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J.-S.

BACH 1685-1750 CHAMBER ORCHESTRA OF EUROPE

VIOLINS VIOLAS
Violin concerto BWV 1042
Lorenza BORRANI, first violin Lily FRANCIS
1. Allegro 3:38
Lucy GOULD Marie-Teresa NAWARA
2. Adagio e sempre piano 5:52 Maria BADER-KUBIZEK Danka NICOLIC
3. Allegro 3:27 Sophie BESANÇON Steve WRIGHT
Fiona BRETT
Violin concerto BWV 1041 Manon DEROME CELLOS
4. Allegro moderato 7:05 Sylwia KONOPKA
Will CONWAY
5. Andante 5:22 Stefano MOLLO
Luise BUCHBERGER
6. Allegro assai 2:43 Peter OLOFSSON
Kim DINITZEN
Joe RAPPAPORT
Pēteris VASKS born in 1946 Martin WALCH
DOUBLE BASSES
Concerto for Violin and String Orchestra 2003 Dane ROBERTS
HARPSICHORD
Tālā gaisma . Fernes Licht . Distant Light Lutz SCHUMACHER
Céline FRISCH
7. Andante 6:50
8. Cadenza I 1:45
9. Cantabile 3:44
10. Mosso 1:44
11. Cadenza II 2:23
12. Cantabile 4:31
13. Cadenza III 3:35 Recording Darius Milhaud Conservatory, Aix en Provence, 5-7.XII.2013
14. Andante 7:11 Executive producer Alain Lanceron
Producer Michael Fine
Recording engineer Jin Choi
TT: 60:00 Publishers Bärenreiter (Bach) - Schott Music (Vasks)
Design William Yonner
Renaud Capuçon violin & direction Photos Paolo Roversi
Chamber Orchestra of Europe  2014 Erato/Warner Classics, Warner Music UK Ltd.
A Warner Music Group Company
Céline Frisch continuo 훿 2014 Erato/Warner Classics, Warner Music UK Ltd.
A Warner Music Group Company
Diapason: A441 www.erato.com
BACH et VASKS

"Distant Light(s)"

Près de trois siècles séparent ces deux compositeurs.


L'un est né en Allemagne en 1685, l'autre en Lettonie en 1946.
Leur musique ne se ressemble pas.
Mais chez l'un et chez l'autre, elle s'élève :
Pureté des lignes, simplicité apparente, harmonies célestes.
On a tout dit sur Bach, mais pas encore sur Vasks…
Les associer sur un même album me semblait naturel.
Comme un écho : l'un répondant à l'autre.

Il y a une quête d'absolu dans ces œuvres.


Et des moments de Grâce.
On est face à une musique qui apaise, qui régénère,
qui donne de l'espoir.
Et par-dessus tout, on est frappé par l’humilité des deux
compositeurs, au service de la beauté.

Graver ces pages avec le merveilleux Orchestre de Chambre


d'Europe était une évidence. Et un plaisir de chaque instant.
Puissiez-vous avoir autant de bonheur à écouter cet album
que nous en avons eu à le réaliser.

Renaud Capuçon
Les manuscrits autographes ne nous étant pas parvenus dans leur Le concerto de soliste reste l’une des formes musicales qui réunit tous
intégralité, il est difficile de dater avec certitude les concertos pour violon les attraits de la virtuosité, et la joie de la musique éclate dans les
de Bach. Probablement furent-ils composés lors du séjour du musicien à concertos de Bach. On sait combien il fut influencé par les maîtres
la petite cour de Coethen, où, au détour de sa vie vagabonde, il s’était italiens, Corelli et Vivaldi en tête, mais on admire avec quel art il « joue »
installé en 1717, attiré par le prince Léopold d’Anhalt Coethen, jeune avec la richesse de la palette sonore du violon. Le grandiose Concerto en
homme passionné de musique de chambre et bon chanteur formé en Italie. mi majeur BWV 1042 est d’une grande densité. Son mouvement initial
d’une belle luminosité affirme d’emblée et avec énergie l’accord parfait
À Coethen, où la musique sacrée tenait peu de place, Bach dirigeait qui, jusqu’au da capo, servira de base aux refrains et aux interventions
un excellent orchestre qui lui a permis d’atteindre le sommet de son art de soliste encadrés de nombreuses idées musicales. Le jeu concertant est
dans le domaine de la musique instrumentale. Cet épisode de son remarquablement construit. Après les six mesures d’introduction, le
existence, l’un des plus heureux et des plus fructueux, a aussi été l’un des violon intervient douloureusement dans l’Adagio central en ut dièse
plus favorables à l’épanouissement de son génie de violoniste, altiste, mineur. Émouvant et expressif, son chant est simplement soutenu par
claveciniste, organiste, et c’est à Coethen qu’il a écrit la plupart de ses l’accompagnement répété de l’orchestre, lorsque, au centre du
pièces instrumentales, exécutées par lui-même ou dédiées aux meilleurs mouvement, après un point d’orgue, un passage intensément lyrique
solistes de l’orchestre princier. Carl Philip Emanuel Bach, deuxième des apporte une douce touche de sérénité. L’Allegro assai conclusif fait
fils musiciens de Jean-Sébastien, confiait que son père aimait alterner l’orchestre et un soliste de plus en plus virtuose.
particulièrement tenir l’alto, ajoutant néanmoins qu’il jouait du violon
avec pureté et précision. C’est au violoniste Josef Spiess, soliste de Le Concerto en la mineur BWV 1041, que certains commentateurs
l’orchestre de Coethen et ancien membre de l’orchestre royal de Prusse, estiment peut-être plus tardif que le Concerto en mi majeur, car il aurait
que Bach a probablement destiné ses concertos pour violon, considérés pu être composé à Leipzig, est bâti sur le schéma du concerto à l’italienne,
aujourd’hui parmi les sommets de la littérature pour cet instrument. proche des concertos de Vivaldi, dont Bach, avec enthousiasme, avait
découvert et recopié les partitions lors de son séjour à la cour de Weimar
En 1723, quittant l’atmosphère heureuse de Coethen, Bach débarquait entre 1714 et 1717. Il en respecte la structure immuable en trois
à Leipzig, dernière étape de sa carrière, où venait de lui être confiée la mouvements, mais avec plus de profondeur et d’émotion que Vivaldi.
direction de l’école Saint-Thomas, charge harassante et peu Les thèmes employés dans ce concerto sont entraînants, mélodiques,
épanouissante. On sait qu’en 1729, il prit la direction de l’ensemble du tendus parfois. Le premier mouvement vif met face à face l’orchestre et
Collegium Musicum de Leipzig, fondé par Georg Philip Telemann, et en le soliste dans des ritournelles pleines d’entrain, débordant de joie et de
sa qualité de directeur, chef d’orchestre et interprète, il devait, dans liberté saltatoire. Dans l’Andante en ut majeur, le violon déploie une
l’urgence, enrichir et renouveler les programmes de cette société de nostalgique cantilène assouplie par ses triolets et dont les différents
concerts qu’il honorait de sa présence au violon ou au clavecin, entouré épisodes s’interrompent sur le retour du dessin rythmique de la basse
généralement de ses élèves et de ses fils. C’est à cette occasion qu’accablé obstinément répété comme une marche lente. Tout se conclut sur le
de multiples tâches, il entreprit de réaliser des adaptations au clavecin rythme à 9/8 d’une gigue de pure virtuosité qui bondit autour de figures
d’œuvres anciennement écrites pour une autre formation : les concertos rythmiques d’un grand dynamisme.
pour violon en la mineur et mi majeur BWV 1041 et 1042 ont ainsi été
transcrits pour clavecin un ton plus bas afin de respecter la tessiture de Compositeur letton né le 16 avril 1946, fils de pasteur, Pēteris Vasks a
l’instrument à clavier, soit respectivement en sol mineur BWV 1058 et beaucoup souffert de l’occupation soviétique et nazie de son pays durant
en ré majeur BWV 1054. la Seconde guerre mondiale et jusqu’en 1991, ce qui a été un frein pour
sa carrière. Il a d’ailleurs confié que sa famille et les tourments de son onze épisodes dans une succession de passages lents et rapides, trois fois
peuple étaient représentés dans sa musique. Pēteris Vasks étudie le interrompus par une cadence de virtuosité du soliste. Les mesures
violon, et la contrebasse à l’École de musique de Riga, puis poursuit ses initiales au timbre lointain où le violon semble glisser pour s’élever
études au conservatoire de Vilnius en Lituanie, avant d’entrer en 1973 au doucement sur un long chant que souligne discrètement l’orchestre,
conservatoire de Riga dans la classe de composition. Parallèlement, il réapparaîtront pour conclure. Après la première cadence, le Cantabile
intègre l’Orchestre philharmonique de Lituanie, l’Orchestre de chambre d’abord grave, évolue dans un climat affligé qui gagne en intensité
de Lettonie et celui de la Radio et Télévision. Grand admirateur du jusqu’au brutal changement de caractère d’un Mosso où légèreté et
Polonais Witold Lutoslawski, qu’il considère comme l’une des figures virtuosité rythmique se mêlent sur des accents évoquant le folklore
musicales les plus importantes du XXe siècle, professeur de composition letton, volontairement utilisés par Pēteris Vasks. Une nouvelle cadence
à Riga depuis 1989, membre de l’Académie des Sciences de Lettonie et de précède dans l’agitation un Cantabile où le violon s’exprime encore une
l’Académie royale de Musique de Suède à Stockholm, Pēteris Vasks, après fois dans l’extrême aigu. Tout s'accentue dans l’Adagio lorsque orchestre
les diverses oppressions subies par le peuple letton depuis des décennies, et soliste rivalisent de tension dramatique pour conduire à la troisième
vivra intensément la fin de l’occupation communiste, ouvrant enfin à cadence, interrompue par un Tempo de valse d’une violence inattendue.
lui une reconnaissance internationale. C’est pourquoi on insistera sur la Tristement le concerto retourne à l’atmosphère de l’Adagio initial,
dimension spirituelle, voire mystique de sa musique, car pour ce comme si le chant du soliste venait du silence pour rejoindre le silence
compositeur, la musique est la nourriture de l’âme. dans cette évocation de souvenirs lointains que souligne le titre même
du concerto.
Fortement influencé par la lecture de Kindheitssplitter (« Une enfance
balte »), l’autobiographie du violoniste et chef d’orchestre letton Gidon
Kremer, son exact contemporain, Pēteris Vasks a répondu à la commande
de ce dernier en lui dédiant son concerto pour violon Tālā gaisma
(« Lumière lointaine ») composé entre 1996 et 1997 et qui lui a valu en Adélaïde de Place
1997 le Grand Prix musical letton. L’œuvre a été créée à Salzbourg le
10 août 1997 par le dédicataire sous la direction de Saulius Sondeckis à
la tête de l’Orchestre Kramarata Baltica.

Très sensible à la nature, Pēteris Vasks écrit une œuvre pleine de


nostalgie, liée, confie-t-il, à quelques réminiscences tragiques, à des
souvenirs d’enfance et au scintillement des étoiles qui luisent à des
millions d’années lumière. Plein de contrastes, à la fois tendu et calme,
mélancolique et tendre, grave et méditatif, le concerto Tālā gaisma
explore tous les registres du violon, souvent utilisé à l’aigu sur le soutien
des seules cordes de l’orchestre, dans de continuels changements
d’atmosphère. Les techniques modernes de l’écriture musicale, les
dissonances y côtoient des éléments archaïsants et lyriques, ainsi qu’un
style diatonique, Vasks associant le chromatisme à quelque chose de
sombre. L’œuvre est conçue comme un ample mouvement enchaînant
BACH et VASKS

"Distant Light(s)"

A gap of almost three centuries lies between these two composers.


One was born in Germany in 1685 and the other in Latvia in 1946.
Their music is very different.
But in both cases the music has:
purity of line, apparent simplicity, celestial harmony.
Little remains to be said about Bach, but a great deal remains to be
said about Vasks...
Bringing them together on the same album seemed natural to me.
Like an echo: one responding to the other…

These works have in them a search for the absolute.


As well as moments of Grace.
This is music which brings calm, which revitalizes, which gives hope.
And the most striking thing of all is the humility of these two
composers in the service of beauty.

The wonderful Chamber Orchestra of Europe was the obvious choice


for this recording. And every moment was a pleasure.
May you have as much joy in listening to it as we did in making it.

Renaud Capuçon
It is difficult to put a precise date on Bach's violin concertos as not all As a musical form, the solo concerto provides a showcase for
of the autograph manuscripts have survived. It is likely that they were virtuosity in every aspect and Bach's concertos are bursting with the
composed during his time at the small Court of Köthen to which he was sheer joy of the music. We know the extent to which he was influenced
drawn by Prince Leopold of Anhalt-Köthen, a young man who was by the Italian masters, particularly Corelli and Vivaldi, but the artistry
passionate about chamber music and also a good singer who had with which he "plays" with the sumptuous sound range of the violin is
received training in Italy. Bach halted his travels and settled there in greatly to be admired. The majestic Concerto in E major BWV 1042 comes
1717. There was little sacred music at Köthen but Bach directed an across as more intense than the A minor. The first movement has a
excellent orchestra which enabled him to achieve the peak of his powers beautiful radiance to it and from the outset energetically asserts the tonic
in instrumental music. Not only was this period one of the happiest and chord which, up until the repeat, acts as the foundation for the twists
most productive of his life, it was also a time when his genius as a and turns of the solo line set against a range of musical ideas. The
violinist, violist, harpsichordist and organist had the greatest concertante structure is quite remarkable. The central Adagio has a six-
opportunity to flourish. Furthermore, it was at Köthen that he wrote bar introduction before the violin makes its poignant entry in C sharp
most of his instrumental works which he either performed himself or minor. Its touching and expressive sound is supported without
dedicated to the best soloists in the prince's orchestra. Carl Philipp adornment by a repeating theme in the orchestral accompaniment until,
Emanuel Bach, the second of Johann Sebastian's musician sons, revealed in the middle of the movement, there is a pause mark after which an
that his father was particularly fond of the viola although he also said intensely lyrical passage creates a feeling of gentle serenity. In the final
that his violin playing was flawless and precise. Bach probably wrote his Allegro assai the orchestra supports solo playing of increasing virtuosity.
violin concertos for the violinist Josef Spiess, soloist with the Köthen
orchestra and a former member of the royal orchestra of Prussia. These The Concerto in A minor BWV 1041, which some commentators believe
concertos are now considered among the greatest works ever written for may have been written later than the Concerto in E major as it is possible
the instrument. that it was composed in Leipzig, is based on the Italian concerto model
and is closely related to the concertos of Vivaldi, whose scores Bach had
Bach left the happy atmosphere of Köthen in 1723 and headed for enthusiastically discovered and transcribed during his time at the court
Leipzig where the final phase of his career unfolded. He had just been of Weimar between 1714 and 1717. He respects the set three movement
appointed director at the school of St Thomas, a demanding but not structure but introduces greater depth and emotion than Vivaldi. The
particularly rewarding job. We know that in 1729 he took charge of the concerto themes are both lively and melodic, yet tense at times. The
Leipzig Collegium Musicum ensemble founded by Georg Philipp energetic first movement brings orchestra and soloist together in spirited
Telemann and, as its director and conductor as well as a performer, it was ritornello passages, brimming with joy and a lively lack of restraint. In
his urgent task to enhance and revitalise the programme of this musical the Andante in C major, the violin weaves a wistful cantilena of gentle
society which he honoured with his presence on violin or harpsichord, triplets where the various twists and turns melt away as the rhythmic
usually surrounded by his pupils and sons. Despite the burden of all his pattern in the bass returns, repeating persistently like a slow march. The
many tasks, it was at this time that he set about producing harpsichord concerto ends in 9/8 time with a truly virtuoso gigue which dances along
arrangements of works written earlier for other instruments: the violin in highly dynamic rhythmic patterns.
concertos in A minor and E major BWV 1041 and 1042 were transcribed
a tone lower for harpsichord to G minor BWV 1058 and D major BWV The Latvian composer Pēteris Vasks was born on 16 April 1946. The
1054 respectively, to accommodate the range of the keyboard son of a pastor, he suffered a great deal as a result of the Soviet and Nazi
instrument. occupations of his country during the Second World War and right up
until 1991, a factor which held back his career. He has revealed that his- Vasks associates chromatic writing with darkness. The work consists
family and the suffering of his people have found representation in his of a single sweeping movement which links eleven episodes in a
music. Pēteris Vasks studied violin and double bass at music school in succession of slow and fast passages with three virtuoso solo cadenzas.
Riga before pursuing his studies at Vilnius Conservatory in Lithuania In the distant-sounding opening bars, which we hear again at the end,
and later entering Riga Conservatory as a student of composition in 1973.the violin seems to glide along before rising gently in a long refrain
He has been a member of the Lithuanian Philharmonic Orchestra, supported discreetly by the orchestra. After the first cadenza, the
Latvian Chamber Orchestra and Latvian Radio and Television Orchestra. Cantabile begins solemnly before the mood turns to one of increasing
A great admirer of the Polish composer Witold Lutoslawski, whom he distress which mounts in intensity until a dramatic change of
sees as one of the most important figures in 20th century music, Vasks atmosphere in the Mosso where lightness and rhythmic virtuosity
has taught composition in Riga since 1989 and is a member of the mingle with moments containing echoes of Latvian folk music, which
Latvian Academy of Sciences as well as of the Swedish Royal Academy Pēteris Vasks introduces quite deliberately. A further cadenza leads
of Music in Stockholm. After the different periods of oppression endured agitatedly into a Cantabile in which the violin returns to the extremes of
by the Latvian people over the decades, the end of the Communist the upper register. The mood escalates in the Adagio where orchestra and
occupation was intensely important for Pēteris Vasks. At last there was soloist compete to increase the dramatic tension leading to the third
an opportunity for international recognition. This explains the emphasis cadenza which is in turn interrupted by a Tempo de valse of unexpected
on the spiritual, indeed mystic, dimension of his music because, as a ferocity. With a feeling of sadness, the concerto returns to the mood of
composer, he sees music as food for the soul. the opening Adagio as if the solo had emerged from silence to return to
silence in what is, as the concerto's very title underlines, an evocation of
He was profoundly influenced by reading Kindheitssplitter (A Baltic distant memories.
Childhood), the autobiography of his contemporary, the Latvian violinist
and conductor Gidon Kremer. When Kremer asked him to write
something, Pēteris Vasks responded by dedicating his violin concerto
Tālā gaisma (Distant Light) to him. The work was composed between
1996 and 1997 and won him the Latvian Music Grand Prix in 1997. The
work received its first performance in Salzburg on 10 August 1997. The Adélaïde de Place
soloist was Kremer himself with Saulius Sondeckis conducting the Translated by Elaine Guy
Kremerata Baltica orchestra.

PēterisVasks has a great sensitivity to nature. A feeling of wistfulness


permeates the concerto. He has acknowledged that this stems from
painful memories and recollections of childhood but also from the
glowing of the stars above, millions of light years away. The Tālā gaisma
concerto is full of contrasts, tense yet calm, mournful and gentle, solemn
and contemplative. It explores all registers of the violin which often
plays at the absolute top of its range supported by the strings of the
orchestra in constant changes of atmosphere. Modern music writing
techniques mingle with old-style, lyrical elements and diatonic writing
BACH et VASKS

"Distant Light(s)"

Fast drei Jahrhunderte trennen diese beiden Komponisten.


Der eine wurde 1685 in Deutschland geboren,
der andere 1946 in Lettland.
Ihre Musik ähnelt sich nicht. Doch beiden gemeinsam sind:
Reinheit der Linien, scheinbare Einfachheit, himmlische Harmonien.
Über Bach wurde alles gesagt, über Vasks noch nicht…
Es erschien mir natürlich, beide auf einem Album zu vereinen.
Wie ein Echo: Einer antwortet dem anderen.

Es gibt eine Suche nach dem Absoluten in diesen Werken.


Und Momente der Gnade.
Man findet sich einer Musik gegenüber, die beruhigt, regeneriert,
Hoffnung gibt.
Und man ist verblüfft über die Bescheidenheit der beiden
Komponisten im Dienst der Schönheit.

Diese Aufnahme mit dem wunderbaren Chamber Orchestra of


Europe zu machen, lag auf der Hand. Und war in jedem Moment
ein Vergnügen.
Ich hoffe, das Hören dieser Album bereitet so viel Glück wie
wir bei der Einspielung empfunden haben.

Renaud Capuçon
Es ist nicht einfach, die Violinkonzerte von Bach genau zu datieren, da Das Solokonzert blieb eine der musikalischen Formen, die alle Reize
uns die Handschriften nicht vollständig überliefert sind. Wahrscheinlich der Virtuosität vereinen – aus Bachs Konzerten spricht die reine Freude
komponierte Bach sie während seiner Zeit am kleinen Hof von Köthen, am Musizieren. Es ist bekannt, wie sehr er von den italienischen
wo er sich 1717 nach seinen Wanderjahren niederließ, angezogen von Meistern beeinflusst war, allen voran Corelli und Vivaldi, und man
dem jungen Fürsten Leopold von Anhalt-Köthen, der ein Liebhaber der staunt, wie kunstvoll er mit der reichen Klangpalette der Geige zu
Kammermusik sowie ein guter Sänger war und seine musikalische „spielen“ wusste. Das grandiose Konzert in E-Dur BWV 1042 erscheint
Ausbildung in Italien genossen hatte. In Köthen spielte die sakrale noch dichter als das a-Moll-Konzert. Im glanzvollen ersten Satz
Musik keine große Rolle, Bach dirigierte dort als Kapellmeister ein erklingt gleich zu Beginn kraftvoll der „perfekte“ Akkord, der bis zum
hervorragendes Orchester und erreichte als Komponist den Gipfel seiner Da Capo die Grundlage der Ritornelle und Zwischenspiele des Solisten
Kunst im Bereich der Instrumental-musik. Diese Lebensphase war eine bildet, flankiert von zahlreichen musikalischen Einfällen. Das
der glücklichsten und fruchtbarsten und wirkte sich auch günstig auf konzertante Spiel hat einen außergewöhnlichen Aufbau. Nach sechs
die Entwicklung seines Genius als Violinist, Bratschist, Cembalist und Einleitungstakten interveniert die Violine schmerzlich im zentralen
Organist aus: In Köthen schrieb er die Mehrzahl seiner Instrumentalkonzerte, Adagio in cis-Moll. Ihr ergreifender und ausdrucksvoller Gesang wird
die er selbst aufführte oder den besten Solisten der Hofkapelle widmete. vom Orchester nur begleitet, während in der Mitte des Satzes nach einem
Durch Carl Philipp Emanuel Bach, den zweiten der musikalischen Orgelpunkt eine eindringliche lyrische Passage eine leise Heiterkeit ins
Söhne Johann Sebastians, ist überliefert, dass sein Vater besonders gern Spiel bringt. Das abschließende Allegro assai lässt Orchester und Solist
Bratsche spielte, jedoch auch die Violine mit großer Reinheit und einander in steigernder Virtuosität die Bälle zuspielen.
Präzision beherrschte. Wahrscheinlich war es der Violinist Josef Spieß,
Konzertmeister der Hofkapelle in Köthen und ehemaliges Mitglied der Das Konzert in a-Moll BWV 1041, das von einigen Musikwissenschaftlern
„Königlich Preußischen Hofkapelle“, für den Bach seine Violinkonzerte später datiert wird als das Konzert in E-Dur, da es in Leipzig entstanden
schrieb, die heute zu den Höhepunkten der Literatur für dieses sein könnte, basiert auf dem italienischen Concerto-Schema und steht
Instrument gezählt werden. den Konzerten von Vivaldi nahe, die Bach während seines Aufenthalts
am Hof in Weimar zwischen 1714 und 1717 mit Begeisterung entdeckte
1723 verließ Bach die glückliche Atmosphäre in Köthen und ging für und kopierte. Er übernahm die feste dreisätzige Struktur, verlieh seinen
die letzte Etappe seiner Karriere nach Leipzig, wo ihm die Leitung der Konzerten aber mehr Tiefe und Ausdruckskraft als Vivaldi. Die Themen
Thomasschule anvertraut wurde, eine anstrengende und wenig Freiraum im a-Moll-Konzert sind mitreißend, melodisch und teilweise sehr
lassende Aufgabe. Im Jahr 1729 übernahm Bach die Leitung des Leipziger spannungsgeladen. Im lebhaften ersten Satz stehen Orchester und Solist
Collegium musicum, das 1701 von Georg Philipp Telemann gegründet einander in schwungvollen Ritornellen gegenüber, die förmlich
worden war. Als Leiter, Dirigent und Interpret musste Bach die Programme übersprudeln vor springender Freude und Freiheit. In dem folgenden
dieser Konzertvereinigung erweitern und erneuern, die er mit seinem C-Dur-Andante entwickelt die Violine eine wehmütige Kantilene mit
Violin- und Cembalospiel bereicherte, umgeben von seinen Schülern und weichen Triolen; verschiedene Episoden werden von dem
Söhnen. In dieser Situation, überhäuft mit zahlreichen Aufgaben, nahm wiederkehrenden eigensinnigen rhythmischen Muster im Bass
Bach verschiedene Bearbeitungen älterer Werke, die für andere unterbrochen, das wie ein langsamer Marsch wiederholt wird. Das
Besetzungen entstanden waren, für Cembalo in Angriff: Die Violinkonzerte Konzert endet mit einer Gigue im 9/8-Rhythmus von großer Virtuosität,
in a-Moll und E-Dur BWV 1041 und 1042 wurden auf diese Weise für das mit der die rhythmischen Figuren
Cembalo umgeschrieben, und zwar einen Ganzton tiefer, um den dynamisch umspielt werden.
Tonumfang des Tasteninstruments zu berücksichtigen, so entstanden die
Cembalokonzerte BWV 1058 in g-Moll und BWV 1054 in D-Dur.
Der lettische Komponist Pēteris Vasks, am 16. April 1946 als Sohn ernst und meditativ und nutzt alle Ausdrucksregister der Violine, die
eines Pfarrers geboren, litt unter den Folgen der nationalsozialistischensich häufig in hoher Lage über der Begleitung der Streicher in beständig
Besatzung während des Zweiten Weltkriegs und unter der sowjetischen sich verändernder Stimmung bewegt. Moderne Kompositionstechniken
Besatzung seines Landes bis 1991, die eine freie Entfaltung seiner und Dissonanzen stehen neben archaisierenden und lyrischen
Karriere nicht zuließ. In seiner Musik spiegeln sich nach seinen eigenen Elementen und Diatonik – Vasks assoziiert Chromatik mit einem
Worten die Peinigungen seines Volkes und seiner Familie. Pēteris Vasks dunklen Aspekt. Das Werk ist wie ein einziger weitschweifiger Satz
erhielt Unterricht in Violine und Kontrabass an der Musikschule in Riga angelegt, in dem elf Episoden im Wechsel zwischen langsamen und
und studierte anschließend am Konservatorium in der litauischen schnellen Passagen aufeinander folgen, dreimal unterbrochen durch
Hauptstadt Vilnius, bevor er 1973 in die Kompositionsklasse an der virtuose Solo-Kadenzen. Die Anfangstakte, in denen die Violine wie von
Lettischen Musikhochschule in Riga wechselte. Parallel zu seinem weit her zu kommen scheint, um sich dann leise, dezent untermalt vom
Studium spielte er im Philharmonischen Orchester von Litauen, im Orchester, zu einer langen Kantilene emporzuschwingen, erscheinen am
Lettischen Philharmonischen Kammerorchester und im Lettischen Ende noch einmal. Nach der ersten Kadenz entwickelt sich das Cantabile
Rundfunk- und Fernsehorchester. Pēteris Vasks ist ein großer von einer getragenen zu einer traurigen Stimmung und gewinnt an
Bewunderer des polnischen Komponisten Witold Lutosławski, für ihn Intensität, bis zu einem brüsken Charakterwechsel in einer Mosso-
eine der wichtigsten musikalischen Persönlichkeiten des 20. Passage, in der sich Leichtigkeit und rhythmische Virtuosität
Jahrhunderts. Seit 1989 wirkt Vasks als Professor für Komposition in vermischen; Pēteris Vasks setzt hier Akzente mit den von ihm so gern
Riga, er ist Mitglied der Lettischen Akademie der Wissenschaften und verwendeten Elementen lettischer Folklore. Eine bewegte neue Kadenz
der Königlich Schwedischen Musikakademie. Nach den zahlreichen geht einem Cantabile voraus, das die Violine erneut in extrem hohe
Repressionen, unter denen das lettische Volk seit Jahrzehnten zu leiden Lagen führt. Höhepunkt des Konzerts ist ein Adagio, in dem Orchester
hatte, wurde ihm nach dem Ende der kommunistischen Besatzung und Solist miteinander rivalisieren und eine dramatische Spannung
endlich die angemessene internationale Anerkennung zuteil. Seine erzeugen. Es folgt eine dritte Kadenz, unterbrochen durch ein Tempo de
Musik hat eine spirituelle, ja mystische Dimension, für diesen valse von überraschender Wucht. Das Konzert endet in der traurigen
Komponisten ist Musik Nahrung für die Seele. Stimmung des anfänglichen Adagios, als komme der Gesang der Violine
aus der Stille und kehre zu ihr zurück in dieser Reminiszenz an ferne
Die Lektüre der Autobiografie „Kindheitssplitter“ des gleichaltrigen Erinnerungen, wie schon der Titel des Konzerts andeutet
lettischen Violinisten und Dirigenten Gidon Kremer hinterließ bei
Pēteris Vasks einen tiefen Eindruck und er kam dem Wunsch Kremers Adélaïde de Place
nach, ihm sein zwischen 1996 und 1997 komponiertes Violinkonzert Übersetzung: Dorle Ellmers
Tālā gaisma („Fernes Licht“) zu widmen. Für das Werk erhielt er 1997 den
„Großen Musikpreis Lettlands“, es wurde am 10. August 1997 von Gidon
Kremer uraufgeführt, begleitet von der Kremerata Baltica unter der
Leitung von Saulius Sondeckis.

Pēteris Vasks, der ein sehr naturverbundener Mensch ist, schuf ein
sehnsuchtsvolles Werk, erfüllt von tragischen Erinnerungen an seine
Kindheit und an das Funkeln der Sterne, die Millionen von Jahren Licht
ausstrahlen. Das Violinkonzert Tālā gaisma lebt von großen Kontrasten,
ist gleichzeitig spannungsgeladen und ruhig, melancholisch und sanft,