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UNIVERSITE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

CALCUL ET CONCEPTION DES SILOS ET RESERVOIRS METALLIQUES

Lahlou Dahmani

ANNEE 2017
PARTIE 1.

Conception des réservoirs pour le


stockage des huiles et de l’eau

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OBJECTIF

Cette leçon décrit les principes de base utilisés dans la conception des réservoirs pour le
stockage des huiles et de l’eau. Elle couvre le dimensionnement des réservoirs
cylindriques et verticaux. Quant aux références, elles sont basées sur le British Standard
BS 2654 [1] et sur l’American Petroleum Industry Standard API 650 [2].

RESUME

Les réservoirs cylindriques soudés sont couramment utilisés pour stocker les produits à
base d’huile et d’eau.

L’élément principal de la structure de ces réservoirs est soit un cylindre vertical en


acier, soit une coque qui est construite par soudage d’une série de plaques
rectangulaires. La pression hydrostatique est reprise par cet élément qui est soumis à des
sollicitations de traction circonférentielles.

Le réservoir est habituellement pourvu d’une toiture fixe attachée au point le plus haut
de la coque et d’un fond composé de plaques d’acier se recouvrant, ce dernier est assis
sur une fondation adéquate.

Cette leçon explique les bases de calcul d’éléments de structure de réservoirs


cylindriques et illustre les dispositions constructives ainsi que les détails clefs
impliqués.

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1. CONCEPTION D’UN RESERVOIR CYLINDRIQUE SOUDE

1.1 Généralités
Les huiles et les produits à base d’huile sont principalement stockés dans des réservoirs
cylindriques en acier à la pression atmosphérique ou à basse pression. Les réservoirs
sont à fond plat et sont pourvus d’un toit conique ou en dôme.

L’eau est également stockée quelquefois dans ces réservoirs cylindriques qui lorsque
l’eau est potable, sont d’une taille adéquate pour fonctionner comme un château d’eau
de collectivité locale ; ils ont une toiture étudiée pour empêcher la contamination de leur
contenu. Les réservoirs cylindriques sont aussi utilisés pour les travaux de traitement
des eaux usées tels que des bassins de sédimentation ou de décantation ; ils n’ont en
général pas de toit.

La taille des réservoirs cylindriques s’étend d’un modeste diamètre de 3 m à un


diamètre de 100 m et jusqu’à une hauteur de 25 m. Ils sont constitués de trois
principaux éléments : le fond, la coque et le toit.

Pour le stockage d’hydrocarbure, le fond du réservoir est composé de tôles d’acier,


étendues sur une assise spéciale. Pour certains réservoirs d’eau, on utilise une dalle en
béton armée comme fond à la place des tôles.

La coque (ou mur cylindrique) en grande partie non raidie, est formée de tôles d’acier.

Le toit du réservoir est habituellement fixé sur la partie haute du mur cylindrique, bien
que des toits mobiles soient prévus dans certaines circonstances. Un toit fixe peut être
soit autoportant soit partiellement repris par un effet membrane, mais en général, la
toiture s’appuie sur des poutres radiales ou des poutres à treillis.

1.2 Normes de calcul


En clair, les normes usuelles sont généralement applicables aussi bien dans le cas de
réservoirs contenant des huiles que ceux contenant de l’eau, alors que c’est l’industrie
du pétrole qui a été responsable du développement de beaucoup de normes et de
procédures de calcul.

Les deux normes appliquées le plus largement sont le British Standard BS 3654 [1] et
l’American Petroleum Institute Standard API 650 [2]. Elles sont assez proche bien qu’il
y ait quelques différences (voir annexe A). Quant aux autres normes américaines et
européennes, elles ne sont pas beaucoup appliquées en dehors de leur pays respectif.

Cette leçon suivra généralement les exigences du BS 2654 [1] qui est à la fois un code
de calcul et un guide des dispositions constructives. Ce code de calcul est basé sur le
principe de la contrainte admissible et non sur celui des états limites.

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1.3 Calcul des pressions et des températures
Les réservoirs qui sont conçus pour stocker un liquide à la pression atmosphérique,
doivent être capables de reprendre un faible vide (pression négative). Selon la norme
BS 2654, les réservoirs doivent également être prévus pour supporter une légère
pression relative positive (de l’ordre de 5,6 mbar = 5,6 kN/m²).

Les réservoirs non réfrigérés sont prévus pour que leur acier supporte une température
minimale qui est habituellement prise comme étant égale à la température de l’air la
plus basse (augmentée dans certains cas de 10°C) ou à la température minimale du
contenu. On retiendra la plus faible de ces deux dernières valeurs. Aucune température
maximale de service n’est indiquée dans la norme.

1.4 Matériaux
Les réservoirs sont habituellement construits avec des tôles en acier enrichi en carbone
pur (traditionnellement désigné sous le nom d’acier doux) de nuance S235 ou S275
(selon EN 10 025 [3]) ou équivalent. Un tel acier est facilement soudable. L’utilisation
de plus fortes nuances d’acier faiblement allié est moins commune, bien que son
utilisation se développe.

La résilience pour la température de service la plus basse est obtenue avec des
matériaux d’épaisseur supérieure à 13 mm en précisant le minimum requis aux tests
d’impact. Elle est normalement atteinte en spécifiant une sous-nuance appropriée (selon
EN 10 025 [3].

A l’intérieur, les réservoirs d’huiles ne sont généralement pas peints. Les réservoirs
d’eau doivent être pourvus d’un enrobage (à condition qu’il soit inerte si l’eau est
potable) ou doté d’une protection cathodique. A l’extérieur, les réservoirs sont
généralement protégés. Si l’acier n’est pas recouvert, une compensation de matière doit
être faite au stade de la conception, pour prévenir les pertes d’épaisseur avec la
corrosion.

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2. CHARGES DE CALCUL

Un réservoir est conçu pour résister à la plus sévère des combinaisons de charges.

2.1 Charges permanentes


Les charges permanentes sont issues du poids propre de toutes les parties du réservoir.

2.2 Charges de surexploitation


Une charge minimum de surexploitation de 1,2 kN/m² (surface projetée
horizontalement) est appliquée sur le toit du réservoir. Cette charge est plus
communément appelée : charge de neige, mais en fait, elle représente aussi bien une
charge de neige nominale que toute autre charge d’exploitation telle que des charges de
maintenance qui pourraient être appliquées sur la toiture ou de dépression créée par un
vide présent dans le réservoir. Cette charge est également applicable dans des régions
où la neige n’est jamais tombée.

Les réservoirs non pressurisés sont souvent équipés de soupapes qui s’ouvrent lorsque
le vide atteint une valeur de 2,5 mbar (0,25 kN/m²) et ceci pour contenir les pertes de
vapeur. Mais avant que la soupape ne se soit entièrement ouverte, un vide de 5 mbar
(0,5 kN/m²) a pu se développer. Même sans la présence de ces soupapes, un réservoir
doit être conçu pour résister à un vide de 5 mbar (0,5 kN/m²), pour fournir une pression
différentielle sous charges de vent. Dans les réservoirs pressurisés, les soupapes peuvent
se déclencher lorsque le vide atteint 6 mbar (0,6 kN/m²) et dans ce cas, une pression
différentielle de 8,5 mbar (0,85 kN/m²) peut se développer.

Les charges de neige réellement prévues ainsi que d’autres charges de surexploitation et
des pressions de vide appropriées, doivent être utilisées lorsqu’elles sont plus grandes
que les minimums spécifiés.

2.3 Contenu du réservoir


Le poids et la pression hydrostatique du contenu du réservoir jusqu’à sa capacité
maximale, doit être pris en compte. La capacité maximale est habituellement déterminée
par un trop-plein prés du sommet du réservoir ; pour un réservoir dépourvu de trop-
plein, le contenu doit être calculé comme si on remplissait le réservoir jusqu’au ras du
cylindre.

Pour les huiles et ses produits dérivés, la densité relative du contenu est inférieure à 1,
mais ces réservoirs sont en principe testés en les remplissant d’eau et une densité de
1000 kg /m3 doit donc être prise comme minimum.

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2.4 Charges de vent
Les charges de vent sont déterminées sur la base d’une vitesse de calcul. La vitesse
maximale du vent dépend de la région où le réservoir est construit. Dans la plupart des
cas, une valeur de 45 m/s est retenue. Elle représente la vitesse d’une rafale de trois
secondes qui est dépassée en moyenne seulement une fois tous les 50 ans.

2.5 Charges sismiques


Dans certaines régions, un réservoir doit être prévu pour résister aux charges sismiques.
Bien que quelques directives soient données dans les normes BS 2654 [1] et
API 650 [2] sur le calcul des réservoirs, des connaissances particulières doivent être
appliquées en vue de déterminer les charges sismiques.

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3. DIMENSIONNEMENT DU FOND DU RESERVOIR

Pour le stockage d’hydrocarbure, un fond composé de tôles plates en acier, repose sur
une fondation préparée à cet effet.

Les tôles en acier sont directement reposées sur une couche de forme composée de sable
bitumineux, elle-même reposant habituellement sur un remblai compacté ou bien dans
le cas d’un sol mou, sur un radier en béton armé. Un exemple typique de semelle est
illustré sur la figure 1 et une description détaillée de la composition de la fondation
présentée ci-dessus est donnée dans l’annexe A de la norme BS 3654 [1].

Le fond du réservoir est composé d’un certain nombre de tôles rectangulaires, entourées
par un lot de tôles embouties afin de donner une surface circulaire, comme il est montré
sur la figure 2. Les tôles qui se chevauchent légèrement entre elles, sont comprimées
localement aux angles, là où trois tôles se rencontrent (voir figure 3). Il sera préférable
de réaliser des joints de soudure à recouvrement ou à cordon d’angle plutôt qu’une
soudure en bout (qui doit être soudée sur une bande de support placée en dessous du
joint) parce que cela est plus commode et moins onéreux.

Pour les gros réservoirs (de plus de 12,5 m de diamètre, selon la norme BS 2654) un
anneau de tôle est prévu autour du lot de tôles rectangulaires. Le cordon de soudure
entre chaque tôle de l’anneau est de type en bout plutôt qu’à recouvrement puisque cet
anneau sert d’assise à la tôle de la coque verticale du réservoir. Ce détail constructif est
illustré sur la figure 4.

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La coque du réservoir vient s’appuyer sur les tôles rectangulaires embouties ou dans le
cas de gros réservoirs, sur les tôles annulaires et ceci juste à l’intérieur du périmètre. Les
deux pièces sont ensuite soudées à l’aide d’un cordon d’angle (voir figure 5).

Les tôles du fond jouent principalement un rôle d’étanchéité pour le réservoir. La seule
charge qu’ils supportent, à part la partie située juste sous la coque, est la pression
amenée par le contenu du réservoir qui est ensuite transmise à la fondation. Le calcul
des efforts n’est pas nécessaire pour le dimensionnement de la fondation puisque la
norme BS 2654 propose une épaisseur de cette dernière qui dépend de la taille du
réservoir.

Les réservoirs d’eau peuvent également avoir un fond en acier ou, dans certaines
circonstances, une dalle en béton armé est prévue à la place. Il n’existe pas de détail
standard pour la connexion entre la dalle en béton et la coque du réservoir, puisqu’une
simple cornière soudée à la base de la coque et boulonnée sur la dalle est généralement
suffisante.

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4. DIMENSIONNEMENT DE LA COQUE

4.1 Sollicitations circonférentielles


Les cylindres verticaux des réservoirs reprennent la pression hydrostatique par de
simples tensions circonférentielles sans qu’aucun raidisseur ne soit nécessaire. La
traction circonférentielle dans la coque variera directement suivant la direction verticale
en fonction de la hauteur du fluide contenu, depuis la surface du liquide jusqu'à la
profondeur maximale. Pour une épaisseur constante de la coque, le calcul des efforts est
donc simple. A une profondeur d’eau H, la contrainte est donnée par la formule
suivante :

H  gD
H =
2t

où : D est le diamètre du réservoir

 est la densité du fluide

t est l’épaisseur de la coque

g est l’accélération de la pesanteur

Pour des raisons pratiques, il est nécessaire de constituer la coque à partir d’un lot de
petites pièces de tôles rectangulaires de même dimension, soudées bout à bout. Chaque
pièce devra être cintrée et il sera commode de construire la coque avec un nombre
d’anneaux ou de voiles placés les uns au-dessus des autres. Cette technique permet au
moins pour les réservoirs les plus hauts, d’utiliser des tôles plus épaisses en bas du
cylindre et de plus fines pour les pièces les plus hautes.

L’anneau de tôle le plus bas est entièrement soudé sur le périmètre du fond du réservoir,
créant ainsi un encastrement de l’arête basse de cet anneau. De la même manière, l’arête
basse de tout autre anneau s’appuyant sur un autre, d’épaisseur plus importante, est
retenue puisque la tôle la plus épaisse est raidie. L’effet de ce principe sur les
contraintes circonférentielles est illustré sur la figure 6.

Par conséquent, à cause de cette retenue, un ajustement empirique est introduit dans les
règles de calcul qui nécessitent en fait que chaque anneau soit calculé avec une pression
mesurée 300 mm en dessous de l’arête inférieure de la tôle (cette règle est décrite dans
le document API 650 [2] sous le nom de « règle du pas »).

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Lorsque la charge due à la pression interne est prise en compte et lorsque l’on introduit
les effets de la corrosion, l’équation qui en résulte selon la norme BS 2654 [1] est sous
la forme :

t=
D
 98 w (H - 0,3) + p  + c
20 S

où : t est l’épaisseur minimale calculée (en mm)

w est la densité maximale du fluide (kg/l)

H est la hauteur maximale fixée du fluide au-dessus du fond (en m)

S est la contrainte admissible de calcul (en MPa)

p est la pression de calcul (seulement celle du réservoir) (en mbar)

c est la prise en compte de la corrosion (en mm)

La contrainte élastique admissible de traction dans la coque est généralement prise


comme étant égale à un rapport de la limite d’élasticité du matériau. La norme BS 2654
défini ce rapport égal à 2/3 de la limite d‘élasticité. Elle fixe également le facteur de 3/2
pour obtenir la contrainte plastique admissible de traction dans la tôle. Le document
API 650 utilise également la valeur de 2/3 de la limite élastique, mais en plus, il limite
la contrainte de calcul avec un facteur de la contrainte ultime plus faible. Ainsi, pour des
aciers plus résistants, ce facteur est légèrement plus défavorable. De plus le document
API 650 prescrit une contrainte, pendant le test hydrostatique, légèrement plus forte que

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la contrainte admissible prévue pour des sollicitations de service et ceci lorsque la
densité du fluide est inférieure à 1.

Chaque anneau est constitué d’un nombre de tôles, soudée entre elle bout à bout sur les
joints verticaux. Chaque anneau est soudé sur celui du dessous tout au long du
périmètre. Des soudures de bonne qualité peuvent minimiser les torsions et le
gauchissement par rapport à la ligne idéale du cordon de soudure (droit ou courbe), mais
les imperfections sont inévitables, particulièrement avec des tôles fines. Par conséquent
les règles préconisent que les cordons verticaux soit décalés d’un anneau à l’autre, si
possible d’un tiers de la longueur d’une tôle.

Les percements dans la coque pour les tuyères d’admission et de vidange ou pour les
trous de visites causent un accroissement local de la contrainte circonférentielle. Cette
hausse est résolue par l’ajout de tôles renforcées. Ces tôles prennent la forme, soit d’une
plaque circulaire servant de doublage et soudée sur le pourtour du trou, soit d’un
médaillon soudé à l’intérieur. On peut également prendre une tôle plus épaisse. Ces
tuyères créent un renforcement de la tôle au niveau du trou qui peuvent être conçues
d’une taille si faible qu’aucun dispositif de renforcement de la coque ne soit nécessaire.

4.2 Contraintes axiales dans la coque


La coque cylindrique doit supporter son propre poids et le poids de la toiture qui amène
des contraintes axiales. De plus, les charge de vent sur le réservoir apportent des
tractions axiales sur un côté du réservoir et des compressions de l’autre côté.

Un cylindre de faible épaisseur soumis à un effort de vent axial va rencontrer un


flambement local ou bien voiler. La valeur critique de la contrainte, pour un cylindre
parfait, peut être obtenue à partir des théories classiques et, pour l’acier, est donné par la
formule :

Et
 cr = 0,605
R

En pratique, les cylindres imparfaits flambent sous une contrainte beaucoup moins
importante. En effet une contrainte admissible de 1/10 de celle donnée ci-dessus sera
plus appropriée. Cependant, en service normal, les contraintes axiales dans le réservoir
capables de supporter les charges circonférentielles pour des dimensions de réservoirs
utilisés pour le stockage des huiles et de l’eau, sont même plus faibles que le 1/10 de la
contrainte critique citée ci-dessus. Le calcul des contraintes axiales n’est donc pas
mentionné dans les règles telles que le BS 3654 et API 650, pour les conditions de
service.

Mais dans le cas de conditions sismiques, de plus grosses contraintes sont engendrées à
cause du fort moment fléchissant, lorsque le réservoir est plein. Dans ce cas la
contrainte axiale doit être calculée. La contrainte axiale due au moment fléchissant M,
est donnée par l’expression suivante :

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4M
a =
 t D2

Dans la norme BS 2654 la contrainte axiale sous charges sismiques est limitée à :
0,20 E t / R, laquelle est considérée comme une valeur raisonnable lorsque le cylindre
est également soumis à la pression hydrostatique interne. Le document API 650 utilise
une valeur similaire, à condition que la pression interne dépasse une certaine valeur
dépendante de la taille du réservoir.

Bien que la contrainte axiale n’ait pas besoin d’être calculée en condition de service, le
réservoir doit être vérifié au niveau de sa stabilité lorsqu’il est vide et qu’il est soumis à
des efforts de vent. Si cela est nécessaire, les ancrages doivent être prévus en
conséquence. Un exemple typique est illustré sur la figure 7.

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4.3 Poutre au vent principale
Un réservoir ayant une toiture fixe, est considéré comme étant convenablement contenu
dans sa forme cylindrique par la toiture. Aucun raidisseur n’est nécessaire au point le
plus haut de la coque, à l’exception de la mise en place possible d’une partie d’anneau
de compression (voir § 5.2).

Au sommet d’un réservoir ouvert (ou ayant une toiture mobile), un raidisseur
circonférentiel est nécessaire pour maintenir la section ronde du réservoir lorsqu’il est
soumis aux efforts de vent. Ce renfort est particulièrement utile lorsque le réservoir est
vide.

Le calcul de la stabilité de réservoirs renforcés est une tâche délicate. Heureusement,


des études ont été réalisées sur ce sujet et ont abouti sur une formule empirique, basée
sur le travail de De Wit et qui est facilement applicable au niveau des calculs de
conception. Dans la norme BS 2654, cette formule est exprimée comme un module de
section minimal à satisfaire et cela nous donne :

Z = 0.058D 2 H

où : Z est le module de section élastique (en cm3) de la section efficace de la


poutre au vent principale, en incluant une épaisseur de tôle agissant
comme un raidisseur

D est le diamètre du réservoir

H est la hauteur du réservoir

La formule a été définie avec une vitesse de vent de 45 m/s. Pour d’autres vitesses de
vent, il conviendra de multiplier le résultat par le ratio suivant : (V/45)², avec pour V, la
nouvelle vitesse de vent.

Les poutres au vent principales sont habituellement constituées en soudant tout autour
du sommet du réservoir une cornière ou un profilé en U comme il est illustré sur la
figure 8. Notons qu’une soudure d’angle doit toujours être utilisée sur l’arête supérieure
de l’assemblage, pour éviter la corrosion.

Il est reconnu que la réalisation d’une telle opération sur des réservoirs de plus de 60 m
de diamètre conduit à une augmentation inutile de la poutre au vent. Par conséquent, la
norme limite la taille des réservoirs pour ce type de besoins à un diamètre de 60 m.

Les poutres au vent principales sont généralement externes au réservoir. A leur mise en
place, on a habituellement recours à des gouttières placées sur le pourtour intérieur au
sommet du réservoir, dans lesquelles l’eau venant du toit s’écoule, puis passe dans des
tuyaux de descente. Bien que ce détail ne soit pas traité dans la norme, une gouttière
adéquate peut jouer le rôle de poutre au vent, à condition qu’elle soit relativement
proche du sommet du réservoir. Dans cette éventualité, une cornière de bordure est
également requise au niveau du bord libre du réservoir. Ce cas d’aménagement de
poutre en forme d’anneau et de cornière de bordure est couvert par les règles de calcul.

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4.4 Poutre au vent secondaire
Bien que la poutre au vent principale située au niveau du toit stabilise le réservoir à son
sommet, des flambements locaux peuvent se produire dans les réservoirs vides quelque
part entre le sommet et la base. Pour éviter ce phénomène, des poutres au vent

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secondaires sont introduites à différents niveaux de la hauteur du réservoir. La
détermination du nombre et de la position de ces poutres au vent secondaires est traitée
dans la norme BS 2654 (mais pas dans le document API 650).

La procédure est basée sur la détermination de la longueur de tube pour laquelle, avec
les extrémités fixes, le flambement critique élastique se produit pour une pression
externe uniforme donnée. Un tel flambement pourrait également se produire dans un
tube plus long, bloqué à intervalles réguliers. La longueur recherchée serait égale à cet
intervalle.

La contrainte critique pour une longueur de tube L, de rayon R et d’épaisseur t est


donnée dans le document de Roark [4] par la formule suivante :

3/ 4 5/ 2
0,807 E  L  t
Q =  
2 R3/ 2
L  (1 -  ) 

En utilisant les valeurs de E et de  de l’acier et après réarrangement et simplification,


nous obtenons la formule suivante :

95000 t 5min
Hp =
3,563 Vw2 + 580 v a D3

où : D est le diamètre du réservoir (en m)

Hp est l’espacement maximal autorisé des anneaux (en m) (équivalent à la


longueur critique L)

tmin est l’épaisseur de la tôle (en mm)

Vw est la vitesse de vent de calcul (en m/s)

va est la pression du vide (en mbar)

Cependant, la coque des réservoirs est faite d’anneaux, dont l’épaisseur de la tôle
augmente en allant du sommet vers le fond du réservoir. Heureusement, cette situation
non uniforme peut être convertie en une situation uniforme équivalente en notant que la
hauteur critique de l’anneau : L (ou l’espacement maximal Hp) est proportionnel à t5/2.
En prenant la tôle la plus fine (anneau le plus haut) comme référence (tmin), chaque
anneau de hauteur h et d’épaisseur t peut être converti en un anneau de tôle mince, de
hauteur équivalente et qui a le même élancement efficace en appliquant la correction
suivante :

5/2
 t min 
He = h  
 t 

où : t est l’épaisseur de chaque anneau pris en compte

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He est la hauteur équivalente de chaque anneau ayant une épaisseur de
tmin

Les hauteurs équivalentes de tous les anneaux sont ajoutées pour obtenir la hauteur
totale équivalente qui est divisée par la longueur critique Hp, afin de déterminer le
nombre minimal d’intervalles et donc le nombre de poutres au vent secondaires. La
position de ces poutres secondaires qui sont espacées de manières équitable le long de
l’anneau équivalent, doit être établie en convertissant leur position sur chaque anneau en
position sur tout le réservoir en inversant la précédente procédure.

Le processus tout entier est illustré dans la norme BS 2654.

Le renforcement du réservoir s’achèvera en soudant une cornière sur la surface de la


coque d’une manière identique à celle des poutres au vent principales. Des dimensions
minimales de cornières sont données dans la norme BS 2654 [1].

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5. CONCEPTION DES TOITURES FIXES

5.1 Généralités
Les couvertures des réservoirs cylindriques sont formées de tôles d’acier et ont au choix
une forme de cône ou de dôme (courbure sphérique). Les tôles d’acier peuvent être
entièrement autoporteuses (par effet membrane) ou peuvent s’appuyer sur plusieurs
formes de supports.

Les toitures membranes sont plus délicates à mettre en place. Elle nécessite la mise en
place de supports provisoires pendant toute la durée de leur assemblage par soudure. On
les trouve uniquement sur des réservoirs de petite taille.

Les supports permanents en construction métallique peuvent aussi bien être d’une
portée égale au diamètre du réservoir qu’être appuyées sur un poteau placé à l’intérieur
du réservoir. L’utilisation d’un seul poteau au centre du cylindre, est particulièrement
efficace pour des réservoirs de taille modeste (15 à 20 m de diamètre).

La plupart des types de support réalisés en construction métallique sont naturellement


rayonnants. Ils peuvent être soit des profilés laminés soit, pour de plus gros réservoirs,
des poutres treillis.

Les tôles de la toiture sont généralement soudées avec des cordons d’angle ou à
recouvrement. Pour les réservoirs à basse pression, les tôles n’ont pas l’obligation d’être
soudées aux poutres qui les supportent, mais doivent normalement être soudées à la
jonction du toit et de la coque verticale.

5.2 Toitures membranes


Pour les toitures membranes, les efforts provenant des charges permanentes ou variables
s’opposent à des contraintes de compression radiales. Les forces de pression internes
verticales ascendantes réduites des charges permanentes s’opposent à des contraintes de
traction radiales.

Les toitures coniques ont habituellement une pente de 1/5. Les toitures sphériques quant
à elles, ont généralement un rayon de courbure égal à 0,8 jusqu’à 1,5 fois le diamètre du
réservoir.

Les limitations du flambement sous compressions axiales sont exprimées dans la norme
BS 2654 par la formule suivante :

10 Pe
t r = 40 R 1
E

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où : R1 est le rayon de courbure de la toiture (en m)

Pe est la charge externe plus le poids propre (en kN/m²)

E est le module de Young (en MPa)

tr est l’épaisseur de la tôle constituant la toiture (en mm)

Pour les toitures coniques, R1 est pris égal au rapport entre le rayon de la coque verticale
du réservoir et le sinus de l’angle entre la toiture et l’horizontale, c’est-à-dire que
R1 = R / sin.

En utilisant une valeur de Pe = 1,7 kN/m² (soit 1,2 kN/m² pour les charges variables et
0,5 kN/m² pour le poids propre d’une tôle de 6 mm) et une valeur de E correspondant à
celle de l’acier, on obtient :

tr = 0.36 R1

Une expression du même type est donnée dans le document API 650, exprimée en
unités anglaises impériales et pour une charge de 45 lb/ft² (= 2,2 kN/m²).

Pour les efforts de tension, les contraintes sont limitées à :

p R1
tr = pour des toitures de forme sphérique
20 S 

p R1
tr = pour des toitures de forme conique
10 S 

où :  est le facteur d’efficacité de l’assemblage

S est la contrainte admissible de calcul (en MPa)

p est la pression interne (en mbar)

Bien que les cordons de soudure à recouvrement ou les doubles cordons d’angles soient
performants, ils ont un coefficient d’efficacité de seulement 0,5. Les cordons de
soudures de type bout-à-bout ont en revanche un facteur de 1,0.

Pour les efforts verticaux descendants, la contrainte de compression radiale est


complétée par des tensions circonférencielles.

Pour les efforts verticaux ascendants (c’est-à-dire la pression interne), la contrainte de


tension radiale doit être complétée par une contrainte de compression circonférentielle.
Cette compression peut seulement être provoquée par le raccordement de section entre
la toiture et la coque verticale. Ceci est exprimé comme un minimum requis de la
surface d’une section efficace (comme il est montré figure 9), ainsi nous obtenons la
formule suivante :

Page 20
50 p R 2
A =
Sc tan 

où : Sc est la contrainte de compression effective (en MPa)

R est le rayon du réservoir (en m)

 est la pente du toit au niveau de la connexion toit-coque

La contrainte de compression admissible pour cette région est prise à 120 MPa dans la
norme BS 2654 [1].

5.3 Toiture supportée


Le fait de prendre des éléments de poutres radiales qui supportent la toiture, autorise
l’emploi d’une épaisseur de tôle minimale. Cela contribue à faciliter grandement la
construction de la toiture.

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Les poutres radiales sont disposées d’une manière telle que la portée de chaque tôle soit
d’un maximum de 2 m. Cette limite permet l’utilisation de tôles de 5 mm d’épaisseur
pour le toit et elles sont simplement posées (sans connexion entre elles) sur les poutres.

Les toitures suspendues sont principalement de forme conique bien que des formes
sphériques puissent être mises en place, à condition d’utiliser des poutres radiales
courbes.

La structure qui supporte le toit peut être aussi bien d’une seule portée qu’être appuyée
sur des poteaux intermédiaires. Ces différents cas sont représentés sur les figure 10 et
11. Les toitures sans poteaux intermédiaires sont essentielles lorsqu’il y a une
couverture flottante à l’intérieur du réservoir.

Lorsque des poteaux sont utilisés pour soutenir la toiture, la pente doit être de l’ordre de
1 pour 16. Lorsque la toiture est constituée de tôles autoporteuses il est plus économique
d’utiliser une pente plus raide.

Toutes les poutres radiales ne convergent pas toujours vers le centre du réservoir. Celles
qui convergent vers le centre sont considérées comme des poutres principales, alors que

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les autres sont considérées comme des chevrons. Ces dernières sont fixées à leurs
extrémités sur des poutres disposées en anneau et se situent entre deux poutres
principales. Lorsque des poteaux internes sont utilisés, ils seront placés en dessous des
poutres et non des chevrons. Ce principe est illustré sur la figure 11.

Les poutres principales ont besoin d’être maintenues à des intervalles de leur longueur
pour les stabiliser contre le déversement. Des croix de Saint-André sont prévues pour
certaines travées.

Dans le document API 650, il est permis de supposer que les frottements entre la toiture
et les poutres sont capables de réduire la compression des semelles des chevrons. En
prévision de ce phénomène, la hauteur de ces poutres secondaires ne doit pas être trop
grande. Ce principe n’est cependant pas applicable aux poutres principales.

Ces dernières sont sujettes à de la flexion et à des forces axiales. Là où elles sont
calculées pour reprendre une poussée axiale, l’anneau central doit être conçu comme un
anneau de compression. Le sommet de la coque verticale doit donc être pensé pour
résister à la fois à des efforts circonférentiels et à des charges axiales amenées par les
poutres de la toiture.

Page 23
Le calcul des poutres et des poteaux doit généralement suivre les codes de calcul
conventionnels de la construction métallique, puisque les normes BS 2654 et API 650
sont des codes de calcul de contraintes admissibles. Dans le code anglais, il est donc fait
référence à la norme BS 449 [5] plutôt que d’autres codes d’états limites.

La zone de jonction entre la toiture et la coque doit être calculée pour résister à la
compression, de la même manière qu’il a été décrit au début du § 5, pour des toitures
membranes.

5.4 Purge
Une purge doit être conçue pour prévoir les mouvements du fluide contenu à l’intérieur
et à l ‘extérieur du réservoir, mais également pour reprendre les changements de
température de l’air présent dans le réservoir. La purge peut être constituée par un clapet
de décharge de pression ou par un conduit de mise à l’air libre ouvert en permanence.

Pour le stockage d’hydrocarbures, des clapets de décharge de pression d’urgence seront


mis en place, pour se prémunir de la chaleur d’un éventuel feu externe au réservoir. Le
soulagement de la pression peut également être provoqué par des aérateurs d’urgence
additionnels ou par la conception d’un joint cassant entre la toiture et la coque verticale
(c’est-à-dire que l’on limite la taille du cordon de soudure à recouvrement entre la
toiture et la coque, cette valeur limite est en général de 5 mm).

Page 24
6. CONCEPTION DES TOITURES MOBILES ET DES
COUVERTURES INTERNES

6.1 Utilisation de toitures mobiles et de couvertures internes


Comme il a été mentionné dans le § 5.4, les réservoirs ont besoin d’être aérés pour se
prémunir de la compression et de la détente de l’air interne. Dans les réservoirs
d’hydrocarbures, l’espace libre entre le liquide et la toiture contient un mélange d’air et
de vapeur. Lorsque le mélange se détend avec la chaleur du soleil, les aérateurs
expulsent une partie de la vapeur. La nuit, lorsque la température chute, l’air frais
redescend dans la cuve, une majorité du contenu s’évapore alors et vient saturer l’air.
Ce cycle continu se traduit par une perte substantielle de l’évaporation. Il est donc
nécessaire de prendre des mesures pour minimiser ces pertes, ainsi les toitures mobiles
et les couvertures internes sont communément utilisées pour cet objectif.

6.2 Toitures mobiles


Une toiture mobile est parfois préférée à une toiture fixe même si la coque est
effectivement ouverte en son sommet et si elle doit être conçue en conséquence.

En phase de service, une toiture mobile est entièrement posée sur le liquide et doit donc
être suffisamment flottante. La flottabilité est atteinte en prévoyant des compartiments
vides et étanches dans un ou plusieurs constituants de la toiture mais également en
utilisant des flotteurs ou encore en adoptant une toiture à double peau.

Une toiture à flotteurs possède sur la circonférence un compartiment en forme d’anneau


qui est subdivisé par des cloisons et d’un diaphragme central formé d’une seule peau.
La peau centrale nécessite un renforcement à l’aide de poutres radiales.

Une toiture à double peau est constituée d’un lot complet de compartiments répartis sur
toute la surface du réservoir. Deux peaux circulaires sont assemblées à des tôles
périphériques puis cloisonnées pour former un disque ou un piston.

Les deux types de toiture doivent toujours flotter même si quelques compartiments sont
perforés (jusqu’à deux selon la norme), La plate forme centrale d’une toiture à flotteur
doit également être prévue dans sa conception pour résister à une perforation.

À cause de l’ouverture de la toiture vers l’environnement extérieur, des mesures doivent


être prises telle que l’évacuation des eaux pluviales par exemple. L’écoulement est
satisfait par un système en toiture qui connecte une tuyauterie flexible placée dans le
réservoir à une évacuation extérieure après avoir traversé à un endroit déterminé la
coque ou le fond. Il doit être prévu dans la conception du réservoir, la possibilité que ce

Page 25
système de drainage se bouche. La toiture devra alors supporter une surcharge,
matérialisée par une accumulation de 250 mm d’eau sur la toiture.

Lorsque le réservoir est vide, le toit ne doit pas avoir la possibilité de toucher le fond
puisqu’il y a le système de tuyauterie flexible de drainage. La toiture est donc munie de
jambes qui préservent un espace minimal. Durant cette phase, la toiture doit être capable
de supporter une surcharge (1,2 kN/m²) ainsi qu’une accumulation d’eau.

Pour les réparations du système de drainage et pour avoir un accès aux tuyères
d’admission et de vidange du fluide, le personnel de maintenance à besoin de pouvoir
accéder à la toiture à partir du sommet de la coque verticale du réservoir quel que soit le
niveau de liquide contenu. Ces accès sont généralement assurés par des échelles mobiles
ou par des escaliers attachés au sommet de la coque et reposant sur le toit. Pour une
réparation du réservoir lorsqu’il est vide, un accès est possible à travers la toiture.

Une toiture à flotteurs type est représentée figure 12.

6.3 Couvertures internes


Lorsque le recouvrement du contenu est prévu à l’intérieur d’un réservoir à toiture fixe,
pour réduire l’évaporation du fluide ou l’entrée de produits contaminants (eau ou sable),
une couverture bien plus fine ou un écran peut être placée à la surface du liquide.

De telles couvertures sont constituées de matériaux bien plus légers que l’acier, bien
qu’un acier de très fine épaisseur puisse parfois être employé. Ces couvertures ne
doivent pas être fournies avec une échelle d’accès et ne sont pas conçues pour reprendre
des surcharges. Elles doivent par contre être prévues pour se maintenir lorsque le
réservoir est vide et pour supporter une présence humaine dans cette même condition.

Page 26
Les recommandations détaillées pour la conception de couvertures flottantes sont
données dans l’annexe E de la norme BS 2654 [1].

7. TRAPPES DE VISITE, TUYERES D’ADMISSION ET


VIDANGE

7.1 Trappes de visite


Un accès par la toiture fixe du réservoir est requis pour la maintenance et les campagnes
d’inspection. De tels accès peuvent être faits à travers la toiture mais également à
travers de la coque. Les trappes de visite placées sur le toit ont l’avantage d’être
toujours en service lorsque le réservoir est plein. Par contre, celles placées sur la coque
sont plus pratiques pour des opérations de vidange (certaines trappes de visite ont une
forme de D et se situent près du fond du réservoir).

Une trappe de visite qui traverse la toiture doit avoir un diamètre minimum de 500 mm.
Les renforcements autour de cette ouverture dans la tôle de la toiture et le type de
couvercle dépendent de la conception du toit. Les accès à cette ouverture doivent se
faire à l’aide d’une échelle munie de gardes corps conformes et d’un passage sur le toit.

Une trappe de visite qui traverse la coque du réservoir doit avoir un diamètre minimum
de 600 mm et doit être placé non loin du fond du réservoir (voir figure 13). Plusieurs
détails de ce procédé sont donnés dans la norme BS 2654 [1].

Page 27
En clair, la découpe d’une ouverture dans la coque interfère avec les actions de la
structure du réservoir tout entier. La perte de matière est compensée par le rajout d’une
tôle de section transversale égale à 75 % de celle perdue. Cette tôle doit être rajoutée à
l’intérieur d’une région circulaire entourant l’ouverture, il est toutefois possible que ces
renforts s’étendent en dehors de cette région. Ces tôles de rajout peuvent être mises en
place selon une des trois manières suivantes :
 en soudant une tôle de renfort sur la tôle de la coque (voir figure 13)
 en insérant localement des tôles plus épaisses (là où l’ouverture est
découpée)
 en concevant dés le départ, pour tout le réservoir, une épaisseur de tôle qui
résistera à sa perforation.

7.2 Tuyères
De la même manière que les trappes de visite servant à la maintenance et à la vidange,
des tuyères sont mises en place sur la toiture et le fond du réservoir pour le remplissage
et l’évacuation du fluide, pour le tuyau de drainage des eaux pluviales et pour la
ventilation en toiture. Elles sont réalisées en soudant un cylindre sur un orifice de même
section qui est découpé dans la coque. Pour les tuyères de faible diamètre, aucun
renforcement n’est nécessaire puisque l’on considère que leur apport de matière est
suffisant. Par contre, les ouvertures de plus gros diamètres doivent être traitées de la
même manière que le trappes de visite, comme il est montré figure 14.

8. CONCLUSION

 L’eau, les huiles et les produits dérivés, sont plus communément stockés dans des
réservoirs cylindriques en acier à la pression atmosphérique ou à basse pression.

 Les deux normes les plus largement appliquées pour le dimensionnement des
réservoirs cylindriques soudés sont les documents BS 2654 et API 650.

Page 28
 Les réservoirs sont fabriqués à partir de tôles en acier enrichies en carbone et qui
sont facilement soudables.

 Un réservoir est conçu pour résister aux plus sévères des combinaisons de charges
variables.

 Pour le stockage d’hydrocarbures, les tôles en acier du fond du réservoir sont


posées sur une fondation spéciale. Les réservoirs d’eau ont quant à eux, soit un
fond en acier soit un fond en béton armé.

 La pression hydrostatique du fluide engendre dans les cylindres verticaux des


sollicitations de traction circonférentielles. De plus le poids propre de la coque
ainsi que celui de la toiture transmet à ce même cylindre des sollicitations axiales
verticales et enfin les efforts de vent amènent des contraintes axiales horizontales.

 Pour les réservoirs ouverts, des poutres au vent principales maintiennent le


périmètre du sommet de la coque parfaitement rond lorsqu’elle est soumise aux
efforts de vent. Des poutres au vent intermédiaires le long de la hauteur des
réservoirs sont nécessaires lorsque ceux si ont de grandes dimensions.

 Les toitures des réservoirs peuvent être fixes ou mobiles. On peut également
mettre en place une couverture à la surface du fluide, dans le cas de toitures fixes,
pour réduire l’évaporation du liquide ou l’intrusion de produits contaminants.

 Des trappes de visite sont prévues pour la maintenance et la mise en place de


tuyères permettant le remplissage ou la vidange du fluide, mais également le
drainage des eaux pluviales et l’aération de l’espace entre la toiture et le fluide.

9. BIBLIOGRAPHIE

[1] BS 2654 : 1984, Specification for manufacture of vertical steel welded storage
tanks with butt-welded shells for the petroleum industry, British Standards
Institution, London.

[2] API 650, Welded Steel Tanks for Oil Storage, 8th Edition, November 1988,
API.

[3] BS EN 10025, 1990, Hot Rolled Products of Non-alloy Structural Steels and
their Technical Delivery Conditions, British Standards Institution, London.

[4] Young, W. C., Roark’s Formulas for Stress and Strain, McGraw Hill, 1989.

[5] BS 449: Part 2: 1969, Specification for the Use of Structural Steel in Building,
British Standards Institution, London.

Page 29
ANNEXE A – DIFFERENCES ENTRE LES DOCUMENTS :
BS 2654 ET API 650

Les points suivants répertorient les principales différences entre la norme anglaise
BS 2654 [1] et la norme américaine API 650.

a) Pour les réservoirs d’hydrocarbure, la norme API 650 précise des


contraintes admissibles différentes pour les phases de service et celle
de remplissage par de l’eau pour les tests de vérification. La norme
BS 2654 quant à elle, fixe une contrainte admissible uniquement pour
la phase de test à l’eau ce qui revient à fixer la densité des
hydrocarbures à 1.

b) La contrainte admissible de calcul de la norme BS 2654 est basée sur


une limite d’élasticité minimale garantie, alors que pour la norme API
650 elle est basée sur une limite de plasticité minimale garantie.

c) La norme BS 2654 est plus contraignante pour la soudabilité des tôles


d’acier.

d) Les exigences de la norme BS 2654 concernant la résilience est basée


sur des résultats d’un grand nombre de tests effectués sur des tôles
larges. Ce système considère qu’un acier est acceptable si, pour
l’épaisseur requise et la température prescrite par le test, la tôle résiste
encore lorsqu’elle dépasse de 5 % sa limite d’élasticité. Ce système
donne le même coefficient de sécurité pour toutes les épaisseurs de
tôle.

e) Dans la norme API 650, une valeur d’intensité d’impact et une


température d’essai est donnée pour toutes les épaisseurs de tôles. Si
l’on observe une tendance à la rupture fragile lorsque l’épaisseur de la
tôle augmente, cela veut dire que cette norme autorise un coefficient
de sécurité plus faible pour des réservoirs de grandes dimensions que
pour d’autres de faibles diamètres.

f) Les aciers donnés par la norme API 650 ont une résilience garantie par
des analyses chimiques mais sans valeur d’impact garantie,
contrairement à la norme BS 2654 qui donne ces valeurs d’impact si
cela est nécessaire.

g) La norme BS 2654 fournie des images plus claires sur la manière de


déterminer la taille et la localisation des poutres au vent
intermédiaires.

Page 30
PARTIE 2.

Conception des silos pour le stockage


des matières ensilés

Page 31
OBJECTIF

Expliquer le calcul des efforts appliqués sur des silos en acier engendrés par les produits
qu’ils stockent et décrire l’analyse structurelle de silos standards.

RESUME

Les méthodes pour le calcul des efforts sont basées sur les règles de l’Eurocode 1 [1] et
les directives concernant l’analyse structurelle ont été compilées à partir de nombreuses
publications. La conception des silos est un sujet compliqué puisqu’il couvre à la fois
l’analyse des coques minces et celle des plaques raidies soumises à une distribution des
charges aléatoire. Cette leçon est nécessairement limitée à une vue d’ensemble des
méthodes pratiques de dimensionnement de silos types.

Page 32
NOTATIONS

a, b dimensions d’une plaque

A section transversale des parois verticales des silos

C coefficient de pondération des charges pour les parois verticales /


const. de flambement

Cb coefficient de pondération des charges pour les parois du silo

Ch coefficient de pondération des charges horizontales

Cw coefficient de pondération des pressions de frottement appliquées sur


les parois verticales

dc dimensions caractéristiques de la section transversale (voir figure 5)

E module d’élasticité

e maximum des deux valeurs : ei et eo

ei excentricité du contenu du silo (voir figure 5)

eo excentricité du centre de l’orifice d’écoulement du silo (voir figure 5)

fcr charge critique de flambement

Fp somme des forces horizontales causées par des charges réparties sur la
fine coque cylindrique d’un silo

Frb effort dans une poutre en forme de cerceau

h hauteur entre l’orifice d’écoulement et la surface équivalente (voir


figure)

k coefficient de flambement des plaques

Ks rapport entre la pression horizontale et verticale

lh longueur de la paroi verticale du silo (voir figure)

ph pression horizontale causée par les matériaux stockés (voir figure)

pho pression horizontale après remplissage du silo jusqu’à la base de la


paroi verticale (voir figure)

Page 33
pn pression normale à la paroi inclinée du silo (voir figure et 8)

pp pression rapportée à une pièce de la coque (voir figure 7)

pps pression rapportée à une pièce de la coque (cas de silo non raidis)
(voir figure 7)

ps pression de choc (voir figure 8)

pt pression de frottement dans le silo (voir figure 5 et 8)

pv pression verticale causée par la présence des matériaux stockés (voir


figure 5)

pvf pression verticale après remplissage

pvo pression verticale après remplissage jusqu’à la base de la paroi


verticale du silo

pw pression de frottement sur la paroi verticale (voir figure 5)

r rayon du silo

s longueur le long de la surface de la zone affectée par une charge


rapportée (s = 0,2 dc)

t épaisseur de la coque

th traction circonférentielles

U périmètre interne de la surface intérieure du silo

W poids du matériau contenu dans le silo

z hauteur de la surface équivalente du contenu lorsque le silo est rempli


au maximum

zo paramètre utilisé pour le calcul des charges

 angle principal d’inclinaison de la paroi de la trémie par rapport à


l’horizontal (figure 5)

 coordonnées polaires

 pondération de charges réparties

 densité du liquide ou de la matière stockée

 coefficient de frottement de la paroi verticale utilisé pour les calculs


de pression

Page 34
 angle effectif de frottement interne

w angle de frottement de la paroi de la trémie utilisé pour l’évaluation de


l’écoulement

Page 35
DEFINITIONS

Coffre Toute forme de structure entourant un volume vide, utilisée pour le stockage de
matières particulières (voir figure 1) : c’est à dire les silos, les coffres
et les soutes.

Silo mince Un silo pour lequel h/dc  1,5

Silo trapu Un silo pour lequel h/dc  1,5

Portion de mur vertical Partie d’un silo ou d’un réservoir dont la coque est
verticale

Trémie Partie basse du silo dont la coque est inclinée d’un angle   20°

Transition Partie du silo située entre la trémie et la portion de mur vertical

Fond plat Partie basse du silo dont la coque est inclinée d’un angle   20°

Surface équivalente Hauteur d’une surface fictive donnant le même volume que le
matériau stocké à sa hauteur réelle (figure 5)

Comportement de l’écoulement Il existe trois types d’écoulements différents : en


masse, en entonnoir et interne (figure 2)

Écoulement en masse C’est un type de comportement d’écoulement dans lequel les


particules stockées sont mobilisées pendant l’évacuation (figure 2)

Écoulement en entonnoir C’est un type de comportement d’écoulement dans lequel


il se forme un entonnoir de particules en mouvement à l’intérieur
d’une zone confinée au-dessus de la tuyère de vidange et dont les
particules situées en dehors de cette zone sont immobiles. Ce conduit
d’écoulement formé peut intercepter le mur vertical ou bien se
prolonger jusqu’à la surface du matériau stocké (figure 2)

Écoulement interne C’est un type de comportement d’écoulement dans lequel le


conduit d’écoulement formé remonte jusqu’à la surface du matériau
stocké sans toucher les murs verticaux du silo (figure 2)

Charge de coup C’est une charge locale qui se produit au niveau de la partie de
transition du silo lors de la vidange de ce dernier

Charge rapportée C’est une charge locale déterminée pour agir sur une zone
spécifique de n’importe quelle portion du silo.

Page 36
1. INTRODUCTION

Les silos sont utilisés par un large éventail d’industries à travers l’Europe pour stocker
des solides en masse allant de quelques tonnes à une centaine de milliers de tonnes. Les
silos sont également appelés coffres ou soutes. Ils peuvent être construits en acier ou en
béton armé et ont la possibilité de se vidanger par suivant écoulement gravitaire ou par
un procédé mécanique. Les silos en acier peuvent s’étendre des structures en tôles plates
largement renforcées à des structures performantes à coques non raidies. Ils peuvent être
appuyés sur des poteaux, sur une jupe supportant les charges ou bien ils peuvent être
suspendus à une dalle. Les silos à fond plat sont habituellement posés directement sur
une fondation.

Pour le dimensionnement de la structure, il est préférable de classifier les silos en une


des quatre catégories suivantes, en utilisant le système BMHB [2] :

Classe 1 : Petits silos supportant moins de 100 tonnes. Ils sont de conception
simple et robuste avec le plus souvent des réserves substantielles de
résistance

Classe 2 : Silos intermédiaires, supportant entre 100 et 1000 tonnes. Ils peuvent
être calculés manuellement. Des précautions sont prises pour assurer
un écoulement fiable et pour contenir les pressions prévisibles des
parois

Classe 3 : Gros silos supportant plus de 1000 tonnes. Des connaissances


spéciales sur les coffres sont requises pour prévenir les problèmes dus
à des incertitudes d’écoulement, de pression et de comportement de la
structure. Des analyses sophistiquées par éléments finis peuvent être
justifiées

Classe 4 : Silos vidangés de manière excentrique où l’excentricité de l’orifice de


vidange est de plus de 0,25 fois le diamètre du silo (dc).

Cette leçon est concentrée sur la conception de silos de classe 1 et 2 bien que les calculs
soit également applicables aux silos de classe 3.

La procédure de calcul des silos consiste à suivre les quatre règles suivantes :

a. déterminer les caractéristiques et les propriétés d’écoulement du matériau


stocké

b. déterminer la géométrie du silo qui atteindra la capacité recherchée qui fournira


un comportement de l’écoulement en adéquation avec les capacités du matériau
stocké et qui assurera une vidange fiable et prévisible - d’abondantes règles de
calcul spécialisées en mécanique sont requises

Page 37
c. estimer les charges appliquées à la paroi verticale du silo qui proviennent du
matériau stocké, ainsi que d’autres sollicitations telles que le vent, les charges
thermiques, les équipements secondaires, etc.

d. concevoir et détailler la structure du silo.

Avant que l’analyse de la structure ne soit effectuée, les charges appliquées au silo
doivent être évaluées. Celles amenées par le matériau stocké dépendent du
comportement de l’écoulement, des propriétés de ce matériau et de la géométrie du silo,
alors que les méthodes de calcul et d’analyse structurelle ne dépendent que de la
géométrie et du comportement de l’écoulement. L’importance des règles de procédures
de calcul (a) et (b) ne doit pas être sous-estimée. Des règles simplifiées pour le calcul
fonctionnel des silos et pour l’évaluation des charges appliquées à la paroi verticale,
sont données dans l’Eurocode 1, § 4 [1] et sont traitées au § 3 de cette leçon. Ce code
n’a pas encore été complété. Cependant quelques directives sont valables, par exemple
dans les publications au journal officiel et dans beaucoup d’autres documents [2, 4-16].
Les § 4 et 5 de cette leçon résument les pratiques existantes de calculs de structures et
donnent des directives pour certains types de silo bien définis.

Page 38
2. CLASSIFICATION DES SILOS

Pour des objectifs de calcul, les silos sont classés selon leur taille, leur géométrie, le
type d’écoulement lors de leur vidange et la matière structurelle de leur coque.
L’importance de chacun de ces paramètres, pour le dimensionnement, est traitée ci-
dessous :

2.1 Taille et géométrie des silos


La géométrie et la taille des silos dépendent des exigences fonctionnelles telles que le
volume stocké, la méthode et le taux de vidange, les propriétés du matériau, l’espace
disponible et les considérations économiques. Les silos sont habituellement constitués
d’une enveloppe verticale et d’un fond plat ou d’un fond ayant des parois inclinées
appelées trémie. Ils ont la plupart du temps une section circulaire, carrée ou
rectangulaire et peuvent être construits isolés ou groupés. Des formes typiques de silos
sont montrées sur la figure 1.

Les structures cylindriques sont plus efficaces que les autres pour des raisons
d’économie de matière. Mais pour une même hauteur donnée un silo carré permet le
stockage de 27 % de plus qu’un silo cylindrique dont le diamètre est égal à un des côtés

Page 39
du silo carré. Les réservoirs à fond plat nécessitent une hauteur plus faible que les autres
pour un même volume de matériau stocké.

La taille des silos est déterminée par les taux de remplissage et de vidange et par la
quantité maximale de matériau à stocker. Un fort taux de vidange induit la présence
d’une trémie profonde dont les parois sont inclinées. Des silos à fond plat sont utilisés
lorsque le taux de vidange est faible ou lorsque le temps de stockage est long, que la
vidange est peu fréquente et que le volume stocké est grand.

Le rapport entre la hauteur du silo et son diamètre a une influence sur les charges
amenées par le matériau stocké et par conséquent sur le dimensionnement de la
structure. L’Eurocode 1 [1] définit deux types de silo : les minces et les trapus. Un silo
est considéré comme mince lorsque h/dc  1,5 et comme trapus lorsque h/dc  1,5.

Les trémies sont généralement en forme de cône, de pyramide ou de coin. Les trémies
pyramidales ont l’avantage d’être simples à réaliser, mais elles créent des problèmes
d’écoulement. En effet, il se forme des bouchons de matériau stocké à la pointe de
pyramide. Les tuyères de vidanges peuvent être soit centrées soit excentrées par rapport
au centre du silo, mais on évitera ces dernières car la distribution de pression est
délicate à estimer et il peut y avoir des problèmes de ségrégations du matériau stocké.
L’angle d’inclinaison de la paroi de la trémie est conçu pour assurer une vidange
continue et avec le bon comportement d’écoulement.

2.2 Type d’écoulement


Deux types d‘écoulement sont décrits dans l’Eurocode 1 et illustrés sur la figure 2. Ce
sont les écoulements en masse et les écoulements en entonnoir. La pression de vidange
est influencée par le comportement de l’écoulement et donc la prévision du type
d’écoulement doit être réalisée avant les calculs des charges issues du matériau stocké.

Dans le cas de silos dont le contenu est prévu pour s’écouler en masse, tout le matériau
stocké doit s’écouler en une seule masse et l’écoulement fonctionne alors suivant la
règle du « premier rentré, premier sortis ». Dans le cas de silos dont le matériau stocké
est prévu pour s’écouler en entonnoir, le contenu s’écoulera à travers un corps central de
matière immobile suivant la règle du « dernier rentré, premier sortis ».

Le type d’écoulement dépend de l’inclinaison et du coefficient de frottement de la paroi


de la trémie. Un écoulement en masse se produit dans des silos de grande hauteur et
dont la trémie a une paroi inclinée, tandis qu’un écoulement en entonnoir se retrouve
dans des silos trapus et dont la trémie possède une faible pente. L’Eurocode 1 donne
une méthode graphique (voir figure 3) pour déterminer le type d’écoulement dans des
trémies coniques ou en forme de coin et ceci dans le but unique de dimensionner la
structure. Les silos conçus pour fonctionner avec un écoulement compris entre un en
entonnoir et un de masse, doivent être calculés pour satisfaire les deux situations.

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2.3 Matière structurelle constituant la coque du silo
La plupart des silos sont construits en acier ou en béton armé. Le choix économique
repose aussi bien sur le coût de la matière première que sur les coûts de fabrication et de
montage. D’autres facteurs tels que l’espace disponible sont également influents. Les
principaux avantages des silos en acier sur ceux en béton armé coulés sur chantier sont :

Page 41
 les silos en acier de petites à moyennes tailles peuvent être préfabriqués - par
conséquent, le temps de montage est considérablement plus court ;

 les silos assemblés par boulonnage sont facilement démontables, transportables et


reconstructibles ailleurs.

Le principal désavantage de l’acier est la nécessité d’une maintenance régulière pour


limiter la corrosion et d’une application sur les parois d’un revêtement pour empêcher
les dégradations excessives. De plus ces parois sont soumises à la condensation, ce qui
crée des dommages au matériau stocké qui sont putrescibles tels que les céréales et le
sucre.

La sélection du matériau structurel pour les parois des silos dépend de la géométrie de
ces derniers. Une paroi verticale est sujette à des sollicitations à la fois verticales et
horizontales. Les forces verticales sont dues au frottement entre la paroi et le matériau
stocké, tandis que les forces horizontales sont amenées par la poussée latérale du
contenu. Le béton armé reprend les sollicitations verticales de compression avec aisance
mais tend à rompre sous des sollicitations de traction causées par de fortes poussées
latérales. Les silos circulaires en acier reprennent d’habitude facilement ces forces
latérales par la mise en traction de la circonférence du silo. Par contre, ils sont plus
facilement sujets au flambement sous des charges verticales excessives. L’augmentation
des pressions horizontales et verticales avec la profondeur du matériau stocké est
montrée sur la figure 4. Les augmentations de la pression horizontale sont négligeables
au-delà d’une certaine profondeur et donc les silos en béton armé sont plus efficaces
lorsqu’ils ont une bonne hauteur, alors que les silos en acier tendent à être moins hauts.

Page 42
3. CALCUL DES PRESSIONS SUR LES PAROIS
VERTICALES DES SILOS

3.1 Généralités
La plupart des théories existantes pour le calcul des sollicitations amenées par le
matériau stocké supposent que la distribution de la pression autour du périmètre d’un
silo est uniforme à une hauteur donnée. En réalité, il y a toujours une sollicitation non
uniforme. Cela peut venir des imperfections de la paroi verticale, des techniques de
remplissage décentrées ou de la position excentrique de la tuyère de vidange.

La pression exercée sur la paroi du silo par le matériau stocké est différente lorsque
celui-ci est immobile ou lorsqu’il s’écoule. L’état de contrainte à l’intérieur du matériau
stocké varie lorsque l’écoulement débute et les parois verticales sont sujettes à de fortes
pressions localisées de courte durée. Des travaux de recherche ont identifié deux types
de hautes pressions pendant la phase de vidange. La première est appelée « charge de
coup » et se produit au début de l’écoulement et se fait ressentir au niveau de la trémie.
La seconde est attribuée à une contrainte locale qui constitue une redistribution à
l’intérieur du matériau stocké lorsqu’il passe à proximité d’une imperfection de la
coque.

La négligence de cette non uniformité de chargement dans le calcul est à la base de bien
plus de cas d’effondrement de structures que toutes les autres causes réunies. Cela
conduit à des problèmes particuliers pour les silos circulaires qui sont uniquement
conçus pour résister à des efforts par effet membrane. Les pressions dues à une vidange
excentrique sont irrégulières et peuvent être supérieures ou inférieures à la pression
uniforme prescrite lorsque l’on utilise la plupart des théories existantes.

Bien que ces hautes pressions de vidange et leurs causes fondamentales aient été
identifiées, elles sont difficilement quantifiables. C’est donc une pratique commune
pour les concepteurs de multiplier la pression statique calculée par une constante issue
de données expérimentales. Ce facteur empirique à été traditionnellement appliqué à la
pression statique sans aucun regard à la réponse structurelle du silo. Puisque la haute
pression de vidange n’affecte que des surfaces locales, la variation de pression peut
entraîner une contrainte dans la paroi verticale plus défavorable qu’une haute pression
uniforme. L’hypothèse d’une haute mais constante pression à n’importe quel niveau
n’est donc pas nécessairement sécurisante.

3.2 Eurocode 1 – Règles pour le calcul des charges amenées par


le matériau stocké
L’Eurocode 1 fourni des règles détaillées pour le calcul des charges amenées par le
matériau stocké dans ces silos et qui sont sujettes aux limitations suivantes :

Page 43
 l’excentricité de la tuyère de vidange ne doit pas dépasser 0,25 dc où dc est le
diamètre ou le plus petit des côtés du silo

 les charges d’impact pendant la phase de vidange sont faibles

 les dispositifs de vidange ne doivent pas influer sur la distribution des pressions

 le matériau stocké doit être libre de s’écouler et doit avoir une faible cohésion.

Les règles sont données pour le calcul de charges de silos trapus, minces et homogènes.
Les quatre types de charges suivants sont spécifiés et peuvent être définis en utilisant les
notations décrites sur la figure 5 :
 charges horizontales des parois et de frottement sur ces parois,
 charges de la trémie,
 charges « de coup »,
 charges rapportées.

Le chargement horizontal initial (phf) et la charge de frottement de la paroi (pwf) sont


uniformes à n’importe quelle hauteur du silo. Elles sont pondérées pour tenir compte de
la variation de pression pendant la vidange. Une charge rapportée est ajoutée à la charge
symétrique pour tenir compte des effets du chargement non symétrique. Etant donnée la
complexité de l’analyse structurelle des coques après avoir appliqué une charge
rapportée, l’Eurocode 1 permet l’utilisation d’une distribution symétrique des pressions
pour le dimensionnement de silos de moins de 5 m. La pression symétrique est majorée
pour compenser les pressions rapportées. Cela donne des silos dépourvus de risque
d’effondrement mais surdimensionnés par rapport à ceux conçus avec une pression
rapportée et une pression symétrique plus basse.

La charge de trémie est la somme d’une distribution linéaire de la pression et d’une


charge « de coup ». Cette charge « de coup » est appliquée à la portion de transition
d’un silo dont la trémie a été uniquement conçue pour provoquer un écoulement de
masse.

Page 44
3.2.1 Pression horizontale et pression de frottement de la paroi verticale

La pression horizontale quelque soit la profondeur dans le silo est calculée en utilisant
la théorie de Janssen qui a considéré l’équilibre vertical d’une tranche horizontale à
travers le matériau stocké dans le silo (voir figure 6) et qui obtient la relation suivante :

A(v + dv) + U  Ks v dz =  Adz + A v (1)

Après avoir arrangé et résolu cette équation différentielle du premier degré, on obtient
l ‘équation de Janssen donnant la pression pv à la profondeur z, la pression horizontale
phf et la pression de frottement de la paroi verticale pwf.

A 
1 - e- K s  z A 
U
pv  (2)
U  K s  

Page 45
p hf  K s p v (3)

p wf   p hf (4)

Le précision de la méthode dépend de la sélection de la valeur du rapport entre la


pression horizontale et la pression verticale Ks et de la valeur du coefficient de
frottement de la paroi verticale .

La plupart des pressions des parois verticales varient puisque le silo est rempli avec des
matériaux de propriétés diverses et à différentes périodes. D’autres changements de
pression peuvent se produire lorsque la paroi du silo est soit polie soit rendu rugueuse
par son contenu.

Les silos doivent donc être dimensionnés avec une certaine variété de conditions à
l’esprit. L’Eurocode 1 reconnaît cette situation et donne une gamme de propriétés des
matériaux stockés les plus courants. Ces propriétés sont sélectionnées pour donner les
conditions de chargement les plus défavorables. Les conditions de pression les plus
défavorables ont lieu lorsque Ks est à son maximum et  à son minimum. De même, le
frottement de la paroi le plus défavorable se produit lorsque  et Ks sont tous deux à
leur maximum. Les propriétés des matériaux sont définies expérimentalement ou en
prenant les valeurs du tableau 4.1 de l’Eurocode 1.

Pour des parois de silo ondulées, la prise en compte de valeurs plus fortes du coefficient
 dues aux effets de la présence de matériau stocké à l’intérieur de ces ondulations.

Pour plus de facilité, l’Eurocode 1 donne une formule pour le calcul des forces de
compression axiales dues à la pression de frottement quelle que soit la profondeur dans
le silo. La compression axiale pour un anneau de coque donné à la profondeur z est
égale à l’intégrale des pressions de frottement sur la paroi située au-dessus de l’anneau
et est donnée par la formule suivante :

Page 46
 
z
A
P w (z) =  P wf (z) dz =  z - z 0 (1 - e (- z/ z 0 )
U
0

La méthode de Reimbert [6] est une bonne alternative à celle de Janssen pour le calcul
des pressions statiques. Cependant elle n’a pas été incluse dans l’Eurocode 1.

3.2.2 Augmentation de pression au remplissage et à la vidange

Les pressions calculées en utilisant la théorie de Janssen sont pondérées par un facteur
empirique qui donne les pressions de remplissage et de vidange dans les conditions
suivantes :

a. charges rapportées lors du remplissage

b. augmentation de la pression uniforme pour la vidange

c. charges rapportées lors de la vidange

d. pour simplifier le dimensionnement de la structure, L’Eurocode 1 inclus


également une règle alternative simplifiée pour la charge rapportée lors du
remplissage et lors de la vidange.

(a.1) Charge rapportée lors du remplissage : silos conçus sans l’effet


membrane

Les pressions calculées à l’aide de l’équation de Janssen sont augmentées par un


chargement local ou une « charge rapportée » autorisant une distribution non
symétrique des pressions. Cette charge rapportée est imposée pour justifier des
pressions non symétriques dont l ‘expérimentation a montré leur présence dans
chaque silo.

La non uniformité des pressions repose principalement sur le décentrement de la tuyère


de vidange du silo, sur la méthode de remplissage et sur l’anisotropie du
matériau stocké. Cette charge rapportée augmente avec l’excentricité du
remplissage. Cette excentricité (illustrée sur la figure 5) découle de la vélocité
horizontale du matériau stocké. Elle dépend de la manière dont est rempli le
silo et doit être estimée avant le calcul de la charge rapportée.

La charge rapportée est différente pour les silos non raidis (effet membrane) ou raidis en
acier ainsi que pour les silos en béton armé négligent l’effet membrane et ceci
pour tenir compte des différences de comportement de ces structures face aux
chargements. La contrainte maximale dans la paroi de silos négligeants l‘effet
membrane dépend de l’importance de la pression, alors que les silos tenants
compte de l’effet membrane sont plus sensibles aux variations de pression.

Page 47
Pour les silos en aciers raidis, deux charges rapportées sont appliquées sur des
surfaces de paroi diamétralement opposées, dont chacune a une longueur s où :
s = 0,2 dc (figure 7a et 7b). Les charges sont symétriques et autorisent un calcul
relativement simple des moments fléchissants induis à la structure.

La pression rapportée est calculée comme suit :

p p  0.2  phf (5)

La pression agit sur une hauteur s, avec :

s = 0,2 dc (6)

Page 48
 = 1 + 0,2 e

La pression rapportée peut être appliquée à différents niveaux de la paroi du silo afin de
trouver le cas de chargement le plus défavorable qui résulte de la plus forte
contrainte trouvée dans la paroi verticale du silo. Pour plus de simplicité,
l’Eurocode 1 précise que la charge rapportée, pour des silos négligeant l’effet
membrane, peut être appliquée à mi-hauteur de la portion de paroi verticale et
peut être majorée d’un certain pourcentage à cet endroit précis de la coque et
ceci pour que la contrainte dans la paroi augmente sur tout le long du silo. Ces
règles de calcul ne s’appliquent pas à des groupements de silos.

(a.2) Charge rapportée lors du remplissage : silos conçus avec l’effet


membrane

Les silos en acier raidis sont sensibles aux variations de la pression rapportée et donc,
une distribution cosinusoïdale est appliquée. Ce comportement de la pression
(illustrée sur la figure 7c) s’étend tout autour du silo. La pression est orientée
vers l’intérieur du silo sur un côté et orienté vers l'extérieur de l’autre.

L’influence la plus importante sur la pression rapportée est l’augmentation de la


compression axiale à la base du silo. Cette augmentation peut facilement être
calculée à l’aide de la théorie de la flexion des poutres et en supposant que la
flexion du silo est globale. Dans le but de calculer la force de compression
axiale, la force horizontale totale amenée par la charge rapportée doit être
calculée avec l’équation suivante :


Fp = s d c p ps (7)
2

où : pps = pp cos 

Les valeurs de pp et s sont calculées en utilisant respectivement les équations (5) et (6).

La charge rapportée doit être prise pour agir à une profondeur zo sous la surface
équivalente ou à mi-hauteur de la portion de paroi verticale, laquelle donne la
plus forte valeur de la charge, avec :

A
z0 
Ks  U

La pression rapportée introduit des contraintes de flexion locales dans le silo au niveau
du point d’application de cette charge. Ces pressions rapportées sont délicates à
calculer et une analyse de la structure aux éléments finis est requise. Pour
simplifier les calculs il est plus facile de majorer la distribution de pression
(décrite dans le paragraphe (d) ci-dessous), ceci constituant une alternative à la
pression rapportée.

Page 49
(b) Majoration de la pression pour la vidange

La pression statique est multipliée par deux coefficients : (Cw et Ch) afin de calculer la
pression uniforme de vidange. Cw augmente la pression horizontale et Ch
augmente la pression verticale. Les variations de Ch reposent sur le matériau
stocké et l’Eurocode 1 donne une valeur allant de 1,3 pour le blé à 1,45 pour
les farines et les cendres volantes. Cw est fixé à 1,1 pour tous types de
matériaux. Ces valeurs sont basées sur l’expérience acquise suite aux
réalisations satisfaisantes de silos et aux résultats d’essais.

(c) Charge rapportée pour la vidange

La charge rapportée lors de la vidange est calculée de la même manière que pour le
remplissage.

Les pressions horizontales calculées pour la vidange (décrites au § (b)) sont utilisées
pour déterminer la charge rapportée de vidange. De plus, l’excentricité e est
prise comme étant le maximum des excentricités des tuyères de remplissage et
de vidange (voir figure 5).

(d) Majoration de la charge uniforme – une alternative de la charge


rapportée de remplissage et de vidange

Pour simplifier le dimensionnement de la structure, L’Eurocode 1 autorise l’utilisation


d’autres pondérations sur la pression uniforme de vidange pour tenir compte de
l’augmentation de contrainte causée par des pressions dissymétriques. Cette
pondération est calculée à partir de l’augmentation de la charge rapportée et se
traduit par une règle simple mais sécurisante qui sera utilisée à la place de la
pression rapportée. Pour la vidange et le remplissage, la pression normale sera
calculée avec l’équation (3) en multipliant le résultat par 1 + 0,4 . On procède
de la même manière pour le frottement de la paroi en multipliant par 1 + 0,3 .

3.2.3 Charges de la trémie et du fond du silo

Les silos à fond plat sont définis comme des trémies où l’angle de la paroi avec
l’horizontale est  à 20°.

La pression verticale pvf varie le long du fond du silo, mais pour des silos minces, il est
sécurisant de considérer que la pression est constante et est égale à :

pvf = 1,2 pv (8)

où pv est calculé en utilisant l’équation (2).

Il doit être noté que pour des silos trapus, la variation de pression au niveau du fond du
volume peut avoir une influence sur le calcul et donc les silos trapus à fond plat doivent
être conçus avec une pression non uniforme.
Page 50
a. Charges sur les parois inclinées de la trémie

L’Eurocode 1 considère que la paroi inclinée de la trémie (  20°) est soumise à la fois
à une pression normale pn et à une force de frottement par unité de surface pt. Les parois
de la trémie reprennent à elles seules le poids du matériau stocké sauf celui repris par le
frottement du contenu sur la paroi verticale. La connaissance de la pression sur la
portion de transition entre la paroi verticale et la trémie est requise pour connaître le
chargement sur cette dernière. Des formules empiriques ont été adoptées dans
l’Eurocode 1 pour le calcul de la pression normale et de celle de frottement sur la paroi,
en se basant sur des séries d’essais sur des trémies pyramidales. Les tests montrent qu’il
est correct de considérer que la distribution de pression, au-delà de la paroi de la trémie
qui est sujette à des surcharges provenant de la portion de paroi verticale, décroît
linéairement de la portion de transition à l’orifice de vidange. La pression normale de la
paroi de la trémie pn (illustrée sur la figure 8) est obtenue avec la formule suivante :

x
pn  pn 3  pn 2  ( pn1  pn 2 ) (9)
lh

où x est la distance mesurée à partir de l’arête située au sommet de la paroi


verticale 0  x  Lh

pn1  pv 0 (Cb cos 2   1.5sin 2  ) (10)

pn 2  Cb . pv 0 cos 2  (11)

A  Ks
pn 3  3.0 (12)
U 

où Cb est une constante égale à 1,2

pvo est la pression verticale agissant sur la portion de transition, calculée à


l’aide de l’équation de Janssen.

La valeur de la pression de frottement pt, est donnée par la formule :

pt  pn  (13)

b. Charge rapportée

Les hautes pressions ont été mesurées au début de la phase de vidange pour des trémies
conçues pour un comportement d’écoulement en masse et ceci est du à une modification
de l’état de contrainte du matériau stocké. Ce changement est souvent désigné sous le
nom de « switch » et résulte d’une charge « de coup » au niveau de la portion de
transition. Cela se produit lorsque le matériau passe d’un état statique (pression active) à
un état dynamique (pression passive). Une valeur empirique et approximative de la
charge « de coup » ps, est donnée dans l’Eurocode 1 sous la forme suivante :

Page 51
ps  2 ph 0 (14)

où ph0 est la pression horizontale à la base de la paroi verticale (voir figure 8)

ps est prévu pour agir perpendiculairement à la paroi inclinée de la


trémie sur une distance égale à 0,2 dc en descendant à partir du haut de
la paroi de la trémie.

La charge « de coup » est uniquement appliquée à des silos dont l’écoulement se fait en
masse et ceci parce que le phénomène est partiellement voir totalement absorbé par la
couche de matériau immobile dans des silos à écoulement en entonnoir. La transition
entre la trémie et la paroi verticale est soumise à une force de compression dirigée vers
l’intérieur provenant de la paroi inclinée de la trémie. La charge « de coup » agit à
l’encontre de cette force de compression et doit en fait augmenter la charge dirigée vers
l’extérieur amenée par le matériau stocké (pn).

Cette dernière charge doit être supportée par la trémie pendant la phase de vidange (bien
que la charge « de coup » ne soit pas garantie et ne doit pas être utilisée pour réduire les
contraintes de calcul).

3.3 Autres considérations de chargement


Les distributions de pression peuvent être affectées par des facteurs qui augmentent ou
diminuent les charges de la paroi. De tels facteurs sont difficiles à quantifier et ont plus
d’effets dans certains silos que d’autres. Une liste limitée est donnée ci dessous :

Page 52
a. Variation de température

Les contractions thermiques d’une paroi de silo sont empêchées par la présence du
matériau stocké. L’importance de l’augmentation résultante de la pression latérale
dépend de la chute de température, de la différence entre le coefficient de température
de la paroi et du matériau stocké, de la fréquence des changements de température, de la
couche de matériau stocké et de l’épaisseur de la paroi.

b. Consolidation

La consolidation du matériau stocké peut se produire à la suite d’un départ de l’air entre
les particules qui provoque un tassement des ces dernières (ce qui cause des problèmes
avec les poudres), également suite à des instabilités physiques causées par des
changements de température et d’humidité de surface, mais aussi suite à des instabilités
chimiques par changement des propriétés chimiques à la surface des particules et enfin
suite à des vibrations du contenu. La détermination correcte de la pression de la paroi
requière la connaissance de la variation de densité en fonction de la profondeur dans le
silo et de l’angle de frottement interne.

c. Teneur en humidité

Une augmentation de la teneur en humidité du matériau stocké peut augmenter les


forces de cohésion ou former des liens entre les particules dont la substance est soluble
dans l’eau. L’angle de frottement de la paroi pour le calcul de la pression doit être
déterminé en utilisant à la fois le matériau dans ses configurations les plus sèches et les
plus humides rencontrées. L’augmentation de l’humidité peut se traduire par un
gonflement des particules stockées et doit être prise en compte dans les calculs.

d. Ségrégation

Pour les matériaux stockés avec un large éventail de densité, de taille et de forme, les
particules tendent à se séparer et à se regrouper en surfaces denses. Plus sérieusement,
les particules grossières peuvent s’écouler d’un côté du silo tandis que les particules
cohésives fines restent du côté opposé. Un conduit d’écoulement excentrique peut
conduire à des charges dissymétriques sur la paroi. La concentration de fines particules
peut provoquer un bouchon lors de la vidange.

e. Dégradations

Les particules solides peuvent se dégrader au moment du remplissage. En effet elles


peuvent être broyées ou réduites en taille suite à un impact, une agitation ou une usure
due aux frottements. Ce problème est particulièrement signifiant pour des silos stockant
du fourrage où la dégradation du matériau peut être due à un changement de champ de
pression qui tend alors vers une pression hydrostatique.

Page 53
f. Corrosion

Les matériaux stockés peuvent attaquer chimiquement la structure et avoir un effet sur
l’angle de frottement et la flexibilité de la paroi. La corrosion dépend des
caractéristiques chimiques du matériau stocké et du taux d’humidité. Généralement,
l‘épaisseur de calcul du mur peut être augmentée pour anticiper l’effet de la corrosion.
Cette augmentation d’épaisseur dépend de la durée de vie fixée dans le cahier des
charges de la structure.

g. Abrasion

Les grosses particules granulaires telles que le minerai peuvent se déposer sur la surface
de la paroi et donc revenir à des problèmes similaires à ceux décrits pour la corrosion.
Une doublure peut être appliquée à la paroi avec des précautions pour que celle-ci ne
soit pas endommagée par les déformations du silo. Ces doublures sont réalisées à partir
de matériaux tels que l’acier inoxydable ou le polypropylène.

h. Pressions d’impacts

Le chargement d’extraits de roches peut conduire à de fortes pressions d’impact. A


moins qu’il y ait suffisamment de matériau pour amortir les chocs, une protection
spéciale doit être appliquée sur les parois de la trémie. La formations de voûtes
naturelles qui se forment à l’intérieur du matériau stocké et qui bloquent l’écoulement,
peuvent également mener à de sévères pressions d’impact. Dans ce cas des solutions
préventives sont requises au stade de la conception de la forme du silo.

i. Chargement et vidange rapide

La vidange rapide de particules solides en grosses quantités ayant une perméabilité aux
gaz relativement faible, amène des pressions d’air négatives (succions internes) dans le
silo. Un remplissage rapide peut mener à de plus grosses consolidations, dont les effets
sont décrits au-dessus dans le paragraphe concerné.

j. Les poudres

Le remplissage rapide de poudres peut aérer le matériau et conduire à une baisse


temporaire de la densité, de la cohésion, du frottement interne et du frottement des
parois. Dans un cas extrême, la pression du matériau aéré peut être hydrostatique.

k. Charges de vent

Des méthodes pour le calcul de charges de vent sur des silos sont données dans
l’Eurocode1 - partie 2 [17] et ne sont pas répétées dans cette leçon. Notons juste que le
calcul des charges de vent est particulièrement exigeant pendant la phase de montage du
silo.

Page 54
l. Explosions de poussières

L’Eurocode 1 partie 4 [1] recommande que les silos stockant des matières susceptibles
d’exploser, doivent être conçus pour résister à l’explosion ou bien d’avoir une zone de
soulagement de pression suffisante. Le tableau 1 de l’Eurocode 1 fait la liste de toutes
les matières capables d’exploser. D’autres guides généraux de calcul sont valables [14].

L’Eurocode 1 recommande des maintenances adaptées, des nettoyages et la chasse à


toutes les sources d’allumage pour éviter ces explosions.

m. Tassements différentiels

Des tassements en grandes proportions ont souvent lieu lorsqu’ils sont remplis, en
particulier la première fois. L’effet de tassements différentiels sur un groupe de silo doit
être pris en compte car ils peuvent conduire au flambement de la coque de silos en acier.

n. Actions sismiques

Des règles provisoires pour le calcul sismique sont données dans l’Eurocode 1. Ces
règles sont au-delà des objectifs de cette leçon.

o. Équipement de vidange mécanique

Des équipements de vidange mécaniques peuvent conduire à une distribution


dissymétrique des pressions même si cela est sensé extraire le matériau stocké de
manière uniforme. L’influence d’équipements de vidange mécanique sur la pression de
la paroi doit être prise en compte dans les calculs.

p. Charges de la toiture

La toiture d’un silo qui amène une poussée dirigée vers l’extérieur et une force verticale
de compression sur les parois doit être prise en compte dans les calculs. La conception
de ces toitures est en dehors des objectifs de la leçon.

q. Combinaisons de charge

La plupart des silos sont remplis à leur charge maximale de calcul la majeure partie de
leur durée de vie. L’Eurocode 1 énonce que 100 % des charges prédominantes doivent
être ajoutées avec 90 % des autres charges à l’ELU et 0 % à l’ELS et ceci pour donner
les plus défavorables des charges de calcul.

Page 55
4. DIMENSIONNEMENT ET ANALYSE STRUCTURELLE

4.1 Sélection de la forme du silo


Pendant l’étape de conception d’une étude, la géométrie du silo est sélectionnée et des
réflexions sont faites sur l’économie relative des différentes formes de structure. En
effet tous les facteurs tels que les coûts des matériaux, de la fabrication, du transport et
du montage sont pris en compte pour le choix définitif. Les silos en acier ont
généralement une section transversale de forme rectangulaire ou circulaire. Les silos
circulaires sont habituellement plus économiques que les silos rectangulaires puisque
les parois circulaires reprennent les charges par effet membrane, contrairement aux silos
rectangulaires qui supportent moins bien les efforts de flexion. Les réservoirs
rectangulaires nécessitent 2,5 fois plus de matériel que les silos circulaires à capacité de
stockage égale.

Les silos rectangulaires tendent à avoir une structure renforcée alors que les silos
circulaires n’ont en général pas de raidisseurs à l’exception de la jonction entre la paroi
verticale et la toiture puis entre la paroi verticale et la trémie. Les silos rectangulaires
tendent à avoir des plus grosses réserves de résistance. Ce n’est généralement pas le cas
avec les silos circulaires, pour lesquels des précautions sont prises dans le calcul pour
limiter les excès de contraintes ou le flambement de la paroi verticale.

4.2 Dimensionnement de silos non circulaires


Un exemple type de silo non circulaire est illustré sur la figure 9. L’analyse structurelle
consiste à procéder de la manière suivante :
 positionner les appuis, les raidisseurs et les assemblages,
 dimensionner la tôle de la paroi,
 calculer les raidisseurs horizontaux et verticaux ainsi que la poutre de
transition en anneau,
 dimensionner les appuis.

Les pressions sur les parois verticales et inclinées de la trémie sont calculées à l’aide des
règles décrites au § 3. L’analyse structurelle est détaillée ci-dessous.

4.2.1 Tôles de la paroi

Les silos non circulaires ont des structures qui tendent à être fortement renforcées
comme il est montré sur la figure 9. La charge du matériau stocké est directement
appliquée sur les parois et transférée aux raidisseurs via la tôle. Les parois sont
soumises à la flexion et à des contraintes de traction par un fonctionnement en
Page 56
membrane. Les forces de frottement se transforment en une compression verticale de la
paroi, et, à cause du corps raide et de la présence des poteaux, provoquent le
fléchissement de la paroi dans son plan.

Il y a deux principales approches pour modéliser le fonctionnement de la structure, la


première qui consiste à analyser chaque composant isolément et la seconde qui consiste
à les considérer comme une seule et unique tôle enveloppe.

La plupart des guides existants recommandent la première approche. Les parois sont
dimensionnées avec d’hypothétiques conditions aux limites et en ignorant les
interactions entre chaque tôle. Ces règles sont données pour des silos à fond plat. Une
solution plus économique peut consister à utiliser des tôles ondulées. Dans ce cas la
paroi du silo est calculée en utilisant la section propre de ces tôles.

La pression de la paroi est supportée d’une part par la résistance à la flexion de la tôle et
d’autre part par un effet membrane. Les silos sont généralement analysés en utilisant la
théorie des petits déplacements. Les déplacements de la tôle sont faibles (puisqu’ils sont
inférieurs à l’épaisseur de la tôle) et donc, pour les objectifs du calcul, il est acceptable
de considérer que la charge est entièrement supportée par la résistance à la flexion.
Trois méthodes d’analyse sont couramment utilisées. Les tôles de la paroi situées entre
deux raidisseurs qui ont un rapport de dimension de 2 pour la longueur à 1 pour la
largeur, sont calculées comme des poutres soumises à la flexion dans une seule
direction. Cette poutre fictive s’appuie uniquement sur deux raidisseurs et est supposée
être encastrée à ses extrémités.

Page 57
Les tôles dont le rapport de dimension (longueur sur largeur) est inférieur à deux sont
calculées avec les données des tableaux 1 et 2 ci-dessous. Le moment fléchissant
maximum de tôles simplement appuyées ou encastrées est donné par la formule :

Mmax=  pa² b (15)

où : a et b sont respectivement le plus grand et le plus petit côté d’une tôle

p est la pression normale moyenne est donné dans les tableaux 1 et 2


suivants :

Tableau 1 -  pour des tôles dont les bords sont simplement appuyés
b/a 1,0 1,2 1,4 1,6 1,8 2,0 3,0 4,0 >5,0
 0,048 0,063 0,075 0,086 0,095 0,108 0,119 0,123 0,125

Tableau 2 -  pour des tôles dont les bords sont encastrés


b/a 1,0 1,25 1,5 1,75 2,0 >2,5
 0,0513 0,0665 0,0757 0,0817 0,0829 0,0833

Les données de ce tableau ne sont pas utilisables pour des tôles trapézoïdales et donc,
les parois de la trémie sont calculées comme une tôle rectangulaire idéale dont les
dimensions sont données par la formule mentionnée sur la figure 10.

Les deux méthodes décrites ici conduisent à un dimensionnement classique à cause de


la géométrie de la tôle idéalisée et des conditions aux limites. Une grande précision peut
être atteinte en utilisant des techniques numériques, telles que la méthode des éléments
finis pour analyser les interactions des différentes tôles sujettes à des sollicitations dans
leur plan et hors plan.

Page 58
4.2.2 Instabilités des tôles

Il y a peu de chance que le flambement contrôle le dimensionnement de l’épaisseur de


la paroi calculée en utilisant la théorie des petits déplacements. Ainsi, une analyse de
stabilité classique est adoptée et la charge critique élastique de flambement est calculée
en considérant que la charge agit dans le plan de la tôle. La charge élastique critique de
flambement peut être calculée en utilisant l’équation suivante :

k2E
f cr  2
(16)
b
12 (1   2)  
t

La tôle est considérée comme étant simplement appuyée sur ses quatre côtés et sujette à
des accroissements de charges uniformes ou linéaires. Si cela est nécessaire, la
résistance au flambement d’une tôle peut être calculée en prévoyant des contraintes
additionnelles dues à la pression latérale amenée par le matériau stocké et à la contrainte
de flambement résiduelle.

Page 59
4.2.3 Calcul des raidisseurs

Un arrangement type de raidisseurs est montré sur la figure 9. Cela consiste


essentiellement à placer des raidisseurs verticaux avec seulement un anneau horizontal
au niveau de la toiture et de la portion de transition. Les raidisseurs verticaux de la paroi
sont simplement calculés pour reprendre les efforts de frottement horizontaux et
verticaux des tôles de la paroi. Les raidisseurs de la trémie sont conçus comme des
poutres soumises à des réactions d’appuis et à des efforts perpendiculaires à la paroi et
amenés par le matériau stocké, comme il est montré sur la figure 11. Les poutres
peuvent également être soumises à des efforts de traction.

Le raidisseur horizontal du sommet de la paroi verticale est dimensionné pour supporter


la réaction au point A (voir figure 11) des efforts horizontaux sur la paroi verticale. Ces
efforts horizontaux prennent en compte les efforts du matériau stocké et les efforts de
vent.

Les charges de la trémie sont habituellement supportées par une poutre en anneau au
niveau de la portion de transition. Cette poutre reprend le poids de la trémie et distribue
le poids de la paroi du silo aux poteaux d’appuis. Au début du remplissage, cette poutre
en anneau est soumise à la compression. Elle résiste à des efforts dirigés vers l’intérieur
de la trémie qui est suspendue. Au cours du remplissage, les efforts de compression sont
remplacés par des tensions qui proviennent de la pression latérale exercée par le
matériau contenu dans le silo. La figure illustre la résultante des forces.

L’effort dans la poutre en anneau est trouvé en faisant la somme des moments des
forces au point O, comme il est écrit dans l’équation suivante :

1  a 2a 2h 2 h2 
Frb   p v1 2 + p v 2 3 + p v 3 a  p h 2 3  p h 3 2  (17)
h2  

Page 60
ph2 et ph3 sont les composantes horizontales de la pression calculée perpendiculairement
à la paroi de la trémie en utilisant l’équation (9). La poutre en anneau doit également
reprendre les charges suivantes :
 charges verticales causées par le frottement de la paroi verticale du silo,
 forces de compressions axiales amenées par la flexion des tôles de la paroi
dans leur plan,
 tensions axiales causées par des efforts issus de parois adjacentes,
 torsion due à l’excentricité des efforts cités ci-dessus.

4.2.4 Structure d’appui

La structure d’appui pour les petits réservoirs se fixe sur la poutre en anneau au niveau
de la transition. La paroi de la structure située au-dessus de cette poutre, reprend tous les
efforts du silo. Cette forme de structure d’appui est courante pour des silos circulaires,
par contre, pour les silos rectangulaires, la structure d’appui continue habituellement de
la portion de transition jusqu’au sommet du silo. Leur fonction est de supporter les
charges verticales du silo et de fournir une résistance au flambement. Une petite poutre
en anneau est souvent placée au sommet du silo pour donner une résistance
additionnelle contre les efforts horizontaux. La structure d’appui est contreventée pour
fournir une stabilité contre les forces latérales externes et les forces internes
dissymétriques.

4.3 Dimensionnement des silos circulaires

4.3.1 Introduction

L’épaisseur de la paroi des silos circulaires est choisie après avoir vérifié que les forces
de tractions circonférentielles et le flambement ne provoquent pas la ruine de l’ouvrage.
L’épaisseur de paroi de la plupart des parois est gouvernée par le flambement bien que
les tensions circonférentielles contrôlent le dimensionnement des silos élancés. La
plupart des silos cylindriques n’ont que deux poutres de renfort, une à la portion de
transition du silo et une au sommet de la paroi verticale. Des renforts additionnels
peuvent être utilisés pour résister aux efforts de vent. Les silos coniques sont en général
non raidis.

Cette leçon décrit les procédures de calcul de base et débat sur le dimensionnement des
éléments critiques. Les principaux éléments de calcul sont les suivants :
 prédimensionnement de la taille des parois du mur vertical et de la trémie,
 flambement de la partie verticale du silo,
 dimensionnement des raidisseurs en considérant l’influence des contraintes
et du flambement des parois,

Page 61
 dimensionnement des supports d’appuis en considérant l’influence des
contraintes et du flambement des parois.

De récentes recherches ont permis d’étudier la limitation de règles de calcul simplifiées


et de souligner les domaines de calcul qui requièrent des précautions particulières. Ces
domaines incluent les fortes charges locales aux alentours des appuis du silo et des
extrémités de ce dernier, ainsi que les contraintes dissymétriques des parois. Pour les
gros silos, une étude aux éléments finis est recommandée.

Mais pour la plupart de ces derniers cela est impossible compte tenu des restrictions
économiques, ainsi l’analyse est exécutée en utilisant des règles simplifiées. Dans la
plupart des cas, ces procédures ne modélisent pas le comportement du silo, des
précautions sont donc prises pour éviter les accidents.

4.3.2 Contraintes dans la paroi cylindrique

Les contraintes circonférentielles de la paroi, pour des silos de moins de 5 m de


diamètre, peuvent être dans un premier temps, estimées simplement (tout en se plaçant
en sécurité) en utilisant d’une part une distribution symétrique des pressions, ce qui
constitue une solution alternative aux charges rapportées décrites au § 3.2.2 et d’autre
part en utilisant la théorie de l’effet membrane des coques. Cette théorie considère que
la paroi du silo est soumise uniquement à des forces de traction. La tension
circonférentielle à la base du cylindre doit être calculée en utilisant la formule suivante :

th  phe .r (18)

L’épaisseur résultante de la paroi doit être augmentée pour réaliser un assemblage


adéquat et résistant, pour assurer une résistance à l’humidité et à la corrosion et pour
éviter le flambement.

La théorie sur l’effet membrane est seulement exacte pour l’attribution des contraintes
dans la paroi en dehors des discontinuités de la coque telles que les changements
d’épaisseur de tôle, des appuis et des raidisseurs. Des précautions sont prises en
fonction du type d’appui et sont détaillées aux § 4.3.4 et 4.3.6.

4.3.3 Flambement de la paroi

Le mode de ruine le plus rencontré pour les silos cylindriques en acier est le flambement
de la paroi verticale sous charges de compressions axiales. Ces efforts de compressions
axiales sont dus à la combinaison de charges de frottement de la paroi, des charges de la
toiture et des charges des équipements fixés au silo. La contrainte élastique de
flambement d’une paroi est influencée par les points suivants :
 importance et formes d’imperfections de la paroi,
 distribution des efforts de frottement de la paroi,
 importance des pressions internes,

Page 62
 propriétés élastiques du matériau stocké,
 assemblages,
 types d’appuis du silo.

Le flambement peut être évité en utilisant de simples méthodes de calculs manuelles


permettant de dimensionner précautionneusement la paroi du silo, les assemblages et les
appuis et ceci afin d’éviter d’une manière significative les déplacements hors du plan de
la paroi.

Beaucoup de méthodes ont été proposées pour le calcul de la contrainte élastique


critique de flambement, elles sont revues par Rotter [13].

Une approche simple mais prudente consiste à adopter la contrainte élastique critique
classique et en la multipliant par un facteur empirique et sécurisant : . Cette nouvelle
contrainte est donnée par la formule suivante :

Et
f cr    0.605 avec  = 0,15 (19)
r

L’influence de la pression latérale est ignorée et la coque est supposée être comprimée
uniformément et axialement.

L’équation (19) peut être utilisée en toute sécurité en considérant que la distribution des
efforts est uniforme (c’est à dire la distribution de pression utilisée dans l’Eurocode 1)
et que les appuis sont conçus pour limiter les contraintes significatives hors du plan
ainsi que les déplacements de la coque. Les points suivants doivent être considérés
lorsque l’on dimensionne des parois de silos cylindriques afin d’éviter le flambement :

 Les silos peuvent être conçus d’une manière moins sécurisante en utilisant la
distribution de pression rapportée. La charge rapportée équivaut à une distribution
de pression dissymétrique autour de la paroi, correspondante à de rapides
changements circonférentiels de la contrainte. Un calcul en coque rigoureux de la
paroi verticale du silo est requis puisqu’un calcul manuel, n’est pas valable si l’on
souhaite faire une analyse exacte.

 Davantage d’économies peuvent être faites si l’on utilise la résistance augmentée


de la paroi du silo due à la pression amenée par le matériau stocké. Les tensions
circonférentielles résultantes de la pression latérale réduisent la sensibilité au
flambement sous compressions axiales et augmentent la résistance au flambement
d’une manière générale. Des méthodes ont été développées pour inclure
l’influence de la pression interne sur la résistance au flambement [15]. Les
calculateurs ont été réticents à utiliser ces règles à cause du nombre important de
ruines par flambement des silos en acier et éprouvent le besoin de s’assurer que la
couche immobile de matériau stocké au voisinage de la paroi a une épaisseur
suffisante. Lorsque la vidange du silo est excentrée, le maintient latéral du silo sur
toute sa hauteur ne peut pas être assuré, il doit donc y avoir une diminution de la
résistance admissible au flambement.

Page 63
 Les parois cylindriques ne sont habituellement pas renforcées avec des raidisseurs
verticaux. La grandeur physique du voilement est petite, les raidisseurs
longitudinaux devront donc être moins espacés pour éviter le flambement. Des
raidisseurs circonférentiels ne sont pas efficaces pour luter contre le flambement
sous compression axiale.

 La contrainte critique de flambement est réduite par les imperfections de surface.


Le nombre et la taille des imperfections sont influencés par le processus de
fabrication. Apparemment plusieurs cylindres identiques fabriqués de manières
différentes peuvent avoir une résistance au flambement différente. La contrainte
critique doit être réduite pour les silos ayant de grosses imperfections. Le
document du ECCS [15] donne des règles pour ces réductions de résistance au
flambement qui dépendent du type et de la taille des imperfections.

 Lorsque les assemblages par boulonnage sont utilisés pour des tôles qui se
recouvrent, la résistance au flambement est réduite par rapport à la valeur prise
pour des tôles soudées bout à bout. Les soudures circonférentielles conduisent à
des excentricités par rapport à la ligne de poussée axiale, ce qui engendre des
déformations excentriques, des contraintes de compressions circonférentielles
(effet membrane) et des contraintes de flexion locale.

 Les poteaux d’appuis peuvent induire de fortes contraintes de flambement dans


les parois. Ils peuvent avoir une influence sur cette contrainte jusqu’à une distance
égale à plusieurs fois le diamètre de ces poteaux d’appuis. Ce problème peut être
soulagé en étendant les poteaux sur toute la hauteur du silo (les poteaux peuvent
donc à ce moment là supporter directement la toiture). Si les poteaux ne sont pas
étendus sur toute la hauteur du silo, des analyses de flambement de la coque
pourront être utilisées pour déterminer la contrainte induite dans la paroi ainsi que
dans les poutres en anneau et les raidisseurs.

Flambement amené par les charges de vent

Le document de la CECM [15] et la norme BS 2654 [16] donnent des recommandations


sur le dimensionnement des cylindres résistants à une pression externe. Ces derniers
sont généralement maintenus à leur sommet soit par une toiture fixée à la coque, soit par
un raidisseur (poutre en forme d’anneau). Pour les silos de grande dimension il peut être
plus économique de raidir le bardage des silos circulaires. Ces raidisseurs augmentent
généralement la résistance au flambement sous efforts de vent, mais pas les tensions
circonférentielles ni les compressions axiales (mêmes locales). Les raidisseurs
circonférentiels peuvent être placés à l’extérieur du silo pour ne pas perturber
l’écoulement. Les silos en acier sont plus sensibles au flambement sous efforts de vent
pendant leur construction qu’en service puisque la coque est maintenue à la fin de la
construction par la toiture ou par la poutre en anneau.

Page 64
4.3.4 Trémie ou fond plat

De fortes contraintes se concentrent à la base des silos s’ils sont encastrés sur un fond
plat. Ces contraintes peuvent être réduites par la mise en place d’un assemblage
s’autorisant des libertés de mouvement adéquates, sinon, il faut prévoir ce phénomène
dans le calcul des tôles de la paroi. Les fonds plats doivent être conçus pour reprendre
les pressions verticales calculées à l’aide de l’équation (8).

Les trémies coniques sont conçues pour résister à des efforts de traction par effet
membrane. Pour le calcul de l’épaisseur de la tôle et des détails d’assemblages, il est
nécessaire de calculer la contrainte de traction suivant un méridien du cône ainsi que la
contrainte circonférentielle. La tension selon un méridien de cône tm est calculée comme
étant la résultante de la pression verticale de vidange pv au niveau de la portion de
transition, du poids de la paroi du silo W et du poids du matériau stocké.

pv r W
tm  + (20)
2 cos (90  ) 2  r cos (90  )

La tension circonférencielle th est calculée à partir de la pression normale de la paroi de


la trémie pendant la phase de décharge. Elle est égale à :

pr
th  (21)
cos (90   )

Les effets des dispositifs mécaniques de vidange ou des poteaux d’appuis sur la
contrainte de la paroi de la trémie doivent être pris en compte. A nouveau, les méthodes
de calcul manuelles des contraintes amenées par les appuis ne sont pas valables et donc,
seul l’utilisation de méthodes exactes telles que l’analyse par éléments finis est possible.

4.3.5 Poutre de transition en anneau

La portion de transition entre la paroi verticale et la trémie conique doit être réalisée en
utilisant une diversité d’assemblages (quelques-uns sont montrés à la figure 12). La
trémie exerce une force sur la portion de transition dirigée vers l’intérieur et une autre
dirigée vers l’extérieur qui provoque une compression circonférentielle sur la poutre en
anneau. Cette poutre doit être conçue pour éviter la plastification et le flambement.
C’est une pratique courante de prévoir un anneau linéairement appuyé pour résister à la
composante horizontale de la tension tm qui agit selon un méridien de la trémie. Cette
tension peut être réduite pour tenir compte des tensions circonférentielles dues à la
pression horizontale dans le cylindre. La poutre en anneau doit également supporter les
charges verticales et les reporter sur les poteaux d’appuis.

Un récapitulatif des efforts agissants sur la poutre en anneau est le suivant :


 charges verticales issues du frottement sur le cylindre
 charges de la pression horizontale orientées vers l’extérieur du cylindre
 effet membrane de la trémie
Page 65
 torsion due à l’excentricité de l’une des trois précédentes sollicitations
 réactions d’appuis.

Ces efforts donnent lieu à :


 compression axiale issue de la résultante des efforts orientée vers l’intérieur
et vers l’extérieur
 cisaillement et flexion entre les poteaux d’appuis
 voilement local de la coque
 torsion due à l’excentricité des efforts de la coque et des appuis.

Les contraintes de compressions circonférentielles dans la poutre en anneau, au niveau


de la portion de transition de trémies conçues pour provoquer un écoulement en masse,
sont soulagées lorsque se produit la charge « de coup ». À cause de l’incertitude
concernant l’importance de cette charge « de coup », cet effet bénéfique est ignoré.

Pour la plupart des poutres en anneau, une partie de la paroi et de la trémie reprennent
une partie des charges et doivent être dimensionnées en conséquence. Pour les silos qui
sont appuyés sur une jupe, la coque fournit une résistance suffisante et une poutre en
anneau n’est pas obligatoirement utilisée.

Page 66
4.3.6 Appuis

Différents types d’appuis de silos sont décrits sur la figure 13. Les silos supportés par
des poteaux impliquent un comportement compliqué des contraintes de la paroi aux
alentours de ces appuis. Le comportement des contraintes est moins compliqué lorsque
les poteaux s’étendent jusqu’au sommet de la paroi verticale du silo. Ces augmentations
de contraintes de la coque peuvent être limitées avec un calcul précis des poteaux
d’appuis. La distance entre les poteaux et la paroi du silo doit être la plus faible possible
et les charges peuvent être distribuées aux poteaux par l’intermédiaire de raidisseurs.

Dans le cas de petits silos (dont le diamètre dc < 7 m), les parois en acier peuvent
descendre jusqu’aux fondations et supporter la structure entière.

4.3.7 Assemblages

Les différentes tôles peuvent être assemblées par boulonnage ou soudage. Lorsque des
assemblages par boulonnage sont utilisés, les concepteurs doivent tenir compte de la
réduction de la résistance au flambement critique pour les parois de silos assemblés par
recouvrement. Ces assemblages doivent être prévus pour supporter les contraintes
circonférentielles et méridionales dans le cylindre et dans la trémie.

Page 67
5. CONCLUSION

 L’Eurocode 1 fournit des règles de calcul simplifiées pour le calcul des charges et
la conception de la structure de silos classiques.

 Les charges non uniformes doivent être étudiées à la conception avec beaucoup de
précautions.

 Les silos autres que circulaires sont des structures lourdement renforcées, conçues
pour supporter des efforts de flexion. En général, ils sont calculés de manière
classique.

 Le flambement des parois est habituellement dimensionnant pour des silos


circulaires.

 Les deux types de silos (circulaires ou non) peuvent être dimensionnés de manière
classique avec de simples méthodes de calculs manuels.

 Les appuis, assemblages, raidisseurs et accessoires doivent être conçus


minutieusement afin de minimiser les contraintes et les déformations hors des
plans de chargement.

Page 68
6. BIBLIOGRAPHIE

[1] Eurocode 1 : ”Basis of design and actions on structures, Part 4, Actions in silos
and tanks”, ENV 1991-4, CEN (in press).

[2] British Materials Handling Board, “Silos - Draft design code”, 1987.

[3] Eurocode 3 : ”Design of steel structures“ : Part 4, Tanks, Silos and Pipelines,
CEN (in preparation).

[4] National Coal Board, “The design of coal preparation plants”, UK National
Coal Board Code of Practice, 1970.

[5] Gaylord, E. H. and Gaylord, C. N., “Design of steel bins for storage of bulk
solids”, Prentice Hall, Englewood Cliffs, 1984.

[6] Reimbert, M. and Reimbert, A., “Silos : Theory and practice”, Trans Tech
Publications, 1987.

[7] Troitsky, M. S., “On the structural analysis of rectangular steel bins”, Powder
and Bulk Solids Technology, Vol 4, No. 4, 1980, pp 19-25.

[8] Trahiar, N. S. et al, “Structural design of steel bins for bulk solids”, Australian
Institute of Steel Construction, 1983.

[9] The University of Sydney, “Design of steel bins for the storage of bulk solids”,
Postgraduate professional development course, 1985.

[10] Lambert, F. W., ”The theory and practical design of bunkers”, The British
Construction Steelwork Association Limited, 1968.

[11] Safarian, S. S. and Harris, E. C., “Handbook of concrete engineering - Silos


and Bunkers”, Van Nostrand Reinhold Co., New York, 1974.

[12] Wozniak, S., ”Silo design” in Structural Engineers Handbook.

[13] Rotter, J. M. et al, “A survey of recent buckling research on steel silos”. Steel
structures - recent research advances and their applications to design, ed M.
Pavlovic, Elsevier applied science, London, 1986.

[14] Building Research Establishment, “Dust Explosions”, BRE TIL 613, 1984.

[15] European Convention of Constructional Steelwork (ECCS), European


recommendations for steel construction : Buckling of shells, 4th edn.

Page 69
[16] BS 2654 : 1989, “Manufacture of vertical steel welded non-refrigerated storage
tanks with butt-welded shells for the petroleum industry”. British Standards
Institution, London, 1989.

[17] Eurocode 1 : ”Basis of design and actions on structures, Part 2, Wind loads on
buildings

Page 70
Exemple d’application : calcul du réservoir

Faculté du Génie de la Construction


Département de Génie Civil
M2 Professionnel (Option CM)

CALCUL D'UN RESERVOIR EN ACIER

Le réservoir en acier avec une toiture sphérique montré sur la figure est rempli de
liquide jusqu’au niveau de la jonction du toit et de la paroi verticale. Si la valeur de la
gravité du liquide stocké est de 1.0.
 Calculer l’épaisseur du toit si la charge extérieure totale est de 2.0 kN/m2
 Calculer l’épaisseur de la virole cylindrique du réservoir en utilisant la méthode
(one foot method) si la limite d’élasticité de l’acier est de 235 (N/mm2).
 Vérifier l’anneau de rive à la jonction coque-toit.
 Calculer s’il existe les raidisseurs primaires et secondaires.
 Calculer l’épaisseur de la tôle du fond et déduire l’épaisseur et la dimension de la
tôle annulaire.

Données :
Vitesse du vent : V  45m / s

 eau  1000kg / m3 ;  acier  77 kN / m 3

PSd  2.0kN / m 2 pression du au vent et au force de vide partiel (vacuum)

  30

1
Exemple d’application : calcul du réservoir

Solution :

1- Couverture :
L’épaisseur du toit est donnée par la relation suivante :
La stabilité du toit sous pression externe :

  t  
2

pi ,S d  0.05 1.21E    Pour E  2.1 10 4 kN / cm 2


  rs  
2
t  pi ,S d
pi ,S d  127050   d’où : t  rs
 rs  127050

2.0  104
t  2400  0.095cm on prend t  10mm comme épaisseur du toit.
127050
avec :
rs : rayon de courbure du toit sphérique.

Formule simplifiée :
rs 24
t   9.6mm soit t  10mm
2.5 2.5

2- Paroi verticale :
La pression hydrostatique est résistée par la contrainte circonférentielle   .

pr pr
   f y .d d’où : t 
t f y .d

p   F . .g.(Hj 0.3)  p0 (one foot method)1 ft  0.3m

p0  0 : surpression de calcul au-dessus de niveau liquide

t
 F . .g.(Hj 0.3) r
f y .d

fy 235
Pour :  F  1.2 ;   1000kg / m3 ; G  10m / s 2 ; f y .d    213.64 N / mm 2
M0 1.1

1kN / m 2  1000 N / (103 mm)2  103 N / mm2

103 kN / m 2  1N / mm 2

2
Exemple d’application : calcul du réservoir

 F . .g  1.2 1000kg / m3  10m / s 2  1.2  104 N / m3  12kN / m3

12(Hj 0.3) r
t  0.056 10 3 ( H j  0.3)r
213.64 103

Calcul de l’épaisseur de la paroi :


Rangée 1 : H  8m

t  0.056( H j  0.3)r  0.056 103 (8  0.3)  20  8.62 103 m  8.62mm ; Soit : t  10mm

Méthode BS2654 :
D 40
t 98G ( H j  0.3)   98 1.0(8  0.3)   9.63mm
20  0.66 f y 20  0.66 f y

t : (en mm)
D : (en m)
 (eau )
G (sans unité): gravité spécifique de l’eau G   1.0
 (eau )

f y : (enMpa)

H : (en m)

Rangée 2 : H  6m

t  0.056( H j  0.3)r  0.056 103 (6  0.3)  20  6.38 103 m  6.38mm ; Soit : t  8mm

Méthode BS2654 :
40
t 98 1.0(6  0.3)  7.2mm
20  0.66 f y

Rangée 3 : H  4m

t  0.056( H j  0.3)r  0.056 103 (4  0.3) 10  4.14 103 m  4.14mm ; Soit : t  8mm

Méthode BS2654 :
40
t 98 1.0(4  0.3)  4.67mm
20  0.66 f y

Rangée 4 : H  2m

3
Exemple d’application : calcul du réservoir

t  0.056( H j  0.3)r  0.056 103 (2  0.3) 10  1.9 103 m  1.9mm ; Soit : t  8mm

Méthode BS2654 :
40
t 98 1.0(2  0.3)  2.14mm
20  0.66 f y

Remarque :
Le règlement préconise les épaisseurs minimales suivantes :
t  6mm si D  33m
t  8mm si 33  D  60m
t  10mm si D  60m

Dans notre cas : 33m  D  40m  60m → tmin  8mm

3- Anneau de rive à la jonction coque-toit:


Vérification de l’effort dans l’anneau de rive :
N Sd
 f y .d
Aeff

pv.Sd .r 2 2.0  202


N Sd    693kN
2tan30 2tan30
fy 235
f y .d    213.6 N / mm 2
M0 1.1

pv.Sd : pressionverticale totale

Aeff  ( wc  t)  ( wr  tr )  (A cor )  (0.6 r.t  t )  (0.6 rr .tr  tr )  (Acor )

r  20m : rayon du réservoir


rr  24m : rayon de courbure du toit sphérique.

La cornière de rive ayant les dimensions suivantes :


 60 × 60 × 5 lorsque l’épaisseur de la virole supérieure de la coque est
inférieure à 6 mm ;
 80 × 80 × 6 lorsque l’épaisseur de la virole supérieure de la coque est égale
ou supérieure à 6 mm.
4
Exemple d’application : calcul du réservoir

Comme : tmin  8mm → soit une cornière de rive de : 80 × 80 × 6

Acor  9.35cm 2 : surface de la cornière du top du réservoir.

Aeff  (0.6 2000  0.8  0.8)  (0.6 2400  1.0  1.0)  (9.35)  19.2  29.39  9.35  57.94 cm 2

N Sd 693kN
  12.0kN / cm 2  f y.d  21.36kN / cm2 ……………………………….O.K.
Aeff 57.94cm 2

4- Raidisseur primaire :

Les réservoirs à toit fixe avec structure peuvent être considérés comme
suffisamment raidis au sommet decoque par la structure du toit. Il n’est pas
nécessaire d’utiliser un raidisseur primaire.

5- Raidisseur secondaire :
Les dimensions minimales à donner aux raidisseurs secondaires pour éviter le
voilement local de la coquesont donnés dans le tableau ci-dessous d’après les
eurocodes.
Les dimensions minimales dais raidisseurs secondaires
Diamètre du réservoir (m) Cornière de rive (mm)
D  20m 100×65×9
20m  D  36m 120×80×10
36m  D  48m 150×100×10
D  48m 200×100×12

Remarque : Il convient que la grande aile soit en position horizontale.

Dans le cas où l’épaisseur du réservoir est variable, il convient de transformer la


hauteur du réservoir à une hauteur équivalente ayant l’épaisseur tmin.

Hauteur équivalente de la virole he :


2.5
 tmin 
he  h  
 t 

tmin :est l’épaisseur de la virole la plus faible (mm).


t :est l’épaisseur de la virole.
h :est la hauteur de la virolesous le joint de bordure ou le contreventement primaire.
.

Rangée 1 :

5
Exemple d’application : calcul du réservoir

2.5
 0.008 
he  2.0    1.14m
 0.01 

Rangée 2 :
2.5
 0.008 
he  2.0    2.0m
 0.008 

Rangée 3 :
2.5
 0.008 
he  2.0    2.0m
 0.008 

Rangée 4 :
2.5
 0.008 
he  2.0    2.0m
 0.008 

H e   he
Hauteur équivalente totale He :

H e  2  2  2  1.14  7.14m :hauteur sur laquelle le voilement de la coque peut se


produire.

La hauteur maximale entre raidisseurs est donnée par la relation :


 E   tmin 
2.5

H p  0.46    rk
 PSd   r 
PSd  2.0kN / m 2 pression du au vent et au force de vide partiel (vacuum)

 210  106   0.008 


2.5

H p  0.46    20  1.0  3.1m


 2.0   20 

H e  7.14m  hp  3.1m →les raidisseurs sont nécessaires.

On a : 36m  D  40m  48m On opte pour un raidisseur secondaire à mi-hauteur de :


150×100×10

PSd  qeq .Sd  qS .Sd

Où :

qS .Sd : est la dépression interne provoquée par la ventilation, le vide partiel interne
(vacuum) ou d'autres phénomènes.
qeq .Sd : la pression équivalente uniforme du au vent horizontale donné par la relation
suivante :

6
Exemple d’application : calcul du réservoir

qeq.Sd  kw .qw.max.Sd

Où :
qw.max.Sd : est la pression maximale du vent.
k w est un coefficient donné par la relation : kw  1/ Cw

Cw : coefficient de distribution de la pression du vent donné par la relation :


 
 
 2.2 
Cw  max  ;1.0 
 r r  
 1  0.1 Cb  
 l t  
  
Avec :
Cb  1.0 : paramètre de flambement de pression externe.

Distribution de la pression du ventsur la circonférence de la coqueDistribution de pressionaxisymétrique équivalente

Méthode donnée par le règlement BS2654 :


3
 t 
h  10t  
D
h (en m) : espacement entre raidisseurs.
t (en mm) : épaisseur minimale du réservoir
D : (en m)
3
 8 
h  10  8    7.1m H e  7.14m
 40 
H e  7.14m  hp  7.1m Il n’est pas nécessaire d’utiliser un raidisseur secondaire.

7
Exemple d’application : calcul du réservoir

6- Calcul du fond :
Le calcul de la tôle de fond doit prendre en compte la corrosion. (3 mm)

Il convient que les tôles de fond soient soudées à recouvrement ou soudées en bout.

Il convient que l’épaisseur spécifiée des tôles de fond ne soit pas inférieure à la
spécification du tableau ci-dessous.

Matériau Fonds soudés à recouvrement Fonds soudés en bout

Acier au carbone 6 mm 5 mm

Acier inoxydable 5 mm 3 mm

Dans notre cas :


Plaque du fond en Acier de carbone soudé à recouvrement : t = 6 mm

7- Tôle annulaire :

La partie interne de la tôle annulaire de fond doit avoir une largeur minimale
supérieure à la valeur wa donnée par la formule suivante:
1/ 2
 f y .ta2 
wa  1.5  
  gH 

t a : épaisseur de la tôle annulaire.

ts
ta   3mm mais pas moins de 6mm
3
Où ts est l’épaisseur de la tôle soudée à la tôle annulaire.
10
ta   3mm  6.33mm
3
On prend ta  8mm
1/ 2
 235  103  0.0082 
wa  1.5    0.43m  430mm
 10  1.0  8 

ta
wa  240 Formule donnée par l’Eurocode.
H
8.0
wa  240  240mm
8.0

8
Exemple d’application : calcul du réservoir

wa : est la largeur exposée minimale (distance entre le bord de la tôle de fond et le


bord inférieur de la tôle de coque), en millimètres ;

H : est la hauteur de calcul maximale du liquide, en mètres ;

t a : est l’épaisseur de la virole en prenant en compte la tolérance de corrosion, en


millimètres.

8- Vérification de la stabilité d’ensemble :

9
Exemple d’application : calcul du réservoir

Calcul du maître couple :


A  D  h  40  8  320m 2

Calcul de l’action du vent :


V  PSd  A  2.0kN / m 2  320m 2  640kN

Calcul du moment de renversement du au vent :


M r  V  h / 2  640  8 / 2  2560kNm

Calcul du poids total du réservoir à l’état vide:


W  WR

  77kN / m 2 est le poids volumique de l’acier.


WR  Wcyl  Wtoit : poids propre du cylindre et du toit sphérique
Wcyl    Vc     D   h j  t j

Avec :
Vc   D   h j  t j : volume du cylindre
D  40m : diamètre du réservoir
h j  2m : hauteur de la virole j
t j : épaisseur de la virole j

Wcyl  77    40  2.0  (0.01  3  0.008)  658kN


Wtoit    V    S  t    2  rt  f    2  rt  rt (1  cos )

Avec :
f  rt (1  cos ) :flèche du toit sphérique
rt  24m : rayon de courbure du toit sphérique
Wtoit  77  2    24 2  0.01(1  cos 30)  373.4kN
WR  658  373.4  1031.4kN

Le moment stabilisant du au poids propre totale :


M s  W  D / 2  1031.4  40 / 2  20628kNm
M r  M s donc la stabilité au renversement par le vent est vérifiée.

10
EXEMPLES D’APPLICATIONS

Faculté du Génie de la Construction


Département de Génie Civil
M2 Professionnel (Option CM)

CALCUL DES SILOS

EXEMPLE D’APPLICATION N°1 : Surface équivalente


34°
Soit le silo de la figure ci-contre avec les données suivantes :
h = 25 m
D = 10 m
Matière ensilée : Blé
25 m 25.85 m
Nature de la paroi : acier doux au carbone lisse

Questions :

1- Déterminer l’unité de volume à utiliser pour le calcul de la capacité de stockage du silo et


déterminer sa valeur.
2- Calculer le poids total du solide pour le calcul structural et déterminer la hauteur de la
surface effective du solide.
3- Pour les conditions de la valeur maximale de la pression normale sur la paroi verticale,
identifie les valeurs appropriées du coefficient de frottement, rapport de pression latérale
et le poids unitaire à utiliser.
4- Déterminer la valeur au remplissage de la pression normale maximale sur le mur à la
base du silo.

Solution :
Question 1 :
Calcul du poids total du solide pour le calcul de la capacité de stockage du silo :

La capacité volumétrique du silo pour le calcul de la capacité :  inf  7.5kN / m3

Angle de repos du solide : r  34 (du tableau)

Hauteur du sommet du cône du solide stocké :

hc  rtanr  5.0  tan34  3.372m

Capacité volumétrique du silo :

1
EXEMPLES D’APPLICATIONS

V   R 2 ( h  hc / 3)    5.02 (25  3.372 / 3)  2052m3

Valeur minimale de la capacité de stockage du silo :


C  2052  7.5  15390kN  1539tonnes

Question 2 :
Calcul du poids total du solide pour le calcul structural et de la hauteur de la surface
effective du solide.

 sup  9.0kN / m3

La capacité volumétrique du silo pour le calcul structural :

V   R 2 ( h  hc / 3)    5.02 (25  2.548 / 3)  2030m3

C  2030  9.0  18270kN  1827tonnes

Hauteur à la base de la surface effective : V  2030 / ( r 2 )  25.85 m

Question 3 :
Valeurs appropriées du coefficient de frottement, rapport de pression latérale et le
poidsunitaire pour le calcul de la pression normale maximale sur la paroi à la base du silo :
Classe de rugosité :
Matériau ensilé : blé
Silo : acier doux au carbone lisse : → Tableau : Classe de rugosité D2

  inf  0.38 /1.16  0.327 ; k  ksup  0.54  1.11  0.599 ;    sup  9.0kN / m
3

Question 4 :
La valeur au remplissage de la pression normale maximale sur le mur à la base du silo :


pvf  ( A /  k U) 1  e  zU /(Ak  ) 
Le rayon hydraulique : A / U   R 2 / 2 R  R / 2

phf  kpvf


Phf  ( R / 2  ) 1  e  z /( R / 2  k ) 

 
phf  p0 1  e  z / z0  p0  Cz

2
EXEMPLES D’APPLICATIONS

La pression asymptotique : p0   R / 2  9.0  5.0 / (2  0.327)   68.8kN / m 2

La hauteur caractéristique de Janssen :

z0  R / 2 k  5.0 / 2  0.327  0.599  12.76m

La hauteur de la surface effective à la base du silo : z  25.85m


Le coefficient de pression :

C z  1  e  z / z0  1  e  ( 25.85/12.76)  0.8681

La pression normale sur la paroi à la base du silo :

phf  C z  p0  0.8681  68.8  59.72kN / m 2

3
EXEMPLES D’APPLICATIONS

EXEMPLE D’APPLICATION N°2 :


Soit un silo cylindrique de 12.0 m de diamètre et 18.0 m de hauteur construit avec des parois
en acier inoxydablepoli destiné à stocker du sucre.Le chargement est concentrique et la
décharge s’effectue à travers une ouverture légèrement excentrée de e0=1.2m par rapport à
l’axe du silo.
Déterminer la position zpde la pression localisée (patch load) due au chargement.
Déduire la valeur de la pression localisée de chargement et de déchargement.

Surface équivalente
38°

Solution :
La position de la pression localisée est donnée par la relation :

z p  min( z0 , hc / 2)
18 m
z0  R / 2  k hauteur caractéristique de Janssen.

hc  18.0m e0
Classe de rugosité :
Matériau ensilé : sucre
Silo : paroi en acier inoxydable polie → Tableau : Classe de rugosité D1

  inf  0.46 / 1.07  0.429 ; k  ksup  0.5  1.20  0.6 ;    sup  9.5kN / m3
i  inf  32 / 1.19  27

z0  R / 2 k  6.0 / 2  0.429  0.6  11.65m la hauteur caractéristique de Janssen

hc / 2  18.0 / 2  9.0m

z p  min(11.65, 9.0)  9.0m (à mi-hauteur du silo)

Calcul de la valeur de la pression normal de chargement sur la paroi


au niveau de l’application de la pression localisée :

 
phf  p0 1  e  z / z0  p0  Cz

La pression asymptotique :
p0   R / 2  9.5  6.0 / (2  0.429)  66.43kN / m 2

La hauteur de calcul de la pression : z  z p  9.0m

4
EXEMPLES D’APPLICATIONS

Le coefficient de pression :

C z  1  e  z / z0  1  e  (9.0/11.65)  0.5382

La pression normale sur la paroi :

phf  C z  p0  0.5382  66.43  35.75kN / m 2

La pression localisée de chargement est donnée


par la relation :

pPf  0.2  phf

où :   1  4ei / dc

Le chargement est concentrique : ei  0


donc :   1.0

pPf  0.2 phf  0.2  35.75  7.15kN / m2

La dimension verticale de la pression locale est :


s  0.2d c  0.2  12  2.4m

La force horizontale totale due à la pression localiséeest donnée par la relation :

Fpf  ( / 2) s.d c p Pf
 
Fpf  ( / 2) s.d c PPf  ( / 2)  2.4  12.0  7.15  323.45kN

Calcul de la pression normale de déchargement (à la vidange) Phe :

phe  Ch phf
 
Où :

Ch  C0  1.40 : est le coefficient de pression d’écoulement pour le sucre (voir tableau).

phe  Ch phf  1.40  35.75  50.05kN / m 2

Valeur de la pression localisée de déchargement :

pPe  0.2 phe

5
EXEMPLES D’APPLICATIONS

Où :

  1  emax / dc

et : emax  max(ei , e0 )  e0  1.2m

  1  1.2 / 12  1.10

pPe  0.2  phe  0.2  1.10  50.05  11.01kN / m 2

La force horizontale totale due à la pression localisée de déchargement est donnée par la
relation :

Fpe  ( / 2) s.d c pPe  ( / 2)  2.4 12.0  10.62  480.44kN

Caractéristiques des matières granulaires

6
EXEMPLES D’APPLICATIONS

EXEMPLE D’APPLICATION N°3 :


Soit un silo circulaire en aluminium de diamètre d c  8.3m ayant une trémie conique faisant
un angle de 20° par rapport à l’axe verticale du silo.

Le produitstocké est le maïs avec un poids volumique unitaire de :   8.5kN / m3 .

Le chargement est concentrique et le déchargement se fait à travers une trémie conique avec
un demi angle :   20 (voir figure).

La contrainte verticale au niveau de la transition est de : pvft  45.2kN / m 2 pour les propriétés
appropriées suivantes du matériau stocké : ( k  0.45 et
  0.268 ).

1- Déterminer le rapport de pression dans la paroi de trémie


Ff pour le chargement.
2- Déterminer la valeur de la pression normale de chargement
pnf dans la trémie au niveau de la transition : à ( x  hn ).
3- Déduire la valeur de la pression normale de déchargement
pne dans la trémie avec les caractéristiques suivantes :
w  15 (angle de frottement de la paroi de la trémie) et
i  28 (angle de frottement interne du solide)

Solution :

1- Calcul durapport de pression dans la paroi de trémie Ff pour le chargement :

1  a cot  b
Ff  ou bien Ff  1 
1   cot   tan  
1   
 
avec :

a  0.8 et b  0.2 : coefficients empiriques

1  0.8  0.268  cot 20


Ff   0.915
1  0.268  cot 20

Ou bien :
b 0.2
Ff  1   1  0.915
 tan    tan 20 
1    1  
   0.268 

7
EXEMPLES D’APPLICATIONS

2- Calcul de la pression normale de chargement pnf dans la trémie au niveau de la


transition : à ( x  hn ).

pnf  Ff pvf

pvf : pression verticale de chargement dans la trémie à la hauteur x de l’apex du cône de la


trémie.

 hh  x   x  
n n
 x
pvf         pvft  
n  1  hh   hh    hh 
 

Où :

n  2( F f  cot   Ff  1)

Ou bien :

n  2(1  b)  cot 

La valeur de la pression normale de chargement à la transition est donnée par la relation :

pvft  Cb . pvf

Où :
pvf : est la valeur de la pression verticale de chargementdonnée par la relation de Janssen:

pvf  (1/ k ) phf

 
phf  p0 1  e  z / z0  p0  Cz

Cb : coefficient d’amplification de charge à la transition.

Cb  1.2 : silos de classe 2 et 3


Cb  1.6 : silos de classe 1.

Dans notre cas : pvft  45.2kN / m2 (valeur donnée)

à ( x  hn ) :

 hh
pvf 
n 1
1.0  1.0 n   pvft  1.0n  pvft  45.2kN / m 2

pnf  F f pvf  0.915  45.2  41.4kPa

8
EXEMPLES D’APPLICATIONS

3- Calcul de la valeur de la pression normale de déchargement pne dans la trémie :


pne  Fe pve

 hh  x   x  
n n
 x
pve         pvft  
n  1  hh   hh    hh 
 

pvft  45.2kN / m2

à ( x  hn ) :

 hh
pve 
n 1
1.0  1.0n   pvft  1.0n  pvft  45.2kN / m 2

Le rapport de pression Fe dans la paroi de trémie à la


vidange est donné par la relation:

1  sin  cos 
Fe 
1  sin  cos(2    )

Avec :
 sin w  1  sin15 
  w  sin 1    15  sin    15  33.46  48.46
 sin    sin 28 

1  sin  cos  1  sin 28 cos 48.46


Fe    1.328
1  sin  cos(2    ) 1  sin 28 cos(2  20  48.46)

La pression normale à la vidange au niveau de la transition (sommet de la trémie x  hn )


pne  Fe pve  1.328  45.2  60.0kN / m 2

9
EXEMPLES D’APPLICATIONS

EXEMPLE D’APPLICATION N°4 :


Soit un silo cylindrique de 12 m de diamètre et 18 m de hauteur, fabriqué en acier doux de
limite d’élasticité de 230 Mpa et de module d’élasticité de 2x105Mpa. Le chargement est
concentrique. Les contraintes résultantes évaluées sur les différents niveaux de la paroi du
silo sont montrées dans le tableau ci- contre. (  F  1.25 )

Cas de charge et Pression interne ph Valeur de calcul de la Valeur de calcul de la


position dans le mur contrainte résultante contrainte résultante
kPa
du silo circonférentielle méridionale
 F . N Sd ( kN / m )  F . N xSd ( kN / m )
Pression maximale 59.2 444 160
à z  10m
Frottement maximale 52.6 395 201
à z  10m
Pression maximale 68.2 511 205
à z  12.5m
Frottement maximale 59.3 445 230
à z  12.5m

1- Si l’épaisseur du silo à z = 10 m est de t = 6 mm, déterminer la marge de sécurité


vis-à-vis de la rupture par effondrement en utilisant le coefficient de résistance partiel
 M  1.10 .
2- Si l’épaisseur du silo à z = 12.5 m est de : t = 8 mm, calculer la marge de sécurité vis-
à-vis de la rupture par flambement en utilisant le coefficient de résistance partiel
 M  1.10 . (le silo est de haute qualité de fabrication).

Solution :
1- Vérification à la résistance du à la pression maximale dans le silo:
N vSd  N vRd

N vSd  ( N 2Sd  N Sd N xSd  N xSd


2
)

La contrainte circonférentiellepondérée de membrane :


N Sd  444kN / m

La contrainte méridionale pondérée de membrane :

N xSd  160kN / m

N vSd  (444 2  444 160  160 2 )  389kN / m

10
EXEMPLES D’APPLICATIONS

N vRd  ( f y .t /  M )

N vRd  230  6 / 1.1  1254kN / m

Vérification à la résistance : Critère de rupture de Llyushin

N vSd  N vRd

389 kN / m 2  1254 kN / m 2
La marge de sécurité vis-à-vis de la rupture :
1254 / 389  3.23 → grande marge de sécurité.

2- Vérification au flambement du au frottement maximal dans le silo :


N xSd  N xRd

N xRd  ( xRk /  M )  t

 xRk   x . f y : La résistance caractéristique de flambement

x  1 Si x  0

   
x  1   x 0  Si 0  x   p
   
 p 0 


x  Si  p  x
x2

avec : 0  0.2 et les valeurs recommandées de   1.0 et   0.6

x  f y /  xRc  : L’élancement sans dimension

t
 xRc  0.605 E : La contrainte critique élastique
r

p   2.5 0  : L’élancement limite

0.62
0  : Le facteur d'imperfection méridional de réduction élastique
1  1.91 ( wok / t )1.44

11
EXEMPLES D’APPLICATIONS

t r
wok  : La caractéristique d’imperfection d’amplitude
Q t

La contrainte méridionale pondérée de membrane :


N xSd  230kN / m

Valeurs du paramètre de qualité Q de tolérance de fabrication


Classe de qualité de Description Q
fabrication
Classe A Excellente 40
Classe B Haute 25
Classe C Normale 16

Le facteur d'imperfection méridional de réduction élastique :


0.62
0 
1  1.91 ( wok / t )1.44

0.62 0.62
0    0.195
1  1.91 ( wok / t )1.44
1  1.9  1.0(8.76 / 8.0)1.44

Où :

wok : est la caractéristique d’imperfection d’amplitude donnée par :

t r
wok 
Q t

t r 8.0  6000 
wok      8.76mm
Q t 25  8.0 

  1.0 : cas de compression méridional uniforme.

Q  25 : valeur du paramètre de qualité de tolérance de fabrication (voir tableau)

La contrainte critique élastique est donnée par la relation :


t
 xRc  0.605 E
r
8.0
 xRc  0.605  2 105  161.33Mpa E  200000 Mpa
6000
La résistance caractéristique de flambement est donnée par :

12
EXEMPLES D’APPLICATIONS

 xRk   x . f y

x  1 Si x  0

   
x  1   x 0  Si 0  x   p
   
 p 0 


x  Si  p  x
x2

avec : 0  0.2 et les valeurs recommandées de   1.0 et   0.6

L’élancement sans dimension :

x  f y /  xRc 

x   230 /161.33  1.194


L’élancement limite :

p   2.5 0 
p   2.5  0.195  0.698
x   p →  x   / x2  (0.195 / 1.1942 )  0.137

La résistance caractéristique de flambement est donnée par :

 xRk   x . f y  0.137  230  31.46 Mpa

La résistance au flambement est donné par :

N xRd  ( xRk /  M )  t

N xRd  (31.46 / 1.1)  8.0  228.8kN / m

N xSd  230kN / m  N xRd  228.8kN / m

La marge de sécurité contre le flambement est de : 228.8 / 230  0.995 → sécurité instable

13

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