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Le Système Financier Marocain

Introduction
Axe I- les institutions du marché
financier Marocain
I- les établissements financiers
1- Les établissements bancaires
2- Les sociétés de financement
3-la caisse centrale de garantie
4- Les associations de microcrédit
5- la caisse de dépôt et de gestion

II- Le trésor public


1-Présentation du trésor
2-Les fonctions du trésor
3- le financement du trésor:

III- Le secteur d’assurance au Maroc


1- Les opérateurs d’assurances
2-Les statuts et les conditions d’exercice des
entreprises d’assurance
3-Le rôle financier du secteur

IV-La bourse des valeurs de Casablanca


1-Présentation générale
2-Les intervenants et les indices de la BVC
3- Caractéristiques du marché boursier marocain
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Le Système Financier Marocain

Axe II- les marchés du marché financier


Marocain
I- Le marché monétaire.
1-Notion et instrument de la politique monétaire (Rappel).
2-Le marché monétaire : définition, et compartiment
3-La nouvelle politique monétaire au Maroc
II- Le marché de change
1- l’historique du marché des changes Marocain :
2- Les intervenants sur le marché des changes
3- Le nouveau cadre légal et institutionnel du marché des changes
Marocains
4-La déontologie du marché :
5-Les avantages et limites du marché des changes Marocain

III- Marché des capitaux à long terme


1-Définition du marché financier (des capitaux à long):
2-Marché financier (des capitaux à long terme) marocain :
3-Fonctionnement et organisation du marché boursier

IV- Les Nouveaux Marchés


1-Le marché des produits dérivés
2-Le capital risque
3-Les produits islamiques

Conclusion

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Le Maroc a engagé d’importantes réformes structurelles visant à instaurer les


bases d’une croissance économique forte et durable pour réconforter son projet de
société démocratique et solidaire. Ces réformes ont permis le renforcement de la
stabilité macroéconomique d’ensemble, l’amélioration continue de l’environnement
des affaires et l’ouverture commerciale, conjuguée à la libéralisation des secteurs
productifs.
Le système financier, notamment le secteur bancaire, a été placé au centre de
cette dynamique de réformes, compte tenu de son rôle clef en matière de
renforcement de la croissance et d’accélération du processus de convergence. Ainsi,
outre la privatisation des banques publiques et les opérations de restructuration et/ou
d’assainissement des banques spécialisées, le secteur financier marocain a connu une
profonde mutation de son cadre réglementaire et institutionnel

Le secteur financier marocain apparait actuellement comme l’un des secteurs


les plus structurés et les plus performants de la région sud-méditerranéenne, les
nouveaux défis qui s’imposent, notamment en lien avec les engagements actuels et
futurs dans le cadre de la libéralisation des services financiers, posent avec acuité la
question de l’adaptation de ce secteur aux exigences d’un marché mondialisé et
concurrentiel, imposant son adaptation continue pour relever les défis de la
convergence.
Parallèlement aux efforts consentis au niveau interne sur le plan de la modernisation
et l’approfondissement du système financier marocain, mais aussi en matière de
libéralisation commerciale, un rôle important incombe au partenaire européen en
matière d’appui au processus de convergence réelle et normative.

A la veille de la mise en œuvre des réformes, le système financier marocain


présentait une structure segmentée, avec une omniprésence de l’État, notamment à
travers les organismes financiers spécialisés, la prévalence de fortes contraintes
réglementaires et une politique monétaire basée sur les techniques de régulation
quantitative, au moment où les marchés de capitaux présentaient une taille marginale
et un faible degré de diversification des instruments, les rendant inaptes à assurer un
financement adéquat de l’économie.

Pour pallier ces insuffisances, d’importantes réformes ont été menées à partir
des années 1990, en vue de doter le Maroc d’un système financier moderne et solide
capable d’assurer une mobilisation efficace de l’épargne et son allocation efficiente
dans le circuit économique. Ainsi, une approche multidimensionnelle a été adoptée,
allant de la réforme du secteur bancaire et des marchés de capitaux à celle de la
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Le Système Financier Marocain

politique monétaire et de changes, en vue d’assurer une plus grande cohérence des
interventions et une meilleure compétitivité du système financier marocain.
Ainsi, au niveau du secteur bancaire, trois axes ont été introduits, en
l’occurrence la refonte du cadre législatif régissant l’activité de ces institutions
(principe de banque universelle, protection des déposants, surveillance du système
bancaire), le renforcement de la réglementation prudentielle en conformité aux
normes internationales (solvabilité, liquidité, gestion des risques,…) et la
déréglementation de l’activité bancaire (libéralisation des taux et suppression des
emplois obligatoires). Actuellement, les réformes sont orientées davantage vers le
renforcement des pouvoirs de la Banque centrale et son indépendance ainsi que
l’extension de son contrôle à l’ensemble des activités bancaires, au même titre qu’une
orientation vers une coordination étroite entre les autorités de contrôle du système
financier.

S’agissant de la réforme du marché des capitaux, il y a lieu de souligner que


celle-ci a été graduelle. Elle s’est attelée en 1993 à la modernisation de la bourse de
Casablanca, la création de sociétés de bourse et des organismes de placements
collectifs en valeurs mobilières, ainsi que l’instauration d’une entité de contrôle, le
Contrôle Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM).

La réforme de la bourse a foisonné en 1996 avec l’informatisation du système


de cotation, la dématérialisation des titres et la création d’un dépositaire central, ainsi
que la création d’un fonds de garantie pour les clients. En 2006 et 2007, les réformes
introduites visent le renforcement de la transparence des OPCVM, les pouvoirs de
contrôle du CDVM et l’accroissement du système de sécurité des transactions.
Au niveau du secteur des assurances, d’importantes réformes du cadre
juridique et une libéralisation progressive des tarifs relatifs à certaines branches ont
été menées. Celles-ci s’inscrivent dans l’objectif de développement de l'épargne
institutionnelle et de mise en conformité du secteur au contenu des accords de libre
échange conclus et aux normes internationales.
Parallèlement à ces chantiers de réformes, des actions ont été entreprises sur le
front de la politique monétaire, avec le recours aux instruments indirects de
régulation (Open Market, reprise des liquidités, avances sur appels d’offres,…) et la
mise en œuvre des nouveaux statuts de Bank al-Maghrib qui consacrent plus
d’autonomie à l’autorité monétaire et visent à éviter les conflits d’intérêts entre
politique budgétaire et politique monétaire.
De même, la libéralisation des changes, entamée en 1993, a connu des
développements importants, en ligne avec l’ouverture grandissante et l’intégration
progressive de l’économie nationale dans son espace régional et international.

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I- les établissements financiers


Les établissements financiers ont pour rôle majeur de financer l’économie, en
donnant aux agents économiques consommateurs et producteurs les fonds nécessaires
pour faire face à leur besoins. La supervision de ces établissements est assurée par
Bank al maghreb.
On va présenter dans ce cadre les différents établissements financiers qui sont au
nombre de cinq :

1- Les établissements bancaires


Le secteur bancaire se partage en cinq catégories d’établissements :

1. 1 les banques de dépôts classiques


Parmi lesquelles on trouve les cinq grandes banques privées qui réalisent prés
des deux tiers de la collecte des dépôts bancaires : Attijariwafa Bank, la BMCE et les
trois filiales françaises (BMCI, SGMB et Crédit du Maroc).

1. 2 le crédit populaire du Maroc


Il est constitué de la banque centrale populaire (BCP) et son réseau de banques
populaires régionales (BPR).
La BCP est un organisme public devenu société anonyme en 2002 : 21% de son
capital a été cédé par l’Etat aux BPR et 20% introduits en bourse en juin 2004. La
BCP est particulièrement concernée par la collecte de la petite épargne et la
distribution de crédits aux PME.
Leader historique jusqu’en 2005 ( 22,7% de parts de marché), la BCP s’est fait
dérober le 1er rang en 2006 par Attijari wafabank (23,6%) mais reste incontournable
en terme de collecte des dépôts ( 27,1% fin 2006).

1. 3 les anciens organismes financiers spécialisés


Il s’agit du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH ) et du Crédit Agricole du Maroc
(CAM) qui vient d’achever leur plan de restructuration et d’assainissement :
- le Crédit Agricole du Maroc devenue SA en 2005 avec prise en charge par
l’Etat du soutien au monde agricole non bancable ;
- le CIH devenu SA à conseil de surveillance et directoire en janvier 2007, a
finalisé sa restructuration en 2006, soutenue par la signature d’un accord
capitalistique avec la CDG et le groupe française caisses d’Epargne (GCE) :
la CDG détient 67% alors que 33% revient au GCE.
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1. 4 les banques offshores


Les banques offshores ne sont pas éligibles à la loi bancaire 2006. Elles sont régies
par une loi spécifique : le dahir n° 1-91-131 du 26 février 1992 relatif aux places
financières offshore.
Rappelons que la décision de créer des banques offshore au Maroc s’inscrit dans le
cadre de la politique d’ouverture de notre économie sur l’extérieur, de
l’encouragement des investissements étrangers et de la modernisation du secteur
bancaire et financier national.
Installées à Tanger, les banques offshores sont aujourd’hui au nombre de six :
- Attijari international Bank
- Banque internationale de Tanger.
- BMCI banque offshore.
- Chaabi international Bank
- Société générale Tanger offshore.
- Succursale offshore de BMCE Bank.
Le champ d’activité des banques offshore est très varié . Elles peuvent notamment :
- collecter toute forme de ressources en monnaies étrangères convertibles
appartenant à des non résidents ;
- effectuer pour leur propre compte ou pour le compte de leur clientèle non-
résidents, toute opération de placement financier, d’arbitrage, de couverture
et de transfert en devise ;
- accorder tous concours financiers aux non résidents et souscrire aux
emprunts émis par ces dernières ;
- Emettre des emprunts obligatoires en monnaie étrangère convertible ;
- Délivrer toute forme d’aval ou de caution et notamment des cautions de
soumission, de garantie de bonne fin aux entreprises non résidentes.

Les opérations avec les résidents demeurent, toutefois, subordonnées à l’autorisation


préalable de l’office des changes.

1. 5 Divers autres banques :


Bank Al Amal (financement de projets d’investissement des marocains résident à
l’étranger), Mediafinance et Casablanca finance markets (intervention sur le marché
des titres négociables de la dette) et le fonds d’équipement communal ( financement
des collectivités locales).

2- Les sociétés de financement


Contrairement aux banques qui peuvent effectuer toutes les opérations de banque et
notamment celles énoncées de l’art 1 à 6 de la loi bancaire, y compris la collecte de
dépôt, les sociétés de financement ne peuvent effectuer, parmi ces opérations, que
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celles précisées dans les décisions d’agrément qui les concernent ou éventuellement,
dans les dispositions législatives ou réglementaires qui leur sont propres. En aucun
cas, elles ne peuvent recevoir du public des fonds à vue ou d’un terme inférieur ou
égal à deux ans.

2. 1 classification des sociétés de financement


La loi bancaire distingue deux catégories de sociétés de financement :
- d’une part, les sociétés dont l’activité est expressément précisée dans leur
agrément : affacturage, cautionnement, crédit à la consommation, crédit-
bail.
- D’autre part, les sociétés de financement dont les opérations sont limitées
par des textes législatifs ou réglementaires qui leur sont propres : caisse
marocaine des marchés.

1. 2 listes des sociétés de financement1


Elles sont au nombre de 36 et concourent, les unes, au financement des
particuliers (crédit à la consommation, crédit à l’immobilier et gestion des moyens de
paiement), les autres, au financement des entreprises (crédit-bail, affacturage,
mobilisation de créances, fonds de garantie et cautionnement). Toutes ces sociétés
sont membres de l’association, professionnelle des sociétés de financement.

3-Les associations de microcrédit

3. 1 liste des associations de microcrédit


Le secteur de la microfinance au Maroc compte actuellement 13 associations de
microcrédit active sur l’ensemble du royaume et regroupées autour de la fédération
nationale des associations de microcrédit.
1- l’Association Ismaïlia pour le micro crédit (AIMC)
2- Al Amana
3- Fondation Al Karama pour le Micro Crédit
4- l’Association de Microfinance Oued Srou (AMOS)
5- l’Association Marocaine de Solidarité Sans Frontières(AMSSF)
6- L’Association Tétouanaise des Initiatives Socioprofessionnelle de Micro crédit
(ATIL)
7- la Fondation Banque Populaire pour le Microcrédit (FBPMC)
8- Fondation ARDI (ex Fondation Crédit Agricole pour le Micro Crédit)
9- la Fondation pour le Développement Local et de Partenariat ( FONDEP )
10-l’Institution Marocaine d’Appui à la Micro-Entreprise (INMAA)
1
Voir l’annexe 1
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11- Fondation Zakoura


12- Fondation Microcrédit du Nord
13- Association TAWADA pour le Microcrédit

3. 2 L’objectif de la microfinance au Maroc est de :


- améliorer les revenues des populations économiquement faibles par le
financement d’activités génératrices de revenue ;
- aider la femme démunie dans le milieu urbain et rural ;et principalement celles
dotées d’une compétence et d’un savoir ;
- permettre l’accès au financement des microentrepreneurs, hommes et femmes,
issus d’une couche sociale défavorisée et exclus du système bancaire ;
- favoriser l’insertion des jeunes en chômage dans la vie active ;
- La bancarisation des microentreprises et la lutte contre l’exclusion financière.

3.3 Le mécanisme du microcrédit :


Le secteur du micro-crédit, réglementé en 1999 par le dahir n° 1-99-16 , fixe le
montant des prêts à 50 000 dus , la collecte de l’épargne est interdite et les
institutions de micro-finance doivent produire des comptes prévisionnels
démontrant leur viabilité à l’horizon de cinq ans à partir de leur autorisation de
fonctionner. En outre, le périmètre d’intervention des IMF est limité aux activités
productives et de services .le financement de l’immobilier, du secteur de l’énergie,
des activités de consommation sont exclus du champ d’action du microcrédit.

4- la caisse centrale de garantie


Créée en 1949, la Caisse Centrale de Garantie est une institution publique à caractère
financier, assimilée à un établissement de crédit.

Instrument de l’Etat, la CCG contribue à donner une impulsion à l’initiative privée


en encourageant la création, le développement et la modernisation des entreprises.
La CCG appuie également le développement social à travers notamment la
garantie des prêts à l’habitat social.

Les principaux domaines d’activité stratégiques de la CCG couvrent :

 La garantie des crédits d’investissement, d’exploitation en faveur des entreprises


exportatrices, de restructuration financière et de capital risque ;
 Le cofinancement avec les banques des programmes d’investissement et
d’innovation ;
 La garantie des prêts à l’habitat social.

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5- la caisse de dépôt et de gestion


La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) est une institution financière, créée sous
forme d’établissement public par le Dahir du 10 février 1959. Elle a pour rôle central
de recevoir, conserver et gérer des ressources d’épargne qui, de par leur nature ou leur
origine, requièrent une protection spéciale.

La CDG centralise l’équivalent de 35% du stock de l’épargne institutionnelle et


totalise près de 100 milliards de dirhams en actifs sous gestion . Elle est le principal
investisseur en valeurs du Trésor avec 50% environ des actifs gérés.

Outre son rôle de leader sur le marché obligataire primaire, la CDG assure 16% du
marché secondaire des bons du Trésor et détient près de 5% de la capitalisation
boursière. Rouage central du processus de transformation de l’épargne, la CDG se
positionne également comme principal investisseur institutionnel. Ainsi, et en plus de
ses investissements directs, elle intervient activement dans l'économie nationale par
l’intermédiaire de ses filiales et organismes gérés avec lesquels elle constitue un
groupe important dont l’activité s’étend à différents secteurs.

De par sa vocation, son poids financier et la nature de ses interventions, le groupe


Caisse de Dépôt et de Gestion constitue aujourd'hui un véritable levier de
développement, et un acteur majeur en matière de dynamisation, d’animation et de
développement des marchés.

II- Le trésor public


Les finances publiques permettent à un État de remplir ses fonctions. L'époque
contemporaine a vu les dépenses publiques s'accroître dans presque tous les pays,
quels que soient leurs systèmes politiques. Ce phénomène est dû à une tendance à
l'extension des services publics à des domaines autrefois réservés à l'initiative privée,
à la croissance démographique, à l'accroissement des richesses et à l'élévation du
niveau de vie.

En effet, le trésor public exercice, entre autres des activités financières afin de
financer l’économie nationale.

1-Présentation du trésor
Trésor, administration, du terme désignant, au sein du ministère des Finances,
l'ensemble des principaux services financiers de l'État, regroupés au sein de la
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Le Système Financier Marocain

Direction du Trésor. Celle-ci, qui représente la puissance publique, exerce une tutelle
sur un certain nombre de secteurs de la vie économique et d'entreprises publiques,
tout en contribuant, par le biais de diverses institutions, au financement de l'économie
nationale.

On peut qualifier le trésor comme le caissier de l'Etat c’est-à-dire un organe


d'exécution des opérations financières de l'État, le Trésor public est chargé d'exécuter
les décaissements prévus par la loi de finances, d'opérer, après contrôle, toute
opération financière à la charge de la puissance publique (versement du salaire des
fonctionnaires, virement d'un crédit alloué à un organisme public ou à une
administration déconcentrée, paiement d'une subvention, règlement d'une facture de
fournisseur).

2
2-Les fonctions du trésor
 Gérer la trésorerie de l’Etat :

Cette fonction que reflétait bien l’ancien titre du trésor, le « Mouvement général des
fonds », est la première et la plus classique, étant inséparable de l’activité financière
de l’Etat. Elle consiste à ajuster les ressources aux charges, c’est a dire à assurer, dans
l’ensemble du circuit du trésor, que les entrées et les sorties de fonds s’équilibrent
pour chacun des postes comptables (D’ou le rôle des services extérieurs du trésor), et
à tout moment, ce qui suppose l’existence d’un volant de sécurité, de ressources
disponibles a très court terme, qui permettent de faire face aux besoins imprévus.

 Jouer le rôle d’intermédiaire financier et de distributeur de capitaux

Cette seconde approche est un peu différente. Dans cette optique, le trésor, qui est une
sorte de plaque tournante des financements, de point de passage obligée, emprunte
non seulement pour combler un déficit mais pour reprêter, pour faciliter le flux des
fonds entre prêteurs et les emprunteurs.

 Exercer des missions de puissance publique

Le trésor exerce un nombre des missions d’autorité dévolues à l’Etat dans les secteurs
financiers et économiques et détient des participations dans ces secteurs.ces fonctions
sont certes plus floues, moins structurées et hiérarchisées. Mais avec le mouvement
2
Philipe JURGENSEN & Daniel LEBEGUE « Le Trésor et la Politique Financière » ; édition
MONTCHRESTIEN 1998.page 13
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Le Système Financier Marocain

contemporain d’interventionnisme accru, ce rôle dérivé du précédent est devenu


essentiel.

-le trésor est tuteur d’un certain nombre d’institutions financières de sa mouvance, sur
lesquelles exerce une influence ou qui agissent pour son compte.

-le trésor est actionnaire et gestionnaire des participations publiques de toute nature
(secteurs industriel, financier, commercial….). A cet égard, il met en œuvre les
moyens d’actions dont dispose l’Etat propriétaire de l’entreprise.

 Etre le gardien des « grands équilibre »

Cette dernière grande fonction du trésor est le couronnement de l’ensemble des


autres.les grand équilibres peuvent se définir comme des rapports d’égalité entre des
besoins et des capacités de financement.

-d’abord, l’équilibre de la trésorerie publique consiste à s’assurer que le budget et les


comptes spéciaux du trésor comportent, face aux dépenses, suffisamment de
ressources et de possibilités d’emprunt pour que l’on puisse boucler le circuit des
fonds publics

-de même, l’équilibre des marchés de capitaux suppose que l’épargne soit suffisante
pour financer les investissements.des organismes de la constellation du trésor comme
la caisse des Dépôts contribue à ce circuit.

-l’équilibre des circuits monétaires consiste à veiller a ce que la monnaie émise soit
en quantité suffisante, mais pas excessive, pour le fonctionnement de l’économie, et
circule dans de bonnes conditions entre les agents.

3- le financement du trésor:

 Les besoins de financement de l’Etat :


La nécessité de maintenir un solde positif sur son compte à la banque centrale
fait naître chez le Trésor un besoin de liquidité qu’il satisfait en empruntant auprès de
divers agents, c'est-à-dire qu’il effectue des opérations de trésorerie à l’instar de toute
autre entreprise financière.
Ce besoin de liquidité dépend de plusieurs facteurs dont le jeu peut diminuer
plus ou moins fortement la trésorerie de l’Etat.
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Le Système Financier Marocain

*Le premier d’entre eux découle de l’existence même du circuit financier


public. En effet, réalisés à l’initiative de tels ou tels agents membres de ce circuit,
certains mouvements de caisse, non liés de ce fonds hors du circuit du Trésor, ce qui a
pour effet d’accroître ainsi le besoin de liquidité de ce dernier sans qu’il en soit à
l’origine.
Le circuit financier public est constitué par l’Etat ainsi que par l’ensemble des
correspondants du Trésor auxquels sont adjoints certains particuliers. Ces derniers
(correspondants et particuliers) rassemblent toutes les personnes physiques ou
morales qui laissent des sommes en dépôt sur leur compte ouvert auprès du Trésor.
On distingue entre ces déposants :
-Les déposants obligés : il s’agit de multiples organismes d’importance et de
nature très diverses qui bénéficient en cas de difficulté financière d’une aide
budgétaire automatique, sous la forme de prêts ou d’avances. En contrepartie, ils sont
contraints de déposer dans le circuit du trésor tout, ou partie, de leurs ressources de
trésorerie.
-Les déposants volontaires : on trouve ici tout un ensemble de déposants,
particuliers ou entreprises, notamment celles soumissionnaires de marchés publics,
qui ont choisi tout à fait librement le circuit du Trésor pour y déposer leurs fonds
auprès des comptables publics. Ces dépôts doivent donc être distingués de ceux
effectués dans le cadre des comptes chèques postaux.
*Le second facteur correspond à la mise en œuvre des flux d’encaissement et
de décaissement de l’exécution de la loi de finances, qu’il s’agisse, par exemple, de
leur décalage dans le temps ou de leur différence de niveau : le Trésor est chargé
d’encaisser les recettes et de payer les dépenses qui apparaissent dans la loi de
finances. Dès lors, celui-ci est tenu d’assurer en permanence une gestion équilibrée
de sa trésorerie, ceci que le budget soit exécuté en équilibre ou non.
C’est ainsi que l’exécution d’un budget fait apparaître des décalages dans le
temps, de plus ou moins grande amplitude, entre les dépenses et les recettes. En effet,
ces opérations budgétaires sont exécutées selon des rythmes fort différents, ce qui
peut avoir d’importantes répercussions sur l’équilibre de la trésorerie publique et
donc sur le besoin de liquidité du Trésor.
*Enfin, l’amortissement de la dette publique contractée à moyen et à long
terme contribue également à accroître le besoin de liquidité de l’Etat. Cette dette peut
être interne par exemple les avances et prêts consentis au Trésor par la Banque
centrale, comme elle peut être externe c'est-à-dire résultant d’emprunts auprès d’Etats
étrangers ou d’organismes internationaux comme le FMI.

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Le Système Financier Marocain

 Les modes de financement de l’Etat :

D’une façon générale, les ressources dont dispose le Trésor pour alimenter son
encaisse et assurer l’équilibre de sa trésorerie en fonction de ses besoins, ont des
origines diverses.
*On trouve tout d’abord les dépôts de ses correspondants. Certes, ces avoirs
peuvent diminuer momentanément en fonction des besoins de trésorerie propres à ces
organismes, réduisant ainsi la liquidité du trésor. Il n’en demeure pas moins que les
correspondants demeurent tenus d’alimenter leurs comptes en permanence, de telle
sorte qu’ils ne puissent jamais être débiteurs. Cependant, ces ressources étant
insuffisantes, en règle générale, pour faire face à l’ensemble de ses charges de
trésorerie, le Trésor est contraint de s’endetter auprès d’autres agents.
*Ainsi, il peut contracter des emprunts auprès du public, si celui-ci dispose
d’une épargne en quête d’emploi.
*De même encore, le Trésor a la possibilité d’emprunter auprès des banques
commerciales, ou de la banque centrale, qui créeront alors de la monnaie à son
intention.
*Enfin, le Trésor dispose également d’un pouvoir de création monétaire dont il
se sert pour couvrir son besoin de liquidité.
Ces deux dernières sources d’approvisionnement de la trésorerie de l’Etat
montrent qu’une liaison se trouve ainsi établie entre le circuit public et la quantité de
monnaie circulant dans l’économie qui traduit l’état de sa liquidité globale. Ainsi, en
assurant l’équilibre général de son circuit, le Trésor instaure, de ce fait, une relation
entre les politiques budgétaires et monétaires.
En général, gérer la trésorerie de l’Etat suppose également de bien distinguer
entre l’équilibre budgétaire et l’équilibre de trésorerie. Il faut voir que, même dans un
budget en équilibre, il y a des décalages saisonniers ; le Trésor est là pour « faire la
soudure ». A fortiori, en période de déficit budgétaire, la fonction du Trésor est
d’assurer la couverture du besoin de financement de l’Etat en levant des ressources
sur les marchés des capitaux, c’est-à-dire en empruntant à plus long terme. Le Trésor,
dans sa fonction classique de trésorier de l’Etat, est donc structurellement
emprunteur, à court terme sur le marché monétaire, à moyen terme par le biais des
bons de Trésor ou d’autres titres comparables, et à long terme à travers les emprunts
de l’Etat sur les marchés financiers. Il est seulement marginalement prêteur à court
terme, lorsqu’il a un excédent temporaire de liquidités. Cette fonction de trésorier de
l’Etat se prolonge par celle de caissier auxquelles sont liées les tâches également

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Le Système Financier Marocain

classiques de comptabilité et de contrôle des deniers publics assumées par la


Direction de la Comptabilité publique.
Le Trésor doit enfin, lorsque le montant de sa dette atteint un certain
niveau et que sa structure s’y prête, mener une politique active de gestion de cet
endettement ; cela signifie qu’il est amené, comme tout agent économique, à
intervenir sur le marché de ses titres afin de tirer profit des opportunités de réduction
ou d’étalement du coût de sa dette.
D’une façon générale on peut dire que Le trésor est le caissier de l’Etat qui
assure la gestion quotidienne de ses dépenses et de ses recettes, il est aussi lui-même
un agent financier qui dispose à l’instar des autres banques d’un compte auprès de la
banque centrale.

Il peut être confronté à deux types de problèmes de trésorerie :


- Il doit faire face à des besoins de trésorerie momentanés découlant de
l’absence de synchronisation entre ses recettes et ses dépenses.
- Il doit aussi assurer le financement éventuel d’un déficit budgétaire annuel
(besoins structurels).
Pour couvrir ces besoins de financement, le trésor peut émettre des titres de
dettes qui sont souscrits (achetés) soit par les ANFR (agent non financier résident)
soit par les banques.
-Si ces titres sont acquis par des ANFR, cela ne donne pas lieu à création
monétaire (car il faut utiliser des dépôts à vue existant avant).
-Si par contre ces titres sont acquis par les banques, c’est l’équivalent d’un
crédit que ces derniers accordent au profit du trésor public qui va notamment utiliser
cette monnaie pour effectuer des paiements aux ANFR qui sont eux même clients des
banques. Ces paiements se traduisant alors par une augmentation des dépôts à vue, et
donc de la monnaie scripturale détenue par les ANFR.
De façon inverse lorsque le trésor public rembourse aux banques ses dettes il y
a destruction monétaire.

III- Le secteur d’assurance au Maroc

Le secteur des assurances fait partie des secteurs introduits au Maroc à la suite de
l'activité maritime qui a permis l'émergence d'agences des compagnies d'assurances
étrangères dans les principaux ports marocains au cours du XIXe siècle. Il a connu en

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suite un développement organisé et bien structuré sous le Protectorat, ainsi qu'une


évolution accentuée après l'Indépendance.

A travers les sommes importantes qu'il mobilise, le secteur des assurances joue un
rôle important dans la collecte de l'épargne intérieure et dans son acheminement vers
le financement des besoins de l'économie.

Le secteur des assurances au Maroc est régi par le code des assurances entré en
vigueur en novembre 2002. Celui-ci oblige les risques situés au Maroc d’être assurés
par des contrats souscrits et gérés par des entreprises d’assurance agrées au Maroc.

Le secteur des assurances est constitué de plusieurs personnes exerçant cette


activité, qu'ils soient assureurs ou intermédiaires. Naturellement, ces catégories de
personnes ne peuvent exercer cette profession que si elles remplissent certaines
conditions et disposent de certaines spécificités, dont la plus importante est la forme
juridique, c'est-à-dire la qualité que revêtiront ces personnes, morales ou physiques,
dans le marché des assurances.

1- Les opérateurs d’assurances


 Sociétés commerciales

Ce sont des sociétés à but lucratif. Elles doivent avoir un capital minimum
légalement exigé. Elles sont dirigées par un conseil d’administration.

Elles peuvent pratiquer toutes les branches d’assurance, n’ont pas de limitation
territoriale au Maroc et travaillent avec des intermédiaires (agents généraux et
courtiers).

Suite aux différentes opérations de fusions-acquisitions qu’a connues le marché


de l’assurance depuis 1999, le marché actuel est devenu très concentré. En effet, les 5
premières entreprises d’assurance accaparant plus de 82% de parts de marché.

Chiffre d’affaire 2006 Part de marché


(en MMAD)
RMA Wataniya 3055 21.33%
AXA 2393 16.71%
Wafa Assurances 2390 16.69%
CNIA 1207 8.43%
Sanad 957 6.68%
Atlanta 844 5.89%
Essaada 930 6.46%
15
Le Système Financier Marocain

Autres 2544 17.77%


Total 14320 100%

Parts de marché des acteurs du secteur de l'assurance en 2006

Source :
http://compresse.bnpparibas.com/applis/WBMCI/Maroc.nsf/docsByCode/IAKB-
6QRFWD/$FILE/FOCUS%20Atlanta.pdf

 Les mutuelles d’assurances

La mutualisation est un système de solidarité sociale fondée sur l’entraide


mutuelle des membres cotisants groupés au sein d’une même société à but non
lucratif.
Les mutuelles d’assurance sont des associations dont les cotisations sont
variables. Elles ne peuvent jamais pratiquer d’opérations impliquant une gestion en
capitalisation. Elles ne travaillent jamais avec des intermédiaires.

16
Le Système Financier Marocain

Le Maroc, pays à vocation agricole en synergie avec tous les opérateurs


économiques s’est orienté vers le développement et l’instrumentalisation de ce
secteur d’où l’émergence de l’assurance agricole.

A l’indépendance, les agriculteurs marocains des caisses régionales marocaines


se sont constitués pour fédérer au sein de la MAMDA, Mutuelle Agricole Marocaine
d’Assurance.

En 1969, et afin de prendre en charge les risques non agricoles des paysans, la
Mutuelle Centrale Marocaine d’Assurance fut créé(MCMA).

Vu les aléas climatiques qui pèsent sur l’évolution du secteur agricole. Les
assurances refusent de couvrir ce risque. Seule la MAMDA a cette exclusivité. Elle a
bien géré ce domaine au point qu’elle est devenue, au fil des ans, un acteur
incontournable en la matière. La Mutuelle agricole marocaine d’assurances a
accompagné l’agriculture marocaine, et ce dans les moments les plus difficiles lors
notamment des périodes successives de sécheresse. Cette mutuelle a participé
activement à rehausser le niveau du secteur.

 Les organismes de prévoyance et de retraite

Les fonds des organismes de prévoyance et de retraite sont collectés par


plusieurs institutions et principalement par la CMR (Caisse Marocaine de Retraite), la
CNOPS (Caisse National des Organismes de Prévoyance Sociale), la CNSS (Caisse
Nationale de Sécurité Sociale) et la CIMR (Caisse Interprofessionnelle Marocaine de
Retraite). Le secteur de la retraite au Maroc couvre une population de l’ordre de 2,6
millions d’affiliés actifs et sert des prestations à plus de 700 000 allocataires.

 CNSS : Caisse nationale de sécurité sociale


La CNSS est un organisme s’adressant au secteur privé, sa particularité réside
dans le fait que cet organisme prévoit à la fois des prestations à court terme et des
prestations à long terme.
Cette caisse sert en outre des allocations familiales au profit des affiliés mariés
avec des enfants.

La CNSS a le devoir d’assumer ses responsabilités sociales :


 Santé.
 Sécurité.

 CNOPS : Caisse national des organismes de prévoyance sociale

17
Le Système Financier Marocain

C’est la fédération des sociétés mutualistes marocaines, elle a comme rôle la


coordination des activités relatives au « secteur commun » tendant à la couverture des
dépenses de soins de santé des adhérents.

La C.N.O.P.S. est appelée notamment à recevoir la cotisation patronale (État,


Collectivités locales, établissements publics…)

 CIMR : Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite

La CIMR est crée en 1949 par des chefs d’entreprises qui voulaient assurer une
retraite tranquille à leurs salariés, en partageant avec eux les fruits de croissance.

Le régime de la CIMR est un régime mixte capitalisation / répartition. Il est


alimenté par les contributions patronales, qu’il gère par répartition.

Les parts salariales sont quant à elles, versées à une compagnie d’assurances
afin de constituer le volet capitalisation.

La combinaison de ces deux ressources, permet le service d’une rente viagère à


l’âge de la retraite du salarié.

 CMR : Caisse Marocaine de Retraite

La caisse marocaine de retraite (CMR), crée en 1930, gère le régime des


pensions civiles et militaires, en d’autres termes la gestion des prestations des
fonctionnaires civils classés dans l’échelle 10 et plus ainsi que les militaires.

 Les intermédiaires

L’intermédiation en assurance est l’activité qui consiste à présenter, proposer


ou aider à conclure des contrats d’assurance ou à réaliser d’autres travaux
préparatoires à leur conclusion.

Est considérée comme présentation, proposition ou aide à la conclusion d’une


opération d’assurance, le fait, pour toute personne physique ou personne morale, de
solliciter ou de recueillir la souscription d’un contrat ou l’adhésion à un tel contrat, ou
d’exposer oralement ou par écrit à un souscripteur ou un adhérent éventuel, en vue de
cette souscription ou adhésion, les conditions de garantie d’un contrat.
 Les agents généraux d’assurances

18
Le Système Financier Marocain

L’Agent Général d’Assurances est une personne physique mandataire d’une


seule société d’assurances qu’il représente dans une région déterminée
en vertu d’un traité de nomination.

L’agent général n’est pas un commerçant. Il exerce une profession libérale et


est rémunéré par des commissions. Le portefeuille de l’agent général
appartient à sa société mandante à qui il doit l’exclusivité de sa production sauf pour
les risques qu’elle ne pratique pas ou qu’elle refuse.

 Les courtiers

Le courtier est le mandataire de l’assuré. Il n’est lié à aucune société


d’assurances. Il place les contrats de ses clients auprès des sociétés de son choix.
Il est rémunéré par des commissions de courtage qui varient selon les branches.

La profession de courtier est réglementée (idem pour les agents généraux)


par des conditions de capacité professionnelle prescrites par la réglementation en
vigueur.

Dans le public, il y a parfois confusion entre courtier et agent général. Voici les
principales différences entre ces 2 catégories d’intermédiaires.

Courtier Agent Général d’Assurance


 Mandataire de l’assuré  Mandataire de l’assureur
 Personne physique ou morale  Personne physique
 Commerçant  Profession libérale
 Commission de courtage  Commission d’agent général
 Indépendance vis-à-vis de  Dépendance vis-à-vis de
l’assureur (libre choix) l’assureur (avec quelques
exceptions)
 Portefeuille en propriété  Portefeuille propriété de la
Compagnie

 Les banques
Le secteur bancaire joue un rôle prépondérant dans l'économie marocaine. Il
a connu diverses réformes qui en font aujourd'hui un système moderne, adapté aux
besoins de la société comme à ceux des entreprises.

19
Le Système Financier Marocain

Les entreprises d’assurance, en raison d’élargissement de son portefeuille,


cherchent des nouveaux canaux pour la distribution de leur produits et services
d’où la naissance des coopérations entre certaines banques et compagnies
d’assurance. L’étroite coopération qui en découle a favorisé l’apparition de la
bancassurance.
 RMA WATANIYA est adossée à BMCE.
 CNIA ESSAADA est adossée à AWB.

2-Les statuts et les conditions d’exercice des


entreprises d’assurance

 Statut des opérateurs d’assurance

Opérateurs Statuts

Les sociétés commerciales o sociétés anonymes d’assurance de


droit privé ;

Les mutuelles o sociétés d’assurance


mutuelles à cotisations variables
Les organismes de prévoyance sociale et de
retraite :
- CNSS o organisme public sous
tutelle administrative du Ministre
chargé de l’emploi

- CNOPS o organisme public doté


de la personnalité civile.

- CMR o Etablissement public


doté de la personnalité civile et de
l'autonomie financière

- CIMR o Association formée


entre personnes physiques ou morales,
doté de la personnalité civile et de
l’autonomie financière.

Les intermédiaires Société anonyme ou société à responsabilité


limitée

 Les conditions d’exercice :

20
Le Système Financier Marocain

Les entreprises ne peuvent présenter des opérations d’assurance au public


qu’après obtention de l’agrément auprès du Ministère de finance.

Cet agrément n’est accordé qu’après déposition d’une demande par les
entreprises ayant un siège social au Maroc et régies par le droit Marocain et après
avis du comité consultatif des assurances.

Pour l’octroi de l’agrément, il est pris en compte :


 Les moyens techniques et financiers dont la mise en œuvre est proposée et leur
adéquation au programme d’activité de l’entreprise ;
 L’honorabilité et la qualification des personnes chargées de la conduire ;
 La répartition de son capital et la qualité des actionnaires ou, pour les sociétés
d’assurance mutuelles, les modalités de constitution du fonds d’établissement,
la contribution économique et professionnelle que l’entreprise peut apporter,
 L’impact sur la stabilité et les conditions concurrentielles du marché.

Pour être agrées, les entreprises d’assurance doivent être constituées sous forme
de sociétés anonymes ou sociétés d’assurance mutuelles :

Les sociétés anonymes :

 Elles doivent justifier d’un capital social d’au minimum cinquante


millions de dirhams, l’administration peut exiger un capital supérieur à ce
minimum en considération des opérations que l’entreprise d’assurance veut
pratiquer et des prévisions de ses engagements ;

 Le capital précité doit être entièrement libéré en numéraire ;

 Les actions doivent être nominatives c'est-à-dire que les propriétaires des
titres sont connus de l’entreprise puisque leurs noms sont inscrits sur les
registres de la société ; ces actions ne peuvent être converties sous la forme au
porteur pendant la durée de la société.

Les sociétés d’assurances mutuelles

 Elles doivent justifier d’un nombre minimum de sociétaires fixé par voie
réglementaire et qui ne peut être inférieur à 10000 personnes, sont exclus de
cette disposition les sociétés d’assurances mutuelles qui s’engagent à adhérer à
une union de mutuelles ;

21
Le Système Financier Marocain

 Elles doivent justifier d’un fonds d’établissement minimum de cinquante


millions de dirhams ; toutefois, ce minimum peut être augmenté par
l’administration en raison des opérations que la société d’assurance entend
pratiquer et des prévisions de ses engagements ;

 Lors de la constitution, le fonds d’établissement doit être entièrement


libéré par les fondateurs et versé dans un compte bancaire ouvert au nom de la
société d’assurance, le remboursement doit faire l’objet d’un programme de
financement sur cinq ans au plus tard, que la

 société doit communiquer à l’administration ;

Les intermédiaires :

L’administration ne peut accorder l’agrément à un intermédiaire qu’après


avis du comité consultatif des assurances.
Cet agrément n’est accordé que si validation de certaines conditions :

 Pour les personnes physiques :


- Être de nationalité Marocaine ;
- Être titulaire d’une licence délivrée par un établissement universitaire
national ou d’un diplôme reconnu équivalent par l’administration ;
- Avoir accompli un stage de formation auprès d’une entreprise
d’assurance ;
- Avoir réussi à l’examen professionnel.

 Pour les personnes morales :


- Être régies par le droit Marocain et avoir le siège au Maroc ;
- Avoir 50% du capital détenu par des personnes physiques de nationalité
Marocaine ou des personnes morales de droit Marocain.

Pour cet agrément, les banques sont tenues de justifier à l’administration


l’existence de structures au niveau de leurs services destinés à présenter des
opérations d’assurance.

Tous les opérateurs sont tenus d’informer l’administration de tout


changement pouvant toucher leurs statuts qu’il s’agit de changement de
majorité, cession des actions ou autres.

22
Le Système Financier Marocain

3-Le rôle financier du secteur


Parmi ses rôles qu’il joue le secteur d’assurance au fonctionnement de l’activité
économique, il joue aussi un rôle prépondérant dans le domaine financier.

 Offrir une protection directe aux entreprises

Cette fonction de sécurité résulte que les entreprises d’assurance par leurs activités de
compensation des risques apportent une sécurité financière aux entreprises, en leur
versant des indemnités en cas de réalisation des risques. Autrement dit, les opérations
d’indemnisation contribuent à la stabilisation des patrimoines des entreprises qui sont
ainsi mi à l’abri des dangers.

 Encourager l’intermédiation financière

A partir de l’épargne qu’elles collectent sur la base des primes et la représentation des
provisions techniques, les entreprises participent au financement de l’activité
économique.
De manière plus précise l’argent collecté par les sociétés d’assurance auprès des
assurés sous forme de primes est déposés dans les banques qui prêtent à leur tour aux
particuliers et entreprises pour leur différent besoins, ce qui contribue au bon
fonctionnement de l’économie par conséquent fournir d’avantage au fond de
roulement de l’économie.

 Offrir une protection en plus celle de l’Etat

Dans un monde caractérisé par des changements sociaux, l’assurance permet


d’accompagner efficacement les services de l’Etat. Grace à des produits conçus
(retraite, soins médicaux et les sécurités sociales). Celui qui pèse sur les finances
publiques.
Dans ce cadre l’assurance fournit une protection supplémentaire à coté de la
protection de l’Etat. Il est possible d’atteindre un meilleur équilibre entre l’état et le
marché en favorisant la croissance des entreprises par une réduction durable du
prélèvement fiscal et social.

IV-La bourse des valeurs de Casablanca


23
Le Système Financier Marocain

1- Présentation générale3
La bourse des valeurs est le marché officiel et organisé sur lequel s'échangent les
valeurs mobilières admises aux négociations par les autorités compétentes.
Le fonctionnement du marché financier repose sur l'activité de deux compartiments
dont les fonctions sont différentes et complémentaires : le marché primaire et le
marché boursier ou marché secondaire.

Crée en 1929, la bourse de Casablanca a connu plusieurs réformes, La première, en


1948, a attribué à la Bourse des valeurs la personnalité morale. La seconde, en 1967,
a permis de la réorganiser juridiquement et techniquement et de la définir comme un
établissement public. Depuis 1993, la Bourse de Casablanca vit une seconde jeunesse
suite à la promulgation d'un ensemble de textes de lois, portant réforme du marché
financier et création des cadres réglementaire et technique indispensables à son
émergence.

2-Les intervenants et les indices de la BVC


1- les principaux intervenants de la bourse de Casablanca4

Les principaux acteurs du marché boursier casablancais sont :

 La Bourse de Casablanca
La Bourse de Casablanca est une société anonyme en charge de l’organisation et de la
gestion du marché boursier. Elle est placée sous la tutelle du Ministère des Finances
et de la Privatisation et ses parts sont détenues à parts égales par les sociétés de
bourse. Sa gestion est définie par un cahier des charges et concerne principalement
l’organisation des introductions en bourse, la gestion des séances de cotation, la
diffusion des cours et des indices et l’administration d’un système de compensation et
de garantie. Le périmètre et le contenu de ses actions sont définis, sous forme de
règles de marché, dans un Règlement Général.
Plus généralement, la Bourse de Casablanca veille à la promotion et au
développement du marché boursier marocain.

 Les sociétés de bourse


Agréées par le Ministère des Finances et de la Privatisation, les sociétés de bourse
ont pour objet, outre l’exécution des transactions sur les valeurs mobilières, la garde
des titres, la gestion des portefeuilles de valeurs mobilières en vertu d’un mandat, le
conseil à la clientèle et l’animation du marché des valeurs mobilières inscrites à la
cote.
3
Rapport ; Structure & Performance Du Marché boursier marocain ; consulté le 14/12/09
4
http://www.casablanca-bourse.com ; consulté le 14/12/09
24
Le Système Financier Marocain

Les sociétés de bourse participent également au placement des titres émis par les
personnes morales faisant appel public à l’épargne et assistent ces dernières à la
préparation des documents d’information destinés au public.

 Conseil déontologique des valeurs mobilières


Établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, le
CDVM est l’autorité de marché. Il a pour mission de :
* Protéger l'épargne investie en valeurs mobilières ou tous autres placements
réalisés par appel public à l'épargne.
* Veiller à l'information des investisseurs en valeurs mobilières en s'assurant que
les personnes morales qui font appel public à l'épargne établissent et diffusent toutes
les informations légales et réglementaires en vigueur.
* Veiller au bon fonctionnement du marché des valeurs mobilières en assurant la
transparence, l'intégrité et la sécurité.
* Veiller au respect des diverses dispositions légales et réglementaires régissant
le marché financier.

 Le dépositaire central-Maroclear
Maroclear est le dépositaire central des titres au Maroc. Il a été créé en vertu des
dispositions de la loi n° 35-96 du 9 juillet 1997 qui a institué le régime de la
dématérialisation des valeurs mobilières.
En tant que société anonyme, Maroclear assure pour le compte de ses affiliés la
conservation des titres, leur circulation ainsi que leur administration.
Ses principales missions sont :
* Centraliser la conservation des titres dans des comptes courants ouverts
exclusivement aux noms des professionnels (banques, sociétés de bourse et
émetteurs). Maroclear n'entretient aucune relation avec le grand public.
* Assurer la gestion des systèmes de règlement et livraison des titres.
* Simplifier l’exercice des droits attachés aux titres.

2- les indices boursiers 5:


 1986 : Création de l'IGB ;
 2002 : Création des indices MASI, MADEX, leurs sous-jacents et les
indices sectoriels ;
 2004 : Adoption de la capitalisation flottante dans le calcul des
indices ;
 2010 : la mise en place d’un nouvel indice de 10 à 15 valeurs les plus
liquides au 1-er janvier 2010.
5
www.wabayn.com ; consuté le 14/12/09
25
Le Système Financier Marocain

6
3- Caractéristiques du marché boursier marocain

• la faiblesse de la taille relative du marché : La capitalisation boursière rapportée au


PIB demeure faible comparativement à la place d’Amman dont le ratio rivalise
favorablement avec celui des pays émergents, voire même avec des pays développés.

• Le nombre de sociétés cotées est relativement limité comparativement à l’Egypte et


la Jordanie. Les nouvelles introductions se font rares, reflétant en particulier la
réticence des chefs d’entreprises, soucieux de préserver le caractère familial de leurs
entreprises.

• l’insuffisance de la liquidité du marché : Les volumes échangés en bourse sont


relativement faibles, avec un ratio de rotation de 13% en moyenne sur la période sous
revue, le plus faible parmi les pays de l’échantillon. Le flottant dépasse rarement 10%
capital en raison de l’attitude des actionnaires majoritaires qui conservent les actions
des sociétés les plus performants.

• la forte concentration de la capitalisation boursière et des transactions sur un


nombre limité de valeurs les plus liquides : La bourse marocaine est dominée par les
valeurs bancaires, les holdings et dernièrement les télécommunications. L’existence
de nombreuses valeurs non liquides demeure un facteur de fragilité qui de surcroît
limite les possibilités de diversifications des portefeuilles.

• En termes de valorisation, la Bourse de Casablanca est considérée parmi les places


boursières émergentes les plus chères, avec un PER de 19 en 2005. Toutefois, le
marché boursier marocain s’avère encore attractif comparativement aux principales
places arabes. Le niveau élevé de valorisation de ces dernières, avec un PER aux
alentours de 30, a provoqué un fort mouvement de correction à la baisse en 2006.

• L’essor du marché boursier marocain est intimement lié à la dynamique des


privatisations. La part de la capitalisation boursière des entreprises privatisées dans la
capitalisation totale a atteint, à fin 2005, plus de la moitié de la capitalisation totale
(dont 35% pour Maroc Telecom). Toutefois, l’essoufflement du processus de
privatisation met à l’ordre du jour la nécessité d’assurer d’autres relais pour le
développement de la place de Casablanca.

• Malgré sa croissance progressive, la contribution de la bourse des valeurs au


financement de l’économie est encore limitée. L’activité du marché primaire demeure
faible et concentrée sur les émissions obligataires. Les augmentations de capital en
6
Ministère de finance et de privatisation ; Analyse des performances des marchés boursiers
des pays signataires de l’Accord d’Agadir ; Rapport 2006.
26
Le Système Financier Marocain

numéraire ne représentent qu’une faible part des appels publics à l'épargne (environ
10% des montants levés en 1999-2004). Le financement bancaire reste ainsi la
principale source de financement intermédiaire des entreprises marocaines.

• L’attractivité relative de la bourse marocaine pour les investisseurs étrangers


demeure faible comparativement à la bourse jordanienne. En 2005, la part de la
capitalisation boursière détenue par les étrangers a été de 35,6% au Maroc contre
45% en Jordanie. Contrairement aux pays du Mashrek, le Maroc n’a pas bénéficié
suffisamment de l’afflux des capitaux arabes vers la région depuis les événements de
septembre 2001.

I- Le marché monétaire.

27
Le Système Financier Marocain

Sur la dernière décennie, le Maroc a échangé son outil d’encadrement du crédit


contre des opérations d’open-market et un guidage par les taux d'intérêt de son
économie. Ce changement de stratégie intervient dans un contexte de modernisation
du système financier, d’apparition de nouveaux produits et de nouveaux acteurs, ce
qui aura inévitablement pour conséquence de modifier les conditions et modalités
d’une politique monétaire efficace. Il est donc crucial de connaître les éléments de la
restructuration des différents segments du système financier afin de pouvoir se
pencher ensuite sur les canaux de la politique monétaire et leur efficience respective.

1-Notion et instrument de la politique monétaire (Rappel).

Notion de la politique monétaire :

La politique monétaire désigne l’ensemble des moyens mis en œuvre par les
autorités monétaire pour maintenir le stock de monnaie en circulation à un niveau
compatible avec le sauvegarde des équilibres interne et externe. Il s’agit, en claire
d’adapter le niveau de la masse monétaire aux besoins réels de l’économie car une
expansion excessive des moyens de paiement par rapport à l’offre de biens et
service, engendre l’inflation alors qu’une émission trop faible provoque un
ralentissement de la croissance économique.
 les objectifs de la politique monétaire :

A- les objectifs liés à la sécurité des opérations bancaire :

 Assurant la liquidité des dépôts. C'est-à-dire éviter le risque d’il liquidité


et permettant à la banque d’honorer ses engagement vis-à-vis des déposants qui
s’assurent lorsqu’ils demandent leurs argents.

 Contrôlant la machine de la création monétaire pour éviter les crises


inflationnistes dues à une création excessive de monnaie et d’éviter le blocage de
l’activité économique dû à un manque de liquidité.
 Mettant des barrières à l’entrée dans la profession bancaire C’est à dire
poser des conditions à celui qui veut créer une entreprise bancaire et imposer des
règles de gestion bancaire.
B- la stabilité des prix :
 .fournir à l’économie la quantité de monnaie nécessaire et compatible
avec le taux de croissance économique.
 .défendre la valeur interne de la monnaie nationale, C'est-à-dire
sauvegarder son pouvoir d’achat ce qui résulte de la lutte contre l’inflation.
 .défendre la valeur externe de la monnaie, ce qui revient à éviter la
dévaluation ou la surévaluation

28
Le Système Financier Marocain

 les instruments de la politique monétaire :

A- instrument indirect :

1-réescompte

Le taux d’escompte ou de réescompte est le taux que la Banque Centrale


applique quand elle rachète aux banque leurs effets représentatifs de créances sur
l’économie ou sur le Trésor.
Il consiste en la vente d’un titre mobilisable à l’institut d’émission en échange
de la monnaie Banque Centrale. Le taux de réescompte peut être défini comme le prix
de l’obtention de la monnaie centrale. Parmi ses limites il y a : la maîtrise de la
quantité de la monnaie centrale et les autorités monétaire ne peuvent rependre la
monnaie centrale précédemment offerte.

2-open market

Cette technique non pas à agir directement sur le coût du crédit mais sur le
volume des liquidités bancaire.
L’open market est l’inverse de celle qui se trouve à la base du réescompte ; la
Banque Centrale ne fixe pas le taux d’intérêt comme c’est le cas dans le réescompte
mais la quantité de la monnaie centrale qu’elle est disposé a échanger contre des titres
mobilisables. La confrontation entre l’offre de monnaie centrale et sa demande
déterminent le taux d’intérêt d’équilibre. Ainsi, la banque centrale peut maîtriser la
quantité de monnaie centrale en circulation par la vente/ou achat des titres contre sa
monnaie .l’inconvénient principal de cette politique est la nécessité pour la banque
centrale de détenir suffisamment de titres pour intervenir sur le marché monétaire.

3-réserve obligatoire

La politique des réserves obligatoires dans l’obligation faite aux banques


déposer en comptes non productifs d’intérêts à l’institut d’émission, une fraction
déterminée de leurs dépôts ou parfois de leurs encours de crédits. Cette technique
empêche ainsi les établissements bancaires de créer autant de la monnaie qu’ils le
désirent .En cas de dépassement, des pénalités sous forme de réserves obligatoires
supplémentaires, sont généralement prévues. Cela rend les banques plus dépendantes
de l’Institut d’émission et donc plus attentives à sa politique de taux. Objectif c’est
pour atténuer la pression qui s’exerce sur la liquidité bancaire.
B- les techniques directes :
 l’encadrement du crédit

29
Le Système Financier Marocain

La Banque Centrale a imposé aux banque un taux de croissance de leurs


encours de crédits C’est à dire limitant le pourvoir de création monétaire des banque
en définissant un taux de progression de leurs crédits à l’économie.
Autrement dit, la BC fixe par rapport à une date de référence le taux de
croissance des crédits à l’économie distribués par les banques le non respect de la
norme par les banques les exposent à des sanctions comme l’augmentation de leur
réserve obligatoire auprès de la BC.
Le principal avantage de ce système est qu’il permet à la BC de maîtriser
l’importante source de création monétaire ; les crédits à l’économie accordée par les
banques secondaire. Il offre aussi l’avantage d’une action brutale et efficace.

2- Le marché monétaire : définition, et compartiment

Définition :
Le marché monétaire est généralement défini comme le marché sur lequel sont
offerts et demandés des capitaux à court et moyen terme par opposition au marché
financier sur lequel sont échangés les fonds à long terme.
Dans le cadre des réformes engagées par le Maroc depuis 1983, et suite au
décloisonnement du marché monétaire qui vise à rendre ce marché plus large (mise
en place des compartiments :

 Le marché interbancaire :
 Le marché des titres de créances négociables « TCN « »
 Un marché hypothécaire et une titrisation encore marginaux

Les compartiments du marché monétaire :


Le marché interbancaire :
Le marché interbancaire est un marché de monnaie centrale, de très court
terme, le marché interbancaire est le lieu privilégié des interventions de la banque
centrale et par conséquent de l'expression de la politique monétaire, et encore c'est le
lieu ou les banques placent leurs excédents de la monnaie centrale ou couvrent leurs
besoin de la monnaie centrale (la liquidité bancaire), donc la banque gère sa trésorerie
pour ne pas avoir , au terme d'une journée un solde débiteur auprès de l'institut
d'émission( BAM) par conséquent doit veiller en permanence à détenir un certain
montant en monnaie centrale.

a- les intervenants
Seules les banques, la CDG, la Caisse Marocaine des Marchés, Dar Addamane,
et la caisse centrale de Garantie sont habilitées à intervenir sur le marché
interbancaire.
b- nature des opérations

30
Le Système Financier Marocain

On trouve principalement l’opération en blanc c.-à-d. les opérations de prêt


sans garantie puisque au Maroc les intervenants de ce marché sont connues donc, il
n'y a pas un marge de risque, il y a encore les pensions livrés : consiste à prêter des
liquidités conte une garantie sous forme des titres de valeurs ou des effets qui
garantissent tout simplement le remboursement du prêt (les crédits accordés par
BAM).
 Intervention de BAM sur l'interbancaire
Le marché interbancaire est devenu le lieu privilégié de BAM d'exprimer sa
politique monétaire surtout après la suppression de la technique de réescompte en tant
que moyen de refinancement des banques marocaines officiellement en juin 1995.
BAM injecte de la liquidité dans le but de maintenir les taux interbancaire au jour le
jour à un niveau proche du principal du taux directeur (3,25%), ou ponctionne de
monnaie centrale pour le même but c'est le maintien des taux interbancaire au jour le
jour à un niveau proche du principal taux directeur.
L'injection de la monnaie est sous forme des avances sur appel d'offre de 7jours
a l'initiative de BAM, et il y a encore les avances de 5 jours a l'initiative des banques
et puis les avances de 24heures soit a l'initiative des banques ou de BAM, pour ne pas
arriver à la fin de journée avec un solde débiteur auprès de la banque centrale (BAM).

 Un marché des titres de créances négociables :

L'institution du marché des titres de créances négociables s'inscrit dans le


mouvement d'ouverture du marché monétaire aux agents non-financiers. Ce marché
concerne les acteurs économiques qui sont à la recherche de fonds pour assurer le
financement de leurs investissements. Avant la création de ce marché en 1995, seul le
Trésor avait la possibilité de faire appel directement aux financements des autres
opérateurs économiques.
Un titre de créance est un titre financier qui matérialise l'engagement d'un
emprunteur envers un prêteur qui, en contrepartie, met les fonds à sa disposition.
L'emprunteur s'engage sur l'échéancier de remboursement et les conditions de
rémunération assises sur un taux fixe ou un taux variable indexé.
Au delà des titres obligataires et bons du Trésor, déjà fortement utilisés, le
législateur à distingué trois catégories de titre de créances selon la nature de
l'émetteur. Ces titres sont tous négociables et leur liquidité est assurée sur le marché
secondaire.
-Les certificats de dépôt (CD) émis les banques sont des titres constatant une dette
remboursable à une échéance déterminée, intérêts compris. Leur maturité est
comprise entre 10 jours et 7 ans ;
-Les bons de sociétés de financement (BSF) sont des titres de créances émis,
remboursables à terme prédéterminé, intérêts compris, par les sociétés de
financement sous contrainte de ne pas dépasser un taux de 40% entre l'encours des

31
Le Système Financier Marocain

bons émis et celui de leur emploi sous forme de crédit à la clientèle. les BSF sont
émis pour une durée allant de 2 à 7ans ;
-Les billets de trésorerie (BT) sont des titres de créance, émis exclusivement par des
entreprises non financières (disposant d'un niveau de fonds propres au moins égal à 5
Million MAD), remboursables intérêts compris, au terme d'une période de 10 jours à
un an maximum.

 Un marché hypothécaire et une titrisation encore marginaux :

La technique de titrisation consiste à transformer des crédits en titres


négociables et à les céder sur le marché financier. Cette technique permet le
refinancement des établissements bancaires qui cèdent leurs créances hypothécaires,
qui s'étalent généralement sur longue période, en émettant en contrepartie des titres
négociables. Elle permet également d'alléger les actifs des établissements bancaires et
donc réduit leurs besoins en fonds propres au regard des contraintes instaurées par le
ratio Cooke.
Au Maroc, le régime juridique relatif à la titrisation des créances hypothécaires
a été institué par la loi du 25 août 1999. Conformément à ce texte, les établissements
de crédit ont la possibilité de céder leurs créances hypothécaires à des organismes
tiers « les Fonds de Placement Collectif en Titrisation ». Ces derniers ont pour objet
exclusif d’acquérir des créances hypothécaires en émettant des parts représentatives
des créances ou accessoirement des obligations. Dans une première phase, seuls les
investisseurs institutionnels ont la possibilité de souscrire aux parts du premier FPCT.
Il s’agit des OPCVM, des établissements de crédit, des entreprises d’assurances et de
réassurances, de la Caisse de Dépôt et de Gestion et des organismes de retraite.
L’expérience de la titrisation est très récente au Maroc. La première société de
titrisation des créances dénommée « Maghreb-Titrisation » a été créée au mois d’avril
2001.

II-La nouvelle politique monétaire au Maroc


La nouvelle politique monétaire au Maroc est désormais axée sur l’utilisation
de deux instruments : le contrôle du refinancement bancaire par les procédures des
pensions et les opérations d’Open Market. Néanmoins, il est à signaler que les
réserves obligatoires existent toujours et qu’elles sont parfois employées en tant
Qu’instrument de politique monétaire.

A. Refinancement bancaire et procédures des pensions

Par ce mode d’intervention, BAM refinance les banques en leur accordant des
crédits à court terme garantis par des titres tels que les bons de trésor. Ce type de
crédits est appelé des pensions. Il en existe trois catégories :
 Les pensions à une semaine sur appel
32
Le Système Financier Marocain

D’offre.
 Les pensions à cinq jours.
 Les pensions à 24 heures.
Le premier type de pension : a une dimension déterminante par rapport aux
deux restants en matière de contrôle par les taux d’intérêt.
En effet, les taux de rémunération des pensions à 5 jours et à 24 heures sont
callés sur ceux des pensions à une semaine.
A partir de là et connaissant le fonctionnement de ce mode de refinancement
des banques, il apparaît que cette dernière dispose d’un outil qui peut se révéler
efficace : en fixant un niveau de rémunération élevé, BAM tend à décourager le
refinancement et donc à limiter les liquidités des banques et inversement.

B. L’intervention par le marché : les opérations d’Open Market

Les opérations d’open market consistent pour BAM à intervenir sur le marché
monétaire en achetant et vendant des titres (bons de Trésor essentiellement). Cette
intervention a pour objectif d’influencer les conditions du marché, en particulier le
taux d’intérêt (prix de la monnaie échangée) en vue d’agir sur l’affectation des
liquidités excédentaire des banques et par conséquent sur leurs capacités à créer la
monnaie.
Le fonctionnement du marché monétaire repose principalement sur les taux
actuels et l’anticipation des banques sur l’évolution ultérieure des ces taux.
Dans le cadre de leur recherche du placement le plus rentable, les banques ont
à faire un choix entre l’achat de titres sur le marché Monétaire (refinancement de
crédits anciens) ou l’accroissement de Leurs crédits à l’économie (financement de
crédits nouveaux). Une Élévation du taux d’intérêt du marché monétaire incite les
banques à Choisir le refinancement.
Cette incitation est au cœur des opérations d’open market. En effet, Lorsque
BAM veut absorber les liquidités excédentaires des banques (Pour éviter qu’elles
soient transformées en crédits à l’économie) elle informe les banques qu’elle est
disposée à acquérir des liquidités (en offrant des bons de trésor par exemple). Elle
agit ainsi sur la demande de monnaie et entraîne une augmentation du taux d’intérêt
Du marché.
Cette augmentation du taux d’intérêt s’analyse comme une baisse de la valeur
des titres anciens que BAM possède. En anticipant une baisse du taux d’intérêt, les
banques sont plus attirées par L’acquisition des titres anciens (dont la valeur est
prévue en augmentation).
A travers ce mécanisme, les opérations d’open market offre à BAM une
possibilité supplémentaire pour contrôler la masse monétaire par l’action indirecte sur
les taux d’intérêt du marché monétaire (en augmentation comme en diminution).
II- Le marché de change
33
Le Système Financier Marocain

1- l’historique du marché des changes Marocain :

Avant le 03/06/1996 l’ensemble des transactions et tous les ordres d’achat et de


vente des devises émanant des intermédiaires agrées devaient impérativement
transiter par le canal de Bank Al Maghreb. La totalité des recettes d’exportation de
biens et de services ainsi que tous les autres produits, revenus ou moyens de
paiements internationaux avait un caractère obligatoirement cessible auprès de
l’institution d’Émission.

Cela laisse remarquer le monopole de la banque centrale qui est venu pour
instaurer une rigidité agissant négativement sur les dates de valeurs et limitant la
possibilité de suivre l’évolution du marché mondial.

Sur un plan plus pratique, les banques agrées étaient tenus d'acheter ou de vendre
leurs soldes de devises à Bank Al-Maghreb sur une base quotidienne et dans le cadre
d'une procédure complexe.

De ce fait, la création d’un marché des changes interbancaires au Maroc traduit


la volonté de donner aux banques la possibilité de conserver et de gérer leurs
positions de change au comptant et à terme. C’est le couronnement d’un long
processus de déréglementation et de libéralisation entamé par les pouvoirs publics au
début des années 80, dans le cadre de la mise en œuvre du PAS.

Au Maroc, c’est la circulaire 1633 de l’Office des changes qui a annoncé


l’institution du marché des changes. Elle est datée du 01/04/1996, car le marché
devait démarrer le 02/051996. Mais à la demande des banques, et avec l’accord des
autorités monétaires, le démarrage fut décalé d’un mois supplémentaire, soit le
03/06/1996.

En Janvier 1997, le marché des changes Marocain a été ouvert au marché


international des capitaux pour permettre aux banques d ‘effectuer des opérations de
change de devises contre devises auprès de leurs correspondants étrangers.

L'objectif étant de permettre aux banquiers marocains d'améliorer sensiblement les


conditions d'exécution des ordres en devises de leur clientèle, développer les
techniques de couverture à terme et promouvoir l'émergence d'un marché monétaire
interne en devise par des opérations de prêts et d'emprunts interbancaires en
monnaies étrangères.
34
Le Système Financier Marocain

2- Les intervenants sur le marché des changes


Le marché des changes est réservé aux institutions financières : Banques,
investisseurs institutionnels et institutions financières non bancaires. Ces opérateurs
interviennent pour leur propre compte ou celui de leur clientèle. Ils peuvent négocier
directement entre eux ou passer par l’intermédiaire de courtiers.

 les banques commerciales :


IL s’agit des plus importants opérateurs sur le marché des changes. Elles prennent en
charge les opérations de change pour leur propre compte ou celui de leurs clients.
Pour faciliter leurs opérations, les banques ont des dépôts auprès d’institutions
financières étrangères qui jouent le rôle des correspondants.

Le profit des banques sur le marché a deux origines :

* un profit commercial : qui a pour définition la différence entre les cours sur le
marché interbancaire ;

* un profit spéculatif : consistant en la prise des positions spéculatives sur le


marché dans l’anticipation d’une variation du taux de change. En entreprenant de
telles opérations, les banques prennent en effet en charge le risque de change dont se
débarrassent les exportateurs et les importateurs. Elles jouent également ce faisant le
rôle de contrepartiste (market maker).

Cependant, l’importance de la spéculation induite par les banques est faible en


comparaison avec celle générée par la clientèle privée. Toutefois, les banques ne
refusent pas la spéculation de leurs clients, car ces opérations sont une source de
revenus et de commissions. De même, il est difficile de s’opposer aux désirs d’une
clientèle qui passerait immédiatement à la concurrence si elle ne trouvait pas les
services qu’elle exige.

 la banque centrale :
Elle intervient massivement, mais de manière irrégulière sur le marché.
Généralement, elle remplisse trois fonctions principales :

+ Elle exécute les ordres de sa clientèle : administrations nationales, banques


centrales étrangères, organismes internationaux ;

+ Elle assure sinon le contrôle, du moins la supervision du marché. Cette emprise est
plus ou moins forte selon le contrôle des changes ;

35
Le Système Financier Marocain

+ Elle cherche à influencer l’évolution des taux de change, d’une part, pour des
raisons de politique économique interne, et d’autre part, pour faire respecter certains
engagements internationaux formels ou informels.

 les autres institutions financières :


Les institutions financière non bancaires sont devenues depuis le début de la décennie
1990 des opérateurs extrêmement importants sur le marché des changes.

Ces institutions comprennent les filiales financières ou bancaires des groupes


industriels du fait que la tendance de ces derniers à créer des filiales financières s’est
accentuée dans les années 80.

 les investisseurs institutionnels :


Ils sont les plus importants participants non bancaires du marché des changes. Cet
ensemble regroupe plusieurs catégories d’opérateurs : les fonds de pension, les
caisses de retraite, les sociétés d’assurance, les fons d’investissement et les fonds
communs de placements.

 la clientèle privée :
Elle n’intervient pas directement sur le marché des changes. Pour ce faire, elle
procède à des achats et à des ventes de devises en s’adressant aux banques qui ont
une activité de teneurs de marché ou en utilisant les services des courtiers.

La clientèle privée regroupe trois catégories d’opérateurs :

-Les particuliers : dont l’influence est tout à fait marginale ;

-Les entreprises : souvent dénommées sociétés non financières (corporates) ;

-Les institutions financières qui n’ont pas de présence permanente sur le marché des
changes ou qui ne disposent pas des fonds propres requis pour participer directement
à ce marché.

Ces opérateurs interviennent sur le marché des changes pour satisfaire des besoins en
devises induites des opérations commerciales (exportations et importations) ou des
opérations financières internationales (prêts et emprunts en devises). Ils interviennent
aussi pour des raisons de spéculation.

 les courtiers :
Bien qu’il ne soit pas indispensable de passer par leurs services, les courtiers jouent
un rôle essentiel sur le marché des changes en tant qu’informateurs et en tant
qu’intermédiaires.
36
Le Système Financier Marocain

+ Informateurs : puisque sans qu’eux même ou la banque soient obligés d’acheter ou


de vendre des devises (ce qui est généralement le cas : les cambistes négocient
directement entre eux), ils informent les opérateurs des cours auxquels s’échangent
les différents monnaies ;

+ Intermédiaires : dans la mesure où ils centralisent les ordres d’achat et de vente de


plusieurs banques.

 L’office de change
L’office de change est un établissement public, sous tutelle du ministère des finances
et de la privatisation, doté de la personnalité civil et de l’autonomie financière. Il est
chargé, de par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur, de trois
missions essentielles :

Édicter les mesures relatives à la réglementation des opérations de change en


autorisant à titre générale ou particulier les transferts à destination de l’étranger et en
veillant au rapatriement des avoirs obligatoirement cessible (recettes d’exportation et
de bien et service).
Constater et sanctionner et les infractions à la réglementation des changes.

3- Le nouveau cadre légal et institutionnel du marché des changes


Marocains
C'est la circulaire 1633 de l'Office des Changes qui a annoncé l'institution du
marché des changes. Datée du 1 avril 1996, cette circulaire définit notamment
l'organisation et le fonctionnement de ce marché et précise les nouvelles procédures
d'achat et de vente de devises.

D'autres circulaires de Bank Al Maghrib sont venues apporter des précisions


quant aux modalités d'application de la circulaire de l'Office des Changes mais aussi
de l'arrêté du Ministère des Finances et des Investissements Extérieurs du 29 Mars
1996 relatif aux positions de change des établissements bancaires. Elles précisent, en
outre, les normes de déontologie que doivent observer l'ensemble des intervenants sur
le marché des changes.

A- Le fonctionnement du marché des changes:

La circulaire 1633 de l'Office des Changes précise que :

37
Le Système Financier Marocain

« Les intermédiaires agrées sont autorisés à effectuer entre eux et avec la clientèle
des opérations d'achat et de vente de devises et à constituer des positions de change
dans les conditions fixées par les autorités monétaires.»

Après avoir défini la nature des opérations devant être effectuées sur ce marché
ainsi que les différents compartiments qui le composent, l'Office des Changes
rappelle que, même si les banques sont désormais habilitées à s'échanger
mutuellement les devises sans obligation de cession au profit de la Banque Centrale,
le traitement des opérations pour lesquelles ces devises sont achetées ou vendues
doivent cependant être exécutées conformément à la réglementation des changes en
vigueur. Ainsi, les résidents demeurent tenus de rapatrier au Maroc, dans les délais
réglementaires, le produit des exportations de biens et services ainsi que tous les
autres produits, revenus ou moyens de paiement ayant le caractère obligatoirement
cessible.

De même, les intermédiaires agrées continueront à transmettre régulièrement à


l'Office des Changes les comptes rendus habituels concernant les opérations d'achat et
de vente de devises effectuées sur le marché des changes pour le compte de la
clientèle et ce, conformément aux conditions prévues par l'Instruction 05 relative à
l'établissement de la balance des paiements.

a- La nature des opérations :

La circulaire de Bank Al Maghrib N°61 DAI 96 stipule :

« Les intermédiaires agréés sont autorisés à effectuer sur le marché des changes
les opérations en devises au comptant et à terme et ce, pour leur propre compte ou
pour le compte de la clientèle. Aucune restriction n'est imposée quant au choix des
devises traitées par les intermédiaires agréés entre eux et avec la clientèle.

Suite de la circulaire N°61 DAI 96

Les excédents et besoins en devises des banques peuvent être négociés auprès
d'autres intermédiaires agréés à des taux de change déterminés d'un commun
accord entre les parties, ils peuvent également être traités avec Bank Al Maghrib ».

Conçu initialement uniquement aux transactions entre les banques locales, le marché
des changes marocain a été étendu en Janvier 1997 aux banques étrangères pour les
opérations d'achat et de vente de devise contre devise au comptant (cross), à
l'exclusion, toutefois, des monnaies des pays membres de l'Union du Maghreb Arabe
(UMA).

38
Le Système Financier Marocain

Comme le stipule la circulaire 473 DAI/97 de Bank Al Maghrib « les taux de change
applicables à ces opérations sont négociés librement entre les parties ».

b- L'organisation du marché :

Bank Al-Maghrib affiche en continu, sur les écrans «Reuters», les taux de change
applicables aux opérations d'achat et de vente de devises avec les intermédiaires
agrées. Ces taux sont exprimés à l'incertain (montant en dirhams correspondant aux
unités des devises cotées).

Les opérations traitées avec Bank Al-Maghrib sont effectuées en continu de


8h30 à 15h30, sur la base d'une date de valeur de J+2 (2 jours ouvrables)
conformément à la norme internationale. Les banques peuvent également convenir
des dates de règlement en valeur décalée (valeur jour ou lendemain). Le non respect
de la date de valeur par l'une des parties donne droit à la contrepartie d'exiger, en
compensation, des intérêts de retard.

Toute opération traitée sur le marché des changes doit faire l'objet d'une
confirmation immédiate par échange entre les deux parties de messages télex ou
Swift reprenant toutes les caractéristiques de la transaction.

Les taux de change offerts à la clientèle devant inclure une commission de


2%o, dont le produit est versé à Bank Al-Maghrib pour le compte de l'Office des
Changes. Les opérations de cross (devise contre devise) effectuées avec les banques
étrangères sont exonérées de cette commission.

B Les mesures prudentielles:

Elles sont édictées par la circulaire n°9/G/96 de Bank Al-Maghrib du 29 Mars 1996.
Elles se rapportent essentiellement aux ratios devant être observés par les
intermédiaires agrées dans le cadre de leur intervention sur le marché des changes.

a- Le respect des ratios:

Les établissements bancaires doivent observer de manière permanente :

-Un coefficient maximum de 7% entre la position de change longue ou courte par


devise et les fonds propres nets.

-Un coefficient maximum de 20% entre le total des positions de change longues ou
courtes et les fonds propres nets.

Tout dépassement des nivaux maximums des positions de change doit faire l'objet
d'un nivellement auprès de Bank Al-Maghrib par achat ou vente de devises avant
39
Le Système Financier Marocain

15h30. Les cours applicables à ces opérations étant ceux affichés par Bank Al-
Maghrib au moment du nivellement.

b- Le système déclaratif:

Dans le cadre du contrôle de la régularité des opérations traitées sur le marché des
changes, les banques sont tenues d'adresser quotidiennement à Bank Al-Maghrib les
états suivants (à 18 heures au plus tard) :

 Achats et ventes de devises au comptant à la clientèle ;


 Principales opérations interbancaires au comptant en devise ;

 Principales opérations à terme ;

 L’état des positions de change ;

 Achats et ventes de devise contre devises auprès d'une banque étrangère dont le
montant est supérieur à l'équivalent de 5 millions de DH ;

 Toute position dans une devise, enregistrant une perte de change de plus 3%.

En outre, les intermédiaires agrées sont tenus d'adresser à la Banque Centrale, d'une
part, un état hebdomadaire concernant les prêts et emprunts interbancaires en devises,
et d'autre part, un état trimestriel relatif aux comptes en devise ouverts sur leurs
livres, consolidé par devise et par échéance.

4-La déontologie du marché :


Pour promouvoir le professionnalisme des cambistes et préserver la réputation du
marché des changes marocain, la Banque Centrale a tracé les normes de déontologie
devant être observées par l'ensemble des intervenants.

Les intervenants sur le marché des changes sont tenus de respecter fidèlement le code
déontologique et les pratiques régnant dans les marchés internationaux :

 les intervenants sont tenus au secret professionnel aussi bien durant l'exercice
de leur fonction qu'après la cession de l'activité :
 S'abstenir de participer ou de contribuer à toute opération visant à fausser les
mécanismes du marché en vue d'en tirer profit ou un intérêt quelconque ;

 Éviter d'entretenir des rumeurs sur le marché pouvant porter atteinte au crédit
d'autres intervenants ou de manipuler le processus de formation des cours ;

40
Le Système Financier Marocain

 Informer la clientèle des risques encourus pour les opérations qui leurs sont
proposées ;

 les directions doivent veiller à ce que les opérateurs aient toutes les qualités
nécessaires à l'exercice de leurs onctions.

5-Les avantages et limites du marché des changes Marocain


a/ Avantages :

L'institution du marché des changes au Maroc apporte quatre innovations majeures :

 La fin du monopole de Bank Al-Maghrib en matière de la gestion centralisée


des devises du pays ;
 La détermination des taux de change par les banques en fonction de l'offre et de
la demande des devises, tout en restant, bien entendu, à l'intérieur des marges
d'intervention fixées par la Banque Centrale ;

 Le réajustement des dates de valeur à la norme internationale en raccourcissant


le délai d'exécution des transactions, ramené à J+2 au lieu de J+3 comme ce fut le cas
auparavant ;

 Enfin, l'introduction des techniques de couverture contre le risque de change


telles qu'elles se pratiquent.

b. Limites :

Les obstacles auxquels se heurte ce marché sont loin d'être négligeables. Ils sont
d'ordre culturel, structurel et professionnel et ils interpellent l'ensemble des acteurs
qui interviennent sur le marché.

† Les obstacles culturels :

Comment peut-on expliquer le peu d'intérêt manifesté par les entreprises au


fonctionnement de ce marché et plus particulièrement à la gestion du risque de
change ?

Il y a une tradition historique au Maroc de vivre dans un univers fortement


administré. Jusqu'au début des années 90, la vie d'un financier d'entreprise comme
celle d'ailleurs d'un banquier était rythmée par la réglementation des prix et des
changes ; l'encadrement du crédit, la bonification des taux d'intérêt, le financement
sélectif, la tarification uniforme de l'épargne et du crédit, la fixation administrée des
taux de changes... Bref, tout était réglementé dans le moindre détail...
41
Le Système Financier Marocain

Les entreprises ont passé une grande partie de leur vie professionnelle dans cet
univers. Elles sont culturellement plus proches des règlements que du marché. C'est
ce qui empêche d'ailleurs les trésoriers et les financiers d'entreprises de s'orienter
spontanément vers la prise en compte réelle des risques financiers.

† Les faiblesses structurelles :

L'existence d'un marché monétaire fiable et transparent est une condition au bon
fonctionnement du marché des changes. Or, l'absence pour le moment d'une grille de
taux des prêts et emprunts en dirham constitue un handicap pour les opérateurs qui
interviennent sur le marché à terme. Cette grille devant être systématiquement
affichée sur l'écran Reuter se veut une composante essentielle dans le calcul du
change à terme.

En outre, les opérations de swaps sont trop peu utilisées par les banques. Bien qu'elles
soient légalement autorisées par la Banque centrale, les opérateurs n'en perçoivent
pas encore l'utilité. Et pourtant, les swaps apportent un complément appréciable en
matière de couverture du risque de change.

Enfin, l'absence de techniques de couverture contre la variabilité des taux d'intérêt


risque de limiter l'utilisation des swaps par les opérateurs qui souhaitent avoir une
vision globale de la couverture des risques dans le cadre d'une véritable gestion
financière.

† Le manque d'information et de formation :

Le marché des changes a donné lieu à la création de nouveaux métiers. Si les


banquiers s'y sont préparés en formant des cambistes, les entreprises, en revanche,
n'ont fait subir à leurs trésoriers aucune formation particulière. Or, ce sont ces
trésoriers qui sont appelés à dialoguer avec les cambistes. Non seulement ils doivent
comprendre les produits qu'on leur propose mais aussi savoir arbitrer et négocier en
connaissance de cause.

Quelle que soit la pertinence des instruments utilisés dans ce marché, aucun résultat
probant ne peut être escompté si le trésorier ou le financier de l'entreprise à qui sont
destinés ces instruments n'est pas en mesure de les assimiler, de les exploiter et d'en
tirer profit.

On ne saurait donc trop insister sur le rôle fondamental de la formation et du


perfectionnement d'un personnel hautement qualifié pour la réussite d'un tel marché.

III- Marché des capitaux à long terme


42
Le Système Financier Marocain

Les agents économiques connaissent rarement un équilibre parfait entre leurs


recettes et leurs dépenses : le bon fonctionnement de l’activité suppose alors que les
capacités de financement puissent être mises à la disposition des besoins de
financement. La rencontre peut se faire directement sur des marchés de capitaux.

Le marché des capitaux regroupe deux catégories de marché :

Le marché interbancaire est exclusivement réservé aux agents financiers et met donc
en relation :

 Les établissements de crédit ;


 Le trésor public ;
 La banque centrale.

Tandis que sur le marché des titres et créances tous les agents économiques peuvent
intervenir, s’émettre et s’échanger des titres de créances négociables.

Les titres et créances négociables portent un nom différent selon l’émetteur :

 Bons du trésor négociables, pour l’Etat ;


 Billets de trésorerie, pour les entreprises ;
 Certificats de dépôt, pour les banques.

Sur le marché des obligations et des actions qui constitue le marché des capitaux à
long terme sont émis et échangés des actions et obligations.

1-Définition du marché financier (des capitaux à long):


Dans un sens plus étroit, c'est le marché où s'échangent les titres à moyen et
long terme (valeurs mobilières) contre de la monnaie. Il comprend un marché
primaire, qui permet aux entreprises de se financer et aux épargnants d'acquérir de
43
Le Système Financier Marocain

nouveaux titres et un marché secondaire, qu'on appelle la Bourse, qui permet de


revendre des titres.

Importance et rôle du marché des capitaux à long terme :

Ces marchés, en utilisant l’épargne des investisseurs financiers sur les


différentes valeurs mobilières, jouent un rôle très important sur le plan économique
en permettant à l’Etat (trésor), aux entreprises publiques et semi publiques ainsi
qu’aux sociétés privées de trouver les ressources longues nécessaires au financement
de leurs programmes de développement.

Ils contribuent ainsi à la formation brute de capital fixe et à son accroissement,


autrement dit à l’investissement et à la croissance.

Sur le marché des capitaux à long terme on peut donc distinguer deux
compartiments :

Le marché primaire sur lequel sont cédés les titres nouvellement émis par les
agents ayant des besoins de financement.
Le marché secondaire (la Bourse) sur lequel ces titres sont échangés entre
agents économiques.

Les agents économiques qui interviennent sur ce marché pour obtenir des
capitaux peuvent soit émettre des actions (marché boursier) soit émettre des
obligations (marché obligataire) : Une action représente une part du capital d’une
société, qui donne droit à un droit de vote et à une part du bénéfice de l’entreprise
(dividende). Le marché obligataire pour sa part est le lieu ou les agents économiques
s’échanges des parts des emprunts émis par des agents économiques en déficit de
financement. La détention d'une obligation donne droit à la perception d’un intérêt.
Le préteur récupère son capital lorsque l’obligation arrive à son échéance.

2-Marché financier (des capitaux à long terme) marocain :

Le marché financier est un marché où se traite essentiellement les opérations relatives


aux valeurs mobilières (principalement actions ou obligations).

 Le marché primaire :
Le marché primaire est défini comme étant "le marché du neuf " des valeurs
mobilières sur lequel l’émetteur d’actions, d’obligations ou d’autres types de valeurs
lancent leurs opérations avec le concours des banques.
Il n’y a pas de lieu géographique abritant ce marché primaire qui est, en ce sens,
immatériel.
44
Le Système Financier Marocain

Les opérations suivantes sont réalisées sur le marché primaire, nous avons l’émission
des :
a-Actions :
La création et l’émission des actions sur le marché primaire avant leur introduction
éventuelle sur le marché boursier ou marché secondaire et leur négociation résulte
principalement des augmentations de capital et accessoirement des constitutions de
sociétés.
b-Obligations :
Les émissions d’emprunts obligataires sont réservées à l’Etat, aux entreprises
publiques ou semi publiques autorisées ou garanties par l’Etat et, au niveau des
entreprises privées, aux seules sociétés anonymes ayant deux années d’existence et
un capital entièrement libéré (art. 293 de la loi num.17-95 du 30 août 1996 sur les
SA).
Au Maroc, les obligations sont généralement émises par le trésor et les établissements
publics ou semi publics comme la BNDE le CIH, la CNCA dont les émissions sont
garanties par l’Etat et ce, pour des durées de 5 ans et 10 ans principalement. Elles
sont souscrites essentiellement dans le circuit intermedié.
c-les obligations convertibles en actions :
C’est un titre mixte entre les obligations et les actions.
La loi autorise les sociétés anonymes remplissant les conditions citées haut à émettre
ces titres en précisant que cette possibilité ne s’étend pas aux sociétés dans lesquelles
l’Etat détient directement plus de 50 pour cent du capital (loi 316 de la loi 17-95 du
30 août sur les SA).
En cas de conversion des obligations en actions les actionnaires doivent renoncer à
leur droit préférentiel de souscription au profit des porteurs d’obligations.
Un exemple d’obligations convertibles en actions qui a connu un succès dès sa
création est celui des bons de privatisation(BDP).
Les BDP ont été crées en janvier 1996 pour accompagner et enrichir le programma de
privatisation.
Le marché primaire a enregistré deux émissions de BDP en 1996 totalisant 2,76
milliards de dirhams.

- les émissions d’actions réalisées par les entreprises pour augmenter leurs fonds
propres ;
-les lancements d’emprunts obligataires.

 Le marché secondaire
Le marché secondaire est "le marché de l’occasion " des valeurs mobilières. C’est sur
ce marché que l’épargnant revend les valeurs qu’il détient et en achète d’autres. C’est
le marché le plus connu par le public puisqu’il est assuré par la bourse des valeurs de
Casablanca.
45
Le Système Financier Marocain

3- Fonctionnement et organisation du marché boursier

Le marché central

Le marché central est géré par la Bourse de Casablanca et permet la confrontation


électronique de l’offre et de la demande.
Les sociétés de bourse introduisent les ordres d’achat et de vente à travers leurs
stations de négociation et c’est le système électronique qui détermine le cours
d’équilibre.
La séance de cotation sur le marché central dure de 10h à 13h. Le seuil de variation
du cours d’une action ne peut pas dépasser
6% à la baisse ou à la hausse au cours d’une même séance de bourse.
L’investisseur pourra suivre en ligne l’évolution des cours sur le marché central à
travers le site web de la bourse sur l’adresse www.casablanca-bourse.com et pourra
aussi consulter des informations financières sur des sociétés cotées à la bourse de
Casablanca.

Le marché de blocs .

Une opération de bloc est une transaction qui n'a pas lieu sur le marché central.
Le marché des blocs est un marché de gré à gré. La société de bourse connaît à
l’avance un acheteur et un vendeur d’une même action au même cours et procède à
l'enregistrement de la transaction auprès de la bourse des valeurs de Casablanca.
La Bourse n’intervient que pour l’enregistrement des opérations traitées sur ce
marché.
Il existe une taille minimum du bloc qui est fixée par la bourse. Et généralement c’est
un marché qui est réservé aux grandes transactions.

IV- Les Nouveaux Marchés


1-Le marché des produits dérivés

46
Le Système Financier Marocain

Au cours des années 70, le passage au taux de change flottants, les nouveaux
principes de la politique monétaire américaine qui ont induit une volatilité plus élevée
des taux d'intérêt, l'internationalisation et la déréglementation des marchés financiers,
la montée de l'endettement international ont sensiblement accru les risques auxquels
sont confrontés Etats, organismes supranationaux, entreprises, banques, etc.

La nécessité plus impérieuse de couvrir des opérations en devises, des


emprunts à court ou long terme, des investissements boursiers, etc., a été à l'origine
de l'émergence nouveaux marchés sur lesquels sont émis et se négocient des actifs
conçus pour autoriser la gestion des risques liés aux opérations ou aux instruments
financiers venant d'être évoqués. Aussi les désigne-t-on comme des marchés dérivés.

La valeur de ces actifs dépend de celle des instruments financiers dont ils
assurent la couverture et des incertitudes du contexte économique, on les désigne
encore comme des actifs contingents.

 TYPES DE MARCHES DE PRODUITS DERIVES :

Il existe deux types de marchés des produits dérivés : les marchés organisés et
les marchés de gré à gré.

1-Les marchés organisés (ou marché à terme de la Bourse):

Le marché organisé d’une Bourse est son compartiment abritant les


opérations à terme (prix fixé aujourd’hui, livraison de l’actif financier sous-jacent à
l’échéance). On y négocie des contrats à terme (en anglais, on dira que l’on négocie
des futures) et des options. La sécurité y est renforcée par des dépôts de garantie et
des appels de marge; le dépôt de garantie est un versement préalable d’une partie de
la valeur du contrat visant à prouver une certaine liquidité de l'intervenant contractant
une opération dérivée. L'appel de marge est quant à lui une somme à verser par
l'intervenant ayant perdu son pari à terme; un cours quotidien de compensation ,
déterminé en fin de journée à la Bourse, permet ainsi de calculer les plus-values et les
moins-values des opérateurs (c’est-à-dire la valeur qu’a prise le sous-jacent au
comptant par rapport au pari pris par les contreparties du produit dérivé) : chacun voit
alors son compte soit débité, soit crédité, et en cas de moins-value, l'opérateur doit de
suite reconstituer la part de dépôt de garantie ayant été imputé par cette perte .

Les marchés organisés sont dotés d'une chambre de compensation qui les
régule, fournit une contrepartie et surveille la régularité des opérations effectuées.

 A la Bourse (c'est-à-dire sur les marchés organisés), seuls peuvent


négocier les opérateurs agréés et les règles des négoces (entre ces opérateurs agréés)
s'y déroulant sont fixées par cette Bourse. Autrement dit, la Bourse est un marché
47
Le Système Financier Marocain

organisé qui fixe les règles des négoces et n'accepte pour ces négoces que des
opérateurs agréés. Ce qu'il faut entendre par règle ici, c'est par exemple la variation
minimale des cours ou encore les quantités minimales de valeurs à négocier
 La chambre de compensation est un juge-arbitre se chargeant de
"liquider" l'opération, c'est-à-dire qu'elle va s'assurer que le vendeur remette ses
valeurs et se fasse payer d'une part, et que l'acheteur paye et se fasse remettre les
valeurs d'autre part. Elle a aussi comme rôle de s'assurer du versement du dépôt de
garantie, de la publication du cours de compensation et du versement de l’appel de
marge. Enfin, elle s’assure qu'un nombre suffisant d'intervenants soient présents pour
l’ensemble des opérations (c’est-à-dire que chaque opération ait deux contreparties).
Du fait de la présence de cette chambre de compensation, il existe toujours une
contrepartie au sein des marchés organisés et chaque intervenant a la possibilité de
sortir facilement de ces marchés, vu qu'il y a toujours un nombre suffisamment
important d'intervenants, ce qui rend l'influence de chacun d'entre eux négligeable.

2-Les marchés de gré à gré :

Au contraire du marché organisé de la Bourse, le marché de gré à gré abrite


des opérations non réglementées ; ces opérations au sein du marché de gré à gré sont
donc les plus dangereuses pour le système financier international, vu qu’elles ne font
l'objet d'aucun contrôle, d'aucun dépôt de garantie ou d'appel de marge et ne
possèdent pas de chambre de compensation. On y négocie en leur sein aussi bien des
futures (contrats a terme) que des forwards (opérations a terme) et d'autres produits
plus complexes (options, swaps, ...).

Les marchés de gré à gré diffèrent de toute Bourse (ou marché organisé) par le
fait que les opérations en son sein se décident de commun accord entre les parties
concernées, ces opérations n'étant donc généralement pas transmissibles, parce que
non standardisées (mais bien construites selon les volontés des parties concernées).
L'avantage est donc pour l'intervenant que l'on y fait du sur mesure.

Par contre, cet avantage pour l'intervenant implique un désavantage global,


celui de la totale opacité de ce type de marché. Il y a donc impossibilité d'y assurer
un éventuel contrôle visant à anticiper un dérapage du marché ou une faillite
dangereuse pour la stabilité du système financier international. Par exemple, lorsque
le pari sur l’avenir a complètement loupé pour une contrepartie et qu’elle ne peut pas
payer par manque de liquidités : si cette contrepartie est un Fonds financé par des
banques importantes, c’est tout un système de placements interbancaires qui peut être
concerné. L’opacité de ce marché est telle que même le Wall-Street Journal a dû
admettre que les échanges de gré à gré (Over the Counter en anglais, ou encore hors-
bourse en jargon français) de produits dérivés sont à la base de la menace pesant sur
le système financier international . Les produits négociés sur ce marché
n’apparaissent en effet jamais dans les bilans de sociétés et sont échangés en dehors
48
Le Système Financier Marocain

des structures où il existe un minimum de surveillance (comme sur les marchés


organisés, par exemple).

Enfin, si un contrat négocié sur un marché de gré à gré ne nécessite ni prime, ni


dépôt, cela ne veut pas dire que le versement d’une prime ou d’un dépôt y est
interdit ; ce type de marché est en réalité libre de toute contrainte et il suffit à deux
intervenants de s’entendre sur les termes d’un contrat pour que celui-ci soit négocié
de gré à gré. Par exemple, un future moyennant le versement d’une prime ou d’un
dépôt peut très bien être négocié de gré à gré. C’est le marché du sur-mesure où tout
est permis en l’absence de toute transparence. De nouveaux produits dérivés y sont
créés quotidiennement (on parle d’innovation financière) ; il suffit pour cela à une
banque de prouver l’utilité économique de ce nouveau produit et de trouver deux
contreparties attirées par lui.

 TYPES DE PRODUITS DERIVES :

Les produits dérivés sont des instruments financiers à terme. Ces produits sont
dits dérivés puisqu'ils se rapportent à un actif sous-jacent dont ils sont dérivés.

Trois grandes catégories de produits sont sur le marché :

1-Les contrats à terme

Les contrats à terme servent à acheter ou à vendre un instrument sous-jacent à


un moment précis dans le futur et à un prix donné.

- Acheter (prendre une position longue) un contrat à terme vous engage à


acheter l'actif sous-jacent à une date ultérieure.

- Vendre (prendre une position courte, à découvert) un contrat à terme vous


engage à vendre l'actif sous-jacent à une date postérieure.

Ces produits donc, sont des contrats d'achat ou de vente d'un actif à une
échéance. Ils sont à prix fixe. Selon les cas, ces contrats à terme peuvent être passés
soit sur des actifs monétaires et financiers qui peuvent être des effets, des valeurs
mobilières, ou bien encore des indices ou des devises ou soit sur des marchandises
(contrats de vente de pétrole par exemple).

 Transactions à terme de gré à gré (forwards)

Historiquement, les premiers produits dérivés ont été des transactions à terme
de gré à gré (appelées en anglais : forwards) sur des marchandises, c'est-à-dire
l'engagement ferme de réaliser dans l'avenir une transaction, achat ou vente,
49
Le Système Financier Marocain

 à une date
 à un prix
 et pour une quantité

tous les trois fixés au départ, sur l'actif sous-jacent, généralement une matière
première standardisée comme le blé en Europe ou, en Asie, le riz. L'huile d'olive
semble avoir été, dans l'antiquité, la première marchandise traitée à terme.

Sont donc attirés naturellement vers ce type de transactions :

 des professionnels désirant fixer un prix à l'avance pour une quantité


d'actif sous-jacent qu'ils doivent recevoir ou livrer dans l'avenir ;
 des spéculateurs, qui sont statistiquement la contrepartie naturelle des
premiers.

Les transactions réalisées restent exclusivement bilatérales. Ainsi, si vous avez


acheté pour la même date de livraison une quantité à A que vous avez revendue à B
quelques instants plus tard, vous devrez procéder à l'échéance à deux transactions :
payer A et prendre livraison, puis livrer B et recevoir le paiement de B. Plus le
marché est actif, plus nombreux sont les intervenants et plus nombreuses sont leurs
transactions, plus le processus de règlement/livraison devient compliqué et fragile, le
défaut d'un seul intervenant pouvant paralyser l'ensemble du processus.

 Marchés à terme organisés (futures)

Le développement des transactions de gré à gré a amené, dans le souci


d'assurer la sécurité des règlements/livraisons, la création des marchés à terme
organisés. On y négocie des engagements de livraison standardisés à des échéances
également standardisées. Le progrès décisif ici vient de ce que la chambre de
compensation du marché à terme se substitue à tous les intervenants : elle est
l'acheteur de tous les vendeurs et le vendeur de tous les acheteurs. Dès qu'une
transaction bilatérale est enregistrée à la chambre de compensation, ceux qui l'ont
effectuée ne connaissent plus chacun que la chambre de compensation elle-même
comme contrepartie. Celle-ci leur demande individuellement, dans le but de protéger
le marché, un dépôt de garantie correspondant à l'équivalent d'un ou deux jours de
fluctuation maximale des prix puis, généralement une fois par jour ouvré, procède à
un appel de marge. De même montant mais en sens inverse pour les deux
intervenants, celui-ci correspondant à la dépréciation, pour l'un, et à l'appréciation,
pour l'autre, sur la journée, des contrats qu'ils ont échangés. Le non paiement dans les
délais d'un appel de marge entraîne, habituellement, la liquidation automatique, le
lendemain à l'ouverture, de la position de l'intervenant fautif.

50
Le Système Financier Marocain

Pour une échéance donnée, les contrats qui donneront in fine lieu à règlement
et livraison sont généralement en très faible proportion du nombre total de
transactions réalisées. La plupart de celles-ci sont en fait annulées avant l'échéance
par une transaction inverse, par exemple un achat par une vente.

4- les contrats d'échange (aussi appelés « swaps ») :

Le terme Anglo-saxon Swap, signifie échange. Ces produits sont des


contrats d'échange d'actifs ou de flux financiers. Ils portent notamment sur l'échange
de devises ou sur des taux. A l'origine, les swaps furent inventés afin de répondre au
besoin de gérer les risques. Depuis, ils sont largement utilisés pour spéculer sur les
mouvements de taux. Un swap est une transaction financière pour laquelle deux
parties conviennent d’échanger une série de flux de trésorerie. Pour les entreprises, le
swap est un instrument souple qui permet de modifier le profil d'endettement à
moindre coût.

Ils sont également très utilisés lors des échanges de devises afin de contrôler
les taux de changes fluctuant considérablement.

Les types de Swaps :

 Le swap de devises : Il consiste à contracter simultanément un prêt et un


emprunt portant sur 2 devises différentes et sur des taux fixes ou variables. L’une des
parties va échanger à terme une devise A contre une devise B, et pendant toute la
durée convenue du contrat, les deux parties vont s’échanger les flux d’intérêts des
devises A et B qui sont constitutives du swap.
 Le swap de taux ou swap d'intérêts : Le swap de taux est un échange de
flux permettant de convertir une dette en devises à taux variable en dette en devises à
taux fixe et vice versa.

Les contreparties du swap échangent à des dates prédéfinies des flux d’intérêt, l’une
payant un taux fixe et l’autre un taux variable sur un nominal déterminé.
En pratique, les flux échangés correspondent au différentiel entre les deux taux.

 Autres types de swaps :


 Swap de taux (fixe contre variable).
 Swap de taux (fixe contre variable ou fixe contre fixe)
 Swap de taux (variable contre variable)
 Swap de différentiel ou swap Quanto Basis swap particulier.
 Swap de matière première
51
Le Système Financier Marocain

 Swap d'indice
 Swaption

 Les contrats d’options

Ces produits sont des contrats sur lesquels un acheteur paie une prime pour
s'assurer la possibilité d'acheter ou de vendre (option de vente et/ou d'achat) un
certain nombre d'instruments financiers soit à un prix et une date fixés d'avance soit
pendant une période donnée.

 Une option est un contrat ou une entente entre un acheteur et un vendeur


portant sur un titre ou un élément particulier, appelé élément sous-jacent.
 L’acheteur paie une certaine somme, le prix de l’option pour obtenir des
droits du vendeur, et lui, reçoit le prix de l’option et en accepte les obligations.
 Une option se négocie soit en bourse soit en privée entre deux parties.

On peut distinguer entre : Option d’Achat et Option de Vente

 Option d’achat : Donne le droit de l’acheteur d’acheter l’élément sous-


jacent au prix d’exercice jusqu’à l’échéance.
 Option de vente : Donne le droit à l’acheteur le droit de vendre l’élément
sous-jacent au prix d’exercice jusqu’à l’échéance.

Comme on peut distinguer entre : Option Américaine et Option


Européenne

 Dans le cas d’une option américaine, l’acheteur peut exercer son option à
tout moment entre t0 (prise de position) et T (échéance).
 Une option européenne ne peut être exercée l’échéance T.

Tableau de Résumé : Droits et Obligations rattachés à une position sur


option

LE
L’ACHETEUR VENDEUR

52
Le Système Financier Marocain

Paie le prix de Reçoit le prix


OPTION
l’option, a le droit de l’option, peut être
D’ACHAT
d’acheter tenu de vendre

Paie le prix de Reçoit le prix


OPTION
l’option, a le droit de de l’option, peut être
DE VENTE
vendre tenu d’acheter

Donc, on peut dire que le marché des produits dérivés est un marché plus que
florissant malgré les cris d’alarme récurrents sur une éventuelle bulle spéculative, une
liste qui ne sera jamais exhaustive et qui nécessitera de nouvelles réglementations.

2-Le capital risque


Le capital risque est devenu au cours des dernières années, une source
importante de financement des entreprises et plus particulièrement celles qui
développent de nouvelles technologies et conquièrent de nouveaux marchés. Il joue
aussi un rôle très important dans le développement de l’esprit de l’entreprise et
permet d'améliorer considérablement le financement des entreprises à fort potentiel
de croissance en créant des conditions favorables pour l'octroi de prêts bancaires.

1- Définition du capital risque

Le capital risque peut se définir comme l'association d'un entrepreneur et d'un


capitaliste, qui vont ensemble couvrir le risque de l'entreprise et partager leurs
éventuels profits. Le capital risque est donc :

Un financement en vrais fonds propres, ceux qui supportent les risques de


l’entreprise; rien à voir avec des crédits bancaires, des aides remboursables ou au
contraire non remboursables, des subventions…

Des concours financiers sans garanties, ni de la part du chef d’entreprise, ni


de l’entreprise elle-même; des concours qui ne sont pas forcément rémunérés;

Sous forme de prises de participations en capital ou sous une forme donnant


accès immédiat ou à terme au capital de l’entreprise;

Des participations le plus souvent minoritaires qui laissent le chef


d’entreprise maître de la gestion et indépendant; des participations qui peuvent ce

53
Le Système Financier Marocain

pendant dans certains cas, lorsque le niveau des financements l’exige, être
majoritaires;

Pour une durée limitée, trois, cinq, sept ans, rarement plus, cette durée étant
celle nécessaire à la réussite du projet financé;

Des interventions permettant la réalisation de projets très ambitieux en terme


de croissance et de rentabilité;

Financement original car en plus de l’argent les financiers apportent leurs


conseils en management, en stratégie de développement, en financements…Un
véritable partenariat qui n’est rendu possible que parce que ces financiers d’un genre
particulier cherchent la valorisation maximum de leur investissement par la réussite
de l’entreprise financée.

2- Les acteurs du capital risque

 Des investisseurs qui détiennent des ressources à long terme, qui gèrent
des actifs et doivent les faire fructifier: les compagnies d’assurances, des
établissements financiers, parfois des industriels mais pour des raisons plus
industrielles que financières, et aussi des personnes privées.
 Les Sociétés de Capital Risque qui permettent de financer les projets des
entreprises à la recherche de fonds propres; leurs ressources leur sont confiées par les
investisseurs de l’étage du dessus, qui en attendent des rendements plus élevés que
les placements classiques. Leur rôle est indispensable car les investisseurs n’ont ni les
moyens ni les compétences pour exercer ce métier.

La troisième catégorie d’acteurs est donc les bénéficiaires, les entreprises qui
sont prêtes à ouvrir leur capital et accueillir les financiers qui vont les aider à se
développer et à réussir leurs projets.

3- Le capital risque et le cycle de vie de l’entreprise

Le capital risque est très souvent confondu avec le capital investissement alors
que ce dernier est beaucoup plus large et englobe 4 formules (dont le capital risque
lui-même) chacune destinées à financer, une certaine phase dans la vie d'une
entreprise.
Adéquation des formules de capital – investissement avec les différentes phases d'évolution
d'une entreprise

54
Le Système Financier Marocain

Le capital-amorçage

Le capital amorçage sert à financer l'étude de faisabilité d'un grand projet


(étude de marché, business plan et tour de table) et ce, avant même que la société ne
soit créé.

Les risques de déperditions étant très élèves à ce stade, seuls des organismes
étatiques ou paraétatiques peuvent accorder de tels financements.

C'est le cas, au Maroc, du Fonds Sindibad crée par la CDG (avec la


participation de son homologue française la CDC7) fonds qui est destiné à financer les
projets innovants les différents secteurs d'activités.

Le capital-risque

Apres la création d'une société, le capital risque à pour objet de prendre en


charge une partie de son capital en vue de compléter le financement de son projet
d'investissement.

Au Maroc, c'est la plus vieille formule du capital-investissement et celle qui a


connu un certain essor dans les années 90, après qu'elle ait été introduite en 1989, à
l'initiative de la Banque Européenne d'Investissement (B.E.I).

Le capitale-développement

7
Caisse des Dépôts et Consignations
55
Le Système Financier Marocain

Le capital-développement s'adresse à des PME et à des entreprises non cotées


exerçant, leurs activités depuis quelques années déjà.

Les apports au titre du capital-développement ont pour objet de renforcer


l'assise financière de la société afin de soutenir le développement projeté par elle
(accroissement et/ou diversification des produits et des marchés, efforts à
l'exportation...).

Le capital-restructuration

Le capital-restructuration dit également turnaround ou retoumement permet à


un fonds de racheter ou de reprendre une entreprise viable et en difficulté, d'assurer
ensuite le retournement de la situation de celle-ci à travers une restructuration de
fonds (sociale, technique, commerciale et financière) et ce, avant de procéder à sa
revente ensuite, une fois la société bien rétablie.

4- Les sociétés de capital risque au Maroc

Comme beaucoup des pays voisins, les sociétés du capital risque au Maroc sont
récemment constituées surtout avec la politique de la libéralisation suivie par les
autorités monétaires marocaines dès 1993, Cette formule de financement n'a démarré
qu’à partir de 1990, avec la création de « AL Moussahama », ensuite elle a été suivie
par un groupe de sociétés, dont l’accélération s’est faite ressentir en 1997à 1998,
pour atteindre un nombre de 15 sociétés dont le capital d'une dizaine de fonds est de
1,75 milliards de dirhams, ce qui constitue une épargne importante prête à s’investir
dans les investissements productifs des entreprises marocaines.

Dans ce qui suit on peut se limiter les sociétés importantes et qui semblent plus
dynamiques, à savoir :

• La société AL Moussahama ;
• Proparco

AL Moussahama

La société de participation et de promotion du partenariat est une société


anonyme de droit privé marocain, créée en 1990 (mais le démarrage réel de son
activité n'a commencé qu'à partir de 1993), avec un capital de 55.5 millions de
dirhams pour atteindre actuellement un capital de 140 000 000 de dirhams. Le
premier tour de table de Al Moussahama était composé de cinq banque marocaines
(BCP, BMCE, BNDE, CDM et Bank-Al-amal) par la suite la BCP a racheté les
principaux partenaires pour devenir leader de 59% de capital.

56
Le Système Financier Marocain

Comme son nom l'indique, AL Moussahama vise à entrer en partenariat avec


une société à fort potentiel de croissance, c'est-à-dire une activité qui intervient en
haut du bilan de sociétés en création ou en développement, il s'agit d'un apport en
fond propres, en capital minoritaire, avec des objectifs de retrait en moyen terme.

PROPARCO

La société de promotion et de participation pour la coopération est une filiale


de la caisse française de Développement (CFD). Créée au Maroc en 1992,
PROPARCO vise à encourager et établir de bonnes relations entre le Maroc et les
pays Européens par son soutien financier adapté aux différentes phases de la vie
d'entreprises conjointes entre les deux partenaires.

Dans un premier stade, et plus spécialement entre 1992 à 1994, PROPARCO


intervenait dans les cimenteries avec l'intermédiation de la banque nationale pour le
développement économique, puis, elle a pris son extension dans l'agro - industrie,
l'industrie ,les services, les mines et le secteur financier. En 1996, l'énergie est
devenue parmi la préoccupation de PROPARCO.

Le gouvernement Marocaine est invité à tirer des leçons des expériences des
autres pays, notamment les Etats-Unis et la France, en instaurant un cadre
réglementaire, fiscal, juridique propice pour dynamiser le capital risque et lui donner
l’importance nécessaire pour qu’il joue pleinement son rôle dans le financement des
entreprises Marocaines.

3-Les produits islamiques


“Non aux banques islamiques”, tel est le message que Abdellatif Jouahri, wali
de Bank Al Maghrib, a adressé au secteur bancaire lors des travaux du Conseil de la
monnaie et de l'épargne tenu à Casablanca le 5 juillet 2005. “Le message n'était pas
aussi direct”, nuance l'un des proches de Jouahri. Et d'ajouter : “L'autorité monétaire
était claire sur l'implantation des banques internationales au Maroc. Voilà pour la
forme. Pour le fond, le message ne trompe pas. Depuis plus d'une dizaine d'années, et
plus particulièrement les deux dernières années, des banques des pays du Golfe ont
manifesté leur intérêt pour le marché marocain. La dernière tentative en date était
celle de la Banque islamique internationale du Qatar. Le niet de l'autorité monétaire
est resté inchangé depuis. Hier comme aujourd'hui, la politique du pays offre au
secteur bancaire une protection plus politique qu'économique.

Ainsi, après plusieurs décennies de résistance au système financier islamique,


Bank Al Maghreb a enfin cédé aux pressions des banques et du marché. Le wali de
BAM l’avait annoncé le 11 octobre 2006. La banque centrale a élaboré un cadre

57
Le Système Financier Marocain

réglementaire pour trois produits alternatifs conformes à la Charia islamique. Il s’agit


de Ijar, Mourabaha et Moucharaka

 Les types des produits islamiques au Maroc


1- Ijar ou Ijar wa iktina

Location ou location avec acquisition. Un bien est bien loué pour une période
déterminée. Le coût de location est sélectionné sur la période. A terme, celui qui a
loué peut acquérir le bien.S’applique principalement à des biens d’équipements et du
matériel de transport.

2- Mourabaha

La banque acquiert une marchandise pour le compte de son client, moyennant


une marge bénéficiaire fixée à la signature du contrat. Le banque transfère la
propriété de la marchandise à son client une fois qu'il en a payé le prix ainsi que la
marge fixée à la signature.

3- Moucharaka

Capital procuré par la banque et deux ou plusieurs partenaires auxquels elle


s’est associée. Profits et pertes distribués au prorata des contributions respectives en
capital. La banque agit donc dans ce type de contrat comme un actionnaire, profits et
pertes étant partagés entre elle et l'emprunteur.

Toutes parties ont un droit de regard sur la gestion du projet.

Le principe inhérent à ces trois types de contrat, c’est le partage du risque (et
du profit) entre la banque et le client. Toutefois de ces trois modalités c’est la
murabaha qui est la plus discutée.

En effet contrairement aux deux autres modalités, qui sont adaptées à des
investissements à long terme et par conséquent font courir plus de risques à la
banque, la murabaha qui concerne des transactions à court terme permet de réaliser
des profits en peu de temps sans grand risque. Le débat sur ce type de contrat porte
sur deux points : son caractère islamique douteux, car le taux de bénéfice est
prédéterminé ce qui peut l’assimiler à l’intérêt qui est interdit par le droit musulman ;
et cette modalité se limite à des transactions à court terme notamment dans le
domaine commercial, au détriment des investissements à long terme dans le secteur
productif (agriculture, industrie).

 Les produits islamiques dans les banques marocaines

58
Le Système Financier Marocain

Du côté de Wafasalaf, filiale spécialisée dans le crédit à la consommation et le


crédit automobile du groupe Attijariwafa bank, il semble que le produit proposé, à
savoir Ijar marche relativement bien.

BMCE Bank s’est également mise de la partie en octobre 2007, avec Ijara. Ce
contrat d’acquisition d’un bien immobilier par location est encore le seul produit
disponible. « Aucun contrat n’a été signé à ce jour », finira par laisser tomber une
source à la banque.

Du côté de Groupe Banques populaires. « Le produit Ijara est disponible chez


nous depuis environ deux mois. Il est trop tôt pour dresser un bilan des ventes ».
C’est la seule information qu’on acceptera de communiquer.

À partir de 2010, des banques internationales, à l'instar de l'américaine


Citibank ou la britannique Lloyds TSB, pourraient s'implanter au Maroc avec une
armada de services conformes à la Chariâ. Jouahri pourra-t-il les interdire ? Pas sûr.
Un autre fait majeur jouera en faveur des banques islamiques : l'investissement arabe
au Maroc. Si les banques des pays du Golfe font la queue devant Bank Al Maghrib,
c'est parce qu'une bonne partie de leur épargne s'investit au Maroc. Rien qu'en 2006,
entre Emiratis et Koweïtis, l'enveloppe promise au Maroc dépasse 150 milliards de
dirhams. “La moindre des choses serait que leurs banques soient présentes pour
suivre leurs investissements”, ironise un financier de la place. Heureusement pour
nous, le capital ne connaît pas de frontières. La bourse de Casablanca connaît un
engouement de la part des pays du Golfe, dont les fonds sont en principe islamiques
et Jouahri ne les empêche pas d'investir. C'est presque du deux poids, deux mesures
qui révèle le caractère politique de la question. Et selon des observateurs avisés, le
Maroc veut éviter de vivre l'expérience égyptienne : des transferts massifs des
résidents à l'étranger vers les banques islamiques et une réussite (relative quand
même) qui figure actuellement dans les arguments des mouvements islamistes. En
gros, le Maroc veut éviter un raz-de- marée financier.

59
Le Système Financier Marocain

Depuis une quinzaine d'années, l'économie marocaine vit de profondes


mutations : libération de plusieurs secteurs, libération des prix, déréglementation et
dérégulation bancaire, décloisonnement bancaire, privatisation des entreprises
publiques, convertibilité partielle du dirham ...

Ainsi, le pays s'adapte progressivement au nouveau contexte économique


international marqué par la libération, la globalisation et la mondialisation des
échanges. De tels changements allaient contraindre à l'Etat à revoir en profondeur la
bourse de Casablanca qui n'avait de bourse que le nom puisqu'elle était totalement
absente du système de financement de l'économie nationale. La réforme de 1993 est
donc venue à point. Cinq années après, les statistiques sont là pour confirmer que
d'énormes progrès ont été réalisés dans le domaine. Néanmoins, la bourse de
Casablanca n'est pas pour autant devenue une place financière émergente à l'instar
des pays européens, américains ou asiatiques. Il reste beaucoup à faire pour qu'elle
puisse pleinement faire partie du club des places financières émergentes.

60
Le Système Financier Marocain

61
Le Système Financier Marocain

Source : site officiel de l’ Association Professionnelle des Sociétés de Financement


sociétés de crédit- bail  BMCI Leasing
 Chaabi leasing
 Crédit du Maroc leasing
 Maghrebail
 Maroc leasing
 Sogelease
 wafabail
sociétés d’affacturage  Attijari factoring
 Maroc factoring
sociétés de gestion des  Centre magnétique interbancaire
moyens de paiement  Interbank
 Wafacash
sociétés de crédit immobilier  Attijari immobilier
 Wafa immobilier
sociétés de cautionnement et  Caisse marocaine des marchés
de garantie  Dar ad-Damane
sociétés de transfert de fonds  Cash one
 Damane cash
 Eurosol Maroc
 Meafinance services
 Ramapar
 Quick money
 Transfert express
 Tenor distrib
 Wafacash
sociétés de crédit à la  Acred
consommation  Assalaf chaabi
 BMCI Crédit conso
 Cetelem
 Dar Salaf
 Eqdom
 Fnac
 RCI Finance Maroc
 Safacred
 Salaf
 Salaf Al Moustaqbal
 Salafin
 Sofac
 Sogefinancement
 Sonac
 Sorec crédit
 Taslif
62
Le Système Financier Marocain

 wafasalaf

63