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Les batteries au plomb

Dans le cadre des installations photovoltaïques autonomes, nous présentons exclusivement les
batteries appelées communément "au plomb".
En effet, malgré qu'il existe d'autres technologies électrochimiques concernant le stockage
électrique (lithium-ion nickel-métal hydrure, nickel-hydrogène, sodium-souffre, piles à
combustible, etc), les batteries au plomb représentent aujourd'hui la solution la plus courante
et la plus pertinente (elles représentent 65 % de la production totale mondiale en 2002) :

 Les batteries au plomb sont recyclables. Néanmoins, il est important de préciser que le
plomb présente un caractère polluant et dangereux à la fois pour l'environnement
naturel mais également pour la santé. Des filières de recyclage existent et il convient à
tout propriétaire de batterie au plomb de ne pas laisser à l'abandon les batteries au
plomb.
 La technologie des batteries au plomb est aujourd'hui la plus aboutie et des
programmes de R&D (publics et privés) améliorent sans cesse les rendements et la
fiabilité.
 Le coût des batteries au plomb est le plus faible du marché.

Les batteries au plomb > Définitions


Les définitions suivantes sont importantes à connaître :

Les différentes familles de batteries au


plomb
De nos jours, les batteries au plomb sont utilisées pour 3 grands types d’application :

 Domaine du démarrage (démarrage des moteurs de véhicules).


 Domaine de la traction (alimentation des chariots de manutention).
 Domaine des applications stationnaires (énergie de secours, photovoltaïque).

À chacune de ses applications est adaptée une technologie d’accumulateurs au plomb, qui se
distinguent notamment par l’épaisseur et les alliages des grilles, un électrolyte liquide ou
immobilisé, des concentrations d’électrolyte différentes, des plaques planes ou tubulaires, etc.
Sur les installations photovoltaïques autonomes, on veillera donc à mettre en œuvre des
batteries conçues pour les applications stationnaires photovoltaïques.
Le marché mondial des batteries au plomb est largement dominé par les batteries de
démarrage, ainsi qu'illustré sur les diagrammes ci-dessous :
Diagramme de gauche : Répartition du marché mondial des batteries d'accumulateurs au
plomb en 1992 - 8,5 milliards d'euros.
Diagramme de droite : Répartition du marché mondial des batteries d'accumulateurs au
plomb en 2002 - 12 milliards d'euros

Par ailleurs, pour chacune des 3 familles citées ci-dessus, les batteries pourront être soit de
type "ouvertes", soit de type "étanches".

Les différentes familles de batteries au


plomb > Batteries ouvertes
On parle de batterie ouverte lorsque les gaz produits issus de l’électrolyse de l’eau au sein de
la batterie peuvent s’échapper en dehors de celle-ci. Nous rappelons que ces gaz sont le
dihydrogène et le dioxygène et que cette réaction consomme l’eau de l’électrolyte.
⇒ Plus d'information sur la production de gaz au sein d'une batterie au plomb

Ainsi, deux conséquences majeures apparaissent :

 Le dihydrogène est un gaz explosif dans l’air lorsque sa concentration atteint un


certain seuil (4% dans l’air). D’où la nécessité de mettre en place des mesures de
sécurité au niveau du local des batteries, notamment une ventilation suffisante. Ces
mesures de sécurité doivent être conformes aux documents normatifs NF C 15 100 et
CEI 60364, qui imposent notamment la présence d’un système anti-incendie, d’une
source d’eau proche, protection contre les dégagements de dihydrogène et de
dioxygène, etc. Ces mesures de sécurité sont lourdes à mettre en place.
 La diminution du niveau de l’électrolyte au sein de la batterie, par consommation de
son eau (qui se transforme en dioxygène et dihydrogène). Ainsi, il est essentiel
d’effectuer des opérations de maintenance régulières afin de compléter l’électrolyte en
eau, sous peine de voir la capacité de la batterie baisser fortement (en effet, la surface
de contact entre l’électrolyte et les électrodes diminue), et également de favoriser la
corrosion des électrodes par l’électrolyte (celle-ci voit sa concentration en acide
chlorhydrique augmenter au fur et à mesure qu’elle perd de l’eau).

Pour ces deux raisons, les batteries ouvertes sont délaissées au profit des batteries
étanches à recombinaison de gaz.

Les différentes familles de batteries au


plomb > Batteries étanches à recombinaison
de gaz
 Historique des batteries étanches à recombinaison de gaz

Les premières batteries à recombinaison de gaz sont apparues vers la fin des années 1950
notamment par la fabrication d'un électrolyte gélifié. Puis dans les années 1970, la maîtrise des
procédés d'absorption d'acide dans la fibre de verre a permis l'élaboration de séparateurs imbibés
d'électrolyte : le marché de cette technologie à électrolyte immobilisé prenait alors son essor.

 Spécificités techniques des batteries étanches à recombinaison de gaz


Dans les batteries étanches, l’électrolyte se présente sous la forme d’un gel (et non-pas sous la forme
d’une solution liquide, comme dans le cas des batteries ouvertes). On assiste toujours à la production
de dihydrogène et de dioxygène, mais cette fois-ci, ces gaz ne s’échappent pas en dehors de la
batterie. En effet, sous l’effet des forces de viscosité du gel, les bulles de gaz sont piégées et diffusent
l’un vers l’autre afin d’y être recombinés en eau.
Les batteries étanches sont donc aujourd’hui préférées aux batteries ouvertes car elles dégagent très
peu de dihydrogène (explosif) et ne nécessite pas d’entretien (mise à niveau de l’électrolyte par ajout
d’eau) évitant ainsi tout contact avec l’électrolyte (acide chlorhydrique).
Décharge d’une batterie au plomb
Une batterie est un ensemble d'accumulateurs électrochimiques dont le rôle est d'une part, de
stocker de l'énergie sous forme chimique, et d'autre part, de la restituer sous forme électrique. Cette
dernière fonction s'appelle communément la décharge de la batterie. Elle fait appel à des processus
chimiques connus mais qui restent encore énigmatiques sur certains aspects.

Un accumulateur électrochimique au plomb est constitué de trois éléments majeurs :

⇒ Un électrolyte composé d'acide sulfurique aqueux.


⇒ Une électrode constituée de plomb. Cette électrode s'appelle l'anode.
⇒ Une électrode constituée d'oxyde de plomb. Cette électrode s'appelle la cathode.
L'anode et la cathode baignent dans l'électrolyte.

Principe électrochimique de la décharge


d'une batterie au plomb
La décharge d'une batterie repose sur la théorie des réactions d'oxydo-réduction.

⇒ Plus d'information sur les réactions d'oxydo-réductions


Dans un accumulateur au plomb, les couples oxydants-réducteurs mis en jeu sont les couples
PbO2/Pb2+ et Pb2+/Pb, dont les potentiels sont indiqués ci-dessous (par rapport à la référence
H+/H2) :
Ainsi, l’oxydant le plus fort est l’oxyde de plomb (PbO2). Celui-ci va se réduire en l’ion Pb2+ selon la
demi-équation de réduction suivante :

PbO2 + 4 H3O+ + 2 e- → Pb2+ + 6 H2O


De même, le réducteur le plus fort est le plomb (Pb). Celui-ci va s’oxyder en l’ion Pb2+ selon la demi-
équation d’oxydation suivante :
Pb → Pb2+ + 2 e-
On obtient la réaction d’oxydoréduction suivante :
PbO2 + 4 H3O+ + Pb + 2 e- → Pb2+ + 6 H2O + Pb2+ + 2 e-
Certains éléments s’annulent de part et d’autres de l’équation, et on obtient finalement :
PbO2 + 4 H3O+ + Pb → 2 Pb2+ + 6 H2O
Nous constatons que la réaction d’oxydation libère un électron. Cet électron peut être utilisé par
l’oxyde de plomb (PbO2) afin d’enclencher la réaction de réduction. Pour cela, on réalise une
connexion électrique entre l’anode et la cathode permettant la circulation des électrons. Ce
processus est illustré sur le schéma ci-dessous :
L’anode en plomb perd donc petit à petit sa masse. Également la masse d’oxyde de plomb (PbO2)
diminue :
La production de sulfate de plomb lors de la
décharge d'une batterie au plomb
La décharge d'une batterie au plomb produit des ions Pb2+.
Les ions Pb2+ sont peu solubles dans une solution d’acide sulfurique.
En effet, en présence de l’élément SO42-, les ions Pb2+ réagissent pour former du sulfate de plomb
PbSO4, selon l’équation suivante :

Pb2+ + SO42- → PbSO4


[Solubilité : Ks=1.3 × 10-8]
Il est à noter que cette réaction se produit dès que l'électrolyte est saturée en ions Pb2+, c'est-à-dire
pour une concentration de l'ordre de 1.1 × 10-4 mol/L
Lorsque l’accumulateur est complètement chargé, théoriquement, la concentration en ion Pb2+ est
nulle. Dès qu’une décharge s’opère, il y a production d’ion Pb2+ au niveau des deux électrodes. La
concentration en ion Pb2+ augmente jusqu’à atteindre la valeur limite de saturation (~1.1 × 10-4
mol/L). Ensuite, les ions Pb2+ formés sont directement transformés en sulfate de plomb (PbSO4).
Ce phénomène se nomme la sulfatation :
La production de sulfate de plomb est problématique. En effet, le sulfate de plomb se présente sous
la forme de cristaux solide qui viennent s’agréger au niveau des électrodes, créant ainsi une couche
protectrice et empêchant les réactions chimiques de produire. Par conséquent, la capacité de la
batterie en ressort diminuée. C’est une des raisons pour lesquelles il est proscrit d’effectuer des
décharges trop profondes des batteries, sous peine de voir apparaître une couche de sulfate de
plomb trop importante et qui empêcherait le fonctionnement de la batterie, de façon irréversible. La
limite de décharge est donc limitée à environ 70% de la capacité nominale de la batterie.
Pendant la recharge, la concentration en ion Pb2+ diminue car celui-ci est consommé par le processus
de charge pour former du Plomb (Pb) sur l’anode et de l’oxyde de plomb (PbO2) sur la cathode. Ainsi,
l’électrolyte n’est plus saturée en ions Pb2+, et par suite les cristaux de sulfate de plomb sont dissout
selon la réaction : PbSO4 → Pb2+ + SO42-.

Autodécharge des batteries d'une batterie


au plomb
Les batteries au plomb sont soumises à de phénomènes d'autodécharge. L’origine de
l’autodécharge provient des réactions secondaires se produisant au niveau des électrodes. Ces
réactions secondaires sont nombreuses et plus ou moins prépondérantes les unes par rapport
aux autres. En outre, ces réactions secondaires ne sont pas encore toutes identifiées par la
communauté scientifique. Nous présentons ci-après une d’entre elles.
Au niveau de chaque électrode, des réactions d’oxydoréductions peuvent se produire
naturellement. En effet, l’anode constituée de plomb (Pb) peut réagir avec les ions H3O+
présents dans l’électrolyte. Également, la cathode composée d’oxyde de plomb (Pb02) peut
réagir avec l’eau H20 présente dans l’électrolyte.

Chacune de ces réactions se produisent au niveau des électrodes entre des oxydants et des
réducteurs sans transport de charge à travers l’électrolyte. Les matériaux actifs des
électrodes y participent.
A la cathode : L’eau de l’électrolyte est oxydée dégageant du dioxygène gazeux (O2) et 2
électrons. Ces deux électrons sont directement exploités par l’oxyde de plomb (PbO2) de la
cathode. Le plomb (Pb) est alors réduit en ions Pb2+.
À l’anode : Le plomb (Pb) est oxydé en ions Pb2+ libérant 2 électrons. Ces deux électrons sont
directement consommés par les ions H3O+. Les ions H3O+ sont alors réduits dégageant du
dihydrogène gazeux (H2).
De ce fait, l'électrolyse de l'eau induit une baisse de performance pendant la décharge car une
partie des électrons produits par la réaction principale sert à enclencher l’électrolyse de l’eau
et non à alimenter les charges électriques.
Également, lorsque la batterie est déconnectée, la tension induite par les électrodes est
suffisante pour forcer l'électrolyse de l'eau et provoquer ainsi l'autodécharge.
⇒ En savoir plus sur l'électrolyse de l'eau

L'autodécharge d'une batterie présente donc deux conséquences préjudiciables :

 Lorsque la batterie est déconnectée (circuit ouvert), elle s'autodécharge. Ainsi, une
batterie chargée qui ne serait pas sollicité se retrouve complètement déchargée au bout
de plusieurs mois.
Nous donnons ci-dessous les temps d'autodécharge typique d'une batterie au repos (en
circuit ouvert) en fonction de la température ambiante :

Temps d'autodécharge des batteries au plomb en fonction de la température ambiante.


Les batteries au plomb s'autodécharge d'autant plus vite que la température ambiante
est élevée. Le taux d'autodécharge des batteries actuelles, en termes de perte de
capacité, est réduit en moyenne entre 2 % et 5 % par mois (à 20°C).

 La capacité de la batterie diminue. En effet, même lorsque la batterie alimente un


récepteur électrique, les réactions secondaires se produisent.

Charge d’une batterie au plomb


La charge d'une batterie correspond au
processus de transformation de l'énergie
électrique en énergie chimique.
Principe électrochimique de la charge d'une
batterie au plomb
La charge d’une batterie consiste à réaliser la réaction chimique inverse de la charge. Cette
réaction inverse n’étant pas naturellement possible, il convient de réaliser ce qu’on appelle
une réaction forcée. Pour cela, on utilise un générateur qui va forcer le passage des électrons
dans le sens inverse : on appelle ce procédé électrolyse.

La réaction d’électrolyse se décompose en deux réactions :

 Une réaction de réduction : l’oxydant le plus faible se réduit selon l’équation suivante
: Ox1 + électrons →
 Une réaction d’oxydation : Le réducteur le plus faible s’oxyde selon l’équation
suivante: Red2 → Ox2 + électrons

La réaction d’électrolyse est alors le bilan de ces deux demi-équations :

Ox1 + Red2 → Ox2 + Red1

Cette réaction n’est pas naturelle et il convient de la forcer par la présence d’un générateur
électrique.
Dans un accumulateur au plomb, les couples oxydants-réducteurs mis en jeu pour la charge
sont les même que pour la décharge, c’est-à-dire les couples PbO2/Pb2+ et Pb2+/Pb, dont les
potentiels sont indiqués ci-dessous (par rapport à la référence H+/H2) :
Ainsi, l’oxydant le plus faible est l’ion plomb (Pb2+). Celui-ci va se réduire en plomb (Pb)
selon la demi-équation de réduction suivante :

Pb2+ + 2 e- → Pb
[Réaction de réduction forcée]
De même, le réducteur le plus faible est l’ion plomb (Pb2+). Celui-ci va s’oxyder en oxyde de
plomb (PbO2) selon la demi-équation d’oxydation suivante :
Pb2+ + 6 H2O → PbO2 4 H3O+ + 2 e-
[Réaction d’oxydation forcée]
On obtient la réaction d’oxydoréduction forcée suivante :
2 Pb2+ + 6 H2O → Pb + PbO2 4 H3O+
[Réaction d’oxydo-réduction forcée]
Le processus est illustré ci-dessous :
Photo de gauche : Réaction d’oxydation forcée à l’anode.
Photo de droite : Réaction de réduction forcée à la cathode.
Les électrodes retrouvent donc leur masse initiale, ainsi qu’illustré ci-dessous :
Le phénomène de stratification dans les
batteries au plomb
Le phénomène de stratification de l'électrolyte correspond à l'hétérogénéité de l'acide sulfurique au
sein de l'électrolyte. En effet, l'acide sulfurique étant plus dense que l'eau, il a tendance

La surcharge d'une batterie au plomb


La surcharge est un état de charge de la batterie pour lequel les éléments réactifs ne sont plus
présents en quantité suffisante. Ainsi, le générateur électrique ne contribue plus à charger la batterie
mais à forcer la seule réaction susceptible de se produire, à savoir l’électrolyse de l’eau avec un
dégagement gazeux de dihydrogène et de dioxygène important et dangereux.
La surcharge est néanmoins une étape importante du processus de charge car elle permet de brasser
l'électrolyte. En effet, le dégagement gazeux issu de l'électrolyse de l'eau permet de remuer
l'électrolyte et de l'homogénéiser, assurant une destratification.

⇒ En savoir plus sur le phénomène de stratification de l'électrolyte


Lors du processus de charge gérée par le régulateur (Voir le chapitre sur les régulateurs), en fin de
charge, la tension de charge aux bornes de la batterie est légèrement surélevé afin d'accélérer
l'électrolyse de l'eau et brasser l'électrolyte.

En dégageant du dihydrogène gazeux et du dioxygène gazeux, la réaction d’électrolyse de l’eau


permet de brasser l’électrolyte et d’éviter le phénomène de stratification de l’acide sulfurique. Ce
phénomène est volontairement amplifié mais contrôler par le régulateur en fin de charge.
La vidéo suivante (28 Mo) illustre le phénomène de dégazage (dioxygène et dihydrogène) au sein des
batteries au plomb ouvertes lors de la surcharge :
Fabrication des batteries au plomb
Nous présentons dans ce chapitre les différentes étapes de fabrication des batteries au plomb.

Fabrication des batteries au plomb > Étape


1 : Les grilles
Pour chacune des deux électrodes (anode et cathode) constituant un accumulateur
électrochimique au plomb, on commence par préparer des grilles. Ces grilles vont par la suite
jouer le rôle de support mécanique de la matière active. Ainsi, il est important que ces grilles
présentent les propriétés suivantes :

 Bonne tenue mécanique.


 Les électrodes étant plongée dans l’acide sulfurique, les grilles doivent résister à
l’action corrosive de celui-ci.
 Les grilles vont également assurer la conduite du courant. En ce sens, elles doivent
présenter la meilleure conductivité électrique.

Ces trois contraintes ont amenés les fabricants de batteries à utiliser des alliages à base de
plomb pour la mise en œuvre de ces grilles.
Les grilles jouent le rôle de support mécanique de la matière active

Fabrication des batteries au plomb > Etape


2 : beurrage des grilles
Étape 1 : Les grilles

Les grilles sont ensuite « beurrés » avec la matière active, c’est-à-dire :

 Du plomb Pb pour l’anode.


 De l’oxyde de plomb PbO2 pour la cathode.

Le résultat de cette opération se conclut par l’obtention de deux plaques :

Les grilles sont « beurrées » avec la matière active

Fabrication des batteries au plomb > Étape


3 : Isolation électrique des électrodes

Étape 2 : beurrage des grilles


Les deux plaques obtenues lors de l’étape précédente (cathode et anode) ne devront pas rentrer en
contact sous peine de créer un courant de court-circuit entre ces deux polarités. En ce sens, il
convient de les isoler électriquement.
Pour ce faire, les plaques sont insérées dans des pochettes synthétiques(en polyéthylène) munies
d’un isolant électrique de part et d’autres :

Les plaques sont insérées dans des pochettes synthétiques(en polyéthylène) munies d’un isolant
électrique de part et d’autres.

Fabrication des batteries au plomb > Étape


4 : Les plaques sont appariées

Étape 3 : Isolation électrique des électrodes

Les plaques sont ensuite pesées et appariées pour équilibrer la capacité.


Fabrication des batteries au plomb > Étape
5 : Connexion en parallèle des plaques

Étape 4 : Les plaques sont appariées

Les plaques sont ensuite connectées électriquement entre elles en parallèle. Cela a pour effet
d’augmenter la capacité (mais pas la tension) de l’ensemble. La tension de l'ensemble reste égale à 2
V.
Puis, En connectant 3 ensembles en série, on obtient une batterie de tension 6 V. Puis, en
connectant 2 batteries de 6 V en série, on obtient une batterie de 12 V, etc.
Image de gauche : Connexion en parallèle de 4 paires d'électrodes permettant d'augmenter la
capacité de la batterie
Image de droite : Coffrage de l'ensemble

Connexion en série de 6 ensembles permettant d'augmenter la tension à 12 V


Photographie d'une batterie de 12 V

Fabrication des batteries au plomb > Étape


6 : Introduction de l’électrolyte

Étape 5 : Connexion en parallèle des plaques

L’étape précédente achevée, il convient de fermer la batterie grâce à un couvercle étanche


empêchant toute fuite de l’électrolyte. L’électrolyte (acide sulfurique) est introduit dans la batterie
par des ouvertures munies de bouchon au niveau du couvercle.
Image de gauche : Couvercle des batteries
Image de droite : Introduction de l'électrolyte dans les batteries

Caractéristique courant-tension d'une


batterie au plomb
Lorsque la batterie est connectée à un récepteur, la tension et le courant, résultant de la connexion
de ces deux éléments, dépendent de la caractéristique courant-tension de la batterie (et également
du récepteur).

Nous présentons dans ce chapitre l'allure de la caractéristique courant-tension d'une batterie au


plomb.

Il est à noter qu'en charge et en décharge, la batterie ne se comporte pas électriquement de la même
façon. Il est donc important de distinguer ces deux configurations.

Caractéristique courant-tension d'une


batterie au plomb pendant la décharge
En mode de décharge, la batterie se comporte un générateur. Plus précisément, elle se comporte
comme un générateur de tension dont la résistance interne est de l'ordre de 10 mΩ (voir le chapitre
"Résistance interne d'une batterie"). Par exemple, pour une batterie de tension à vide 6 V, la
caractéristique courant-tension est donnée ci-dessous :
Caractéristique courant-tension d'une batterie en mode décharge.
La tension aux U aux bornes de la batterie dépend du courant la traversant par la relation U=E-r×I
⇒ Rappel sur la définition d'un générateur de tension
Du fait de la présence de la résistance interne des batteries, il apparaît que la tension de la batterie
diminue lorsque le courant augmente. Il convient alors de clarifier ce qu’on appelle communément la
« tension » d’une batterie.
La tension d’une batterie correspond en fait à la tension à vide, c’est-à-dire lorsque le courant
traversant la batterie est nul.
Prenons cette fois-ci l'exemple d'une batterie de 12 V :

Une batterie de 12 V est une batterie dont la tension à vide est de 12 V (lorsqu’elle est chargée)
Détermination du point de fonctionnement courant-tension (U;I)
Considérons l'exemple d'une lampe électrique connectée aux bornes de la batterie de 6 V :
Le point de fonctionnement est l'intersection entre les deux caractéristiques courant-tension.
La caractéristique courant-tension d'une lampe est une parabole (courbe bleue).
Graphiquement, on trouve un point de fonctionnement IF ≈ 3.5 V et UF ≈ 6 V. Cela représente une
puissance électrique consommée PF = UF × IF = 21 W

Caractéristique courant-tension d'une


batterie au plomb pendant la charge
Pendant la charge, la batterie se comporte non-plus comme un générateur mais plutôt comme un
récepteur. En ce sens, nous pouvons tracer sa caractéristique courant-tension :
Caractéristique courant-tension d'une batterie en mode charge (Exemple d'une batterie de 12 V)
Il est important de noter que le profil de la caractéristique courant-tension de la batterie en mode de
charge est fonction de l’état de charge de celle-ci, ainsi qu'illustré ci-dessous :
Évolution de la caractéristique courant-tension en fonction de l’état de charge de la batterie (en
%)(Exemple d'une batterie de 12 V).
En mode de charge, la batterie peut se modéliser, en première approximation, comme une résistance
électrique dont la valeur augmente au fur et à mesure que son état de charge augmente.

Résistance interne d'une batterie au plomb


La résistance interne correspond à la somme de la résistance électrique des matières solides
(électrodes, connexions) et de la résistance électrolytique.
La résistance interne d’une batterie dépend :

 de sa capacité (plus le nombre et la surface des plaques augmente, plus la surface


d’échange augmente => plus la résistance interne diminue),
 de l’état de charge (lors de la décharge, du sulfate de plomb se forme sur les plaques
=> la résistance interne augmente),
 de la température (la baisse de la température augmente la viscosité de l’électrolyte =>
la résistance interne augmente),
 de la densité d’électrolyte (voir ci-dessous).

Typiquement, la résistance interne des batteries est comprise entre 5 mΩ et 50 mΩ. Les
fabricants de batterie cherchent cependant à obtenir une résistance interne la plus faible
possible.
La concentration d'acide sulfurique au sein de l’électrolyte joue un rôle important sur la
résistance interne. Le graphe ci-dessous indique la résistivité de l’électrolyte en fonction de la
concentration d’acide sulfurique :

Évolution de la conductivité de l’électrolyte en fonction de la concentration d'acide sulfurique


au sein de l’électrolyte et de la température
Aux regards des courbes ci-dessus, nous constatons que :

 Plus la température augmente, plus la résistance interne de la batterie diminue.


 Pour une concentration d'acide sulfurique comprise entre 25% et 40 %, la résistance
interne de l'électrolyte est minimale. Ainsi, les fabricants de batteries remplissent les
batteries avec un électrolyte dont la concentration en acide sulfurique est sensiblement
dans cette plage.

Évolution de la tension pendant la décharge


pendant la décharge
Au fur et à mesure que la batterie se décharge, sa tension diminue. Typiquement, le profil de
décharge est illustré sur le graphe ci-dessous.

Variation de la tension de la batterie lors de la décharge, pour différents courant de décharge


(exemple d’une batterie de 6 V de capacité nominale C20=1.3 Ah)
Aux regards des courbes ci-dessus, nous constatons que la décharge d'une batterie s'effectue
en 2 étapes :

 D’abord, la tension de la batterie est constante.


 Puis la tension de la batterie chute.

L'état de décharge totale de la batterie est alors définie par la ligne en pointillée sur le graphe.

De plus, nous constatons que plus le courant appelé est important, plus l’autonomie de la
batterie est limitée. Ainsi, sur l’exemple ci-dessus :

 La batterie peut débiter un courant de 1.3 A pendant environ 35 minutes.


 La batterie peut débiter un courant de 0.26 A pendant 4 heures => C4=1.04 Ah.
 La batterie peut débiter un courant de 0.13 A pendant 9 heures => C9=1.17 Ah.
 La batterie peut débiter un courant de 0.065 A pendant 20 heures => C20=1.3 Ah.
Ce phénomène est une conséquence de la loi de Peukert : une batterie au plomb est moins
performante pour de forts courants.

Définition de la capacité d'une batterie


La capacité d'une batterie est la quantité d'énergie électrique qu'elle est capable de restituer après
avoir reçu une charge complète, pour un régime de courant de décharge donné, une tension d'arrêt
et une température définies. Elle s'exprime usuellement en ampères-heures (Ah).

Unité de la capacité : Ah
L'unité usuelle de l'énergie est le Wh (Wattheure). Il est d'usage d'assimiler l'unité Ah à une unité
d'énergie. En effet, le passage de l'unité Ah à l'unité Wh s'effectue simplement en multipliant par la
tension U de la batterie. Comme celle-ci est constante, l'unité Ah est équivalente à l'unité Wh, à une
constante près.
La capacité des batteries est un indicateur permettant de quantifier sa capacité à délivrer un courant
maximum pendant un certain temps. La capacité d’une batterie se note CTd où Td représente une
durée en heures.
Ainsi CTd = X signifie que la batterie peut délivrer un courant d’intensité X/Td (en ampère) pendant
une durée Td (en heure). Autrement dit, en maintenant un tel courant, la décharge sera atteinte au
bout de la durée Td.
Ainsi, à partir de cette définition de la capacité d'une batterie, et en notant :

 Td : le temps de décharge de la batterie.


 CTd : la capacité de la batterie associée à l’autonomie Td.
 ITd : le courant de décharge de la batterie associée à l’autonomie Td.

Nous pouvons tirer la relation suivante liant ces trois grandeurs :

Exemple 1

C6 = 66 Ah signifie que la batterie peut fournir un courant de 66/6=11 A pendant 6 heures avant
décharge.
Attention : cela ne signifie pas que la batterie peut fournir 22 A pendant 3 heures, ou bien 5.5 A
pendant 12 heures. Il n’y a pas de relation de linéarité (voir le chapitre sur la loi de Peukert).

Exemple 2

C20 = 200 Ah signifie que la batterie peut fournir un courant de 200/20=10 A pendant 20 heures avant
décharge.
Attention : cela ne signifie pas que la batterie peut fournir 20 A pendant 5 heures, ou bien 5 A
pendant 40 heures. Il n’y a pas de relation de linéarité (voir le chapitre sur la loi de Peukert).
Capacité nominale d'une batterie
Il existe une infinité de capacité associé à une batterie. Chacune d’entre elles étant associée à une
durée de décharge.

Afin de comparer les batteries entre elle, la profession a décidé de définir une capacité nominale,
noté CN. Selon le domaine d'application de la batterie, une valeur nominale est clairement définie.
Cette capacité nominale, CN est indiqué sur les fiches techniques de batteries :

 5 h pour les batteries de traction. La capacité nominale CN est égale à la capacité C5.
 10 h pour les batteries stationnaires. La capacité nominale CN est égale à la capacité C10.
 20 h pour les batteries de démarrage. La capacité nominale CN est égale à la capacité C20.

La capacité nominale CN d'une batterie est évalué directement à l'issue de sa fabrication en usine en
effectuant une décharge "totale" : c'est le test de décharge.
La valeur de CN est donnée avec une précision de ± 5 %.
Exemple

La photographie ci-dessous représente une batterie pour automobile. Par conséquent, elle fait partie
des batteries dites de démarrage.

L'étiquette de la batterie annonce une capacité de 90 Ah. Par convention, il s'agit de la capacité
nominale CN égale à C20 (dans le cas des batteries de démarrage).

Ainsi, il faut comprendre C20 = 90 Ah. En d'autres mots, la batterie peut fournir un courant de
90/20=4.5 A pendant 20 heures avant décharge.
Dans le cadre des installations photovoltaïques autonomes, les batteries utilisées sont les batteries
stationnaires. Ainsi, lorsqu’on parle de capacité nominale, on fait référence à la capacité C10.

La loi de Peukert > Batterie au plomb


La capacité, le courant de décharge et l’autonomie de la batterie sont trois grandeurs
étroitement liées.

Dans la suite de ce chapitre, nous notons :

 Td : le temps de décharge de la batterie.


 CTd : la capacité de la batterie associée à l’autonomie Td.
 ITd : le courant de décharge de la batterie associée à l’autonomie Td.

Par définition de la capacité d'une batterie (voir chapitre traitant de la définition de la


capacité), nous pouvons écrire la relation suivante :

La loi de Peukert correspond à une deuxième relation liant l’autonomie Td et le courant


de décharge ITd de la batterie.
Afin de bien comprendre l’origine de la relation de Peukert, nous allons d’abord étudier
les données d’un fabricant de batterie. Cela va nous permettre de justifier la validité de
la Loi de Peukert. Ensuite, nous analyserons en détails les conséquences de la loi de
Peukert sur le comportement électrique d’une batterie.

Constat expérimental de la Loi de Peukert


Soit la gamme de batterie OPzS Solar du fabricant Classic (données techniques disponibles ici). La
fiche technique nous indique, pour 5 accumulateurs (de tension 2 V) de sa gamme, les capacités CTd
en fonction de l’autonomie Td :

Accumulateur C6 C10 C12 C24 C48 C72 C100 C120 C240

Accumulateur N°1 122 Ah 132 Ah 134 Ah 145 Ah 165 Ah 175 Ah 185 Ah 190 Ah 200 Ah

Accumulateur N°2 203 Ah 220 Ah 224 Ah 240 Ah 270 Ah 285 Ah 300 Ah 305 Ah 320 Ah

Accumulateur N°3 296 Ah 325 Ah 330 Ah 355 Ah 395 Ah 420 Ah 440 Ah 450 Ah 470 Ah

Accumulateur N°4 422 Ah 469 Ah 477 Ah 515 Ah 575 Ah 615 Ah 645 Ah 660 Ah 695 Ah

Accumulateur N°5 606 Ah 700 Ah 710 Ah 770 Ah 860 Ah 920 Ah 970 Ah 985 Ah 1035 Ah
Valeurs des capacités C6 à C240 pour différents accumulateurs – Les capacités sont des données
expérimentales mesurées dans des conditions de test standardisées
À partir des données ci-dessus, nous pouvons ensuite dresser le tableau donnant l’autonomie Td de la
batterie en fonction du courant de décharge ITd. En effet, il suffit d’appliquer la formule ITd=CTd /Td :

Accumulateur Td=6 h Td=10 h Td=12 h Td=24 h Td=48 h Td=72 h Td=100 h Td=120 h Td=240 h

Accumulateur N°1 20.3 A 13.2 A 11.2 A 6 A 3.4 A 2.4 A 1.9 A 1.6 A 0.8 A

Accumulateur N°2 33.8 A 22 A 18.7 A 10 A 5.6 A 4A 3A 2.5 A 1.3 A

Accumulateur N°3 49.3 A 32.5 A 27.5 A 14.8 A 8.2 A 5.8 A 4.4 A 3.8 A 2A

Accumulateur N°4 70.3 A 46.9 A 39.8 A 21.5 A 12 A 8.5 A 6.5 A 5.5 A 2.9 A

Accumulateur N°5 101 A 70 A 59.2 A 32.1 A 17.9 A 12.8 A 9.7 A 8.2 A 4.3 A

Valeurs du courant de décharge ITden fonction de l’autonomie Td, pour différents accumulateurs
Exemple de lecture du tableau
Pour l’accumulateur N°2, l’autonomie est de 24 heures pour un courant de décharge de 10 A :

Exemple de lecture du tableau


A partir de ces données, nous pouvons tracer la courbe liant le courant de décharge et l’autonomie
(grâce à un tableur de type Excel par exemple) pour chacun des accumulateurs présentés :

Courbe illustrant l’évolution de l’autonomie de la batterie en fonction de décharge


On constate évidemment que l’autonomie diminue lorsque le courant de décharge augmente.
À présent, essayons d’introduire une courbe de tendance à chacune de ces courbes (toujours grâce à
un tableur de type Excel) :
Courbe illustrant l’évolution de l’autonomie de la batterie en fonction de décharge - Détermination
d'une courbe de tendance
Nous notons donc que la fonction liant l’autonomie de la batterie au courant de décharge s’écrit sous
la forme :

Ou encore :

Où CP et n sont deux constantes qui dépendent uniquement de l’accumulateur.


Le tableau ci-dessous récapitule la valeur des constantes CP et n en fonction de l'accumulateur étudié
:

Accumulateur Valeur de CP Valeur de n

Accumulateur N°1 CP = 200.6 n = 1.16

Accumulateur N°2 CP = 345.35 n = 1.15

Accumulateur N°3 CP = 538.21 n = 1.15

Accumulateur N°4 CP = 853.15 n = 1.16

Accumulateur N°5 CP = 1385.7 n = 1.16

À travers cette étude, nous avons donc fait ressortir une relation remarquable :
Cette relation a été découverte en 1897 par le scientifique allemand Peukert. Elle est nommée la loi
de Peukert. Cette loi est valable pour tous les accumulateurs au plomb. Les paramètres CP et n
s’appellent respectivement la capacité de Peukert et l’exposant de Peukert. Ils sont propres à une
batterie.

Interprétation physique de la Loi de


Peukert
Interprétation physique de la Loi de
Peukert > La capacité de Peukert
La capacité de Peukert CP est homogène à une capacité (Ah). Physiquement, elle est égale à la
capacité de la batterie pour un courant de décharge de 1 A. Ainsi, pour une batterie donnée, la
détermination de la constante de Peukert s’effectue de la façon suivante :

 On impose un courant de décharge de ITd=1 A


 On mesure l’autonomie Td
 On calcule la capacité CTd associée par la formule CTd=ITd×Td (avec ITd=1 A et Td la
valeur mesurée)
 la constante de Peukert CP est alors égale à la capacité précédemment calculée.

La constante de Peukert est donc un indicateur de la capacité nominale de l’accumulateur. En


effet, il est possible d’exprimer la capacité de Peukert en fonction de la capacité nominale.
Reprenons les deux relations suivantes :

Dans le but d'exprimer la capacité nominale de la batterie CN, nous considérons un temps de
décharge Td = 10 heures (batterie stationnaire), on obtient les relations suivantes :

⇒ Rappel sur la capacité nominale d'une batterie

En combinant ces deux relations, on obtient :


Nous pouvons alors tracer la courbe liant la capacité nominale CN (=C10) à la capacité de
Peukert CP :

Ainsi, plus CP est grand, plus la capacité nominale de l’accumulateur est importante, et
par suite, plus l’autonomie sera importante également.

Interprétation physique de la Loi de


Peukert > L'exposant de Peukert
L’exposant de Peukert n permet de quantifier la dépendance de la capacité par rapport au
courant de décharge.

L’exposant de Peukert est toujours supérieur ou égale à 1.


Ainsi qu'illustré sur le graphe ci-dessous, plus n est grand, moins la batterie est performante
pour des courants de décharge forts :

Influence de l’exposant de Peukert sur l’autonomie de la batterie et le courant de décharge


(CP = 200 Ah).
Avec n=1, la batterie présente une autonomie de 5 heures sous un courant de décharge de 40
A.
Avec n=1.2, la batterie pourra débiter 20 A seulement pour la même autonomie (5 heures).
Une batterie idéale présente un exposant de Peukert n=1. Les fabricants de batterie essaient de
se rapprocher de 1.
Aujourd’hui, la valeur typique de n est de l’ordre de 1.15.
La détermination expérimentale de l’exposant de Peukert peut s’effectuer selon le procédé
suivant :

 On réalise une première expérience où on impose un courant de décharge ITd,1. Pour ce


courant de décharge, on mesure l’autonomie associée Td,1.
 Puis on réalise une deuxième expérience semblable mais avec un courant de décharge
ITd,2. Pour ce courant de décharge, on mesure l’autonomie associée Td,2.
 Ensuite, en appliquant la loi de Peukert, on a :
car CP est une constante qui est spécifique à la batterie et donc indépendante du courant de
décharge.

 Il convient donc ensuite de résoudre l’équation :

n étant l’inconnue. On trouve alors :

Explication chimique de la loi de Peukert


La loi de Peukert permet de quantifier la dépendance de la capacité de la batterie par rapport au
courant de décharge. Qualitativement, on la tendance suivante :

⇒ Capacité diminue
Courant de décharge augmente
⇒ Autonomie diminue

La décharge est donc d’autant plus efficace que le courant de décharge est faible. Comme la capacité
représente la quantité d’énergie que peut fournir une batterie, on en déduit que plus le courant de
décharge est important, moins la batterie fournie d’énergie. On peut donc, en ce sens, définir une
efficacité de décharge comme l’énergie fournie réellement par la batterie pour un courant de
décharge donné, par rapport à l’énergie théoriquement disponible. L’énergie théoriquement
disponible correspondrait à l’énergie que fournirait la batterie pour un courant de décharge très
faible (lorsque le courant de décharge est faible, l’énergie fournie est maximale).
L’énergie électrique que peut fournir la batterie suit donc une courbe décroissante ainsi qu’illustré ci-
dessous :
Exemple d’évolution de l’énergie fournie par une batterie, pour différentes capacité, (n=1.2) en
fonction du courant de décharge.
Ainsi, plus le courant de décharge est important, moins il y a d’énergie disponible. On est en droit de
se poser la question : où est passée l’énergie initiale ? Elle n’a pas pu se volatiliser. Tout simplement,
lorsque le courant de décharge est important, la concentration en réactif au sein de l’électrolyte au
voisinage des électrodes diminue à un rythme plus soutenue que celui du phénomène de diffusion.
Or, le phénomène diffusion au sein de l’électrolyte permet l’apport d’acide sulfurique nécessaire aux
réactions chimiques. Ainsi, on atteint le niveau de décharge plus rapidement quand a un courant plus
élevé. Mais si on attend, on constatera que la batterie se recharge car la diffusion des réactifs comble
le vide local au voisinage des électrodes.

La zone hachurée rouge est la zone dans laquelle l’acide sulfurique est consommé lors de la décharge.
Plus le courant de décharge augmente, plus la concentration d’acide sulfurique diminue au voisinage
de la cathode.
Lorsqu’il n’y plus assez d’acide sulfurique au voisinage de l’électrode, la batterie ne fournit plus de
courant : elle est considérée comme déchargée.
Il faut attendre un certain temps pour que les ions H30+ migrent à nouveau au voisinage de la
cathode.
La migration des ions au sein de l’électrolyte, par diffusion, est un phénomène lent. Ce phénomène est
responsable de la diminution de la capacité lorsque le courant de décharge est important.
En conclusion, la loi de Peukert se justifie par le fait que le phénomène de diffusion des réactifs
(ions H30+) au sein de l’électrolyte est un processus lent, limitant ainsi la capacité de la batterie
pour de fort courant.

Effets de la température sur la batterie au


plomb
La température de la batterie est un paramètre important de son fonctionnement.

Effet de la température sur la tension d'une


batterie au plomb
La tension de la batterie varie en fonction de la température. Cette variation se quantifie par un
coefficient de température KT(U) de l’ordre de 0.2 mV/°C pour un accumulateur de 2V. Lorsque la
température de la batterie augmente de 1°C, la tension de l’accumulateur augmente de 0.2 mV. A
titre indicatif, cette tendance peut notamment se justifier par la loi de NERST.
On a le tableau suivant :
Tension de la batterie (en V) dans les Coefficient de température de
Nombre d’éléments en
conditions de référence (température la batterie (en mV/°C), noté
série de la batterie
de 20°C) KT(U)

1 2V 0.2 mV/°C

3 6V 0.6 mV/°C

6 12 V 1.2 mV/°C

12 24 V 2.4 mV/°C

24 48 V 4.8 mV/°C

Le coefficient de température indiqué ci-dessus est donné pour une densité d’électrolyte de 1.28
g.cm3. En réalité, il dépend également de la densité d’électrolyte, ainsi qu’illustré ci-dessous :

Variation du coefficient de température de la tension KT(U) en fonction du pourcentage (en masse)


d’acide sulfurique au sein de l’électrolyte.
À la vue de cette courbe, on remarque le coefficient KT(U) devient négatif lorsque la concentration
d’acide sulfurique est inférieure à 5%. En condition normal de fonctionnement, la concentration
d’acide sulfurique est comprise entre 10% (batterie déchargée) et 40% (batterie chargée). Ainsi, la
valeur de KT(U) est comprise entre 0.05 mV/°C et 0.2 mV/°C, pour un élément de 2 V.

Effet de la température sur la capacité


d'une batterie au plomb
La température est un catalyseur des réactions chimiques : une augmentation de 10°C double les
cinétiques des réactions. Ainsi, l’augmentation de la température permet une amélioration de la
capacité de la batterie. On introduit donc un coefficient de température KT(C) lié à l’évolution de la
capacité en fonction de la température de la batterie. Comme les fabricants indiquent la capacité
pour une température de 20°C, le coefficient KT(C) est pris égal à 1 pour cette température. Les
valeurs des coefficients de température de la capacité sont données ci-dessous à titre indicatif :

Température : -20 °C -10 °C 0 °C 10 °C 20 °C 30 °C 40 °C 50 °C

C20 0.63 0.74 0.85 0.94 1 1.05 1.1 1.15

C9 0.58 0.68 0.81 0.91 1 1.04 1.09 1.13

C4 0.55 0.67 0.80 0.90 1 1.07 1.15 1.22

Coefficient de température de la capacité de la batterie – Colonne rouge : température de référence,


20°C

Exemple de lecture du tableau


La capacité C20, T=-10°C à -10°C est égale à 0.74 multipliée par la capacité C20, T=20°C à 20°C.
Soit : C20, T=-10°C = 0.74 × C20, T=20°C.
En d’autres mots : à -10 °C, la capacité C20 vaut 74% de la capacité C20 à 20°C.
Remarque : Attention cependant, si l’augmentation de la température améliore la capacité de la
batterie, la rapidité d’autodécharge est également accrue (voir chapitre sur l'autodécharge des
batteries).

Température de fonctionnement d'une


batterie au plomb
Pour la charge et la décharge de la batterie, la température normale d’utilisation préconisée par les
fabricants est comprise entre 10°C et 30°C.
Au-delà de 30 °C, le fonctionnement est toléré ponctuellement. En effet, il est à noter que la
température de la batterie influe fortement sur la durée de vie de la batterie. Une batterie placée
dans un environnement à 70°C présente une durée de vie de 2 ans, alors que la même batterie peut
durer 10 à 15 années sous une température de 20°C.
Limites de température de fonctionnement des batteries en mode charge et décharge
Lorsque la batterie est déconnectée, il convient de favoriser les ambiances fraiches afin de limiter
l’autodécharge de la batterie. Une température comprise entre 0°C et 20°C est conseillée.

La fabrication des cellules photovoltaïques


L'énergie solaire photovoltaïque provient de la transformation directe d'une partie du
rayonnement solaire en énergie électrique. Cette conversion d'énergie s'effectue par le biais
d'une cellule dite photovoltaïque, basée sur un phénomène physique appelé effet
photovoltaïque qui consiste à produire un courant lorsque la surface de cette cellule est
exposée à la lumière.
Deux technologies de cellules photovoltaïques sont présentes aujourd'hui :

 Les cellules dites cristallines


 Les cellules dites couches minces

Le constituant essentiel d'une cellule photovoltaïque responsable de l'effet photovoltaïque est


un semi-conducteur. Le semi-conducteur le plus utilisée aujourd'hui est le silicium. Nous
évoquerons donc uniquement le silicium dans ce cours, mais d'autres semi-conducteurs
existent telle que le sélénium, le tellure de cadnium, etc.
Dans cette partie du cours, nous étudierons le processus de fabrication d'une cellule
photovoltaïque. Le plan du cours est le suivant :

La fabrication des cellules photovoltaïques


L'énergie solaire photovoltaïque provient de la transformation directe d'une partie du
rayonnement solaire en énergie électrique. Cette conversion d'énergie s'effectue par le biais
d'une cellule dite photovoltaïque, basée sur un phénomène physique appelé effet
photovoltaïque qui consiste à produire un courant lorsque la surface de cette cellule est
exposée à la lumière.
Deux technologies de cellules photovoltaïques sont présentes aujourd'hui :

 Les cellules dites cristallines


 Les cellules dites couches minces

Le constituant essentiel d'une cellule photovoltaïque responsable de l'effet photovoltaïque est


un semi-conducteur. Le semi-conducteur le plus utilisée aujourd'hui est le silicium. Nous
évoquerons donc uniquement le silicium dans ce cours, mais d'autres semi-conducteurs
existent telle que le sélénium, le tellure de cadnium, etc.
Dans cette partie du cours, nous étudierons le processus de fabrication d'une cellule
photovoltaïque. Le plan du cours est le suivant :
Constitution des modules photovoltaïques

La définition du module photovoltaïque, selon le guide pratique UTE C15-712, est le plus petit
ensemble de cellules solaires photovoltaïques interconnectées complètement protégé contre
l'environnement :

Dans la fabrication d'un module photovoltaïque, l'encapsulation a pour but de regrouper les cellules
en série ou en parallèle afin de permettre leur utilisation à des tensions et des courants pratiques
tout en assurant leur isolation électrique et leur protection contre les facteurs extérieurs. Cette
protection doit permettre une durée de vie des modules photovoltaïques supérieure à 20 ans.
En pratique, l'encapsulation consiste à la mise en sandwich de l'ensemble constitué par les cellules et
le matériau encapsulant (EVA) entre deux plaques de verre (procédé bi-verre) ou entre une plaque
de verre et un ensemble constitué de couches minces de polymère (tedlar, mylar) et d'aluminium
(procédé mono-verre).
L'encapsulation des cellules photovoltaïques est illustrée sur la figure ci-dessous :

Le module photovoltaïque consiste en un lot de cellules photovoltaïques connectées entre elles, puis
enrobées dans une résine transparente, l'EVA.
La face arrière des cellules est recouverte d’un film multicouche composé de Tedlar et d'aluminum.
La face avant des cellules est quant à elle recouverte d’un verre.
Les connexions de sortie de la face arrière des cellules sont isolées électriquement par un film de
polymère transparent, nommé Mylar.

Cet assemblage est effectué à vide.

Le verre
Il s'agit d'un verre trempé de 4 mm d'épaisseur.
On qualifie ce verre de "verre solaire". Cela signifie que le verre a une faible teneur en fer. Ceci
permet une meilleure transmission optique. En générale, la transmission optique du verre d'un
module photovoltaïque est de l'ordre de 95 % dans la gamme utile du spectre solaire (380 nm à 1
200 nm). La face extérieure du verre, traité à l'acide fluosilicique ( H2SiF6 ), est recouverte de nano
pores qui piègent la lumière incidente et réduisent la réflexion en surface à une valeur inférieure à 8
% dans la gamme 380 nm à 1 200 nm.
En face intérieure, le verre est microstructure, augmentant ainsi le rendement par éclairage diffus.
L'EVA
L'EVA est une résine transparente enrobant les cellules photovoltaïques. Chimiquement, l'EVA est
formée de chaînes de copolymère d'éthylène et de vinyle d'acétate.
L'EVA est utilisée car ce produit présente de grande propriétés adhésive, diélectrique (c'est-à-dire
qu'il ne peut pas conduire le courant), thermique et d'étanchéité (il dispose d'un très faible taux
d'absorption d'eau). Bien entendu, l'EVA présente aussi une excellente transmission optique
(supérieure à 90% selon le type d'EVA) dans la gamme utile du spectre solaire (380 nm à 1 200 nm).
Le mylar
Le mylar, utilisé pour isoler électriquement les connexions de sortie de la face arrière des cellules, est
un film polymère transparent.
Chimiquement, il s'agit un composé de polyéthylène de téréphtalaque, de constante diélectrique très
élevée lui permettant d'être un très bon isolant électrique.
Le Tedlar
Le TEDLAR est un polymère fluoré. Le rôle majeur du TEDLAR, dans un module photovoltaïque, est la
protection de surface. En effet, le TEDLAR résistent particulièrement bien aux agressions extérieures
(UV, variations de température, atmosphères corrosives, ...), à l’abrasion ainsi qu’aux produits
chimiques.
Cadre en aluminium
Le cadre en aluminium se justifie par la haute résistance de celui-ci à l'humidité ainsi qu'aux chocs
mécaniques.
Le cadre en aluminium peut être anodisé. L'anodisation est un traitement de surface qui permet de
protéger ou de décorer une pièce en aluminium par oxydation anodique (couche électriquement
isolante de 5 à 50 micromètres). Elle octroie aux matériaux une meilleure résistance à l'usure, à la
corrosion et à la chaleur.

Sélection et assemblage des cellules photovoltaïques

Toutes les cellules composant un module photovoltaïques doivent être identiques. Ainsi, les cellules
arrivant dans une usine de production de modules photovoltaïques sont sélectionnées
individuellement. Elles sont appariées en fonction de leurs propriétés électriques.
Puis, les cellules photovoltaïques sont soudées deux à deux.
Les liaisons électriques entre les cellules :

Les cellules sont connectées entre elles par de fins rubans métalliques.
La connexion se fait du contact en face avant (-) au contact en face arrière (+).
Les rubans adhèrent par soudure à la cellule photovoltaïque grâce à une lamelle de cuivre étamé
(cuivre + étain).

Étape de lamination des modules photovoltaïques

Le processus de lamination consiste à chauffer les modules et en même temps à les plaquer pour
qu’ils deviennent très fins et sous vide.
La lamination se déroule dans un laminateur comme celui-ci :
Le laminateur dispose d'une chambre supérieure et d'une chambre inférieure.
La température et la pression de chacune de ces chambres sont contrôlées grâce à une pompe à vide
et des résistances chauffantes.
Le module photovoltaïque, qui joue le rôle de laminât, se présente dans le laminateur entre les deux
chambres.
Le cycle de lamination débute par l'introduction de l'ensemble constitué de cellules
et des matériaux encapsulants (verre, EVA, cellules, mylar, tedlar, aluminium), dans la
chambre inférieure du laminateur où la température est maintenue constante à 100
°C. La chambre supérieure, dont la paroi du bas constitue le diaphragme, est à ce
moment sous une pression de 0.1 mmHG, soit quasiment sous vide.

La lamination se fait en deux temps.


Dans une première phase, on procède au pompage de l'air se trouvant à l'intérieur de
la chambre inférieure contenant le laminât, et ce durant 5 minutes. Le niveau du vide
atteint est alors de 0.1 mmHg, il sera maintenu durant les opérations de lamination et
de polymérisation.
Dans une deuxième phase, alors que la chambre supérieure maintenue sous vide à 0.1
mmHg durant ces 5 premières minutes, elle sera mise sous pression atmosphérique en
1 minute de temps. Cette étape est désignée sous le vocable "Press time". A ce stade,
l'action conjuguée de la pression exercée par le diaphragme et l'effet de l'aspiration
conduit à chasser l'air résiduel se trouvant dans le laminât. Ceci marque la fin du cycle
de lamination.

Étape de polymérisation des modules photovoltaïques

La polymérisation s'effectue à 156 °C pendant 15 minutes.


Il s'agit d'une réaction de polymérisation de l'EVA. À l'issue de cette réaction chimique, tous les
matériaux encapsulants se lient fortement et ce d'une manière irréversible, conduisant à l'obtention
d'un ensemble compact. Après refroidissement, à 100 °C, la chambre inférieure est mise sous
pression atmosphérique alors que celle du haut revient à 0.1 mmHg.

La procédure de lamination et de polymérisation est résumé sur la figure suivante :


A la sortie du lamineur, les modules photovoltaïques sont prêts à produire de l’électricité mais non
propres à la vente. En effet, quand l’EVA et le Tedlar sont laminés, il y a de la matière en trop et donc
il faut couper l’excedent. Pour cela, l'excédent est simplement couper manuellement.
Ensuite, les boites de connexion sont collées sur la partie arrière du module photovoltaïque.
À l'issue de cette étape, les modules sont stockés et prêts à la vente.

La cellule photovoltaïque
La cellule photovoltaïque est l’élément de base d’un module photovoltaïque. Cette première partie
du chapitre s’intéresse exclusivement aux cellules, et fonde donc les bases à la compréhension du
comportement électrique des modules photovoltaïque.

Caractéristique courant-tension d'une


cellule photovoltaïque
La puissance électrique délivrée par une cellule photovoltaïque est le produit de la tension par
le courant qu’elle génère. Ces deux grandeurs, courant et tension, dépendent à la fois des
propriétés électriques de la cellule mais aussi de la charge électrique à ses bornes.
Les propriétés électriques de la cellule sont synthétisées dans un graphe qu’on appelle
caractéristique courant-tension. Tout dipôle électrique est entièrement défini par sa
caractéristique courant-tension, qui lui est propre.

⇒ Rappel sur la caractéristique courant-tension

Une cellule photovoltaïque, en tant que dipôle électrique, dispose de sa propre caractéristique
courant-tension, ainsi qu’illustré ci-dessous :

Cette caractéristique courant-tension est une relation entre la tension et le courant délivrés par
la cellule photovoltaïque.

Deux données importantes sont à relevées :

 Le courant de court-circuit noté Icc : il s’agit du courant qui traverse la cellule


photovoltaïque lorsque celle-ci est court-circuit, c’est-à-dire lorsque le pôle + est relié
au pôle – (la tension à ses bornes est alors nulle). Dans ce cas, la puissance fournie par
la cellule P = U × I est nulle.

 La tension en circuit ouvert notée Uco : il s’agit de la tension aux bornes de la cellule
lorsque celle-ci est en circuit ouvert, c’est-à-dire lorsque le pôle + et le pôle – sont
isolés électriquement de tout autre circuit électrique (le courant la traversant est alors
nul). Dans ce cas, la puissance fournie par la cellule P = U × I est nulle.

Définition du niveau d'éclairement


Le niveau d’éclairement correspond à l’intensité lumineuse incidente perpendiculairement à la
surface de la cellule photovoltaïque. Il s’agit d’une puissance et se mesure en W/m² (watt par
m²). On notera Pi le niveau d’éclairement de la cellule (ou du module).

⇒ Rappel sur l'unité de puissance Watt


Lorsque l’origine de l’éclairement est le soleil, on parle de rayonnement solaire.
Au niveau de la surface supérieur de l’atmosphère, le rayonnement reçu face au soleil est de
l’ordre de 1367 W/m² (il s’agit de la constante solaire). Cette valeur est dégradée par des
relations géométriques et par les propriétés physiques de l’atmosphère, qui limite la quantité
disponible sous nos latitudes à environ 1000 W/m² dans les meilleures conditions.
À la surface terrestre, une cellule photovoltaïque peut recevoir un rayonnement incident qui
présente 3 origines :

 Le rayonnement solaire direct


 Le rayonnement diffus qui est le rayonnement issue de toute la voute céleste. Le
spectre du rayonnement diffus est plus riche en bleu que le rayonnement direct. Les
cellules photovoltaïques sont bien sensibles au rayonnement diffus (alors que ce n’est
pas le cas pour les capteurs solaires thermiques).
 Le rayonnement réfléchi par les obstacles tels que le sol ou les nuages. Ce
rayonnement est appelé l’albédo. L’albédo d’un obstacle se quantifie par un
coefficient d’albédo sans dimension compris entre 0 et 1. Ce coefficient est le rapport
de l’énergie solaire réfléchie par l’énergie solaire incidente. Un corps noir disposerait
donc d’un coefficient d’albédo égal à 0 (aucun rayonnement n’est réfléchi), alors
qu’un miroir présenterait un coefficient d’albédo égal à 1(tout le rayonnement incident
est réfléchi).

Type de surface Valeur du coefficient d’albédo


Herbe Entre 0.15 et 0.26
Neige Entre 0.55 et 0.82
Asphalte Entre 0.09 et 0.18
Béton Entre 0.25 et 0.35
Tuiles rouges ≈ 0.33
Aluminium ≈ 0.85
Acier galvanisé ≈ 0.35

Définition du niveau d'éclairement (suite du


cours)

Le cours précédent

On appelle rayonnement globale la somme du rayonnement direct et du rayonnement diffus. Dans le


calcul du niveau d’éclairement, il faudra donc considérer le rayonnement global (direct + diffus) et
l’albédo.
Par conséquent, le niveau d’éclairement peut atteindre des valeurs supérieures à 1000 W/m² de
rayonnement solaire énoncé précédemment (direct et diffus). En France, on estime que le niveau
d’éclairement total (c’est-à-dire la somme des 3 rayonnements directs, diffus et albédo) permet
d’atteindre une valeur maximale de 1250 W/m².
Exemple 1
Ci-dessous un ciel très nuageux aux alentours d’Avignon le 5 décembre 2010 à 13 h 00.

Le rayonnement direct est nul. Le rayonnement en provenance des nuages est un rayonnement
diffus. On mesure 23 W/m² de rayonnement diffus. Le rayonnement en provenance du sol (albédos)
est de 5 W/m².
Exemple 2
Ci-dessous un ciel très clair aux alentours d’Avignon (même endroit que précédemment) le 11
décembre 2010 à 15 h 00.

Le rayonnement global (direct + diffus) mesurée est de 820 W/m². Le rayonnement en provenance
du sol (albédos) est de 74 W/m² .

Effet du niveau d'éclairement sur une


cellule photovoltaïque
Le courant débité par la cellule dépend fortement du niveau d’éclairement. On constate
expérimentalement que le courant de court-circuit est directement proportionnel à l’éclairement :
lorsque l’éclairement est multiplié par 2, le courant de court-circuit est également multiplié par 2.
Quant à la tension, celle-ci est peu sensible aux variations du niveau d’éclairement.
Sur l’exemple ci-dessous, lorsque le niveau d’éclairement est divisé par 2 (il passe de 1000 W/m² à
500 W/m²), on constate que le courant de court-circuit Icc est aussi divisé par 2 (il passe de 5 A à 2.5
A) et la tension en circuit ouvert Uco diminue de 4 %.
Au cours d’une journée, le niveau d’éclairement d’une cellule va varier entre 0 W/m² et 1000 W/m².
Il est donc important de connaître l’évolution des caractéristiques courant-tension en fonction du
niveau d’éclairement, ainsi qu’illustré sur le graphe ci-dessous :

Effet de la température sur la cellule


photovoltaïque
Le deuxième paramètre qui influence le profil de la caractéristique courant-tension d’une cellule
photovoltaïque est la température de la cellule. Une cellule photovoltaïque convertit une énergie
radiative (rayonnement) en énergie électrique avec un rendement compris en 5 % et 16 % selon la
technologie. Le reste du rayonnement non-transformé en électricité est convertit en grande partie
sous forme de chaleur, la fraction résiduelle étant réfléchie. Ainsi, une cellule photovoltaïque mal
ventilée voit sa température monter très rapidement.
On observe que la température de la cellule photovoltaïque induit un effet notable sur la tension de
celle-ci. Par contre, l’effet de la température sur le courant de la cellule photovoltaïque est
négligeable.
Il apparaît que plus la température de la cellule augmente, plus la tension à vide de celle-ci diminue.
La puissance de la cellule étant égale au produit du courant et de la tension, la même règle
s’applique sur la puissance : plus la température de la cellule augmente, plus la puissance de celle-ci
diminue.

Sur l’exemple ci-dessous, lorsque la température de la cellule augmente de 80 °C (elle passe de -10 °C
à 70 °C), on constate que le courant de court-circuit Icc augmente de 183 mA (soit une augmentation
de 3.7 %) et la tension diminue de 165 mV (soit une diminution de 24.6 %). Par voie de conséquence,
la puissance maximale de la cellule photovoltaïque diminue 28 % (passant de 2.5 W à 1.8 W).

Les cellules photovoltaïques étant destinées à fonctionner à l’extérieur, elles seront soumises à
la fois au froid intense du petit matin d’hiver et aux fortes chaleurs d’été. Il est ainsi
indispensable de connaître leurs propriétés électriques sur une large gamme de température.
En France, on considérera des températures allant de -10 °C à 70 °C. On obtient des
caractéristiques courant-tension ainsi qu’illustrée ci-dessous :
En moyenne, la tension à vide d’une cellule photovoltaïque diminue de 2 mV lorsque la
température de la cellule augmente d’un degré Celsius (peut varier d’un fabricant à l’autre),
soit un baisse de tension de 0.3 % / °C. C’est ce qu’on appelle le coefficient de température lié
à la tension, qu’on notera dans toute la suite de cet ouvrage KT(U). Ce coefficient de
température dépend notamment de la nature de la cellule (cristallin, amorphe, etc…).
Quant au courant, il augmente en moyenne de 2 mA lorsque la température augmente d’un
degré Celsius, soit une augmentation de courant de l’ordre de 0.04 %/°C ce qui reste
négligeable. C’est ce qu’on appelle le coefficient de température lié au courant, qu’on notera
KT(I).
De même, on définit un coefficient de température lié à la puissance, qu’on notera KT(P)
compris entre 0.4%/°C et 0.5%/°C.

Définition du module photovoltaïque


Un module photovoltaïque est un ensemble de plusieurs cellules photovoltaïques connectées entre
elles en série, ou plus rarement en parallèle.
Toutes les cellules composant un module photovoltaïque doivent être identiques. Les cellules sont
soudées deux à deux par un ou plusieurs collecteurs métalliques en forme de ruban. La connexion se
fait du contact en face avant (pole négatif) au contact en face arrière (pole positif). Les rubans
adhèrent par soudure à la cellule grâce à une lamelle de cuivre étamé.
Il y a en général de 36 à 72 cellules en série dans un module, mais ce nombre varie d’un fabricant à
l’autre. Le fait de connecter des cellules en série permet leur utilisation à des tensions suffisamment
élevées compatibles avec les charges électriques usuelles (onduleur par exemple).

Caractéristique courant-tension d'un


module photovoltaïque
Le profil de la caractéristique courant-tension d’un module photovoltaïque est le même que
celui d’une cellule photovoltaïque. Les cellules étant connectées en série, les tensions de
chacune des cellules s’ajoutent. Ainsi, la caractéristique courant-tension d’un module
photovoltaïque voit la valeur de la tension augmentée.

⇒ Rappel sur les conditions standard de test des modules photovoltaïques

⇒ Rappel sur la puissance crête


Sur l’exemple ci-dessous, un module est composé de 40 cellules connectées en série. Chacune
des cellules présentent les propriétés électriques suivantes dans les Conditions Standards de
Test :

 Courant de court-circuit Icc = 5 A


 Tension à vide Uco = 0.6 V
 Courant de puissance maximale IMPP = 4.45 A
 Tension de puissance maximale UMPP = 0.49 V

Ainsi, le module composé de 40 cellules en série présente les propriétés électriques (dans les
conditions STC) suivantes :

 Courant de court-circuit Icc = 5 A


 Tension à vide Uco = 0.6 × 40 = 24 V
 Courant de puissance maximale IMPP = 4.45 A
 Tension de puissance maximale UMPP = 0.49 × 40 = 19.6 V

La caractéristique courant-tension de ce module est donnée ci-dessous :


Les effets de l’éclairement et de la température sur le module sont les mêmes sur le module
que ceux énoncés sur les cellules à savoir :

 Le courant baisse lorsque le niveau d’éclairement baisse (lorsque l’éclairement est


multiplié par 2, le courant généré par le module est aussi multiplié par 2). La tension
baisse aussi lorsque le niveau d’éclairement baisse, mais de façon moins notable (la
tension est une fonction logarithmique du niveau d’éclairement).
 • La température des cellules constituant le module influe notablement la valeur de la
tension. En moyenne (cela dépend du fabricant), la tension diminue de 0.3%/°C, le
courant augmente de 0.04 %/°C et la puissance diminue de 0.4%/°C.

Savoir lire la fiche technique d'un module


photovoltaïque > Module cristallin
Les modules photovoltaïques sont testés en laboratoire dans les conditions STC. Ces tests permettent
de déterminer les propriétés électriques telles que la tension à vide Uco, le courant de court-circuit
Icc, la tension de puissance maximale UMPP et le courant de puissance maximale IMPP.

Exemple 1
→ Fabricant : SILIKEN
→ Technologie de cellules : silicium monocristallin

→ Extrait de fiche technique :

Les fabricants de modules indiquent toujours sur leur fiche technique de produit des propriétés
d’ordre générale telles que les dimensions du module ou le poids.

Ce qui nous intéresse en vue du dimensionnement des installations photovoltaïques, ce sont les
propriétés électriques des modules :
Expliquons les points importants :

Considérons le module de puissance 240 WC. La fiche technique nous apporte des
informations sur les points suivants :

1. Puissance crête du module Pc = 240 WC.


2. Rendement sous condition STC (Standard Test Conditions) : η=14.8%.

⇒ Comment calculer le rendement d'un module photovoltaïque ?

Dans cet exemple, la puissance crête vaut Pc = 240 WC, et la surface du module est
1.64×0.99=1.6236 m². D’où le rendement du module dans les conditions STC :

ηSTC=240/(1000×1.6236)
ηSTC=14.78 % ˜ 14.8 %

Ce calcul est bien cohérent avec la donnée du fabricant sur la fiche technique.

3. Facteur de forme : FF=0.753.


4. Tension de puissance maximale UMPP = 29.6 V
5. Courant de puissance maximale IMPP = 8.12 A
6. Tension à vide Uco = 37 V
7. Courant de court-circuit Icc = 8.61 A.
8. Coefficient de température de la puissance maximale : KT(P) = -0.41 %/°C. Cela
signifie que la puissance diminue de 0.984 W (0.41% × 240 = 0.984 W) lorsque la
température des cellules augmente de 1 °C.
9. Coefficient de température de la tension en circuit ouvert : KT(Uco) = -0.356 %/°C.
Cela signifie que la tension à vide diminue de 0.13 V (0.356% × 37 = 0.13 V) lorsque
la température des cellules augmente de 1 °C.
10. Coefficient de température du courant de court-circuit : KT(Icc) = 0.062 %/°C. Cela
signifie que le courant de court-circuit Icc augmente 5.3 mA (0.062% × 8.61 = 0.0053
A) lorsque la température des cellules augmente de 1 °C.
11. Température nominale de fonctionnement de la cellule : NOCT = 49°C (±2°C).

⇒ Rappel sur les conditions NOCT

Exercice : calculé la tension à vide du module dans les conditions NOCT

D’après la fiche technique, la tension à vide Uco du module dans les conditions STC est de 37
V. Cette tension est donc la tension à vide lorsque la température des cellules est de 25°C
(conditions STC).
Nous savons que lorsque la température augmente, la tension à vide diminue. Le but de cet
exercice est de calculer la tension à vide dans les conditions NOCT, c’est-à-dire pour une
température de cellule de 49°C (voir point 12 de la fiche technique).
Un coefficient de température KT(U) permet de connaître la variation de la tension en
fonction de la température. La fiche technique nous donne : KT(U)=-0.356 %/°C (KT(U) est
négatif car la tension diminue lorsque la température augmente).
La tension diminue donc de 0.356 % lorsque la température augmente de 1°C. IMPORTANT
: ce pourcentage s’applique à la tension à vide indiquée sur la fiche technique.
On calcul : 0.356/100 × 37 = 0.13172 V.
On en déduit que la tension diminue de 0.13172 V lorsque la température augmente de 1°C.
Donc, lorsque la température augmente de 24 °C (différence entre 49°C et 25°C), la tension
diminue de 24×0.13172 = 3.16128 V.
Par conséquent, la tension à vide du module dans les conditions NOCT vaut : Uco(NOCT)=
37 - 3.16128 ≈ 33.84 V

Savoir lire la fiche technique d'un module


photovoltaïque > Membrane amorphe
Les modules photovoltaïques sont testés en laboratoire dans les conditions STC. Ces tests permettent
de déterminer les propriétés électriques telles que la tension à vide Uco, le courant de court-circuit
Icc, la tension de puissance maximale UMPP et le courant de puissance maximale IMPP.

Exemple 2
→ Fabricant : SolarIntegrated
→ Technologie de cellules : silicium amorphe
→ Extrait de fiche technique :

Étudions en détail cette fiche technique :

Considérons le module de puissance 544 Wc. La fiche technique nous apporte des
informations sur les points suivants :

1. Puissance crête : Pc = 544 WC


2. Tension à vide Uco = 185 V
3. Tension de puissance maximale UMPP = 132 V
4. Courant de court-circuit Icc = 5.1A
5. Courant de puissance maximale IMPP = 4.13 A
6. Coefficient de température de la puissance maximale : KT(P) = -0.21 %/°C. Cela
signifie que la puissance diminue de 1.14 W (0.21% × 544 = 1.14 W) lorsque la
température des cellules augmente de 1 °C.
7. Coefficient de température de la tension en circuit ouvert : KT(Uco) = -0.38 %/°C.
Cela signifie que la tension à vide diminue de 0.70 V (0.38% × 185 = 0.70 V) lorsque
la température des cellules augmente de 1 °C.
8. Coefficient de température de la tension de puissance maximale : KT(UMPP) = -0.31
%/°C. Cela signifie que la tension à vide diminue de 0.41 V (0.31% × 132 = 0.41 V)
lorsque la température des cellules augmente de 1 °C.
9. Coefficient de température du courant de court-circuit : KT(Icc) = 0.10 %/°C. Cela
signifie que le courant de court-circuit Icc augmente 5.1 mA (0.10% × 5.1 = 0.0051 A)
lorsque la température des cellules augmente de 1 °C.
10. Coefficient de température du courant de puissance maximale : KT(IMPP) = 0.10 %/°C.
Cela signifie que le courant de court-circuit Icc augmente 4.1 mA (0.10% × 4.13 =
0.0041 A) lorsque la température des cellules augmente de 1 °C.
11. Cette colonne indique les majorations à prendre en considération pendant les 10
premières semaines de fonctionnement du module photovoltaïque.

Stabilisation des modules amorphes

Nous savons que les modules amorphes délivrent une puissance beaucoup plus élevée durant
les premiers mois de fonctionnement que celle communiquée par le fabricant. Les propriétés
électriques indiquées sur les fiches techniques des modules en silicium amorphe prennent en
compte la baisse prévisionnelle (liée à cette technologie) des valeurs, après stabilisation. Cela
pose des problèmes pour le dimensionnement d’une installation photovoltaïque : les
composants et appareils électriques annexes risquent d’être sous-dimensionnés pendant les
premières semaines de production. Ainsi, les fabricants préfèrent annoncer clairement les
variations de puissance, de tension et de courant durant les premières semaines de mise en
service du module.
Dans l’exemple étudié ici, nous constatons que la puissance crête, la tension de puissance
maximale, le courant de court-circuit et le courant de puissance maximale sont majorés
respectivement de 15 %, 11 %, 4% et 4 % durant les 10 premières semaines de
fonctionnement.
Remarque : on constate que les pertes de puissance par élévation de la température (KT(P)=-
0.21 %/°C) sont presque moitié moindres en amorphe qu’en cristallin (KT(P)=-0.41 %/°C →
fiche technique de l’exemple 1).

Le régulateur photovoltaïque
Le régulateur occupe une place essentielle et indispensable au sein d’une installation photovoltaïque
autonome.
Définition d’un régulateur : D’un point de vue général, un régulateur est un outil permettant de
maintenir l’état d’une grandeur égale à une valeur consigne. Dans le domaine de l’électronique, un
régulateur est un organe électronique qui maintient une grandeur physique égale une valeur
consigne. Nous pouvons citer les régulateurs suivants :
Type de régulateur Fonction

Régulateur de vitesse Maintient la vitesse constante

Régulateur de pression Maintient une pression constante

Régulateur de lumière Maintient une intensité lumineuse constante

Régulateur de tension Maintient une tension constante

Régulateur de courant Maintient un courant constant

Dans le cadre des installations photovoltaïques autonomes, la tension fournie par le champ
photovoltaïque est une tension fluctuante (la tension du champ photovoltaïque dépend de la
température et de l’ensoleillement).
Or, l’alimentation des récepteurs électriques, d’une part, et la charge de la batterie, d’autre part, ne
peuvent se faire sous une tension fluctuante. Ainsi, il convient de mettre en place un régulateur de
tension.
Le régulateur de tension doit donc transformer la tension continue fluctuante en une tension
continue non-fluctuante compatible avec les récepteurs électriques (équipements électrique et
batteries).

Rôle du régulateur photovoltaïque


Dans une installation photovoltaïque autonome, le régulateur de tension doit assurer, vis-à-vis de la
batterie, une fonction majeure : gérer la charge de la batterie.
Également, et afin d’améliorer la qualité de l’installation photovoltaïque autonome, il est fortement
conseillé d’implanter des fonctions de protections électroniques de la batterie. Ainsi, en plus de la
régulation en tension, il est vivement recommandé que le régulateur assure aussi la fonction
suivante : protection de la batterie contre la décharge profonde.
Par ailleurs, compte-tenu des spécificités des batteries au plomb (notamment des tensions de
charge), tous les régulateurs de tension ne sont pas adaptés aux installations photovoltaïques
autonomes. Il convient de choisir un régulateur adapté spécifiquement à ce type d’installation
solaire. Ce type de régulateur est communément appelé régulateur photovoltaïque.
Nous présentons ci-après les différentes fonctions du régulateur photovoltaïque.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge
Lorsque la batterie est en mode de charge, elle se comporte comme un récepteur et non-plus
comme un générateur. La charge d’un accumulateur au plomb consiste à forcer une réaction
d’oxydoréduction par électrolyse (c’est-à-dire grâce à un générateur électrique).Dans le cas
des accumulateurs au plomb, une tension minimum théorique de 2V par élément* est requise
pour enclencher cette réaction. Ainsi, lorsque la tension imposée aux bornes de
l’accumulateur est inférieure à 2V, aucun courant de charge ne circule. Lorsque la tension
imposée dépasse 2V, un courant de charge apparaît.

*2 V par élément : si la batterie est constituée de 6 éléments en série, une tension de 12 V est
nécessaire.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Tensions et courants de charge
Comme tout récepteur électrique, il est possible de tracer la caractéristique courant-tension
d’un élément d’accumulateur en mode de charge :
Caractéristique courant-tension d’un accumulateur au plomb (1 élément) en mode de charge
Ainsi, en imposant une tension de 2V, on obtient théoriquement un courant de charge non-nul,
ainsi qu’illustré ci-dessous :
Graphe de gauche : Lorsque la tension imposée aux bornes de l’accumulateur est inférieure à
2V, aucun courant de charge n’apparaît.
Graphe de droite : Apparition du courant de charge lorsque la tension imposée aux bornes de
l’accumulateur dépasse 2V.
Il est important de noter que le profil de la caractéristique courant-tension de la batterie en
mode de charge est fonction de l’état de charge de celle-ci, ainsi qu’illustré ci-dessous :
Évolution de la caractéristique courant-tension en fonction de l’état de charge de la batterie
(en %), pour un élément de batterie de 2 V
En mode de charge, la batterie peut se modéliser, en première approximation, comme une
résistance électrique dont la valeur augmente au fur et à mesure que son état de charge
augmente.
Par conséquent, au fur et à mesure que la batterie se charge, le courant de charge diminue
également (si on impose une tension constante aux bornes de la batterie) :
Évolution du courant de charge en fonction de l’état de charge de la batterie (en %), pour un
élément de batterie de 2 V
Lorsque l’état de charge atteint 100%, le courant de charge est nul, quelque soit la tension
qu’on applique aux bornes de la batterie. Cela est normal puisque les électrodes sont
entièrement reconstituées : la batterie se comporte comme une résistance infinie.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Processus de charge normale
Le processus de charge s’effectue en trois étapes. On l’appelle procédé IoUoU :

 I comme courant : pendant cette 1ère étape, on maintient un courant constant.


 U comme tension : pendant cette 2ème phase, on maintient une tension constante.
 U comme tension : pendant cette 3ème phase, on maintient une tension constante
légèrement supérieure à la précédente.

Nous citons également une 4ème étape qui consisterait à maintenir en charge la batterie.
Nous résumons les 4 étapes du processus de charge normale sur le graphe ci-dessous :

Processus de charge normal d'une batterie au plomb, pour un élément de batterie de 2V

Nous présentons, ci-après, plus en détails


chacune de ces étapes.
Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer
la charge > Processus de charge normale >
Étape 1 : Charge à courant constant
Pendant cette étape, le régulateur impose un courant constant à travers la batterie. Sa valeur
est proche du courant maximale admissible par la batterie, et indiquée par le fabricant sur la
fiche technique. Typiquement, ce courant maximum de charge vaut 25% × C10. Cependant,
par mesure de sécurité, les régulateurs imposent un courant initial de charge plutôt compris
entre 15% et 18 % de C10. Par exemple, une batterie dont la capacité nominale C10 = 1000 Ah
sera chargée avec un courant initiale compris entre 150 A et 180 A en fonction de la
configuration du régulateur. Ce courant initial de charge est imposé pendant environ 4 heures.
D’après les caractéristiques courant-tension de la batterie en mode de charge, si le courant est
constant, alors la tension aux bornes de la batterie va augmenter au fur et à mesure que l’état
de charge augmente. Cette tension ne doit pas dépasser une certaine limite, sinon l’électrolyse
de l’eau, qui est une réaction parallèle à la charge, va devenir trop importante et dégager trop
de gaz, ce qui risque de provoquer des problèmes d’explosion ou d’étanchéité sous l’effet de
la pression. La tension maximale à ne pas dépasser lors de cette étape est de l'ordre de 2.2 V
pour un élément de batterie de 2 V.

Cette étape de charge à courant constant est très importante car, à l’issue de cette phase, l’état
de charge de la batterie se situe dèjà entre 60% et 70%.

Au fur et à mesure que la batterie se recharge sous un courant constant, la tension aux bornes
de la batterie augmente. Typiquement, la tension atteint la valeur maximale lorsque l’état de
charge est environ de 65 % (ci-dessus, illustration de charge à courant constant pour un
élément de batterie de 2V)

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Processus de charge normale >
Étape 2 : Charge à tension constante
Une fois que la tension maximale a été atteinte, il n’est plus possible de maintenir le courant
constant sous peine de voir un dégagement gazeux excessif au sein de la batterie. Ainsi, le
régulateur change de procédé en imposant, cette fois-ci, la tension constante. La valeur de
cette tension est égale à la valeur maximale, soit environ 2.2 V par élément. La charge de la
batterie continue donc. Au fur et à mesure qu’elle se charge, le courant diminue et tend vers 0
lorsque l’état de charge est de 100 %.

Au fur et à mesure que la batterie se recharge sous une tension constante, le courant circulant
à travers la batterie diminue et tend vers 0 en même temps que l’état de charge tend vers 100
% (ci-dessus, illustration de charge à tension constante pour un élément de batterie de 2V)
Les étapes 1 et 2 sont résumées sur le schéma ci-dessous :
Processus de la charge de la batterie gérée par le régulateur > Récapitulatif des étapes 1 et 2
(ci-dessus, illustration de charge à coourant puis à tension constants pour un élément de
batterie de 2V)

La charge à tension constante dure environ 6 heures.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Processus de charge normale >
Étape 3 : Légère gazéification
En fin de charge de la batterie, c’est-à-dire lorsque son état de charge est de 100 %, le
régulateur augmente légèrement la tension aux bornes de la batterie. Typiquement, on passe
d’une tension de 2.2 V à une tension de 2.3 V (par élément). Cela permet d’accélérer la
réaction d’électrolyse de l’eau, produisant ainsi des bulles de gaz (dihydrogène et dioxygène)
au sein de l’électrolyte. Ce processus volontaire permet de mélanger l’électrolyte évitant ainsi
les phénomènes de stratification de l’acide sulfurique au fond du bac d’électrolyte.
En dégageant du dihydrogène gazeux et du dioxygène gazeux, la réaction d’électrolyse de
l’eau permet de brasser l’électrolyte et d’éviter le phénomène de stratification de l’acide
sulfurique (ci-dessus, illustration du phénomène pour un élément de batterie de 2 V)

La tension de dégazage est entre 2.3 V et 2.6 V par éléments.


Le courant de fin de charge assurant le dégazage est de l’ordre de 5% × C10.
La phase de dégazage dure typiquement 3 heures.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Processus de charge normale >
Étape 4 : Maintien en charge
Dans une installation photovoltaïque autonome, les batteries ne sont sollicitées uniquement
lorsque le champ photovoltaïque ne fournit pas suffisamment d’énergie électrique pour
alimenter les équipements électriques. Typiquement, cela se produit le matin, le soir, la nuit et
ponctuellement la journée.

En dehors de ces périodes, la batterie est déconnectée par le régulateur : elle est en circuit
ouvert :

Batterie en circuit ouvert

Théoriquement, la batterie ne peut pas se décharger (aucun électron ne peut transiter entre les
eux électrodes). En pratique, on constate une autodécharge de la batterie (explication du
phénomène d'autodécharge) et illustré par le graphe ci-dessous :
Durées d'autodécharge d'une batterie en fonction de la température de la batterie

Le régulateur doit donc également assurer le maintien en charge de la batterie. Pour cela, la
technique traditionnelle utilisée est le « floating ». Le phénomène d’autodécharge est
compensé en imposant une tension de l’ordre de 2.15 V par éléments. Par exemple, une
batterie de 12 V, comportant 6 éléments, présentera une tension de maintien en charge de 12.9
V.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Processus de charge rapide
La rapidité de la charge est limitée par la lenteur du phénomène de diffusion des réactifs au
sein de l’électrolyte mais également à cause des phénomènes de réactions chimiques
secondaires, dont notamment l’électrolyse de l’eau. Cette dernière impose une tension de
charge inférieure à 2.2 V par éléments, sous peine de dégager un volume de gaz trop
important.

De ce fait, le temps de charge classique IoUoU, illustré précédemment, dure environ 13 h


pour passer d’un état de charge de 0% à 100%.

Pour diminuer la durée de charge des batteries, il convient d’augmenter le courant de charge.
Mais cela pose le problème du dégagement gazeux excessif dû à l’électrolyse de l’eau (et
également des autres réactions secondaires).
Une méthode de charge rapide consiste à augmenter la tension de charge au-dessus de la
tension de dégagement gazeux, de façon périodique et ponctuelle. Le dégagement gazeux se
produit alors de façon périodique, mais celui-ci doit être bien contrôlé pour éviter des
dommages à la batterie. Ce processus, appelé aussi dé stratification précoce, permet de
réduire la durée de charge à 4 heures.
D’autres procédés encore plus rapides permettent de réduire à 1 heure la durée de charge.
Nous n’en parlerons pas dans ce cours, mais il est à noter qu’un brevet EDF/Université
Montpellier II a été déposé en 2008.
Notons également que, dans le cas des installations photovoltaïques autonomes, la durée de
charge (de l’ordre de 13 heures) du système classique IoUoU est suffisante compte-tenu de la
durée journalière d’ensoleillement et également du fait qu’une décharge totale est très rare.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la charge > Compensation en température
Pendant l’étape de maintien en charge de la batterie, il peut se produire le phénomène dit
d’emballement thermique.
L’emballement thermique d’une batterie intervient lorsque la production de dioxygène et de
dihydrogène est trop importante. En effet, la tension de maintien en charge de la batterie
favorise l’électrolyse de l’eau, produisant du dioxygène et du dihydrogène gazeux. Dans les
batteries étanches à recombinaison de gaz, les bulles de gaz sont piégées et diffusent l’un vers
l’autre afin d’y être recombinés en eau. Cette transformation du dihydrogène et du dioxygène
en eau est une réaction exothermique, c’est-à-dire qui dégage de la chaleur. Or, l’électrolyse
de l’eau est d’autant plus importante que la température est élevée (la température est un
catalyseur des réactions chimiques). Ainsi, plus la température est élevée, plus la production
de dihydrogène et de dioxygène est importante, plus la recombinaison de ces deux éléments
en eau est importante, plus le dégagement de chaleur est important, et plus la température de
la batterie augmente, et ainsi de suite. On assiste donc à un emballement thermique de la
batterie.
Ce phénomène est nettement moins marqué dans les batteries ouvertes, où le dihydrogène et
le dioxygène sont évacués naturellement hors de la batterie : il ne peut pas y avoir de
recombinaison de ces deux gaz au sein de la batterie, évitant ainsi l’emballement thermique.
Afin d’éviter l’emballement thermique, il convient de diminuer la tension de maintien en
charge de la batterie lorsque la température augmente. Typiquement, il convient d’abaisser de
3 mV/°C, pour un élément de 2 V. Par exemple, pour une batterie de 12 V (composé de 6
éléments de 2 V), il convient d’abaisser la tension de maintien en charge de 3 × 6 = 18
mV/°C.
Il est donc vivement recommandé que la variation de la tension de maintien en charge soit
gérée par le régulateur. Il convient, en ce sens, de disposer d’une sonde de température collée
à la batterie, et connectée au régulateur, afin que celui-ci puisse adapter la tension de maintien
en charge en fonction de la température.

Rôle du régulateur photovoltaïque > Gérer


la décharge : éviter la décharge profonde
Une décharge trop profonde, ainsi qu’expliqué dans le chapitre "La production de sulfate de
plomb", provoque une sulfatation excessive des électrodes. A terme, une couche isolante de
sulfate de plomb empêche les réactions chimiques de se produire. L’accumulateur devient
alors inutilisable, ou tout du moins voit sa capacité fortement chuter.
La décharge ne doit donc pas être trop profonde. Ainsi, le régulateur doit protéger les batteries
contre le risque de décharge profonde. La régulation est effectuée par rapport à la tension de
la batterie.

Typiquement, la capacité résiduelle de la batterie ne doit pas descendre en dessous de 20 % de


sa capacité initiale. Ce seuil de décharge profonde correspond à peu près à une tension de la
batterie de 1.75 V par éléments, mais cela dépend en fait du courant de décharge, ainsi
qu’illustré sur le tableau ci-dessous, pour une batterie de 12 V :
Courant de décharge en A
0.1 0.2 0.3 0.6 [0.6 ; 3] > 3
(exprimé par rapport à la capacité
C10 C10 C10 C10 C10 C10
nominale C10) :
1.75 1.65
Tension d’arrêt en V : 1.7 V 1.6 V 1.5 V 1.3 V
V V
Tension d’arrêt déterminée en fonction du courant de décharge (pour un élément de 2V)

La tension d’arrêt permet de déterminer le seuil de décharge profonde. Ainsi, dès que le
régulateur détecte la tension d’arrêt, il déconnecte la batterie des équipements électriques, ce
qui permet d’éviter la décharge profonde et les conséquences néfastes sur la durée de vie de la
batterie. C’est ce qu’on appelle le délestage. Il s’agit donc d’une procédure de sécurité
permettant de protéger la batterie.

En général, les régulateurs sont réglés pour une déconnection de la batterie lorsque sa tension
atteint 1.75 V par éléments.

Par exemple, pour une batterie de 12 V (composée de 6 éléments de 2 V), l’évolution de sa


tension au cours de la décharge est illustrée ci-dessous :
Evolution de la tension d’une batterie de 12 V au cours de la décharge, pour différents
courants de décharge

Rôle du régulateur photovoltaïque >


Indiquer l'état de l'installation
photovoltaïque
Mesures instantanées
En option, le régulateur peut à tout moment afficher différents paramètres d’état de l’installation
photovoltaïque autonome, à savoir :

 La tension de la batterie.
 Le courant de charge (lorsque la batterie est en charge).
 Le courant d’utilisation, c’est-à-dire le courant appelé par les équipements électriques.

Cela permet un control visuel de l’installation par l’utilisateur.


Acquisition des données
Egalement, un système d’acquisition et de sauvegarde des données journalières peut permettre
d’analyser le comportement de l’installation depuis sa mise en service :

 La production électrique photovoltaïque, en kWh.


 La consommation électrique journalière des équipements électriques, en kWh.
 Les tensions minimales et maximales journalières aux bornes de la batterie.

Cela permet de constater d’éventuelles anomalies de fonctionnement de l’installation.

Performance d'une installation


photovoltaïque autonome
Cette partie traite de la performance d’une installation photovoltaïque autonome.

Gisement solaire
Pour produire un maximum d'électricité, un module photovoltaïque doit être positionné
de façon perpendiculaire aux rayons du soleil. Ceci est très généralement impossible à
obtenir car la position du soleil varie constamment en fonction de l'heure de la journée
et de la période de l’année.

Il est possible de concevoir des systèmes capables de suivre la trajectoire du soleil. Des
modules photovoltaïques sont installés en haut d’un mât rotatif et suivent la trajectoire
du soleil afin d’emmagasiner le maximum d’énergie. Ils sont généralement installés au
sol.

Sur toiture, l'inclinaison du module est imposée par la pente de la toiture :


Effet de l'orientation des modules
photovoltaïques
En France, et plus généralement dans tout l'hémisphère nord, l'orientation plein sud est la
meilleure orientation possible pour un module photovoltaïque. C'est avec cette orientation
qu'il produira le maximum d'électricité.

Toiture double-pente orientation nord-sud


L’exemple ci-dessous est une maison disposant d'un toit double-pente classique. Un pent du
toit est orienté plein sud, l'autre est orientée vers le nord.
La face SUD de la toiture est la plus soumise au rayonnement solaire au cours de l'année. Il
paraît évident de l'équiper en modules photovoltaïques.

La pose de modules sur la face NORD de la toiture est moins évident. Sur l'exemple ci-
dessous, compte-tenu de l'inclinaison de la toiture, la pose de modules photovoltaïques sur la
face NORD n'est pas pertinent. Dans d'autres circonstances (inclinaison de la toiture moins
importante), une étude de faisabilité par un bureau d'études serait nécessaire.

Toiture mono-pente orientation sud


L’exemple ci-dessous est une maison disposant d’un toit mono-pente orienté plein sud :

Il s'agit du cas idéal car toute la surface du toit est exploitable.


Toiture mono-pente orientation nord
L’exemple ci-dessous est une maison disposant d’un toit mono-pente orienté plein sud :

Il s'agit de la pire situation. Il n'est pas raisonnable d'installer des modules photovoltaïques. La
production électrique serait trop faible pour rentabiliser l'installation. Une étude de faisabilité
par un bureau d'études serait nécessaire.

Toiture double-pente orientation est-ouest


L’exemple ci-dessous est une maison disposant d'un toit double-pente classique. Il s’agit
d’une orientation dite EST-OUEST :
L'intégralité des deux toitures est exploitable.

Effet de l'inclinaison des modules


photovoltaïques
L'inclinaison correspond à la pente du module par rapport à l'horizontale. Elle se mesure en ° :

 Une inclinaison de 0° signifie que le module est à plat.


 Une inclinaison de 90° signifie que le module est à la verticale.

Angle d'inclinaison optimale des modules


photovoltaïques
Le réseau étant considéré comme une charge illimitée, les installations photovoltaïques
raccordées au réseau doivent produire un maximum d’électricité.

Le but d’une installation photovoltaïque raccordée au réseau est de produire un maximum


d’électricité (cette électricité sera injectée dans le réseau). Il existe une inclinaison optimale
permettant de capter un maximum d’irradiation solaire tout-au-long de l’année.

L’inclinaison optimale est théoriquement fonction de la latitude du lieu. Aux latitudes


françaises (comprises entre 42° et 51° NORD), l’inclinaison optimale est comprise entre 30°
et 36°.

La théorie voudrait qu’à l’extrême sud, l’inclinaison optimale soit de 30° et qu’elle soit de 36°
à l’extrême nord. En pratique ce n’est pas le cas. E effet, les données météorologiques,
relevées expérimentalement, permettent de prendre en compte la nébulosité dans le calcul de
l’inclinaison optimale. Ainsi, pour une même latitude, l’angle d’inclinaison optimal peut être
différent à cause des conditions météorologiques particulières.

Le tableau suivant donne l’inclinaison optimale des modules photovoltaïque en fonction des
villes :

Ville Inclinaison optimale (°)


Ajaccio 32 °
Auxerre 33 °
Bordeaux 33 °
Brest 34 °
Grenoble 36 °
Lyon 30 °
Marseille 36 °
Montpellier 34 °
Nancy 32 °
Nantes 36 °
Nice 35 °
Paris 33 °
Strasbourg 32 °
Ville Inclinaison optimale (°)
Toulouse 34 °

Pertes par rapport à la configuration


optimale
Nous avons donc vu que l’inclinaison optimale des modules est comprise entre 30° et 36°. De
même, l’orientation optimale est de 0° (plein SUD) en France (et plus généralement dans tout
l’hémisphère NORD).

Ainsi, l’irradiation solaire reçue (et par voie de conséquence la production électrique de
l’installation) sera maximale lorsque les modules se présentent dans la configuration optimale
(inclinaison comprise entre 30° et 36°, orientation plein SUD). Dès qu’on s’éloigne de cette
configuration optimale, l’irradiation solaire reçue diminue et par suite la production électrique
de l’installation photovoltaïque diminue aussi.

Afin de quantifier cette perte relative à l’inclinaison et à l’orientation des modules


photovoltaïques, un coefficient nommé coefficient trigonométrique a été introduit. Dans cet
ouvrage, on notera le coefficient trigonométrique TRIGO.

Le coefficient trigonométrique est un nombre compris entre 0 et 1 (ou entre 0 et 100 %). Il
vaut 1 (valeur maximale) lorsque les modules sont dans la configuration optimale.

Le tableau ci-dessous donne la valeur du coefficient trigonométrique en fonction de


l’inclinaison et l’orientation des modules photovoltaïques, à Nice :

La valeur du coefficient trigonométrique dépend de la zone géographique du site. Nous avons


traité l’exemple de Nice. Les valeurs indiquées dans ce tableau donnent cependant un bon
ordre de grandeur pour les autres zones géographiques en France.

Exemple de lecture du tableau

Si les modules sont orientés à -45 ° (sud-ouest) et inclinés à 20°, alors le coefficient
trigonométrique vaut : TRIGO = 0.94 :
Cela signifie que cette configuration (inclinaison 20° et orientation sud-ouest) permet de
produire 94% de la production maximale (configuration optimale). En d’autres mots, cette
configuration induit une perte de 6 % par rapport à la configuration optimale (inclinaison 35°
et orientation plein sud).

Effet de la localisation des modules


photovoltaïques
La production électrique d'un module photovoltaïque est fonction du rayonnement solaire
reçu par celui-ci : plus le rayonnement reçu est important, plus la production électrique est
importante.

La carte ci-dessous donne l’énergie radiative reçu pendant 1 an par une surface plane, d’une
surface d’un m², perpendiculaire aux rayons du soleil, noté Ei et exprimé en kWh/m²/an :
Exemple de lecture de cette carte

Ei est l’irradiation solaire annuelle reçue par une surface plane d’un m² perpendiculaire aux
rayons du soleil.

1 m² de surface perpendiculaire aux rayons du soleil installé à Toulon recevra environ 2500
kWh d’énergie radiative solaire tous les ans.

Au vue de la carte d'irradiation solaire, plusieurs constatations :


 Globalement, l’irradiation est plus importante dans le sud que dans le nord
 La diversité des climats de chaque région influence sur l’irradiation solaire reçu.
Ainsi, pour une même latitude, l’irradiation peut changer en fonction de la longitude.
Par exemple, Toulouse et Arles sont situées sur la même latitude (43.4° NORD) mais
sur des longitudes différentes (Arles : 4.62° EST ; Toulouse : 1.22° EST). Cependant,
l’irradiation annuelle à Toulouse est environ de 1500 kWh/m²/an alors que
l’irradiation à Arles est de 1900 kWh/m²/an.
 Le pourtour méditerranéen présente une très forte irradiation de l’ordre 2500
kWh/m²/an soit environ 2 fois plus que dans le nord
 La moitié nord de la France présente une irradiation de l’ordre de 1000 kWh/m²/an

Qualité d'une installation photovoltaïque


autonome
D’un point de vue qualitatif, qu’attend-on d’une installation photovoltaïque autonome ? Nous
attendons qu’elle alimente de façon fiable les équipements électriques. Nous rappelons que la seule
source d’énergie est l’énergie électrique issue du champ photovoltaïque. Ainsi, il est nécessaire que
cette énergie soit fournie aux équipements électriques le plus efficacement possible. En ce sens, il
convient de distinguer deux processus spécifiques aux installations photovoltaïques autonomes :

 L’alimentation directe et instantanée des équipements électriques par le champ


photovoltaïque, qu’il convient de favoriser.
 L’alimentation des équipements électriques par l'intermédiaire du parc de batteries, lorsque
le champ photovoltaïque ne produit plus assez d’électricité (la nuit par exemple), qu’il
convient d’éviter.

Un paramètre d’amélioration de la performance d’une installation photovoltaïque autonome est le


phasage entre les périodes consommation et de production. En effet, les batteries au plomb sont
sensibles aux répétitions de cycle charge ⇔ décharge. Ainsi, il est préférable de conserver une
batterie constamment chargée. Celle-ci n’est ainsi sollicitée que ponctuellement et permet
d’augmenter sa durée de vie.

Cependant, ce paramètre n’est pas contrôlable par le concepteur de l’installation. Par ailleurs, il
s’agit d’une faiblesse intrinsèque aux installations photovoltaïques autonomes : les périodes de
consommation ne correspondent pas tout-à-fait aux périodes de production.

Cas d'une maison individuelle


Typiquement, on a le graphe suivant :

Production électrique potentielle Vs Consommation électrique (dans le cas d’une habitation)

On constate que la consommation électrique intervient essentiellement le matin (lorsque les usagers
se lèvent) et le soir (quand ils rentrent chez eux). Or, la production électrique potentielle du champ
photovoltaïque est maximale au cours de la journée. Ainsi, avec ce scénario, c’est la batterie qui
fournie l’énergie aux équipements électriques. Par conséquent, elle se décharge pendant les
périodes de consommations. Puis, c’est le champ photovoltaïque qui la charge pendant la journée.

Sollicitations de la batterie (dans le cas d’une habitation)

Techniquement, cela ne pose pas de problème majeur hormis que la batterie subit jour après jour
des cycles de charge et de décharge, qui pénalise sa durée de vie. Pour rappel, une batterie présente
un nombre de cycle charge ⇔ décharge de l’ordre de 1 500 cycles.

Ainsi, il est important que les usagers changent quelques habitudes de consommation. Par exemple,
la machine à laver peut être mise en route la journée lorsque l’ensoleillement est maximum. De ce
fait, on ne sollicite pas la batterie, car l’électricité produite par le champ photovoltaïque est
directement consommée par la machine à laver.

Cas d'un bâtiment tertiaire


Ce problème de déphasage entre les périodes de consommation et de production est moins présent
dans le cas des bâtiments tertiaires. En effet, ceux-ci présentent une activité diurne induisant des
consommations électriques importantes pendant les périodes d’ensoleillement.

Lorsque la consommation électrique est en phase avec la production électrique du champ


photovoltaïque, la batterie est moins sollicitée et dure plus longtemps (dans le cas d’un bâtiment
tertiaire)

Au-delà de ce paramètre difficilement contrôlable, la qualité d’une installation photovoltaïque


autonome passe par la qualité des éléments la constituant, à savoir :
 Les modules photovoltaïques.
 La batterie.
 Le régulateur.
 L’onduleur.
 Les câbles.
 Les équipements électriques.

 Rendement des modules photovoltaïques


 Les modules sont constitués de cellules photovoltaïques. Ce sont les cellules
photovoltaïques qui convertissent l’énergie radiative solaire en énergie électrique.
Cette conversion est effectuée avec un rendement qui est compris entre 5 % et 19 %
suivant la technologie.

Technologie Rendement
SILICIUM MONOCRISTALLIN Entre 14 % et 19 %
SILICIUM POLYCRISTALLIN Entre 10 % et 15 %
SILICIUM AMORPHE Entre 5 % et 10 %
 Un module étant constitué de plusieurs cellules connectées en série (ou plus rarement
en parallèle), le rendement des modules se trouve quelque peu amoindri de 2 à 3
points par rapport au rendement des cellules.

 Rendement théorique des modules


photovoltaïques
 Le rendement indiqué sur les fiches techniques des modules est le rendement dans les
Conditions Standard de Test (niveau d’éclairement Pi=1000 W/m², Température de
cellule 25°C, AM=1.5).

Dans ces conditions STC, la puissance électrique fournie par le module est tout
simplement la puissance crête (indiquée sur la fiche technique). Quant à la puissance
radiative, elle est égale à 1000 W/m² multipliée par la surface du module (indiquée
aussi sur la fiche technique).

Ainsi :


Prenons par exemple un module photovoltaïque de puissance crête 240 Wc dont la


fiche technique nous donne les informations suivantes :

D’après la fiche technique, le rendement du module est ηmodule,STC=14.8 %. Il s’agit du


rendement du module dans les conditions STC (niveau d’éclairement Pi=1000 W/m²,
Température de cellule 25°C, AM=1.5). La valeur de ce rendement peut se retrouver
en utilisant le formule précédente avec Pc=240 W, Pi = 1000 W/m² et
Smodule=1.64×0.99=1.62 m².

 Rendement réel des modules


photovoltaïques
 En pratique, les modules photovoltaïques ne se trouvent pas dans les conditions STC,
notamment au niveau de la température des cellules. En effet, en condition normale
d’utilisation, la température des cellules n’est pas de 25°C, mais plutôt de l’ordre de
50 °C. Cela dépend du niveau de ventilation :
Modules peu ventilés Modules ventilés Modules bien ventilés
Température des cellules 55°C 50°C 45°C
 Nous savons que la puissance d’une cellule (et par extension, d’un module) diminue
lorsque sa température augmente. Cette diminution de la puissance en fonction de la
température se quantifie grâce au coefficient de température de la puissance KT(P).

D’après la fiche technique ci-dessous, KT(P)=-0.41 %/°C.



Cela signifie que la puissance diminue de 0.984 W (0.41% × 240 = 0.984 W) lorsque
la température des cellules augmente de 1°C.

Par conséquent, lorsque la température des cellules est 50°C (c’est-à-dire une
augmentation de 25 °C par rapport aux conditions STC), la puissance du module a
chuté de 0.984 × 25 =24.6 W. En d’autres termes, la puissance maximale du module
dans les conditions de fonctionnement est P50°C=215.4 W (au lieu de 240 W dans les
conditions STC).

Calculons à présent le rendement du module dans ces conditions :



On constate que le rendement réel des modules est de 13.27 % au lieu de 14.8 %
(rendement dans les conditions STC).

La température des cellules joue donc un rôle important dans la performance de


l’installation photovoltaïque. Une bonne ventilation de la toiture photovoltaïque est
donc essentielle afin de garantir une bonne qualité l’installation.

 La ventilation des modules sur toiture


 On distingue 3 grands modes d’intégration :

 L’intégration totale

L’intégration totale est un mode d’intégration dans lequel le module est considéré
comme un élément de toiture. C’est le module qui joue le rôle de couverture. De ce
fait, la ventilation en sous-face est difficile.

 La surimposition

Le montage en surimposition consiste à fixer les modules photovoltaïques au-dessus


de la couverture. Ce type de montage permet une pose simple et rapide des modules
photovoltaïques, sans découverture de la toiture. L’air peut circuler entre la couverture
et les modules assurant une meilleure ventilation que l’intégration totale.

 Sur chassis (ou bac lesté)

Généralement montés sur toiture plate ou simplement au sol, ce mode d’intégration


permet une ventilation naturelle maximale.

Les chutes de tension


L’électricité produite par les modules photovoltaïques doit être transportée jusqu’au point
d’injection au réseau. Ce transport s’effectue avec des pertes d’énergie.

Les chutes de tension régulières


En théorie, un câble est un conducteur de courant parfait, c'est-à-dire que sa résistance est nulle. En
pratique, un câble n'est pas un conducteur parfait: il se comporte comme une résistance.
Résistance d'un câble

La résistance d’un câble de cuivre est très faible, mais n’est pas nulle. Celle-ci est proportionnelle à la
longueur du câble et inversement proportionnelle à la section du câble.

On a l’expression suivante : R= ρ×L/S

Dans cette formule, L est la longueur du câble (en mètre), S est la section du câble (en m²) et ρ est la
résistivité du conducteur.

La résistivité du conducteur est une donnée du fabricant et dépend du matériaux :

 ρ = 1.851 × 10-8 Ωm pour un conducteur en cuivre


 ρ = 2.941 × 10-8 Ωm pour un conducteur en aluminium

Il est de coutume d’exprimer la résistivité d’un conducteur en Ω.mm²/m. Cette unité permet, lors du
calcul des sections de câbles, d’exprimer les longueurs directement en mètre et les sections en mm² :

 ρ = 0.01851 Ω.mm²/m pour un conducteur en cuivre


 ρ = 0.02941 Ω.mm²/m pour un conducteur en aluminium

La résistance du câble, définie ci-dessus, va provoquer une chute de potentiel entre le départ du
câble et la fin du câble.

En effet : U = VA - VB = R × I. Ainsi, si le câble est un parfait conducteur alors R=0 donc U = 0 soit : VA =
VB. Mais comme R > 0 pour un câble réel, on a VA > VB, ce qui correspond à une chute de potentiel.
On parle communément de chute de tension, mais en réalité il s'agit d'une chute de potentiel (car la
tension est une différence de potentiel). Cette chute de tension conduit à une dissipation d'énergie
par effet joule (le câble va chauffer).

Dans une installation photovoltaïque, cela va induire des pertes de puissances. L'optimisation
technico-économique d'une installation photovoltaïque conduit donc à réduire au maximum ces
chutes de tension. Le guide de l'UTE C15-712 relatif aux installations photovoltaïques indiquent que
la chute de tension dans la partie CC et dans la partie CA devra être inférieure à 3%, idéalement 1%.

Cela signifie :

En conclusion, les chutes de tension régulières représentent des pertes d’énergie (car une chute de
tension induit forcément une chute de puissance) pouvant atteindre le seuil normatif de 3%.

Les chutes de tension singulières


Les chutes de tension singulière sont dues à la présence de contacts électriques. Ces contacts
proviennent typiquement des dispositifs suivants :

 Les connecteurs inter-module


 Les sectionneurs
 Les interrupteurs
 Les disjoncteurs

Un contact électrique est caractérisé par une résistance électrique de contact, induisant un
abaissement de la tension.

Il convient d’utiliser des dispositifs de connexion sûrs et minimisant la résistance de contact.

Ordre de grandeur des chutes de tension singulière

La valeur des résistances de contact est de l’ordre de 0.5 mΩ (milliohm).

Typiquement, la valeur du courant débité par un module est de 5 A. Par conséquent, un contact
abaisse la tension d’environ 2.5 mV (U = R × I).
Sur une installation photovoltaïque, les contacts électriques sont nombreux, notamment à cause des
connexions inter-modules. Pour une installation comprenant N modules, il y a N+1 contacts inter-
modules.
Par ailleurs, lors des travaux, il est important de s’assurer que les contacts ont été correctement
effectués. Un contact de mauvaise qualité augmente la résistance de contact, provoque une
surchauffe du contact et est susceptible de produire un arc électrique.

Rendement des batteries au plomb


Les batteries sont sources de pertes électriques que nous pouvons quantifier par un rendement de
charge ηcharge. En effet, lorsqu’on charge une batterie, on lui fournie une certaine quantité d’énergie.
Idéalement, cette même quantité d’énergie devrait pouvoir être entièrement restituée pendant la
décharge de la batterie. Dans ce cas, on aurait un rendement de charge ηcharge = 1.

En réalité, ce n’est pas le cas. Le rendement de charge est plutôt de l’ordre de 0.8. Cela signifie donc
que 80 % de l’énergie fournie pendant la charge de la batterie est restituée par celle-ci pendant sa
décharge. Les 20 % restants sont dissipées sous différentes formes :

 Pendant la charge, une partie de l’énergie fournie à la batterie est consommée par les
réactions chimiques secondaires, et notamment l’électrolyse de l’eau accentuée
volontairement en fin de charge pour destratifier l’électrolyte.
 Pendant la décharge, la tension de 2 V entre chaque électrode provoque des réactions
d’électrolyse parasites qui consomment une partie de l’énergie stockée. Ce phénomène est
interne à la batterie.
 L’effet joule, généré dans la batterie par la circulation du courant, produit de la chaleur.

Les pertes divers


D’autres pertes diverses peuvent faire baisser la performance de l’installation photovoltaïque.

Il s’agit typiquement de :

 De la disparité inévitable entre les cellules d’un module (théoriquement, toutes les cellules
d’un module doivent être semblable électriquement).
 De la tolérance en puissance des modules (la puissance crête annoncée sur les fiches
techniques des modules est donnée à ±3%, en général). Cette caractéristique des modules
est un élément qualitatif important de l’installation.

Ratio de Performance global d'une


installation photovoltaïque autonome
Nous avons énuméré précédemment l’ensemble des pertes électriques intrinsèques d’une
installation photovoltaïque autonome.

A l’instar du coefficient trigonométrique (qui permet de quantifier les pertes dues à l’inclinaison et à
l’orientation des modules), un coefficient, nommé ratio de performance et noté PR (Performance
ratio) permet de quantifier les pertes intrinsèques de l’installation électrique.

Le ratio de performance est donc un nombre entre 0 et 1 (ou 0 et 100%). Plus il est proche de 1 (ou
de 100%), plus l’installation est performante d’un point de vue électrique.

Toute installation photovoltaïque étant unique, le ratio de performance est spécifique à chaque
installation. Cependant, il est possible de dégager un ordre de grandeur de la valeur du ratio de
performance PR. En effet :

 Le coefficient de température de la puissance KT(P) est semblable d’un module à un autre


(ordre de grandeur : -0.4 %/°C).
 Le rendement de charge des batteries peut être pris égal à 80 %.
 Le rendement du régulateur est estimé à 95 %.
 Le rendement de l’onduleur est semblable d’un onduleur à un autre (ordre de grandeur :
95%).
 La chute de tension dans les câbles est limitée à 3%.
 Les autres pertes diverses sont semblables d’une installation à une autre (ordre de grandeur :
2 %).

Le seul paramètre vraiment variable est le mode d’intégration. Ainsi, nous pouvons dresser un
tableau général récapitulatif de la valeur du ratio de performance ratio, en fonction du mode
d’intégration seulement :
Modules très peu Modules peu Modules Modules bien
ventilés ventilés ventilés ventilés

Ratio de performance
0.55 0.60 0.65 0.70
PR
Valeur du Ratio de Performance PR d'une installation photovoltaïque autonome en fonction de la
ventilation des modules

Les ombrages
Pour fonctionner de manière optimale, une installation solaire photovoltaïque doit être
soumise au moins d’ombrage possible. Cependant, certaines contraintes liées au lieu
d'installation (présence de montagne, d'arbres, cheminée, poteau électrique…) ne peuvent être
évitées.

On appelle masque tout obstacle cachant les modules photovoltaïques de la lumière du soleil.

On distingue les masques proches et les masques lointains. Ces deux notions sont définies par
la suite.

Les masques lointains


Le masque lointain représente l’ensemble des obstacles dont l’angle avec lequel on l’observe
ne varie pas lorsque l’observateur se déplace de quelques mètres.

Le masque lointain peut être une colline, une montagne, un bâtiment lointain. Il s’agit de
l’horizon lointain.

Par exemple, sur la photo ci-dessous, les deux petites collines représentent un masque lointain
: elles risquent de provoquer de l’ombre à l’installation photovoltaïque au lever et au coucher
du soleil.
Les masques proches
Le masque proche représente l’ensemble des obstacles dont l’angle avec lequel on l’observe
varie lorsque l’observateur se déplace de quelques mètres.

Le relevé de masques
Un relevé de masque permet de déterminer les heures de la journée et la période de l'année
pendant lesquelles une zone du champ photovoltaïque est à l'ombre. Il convient de réaliser un
relevé de masque pour les masques lointains et un autre pour les masques proches.

Les diodes by-pass


Les modules photovoltaïques sont munis de diodes by-pass. Celles-ci se trouvent dans le boitier de
connexion à l’arrière des modules :

Le rôle des diodes by-pass est double :

 Protéger les cellules contre le phénomène de point chaud (hot spot)


 Améliorer la performance des modules soumis à l’ombrage

Afin de bien comprendre le rôle et l’intérêt des diodes by-pass, nous allons considérer l’exemple d’un
module d’une puissance de 180W, composé de 60 cellules en série.

En fonctionnement normal, c’est-à-dire sans effet d’ombrage, toutes les cellules


photovoltaïques composant le module fournissent leur maximum de puissance. Dans ce cas,
toutes les cellules fournissent 3 W chacune :
ôle des diodes by-pass : Modules ombragés
sans diode by-pass

Le cours précédent : Module en fonctionnement normal

Lorsqu’une des cellules est ombragée, cela correspond à une sous-irradiation de la cellule. Cela se
traduit par une diminution du courant débité par la cellule ombragée, et par conséquent par une
diminution de la puissance fournie (P=U×I).

Comme les cellules du module sont connectées en série, la cellule qui débite le moins de courant
impose ce courant aux autres cellules. Par conséquent, la puissance fournie par les autres cellules
(non-ombragées) diminue aussi.
En première approximation, on peut considérer que la puissance générée par les cellules non-
ombragée est égale à la puissance de la cellule ombragée (cette approximation est d’autant plus
vraie que le pourcentage de cellule ombragée est important).

Considérons que la cellule ombragée délivre 1 W. Du coup, toutes les autres cellules fournissent aussi
1W:

La puissance du module se retrouve être de 60×1=60 W. Cela correspond à une perte de puissance
très importante à cause d’une seule cellule ombragée.

Par ailleurs, il peut se produire une inversion de polarité aux bornes de la cellule ombragée (la
tension change de signe).

Concrètement, cela signifie que le produit U×I change de signe aussi : la cellule ne se comporte plus
comme un générateur mais comme un récepteur.

En d’autres termes, elle se comporte comme un dipôle qui dissipe de l’énergie électrique (au lieu
d’en produire) sous forme de chaleur.

Par suite, la cellule s’échauffent ce qui peut endommager irrémédiablement la cellule.

Ce phénomène d’échauffement de la cellule s’appelle un point chaud (ou Hot-Spot en Anglais).

Nous voyons à travers cet exemple que l’ombre est un ennemi redoutable pour un module
photovoltaïque : perte importante de puissance et échauffement des cellules.

ôle des diodes by-pass : Modules ombragés


avec diodes by-pass

Le cours précédent : Modules ombragés sans diode by-pass

Pour éviter les effets indésirables du phénomène "point chaud" (Hot-Spot), les fabricants ont
implantés des diodes dites by-pass dont le principe est de court-circuiter les cellules ombragées.

Les constructeurs de modules implantent généralement entre 2 et 5 diodes by-pass par modules
(dans le boitier de connexion du module). Chacune des diodes by-pass est associée à un sous-réseau
de cellules du module. Lorsqu’une des cellules du sous-réseau est ombragée, la diode by-pass
devient passante, c’est-à-dire que le courant circule dans la diode en isolant ainsi du circuit électrique
le sous-réseau de cellule associé.

Considérons que notre module photovoltaïque dispose de 3 diodes by-pass (D1, D2 et D3), chacune
étant associée à un sous-réseau de 20 cellules. Supposons que la cellule ombragée appartienne au
sous-réseau n°1. La diode by-pass D1 va donc court-circuiter le sous-réseau n°1 en laissant passer le
courant directement vers le sous-réseau n°2 :
L’effet immédiat est que les 20 cellules du sous-réseau n°1 ne fonctionnent plus : elles délivrent 0 W.

Cependant, les 40 cellules restantes ne sont plus affectées par la cellule ombragée : elles fournissent
leur pleine puissance, c’est-à-dire 3 W.

Par conséquent, la puissance du module est de 40 × 3 = 120 W.

La présence des diodes by-pass a donc permis d’améliorer la performance du module.

Idéalement, il faudrait une diode by-pass en parallèle sur chaque cellule.

Pour des raisons technico-économiques, le nombre de diodes by-pass sur un module est
généralement limité à 5.
Homogénéités des cellules

Cet exemple montre qu’une cellule ombragée affecte les cellules voisines connectées en série.

Ce phénomène se produit plus généralement lorsque les cellules en séries ne sont pas identiques.
D’où l’importance pour les fabricants de modules de toujours appariées des cellules photovoltaïques
équivalentes.

De même, connecter en série des modules qui n’auraient pas la même orientation et inclinaison
présenterait les mêmes conséquences (perte de puissance).

Apparition du courant-retour : Modules en


fonctionnement normal

Le cours précédent

En fonctionnement normal, c’est-à-dire lorsque les deux modules en parallèle sont équivalents, le
courant traversant chacune des deux branches vaut : I1= I2=6 A. Evidemment, la tension aux bornes
des deux modules connectés en parallèle est la même :
Apparition du courant-retour : Modules
ombragés

Le cours précédent : Modules en fonctionnement normal

Lorsqu’ un des deux modules est ombragé, son courant et sa tension diminue.

La diminution du courant ne pose à priori pas de problème vu que les deux modules sont connectés
en parallèle : la puissance du module ombragée diminue mais n’affecte pas la puissance du module
non-ombragé.

Par contre, la diminution de la tension du module ombragé va affecter la tension du module non-
ombragé. En effet, la tension U se cale sur la plus petite tension, c’est-à-dire celle du module
ombragé. De ce fait, on assiste non-seulement à une perte de puissance du module ombragée (ce qui
est normal) mais aussi à une diminution de la puissance du module non-ombragé (ce qui est
préjudiciable).
Dans notre exemple, un des deux modules est ombragé : son courant chute à 1 A (au lieu de 6 A) et
sa tension diminue à 25 V (au lieu de 30 V).

Du coup, la puissance développée par ce module est 1×25 = 25 W (au lieu de 180 W).

Le courant du module non-ombragé est très peu affecté mais sa tension est égale à la tension du
module ombragée, c’est-à-dire 25 V.

Du coup, la puissance développée par ce module est 6×25 = 150 W (au lieu de 180 W).

Au-delà de la perte de puissance, il peut se produire une inversion du courant dans le module
ombragé : c’est ce qu’on appelle un courant retour. Ce courant retour peut endommager le module
lorsqu’il devient trop important. Généralement, la valeur maximale tolérée du courant retour est de
2 fois le courant de court-circuit du module (2×Icc).

Afin de protéger les modules contre les courants retours, il existe deux solutions :

 Installer des diodes au niveau de chaque chaînes afin d’empêcher le courant de circuler en
sens inverse :
Ces diodes sont appelées des diodes de découplage. Ce procédé coûte cher et induit des
chutes de tension singulière au niveau des diodes.

 Installer des fusibles calibrer à 2×Icc :

Ces fusibles n’empêchent pas les courants retours mais fondent dès qu’ils dépassent la
valeur limite, empêchant ainsi la détérioration des modules. Cette solution est beaucoup
moins onéreuse que les diodes. Elle est ainsi préférée par les concepteurs d’installations
photovoltaïques.
Solution anti-ombrage : Onduleur
photovoltaïque multi-tracker
Lorsqu’une partie du champ photovoltaïque est à l’ombre, cela affecte, en termes de
puissance, la partie du champ non-soumis à l’ombrage.
Cet effet est atténué grâce aux diodes by-pass.
Cependant, considérons deux chaînes photovoltaïques connectées en parallèle sur un onduleur
:

A titre d’exemple, supposons que chacune des chaînes fournissent 740 W (puissance
maximale). Lorsqu’aucune des chaînes n’est soumise à un ombrage, leurs caractéristique
courant-tension sont confondues. Quant à la caractéristique courant-tension de l’ensemble
constitué des deux chaînes en parallèle, elle s’obtient en additionnant les courants :
Le MPPT de l’onduleur va se caler sur le point de puissance maximale de l’ensemble
constitué des deux chaînes en parallèle. Dans notre exemple, le point de puissance maximale
correspond à 1480 W. Les 2 chaînes fonctionnent à leur point de puissance maximale (740
W).

Supposons à présent qu’une des deux chaînes soit ombragée. Les caractéristiques courant-
tension sont données ci-dessous :
Le MPPT de l’onduleur va toujours se caler sur le point de puissance maximale de l’ensemble
constitué des deux chaînes en parallèle, soit 1210 W. On constate que ce point de
fonctionnement ne permet pas d’exploiter totalement les deux chaînes. En effet, la tension
UMPP de l’ensemble constitué des deux chaînes ne correspond ni à la tension UMPP-1 de la
chaîne 1, ni à la tension UMPP-2 de la chaîne 2 :
Les deux chaînes ne délivrent donc pas 100 % de leur puissance. Cela vient du fait que le
MPPT de l’onduleur se cale sur le point de puissance maximale de l’ensemble constitué des
deux chaînes et non-pas sur les points de puissance maximale de chacune des 2 chaînes en
parallèles.

Solution anti-ombrage : Onduleur


photovoltaïque multi-tracker (Suite 2)
Le cours précédent

Le problème peut être résolu grâce à un onduleur multi-tracker, disposant par exemple de deux
MPPT indépendants :

Chacun des deux MPPT va permettre d’exploiter la puissance maximale de chacune des deux
chaînes. La présence d’un onduleur multi-tracker se justifie donc lorsque plusieurs parties d’un
champ photovoltaïque ne présentent pas les mêmes propriétés électriques.

Par exemple, lorsqu’une partie du champ est susceptible d’être soumise à l’ombrage, on la câblera
sur un MPPT de l’onduleur. De même, lorsque deux parties d’un champ ne présentent pas les mêmes
orientations et inclinaisons (par exemple double-pente EST-OUEST), on pourra câbler chacune des
parties sur un MPPT.
Dimensionnement d'une installation
photovoltaïque autonome
Cette partie traite du dimensionnement d’une installation photovoltaïque autonome.

Schéma électrique d'une installation


photovoltaïque autonome
Nous présentons ci-après le schéma électrique d'une installation photovoltaïque autonome :

Dimensionnement du champ photovoltaïque


Dimensionner le champ photovoltaïque d’une installation autonome consiste à calculer la
puissance crête nécessaire.

Processus de dimensionnement du champ


photovoltaïque d'une installation autonome
Avant de se lancer dans des calculs mathématiques, il convient de comprendre le rôle du champ
photovoltaïque au sein de l’installation.

Le champ photovoltaïque produit de l’énergie électrique uniquement lorsqu’il est soumis au


rayonnement solaire (ou tout autre rayonnement). La puissance électrique fournie par les modules
photovoltaïques est fonction de l’ensoleillement :
Le rendement de conversion de la puissance radiative (rayonnement) en puissance électrique est de
l’ordre de 10 %

Il convient alors de comparer la courbe de la puissance électrique du champ photovoltaïque (illustrée


ci-dessus en violet) par rapport à la courbe de la puissance consommée par les équipements
électriques.

2 principales situations peuvent se présenter :

Cas d’une maison individuelle


Reprenons le graphe précédent en y ajoutant la courbe de consommation électrique typique d'une
maison individuelle :
Profil typique de la consommation électrique d’une maison individuelle

La nuit, il n’y a quasiment pas de consommation électrique. Les usagers dorment, les lumières sont
éteintes, les équipements électriques sont arrêtés. Seul les appareils de type réfrigérateur ou
congélateur fonctionnant 24/24 H par cycle de 15 minutes environ, consomment un peu de
puissance électriques.

Le matin, les usagers se réveillent. Ils allument la télévision et préparent le petit-déjeuner. Cela induit
un pic de consommation pendant le créneau 6H-8H.

Puis les adultes partent travailler et les enfants vont à l’école. De ce fait, pendant toute la journée,
les appareils électriques sont à l’arrêt. Eventuellement, à midi, les usagers peuvent revenir chez eux
pour manger, ce qui induit un pic de consommation entre 12H et 14H.

Le soir, lorsque les usagers reviennent dans leur maison, les équipements électriques sont mis en
marche selon les besoins : télévision, ordinateur, éclairage, plaque de cuisson, etc. Cela correspond à
un pic de consommation entre 18H et 22H.

NB : Nous avons considéré ici que le chauffage n’était pas électrique. Dans le cas où le chauffage du
bâtiment est électrique, ce profil de consommation ci-dessus se trouve translaté vers le haut.

Cas d'un bâtiment tertiaire (bureaux)


Profil typique de la consommation électrique d’un bâtiment tertiaire (bureaux)

Dans les bâtiments tertiaires (bureaux), l’activité se passe essentiellement la journée. En effet, les
gens arrivent le matin sur leur lieu de travail, allument leurs ordinateurs, éventuellement mette en
route la climatisation ou le chauffage, etc. Le soir, vers 17H, les gens quittent le bâtiment en
éteignant les équipements électriques.

Une légère consommation électrique est constatée la nuit pour alimenter les alarmes ou autres
appareils en veille. L’allure du profil de la consommation est donc assez lisse et stable.

Calcul de la puissance crête d'une


installation photovoltaïque autonome

Le cours précédent : Processus de dimensionnement du champ photovoltaïque d'une installation


autonome

Dans une installation photovoltaïque autonome, la seule source d’énergie disponible est le champ
photovoltaïque.

Ainsi, pour calculer la puissance crête du champ photovoltaïque, la première condition nécessaire à
satisfaire est la suivante :

L’énergie électrique journalière produite par le champ photovoltaïque doit être au minimum égale
à l’énergie journalière consommée par les équipements électriques. (1)
Il est à noter que l’énergie électrique journalière produite par le champ photovoltaïque varie au
cours de l’année. En effet, en hiver les jours étant plus courts, l’énergie produite par les modules
photovoltaïques est moins importante qu’en été (où les jours sont plus longs), ainsi qu'illustré sur le
graphe suivant :

Variation de l'irradiation solaire au cours de l'année

Il est également à noter que l’énergie journalière consommée par les équipements électriques varie
aussi selon les jours de l’année. En effet, en hiver, les nuits étant plus longues, la consommation
électrique d’éclairage est plus importante qu’en été.

Par conséquent, on est en droit de se poser la question suivante : quelles "énergies" doit-on
considérer afin de respecter la condition (1) précédente ?

Il convient de considérer le cas le plus défavorable, c’est-à-dire :

 Concernant l’énergie électrique journalière produite par le champ photovoltaïque, celle-ci


correspond à l'énergie solaire journalière la plus faible de l’année diminuée du rendement de
l'installation photovoltaïque. On notera Ei,Min l'énergie solaire journalière la plus faible de
l’année, exprimée en kWh/m²/jour.
 Concernant l’énergie journalière consommée par les équipements électriques, celle-ci
correspond à l'énergie journalière électrique consommée la plus importante de l’année. On
la notera EC,Max, exprimée en kWh/Jour
Or, la production électrique potentielle d'une installation photovoltaïque autonome s'écrit de la
façon suivante :

avec :

 EELEC est l’énergie électrique journalière potentiellement produite par l’installation


photovoltaïque, exprimée en kWh/jour.
 PC est la puissance crête du champ photovoltaïque.
 Pi est la puissance radiative dans les conditions standard de test (conditions STC), exprimée
en kW/m². Donc, Pi = 1 kW/m².
 Ei est l’irradiation solaire journalière reçue par une surface unitaire (1 m²) du champ
photovoltaïque, en prenant en compte l’orientation et l’inclinaison de celui-ci.
 PR est le ratio de performance de l’installation photovoltaïque.

Notre but étant de calculer la puissance crête PC de l’installation photovoltaïque, exprimons PC en


fonction des autres paramètres :

Ainsi qu’expliqué précédemment, dans le cadre du calcul de la puissance crête PC, il convient de se
placer dans la cas le plus défavorable. Il convient donc de remplacer EELEC par EC,Max (énergie
électrique consommée en 1 journée la plus importante de l’année), et Ei par Ei,Min (énergie solaire
journalière la plus faible de l’année) :
La formule ci-dessus permet donc de dimensionner le champ photovoltaïque d'une installation
photovoltaïque autonome. Il est cepdant nécessaire de connaître la valeur des paramètres PR, EElec,
Max et Ei, Min.

Que vaut PR ?
PR est le ratio de performance (Plus de détails sur le ratio de performance PR). On pourra utiliser les
valeurs ci-dessous :

 Le coefficient de température de la puissance KT(P) est semblable d’un module à un autre


(ordre de grandeur : -0.4 %/°C).
 Le rendement de charge des batteries peut être pris égal à 80 %.
 Le rendement du régulateur est estimé à 95 %.
 Le rendement de l’onduleur est semblable d’un onduleur à un autre (ordre de grandeur :
95%).
 La chute de tension dans les câbles est limitée à 3%.
 Les autres pertes diverses sont semblables d’une installation à une autre (ordre de grandeur :
2 %).

Le seul paramètre vraiment variable est le mode d’intégration. Ainsi, nous pouvons dresser un
tableau général récapitulatif de la valeur du ratio de performance ratio, en fonction du mode
d’intégration seulement :
Modules très peu Modules peu Modules Modules bien
ventilés ventilés ventilés ventilés

Ratio de performance
0.55 0.60 0.65 0.70
PR

Valeur du Ratio de Performance PR d'une installation photovoltaïque autonome en fonction de la


ventilation des modules

Que vaut EElec, Max ?


La valeur de EElec, Max doit être évaluée en fonction du nombre d’équipements électriques, de leur
consommation et de la durée d’usage par jour. La détermination de EElec, Max est d’autant plus
fastidieuse que le nombre d’équipement est important.

Que vaut Ei, Min ?


Ei, Min est l’énergie solaire journalière la plus faible de l’année. Celle-ci dépend du lieu géographique
mais doit également prendre en compte l’orientation et l’inclinaison du champ photovoltaïque. Pour
cela, il est nécessaire de se procurer les données d’irradiation solaire du site en question. Nous
conseillons au lecteur soucieux de mettre en application les calculs présentés dans cette partie de se
référer au site internet de l’Institut National de l’Energie Solaire (INES) à l’adresse suivante :
http://ines.solaire.free.fr/gisesol_1.php.

Comment obtenir la valeur de Ei, Min sur le site de l'INES ?

Dans un premier temps, il convient de se rendre sur la page internet en question :


http://ines.solaire.free.fr/gisesol_1.php

La page qui apparaît est la suivante :


Les 3 listes déroulantes indiquées ci-dessous permettent de choisir le lieu géographique, l’inclinaison
et l’orientation du champ photovoltaïque :
L’albedo du sol peut également être pris en compte ( Cliquer ici pour plus de précisions sur l’albedo) :
Puis, nous cliquons simplement sur le bouton afin de lancer les calculs, ainsi qu’illustré ci-dessous :
Les résultats sont alors indiqués dans le deuxième tableau. Ce qui nous intéresse est l’irradiation
totale journalière reçue par le champ photovoltaïque, en kWh/m²/jour. Cette donnée est fournie
dans la dernière ligne du deuxième tableau, pour chacun des 12 mois de l’année :
Il convient ensuite d’identifier le mois de l’année correspondant à l’irradiation minimale. Dans
l’exemple traité içi, il s’agit du mois de décembre avec une irradiation journalière de 0.72
kWh/m²/jour. Ainsi, dans le cadre du calcul de la puissance crête, Ei, Min = 0.72 kWh/m²/jour :

Calcul de la puissance crête d'une


installation photovoltaïque autonome

Le cours précédent : Calcul de la puissance crête

Traitons un exemple simple.


Soit un petit abri de jardin, situé aux alentours de Rennes, dont les équipements électriques sont
constitués de 4 luminaires d’une puissance électrique de 80 W chacun. On souhaite mettre en œuvre
une installation photovoltaïque autonome permettant d’alimenter le système d’éclairage.

Les modules photovoltaïques seront implantés sur la toiture de l’abri de jardin. La toiture est orienté
15°EST et incliné à 20°.

Calcul de EElec, Max


La consommation maximale de l’éclairage correspond au mois de décembre, période pendant
laquelle les jours sont les plus courts. On estime que la durée d’éclairage est de 2 heures le matin et
6 heures le soir. Donc la consommation électrique, dans cette configuration, s’élève 4 × 80 × 8 = 2560
Wh/jour = 2.56 kWh/Jour. Ainsi : EElec, Max = 2.56 kWh/jour.

Calcul de Ei,Min
L’installation est située aux alentours de Rennes. Les données d’irradiation solaire, issue du site de
l’INES, nous indique les chiffres suivants :

Données d’irradiation solaire à Rennes (inclinaison 20°, orientation : 15° Est), d’après le site de l'INES

On en conclut : Ei,Min = 0.93 kWh/m²/jour.

Calcul de PR
Comme les modules seront posés en surimposition, nous considérons que le champ photovoltaïque
sera normalement ventilé. Ainsi, nous évaluons le ratio performance PR = 0.65, d'après le tableau
suivant :
Modules très peu Modules peu Modules Modules bien
ventilés ventilés ventilés ventilés

Ratio de performance
0.55 0.60 0.65 0.70
PR

Valeur du Ratio de Performance PR d'une installation photovoltaïque autonome en fonction de la


ventilation des modules => Plus de détails sur le ratio de performance PR

Calcul de la puissance crête nécessaire


Nous pouvons à présent appliquer la formule permettant de calculer la puissance crête de
l’installation photovoltaïque :

Il faudra donc installer une puissance photovoltaïque d’au moins 4.23 kWc. Ce dimensionnement est
valable à Rennes.

A titre indicatif, considérons que l’installation soit située à Toulon. Dans ce cas, l’irradiation solaire
journalière a changé. Nous nous procurons donc les données sur le site de l’INES :

Données d’irradiation solaire à Toulon (inclinaison 20°, orientation : 15° Est), d’après le site de l'INES
On constate que l’irradiation journalière minimale est de 2.32 kWh/m²/jour (au lieu de 0.93 à
Rennes).

Ainsi, le calcul de la puissance crête indique :

Il faudra donc installer une puissance photovoltaïque d’au moins 1.7 kWc, soit 2.5 fois moins de
puissance qu’à Rennes.

Dimensionnement des batteries d'une


installation photovoltaïque autonome
Nous rappelons que le rôle des batteries est de stockée le surplus d’énergie produit par le champ
photovoltaïque, et de la restituer lorsque le champ photovoltaïque n’est plus capable d’alimenter les
équipements électriques.

Le dimensionnement de la batterie consiste à effectuer deux choix :

 Choix de la tension de la batterie.


 Choix de la capacité de la batterie.

Calcul de la tension de la batterie


Nous rappelons qu’une batterie est constituée de plusieurs éléments de conversion électrochimique
(chaque élément est composé d’une cathode, d’une anode et d’un électrolyte). Chaque élément est
considéré comme un générateur de tension de 2 V. En empilant ces éléments, on obtient des
batteries de 6 V, 12 V, 24 V ou 48 V.

Ainsi, il convient de choisir une de ses tensions.

Le choix repose sur 2 critères :


 La puissance électrique qu’est susceptible de fournir la batterie.
 La section des câbles entre la batterie et les équipements électriques.

Afin de déterminer la tension adaptée de la batterie, il convient de se placer dans la configuration la


plus défavorable, c’est-à-dire lorsque les batteries alimentent totalement les équipements
électriques (sans aucun apport du champ photovoltaïque).

Notons PBatterie la puissance électrique à fournir par la batterie. Notons Ubatterie la tension de la
batterie. Alors le courant débité par la batterie vaut : IBatterie = PBatterie / UBatterie . Notons également L la
longueur aller des câbles entre la batterie et le tableau de distribution du bâtiment. Nous
récapitulons ces paramètres sur le schéma ci-dessous :

Paramètres permettant de déterminer la tension adaptée de la batterie


Comme IBatterie=PBatterie/UBatterie, nous en déduisons :

 Plus la puissance est importante, plus le courant augmente.


 Plus la tension est grande, plus le courant diminue.

Or, il convient toujours d’éviter des courants trop élevés à travers les câbles. En effet, d’une part, les
chutes de tensions dans les câbles sont proportionnelles à la valeur du courant, et d’autre part, les
conducteurs présentent une valeur limite de courant à ne pas dépasser sous peine d’un
échauffement excessif (c’est ce qu’on appelle le courant admissible).

De ce fait, plus la puissance électrique est importante, plus la tension de la batterie devra être
élevée. Cela permet de diminuer le courant traversant la batterie (IBatterie=PBatterie/UBatterie).

La formule mathématique permettant de déterminer la tension de la batterie est indiquée ci-dessous


:

Avec :

 ρ1 : résistivité du matériau conducteur (cuivre ou aluminium) dans les conditions de


température d’exploitation, exprimée en Ω.mm²/m. On pourra considérer que ρ1 = 1.25 × ρ0
où ρ0 est la résistivité du conducteur à 20°C.
 L : Longueur des câbles reliant la batterie au tableau de distribution, exprimée en m. Le
facteur 2 permet de prendre en compte les distances aller et retour du câble.
 P est la puissance électrique, exprimée en W.
 S : Section des câbles entre la batterie et le tableau de distribution, exprimée en mm².
 ε : Chute de tension tolérée entre le la batterie et le tableau de distribution.

Démonstration mathématique de cette formule


En théorie, un câble est un conducteur de courant parfait, c'est-à-dire que sa résistance est nulle. En
pratique, un câble n'est pas un conducteur parfait: il se comporte comme une résistance.
On a l'expression suivante :

Notons ε la chute de tension admissible tolérée.

Par définition :

Donc :

Puis, en intégrant la puissance P (P = U × I), on obtient :

Enfin, nous pouvons extraire la tension notée VA :


En prenant comme référence de potentiel le potentiel VB, alors cette dernière expression est
également la tension aux bornes de la batterie.

Exemple de calcul de la tension de la


batterie

Le cours précédent : Formule de calcul de la tension d'une batterie

Calcul de la résistivité électrique


Les câbles utilisés sont en cuivre : ρ1 = 0.02314 Ω.mm²/m.

Calcul de la puissance électrique


Dans le cadre de notre exemple, considérons une installation photovoltaïque autonome alimentant
les équipements électriques suivants :

 Une télévision d’une puissance de 100 W.


 L’éclairage d’une puissance totale de 800 W.
 Un réfrigérateur d’une puissance de 300 W.
 Un four micro-onde d’une puissance de 700 W.
 Un aspirateur d’une puissance de 600 W.

Pour le calcul de la tension de la batterie, il convient de prendre en compte la configuration la plus


défavorable, à savoir que l’ensemble des équipements électriques fonctionnent simultanément.
Nous considérons donc que la puissance électrique que doit fournir la batterie est de 2 500 W.

Calcul de la longueur de câble


L’emplacement de la batterie par rapport au tableau de distribution impose une longueur aller-
retour des câbles de 30 m, ainsi qu’illustré ci-dessous :
La longueur aller-retour des câbles entre la batterie et le tableau de distribution vaut : 2×5 + 2×10 =
30 m

Choix de la chute de tension tolérée


La chute de tension maximale à ne pas dépasser est indiquée dans les documents normatifs selon le
type de récepteurs électriques.
Néanmoins, il est d’usage de respecter une chute de tension de 3% dans les câbles.
Dans cet exemple, nous effectuerons les calculs avec ε = 3% = 0.03

Calcul de la tension de la batterie


Hormis la section S des câbles, l’ensemble des paramètres permettant de calculer la tension de la
batterie a été identifié. Donc :
Dès lors, nous pouvons dresser le tableau suivant :

Section des câbles (mm²) Tension calculée de la batterie (V)

1.5 mm² 196 V

2.5 mm² 152 V

4 mm² 120 V

6 mm² 98 V

10 mm² 76 V

16 mm² 60 V

25 mm² 48 V

35 mm² 40 V

50 mm² 34 V

70 mm² 28 V

95 mm² 24 V

120 mm² 21 V

Toutes ces configurations ci-dessus sont théoriquement possibles. Néanmoins, il est d’usage de
travailler avec des tensions de batterie de 6 V, 12 V, 24 V ou 48 V. Ainsi, la tension qui apparaît la plus
adaptée est de 48 V avec une section de câbles de 25 mm².

Il convient également de vérifier que le câble de 25 mm² peut supporter le courant le traversant. En
effet, sous une tension de 48 V et une puissance de 2 500 W, le courant résultant s’élève à IBatterie =
PBatterie / UBatterie = 2500 / 48 = 52 A.
Et, d’après le tableau suivant, le courant admissible d’un câble en cuivre de section 25 mm² est de
129 A, ce qui est bien supérieur aux 52 A calculés.
Le courant admissible d’un câble en cuivre de section 25 mm² est de 129 A

Calcul de la capacité nominale de la batterie


La capacité nominale de la batterie, noté CN (=C10), permet de quantifier l’autonomie de la
batterie vis-à-vis de la consommation électrique des équipements.

Le calcul de la capacité s’effectue en considérant que la batterie doit être capable d’alimenter
l’ensemble des équipements électriques pendant une certaine période. Généralement, on
calcule la capacité de la batterie afin d’obtenir une autonomie de 5 jours.

La formule suivante permet de calculer la capacité nominale d'une batterie :


Exemple de calcul de la capacité nominale
de la batterie

Le cours précédent : Formule de calcul de la capacité nominale d'une batterie

Les équipements électriques consommateurs d’électricité sont les suivants :

 Une télévision d’une puissance de 100 W.


 L’éclairage d’une puissance totale de 800 W.
 Un réfrigérateur d’une puissance de 300 W.
 Un four micro-onde d’une puissance de 700 W.
 Un aspirateur d’une puissance de 600 W.

Détermination de l’énergie journalière consommée


La formule permettant de calculer la capacité nominale de la batterie fait intervenir l’énergie
journalière exprimée en Ah. L’énergie étant le produit de la puissance et de la durée d’utilisation, il
convient donc de connaître la durée d’utilisation de chacun des équipements.

Dans le cadre de notre exemple, nous considérerons les durées suivantes :


Equipement Durée d’utilisation Energie journalière (en Energie journalière (en
électrique journalière (en heures) Wh/jour) Ah/jour)*

Télévision (100 W) 5 heures 500 Wh/jour 10.4 Ah/jour

Eclairage (800 W) 6 heures 4 800 Wh/jour 100 Ah/jour

Réfrigérateur (300
8 heures 2 400 Wh/jour 50 Ah/jour
W)

Four micro-onde
1 heure 700 Wh/jour 14.6 Ah/jour
(700 W)

Aspirateur (600 W) 1 heure 600 Wh/jour 12.5 Ah/jour

TOTAL 9 000 Wh/jour 187.5 Ah/jour

*Tension de la batterie : 48 V

Détermination de l’autonomie souhaitée


Nous souhaitons une autonomie de 5 jours. Cela signifie que la batterie peut alimenter,
indépendamment du champ photovoltaïque, les équipements électriques définis dans le tableau
précédent pendant 5 jours.

Détermination de l’état de charge final souhaitée


Les décharges profondes sont préjudiciables pour la durée de vie des batteries au plomb. Ainsi, il
convient que l' état de charge de la batterie reste toujours supérieur à 30 % (ou que son état de
décharge reste inférieur à 70%), et ce afin d’éviter les phénomènes de sulfatation de la batterie. Un
état de charge final élevée permettra d’améliorer la durée de vie la batterie.

En ce sens, nous choisissons un état de charge finale de 50% : αF = 0.5.

Calcul de la capacité nominale de la batterie


Appliquons simplement la formule permettant de calculer la capacité nominale de la batterie :

Ainsi, la capacité nominale C10 de la batterie doit être au moins de 1875 Ah.
Attention : la capacité nominale calculée correspond à la capacité dans les conditions de
température standard de 20°C. Si la batterie est amenée à fonctionner à basse ou haute
température, il convient d’appliquer le coefficient correctif suivant :

Température -20 °C -10 °C 0°C 10°C 20°C 30°C 40°C 50°C

Coefficient correctif (appliqué à C10) 0.58 0.68 0.81 0.91 1 1.04 1.09 1.13

Par exemple, si la batterie est installé en haute montagne à l’extérieur, sous une température de 0°C,
alors la capacité nominale doit être au moins de : C10 = 1 875 / 0.81 = 2315 Ah.