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PIERRE MICHEL

BILAN DE LA SOCIÉTÉ OCTAVE MIRBEAU

Le 28 novembre 1993, avec une poignée de mirbeauphiles, dont plusieurs nous ont
quittés, j’ai fondé la Société Octave Mirbeau, association loi 1901, à la Bibliothèque
Municipale d’Angers, en présence du président du Conseil Général du Maine-et-Loire, Jean
Sauvage.

Un quart de siècle plus tard, alors que je m’apprête à quitter cette productive
association, après un quart de siècle de bons et loyaux services, le bilan est fabuleux. Qu’on
en juge !

* 26 numéros de Cahiers Octave Mirbeau ont vu le jour, qui atteignent le faramineux


total de 9 600 pages. Onze d’entre eux sont intégralement et gratuitement accessibles en ligne,
sur Scribd (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Cahiers_Octave_Mirbeau). Et les articles des 23
premiers numéros le sont également, mais séparément, et tout aussi gratuitement. Voir les
tables des matières des 26 numéros : http://mirbeau.asso.fr/cahiersom.htm.
Ces Cahiers Mirbeau obéissent naturellement aux exigences universitaires et
comportent donc de très nombreux articles de fond et des études sur Mirbeau romancier,
conteur, dramaturge, critique d’art, polémiste ou intellectuel engagé. Mais ils s’adressent aussi
et surtout à tous ceux qui, sans être des universitaires, ni même des littéraires, ne s’en
intéressent pas moins à Mirbeau. Nos volumes sont donc attrayants et abondamment illustrés ;
ils comportent nombre de documents, inédits ou oubliés, des témoignages de contemporains
de Mirbeau ou de personnalités d’aujourd’hui (gens de théâtre, écrivains, artistes, etc.) ;
quantité d’informations sur les activités mirbelliennes, qui intéressent les mirbeauphiles, et
aussi sur les associations sœurs s’intéressant à la Belle Époque. De la sorte, par-delà certaines
études qui peuvent parfois paraître abstraites, la vraie vie a délibérément droit de cité sous
toutes ses formes. De surcroît, nos publications refusent le style compassé, les édulcorations
en tous genres et toutes les formes de langue de bois : la liberté de la plume y a toujours été
scrupuleusement préservée, l’humour, l’ironie et la critique, même acerbe, y ont toute leur
place.

* La participation à deux éditions critiques, par mes soins, de l’œuvre romanesque


complète de Mirbeau, soit 15 romans : l’une sous la forme livre, chez Buchet/Chastel, en
coédition avec la Société Mirbeau (2000-2001) ; l’autre, numérique et gratuite, aux Éditions
du Boucher, également en coédition avec la Société Mirbeau (2003).

* La décisive participation financière à mon édition des quatre volumes et du


supplément de la Correspondance générale de Mirbeau (le tome IV et le supplément sont
prêts et devraient paraître au printemps 2020). Soit au total près de 4 500 pages. Travail
énorme, commencé 52 ans plus tôt, et qui constitue l’aboutissement de toute une vie.
* La publication d’un monumental Dictionnaire Octave Mirbeau de 1 200 pages, qui
se présente – chose probablement unique – sous deux espèces : papier (en coédition avec
l’Age d’Homme, Lausanne) et numérique, sur un de nos sites. Depuis neuf ans, le dictionnaire
en ligne reçoit, en moyenne, plus de 300 visites par jour et il atteindra le million de visites
d’ici la fin de l’année 2019. Preuve, s’il en était besoin, qu’il répond vraiment à la curiosité
d’un nombre impressionnant de lecteurs.
* La publication papier de quantité d’autres volumes : Les Mauvais bergers, édition
critique que j’ai réalisée ; sept romans préfacés par moi et imprimés à partir des Éditions du
Boucher ; les Premières chroniques esthétiques de Mirbeau, en coédition avec les Presses
Universitaires d’Angers; mon essai Lucidité, désespoir et écriture, en coédition avec les
Presses Universitaires d’Angers ; un essai de Claude Herzfeld, Le Monde imaginaire
d’Octave Mirbeau, en coédition avec les Presses Universitaires d’Angers ; Rédemption ou la
folie du toujours mieux, texte de l’oratorio théâtral d’Antoine Juliens ; Un aller simple pour
l’Octavie, sous la direction de Kinda Mubaideen et Lolo ; plus deux brochures Octave
Mirbeau, parues en 1998 (réédition 2002) et 2007 (réédition 2016).
La Société Mirbeau a participé également à la publication de Tous Dingo, la politique
de l’anima naturaliste (2017) et des Actes du colloque de Morlaix, Octave Mirbau en
Bretagne (2018).
* La mise en ligne :

- De toute l’œuvre littéraire et journalistique d’Octave Mirbeau : romans, pièces de


théâtre, contes, articles de critique d’art, chroniques politiques et sociales…

- De ma monumentale Bibliographie d’Octave Mirbeau, mise à jour régulièrement et


dont la dernière version approche les 1 000 pages
(http://www.scribd.com/doc/2383792/Pierre-Michel-Bibliographie-dOctave-Mirbeau).

- De ma recension des Articles d’Octave Mirbeau (275 pages :


http://www.scribd.com/doc/12846979/Pierre-Michel-Les-Articles-dOctave-Mirbeau, 281
pages.

- De mes divers essais, accessibles seulement en version numérique :

· Pierre Michel, Octave Mirbeau et le roman, Société Octave Mirbeau, 2005, 276 pages.

· Pierre Michel, Albert Camus et Octave Mirbeau, Société Octave Mirbeau, 2005, 68 pages.

· Pierre Michel, Jean-Paul Sartre et Octave Mirbeau, Société Octave Mirbeau, 2005, 67
pages.

· Pierre Michel, Octave Mirbeau, Henri Barbusse et l’enfer, Société Octave Mirbeau, 2006,
55 pages

· Pierre Michel, Octave Mirbeau et la négritude, Éditions du Boucher, 2006, 40 pages.

· Pierre Michel, Octave Mirbeau et Léon Werth, Société Octave Mirbeau, 2006, 31 pages.
- De Octave Mirbeau en toutes langues, Actes du colloque Mirbeau de Grenade :
https://www.scribd.com/document/385479568/Octave-Mirbeau-en-toutes-langues,
https://www.academia.edu/37793234/Octave_Mirbeau_en_toutes_langues, et
http://www.mirbeau.org/doc/Grenade-Actes.pdf.

- Et enfin, en août 2018, de Octave Mirbeau in italiano :


https://www.scribd.com/document/387021122/Pierre-Michel-Octave-Mirbeau-in-Italiano,
https://www.academia.edu/37792542/OCTAVE_MIRBEAU_IN_ITALIANO et
http://www.mirbeau.org/doc/Mirbeau_in_italiano.pdf.

* L’organisation de multiples colloques consacrés à Mirbeau : à Angers (2000 et


2017), à Caen (1996), au Sénat (2017), à Morlaix (2017), à Grenade (2017) et à Limoges
(2017). Plus ceux initiés par la S.O.M. et pris en charge par ses adhérents : à Cerisy (2005), à
Strasbourg (2007), à Debrecen (2017) et à l'université de Chicago (2017). Auxquels il
convient d’ajouter les sessions Mirbeau des conventions annuelles de la RMMLA (Rocky
Mountains Modern La,guages Association).

* La constitution d’un Fonds Octave Mirbeau à la BU d’Angers : http://bu.univ-


angers.fr/zone/Patrimoine/archives-litteraires/fonds-mirbeau-octave.

* La fabrication d'une exposition didactique et itinérante d'une trentaine de panneaux,


qui a beaucoup circulé en France, à partir de 1995 et dans les années suivantes — et
gratuitement, bien sûr. Elle a encore servi, en 2017, aux expositions quiont eu lieu à Carrières-
sous-Poissy et à Poissy.

* Une centaine de conférences, à travers la France et dans plusieurs pays étrangers


(Hongrie, Italie, Espagne, Serbie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, États-Unis, Canada,
Roumanie). La commémoration internationale de 2017 a permis à de nouveaux
mirbeaulogues et mirbeauphiles de prendre le relais, notamment en Normandie et en
Limousin.

* La création de deux sites Internet multilingues extrêmement riches et abondamment


illustrés, qui donnent accès, d’un seul clic, à plus de 1 300 articles sur Mirbeau en trente
langues :
- Site principal multilingue : http://mirbeau.asso.fr/.
- Portail multilingue : . http://www.mirbeau.org/.
* La préparation de la commémoration internationale d’Octave Mirbeau à l’occasion
du centième anniversaire de sa disparition. Des initiatives multiples et diverses ont eu lieu
dans ce cadre : publications nouvelles ou rééditions, traductions en une dizaine de langues,
colloques dans plusieurs pays, innombrables créations et reprises théâtrales en plusieurs
langues, multiples expositions, conférences, et même un timbre…
Voir sur nos sites la liste des colloques et publications
(http://www.mirbeau.org/colloques_publications.html) et le calendrier de toutes ces
manifestations commémoratives, de 2016 à 2019 (http://www.mirbeau.org/calendrier.html).

* La constitution, à cette occasion, d’un très important comité de parrainage


international, regroupant des personnalités de 35 pays : des universitaires de toutes
disciplines, des écrivains, des artistes, des gens de théâtre et de cinéma, des élus, etc. :
http://www.mirbeau.org/comite.html.
* La création d’un nombre impressionnant de notices Wikipédia sur Mirbeau (en 140
langues !), ainsi que sur ses œuvres et ses personnages, soit au total quelque 470 notices.
Mirbeau y est à coup sûr un des auteurs les mieux traités par cette encyclopédie numérique,
qui permet de toucher un maximum de curieux et qui, en l’occurrence, a contribué
éminemment à la reconnaissance internationale de l’écrivain.

* Le soutien financier à la création de Sakta, libre adaptation théâtrale du Journal


d’une femme de chambre, en Algérie, et de Brèves d’une vie, adaptation musicale du même
roman, en Alsace.

* Enfin, depuis trois ans, sont apparues des pages Facebook consacrées à Mirbeau, en
français (cinq) et en italien (une), ce qui a permis d’élargir encore le public touché.
À toutes ces activités productives il convient d’ajouter que les Assemblées générale et
annuelles de la Société ont donné lieu à des retrouvailles conviviales, à des visites
touristiques, à un buffet et à des représentations théâtrales d'œuvres de Mirbeau par des
troupes, amateurs ou professionnelles. Près d’une vingtaine d’entre elles ont eu lieu à Angers,
et les autres à l’Arsenal, à Trélazé, à Saumur, à Rémalard et à Triel-sur-Seine.

Le résultat est à la hauteur des efforts fournis pendant un quart de siècle par un petit
groupe de mirbeauphiles, qui ont su créer un vaste réseau international, notamment dans les
universités, et il dépasse largement mes espérances initiales. Non seulement Octave Mirbeau
est de nouveau publié et lu par un nombre croissant de personnes dans toutes sortes de pays,
et souvent sans bourse délier, ce qui en renforce l’accès, mais il est maintenant
internationalement reconnu comme un écrivain de première importance, qui a joué un rôle
considérable dans l’histoire littéraire, bien sûr, mais aussi dans celle des beaux-arts et dans
l’histoire politique et sociale. Alors que, comme Zola dans les années 1960, il était peu ou
prou ignoré ou snobé à l’université, il y a fait son entrée partout dans le monde et les études
universitaires, mémoires et thèses, se multiplient, en France et à l’étranger, non seulement en
Europe et aux États-Unis, mais aussi en Uruguay, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, au
Cameroun, et même en Chine...

Tous les objectifs que je m’étais fixés en créant la Société Mirbeau et en la finançant
largement (à hauteur de quelque 20 000 €) ont donc été plus qu’atteints. Dans ces conditions,
quand j’ai dû, pour raisons personnelles, passer le relais à la présidence de la S.O.M., afin de
me décharger un peu d’un ensemble de tâches écrasant, je pouvais être rassuré : l’essentiel
était acquis et tout l’énorme travail réalisé en 25 ans, qui avait permis de changer totalement
le regard porté sur Mirbeau, n’était plus à faire. Je pouvais donc ralentir un peu le rythme de
travail en toute sérénité.

Mais ce calme était en réalité celui qui précède la tempête. Cette tempête a éclaté au
cours de la longue phase de transition qui a suivi l’A.G. de Triel du 5 mai 2018 et au cours de
laquelle j’ai dû préparer mon successeur à assumer des responsabilités totalement nouvelles
pour lui, tout en continuant à me charger d’une partie de mes tâches antérieures, au premier
chef la réalisation et la diffusion du n° 26 des Cahiers Mirbeau, qui vient de sortir au début du
mois d’avril 2019.
Si je ne renouvelle pas, en 2020, mon adhésion à la Société Mirbeau, qui prend, selon
moi, une direction qui la condamne à mort, ce n’est évidemment pas parce que je compte
mettre un point final à mes recherches et à mes publications mirbelliennes. Dans le temps qui
me reste, je poursuivrai naturellement la belle aventure des cahiers Mirbeau, en partenariat
avec le fraternel Petit Pavé, et avec tous les mirbeauphiles qui, à travers la France et le monde,
sont restés fidèles aux valeurs éthiques d’Octave Mirbeau : la Vérité, la Justice, la Beauté et la
Laïcité.

Angers, le 22 avril 2019

Pierre MICHEL
Fondateur et président honoraire de la Société Octave Mirbeau (1993-2018)
Rédacteur en chef des Cahiers Octave Mirbeau

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