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Dr Brun-Barassi L.

Cours I.U.F.M.

L’adolescence.

La société occidentale actuelle s’organise de plus en plus à partir


du modèle adolescent qui envahit progressivement le monde des
adultes. Bien des choses et, en premier lieu, le style vestimentaire vont
en ce sens. De multiples moyens sont mis à la disposition de tout un
chacun pour maintenir et conserver le plus longtemps possible un air
juvénile. « L’adolescence d’ailleurs est en inflation dans le sens où elle
est désirée et vécue comme un état dont on ne veut pas sortir, qu’il y a
plutôt une répugnance, à se savoir, à se dire adulte ».

De plus en plus, nous assistons à une uniformisation des valeurs


et des références chez les sujets de sept à soixante-dix sept ans.
« L’écart qui existe entre les jeunes et les moins jeunes tend à se réduire
et cela grâce aux mouvements des années 60 ». Il existe de moins en
moins de spécificités en fonction des classes d’âge. Certains sociologues
parlent même de « génération unique ».

L’adolescence est une période durant laquelle ce qu’on pense


avoir acquis peut, du jour au lendemain, être remis en cause. C’est une
période de ruptures, d’expériences inattendues qui sont sources
d’angoisse. Face à ces changements, l’adolescent a besoin de retrouver
une identité et s’aventure alors sur les chemins de l’initiation. F. Dolto
utilisait l’expression de « complexe du homard » pour qualifier les
bouleversements que connaissent les adolescents. « Les homards,
quand ils changent de carapace, perdent d’abord l’ancienne et restent
sans défense, le temps d’en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps-là,
ils sont très en danger. Pour les adolescents, c’est un peu la même
chose ». Les traumatismes subis pendant cette période de mise à nu
laissent, pour F. Dolto, une cicatrice indélébile que la nouvelle
carapace viendra recouvrir mais n’effacera pas.

Le mot adolescence vient du latin adolescere qui signifie grandir.


Entre l’enfance et l‘âge adulte, l’adolescence est un passage avec ses
rites, ses initiations et ces particularités de fonctionnement psychique
caractéristiques de cette période.

1. Puberté, sexualité et excitation sexuelle.

L’adolescence vient dans la continuité de ce qui a déjà été acquis


au cours de l’enfance. « Si tout se joue pendant l’enfance, tout se
rejoue à l’adolescence ». L’adolescence ne vient que réactiver des
conflits « mis en sourdine » durant la période de latence. Le conflit
qui ressurgit à l’adolescence n’est pas seulement une « réplique du
conflit oedipien » mais comprend également des éléments plus
archaïques.

Freud nous éclaire sur l’importance de la puberté qui permet


le regroupement des « pulsions partielles » (orale, anale, urétrale)
sous le primat de la « pulsion génitale » (organe sexuel) et donne
ainsi accès à la sexualité adulte. « L’avènement de la puberté inaugure
les transformations qui doivent mener la vie sexuelle infantile à sa forme
normale définitive. La pulsion sexuelle était jusqu’ici essentiellement
autoérotique, elle trouve à présent l’objet sexuel ».

La puberté amène à une sexualisation des liens avec


l’environnement et fait naître une excitation sexuelle qui
bouleverse l’adolescent. Elle conduit à une conflictualisation
possible des liens et à un remaniement nécessaire de la distance
émotionnelle. « (…) pour attendue qu’elle soit, l’acquisition de la puberté
est toujours une surprise »

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La capacité de reproduction ainsi que la capacité orgastique qui
apparaissent peu à peu vont déclencher un jaillissement de la pulsion
génitale, en même temps qu’une régression vers les pulsions
prégénitales et une flambée libidinale. L’explosion libidinale fragilise
alors « le Moi dans son rôle de pare-excitation ». Freud nous rappelle que
« tout renforcement des exigences pulsionnelles accroît la résistance du
moi à la pulsion ». Pour A. Freud, le pronostic essentiel de la puberté
repose essentiellement sur la capacité du Moi à supporter et à gérer ses
pulsions.

Cette explosion pulsionnelle provoque donc une libération


massive d’énergie qui est source, pour l’adolescent, de tensions
importantes qui le conduiront à une recherche de décharge.

2. L’image du corps

Le corps a une position clef, centrale à l’adolescence et prend


alors une importance exceptionnelle. Le corps est pour l’adolescent « un
moyen d’expression symbolique de ses conflits et de ses modes
relationnels ». La manière dont l’adolescent prend en compte, ou au
contraire, la manière dont il ignore, ou encore fait souffrir sa chair
révèle le caractère conflictuel de ses investissements et révèle, en arrière
plan, les conflits masqués avec les objets parentaux.

L’adolescent est confronté à ce corps en pleine mutation dont les


formes changent. C’est une véritable métamorphose qui s’effectue et
entraîne l’apparition des organes génitaux et des caractères sexuels
secondaires chez les filles comme chez les garçons.

L’adolescent assiste à la transformation de son corps d’enfant en


un corps devenu capable d’agir les pulsions agressives et sexuelles,

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ce nouveau corps lui donne accès, ainsi, à la réalisation possible de ses
fantasmes.

Ce corps devenu étranger demande de la part de l’adolescent


un véritable travail de familiarisation et de ré-appropriation.
L’adolescent ressent un sentiment d’étrangeté à l’égard de celui-ci,
ceci peut le conduire à un véritable vécu persécutoire et à un
sentiment de bizarrerie en dehors de tout facteur psychotique. Tout
cela conduit l’adolescent à se poser de multiples questions sur son
corps tout en ayant un intérêt décuplé pour celui-ci. Les repères
spatiaux se brisent, ils ne constituent plus, pour lui, une référence au
sein de l’environnement dans lequel il évolue ; l’adolescent se mobilise,
se meut dans un corps dont il ne connaît plus ni les limites ni les
dimensions.

3. Narcissisme

L’adolescence implique une prise d’autonomie de l’adolescent vis


à vis de ses parents. Ce mouvement d’autonomisation actualise la
problématique de séparation-individuation telle qu’elle est vécue
dans la première enfance (c’est le deuxième processus de séparation-
individuation décrit par P. Blos). La problématique de séparation-
individuation se rejoue au niveau du corps de l’adolescent par le reflet
de la qualité des relations de dépendance et le reflet de l’intériorisation
des objets de la première enfance. La prise d’autonomie et la séparation
nécessaires d’avec les parents impliquent une affirmation, de la part de
l’adolescent, de son identité et l’acquisition d’assises narcissiques
autonomes.

Ceci l’oblige à un retour sur lui-même ainsi qu’à une évaluation


de la solidité et de la consistance de son Moi et de son intériorité.
L’adolescent éprouve la solidité de ses intériorités et de ses assises.

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4. Le deuil

Un véritable travail de deuil accompagne l’adolescence.


« A. Haim écrit : « comme l’endeuillé, l’adolescent reste à certains
moments abîmé dans le souvenir de ses objets perdus, et, comme lui,
l’idée de la mort lui traverse l’esprit. Mais, comme la dynamique de deuil
normal permet d’en entreprendre le travail, celle de l’adolescence fait que
rien ne se fixe». Il doit se séparer des personnes influentes de son
enfance, notamment ses parents, avec lesquelles des projets et des joies
avaient été élaborés et partagés. Il y a véritablement une perte auquel
l’adolescent doit faire face, perte des « objets infantiles » qui comprend la
perte de « l’objet primitif » mais aussi la perte de « l’objet oedipien ». « Une
des tâches centrales de l’adolescence est donc de parvenir au
détachement de l’autorité parentale et des « objets infantiles ».

L’adolescence comporte une dimension interactive et relationnelle


évidente. De par ses attitudes et sa façon de se comporter, l’adolescent
implique nécessairement l’entourage et notamment sa famille. Cette
confrontation avec l’entourage est, du fait de la puissance des émotions
ressenties par l’adolescent, inévitablement violente et même, par
moment, destructrice. Winnicott nous rappelle que « grandir est par
nature un acte agressif ». Pour lui, c’est « de meurtre dont il est question
à l’adolescence ». Il considère que « la tâche des parents (à cette période)
est de survivre ».

L’adolescence conduit à une perte des repères pour


l’adolescent, mais ses parents se retrouvent dans une situation
quasiment identique. Ils doivent, comme au moment de la
naissance, apprendre à improviser face à une personne qu’ils
découvrent chaque jour.

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Ils doutent sans cesse face à cet enfant qui n’en est plus un
et qui les bouscule dans leur manière de vivre et de penser, les
obligeant à se remettre en cause et les poussant toujours plus loin
dans leur retranchement. Cette période de l’adolescence les
confronte à un bouleversement rappelant un autre bouleversement,
celui engendré par la naissance. Ce sont les mêmes émotions et
inquiétudes face à cet inconnu, à ces nouveaux repères à
construire.

L’adolescent confronte ses parents à la douleur du deuil de leur


jeunesse et de certains idéaux. Les provocations et les sollicitations des
adolescents jouent pour eux le rôle d’interprétations sauvages, alors
qu’ils sont « en pleine élaboration de leur propre position dépressive ». Ils
traversent eux-mêmes un passage difficile et « les parents auront
d’autant plus besoin d’être soutenus que la crise de l’adolescence
correspond généralement pour eux à la crise du milieu de vie, décrite par
les Anglo-Saxons ».

La qualité des réponses des parents ou de leurs substituts est


importante, et même déterminante, pour le fonctionnement mental de
l’adolescent et la formation de sa personnalité.

5. L’agir

La mise en acte est un des éléments prévalents de l’adolescence.


À cet âge, l’agir devient un des modes d’expression privilégié. L’angoisse
liée aux bouleversements aussi bien psychiques que physiques est un
des éléments déterminants favorisant l’agir. Mais d’autres éléments
favorisent également le passage à l’acte, notamment la peur de la
passivité qui pousse l’adolescent à l’action. Par l’agir, l’adolescent
s’affirme et, ainsi, évite la passivité qui le renvoie à la soumission
infantile et, pour le garçon, aux tendances homosexuelles.

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Les adultes, désarçonnés par les adolescents, ont tendance
souvent à leur répondre en termes de temporalité. En effet, devant
l’impatience et les attentes des adolescents, que les adultes ont parfois
du mal à comprendre et à gérer, ces derniers sont tentés de les rassurer
en leur expliquant que le temps apportera des solutions à leurs
problèmes.

Le renvoi au temps confronte l’adolescent à un vécu de


passivité et le seul moyen de s’y opposer c’est d’agir. L’action
s’accompagne de maîtrise et d’emprise.

Les transformations corporelles en elles-mêmes encouragent


l’agir. L’adolescent se retrouve face à un corps qui se modifie et dont les
capacités musculaires se renforcent. L’agir peut alors devenir
dangereux pour l’autre. La tendance à l’agir pousse à une confrontation
fréquente à l’autorité et aux limites. L’adolescent, en recherche de
repères et d’identité, a besoin de tester les limites qui peuvent lui
être données. Ainsi il se positionne et éprouve son entourage. Face
à la perte de repères, il a besoin que les adultes qui l’entourent
définissent les frontières du tolérable.

6. Le groupe

L’appartenance à un groupe de plusieurs prend toute sa


signification à l’adolescence. Le groupe joue « le rôle de relais de l’idéal
du Moi, comme intermédiaire ou médiateur des systèmes d’identification
et d’identité ». La bande permet de sécuriser l’adolescent sur différents
plans :

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- Elle lui assure une protection aussi bien contre son
entourage familial que contre lui-même, notamment contre
l’angoisse réveillée par le choix d’objet sexuel.

- La bande est aussi un moyen pour lui de trouver des figures


d’identification notamment par l’idéalisation d’un des
membres du groupe ou d’une idéologie soutenue par celui-ci.

- Cette cohésion et ce regroupement propres à la bande


apportent à l’adolescent une certaine exaltation par la
puissance et la force qu’elle renvoie, contrastant avec la
faiblesse de l’individu isolé.

- Elle permet à chacun des protagonistes de trouver une place,


un rôle au sein de ce groupe (meneurs, soumis, exclus, etc.) et
a une fonction sociale évidente.

Winnicott souligne cependant que « les jeunes adolescents sont


des isolés rassemblés ». Il semble en effet que derrière cet attachement
conformiste à la bande, il n’existe pas, ou peu, d’attachement profond
aux autres dans le groupe, comme en témoignent les ruptures, les
modifications et les remaniements au sein des groupes. Winnicott
rappelle également que dans un groupe, « les diverses tendances seront
représentées par les membres du groupe les plus malades ». La position
pathologique la plus fréquente d’un groupe est le vécu persécutif : la
bande se sent menacée par une autre bande, par les adultes, par la
société. Face à ce sentiment de persécution, le groupe ressert ses liens
pour se défendre et se rassurer. « L’union fait la force » dit le proverbe.
« On observe là le déplacement sur le groupe de la problématique
paranoïde potentielle de l’adolescent ». La bande favorise chez
l’adolescent une régression ainsi que l’utilisation de mécanismes
archaïques (clivage, projection, etc.).

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7. Intellectualisation et ascétisme.

Face au débordement pulsionnel, de nombreux mécanismes de


défense vont se mettre en place. Certains sont plus fréquents ou plus
spécifiques que d’autres à l’adolescence.

L’adolescence voit ressurgir des mécanismes de défenses


archaïques. Le clivage est l’une de ces défenses mises en place par
l’adolescent pour se protéger de « son conflit d‘ambivalence centré sur le
lien aux imagos parentales ». Concrètement, il s’illustre par de brusques
changements de comportements et d’idées ainsi que par des
contradictions fréquentes dans les propos et les actes. Ceci est d’autant
plus déroutant pour l’interlocuteur que l’adolescent tient par ailleurs un
discours très intellectualisé et rationnel.

Mais d’autres mécanismes sont en jeu. L’idéalisation primitive


se remarque par des choix d’objets irréalistes et inabordables. La
projection persécutive renvoie l’adolescent à une impression de monde
dangereux et hostile dont il doit se protéger.

Deux mécanismes de défense ont été étudiés plus


particulièrement par A. Freud : « l’intellectualisation » et
« l’ascétisme ». L’« intellectualisation » est un moyen défensif du Moi qui
permet de mieux contrôler les pulsions en surinvestissant le domaine
de l’intellect et de la pensée. Nous nous retrouvons alors face à des
adolescents se délectant d’interminables discussions à thèmes
philosophiques ou politiques.

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A. Freud rapproche de ce mécanisme défensif l’ «ascétisme ». Il
s’agit, encore ici, de contenir les pulsions. L’adolescent s’empêche, par
diverses méthodes, d’éprouver du plaisir et se contraint à des
restrictions ou des besognes physiques astreignantes. « On perçoit
aisément, derrière cet ascétisme, les tentatives de contrôles des désirs
sexuels, en particulier la masturbation ».

L’adolescence constitue donc une véritable crise du point de


vue physique et psychique. Ce passage qui va le conduire à un
reniement de son enfance d’un côté et à la recherche d’un statut stable
d’adulte et constitue l’essence même de la crise qu’il traverse. E.
Kestemberg considère ainsi la « crise d’adolescence » : bien qu’attendue,
« la puberté est toujours une surprise » pour l’adolescent. Il ressent un
moment de gloire auquel succède l’angoisse. Le déroulement de la crise
se fait en deux étapes, une première phase de déception pouvant même
aller jusqu’à la désillusion vis-à-vis de ce qu’imaginairement et
inconsciemment l’adolescent attend et une seconde phase qui
correspond au passage de la déception à la conquête : conquête de soi,
au travers de l’objet, base des assises narcissiques des adules de
demain.
Ce passage se réalise quand l’adolescent n’a plus besoin de tout,
tout de suite, lorsqu’il peut vivre un projet comme une potentialité
future, et non comme une réalisation immédiate, quand il a retrouver
le temps d’attendre et par conséquent de fantasmer.

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Le problème de l’agir et du passage à
l’acte.

L’opposition entre une conduite agie et une conduite mentalisée


prend tout son sens à l’adolescence. L’agir, au cours de l’adolescence,
est un des modes d’expression privilégiée des conflits et des angoisses
du sujet. Deux types de facteurs influencent l’agir : des facteurs
environnementaux et des facteurs internes.

- Les facteurs environnementaux regroupent le changement de


statut social, avec le passage de l’enfance à l’âge adulte, et le
contenu même de ce nouveau statut social : liberté, autonomie,
indépendance nouvellement acquises, qui poussent
l’adolescent à l’agir.
- Les facteurs internes qui constituent en réalité la source
principale de l’agir et du passage à l’acte. L’adolescent trouve
d’abord et avant tout les conditions favorables qui le pousse à
l’agir : l’angoisse, le remaniement de l’équilibre
pulsion/défense, la peur de la passivité (renvoyant à la
soumission infantile, et aux tendances homosexuelles) ainsi
que les changements corporels (augmentation de l’énergie et de
la force musculaire).

Les différents modes de passage à l’acte sont très divers et


l’ensemble des conduites comportementales peut-être concerné : crise
clastique, vol, agression, fugue, suicide, automutilation, conduite

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sexuelle, conduite d’addiction… C’est un mode d’expression
caractéristique de l’adolescence donc leur aspect isolé ou répété ne
signe pas une pathologie. C’est la répétition des passages à l’acte et
surtout du même passage à l‘acte qui amène à s’inquiéter et à évoquer
une éventuelle pathologie. On évoque plus spécifiquement trois
éventualités diagnostiques à l’adolescence :

- Les « crises d’adolescence » dont les manifestations sont


variées mais où le passage à l’acte occupe une place de choix.
- Les conduites graves de l’adolescence dans lesquelles on
retrouve : les tentatives de suicide, les toxicomanies, les actes
de délinquance.
- La dépression à l’adolescence qui se manifeste volontiers
sous la forme de passage à l’acte. Chez l’adolescent, un
passage à l’acte quel qu’il soit et surtout la répétition de
passage à l’acte doit faire systématiquement rechercher une
dépression.

L’agir constitue une stratégie interactive à l’adolescence dans le


sens où c’est un moyen pour lui d’interagir avec l’adulte, par l’agir,
l’adolescent cherche à attirer l’attention, à mettre en difficulté l’adulte
pour réaliser ce que l’adulte réalise mais qui lui est encore interdit.
L’agir constitue également un mécanisme de défense. Ph. Jeammet
explique que la fréquence des troubles du comportement agi à
l’adolescence par le fait qu’en passant à l’acte, l’adolescent exprime le
besoin de se redonner un rôle actif qui contrecarre le vécu profond de
passivité face au bouleversement subi, il évite la prise de conscience qui
serait douloureuse et facteur de dépression dans la mesure où elle ferait
ressortir le caractère conflictuel ainsi que la solitude et le vécu de
séparation qu’implique tout mouvement réflexif.
A un degré de plus, on rencontre chez les adolescents
psychotiques ou prépsychotiques des passages à l’acte comme défense
vis-à-vis de la dépersonnalisation ou de la confusion d’identité.

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Les tentatives de suicide sont une des conduites les plus
significatives à l’adolescence. En France, elles constituent la seconde
cause de mortalité derrière les accidents de la circulation ou la
troisième cause de mortalité dans la tranche d’âge 15-24 ans. Il est
important de savoir que 30 à 50 % des tentatives de suicide connaîtront
une récidive dans les 12 à 18 mois.
La fugue constitue un moyen de fuir une tension interne, c’est un
moyen d’expression fréquent lors de l’adolescence. La fugue permet de
mettre une distance avec les relations objectales conflictuelles établies
pendant l’enfance et permet également à l’adolescent de se sentir
exister, il part pour fuir ses doutes et ses incertitudes quant à sa propre
identité et part à la recherche de nouvelles identifications.
Le vol représente la conduite délinquante la plus fréquente à
l’adolescence (95 à 96 % des infractions contre les biens).
La violence à l’adolescence est une manifestation très fréquente,
en dehors de toute manifestation extériorisée de violence, l’adolescent
éprouve souvent une grande violence en lui et autour de lui. Cette
violence le conduit à des manifestations hétéro- et auto-agressives
(automutilations, conduites suicidaires, conduites à risque).

Toutes ces manifestations et ces caractéristiques de l’adolescent


vont influencer son comportement et ses attitudes et peuvent
évidemment retentir sur sa scolarité. On constate des difficultés
scolaires transitoires en lien avec ces changements affectifs et
relationnels qui peuvent être : un hyperinvestissement scolaire ou un
fléchissement scolaire ; d’autres troubles plus durables peuvent
également être rencontrés comme la phobie scolaire, la rupture scolaire
ou des difficultés scolaires majeures et enfin, certaines difficultés
scolaires de l’enfance vont se perpétuer à l’adolescence (débilité
mentale, dysharmonies cognitives).

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