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supports

et activités
pédagogiques
Édition 2018-2019


Sommaire
  3  
Présentation

  4  Niveau A du CECRL :
jouer avec des mots de la langue française
  4  Projet pédagogique
  6  Fiche d’activités

10  Niveau B du CECRL :
travailler la langue de manière ludique
10  Projet pédagogique
12  Fiche d’activités

14  Niveau C du CECRL :
jouer avec les mots de manière élaborée
14  Projet pédagogique
16  Fiche d’activités

19  Tous niveaux : projet final

20   Chroniques des dix mots

31   Ressources pédagogiques des dix mots

32  Sitographie

33   Concours des dix mots

Concours des dix mots 2




Présentation
Consacrée à l’écrit, la nouvelle édition
« Dis-moi dix mots sous toutes les formes »
invite à réfléchir sur l’écriture et sur
la représentation des mots, en mettant
en avant les termes suivants : arabesque,
composer, coquille, cursif/cursive, gribouillis, Cadre européen
logogramme, phylactère, rébus, signe, tracé.
commun de référence
En jouant avec le sens mais aussi avec pour les langues
la forme des mots, on découvrira des
termes liés à l’écriture, au tracé ou issus
(CECRL)
du vocabulaire professionnel de l’édition. Le Cadre est un outil conçu pour répondre
à l’objectif général du Conseil de l’Europe
Les fiches pédagogiques de cette brochure qui est de « parvenir à une plus grande unité
proposent de découvrir les mots selon parmi ses membres » et d’atteindre ce but
par l’« adoption d’une démarche commune
les niveaux du Cadre européen commun
dans le domaine culturel ».
de référence pour les langues (CECRL).
L’échelle de compétence langagière globale
La brochure se termine par une activité fait apparaître trois niveaux généraux
favorisant un travail interdisciplinaire, subdivisés en six niveaux communs (au sens
artistique et littéraire, qui invite à jouer de large consensus).
– Niveau A : utilisateur élémentaire
avec les mots. Un appel à la créativité… (= scolarité obligatoire), lui-même subdivisé
en niveau introductif ou de découverte (A1)
et intermédiaire ou usuel (A2).
– Niveau B : utilisateur indépendant (= lycée),
subdivisé en niveau seuil (B1) et avancé
ou indépendant (B2). Il correspond à
une « compétence opérationnelle limitée »
(Wilkins) ou à une « réponse appropriée
dans des situations courantes » (Trim).
– Niveau C : utilisateur expérimenté,
subdivisé en niveau autonome (C1)
et maîtrise (C2).

Ces niveaux balisent l’apprentissage


des langues étrangères.

Le Cadre européen commun de référence pour


les langues (CECRL) est téléchargeable sur le
site du Conseil de l’Europe : coe.int (Taper dans
le moteur de recherche : « Cadre européen commun
de référence pour les langues »).

Concours des dix mots 3


Niveau A
du CECRL :
jouer avec des
mots de la langue
française
Projet
pédagogique
Présentation du niveau A :
utilisateur élémentaire
Ce niveau A est lui-même subdivisé en niveau introductif
(A1) et intermédiaire (A2). Il est question pour l’apprenant
de faire un usage de la langue en relation avec des domaines
immédiats de priorité (expressions familières, quotidiennes)
dans des énoncés simples inscrits dans des démarches
actionnelles.

Concours des dix mots 4


Niveau A du CECRL : jouer avec des mots de la langue française

Écouter, dire, écrire


Il s’agit pour les apprenants de se familiariser avec une langue
qui n’est pas la leur, en tenant compte d’une difficulté
supplémentaire : les mots proposés ici sont parfois difficiles
et peu usités dans la vie quotidienne.

L’aspect ludique des exercices, en lien avec la musicalité


des mots, apparaît donc primordial.

Dans un premier temps, on peut jouer avec les sons


– exploiter les ressorts amusants de phonèmes constitue,
en effet, une piste intéressante (travailler, par exemple,
sur les assonances) – ; puis, dans un second temps, créer
des phrases, ayant un sens ou non.

Le professeur va lire lentement tous les mots de la liste projetée


au tableau et demander à chaque apprenant de prendre
en charge un mot. Il peut aussi changer l’ordre des interventions
afin que tout le monde dise plusieurs mots. Il ne faut
pas hésiter à les répéter si la prononciation est incorrecte.

L’objectif est de créer une énergie autour de ces mots afin


qu’ils deviennent « vivants ».

C’est une découverte phonique.

COMPÉTENCES MOBILISÉES
Compétences linguistiques
– Posséder un répertoire limité de courtes expressions mémorisées et de mots isolés couvrant
les premières nécessités vitales des situations prévisibles.
– Posséder un vocabulaire suffisant pour satisfaire les besoins communicatifs élémentaires.
– Prononcer de manière suffisamment claire pour être compris(e) malgré un net accent étranger,
mais parfois répéter si l’interlocuteur le demande.
– Copier de courtes expressions sur des sujets courants.
– Écrire avec une relative exactitude phonétique (mais pas forcément orthographique) des mots
courts qui appartiennent à son vocabulaire oral.

Compétences communicationnelles
– Adapter à des circonstances particulières des expressions simples bien préparées
et mémorisées au moyen d’une substitution lexicale limitée.
– Commencer, poursuivre et clore une conversation simple en face à face.
– Raconter une histoire ou décrire quelque chose avec une simple liste de points successifs.

Compétences socioculturelles
– S’exprimer, répondre aux fonctions langagières de base telles que l’échange d’informations
et la demande, et exprimer simplement une idée ou une opinion.
– Entrer dans des relations sociales simplement mais efficacement en utilisant les expressions
courantes les plus simples et en suivant les usages de base.

Concours des dix mots 5


Niveau A du CECRL : jouer avec des mots de la langue française

Fiche d’activités
« Je joue avec des mots de la langue française »
1. Comprendre de manière générale

Accent et prononciation
Essayez, chacun à tour de rôle, de prononcer à voix haute les mots qui sont projetés
au tableau.
Dans un échange avec le groupe, indiquez les difficultés rencontrées.
Lors de cette découverte phonique, repérez par la même occasion les sons les plus
fréquents.

Sons et connotations
À partir des dix mots inscrits au tableau, énoncez des mots de la langue française
que vous avez croisés dans votre quotidien et qui peuvent avoir des sonorités proches
ou un sens voisin.
Expliquez brièvement à l’oral – par une phrase courte – dans quelles circonstances
quotidiennes vous avez pu rencontrer le mot proposé.

Concours des dix mots 6


Niveau A du CECRL : jouer avec des mots de la langue française

2. Comprendre de manière détaillée

a) Avec l’aide des définitions indiquées sur le dépliant « Dis-moi dix mots sous toutes
les formes » (accessible en ligne sur : reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots/les-
ressources1116), reliez chaque image au mot correspondant.

L’IMAGE LE MOT

• •

• •

• •

• •

• •

• •

• •

• •

• •

• •

Concours des dix mots 7


Niveau A du CECRL : jouer avec des mots de la langue française

b) Pour chacun des dix mots, associez ceux identifiés dans l’activité « Sons
et connotations » ayant un sens proche.
Exemple : « décoration » pour « arabesque ».

c) Cochez les différentes situations de la vie quotidienne dans lesquelles il est possible
de faire un signe.

  Pour s’endormir
  Pour prendre un taxi
  Pour dire bonjour à un camarade
  Pour monter les escaliers
  Pour tourner en vélo
  Pour lire un livre

d) À partir de certaines lettres du mot « logogramme », retrouvez les mots qui


correspondent aux définitions proposées :

Partie avant du cou ; fond de la bouche : _ _ _ _ _

Goutte de liquide qui coule des yeux ; un tout petit peu : _ _ _ _ _

Tempête de pluie avec des éclairs et du vent : _ _ _ _ _

Endroit où arrivent et d’où partent les trains : _ _ _ _ 

Habiter à un endroit : _ _ _ _ _

Concours des dix mots 8


Niveau A du CECRL : jouer avec des mots de la langue française

3. S’amuser avec les mots

a) Retrouvez le mot qui correspond au rébus proposé parmi la liste suivante :


arabesque, coquille, gribouillis, phylactère et signe.

i
… …

Concours des dix mots 9


Niveau B
du CECRL :
travailler la langue
de manière
ludique
Projet
pédagogique
Présentation du niveau B :
utilisateur indépendant
Ce niveau B est lui-même subdivisé en niveau seuil (B1)
et indépendant (B2). Il est question pour l’apprenant
de produire un discours simple et cohérent sur des sujets
familiers et dans ses domaines d’intérêt. Il peut s’exprimer
de façon claire et détaillée sur une grande gamme de sujets,
émettre un avis sur un sujet d’actualité et exposer les
avantages et les inconvénients de différentes possibilités.

Concours des dix mots 10


Niveau B du CECRL : travailler la langue de manière ludique

Écouter, dire, écrire


Il s’agit pour les apprenants de se familiariser avec une
langue qui n’est pas la leur, en tenant compte d’une difficulté
supplémentaire : les mots proposés ici sont parfois difficiles
et peu usités dans la vie quotidienne.

L’aspect ludique des exercices, en lien avec la musicalité


des mots, apparaît donc primordial : jouer aux charades,
utiliser des mots interrogatifs, créer des dialogues, etc.

Dans un premier temps, on peut jouer avec les sons


– exploiter les ressorts amusants de phonèmes constitue,
en effet, une piste intéressante (travailler, par exemple,
sur les assonances) – ; puis, dans un second temps, créer
des phrases, ayant un sens ou non.

Le professeur va lire lentement tous les mots de la liste


projetée au tableau et demander à chaque apprenant de
prendre en charge un mot. Il peut aussi changer l’ordre des
interventions afin que tout le monde dise plusieurs mots. Il ne
faut pas hésiter à les répéter si la prononciation est incorrecte.

L’objectif est de créer une énergie autour de ces mots afin


qu’ils deviennent « vivants ».

COMPÉTENCES MOBILISÉES
Compétences linguistiques
– Posséder suffisamment de moyens linguistiques pour s’en sortir avec quelques hésitations
et quelques périphrases sur des sujets tels que la famille, les loisirs et les centres d’intérêt,
le travail, les voyages et l’actualité. Le vocabulaire limité peut cependant conduire à des
répétitions et même parfois à des difficultés de formulation.
– Posséder une bonne gamme de vocabulaire pour les sujets relatifs à son domaine et les sujets
les plus généraux.
– Varier sa formulation pour éviter des répétitions fréquentes.
– Communiquer avec une correction suffisante dans des contextes familiers. La prononciation
est clairement intelligible.
– Produire un écrit suivi, clair et intelligible qui suive les règles d’usage de la mise en pages
et de l’organisation.

Compétences communicationnelles
– Adapter son expression pour faire face à des situations moins courantes, voire difficiles.
– Lancer un discours, intervenir à son tour au bon moment et terminer la conversation quand
il le faut (bien que maladroitement quelquefois).
– Faire une description ou un récit clair en développant et argumentant les points importants
à l’aide de détails et d’exemples significatifs.
– Relier une série d’éléments courts, simples et distincts en un discours qui s’enchaîne.

Compétences socioculturelles
– S’exprimer convenablement en situation et éviter de grossières erreurs de formulation.

Concours des dix mots 11


Niveau B du CECRL : travailler la langue de manière ludique

Fiche d’activités
« Je travaille la langue de manière ludique »
1. Comprendre de manière générale

a) Relevez les situations concrètes dans lesquelles le verbe « composer » est employé.

b) Expliquez le sens du verbe dans chacune des situations ci-dessous.


Identifiez le ou les verbes qui caractérisent la situation proposée.

Composer une salade   faire   manger  confectionner


  préparer   partager  mélanger
Composer une symphonie   créer   réaliser  jouer
  écouter   inventer  chanter
Composer un numéro de téléphone   numéroter   appeler  joindre
  raccrocher   décrocher  interpeler
Composer un texte à imprimer   agencer   imprimer  écrire
  assembler   organiser  corriger

2. S’exprimer, s’intéresser à l’étude de la langue


Voici des expressions imagées. Échangez en groupes sur leur signification.
Associez chacune de ces expressions à l’un des dix mots et justifiez ce choix.

– Arrondir les angles 

– Broder de jolies phrases 

– Coincer la bulle 

– En deux temps trois mouvements 

– En faire tout un mystère 

– Mettre les points sur les i 

– Redorer son blason 

– Sans queue ni tête 

– Sortir de sa carapace 

– Suivre son chemin 

Concours des dix mots 12


Niveau B du CECRL : travailler la langue de manière ludique

3. S’amuser avec les mots


Retrouvez les définitions de chacun des trois mots présents dans la grille.
Identifiez les mots qui correspondent à chacune des définitions.
Placez chacun d’eux dans la grille à l’endroit qui convient.

11

1 12

8
G
2
R
3
I
B
O
4 7 9 10
A U C
R I O
A L Q
B L U
5
E I I
S S L
Q L
U E
6
E

HORIZONTAL VERTICAL

1. Feuilles de papier assemblées, 7. 


munies d’une couverture, sur lesquelles 8. 
on peut écrire. 9. 
2. Personne qui écrit des ouvrages littéraires. 10. Texte imprimé,
3. Récit racontant des aventures. muni d’une couverture.
4. Lettre plus grande que les autres, 11. Petit cahier de poche.
en début de phrase. 12. Liquide coloré pour écrire.
5. Signe de l’écriture.
6. Écrire un texte.

Concours des dix mots 13


Niveau C
du CECRL : jouer
avec les mots
de manière
élaborée
Projet
pédagogique
Présentation du niveau C :
utilisateur expérimenté
Ce niveau C est lui-même subdivisé en niveau autonome (C1)
et maîtrise (C2). Il est question pour l’apprenant de s’exprimer
sur des sujets complexes de façon claire et bien structurée
et de manifester son contrôle des outils d’organisation,
d’articulation et de cohésion du discours. Il peut s’exprimer
spontanément, très couramment et de façon précise. Il peut
également rendre distinctes de fines nuances de sens en
rapport avec des sujets complexes.

Concours des dix mots 14


Niveau C du CECRL : jouer avec les mots de manière élaborée

Écouter, dire, écrire


Il s’agit ici de creuser davantage le travail de la langue comme
corriger des phrases pour les rendre correctes ou découvrir
les homonymes et les proverbes français. Étant donné que
chaque pays possède ses propres proverbes, ne pas hésiter
à les partager !

COMPÉTENCES MOBILISÉES
Compétences linguistiques
– Choisir la formulation appropriée dans un large répertoire de discours pour exprimer
sans restriction ce qu’on veut dire.
– Posséder une bonne maîtrise d’un vaste répertoire lexical d’expressions idiomatiques
et courantes avec la conscience du niveau de connotation sémantique.
– Utiliser constamment le vocabulaire de manière correcte et appropriée.

Compétences communicationnelles
– Montrer une grande souplesse dans la reformulation d’idées en les présentant sous des formes
linguistiques variées pour accentuer l’importance, marquer une différence selon la situation
ou l’interlocuteur, ou lever une ambiguïté.

Compétences socioculturelles
– Apprécier complètement les implications sociolinguistiques et socioculturelles de la langue
utilisée par les locuteurs natifs et pouvoir réagir en conséquence.

Concours des dix mots 15


Niveau C du CECRL : jouer avec les mots de manière élaborée

Fiche d’activités
« Je joue avec les mots de manière élaborée »
1. Comprendre de manière générale
Mettez en valeur la thématique de l’écriture qui unit les dix mots dans un texte
de 15 à 20 lignes. Chacun de ces mots devra être employé dans votre texte.

2. S’exprimer, s’intéresser à l’étude de la langue


À partir d’un dictionnaire étymologique ou de ressources internet tel Le Trésor
de la langue française informatisé atilf.atilf.fr, complétez le tableau suivant.

LANGUE MOT D’ORIGINE SENS D’ORIGINE DATE MOT


D’ORIGINE D’APPARITION CORRES-
DANS LA PONDANT
LANGUE
FRANÇAISE

Italien Qui est propre Arabesque


aux Arabes.

Componere xiie


Grec Kogkhylion Chose de peu xiie
de valeur.
Latin xviie Tracé
populaire

Res (à l’ablatif) Mot pris dans xvie
un autre sens
que celui qui
est naturel.
Phylakterion xiie


Grec Logogramme
Signum xe
Néerlandais Kriebelen Agitation par xviie
des mouvements
incontrôlés.
Latin Cursum Courant, rapide.

Concours des dix mots 16


Niveau C du CECRL : jouer avec les mots de manière élaborée

3. S’amuser avec les mots


Pour aller plus loin sur la thématique de l’écriture, complétez la grille de mots croisés
ci-dessous.
1 18

19

17 2

12 16

14

20

11 7

13 8

10 15

HORIZONTAL VERTICAL

1. Suppression d’un ou plusieurs sons 11. Inventeur de l’imprimerie.


en fin d’un mot. 12. Alphabet coréen.
2. Ensemble des lettres d’une langue. 13. Roseau taillé pour écrire
3. Auteur. sur le papyrus ou le parchemin.
4. Signes de l’écriture utilisée par 14. Manuscrit ancien.
les Égyptiens au temps des pharaons. 15. Caractères de l’ancienne écriture
5. Dans l’Antiquité, homme qui occupait scandinave.
des fonctions d’écrivain ou de secrétaire. 16. Collection de livres.
6. Se dit d’une écriture en forme de coin, 17. Roseaux dont les anciens Égyptiens
employée par les Sumériens. faisaient des feuilles pour écrire.
7. Qui se rapporte à la correspondance 18. Premier égyptologue à avoir
par lettres. déchiffré les hiéroglyphes.
8. Origine et histoire des mots. 19. Peau de mouton sur laquelle on écrit.
9. Se dit d’une écriture simplifiant 20. Période où les premiers hommes
les hiéroglyphes. dessinaient sur les parois des cavernes.
10. Commerce où l’on vend des livres.

Concours des dix mots 17


Niveau C du CECRL : jouer avec les mots de manière élaborée

Les affiches des dix mots

Le dessin Me Il m’a dit beaucoup


arabesque voyant Les mots admirer ce que
est pris, sont des la langue
le plus coquilles.
spiritualiste
des il Ouvrez la coquille,
dessins. fallut
Charles Baudelaire,
« Fusées »,
Journaux intimes,
composer. vous trouverez de Rimbaud
l’amande qui a de dépouillé
1887

Pierre Corneille,
vous délectera. et même de cursif.
Le Menteur, acte II,
Joseph Roux, Alain-Fournier,
scène IV, 1643
Conception graphique : The Shelf Company

Conception graphique : The Shelf Company

Conception graphique : The Shelf Company

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Pensées, 1885 Correspondance.
[avec J. Rivière], 1911

www.dismoidixmots.culture.fr www.dismoidixmots.culture.fr www.dismoidixmots.culture.fr www.dismoidixmots.culture.fr


www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html

Il s’interrompit, En exagérant Tous les


chercha du doigt la tendance
enchantements
un chiffre, dans naturelle de
l’indéchiffrable l’écriture sont vains et l’ennemi
gribouillis à l’illisibilité, pénètre en la place Le rê - ve est
d’un papier noir le logogramme malgré les
de surcharges introduit
phylactères,
et de ratures. « une lenteur
Georges Courteline,
inhabituelle les tétragrammes
un ré - bus.
Le Train de 8 h 47,
1888

dans l’ordre et les abracadabras.


Sigmund Freud,

de la lecture ». L’Interprétation du rêve,


Conception graphique : The Shelf Company

Conception graphique : The Shelf Company

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Théophile Gautier, 1900
Le Capitaine Fracasse,
Quentin Decubber, 1863
« La création du logogramme, un projet
géopoétique », article publié le 12 février 2018
sur Karoo.me, citant Lucien Giraudo,
Michel Butor. Le dialogue avec les arts,
www.dismoidixmots.culture.fr
www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
www.dismoidixmots.culture.fr
www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires www.dismoidixmots.culture.fr
www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
www.dismoidixmots.culture.fr
www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html du Septentrion, 2006 www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html www.eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html

Les L’art,
c’est comme
grandes

choses la moralité,
ça consiste
peuvent
à tracer une ligne
se manifester quelque part.
par de petits

signes.
Gilbert Keith
Conception graphique : The Shelf Company

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Chesterton,
Orthodoxy, 1908

Sigmund Freud,
Leçons d’introduction
à la psychanalyse, 1915
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www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots www.reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
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Concours des dix mots 18


Tous niveaux

Projet final
Dans un projet interdisciplinaire
(français, arts plastiques, histoire des arts,
documentation, etc.), on proposera aux
élèves de créer une affiche illustrant un mot
sélectionné dans la liste.

Il est possible de s’inspirer des affiches


des éditions précédentes* :
–D
 is-moi dix mots sur tous les tons
(2017-2018) ;
–D
 is-moi dix mots sur la Toile (2016-2017).

* Retrouvez les éditions précédentes


sur reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots

Concours des dix mots 19


Chroniques
des dix mots
Yvan Amar

Concours des dix mots 20


Chroniques des dix mots

Certains mots ont cette chance d’être nés


ARABESQUE sous une bonne étoile et d’évoquer que
des images positives. Une arabesque par
exemple est toujours jolie ! Le mot ne sert qu’à
évoquer des lignes légères et élégantes et
il appartient d’abord au langage des arts
n.f. décoratifs. Rien d’indispensable, mais par
1. art. Ornement (à la manière arabe) exemple un diadème de fleurs entrelacées,
formé de lettres, de lignes, une guirlande qui couronne le haut d’un
de feuillages entrelacés. meuble, un dessin au-dessus d’une porte.
2. Ligne sinueuse de forme élégante. On est dans l’ornementation et il suffit que
figure.Enjolivement, fantaisie musicale la ligne plaise à l’œil qui la suit.
ou itinéraire. Et bien sûr, l’arabesque est aussi celle de
l’écriture : le plein, le délié, la belle cursive…
Ce terme évoque par excellence la légèreté
du pinceau ou de la plume : pas de reprise,
pas de bégaiement. Il faut que le trait soit sûr,
que le mouvement du poignet soit souple, et
l’arabesque est intimement associée à cette
dextérité tranquille. Et l’on sait bien qu’on
est dans le courbe et le sinueux : on fuit le
rectiligne et la ligne brisée : rien n’est plus
éloigné de l’arabesque que la dent de scie ! Et
aujourd’hui, sortie du vocabulaire technique
de l’architecture ou de la calligraphie,
l’arabesque peut évoquer la mobilité du nuage
comme le jet d’eau qui murmure et se brise.
À entendre le mot, on saisit tout de suite qu’il
évoque les civilisations arabes qu’on connaît
à l’époque de la Renaissance, à la fin du
xvie siècle lorsqu’il apparaît en français. Mais
c’est à l’italien qu’on l’emprunte et il nous
arrive avec tout un parfum d’exotisme raffiné.
Aujourd’hui, on le lie avec d’autres formes
d’expressions, sans rien lui ôter de sa grâce
aérienne : on s’en sert beaucoup dans le monde
de la danse, à propos de mouvements
chorégraphiques. Et en musique à propos
d’un phrasé qui flotte dans l’air : les
Arabesques de Claude Debussy, au début
du xxe siècle, sont un magnifique exemple
de cette volupté.

VOIR LE FILM

Concours des dix mots 21


Chroniques des dix mots

Dans le jargon, l’argot professionnel de


COQUILLE la presse, une coquille est une erreur
typographique ! Une lettre qui se retrouve
imprimée à la place d’une autre, ce qui peut
avoir des conséquences désastreuses ou
comiques : quand on se découvre, on ôte sa
n.f. calotte, et non sa culotte. Ce genre de bévue
I.1. Enveloppe calcaire qui recouvre remonte à la composition des journaux au
le corps de la plupart des mollusques. plomb : le typographe prend une lettre pour
2. Motif ornemental représentant une autre, il peut imprimer un « u »
une coquille. à la place d’un « a » et la coquille menace.
II. Enveloppe calcaire des œufs Pourquoi ce drôle de nom de coquille ?
d’oiseaux et de reptiles. Peut-être parce qu’une coquille évoque
une lettre à l’envers, inversée… Peut-être aussi
III. Faute typographique,
lettre substituée à une autre. parce que la coquille était l’emblème du
pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle,
où les chrétiens allaient racheter leurs
péchés. La coquille serait alors le symbole
de la faute ? Pour être franc, on n’en sait trop
rien… mais l’image est amusante.
Alors elle a bon dos la coquille ! Lorsqu’un
journaliste fait une faute d’orthographe,
il peut toujours faire retomber l’erreur sur
ceux qui ont composé l’article, c’est moins
humiliant. Mais parfois aussi, elle débouche
sur un calembour, sur une approximation qui
embarrasse, et parfois révèle ce qu’on aurait
voulu cacher : un peu comme un lapsus.
Et certaines sont célèbres : Jérôme Bonaparte,
ancien roi de Westphalie, était au plus mal.
Et comme cela arrive souvent dans ces cas-là,
alors qu’on le croyait perdu, voilà que son état
cesse d’empirer. Sans vraiment guérir, il reste
aux portes de la mort. La presse s’en réjouit.
Et le lendemain, il semble se stabiliser,
sa santé s’améliore. Un journaliste titre alors
son article : « Le mieux persiste ». Et une
coquille malheureuse fait lire aux abonnés
du journal La Patrie, « Le vieux persiste ! ».

VOIR LE FILM

Concours des dix mots 22


Chroniques des dix mots

On peut composer bien des choses :


COMPOSER une salade, une symphonie, un numéro de
téléphone… Et ce mot porte toujours la même
signification : assembler, réaliser un tout,
à partir d’éléments divers.
Mais vers le début du xviie siècle, le verbe
v.tr. prend un sens particulier. Depuis près de
1. former par l’assemblage, deux siècles, Gutenberg a inventé la presse
la combinaison de parties. à imprimer et on commence seulement
2. Faire, produire (une œuvre). à utiliser ce terme pour désigner de façon
assez technique le travail du typographe. Et
3. imprimerie. anciennement. Assembler
des caractères pour former cette idée de la composition correspond tout
(un texte) ; aujourd’hui. Procéder à fait au principe central de l’imprimerie : un
à la photocomposition de (un texte). agencement de caractères mobiles qu’on va
aligner puis faire passer sous presse avant de
les ranger dans leurs casses respectives.
Les casses ? Il ne s’agit pas de casser quoi
que ce soit, mais c’est ainsi qu’on nommait
les petits casiers dans lesquels étaient rangés
les caractères que l’imprimeur saisissait en
général à l’aide d’une pince pour former les
mots. Les casses sont en fait des cases, de
petites caisses : on voit que tous ces mots sont
cousins. Et comme ces casses sont disposées
selon un certain ordre, on peut puiser
dans celle-ci ou celle-là de façon presque
mécanique : comme un pianiste qui ne rate
pas sa note, le typographe peut pratiquement
travailler les yeux fermés et cueillir des lettres
qui, assemblées, forment des mots.
Cette image de la composition s’est conservée
au fil des techniques nouvelles. Au-delà
du plomb, vers le milieu du xxe siècle, on a
commencé à imprimer en remplaçant l’encre
et la presse par la photographie. C’est alors
un clavier qui va convoquer les lettres, mais
l’idée d’un agencement reste présente et on
parle de photocomposition. Le geste du
typographe a changé, mais la logique est
la même. Et le mot typographie reste central
dans le métier, pour désigner le type de
caractères qu’on utilise.

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Concours des dix mots 23


Chroniques des dix mots

Qu’est-ce qu’une écriture cursive ? Difficile


CURSIF, VE de ne donner qu’une seule réponse : le mot
est moins technique qu’il en a l’air. Mais
il est très évocateur et fait tout de suite naître
l’image de la course : les deux termes sont
de la même famille. Une écriture qui va vite,
adj. c’est à cela qu’on pense d’abord, comme
1. Qui est tracé à main courante. le reflet d’une pensée qui file. Souplesse,
2. figuré. Bref, rapide. fluidité, élégance, voilà les qualités qu’on
associe spontanément à la cursive, l’écriture
« à main courante » comme on dit également.
Bien entendu, ces associations ne sont pas
objectives, mais ce sont les échos que porte
le mot. Ce qui montre bien le lien très intime
entre la main, l’instrument de l’écriture et le
support : à l’évidence, la cursive est manuscrite.
Elle est donc le résultat d’un geste tout à fait
individuel, avec des évocations étonnamment
sensorielles. Elle s’adresse à l’oreille, par le
crissement de la plume, ou le chuintement
feutré du stylo ; au nez parfois avec l’odeur
suave de l’encre ; et à l’œil surtout : ce qui
la caractérise, c’est sa forme.
Là encore, la forme n’est pas unique : droite
ou penchée, ronde ou pointue, on a des
cursives de tous styles, mais qui correspondent
à ce qu’on appelle l’écriture attachée, comme
si l’on poursuivait une ligne continue. Bien
sûr, la cursive n’est pas toujours attachée. On
lève le poignet, entre deux mots, deux syllabes
parfois, ou même deux lettres. Mais on la
distingue de ce qu’on appelle l’écriture en
script, parfois « l’écriture bâtons » qui se
réalise dans une logique bien plus saccadée,
où chaque lettre est séparée de la suivante et
de celle qui la précède. Et l’écriture en script,
qui peut être également formée à la main, est
à l’image de ce qu’on obtient avec un clavier,
ou un travail d’imprimerie.

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Concours des dix mots 24


Chroniques des dix mots

Gribouillis ! On n’a qu’à entendre ce mot pour


GRIBOUILLIS comprendre tout de suite qu’il appartient à
une langue familière, et d’ailleurs à une langue
expressive ! Sa sonorité ne trompe pas : de la
bafouille à la carabistouille, de la papouille à la
débrouille, une grande partie des mots français
n.m. qui proposent cette syllabe font entendre en
Dessin, écriture informe. même temps une certaine idée de l’à-peu-près,
du flou, de ce qui se fait à la sauvette :
du brouillon. Mais le gribouillis va plus loin :
pas même un gribouillage !
D’où vient le mot ? Difficile à dire. Un croisement
entre griffer et brouiller ? Peut-être, avec en
même temps une influence de la racine « scribe »,
qui, de son côté, a donné le scribouillard,
mais qui en tout cas évoque l’écriture !
Le gribouillis est informe : on ne sait pas même
si on a affaire à un essai de dessin ou d’écriture.
Il renvoie aussi bien à une esquisse tracée sans
qu’on y prenne garde. On est au téléphone ou
on écoute un cours, et, sans intention précise,
sans qu’on s’en rende compte bien souvent, on
laisse le stylo courir sur la feuille : des courbes,
des angles aigus, une figure géométrique, un
profil, un chien, ou peut-être un mouton… La
ligne se trace toute seule. Ou bien alors, ce qu’on
appelle ainsi, c’est un texte particulièrement
mal écrit, indéchiffrable, avec des lettres qui
dégoulinent ou qui se chevauchent ! Ou une
signature nerveuse où l’on ne reconnaît pas
même une lettre ! Un peu sale, illisible,
le gribouillis n’aurait-il que des défauts ?
Bien au contraire ! Il est près du corps, près de
l’inconscient, et s’il est incompréhensible pour
autrui, c’est que justement, il n’est destiné qu’à
soi : on est seul à pouvoir se relire, à deviner
l’être aimé dans ce profil à peine ébauché, à
retrouver son nom dans ce paraphe sans queue
ni tête. Et à l’heure où tous les écrits importants
passent par le clavier et le correcteur
d’orthographe pour nous donner un résultat
impeccable et fade, le gribouillis conserve
le charme de ce qui n’est adressé qu’à soi.

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Concours des dix mots 25


Chroniques des dix mots

Qu’est-ce donc qu’un logogramme ? Le mot,


LOGOGRAMME inventé en 1964 par un poète belge, Christian
Dotremont, est peu connu, et pratiquement
jamais utilisé. Est-ce que ça veut dire
pour autant qu’il n’existe pas en français ?
Pas du tout ! Mais on le trouve le plus souvent
n.m. sous son aspect abrégé, « logo », qui est tout
linguistique, arts. Dessin correspondant à fait usuel et a totalement éclipsé sa forme
à une notion ou à la suite phonique originale.
constituée par un mot. Un logo est un petit dessin comme on peut
le dire de façon familière, un signe graphique
qui représente, qui symbolise une marque,
une entreprise. Il pointe donc une identité,
et se veut reconnaissable au premier coup
d’œil : tout le monde connaît le losange de
Renault ou la coquille de Shell ! Le logo a
donc la même fonction qu’un blason, à cette
différence que le blason appartient à un ordre
ancien : c’était l’emblème d’une famille noble
sous l’ancien régime. Le logo, lui, est bien plus
lié à une logique et une activité commerciale :
il identifie une compagnie.
Mais comment ? Il lui ressemble ? Pas
exactement, mais il l’évoque, il fait naître
un lien logique, presque inconscient
avec la marque, ce qu’elle produit, ou ses
premières amours : le logo de Yamaha est fait
de trois diapasons entrecroisés. La société
au départ ne fabriquait que des instruments
de musique. Le logo des magasins Carrefour
fait apparaître un C, initiale de la marque,
caché entre deux figures fléchées. Mais il
apparaît dès qu’on se représente le losange
qui cadre la figure. On est donc avec le logo
à mi-distance entre la représentation et
le symbole : c’est la logique de l’idéogramme.

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Concours des dix mots 26


Chroniques des dix mots

Les phylactères sont bien plus lourds que les


PHYLACTÈRE bulles. Les bulles, c’est l’une de leurs qualités,
flottent dans l’air, éclatent dans une explosion
indolente, s’oublient aussitôt. Et les bulles
désignent également ces ovales approximatifs
où l’on écrit les dialogues des bandes
n.m. dessinées : Pif ! Bang ! Bienvenue au Paradis !
1. antiquité grecque. Amulette, talisman. Viens par ici Milou ! Alors, ces bulles, les
2. archéologie. Banderole à extrémités appelle-t-on aussi des phylactères ? Parfois,
enroulées portant le texte des paroles mais ça a une allure bien cuistre et
prononcées par les personnages d’une prétentieuse, comme si on voulait donner
œuvre d’art du Moyen Âge et de la plus de respectabilité à une expression en mal
Renaissance. de reconnaissance. Pourtant on comprend
didactique. Bulle dans les bandes bien comment on en arrive là : les miniatures
dessinées. du Moyen Âge, les manuscrits, les tapisseries,
parfois même les fresques ou les graffitis
sur les murs, portaient les paroles des
personnages représentés. Parfois dans des
rectangles sous l’illustration, parfois aussi
inscrits sur des banderoles qui entourent le
sujet principal. Et souvent aussi, ce serpent
parcheminé sort de la bouche de celui qui
parle pour bien souligner qui s’exprime.
Mais le même mot, auparavant désignait
une petite boîte où l’on renfermait des
parchemins couverts d’écritures : des ver-
sets de la Bible, des proverbes, des paraboles.
Et tout ça correspond bien à une pensée
magique : si je porte ces témoignages sur moi,
si j’enroule autour de mes bras des guirlandes
de papier qui portent une telle sagesse, j’en
serai comme imprégné : la parole de Dieu
m’habitera sans que j’aie à me l’approprier,
comme une leçon qu’on apprend en dormant,
dans son sommeil ! Et c’est une pratique
encore vivace.

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Concours des dix mots 27


Chroniques des dix mots

Combien y a-t-il en France d’hôtels qui


RÉBUS s’appellent « Au Lion d’or ? » Des dizaines, et dont
beaucoup sont fort anciens, car cette tradition
remonte au Moyen Âge, lorsque les auberges
arboraient leur enseigne. Et c’était bien
souvent à cela qu’on les reconnaissait :
n.m. Au lion d’or… « au lit on dort » !
1. Devinette graphique, suite de En prononçant la phrase, on la faisait
dessins, de mots, de chiffres, de lettres clignoter, lui donnant tantôt un sens, tantôt
évoquant par homophonie le mot un autre ! Et surtout si l’on ne savait pas lire,
ou la phrase qui est la solution.
ce qui à l’époque était fréquent, on savait à
2. figuré. vieux. Énigme ; allusion plus quoi on avait affaire ! C’est bien cela qu’on
ou moins obscure. appelle un rébus.
Drôle de mot quand même que ce rébus dont,
en général, on prononce le « s » final. Français,
évidemment, et pourtant il se souvient
fortement de son origine latine : il a été
transcrit tel quel, sans changement, et c’est
l’une des formes du mot « res » qui signifie
« chose » : rebus ? « Avec des choses » !
Comme si l’on pouvait lire non grâce à des
lettres et à des mots, mais à des représentations
de choses : des dessins qui évoquent des
syllabes. On n’a plus qu’à les dire l’une après
l’autre, et la phrase apparaît presque par
magie, en tout cas par jeu de mots !
Alors on peut imaginer des rébus simples : en
montrant une scie, un nez, et le mât d’un bateau,
on obtient un cinéma. Et cela correspond un
peu à une charade qu’on écrirait ?
Mais on peut jouer de manière bien plus
sophistiquée avec la façon dont on décrit ce
qui est montré : un épi attaqué par une scie
est un épi scié – un épicier.
Jusqu’à la disposition des dessins qui peut
avoir son importance. On se souvient de celui
qu’on prête à Voltaire : à l’aide d’un rébus,
il avait été invité à souper par son protecteur,
Frédéric II de Prusse, en son palais de
Sans-Souci. Et Voltaire aurait répondu :
« 6 G a 7 », c’est-à-dire « J’ai grand appétit
entre 6 et 7 » (6 et 7 heures bien sûr…) :
G grand, a petit, entre 6 et 7.

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Concours des dix mots 28


Chroniques des dix mots

Mille signes, dix mille signes, cent mille


SIGNE signes… Voilà bien un vocabulaire technique
pour parler de la taille d’un texte : le lecteur
moyen s’achète un journal de vingt-quatre
pages ou un livre de cent cinquante, mais
le nombre de signes lui est indifférent.
n.m. Ce mot, signe, il a des sens bien variés, mais
1. Objet matériel simple (figure, geste, en ce qui concerne l’écriture, son emploi est
couleur, etc.) qui, par rapport naturel bien précis : il s’agit de la plus petite unité
ou par convention, est pris, dans de ce qu’on écrit. Une lettre alors ? Oui et non :
une société donnée, pour tenir lieu
en typographie, un accent aigu, une virgule,
d’une réalité complexe.
un point d’exclamation sont des signes !
2. linguistique. Unité linguistique formée Et un blanc alors, l’espace qui sépare deux
d’une partie sensible ou signifiant
mots ? Ce n’est pas un signe à proprement
(sons, lettres) et d’une partie abstraite
ou signifié. parler, mais presque : lorsqu’on identifie
la taille d’un texte, et notamment lorsqu’on
le commande on peut préciser qu’on veut
des feuillets de mille cinq cents signes,
espaces comprises. Mais là encore, on est
dans un langage professionnel, en particulier
celui de la presse. Et on n’utilise ce mot que
lorsqu’on considère un texte imprimé :
quand on écrit à la main, même si on se sert
de signes, ce n’est pas de ce terme qu’on
se servirait spontanément.
Le signe est donc plus ou moins assimilé à ce
qu’on appelle aussi un caractère. Mais l’usage
de ce mot est quand même étonnant : au
départ, il est lié bien sûr à cet autre mot qu’est
« signification ». On pourrait donc croire qu’il
a un sens, ce qui n’est pas vrai : le signe n’est
pas un symbole, il ne porte en lui l’image
d’aucune réalité, d’aucune pensée. Mais c’est
un élément qui peut se combiner à d’autres,
pour donner à la fois une chaîne parlée
et une chaîne logique : une phrase,
un discours dans lesquels il se fond, disparaît,
comme s’il était avalé par ce tout auquel
il participe !

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Concours des dix mots 29


Chroniques des dix mots

L’histoire de l’écriture commence par l’idée


TRACÉ d’un déroulé. Aujourd’hui, une lettre, un mot,
ou même une page peuvent apparaître
d’un seul coup sur un écran ou un support :
la « frappe » d’une machine pour inscrire un
caractère sur le papier, la photocomposition,
n.m. l’informatique procèdent comme cela.
Ensemble des lignes constituant Mais à l’origine, l’idée même de l’inscription
le plan d’un ouvrage à exécuter et art graphique est linéaire : sur une pierre,
de reporter ces lignes sur le terrain. une tablette d’argile, un parchemin, puis un
Contours d’un dessin au trait, papier, on trace des signes. Et la ligne, continue
d’une écriture. ou pas, en marque le chemin principal.
Ligne continue, dans la nature. La trace est donc une empreinte durable, dont
la forme peut être reconnue et interprétée :
c’est à son dessin qu’on identifie une lettre.
Et bien sûr, cette physionomie de l’écriture ne
va pas rester utilitaire : l’esthétique s’en mêle
tout de suite, et savoir bien écrire devient vite
un art. La calligraphie apparaît à peu près dans
tous les systèmes. Elle peut donc s’appliquer à
des idéogrammes, des signes qui représentent
une image codifiée de la chose représentée,
ou à des systèmes alphabétiques. Et la beauté
du geste est garante de celle du résultat. Les
écoles et les modes se succèdent pour régler
la rondeur d’une boucle, la hauteur d’un trait
ou l’attache de deux signes. Et selon qu’on
a dans la main un stylet, un pinceau ou une
plume, le résultat diffère.
On a par exemple toute une tradition du bien
écrire, née de l’école laïque. La plume d’oie est
remplacée par du métal et la Sergent-Major
– c’est la marque qui a laissé le plus clair
souvenir – permet le plein et le délié. On va
jouer sur l’épaisseur du trait qui résulte de
l’élégance du mouvement : il est parfois très
mince, ténu, quand il monte ou descend.
Mais quand il s’incurve, il prend du gras
et de l’importance comme le ventre
d’un sous-préfet. La plume crisse, mais
pas trop et la phrase se déroule fièrement.
Mais attention : gare au pâté !

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Concours des dix mots 30


Ressources pédagogiques des dix mots

Ressources
pédagogiques
des dix mots
Consultez le site Concours des dix mots :
reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots

Retrouvez dans la rubrique « Les ressources  » :


– l es pistes pédagogiques 2018-2019, conçues
par Marie Berthelier, IA-IPR de lettres,
et Sylvie Lay, IA-IPR d’arts plastiques ;
– l ’exposition Dis-moi dix mots sous toutes
les formes (12 affiches) ;
– les chroniques des dix mots, écrites et enregistrées
par Yvan Amar.

Visionnez dans la rubrique « Les mots » les vidéos


des dix mots réalisées à partir des chroniques et leur
adaptation en langue des signes.

Concours des dix mots 31


Sitographie
– Site de la Délégation générale à la langue française
et aux langues de France : culture.gouv.fr/
Thematiques/Langue-francaise-et-langues-
de-France
– Site officiel de l’opération « Dis-moi dix mots » :
dismoidixmots.culture.fr
– Site de Réseau Canopé, ressources pédagogiques
et Concours des dix mots : reseau-canope.fr/
concours-des-dix-mots
– Site de l’Institut français : institutfrancais.com
– Site Edufle : edufle.net/-Didactique-du-lexique-
de-la-semantique-FLE
– Portail national français des professionnels
de l’éducation : eduscol.education.fr
– Cadre européen commun de référence pour
les langues : coe.int/fr/web (Taper dans le moteur
de recherche : « cadre européen commun »)
– Site de l’Agence pour l’enseignement français
à l’étranger (AEFE) : aefe.fr
– Site Langue française de Canal Académie :
canalacademie.com
– Site officiel de terminologie, France Terme :
culture.fr/franceterme

Dictionnaires
– Le Petit Robert : lerobert.com
– Dictionnaire de français Larousse : larousse.fr/dictionnaires/francais
– Lexilogos : lexilogos.com
– Trésor de la langue française informatisé : atilf.atilf.fr
– Elix, dictionnaire vivant en langues des signes : elix-lsf.fr

Médias
– Revue L’École des lettres : ecoledeslettres.fr
– Lesite.tv, banque de vidéos didactisées : lesite.tv/edutheque
– Site RFI Savoirs : savoirs.rfi.fr (Consultez la rubrique Apprendre & enseigner le français,
Langue française, et notamment « Les mots de l’actualité » d’Yvan Amar)
– Site TV5 Monde : tv5monde.org/languefrancaise

Concours des dix mots 32


Concours des dix mots
Pour la treizième année consécutive, le ministère de l’Éducation
nationale et de la Jeunesse lance le Concours des dix mots, en
partenariat avec le ministère de la Culture, le ministère de l’Europe
et des Affaires étrangères, et le ministère de l’Agriculture et de
l’Alimentation. Ouvert aux classes de niveau élémentaire mais aussi
de collège et lycée en France et à l’étranger, il invite les élèves à réaliser
collectivement une production littéraire reposant sur un réel travail
linguistique incluant également une dimension artistique, à partir
des passerelles interdisciplinaires.
Les modalités de participation au concours sont disponibles sur le site
Éduscol : eduscol.education.fr/cid55512/concours-des-dix-mots.html.
Les ressources pédagogiques sont accessibles sur le site de Réseau
Canopé : reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots.
L’opération annuelle « Dis-moi dix mots » est présentée sur le site
du ministère de la Culture : dismoidixmots.culture.fr.
Pour les 1er et 2nd degrés, les professeurs peuvent s’inscrire jusqu’au
21 décembre 2018 sur la page Éduscol indiquée ci-dessus, en
remplissant un formulaire en ligne. Les productions des élèves sont
ensuite à envoyer avant le vendredi 1er février 2019, accompagnées CRÉDITS
de la « Fiche renseignements projet », téléchargeable et imprimable
Directeur de la publication 
après inscription. Jean-Marie Panazol
Seules les réalisations sur supports physiques seront adressées par Directrice de l’édition
courrier, en joignant obligatoirement la « Fiche renseignements projet » transmédia 
Stéphanie Laforge
complétée en ligne et imprimée, à l’adresse suivante :
Directrice de la pédagogie 
Concours des dix mots Véronique Billard
CISP Kellermann Coordination de projet 
17, boulevard Kellermann Laëtitia Pourel
75013 Paris Rédaction des activités
pédagogiques 
François Augier, Stephen Cudby,
Onze prix dotés par les éditions Larousse, les éditions Le Robert et L’École des lettres Arnaud Lopinot, Isabelle Massé
seront remis au cours d’une cérémonie à Paris. Rédaction des chroniques 
Yvan Amar
Conception des scénarimages 
Aurélien Maury
Réalisation des films
d’animation 
Aurélien Maury, Cyril Besse,
Xavier Lacombe,
Anatole Huynh Van Phuong
Interprétation langue
des signes française (ou LSF)
Maud Thibault,
Association Intermède
Conception de l’identité
graphique de l’événement
et des affiches 
The Shelf Company
Suivi éditorial 
Maud Barbarin
Conception de la maquette
et mise en pages 
Isabelle Guicheteau

Concours des dix mots 33


C O N TA C T S

POUR LA FRANCE
Le ministère de la Culture, Délégation générale à la langue française
et aux langues de France
dismoidixmots.dglflf@culture.gouv.fr

Les Directions générales des affaires culturelles en régions,


le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse,
Dgesco – Bureau des actions éducatives, culturelles et sportives
dominique.pince-salem@education.gouv.fr

Réseau Canopé, le réseau de création et d’accompagnement pédagogiques


laetitia.pourel@reseau-canope.fr


POUR L’ÉTRANGER
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
secretariat.dgm-dcerr-lfe@diplomatie.gouv.fr

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE)


helene.pouyfaucon@diplomatie.gouv.fr

La Mission laïque française (MLF)


dominique.collado@mlfmonde.org
corinne.bajon@mlfmonde.org


POUR LA BELGIQUE
La fédération de Wallonie-Bruxelles
langue.francaise@cfwb.be

reseau-canope.fr/concours-des-dix-mots
dismoidixmots.culture.fr
facebook.com/dismoidixmots
eduscol.education.fr

Réseau Canopé, 2018


ISBN : 978-2-240-04886-8
dismoidixmots.culture.fr
Réf. : W0013077
9:HSMCOA=UY]][]:
Partenaires institutionnels
Événement organisé par

Bénéficie du soutien de
En collaboration avec

Partenaires médias