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Phase avant-projet : intégration des réseaux et équipements techniques dans les

bâtiments
SS005a-FR-EU

Phase avant-projet : intégration des réseaux et


équipements techniques dans les bâtiments
Ce document contient des renseignements relatifs aux besoins en réseaux et équipements
techniques des immeubles de bureaux modernes : ventilation/climatisation, résistance au
feu, réseau électrique, etc. Il aborde les questions relatives aux dimensions et à
l'encombrement des réseaux et équipements techniques et illustre plusieurs systèmes
structuraux modernes permettant de les intégrer à la structure. Il met enfin l'accent sur
l'importance de bien étudier l'interface entre ces deux domaines.

Contenu
1. Introduction 2

2. Besoins et impératifs en matière de réseaux et équipements techniques 3

3. Types de systèmes de climatisation 14

4. Dimensions et encombrement des réseaux et équipements techniques 22

5. L’importance d'une étude coordonnée 29

6. Possibilités structurelles – systèmes de planchers 34

7. Références 43

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1. Introduction
Au cours des dernières décennies, le besoin en réseaux et équipements techniques dans les
immeubles de bureaux s’est considérablement accru, conséquence directe de l'évolution des
de modes de travail et de vie. L’apparition de nouvelles demandes et de nouvelles exigences
telles que la climatisation, le rafraîchissement de confort, le contrôle de la température et le
renouvellement de l’air, ainsi que de nouveaux concepts dans le domaine des technologies de
l’information électronique et de la communication, ont mis l’accent sur la nécessité d’adopter
des méthodes rationnelles d’installation et de distribution de ces réseaux et équipements
techniques. Les réseaux et équipements techniques doivent circuler aussi bien verticalement,
entre étages, qu’horizontalement, afin de desservir ces derniers.

Les immeubles de bureaux conçus, soit en espaces ouverts, soit en espaces cloisonnés, sont
globalement agencés de manière similaire en termes de distribution des réseaux et
équipements techniques. Prenons le cas d’un étage isolé et d’un noyau central comprenant le
système de contrôle et de distribution de l’air des pièces, les armoires électriques, les toilettes,
des escaliers, des voies d’accès, des ascenseurs, des colonnes verticales de réseaux techniques
(colonnes montantes) et des équipements de sécurité. Le noyau fait office de point central
pour la distribution des réseaux et équipements techniques à travers l’étage.

L’espace alloué aux réseaux et aux systèmes devrait être organisé de manière à minimiser leur
encombrement et à maximiser leur facilité d’accès. Une attention toute particulière devrait
également être portée à la possibilité propagation des incendies par le biais des gaines
empruntées par ces réseaux et équipements techniques pour passer d’un étage à l’autre.

L’interface entre l’ingénierie des structures et celle des réseaux est cruciale pour l’intégration
de ces derniers dans les immeubles de bureaux modernes. Ce document s’intéresse tout
particulièrement aux perspectives de leur intégration à la structure. Il présente les besoins, les
systèmes de base, aussi bien pour les structures que pour les réseaux. Il détaille les possibilités
d’intégration correcte des systèmes et montre des exemples de pratiques actuelles et futures en
matière d’intégration des réseaux et équipements techniques.

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2. Besoins et impératifs en matière de réseaux et


équipements techniques
Les réseaux et équipements techniques des bâtiments peuvent être regroupés en plusieurs
catégories :

‰ Equipements de climatisation et distribution d’air aux étages.


‰ Chauffage et refroidissement, y compris les dispositifs de contrôle local.
‰ Systèmes de protection incendie, y compris les mesures actives telles que les sprinklers et
la détection automatique.
‰ Systèmes électriques et transmission de données.
‰ Equipements sanitaires et réseaux de distribution d’eau.
‰ Ascenseurs, escaliers roulants et autres équipements permettant d’assurer un déplacement
vertical.

Typiquement, les nouvelles demandes en réseaux et équipements techniques concernent :

‰ la ventilation et la distribution de l’air, y compris l’installation des gaines d’air sous le


plancher,
‰ la climatisation et le rafraîchissement de l’air, distribués le long des murs périphériques
ou à partir des plafonds,
‰ les canalisations d’eau ou sprinklers destinés à assurer la sécurité incendie,
‰ le câblage électrique et les réseaux de transmission de données, habituellement distribués
dans un faux plancher.

2.1 Ventilation et climatisation


Dans les bâtiments, la ventilation doit :

‰ acheminer de l’air frais prélevé à l’extérieur jusqu’aux personnes se trouvant dans les
pièces,
‰ diluer et évacuer l’air vicié du bâtiment,
‰ réduire l’exposition des personnes aux risques microbiologiques, et
‰ empêcher toute formation d’humidité par condensation.

Les exigences formulées dans les normes en matière de ventilation sont, dans la plupart des
cas, descriptives, ce qui signifie qu’elles prennent davantage la forme de solutions techniques.
Un grand nombre de normes spécifient des débits minimaux. Dans le cas d’une ventilation
naturelle, les normes peuvent imposer, de manière spécifique, des zones comprenant des
ouvertures, telles que des fenêtres. Lorsqu’elles ne sont pas descriptives, les normes sont

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axées sur les performances des systèmes. Une telle approche (qui privilégie la performance)
s’intéresse notamment aux besoins réels des utilisateurs [8].

En Europe, les normes diffèrent considérablement d’un pays à l’autre, de même que la façon
d’exprimer les objectifs poursuivis en matière de ventilation. Certaines normes expriment le
débit « par m² de zone de plancher », tandis que d’autres précisent un débit par personne (par
exemple, litres/seconde/personne). Au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays, les débits
de ventilation minimaux dépendent de l’autorisation ou de l’interdiction de fumer dans le
bâtiment. Le Tableau 2.1 donne les niveaux figurant dans certaines normes et réglementations
européennes. Ces exigences sont exprimées en litres/seconde /personne [8].

Tableau 2.1 Débit de ventilation exigé par personne, pour des immeubles de bureaux, dans
plusieurs pays.

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Une densité de 1 personne tous les 14 m² de plancher constitue une utilisation acceptable de
l’espace. Cette densité peut éventuellement être réduite à 1 personne tous les 10 m², si cela
n’entraine pas de conséquence défavorable sur l’environnement professionnel [3]. De manière
générale, un débit d’air frais entre 8 et 12 litres par seconde et par personne devrait être assuré
dans les espaces de bureaux. Cette valeur devrait être augmentée dans le cas d’un
environnement fumeur [3].

Dans les bâtiments modernes, le système de chauffage se compose d’appareils de chauffage


individuels, tels que des radiateurs « à eau ou électrique », ou de systèmes de chauffage
intégrés au système de ventilation. Dans ce dernier cas, le système de ventilation permet
également de réchauffer l’air en hiver et de le refroidir en été, afin de le maintenir à la
température ambiante requise. Il régule en outre l’humidité et filtre les poussières. Le système
de ventilation fait dans ce cas également office de système de climatisation.

D'autres exigences formulées concernent la vitesse maximale d’écoulement de l’air dans les
pièces. Dans une pièce, on considère que la zone devant être ventilée de manière efficace est
le volume dans laquelle les personnes circulent effectivement, c’est-à-dire le volume du centre
de la pièce. Ce volume est défini par la surface totale de plancher, "déduction fait d'une bande
périmétrique de 15 cm de large", multipliée par une hauteur de 1,80 m [11].

Deux systèmes de ventilation existent [10] :

‰ Un système de ventilation par déplacement d’air, avec une arrivée d’air au niveau du sol
et un orifice de sortie au niveau du plafond. Le mouvement de l’air est ascendant, modéré
et régulier.
‰ Un système de ventilation par brassage, avec des arrivées d’air situées au niveau du
plafond et une vitesse d’acheminement plus élevée. L’air frais est brassé de façon
naturelle avec l’air ambiant avant d’atteindre le volume de circulation des personnes.
L’air est évacué au niveau du plafond, par le biais de grilles espacées à intervalles
réguliers.
Il est évident que les systèmes de brassage conviennent mieux aux espaces ouverts, tandis que
les systèmes de ventilation par déplacement d’air conviennent mieux aux espaces cloisonnés.

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En hiver, la vitesse acceptable d’écoulement d’air dans une pièce est généralement inférieure
à 0,15 m/s. En été, lorsque le déplacement d’air convient mieux aux occupants, la température
ambiante étant plus élevée, la vitesse maximale d’écoulement d’air est généralement de
0,25 m/s. Ces données permettent de déterminer la taille et le nombre d’orifices nécessaires,
ainsi que la distance devant les séparer des personnes occupant la pièce. Elles permettent
également de déterminer les dimensions des gaines, aussi bien pour l’acheminement que pour
l’extraction de l’air.

Les systèmes de ventilation par déplacement d’air, où l’air acheminé est distribué au niveau
du sol à une température plus basse, peuvent s’avérer plus difficiles à concevoir que les
systèmes de ventilation par brassage car ils entrainent également une circulation de la
poussière [10].

Dans les immeubles de bureaux, la vitesse d'écoulement de l'air dans les gaines peut être
considérée comme étant égale à :

‰ 6,0 m/s dans les gaines principales,


‰ 4,5 m/s dans les gaines secondaires,
‰ 2,0 m/s au niveau de la sortie, permettant ainsi d’obtenir une faible vitesse d’écoulement
dans la pièce.
En Europe, on considère qu’une température est agréable en hiver lorsqu’elle est comprise
entre 20 °C et 22 °C. En été, la notion de température agréable varie davantage en fonction du
pays considéré et de la température extérieure moyenne. La température de confort maximale
est habituellement comprise entre 26 °C et 30 °C.

Agencement du réseau de diffusion


Le réseau de diffusion de l’air est habituellement organisé à partir d'une trame de 6 m x 6 m.
Celle-ci peut être plus dense (6 m × 4 m, par exemple) à la périphérie du bâtiment, où les
échanges de chaleur sont censés être plus importants. Des radiateurs (à eau ou électriques),
situés le long de cette périphérie contribuent à réchauffer les pièces concernées.

Un diffuseur devrait être mis en place pour chaque trame. Les gaines doivent être en mesure
d’acheminer l’air de manière constante et chaque diffuseur doit pouvoir fournir un débit
identique. Le réseau d’acheminement horizontal, c’est-à-dire la distance séparant la colonne
verticale dans le noyau central aux diffuseurs les plus éloignés, ne devrait pas excéder 25 m.
Des réseaux plus long entraîneraient une perte d’efficacité du système, la nécessité d’utiliser
des ventilateurs plus puissants, un fonctionnement plus bruyant, etc. Il devient donc
nécessaire de prévoir, au stade de la conception, un noyau central pour chaque surface de
plancher de 50 m de côté.

2.2 Sprinklers et canalisations d’eau destinés à assurer


la sécurité incendie
Dans les immeubles de bureaux, les exigences de résistance au feu dépendent des dimensions
et de la hauteur du bâtiment, ainsi que de l’usage qui en est fait : Des exigences de résistances
de 60 (CF60), 120 (CF120) et 240 (CF240) minutes sont courantes.

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Les sprinklers empêchent le feu de se propager et améliorent ainsi la sécurité des personnes.
Un système de sprinklers devrait être considéré comme faisant partie intégrante de la stratégie
en matière d’ingénierie de la sécurité incendie et est considéré comme une service à part
entière.

Lors du choix d’un système de protection incendie pour les éléments structuraux en acier, les
ingénieurs de structures doivent tenir compte de la nécessité de fixer les réseaux et
équipements techniques, notamment dans les cas où il est nécessaire de réaliser une liaison
mécanique avec les poutres. Il est important de s’assurer que les réseaux et équipements
techniques ne créent pas de rupture dans le dispositif de protection incendie.

‰ Les panneaux de protection incendie ne devraient être utilisées qu'aux endroits où il est
peu probable que les systèmes de réseaux et équipements techniques soient supportés par
les poutres. Le fait de découper les panneaux, ou altérer la protection incendie dans le but
d’installer des fixations compromettrait cette protection incendie.

‰ Avec les systèmes de protection par couvertures ignifuges ou par pulvérisation de


produits à base de ciment, la fixation directe de pinces aux semelles des poutres ne sera
pas possible. Dans ce cas, un système de câbles d'acier peut être utilisé pour supporter les
réseaux et équipements techniques.

‰ Les peintures intumescentes constituent probablement la meilleure solution en matière de


protection incendie. Il faut cependant toujours veiller à ne pas les endommager au cours
de l'installation des réseaux et équipements techniques.

La mise en place de sprinklers comme système de protection incendie nécessite l’installation


de canalisations et d'équipements techniques spécifiques. Les canalisations d’eau ne sont pas
encombrantes, mais elles peuvent causer certains problèmes lorsqu’elles croisent des gaines
de ventilation. Il est préférable d’éviter les déviations marquées autour des gaines.

Risques de propagation d’incendie par les gaines


Les gaines peuvent présenter un risque d’incendie dans un bâtiment, à l’endroit où elles
traversent des cloisonnements incendie. La pénétration des gaines dans le cloisonnement ne
doit pas entraîner une diminution de la protection incendie du bâtiment. Pour ce faire,
plusieurs solutions peuvent être mises en place :

‰ les gaines peuvent être ignifugées des deux côtés du cloisonnement, ou


‰ les gaines peuvent être équipées aux passages des cloisonnements de clapets coupe-feu
dûment certifié, ou
‰ ces deux alternatives peuvent être combinées.

2.3 Réseaux électriques – équipements électriques et


informatiques
Toutes les gaines électriques, quel que soit leur type, doivent être acheminées jusqu’aux
postes de travail, afin d’alimenter les dispositifs d’éclairage, les appareils électroniques et les
ordinateurs. Il existe deux catégories de courant électrique :

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‰ Le courants fort, c’est-à-dire le courant électrique de haut voltage qui alimente les
dispositifs d’éclairage, les ordinateurs, les appareils électriques, etc.
‰ Le courant faible, c’est-à-dire le courant électrique de faible voltage qui alimente les
réseaux informatiques, les téléphones, les systèmes de contrôle, etc.
‰ L’agencement de ces réseaux électriques dépend de celui de l’étage (espace ouvert de
bureaux ou bureaux cloisonnés).
En fonction du type de distribution électrique, haut ou faible voltage, courant fort ou faible,
appareils électriques ou informatiques, il faut anticiper le niveau de protection électrique et
magnétique nécessaire.

Par ailleurs, d’autres réseaux électriques sont nécessaires pour assurer la sécurité du bâtiment.
Parmi ceux-ci, figurent :

‰ les avertisseurs d'incendie et les détecteurs de fumée,


‰ les alarmes anti-intrusion,
‰ les dispositifs de contrôle de l’environnement, de la température, des risques biologiques,
‰ les systèmes automatiques tels que l’interruption automatique de l’éclairage, etc.,
‰ Concernant les dispositifs de surveillance, des distances et espacements minimum
devraient être prévus lors de la conception afin de les intégrer au mieux dans les autres
systèmes.
Une attention toute particulière devrait être portée à la prévention d’éventuelles interférences
électriques ou magnétiques. Pour ce faire, des intervalles suffisants séparant les réseaux
doivent être respectés, ce qui risque de compliquer l’agencement de l’espace disponible.

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2.4 Réseaux et équipements techniques généraux –


noyau central
Le noyau central assure plusieurs fonctions : il rend possible l’accès aux étages à partir des
escaliers et des ascenseurs et abrite les toilettes et les locaux techniques. Le noyau est
idéalement placé lorsqu’il se situe à proximité du centre du bâtiment. De cette façon, la
distance qui le sépare des zones à desservir est plus courte que s’il était excentré.

Le noyau est souvent conçu de façon à servir de système de contreventement principal du


bâtiment. En Europe continentale, le noyau est habituellement en béton, mais il peut
également être constitué à partir d’un treillis en acier. Au Royaume-Uni, les noyaux centraux
sont constitués de plaques d’acier.

Pour des planchers de très grandes dimensions, d’une superficie supérieure à 1 000 m², le
bâtiment peut comporter plusieurs noyaux. De manière générale, on essaie de faire en sorte
que l’organisation des réseaux et équipements techniques soit optimisée pour la distribution
d’air. De même, les chemins d’évacuation en cas d’incendie doivent être aussi courts que
possible.

2.5 Distribution verticale d’air entre étages


Pour que les étages de bureaux puissent être ventilés, il convient de prévoir des colonnes
montantes.. L’emplacement de ces colonnes déterminera l’agencement des gaines à l’étage.

Les colonnes montantes des réseaux sont habituellement situées dans le noyau central du
bâtiment. Elles respectent les critères suivants :

‰ le centre du bâtiment constitue le meilleur emplacement pour les colonnes montantes, ,


‰ elles doivent disposer de suffisamment d’espace pour pouvoir être entretenues et
remises à neuf,
‰ les gaines de ventilation, les conduites d’eau et les gaines électriques doivent être
séparées,
‰ des clapets coupe-feu doivent être mis en place aux extrémités verticales des gaines de
ventilation, afin d’éviter qu’un incendie ne puisse se propager à partir de ces gaines.
‰ Les gaines sont les plus courtes lorsque le noyau est situé au centre de l’étage. Cela
permet de réduire au minimum les chutes de pression.

Les locaux techniques jouxtent les gaines les colonnes montantes de ventilation, d’eau et
d’électricité. Elles doivent être aussi faciles d’accès que possible. Par ailleurs, les colonnes
montantes et les locaux techniques devraient être surdimensionnés en prévision de
développements ultérieurs.

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Noyau et colonnes Noyau et colonnes montantes


montantes situés au centre situés dans un coin du bâtiment;
du bâtiment; gaines courtes gaines longues

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Légende :
1. Emplacements possibles du noyau
2. Dimension des gaines de ventilation (en mm), en fonction de la distance les séparant du noyau
3. Agencement des gaines

Figure 2.1 Disposition des gaines à partir du noyau technique [3]

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Figure 2.2 Agencement type des gaines de ventilation dans une colonne montante [11]
Dans tous les cas, deux colonnes sont nécessaires pour les gaines de ventilation : l’une pour la
distribution de l’air à partir de l’installation centrale, l’autre pour son extraction et son
réacheminement jusqu’à l’installation centrale, indépendamment de l’emplacement de
l’installation, qu’elle soit située en sous-sol ou au sommet du bâtiment.

Impératifs en termes d’entretien


Les locaux techniques et les réseaux de gaines devraient être aussi aises d’accès que possible,
afin de faciliter les opérations d’entretien. En ce qui concerne les gaines de ventilation, les
gaines d’arrivée d’air devraient être accessibles de façon à ce qu’il soit possible d’en nettoyer
l’intérieur « une fois par an ». Des appareils spéciaux ont été conçus dans ce but. Le nettoyage
des gaines d’évacuation est moins important, mais doit néanmoins être effectué à intervalles
réguliers.

2.6 Acheminement de l’eau et des réseaux sanitaires


La distribution d’eau à travers les étages de bureaux ouverts n’est généralement pas
nécessaire. Les toilettes se situent normalement dans le noyau central du bâtiment.

L’acheminement de l’eau est cependant nécessaire pour certaines applications, telles que les
appareils de climatisation locaux qui ont besoin d’une alimentation en eau chaude et en eau
froide. Ces conduites d’eau sont nécessaires lorsque la climatisation est assurée par un
ventilo-convecteur. Dans ce type d’appareil, d'autres conduites de taille appropriée sont
également nécessaires pour l’évacuation des eaux usées de condensation du ventilo-
convecteur.

Il est essentiel de s’assurer que les conduites d’évacuation ont une pente constante, afin que
les eaux évacuées puissent s’écouler naturellement. Les contre pentes induites par les flèches
de planchers sont préjudiciables à cette disposition, toute stagnation d’eau dans ces conduites
risquant d’endommager les appareils. Lorsque ce type d’évacuation est employé, des
précautions devraient être prises par rapport aux flèches des dalles. Il s’agit de l’un des
problèmes rencontrés en terme d’interface entre les réseaux et équipements techniques et la
structure.

Les canalisations d’eau chaude et d’eau froide sont de petite taille. Deux tuyaux de 20 mm
suffisent à assurer le fonctionnement du ventilo-convecteur. Le diamètre des tuyaux de
condensation est habituellement de 40 mm.

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2.7 Poutres de longues portées dans les immeubles de


bureaux
Les solutions avec des poutres de longues portées offrent les meilleures possibilités
d’intégration des réseaux et équipements techniques. Les poutres sont, par nécessité,
suffisamment hautes pour permettre des ouvertures dans les âmes de grandes dimensions
nécessaires à ces réseaux.

‰ Les longues portées et un espace ouvert sans poteaux intermédiaires offrent une certaine
flexibilité dans la détermination de l’agencement intérieur. Cela permet des modifications
ultérieures en cas de changement d’activité [5].

‰ Les grandes portées atteignent maintenant 18 m en utilisant des systèmes structurels


mixtes (acier/béton) et des poutres cellulaires.

‰ Il est possible de disposer d’un volume important entre poutres pour les réseaux et
équipements techniques.

Réduire la hauteur des étages est intéressant: On diminue le coût du bardage et cela permet de
se conformer aux restrictions éventuelles imposées par l'urbanisme sur la hauteur totale du
bâtiment. Pour ce faire, il est nécessaire de sélectionner les poutres avec soin et de profiter des
possibilités d'intégrer les réseaux et équipements techniques dans la structure de manière
optimum.

Dans une recherche structurale optimale classique, les poutres sont généralement agencées de
telle façon que les poutres secondaires ont une portée supérieure aux poutres principales, de
manière à utiliser des poutres secondaires et principales de même hauteur. Cette approche
permet de réduire à un minimum la hauteur de la construction métallique, mais empêche les
réseaux et équipements techniques de passer à travers l’âme des poutres, d’où la nécessité de
recourir à une zone séparée, sous les poutres, réservée aux réseaux et équipements techniques.

Si l’agencement choisi nécessite des poutres principales profondes et des poutres secondaires
peu profondes, la hauteur de la construction métallique s’en trouvera accrue. Il devient
cependant possible de faire passer les réseaux et équipements techniques à travers l’âme des
poutres principales et en dessous des poutres secondaires. La hauteur de l'ensemble poutre
plus la zone de services, reste plus petite que dans la solution classique. La hauteur minimale
de l’étage ne correspond par conséquent pas toujours à la hauteur minimale de la poutre [5].

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3. Types de systèmes de climatisation


De tous les réseaux et équipements techniques, les systèmes de climatisation sont les plus
encombrants et demandent, par conséquent, la plus grande attention en termes d’interaction
avec la structure. Le besoin en climatisation dépend des facteurs suivants :

‰ Les exigences d’apport en air frais aux occupants.


‰ La taille du bâtiment (qui peut rendre l'aération naturelle difficile).
‰ Les bruits extérieurs et la pollution émanant de la circulation.
‰ La stratégie en matière d'économie énergétique.
‰ Les exigences en matière de refroidissement (ceux-ci peuvent varier en fonction de
l’activité).
‰ La nécessité d’un contrôle local de la température et de l'humidité relative.
L'énergie nécessaire au refroidissement coûte quatre fois plus cher, par degré de changement
de température, que l'énergie de chauffage. Ceci est dû en partie à l’inefficacité du processus
de refroidissement et en partie au recours à l'électricité plutôt qu’au gaz naturel comme
principale source d'énergie. Par conséquent, le besoin d’un système de climatisation (ou plus
exactement, de « rafraîchissement de confort ») devrait faire l’objet d’une étude approfondie,
en phase de conception. Dans certains pays, les réglementations interdisent l'usage de
systèmes de climatisation, sauf pour certaines applications spécialisées, le but étant de limiter
la consommation d’énergie primaire.

Un système de climatisation doit satisfaire à deux exigences principales :

‰ L'acheminement d'air frais jusqu’aux occupants.


‰ Le chauffage ou le refroidissement de l'air pour le confort des occupants.
Deux approches sont possibles : les deux exigences peuvent être soit combinées dans un
système d’acheminement d’air frais, soit séparées (le chauffage et le refroidissement sont
alors assurés de manières distinctes). Le contrôle de l'humidité relative est moins important,
puisqu’une personne peut tolérer une plage d'humidité relative étendue, comprise entre 20 et
60 %.

3.1 Systèmes de ventilation et de climatisation


Au sens large du terme, il existe quatre principaux types de systèmes de ventilation [11] :

1. les systèmes naturels, également appelés « ventilation naturelle, » qui ne sont utilisés
que dans les petits immeubles de bureaux,
2. les systèmes par apport naturel et par extraction mécanique, également appelés
« ventilation par extraction », ne sont pas utilisés dans les bureaux,
3. les systèmes par apport mécanique et par extraction naturelle, également appelés
« ventilation par pulsion »,
4. les systèmes par apport et par extraction mécanique sont surtout utilisés dans les
immeubles de bureaux.

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Les systèmes à débit d’air constant acheminent l’air à un débit donné, sans que le moindre
contrôle de variation du volume ne soit effectué. Ces systèmes ne répondent habituellement
pas aux besoins des immeubles de bureaux, qui exigent un dispositif de contrôle local.

On distingue d’habitude les systèmes dont l’unique fonction est d’acheminer l’air frais dans
les pièces (ventilation seule) de ceux dont la fonction de ventilation est combinée à celle de
récupération de la chaleur, de chauffage ou de refroidissement, d’humidification et/ou de
déshumidification de l’air. Ces derniers sont alors des systèmes de climatisation.

Les systèmes de ventilation hybrides, un autre type de système, ont suscité un intérêt accru au
cours des dernières années. Ces systèmes combinent les principes de la ventilation naturelle et
de la ventilation mécanique. Dotés de deux modes de fonctionnement, ils sont sensés réduire
la quantité d’énergie consommée, tout en maintenant une qualité d’air intérieur et un confort
thermique acceptables. Les systèmes de ventilation hybrides nécessitent la présence de
fenêtres pouvant être ouvertes et sont rarement utilisés dans les grands immeubles de bureaux.
A l’heure actuelle, ils sont principalement mis en place dans des bâtiments prototypes à faible
consommation d’énergie [11].

Les formes génériques de systèmes de climatisation utilisés dans les bureaux et pouvant être
contrôlés localement sont :

‰ Le débit d’air variable,

‰ Les ventilo-convecteurs,

‰ Les plafonds réfrigérants.

Débit d'air variable


Il s’agit d’un système de refroidissement communément utilisé dans les bureaux de grandes
dimensions. L'air est acheminé à partir de l’installation de refroidissement centrale. Le
volume est ensuite contrôlé localement au moyen de terminaux qui en assurent le chauffage et
la répartition au niveau local. Des diffuseurs sont habituellement disposés tous les 6 m × 6 m
et à une fréquence plus élevée le long de la périphérie du bâtiment, là où les échanges de
chaleur sont les plus importants. Du fait de leur faible coût d’exploitation, les systèmes à débit
d’air variable sont souvent installés dans des bâtiments occupés par un seul propriétaire.

Les avantages des systèmes à débit d’air variable sont les suivants [3] :

‰ du fait de l’emplacement central des équipements principaux, leur fonctionnement et leur


entretien peuvent être assurés à partir du seul local technique,
‰ les systèmes de récupération de la chaleur peuvent facilement y être intégrés,
‰ le système de réfrigération naturel par ventilation peut être maximisé, afin de réduire la
fréquence d’utilisation des équipements mécaniques de réfrigération,
‰ ils sont relativement flexibles en termes de conception et permettent d’optimiser la
distribution de l’air, de mieux contrôler les flux et de mieux répondre aux exigences
locales,
‰ les tuyaux d’évacuation et les filtres ne sont pas nécessaires dans les espaces occupés,
‰ l’air peut être acheminé à travers le plancher ou le plafond et par le biais de diffuseurs,
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‰ il est possible de faire en sorte que l’air se déplace plus rapidement dans les gaines de
distribution principales. Cela permet de réduire les dimensions de ces dernières,
d’économiser de l’espace et de réduire les coûts,
‰ Les régulateurs de volume permettent au système de pratiquement s’auto-équilibrer,
‰ la quantité d’air acheminée en deçà de la charge de pointe peut être réduite, afin
d’équilibrer la charge réelle. Il s’agit d’un mode de fonctionnement efficace pouvant
opérer entre 65 et 100% de la charge maximale.
‰ l’arrivée d’air peut être contrôlée localement, en s'adaptant aux besoins des personnes,
‰ les systèmes à débit d’air variable sont relativement silencieux, surtout s’ils fonctionnent
avec des flux restreints,
‰ Les inconvénients des systèmes à débit d’air variable sont les suivants :
‰ les gaines nécessaires à l’acheminement de l’air sont encombrantes, entraînant
éventuellement une augmentation de la hauteur de plancher et donc de la hauteur du
bâtiment,
‰ dans les lieux où les températures extérieures sont basses et où le système de ventilation
est aussi utilisé pour chauffer les zones périphériques, le ventilateur doit fonctionner plus
longtemps lorsque le bâtiment n’est pas occupé afin de maintenir la température au
niveau désiré,
‰ une attention particulière doit être portée à l’accès aux terminaux de ventilation, afin de
s’assurer qu'une fois construit le système peut être entretenu dans son intégralité.
‰ des équipements dispersés entraînent une augmentation des frais d’exploitation,
‰ les zones périphériques nécessitent souvent des dispositifs de chauffage distincts, tels que
des radiateurs à eau ou des appareils de chauffage électrique.
Système ventilo-convecteur
L'air est acheminé de façon centrale et le chauffage/refroidissement est assuré, au niveau
local, par le biais de conduites d'eau agencées séparément. Les ventilo-convecteurs peuvent
être contrôlés localement. Le ventilateur fait circuler l’air de façon à ce qu’il entre en contact
avec les tuyaux de chauffage/refroidissement. Les ventilo-convecteurs font typiquement
1 m x 1 m et 30 cm de hauteur (voir 0). Ils sont généralement moins chers à installer que les
systèmes à débit d’air variable, mais peuvent nécessiter plus d'entretien. En outre, des tuyaux
d’écoulement sont nécessaires pour l’évacuation des eaux usées vers un point de vidange
central. Les systèmes ventilo-convecteurs sont peu onéreux à l’achat, mais ont des coûts
d’exploitation élevés.

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Figure 3.1 Un ventilo-convecteur et ses conduites techniques

Plafonds réfrigérants
L'air est acheminé séparément et les tuyaux d'eau froide assurent le refroidissement de l’air.
Ce système peut prendre la forme d’un plafond réfrigérant (élément plat), tel qu’illustré par la
Figure 3.2, ou d’une gaine froide (élément linéaire). Les systèmes de refroidissement sont en
partie visibles. Ils doivent donc avoir un aspect décoratif. La capacité de refroidissement peut
être accrue en faisant en sorte que l'air entre en contact avec les serpentins de refroidissement.

1
2
3

Légende
1. Support fixé à la structure
2. Tuyau d’arrivée
3. Tuyau d’évacuation

Figure 3.2 Plafonds réfrigérants : dessin de principe [3]

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Concernant les systèmes mécaniques d’acheminement et d’extraction d’air,, un équilibre


devrait être atteint vis-à-vis des critères suivants : [11]

Points d'avantages :

‰ la possibilité de contrôler le débit d’air dans les pièces et de combiner cette fonction à un
traitement de l’air,
‰ la possibilité d’inclure des dispositifs de récupération de la chaleur et d’économiser de
l’énergie.
Points critiques :

‰ les systèmes équilibrés nécessitent au moins deux ventilateurs, ce qui implique une
consommation d’énergie plus élevée,
‰ la prévention des nuisances sonores,
‰ l’encombrement (ces systèmes nécessitent davantage de gaines),
‰ un entretien accru,
‰ les tuyaux d’arrivée doivent être propres.
Questions d’ordre financier/énergétique :

‰ un coût initial élevé,


‰ la quantité d’énergie nécessaire au fonctionnement du ventilateur est très élevée,
‰ la quantité d’énergie nécessaire aux fonctions de chauffage/refroidissement est réduite
grâce au dispositif de récupération de la chaleur.
‰ Les gaines devraient être circulaires plutôt que rectangulaires. Le réseau d’acheminement
devrait être conçu de façon à réduire à un minimum le nombre de raccords, de coudes
droits, etc.
‰ L’air frais est habituellement distribué par les plafonds, mais peut également l’être au
niveau du plancher ou le long des façades. L’air vicié est extrait au niveau du plafond, par
le biais d’un dispositif en trame ou incorporé aux systèmes d’éclairage. Cela signifie
qu’un double système de gaines est nécessaire, l’un pour l’acheminement de l’air frais à
l’étage et l’autre pour l’évacuation de l’air vicié. Cela risque d’entraîner des
incompatibilités en termes de réseau, particulièrement au niveau des croisements.

3.2 Systèmes de climatisation


La Figure 3.3 illustre, de manière schématisée, le principe de fonctionnement d’un système
central de ventilation/conditionnement d’air. Le système de production est illustré en « 4 », et
le système d’évacuation/récupération, en « 5 ». Les éléments « 4 » et « 5 » sont encombrants
et sont situés dans le local technique. Entre les éléments « 4 » de production et « 5 »
d’évacuation/récupération, se trouve le système des gaines « C1 » qui achemine l’air chauffé
ou refroidi jusque dans les pièces, « 8 » afin d’en assurer la climatisation. Ensuite les gaines
« C2 » récupèrent cet air et le transfèrent en 5 pour traitement et recyclage ainsi que pour en
évacuer la partie viciée. Ce réseau de gaines devrait être agencé de façon à ce que son
encombrement soit minimum. Il fait interface à de nombreuses reprises avec le système
structurel ainsi qu’avec d’autres réseaux et équipements techniques.

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C1
3
4

6
5

C1 C2

C1

8 8 8

C2

Légende 5. Evacuation
1. Unité de production d’air 6. Rejet de l'air vicié
2. Système de récupération de la chaleur 7. Recyclage de l’air
3. Prise d’air 8. Pièces
4. Production

Figure 3.3 Principe de fonctionnement d’un système de climatisation : les gaines C1 servent à
la distribution de l’air, les gaines C2 à sa récupération/son évacuation

Le système de production se trouve habituellement dans un local technique situé soit au sous-
sol, soit sur le toit du bâtiment. Idéalement, le système de production se trouve au sous-sol
« pour l’évacuation des eaux usées, tandis que le système de récupération est idéalement situé
au sommet du bâtiment, pour faciliter l’évacuation de l’air vicié. En pratique, cela n'est pas
possible et les deux systèmes se trouvent dans le même local technique.

Dans les systèmes de climatisation modernes, un système de récupération de la chaleur peut


être intégré avant l'évacuation finale de l'air vicié et récupération dans les systèmes de
production. En hiver, lorsque l’air qui est rejeté à une température plus élevée que celle de
l’air aspiré, il est possible de transférer de la chaleur à ce dernier. De la même façon, en été,
l’air tempéré peut, avant d’être rejeté, refroidir l’air chaud extérieur qui est aspiré. Ce système
de récupération de la chaleur doit par conséquent se trouver au sein d'un même appareil
unique de production/évacuation et donc, dans la même pièce.
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Les appareils montés sur le toit permettent de refroidir une zone de dimensions importantes.
Ils sont souvent d’une taille imposante avec un réseau de gaines de distribution leur
permettant d’être raccordés à la zone qu’ils desservent.

Légende 4. Terminal à débit variable


1. Dispositif de refroidissement 5. Ventilo-convecteur
2. Chaudières
3. Gaines

Figure 3.4 Agencement de base des gaines de ventilation des immeubles de bureaux [5]

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250
(1) m²
200

150

100

50

0
0 10 20 30 40 50
(2) m³/s
Légende
1. Surface du local technique
2. Débit d’air

Figure 3.5 Estimation de la surface minimale et maximale du local technique (en m²), en
fonction du débit d’air total (en m³/s) [11]

Figure 3.6 Local technique abritant un système de climatisation à débit d’air variable;
agencement d’un tel système sur le toit d’un bâtiment. Ces photos permettent
d’avoir une idée de l’espace et du volume que requièrent ces systèmes.

Si l’air est acheminé en surpression, le ventilateur d’acheminement doit être plus puissant que
le ventilateur d’extraction. Si l’air est acheminé par dépression, le ventilateur d’extraction doit
être plus puissant que le ventilateur d’acheminement. Si aucune exigence particulière n’a été
formulée, le ventilateur d’acheminement est généralement légèrement plus puissant que le
ventilateur d’extraction.

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4. Dimensions et encombrement des réseaux et


équipements techniques
Quelque soit le besoin en réseaux et équipements techniques, il existe des impératifs
minimaux en termes de dimensions d’installation. :

4.1 Généralités
Une épaisseur de 400 à 600 mm est habituellement nécessaire pour installer les réseaux et
équipements techniques. Ces réseaux sont situés soit dans un faux plafond, soit dans un
plancher technique. Typiquement, une gaine de 200 mm de diamètre peut desservir une
surface de 3 m × 3 m, tandis qu’une gaine de 400 mm peut desservir une surface de
6 m × 6 m. La vitesse de circulation de l’air dans les gaines est alors comprise entre 6 et
9 m/s, ce qui n’entraîne pas de problème d’ordre acoustique. En règle générale, le diamètre
des canalisations d’eau varie entre 20 et 50 mm.
En fonction du système de protection incendie utilisé, l'épaisseur de l’espace réservé aux
réseaux et équipements techniques dans les plafonds peut atteindre 700 à 800 mm. Si l’on y
ajoute les 300 mm de l’épaisseur des dalles et du plancher technique, on obtient une épaisseur
de 1000 mm entre étages, soit environ 25% de la hauteur d’étage. Si aucune contrainte n’est
imposée en termes de hauteur hors-tout, il est généralement plus efficace de disposer les
réseaux et équipements techniques sous la structure du plancher. L’inconvénient de cette
approche est que la hauteur de construction de chaque étage s’en trouve accrue, ce qui
entraîne également une augmentation de la surface de bardage de l'enveloppe de la structure
[17].

Les tuyaux d’évacuation ont généralement un diamètre de 40 mm et une pente comprise entre
10 et 25 mm par mètre. Des dispositions doivent être prises afin de compenser la flèche des
poutres. Une canalisation transportant des eaux usées sur une distance de 25 m exige une
chute de 250 à 625 mm, hauteur à laquelle il faut ajouter la flèche de la poutre, qui peut être
relativement importante.

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460 2

485 4 3

4250
1800

3000

975

150

130

Légende 3. Poutre principale


1. Plancher technique 4. Espace destiné à installer les réseaux et équipements
2. Poutre secondaire techniques

Figure 4.1 Agencement type, dans le plan vertical, de l’espace compris entre les étages d’un
immeuble de bureaux [Source : Royaume.-Uni] [3]
La décision, en phase d’avant-projet, d’intégrer les gaines dans la zone réservée à la structure
ou, au contraire, de les suspendre simplement sous cette dernière, influencera le choix des
éléments structuraux, du système de protection incendie et de la hauteur hors-tout du
bâtiment.

D’une manière générale, une hauteur de 450 mm devrait permettre de suspendre les réseaux et
équipements techniques sous les éléments de plancher. Une hauteur supplémentaire de 150 à
200 mm est généralement prévue pour la protection incendie, les plafonds, les dispositifs
d’éclairage et une flèche nominale (25 mm). Les terminaux de circulation d’air (ventilo-
convecteurs ou systèmes de débit à volume variable) seront situés entre les poutres, là où il y
a davantage d’espace disponible.

L’intégration des réseaux et équipements techniques peut être réalisée en les acheminant à
travers les ouvertures pratiquées dans les âmes des poutres métalliques de soutien. Cela sera
décrit dans la section 6.

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4.2 Dimensions des réseaux et équipements techniques


de ventilation et de climatisation
Les réseaux et équipements techniques de ventilation et de climatisation sont les plus
encombrants.

L’augmentation de la chute de pression dans un réseau de gaines est proportionnelle au carré


de la vitesse d’acheminement de l’air dans la gaine. En acheminant l’air à une faible vitesse,
la consommation d’énergie peut être réduite, permettant, si le nombre annuel d’heures de
fonctionnement est élevé, de réaliser des économies substantielles. Cela comporte en outre
l’avantage de réduire les nuisances sonores [10].

La vitesse d’écoulement de l’air dans les gaines est habituellement d’environ 3 à 4 m/s. Une
vitesse de 9 m/s est susceptible de produire des nuisances sonores. Il est préférable
d’augmenter les dimensions intérieures de la gaine, ce qui permet de réduire la vitesse
d’écoulement de l’air et le niveau de nuisance sonore, plutôt que de protéger la gaine à l’aide
de matériaux d’isolation acoustique.

Le diamètre courant des gaines de ventilation varie entre 200 et 450 mm, selon les
spécifications. Ces dimensions sont augmentées lorsque la gaine doit être isolée
thermiquement ou acoustiquement. La protection acoustique ou thermique peut entraîner une
augmentation du diamètre de 300 mm, ce qui peut porter le diamètre à 800 mm. Il convient
également prévoir de l’espace pour les coudes, les coffrets de répartition, les atténuateurs
acoustiques, etc. Dans certains pays, il est admis d’utiliser des gaines de ventilation dont le
diamètre ne dépasse pas 100 mm.

Les gaines métalliques peuvent être soit rigides, c’est-à-dire composées de tuyaux droits
rigides et de coudes rigides fabriqués par emboutissage, soit semi-rigides, c’est-à-dire
composées de tuyaux fabriqués par enroulement en spirale et de coudes composés de
plusieurs segments.

Les gaines rigides nécessitent un travail soigné lors de l’installation, mais elles sont plus
étanches à l’air. Les gaines semi-rigides sont plus flexibles, ce qui en facilite l’installation,
mais leur étanchéité à l’air n’est pas optimale.

Il est possible d’utiliser des gaines souples composées d'un film plastique auquel un fil
métallique en spirale maintient une forme tubulaire. Celles-ci sont plus fragiles et s’avèrent
moins commodes en termes de fixation et d’entretien.

Les atténuateurs acoustiques, lorsqu’ils sont nécessaires, ont généralement un diamètre trois
fois supérieur à celui de la gaine, et une longueur égale à 10 fois celle du diamètre de la gaine.
Ils sont nécessaires à l’extrémité des gaines lorsque le débit d'air a une valeur élevée.

Les données suivantes illustrent des exemples types de gaines et leur taille apparente relative.

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Tuyaux droits fabriqués par enroulement Coude fabriqué par emboutissage et coude composé de plusieurs
en spirale segments
Diamètre compris entre 200 et 400 mm Dimensions : 1,5 fois le diamètre

Atténuateur acoustique (diamètre trois fois Clapet coupe-feu (boîte carrée dont le côté a une
supérieur au diamètre de la gaine) longueur égale à 1,5 fois celle du diamètre de la gaine)

Figure 4.2 Equipements utilisés dans la réalisation des gaines [11]

Dispositif de contrôle du débit (1,5 Accès permettant de réaliser T de répartition


fois le diamètre) l’entretien (« le nettoyage ») de (1,5 fois le diamètre)
la gaine (2,0 fois le diamètre)

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Réducteur de diamètre Organe de fixation

Isolation thermique et acoustique – son diamètre est généralement égal à 1,5 fois le diamètre interne de la gaine

Figure 4.3 Equipements utilisés dans la réalisation de gaines [11]

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Figure 4.4 Unité terminale à débit d’air variable et ventilo-convecteur [3]

Les autres équipements nécessaires à la réalisation de gaines de ventilation sont :

‰ Les clapets coupe-feu, au niveau des murs de séparation : un clapet coupe-feu typique est
un boîtier de section carrée dont le côté mesure 1,5 fois le diamètre de la gaine qu’il
contrôle, et dont la hauteur peut mesurer de 1 à 1,5 fois le diamètre de la gaine. Il peut
donc avoir les dimensions suivantes : 600 x 600 x 400 mm.
‰ Les boîtiers d’angle : ces boîtiers permettent de dévier le débit d’air en réduisant les
chutes de pression ainsi que les nuisances sonores. Ces boîtiers ont une base carrée et ont
habituellement les dimensions suivantes : la longueur du côté est égale à 3 fois le
diamètre de la gaine et la hauteur est égale au diamètre de la gaine, ce qui conduit à un
boîtier de 1 200 x 1 200 x 400 mm.
‰ Le boîtier de répartition : il permet de diviser une gaine principale en plusieurs gaines de
plus petit diamètre. Les dimensions typiques d’un boîtier de répartition sont de :
1 200 x 1 200 x 400 mm.
Les dimensions typiques d’un boîtier terminal de débit d’air variable sont de
600 x 300 x 300 mm.

Les dimensions des ventilo-convecteurs sont habituellement de 1 000 mm de côté et jusqu’à


400 mm de hauteur. Un système réfrigérant requiert une hauteur de 200 mm.

Tous ces systèmes devraient se trouver entre les poutres.

Eléments plafonniers
Dans les bâtiments comportant un grand nombre de réseaux et équipements techniques, il est
souvent possible de positionner les grilles de ventilation, les diffuseurs, les sprinklers, les
luminaires et les détecteurs de fumée au même endroit, dans le plafond. Avec l’expérience
acquise, les dimensions des éléments plafonniers ont été normalisées à 1 200, 1 500 ou 1 800
mm [3].

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Les dispositifs d’éclairage devraient être incorporés aux faux plafonds. De nos jours, les
dispositifs d’éclairage modernes peuvent incorporer des sorties et prises d’air en vue de sa
circulation et de son renouvellement. L’intérêt porté à cette question et le choix d’un système
adéquat d’intégration des luminaires et des systèmes de refroidissement permettre une
économie d’espace et une réduction la hauteur d’étage. L’épaisseur des systèmes d’éclairage
varie entre 100 et 150 mm.

Figure 4.5 Dispositif type d’intégration des gaines d’aération et des systèmes d’éclairage [3]

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5. L’importance d'une étude coordonnée


L'interaction entre la structure et les réseaux et équipements techniques est l'une des interfaces
les plus importantes de la conception d'un bâtiment moderne. Les décisions prises par les
ingénieurs de structure influenceront de manière significative les conditions d'installation et
les performance des réseaux et équipements techniques. De façon similaire, les exigences
relatives aux réseaux et équipements techniques auront des implications en termes de
conception structurale.

La conception des structures des bâtiments résulte souvent des échanges entre le client,
l’architecte et l’ingénieur de structures. L’ingénieur en réseaux et équipements techniques
joue cependant un rôle-clé au niveau des détails de conception. Si, outre l'intégration parfaite
des réseaux et équipements techniques, des économies doivent être réalisées sur les matériaux
de construction et les coûts d’installation, l’ingénieur de structures doit être informé par
l’ingénieur réseaux et équipements techniques sur la nature dimensionnelle du système
proposé, des gaines prévues pour ces derniers [5]. Cette coopération, entamée à un stade
précoce de la phase de conception, permettra de déterminer des solutions qui bénéficieront
aux deux parties.

La notion de construction durable devrait être abordée en tenant compte des questions
environnementales, ainsi que du coût du cycle de vie et des avantages sociaux qu’elle génère.

La notion de construction durable intègre l’utilisation de matériaux et le recours à des


méthodes de construction favorisant la qualité de l’environnement, l'activité économique et
les avantages sociaux, pour la conception, la construction et l’exploitation du bâtiment. Ceci
aura un impact direct sur le choix du type des réseaux et équipements techniques, lesquels
devraient être évalués en fonction des critères suivants :

- énergie nécessaire à la construction et à l’exploitation du bâtiment,


- conditions de confort dans le cadre d’une utilisation quotidienne,
- avantages sociaux et réduction des frais d’exploitation.

La construction du bâtiment, sa gestion et finalement, sa déconstruction devraient tenir


compte des besoins en réseaux et équipements techniques.

La nécessité d’une certaine flexibilité en termes d’espace au niveau des étages, c’est-à-dire la
souplesse d’agencement, de même que le caractère polyvalent du bâtiment durant sa vie,
seront possibles grâce à des systèmes bien conçus et simples à modifier (par exemple, des
systèmes cloisonnés ou des sous-systèmes). Ces systèmes devraient être reconfigurables et
capables répondre aux impératifs techniques futurs et permettre les opérations de remise à
neuf. La facilité de changement/modification/démontage des gaines et équipements
techniques constitue un aspect essentiel de leur intégration. Cela signifie également qu’ils
devraient être faciles d’accès.

Par ailleurs, l’agencement des gaines influe de manière importante sur les chutes de pression
et, par conséquent, sur la quantité d’énergie nécessaire à véhiculer l’air. Il est préférable
d’éviter les parcours longs et sinueux [11].

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Il est également important de prendre en considération de la notion de gestion de l’espace. Il


s’agit d’un sujet essentiel, l’objectif étant de parvenir à optimiser la surface de travail compte
tenu de l’espace disponible, c’est-à-dire d’obtenir le meilleur rapport « surface disponible à la
location/volume construit ». Il convient donc de construire le bâtiment de façon à ce que :

1. les systèmes des réseaux et équipements techniques soient aussi compacts que
possible,
2. l’intégration des réseaux et équipements techniques présente un encombrement
vertical aussi faible que possible,
3. les planchers soient le moins épais possible,
4. le noyau central soit aussi compact que possible.

Les réseaux et équipements techniques principaux peuvent être situés en dessous ou au-dessus
du plancher. La méthode habituelle est la suivante :

‰ Climatisation, éclairage, sprinklers et canalisations d'eau en dessous du plancher.


‰ Electricité et transmission de données au-dessus du plancher (dans un plancher technique
surélevé).
Dans les structures en acier, les unités terminales sont situées entre les poutres.

Traditionnellement, les gaines les plus encombrantes étaient disposées le long d’un couloir
central, tandis que les gaines les plus petites étaient situées sous les poutres. Les espaces vides
situés entre les poutres de planchers épais peuvent intégrer les gaines et, les unités terminales.
La facilité d'installation et d'entretien de ce système constitue un avantage. Il peut cependant
entraîner une augmentation de la hauteur de construction, sauf dans le cas de structures à
dalles pleines combinant dalles pleines en béton et poutres intégrées. La plupart des réseaux et
équipements techniques sont accessibles depuis la zone qu’ils desservent.

Tendances dans les immeubles de bureaux – Poutres de longue portée


L’apparition de nouveaux concepts structuraux tels que les dalles mixtes, les poutres mixtes,
les poutres alvéolaires et cellulaires ou les planchers de faible épaisseur, a conduit à de
nouvelles possibilités et à l’adoption d’approches nouvelles en termes de distribution des
réseaux et équipements techniques.

L’ingénieur en réseaux et équipements techniques peut choisir de faire passer les réseaux sous
les poutres dans une zone spécialement réservée à cet effet ou de les placer entre les poutres.
Il est essentiel que les ingénieurs en réseaux et équipements techniques et les ingénieurs de
structures discutent le plus tôt possible, dès la phase de conception, des diverses options
possibles et qu’ils travaillent de concert afin de déterminer la solution qui permette d’intégrer
au mieux les réseaux et équipements techniques. S’il est décidé de faire passer les réseaux et
équipements techniques au travers des poutres, l’ingénieur en réseaux et équipements
techniques doit fournir les données relatives au nombre d’ouvertures nécessaires, ainsi qu’à
leurs dimensions et aux distances les séparant les unes des autres, de façon à ce que les
poutres puissent être fabriquées en conséquence. Dans le cas contraire, elles risquent de
devoir être modifiées sur chantier, ce qui est extrêmement coûteux [5]. Lorsque relativement
peu de réseaux et équipements techniques doivent passer au travers des poutres, il est possible
de pratiquer des ouvertures isolées dans les âmes des poutres, là où les résistances de ces

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dernières le permettent. Le moment fléchissant et l’effort tranchant résiduel devraient être


suffisants pour résister aux forces appliquées.

1
150 2

130

3
400

1200

400 4

120 5

(a) Réseaux et équipements techniques situés sous la dalle de plancher


1

500 4

130 1150

400
3

120

(b) Réseaux et équipements techniques situés au dessus de la dalle de plancher


Légende :
1. Puits pour prises d'alimentation 4. Gaine de distribution
électrique/communications/ transmission de données 5. Bouche d’extraction d'air
2. Vide de plancher surélevé
3. Vide de plafond/plénum

Figure 5.1 Emplacements possibles des réseaux et équipements techniques : au-dessus ou en


dessous du plancher ou de la structure [3]
Le recours à des ouvertures isolées peut sembler idéal aux yeux du concepteur de réseaux et
équipements techniques. Cette solution limite néanmoins les possibilités de modifications
ultérieures de l’agencement des réseaux, dans le cas où le bâtiment devrait être remis à neuf
[5].

Concernant la nécessité d’intégrer les réseaux et équipements techniques, les concepteurs des
structures d’immeubles de bureaux préfèrent désormais utiliser des poutres cellulaires mixtes
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acier/béton de longues portées qui procurent des zones libres permettant d’installer les
réseaux et équipements techniques.

1
150 2

130

120
3

1100
400 4

200

100 5

(a) Structure et réseaux et équipements techniques intégrés

150 2

300

30 1000
3
400 4

100 5

(b) Plancher de faible épaisseur ou poutres intégrées


Légende :
1. Puits pour prises d' alimentation électrique 4. Gaine de distribution
/communication/ /transmission de données 5. Bouche d’extraction d'air
2. Vide de plancher surélévés
3. Vide de plafond/Plénum

Figure 5.2 Exemple de réseaux et équipements techniques intégrés – Poutres cellulaires et


système de plancher de faible épaisseur [3]

La Figure 5.2 illustre un agencement type de réseaux et équipements techniques dans un


immeuble de bureaux. Les poutres cellulaires permettent la mise en place de gaines de section
circulaire.

Les systèmes de sprinklers (les canalisations de couleur rouge) sont visibles sur la . Ils sont
situés entre les poutres en acier. Les gaines électriques sont portées par le rail de couleur
argent.

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Toutes les poutres fléchissent lorsqu’elles sont chargées. Il faut donc tenir compte de cette
flèche lors de la conception et de l’installation des réseaux et équipements techniques.
Etant donné que des charges de poids propre sont appliquées pendant la construction, cette
flèche apparaît avant que les réseaux et équipements techniques ne soient installés. Ces
derniers doivent être suspendus par des systèmes règleables permettant d’en ajuster le niveau
[5].

Figure 5.3 Intégration des réseaux et équipements techniques entre des poutres en acier de
type cellulaires [15]

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6. Possibilités structurelles – systèmes de


planchers
6.1 Généralités
‰ Pour les concepteurs d'immeubles de bureaux, obtenir des poutres de longues portées
sans poteaux de soutien intermédiaires constitue un objectif-clé. Des portées de 15 à 18 m
sont désormais courantes, grâce aux procédés en construction mixte. Les poutres
métalliques de longue portée rendent possible l’intégration des réseaux et équipements
techniques, ce qui permet de réduire la hauteur des bâtiments.

‰ En construction traditionnelle, les réseaux et équipements techniques se trouvent dans un


volume horizontal situé sous la structure du plancher. Il existe par conséquent deux zones
distinctes entre le plafond et le plancher : une zone « structure » et une zone « réseaux et
équipements techniques ». On parle de « séparation complète » des réseaux et
équipements techniques et de la structure. Les systèmes conçus avec cette séparation se
caractérisent habituellement par des portées relativement courtes et une hauteur de
construction limitée.
‰ Lorsque la dalle de plancher est soutenue par des poutres de hauteur moyenne, il est
possible de mettre certains réseaux et équipements techniques dans les volumes situés
entre les poutres. Les gaines et canalisations doivent cependant toujours passer sous les
poutres. On appelle ce type d’agencement : « intégration partielle » des réseaux et
équipements techniques.
‰ Si les poutres sont suffisamment hautes, il est possible de faire passer les réseaux et
équipements techniques à travers ces dernières à des endroits prédéterminés, de façon à
ce que la poutre et les réseaux et équipements techniques occupent le même espace
horizontal. On appelle ce type d’agencement : « intégration complète » des réseaux et
équipements techniques.
Ces différentes formes d’intégration des réseaux et équipements techniques au sein de la
structure sont illustrées par la Figure 6.1 [3].

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1
2

1&2

Légende
1. Hauteur de la structure
2. Hauteur des réseaux et équipements techniques

Figure 6.1 Diverses formes d’intégration des réseaux et équipements techniques aux
structures [3]

Figure 6.2 Dalle préfabriquée en béton armé avec poutre en acier intégrée : les réseaux et
équipements techniques sont situés sous la dalle [15]

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Figure 6.3 Réseaux et équipements techniques situés sous une structure de plancher de faible
épaisseur [17]

Figure 6.4 Intégration partielle des réseaux et équipements techniques entre poutres [3]

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6.2 Poutres avec ouvertures dans l'âme


Les poutres dont l’âme est dotée de larges ouvertures sont reconstituées par soudage. Elles
peuvent être conçues pour répondre spécifiquement aux besoins du chantier, en modifiant par
exemple les dimensions et l’emplacement des ouvertures et en optimisant les dimensions de la
poutre.

Le meilleur emplacement pour les ouvertures est la partie des poutres où l’effort tranchant est
faible. En règle générale, ces poutres peuvent avoir une portée de 9 à 20 m et une hauteur de
600 à 1 200 mm.

Intégration des réseaux et équipements techniques


Les gaines des réseaux et équipements techniques passent à travers les ouvertures pratiquées
dans l’âme des poutres. Les éléments et les gaines de plus grandes dimensions peuvent être
placés entre les poutres.

Figure 6.5 Exemple type d’agencement de poutres reconstituées par soudage avec ouvertures
dans l’âme [7] et [17]

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Figure 6.6 Poutres dotées de larges ouvertures dans l’âme et gaines de réseaux et équipements
techniques - système de débit d’air variable [3]

Figure 6.7 Petites ouvertures pratiquées dans des poutres pour le passage de câbles
électriques [15]

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6.3 Poutres cellulaires ou alvéolaires


Il s’agit d’un nouveau type de section en acier. Les poutres cellulaires sont fabriquées de
façon à ce que leur âme comporte un grand nombre d’ouvertures circulaires. Ces dernières
sont identiques et réparties à intervalles réguliers le long de la poutre. Il est possible de créer
des sections asymétriques en utilisant des semelles supérieures et inférieures de dimensions
différentes. Les poutres alvéolaires comportent des ouvertures hexagonales qui peuvent être
utilisées efficacement dans les bâtiments dotés d’un faible nombre de réseaux et équipements
techniques. Les poutres alvéolaires ont une résistance limitée à l’effort tranchant.

Intégration des réseaux et équipements techniques


La présence, à intervalles réguliers, d’ouvertures dans l’âme permet le passage des gaines à
travers les poutres. Les équipements plus encombrants sont situés entre les poutres. Les
ouvertures doivent être suffisamment grandes pour pouvoir permettre la mise en place d’une
protection anti-incendie autour des réseaux. Le procédé de montage devrait faire en sorte que
les ouvertures pratiquées dans l’âme des poutres soient alignées d’une poutre à l’autre. La
portée varie habituellement entre 9 et 18 m et la hauteur structurelle, entre 600 et 1 000 mm.

Figure 6.8 Poutre cellulaire asymétrique Figure 6.9 Exemples types de poutres
avec goujons [7] et [15] cellulaires [7]

Figure 6.10 Poutres cellulaires et réseaux traversant ces dernières au niveau des ouvertures
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pratiquées dans l’âme [15]

Figure 6.11 Poutres cellulaires et réseaux traversant ces dernières au niveau des ouvertures
pratiquées dans l’âme [15]

Figure 6.12 Exemples d’intégration des réseaux et équipements techniques dans des poutres
cellulaires

Exemple de zone, située au niveau de la sortie Zone desservie de façon normale


des gaines du noyau central, comportant un
grand nombre de gaines

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Figure 6.13 Exemples d’intégration des réseaux et équipements techniques dans des poutres
cellulaires

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7. Références
[1] Technical Steel Research – Properties and Service Performances – An
Investigation of Service in Modern Commercial Buildings and Design of
Structural Forms in Steel, Report RUR 16028 EN 1995.

[2] Service Integration in Slimdek, P.D. McKenna, R.M. Lawson, SCI–P273, 2000.

[3] Design of Steel Framed Buildings for Service Integration - P.D. Mc Kenna, R.M.
Lawson, SCI–P166, 1997.

[4] European Cost Study of Steel in Commercial Buildings, Report to RFSC Project
7210 PR 381 Eurobuild in Steel, R.M. Lawson, Février 2005.

[5] Service Co-Ordination with Structural Beams, Guidance for a Defect-Free


Interface, S. Mitchell, M. Heywood, G. Hawkins, DTI, BSRIA, SCI, Co-
Construct Publication, 2003.

[6] Achieving Sustainable Construction, Guidance for Clients and their Professional
Advisers., SCI, Corus, BCSA.

[7] Les Immeubles de Bureaux à Plateaux Libres, Les Carnets de l'Acier N°8, Août
2003., ARCELOR BCS.

[8] Towards Improved Performances of Mechanical Ventilation Systems., TIP Vent,


Joule Project of the EU, 2001.

[9] EuropTibat, Une Approche Globale pour Mieux Vivre dans un Bâtiment,
Décembre 2001.

[10] Aéraulique, Notes de Cours, Pierre Neveu, CNAM, Mai 2000.

[11] Source Book of Efficient Air Duct Systems in Europe, T. Malström, J. Andresson,
F.R. Carrier, P. Wouters, Ch. Delmotte, European Airways Project, 4.1031/Z/99-
158.

[12] Principle of Hybrid Ventilation, ECBCS, Exco Support Service Unit, Université
Aalborg, Aalborg, DK, Août 2002.

[13] Energy Performances Regulations for Buildings in the European Countries,


Proceedings of the International Workshop, Paris, 12 novembre 2001.

[14] Climatisation et Conditionnement d'air Modernes par l'Exemple, F. Reinmuth,


Publication PYC, 1999.

[15] Review the implications of modern services efficient flooring systems (Lecture),
M. Haller, Arcelor, Eurobuild, RFCS project, Septembre 2004

[16] Design manual for composite slabs, ECCS-CECM-EKS- Publication N°67, 1995.

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[17] Modern commercial buildings in steel, SCI, RFCS Eurobuild Project, 2005.

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Enregistrement de la qualité
TITRE DE LA RESSOURCE Phase avant-projet : intégration des réseaux et équipements
techniques dans les bâtiments

Référence(s)

DOCUMENT ORIGINAL

Nom Société Date

Créé par Philippe BEGUIN CTICM 04/07/2005

Contenu technique vérifié par Alain BUREAU CTICM 04/07/2005

Contenu rédactionnel vérifié par D C Iles SCI 6/9/05

Contenu technique approuvé par les


partenaires STEEL :

1. Royaume-Uni G W Owens SCI 2/9/05

2. France A Bureau CTICM 2/9/05

3. Suède A Olsson SBI 2/9/05

4. Allemagne C Müller RWTH 2/9/05

5. Espagne J Chica Labein 2/9/05

Ressource approuvée par le G W Owens SCI 6/5/05


Coordonnateur technique

DOCUMENT TRADUIT

Traduction réalisée et vérifiée par : eTeams International Ltd. 30/03/06

Ressource traduite approuvée par : Ph. Beguin CTICM 25/04/06

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