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Chaux (matière)

Composé chimique, oxyde de calcium

Pour les articles homonymes, voir


Chaux.

La chaux est un corps chimique minéral,


l'oxyde de calcium de formule brute CaO.
Il s'agit d'une espèce minérale naturelle
rare, isométrique de maille cubique, qu'il
est possible d'observer en petites
masses blanches avec les éjecta
transformés à haute température parmi
lesquels les laves communes sur les
flancs des formations volcaniques, par
exemple sur le Vésuve en Italie[3].
Référencée officiellement en 1935 dans
le champ de la minéralogie, elle fait
partie du groupe du périclase MgO.
Chaux
Catégorie IV : oxydes et
hydroxydes[1]

Chaux vive poudreuse après malaxage


Général
Nom IUPAC oxyde de calcium, en anglais
calcium oxide
Numéro CAS 1305-78-8 Dana 04.02.01.05
Classe de
04.AB.25
Strunz
Formule
CaO
chimique
Identification
Masse 56,077 ± 0,004 uma
formulaire[2] Ca 71,47 %, O 28,53 %,
Couleur blanc, jaune pâle, brun
Classe isométrique 4/m 3 barre 2/m
cristalline et groupe d'espace F m3m -
structure du NaCl
groupe
d'espace
Système
Système cristallin cubique
cristallin
Réseau de
a = 4,797 Å, Z = 4
Bravais
Clivage parfait sur {001}, séparation
sur {011} pour la matière
minérale de synthèse
Habitus poudre, masse blanches
Jumelage sur {011}
Échelle de
3,5 (type pièce de cuivre)
Mohs
Trait blanc
Propriétés optiques
Indice de
n = 1,838, isotropie
réfraction
Fluorescence
a
ultraviolet
Propriétés chimiques
Densité 3,345
Température
2 613 °C
de fusion
Solubilité insoluble dans le méthanol
Comportement fortement basique, réagit
chimique avec l'eau pour former
l'hydroxyde de calcium ou
chaux éteinte

Unités du SI & CNTP, sauf indication


contraire.
modifier  

Mais le terme désigne surtout une


matière sèche alcaline ou fortement
basique, facilement poudreuse et
hydrophile, de couleur blanche ou
blanchâtre, obtenue par calcination du
calcaire, fabriquée autrefois
artisanalement dans un four à chaux,
puis industriellement dans divers fours
modernes. Elle est utilisée depuis
l'Antiquité, notamment dans la
construction et pour les assises et
fondations des voies et bâtiments.
Fondant en métallurgie du fer ou
sidérurgie, tant dans le traitement des
minerais que l'élaboration d'aciers
intermédiaires, la chaux, matériau à
propriétés réfractaires, est à la base de la
chimie de l'élément calcium et intervient
comme intermédiaire dans la métallurgie
de nombreux métaux non ferreux. C'est
un des produits manufacturés les plus
communs de l'industrie. Le chaulage
désigne l'apport de chaux ou un
traitement spécifique à la chaux.

D'un point de vue chimique, la matière


fabriquée par l'industrie, est un oxyde de
calcium avec plus ou moins d'oxyde de
magnésium et des impuretés à base de
carbonates et d'hydroxydes de calcium
ou magnésium, d'argiles, de divers silico-
aluminates[4], etc. Ainsi la désignation
usuelle et traditionnelle de la matière
chaux peut englober différents corps
chimiques proches de ce premier
produit. On les distingue dans le langage
courant, par exemple, selon leurs
utilisations anciennes et spécifiques
dans la construction ou le bâtiment :

la chaux vive est le produit direct de la


thermolyse ou calcination du calcaire,
principalement de l'oxyde de calcium
(CaO) ; c'est la matière basique qui
permet par chauffage de rendre
caustique la soude ou carbonate de
sodium des anciens chimistes ;
la chaux éteinte est obtenue après la
réaction complète de la chaux vive
avec de l'eau et un séchage rigoureux.
Cette base, hydroxyde caustique peu
corrosif, très peu soluble dans l'eau,
est constituée d'hydroxyde de calcium
(Ca(OH)2). D'un point de vue
minéralogique, il s'agit de l'espèce
minérale naturelle nommée
« portlandite » ;
la chaux aérienne ou chaux grasse, un
liant de chaux, composant de base de
mortier en très faible partie argileux,
qualifié pour sa prise lente au gaz
carbonique de l'air, car elle réagit avec
le dioxyde de carbone (CO2) de l'air ;
la chaux hydraulique, liant de chaux du
commerce, proche d'un ciment de
chaux qui durcit à l'eau, contient en
plus des silicates et des aluminates,
car elle est fabriquée à partir de
calcaires argileux[5]. Elle est appelée
« hydraulique » pour sa première prise :
elle durcit en présence d'eau vive avant
d'être plus ou moins lentement
renforcée à l'air par carbonatation ;
la chaux désigne aussi le matériau
final de chaulage, la matière ou liant
« ayant fait prise » après utilisation.
Bien que ce ne soit que le liant, on
parle d'un mur à la chaux, mais
chimiquement la chaux en question
est majoritairement redevenue du
calcaire (principalement du carbonate
de calcium (CaCO3).

Il existe aussi la chaux dolomitique ou


chaux magnésienne, elle aussi utilisée
depuis l'Antiquité, à base de dolomie ou
de calcaire magnésien.

Dénomination des chaux


Article connexe : Lexique de la chaux.

La production de la chaux a longtemps


été abandonnée aux maçons et aux
chaufourniers. Les fours à chaux étaient
d'ailleurs souvent attenants au chantier
de construction. La dénomination
traditionnelle des chaux est donc
essentiellement liée à l'usage qui en a été
fait dans les mortiers de chaux. La
chimie y a superposé ses dénominations
modernes.

La chaux des maçons et des


chaufourniers

Article connexe : mortier de chaux.

La « chaux vive » est simplement la


chaux sortie du four à chaux. Elle prend
l'apparence de pierres pulvérulentes en
surface. Traditionnellement, le principal
constituant de la chaux vive est l'oxyde
de calcium, qui a pour formule CaO que
l'on obtenait avec des calcaires très purs,
voire des marbres. La chaux vive était de
préférence fabriquée à côté du chantier,
elle pouvait être aussi amenée sous cette
forme sur chantier où elle était éteinte ou
transportée sur de longues distances
dans des sacs, à l'abri de l'humidité.

La chaux vive est transformée en « chaux


éteinte » par immersion dans l'eau. Cette
immersion provoque une dislocation, un
foisonnement, ainsi qu'une forte chaleur
(la réaction est exothermique). Le
résultat est une pâte, qui prend le nom
technique de « chaux éteinte », nom
ancien de l'hydroxyde de calcium
Ca(OH)2, et qui pouvait être employée
telle quelle dans les mortiers et les
enduits.

e
L'usage erroné était jusqu'au  siècle
que les chaux qui foisonnent peu à
l'extinction étaient impropres à l'usage
des mortiers. La présence d'argile
associée au calcaire de calcination, dans
les mortiers qui se fabriquent après les
découvertes de Louis Vicat, a conduit à
de nouvelles dénominations de chaux.

Il y a lieu de distinguer :

chaux aérienne : le phénomène de


cristallisation s'opère en présence d'air.
Les chaux aériennes se répartissent
en :
chaux grasses, obtenues à partir
de calcaires très purs ou
contenant de 0,1 à 1 % d'argile,
chaux maigres, obtenues à partir
de calcaires contenant de 2 à 8 %
d'argile ;
chaux hydrauliques : le phénomène de
cristallisation s'opère aussi en milieu
aqueux, obtenues à partir de calcaires
contenant plus de 8 % d'argile.

La dénomination chaux grasse/chaux


maigre est venue de ce que les chaux
maigres augmentent peu de volume
lorsqu'on les réduit à l'état de pâte tandis
que les chaux grasses donnent un
volume plus important, on dit qu'elles
foisonnent beaucoup plus. De même les
chaux grasses forment avec la même
quantité de sable un mortier plus gras
que lorsqu'on emploie des chaux
maigres[6].

Pendant longtemps on a appelé « chaux


maigres » celles qui avaient la propriété
de durcir dans l'eau et « chaux grasses »
celles qui n'avaient pas cette propriété.
La distinction, chaux aérienne/chaux
hydraulique est venue du fait que
certaines chaux maigres ne sont pas
hydrauliques[6].

On appelle donc chaux grasse, celle qui


donne un foisonnement considérable,
chaux maigre, celle qui foisonne peu et
qui ne durcit pas dans l'eau et chaux
hydraulique, celle qui a la propriété de
durcir dans l'eau. On donnait aussi assez
souvent le nom de chaux commune à la
première de ces chaux.

À partir de 5 % d'argile, on parle de


calcaire argileux. Au-delà de 20 %
d'argile, les calcaires argileux sont
impropres à la confection de la chaux. À
partir de 35 %, la roche devient tendre et
friable, c'est une marne. À partir de 50 %,
la marne devient plastique. Avec 65 %
d'argile, elle devient une argile calcaire.
Les argiles calcaires, impropres à la
confection des chaux mêmes
hydrauliques, seront employées
calcinées et broyées, dans les ciments
naturels (le ciment prompt,
improprement appelé ciment romain,
ainsi que les premiers ciments Portland),
ou dans la préparation du clinker pour les
ciments artificiels (dits « ciments
Portland »).

La chaux des anciens


chimistes
e
Encore fin  siècle, on appelait
« calcination » toute opération qui
consistait à traiter par le feu une
substance quelconque jusqu'à ce qu'elle
ait perdu les matières décomposables ou
volatiles qu'elle contenait. Les anciens
chimistes croyaient en effet que les
métaux chauffés au contact de l'air
perdaient du phlogistique et redevenaient
« à l'état de chaux » et de là donnaient à
l'opération le nom de calcination ainsi
qu'au résidu, le nom de « chaux ». Il sera
reconnu plus tard qu'il s'agit
d'oxydations[7]. On donnait donc à la
calcination deux objets[8]: la production
de chaux et de plâtre ainsi que la
séparation des substances volatiles
d'une substance qu'on veut isoler,
comme dans la calcination des minerais.

Dans l'ancienne nomenclature chimique


française, le terme « chaux » désignait
l'élément calcium, surtout précisément le
cation calcium Ca+2, d'où les appellations
aujourd'hui désuètes de sels de chaux,
sulfate hydraté de chaux (gypse),
carbonate de chaux et de magnésie
(dolomie), chlorure de chaux (chlorure de
calcium), pectate de chaux (le précipité
de l'acide pectique par le cation calcium),
phosphate de chaux (phosphate de
calcium), chaux fluatée (fluorine ou
fluorure de calcium), etc.

La chaux des chimistes

La chaux est de l'oxyde de calcium ou de


l'hydroxyde de calcium. C'est un matériau
inorganique contenant du calcium, dans
lequel des carbonates, des oxydes et
hydroxydes prédominent. C'est aussi le
nom de la matière minérale naturelle CaO
qui se produit dans les feux de mine de
charbon ou dans les enclaves de calcaire
altéré par les éjectas volcaniques.

La chaux, une espèce


minérale naturelle rare
Selon la classification minéralogique
Dana, la suite de couples de chiffres
caractéristiques 04.02.01.05 indique un
simple oxyde (04) de cation métallique
divalent (02) appartenant au groupe
isométrique et de groupe d'espace
Fm3m dit groupe du périclase, dont la
chaux est le cinquième membre, entre la
périclase MgO, la bunsenite NiO, la
manganosite MnO, la monteponite CdO
et en position 6 et 7, la wustite FeO et la
hongquiite TiO.

La classification de Strunz 04.AB.25


n'admet pas le septième membre, tout en
ordonnant le groupe formée de manière
différente, soit la bunsenite, la chaux, la
monteponite, la manganosite, le
périclase et la wüstite. Le minéral chaux
se retrouve parfois abondant parmi les
éjectas de matières calcaires au sein des
volcans actifs ou soumis à
métamorphose préalable.

Elle est également caractéristique des


mines de charbon en combustion lente,
comme à Kopeysk, près du bassin
charbonnier russe de Chelyabinsk au
Oural du Sud.

La mine Campbell à Bisbee, comté de


Cochise en Arizona, aux États-Unis,
montre de beaux échantillons de chaux
vive nommée ici, comme en Vieille
Angleterre, quick lime.

Elle est associée à la calcite sur le


gisement volcanique topotype autour du
Vésuve en Italie. Elle est encore associée
à la fluorellestadite, au périclase, à la
magnésioferrite, à l'hématite, à la
srebrodolskite, voire à l'anhydrite dans
les mines de charbons après combustion
in situ comme à Kopeysk en Russie.
Un grand nombre de minéralogistes reste
ferme sur l'exclusion des matières
minérales de synthèse, mais il semble
évident que parfois l'art du chaufournier
peut être remplacé par des phénomènes
géologiques naturels de hautes
températures.

Préparation et réactions
caractéristiques

Une carrière de calcaire ou pierre à chaux (Kalkstein)


à Brønnøy, en Norvège.
Production de chaux naturelle (exemple)

L'oxyde de calcium (CaO, chaux vive) est


obtenu par calcination à environ 900 °C[9]
des minéraux calcite ou aragonite de
formule chimique CaCO3 ou à défaut des
roches calcaires ou craies qu'ils
contribuent à former avec d'autres
minéraux et impuretés. La « pierre à
chaux » désigne communément la
matière chauffée dans le four.
À noter qu'il existe des calcaires
magnésiens ou dolomies de formule (Ca,
Mg)CO3 avec lesquels de la chaux
magnésienne ou dolomitique recelant un
mélange (CaO, MgO) de chaux et de
périclase est fabriquée.

Calcination

Article détaillé : Four à chaux.

Par calcination du calcaire (CaCO3) à


environ 900 °C, on obtient de la chaux
vive et un fort dégagement de dioxyde de
carbone (CO2). C'est une réaction de
décarbonatation[10]. Cette réaction
s'accompagne d'une perte massique
pouvant atteindre 45 % et volumique
jusqu'à 15 %, correspondant à la perte en
dioxyde de carbone selon le schéma :
CaCO3 minéral ou roche → CaO solide +
CO2 gaz

En dehors du four de calcination du


chaufournier traditionnel, il existe deux
types de fours, les fours droits et les
fours rotatifs :

les fours droits anciens, typiques d'un


procédé par lots, étaient conçus pour
l'empilement successif de couches de
coke et de pierres à chaux. Ils n'avaient
au mieux qu'une capacité de quelques
dizaines de tonnes. Les fours droits
aux combustibles liquides type fuel, ou
gazeux type gaz naturel, permettent un
meilleur rendement thermique par
récupération de chaleur et développent
des capacités exceptionnelles pour un
procédé toujours discontinu, soit 150 à
500 tonnes par jour ;
les fours rotatifs ont un rendement
thermique plus faible, mais une
capacité de charge continue
permettant une production de plus de
mille tonnes par jour. L'alimentation de
calcaire concassé s'opère en continu
pour ne pas étouffer le four.
Ancien four à chaux, site Brunner Mond,
banlieue de Winnington (en), Northwich,
comté de Cheshire, Angleterre.

Ancien chaufour et sa fosse près


d'Anzin. Il est toujours situé en altitude
ou près d'une fosse nécessaire pour
faciliter l'écoulement ou l'évacuation par
dil i d l l d l' i
dilution du gaz « plus lourd que l'air »
qu'est le gaz carbonique asphyxiant.

Représentation d'un four à chaux en


1906 (Leçons élémentaires de chimie de
l'enseignement secondaire des jeunes
filles).

Extinction

La transformation de chaux vive en


chaux éteinte s'effectue par ajout d'eau
(H2O). Cette opération d'extinction,
conduite dans un hydrateur industriel,
produit l'hydroxyde de calcium Ca(OH)2,
avec un fort dégagement de chaleur :
CaO + H2O → Ca(OH)2 +
1 155 kJ·kg-1CaO

Après transformation, l'augmentation du


volume est de près de 30 %.

L'extinction peut être réalisée de


différentes manières :

arrosage superficiel des blocs de


chaux vive, puis terminaison de la
réaction à l'air ;
immersion des blocs de chaux vive
dans un grand volume d'eau puis
terminaison de la réaction à l'air ;
mélange eau-chaux dans un malaxeur
avec contrôle de la réaction
exothermique (dans l'industrie) ;
immersion des blocs de chaux vive
dans un grand volume d'eau puis
terminaison de la réaction dans l'eau.

Dans les trois premiers cas on obtient


une chaux en poudre (fleur de chaux,
chaux grasse, CAEB, chaux éteinte, etc.).
Dans le dernier cas, la chaux éteinte
produite prend l'apparence d'une pâte
(chaux en pâte) que l'on pourra garder
tant que l'on maintient en surface de
l'eau limitant les échanges de dioxyde de
carbone (donc de carbonatation).
La chaux en poudre correspond bien aux
pratiques actuelles du bâtiment (dosage
en volume, mélange à la bétonnière, etc.).

La chaux en pâte permet l'obtention de


mortiers plus « gras », moins sujets à la
dessiccation rapide, des enduits ou des
badigeons carbonatant plus vite et donc
plus résistants. Par contre, son dosage
est plus difficile, le mélange avec le sable
plus délicat sauf à utiliser l'outillage
adapté (malaxeur planétaire, rabot, etc.).
La meilleure carbonatation de la chaux
en pâte a probablement comme origine
le fait que l'extinction se faisant à l'abri
de l'air, aucune carbonatation partielle
anticipant la prise ne se produit. Par
ailleurs, la finesse de la chaux obtenue, la
présence de gels colloïdaux sont autant
d'éléments qu'il faudrait étudier.

Carbonatation

La prise de la chaux dite « aérienne »


s'effectue par carbonatation, c’est-à-dire
en absorbant le dioxyde de carbone
(CO2) présent dans l'atmosphère : d'où
son nom de « chaux aérienne » :
Ca(OH)2 + CO2 → CaCO3 + H2O

Cette réaction n'est possible qu'en


présence d'eau (la vapeur d'eau se
combine avec des molécules de CO2
pour ainsi former de l'acide carbonique
qui réagira à son tour avec Ca(OH)2
formant ainsi du calcaire). Selon
l'humidité du milieu, cette réaction se
produit sur plusieurs mois : la vapeur
d'eau se lie avec le dioxyde de carbone
atmosphérique pour former l'acide
carbonique ; la chaux fixe le dioxyde de
carbone contenu dans cet acide et se
transforme en calcaire. Le résultat de
cette opération est à nouveau du calcaire
(CaCO3).

Le mécanisme de prise par


carbonatation de ce liant s'effectue en
présence d'eau, d'où une maîtrise
indispensable des conditions de mise en
œuvre (humidification des supports,
contrôle des conditions
climatiques, etc.).

Carbonatation de la chaux
hydraulique

Le calcaire naturel est le plus souvent


mélangé à des marnes et des argiles
riches en éléments chimiques,
principalement la silice et aussi le fer,
l'aluminium. Aux températures de
cuisson (800 °C et 1 500 °C), le calcium
se combine avec ces éléments pour
former des silicates, des aluminates et
des ferro-aluminates de calcium. Plus la
température est élevée et le taux de silice
important, moins elle contient de chaux
libre (CaO), plus elle est hydraulique.
CaCO3 + Al2O3 + Fe2O3 → 3CaOAl2O3 +
4CaOAl2O3Fe2O3

Au contact de l'eau, lors de l'extinction de


la chaux vive, et surtout pendant la mise
en œuvre des mortiers, ces molécules
forment des hydrates insolubles. Les
proportions d'alumine et de fer sont très
faibles : dans les liants blancs, les
teneurs en fer sont inférieures à 0,1 ou
0,2 %. La prise hydraulique est
essentiellement due à la réaction entre le
CaO et les silicates.

Les chaux hydrauliques font une


première prise de type hydraulique
représentant approximativement 30 % de
la prise au moment de la mise en œuvre
(on dit qu'elles « tirent ») puis une prise
secondaire de type aérien : au cours de
cette étape, la chaux et les hydrates vont
se carbonater au contact de l'air humide
pour reformer le carbonate de calcium et
la silice d'origine. La vitesse de
carbonatation secondaire dans
l'épaisseur vaut environ un centimètre
par an.

Les chaux
Chaux vive
Chaux vive Super 40 : Ca0 à plus de 95 % en masse,
fabriquée à partir du calcaire jurassique du Bade-

Würtemberg.

La chaux vive est simplement la chaux


sortie du four à chaux, c'est une chaux
qui n'a pas été éteinte. Elle prend
l'apparence de pierres pulvérulentes en
surface. Le principal constituant de la
chaux vive est l'oxyde de calcium, qui a
pour formule CaO.
Le nom minéralogique correspondant à
la matière naturelle est portlandite. Il
s'agit d'une base chimique quasi-forte,
peu corrosive et facile d'emploi, peu
coûteuse et la plus utilisée pour les
procédés industriels à grands
développements massiques.

En France, l'appellation conseillée par la


norme NF EN 459-1 est CL-Q.

Précautions et utilisation

La chaux vive est un produit


potentiellement dangereux,
principalement employé dans l'industrie
et l'agriculture. Hydrophile, elle est
utilisée pour assécher, détruire les
matières organiques riches en eau. En
cas de mélange de grandes quantités de
chaux vive et d'eau, la chaleur dégagée
est telle que l'eau peut se mettre à bouillir
et projeter de la chaux, qui est corrosive.
Il est de ce fait conseillé d'utiliser des
lunettes et des gants lors de la
manipulation.

Il est recommandé de verser


progressivement la poudre dans l'eau et
non pas l'inverse.

Il est également recommandé de brasser


le mélange eau/chaux vive tout au long
de sa préparation, ceci afin de limiter les
risques de projection.
Chaux éteinte

La chaux éteinte est obtenue après la


réaction complète de la chaux vive avec
de l'eau. Elle est appelée chaux aérienne
ou chaux hydraulique selon sa capacité à
faire prise sous eau, soit son hydraulicité.

Hydraulicité des chaux

Article connexe : Hydraulicité (chaux).

Le rapport des différents composants


associés à l'argile et la part de Ca(OH)2
définit l'indice d'hydraulicité de la chaux,
donné par un nombre indiquant la
résistance à la compression (après avoir
fait prise) exprimée en MPa ou en
kg/cm2. Plus la chaux est hydraulique,
moins elle est perméable à l'air et à l'eau.

Types de chaux
Résistance à la
Chaux Argile Indice Temps de
Appellations ou noms compression
libre (%) (%) d'hydraulicité prise (j)
à 28 j (kg/cm2)

CL 90 90 ~0 0 ‑ 0,1 >30

85
DL 85 ~0 0 ‑ 0,1 >30
(CaOMgO)

CL 80 80 ~0 0 ‑ 0,1 >30

80
DL 80 ~0 0 ‑ 0,1 >30
(CaOMgO)

CL 70 70 ~0 0 ‑ 0,1 >30

80
DL 70 ~0 0 ‑ 0,1 >30
(CaOMgO)

NHL 2 50 5‑8 0,1 ‑ 0,16 10 ‑ 25 20 ‑ 70

NHL 3,5 8 ‑ 14 0,16 ‑ 0,3 10 ‑ 15 35 ‑ 100

14 ‑
NHL 5 15 0,3 ‑ 0,4 2‑4 50 ‑ 150
20

chaux éminemment 20 ‑
<2 0,4 ‑ 0,5 <2 >150
hydraulique, clinker 30

Le grade NHL 2 est utilisé pour fabriquer


des mortiers très souples, par exemple
pour les enduits sur murs fragiles, en
terre ou pierres tendres. Les grades
NHL 3,5 et 5 sont surtout utilisés pour
monter des murs, les enduits extérieurs,
exécuter des chapes, poser du carrelage.
Ils sont déconseillés sur supports
fragiles car ils pourraient provoquer un
arrachement du support. Ils peuvent
également présenter une réaction non
désirée avec le plâtre.

Chaux aérienne

La chaux aérienne (chaux hydratée,


chaux éteinte, chaux grasse, chaux
maigre) est obtenue par hydratation de
chaux vive issue d'un calcaire très pur.
Plus la teneur en oxyde de calcium est
élevée, plus la chaux est dite « grasse ».
La chaux aérienne sert depuis l'Antiquité
à réaliser des mortiers pour la
construction, des enduits et des
badigeons sur les murs. Elle est aussi
utilisée pour protéger les arbres fruitiers,
ou lutter contre la putréfaction des
cadavres en cas d'épidémie.

On la trouve sous différentes


appellations : chaux éteinte, en France
CAEB (ancienne normalisation : chaux
aérienne éteinte pour le bâtiment).
L'appellation conseillée par la
norme NF EN 459-1 est CL (Calcic Lime
traduit par « chaux calcique ») pour les
chaux contenant moins de 5 % d'oxyde
de magnésium suivi d'un chiffre (90, 80
ou 70) indiquant le pourcentage de CaO.

Chaux hydraulique

La chaux hydraulique (chaux maigre) est


obtenue à partir de calcaire argileux
contenant une proportion de 10 à 20 %
d'argile qui lors de la calcination donne
des silicates et aluminates de calcium.
Elle fait prise, en quelques heures, au
contact de l'eau, d'où son appellation.

Plus une chaux est hydraulique, plus elle


présente de résistance à la compression,
moins elle est plastique.
Sa masse volumique est d'environ
800 kg·m-3.

Pour avoir de la chaux hydraulique, il est


nécessaire d'employer la quantité juste
d'eau, afin de ne pas permettre la prise
du matériau. La matière obtenue est
sous forme de poudre blanche. Pour
avoir de la chaux aérienne, la quantité
d'eau ajoutée n'est pas limitée. Le produit
obtenu est sous forme de pâte ayant un
pH élevé (~ 12,3) et sa formule chimique
est Ca(OH)2.

L'appellation normalisée NF EN 459-1 est


NHL (Natural Hydraulic Lime) suivi d'un
nombre (2, 3,5 ou 5) indiquant son degré
d'hydraulicité. Plus le nombre est grand,
plus la chaux réagit avec l'eau. L'ancienne
dénomination était XHN.

Autres types de chaux

La norme définit également les chaux de


grade NHL-Z. Ce sont des NHL
contenant jusqu'à 20 % d'éléments
pouzzolaniques ou hydrauliques (ciment
Portland) ajoutés après cuisson. Les
chaux pouzzolaniques sont hautement
hydrauliques, leur permettant de faire
prise même dans l'eau. Elles sont
hydrofuges et ne sont pas à conseiller en
construction pour les murs car les
rendant imperméables.
Chaux hydrauliques artificielles HL. Ce
sont des CL bâtardées au ciment
Portland. Elle est très riche en silicates
de calcium hydrauliques.

Chaux magnésiennes (CaOMgO).


L'appellation normalisée est DL
(Dolomitic Lime) suivi d'un chiffre (85, 80
ou 70) indiquant leur taux de CaO plus
MgO. Elles contiennent du magnésium à
raison de 5 % < MgO < 34 % pour les
chaux magnésiennes et jusqu'à 34 % <
MgO < 41,6 % pour les chaux
dolomitiques. Elles sont obtenues par
calcination de calcaire magnésien ou de
dolomie. Après hydratation elles
contiennent MgO ou Mg(OH)2.
Dans une autre catégorie, la chaux sodée
est un mélange de chaux et de soude,
fort utile puisque la chaux entrave la
déliquescence de la soude. Le lait de
chaux est une suspension de chaux
éteinte (hydroxyde de calcium) dans
l'eau.

Le blanc de chaux est un enduit à base


de chaux éteinte étendue d'eau qui peut
être utilisé pour l'échaudage ou
blanchiment des murs, pour des
chaulages ou épandages de superficie en
agriculture, pour le traitement des peaux,
opération nommée « plamée » ou
« chamoisage ».
Usage historique en
construction
Article connexe : mortier de chaux.

Bac contenant de la chaux hydraulique (éteinte)


naturelle et de l'eau pour la maçonnerie de pierres de
taille dans le bâtiment.

Une application traditionnelle de la chaux dans la


construction : vieille maçonnerie à enduit à la chaux.
Le principe qui consiste à calciner ou
« brûler » une pierre ou une roche plus ou
moins compacte ou dure pour en extraire
un composant meuble que l'on pourra
reconstituer ensuite fait partie des
découvertes liées aux premiers grands
feux humains. Le gypse chauffé à
environ 120 °C donne du plâtre. Ce
matériau plus facile à obtenir a
probablement été découvert bien avant la
chaux, mais des sols en terrazzo
incorporant de la chaux ont été
construits dans les bâtiments du
Néolithique précéramique (PPN A et B,
environ 9000 à 8000 av. J.-C.) en
Anatolie, à Çayönü et Nevalı Çori.
Des mélanges plâtre et chaux sont
utilisés comme supports de peinture
murale en Égypte dès 2 600 ans av. J.-C.

L'emploi massif de la chaux est attesté


dès l'âge du bronze (environ 2 000 ans
av. J.-C.) sur des sites archéologiques
suisses majeurs. Des blocs de calcaire
calcinés par des chaufourniers nullement
novices constituent ainsi le noyau interne
des murailles de certaines places
fortifiées.

Les enduits en chaux sont répandus


dans le monde grec ancien. La chaux est
ensuite utilisée comme mortier dans les
habitations, avec une grande maîtrise
technique dans les constructions
romaines de prestige, les aqueducs en
passant par les thermes. C'est d'ailleurs
la chaux qui a donné son nom à la roche
« calcaire », mot latin qui est issu de
l'adjectif latin calcarius, c'est-à-dire « qui
contient de la chaux », d'ailleurs
logiquement formé à partir du terme latin
féminin calx, calcis, la chaux[11]. Les
Romains, véritables précurseurs et
divulgateurs d'une civilisation céramique
à partir de la Méditerranée centrale qui
se diffusa bien au-delà des territoires de
l'imperium antonin obtenaient une sorte
de chaux hydraulique en ajoutant de la
pouzzolane et/ou des tuiles et des
briques concassées.
Des nombreuses techniques
d'application de la chaux et de
maçonnerie, utilisées à l'époque romaine,
ont traversé le Moyen Âge[12]. Hormis le
mortier de terre, le mortier de chaux
demeure quasiment incontournable dans
le bâti jusqu'à l'invention du ciment
e
moderne, au milieu du  siècle.

Techniciens et scientifiques à la fin du
e e
 siècle et au début du  siècle
s'intéressent à l'hydraulicité des chaux.
On attribue cette propriété d'abord
erronément à l'oxyde de manganèse
(Bergman, Louis-Guyton de Morveau) et
ensuite à l'argile (le phare d'Eddystone)
par John Smeaton, Saussure, Gratien-
Vitalis et enfin Vicat). Ce dernier est
crédité en France de l'invention du ciment
au sortir des guerres napoléoniennes[6]. Il
ne dépose pas de brevet ; le brevet sur le
ciment Portland est déposé par l'Anglais
Joseph Aspdin en 1824.

Le ciment a rapidement remplacé la


chaux dans toutes les constructions
modernes en raison d'une rigidité plus
importante et surtout d'un coût moindre :
parpaings de ciment, béton, etc.

Mise en œuvre

La mise en œuvre est très variable selon


le type de construction et les exigences
techniques imposées.
Dans le cas où l'équipe de maçons
bâtissait à chaux et à sable, le choix de
ces derniers matériaux était crucial.
Prenons l'exemple de l'ancienne digue de
Holyhead, petite île à proximité de la
grande île d'Anglesey, au Pays de Galles,
construite de 1845 à 1863, pour un coût
estimé de 1,2 million de livres sterling.
Des variétés fines de sables collectés à
Anglesey et une chaux hydraulique
préparée avec le calcaire d'Aberthaw, au
sud du Pays de Galles, s'étaient
imposées pour ce vaste chantier
reposant sur le socle dur précambrien,
mais en milieu quasiment marin avec
des horaires de labeur déterminées par la
marée et une luminosité minimale.
e
La chaux connaît au début du  siècle
un regain d'intérêt. En effet le ciment est
incompatible avec la maçonnerie de
bâtis anciens en moellons, pierres de
taille, torchis ou pisé. Le ciment étant un
matériau rigide et imperméable à l'air, il
ne convient pas à une maçonnerie
traditionnelle qui nécessite de la
souplesse et d'être perméable à la vapeur
d'eau. La perméabilité à la vapeur d'eau
permet à une maçonnerie de s'assécher.
L'eau qu'elle absorbe, par la pluie ou des
remontées capillaires, peut s'évacuer par
ses joints à la chaux alors que dans le
cas d'un mortier au ciment, le mur ne
peut pas s'assécher et conserve l'eau
qu'il absorbe ce qui peut entraîner
l'apparition de salpêtre, de mousses
microscopiques, d'auréoles, de taches, et
de coulures. Les crépis de façades
anciennes réalisés au ciment pur ou au
ciment bâtard (mélange de chaux et de
ciment) nécessitaient la pose d’un
grillage de renfort car le crépis de ciment
finissait assez vite par se décoller de son
support en matériaux anciens. Les
nombreux désordres du bâti engendrés
par de tels crépis ont fait rapidement
revenir les maçons vers les crépis de
façade à la chaux. L’usage du ciment doit
être réservé uniquement à la mise en
œuvre de matériaux eux-mêmes en
ciment : parpaing de ciment,
carrelage, etc.
Cette redécouverte de la chaux comme
matériau de construction s’accompagne
de la redécouverte de son usage à la fois
protecteur et décoratif des supports. Elle
est utilisée pure en badigeon,
éventuellement additionnée d’un fixatif
naturel (par exemple la caséine) ou
artificiel (résines synthétiques), en
tadelakt (seul badigeon à la chaux qui
soit imperméable) ou est présente dans
diverses recettes de peintures dites « à la
chaux ».

Les entreprises, soucieuses de


l'environnement, trouvent dans la chaux
une matière relativement moins
énergivore que d'autres liants. On utilise
donc aujourd'hui de plus en plus la chaux
dans les ciments, mortiers colles et
autres applications.

En voici une liste :

mortier de chaux ;
béton de chaux ;
peinture à la chaux;
bloc de chanvre ;
mortier-colle ;
enduit à base de chaux, badigeon,
blanc en bourre ;
béton de chanvre ;
chape ;
béton préparé pour le génie civil ;
Utilisation comme enduit

Maison restaurée à la chaux.

Les avantages d'un chaulage s'expliquent


par les propriétés de la chaux :

antiseptique, elle désinfecte, assainit


l'atmosphère.
elle laisse respirer les maçonneries
donc réduit l'humidité et évite ainsi la
condensation de l'eau.

Son rendu décoratif est exceptionnel,


notamment un velouté unique à l'intérieur
comme à l'extérieur. Une décoration en
chaux est « vivante » : le matériau respire
et ses moirages varient en fonction de
l'hygrométrie ambiante. Enfin elle se
patine et vieillit extrêmement bien.

Production et notion d'usage


en général, utilisations
diverses
La chaux apparaît comme un alcali fort
disponible ou accessible entre les
années 1830 et 1840. Il est possible aux
malfrats de dérober de la chaux vive aux
cantonniers sur le bord des routes
campagnardes ou des nombreux
chemins vicinaux. C'est pourquoi son
usage irrationnel et démesurément
polluant se généralise, et les historiens
contemporains peuvent suivre les
recensions des délits de « pêche à la
chaux » de poissons, les braconniers
avides n'hésitant à chauler des parties de
rivières pour recueillir les poissons morts
par alcalose foudroyante[13].

La production française de chaux vive


s'est accrue de 2,6 Mt ou millions de
tonnes en 1958 à 4,87 Mt en 1981 en
passant par 4,2 Mt en 1977. Elle n'atteint
plus que 3 Mt en 2013, si on excepte
900 kt de production intégrée. La
sidérurgie explique la croissance et le
déclin car elle consommait encore avant
1980 environ la moitié de la production
en masse. La chaux est un fondant qui
dans les anciens convertisseurs
Bessemer, est nécessaire pour la
fabrication de l'acier à partir de la fonte,
puisqu'elle se combine aux impuretés
acides nuisible à la qualité du métal
final[14]. Sa présence explique
l'abondance des scories à base d'oxydes
de silicium et de phosphore. Les autres
procédés consomment de la chaux, par
exemple 50 à 60 kg de chaux vive pour
produire de l'acier avec du fer impur ou
même le moderne convertisseur à
oxygène, nécessitant alors 15 à 20 kg·t-1
d'acier.
En 1981, l'industrie chimique représentait
1,12 Mt soit 23 % en masse, l'industrie
sucrière 0,55 Mt, l'agriculture et
l'ostréiculture 0,27 Mt, l'industrie des
métaux non ferreux et les travaux sur les
routes et voies de circulation 0,24 Mt
chacune, le traitement des eaux 0,20 Mt.
L'industrie papetière atteint 0,06 Mt, alors
que les secteurs des matériaux de
constructions in situ (liants aériens et
hydrauliques) et préfabriqués à l'usine
(briques silico-calcaires et autres bétons
cellulaires) ne dépassent pas 0,04 Mt
chacun. Il faut encore compter les
traitements de fumées industrielles,
notamment l'élimination de SO2 et des
usages divers représentant plus de
0,18 Mt.

Les usages de la chaux sont nombreux.


En France (2010), son usage se répartit
approximativement de cette manière :

sidérurgie : environ 30 % ;


travaux publics, routes, chemins :
environ 23 % ;
agriculture : environ 10 % :
traitement des eaux : environ 10 % ;
construction, bâtiment : environ 3 % ;
absorption du dioxyde de carbone :
appareils d'anesthésie et respiratoires
de secours ;
alimentation.

Stabilisation des sols

Corps chimique basique, à coût modeste,


d'emploi facile en milieu aqueux, la chaux
vive est utilisée depuis l'époque antique
pour les travaux de fortifications, comme
en témoigne la semelle de chaux
marquant l'enceinte du Camp d'Affrique il
y a plus de 2 500 ans, ou de
soubassement de bâtiments, de routes,
de voies. La chaux vive déshydrate
fortement le sol et réagit avec les argiles,
contribuant ainsi à stabiliser les sols.
Aujourd'hui, la chaux est employée en
mélange avec des revêtements
bitumineux sur les routes. Sa propriété
de « floculation » est utilisée dans les
travaux publics, il s'agit ici de transformer
l'argile (consistance plastique, souple,
instable) en matière grumeleuse plus
résistante à la compression des sols. À
cette action vient s'adjoindre l'effet de
consommation d'eau interstitielle. Ce
faisant, la teneur en eau des sols trop
humides est rabaissée afin d'atteindre le
plus souvent l'optimum Proctor. Cette
propriété est également utilisée dans le
monde agricole.

Industrie chimique
Fours à chaux de Latour-sur-Orbe, Bédarieux, 1920.

Dans l'industrie chimique, un de ses


débouchés anciens à la Belle Époque
était le carbure de calcium, matière
première synthétique du gaz acétylène, à
l'origine de l'éthylène, mais aussi de la
cyanamide calcique et d'une filière
d'engrais. Les procédés pétroliers,
notamment ceux partant du gaz naturel
méthane, ont éclipsé cette ancienne voie
de synthèse. Il reste la fabrication
chimique, de carbonate de calcium en
poudre très fine de haute pureté, employé
comme charge dans l'industrie du papier.
Le procédé Solvay de fabrication du
carbonate de soude, les synthèses de
l'hypochlorite de calcium, du glycérol, de
l'oxyde de propylène ont recours à la
chaux.

Le four à chaux dans la sucrerie de Crèvecœur.


Chaulage médiéval du vin trop acide.

Les impuretés minérales et organiques


des mélasses ou jus sucrés, de l'industrie
sucrière partant de la canne à sucre ou
de moins en moins de la betterave sont
précipités par de la chaux. Les filières
nécessitent en principe 150 kg de chaux
par tonne de sucre brute, mais la filière
canne à sucre parvient par économie
drastique et récupération à limiter cet
usage à 3 kg par tonne de sucre. La
filière betterave est plus gourmande,
avec 25 kg par tonne de betterave. Des
fours à chaux caractérisent cet industrie,
réclamant un de ses sous-produits, le
dioxyde de carbone.
La chaux est un agent de blanchiment
dans la pâte à papier. Le procédé kraft au
sulfure de sodium nécessite aussi du
carbonate de sodium, vite épuisé au
cours du procédé mais régénéré par la
chaux vive, pour séparer la cellulose du
bois ou des matières premières
cellulosiques. Il faut ainsi 270 kg de CaO
pour fabriquer une tonne de papier kraft.

Métallurgie

La chimie des métaux non ferreux, usant


de la chaux, concerne l'obtention des
métaux aluminium, magnésium, calcium,
cuivre, zinc, plomb, or, argent, uranium.
Encore en 1980, la fabrication
d'aluminium, en particulier l'attaque de la
bauxite dans le procédé Bayer, réclamait
massivement de la chaux éteinte
Ca(OH)2, transformée en
hydrogénocarbonate de calcium
Ca(HCO3) avant d'être régénéré par une
lessive de soude. L'eau de mer ou les
saumures de traitement de minerai-sel
de potasse peuvent être traitées par la
chaux basique. Le chlorure de
magnésium précipite par exemple en
hydroxyde de magnésium, qui, purifié,
peut être réduit en magnésium.

La chaux est un matériau réfractaire, bien


connu depuis l'Antiquité. L'addition d'une
fraction molaire, de l'ordre de 10 à 15 %, à
la zircone ZrO2 cubique joue un rôle
stabilisant pour la morphologie cubique à
haute température.

Amélioration des sols en


agriculture

Les amendements agricoles peuvent


utiliser une à cinq tonnes de chaux
magnésienne, soit un mélange de CaO et
MgO, par hectare. L'usage en agriculture
de la chaux magnésienne ou
dolomitique, permet d'amender les sols
acides en apportant également
l'oligoélément magnésium, au contraire
de la chaux calcique qui reste toutefois la
plus utilisée. Les chaux utilisées par
l'agriculture sont ainsi toujours sous
forme d'oxyde de calcium, ou d'oxyde de
calcium combiné à l'oxyde de
magnésium. Le rôle de l'ion calcium dans
le complexe argilo-humique est déjà tenu
par le fer.

Chaulage mécanisé en agriculture, Devonshire.

Champ récemment chaulé.


En plus d'être un amendement calcique
et magnésien, le chaulage permet
également la destruction des micro-
organismes pathogènes contenus dans
les effluents d'élevage qui sont acides
par nature. La base OH- associée au
calcium qui arrive soudainement dans le
milieu provoque une augmentation
superficiel du pH qui détruit ces
organismes. Le plus souvent, l'agriculture
raisonnée utilise pour amender les
terrains du simple calcaire non cuit, soit
du carbonate de calcium, vulgairement
appelé « carbonate de chaux ». Le mode
d'action est plus lent que celui de la
chaux calcinée. Cela provient du fait que
l'acidité du terrain constatée doit
dégrader le produit avant que celui-ci ne
devienne un oxyde et puisse développer
la base associée recherchée. Il ne peut
garantir une bonne efficacité
agronomique que s'il est suffisamment
fin pour se solubiliser correctement.
L'avantage à l'utilisation de carbonate de
calcium est d'ordre économique, car il
coûte moins cher à l'utilisateur, et
écologique, car il ne détruit pas les
organismes utiles du sol. Dans l'absolu,
son pouvoir neutralisant est, à quantité
égale, très inférieur à celui de la chaux
vive.

Ostréiculture
En ostréiculture, la chaux permet de
former un enduit désinfectant pour
couvrir des tuiles, fixant le naissain
d'huître.

Utilisation dans le traitement


des eaux, dans le traitement
des fumées

L'ajustement du potentiel hydrogène ou


pH, l'éventuel précipitation d'hydroxydes
métalliques, la capacité d'agglomération
de certains matériaux par « floculation »,
voire la décarbonatation par précipitation
de CaCO3 ou la destruction des germes,
justifient son emploi dans le traitement
des eaux, le plus souvent sous forme de
chaux vive.

Dans le traitement des eaux usées et des


effluents, un ajout de chaux neutralise
l'acidité et stabilise les boues. Dans les
incinérateurs, elle est utilisée pour
neutraliser les fumées acides chargées
en dioxyde de soufre (SO2) et/ou en
acide chlorhydrique (HCl).

Elle est une matière essentielle dans le


contrôle de la pollution de l'air et de l'eau.

Utilisation comme absorbeur


de dioxyde de carbone
Le gaz de houille, premier gaz d'éclairage,
était débarrassé du dioxyde de carbone
(gaz non combustible) et du dangereux
sulfure d'hydrogène par brassage avec
de la chaux, procédé inventé par Samuel
Clegg vers 1807.

Les propriétés d'absorption du dioxyde


de carbone par la chaux ont été utilisées
dans les appareils respiratoires dits en
circuit fermé pour épurer le gaz expiré du
dioxyde de carbone et permettre sa ré-
inhalation après un éventuel apport
d'oxygène à très faible débit. Ces
techniques sont utilisées en médecine
(anesthésie en circuit fermé), dans des
appareils respiratoires utilisés en milieux
de gaz dangereux. Les activités sous-
marines (plongée et sous-marins)
utilisent également la chaux comme
absorbeur de dioxyde de carbone. La
chaux hydratée est mélangée à d'autres
composés chimiques comme la soude
(NaOH) pour former la chaux sodée ou
avec d'autres composés qui accélèrent la
vitesse de réaction de la chaux. La
présentation en grains poreux de
quelques millimètres dans des récipients
adaptés au passage des gaz augmente
la surface d'échange et permet
l'absorption avec de faibles volumes de
chaux facilement transportables. Un
indicateur coloré permet une lecture
rapide, à l'œil, de la quantité de chaux
restant dans la cartouche.

Utilisation en cuisine et en
ethnopharmacologie

La chaux a été utilisée pour la


conservation d'aliments comme les
œufs[15].

La chaux (à raison de 0,1 % dans l'eau)


est utilisée dans le trempage du maïs[16]
avant cuisson afin de ramollir ses
téguments et d'en augmenter la teneur
en calcium. En Amérique centrale et au
Mexique, la chaux est ajoutée au maïs
que l'on broie pour réaliser de la farine
« nixtamalisée ». Cette farine additionnée
d'eau donnera la « masa » qui servira à
constituer les différentes galettes de
maïs (« tortillas », « nachos »,
« gorditas », etc.).

La chaux vive et la noix d'arec étaient et


sont encore des ingrédients dans la
préparation du bétel par
mastication/mâchage et salivation.

Conditionnement et
stockage
Sac de chaux NHL 3,5 (modérément hydraulique).

La chaux en poudre (hydraulique ou


aérienne) est aujourd'hui conditionnée en
sac de 15 kg, 25 kg ou 35 kg. Le
stockage doit être fait dans un endroit
sec.

La chaux aérienne se trouve aussi sous


forme de pâte, en seau ou sac plastique
de divers volumes. Recouverte d'une
couche d'eau, sa conservation est quasi
illimitée à condition d'être contenue dans
un emballage hermétique et étanche au
dioxyde de carbone afin de ne pas se
carbonater prématurément au contact du
CO2 présent dans l'air.

Expressions
Bâtir à chaux et à sable : bâtir sur des
fondations solides, et poser les
matériaux de construction, de manière
fiable et robuste pour un maçon
respectueux des anciennes traditions
avec sa truelle.
Bâtir à chaux et à ciment : bâtir de
semblable façon, mais l'expression est
plus moderne.
Être bâti(e) à chaux et sable… : être
robuste, costaud(e), résistant(e),
désigne autant la constitution d'un
individu que le gros œuvre d'un
quelconque bâtiment.

Notes et références
1. La classification des minéraux choisie
est celle de Strunz, à l'exception des
polymorphes de la silice, qui sont classés
parmi les silicates.
2. Masse molaire calculée d’après
« Atomic weights of the elements
2007 » , sur www.chem.qmul.ac.uk.
3. Des dépôts se trouvent aussi en Suède
près de Malmö, dans la région russe de
l'Oural, au Tibet, en Australie, en Arizona à
Bisbee.
4. Comme impuretés, il peut y avoir
parfois des anions sulfure et des cations
béryllium ou surtout les autres alcalino-
terreux strontium, baryum, etc.
5. Les véritables ciments sont fabriqués à
partir d'argiles calcaires, ou un mélange
finement broyé de calcaire et d'argiles, la
composante argileuse étant majoritaire.
6. Clément Louis Treussart, Mémoire sur
les mortiers hydrauliques et sur les
mortiers ordinaires, Carillan-Goeury, 1829,
lire en ligne .
7. William Duckett. Dictionnaire de la
conversation et de la lecture: inventaire
raisonné des notions générales les plus
indispensables a tous, Volume 4. Firmin
Didot, 1868. Consulter en ligne
8. Jean Élie Bertrand Descriptions des
arts et métiers, Volume 2. L'imprimerie de
la Société Typographique, 1774. Consulter
en ligne
9. « Les chaux de Saint-Astier : Qu'est-ce
que la chaux ? » , Chaux et enduits de
Saint-Astier (CESA) (consulté le
7 janvier 2016).
10. L'exacte réaction inverse est une
carbonatation.
11. Il s'agit d'un des seconds sens en latin
classique : le mot polysémique « calx »,
« calcis », désigne en premier le talon, le
pied, le patin. En second, il désigne, à côté
de la chaux, les pierres et cailloux, en
général assez petits et servant à jouer ou
à compter, mais aussi l'extrémité d'une
carrière ou d'une installation d'exploitation
privée, dont les limites blanches sont
marquées justement à la chaux, et d'une
manière étendue, la fin ou le terme d'une
étendue, d'une chose, etc.
12. Il semble qu'elles soient moins liées à
des groupes d'esclaves spécialisés,
comme l'art de la [taille de pierre], qui a
subi une éclipse partielle en Europe
occidentale.
13. Durant cette décennie de
(re)construction des voies routières, c'est
le cas dans l'arrondissement de Saint-Dié,
qui voit pour quelques grosses truites
l'équilibre écologique de la Jamagne ou
les profondes « mères-royes » des prairies
d'irrigation détruit et les milieux de rivière
régulièrement touchés perdre
irrémédiablement leur biodiversité, dans
l'inconscience générale, si ce n'est la
révolte des pêcheurs bourgeois ou des
paysans riverains victimes.
14. En sidérurgie, l'ajout de chaux dans le
métal en fusion permet l'extraction de
certaines impuretés.
15. Louis Noirot, Cours complet
d'agriculture pratique, 1836, p. 770, lire en
ligne .
16. « Le maïs dans la nutrition
humaine… » , FAO.

Bibliographie
Robert Perrin, Jean-Pierre Scharff,
Chimie industrielle, Masson, Paris,
1993, 1136 p., en deux tomes avec
bibliographie et index
(ISBN 978-2-225-84037-1) et
(ISBN 978-2-225-84181-1).

Voir aussi
Articles connexes
Alcali
Alcalino-terreux
Amendement minéral
Badigeon
Base (chimie)
Béton
Carbonate de calcium
Chaufournier ou chaulier
Calcaire
Calcite
Chaulage
Chaux de Marrakech
Dalle en béton de chaux
Équipement d'extraction et dosage de
chaux vive ou éteinte
Eau de chaux
Enduit
Engrais minéral
Four à chaux ou chaufour
Four à calcination
Fresque
Hydroxyde de calcium, chaux éteinte
en chimie
Lait de chaux
Maçonnerie
Notation cimentière
Oxyde de calcium, chaux en
minéralogie ou chaux vive en chimie
ancienne
Peinture à la chaux
Pierre à chaux
Scories Thomas
Stuc

Liens externes

CaCO3 et chaux
Chaux , Société chimique de France
(SCF)
Propriété pratique de la chaux et
usage
Carrières et fours à chaux de Dugny-
sur-Meuse (voir section Patrimoine
puis Fours à chaux)
(en) Le minéral chaux ou lime en
anglais et ses caractéristiques
(en) Extrait Manuel de minéralogie
anglo-saxon
(en) Données de base et
géolocalisation du minéral
(en) Chaux , service géologique des
États-Unis
Ciment , SCF

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