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L’ I N F O R M A T I O N A U S E R V I C E D E S P R O J E T S D E R E C H E R C H E

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Fiche
Le dépliant
Le dépliant est l’outil de promotion de base des organisations et projets, que ce
soit pour faire connaître l’organisation ou publiciser une action ou un événement.
Parmi les outils de présentation, c’est le plus simple, le plus accessible.

• Dans toutes les situations, le dépliant permet de dif- La conception


fuser une information brève, concise et ordonnée.
La décision de produire un dépliant devrait toujours
• Cette information permet à toute personne ou groupe être prise en équipe. Il devrait en être de même pour
intéressé d’avoir un minimum d’information sur votre sa conception. Dans tout processus de conception
groupe ou projet, y compris les informations permet- d’information, il est important que toute l’équipe de
tant de vous contacter. travail mette ses connaissances en commun de manière à
• On l’utilise lorsqu’on veut se faire connaître à un pub- maximiser l’utilisation des connaissances acquises.
lic varié. C’est un outil souple, très visuel, simple et peu Dans un tel processus de conception, certaines questions sont
incontournables:
coûteux à produire. En fait, chaque projet devrait se
doter d’un dépliant pour se faire connaître. • à qui voulons-nous nous adresser ? Quel est le public visé ?

• La durée de vie d’un dépliant est plus ou moins longue • quel(s) message(s) voulons-nous transmettre ?
selon son contenu : le dépliant demeure valable tant • pourquoi un dépliant ? Le dépliant est-il le meilleur
que l’information qu’il contient est valable. outil pour parvenir à notre but ?
• En communication participative pour le développe- • qui est le responsable de la production du dépliant ?
ment, la durée de vie du dépliant est en principe il-
• de quel matériel avons-nous besoin pour fabriquer le
limitée car il véhicule des informations dans un ordre
dépliant: textes, images (illustrations, photos) ?
logique et relatives à un engagement participatif de la
communauté au processus de développement.

Un exemple d’utilisation du dépliant


Le besoin tel que vécu au projet GUCRE (Burkina Faso)
Le projet de recherche Gestion des usages conflictuels des ressources en
eau dans le bassin du Nakanbé au Burkina Faso (GUCRE) était en marche
depuis plusieurs mois et aucun imprimé « large public » n’était disponible
pour expliquer le travail de l’équipe de recherche.
Le plus petit rendez-vous obligeait les membres de l’équipe à s’expliquer
longuement et de manière répétitive, à prêter des documents volumineux
disponibles en quantité limitée et coûteux à reproduire.
Or se tenait dans un avenir rapproché une importante rencontre avec
des partenaires réels et potentiels et diverses parties prenantes, et le projet
n’avait rien à leur offrir comme document de présentation rapide.
Ainsi naquit l’idée lors d’une réunion des artisans du projet de recherche
de faire un dépliant qui exposerait les données de base du projet de recher-
che. Le dépliant fut conçu par un agent d’information à partir d’un texte
existant fourni par le projet de recherche. Les photos prises tout au long de Le dépliant vitrine du projet GUCRE est axé sur la commu-
l’expérimentation ont servi à l’illustrer. nication participative, l’élément principal de l’intervention
Comme nous étions dans le domaine de l’expérimentation, le dépliant ne de l’équipe de recherche. Le dépliant a été produit en
couleur, sur du papier glacé assez résistant. Son format
fut pas le seul outil élaboré pour répondre au besoin : à partir du même texte
(92 x 55 cm ouvert, 23 x 55 cm fermé) est standard.
de base ont également été produits une brochure (contenant des explications Chaque panneau aborde un thème différent, selon une
plus substantielles que le dépliant) et un diaporama (pour présentation lors de suite logique.
la rencontre, avec explications verbales des responsables du projet).
Fiche 8 L’information au service des projets de recherche :
Le dépliant Vulgariser, produire, diffuser !

• qui écrit le texte final ? A-t-on recours à un rédacteur ? 2) coût d’un dépliant
• qui fabrique le dépliant ? Engage-t-on un graphiste ? Comme on dit dans le métier, ce qui coûte cher, c’est de
• qui l’imprime ? Le projet prend-il la responsabilité de démarrer la presse.
trouver l’imprimeur et de faire le suivi ou transfère-t-il En effet, pour arriver à mettre le dépliant à l’impression,
la responsabilité à une personne extérieure (le rédacteur vous devez respecter tout un processus de production, qui
ou le graphiste) sera le même, que vous imprimiez un document à 500
• quelle est la date de livraison souhaitée ? copies ou à 10 000. Une fois que la presse est démarrée,
qu’on l’a calibrée et qu’elle tourne à plein régime, imprim-
• quelle diffusion prévoit-on pour ce dépliant ? er des documents additionnels ne coûte pas cher, sinon un
• de quelle quantité en avons-nous besoin ? peu de temps, du papier et de l’encre.

En communication participative pour le développement, Ainsi le coût d’impression d’un dépliant pourrait se com-
est-il nécessaire de le répéter, il est important d’impliquer parer ainsi :
les destinataires de l’outil dans la conception si on veut • pour une quantité de 500 : 100 000 Fcfa
que le dit outil ait un impact. Les rédacteurs du dépliant • pour 1000 dépliants : 120 000 Fcfa
doivent donc vérifier auprès des clientèles visées quelles • pour 2000 : 150 000 Fcfa.
informations sont les plus demandées dans leur milieu, Ce sont évidemment des montants imaginaires. Si vous
de quelle manière ils aiment voir l’information présentée ajoutez les coûts fixes de rédaction, de photographie et de
et à quel sous-groupe les informations devraient d’abord graphisme, qui ne varieront pas que vous en imprimiez
s’adresser, seront les plus utiles. 500, 1000 ou 2000, vous verrez qu’il est rentable de bien
Comme vous pouvez le constater, il n’est pas si simple de calculer les quantités désirées au lieu d’aller plus tard en
faire un simple dépliant ! Revenons donc sur certaines des réimpression.
questions précédentes.
3) le papier, la couleur
1) public visé et quantité Il peut arriver que l’imprimeur tente de vous vendre le
En général, le dépliant s’adresse à un public assez large. meilleur papier disponible et une impression en quad-
Cependant, si nous voulons fixer plus précisément la richromie (tout en couleur). Dans une telle situation,
quantité qu’il faudra faire imprimer pour rejoindre cette demandez-vous toujours si cela correspond à vos besoins.
clientèle, vous devrez préciser la définition de ce public : S’il est important pour votre clientèle que le dépliant soit
• quels sont les personnes ou les groupes immédiatement beau, bien fait, professionnel, engagez des consultants ex-
intéressés par l’information que contiendra notre dépli- ternes qui sauront vous donner un tel produit. Faites-vous
ant ? montrer le papier sur lequel votre dépliant sera imprimé :
• quels autres personnes ou groupes sont susceptibles de il doit être assez rigide mais pas trop épais ; de préférence,
s’intéresser à l’information contenue dans votre dépli- ce sera du papier couché (brillant ou mat)
ant ? Si vous assumez vous même la production, concentrez vos
• combien de personnes s’adressent à vous ou viennent à efforts sur le contenu, la clarté du texte et des idées, le bon
vos bureaux pour recevoir de l’information ? positionnement des textes et des images, l’utilisation de
bons titres et sous-titres.
• combien de personnes visitez-vous, auxquelles vous
•••
transmettrez de l’information ? Etc.
Autrement dit, il ne faut pas fixer la quantité d’impression
au hasard. Bien définir la clientèle vous permettra de ne
pas faire imprimer en trop grand ni en trop petit nombre.
Vous devez cependant savoir qu’il y a une économie
d’échelle dans les documents imprimés : plus la quantité
est grande, moins ils coûtent cher à l’unité.
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L’information au service des projets de recherche : Fiche 8
Vulgariser, produire, diffuser ! Le dépliant

Le processus de production 7) Normalement, le graphiste vérifie avec l’imprimeur


quels seront les coûts d’impression, les délais de pro-
Le processus de production d’un dépliant doit respecter
duction ainsi que la date de livraison. Pourquoi le
plusieurs étapes :
graphiste ? C’est lui qui connaît le mieux le milieu et
1) La conception, que nous avons décrite plus haut. Il les us et coutumes de l’impression. Si l’imprimeur as-
peut arriver que vous ayez des collaborateurs externes sure lui-même le service de graphisme, il revient alors
réguliers (rédacteur ou graphiste) qui appuient vos ef- au responsable de la production ou au rédacteur de
forts de communication. Il est souvent intéressant que choisir l’imprimerie. La personne la plus à l’aise avec
ces personnes participent à vos réunions de concep- l’imprimerie prend le mandat.
tion d’outils d’information. Leurs conseils spécialisés
8) En général, vous devez laisser quelques semaines à
peuvent vous amener à produire de meilleurs outils
l’imprimeur pour effectuer le travail. Un délai de deux
d’information. La réunion de conception doit identifier
semaines est raisonnable.
un responsable de la production.
9) Produire un dépliant, comme tout outil d’information,
2) La documentation : avant toute chose, il faut vérifier
est un processus assez long pour qu’on doive se faire un
si vous avez en main toute la documentation néces-
calendrier. On commence donc à le dessiner par la fin :
saire pour produire le dépliant. On parle ici de textes,
d’illustrations, de photographies. Si tout y est, très – La date de livraison souhaitée
bien. Sinon, il faut rédiger, prendre des photographies, – Le temps réservé à l’impression (tel qu’entendu avec
etc. l’imprimeur): disons deux semaines
3) La production se fera-t-elle à l’interne ou à l’externe ? – Le temps réservé à la vérification (orthographe, co-
Pour produire un dépliant, nous avons nécessairement quilles, etc.) et à la correction finale: deux jours
besoin d’un rédacteur et d’un graphiste (certaines per-
sonnes, formées au journalisme, possèdent les deux mé- – Le temps alloué au graphiste : deux semaines. Ce
tiers) ainsi que d’un photographe et / ou d’un illustrateur. temps peut varier après discussion avec le graphiste
Si vous n’avez personne dans votre équipe qui puisse – Le temps alloué au rédacteur : si la documentation
accomplir l’une ou l’autre de ces tâches, vous devrez est claire, disons une semaine, peut-être deux.
solliciter des collaborations externes. Comme vous pouvez le constater, ce calendrier virtuel nous
4) Le responsable rencontre ensuite le rédacteur, lui dit qu’il faudra plus de cinq semaines entre l’expression de
remet le dossier, fixe les échéances. La première version l’idée et l’impression du dépliant. Vous croyez que c’est ex-
du texte terminée, vous devez vérifier s’il correspond à agéré ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non.
ce que vous avez demandé, voir s’il n’est pas trop long, En fait chaque processus de production est différent selon
approuver les modifications, etc. le besoin, le sujet, les personnes qui y travaillent, etc. Dites-
5) Si le graphiste est une personne distincte du rédacteur vous simplement que cela prend du temps, beaucoup de
– ce qui est le plus souvent le cas –, le responsable lui temps de toute façon, et que plus le temps est court, plus
remet ensuite tout le matériel (texte, photos, illustra- cela demande une grande disponibilité des personnes par-
tions et logo). Ce dernier finalise l’outil en tenant ticipant à la production, plus cela risque de vous coûter
compte des remarques du responsable. cher.
6) Dans la mesure du possible, vous effectuez quelques Dites-vous également qu’en Afrique, où les ressources
prétests à ce stade de production avec un échantillon professionnelles et techniques sont plus rares, plus laissées
de la clientèle visée. [Voir la fiche 02 sur le processus de à elles-mêmes et moins disciplinées qu’en Amérique ou en
production]. Europe, le respect des échéances est parfois difficile à faire
respecter. Quand la presse est en panne ou que la plieuse
Il s’agit de valider à la fois le message et l’outil qui le véhi- ne fonctionne pas, que pouvez vous faire ?
cule. Cela est d’autant plus important si vous utilisez la
communication participative pour le développement dans Donc prévoir du temps, beaucoup de temps pour fab-
votre projet. Vous apportez les corrections proposées. riquer chaque outil. D’autant plus si la production se fait
à l’interne.
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Fiche 8 L’information au service des projets de recherche :
Le dépliant Vulgariser, produire, diffuser !

Les collaborateurs externes La diffusion


• Le travail peut se faire à l’interne ou à l’externe. Comme pour tout autre outil d’information, la diffusion
Comme nous l’avons expliqué à la fiche 03, plusieurs demeure un élément souvent négligé. Même des équipes
de ces tâches peuvent être exécutées à l’externe, sous spécialisées en communication négligent cet aspect du tra-
différentes formes de collaboration : avec une autre or- vail. Or que vaut un outil d’information si on ne met pas
ganisation, agence, projet ; avec un ou des travailleurs autant d’énergie à le diffuser qu’on en a mis à le produire ?
autonomes, etc.
Quel que soit le type de dépliant que vous produisez, il
• Quel que soit l’intermédiaire choisi, vous avez intérêt vous faut identifier les groupes, organisations, personnes
à demander un produit « clé en mains », vous appuyant avec qui vous êtes en lien et le leur faire parvenir par la
sur une bonne description du produit fini désiré, une poste, à défaut de le remettre de main à main. Cela peut
ou des offres de service chiffrées, une entente signée. être autant local qu’international.
• La fidélité est toujours souhaitée lorsqu’il s’agit de Vous en gardez également un certaine quatité pour les per-
collaborateurs externes. Travailler avec les mêmes col- sonnes qui passent par votre bureau, qui veulent des infor-
laborateurs régulièrement vous permet de fidéliser une mations sur votre projet ou qui viennent vous rencontrer
ressource externe, de développer un lien de confiance ou que vous allez rencontrer pour un aspect ou l’autre de
et de former cette ressource externe à votre probléma- votre recherche.
tique. L’autre politique qui consiste à changer con-
tinuellement de collaborateurs, en choisissant le plus Le format
bas soumissionnaire, nous semble plus superficielle et
moins productive. Et plus compliquée aussi : la néces- Le dépliant, comme son nom l’indique, est le résultat du
sité de solliciter plusieurs offres de service à chaque pliage d’une feuille de papier, d’ordinaire de format stand-
production, les rencontres, l’incertitude, etc., risque ard. La feuille est pliée de manière à obtenir le format final
d’affaiblir votre produit. désiré.
• Le collaborateur régulier sera souvent ou un rédacteur – Il est plus simple de se conformer aux formats stand-
ou un graphiste, ou les deux dans le cas d’une petite ards de papier (format ouvert), ce qui limitera les coûts.
entreprise de communication. Utiliser des formats non standards amène des pertes de
papier et des coûts additionnels.
• Dans une telle situation, cette ressource externe vous
proposera pour approbation un ensemble de textes et – Le format final (format fermé), c’est-à-dire plié, peut
d’images, un format, un modèle et finalement un pro- varier selon les besoins, mais souvent il correspondra au
duit fini. Il sera aussi en contact avec des fournisseurs format de l’enveloppe dans laquelle il sera distribué. En
de services réguliers (ateliers de pré-presse, imprimeurs, fait, même si le principal moyen de distribution n’est
etc.). En tant que professionnel, il vous donnera accès à pas la poste, il arrivera que l’organisation ou le projet
des services de qualité, à une expertise. doive à l’occasion en distribuer par la poste.

NOTES

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L’information au service des projets de recherche : Fiche 8
Vulgariser, produire, diffuser ! Le dépliant

Exercice
Lorsque vous décidez de produire un dépliant, prenez
une feuille de papier, pliez-la en deux, trois ou quatre
volets : vous aurez alors en main la forme finale du
dépliant, en format réel ou réduit. Ensuite identifiez
le contenu de votre dépliant selon la forme que vous
aurez choisie. Si l’espace disponible ne correspond pas
au contenu désiré, modifiez la forme ou le contenu.
Il y a différents types de pliage, mais les plus couram-
ment utilisés sont le pliage accordéon et le pliage à
cheval. Mais de nombreux autres pliages sont possi-
bles : parlez-en à votre imprimeur.

1 2 3

exemple
de pliage
accordéon

2
3
1

exemple
de pliage
à cheval

Quel que soit le pliage que vous aurez choisi, vous


verrez qu’il y a toujours deux pages en couverture,
celle du dessus (1) et celle du dessous (2). Ce sont les
pages les plus importantes du dépliant. Sur la prin-
cipale (couverture 1), votre dominante est visuelle :
vous y mettrez par exemple un titre et une illustration
(photo, dessin, etc.) et vous vous identifierez (nom,
logo ou symbole de votre organisation ou projet) ; sur
la page titre secondaire (le dos ou couverture 2), vous
ferez un bref descriptif de votre organisation, projet
ou action en cours ; vous y ajoutez vos coordonnées et
répétez votre symbole. Le dépliant devient ainsi une
super carte de visite.
Sur votre modèle ainsi constitué, vous pourrez sur
chaque panneau non encore utilisé identifier le contenu
que vous voulez y voir. Le nombre de panneaux n’est
limité que par le format de la feuille de papier que vous
utilisez.
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