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Chapitre 4 : Introduction Histoire des sciences, le modèle de l’atome

Objectifs :

- Prendre conscience de l’importance de la notion de modèle en sciences expérimentales. - Connaître la composition d’un atome.

Travail :

L’étude de la séance de travaux pratiques consiste à résumer l’histoire du modèle de l’atome au fil des siècles, depuis sa conception (-600) jusqu’au modèle actuel (1927). A l’aide des documents fournis (textes1 à 4), vous répondrez aux questions.

La constitution de la matière a été dès l’Antiquité un sujet de réflexion fort important pour les philosophes. Ils se sont interrogés sur l’existence de « briques » de matière. L’élaboration d’un modèle de l’atome, constituant de la matière, s’est étalée sur plusieurs siècles.

Document 1 : De l’atome de Démocrite aux atomes de Dalton

Les philosophes grecs anciens (Empédocle d’Agrigente, V e siècle av. J.-C., notamment) considéraient que la « nature des choses » s’expliquait par un savant mélange de quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre. Au IV e siècle avant notre ère, le philosophe Démocrite (460 - 370 av. J.-C.) pense que la matière est formée de grains de matière indivisibles qu’il nomme atomes. En grec, atomos signifie « que l’on ne peut pas diviser ». Pour lui, les atomes sont éternels. Ils sont tous pleins mais ils ne sont pas tous semblables : ils sont ronds ou crochus, lisses ou rugueux ; ils s’assemblent pour former les objets qui nous entourent. Démocrite n’a aucune preuve de ce qu’il avance. Sa démarche intellectuelle, purement philosophique, relève de la spéculation.

purement philosophique, relève de la spéculation. Les atomes de Démocrite Le philosophe grec Aristote (384

Les atomes de Démocrite

Le philosophe grec Aristote (384 - 322 av. J.-C.) rejette cette théorie et reprend l’idée des quatre éléments. C’est sur cette fausse conception que vont reposer les travaux des alchimistes pendant plus de vingt siècles.

La théorie de l’atome de Démocrite sera reprise comme hypothèse de travail par le britannique John Dalton (1766 - 1844). En 1805, celui-ci suppose l’existence des atomes et postule qu’il en existe plusieurs types : ils sont de forme sphérique pleine et ne peuvent pas être divisés. Pas plus que Démocrite, il n’a de preuve expérimentale de l’existence des atomes.

Thème n°1 : l’Univers

il n’a de preuve expérimentale de l’existence des atomes. Thème n°1 : l’Univers Le modèle de

Le modèle de Dalton

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il n’a de preuve expérimentale de l’existence des atomes. Thème n°1 : l’Univers Le modèle de

Document 2 : A la découverte d’une particule mystérieuse

Dans la deuxième moitié du XIX e siècle, l’hypothèse de Dalton est acceptée par la communauté scientifique, car c’est celle qui rend le mieux compte des propriétés de la matière. En 1895, le britannique William Crookes (1832 – 1919) réalise une expérience qui va se révéler importante pour élargir les connaissances sur l’atome. Il utilise un tube en verre dans lequel l’air est raréfié. Dans ce tube, sont placées deux électrodes, entre lesquelles il applique une tension d’environ 10 000 volts.

lesquelles il applique une tension d’environ 10 000 volts. Il observe un rayonnement issu de la

Il observe un rayonnement issu de la cathode et provoquant une luminescence sur les parois en verre du tube. Il appelle ce rayonnement « rayons cathodiques ». Crookes montre que ces rayons sont électriquement chargés car ils sont déviés par le champ magnétique créé par un aimant. En 1897, Le britannique Joseph John Thomson (1856 – 1940) prouve expérimentalement que les rayons cathodiques sont constitués de particules portant une charge négative. Dans l’expérience de Crookes, ces particules sont arrachées des atomes constituant la cathode. Thomson propose alors en 1906 un modèle dans lequel il compare l’atome à un « plum-pudding », sorte de gâteau aux raisins : l’atome est une boule pleine de matière chargée positivement et fourrée de particules de charge négative. Dans un matériau solide comme l’or ou le fer, ces sphères sont empilées de façon à occuper un volume minimal.

sont empilées de façon à occuper un volume minimal. Le modèle de Thomson Document 3 :

Le modèle de Thomson

Document 3 : L’expérience de Rutherford (1911)

En 1909, la structure de l’atome reste encore du domaine des hypothèses. Le physicien britannique Ernest Rutherford (1871 – 1937), voulant vérifier le modèle de Thomson, réalise avec deux de ses élèves une expérience décisive. Il bombarde une très fine feuille d’or avec des particules alpha (noyaux d’hélium chargés positivement et émis par des atomes radioactifs) de taille bien plus petite que les atomes d’or.

Thème n°1 : l’Univers

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et émis par des atomes radioactifs) de taille bien plus petite que les atomes d’or. Thème
En s’appuyant sur les connaissances de l’époque sur la matière, il s’attend à voir les

En s’appuyant sur les connaissances de l’époque sur la matière, il s’attend à voir les particules rebondir sur la feuille d’or ; il est stupéfait de voir que la plupart de ces particules alpha la traversent, comme si elle était faite de « trous ». Il observe en effet que seule une infime minorité de particules alpha semble rebondir sur la feuille d’or : 1 sur 100 000 ; de plus la grande majorité des particules alpha ne sont pas déviées par la traversée de la feuille. Parmi celles qui traversent la feuille d’or, certaines sont déviées et d’autres ne le sont pas. En 1911, après une longue réflexion, Rutherford propose un nouveau modèle qui remet en doute l’idée admise jusque là que les atomes sont des sphères pleines assemblées de façon compacte :

l'atome est constitué d'un noyau chargé positivement, autour duquel des électrons, chargés négativement, sont en mouvement et restent à l'intérieur d'une sphère. Le noyau est 10 4 à 10 5 fois plus petit que l'atome et concentre l'essentiel de sa masse. L'atome est donc essentiellement constitué de vide.

L'atome est donc essentiellement constitué de vide. Le modèle de Rutherford Document 4 : Les modèles

Le modèle de Rutherford

Document 4 : Les modèles les plus récents

Le modèle de Rutherford n'était pas satisfaisant car il n'était pas stable d'après les lois de l'électromagnétisme. C'est pourquoi le physicien danois Niels Bohr a proposé un nouveau modèle de l'atome dans lequel les électrons ne peuvent occuper que certaines orbites bien précises. Les orbites des électrons ne sont pas quelconques mais "quantifiées". Les électrons peuvent passer d'une orbite à une autre en émettant ou en absorbant certaine longueur d'onde de la lumière. Ce modèle de l'atome permet d'expliquer les raies d'émission et d'absorption des atomes et notamment de l'hydrogène sur lequel Bohr a travaillé. Le modèle de Bohr est le dernier modèle de l'atome de la physique classique. Il est toujours utilisé pour le grand public car il est facile à comprendre mais il ne permet pas d'expliquer tous les phénomènes observés. Le modèle actuel de l'atome fait appel à la physique quantique :

En 1926 le physicien allemand Werner Heisenberg énonça le principe d'incertitude d'après lequel il est impossible de connaître la trajectoire (c’est-à-dire la position et la vitesse) d'un électron. Le physicien autrichien Erwin Schrödinger utilisa le principe d'incertitude d'Heisenberg pour proposer, en 1927, un nouveau modèle d'atome qui conserve la présence et la structure du noyau, mais qui rejette la notion de trajectoire pour les électrons. Dans ce modèle on définit une zone dans laquelle la probabilité de trouver l'électron est la plus grande. Le rayon de l'atome n'est plus le rayon de la dernière orbite occupée comme dans le modèle planétaire de Bohr, mais il devient une zone de probabilité. En 1932, la découverte du neutron par Chadwick, et un peu plus tard du proton (les deux constituants de tout noyau atomique) permet de valider définitivement le modèle actuel.

Thème n°1 : l’Univers

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deux constituants de tout noyau atomique) permet de valider définitivement le modèle actuel. Thème n°1 :

QUESTIONSQUESTIONSQUESTIONSQUESTIONS

1. Dans l’histoire des sciences, de quand date l’idée de l’atome ?

2. A quel personnage attribue-t-on la première théorie de l’atome ?

3. D’où vient le terme « atome » ?

4. Comment se représentait-on les atomes ? (faire un schéma).

5. A la même période de l’histoire, quelle théorie décrivant la matière rejette l’idée

de l’atome ? A qui l’attribue-t-on ?

6. D’après cette théorie, de quoi est constituée toute matière ?

7. Jusqu’à quelle époque, cette théorie domine-t-elle le monde de la chimie ?

8. Comment se nomment les chimistes durant cette période ? Quel est leur but ?

9. Au début du XIX ème siècle, quel physicien britannique reprend l’idée d’atomes ?

Quelle est la caractéristique de l’atome ? A cette époque, qu’est-ce qui permet d’expliquer la théorie de l’atome ?

10. A la fin du XIX ème siècle, qui découvrit l’existence des électrons ?

En 1906, quel est le modèle de l’atome de Thomson ? Comment surnomme-t-on ce

modèle ? (Faire un schéma).

11. En 1911, à quoi Rutherford compare-t-il l’atome ? (faire un schéma).

Quelle caractéristique de l’atome Rutherford découvre-t-il ? Quelle expérience permit cette découverte ?

12. En 1913, expliquer brièvement quel est le modèle de l’atome décrit par Bohr ?

13. En 1932, quelles particules de l’atome découvre-t-on ?

14. A qui attribue-t-on le modèle actuel de l’atome ? De quand date ce modèle ?

15. Selon ce modèle, peut-on représenter l’atome par un schéma simple ?

16. Quelle particule de l’atome n’est plus représentée par une «bille » mais une onde ?

17. Comment nomme-t-on la physique décrivant le modèle actuel de l’atome ?

Modèle antique

1803, Modèle de Dalton

1906, Modèle de Thomson

1911, Modèle de Rutherford

1913, Modèle de Bohr

Modèle antique 1803, Modèle de Dalton 1906, Modèle de Thomson 1911, Modèle de Rutherford 1913, Modèle

Conclusion - Réflexion :

Il est nécessaire d'élaborer un modèle pour pouvoir expliquer différents phénomènes et en prévoir les conséquences. Celles-ci, soumises à l'expérience, permettent de valider le modèle, de l'améliorer ou de le rejeter.

Cependant, il n'est pas toujours nécessaire d'utiliser le modèle le plus complexe pour expliquer de façon simple un certain nombre d'observations.

Il suffit de bien en connaître les limites.

Thème n°1 : l’Univers

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simple un certain nombre d'observations. Il suffit de bien en connaître les limites. Thème n°1 :