutôt que brutale, en utilisant
des zones dites tampons (”tapers”).

1.3.2 Filtrage passe-bande

Du fait de sa propagation dans le sous-sol, l’onde sismique est un signal dit ”band-limited”, c-a-d
que son spectre d’amplitude est limitée à une bande de fréquences, dite bande sismique, même si la
source utilisée a un spectre plus large (par exemple un Dirac, qui a une bande infinie). Cette bande
sismique dépend de la profondeur d’investigation et la taille des dispositifs, elle se réduit rapidement
quand ces dimensions augmentent, sans toutefois totalement disparaitre, puisque on peut percevoir
des échos de séismes même à travers tout le globe. Pour la sismique marine, par exemple, la bande
sismique va de quelques hz à 70-80 hz en général. Cette limitation de la bande sismique a un impact
direct sur la résolution des images sismiques (cf paragraphe résolution).

L’enregistrement des traces sismiques contient des signaux sur l’ensemble de la gamme de fréquences
définie par l’échantillonnage (0 à fréquence de Nyquist), choisie bien entendu pour contenir au moins
toute la bande sismique. Généralement, d’autres signaux (bruits ou parasites) viennent se superposer
à l’enregistrement aux signaux sismiques, dans l’ensemble de la gamme de fréquence. D’autre part,
les signaux sismiques enregistrés sont de différentes origines (onde de volume, de surface, directe,
sonore, . . . ), pas uniquement des ondes réfléchies dans le sous-sol qui vont conduire à l’image sis-
mique recherchée. Il est donc nécessaire de séparer ces différentes contributions au signal enregistré,
afin d’isoler le signal utile, des autres signaux nuisibles. Il y a plusieurs techniques pour cela, dont la
plus commune est le filtrage passe-bande.

L’idée est d’utiliser le critère fréquence pour isoler la partie utile du signal enregistré. Pour ce
faire, il faut analyser les spectres d’amplitude correspond aux différents signaux enregistrés, par anal-
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 16

yse de Fourier. On pourra ainsi tenter de définir une plage de fréquence où le signal utile est dominant,
puis construire un filtre en ne conservant que cette plage de fréquences, et en mettant à zéro les sig-
naux aux autres fréquences. La fonction de transfert du filtre sera donc une porte d’amplitude unité,
entre la fréquence minimum et la fréquence maximum définies par l’analyse spectrale. La forme de
la porte doit être trapézoı̈dale, afin de limiter les artefacts de calcul (inclusion de bande tampons).
Le spectre de phase est de préférence nul, pour éviter de modifier les phases des signaux filtrés, ou
phase minimum. Pour appliquer le filtre, il faut calculer la TF du signal sismique, multiplier le spectre
obtenu par la fonction de transfert, puis calculer la TF inverse pour obtenir le signal sismique filtré.

Le filtre passe-bande peut aussi être vu comme la combinaison en série d’un filtre passe-haut (ou
coupe bas), qui élimine les basses fréquences, et d’un filtre passe-bas (ou coupe haut) qui élimine les
hautes fréquences. La fonction de transfert est alors obtenue par multiplication d’un échelon à droite,
par un échelon à gauche, donnant la porte du filtre passe-bande.

On appelle bande passante du filtre la largeur de la porte à mi-hauteur. Cette bande passante, et
donc la résolution des images sismiques, sera directement issue de la plage de fréquence choisie. Il
est souhaitable pour optimiser la résolution d’avoir la bande sismique la plus large possible.

1.3.3 Filtrage f-k, separation d’ondes

Le filtrage passe-bande ne peut être efficace que pour séparer des signaux de fréquences différentes,
ce qui peut être le cas pour divers bruits, ou pour des ondes de surface en sismique terrestre. En re-
vanche, il ne peut rien si les fréquences des signaux à séparer se recouvrent largement, il est alors
nécessaire de chercher un autre critère pour séparer ces signaux. Du fait des propriétés de la TF2D,
la pente des signaux linéaires est un critère possible de séparation.

On peut montrer qu’un signal linéaire de pente a dans une section sismique, quelque soit son
décalage temporel, sera transformé par TF2D en un signal linéaire de pente 1/a passant par l’origine.
Ainsi, deux signaux superposés, de même fréquence mais de pentes différentes dans la section sis-
mique, auront leurs spectres f − k disjoints. Il sera alors possible de définir un gabarit de filtre
(extension de la notion de porte du filtre passe-bande au cas 2D), soit une ligne polygonale fermée
dans le domaine f − k, pour déterminer la fonction de transfert du filtre (amplitude 1 à l’intérieur, 0
à l’extérieur, plus des bandes tampons) permettant de les séparer.

Dans les sections sismiques marines, cette méthode permet de séparer les ondes réfléchies des
ondes directes source-récepteurs, se propageant à proximité de la surface de l’eau, donc sans intérêt
pour l’imagerie. En sismique terrestre, cette méthode permet d’éliminer des signaux indésirables
comme les ondes directes sonore, de surface ou dite ”ground-roll”. En pratique, on peut rencontrer un
problème d’aliasing spatial, si l’échantillonnage en distance (l’intertrace) est trop large, car il apparait
alors un repliement des signaux dans le domaine f − k qui peut gêner la définition du gabarit optimal.
Le problème est d’autant plus présent que la vitesse des ondes est faible. Pour en limiter l’impact,
on peut être amener à appliquer un traitement préalable à la section sismique en horizontalisant les
signaux linéaires à filtrer, afin qu’il apparaissent avec une pente verticale dans le domaine f − k.
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 17

Il existe d’autres types de filtrage pour la séparation d’ondes, basés sur des transformations de
domaine. C’est par exemple le cas de la transformée dite ”tau-p”, ou transformée de radon linéaire,
qui décompose une section sismique en une série d’évènements linéaires, définis par leur pente p et
leur intercepté à l’origine τ .

1.3.4 Trace synthétique, modèle convolutionnel 1D

Comme indiqué plus haut, l’enregistrement sismique (sismogramme, ou trace) peut être vu comme
le résultat du filtrage d’une ondelette source par un filtre terrain, plus du bruit. Si on suppose connu
les propriétés physiques du sol, il est possible d’en déduire la réponse impulsionnelle du filtre terrain,
et donc de simuler un sismogramme ou une trace par convolution avec une source. On parle alors de
trace synthétique. Si une telle trace synthétique est similaire à une trace réelle enregistrée, on pourra
dire que le terrain réel peut-être décrit par les propriétés physiques du sol ayant généré cette trace
synthétique.

Pour effectuer cette simulation, il faut faire une certain nombre de simplifications, qui sont résumées
dans ce qu’on appelle le modèle convolutionnel 1D:

- Le milieu hétérogène peut être représenté par un ensemble de couches horizontales homogènes, c-a-d
de vitesse et densité constante

- La propagation de l’onde sismique se fait à incidence normale sur les limites de couches, c-a-d verti-
cale. Dans ce cas, la réflectivité d’une interface est donnée par le contraste d’impédance acoustique
normalisé, soit r = (ρ2 V2 − ρ1 V1 )/(ρ2 V2 + ρ1 V1 ).

- L’ondelette source est stationnaire en temps (si nécessaire, après correction de divergence géométrique).

- Le bruit est négligeable (rapport signal/bruit élevé).

Pour obtenir la réponse impulsionnelle du sol, on imagine une source Dirac qui se propage verti-
calement et se répartit à chaque interface entre une onde réfléchie (d’amplitude r) et une onde trans-
mise. Chaque interface va donc contribuer par une impulsion pondérée en amplitude, éventuellement
négative, et décalée au temps AR de la réflexion, à la trace sismique qui serait enregistrée en surface
dans ces conditions. Cette simulation inclus les réflexions primaires (un simple AR) et des réflexions
multiples entre chaque couche. L’amplitude des multiples décroit rapidement dans la mesure où les
coefficients de réflexion sont généralement faibles, et donc tendent vers zéro quand on les multiplie
entre eux. Le résultat est une trace constituée de petites impulsions réparties de façon irrégulière sur
l’ensemble de la durée d’écoute. Finalement, la trace synthétique est obtenue en convoluant cette
réponse par l’ondelette source, ce qui revient à remplacer chaque impulsion par une ondelette source
pondérée en amplitude, puis à sommer toutes ces ondelettes.
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 18

1.3.5 Notion de fantômes, réverbérations

Si on considère une expérience sismique comme le filtrage d’un signal source par le milieu de
propagation, elle pourra donc être représentée mathématiquement par la convolution du signal source
et de la réponse impulsionnelle du sol (cf modèle convolutionnel 1D). Pour ce faire, il est nécessaire
de connaı̂tre précisément le signal source émis, ce qui n’est pas toujours aisé. Un solution consiste
à prévoir des capteurs spécifiques permettant d’enregistrer ce signal source. Néanmoins, ce signal
enregistré va contenir plusieurs contributions, en particulier lors d’expériences sismiques marines.
En effet, la source est immergée (canons à air), et omnidirectionnelle, elle émet donc de l’énergie
aussi bien vers le fond que vers la surface, et l’énergie arrivant à la surface de la mer va subir une
réflexion totale, et repartir vers le fond, avec un léger retard par rapport à l’énergie initiale dépendant
de la profondeur de la source, et de la vitesse de propagation dans l’eau. On parle d’effet fantôme, et
la source enregistrée sera due à l’interférence de l’énergie initiale et de l’énergie réfléchie en surface,
ce qui va altérer la forme du signal émis. Il convient de choisir la profondeur de la source en fonction
de sa fréquence pour optimiser cette combinaison. Il y a également un effet fantôme du coté des
récepteurs, pour les mêmes raisons.

De la même façon, on a un effet de réverbération dans la couche d’eau, quand l’énergie émise,
puis réfléchie au fond de l’eau, revient vers la surface de l’eau et s’y réfléchie de nouveau totalement.
Elle est à nouveau propagée vers le fond, et va conduire à la propagation d’un second train d’ondes à
travers le milieu. Cette réverbération peut se produire plusieurs fois, en fonction de l’énergie émise, et
de la profondeur de l’eau, même si l’énergie diminue progressivement avec le nombre de réflexions.
L’effet de réverbération existe également pour l’énergie incidente sur les récepteurs.

Pour la convolution avec la réponse impulsionnelle du sol, il est donc nécessaire d’inclure les effets
de fantômes et de réverbération au signal source émis, afin de représenter complètement l’expérience
sismique. Ceci se fait en établissant les réponses de chaque processus, et en les combinant par addition
(filtres en parallèle) ou par convolution (filtres en série).

1.3.6 Déconvolution, égalisation spectrale, anti-réverbération

Le calcul de la trace synthétique correspond à un problème direct, c-a-d à prédire la réponse d’un
milieu supposé connu. Ce problème a une solution unique. Ceci permet éventuellement de comparer
cette réponse à celle d’un milieu réel inconnu. Le problème de l’imagerie sismique est un problème
inverse: à partir de la réponse enregistrée sur le milieu réel inconnu, déterminer les caractéristiques
de ce milieu. Pour s’assurer de la validité de la solution, on pourra vérifier que la trace synthétique
correspondante reproduit correctement la trace enregistrée. En général, le problème inverse n’a pas
une solution unique, et il peut s’avérer nécessaire de disposer d’informations complémentaires pour
le résoudre. Une façon de la faire est d’imposer des contraintes sur le milieu (par exemple couches
horizontales homogènes).

La déconvolution correspond au problème inverse de la trace synthétique. Elle consiste à essayer


de retrouver la réponse impulsionnelle du sol à partir de la trace enregistrée. On a vu précédemment
CHAPTER 1. TRAITEMENT DU SIGNAL SISMIQUE 19

comment déterminer un filtre inverse. Si on dispose de l’ondelette source (enregistrée), on pourra


utiliser cette technique pour appliquer le filtre inverse de l’ondelette source à la trace enregistrée
(opération dite de dé-signature), ce qui devrait nous donner la réponse impulsionnelle du sol, soit la
réflectivité en fonction du temps double. Il restera encore à déterminer les impédances acoustiques,
dite inversion en impédance, puis vitesses et densités.

Dans le cas où l’ondelette source n’a pas été enregistrée, on peut essayer d’approcher de façon
’statistique’ ces caractéristiques. En effet, elle est incluse dans la trace sismique. L’autocorrélation de
la trace sismique permet d’estimer la spectre d’amplitude de l’ondelette, et une hypothèse de phase
minimum permet de la reconstituer. A partir de là, on se retrouve dans le cas de la dé-signature.

L’autocorrélation permet également d’estimer les périodes de répétition dans le signal enregistré,
par exemple dans le cas de réverbération dans la couche d’eau. On peut donc utiliser cette information
pour éliminer les effets de réverbération (filtre anti-réverbération). Cela consiste à déterminer le filtre
de Wiener qui permet de prédire l’effet des répétitions à la période obtenue par l’autocorrélation,
puis à soustraire cette prédiction de la trace enregistrée. On appelle ce processus un filtre d’erreur de
prédiction (”prédiction error filter”).

1.3.7 Corrections statiques

La dernière phase de pré-traitement concerne la prise en compte des effets liés à l’irrégularité de
la surface d’acquisition. En effet, la topographie du sol va affecter les distances à parcourir par l’onde
sismique réfléchie, et donc les temps de parcours. Il est donc nécessaire de corriger des effets de la
topographie pour obtenir des images correctes des réflecteurs en profondeur. Pour cela, un relevé to-
pographique de la surface doit être effectué en plus des mesures sismiques, et un niveau de référence
est choisi (dit datum) auquel l’ensemble des mesures sismiques seront rapportées. On appelle correc-
tions statiques d’élévation les corrections effectuées pour compenser ces effets topographiques. Ces
corrections sont dites statiques, car c’est l’ensemble de la trace sismique qui est corrigée par décalage
vers le haut (correction négative) ou vers le bas (correction positive).

D’autre part, le milieu superficiel comporte généralement une zone à faible vitesse sismique, dite
”zone altérée”, d’épaisseur et de vitesse variable, liée au niveau de saturation en eau du sous-sol. Les
temps de parcours des ondes descendantes et montantes seront affectées, et il faudra donc apporter une
correction, dite correction statiques de zone altérée, aux temps mesurés. Pour ce faire, il faut connaitre
l’épaisseur et la vitesse de la zone altérée, ce qui nécessite des mesures spécifiques, soit par carottages
et mesure de temps de trajets verticaux, soit par application de techniques d’ondes réfractées. Les
paramètres à connaitre sont l’élévation, le niveau du datum, l’épaisseur de la zone altérée, la vitesse
de la zone altérée, et le vitesse de la couche sous-jacente, dite vitesse de remplacement.

Les corrections statiques sont dites ”surface-consistent”, c-a-d qu’elle ne dépendent que du lieu
considéré, et pas de la source ou du récepteur considéré. Elles sont donc estimées pour chaque
position, et ensuite appliquées à chaque source ou récepteur qui y sera placé. Pour les sources, il faut
en outre tenir compte de la profondeur si elle est enterrée (cas de l’explosif). La correction statique
totale est la somme de la correction statique de source et de la correction statique de récepteur.
Chapter 2

Imagerie sismique

2.1 Principes de l’imagerie sismique

2.1.1 Les différentes approches possibles

Les données sismiques forment des blocs de données de dimension supérieure à l’espace à imager
(3 pour le 2D, 5 pour le 3D). On peut les représenter en coordonnées source, récepteur, temps, ou bien
point-milieu, offset, temps, les dimensions spatiales étant à une ou deux composantes pour le 2D ou le
3D. Il y a donc redondance d’informations (couverture multiple), et il faudra opérer une compression
des données pour obtenir l’image finale, cette opération portant le nom de sommation (stack).

Pour des réflecteurs pentés, les points de réflexion ne sont pas situés verticalement sous les points
de mesure. Les ondes réfléchies remontent en surface en formant un angle pouvant être important
avec la verticale, même pour de courtes distances source-récepteur. Il existe donc deux référentiels de
position, celui de surface où sont situés sources et récepteurs, et celui de sub-surface, où sont localisés
les réflexions. Pour construire l’image sismique de la sub-surface à partir des données sismiques
de surface, il faudra donc opérer ce changement de référentiel, cette opération portant le nom de
migration.

La sismique consiste à mesurer des temps de trajet (on parle de temps double pour la sismique
réflexion de surface). Ce temps double est évidemment lié à la profondeur du réflecteur, par l’intermédiaire
d’une vitesse de propagation (t = 2z/v). Il est souhaitable pour une interprétation géologique
d’obtenir une image finale en profondeur, ce qui nécessitera une conversion temps - profondeur. Il
est à noter que la précision de l’image profondeur dépend autant de la précision de l’image sismique,
que de la précision sur la vitesse utilisée, ce qui n’est pas le cas pour les images temps.

Ces 3 opérations (sommation, migration, conversion) peuvent être enchainées de différentes façons,
ce qui conduit à différentes approches de l’imagerie sismique, en fonction des données disponibles,
des cibles à atteindre, et des ressources mobilisables:

20
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 21

- L’approche traditionnelle de migration après sommation (post-stack migration): les opérations sont
réalisées dans l’ordre sommation - migration - conversion. Cette approche est la plus économique, car
elle commence par la réduction de la redondance, et les opérations suivantes, pouvant être lourdes,
sont réalisées sur un volume réduit de données. Les informations vitesses sont obtenues en cours de
traitement, il n’est pas nécessaire de disposer d’un modèle initial. Cette approche donne des résultats
satisfaisants pour des milieux géologiques simples, y compris en 3D. Elle rencontre ses limites dans
les milieux géologiques complexes, d’où le besoin d’approches alternatives.
- L’approche migration temps avant sommation (pre-stack time migration): migration temps - som-
mation - conversion profondeur. La migration temps ne nécessite qu’un modèle de vitesse approxi-
matif, et améliore la lisibilité des images sismiques en repositionnant les réflecteurs correctement. La
sommation en est donc facilitée. L’image migrée temps est donc améliorée si nécessaire, sans être
entachée par les incertitudes sur la vitesse. C’est uniquement la dernière opération de conversion qui
dépend directement de la vitesse, et qu’il faudra mettre à jour si des informations vitesse nouvelles
sont obtenues (diagraphies, VSP, . . . ).
- L’approche migration profondeur avant sommation (pre-stack depth migration): migration/conversion
profondeur - sommation. C’est l’approche la plus correcte quand le milieu géologique est complexe,
mais qui est aussi la plus chère, et qui nécessite de disposer du modèle de vitesse aussi exact que
possible (information a priori). Idéalement, il faut connaı̂tre la sous-sol pour pouvoir l’imager! C’est
cependant la méthode de référence dans l’industrie, car celle qui semble la plus fiable, pour peu
que les phases antérieures d’exploration aient permis de définir un bon modèle de vitesse (sismique,
carottage, diagraphie, ou mesures de puits).

Pour ces différentes approches, on pourra distinguer une mise en oeuvre dite cinématique, pour
laquelle seuls les temps de parcours et donc les profondeurs sont évalués, d’une approche dite dy-
namique, pour laquelle les amplitudes des réflexions sont également préservées. Cette dernière sera
nécessaire pour interpréter les images pas seulement en terme de géométrie des interfaces, mais aussi
en termes de propriétés physiques des milieux rencontrés (caractérisation).

2.1.2 Les différentes notions de vitesses, impédance acoustique

Les différentes notion de vitesses utilisées en sismique sont les suivantes:

- Vitesse instantanée: vitesse locale du matériau géologique, telle que mesurée en diagraphie sonic,
ou sur échantillon en laboratoire. C’est le rapport entre un petit incrément de distance et le temps
nécessaire pour le parcourir. Cette vitesse est une caractéristique du milieu de propagation (coeffi-
cients élastiques), elle diffère en fonction du type d’ondes (P, S, surface, . . . ), et pour le cas anisotrope
aussi en fonction de la direction (vitesse horizontale, verticale, . . . ). Dans un milieu poreux plus ou
moins saturé, comme le sous-sol, elle correspond à une combinaison des caractéristiques du solide,
du fluide et du squelette.
- Vitesse d’intervalle: Pour les milieux tabulaires, formés de couches considérées comme homogènes,
on définit la vitesse d’intervalle comme la distance parcourue pour traverser la couche divisée par
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 22

le temps requis. Cela correspond à l’intégrale de la vitesse instantanée entre l’entrée et la sortie de
la couche, rapportée à l’intervalle de temps. Cette vitesse d’intervalle est mesurable par la sismique
réflexion, ce qui n’est pas le cas de la vitesse instantanée, car il faut un écho correspondant à une
discontinuité géologique pour obtenir une mesure de temps de propagation.

- Vitesse moyenne: C’est la vitesse qui correspond au temps total requis pour parcourir la distance
totale entre source et récepteur. C’est donc l’intégrale de la vitesse instantanée sur l’ensemble du
parcours divisée par le temps de parcours, ou la moyenne des vitesses d’intervalles, pondérées par
le temps relatif de parcours dans chaque couche. C’est donc la vitesse apparente de l’onde sismique
si on connait la distance parcourue, comme par exemple dans le cas de mesure de sismique de puits
(source en surface, récepteur en puits, dit VSP).

- Vitesse RMS: C’est une vitesse moyenne également, mais ici une moyenne quadratique, c-a-d une
moyenne des carrés des vitesses (RMS = Root Mean Squares). En sismique réflexion, cette vitesse
joue un rôle particulier, dans la théorie du milieu effectif qu’on verra plus loin. Une importante
relation, dite loi de Dix, permet de relier vitesses d’intervalles et vitesses RMS dans un milieu multi-
couche horizontal:
2 (n)t −V 2 (n−1)t
Vrms
2 n n−1
Vint (n) = rms
tn −tn−1

où tn est le temps de transit dans la couche n.

Dans les cas d’un milieu homogène, toutes ces vitesses sont équivalentes. En général, les vitesses
ont tendance à croı̂tre avec la profondeur, les vitesses moyennes sont alors plus faibles que les vitesses
d’intervalle, la vitesse RMS dans une moindre mesure.

Lois temps-profondeur: Une fois les vitesses établies, il devient possible de convertir temps dou-
ble en profondeur (z(t)), et inversement profondeur en temps double (t(z)). Ces lois sont utiles pour
la phase de conversion temps-profondeur, ou pour le calage de la sismique avec les informations de
puits.

Impédance acoustique: L’impédance acoustique correspond à la capacité du milieu à s’opposer


au passage d’une onde élastique. On l’obtient par le produit vitesse fois masse volumique.

Réflectivité: C’est la quantité qui est à l’origine des réflexions sismiques. Une image sismique
correspond à une section de réflectivité, qu’il faudra ensuite interpréter en termes géologiques. La
réflectivité correspond au contraste d’impédance acoustique, elle est donc nulle en domaine ho-
mogène, et non nulle seulement s’il y a localement des variations de vitesse ou de densité, par exemple
à des limites de formations, ou pour différents contacts géologiques.

2.1.3 Les grands principes pour l’imagerie sismique

Le comportement des ondes sismiques se propageant dans le sous-sol respecte certains grands
principes physiques, qui sont rappelés ici:
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 23

- Principe de Huyghens: Ce principe décrit la façon dont un front d’onde se propage. Un front d’onde
est une surface reliant tous les points du milieu dans le même état vis à vis de la propagation de l’onde
(en phase). Le premier d’entre eux sépare les points du milieu non encore atteints par l’onde de ceux
qui l’ont déjà été. Ces fronts d’onde définissent des surfaces physiques (visibles) dites isochrones,
c-a-d de même temps de propagation depuis la source. Dans un milieu homogène, ce sont des sphères
concentriques, centrées sur la source. Les lignes orthogonales aux fronts d’onde sont les rais, qui
n’ont pas d’existence physique, mais qui permettent de matérialiser le chemin suivi par l’énergie
sismique. Dans un milieu homogène, ils sont rectilignes. Le principe de Huyghens spécifie que
tout point d’un front d’onde peut être considéré comme une nouvelle source émettant dans toutes les
directions de l’espace. Le front d’onde résultant après un délai dt sera obtenu en additionnant chaque
front d’onde élémentaire issu de chacun de ces points, c-a-d en prenant l’enveloppe de ces fronts
d’onde élémentaires (partie constructive dans la sommation). Ceci permet de calculer la propagation
des front d’ondes à travers l’ensemble du milieu, de proche en proche. Cela fonctionne aussi pour la
rétro-propagation vers la source.

- Principe de Fermat (ou de stationnarité): Il permet de déterminer le chemin suivi par l’onde entre un
point origine, et un point arrivée (rai). Ce sera le chemin donnant le temps de parcours minimal (en
milieu homogène, le chemin est donc rectiligne). Il peut s’écrire sous forme différentielle en statuant
que c’est celui pour lequel la dérivée du temps de parcours par rapport au chemin suivi s’annule, ce
qui correspond au chemin dit stationnaire, du fait de la stabilité du temps de parcours à son voisinage.
On peut aisément en déduire les lois de réflexion et de réfraction, dite de Snell-Descartes, ci-dessous.

- Lois de Snell-Descartes: Ces deux lois définissent le comportement des rais sismiques lorsque l’onde
rencontre sur son chemin une discontinuité d’impédance acoustique. Il y a alors partage de l’énergie
en une onde réfléchie restant dans le milieu d’incidence, et une onde réfractée transmise dans le
second milieu. Dans les deux cas, la quantité p = sin(θ)V
, dite paramètre du rai, où θ est l’angle entre
le rai et la normale à l’interface, est conservée, ce qui permet d’en déduire angle de réflexion (égal
à l’angle d’incidence) et angle de réfraction si les vitesses sont connues. La loi de réfraction permet
de déterminer une incidence critique dans le cas où la vitesse augmente, au delà de laquelle l’énergie
sismique ne peut plus être transmise, on parle alors de réflexion totale.

- Principe de réciprocité: Il stipule simplement qu’il y a symétrie complète entre source et récepteur
en sismique, c-a-d qu’on peut permuter leur rôle sans qu’il n’y ait de changement, ni sur le temps de
parcours, ni sur le chemin suivi, ni sur l’amplitude du signal.

2.1.4 La section à offset nul

Cette section correspond à un résultat intermédiaire obtenu après l’opération de sommation dans
l’approche traditionnelle de l’imagerie sismique. Elle correspond à la sismique qui aurait été en-
registrée avec un dispositif mono-canal, source et récepteurs confondus. Dans ce cas, les trajets
descendant et montant de l’onde sont confondus, le long du rai dit normal, c-a-d orthogonal aux in-
terfaces (angle d’incidence et de réflexion nul). Il s’agit d’une section en temps, dite non-migrée,
car la migration post-sommation reste à effectuer. Cette section offset nul peut ressembler à l’image
sismique dans certains cas, ou s’en distinguer nettement dans d’autres cas. Pour mieux l’interpréter,
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 24

il est souhaitable de pouvoir la simuler, et il existe différentes façon de le faire (rais normaux, points
diffractants, réflecteur explosif, . . . ).

Simulation par rais normaux: Pour la réaliser, on trace des rais normaux aux interfaces, et on
calcule les temps de trajets jusqu’à atteindre la surface d’enregistrement. On reporte ensuite les temps
obtenus (doublés) à la verticale sous les points d’émergence des rais. Les évènements sismiques sont
alors obtenus en reliant ces points entre eux.

Couches horizontales homogènes: L’image d’une couche horizontale homogène est un évènement
aussi horizontal, pour un temps correspond à 2Z/V . Dans le cas de plusieurs couches superposées,
de vitesses d’intervalle différentes, on obtient aussi une série d’évènements horizontaux, mais leur
séparation en temps n’est pas similaire aux épaisseurs. Une accélération conduit à la réduire, un
ralentissement à l’augmenter.

Couches pentées: Si on introduit un pendage sur une interface linéaire, l’évènement correspon-
dant de la section offset nul sera également linéaire et penté. On appelle pendage-temps le pendage
apparent de cet évènement, différent du pendage réel. Ce n’est pas un véritable angle, puisque qu’il ne
s’agit plus d’un rapport de longueur, sans dimension, mais d’un rapport temps/distance, de dimension
inverse à une vitesse (on parle de lenteur). Si on le note α, et le pendage réel β, on a alors la relation
tan(α) = V2 sin(β) dans un milieu homogène de vitesse V . Il est à noter que le point de réflexion
n’est pas à la même position latérale que son point représentatif dans la section à offset nul. C’est
pourquoi l’opération de migration sera nécessaire pour obtenir l’image sismique finale.

Anticlinal: Parmi les formes géologiques simples de référence, on peut distinguer deux formes
d’intérêt particulier car elles correspondent à des pièges spécifiques d’hydrocarbures, la forme anti-
clinale des dômes, et la forme synclinale des chenaux. Pour la première, en traçant les rais normaux,
on constate que ces rais divergent vers la surface, ce qui implique que l’image du dôme va se trouver
élargie dans la section à offset nul. Compte tenu des longueurs des rais normaux, la forme du dôme
est conservée, mais elle est moins prononcée qu’en profondeur. Le flanc gauche est déplacé vers la
gauche, le flanc droit vers la droite.

Synclinal: La forme synclinale est plus complexe, et peut apparaitre de façon très différente selon
sa profondeur. Si on considère une forme de cuvette circulaire, tout dépend où se situe le centre de
la cuvette (foyer) par rapport à la surface du sol. En cas de foyer au dessus de la surface, la forme de
cuvette est maintenue, quoique resserrée. Si le foyer est exactement au niveau de la surface, l’image
de la cuvette se réduit à un point unique, tous les rais normaux convergeant vers ce point. Enfin, si le
foyer est sous la surface du sol, il y a inversion de la forme de la cuvette, qui apparaitra alors comme
un dôme, d’autant plus large que le foyer est profond. L’inversion conduit également à un changement
de coté de l’image, le bord gauche de la cuvette à droite, et le bord droit à gauche. Si on considère
maintenant un chenal constitué d’une cuvette mais aussi de ses flancs et des épontes, on aboutit à la
forme classique dite de triplication, car il peut y avoir jusqu’à trois rais normaux, provenant de trois
parties distinctes de l’interface, convergeant vers un même point de la surface, à des temps différents,
donc formant trois images distinctes sur une même verticale de la section à offset nul.

Simulation par points diffractants: Pour prendre en compte d’éventuelles discontinuités dans le
sous-sol, la méthode des rais normaux n’est pas adaptée, car les points de discontinuités n’ont pas de
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 25

pendage exprimé, et on ne peut donc définir la direction orthogonale. On fait alors appelle à la notion
de point diffractants, issue de la théorie de la diffraction (effet de fente) et du principe de Huyghens.
Un tel point diffractant recevant une énergie sismique va réémettre cette énergie de façon équivalente
dans toutes les directions de l’espace. On va donc étudier l’image d’un tel point diffractant isolé.
Puis, on pourra considérer chaque interface du milieu comme une série de tels points juxtaposés, et
calculer l’image résultante comme la somme des images de chacun de ces points.

Point diffractant: L’image du point diffractant isolé est une hyperbole dont l’apex est à l’aplomb
du point, à un temps correspondant à une propagation verticale aller-retour, et dont les asymptotes sont
de pentes inverses à la vitesse du milieu, pouvant s’étendre à l’infini de part et d’autre. Cependant, si
on prend en compte la divergence géométrique, l’amplitude diminue d’un facteur 1/t le long de cette
hyperbole, ce qui en limite la portée utile.

Faille: Une faille correspond à un contraste lithologique pouvant conduire à une réflexivité non-
nulle. Cependant, en sismique verticale, une faille à fort pendage ne pourra donner lieu à une image
sismique car elle ne renverra pas d’énergie dans le dispositif d’acquisition, de longueur limitée. Elle
pourra alors être détectée par le décalage qu’elle introduit sur les temps de parcours, si son rejet
vertical est suffisant. Elle pourra également générer des diffractions si une interface est brutalement
interrompue, à la manière d’un effet de fente en optique. Les points d’intersection interface/failles se
comportent alors comme des points diffractants, dont les images (hyperboles) viennent se superposer
aux images des interfaces.

2.1.5 Résolution verticale et latérale

La résolution verticale de la sismique est défini comme la plus petite distance verticale perme-
ttant la séparation de deux évènements distincts. Elle est bien entendu dépendante de la fréquence
dominante de l’ondelette sismique. Elle est évaluée à λ/4 à l’aide du critère de Rayleigh, issu de
l’optique. La résolution latérale dépend de cette résolution verticale, et s’étend à l’ensemble des
points de l’interface qui sont soumis à l’onde sismique dans la bande de largeur λ/4, qu’on appelle
zone de Fresnel.

Critère de Rayleigh: Deux points sont séparables si leur distance dépasse la moitié de leur largeur.
Appliqué à la sismique réflexion, cela implique que le délai temporel entre les deux évènements doit
être supérieur à la demi-période dominante. Comme on est en temps double, cela implique un délai
temps simple du quart de la période. Converti en profondeur, on obtient le critère de séparation
vertical d’un quart de longueur d’onde. Toute couche d’épaisseur inférieur de sera pas correctement
résolue, c-a-d qu’on ne pourra pas déterminer l’épaisseur de la couche, où la réflectivité des différentes
interfaces. On aura une combinaison de ces différentes caractéristiques. Il est à noter que cette
résolution tend à augmenter avec la profondeur, comme la longueur d’onde, si la vitesse croit. Il ne
faut pas confondre la résolution de la sismique et le pouvoir de détection, qui représente la plus petite
épaisseur d’une couche qui puisse donner lieu à une réflexion. Cette limite est généralement évaluée
à λ/30, mais dépend de la réflectivité et du niveau de bruit.

Zone de Fresnel: Pour déterminer la taille de la zone de Fresnel, on représente le front d’onde
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 26

tangent en un point de l’interface, et le front correspondant après une propagation de λ/4. Tout les
points de l’interface inclus entre ces deux fronts d’onde ne pourront être séparés, ils définissent donc
la portion de l’interface qui va contribuer de façon constructive à l’onde réfléchie. La rayon de la zone
de Fresnel augmente avec la profondeur, il est donné de façon approchée par la relation:

q q
zλ V t
r= 2
= 2 f

2.1.6 Différents types de multiples

A chaque fois qu’une onde rencontre une interface, il y a partage de l’énergie incidente en une
onde réfléchie et une onde transmise, en fonction de sa réflectivité. Quand il s’agit de la première
fois que l’onde traversant un milieu donné rencontre cette interface, on dit qu’il s’agit d’une réflexion
primaire. Cependant, du fait de l’ensemble de ses réflexions, l’onde peut se retrouver en de multi-
ples occasions dans la même configuration. Il s’agira alors de réflexions dites multiples. Elles sont
nécessairement tardives par rapport aux réflexions primaires correspondantes, mais elles peuvent être
synchrones avec des réflexions primaires d’interfaces plus profondes, voire être confondues avec.
C’est l’un des pièges classiques posés aux interprétateurs des sections sismiques. On distinguera ce
qui est désigné par multiples courtes périodes, liés aux effets des couches minces, qui affectent es-
sentiellement la forme de l’ondelette (cf résolution), des multiples longues périodes, pour lesquels
les évènements primaires et multiples sont séparés en temps, qui sont décrits ci-dessous. Pour les
distinguer, on considère l’interface la plus superficielle qui produit un retour de l’onde vers le bas.

Multiples de surface: Si cette interface la plus superficielle est la surface du sol (ou de la mer), on
dit qu’on a un multiple de surface (SRM: surface related multiple). Cela concerne donc les multiples
fond de l’eau (aller-retour dans la couche d’eau), les effets de réverbération (au moins un AR dans la
couche d’eau, coté source ou récepteur, en plus d’une propagation dans le sous-sol, dénommés aussi
peg-legs), ou d’autres configurations. Ces multiples disparaissent si on annule la réflectivité de la
surface.

Multiples internes: Ce sont les autres multiples, liés à des réflexion multiples au sein des couches
internes du sous-sol, sans intervention de la surface. Ils sont plus difficiles à identifier.

La section offset nul permet d’identifier l’apparition de multiples par les observations suivantes:

- répétition périodique d’évènements, d’amplitude décroissante


- pendage d’évènements qui augmente avec le niveau de répétition
- évènements pentés croisant des évènements primaires moins pentés
- amplification des variations latérales d’amplitude

Une partie importante du traitement sismique est dédiée à l’élimination de ces réflexions multiples,
mais il s’agit d’un problème difficile, qui ne peut pas toujours être résolu de façon parfaite.
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 27

2.2 Analyse en Point-Milieu-Commun (CMP)

2.2.1 Milieux Dixiens, modèle NMO, milieu effectif

Dans un premier temps, on va considérer des milieux stratifiés, formés de couches homogènes
isotropes superposées, de pendage faible à nul (tel que le cosinus du pendage puisse être considéré
égal à 1). On dénomme ce type de milieu ”Dixien” pour signifier qu’ils sont conformes aux hy-
pothèses permettant d’appliquer la loi de Dix sur les vitesses RMS. Pour ce type de milieu, les points
de réflexion sur les différentes interfaces (cdp) sont tous situés à la verticale du point-milieu source-
récepteur en surface (cmp), avec des trajectoires montantes et descendantes symétriques (Fermat).
La collection point-milieu-commun est donc utilisée pour rassembler et traiter l’ensemble des échos
réfléchis provenant des réflecteurs situés verticalement sous le point-milieu. La procédure sera répétée
pour chaque point-milieu le long de la ligne d’acquisition en 2D, ou chaque bin en 3D.

Pour un milieu à une seule couche (milieu homogène), de vitesse V , le théorème de Pythagore
permet d’obtenir le temps de trajet t(x) de l’onde réfléchie pour une distance source-recepteur x par:

x2
t2 (x) = t2 (0) + V2

Cette relation, qu’on appelle modèle NMO, correspond à une loi hyperbolique, symétrique par
rapport à l’offset x (réciprocité), d’apex situé à l’offset nul avec un temps de trajet t(0), et d’asymptote
linéaire t = Vx . On appelle ”normal move out”, ou NMO, la quantité t(x) − t(0), c-a-d le délai
introduit par l’offset source-récepteur sur le temps de trajet de l’onde réfléchie. Il conviendra de
corriger le temps de parcours de l’onde réfléchie (correction NMO, ou dynamique), tel qu’observé
pour un couple source-récepteur quelconque d’offset x, de cette quantité NMO pour estimer t(0) =
t(x) − (t(x) − t(0)). Une fois cela réalisé pour tous les offsets, on pourra sommer toutes les traces
corrigées, afin de construire la section à offset-nul. Pour ce faire, il faut donc d’abord évaluer la
vitesse V par l’analyse de vitesse.

Pour les milieux multi-couches, on peut montrer que l’équation NMO ci-dessus reste une as-
sez bonne approximation du temps de trajet de l’onde réfléchie si on utilise la vitesse RMS des
couches sus-jacentes à la place de la vitesse V du milieu homogène. Cette approximation est val-
able tant que l’offset n’excède pas la profondeur de l’interface, l’erreur commise étant inférieure au
pas d’échantillonnage usuel (4 ms). On pourra alors définir un milieu effectif, milieu homogène de
vitesse Vrms, qui produit le même effet pour l’onde réfléchie que le milieu multi-couches hétérogène,
c-a-d le même temps de réflexion en fonction de l’offset. Cette notion de milieu effectif pourra être
réutilisée pour d’autres phases du traitement.

2.2.2 Couverture en point-milieu commun

Pour une acquisition strictement 2D et régulière (marine), différents couples source-récepteur ont
le même point-milieu exactement. On appelle alors couverture le nombres de traces enregistrées
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 28

pour un même point-milieu. Cette couverture (fold) va déterminer l’effet d’amélioration du rapport
signal/bruit apporté par la procédure de sommation. En dehors des effets de bord, elle atteint une
valeur nominale égale à ng.∆
2.∆s
g
. C’est une caractéristique importante du système d’acquisition.

Pour des acquisitions 2D non-régulières (slalom-lines terrestres), ou pour des acquisitions 3D, les
points-milieux sont dispersés, et on regroupe les traces en bin, intervalle défini par des dimensions
inline et crossline, inférieures à la taille des zones de fresnel. On peut donc considérer les collections
en bin comme des collections point-milieu commun pour le traitement. La couverture devient le
nombre de traces par bin.

2.2.3 Analyse de vitesse, critère de semblance

Après regroupement des traces en point-milieu commun, ou bin, il faut effectuer une analyse de
vitesse afin de pouvoir ensuite effectuer les corrections dynamiques (NMO). Il s’agit pour chaque
réflexion dans la collection point-milieu commun d’estimer la vitesse correspond au modèle NMO.
Pour ce faire, il faut comparer ce modèle (loi analytique, qualifiée de bande-infinie) aux données
enregistrées échantillonnées (bande-limitée). Pour établir cette comparaison, différentes normes ont
été proposées, dont la plus répandue est la semblance, donnée par la relation suivante pour une matrice
de données nxm a(i, j):

Pm
( a(i,j))2
s(i) = Pj=1
m 2,i = 1, n
m j=1
a(i,j)

Cette semblance est un réel positif, compris entre 0 et 1, qui évalue la ressemblance des valeurs
constituant une ligne de la matrice. Si ces valeurs sont constantes, la semblante vaut 1. Si elles sont
aléatoires, la semblance vaut 0. Pour appliquer cette norme à nos données, il faut d’abord choisir une
vitesse et appliquer les corrections NMO. Si la vitesse est optimale, les temps corrigés de la réflexion
sont tous égaux à t(0), et donc les différentes traces sont parfaitement en phase, et la semblance
maximale. Sinon, les données corrigées ne sont pas bien en phase et la semblance dégradée.

L’analyse (ou scan) de vitesse consiste donc à sélectionner une gamme de vitesses à tester (min,
max et pas par exemple), à calculer la semblance de la collection CMP pour chacune de ces vitesses, et
à constituer ainsi une carte de semblance, avec un échantillonnage vertical en temps et un échantillonnage
horizontal en vitesse. Pour chaque t(0) correspondant à une réflexion, la vitesse optimale correspon-
dra à la valeur maximale de semblance, que l’on pourra sélectionner manuellement ou automatique-
ment sur la ligne horizontale adéquate de la carte de semblance. La loi de vitesses NMO sera con-
stituée de l’ensemble des paires (t(0), Vnmo ) qui auront été sélectionnées sur la carte de semblance.
Ce travail peut être réalisé sur chaque CMP quand le pointé est automatique, plus généralement sur
une sélection de CMP répartis sur la zone d’étude quand le pointé est manuel. Pour les autres CMP,
on pourra interpoler entre les les lois de vitesses NMO des CMP les plus proches. Dans le cas des
milieux ”Dixien”, ces vitesses NMO, mesurées sur les données, peuvent être assimilées à des vitesses
RMS. On peut alors en déduire les vitesses d’intervalle par la loi de Dix.
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 29

2.2.4 NMO, stretch NMO

A l’issue de l’analyse de vitesse NMO, on dispose d’une série de lois de vitesses pour une sélection
de CMP distribués dans la zone d’étude. A partir de ces vitesses NMO mesurées dans les données
sismiques (”data-driven”), une loi de vitesse NMO peut être évaluée pour chaque CMP. Il est donc
possible d’appliquer les corrections dynamiques à l’ensemble des données sismiques. Cependant, il
y a un certain nombre de difficultés qui peuvent apparaı̂tre à cette étape:

- limite d’offset pour la validité de l’approximation NMO (on a vu que l’offset ne doit pas excéder la
profondeur pour que le modèle NMO garde une précision acceptable).
- étirement du signal après NMO (le NMO dépend du temps, et donc varie le long de la trace, provo-
quant un étirement des signaux, et donc une perte de résolution)
- duplication des évènements croisés (deux corrections à appliquer au même échantillons, avec 2
vitesses différentes)
- effet des pendages, que l’on verra plus loin (DMO)

Le paramètre clé pour contrôler ces effets est l’ouverture du dispositif, c-a-d le rapport entre
demi-offset et profondeur du réflecteur, ou tangente de l’angle de réflexion (ouverture 1 correspond
à un angle de 45 degrés, soit demi-offset = profondeur). Pour limiter les inconvénients du NMO,
il suffit de limiter l’ouverture utilisée pour construire la section offset-nul. Cela permet à la fois
d’assurer une précision suffisante du NMO, de contrôler l’effet d’étirement (stretch NMO), et d’éviter
les évènements croisés, qui apparaissent pour des ouvertures élevées. Pour opérer cette limitation, on
peut imposer une valeur de stretch à ne pas dépasser, ce qui limite automatiquement l’ouverture. Tout
échantillon qui produit un stretch supérieur à ce seuil est mis à zéro (stretch mute). Ceci produit une
perte de signaux principalement pour les évènements les plus superficiels, mais c’est le prix à payer
pour conserver une bonne résolution de la section offset-nul.

2.2.5 Section somme, déconvolution multidimensionnelle

La section offset-nul est finalement obtenue par sommation des traces sismiques après correction
NMO d’un même CMP. Chaque CMP produit donc une trace, et la section offset-nul est la collection
de ces traces sommes, chacune placée verticalement à la position du CMP. C’est une collection offset-
constant particulière, car d’une part l’amplitude n’est pas directement mesurée sur le terrain mais
obtenue par une combinaison des amplitudes des autres sections offset-constant, et d’autre part le
rapport signal/bruit est amélioré du fait de la sommation, d’un facteur égal à la racine carrée de la
couverture. En général, la couverture s’affaiblit sur les bords de la zone d’étude, qu’il convient donc
de limiter pour écarter ces effets de bords. On aura donc intérêt à prévoir une zone d’acquisition plus
large que la zone cible.

L’effet de la sommation conduit donc à améliorer le rapport signal/bruit pour chaque CMP. Cela
permet éventuellement de faire ressortir des évènements sismiques non-visibles sur les données avant
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 30

sommation. Cependant, chaque CMP est traité indépendamment de ces voisins, il peut donc appa-
raitre des signaux plus ou moins corrélés spatialement sur la section somme. Les évènements sis-
miques recherchés doivent avoir une certaine corrélation latérale, c-a-d sur plusieurs CMPs voisins.
Tout les signaux incohérents spatialement seront interprétés comme du bruit. On peut donc traiter la
section somme pour tenter de réduire ce bruit au profit des signaux cohérents. C’est l’objet du filtrage
de prédiction post-sommation (aussi appelé déconvolution fx, ou multidimensionnelle).

2.2.6 Statiques résiduelles

A l’issue de cette procédure, on a obtenu des lois de vitesses NMO et une section somme, qui
peuvent servir de référence pour vérifier la qualité des corrections statiques réalisées au cours du
traitement. Une analyse par inter-corrélation des données sismiques corrigées NMO avant sommation
par rapport à la section somme de référence peut mettre en évidence des décalage systématiques pour
certaines positions sources ou récepteurs. On pourra en déduire des corrections statiques résiduelles
qui permettront d’améliorer encore analyse de vitesse et sommation pour produire une section somme
et des lois de vitesses affinées. Cette procédure est particulièrement utile pour les données sismiques
terrestres, où il est difficile d’obtenir des corrections statiques parfaites.

2.3 Prise en compte du pendage

2.3.1 Pendage vrai, pendage temps

Le pendage vrai est un angle, nombre sans dimension défini grâce à un rapport entre deux longueurs,
l’une verticale, l’autre horizontale (∆z/∆x). Il est utile de noter que pour un couple source/récepteur
particulier, l’onde sismique voit un pendage apparent, dans l’azimuth de propagation, qui peut varier
de 0 au pendage vrai géologique, selon que cet azimuth est dans la direction ”strike” ou ”dip”. Cela est
particulièrement important en 3D puisque les différents couples-récepteurs ont différents azimuths, et
donc différents pendages apparents.

Dans les sections sismiques temps (offset nul), ce pendage vrai conduit à des évènements pentés,
présentant un pendage apparent dit pendage-temps, défini par un rapport entre un temps vertical, et
une distance horizontale (∆t/∆x), donc de dimension s/m, soit l’inverse d’une vitesse (on parle de
lenteur). Pour un réflecteur linéaire en milieu homogène, on a établi la relation entre ces deux types de
pendage précédemment. Dès que ce pendage-temps devient significatif, il sera nécessaire de prendre
en compte ses effets.
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 31

2.3.2 Impact du pendage sur le modèle NMO

Le modèle NMO est basé sur la relation hyperbolique entre temps de trajet de l’onde réfléchie et
offset source-récepteur. Cette loi a été établie pour un réflecteur horizontal dans un milieu homogène,
et étendu aux milieux ”Dixiens” par le milieu effectif. On peut montrer que on peut étendre son ap-
plication en cas de pendage à condition d’utiliser une vitesse apparente liée au pendage par la formule
Vrms /cos(β) (on parle alors de NMO pendage-dépendant). L’analyse de vitesse NMO conduit donc
à cette vitesse apparente (vitesse optimale de sommation), dépendante du pendage.

D’autre part, on peut constater en considérant plusieurs couples sources-récepteurs de même point
milieu que le pendage introduit une dispersion des points de réflexion le long du réflecteur, d’autant
plus sévère que le pendage ou l’offset est élevé. Cette dispersion est problématique car lors de la som-
mation d’une collection CMP après NMO, même optimal, on va combiner des réflexions provenant de
points distincts, et leur dispersion peut s’avérer bien supérieure à la zone de fresnel, si le pendage ou
l’offset est important. Il y a donc perte de résolution de l’image résultante. Pour éviter cet effet, une
procédure supplémentaire a été conçue, dénommée Dip Move-Out (DMO) permettant de résoudre cet
effet de dispersion. La séquence de traitement passe alors de NMO-Somme à NMO-DMO-Somme.
Un avantage supplémentaire du DMO est que la vitesse optimale pour la sommation après DMO
redevient la vitesse Vrms , comme en l’absence de pendage.

2.3.3 Opérateur DMO

Lorsqu’on cherche à appliquer NMO et DMO, le pendage du réflecteur est inconnu. En revanche,
il est probable que le pendage est très similaire entre points voisins d’un réflecteur, correspondant à
des CMP voisins en surface. Le principe du DMO consiste donc à rechercher pour chaque point d’un
évènement sismique le lieu de tous les points de réflexion possibles correspondants dans la section
offset-nul, c-a-d pour tous les pendages possibles, à partir du point obtenu après NMO, correspondant
au pendage nul. Ce lieu est appelé opérateur DMO, d’équation (elliptique) :

∆x2 τ02
h2
+ t2N
=1

où chaque point possible est localisé par ses coordonnées (∆x, τ0 ) par rapport au temps après
NMO tN , pour un demi-offset h. En considérant les opérateurs DMO obtenus pour des CMPs voisins,
la sélection du pendage est obtenue là où il y a une cohérence spatiale. L’opérateur DMO est tangent
au réflecteur au point de réflexion réel. L’enveloppe de tous les opérateurs DMO produit l’image du
réflecteur dans la section offset nul. Le DMO est réalisé en collection offset constant (h constant),
pour chaque offset, après NMO. La sommation des sections offset constant après NMO et DMO
produit la section offset nul finale.
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 32

2.3.4 Migration temps, migration profondeur

Dans une section offset nul présentant des pendage-temps significatifs, les évènements sismiques
localisés sous un point de la surface ne sont pas à leur position exacte, ce qui induit des déformations
des réflecteurs (cf triplications par exemple). La migration (après sommation) consiste à opérer un
repositionnement de ces évènements à leur vrai place, soit en restant dans le domaine temps (migra-
tion temps), soit en passant dans le domaine profondeur (migration profondeur). Pour réaliser une
migration, il est nécessaire d’utiliser des informations sur les vitesses sismiques, mais la dépendance
de l’image migrée à la vitesse utilisée est bien moindre dans le cas de la migration temps. Par exem-
ple, les réflecteurs sub-horizontaux ne sont pas affectés par la migration temps, quelque soit la vitesse
utilisée. En revanche, pour la migration profondeur, même les évènements sub-horizontaux seront
affectés par une vitesse erronée.

Il y a de nombreuses méthodes pour mettre en oeuvre la migration, qui débordent du cadre de ce


cours. Le choix de la méthode va dépendre de la connaissance préalable du modèle de vitesse, et du
type de milieu (homogène, vitesse variable verticalement, vitesse variable aussi latéralement). Dans
le cas de la migration temps, l’image migrée reste en domaine temps, si bien qu’une phase ultérieure
de conversion temps-profondeur pourra s’avérer nécessaire ensuite, par exemple via des mesures de
vitesse réalisées en puits quand ils deviennent disponibles.

La migration peut aussi être réalisée sur des collections de traces avant sommation (section offset
constant par exemple). Chaque section est alors migrée, et produit donc une image indépendante
du sous-sol. En couverture multiple, on obtient ainsi diverses images pour un même sous-sol, si
bien qu’on peut les sommer pour obtenir l’image moyenne finale. On parle alors de migration avant
sommation.

2.3.5 Modèle de vitesse pour la migration

Au cours de la phase de construction de la section à offset nul, des informations sont obtenues
sur les vitesses de sommation. Après DMO, ces vitesses peuvent être assimilées à des vitesses RMS,
si bien que dans ses limites d’utilisation, la loi de Dix permet d’estimer les vitesses d’intervalle des
différentes couches. Les vitesses RMS peuvent aussi être utilisées comme vitesses de milieux effectifs
homogènes pour certaines méthodes de migration. Les vitesses obtenues ainsi sont généralement
suffisantes pour réaliser une migration temps, mais peuvent s’avérer insuffisamment précises pour les
migration ou conversion profondeur.

Quand la section offset nul comporte des hyperboles de diffraction, liées à des objets de petites
dimensions ou des points singuliers, la vitesse effective du milieu est directement observable par
l’intermédiaire des pentes asymptotiques de ces diffractions, égales à 2/V . Une bonne vitesse de
migration doit conduire à la focalisation de ces hyperboles en un point unique situé à son apex.

Pour la migration profondeur, il devient indispensable de disposer d’un bon modèle de vitesse,
comportant la partie dite basses-fréquences, ou grandes longueur d’ondes, des variations de la vitesse
CHAPTER 2. IMAGERIE SISMIQUE 33

de propagation dans le sous-sol. Ce modèle doit être assez précis pour pouvoir calculer des temps
de parcours exacts entre tous points du sous-sol et la surface. Alors la migration profondeur peut
produire une image profondeur précise du sous-sol, but ultime de l’imagerie sismique. Dans le cas
de la migration avant sommation, il existe la possibilité d’analyser ces vitesses de migration en com-
parant les images obtenues pour différents offsets avant de les sommer. Les déviations éventuelles
entre ces différentes images proviennent des erreurs commises dans le modèle de vitesse de migra-
tion, qui doivent être corrigées pour obtenir des collections ”point-image” parfaitement planes avant
sommation.

2.3.6 Artefacts de migration

L’application des algorithmes de migration aux sections sismiques conduit généralement à l’appa-
rition de certains artefacts, en particulier là ou apparaissent des discontinuités dans les images (par
exemple objet pointu au fond de l’eau). Ces artefacts se présentent sous forme de cercles ouverts
vers le haut, souvent désignés sous le terme de sourires de migration. Ils permettent de repérer au
premier coup d’oeil si une section a été migrée. En présence de diffractions sur la section offset nul,
la migration conduit à des points de forte amplitude, ou à des tâches plus ou moins étalées si la vitesse
de migration est imparfaite. De même, les triplications (croisement d’évènements sismiques) doivent
disparaı̂tre après migration, sauf vitesse de migration erronée.

Dans le cas de structures 3D, la migration doit être réalisée aussi en 3D, sinon il risque d’apparaitre
des effets de décalages selon l’azimuth d’acquisition du fait des différences de pendages apparents.