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Économie internationale

9e édition
P. Krugman, M. Obstfeld, M. Melitz
G. Capelle-Blancard, M. Crozet

ISBN : 978-2-7440-7530-8

Chapitre 9 – Les instruments de la politique commerciale

Corrigés des activités

1. Supposons que la courbe de demande domestique pour le blé soit la suivante :


D = 100 – 20 P
La courbe d’offre est :
S = 20 + 20 P
Calculez et représentez graphiquement la courbe de demande d’importation domestique. Quel serait le prix du
blé en autarcie ?
On trouve l’équation de demande d’importation, DM, en soustrayant l’équation d’offre domestique de celle de la
demande domestique. On obtient : DM = 80 – 40p. Sans commerce, les prix domestiques et les quantités
s’ajustent de façon à ce que la demande d’importation soit égale à zéro. Le prix en autarcie est donc de 2.

2. On ajoute un pays étranger, dont la courbe de demande est la suivante :


D* = 80 – 20 P
et la courbe d’offre :
S* = 40 + 20 P
a. Calculez, puis représentez sur un graphique la courbe d’offre d’exportation étrangère. Trouvez le prix du blé
sur le marché étranger, si celui-ci était en autarcie.
b. Supposons maintenant que les pays domestique et étranger s’ouvrent au commerce international (et que les
coûts de transport soient nuls). Déterminez puis représentez graphiquement l’équilibre de libre-échange.
Quel est le prix mondial ? Quel est le volume des échanges ?
a. La courbe d’offre d’exportation étrangère, OX, est : OX = –40 + 40 p. En l’absence de commerce, le prix est
égal à 1.
b. Avec l’ouverture au commerce, l’offre d’exportation et la demande d’importation s’égalisent, OX = DM. En
utilisant les équations des questions 1 et 2a, on obtient p = 1,5 et un volume de commerce de 20.

3. Le pays domestique instaure un droit de douane spécifique de 0,5 sur les importations de blé.
a. Déterminez puis représentez les effets du droit de douane sur le prix du blé dans chaque pays, la quantité
de blé offerte et demandée dans chaque pays, ainsi que le volume des échanges.
b. Déterminez l’effet du droit de douane sur le bien-être des groupes suivants : les producteurs de blé, les
consommateurs, ainsi que le gouvernement.
c. Montrez graphiquement, puis calculez les gains liés à l’amélioration des termes de l’échange, la perte
d’efficience et l’effet total du droit de douane sur le bien-être.
a. La nouvelle courbe de demande d’importation est MD = 80 – 40(p + t), où t est le droit de douane
spécifique, égal à 0,5. Attention : dans ce type de problème, il faut faire attention à la forme du droit de
douane, spécifique ou ad valorem. Dans le second cas, on aurait MD = 80 – 40 p (1 + t).

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L’équation d’offre d’exportation étrangère reste inchangée. On trouve alors un prix mondial de 1,25, et donc
un prix domestique de 1,75. Le volume du commerce diminue pour se fixer à 10 et la demande totale de blé
s’établit à 65 dans le pays domestique (contre 70 en libre-échange). La demande totale de blé dans le pays
étranger passe de 50 à 55.
b. et c. Le bien-être du pays domestique est plus facile à étudier à partir des solutions graphiques et numériques
présentées dans la figure ci-dessous :

Figure 9.1

Les différentes surfaces du graphique sont égales à :


 a : 55(1,75 – 1,5) – 0,5(55 – 50) (1,75 – 1,5) = 12,125
 b : 0,5(55 – 50) (1,75 – 1,5) = 0,625
 c : (65 – 55) (1,75 – 1,5) = 2,50
 d : 0,5(70 – 65) (1,75 – 1,5) = 0,625
 e : (65 – 55) (1,5 – 1,25) = 2,50.
Le surplus des consommateurs baisse de : –(a + b + c + d) = –16,875. Le surplus des producteurs
augmente de a = 13,125, et les revenus du gouvernement augmentent de c + e = 5. Les pertes d’efficience
b + d sont inférieures aux gains tirés de l’amélioration des termes de l’échange e. (Remarque : dans le
calcul des aires a, b et d, il y a un terme 0,5. Cela correspond à la formule de l’aire du triangle, qui équivaut
à la moitié de l’aire d’un rectangle, calculée comme le produit du côté vertical et du côté horizontal.)

4. Supposons maintenant que le pays étranger soit un pays beaucoup plus grand, avec les demandes et offres
suivantes :
D* = 800 – 200 P, S* = 400 + 200 P
(Cela implique qu’en l’absence de commerce, le prix étranger du blé serait le même qu’à la question 2.)
Calculez l’équilibre de libre-échange et les effets d’un droit de douane spécifique instauré par le pays
domestique. Comparez les résultats avec ceux obtenus précédemment.
Avec la même méthodologie de résolution que pour la question 3, quand le pays domestique est très petit par
rapport au pays étranger, son impact sur les termes de l’échange est beaucoup moins important. En
conséquence, le petit pays a beaucoup plus de risques de perdre à l’imposition d’un droit de douane. (Voir ci-
dessous.)
L’équilibre en libre-échange s’établit maintenant à un prix de 1,09 et le volume du commerce à 36,40. Avec
l’imposition d’un droit de douane spécifique de 0,5 par le pays domestique, le nouveau prix mondial sera
de 1,045, le prix domestique de 1,545, la demande domestique de 69,1 unités, l’offre domestique de 50,9 unités
et le volume du commerce de 18,2. Quand le pays domestique est relativement petit, l’effet d’un droit de douane
sur le prix mondial est plus faible que dans le cas d’un grand pays. Lorsque les deux pays étaient proches en
termes de taille, l’imposition du droit de douane faisait baisser le prix mondial de 25 %, contre seulement 5 %
dans le cas présent. Le prix domestique est maintenant plus proche du prix international de libre-échange
augmenté du droit de douane que dans le cas précédent. Les revenus du gouvernement sont de 9,1, la perte de
surplus des consommateurs est de 33,51 et le gain de surplus des producteurs de 21,089. Les distorsions
introduites par le droit de douane se traduisent par une perte de 4,14 (voir figure 9.1, aires b et d) et les gains de
termes de l’échange (voir figure 9.1, aire e) sont de 0,819. Dans le cas d’un petit pays, les pertes liées aux
distorsions dépassent donc clairement les gains dus aux termes de l’échange. Plus généralement, plus un pays
est petit et plus les pertes liées à l’imposition d’un droit de douane sont importantes, puisque les gains de
termes de l’échange sont plus faibles.

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5. Supposons que le prix mondial des bicyclettes soit de 200 €. Les pièces détachées (freins, dérailleurs, etc.)
coûtent 100 €. Si le gouvernement chinois décide d’imposer un droit de douane de 50 % sur les vélos, sans
taxer les pièces détachées, quel serait alors le taux de protection effectif des bicyclettes ?
Taux effectif de protection : TTE = (200 1,5 – 200) / 100 = 100 %

6. L’industrie aéronautique européenne reçoit des aides de plusieurs gouvernements. Selon certains, le montant
de ces aides correspondrait environ à 20 % du prix d’achat d’un avion. Par exemple, un avion qui coûterait
60 millions d’euros à produire serait vendu 50 millions d’euros. Dans le même temps, la moitié du prix d’achat
d’un avion « européen » correspond en fait à l’achat de composants importés (notamment des États-Unis). Si
ces estimations sont justes, quel est le taux effectif de protection dont bénéficient les producteurs européens
d’avions ?
Le taux effectif de protection prend en compte les coûts des biens intermédiaires importés. Dans cet exemple,
la moitié du coût d’un avion provient de composants achetés à d’autres pays. Sans les subventions, un avion
coûterait 60 millions d’euros. La valeur ajoutée européenne de l’avion est de 30 millions d’euros. La subvention
baisse le coût de la valeur ajoutée pour les acheteurs à 20 millions. Le taux effectif de protection est donc de
(30 – 20) / 20 = 50 %

7. Reprenons l’exemple de la question 2. La situation de départ est le libre-échange. Supposons maintenant que
le pays étranger offre une subvention de 0,5 par unité exportée. Calculez, dans chaque pays, les effets de cette
politique sur le prix, puis les variations de bien-être des différents groupes (consommateurs, producteurs, État)
et de l’ensemble de l’économie.
On utilise d’abord les courbes d’offre étrangère d’exportation et de demande domestique d’importation pour
déterminer le nouveau prix mondial. La courbe d’offre étrangère d’exportation avec une subvention de 50 % par
unité devient : OX = –40 + 40 (1 + 0,5) p. Le prix mondial d’équilibre est 1,2 et le prix interne étranger 1,8.
Le volume du commerce est égal à 32. Les coûts et les bénéfices de la subvention sont déterminés à partir des
courbes d’offre et de demande. Il faut construire un diagramme comparable à celui vu de l’exercice 3 et calculer
les aires des polygones. La subvention publique revient à accroître la production de (1,8 – 1,2) 32 =
19,2 unités.
Le surplus des producteurs étrangers augmente de 15,3 unités de biens à la subvention. Le surplus des
consommateurs étrangers baisse de 7,5 unités à cause de la hausse du prix. La perte nette pour le pays
étranger est donc de 7,5 + 19,2 – 15,3 = 11,4 unités produites. Les consommateurs et les producteurs
domestiques ont un prix de 1,2 du fait de la subvention. Le surplus des consommateurs domestiques augmente
de 70 0,3 + 0,5 (6 0,3) = 21,9 et le surplus des producteurs domestiques baisse de 44 0,3 + 0,5 (6 0,3) =
14,1. Le gain du pays domestique est donc de 7,8 unités produites.

8. Êtes-vous d’accord avec les affirmations suivantes ?


a. « Un excellent moyen de réduire le chômage est d’imposer des droits de douane sur les biens importés. »
b. « Les droits de douane ont des effets encore plus négatifs lorsqu’ils sont imposés par de grands pays. »
c. « Avec l’élargissement de l’Union européenne, le secteur automobile français perdra de plus en plus
d’emplois au profit des pays d’Europe centrale, où les salaires sont beaucoup plus faibles. Il est donc
nécessaire de revenir en arrière et d’imposer des droits de douane sur les voitures d’un montant équivalent
à cette différence de salaires. »
a. Faux. Le chômage a plus à voir avec des questions relatives au marché du travail et à la croissance
économique qu’avec la politique commerciale.
b. Faux. C’est l’inverse qui est vrai puisque l’imposition d’un droit de douane par un grand pays peut réduire
les prix mondiaux, ce qui réduit les conséquences négatives pour les consommateurs.
c. Ce type de politique peut réduire la production d’automobiles dans les pays d’Europe centrale, mais elle
aura aussi pour effet d’augmenter le prix des voitures en France. Au final, cette mesure aura donc le même
effet négatif sur le bien-être que n’importe quel droit de douane.

9. Eporue est un « petit pays » (il ne peut pas influer sur les prix mondiaux). Il importe des cacahuètes au prix de
10 € le sac. La courbe de demande est la suivante :
D = 400 – 10P
et la courbe d’offre :
S = 50 + 5P

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Déterminez l’équilibre de libre-échange. Calculez et représentez graphiquement les différents effets d’un quota
visant à limiter les importations de cacahuètes à 50 sacs par an sur :
a. L’augmentation du prix domestique.
b. Les rentes générées par le quota.
c. La perte due à la distorsion de la consommation.
d. La perte due à la distorsion de la production.
À 10 euros le sac, Eporue importe 200 sacs de cacahuètes. Un quota limitant les importations de cacahuètes à
50 sacs aura les effets suivants :
a. Le prix des cacahuètes augmente à 20 euros le sac.
b. Les rentes de quotas sont de (20 – 10) 50 = 500 euros.
c. Les pertes liées aux distorsions de consommation sont de :
0,5 100 sacs 10 euros le sac = 500 euros.
d. Les pertes liées aux distorsions de production sont de :
0,5 50 sacs 10 euros le sac = 250 euros.

10. Supposons que les travailleurs de l’industrie soient moins payés que les employés des autres secteurs. Quel
serait alors l’effet d’un droit de douane protégeant le secteur industriel sur la distribution du revenu réel au sein
de l’économie ?
L’imposition d’un tel droit de douane aurait pour effet de rendre la distribution du revenu réel au sein de
l’économie plus équitable. En effet, les salaires dans l’industrie augmenteraient alors que les revenus réels des
autres secteurs de l’économie baisseraient en raison de l’augmentation du prix des biens industriels.

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